Physique Générale C
Semestre d’automne (11P090)
Notes du cours basées sur le livre
Physique
de Eugene Hecht, éditions De Boeck
Chapitre 17
Enseignante:
Anna Sfyrla
Assistant(e)s:
Mireille Conrad
Tim Gazdic
Jean-Marie Poumirol
Rebecka Sax
Marco Valente
Bibliographie
[1] Eugene Hecht, Physique, éditions De Boeck.
[2] Eugene Hecht, College Physics, Schaum’s outlines.
[3] Randall D. Knight, Physics for Scientists and Engineers, Pearson.
[4] Yakov Perelman, Oh, la Physique!, Dunod.
Table des matières
17 Les oscillations 1
17.1 Mouvement sinusoı̈dal . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1
17.2 Exemples des MHS . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
17.3 Amortissement, oscillations forcées, résonance . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
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Les oscillations
Un mouvement qui se répète à intervalles de temps consécutifs et égaux est dit périodique.
La nature nous offre couramment quantités d’exemples de ces phénomènes qui sem-
blent inhérents à la nature même de l’Univers: la rotation de la Terre autour du Soleil,
l’oscillation d’une balançoire, les vagues sur l’eau, les molécules d’air qui transmettent la
sensation de son, les atomes dans un solide, les électrons dans les antennes de radio et TV.
Nous pouvons distinguer deux types de mouvements répétitifs:
1. Les mouvements sur une trajectoire fermée, qui peuvent être repérés par la rotation
périodique d’un angle autour d’un point à l’intérieur de la trajectoire (mouvement
de la Terre autour du soleil) et les mouvements de va-et-vient sur un même axe.
Nous avons étudié ce type de mouvement au chapitre 7 (mouvement de rotation).
2. Les mouvements vibratoires ou oscillatoires, mouvements périodiques dont la forme
la plus simple est le mouvement sinusoı̈dal ou Mouvement Harmonique Simple (MHS).
Nous étudions dans ce chapitre le mouvement vibratoire ou oscillatoire, une étude qui
conduit naturellement, dans les chapitres à suivre, à une discussion des ondes produites
par des systèmes mécaniques vibrants et, en particulier, les ondes sonores.
17.1 Mouvement sinusoı̈dal
Dans un mouvement périodique, un cycle est la plus petite séquence qui se répète. Pen-
dant un cycle, le système évolue mais finit toujours par revenir à la configuration et au
mouvement qu’il avait au début du cycle.
Le temps qu’il faut pour que le système accomplisse un cycle est la période (T ).
L’inverse de la période, c’est-à-dire le nombre de cycles par unité de temps, est la fréquence:
1
f=
T
L’unité SI de fréquence est le hertz (Hz): 1 Hz = 1 cycle/s = 1 s−1 .
Considérons un objet qui décrit une trajectoire circulaire avec une vitesse constante
(figure 17.1); sa vitesse angulaire ω est alors constante. Chaque fois qu’il fait un tour
complet, il tourne d’un angle 2π rad. Comme il fait un tour complet en temps T , la
vitesse angulaire ω sera également:
2π
ω= = 2πf
T
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Semestre d’automne 2017-2018 Notes PGC - Chapitre 17
Figure 17.1: Un objet, qui décrit un cercle
avec une vitesse angulaire ω constante, a une
position angulaire θ = ωt qui varie à un taux
constant.
Il est courant d’appeler ω fréquence angulaire ou pulsation.
À tout instant, la position de l’objet est définie par l’angle θ. Comme la vitesse linéaire
v est constante, la vitesse angulaire correspondante ω l’est aussi (nous avons appris au
chapitre 7 que v = rω). La position angulaire à l’instant t est θ = ωt (comme on a aussi
appris au chapitre 7). La projection Q de la position P de l’objet sur l’axe x (figure 17.2)
sera:
x(t) = xmax cos θ = xmax cos ωt = xmax cos 2πf t (17.1)
Le point Q suit alors un mouvement sinusoı̈dal, aussi appelé mouvement harmonique
simple (MHS). Le déplacement x est appelé élongation; xmax est l’amplitude des oscilla-
tions, qui est constante et positive.
L’élongation de Q0 à partir de O est donnée par:
y(t) = ymax sin ωt = ymax sin 2πf t
À noter que x(t) est maximal pour t = 0 tandis que y(t) est minimal pour t = 0, si on
considère que le mouvement commence (t = 0) quand θ = 0.
Figure 17.2: Un objet P décrivant un cercle de rayon A à vitesse vmax constante. Sa projection
Q sur l’axe des x a une élongation x = A cos θ avec O pris comme origine. Pendant que P décrit
le cercle, Q oscille entre +xmax et −xmax d’un mouvement sinusoı̈dal.
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Figure 17.3: (a) Mouvement circulaire uniforme.
(b) Sa projection sur un axe fixe est un mouve-
ment sinusoı̈dal. (c) Représentation graphique de
ce mouvement sinusoı̈dal en fonction du temps.
Que devient l’équation 17.1, si l’objet commence le mouvement pas à θ = 0 mais à un
autre point? L’argument des fonctions sinus et cosinus est la phase du mouvement. Dans
l’équation 17.1, la phase est θ = ωt. Plus généralement, à l’instant t = 0, la phase a une
valeur non nulle, φ, appelée phase initiale. Alors, la phase devient ωt + φ, et:
x = xmax cos(ωt + φ) = xmax cos(2πf t + φ)
C’est l’expression la plus générale de l’élongation d’un objet en mouvement sinusoı̈dal.
Pour récapituler, à cette équation généralisée:
• xmax est l’amplitude de l’oscillation;
• ωt + φ est la phase du mouvement;
• φ est la phase initiale, qui dépend du déplacement et de la vitesse à t = 0, pourtant
sa valeur n’influence pas la forme de x(t);
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Semestre d’automne 2017-2018 Notes PGC - Chapitre 17
• ω est la vitesse angulaire, aussi appelée fréquence angulaire ou pulsation.
Nous avons trouvé que l’élongation d’un système en mouvement sinusoı̈dal est une
fonction sinusoı̈dale du temps. Quelle sont alors la vitesse et l’accélération de ce système?
Vitesse d’un mouvement sinusoı̈dal
Concentrons nous sur la composante vx . La dérivée de x(t) par rapport au temps est:
dx(t)
v(t) = = −xmax ω sin(ωt + φ)
dt
La vitesse a aussi un comportement sinusoı̈dal. Elle varie entre les limites ±vmax =
±ωxmax . La vitesse est en avance de phase de π/2 sur l’élongation. Elle est nulle à
l’amplitude maximale du déplacement et elle est maximale à l’amplitude minimale (nulle)
du déplacement.
Accélération d’un mouvement sinusoı̈dal
La dérivée de v(t) par rapport au temps est:
dv(t)
a(t) = = −xmax ω 2 cos(ωt + φ) = −ω 2 x(t)
dt
L’accélération est proportionnelle au déplacement et de signe opposé. Ceci est la car-
actéristique d’un mouvement harmonique simple. L’accélération varie entre les limites
±amax = ±ω 2 xmax ; elle est en avance de phase de π/2 sur la vitesse. Elle est maximale
pour un déplacement maximale et nulle pour un déplacement nulle.
Le déplacement, vitesse et accélération en fonction du temps est indiqué à la figure 17.4.
Figure 17.4: Représentation graphique de la vitesse, de l’élongation et de l’accélération d’un
oscillateur harmonique en fonction du temps. Notez que la vitesse est en avance de phase de π/2
sur l’élongation et que l’accélération est en avance de π/2 sur la vitesse, donc en avance de π (ou
en retard de π) sur l’élongation.
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Exemple 17.1.1. Une tache lumineuse sur l’écran d’un ordinateur oscille le long d’une
ligne droite horizontale d’un mouvement sinusoı̈dal à la fréquence de 1,5 Hz. La longueur
totale de la ligne parcourue est 20 cm et la tache commence le mouvement à droite de
l’écran. Déterminer: (a) sa pulsation, (b) sa période, (c) sa vitesse maximum et (d) son
accélération maximum. (e) Exprimer x en fonction du temps et trouver la position de la
tache à l’instant t = 0.40 s.
Solution Données: f = 1.5 Hz et xmax = 10 cm. À trouver: (a) ω, (b) T , (c) vx (max),
(d) ax (max), (e) x en général et x à t = 0.40 s.
(a) ω = 2πf = 2π(1.5 Hz) = 9.4 rad/s = 3.0π rad/s
(b) T = 1/f = 0.67 s
(c) vx (max) = ωxmax = 0.94 m/s
(d) ax (max) = ω 2 xmax = 8.9 m/s2
(e) x = xmax cos ωt = (0.10 m) cos(9.4 rad/s t). À l’instant t = 0.40 s, x = −8.1 cm.
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Force de rappel élastique
Lorsqu’un système oscille librement (sans être soumis à une source externe d’énergie), il se
déplace car il est soumis à une force, la force de rappel, qui tend à le ramener à sa position
d’équilibre.
Si on déforme légèrement un système, initialement en équilibre stable, une quantité
supplémentaire d’énergie potentielle y est emmagasinée. Lorsqu’on le lâche, il tend à
revenir à sa configuration d’équilibre. Mais, arrivé là, cette énergie potentielle supplémentaire
est déjà transformée en énergie cinétique; il a alors une quantité de mouvement qui le
force à continuer le déplacement au-delà de la position d’équilibre, dans le sens opposé au
déplacement initial. Il se déforme donc de nouveau; son énergie cinétique se transforme en
énergie potentielle et le processus recommence. Pendant l’oscillation, l’énergie potentielle
se transforme en énergie cinétique et vice versa, indéfiniment (s’ il n’y a pas de perte
d’énergie).
La deuxième loi de Newton, F = ma, où l’accélération est donnée par a = −ω 2 x,
montre que la force est proportionnelle au déplacement, mais de signe opposé. Nous avons
déjà vu cette proportionnalité à la loi de Hooke. Le signe négatif indique ici que la force
est une force de rappel interne au système.
Cette force, F = −kx correspond à l’action d’un ressort dont la constante élastique
est k = mω 2 . On en déduit une définition alternative du mouvement harmonique simple:
Une particule de masse m soumise à une force de rappel proportionnelle à son
déplacement suit un mouvement harmonique simple.
17.2 Exemples des MHS
Mouvement associé avec une force de rappel
Si une masse reliée à un ressort est légèrement écartée de sa position d’équilibre puis lâchée,
en étirant ou comprimant le ressort, elle se comporte comme un oscillateur harmonique.
Beaucoup de systèmes élastiques (bâtiments, ailes d’avion, ponts, etc) se comportent d’une
façon semblable; le ressort oscillant mérite donc une étude détaillée.
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Figure 17.5: Une masse attachée à un ressort vibrant horizontalement d’un mouvement sinusoı̈dal.
Ici, F est la force exercée par le ressort et il n’y a aucune force de frottement.
Prenons un bloc de masse m attaché à un ressort. On tire sur le ressort et on amène
la masse en position xmax , d’où on le lâche. On néglige les frottements. Le ressort exerce
une force de rappel F = −kx. D’après la deuxième loi de Newton, F = ma, donc:
d2 x d2 x k
F = ma = m = −kx ⇒ =− x
dt2 dt2 m
Comme on a vu plus haut, a = −ω 2 x, donc F = ma = −mω 2 x = −kx d’où on déduit que
k = mω 2 . Alors l’équation devient:
d2 x k
= − x = −ω 2 x (17.2)
dt2 m
qui est une équation différentielle du deuxième degré dont la solution générale est:
x(t) = A cos(ωt + φ)
Pour décrire le mouvement de la masse, il faut déterminer A, ω et φ.
On peut vérifier que x(t) = A cos(ωt+φ) est une solution de l’équation du mouvement,
équation 17.2. Cette équation est satisfaite pour mω 2 = k (à prouver!). Ainsi, x(t) est
une solution de l’équation du mouvement. On appelle la quantité ω = m k
la fréquence
angulaire naturelle. La période du mouvement sera T = 2πω. La vitesse du mouvement
sera donnée par: v(t) = −Aω sin(ωt + φ).
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Les conditions initiales permettent de décrire complètement le mouvement de la masse
m sur le ressort. On sait que pout t = 0: x(t = 0) = xmax et v(t = 0) = 0. Donc:
x(t = 0) = A cos(φ) = xmax
v(t = 0) = −Aω sin φ = 0
Ces deux équations résultent à déterminer que φ = 0 ou 2π et que A = xmax . Donc:
s
k
x(t) = xmax cos t
m
Force de rappel gravitationnelle: le pendule
Un pendule simple consiste en une corde de masse négligeable et de longueur L constante
à laquelle est attachée une masse ponctuelle m.
Figure 17.6: Un pendule oscille sous l’effet de la composante presque horizontale de son poids,
mg sin θ. À condition que θ reste faible, le mouvement est sinusoı̈dal.
Le pendule simple de la figure 17.6 est représenté en mouvement au moment où le fil de
longueur L s’écarte de la verticale d’un angle θ. La boule est alors distante de sa position
d’équilibre d’une longueur l (mesurée sur l’arc de cercle qu’elle décrit). Si θ est mesurée
en radians, l = Lθ. À cet instant, les forces en jeu sont la tension du fil FT et le poids
mg de la masse que l’on décompose en une force radiale mg cos θ et une force tangentielle
mg sin θ. Cette dernière s’oppose au déplacement et tend à ramener la masse à sa position
d’équilibre (θ = 0). Pour des petits angles:
l mg
F = −mg sin θ ≈ −mgθ = −mg = −( )l = −kl
L L
d’où on retrouve l’équation de l’oscillateur harmonique avec:
s
mg 1
r r
k g
ω= = ( )( ) = , et
m L m L
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s s
m L
T = 2π ( ) = 2π
mg/L g
Alors: La période ne dépend que de la longueur du fil, pas de la masse suspendue!
Exemple 17.2.1. Le chariot de la figure 17.7 a une masse de 1.0 kg. On le déplace de
5.0 cm vers la droite avec une force horizontale de 10.0 N, puis on le lâche.
(a) Quelle est la période d’oscillation de ce chariot en l’absence de frottement?
(b) Quelle est la position du chariot 0.20s après le lâcher.
(c) Que devient la constante d’élasticité si on supprime un des deux ressorts?
(d) Quelle sera alors la fréquence d’oscillation du système?
Solution
Données: m = 1 kg, A = 0.050 m et F = 10.0 N. À trouver: T et x à t = 0.200 s, k et f
pour le système avec un seul ressort.
(a) La force appliquée F produit un déplacement x, tel que F = kx. On calcule: k =
x = 200 N/m pour le système entier. C’est la constante d’élasticité du système, celle
F
d’un ressort équivalent qui produirait le même mouvement oscillant. La période de cette
oscillation est: r
m
T = 2π = 0.44 s
k
(b) Le déplacement au temps t = 0.2 s s’obtient à partir de l’équation du mouvement:
x(t) = xm cos(ωt + φ). Au temps t = 0, v(t) = 0 et donc φ = 0. Avec xm = 0.05 m et
ω = 2π/T , on trouve: x(t = 0.2 s) = −0.048 m.
(c) Si on supprime l’un des 2 ressorts, il suffit de la moitié de la force
√ précédente pour
induire le même déplacement.
√ Donc k = 100N/m. (d) f = 1/T ∝ k, alors la nouvelle
fréquence sera 1/ 2 de l’ancienne valeur, soit 1.6 Hz.
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Figure 17.7: Pour déplacer horizontalement le
chariot, on doit lui fournir de l’énergie. Cette
énergie est théoriquement conservée et se trans-
forme sans perte, d’énergie potentielle en énergie
cinétique et vice versa, pendant que le chariot os-
cille sinusoı̈dalement. En réalité, l’oscillation est
amortie; son amplitude diminue progressivement
jusqu’à ce que toute l’énergie soit transformée en
énergie thermique par les frottements et les pertes
internes dans les ressorts.
Énergie du MHS L’énergie mécanique totale d’un système en mouvement harmonique
simple est constante. Il se produit un échange continuel entre l’énergie cinétique et l’énergie
potentielle.
L’énergie potentielle d’un oscillateur harmonique horizontal est entièrement déterminée
par le ressort. Elle dépend de l’état d’allongement ou de compression du ressort:
1 1
Ep = kx2 = kx2m cos2 (ωt + φ)
2 2
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L’énergie cinétique est entièrement déterminée par la vitesse de la masse:
1 1 1
EC = mv 2 = mω 2 x2m sin2 (ωt + φ) = kx2m sin2 (ωt + φ)
2 2 2
L’énergie mécanique totale: EM = EP + EC , est égale à
1 1
EM = kx2m [sin2 (ωt + φ) + cos2 (ωt + φ)] = kx2m
2 2
Alors: L’énergie mécanique totale de l’oscillateur est constante et proportionnelle au carré
de l’amplitude de l’oscillation.
17.3 Amortissement, oscillations forcées, résonance
Jusque là, nous n’avons considéré que des systèmes oscillant librement, sans forces externes;
mais, c’est une situation idéale. Dans la réalité, il y a toujours des forces externes agissant
sur l’oscillateur en même temps que la force de rappel. Ces forces peuvent soit entraver le
mouvement (c’est-à-dire l’amortir), soit l’aider de façon que son amplitude soit maintenue
ou même augmentée. Parfois ce dernier effet peut causer des catastrophes, comme dans
les cas des séismes.
Mouvement oscillatoire amorti
Considérons un oscillateur harmonique simple caractérisé par une force de rappel F =
−kx. A cette force s’ajoute une force d’amortissement, qui provient en général de la
résistance de l’air et des frottements internes du système oscillant. On observe que
l’amplitude des oscillations va diminuer progressivement jusqu’à l’arrêt complet. C’est
un mouvement oscillatoire amorti (figure 17.8).
Si l’amortissement est faible, le système peut continuer à osciller pendant un temps rel-
ativement long avant de s’arrêter à sa position d’équilibre. Un tel système est sous-amorti
(figure 17.9). C’est le cas d’un pendule ordinaire, dont l’amplitude diminue lentement, ou
d’un diapason qui s’éteint lentement, en perdant de l’énergie à cause du frottement.
Si le frottement augmente, le système déplacé peut revenir lentement à sa position
d’équilibre sans jamais la dépasser; dans ce cas, il n’y aura pas d’oscillations. Les amor-
tisseurs d’une voiture, par exemple, doivent étouffer toute oscillation en moins d’un cycle.
Quand le système revient à l’équilibre dans le temps le plus court, sans jamais osciller, on
dit que l’amortissement est critique.
Si l’on augmente davantage l’amortissement, le système n’oscille plus, mais il met plus
de temps pour revenir à l’équilibre. On dit dans ces cas que l’oscillateur est apériodique
et qu’il a un amortissement sur-critique.
Oscillations forcées et résonances
Pour maintenir les oscillations malgré l’amortissement, il faut apporter continuellement de
l’énergie au système. Une force effectue un travail moteur sur le système pour compenser
la perte d’énergie due aux frottements.
Si on pousse un enfant sur une balançoire, il peut osciller malgré les frottements; pour
être efficace, il faut pousser la balançoire quand elle atteint le maximum de hauteur et
commence à descendre, la force que vous exercez est alors parallèle au déplacement et le
travail est moteur.
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Semestre d’automne 2017-2018 Notes PGC - Chapitre 17
Figure 17.8: (a) Un oscillateur harmonique
idéal, sans aucune perte d’énergie, oscille
indéfiniment sans diminution d’ampliture. (b)
Avec des frottement, l’oscillateur est amorti; son
amplitude diminue avec le temps. (c) Plus grand
est l’amortissement, plus rapidement les oscilla-
tions sont réduites.
Figure 17.9: Lorsqu’un système oscillant subit
un frottement très important et n’oscille pas
en revenant lentement à l’équilibre, le système
est alors sur-amorti et l’amortissement est sur-
critique. Si le corps revient à l’équilibre
dans le temps minimum sans jamais osciller,
l’amortissement est critique.
Soit un ressort ou une masse suspendue à un long élastique: donnez au système une
courte impulsion et observez sa fréquence propre f0 . Arrêtez les vibrations et faites monter
et descendre votre main avec une amplitude de ∼ 2 cm et une basse fréquence fe ∼ 0.3 Hz
( f0 ). Le système suit votre mouvement, il se déplace en phase avec votre mouvement
mais avec une amplitude plus faible. On a un comportement semblable quand fe est
beaucoup plus grande que f0 . Mais quand fe approche f0 , l’amplitude des oscillations
résultantes est très grande: il y a une résonance.
L’application d’une force externe périodique Fext = Fe cos ωe t à un système qui peut
osciller, produit des oscillations. Le mouvement résultant est une oscillation forcée de
forme x(t) = Xm cos(ωe t + φ0 ), i.e. une oscillation à la fréquence angulaire de la force
extérieure. L’amplitude Xm est une fonction compliquée de ωe et ω0 . Elle est maximale
pour ωe = ω0 . C’est le phénomène de résonance. Si l’amortissement est faible, l’amplitude
peut devenir considérable et entrainer la rupture du système mécanique (e.g. pont de
Tacoma, voir dessous).
Toute structure mécanique a une ou plusieurs fréquences propres, et si la structure
est soumise à une force extérieure dont la fréquence correspond à l’une de ces fréquences
propres, il peut y avoir des oscillations tellement violentes que la structure se rompt.
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Semestre d’automne 2017-2018 Notes PGC - Chapitre 17
Pont de Tacoma
Le premier pont franchissant le détroit de Tacoma à Puget Sound, Washington,
avait un tablier principal de longueur de 853 m et de largeur de 11,9 m avec des
poutres d’acier de 2,4 m pour le soutenir. Il a été ouvert à la circulation le 1er juillet
1940 et on s’est aperçu qu’il oscillait beaucoup lorsque le vent soufflait. Le matin
du 7 novembre 1940, un vent de 70 km/h l’a fait vibrer, comme d’habitude, à 36
vibrations par minute. L’amplitude est devenue si grande que le pont a été fermé
à la circulation. Vers 10 h, le câble nord s’est relâché et le pont principal s’est mis
brutalement à osciller en mode résonant de 0.2 Hz autour de ligne jaune centrale
de la route.
Bien qu’il y ait encore des questions restées sans réponse, le mécanisme fondamen-
tal qui a causé la catastrophe semble avoir été la formation de tourbillons, qui ont
produit des vibrations auto-excitées. En se précipitant vers la grande poutre de sou-
tien, l’air s’est partagé en deux courants suscitant des tourbillons alternativement
au-dessus et au-dessous du pont. Une fois que la structure a commencé à osciller,
ce mouvement a conduit à la formation d’autres tourbillons. Ces tourbillons induits
se formaient avec la montée et la descente du pont; ils avaient donc la fréquence de
vibration propre du pont.
L’énergie qu’apportait le vent au pont dépassa rapidement celle perdue par frotte-
ments et il apparut un régime d’oscillations de plus en plus amples. Peu après 11
heures du matin, heure locale, le tablier central se déchira comme un ruban de coton.
Exercices
Exercice 17.1. Oscillations dans un champs de gravité: une bande élastique verticale
s’allonge de 50 cm si elle porte un sac de bonbons de 2.0 kg. Le sac est lors à 1 m au-dessus
de la tête d’un enfant. Le sac est tiré vers le bas de 25.0 cm, puis lâché. Combien de temps
faut-il pour qu’il revienne à la même hauteur de 1 m au-dessus de l’enfant?
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