IV.
Parler ou mourir
« Mieux vaut parler ou mourir ? » La formule paraît excessive, et pourtant elle touche à
quelque chose d’essentiel. Car parler, c’est risquer : se dévoiler, s’exposer, être contredit. Se
taire, parfois, semble plus sûr. Mais se taire trop longtemps, c’est se condamner à une mort
lente, intérieure.
Parler, c’est poser un acte de révolte contre la solitude. C’est affirmer que ce que je vis
mérite d’être dit, même maladroitement, même si l’autre ne comprend pas. Dans ce risque
réside une forme de courage. Mourir, au contraire, c’est se soustraire à la rencontre.
Le choix n’est donc pas seulement rhétorique. Dans chaque silence que l’on rompt, il y a
une petite victoire contre le néant. Choisir de parler, c’est choisir de vivre. Même si la parole
blesse ou échoue, elle maintient le lien fragile qui nous arrache à l’isolement. En fin de
compte, la parole est notre seule arme contre la mort — la parole, et l’amour qui s’y cache.