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Analyse avancée pour ingénieurs

L'ouvrage 'Analyse avancée pour ingénieurs' aborde l'analyse vectorielle, complexe et de Fourier, en présentant les théorèmes et définitions de manière concise, accompagnés d'exemples détaillés et d'exercices corrigés. Destiné principalement aux étudiants ingénieurs ayant une formation de base en analyse, il peut également servir de complément pour les étudiants en mathématiques ou en physique. La quatrième édition a été mise à jour pour améliorer l'organisation et l'accessibilité du contenu.

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Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
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L'ouvrage 'Analyse avancée pour ingénieurs' aborde l'analyse vectorielle, complexe et de Fourier, en présentant les théorèmes et définitions de manière concise, accompagnés d'exemples détaillés et d'exercices corrigés. Destiné principalement aux étudiants ingénieurs ayant une formation de base en analyse, il peut également servir de complément pour les étudiants en mathématiques ou en physique. La quatrième édition a été mise à jour pour améliorer l'organisation et l'accessibilité du contenu.

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Analyse avancée

pour ingénieurs
4e édition Bernard Dacorogna
Chiara Tanteri

Presses polytechniques et universitaires romandes


Analyse avancée
pour ingénieurs
La matière traitée dans cet ouvrage comprend l’analyse vectorielle (théo-
rèmes de Green, de la divergence, de Stokes), l’analyse complexe (fonc-
tions holomorphes, équations de Cauchy-Riemann, séries de Laurent,
théorème des résidus, applications conformes) ainsi que l’analyse de
Fourier (séries de Fourier, transformée de Fourier, transformée de Laplace,
applications aux équations différentielles)  Les définitions et les théo-
rèmes principaux sont présentés sous forme d’aide-mémoire, ils sont
donc énoncés avec clarté et précision mais sans commentaires  Des
exemples significatifs sont ensuite discutés en détails  Enfin, de nom-
breux exercices sont proposés et ils sont intégralement corrigés  Ce
livre s’adresse en premier lieu à des étudiants ingénieurs qui ont suivi un
cours d’analyse de base (calcul différentiel et intégral). Il peut aussi être
utile aux étudiants en mathématiques ou en physique comme complé-
ment à un cours plus théorique.

Bernard Dacorogna a obtenu sa licence ès sciences mathématiques à


l’Université de Genève, son master of science à l’Université d’Aberdeen
(Grande-Bretagne) et son doctorat à l’Université Heriot-Watt (Grande-
Bretagne). Il rejoint l’EPFL en 1981 où il est maintenant professeur. Il est l’auteur de très nom-
breuses publications scientifiques et de quatre livres sur ses sujets de recherche qui sont le
calcul des variations et les équations aux dérivées partielles.
Chiara Tanteri a obtenu son diplôme de mathématiques à l’Université La Sapienza de Rome
et son doctorat à l’EPFL dans le domaine des équations aux dérivées partielles. Son ensei-
gnement s’inscrit dans le cadre de l’analyse mathématique.

Presses polytechniques et universitaires romandes


Analyse avancée
pour ingénieurs
Illustration de couverture : Texte extrait de Leonhardi Euleri,
Institutionum calculi integralis, vol. 3, Petropoli, 1827.
Analyse avancée
pour ingénieurs
4e édition Bernard Dacorogna
Chiara Tanteri

Presses polytechniques et universitaires romandes


Les auteurs et l’éditeur remercient l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL)
pour le soutien apporté à la publication de cet ouvrage.

DANS LA COLLECTION «ENSEIGNEMENT DES MATHÉMATIQUES»


DIRIGÉE PAR LE PROFESSEUR ROBERT C. DALANG

Calcul différentiel et intégral


Jacques Douchet et Bruno Zwahlen
Fonctions réelles d’une ou de plusieurs variables réelles
Analyse complexe
Jacques Douchet
Applications des mathématiques : la boîte à outils
Amel Chaabouni, Arezki Mohammedi
Algèbre linéaire
Robert C. Dalang et Amel Chaabouni
Aide-mémoire, exercices et applications
Introduction à la statistique
Stephan Morgenthaler
Analyse, Recueil d’exercices et aide-mémoire vol. 1 et 2
Jacques Douchet
Introduction à l’analyse numérique
Jacques Rappaz et Marco Picasso
Introduction à l’optimisation différentiable
Michel Bierlaire
Initiation aux probabilités
Sheldon M. Ross
Traduction de la neuvième édition américaine

La Fondation des Presses polytechniques et universitaires romandes (PPUR)


publie principalement les travaux d’enseignement et de recherche
de l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL),
des universités et des hautes écoles francophones.

Presses polytechniques et universitaires romandes,


EPFL – Rolex Learning Center, CH-1015 Lausanne,
ppur@[Link], tél.: +41 21 693 21 30, fax: +41 21 693 40 27.

[Link]

Quatrième édition, 2018


ISBN 978-2-88915-262-9

Première édition, 2002


Deuxième édition corrigée, 2006, 2010, 2011
Troisième édition, 2014, 2016, 2017
© Presses polytechniques et universitaires romandes
Imprimé en Italie
Tous droits réservés.
Reproduction, même partielle, sous quelque forme
ou sur quelque support que ce soit, interdite sans l’accord écrit de l’éditeur.
Préface

Ce livre s’adresse en premier lieu à des étudiants ingénieurs qui ont suivi
un cours d’analyse de base (calcul différentiel et intégral). Il correspond à la
deuxième année du cursus (à raison de deux heures de cours et deux heures
d’exercices par semaine) de l’Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne. Nous
pensons qu’il peut aussi être utile aux étudiants en mathématiques ou en phy-
sique comme complément à un cours plus théorique.
Il existe d’excellents livres sur les sujets traités ici (certains, que nous aimons
particulièrement, sont mentionnés dans notre bibliographie). Notre approche est
toutefois différente. Comme notre ouvrage s’adresse avant tout à des étudiants
ingénieurs nous avons privilégié l’apprentissage de la matière par les exemples
et les exercices. En effet nous avons réduit la partie théorique à une sorte d’aide
mémoire, tout en essayant de ne pas sacrifier la précision et la rigueur des
énoncés des théorèmes et des définitions. Par contre nous avons développé avec
beaucoup de détails les exemples et les corrections des exercices. Pour rendre
l’accès plus aisé aux étudiants ingénieurs nous avons surtout insisté sur l’applica-
bilité des méthodes, parfois au dépens d’un développement mathématique rigou-
reux (particulièrement en ce qui concerne l’analyse vectorielle et les problèmes
de convergence dans l’analyse de Fourier). Toutefois les exemples et les exercices
ont été choisis pour qu’un tel développement puisse se faire sans trop de diffi-
cultés, par un étudiant motivé. Nous espérons donc que ce choix d’organisation
de la matière satisfera à deux besoins de nature différente. En premier lieu il
devrait permettre à l’étudiant de se préparer efficacement aux examens. Mais il
devrait aussi s’avérer utile, plus tard, pour retrouver rapidement et précisément
les résultats théoriques importants.
L’organisation générale du livre a été légèrement modifiée dans cette qua-
trième édition. Les trois premières parties (analyse vectorielle, analyse complexe
et analyse de Fourier) sont divisées en chapitres, qui se terminent par une sec-
tion d’exercices et une section de corrigés détaillés. Les chapitres (à l’exception
des deux derniers consacrés aux applications aux équations différentielles et du
chapitre 8 Appendice) sont organisés comme suit.
1) Les définitions et les théorèmes sont énoncés avec précision mais sans
commentaires. Par ailleurs nous mentionnons les pages exactes des livres de
notre bibliographie où le lecteur intéréssé pourra poursuivre son étude.
2) Des exemples significatifs sont ensuite discutés en détails.
vi Préface

3) Enfin de nombreux exercices sont proposés (et comme déjà dit, ils
sont corrigés intégralement dans la section suivante) et sont divisés en deux
catégories. La première, la plus importante par le nombre, permettra à l’étudiant
d’assimiler la technique et les concepts présentés dans le chapitre. La seconde
(les exercices correspondants étant identifiés par un astérisque) présente des
développements théoriques importants qui peuvent permettre aux étudiants les
plus motivés d’approfondir le sujet. La quatrième édition contient de nombreux
nouveaux exercices de ce second type.
Nous aimerions maintenant faire quelques commentaires sur la bibliographie.
Nous avons sélectionné deux types de livres.
1) Nous avons choisi comme livres de références mathématiques les ou-
vrages suivants dont nous avons aimé la rigueur, la clarté et la profondeur :
- pour l’analyse vectorielle et les séries de Fourier le livre de M.H. Protter et
C.B. Morrey ainsi que celui plus avancé de W. Fleming ;
- pour l’analyse complexe celui de L.V. Ahlfors qui est un grand classique ;
- pour la transformée de Laplace et de Fourier le livre de D.V. Widder ;
- les trois livres de E.M. Stein et R. Shakarchi sont aussi de très beaux livres
et ils couvrent une bonne partie de la matière discutée dans notre livre (analyse
complexe et analyse de Fourier) ;
- enfin les trois volumes de S.D. Chatterji couvrent le domaine entier du
présent ouvrage.
2) En ce qui concerne les livres plus spécifiquement pour ingénieurs nous
aimons particulièrement le livre de E. Kreyszig. Les deux ouvrages de K. Arbenz
et A. Wohlhauser sont aussi, par leur concision, attrayants.
3) Par ailleurs le premier auteur a enseigné le même cours aux mathé-
maticiens (à raison de quatre heures de cours et quatre heures d’exercices par
semaine) et mettra à disposition sur le web dès la fin de 2018 ses notes de
cours [7]. Elles peuvent permettre aux étudiants les plus motivés d’approfondir
le sujet.
Enfin nous voudrions terminer cette brève préface en adressant nos plus vifs
remerciements à tous ceux qui nous ont aidé à la réalisation de notre livre. En
premier lieu nous pensons à tous les étudiants qui ont suivi notre cours et qui par
leurs commentaires nous ont permis d’améliorer sensiblement diverses parties
du présent livre. Nous avons bénéficié aussi de nombreux commentaires d’assis-
tants et de collègues, lors des quatre éditions, notamment de S. Bandyopadhyay,
M. Cibils, G. Croce, G. Csato, S. Dubuis, H. Gebran, O. Kneuss, P. Metzener,
G. Pisante, A. Ribeiro, L. Rollaz, K.D. Semmler, S. Sil et D. Strütt. Lors de la
troisième édition, J. Douchet nous a suggéré, par écrit, plusieurs modifications
intéressantes.
Table des matières

Préface v

I Analyse vectorielle 1
1 Opérateurs différentiels de la physique 3
1.1 Définitions et résultats théoriques . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
1.2 Exemples . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1.3 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
1.4 Corrigés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8

2 Intégrales curvilignes 15
2.1 Définitions et résultats théoriques . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
2.2 Exemples . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16
2.3 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17
2.4 Corrigés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18

3 Champs qui dérivent d’un potentiel 23


3.1 Définitions et résultats théoriques . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23
3.2 Exemples . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
3.3 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 27
3.4 Corrigés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 30

4 Théorème de Green 39
4.1 Définitions et résultats théoriques . . . . . . . . . . . . . . . . . . 39
4.2 Exemples . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 40
4.3 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 41
4.4 Corrigés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 44

5 Intégrales de surfaces 53
5.1 Définitions et résultats théoriques . . . . . . . . . . . . . . . . . . 53
5.2 Exemples . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 55
5.3 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 56
5.4 Corrigés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 57
viii Table des matières

6 Théorème de la divergence 63
6.1 Définitions et résultats théoriques . . . . . . . . . . . . . . . . . . 63
6.2 Exemples . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 64
6.3 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 66
6.4 Corrigés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 68

7 Théorème de Stokes 85
7.1 Définitions et résultats théoriques . . . . . . . . . . . . . . . . . . 85
7.2 Exemples . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 87
7.3 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 89
7.4 Corrigés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 90

8 Appendice 103
8.1 Notations et notions de topologie . . . . . . . . . . . . . . . . . . 103
8.2 Notations et notions d’espaces de fonctions . . . . . . . . . . . . 106
8.3 Courbes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 107
8.4 Surfaces . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 109
8.5 Changements de variables . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 119

II Analyse complexe 123


9 Fonctions holomorphes et équations de Cauchy-Riemann 125
9.1 Définitions et résultats théoriques . . . . . . . . . . . . . . . . . . 125
9.2 Exemples . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 126
9.3 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 129
9.4 Corrigés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 130

10 Intégration complexe 139


10.1 Définition et résultats théoriques . . . . . . . . . . . . . . . . . . 139
10.2 Exemples . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 140
10.3 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 141
10.4 Corrigés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 144

11 Séries de Laurent 153


11.1 Définitions et résultats théoriques . . . . . . . . . . . . . . . . . . 153
11.2 Exemples . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 155
11.3 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 157
11.4 Corrigés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 160

12 Théorème des résidus et applications 175


12.1 Partie I : Théorème des résidus . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 175
12.1.1 Définitions et résultats théoriques . . . . . . . . . . . . . . 175
12.1.2 Exemples . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 176
12.2 Partie II : calcul d’intégrales réelles . . . . . . . . . . . . . . . . . 177
12.3 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 180
12.4 Corrigés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 183
Table des matières ix

13 Applications conformes 195


13.1 Définitions et résultats théoriques . . . . . . . . . . . . . . . . . . 195
13.2 Exemples . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 196
13.3 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 198
13.4 Corrigés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 200

III Analyse de Fourier 211


14 Séries de Fourier 213
14.1 Définitions et résultats théoriques . . . . . . . . . . . . . . . . . . 213
14.2 Exemples . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 216
14.3 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 219
14.4 Corrigés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 223

15 Transformées de Fourier 235


15.1 Définitions et résultats théoriques . . . . . . . . . . . . . . . . . . 235
15.2 Exemples . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 237
15.3 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 239
15.4 Corrigés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 240
15.5 Table de transformées de Fourier . . . . . . . . . . . . . . . . . . 245

16 Transformées de Laplace 247


16.1 Définitions et résultats théoriques . . . . . . . . . . . . . . . . . . 247
16.2 Exemples . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 249
16.3 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 252
16.4 Corrigés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 254
16.5 Table de transformées de Laplace . . . . . . . . . . . . . . . . . . 261

17 Applications aux équations différentielles ordinaires 263


17.1 Problème de Cauchy . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 263
17.2 Problème de Sturm-Liouville . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 265
17.3 Autres exemples . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 267
17.4 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 270
17.5 Corrigés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 273

18 Applications aux équations aux dérivées partielles 285


18.1 Equation de la chaleur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 285
18.2 Equation des ondes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 289
18.3 Equation de Laplace dans un rectangle . . . . . . . . . . . . . . . 291
18.4 Equation de Laplace dans un disque . . . . . . . . . . . . . . . . 294
18.5 Le cas d’un domaine simplement connexe . . . . . . . . . . . . . 297
18.6 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 301
18.7 Corrigés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 304

Bibliographie 325
x Table des matières

Index 327
Première partie

Analyse vectorielle
Chapitre 1

Opérateurs différentiels de
la physique
1.1 Définitions et résultats théoriques
Définition 1.1 Par la suite Ω ⊂ Rn sera un ouvert, n ≥ 2 et on notera
x = (x1 , · · · , xn ) .
(i) Si f ∈ C 1 (Ω) on définit pour x ∈ Ω, grad f = grad f (x) , par

 
∂f ∂f
grad f = ∇f = ,··· , ∈ Rn
∂x1 ∂xn

appelé le gradient de f.
(ii) Si f ∈ C 2 (Ω) on définit, pour x ∈ Ω, le Laplacien de f, ∆f = ∆f (x) ,
par
n
X ∂2f
∆f = ∈ R.
i=1
∂x2i

Si ∆f = 0 dans Ω, on dit alors que f est harmonique dans Ω.


(iii) Soit F = F (x) = (F1 (x) , · · · , Fn (x)) , F ∈ C 1 (Ω; Rn ) . On définit pour
x ∈ Ω, div F = div F (x) , par

n
X ∂Fi
div F = ∈R
i=1
∂xi

appelé la divergence de F (on note parfois ∇ · F ).


4 Opérateurs différentiels

(iv) Si n = 2 et si F (x) = (F1 (x) , F2 (x)) , F ∈ C 1 Ω; R2 , on définit pour




x ∈ Ω, rot F = rot F (x) , par

∂F2 ∂F1
rot F = − ∈R
∂x1 ∂x2

Si n = 3 et si F (x) = (F1 (x) , F2 (x) , F3 (x)) , F ∈ C 1 Ω; R3 , on définit, pour




x ∈ Ω, rot F = rot F (x) , par

 
∂F3 ∂F2 ∂F1 ∂F3 ∂F2 ∂F1
rot F = − , − , − ∈ R3
∂x2 ∂x3 ∂x3 ∂x1 ∂x1 ∂x2

appelé le rotationnel de F (on note parfois ∇ ∧ F ). On note aussi symbolique-


ment
e1 e2 e3
∂ ∂ ∂
rot F = ∂x1 ∂x2 ∂x3 .

F1 F2 F3

Remarque (i) On peut aussi définir le rotationnel de F pour n’importe quelle


dimension. Pour tout n ≥ 2 et pour tout x ∈ Ω, on définit, rot F = rot F (x) ,
par
  
i+j ∂Fi ∂Fj n(n−1)
rot F = (−1) − ∈R 2 .
∂xj ∂xi 1≤i<j≤n

(ii) On notera souvent les dérivées partielles sous la forme


∂f ∂2f
fxi = , fxi xj = , ··· .
∂xi ∂xi ∂xj
Théorème 1.2 Soit Ω ⊂ Rn un ouvert.
(i) Soit f ∈ C 2 (Ω) alors
div grad f = ∆f.
(ii) Soient n = 3, f ∈ C 2 (Ω) et F ∈ C 2 Ω; R3 alors


rot grad f = 0 et div rot F = 0.


(iii) Soient f ∈ C 1 (Ω) et g ∈ C 2 (Ω) alors
div (f gradg) = f ∆g + gradf · gradg
(où x · y dénote le produit scalaire de deux vecteurs x, y ∈ Rn ).
Exemples 5

(iv) Si f, g ∈ C 1 (Ω) alors

grad (f g) = f gradg + g gradf.

(v) Si f ∈ C 1 (Ω) et F ∈ C 1 (Ω; Rn ) alors

div (f F ) = f div F + F · gradf.

(vi) Si n = 3 et F ∈ C 2 Ω; R3 alors


rot rot F = −∆F + grad div F

(où si F = (F1 , F2 , F3 ) on a noté ∆F = (∆F1 , ∆F2 , ∆F3 )).


(vii) Si n = 3, f ∈ C 1 (Ω) et F ∈ C 1 (Ω; R3 ) alors

rot (f F ) = gradf ∧ F + f rot F

(où x ∧ y dénote le produit vectoriel de deux vecteurs x, y ∈ R3 ).

(Pour plus de détails, cf. [2] 4-7, [4] 113-116, [7] chapitre 1, [8] 316-317, [11]
485-497, [12] 417-424).

1.2 Exemples
Exemple 1.3 Soient x = (x1 , · · · , xn ) , a = (a1 , · · · , an ) et r tels que
v
u n
2
uX
r=t (xi − ai ) .
i=1

Soit f (x) = 1/r. Calculer (sans se servir du théorème ci-dessus)

F = gradf, 4f, div F.

Calculer, quand n = 3, rot F.

Discussion Noter que le domaine de définition de f est Ω = Rn \ {a} . Com-


mençons par calculer ∂r/∂xi = rxi . De la définition de r2 on a, en dérivant des
deux côtés de l’identité,
xi − ai
2 r rxi = 2 (xi − ai ) ⇒ rxi = .
r
(i) On a pour tout i = 1, · · · , n

∂f ∂ xi − ai
r−1 = −r−2 rxi = −

fxi = =
∂xi ∂xi r3
6 Opérateurs différentiels

et donc
1 x−a
F (x) = gradf (x) = − (x1 − a1 , · · · , xn − an ) = − 3 .
r3 r
(ii) Par ailleurs on a

∂2f xi − ai r3 − 3 (xi − ai ) r2 rxi


 

fxi xi = =− =−
∂x2i ∂xi r3 r6
2
r − 3 (xi − ai ) xi −a
r
i
3 (xi − ai ) − r2
=− = .
r4 r5
On déduit alors que
n
" n n
#
X 1 X 2
X 1   3−n
4f = fxi xi = 5 3 (xi − ai ) − 2
r = 5 3 r2 − n r2 = .
i=1
r i=1 i=1
r r3

Noter que, quand n = 3, on a 4f = 0. (Ce résultat aurait pu se déduire à l’aide


du théorème, du calcul précédent pour le gradient et de celui de la divergence
qui suit).
(iii) Comme Fi = fxi , on déduit
∂Fi ∂
= (fxi ) = fxi xi
∂xi ∂xi
et on retrouve
3−n
div F = 4f =
.
r3
(iv) Par le théorème ci-dessus on doit avoir rot F = rot gradf = 0, mais
vérifions-le directement
e1 e2 e3    
fx3 x2 − fx2 x3 0
∂ ∂ ∂
rot F = =  fx1 x3 − fx3 x1  =  0  .
   
∂x1 ∂x2 ∂x3
fx2 x1 − fx1 x2 0
fx1 fx2 fx3

Exemple 1.4 Soient F (x, y, z) = (x2 −ey , sin z, y 2 +z). Calculer div F et rot F.

Discussion On trouve

div F = 2 x + 0 + 1 = 2 x + 1

et
e1 e2 e3    
2 y − cos z 2 y − cos z
∂ ∂ ∂
rot F = = 0−0 = 0 .
   
∂x ∂y ∂z
0 + ey ey
2 y 2
x −e sin z y +z
Exercices 7

1.3 Exercices
Exercice 1.1 Soit
F (x, y, z) = y 2 sin (x z) , ey cos x2 + z , log (2 + cos (x y)) = (F1 , F2 , F3 ) .
 

Calculer les quantités suivantes.


(i) gradF1 , gradF2 , gradF3
(ii) div F
(iii) rot F.
Exercice 1.2 Soient f : R3 →R une fonction C 1 R3 et F : R3 → R3 un


champ vectoriel C 1 R3 ; R3 . Dire parmi les expressions suivantes celles qui ont
un sens
(i) gradf (ii) f gradf (iii) F · gradf (iv) div f

(v) div(f F ) (vi) rot(f F ) (vii) rot f (viii) f rot F

(ix) rot div F.

Exercice 1.3 Soient x ∈ Rn et r = x21 + · · · + x2n .


p

(i) Montrer que si f (x) = Ψ (r) alors, pour x 6= 0,


n−1 0
∆f = Ψ00 (r) + Ψ (r) .
r
(ii) Déduire une solution de ∆f = 0 dans Ω = Rn \ {0} .
Suggestion. Utiliser (cf. exemple 1.3) le fait que
xi
rxi = .
r
Exercice 1.4 Soient x = r cos θ, y = r sin θ, Ω = (x, y) ∈ R2 : x, y > 0

et
f : Ω → R, f = f (x, y) , une fonction C 2 (Ω) . Soit
g = g (r, θ) = f (r cos θ, r sin θ)
ou en d’autres termes
f (x, y) = g (r (x, y) , θ (x, y)) .
Montrer que
∂2f ∂2f ∂ 2 g 1 ∂g 1 ∂2g
∆f = + = + + .
∂x2 ∂y 2 ∂r2 r ∂r r2 ∂θ2
Calculer ∆f pour
p  y 2
x2 + y 2 + arctg
f (x, y) = .
x
Suggestion. Commencer par montrer que
∂r x ∂r y ∂θ −y ∂θ x
= , = , = 2 et = 2.
∂x r ∂y r ∂x r ∂y r
8 Opérateurs différentiels

Exercice 1.5 Montrer (i) et (ii) du théorème 1.2.

Exercice 1.6 Montrer (iii) et (iv) du théorème 1.2.

Exercice 1.7 Montrer (v), (vi) et (vii) du théorème 1.2.

1.4 Corrigés
Exercice 1.1 (i) On calcule d’abord le gradient de F1 , F2 , F3 et on trouve

∂F1 ∂F1 ∂F1




 = y 2 z cos (x z) = 2 y sin (x z) = x y 2 cos (x z)



 ∂x ∂y ∂z
 ∂F ∂F2 ∂F2
2
= −2 x ey sin x2 + z = ey cos x2 + z = −ey sin x2 + z
  

 ∂x ∂y ∂z
∂F3 y sin (x y) ∂F3 x sin (x y) ∂F3


=− =− = 0.



∂x 2 + cos (x y) ∂y 2 + cos (x y) ∂z

(ii) On a que

∂F1 ∂F2 ∂F3


= y 2 z cos (x z) + ey cos x2 + z .

div F = + +
∂x ∂y ∂z

(iii) Finalement

∂F3 ∂F2
   
− x sin (x y)
+ ey sin x2 + z

∂y ∂z  −
2 + cos (x y)
  
  
∂F1 ∂F3 
 
rot F =  − = y sin (x y) .

x y 2 cos (x z) +


 ∂z ∂x   2 + cos (x y)

 ∂F2 ∂F1   
− y 2
 
∂x ∂y −2 x e sin x + z + y sin (x z)

Exercice 1.2 Les expressions qui ont un sens sont les suivantes : (i) ; (ii) ; (iii) ;
(v) ; (vi) et (viii).
Les expressions qui n’ont pas de sens sont les suivantes : (iv) ; (vii) et (ix).

Exercice 1.3 Tout d’abord on déduit de l’exemple 1.3 (en considérant a = 0)


que
∂r xi
rxi = = .
∂xi r
(i) On commence par écrire

∂f xi
fxi = = ψ 0 (r) rxi = ψ 0 (r) .
∂xi r
Corrigés 9

On obtient alors
∂2f xi ∂
= ψ 00 (r) rxi + ψ 0 (r) xi r−1

fxi xi = 2
∂xi r ∂xi
2
 
x 1 1
= ψ 00 (r) 2i + ψ 0 (r) − xi 2 rxi
r r r
2 2
 
x 1 xi
= ψ 00 (r) 2i + ψ 0 (r) − 3 .
r r r
On a ainsi
n n n n
" #
X ψ 00 (r) X 2 0 1 X 1 X 2
∆f = fxi xi = x + ψ (r) 1− 3 x
i=1
r2 i=1 i r i=1 r i=1 i
n−1 0
 
n 1
= ψ 00 (r) + ψ 0 (r) − = ψ 00 (r) + ψ (r) .
r r r
(ii) On trouve donc que si ∆f = 0 alors
1−n 0 ψ 00 (r) 1−n
ψ 00 (r) = ψ (r) ⇒ = ⇒
r ψ 0 (r) r
log ψ 0 (r) = (1 − n) log r ⇒ ψ 0 (r) = r1−n .

On déduit immédiatement que



 log r si n = 2
ψ (r) = 2−n
 r si n ≥ 3.
2−n

Exercice 1.4 (i) Rappelons que comme x, y > 0 on a


1/2 y y
r = x2 + y 2 tg θ = ⇒ θ = arctg .
x x
Par ailleurs, on a vu que (cf. exemple 1.3)
∂r x ∂r y
= et = .
∂x r ∂y r
On trouve que
−y 1
∂θ x2 −y −y ∂θ x x
= 2 = x2 + y 2 = r 2 ; = 2 = .
∂x y ∂y y r2
1+ 2 1+
x x2
(ii) On peut écrire
∂f ∂g ∂r ∂g ∂θ x ∂g y ∂g
= + = − 2
∂x ∂r ∂x ∂θ ∂x r ∂r r ∂θ
10 Opérateurs différentiels

et
∂f ∂g ∂r ∂g ∂θ y ∂g x ∂g
= + = + 2 .
∂y ∂r ∂y ∂θ ∂y r ∂r r ∂θ
(iii) On a
∂2f
   
∂  x  ∂g x ∂ ∂g ∂ −2 ∂g
 y ∂ ∂g
= + − y r −
∂x2 ∂x r ∂r r ∂x ∂r ∂x ∂θ r2 ∂x ∂θ
r − x xr ∂g x x ∂ 2 g y ∂2g
 
2 x y ∂g
= + − + 4
r2 ∂r r r ∂r2 r2 ∂r∂θ r ∂θ
2 2
 
y x ∂ g y ∂ g
− 2 −
r r ∂r∂θ r2 ∂θ2
et ainsi
∂2f y 2 ∂g x2 ∂ 2 g 2 x y ∂ 2 g 2 x y ∂g y 2 ∂ 2 g
2
= 3 + 2 2
− 3 + 4 + 4 .
∂x r ∂r r ∂r r ∂r∂θ r ∂θ r ∂θ2
Un calcul similaire nous conduit à
∂2f x2 ∂g y 2 ∂ 2 g 2 x y ∂ 2 g 2 x y ∂g x2 ∂ 2 g
= + + − + 4
∂y 2 r3 ∂r r2 ∂r2 r3 ∂r∂θ r4 ∂θ r ∂θ2
et donc
1 ∂g ∂ 2 g 1 ∂2g
∆f = + 2 + 2 .
r ∂r ∂r r ∂θ2
(iv) En écrivant la fonction en coordonnées polaires, on obtient
f (x, y) = r + θ2
p
1 2 2 + x2 + y 2
∆f = + 2 = .
r r x2 + y 2

Exercice 1.5 (i) On va montrer d’abord que div grad f = 4f. On peut écrire
 
∂f ∂f ∂f
div grad f = div , ,··· ,
∂x1 ∂x2 ∂xn
     
∂ ∂f ∂ ∂f ∂ ∂f
= + + ··· +
∂x1 ∂x1 ∂x2 ∂x2 ∂xn ∂xn
∂2f ∂2f ∂2f
= + + ··· + = 4f.
∂x21 ∂x22 ∂x2n
(ii) On va prouver maintenant que rot grad f = 0
∂2f ∂2f
 
e1 e2 e3 −
 ∂y∂z ∂z∂y   
∂ ∂ ∂   0
 ∂2f ∂2f  
rot grad f = ∂x ∂y ∂z =  = 0 
.
 ∂z∂x − ∂x∂z 
∂f ∂f ∂f 
 ∂2f

0
∂2f 
∂x ∂y ∂z −
∂x∂y ∂y∂x
Corrigés 11

(iii) Comme
∂F3 ∂F2
 
e1 e2 e3 −

 ∂y ∂z 
∂ ∂ ∂  ∂F1 ∂F3 
rot F = = − 
∂x ∂y ∂z 
 ∂z ∂x 
F1 F2 F3  ∂F2 ∂F1 

∂x ∂y
on trouve
     
∂ ∂F3 ∂F2 ∂ ∂F1 ∂F3 ∂ ∂F2 ∂F1
div rot F = − + − + −
∂x ∂y ∂z ∂y ∂z ∂x ∂z ∂x ∂y
∂ 2 F3 ∂ 2 F2 ∂ 2 F1 ∂ 2 F3 ∂ 2 F2 2
∂ F1
= − + − + − = 0.
∂x∂y ∂x∂z ∂y∂z ∂y∂x ∂z∂x ∂z∂y

Exercice 1.6 (i) On a


 
∂g ∂g ∂g
div (f grad g) = div f ,f ,··· ,f
∂x1 ∂x2 ∂xn
     
∂ ∂g ∂ ∂g ∂ ∂g
= f + f + ··· + f
∂x1 ∂x1 ∂x2 ∂x2 ∂xn ∂xn
n   X n  2

X ∂ ∂g ∂f ∂g ∂ g
= f = +f 2
i=1
∂x i ∂xi i=1
∂xi ∂x i ∂x i

= grad f · grad g + f ∆g.


(ii) On obtient de même
 
∂f ∂g ∂f ∂g ∂f ∂g
grad (f g) = g+ f, g+ f, · · · , g+ f
∂x1 ∂x1 ∂x2 ∂x2 ∂xn ∂xn
   
∂f ∂f ∂f ∂g ∂g ∂g
=g , ,··· , +f , ,··· ,
∂x1 ∂x2 ∂xn ∂x1 ∂x2 ∂xn
= g grad f + f grad g.

Exercice 1.7 (i) Comme F = (F1 , · · · , Fn ) , on déduit que


div (f F ) = div (f F1 , f F2 , · · · , f Fn )
n n  
X ∂ X ∂f ∂Fi
= (f Fi ) = Fi + f
i=1
∂xi i=1
∂xi ∂xi
= F · grad f + f div F.
(ii) Montrons maintenant que rot rot F = −∆F + grad div F. On a
 
∂F3 ∂F2 ∂F1 ∂F3 ∂F2 ∂F1
rot F = − , − , −
∂y ∂z ∂z ∂x ∂x ∂y
12 Opérateurs différentiels

et on obtient donc

e1 e2 e3
∂ ∂ ∂
rot rot F = ∂x ∂y ∂z
∂F3 ∂F2 ∂F1 ∂F3 ∂F2 ∂F1
− − −
∂y ∂z ∂z ∂x ∂x ∂y

i.e.
∂ 2 F2 ∂ 2 F1 ∂ 2 F1 ∂ 2 F3
 
− − +

 ∂x∂y ∂y 2 ∂z 2 ∂x∂z  
2 2 2
∂ F3 ∂ F2 ∂ F2 ∂ 2 F1 
 
rot rot F =  − − + .

 ∂y∂z ∂z 2 ∂x2 ∂x∂y 
∂ 2 F1 ∂ 2 F3 ∂ 2 F3 ∂ 2 F2 
 

− − +
∂x∂z ∂x2 ∂y 2 ∂y∂z
Comme par ailleurs on a

∂ 2 F1 ∂ 2 F1 ∂ 2 F1
 
2
+ 2
+

 ∂x ∂y ∂z 2 

2 2
∂ F2 ∂ F2 ∂ 2 F2
 
∆F =  + +
 
∂x2 ∂y 2 ∂z 2

 
2 2
∂ 2 F3
 
 ∂ F3 ∂ F3 
+ +
∂x2 ∂y 2 ∂z 2

on déduit finalement que

∂ 2 F2 ∂ 2 F3 ∂ 2 F1
 
+ +

 ∂x∂y ∂x∂z ∂x2 

2 2
∂ F3 ∂ F1 ∂ 2 F2
 
rot rot F + ∆F =  + + .
 
 ∂y∂z ∂x∂y ∂y 2 
2 2
∂ 2 F3
 
 ∂ F1 ∂ F2 
+ +
∂x∂z ∂y∂z ∂z 2

Comme

∂ 2 F1 ∂ 2 F2 ∂ 2 F3
 
2
+ +

 ∂x ∂x∂y ∂x∂z 

∂ 2 F1 ∂ 2 F2 ∂ 2 F3
 
∂F1 ∂F2 ∂F3  
grad div F = grad + + = + + ,
 
∂x ∂y ∂z  ∂x∂y ∂y 2 ∂y∂z 
∂ 2 F1 ∂ 2 F2 ∂ 2 F3
 
 
+ +
∂x∂z ∂y∂z ∂z 2

on obtient bien
rot rot F = −∆F + grad div F.
Corrigés 13

(iii) On veut montrer que rot (f F ) = gradf ∧ F + f rot F. On a

∂ ∂
 
e1 e2 e3  ∂y (f F3 ) − ∂z (f F2 ) 
 
∂ ∂ ∂  ∂ ∂ 
rot (f F ) = = (f F1 ) − (f F3 ) .
∂x ∂y ∂z  ∂z
 ∂x 

f F 1 f F2 f F 3  ∂ ∂ 
(f F2 ) − (f F1 )
∂x ∂y

On déduit alors que


   
∂f ∂f ∂F3 ∂F2
 F3 ∂y − F2 ∂z + f ∂y

∂z 
   
 ∂f ∂f ∂F1 ∂F3 
rot (f F ) =  F1 − F3 +f − .
 
 ∂z ∂x ∂z ∂x 
   
 ∂f ∂f ∂F2 ∂F1 
F2 − F1 +f −
∂x ∂y ∂x ∂y

Par définition
∂f ∂f
 
e1 e2 e3 F 3 − F 2

 ∂y ∂z 

∂f ∂f ∂f  ∂f ∂f 
gradf ∧ F = = F
 1 ∂z − F 3
,
∂x ∂y ∂z  ∂x 

F1 F2 F3  ∂f ∂f 
F2 − F1
∂x ∂y

et donc en combinant les résultats on trouve

rot (f F ) = gradf ∧ F + f rot F.


Chapitre 2

Intégrales curvilignes

2.1 Définitions et résultats théoriques


Définition 2.1 Soit Γ ⊂ Rn une courbe simple régulière (pour une définition
précise cf. sect. 8.3) paramétrée par γ : [a, b] → Γ, γ (t) = (γ1 (t) , · · · , γn (t)) .
On notera
v
u n
uX
2
γ 0 (t) = (γ10 (t) , · · · , γn0 (t)) et 0
kγ (t)k = t γj0 (t) .
j=1

(i) Soit f : Γ → R une fonction continue. L’intégrale de f le long de Γ est


définie par

Z Z b
f dl = f (γ (t)) kγ 0 (t)k dt.
Γ a

(ii) Soit F = (F1 , · · · , Fn ) : Γ → Rn un champ vectoriel continu. L’intégrale


de F le long de Γ est définie par

Z Z b n
Z bX
F · dl = F (γ (t)) · γ 0 (t) dt = Fj (γ (t)) γj0 (t) dt.
Γ a a j=1

(iii) Si Γ ⊂ Rn est une courbe simple régulière par morceaux (cf. sect. 8.3 ;
en particulier il existe γ : [a, b] → Γ continue et a = a1 < a2 < · · · < aN +1 = b
avec γ 0 ∈ C ([ai , ai+1 ]) , i = 1, · · · , N ) et si f : Γ → R est une fonction continue
16 Intégrales curvilignes

et F : Γ → Rn un champ vectoriel continu, alors


Z N Z
X ai+1
f dl = f (γ (t)) kγ 0 (t)k dt
Γ i=1 ai
Z N Z
X ai+1
F · dl = F (γ (t)) · γ 0 (t) dt.
Γ i=1 ai

Remarque (i) Toutes les courbes que nous rencontrerons dans ce livre seront
des courbes simples régulières par morceaux et même, pour la plupart, régulières.
(ii) La longueur d’une courbe Γ est obtenue en prenant f ≡ 1 dans les
définitions ci-dessus, c’est-à-dire

Z
long (Γ) = dl.
Γ

(iii) Les définitions sont indépendantes du choix de la paramétrisation (au


signe près pour la deuxième).
(Pour plus de détails, cf. [2] 23, [4] 333-334, [7] chapitre 2, [8] 258, [11] 513, [12]
426).

2.2 Exemples
Exemple 2.2 Calculer la longueur du cercle unité.

Discussion On écrit

Γ = γ : [0, 2π] → R2

γ (t) = (cos t, sin t) ,

alors
γ 0 (t) = (− sin t, cos t) et kγ 0 (t)k = 1
et donc Z Z 2π
long (Γ) = dl = dt = 2π.
Γ 0
Z p
Exemple 2.3 (i) Calculer f dl quand f (x, y) = x2 + 4 y 2 et
Γ

Γ = (x, y) ∈ R2 : 2 y = x2 , x ∈ [0, 1] .


Z
F · dl quand F (x, y) = x2 , 0 et

(ii) Calculer
Γ

Γ = (x, y) ∈ R2 : y = cosh x, x ∈ [0, 1] .



Exercices 17

Discussion (i) Une paramétrisation de la courbe est donnée par


 2
t
γ (t) = t, , t ∈ [0, 1] .
2

Alors, comme γ 0 (t) = (1, t) , on trouve


s  2 2 p
Z 1 Z 1
t 1 1 3
Z
t 1 + t2 dt = + = .

f dl = 2
t +4 1 + t2 dt =
Γ 0 2 0 2 4 4

(ii) Dans ce cas on peut prendre

γ (t) = (t, cosh t) ⇒ γ 0 (t) = (1, sinh t) .

On a donc
1
1
Z Z
t2 , 0 · (1, sinh t) dt = .

F · dl =
Γ 0 3

2.3 Exercices
Exercice 2.1 (i) Soit Γ = (x, y) ∈ R2 : y = f (x) , x ∈ [a, b] . Montrer que


Z b q
2
long (Γ) = 1 + (f 0 (t)) dt.
a

(ii) En déduire la longueur de la courbe

Γ = (x, y) ∈ R2 : y = cosh x, x ∈ [0, 1] .




(iii) Soit

Γ = (x, y) ∈ R2 : x (t) = r (t) cos t, y (t) = r (t) sin t, t ∈ [a, b] .




Calculer la longueur de Γ en fonction de r.


Z
F · dl quand F (x, y) = x y, y 2 − x et

Exercice 2.2 Calculer
Γi

Γ1 = {(t, t) : t ∈ [0, 1]} , Γ2 = t, et : t ∈ [0, 1] ,


 

n√  o
Γ3 = t, t2 : t ∈ [1, 2] .
Z
Exercice 2.3 Calculer F · dl quand
Γ

Γ = (x, y, z) ∈ R3 : x2 + y 2 = 1, z = 0

et F (x, y, z) = (x, z, y)

Γ = (x, y, z) ∈ R3 : y = ex , z = x, x ∈ [0, 1]

et F (x, y, z) = (x, y, z) .
18 Intégrales curvilignes


Z
Exercice 2.4 Calculer f dl quand f (x, y, z) = x2 + y 2 + 2 z et
Γ

t2
   
Γ= γ (t) = cos t, sin t, : t ∈ [0, 1] .
2
On rappelle que
xp 2 a2
Z p  p 
x2 + a2 dx = x + a2 + log x + x2 + a2 .
2 2
Exercice 2.5 Soit Γ une courbe régulière de R3 joignant A et B. En utilisant
la loi de Newton (Force = masse × accélération), calculer le travail nécessaire
pour déplacer une particule de masse constante de A à B le long de Γ.

Exercice 2.6 Soient F (x, y) = (x + y, −x) et

Γ = (x, y) ∈ R2 : y 2 + 4 x4 − 4 x2 = 0, x ≥ 0 .


(i) Montrer que γ (t) = (sin t, sin (2 t)) avec t ∈ [0, π] est une paramétrisation
de Γ. Z
(ii) Calculer F · dl.
Γ

Exercice 2.7 * On dit qu’une paramétrisation simple régulière

γ : [a, b] → Γ, γ (t) = (γ1 (t) , · · · , γn (t))

est une paramétrisation par la longueur de l’arc, si

kγ 0 (t)k ≡ 1, ∀ t ∈ [a, b] .

Montrer que si Γ ⊂ Rn est une courbe simple régulière, alors il existe une
paramétrisation par la longueur de l’arc.

2.4 Corrigés
Exercice 2.1 (i) Une paramétrisation de Γ est donnée par

x=t et y = f (t)

c’est-à-dire,
γ (t) = (t, f (t)) ⇒ γ 0 (t) = (1, f 0 (t))
et on obtient donc Z b q
2
long (Γ) = 1 + (f 0 (t)) dt.
a
(ii) On a maintenant f (t) = cosh t et donc
q
2
1 + (f 0 (t)) = cosh t.
Corrigés 19

Le résultat suit alors immédiatement


e − e−1
long (Γ) = sinh 1 − sinh 0 = .
2
(iii) On pose γ (t) = (r (t) cos t, r (t) sin t) et on déduit que

γ 0 (t) = (r0 (t) cos t − r (t) sin t, r0 (t) sin t + r (t) cos t)
2 2
⇒ kγ 0 (t)k = (r0 ) + r2 .

De la définition on déduit que


Z b q
2 2
long (Γ) = (r0 (t)) + (r (t)) dt.
a

Exercice 2.2 (i) Dans ce cas comme

γ1 (t, t) = (t, t) ⇒ γ10 (t) = (1, 1) ,

on trouve immédiatement que


Z 1 1
1
Z Z
t2 , t2 − t · (1, 1) dt = 2 t2 − t dt = .
 
F · dl =
Γ1 0 0 6

(ii) On choisit

γ2 (t, t) = t, et γ20 (t) = 1, et


 

et on obtient ainsi
1 1
1 3
Z Z Z
t et , e2 t − t · 1, et dt = e3 t dt =
  
F · dl = e −1 .
Γ2 0 0 3

(iii) Dans ce dernier cas on écrit


√  
1

γ3 (t, t) = t, t2 ⇒ γ30 (t) = √ ,2t
2 t
et on trouve donc
 √ 2 √
 
1
Z Z
F · dl = t2 t, t4 − t · √ , 2 t dt
Γ3 1 2 t
689 16 √
Z 2 √

1 2 5
= t + 2 t − 2 t t dt = − 2.
1 2 30 5

Exercice 2.3 (i) On choisit comme paramétrisation, pour t ∈ [0, 2π] ,

γ (t) = (cos t, sin t, 0) ⇒ γ 0 (t) = (− sin t, cos t, 0) .


20 Intégrales curvilignes

On trouve alors
Z Z 2π
F · dl = (cos t, 0, sin t) · (− sin t, cos t, 0) dt
Γ 0
Z 2π
= − sin t cos t dt = 0.
0

(ii) On note, pour t ∈ [0, 1] ,


γ (t) = (t, et , t) γ 0 (t) = 1, et , 1 .


On obtient
Z Z 1 Z 1
t, et , t · 1, et , 1 dt = 2 t + e2 t dt
  
F · dl =
Γ 0 0
1
e2 t 1 + e2
= t2 + = .
2 0 2
(Noter que dans (i), contrairement à (ii), le sens de parcours de Γ n’est pas
explicitement donné ; le choix du sens opposé aurait évidemment donné dans ce
cas le même résultat, à savoir 0.)

Exercice 2.4 De la paramétrisation donnée on en déduit


p
γ 0 (t) = (− sin t, cos t, t) ⇒ kγ 0 (t)k = 1 + t2 et f (γ (t)) = 1 + t.
On a par conséquent
Z Z 1 p Z 1 p Z 1 p
f dl = 2
(1 + t) 1 + t dt = 2
1 + t dt + t 1 + t2 dt
Γ 0 0 0
 p  1
t 2
1  p
2
 1
2
p
2
= t + 1 + log t + t + 1 + 1+t 1+t
2 2 3 0

−1 7 2 1  √ 
= + + log 1 + 2 .
3 6 2

Exercice 2.5 Soit γ : [a, b] → Γ une paramétrisation de Γ, on a γ (a) = A,


γ (b) = B. Par ailleurs F (γ (t)) = m γ 00 (t) . On trouve donc
Z b Z b  
d 1 0
Z
2
F · dl = m γ 00 (t) · γ 0 (t) dt = m kγ (t)k dt
Γ a a dt 2
m 0 2 m 0 2
= kγ (b)k − kγ (a)k ,
2 2
ce qui n’est rien d’autre que la variation de l’énergie cinétique.

Exercice 2.6 La courbe est donnée par y = ±2 x 1 − x2 . Par exemple on peut
choisir
Γ = {γ (t) = (sin t, sin (2 t)) , t ∈ [0, π]} .
Corrigés 21

(Noter que le sens de parcours de Γ n’est pas explicitement donné dans le


problème ; nous avons choisi le sens contraire du sens trigonométrique). On
trouve donc
Z Z π
F · dl = (sin t + sin (2 t) , − sin t) · (cos t, 2 cos (2 t)) dt
Γ 0
Z π
8
= {−2 cos (2 t) sin t + cos t [sin t + sin (2 t)]} dt = .
0 3

Exercice 2.7 * Soit δ une paramétrisation simple régulière de Γ

δ : [a, b] → Γ, δ (t) = (δ1 (t) , · · · , δn (t))

(en particulier kδ 0 (t)k =


6 0 pour tout t ∈ [a, b]). On pose
Z x
y = η (x) = kδ 0 (t)k dt
a

et on observe que
η : [a, b] → [0, long (Γ)]
1
et que η est inversible et C ([0, long (Γ)]) . On pose alors

γ (y) = δ η −1 (y)


et on vérifie que
kγ 0 (y)k ≡ 1, ∀ y ∈ [0, long (Γ)] .
En effet
0 1 δ 0 (x)
γ 0 (y) = δ 0 η −1 (y) η −1 (y) = δ 0 η −1 (y)
 
= .
η 0 (η −1 (y)) kδ 0 (x)k

C’est ce qu’il fallait démontrer.


Chapitre 3

Champs qui dérivent d’un


potentiel

3.1 Définitions et résultats théoriques


Définition 3.1 Soient Ω ⊂ Rn un ouvert et F = F (x) = (F1 , · · · , Fn ) : Ω →
Rn . On dit que F dérive d’un potentiel sur Ω s’il existe f ∈ C 1 (Ω) (f est
appelé le potentiel) tel que

 
∂f ∂f
F (x) = grad f (x) = (x) , · · · , (x) , ∀ x ∈ Ω.
∂x1 ∂xn

Théorème 3.2 Soient Ω ⊂ Rn un ouvert et F ∈ C 1 (Ω; Rn ) . Si F dérive d’un


potentiel sur Ω alors

∂Fi ∂Fj
(x) − (x) = 0, ∀ i, j = 1, · · · , n et ∀ x ∈ Ω.
∂xj ∂xi
(3.1)

Remarque (i) La condition ci-dessus s’écrit aussi

rot F (x) = 0, ∀ x ∈ Ω.

(ii) La condition (3.1) n’est pas suffisante (cf. exemple 3.6 ci-après) pour
garantir l’existence d’un tel potentiel, il faut pour cela des conditions sur le do-
maine Ω. Si le domaine Ω est convexe, ou plus généralement s’il est simplement
connexe, la condition est bien suffisante. On rappelle que dans R2 un domaine
simplement connexe est un domaine sans trou. Pour les notions précises d’en-
semble connexe, convexe, simplement connexe nous référons au chapitre 8.
24 Champs qui dérivent d’un potentiel

(iii) Dans un domaine (c’est-à-dire un ensemble ouvert et connexe) le po-


tentiel est unique à une constante près.
Théorème 3.3 Soit Ω ⊂ Rn un domaine et soit F ∈ C (Ω; Rn ) . Les affirma-
tions suivantes sont alors équivalentes.
(i) F dérive d’un potentiel sur Ω.
(ii) Pour toute courbe simple, fermée, régulière par morceaux, Γ ⊂ Ω
Z
F · dl = 0.
Γ

(iii) Soient Γ1 , Γ2 ⊂ Ω deux courbes simples régulières par morceaux joignant


A à B alors Z Z
F · dl = F · dl.
Γ1 Γ2

(Pour plus de détails, cf. [4] 341-351, [7] chapitre 3, [8] 261-264, [11] 568-576,
[12] 429-433).

3.2 Exemples
Exemple 3.4 Soit F (x, y) = 4 x3 y 2 , 2 x4 y + y . Montrer que F dérive d’un


potentiel sur Ω = R2 et trouver un tel potentiel.


Discussion Le domaine de définition est Ω = R2 qui est un ensemble convexe.
En dérivant on obtient
∂F2 ∂F1
− = 8 x3 y − 8 x3 y = 0.
∂x ∂y
Le théorème 3.2 et la remarque qui suit nous garantissent l’existence d’un po-
tentiel f : R2 → R. Pour trouver ce potentiel on écrit
∂f ∂f
= 4 x3 y 2 et = 2 x4 y + y.
∂x ∂y
En intégrant la première équation par rapport à la variable x on obtient
f (x, y) = x4 y 2 + α (y) .
En dérivant cette dernière expression par rapport à y et en remettant dans la
deuxième équation on a
∂f
= 2 x4 y + α0 (y) = 2 x4 y + y.
∂y
Ceci implique que
y2
α0 (y) = y ⇒ α (y) =+ c,
2
avec c ∈ R. Finalement le potentiel cherché est donc
y2
f (x, y) = x4 y 2 + + c.
2
Exemples 25

Exemple 3.5 Soit F (x, y, z) = 2 x sin z, z ey , x2 cos z + ey . Montrer que F




dérive d’un potentiel sur Ω = R3 et trouver un tel potentiel.

Discussion On vérifie si la condition nécessaire, i.e. rot F = 0, est satisfaite.


On a

e1 e2 e3
ey − ey
   
0
∂ ∂ ∂
rot F = =  2 x cos z − 2 x cos z  =  0  .
   
∂x ∂y ∂z
0−0 0
2 x sin z z ey x2 cos z + ey

Comme Ω = R3 est convexe, F dérive d’un potentiel. On écrit alors

∂f ∂f ∂f
= 2 x sin z, = z ey et = x2 cos z + ey .
∂x ∂y ∂z

On intègre la première équation par rapport à x et on trouve

f (x, y, z) = x2 sin z + α (y, z) .

En dérivant cette dernière expression par rapport à y et z et en remettant dans


les deuxième et troisième équations on obtient
 ∂f ∂α
 = z ey =
∂y ∂y

 ∂f = x2 cos z + ey = x2 cos z + ∂α .

∂z ∂z
En intégrant la première équation par rapport à y on trouve

α (y, z) = z ey + β (z) .

Puis en remettant le résultat dans la deuxième équation on a

∂α
= ey + β 0 (z) = ey ⇒ β 0 (z) = 0 ⇒ β (z) = β = constante.
∂z
Finalement en résumant on a obtenu

f (x, y, z) = x2 sin z + z ey + β.

Exemple 3.6 Soit


 
y x
F (x, y) = − , 2 .
x + y x + y2
2 2

(i) Trouver le domaine de définition de F.


26 Champs qui dérivent d’un potentiel

(ii) Soient

Ω1 = (x, y) ∈ R2 : y > 0


Ω2 = (x, y) ∈ R2 : y < 0


Ω3 = R2 \ (x, y) ∈ R2 : x ≤ 0 et y = 0


Ω4 = R2 \ {(0, 0)} .

F dérive-t-il d’un potentiel surZΩi , i = 1, 2, 3, 4 ? Si oui trouver un tel potentiel,


si non trouver Γ ⊂ Ωi tel que F · dl 6= 0.
Γ

Discussion (i) Le domaine de définition de F est Ω4 = R2 \ {(0, 0)} et F ∈


C ∞ Ω4 ; R2 . On a par ailleurs
   
∂ x ∂ y
rot F = − − 2 = 0, ∀ (x, y) ∈ Ω4 .
∂x x2 + y 2 ∂y x + y2
(ii) Noter que Ω1 , Ω2 ⊂ Ω3 ⊂ Ω4 et Ω1 et Ω2 sont convexes, Ω3 est simple-
ment connexe (mais pas convexe) et Ω4 n’est pas simplement connexe. On va
d’abord trouver un potentiel quand y > 0 (et donc dans Ω1 ) puis quand y < 0
(et donc dans Ω2 ) et puis enfin on discutera le cas où y = 0.
Cas 1 : (x, y) ∈ Ω1 . Cherchons donc un potentiel f ∈ C 1 (Ω1 ) . Si un tel f existe
on doit avoir
∂f y ∂f x
=− 2 2
et = 2 .
∂x x +y ∂y x + y2
En intégrant la première équation par rapport à x on trouve
x
f (x, y) = − arctg + α+ (y) .
y
0
En remettant dans la deuxième équation on trouve α+ (y) = 0 et donc le po-
tentiel cherché dans Ω1 (c’est-à-dire lorsque y > 0) est
x
f (x, y) = − arctg + α+ , ∀ (x, y) ∈ Ω1 ,
y
où α+ ∈ R est une constante arbitraire.
Cas 2 : (x, y) ∈ Ω2 . La même analyse que précédemment conduit à
x
f (x, y) = − arctg + α− , ∀ (x, y) ∈ Ω2
y
où α− ∈ R est une constante arbitraire.
Cas 3 : (x, y) ∈ Ω3 . Par les cas 1 et 2, s’il existe un potentiel f ∈ C 1 (Ω3 ) alors
il doit nécessairement être de la forme
 x
 − arctg + α+ si y > 0 et x ∈ R

y
f (x, y) = x
 − arctg + α− si y < 0 et x ∈ R

y
Exercices 27

Il reste à savoir si on peut choisir les constantes α+ et α− de manière à prolonger


continûment un tel f à la demi-droite (x, 0) avec x > 0. Ceci est possible car (x
étant positif)
π π
lim+ [f (x, y)] = − + α+ et lim− [f (x, y)] = + α− .
y→0 2 y→0 2
Il suffit donc de choisir α+ = α− + π et on aura bien que
 x
 − arctg + (α− + π) si y > 0 et x ∈ R


 y
 π
f (x, y) = α− + si y = 0 et x > 0
 2
 x
si y < 0 et x ∈ R

− arctg + α−


y

est un potentiel C 1 (Ω3 ) de F, α− ∈ R étant une constante arbitraire.


Cas 4 : (x, y) ∈ Ω4 . La même analyse que précédemment ne nous permet pas
de définir continûment f sur y = 0 quand x < 0 car on aurait alors
π 3π
lim [f (x, y)] = + α− + π = α− +
y→0+ 2 2
π
lim [f (x, y)] = − + α−
y→0− 2
et ceci est impossible. DoncF ne dérive pas d’un potentiel sur Ω4 . Montrons
ceci différemment. Soit Γ = (x, y) ∈ R2 : x2 + y 2 = 1 ⊂ Ω4 . On a alors
Z Z 2π
F · dl = (− sin θ, cos θ) · (− sin θ, cos θ) dθ = 2π 6= 0.
Γ 0

Au vu du théorème 3.3 on a ainsi montré que F ne dérive pas d’un potentiel


sur Ω4 .

3.3 Exercices
Exercice 3.1 Soient les champs vectoriels Fi : R2 → R2

F1 (x, y) = (y, x y − x) , F2 (x, y) = 3 x2 y + 2 x, x3 , F3 (x, y) = 3 x2 y, x2 .


 

Le champ Fi dérive-t-il d’un potentiel sur R2 ?


Si oui, trouver
Z un potentiel duquel dérive Fi , si non trouver un chemin fermé
Γ tel que Fi · dl 6= 0.
Γ

Exercice 3.2 (i) Soit F : R2 → R2 un champ C 1 , F = F (u, v) = (f (u, v) , g (u, v)) .


Soit Z 1
ϕ (x, y) = [x f (t x, t y) + y g (t x, t y)] dt.
0
28 Champs qui dérivent d’un potentiel

∂g ∂f
Montrer que si = alors F (x, y) = grad ϕ (x, y) . En déduire un potentiel
∂u ∂v
2

pour F (x, y) = 2 x y, x + y .
(ii) Généraliser ce résultat à Rn , avec
Z 1
F (u) = (F1 (u) , . . . , Fn (u)) , ϕ (x) = F (t x) · x dt
0

et
∂Fi ∂Fj
= , ∀ i, j = 1, · · · , n.
∂uj ∂ui

Exercice 3.3 Soit


 
z 2 2
F (x, y, z) = 2xy + , x + 2 y z, y + arctg x .
1 + x2

Le champ F dérive-t-il d’un potentiel sur R3 ? Si oui trouver ce potentiel.

Exercice 3.4 Soient


−y
 
2 2 x
Ω = R \ (0, y) ∈ R : y ≥ 0

et F (x, y) = , 2 .
x + y x + y2
2 2

Montrer (en exhibant un potentiel f ) que le champ F dérive d’un potentiel sur Ω.
Suggestion. Procéder comme dans l’exemple 3.6.
p
Exercice 3.5 Soient r = x2 + y 2 et F (x, y) = (α (r) x, β (r) y) avec α, β ∈
C 1 (0, ∞) tels que
lim (r α (r)) = lim (r β (r)) = 0.
r→0 r→0

(i) Trouver une condition nécessaire pour que F dérive d’un potentiel sur
Ω = R2 \ {(0, 0)} .
(ii) Montrer (comme dans l’exercice 3.2) que
Z 1
f (x, y) = [F (t x, t y) · (x, y)] dt
0

est un potentiel pour F sur Ω.

Exercice 3.6 Soit l’équation différentielle

F2 (t, u (t)) u0 (t) + F1 (t, u (t)) = 0, t ∈ R.

(i) Soit F (x, y) = (F1 (x, y) , F2 (x, y)) un champ vectoriel qui dérive d’un
potentiel f sur R2 . Montrer qu’une solution u = u (t) de l’équation différentielle
est donnée, sous forme implicite, par

f (t, u (t)) = constante, ∀ t ∈ R.


Exercices 29

d
Suggestion. Calculer [f (t, u (t))] .
dt
(ii) En déduire une solution de
(
u2 (t) u0 (t) + sin t = 0
u (0) = 3.

Exercice 3.7 (Facteur intégrant). Soit l’équation différentielle

F2 (t, u (t)) u0 (t) + F1 (t, u (t)) = 0, t ∈ R.

 que s’il existe W : R → R (avec W (x, y) 6= 0, ∀ (x, y) ∈ R ,


2 2
(i) Montrer
W ∈ C R ) tel que
1 2

W (x, y) F (x, y) = (W F1 , W F2 )

dérive d’un potentiel Φ sur R2 alors une solution u = u (t) de l’équation différentielle
est donnée, sous forme implicite, par

Φ (t, u (t)) = constante, ∀ t ∈ R.

(ii) En déduire une solution de

4 t sin (t u (t)) + u (t) t2 + 1 cos (t u (t)) + u0 (t) t2 + 1 t cos (t u (t)) = 0.


   

Suggestion. Choisir W (x, y) = 1 + x2 .

Exercice 3.8 Soient


! !
−x −y y3 −x y 2
F (x, y) = 2 , 2 , G (x, y) = 2 , 2
(x2 + y 2 ) (x2 + y 2 ) (x2 + y 2 ) (x2 + y 2 )

et Ω = R2 \ {(0, 0)} . Les champs F et G dérivent-ils d’un potentiel sur Ω ? (Si


oui trouver un potentiel, si non justifier votre réponse).

 ⊂ R un ensemble convexe avec 0 ∈ Ω et F =


3
Exercice 3.9 * 1Soient 3Ω
F , F , F ∈ C Ω; R tel que
1 2 3

div F = Fx11 + Fx22 + Fx33 = 0 dans Ω.

Soit  Z 1
 2

3

F (t x) x3 − F (t x) x2 t dt 
Φ1
  
 0 
 Z 1 
 2    3 1

Φ (x) =  Φ  =  F (t x) x1 − F (t x) x3 t dt  .

0
Φ3
 
 Z 1 
  1 
F (t x) x2 − F 2 (t x) x1 t dt

0
30 Champs qui dérivent d’un potentiel

Montrer que
F = rot Φ dans Ω.
Indication et remarque. S’inspirer de l’exercice 3.2. On pourra remarquer qu’une
façon plus ramassée d’écrire Φ est donnée par
Z 1
Φ (x) = [F (t x) ∧ x] t dt, x ∈ Ω
0

où on a dénoté le produit vectoriel par ∧, ce qui veut dire que si x, y ∈ R3 , alors

e1 e2 e3  
x2 y3 − x3 y2
x∧y = x1 x2 x3 =  x3 y1 − x1 y3  .
 

x1 y2 − x2 y1
y1 y2 y3

3.4 Corrigés
Exercice 3.1 (i) Comme

∂ ∂
rot F1 = (x y − x) − (y) = y − 1 − 1 6= 0,
∂x ∂y
le champ F1 ne dérive pas d’un potentiel. On peut choisir Γ = Γ1 ∪ Γ2 où

Γ1 = t, t2 : t ∈ [0, 1]
 
et Γ2 = {(2 − t, 2 − t) : t ∈ [1, 2]} .

On trouve alors que

Γ2

Γ1

1 x

Z
F1 · dl
Γ
Z Z
= F1 · dl + F1 · dl
Γ1 Γ2
Z 1 Z 2  
2
t2 , t3 − t · (1, 2 t) dt +

= 2 − t, (2 − t) − (2 − t) · (−1, −1) dt
0 1
Corrigés 31

et donc
−4
Z
F1 · dl = 6= 0.
Γ 15
∂ ∂
x3 − 3 x2 y + 2 x = 3 x2 − 3 x2 = 0 et que
 
(ii) Comme rot F2 =
∂x ∂y
le domaine de définition de F2 est R2 , qui est convexe, on déduit que F2 dérive
d’un potentiel f. Ce potentiel satisfait donc
 ∂f
 = 3 x2 y + 2 x
∂x

 ∂f = x3 ⇒ f (x, y) = x3 y + h (x) .

∂y
En dérivant cette dernière équation par rapport à x et en la comparant à la
première, on a
3 x2 y + h0 (x) = 3 x2 y + 2 x ⇒ h0 (x) = 2 x ⇒ h (x) = x2 + constante.
Donc le potentiel est f (x, y) = x3 y + x2 +constante.
(iii) Comme
∂ ∂
x2 − 3 x2 y = 2 x − 3 x2 6= 0,
 
rot F3 =
∂x ∂y
on trouve que F3 ne dérive pas d’un potentiel. Choisissons Γ = Γ1 ∪ Γ2 comme
dans la question (i). On a
Z 1 Z 2
1
Z 
4 2
 3 2
F3 ·dl = 3 t , t ·(1, 2 t) dt+ 3 (2 − t) , (2 − t) ·(−1, −1) dt = .
Γ 0 1 60

Exercice 3.2 (i) Cas n = 2. On commence par observer que


 
∂ ∂f (t x, t y) ∂f (t x, t y)
[t f (t x, t y)] = f (t x, t y) + t x +y
∂t ∂u ∂v
∂ ∂f (t x, t y) ∂g (t x, t y)
[x f (t x, t y) + y g (t x, t y)] = f (t x, t y) + t x + ty .
∂x ∂u ∂u
Comme ∂f /∂v = ∂g/∂u on déduit que ces deux quantités sont égales. En reve-
nant à la définition
Z 1
ϕ (x, y) = [x f (t x, t y) + y g (t x, t y)] dt
0

et en utilisant l’observation précédente on a


Z 1
∂ϕ ∂
= [x f (t x, t y) + y g (t x, t y)] dt
∂x 0 ∂x
Z 1
∂ 1
= [t f (t x, t y)] dt = t f (t x, t y)|0 = f (x, y) .
0 ∂t
32 Champs qui dérivent d’un potentiel

∂ϕ
Idem pour = g (x, y) . Dans l’exemple on vérifie d’abord que
∂y

∂ ∂
x2 + y

(2 x y) =
∂y ∂x

et on calcule ensuite
Z 1
2 t2 x y, t2 x2 + t y · (x, y) dt

ϕ (x, y) =
0
1
y2
Z
3 t2 x2 y + t y 2 dt = x2 y +

= .
0 2

(ii) Cas n ≥ 2. Comme précédemment on observe que, pour tout j =


1, · · · , n,
n
∂ X ∂Fj
[t Fj (t x)] = Fj (t x) + t xi (t x)
∂t i=1
∂ui
" n # n
∂ X X ∂Fi
xi Fi (t x) = Fj (t x) + t xi (t x) .
∂xj i=1 i=1
∂u j

Comme ∂Fi /∂uj = ∂Fj /∂ui on trouve que ces deux quantités sont égales. De
la définition Z 1 n
Z 1X
ϕ (x) = F (t x) · x dt = xi Fi (t x) dt
0 0 i=1

on obtient, en utilisant les identités précédentes, que


Z 1 " n # Z 1
∂ϕ ∂ X ∂
= xi Fi (t x) dt = [t Fj (t x)] dt
∂xj 0 ∂xj i=1 0 ∂t
1
= t Fj (t x)|0 = Fj (x) .

Exercice 3.3 (i) On vérifie facilement que rot F = 0. Si F = gradf on doit


avoir
∂f z ∂f ∂f
= 2xy + , = x2 + 2 y z, = y 2 + arctg x
∂x 1 + x2 ∂y ∂z

et donc, en intégrant la première équation par rapport à x, on trouve que

f (x, y, z) = x2 y + z arctg x + ϕ (y, z) .

Dérivant f par rapport à y et z on obtient

∂f ∂ϕ ∂f ∂ϕ
= x2 + et = arctg x +
∂y ∂y ∂z ∂z
Corrigés 33

et par conséquent
∂ϕ ∂ϕ
= 2yz et = y2 .
∂y ∂z
De la première de ces deux équations, en intégrant par rapport à y, on a que

∂ϕ
ϕ (y, z) = y 2 z + φ (z) ⇒ = y 2 + φ0 (z)
∂z
et de la deuxième équation on obtient

[φ0 (z) = 0 ⇒ φ (z) = c] ⇒ ϕ (y, z) = y 2 z + c.

On a finalement
f (x, y, z) = x2 y + z arctg x + y 2 z + c.

Exercice 3.4 On vérifie facilement que

−y
   
∂ x ∂
rot F = − = 0.
∂x x2 + y 2 ∂y x2 + y 2

Essayons de trouver un potentiel. Rappelons que

Ω = R2 \ (0, y) ∈ R2 : y ≥ 0 .


Cas 1. Trouvons un potentiel dans Ω1 = (x, y) ∈ R2 : x > 0 . On a




∂f −y

= 2 

∂x x + y2
 y
⇒ f (x, y) = arctg + α+ (α+ ∈ R) .
∂f x x
= 2


∂y x + y2

Cas 2. De même dans Ω2 = (x, y) ∈ R2 : x < 0 on obtient que




y
f (x, y) = arctg + α− (α− ∈ R) .
x
On a donc que le potentiel dans Ω, s’il existe, est donné par
 y
 arctg + α+ si x > 0
f (x, y) = x
 arctg y + α si x < 0.

x
Il reste à choisir α+ et α− pour que ce potentiel soit bien défini en (0, y) avec
y < 0. Pour cela on observe que
π π
lim [f (x, y)] = − + α+ et lim [f (x, y)] = + α− .
x→0+ 2 x→0− 2
34 Champs qui dérivent d’un potentiel

On doit donc choisir α+ = α− + π. On vérifie alors facilement que le potentiel


f cherché sur Ω est bien
 y
 arctg + α− + π si x > 0
x



 π
f (x, y) = α− + si x = 0
 2
 arctg y + α−


si x < 0.

x

Exercice 3.5 Une condition nécessaire est rot F = 0 c’est-à-dire


∂ ∂ x y
0= (β (r) y) − (α (r) x) = y β 0 (r) − x α0 (r) .
∂x ∂y r r

Et donc on déduit qu’il faut nécessairement que β 0 (r) = α0 (r) ce qui entraı̂ne
que β (r) = α (r)+α0 . En s’inspirant de l’exercice 3.2, on trouve qu’un candidat
à être le potentiel est
Z 1 Z 1
f (x, y) = [F (t x, t y) · (x, y)] dt = (α (t r) t x, β (t r) t y) · (x, y) dt
0 0
Z 1 Z 1
t α (t r) x2 + β (t r) y 2 dt = t α (t r) r2 + α0 y 2 dt
   
=
0 0
1
1
Z
= α0 y 2 + t r2 α (t r) dt.
2 0

En posant t r = s (ds = r dt) on déduit que


Z r
1
f (x, y) = α0 y 2 + s α (s) ds.
2 0

Comme lim (s α (s)) = 0, l’intégrale est bien définie et donc f est candidat à
s→0
être le potentiel. Pour en être sûr on vérifie que f ∈ C 1 (Ω) et que grad f = F.
 
∂f ∂f
Exercice 3.6 (i) Comme F = grad f = , , on a
∂x ∂y

d ∂f ∂f
0= [f (t, u (t))] = (t, u (t)) + u0 (t) (t, u (t))
dt ∂x ∂y
= F1 (t, u (t)) + u0 (t) F2 (t, u (t)) .

∂F2 ∂F1
(ii) F (x, y) = sin x, y 2 alors

− = 0. Comme F est définie sur
∂x ∂y
tout R on peut trouver un potentiel
2

y3
f (x, y) = − cos x + .
3
Corrigés 35

Donc une solution est donnée par (c ∈ R étant une constante)


1 3
u (t) − cos t = c .
3
Comme de plus u (0) = 3, on déduit que c = 8 et donc
1/3
u (t) = (3 cos t + 24) .

Exercice 3.7 (i) En procédant comme dans l’exercice précédent on constate


que comme
W F = grad Φ,
on a
d ∂Φ ∂Φ
0= [Φ (t, u (t))] = + u0 (t) = W F1 + u0 (t) W F2
dt ∂x ∂y
= W (F1 + u0 (t) F2 ) .

Comme W 6= 0 on déduit que toute solution de Φ (t, u (t)) = c satisfait

F1 (t, u (t)) + u0 (t) F2 (t, u (t)) = 0.

(ii) On pose

F (x, y) = 4 x sin (x y) + y x2 + 1 cos (x y) , x2 + 1 x cos (x y) .


  

On ne peut pas appliquer l’exercice précédent car


∂F2 ∂F1
− 6= 0.
∂x ∂y
Par contre si on considère
 2 
W F = x2 + 1 4 x sin (x y) + y x2 + 1 cos (x y) , x2 + 1 x cos (x y)
  

on obtient
∂ (W F2 ) ∂ (W F1 )
=
∂x ∂y
= x2 + 1 cos (x y) + 5 x2 cos (x y) − x y sin (x y) − x3 y sin (x y) .
 

On trouve le potentiel
2
Φ (x, y) = x2 + 1 sin (x y) .

On déduit qu’une solution est donnée, sous forme implicite, par


2
t2 + 1 sin [t u (t)] = c = constante.
36 Champs qui dérivent d’un potentiel

Exercice 3.8 (i) On pose F = (α, β) et on trouve


∂α h −3 i −3
= −x −2 (2 y) x2 + y 2 = 4 x y x2 + y 2
∂y
∂β h −3 i −3
= −y −2 (2 x) x2 + y 2 = 4 x y x2 + y 2
∂x
d’où rot F = 0. Le candidat à être un potentiel doit satisfaire
−1
∂f 2 2 −2
 x2 + y 2
= α (x, y) = −x x + y ⇒ f= + a (y)
∂x 2
∂f −2 2y 2 −2 −2
= β (x, y) = −y x2 + y 2 ⇒ a0 (y)− x + y2 = −y x2 + y 2 .
∂y 2
Par conséquent le potentiel est donné par
1
f (x, y) = + constante
2 (x2 + y 2 )
qui est un champ C 1 sur Ω.
(ii) On pose G = (a, b) et on trouve
∂a −2 −3 −3
= 3 y 2 x2 + y 2 + y 3 [−4 y x2 + y 2 ] = x2 + y 2 3 x2 y 2 − y 4

∂y
∂b −2 −3 −3
= −y 2 x2 + y 2 − x y 2 [−4 x x2 + y 2 ] = x2 + y 2 3 x2 y 2 − y 4

∂x
et ainsi rot G = 0. Toutefois, si on prend Γ = {(cos t, sin t) , t ∈ (0, 2π)} on
trouve
Z Z 2π
sin3 t, − cos t sin2 t · (− sin t, cos t) dt

G · dl =
Γ 0
Z 2π
=− sin2 t dt = −π 6= 0.
0

Donc ce champ ne dérive pas d’un potentiel sur Ω = R2 \ {(0, 0)} .

Exercice 3.9 * On note y = (y1 , y2 , y3 ) ,


Φ = Φ (x) = Φ1 , Φ2 , Φ3 et F = F (y) = F 1 , F 2 , F 3 .
 

On rappelle que
 Z 1
 2

3

F (t x) x3 − F (t x) x2 t dt 
Φ1
  
 0 
 Z 1 
 2    3 1

Φ (x) =  Φ  =  F (t x) x1 − F (t x) x3 t dt 

0
Φ3
 
 Z 1 
  1 
F (t x) x2 − F 2 (t x) x1 t dt

0
Corrigés 37

et
e1 e2 e3
Φ3x2 − Φ2x3
 
∂ ∂ ∂  1 3 

rot Φ =
∂x1 ∂x2 ∂x3  Φx 3 − Φx 1  .
=
Φ2x1 − Φ1x2
Φ1 Φ2 Φ3
On calcule la troisième composante de rot Φ
3
(rot Φ) = Φ2x1 − Φ1x2
Z 1
∂  3
F (t x) x1 − F 1 (t x) x3

=
0 ∂x1

∂  2 3

− F (t x) x3 − F (t x) x2 t dt
∂x2
et on trouve
Z 1
3  3
(rot Φ) = t Fy1 (t x) x1 + F 3 (t x) − t Fy11 (t x) x3
0
−t Fy22 (t x) x3 + t Fy32 (t x) x2 + F 3 (t x) t dt


et ainsi
Z 1
3
2 t F 3 (t x) − t2 Fy11 (t x) + Fy22 (t x) x3
 
(rot Φ) =
0
+t2 Fy31 (t x) x1 + Fy32 (t x) x2 dt.


L’hypothèse div F = 0 implique que

Fy33 (t x) = − Fy11 (t x) + Fy22 (t x)




et par conséquent
Z 1
3
2 t F 3 (t x) + t2 Fy33 (t x) x3 + t2 Fy31 (t x) x1 + Fy32 (t x) x2 dt
 
(rot Φ) =
0

Ceci nous conduit finalement à (le produit scalaire dans R3 est noté ·)
Z 1
3
2 t F 3 (t x) + t2 grad F 3 (t x) · x dt
 
(rot Φ) (x) =
0
1
d 2 3
Z
t F (t x) dt = F 3 (x) .

=
0 dt
1 2
On montre de manière similaire que (rot Φ) = F 1 et (rot Φ) = F 2 .
Chapitre 4

Théorème de Green

4.1 Définitions et résultats théoriques


Définition 4.1 (i) On dit que Ω ⊂ R2 est un domaine régulier s’il existe
Ω0 , Ω1 , · · · , Ωm ⊂ R2 des ouverts bornés tels que
Sm
Ω = Ω0 \ Ωj Ωj ⊂ Ω0 , ∀ j = 1, 2, · · · , m
j=1

Ωi ∩ Ωj = ∅ si i 6= j, i, j = 1, · · · , m ∂Ωj = Γj , j = 0, 1, 2, · · · , m
où les Γj sont des courbes simples fermées régulières par morceaux.
(ii) On dit que ∂Ω = Γ0 ∪ Γ1 ∪ · · · ∪ Γm est orienté positivement si le sens
de parcours sur chacun des Γj , j = 0, 1, · · · , m, laisse le domaine Ω à gauche.

Γ
Ω ν
Γ1
Γ2
Ω1
Ω2
ν
ν
Γ3

Ω3
ν

Remarque La définition de l’orientation de ∂Ω est intuitive, une définition


précise se trouve dans le chapitre 8. En particulier le sens de parcours de Γ0
doit être le sens positif mais le sens de parcours sur Γ1 , · · · , Γm est le sens
négatif.
Théorème 4.2 (Théorème de Green) Soit Ω ⊂ R2 un domaine régulier
dont le bord ∂Ω est orienté positivement. Soit F ∈ C 1 Ω; R2
F = F (x1 , x2 ) = (F1 (x1 , x2 ) , F2 (x1 , x2 ))
40 Théorème de Green

alors

ZZ  
∂F2 ∂F1
ZZ Z
rot F (x1 , x2 ) dx1 dx2 = − dx1 dx2 = F · dl.
Ω Ω ∂x1 ∂x2 ∂Ω

Corollaire 4.3 (Théorème de la divergence dans le plan) Soient Ω, ∂Ω


et F comme dans le théorème. Soit ν un champ de normales extérieures unité
à ∂Ω, alors

ZZ  
∂F1 ∂F2
ZZ Z
div F (x1 , x2 ) dx1 dx2 = + dx1 dx2 = (F · ν) dl.
Ω Ω ∂x1 ∂x2 ∂Ω

Corollaire 4.4 Soient Ω et ∂Ω comme dans le théorème. Soient F (x1 , x2 ) =


(−x2 , x1 ) , G1 (x1 , x2 ) = (0, x1 ) et G2 (x1 , x2 ) = (−x2 , 0) alors

1
Z Z Z
aire (Ω) = F · dl = G1 · dl = G2 · dl.
2 ∂Ω ∂Ω ∂Ω

(Pour plus de détails cf. [2] 43-44, [4] 363-364, [7] chapitre 4, [8] 360, [11] 528-532,
[12] 436-445).

4.2 Exemples
Exemple 4.5 Soient Ω = (x, y) ∈ R2 : x2 + y 2 < 1 et F (x, y) = y 2 , x .
 

Vérifier le théorème de Green.


ZZ
Discussion (i) Calcul de rot F dx dy. On vérifie facilement que rot F =

1 − 2 y. En posant x = r cos θ, y = r sin θ, on obtient
ZZ Z 1 Z 2π
rot F dx dy = (1 − 2 r sin θ) r dr dθ = π.
Ω 0 0
Z
(ii) Calcul de F · dl. On pose γ (θ) = (cos θ, sin θ) et on a alors
∂Ω
Z Z 2π Z 2π
sin2 θ, cos θ · (− sin θ, cos θ) dθ = cos2 θ dθ = π.

F · dl =
∂Ω 0 0

Exemple 4.6 Soient


Ω = (x, y) ∈ R2 : 1 < x2 + y 2 < 4


et F (x, y) = x2 y, 2 x y . Vérifier le théorème de Green.



Exercices 41

ZZ
Discussion (i) Calcul de rot F dx dy. On trouve que

∂F2 ∂F1
rot F = − = 2 y − x2
∂x ∂y
et donc, en passant aux coordonnées polaires,
ZZ Z 2 Z 2π
2 r sin θ − r2 cos2 θ r dr dθ

rot F dx dy =
Ω 1 0
2 2π 2
15
Z Z Z
= −r3 cos2 θ drd θ = −π r3 dr = − π.
1 0 1 4
Z
(ii) Calcul de F · dl. On pose
∂Ω

Γ0 = {γ0 (θ) = (2 cos θ, 2 sin θ) : θ ∈ [0, 2π]}

Γ1 = {γ1 (θ) = (cos θ, sin θ) : θ ∈ [0, 2π]}


et on obtient Z Z Z
F · dl = F · dl − F · dl.
∂Ω Γ0 Γ1

On a
Z Z 2π
8 cos2 θ sin θ, 8 cos θ sin θ · (−2 sin θ, 2 cos θ) dθ

F · dl =
Γ0 0
Z 2π
cos2 θ sin2 θ − cos2 θ sin θ dθ

= −16
0
Z 2π
= −16 cos2 θ sin2 θ dθ = −4π
0


π
Z Z
cos2 θ sin θ, cos θ sin θ · (− sin θ, cos θ) dθ = −

F · dl =
Γ1 0 4
et donc finalement
15
Z
F · dl = − π.
∂Ω 4

4.3 Exercices
Exercice 4.1 Vérifier le théorème de Green pour

Ω = (x, y) ∈ R2 : x2 + y 2 < 1 et F (x, y) = x y, y 2 .


 

Exercice 4.2 Vérifier le théorème de Green pour

Ω = (x, y) ∈ R2 : 1 < x2 + y 2 < 4 et F (x, y) = x + y, y 2 .


 
42 Théorème de Green

Exercice 4.3 Soit Ω ⊂ R2 le triangle de sommets (0, 0) , (0, 1) et (1, 0) . Soit


u (x, y) = y + ex .
ZZ
(i) Calculer ∆u (x, y) dx dy.

(ii) Calculer  
∂u ∂u
Z
ν1 + ν2 dl,
∂Ω ∂x ∂y
où ν = (ν1 , ν2 ) est la normale extérieure unité à ∂Ω et le sens de parcours de
∂Ω est tel qu’il laisse Ω à gauche.
Exercice 4.4 Vérifier le théorème de Green dans les cas suivants :
n o
2
(i) A = (x, y) ∈ R2 : x2 + (y − 1) < 1 et F (x, y) = −x2 y, x y 2 ;


(ii) A = (x, y) ∈ R2 : x > 0 et x2 + y 2 < 1 et



 
x
F (x, y) = , ϕ (y)
2 (1 + x2 + y 2 )
avec ϕ ∈ C 1 (R) .
Exercice 4.5 Vérifier le théorème de Green pour F (x, y) = (x y, y) et
A = (x, y) ∈ R2 : x2 + y 2 > 1 et x2 − 4 < y < 2 .


Exercice 4.6 Vérifier le théorème de Green pour


A = (x1 , x2 ) ∈ R2 : x21 + x22 < 1 .


Suggestion. Il vaut mieux considérer les coordonnées cartésiennes que les coor-
données polaires et écrire
 q q 
2
A = (x1 , x2 ) ∈ R : x1 ∈ (−1, 1) et − 1 − x1 < x2 < 1 − x1
2 2

 q q 
2
= (x1 , x2 ) ∈ R : x2 ∈ (−1, 1) et − 1 − x2 < x1 < 1 − x2 .
2 2

Exercice 4.7 Soient Ω ⊂ R2 un domaine régulier, ν = (ν1 , ν2 ) la normale


extérieure unité à ∂Ω (∂Ω étant orienté positivement). Soient u, v ∈ C 2 Ω .


Montrer que
ZZ Z
∆u dx dy = (grad u · ν) dl
Ω ∂Ω

et vérifier les idendités de Green

ZZ Z
[v ∆u + grad u · grad v] dx dy = v (grad u · ν) dl
Ω ∂Ω
Exercices 43

ZZ Z
(u ∆v − v ∆u) dx dy = [u (grad v · ν) − v (grad u · ν)] dl
Ω ∂Ω

Suggestion. On utilisera d’abord le théorème 1.2, c’est-à-dire :

div (u grad v) = u ∆v + grad u · grad v.

On appliquera ensuite le théorème de la divergence (cf. Corollaire 4.3).

Exercice 4.8 A l’aide du théorème de Green démontrer le théorème de la di-


vergence.

Exercice 4.9 (i) Vérifier le corollaire 4.4.


(ii) En particulier si ∂Ω = Γ est une courbe simple fermée régulière de
paramétrisation γ (t) = (γ1 (t) , γ2 (t)) , t ∈ [a, b] , en déduire que
Z b Z b
aire (Ω) = γ1 (t) γ20 (t) dt = − γ10 (t) γ2 (t) dt
a a
b
1
Z
= [γ1 (t) γ20 (t) − γ10 (t) γ2 (t)] dt.
2 a

Soient Ω ⊂ R2 un domaine régulier et f, ϕ ∈ C 0 Ω . Montrer


*

Exercice 4.10
que le problème
(
∆u (x, y) = f (x, y) (x, y) ∈ Ω
(D)
u (x, y) = ϕ (x, y) (x, y) ∈ ∂Ω

admet au plus une solution u ∈ C 2 Ω .




Suggestion. Soient u, v deux solutions de (D). Montrer, à l’aide de la première


identité de Green (cf. exercice 4.7), que w = u − v ≡ 0.

Exercice 4.11 * Soit

Ω = x = (x1 , x2 ) ∈ R2 : x21 + x22 < 1 .




Pour x ∈ ∂Ω et u ∈ C 1 Ω , on dénote par




∂u ∂u ∂u ∂u ∂u ∂u
= x1 + x2 et = x2 − x1 .
∂ν ∂x1 ∂x2 ∂τ ∂x1 ∂x2
(i) Calculer
d n 2
o
[u (cos θ, sin θ)] .

En déduire que
∂u
Z
u = 0.
∂Ω ∂τ
44 Théorème de Green

(ii) Soient λ ∈ R et u ∈ C 2 Ω vérifiant




(
∆u = 0 dans Ω
∂u
∂ν = λ ∂u
∂τ sur ∂Ω.

Montrer, à l’aide du théorème de Green et de la question précédente, que u ≡


constante.

4.4 Corrigés
ZZ
Exercice 4.1 (i) Calcul de rotF dx dy. On calcule d’abord le rotationnel

de F, on trouve que
∂F2 ∂F1
rotF = − = −x.
∂x ∂y
On passe en coordonnées polaires, x = r cos θ, y = r sin θ, et le Jacobien de la
transformation est égale à r. On a alors
ZZ Z 1 Z 2π
rotF dx dy = (−r cos θ) r dr dθ = 0.
Ω 0 0
Z
(ii) Calcul de F · dl. On obtient donc, si ∂Ω est paramétrée par γ (θ) =
∂Ω
(cos θ, sin θ) ,
Z Z 2π
cos θ sin θ, sin2 θ · (− sin θ, cos θ) dθ

F · dl =
∂Ω 0
Z 2π
− cos θ sin2 θ + cos θ sin2 θ dθ = 0.

=
0

ZZ
Exercice 4.2 (i) Calcul de rotF dx dy. On a que

∂F2 ∂F1
rotF = − = −1.
∂x ∂y
En utilisant les coordonnées polaires, on peut écrire
ZZ Z 2 Z 2π
rotF dx dy = (−1) r dr dθ = −3π.
Ω 1 0
Z
(ii) Calcul de F · dl. On a que
∂Ω
Z Z Z
F · dl = F · dl − F · dl,
∂Ω Γ0 Γ1
Corrigés 45

où l’on a posé

Γ0 = {γ0 (θ) = (2 cos θ, 2 sin θ) : θ ∈ [0, 2π]}

Γ1 = {γ1 (θ) = (cos θ, sin θ) : θ ∈ [0, 2π]} .


On trouve respectivement que
Z Z 2π
2 cos θ + 2 sin θ, 4 sin2 θ · (−2 sin θ, 2 cos θ) dθ = −4π

F · dl =
Γ0 0
Z Z 2π
cos θ + sin θ, sin2 θ · (− sin θ, cos θ) dθ = −π.

F · dl =
Γ1 0

On obtient par conséquent que


Z
F · dl = −3π.
∂Ω

Exercice 4.3 (i) On voit tout d’abord que ∆u (x, y) = ex . On a que

Ω = (x, y) ∈ R2 : 0 ≤ x ≤ 1 et 0 ≤ y ≤ 1 − x


et donc
ZZ Z 1 Z 1−x Z 1
x 1
∆u dx dy = e dy dx = (1 − x) ex dx = [(2 − x) ex ]0 = e − 2.
Ω 0 0 0

(ii) On a par ailleurs que ∂Ω = Γ1 ∪ Γ2 ∪ Γ3 , où

Γ1 = {γ1 (t) = (t, 0) : t ∈ [0, 1]} ⇒ γ10 (t) = (1, 0) ⇒ ν = (0, −1)
 
1 1
Γ2 = {γ2 (t) = (1 − t, t) : t ∈ [0, 1]} ⇒ γ20 (t) = (−1, 1) ⇒ ν = √ , √
2 2
Γ3 = {γ3 (t) = (0, 1 − t) : t ∈ [0, 1]} ⇒ γ30 (t) = (0, −1) ⇒ ν = (−1, 0) .
Comme grad u = (ex , 1) , on obtient (en posant grad u · ν = ∂u/∂ν)
Z 1
∂u
Z
et , 1 · (0, −1) dt = −1

dl =
Γ1 ∂ν 0

1 √
Z 1   Z 1
∂u 1
Z
e1−t , 1 · √ , √ e1−t + 1 dt = e
 
dl = 2 dt =
Γ2 ∂ν 0 2 2 0
Z 1
∂u
Z
dl = (1, 1) · (−1, 0) dt = −1 .
Γ3 ∂ν 0

Le résultat suit alors immédiatement


∂u
Z
dl = e − 2.
∂ν
∂Ω
46 Théorème de Green

Remarque. Le théorème de la divergence (corollaire 4.3) donne immédiatement


que
∂u
ZZ ZZ Z Z
∆u = div (grad u) = (grad u · ν) dl = dl.
Ω Ω ∂Ω ∂Ω ∂ν

Exercice 4.4 (a) On n vérifie d’abord le Théorème ode Green pour F (x, y) =
2
−x2 y, x y 2 et A = (x, y) ∈ R2 : x2 + (y − 1) < 1 .

ZZ
(i) Calcul de rotF dx dy. On a que
A

∂F2 ∂F1
= y 2 − −x2 = x2 + y 2

rot F = −
∂x ∂y
et donc, en coordonnées polaires,
A = (x, y) ∈ R2 : x = r cos θ, y = 1 + r sin θ avec r ∈ (0, 1) , θ ∈ (0, 2π) .


Le Jacobien de la transformation est r. Un calcul élémentaire donne


Z 1 Z 2π h

ZZ i
2 2
rotF dx dy = (r cos θ) + (1 + r sin θ) r dr dθ = .
A 0 0 2
Z
(ii) Calcul de F · dl. La courbe est alors paramétrée par
∂A

∂A = (x, y) ∈ R2 : x = cos θ, y = 1 + sin θ, θ ∈ [0, 2π]




et donc
Z Z 2π  
2
F · dl = − (1 + sin θ) cos2 θ, (1 + sin θ) cos θ · (− sin θ, cos θ) dθ
∂A 0

= .
2
(b) On vérifie maintenant le théorème de Green pour
A = (x, y) ∈ R2 : x > 0 et x2 + y 2 < 1


 
x
et F (x, y) = , ϕ (y) avec ϕ ∈ C 1 (R) .
2 (1 + x2 + y 2 )
ZZ
(i) Calcul de rotF dx dy. On trouve
A
!
∂F2 ∂F1 xy xy
rot F = − =0− − 2 = 2
∂x ∂y (1 + x2 + y2 ) (1 + x2 + y 2 )
et
−π π
  
A= (x, y) ∈ R2 : x = r cos θ, y = r sin θ avec r ∈ [0, 1) , θ ∈ , .
2 2
Corrigés 47

1
Γ1

Γ2

1 x

−1

On obtient facilement que


π
1
r2 cos θ · sin θ
ZZ Z Z 2
rotF dx dy = r 2 dr dθ = 0.
A 0 −π
2
(1 + r2 )
Z
(ii) Calcul de F · dl. On pose
∂A

Γ = ∂A = Γ1 ∪ Γ2 ,
où
−π π
  
2
Γ1 = (x, y) ∈ R : x = cos θ et y = sin θ avec θ ∈ ,
2 2
Γ2 = (x, y) ∈ R2 : x = 0 et y = −t avec t ∈ [−1, 1] .


On obtient ainsi
π  
cos θ
Z Z 2
F · dl = , ϕ (sin θ) · (− sin θ, cos θ) dθ
Γ1 −π
2
4
Z π Z 1
2
= ϕ (sin θ) cos θ dθ = ϕ (t) dt
−π
2 −1

et
Z Z 1 Z 1 Z 1
F · dl = (0, ϕ (−t)) · (0, −1) dt = − ϕ (−t) dt = − ϕ (u) du .
Γ2 −1 −1 −1

Le résultat final est donc Z


F · dl = 0.
∂A
ZZ
Exercice 4.5 (i) Calcul de rotF dx dy. On trouve rot F = −x et A =
A
A1 \ A2 , où
A1 = (x, y) ∈ R2 : x2 − 4 < y < 2


A2 = (x, y) ∈ R2 : x2 + y 2 < 1

48 Théorème de Green

y
2 Γ0

√ √ x
− 6 6
Γ2
Γ1

et par conséquent
ZZ ZZ ZZ
rot F dx dy = rot F dx dy − rot F dx dy.
A A1 A2

Un calcul immédiat donne


ZZ Z 1 Z 2π
− rot F dx dy = − (−r cos θ) r dr dθ = 0
A2 0 0

et
√ √
ZZ Z 6 Z 2 Z 6
x 2 − x2 + 4 dx

rot F dx dy = √ (−x) dx dy = − √
A1 − 6 x2 −4 − 6
Z √6 √6
x4

3 2

=− √ 6x − x dx = − 3 x − = 0.
− 6 4 −√6

On a donc ZZ
rot F dx dy = 0.
A
Z
(ii) Calcul de F · dl. On trouve que
∂A

∂A = Γ0 ∪ Γ1 ∪ (−Γ2 )

où n  √ √ o
Γ0 = α (t) = (−t, 2) , t ∈ − 6, 6
n  √ √ o
Γ1 = β (t) = t, t2 − 4 , t ∈ − 6, 6


Γ2 = {γ (t) = (cos t, sin t) , t ∈ (0, 2π)} .


Corrigés 49

Le calcul des intégrales curvilignes donne



Z Z 6
F · dl = √ (−2 t, 2) · (−1, 0) dt = 0,
Γ0 − 6
Z Z √6
t t2 − 4 , t2 − 4 · (1, 2 t) dt = 0,
 
F · dl = √
Γ1 − 6
Z Z 2π
F · dl = − (cos t sin t, sin t) · (− sin t, cos t) dt = 0.
−Γ2 0

Le résultat final est donc


Z Z Z Z
F · dl = F · dl + F · dl + F · dl = 0.
∂A Γ0 Γ1 −Γ2

Exercice 4.6 Etape 1. (i) On commence par calculer pour

F = F (x1 , x2 ) = F 1 (x1 , x2 ) , F 2 (x1 , x2 )




l’intégrale suivante (rappelons qu’on note Fx12 = ∂F 1 /∂x2 et Fx21 = ∂F 2 /∂x1 )

ZZ Z 1 Z √1−x21
− Fx12 dx1 dx2 = − √ Fx12 dx1 dx2
Ω −1 − 1−x21
Z 1   q   q 
= F 1 x1 , − 1 − x21 − F 1 x1 , 1 − x21 dx1 .
−1

(ii) On a de même
ZZ Z 1 Z √1−x22
Fx21 dx1 dx2 = √ Fx21 dx1 dx2
Ω −1 − 1−x22
Z 1  q   q 
= F2 1 − x22 , x2 − F 2 − 1 − x22 , x2 dx2 .
−1

Etape 2. (i) On écrit ∂Ω = Γ1 ∪ Γ2 où


n p  o n p  o
Γ1 = t, − 1 − t2 : t : −1 → 1 et Γ2 = t, 1 − t2 : t : 1 → −1 .

On obtient alors que


1    
t
Z Z p  
1 1

F , 0 · dl = 2
F t, − 1 − t , 0 · 1, √ dt
∂Ω −1 1 − t2
Z 1  p
−t
   
− F 1 t, 1 − t2 , 0 · 1, √ dt.
−1 1 − t2
50 Théorème de Green

(ii) On écrit ensuite ∂Ω = Γ3 ∪ Γ4 où


np  o n p  o
Γ3 = 1 − t2 , t : t : −1 → 1 et Γ4 = − 1 − t2 , t : t : 1 → −1 .

On obtient alors que


Z Z 1  p   −t 
2 2

0, F · dl = 0, F 1− t2 , t
· √ , 1 dt
∂Ω −1 1 − t2
Z 1  
2
 p
2
 t
− 0, F − 1 − t , t · √ , 1 dt.
−1 1 − t2
(iii) Finalement, en regroupant les résultats, on a bien obtenu que
ZZ Z
Fx21 − Fx12 dx1 dx2 = F 1 , F 2 · dl.
 
Ω ∂Ω

Exercice 4.7 (i) On est dans les hypothèses du corollaire 4.3, il suffit donc
d’écrire
ZZ ZZ Z
∆u dx dy = div (grad u) dx dy = (grad u · ν) dl.
Ω Ω ∂Ω

(ii) Comme (cf. théorème 1.2 (iii))

div (v grad u) = v∆u + (grad u · grad v)

on trouve, grâce au corollaire 4.3, la première identité de Green


ZZ
[v∆u + (grad u · grad v)] dx dy

ZZ Z Z
= div (v grad u) dx dy = (v grad u · ν) dl = v (grad u · ν) dl.
Ω ∂Ω ∂Ω

(iii) Par le théorème 1.2 (iii), on a que

u∆v − v∆u = div (u grad v) − div (v grad u) .

Par conséquent, en appliquant le corollaire 4.3, on trouve la deuxième identité


de Green, à savoir
ZZ ZZ
(u∆v − v∆u) dx dy = [div((u grad v) − div (v grad u)] dx dy
Ω Ω
Z
= [u (grad v · ν) − v (grad u · ν)] dl.
∂Ω

Exercice 4.8 On va simplifier la démonstration en considèrant que Ω n’a pas


de trous et que ∂Ω est une courbe régulière donnée par ∂Ω = {γ (t) : t ∈ [a, b]} .
Corrigés 51

On sait (cf. définition 8.9) que le vecteur normal unitaire extérieur à Ω, ν, est
tel que
(γ 0 (t) , −γ10 (t))
ν = (ν1 , ν2 ) = 2 .
kγ 0 (t)k
On pose Φ = (Φ1 , Φ2 ) où

Φ1 = −F2 et Φ 2 = F1 .

On observe qu’alors
∂Φ2 ∂Φ1 ∂F1 ∂F2
rot Φ = − = + = div F
∂x ∂y ∂x ∂y

Φ · γ 0 = Φ1 γ10 + Φ2 γ20 = (F1 ν1 + F2 ν2 ) kγ 0 (t)k = (F · ν) kγ 0 (t)k .


En utilisant le théorème de Green on déduit le résultat, à savoir
ZZ ZZ Z Z b
div F dx dy = rotΦ dx dy = Φ · dl = Φ (γ (t)) · γ 0 (t) dt
Ω Ω ∂Ω a
Z b Z
= (F · ν) kγ 0 (t)k dt = (F · ν) dl .
a ∂Ω

Exercice 4.9 (i) On remarque que rotF = 2 et que rotG1 = rotG2 = 1. Par
conséquent, en utilisant le théorème de Green, on obtient le résultat souhaité
car
1 1
ZZ ZZ Z
Aire (Ω) = dx dy = rotF dx dy = F · dl
Ω 2 Ω 2 ∂Ω
ZZ Z
= rotG1 dx dy = G1 · dl
Z ZΩ Z∂Ω
= rotG2 dx dy = G2 · dl.
Ω ∂Ω

(ii) Si ∂Ω = {γ (t) = (γ1 (t) , γ2 (t)) , t ∈ [a, b]} , on a, d’après (i),


b
1
Z
Aire (Ω) = (−γ2 (t) , γ1 (t)) · (γ10 (t) , γ20 (t)) dt
2 a
b
1
Z
= (γ1 (t) γ20 (t) − γ10 (t) γ2 (t)) dt
2 a

et
Z b Z b
Aire (Ω) = (0, γ1 (t)) · (γ10 (t) , γ20 (t)) dt = γ1 (t) γ20 (t) dt
a a
Z b Z b
= (−γ2 (t) , 0) · (γ10 (t) , γ20 (t)) dt = − γ10 (t) γ2 (t) dt.
a a
52 Théorème de Green

Exercice 4.10 * Soient u, v ∈ C 2 Ω deux solutions de (D). Soit w = u − v.




On a alors (
∆w (x, y) = 0 (x, y) ∈ Ω
w (x, y) = 0 (x, y) ∈ ∂Ω.
Par la première identité de Green on a ainsi
ZZ Z ZZ
2
0= w ∆w dx dy = w(grad w · ν)dl − kgrad wk dx dy
ZΩZ ∂Ω Ω
2
=− kgrad wk dx dy.

Donc grad w ≡ 0 et comme Ω est un domaine, on déduit que w est constant


dans Ω. Comme w ∈ C 2 Ω et w = 0 sur ∂Ω, on infère que w ≡ 0, c’est-à-dire
u = v. On a donc bien montré que (D) admet au plus une solution.

Exercice 4.11 * (i) On a si x1 = cos θ et x2 = sin θ que


   
∂u ∂u ∂u 1 d n 2
o
u = sin θ u − cos θ u =− [u (cos θ, sin θ)] .
∂τ ∂x1 ∂x2 2 dθ

et par conséquent

∂u 1 d n
Z Z o
2
u =− [u (cos θ, sin θ)] dθ = 0.
∂Ω ∂τ 2 0 dθ

(ii) En multipliant l’équation par u et en utilisant la première identité de


Green (avec v = u) et (i) on obtient

∂u
ZZ ZZ Z
2
0= u ∆u = − kgrad uk + u
∂ν
ZΩZ Ω ∂Ω
∂u
Z ZZ
2 2
=− kgrad uk + λ u =− kgrad uk .
Ω ∂Ω ∂τ Ω

Par conséquent grad u = 0 et donc u ≡ constante.


Chapitre 5

Intégrales de surfaces

5.1 Définitions et résultats théoriques


Rappel On rappelle ce qu’il faut absolument savoir sur les surfaces et nous
référons pour de plus amples développements à la section 8.4.
(i) On dit que Σ ⊂ R3 est une surface régulière si (entre autres) il existe
- A ⊂ R2 un ouvert borné dont le bord ∂A est une courbe simple fermée
régulière par morceaux.
- Une paramétrisation

σ : A → Σ = σ A ⊂ R3


injective, σ ∈ C 1 A; R3 , σ (u, v) = σ 1 (u, v) , σ 2 (u, v) , σ 3 (u, v) , telle que le


 

vecteur normal satisfasse

e1 e2 e3
σu2 σv3 − σu3 σv2
 

σu ∧ σv = σu1 σu2 σu3 =  σu3 σv1 − σu1 σv3  6= 0, ∀ (u, v) ∈ A.


 

σu1 σv2 − σu2 σv1


σv1 σv2 σv3

(ii) Une surface est dite régulière par morceaux si, intuitivement, elle
est une union finie de surfaces régulières disjointes (cf. si nécessaire, définition
8.13).

Toutes les surfaces que nous considèrerons dans ce livre seront des surfaces
régulières par morceaux qui seront de plus orientables (nous n’avons pas besoin
de définir ici ce terme, cf. si nécessaire chap. 8). Par ailleurs dans tous les
exemples étudiés (cf. en particulier ceux mentionnés ci-dessous) nous serons en
mesure de traiter les surfaces régulières par morceaux comme si elles étaient
régulières sans trop rentrer dans les détails.
54 Intégrales de surfaces

Exemple 5.1 (i) (Sphère) Soit


Σ = (x, y, z) ∈ R3 : x2 + y 2 + z 2 = 1 .


Une paramétrisation régulière par morceaux de Σ est donnée par


σ (θ, ϕ) = (cos θ sin ϕ, sin θ sin ϕ, cos ϕ) , (θ, ϕ) ∈ A
où A = (0, 2π) × (0, π) . La normale associée est
σθ ∧ σϕ = − sin ϕ (cos θ sin ϕ, sin θ sin ϕ, cos ϕ) .
(ii) (Cylindre) Soit
Σ = (x, y, z) ∈ R3 : x2 + y 2 = 1 et 0 < z < 1 .


On choisit comme paramétrisation régulière par morceaux


σ (θ, z) = (cos θ, sin θ, z) , (θ, z) ∈ A
avec A = (0, 2π) × (0, 1) . La normale associée est
σθ ∧ σz = (cos θ, sin θ, 0) .
Définition 5.2 (i) Soit Σ ⊂ R3 une surface régulière (avec σ = σ (u, v) : A →
R3 une paramétrisation) et f : Σ → R une fonction continue, alors on définit
l’intégrale du champ scalaire sur Σ comme

ZZ ZZ
f ds = f (σ (u, v)) kσu ∧ σv k du dv.
Σ A

m
S
(ii) Si Σ est une surface régulière par morceaux telle que Σ = Σi avec Σi
i=1
régulières alors
ZZ m ZZ
X
f ds = f ds.
Σ i=1 Σi

Définition 5.3 (i) Soit Σ ⊂ R3 une surface régulière orientable (de paramétrisation
σ = σ (u, v) : A → R3 ). Soit F : Σ → R3 un champ vectoriel continu. On appelle
intégrale du champ vectoriel F sur Σ dans la direction ν = σu ∧ σv la quantité

ZZ ZZ
F · ds = [F (σ (u, v)) · σu ∧ σv ] du dv.
Σ A

m
S
(ii) Si Σ = Σi avec Σi régulières, alors
i=1
ZZ m ZZ
X
F · ds = F · ds.
Σ i=1 Σi
Exemples 55

Remarque (i) Si f ≡ 1, alors

ZZ
aire (Σ) = ds.
Σ

ZZ
(ii) L’intégrale F ·ds est aussi appelée flux à travers Σ dans la direction ν.
Σ
(iii) Les définitions ci-dessus sont indépendantes du choix de la paramétrisation
(au signe près pour la deuxième).
(Pour plus de détails, cf. [2] 29-31, [4] 376-389, [7] chapitre 5, [8] 334, [11] 540-
550, [12] 452-459).

5.2 Exemples
Exemple 5.4 Calculer l’aire de Σ où

Σ = (x, y, z) ∈ R3 : x2 + y 2 + z 2 = R2 .


Discussion On définit A = (0, 2π) × (0, π) et

σ (θ, ϕ) = (R cos θ sin ϕ, R sin θ sin ϕ, R cos ϕ) .

On a
σθ ∧ σϕ = −R2 sin ϕ (cos θ sin ϕ, sin θ sin ϕ, cos ϕ)
et donc
kσθ ∧ σϕ k = R2 sin ϕ.
L’aire de Σ est alors donnée par
ZZ Z 2π Z π Z π
2 2
aire (Σ) = ds = R sin ϕ dθ dϕ = 2πR sin ϕ dϕ = 4πR2 .
Σ 0 0 0
ZZ
Exemple 5.5 Calculer f ds où f (x, y, z) = x2 + y 2 + 2 z et
Σ

Σ = (x, y, z) ∈ R3 : x2 + y 2 = 1 et 0 ≤ z ≤ 1 .


Discussion On définit A = (0, 2π) × (0, 1) et

σ (θ, z) = (cos θ, sin θ, z) .

On trouve
σθ ∧ σz = (cos θ, sin θ, 0)
ce qui donne
kσθ ∧ σz k = 1.
56 Intégrales de surfaces

Le résultat souhaité est donc


ZZ Z 1 Z 2π Z 1
2 2
f ds = (cos θ + sin θ + 2 z) dθ dz = 2π (1 + 2 z) dz = 4π.
Σ 0 0 0

2

Exemple 5.6 Soient F (x, y, z) = y, −x, z et

Σ = (x, y, z) ∈ R3 : z 2 = x2 + y 2 et 0 ≤ z ≤ 1 .


Calculer le flux passant à travers Σ dans la direction ascendante (c’est-à-dire


dans la direction des z > 0).

Discussion Dans ce cas on pose A = (0, 2π) × (0, 1) et

σ (θ, z) = (z cos θ, z sin θ, z) .

On obtient
 
e1 e2 e3 z cos θ
σθ ∧ σz = −z sin θ z cos θ 0 =  z sin θ  .
 

cos θ sin θ 1 −z

Comme −z < 0, on choisit comme normale ν = − (σθ ∧ σz ) . On obtient ainsi


ZZ Z 1 Z 2π
z sin θ, −z cos θ, z 2 · (z cos θ, z sin θ, −z) dz dθ

F · ds = −
Σ 0 0
Z 1 Z 2π
z 2 cos θ sin θ − z 2 cos θ sin θ − z 3 dz dθ

=−
0 0
1
π
Z
= 2π z 3 dz = .
0 2

5.3 Exercices
Exercice 5.1 Soient f (x, y, z) = x y + z 2 et

Σ = (x, y, z) ∈ R3 : z 2 = x2 + y 2 et 0 ≤ z ≤ 1 .


ZZ
Calculer f ds.
Σ

Exercice 5.2 Soient F (x, y, z) = x2 , y 2 , z 2 et




Σ = (x, y, z) ∈ R3 : z 2 = x2 + y 2 et 0 ≤ z ≤ 1 .


Calculer le flux passant à travers Σ dans la direction ascendante (c’est-à-dire


dans la direction des z > 0).
Corrigés 57

Exercice 5.3 Soit

Σ = (x, y, z) ∈ R3 : z 2 = x2 + y 2 et 0 ≤ z ≤ 1 .


p
Calculer la masse de la surface Σ sachant que la densité est ρ (x, y, z) = x2 + y 2 .

Exercice 5.4 Soient F (x, y, z) = (0, z, z) et

Σ = (x, y, z) ∈ R3 : z = 6 − 3 x − 2 y, x, y, z ≥ 0 .


Calculer le flux qui passe par cette surface et qui s’éloigne de l’origine.

Exercice 5.5 Soit

Ω = (x, y, z) ∈ R3 : x2 + y 2 ≤ z ≤ 1 .


Calculer l’aire de ∂Ω.

Exercice 5.6 Soit 0 < a < R. Soit le tore Ω obtenu par rotation du disque
2
(x − R) + z 2 ≤ a2 autour de l’axe Oz (cf. le dessin de l’exemple 8.19).
(i) Montrer que

x = (R + r cos ϕ) cos θ, y = (R + r cos ϕ) sin θ et z = r sin ϕ

avec 0 < r < a et 0 ≤ θ, ϕ < 2π est une paramétrisation de Ω. Faire un dessin et


indiquer ce que représentent r, θ et ϕ. Calculer le Jacobien de la transformation
puis calculer le volume de Ω.
(ii) Trouver une représentation paramétrique du bord de Ω (noté ∂Ω) et
exprimer une normale au bord de Ω.
(iii) Calculer l’aire de ∂Ω.
ZZZ
(iv) Calculer z 2 dx dy dz.

Exercice 5.7 * Soit Ω ⊂ R2 un ouvert, Γ ⊂ Ω une courbe simple, régulière et


f ∈ C 0 Ω , f > 0. Considérons la surface

Σ = (x, y, z) ∈ R3 : (x, y) ∈ Γ, 0 ≤ z ≤ f (x, y) .




Montrer que Z ZZ
f dl = Aire (Σ) = 1 ds.
Γ Σ

5.4 Corrigés
Exercice 5.1 On pose

σ (θ, z) = (z cos θ, z sin θ, z) , avec (θ, z) ∈ A = (0, 2π) × (0, 1) .


58 Intégrales de surfaces

La normale est alors donnée par



σθ ∧ σz = (z cos θ, z sin θ, −z) ⇒ kσθ ∧ σz k = 2 z.

On trouve donc
ZZ Z 1Z 2π √ √ Z 1
π
2 z z 2 cos θ sin θ + z 2 dθ dz = 2π 2 z 3 dz = √ .

f ds =
Σ 0 0 0 2

Exercice 5.2 On a

σ (θ, z) = (z cos θ, z sin θ, z) , avec (θ, z) ∈ A = (0, 2π) × (0, 1)

et donc
σθ ∧ σz = (z cos θ, z sin θ, −z) .
Noter que la normale pointe dans la direction des z négatifs. On a donc
ZZ Z 1 Z 2π
z 2 cos2 θ, z 2 sin2 θ, z 2 · (z cos θ, z sin θ, −z) dz dθ

F · ds = −
Σ 0 0
1 2π 1
π
Z Z Z
z 3 cos3 θ + z 3 sin3 θ − z 3 dz dθ = 2 π z 3 dz =

=− .
0 0 0 2

Exercice 5.3 Une paramétrisation de Σ est donnée par l’exercice précédent

Σ = {σ (θ, z) = (z cos θ, z sin θ, z) : (θ, z) ∈ A = (0, 2π) × (0, 1)} .

La normale est alors donnée par



σθ ∧ σz = (z cos θ, z sin θ, −z) ⇒ kσθ ∧ σz k = 2 z.

On trouve alors
ZZ p √ Z 1 Z 2π
2π√
x2 + y 2 ds = 2 z 2 dz dθ = 2.
Σ 0 0 3

Exercice 5.4 On a
6 − 3x
 
Σ = σ (x, y) = (x, y, 6 − 3 x − 2 y) : 0 ≤ x ≤ 2, 0 ≤ y ≤ ,
2

et la normale est alors (noter qu’elle pointe dans une direction qui s’éloigne de
l’origine)  
e1 e2 e3 3
σx ∧ σy = 1 0 −3 =  2  .
 

0 1 −2 1
Corrigés 59

On obtient
ZZ Z 2 Z (6−3 x)/2
F · ds = (0, 6 − 3 x − 2 y, 6 − 3 x − 2 y) · (3, 2, 1) dx dy
Σ 0 0
Z 2 Z (6−3 x)/2
= 3 (6 − 3 x − 2 y) dy dx = 18.
0 0

Exercice 5.5 On écrit ∂Ω = Σ1 ∪ Σ2 où

Σ1 = (x, y, z) ∈ R3 : z = x2 + y 2 et z ≤ 1


= α (r, θ) = r cos θ, r sin θ, r2 : 0 ≤ r ≤ 1, 0 ≤ θ ≤ 2π


 

Σ2 = (x, y, z) ∈ R3 : z = 1 et x2 + y 2 ≤ 1


= {β (r, θ) = (r cos θ, r sin θ, 1) : 0 ≤ r ≤ 1, 0 ≤ θ ≤ 2π} .

On calcule d’abord Aire (Σ1 ) . On a

−2 r2 cos θ
 
e1 e2 e3
αr ∧ αθ = cos θ sin θ 2r =  −2 r2 sin θ 
 

−r sin θ r cos θ 0 r

et par conséquent p
kαr ∧ αθ k = r 1 + 4 r2 .
On déduit alors que
Z 1 Z 2π p Z 1 p
Aire (Σ1 ) = r 1+ 4 r2 dr dθ = 2π r 1 + 4 r2 dr
0 0 0
 1
1 3/2 π  3/2 
= 2π 1 + 4 r2 = 5 −1 .
12 0 6

On détermine maintenant Aire (Σ2 ) (on pourrait calculer l’aire de Σ2 immédiatement


en se rendant compte que Σ2 est le disque unité). On trouve
 
e1 e2 e3 0
βr ∧ βθ = cos θ sin θ 0 = 0 
 

−r sin θ r cos θ 0 r

et donc Z 1 Z 2π
Aire (Σ2 ) = r dr dθ = π.
0 0
Le résultat souhaité est alors

Aire (∂Ω) = Aire (Σ1 ) + Aire (Σ2 ) .


60 Intégrales de surfaces

Exercice 5.6 (i) En ce qui concerne cet exercice on pourra tout d’abord se
référer à l’Exemple 8.19. On a que
   
x (R + r cos ϕ) cos θ
 u 
 y  −→  (R + r cos ϕ) sin θ  = u (r, θ, ϕ) ,
 

z r sin ϕ
et ainsi
 
cos ϕ cos θ − (R + r cos ϕ) sin θ −r sin ϕ cos θ
∇u =  cos ϕ sin θ (R + r cos ϕ) cos θ −r sin ϕ sin θ  .
 

sin ϕ 0 r cos ϕ
Le Jacobien est donc
|det ∇u| = r (R + r cos ϕ) .
On déduit alors que
ZZZ Z a Z 2π Z 2π
Vol (Ω) = dx dy dz = r (R + r cos ϕ) dr dθ dϕ
Ω 0 0 0
Z a
= 4π 2 R r dr = 2 π 2 R a2 .
0

(ii) ∂Ω est paramétré par


σ (θ, ϕ) = ((R + a cos ϕ) cos θ, (R + a cos ϕ) sin θ, a sin ϕ) , θ, ϕ ∈ [0, 2π] .
On trouve que
e1 e2 e3
σθ ∧ σϕ = − (R + a cos ϕ) sin θ (R + a cos ϕ) cos θ 0
−a sin ϕ cos θ −a sin ϕ sin θ a cos ϕ
ou encore  
a (R + a cos ϕ) cos ϕ cos θ
σθ ∧ σϕ =  a (R + a cos ϕ) cos ϕ sin θ 
 

a (R + a cos ϕ) sin ϕ
et donc
kσθ ∧ σϕ k = a (R + a cos ϕ) .
(iii) L’aire est alors donnée par
ZZ Z 2π Z 2π
Aire (∂Ω) = ds = a (R + a cos ϕ) dθ dϕ = 4 π 2 R a.
∂Ω 0 0

(iv) On a finalement
ZZZ Z a Z 2π Z 2π
z 2 dx dy dz = r r2 sin2 ϕ (R + r cos ϕ) dr dθ dϕ

Ω 0 0 0
a 2π
π 2 R a4
Z Z
= 2πR r3 dr sin2 ϕ dϕ = .
0 0 2
Corrigés 61

Exercice 5.7 * Soit γ = (γ1 , γ2 ) : [0, 1] → Γ une paramétrisation simple et


régulière de la courbe Γ. Définissons σ : [0, 1] × [0, 1] → R3 par

σ(t, h) = (γ1 (t) , γ2 (t) , h f (γ1 (t) , γ2 (t))) .

Alors, σ est une paramétrisation de Σ, avec

γ20 (t) f (γ (t))


 
e1 e2 e3
σt ∧ σh = γ10 γ20 h (γ10 fx + γ20 fy ) =  −γ10 f (γ (t)) 
 

0 0 f 0

et donc
kσt ∧ σh k = f (γ (t)) kγ 0 (t)k > 0.
En utilisant la définition de l’intégrale de surface, on obtient
ZZ Z 1Z 1 Z 1 Z
0
1 ds = kσt ∧ σh k dt dh = f (γ (t)) kγ (t)k dt = f dl.
Σ 0 0 0 Γ
Chapitre 6

Théorème de la divergence

6.1 Définitions et résultats théoriques


Définition 6.1 On dit que Ω ⊂ R3 est un domaine régulier s’il existe des
ouverts bornés tels que Ω0 , Ω1 , · · · , Ωm ⊂ R3
m
S
Ω = Ω0 \ Ωj Ωj ⊂ Ω0 , ∀ j = 1, 2, · · · , m
j=1

Ωi ∩ Ωj = ∅ si i 6= j, i, j = 1, · · · , m ∂Ωj = Σj , j = 0, 1, 2, · · · , m
où Σj , j = 0, 1, 2, · · · , m sont des surfaces régulières par morceaux, orientables
et telles que ∂Σj = ∅.
De plus il existe un champ continu (par morceaux) de normales extérieures
unitaires ν à Ω.
Σ
Ω ν
Σ1
Σ2
Ω1
Ω2
ν
ν
Σ3

Ω3
ν

Remarque La dernière condition se comprend comme : ∀ x ∈ Σj , j = 0, 1, 2, · · · , m,


où le champ de normales est continu, ∀  > 0 suffisamment petit et pour tout
j = 1, 2, · · · , m
c
x +  ν (x) ∈ Ωj , x −  ν (x) ∈ Ωj ,
c
x −  ν (x) ∈ Ω0 , x +  ν (x) ∈ Ω0 .
64 Théorème de la divergence

Théorème 6.2 (Théorème de la divergence) Soient Ω ⊂ R3 et ν comme


ci-dessus. Soit F : Ω → R , F ∈ C Ω; R , alors
3 1 3


ZZZ ZZ
div F (x, y, z) dx dy dz = (F · ν) ds.
Ω ∂Ω

Corollaire 6.3 Si Ω et ν sont comme ci-dessus et si

F (x, y, z) = (x, y, z) , G1 (x, y, z) = (x, 0, 0) ,


G2 (x, y, z) = (0, y, 0) , G3 (x, y, z) = (0, 0, z)

alors

1
ZZ ZZ
vol (Ω) = (F · ν) ds = (Gi · ν) ds, i = 1, 2, 3.
3 ∂Ω ∂Ω

(Pour plus de détails, cf. [2] 33-36, [4] 397-407, [7] chapitre 6, [8] 340-349, [11]
550-555, [12] 475-479).

6.2 Exemples
Exemple 6.4 Vérifier le théorème de la divergence pour

Ω = (x, y, z) ∈ R3 : x2 + y 2 + z 2 < 1

et F (x, y, z) = (x y, y, z) .
ZZZ
Discussion (i) Calcul de div F. On trouve que

div F = y + 2.

Donc, en passant en coordonnées sphériques x = r cos θ sin ϕ, y = r sin θ sin ϕ,


z = r cos ϕ, on obtient
ZZZ Z 1 Z 2π Z π
(y + 2) dx dy dz = (2 + r sin θ sin ϕ) r2 sin ϕ dr dθ dϕ
Ω 0 0 0
1 π π
4 8
Z Z Z
= 2π 2 r2 sin ϕ dr dϕ = π sin ϕ dϕ = π.
0 0 3 0 3
ZZ
(ii) Calcul de (F · ν) ds. Une paramétrisation de la surface est alors
∂Ω
donnée par

∂Ω = Σ = {σ (θ, ϕ) = (cos θ sin ϕ, sin θ sin ϕ, cos ϕ) , (θ, ϕ) ∈ [0, 2π] × [0, π]} .
Exemples 65

Un calcul immédiat donne

σθ ∧ σϕ = − sin ϕ (cos θ sin ϕ, sin θ sin ϕ, cos ϕ)

qui est clairement une normale intérieure. En observant que sur ∂Ω on a

F · (−σθ ∧ σϕ )
= cos θ sin θ sin2 ϕ, sin θ sin ϕ, cos ϕ · (cos θ sin ϕ, sin θ sin ϕ, cos ϕ) sin ϕ


on obtient
ZZ Z 2π Z π
cos2 θ sin θ sin4 ϕ + sin2 θ sin3 ϕ + cos2 ϕ sin ϕ dϕ dθ

(F · ν) ds =
∂Ω 0
Z π 0 Z π
=π sin3 ϕ dϕ + 2π cos2 ϕ sin ϕ dϕ
0 0
π  3 π
cos3 ϕ

cos ϕ 8
= π − cos ϕ + − 2π = π.
3 0 3 0 3

Exemple 6.5 Vérifier le théorème de la divergence pour

Ω = (x, y, z) ∈ R3 : x2 + y 2 < 1 et 0 < z < 1 F (x, y, z) = x2 , 0, 0 .


 
et
ZZZ
Discussion (i) Calcul de div F. On trouve que

div F = 2 x.

En passant aux coordonnées cylindriques, x = r cos θ, y = r sin θ, z = z, on


obtient
ZZZ Z 2π Z 1 Z 1
(2 x) dx dy dz = (2 r cos θ) r dr dθ dz = 0.
Ω 0 0 0
ZZ
(ii) Calcul de (F · ν) ds. On a que
∂Ω

∂Ω = Σ0 ∪ Σ1 ∪ Σ2

où

Σ0 = (x, y, z) ∈ R3 : x2 + y 2 < 1 et z = 0


Σ1 = (x, y, z) ∈ R3 : x2 + y 2 < 1 et z = 1


Σ2 = (x, y, z) ∈ R3 : x2 + y 2 = 1 et 0 < z < 1




dont les paramétrisations et les normales sont données respectivement par


66 Théorème de la divergence

σ 0 (r, θ) = (r cos θ, r sin θ, 0) ⇒ σr0 ∧ σθ0 = (0, 0, r) , (normale intérieure)

σ 1 (r, θ) = (r cos θ, r sin θ, 1) ⇒ σr1 ∧ σθ1 = (0, 0, r) , (normale extérieure)


σ 2 (r, θ) = (cos θ, sin θ, z) ⇒ σθ2 ∧σz2 = (cos θ, sin θ, 0) , (normale extérieure).
On obtient par conséquent
ZZ Z 2π Z 1
r2 cos2 θ, 0, 0 · (0, 0, r) dr dθ = 0

(F · ν) ds = −
Σ0 0 0

ZZ Z 2π Z 1
r2 cos2 θ, 0, 0 · (0, 0, r) dr dθ = 0

(F · ν) ds =
Σ1 0 0
ZZ Z 2π Z 1
cos2 θ, 0, 0 · (cos θ, sin θ, 0) dθ dz = 0.

(F · ν) ds =
Σ2 0 0

Finalement on a bien trouvé


ZZ
(F · ν) ds = 0.
∂Ω

6.3 Exercices
Dans les exercices 1 à 10 il s’agira de vérifier le Théorème de la divergence.

Exercice 6.1 Soient F (x, y, z) = (x z, y, y) et

Ω = (x, y, z) ∈ R3 : x2 + y 2 + z 2 < 1 .


Exercice 6.2 Soient F (x, y, z) = (0, 0, x y z) et

Ω = (x, y, z) ∈ R3 : x2 + y 2 < z 2 et 0 < z < 1 .




Exercice 6.3 Soient F (x, y, z) = (x y, y z, x z) et le tétraèdre unité donné par

Ω = (x, y, z) ∈ R3 : 0 < z < 1 − x − y, 0 < y < 1 − x, 0 < x < 1 .




Exercice 6.4 Soient F (x, y, z) = x2 , y 2 , z 2 et




Ω = (x, y, z) ∈ R3 : b2 x2 + y 2 < a2 z 2 et 0 < z < b .


 

Exercice 6.5 Soient F (x, y, z) = x2 , −y 2 , z 2 et




Ω = (x, y, z) ∈ R3 : x2 + y 2 < 4 et 0 < z < 2 .




Exercice 6.6 Soient F (x, y, z) = (x, y, z) et

Ω = (x, y, z) ∈ R3 : x2 + y 2 + z 2 < 4 et x2 + y 2 < 3 z .



Exercices 67

 
3y
Exercice 6.7 Soient F (x, y, z) = 0, , 5 et
1 + z2
π2
 p 
Ω= x2 + y 2 < z < 1, x2 + y 2 <
(x, y, z) ∈ R3 : tg et x < 0 < y .
16
Exercice 6.8 Soient F (x, y, z) = x2 , y 2 , z 2 et


Ω = (x, y, z) ∈ R3 : z 2 < x2 + y 2 < 1 et z > 0 .




Exercice 6.9 Soient F (x, y, z) = 2, 0, x y 2 + z 2 et




n o
2
Ω = (x, y, z) ∈ R3 : x > 0, 0 < z < 2 et 4 x2 + y 2 < (z − 4) .


Exercice 6.10 Soient F (x, y, z) = x2 , 0, 0 et




n o
2
Ω = (x, y, z) ∈ R3 : x2 + y 2 + z 2 < 4 et x2 + y 2 + (z − 2) < 1 .

Exercice 6.11 Montrer le corollaire 6.3.


Exercice 6.12 (Identités de Green) * Soient Ω ⊂ R3 un domaine régulier
et ν : ∂Ω → R3 la normale extérieure unité. Soient u, v ∈ C 2 Ω . On dénote

∂u
par = grad u · ν. Montrer que
∂ν

∂u
ZZZ ZZ
[v ∆u + grad u · grad v] dx dy dz = v ds.
Ω ∂Ω ∂ν

 
∂u ∂v
ZZZ ZZ
(v ∆u − u ∆v) dx dy dz = v −u ds.
Ω ∂Ω ∂ν ∂ν

Suggestion. On utilisera d’abord le théorème 1.2 (iii), à savoir


div (u grad v) = u ∆v + grad u · grad v.
On appliquera ensuite le théorème de la divergence.
Exercice 6.13 * Soient Ω ⊂ R3 un domaine régulier, ν la normale extérieure
unité à ∂Ω. Soient f, ϕ ∈ C 0 Ω et soit le problème
(
∆u = f dans Ω
(N )
∂u
∂ν = ϕ sur ∂Ω
∂u
où on a noté = grad u · ν. Trouver, à l’aide de l’exercice 6.12, des conditions
∂ν
nécéssaires sur f et ϕ pour que le problème (N ) admette une solution u ∈
C 2 Ω . Que peut-on dire de l’unicité des solutions de (N ) ?

68 Théorème de la divergence

Exercice 6.14 * Soient Ω ⊂ R3 un ouvert borné régulier et ν = ν (x) la nor-


male extérieure unité en x ∈ ∂Ω.
- On dénote le produit scalaire dans R3 par h.; .i , c’est-à-dire

hx; yi = x1 y1 + x2 y2 + x3 y3 .

- On note
  
 div G = 0 dans Ω 
G ∈ C 1 Ω; R 3
 
H Ω = :  rot G = 0 dans Ω .
hG; νi = 0 sur ∂Ω
 

(i) Montrer que, pour tout f ∈ C 1 Ω et G ∈ H Ω ,


 

div (f G) = hgrad f ; Gi .

(ii) Montrer, à l’aide du théorème de la divergence, que, pour tout f ∈ C 1 Ω




et G ∈ H Ω ,
ZZZ
hgrad f (x) ; G (x)i dx = 0.

(iii) A l’aide de la question précédente, montrer que si Ω est simplement


connexe alors 
G∈H Ω ⇔ G ≡ 0.

Exercice 6.15 * Soient Ω ⊂ R3 un domaine régulier, a ∈ C 1 Ω , f ∈ C 0 Ω


 

et u = (u1 , u2 , u3 ) ∈ C 1 Ω; R3 vérifiant


(
div u + hgrad a; ui = f dans Ω
u=0 sur ∂Ω

où h.; .i dénote le produit scalaire dans R3 . Montrer, à l’aide du théorème de la


divergence, que ZZZ
ea(x) f (x) dx = 0.

6.4 Corrigés
ZZZ
Exercice 6.1 (i) Calcul de div F dx dy dz. On a tout de suite que

div F = z + 1.

On passe aux coordonnées sphériques

x = r cos θ sin ϕ, y = r sin θ sin ϕ, z = r cos ϕ


Corrigés 69

on trouve alors
ZZZ Z 1 Z 2π Z π
div F dx dy dz = (r cos ϕ + 1) r2 sin ϕ dϕ dθ dr
Ω 0 0 0
Z Z 1 π
r3 cos ϕ sin ϕ + r2 sin ϕ dϕ dr

= 2π
Z0 0
π π 2π π 4π
Z
= cos ϕ sin ϕ dϕ + sin ϕ dϕ = .
2 0 3 0 3
ZZ
(ii) Calcul de (F · ν) ds. On paramètre ∂Ω = Σ par
∂Ω

σ (θ, ϕ) = (cos θ sin ϕ, sin θ sin ϕ, cos ϕ) , (θ, ϕ) ∈ [0, 2π] × [0, π] .
Le calcul de la normale donne
σθ ∧ σϕ = − sin ϕ (cos θ sin ϕ, sin θ sin ϕ, cos ϕ) ,
qui est une normale intérieure. On obtient ainsi
ZZ
(F · ν) ds
∂Ω
Z 2π Z π
cos2 θ sin3 ϕ cos ϕ + sin2 θ sin3 ϕ + sin θ sin2 ϕ cos ϕ dϕ dθ

=
0 0
Z π
sin3 ϕ cos ϕ + sin3 ϕ dϕ


Z0 π
sin3 ϕ cos ϕ + sin ϕ − sin ϕ cos2 ϕ dϕ


0

et donc
π 0
sin4 ϕ cos3 ϕ


ZZ Z
(F · ν) ds = π − cos ϕ + dϕ = .
∂Ω 0 4 3 3
ZZZ
Exercice 6.2 (i) Calcul de div F dx dy dz. On a que

div F = x y.
On choisit les coordonées cylindriques (le Jacobien est alors r)
x = r cos θ, y = r sin θ, z = z, z ∈ (0, 1) , θ ∈ (0, 2π) , r ∈ (0, z) .
On trouve que
ZZZ Z 1 Z 2π Z z
r2 cos θ sin θ r dr dθ dz

div F dx dy dz =
Ω 0 0 0
1 z  2π
cos (2 θ)
Z Z
3
= r − dr dz = 0.
0 0 4 0
70 Théorème de la divergence

ZZ
(ii) Calcul de (F · ν) ds. On pose
∂Ω

∂Ω = Σ1 ∪ Σ2 ,

où

Σ1 = (x, y, z) ∈ R3 : x2 + y 2 ≤ 1 et z = 1


Σ2 = (x, y, z) ∈ R3 : x2 + y 2 = z 2 et z ∈ [0, 1] .


On paramètre Σ1 par

σ 1 (r, θ) = (r cos θ, r sin θ, 1) , avec (r, θ) ∈ [0, 1] × [0, 2π]

on trouve alors que


 
e1 e2 e3 0
σr1 ∧ σθ1 = cos θ sin θ 0 = 0 
 

−r sin θ r cos θ 0 r

qui est une normale extérieure, donc


ZZ Z 2π Z 1
0, 0, r2 cos θ sin θ · (0, 0, r) dr dθ

(F · ν) ds =
Σ1 0 0
Z 2π Z 1
= r3 cos θ sin θ dr dθ = 0.
0 0

On paramètre Σ2 par

σ 2 (r, θ) = (r cos θ, r sin θ, r) , avec (r, θ) ∈ [0, 1] × [0, 2π]

on a alors que
 
e1 e2 e3 −r cos θ
σr2 ∧ σθ2 = cos θ sin θ 1 =  −r sin θ  ,
 

−r sin θ r cos θ 0 r

qui est une normale intérieure. On déduit


ZZ Z 2π Z 1
0, 0, r3 cos θ sin θ · (r cos θ, r sin θ, −r) dr dθ

(F · ν) ds =
Σ2 0 0
Z 2π Z 1
−r4 cos θ sin θ dr dθ = 0

=
0 0

et donc ZZ
(F · ν) ds = 0.
∂Ω
Corrigés 71

ZZZ
Exercice 6.3 (i) Calcul de div F dx dy dz. On a immédiatement que

div F = x + y + z.

On a que

Ω = (x, y, z) ∈ R3 : 0 < z < 1 − x − y, 0 < y < 1 − x, 0 < x < 1




et donc
ZZZ Z 1 Z 1−x Z 1−x−y
div F dx dy dz = (x + y + z) dz dy dx
Ω 0 0 0
1 Z 1−x 
1 1
Z 
2
= 1 − (x + y) dy dx = .
2 0 0 8
ZZ
(ii) Calcul de (F · ν) ds. On a que ∂Ω = Σ1 ∪ Σ2 ∪ Σ3 ∪ Σ4 , où
∂Ω

Σ1 = {α (x, z) = (x, 0, z) : 0 ≤ z ≤ 1 − x, 0 ≤ x ≤ 1}
Σ2 = {β (x, y) = (x, y, 0) : 0 ≤ y ≤ 1 − x, 0 ≤ x ≤ 1}
Σ3 = {γ (y, z) = (0, y, z) : 0 ≤ z ≤ 1 − y, 0 ≤ y ≤ 1}
Σ4 = {δ (x, y) = (x, y, 1 − x − y) : 0 ≤ y ≤ 1 − x, 0 ≤ x ≤ 1} .

Les normales correspondantes sont


 
e1 e2 e3 0
αx ∧ αz = 1 0 0 =  −1 
 

0 0 1 0
 
e1 e2 e3 0
βx ∧ β y = 1 0 0 = 0 
 

0 1 0 1
 
e1 e2 e3 1
γy ∧ γz = 0 1 0 = 0 
 

0 0 1 0
 
e1 e2 e3 1
δx ∧ δy = 1 0 −1 = 1 
 

0 1 −1 1
qui sont des normales extérieures pour la première et la dernière et intérieures
pour les deux autres. Noter alors que
ZZ ZZ ZZ
(F · ν) ds = (F · ν) ds = (F · ν) ds = 0
Σ1 Σ2 Σ3
72 Théorème de la divergence

et donc
ZZ ZZ
(F · ν) ds = (F · ν) ds
∂Ω Σ4
Z 1 Z 1−x
= ((x y, y (1 − x − y) , x (1 − x − y)) · (1, 1, 1) dy dx
0 0

ce qui nous donne finalement

1
ZZ
(F · ν) ds = .
∂Ω 8

ZZZ
Exercice 6.4 (i) Calcul de div F dx dy dz. On a que div F = 2 (x + y + z) .

On pose

x = a r cos θ, y = a r sin θ, z = b t, avec 0 < θ < 2π, 0 < r < t < 1

et on trouve donc

a cos θ −a r sin θ 0
Jacobien = a sin θ a r cos θ 0 = a2 b r.
0 0 b

Ceci nous permet de calculer


ZZZ Z 2π Z 1 Z t
div F dx dy dz = 2 dθ dt a2 b r (a r cos θ + a r sin θ + b t) dr
Ω 0 0 0
1 t
π a2 b2
Z Z
2 2
= 4π a b dt r t dr = .
0 0 2
ZZ
(ii) Calcul de (F · ν) ds. On a que ∂Ω = Σ1 ∪ Σ2 où
∂Ω

Σ1 = (x, y, z) ∈ R3 : x2 + y 2 ≤ a2 , z = b


= {α (r, θ) = (r cos θ, r sin θ, b) : 0 ≤ θ ≤ 2π, 0 ≤ r ≤ a}

Σ2 = (x, y, z) ∈ R3 : b2 x2 + y 2 = a2 z 2 et 0 ≤ z ≤ b
 

= {β (θ, t) = (a t cos θ, a t sin θ, b t) : 0 ≤ θ ≤ 2π, 0 ≤ t ≤ 1} .

On trouve  
e1 e2 e3 0
αr ∧ αθ = cos θ sin θ 0 = 0 
 

−r sin θ r cos θ 0 r
Corrigés 73

 
e1 e2 e3 a b t cos θ
βθ ∧ βt = −a t sin θ a t cos θ 0 =  a b t sin θ 
 

a cos θ a sin θ b −a2 t


qui sont toutes les deux des normales extérieures. On obtient donc
ZZ Z 2π Z a
r2 cos2 θ, r2 sin2 θ, b2 · (0, 0, r) dr dθ = π a2 b2 .

(F · ν) ds =
Σ1 0 0

ZZ
(F · ν) ds
Σ2
Z 2π Z 1
a2 t2 cos2 θ, a2 t2 sin2 θ, b2 t2 · a b t cos θ, a b t sin θ, −a2 t dt dθ
 
=
0 0
1
π 2 2
Z
= −2πa2 b2 t3 dt = − a b
0 2
et finalement
π 2 2
ZZ
(F · ν) ds = a b .
∂Ω 2
ZZZ
Exercice 6.5 (i) Calcul de div F dx dy dz. On obtient

div F = 2 x − 2 y + 2 z.

On pose

x = r cos θ, y = r sin θ, z = z, avec 0 < r, z < 2, 0 < θ < 2π

et par conséquent
ZZZ Z 2π Z 2 Z 2
div F dx dy dz = (2 r cos θ − 2 r sin θ + 2 z) r dr dθ dz = 16 π.
Ω 0 0 0
ZZ
(ii) Calcul de (F · ν) ds. On voit que ∂Ω = Σ1 ∪ Σ2 ∪ Σ3 où
∂Ω

Σ1 = (x, y, z) ∈ R3 : x2 + y 2 < 4, z = 0


= {α (r, θ) = (r cos θ, r sin θ, 0) : 0 ≤ θ ≤ 2π, 0 ≤ r ≤ 2} ,

Σ2 = (x, y, z) ∈ R3 : x2 + y 2 = 4, 0 < z < 2




= {β (θ, z) = (2 cos θ, 2 sin θ, z) : 0 ≤ θ ≤ 2π, 0 ≤ z ≤ 2}

Σ3 = (x, y, z) ∈ R3 : x2 + y 2 < 4, z = 2


= {γ (r, θ) = (r cos θ, r sin θ, 2) : 0 ≤ θ ≤ 2π, 0 ≤ r ≤ 2} .


74 Théorème de la divergence

Les normales sont alors données par


 
e1 e2 e3 0
αr ∧ αθ = = 0 
cos θ sin θ 0
 

−r sin θ r cos θ 0 r
 
e1 e2 e3 2 cos θ
βθ ∧ βz = −2 sin θ 2 cos θ 0 =  2 sin θ 
 

0 0 1 0
 
e1 e2 e3 0
γr ∧ γθ = cos θ sin θ 0 = 0 
 

−r sin θ r cos θ 0 r
qui sont des normales extérieures pour les deux dernières et une normale intérieure
pour la première. Ceci nous conduit à
ZZ Z 2π Z 2
r2 cos2 θ, −r2 sin2 θ, 0 · (0, 0, r) dr dθ = 0

(F · ν) ds = −
Σ1 0 0
ZZ Z 2π Z 2
4 cos2 θ, −4 sin2 θ, z 2 · (2 cos θ, 2 sin θ, 0) dz dθ = 0

(F · ν) ds =
Σ2 0 0
ZZ Z 2π Z 2
r2 cos2 θ, −r2 sin2 θ, 4 · (0, 0, r) dr dθ = 16 π

(F · ν) ds =
Σ3 0 0
et donc à ZZ
(F · ν) ds = 16 π.
∂Ω

ZZZ
Exercice 6.6 (i) Calcul de div F dx dy dz. On trouve immédiatement que

div F = 3. On passe aux coordonnées cylindriques et on trouve
  √  r2 p 
Ω = (r cos θ, r sin θ, z) : θ ∈ (0, 2π) , r ∈ 0, 3 , <z < 4−r 2
3
et donc
√ √
ZZZ Z 3 Z 4−r 2 Z 2π
div F dx dy dz = 3 r dθ dz dr
r2
Ω 0 3 0

3
r2
p 
19 π
Z
= 6π 4 − r2 − r dr = .
0 3 2
ZZ
(ii) Calcul de (F · ν) ds. Noter que ∂Ω = Σ1 ∪ Σ2 où
∂Ω
n h π io
Σ1 = α (θ, ϕ) = (2 cos θ sin ϕ, 2 sin θ sin ϕ, 2 cos ϕ) : θ ∈ [0, 2π] , ϕ ∈ 0,
3
Corrigés 75

r2
z=
3

1
r2 + z 2 = 4

√ r
3 2
(dessin dans le plan r, z)

 
r2
 h √ i
Σ2 = β (r, θ) = r cos θ, r sin θ, : θ ∈ [0, 2π] , r ∈ 0, 3 .
3
Le calcul des normales donne

−4 cos θ sin2 ϕ
 
e1 e2 e3
αθ ∧ αϕ = −2 sin θ sin ϕ 2 cos θ sin ϕ 0 =  −4 sin θ sin2 ϕ 
 

2 cos θ cos ϕ 2 sin θ cos ϕ −2 sin ϕ −4 cos ϕ sin ϕ


 2 
e1 e2 e3 − r2 cos θ
 3 
βr ∧ βθ = cos θ sin θ 2 2
3r =
 
− r2 sin θ 
−r sin θ r cos θ 0
 3 
r
qui sont toutes les deux des normales intérieures. On peut donc calculer les
intégrales de surface
ZZ Z 2π Z π/3
(F · ν) ds = [(2 cos θ sin ϕ, 2 sin θ sin ϕ, 2 cos ϕ) ·
Σ1 0 0
4 cos θ sin2 ϕ, 4 sin θ sin2 ϕ, 4 cos ϕ sin ϕ dθ dϕ

Z π/3
π/3
= 16π sin ϕ dϕ = 16π [− cos ϕ]0 = 8π
0

ZZ
(F · ν) ds
Σ2

2π 3
r2
  2
2 r cos θ 2 r2 sin θ
Z  Z 
= r cos θ, r sin θ, · , , −r dr dθ
0 0 3 3 3

Z √3  3  4 3
r3

2r r 3π
= 2π − dr = 2π = .
0 3 3 12 0 2
76 Théorème de la divergence

On trouve donc
3π 19 π
ZZ
(F · ν) ds = 8 π + = .
2 2
∂Ω

ZZZ
Exercice 6.7 (i) Calcul de div F dx dy dz. On trouve que

3
div F = .
1 + z2
En passant en coordonnées cylindriques on a que
n π π o
Ω = (r cos θ, r sin θ, z) : tg r < z < 1, 0 < r < , <θ<π
4 2
et on déduit donc que
π π
π 1
3 3π
ZZZ Z 4
Z Z Z 4
1
div F dx dy dz = 2
r dz dθ dr = [arctg z]tg r r dr
Ω 0 π
2 tg r 1 + z 2 0
π

Z 4 hπ i  π 4
= − r r dr = .
2 0 4 4

z = tg r

π r
4
(dessin dans le plan r, z avec angle de rotation θ ∈ [ π2 , π])

ZZ
(ii) Calcul de (F · ν) ds. On a que ∂Ω = Σ1 ∪ Σ2 ∪ Σ3 ∪ Σ4 , où
∂Ω
n πo
Σ1 = (0, y, z) : tg y ≤ z ≤ 1, 0 ≤ y ≤
4
n π o
Σ2 = (x, 0, z) : tg |x| ≤ z ≤ 1, − ≤ x ≤ 0
4
n π π o
Σ3 = α (r, θ) = (r cos θ, r sin θ, 1) , 0 ≤ r ≤ , ≤θ≤π
4 2
n π π o
Σ4 = β (r, θ) = (r cos θ, r sin θ, tg r) : 0 ≤ r ≤ , ≤θ≤π .
4 2
Corrigés 77

Les normales extérieures dans les deux premiers cas sont respectivement (1, 0, 0)
et (0, −1, 0) . Les deux autres normales sont
 
e1 e2 e3 0
αr ∧ αθ = cos θ sin θ 0 = 0 
 

−r sin θ r cos θ 0 r

−r cos θ
 
e1 e2 e3  cos2 r 
1  −r sin θ 
 
βr ∧ βθ = cos θ sin θ 2
=
cos r 
 cos2 r 

−r sin θ r cos θ 0 r
qui sont, respectivement des normales extérieure et intérieure. Par conséquent
nous trouvons que
Z π4 Z 1  
3y
ZZ
(F · ν) ds = 0, , 5 · (1, 0, 0) dy dz = 0
Σ1 0 tg y 1 + z2
ZZ Z 0 Z 1
(F · ν) ds = (0, 0, 5) · (0, −1, 0) dx dz = 0
Σ2 −π
4 tg(−x)
π
π  
3 r sin θ 5π  π 2
ZZ Z 4
Z
(F · ν) ds = 0, , 5 · (0, 0, r) dθ dr =
Σ3 0 π
2
2 4 4

π
π
   
3 r sin θ r cos θ r sin θ
ZZ Z 4
Z
(F · ν) ds = 0, ,5 · , , −r dθ dr
Σ4 0 π
2
1 + tg2 r cos2 r cos2 r
π Z π
Z 4  π 4 5π  π 2
3 r2 sin2 θ − 5 r dθ dr =

= −
0 π
2
4 4 4

et ainsi ZZ  π 4
(F · ν) ds = .
∂Ω 4
ZZZ
Exercice 6.8 (i) Calcul de div F dx dy dz. On a que div F = 2 (x + y + z) .

En passant en coordonnées cylindriques on trouve que

Ω = {(r cos θ, r sin θ, z) : 0 < z < r < 1, θ ∈ (0, 2π)}

et donc
ZZZ Z 2π Z 1 Z r
div F dx dy dz = dθ dr 2 (r cos θ + r sin θ + z) r dz
Ω 0 0 0
1 r 1
π
Z Z Z
= 2π r dr 2 z dz = 2π r3 dr = .
0 0 0 2
78 Théorème de la divergence

z=r

1 r
(dessin dans le plan r, z)

ZZ
(ii) Calcul de (F · ν) ds. On a que ∂Ω = Σ1 ∪ Σ2 ∪ Σ3 où
∂Ω

Σ1 = {α (r, θ) = (r cos θ, r sin θ, 0) : 0 ≤ r ≤ 1, 0 ≤ θ ≤ 2π}


Σ2 = {β (θ, z) = (cos θ, sin θ, z) : 0 ≤ z ≤ 1, 0 ≤ θ ≤ 2π}
Σ3 = {γ (r, θ) = (r cos θ, r sin θ, r) : 0 ≤ r ≤ 1, 0 ≤ θ ≤ 2π} .
Les normales sont alors
 
e1 e2 e3 0
αr ∧ αθ = cos θ
= 0  sin θ 0
 

−r sin θ r cos θ 0 r
 
e1 e2 e3 cos θ
βθ ∧ βz = − sin θ cos θ 0 =  sin θ 
 

0 0 1 0
 
e1 e2 e3 −r cos θ
γr ∧ γθ = cos θ sin θ 1 =  −r sin θ 
 

−r sin θ r cos θ 0 r
qui sont respectivement des normales extérieures pour les deux dernières et
intérieure pour la première. On trouve alors
ZZ Z 1 Z 2π
r2 cos2 θ, r2 sin2 θ, 0 · (0, 0, −r) dr dθ = 0

(F · ν) ds =
Σ1 0 0
ZZ Z 1Z 2π
cos2 θ, sin2 θ, z 2 · (cos θ, sin θ, 0) dθ dz = 0

(F · ν) ds =
Σ2 0 0

ZZ Z 1Z 2π
r2 cos2 θ, r2 sin2 θ, r2 · (−r cos θ, −r sin θ, r) dr dθ

(F · ν) ds =
Σ3 0 0
1
π
Z
= 2π r3 dr =
0 2
d’où le résultat.
Corrigés 79

ZZZ
Exercice 6.9 (i) Calcul de div F dx dy dz. On trouve div F = 2 z. On

passe en coordonnées cylindriques et on déduit que
n π π o
Ω = (r cos θ, r sin θ, z) : 0 < z < 2, − < θ < , 0 < 2 r < 4 − z
2 2
et donc
ZZZ Z 2 Z 2−z/2 Z π/2
div F dx dy dz = 2 z r dθ dz dr
Ω 0 0 −π/2
2
z 2 11 π
Z 
=π z 2− dz = .
0 2 3

z = 4 − 2r

2 r
(dessin dans le plan r, z avec angle de rotation θ ∈ [− π2 , π
2 ])

ZZ
(ii) Calcul de (F · ν) ds. On voit que ∂Ω = Σ1 ∪ Σ2 ∪ Σ3 ∪ Σ4 avec
∂Ω

Σ1 = {α (y, z) = (0, y, z) : z ∈ (0, 2) et 2 |y| ≤ 4 − z}


n π π o
Σ2 = β (r, θ) = (r cos θ, r sin θ, 0) : − ≤ θ ≤ , r ≤ 2
2 2
n π π o
Σ3 = γ (r, θ) = (r cos θ, r sin θ, 2) : − ≤ θ ≤ , r ≤ 1
2 2
n π π o
Σ4 = δ (r, θ) = (r cos θ, r sin θ, 4 − 2 r) : − ≤ θ ≤ , 1 ≤ r ≤ 2 .
2 2
Les normales sont alors

αy ∧ αz = (1, 0, 0) , βr ∧ βθ = (0, 0, r)

γr ∧ γθ = (0, 0, r) , δr ∧ δθ = (2 r cos θ, 2 r sin θ, r)


et ce sont des normales intérieures pour les deux premières et extérieures pour
les deux suivantes. On trouve en conséquence
ZZ Z 2 Z 2−z/2
2, 0, z 2 · (−1, 0, 0) dy dz = −12

(F · ν) ds =
Σ1 0 −2+z/2
80 Théorème de la divergence

π/2 2
64
ZZ Z Z
2, 0, r3 cos θ sin2 θ · (0, 0, −r) dr dθ = −

(F · ν) ds =
Σ2 −π/2 0 15

ZZ Z π/2 Z 1
2, 0, r3 cos θ sin2 θ + 4 · (0, 0, r) dr dθ

(F · ν) ds =
Σ3 −π/2 0
π/2 1
2
Z Z
r4 cos θ sin2 θ + 4 r dr dθ =

= + 2π
−π/2 0 15

ZZ
(F · ν) ds
Σ4
Z π/2 Z 2  
2
= 2, 0, r3 cos θ sin2 θ + (4 − 2 r) · (2 r cos θ, 2 r sin θ, r) dr dθ
−π/2 1
Z π/2 Z 2  
2
= 4 r cos θ + r4 cos θ sin2 θ + r (4 − 2 r) dr dθ
−π/2 1
62 5 π
= 12 + + .
15 3
On a ainsi le résultat souhaité
4 ZZ
11 π
ZZ X
(F · ν) ds = (F · ν) ds = .
∂Ω i=1 Σi 3

ZZZ
Exercice 6.10 (i) Calcul de div F dx dy dz. On voit tout de suite que

div F = 2 x. On passe en coordonnées cylindriques et on obtient
( √ )
15 p p
Ω = (r cos θ, r sin θ, z) : 0 < r < , 2 − 1 − r2 < z < 4 − r2 , 0 < θ < 2π
4

et donc

15

ZZZ Z 4
Z 4−r 2 Z 2π
div F dx dy dz = √ (2 r cos θ) r dθ dz dr = 0.
Ω 0 2− 1−r 2 0
ZZ
(ii) Calcul de (F · ν) ds. On a ∂Ω = Σ1 ∪ Σ2 où
∂Ω
( √ )
 p  15
Σ1 = α (r, θ) = r cos θ, r sin θ, 4 − r2 , 0 ≤ r ≤ , 0 ≤ θ ≤ 2π
4
( √ )
 p  15
Σ2 = β (r, θ) = r cos θ, r sin θ, 2 − 1 − r2 , 0 ≤ r ≤ , 0 ≤ θ ≤ 2π .
4
Corrigés 81

z
r 2 + (z − 2)2 = 1


15 2 r
4

r2 + z 2 = 4

(dessin dans le plan r, z)

On trouve
r2 cos θ
 
e1 e2 e3 √
 4 − r2 
−r 
2

αr ∧ αθ = cos θ sin θ √ =

r sin θ

4 − r2 √

 
4 − r2
−r sin θ r cos θ 0
 
r

−r2 cos θ
 
e1 e2 e3 √
r

 1 − r2 

βr ∧ βθ = cos θ sin θ √ =

−r2 sin θ

1 − r2 √

 
−r sin θ r cos θ 0
 1 − r2 
r
la première est une normale extérieure alors que la seconde est intérieure. Ceci
nous conduit à

15

r2 cos θ r2 sin θ
ZZ Z Z  
4
r2 cos2 θ, 0, 0 ·

(F · ν) ds = √ ,√ , r dθ dr = 0
Σ1 0 0 4 − r2 4 − r2


15

r2 cos θ r2 sin θ
ZZ Z Z  
4
2 2

(F · ν) ds = r cos θ, 0, 0 · √ ,√ , −r dθ dr
Σ2 0 0 1 − r2 1 − r2
=0

et par conséquent ZZ
(F · ν) ds = 0.
∂Ω

Exercice 6.11 On remarque tout d’abord que

div F = 3 et div Gi = 1, i = 1, 2, 3.
82 Théorème de la divergence

Par conséquent, en apppliquant le théorème de la divergence, on obtient, pour


i = 1, 2, 3,

1 1
ZZZ ZZZ ZZ
Vol (Ω) = dx dy dz = div F dx dy dz = (F · ν) ds
3 3
Z Z ZΩ Ω
ZZ ∂Ω

= div Gi dx dy dz = (Gi · ν) ds.


Ω ∂Ω

Exercice 6.12 * (i) Le théorème 1.2 (iii) donne

div (v grad u) = v ∆u + (grad u · grad v)

div (v grad u) − div (u grad v) = v ∆u − u ∆v.


(ii) Par le théorème de la divergence on a donc
ZZZ
[v ∆u + (grad u · grad v)] dx dy dz
Z ZΩ Z
∂u
ZZ ZZ
= div (v grad u) dx dy dz = (v grad u · ν)ds = v ds.
Ω ∂Ω ∂Ω ∂ν

(iii) Par le théorème de la divergence on trouve ainsi


ZZZ ZZ
(v ∆u − u ∆v) dx dy dz = (v grad u − u grad v) · ν ds

Z Z∂Ω  
∂u ∂v
= v −u ds.
∂Ω ∂ν ∂ν

Exercice 6.13 * (i) Comme, par la première identité de Green (avec v = 1),

∂u
ZZZ ZZ
∆u (x, y, z) dx dy dz = ds
Ω ∂Ω ∂ν

on a la condition nécéssaire
ZZZ ZZ
f (x, y, z) dx dy dz = ϕ ds.
Ω ∂Ω

Noter que si u est une solution de (N ), alors u + c est aussi une solution pour
n’importe quel c ∈ R.
(ii) Soient u et v deux solutions et montrons que que w = u − v = constante.
La fonction w satisfait
(
∆w = 0 dans Ω
(N )
∂w
∂ν = 0 sur ∂Ω.
Corrigés 83

En multipliant l’équation par w et en utilisant la première identité de Green


(avec u = v = w), on obtient

∂w
ZZZ ZZZ ZZ ZZZ
2 2
0= w ∆w = − kgrad wk + w =− kgrad wk .
Ω Ω ∂Ω ∂ν Ω

Par conséquent grad w = 0 et donc w ≡ constante. Il y a donc unicité des


solutions à une constante près.

Exercice 6.14 * (i) On a

div (f G) = f div G + hgrad f ; Gi = hgrad f ; Gi .



(ii) Par le théorème de la divergence, comme G ∈ H Ω ,
ZZZ ZZ
div (f G) = f hG; νi ds = 0.
Ω ∂Ω

Et donc, à l’aide de la question précédente


ZZZ
hgrad f (x) ; G (x)i dx = 0.


(iii) Comme Ω est simplement connexe et G ∈ H Ω , il existe g tel que

G = grad g.

En choisissant f = g dans la question précédente, on déduit que


ZZZ
2
kGk = 0

et donc le résultat.

Exercice 6.15 * On commence par multiplier l’équation par ea et on observe


que
ea f = ea div u + ea hgrad a; ui = div (ea u) .
On applique alors le théorème de la divergence pour obtenir que (ν dénotant la
normale extérieure unité à ∂Ω)
ZZZ ZZZ ZZ
ea f = div (ea u) = hea u; νi .
Ω Ω ∂Ω

Comme u = 0 sur ∂Ω on a le résultat.


Chapitre 7

Théorème de Stokes

7.1 Définitions et résultats théoriques


Théorème 7.1 (Théorème de Stokes) Soit Σ ⊂ R3 une surface régulière
par morceaux et orientable. Soit F : Σ → R3 , F = (F1 , F2 , F3 ) , où les Fi sont
C 1 sur un ouvert contenant Σ ∪ ∂Σ, alors

ZZ Z
rot F · ds = F · dl.
Σ ∂Σ

Rappel On rappelle uniquement ce qui est nécessaire pour vérifier le théorème


de Stokes et pour plus de détails sur les surfaces nous référons au chapitre 5 et
à la section 8.4.
(i) Pour toutes les surfaces régulières par morceaux Σ ⊂ R3 , avec pa-
ramétrisation σ = σ (u, v) : A → Σ, que nous considèrerons, le bord de Σ,
noté ∂Σ, sera donné par σ (∂A) où on a enlevé les parties qui sont parcourues
deux foix dans des sens opposés ainsi que les points (cf. les exemples plus bas).
(ii) Une fois choisie une paramétrisation σ : A → Σ, la normale σu ∧ σv
est donnée et l’intégrale de surface est donc comprise comme intégrale dans la
direction σu ∧ σv c’est-à-dire
ZZ ZZ
rot F · ds = (rot F (σ (u, v)) · σu ∧ σv ) du dv.
Σ A

Par ailleurs le sens de parcours de ∂Σ est alors celui induit par la paramétrisation
σ : A → Σ et c’est donc celui obtenu en parcourant positivement ∂A.

Exemple 7.2 (cf. sect. 8.4 pour plus de détails.) (i) (Sphère) Soit

Σ = (x, y, z) ∈ R3 : x2 + y 2 + z 2 = 1

86 Théorème de Stokes

alors ∂Σ = ∅ (cf. dessin de l’exemple 8.16). Une paramétrisation régulière par


morceaux de Σ est donnée par
σ (θ, ϕ) = (cos θ sin ϕ, sin θ sin ϕ, cos ϕ) , (θ, ϕ) ∈ A
où A = (0, 2π) × (0, π) .
(ii) (Demi-sphère) Si
Σ = (x, y, z) ∈ R3 : x2 + y 2 + z 2 = 1 et z ≥ 0


alors
∂Σ = (x, y, z) ∈ R3 : x2 + y 2 = 1 et z = 0


(cf. dessin de l’exemple 8.17) et le sens de parcours de ∂Σ induit par la pa-


ramétrisation
σ (θ, ϕ) = (cos θ sin ϕ, sin θ sin ϕ, cos ϕ) , (θ, ϕ) ∈ A
(où A = (0, 2π) × (0, π/2)) est le sens de parcours négatif (c’est-à-dire θ : 2π →
0). On a aussi que la normale est donnée par
σθ ∧ σϕ = − sin ϕ (cos θ sin ϕ, sin θ sin ϕ, cos ϕ) .
On aurait aussi pu prendre une autre paramétrisation de Σ
 p 
e (x, y) = x, y, 1 − x2 − y 2 , (x, y) ∈ B = (x, y) ∈ R2 : x2 + y 2 < 1

σ

et on aurait retrouvé que


e (∂B) = (x, y, z) ∈ R3 : x2 + y 2 = 1 et z = 0 .

∂Σ = σ
(iii) (Cylindre) Si
Σ = (x, y, z) ∈ R3 : x2 + y 2 = 1 et 0 ≤ z ≤ 1


alors (cf. dessin de l’exemple 8.18)


∂Σ = Γ0 ∪ Γ1
où
Γ0 = (x, y, z) ∈ R3 : x2 + y 2 = 1 et z = 0


Γ1 = (x, y, z) ∈ R3 : x2 + y 2 = 1 et z = 1 .


Si on choisit comme paramétrisation


σ (θ, z) = (cos θ, sin θ, z) , (θ, z) ∈ A
avec A = (0, 2π) × (0, 1) , alors le sens de parcours de ∂Σ, induit par la pa-
ramétrisation σ, est le sens positif sur Γ0 (θ : 0 → 2π) et négatif sur Γ1
(θ : 2π → 0). Par ailleurs le champ de normale unité (induit par la pa-
ramétrisation) est
ν = σθ ∧ σz = (cos θ, sin θ, 0) .
(Pour plus de détails, cf. [2] 41-49, [4] 410-417, [7] chapitre 7, [8] 362-366, [11]
562-567, [12] 470-474).
Exemples 87

7.2 Exemples
Exemple 7.3 Vérifier le théorème de Stokes pour F (x, y, z) = (z, x, y) et

Σ = (x, y, z) ∈ R3 : z 2 = x2 + y 2 et 0 < z < 1 .




ZZ
Discussion (i) Calcul de rot F · ds. On a
Σ

e1 e2 e3  
1
∂ ∂ ∂
rot F = =  1 .
 
∂x ∂y ∂z
1
z x y

On paramètre Σ comme suit

σ (θ, z) = (z cos θ, z sin θ, z) , avec (θ, z) ∈ A = (0, 2π) × (0, 1) .

et donc une normale est donnée par


 
e1 e2 e3 z cos θ
σθ ∧ σz = −z sin θ z cos θ 0 =  z sin θ  .
 

cos θ sin θ 1 −z

On déduit donc que


ZZ Z 2π Z 1
rot F · ds = (1, 1, 1) · (z cos θ, z sin θ, −z) dz dθ
Σ 0 0
Z 2π Z 1 Z 1
= (z cos θ + z sin θ − z) dz dθ = −2π z dz = −π.
0 0 0
Z
(ii) Calcul de F · dl. Commençons par calculer
∂Σ

σ (∂A) = Γ1 ∪ Γ2 ∪ Γ3 ∪ Γ4

où
Γ1 = {γ1 (θ) = σ (θ, 0) = (0, 0, 0)} = {(0, 0, 0)}
Γ2 = {γ2 (z) = σ (2π, z) = (z, 0, z) , z : 0 → 1}
Γ3 = {γ3 (θ) = σ (θ, 1) = (cos θ, sin θ, 1) , θ : 2π → 0}
Γ4 = {γ4 (z) = σ (0, z) = (z, 0, z) , z : 1 → 0} = −Γ2 .
On s’aperçoit alors que

∂Σ = Γ3 = {γ3 (θ) = σ (θ, 1) = (cos θ, sin θ, 1) , θ : 2π → 0} ,


88 Théorème de Stokes

avec Γ3 parcouru négativement. Comme

γ30 (θ) = (− sin θ, cos θ, 0) ,

on trouve
Z Z 2π
F · dl = − (1, cos θ, sin θ) · (− sin θ, cos θ, 0) dθ
∂Σ 0
Z 2π
=− cos2 θ dθ = −π.
0

Exemple 7.4 Vérifier le théorème de Stokes pour F (x, y, z) = 0, 0, y 2 et




Σ = (x, y, z) ∈ R3 : x2 + y 2 + z 2 = 1 et z ≤ 0 .


ZZ
Discussion (i) Calcul de rot F · ds. On voit que
Σ
 
e1 e2 e3 2y
∂ ∂ ∂
rot F = =  0 .
 
∂x ∂y ∂z
2 0
0 0 y

On choisit de paramétrer Σ comme suit

σ (θ, ϕ) = (cos θ sin ϕ, sin θ sin ϕ, cos ϕ)

avec (θ, ϕ) ∈ A = (0, 2π) × (π/2, π) . Une normale est alors donnée par

σθ ∧ σϕ = − sin ϕ (cos θ sin ϕ, sin θ sin ϕ, cos ϕ) .

L’intégrale de surface nous donne donc


ZZ
rot F · ds
Σ
Z π Z 2π
2 sin θ sin2 ϕ, 0, 0 · (cos θ sin ϕ, sin θ sin ϕ, cos ϕ) dϕ dθ

=−
π/2 0
Z π Z 2π
= −2 sin θ cos θ sin3 ϕ dϕ dθ = 0.
π/2 0
Z
(ii) Calcul de F · dl. Observons que
∂Σ

σ (∂A) = Γ1 ∪ Γ2 ∪ Γ3 ∪ Γ4

où
Γ1 = {γ1 (θ) = σ (θ, π/2) = (cos θ, sin θ, 0) , θ : 0 → 2π}
n π o
Γ2 = γ2 (ϕ) = σ (2π, ϕ) = (sin ϕ, 0, cos ϕ) , ϕ : → π
2
Exercices 89

Γ3 = {γ3 (θ) = σ (θ, π) = (0, 0, −1) , θ : 2π → 0} = {(0, 0, −1)}


n πo
Γ4 = γ4 (ϕ) = σ (0, ϕ) = (sin ϕ, 0, cos ϕ) , ϕ : π → = −Γ2 .
2
On a donc que
∂Σ = Γ1
avec Γ1 parcouru positivement. On a alors

γ10 (θ) = (− sin θ, cos θ, 0)

et donc Z Z 2π
0, 0, sin2 θ · (− sin θ, cos θ, 0) dθ = 0.

F · dl =
∂Σ 0

7.3 Exercices
Dans les exercices suivants on vérifiera le théorème de Stokes.

Exercice 7.1 Soient F (x, y, z) = x2 y, z 2 , 0 et




Σ = (x, y, z) ∈ R3 : x2 + y 2 = z 2 , 0 ≤ z ≤ 1 .


Exercice 7.2 Soient F (x, y, z) = x2 y, z, x et




Σ = (x, y, z) ∈ R3 : x2 + y 2 = z 4 , 0 ≤ z ≤ 1 .


Exercice 7.3 Soient F (x, y, z) = x2 y 3 , 1, z et




Σ = (x, y, z) ∈ R3 : x2 + y 2 + z 2 = R2 , z ≥ 0 .


Exercice 7.4 Soient F (x, y, z) = (−2 y, x z, y) et


 
3p 2 4
Σ = (x, y, z) ∈ R3 : z = 3 − x + y 2 , x ≥ 0 et ≤ x2 + y 2 ≤ 4 .
2 9

Exercice 7.5 Soient F (x, y, z) = 0, z 2 , 0 et




n √ o
Σ = (x, y, z) ∈ R3 : x2 + y 2 + z 2 = 4, x, y ≥ 0, 1 ≤ z ≤ 3 .

Exercice 7.6 Soient F (x, y, z) = 0, 0, y + z 2 et




(x, y, z) ∈ R3 : x2 + y 2 + z 2 = 4, x, y, z ≥ 0,
( )
Σ= z y π .
0 ≤ arccos ≤ arctg ≤
2 x 2
Exercice 7.7 Soient F (x, y, z) = 0, x2 , 0 et Σ le triangle de sommets A =


(1, 0, 0) , B = (2, 2, 0) , C = (1, 1, 0) .


90 Théorème de Stokes

Exercice 7.8 Soient F (x, y, z) = x y, x z, x2 et Σ la surface obtenue en fai-




sant l’intersection du cylindre x2 + y 2 ≤ 1 avec le plan x + z = 1.

Exercice 7.9 Soient F (x, y, z) = (z, y, 0) et


n πo
Σ = (x, y, z) ∈ R3 : z = sin (3 x + 2 y) , x ≥ 0, y ≥ 0 et x + y ≤ .
2
Exercice 7.10 * Soient f ∈ C 1 R3 ,


F (x, y, z) = (0, f (x, y, z) , 0)

et
Σ = (x, y, z) ∈ R3 : x2 + y 2 = 1, 0 < x, y, z < 1 .


Vérifier le théorème de Stokes.

7.4 Corrigés
ZZ
Exercice 7.1 (i) Calcul de rot F · ds. On trouve que
Σ

e1 e2 e3  
−2 z
∂ ∂ ∂
rot F = = 0
 
∂x ∂y ∂z

−x2
x2 y z2 0

et si A = (0, 2π) × (0, 1) , alors



Σ = σ (θ, z) = (z cos θ, z sin θ, z) avec (θ, z) ∈ A .

La normale est alors


 
e1 e2 e3 z cos θ
σθ ∧ σz = −z sin θ z cos θ 0 =  z sin θ  .
 

cos θ sin θ 1 −z

On a ainsi
ZZ Z 2π Z 1
−2 z, 0, −z 2 cos2 θ · (z cos θ, z sin θ, −z) dz dθ

rot F · ds =
Σ 0 0
2π 1 1
π
Z Z Z
= z 3 cos2 θ dz dθ = π z 3 dz = .
0 0 0 4
Z
(ii) Calcul de F · dl. On a
∂Σ

σ (∂A) = Γ1 ∪ Γ2 ∪ Γ3 ∪ Γ4
Corrigés 91

avec
Γ1 = {σ (θ, 0) = (0, 0, 0)}
Γ2 = {σ (2π, z) = (z, 0, z) : z : 0 → 1}
Γ3 = {σ (θ, 1) = (cos θ, sin θ, 1) : θ : 2π → 0}
Γ4 = {σ (0, z) = (z, 0, z) : z : 1 → 0} = −Γ2 .
On voit alors que ∂Σ = Γ3 qui est parcouru négativement. On obtient par
conséquent
Z Z 2π
cos2 θ sin θ, 1, 0 · (− sin θ, cos θ, 0) dθ

F · dl = −
∂Σ 0

π
Z
= cos2 θ sin2 θ dθ = .
0 4

ZZ
Exercice 7.2 (i) Calcul de rot F · ds. On a que
Σ

e1 e2 e3  
−1
∂ ∂ ∂
rot F = =  −1 
 
∂x ∂y ∂z
−x2
x2 y z x

et si A = (0, 1) × (0, 2π) alors

Σ = σ (r, θ) = r2 cos θ, r2 sin θ, r : (r, θ) ∈ A .


 

La normale est donnée par

−r2 cos θ
 
e1 e2 e3
σr ∧ σθ = 2 r cos θ 2 r sin θ 1 =  −r2 sin θ 
 

−r2 sin θ r2 cos θ 0 2 r3

et par conséquent
ZZ Z 1 Z 2π
−1, −1, −r4 cos2 θ · −r2 cos θ, −r2 sin θ, 2 r3 dr dθ
 
rot F · ds =
Σ 0 0
1 Z 2π
π
Z
=− 2 r7 cos2 θ dr dθ = − .
0 0 4
Z
(ii) Calcul de F · dl. On obtient par ailleurs que
∂Σ

σ (∂A) = Γ1 ∪ Γ2 ∪ Γ3 ∪ Γ4

où
Γ1 = σ (r, 0) = r2 , 0, r : r : 0 → 1
 
92 Théorème de Stokes

Γ2 = {σ (1, θ) = (cos θ, sin θ, 1) : θ : 0 → 2π}


Γ3 = σ (r, 2π) = r2 , 0, r : r : 1 → 0 = −Γ1
 

Γ4 = {σ (0, θ) = (0, 0, 0) : θ : 2π → 0} .
On déduit donc que ∂Σ = Γ2 et qu’il est parcouru positivement. On obtient
alors que
Z Z 2π
cos2 θ sin θ, 1, cos θ · (− sin θ, cos θ, 0) dθ

F · dl =
∂Σ 0

π
Z
=− cos2 θ sin2 θ dθ = − .
0 4

ZZ
Exercice 7.3 (i) Calcul de rot F · ds. Un calcul immédiat donne
Σ

e1 e2 e3  
0
∂ ∂ ∂
rot F = = 0 .
 
∂x ∂y ∂z
−3 x2 y 2
x2 y 3 1 z

De plus si on pose A = (0, 2π) × (0, π/2) on a



Σ = σ (θ, ϕ) = R (cos θ sin ϕ, sin θ sin ϕ, cos ϕ) où (θ, ϕ) ∈ A .

On trouve
−R2 cos θ sin2 ϕ
 
e1 e2 e3
σθ ∧ σϕ = R2 − sin θ sin ϕ cos θ sin ϕ 0 =  −R2 sin θ sin2 ϕ 
 

cos θ cos ϕ sin θ cos ϕ − sin ϕ −R2 cos ϕ sin ϕ

et on infère donc que


ZZ Z 2π Z π/2
rot F · ds = 3 R6 cos2 θ sin2 θ sin5 ϕ cos ϕ dθ dϕ
Σ 0 0

R6 π R6
Z
= cos2 θ sin2 θ dθ = .
2 0 8
Z
(ii) Calcul de F · dl. On trouve alors que
∂Σ

σ (∂A) = Γ1 ∪ Γ2 ∪ Γ3 ∪ Γ4

où
Γ1 = {σ (θ, 0) = R (0, 0, 1) : θ : 0 → 2π}
n πo
Γ2 = σ (2π, ϕ) = R (sin ϕ, 0, cos ϕ) : ϕ : 0 →
2
Corrigés 93

n  π o
Γ3 = σ θ, = R (cos θ, sin θ, 0) : θ : 2π → 0
2
π
Γ4 = {σ (0, ϕ) = R (sin ϕ, 0, cos ϕ) : ϕ : → 0} = −Γ2 .
2
On conclut donc que ∂Σ = Γ3 qui est parcouru négativement et ainsi
Z Z 2π
R5 cos2 θ sin3 θ, 1, 0 · (−R sin θ, R cos θ, 0) dθ

F · dl = −
∂Σ 0

π R6
Z
= R6 cos2 θ sin4 θ dθ = .
0 8

ZZ
Exercice 7.4 (i) Calcul de rot F · ds. On voit tout d’abord que
Σ

e1 e2 e3  
1−x
∂ ∂ ∂
rot F = =  0 .
 
∂x ∂y ∂z
z+2
−2 y x z y

En posant A = 32 , 2 × − π2 , π2 on obtient
 

   
3
Σ = σ (r, θ) = r cos θ, r sin θ, − r + 3 où (r, θ) ∈ A .
2

On obtient
 3 
e1 e2 e3 r cos θ
 2
3

 3
σr ∧ σθ = cos θ sin θ − =  r sin θ

2

 2 
−r sin θ r cos θ 0 r

et donc
ZZ
rot F · ds
Σ
Z 2 Z π2    
3 3 3
= 1 − r cos θ, 0, − r + 5 · r cos θ, r sin θ, r dr dθ
2
3 −π 2
2 2 2
Z 2 Z π2  
3 3 3 16 28 π
= r cos θ − r2 cos2 θ − r2 + 5 r dθ dr = + .
2
3 −2π 2 2 2 3 9
Z
(ii) Calcul de F · dl. Noter que ∂Σ = σ (∂A) = Γ1 ∪ Γ2 ∪ Γ3 ∪ Γ4 et
∂Σ
    
π 3 2
Γ1 = σ r, − = 0, −r, − r + 3 : r : → 2
2 2 3
94 Théorème de Stokes

n π πo
Γ2 = σ (2, θ) = (2 cos θ, 2 sin θ, 0) : θ : − →
2 2
    
π  3 2
Γ3 = σ r, = 0, r, − r + 3 : r : 2 →
2 2 3
     
2 2 2 π π
Γ4 = σ ,θ = cos θ, sin θ, 2 : θ : → − .
3 3 3 2 2
On a donc
2  
3 8
Z Z
F · dl = (2 r, 0, −r) · 0, −1, − dr =
Γ1 2
3
2 3
Z Z π
2
F · dl = (−4 sin θ, 0, 2 sin θ) · (−2 sin θ, 2 cos θ, 0) dθ = 4 π
Γ2 −π
2

2  
3 8
Z Z
F · dl = − (−2 r, 0, r) · 0, 1, − dr =
Γ3 2
3
2 3

π    
4 4 2 2 2
Z Z 2
F · dl = − − sin θ, cos θ, sin θ · − sin θ, cos θ, 0 dθ
Γ4 −π
2
3 3 3 3 3
π  
8 8 8
Z 2
=− sin2 θ + cos2 θ dθ = − π.
−π
2
9 9 9

Par conséquent on a bien obtenu

16 28 π
Z
F · dl = + .
∂Σ 3 9

ZZ
Exercice 7.5 (i) Calcul de rot F · ds. On passe en coordonnées sphériques
Σ
et on écrit pour A = 0, π2 × π6 , π3
 


Σ = σ (θ, ϕ) = (2 cos θ sin ϕ, 2 sin θ sin ϕ, 2 cos ϕ) avec (θ, ϕ) ∈ A .

On trouve

−4 cos θ sin2 ϕ
 
e1 e2 e3
σθ ∧ σϕ = −2 sin θ sin ϕ 2 cos θ sin ϕ 0 =  −4 sin θ sin2 ϕ  .
 

2 cos θ cos ϕ 2 sin θ cos ϕ −2 sin ϕ −4 cos ϕ sin ϕ

Comme
e1 e2 e3  
−2 z
∂ ∂ ∂
rot F = = 0
 
∂x ∂y ∂z

0
0 z2 0
Corrigés 95

on obtient

rot F · σθ ∧ σϕ
= (−4 cos ϕ, 0, 0) · −4 cos θ sin2 ϕ, −4 sin θ sin2 ϕ, −4 cos ϕ sin ϕ


et donc
π π
ZZ Z 3
Z 2 √ 2
rot F · ds = 16 cos θ cos ϕ sin2 ϕ dθ dϕ = 2 3 − .
Σ π
6 0 3

4
Z
S
(ii) Calcul de F · dl. On a que ∂Σ = σ (∂A) = Γi , où
∂Σ i=1

σ
2 x2 + y 2 + z 2 = 4
ϕ
π
3 √
π 3
6
1
O π θ
2 y

n  π  √  πo
Γ1 = σ θ, = cos θ, sin θ, 3 : θ : 0 →
6 2
n π  π πo
Γ2 = σ , ϕ = (0, 2 sin ϕ, 2 cos ϕ) : ϕ : →
2 6 3
n  π  √ √  π o
Γ3 = σ θ, = 3 cos θ, 3 sin θ, 1 : θ : → 0
3 2
n π πo
Γ4 = σ (0, ϕ) = (2 sin ϕ, 0, 2 cos ϕ) : ϕ : → .
3 6
Un calcul immédiat conduit à
Z Z π2 Z π2
F · dl = (0, 3, 0) · (− sin θ, cos θ, 0) dθ = 3 cos θ dθ = 3
Γ1 0 0

Z Z π
3
0, 4 cos2 ϕ, 0 · (0, 2 cos ϕ, −2 sin ϕ) dϕ

F · dl =
π
Γ2 6
π
Z 3 √ 11
= 8 cos3 ϕ dϕ = 3 3 −
π
6
3
96 Théorème de Stokes

π
Z Z 2  √ √  √
F · dl = − (0, 1, 0) · − 3 sin θ, 3 cos θ, 0 dθ = − 3
Γ3 0
Z Z π
3
0, 4 cos2 ϕ, 0 · (2 cos ϕ, 0, −2 sin ϕ) dϕ = 0.

F · dl = −
π
Γ4 6

On a donc bien
4 Z
Z X √ 2
F · dl = F · dl = 2 3 − .
∂Σ i=1 Γi 3

ZZ
Exercice 7.6 (i) Calcul de rot F · ds. On trouve tout de suite que
Σ

e1 e2 e3  
1
∂ ∂ ∂
rot F = =  0 .
 
∂x ∂y ∂z
0
0 0 y + z2

De plus, on écrit

Σ = {σ (θ, ϕ) = (2 cos θ sin ϕ, 2 sin θ sin ϕ, 2 cos ϕ) :


πo
0 ≤ arccos z2 = ϕ ≤ arctg xy = θ ≤ .
2
On a donc ici n πo
A = (θ, ϕ) : 0 < ϕ < θ < .
2
On obtient

−4 cos θ sin2 ϕ
 
e1 e2 e3
σθ ∧ σϕ = −2 sin θ sin ϕ 2 cos θ sin ϕ 0 =  −4 sin θ sin2 ϕ 
 

2 cos θ cos ϕ 2 sin θ cos ϕ −2 sin ϕ −4 cos ϕ sin ϕ

et, par conséquent,


ZZ
rot F · ds
Σ
π
Z 2
Z θ
(1, 0, 0) · cos θ sin2 ϕ, sin θ sin2 ϕ, cos ϕ sin ϕ dθ dϕ

= −4
0 0

à savoir
π
ZZ Z 2
Z θ
rot F · ds = −4 cos θ dθ sin2 ϕ dϕ
Σ 0 0
π  
θ 1 8
Z 2
= −4 cos θ − sin (2 θ) dθ = − π.
0 2 4 3
Corrigés 97

ϕ=θ

π
2 θ

Z
(ii) Calcul de F · dl. On a que
∂Σ

σ (∂A) = Γ1 ∪ Γ2 ∪ Γ3
où n πo
Γ1 = σ (θ, 0) = (0, 0, 2) : θ : 0 →
2
n π  πo
Γ2 = σ , ϕ = (0, 2 sin ϕ, 2 cos ϕ) : ϕ : 0 →
2 2
n
2
 π o
Γ3 = σ (θ, θ) = 2 cos θ sin θ, 2 sin θ, 2 cos θ : θ : → 0 .
2
On trouve donc que ∂Σ = Γ2 ∪ Γ3 et par conséquent
Z Z π2
0, 0, 2 sin ϕ + 4 cos2 ϕ · (0, 2 cos ϕ, −2 sin ϕ) dϕ

F · dl =
Γ2 0
π  
8
Z 2
4 sin2 ϕ + 8 cos2 ϕ sin ϕ dϕ = −

=− +π
0 3
Z Z π
2
0, 0, 2 sin2 θ + 4 cos2 θ · (2 cos (2 θ) , 4 sin θ cos θ, −2 sin θ) dθ

F · dl = −
Γ3 0
π
16
Z 2
4 sin3 θ + 8 cos2 θ sin θ dθ =

= .
0 3
On a bien obtenu le résultat souhaité
8
Z
F · dl = − π.
∂Σ 3
ZZ
Exercice 7.7 (i) Calcul de rot F · ds. On a
Σ

e1 e2 e3  
0
∂ ∂ ∂
rot F = =  0 .
 
∂x ∂y ∂z
2x
0 x2 0
98 Théorème de Stokes

On trouve
Σ = σ (x, y) = (x, y, 0) ∈ R3 : (x, y) ∈ A


A = (x, y) ∈ R2 : x ∈ (1, 2) , 2 x − 2 < y < x



 
e1 e2 e3 0
σx ∧ σy = 1 0 0 =  0 
 

0 1 0 1
Z 2Z x
4
ZZ
rot F · ds = 2 x dy dx = .
Σ 1 2 x−2 3
Z
(ii) Calcul de F · dl. On trouve que ∂Σ = σ (∂A) = Γ1 ∪ Γ2 ∪ Γ3 , où
∂Σ

1 2 x

Γ1 = {σ (x, 2 x − 2) = (x, 2 x − 2, 0) : x : 1 → 2}

Γ2 = {σ (x, x) = (x, x, 0) : x : 2 → 1}
Γ3 = {σ (1, y) = (1, y, 0) : y : 1 → 0} .
Le calcul donne alors
2
14
Z Z
0, x2 , 0 · (1, 2, 0) dx =

F · dl =
Γ1 1 3
2
7
Z Z
0, x2 , 0 · (1, 1, 0) dx = −

F · dl = −
Γ2 1 3
Z Z 1
F · dl = − (0, 1, 0) · (0, 1, 0) dy = −1.
Γ3 0

Le résultat suit directement


14 7 4
Z
F · dl = − −1= .
∂Σ 3 3 3
Corrigés 99

ZZ
Exercice 7.8 (i) Calcul de rot F · ds. On trouve si A = (0, 1) × (0, 2π) que
Σ

Σ = σ (r, θ) = (r cos θ, r sin θ, 1 − r cos θ) où (r, θ) ∈ A .
 
e1 e2 e3 r
σr ∧ σθ = cos θ sin θ − cos θ =  0  .
 

−r sin θ r cos θ r sin θ r


On obtient ainsi
e1 e2 e3  
−x
∂ ∂ ∂
rot F = =  −2 x 
 
∂x ∂y ∂z
z−x
xy xz x2
et donc
ZZ Z 1 Z 2π
rot F · ds = (−r cos θ, −2 r cos θ, 1 − 2 r cos θ) · (r, 0, r) dθ dr
Σ 0 0
Z 1 Z 2π
−3 r2 cos θ + r dθ dr = π.

=
0 0
Z
(ii) Calcul de F · dl. On a
∂Σ

σ (∂A) = Γ1 ∪ Γ2 ∪ Γ3 ∪ Γ4
avec
Γ1 = {σ (r, 0) = (r, 0, 1 − r) : r : 0 → 1}
Γ2 = {σ (1, θ) = (cos θ, sin θ, 1 − cos θ) : θ : 0 → 2π}
Γ3 = {σ (r, 2π) = (r, 0, 1 − r) : r : 1 → 0} = −Γ1
Γ4 = {σ (0, θ) = (0, 0, 1)} .
On a donc ∂Σ = Γ2 qui est parcouru positivement et ainsi
Z Z 2π
cos θ sin θ, cos θ (1 − cos θ) , cos2 θ · (− sin θ, cos θ, sin θ) dθ

F · dl =
∂Σ 0
Z 2π
− cos θ sin2 θ + cos2 θ − cos3 θ + cos2 θ sin θ dθ = π.

=
0

ZZ
Exercice 7.9 (i) Calcul de rot F · ds. On trouve
Σ

e1 e2 e3  
0
∂ ∂ ∂
rot F = =  1 .
 
∂x ∂y ∂z
0
z y 0
100 Théorème de Stokes

On pose

Σ = σ (x, y) = (x, y, sin (3 x + 2 y)) ∈ R3 : (x, y) ∈ A




n πo
A = (x, y) ∈ R2 : x, y > 0, x + y <
2
et on obtient
y

π
2

π x
2

 
e1 e2 e3 −3 cos (3 x + 2 y)
σx ∧ σy = 1 0 3 cos (3 x + 2 y) =  −2 cos (3 x + 2 y)  .
 

0 1 2 cos (3 x + 2 y) 1

On a alors
ZZ
rot F · ds
Σ
π π
2 −x
Z 2
Z
= (0, 1, 0) · (−3 cos (3 x + 2 y) , −2 cos (3 x + 2 y) , 1) dx dy
0 0

et donc
ZZ Z π
2
−x+ π
rot F · ds = [− sin (3 x + 2 y)]0 2
dx
Σ 0
π
4
Z 2
= (sin (3 x) − sin (x + π)) dx = .
0 3
Z
(ii) Calcul de F · dl. On trouve que ∂Σ = σ (∂A) = Γ1 ∪ Γ2 ∪ Γ3 , où
∂Σ
n πo
Γ1 = σ (x, 0) = (x, 0, sin (3 x)) : x : 0 →
2
n  π   π  π o
Γ2 = σ x, − x = x, − x, sin (x + π) : x : → 0
2 2 2
n π o
Γ3 = σ (0, y) = (0, y, sin (2 y)) : y : → 0 .
2
Corrigés 101

Le calcul donne alors


π
1
Z Z 2
F · dl = (sin (3 x) , 0, 0) · (1, 0, 3 cos (3 x)) dx =
Γ1 0 3

π
π
Z Z 2  
F · dl = − − sin x,
− x, 0 · (1, −1, − cos x) dx
Γ2 0 2
Z π2 Z π2 
π  π2
= sin x dx + − x dx = 1 +
0 0 2 8
Z π2
π2
Z
F · dl = − (sin (2 y) , y, 0) · (0, 1, 2 cos (2 y)) dy = −
Γ3 0 8
et on peut donc conclure que
4
Z
F · dl = .
∂Σ 3

ZZ
Exercice 7.10 * (i) Calcul de rot F · ds. On trouve
Σ
 
e1 e2 e3 −fz
∂ ∂ ∂
rot F = = 0 .
 
∂x ∂y ∂z
0 f 0 fx

Par ailleurs on a

Σ = {σ (θ, z) = (cos θ, sin θ, z) : (θ, z) ∈ A = (0, π/2) × (0, 1)}


 
e1 e2 e3 cos θ
σθ ∧ σz = − sin θ cos θ 0 =  sin θ  .
 

0 0 1 0
On a ainsi
ZZ
rot F · ds
Σ
π
Z 1 Z 2
= [(−fz (cos θ, sin θ, z) , 0, fx (cos θ, sin θ, z)) · (cos θ, sin θ, 0)] dθ dz
0 0
π
1  
d
Z Z 2
= − [f (cos θ, sin θ, z)] cos θ dθ dz
0 0 dz
et par conséquent
ZZ Z π
2
rot F · ds = [f (cos θ, sin θ, 0) − f (cos θ, sin θ, 1)] cos θ dθ.
Σ 0
102 Théorème de Stokes

Z
(ii) Calcul de F · dl. Observer que
∂Σ

σ (∂A) = Γ1 ∪ Γ2 ∪ Γ3 ∪ Γ4

où
Γ1 = {γ1 (θ) = σ (θ, 0) = (cos θ, sin θ, 0) , θ : 0 → π/2}
Γ2 = {γ2 (z) = σ (π/2, z) = (0, 1, z) , z : 0 → 1}
Γ3 = {γ1 (θ) = σ (θ, 1) = (cos θ, sin θ, 1) , θ : π/2 → 0}
Γ4 = {γ4 (z) = σ (0, z) = (1, 0, z) , z : 1 → 0} .
Par conséquent
∂Σ = Γ1 ∪ Γ2 ∪ Γ3 ∪ Γ4
avec Γ1 et Γ2 parcourues positivement et Γ3 et Γ4 parcourues négativement. On
obtient alors
Z Z π2
F · dl = [(0, f (cos θ, sin θ, 0) , 0) · (− sin θ, cos θ, 0)] dθ
Γ1 0
Z π
2
= f (cos θ, sin θ, 0) cos θ dθ
0
Z Z 1
F · dl = [(0, f (0, 1, z) , 0) · (0, 0, 1)] dz = 0
Γ2 0

Z Z π
2
F · dl = − [(0, f (cos θ, sin θ, 1) , 0) · (− sin θ, cos θ, 0)] dθ
Γ3 0
Z π
2
=− f (cos θ, sin θ, 1) cos θ dθ
0
Z Z 1
F · dl = − [(0, f (1, 0, z) , 0) · (0, 0, 1)] dz = 0.
Γ4 0

On a finalement
Z Z π
2
F · dl = [f (cos θ, sin θ, 0) − f (cos θ, sin θ, 1)] cos θ dθ
∂Σ 0

ce qui est le résultat souhaité.


Chapitre 8

Appendice

8.1 Quelques notations et notions élémentaires


de topologie
Notation Soient x ∈ Rn et R > 0, on note la boule de Rn de rayon R et centrée
en x par
BR (x) = {y ∈ Rn : ky − xk < R}
où, pour z ∈ Rn , on a défini la norme euclidienne par
n
!1/2
X
kzk = zi2 .
i=1

Définition 8.1 Soit A ⊂ Rn . On dit alors que


(i) A est ouvert si ∀ x ∈ A, ∃  > 0 tel que B (x) ⊂ A.
(ii) On définit le complémentaire de A, noté Ac , comme
Ac = Rn \ A = {x ∈ Rn : x ∈
/ A} .
(iii) A est fermé si Ac est ouvert.
(iv) On définit la frontière (ou bord) de A, noté ∂A, par
∂A = {x ∈ Rn : B (x) ∩ A 6= ∅, B (x) ∩ Ac 6= ∅, ∀  > 0} .
(v) On note A, l’adhérence (ou fermeture) de A, qui est, par définition,
le plus petit fermé qui contienne A.

(vi) On définit l’intérieur de A, qu’on note int A (parfois aussi A), comme
le plus grand ouvert contenu dans A.
Proposition 8.2 Pour tout A ⊂ Rn les résultats suivants ont lieu

int A ⊂ A ⊂ A et A = A ∪ ∂A.
104 Appendice

Exemple 8.3 Cas n = 1.


(i) R est à la fois ouvert et fermé (R et l’ensemble vide sont les seuls en-
sembles à avoir cette propriété).
(ii) L’intervalle [a, b] est fermé.
(iii) L’intervalle (a, b) , parfois aussi noté ]a, b[ , est ouvert.
(iv) Les intervalles [a, b) et (a, b] , parfois notés respectivement [a, b[ et ]a, b] ,
ne sont ni ouverts ni fermés.
(v) Si −∞ < a < b < ∞, on a que le bord de [a, b] , (a, b) , [a, b) , (a, b] est
dans tous les cas {a, b} .
Cas n ≥ 2.
(i) Rn est à la fois ouvert et fermé.
(ii) Un point x ∈ Rn , considéré comme un ensemble {x} , est un fermé.
(iii) BR (x) ⊂ Rn et Rn \ {0} sont ouverts.
(iv) B R (x) = {y ∈ Rn : kx − yk ≤ R} est fermé.
(v) ∂BR (x) = {y ∈ Rn : kx − yk = R} et c’est la sphère de rayon R.

Définition 8.4 (i) On dit qu’un ensemble A ⊂ Rn est convexe si, ∀ t ∈ [0, 1] ,
∀ x, y ∈ A, on a
(1 − t) x + t y ∈ A
(en termes géométriques ceci se traduit par ∀ x, y ∈ A, alors le segment de droite,
noté [x, y] , joignant x à y est entièrement contenu dans A) ;
(ii) A ⊂ Rn est dit connexe (par arcs) si, ∀ x, y ∈ A, il existe une courbe
Γ, paramétrée par γ : [a, b] → Γ continue, joignant x = γ (a) à y = γ (b) qui est
entièrement contenue dans A.
(iii) On dit que A ⊂ Rn est un domaine s’il est à la fois ouvert et connexe.
(iv) On dit que A ⊂ Rn est simplement connexe s’il est connexe (par arcs)
et si Γ0 et Γ1 sont deux courbes simples contenues dans A et ayant les mêmes
extrémités alors elles peuvent être déformées continûment l’une en l’autre sans
sortir du domaine A. Plus précisément si

γ0 : [a, b] → Γ0 ⊂ A et γ1 : [a, b] → Γ1 ⊂ A

sont deux paramétrisations continues de Γ0 et Γ1 (γ0 (a) = γ1 (a) , γ0 (b) =


γ1 (b)), alors il existe γ : [a, b] × [0, 1] → A, continue, tel que

γ (t, 0) = γ0 (t) , γ (t, 1) = γ1 (t) ∀ t ∈ [a, b]


γ (a, s) = γ0 (a) = γ1 (a) ∀ s ∈ [0, 1]
γ (b, s) = γ0 (b) = γ1 (b) ∀ s ∈ [0, 1]
γ (t, s) ∈ A ∀ t ∈ [a, b] , ∀ s ∈ [0, 1] .
Notations et notions de topologie 105

convexe non convexe


connexe
simplement connexe

non convexe non convexe


connexe non connexe
non simplement connexe non simplement connexe

Remarque (i) Le cas n = 1 est un peu différent des cas n ≥ 2. En effet la


notion de connexité et convexité sont les mêmes (cf. les exemples ci-dessous),
alors que la notion de connexité simple n’a plus d’intérêt.
(ii) On a toujours

⇒ ⇒
A convexe A simplement connexe A connexe.
: :

(Attention, certains auteurs ne requièrent pas dans la définition de connexité


simple que l’ensemble considéré soit connexe. Dans ce cas on a que A simplement
connexe n’implique plus que A soit connexe en général).
(iii) Classiquement il existe une notion d’ensemble connexe légèrement plus
faible que la nôtre (qui est alors appelée “connexe par arcs”). On a toujours
connexe par arcs ⇒ connexe et si, de plus, l’ensemble est ouvert alors ces deux
notions sont équivalentes. Mais nous n’aurons pas besoin ici de la notion plus
faible.
(iv) De façon intuitive un ensemble de R2 est simplement connexe s’il n’a
pas de trous (attention, dans R3 ce n’est plus le cas, cf. exemple 8.5 (v)).

Exemple 8.5 Les exemples suivants sont les plus souvent utilisés.
(i) [a, b] , (a, b) , [a, b) , (a, b] et R sont des ensembles convexes. Par contre
[0, 1] ∪ [2, 3] n’est pas convexe.
(ii) BR (x) ⊂ Rn et Rn sont convexes (et donc simplement connexes et
connexes).
(iii) A = R2 \ {(0, 0)} n’est ni convexe, ni simplement connexe mais par
contre il est connexe.
106 Appendice

(iv) A = R2 \ (x, y) ∈ R2 : y = 0 et x ≤ 0

n’est pas convexe, mais il est
simplement connexe (et donc connexe).
(v) A = R3 \ {(0, 0, 0)} n’est pas convexe mais il est simplement connexe (et
donc connexe).
(vi) A = R3 \ (x, y, z) ∈ R3 : x = y = 0 n’est ni convexe, ni simplement


connexe, mais il est connexe.

(Pour plus de détails, cf. [4] 53, 369, [7] chapitre 3, [8] 12, 56-58, 372, [11] 572,
[12] 160, 373, 431).

8.2 Quelques notations et notions d’espaces


de fonctions
Définition 8.6 Soient Ω ⊂ Rn un ouvert et k ≥ 0 un entier (éventuellement
k = ∞).
(i) C k (Ω) est l’ensemble des fonctions f : Ω → R qui sont k fois continûment
différentiables dans Ω. (Quand k = 0 on notera parfois C (Ω) au lieu de C 0 (Ω) ;
c’est donc l’ensemble des fonctions continues sur Ω).
(ii) C k (Ω; Rm ) est l’ensemble des champs vectoriels

F = F (x) = (F1 (x) , · · · , Fm (x))

tels que Fi ∈ C k (Ω) , pour i = 1, · · · , m.


(iii) On dit que f ∈ C 0 Ω si f ∈ C 0 (Ω) et f se prolonge continument (et


de manière bornée) à Ω.
(iv) Si k ≥ 1 on dit que f ∈ C k Ω s’il existe un ouvert A ⊃ Ω et une


fonction g ∈ C k (A) telle que la restriction de g à Ω soit f (on note g|Ω = f ).


(v) On dit qu’une fonction f est continue par morceaux sur [a, b] , s’il existe
a = a0 < a1 < · · · < an+1 = b tels que, ∀ i = 0, 1, · · · , n, f ∈ C 0 (ai , ai+1 ) ,

lim [f (x)] = f (ai + 0)


x→ai
et lim [f (x)] = f (ai+1 − 0)
x→ai+1
x>ai x<ai+1

existent et sont finies.

Remarque Quand k ≥ 1, la définition que nous adoptons de C k Ω n’est




pas la définition la plus couramment utilisée (elle l’est toutefois par [4] 172,
[7] chapitre 1, et [8] 96). Plusieurs auteurs préfèrent dire (nous écrivons, pour
simplifier, la définition seulement dans le cas k = 1) qu’une fonction f ∈ C 1 Ω
si f ∈ C 0 Ω ∩ C 1 (Ω) et s’il existe F ∈ C 0 Ω; Rn tel que F (x) = gradf (x) .
 

On peut montrer toutefois que si le domaine Ω est suffisamment régulier, par


exemple convexe, alors ces deux définitions coı̈ncident (cf. [8] 97).
On donne maintenant deux notions de convergence de fonctions.
Courbes 107

Définition 8.7 Soient Ω ⊂ Rn et fk , f : Ω → R.


(i) On dit que fk converge (point par point) vers f dans Ω (et on note
fk → f ) si ∀  > 0 et ∀ x ∈ Ω, ∃ k,x ∈ N tel que
|fk (x) − f (x)| ≤ , ∀ k ≥ k,x .
(ii) On dit que fk converge uniformément vers f dans Ω (et on note
fk → f uniformément) si ∀  > 0, ∃ k ∈ N tel que
|fk (x) − f (x)| ≤ , ∀ k ≥ k , ∀ x ∈ Ω.

8.3 Courbes
Définition 8.8 Soit n ≥ 2.
(i) On dit que Γ ⊂ Rn est une courbe simple s’il existe un intervalle I ⊂ R
et une fonction continue γ : I → Rn (γ est appelée une paramétrisation de
Γ) tels que
γ(I) = Γ = {x ∈ Rn : ∃ t ∈ I tel que x = γ (t)}
et si t1 , t2 ∈ I, t1 6= t2 et au moins un des ti ∈ int I alors γ (t1 ) 6= γ (t2 ) (en
particulier γ est injective sur int I).

γ
γ(b)
Γ
[ ]
a b t

γ(a)

(ii) Une courbe simple est dite fermée, si en outre l’intervalle I est de la
forme [a, b] (c’est-à-dire fermé et borné) et γ (a) = γ (b) .
(iii) On dit que Γ ⊂ Rn est une courbe régulière s’il existe une paramétrisation
γ : [a, b] → Γ telle que γ ∈ C 1 ([a, b] ; Rn ) , γ (t) = (γ1 (t) , · · · , γn (t)) et
q
2 2
kγ 0 (t)k = (γ10 ) + · · · + (γn0 ) 6= 0, ∀ t ∈ [a, b] .
(iv) On dit que Γ est une courbe régulière par morceaux s’il existe
a = a1 < a2 < · · · < aN +1 = b
et γ : [a, b] → Γ tel que γ ∈ C ([a, b]) , γ 0 ∈ C ([ai , ai+i ]) et γ 0 (t) 6= 0, ∀ t ∈
[ai , ai+1 ] , i = 1, · · · , N.
(v) Si Γ est une courbe simple de paramétrisation γ : [a, b] → Rn , on définit
la courbe
−Γ = {e
γ (t) = γ (a + b − t) : t ∈ [a, b]} .
108 Appendice

Notation (Théorème de Jordan) Si Γ ⊂ R2 est une courbe simple fermée


on notera par int Γ = Ω l’ensemble ouvert et borné Ω ⊂ R2 tel que ∂Ω = Γ.

Définition 8.9 On dit qu’une courbe simple fermée régulière par morceaux
Γ ⊂ R2 , de paramétrisation γ : [a, b] → Γ, est orientée positivement, si
en tout point x ∈ Γ, x = γ (t) = (γ1 (t) , γ2 (t)) , où γ est C 1 , le vecteur normal
à la courbe en x,
ν (x) = (γ20 (t) , −γ10 (t))
est une normale extérieure à Ω = int Γ (où Ω ⊂ R2 est tel que ∂Ω = Γ) ;
c’est-à-dire que ∀  > 0 suffisamment petit
c
x +  ν (x) ∈ Ω et x −  ν (x) ∈ Ω.

x2
γ
Γ

[ ]
a b t
γ(a) = γ(b)
ν

x1

Remarque Une façon plus simple, mais moins précise, de dire qu’une courbe
Γ est orientée positivement c’est de dire qu’en se déplaçant sur Γ on doit avoir
le domaine Ω = int Γ à gauche.

Exemple 8.10 Soit I = [a, b] et u ∈ C 1 (I; Rn ) alors le graphe de la fonction


u défini par
Γ = {(x, u (x)) : x ∈ I}
est une courbe simple régulière.

Exemple 8.11 Le cercle

Γ = (x, y) ∈ R2 : x2 + y 2 = 1


est une courbe simple fermée régulière. En effet il suffit de choisir I = [0, 2π] et
γ (θ) = (cos θ, sin θ) .

(Pour plus de détails, cf. [2] 13-15, [4] 334-335, 360-362 [8] 247, [11] 464-466,
[12] 404-409, 436-438).
Surfaces 109

8.4 Surfaces
Définition 8.12 Soit Σ ⊂ R3 .
(i) On dit que Σ est une (ou un élément de) surface régulière s’il existe
un domaine A ⊂ R2 tel que ∂A soit une courbe simple fermée régulière par
morceaux et σ : A → R3 (σ est appelée une paramétrisation régulière de Σ)
tels que
- σ ∈ C 1 A; R3 , σ = σ (u, v) = σ 1 (u, v) , σ 2 (u, v) , σ 3 (u, v)
 

- σ A = Σ et σ est injective dans A
- le vecteur
e1 e2 e3
σu2 σv3 − σu3 σv2
 

σu ∧ σv = σu1 σu2 σu3 =  σu3 σv1 − σu1 σv3 


 

σu1 σv2 − σu2 σv1


σv1 σv2 σv3

est tel que


kσu ∧ σv k =
6 0, ∀ (u, v) ∈ A.
Le vecteur
σu ∧ σv
ν = ν (u, v) =
kσu ∧ σv k
est appelé normale unité à la surface Σ au point σ (u, v) .
(ii) Le bord d’une telle surface Σ, noté ∂Σ, est l’image par σ de ∂A, c’est-
à-dire
∂Σ = σ (∂A) .

z
σ

ν ∂Σ
v
∂A Σ

u
y
x

Remarque (i) Le vecteur normal unité est indépendant, au signe près, du choix
de la paramétrisation. Si toutefois on prend les paramètres (u, v) dans l’ordre
(v, u) on obtient une normale changée de signe (car σv ∧ σu = −σu ∧ σv ).
(ii) Le bord ∂Σ est aussi indépendant du choix de la paramétrisation.
110 Appendice

Définition 8.13 On dit que Σ ⊂ R3 est une surface régulière par morceaux
s’il existe Σ1 , · · · , Σm des surfaces régulières telles que
Sm
(i) Σ = Σi .
i=1
(ii) Si i 6= j alors Σi ∩ Σj n’a pas de points intérieurs à Σi ou à Σj .
(iii) Si i 6= j alors ∂Σi ∩ ∂Σj est soit vide, soit consiste en un seul point,
soit en une courbe simple régulière par morceaux.
(iv) Si i, j, k sont tous différents, alors ∂Σi ∩ ∂Σj ∩ ∂Σk est soit vide, soit
ne contient qu’un seul point.
(v) N’importe quels points A, B ∈ Σ peuvent être joints par une courbe
simple régulière par morceaux.
(vi) L’union de toutes les courbes qui appartiennent à seulement un des
∂Σi consiste en un nombre fini disjoint de courbes simples fermées régulières
par morceaux. Une telle union forme le bord de la surface Σ et est noté ∂Σ.
z

Σ3

Σ1
Σ2
Σ4

Σ5

Définition 8.14 (i) Une surface régulière Σ est dite orientable s’il existe un
champ de normales unitaires ν qui soit continu sur tout Σ. Un tel champ de
normales est appelé une orientation de Σ. On dénote la surface orientée par
(Σ, ν) .
(ii) Si (Σ, ν) est une telle surface, on peut trouver A ⊂ R2 et σ, une pa-
ramétrisation régulière de Σ, tels que
σu ∧ σv
ν= .
kσu ∧ σv k
Le sens de parcours de ∂Σ (= σ (∂A)) induit par l’orientation (on dit aussi
induit par la paramétrisation σ) est celui obtenu en parcourant positivement la
courbe simple fermée ∂A ⊂ R2 .

Remarque (i) On définit de manière analogue ce que l’on entend par surface
régulière par morceaux orientable (Σ, ν) ainsi que le sens de parcours de ∂Σ
induit par l’orientation ν. Il faut juste prêter attention qu’alors le champ de
Surfaces 111

normales ν n’est pas nécessairement continu (il est par contre continu par mor-
ceaux, cf. exemple 8.21 ci-dessous). Pour plus de détails nous nous référons à
[12] 464-465.
(ii) On peut énoncer une règle assez simple pour se souvenir du sens de
parcours de ∂Σ induit par l’orientation ν. Cette règle est la suivante : un obser-
vateur se déplaçant sur ∂Σ et ayant sa tête dirigée dans le sens de la normale ν
laisse la surface à sa gauche.
Nous aimerions maintenant présenter un “truc” qui est extrêmement utile
pour déterminer le bord d’une surface et son sens de parcours. Il ne s’agit pas
d’un procédé complètement rigoureux mais il s’applique et peut être justifié
totalement dans tous les cas que nous considérons dans ce livre. En particu-
lier tous les énoncés donnés dans les exemples ci-dessous sont corrects au sens
des définitions données précédemment ; mais la discussion liée à chacun de ces
exemples est moins rigoureuse et utilise très fortement la remarque intuitive
suivante.
Remarque On a vu comment définir le bord d’une surface régulière Σ et le
sens de parcours associé à une orientation ν de Σ. On va faire de même pour
une surface Σ qui est seulement régulière par morceaux mais qui admet une
paramétrisation globale 
σ:A→Σ=σ A
où ∂A est une courbe simple fermée de R2 . On définit le bord de Σ, noté ∂Σ,
comme étant σ (∂A) mais où on a pris la précaution d’enlever les morceaux
de courbes qui sont parcourus deux fois (une fois dans un sens, une fois dans
l’autre) ainsi que les points. De même le sens de parcours de ∂Σ induit par la
paramétrisation σ est celui obtenu en parcourant positivement ∂A.

Exemple 8.15 (Graphe d’une fonction) Soit A ⊂ R2 un domaine tel que
∂A soit une courbe simple fermée régulière. Soit f ∈ C 1 A , alors la surface


Σ = (x, y, f (x, y)) : (x, y) ∈ A

est une surface régulière et orientable. De plus son bord est donné par

∂Σ = {(x, y, f (x, y)) : (x, y) ∈ ∂A} .

Discussion On prend comme paramétrisation

σ (x, y) = (x, y, f (x, y)) , (x, y) ∈ A

qui a clairement toutes les propriétés requises pour être une paramétrisation
régulière de la surface. De plus

σx ∧ σy = (−fx , −fy , 1)
112 Appendice

z = f (x, y)

y σ
∂A ∂Σ = σ(∂A)
ν

A Σ

x y

et donc un champ de normale unité à Σ est donné par


(−fx , −fy , 1)
ν=q .
2 2
1 + (fx ) + (fy )

Le bord de Σ est par définition

∂Σ = σ (∂A) = {(x, y, f (x, y)) : (x, y) ∈ ∂A}

et le sens de parcours de ∂Σ induit par la paramétrisation σ est le sens positif


usuel.

Exemple 8.16 (Sphère) Soit

Σ = (x, y, z) ∈ R3 : x2 + y 2 + z 2 = 1 .


C’est une surface régulière par morceaux et orientable. Son bord ∂Σ = ∅.


z

ϕ Γ1 ∂Σ = ∅
Γ4
π

O 2π θ
y
Γ2
x Γ3

Discussion On paramètre Σ par σ : A → Σ où A = (0, 2π) × (0, π) et

σ (θ, ϕ) = (cos θ sin ϕ, sin θ sin ϕ, cos ϕ) , (θ, ϕ) ∈ A.


Surfaces 113

Noter que cette paramétrisation n’est pas régulière sur A mais, au vu de la


remarque ci-dessus, ceci ne nous causera pas de problème. Une normale calculée
à l’aide de la paramétrisation est

σθ ∧ σϕ = − sin ϕ (cos θ sin ϕ, sin θ sin ϕ, cos ϕ)

et donc
σθ ∧ σϕ
ν= = −σ (θ, ϕ)
kσθ ∧ σϕ k
est une normale unité (intérieure au volume (x, y, z) ∈ R3 : x2 + y 2 + z 2 < 1 ).


Calculons
σ (∂A) = Γ1 ∪ Γ2 ∪ Γ3 ∪ Γ4
où
Γ1 = {σ (θ, 0) : θ : 0 → 2π} = {(0, 0, 1)}
Γ2 = {σ (2π, ϕ) = (sin ϕ, 0, cos ϕ) : ϕ : 0 → π}
Γ3 = {σ (θ, π) : θ : 2π → 0} = {(0, 0, −1)}
Γ4 = {σ (0, ϕ) = (sin ϕ, 0, cos ϕ) : ϕ : π → 0} = −Γ2 .
En conclusion et avec la convention que nous avons faite dans la remarque, on
trouve ∂Σ = ∅.

Exemple 8.17 (Demi-sphère) Soit

Σ = (x, y, z) ∈ R3 : x2 + y 2 + z 2 = 1 et z ≥ 0 .


C’est une surface régulière par morceaux et orientable. Son bord ∂Σ est donné
par
∂Σ = (x, y, z) ∈ R3 : x2 + y 2 = 1 et z = 0 .


ϕ Γ4 Γ1
π
2

Γ2
A

O 2π θ
Γ3 = ∂Σ y

x
114 Appendice

 π
Discussion On prend A = (0, 2π) × 0, et
2
σ (θ, ϕ) = (cos θ sin ϕ, sin θ sin ϕ, cos ϕ) .
On trouve
σθ ∧ σϕ = − sin ϕ (cos θ sin ϕ, sin θ sin ϕ, cos ϕ)
et
σ (∂A) = Γ1 ∪ Γ2 ∪ Γ3 ∪ Γ4 ,
où
Γ1 = {σ (θ, 0) : θ : 0 → 2π} = {(0, 0, 1)}
n πo
Γ2 = σ (2π, ϕ) = (sin ϕ, 0, cos ϕ) : ϕ : 0 →
2
n  π o
Γ3 = σ θ, = (cos θ, sin θ, 0) : θ : 2π → 0
2
n π o
Γ4 = σ (0, ϕ) = (sin ϕ, 0, cos ϕ) : ϕ : → 0 = −Γ2 .
2
Grâce à nos conventions on trouve que
∂Σ = Γ3
et que le sens de parcours de ∂Σ induit par la paramétrisation σ est le sens
négatif (car θ : 2π → 0).
Note : On aurait pu prendre ici comme paramétrisation de Σ
 p 
e (x, y) = x, y, 1 − x2 − y 2 , (x, y) ∈ B
σ

où
B = (x, y) ∈ R2 : x2 + y 2 < 1


et on aurait retrouvé que


e (∂B) = (x, y, z) ∈ R3 : x2 + y 2 = 1 et z = 0 .

∂Σ = σ
e ∈ C 1 B; R3 mais σ / C 1 B; R3 .
 
Noter toutefois que σ e∈
Exemple 8.18 (Cylindre) Soit

Σ = (x, y, z) ∈ R3 : x2 + y 2 = 1 et 0 ≤ z ≤ 1 .


C’est une surface régulière par morceaux et orientable dont le bord est
∂Σ = Γ1 ∪ Γ3
où
Γ1 = (x, y, z) : x2 + y 2 = 1 et z = 0


Γ3 = (x, y, z) : x2 + y 2 = 1 et z = 1 .

Surfaces 115

Γ3
σ

z
Γ2
1

A Γ4
Γ1
O 2π θ
y

Discussion On prend A = (0, 2π) × (0, 1) et

σ (θ, z) = (cos θ, sin θ, z) .

Le champ de normale unité induit par la paramétrisation est

ν = σθ ∧ σz = (cos θ, sin θ, 0) .

On a de plus
σ (∂A) = Γ1 ∪ Γ2 ∪ Γ3 ∪ Γ4
où
Γ1 = {σ (θ, 0) = (cos θ, sin θ, 0) : θ : 0 → 2π}
Γ2 = {σ (2π, z) = (1, 0, z) : z : 0 → 1}
Γ3 = {σ (θ, 1) = (cos θ, sin θ, 1) : θ : 2π → 0}
Γ4 = {σ (0, z) = (1, 0, z) : z : 1 → 0} = −Γ2 .
On a donc
∂Σ = Γ1 ∪ Γ3
et le sens de parcours de ∂Σ induit par la paramétristion σ est positif sur Γ1 et
négatif sur Γ3 .

Exemple 8.19 (Tore) Soit

Σ = (x, y, z) ∈ R3 : (x, y, z) = σ (θ, ϕ) , θ, ϕ ∈ A .




où A = (0, 2π) × (0, 2π) et

σ (θ, ϕ) = ((R + a cos ϕ) cos θ, (R + a cos ϕ) sin θ, a sin ϕ)

et 0 < a < R sont des constantes. C’est une surface régulière par morceaux et
orientable. Son bord ∂Σ est vide.
116 Appendice

ϕ σ

2π ∂Σ = ∅

Γ3 Γ2
θ
O 2π θ Γ1
Γ4 y

Discussion On trouve que le champ de normales induit par la paramétrisation


est (cf. exercice 5.6)

σθ ∧ σϕ = a (R + a cos ϕ) (cos θ cos ϕ, sin θ cos ϕ, sin ϕ) .

On a aussi
σ (∂A) = Γ1 ∪ Γ2 ∪ Γ3 ∪ Γ4
avec
Γ1 = {σ (θ, 0) = ((R + a) cos θ, (R + a) sin θ, 0) : θ : 0 → 2π}
Γ2 = {σ (2π, ϕ) = (R + a cos ϕ, 0, a sin ϕ) : ϕ : 0 → 2π}
Γ3 = {σ (θ, 2π) = ((R + a) cos θ, (R + a) sin θ, 0) : θ : 2π → 0} = −Γ1
Γ4 = {σ (0, ϕ) = (R + a cos ϕ, 0, a sin ϕ) : ϕ : 2π → 0} = −Γ2
d’où le résultat ∂Σ = ∅.

Exemple 8.20 (Cône) Soit

Σ = (x, y, z) ∈ R3 : x2 + y 2 = z 2 et 0 ≤ z ≤ 1 .


C’est une surface régulière par morceaux et orientable. Son bord est

∂Σ = (x, y, z) ∈ R3 : x2 + y 2 = 1 et z = 1 .


Discussion On prend A = (0, 2π) × (0, 1) et

σ (θ, z) = (z cos θ, z sin θ, z) .

Le champ de normales induit par la paramétrisation est

σθ ∧ σz = (z cos θ, z sin θ, −z) .


Surfaces 117

Γ3 = ∂Σ
σ

z
Γ2
1
Γ4
A
Γ1
O 2π θ
y

On trouve
σ (∂A) = Γ1 ∪ Γ2 ∪ Γ3 ∪ Γ4
avec
Γ1 = {σ (θ, 0) = (0, 0, 0)}
Γ2 = {σ (2π, z) = (z, 0, z) : z : 0 → 1}
Γ3 = {σ (θ, 1) = (cos θ, sin θ, 1) : θ : 2π → 0}
Γ4 = {σ (0, z) = (z, 0, z) : z : 1 → 0} = −Γ2 .
On a bien le résultat voulu ∂Σ = Γ3 . Le sens de parcours de ∂Σ induit par la
paramétrisation σ est le sens négatif.
On peut aussi prendre les coordonnées Cartésiennes comme paramétrisation
 p 
et B = (x, y) ∈ R2 : x2 + y 2 < 1 .

e (x, y) = x, y, x2 + y 2
σ

On trouve alors que σ


e (∂B) = ∂Σ (noter que σ
e n’est pas différentiable en (0, 0)
e∈
et donc σ / C 1 B; R3 ).

Exemple 8.21 (Cube) Soient

K = (x, y, z) ∈ R2 : 0 ≤ x, y, z ≤ 1


et Σ = ∂K la surface composée des faces du cube. C’est une surface régulière


par morceaux, orientable et son bord ∂Σ est vide.
6
S
Discussion On a que Σ = Σi où
i=1

Σ1 = {(x, y, 0) : 0 < x, y < 1}

Σ2 = {(x, y, 1) : 0 < x, y < 1}


Σ3 = {(x, 0, z) : 0 < x, z < 1}
Σ4 = {(x, 1, z) : 0 < x, z < 1}
118 Appendice

Σ2

Σ5
Σ3
Σ4
1
Σ6
Σ1 y
1

Σ5 = {(0, y, z) : 0 < y, z < 1}


Σ6 = {(1, y, z) : 0 < y, z < 1}
qui sont toutes des surfaces régulières. Un champ de normales unité C 1 par
morceaux (et extérieure à K) est donné par

(0, 0 − 1) sur Σ1



(0, 0, 1) sur Σ2





 (0, −1, 0) sur Σ

3
ν=

 (0, 1, 0) sur Σ 4

(−1, 0, 0) sur Σ



 5

(1, 0, 0) sur Σ6 .

On obtient facilement que ∂Σ = ∅.

Exemple 8.22 (Anneau de Moebius) Soit

Σ = (x, y, z) ∈ R3 : (x, y, z) = σ (θ, r) , (θ, r) ∈ A




où A = (0, 2π) × (−1/2, 1/2) et


    
θ θ θ
σ (θ, r) = 1 + r sin cos θ, 1 + r sin sin θ, r cos .
2 2 2

C’est une surface régulière par morceaux mais non orientable.

Discussion Noter que

σ (0, r) = (1, 0, r) = σ (2π, −r) .


Changements de variables 119

r
1
2

O A θ
y
− 12

x

Par ailleurs la normale est donnée par


   
θ θ r
 1 + r sin 2 cos 2 cos θ + 2 sin θ 
   
 θ θ r 
σθ ∧ σr =  1 + r sin cos sin θ − cos θ
 
2 2 2

 
   
 θ θ 
− 1 + r sin sin
2 2
et 2
r2

2 θ
kσθ ∧ σr k = 1 + r sin + > 0, ∀ (θ, r) ∈ A.
2 4
On a donc que
σθ ∧ σr
ν (θ, r) = est continue, ∀ (θ, r) ∈ A.
kσθ ∧ σr k
Toutefois on remarque qu’elle n’est pas continue ∀ (θ, r) ∈ A. En effet
ν (0, 0) = (1, 0, 0) 6= ν (2π, 0) = (−1, 0, 0)
alors que le point σ (0, 0) = (1, 0, 0) = σ (2π, 0) . La surface n’est donc pas
orientable.
(Pour la bilbliographie cf. [2] 25-29, [4] 373-376, [11] 534-538, [12] 445-466).

8.5 Changements de variables


Soient Ω ⊂ Rn un ouvert et u : Ω → u Ω avec u ∈ C 1 Ω; Rn
 

u = u (x1 , · · · , xn ) = u1 (x) , · · · , un (x)




injective et telle que (on rappelle que uixj = ∂ui /∂xj )


u1x1 ··· u1xn
det ∇u (x) = .. .. .. 6= 0, ∀ x ∈ Ω. (8.1)
. . .
unx1 ··· unxn
120 Appendice

La valeur absolue du déterminant, |det ∇u (x)| , est appelé le jacobien de la


transformation. La formule de changement
 de variables (cf. [12] 357), va-
lable pour une fonction f ∈ C u Ω , est alors donnée par

Z Z
f (y) dy = f (u (x)) |det ∇u (x)| dx.
u(Ω) Ω

Les exemples ci-dessous ne satisfont pas toutes les propriétés requises pour ap-
pliquer la formule de changement de variables (notamment ils ne vérifient pas
(8.1)), mais on peut toutefois montrer facilement que la formule est quand même
valable pour de tels exemples.

Exemple 8.23 (Coordonnées polaires) Si n = 2, r > 0, θ ∈ [0, 2π] et

x1 = u1 (r, θ) = r cos θ et x2 = u2 (r, θ) = r sin θ

on déduit alors que

u1r u1θ cos θ −r sin θ


det ∇u = = = r ≥ 0.
u2r u2θ sin θ r cos θ

x2

θ
O x1

Exemple 8.24 (Coordonnées cylindriques) Si n = 3, r ≥ 0, θ ∈ [0, 2π] ,


z ∈ R et

x1 = u1 (r, θ, z) = r cos θ
x2 = u2 (r, θ, z) = r sin θ
x3 = u3 (r, θ, z) = z

on obtient
|det ∇u| = r.
Changements de variables 121

x3

θ
r
x2

x1

Exemple 8.25 (Coordonnées sphériques) Si n = 3, r ≥ 0, θ ∈ [0, 2π] ,


ϕ ∈ [0, π] et

x1 = u1 (r, θ, ϕ) = r cos θ sin ϕ


x2 = u2 (r, θ, ϕ) = r sin θ sin ϕ
x3 = u3 (r, θ, ϕ) = r cos ϕ

on trouve
|det ∇u| = r2 sin ϕ.

x3

ϕ r

θ
x2

x1
Deuxième partie

Analyse complexe
Chapitre 9

Fonctions holomorphes et
équations de
Cauchy-Riemann

9.1 Définitions et résultats théoriques


Définition 9.1 Soit O ⊂ C un ouvert. On dit que f : O → C est holomorphe
(ou analytique complexe) dans O si f est dérivable ∀ z0 ∈ O, c’est-à-dire que
f (z) − f (z0 )
lim
z→z0 z − z0
existe et est finie. On note la dérivée par f 0 (z0 ) .
Remarque (i) Toutes les règles de dérivation dans R (notamment la dérivée
de la somme, du produit, du quotient et de la composition) sont valables dans
C.
(ii) Par abus de notations, l’ouvert O sera souvent identifié à un sous en-
semble de R2 (on écrira ainsi de façon équivalente z = x+i y ∈ O ou (x, y) ∈ O).
Théorème 9.2 Soient O ⊂ C un ouvert et f : O → C telle que, si z = x + i y,
u (x, y) = Re f (x + i y) et v (x, y) = Im f (x + i y) .
Alors les deux assertions suivantes sont équivalentes.
(i) f est holomorphe dans O.
(ii) Les fonctions u, v ∈ C ∞ (O) et satisfont, ∀ (x, y) ∈ O, les équations de
Cauchy-Riemann

∂u ∂v ∂u ∂v
= et =− .
∂x ∂y ∂y ∂x
126 Fonctions holomorphes

En particulier si f est holomorphe dans O, alors

∂u ∂v ∂v ∂u
f 0 (z) = (x, y) + i (x, y) = (x, y) − i (x, y) .
∂x ∂x ∂y ∂y

∂u ∂u ∂v ∂v
Notation Par la suite on notera ux = , uy = , vx = , vy = .
∂x ∂y ∂x ∂y
(Pour plus de détails, cf. [1] 24-26, [3] 13-14, [5] 36-38, [7] chapitre 8, [11] 741-
742).

9.2 Exemples
Exemple 9.3 La fonction f (z) = ez est holomorphe dans C et f 0 (z) = ez .
Discussion En effet on a
ez = ex+i y = ex cos y + i ex sin y = u (x, y) + i v (x, y) ,
où u et v sont C ∞ R2 et vérifient les équations de Cauchy-Riemann, i.e.

(
ux = vy = ex cos y
uy = −vx = −ex sin y
et donc f 0 (z) = ux + i vx = ez .
ei z − e−i z
Exemple 9.4 La fonction sin z = est holomorphe dans C et sa
2i
ei z + e−i z
dérivée est cos z = .
2
Discussion (i) Les parties réelles et imaginaires sont données par
ei z − e−i z e−y ei x − ey e−i x
sin z = =
2i 2i
e−y (cos x + i sin x) − ey (cos x − i sin x)
=
2i
ey − e−y cos x ey + e−y
=− + sin x
2 i 2
et donc
sin z = cosh y sin x + i sinh y cos x.
(ii) Calcul des dérivées.
ux = cosh y cos x uy = sinh y sin x
vx = − sinh y sin x vy = cosh y cos x.
On a bien ux = vy et uy = −vx . De plus (cf. exercice 9.1)
0
(sin z) = ux + i vx = cosh y cos x − i sinh y sin x = cos z.
Exemples 127

p
Exemple 9.5 Soient z = x + i y, |z| = x2 + y 2 son module et arg z son
argument. La fonction

log z = log |z| + i (arg z) , avec − π < arg z ≤ π

où log |z| est le logarithme naturel du nombre réel |z| (en particulier log e = 1),
est définie pour tout z 6= 0 et est holomorphe dans

O = C \ {z ∈ C : Im z = 0 et Re z ≤ 0} .
1
Sa dérivée est f 0 (z) = , ∀ z ∈ O.
z
Discussion (i) Tout d’abord on va préciser que dans la définition ci-dessus on a
indiqué seulement la détermination principale de la fonction logarithme, car
en général l’argument de z, arg z, est détérminé à un multiple de 2π près, ce qui
fait de log z une fonction multivoque. Noter que si z ∈ O, −π < arg z < π
et z = x + i y, alors on peut définir l’argument comme une fonction de l’arc
tangente ; en effet
 y
 arctg si x > 0 et y ∈ R
x




 π
si x = 0 et y > 0


2



 π
arg z = − si x = 0 et y < 0
 2

 y
π + arctg si x < 0 et y > 0


x





 −π + arctg y
 si x < 0 et y < 0.
x
(ii) On va montrer que f (z) = log z, définie pour tout z 6= 0, n’est pas
continue sur C \ {0} ; pour que ce soit le cas il faut lui enlever le demi-axe réel
négatif, c’est-à-dire la restreindre à O. En utilisant la définition on a que
p
log (−1 + i t) = log 1 + t2 + i arg (−1 + i t) .

De la partie (i) on déduit que

lim log (−1 + i t) = log 1 + iπ = iπ


t→0+
lim log (−1 + i t) = log 1 − iπ = −iπ.
t→0−

Donc f n’est pas continue sur C \ {0} (plus précisément on a montré que f n’est
pas continue en z = −1).
(iii) Montrons maintenant que f 0 (z) = 1/z, ∀ z ∈ O. On va prouver ceci
par exemple dans le demi plan Re z > 0, où − π2 < arg z < π2 . On procède
128 Fonctions holomorphes

de façon semblable dans les deux autres quarts de plan (−π < arg z < − π2 et
π y
2 < arg z < π). On écrit z = x + i y de façon que arg z = arctg x et
p y
log z = log x2 + y 2 + i arctg = u (x, y) + i v (x, y) .
x
On trouve que u, v ∈ C ∞ (O) et
x y
ux = uy =
x2
+ y2 x2
+ y2
−y x
vx = 2 vy = 2
x + y2 x + y2
et donc
0 x −y x − iy 1
(log z) = ux + i vx = +i 2 = = .
x2 + y 2 x + y2 (x + i y) (x − i y) z
(iv) On peut montrer (cf. exercice 9.13) de plus que
log ez = z, si Im z ∈ (−π, π] et elog z = z, si z ∈ C \ {0}


 log z + log w si arg z + arg w ∈ (−π, π]

log (z w) = log z + log w − 2πi si arg z + arg w ∈ (π, 2π]


log z + log w + 2πi si arg z + arg w ∈ (−2π, −π] .

Exemple 9.6 Soient γ ∈ C et f (z) = z γ . Alors f est holomorphe dans


O = C \ {z ∈ C : Im z = 0 et Re z ≤ 0}
et sa dérivée est f 0 (z) = γ z γ−1 .
Discussion (i) On définit (la détermination principale)
f (z) = eγ log z
qui, par composition, est une fonction holomorphe dans
O = C \ {z ∈ C : Im z = 0 et Re z ≤ 0} .
On trouve que f 0 (z) = eγ log z · γ z −1 = γ z γ−1 . A relever que si γ ∈ N, z γ est
holomorphe dans C et pas seulement dans O (la détermination principale de z γ
définie ici est alors la même que celle définie algébriquement).
(ii) On peut aussi montrer que si β, γ ∈ C et z, w ∈ C \ {0} , alors
z β+γ = z β z γ
 γ

 (z w) si arg z + arg w ∈ (−π, π]

γ
z γ wγ = (z w) e2πγi si arg z + arg w ∈ (π, 2π]

 γ −2πγi
(z w) e si arg z + arg w ∈ (−2π, −π] .

(iii) Il faut toutefois être prudent dans les calculs (cf. exercice 9.14).
Exercices 129

9.3 Exercices
Exercice 9.1 Montrer que les fonctions

ei z + e−i z ez + e−z ez − e−z


cos z = , cosh z = , sinh z =
2 2 2
sont holomorphes dans C et calculer leurs dérivées.
2
Exercice 9.2 f (z) = (Re z) est-elle holomorphe ? Justifier votre réponse.

Exercice 9.3 Soit la fonction f (z) = log 1 + z 2 . Trouver le plus grand do-


maine de C où la fonction f est holomorphe.

Exercice 9.4 Trouver une fonction holomorphe f : C → C dont la partie réelle


est
u (x, y) = e(x −y ) cos (2 x y) .
2 2

Exercice 9.5 Trouver une fonction holomorphe f : C → C telle que sa partie


réelle soit
u (x, y) = x2 − y 2 + e−x cos y.

Exercice 9.6 Prouver que si z = x + i y et f (z) = u (x, y) + i v (x, y) est


holomorphe dans un ouvert Ω, alors
(i) u et v sont harmoniques dans Ω (c’est-à-dire 4u = 4v = 0),
(ii) ux vx + uy vy = 0
2
(iii) |f 0 (z)| = ux vy − uy vx .

Exercice 9.7 Montrer que si f : C → C est holomorphe alors les trois asser-
tions suivantes sont équivalentes :
(i) f est constante.
(ii) Re (f ) est constante.
(iii) Im (f ) est constante.
En déduire que f (z) = |z| n’est pas holomorphe.

Exercice 9.8 Montrer que les équations de Cauchy-Riemann, en coordonnées


polaires, s’écrivent
∂u 1 ∂v vθ ∂v 1 ∂u uθ
ur = = = et vr = =− =− .
∂r r ∂θ r ∂r r ∂θ r
Exercice 9.9 Soit f une fonction holomorphe dans C telle que ux + vy = 0.
Montrer qu’il existe une constante réelle c et une constante complexe d telles
que f (z) = −i c z + d.

Exercice 9.10 Si g = g (x, y) est harmonique dans R2 (i.e. 4g = 0) et f =


u + i v est holomorphe dans C, vérifier alors que h (x, y) = g (u (x, y) , v (x, y))
est harmonique dans R2 .
130 Fonctions holomorphes

Exercice 9.11 Soient A un ouvert et u ∈ C ∞ (A) une fonction telle que ∆u =


uxx + uyy = 0. Soit
f (z) = ux − i uy .
Montrer que f est une fonction holomorphe dans A.

Exercice 9.12 * Montrer que si f est holomorphe dans Ω ⊂ R2 , un ensemble


ouvert, alors les équations de Cauchy-Riemann sont satisfaites dans Ω, i.e.

ux = vy et uy = −vx .

Suggestion. Prendre dans la Définition 9.1 tout d’abord z = z0 + h, puis z =


z0 + i h avec h ∈ R.

Exercice 9.13 * (i) Montrer que

log ez = z si Im z ∈ (−π, π]

elog z = z si z ∈ C \ {0} .
(ii) Montrer que


 log z + log w si arg z + arg w ∈ (−π, π]

log (z w) = log z + log w − 2πi si arg z + arg w ∈ (π, 2π]


log z + log w + 2πi si arg z + arg w ∈ (−2π, −π] .

Exercice 9.14 * Trouver et expliquer la faute dans la série d’égalités suivante :


1/2
1 = 11/2 = e2πi = eπi = −1.

9.4 Corrigés
Exercice 9.1 Etape 1. Commençons par trouver les parties réelles et imagi-
naires. On trouve

ei z + e−i z e−y ei x + ey e−i x


cos z = =
2 2
ey + e−y ey − e−y
= cos x − i sin x
2 2
= cosh y cos x − i sinh y sin x.

ez + e−z ex ei y + e−x e−i y


cosh z = =
2 2
= cosh x cos y + i sinh x sin y.
Corrigés 131

ez − e−z ex ei y − e−x e−i y


sinh z = =
2 2
= sinh x cos y + i cosh x sin y.

Etape 2. Calcul des dérivées.


(i) On a immédiatement

ux = − cosh y sin x = vy et uy = sinh y cos x = −vx

et ainsi
0
(cos z) = ux + i vx = − (cosh y sin x + i sinh y cos x) = − sin z.

(ii) On obtient

ux = sinh x cos y = vy et uy = − cosh x sin y = −vx

et donc
0
(cosh z) = ux + i vx = sinh z.
(iii) On déduit

ux = cosh x cos y = vy et uy = − sinh x sin y = −vx

et par conséquent
0
(sinh z) = ux + i vx = cosh z.

2
Exercice 9.2 La fonction f (z) = (Re z) n’est pas holomorphe car les équations
de Cauchy-Riemann ne sont pas vérifiées. On a en effet

ux = 2 x, uy = 0, vx = 0, vy = 0.

Exercice 9.3 La fonction z → 1 + z 2 est holomorphe dans C. On sait que la


fonction w → log w est holomorphe dans

D = C \ {w ∈ C : Im w = 0, Re w ≤ 0}

par conséquent, en posant w = 1 + z 2 on va déterminer l’ensemble des z ∈ C


tels que
Im (w) = 0 et Re (w) ≤ 0.
Si z = x + i y et donc z 2 = x2 − y 2 + 2 i x y, on a alors
( (
Im 1 + z 2 = 2 x y = 0

x = Re z = 0

Re 1 + z 2 = 1 + x2 − y 2 ≤ 0 y2 ≥ 1

132 Fonctions holomorphes

(le cas y = 0 et 1 + x2 ≤ 0 est à exclure) et donc

D = C \ {z ∈ C : Re z = 0, |Im z| ≥ 1} .

Exercice 9.4 On veut trouver une fonction holomorphe f = u + i v telle que


u (x, y) = e(x −y ) cos (2 x y) . On écrit les équations de Cauchy-Riemann pour
2 2

déterminer v, à savoir

vy = 2 e(x −y ) (x cos (2 x y) − y sin (2 x y))


( ( 2 2
u x = vy

v = 2 e(x −y ) (y cos (2 x y) + x sin (2 x y)) .
2 2
uy = −vx x

En intégrant, par exemple, la deuxième équation on trouve

v (x, y) = e(x −y ) sin (2 x y) + α (y) .


2 2

En remettant ce résultat dans la première équation on obtient

α0 (y) = 0 ⇒ α (y) = α0 = constante.

On a donc
v (x, y) = e(x −y 2 )
2
sin (2 x y) + α0
et, pour α0 ∈ R,
2
−y 2 +i(2 x y) 2
f = u + i v = ex + i α0 = ez + i α0 .

Exercice 9.5 En utilisant les équations de Cauchy-Riemann, on a


( (
ux = 2 x − e−x cos y = vy vy = 2 x − e−x cos y

uy = −2 y − e−x sin y = −vx vx = 2 y + e−x sin y

d’où on déduit, de la deuxième équation,

v (x, y) = α (y) + 2 x y − e−x sin y.

Alors, en dérivant v par rapport à y on a, de la première équation,

α0 (y) = 0 ⇒ α (y) = α0 = constante

et par conséquent

f = u + i v = x2 − y 2 + e−x cos y + i 2 x y − e−x sin y + i α0 .


 

Comme
z 2 = x2 − y 2 + 2 i x y et cos y − i sin y = e−i y
Corrigés 133

on trouve, pour α0 ∈ R,

f (z) = z 2 + e−z + i α0 .

Exercice 9.6 (i) Par le théorème 9.2 on sait que u, v ∈ C ∞ (Ω) (en particulier
vyx = vxy ). On peut donc dériver les équations de Cauchy-Riemann

ux = vy et uy = −vx

et on trouve
uxx = vyx et uyy = −vxy .
On déduit immédiatement que

4u = uxx + uyy = vyx − vyx = 0.

Un raisonnement totalement analogue conduit à

4v = vxx + vyy = 0.

(ii) Cette identité est une conséquence directe des relations de Cauchy-
Riemann, en effet

ux vx + uy vy = ux (−uy ) + uy ux = 0. (9.1)

(Noter, en passant, que si u (x, y) = C et v (x, y) = C représentent les courbes


de niveau des parties réelles et imaginaires de f (z) , pour (x, y) ∈ Ω, alors la
relation (9.1) implique que leurs gradients sont orthogonaux dans Ω. Comme,
en général, le gradient est orthogonal aux courbes de niveau, il s’ensuit que les
familles u (x, y) = C et v (x, y) = C sont deux à deux orthogonales).
(iii) On a que
f 0 (z) = ux + i vx
et donc, par les équations de Cauchy-Riemann,
2
|f 0 (z)| = u2x + vx2 = ux vy − uy vx .

Exercice 9.7 (i) ⇒ (ii). Comme f = a + i b = constante on déduit que

Re (f ) = a = constante.

(ii) ⇒ (iii). Comme Re (f ) = a et f = a + i v (x, y) on infère (grâce aux


équations de Cauchy-Riemann) que vx = vy = 0 et ainsi v = b. On a ainsi
obtenu que
Im (f ) = b = constante
et donc f = constante.
134 Fonctions holomorphes

(iii) ⇒ (i). Par les équations de Cauchy-Riemann (comme précédemment)

Im (f ) = b ⇒ Re (f ) = a

et donc f = constante. En particulier la fonction f (z) = |z| ∈ R n’est pas


holomorphe.

Exercice 9.8 On pose x = r cos θ et y = r sin θ et on trouve


∂u ∂u ∂u ∂u ∂u ∂u
= cos θ + sin θ et = −r sin θ + r cos θ .
∂r ∂x ∂y ∂θ ∂x ∂y

En résolvant par rapport à ∂u/∂x et ∂u/∂y on a

∂u ∂u sin θ ∂u ∂u ∂u cos θ ∂u
= cos θ − et = sin θ + .
∂x ∂r r ∂θ ∂y ∂r r ∂θ
De façon similaire on obtient
∂v ∂v sin θ ∂v ∂v ∂v cos θ ∂v
= cos θ − et = sin θ + .
∂x ∂r r ∂θ ∂y ∂r r ∂θ
Les équations de Cauchy-Riemann deviennent
sin θ cos θ
ux = cos θ ur − uθ = sin θ vr + vθ = vy
r r
cos θ sin θ
uy = sin θ ur + uθ = − cos θ vr + vθ = −vx .
r r
On trouve facilement que ceci implique
vθ uθ
ur = et vr = − .
r r

Exercice 9.9 Des équations de Cauchy-Riemann on a ux = vy et comme ux +


vy = 0 on déduit que ux = vy = 0. Par conséquent u (et donc uy ) dépend
seulement de y et v (et donc vx ) seulement de x. Comme uy = −vx pour tout
x et y, on déduit que uy = −vx = c, où c est une constante, et par conséquent

u = c y + d1 et v = −c x + d2 .

On a alors (en posant d1 + i d2 = d)

f = u + i v = −i c (x + i y) + (d1 + i d2 ) = −i c z + d.

Exercice 9.10 Comme g est harmonique on a

∆g = guu + gvv = 0.
Corrigés 135

Par ailleurs f étant holomorphe on obtient

ux = vy et uy = −vx .

En calculant les dérivées successives de h on trouve

hx = gu ux + gv vx et hy = gu uy + gv vy

hxx = guu u2x + +2 guv ux vx + gvv vx2 + gu uxx + gv vxx


hyy = guu u2y + +2 guv uy vy + gvv vy2 + gu uyy + gv vyy .
Par conséquent en se rappelant que (cf. exercice 9.6) les équations de Cauchy-
Riemann donnent

∆u = ∆v = 0, u2x + u2y = vx2 + vy2 , ux vx + uy vy = 0

on déduit

∆h = hxx + hyy
= guu u2x + u2y + 2 guv (ux vx + uy vy ) + gvv vx2 + vy2 + gu ∆u + gv ∆v
 

= ∆g u2x + u2y = 0.


Exercice 9.11 On pose f = U + i V où U = ux et V = −uy . Par hypothèse


u ∈ C ∞ et donc
Uy = uxy = uyx = −Vx
soit une des équations de Cauchy-Riemann pour f. La deuxième découle du fait
que uxx + uyy = 0
Ux = uxx = −uyy = Vy .
Donc f est holomorphe.

Exercice 9.12 * Soit z0 = x0 + i y0 . D’après la suggestion, on va considérer


dans un premier temps z = z0 + h, avec h ∈ R. On écrit alors

f (z) − f (z0 ) f (x0 + h + i y0 ) − f (x0 + i y0 )


f 0 (z0 ) = lim = lim
z→z0 z − z0 h→0 h
u (x0 + h, y0 ) − u (x0 , y0 ) + i [v (x0 + h, y0 ) − v (x0 , y0 )]
= lim
h→0 h
∂u ∂v
= (x0 , y0 ) + i (x0 , y0 ) = ux + i vx .
∂x ∂x
En choissant cette fois-ci z = z0 + i h, avec h ∈ R, et en faisant le même calcul
qu’auparavant, on trouve
1 ∂u ∂v
f 0 (z0 ) = (x0 , y0 ) + (x0 , y0 ) = vy − i uy .
i ∂y ∂y
136 Fonctions holomorphes

En combinant les deux expressions on obtient bien les équations de Cauchy-


Riemann, i.e.
ux = vy et uy = −vx .

Exercice 9.13 * (i) Soit z = x + i y. On rappelle que

ez = ex (cos y + i sin y) et log z = log |z| + i arg z, z 6= 0.

- Comme y ∈ ]−π, π] , alors arg ez = y et donc

log ez = log |ez | + i arg ez = x + i y = z.

- Par ailleurs, si z 6= 0, on trouve que

elog z = elog|z| ei arg z = |z| ei arg z = z.

(ii) On rappelle que l’argument de z ∈ C est le seul scalaire arg z ∈ ]−π, π]


tel que l’on puisse écrire
z = |z| ei arg z .
On a donc
z w = |z| ei arg z |w| ei arg w = |z w| ei(arg z+arg w)
et par conséquent, puisque la fonction t → ei t est 2π−périodique, on déduit que


 arg z + arg w si arg z + arg w ∈ ]−π, π]

arg (z w) = arg z + arg w − 2π si arg z + arg w ∈ ]π, 2π]


arg z + arg w + 2π si arg z + arg w ∈ ]−2π, −π] .

En utilisant la définition du logarithme, à savoir

log (z w) = log |z w| + i arg (z w) = log |z| + log |w| + i arg (z w) ,

on obtient directement le résultat.


1/2
Exercice 9.14 * La faute est manifestement dans l’égalité e2πi = eπi . Par
définition on a que

1/2 (
log e2πi ) (
arg e2πi )
e2πi =e 2 = ei 2 . (9.2)

La fonction arg z prend ses valeurs dans ]−π, π] (la détermination principale),
on trouve
arg e2πi = 0


et donc 1/2
e2πi = e0 = 1.
Corrigés 137

Par contre, si on fait la faute suivante

arg e2πi = 2π,




alors (9.2) donne la fausse égalité, à savoir


1/2
e2πi = eπi .

On a donc que la propriété suivante, vraie dans R, est fausse, en général, dans
C \ {0} γ
z β 6= z βγ , β, γ ∈ C, z ∈ C \ {0} .
Chapitre 10

Intégration complexe

10.1 Définition et résultats théoriques


Si nécessaire on pourra se référer aux chapitres 2 et 8 pour des compléments
et des définitions plus précises sur les courbes et les intégrales curvilignes.

Définition 10.1 (i) Soit Γ ⊂ C une courbe régulière de paramétrisation γ :


[a, b] → Γ. Soit f : Γ → C une fonction continue. On note
Z Z Z b
f (z) dz = f (z) dz = f (γ (t)) γ 0 (t) dt.
Γ γ a

Sm
(ii) Si Γ est régulière par morceaux, Γ = k=1 Γk , Γk des courbes régulières,
alors
Z m Z
X
f (z) dz = f (z) dz.
Γ k=1 Γk

Théorème 10.2 (Théorème de Cauchy) Soit D ⊂ C un domaine simple-


ment connexe, f : D → C une fonction holomorphe et γ une courbe simple
fermée et régulière par morceaux contenue dans D. Alors

Z
f (z) dz = 0.
γ

Théorème 10.3 (Formule intégrale de Cauchy) Sous les mêmes hypothèses


que le théorème ci-dessus, alors

1 f (ξ)
Z
f (z) = dξ, ∀ z ∈ int γ.
2πi γ ξ − z
140 Intégration complexe

De plus f est infiniment dérivable au sens complexe et, pour tout n ∈ N,

n! f (ξ)
Z
(n)
f (z) = n+1 dξ, ∀ z ∈ int γ.
2πi γ (ξ − z)

(Pour plus de détails, cf. [1] 102-123, 141, [3] 27-45, [5] 126-148, [7] chapitre 9,
[11] 767-793).

10.2 Exemples
Exemple 10.4 Soient f (z) = z 2 , et γ1 , γ2 respectivement le demi-cercle supérieur
Z rayon 1 centré en l’origine et le cercle de rayon 1 centré en l’origine. Calculer
de
f (z) dz, j = 1, 2.
γj

Discussion (i) γ1 : [0, π] → C, où γ1 (θ) = ei θ et donc γ10 (θ) = i ei θ . On a


Z π Z π π
e3i θ 2
Z
iθ 2 iθ
e3i θ dθ =

f (z) dz = e i e dθ = i =− .
γ1 0 0 3 0 3

(ii) γ2 : [0, 2π] → C, avec γ2 (θ) = ei θ et donc γ20 (θ) = i ei θ . On obtient


2π 2π 2π
e3i θ
Z Z Z
iθ 2 iθ 3i θ

f (z) dz = e ie dθ = i e dθ = = 0.
γ2 0 0 3 0

Dans ce dernier cas on aurait pu appliquer le théorème de Cauchy et conclure


immédiatement.

Exemple 10.5 Soit γ une courbe simple, fermée et régulière par morceaux.
Discuter en fonction de γ la valeur de l’intégrale suivante
cos (2 z)
Z
dz.
γ z

Discussion On observe que ξ = 0 est une singularité pour f (ξ) = cos (2 ξ) /ξ.
On va distinguer plusieurs cas.
Cas 1 : 0 ∈ int γ. On applique la formule intégrale de Cauchy à g (ξ) =
cos (2 ξ) et on trouve

1 cos (2 ξ)
Z
1 = g (0) = dξ
2πi γ ξ − 0

et par conséquent
cos (2 z)
Z
dz = 2πi.
γ z
Exercices 141

Remarque. La formule intégrale de Cauchy représente un instrument bien utile


dans le calcul de certaines intégrales. Un calcul direct, dans notre cas
Z 2π Z 2π
cos 2 ei θ

cos (2 z)
Z

cos 2 ei θ dθ,

dz = iθ
i e dθ = i
γ z 0 e 0

n’est pas évident.


Cas 2 : 0 ∈ / int γ. Le théorème de Cauchy appliqué à f nous permet de
conclure immédiatement que
cos (2 z)
Z
dz = 0.
γ z
Cas 3 : 0 ∈ γ. Dans ce dernier cas l’intégrale n’est pas bien définie.
Exemple 10.6 Soit γ = {z ∈ C : |z − 2| = 1} . Calculer
ez+2
Z
3 dz.
γ (z − 2)

Discussion Soient f (ξ) = eξ+2 , z = 2 et n = 2. Le théorème 10.3 nous donne


ez+2 2πi 00 2πi 4
Z
4
3 dz = 2! f (2) = 2 e = πi e .
γ (z − 2)

10.3 Exercices
Exercice 10.1 Soit γ une courbe simple, fermée et régulière par morceaux.
Discuter, en fonction de γ, la valeur de l’intégrale suivante
Z z2
e
dz.
γ 2z

Exercice 10.2 Soit γ = z ∈ C : z − π2 = 1 . Calculer




z 2 sin z
Z
 dz.
π 2
γ z−
2

Exercice Z10.3 Calculer


z 2 + 1 dz où γ = [1, 1 + i] (segment entre 1 et 1 + i).

(i)

Re z 2 dz où γ est le cercle unité centré en 0.

(ii)
γ

Exercice 10.4 Soient γ une courbe simple, fermée et régulière par morceaux.
Discuter, en fonction de γ, la valeur de l’intégrale
dz
Z
2
.
γ z
142 Intégration complexe

Exercice 10.5 Discuter, en fonction de γ, une courbe simple, fermée et régulière


par morceaux, la valeur de l’intégrale suivante

5 z2 − 3 z + 2
Z
3 dz.
γ (z − 1)
Exercice 10.6 Calculer les intégrales suivantes
Z 2z
e
(i) dz et γ = {z ∈ C : |z| = 2} ,
γ z

z3 + 2 z2 + 2
 
1
Z
(ii) dz et γ= z ∈ C : |z − 2i| = ,
γ z − 2i 4

sin 2 z 2 + 3 z + 1
Z 
(iii) dz et γ = {z ∈ C : |z − π| = 1} .
γ z−π

Exercice 10.7 Déterminer la valeur des intégrales

3 z 2 + 2 z + sin (z + 1)
Z
(i) 2 dz et γ = {z ∈ C : |z − 2| = 1} ,
γ (z − 2)

ez
Z
(ii) dz et γ = {z ∈ C : |z| = 1} .
γ z (z + 2)

Exercice 10.8 Calculer


2
ez
Z
2 dz
γ (z − 1) (z 2 + 4)
dans les cas suivants
(i) γ est le cercle centré en (1, 0) et de rayon 1,
(ii) γ est le bord du rectangle [−1/2, 1/2] × [0, 4] ,
(iii) γ est le bord du rectangle [−2, 0] × [−1, 1] .

Exercice 10.9 Montrer que


Z +∞ +∞

Z
2 2 2
e−x cos (2 b x) dx = πe−b et e−x sin (2 b x) dx = 0.
−∞ −∞

2
Suggestions. (i) Montrer que f (z) = e−z est holomorphe.
(ii) Considérer le chemin γ = γ1 ∪ γ2 ∪ γ3 ∪ γ4 où γ est le bord du rectangle
[−a, a] × [0, b] (voir la figure) à savoir

γ1 = {z ∈ C : Re z ∈ [−a, a] et Im z = 0}

γ2 = {z ∈ C : Re z = a et Im z ∈ [0, b]}
Exercices 143

γ3 b
γ2
γ4
−a 0 γ1 a

−γ3 = {z ∈ C : Re z ∈ [−a, a] et Im z = b}
−γ4 = {z ∈ C : Re z = −a et Im z ∈ [0, b]} .
Montrer que
Z Z
(a) lim f (z) dz = lim f (z) dz = 0.
a→+∞ γ a→+∞ γ
2 4
Z
(b) f (z) dz = 0, (utiliser le fait que f est holomorphe).
γ
+∞

Z
2
(c) En utilisant le fait que e−x dx = π , conclure.
−∞

Exercice 10.10 Soit f une fonction continue dans un domaine D simplement


connexe. Soit F : D → C, holomorphe et telle que F 0 (z) = f (z) . Montrer que,
pour toute courbe γ régulière, contenue dans D, avec γ : [a, b] → C,
Z
f (z) dz = F (γ (b)) − F (γ (a)) .
γ

En particulier, si γ est fermée, déduire que


Z
f (z) dz = 0.
γ

(Ceci est une version plus faible du théorème de Cauchy).


Exercice 10.11 Soient f (z) = 1/z et γ1 , γ2 représentant respectivement le
cercle de rayon 1 centré en z = 2 et le cercle de rayon 1 centré en l’origine. A
l’aide de l’exercice 10.10, calculer, pour j = 1, 2,
Z
f (z) dz.
γj

Exercice 10.12 * Montrer le théorème de Cauchy.


Suggestion. (i) Ecrire f = u + i v et γ = α + i β : [a, b] → C, γ = γ (t) , et
montrer que
Z Z b Z b
f (z) dz = [u (α, β) α0 − v (α, β) β 0 ] dt + i [v (α, β) α0 + u (α, β) β 0 ] dt.
γ a a
144 Intégration complexe

(ii) Appliquer le théorème de Green (cf. chap. 4) pour obtenir que


Z ZZ ZZ
f (z) dz = (−vx − uy ) dx dy + i (ux − vy ) dx dy
γ int γ int γ

(iii) Déduire le résultat à l’aide des équations de Cauchy-Riemann.

Exercice 10.13 * Montrer la généralisation suivante du théorème de Cauchy.


Soient Ω ⊂ C un ouvert et O ⊂ O ⊂ Ω un domaine régulier au sens de la
définition 4.1 rappelée ci-dessous. Alors
Z m Z
X
f (z) dz = f (z) dz.
γ0 j=1 γj

Rappel. Un ouvert O ⊂ C est dit régulier, s’il existe O0 , O1 , · · · , Om ⊂ C des


ouverts bornés tels que
m
S
O = O0 \ Oj
j=1

O j ⊂ O0 , ∀j = 1, 2, · · · , m
Oj ∩ Ok = ∅ si j 6= k, j, k = 1, · · · , m
∂Oj = γj , j = 0, 1, 2, · · · , m

où les γj sont des courbes simples fermées régulières par morceaux.

Exercice 10.14 (Formule de la moyenne) * Soient Ω ⊂ C un ouvert, f :


Ω → C une fonction holomorphe, z0 ∈ Ω et r > 0 suffisamment petit pour que

Br (z0 ) = {z ∈ C : |z − z0 | ≤ r} ⊂ Ω.

Montrer que

1
Z
f z0 + r ei t dt.

f (z0 ) =
2π 0

10.4 Corrigés
Exercice 10.1 On va considérer trois cas.
2
Cas 1 : 0 ∈ int γ. On applique la formule intégrale de Cauchy à g (ξ) = eξ /2
et on trouve 2
1 eξ
Z
dξ = 2πi g (0) = πi.
2 γ ξ−0
2
/ int γ. Le théorème de Cauchy appliqué à f (z) = ez /2 z nous
Cas 2 : 0 ∈
permet de conclure immédiatement que
2
ez
Z
dz = 0.
γ 2z
Corrigés 145

Cas 3 : 0 ∈ γ. Dans ce dernier cas l’intégrale n’est pas bien définie.

Exercice 10.2 On applique la formule intégrale de Cauchy à f (ξ) = ξ 2 sin ξ,


z = π/2 et n = 1 (noter que f 0 (z) = 2 z sin z + z 2 cos z). On trouve donc que

z 2 sin z 2πi 0  π 
Z
2 dz = f = 2π 2 i.
π 1! 2

γ z−
2

Exercice 10.3 (i) Soit γ = [1, 1 + i] = {γ (t) = 1 + i t, t ∈ [0, 1]} . On trouve


donc
Z Z 1  Z 1
2 2
−t2 + 2i t + 2 dt
 
z + 1 dz = (i t + 1) + 1 i dt = i
γ 0 0
5i
= − 1.
3
(ii) On paramètre le cercle unité centré en 0 par

γ : t → ei t avec t ∈ [0, 2π] .

On trouve alors
Z Z 2π Z 2π
Re z 2 dz = Re e2i t i ei t dt = i
 
cos (2 t) (cos t + i sin t) dt = 0.
γ 0 0

Exercice 10.4 Cas 1 : 0 ∈ int γ. On applique la formule intégrale de Cauchy à


f (ξ) ≡ 1, z = 0 et n = 1. On trouve que f 0 ≡ 0 et par conséquent
1
Z
2
dz = 0.
γ z

Cas 2 : 0 ∈
/ int γ. Le théorème de Cauchy nous permet de conclure immédiatement
que
1
Z
2
dz = 0.
γ z

Cas 3 : 0 ∈ γ. Dans ce dernier cas l’intégrale n’est pas bien définie.

Exercice 10.5 Cas 1 : 1 ∈ int γ. On applique la formule intégrale de Cauchy à


f (ξ) = 5 ξ 2 − 3 ξ + 2, z = 1 et n = 2. On trouve que f 00 (1) = 10. Par conséquent

5 z2 − 3 z + 2
Z
3 dz = 10 πi.
γ (z − 1)

Cas 2 : 1 ∈
/ int γ. Le théorème de Cauchy nous permet de conclure immédiatement
que
5 z2 − 3 z + 2
Z
3 dz = 0.
γ (z − 1)
146 Intégration complexe

Cas 3 : 1 ∈ γ. Dans ce dernier cas l’intégrale n’est pas bien définie.

Exercice 10.6 (i) On considère f (ξ) = e2 ξ , qui est holomorphe dans C. Donc,
par la formule intégrale de Cauchy,
Z 2ξ
f (ξ) e
Z
dξ = dξ = 2πi f (0) = 2πi.
γ ξ γ ξ

Noter qu’on pourrait essayer de calculer l’intégrale sans utiliser la formule de


Cauchy, en choisissant par exemple la paramétrisation suivante

γ (t) = 2 ei t , 0 ≤ t ≤ 2π.

Dans ce cas
2π it 2π
e2 z e4 e
Z Z Z
dz = i ei t dt = i e4 cos t e4i sin t dt
γ z 0 ei t 0

et le calcul se révèlerait difficile.


(ii) En considèrant f (ξ) = ξ 3 + 2 ξ 2 + 2, z = 2i, on trouve immédiatement,
par la formule intégrale de Cauchy,
f (z)
Z
dz = 2πi f (2i) = 16π − 12πi.
γ z − 2i

Sans utiliser la formule intégrale de Cauchy on pourrait prendre


1 it
γ (t) = 2i + e , 0 ≤ t ≤ 2π.
4
On retrouverait
 3  2
1 it 1
2π 2i + e + 2 2i + ei t + 2
z3 + 2 z2 + 2 4 4 i it
Z Z
dz = e dt
γ z − 2i 0
1 it 4
e
4
= 16π − 12πi.

(iii) Soient f (ξ) = sin 2 ξ 2 + 3 ξ + 1 et z = π. Alors, par la formule




intégrale de Cauchy,

sin 2 z 2 + 3 z + 1
Z 
dz = 2πi f (π) = 2πi sin 2π 2 + 3π + 1 .

γ z − π

Exercice 10.7 (i) Soient f (ξ) = 3 ξ 2 + 2 ξ + sin (ξ + 1) , z = 2 et n = 1. On


trouve que f 0 (ξ) = 6 ξ + 2 + cos (ξ + 1) . La formule intégrale de Cauchy donne
donc
3 ξ 2 + 2 ξ + sin (ξ + 1)
Z
2 dξ = 2πi f 0 (2) = 2πi (14 + cos 3) .
γ (ξ − 2)
Corrigés 147


(ii) On va considérer dans ce cas la fonction f (ξ) = qui est holomorphe
ξ+2
dans le domaine donné et 0 ∈ int γ. On trouve ainsi, par la formule intégrale de
Cauchy,
ez 1
Z
dz = 2πi f (0) = 2πi = πi.
γ z (z + 2) 2

2

Exercice 10.8 (i) Soit f (ξ) = 2 . Cette fonction est holomorphe dans
ξ +4
int γ alors que 1 ∈ int γ. La formule intégrale de Cauchy donne donc
2
ez
Z
2 dz = 2πi f 0 (1) .
γ (z − 1) (z 2 + 4)
On trouve 2 2
2 ξeξ ξ 2 + 4 − 2 ξ eξ

0
f (ξ) = 2
(ξ 2 + 4)
8e
et ainsi f 0 (1) = . On a par conséquent
25
2
ez 16 π e
Z
2 dz = i.
γ (z − 1) (z 2 + 4) 25

(ii) On considère dans ce cas


2

f (ξ) = 2
(ξ − 1) (ξ + 2i)

qui est holomorphe dans int γ alors que 2i ∈ int γ. Par la formule intégrale de
Cauchy, on obtient
2
ez f (z) −π e−4
Z Z
2 dz = dz = 2πi f (2i) = .
γ (z − 1) (z 2 + 4) γ (z − 2i) 2 (3 + 4i)

(iii) Dans ce dernier cas il est facile de voir que l’intégrande est holomorphe
dans int γ, et donc, par le théorème de Cauchy, on trouve
2
ez
Z
2 dz = 0.
γ (z − 1) (z 2 + 4)

2
Exercice 10.9 Tout d’abord on observe que f (z) = e−z est holomorphe dans
C, car c’est une composition de fonctions holomorphes. Comme γ est une courbe
fermée et f est holomorphe alors
Z
f (z) dz = 0.
γ
148 Intégration complexe

On paramètre les γj (cf. dessin indiqué dans l’énoncé) par

γ1 = {γ1 (t) = t, t : −a → a} γ2 = {γ2 (t) = a + i t, t : 0 → b}


γ3 = {γ3 (t) = t + i b, t : a → −a} γ4 = {γ4 (t) = −a + i t, t : b → 0} .

On obtient par conséquent


Z Z a Z Z +∞ √
−t2 2
f (z) dz = e dt ⇒ lim f (z) dz = e−t dt = π
γ1 −a a→+∞ γ1 −∞

Z Z b Z b
2 2 2
f (z) dz = i e−(a+i t) dt = i e−a e−2 a i t+t dt
γ2 0 0
2 2
ce qui implique (comme e−2 a i t+t = et )
Z
lim f (z) dz = 0.
a→+∞ γ2

Par ailleurs
Z Z a Z a
e−(t +2 i b t−b2 )
2 2
f (z) dz = − e−(t+i b) dt = − dt
γ3 −a −a
Z a
2 2
= −eb e−t (cos (2 b t) − i sin (2 b t)) dt
−a

et on a donc
Z Z +∞ Z +∞
b2 −t2 b2 2
lim f (z) dz = −e e cos (2 b t) dt + i e e−t sin (2 b t) dt.
a→+∞ γ3 −∞ −∞

Enfin on trouve
Z Z b Z b
−(−a+i t)2 −a2 2
f (z) dz = − e i dt = −e e2 a i t+t i dt
γ4 0 0

2 2
ce qui implique (comme e2 a i t+t = et )
Z
lim f (z) dz = 0.
a→+∞ γ4
Z
En résumé comme f (z) dz = 0 et, en laissant a → ∞, on obtient
γ

Z +∞ √
Z +∞
2 2 2 2
eb e−x cos (2 b x) dx = π et eb e−x sin (2 b x) dx = 0.
−∞ −∞
Corrigés 149

Exercice 10.10 Soient f = u + i v et F = U + i V. Par hypothèse

F 0 (z) = Ux + i Vx = Vy − i Uy = u + i v.

Soit γ : [a, b] → C telle que γ (t) = α (t) + i β (t) , on obtient alors


Z Z b
f (z) dz = (u + i v) · (α0 + i β 0 ) dt
γ a
Z b
= [u (α (t) , β (t)) α0 (t) − v (α (t) , β (t)) β 0 (t)] dt
a
Z b
+i [u (α (t) , β (t)) β 0 (t) + v (α (t) , β (t)) α0 (t)] dt
a

et ainsi
Z Z b Z b
0 0
f (z) dz = [Ux α + Uy β ] dt + i [Vy β 0 + Vx α0 ] dt.
γ a a

En observant que
d
[U (α (t) , β (t))] = Ux (α (t) , β (t)) α0 (t) + Uy (α (t) , β (t)) β 0 (t)
dt
d
[V (α (t) , β (t))] = Vx (α (t) , β (t)) α0 (t) + Vy (α (t) , β (t)) β 0 (t)
dt
on obtient le résultat souhaité, à savoir
Z
f (z) dz
γ
b  
d d
Z
= [U (α (t) , β (t))] + i [V (α (t) , β (t))] dt
a dt dt
= U (α (b) , β (b)) + i V (α (b) , β (b)) − [U (α (a) , β (a)) + i V (α (a) , β (a))]

et donc Z
f (z) dz = F (γ (b)) − F (γ (a)) .
γ

Si γ est une courbe fermée et donc γ (b) = γ (a) , on trouve bien


Z
f (z) dz = 0.
γ

Exercice 10.11 (i) A l’aide de l’exercice 10.10 et en considérant γ (t) = 2 + ei t ,


avec t ∈ (0, 2π) , on trouve
Z 2π
i ei t
Z
f (z) dz = dt = log (γ (2π)) − log (γ (0)) = 0.
γ 0 2 + ei t
0
(On sait que log z est holomorphe dans Re z > 0 et que (log z) = 1/z).
150 Intégration complexe

(ii) On remarque que la fonction F (z) = log z n’est pas holomorphe à


l’intérieur du deuxième disque donné, donc le résultat établi dans l’exercice
précédent ne peut s’appliquer. Par conséquent on choisit une paramétrisation,
par exemple γ (t) = ei t , avec t ∈ (0, 2π) , et on calcule l’intégrale
Z Z 2π
f ei t i ei t dt = 2πi 6= 0.
 
f (z) dz =
γ 0

Exercice 10.12 * Etape 1. On va montrer le théorème quand γ est une courbe


régulière de paramétrisation γ : [a, b] → C telle que γ (t) = α (t) + i β (t) (si γ
est seulement régulière par morceaux on procède de manière similaire). On écrit
f = u + i v et on trouve donc
Z Z b
f (z) dz = (u + i v) · (α0 + i β 0 ) dt
γ a
Z b
= [u (α (t) , β (t)) α0 (t) − v (α (t) , β (t)) β 0 (t)] dt
a
Z b
+i [u (α (t) , β (t)) β 0 (t) + v (α (t) , β (t)) α0 (t)] dt.
a

On pose ensuite

F (x, y) = (u (x, y) , −v (x, y)) et G (x, y) = (v (x, y) , u (x, y)) .

Noter que
Z Z b
F · dl = [u (α (t) , β (t)) α0 (t) − v (α (t) , β (t)) β 0 (t)] dt
γ a
Z Z b
G · dl = [v (α (t) , β (t)) α0 (t) + u (α (t) , β (t)) β 0 (t)] dt
γ a

et donc Z Z Z
f (z) dz = F · dl + i G · dl.
γ γ γ

Etape 2. On rappelle que le théorème de Green assure que si F = (F1 , F2 ) :


R2 → R2 est un champ C 1 Ω; R2 avec Ω ⊂ R2 un domaine régulier dont le


bord ∂Ω est orienté positivement, alors


ZZ  
∂F2 ∂F1
Z
F · dl = − dx dy.
∂Ω Ω ∂x ∂y

On pose Ω = int γ et on applique le théorème de Green une première fois à


F = (F1 , F2 ) = (u, −v) et une deuxième fois à G = (G1 , G2 ) = (v, u) . Noter que
comme f est holomorphe, u et v possèdent des dérivées partielles, du premier
Corrigés 151

ordre, continues. En utilisant les équations de Cauchy-Riemann (ux = vy et


uy = −vx ), on en déduit que
Z Z b
f (z) dz = [(u, −v) · (α0 , β 0 ) + i (v, u) · (α0 , β 0 )] dt
γ a
ZZ ZZ
= (−vx − uy ) dx dy + i (ux − vy ) dx dy
int γ int γ
= 0.

Exercice 10.13 * La démonstration est presque la même que celle de l’exer-


cice 10.12. On va par ailleurs supposer que toutes les courbes γ0 , γ1 , · · · , γm sont
régulières (si γj sont seulement régulières par morceaux on procède de manière
similaire).
Etape 1. Comme dans l’étape 1 et avec les mêmes notations que dans l’exer-
cice 10.12, on a pour j = 0, 1, · · · , m,
Z Z Z
f (z) dz = F · dl + i G · dl
γj γj γj

où
F (x, y) = (u (x, y) , −v (x, y)) et G (x, y) = (v (x, y) , u (x, y)) .
Etape 2. On applique alors le théorème de Green, noter que F, G ∈ C 1 O; R2 .


On a donc que
Z Z Z
f (z) dz = F · dl + i G · dl
∂O ∂O ∂O
ZZ ZZ
= (rot F ) dx dy + i (rot G) dx dy
Z ZO O
ZZ
= (−vx − uy ) dx dy + i (ux − vy ) dx dy.
O O

En utilisant les équations de Cauchy-Riemann (ux = vy et uy = −vx ), on en


déduit que
Z Z m Z
X
0= f (z) dz = f (z) dz − f (z) dz
∂O γ0 j=1 γj

ce qui est le résultat souhaité.

Exercice 10.14 * Ceci suit immédiatement de la formule intégrale de Cauchy


avec γ = ∂Br (z0 ) (paramétrée par γ (t) = z0 + r ei t ). En effet
Z 2π
f z0 + r ei t

1 f (ξ) 1
Z
f (z0 ) = dξ = i r ei t dt
2πi γ ξ − z0 2πi 0 r ei t
Z 2π
1
f z0 + r ei t dt

=
2π 0
comme affirmé.
Chapitre 11

Séries de Laurent

11.1 Définitions et résultats théoriques


Théorème 11.1 Soit D ⊂ C un domaine simplement connexe, z0 ∈ D. Soient
f : D \ {z0 } → C une fonction holomorphe, N ∈ N et
N
n
X
LN f (z) = cn (z − z0 )
n=−N
N c−1 c−N
= cN (z − z0 ) + · · · + c1 (z − z0 ) + c0 + + ··· + N
,
(z − z0 ) (z − z0 )

où

1 f (ξ)
Z
cn = n+1 dξ
2πi γ (ξ − z0 )

Z
1
(en particulier c−1 = 2πi f (ξ) dξ ) et où γ est une courbe simple fermée,
γ
régulière par morceaux, contenue dans D (z0 ∈ int γ). Soit enfin R > 0 tel que

{z ∈ C : |z − z0 | < R} ⊂ D.

Alors, ∀ z : 0 < |z − z0 | < R, limN →∞ LN f (z) = Lf (z) existe et est finie et

z0
R
D
154 Séries de Laurent

de plus

+∞ +∞ +∞
X n
X n
X c−n
Lf (z) = f (z) = cn (z − z0 ) = cn (z − z0 ) + n .
n=−∞ n=0 n=1
(z − z0 )

Conformément aux notations du théorème, nous introduisons maintenant les


définitions suivantes.

Définition 11.2 (i) L’expression Lf (z) est appelée série de Laurent de f


au voisinage de z0 .
(ii) On appelle partie régulière de la série de Laurent l’expression

+∞
n
X
cn (z − z0 )
n=0

et partie singulière (ou principale) de la série de Laurent la quantité

−1 +∞
n −n
X X
cn (z − z0 ) = c−n (z − z0 ) .
n=−∞ n=1

(iii) On dit que z0 est un point régulier pour f si la partie singulière de la


série de Laurent est zéro.
(iv) On dit que z0 est un pôle d’ordre m pour f si c−m 6= 0 et c−k = 0,
∀ k ≥ m + 1. On a alors
+∞
c−m c−1 X n
Lf (z) = m + ··· + + cn (z − z0 )
(z − z0 ) (z − z0 ) n=0
m +∞
X c−n X n
= n + cn (z − z0 ) .
n=1
(z − z0 ) n=0

(v) On dit que z0 est une singularité essentielle isolée pour f si c−k 6= 0,
pour une infinité de k. Dans ce cas
+∞ +∞
X c−n X n
Lf (z) = n + cn (z − z0 ) .
n=1
(z − z0 ) n=0

(vi) On appelle résidu de f en z0 et on note Rész0 (f ) , la valeur c−1 .


(vii) Le rayon de convergence de la série est le plus grand R > 0 tel que
{z ∈ C : |z − z0 | < R} ⊂ D.
Exemples 155

Remarque Si f : D → C est holomorphe alors le développement de Laurent


coı̈ncide avec la série de Taylor , c’est-à-dire que cn = f (n) (z0 ) /n! et

+∞ (n)
X f (z0 ) n
Lf (z) = T f (z) = (z − z0 ) .
n=0
n!

Proposition 11.3 Soit f (z) = p (z) /q (z) , où p et q sont des fonctions holo-
morphes au voisinage de z0 . Soient
- z0 un zéro d’ordre k de p, i.e. (si p (z0 ) 6= 0 on pose k = 0)

p (z0 ) = · · · = p(k−1) (z0 ) = 0, mais p(k) (z0 ) 6= 0.

- z0 un zéro d’ordre l de q, i.e. (si q (z0 ) 6= 0 on pose l = 0)

q (z0 ) = · · · = q (l−1) (z0 ) = 0, mais q (l) (z0 ) 6= 0.

(i) Si l > k alors z0 est un pôle d’ordre l−k de f.


(ii) Si l ≤ k alors z0 est un point régulier de f (où on a posé f (z0 ) =
lim [p (z) /q (z)] , cf. exemple 11.12).
z→z0

Proposition 11.4 Si z0 est un pôle d’ordre m, alors

dm−1
 
1 m
Rész0 (f ) = lim [(z − z0 ) f (z)] .
(m − 1)! z→z0 dz m−1

p (z)
Proposition 11.5 Soit f (z) = , où p et q sont des fonctions holomorphes
q (z)
au voisinage de z0 ∈ C et telles que p (z0 ) 6= 0, q (z0 ) = 0 mais q 0 (z0 ) 6= 0. Alors

p (z0 )
Rész0 (f ) = .
q 0 (z0 )

(Pour plus de détails, cf. [1] 184-186, [3] 62, [5] 155-159, [7] chapitre 10, [11]
842-844).

11.2 Exemples
Dans les exemples qui suivent on trouvera la série de Laurent pour une
fonction f donnée. On spécifiera de plus la nature des singularités, ainsi que le
rayon de convergence de la série et le résidu.
156 Séries de Laurent

Exemple 11.6 f (z) = 1/z et z0 = 0.

Discussion On a immédiatement que


1
Lf (z) = +0
z
i.e. les parties régulière et singulière sont respectivement 0 et 1/z. De plus
Rés0 (f ) = 1 et z0 = 0 est un pôle d’ordre 1. La série de Laurent converge
∀ z ∈ C \ {0} , i.e. R = ∞.

Exemple 11.7 f (z) = 1/z et z0 = 1.

Discussion Avant de répondre à la question rappelons la formule de la série


géométrique à savoir que si q ∈ C et |q| < 1 alors
+∞
1 X
= qn .
1 − q n=0

Dans notre cas on a donc


+∞
1 1 X n n
= = (−1) (z − 1)
z 1 + (z − 1) n=0

c’est-à-dire que la série de Laurent de f coı̈ncide avec la série de Taylor et z0 = 1


est un point régulier. La convergence a lieu dans |z − 1| < 1, i.e. R = 1, et le
résidu est zéro.

Exemple 11.8 f (z) = 1/z 2 et z0 = 0.

Discussion Il est facile de voir que z0 = 0 est un pôle d’ordre 2 et que


1
Lf (z) = .
z2
Le résidu est zéro et la convergence a lieu ∀ z ∈ C \ {0} , i.e. R = ∞.
1 2
Exemple 11.9 f (z) = z3 + z et z0 = 0.

Discussion On remarque que z0 = 0 est un pôle d’ordre 3, Rés0 (f ) = 2 et que


la convergence a lieu ∀ z ∈ C \ {0} , i.e. R = ∞.
1
Exemple 11.10 f (z) = z 2 +z et z0 = 0.

Discussion On écrit (à l’aide de la série géométrique)


+∞
1 1 1 1 1 X n
2
= = − = − (−1) z n = Lf (z)
z +z z (z + 1) z z+1 z n=0

pour tout z tel que 0 < |z| < 1 (i.e. R = 1). De plus Rés0 (f ) = 1 et z0 = 0 est
un pôle d’ordre 1.
Exercices 157

1
Exemple 11.11 f (z) = e z et z0 = 0.
1
Discussion En posant y = z on a

+∞ n
X y
ey =
n=0
n!

et donc
+∞ +∞
1
X 1 1 X 1 1
f (z) = e z = Lf (z) = n
= 1 + .
n=0
n! z n=1
n! z n

On voit que z0 = 0 est une singularité essentielle isolée de f, Rés0 (f ) = 1 et


que la convergence a lieu ∀ z ∈ C \ {0} , i.e. R = ∞.

Exemple 11.12 Une fonction f peut sembler avoir une singularité en z0 qui
n’en est pas une si on redéfinit proprement la fonction en z0 . On dit alors que
z0 est une singularité éliminable. Par exemple z0 = 0 est une singularité
éliminable pour f (z) = sin z/z car il suffit de poser

sin z


 si z 6= 0
f (z) = z
 1 = lim sin z

si z = 0.
z→0 z

Conclusion : z0 = 0 est un point régulier et la fonction f est holomorphe dans C.

Exemple 11.13 Montrer que toutes les singularités d’une fonction ne sont pas
nécéssairement des pôles ou des singularités essentielles isolées.

Discussion Une telle fonction est, par exemple, f (z) = tg (1/z) , en z0 = 0. On


a en effet
π
tg y = ∞ ⇔ y = yk = (2k + 1) , k ∈ Z
2
et donc
 
1 1 2
tg =∞ ⇔ z= = (→ z0 = 0, quand k → ∞) .
z yk (2k + 1) π

Donc f n’admet pas de série de Laurent en z0 = 0 car alors on devrait avoir


R = 0. Conclusion. z0 = 0 n’est pas une singularité isolée.

11.3 Exercices
Dans les exercices 11.1 à 11.13, il s’agira de trouver la série de Laurent
de f (ou en tous cas quelques-uns de ses termes) en précisant la nature de la
singularité, le résidu et le rayon de convergence.
158 Séries de Laurent

Exercice 11.1
π sin z
(i) sin z en z0 = (ii) en z0 = 0
4 z3
 
z 1
(iii) en z0 = 1 (iv) sin en z0 = 0
1 + z2 z

z2 + 2 z + 1 1
(v) en z0 = −1 (vi) 3 en z0 = 1
z+1 (1 − z)

z2 + z + 1 1
(vii) en z0 = 1 (viii) en z0 = 0
z2 − 1 sin z
1
Exercice 11.2 f (z) = 3 en z1 = 0, z2 = −2. (Ecrire au moins les 4
z (z + 2)
premiers termes).

Exercice 11.3
cos z
(i) en z0 = π (ii) z 2 e1/z en z0 = 0
(z − π)

z2
(iii) 2 en z0 = 1.
(z − 1) (z + 3)
−2
Exercice 11.4 f (z) = z 2 e(z−1) en z0 = 1.

Exercice 11.5 f (z) = z cos z1 en z0 = 0.




ez
Exercice 11.6 f (z) = (z−1)2
en z0 = 1.

z
Exercice 11.7 f (z) = 2 en z0 = 1.
(z − 1)
1
Exercice 11.8 f (z) = π
 en z0 = 1.
cos2 2 z

log (1 + z)
Exercice 11.9 f (z) = en z0 = 0.
sin (z 2 )

Exercice 11.10 f (z) = e(1/z) sin (1/z) en z0 = 0.


sin z
Exercice 11.11 f (z) = en z0 = 0.
z (ez − 1)
sin z
Exercice 11.12 f (z) = 2 en z0 = π.
(z − π)
Suggestion. Observer que sin z = − sin (z − π) , ∀ z ∈ C.
Exercices 159

sin z
Exercice 11.13 f (z) = en z0 = 0 (il suffira de calculer les deux
sin (z 2 )
premiers termes de la série de Laurent).

Exercice 11.14 Soit la fonction f (z) = log (1 + z) .


(i) Trouver le plus grand domaine de C où la fonction f est holomorphe.
(ii) Trouver son développement de Taylor en z0 = 0 et z0 = i. Donner dans
chaque cas son rayon de convergence.

sin z 2 + 1

Exercice 11.15 Soit f (z) = 2 .
(z 2 + 1)
(i) Trouver les singularités de f et déterminer la nature de ces singularités.
(ii) Calculer le résidu en ces points.
(iii) Calculer le rayon de convergence de la série de Laurent en ces points.

Exercice 11.16 Soit f (z) = log 1 + z 2 .




(i) Trouver le plus grand domaine où la fonction est holomorphe (justifier
votre réponse).
(ii) Trouver son développement de Taylor en z0 = 0 (on précisera le rayon
de convergence ainsi que les termes en z n pour n = 0, 1, 2, 3).

Exercice 11.17 (Règle de l’Hôpital) * Soient f et g deux fonctions holo-


morphes au voisinage de z0 telles que f (z0 ) = g (z0 ) = 0 mais g 0 (z0 ) 6= 0.
Montrer que
 0
f 0 (z0 )
  
f (z) f (z)
lim = lim 0
= 0 .
z→z0 g (z) z→z0 g (z) g (z0 )

Exercice 11.18 (Théorème de Liouville) * (i) Montrer que si f est holo-


morphe dans C et f est bornée, alors f est constante.
(ii) Donner un exemple d’une fonction analytique réelle de la forme
+∞
X
f (x) = an xn , ∀x ∈ R
n=0

qui soit bornée mais pas constante.


Suggestion. 1) Appliquer la remarque (suivant la définition 11.2) pour déduire
que
+∞ (n)
X f (0) n
f (z) = z , ∀ z ∈ C.
n=0
n!

2) Ecrire la formule intégrale de Cauchy pour f (n) (0) sur un cercle de rayon
R centré en 0.
160 Séries de Laurent

3) A l’aide de la question précédente montrer que



n!
Z
f (n) (0) ≤ f Rei t

dt.
2πRn 0

4) Conclure que f (n) (0) = 0, pour tout n ≥ 1.

Exercice 11.19 * Montrer la proposition 11.3.

Exercice 11.20 * Montrer la proposition 11.4.

Exercice 11.21 * Montrer la proposition 11.5.

11.4 Corrigés
Exercice 11.1 (i) Considérons f (z) = sin z, en z0 = π/4. On a que
π   √2 √
0 π 00 π 000 π 2
   
f =f = et f =f =− .
4 4 2 4 4 2
On obtient donc √ +∞
2 X αn  π n
f (z) = z−
2 n=0 n! 4

avec α4n = α4n+1 = −α4n+2 = −α4n+3 = 1. On trouve donc que z0 = π/4 est
un point régulier et que Résπ/4 (f ) = 0. De plus, la série converge vers f (z) ,
∀ z ∈ C.
sin z
(ii) Soit f (z) = 3 , en z0 = 0. On sait que
z
+∞ n
X (−1)
sin z = z 2n+1
n=0
(2n + 1)!

par conséquent
+∞ n +∞ n
sin z X (−1) 2n−2 −2
X (−1)
= z = z + z 2(n−1)
z3 n=0
(2n + 1)! n=1
(2n + 1)!
+∞ n+1
1 X (−1)
= 2
+ z 2n .
z n=0
(2n + 3)!

Donc z0 = 0 est un pôle d’ordre 2, Rés0 (f ) = 0 et la série converge ∀ z 6= 0.


z
(iii) Soit f (z) = , en z0 = 1. Comme la fonction h (z) = z est
1 + z2
1
holomorphe dans C et que la fonction g (z) = est holomorphe sauf en
1 + z2
z± = ±i on déduit immédiatement que z0 = 1 est un point régulier et donc la
Corrigés 161

série de Laurent est en fait une série de Taylor, par conséquent Rés0 (f ) = 0.
Par ailleurs par le théorème 11.1 on a que la série converge pour autant que

|z − 1| < min {|i − 1| , |i + 1|} = 2.

On pourrait donc trouver le développement de Taylor en calculant f (n) (1) ; il


s’agit là d’un calcul fastidieux et nous proposons un calcul plus rapide qui utilise
la série géométrique appliquée à g. On commence d’abord par écrire

−1
 
1 1 1
g (z) = = +
1 + z2 2i i − z i+z
−1
 
1 1
= +
2i (i − 1) − (z − 1) (i + 1) + (z − 1)
ou encore " #
−1 1 1 1 1
g (z) = · + · .
2i i − 1 1 − z−1
i−1
i + 1 1 + z−1
i+1

On pose alors une fois q = (z − 1) / (i − 1) et une autre fois q = − (z − 1) / (i + 1)


dans la formule de la série géométrique et on obtient
+∞ +∞
" #
n
−1 1 X 1 n 1 X (−1) n
g (z) = (z − 1) + (z − 1)
2i i − 1 n=0 (i − 1)n i + 1 n=0 (i + 1)n
+∞
!
n
−1 X 1 (−1) n
= + n+1 (z − 1)
2i n=0 (i − 1)n+1 (i + 1)

et donc
+∞
" #
n
X (−1) 1 1 n
g (z) = n+1 − n+1 (z − 1) .
n=0
2i (1 − i) (1 + i)
Posons pour simplifier
h πi
sin (n + 1)
" #
n
(−1) 1 1 n 4 ;
cn = n+1 − n+1 = (−1) n+1
2i (1 − i) (1 + i) 2 2

la deuxième expression étant obtenue en se rappelant que


√ π √ π
1 − i = 2 e−i 4 et 1 + i = 2 ei 4 .

On revient maintenant à l’étude de f. On a


+∞ +∞ +∞
n n+1 n
X X X
f (z) = (z − 1 + 1) cn (z − 1) = cn (z − 1) + cn (z − 1)
n=0 n=0 n=0
+∞ +∞
m n
X X
= cm−1 (z − 1) + c0 + cn (z − 1)
m=1 n=1
162 Séries de Laurent

et finalement
+∞
n
X
f (z) = c0 + (cn−1 + cn ) (z − 1) .
n=1

(iv) Soit f (z) = sin (1/z) , en z0 = 0. On développe sin y en série de Taylor


et on pose y = 1/z pour obtenir

+∞ n   X+∞ n
X (−1) 1 (−1) 1
sin y = y 2n+1 ⇒ sin = 2n+1
.
n=0
(2n + 1)! z n=0
(2n + 1)! z

On trouve alors que z0 = 0 est une singularité essentielle isolée et le résidu


Rés0 (f ) = 1. De plus la convergence a lieu ∀ z 6= 0.

(v) On observe que


2
z2 + 2 z + 1 (z + 1)
f (z) = = =z+1
z+1 z+1

et donc, contrairement aux apparences, z0 = −1 est un point régulier (autrement


dit c’est une singularité éliminable) et par conséquent son résidu Rés−1 (f ) = 0.
Son développement de Taylor en z0 = −1 est donc trivialement z + 1. De plus
la convergence a lieu ∀ z.
(vi) On a tout de suite que

1 −1
f (z) = 3 = 3
(1 − z) (z − 1)

est la série de Laurent en z0 = 1 et donc 1 est un pôle d’ordre 3, Rés1 (f ) = 0.


La convergence a lieu si |z − 1| > 0 (i.e. ∀ z 6= 1).
(vii) Considérons

z2 + z + 1 1 3
f (z) = =1− +
z2 − 1 2 (z + 1) 2 (z − 1)

en z0 = 1. La seule autre singularité de f est en z = −1, et par conséquent la


convergence a lieu pour autant que 0 < |z − 1| < 2. Pour trouver la série de
Laurent on utilise à nouveau la série géométrique (où on a posé q = − (z − 1) /2
et donc |q| < 1 ⇔ |z − 1| < 2) pour écrire

+∞ n
z−1

1 1 1 1 1 X n
= = = (−1)
z+1 2 + (z − 1) 2 1 + z−1
2
2 n=0 2
+∞ n
X (−1) n
= n+1
(z − 1) .
n=0
2
Corrigés 163

On obtient ainsi
+∞ n
3 1 1 X (−1) n
f (z) = +1− n+1
(z − 1)
2 z−1 2 n=0 2
+∞ n
3 1 3 X (−1) n
= + + (z − 1) .
2 z − 1 4 n=1 2n+2

3
On a alors que z0 = 1, est un pôle d’ordre 1 et que Rés1 (f ) = .
2
1
(viii) Soit f (z) = , en z0 = 0. On écrit
sin z
1 z
f (z) = .
z sin z
On remarque que g (z) = z/ sin z est holomorphe en z0 = 0 (qui est donc une
singularité éliminable pour g). On peut donc calculer sa série de Taylor dont
voici les premiers termes

1 7
g (0) = 1, g 0 (0) = 0, g 00 (0) = , g 000 (0) = 0, g (iv) (0) = .
3 15
En revenant à f on a
1 z 7 z3
f (z) = + + + ···
z 6 360
Donc z0 = 0 est un pôle d’ordre 1 et Rés0 (f ) = 1. La convergence a lieu si
0 < |z| < π (car les autres singularités de f sont en kπ, k ∈ Z).

Exercice 11.2 Cas 1 : z1 = 0. On écrit, en développant en série de Taylor la


−3
fonction (1 + z/2) ,

1 1
3 = 3
z (z + 2) 8 z (1 + z/2)

et ainsi
1
3
z (z + 2)
  z  (−3) (−4)  z 2 (−3) (−4) (−5)  z 3 
1
= 1 + (−3) + + + ···
8z 2 2! 2 3! 2
1 3 3 5 2
= − + z− z + ···
8z 16 16 32
Donc z1 = 0 est un pôle d’ordre 1, Rés0 (f ) = 1/8 et la série converge pour
0 < |z| < 2.
164 Séries de Laurent

Cas 2 : z2 = −2. Cette fois-ci on pose z + 2 = u (et on utilise la formule de


la série géométrique) de façon que

1 1 1
3 = 3
= 3
z (z + 2) (u − 2) u −2 u (1 − u/2)
 
1 u  u 2  u 3
=− 3 1+ + + + ···
2u 2 2 2

et ainsi

X un +∞
1 1 1 1
3 = − 2 u3 − 4 u2 − 8 u − 2n+4
z (z + 2) n=0
+∞ n
1 1 1 X (z + 2)
=− 3 − 2 − − .
2 (z + 2) 4 (z + 2) 8 (z + 2) n=0 2n+4

Par conséquent, z2 = −2 est un pôle d’ordre 3, Rés−2 (f ) = −1/8 et la série


converge pour 0 < |z + 2| < 2.

cos z
Exercice 11.3 (i) Soit f (z) = , z0 = π. Observer tout d’abord que
z−π
cos z = − cos (z − π) . Par ailleurs, le développement de cos z en série de Taylor
donne
+∞ n
X (−1) 2n
cos z = − cos (z − π) = − (z − π)
n=0
(2n)!

ce qui implique
+∞ n
cos z X (−1) 2n−1
f (z) = =− (z − π)
(z − π) n=0
(2n)!
+∞ m
−1 X (−1) 2m+1
= + (z − π) .
(z − π) m=0 (2m + 2)!

Par conséquent z0 = π est un pôle d’ordre 1, le rayon de convergence est infini


(c’est-à-dire qu’on a convergence ∀ z 6= π) et Résπ (f ) = −1.
(ii) Soit z 2 e1/z , z0 = 0. On trouve immédiatement que
 
2 z1 2 1 1 1 1
z e =z 1+ + + · · · = z2 + z + + + ···
z 2! z 2 2 3! z
+∞
1 X 1/ (n + 2)!
= z2 + z + +
2 n=1 zn

c’est-à-dire z0 = 0 est une singularité essentielle isolée, Rés0 (f ) = 1/3! et on a


convergence ∀ z 6= 0.
Corrigés 165

z2
(iii) Soit f (z) = (z−1)2 (z+3)
, z0 = 1. On pose

z2
g (z) =
(z + 3)
et on observe que g est une fonction holomorphe au voisinage de z0 = 1. Comme
g (1) = 1/4, g 0 (1) = 7/16, g 00 (1) = 9/32 et g 000 (1) = −27/128
on trouve donc que les premiers termes de la série de Taylor de g sont
1 7 9 2 9 3
g (z) = + (z − 1) + (z − 1) − (z − 1) + · · ·
4 16 64 256
et par conséquent
g (z) 1 7 9 9
f (z) = 2 = 2 + + − (z − 1) + · · ·
(z − 1) 4 (z − 1) 16 (z − 1) 64 256

On a donc que z0 = 1 est un pôle d’ordre 2, Rés1 (f ) = 7/16 et la convergence


a lieu pour 0 < |z − 1| < 4.

Exercice 11.4 On utilise le développement de Taylor de ey et on remplace y


−2
par (z − 1) , on a ainsi
+∞ +∞
−2 X 1 2
X 1
f (z) = z 2 e(z−1) = z2 2n = ((z − 1) + 1) 2n
n=0 n! (z − 1) n=0 n! (z − 1)
+∞
!
X 1 2 1
= 2n−2 + 2n−1 + 2n .
n=0 n! (z − 1) n! (z − 1) n! (z − 1)

On peut alors écrire


" #
2 1 1
f (z) = (z − 1) + 1 + 2 + 4 + ···
2 (z − 1) 3! (z − 1)
" #
2 2
+ 2 (z − 1) + + + ···
(z − 1) 2! (z − 1)3
" #
1 1
+ 1+ 2 + 4 + ···
(z − 1) 2 (z − 1)
et donc
2 2 3 1
f (z) = (z − 1) + 2 (z − 1) + 2 + + + 3 + ··· .
(z − 1) 2 (z − 1)2 (z − 1)
On obtient finalement
+∞
!
2
X n+2 1 2 1
f (z) = (z − 1) + 2 (z − 1) + 2 + + .
n=1
(n + 1)! (z − 1)2n n! (z − 1)2n−1
166 Séries de Laurent

On peut en déduire que 1 est une singularité essentielle isolée, Rés1 (f ) = 2 et


la convergence a lieu pour 0 < |z − 1| (i.e. ∀ z 6= 1).

Exercice 11.5 Du développement en série de Taylor de la fonction cos y, on


peut écrire, après avoir posé y = 1/z,
  +∞ n +∞ n
1 X (−1) 1 X (−1) 1
z cos =z 2n
= z + 2n−1
.
z n=0
(2n)! z n=1
(2n)! z

On s’aperçoit que 0 est une singularité essentielle isolée, Rés0 (f ) = −1/2 et que
la convergence a lieu ∀ z 6= 0.

Exercice 11.6 On trouve que (en utilisant le développement de Taylor de ey


avec y = z − 1)
+∞ n +∞ n−2
ez ez−1+1 e X (z − 1) X (z − 1)
2 = 2 = 2 = e
(z − 1) (z − 1) (z − 1) n=0 n! n=0
n!
+∞ m
e e X (z − 1)
= 2 + +e
(z − 1) (z − 1) m=0
(m + 2)!

donc z0 = 1 est un pôle d’ordre 2, Rés1 (f ) = e et la convergence a lieu pour


tout z 6= 1.

Exercice 11.7 La fonction g (z) = z = e(1/2) log z est holomorphe dans C\R− ,
où
R− = {z ∈ C : Re z ≤ 0 et Im z = 0} .
Par ailleurs
1 −1/2 1
g 0 (z) = z , g 00 (z) = − z −3/2 ,
2 4
3 −5/2 15
g 000 (z) =
z , g (iv) (z) = − z −7/2 , · · ·
8 16
ou encore pour n = 2, 3, 4, · · ·
2n−1 n+1 1 × 3 × 5 × · · · × (2n − 3)
g (n) (z) = cn z − 2 , où cn = (−1)
2n
et donc, au voisinage de 1 on a
+∞
1 X cn n
g (z) = 1 + (z − 1) + (z − 1) .
2 n=2
n!

On déduit alors
√ +∞
z 1 1 X cn n−2
2 = 2 + + (z − 1)
(z − 1) (z − 1) 2 (z − 1) n=2 n!
+∞
1 1 X ck+2 k
= 2 + + (z − 1)
(z − 1) 2 (z − 1) (k + 2)!
k=0
Corrigés 167

donc z0 = 1 est un pôle d’ordre 2, son résidu est 1/2 et la série de Laurent
converge dans 0 < |z − 1| < 1.

Exercice 11.8 On écrit


2 2
1 (z − 1) (z − 1)
f (z) = 2 et g (z) = .
(z − 1) cos2 π2 z cos2 π2 z


En utilisant la règle de l’Hôpital on obtient


" # " #!2 2
2
(z − 1) (z − 1)

1 4
g (1) = lim  = lim = = .
z→1 cos2 π z z→1 cos π z − π2 sin π2 π2

2 2
(11.1)
Par conséquent z0 = 1 est un pôle d’ordre 2 et de plus
" #
2
d (z − 1)
Rés1 (f ) = lim
z→1 dz cos2 π z

2
2
" #
2 (z − 1) cos2 π2 z + π (z − 1) cos π2 z sin π2 z
 
= lim
cos4 π2 z

z→1
" # " #
2 cos π2 z + π (z − 1) sin π2 z

(z − 1)
= lim  lim .
z→1 cos π z cos2 π2 z

z→1
2

La première limite vaut −2/π par (11.1) alors que la deuxième à l’aide de la
règle de l’Hôpital donne 0, on trouve ainsi

Rés1 (f ) = 0.

Par conséquent, la série de Laurent de f est


+∞
4 X n
2 + αn (z − 1) .
π2 (z − 1) n=0

On remarque aussi que les autres singularités de f se trouvent en cos π2 z = 0,




c’est à dire quand z = 2k + 1, k ∈ Z. La convergence a donc lieu quand 0 <


|z − 1| < 2.

Exercice 11.9 On écrit


log (1 + z) p (z)
f (z) = =
sin (z 2 ) q (z)

avec p (z) , q (z) holomorphes en z0 = 0. On a que z0 = 0 est un pôle d’ordre 1


pour f. En effet 0 est un zéro d’ordre 1 de p (car p (0) = 0 et p0 (0) = 1 6= 0)
alors que 0 est un zéro d’ordre 2 de q (car q (0) = q 0 (0) = 0 mais q 00 (0) = 2 6= 0).
168 Séries de Laurent

On déduit donc que la fonction g (z) = z f (z) est holomorphe en z0 = 0, par


conséquent grâce à la règle de l’Hôpital
z 
log (1 + z) + 1+z

g (0) = lim [g (z)] = lim
z→0 z→0 2 z cos (z 2 )
et donc
   
log (1 + z) 1
g (0) = lim + lim
z→0 2 z cos (z 2 ) z→0 2 (1 + z) cos (z 2 )
 
1 log (1 + z) 1
= lim + =1
2 z→0 z 2
(la première limite étant obtenue par une nouvelle application de la règle de
l’Hôpital). Le résidu de f en z0 = 0 est alors 1 car
+∞
g (z) 1 X g (n) (0) n 1 g 00 (0)
f (z) = = z = + g 0 (0) + z + ···
z z n=0 n! z 2!

La convergence a lieu quand 0 < |z| < 1 (car la singularité la plus proche de
log (1 +√z) se trouve quand 1 + z = 0 alors que le zéro le plus proche de sin z 2
est en π).

Exercice 11.10 Il est facile de voir que


    
1 1 1 1 1 1 1 1
f (z) = e z sin = 1+ + 2
+ · · · − 3
+ · · · = + 2 +···
z z 2! z z 3! z z z
Donc z0 = 0 est une singularité essentielle isolée pour f, son résidu est 1 et son
rayon de convergence infini.

Exercice 11.11 Tout d’abord on observe que (par la règle de l’Hôpital ou en


écrivant le développement de Taylor de sin z et de ez − 1)
 
sin z h cos z i
lim z = lim = 1.
z→0 e − 1 z→0 ez
Par conséquent on obtient
sin z 1
f (z) = = + ··· .
z (ez − 1) z
Donc z0 = 0 est un pôle d’ordre 1, le résidu est 1 et la série de Laurent converge
pour autant que 0 < |z| < 2π (ez − 1 6= 0 ⇔ z 6= 2nπi).

Exercice 11.12 Comme sin z = − sin (z − π) , on peut écrire


+∞ n
X (−1) 2n+1
sin z = − sin (z − π) = − (z − π)
n=0
(2n + 1)!
+∞ n+1
X (−1) 2n+1
= (z − π) .
n=0
(2n + 1)!
Corrigés 169

On a alors
+∞ n+1
sin z X (−1) 2n−1
f (z) = 2 = (z − π)
(z − π) n=0
(2n + 1)!
+∞ n+1
−1 X (−1) 2n−1
= + (z − π)
(z − π) n=1 (2n + 1)!

On déduit ainsi que z0 = π est un pôle d’ordre 1, le rayon de convergence est


infini (c’est-à-dire qu’on a convergence ∀ z 6= π) et Résπ (f ) = −1.

Exercice 11.13 On pose

sin z p (z)
f (z) = 2
= .
sin (z ) q (z)

On voit immédiatement que p (z) et q (z) sont holomorphes en z0 = 0. On a


que z0 = 0 est un pôle d’ordre 1 pour f (z) . En effet 0 est un zéro d’ordre 1 de
p (car p (0) = 0 et p0 (0) = 1 6= 0) alors que 0 est un zéro d’ordre 2 de q (car
q (0) = q 0 (0) = 0 mais q 00 (0) = 2 6= 0). Il suffit donc d’écrire

1 z sin z 1
f (z) = 2
= g (z)
z sin (z ) z

où g est holomorphe en z = 0 (i.e. g (z) = g (0) + g 0 (0) z + · · · ) et ainsi


+∞ (n+2) +∞
g (0) 0
X g (0) n+1 g (0) X g (n+1) (0) n
f (z) = + g (0) + z = + z
z n=0
(n + 2)! z n=0
(n + 1)!

Il nous faut donc calculer g (0) . On utilise la règle de l’Hôpital et on obtient


ainsi
z2
     
z sin z sin z
g (0) = lim = lim lim =1
z→0 sin (z 2 ) z→0 sin (z 2 ) z→0 z
Un calcul un peu plus difficile, utilisant un développement limité (ce qui est
équivalent mais plus rapide à appliquer que la règle de l’Hôpital plusieurs fois),
donnerait g 0 (0) = 0. On a donc obtenu
+∞
1 X g (n+1) (0) n
f (z) = + z
z n=0 (n + 1)!

et donc Rés0 (f ) = 1. De plus


( √
2
 2 kπ si k ≥ 0
sin z =0 ⇔ z = kπ ⇔ z= p
i |k| π si k < 0.

et ainsi la série de Laurent converge quand 0 < |z| < π.
170 Séries de Laurent

Exercice 11.14 (i) La fonction w → log w est holomorphe dans

C \ {w ∈ C : Im w = 0, Re w ≤ 0} .

Si w = 1 + z, on trouve donc que le domaine d’holomorphie de f est

D = C \ {z ∈ C : Im z = 0, Re z ≤ −1} .

(ii) f (z) = log (1 + z) , alors

1 −1 2
f 0 (z) = , f 00 (z) = 2 , f 000 (z) = 3 .
1+z (1 + z) (1 + z)

Plus généralement on a

n+1 (n − 1)!
f (n) (z) = (−1) n .
(1 + z)

Alors, en z0 = 0 et z0 = i, on a respectivement
n+1
f (0) = 0 et f (n) (0) = (−1) (n − 1)! , ∀ n ≥ 1

n+1 (n − 1)!
f (i) = log (1 + i) et f (n) (i) = (−1) n , ∀ n ≥ 1.
(1 + i)
Par conséquent, si z0 = 0, on obtient
+∞
X n+1 zn
f (z) = log (1 + z) = (−1)
n=1
n

et le rayon de convergence est R = 1 (i.e. la série converge vers la fonction pour


|z| < 1). Si, par ailleurs, z0 = i, on déduit

+∞ n
X n+1 (z − i)
f (z) = log (1 + z) = log (1 + i) + (−1) n
n=1
n (1 + i)

et
√ le rayon de convergence est R = 2 (i.e. la convergence a lieu pour |z − i| <
2).

Exercice 11.15 (i) z = ±i sont clairement les seules singularités de f et ce


sont des pôles d’ordre 1. En effet

sin z 2 + 1

1 1
f (z) = · 2 = g (z) · 2
(z 2 + 1) (z + 1) (z + 1)

et g (z) est holomorphe (les singularités ±i de g sont éliminables).


Corrigés 171

(ii) La règle de l’Hôpital nous permet d’écrire


" #
sin z 2 + 1

1
Rési (f ) = lim (z − i) ·
z→i (z 2 + 1) (z + i) (z − i)
" # " #
sin z 2 + 1 2 z cos z 2 + 1

1 1 1
= lim = lim =
2i z→i (z 2 + 1) 2i z→i 2z 2i
" # " #
sin z 2 + 1 sin z 2 + 1

1 1 1
Rés−i (f ) = lim · =− lim =− .
z→−i (z 2 + 1) (z − i) 2i z→−i (z 2 + 1) 2i

(iii) Le rayon de convergence est dans les deux cas 2, i.e. on a convergence
quand, respectivement, 0 < |z − i| < 2 et 0 < |z + i| < 2.

Exercice 11.16 (i) Tout d’abord on remarque que z → 1 + z 2 est holomorphe


dans C. La fonction w → log w est holomorphe dans

C \ {w ∈ C : Im w = 0, Re w ≤ 0} .

Si w = 1 + z 2 , on trouve

w = 1 + x2 − y 2 + 2 i x y


et (
Im w = 0 ⇔ xy = 0 ⇔ x = 0 ou y = 0
Re w ≤ 0 ⇔ 1 + x2 ≤ y 2 .

Il est facile de voir que y = 0 n’est pas admissible, alors que si x = 0 on a y 2 ≥ 1.


En résumant, le domaine d’holomorphie de f est

D = C \ {z ∈ C : Re z = 0, |Im z| ≥ 1} .

(ii) On a que f (0) = 0 et

2z
f 0 (z) = ⇒ f 0 (0) = 0
1 + z2

2 − 2 z2
f 00 (z) = 2 ⇒ f 00 (0) = 2
(1 + z 2 )
z 2 − 2 z2
f 000 (z) = −4 2 − 4z 3 ⇒ f 000 (0) = 0
(1 + z2) (1 + z2)
et par conséquent
f (z) = log 1 + z 2 = z 2 + · · ·


Le rayon de convergence est 1, i.e. la série de Taylor converge vers la fonction


si |z| < 1.
172 Séries de Laurent

Exercice 11.17 * Comme f est holomorphe au voisinage de z0 , on a, comme


z0 est un zéro de f,

f 00 (z0 ) 2
f (z) = f (z0 ) + f 0 (z0 ) (z − z0 ) + (z − z0 ) + · · ·
2!
+∞ (n)
" #
0
X f (z0 ) n−1
= (z − z0 ) f (z0 ) + (z − z0 )
n=2
n!
= (z − z0 ) f 0 (z0 ) + (z − z0 ) F (z)

où
+∞ (n)
X f (z0 ) n−1
F (z) = (z − z0 ) .
n=2
n!

De même on obtient
+∞ (n)
" #
X g (z0 )
0 n−1
g (z) = (z − z0 ) g (z0 ) + (z − z0 )
n=2
n!
= (z − z0 ) g 0 (z0 ) + (z − z0 ) G (z) .

où
+∞ (n)
X g (z0 ) n−1
G (z) = (z − z0 ) .
n=2
n!

Donc, comme F (z0 ) = G (z0 ) = 0 et g 0 (z0 ) 6= 0, on en déduit que


 0
f 0 (z0 )
  
f (z) f (z0 ) + F (z)
lim = lim = .
z→z0 g (z) z→z0 g 0 (z0 ) + G (z) g 0 (z0 )

Exercice 11.18 * (i) Comme f est holomorphe en tout point du plan complexe,
on a
+∞ (n)
X f (0) n
f (z) = z , ∀ z ∈ C.
n=0
n!

Par la formule intégrale de Cauchy on a

n! f (z)
Z
f (n) (0) = dz.
2πi γ z n+1

Si γ (t) = R ei t on a
2π 2π
f R ei t

n! n!
Z Z
(n)
i R ei t dt = e−int f R ei t dt

f (0) = n+1
2πi 0 (R ei t ) 2πRn 0

2π 2π
n! n!
Z Z
f (n) (0) ≤ e−int f R ei t f (R ei t ) dt.

dt =
2πRn 0 2πRn 0
Corrigés 173

Comme f est bornée, disons |f (z)| ≤ M, on a

M n! 2π
f (n) (0) ≤ ·
2π Rn
et si R → ∞ on déduit
f (n) (0) = 0, ∀ n ≥ 1.
On a bien obtenu que f est constante car
+∞ (n)
X f (0) n
f (z) = z = f (0) , ∀ z.
n=0
n!

(ii) La fonction
+∞
X n x2n+1
f (x) = sin x = (−1)
n=0
(2n + 1)!

est bornée sur R mais pas constante.

Exercice 11.19 * Comme z0 est un zéro d’ordre k de p et l de q, on peut écrire


k l
p (z) = (z − z0 ) P (z) et q (z) = (z − z0 ) Q (z)

où P et Q sont holomorphes et P (z0 ) , Q (z0 ) 6= 0. On a donc que


k−l
f (z) = (z − z0 ) F (z)

où F (z) = P (z) /Q (z) est holomorphe en z0 et F (z0 ) 6= 0.


(i) Si l > k, alors
l−k
f (z) (z − z0 ) = F (z)
qui est holomorphe et ne s’annule pas en z0 , par conséquent, z0 est un pôle
d’ordre l − k de f.
k−l
(ii) Si k ≥ l, alors z → (z − z0 ) et F sont holomorphes en z0 et donc z0
est un point régulier de f.

Exercice 11.20 * Par définition d’un pôle d’ordre m, on a que


+∞
n
X
f (z) = cn (z − z0 ) avec c−m 6= 0
n=−m

et par conséquent la fonction F définie par


+∞ +∞
m n+m k
X X
F (z) = (z − z0 ) f (z) = cn (z − z0 ) = ck−m (z − z0 )
n=−m k=0
174 Séries de Laurent

est holomorphe. On a donc


+∞
m−1 k
X
F (z) = c−1 (z − z0 ) + ck−m (z − z0 )
k=0,k6=m−1

et ainsi (comme, par définition Rész0 (f ) = c−1 )

dm−1
[F (z)] = (m − 1)! c−1 = (m − 1)! Rész0 (f )
dz m−1 z=z0

ce qui est le résultat souhaité.

Exercice 11.21 * Par la proposition 11.3, z0 est un pôle d’ordre 1 de f. Par


la proposition 11.4, le résidu est donné par
" # " #
p (z) p (z) p (z0 )
Resz0 (f ) = lim [(z − z0 ) f (z)] = lim q(z) = lim q(z)−q(z ) = 0 .
z→z0 z→z0 z→z0 0 q (z0 )
z−z0 z−z0
Chapitre 12

Théorème des résidus et


applications

12.1 Partie I : Théorème des résidus


12.1.1 Définitions et résultats théoriques
Théorème 12.1 (Théorème des résidus) Soient D ⊂ C un domaine sim-
plement connexe, γ une courbe simple fermée et régulière par morceaux contenue
dans D. Soient z1 , · · · , zm ∈ int γ (zj 6= zk , si j 6= k) et f : D\{z1 , · · · , zm } → C
une fonction holomorphe, alors

Z m
X
f (z) dz = 2πi Részk (f )
γ k=1

où Részk (f ) est le résidu de la fonction f au point zk .

γ
z2

zm
z1

(Pour plus de détails, cf. [1] 150-151, [3] 64-65, [5] 201-202, [7] chapitre 11, [11]
865-866).
176 Théorème des résidus et applications

12.1.2 Exemples
Exemple 12.2 Soit D comme dans le théorème précédent. Si f est holomorphe
dans D, par le théorème de Cauchy, on peut en déduire que
Z
f (z) dz = 0.
γ

Exemple 12.3 Z Soient D et γ comme dans le théorème précédent et f (z) =


1/z. Calculer f (z) dz.
γ

Discussion Cas 1 : 0 ∈ int γ. On a


Z
Rés0 (f ) = 1 ⇒ f (z) dz = 2πi.
γ

Cas 2 : 0 ∈
/ int γ. Le théorème de Cauchy implique
Z
f (z) dz = 0.
γ

Cas 3 : 0 ∈ γ. Dans ce dernier cas l’intégrale n’est pas bien définie.


Exemple 12.4 Soient D et γ comme dans le théorème précédent et
2 3 1
f (z) = + + .
z z − 1 z2
Z
Calculer f (z) dz.
γ

Discussion On remarque tout d’abord que les singularités de f sont en z = 0


et z = 1. Il est facile de voir que Rés0 (f ) = 2 et Rés1 (f ) = 3. On va distinguer
les cas suivants :
Cas 1 : 0, 1 ∈ int γ. On trouve alors que
Z
f (z) dz = 2πi (2 + 3) = 10πi.
γ

Cas 2 : 0 ∈ int γ et 1 ∈
/ int γ. Dans ce cas nous avons
Z
f (z) dz = 4πi.
γ

Cas 3 : 1 ∈ int γ et 0 ∈
/ int γ. On obtient
Z
f (z) dz = 6πi.
γ

Cas 4 : 0, 1 ∈
/ int γ. On a
Z
f (z) dz = 0.
γ

Cas 5 : 0 ∈ γ ou 1 ∈ γ. Dans ce dernier cas l’intégrale n’est pas bien définie.


Partie II : calcul d’intégrales réelles 177

12.2 Partie II : Applications au calcul des


intégrales réelles
Application 1 Calcul des intégrales de la forme
Z 2π
f (cos θ, sin θ) dθ
0

P (x, y)
où f : R2 → R est telle que f (x, y) = et où P et Q sont des polynômes
Q (x, y)
avec Q (cos θ, sin θ) 6= 0, ∀ θ.
Discussion On pose z = ei θ . On a alors

ei θ + e−i θ ei θ − e−i θ
   
1 1 1 1
cos θ = = z+ et sin θ = = z− .
2 2 z 2i 2i z
1 dz
Noter qu’on a aussi dθ = . Par conséquent, si γ dénote le cercle unité et si
i z
on pose     
1 1 1 1 1
fe(z) = f z+ , z− ,
iz 2 z 2i z
on déduit du théorème des résidus que
Z Z 2π Z 2π m
X  
fe ei θ i ei θ dθ =
 
fe(z) dz = f (cos θ, sin θ) dθ = 2πi Részk fe
γ 0 0 k=1

où zk sont les singularités de fe à l’intérieur du cercle unité γ.

−1 1 x

(Pour plus de détails, cf. [1] 155, [3] 65-66, [5] 203-205, [7] chapitre 11, [11]
868-869).
178 Théorème des résidus et applications



Z
Exemple 12.5 Calculer .
0 2 + cos θ
1
Discussion f (cos θ, sin θ) = et, en posant z = ei θ ,
2 + cos θ
2 2
fe(z) = = √  √ .
i (z 2 + 4 z + 1) i z+2+ 3 z+2− 3
√  √
Les singularités de fe sont z1 = − 2 + 3 , z2 = 3 − 2, mais seulement z2 ,
qui est un pôle d’ordre 1, se trouve à l’intérieur du cercle unité. On obtient
" √  #
  2 z + 2 − 3 1
Rés√3−2 fe = lim √ √  √  = √
z→ 3−2 i z + 2 + 3 z+2− 3 i 3

et ainsi

dθ 1 2π
Z
= 2πi √ = √ .
0 2 + cos θ i 3 3

Application 2 Calcul des intégrales de la forme


Z +∞
R (x) ei a x dx
−∞

P (x)
avec a ≥ 0, R (x) = , où P et Q sont des polynômes tels que
Q (x)
(i) Q (x) 6= 0, ∀ x ∈ R,
(ii) deg Q − deg P ≥ 2 (deg dénotant le degré des polynômes).
Sous ces hypothèses l’intégrale ci-dessus existe et on a
Z +∞ m
X  
R (x) ei a x dx = 2πi Részk R
e ,
−∞ k=1

e (z) = R (z) ei a z appartenant au demi-plan


où zk sont les singularités de R
supérieur (i.e. Im z ≥ 0).
Remarque Le résultat ci-dessus s’applique au calcul des transformées de Fou-
rier, lorsque R est donné sous forme de quotient de polynômes, satisfaisant aux
conditions (i) et (ii). On trouve
m
+∞ √ X
b (−a) = √1
Z  
R R (x) ei a x dx = i 2π Részk R
e .
2π −∞ k=1

(Pour plus de détails, cf. [1] 156, [3] 69-71, [5] 208-212, [7] chapitre 11, [11]
873-877).
Partie II : calcul d’intégrales réelles 179

+∞
x2
Z
Exemple 12.6 Calculer dx.
−∞ 16 + x4

Discussion On divise la discussion en deux parties (la première s’applique au


cas général alors que la deuxième s’applique à l’exemple).
Etape 1. Soir r > 0 et Γr = Cr ∪ Lr où

Cr = {z ∈ C : |z| = r et Im z ≥ 0}

Lr = {z ∈ C : −r < Re z < r et Im z = 0} .
On choisit r suffisamment grand pour que toutes les singularités de R situées

Cr

−r Lr r x

dans le demi plan supérieur soient dans l’intérieur de Γr (noter que, comme
Q (x) 6= 0, ∀ x ∈ R, la fonction R n’a aucune singularité sur l’axe réel). Le
théorème des résidus s’applique et on trouve
Z m
X  
R (z) ei a z dz = 2πi Részk R
e ,
Γr k=1

e (z) = R (z) ei a z à l’intérieur de Γr . Par ailleurs


où zk sont les singularités de R
les hypothèses (i) et (ii) impliquent que
Z Z Z +∞
lim R (z) ei a z dz = 0 et lim R (z) ei a z dz = R (x) ei a x dx.
r→∞ Cr r→∞ Lr −∞

De la combinaison de ces résultats on obtient bien


Z +∞ m
X  
R (x) ei a x dx = 2πi Részk R
e .
−∞ k=1

Etape 2. Si on revient à l’exemple (ici a = 0), on notera que les hypothèses


(i) et (ii) sont satisfaites. On va chercher maintenant les zéros (complexes) de
Q. On trouve
π
16 + z 4 = 0 ⇔ z 4 = 16 ei(π+2nπ) ⇔ z = 2 ei(2n+1) 4 , n = 0, 1, 2, 3,
180 Théorème des résidus et applications

i.e. π √ √ 3π √ √
z1 = 2 ei 4 = 2+i 2 z2 = 2 ei 4 =− 2+i 2
5π √ √ 7π √ √
z3 = 2 ei 4 =− 2−i 2 z4 = 2 ei 4 = 2−i 2.
z2
Ce sont des pôles simples de R (z) = . Seuls z1 et z2 appartiennent au
16 + z 4
demi-plan supérieur, par conséquent
Z +∞
x2
4
dx = 2πi (Rész1 (R) + Rész2 (R)) .
−∞ 16 + x

On va maintenant calculer les deux résidus, à l’aide de la proposition 11.5, on a

z12 1 1 1+i
Rész1 (R) = 3 = = √ = √
4 z1 4 z1 4 (1 + i) 2 8i 2
2
z 1 1 1−i
Rész2 (R) = 23 = = √ = √
4 z2 4 z2 4 (−1 + i) 2 8i 2

et donc
+∞

x2 π 2
Z
dx = 2πi (Rész1 (R) + Rész2 (R)) = .
−∞ 16 + x4 4

(L’exemple aurait aussi pu être traité par un calcul direct sans l’aide du théorème
des résidus.)

12.3 Exercices
Exercice 12.1 Soit γ ⊂ C une courbe simple fermée et régulière par morceaux.
Calculer en fonction de γ Z
1
e z2 dz.
γ

Exercice 12.2 Soit γ une courbe simple fermée régulière par morceaux. Dis-
cuter en fonction de γ la valeur des intégrales suivantes
1
Z
(i) 2 dz,
γ (z − i) (z + 2) (z − 4)
Z 2
z + 2z + 1
(ii) 3 dz,
γ (z − 3)
Z 1
ez
(iii) 2
dz.
γ z

Exercice 12.3 Calculer


+∞
dx
Z
.
−∞ cosh x
Exercices 181

−R 0 R

Suggestion. (i) Soient R > 0 et γR le bord du rectangle (−R, R) × (0, π) (voir


figure). Calculer, à l’aide du théorème des résidus,
dz
Z
.
γR cosh z
Z π
dy
(ii) En supposant que lim = 0, conclure.
L→±∞ 0 cosh (L + i y)

Exercice 12.4 Soit γ une courbe simple fermée et régulière par morceaux. Cal-
culer en fonction de γ
1 − eiπ z
Z
2 dz.
γ z (z + i) (z − 1)

Exercice 12.5 Soit γ une courbe simple fermée régulière contenue dans le
disque centré en z = 0 et de rayon 2. Calculer
Z
tg z dz.
γ



Z
Exercice 12.6 Calculer √ .
0 5 − sin θ

cos θ sin (2 θ)
Z
Exercice 12.7 Calculer dθ.
0 5 + 3 cos (2 θ)

cos2 θ
Z
Exercice 12.8 Calculer dθ.
0 13 − 5 cos (2 θ)

sin2 (5 θ/2)
Z
Exercice 12.9 Calculer dθ.
0 sin2 (θ/2)

Exercice 12.10 (i) Soit n ∈ N et soit la fonction


2n
z 2n + 1

(z − 1)
h (z) = .
z 2n+1
Quelle est la nature du point z = 0 (point régulier, pôle et de quel ordre, singu-
larité essentielle) ? Montrer que Rés0 (h) = 2.
182 Théorème des résidus et applications

(ii) Evaluer, à l’aide du théorème des résidus et de la première question,


l’intégrale
Z 2π
n
(1 − cos θ) cos (n θ) dθ.
0

Exercice 12.11 Soit p ∈ (0, 1) . Calculer




Z
.
0 1 − 2 p cos θ + p2

Exercice 12.12 (i) Soit z = r ei θ , montrer que

1 + z 6 ≥ r6 − 1 .

(ii) Soit Cr le demi cercle centré en 0, de rayon r > 1 et situé dans le demi
plan supérieur. Montrer, à l’aide de la question précédente, que

z2
Z
lim 6
dz = 0.
r→∞ Cr 1 + z

(iii) Calculer
+∞
x2
Z
dx.
−∞ 1 + x6

Exercice 12.13 (i) Soient θ ∈ [0, π] , r > 0 et z = r ei θ . Montrer que ei z ≤ 1.


(ii) Soit z = r ei θ ∈ C. Montrer que

r4 − 16 ≤ 16 + z 4 .

(iii) A l’aide des deux questions précédentes, montrer que si θ ∈ [0, π] , r > 2
et z = r ei θ alors
ei z 1
4
≤ 4 .
16 + z r − 16
(iv) Soit Cr le demi cercle centré en 0, de rayon r > 2 et situé dans le demi
plan supérieur. Déduire de la question précédente que

ei z
Z
lim 4
dz = 0.
r→∞ Cr 16 + z

(v) A l’aide de la quatrième question, calculer


+∞ +∞
cos x sin x
Z Z
dx et dx.
−∞ 16 + x4 −∞ 16 + x4

Exercice 12.14 * Montrer, à l’aide du théorème de Cauchy (cf. exercice 10.13),


le théorème des résidus,
Corrigés 183

12.4 Corrigés
Exercice 12.1 Cas 1 : 0 ∈ int γ. On a
+∞  n X +∞
1 X 1 1 1 1
e z2 = 2
= + 1.
n=0
n! z n=1
n! z 2n

On déduit donc que Rés0 (f ) = 0 et donc


Z
f (z) dz = 0.
γ

(Noter que la fonction n’est pas holomorphe à l’intérieur de γ).


Z
Cas 2 : 0 ∈
/ int γ. Le théorème de Cauchy implique f (z) dz = 0.
γ
Cas 3 : 0 ∈ γ. Dans ce dernier cas l’intégrale n’est pas bien définie.
1
Exercice 12.2 (i) Soit f (z) = 2 . On commence par cal-
(z − i) (z + 2) (z − 4)
culer les résidus en i, 4 et −2 qui sont des pôles d’ordre 1 pour les deux premiers
et d’ordre 2 pour le troisième.
1
Rési (f ) = lim [(z − i) f (z)] = 2
z→i (i + 2) (i − 4)
1
Rés4 (f ) = lim [(z − 4) f (z)] =
z→4 36 (4 − i)
 
d h 2
i d 1
Rés−2 (f ) = lim (z + 2) f (z) = lim
z→−2 dz z→−2 dz (z − i) (z − 4)
!
−2 z + 4 + i 8+i
= lim 2 2 = 2 .
z→−2 (z − i) (z − 4) 36 (i + 2)
On distingue ensuite différents cas.
Cas 1 : i, −2, 4 ∈
/ int γ. Alors par le théorème de Cauchy on déduit que
Z
f (z) dz = 0.
γ

Cas 2 : Un des points i, −2, 4 appartient à int γ.


Cas 2.a : i ∈ int γ mais −2, 4 ∈
/ int γ, alors
2πi
Z
f (z) dz = 2πi Rési (f ) = 2 .
γ (i + 2) (i − 4)
Cas 2.b : −2 ∈ int γ mais i, 4 ∈
/ int γ, et donc
πi (8 + i)
Z
f (z) dz = 2πi Rés−2 (f ) = 2 .
γ 18 (i + 2)
184 Théorème des résidus et applications

Cas 2.c : 4 ∈ int γ mais i, −2 ∈


/ int γ, ainsi
πi
Z
f (z) dz = 2πi Rés4 (f ) = .
γ 18 (4 − i)

Cas 3 : Deux des points i, −2, 4 appartiennent à int γ.


Cas 3.a : i, −2 ∈ int γ mais 4 ∈/ int γ, alors
 
2πi 1 8+i
Z
f (z) dz = 2πi (Rési (f ) + Rés−2 (f )) = 2 + .
γ (i + 2) i−4 36

Cas 3.b : i, 4 ∈ int γ mais −2 ∈


/ int γ, par conséquent
!
2πi 1 1
Z
f (z) dz = 2πi (Rési (f ) + Rés4 (f )) =
(i − 4) 2 − 36 .
γ (i + 2)

Cas 3.c : −2, 4 ∈ int γ mais i ∈


/ int γ, on obtient
!
πi 8+i 1
Z
f (z) dz = 2πi (Rés−2 (f ) + Rés4 (f )) =
18 2 − (i − 4) .
γ (i + 2)

Cas 4 : i, −2, 4 ∈ int γ, on a alors


Z
f (z) dz = 2πi (Rési (f ) + Rés−2 (f ) + Rés4 (f ))
γ
!
1 8+i 1
= 2πi 2 + 2 − 36 (i − 4) = 0.
(i − 4) (i + 2) 36 (i + 2)

Cas 5 : i ∈ γ ou −2 ∈ γ ou 4 ∈ γ, l’intégrale n’est alors pas définie.


z2 + 2 z + 1
(ii) Soit f (z) = 3 . Tout d’abord on observe que z = 3 est un
(z − 3)
pôle d’ordre 3 et que
 2 
1 d 2

Rés3 (f ) = lim z + 2 z + 1 = 1.
2 z→3 dz 2

On distingue ensuite trois cas.


Cas 1 : 3 ∈
/ int γ. Le théorème de Cauchy nous donne
Z
f (z) dz = 0
γ

Cas 2 : 3 ∈ int γ. Le théorème des résidus conduit à


Z
f (z) dz = 2πi Rés3 (f ) = 2πi.
γ
Corrigés 185

Cas 3 : 3 ∈ γ. L’intégrale n’est alors pas bien définie.


e(1/z)
(iii) Soit f (z) = . On a que
z2
+∞ +∞
e(1/z) 1 X 1 1 X 1 1
f (z) = = = ,
z2 z 2 n=0 n! z n n=0
n! z n+2

donc 0 est une singularité essentielle isolée et

Rés0 (f ) = 0

Cas 1 : 0 ∈
/ int γ. Par le théorème de Cauchy on déduit
Z
f (z) dz = 0
γ

Cas 2 : 0 ∈ int γ. On trouve, par le théorème des résidus, que


Z
f (z) dz = 2πi Rés0 (f ) = 0.
γ

Cas 3 : 0 ∈ γ. L’intégrale n’est pas bien définie.


−1
Exercice 12.3 (i) Les singularités de f (z) = (cosh z) sont quand cosh z = 0,
i.e. quand

i (2k + 1) π
ez + e−z = 0 ⇔ e2 z = −1 ⇔ z= .
2
La seule singularité de f à l’intérieur de γR est donc i π/2 et c’est un pôle
d’ordre 1. Le résidu est alors
z − i π2
 
1 1
Rési π2 (f ) = limπ = π
=
z→i 2 cosh z sinh i 2 i

et par conséquent Z
f (z) dz = 2πi Rési π2 (f ) = 2π.
γR

(ii) On va maintenant calculer l’intégrale sur chaque segment du rectangle.


On a en effet que
Z X 4 Z
f (z) dz = f (z) dz,
γR j=1 γj

où
γ1 = {x : x : −R → R} , γ2 = {R + i y : y : 0 → π} ,
γ3 = {x + iπ : x : R → −R} , γ4 = {−R + i y : y : π → 0} .
186 Théorème des résidus et applications

On obtient ainsi
Z R R
dz dx dz dx
Z Z Z
= et =−
γ1 cosh z −R cosh x γ3 cosh z −R cosh (x + iπ)
Comme
1  x+iπ  1
+ e−(x+iπ) = − ex + e−x = − cosh x

cosh (x + iπ) = e
2 2
on déduit que
R
dz dx
Z Z
=2 .
γ1 ∪γ3 cosh z −R cosh x
Par ailleurs, quand R → +∞, on a
Z π
dz i dy
Z
= →0
γ2 cosh z 0 cosh (R + i y)
Z π
dz i dy
Z
=− → 0.
γ4 cosh z 0 cosh (−R + i y)
On a ainsi démontré que
+∞ +∞
dx dx
Z Z Z
lim f (z) dz = 2 = 2π ⇒ = π.
R→∞ γR −∞ cosh x −∞ cosh x

Exercice 12.4 Les singularités possibles de


1 − eiπ z
f (z) = 2
z (z + i) (z − 1)
sont z = 0, z = −i, et z = 1. Or, en utilisant la règle de L’Hôpital, on obtient
" #
1 − eiπ z −iπ
 
1
lim [f (z)] = lim · lim = = −π
z→0 z→0 z z→0 (z + i) (z − 1)2 i

on trouve donc que 0 est un point régulier (i.e. une singularité éliminable). Par
ailleurs z = −i est clairement un pôle d’ordre 1 alors que z = 1 est un pôle
d’ordre 2. On trouve donc
" #
1 − eiπ z 1 − eπ
Rés−i (f ) = lim = .
z→−i z (z − 1)2 2

d 1 − eiπ z
 
Rés1 (f ) = lim
z→1 dz z (z + i)
" #
−iπ eiπ z (z (z + i)) − 1 − eiπ z (2 z + i)

= lim 2
z→1 z 2 (z + i)
iπ (1 + i) − 2 (2 + i) π−2 π+4
= = +i .
2i 2 2
Corrigés 187

On distingue alors différents cas.


Cas 1 : 1, −i ∈
/ int γ. On trouve grâce au théorème de Cauchy
Z
f (z) dz = 0
γ

Cas 2 : 1 ∈ int γ mais −i ∈


/ int γ. On obtient, du théorème des résidus, que
Z
f (z) dz = 2πi Rés1 (f ) = −π (π + 4) + iπ (π − 2) .
γ

Cas 3 : −i ∈ int γ mais 1 ∈ / int γ. On infère, du théorème des résidus, que


Z
f (z) dz = 2πi Rés−i (f ) = iπ (1 − eπ ) .
γ

Cas 4 : 1, −i ∈ int γ. On déduit, du théorème des résidus, que


Z
f (z) dz = 2πi (Rés1 (f ) + Rés−i (f )) = −π (π + 4) + iπ (π − 1 − eπ ) .
γ

Cas 5 : 1 ∈ γ ou −i ∈ γ. L’intégrale n’est pas bien définie.

Exercice 12.5 Les seules singularités de f (z) = tg z à l’intérieur du disque


donné sont z = ±π/2. Ce sont clairement des pôles d’ordre 1. On a donc à
l’aide de la proposition 11.5
sin π2 sin − π2
 
Rés π2 (f ) =  = −1 et Rés− π2 (f ) =  = −1.
− sin π2 − sin − π2
π
Cas 1 : ± ∈ int γ. On a donc
2
Z

tg z dz = 2πi Rés π2 (f ) + Rés− π2 (f ) = −4πi.
γ

π π
Cas 2 : ∈ int γ, − ∈ / int γ. On trouve ainsi
2 2
Z
tg z dz = 2πi Rés π2 (f ) = −2πi.
γ

π π
Cas 3 : − ∈ int γ, ∈ / int γ. On infère que
2 2
Z
tg z dz = 2πi Rés− π2 (f ) = −2πi
γ

π
Cas 4 : ± ∈
/ int γ. On déduit du théorème de Cauchy que
2
Z
tg z dz = 0
γ
188 Théorème des résidus et applications

π π
Cas 5 : ∈ γ ou − ∈ γ. L’intégrale n’est pas bien définie.
2 2
1
Exercice 12.6 On a f (cos θ, sin θ) = √ et, en posant z = ei θ ,
5 − sin θ
1 2
fe(z) = √ = √
iz 5− z−1/z −z 2 + 2i z 5 + 1
2i
−2
= √  √  .
z−i 5+2 z−i 5−2
√  √ 
Les singularités de fe(z) sont z1 = i 5 + 2 , z2 = i 5 − 2 , mais seulement
z2 , qui est un pôle d’ordre 1, se trouve à l’intérieur du cercle unité. On obtient
" #
  −2 1
Rési(√5−2) f =
e lim
√ √  =
z→i( 5−2) z − i 5+2 2i

et par conséquent


Z  
√ = 2πi Rési(√5−2) fe = π.
0 5 − sin θ

Exercice 12.7 On pose z = ei θ et on trouve


1
ei θ + e−i θ z+ z z2 + 1
cos θ = = =
2 2 2z
e2i θ + e−2i θ z4 + 1 e2i θ − e−2i θ z4 − 1
cos (2 θ) = = et sin (2 θ) = = .
2 2 z2 2i 2i z 2
−1
Puis on définit pour f (cos θ, sin θ) = cos θ sin (2 θ) (5 + 3 cos (2 θ))
2
 4 
− z + 1 z − 1
    
1 1 1 1 1
fe(z) = f z+ , z− = .
iz 2 z 2i z 6 z 2 (z 2 + 3) z 2 + 31

On trouve alors que les seules singularités à l’intérieur du cercle unité sont 0 qui
est un pôle d’ordre 2 et ± √i3 qui sont des pôles d’ordre 1. Leurs résidus sont
donc 
2
 4  
  − z + 1 z − 1 i
Rés √i fe = limi    = √
3 z→ √3 6 z 2 (z 2 + 3) z + √i 6 3
3
  
2 4

  − z + 1 z − 1 i
Rés √
−i fe = lim−i    = − √
3 z→ √3 6 z 2 (z 2 + 3) z − √3i 6 3

d z6 + z4 − z2 − 1
 
  1
Rés0 fe = − lim = 0.
2 z→0 dz 3 z 4 + 10 z 2 + 3
Corrigés 189

On trouve ainsi que si γ est le cercle unité, alors


Z 2π
cos θ sin (2 θ)
Z
dθ = fe(z) dz
0 5 + 3 cos (2 θ) γ
h      i
= 2πi Rés √i fe + Rés √ −i fe + Rés0 fe = 0.
3 3

Ce résultat aurait pu être déduit immédiatement par raison de symétrie.

Exercice 12.8 Posons z = ei θ et déduisons que

ei θ + e−i θ e2i θ + e−2i θ


   
1 1 1 1
cos θ = = z+ et cos (2 θ) = = z2 + 2 .
2 2 z 2 2 z
−1
Par ailleurs on définit pour f (cos θ, sin θ) = (13 − 5 cos (2 θ)) cos2 θ
2
− z2 + 1
    
1 1 1 1 1
fe(z) = f z+ , z− =  .
iz 2 z 2i z 2 2
1
10 i z (z − 5) z −
5
1 √
Les singularités de fe sont z = 0, ± √ et ± 5, et ce sont des pôles d’ordre 1,
5
seules les trois premières sont à l’intérieur du cercle unité γ. Les résidus corres-
pondants sont
  h i −1
Rés0 fe = lim z fe(z) =
z→0 10 i
  
  1 3
Rés1/√5 fe = lim√ z−√ fe(z) =
z→1/ 5 5 40 i
  
  1 3
Rés−1/√5 fe = lim √ z+√ fe(z) =
z→−1/ 5 5 40 i
On trouve alors que
Z 2π
cos2 θ
Z
dθ = fe(z) dz
0 13 − 5 cos (2 θ) γ
h      i
= 2πi Rés0 fe + Rés1/√5 fe + Rés−1/√5 fe
π
= .
10

Exercice 12.9 On commence par noter que


5θ 5 θ 2
− e−i 2

 !2 ei 2

!2

ei 5 θ − 1 e−i 2

sin 2
 2i 
θ
=
 ei θ2
 =
−i θ2  θ

sin 2 −e (ei θ − 1) e−i 2
2i
190 Théorème des résidus et applications

et donc, si on pose z = ei θ , on obtient


 !2  2 2
sin 52θ z5 − 1 z4 + z3 + z2 + z + 1
= = .
sin θ2 (z − 1) z 2 z4


En posant
2
z4 + z3 + z2 + z + 1
fe(z) =
i z5
on trouve que z = 0 est la seule singularité de fe et que c’est un pôle d’ordre 5.
Son résidu est donné par
"
4 3 2
2 #
4 z + z + z + z + 1
  1 d 5
Rés0 fe = lim = .
4! z→0 dz 4 i i

On a finalement, si γ est le cercle unité, que


 !2
sin 52θ
Z 2π Z 2π Z  
e ei θ i ei θ dθ =

dθ = f f
e(z) dz = 2πi Rés0 fe
sin θ2

0 0 γ

= 10 π.

Remarque. On peut montrer de manière analogue que


 !2
sin n2θ
Z 2π
dθ = 2 n π,
sin θ2

0

 
après avoir calculé que Rés0 fe = n/i, cf. exercice 11.7 dans [7].

Exercice 12.10 (i) On commence par écrire


2n
2n k 2n k
X
2n 2n
= z 2n − z 2n−1 + · · · −
 
(z − 1) 1 2n−1 z+1= (−1) k z
k=0

et on trouve ainsi
2n 2n
2n  X k k 2n k
X
2n
z 2n + 1 = z k+2n +

(z − 1) (−1) k (−1) k z
k=0 k=0
2n 2n−1
k k 2n k
X X
2n
z k+2n + 2 z 2n +

= (−1) k (−1) k z
k=1 k=0

et par conséquent
2n 2n 2n−1
X (−1)k 2n
z 2n + 1
 
(z − 1) X k 2n 2
z k−1 + k

h (z) = = (−1) k + .
z 2n+1 z z 2n+1−k
k=1 k=0
Corrigés 191

On voit donc que z = 0 est un pôle d’ordre 2n + 1 de h et que son résidu est 2.
(ii) On pose, comme à l’accoutumée, z = ei θ et on trouve
1 1
z+ 2 zn + 2n
cos θ = z = z +1 et cos (n θ) = zn = z + 1
2 2z 2 2 zn
et ainsi
n
z2 + 1 z 2n + 1

n
(1 − cos θ) cos (n θ) = 1−
2z 2 zn
n 2n
z 2n + 1

(−1) (z − 1)
= .
2n+1 z 2n
Posons
n 2n
z 2n + 1

(−1) (z − 1)
fe(z) =
i 2n+1 z 2n+1
et observons que
n
(−1)
fe(z) = n+1 h (z)
i2
par conséquent
  (−1)n
Rés0 fe(z) = .
i 2n
Si γ est le cercle unité on a donc
Z 2π Z   (−1)n π
n
(1 − cos θ) cos (n θ) dθ = fe(z) dz = 2πi Rés0 fe(z) = .
0 γ 2n−1
 
iθ 1 1
Exercice 12.11 On pose z = e de façon que cos θ = z+ . On a
2 z
1 −z
f (z) =   = .
1 (p z − 1) (z − p)
1−p z+ + p2
z
Soit
−1
fe(z) =
i (p z − 1) (z − p)
et γ le cercle unité. La fonction fe a des singularités (en fait des pôles d’ordre 1)
1
en z = p et z = . Comme p < 1 seul z = p est à l’intérieur de γ. Son résidu
p
est alors
− (z − p) −1
   
Résp fe = lim =
z→p i (p z − 1) (z − p) i (p2 − 1)
et par conséquent
Z 2π
dθ 2π
Z  
= fe(z) dz = 2πi Résp fe = .
0 1 − 2 p cos θ + p2 γ 1 − p2
192 Théorème des résidus et applications

Exercice 12.12 (i) Par l’inégalité du triangle on a, si z = r ei θ ,

z 6 + 1 ≥ z 6 − 1 = r6 − 1 .

(ii) On écrit si r > 1


π
2
z2 r ei θ
Z Z
dz = 6 i r ei θ dθ
Cr 1 + z6 0 1 + (r ei θ )
π
r3 π r3
Z
≤ dθ = → 0 si r → ∞.
0 r6 − 1 r6 − 1
(iii) Soient r > 1 et γr = Cr ∪ Lr où Cr est défini dans la deuxième question
et Lr est le segment de droite [−r, r] sur l’axe réel. Les singularités de f (z) =
z2
sont les zéros de 1 + z 6 . Or
1 + z6
iπ(2n+1)
1 + z6 = 0 ⇔ z 6 = −1 = ei(π+2nπ) ⇔ zn = e 6 , n = 0, · · · , 5.

Seuls z0 , z1 et z2 sont à l’intérieur de γr et ce sont des pôles d’ordre 1. On a donc


que leurs résidus sont donnés à l’aide de la proposition 11.5 (poser p (z) = z 2 et
q (z) = 1 + z 6 ce qui implique q 0 (z) = 6 z 5 ) par
 2  n+1
z 1 1 − i(2n+1)π (−1)
Részn = = e 2 = i, n = 0, 1, 2.
1 + z6 6 zn3 6 6
Le théorème des résidus nous permet donc d’écrire
2
π
Z Z Z X
f (z) dz = f (z) dz + f (z) dz = 2πi Részn (f ) = .
γr Cr Lr n=0
3

Comme
r +∞
x2 x2
Z Z Z
f (z) dz = dx → dx quand r → ∞
Lr −r 1 + x6 −∞ 1 + x6
Z
f (z) dz → 0 quand r → ∞ ,
Cr

(cf. la deuxième question) on déduit que


Z +∞
x2 π
Z
6
dx = lim f (z) dz = .
−∞ 1 + x r→∞ 3
γr

Exercice 12.13 (i) Soit z = r ei θ = r cos θ + i r sin θ, on obtient alors

ei z = ei r cos θ−r sin θ = e−r sin θ ≤ 1


Corrigés 193

car r sin θ ≥ 0 (r > 0 et θ ∈ [0, π]) .


(ii) Par l’inégalité du triangle on a

16 + z 4 ≥ z 4 − 16 = r4 − 16.

(iii) En combinant les deux premières questions on déduit, si r > 2, que

ei z 1
≤ 4 .
16 + z 4 r − 16

ei z
(iv) Soit f (z) = , alors si r → ∞ on obtient
16 + z 4
Z Z π
f rei θ i r ei θ dθ

f (z) dz =
Cr 0
Z π Z π
r
f rei θ r dθ ≤ 4

≤ dθ → 0.
0 r − 16 0
(v) Soit r > 2 et γr = Cr ∪ Lr où Cr est comme dans (iv) et Lr est le
segment de droite [−r, r] sur l’axe réel. On cherche ensuite les singularités de f,
elles sont données par
iπ(2k+1)
z 4 +16 = 0 ⇔ z 4 = −16 = 16 ei(π+2kπ) ⇔ zk = 2 e 4 , k = 0, 1, 2, 3.

Ce sont clairement des pôles d’ordre 1 et les seules qui soient à l’intérieur de γr
sont z0 et z1 . Leurs résidus sont calculés à l’aide de la proposition 11.5 (poser
p (z) = ei z et q (z) = 16 + z 4 ce qui implique q 0 (z) = 4 z 3 )
√ √
ei z 0 ei 2(1+i) e 2(−1+i)
Rész0 (f ) = 3 = √ 3 = √
4 z0 4 2 (1 + i)

16 2 (1 + i) i
√ √
ei z 1 ei 2(−1+i) e 2(−1−i)
Rész1 (f ) = = √ = √
4 z13 4 2 (−1 + i)
 3
16 2 (1 − i) i

et ainsi
√ √ √ √ √ !
e− 2 cos 2 + i sin 2 cos 2 − i sin 2
Rész0 (f ) + Rész1 (f ) = √ +
16 i 2 1+i 1−i

e− 2  √ √ 
= √ cos 2 + sin 2 .
16 i 2
On a donc par le théorème des résidus
ei z ei z ei z
Z Z Z
4
dz = 4
dz + 4
dz
γr 16 + z Cr 16 + z Lr 16 + z

e− 2  √ √ 
= 2πi (Rész0 (f ) + Rész1 (f )) = π √ cos 2 + sin 2 .
8 2
194 Théorème des résidus et applications

Comme
r +∞ +∞
ei x cos x sin x
Z Z Z Z
lim f (z) dz = lim dx = dx+i dx
r→∞ Lr r→∞ −r 16 + x4 −∞ 16 + x4 −∞ 16 + x4

on a que l’identité précédente combinée au résultat de la quatrième question


nous permet d’écrire

Z +∞
cos x e− 2  √ √  Z +∞
sin x
dx = π √ cos 2 + sin 2 et dx = 0.
−∞ 16 + x4 8 2 −∞ 16 + x4

Exercice 12.14 * Comme z1 , · · · , zm ∈ int γ ⊂ D et int γ est ouvert on peut


trouver  > 0 suffisamment petit tel que

B (zk ) ⊂ int γ et B (zk ) ∩ B (zj ) = ∅, j, k = 1, · · · , m, j 6= k

où on a noté
B (zk ) = {z ∈ C : |z − zk | ≤ } .
On applique alors le théorème de Cauchy (sous la version donnée dans l’exer-
cice 10.13) à
m
[
O = (int γ) \ B (zk ) .
k=1

On trouve, en notant γk = ∂B (zk ) , que


Z m Z
X
f (z) dz = f (z) dz.
γ k=1 γk

Comme, par définition du résidu et grâce au théorème 11.1, on a


1
Z
Részk (f ) = f (z) dz
2πi γk

on obtient immédiatement le théorème.


Chapitre 13

Applications conformes

13.1 Définitions et résultats théoriques


Définition 13.1 Soient D ⊂ C un ouvert on dit que f : D → f (D) = D∗ ⊂ C
est une application conforme de D sur D∗ si
(i) f est bijective de D sur D∗
(ii) f est holomorphe dans D
(iii) f 0 (z) 6= 0, ∀ z ∈ D.

Remarque La définition d’application conforme que nous adoptons ici n’est


pas la définition usuelle (cf. [1] 67-76, [3] 20-22, [5] 427-434, [11] 882-886), mais
elle est équivalente. Toutefois, dans [5] page 432 et dans [7] chapitre 12 on trouve
la même définition et on montre (page 429 dans [5] et exercice 11.3 dans [7])
que (i) et (ii) ⇒ (iii).

Définition 13.2 (Transformation de Moebius) Une transformation de


Moebius est une application

az + b
z → f (z) =
cz + d

où a, b, c, d ∈ C.

Proposition 13.3 Soient a d − b c 6= 0 et


az + b
f (z) = .
cz + d
(i) Si c 6= 0,

D = C \ {−d/c} et D∗ = C \ {a/c} ,
196 Applications conformes

alors la transformation de Moebius est une application conforme de D sur D∗ .


(ii) Si c = 0 (⇒ d 6= 0), alors f est conforme de C sur C.

Remarque Du point de vue géométrique, la transformation de Moebius peut


être vue comme une combinaison de dilatations, rotations et de translations.

Proposition 13.4 Toute transformation de Moebius transforme des cercles et


des droites en des cercles et des droites.

(Pour plus de détails, cf. [1] 76-89, [3] 8, [5] 436-459, [7] chapitre 12, [11] 887-896).

Théorème 13.5 (Théorème de Riemann) Soit Ω 6= C un domaine simple-


ment connexe. Alors il existe une application conforme de Ω sur D, le disque
unité. De plus si on fixe l’image d’un point z0 ∈ Ω, par exemple f (z0 ) = 0 et
f 0 (z0 ) > 0 (c’est à dire Re f 0 (z0 ) > 0 et Im f 0 (z0 ) = 0), alors un tel f est
unique.
v
y
f
D

−1 1 u
x

(Pour plus de détails, cf. [1] 229-249, [5] 485-504, [7] chapitre 12).

13.2 Exemples
Exemple 13.6 La fonction f (z) = z est manifestement conforme de C dans C.

Exemple 13.7 f (z) = z n’est pas une application conforme.

Discussion Il suffit d’observer que f (z) = z n’est pas une fonction holomorphe.

Exemple 13.8 (i) Soient zj , wj ∈ C, j = 1, 2, 3, avec zj 6= zk , wj = 6 wk ,


si j 6= k. Trouver une transformation de Moebius f telle que f (zj ) = wj ,
j = 1, 2, 3 (i.e. les transformations de Moebius sont caractérisées par la donnée
de 3 points différents et de leurs images différentes).
(ii) Trouver une transformation de Moebius de

Ω = {z ∈ C : Re z > 0}

sur D = {z ∈ C : |z| < 1} .


Exemples 197

Discussion (i) Si f (zj ) = wj , j = 1, 2, 3, alors nécessairement


f (z) − w1 w3 − w2 z − z1 z3 − z2
· = · . (13.1)
w1 − w2 f (z) − w3 z1 − z2 z − z3
Posons
z3 − z2 w3 − w2
α= et β= ;
z1 − z2 w1 − w2
on déduit alors de (13.1) que
β [f (z) − w1 ] (z − z3 ) = α [f (z) − w3 ] (z − z1 )
ce qui implique
f (z) [(β − α) z − β z3 + α z1 ] = β w1 (z − z3 ) − α w3 (z − z1 )
i.e.
(β w1 − α w3 ) z + (α w3 z1 − β w1 z3 )
f (z) = .
(β − α) z + α z1 − β z3
Il suffit alors de poser
a = β w1 − α w3 b = α w3 z1 − β w1 z3

c=β−α d = α z1 − β z3 .
(ii) On cherche une application de la forme
az + b
f (z) = .
cz + d
On utilise la première partie et on choisit, par exemple, les points z1 = i,
z2 = −i, z3 = 0 qui appartiennent tous à Re z = 0 et on leur associe trois points
sur |w| = 1 arbitraires, par exemple i, −i et 1. On a
ai + b

 f (i) = i =
ci + d
 
 2 b = −2 c


 
−a i + b

f (−i) = −i = ⇒ 2ai = 2bi
 −c i + d 
b = d.
 
 f (0) = 1 = b



d
On trouve alors a = b = −c = d et donc
z+1
f (z) = .
1−z
Il reste encore à savoir si f a envoyé Ω sur D ou sur l’extérieur de D. On
prend alors un point appartenant à Ω, par exemple z = 1, et on trouve que
f (z) = ∞ ∈ / D. Alors l’application requise, disons g, n’est rien d’autre que
l’inverse de celle obtenue (car l’application h (ζ) = ζ −1 envoie l’intérieur du
disque unité sur l’extérieur et réciproquement), i.e.
1−z
g (z) = .
z+1
198 Applications conformes

13.3 Exercices
Exercice 13.1 Soit z = x + i y et
1
f (z) = .
z
(i) Trouver u = Re (f ) et v = Im (f ) en fonction de x et y.
(ii) Trouver x et y en fonction de u et v (c’est-à-dire trouver la fonction
inverse de f ).
(iii) Soient

(a) A1 = {z ∈ C : Re (z) = Im (z)} (b) A2 = {z ∈ C : Re (z) = 1}

(c) A3 = {z ∈ C : |z − 1| = 1} (d) A4 = {z ∈ C : |z − 1| = 2}

Trouver l’image par f de ces ensembles (dire ce que représentent géométriquement


Aj et f (Aj ) .
(iv) Montrer plus généralement que la transformation z → 1/z envoie des
cercles ou des droites sur des cercles et des droites (ce qui n’est rien d’autre que
la proposition 13.4 quand f (z) = z −1 ).

Exercice 13.2 Trouver une transformation de Moebius qui


(i) envoie 0 → −1, 1 + i → 1, 1 − i → −1 + 2i;
(ii) envoie le disque unité sur l’extérieur du disque ouvert de rayon 2.

Exercice 13.3 Trouver une transformation de Moebius qui envoie

Ω = {z ∈ C : Im z > 0}

sur
D = {z ∈ C : |z| < 1} .

Exercice 13.4 (i) Trouver une transformation de Moebius qui envoie

Ω = {z ∈ C : |z − 2 (i + 1)| > 2}

sur
D = {z ∈ C : |z| < 1} .
(ii) Trouver son inverse.

Exercice 13.5 (i) Montrer la proposition 13.3. En particulier montrer que

−d w + b
f −1 (w) = .
cw − a
(ii) Qu’arrive-t-il à une transformation de Moebius si a d = b c ?
Exercices 199

Exercice 13.6 Soit la transformation de Joukowski donnée par

1
f (z) = z + .
z

(i) Calculer Re f et Im f.
(ii) Calculer l’image par f du cercle |z| = a, a > 0.

Exercice 13.7 (i) Montrer que la fonction f (z) = ez est conforme de

A = {z ∈ C : 0 < Im z < π}

sur
Ω = {w ∈ C : Im w > 0}

(ii) En utilisant l’exercice 13.3 et la question précédente, trouver une appli-


cation conforme de A sur le disque unité D.

Exercice 13.8 (i) Montrer que si u est harmonique (i.e. u ∈ C ∞ R2 avec




∆u = 0), alors il existe g : C → C holomorphe telle que Re g = u.


(ii) En utilisant la première question, prouver que si u est harmonique et
si f : R2 → R2 est conforme, alors u ◦ f est harmonique (où il est entendu
que f : R2 → R2 , f (x, y) = (α, β) est conforme si fe(x + i y) = α + i β est
conforme). (On pourra comparer ce résultat à celui de l’exercice 9.10.)

Exercice 13.9 Soient

Ω = (x, y) ∈ R2 : x, y > 0


O = (x, y) ∈ R2 : y > 0


D = (x, y) ∈ R2 : x2 + y 2 < 1 .


(i) Montrer que l’application

z−i
h (z) =
z+i

est conforme de O sur D. Trouver les parties réelle et imaginaire de h−1 .


(ii) Montrer que l’application g (z) = z 2 est conforme de Ω sur O. Trouver
les parties réelle et imaginaire de g −1 .
(iii) Trouver une application conforme f de Ω sur D.

Exercice 13.10 * Montrer, à l’aide du théorème de Liouville (cf. exercice 11.18)


qu’il n’existe pas d’application conforme de C sur le disque unité.
200 Applications conformes

13.4 Corrigés
Exercice 13.1 (i) On écrit pour z = x + i y
x − iy
f (z) = = u + iv
(x + i y) (x − i y)
et on trouve donc
x −y
u= et v= .
x2 + y 2 x2 + y 2
(ii) On a
1 1
w= ⇒ z=
z w
et donc, comme précédemment,
u −v
x= et y= .
u2 + v2 u2+ v2
x
(On peut procéder aussi en éliminant x puis y dans les équations u =
x2 + y2
−y
et v = ).
x2 + y 2
(iii) a) A1 représente la droite x = y. En remplaçant dans les expressions de
u et de v, on obtient

y v
(plan z) (plan w)

x u

A1 f (A1 )

x 1 −x −1
u= = et v = = ⇒ u + v = 0.
2 x2 2x 2 x2 2x
On a ainsi que f (A1 ) est une droite passant par l’origine,

f (A1 ) = {w = u + i v : Im (w) = − Re (w)} .

b) A2 est une droite dont l’équation est Re (z) = x = 1. On trouve donc


 2
u 2 2 1 1
x=1= 2 ⇒ u + v = u ⇒ u − + v2 =
u + v2 2 4
Corrigés 201

y v
(plan z) (plan w)

1 x 1 u
2

A2 f (A2 )

et par conséquent f (A2 ) est un cercle passant par l’origine,


( )
2  2
1 1 2 1
f (A2 ) = w = u + i v : w − = u− +v = .
2 2 4
2
c) A3 est un cercle, passant par l’origine, défini par l’équation (x − 1) + y 2 = 1
(⇒ x2 + y 2 = 2 x), et on obtient donc
2  2
−v

u 2u 1
+ = 2 ⇒ u=
u2 + v 2 u2 + v 2 u + v2 2
et ainsi f (A3 ) est une droite ne passant pas par l’origine,

y v
(plan z) (plan w)

1 x 1 u
2

A3 f (A3 )

 
1
f (A3 ) = w ∈ C : Re (w) = .
2
2
d) A4 est un cercle, ne passant pas par l’origine, défini par l’équation (x − 1) +
y 2 = 4. On déduit donc que
2
v2

u
− 1 + 2 =4
u2 + v 2 (u2 + v 2 )
202 Applications conformes

et, par conséquent


2 2
u2 − 2 u u2 + v 2 + u2 + v 2 + v 2 = 4 u2 + v 2 .


Finalement on obtient ainsi


 2
2 2 1 4
+ v2 = .

3 u +v + 2u − 1 = 0 ⇒ u+
3 9

Ainsi f (A4 ) est un cercle ne passant pas par l’origine

y v
(plan z) (plan w)

−1 1 3 x −1 − 13 1 u
3

A4 f (A4 )

 
1 2
f (A4 ) = w∈C: w+ = .
3 3

(iv) On a vu que si f (z) = 1/z, alors


f x −y
x + iy → u + iv = +i 2
x2 + y 2 x + y2
et réciproquement
u −v
x=et y = 2 .
+v 2 u2 u + v2
On va distinguer différents cas.
Cas 1. L’image d’une droite passant par l’origine est une droite passant par
l’origine, en effet
α x + β y = 0 ⇒ α u − β v = 0.
Cas 2. L’image d’une droite ne passant pas par l’origine est un cercle passant
par l’origine. Plus précisément si γ 6= 0 et si
γ
αx + βy = ,
2
alors
αu βv γ
− 2 =
u2 + v 2 u + v2 2
Corrigés 203

et donc
γ u2 + v 2 − 2 α u + 2 β v = 0


soit finalement 2  2
α2 + β 2

α β
u− + v+ = .
γ γ γ2
Cas 3. L’image d’un cercle passant par l’origine
2 2
(x − α) + (y − β) = γ 2 = α2 + β 2

est une droite ne passant pas par l’origine. Ceci suit de


2  2
−v

u
− α + − β = γ2
u2 + v 2 u2 + v 2

qui implique
2 2
γ 2 u2 + v 2 = α2 + β 2 u2 + v 2 + u2 + v 2 − 2 (α u − β v) u2 + v 2
 

à savoir
2 β v − 2 α u + 1 = 0.
Cas 4. L’image d’un cercle ne passant pas par l’origine
2 2
(x − α) + (y − β) = γ 2

(avec γ 2 6= α2 +β 2 ) est un cercle qui ne passe pas par l’origine. Plus précisément
on trouve à l’aide du cas précédent
2
γ 2 − α2 − β 2 u2 + v 2 = u2 + v 2 (1 − 2 α u + 2 β v)
 

et donc
2αu 2β v 1
u2 + + v2 − 2 = 2
γ 2 − α2 − β 2 γ − α2 − β 2 γ − α2 − β 2
ou encore
2 2
γ2
 
α β
u+ + v− = 2 .
γ − α2 − β 2
2 γ − α2 − β 2
2
(γ 2 − α2 − β 2 )

Exercice 13.2 (i) On cherche une application du type


az + b
w (z) = .
cz + d
En imposant les conditions données on trouve
b a (1 + i) + b
w (0) = = −1, w (1 + i) = = 1,
d c (1 + i) + d
204 Applications conformes

a (1 − i) + b
w (1 − i) = = −1 + 2i,
c (1 − i) + d
c’est-à-dire,

c−a 1−i
b = −d, b= (1 + i) , c=a = −a i,
2 1+i
d’où, en prenant c = 1,

a = i, b = 1, d = −1.

On a ainsi
iz + 1
w (z) = .
z−1
(ii) Soient

Ω = {z ∈ C : |z| < 1} et O = {w ∈ C : |w| > 2} .

On voit tout de suite que l’application w = f (z) = 2/z est l’application cherchée
car
2
|w| = |f (z)| = > 2, ∀ z ∈ Ω.
|z|
Si on ne s’en rend pas compte tout de suite on procède comme dans l’exercice
13.1.

az + b
Exercice 13.3 Soit f (z) = . Choisissons les points −1, 0, 1 de ∂Ω et
cz + d
associons leur par f les points −1, i, 1 de ∂D. On a donc

−a + b b a+b
f (−1) = = −1, f (0) = = i, f (1) = = 1.
−c + d d c+d

y v
(plan z) i (plan w)

D
1
−1 0 1 x u
Corrigés 205

On trouve facilement que

c = b = a i et d = a.

Ceci nous conduit à


az + ai z+i
f (z) = = .
aiz + a iz + 1
Il reste à vérifier si l’intérieur de Ω est envoyé sur l’intérieur de D. Par exemple
3i
2i ∈ Ω ⇒ f (2 i) = = −3 i ∈
/ D.
−1
Par conséquent la bonne transformation est (car on sait que f (z) = 1/z envoie
l’extérieur du disque unité sur son intérieur, et réciproquement)

iz + 1
g (z) = .
z+i

Exercice 13.4 On peut procéder de deux façons.


I) (i) On va écrire f = f2 ◦ f1 où

f1 : Ω → A = {z ∈ C : |z| > 1} et f2 : A → D.

On a vu que f2 (z) = 1/z est bien une application qui envoie A sur D. De
z − 2 (1 + i)
même on voit immédiatement que f1 (z) = envoie Ω sur A. Par
2
conséquent
2
f (z) = f2 (f1 (z)) = .
z − 2 (1 + i)
(ii) Son inverse est donnée par

2
w= ⇒ z w = 2 (1 + i) w + 2
z − 2 (1 + i)

et donc
2 (1 + i) w + 2
z= .
w
II) (i) Si on n’a pas vu la décomposition immédiate, on se fixe trois points
quelconques de ∂Ω et on leur associe trois points de ∂D. Puis on vérifie si on a
bien envoyé un point de l’intérieur de Ω sur un point de l’intérieur de D (si ce
n’est pas le cas il suffit alors d’inverser). On cherche donc

az + b
g (z) =
cz + d
tel que
g (2 i) = −1, g (2) = −i, g (4 + 2 i) = 1.
206 Applications conformes

On a alors, après calcul,


a z − 2 (1 + i) a z − 2 (1 + i)
g (z) = = .
2a 2

On constate que 0 ∈ Ω et g (0) = − (1 + i) ∈
/ D car |g (0)| = 2 > 1. Donc la
bonne transformation est
1 2
f (z) = = .
g (z) z − 2 (1 + i)
On retrouve ici la même que précédemment, mais on aurait clairement pu en
trouver une autre si par exemple on avait choisi

f (2 i) = −1, f (2) = i, f (4 + 2 i) = 1

(il y a une infinité de possibilités).


(ii) La fonction inverse est à déterminer de cas en cas.

Exercice 13.5 (i) Tout d’abord on va montrer que f est bijective. On va


commencer par montrer l’injectivité. On a que
a z1 + b a z2 + b
f (z1 ) = f (z2 ) ⇔ =
c z1 + d c z2 + d
qui est équivalent à

a c z1 z2 + a d z1 + b c z2 + b d = a c z1 z2 + b c z1 + a d z2 + b d

et aussi à
(a d − b c) z1 = (a d − b c) z2 ⇔ z1 = z2 .
(Noter qu’on a utilisé l’hypothèse a d − b c 6= 0). On va ensuite prouver que f
est surjective. On a
az + b
f (z) = w = ⇔ (a z + b) = w (c z + d)
cz + d
qui est équivalent à
−d w + b
(c w − a) z = b − d w ⇔ z = f −1 (w) =
cw − a
qui (comme a d − b c 6= 0) appartient à D et par conséquent

f (D) = D∗ = C \ {a/c} .

De plus f est holomorphe car c’est le quotient de deux fonctions holomorphes


dont le dénominateur ne s’annule pas. Finalement la dérivée est donnée par
ad − bc
f 0 (z) = 2 6= 0.
(c z + d)
Corrigés 207

(ii) Lorsque a d − b c = 0, on s’aperçoit immédiatement que f 0 (z) = 0 et


donc f est constante, en effet

az + b b (c z + d) b
f (z) = = = .
cz + d d (c z + d) d

Exercice 13.6 (i) Soit f (z) = u + i v. On va déterminer u et v. On trouve

1 x − iy
u + iv = x + iy + = x + iy + 2
x + iy x + y2
et donc    
1 1
u=x 1+ 2 et v =y 1− 2 .
x + y2 x + y2
(ii) On distingue deux cas.
Cas 1 : a = 1. Dans ce cas u = 2 x et v = 0 et comme |z| = a implique que
−a ≤ x ≤ a, on déduit que l’image par f du cercle donné est le segment (sur
l’axe réel) [−2 a, 2 a] .
Cas 2 : a 6= 1. On a que
   
1 1
u=x 1+ 2 et v =y 1− 2
a a

donc
a4 u2 a4 v 2
+ 2 = x2 + y 2 = a2
(a2 + 1) 2 (a − 1)2
i.e. l’ellipse d’équation

u2 v2 1
2 2
+ 2 2
= 2.
(a + 1) (a − 1) a

Exercice 13.7 (i) On doit vérifier que f : A → Ω a les propriétés suivantes.


- f injective. Soient z1 , z2 ∈ A tels que f (z1 ) = f (z2 ) alors ez1 = ez2 et donc

z2 = z1 + 2inπ ⇒ [Re z2 = Re z et Im z2 = Im z1 + 2nπ] .

Comme 0 < Im z1 , Im z2 < π on déduit que z1 = z2 et donc f est injective.


- f surjective. Soit w ∈ Ω, on veut trouver z ∈ A tel que f (z) = w. Il suffit
de prendre z = log w. On a bien

Im w > 0 ⇒ Im z ∈ (0, π) .

- f holomorphe. On sait que f (z) = ez est holomorphe ∀ z ∈ C et que

f 0 (z) 6= 0, ∀ z ∈ C.

Par conséquent f : A → Ω est bien conforme.


208 Applications conformes

i z+1
(ii) On a donc en combinant l’exercice 13.3 (en posant g (z) = z+i ) et la
question précédente que
f g
h=g◦f :A→Ω→D

i.e.
i ez + 1
h (z) = g (f (z)) =
ez + i
est conforme.

Exercice 13.8 (i) On cherche g = u + i v holomorphe. Pour qu’un tel g existe


il faut que u et v satisfassent les équations de Cauchy-Riemann vx = −uy et
vy = ux ou, en d’autres termes,

grad v = (vx , vy ) = (−uy , ux ) = Φ = (ϕ, ψ) .

Or, comme R2 est convexe et donc simplement connexe, une condition nécessaire
et suffisante pour qu’un tel v existe est que rot Φ = ψx − ϕy = 0, ce qui est bien
le cas car u est harmonique et donc

rot Φ = (ux )x + (uy )y = uxx + uyy = 4u = 0.

On a ainsi trouvé v et donc une fonction holomorphe g telle que u = Re g.


(ii) Comme u est harmonique, on a, par la première question, qu’il existe g
holomorphe telle que u = Re g. Par conséquent

u ◦ f = Re (g ◦ f ) .

et g ◦ f est holomorphe et ainsi u ◦ f est harmonique (cf. exercice 9.6).

Exercice 13.9 (i) On peut invoquer le fait que h (O) = D (cf. plus bas), la
proposition 13.3 et remarquer que

O = {z : Im z > 0} ⊂ C \ {−i} et D = {z : |z| < 1} ⊂ C \ {1}

pour obtenir le résultat, à savoir que h est conforme de O sur D. Nous allons
toutefois le remontrer une fois de plus et donc établir les quatre assertions
suivantes.
- h est holomorphe dans C \ {−i} et par conséquent dans O.
- h est injective car
z1 − i z2 − i
h (z1 ) = h (z2 ) ⇒ = ⇒ z1 = z2 .
z1 + i z2 + i
- h est surjective car
z−i
w= ⇒ zw + iw = z − i
z+i
Corrigés 209

et donc
w+1
z (w − 1) = −i (w + 1) ⇒ z = −i = h−1 (w) .
w−1
De plus

(α + 1) + i β β − i (α + 1)
h−1 (w) = h−1 (α + i β) = −i =
(α − 1) + i β (α − 1) + i β
2 2

−2 β 1−α −β
= 2 +i 2 = Re h−1 + i Im h−1 .
(α − 1) + β 2 (α − 1) + β 2

Observer que comme α2 + β 2 < 1 (car w ∈ D) on a bien Im h−1 (w) > 0 et donc
h−1 (w) ∈ O.
2
- h0 (z) = 2 i/ (z + i) 6= 0.
(ii) Pour vérifier que g : Ω → O est conforme, il nous faut vérifier les quatre
propriétés suivantes.
- g (z) = z 2 est évidemment holomorphe.
- g est injective dans Ω. Pour cela on doit montrer que si z1 , z2 ∈ Ω et si
g (z1 ) = g (z2 ) alors z1 = z2 . En effet
(
x21 − y12 = x22 − y22
g (z1 ) = g (z2 ) ⇒
x1 y1 = x2 y2

comme xj , yj > 0 (et donc 6= 0) on a

y2 = xx1 y2 1

x1 y1
(
 y2 = x2
 2 ⇒
 x21 − y12 = x22 − x1 y1
x2
x42 − x21 x22 = x21 y12 − x22 y12

ce qui implique

y2 = xx1 y2 1
(
⇒ x21 = x22 ⇒ x1 = x2
x22 x22 − x21 = −y12 x22 − x21
 
x2 6=0 x1 ,x2 >0
y1 6=0

et ainsi (
x1 = x2
⇒ z1 = z2 .
y1 = y2

- g est surjective. En effet soient w = α + i β ∈ O, i.e. β > 0, et z = x + i y,


on déduit alors
(
α = x2 − y 2
w = z 2 ⇒ α + i β = x2 − y 2 + i 2 x y ⇒
β = 2xy
210 Applications conformes

et par conséquent
p !1/2 p !1/2
α2 + β 2 + α α2 + β 2 − α
x= et y= .
2 2

On aurait pu aussi écrire, si z = |z| ei θ et si w = |w| ei ϕ , que


(
2
2 iϕ 2 2iθ |w| = |z|
w=z ⇒ |w| e = |z| e ⇒
ϕ = 2θ + 2kπ

puis calculer et on aurait retrouvé


 √ 1/2
−1 α2 +β 2 +α
Re g (α, β) =


2


 √ 1/2
α2 +β 2 −α

 Im g −1 (α, β) = .


2

On a bien que g −1 (w) ∈ Ω.


- g 0 (z) = 2 z 6= 0 si z ∈ Ω.
(iii) Il suffit de prendre
g h
f =h◦g :Ω→O →D

i.e.
z2 − i
f (z) = .
z2 + i

Exercice 13.10 * Si une telle application f existait, alors f serait holomorphe


et bornée (puisque |f (z)| < 1). Par le théorème de Liouville, f serait alors
constante, ce qui est absurde.
Troisième partie

Analyse de Fourier
Chapitre 14

Séries de Fourier

14.1 Définitions et résultats théoriques


Définition 14.1 On dit que f : R → R est continue par morceaux (cf. aussi
définition 8.6) si pour tout a < b, il existe une partition

a = a0 < a1 < · · · < an+1 = b

telle que, ∀ i = 0, 1, · · ·, n, f ∈ C 0 (ai , ai+1 ) ,

lim [f (x)] = f (ai + 0)


x→ai
et lim [f (x)] = f (ai+1 − 0)
x→ai+1
x>ai x<ai+1

existent et sont finies. Si de plus f ∈ C 1 (ai , ai+1 ) ,

lim [f 0 (x)] = f 0 (ai + 0)


x→ai
et lim [f 0 (x)] = f 0 (ai+1 − 0)
x→ai+1
x>ai x<ai+1

existent et sont finies, on dit que f est régulière par morceaux.

x
a0 = a a1 a2 an an−1 an+1 = b
214 Séries de Fourier

Définition 14.2 Soient N ≥ 1 un entier et f : R → R une fonction T > 0


périodique (i.e. f (x + T ) = f (x) , ∀ x) et intégrable sur [0, T ] (c’est à dire que
Z T
|f (x)| dx < ∞). Soient n ∈ N et
0

T
2
Z
2πn

an = f (x) cos T x dx, n = 0, 1, 2, · · ·
T 0

T
2
Z
2πn

bn = f (x) sin T x dx, n = 1, 2, · · ·
T 0

(i) On appelle série de Fourier partielle d’ordre N de f et on note

N     
a0 X 2πn 2πn
FN f (x) = + an cos x + bn sin x .
2 n=1
T T

(ii) On appelle série de Fourier de f la limite, quand elle existe, de FN f (x) .


On la note

∞     
a0 X 2πn 2πn
F f (x) = lim FN f (x) = + an cos x + bn sin x .
N →∞ 2 n=1
T T

Théorème 14.3 (Théorème de Dirichlet) Soit f : R → R une fonction


T périodique, régulière par morceaux. Soient an , bn et FN f comme dans la
définition précédente. Alors la limite F f (x) existe pour tout x ∈ R et
(i)

f (x + 0) + f (x − 0)
F f (x) = , ∀x ∈ R
2

lim f (y) et f (x − 0) = y→x


(où f (x + 0) = y→x lim f (y)). Donc, en particulier, si f
y>x y<x
est continue en x, alors
F f (x) = f (x) .
(ii) De plus si f est continue, alors la convergence de la série ci-dessus vers
la fonction f est uniforme.

Corollaire 14.4 Soit f : R → R une fonction T périodique, régulière par mor-


ceaux. Alors F f est T périodique et de plus
Définitions et résultats théoriques 215

(i) Si f est paire (i.e. f (x) = f (−x) , ∀ x), alors bn = 0 et


∞  
a0 X 2πn
F f (x) = + an cos x .
2 n=1
T

(ii) Si f est impaire (i.e. f (x) = −f (−x) , ∀ x), alors an = 0 et


∞  
X 2πn
F f (x) = bn sin x .
n=1
T

(iii) En notations complexes

+∞
X Z T
2πn 1 2πn
F f (x) = cn e i T x
où cn = T f (x) e−i T x
dx.
n=−∞ 0

Théorème 14.5 (Différentiation terme à terme) Soit f : R → R une fonc-


tion T périodique, continue et telle que f 0 est régulière par morceaux. Soit
∞     
a0 X 2πn 2πn
+ an cos x + bn sin x
2 n=1
T T

sa série de Fourier. Alors la série obtenue par la différentiation terme à terme


de la série de Fourier de f converge et ∀ x ∈ R


f 0 (x + 0) + f 0 (x − 0) X 2πn  2πn
 2πn

= bn cos T x − an sin T x .
2 n=1
T

Théorème 14.6 (Intégration terme à terme) Soit f : R → R une fonction


T périodique, régulière par morceaux. Soit
∞     
a0 X 2πn 2πn
+ an cos x + bn sin x
2 n=1
T T

sa série de Fourier. Alors, pour tout x0 , x ∈ [0, T ] on a

x x ∞ Z x
a0
Z Z X
2πn 2πn
  
f (t) dt = dt + an cos T t + bn sin T t dt.
x0 x0 2 n=1 x0

De plus, pour x0 fixé, la convergence est uniforme.


216 Séries de Fourier

Théorème 14.7 (Identité de Parseval) Soit f : R → R une fonction T


périodique, régulière par morceaux. Alors

T ∞
2 a20 X 2
Z
(f (x))2 dx = an + b2n .

+
T 0 2 n=1

Corollaire 14.8 (Série de Fourier en cosinus) Soit f : [0, L] → R une fonc-


tion régulière par morceaux. Alors la série suivante converge

a0 X  πn 
Fc f (x) = + an cos x ,
2 n=1
L

où
L
2  πn 
Z
an = f (y) cos y dy.
L 0 L
De plus en tous points x ∈ (0, L) où f est continue l’égalité suivante a lieu

Fc f (x) = f (x) .

Corollaire 14.9 (Série de Fourier en sinus) Soit f : [0, L] → R une fonc-


tion régulière par morceaux. Alors la série suivante converge

X  πn 
Fs f (x) = bn sin x ,
n=1
L

où
L
2  πn 
Z
bn = f (y) sin y dy.
L 0 L
De plus en tous points x ∈ (0, L) où f est continue l’égalité suivante a lieu

Fs f (x) = f (x) .

(Pour plus de détails, cf. [2] 61-73, [6] 239-293, [7] chapitre 17, [10] 53-69, [11]
582-605, [12] 262-281, [13] chapitres 1 à 4).

14.2 Exemples
Remarque Nous utiliserons souvent l’observation élémentaire suivante. Soit
f : R → R une fonction T périodique et intégrable sur [0, T ] et soit a ∈ R
quelconque, alors
Z a+T Z T
f (x) dx = f (x) dx.
a 0

Exemple 14.10 Trouver la série de Fourier de f (x) = cos x avec T = 2π.


Exemples 217

Discussion On remarque immédiatement que, la fonction donnée étant paire,


bn = 0, ∀ n. De même on observe que an = 0, ∀ n 6= 1 et que

1 2π
Z
a1 = cos x cos x dx = 1.
π 0
Par conséquent

F0 f = 0, F1 f = cos x, FN f = F1 f = F f = cos x, ∀ N.

Exemple 14.11 Soit


(
1 si x ∈ [0, π)
f (x) =
0 si x ∈ [π, 2π)

et étendue par 2π périodicité à R. Trouver la série de Fourier de f, comparer


F f et f. Calculer
∞ n
X (−1)
.
n=0
2n + 1

Discussion On détermine tout d’abord les coefficients de Fourier. On trouve



1 π 1 π

1 sin (n x)
Z Z
a0 = dx = 1, an = cos (n x) dx = = 0, ∀ n ≥ 1,
π 0 π 0 π n 0

1 π 1 − cos (n x)

1
Z
n
bn = sin (n x) dx = = [1 − (−1) ]
π 0 π n 0 nπ
et donc 
 0 si n est pair
bn = 2
 si n est impair.

On obtient ainsi, par le théorème de Dirichlet,

∞  1 si x ∈ (0, π)
1 2 X sin ((2n + 1) x) 
F f (x) = + = 0 si x ∈ (π, 2π)
2 π n=0 2n + 1  1

2 si x = 0, π, 2π

et en particulier, si x = π/2,
∞ n
X (−1) π
= .
n=0
2n + 1 4

Exemple 14.12 Trouver la série de Fourier de



 0
 si x = −π
f (x) = x/2 si x ∈ (−π, π)

0 si x = π

218 Séries de Fourier

pour x ∈ (−π, π] et étendue par 2π périodicité. Comparer F f et f. Calculer



X 1
2
.
n=1
n

Discussion (i) Tout d’abord on observe que, comme la fonction donnée est
impaire, tous les coefficients an = 0. Par contre on a, pour n ≥ 1,

1 π x 2 πx
Z Z
bn = sin (n x) dx = sin (n x) dx
π −π 2 π 0 2
π n−1
1 −x 1 π cos (n x)

(−1)
Z
= cos (n x) + dx = .
π n 0 π 0 n n

Comme les hypothèses du théorème 14.3 sont satisfaites, on trouve


∞ n−1
X (−1)
F f (x) = f (x) = sin (n x) , ∀ x ∈ [−π, π] .
n=1
n

(ii) L’idéntité de Parseval donne


∞ Z π 2  π
X 1 2 x 1 x3 π2
2
= dx = = .
n=1
n 2π −π 4 π 12 −π 6

Exemple 14.13 Soit


(
x si 0 ≤ x ≤ π2
f (x) =
π − x si π2 < x ≤ π.

Trouver sa série de Fourier en sinus. Comparer Fs f et f. Peut-on dériver terme


à terme la série obtenue ?

Discussion On applique le corollaire 14.9 avec L = π. Par conséquent on a,


pour n = 1, 2, · · ·

2 π 4  nπ 
Z
bn = f (x) sin (n x) dx = 2 sin .
π 0 n π 2

On trouve en particulier, b2n = 0 et


n
4 (−1)
b2n+1 = 2 .
(2n + 1) π

On obtient donc
∞ n
X 4 (−1)
Fs f (x) = 2 sin ((2n + 1) x) .
n=0 (2n + 1) π
Exercices 219

Par ailleurs, la fonction f étant continue sur [0, π] et f (0) = f (π) = 0, elle
peut donc être étendue par imparité à [−π, 0] , puis par 2π périodicité à R. La
fonction ainsi obtenue est continue et sa dérivée est régulière par morceaux et
donc par le théorème 14.5 on peut dériver terme à terme sa série de Fourier.
Par conséquent, pour tout x ∈ (0, π) , excepté x = π/2, on a
∞ n
X 4 (−1)
f 0 (x) = cos ((2n + 1) x) .
n=0
(2n + 1) π

Exemple 14.14 Soit la fonction 4π périodique f telle que




 0 si x = −2π

 − (π + x) /2 si − 2π < x < 0



f (x) = 0 si x = 0

(π − x) /2 si 0 < x < 2π





0 si x = 2π.

Trouver sa série de Fourier. Comparer F f et f. Peut-on dériver terme à terme


la série obtenue ?

Discussion Comme f est impaire on a que an = 0 et


Z 2π
2 1 2π
Z
bn = f (x) sin (n x) dx = f (x) sin (n x) dx
4π −2π π 0
1 2π π − x 1
Z
= sin (n x) dx = .
π 0 2 n
On a ainsi

X sin (n x)
F f (x) = f (x) = , ∀ x ∈ [−2π, 2π] .
n=1
n

Si on différentiait terme à terme cette série on trouverait pour x ∈ (−2π, 2π)



d X −1
[F f (x)] = cos (n x) alors que f 0 (x) = si x 6= 0
dx n=1
2

ce qui est absurde, car la série ci-dessus diverge pour presque tout x ∈ R. Dans
ce cas en effet on ne peut pas appliquer le théorème 14.5 car f n’est pas continue
en x = 2nπ, n ∈ Z.

14.3 Exercices
Exercice 14.1 (i) Calculer la série de Fourier de f (x) = e(x−π) sur [0, 2π) et
étendue par 2π périodicité.
220 Séries de Fourier

(ii) A l’aide du théorème de Dirichlet comparer F f et f sur (0, 2π) .


(iii) A l’aide des deux questions précédentes montrer que
∞ n
X (−1) π
= π .
n=2
1 + n 2 e − e−π
2
Exercice 14.2 (i) Calculer la série de Fourier de f (x) = (x − π) sur [0, 2π)
et étendue par 2π périodicité.
(ii) A l’aide du théorème de Dirichlet comparer F f et f sur [0, 2π] .
(iii) En déduire que
∞ n ∞
X (−1) π2 X 1 π2
= − et = .
n=1
n2 12 n=1
n2 6

Exercice 14.3 Soit f : R → R une fonction 2π périodique définie par


 π
sin t si 0 ≤ t ≤
2




 π 3π
f (t) = 0 si < t <
 2 2
 sin t si 3π ≤ t < 2π



2
Calculer sa série de Fourier.
Exercice 14.4 Soit f : R → R la fonction définie par périodicité de période 2
telle que
f (t) = t si t ∈ [0, 2) .
Trouver son développement de Fourier en notation complexe.
Exercice 14.5 (i) Ecrire la série de Fourier pour la fonction périodique (de
période 2π) impaire qui coı̈ncide avec x (π − x) sur [0, π] .
(ii) En utilisant la partie (i) et l’identité de Parseval, en déduire la somme
de la série

X 1
6 .
k=1
(2k − 1)
Exercice 14.6 A l’aide de l’identité de Parseval, montrer que
Z π
3
cos4 x dx = π.
−π 4
Exercice 14.7 (i) Ecrire la série de Fourier de la fonction 2π périodique définie
par
f (x) = |x| , x ∈ [−π, π) .
(ii) En déduire les valeurs des séries
∞ ∞
X 1 X 1
4
et 4 .
n=1
n n=0 (2n + 1)
Exercices 221

Exercice 14.8 Trouver la série de Fourier de f (x) = |cos x| et calculer



X 1
.
4k 2 − 1
k=1

Exercice 14.9 Soit la fonction f : R → R, 2π périodique et paire telle que

f (t) = sin (3 t) , t ∈ [0, π] .

Trouver sa série de Fourier.

Exercice 14.10 (i) Pour α ∈ R \ Z donner le développement en série de Fou-


rier de la fonction 2π périodique définie, pour x ∈ [−π, π) , par f (x) = cos (α x) .
(ii) En déduire la formule

X 1 1 π
2 − α2
= 2
− .
n=1
n 2 α 2 α tg (α π)

Exercice 14.11 (i) En utilisant les notations complexes, développer en série


de Fourier la fonction, 2π périodique et impaire donnée sur [0, π] par
 π
 x si 0 ≤ x ≤
f (x) = 2
 π − x si π < x ≤ π.
2
(ii) En déduire, pour a > 0, l’égalité suivante, ∀ x ∈ [−a, a] ,
+∞ k
4 X (−1) iπ(2k−1)x
x= 2
i a 2 e 2a .
π (2k − 1)
k=−∞

(iii) Calculer
+∞
X 1
2 .
k=−∞
(2k − 1)

Exercice 14.12 Soit la fonction 2π périodique définie par

f (x) = x + π, si − π ≤ x < π.

Evaluer les différences suivantes


π π
|f (x) − F3 f (x)| en x = −π, − , 0, , π
2 2
et, à l’aide de la formule donnée dans l’exercice 14.13, évaluer
Z 2π
2
|f (x) − F3 f (x)| dx.
0
222 Séries de Fourier

Exercice 14.13 * Soit f : R → R, 2π périodique et régulière par morceaux.


Soient an et bn ses coefficients de Fourier et
N
a0 X
FN f (x) = + (an cos (n x) + bn sin (n x)) .
2 n=1

(i) Montrer que


N
"
#
2π 2π
a20 X 2
Z Z
2 2 2

|f (x) − FN f (x)| dx = f (x) dx − π + an + bn .
0 0 2 n=1

(ii) En déduire l’inégalité de Bessel

∞ 2π
a20 X 2 1
Z
an + b2n ≤ (f (x))2 dx.

+
2 n=1
π 0

Suggestions. 1) Montrer que, ∀ k = 0, 1, . . . , N,


Z 2π Z 2π
FN f (x) cos (k x) dx = π ak et FN f (x) sin (k x) dx = π bk .
0 0

2) En observant que
Z 2π
FN f (x) cos (k x) dx
0

a0
Z
= cos (k x) dx
2 0
N 
X Z 2π Z 2π 
+ an cos (n x) cos (k x) dx + bn sin (n x) cos (k x) dx
n=1 0 0

en déduire que
N
( )

a20 X 2
Z
2 2

(FN f (x)) dx = π + an + bn .
0 2 n=1

3) Montrer que
N
( )

a20 X 2
Z
2

f (x) FN f (x) dx = π + an + bn .
0 2 n=1

4) Déduire le résultat des deux dernières questions.


Corrigés 223

Exercice 14.14 * Soit f : R → R une fonction continue et T périodique.


Soient an , bn ses coefficients de Fourier.
(i) Montrer que si f ∈ C 1 , alors il existe une constante c > 0 telle que
c
|an | , |bn | ≤ , n = 1, 2, · · · .
n
(ii) Plus généralement si k ≥ 1 et si f est C k , montrer alors qu’il existe une
constante c > 0 telle que
c
|an | , |bn | ≤ , n = 1, 2, · · · .
nk
Exercice 14.15 * Montrer (iii) du corollaire 14.4.

Exercice 14.16 * Montrer le corollaire 14.8.

14.4 Corrigés
Exercice 14.1 (i) On trouve après calcul

1 2π (x−π) 1 π
Z Z
an = e cos (n x) dx = ey cos (n y + nπ) dy
π 0 π −π
n Z π
(−1) 2 sinh π
= ey cos (n y) dy = .
π −π (1 + n2 ) π

2π π
1 1
Z Z
(x−π)
bn = e sin (n x) dx = ey sin (n y + nπ) dy
π 0 π −π
n π
(−1) −2 n sinh π
Z
= ey sin (n y) dy = .
π −π (1 + n2 ) π

(ii) Grâce au théorème de Dirichlet on a que si


∞  
sinh π sinh π X 2 cos (n x) 2 n sin (n x)
F f (x) = + −
π π n=1 1 + n2 1 + n2

alors
F f (x) = f (x) si x ∈ (0, 2π) .
(iii) En particulier si x = π on a

!
n
sinh π X 2 (−1)
1= 1+
π n=1
1 + n2

d’où
∞ n
X (−1) π 1
2
= − ,
n=1
1 + n 2 sinh π 2
224 Séries de Fourier

c’est-à-dire
∞ n
X (−1) π π
= = π .
n=2
1 + n 2 2 sinh π e − e−π

Exercice 14.2 On a
2π π
1 1 2 2
Z Z
2
a0 = (x − π) dx = y 2 dy = π
π 0 π −π 3
2π n π
1 (−1) 4
Z Z
2
an = (x − π) cos (n x) dx = y 2 cos (n y) dy =
π 0 π −π n2
2π n π
1 (−1)
Z Z
2
bn = (x − π) sin (n x) dx = y 2 sin (n y) dy = 0.
π 0 π −π
La série de Fourier est donc

π 2 X 4 cos (n x)
F f (x) = + .
3 n=1
n2

Le théorème de Dirichlet nous assure (noter que f est continue en x = 0 et


x = 2π) alors que
F f (x) = f (x) si x ∈ [0, 2π]
et donc, quand on prend respectivement x = 0 (f (0) = π 2 ) et x = π (f (π) = 0),
on trouve
∞ ∞
X 4 2π 2 X 1 π2
2
= ⇒ 2
= .
n=1
n 3 n=1
n 6
∞ n ∞ n
X (−1) π2 X (−1) π2
4 = − ⇒ = − .
n=1
n2 3 n=1
n2 12

Exercice 14.3 On observe que f est une fonction impaire et donc an = 0. On


trouve par contre, comme f est 2π périodique, que
Z 3π
1 2π 1
Z 2
bn = f (x) sin (n x) dx = f (x) sin (n x) dx
π 0 π − π2
1/2 si n = 1
Z π2 (
1
= sin x sin (n x) dx = cos ( nπ
)
π − π2 − 2n 2
si n ≥ 2.
π n2 −1

On a donc dès que n ≥ 2 (b1 = 1/2) que

0 si n = 2k + 1 (i.e. impair)




 −2n
si n = 4k (i.e. un multiple de 4)

bn = π (n2 − 1)
2n




 si n = 4k + 2 (i.e. pair mais pas un multiple de 4).
π (n2 − 1)
Corrigés 225

Exercice 14.4 On a par définition


2
1
Z
cn = x e−iπn x dx.
2 0

Si n = 0 on trouve c0 = 1 alors que si n 6= 0 on obtient après intégration


2 Z 2
1 x e−iπn x

1 i
cn = + e−iπn x dx =
2 −iπn 0 2iπn 0 πn

et par conséquent
i X eiπn x
F f (x) = 1 + .
π n
n6=0

Remarque. Comme n peut être négatif on constate que le membre de droite de


F f (x) est bien une fonction réelle.

Exercice 14.5 (i) Comme f est impaire on a


(
x (π − x) si x ∈ (0, π)
f (x) =
x (π + x) si x ∈ (−π, 0)

et donc ak = 0 et
π π
2 2
Z Z
bk = f (x) sin (k x) dx = x (π − x) sin (k x) dx.
2π −π π 0

On a alors que
Z π  π Z π
cos (k x) cos (k x)
x (π − x) sin (k x) dx = −x (π − x) + (π − 2 x) dx
0 k 0 0 k
 π Z π
sin (k x) sin (k x)
= (π − 2 x) + 2 dx
k2 0 0 k2
 π
2 2 k 2
= − 3 cos (k x) = − 3 (−1) + 3 .
k 0 k k

On trouve donc

4 h i  0 si k est pair
k
bk = 1 − (−1) = 8
π k3  si k est impair
π k3
et on obtient alors

8 X sin ((2k − 1) x)
F f (x) = 3 .
π (2k − 1)
k=1
226 Séries de Fourier

(ii) En utilisant l’idendité de Parseval on trouve



64 X 1 1 π 2 π 2 π4
Z Z
2 2
2 6 = |f (x)| dx = x (π − x) dx =
π (2k − 1) π −π π 0 15
k=1

et ainsi

X 1 π6
6 = .
(2k − 1) 960
k=1

Exercice 14.6 Cet exercice peut, évidemment, être résolu de manière plus
1 1
élémentaire. Comme f (x) = cos2 x = + cos (2 x) , ce qui implique que les
2 2
coefficients de Fourier sont
1
a0 = 1, a2 = , an = 0 si n 6= 0, 2 et bn = 0 ∀ n.
2
On a donc par 2π périodicité et par l’identité de Parseval que
Z π Z 2π  
2 2 1 1 3π
(f (x)) dx = (f (x)) dx = π + = .
−π 0 2 4 4

Exercice 14.7 (i) Tout d’abord on remarque que la fonction est paire, par
conséquent bk = 0. On trouve que
Z 2π
2 1 π 2 π
Z Z
a0 = f (x) dx = |x| dx = x dx = π.
2π 0 π −π π 0

Z 2π
2 2 π
Z
ak = f (x) cos (k x) dx = x cos (k x) dx
2π 0 π 0
iπ Z π
2 hx 2 2 h k
i
= sin (k x) − sin (k x) dx = (−1) − 1 .
π k 0 kπ 0 πk 2
On obtient ainsi 
 0 si k est pair
ak = −4
 si k est impair
π k2
et donc finalement

π 4 X cos ((2k + 1) x)
F f (x) = − 2 .
2 π (2k + 1)
k=0

(ii) En utilisant l’identité de Parseval on obtient


2π π ∞
2 1 2π 2 π2 16 X 1
Z Z
2
(f (x)) dx = x2 dx = = + 2 4
2π 0 π −π 3 2 π (2k + 1)
k=0
Corrigés 227

et on en déduit donc
∞ ∞
16 X 1 π2 X 1 π4
4 = ⇒ 4 = .
π2 (2k + 1) 6 (2k + 1) 96
k=0 k=0

En utilisant le résultat précédent on a


∞ ∞ ∞ ∞
X 1 X 1 X 1 1 X 1 π4
4
= 4 + 4 = 4
+ ,
k (2k) (2k + 1) 16 k 96
k=1 k=1 k=0 k=1

et par conséquent

X 1 π4
4
= .
k 90
k=1

Exercice 14.8 (i) On observe que la fonction donnée est paire, par conséquent
bn = 0. On trouve que

1
Z
an = |cos x| cos (n x) dx
π 0
π 3π
1 1
Z 2
Z 2
= cos x cos (n x) dx − cos x cos (n x) dx.
π −π
2
π π
2

Faisons un changement de variable et posons y = x − π dans la deuxième


n
intégrale (on rappelle que cos (z + nπ) = (−1) cos z) on obtient ainsi
Z 3π Z π
2 2
cos x cos (n x) dx = cos (y + π) cos (n (y + π)) dy
π
2 −π
2
Z π
2
n+1
= (−1) cos y cos (n y) dy.
−π
2

Par conséquent en revenant à an on a


n π
1 + (−1)
Z 2
an = cos y cos (n y) dy
π −π
2

et on déduit immédiatement que si n est impair alors an = 0. Par conséquent


en posant n = 2k et en utilisant le fait que

2 cos y cos (2k y) = cos ((2k + 1) y) + cos ((2k − 1) y)

on obtient
π k+1
1 sin ((2k + 1) y) sin ((2k − 1) y) 2

4 (−1)
a2k = + = .
π 2k + 1 2k − 1 −π π 4k 2 − 1
2
228 Séries de Fourier

On a ainsi la série de Fourier


∞ k+1
2 4 X (−1)
F f (x) = + cos (2k x)
π π 4k 2 − 1
k=1

k
(ii) En prenant x = π/2, on a cos (2k x) = cos (kπ) = (−1) et f (π/2) = 0,
donc

X 1 1
2
= .
4k − 1 2
k=1

Exercice 14.9 Comme f est 2π périodique et paire on a que bn = 0 et


Z 2π
2 2 π
Z
an = f (t) cos (n t) dt = sin (3 t) cos (n t) dt
2π 0 π 0
Z π
1
= [sin ((3 − n) t) + sin ((3 + n) t)] dt.
π 0

Si n 6= 3 (si n = 3 on a immédiatement a3 = 0) on obtient alors



cos ((3 − n) t) cos ((3 + n) t)

1
an = − −
π 3−n 3+n 0
" #
3−n 3+n
1 (−1) (−1) 1 1
= − − + +
π 3−n 3+n 3−n 3+n

et donc

0 si n est impair


an =
 
1 2 2 12
 + = si n est pair.
π 3−n 3+n π (9 − n2 )

La série de Fourier est alors donnée par



2 12 X cos (2 k t)
F f (t) = + .
3π π 9 − 4 k2
k=1

Exercice 14.10 (i) Tout d’abord on remarque que la fonction est paire, par
conséquent bk = 0. On trouve que
Z π
2 2 π
Z
ak = cos (α x) cos (k x) dx = cos (α x) cos (k x) dx
2π −π π 0
1 π
Z
= [cos ((α + k) x) + cos ((α − k) x)] dx
π 0
Corrigés 229

et ainsi
1 sin ((α + k) π) sin ((α − k) π)
 
ak = +
π α+k α−k
k   k
(−1) sin (α π) 1 1 (−1) sin (α π) 2 α
= + = .
π α+k α−k π α2 − k 2
Par conséquent, ∀ x ∈ [−π, π) ,
∞ k−1
sin (α π) 2 α sin (α π) X (−1)
F f (x) = + cos (k x) .
απ π k 2 − α2
k=1

(ii) Comme f est continue, on obtient en prenant x = π



" #
k−1 k
2 α sin (α π) 1 X (−1) (−1)
cos (α π) = + ,
π 2 α2 k 2 − α2
k=1

/ Z,
d’où, pour tout α ∈

X 1 1 π
= − .
k2 −α 2 2α 2 2 α tg (α π)
k=1

Exercice 14.11 (i) En utilisant la notation complexe on trouve


Z π
1
cn = f (x) e−i n x dx
2π −π
Z − π2 Z π2 Z π !
1 −i n x −i n x −i n x
= (−π − x) e dx + xe dx + (π − x) e dx .
2π −π −π 2
π
2

On effectue les changements de variable respectifs, u = x + π et v = x − π, et


on obtient
Z − π2 Z π2 Z π2
n+1
(−π − x) e−i n x dx = −u ei n π e−i n u du = (−1) u e−i n u du
−π 0 0
Z π Z 0 Z 0
n+1
(π − x) e−i n x dx = −v e−i n π e−i n v dv = (−1) v e−i n v dv
π
2 −π
2 −π
2

et ainsi
n+1 π n+1    π2
1 + (−1) 1 + (−1) ix 1
Z 2
−i n x −i n x
cn = xe dx = + 2 e .
2π −π
2
2π n n −π
2

On trouve immédiatement que si n est pair cn = 0, alors que si n est impair


k
(n = 2k − 1, alors e−i(2k−1)π/2 = −ei(2k−1)π/2 = (−1) i) on obtient
k
(−1) 2i
c2k−1 = 2 .
π (2k − 1)
230 Séries de Fourier

Comme f est continue on a pour x ∈ [−π/2, π/2] ,


+∞ k
2i X (−1) i(2k−1)x
x= 2 e .
π (2k − 1)
k=−∞

(ii) Si on prend x ∈ [−a, a] , on a que (π/2a) x ∈ [−π/2, π/2], et par


conséquent
+∞ k
4ia X (−1) iπ(2k−1)x
x= 2 2 e 2a .
π (2k − 1) k=−∞

(iii) En particulier, pour x = a, on obtient


+∞
X 1 π2
2 = .
(2k − 1) 4
k=−∞

Exercice 14.12 (i) On trouve après calcul que

2
F3 f (x) = π + 2 sin x − sin (2 x) + sin (3 x)
3
et par conséquent

F3 f (−π) = π f (−π) = 0 ⇒ f (−π) − F3 f (−π) = −π


 π 4  π π  π  π 4 π
F3 f − =π− f − = ⇒ f − − F3 f − = −
2 3 2 2 2 2 3 2

F3 f (0) = π f (0) = π ⇒ f (0) − F3 f (0) = 0


π 4 π 3π π π π 4
F3 f =π+ f = ⇒ f − F3 f = −
2 3 2 2 2 2 2 3

F3 f (π) = π f (π) = 0 ⇒ f (π) − F3 f (π) = −π.

Remarque. On a f (π) = f (−π) par 2π périodicité et donc f (π) = 0 mais


f (π − 0) = 2π alors que f (−π + 0) = f (−π) = 0.
(ii) Par 2π périodicité et par l’exercice 14.13, on a
3
" #
2π π
a20 X 2
Z Z
2 2 2

|f (x) − F3 f (x)| dx = (f (x)) dx − π + an + bn
0 −π 2 n=1
" #
Z π 2
2 (2π) 4
= (x + π) dx − π +4+1+
−π 2 9
2 3 49
= π − π ≈ 3.567.
3 9
Corrigés 231

Exercice 14.13 * (i) Appelons


Z 2π Z 2π
IN,k = FN f (x) cos (k x) dx et JN,k = FN f (x) sin (k x) dx
0 0

et calculons

a0
Z
IN,k = cos (k x) dx
2 0
N 
X Z 2π Z 2π 
+ an cos (n x) cos (k x) dx + bn sin (n x) cos (k x) dx
n=1 0 0

(et idem pour JN,k ) ce qui donne, ∀ k = 0, 1, · · · , N,


IN,k = π ak et JN,k = π bk .
En utilisant à nouveau la définition de FN f et le résultat précédent on a
2π N
a0
Z
2
X
(FN f (x)) dx = IN,0 + (ak IN,k + bk JN,k )
0 2
k=1
N
( )
a20 X 2 2

=π + ak + bk .
2
k=1

On obtient de manière semblable


Z 2π
f (x) FN f (x) dx
0
2π N  2π 2π 
a0
Z X Z Z
= f (x) dx + an f (x) cos (n x) dx + bn f (x) sin (n x) dx .
2 0 n=1 0 0

En utilisant la définition des an et bn on déduit que


2π N
a20
Z X
a2n + b2n .

f (x) FN f (x) dx = π+π
0 2 n=1

En combinant tous ces résultats on déduit que


Z 2π
2
|f (x) − FN f (x)| dx
0
Z 2π Z 2π Z 2π
2 2
= (f (x)) dx − 2 f (x) FN f (x) dx + (FN f (x)) dx
0 0 0

et donc
N
Z 2π " #

a20 X 2
Z
2 2
an + b2n .

|f (x) − FN f (x)| dx = (f (x)) dx − π +
0 0 2 n=1
232 Séries de Fourier

(ii) Il suffit d’observer que


Z 2π
2
|f (x) − FN f (x)| dx ≥ 0
0

donc, de l’égalité précédente, on a


N 2π
a20 X 2 1
Z
2
an + b2n ≤

+ (f (x)) dx.
2 n=1
π 0

On obtient l’inégalité voulue en passant à la limite lorsque N → ∞, i.e.



a20 X 2 1 2π
Z
2
an + b2n ≤

+ (f (x)) dx.
2 n=1
π 0

Exercice 14.14 * (i) Soit n ≥ 1. En utilisant la définition de an et en intégrant


par parties on trouve

2 T
 
2nπ
Z
an = f (t) cos t dt
T 0 T
"  #T
sin 2nπ
Z T
T t
 
2 1 0 2nπ
= f (t) 2nπ − f (t) sin t dt
T T
nπ 0 T
0

et par conséquent
T  
1 2nπ
Z
an = − f 0 (t) sin t dt .
nπ 0 T
On obtient ainsi
T   Z T
1 2nπ 1 c
Z
0
|an | ≤ |f (t)| sin t dt ≤ |f 0 (t)| dt =
nπ 0 T nπ 0 n
avec (se rappeler que f est C 1 et donc f 0 est bornée)

1 T 0
Z
c= |f (t)| dt.
π 0
On procède de manière analogue pour bn .
(ii) La démontration de cette dernière partie est très semblable à la précédente.
Le résultat est obtenu en intégrant par parties k fois.

Exercice 14.15 * Faisons pour simplifier la démonstration seulement dans le


cas T = 2π.
(i) Commençons par montrer que pour tout n > 0
an − i bn a0 an + i bn
cn = , c0 = et c−n = .
2 2 2
Corrigés 233

Observer que, par définition de an , bn et cn , on peut écrire


Z 2π
1
cn = f (x) e−i n x dx
2π 0
Z 2π Z 2π
1 i
= f (x) cos (n x) dx − f (x) sin (n x) dx
2π 0 2π 0
et par conséquent
an − i bn
cn = .
2
Les deux autres égalités étant montrées de la même façon.
(ii) Par ailleurs, comme
ei n x + e−i n x ei n x − e−i n x
cos (n x) = et sin (n x) =
2 2i
on déduit que
N
a0 X
FN f (x) = + {an cos (n x) + bn sin (n x)}
2 n=1
N 
a0 X an − i bn i n x an + i bn −i n x

= + e + e .
2 n=1
2 2

(iii) En combinant (i) et (ii) on obtient


N
X N
X
cn ei n x + c−n e−i n x = cn ei n x

FN f (x) = c0 +
n=1 n=−N

ce qui est le résultat souhaité.

Exercice 14.16 * Soit fe la fonction 2L périodique telle que sur [−L, L]


(
f (x) si x ∈ [0, L]
f (x) =
e
f (−x) si x ∈ [−L, 0) .

En faisant un changement de variable z = −y et en utilisant la parité de fe, on


déduit que
Z 0  πn  Z L  πn 
fe(z) cos z dz = f (y) cos y dy
−L L 0 L

et, par conséquent en utilisant la 2L périodicité de fe,


1 2L e  πn  1 L e  πn 
Z Z
f (z) cos z dz = f (z) cos z dz
L 0 L L −L L
2 L  πn 
Z
= f (y) cos y dy.
L 0 L
234 Séries de Fourier

De même, en invoquant la parité et la 2L périodicité de fe, on obtient que


2L
1  πn  1 L e  πn 
Z Z
fe(z) sin z dz = f (z) sin z dz = 0.
L 0 L L −L L

Noter que fe satisfait les hypothèses du théorème 14.3 (avec T = 2L) et on


déduit donc que
∞     
a0 X 2πn 2πn
F fe(x) = + an cos x + bn sin x
2 n=1
2L 2L

où, pour n = 0, 1, 2, · · · ,
2L
2 L
 
2 2πn  πn 
Z Z
an = fe(x) cos x dx = f (y) cos y dy
2L 0 2L L 0 L
2L  
2 2πn
Z
bn = fe(x) sin x dx = 0.
2L 0 2L
Comme fe(x) = f (x) si x ∈ (0, L) , on a que

a0 X  πn 
Fc f (x) = F fe(x) = + an cos x
2 n=1
L

où
L
2  πn 
Z
an = f (y) cos y dy
L 0 L
ce qui est le résultat souhaité.
Chapitre 15

Transformées de Fourier

15.1 Définitions et résultats théoriques


Définition 15.1 Soit f : R → R une fonction continue par morceaux (cf. définition
Z +∞
14.1) et telle que |f (x)| dx < ∞. La transformée de Fourier de f est
−∞
définie par

+∞
1
Z
F (f ) (α) = fb(α) = √ f (y) e−i α y dy.
2π −∞

Remarque Certains auteurs √ définissent la transformée de Fourier en rem-


plaçant le coefficient 1/ 2π par 1 ou par 1/2π et parfois e−i α y par e−2πi α y .

Théorème Z 15.2 Soient f, g : RZ→ R des fonctions continues par morceaux et


+∞ +∞
telles que |f (x)| dx < ∞, |g (x)| dx < ∞. Les propriétés suivantes
−∞ −∞
ont lieu.
(i) Continuité. La fonction fb : R → C est alors continue et

lim fb(α) = 0.
|α|→∞

(ii) Linéarité. Soient a, b ∈ R, alors

F (a f + b g) = a F (f ) + b F (g) .
236 Transformées de Fourier

Z +∞
(iii) Dérivées. Si de plus f ∈ C 1 (R) et |f 0 (x)| dx < ∞, alors
−∞

F (f 0 ) (α) = i α F (f ) (α) , ∀ α ∈ R.

Z +∞
Plus généralement si n ∈ N, f ∈ C n (R) et f (k) (x) dx < ∞, pour k =
−∞
1, 2, · · ·, n, alors

n
F f (n) (α) = (i α) F (f ) (α) , ∀ α ∈ R.


(iv) Dérivée de la transformée. Si de plus hn (x) = xn f (x) est telle que


Z +∞
|hn (x)| dx < ∞, alors
−∞

h i
dn
F (hn ) (α) = in F(n) (f ) (α) = in dαn fb(α) .

(v) Décalage. Si a, b ∈ R, a 6= 0, et
g (x) = e−i b x f (a x)
alors
 
1 α+b
F (g) (α) = F (f ) .
|a| a

(vi) Convolution. Si on définit le produit de convolution par


Z +∞
f ∗ g (x) = f (x − t) g (t) dt
−∞

alors

F (f ∗ g) = 2π F (f ) F (g) .

Z +∞
(vii) Identité de Plancherel. Si en outre (f (x))2 dx < ∞, alors
−∞

Z +∞ Z +∞ 2
(f (x))2 dx = fb(α) dα.
−∞ −∞
Exemples 237

Théorème 15.3 Soit f : R → R une fonction continue telle que


Z +∞ Z +∞
|f (x)| dx < ∞ et fb(α) dα < ∞.
−∞ −∞

(i) Formule d’inversion. L’identité suivante a lieu

+∞
1
Z
f (x) = √ fb(α) ei α x dα.
2π −∞

(ii) Transformée en cosinus. Si f est paire, alors

+∞
r
2
Z
F (f ) (α) = f (y) cos (α y) dy
π 0

et
+∞
r
2
Z
f (x) = fb(α) cos (α x) dα.
π 0

(iii) Transformée en sinus. Si f est impaire, alors

+∞
r
2
Z
F (f ) (α) = −i f (y) sin (α y) dy
π 0

et
+∞
r
2
Z
f (x) = i fb(α) sin (α x) dα.
π 0

(Pour plus de détails, cf. [2] 79-89, [6] 467-484, 503, [7] chapitre 18, [11] 617-635,
[13] 246-264, [14] 1-9, [18] 202-204).

15.2 Exemples
Exemple 15.4 Soit
(
1 si |x| ≤ 1
f (x) =
0 sinon.

Trouver la transformée de Fourier de f.

Discussion Tout d’abord on observe que f est continue par morceaux et que
Z +∞ Z 1
|f (x)| dx = dx = 2 < ∞.
−∞ −1
238 Transformées de Fourier

On a par définition
+∞ 1
1 1
Z Z
−i α y
fb(α) = √ f (y) e dy = √ e−i α y dy
2π −∞ 2π −1
 −i α y 1
1 e 2 ei α − e−i α
=√ − = √
2π i α −1 α 2π 2i
r
2 sin α
= .
π α
Exemple 15.5 Soit f (x) = e−|x| . Déterminer la transformée de Fourier de f.
Calculer Z +∞
cos x
2
dx.
−∞ 1 + x

Discussion (i) On a que f ∈ C 1 sauf en 0. En effet f est continue en 0 et


(
0 −e−x si x > 0
f (x) =
ex si x < 0

est continue par morceaux. On a également


Z +∞ Z +∞ Z +∞
−|x|
|f (x)| dx = e dx = 2 e−x dx = 2 < ∞.
−∞ −∞ 0

On peut donc calculer fb donnée par


Z +∞ Z +∞
1 −i α y 1
f (α) = √
b f (y) e dy = √ e−|y| e−i α y dy
2π −∞ 2π −∞
Z 0 Z +∞
1 1
=√ ey(1−i α) dy + √ e−y(1+i α) dy
2π −∞ 2π 0
et donc
( 0 +∞ ) r
ey(1−i α) e−y(1+i α)

1 2 1
fb(α) = √ − = .
2π (1 − i α) −∞ (1 + i α) 0 π 1 + α2

(En effet, comme α ∈ R, lim e−(1+i α)y = lim |e−y | = 0, idem pour
y→+∞ y→+∞
lim e(1−i α)y = lim ey = 0).
y→−∞ y→−∞
(ii) Noter que
Z +∞
fb(α) dα < ∞
−∞

donc le théorème 15.3 (i) nous assure que


Z +∞ r
1 2 ei α x 1 +∞ ei α x
Z
−|x|
e =√ dα = dα.
2π −∞ π 1 + α2 π −∞ 1 + α2
Exercices 239

En particulier, si x = 0, on a que f (0) = 1 et ainsi

1 +∞ dα
Z
1= .
π −∞ 1 + α2

Si x = 1, on a

1 1 +∞ ei α 1 +∞ cos α i +∞ sin α
Z Z Z
= dα = dα + dα.
e π −∞ 1 + α2 π −∞ 1 + α2 π −∞ 1 + α2

On déduit alors que


Z +∞ +∞
sin α π cos α
Z
dα = 0 et = dα.
−∞ 1 + α2 e −∞ 1 + α2

15.3 Exercices
Exercice 15.1 Trouver la transformée de Fourier de la fonction
(
0 si x ≤ 0
f (x) = −x
e si x > 0.

Exercice 15.2 Soit la fonction f : R+ → R donnée par

f (x) = e−x cos x.

(i) Calculer la transformée de Fourier en cosinus de f (étendue par parité


à R).
(ii) Calculer la transformée de Fourier en sinus de f (étendue par imparité
à R).

Exercice 15.3 Montrer (iii) du théorème 15.2 sous l’hypothèse supplémentaire


que
lim f (k) (y) = 0, k = 0, 1, · · ·, n − 1.
|y|→∞

Exercice 15.4 Montrer (v) du théorème 15.2.

Exercice 15.5 Montrer (ii) et (iii) du théorème 15.3.

Exercice 15.6 Sous les hypothèses du théorème 15.3, montrer que si f est
continue et paire, alors
 
F (F (f )) (t) = F fˆ (t) = fˆ (t) = f (t) .
b

Suggestion. Observer que si f est paire, alors fˆ est paire.

Exercice 15.7 Montrer (iv) du théorème 15.2.


240 Transformées de Fourier

Exercice 15.8 * Montrer (vi) du théorème 15.2.

Exercice 15.9 * Montrer que si

x2
f (x) = e− 2

alors fb(α) = f (α) .

15.4 Corrigés
Exercice 15.1 Comme f = 0 pour x < 0, on a

+∞
1 1 1 1 1 − iα
Z
F (f ) (α) = √ e−x−i α x dx = √ =√ .
2π 0 2π 1 + i α 2π 1 + α2

Exercice 15.2 (i) On calcule d’abord

+∞
r
2
Z
Fc (f ) (α) = f (x) cos (α x) dx.
π 0

On trouve, comme f (x) = e−x cos x,

+∞
r
cos ((α + 1) x) + cos ((α − 1) x)
 
2
Z
−x
Fc (f ) (α) = e dx
π 2
r 0
2  e−x [cos ((α − 1) x) − (α − 1) sin ((α − 1) x)]
= −  
π 2 1 + (α − 1)
2

+∞
e−x [(α + 1) sin ((α + 1) x) − cos ((α + 1) x)] 
+  
2
2 1 + (α + 1)
0

et donc
r
2 2 + α2
Fc (f ) (α) = .
π (2 − 2 α + α2 ) (2 + 2 α + α2 )

(ii) On détermine maintenant

+∞
r
2
Z
Fs (f ) (α) = −i f (x) sin (α x) dx.
π 0
Corrigés 241

On obtient, comme f (x) = e−x cos x,


r Z +∞
sin ((α + 1) x) + sin ((α − 1) x)
 
2
Fs (f ) (α) = −i e−x dx
π 0 2
r 
2  e−x [− (α − 1) cos ((α − 1) x) − sin ((α − 1) x)]
= −i  
π 2 1 + (α − 1)
2

+∞
e−x [(α + 1) cos ((α + 1) x) + sin ((α + 1) x)] 
−  
2
2 1 + (α + 1)
0

et par conséquent
r
2 α3
Fs (f ) (α) = −i .
π (2 − 2 α + α2 ) (2 + 2 α + α2 )

Exercice 15.3 On écrit


Z +∞
1
F (f 0 ) (α) = √ f 0 (y) e−i α y dy
2π −∞
 Z +∞ 
1 −i α y +∞ −i α y
= √ f (y) e −∞
+ iα f (y) e dy .
2π −∞

Comme par hypothèse on a que lim|y|→∞ |f (y)| = 0 et que par ailleurs e−i α y =
1, on obtient
+∞
f (y) e−i α y −∞ = 0
et donc
+∞

Z
0
F (f ) (α) = √ f (y) e−i α y dy = i α F (f ) (α) .
2π −∞

En itérant le processus on montre également que


n
F(f (n) ) (α) = (i α) F (f ) (α) , ∀ α ∈ R et ∀ n ∈ N.

Exercice 15.4 Soit


g (x) = e−i b x f (a x)
on a alors, en posant z = a y, que
Z +∞
1
F (g) (α) = √ e−i b y f (a y) e−i α y dy
2π −∞
Z +∞  
1 1 −i α+b z 1 α+b
=√ e a f (z) dz = F (f ) .
2π −∞ a a a
242 Transformées de Fourier

(On a considéré ici que le cas a > 0; lorsque a < 0 il suffit d’inverser les bornes
d’intégration).

Exercice 15.5 (i) On écrit


√ Z +∞ Z +∞
2π F (f ) (α) = f (y) cos (α y) dy − i f (y) sin (α y) dy.
−∞ −∞

Or, comme f est paire

y → f (y) cos (α y) est paire et y → f (y) sin (α y) est impaire

on déduit Z +∞ Z +∞
f (y) cos (α y) dy = 2 f (y) cos (α y) dy
−∞ 0
et Z +∞
f (y) sin (α y) dy = 0.
−∞

On obtient finalement
+∞
r
2
Z
fb(α) = F (f ) (α) = f (y) cos (α y) dy
π 0

(on notera en particulier que fb est paire). En procédant de la même façon on


déduit également, dans le cas où f est impaire,
r Z +∞
2
fb(α) = F (f ) (α) = −i f (y) sin (α y) dy
π 0

(on notera en particulier que fb est impaire).


(ii) La formule d’inversion donne
√ Z +∞
2π f (x) = fb(α) ei α x dα
−∞
Z +∞ Z +∞
= fb(α) cos (α y) dy + i fb(α) sin (α y) dy.
−∞ −∞

On a vu ci-dessus que lorsque f est paire fb est paire et donc le même raisonne-
ment que précédemment conduit à
r Z +∞
2
f (x) = fb(α) cos (α x) dα.
π 0

De façon analogue on déduit que si f est impaire fb est impaire et donc


r Z +∞
2
f (x) = i fb(α) sin (α x) dα.
π 0
Corrigés 243

Exercice 15.6 Cet exercice est essentiellement contenu dans le précédent. Uti-
lisons la définition
Z +∞
1
F (f ) (α) = f (α) = √
b f (y) e−i α y dy
2π −∞
pour déduire
Z +∞
  1
F (F (f )) (t) = F f (t) = f (t) = √ fb(α) e−i α t dα.
b bb
2π −∞
Par hypothèse f est paire et, par la suggestion (cf. aussi l’exercice précédent), on
déduit que fb aussi est paire, i.e. fb(α) = fb(−α) . Alors, en utilisant la formule
d’inversion, on obtient
Z +∞ Z +∞
1 1
F (F (f )) (t) = fb(t) = √ fb(α) e−i α t dα = √ fb(−α) e−i α t dα
b
2π −∞ 2π −∞
Z +∞
1
=√ fb(α) ei α t dα = f (t) .
2π −∞

Exercice 15.7 On discute seulement le cas n = 1, la même démarche donne le


cas général n ≥ 1. Rappelons que h1 (x) = x f (x) . On suppose aussi que tous
les calculs formels ci dessous sont permis
 Z +∞  Z +∞
0 d 1 −i α x 1 d  −i α x 
F (f ) (α) = √ f (x) e dx = √ f (x) e dx
dα 2π −∞ 2π −∞ dα
Z +∞ Z +∞
1 −i
=√ (−ix) f (x) e−i α x dx = √ x f (x) e−i α x dx
2π −∞ 2π −∞
= −i F (h1 ) (α)
i.e.
F (h1 ) (α) = i F0 (f ) (α) .

Exercice 15.8 * On a (les hypothèses nous permettent de permuter les intégrales)


Z +∞  Z +∞ 
1
F (f ∗ g) (α) = √ f (y − t) g (t) dt e−i α y dy
2π −∞ −∞
Z +∞  Z +∞ 
1 −i α y
=√ f (y − t) e dy g (t) dt.
2π −∞ −∞

On pose y − t = z et on trouve
Z +∞  Z +∞ 
1 −i α(t+z)
F (f ∗ g) (α) = √ f (z) e dz g (t) dt
2π −∞ −∞
Z +∞ Z +∞
1
=√ f (z) e−i α z dz g (t) e−i α t dt
2π −∞ −∞
244 Transformées de Fourier

à savoir √
F (f ∗ g) (α) = 2π F (f ) (α) F (g) (α) .

Exercice 15.9 * On a clairement que f satisfait les hypothèses du théorème


15.2 et donc Z +∞
1 y2
fb(α) = √ e− 2 e−i α y dy
2π −∞
est bien définie. De plus fb(0) = 1, car on sait (facile à voir et classique) que
+∞
1
Z
y2
√ e− 2 dy = 1.
2π −∞

x2
Par la propriété (iv) du théorème 15.2 (on a clairement que h1 (x) = x e− 2 est
Z +∞
telle que |h1 (x)| dx < ∞) on déduit que
−∞
Z +∞
d hb i x2
f (α) = (−i x) e− 2 e−i α x dx.
dα −∞

En observant que
f 0 (x) = −x f (x)
on obtient Z +∞
d hb i
f (α) = i f 0 (x) e−i α x dx.
dα −∞
Z +∞
Par la propriété (iii) du théorème 15.2 (noter que |f 0 (x)| dx < ∞) on a
−∞
donc que
d hb i
f (α) = i (i α) fb(α) = −α fb(α) .

Une intégration immédiate donne que
α 2
fb(α) = fb(0) e− 2

Comme fb(0) = 1, on a bien montré que


α 2
fb(α) = e− 2 = f (α)

ce qui est le résultat souhaité.


Table de transformées de Fourier 245

15.5 Table de transformées de Fourier

f (y) F (f ) (α) = fˆ (α)

 r
1 si |y| < |b| 2 sin (|b| α)
1 f (y) = fˆ (α) =
0 sinon π α

e−i b α − e−i c α

1 si b < y < c
2 f (y) = fˆ (α) = √
0 sinon i α 2π

e−ω y

si y > 0 1
3 f (y) = (ω > 0) fˆ (α) = √1
0 sinon 2π (ω + i α)

e−ω y e−(ω+i α)b − e−(ω+i α)c



si b < y < c
4 f (y) = fˆ (α) = √1
0 sinon 2π (ω + i α)

e−i ω y 1 e−i(ω+α)b − e−i(ω+α)c



si b < y < c
5 f (y) = fˆ (α) = √
0 sinon i 2π ω+α

π e−|ω α|
r
1
6 f (y) = (ω 6= 0) fˆ (α) =
y2 + ω2 2 |ω|

e−|ω y|
r
2 1
7 f (y) = (ω 6= 0) fˆ (α) =
|ω| π ω 2 + α2

1 α2
fˆ (α) = √
2 2
8 f (y) = e−ω y
(ω 6= 0) e− 4 ω 2
2 |ω|

α2
fˆ (α) =
2 2
9 f (y) = y e−ω y
(ω 6= 0) −i α

2 2 |ω|3
e− 4 ω 2

4 y2 √  
10 f (y) = 2 (ω 6= 0) fˆ (α) = 2π 1
|ω| − |α| e−|ω α|
(ω 2 + y2 )
Chapitre 16

Transformées de Laplace

16.1 Définitions et résultats théoriques


Définition 16.1 Soit f : R+ = [0, +∞) → R une fonction continue par mor-
ceaux (étendue à R de manière que f (x) = 0, ∀ x < 0) et γ0 ∈ R tels que
Z +∞
|f (t)| e−γ0 t dt < ∞
0

(γ0 est appelée l’abscisse de convergence de f ). La transformée de La-


place de f est définie par

Z +∞
L (f ) (z) = F (z) = f (t) e−t z dt, ∀ z ∈ O,
0

où
O = {z ∈ C : Re z > γ0 } et O = {z ∈ C : Re z ≥ γ0 } .
Théorème 16.2 Soient f, γ0 et O comme dans la définition précédente. Soit
g : R+ → R continue par morceaux (g (x) = 0, ∀ x < 0) telle que
Z +∞
|g (t)| e−γ0 t dt < ∞.
0

Alors les propriétés suivantes ont lieu.


(i) Holomorphie. La transformée de Laplace de f, F, est holomorphe dans
O et si g (t) = t f (t) ,

Z +∞
F 0 (z) = − t f (t) e−t z dt = −L (g) (z) , ∀ z ∈ O.
0
248 Transformées de Laplace

(ii) Linéarité. Soient a, b ∈ R, alors

L(a f + b g) = a L (f ) + b L (g) .

Z +∞
1
(iii) Dérivées. Si de plus f ∈ C (R+ ) et |f 0 (t)| e−γ0 t dt < ∞, alors
0

L (f 0 ) (z) = z L (f ) (z) − f (0) , ∀ z ∈ O.


Z +∞
Plus généralement si n ∈ N, f ∈ C n (R+ ) et f (k) (t) e−γ0 t dt < ∞, pour
0
k = 0, 1, 2, · · ·, n, alors

n−1
X
L f (n) (z) = z n L (f ) (z) − z k f (n−k−1) (0) ,

∀ z ∈ O.
k=0

(iv) Intégration. Si f ∈ C (R) , γ0 ≥ 0 et


Z t
ϕ (t) = f (s) ds
0

alors

L (f ) (z)
L (ϕ) (z) = , ∀ z ∈ O.
z

(v) Décalage. Si a > 0, b ∈ R et


ϕ (t) = e−b t f (a t)
alors

   
1 z+b z+b
L (ϕ) (z) = L (f ) , ∀ z tel que Re ≥ γ0 .
a a a

(vi) Convolution. Soit


Z +∞ Z t
(f ∗ g) (t) = f (t − s) g (s) ds = f (t − s) g (s) ds
−∞ 0

alors

L (f ∗ g) (z) = L (f ) (z) L (g) (z) , ∀ z ∈ O.


Exemples 249

Théorème 16.3 (Formule d’inversion) Soient f une fonction continue telle


que f (0) = 0 (f (t) ≡ 0 si t < 0) et F (z) = L (f ) (z) sa transformée de Laplace
satisfaisant les conditions suivantes
Z +∞ Z +∞
−γ t
|f (t)| e dt < ∞ et |F (γ + i s)| ds < ∞
0 −∞

pour un certain γ ∈ R, alors

+∞
1
Z
F (γ + i s) e(γ+i s)t ds = f (t) , ∀ t ∈ R.
2π −∞

(Pour plus de détails, cf. [2] 91-109, [3] 75-83, [6] 529-549, [7] chapitre 18, [11]
242-300, [18] 35-70).

16.2 Exemples
Exemple 16.4 Soit f (t) ≡ 1 pour t ≥ 0. Calculer la transformée de Laplace
de f.

Discussion Tout d’abord on observe que n’importe quel γ0 > 0 est abscisse de
convergence car
Z +∞ +∞
e−γ0 t 1
e−γ0 t = − = < ∞.
0 γ 0 0 γ 0

On trouve alors
+∞ +∞
e−t z 1
Z
L (f ) (z) = e−t z dt = − = , si Re z > 0.
0 z 0 z

Exemple 16.5 Déterminer la transformée de Laplace de f (t) = ea t si t ≥ 0,


a ∈ R.

Discussion On trouve immédiatement que


Z +∞ +∞
e(a−z)t 1
L (f ) (z) = e(a−z)t dt = = , si Re z > a.
0 a−z 0 z−a

Exemple 16.6 Déterminer la transformée de Laplace de f (t) = t2 , pour t ≥ 0.

Discussion On note que comme f (0) = 0, f 0 (0) = 0 et f 00 (t) = 2, alors

L(f 00 ) (z) = z 2 L (f ) (z) − z f (0) − f 0 (0) .

En utilisant l’exemple 16.4 qui nous donne


2
L (2) (z) = L (f 00 ) (z) = ,
z
250 Transformées de Laplace

on déduit
2
L (f ) (z) = , si Re z > 0.
z3
Exemple 16.7 Soient γ ∈ R et z1 , · · · zn ∈ C tels que

Re zj < γ, j = 1, · · · , n.

Soit F : C \ {z1 , · · · zn } → C holomorphe. Supposons de plus qu’il existe a, R >


0, k > 1 des constantes telles que
a
|F (z)| ≤ k
, ∀ |z| ≥ R. (16.1)
|z|

Trouver, à l’aide du théorème des résidus (cf. théorème 12.1), une fonction f
dont la transformée de Laplace est F. On traitera, en particulier, le cas où
1
F (z) = 2 .
(z + 1) (z + 2)

Discussion Etape 1. Soit la fonction qui pour t > 0 fixé est donnée par

Fe (z) = F (z) et z .
 
On calcule alors Részj Fe , j = 1, · · · , n. Dans le cas particulier on a z1 = −1
(pôle d’ordre 1) et z2 = −2 (pôle d’ordre 2). On trouve
" #
tz
  h i e
Rész1 Fe = lim (z + 1) Fe (z) = lim = e−t
z→−1 z→−1 (z + 2)2

  t z 
  d h 2
i d e
Rész2 Fe = lim (z + 2) Fe (z) = lim
z→−2 dz z→−2 dz z+1
" #
tz tz
t e (z + 1) − e
= lim 2 = −t e−2 t − e−2 t .
z→−2 (z + 1)

Etape 2. Soient r > 0 et Γγ,r = Cγ,r ∪ Lγ,r , où

Cγ,r = {z ∈ C : |z − γ| = r et Re z < γ}

Lγ,r = {z ∈ C : Re z = γ et − r < Im z < r} .


Dans le cas particulier on peut prendre, par exemple, γ = 0. On choisit en-
suite r > 0 suffisamment grand pour que toutes les singularités de F soient à
l’intérieur de Γγ,r . Le théorème des résidus donne
Z n
X  
Fe (z) dz = 2πi Részj Fe .
Γγ,r j=1
Exemples 251

Etape 3. En paramétrant Cγ,r par ϕ (θ) = γ + r ei θ avec θ ∈ [π/2, 3 π/2] , on


obtient
Z Z 32π
Fe γ + r ei θ i r ei θ dθ

Fe (z) dz =
π
Cγ,r 2
Z 3π
2
F γ + r ei θ et(γ+r e ) i r ei θ dθ.
 iθ
=
π
2

On observe ensuite que

F γ + r ei θ et(γ+r e ) i r ei θ = r F γ + r ei θ et(γ+r cos θ)


 iθ 

et donc en invoquant l’hypothèse (16.1) (qui dans le cas particulier a lieu pour
k = 3) on a, comme t > 0 et θ ∈ [π/2, 3 π/2] (et donc cos θ ≤ 0), que, pour
r > 0 suffisamment grand,
a r eγ t a r eγ t
F γ + r ei θ et(γ+r e ) i r ei θ ≤
 iθ

k
≤ k
.
|γ + r ei θ | |r − γ|
De ceci on déduit immédiatement que
Z
lim Fe (z) dz = 0.
r→+∞ Cγ,r

En combinant le calcul précédent et l’étape 2 on obtient


Z Z n
X  
lim Fe (z) dz = lim Fe (z) dz = 2πi Részj Fe .
r→+∞ Lγ,r r→+∞ Γγ,r j=1
Z +∞
On remarque aussi que l’hypothèse (16.1) assure que |F (γ + i s)| ds < ∞.
−∞
Etape 4. Des considérations précédentes on obtient
Z +∞ n
1 1
Z X  
F (γ + i s) e(γ+i s)t ds = lim Fe (z) dz = Részj Fe .
2π −∞ 2πi r→+∞ Lγ,r j=1
252 Transformées de Laplace

Par conséquent, grâce au théorème 16.3, on trouve que


( Pn  
−1 j=1 Részj F
e si t ≥ 0
f (t) = L (F ) (t) =
0 si t < 0.
Dans le cas particulier on trouve que
(
−1 e−t − t e−2 t − e−2 t si t ≥ 0
f (t) = L (F ) (t) =
0 si t < 0

est la fonction cherchée. A posteriori on peut aussi observer, dans le cas parti-
culier, que la fonction trouvée f satisfait les hypothèses du théorème 16.3 (avec
γ = 0).

16.3 Exercices
Exercice 16.1 Trouver la transformée de Laplace des fonctions suivantes.
(i) f (t) = cos (k t) , k ∈ N.
(ii) f (t) = t eα t , α ∈ R.
(iii) Impulsion de Dirac
(
1/α si t ∈ [0, α]
fα (t) =
0 sinon.

où α > 0. Calculer lim L (fα ) .


α→0

Exercice 16.2 Trouver la fonction f telle que sa transformée de Laplace soit


1
F (z) = , a 6= b.
(z − a) (z − b)
(On peut, ici, faire un calcul direct sans utiliser le théorème des résidus).

Exercice 16.3 Trouver la transformée de Laplace de

f (t) = e−2 t (3 cos (6 t) − 5 sin (6 t)) .

Exercice 16.4 Trouver la transformée de Laplace inverse (sans utiliser le théorème


des résidus) de
4z z
F (z) = et F (z) = .
z 2 + 64 (z + 1) (z + 2)
Exercice 16.5 Trouver, en utilisant le théorème des résidus, la transformée de
Laplace inverse de
z2
F (z) = 2 .
(z 2 + 1)
Exercices 253

Exercice 16.6 Montrer (i) du théorème 16.2.

Exercice 16.7 Montrer (iii) du théorème 16.2, sous l’hypothèse supplémentaire


que
f (k) (t) e−γ0 t ≤ c, ∀ t ≥ 0 et ∀ k = 0, · · ·, n − 1

pour une certaine constante c > 0.

Exercice 16.8 Montrer (iv) du théorème 16.2 sous l’hypothèse supplémentaire


que
Z +∞
|ϕ (t)| e−γ0 t dt < ∞.
0

Exercice 16.9 Montrer (v) du théorème 16.2.

Exercice 16.10 Soit f satisfaisant les hypothèses du théorème 16.2 et

|f (t)| e−γ0 t ≤ c, ∀t ≥ 0

pour une certaine constante c > 0. Si L (f ) (z) = F (z) , montrer que

lim [F (z)] = 0.
Re z→+∞

Exercice 16.11 Soit f satisfaisant les hypothèses du théorème 16.2 (iii) et soit
L (f ) (z) = F (z) . Montrer que
(i) (Valeur initiale) Si de plus

|f 0 (t)| e−γ0 t ≤ c, ∀t ≥ 0

pour une certaine constante c > 0 alors

lim [z F (z)] = f (0) .


Re z→+∞

Z +∞
(ii) (Valeur finale) Si de plus |f 0 (t)| dt < ∞ et limt→+∞ [f (t)] existe,
0
alors
lim [z F (z)] = lim [f (t)] .
z→0 t→+∞

Exercice 16.12 * Montrer (vi) du théorème 16.2.

Exercice 16.13 * (i) Soit f satisfaisant les hypothèses du théorème 16.2. Si


de plus on suppose que f est périodique de période T > 0, montrer alors que
T
1
Z
L (f ) (z) = f (t) e−t z dt, Re z > 0.
1 − e−T z 0
254 Transformées de Laplace

(ii) A l’aide de la question précédente, déterminer la transformée de Laplace


de la fonction (
sin t si 0 ≤ t < π
f (t) =
0 si π ≤ t < 2π
étendue périodiquement à R+ avec période T = 2π.
Suggestion. On rappelle que si |q| < 1, alors
+∞
X 1
qn = .
n=0
1−q

Exercice 16.14 * Montrer, à l’aide de la formule d’inversion des transformées


de Fourier (cf. théorème 15.3), le théorème 16.3.

16.4 Corrigés
Exercice 16.1 (i) D’après la définition, on obtient pour Re z > 0
+∞ +∞
cos (k t) e−t z k +∞
Z  Z
−t z
L (f ) (z) = cos (k t) e dt = − sin (k t) e−t z dt
0 −z 0 z 0
" +∞ #
1 k sin (k t) e−t z k +∞
Z
−t z
= − + cos (k t) e dt
z z −z 0 z 0
1 k2
= − 2 L (f ) (z)
z z
ce qui implique
+∞
z
Z
L (f ) (z) = cos (k t) e−t z dt = .
0 z 2 + k2

(ii) On a directement
Z +∞ Z +∞
L (f ) (z) = t eα t e−t z dt = t e(α−z)t dt
0 0
+∞ Z +∞
t e(α−z)t

1
= − e(α−z)t dt
α−z 0 α−z 0
Z +∞ i+∞
1 1 h 1
=− e(α−z)t dt = − 2 e (α−z)t
= 2
α−z 0 (α − z) 0 (z − α)

(valable pour Re (α − z) < 0 ⇒ Re (z) > α).


(iii) On trouve immédiatement que
Z α α
1 e−t z 1 1 − e−α z
  
1 −t z
L (fα ) (z) = e dt = = .
0 α α −z 0 α z
Corrigés 255

Par la règle de l’Hôpital on a

lim L (fα ) (z) = 1.


α→0

Exercice 16.2 On commence par décomposer F en éléments simples


 
1 1 1
F (z) = − .
b−a z−b z−a
Comme
1 1
L ea t (z) = L eb t (z) =
 
et ,
z−a z−b
on trouve
1 
L eb t − L ea t = F (z)
 
b−a
et donc
1  bt
e − ea t .

f (t) =
b−a

Exercice 16.3 On utilise d’abord la propriété de linéarité de la transformée de


Laplace (puis le formulaire) pour écrire
3z 30
L (3 cos (6 t) − 5 sin (6 t)) = 3 L (cos (6 t)) − 5 L (sin (6 t)) = − .
z 2 + 36 z 2 + 36
Finalement, comme
1
L e−2 t (z) =

z+2
on a par la formule du décalage (avec a = 1 et b = 2)
 3 (z + 2) − 30 3 z − 24
L e−2 t [3 cos (6 t) − 5 sin (6 t)] = 2 = 2 .
(z + 2) + 36 z + 4 z + 40

Exercice 16.4 (i) En utilisant l’exercice 16.1 on a


 
z
L−1 (F ) (t) = 4 L−1 (t) = 4 cos (8 t) .
z 2 + 64
(ii) On écrit
z 2 1
= −
(z + 1) (z + 2) z+2 z+1
et par conséquent
     
z 1 1
L−1 (t) = 2 L−1 (t) − L−1 (t)
(z + 2) (z + 1) z+2 z+1
= 2 e−2 t − e−t .
256 Transformées de Laplace

Exercice 16.5 On procède comme dans l’exemple 16.7.


Etape 1. On définit
z2
Fe (z) = 2 et z .
(z 2 + 1)
Les singularités de Fe sont en z = ±i et ce sont des pôles d’ordre 2. On trouve
après un calcul élémentaire, que nous ne détaillons pas, que
" !#
2 tz
  d z e t ei t − i ei t
Rési Fe = lim 2 =
z→i dz (z + i) 4
" !#
  d z 2 et z t e−i t + i e−i t
Rés−i Fe = lim 2 = .
z→−i dz (z − i) 4

Etape 2. On procède ensuite exactement comme dans l’exemple (ici on doit


prendre γ > 0, par exemple γ = 1) avec Γr = Cr ∪ Lr et

Cr = {z ∈ C : |z − 1| = r et Re z < 1}

Lr = {z ∈ C : Re z = 1 et − r < Im z < r} .
Le théorème des résidus donne
1 t ei t − i ei t t e−i t + i e−i t
Z
Fe (z) dz = +
2πi Γr 4 4
t ei t + e−i t 1 ei t − e−i t t 1
= + = cos t + sin t .
2 2 2 2i 2 2
Etape 3. Comme dans l’exemple on a
Z
lim Fe (z) dz = 0
r→+∞ Cr

et par conséquent
Z +∞
1 1
Z
F (1 + i s) e(1+i s)t ds = lim F (z) et z dz
2π −∞ 2πi r→+∞ Lr
t 1
= cos t + sin t .
2 2
Finalement, grâce au théorème 16.3, on trouve que
(
t 1
−1 2 cos t + 2 sin t si t ≥ 0
f (t) = L (F ) (t) =
0 si t < 0

est la fonction cherchée.


Corrigés 257

Exercice 16.6 On remarque tout d’abord que la fonction g (t) = t f (t) est
continue par morceaux (g (t) ≡ 0 si t < 0) et si Re z > γ0 (i.e. z ∈ O) alors
Z +∞ Z +∞
−γ0 t
|f (t)| e dt < ∞ ⇒ |g (t) e−t z | dt < ∞
0 0

(noter en passant que cette implication n’est pas nécessairement vraie si Re z =


γ0 ). Le calcul suivant peut alors facilement être rendu rigoureux
Z +∞ Z +∞
d d −t z 
F 0 (z) = f (t) e−t z dt = f (t) e dt
dz 0 0 dz
Z +∞
=− e−t z t f (t) dt = −L (g) (z) , ∀ z ∈ O.
0

Exercice 16.7 (i) On a que


Z +∞ Z +∞
+∞
L (f 0 ) (z) = f 0 (t) e−t z dt = f (t) e−t z 0 − f (t) −z e−t z dt.
 
0 0

Comme Re z > γ0 on déduit que

f (t) e−t z = |f (t)| e−t Re z = |f (t)| e−γ0 t e−(Re z−γ0 )t ≤ c e−(Re z−γ0 )t

et donc
f (t) e−t z → 0 si t → +∞.
On obtient par conséquent
Z +∞
0
L (f ) (z) = z f (t) e−t z dt − f (0) = z L (f ) (z) − f (0) .
0
Z +∞
(Noter que l’hypothèse |f 0 (t)| e−γ0 t dt < ∞ a été utilisée pour s’assurer
0
que L (f 0 ) est bien définie si Re z > γ0 ).
(ii) Pour montrer le cas général, on procède par induction (le cas n = 1
vient d’être démontré). On suppose que le résultat est vrai pour n − 1, on va le
prouver pour n. On a (comme précédemment f (k) (t) e−t z → 0, si t → +∞ et
Re z > γ0 )
Z +∞
L(f (n) ) (z) = f (n) (t) e−t z dt
0
qui nous conduit à
h i+∞ Z +∞
L(f (n) ) (z) = f (n−1) (t) e−t z f (n−1) (t) −z e−t z dt


0 0
n−2
( )
X
n−1 k (n−k−2)
=z z L (f ) (z) − z f (0) − f (n−1) (0)
k=0
258 Transformées de Laplace

et par conséquent
n−1
X
L(f (n) ) (z) = z n L (f ) (z) − z k f (n−k−1) (0) − f (n−1) (0)
k=1
n−1
X
= z n L (f ) (z) − z k f (n−k−1) (0) .
k=0

Z t
Exercice 16.8 Comme ϕ (t) = f (s) ds alors ϕ ∈ C 1 (R+ ) , ϕ (0) = 0, ϕ0 (t) =
0
f (t) , et de plus par hypothèse
Z +∞ Z +∞
|ϕ0 (t)| e−γ0 t dt < ∞ et |ϕ (t)| e−γ0 t dt < ∞ .
0 0

Par ailleurs comme z ∈ O et γ0 ≥ 0 on déduit que z 6= 0. On est donc en mesure


d’appliquer (iii) du théorème 16.2

L (f ) (z) = L(ϕ0 ) (z) = z L (ϕ) (z) − ϕ (0) = z L (ϕ) (z)

et ainsi
L (f ) (z)
L (ϕ) (z) = , ∀ z ∈ O.
z

Exercice 16.9 On a immédiatement que si ϕ (t) = e−b t f (a t) , alors


Z +∞ Z +∞
L (ϕ) (z) = e−b t f (a t) e−t z dt = f (a t) e−t(z+b) dt
0 0
+∞  
1 1 z+b
Z
(z+b)
= f (s) e−s a ds = L (f )
0 a a a

qui est bien définie pour Re z+b



a ≥ γ0 .

Exercice 16.10 On commence par observer que comme

|f (t)| e−γ0 t ≤ c, ∀t ≥ 0

on a, si Re z > γ0 , que
Z +∞ Z +∞
|F (z)| = f (t) e−t z dt = f (t) e−t(Re z+i Im z) dt
0 0
+∞ +∞
c
Z Z
−t Re z
≤ |f (t)| e dt ≤ c e−t(Re z−γ0 ) dt = .
0 0 Re z − γ0

Le résultat découle en laissant tendre Re z → +∞.


Corrigés 259

Exercice 16.11 On a vu (cf. théorème 16.2 (iii)), que


Z +∞
z F (z) − f (0) = L (f 0 ) (z) = f 0 (t) e−t z dt .
0

(i) Par ailleurs de l’exercice 16.10, appliqué à f 0 , on déduit que


Z +∞
lim [L (f 0 ) (z)] = lim f 0 (t) e−t z dt = 0.
Re z→+∞ Re z→+∞ 0

Le résultat suit alors immédiatement, i.e.

lim [z F (z)] = f (0) .


Re z→+∞

(ii) On commence par observer que les hypothèses nous assurent que
Z +∞ Z +∞
lim f 0 (t) e−t z dt = f 0 (t) dt = lim [f (t)] − f (0) ,
z→0 0 0 t→+∞

c’est-à-dire
lim [z F (z)] = lim [f (t)] .
z→0 t→+∞

Exercice 16.12 * Tout d’abord on remarque que, comme f ≡ 0 et g ≡ 0 si


t < 0,
Z +∞ Z t Z t
(f ∗ g) (t) = f (t − s) g (s) ds = f (t − s) g (s) ds = f (s) g (t − s) ds .
−∞ 0 0

On a en permutant les intégrales (les hypothèses nous le permettent)


Z +∞ Z t
L (f ∗ g) (z) = f (s) g (t − s) ds e−t z dt
0 0
Z +∞ Z +∞ 
−t z
= ds f (s) g (t − s) e dt .
0 s

On pose t − s = x et donc
Z +∞ Z +∞ 
L (f ∗ g) (z) = f (s) g (x) e−(x+s)z dx ds
0 0
Z +∞ Z +∞
= f (s) e−s z ds g (x) e−x z dx
0 0
= L (f ) (z) L (g) (z) .
260 Transformées de Laplace

Exercice 16.13 * (i) On a


Z +∞ +∞ Z
X (n+1)T
L (f ) (z) = f (t) e−t z dt = f (t) e−t z dt
0 n=0 nT
Z T Z 2T Z 3T
= f (t) e−t z dt + f (t) e−t z dt + f (t) e−t z dt + · · ·
0 T 2T

Si on pose t = u + n T, on trouve (en utilisant la périodicité de f à savoir


f (u + n T ) = f (u))
Z (n+1)T Z T Z T
−t z −(u+n T )z −n T z
f (t) e dt = f (u + n T ) e du = e f (u) e−u z du.
nT 0 0

On obtient ainsi
+∞
!Z
X T
−n T z
L (f ) (z) = e f (u) e−u z du.
n=0 0

Comme par ailleurs Re z > 0 on a que e−T z = e−T Re z < 1 et on utilise la


suggestion pour déduire le résultat
T
1
Z
L (f ) (z) = f (t) e−t z dt.
1 − e−T z 0

(ii) On va utiliser le résultat de la partie (i) avec T = 2π. On obtient


Z 2π Z π
1 −t z 1
L (f ) (z) = f (t) e dt = e−t z sin t dt
1 − e−2π z 0 1 − e−2π z 0
 −t z π
1 e (−z sin t − cos t) 1
= −2π z 2
= −π z
.
1−e z +1 0 (1 − e ) (z 2 + 1)

Exercice 16.14 * Rappelons que f est continue, f (0) = 0 (et f ≡ 0 si t < 0).
Posons g (t) = f (t) e−γ t et observons que pour s ∈ R on a
Z +∞
1
F (g) (s) = gb (s) = √ g (t) e−i s t dt
2π −∞
Z +∞
1 1
=√ f (t) e−(γ+i s)t dt = √ F (γ + i s) .
2π −∞ 2π

Toutes les hypothèses du théorème 15.3 sur la formule d’inversion de la trans-


formée de Fourier sont satisfaites et on obtient donc pour tout t ∈ R
+∞
1
Z
√ gb (s) ei s t ds = g (t)
2π −∞
Table de transformées de Laplace 261

c’est-à-dire
+∞
1 1
Z
√ √ F (γ + i s) ei s t ds = e−γ t f (t) .
2π −∞ 2π
On déduit donc
+∞
1
Z
F (γ + i s) e(γ+i s)t ds = f (t) .
2π −∞

16.5 Table de transformées de Laplace

f (t) L (f ) (z) = F (z)

(
1/α si t ∈ [0, α]
fα (t) = 1 − e−α z
1 0 sinon Fα (z) = −→ 1 ∀ z
αz α→0

(impulsion de Dirac)
(
1 si t ≥ 0 1
2 ε (t) = F (z) = Re z > 0
0 si t < 0 z

1
3 f (t) = e−α t F (z) = Re z > −α
z+α

tn 1
4 f (t) = F (z) = Re z > 0
n! z n+1

1
5 f (t) = t e−α t F (z) = 2 Re z > −α
(z + α)

ω
6 f (t) = sin (ω t) F (z) = Re z > 0
z2 + ω2

z
7 f (t) = cos (ω t) F (z) = Re z > 0
z2 + ω2

ω
8 f (t) = eα t sin (ω t) F (z) = 2 Re z > α
(z − α) + ω 2

z−α
9 f (t) = eα t cos (ω t) F (z) = 2 Re z > α
(z − α) + ω 2
262 Transformées de Laplace

f (t) L (f ) (z) = F (z)

ω
10 f (t) = sinh (ω t) F (z) = Re z > |ω|
z2 − ω2

z
11 f (t) = cosh (ω t) F (z) = Re z > |ω|
z2 − ω2

ω
12 f (t) = eα t sinh (ω t) F (z) = 2 Re z > α + |ω|
(z − α) − ω 2

z−α
13 f (t) = eα t cosh (ω t) F (z) = 2 Re z > α + |ω|
(z − α) − ω 2

z2 − ω2
14 f (t) = t cos (ω t) F (z) = 2 Re z > 0
(z 2 + ω 2 )
Chapitre 17

Applications aux équations


différentielles ordinaires

Tout au cours de ce chapitre et du suivant nous allons montrer comment ap-


pliquer les résultats des trois chapitres précédents aux équations différentielles.
La façon de procéder pour trouver des solutions ne sera pas rigoureuse, le résultat
obtenu sera par contre correct et peut être justifié sans trop de difficultés.

17.1 Problème de Cauchy


Exemple 17.1 La question est de trouver une solution y = y (t) de

(
a2 y 00 (t) + a1 y 0 (t) + a0 y (t) = f (t) t > 0
y (0) = y0 et y 0 (0) = y1
(17.1)
où a0 , a1 , a2 , y0 , y1 ∈ R sont des constantes données (a2 6= 0) et f : R+ → R
est donnée (f (t) ≡ 0, si t < 0) avec une certaine régularité. On traitera en
particulier le cas où a0 = a2 = 1, a1 = 0, f (t) = sin t, y0 = y1 = 1, i.e. le
problème (
y 00 (t) + y (t) = sin t t > 0
y (0) = y 0 (0) = 1.
Discussion On procèdera à la discussion de ce problème par étapes.
Etape 1. On appelle
F (z) = L (f ) (z) et Y (z) = L (y) (z)
les transformées de Laplace de f et de y respectivement. On utilise ensuite les
propriétés de cette transformation (cf. théorème 16.2) pour obtenir
L (y 0 ) (z) = z L (y) (z) − y (0) = z Y − y0
264 Applications : EDO

L (y 00 ) (z) = z 2 L (y) (z) − z y (0) − y 0 (0) = z 2 Y − z y0 − y1 .


On a donc

L (a2 y 00 + a1 y 0 + a0 y) = a2 z 2 Y − z y0 − y1 + a1 (z Y − y0 ) + a0 Y


= L (f ) (z) = F (z) .

On obtient
F (z) + a2 y0 z + a2 y1 + a1 y0
Y (z) = = H (z) .
a2 z 2 + a1 z + a0
1
Dans le cas particulier F (z) = 2 (cf. formulaire) et donc
z +1
1 z+1
H (z) = 2 + .
(z 2 + 1) z2 + 1

Etape 2. La solution est alors donnée en prenant la transformée de Laplace


inverse des deux membres de l’idéntité ci-dessus, i.e.

y (t) = L−1 (Y ) (t) = L−1 (H) (t) .

Dans l’exemple présenté


! !
−1 1 z+1 −1 3 1 z 1 z2 − 1
y (t) = L 2 + z2 + 1 =L + 2 −
2
(z + 1) 2 z + 1 z + 1 2 (z 2 + 1)2
2

3 1
= sin t + cos t − t cos t.
2 2
Etape 3. On vérifie que la méthode heuristique ci-dessus nous a bien permis
d’obtenir une solution de (17.1) ; ceci dépend des conditions sur f et sur les
coefficients. On remarque aussi qu’en général le problème de Cauchy admet une
et une seule solution et donc on a trouvé en fait la solution de (17.1).

Exemple 17.2 Soit λ ∈ R, trouver toutes les solutions de

(
y 00 (t) + λ y (t) = 0, t>0
y (0) = y0 , y 0 (0) = y1

avec y0 , y1 arbitraires.

Discussion On distingue différents cas.


Cas 1 : λ = 0. Le problème devient alors
(
y 00 (t) = 0
y (0) = y0 , y 0 (0) = y1 .
Problème de Sturm-Liouville 265

Ici on trouve immédiatement, sans avoir besoin de recourir à la transformation


de Laplace,
y (t) = y0 + y1 t.
Cas 2 : λ < 0. On trouve, à l’aide de l’exemple précédent, que

y0 z + y1 z y1 −λ
Y (z) = 2 = y0 2 +√
z +λ z +λ −λ z 2 + λ
  √  y1   √ 
= y0 L cosh t −λ (z) + √ L sinh t −λ (z)
−λ
et donc  √   √ 
y1
y (t) = y0 cosh t −λ + √ sinh t −λ .
−λ
Cas 3 : λ > 0. On a, en invoquant à nouveau l’exemple précédent,

y0 z + y1 z y1 λ
Y (z) = 2 = y0 2 +√ 2
z +λ z +λ λ z +λ
  √  y1   √ 
= y0 L cos t λ (z) + √ L sin t λ (z)
λ
et donc  √   √ 
y1
y (t) = y0 cos t λ + √ sin t λ .
λ

17.2 Problème de Sturm-Liouville


Exemple 17.3 Soit L > 0. Trouver λ ∈ R et y = y (x) , y 6≡ 0, solution de

(
y 00 (x) + λ y (x) = 0, x ∈ (0, L)
y (0) = y (L) = 0.
(17.2)

(Noter que y ≡ 0 est solution triviale de (17.2) ∀ λ ∈ R.)

Discussion On va d’abord étudier, à l’aide de l’exemple 17.2 pour λ fixé, le


problème (
y 00 (x) + λ y (x) = 0
(17.3)
y (0) = 0.
Puis pour résoudre (17.2) il faudra encore imposer y (L) = 0 et examiner pour
quelles valeurs de λ nous pourrons trouver des solutions non triviales. Pour cela
on est amené à distinguer trois cas.
Cas 1 : λ = 0. On observe tout d’abord que toute solution de (17.3) est de
la forme, y1 étant arbitraire,
y (x) = y1 x.
266 Applications : EDO

Comme on veut aussi que y (L) = 0, on trouve y1 L = 0 et donc y1 = 0. On en


déduit que seule la solution triviale y ≡ 0 satisfait (17.2) avec λ = 0.
Cas 2 : λ < 0. On a alors que toute solution de (17.3) est de la forme
y1  √ 
y (x) = √ sinh x −λ .
−λ
Si on veut aussi y (L) = 0, on doit avoir
y  √ 
√ 1 sinh L −λ = 0,
−λ
ce qui n’est possible qu’avec y1 = 0. Donc à nouveau, si λ < 0, il n’y a pas de
solution non triviale de (17.2).
Cas 3 : λ > 0. On a dans ce cas que toute solution de (17.3) s’écrit
y1  √ 
y (x) = √ sin x λ .
λ
Comme on doit encore imposer y (L) = 0 et si on veut une solution non triviale
(⇒ y1 6= 0), on obtient
y  √   √ 
√1 sin L λ = 0 ⇔ sin L λ = 0
λ

⇔ L λ = n π, avec n ∈ N

et ainsi  nπ 2
λ= .
L
En conclusion (pour λ > 0) il existe des solutions non triviales de (17.2) si
2
λ = (nπ/L) , et ceci pour tout n ∈ N, n 6= 0. De plus les solutions sont alors
données par  nπ 
y (x) = αn sin x
L
où αn est une constante arbitraire.

Exemple 17.4 Soit L > 0. Trouver λ ∈ R et y = y (x) , y 6≡ 0, solution de

(
y 00 (x) + λ y (x) = 0, x ∈ (0, L)
0 0
y (0) = y (L) = 0.
(17.4)

Discussion Ce problème est très semblable au précédent (on utilise aussi


l’exemple 17.2). On commence par considérer le système
(
y 00 (x) + λ y (x) = 0, x ∈ (0, L)
(17.5)
y 0 (0) = 0.
Autres exemples 267

On distingue alors les différents cas.


Cas 1 : λ = 0. On trouve immédiatement que toute solution de (17.5) est
de la forme
y (x) = y0 .
En particulier pour n’importe quel y0 6= 0 on a trouvé une solution non triviale
de (17.4) avec λ = 0 (et ceci contrairement à l’exemple précédent).
Cas 2 : λ < 0. On a alors que la solution générale de (17.5) est donnée par
 √ 
y (x) = y0 cosh x −λ .
√ √ 
Comme y 0 (L) = y0 −λ sinh L −λ = 0 ne peut être satisfaite que si y0 = 0,
on déduit que, quand λ < 0, il n’y a pas de solution non triviale de (17.4).
Cas 3 : λ > 0. Cette fois-ci on a que les solutions sont de la forme
 √ 
y (x) = y0 cos x λ .

Si on veut aussi y 0 (L) = 0, on obtient des solutions non triviales (⇒ y0 6= 0)


pour autant que
 √   √ 
y0 sin L λ = 0 ⇔ sin L λ = 0

⇔ L λ = n π, avec n ∈ N

et par conséquent
 nπ 2
λ= .
L
En conclusion (pour λ > 0) on a des solutions non triviales de (17.4) lorsque
2
λ = (nπ/L) , pour tout n ∈ N, et les solutions sont alors données par
 nπ 
y (x) = βn cos x
L
où βn est une constante arbitraire.

17.3 Autres problèmes résolus par l’analyse


de Fourier
Exemple 17.5 Soit f une fonction C 1 et 2π périodique. Soient m, k ∈ R,
m 6= 0. Trouver une solution y = y (t) du problème suivant
(
m y 00 (t) + k y (t) = f (t) , t ∈ (0, 2π)
y (0) = y (2π) , y 0 (0) = y 0 (2π) .

Traiter le cas particulier où f (t) = cos t.


268 Applications : EDO

Discussion On commence par développer f en série de Fourier



α0 X
f (t) = + (αn cos (n t) + βn sin (n t)) .
2 n=1

(Dans le cas f (t) = cos t, on a évidemment βn = 0 ∀ n et αn = 0 ∀ n 6= 1 et


α1 = 1). Comme on cherche une fonction y qui soit 2π périodique, on postule
qu’elle s’écrit

a0 X
y (t) = + (an cos (n t) + bn sin (n t)) .
2 n=1

Notre problème consiste donc à déterminer les coefficients an et bn (en fonction


des αn et βn qui sont connus). En dérivant formellement deux fois y (t) on
obtient

X
y 00 (t) = −n2 an cos (n t) + −n2 bn sin (n t) .
   
n=1

Puis on écrit l’équation différentielle



k a0 X 
m y 00 + k y = k − m n2 an cos (n t) + k − m n2 bn sin (n t)
  
+
2 n=1

α0 X
=f = + (αn cos (n t) + βn sin (n t)) .
2 n=1

En identifiant les coefficients on trouve


α0 αn βn
a0 = , an = et bn = .
k k − m n2 k − m n2

Dans le cas f (t) = cos t on trouve an = bn = 0 sauf pour a1 = α1 / (k − m) =


1/ (k − m) . Donc la solution dans ce cas est

cos t
y (t) = .
k−m

(Evidemment nous avons supposé dans toute cette analyse que k/m 6= n2 pour
tout n ∈ N).

Exemple 17.6 Soient α 6= ±1 et f une fonction C 1 et 2π périodique. Trouver


une solution x = x (t) de
(
x (t) + α x (t − π) = f (t) , t ∈ (0, 2π)
x (0) = x (2π) .

Traiter le cas particulier f (t) = cos t + 3 sin (2 t) + 4 cos (5 t) .


Autres exemples 269

Discussion On commence par développer f en série de Fourier



α0 X
f (t) = + (αn cos (n t) + βn sin (n t)) .
2 n=1

(Dans le cas particulier f (t) = cos t + 3 sin (2 t) + 4 cos (5 t) , on trouve α1 = 1,


α5 = 4, β2 = 3 et tous les autres coefficients sont nuls). Comme on cherche une
fonction x qui soit 2π périodique, on l’écrit

a0 X
x (t) = + (an cos (n t) + bn sin (n t)) .
2 n=1

Il s’agit donc de déterminer les coefficients an et bn (en fonction des αn et βn


qui sont connus). On a aussi

a0 X
x (t − π) = + (an cos (n t − n π) + bn sin (n t − n π))
2 n=1

a0 X n n
= + [(−1) an cos (n t) + (−1) bn sin (n t)] .
2 n=1

En revenant à l’équation aux différences on trouve

x (t) + α x (t − π)

a0 X n n
= (1 + α) + [(1 + α (−1) ) an cos (n t) + (1 + α (−1) ) bn sin (n t)]
2 n=1

α0 X
= f (t) = + (αn cos (n t) + βn sin (n t)) .
2 n=1

En égalant les coefficients on obtient (en se rappelant que α 6= ±1)

α0 αn βn
a0 = , an = n et bn = n .
1+α 1 + α (−1) 1 + α (−1)

Dans l’exemple on trouve donc a1 = 1/ (1 − α) , a5 = 4/ (1 − α) , b2 = 3/ (1 + α)


et tous les autres coefficients sont nuls ; ce qui conduit à

cos t 4 cos (5 t) 3 sin (2 t)


x (t) = + + .
1−α 1−α 1+α
Exemple 17.7 Trouver une solution de
Z +∞
x (t) + 3 e−|τ | x (t − τ ) dτ = e−|t| , t ∈ R.
−∞
270 Applications : EDO

Discussion On divise la discussion en deux étapes.


Etape 1. On calcule pour α ∈ R la transformée de Fourier de f (t) = e−|t| ,
i.e.
Z +∞
ˆ 1
F (f ) (α) = f (α) = √ f (t) e−i α t dt
2π −∞
Z 0 Z +∞
1 1
=√ e(1−i α)t dt + √ e−(1+i α)t dt
2π −∞ 2π 0
 
1 1 1 1 2
=√ + =√ .
2π 1 + i α 1 − i α 2π 1 + α2

Etape 2. On note tout d’abord que l’équation peut se réécrire (f ∗ x dénotant


le produit de convolution)

x (t) + 3 (f ∗ x) (t) = f (t) .

On applique alors la transformée de Fourier aux deux membres de l’équation,


dénotant F (x) (α) = x̂ (α) , on a

x̂ (α) + 3 2π fˆ (α) x̂ (α) = fˆ (α)

ce qui nous conduit à

fˆ (α)
r
1 2 2 1
x̂ (α) = √ =√ = .
ˆ
1 + 3 2π f (α) 2π α 2+7 π α2 + 7

En appliquant la transformée de Fourier inverse et en utilisant le formulaire on


trouve
r !
2 1 1 √
−1 −1
x (t) = F (x) (t) = F 2
(t) = √ e− 7 |t| .
π α +7 7

17.4 Exercices
Exercice 17.1 Soient n ≥ 1, a0 , a1 , · · ·, an , y0 , y1 , · · ·, yn−1 ∈ R, an 6= 0, et
f : R+ → R une fonction donnée suffisamment régulière. Résoudre
(
an y (n) (t) + · · · + a1 y 0 (t) + a0 y (t) = f (t) , t > 0
y (k) (0) = yk , k = 0, 1, · · ·, n − 1.

Exercice 17.2 Trouver des solutions non triviales de


(
y 00 (x) + λ y (x) = 0, x ∈ (0, 2π)
y (0) = y (2π) et y 0 (0) = y 0 (2π) .
Exercices 271

Exercice 17.3 Trouver µ ∈ R et v = v (x) , v 6≡ 0, solution de


(
v 00 (x) + 2 v 0 (x) + (1 + µ) v (x) = 0
v (0) = v (π) = 0.

Exercice 17.4 Montrer que les solutions de l’équation

r2 f 00 (r) + r f 0 (r) − n2 f (r) = 0, r>0

sont données par (n ∈ N)


(
an rn + a−n r−n si n > 0
f (r) =
a0 + b0 log r si n = 0

où an et b0 sont des constantes.

Exercice 17.5 Soit la fonction f : R → R, 2π périodique telle que

f (x) = |x| , si x ∈ [−π, π] .

(i) Trouver son développement de Fourier.


(ii) Trouver une solution (discuter pour quelles valeurs de α la méthode s’ap-
plique) de  4
 d y (x)
− α y (x) = f (x)
dx4
y (x + 2π) = y (x) .

Exercice 17.6 Trouver une solution de


 x0 t − π + x (t) = 1 + 2 cos t + sin (2 t)
  
2
 x (t + 2π) = x (t) .
  π    π 
Suggestion. On pourra commencer par écrire sin n t − , cos n t −
2 2
quand n = 4k, 4k − 1, 4k − 2, 4k − 3 où k ≥ 1 est un entier.

Exercice 17.7 Trouver une fonction x = x (t) telle que, ∀ t ∈ R, on ait


(
x00 (t) + 5 x0 (t − π) − x (t) = cos t − 3 sin (2 t) + 2
x (t + 2π) = x (t) .

Exercice 17.8 (i) Soit la fonction f : R → R, 2π périodique et paire telle que

f (t) = sin (3 t) , t ∈ [0, π] .

Trouver sa série de Fourier.


(ii) Trouver une fonction 2π périodique et paire telle que

x (t) − 2 x (t − π) = sin (3 t) , t ∈ [0, π] .


272 Applications : EDO

Exercice 17.9 (i) Soit f une fonction 2π périodique et C 1 . Trouver des solu-
tions 2π périodiques x = x (t) (en fonction de f ) de

x0 (t) + 2 x (t − π) = f (t)

(ii) Ecrire explicitement x (t) quand f (t) = 1 + 4 sin (6 t) .

Exercice 17.10 Soit f : R → R une fonction T périodique et C 1 . Soit α 6= 0


et soit l’équation différentielle

x0 (t) + α x (t) = f (t) .

Trouver une solution T périodique de cette équation en écrivant x (t) et f (t)


sous forme de séries de Fourier. Appliquer ce résultat au cas où α = 1, T = 2π
et f est la fonction suivante (écrire les premiers termes)

π 2
( 
t− 2 si 0 ≤ t < π
f (t) =
3π 2 2
+ π2

− t− 2 si π ≤ t < 2π.

Exercice 17.11 Soient


2
f (t) = e−|t| et g (t) = t e−t .

Résoudre Z +∞
3 y (t) + [y 00 (τ ) − y (τ )] f (t − τ ) dτ = g (t) .
−∞

Exercice 17.12 * Cet exercice propose, sur un exemple, une autre manière de
résoudre un problème du type de l’exemple 17.1 (cf. chapitre 22 dans [7]). Soit
le problème (
y 00 (t) + a (t) y 0 (t) + b (t) y (t) = 0 t > 0
y (0) = y0 et y 0 (0) = y1

où

X ∞
X
n
a (t) = an t et b (t) = bn t n
n=0 n=0

L’idée est de chercher des solutions de la forme



X
y (t) = yn t n
n=0

où y2 , y3 , · · · sont à déterminer. Traiter le cas de l’équation d’Airy donnée par


(
y 00 (t) + t y (t) = 0, si t > 0
y (0) = y0 et y 0 (0) = y1
Corrigés 273

17.5 Corrigés
Exercice 17.1 On procède formellement (pour que le calcul suivant soit ri-
goureux il faut des hypothèses appropriées sur les coefficients et sur f ). On
appelle
F (z) = L (f ) (z) et Y (z) = L (y) (z)
les transformées de Laplace de f et de y respectivement. On utilise ensuite les
propriétés de cette transformation pour avoir
n−1 n−1
L y (n) (z) = z n L (y) (z) −
P k (n−k−1)
(0) = z n Y (z) −
 P k
z y z yn−k−1
k=0 k=0
..
.
L (y 0 ) (z) = z L (y) (z) − y (0) = zY (z) − y0 .

On a par ailleurs
n n
!
X X  
(l)
L al y (z) = al L y (l) (z) = L (f ) (z) = F (z)
l=0 l=0

c’est-à-dire
n l−1
" #
X X
l k
al z Y (z) − z yl−k−1 + a0 Y (z)
l=1 k=0
n
X n X
X l−1
= al z l Y (z) − al z k yl−k−1 = F (z) .
l=0 l=1 k=0

On obtient ainsi
n l−1
al z k yl−k−1
P P
F (z) +
l=1 k=0
Y (z) = n .
al z l
P
l=0

La solution du système donné est obtenue en appliquant l’inverse de la trans-


formée de Laplace, i.e.
y (t) = L−1 (Y ) (t) .

Exercice 17.2 Méthode 1. On résoud par la transformée de Laplace


(
y 00 (x) + λ y (x) = 0
y (0) = y0 et y 0 (0) = y1

Soit donc Y (z) = L (y) (z) . On sait que L (y 00 ) (z) = z 2 Y (z) − z y0 − y1 . On a


donc
z y0 + y1
z 2 Y − z y0 − y1 + λ Y = 0 ⇒ Y = 2 .
z +λ
274 Applications : EDO

On étudie séparément les cas λ = 0, λ < 0 et λ > 0. On applique ici les résultats
établis dans l’exemple 17.2.
Cas 1 : λ = 0. On a alors que la solution est trivialement donnée par

y (x) = y0 + y1 x.

Comme par ailleurs on veut que y (0) = y (2π) et y 0 (0) = y 0 (2π) on trouve
y1 = 0. En conclusion, si λ = 0 on a bien une solution non triviale et elle est de
la forme
y (x) = α0 .
Cas 2 : λ < 0. C’est-à-dire λ = −µ2 . On a vu dans l’exemple que
y1
y (x) = y0 cosh (µ x) + sinh (µ x) .
µ
Par ailleurs on veut y (0) = y (2π) et y 0 (0) = y 0 (2π) c’est-à-dire

 y0 cosh (2π µ) + y1 sinh (2π µ) = y0



µ
 y µ sinh (2π µ) + y cosh (2π µ) = y
0 1 1

Ce qui est impossible à moins que y0 = y1 = 0 (ce qui nous donne la solution
triviale). En conclusion, il n’y a pas de solution non triviale du problème si
λ < 0.
Cas 3 : λ > 0. C’est-à-dire λ = µ2 . On trouve comme dans l’exemple que
y1
y (x) = y0 cos (µ x) + sin (µ x) .
µ
Par ailleurs on voudrait que y (0) = y (2π) = y0 et y 0 (0) = y 0 (2π) = y1 , ce qui
donne
 y0 cos (2π µ) + y1 sin (2π µ) = y0

µ
 −y µ sin (2π µ) + y cos (2π µ) = y
0 1 1

Ceci n’est possible que si µ = n ∈ Z et donc λ = n2 . En conclusion : si λ = n2


(n = 1, 2, 3, · · · ), le problème a une solution qui est de la forme

y (x) = αn cos (n x) + βn sin (n x) .

Méthode 2. On procède par calcul formel. On cherche des solutions de la


forme

a0 X
y (x) = + (an cos (αn x) + bn sin (αn x))
2 n=1

αn > 0. En dérivant on obtient



00 a0 X
λ − αn2 (an cos (αn x) + bn sin (αn x)) = 0.

y (x) + λ y (x) = λ +
2 n=1
Corrigés 275

On distingue alors différents cas.


Cas 1 : λ = 0. Dans ce cas on déduit que an = bn = 0, ∀ n ≥ 1 et donc
y (x) = a0 /2. Comme
y (0) = y (2π)
on a qu’il existe une solution non triviale et elle satisfait

y (x) ≡ a = constante.
2
Cas 2 : λ 6= 0 et λ 6= (αn ) , ∀ n ∈ N. Alors an = bn = 0, et par conséquent
il n’existe pas de solution non triviale, i.e.

y (x) ≡ 0.
2
Cas 3 : λ 6= 0 et ∃ n : λ = (αn ) . Alors an = bn = 0, ∀ n 6= n, tandis que
pour n = n,
y (x) = an cos (αn x) + bn sin (αn x) .
Si on veut de plus

y (0) = y (2π) et y 0 (0) = y 0 (2π)

on trouve
(
an = an cos (2π αn ) + bn sin (2π αn )
bn αn = −an αn sin (2π αn ) + bn αn cos (2π αn ) .

Ceci n’est possible que si αn = n ∈ Z et donc λ = n2 . Par conséquent, le


problème donné a une solution de la forme

y (x) = an cos (n x) + bn sin (n x) .

Exercice 17.3 On commence par résoudre le problème


(
v 00 (x) + 2 v 0 (x) + (1 + µ) v (x) = 0
(17.6)
v (0) = 0 et v 0 (0) = α.

On trouve par l’exemple 17.1, si V est la transformée de Laplace de v, que


p
α α |µ|
V (z) = 2 =p .
z + 2z + 1 + µ |µ| (z + 1)2 + µ

On trouve donc que les solutions de (17.6) sont données par

α x e−x si µ = 0


  p 

√α e−x sin x |µ| si µ > 0

v (x) = |µ|
  p 
 √α e−x sinh x |µ|

si µ < 0.

|µ|
276 Applications : EDO

Pour résoudre notre problème il faut encore que v (π) = 0. Pour cela seul le cas
µ > 0 peut se présenter et on trouve donc
 p 
sin π |µ| = 0 ⇔ µ = n2 .

En conclusion les solutions non triviales de notre problème sont données par
µ = n2 avec n ∈ N et (αn étant des constantes)

vn (x) = αn e−x sin (n x) .

Exercice 17.4 Il suffit de vérifier que la solution donnée satisfait bien l’équation.
Nous allons expliquer toutefois une méthode heuristique pour trouver cette so-
lution (voir aussi l’exercice 17.12). On commence par considérer le cas n ≥ 1.
On cherche des solutions de la forme
+∞
X
fn (r) = ak rk .
k=−∞

En dérivant (deux fois) fn (r) et en introduisant son expression dans l’équation


donnée (r2 f 00 (r) + rf 0 (r) − n2 f (r) = 0), on obtient
+∞
X
ak k 2 − n2 rk = 0.


k=−∞

Comme l’équation doit être satisfaite pour tout r > 0 on déduit que si n 6= |k| ,
alors ak = 0. Si n = k, alors une solution non triviale de l’équation est donnée
par
an rn + a−n r−n .
Quand n = 0, la méthode ci-dessus ne donne que la solution a0 . Toutefois une
intégration immédiate de l’équation rf 00 + f 0 = 0 donne la solution

a0 + b0 log r.

En résumant on a bien
(
an rn + a−n r−n si n = 1, 2, 3 · · ·
fn (r) =
a0 + b0 log r si n = 0.

Exercice 17.5 (i) Comme f est paire et 2π périodique on trouve bn = 0 et


2π π π
1 1 2
Z Z Z
an = f (x) cos (n x) dx = |x| cos (n x) dx = x cos (n x) dx
π 0 π −π π 0
Corrigés 277

ce qui donne a0 = π et quand n ≥ 1


π π
2 π sin (n x)
 
2 x sin (n x) 2 cos (n x)
Z
an = − dx =
π n π n π n2
0
 0 0
−4
2 n
 si n est impair
= [(−1) − 1] = π n2
π n2  0 si n est pair.

On a ainsi

π 4 X cos ((2k + 1) x)
F f (x) = − 2 .
2 π (2k + 1)
k=0

(ii) On cherche des solutions de la forme



a0 X
y (x) = + (an cos (n x) + bn sin (n x)) .
2 n=1

On a que

X
y (iv) (x) = n4 (an cos (n x) + bn sin (n x)) .
n=1

En retournant à l’équation on trouve



d4 y (x) a0 X 4 
− α y (x) = −α + n − α (an cos (n x) + bn sin (n x))
dx4 2 n=1

π 4 X cos ((2k + 1) x)
= − 2 .
2 π (2k + 1)
k=0

4
On identifie les coefficients (ceci n’est possible que si α 6= 0 et α 6= (2k + 1) ,
k ∈ N) et on trouve
π
a0 = − , a2k = 0, b2k = b2k+1 = 0
α
4 1
a2k+1 =−  .
π (2k + 1) (2k + 1)4 − α
2

La solution correspondante est donnée par



π 4 X cos ((2k + 1) x)
y (x) = − −  .
2α π 2 4
(2k + 1) − α
k=0 (2k + 1)

Exercice 17.6 On cherche une solution de la forme



a0 X
x (t) = + (an cos (n t) + bn sin (n t)) .
2 n=1
278 Applications : EDO

En dérivant on trouve

 π Xh   π    π i
x0 t − = −n an sin n t − + n bn cos n t − .
2 n=1
2 2

Comme
  π   π  π
sin n t − = sin (n t) cos n − cos (n t) sin n
2  2π  2
  π   π
cos n t − = cos (n t) cos n + sin (n t) sin n
2 2 2
il nous faut distinguer quatre cas : n = 4k, n = 4k − 1, n = 4k − 2 et n = 4k − 3.
On a respectivement

sin n t − π2 = sin (4k t) cos n t − π2 = cos (4k t)


 

π π
 
sin n t − 2 = cos ((4k − 1) t) cos n t − 2 = − sin ((4k − 1) t)

π π
 
sin n t − 2 = − sin ((4k − 2) t) cos n t − 2 = − cos ((4k − 2) t)

π π
 
sin n t − 2 = − cos ((4k − 3) t) cos n t − 2 = sin ((4k − 3) t) .

On a ainsi

a0 X
x (t) = + [A4k + A4k−1 + A4k−2 + A4k−3 ]
2
k=1

où
A4k = a4k cos (4k t) + b4k sin (4k t)

A4k−1 = a4k−1 cos ((4k − 1) t) + b4k−1 sin ((4k − 1) t)

A4k−2 = a4k−2 cos ((4k − 2) t) + b4k−2 sin ((4k − 2) t)

A4k−3 = a4k−3 cos ((4k − 3) t) + b4k−3 sin ((4k − 3) t)

De même

 π X
x0 t − = [B4k + B4k−1 + B4k−2 + B4k−3 ]
2
k=1

où
B4k = −4k a4k sin (4k t) + 4k b4k cos (4k t)

B4k−1 = − (4k − 1) a4k−1 cos ((4k − 1) t) − (4k − 1) b4k−1 sin ((4k − 1) t)

B4k−2 = (4k − 2) a4k−2 sin ((4k − 2) t) − (4k − 2) b4k−2 cos ((4k − 2) t)

B4k−3 = (4k − 3) a4k−3 cos ((4k − 3) t) + (4k − 3) b4k−3 sin ((4k − 3) t)


Corrigés 279

L’équation donnée devient


 π
x0 t − + x (t)
2

a0 X
= + [A4k + B4k + A4k−1 + B4k−1 + A4k−2 + B4k−2 + A4k−3 + B4k−3 ]
2
k=1
= 1 + 2 cos t + sin (2 t) .
En identifiant les coefficients on trouve a0 = 2 et
a4k + 4k b4k = b4k − 4k a4k = 0, ∀k ≥ 1
(2 − 4k) a4k−1 = (2 − 4k) b4k−1 = 0, ∀ k ≥ 1
(
1 si k = 1
b4k−2 + (4k − 2) a4k−2 =
0 si k ≥ 2
a4k−2 − (4k − 2) b4k−2 = 0, ∀ k ≥ 1
(
2 si k = 1
(4k − 2) a4k−3 = et (4k − 2) b4k−3 = 0, ∀ k ≥ 1.
0 si k ≥ 2
On en déduit a0 = 2 et
a4k = b4k = 0, ∀ k ≥ 1 et a4k−1 = b4k−1 = 0, ∀ k ≥ 1
2 1
a2 = , b2 = , a4k−2 = b4k−2 = 0, ∀ k ≥ 2
5 5
a1 = 1, a4k−3 = 0, ∀ k ≥ 2, b4k−3 = 0, ∀ k ≥ 1
et finalement
2 1
x (t) = 1 + cos t + cos (2 t) + sin (2 t) .
5 5

Exercice 17.7 On cherche une solution de la forme



a0 X
x (t) = + (an cos (n t) + bn sin (n t)) .
2 n=1

En dérivant on obtient

X
x0 (t) = (−n an sin (n t) + n bn cos (n t))
n=1


X
x0 (t − π) = (−n an sin (n t − n π) + n bn cos (n t − n π))
n=1

n n
X
= (−n an (−1) sin (n t) + n bn (−1) cos (n t))
n=1

n
X
= (−1) n (bn cos (n t) − an sin (n t))
n=1
280 Applications : EDO


X
00
−n2 an cos (n t) − n2 bn sin (n t) .

x (t) =
n=1
En revenant à l’équation on déduit
x00 (t) + 5 x0 (t − π) − x (t)

a0 X  n
−an + 5 n (−1) bn − n2 an cos (n t)

=− +
2 n=1
n
+ −bn − 5 n (−1) an − n2 bn sin (n t) .
 

Comme on veut que


x00 (t) + 5 x0 (t − π) − x (t) = 2 + cos t − 3 sin (2 t) ,
on trouve que an = bn = 0, ∀ n ≥ 3 et
( (
−a1 − 5 b1 − a1 = 1 −a2 + 10 b2 − 4 a2 = 0
a0 = −4, ,
−b1 + 5 a1 − b1 = 0 −b2 − 10 a2 − 4 b2 = −3.
On a ainsi
2 5 6 3
a0 = −4, a1 = − , b1 = − , a2 = , b2 =
29 29 25 25
et donc
2 5 6 3
x (t) = −2 − cos t − sin t + cos (2 t) + sin (2 t) .
29 29 25 25

Exercice 17.8 (i) On a vu dans l’exercice 14.9 que (f est continue)



2 12 X cos (2 k t)
f (t) = F f (t) = + .
3π π 9 − 4 k2
k=1

(ii) On cherche donc une solution de la forme



α0 X
x (t) = + (αn cos (n t) + βn sin (n t))
2 n=1

(comme on veut que x (t) soit paire il faut que βn = 0) et par conséquent

α0 X n
x (t − π) = + [(−1) αn cos (n t)] .
2 n=1

On trouve ainsi

α0 X n
x (t) − 2 x (t − π) = − + [αn (1 − 2 (−1) ) cos (n t)]
2 n=1
2 12 X cos (n t)
= + .
3π π n pair 9 − n2
Corrigés 281

On déduit donc que αn = 0 si n est impair et si n est pair


4 12
α0 = − et αn = − .
3π π (9 − n2 )
La solution est donc donnée par

2 12 X cos (2 k t)
x (t) = −f (t) = − − .
3π π 9 − 4 k2
k=1

Exercice 17.9 (i) On cherche à nouveau des solutions de la forme



a0 X
x (t) = + (an cos (n t) + bn sin (n t)) .
2 n=1

On déduit ainsi que



a0 X n n
x (t − π) = + (an (−1) cos (n t) + bn (−1) sin (n t))
2 n=1

X
x0 (t) = n (−an sin (n t) + bn cos (n t)) .
n=1

On développe f en série de Fourier



α0 X
f (t) = + (αn cos (n t) + βn sin (n t)) .
2 n=1

En revenant à l’équation donnée on peut écrire


x0 (t) + 2 x (t − π)

n n
X
= a0 + [(n bn + 2 (−1) an ) cos (n t) + (−n an + 2 (−1) bn ) sin (n t)]
n=1

α0 X
= + (αn cos (n t) + βn sin (n t)) = f (t) .
2 n=1

En égalant les coefficients on trouve


n n
α0 = 2 a0 , αn = n bn + 2 (−1) an et βn = −n an + 2 (−1) bn
soit
n n
α0 2 (−1) αn − n βn n αn + 2 (−1) βn
a0 = , an = et bn = .
2 4 + n2 4 + n2
(ii) Si f (t) = 1 + 4 sin (6 t) , alors on a que αi = 0, ∀ i 6= 0, α0 = 2, βi = 0,
∀ i 6= 6, β6 = 4. La solution est alors
1 3 1
x (t) = − cos (6 t) + sin (6 t) .
2 5 5
282 Applications : EDO

Exercice 17.10 On développe f en série de Fourier (les coefficients an et bn


sont alors connus)
∞     
a0 X 2πn 2πn
f (t) = + an cos t + bn sin t
2 n=1
T T

puis on cherche une solution de la forme (les coefficients An et Bn sont inconnus)


∞     
A0 X 2πn 2πn
x (t) = + An cos t + Bn sin t
2 n=1
T T

et donc
∞     
0
X 2πn 2πn 2πn 2πn
x (t) = Bn cos t − An sin t .
n=1
T T T T

En revenant à l’équation on a
∞    
α A0 X 2πn 2πn
x0 (t) + α x (t) = + Bn + α An cos t
2 n=1
T T
   
2πn 2πn
+ α Bn − An sin t .
T T

On égale les coefficients et on déduit ainsi


 a0
A0 =
α




 2πn
Bn + α An = an
 T
 α B − 2πn A = b



n n n
T
et donc
2πn 2πn
a0 α an − bn an + α b n
A0 = , An =  T et Bn = T 2 .
2
α 2πn 2πn
+ α2 +α 2
T T

On va maintenant appliquer ce résultat au cas où T = 2π, α = 1 et f est la


fonction donnée. Tout d’abord on détermine les coefficients de Fourier de f
"  2 #
1 π π 2 1 2π 3π π2 π2
Z Z
a0 = x− dx + − x− + dx =
π 0 2 π π 2 2 2
Corrigés 283

et pour n ≥ 1
"  2 #
π
1 π 2 1 2π 3π π2
Z
 Z
an = x− cos (n x) dx + − x− + cos (n x) dx
π 0 2 π π 2 2
1 − cos (nπ) π  π 2
Z
= x− cos (n x) dx
π 0 2
et donc
1 − cos (nπ) (1 + cos (nπ)) π
an = = 0.
π n2
De même
"  2 #
1 π π 2 1 2π 3π π2
Z Z
bn = x− sin (n x) dx + − x− + sin (n x) dx
π 0 2 π π 2 2
n Z π
1 − (−1) π 2 π 2π
Z
= x− sin (n x) dx + sin (n x) dx
π 0 2 2 π
et par conséquent
n
−4 (1 − (−1) )
bn = .
π n3
On trouve ainsi
π2
A0 = , A2k = B2k = 0,
2
8 −8
A2k+1 =   et B2k+1 =  .
2 2 3 2
π (2k + 1) (2k + 1) + 1 π (2k + 1) (2k + 1) + 1

Exercice 17.11 A l’aide du formulaire on trouve


r
2 1 −i α α2
fb(α) = 2
et gb (α) = √ e− 4 .
π α +1 2 2
Si on dénote par yb (α) la transformée de Fourier de la fonction inconnue y on
obtient
F (y 00 ) (α) = −α2 yb (α)

Z +∞ 
00
F [y (τ ) − y (τ )] f (t − τ ) dτ (α) = F ((y 00 − y) ∗ f ) (α)
−∞

= 2π F (y 00 − y) (α) F (f ) (α)

= 2π −α2 − 1 yb (α) fb(α)


et par conséquent
Z +∞ 
F [y 00 (τ ) − y (τ )] f (t − τ ) dτ (α) = −2 yb (α) .
−∞
284 Applications : EDO

En appliquant la transformée de Fourier aux deux membres de l’équation on


trouve
−i α α2
3 yb (α) − 2 yb (α) = yb (α) = gb (α) = √ e− 4
2 2
En utilisant à nouveau le formulaire on trouve
2
y (t) = g (t) = t e−t .

P∞
Exercice 17.12 * On cherche des solutions de la forme y (t) = n=0 yn tn . On
obtient

X ∞
X
00 n−2
y (t) + t y (t) = n (n − 1) yn t + yn tn+1
n=2 n=0

X
= 2 y2 + [(n + 3) (n + 2) yn+3 + yn ] tn+1 = 0.
n=0

On trouve donc y2 = 0 et
yn
yn+3 = − , n ≥ 0.
(n + 3) (n + 2)

Par induction, on infère que

y3k = αk y0 , y3k+1 = βk y1 et y3 k+2 = 0

où on a posé α0 = β0 = 1,
Qk Qk
k l=1(3 l − 2) k l=1 (3 l − 1)
αk = (−1) et βk = (−1) .
(3 k)! (3 k + 1)!

Pour finir, on a donc que


∞ ∞
! !
X X
3k 3k+1
y (t) = y0 αk t + y1 βk t .
k=0 k=0

On peut montrer, grâce au critère de d’Alembert, que la série converge pour


tout t.
Chapitre 18

Applications aux équations


aux dérivées partielles

Nous allons expliquer sur plusieurs exemples la méthode de séparation des


variables. Comme déjà dit notre façon de procéder n’est pas rigoureuse. Le
résultat, qui sera exprimé sous forme de somme infinie, est pourtant correct et
peut être justifié sans trop de difficultés, même si nous n’en discuterons pas
les détails. En effet les hypothèses imposées aux données du problème assurent
la convergence des séries obtenues. Il est aussi intéressant de noter que toutes
les équations que nous résoudrons grâce aux séries de Fourier admettent une
solution unique et c’est donc nécéssairement celles que nous trouvons, même
si d’autres méthodes (par exemple pour l’équation des ondes) peuvent donner
en apparence d’autres résultats. Comme référence pour ce chapitre, on pourra
consulter le chapitre 19 dans [7].

18.1 Equation de la chaleur


Exemple 18.1 (Barre de longueur finie) Soient a 6= 0, L > 0, f : [0, L] → R,
une fonction C 1 , telle que f (0) = f (L) = 0. Trouver u = u (x, t) solution de

∂u ∂2u


 = a2 2 x ∈ (0, L) , t > 0

 ∂t ∂x

 u (0, t) = u (L, t) = 0 t>0

x ∈ (0, L) .

u (x, 0) = f (x)
(18.1)

On traitera en particulier le cas où f (x) = 2 sin (π x/L) − sin (3π x/L) .

Remarque Les conditions aux limites, u (0, t) = u (L, t) = 0, sont appelées


conditions de Dirichlet. La méthode présentée ici permet de traiter de manière
286 Applications : EDP

analogue d’autres conditions aux limites comme, par exemple, celles de Neu-
mann, ux (0, t) = ux (L, t) = 0. Nous référons pour de plus amples détails aux
exercices.

Discussion. On va procéder à la discusssion de ce problème par étapes.


Etape 1 (Séparation des variables). On commence par résoudre le même
problème mais en ignorant la condition initiale (u (x, 0) = f (x))

∂2u

∂u
= a2 2 x ∈ (0, L) , t > 0

∂t ∂x (18.2)
u (0, t) = u (L, t) = 0 t > 0.

On cherche alors des solutions ayant une forme particulière

u (x, t) = v (x) w (t) .

Les conditions aux limites (u (0, t) = u (L, t) = 0) pour être satisfaites pour tout
t > 0 deviennent donc des conditions sur v, plus précisément

u (0, t) = v (0) w (t) = u (L, t) = v (L) w (t) = 0, ∀t

ce qui implique
v (0) = v (L) = 0.
L’équation différentielle proprement dite nous permet de séparer les variables

∂u

 = v (x) w0 (t) ∂u 2
∂t 2∂ u

0 2 00
2 ⇒ = v (x) w (t) = a v (x) w (t) = a
 ∂ u = v 00 (x) w (t)
 ∂t ∂x2
∂x 2

d’où
v 00 (x) w0 (t)
= 2 .
v (x) a w (t)
Pour que ces quantités puissent être égales ∀ t, ∀ x, il faut que chacun des
membres de l’équation soit égale à une même constante que nous noterons −λ.
Les problèmes qu’on va résoudre deviennent alors
(
v 00 (x) + λ v (x) = 0 x ∈ (0, L)
(18.3)
v (0) = v (L) = 0

et
w0 (t) + a2 λ w (t) = 0. (18.4)
On a vu (cf. exemple 17.3) que les solutions de (18.3) sont données par
 nπ 2  nπ 
λ= et vn (x) = sin x .
L L
Equation de la chaleur 287

2
Les solutions de (18.4), pour λ = (nπ/L) , sont obtenues facilement par intégration
et sont données par
2 nπ 2
wn (t) = e−a ( L ) t .
Donc, ∀ n = 1, 2, 3, · · · on a que
 nπ  2 nπ 2
un (x, t) = sin x e−a ( L ) t
L
est solution de (18.2).
On remarque maintenant le résultat suivant.

Lemme 18.2 Si ϕ et ψ sont solutions de (18.2) et si α, β ∈ R, alors α ϕ + β ψ


est encore solution de (18.2).

A l’aide du lemme (dont la démonstration est immédiate) ci-dessus, on a que


si αn ∈ R, alors
N  nπ  2 nπ 2
x e−a ( L ) t
X
u (x, t) = αn sin
n=1
L
est encore solution de (18.2). En faisant un raisonnement abusif (car on ne
discute pas la convergence de la série), on trouve que la solution générale de
(18.2) est
∞  nπ  2 nπ 2
x e−a ( L ) t
X
u (x, t) = αn sin
n=1
L
où αn sont des constantes “quelconques”.
Etape 2 (Condition initiale). On va maintenant choisir ces constantes αn de
manière à satisfaire la condition initiale, u (x, 0) = f (x) , dans (18.1). On doit
donc avoir
X∞  nπ 
u (x, 0) = αn sin x = f (x) .
n=1
L
Il suffit alors de choisir αn comme les coefficients de Fourier de la série en sinus,
i.e.
2 L  nπ 
Z
αn = f (y) sin y dy.
L 0 L
Donc la solution de (18.1) est

∞ L
2
Z
2 nπ 2
x e−a ( L ) t
X
nπ nπ
 
u (x, t) = αn sin L avec αn = f (y) sin L y dy.
n=1
L 0

2
On peut montrer que dès que t > 0 la présence du terme e−a ( L ) t et le fait que
2 nπ

f soit C 1 assurent que la série et toutes ses dérivées, en t et en x, convergent.


La fonction u est ainsi C ∞ (dès que t > 0). Pour la même raison on voit aussi
288 Applications : EDP

que u (x, t) → 0 si t → ∞. Dans le cas particulier, les coefficients αn sont donnés


par
α1 = 2, α3 = −1, αn = 0 sinon.
Par conséquent la solution du cas particulier est
π   
2 π 2 3π 2 3π 2
u (x, t) = 2 sin x e−a ( L ) t − sin x e−a ( L ) t .
L L
Exemple 18.3 (Barre de longueur infinie) Soient a 6= 0 et f : R → R une
fonction C 1 telle que
Z +∞ Z +∞
|f (x)| dx < ∞ et fb(α) dα < ∞.
−∞ −∞

Le problème est de trouver u = u (x, t) solution de

2
 ∂u = a2 ∂ u x ∈ R, t > 0

∂t ∂x2
u (x, 0) = f (x) x ∈ R.

(18.5)
2
On traitera en particulier le cas où f (x) = e−x .
Discussion On procède de nouveau par étapes.
Etape 1 (Transformée de Fourier en x). On appelle
Z +∞
1
v (α, t) = F (u) (α, t) = √ u (y, t) e−i α y dy
2π −∞
(c’est-à-dire qu’on considère t comme un paramètre et on applique la trans-
formée de Fourier en x). On a (en utilisant les propriétés de la transformée de
Fourier)  2 
∂ u 2
F (α, t) = (i α) F (u) (α, t) = −α2 v (α, t)
∂x2
Z +∞  
∂v 1 ∂u −i α y ∂u
(α, t) = √ (y, t) e dy = F (α, t) .
∂t 2π −∞ ∂t ∂t
On pose Z +∞
1
fb(α) = F (f ) (α) = √ f (y) e−i α y dy.
2π −∞
En prenant la transformée de Fourier (en x) des deux membres de l’équation, on
a que (18.5) est devenue une équation différentielle ordinaire du premier ordre
dans la variable t (α jouant le rôle de paramètre)

 ∂v (α, t) = −a2 α2 v (α, t) , t > 0


∂t (18.6)
v (α, 0) = fb(α) .

Equation des ondes 289

Le problème (18.6) a comme solution évidente


2
α2 t
v (α, t) = fb(α) e−a .

Etape 2 (Solution de (18.5)). On applique à la fonction ci-dessus la trans-


formée de Fourier inverse (en x), ce qui nous donne comme solution de (18.5)

+∞
1
Z
2 2
u (x, t) = √ fb(α) ei α x−a α t dα.
2π −∞

(On notera en passant que, contrairement au cas de la barre de dimension finie, le


problème admet ici d’autres solutions, celle que nous trouvons est la “meilleure”
du point de vue tant mathématique que physique). Dans l’exemple particulier
√  2
on a que fb(α) = 1/ 2 e−α /4 . Alors
Z +∞
1 1
√ ei α x−α ( 4 +a t) dα
2 1 2
u (x, t) = √
2π −∞ 2
1  
= √ F e−α ( 4 +a t) (−x) .
2 1 2

Un calcul élémentaire conduit à


x2

e 1+4 a2 t
u (x, t) = √ , t ≥ 0.
1 + 4 a2 t

18.2 Equation des ondes


Exemple 18.4 Soient c, L > 0, f, g : [0, L] → R, des fonctions C 3 , telles que
f (0) = f (L) = 0, g (0) = g (L) = 0. Il s’agit de trouver u = u (x, t) solution de

∂2u 2

2 ∂ u
= c x ∈ (0, L) , t > 0


∂t2 ∂x2





 u (0, t) = u (L, t) = 0 t > 0



 u (x, 0) = f (x) x ∈ (0, L)



 ∂u
(x, 0) = g (x) x ∈ (0, L) .


∂t
(18.7)
π   

Discuter en particulier le cas où f = 0 et g (x) = sin x − sin x .
L L
290 Applications : EDP

Discussion On procède par séparation des variables (cf. aussi pour une autre
méthode exercice 18.17).
Etape 1 (Séparation des variables). On commence par résoudre le problème
∂u
en ignorant les conditions initiales (u (x, 0) = f (x) et (x, 0) = g (x))
∂t
∂2u 2

2 ∂ u
= c x ∈ (0, L) , t > 0

∂t2 ∂x2 (18.8)
u (0, t) = u (L, t) = 0 t > 0.

Les solutions sont cherchées sous la forme u (x, t) = v (x) w (t) . Comme précédemment
on est amené à résoudre (λ étant une constante)
00 00
 v (x) = −λ = w (t)

v (x) c2 w (t)
v (0) w (t) = v (L) w (t) = 0

et donc (
v 00 (x) + λ v (x) = 0 x ∈ (0, L)
(18.9)
v (0) = v (L) = 0
w00 (t) + c2 λ w (t) = 0. (18.10)
On a vu (cf. exemple 17.3) que les solutions non triviales de (18.9) sont données
2 nπ

par λ = (nπ/L) où n = 1, 2, · · · et vn = sin L x . Par ailleurs les solutions
2
de (18.10), pour λ = (nπ/L) , sont données, si n ≥ 1 par (cf. exemple 17.2)
 nπc   nπc 
wn (t) = an cos t + bn sin t .
L L
La solution générale de (18.8) est alors donnée par

∞ h
X  nπc   nπc i


u (x, t) = an cos t + bn sin t sin L x .
n=1
L L
(18.11)
Etape 2 (Conditions initiales). Il s’agit maintenant de déterminer les constantes
∂u
an et bn pour que les conditions initiales u (x, 0) = f (x) et (x, 0) = g (x)
∂t
soient satisfaites. Ceci nous conduit pour la première à
X∞  nπ 
u (x, 0) = an sin x = f (x)
n=1
L
et donc il suffit de prendre pour an les coefficients de Fourier de la série en sinus
de f, i.e.
L
2
Z


an = f (y) sin L y dy.
L 0
(18.12)
Equation de Laplace dans un rectangle 291

La deuxième condition initiale (en dérivant la série par rapport à t puis en


posant t = 0) nous conduit à

∂u X nπc  nπ 
(x, 0) = bn sin x = g (x) .
∂t n=1
L L
Il suffit donc de choisir bn de la manière suivante
nπc 2 L  nπ 
Z
bn = g (y) sin y dy,
L L 0 L
i.e.
L
2
Z


bn = g (y) sin L y dy.
nπc 0
(18.13)
Finalement la solution de (18.7) est donnée par (18.11) avec an et bn satisfaisant
(18.12) et (18.13).
On peut montrer que les hypothèses sur f et g assurent la convergence de la
série (18.11) ainsi que celles de ses dérivées ∂u/∂x, ∂u/∂t, ∂ 2 u/∂x2 , ∂ 2 u/∂x∂t
et ∂ 2 u/∂t2 . La fonction u ainsi obtenue est donc C 2 . Toutefois contrairement
au cas de l’équation de la chaleur, à moins que f et g ne soient plus régulières,
les séries formelles exprimant les dérivées d’ordre supérieur ne convergent plus
en général.
Dans le cas particulier on trouve
πc 2πc
an = 0 ∀ n, bn = 0 ∀ n ≥ 3, b1 =1 et b2 = −1
L L
et donc
   
L  πc  π  L 2πc 2π
u (x, t) = sin t sin x − sin t sin x .
πc L L 2πc L L

18.3 Equation de Laplace dans un rectangle


Exemple 18.5 Soient L, M > 0, α, β : [0, L] → R, γ, δ : [0, M ] → R, des
fonctions C 1 telles que
α (0) = α (L) = β (0) = β (L) = γ (0) = γ(M ) = δ (0) = δ(M ) = 0.
Trouver u = u (x, y) solution de

∂2u ∂2u

∆u = + 2 =0 x ∈ (0, L) , y ∈ (0, M )


∂x2 ∂y




 u (x, 0) = α (x) , u (x, M ) = β (x) x ∈ (0, L)


u (0, y) = γ (y) , u (L, y) = δ (y) y ∈ (0, M ) .

(18.14)
292 Applications : EDP

On traitera le cas particilier où γ = δ ≡ 0,


π x  
2π x
α (x) = 4 sin et β (x) = − sin .
L L
Discussion En fait il faut résoudre deux problèmes


 4v = 0
v (x, 0) = 0, v (x, M ) = 0

v (0, y) = γ (y) , v (L, y) = δ (y)

et 

 4w = 0
w (x, 0) = α (x) , w (x, M ) = β (x)

w (0, y) = w (L, y) = 0.

La solution du problème (18.14) est alors donnée par

u = v + w.

Comme les deux problèmes sont résolus de la même façon, on ne traitera que le
deuxième (c’est-à-dire (18.14) avec γ = δ ≡ 0).
Etape 1 (Séparation des variables). On va résoudre tout d’abord le problème
(en ignorant les conditions w (x, 0) = α (x) , w (x, M ) = β (x))
(
∆w = 0 x ∈ (0, L) , y ∈ (0, M )
(18.15)
w (0, y) = w (L, y) = 0 y ∈ (0, M )

et en cherchant des solutions de la forme

w (x, y) = f (x) g (y) .

Comme dans les deux sections précédentes (λ étant une constante) on trouve
( ( f 00 (x) g 00 (y)
f 00 (x) g (y) + f (x) g 00 (y) = 0 f (x) = −λ = − g(y)

f (0) = f (L) = 0 f (0) = f (L) = 0.

On déduit alors les deux systèmes


(
f 00 (x) + λ f (x) = 0 x ∈ (0, L)
(18.16)
f (0) = f (L) = 0

et
g 00 (y) − λ g (y) = 0. (18.17)
On a vu (cf. exemple 17.3) que les solutions non triviales de (18.16) sont données
par
 nπ 2  nπ 
λ= et fn (x) = sin x
L L
Equation de Laplace dans un rectangle 293

tandis que (cf. exemple 17.2) les solutions de (18.17) sont données par
 nπ   nπ 
gn (y) = an cosh y + bn sinh y .
L L
Comme l’équation (18.15) est linéaire, on a que sa solution générale est donnée
par

X
nπ nπ nπ
   
w (x, y) = an cosh L y + bn sinh L y sin L x .
n=1

Etape 2 (Conditions aux limites). Pour résoudre (18.14) il faut encore satis-
faire aux deux conditions aux limites

w (x, 0) = α (x) et w (x, M ) = β (x) .

On choisit alors les constantes an et bn de la manière suivante



X  nπ 
α (x) = an sin x
n=1
L

et donc pour les premières

L
2
Z


an = α (t) sin L t dt.
L 0

Les coefficients bn sont obtenus en écrivant


X∞ h  nπ   nπ i  nπ 
β (x) = an cosh M + bn sinh M sin x
n=1
L L L

X  nπ 
= cn sin x
n=1
L

où on a posé cn = an cosh (nπM/L) + bn sinh (nπM/L) . On choisit donc


L
2  nπ 
Z
cn = β (t) sin t dt
L 0 L

et on trouve bn par la formule

 nπ   nπ 
bn sinh M = cn − an cosh M .
L L
294 Applications : EDP

On peut aussi montrer que si 0 < y < M , la série converge de même que
toutes ses dérivées d’ordre supérieur (on a donc le même phénomène que pour
l’équation de la chaleur). La fonction w ∈ C ∞ ((0, L) × (0, M )) .
Dans l’exemple a1 = 4, an = 0, ∀ n ≥ 2 et c2 = −1, cn = 0, ∀ n 6= 2, i.e.
b1 = −4 coth (πM/L) et b2 = −1/ sinh (2πM/L) . Par conséquent la solution est
donnée par
 π     π 
πM π 
w (x, y) = 4 cosh y − coth sinh y sin x
L L L L
   
1 2π 2π
− 2πM
 sinh y sin x .
sinh L L L

18.4 Equation de Laplace dans un disque


Exemple 18.6 Trouver u (x, y) solution de

2 2

 ∆u = ∂ u + ∂ u = 0 (x, y) ∈ Ω

∂x2 ∂y 2

u (x, y) = ϕ (x, y) (x, y) ∈ ∂Ω

(18.18)

où Ω = (x, y) ∈ R2 : x2 + y 2 < R2 et ϕ est une fonction C 1 . On traitera en




particulier le cas où ϕ = x2 + y.

Discussion On va utiliser à nouveau la méthode de séparation de variables


mais après être passé aux coordonnées polaires.
Etape 1 (Coordonnées polaires). On pose

x = r cos θ, y = r sin θ

v (r, θ) = u (x, y) = u (r cos θ, r sin θ) .


On trouve (cf. exercice 1.4) que

∂ 2 v 1 ∂v 1 ∂2v
∆u = + + .
∂r2 r ∂r r2 ∂θ2
Le problème devient alors

∂ 2 v 1 ∂v 1 ∂2v


2
+ + 2 =0 r ∈ (0, R) , θ ∈ (0, 2π)
∂r r ∂r r ∂θ2
v (R, θ) = ϕ (R cos θ, R sin θ) = ψ (θ) θ ∈ (0, 2π) .

(18.19)
Equation de Laplace dans un disque 295

Noter que comme nous travaillons en coordonnées polaires il faut aussi imposer
que
∂v ∂v
v (r, 0) = v (r, 2π) et (r, 0) = (r, 2π) .
∂θ ∂θ
Dans le cas particulier, on a

R2 R2
ψ (θ) = ϕ (R cos θ, R sin θ) = R2 cos2 θ + R sin θ = + cos (2 θ) + R sin θ.
2 2
Etape 2 (Séparation des variables). On va commencer par ignorer la condition
aux limites (v (R, θ) = ψ (θ)) et résoudre l’équation
 2
∂ v 1 ∂v 1 ∂2v
+ + = 0 r ∈ (0, R) , θ ∈ (0, 2π)


 ∂r2

 r ∂r r2 ∂θ2
v (r, 0) = v (r, 2π) r ∈ (0, R)


 ∂v ∂v
(r, 0) = (r, 2π) r ∈ (0, R) .


∂θ ∂θ
On cherche alors une fonction v (r, θ) , solution du problème donné, de la forme

v (r, θ) = f (r) g (θ) .

On trouve donc pour l’équation

1 0 1
f 00 (r) g (θ) + f (r) g (θ) + 2 f (r) g 00 (θ) = 0
r r
qui est équivalente à

r2 f 00 (r) + r f 0 (r) g 00 (θ)


=λ=−
f (r) g (θ)

et pour les conditions de périodicité

g (0) = g (2π) et g 0 (0) = g 0 (2π) .

On obtient donc
(
g 00 (θ) + λ g (θ) = 0
(18.20)
g (0) = g (2π) et g 0 (0) = g 0 (2π)

et
r2 f 00 (r) + r f 0 (r) − λ f (r) = 0. (18.21)
On a que (cf. exercice 17.2) les solutions non triviales de (18.20) sont données,
pour n ∈ N, par

λ = n2 et gn (θ) = αn cos (n θ) + βn sin (n θ) .


296 Applications : EDP

Les solutions de (18.21) avec λ = n2 sont données (cf. exercice 17.4) par
(
γn rn + δn r−n si n 6= 0
fn (r) =
γ0 + δ0 log r si n = 0.

La solution générale s’écrit alors



X
(αn cos (n θ) + βn sin (n θ)) γn rn + δn r−n

v (r, θ) = α0 (γ0 + δ0 log r) +
n=1

qui peut être réécrite, en renommant les constantes

a0 = 2 α0 γ0 et c0 = α0 δ0

et si n 6= 0 (et n ∈ N)

an = αn γn , bn = βn γn , cn = αn δn , dn = βn δn ,

sous la forme


a0 X
v (r, θ) = + (an cos (n θ) + bn sin (n θ)) rn
2 n=1


X
+ c0 log r + (cn cos (n θ) + dn sin (n θ)) r−n .
n=1
(18.22)

Comme on est intéressé à des solutions définies dans le disque centré en 0, les
solutions de la forme r−n et log r ne sont pas admises car elles tendent vers
l’infini quand r tend vers 0, on en déduit que

cn = d n = 0

par conséquent la solution générale v de notre problème est la suivante


a0 X
v (r, θ) = + (an cos (n θ) + bn sin (n θ)) rn .
2 n=1

(Noter que si le domaine Ω était un anneau au lieu d’être un disque la solution


générale serait bien de la forme (18.22), cf. exercices 18.10 et 18.11).
Etape 3 (Conditions aux limites). Il nous reste donc à déterminer les coeffi-
cients an et bn pour que

a0 X
v (R, θ) = ϕ (R cos θ, R sin θ) = ψ (θ) = + (an cos (n θ) + bn sin (n θ)) Rn .
2 n=1
Le cas d’un domaine simplement connexe 297

Ceci nous conduit à


1
Z
n
an R = ψ (θ) cos (n θ) dθ
π 0

et

1
Z
bn R n = ψ (θ) sin (n θ) dθ.
π 0

On pourrait aussi démontrer que la fonction v ainsi obtenue est C ∞ dès que
r < R.
Dans le cas particulier, i.e.

R2 R2
ψ (θ) = + cos (2 θ) + R sin θ
2 2
on trouve que
1
a0 = R2 , a2 = et an = 0, ∀ n ≥ 3
2
b1 = 1 et bn = 0, ∀ n ≥ 2
d’où
R2 r2 R2 r2 r2
v (r, θ) = + cos (2 θ) + r sin θ = + cos2 θ − sin2 θ + r sin θ.
2 2 2 2 2
Finalement en écrivant le résultat en coordonnées Cartésiennes on obtient
R2 x2 − y 2
u (x, y) = + + y.
2 2

18.5 Equation de Laplace dans un domaine


simplement connexe
Exemple 18.7 On veut trouver une fonction u = u (x, y) : Ω ⊂ R2 → R
solution de
2 2

 ∆u = ∂ u + ∂ u = 0 (x, y) ∈ Ω

∂x 2 ∂y 2

u (x, y) = ϕ (x, y) (x, y) ∈ ∂Ω

où Ω 6= R2 est un domaine simplement connexe (il faut comprendre par là que
le domaine n’a pas de trous, la définition précise d’un tel domaine est donnée
298 Applications : EDP

dans la définition 8.4 (iv)) dont le bord est suffisamment régulier et ϕ est une
fonction C 1 . On traitera en particulier le cas où
∂2u ∂2u

∆u = + 2 =0 x > 1, y ∈ R


∂x2 ∂y

2
 u (1, y) = ϕ (1, y) = y ∈ R.


1 + y2
Discussion L’idée est de se ramener après une transformation conforme au cas
du disque.
Etape 1. Par le théorème de Riemann (cf. théorème 13.5), il existe une ap-
plication conforme
f = α + i β : Ω → D.
où D = {z ∈ C : |z| < 1} . L’inverse de la fonction f s’écrit

f −1 = a + i b : D → Ω.

Dans le cas particulier on a Ω = {z ∈ C : Re z > 1} et on trouve facilement que


2 2
f (z) = − 1 et f −1 (w) =
z 1+w
ce qui en termes de coordonnées donne
2 2x −2 y
f (x, y) = α (x, y) + i β (x, y) = −1= 2 2
−1+i 2
x + iy x +y x + y2
2 2 (1 + α) −2 β
f −1 (α, β) = a (α, β)+i b (α, β) = = 2 +i 2 .
1 + α + iβ (1 + α) + β 2 (1 + α) + β 2
Etape 2. On pose ψ (α, β) = ϕ ◦ f −1 = ϕ (a (α, β) , b (α, β)) et on résoud,
comme dans la section 18.4, le problème
2 2
 ∆v = ∂ v + ∂ v = 0 α2 + β 2 < 1

∂α 2 ∂β 2
v (α, β) = ψ (α, β) α2 + β 2 = 1.

2
Dans l’exemple on a, si α2 + β 2 = 1 (et donc (1 + α) + β 2 = 2 (1 + α)), que
2
2 2 2 (1 + α)
ψ (α, β) = 2 = 2 = 2 = 1 + α.
(1 + α) + β 2
 
−2 β −2 β
1+ (1+α)2 +β 2
1+ 2(1+α)

On trouve alors que la solution est trivialement

v (α, β) = 1 + α.

Etape 3. La solution est alors donnée par u = v ◦ f, c’est à dire

u (x, y) = v (α (x, y) , β (x, y)) .


Le cas d’un domaine simplement connexe 299

En effet par l’exercice 9.10 on a ∆u = 0 alors que comme ψ = ϕ ◦ f −1 on a aussi


u = ϕ sur ∂Ω.
Pour l’exemple traité on a donc

−2 y
 
2x 2x
u (x, y) = v (α (x, y) , β (x, y)) = v − 1, 2 = .
x2 + y 2 x + y2 x2 + y 2

Exemple 18.8 Résoudre

∂2u ∂2u

∆u = + 2 =0 (x, y) ∈ Ω


∂x2 ∂y




8 x2
u (x, 0) = f (x) = 2 x∈R
(1 + x2 )





u (x, y) → 0 y → +∞

où Ω = (x, y) ∈ R2 : y > 0 .




Discussion On peut résoudre ce problème par la méthode développée précé-


demment (cf. exercice 18.15 ci-dessous). Nous proposons ici une autre façon de
procéder, semblable à celle de l’exemple 18.3. Comme d’habitude le procédé
développé ici ne se justifie qu’a posteriori.
Etape 1 (Transformée de Fourier ). On dénote par v (α, y) la transformée de
Fourier en x (y jouant le rôle d’un paramètre) de u (x, y) , par abus de notations
on écrira F (u) , i.e.
+∞
1
Z
v (α, y) = F (u) (α, y) = √ u (x, y) e−i α x dx.
2π −∞

On trouve (cf. formulaire) que



v (α, 0) = F (f ) (α) = fˆ (α) = 2 2π (1 − |α|) e−|α| .

Les propriétés des transformées de Fourier nous permettent d’écrire


  2 
∂ u 2
 F
 (α, y) = (i α) F (u) (α, y) = −α2 v (α, y)
 ∂x2
 2 
 ∂ u ∂2v

 F (α, y) = (α, y) .
∂y 2 ∂y 2

En revenant au problème donné, on applique la transformée de Fourier (en x)


aux deux membres de l’équation et on se ramène au système suivant
 2
∂ v
 ∂y 2 (α, y) − α v (α, y) = 0 α ∈ R, y > 0

 2


 v (α, 0) = fˆ (α) α∈R

v (α, y) → 0 α ∈ R, y → +∞

300 Applications : EDP

En considérant α comme un paramètre (ici on suppose que α 6= 0) et en utilisant


le résultat du cas 2 de l’exemple 17.2, on trouve

γ
v (α, y) = fˆ (α) cosh (|α| y) + sinh (|α| y)
|α|
|α|y
e + e−|α|y γ e|α|y − e−|α|y
= fˆ (α) +
2 |α| 2

où γ est une constante à déterminer pour satisfaire à la condition v (α, y) → 0


si y → +∞. Pour cela on choisit

γ = − |α| fˆ (α) .

La solution est alors



v (α, y) = fˆ (α) e−|α|y = 2 2π (1 − |α|) e−|α|(1+y) .

Etape 2. La solution du problème est donc obtenue en appliquant la trans-


formée de Fourier inverse et en utilisant le formulaire
+∞
1
Z
u (x, y) = F−1 (v (α, y)) (x) = √ fˆ (α) e−|α|y ei α x dα
2π −∞

ou encore

   
1
u (x, y) = F−1 2 2π − |α| e−|α|(1+y) (x)
1+y

   
1
+ F−1 2 2π 1 − e−|α|(1+y) (x)
1+y

et finalement

   
1
u (x, y) = 2 F−1 2π − |α| e−|α|(1+y) (x)
1+y
π e−|α|(1+y)
r 
+ 4 y F−1 (x) .
2 1+y

En utilisant à nouveau le formulaire on trouve

4 x2 1
u (x, y) = 2  2 + 4 y 2
(1 + y) + x2
2 (1 + y) + x2
2
y (1 + y) + x2 (2 + y)
=4  2 .
2
(1 + y) + x2
Exercices 301

18.6 Exercices
Exercice 18.1 Résoudre pour u = u (x, t)
∂u ∂2u


 = x ∈ (0, π) , t > 0
 ∂t ∂x2

 u (0, t) = u (π, t) = 0 t>0
u (x, 0) = cos x − cos (3 x) x ∈ (0, π) .

Exercice 18.2 Trouver u = u (x, t) solution de


∂2u

∂u
= x ∈ (0, π) , t > 0


∂t ∂x2



∂u ∂u
(0, t) = (π, t) = 0 t > 0
∂x ∂x




u (x, 0) = cos (2 x) x ∈ (0, π) .

Exercice 18.3 Trouver une fonction u = u (x, t) qui satisfasse à


∂u ∂2u


 (2 + t) = x ∈ (0, π) , t > 0
 ∂t ∂x2

 u (0, t) = u (π, t) = 0 t>0
u (x, 0) = sin x + 4 sin (2 x) x ∈ (0, π) .

Exercice 18.4 Résoudre


∂2u ∂2u

= x ∈ (0, 1) , t > 0


∂t2 ∂x2




 ∂u ∂u


(0, t) = (1, t) = 0 t>0
∂x ∂x
u (x, 0) = 0 x ∈ (0, 1)





 ∂u (x, 0) = 1 + cos2 (π x)


x ∈ (0, 1) .

∂t
Exercice 18.5 Trouver une solution u = u (x, t) de
∂u ∂ 4 u

 + =0 x ∈ (0, π) , t > 0
∂x4



 ∂t
u (0, t) = u (π, t) = 0 t>0


 ∂ u2 2
∂ u


2
(0, t) = (π, t) = 0 t > 0
∂x ∂x2




u (x, 0) = 2 sin x + sin (3 x) x ∈ (0, π) .
Exercice 18.6 Trouver u = u (x, t) satisfaisant
∂u ∂2u ∂u

 ∂t = ∂x2 + 2 ∂x + 2 u x ∈ (0, π) , t > 0


 u (0, t) = u (π, t) = 0 t>0
−x
u (x, 0) = e sin (2 x) x ∈ (0, π) .

302 Applications : EDP

Exercice 18.7 Trouver u = u (x, y) solution de

∆u = 0 x, y ∈ (0, π)



 ∂u ∂u
(x, 0) = (x, π) = 0 x ∈ (0, π)

 ∂y ∂y

u (0, y) = cos (2 y) , u (π, y) = 0 y ∈ (0, π) .

Exercice 18.8 Trouver u = u (x, y) satisfaisant


(
∆u = 0 x2 + y 2 < 4
u (x, y) = 1 + x2 + y 3 x2 + y 2 = 4.

Exercice 18.9 Trouver u = u (x, y) solution de

x2 + y 2 < 1

 ∆u = 0
∂u ∂u 1
 x +y = x2 − x2 + y 2 = 1.
∂x ∂y 2

∂v
On pourra commencer par écrire v (r, θ) = u (r cos θ, r sin θ) et puis calculer
∂r
∂u ∂u
en fonction de et .
∂x ∂y

Exercice 18.10 Soit

Ω = (x, y) ∈ R2 : 1 < x2 + y 2 < 4 .




Trouver u = u (x, y) tel que




 ∆u = 0 (x, y) ∈ Ω
u (x, y) = x x2 + y 2 = 1
x2 + y 2 = 4.

u (x, y) = x − y

Exercice 18.11 Soient u = u (x, y) et v (r, θ) = u (r cos θ, r sin θ) .


∂v ∂u ∂u
(i) Calculer en fonction de et .
∂r ∂x ∂y
(ii) Résoudre

1 < x2 + y 2 < 4


 ∆u = 0
x2 + y 2 = 1

u (x, y) = 0

 
 1 ∂u ∂u 1 y
x +y + u = + log 2 + x − x2 + y 2 = 4.


2 ∂x ∂y 2 2

Exercice 18.12 Soit

Ω = (x, y) ∈ R2 : y > 0 et x2 + y 2 < 1 .



Exercices 303

Trouver une fonction u = u (x, y) telle que




 ∆u = 0 (x, y) ∈ Ω
u (x, 0) = 0 −1 ≤ x ≤ 1
u (x, y) = y 2 y > 0 et x2 + y 2 = 1.

Suggestion. Passer aux coordonnées polaires.

Exercice 18.13 Trouver, à l’aide de la transformée de Fourier, une fonction


u = u (x, y) qui soit solution de

x ∈ R, y > 0


 ∆u = 0
2
u (x, 0) = e−x x∈R

u (x, y) → 0 y → +∞.

Suggestions. (i) On pourra rendre le résultat sous forme d’intégrale.


(ii) On rappelle que, si α ∈ R (α 6= 0), alors la solution ϕ = ϕ (y) de
 00 2
 ϕ (y) − α ϕ (y) = 0 y > 0

ϕ (0) = ϕ0

ϕ (y) → 0 y → +∞

est donnée par ϕ (y) = ϕ0 e−|α|y , y > 0.

Exercice 18.14 Résoudre


∆u = 0 y ∈ R, x > 0


1
 u (0, y) = 2 y ∈ R.
(1 + y 2 )

Exercice 18.15 Traiter l’exemple 18.8 (qui a été résolu à l’aide de la trans-
formée de Fourier) par la méthode utilisant les applications conformes.

Exercice 18.16 Soit


n o
2 2
Ω = (x, y) ∈ R2 : (x − 2) + (y − 2) > 4 .

Résoudre (
∆u = 0 (x, y) ∈ Ω
2 2
u (x, y) = x + 2 y (x, y) ∈ ∂Ω.

Exercice 18.17 (Méthode de d’Alembert) Soient c ∈ R, f ∈ C 2 (R) et


g ∈ C 1 (R) . Vérifier que
x+c t
1 1
Z
u (x, t) = [f (x + c t) + f (x − c t)] + g (s) ds
2 2c x−c t
304 Applications : EDP

est solution de l’équation des ondes


∂2u 2

2 ∂ u
= c x ∈ R, t > 0


 ∂t2 ∂x2


u (x, 0) = f (x) x ∈ R

 ∂u

(x, 0) = g (x) x ∈ R.


∂t

18.7 Corrigés
Exercice 18.1 Etape 1 (Séparations des variables). Cet exercice correspond à
l’exemple 18.1, avec L = π, a = 1 et f (x) = cos x − cos (3 x) . On a vu que la
solution générale de l’équation est

X 2
u (x, t) = αn sin (n x) e−n t .
n=1

Etape 2 (Condition initiale). Il nous faut encore choisir les αn pour que

X
u (x, 0) = f (x) = cos x − cos (3 x) = αn sin (n x) .
n=1

On doit alors avoir


2 π
Z
αn = [cos x sin (n x) − cos (3 x) sin (n x)] dx
π 0
1 π
Z
= [sin ((n + 1) x) + sin ((n − 1) x) − sin ((n + 3) x) − sin ((n − 3) x)] dx.
π 0
Si n 6= 1 et n 6= 3, alors

cos ((n + 1) x) cos ((n − 1) x) cos ((n + 3) x) cos ((n − 3) x)

1
αn = − − + +
π n+1 n−1 n+3 n−3 0
" #
n+1 n−1 n+3 n−3
1 1 − (−1) 1 − (−1) 1 − (−1) 1 − (−1)
= + − − .
π n+1 n−1 n+3 n−3

Donc αn = 0 si n est impair (n 6= 1 et n 6= 3). Si n est pair alors


 
2 1 1 1 1
αn = + − −
π n+1 n−1 n+3 n−3
−32 n
 
4n 1 1
= 2
− 2 = .
π n −1 n −9 π (n − 1) (n2 − 9)
2

Par ailleurs on a
1 π
Z
α1 = [sin (2 x) − sin (4 x) + sin (2 x)] dx = 0
π 0
1 π
Z
α3 = [sin (4 x) + sin (2 x) − sin (6 x)] dx = 0.
π 0
Corrigés 305

On a donc que la solution est donnée par



−64 X k 2
u (x, t) = sin (2 k x) e−4 k t .
π (4 k 2 − 1) (4 k 2 − 9)
k=1

Exercice 18.2 Etape 1 (Séparations des variables). On cherche des solutions


de
∂u ∂2u


 = x ∈ (0, π) , t > 0
∂t ∂x2 (18.23)
 ∂u (0, t) = ∂u (π, t) = 0 t > 0

∂x ∂x
de la forme u (x, t) = v (x) w (t) . On a

v 00 (x) w0 (t)

 v (x) w0 (t) = v 00 (x) w (t) ⇔ = −λ =


v (x) w (t)
∂u ∂u
(0, t) = v 0 (0) w (t) = (π, t) = v 0 (π) w (t) = 0



∂x ∂x
c’est-à-dire (
v 00 (x) + λ v (x) = 0
(18.24)
v 0 (0) = v 0 (π) = 0
et
w0 (t) + λ w (t) = 0. (18.25)
Les solutions non triviales de (18.24) sont données (cf. exemple 17.4) par λ = n2
avec n = 0, 1, 2, · · · et
a0
v0 (x) = et vn (x) = an cos (n x) , ∀ n ≥ 1.
2
2
Les w correspondant, solutions de (18.25) sont donnés par wn (t) = e−n t . En
résumant les solutions de (18.23) sont

a0 X 2
u (x, t) = + an cos (n x) e−n t .
2 n=1

Etape 2 (Condition initiale). On veut de plus



a0 X
u (x, 0) = cos (2 x) = + an cos (n x)
2 n=1

ce qui implique que an = 0, ∀ n 6= 2 et a2 = 1. Par conséquent la solution est


donnée par
u (x, t) = cos (2 x) e−4 t .
306 Applications : EDP

Exercice 18.3 Etape 1 (Séparation de variables). On cherche des solutions de


la forme
u (x, t) = v (x) w (t)
satisfaisant
∂2u

∂u
(2 + t) = x ∈ (0, π) , t > 0

∂t ∂x2
u (0, t) = u (π, t) = 0 t > 0.

On obtient
0 00
 (2 + t) w (t) = −λ = v (x)

w (t) v (x)
v (0) = v (π) = 0.

Il faut donc résoudre les deux problèmes


(
v 00 (x) + λ v (x) = 0
v (0) = v (π) = 0

et
w0 (t) λ
=− .
w (t) (2 + t)
On trouve que le premier problème a des solutions non triviales si λ = n2 et ces
solutions sont données par

v (x) = an sin (n x) .

Une solution de la deuxième équation est alors


−n2
w (t) = (2 + t) .

La solution générale est donc



−n2
X
u (x, t) = an sin (n x) (2 + t) .
n=1

Etape 2 (Conditions initiales). On veut par ailleurs que



X 2
u (x, 0) = an 2−n sin (n x) = sin x + 4 sin (2 x)
n=1

ce qui implique a1 = 2, a2 = 26 et an = 0, si n 6= 1, 2. On a donc trouvé que la


solution du problème est

2 sin x 26 sin (2 x)
u (x, t) = + 4 .
2+t (2 + t)
Corrigés 307

Exercice 18.4 Etape 1 (Séparation des variables). On cherche des solutions de

∂2u ∂2u



2
= x ∈ (0, 1) , t > 0
∂t ∂x2
 ∂u (0, t) = ∂u (1, t) = 0 t > 0

∂x ∂x
de la forme u (x, t) = v (x) w (t) . On trouve

w00 (t) v 00 (x)



 = −λ =
w (t) v (x)
 0 0
v (0) w (t) = v (1) w (t) = 0 .

Les deux systèmes à résoudre sont donc


(
v 00 (x) + λ v (x) = 0
(18.26)
v 0 (0) = v 0 (1) = 0

et
w00 (t) + λ w (t) = 0. (18.27)
On a vu (cf. exemple 17.4) que les solutions non triviales de (18.26) sont données
2
par λ = (nπ) où n = 0, 1, 2, · · · et vn = cos (nπ x) . Par ailleurs les solutions de
2
(18.27), pour λ = (nπ) , sont données par

a0 b0
 + t si n = 0
wn (t) = 2 2
an cos (nπ t) + bn sin (nπ t) si n ≥ 1.

La solution générale est alors



a0 b0 X
u (x, t) = + t+ [an cos (nπ t) + bn sin (nπ t)] cos (nπ x) .
2 2 n=1

Etape 2 (Conditions initiales). Comme u (x, 0) = 0 ceci implique que an = 0,


∀ n ≥ 0. Par ailleurs

∂u b0 X
(x, t) = + [−nπ an sin (nπ t) + nπ bn cos (nπ t)] cos (nπ x)
∂t 2 n=1

et on obtient donc

∂u b0 X
(x, 0) = + nπ bn cos (nπ x) = 1 + cos2 (π x)
∂t 2 n=1
 
1 1 3 1
=1+ + cos (2π x) = + cos (2π x)
2 2 2 2
308 Applications : EDP

1
ce qui implique b0 = 3, b1 = 0, 2π b2 = et bn = 0, ∀ n ≥ 3. La solution du
2
problème est ainsi donnée par
3 1
u (x, t) = t+ sin (2π t) cos (2π x) .
2 4π

Exercice 18.5 Etape 1 (Séparation des variables). On cherche des solutions de

∂u ∂ 4 u

+ =0 x ∈ (0, π) , t > 0


∂t ∂x4



u (0, t) = u (π, t) = 0 t>0
2 2

 ∂ u (0, t) = ∂ u (π, t) = 0 t > 0



∂x2 ∂x2
de la forme
u (x, t) = v (x) w (t) .
2
∂ u ∂2u
Comme u (0, t) = u (π, t) = ∂x2 (0, t) = ∂x2 (π, t) = 0 on obtient

v (0) = v (π) = v 00 (0) = v 00 (π) = 0.

Par ailleurs comme


∂u ∂ 4 u d4 v
+ =0 ⇒ v (x) w0 (t) + w (t) =0
∂t ∂x4 dx4
on déduit
d4 v/dx4 w0 (t)
=λ=− .
v w (t)
On doit donc résoudre
d4 v (x)

− λ v (x) = 0

dx4 et w0 (t) + λ w (t) = 0.
v (0) = v (π) = v 00 (0) = v 00 (π) = 0

On montre facilement que le premier problème a des solutions non triviales


seulement si λ = n4 et elles sont données par v (x) = αn sin (n x) . La deuxième
4
équation a alors comme solution w (t) = e−n t . La solution générale est donc

X 4
u (x, t) = αn sin (n x) e−n t .
n=1

Etape 2 (Condition initiale). On veut aussi



X
u (x, 0) = 2 sin x + sin (3 x) = αn sin (n x)
n=1
Corrigés 309

ce qui implique α1 = 2, α3 = 1 et αn = 0, sinon. La solution cherchée est alors

u (x, t) = 2 e−t sin x + e−81 t sin (3 x) .

Exercice 18.6 Etape 1 (Séparation des variables). On commence par résoudre


seulement
∂2u

 ∂u ∂u
= +2 + 2 u x ∈ (0, π) , t > 0
∂t ∂x2 ∂x
u (0, t) = u (π, t) = 0 t > 0.

On cherche des solutions de la forme u (x, t) = v (x) w (t) . On a donc

u (0, t) = v (0) w (t) = u (π, t) = v (π) w (t) = 0 ∀ t.

On en déduit v (0) = v (π) = 0. Par ailleurs l’équation devient

v (x) w0 (t) = (v 00 (x) + 2 v 0 (x) + 2 v (x)) w (t)

ce qui donne, en séparant les variables,

v 00 + 2 v 0 + 2 v w0
= −λ =
v w
c’est-à-dire
(
v 00 (x) + 2 v 0 (x) + (2 + λ) v (x) = 0
et w0 (t) + λ w (t) = 0.
v (0) = v (π) = 0

Le premier problème a été discuté dans l’exercice 17.3 (avec µ = 1 + λ) et a des


solutions non triviales seulement quand λ = n2 − 1 et elles sont données par

vn (x) = αn e−x sin (n x) .

En revenant à l’équation en w on trouve wn (t) = e−(n −1)t


2
. Donc la solution
générale de l’équation est

αn sin (n x) e−(n −1)t
X 2
u (x, t) = e−x .
n=1

Etape 2 (Condition initiale). Il nous faut encore choisir les αn pour que

X
u (x, 0) = e−x sin (2 x) = αn e−x sin (n x) .
n=1

On voit donc immédiatement que α2 = 1 et αn = 0, ∀ n 6= 2. La solution est


ainsi
u (x, t) = e−3 t−x sin (2 x) .
310 Applications : EDP

Exercice 18.7 Etape 1 (Séparation des variables). On commence par trouver


des solutions de

 ∆u = 0 x, y ∈ (0, π)
∂u ∂u
 (x, 0) = (x, π) = 0 x ∈ (0, π)
∂y ∂y

de la forme u (x, y) = v (x) w (y) . On a

v 00 (x) w00 (y)



 v 00 (x) w (y) + v (x) w00 (y) = 0 ⇔
 − = −λ =
v (x) w (y)

∂ ∂
u (x, 0) = v (x) w0 (0) = u (x, π) = v (x) w0 (π) = 0



∂y ∂y
c’est-à-dire (
w00 (y) + λ w (y) = 0
(18.28)
w0 (0) = w0 (π) = 0
et
v 00 (x) − λ v (x) = 0. (18.29)
On a vu (cf. exemple 17.4) que les solutions non triviales de (18.28) sont données
par λ = n2 avec n = 0, 1, 2, · · · et wn (y) = an cos (n y) (si n = 0, w0 (y) = a0 /2).
L’équation (18.29) devient alors
(
b1 x + b0 si n = 0
vn00 (x)−n2 vn (x) = 0 ⇒ vn (x) =
bn cosh (n x) + cn sinh (n x) si n 6= 0.

Donc la solution générale de l’équation donnée est



a0 X
u (x, y) = (b1 x + b0 ) + an (bn cosh (n x) + cn sinh (n x)) cos (n y) ,
2 n=1

a0 a0 β
ou, en écrivant b1 = α, b0 = , a n bn = An , a n c n = B n ,
2 2 2

β X
u (x, y) = α x + + (An cosh (n x) + Bn sinh (n x)) cos (n y) .
2 n=1

Etape 2 (Conditions aux limites). On veut de plus que

u (0, y) = cos (2 y) et u (π, y) = 0

c’est-à-dire

β X
+ An cos (n y) = cos (2 y) .
2 n=1
Corrigés 311


β X
απ + + (An cosh (nπ) + Bn sinh (nπ)) cos (n y) = 0.
2 n=1
La première équation donne tout de suite β = 0 et An = 0 si n 6= 2 et A2 = 1.
En remettant ce résultat dans la deuxième on a α = 0 et

An cosh (nπ) + Bn sinh (nπ) = 0.

On en déduit que si n 6= 2, alors An = Bn = 0, par contre si n = 2 on a


cosh (2π)
B2 = − .
sinh (2π)
La solution du problème est donc
 
cosh (2π)
u (x, y) = cosh (2 x) − sinh (2 x) cos (2 y) .
sinh (2π)

Exercice 18.8 Etape 1 (Séparation des variables). Cet exercice correspond à


l’exemple 18.6 avec

Ω = (x, y) ∈ R2 : x2 + y 2 < 4


et ϕ (x, y) = 1 + x2 + y 3 . On a vu (cf. exemple 18.6) que la solution générale est



a0 X
v (r, θ) = + (an cos (n θ) + bn sin (n θ)) rn .
2 n=1

Etape 2 (Conditions aux limites). Comme 2 cos2 θ = 1 + cos (2 θ) et

4 sin3 θ = 4 sin θ 1 − cos2 θ = 4 sin θ − 4 sin θ cos2 θ




= 4 sin θ − 2 sin θ (cos (2 θ) + 1) = 2 sin θ − (− sin θ + sin (3 θ))


= 3 sin θ − sin (3 θ)

on trouve

v (2, θ) = Ψ (θ) = 1 + 4 cos2 θ + 8 sin3 θ


= 3 + 2 cos (2 θ) + 6 sin θ − 2 sin (3 θ) .

Les coefficients sont alors donnés par


a0 1
= 3, a2 = , an = 0, si n 6= 0, 2
2 2
1
b1 = 3, b3 = − , bn = 0, si n 6= 1, 3
4
et la solution, en coordonnées polaires, est donc
r2 r3
v (r, θ) = 3 + 3 r sin θ + cos (2 θ) − sin (3 θ) .
2 4
312 Applications : EDP

Comme sin (3 θ) = 3 sin θ − 4 sin3 θ on trouve

r2  3
v (r, θ) = 3 + 3 r sin θ + cos2 θ − sin2 θ − r3 sin θ + r3 sin3 θ.
2 4
La solution de notre problème est ainsi

x2 − y 2 3
− y x2 + y 2 + y 3 .

u (x, y) = 3 + 3 y +
2 4

Exercice 18.9 Etape 1 (Coordonnées polaires). On écrit notre problème en


coordonnées polaires en observant que
∂v ∂u ∂u x ∂u y ∂u
= cos θ + sin θ = + .
∂r ∂x ∂y r ∂x r ∂y

On peut noter que si x2 + y 2 = 1 on a

∂u ∂u ∂v 1 cos (2 θ)
x +y = (1, θ) = cos2 θ − = .
∂x ∂y ∂r 2 2
Donc le problème devient
 2
∂ v 1 ∂v 1 ∂2v

 2
+ + 2 = 0 r ∈ (0, 1) , θ ∈ (0, 2π)
∂r r ∂r r ∂θ2
∂v cos (2 θ)
(1, θ) = θ ∈ (0, 2π) .


∂r 2
Etape 2 (Séparations de variables). On procède alors comme dans l’exemple
18.6 et on trouve que la solution générale est donnée par

a0 X
v (r, θ) = + (an cos (n θ) + bn sin (n θ)) rn .
2 n=1

Etape 3 (Conditions aux limites). On veut par ailleurs que

∂v cos (2 θ)
(1, θ) = .
∂r 2
En dérivant v par rapport à r on obtient

∂ X
v (r, θ) = n (an cos (n θ) + bn sin (n θ)) rn−1
∂r n=1

et donc

∂ cos (2 θ) X
v (1, θ) = = n (an cos (n θ) + bn sin (n θ)) .
∂r 2 n=1
Corrigés 313

On en déduit que a0 est arbitraire et que

1
bn = 0, ∀ n, an = 0, ∀ n 6= 2 et a2 =
4

et par conséquent

a0 r2 a0 r2 cos2 θ − r2 sin2 θ
v (r, θ) = + cos (2 θ) = + .
2 4 2 4

La solution cherchée est par conséquent

a0 x2 − y 2
u (x, y) = + .
2 4

Exercice 18.10 Etape 1 (Coordonnées polaires). On pose x = r cos θ, y = r sin θ


et v (r, θ) = u (r cos θ, r sin θ) . Le problème devient ainsi
 2
∂ v 1 ∂v 1 ∂2v
 ∂r2 + r ∂r + r2 ∂θ2 = 0 r ∈ (1, 2) , θ ∈ (0, 2π)


 v (1, θ) = cos θ θ ∈ (0, 2π)
v (2, θ) = 2 cos θ − 2 sin θ θ ∈ (0, 2π) .

Etape 2 (Séparations de variables). Le développement effectué dans l’exemple


18.6 nous donne la solution générale


a0 X
v (r, θ) = + (an cos (n θ) + bn sin (n θ)) rn
2 n=1

X
+ c0 log r + (cn cos (n θ) + dn sin (n θ)) r−n .
n=1

Etape 3 (Conditions aux limites). On veut par ailleurs que


a0 X
v (1, θ) = cos θ = + [(an + cn ) cos (n θ) + (bn + dn ) sin (n θ)]
2 n=1

et

v (2, θ) = 2 cos θ − 2 sin θ


∞    
a0 X cn  dn
= + c0 log 2 + 2n an + n cos (n θ) + 2n bn + n sin (n θ) .
2 n=1
2 2
314 Applications : EDP

On en déduit
 a0
+ c0 log 2 = 0
2




 c1
a0 = 0 2 a1 + =2
 

2
 

 

a1 + c1 = 1
 c n
2n an + n = 0, ∀ n ≥ 2
 
et 2
 an + cn = 0, ∀ n ≥ 2 

 
 d1
bn + dn = 0, ∀ n ≥ 1 2 b1 + = −2
 

2



dn


2n bn + n = 0, ∀ n ≥ 2


2
et par conséquent


 a0 = c0 = 0

a1 = 1 et c1 = 0



4
 d1 = −b1 =
3




 an = cn = bn = dn = 0, ∀ n ≥ 2.
La solution en coordonnées polaires est donc
 
4 4
v (r, θ) = r cos θ + − r + sin θ.
3 3r
En revenant aux coordonnées Cartésiennes, on obtient
4 4y
u (x, y) = x − y+ .
3 3 (x2 + y 2 )

Exercice 18.11 Etape 1 (Coordonnées polaires). On écrit le problème donné


en coordonnées polaires en remarquant que
∂v ∂u ∂u x ∂u y ∂u
= cos θ + sin θ = + .
∂r ∂x ∂y r ∂x r ∂y
Le problème à résoudre est alors le suivant
∂ 2 v 1 ∂v 1 ∂2v

+ + =0 r ∈ (1, 2) , θ ∈ (0, 2π)


∂r2 r ∂r r2 ∂θ2



v (1, θ) = 0 θ ∈ (0, 2π)

 ∂v (2, θ) + v (2, θ) = 1 + log 2 + 2 cos θ − sin θ θ ∈ (0, 2π) .



∂r 2

Etape 2 (Séparations de variables). En procédant comme dans l’exemple 18.6


on trouve la solution générale qui est de la forme

a0 X
v (r, θ) = + (an cos (n θ) + bn sin (n θ)) rn
2 n=1

X
+ c0 log r + (cn cos (n θ) + dn sin (n θ)) r−n .
n=1
Corrigés 315

Etape 3 (Conditions aux limites). On veut par ailleurs que



a0 X
v (1, θ) = 0 = + [(an + cn ) cos (n θ) + (bn + dn ) sin (n θ)]
2 n=1

ce qui nous conduit à


a0 = 0, cn = −an , dn = −bn .
En revenant à v on a

X
(an cos (n θ) + bn sin (n θ)) rn − r−n
 
v (r, θ) = c0 log r + .
n=1

et

c0 X 
n (an cos (n θ) + bn sin (n θ)) rn−1 + r−n−1 .

vr (r, θ) = +
r n=1

On a ainsi
vr (2, θ) + v (2, θ)
 
1
= c0 + log 2
2
X∞
n 2n−1 + n 2−n−1 + 2n − 2−n (an cos (n θ) + bn sin (n θ)) .

+
n=1

1

Comme on veut que vr (2, θ) + v (2, θ) = 2 + log 2 + 2 cos θ − sin θ, on obtient
8 4
c0 = 1, a1 = , b1 = − , an = bn = 0, ∀ n 6= 0, 1
11 11
et ainsi la solution en coordonnées polaires est
8 4 8 cos θ 4 sin θ
v (r, θ) = log r + r cos θ − r sin θ − + ,
11 11 11 r 11 r
alors qu’en coordonnées Cartésiennes elle s’écrit
p  8 4 8 x 4 y
u (x, y) = log x2 + y 2 + x− y− + .
11 11 11 x2 + y 2 11 x2 + y 2

Exercice 18.12 Etape 1 (Coordonnées polaires). On pose x = r cos θ, y = r sin θ


et v (r, θ) = u (r cos θ, r sin θ) . Le problème se transforme ainsi en
∂ 2 v 1 ∂v 1 ∂2v

+ + 2 =0 r ∈ (0, 1) , θ ∈ (0, π)


∂r 2 r ∂r r ∂θ2



v (r, 0) = v (r, π) = 0 r ∈ (0, 1)

 1 1
 v (1, θ) = sin2 θ = − cos (2 θ) θ ∈ (0, π) .


2 2
316 Applications : EDP

Etape 2 (Séparations des variables). On considère tout d’abord le système


 2
 ∂ v 1 ∂v 1 ∂2v
+ + = 0 r ∈ (0, 1) , θ ∈ (0, π)
∂r2 r ∂r r2 ∂θ2
v (r, 0) = v (r, π) = 0 r ∈ (0, 1) .

et on cherche une solution de ce problème de la forme v (r, θ) = f (r) g (θ) .


L’équation devient ainsi
1 0 1
f 00 g + f g + 2 f g 00 = 0
r r
ce qui nous conduit à
r2 f 00 + r f 0 g 00
=λ=− .
f g
On obtient donc (
g 00 (θ) + λ g (θ) = 0
g (0) = g (π) = 0
et
r2 f 00 (r) + r f 0 (r) − λ f (r) = 0.
Les solutions non triviales du premier système sont données par λ = n2 et

gn (θ) = αn sin (n θ) .

Les solutions de la deuxième équation sont, pour n > 0

fn (r) = βn rn .

(Attention il y a aussi des solutions r−n mais, comme (0, 0) ∈ Ω, ces solutions
sont singulières et par conséquent nous les ignorerons). La solution générale est
donc (en dénotant an = αn βn )

X
v (r, θ) = an rn sin (n θ) .
n=1

Etape 3 (Conditions aux limites). On va déterminer les coefficients de Fourier


de la fonction ψ (θ) = (1 − cos (2 θ)) /2. Commençons par le cas n = 2

2 π 1 1
Z  
a2 = − cos (2 θ) sin (2 θ) dθ = 0.
π 0 2 2
De même, si n 6= 2, on trouve
2 π 1 1
Z  
an = − cos (2 θ) sin (n θ) dθ
π 0 2 2

cos (n θ) cos ((n + 2) θ) cos ((n − 2) θ)

2
= − + +
π 2n 4 (n + 2) 4 (n − 2) 0
Corrigés 317

et donc
1 2 (1 − cos (n π)) cos (n π) − 1 cos (n π) − 1
 
an = + +
2π n n+2 n−2
4 cos (n π) − 1
= .
π n (n2 − 4)

Par conséquent, si n est pair, on a que an = 0, alors que si n est impair on


obtient
8
an = − .
π n (n2 − 4)
La solution, en coordonnées polaires, s’écrit donc

8 X rn sin (n θ)
v (r, θ) = − .
π n=1
n (n2 − 4)
nimpair

Exercice 18.13 Etape 1 (Transformée de Fourier). On dénote par v (α, y) la


transformée de Fourier (en x) de u (x, y) , i.e.
+∞
1
Z
v (α, y) = F (u) (α, y) = √ u (x, y) e−i α x dx.
2π −∞

(Par abus de notation on a dénoté cette transformation en x, F (u)). On trouve


(cf. formulaire)
1 α2
v (α, 0) = F (f ) (α) = fˆ (α) = √ e− 4 .
2
Observer que
  2 
∂ u 2 2
 F ∂x2 (α, y) = (i α) F (u) (α, y) = −α v (α, y)


 2 
 ∂ u ∂2v

 F 2
(α, y) = (α, y) .
∂y ∂y 2

En revenant au problème donné, on applique la transformée de Fourier (en x)


aux deux membres de l’équation et on se ramène à
 2
 ∂ v (α, y) − α2 v (α, y) = 0 α ∈ R, y > 0

 ∂y 2


 v (α, 0) = fˆ (α) α∈R

v (α, y) → 0 α ∈ R, y → +∞.

En considérant α comme un paramètre et en utilisant la suggestion, on trouve

v (α, y) = fˆ (α) e−|α|y


318 Applications : EDP

et par conséquent
1 α2
v (α, y) = √ e− 4 −|α|y .
2
Etape 2. La solution du problème est donc obtenue en appliquant la trans-
formée de Fourier inverse, i.e.
Z +∞
1 1 α2
u (x, y) = √ √ e− 4 −|α|y ei α x dα
2π −∞ 2
et par conséquent
+∞
1
Z
α2
u (x, y) = √ e− 4 −|α|y
cos (α x) dα
2 π −∞
Z +∞
1 α2
+i √ e− 4 −|α|y
sin (α x) dα.
2 π −∞
α2 α2
Comme la fonction α → e− 4 −|α|y
sin (α x) est impaire et α → e− 4 −|α|y
cos (α x)
est paire, on déduit que
+∞
1
Z
α2
u (x, y) = √ e− 4 −α y
cos (α x) dα.
π 0

Exercice 18.14 Etape 1 (Application conforme). On cherche une application


conforme
f : {z ∈ C : Re z > 0} → {ζ ∈ C : |ζ| < 1} .
On trouve facilement qu’une telle application et son inverse sont données par
z−1 ζ +1
f (z) = et f −1 (ζ) = .
z+1 1−ζ
Par conséquent, si z = x + i y et ζ = α + i β,
x + iy − 1 x2 + y 2 − 1 2y
f (x + i y) = = 2 +i 2
x + 1 + iy (x + 1) + y 2 (x + 1) + y 2
α + 1 + iβ 1 − α2 − β 2 2β
f −1 (α + i β) = = 2 +i 2 .
1 − α − iβ (α − 1) + β 2 (α − 1) + β 2
Les conditions aux limites deviennent donc (se rappeler que α2 + β 2 = 1)
!
2 2
1 − α − β 2 β
ψ (α, β) = ϕ f −1 (α, β) = ϕ

2 , 2
(α − 1) + β 2 (α − 1) + β 2
!−2
β2
 
β
= ϕ 0, = 1+ 2
1−α (1 − α)
4 4
(1 − α) (1 − α) 1 2
= 2 = 2 = (1 − α) .
2 (1 + α2 + β2 − 2 α) 4
(1 − α) + β 2
Corrigés 319

On doit donc trouver une solution de



 ∆v = 0 si α2 + β 2 < 1
1
 v (α, β) = (1 − α)2 si α2 + β 2 = 1.
4
Etape 2 (Coordonnées polaires). On pose α = r cos θ, β = r sin θ et w (r, θ) =
v (r cos θ, r sin θ) . La condition aux limites devient alors
1 2 1 1 1
w (1, θ) = (1 − cos θ) = + cos2 θ − cos θ
4 4 4 2
3 1 1
= + cos (2 θ) − cos θ
8 8 2
et donc le problème à résoudre est
∂ 2 w 1 ∂w 1 ∂2w



2
+ + 2 =0 r ∈ (0, 1) , θ ∈ (0, 2π)
∂r r ∂r r ∂θ2
 w (1, θ) = 3 − 1 cos θ + 1 cos (2 θ) θ ∈ (0, 2π) .

8 2 8
On trouve alors (cf. exemple 18.6) que la solution générale est

a0 X
w (r, θ) = + (an cos (n θ) + bn sin (n θ)) rn .
2 n=1

3 1 1
La condition aux limites w (1, θ) = − cos θ + cos (2 θ) nous permet alors
8 2 8
de déterminer les coefficients
a0 3 1 1
= , a1 = − , a2 = , an = 0 ∀ n ≥ 3 et bn = 0 ∀ n.
2 8 2 8
La solution en coordonnées polaires est donc

3 r r2 cos (2 θ) 3 r r2 cos2 θ − r2 sin2 θ


w (r, θ) = − cos θ + = − cos θ +
8 2 8 8 2 8
et par conséquent celle en coordonnées Cartésiennes est
3 α 1 2
α − β2 .

v (α, β) = − +
8 2 8
Etape 3 (Solution du problème donné). En revenant au problème initial on
a que sa solution est donnée par la relation u = v ◦ f, c’est à dire
!
x2 + y 2 − 1 2y
u (x, y) = v 2 , 2
(x + 1) + y 2 (x + 1) + y 2
2
3 1 x2 + y 2 − 1 1 x2 + y 2 − 1 − 4 y 2
= − + 2 .
8 2 (x + 1)2 + y 2 8

2
(x + 1) + y 2
320 Applications : EDP

Exercice 18.15 Etape 1 (Application conforme). Soit f une application qui


envoie Ω sur le disque unité D. Puisque la frontière de Ω est une droite et celle
de D un cercle, f est ainsi une transformation de Moebius. Il suffit donc de se
donner trois points de ∂Ω et leurs images sur ∂D pour caractériser une telle
transformation (à une inversion près). On se donne, par exemple, f (0) = −1,
f (1) = −i et f (−1) = i. On trouve que l’application est alors donnée par

z−i
f (z) = ζ = α + i β =
z+i
et
1+ζ
f −1 (ζ) = z = x + i y = i .
1−ζ
Ceci nous conduit à

x2 + y 2 − 1 −2 x
α= 2 β= 2
x2 + (y + 1) x2 + (y + 1)

−2 β 1 − α2 − β 2
x= 2 y= 2 .
(α − 1) + β 2 (α − 1) + β 2

La condition aux limites


8 x2
ϕ (x, y) = 2
(1 + x2 )
devient ainsi (se rappeler que sur le bord de D on a α2 + β 2 = 1)
!
−1
 −2 β 1 − α2 − β 2
ψ (α, β) = ϕ f (α, β) = ϕ 2 , 2
(α − 1) + β 2 (α − 1) + β 2
β2
  8 2
β (α − 1)
=ϕ ,0 =" #2
α−1 β2
1+ 2
(α − 1)

et donc
2
8 β 2 (α − 1) 2
ψ (α, β) = h i2 = 2 β .
2
(α − 1) + β 2

On est donc amené à résoudre


(
∆v = 0 si α2 + β 2 < 1
v (α, β) = 2 β 2 si α2 + β 2 = 1.
Corrigés 321

Etape 2 (Coordonnées polaires). On pose α = r cos θ, β = r sin θ et w (r, θ) =


v (r cos θ, r sin θ) et on obtient

∂ 2 w 1 ∂w 1 ∂2w

+ + =0 r ∈ (0, 1) , θ ∈ (0, 2π)

∂r2 r ∂r r2 ∂θ2
2
w (1, θ) = 2 sin θ = 1 − cos (2 θ) θ ∈ (0, 2π) .

Par séparation de variables on a (cf. exemple 18.6) que la solution générale est

a0 X
w (r, θ) = + (an cos (n θ) + bn sin (n θ)) rn .
2 n=1

Comme w (1, θ) = 1 − cos (2 θ) , on en déduit que tous les coefficients sont nuls
exceptés a0 = 2 et a2 = −1. La solution en coordonnées polaires est donc

w (r, θ) = 1 − r2 cos (2 θ) = 1 − r2 cos2 θ + r2 sin2 θ

et celle en coordonnées Cartésiennes est ainsi

v (α, β) = 1 − α2 + β 2 .

Etape 3 (Solution du problème donné). Comme la solution du problème est


donnée par u (x, y) = v(f (x, y)), on déduit
!2 !2
x2 + y 2 − 1 −2 x
u (x, y) = 1 − 2 + 2
x2 + (y + 1) x2 + (y + 1)
2
y (y + 1) + x2 (y + 2)
=4  2 .
2
x2 + (y + 1)

Exercice 18.16 Etape 1 (Application conforme). On trouve facilement que


l’application
2
f (z) = : Ω → D = {ζ ∈ C : |ζ| < 1} .
z − (2 + 2 i)

En effet comme Ω = {z ∈ C : |z − (2 + 2 i)| > 2} on a immédiatement que


2
|ζ| = |f (z)| = < 1.
|z − (2 + 2 i)|
On a donc
2 2
f (x, y) = ζ = α + i β = =
x + iy − 2 − 2i (x − 2) + i (y − 2)
2 (x − 2) −2 (y − 2)
= 2 2 +i 2 2
(x − 2) + (y − 2) (x − 2) + (y − 2)
322 Applications : EDP

et
2
f −1 (α, β) = z = x + i y = 2 + 2 i +
ζ
α + α2 + β 2 α2 + β 2 − β
 
=2 + 2 i .
α2 + β 2 α2 + β 2
La condition aux limites ϕ (x, y) = x2 + 2 y 2 s’écrit alors (se rappeler que sur
∂D on a α2 + β 2 = 1)
 
−1
 2α 2β
ψ (α, β) = ϕ f (α, β) = ϕ + 2, 2 − 2
α2 + β 2 α + β2
2 2
= ϕ (2 α + 2, 2 − 2 β) = (2 + 2 α) + 2 (2 − 2 β)
= 4 1 + 2 α + α2 + 2 − 4 β + 2 β 2 = 4 4 + 2 α − 4 β + β 2 .
   

On doit donc résoudre


(
∆v = 0 si α2 + β 2 < 1
v (α, β) = 4 4 + 2 α − 4 β + β 2 si α2 + β 2 = 1.
 

Etape 2 (Coordonnées polaires). On pose α = r cos θ, β = r sin θ et w (r, θ) =


v (r cos θ, r sin θ) . La condition aux limites s’écrit
w (1, θ) = 4 4 + 2 cos θ − 4 sin θ + sin2 θ

 
1 1
= 4 4 + 2 cos θ − 4 sin θ + − cos (2 θ)
2 2
= 18 + 8 cos θ − 2 cos (2 θ) − 16 sin θ.
et le système devient donc
∂ 2 w 1 ∂w 1 ∂2w

+ + 2 =0 r ∈ (0, 1) , θ ∈ (0, 2π)

∂r 2 r ∂r r ∂θ2
w (1, θ) = 18 + 8 cos θ − 2 cos (2 θ) − 16 sin θ θ ∈ (0, 2π) .

Par séparation de variables on a (cf. exemple 18.6) que la solution générale est
donnée par

a0 X
w (r, θ) = + (an cos (n θ) + bn sin (n θ)) rn .
2 n=1

En utilisant la condition aux limites, w (1, θ) , on en déduit que tous les coeffi-
cients sont nul mis à part
a0
= 18, a1 = 8, a2 = −2, b1 = −16.
2
La solution en coordonnées polaires est ainsi
w (r, θ) = 18 + 8 r cos θ − 16 r sin θ − 2 r2 cos (2 θ)
= 18 + 8 r cos θ − 16 r sin θ − 2 r2 cos2 θ + 2 r2 sin2 θ
Corrigés 323

et donc elle s’écrit en coordonnées Cartésiennes

v (α, β) = 18 + 8 α − 16 β + 2 β 2 − 2 α2 .

Etape 3 (Solution du problème donné). Comme la solution est donnée par


u (x, y) = v (f (x, y)) , on a que

16 (x − 2) 32 (y − 2)
u (x, y) = 18 + 2 2 + 2 2
(x − 2) + (y − 2) (x − 2) + (y − 2)
2 2
8 (y − 2) 8 (x − 2)
+ 2 −  2 .
2 2 2 2
(x − 2) + (y − 2) (x − 2) + (y − 2)

Exercice 18.17 En dérivant deux fois par rapport à t on trouve


∂u c 1
= [f 0 (x + c t) − f 0 (x − c t)] + [g (x + c t) + g (x − c t)]
∂t 2 2
∂2u c2 00 c
= [f (x + c t) + f 00 (x − c t)] + [g 0 (x + c t) − g 0 (x − c t)] .
∂t2 2 2
En faisant un calcul similaire on obtient
∂2u 1 1 0
= [f 00 (x + c t) + f 00 (x − c t)] + [g (x + c t) − g 0 (x − c t)] ,
∂x2 2 2c
i.e.
∂2u ∂2u
2
= c2 2 .
∂t ∂x
On voit de plus que
1
u (x, 0) = [f (x) + f (x)] = f (x)
2
∂u 1
(x, 0) = [g (x) + g (x)] = g (x) .
∂t 2
Bibliographie

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[15] E. M. Stein - R. Shakarchi : Fourier analysis, Princeton University Press,
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[18] D. V. Widder : The Laplace transform, Princeton University Press, 1946.
Index

Abscisse de convergence, 249 Coordonnées sphériques


définition, 247 définition, 121
Adhérence d’un ensemble Courbe fermée
définition, 103 définition, 107
Anneau de Moebius, 118 Courbe régulière
Application conforme, 196, 199, 298, définition, 107
303 Courbe régulière par morceaux
définition, 195 définition, 107
Courbe simple
Bord d’un ensemble définition, 107
définition, 103 Cube, 117
Bord d’une surface régulière Cylindre, 54, 86, 114
définition, 109
Bord d’une surface régulière par mor- Demi-sphère, 86, 113
ceaux Divergence
définition, 110 définition, 3
Domaine, 24
Champs dérivant d’un potentiel, 24, 26– définition, 104
29 Domaine régulier, 67
définition, 63
définition, 23
Domaine régulier du plan
Complémentaire d’un ensemble
définition, 39
définition, 103
Cône, 116 Ensemble fermé
Connexe, 23, 105, 106 définition, 103
définition, 104 Ensemble ouvert
Convergence ponctuelle définition, 103
définition, 107 Equation d’Airy, 272
Convergence uniforme Equation de la chaleur, 285, 291, 294
définition, 107 Equation de Laplace, 291, 294, 297
Convexe, 23, 24, 105, 106 Equation des ondes, 289, 304
définition, 104 Equations de Cauchy-Riemann, 125, 126,
Coordonnées cylindriques 129, 144
définition, 120
Coordonnées polaires Facteur intégrant, 29
définition, 120 Flux, 55, 56

327
328 Index

Fonction continue par morceaux, 235, Partie régulière de la série de Laurent,


247 156
définition, 106, 213 définition, 154
Fonction harmonique, 129, 199 Partie singulière de la série de Laurent
définition, 3 définition, 154
Fonction holomorphe, 125, 126, 128– Point régulier, 155, 156
130, 139, 143, 144, 153, 155, définition, 154
159, 175, 176, 195, 196, 199, Pôle d’ordre m, 155–157, 178, 180
247 définition, 154
définition, 125 Pôle d’ordre m, 250
Fonction régulière par morceaux Potentiel, 24–26, 28, 29
définition, 213 définition, 23
Formule de changement de variables, Problème de Sturm-Liouville, 265
120 Produit de convolution, 248, 270
Formule de la moyenne, 144 définition, 236
Formule intégrale de Cauchy, 139, 141,
159 Rayon de convergence, 155, 157, 159
définition, 154
Gradient Règle de l’Hôpital, 159
définition, 3 Résidu, 155–157, 159, 175, 180
définition, 154
Identité de Green dans l’espace, 67
Rotationnel
Identité de Green dans le plan, 42, 43
définition, 4
Identité de Parseval, 216, 218, 220
Identité de Plancherel, 236 Série de Fourier, 215–221, 268, 269, 271,
Impulsion de Dirac, 252 272, 285
Inégalité de Bessel, 222
définition, 214
Intérieur d’un ensemble
Série de Fourier complexe
définition, 103
définition, 215
Jacobien Série de Fourier partielle
définition, 120 définition, 214
Série de Laurent, 155–157, 159
Laplacien définition, 154
définition, 3 Série de Taylor, 155, 156, 159
Logarithme Série géométrique, 156
définition, 127 Simplement connexe, 23, 26, 105, 106,
139, 143, 153, 175, 196, 297
Méthode de d’Alembert, 303 définition, 104
Singularité éliminable, 157
Norme euclidienne
Singularité essentielle isolée, 157
définition, 103
définition, 154
Orientation positive d’une courbe Singularité non isolée, 157
définition, 108 Sphère, 54, 85, 112
Surface orientable, 53, 85
Paramétrisation par la longueur de l’arc, Surface régulière, 53, 54
18 définition, 109
Index 329

Surface régulière orientable, 54, 111


définition, 110
Surface régulière par morceaux, 53, 54,
63, 85, 112–118
définition, 110

Théorème de Cauchy, 139–141, 143, 144,


176, 182
Théorème de Dirichlet, 214, 220
Théorème de Green, 39–43, 144
Théorème de Jordan, 108
Théorème de la divergence, 63–67
Théorème de la divergence dans le plan,
40, 43
Théorème de Liouville, 159, 199
Théorème de Riemann, 196, 298
Théorème de Stokes, 85, 87–89
Théorème des résidus, 175, 177, 179,
181, 182, 250, 252
Tore, 57, 115
Transformée de Fourier, 178, 237–239,
270, 288, 289, 299, 303
définition, 235
formule d’inversion, 237, 254
Transformée de Laplace, 247, 249, 252,
263, 264
définition, 247
formule d’inversion, 249
Transformation de Joukowski, 199
Transformation de Moebius, 195, 196,
198

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