3.6.2.
Comptabilisation chez l’entité absorbée
L’entité absorbée passe des écritures de dissolution selon les règles habituelles.
3.7. Comptabilisation des fusions avec participations réciproques
La participation réciproque est réglementée par les dispositions de l'Acte Uniforme. En effet,
une société anonyme ou une société à responsabilité limitée ne peut posséder d'actions ou de
parts sociales d'une autre société si celle-ci détient une fraction de son capital supérieure à
10%. A défaut d'accord entre les sociétés intéressées pour régulariser la situation, celle qui
détient la fraction la plus faible du capital de 1'autre doit céder ses actions ou ses parts
sociales. Si les participations réciproques sont de même importance, chacune des sociétés doit
réduire la sienne, de telle sorte qu'elle n'excède pas 10 % du capital de 1'autre (Art. 177
AUSCGIE).
Les difficultés relatives à une fusion avec participations réciproques sont liées au calcul des
valeurs des actions ou parts sociales des deux entités, celles-ci étant interdépendantes. La
solution est donnée par la résolution d'un système de deux équations à deux inconnues.
Le schéma de comptabilisation d’une telle opération résulte de la combinaison des différentes
écritures précédemment développées (participations de l’absorbante dans l’absorbée et de
l’absorbée dans l’absorbante).
SECTION 4 : Comptabilisation des opérations d’apport partiel d’actif
4.1. Comptabilisation chez la société apporteuse
4.1.1. Règles générales
Les plus-values d'apport sont dégagées comptablement chez la société apporteuse lorsque
l'opération est réalisée à la valeur réelle.
Les titres reçus en rémunération de l'apport sont comptabilisés pour la valeur des apports
retenue dans le traité d'apport.
En conséquence :
SYSCOHADA OPERATIONS ET PROBLEMES SPECIFIQUES 930
Lorsque l'opération est réalisée à la valeur réelle
Les titres sont comptabilisés pour un montant égal à la valeur réelle des apports.
Lorsque l'opération est réalisée à la valeur comptable
Le coût d'entrée des titres reçus en rémunération de l'apport partiel d'actif doit correspondre à
la valeur comptable des apports.
4.1.2. Règles de comptabilisation
[Link]. Comptabilisation chez l’entité apporteuse
Les titres reçus en échange de l’apport sont comptabilisés au débit compte 26 Titres de
participation (pour le montant des apports), par le crédit de plusieurs comptes, selon la
nature de l'apport :
x immobilisations : crédit du compte 82 Produits des cessions d’immobilisations ;
l'immobilisation, nette d'amortissements, est ensuite sortie du patrimoine par le
débit du compte 81 Valeurs comptables des cessions d’immobilisations
x stocks : crédit du compte 843 Produits liés aux opérations de restructuration. Pour
ne pas fausser le résultat d'exploitation (la diminution du stock est constatée au
débit du compte 603 Variation de stock des biens achetés par le crédit du compte
de stock de la classe 3), il convient de débiter le compte 833 Charges liées aux
opérations de restructuration par le crédit du compte « 781 Transferts de
charges d'exploitation ».
x autres éléments : crédit du compte concerné et, en cas de plus ou moins-values, crédit
ou débit des comptes 843 Produits liés aux opérations de restructuration
ou 833 Charges liées aux opérations de restructuration.
[Link]. Comptabilisation chez l’entité bénéficiaire de l’apport
Pour l’entité bénéficiaire de l’apport, l’opération s’analyse comme une augmentation de
capital (ou, si la bénéficiaire est créée à cet effet, une constitution de société). Les
éléments sont repris pour la valeur figurant dans l'acte d'apport, la différence entre
l'apport net et l'augmentation de capital étant inscrite au compte 1052 Primes d'apport.
SYSCOHADA OPERATIONS ET PROBLEMES SPECIFIQUES 931
[Link]. Cas particuliers des apports d’actifs isolés
Les apports d’actifs isolés sont exclus du champ d’application des règles comptables relatives
à la fusion et opérations assimilées, car ils ne répondent pas à la définition d’un apport partiel
d’actif. Ces apports doivent être comptabilisés comme une opération d’échange,
conformément aux règles d’évaluation définies dans le cadre conceptuel. En effet, en cas
d’acquisition par voie d’échange, la valeur d’entrée doit être la valeur actuelle du bien acquis,
lorsque que les deux lots échangés peuvent être estimés de façon fiable.
4.2. Comptabilisation chez la société bénéficiaire des apports
4.2.1. Coût d'entrée des éléments reçus
Le coût d'entrée comptable des éléments reçus par voie d'apport est leur valeur d'apport, c'est-
à-dire :
x soit la valeur réelle,
x soit la valeur comptable.
Dans le cas où l’enregistrement est fait à la valeur comptable, les amortissements et les
provisions doivent apparaître distinctement, tels qu’ils figuraient dans les comptes de la
société apporteuse.
4.2.2. Ecritures comptables lors de l’apport
Après l’approbation du traité d’apport par les associés, la société bénéficiaire des apports
comptabilise des écritures identiques à celles d’une opération de fusion dans une société
apporteuse :
x constatation de l’augmentation de capital et de la prime d’apport ;
x réalisation des apports ;
x à l’engagement des frais pour réaliser l’opération.
SYSCOHADA OPERATIONS ET PROBLEMES SPECIFIQUES 932
SECTION 5 : Comptabilisation des opérations de scission
5.1. Société scindée
La scission entraînant la disparition de la société scindée, cette dernière doit constater dans
ses comptes :
x le transfert de son patrimoine aux sociétés bénéficiaires des apports et la remise
d'actions de ces dernières en contrepartie ;
x l'annulation des capitaux propres (y compris le résultat de scission) par l'échange de
titres des sociétés bénéficiaires des apports.
Les écritures dans les comptes de la société scindée sont identiques à celles enregistrées par la
société absorbée lors d'une opération de fusion (à l'exception toutefois des écritures relatives à la
remise des actions des sociétés bénéficiaires des apports).
5.2. Sociétés bénéficiaires des apports
5.2.1. Apport à des sociétés préexistantes
La comptabilisation de l’apport reçu par les sociétés bénéficiaires s’effectue sur la base des
valeurs retenues dans le projet de scission (valeur comptable ou valeur réelle).
Dans le cas où l’enregistrement est fait à la valeur comptable, les amortissements et les
provisions doivent apparaître distinctement, tels qu’ils figuraient dans les comptes de la
société apporteuse.
5.2.2. Apport à des sociétés nouvelles
Lorsque les sociétés bénéficiaires sont nouvelles, les écritures comptables sont identiques à
celles enregistrées lors d’une constitution de société.
Dans le cas où l’enregistrement est fait à la valeur comptable, les amortissements et les
dépréciations doivent apparaître distinctement, tels qu’ils figuraient dans les comptes de la
société apporteuse.
SYSCOHADA OPERATIONS ET PROBLEMES SPECIFIQUES