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Le Style International en Architecture

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ECOLE NATIONALE

D’ARCHITECTURE D’AGADIR
S05
2022-2023
Cours assuré par
M. Achraf
Critique et Théories de BENICHOU
l’Architecture Contemporaine

Cours 09
Le Style International
INTRODUCTION
Plan du cours

• International Style
• La maison de verre
• La maison de verre et la Villa
Farnsworth
• Espaces clos et ouverts
• Le retour à l’histoire
INTERNATIONAL
STYLE
L’ARCHITECTURE COMME VOLUME

«L’effet de masse, de solidité statique qui


était jusqu’à maintenant la qualité
première de l’architecture a presque
disparu; il est remplacé par un effet de
volume ou plus précisément de surfaces
planes délimitant un volume. Le symbole
architectural primordial n’est plus la
brique lourde mais la boîte ouverte. La
grande majorité des édifices sont dans
leur réalité, et par les effets qu’ils
produisent, de simples surfaces
enserrant un volume.»
H.-R. Hitchcock, P. Johnson, Le Style international
LA REGULARITE

«Habituellement et de façon
caractéristique, les points porteurs de la
construction à ossature sont placés à des
distances égales de manière à repartir
également les efforts. Ainsi, la plupart
des édifices ont un rythme sous-jacent
qui est clairement perceptible avant que
soient appliquées les surfaces
extérieures. (...) La bonne architecture
moderne exprime dans sa composition
cette ordonnance caractéristique de la
structure et cette similitude des parties,
grâce à une mise en ordre esthétique qui
souligne la régularité sous-jacente.»
H.-R. Hitchcock, P. Johnson, Le Style international
L’ABSENCE DE DECORATION
SURAJOUTEE
«Il serait ridicule d’affirmer
catégoriquement qu’il n’y aura plus
jamais en architecture une
ornementation surajoutée réussie. Il est
clair néanmoins que les conditions de
production de l’ornement sont moins
propices aujourd’hui qu’elles ne l’ont été
au cours du siècle qui vient de s’écouler.
(...) Le détail architectural, nécessité
autant par la structure moderne que par
celle du passé, représente la décoration
de l’architecture contemporaine.»
H.-R. Hitchcock, P. Johnson, Le Style international
LA MAISON DE
VERRE
La maison de verre (1949) à New Canaan
«Face aux efforts et à la volonté de dépassement typiques des avant-
gardes qui réclamaient des solutions innovatrices et originales, l’étalage
des références produites par Johnson dut apparaître comme une
provocation démystifiante, sinon une confession d’impuissance créative.
En réalité, la grande originalité de la proposition de Johnson consistait
justement dans un jeu très raffiné d’effets intertextuels qui
sanctionnaient la découverte de possibilités métalinguistiques et d’une
possible critique opérationnelle, agissant donc avec les instruments et les
moyens même du projet.»
B. Reichlin, « International Style »
«D’un côté la tradition du Siècle des Lumières
qui allait de Ledoux à Schinkel, de l’autre la
syntaxe moderne de Mies. (…) De la première
des sources, procédait l’idée de concevoir la
maison comme un signe pur et d’en construire le
corps par référence à un espace sous-entendu.
Ces concepts sont illustrés par la maison de
Ledoux à Maupertuis, où une forme sphérique
est située à l’intérieur d’une cour en excavation.
(…) C’est de cette tradition que se réclame l’idée
de la loggia-belvédère, mise en œuvre pour la
première fois dans la maison Glienicke de
Schinkel.»
K. Frampton, « La Maison de verre revisitée »
«En revanche Malevitch est à l’origine d’un
principe suprématiste du “ presque rien ” [et
de l’idée] du cercle enfermé dans un rectangle
que Mies tenait pour une forme trop “ picturale
”. (…) La disposition des meubles à l’intérieur de
la Glass House et, à un niveau supérieur, la
distribution spatiale des prismes de verre et de
briques – soit forme et contreforme – sur le site
peuvent être rapprochées de la reconstruction
de l’Acropole de Choisy. (…) En dessinant les
chemins qui parcourent sa propriété, Johnson
s’est référé à un précédent rationaliste, soit la
Ferme radieuse (1934) de Le Corbusier. (…)
En ce qui concerne l’aspect général de la
composition, Johnson a reconnu sa dette envers
Theo van Doesburg et envers son essai « La
basse continue en peinture », publié en 1922
dans la revue G. ».»
K. Frampton, « La Maison de verre revisitée »
Projet de maison de gardes agricoles
La maison Glienicke de Schinkel
«Il est certain que l’architecture ne relève pas
de la conception de l’espace ni de la
composition ou de la mise en place des
volumes. Ces éléments sont auxiliaires à son
objet principal : l’organisation de la “
procession ”. L’architecture n’existe que dans
le contexte du temps, perversion moderne de
la photographie qui fige l’architecture en trois
dimensions, ou certaines réalisations en deux
seulement»
P. Johnson, « D’où et vers où : de la procession en architecture »
LA MAISON DE
VERRE ET LA VILLA
FARNSWORTH
« Johnson interprète Mies en révélant les liens souterrains, identifiés
sans peine par l’exégèse critique, que son architecture entretient avec
la tradition architectonique moderne et, en premier lieu, avec la
production d’un grand précurseur, Karl Friedrich Schinkel. En même
temps, Philip Johnson multiplie les traces qui permettent de décrypter le
statut “maniériste” qu’il attribue à cette opération »
B. Reichlin, « International Style »
La maison de verre (1949) à New Canaan
La maison de verre (1949) à New Canaan
«Si vraiment notre architecture doit avoir
une décoration, celle-ci pourrait
résulter, comme dans ce cas, de la libre
application d’éléments de construction en
série : l’étape suivante ne serait-elle
pas le Maniérisme ?»
P. Johnson, The Architectural Review
ESPACES CLOS ET
OUVERTS
«le beau dialogue entre la quiétude d’un
espace clos et l’ouverture de l’horizon (…)
Ici encore, l’indispensable espace clos en
même-temps que la liberté de l’espace
ouvert »
Mies van der Rohe, « Maison H., Madgebourg »
«La synthèse du couple antithétique
complexe maison à cour-belvédère est
achevé dans le pavillon de Barcelone, où
la loggia, partie fermée et partie
délimitée, donne sur les eaux agitées
d’un bassin externe qui forme un
contraste avec le miroir d’eau immobile
de la cour intérieure»
K. Frampton, « La Maison de verre revisitée »
Villa Leonhardt (1956), Lloyd’s Neck, Long Island, New
York
Villa Wiley (1953), à New Canaan, Connecticut
Glass House sur colline de Mies van der Rohe (1934)
LE RETOUR À
L’HISTOIRE
Philip Johnson définit les sept béquilles
utilisées lors de l’élaboration d’un projet
d’architecture:

1.l’Histoire;
[Link] Beau Dessin;
3.L’Utilité;
[Link] Confort;
[Link] Bon Marché;
[Link] Désir du Client;
[Link] Structure
«Heureusement nous avons les œuvres de
nos pères spirituels auxquels nous
pouvons nous référer. Nous les
détestons, bien sûr, comme tous les fils
spirituels détestent leurs pères
spirituels, mais nous ne pouvons pas les
ignorer ni refuser leur grandeur»
P. Johnson, « The Seven Crutches of Modern
Architecture »
Altes Museum (1822-30) à Berlin de Karl Friedrich
Schinkel
«Dans cette lourde atmosphère de
désinvolture intellectuelle qui marque la
conception architecturale actuelle, de refus
prudent de réflexion, ou du moins d’une
sorte d’attitude du “on n’en a rien à faire”, il
m’est difficile d’écrire sur mon œuvre. Il
semble que mon inspiration ne puisse
qu’être classique: symétrie, ordre et par-
dessus tout clarté. Je ne peux me résoudre à
griffonner sur le papier quelques boîtes de
carton ou à disposer quelques tuyaux selon
un style pseudo-fonctionnel d’objet trouvé.
Dans un autre sens, je ne peux plus
davantage construire de boîtes de verre:
cette boîte si pratique, cette fameuse boîte
universelle multifonctions... Nous vivons
dans une autre époque»
P. Johnson, « Johnson » in David Whitney
«Comme les vieux architectes beaux-arts
de ma jeunesse, préoccupés de partis et
d’entourages, je me retourne maintenant
avec plaisir, et même une certaine
nostalgie, vers le passé, lorsque le
front de la bataille était clair et que le
modernisme se battait contre
l’éclectisme, armé de ses rêves de
panacées, de standards, de types et de
normes supposés “résoudre” les
problèmes de l’architecture. Aujourd’hui
nous savons que nous ne pouvons rien
“résoudre”. Le seul principe auquel je
puisse concevoir d’adhérer est celui de
l’incertitude. Il est courageux l’architecte
qui possède des convictions et des
croyances et sait les défendre»
P. Johnson, « Johnson » in David Whitney
Sheldon Art Gallery (1961-63) Lincoln, Nebraska
Beck House à Preston Hollow, Dallas (1964)
Beck House à Preston Hollow, Dallas (1964)
«Je n’ai aucune foi en quoi que ce soit. En
bref, l’éclectisme fonctionnel permet
d’être capable de choisir dans l’histoire
n’importe quelle forme, silhouette ou
direction désirées, et de les utiliser
comme bon nous semble (...). Je n’ai
réellement aucune attitude exprimable
en architecture, et si nous nous dirigeons
vers un chaos je pense que nous
pourrions aussi bien avoir un joli, un
succulent chaos.»
P. Johnson, Informal Talks
Merci de votre
Attention

A suivre …

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