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TABLE DES MATIERES
Ce que je pense
Dédicace
1. L’heure des choix
2. Le rôle du rêve
3. Appartenir à un mode
4. La terre de mon pays
5. Je suis la voix
6. Eperdu de fatigue
7. Où sont mes droits
8. Vous images de la vie
9. Et mon identité
10. Index pointé
11. Je souffre
12. Nostalgie
13. les plus d’un
14. je me tourne
15. je marche d’un pas balancé
16. chemins encombrés
17. De mensonge
18. problèmes d’adaptation
19. Absent au rendez-vous
20. coupable d’entre né
21. partir au loin
22. perturbation
23. les lignes légères
24. ce qui parle du cœur
25. apatride capable
26. à me soumettre
27. mosaïque
28. caste de départ
29. souffle de la vie
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30. cacher mon désarroi
31. la paix des exclus
32. prendre en charge
33. des grimaces
34. L’être de partout
35. Méfiance légitime
36. Le désarroi de l’apatride
37. Vérité
38. J’avais peur
39. Je ne suis pas inquiet
40. Je me découvre
41. L’étranger
42. Je ne provoque
43. En sursis
44. Où sont passé
45. Ce que je suis devenu
46. Devenir
47. Le crime
48. J’ai eu peur
49. Identité
50. La faim
51. L’innocence
52. Moi je parlerai
53. Le malheur des uns
54. Amour perdu
55. J’avais connu
56. Je ne crois pas
57. Travaillez
58. Plus puissant
59. J’existe donc
60. Sans violence
61. Au delà du dialogue
62. Les coulisses
63. Pourquoi j’écris
64. J’ai vu mon peuple
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65. Le souffle de l’homme
66. Patience
67. Le noir paresseux
68. Les sombres nuages
69. Gardiens et réfugiés
70. L’argent
71. Au delà
72. Amour et justice
73. La tolérance religieuse
74. J’ai rêvé Congo
75. Congo mon pays
76. L’Afrique
77. Les années brisées
78. Les réfugiés
79. Les commentaires
80. La différence
81. Je nage
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UN COMBAT DE TROP
Je suis plus fort, le plus beau, le plus intelligent
Telles ont été pendant longtemps les chansons
De Mohamed Ali, alias Cassius Clay, ce boxeur
Exceptionnel qui a défié et terrorisé touts ses
Adversaires sur tous les rings du monde entier
L’obsession d’affirmer par la force la fierté du noir
Et de prouver l’égalité avec les autres races
Lui a fait faire sans doute un combat de trop
Qu’il ‘a conduit à cette terrible maladie de
Parkinson qui humilie ce sportif d’exception
Et le rend certainement maladroit et le
Dépossède de ses moyens malgré sa lucidité.
A-t-il réussi à rendre aux nègres leur dignité ?
Celui-ci est il mieux considéré et logé ?
Depuis que lui, Cassius Clay ne suscite plus
Que pitié, compassion et tous de dire
Qu’il a été grand, mais qu’il n’a pas
Compris que l’affirmation de la liberté
Ne passe pas par recevoir des coups sur la tête ?
Tout en étant applaudi par des milliers
De buveurs de sang à l’exemple des gladiateurs
Dans les arènes de Rome de la glorieuse époque,
Ce combat de trop doit nous faire réfléchir
Et choisir des meilleurs moyens d’affirmer
Des idées d’égalité de liberté et de fraternité
Des sentiments de justice et de progrès.
WEMBONYAMA OKITOTHO LOPAKA
(Dans mon exil)
Mbujimayi, le 21/06/96
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DEDICACE
A toi ma chère Marianne,
Nous avons toujours partagé l’essentiel
Nos efforts nous réuniront à jamais
Aujourd'hui, demain, pour l’éternité
La réussite est question de courage
La volonté nous l’avons, l’intelligence
Nos grandes différences nous unissent
Le meilleur et le pire sont avec nous
A nous de forcer notre propre destin.
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1. L’HEURE DES CHOIX
Voici que vient l’heure des choix, des décisions
Voici que les pans d’immenses espoirs s’effritent
Les études, le travail, la famille, la recherche
Passé les délicieux moments des diplômes
Je revoie les concours agités, les nuits froides
Ces nuits Européennes terrifiantes d’insomnies
Je revoie encore les compétitions solennelles
Ensuite les pas de danse, la rançon du succès
Ensuite les pas légers de danse, les illusions
Dans l’allégresse programmée de la réussite.
Voici que l’Afrique sombre dans la pauvreté,
Voici que l’Afrique sombre avec résignation
Dans le Sida et les catastrophes innommables
Voici que l’Afrique tombe dans les pillages,
Et sur ses enfants malhonnêtes inconscients
Et les démons réveillent la sagesse des anciens,
Ils contestent les pièges, la chasse, la cueillette
Voici que Descartes est toujours ignoré
Voici que Descartes accuse Copernic et Galilée
Je les veux tous ces savants, à l‘échafaud
Pourquoi n’étaient-ils pas Africains Noirs?
Pour le malheur de l’humanité et des hommes
Et la reine de sabbat, les Pharaons, les Ashanti
Et les Bantous, les Nilotiques, les Toumbouctous ?
Et le royaume du soudan, les Bakubas, les Zoulous
Voilà que les vieux religieux chassent la religion,
Les arabes, les musulmans chassent Mahomet
Voici que les animistes chassent le surnaturel.
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Voici que des choix s’imposent naturels immenses Voici
que les choix s’imposent hésitants, définitifs
Aux compositeurs des hymnes à la gloire du vide
Les vieux peuples vous le diront, d’Est à l’Ouest
Tous les vieux sont convaincus du Sud au Nord
Je voie catholiques, protestants et animistes
Je les voie tous renoncer à leurs convictions
Ils portent des amulettes, croient aux fétiches
Ils portent des chapelets et croient aux sorciers.
Je sens quelque chose bouger et dépérir en moi :
L’enthousiasme, l’entrain, la fierté, la sérénité
Je sens les racines de l’existence céder inexorable
Je sens la consolidation des classes sociales Je sens
l’emprise tenace des classes dominantes
J’admire leur puissance. En serai-je du nombre ?
2. LE ROLE DU REVE
J’ai sacrifié ma jeunesse, mon foyer, mes idéaux
Comme une vérité absolue, j’ai souhaité soulager
La misère de semblables des enfants des autres
Une exigence à mon sens, j’ai lutté parmi les miens
Que des vies humaines perdues, abandonnées
Mais la liste noire s’allonge, indéfiniment, en vérité
Je reprends une image savoureuse, celle des rêves
Je reprends l’image que procure les rêves doux
Je mets l’accent sur le rôle des rêves alléchants
Des rêves qui permettent aux faibles de tenir
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Le fond du problème c’est le partage équitable :
Des richesses et malheurs, des lumières, des joies.
En toute conscience, j’ai enfoncé en vain des portes
Afin de pouvoir renforcer le pouvoir de déshérités.
J’ai tout sacrifié, mes forces, ma famille, mes amis
Tel un aimant les malheurs des autres m’ont attirés
Tel une obligation à mes yeux de puriste inconscient
J’ai lutté contre les miens et ceux qui me sont chers
Et sauver les compétences et les cerveaux perdus
Leur liste s’allonge et donne le vertige stupéfiant.
Je rêve, hélas les yeux ouverts, j’imagine le meilleur
Je prends pour réalité les sensations de mes rêves
Elles permettent de vivre, d’espérer, de résister
Contre les inégalités, les injustices, les privations
Avec le rêve les portes s’ouvrent, le paradis s’ouvre
C’est l’arme des déshérités et des enfants dignes
J’ai tout sacrifié, ma carrière, mon amour
Comme victime de mon éducation, je suis naïf.
Vis-à-vis de mes bourreaux, de mes tortionnaires
Mais que du temps perdu en querelles néfastes
Et le plus grave est de briser le rêve des déshérités
Car avec un rêve, je construis un monde idéal
Un monde d’abondance, de sécurité, de bien être
Je prends à témoin les mirages et mes illusions
Le fond du problème c’est de comprendre l’autre
Je ne parle ni d’amour, ni de justice, ni d’égalité
Le rôle de rêve : c’est rendre supportable la vie.
3. APPARTENIR A UN MONDE
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Je cherche à appartenir à un monde
Partout je suis chassé, refoulé, refusé
Regardé avec méfiance, inquiétude
Et partout, je quitte la mort dans l’âme
Et sans jamais avoir compris mon rôle
Et sans jamais avoir compris mon sort
Dans un monde à plusieurs facettes
Des facettes aiguës sans liens apparents
Sans interrelations, sans compénétration
N’ayant aucun intérêt entre les parties
Sinon des intérêts au-dessus de ma tête
Ni le mode de vie, ni point de convergence
Tels les hôpitaux, la sécurité sociale
Le droit de l’éducation de tous les enfants
La protection des personnes et des biens.
Chercher à me classer, rien n’a été possible
Des années de galère, j’ai tout abandonné
Me trouvant en procès avec des inconnus
Difficultés familiales et ennuis de service
Toutes les relations gardent en arrière plan
Des sombres idées de profits, de complexe
De confrontation, de domination, de pouvoir
Du respect des traditions et des coutumes
Du respect de l’ordre établi, de l’essentiel
Rien ne résiste à la modernité, à la technique
Ailleurs je ne suis pas de leurs, à ma couleur
Ici je ne sui pas des miens, mes idées l’affirment
Je vis de mon travail et de mes frustrations
Je m’accroche à l’idée de ne pas être le dernier
Le rôle du rêve est de donner vie à la langue.
J’ai tout sacrifié, mes forces, ma famille, mes amis
Comme un aimant les malheurs des autres m’ont Attiré
dans leurs mailles tissés de servitudes
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Comme une obligation à mes yeux, j’ai lutté contre Les
miens pour arroser de bonheur les affamés
Que des compétences et des cerveaux perdus
La liste s’allonge et donne le vertige aux artistes
Je rêve les yeux ouverts, j’imagine le meilleur
Je prends pour réalité les sensations du rêve
Elles permettent de vivre, d’espérer, de résister
Contre les inégalités, les injustices les privations Avec le
rêve les portes s’ouvrent, le paradis s’ouvre Ce sont les
armes de déshérités et des enfants.
J’ai tout sacrifié, ma carrière, mon avenir comme Victime
de mon éducation, je suis naïf vis à vis
De mes bourreaux et de mes tristes tortionnaires
Avec du temps perdu en querelles certes néfastes
Mais le plus grave des crimes est de briser le rêve
Car avec le rêve, je construis un monde plein, idéal
Un monde d’abondance, de sécurité, de bien-être je
Prends à témoin les mirages et mes illusions isolées
Car le fond du problème c’est comprendre l’autre
Je ne parle ni d’amour, ni de justice, ni d’égalité
Le rôle ultime du rêve est rendre supportable la vie.
Je cherche à planter mes racines dans le sable
Afin d’éviter d’être ballotté au gré des événements
Afin de me soustraire de l’exclusion des autres
Afin de m’épargner de cette peur de l’inconnue
Et pourtant, je suis forcé par le feu de partir loin
Et sans jamais réussi à m’expliquer à moi-même
Plusieurs intérêts se liguent pour me chasser
Ils sont sans liens entre eux, mais unis contre mois
Mes idées et mon travail donnent des hallucinations
Je voudrais bâtir des écoles, des routes, les joies
Rien d’impossible à l’homme qui croit en de Dieu
Mais inimaginable pour les enfants d’Afrique
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Et les oiseaux de proie d’ailleurs non protégés.
Je cherche à trouver une patrie pour mon cerveau
Parce que je suis incompris, surtout des miens
Parce que je suis rejeté tel un vulgaire étranger,
Parce que je constitue un danger pour leur liberté
Et partout je suis obligé de tout abandonner
Mais jamais je n’ai pu abandonner mes idées
Mais je n’ai jamais réussi à me faire comprendre
Mes explications gênent, irritent, culpabilisent.
Je voudrais des fleurs, des jardins, du miel
Je voudrais des papiers, une identité, un nom
Mais pourquoi faire si personne n’en veut ?
L’or, la naissance, la couleur définissent l’avenir
Le destin pour un étranger relève de son travail
Son salut vient de son intégration, de sa sagesse
Rien ne résiste à la modernité, à la technique
Ailleurs je ne suis pas de leurs, ma couleur le dit
Ici je ne suis pas des miens, mes idées l’affirment
Je vis de mon travail et des frustrations confuses
Je m’accroche à l’idée de ne pas être le dernier.
4. LA TERRE DE MON PAYS
La terre de mon pays se dérobe à mes pieds
Celle d’ailleurs, sables mouvants m’engloutit
Là-bas je suis un étranger, Africain et Nègre
Ici je suis un Blanc à peau noir, triste sort
Nulle part je ne suis chez moi. Homme libre.
Les arbres de mon pays me refusent l’ombre
Ceux d’ailleurs tombent sur moi et m’écrasent
Là-bas je suis un exilé, un Africain tout noir
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Ici je suis d’ailleurs, j’ai perdues mes racines
Nulle part je ne suis chez moi en être libre.
Les rivières de mon pays se tarissent à ma vue
Celles d’ailleurs se gèlent à mon passage
Là-bas je suis réfugié politique ou économique
Ici je suis acculturé, je signe l’homme blanc
Nulle par je suis chez moi comme animal libre.
Les pistes de chez moi se défoncent sous mes pas
Ceux d’ailleurs, me conduisent vers l‘inconnu
Là-bas je suis pris pour un chien errant enragé
Ici je suis considéré comme sale valet du Blanc
Nulle part je ne suis chez moi. Je suis un fou libre.
Le sol de mon pays refuse de porter ma dépouille
Celui d’ailleurs rejette ma carcasse putride
Là-bas je suis assez faible pour le four crématoire
Ici je suis bon, inépuisable pour les crocodiles
Nulle par je ne suis chez moi comme malade libre.
Les fauves de mon pays détestent ma compagnie
Les fauves d’ailleurs apprécient ma chair tendre
Là-bas je suis un homme destiné à tout faire
Ici je suis un homme à abattre absolument, facile
Nulle part je ne suis en paix comme victime libre.
5. JE SUIS LA VOIX
Je suis la voix de survivants de la crise économique
Les termes de l’échange, le pouvoir d’achat
Pourquoi parler de l’impérialisme économique
Pourquoi regarder l’opulence de nouveaux riches
Pourquoi regarder les plus cruels des Africains ?
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Avec leurs maîtres d’outre-mer, ils cultivent
La misère
La dépendance
Le ressentiment
Je suis la voix de ceux que l’ont fait taire
Avec le matraquage, la propagande idéologique,
Les polices secrètes, les bourreaux, les poisons
Les tortures, les bourreaux et leurs victimes
Les tortionnaires, les bourreaux, qui sont-ils ?
Les prisons sordides, les cachots faméliques
La matraque, l’électricité, les balles sans songer
Au respect de la vie
A la non violence
Aux droits de l’homme
Je suis la voix de ceux qui sont gavés de chimères
Le nouvel ordre économique, il est mondial
Le partage et la spoliation de nos richesses
Le dialogue truqué, le déséquilibre nord-sud
Le transfert utopique, illusoire des technologies
Que la comédie dure, et elle nous écœure tous
Serons-nous toujours les bouffons de la pièce ?
Moi et les miens
Mois et mes idées
Moi et mes convictions
Je suis la voix de ceux qui réclament la non violence
Moins de maladies, moins de brimades et d’injures
Moins de morts, plus de lumière, de satisfaction
Je réclame plus de justice et non la charité
Je veux plus d’égalité pour les hommes qui le mérite
Je refuse l’exclusion et la dénégation de l’homme
Malgré mes insuffisances
Malgré mon intelligence
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Malgré mon travail
6. EPERDU DE FATIGUE
Quand je pleurais éperdu de fatigue, de détresse
J’ai pu alors m’endormir sur la paille mouillée
Me disputant les rêves avec les moustiques
Avec comme seuls témoins souris et cancrelats
La faim en ses tenailles labourait nos entrailles
Mes nombreux péchés tôt dans la vie je les expiais.
Essuyer mes larmes fût encore plus difficile
J’ai évoque alors les souvenirs de mon enfance
Mon enfance villageoise en avait en profusion,
Mes souvenirs étaient limités à l’horizon de la forêt
L’oiseau chantait à l’infini, sauf dans le sommeil
Combien habiles sont-ils pour éviter mes pièges
Je suis gauche pour tomber dans ceux des autres
A vouloir moraliser, on commet des mortels péchés.
Je m’endormis léger transporté par les rêves
Vers d’inconnues contrées sans fusils ni soldats
Ma chair tendre ne fait pas remparts aux maladies
Je disparais avec la faim, les canons et le reste
Dans une ultime convulsion, je sorti de ma torpeur
J’ai réagi en son temps : il faut vivre et survivre
Jamais espérer le répit, la mort rode en tout sens.
Passer les cadavres est gymnastique ordinaire
Enjamber les corps, fermer les narines en silence
Détourner le regard devient un réflexe quotidien
Que me coûte d’émigrer que de vivre la hantise ?
Pourquoi espérer chaque minute une vie meilleure
La spéculation règne pour celui qui vit du risque
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A vivre du risque on ne prendra aucun risque
A craindre les risques on trébuche à chaque pas
Dans mon triste pays je pleure de détresse
Fatigué du devoir et du travail pour les autres.
7. OU SONT MES DROITS ?
Où sont mes droits, légitimes, dérisoires
Je vis sans droits, depuis ma naissance
Droit de l’éducation, à l’alimentation, à la santé
Les autres les possèdent les proclament avec fierté
J’en suis privés, allez savoir pour quelle cause ?
Quel est mon péché, où son mes intérêts légitimes ?
Je les veux payés, sanctionnés, expiés, pardonnés
Je les veux vivre, respirer, manger, parler, pleurer
Je les veux vaches grasses, ni politique, ni race,
Sont –ils pour les autres déception, sans lendemain
Mes droits, je les veux pour une vie meilleure,
Sans pauvres, ni marginalisés dans tous les pays
Avec toutes les religions, dans toutes les langues
Je les souhaite sans restriction ni partie pris
Aujourd’hui, je vis sans mes atouts essentiels
Ceux d’une santé robuste, des revenus réguliers
Ceux d’un logement décent, d’une confortable
A quoi ressemblent-ils ces droits de l’homme ?
Sont-ils visibles, palpables, matériels, des mots
Sont-ils ouragans, mirages, tempêtes, fantômes
Ont-ils un visage, une âme, des ailes, des jambes
Ces fameux droits de l’homme et d’autres encore
Je les veux dans mes bras, droits chimériques
Je les veux partagés, avec ceux qui les connaissent
N’ai-je droit qu’aux angoisses, et aux incertitudes ?
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Et l’indépendance, vous qui la connaissez bien,
Envoyer-moi son image véritable, en miroir
A-t-elle une tête, des jambes, un nez des roues ?
Elle se prête à quel jeu macabre, jeu de massacre
Quel est son nom, son pouvoir sur les races ?
La géographie du sud ou du nord : l’égalité de tous
L’adoption urgente de comportements nouveaux,
Penser, réfléchir, produire, organiser, créer
Mes droits je les veux oiseux, riches, rassasiés
Mes droits je les veux, aboutissement, réussite
Mes droits de l’homme, je les veux de naissance.
8. VOUS IMAGES DE LA VIE
Images de la vie quels reflets vous nous réservez
Sans corps ni âmes des fantômes de l’histoire
Nous sommes vous et moi sur la terre africaine
Suivons notre destin, esclaves, domestiques,
drogués, prostituées, Ministres, Députés ;
Subissons SIDA, terreur, amour, exclusion
Frissonnons au soleil des tropiques, les désirs
Transpirons au froid de l’hiver, de l’abondance.
Chassons la fièvre de la liberté, gardons enfin
Les leçons pathétiques et subtiles de la vie
Sous hommes que nous sommes, le monde
Nous accable et nous reconnaît, tous insipides
Dettes, développement, technologie, je les connais
Le FMI, la Banque mondiale, ils sont notre malheur
Quelle chance d’être liés à jamais à leur amour
Les masses pareil au bétail les suivent dociles
Sans fierté ils réclament l’unique réalité présente
Leur dignité bafouée, inutile orgueil du dernier
Une sérénité retrouvée l’espace d’un temps
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Inutile consolation de l’éternel adversaire battu.
Vous images de ma vie, que pensez-vous de moi
Sans chair ni esprit je suis une idée invisible
Je suis mon destin, esclave des événements
Dois-je subir calme, la mort, la maladie, la haine
Pourquoi dois-je frissonner léger sous le soleil ?
Pourquoi dois-je transpirer entier en hiver ?
Je retiens les leçons de ma vie d’abnégation.
Et chasser la fièvre de la révolte des poètes
Tout m’accable parce que lie de l’humanité
Le sous-développement, et ses semblables
L’UNICEF, l’OMS, l’ONU : mes meilleurs amis
J’ai la chance d’évoluer dans leur ombre
Le bétail humain mon peuple n’attend nullement
La charité, les statistiques, la publicité, l’abîme
J’ai retrouvé ma sérénité mais non la consolation.
La lune refuse d’avancer et de luire pour tous
Tant que ses humanitaires refusent les pauvres
Et que ces humanitaires se servent des pauvres
Et mangent le pain salé des enfants de la rue
Enfants que les meilleurs discours réconfortent
Enfants que les meilleurs intentions affament
A grimper vers les infinis sommets abrutissants
Ou descendre vers des profondeurs sans fond
Ou s’habiller avec joie des feuilles artificielles d’ortie
Je retiens avec envie la mine satisfaite des experts
Je retiens avec joie la mine réjouie des experts.
9. ET MON IDENTITE
Voici notre identité réelle, celle de nos ancêtres
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Nos liens avec les personnes de race différentes
Pour agir en commun et retrouver cette identité
Ce que nous sommes en puissance, dès l’origine
Une réalité ressentie par les singes nos cousins
La sensibilité des uns réconforte notre inquiétude
Je refuse de révéler mon obscure origine lointaine.
Voici notre identité commune, celle de notre passé
Des liens solides de colonisation unissent les races
Il nous faut agir ensemble et retrouver nos affinités
Les idées de progrès et de mort nous différencient
Une réalité pour construire un monde juste, à l’abri
Des rivalités, de ma coquille, havre de tranquillité
Je refuse de révéler mes origines toutes proches.
Je dois avoir une identité évidente par mon travail
Cette identité me lie avec mes frères d’autres races
Ces autres races m’aident à définir mon identité
Ma raison n’est reconnue que grâce à mon travail
Cette réalité les puissances d’argent me l’imposent
Elles sont insensibles à l’amitié de complaisance
Je refuse de renoncer à cette identité silencieuse.
Je dois avoir une identité, celle des miens
Ils me rappellent mes obligations, mes devoirs
Ils m’aident à ignorer mes droits, mes ambitions
Ce que je suis mon identité inspirée l’ignore
Cette réalité profonde j’en soufre mais je me tais
Les exigences des miens freinent les progrès
Je refuse de renoncer à mes origines divines.
Je dois avoir une identité, celle de mes ennemis
Ils me rappellent mon apparence presque humaine
Mes ennemis m’aident à être moi, ce que je suis
Ce que je suis je leur dois beaucoup, pleinement
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Cette réalité construit avec valeur mon avenir
La sollicitude de mes ennemis m’aide à progresser
Je refuse de renoncer à cette identité inquiétante.
10. INDEX POITE
Sollicité par la multitude de policiers véreux
Je réponds désemparé à leurs questions
Je me méfie des interpellations tendancieuses
La couleur de ma peau ; l’allure, l’habillement
Comment me débarrasser de ces attributs
Ils sont miens, je suis leur, nous sommes un.
Je dénonce l’index venimeux pointé sur moi
Carte d’identité, passeport, permis de séjour
Je les ai tous en poche mais rien ne me sauve
Carte de travail, visa d’entrée, carte de travail
Autant de papiers en plus, rien ne me manque
Dois-je mériter l’opprobre, subir l’expulsion ?
Sollicité par les agents de l’ordre incommodes
Je bafouille, je me trompe, j’hésite longtemps
Le flot de questions désoriente chansons
Ma carte d’identité, la couleur de ma peau et
Mon accent trahit les vols d’oiseaux
Comment paraître autrement à leurs yeux?
Je suis fier de ce que je suis, la noblesse
Cette touche suffit amplement à mes racines.
11. JE SOUFFRE
Je souffre de cet index accusateur
Carte de travail, de nationalité
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Ici et ailleurs, rien ne me protège
Je provoque la nausée, la répulsion
Dois-je continuer à trembler toujours
Pour moi, les miens et l’Afrique ?
Quand tu seras la risée du monde
Et que les insomnies seront tes amies
Alors tu auras sur toi l’index pointé
Des censeurs en mal de sommeil
Et leurs ombres fantômes violents
Se pencheront sur toi et ton orgueil.
Aujourd’hui c’est toi le mage pour eux
Capable de faire disparaître le ciel
Dans la miséricorde envers eux
Leur calvaire n’a d’égal que l’étable
Où les lions domptent les agneaux
L’index des pasteurs te sera fatal.
12. NOSTALGIE
Sans être surpris par ce soleil inattendu
Je suis happé par la fournaise de la rue
Je regrette les délices de mon enfance
Des fruits de rêves et de nostalgie
Des mangues, des papayes, des ananas,
Des oranges, citrons, cœurs de bœuf
Je les aime tous, ils me le renvoient
Des bananes, des goyaves, des avocats
Je les désigne tous témoins de ma vie
Puis-je les recevoir en pleine main ?
Ces délices souvenirs de mon enfance.
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Sans être surpris par ce froid permanent
Je suis pétrifié par la neige du trottoir
Je regrette les joies de mon enfance
Jeux, baignades, jeux de courses effrénées
Jeux de cache-cache abris de branches
Je me souviens de tout, ils me reviennent
Des fables, des contes autour du feu
Des histoires fantastiques, des devinettes
Puis-je les codifier en plein livres ?
Ces joies souvenirs de mon enfance.
Je suis surpris par la chaleur humaine
La transpiration fait fondre mes espoirs
Je regrette l’insouciance de mon enfance
Devant le regroupement de crocodiles
Devant la cruauté des charognards
Et je souris bêtement aujourd’hui encore
De la peur morbide des hommes adultes
Puis-je le raconter à mes enfants
Cette insouciance souvenirs de mon enfance.
Je suis surpris par ces cœurs froids
L’indifférence qui glace mon enthousiasme
Je regrette les plaisirs de mon enfance
Les contes et farandoles autour du feu
Je revoie le tout, quelle chance pour moi!
Les pêches, les chasses infructueuses
C’et tout cela mon enfance heureuse
Le monde entier doit l’apprendre eh oui !
Que j’ai été heureux dans ma vie
En évoquant mes souvenirs d’enfance.
Souvenirs d’enfance
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13. LES PLEURS D’UN ENFANT
Tu refuses de stabiliser les enfants dans leur patrie
C’est le bilan des compromissions des adultes
Des éléments objectifs cèdent aux sentiments
Des anomalies naissent les pleurs d’un enfant
Elles évoquent le comportement des parents
Faut-il juger toutes ces inversions de valeurs
Pourquoi surveiller le dérapage des événements
Comment se reporter aux tableaux de l’exclusion
Quels étaient en réalité les schémas des anciens ?
Je dois peindre un tableau sombre de mes enfants
La courbe qui trace l’histoire des migrations
Une déviation importante des instincts humains
Un plafonnement du regard, une absence
Des trémulations, des convulsions et aussi
Des variations d’emplacement qui désorientent
Vous voyez donc l’intérêt de les fixer en leur pays
De tracer leurs destins à coté des seins nus amers
Ces faits précieux engendrent des fantasmes
A cause de l’opinion des dirigeants et des autres
A l’occasion de la faim les pleurs s’accentuent.
De vos angoisses passées nous conjurons le sort
Entendre pleurer un enfant, le cœur se fend
Une épreuve quotidienne qu’est la maladie
Epreuve cruelle que d’être marginalisé à jamais
Pourquoi pleure t-il lui sans conscience lucide
De l’environnement insalubre qui est le sien?
Est t-il malade par action et par omission
Faut-il le prendre dans les bras, le consoler
Au contraire de l’adulte, donnez lui un fusil
C’est la séance quotidienne d’entraînement
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Les pleurs surviennent et s’amplifient sans fin.
Les pleurs augmentent, l’intensité crève les tympans
Un mot pour répondre aux pleurs des innocents
A toutes les questions je réponds évasif et mens
Je déconseille les accidents, sans explications
Je déteste la prudence, j’aime braver les dangers
Imitons ces enfants insouciants de nulle part.
Entendre pleurer un enfant
14. JE ME TOURNE ET ME RETOURNE
Je me tourne et me retourne dans mon lit
Une fois cent fois je ne sais avec certitude
Deux fois je sursaute, le cœur m’oppresse
Les palpitations sont très oppressantes
Que faut-il pour surprendre les confidences
Un fragment de secrets des faiseurs de monde
Ont-il pareil à nous la paix intérieur et le calme
Car la capacité de nuire est une rage éternelle
Car la capacité de faire le bien éphémère.
Je refuse de m’endormir, le lit refuse de me porter
Une fois, cent fois l’envie me démange, je résiste
Deux fois je craque, les douleurs m’épouvantent
Les douleurs deviennent affamées, intolérables
Que faut–il pour injecter un peu d’humanité
Dans les cœurs des décideurs suffisants?
Un brin de pitié, d’amour, de compassion
Ont-ils une pierre, de la glace en lieu du cœur
Car la faculté de nuire à longue vie, le bien courte.
Je finis par me retourner, le lit devient maître
24
Une fois, cent fois, tout me commande et m’ordonne
Deux fois je me plie, que coûte t-il de se plier
Que faut-il pour résister car leur force me brisera
Un rien raisonnement est source de pendaison
Ils ont comme je le sais quelque maladie incurable
A force de torturer, c’est leur raison d’être.
Enfin je quitte mon lit à mon grand étonnement
Une fois, cent fois, il m’a joué la farce
Deux fois j’ai supplié d’être épargné de griffes
Et des sarcasmes qui deviennent insupportables.
15. JE MARCHE D’UN PAS BALANCE
Je marche d’un pas balancé mal assuré
Je tâte le terrain, le sol meuble de mon pays
Cette mienne terre natale refuse de me porter
Le sol meuble à chaque pas s’enfonce
C’est un avertissement pour le téméraire
Suivre l’étranger mieux loti ne coûte rien
Lui plein de malices, de lumière et de fierté
Que lui importe mes hésitations de frelon
Ce sont des signes de faiblesse de la brebis.
Je marche à reculons en terre étrangère
Je traduis quelque inquiétude profonde
Comme ma voix, la démarche mal assurée
Comme ma voix, ma démarche est craintive
La voix des sages ne peut rien face au canon
La voix des sages ne peut rien face à l’argent
Supplier le visiteur plus nanti, qu’elle révolte ?
Lui plein d’arrogance, de lucidité et mépris
Que lui dit ma mémoire et mes états d’âmes ?
Que lui importe les signes de démission ?
25
Je marche d’un pas mesuré et très hésitant
Comme jugement prompt, l’esprit s’accommode
A trop remuer nous soulevons des inconnus
Le visiteur partial cherche ses propres intérêts
Lui plein de gourmandise choisit la belle part
Que lui importe les obligations d’équité.
Je marche debout d’un pas mesuré prudent
Je mesure l’abîme entre les images et la lune
Cette mienne assurance refuse de me conduire
Que peuvent les conseils autoritaires des anciens
Chasser les visiteurs ne sera qu’une bêtise
Lui plein de franchise, de vérité, d’assurance
Que lui importe la réussite des chiens errants.
Je marche d’un pas avenant, apte à faire sourire
Les marques de sympathie envers les faibles
Que d’ambiguïté dans l’amour de son prochain
Le visiteur glacé dans son orgueil toujours mesuré
Lui plein de libéralité, de traîtrise, de haine
Que lui importe le rapport le liant à ton pays ?
16. CHEMINS ENCOMBRES
J’ai nettoyé les chemins encombrés de vignes
J’ai éliminé les détritus et les résidus de fruits
Vous les verrez vos gardiens à la mitraillette
Rien ne s’oppose à leurs injections, ni les saints
Qui doit s’occuper du jugement dernier ?
Que doit procurer les aveux des opprimés
Car leur capacité de mobiliser égale leur désarroi
Les délices d’une puissance sans résistance.
26
Je feuillette avec consternation les pages de ma vie
D’une écriture défectueuse et mal assurée
Je corrige maladroit les passages peu glorieux
Je ne comprends pas la protestation des puristes
Avec conscience, je cache le livre des différences.
J’ai nettoyé les chemins encombrés de la gloire
Sans écarter les gardiens à la gâchette facile
Rien ne s’est opposé à la torture par le fer
Ni l’amour, ni le travail, ni les pleurs, ni le feu
J’ai été condamné avant même mon jugement
Mes aveux étaient consignés à l’avance
Sur les procès verbaux signés par mon ombre
J’ai goutté aux délices de mon impuissance
Les pages de ma vie sont mes seuls témoins
D’une vie de don à la cause des enfants d’autrui
C’est l’essentiel pour une vie sans éclat
C’est l’essentiel pour gommer les différences.
17. DE MENSONGE EN MENSONGE
Qu’ils veuillent montrer la condescendance
Et valoriser les mensonges envers les noirs
A dire vrai, le fond du racisme se ravive toujours
Etre sincères et laisser les événements fortuits
Nous écraser comme une galette de maïs
Ne pas user de la violence, elle nous ébranle
De mensonge en mensonge, le monde avance,
De mensonge en mensonge, le monde progresse
Le reniement des convictions forme des politiques
Sans abuser de la confiance, le nègre en est privé
La confiance appelle la confiance, illusions perdues
27
En la sacrifiant, nous retrouvons nos instincts
Pour les intérêts égoïstes, le monde se développe.
Le mensonge apaise les pauvres et les esclaves
Il calme les soulèvements et les revendications
Sans renier le caractère inique et inhumain
Les voyageurs témoins des actions malheureuses
Cherchent à subjuguer les peuples crédules
Et à refuser les droits du noir à la connaissance
Des prétentieux et des hommes de couleur sombre
Car la confiance en l’homme vient de la parole
La confiance doit venir de la parole et des actes
Et très peu d’actes palpables, pas mêmes réels
L’homme vit d’espoir et mange le mensonge.
Le noir aiguise sa cruauté sur les autres noirs
Les autres races sont racistes, et lui qui est-il
A être sincères, le langage de signes nous trompe
Mirages, violence, exclusion, j’ai tout vécu
De mensonge en mensonge, le monde tourne
Les reniements féroces renforcent les alliances
Qui peut en ce monde faire confiance au nègre ?
Car la confiance de l’homme réclame la confiance
Car la confiance vide refuse les vaines réflexions
La méfiance emporte la raison de vivre heureux
La méfiance emporte la joie de vivre apaisé
Et conforte les intérêts égoïstes des minorités
Par des intérêts égoïstes, le monde riche évolue.
18. PROBLEMES D’ADAPTATION
Souvent enthousiaste les enfants de mon pays
Sans suivi, la maturation survient, ils ne sont rien
28
Les taches indéfinies les attendent, éprouvantes
Les manies des anciens de tout exiger des jeunes
De nouvelles pratiques d’acculturation désorientent
Quelles difficultés d’épouser les uns et les autres
Que les problèmes d’adaptation surgissent aigus
Des directives précises sont elles indispensables
Pour mettre en échec la société traditionnelle.
L’enthousiasme et l’ardeur des enfants s’étouffent
En pays étranger et surtout en territoire étrangers
Les enfants ne sont rien avec le déracinement
Que des problèmes ! S’adapter à l’Afrique noire
Les coutumes vieillissantes d’une autre époque
La civilisation de la pensée unique des anciens
Comment marier toutes ces contradictions réelles
Et faire infléchir l’agression de la société moderne.
19. ABSENT AU RENDEZ-VOUS
Une interprétation sordide
De la patrie mère des patrie
Etre absent au rendez-vous
Absent chez moi et ailleurs
Une invasion des étrangers
Chez moi en maître et ailleurs
Ces fractures non consolidées
Des maladies incurables
Un aspect particulier de luttes
Intestines pour le territoire
La grande affluence des chiens.
29
A propos des images et je le sais
D’apatrides et de réfugiés
Une interprétation éhontée
De la patrie mère des patries
Le plus simple est de consigner
La terre à la gare, à la poste
L’inspiration et la créativité manquent
Le cliché figé, absent au rendez-vous
Les images sont là, cataloguées.
Je suis absent eh oui !
Au rendez-vous de l’histoire
Et de mon pays et d’ailleurs
Ici, je suis ignoré exprès
Là bas je n’ai pas de place
Les plaies béantes s’infectent
L’humanité a besoin d’esclaves
Des exilés et des apatrides
Moi je rempli ces fonctions
Et c’est bien pour tout le monde
Et pour le bonheur des hommes.
Suis-je déplacé ou fuyard
Comment interpréter mon statut
Vivre sans patrie et sans tribu
Le globe terrestre est ma consolation
Les cris des enfants mon bonheur
Le travail ma seule raison d’être
Les images incolores sont tenaces
L’apatride dérange les consciences.
20. COUPABLE D’ETRE NE
30
La plus belle des aventures s’arrêtent ici
Les groupes de résistants sont marginalisés
Ils entendent chasser les apatrides, ces intrus
Ces volontaires de l’exode sans fin, incessant
La protestation demeure sectaire et méfiante
Qui est responsable de la fuite des cerveaux ?
Moi je suis coupable d’être né, d’avoir compris
L’engagement dissimule le sentiment de rejet
Les soutiens ne sont qu’éphémères au poète
Les plaintes dangereuses nous concernent tous.
Je reconnais que les races ont une fin
Et que les aventures du jour inachevées
Apportent les frustrations, l’opprobre, le vide
Que ce monde appartienne aux éducateurs
Coupables des grands vides des cerveaux
Les indigents stupéfaits ressentent la haine
Contre le bonheur qui accompagne le talent
Et ma joie renouvelle mon engagement
Chanter ma poésie frappent les sentiments
Pour éviter les goûts macabre de certains
A coup d’énigmes le monde se refait
Sur les cendres des naïfs et des utopistes
Moi je préviens la destruction des poètes
Je compose mes poèmes souvent de tendresse
Et d’aventure bruissant et de tristesse
Car les contemplations chargées de volupté
Embarrassent le venin salvateur du serpent
Ami fidèle de la femme depuis la création
Et qui blâme l’homme dans ses illusions
Coupable d’être né, d’aimer et de sauver.
21. PARTIR AU LOIN
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Démissionner est sage, la décision est justifiée
Celle de quitter le chemin, le chemin du réalisme
Telle est l’opinion de toute la nuée des victimes,
C’est l’opinion des acteurs de solution impossible
Face à la dépression l’exil paraît la seule issue
Une démarche fructueuse, c’est de partir au loin
Partir vers des cieux plus cléments, hospitaliers
Une opinion partagée par les victimes lucides.
Je me trouve seul, victime des abus terribles
Qui s’abattent sur les innocents : la famine et la mort
Qui s’abattent sur les enfants : la maladie et la mort
Le mode tribal d’ascension d’échelon a échoué
Le mode, le mode d’exclusion des autres a échoué
Les actes irresponsables des uns, le péril de tous
Au fond, je dois tout au destin, à ce que je fais
A ce que je suis, à ce que j’ai été, à ce que je serai
J’ai décidé de partir, de disparaître de leurs yeux
Car les bornes de l’intolérance sont dépassées
Les orgueilleux assassins envient les vipères.
Quand la dépression l’emporte sur le vide
Le désert est meilleur que les bombances
Lorsque l’immense univers manque de cœur
Et que l’immense univers manque de chaleur
Au delà des prières pieuses des religieux
Adorateurs de vieux chênes chancelants.
Au fond, je dois tout à mon travail de forçat
Et ce que je suis je le dois aux privations
Et surtout à l’appui de ma famille attentionnée
Grâce à elle l’espoir et l’amour triomphent
Et décider de partir au loin se justifie amplement.
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22. PERTURBATEUR
Pour le natif, je fais partie des perturbateurs
Je prône le retour sans conditions aux sources
Mon indépendance a des limites : la société
Des idées et normes préétablies me détruisent
La société me juge, tranche, me condamne
La société me juge, me disculpe, m’absout
De ce que j’aime réellement, je refuse le ridicule.
Je ne suis pas pompier encore moins sapeur
Ma liberté a des frontières : les puissants
Mes idées dérangent, bousculent le temps
D’une société figée et condamner à disparaître
Avec ce que je connais, je refuse la médiocrité
Avec ce que je connais, je refuse le suicide.
Je ne suis pas agitateur, semeur de confusion
Je marche avec la société et ses normes
Ma liberté a des frontières : les malades
Je crains les puissants, je respecte les faibles
Mes convictions, je les connais, je les cache
Sauf mes droits sans danger, sans risque
De ce que je possède, je refuse de disparaître.
Je fais partie des perturbateurs, et c’est faux
Je prône le retour aux sources de l’humanité
Mon indépendance a des limites : les galères
Je respecte les normes simples de mon époque
Le temps, la loi, l’éducation, l’amour, la morale
Avec ce que je fais, je n’aurai jamais d’ennemis.
Je ne suis pas pompier ni croque mort non plus
33
Mes rêves ont des limites : les enfants malades
Mes idées dérangent les mouvements du temps
Mes idées dérangent les pleurs de femmes
Les tonnes d’or rendent ivres les matelots
Eblouis par les reflets des écumes stériles
L’ennui tue l’amour et terni le plumage de lumière.
Je ne sème pas le trouble, je ne suis pas censeur
Le mépris immobilise les ardeurs des morts
Et glace d’effroi les chevaux oubliés de l’exil
Les chants des oiseaux sauvent les naufragés
Qui n’ont pas compris leurs rôles secondaires
Etre perturbateur pour avoir réclamé la paix.
23. CES LIGNES LEGERES
Ces lignes légères d’une conscience en épreuve
D’un horizon à l’autre où chercher quiétude
Dans les sillages du destin, des avions de l’exil
Le soleil manque, la chaleur existe. L’essentiel
Son ombre agressive hante les esprits sauvages
Dresser la tête vers l’infini désert des sentiments
Sarcophages de l’honnêteté, vieux souvenirs amers
Contre la minorité égoïste en son entreprise
Contre la minorité tranquille en son entreprise
La source, la fontaine de la justice pour la majorité
Ma tête réclame biens, distribution et partage.
J’ai eu raison, parfois raison, mais seul en avance
Alors mon crâne douloureux éclate de fanatisme
La fuite vers d’autres cieux peut-elle tout résoudre ?
Pourquoi se décourager à ce moment de l’existence
Abandonner les siens pour un bonheur lointain
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Les minorités pleurent, crient, gesticulent en vain
La coexistence est impossible pour eux, avec eux
La frustration à son comble justifie t-elle la violence
Le mépris de ses frères pour quel intérêt sordide ?
Car ces avantages et ces richesses sont périssables
Car richesses et avantages procurent les plaisirs.
Les persécutions de tes sœurs peut t-elle servir ?
L’accident cause la mort, je veux bien l’admettre
La maladie cause la désolation, je veux l’accepter
Mais la guérison ne doit pas tout faire oublier
Les blessures sont profondes, rien ne les effacera
La prévention est seul remède en ces circonstances
Car la violence ne résout rien pour leurs victimes
Car la violence ne résout rien pour moi non plus.
Lubumbashi le 04 Mars 1993
24. CE QUI PARLE DU CŒUR
Je souhaite une brève assimilation des amoureux
Aux normes arbitraires d’une société splendide
Exceptionnelle tolérance venant de l’accumulation
Et en partie d’une malposition cérébrale congénitale
Reconnaître des valeurs de l’autre serait anomalie
Une clarté obscure dans la grisaille de l’intolérance
Le temps de la cristallisation des sentiments de rejet.
Une clarté anormale visualise l’autre avant le rejet Ce
qui parle du cœur doit parler de la vie au cœur
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Dans le cas de la raison le cœur cesse de parler Pour
séparer la haine et l’amour en toute temps
Et en toutes opacités hideuses pour cacher la réalité
La forme de l’ombre entrave le respect des droits
Par une atteinte traumatique de la dignité humaine.
Je souhaite m’adapter aux normes d’une société
Exceptionnelle assimilation d’une colonisation
Méconnaître des valeurs d’autrui serait anomalie
L’apparition d’une méfiante adoption des idées
Toujours le premier temps du passage à l’acte
Un voile obscur couvre les exploits des doigts
Ce qui parle du cœur doit parler d’amour au cœur
La raison domine le cœur en toutes circonstances
Entre la haine et l’amour, la réalité est floue
L’ombre cache les droits, les nuits les éclairent
Pour une valorisation sûre de la dignité humaine.
25. L’APATRIDE COUPABLE
La particulière inutilité du citron pressé à l’extrême
La variation brutale d’attitude ne semble l’émouvoir
Le retrait du passeport reste son arme suprême
En cas de séjour illégal dans le territoire occupé,
La décision de l’expulsion tranche avec la raison
Un sujet de dérivation aux problèmes de la société.
Je le stimule à plus de tolérance, de compréhension
Il est possible de maintenir l’équilibre des races
Ma voix est mise au vote, elle devient minoritaire
La fin est donc le plus souvent affaire de la mort
La naissance est souvent moins avancée que la vie
Mal contenue l’insécurité n’engendre que la vie
Mal contenue l’insécurité n‘engendre que frustration
36
L’apatride se distingue des autres par sa culpabilité.
La délicate présence du trognon de maïs au salon
Et en ces lieux sans aucune utilité, est étonnant
L’écraser ne semble l’émouvoir que les cigognes
Le chasser de son domicile reste l’arme ultime
En cas de résistance étrangère, briser sa volonté
Un sujet à la dérive sociale de peu d’importance
J’appelle mes amis à plus de chaleur et d’humanité
Il est nécessaire de maintenir l’équilibre des forces Ma
rauque voix est mise au vote, elle est minoritaire
La fin n’est donc souvent qu’affaire de moyens
La naissance illustre trace le destin à la misère
Mal utilisée l’insécurité engendre une instabilité
L’apatride se dévoile aux autres par sa culpabilité.
26. IL CHERCHE A ME SOUMETTRE
Il ne cherche pas à me sanctionner, mais à me tuer
Il ne cherche pas m’exclure, le gain serait faible
Ni à me torturer mais à me marquer par les larmes
Je suis du bétail, du drapeau, une étoile filante
Je m’étonne toujours la différence entre les êtres.
Entre les passants et les arrivants que choisir
Les uns amènent le royaume, les autres les anges
Et moi je trempe mon âme dans le désaveu
Ce que les gants de velours en veulent à l’acier
Et les perdrix vainqueurs des amours dégoûtés
Les idéologies attirent la ferveur des jeunes oies
Les idéologies enrichissent les adultes sensés.
37
27. UNE MOSAIQUE
Je suis une juxtaposition de races, ethnies et tribus
Je poursuis le décompte des espèces selon l’affinité
Je cherche une occasion de mettre au pas le temps
Il sera transitoire certes mais un répit bénéfique
Il sera facile de distinguer le blanc du noir, du jaune,
Pourtant, dès la fin les différences s’exacerbent
Est-il utile de dénoncer les principes de la création ?
Est-il juste l’épuration ethnique, la ségrégation ?
Et l’instauration d’une vie autonome, végétative ?
Je suis une mosaïque de contradictions de culture,
De formation, de paysage et de pensée en chiffres
Je poursuis la recherche errante de mon identité
Je cherche une circonstance propice de dénoncer
La distinction entre jaunes, noirs et blancs, rouges
Pourtant, parler de couleur aggrave les différences
Est-ce utile de douter de théories de l’évolution
Est-il indispensable de sélectionner les races
Et d’instaurer la hiérarchie arbitraire des valeurs ?
28. GESTE DE DEPIT
Un geste supplémentaire de dépit, l’expulsion sans
Procès, il est préférable de se taire, de se cacher,
de se soumettre, de trancher ces instincts sur
l’intégration, l’assimilation
L’assistance humanitaire qu’est-ce à dire ?
La dépression s’estompe-t-elle avec le rejet ?
Se détériore rapidement le sentiment d’être homme
Le liquide teinté de rouge se glace dans les veines
Il dépend du caractère du pays hôte, de sa civilisation,
la xénophobie sauve les apparences
38
Au moment de l’expulsion, le droit est impuissant.
L’apatride a des droits, droit à un procès juste
Se taire, se cacher, se soumettre est logique
Encourager l’intégration et non l’assimilation
Et les humanitaires, cette conscience des uns
Les chômeurs, le tremplin et leurs promotions
L’ONU est pris en otage et L’OMS et l’UNICEF
Tout dépend du pays d’accueil, de ses traditions
La xénophobie parle des droits de l’homme
Je donne la parole à l’apatride et à sa version.
29. LE SOUFFLE DE VIE
Mes cordes vocales d’acier, se détendent
Le souffle de vie manque de puissance
La coloration des intentions étouffe ma voix
L’évaluation de ma position si forte fait défaut
Toute certitude confirme mes assurances d’exister La
permission se règle sur la couleur de la peau
Je distingue ma voix des autres, la cacophonie
Malgré mon insertion dans la nouvelle société
Rien de positif ne vient dénoncer les exactions
Selon les modalités propres à chaque peuple
Une incompatibilité se dessine entre les races.
Comme pendant un accouchement de discordes
L’exclusion déclenche son venin meurtrier
Je m’occupe à le faire pénétrer dans les cœurs
A fabriquer un breuvage sucré pour mes amis
Je refuse de boucher les narines des enfants
Et de m’inquiéter du sort enviable des anges
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La plus prometteuse de situation, être domestique Etre
victime des perspectives peu réjouissantes
Qui doivent rendre prudente l’émigration sauvage
Le venin établi l’existence des bons et des mauvais
Il faut insister cependant sur la réussite des uns
Et la hantise des autres devant l’échec probable.
Le souffle de vie tiède repousse la rivière de sel
Et moi l’obsédé de justice je navigue avec elle
Vers l’inconnu rivage au gré des écumes rouges
Je ne connais pas de pierres sensibles à la chaleur
Ni des larmes versées par les prières sacrées
Je goûterai les yeux fermés l’air vivifiant du vent.
30. CACHER MON DESARROI
Etonné de ma situation inconfortable chez-moi
Et pour chercher bonheur en pays étranger
Je regarde vraiment perplexe autour de la terre
Nul endroit pour cacher mon désarroi endormi
Nul recoin pour y installer mon dépit de la vie
Courir sans se couvrir est une vaine entreprise
Toujours cette inquiétude sans joie ni taches.
Mon visage se contracte sans rancune ni honte
Mon visage grimace car malade du déshonneur
Ma condition est à expliquer, la compréhension
Je recherche avec fureur allègre les tourbillons
Je dirai soudain que je suis un homme libre
Libre d’errer partout, sans but, sans avenir
Indispensable nulle part, j’attends pourtant calme
De me mettre à la table des grands, d’exister.
40
31. LA PAIX DES EXCLUS
Une frontière impalpable nous sépare
Derniers spécimens d’espèce disparus
Où trouver un abri, où cacher ma honte ?
Peut – on répondre aux déracinés ?
Je les ai fait tomber, tous les tabous
J’ai remboursé ma dette par le sang
Selon les endroits, l’acculturé danse
Je n’ai pas confiance en sa jubilation
Une part égale, à chacun se comptes.
C’est la juste rançon du déséquilibre
Oui, mais maintenant je suis égaré
Nous nous partagerons les miettes
Laisse-nous manger de tes restes
Que tu laisses toi le juste en paroles
Du calme, faisons la paix des exclus
La patience nous assure l’isolement
Ni médaille, ni récompense en or
Je souffle le froid, j’éteins le feu
Pour chasser le vaincu le balai suffit
Sans illusions sur les lendemains
La victoire marche sur le silence
Plus résignée que moi la raison déraille.
Les meilleures idées perdent le nord
Ils désertent les associations de mots
Et adoptent les attitudes nobles
Eux qui se baptisent par l’argent
Ils reçoivent les appels pressants
La honte ne les effraie nullement
Elle élargit le cercle formé d’initiés
Et des amitiés et des philosophes
41
Sur le terrain des prêtes défroqués.
32. PRENDRE EN CHARGE UN INCONNU
Qui prendra en charge un inconnu, un étranger
Voir ses projets dès lors perturbés dans un monde
Nouveau ; comme à l’habitude le nègre en pâti
Soyez réellement attentif à votre société
Oui, le bénéfice des moyens suffit à tous
La défense des droits de l’étranger dérange
Accepter des structures d’accueil médiocres
S’installer sur autrui, quel lourd sacrilège
Des moyens petits et gros vous sont retirés.
Qui s’occupera des intérêts d’un inconnu
Voir l’avenir compromis dans un monde en lutte
Comme d’habitude, l’africain noir est le premier Exclu,
soyons conscients du rejet de nos valeurs Elles sont
légitimes oui, le bénéfice que l’africain
Tire est médiocre, la défense des droits bafoués Quelle
importance pour un monde en ébullition?
Refuser les conditions d’existence précaires
Pour s’installer chez autrui, quelle infamie
Que d’être humilié par les petits indigènes.
33. DES GRIMACES
Qui tue le souffle et ressuscite le vertige ?
Des paysages de pierre et de béton
Le devoir accompli de voir la civilisation
Face à la puissante armée de mes frères
Comment les impressionner avec des grimaces.
42
Les tenants de l’ancienne mode survivent
Le sujet de discorde est-il la liberté ?
L’attitude de repli condamne l’ingratitude
Devant l’obstination de ces sans patrie.
Pas de transgression des lois de l’hospitalité
Un code d’éducation de la terre d’accueil
Un code d’éthique sur les soins des immigrés
Pour un asile définitif et sans retour
Je suis éternel réfugié dans mon pays.
34. L’ETRE DE PARTOUT
Comment être sûr d’être de partout et de nulle part
Si je m’en échappe franchement, jamais je ne serai
Calme, alors je me suis constitué une carapace
contre les injures. Je dois l’essayer, avant
l’émigration
Avec les masses mouvantes tout se dilue dans le
bon sens des instruments critiques du rejet de la
greffe avariée
Je prends l’habitude de donner ce que je n’ai pas
dites-le franchement que je ne suis pas d’ici, sans
pays et sans drapeau je suis d’ici et d’ailleurs.
Des massacres se perpétuent à mes dépends,
sans défense je pense d’abord à ton rire
sarcastique à ce que tu n’as pas dis, tu as sévi
Tu es incapable de rire de tout, de l’étranger oui
Tous les hommes sont capables, surtout de pleurer
les leurs car ils sont chers, pas les autres
La démocratie est un leurre pour qui y croit
Les gouvernements servent les fourbes et les
43
traîtres Nous refusons de le comprendre, triste
réalité être moralistes sans moyens, soldats sans
armes.
Je suis de partout et de nulle part en même temps
Si j’accuse le blanc, le noir n’est pas innocent
En toute lucidité j’invite les crocodiles pleureurs
Et je consacre mes amitiés aux hors la loi
Parce qu’ils ont torts d’être des faibles
Et qu’ils n’ont pas raison de refuser l’histoire
De demeurer hébété devant les honneurs vains
De souffrir du ressentiment et des tentations
Avec la conscience d’être le dernier escrocs
Et de triompher des intellectuels assassins.
35. LE DESARROI DE L’APATRIDE
Ce soleil d’été brûle ma peau
Celui des tropiques la caresse
Pour l’un l’admiration me remplit
Une appréhension hautaine souligne l’autre
Ce mélange d’angoisses et d’incertitudes
Sans définir le désarroi de l’apatride
Que je suis, qui sommes-nous tous ?
Africain noir, des miens je suis rejeté
Européen d’adoption, à la nage je suis battu
L’albatros gauche vaut autant que moi
Les miens me repoussent à mon raisonnement
Les autres m’évitent à ma peau noire
Qui suis-je au milieu de tant de nuances.
Ni dans l’un ni dans l’autre société
Je ne suis admis et mon âme retournée
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Ne trouve ni quiétude ni sérénité
Ni chez les uns, ni chez les autres
Ma chaire souffre des affres de ma peau
Mes enfants souffrent de ma langue
Ils ne sont pas d’ici, ni d’ailleurs.
La neige d’hiver brûle mon front
La chaleur des tropiques le caresse
Pour l’une la nostalgie me submerge
Une tristesse indéfinie dessine l’autre
Ce mélange de sentiments me déstabilise
Le désarroi de l’apatride concerne l’apatride
Que je suis, que nous sommes tous ?
Les fortes pressions de nuits gelées
Et les yeux de gardes sans sommeil
Avec des réveils agités, angoissés
Je réclame la chaleur de mon pays
L’insouciance de mes petits malades
Les odeurs après de mes petits patients
Qui suis-je au milieu des Blancs.
36. UNE MEFIANCE LEGITIME
Que de méfiance malgré les preuves et les capacités
la compétence de l’apatride est-elle
obstacle à tes yeux pourquoi avoir des gens
adaptés à la situation
Leur aisance est-elle motif de répugnance ?
Que d’irritation devant autant de simplicité
Leur apparence est-elle objet de mépris ?
Pourquoi haïr des hommes rompus à leur
45
métier ?
Leur expertise elle est l’occasion de jalousie ?
Car la méfiance appelle la méfiance, l’hostilité
crée l’hostilité la compétence ouvrent les
portes fermées par la méfiance car des
gens adaptés sont garantis de réussir
L’aisance facilite l’insertion des plus habiles
A cause de l’irritation en plus de l’excitation
L’apparence ne doit pas trahir les apparences
En raison de la connaissance de leur métier
La jalousie demande l’expertise de l’expert.
Mes craintes se justifient un jour encore
Jamais la peur de l’autre ne favorise le progrès
Jamais la méfiance n’engendre la compétence
Jamais la répugnance ne favorisera l’aisance
Jamais le mépris ne cache une apparence
Jamais la jalousie n’occulte une expertise
Les échos de congrès rejètent la tranquillité
Et la lumière du savoir cache la vengeance.
Le pauvre se méfie des livres de poésie
L’enfant répond à la place du livre borgne
Il envoie des signes clairs aux adultes
De leur exigence naît les génies précoces
Et les génies tardifs favorisent l’ignorance
De sa langue framboisée sort le sucre amer
Tout langage sans notes est bon et cruel
La nuit vivifiante bénit le jour de délivrance.
37. LA VERITE ET REALITE
La vérité intérieure égale la vérité d’ailleurs
46
Une réalité extérieure est réalité de chez moi
La source de plénitude, de beauté, de répulsion
De l’approbation à la réprobation certaine
De la désapprobation à l’exclusion sans procès
Devant les conséquences inéluctables du rejet
Le cœur du patient décompense, sans appel.
La souffrance cérébrale détermine la suivie
Avec une réussite, spéculer sur ses chances
Avec une colère inattendue, chasser le parasite
Avec une conviction inconstante, dominer son
sujet une, décision irréversible de réhabiliter
l’inconnu
Une migration sans retour entre quatre planches.
La vérité des savants, la vérité d’ailleurs
La réalité du propriétaire, la réalité éternelle
Une source de légitimité, une vertu ordinaire
Quiconque quitte sa vérité trébuche un jour
Le vertueux donne des conseils pratiques
Seuls les commerçants développent l’envie
Et la cupidité d’exploiter les autres hommes.
Les temps modernes accusent la femme
Des rivages de l’occident à ceux de l’Afrique
Des empires coloniaux aux démocraties
La vérité ne fait pas la politique ni l’avenir
Des cœurs divins montent dans les crimes
Une migration sans retour sur le sol béni
Des ancêtres et de la race des hommes.
38. J’AVAIS PEUR D’ETRE MOI-MEME
J’avais peur d’être moi-même, ce que je suis
47
De dire mon nom, mon identité, ma tribu
J’avais peur de ce que j’étais, enseignant
médecin
La mort rôdait implacable, subite, définitive
Sans préciser ni choisir ses futurs victimes.
J’avais peur de ma condition, de ma situation
De dire non, de dire oui, d’apposer un refus
J’avais peur de mon langage, de mon expression
J’avais peur de la torture qui délie les langues
Mais je n’ai jamais renoncé à mes convictions.
J’avais honte de mes études, de mon savoir,
J’avais honte de déclarer mes relations
Avec eux j’étais orgueilleux, tous les pensaient
J’avais honte de soigner, de guérir d’enseigner
Toutes les voix avaient la même signification
Tous les traits avaient la même dénomination
La trahison, la politique, l’opposition, l’ennemi.
J’avais honte de ma taille, de mon poids
De mes yeux de mes cheveux, de mes mains
J’étais quelque part coupable de sortir du lot
J’avais honte d’être différent et de l’afficher
J’avais honte de secourir le camp adverse
Lui même le refusait, avec véhémence
Comment l’aurais-je fait, prisonnier en liberté
Et même fou en liberté que j‘étais considéré ?
J’étais coupable de ce que je pouvais faire
et que les autres ne pouvaient pas
Coupable de former, d’éduquer, de soulager
Coupable de réfléchir, de dormir, de m’asseoir
Coupable de respirer, de tousser, de parler
Coupable de marcher, de courir, de dormir
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Coupable de me réveiller, de me relever.
39. JE NE SUIS PAS INQUIET
Je ne suis pas inquiet, du tout inquiet sur mon sort
Ce que je confie encore à mes amis et proches
Ce que je confie à mes ennemis et aux voisins
Le vide qui m’entoure, me revigore, me vivifie ans Avec
la contrariété, nul progrès, nulle évolution.
En plus de la non violence, j’aime le beau
Le faible, je le protège du vert, qui me calme
Que le rouge me haïsse, en a-t-il les moyens ?
Le courage du bleu, reposant, miroir du bonheur
L’aventure finit où elle finit avant de commencer.
Je suis d’autant moins inquiet que ma plume glisse
Dois-je dénoncer la rigueur du papier témoins
De mon découragement sans bornes
Effondré, malade, désespéré, ma plume enchaîne Les
mots me suicider, quelle infamie ?
Les mots me sauvent du désastre des mots,
Naît alors la liberté, du concret qui a peur des mots
Les mots indestructibles les mots conscience.
Je n’ai que les mains libres pour saisir ma plume
Ce jour drame, seule ma plume fixe l’événement
Pourquoi des faits têtus résistent-ils aux mots, à
l’absolu
Ne pas mesurer le plein danger d’effacer les mots
Le triomphe de l’amitié respecte les mots, la parole
donnée
Le tyran se réjouit des mots flatteurs, redoute les
autres
Entre l’inquiétude et les mots, seuls les mots
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apaisent
L’inquiétude, me rassure, compatit avec moi
Seuls les mots terrassent les colosses, les faibles Seuls
les mots compatissent avec les justes
De mes mains enchaînées, les mots glissent
des doigts de la bouche, du cerveau
Mes mains chassent l’inquiétude, confortent les
angoisses des adversaires
Je ne suis pas inquiet, tant que mes mains enfilent
les mots.
40. JE ME DECOUVRE EN TOI
Je me découvre en toi circonstances pénibles de
ma vie
Je me découvre en toi chemin de nuit sans
éclairage
Fallait-il que tu existes pour que je me découvre
et pour que je me découvre moi même
Je me sens, j’existe, je sens les autres sans les voir
Personne ne me voit, mais ils savent que j’existe
Je me découvre en toi heures amères de mes
journées sans moisson
Je me découvre en toi journée de pluie sans soleil
Que durent les nuits et ton attente est longue,
insupportable ; elle nous hante
Je me vois marcher, je ne sais où je suis, où je vais
Je sais que je marche, seul, les autres s’arrêtent, ils
sont arrêtés.
Je sens confusément mes désirs, je me découvre
dans mes désirs non assouvis, le goût amer de
50
l’insatisfaction
Mes désirs sont uniques, leur chemin est obscur,
leur satisfaction est un mystère
Je débouche sur les intentions, chasser les désirs,
satisfaire mes désirs
Je suis sûr que le crâne tourbillonne, je m’égare
dans la découverte de moi-même.
Je sens mes limites, je me découvre dans mes
Incapacités à combattre la maladie, à tenir par la
main les orphelins, les égarés de la nuit
Mes insuffisances sont en moi, c’est ma nature, ce
sont mes tares
Que dire de celles imposées du dehors à mon être
Sont-elles devenues aussi ma seconde nature ?
41. L’ETRANGER
De quel droit et au nom de quelle juridiction
Le nouveau venu s’érige t-il en juge de l’étranger ?
Une décision dans la méfiance des autres
Une interprétation malveillante des faits généreux
Je me sens protégé et emprisonné par les soupçons
L’étranger est-il étroit et agreste comme moi
La paix, la sécurité sont-elles l’apanage des Blancs?
La chaleur, la force, la protection me font défaut
Un regard lucide et triste m’indique la sortie
Un sentiment complexe de colère et de bon sens
Et un sentiment de soulagement et de répit
S’emparent de mon être et de mes amertumes.
De quel monde est-tu ou de quelle planète
Les natures vivantes évitent les traquenards
51
Et les poumons refusent les guerres nuisibles
Que les juges fomentent au nom des peuples
Les tempêtes soulèvent les chants avilis
Par l’étranger à la compréhension médiocre.
Je suis étranger et les miens me repoussent
Je suis étranger et les autres me repoussent
Le regard lucide des compatissants rejette
Les sentiments de complexe et d’échec.
Des passions révoltes les fonds de l’étranger
Qui réclament la compréhension en sa langue
La tortue et le lièvre trahissent l’enfant
L’ignorance récompense l’éléphant et le rat
Avec une agitation de fourmis arrogantes
Celles qui donnent légitimité aux tombes
Le grossier mesure les insultes en chemin
Et les ambitions dévorent les poils à gratter
Les regards des étrangers inquiètent et juge
Ils trahissent les convenances, les non-dits.
Pourquoi blâmerai-je l’étranger apatride ?
Moi qui le suis, car mon destin me poursuit
Moi qui le suis par ma couleur qui me trahit
Contre les murs mon ombre me pousse
D’où viendra le repos mérité à côté du feu ?
Mon sort est scellé, j’évolue en solitaire
Dans le noir et dans le tunnel sans fin
Ma torche de paille est toujours humide
Les gouttes amères de ma sève se glacent
Elles amorcent la défaite de la tempête.
42. JE NE PROVOQUE
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Je ne provoque qu’interrogations et doute
Comme l’affirment les anciens de la colonisation
Mes compagnons de voyage se suicident
Tenez mes observations pour mes témoins
Mes observations ne sont pas des accusations
Une atmosphère rassurante règne dans les cachots
Avec les mêmes questions : comment chez vous ?
Je m’interromps un instant et j’avale la salive
Des vérités insoupçonnées sortent des abris
Je suis las des destructions des valeurs humaines
Je suis fatigué de ces reconstructions chimères
Je doute de ma réalité, j’existe parce que je souffre
Je renvoie mes vérités à la progéniture.
Le droit à l’existence de tous est possible
Ce que je voie, je le dénonce pour mes intérêts
Ce que je palpe je le modèle à ma raison
Ce que je chiffre je l’ajoute sur mon compte
Ce que je mesure je le quantifie à ma hauteur
Mes sens me le confirment, j’existe et je suis bon
Mon intuition me renseigne, je ne suis pas mauvais.
43. ESPECE EN SURSIS
Je scrute l’horizon de mes journées sombres
Reliant le néant à l’infini sans définir les principes
Les sentiments et les idées de justice révoltent
Vous remarquez le bon sens concéder la violence
Je ne te blâme pas, je comprends la nature humaine
Le visage exalté, la haine l’emporte sur la raison
Le visage exalté, la haine et la jalousie triomphent
Viens une fois goûter les joies de l’échafaud
Les bouts de canon t’invitent comme un devoir
Le devoir sacré d’assassiner les mirages
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Je ne peux m’y résoudre dans un effort de retenue
Dans une marre de sang, se nourrissant des
excréments humains, le délice des vampires.
Dans un climat hostile, je sers de prête nom
La cause des inégalités c’est ma compétence
La source des inégalités c’est mon travail
La solidarité Africaine, vain mot, affabulation
Ces valeurs fondamentales, l’Afrique est sensée
en être porteuse
Solidarité des pauvres, fragile, sans lendemain,
Solidarité des pauvres inefficace, nocive
Solidarité des pauvres, le nègre en est fier
Réflexes de conservation d’une espèce en sursis
Rien ne résiste à l’argent, la technique déracine la
raison.
Ni la concurrence individuelle des sorciers aveugles
Ni la bonne volonté des guérisseurs lucides
Leur réceptivité et pouvoir prennent fin à l’aube
de la confrontation
Le champ des affrontements c’est l’Afrique des
villages
Le champ des affrontements c’est l’Afrique des
coutumes
Le contrôle de ceux qui vivent dans l’illusion de paix
Au fil des générations, les valeurs se perdent
Sans se concentrer sur la disparition collective
A qui la faute ? Certainement pas à moi.
44. OU SONT-ILS PASSES LES…
Où sont-ils passés les beaux jours de ma jeunesse
Se sont-ils évanouis dans le brouillard de la vie ?
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Pourquoi ont-ils disparus derrière les villageois
Les villageois spectateurs du développement ?
Ils donnent des faux serments sous le visage de
marbre.
Où sont passés les malfaiteurs, les demoiselles
nerveuses, les parents soucieux
Fatigués de devoir toujours à courir comme l’éclair
Trop de peines pour des journées sans lendemain
Exténués par tant d’énergie débauchées en vain.
Où sont passées les passions de ma jeunesse ?
Les jeux, les études, la pêche, la cueillette
Je suis ce que le hasard a produit de meilleur
Je suis ce que les passions vives ont décidé
Ces jours passés en silence sont ce que je suis
Les rixes, les joies, les peines, les souffrances.
Où sont passés mes amours de jeunesse ?
Les rivières, les bois morts, les épines, les fourmis
Que sont devenus les serpents de mon enfance
Que sont devenus les araignées de mon enfance
Ce sont tous mes compagnons des jours heureux
Je suis le rejeton de ces amours non assouvis.
Où sont passées les illusions de ma jeunesse ?
Réussir là où les aînés et les parents ont échoué
Ramener l’amour dans les cœurs des hommes
Ramener le calme dans les esprits des hommes.
Où sont passés mes rêves de jeunesse ?
Je suis la réalité des rêves, le réveil douloureux
Devenir savant, sauver le monde et les pauvres
Voir pour toujours, un monde de paix
Voir pour toujours un monde d’abondance
55
Voir pour toujours un monde de justice
Ne vivre ni de charité, ni d’aumône, ni de pitié
Je suis le produit des illusions de puissance
Je suis le fruit des déceptions amoureuses.
44. CE QUE JE SUIS
Je suis un diamant enterré dans la boue africaine
Me secouer me rend mon éclat, ma blancheur
ma valeur et mon rayonnement
Quelles que soient les années, les siècles sous les
immondices je demeure intact
Seules la haine, l’injustice, et la médiocrité me
terrassent
Je suis le diamant respectueux du temps, réglé
comme une horloge
Je souffre de la part de mes frères pour qui le temps
n’est qu’une indication
Je suis un diamant jamais sali par le séjour
aussi long dans la crasse.
Je suis du bois d’ébène dans la forêt africaine
Me raboter rend ma splendeur, ma beauté
Plus les années s’écoulent, plus ma valeur
augmente
Seules la jalousie, la violence me secouent
Je suis l’ébène respectueuse de l’art, d’esthétique
Je souffre de la part de mes frères victimes du
temps
Je suis l’ébène que les talents d’artistes restaurent.
Je suis la pépite d’or dans le sable africain
Me chauffer me redonne ma splendeur, ma valeur
Quelles que soient les années, je suis le même
56
Seules l’envie, le tribalisme me dérangent
Je suis l’or qui se moque des époques
Je souffre de la part de l’homme mon frère
Je suis de l’or jamais altéré par la haine.
Je suis la sagesse africaine personnifiée
Me réhabiliter donne assurance à mes enfants
Quelles que soient les années je reste immuable
Seule la folie de l’enfant africain me discrédite
Je suis la sagesse qui donne des leçons
Je souffre du déracinement de mes valeurs
Je suis la sagesse qui résiste à la bêtise.
Je suis une idée, la conception d’un monde Africain
M’affronter permet de m’affirmer encore plus
Quelles que soient les années, j’évolue très peu
Seuls les progrès, la technologie me bousculent
Je suis une idée qui prône la non-violence
Je souffre de la mondialisation des opinions
Je suis une idée qui défie les armes et les idées.
45. CE QUE JE SUIS DEVENU
Ce que je suis devenu dans la marre africaine
Je suis pareil à la viande avariée non comestible
offrant la répugnance à son contact
Mon contact comme un fruit pourri risque de gâter
le panier entier pour le malheur de tous
Nul pays, aucune institution ne voulait de moi
Dans mon pays, la haine, la famine, la maladie
Les armes me poursuivent implacables
Ailleurs, je suis l’objet de terreur pour les autres
Une exécration, un objet d’épouvante, de moquerie
57
de raillerie
Dans tous les milieux et pays, je suis l’objet de
curiosité
Je suis reconnaissable à mon aspect original
Reconnaissable, je l’étais aussi parmi la sommité
habillée à la convenance sans extravagance
Témoin de la chasse de mes compatriotes, les
portes se refermaient
A la seule évocation de ma nationalité
A la seule évocation du nom de mon pays.
Ce que je suis devenu dans l’Afrique indépendante
Je ressemble à don Quichotte et son moulin à vent
Je traîne des poids morts avides de titres
Et redresse les torts des méchancetés délibérées
Eternel incompris la réflexion échappe à l’Afrique
Mon cerveau rencontre insinuation et hostilité
Nulle institution n’accepte mes propositions
Dans mon pays je ne suis pas le modèle souhaité
Malgré mon travail et mes résultats probants
Je subis méfiance, répulsion, dénigrements
Mon aspect suscite répulsion, indignation
Et j’assiste impuissant à la chasse implacable
Des mes compatriotes et leur massacre terrible
Les blessures demeurent vives, le souvenir tenace
Le chaos n’arrange pas l’esprit de mes sacrifices.
Ce que je suis devenu dans la République
bananière
Un mendiant en quête perpétuelle de joie et de
reconnaissance
Un solitaire à la recherche sans cesse d’amitié
Je suis un miroir incapable de réfléchir
Et surtout incapable d’interpréter les songes des
vieillards
58
Une antilope capable de rêver les yeux ouverts
Et de faire des grands bonds dans le désert
Pour éviter ainsi les prédateurs coriaces et tenaces
Je subis le nivellement par le bas, la médiocrité
Et les grands de ce monde m’écrasent de leur
hauteur
C’est en vain que je me défais de leurs postérieurs
Leurs pets enivrent les cérémonies d’initiation
Lors des jours impurs le sang leur sert de breuvage
Aux empereurs exaspérés par le soleil des
tropiques.
Ce que je suis devenu dans la jungle africaine
Je suis pareille à une plaie suppurée
Offrant asile à des mouches et autres parasites
Mon contact comme un verre de terre
Fait gâter les meilleurs fruits comestibles
Les institutions me repoussent, les pays aussi
Dans mon pays la guerre, les épidémies
me hantent, me harcèlent
Ailleurs, ma présence gène les malfaiteurs
Ailleurs je suis exclu du cercle des penseurs
Je suis une curiosité pour mes semblables
Reconnaissable à mon agitation incessante
Et une quête effrénée de justice, une utopie
Témoin de l’enfoncement des miens
Dans le chaos, les derniers de la planète.
46. LE CRIME
Goûter à la liberté éphémère
Des recherches infructueuses
D’un bonheur illusoire sans doute
Le crime paye, le crime se paye
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Le crime gratifie, le crime récompense
Le refus de partager les opinions
De gauche, de droite, du centre
Les mêmes opinions politiques
Les bourreaux et les méchants les prônent
Un jugement sévère sera contre vous
Extrêmement sévère sera leur réaction
Enlèvements et disparitions existent
Ses prises de position le persécutent
Une réticence accompagne le naïf.
Leur jugement de la personne
Marginalise l’homme de bien
Fidèles à leurs images du mal
Ils sont en marge de la morale
Le crime devient la raison d’être
De vivre, de gagner sa liberté
Assassiner devient un motif
De promotion, de réussite
Voler devient une motivation
De s’enrichir, de se valoriser
Les conflits de génération
Opposent les jeunes et les vieux
Les femmes et les jeunes filles
Opposent patrons et subalternes.
Le crime sauve les apparences
Contre les morts dans le silence
Contre les morts dans leur mutisme
Contre les armées de la révolte silencieuse
Les femmes envoient leurs messages
Les fidèles allument les foyers
Mais que reste t-il au prisonnier
Ni les armes ni les commandements
Ne détruisent ma vérité immuable
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Je ne serai jamais insurgé inconscient
Jamais un affranchi ingrat.
Je briserai le bras qui commet le crime
Et les disciples des criminels
Ceux qui se mettent au service des noirs
Méritent le salaire de leur audace
Méritent le salaire de leur sacrifice.
47. J’AI EU PEUR
J’ai eu peur dans ma vie
Peur de mon ombre
Peur que mon ombre ne me trahisse
Peur de ma voix
Peur que ma voix ne me trahisse
Peur de mes pensées
Peur que mes pensées ne trahissent
Peur que tous me trahissent.
J’ai eu peur dans ma vie
Peur de tout
Peur de mes voisins
Peur de mes collaborateurs
Peur qu’il ne m’accuse.
J’ai eu peur dans ma vie
Peur de mon métier
Peur des enfants
Peur de médicaments
Peur d’échouer.
J’ai eu peur dans ma vie
Peur des pillages
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Peur des soldats armés
Peur d’une chute de mangue
Sur le toit de ma maison
Sur le toit de ma voiture.
J’ai eu peur
En toute circonstance
Jour et nuit
Peur des fins de mois
Peur de mourir de faim
Peur d’être assassiné.
J’ai eu peur
Peur des responsabilités
Peur d’être mauvais
Peur d’être torturé
Peur d’être étranglé.
J’ai eu peur
Peur d’être oublié
Peur de tomber malade
Peur de ne pas procréer
Peur de perdre espoir.
J’ai eu peur
Peur de faire du bien
Peur d’aimer
Peur de réussir
Peur d’être incompris.
48. IDENTITE ET ECLUSION
Pour la personne haï quel sera son devenir
Les mêmes personnes acceptent l’armistice
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Les mêmes caractères décident de l’union
Les mêmes noms figurent au panthéon
D’une génération à l’autre leurs fils dominent
Voici que réapparaissent les droits féodaux
Ce sentiment d’identité renferme l’exclusion
L’armature intérieure n’offre aucune concession.
Pour la personne aimée quel sera le châtiment
Détermine son salaire, toi le dément
La perception des sens exclut-elle la vue
Des autres, les nouveaux romantiques naïfs ?
Prend la tournure qui convient pour convaincre
L’individu est une machine malléable, vulnérable
Qui doit accepter la logique de domination
Car l’identité renforce en elle l’exclusion.
Mon amour pour mes enfants est sans limite aucune
Et pour mon épouse, elle porte l’eau claire à la
bouche
Malgré les vicissitudes de la vie d’errance
A l’idéal pour les orphelins, les pauvres et les
malades
Le fondement des Nations et des peuples et encore
Au-delà des mers, des océans, des larmes
Mon crayon glisse sur la feuille et l’amour
s’évapore au dessus de l’identité des plus jeunes.
Les avenues engloutissent les espoirs des ruraux
Au-delà de l’exclusion le paysan arpente les races
De chiens, des chats et des hommes en haillons
De cancrelats, des souris et des voitures élégantes
Voici les instruments de concorde entre les
mâchoires
Et les jambes graciles disgraciées par le sang
La perspective de perdre l’identité choque les
63
moissons
Il est difficile de reconnaître son identité défigurée.
49. LA FAIM ET L’APPETIT
De cette humeur massacrante ressort
Une image rassurante de la horde sauvage
Les moments violents déflorent la jungle
Tous les bruits ressemblent aux bêtes sauvages
La faim aiguise l’appétit des carnassiers
Le sein dans la bouche secrète du sang
Et la tendresse cannibale dévore les puissants.
De cette humeur découle l’attitude
Du lion roi des animaux agressif
Dont les cris terrorisent toute la jungle
la nuit venue porteuse d’angoisse
Tous les buissons ressemblent aux fauves
Les dents sectionnent le sein nourricier
Et la tendresse cannibale dévore la mère.
La faim non assouvit altère l’humeur
Décuple l’appétit glouton des carnivores
Provoque l’affolement des hommes la nuit
toutes les ombres ressemblent aux fantômes
La femme stérile presse en vain le sein
Qui secrète le sang témoin secret, inavoué
de la violence, de la déception.
Ils sont de mauvaise humeur malgré le temps
Les matelots sont témoins des paroles mielleuses
Quiconque plaisante subit la colère
Des écumes violentes et de mendiants
La différence réside dans l’ouvrage
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Les dégâts que les uns et les autres causent.
Les rayons de soleil se moquent de la cire
Et faim se moque de la vieille sauterelle
Ces images et beaucoup d’autres encore
Hantent les imaginations toujours fertiles
Depuis longtemps les menaces se précisent
Contre les habitudes de manger la pierre
Et d’assécher les oliviers et les dattiers.
Les sauterelles dans leur appétit glouton
Rien de concevable en dehors d’un miracle
Pour retrouver les disparus et les naufragés ivres
De leurs cauchemars et chefs d’œuvre
Horace connaît le nom Chimène et de Platon
Si pas le cousin d’Homère et de Senghor
Ces homes seuls dans leurs contradictions.
Je sonne la charge contre le grand César
Et monte plus haut que le soleil des tropiques
Je veux observer la famine en son antre
Et la bousculer dans le vide des idées.
50. L’INNOCENCE
Qu’il tombe à son tour dans la vulgarité
Dans l’ignorance les ténèbres émerveillent
A son tour le malade évoque les sorciers
L’objet de l’exploitation est toute simple
Son innocence n’a de valeur à leurs yeux.
Pour qui croit à l’innocence du père
La mère est la coupable désignée
Les enfants victimes innocentes
Pourquoi des explications inutiles
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D’une réalité tenace aux yeux purs.
L’inceste de la mère et de son fils
Et celui de la fille avec son père
Qui est coupable, qui est innocent ?
Quelle place accorder en réalité
A la morale et à la maladie ?
Le sens de la tentation attire et pousse
Vers la communion du père et de la fille
Organisons nous d’innocenter la fille
Signifions la culpabilité à son père
Moi je reste bouleversé, je suis de marbre.
Le feu s’éteint pour les amoureux impatients
Qui ignorent la valeur des couches sonores
L’innocent dispose du code secret
Celui de l’attitude de l’homme et de l’amour
Celui qui prépare aux cérémonies funèbres
Moi je m’accroche à la branche d’olivier.
L’ignorance sert de guide à la haine
C’est pour elle que les amitiés se défont
C’est pour cela que les disciples s’éclipsent
L’histoire donne raison aux statistiques
Les objets visibles se moquent de l’âme
Et le chrétien pardonne au nom des cendres.
51. MOI JE PARLERAI
Moi je parlerai de l’amour et de la haine
Comme je sais souffrir de l’un et l’autre
Chaque jour qui passe est un calvaire
Pour l’homme que je suis parmi les hommes
66
Sans autre prétention que vivre calme.
Moi je parlerai de la violence et du m échant
Comme je sais haïr l’un et l’autre
Chaque jour qui passe est une invite
Pour l’homme que je suis, je les dénonce
Sans les prérogatives du justicier.
Moi je parlerai de la guerre et de la paix
Comme je sais les subir en ma chair
Chaque jour qui passe annonce la trêve
Pour l’homme qui doit prendre partie
Est-ce raisonnable de risquer ma vie ?
Moi je parlerai de la justice des grands
Comme je sais les comprendre hélas
Chaque jour qui passe écrase encore
Les faibles, les innocents : le sont-ils
Avec quelle arme doit je les défendre ?
L’air chaud m’empêche de parler ce matin
Les cigales entonnent une chansonnette agaçante
Ivres de rage les pauvres prennent leur retraite
Et rivalisent d’ardeur avec les vagabonds féroces
Sans jumelle, je voie double les feux de détresse
Les rois et les reines réclament les champs fleuris
Dans leurs captivités dorées ils maudissent en riant
Les yeux bleus, les chevelures blondes des
adolescents
Et moi je parlerai de ce que je connais le moins
Les voltiges des oiseaux, les palpitations des
Météores.
L’essaim de mouche me tient compagnie
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Il se réjouit des pierres devenues miel
Et moi avec les pendus de la pentecôte
Je ne parlerai pas de ce que j’ai entendu ou vu
Les caresses des cafards dénoncent les incestes.
52. LES MALHEURS DES UNS
Le malheur des uns réjouit les autres
L’air maussade souffle aux oreilles
La colère balaie les mariages détruits
Les secrets dangereux remontent
Les tensions, la nausée, la haine.
Les malheurs des uns déclenchent les rires
L’air orgueilleux, les vainqueurs défilent
Sous d’étranges masques diaboliques
Incapables de comprendre la plainte
Et les risques des masques funèbres.
Les malheurs des uns provoquent l’allégresse
L’air nauséabond bouche les narines
Le scandale repousse la belle-mère
Incapable de discerner, de supporter
L’humiliation vraie ou suppurée.
Les malheurs des uns traduisent la jouissance
Les relations en une seule éjaculation
La grossesse confond le silence
La sexualité fabrique des enfants
De nos rêves de puissance absurde
Les malheurs des uns confortent les autres
Ni les châteaux, ni les trésors, n’émeuvent les
hommes de la rue
Et les royaumes réclament le sang, la sueur
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En guise de récompense pour les chiens
L’amour des chiens dépasse celui de l’enfant nègre.
Les philosophes débarrassent le plancher
Ils crient fort et haut devant les aveugles
Par milliers ils renoncent à la réflexion
Et jubilent sur les peines des uns par la foi
Jamais miracle n’a tant convaincu les orphelins.
53. AMOUR PERDU
Son sourire plein de charme
Découvre sa générosité vive
Vestige d’un rêve de jeunesse
Epave d’un bonheur éphémère
Dans la lumière crue de la lune
Témoin d’un mirage équivoque
Incapable de chasser l’image
Des lents regards du soleil
Sans étouffer les cris désespérés.
Son sourire plein d’enthousiasme
Invite l’adversaire au dialogue
Exigence d’une réconciliation
Sans vengeance ni rancœur
A la lumière de la palabre
Témoin de la confiance aveugle
D’une jeunesse naïve, innocente
Incapable d’initiative hardie
Pour raviver la flamme
D’un amour perdu à jamais.
Son sourire plein de malice
Cache sa méchanceté maladive
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Séquelle d’une éducation tronquée
La jalousie et l’envie prime
Sur les vertus de l’amour
Témoin de la réussite certaine
Incapable de chasser de son cœur
La haine et la méchanceté.
Les alliés objectifs qui tuent
Un amour à jamais perdu.
Le nuage projette son ombre
Qui efface le sourire de l’enfant
Et cache les cendres boueuses
Avec une langue de premier amour
Les mains bercent les hanches fermes
Des mères songeuses et perdues
Dans les rythmes des musiques étranges
Et voici qu’entre deux eaux calmes
La liberté navigue à contre courant
Se méfiant des vagues infidèles.
Un regard indifférent insoutenable
Poursuit l’ombre dans ses méandres
Et l’amour perdu trompe le sommeil
Des ses tours connus et inconnus
Avant d’arriver au port de la douleur
Où les esclaves chargent et déchargent
Les cœurs lourds, les épaules voûtés
Et leurs reins chargés de désirs inassouvis
Au fond des entrailles chaudes des nubiles
Au rythme des battements des tempes.
Et moi je me nourris de chimères
Le long des soirées mornes et froides
Que nulle excitation ne réveille
Les incendies jadis splendides
70
Et que les amours perdus coinçaient
Entre la raison et les saisons chaudes
Et que frisonne la peau de cadavres
Car le fleuve charrie les armes nouvelles
Celles de la destruction des amours fous
Qui défigurent les yeux des pudiques.
54. J’AVAIS CONNU
J’avais jadis connu des hommes
Sans demander qui ils étaient
Et le pourquoi des déchirements
Sur des dangereux programmes
Tous les intérêts en danger
La confusion suit les amours aveugles
Cessons ces réactions enfantines
Proposons le sommeil paisible
Aux hommes calmes et heureux.
J’avais jadis connu des femmes
Sans demander ce qu’elles faisaient
Ni le pourquoi ces cris de douleur
Au milieu de la nuit calme
La famille est elle en danger ?
Le tumulte après les amours
Coupables et incestueux
Encourageons l’amour des enfants
Berçons les le soir venu
Calmons leurs angoisses.
J’avais aussi connu des enfants
Sans demander qui étaient leurs parents
Ni la pourquoi des cris de détresse
Parmi la multitude calme
71
La sérénité règne pourtant, multiplions
Les caresses c’est l’intérêt des enfants
De grandir dans l’aisance matérielle
Sans subir de persécution ni violence.
J’avais jadis connu des hommes
Satisfaits de flots de sang rouge
Et moi sans demander qui ils étaient
Et toujours avec une voix juste
Je leur parlais du temps et de l’espace
Comme je parle du feu et du soleil
La mémoire endormit émet des doutes
Sur l’issue des ruines des villages
Sans espoirs de construire des temples.
55. JE NE CROIS PAS
Je ne crois en aucune manière
Au développement communautaire terme lancé
pour égayer et combler les journées ternes et
rassurer les experts dans le tiers monde
Aux conférences sur le développement, sur la
situation en Afrique, sur les voies et les moyens
de résoudre et de diminuer les conflits
Aux enquêtes sur le terrain qui frustrent les
populations et rendent encore plus puissants les
experts
Aux voyages d’études des experts qui leur
permettent de voyager avec leurs femmes,
leurs enfants et leurs chiens.
Je ne crois en aucune façon
Aux experts d’outre tombe spécialistes universels
manipulant chiffres et données au gré des intérêts
72
des commanditaires
A la personnalité des chercheurs étonnant
D’assurance obligeant à la résignation les
intellectuels locaux
Aux résultats orientés témoin de la démission des
gouvernements autochtones
A l’imminente nécessité de dénoncer la persécution
des fonctionnaires internationaux savants
omnipotents payés sur la misère des pauvres.
Je ne croie pas
Aux amants de passage qui achèvent les amours
sur la route de désirs
Aux rencontres entre les édifices et les rues
encombrées de nombreux anonymes
Aux besoins inassouvis d’affection des enfants de la
rue futurs dirigeants de l’Afrique
Aux parcelles qui abritent les parents coupables
d’abandon de leurs autorité sur leurs enfants.
56. TRAVAILLEZ
Je n’ai pas connu beaucoup de loisirs
Entre les études, le travail et les recherches
Les plaisirs étaient repoussés, éloignées
Travaillez, prenez de la peine, le bonheur viendra
Travaillez, prenez de la peine, la jalousie viendra
Telle serait la parole juste, la parole du sage.
Des amusements, point d’occasion dans ma vie
Au crépuscule de ma vie, quel bilan à mon actif ?
Travaillez prenez de la peine la réussite viendra
73
Travaillez, prenez de la peine la haine naîtra
Telle serait la considération du juste, sage parole.
Je n’ai pas connu beaucoup de distractions
Entre les corvées et le don total de soi
Les joies étaient oubliées, ignorées, négligées
Travaillez, méritez de la haine je le sais
Travaillez, prenez de la haine je le dis
Ce que je dis se vérifie, parole de témoin.
J’ai connu beaucoup de combats, tous rudes
Aujourd’hui, le fond des marécages triomphe
Ils offrent leurs mensonges aux journaux
Et le matin la pluie remplit le vase de la merde
Elle anéantie le travail des saisons chaudes
A la grande peine des oiseaux de proie.
Comme un ange je travaille avec sagesse
Je dois bannir les armes et les épidémies
En toute confiance je soulage les peines
Et je réserve mes soins aux négriers
J’entends leurs supplications les doigts serrés
Le découragement des planteurs me réjouit.
57. PRIERE AU PLUS PUISANT
Tu es plus puissant que la haine et la méchanceté
Et plus puissant que les tonnerres et la mort
Ténèbres et bêtes féroces tremblent devant vous
Fendez les rocs, oubliez les abîmes
Adoucissez les cœurs des décideurs
Qu’ils soient bienveillants à ma vue
Que mes problèmes se résolvent avec avantages
Pour moi, mes enfants et ceux qui me sont chers
Pour votre amour en nous et à tous les hommes
74
Envoyez-nous votre sollicitude paternelle
Ne nous abandonnez jamais dans la détresse
Donnez-nous le courage de lutter et de lutter
Accordez-nous la force de faire du bien.
Tu es plus fort que la mort et les ancêtres
Et plus forts que l’envie et la jalousie
L’obscurité et les fauves vous respectent
Déplacez les collines, rasez les montagnes
Atténuez la colère des décideurs insomniaques
Qu’ils soient cléments à mon égard
Que mes soucis se résolvent avec facilité
Pour moi, mes enfants et les miens
Avec votre compassion, votre compréhension
Adressez-nous votre sourire paternel
Soutenez-nous dans nos faiblesses
Accordez nous l’attention de mériter plus
Donnez-nous la force de lutter et de lutter.
58. J’EXISTE DONC
J’existe donc je travaille avec ardeur et abnégation
Parce que les enfants meurent trop grâce à la
volonté de dieu, des hommes et au manque de
dispensaires
Parce que je manque d’argent à cause de
l’insuffisance de mon travail et à sa rémunération
basse
Parce que les autorités que Dieu a placées sont
égoïstes, sanguinaires, investissent à l’étranger
Parce que les parents sont ignorants, illettrés,
75
maintenus dans cet état par leur destin
Parce que l’environnement est hostile, mes
capacités médiocres pour le transformer
Parce que après tout je mourrai un jour, pourquoi
lutter contre les forces de ma perte ?
J’existe donc je travaille avec courage et sincérité
Parce que les enfants deviennent handicapés grâce
à la volonté des hommes, au manque des soins
Parce que je suis démuni à cause de mon choix de
travailler pour les pauvres
Parce que la religion s’occupe du salut des âmes
oubliant le corps enveloppe inutile
Parce que les parents mis dans des conditions
désespérés sont à tort accusés de négligence
Parce que l’intolérance privilégie le clan, la tribu au
lieu de la lutte contre l’ignorance, la maladie, la
discrimination
Parce que après tout je ne suis pas éternel, je suis
fragile, vulnérable.
59. SANS VIOLENCE
Pourquoi parler de l’amour et de la paix
Entrer dans la vie sans violence aucune
Ces valeurs de référence réconcilient
L’homme et ses semblables sur terre
A l’intérieur du corps humain le cœur garde
Dans ses profondeurs les secrets du clan
Tout est magnifique à l’absence de querelles
Aux dons multiples le ciel ajoute l’abondance.
Des déceptions l’amour du prochain décline
76
Les mêmes égards sont refusés aux pauvres
Les droits des nouveaux-nés sont reniés
Sous la colère des dieux, les hommes mentent
Et contemplent avec effroi les fausses religions
Tout succès de l’œuvre récompense l’artisan
Cela encore est vanité aux yeux de l’éternel
Et n’est que jalousie aux regards des mortels.
La main cherche l’amour et le secours de l’arbre
Elle évite le sable mouvant, les paroles amères
L’Afrique endormie découvre la violence
Et contemple chaque jour les cendres noires
Des feux allumés par les mains noires
Sous les regards des sorciers noirs oubliés
Dans leur rancœur ils maudissent le soleil
Et renient les richesses de l’astre vengeur.
L’arbre symbolise la plaie d’aujourd’hui
Les hommes déboisent, les temps se fâchent
Et le désert d’orient insulte l’Afrique entière
Pourquoi tant de violence sur la nature ?
Parmi les cendres qui coulent sur les visages
Des paysages défigurés et jamais regardés
En mémoire des richesses périssables
Qui engendrent sécheresses, tempêtes ?
60. AU DELA DU DIALOGUE
Ecoute ce dialogue au-delà des sourds
Sevrage des enseignements racistes
Conclusions hasardeuses de suprématie
Projets ambitieux d’êtres supérieurs
Grâce à l’insémination artificielle
Je refuse les modalités convenues
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Par des enseignements contradictoires
Leur application est sujette à caution
Je mettrai au point des stratégies
Pour sauver la communauté des hommes.
Un messager arrive pour convaincre
Les recettes de bonheur séduisent
Les hommes, les femmes et les enfants
Avec une démonstration qui crée la joie
Je vais préparer la bonne humeur
L’objet de dispute je le veux sérieux
Les observateurs pessimistes divisent
Les réalisateurs et leurs réalisations
Les qualités se bousculent, piétinent
Une bonne santé inférieure à la santé.
Combien coûte le cerveau d’un homme malade ?
Et la vie entière d’un essaim de mouches
Je n’accepterai pas les grandeurs sordides
Que les hommes obtiennent au delà du dialogue
Les prières qui asservissent l’homme en silence
Rendent justice au pasteur cupide et exubérant
Déjà les calices dorés acceptent les hymens
Les gloires montent au dessus des soutanes
Je comprends certains ne comprennent pas
Et je vois ce que les autres ne voient pas.
61. LES COULEURS DE LA VIE
Des sacrifices nous les avons consenti pour toi
Comme du temps où j’étais enfant inoffensif
La douloureuse blessure secoue ton cœur
Je ne pourrais jamais t’arracher de ces bras, jamais
Il fait trop sec pour chercher l’humidité
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Il pleut fort ce soir et rien pour te couvrir
Il tonne trop fort cette nuit et rien pour ton bonheur
Tu es malade et les éléments se déchaînent
Tu refuses de travailler, les éléments l’approuvent.
Tu risques de résister aux couleurs de la vie
L’opposition entre les races en dépend
La restriction de la liberté des uns en question
Mais tous les pauvres sont-ils marginaux ?
Reste à conquérir la dignité des démunis
Malheur aux étrangers qui sont très pauvres
Très égalitaire la solidarité des pauvres dérange
Et prônent des conditions difficiles de dire la justice
S’il faut rester prudent que faut-il aux parias et
Aux vieillards parqués à jamais dans les hospices ?
Aux malades cloués dans les lits sans attention
L’humiliation voilà qui est dit à demi mot
Une société à deux vitesses, la règle se confirme
Tout est faim, tout est argent, hiérarchie
Dans certains cas les exceptions dérangent
Les explications il faut les donner aux riches
Les rapports entre l’occident et l’Afrique Noire
La pauvreté se traduit par des frustrations
La pauvreté évoque la pauvreté, rien d’autres
De telles différences l’éternité les enregistre.
62. POURQUOI J’ECRIS
L’horrible système de donner la parole aux uns
Me faire posséder par les autres, rien pour moi
Attention à la rose à la vie écourtée par le temps
Une rencontre fortuite de l’amour et du temps.
79
Tant de choses à dire sur le temps, sur l’amour
Des choses insensées, courtes, douloureuses
J’écris pour pleurer, le temps qui passe sans passer
J’écris de rage pour dénoncer les vies écourtées
Dire tout haut ce qui m’est refusé : la vie, la liberté
J’écris pour dénoncer les complices coupables
D’invisibles bouches souffrent comme moi
D’indicibles âmes souffrent comme moi
Je voudrais écrire encore et encore plus
Dire tout haut ce qui me blesse encore plus
L’injustice, la haine, l’intolérance, l’exclusion
Je mesure l’étendue de mes responsabilités
Moi à l’expression tremblante, impossible
Je dois faire attention à ma fougue maladive
Aux interprétations, à la censure, à tout.
La parole est accordée aux uns, pas aux autres
Me faire débarquer des voyages autour de la terre
Et m’empêcher de cueillir les fruits de ma témérité
Car ma route rencontre la religion du globe
Je dis non comme mon père me l’a appris très jeune.
Refuser l’horrible système de la discrimination
Des choses terribles, les baisers de Juda
J’écris pour gronder les tonnerres et la mort
Les angoisses règnent sur l’obscurité et la lumière
Et moi je règne sur le vide, le néant et le chaos
Les regards de l’homme me dominent, m’intimident
Et secouent les fermiers pacifiques épuisés.
Et si une nuit suffisait à mon bonheur ?
Oublier l’enfant soldat et la grossesse précoce
Je balaie d’une main les désirs sordides
De puissance, de sang, d’absurdité, de fumée
80
Les torches de pétrole répandent l’aisance
Au milieu des grosses portes les sourires agacent
Je dois faire attention à mon franc parler
A mon honnêteté, à ma capacité de travail.
63. J’AI VU MON PEUPLE
J’ai vu mon peuple errer dans les forets
D’autres errer dans les montagnes arides
Une partie enfermée derrière les barreaux
Des prisons sans une voix de réprobation.
J’ai entendu mon peuple réclamer protection
Alors que de toute part accouraient
Des hommes armés pour distribuer la mort
Des hommes contaminés distribuer la mort
Parmi les hommes solides dans leur foi
Mais faibles dans leur chair d’hommes.
J’ai senti mon peuple découragé à jamais
D’autre fatigués par les espoirs déçus
Une partie prête à lever le bras vengeur
Que l’éternel reprouve dans les écrits.
Au milieu de la flamme de l’espoir
L’ardeur de la colère gronde, menaçante
Contre les élus ingrats et incrédules
A la bonté qu’ils témoignent toujours
Aux dociles comme aux méchants
Tous ces enfants sur la terre des hommes.
J’ai vu mon peuple enchaîné, vilipendé
Au milieu des montagnes d’argent
Au milieu des richesses et de victuailles
81
Personne n’a parlé de sa bonté médiocre
Les plantes étaient incapables de gémir
Ni de lui apporter l’aide des intempéries.
Elles sont donc inutiles et destructrices.
La flamme de l’espoir vacille consolatrice
Des hommes décharnés, fantômes de l’histoire
Avec une lueur chaude dans le regard plaintif
Mon peuple se révolte la faim, la peur au ventre
Il réclame la satiété plutôt que le gouffre
Il réclame le sel plutôt qu la potion amer.
64. LE SOUFFLE DE L’HOMME
L’heure de la critique est révolue
De toute part s’allume la flamme
De l’espoir ; de liberté, de richesse
Les fiers thorax seront bombés
Les iniquités seront bannies des cœurs,
De la terre des hommes et à jamais
Des cœurs des enfants de la science.
Le souffle court de l’homme de bien
Chassera la tempête et ses grondements
Pour que soit éviter de la destruction
De la paix dans les cœurs des purs
Pour que soit évité l’effondrement
Des espoirs accumulés dans les esprits.
Les promesses se réalisent dans la foi
Pendant que s’abattent les tristesses
Et que s’écroulent orgueil et méchanceté
Et que les nuages se retirent de l’horizon
Et les hommes retrouvent enfin leur Dieu
82
Devant les maisons aux odeurs de sueur.
L’heure de l’autocritique est arrivée
De toutes part s’allument les reproches
Pour le Noir Africain chez lui c’est facile
Se décharger de sa responsabilité certaine
Et de son aptitude aux querelles vaines
Sur l’étranger coupable de tous les maux.
Le souffle de l’homme doit bien accepter
Les draps de raphia et les jolies poitrines
La naïveté du Nègre et la soif de plaisir
Pareil au Blanc sans les beaux profits
Et la liberté de penser, d’entreprendre.
Les promesses se réalisent dans les cœurs
Et dans les jardins fleuris de mon enfance
Avec les pieds endoloris l’écho désapprouve
Les champs gras et fertiles, mon imagination
Oui je connais le doute, le souffle aussi
La lune se révolte contre le ciel obscur.
65. PATIENCE
Le noir est incapable de faire preuve de patience
Le noir est incapable de faire la queue, ni attendre
son tour, le noir est impatient
Et pourtant je le sais, le noir a une patience infinie
Le noir plus que tout autre race attend la venue du
Christ
Le noir attend le développement, la liberté avec
autant de calme et de sérénité
Le noir attend le médecin, tout celui qui a une
parcelle de pouvoir sans broncher, avec respect
83
et résignation
N’est-il pas impatient que pour des problèmes de
futilité
N’est-il pas impatient que pour des problèmes de
survie quotidienne
Il est tellement patient qu’il traduit la signification du
mot qui veut dire malade
Effectivement, le nègre est malade, il manifeste sa
patience dans les questions vitales et
s’impatiente dans les futilités.
Questions sans réponse
66. LE NOIR PARESSEUX ?
Et ce que j’ai entendu révolte les lions
Que le noir est paresseux, eh oui !
Et qu’il meure de faim, c’est sa faute
Il ne travaille pas assez pour l’instant
Le développement, il l’ignore dans le sang
Sa patience extrême le retarde à l’infini
Et pourtant le noir travaille en chanson
Il travaille en haillons, en pagne, culotte
Bosser comme un Nègre est une vérité
Et bosser comme un Nègre devient adage.
J’ai entendu parler de l’esclavagisme
Et de l’exploitation éhontée du Nègre
Et de la prospérité insolente de l’occident
Sont des fruits du Nègre, de son travail
Dans un environnement hostile pour nuire
Dans un environnement sans technologie
Le travail nègre ce sont des muscles solides
La fatigue, le soleil, les insectes, les fourmis
84
Le nègre les supporte de l’aube au crépuscule
à l’aube
Dans sa générosité, le nègre est travailleur
Le Nègre de partout n’est nullement paresseux.
Et ce que j’apprends révolte les monstres
Que le noir soit l’ennemi juré du travail
Il frisonne devant les baisers de trahison
Il meure de maladie par sa seule faute.
Il ne se consacre pas assez à l’ouvrage
Le développement, il l’ignore dans la sueur
Sa paresse légendaire le retarde à l’infini
Et pourtant il se tue à se faire mal au travail
Il travaille en costume, il travaille nu
Bosser comme un Nègre devient dicton
La force musculaire, voilà pour le Nègre.
J’ai vu les esclavagistes et leurs chants
Je possède les témoignages, les preuves
J’ai vu l’enfer promis au Nègre, à ses enfants
Les coups de hache, de houe, de machette
Voilà la musique destinée au Noir Africain
La musique qui accompagne les récoltes
Et les inventions de la foi, celle des savants
La liberté excite le travail productif des pigeons
Que la paix et le profit mettent en péril.
67. LES SOMBRES NUAGES
Les sombres nuages qui s’amoncellent
A l’horizon d’une vie pleine d’espoir
Ils dénoncent la révolte qui gronde enfin
Dans les cœurs meurtris mais libres
85
Des années et des siècles entiers.
Accepter le don de la vie est heureux
Dans l’amour et sans la moindre haine
Chasser les nuages sombres qui menacent
Les vagues de lamentations et des pleurs
Qui écartent l’homme de son créateur.
L’incendie brûle le cœur de l’homme
Provoque les larmes de soulagement
Que les yeux refusent de faire sécher
Parce que témoin d’un chagrin perpétuel.
Parce que tous les privilèges sur terre
Déroulent l’étendue des infidélités
Aux regards de certains, un injustice
Pour les autres la récompense du travail
Exempt des sombres nuages de la vie.
Les sombres nuages qui couvrent l’horizon
Réveillent les hôtes agressifs du désert
Dénoncent les blocages des baisers savoureux
Des amoureux longtemps victorieux
Au risque de trépasser sous le soleil.
L’amour ne suit pas la beauté du printemps
La laideur ravit les cœurs des étrangers
Et la mort chasse les beautés d’ébène
Parce que les peaux décolorées triomphent.
Comme en tout temps le souvenir blesse
Les regards des cœurs prêts à souffrir
Et à s’offrir sur l’autel de la jeunesse
Qui chante les beautés parfaites, sauvages.
86
68. GARDIENS ET REFUGIES
Les gardiens de l’ordre interpellent
Les réfugiés dans les camps surpeuplés
Eux qui réclament toujours la parole
Et dénoncent la croissante hostilité
Les massacres et les viols sans nom
Eux qui réclament en vain une tribune
Pour dénoncer avec véhémence affirmée
La collusion des images et des mirages.
Entre les gardiens et les réfugiés
S’installent la violence et le commerce
Des armes, du sexe, de l’or, des humains
Des consciences, des sols, des morts
Les gardiens détiennent les images
Les réfugiés adorent les mirages
Les uns et les autres sont prisonniers
De la haine, de la violence, du sang.
La pauvreté arme les gardiens de haine
Les prisonniers s’arment des questions
Et de vengeance ils en rêvent tous.
Les violences s’accélèrent, inutiles
Chacun affirme son bon droit
Droit à l’identité, à la nationalité
Excluant les aspirations des uns
De dominer à jamais les autres.
Les gardiens des temples récusent
Les marginaux et les pauvres bougres
Sur la foi des fruits mûrs, des péchés
Et prônent les alliances nouvelles
Et prônent la séparation par la trahison
87
Je m’aperçois des images des martyrs
A genou sur l’échafaud sans bouger
Chacun saisie l’occasion de louer Dieu
D’embrasser les chapeaux de la pucelle
Devenue déesse dans l’excitation générale.
69. L’ARGENT
L‘argent n’est pas expédient
Il porte jouissance
Il procure arrogance
Mauvais maître il est
L’orgueil, il flatte
Et gonfle le thorax
Supprime les réserves
Met les certitudes en péril.
L’argent justifie tout
L’assassinat, la trahison
Les viols, la violence
Il souille les mains
Il tâche le linge
Déflore l’innocent
Corrompe la justice
Assujettit les puissants.
L’argent procure tout
Les joies, les plaisirs
La puissance, la mort
Les nuages, le soleil
Les vagues, les miracles
Le présent et l’infini
Les tonnerres et la chaleur.
88
L’argent lève les scrupules
Les secrets, les réticences
Les craintes, les rêves
Les colères, le savoir
Les éclairs et les ennuis
Le jour et la nuit
Les Noirs et les roses.
Je chante mes rêves
Non point d’enfance
Mais du poète heureux
Les écrits séparent les hommes
Et divisent les religions
Au nom suprême de l’argent
Qui joue des tours aux fidèles
Au nom du culte rénové.
L’argent enjambe les putes
Il imite les rayons dorés
D’un soleil d’argent
A travers les siècles
Reliant les générations
Reliant les continents
L’argent crée l’histoire
L’argent fait l’histoire.
L’argent défait le voyageur
Et met à l’ombre des prisons
Les couleurs et le temps
Le monde regarde fixe
Il rêve au garde à vous
L’argent refuse à l’homme
Le repos et les expéditions
Les réjouissances et les biens.
89
L’argent dénature l’amour
Il altère les métiers
Et casse les associations
Il brise les demeures
Il brise les ménages
Ses joies sont profondes
Ses bienfaits magiques
Ses forces intrépides.
7O. AU-DELÀ
Au-delà du petit matin
Au bout de la liberté
A coté de la révolte
Le soleil brille, gai
Les langues se délient
Les masques tombent.
Au-delà de l’aurore
Au bout de la libération
A coté du mépris
Les voix reprennent
Les chants réjouissent
Les cris émeuvent.
Au delà de la fuite
Au bout de l’orgueil
A coté de la force
Les foules jubilent
Les accents frémissent
Les hiérarchies cèdent.
Au delà du retour
Au bout de la ville
90
A coté du village
Les mots prennent un sens
L’union renaît
La fatigue disparaît.
Au-delà de ses rêves
Au bout du discours
A coté de l’amour
Les corps jouissent
Les âmes approuvent
Les sens se calment.
Au delà du voyage
Au bout de l’exploit
A coté de la victoire
Le désir brûle
La foudre terrorise
La faim disparaît.
Au delà du futur
Au bout de l’énergie
A coté des mythes
Les mensonges
Les poisons tuent.
Au delà du passé
Au bout de la mémoire
A coté de la lumière
L’incendie brûle
L’obscurité console
Les étoiles guident.
Au delà de la croissance
Au bout de la puberté
A coté de la gloire
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Le sang confond
Les torrents emportent
Les certitudes.
Au delà de la prière
Au bout de la peur
A coté de la race
Le pain réunit
Les hommes intègres
Et les femmes justes.
71. AMOUR ET JUSTICE
Je fais miennes les écritures saintes
Et les recommandations divines
L’amour du prochain, de l’éternel
La crante de l’éternel, sauver les âmes
Conduire son peuple en toute vérité
Un trésor aussi précieux que l’or.
Je déteste les sacrifices humains
Une honte devant l’éternel des armées
Malgré les discours de rédemption
L’amour du prochain sur la terre
L’amour et la crainte de l’éternel
Sont trésors plus précieux que l’argent
Sont trésors plus précieux que l’or.
Je crois au message divin d’amour
Je ne crois pas à la justice des hommes
Méfions-nous de tant d’honneurs vains
Aux valeurs temporelles, fugitives
Loin du salut de l’humanité décadente
L’amour et la justice divine
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Sont plus précieux qu’argent et or.
Je déteste les ombres quotidiennes
Et les tentatives des douleurs injustes
Qui viennent des chambres de tortures
Les fenêtres s’ouvrent sur la lumière
Les villages qui se meurent réclament
Aux marabouts et à Dieu tout puissant
Abondance, lanternes et boucheries
Le feu qui crépite appelle les symboles.
Je fais miennes les vertus du silence
Même si je n’ai jamais appris, c’est vrai
Comment me taire et pourquoi faire
L’encens ne m’enivre pas, au contraire
Son odeur me révolte à l’infini
Il transporte les esprits malfaisants
Qui me préparent des fruits juteux.
72. LA TOLERANCE RELIGIEUSE
Les ruelles étroites, les sentiers tortueux
Supportent les voyageurs fatigués
Envoyés par des prophètes inspirés
Envoyés par les prophètes en alerte
Afin de rendre hommage aux serviteurs
Et de rendre honneurs aux travailleurs
J’appelle la tolérance religieuse
Entre Musulmans, Chrétiens, Hindous
Sans oublier les animistes réalistes
Fervents adorateurs des ancêtres.
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Les sentiers sinueux et pénibles
Voient défiler les voyageurs déterminés
Envoyés au nom de la justice divine
Annoncer la rédemption des péchés
Afin de créer un monde d’égalité
L’intolérance engendre la violence
Au nom d’Allah, l’homme assassine
Au nom de Bouddha, l’homme assassine
Au nom du Christ, l’homme assassine
Il renforce les intérêts terrestres
Il renonce aux intérêts de la foi.
Je le sais plus que mes maîtres
Que l’amour du prochain, le vrai
Exige la mort de l’égoïsme ignoble
Et la renaissance du don de soi
Dans les sentiers qui évitent à l’enfant
L’infamie, la calomnie, la perte
Dans les chemins qui évitent en fait
Les tombes, la peur, les ombres
Dans les sentiers qui valorisent en fait
La paix, la non-violence, l’entente.
73. J’AI REVE OH CONGO !
J’ai rêvé oh Congo mon pays
De composer ce jour radieux
Une chanson en ta gloire
Une chanson qui chasse la tempête
Une chanson qui réveille les amours
L’eau et le vent n’auront raison
De la belle mélodie de ma chanson
Celle qui secoue les saisons
Celle qui traverse les siècles
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Celle qui a raison des divisions.
J’ai rêvé oh Congo mon pays
De composer ce jour heureux
Une chanson en ton honneur
Une chanson qui chasse la haine
Une chanson qui ébranle tes enfants
Soleil et terre n’auront raison
De la belle mélodie de ma chanson
Celle qui berce tes splendeurs
Celle qui repose les ancêtres
Celle qui égaille les jeunes gens.
J’ai rêvé oh Congo mon pays
De composer ce jour exceptionnel
Une chanson en ta beauté
Une chanson qui chasse les traîtres
Une chanson qui loue les héros
Haine et violence n’auront raison
De la belle mélodie de ma chanson
Celle qui décourage les trahisons
Celle qui déplace les montagnes
Celle qui à jamais fortifie l’unité.
74. CONGO MON PAYS
Je réponds empressé oh Congo mon pays
A ton appelle irrésistible, désespéré
Je viens me prosterner oh Congo mon pays
Sur ton sol sacré, celui de mes ancêtres
Et je chante d’allégresse pour tes enfants
Du haut des montagnes, du fond des vallées
Et je loue l’éternité pour tant de richesses
Des rivières poissonneuses à donner le vertige
Aux forets vierges refermant des trésors
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Tes sous-sols aux ressources scandaleuses.
D’est en ouest, tes fils entreprenants
D’autres ingénieux subissent envie et haine
D’autres encore victimes des convoitises
Te voilà abattu mais fier tu dresses haut
Le front longtemps courbé au désespoir
De tes ennemis nombreux et sanguinaires
A la mémoire de tes héros tu danses ivre
Et des poitrines de tes enfants montent
Les prières de louange et aussi de grâce
Pour la réconciliation de tes enfants.
75. L’AFRIQUE
Les températures si folles le jour
Sous les abris de fortune et c’est vrai
Terminent de consumer l’arbre magique
Au grand désespoir de la palabre ;
Noirs sont les desseins de tes fils
Qui brûlent l’oasis, assèchent les fleuves
Les déserts en maître règnent
Ils chassent les nègres naïfs
Les sols fertiles se dessèchent
Les nuits sombres se déchirent
Et engloutissent les amours vivants.
Afrique, ta peau noire inquiète
Les fleurs, les jaunes, les blancs
Les couleurs de la vie désespèrent
De tes entrailles sortent les Nations
Les rythmes et les pleurs sans fin
De tes veines s’écoulent et toujours
Du sang fertile pour les dictateurs
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Qui te dépècent en chairs noires
Et tu irrites l’histoire des hommes
Tu as choisi libre les joies du précipice
Tu as brûlé l’essentiel : c’est l’amour.
76. LES ANNEES BRISES
Les années brisées jonchent ma vie
Avec les tensions et les conflits incessants
Comme les servitudes écrasent les espoirs
Contre les coutumes se dressent fermes
Des générations d’exilés tous vaincus
Par des provocations de la race humaine.
Les années brisées égorgent les religieux
Avec les massacres et les privations diverses
Comme l’abondance renie les ventres
Les discordent et les chaudières dressent
Les provinces contre les Républiques
Pour que triomphe l’humour noir des nègres.
Les empires étranglent leurs citoyens
Avec le déchirement des régimes corrompus
Comme les blessures la terre s’insurge
Contre les tentatives d’assimilation
La croix rappelle le sacrifice suprême
Qui doit sauver le monde à jamais divisé.
Les républiques déstabilisent les citoyens
Et obligent les saints à boucher les narines
Et les poules à se débarrasser des plumes
Et les plumes à garnir les lits des pauvres
Et les pauvres à vivre pour l’éternité
Sans tenir compte du parfum de pourriture.
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Les années brisées ouvrent les fenêtres
Des cases enfumées de mes grands parents
Dans la fièvre et le but de chasser de la foret
Les horreurs des chasseurs d’or véreux
Le long des rivières encrassées de mercure
Pour le malheur des poissons et des hommes.
77. LES REFUGIES
Les réfugiés rentrent enfin au bercail
Des femmes et des enfants et puis…
Et leurs baluchons sur leurs têtes
Les hommes manquent, morts au combat
Les réfugiés défilent nonchalants
Cassés par la faim et le désespoir
Les hommes manquent, ils désespèrent
Les réfugiés ont jeté leurs armes
Vaincus par la marche et le travail
Les hommes manquent, ils se cachent
Les autres se montrent discrets
Car ils sont prisonniers des vainqueurs
Leurs nouveaux maîtres sanguinaires.
Les réfugiés repartent encore déçus
Leurs femmes et leurs enfants violés
Les hommes sortent de leurs cachettes
Les réfugiés dorment sur le sol
Leurs maigres biens confisqués
Les hommes descendent des collines
D’autres sortent des forets hostiles
Les réfugiés reprennent les houes
Convaincus des vertus du pardon
Les hommes se libèrent, la liberté
98
Sans bagages, sans rancune aucune.
Les réfugiés s’installent démunis
Les enfants et les femmes désemparés
Les hommes retrouvent des ressources
Les réfugiés reconstruisent des cases
Les uns plus affaiblis que les autres
Les hommes reprennent les amours
Sevrés qu’ils étaient des années durant
Et la tribu menacée d’extinction inexorable
Et les maternités se succèdent sans fin
Et la vie repart difficile, en d’autres sens.
En mémoire des réfugiés de la guerre de l’est de la
RDC
79. LES COMMENTAIRES
Sans beaucoup de commentaires
Et quelques réflexions malveillantes
Avec un regard malicieux et long
Je condamne les mauvaises habitudes
De corruption et d’assassinats
Je condamne les vieilles habitudes
De torture, de misère, de pillages.
Avec beaucoup de commentaires
Et quelques pointes d’ironie
Avec un sourire plein de malice
J’évoque mes souvenirs d’enfance
De corvées, de doute et d’espoir
J’évoque mes souvenirs d’adulte
De frustration et de déception.
Avec encore plus de peines
99
Je condamne aussi le braconnage
Et je pleure les parcs saccagés
Je condamne le déboisement
Avec un pincement chaud au cœur
J’accuse aussi la passivité globale
De la communauté. Internationale.
Sans beaucoup de commentaires
Et quelques engagements solides
Avec un regard sans flamme aucune
Je condamne les habitudes néfastes
D’abattre hommes, arbres et animaux
Je condamne la liesse sans raison
Lors des deuils, famine, méchanceté.
Avec beaucoup de commentaires
Et quelques agacements justifiées
Avec des grimaces et des nuits de veille
Je regrette mon enfance insouciante
Malgré les affres de la campagne aride
J’évoque les cendres des plaines sèches
Et l’odeur suave des terres brûlées
Et les haleines fétides des vieillards
Et leurs propos pleins de sagesse.
80. LA DIFFERENCE
Les noirs gênent le monde, tout le monde
Ils obligent à l’incertitude, à l’improvisation
Des habitudes établies, ils les dérangent
Les idéologies les courtisent en leurs sphères
Les politiques les évitent sans aucune distinction
Encore longtemps les diplomaties les ignorent
Nier le problème est commode, le chasser difficile
Ils y parviennent sans peines, sans difficultés
Un implacable destin s’acharne encore sur eux
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Un peuple meurtri, sans recours, sans références
Les oubliés de l’histoire, plus morts que vivants.
Les inégalités, loin de la nature et de la terre
Aucun des groupes d’âge n’égale les autres
L’antique malédiction, la dérision moderne
Tenaces et bagarreuses les femmes triomphent
Cette oppression de la couleur sur les convictions
Là-haut à coté des saints et des nonnes vierges
Reste avec eux, l’enfer c’est pour les autres
Le sang des tiens versé pour les tiens revigore
Le temps des hommes, le temps des conflits.
L’histoire du monde, celle des confrontations
D’où surgissent les enfants de l’affrontement
Des bras s’élèvent des wagons immondes
Sinistres conséquences de l’exclusion de rats
Utilise ces différents maux, bâtis ton univers
Qu’est ce que tu as contre les cadavres ?
Quand serons-nous seuls avec notre destin
Combien as-tu de morts sur la conscience ?
Un prix différent pour une gloire différente
Avec le peu de courage, affiche ta différence.
81. JE NAGE
Je nage avec appréhension
Dans le courant de la vie
Et je tente péniblement
De regagner les rivages sûres
A l’aide des longues brasses
Car le bonheur s’éloigne
Ma pirogue a chaviré engloutie
Celle de l’espoir et de la vie
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Tel un voyageur désaltéré
Devant une source d’eau.
Les paysans entretiennent
Le mythe des bûchers ardents
Les pieux et les probes témoignent
De la piété des criminels
Les humbles affirment
De la constance de leur vérité
Les martyrs accusent en plus
Leur désir de vengeance acerbe
Les âmes sincères entonnent
L’hymne à l’amour parfait
Les fanatiques assassinent
Les roses fanées de la paix
Les femmes réclament assidues
Les secrets de la procréation
La main épargne aimable
L’agneau doux et paisible.
Je rayonne avec allégresse
A travers les offices religieux
Suivant les courants de pensées
Et la ferveur des fidèles
Prêts à affronter l’ennemi
Avec ses forces supérieures
Seul avec nonchalance.
Je nage dans les pensées sans bornes
Et dans les inventions électriques
Des harmonies et des métaphores
Désormais notre exhibition
Et le goût du lucre sécurisent
Les richesses ostensibles
De toi à moi la prophétie
102
Et les auspices s’accomplissent
Nous récapitulons nos œuvres
Avec la mer qui englouti
Et les nuits fatidiques tièdes
Et les rochers géants chauds
Ma voix couvre les reproches ?
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Du même auteur
Déjà paru :
- La pirogue de l’espoir (Poèmes)
- Au secours Docteur (Nouvelles)
- La déchirure (Poèmes)
- Apatride (Poèmes)
- L’Exil (poèmes)
- Autour du feu Tome 1 et 2 (Contes inédits)
- L’âme picarde (Poèmes)
- Le cri de désespoir (Poèmes)
Collection du centre d’Etudes et de Recherches sur
l’Enfant Africain
- La vaccination des enfants en milieu tropical.
- La guerre d’agression en RDC conséquences
médicales chez l’enfant et les éléments de solution
- Les solutés de perfusion d’usage courant.
- Les problèmes médico-sociaux de l’enfant
drépanocytaire en RDC.
- Le SIDA comme conséquence de la guerre
d’agression.
E-Mail : Wembostanis@[Link]