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Exercices des oraux 2014 en mathématiques

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QUELQUES EXERCICES DES ORAUX DE 2014

MICKAËL LATOCCA

Résumé. Sont regroupés plusieurs exercices qui ont été posés lors de la session 2014 des oraux des
concours des grandes écoles.

1. Exercices de mathématiques
1.1. Énoncés. Pour la plupart ces énoncés ont été posés comme ils sont écrits. Certains exercices
sont énoncés avec un énoncé plus complet que lors de l’oral.
Exercice 1 (Ulm). Soit f : [0, 1] → R une fonction continue. Étudier la convergence de la suite
(fn )n>0 de fonctions de [0, 1] vers R définie par f0 = f et pour n > 0 par :
1 x
Z
fn+1 (x) = fn (t)dt.
x 0
Exercice 2 (Ulm). On considère un arbre (c’est à dire un un graphe non orienté, formé de sommets
et d’arrêtes). On appelle automorphisme de cet arbre toute permutation des sommets qui conserve la
relation d’adjacence (le fait de rester voisins).
(1) Trouver un arbre A tel que Aut(A) ' Z/3Z.
(2) On fixe désormais G un groupe fini engendré par une partie finie S et on note Γ le graphe
coloré formé des éléments de G et colorié sur l’arrête entre x et y lorsqu’il existe s ∈ S tel que
y = sx.
Montrer que le groupe d’automorphisme de Γ qui conserve les couleurs, noté Autcoul (Γ), est
isomorphe à G.
(3) En déduire le théorème de Frucht (1938) : tout groupe fini est isomorphe au groupe des
automorphismes d’un arbre.
Exercice 3 (Lyon). On considère A ∈ Mn (R) et B ∈ Mn,m (R). À quelle condition la matrice :
Z 1
t
C := esA B tBes A ds
0
est-elle inversible ?
Remarque 1. Il s’agit d’un lemme utile en théorie du contrôle des équations différentielles.
Exercice 4 (Cachan). Soit (v1 , . . . , vp ) ∈ Cq une famille de vecteurs d’un espace hermitien. On définit
aussi la matrice MV = (hvi , vj i)16i,j6p ∈ Mp C.
(1) Que dire du rang de M ?
(2) Exprimer la distance au sous espace vectoriel V = Vect(v1 , . . . , vp ), en supposant cette famille
libre.
(3) Déterminer le rang de l’application :
(
Vect(v1 , . . . , vp ) −→ Cp
Φ:
x 7−→ (hx, vi i)16i6p .

Exercice 5 (Cachan). Soit G un groupe fini de cardinal une puissance d’un nombre premier. Montrer
qu’il existe un élément, différent du neutre, qui commute avec tous les éléments de G.
Date: 24 septembre 2018.
1
2 MICKAËL LATOCCA
X
Exercice 6 (Commun ENS). Soit f (z) = an z n une série entière de rayon de convergence R > 0.
n>0
n
!
X
(1) On suppose que la suite f (k) (0) est convergente. Montrer qu’il en est de même pour
k=0 n>0
n
!
X
(k)
la suite : f (z) , quel que soit z ∈ C tel que |z| < R.
k=0 n>0
 1 
n
(2) On suppose la suite : f (n) (0) est bornée. Montrer qu’il en est de même pour la suite
n>0
 1 
n
f (n) (z) , quel que soit z ∈ C tel que |z| < R.
n>0

Exercice 7 (Commun ENS). Soit f ∈ C n (R) telle que f et f (n) sont bornées. Montrer que f (k) est
bornée quelle que soit k ∈ [[0, n]].
n−1
X
Exercice 8 (X). Soit n ∈ N× . Trouver l’ensemble des polynômes P = ai X i + 1 ∈ Z[X] tels que
i=1
P (z) > 0 pour tout z ∈ Un .
Exercice 9 (X). Existe -t-il un isomorphisme d’anneaux entre C 0 (R, R) et D(R, R) (l’ensemble des
fonctions dérivables) ?
Exercice 10 (X). Soient A, B ∈ Mn (C) de rang 1 telles que A + B est également de rang 1. Montrer
que A et B ont soit même noyau soit même image.
Exercice 11 (X). Soit A ∈ Mn (C) de trace nulle. Après avoir montrer que cette matrice est semblable
à une matrice de diagonale nulle, montrer qu’il existe B, C ∈ Mn (C) telles que A = BC − CB
Exercice 12 (X). Soit M ∈ Mn (C) que l’on munit d’une norme k.k. On suppose que 1 est valeur
propre de A est que kAksub 6 1. Montrer que 1 est racine simple du polynôme minimal de A.
1
Exercice 13 (Mines). On considère la fonction f définie sur R par f (t) = 3+cos t
(1) Développer f en série de Fourier.
Z 2π
cos(nt)
(2) En déduire la valeur de dt pour tout entier n > 0.
0 3 + cos t
Exercice 14 (Mines). Soit p un nombre premier. On considère E un Z/pZ espace vectoriel de dimen-
sion n > 2.
(1) Combien un hyperplan de E possède-t-il d’éléments ?
(2) Combien y a-t-il d’hyperplans de E ?
(3) E est-il une réunion finie de sous espaces vectoriel ?
(4) Est-ce possible avec un R - espace vectoriel ?
Z π
2
Exercice 15 (Centrale). On étudie la fonction f définie par f (x) = (sin t)x dt.
0
(1) Déterminer l’ensemble de définition de f et étudier sa monotonie.
(2) Exprimer f (x + 2) en fonction de f (x).
(3) Montrer que la fonction x 7→ (x + 1)f (x)f (x + 1) est constante.
(4) Trouver la limite de f quand x −→ +∞
(5) Trouver un équivalent.
(6) Montrer que f est développable en série entière sur ] − 1, 1[.
EXERCICES D’ORAUX 3

1.2. Corrigés.
Solution 1. La suite de l’énoncé se calcule explicitement pour des polynômes. En effet, si f : x 7→ xk ,
xk 1
un calcul assure que lorsque k 6= 0 on a fn (x) = (k+1) n pour n > 0 de sorte que kfn kL∞ = (k+1)n −→ 0.
n→∞
De même fn = f lorsque f est constante et donc par linéarité, pour tout polynôme P on a Pn → P (0)
uniformément sur [0, 1].
Soit f ∈ C 0 ([0, 1]) et fixons ε > 0 ainsi qu’un polynôme P vérifiant kf − P kL∞ 6 ε, ce qui est possible
d’après le théorème de densité de Weierstrass. Pour n > 0 et x ∈ [0, 1] on peut écrire que
Z
fn (x) − f (0) = (f (t1 t2 . . . tn x) − f (0)) dt1 . . . dtn
[0,1]n
Z
= (f (t1 t2 . . . tn x) − P (t1 t2 . . . tn x)) dt1 . . . dtn
[0,1]n
Z
+ (P (t1 t2 . . . tn x) − P (0)) dt1 . . . dtn
[0,1]n
+ P (0) − f (0).
Le premier et le troisième terme sont majorés par ε. Le second terme n’est autre que Pn (x) − P (0), on
peut donc fixer N > 0 tel que |Pn (x)−P (0)| 6 ε pour tout x ∈ [0, 1] et n > N d’après le cas particulier
des polynômes. Ainsi kfn − f (0)kL∞ 6 3ε pour n > N et ceci assure la convergence uniforme de la
suite de fonctions (fn )n>0 vers la fonction constante qui vaut f (0).
Solution 2. On pourra lire la solution (presque reprise à l’identique) dans [1].
(1) Voici le graphe attendu :

Le triangle possède un groupe d’automorphismes isomorphe à S3 . L’ajout des barreaux


dans les carrés qui permet de supprimer les symétries comme isomorphismes. On voit d’aileurs
qu’il faut penser un isomorphisme de graphe comme une isométrie du graphe. La pensée
géométrique est ici bien utile pour la suite. Notons que c’est apparemment le plus petit graphe
dont le groupe d’automorphismes soit isomorphe à Z/3Z.
−−→
(2) Le graphe dont il est questions s’appelle le graphe de Cayley, noté Cay(G, S) Par exemple,
le graphe de Cayley de (Z/5Z, {1}) est :
0

4 1 1 1

1 1
1

3 2
4 MICKAËL LATOCCA

où chaque arrête orientée est coloriée par un 1. On remarque bien le caractère cyclique du
groupe.
Chaque sommet est à la fois entrant et sortant pour certaines arrêtes, c’est élémentaire mais
pratique. En effet, s colorie à la fois x → sx et s−1 x → x. Une notation commode pour un tel

− →

graphe (ou n’importe quel graphe) sera (V, E ) où V désigne l’ensemble des sommets et E est
l’ensemble des paires de sommets connectés. Notons Autcoul (Γ) le sous groupe du groupe des
automorphismes de Γ qui conserve le coloriage, c’est à dire que si (x, y) est colorié par s alors
(f (x), f (y)) aussi.

Lemme 1. On suppose que S 6= ∅ et 1 ∈


/ S. Soit f : V → V bijective. Alors f ∈ Autcoul (Γ)
si et seulement si :

f (sx) = sf (x) pour (x, s) ∈ G × S. (?)

Démonstration. Si f soit un automorphisme préservant le coloriage, x ∈ G, s ∈ S et a :=



− →

(x, s(x)) ∈ E alors f (a) = (f (x), f (sx)) ∈ E et comme s colorie a, s colorie aussi f (a).
Finalement f (sx) = sf (x). Réciproquement si f (sx) = sf (x) pour tous x ∈ G et s ∈ S on


voit que f est un automorphisme : si (x, y) ∈ E alors on fixe s tel que y = sx et dès lors

− →

f (y) = f (sx) = sf (x) et donc (f (x), f (y)) ∈ E . Dans l’autre sens, si (f (x), f (y)) ∈ E on a
f (y) = sf (x) = f (sx) et par injectivité de f on a y = sx. 

On rappelle que tout groupe se plonge dans son groupe de permutations vis

G −→

S(G)
δ
g 7−→ δG : x 7→ xg −1 .

On peut vérifier que δ est injective et donc G ' Im δ. Pour conclure on va montrer que
Im δ = Autcoul (Γ).

• Pour g ∈ G on a δG ∈ Autcoul (Γ) puisque δG est bijective et vérifie la condition du lemme


précédent.

• Réciproquement, soit f ∈ Autcoul (Γ). Alors f vérifie la condition (?) du lemme. En l’appli-
quant à x = 1 on a f (s) = sf (1) et en l’appliquant à x = s−1 on a f (s−1 ) = s−1 f (1). Mais
on peut décomposer tout x ∈ G sous forme x = sε11 . . . sεkk avec εj = ±1. Les deux relations
précédentes doinnent alors que f (x) = xf (1) pour tout x et donc f = δf (1)−1 ∈ Im δ.

(3) Il s’agit de colorier un graphe sans le faire vraiment, c’est à dire qu’il faut modifier les arrêtes
en codant la couleur et en déduire un graphe Γ0 non orienté et non coloré tel que Aut (Γ0 ) '
Autcoul (Γ). Voici le procédé (que l’on doit à Frucht) : si l’arrête orientée e = (x, y) est
coloriée par si (On note s1 , . . . st les éléments de S) :

• On remplace e = (x, y) par une chaı̂ne simple et non orientée (x, x0e , ye0 , y)

• On ajoute deux chaı̂nes (ou guirlandes), l’une (x0e , x1e ) et l’autre (ye0 , ye1 , . . . , yei+1 )

Le graphe obtenu sera noté Γ0 = (W, A). Intuitivement les orientations et coloriages sont
mémorisés dans le nouveau graphe. Donnons un exemple :
EXERCICES D’ORAUX 5

ye2

e = (x, y) y x1e ye1


x
s1

s2 x
y
a = (x, z)
x0e ye0
z
x0a
x1a

ya0

ya1
ya2
ya3
z

Ceci permet aussi de fixer les notations. À gauche le graphe colorié, et à droite le nouveau
graphe qui “contient” son coloriage en quelque sorte. On définit :
(
Autcoul (Γ) −→ Aut(Γ0 )
ϕ
f 7−→ fb,
où fb désigne le prolongement de f en un automorphisme de Γ0 . Le but est de montrer que ϕ
est un isomorphisme.
La première chose à faire est de montrer que ϕ est bien définit, c’est à dire qu’un auto-
morphisme f : V → V qui préserve les couleurs de Γ se prolonge de manière unique en un
automorphisme fb : W → W de Γ0 . Pour cela on fixe f ∈ Autcoul (Γ) que l’on cherche à étendre.
Le point crucial est qu’un automorphisme conserve la longueur des chaı̂nes : si l’on prend
e = (x, y) coloriés par si alors a := (f (x), f (y)) =: (z, u) le sera aussi, or x et y sont respective-
ment connectés à x0e et ye0 , et de plus les chaines (xje ) et (yej ) sont transformées en des chaı̂nes
de même longueur, de sorte que le prolongement est nécessairement donné par fb(xje ) = zaj et
fb(yej ) = uja . Ceci assure que le prolongement soit unique.
On vérifie facilement que ϕ est un morphisme de groupes injectif. Le point délicat est la
surjectivité : étant donné un automorphisme g de Γ0 l’idée est de montrer qu’il conserve  les
|V

“couleurs” (qui ne sont pas de vraies couleurs ici . . .). Il suffit de montrer que g = φ g|V .
Soient e = (x, y) deux sommets de V ⊂ W colorié par si . Les sommets x1e et yei+1 sont de
degrés 1 (une seule arrête les touche) donc g(x1e ) et g(yei+1 ) sont de degrés 1, et sont donc
des extrémités de guirlandes. Donc g(yei+1 ) = uj+1
a où a = (z, u) est coloriée par sj et par
conservation des longueur de chaı̂ne i = j et donc e et a ont même couleur et g(ye0 ) = u0a . Or
x0e est adjacent à ye0 donc leur images sont adjacentes et g(x0e ) = x0a et finalement on en déduit
|V
g(x) = z ∈ V et g(y) = u ∈ V donc g(V ) ⊂ V et légitime la définition de f = g|V . Alors
6 MICKAËL LATOCCA

|V
f (V ) ⊂ V et par restriction est injective. En considérant cette fois ci f 0 = (g −1 )|V on obtient
f ◦ f 0 = f 0 ◦ f = idV et donc f est bijective. Le travail effectué ci dessus assure que f conserve
la couleur, ainsi ϕ est surjective. Finalement G ' Autcoul (Γ) ' Aut(Γ).
Solution 3. On va d’abord commencer par sentir la condition nécessaire et suffisante. En développant
les exponentielle et en permutant sans justifier on peut voir que :
Z 1 X X n+k
An B tBAk
Z 1
t s XX
C= esA B tBes A ds = An B tB tAk ds = .
0 0 n>0 k>0 n!k! n>0 k>0
n!k!(n + k + 1)

Ceci permet de voir que si C est inversible alors Rn = Im (C) ⊂ Im (An B). Maintenant commençons
P

par remarquer que C est symétrique positive, ainsi C est inversible Zsi et seulement si elle est définie
1 t
positive. Soit x ∈ Rn . On remarque que txCx = 0 si et seulement si kBes A xk2 ds = 0, c’est à dire
0
t
si et seulement si : tBes A x = 0 pour tout s ∈ [0, 1].
n−1
X Pn−1
Supposons que Rn = Im (Ak B). Alors tout x ∈ Rn s’écrit x = k=0 Ak Bxk . Supposons que
k=0
txCx t
= 0, alors tBes A x = 0 pour tout s ∈ [0, 1]. En dérivant cette relation k fois en s puis en évaluant
en 0 et en transposant on obtient que txAk B = 0 pour k > 0. En multipliant cette relation à droite
par xk et en sommant pour k = 0 à n − 1 on obtient txx = 0 et donc x = 0. Ainsi C est définie positive
et donc inversible.
n−1
X
Réciproquement supposons que Cn 6= Im (Ak B). On considère alors F un supplémentaire orthogo-
k=0
n−1
X
nal de Im (Ak B) dans Cn et on fixe x ∈ F \ {0}. Soit k ∈ [[0, n − 1]] et y ∈ Rn , alors puisque x ∈ F
k=0
on a : txAk By = hx, Ak Byi = 0 qui est valable quel que soit y, ainsi txAk B = 0 et donc t BAk x = 0
pour tout k ∈ [[0, n − 1]]. On va étendre ceci à k ∈ N. En effet, pour k > n on peut écrire la division
euclidienne de X k par le polynôme caractéristique de A que l’on note χA : X k = Qk χA + Rk où
Qk , Rk ∈ Rk [X] avec deg Rk < n. D’après le théorème de Cayley-Hamilton on a Ak = Rk (A) et
finalement : t BAk x = 0, ∀k ∈ N de sorte que t BesA x = 0 pour tout s ∈ [0, 1]. Ainsi txCx = 0 alors
que x 6= 0 et donc C n’est pas inversible.
Solution 4. La matrice étudiée ici est connue sous le nom de matrice de Gram.
(1) On peut utilement remarquer que : MV = t V V où V est la matrice de la famille (v1 , . . . , vp )
dans la base canonique. Dès lors rgMV = rgV = rg(v1 , . . . vp ). Pour voir la première égalité on
montre l’égalité des noyaux correspondante en remarquant que d’une part : ker V ⊂ ker t V V
et que d’autre part si x ∈ ker t V V alors t xt V V x = 0 et donc kV xk = 0, d’où x ∈ ker V .
(2) On va calculer det MV,x . L’objectif est de faire disparaı̂tre la colonne de droite.
hv1 , v1 i · · · hv1 , vn i hv1 , xi hv1 , v1 i · · · hv1 , vn i 0
.. .. .. .. .. .. .. ..
det MV,x = . . . . = . . . . ,
hvn , v1 i · · · hvn , vn i hvn , xi hvn , v1 i · · · hvn , vn i 0
hx, v1 i · · · hx, vn i hx, xi hx, v1 i · · · hx, vn i d(x, V )2

et donc det MV,x = d(x, V )2 det MV , où l’on a simplement retiré des combinaisons linéaires
des n premières colonnes à la dernière colonne, de manière à éliminer les composantes de x
sur V .Les matrices MV,x et MV sont hermitiennes et positives, donc leurs valeurs propres sont
réelles
q positives et donc leurs déterminants sont tous deux positifs de sorte que : d(x, V ) =
det MV,x
det MV . Prouvons le fait quu’une matrice A hermitienne positive n’a que des valeurs propres
positives : soit λ une valeur propre et x un vecteur propre associé, on peut écrire que : λkxk2 =
hx, Axi > 0 et donc λ ∈ R+ .
EXERCICES D’ORAUX 7

(3) Le premier cas est celui où la famille (v1 , . . . , vp ) est libre, alors :
rg Φ = rg (Φ(v1 ), . . . Φ(vp )) = rg MV = rg(v1 , . . . , vp ).
Si la famille n’est pas libre on peut poser r = rg (v1 , . . . , vp ) et on peut supposer quitte à permu-
ter les vi que (v1 , . . . , vr ) est libre. On complète ensuite cette famille en (v1 , . . . , vr , fr+1 , . . . fp ),
base de Cp de telle sorte que (fr+1 , . . . , fp ) soit une base du supplémentaire orthogonal de
Vect(v2 , . . . vr ) dans Cp . Alors la matrice de Φ de cette base dans la base canonique est
!
M(v1 ,...,vr ) 0
B 0
On observe enfin que les lignes de B sont liées à celles de M(v1 ,...,vr ) , à cause de leur définition
et alors rg Φ = rgV .
Solution 5. Il s’agit de montrer que le centre Z(G) est non trivial. Pour cela on fait agir l’action de
conjugaison. De manière plus précise, on introduit la relation d’équivalence suivante :
xRy ⇐⇒ ∃g ∈ G / y = g −1 xg.
On vérifie que c’est une relation d’équivalence et on en déduit que ses classes d’équivalence parti-
tionnent G. De plus la classe de x ∈ G est réduite à un singleton si et seulement si pour tout y ∈ G,
xy = yx. Donc on peut écrire Card G = Card Z(G) + r où r est la somme des cardinaux des classes
non réduites à un élément. Montrons maintenant que le cardinal des classes divise celui de G. On
note x1 , . . . xn les différentes éléments d’une classe donnée et posons Xi = g ∈ G / g −1 xi g = x1 . On


remarque que les Xi ont même cardinal, il suffit pour cela d’écrire xi = gi−1 x1 gi et d’observer que
n
G
l’application : fi : X1 → Xi définie par fi (g) = gi g est bijective. D’autre part G = Xi et donc le
i=1
cardinal d’une classe divise celui du groupe et donc p|r. On en déduit que p|Card Z(G) et alors Z(G)
contient au moins p éléments.
Solution 6. (1) Une série entière est dérivable dans son disque ouvert de convergence et possède
X (j)! X (k + j)!
même rayon de convergence, ainsi f k (z) = aj z k−j = ak+j z j , pour |z| < R
j>k
j − k! j>0
j!
et k > 0. On a donc!f (k) (0) = k!ak et donc l’hypothèse se reformule en le fait que la suite
n
X
(Ln )n>0 = k!ak converge vers L. On note également M une borne de cette suite.
k=0 n>0
Fixons z dans le disque ouvert de convergence. On peut écrire :
n n X +∞ n X n+i
X X (k + i)! XX z i +∞ X zi
f (k) (z) = ak+i z i = (k + i)!ak+i = k!ak ,
k=0 k=0 i>0
i! i=0 k=0
i! i=0 k=i
i!
l’interversion étant licite car la somme est finie. En ré-indexant puis en utilisant Ln on peut
écrire que
n +∞
X X z i +∞
X
f (k) (z) = (Ln+i − Li−1 ) = fi (n),
k=0 i=0
i! i=0
zi i
avec fi (n) = (Ln+i − Li−1 ) . Pour chaque i > 0 on a la convergence fi (n) −→ (L − Li−1 ) zi!
i! i
n→∞
et de plus on a la domination |fi (n)| 6 2M |z|
i! pour i, n > 0, qui est le terme d’une série
absolument convergente. Par convergence dominée on obtient la convergence souhaitée.
(2) 
Puisque pour tout n > 0 on a f (n) (0) = n!an , l’hypothèse se ré-écrit en le fait que la suite
1

(n!an ) n est bornée, par une constante que l’on notera K. Fixons z dans le disque ouvert
n>0
+∞
X (k + n)!
de convergence et écrivons comme avant que f (n) (z) = ak+n z k . L’hypothèse permet
k=0
k!
8 MICKAËL LATOCCA

la majoration :
(k + n)! K n (K|z|)k
ak+n z k 6 ,
k! k!
pour n, k > 0, qui est le terme général d’une série convergente et donc par somme on a :
X (k + n)! X (K|z|)k
|f (n) (z)| 6 |ak+n ||z|k 6 Kn = K n eK|z| .
k>0
k! k>0
k!
1 K|z|
Finalement on a |f (n) (z)| n 6 Ke n 6 KeK|z| 6 KeKR ce qui montre même que la suite est
uniformément bornée en z.
Solution 7. Notons M0 une borne pour f et Mn une borne pour f (n) . Pour cet exercice la première
chose est d’utiliser l’inégalité de Taylor-Lagrange. Elle s’écrit ici à l’ordre n sous forme
n−1
X f (k) k Mn h n
f (x + h) − h 6 ,
k=0
k! n!

pour tout x, h ∈ R. Ainsi par inégalité triangulaire on peut écrire :


n−1
X f (k) k Mn
h 6 + M0
k=0
k! n!
n−1
X f (k) k
pour x ∈ R et h ∈ [0, 1]. Notons Px le polynôme Px (h) = h . L’inégalité précédente ex-
k=0
k!
Mn
prime simplement le fait que kPx kL∞ ([0,1]) 6 C := + M0 quelque soit x ∈ R. Dès lors puisque
n!
l’application :
−→


 Rn−1 [h] R
n−1
N: X
 P =
 ak hk 7−→ N (P ) = max |ak |
06k6n−1
k=0
est une norme sur l’espace de dimension finie Rn−1 [h], par équivalence des normes il existe α > 0
tel que : [N (Px ) 6 αC quel que soit x ∈ R, c’est à dire : |f (k) (x)| 6 k!αC quel que soit x ∈ R et
k ∈ [[1, n − 1]]. Cela répond à la question posée.
Solution 8. On raisonne en deux temps :
• On va d’abord montrer que |ai | 6 1 par deux méthodes.
n−1
X 2iπ
La première est matricielle : convenons de a0 = 1 et définissons αk = ai ω ki où ω = e n .
i=0
Dès lors n−1 ki
i=0 ai ω = αk pour k ∈ [[0, n − 1]]. C’est un système de n équations à n inconnues
P

qui s’écrit W A = A0 avec W = (ω ij )06i,j6n−1


 , A qui contient les P ai et A0 qui contient les
−ij
αi . On vérifie que l’inverse de W est ω n , ainsi ai = n1 n−1
j=0 ω
−ij α et donc par
j
06i,j6n−1
inégalité triangulaire :
n−1
X
|ai | 6 αj = a0 = 1.
j=0

La deuxième méthode (de Denis Choimet), qui a toujours pour but d’extraire les coefficients
en fonctions des valeurs du polynôme, utilise une méthode de Fourier discrète. L’espace
F(Un , C) est hermitien pour le produit scalaire :
1 X
hP, Qi = P (δ)Q(δ),
n δ∈U
n
EXERCICES D’ORAUX 9

et on vérifie qu’une base orthonormée pour ce produit scalaire n’est autre que celle formée
par les ek : Un → C définis par ek (z) = z k pour k ∈ [[0, n − 1]]. Dès lors pour un polynôme
n−1
X
P = ak X k on peut écrire :
k=0

1 X −k 1 n−1
ω −jk αk
X
ak = hek , P i = δ P (δ) =
n δ∈U n j=0
n

avec les mêmes notations que dans la première preuve et donc aj ∈ {−1, 0, 1}, pour j ∈
[[0, n − 1]].
• Premier cas : P a un seul coefficient égal à 1 qui est a0 . Comme P (1) > 0, il y a au maximum
un coefficient égal à −1. Donc P = 1 ou P = 1 − X k . Mais comme P (ω) est réel, cela impose
n
que n est pair et k = .
2
Deuxième cas : P a au moins deux coefficients P égaux à 1. Notons ak celui qui a le plus petit
n−1 −kj
indice supérieur stricte à 0. De la relation 1 = n1 j=0 ω αj on déduit que 1 est barycentre
des ω −kj avec des coefficients positifs ou nuls, donc pour chaque j, soit ω −kj = 1, soit αj = 0.
n
Notons d = k ∧ n. Pour chaque j non multiple de on a donc αj = 0. Cela entraı̂ne que P est
n
d
multiple du polynôme : 1−X1−X d = 1+X d +X 2d +· · ·+X n−d . On a donc P = (1+X d +...+X n−d )Q

où Q de degré inférieur à d. On en déduit que d = k (puisque k est le plus petit indice non nul
tel que ak = 1). Pour les mêmes raisons que dans le premier cas on déduit que soit Q = 1, soit
d
lorsque d est pair : Q = 1 − X 2 .
1 − Xn
Conclusion : les polynômes cherchés sont les pour chaque diviseur d de n (1 6 d 6 n)
n
1 − Xd
1−X d
ainsi que, quand n est pair, les d
(1 − X 2 ) pour chaque diviseur pair d de n.
1−X

Solution 9. Raisonnons par l’absurde et supposons que ces deux anneaux sont isomorphes via Φ :

C 0 (R, R) → D(R, R). Fixons g un antécédent de l’identité et h = 3 g alors h3 = g et Φ(h)3 = id donc

pour tout x ∈ R on a : Φ(h)(x)3 = x, c’est à dire que Φ(h)(x) = 3 x pour tout x ∈ R et ceci signifie
que Φ(h) n’est pas dérivable en 0, ce qui est absurde. Les deux anneaux ne sont pas isomorphes.

Solution 10. Puisque A et B sont de rang 1 on peut les écrire sous forme A = C1 L1 , B = C2 L2
où C1 , C2 sont des colonnes et L1 , L2 sont des lignes. Il faut maintenant faire la remarque cruciale
suivante : A et B ont même noyau si et seulement si L1 et L2 sont proportionnelles et même image si
et seulement si C1 et C2 sont proportionnelles. Supposons maintenant que Im A 6= Im B i.e (C1 , C2 )
est une famille libre. Alors Im (A + B) est une droite vectorielle, non incluse dans Im A ou Im B mais
incluse dans Vect (C1 , C2 ), on peut donc écrire que Im(A + B) = Vect(C1 + αC2 ). Soit x ∈ Rn , alors :
(A + B)x = C1 L1 x + C2 L2 x, or il existe un scalaire λx tel que : (A + B)x = λx (C1 + αC2 ). Par
liberté de la famille Vect (C1 , C2 ) on a L1 x = λx et L2 x = λx α, d’où L2 x = αL1 xpour tout x ∈ Cn .
Finalement (L1 , L2 ) est liée et donc A et B ont même noyau.

Solution 11. On commence par montrer que A est semblable à une matrice de diagonale nulle.
Pour cela on raisonne par récurrence sur n :
• En dimension 1 une matrice de trace nulle est nulle.
• On suppose le résultat vrai au rang n − 1 et on prend A de taille n et de trace nulle. On
note a l’endomorphisme canoniquement associé. Si c’est une homothétie alors il n’y a rien à
démontrer. Dans le cas contraire on peut fixer un vecteur x non nul tel que la famille (x, f (x))
soit libre, et on complète cette famille en B = (x, f (x), e3 , . . . , en ), base de Cn . Alors si R
10 MICKAËL LATOCCA

désigne la la matrice de passage de la base canonique à B on a :


 
0 ∗ ··· ∗

 1 

−1 0
 
R AR =  .
 .. 
. A0
 
 
0
Ainsi A0 est de taille n − 1 et de trace nulle et l’hypothèse de récurrence fournit P ∈ GLn−1 (R)
telle que P −1 A0 P soit de diagonale nulle. Si l’on pose :
 
1 0
Q= ∈ GLn (R),
0 P
on a bien que (QR)−1 B(QR) est de diagonale nulle, ce qui achève la récurrence.
La relation A = BC − CB est stable par similitude ce qui permet de supposer A de diagonale nulle,
il suffit ensuite de poser B = Diag(1, 2, . . . , n) et d’observer que pour C quelconque [BC − CB]i,j =
ai,j
(i − j)ci,j . Ceci permet de trouver un C tel que BC − CB = A en posant ci,i = 0 et ci,j = .
i−j
Solution 12. La multiplicité dans le polynôme minimal se lit sur la suite des noyaux itérés. Ainsi
pour montrer que 1 est racine simple de πM il suffit de montrer que le sous espace caractéristique C1
est l’espace propre associé à 1, c’est à dire que la matrice M1 de la restriction à C1 (qui est stable par
M ) de l’endomorphisme canoniquement associé à M vaut l’identité. Pour cela, notons m = dim C1 et
puisque M1 est annulée par le polynôme scindé (X − 1)m qui assure donc que M1 est trigonalisable et
s’écrit P −1 N1 P où
1 ∗ ··· ∗
 
.. .. 
.

 .
N1 = 
..
.

. ∗

0 1
Dès lors notons α := [N1 ]1,2 . On vérifie facilement que [N1k ]1,2 = kα, or la condition kM ksub 6 1 est
valable aussi pour M1 en tant que restriction, et donc aussi pour N1 , et implique donc que la suite
(N1k )k>0 soit bornée. On a donc α = 0. De la même façon on peut annuler tous les coefficients de
la sur-diagonale de M1 , et ainsi de suite pour les autres sur-diagonales. Dès lors N1 = Im et donc
M1 = Im . Ainsi 1 est racine simple de πA
Solution 13. (1) Ici f est de classe C 1 donc somme de sa série de Fourier qui converge normale-
ment sur R. Étant de plus paire on peut écrire que :
a0 X
f (t) = + an cos(nt) pour t ∈ R
2 n>1
avec
1 2π cos(nt)
Z
an = dt pour n ∈ N.
π 0 3 + cos t
Vu la deuxième question on ne va pas les calculer directement, on va développer suivant une
autre méthode. On écrit que :
1 1 2z
f (t) = = e it +e−it = 2
3 + cos t 3+ z + 6z + 1
2
eit .
avec z = √ On va développer en série entière. Pour cela les pôles de la fraction rationnelle
sont −3 ± 2 2. Notons α le pôle de module strictement plus grand que 1. Les deux pôles sont
1
donc α et β = . Dès lors :
α
2z 2z 2α 2β
f (z) = 2 = = +
z + 6z + 1 (z − α)(z − β) (α − β)(z − α) (β − α)(z − β)
EXERCICES D’ORAUX 11

Aque l’on ré-écrit avantageusement sous forme


2 1 2β 1
f (z) = z + 1 .
β−α1− α z(β − α) 1 − αz
1 z
Puisque αz = α < 1 on peut développer :
2 X zn 2 X z −(n+1)
f (z) = +
(β − α) n>0 αn (β − α) n>0 αn+1
2 2 X z n + z −n
= +
(β − α) (β − α) n>1 αn
de sorte que :
2 4 X cos(nt)
f (t) = + ,
(β − α) (β − α) n>1 αn
ce qui est le développement cherché.
(2) On peut lire directement, pour n > 0 :
Z 2π
cos(nt) 4π
dt = πan = .
0 3 + cos t (β − α)αn
Solution 14. Signalons d’abord que p étant premier Z/pZ est un corps et on peut donc y faire de
l’algèbre linéaire. Par ailleurs il est clair que Card (E) = pn .
(1) Soit H un hyperplan de E. On peut fixer une base (e1 , . . . , en−1 ) de H que l’on complète en
(e1 , . . . , en−1 , en ) une base de E. Alors les éléments de H ont pour coordonnées : (x1 , . . . , xn−1 , 0)
et il y en a exactement pn−1 .
(2) On va plutôt compter les formes linéaires. Pour cela regardons :
E ∗ \ {0} −→

A
Φ:
f 7−→ ker f
où A désigne l’ensemble des hyperplans de E.
Φ est surjective et de plus si H1 est un hyperplan et f, g ∈ E ∗ \ {0} alors ker f = ker g si
et seulement si il existe λ ∈ (Z/pZ)∗ tel que f = λg. Ainsi chaque élément de A possède
exactement p − 1 antécédents. Enfin, E ∗ \ {0} étant partitionné par les images réciproques des
H1 ∈ A, et puisque E et E ∗ on même nombre d’éléments (ils sont isomorphes), on peut écrire
que (p − 1)Card (A) = pn − 1 donc :
pn − 1
Card (A) =
p−1
(3) Numérotons les éléments de E : x1 , . . . , xpn . Alors pour chaque i ∈ [[1, pn ]] on peut fixer un
S n
hyperplan Hi tel que xi ∈ Hi . Alors E = pi=0 Hi .Tout espace vectoriel de dimension finie sur
un corps fini est donc union finie de sous espaces vectoriels stricts.
(4) Dans un R-espace vectoriel ce n’est pas possible. Donnons deux preuves :
• La première consiste à dire qu’un sous espace vectoriel d’un espace vectoriel est d’intérieur
vide et qu’un R espace vectoriel de dimension finie est complet, on conclut avec le théorème
de Baire : E ne peut être réunion dénombrable de sous espaces stricts, car une telle
réunion est d’intérieur vide, ce qui n’est pas le cas de l’espace tout entier.
N
[
• La deuxième consiste à raisonner par l’absurde : supposons E = Hi où l’on peut
i=1
supposer que chacun de ces hyperplans n’est contenu dans aucun autre. On peut donc
−1
N[ −1
N[
fixer x ∈ HN tel que x ∈
/ Hi et y ∈ Hi tel que y ∈
/ HN . Considérons les vecteurs
i=1 i=1
zλ = y + λx pour λ ∈ R. Alors zλ ∈
/ HN car sinon y ∈ HN ce qui est absurde. Ainsi on
12 MICKAËL LATOCCA

peut écrire : zλ ∈ Hiλ et l’application i : R → [[1, N − 1]] est injective. En effet, si iλ = iµ


cela signifie que y + λx et y + µx ∈ Hiλ et donc leur différence aussi, donc (λ − µ)x ∈ Hiλ .
Or x ∈/ Hiλ et donc λ = µ. Enfin le fait que i soit injective est absurde car R est infini.
Solution 15. Cet exercice est, je trouve, non naturel. On donnera une preuve différente et plus directe
à la fin de la question 5.
(1) L’intégrande est une fonction continue sur l’ouvert et en 0 est équivalent à tx , ainsi l’ensemble
de définition est I =] − 1, +∞[. Pour la monotonie on observe que pour a ∈ I et x > 0 on a
par positivité des quantités :
Z π Z π
2 2
x a
f (a + x) = (sin t) (sin t) dt 6 (sin t)a dt = f (a)
0 0
de sorte que f est décroissante.
(2) Ici il s’agit essentiellement d’intégrer par parties, sur l’intervalle non compact 0, π2 . Fixons
 

x ∈ I alors :
Z π Z π
2 2
f (x + 2) = (1 − cos2 t)(sin t)x dt = f (x) − cos2 t(sin t)x dt
0 0
" #π π
(sin t)x+1 2
1
Z
2
= f (x) − cos t − (sin t)x+2 dt
x+1 0
x+1 0

f (x + 2)
= f (x) −
x+1
x+1
et finalement f (x + 2) = x+2 f (x). Notons que l’intégration par parties est rendue licite car
x + 1 > 0.
(3) Notons g cette fonction auxiliaire. Le travail de la question précédente assure déjà que g est 1
π
- périodique. En particulier g prend la même valeur sur les entiers. Soit x ∈ I et n l’entier
2
tel que n 6 x < n + 1 Alors par croissance de f on obtient les encadrements suivants :
g(x) = (x + 1)f (x)f (x + 1) > (n + 1)f (n + 1)f (n + 2)
n+1
= g(n + 1)
n+2
π(n + 1)
=
2(n + 2)
π(n + 2)
et de même g(x) 6 . Par 1 - périodicité, on a pour tout k entier :
2(n + 1)
n+1+kπ n+2+kπ
6 g(x) 6 ,
n+2+k 2 n+1+k 2
le résultat s’obtient en faisant tendre k vers l’infini.
π
(4) Pour commencer écrivons f (x) = 02 fx (t)dt avec fx (t) = (sin t)x . Lorsque l’on fixe un t ∈]0, π2 [
R

on observe que fx (t) −→ 0. De plus pour x > 0 on possède de la domination |fx (t)| 6 1.
x→+∞
Ainsi par convergence dominée f tend vers 0 en +∞.
(5) Présentons la méthode attendue : par décroissance on a,
g(x) = (x + 1)f (x)f (x + 1) 6 (x + 1)f (x)2
q
π
pour tout x, de sorte que : f (x) > 2(x+1) . De même toujours par décroissance :

g(x) = (x + 1)f (x)f (x + 1) > (x + 1)f (x + 1)2


ce qui donne en combinant les deux :
s r
π π
6 f (x) 6
2(x + 1) 2x
EXERCICES D’ORAUX 13

et prouve l’équivalent :
r
π
f (x) ∼ .
x→+∞ 2x
π
Maintenant voici une méthode bien plus générale : on écrit : f (x) = 02 ex ln sin t dt. On a envie
R
2
 l’intégrale avec par exemple un changement de variable −u = x ln sin t, soit
de faire converger

u2
t = arcsin e− x et donc dt = q −2u du. Le changement de variable donne :
√ 2u2
x x(e x −1)

2
2ue−u
Z +∞
1
f (x) = √ q du.
x 0 2u2
x(e x − 1)

On se rend compte que par convergence dominée on peut montrer que :

√ √ Z +∞
−u2
r
π
xf (x) → 2 e du = .
0 2

2u2
Pour cela il faut une domination, or : x(e x − 1) > 2u2 de sorte que :

2 2
2ue−u 2ue−u √ 2
q =q 6 2e−u ,
2u2 2u2
x(e x − 1) x(e x − 1)

qui est l’expression d’une fonction intégrable sur [0, +∞[, et légitime la convergence dominée.
(6) On commence par écrire formellement :

π π +∞ +∞ π
!
xn X 1
Z Z Z
2 2 X 2
x ln sin t
f (x) = e dt = (ln sin t)n dt = (ln sin t) dt xn .
n
0 0 n=0
n! n=0
n! 0

Fixons x ∈] − 1, 1[Pour justifier ce calcul il suffit d’appliquer le théorème de convergence


N
X (x ln sin t)n
puisque on a la domination, pour t ∈ 0, π2 :
 
dominée aux fonctions : SN : t 7→
n=0
n!

+∞
(−|x| ln sin t)n
= e−|x| ln sin t ,
X
|SN (t)| 6
n=0
n!

qui est l’expression d’une fonction intégrable sur 0, π2 .


 

2. Exercices de physique
2.1. Énoncés.

Exercice 16 (Ulm). L’examinateur saisit un objet et le lâche au sol. Expliquer.


Voici une description de l’objet : les trois boules en blanc sont quasiment solidaires d’un tronc de sorte
qu’elles ne puissent s’échapper. La quatrième en noir peut se détacher. Quand on lâche l’objet d’une
vingtaine de centimètres de haut on observe que la boule noire décolle de plus d’un mètre.
14 MICKAËL LATOCCA

Exercice 17 (Commun ENS). On considère un dispositif de Michelson réglé en coin d’air, on place
devant l’un des miroirs une cuve à plasma élastiquement lié. Que se passe-t-il ?
Exercice 18 (X). On considère un véhicule sur une piste circulaire.
(1) A quelle condition le véhicule ne dérape pas, en supposant qu’il roule à vitesse constante ?
(2) On note ωc cette vitesse critique angulaire. Quelle est le temps minimal, départ arrêté, mis
pour atteindre ωc sans glisser à aucun moment ?
(3) On considère maintenant la piste inclinée d’un angle α (façon vélodrome). Décrire les différents
régimes de glissement.
Exercice 19 (Mines). On considère un barreau cylindrique parcouru par un courant I dont les deux
extrémités sont calorifugées, au contact avec de l’air.

On note a le rayon du barreau, ` sa longueur, c sa capacité calorifique massique, ρ sa masse volumique,


γ sa conductivité telle que :
1 1
= (1 + α(T − T0 ))
γ γ0
où T0 est la température extérieure et α un coefficient numérique dimensionné comme l’inverse d’une
température.
On note enfin h le coefficient de conducto-convection et λ le coefficient de conduction.
(1) Donner l’équation différentielle vérifiée par la température dans le barreau.
EXERCICES D’ORAUX 15

(2) Donner l’expression de la température spatiale moyenne du barreau.


Exercice 20 (Mines). On prend cette fois ci un barreau cylindrique infini parcouru par un courant
I, il y a toujours de la conducto-convection caractérisé par h à l’interface. La température extérieure
est T0 .
(1) Quelle hypothèse peut-on faire sur la distribution de températures ? Peut-on effectuer d’autres
hypothèses ?
(2) Trouver cette température T dans tout le barreau.
Exercice 21 (Mines). Bilan énergétique de deux circuits filiformes couplés (c’est une question de
cours).
Exercice 22 (Centrale). On va étudier un moteur asynchrone. On considère une spire circulaire d’aire


S, de résistance propre R et d’auto-inductance L, de masse m. On la soumet à un champ B de module
constant mais tournant à vitesse ω0 et on note ~n un vecteur normal à la spire :



ez



B

~n


ez

(1) Calculer la f.é.m ainsi que le courant i dans la spire en supposant sa vitesse de rotation
constante.


(2) Calculer la valeur moyenne du moment exercé sur la spire par le champ B . Tracer ce graphe.
(3) La spire est immobile au départ. Quelle condition doit être vérifiée pour que la spire se mette en
mouvement ? Quelle sera le comportement du système asymptotiquement ? Est-ce une position
d’équilibre stable ?
Exercice 23 (Centrale). On considère un cerceau de rayon R dont la masse m est répartie de manière
uniforme en périphérie :

ω0

I x
16 MICKAËL LATOCCA

On lui impose une vitesse de déplacement nulle selon l’axe x mais une vitesse de rotation ω0 . Le
coefficient de frottement dynamique est noté f .
(1) Décrire la première phase du mouvement et la distance parcourue pendant cette phase. Expri-
mer l’énergie perdu par frottements.
(2) Décrire la seconde phase.
Données. m = 0.8 kg, R = 35 cm, g = 9.81 m.s−2 , f = 0.6, ω0 = 40 rad.s−1 .
2.2. Corrigés.
Solution 16. On va d’abord effectuer une première hypothèse : lorsque l’ensemble touche le sol, seule
la quatrième boule décolle. On fait l’hypothèse du choc élastique, c’est à dire que l’on suppose que
pendant le choc l’énergie cinétique se conserve. Cela revient à supposer le système formé par les quatre
boules conservatif. Notons m la masse de la quatrième boule et M la masse de l’ensemble des trois
autres boules. Comme l’illustre le dessin ci dessous on a : Em (0) = (M + m)gz0 + 21 (M + m)02 et
Em (tf ) = M g0+mgzf + 12 m02 + 21 M 02 . La conservation de l’énergie mécanique donne (M +m)z0 = mzf
  M
et donc zf = 1 + M m z0 . Or on peut raisonnablement supposer que m = 10 de sorte que zf ' 11z0
ce qui paraı̂t plausible lors de l’expérience.
Un défaut de ce modèle est qu’il n’explique pas pourquoi les autres boules restent au sol, ce qui est
pourtant le cas lors de l’expérience. En fait le problème est assez similaire à celui du choc des boules
de Newton. La phase difficile à modéliser est celle des divers chocs, le processus est le suivant : la
première boule touche le sol et part vers le haut et la deuxième boule vient cogner contre celle-ci qui
part à son tour vers le haut et ainsi de suite. On effectue l’hypothèse du choc élastique, ainsi lors
des différents chocs il y a conservation de l’énergie cinétique et de la quantité de mouvement. Notons
M1 , . . . , M4 les masses des quatre boules et v la vitesse acquise par le système avant le choc. On va
décomposer le choc :
• Lors du premier choc, la boule 1 qui arrive avec une vitesse v repart avec une vitesse −v.
• Ici on néglige le poids (on est donc dans le cas des billes de Newton :

1 2



v

Pour simplifier on se place dans le référentielle galiléen en translation rectiligne uniforme vers
le haut à vitesse v. Alors 1 est immobile et 2 possède une vitesse 2v. Notons v1 et v2 les vitesses
des deux boules après le choc, alors les équations de conservation sont :

2M2 v = M1 v1 + M2 v2
2M2 v 2 = 21 M1 v12 + 21 M2 v22 .
4v 4v Mi+1
Cela donne : v1 = M puis v2 = 2v − M . On va supposer pour la suite que : Mi  1.
1+ M1 1+ M2
2 1
Ainsi on a v2 ' −2v donc dans le repère lié au sol, la deuxième boule remonte à vitesse 3v.
EXERCICES D’ORAUX 17

• En effectuant le même raisonnement : le choc entre une grosse boule à vitesse 3v et une petite
à vitesse −v fait partir la plus petite à vitesse 4v dans un repère en translation de 3v donc
part à vitesse 7v
• Encore la même chose, et la plus petite boule part 15 fois plus vite que la vitesse avec laquelle
elle est arrivé ! !
Solution 17. Commençons par modéliser le plasma où les électrons sont élastiquement liés. On
considère des ions de masse M  m la masse des électrons. On suppose ces particules soumises à un

− −
→ →
− −
→ →

champ extérieur E . Alors on peut écrire M ddtvi = e E et m ddtve
= −e E où →
−vi désigne la vitesse d’un

− −

∆ vi m
ion et ve celle d’un électron, ainsi ∆−

ve
= M  [Link] peut donc considérer que seuls les électrons sont


en mouvement, soumis aux forces électromagnétiques et à : Ff = −λ→ −
v qui représente une force de

→ →

frottement ainsi que Fr = −α r qui est une force de rappel linéaire. Si l’on remplace la cuve à plasma
par une lame de même épaisseur ` et d’indice  n, on observe un déplacement des franges. En
 optique
` `
effet, la différence de marche devient δ = 2θ x − de sorte que les franges sont décalées de où θ
θ θ
est l’angle du coin d’air.
Le problème revient à trouver l’indice optique du plasma. Pour cela étudions la propagation d’un
champ électromagnétique de la forme :
( →

E = E0 ei(ωt−kx) → −
ey

− i(ωt−kx) →

B = B e 0 e .
z

Avant d’effectuer les calculs, voici le plan : la lumière qui est un champ électromagnétique va mettre
en mouvement les électrons du plasma qui cont induire un champ électromagnétique, que l’on va
déterminer. Commençons par le premier point : l’équation du mouvement d’un électron s’écrit :
d2 →
− d→
− d→

!
r →
− r →
− r
m 2 = −e E + ∧ B −λ − α→

r
dt dt dt
mais on peut remarquer que :
d→
−r →
− vE
∧ B 6 vB '
dt c
de sorte que ce terme est négligeable devant E puisque les électrons ne sont pas relativistes ici (sinon
pourquoi s’embêter à construire des accélérateurs à particules ?) L’équation du mouvement s’écrit
donc :
d2 →
−r d→
−r
m 2 +λ + α→−r = −eE0 eiωt
dt dt
car ici x est constant pour un électron qui se déplace peu.
On s’intéresse uniquement au régime permanent et on cherche donc une solution de la forme Keiωt .
Finalement on trouve :

− −eE0 iωeiωt
v = .
α − mω 2 + jγω
Ainsi :

− →

j = −ne→ −v = βE
ienω
où n est la densité d’électrons dans le plasma et β = 2
. Nous allons trouver une équation
mω − α − jγω
de dispersion :

−!
−→ −→→ − −→→− 1 −→ ∂ E
rot rot B = µ0 β rot E + 2 rot ,
c ∂t
et finalement en faisant usage des équations de Maxwell on obtient :

− →


−→ − 1 ∂2 B ∂B →

∆B− 2 − µ 0 β = 0.
c ∂t2 ∂t
18 MICKAËL LATOCCA

En développant on trouve la relation de dispersion k 2 = ω 2 − iµ0 ωβ = a + ib. Notons k √ = k 0 + jk 00 .


C’est k 0 qui va induire le déphasage, or il est facile de montrer que k 0 vérifie : 2k 02 = a + a2 + b2 de
0
sorte que l’on en déduit k 0 . L’indice optique est n = ckω .
Solution 18. (1) Pour cette question, on écrit un principe fondamental de la dynamique :
~ + T~ = m~a.
m~g + N
−−→
On a OM = Re~r et donc ~v = Rω e~θ puis ~a = −Rω 2 e~r et ainsi en projetant dans la base
2
q on a N = mg et T = mRω . Il n’y a pas glissement tant que T < fs N i.e
polaire locale
ω < ω0 := fRs g .
(2) Cette fois on va expliciter la condition de non glissement. La composante tangentielle de frot-
tement possède deux composantes, l’une normale à la piste et l’autre tangentielle. Le principe
fondamental de la dynamique donne N = mg et T = mk~ak de sorte que à la limite du
glissement k~ak = fs g et ainsi, en exprimant la norme de l’accélération circulaire on a :
2 2
dω fs g
 
+ ω4 = = ω04 .
dt R

Il s’agit alors de séparer les variables pour en extraire dt = √ et en intégrant cela entre
ω04 −ω 4
0 et tmin on a : Z ω0

tmin = q .
0 ω04 − ω 4
(3) Il faut d’abord remarquer qu’on aura pas deux régimes, mais certainement trois. D’abord le
véhicule glisse vers le bas, puis il n’y a plus glissement. Enfin le véhicule va être éjecté de la
piste en glissant. Voici un bilan des forces dans le référentiel lié à la voiture, tournant à vitesse
constante sur une orbite de rayon constant :

−→



fie
m −

m→

g
α

Ici le schéma se place dans le cas où le véhicule à tendance à tomber. Le principe fondamental
de la dynamique fournit les équations suivantes :
Nα − mg cos α − mRω 2 sin α = 0


εT − mg sin α + mRω 2 cos α = 0


où R désigne le rayon de l’orbite circulaire et ω la vitesse angulaire constante. La condition de
T
non glissement s’exprime : N < fs . Ceci s’écrit :
|g tan α − Rω 2 |
< fs .
g + R tan αω 2
Finalement la condition revient à :
g(tan α − fs ) g(fs + tan α)
< ω2 < .
R(1 + fs tan α) R(1 − fs tan α)
EXERCICES D’ORAUX 19

Si α est assez petit il n’y a qu’une seule condition sur ω :


s
g(fs + tan α)
ω< .
R(1 − fs tan α)
On observe par exemple que les trois régimes sont possibles si et seulement si :
1
  
α ∈ arctan (fs ) , arctan .
fs
Solution 19. (1) On va effectuer un bilan sur un coupe de barreau [x, x + dx] :
h

λ, c, ρ, γ

x x + dx

!
dT d2 T
ρπa2 dxc = πa2 λ dx + R[x,x+dx] I 2 + 2πahdx(T0 − T )
dt dx2
dx
avec la résistance du tronçon R[x,x+dx] = γπa 2 . Redémontrons cette formule : on considère un

tronçon de longueur ` et de section S traversé par un courant d’intensité I. Alors R vérifie


V1 − V2 = RI. Or :
I dV
j = = γE = −γ
S dx
`
et donc en intégrant on trouve bien R = . Revenons au problème, le bilan s’écrit :
γS
dT d2 T I2 h
ρc = λ 2 + 2 (1 + α(T − T0 )) + 2 (T0 − T ).
dt dx πa γ0 a
1 R`
(2) La température moyenne spatiale est définie par θ(t) = ` 0 T (x, t)dx, ainsi on a :
dθ 1 ` ∂T
Z
= dx
dt ` 0 ∂t
!!
1 ∂T ` `I 2 2h 2h I 2α
    
= λ + 1 − T0 α − +` − +
`ρc ∂x 0 γ0 π 2 a4 a a γ0 π 2 a4
= K + Dθ(t),
 2

1 αI
avec : D = ρc γ0 π 2 a4
− 2h
a . Le passage de la première ligne à la deuxième résulte simplement
de l’utilisation de la question 1 et de l’intégration des termes obtenus. Le fait que le premier
crochet est nul se voit car les deux faces sont calorifugées et donc jth (0) = jth (`) = 0. Cette
équation est linéaire et sa résolution aisée. Il se trouve que ses solutions sont stables pour
D < 0 et instable sinon, qui conduit à la fonte du barreau. Ceci se produit pour :
s
2γ0 a3 h
I > IC = π ' 10A,
α
pour des conditions usuelles.
Solution 20. (1) On peut faire l’hypothèse que la distribution de température est radiale : T =
T (r, t) et que le régime permanent est atteint. On peut supposer que le flux de chaleur en r = a
est continu.
20 MICKAËL LATOCCA

(2) Notons j la densité volumique de courant. On va effectuer un bilan d’énergie sur une couche
d’épaisseur [r, r + dr] et de longueur h.

r r + dr

Ce bilan s’écrit :
dT
ρ(2πhrdr)c = jth (r)2πrh − jth (r + dr)2π(r + dr)h + R[r,r+dr] [j(2πrdr)]2
dt
h I
avec R[r,r+dr] = et j = la densité volumique de courant. Le bilan en régime
2πγrdr πa2
permanent s’écrit donc :
2
∂(rjth (r)) h 2Irdr

0 = −2πh + .
∂r 2πγrdr a2
En simplifiant et en utilisant la loi de Fourier :
 
r∂T
∂ ∂r −I 2
= r
∂r γπ 2 a2
| {z }
−K

puis en intégrant, on a

∂T ∂T ∂T −Kr2
r =r −a (r = a) =
∂r ∂r |∂r {z } 2
=0
par hypothèse

2
et donc T (r) = T (a) − Kr
4 . Pour déterminer Ta on effectue un bilan à la surface du conducteur
en régime permanent :
Ka
h(T0 − T (a)) = j(a) = ,
2
Ka
et donc :T (a) = T0 − 2h .

Solution 21. Notons Σ la réunion des deux circuits, L1 , L2 les inductances propres et M l’inductance
mutuelle.
EXERCICES D’ORAUX 21

i1 i2

Alors : φΣ→1 = L1 i1 + M i2 et φΣ→2 = L2 i2 + M i1 , donc les f.é.m induites sont e1 = −L1 di di2
dt − M dt
1

et e2 = −L2 di di1
dt − M dt . Or les équations de circuit équivalent s’écrivent respectivement e1 = R1 i1 et
2

e2 = R2 i2 . On est donc en présence des équations différentielles couplées :


(
−L1 di di2
dt − M dt
1
= R1 i1
−L2 dt − M di
di2
dt
1
= R2 i2 .

Finalement en additionnant les deux équations, on obtient le bilan d’énergie : dUdtem = −R1 i21 − R2 i22

avec Uem = 12 L1 i21 + 21 L2 i22 + M i1 i2 > 0, ce qui impose M 6 L1 L2 . Le couplage parfait étant obtenu
en bobinant les circuit sur un conducteur ferro-métallique.
Notons que si l’on multiplie par n la longueur de chaque circuit (on met n spires), on multiplie par n
l’intensité du champ et la surface ainsi on multiplie par n2 la valeur de L1 .
De même si l’on met n1 spires de type 1 et n2 de type 2 l’inductance mutuelle est multipliée par n1 n2 .

− →

Solution 22. (1) On écrit B = B − u→ −

B où uB est un vecteur unitaire qui dirige B , et l’on note ω la


vitesse de rotation de la spire. On note α = (ω0 − ω)t l’angle entre → −
n et B . Puisque le circuit
est filiforme on a :
dΦ−→
e = − B = BS(ω0 − ω) sin α.
dt
Le schéma électrique équivalent est donc le suivant :

di
et donc L dt + Ri = e. On résout pour trouver
SB(ω0 − ω)
i(t) = (L(ω − ω0 ) cos((ω − ω0 )t) + R sin (ω0 − ω)t) .
R2 + L2 (ω0 − ω)2
En particulier si ω = ω0 il n’y a pas de phénomène d’induction (dans le référentiel de la spire


B est non variable et ne se déplace pas) ce qui explique i = 0.

− −
→ → −
(2) On calcule le couple via la formule Γ = M ∧ B = BiS → −
ez de sorte que le couple moyen soit :
RS 2 B 2 (ω0 − ω)
Γm = .
2(R2 + L2 (ω0 − ω)2 )
On peut tracer son graphe :
22 MICKAËL LATOCCA

Γm

ωr ω0

(3) Pour que la spire se mette à tourner il faut que Γm (0) > Γr , le couple de résistance imposée à
la spire. Le théorème du moment dynamique appliqué au centre de la spire dans son référentiel
barycentrique s’écrit J dωdt = Γm − Γr où J est le moment d’inertie de la spire suivant son
axe → −
ez . Cette équation pourrait très bien se résoudre à l’aide d’un logiciel de calcul formel,
toutefois le régime permanent nous permet de voir que la pulsation ωr de régime permanent
vérifie Γm (ωr ) = Γr et la construction graphique précédente permet de l’observer.
On remarquera qu’une fois le moteur en marche il est possible d’augmenter le couple résistant,
de manière plus imagée, si un moteur ne démarre pas en côté il pourra peut être la gravir s’il
était déjà en marche au préalable.
Solution 23. On choisit d’abord un axe z qui sort de la feuille de manière à en faire un trièdre direct.
Qualitativement le mouvement se décompose en plusieurs phases, la première où il y a glissement et
la seconde avec un roulement sans glissement.
(1) On note ~v = −v → −
ex la vitesse du point O dans le référentiel lié au sol. Les forces qui s’exercent
sur le cerceau sont : le poids m~g , la réaction normale N ~ = N→ −
ey et la réaction tangentielle
~ →

T = −T ex . Les lois de Coulomb donnent T = f N et donc le principe fondamental de la
dv
dynamique donne N = mg et m = T et donc v(t) = f gt.
dt
D’autre part le théorème du moment dynamiqueRRR appliqué à la roue dans le référentiel bary-

centrique s’écrit J dt = −T R = −mf Rg. Or J = r2 dm = mR2 , d’où ω(t) = ω0 − fRgt . Ceci
permet de calculer la vitesse de glissement de I, dont le module vaut au signe près Rω(t) − v(t)
et qui s’annule donc pour t1 = Rω 2f g = 1.09s. Ce temps est cohérent car il est croissant en
0

R et décroissant en k. A l’issue de cette phase la vitesse angulaire vaut ω(t1 ) = ω20 La dis-
f gt21
tance parcourue pendant cette phase est : d1 = 2= 3.6 m. D’autre part le théorème de
1 1
l’énergie cinétique affirme que Edissipée = ∆Ec or Ec = Jω 2 + mv 2 et donc après calculs,
2 2
mR2 ω02
Edissipée = ∆Ec = qui est de l’ordre de quelques Joules, de quoi élever la température
4
du cerceau de quelques millièmes de degrés (ce qui est assez faible, comparé avec un pneu de
voiture).
(2) La seconde phase est un roulement sans glissement, et en écrivant la relation de roulement sans
glissement on obtient v = Rω. Or le roulement sans glissement ne dissipe pas d’énergie donc
il y a conservation de l’énergie et puisqu’il n’y a pas variation de hauteur, le cerceau continue
EXERCICES D’ORAUX 23

sa course à l’infini. Pour tenir compte du fait que le cerceau va s’arrêter il peut être bien de
modéliser l’action du sol par un couple de frottements.

Références
[1] A. Bretto, A. Faisant, and F. Hennecart, Eléments de théorie des graphes, Collection IRIS, Springer Paris,
2012.

Département de Mathématiques et Applications, Ecole Normale Supérieure, 45 rue d’Ulm 75230 Paris
cedex 05, France
E-mail address: [Link]@[Link]

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