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Cours de versification en poésie

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Littérature française

Cours sur la versification


La versification française

La versification est l’ensemble des règles qui régissent la poésie.

1. L e v e r s
Un vers correspond à une ligne. Le vers est basé sur le rythme. C’est le nombre et
l’accentuation des syllabes qui vont définir ce rythme.

a) Comment compter les syllabes ?

En général, toutes les syllabes doivent être comptées sauf :

• la dernière syllabe d’un vers si elle est terminée par un e muet.


• quand un e muet est immédiatement suivi d’une voyelle dans le vers.

b) Les types de vers les plus utilisés:

 Un vers composé de 12 syllabes est un alexandrin.

 Un vers composé de 10 syllabes est un décasyllabe.

 Un vers composé de 8 syllabes est un octosyllabe.

 Un vers composé de 6 syllabes est un hexamètre ou hexasyllabe.

On peut aussi trouver des vers impairs, comme l’heptasyllabe (7 syllabes) ou l’ennéasyllabe
(9 syllabes), notamment chez Paul Verlaine.

Exemples :

Un alexandrin : 12 syllabes

« Je/ m’en/ a/llais/ les/ poings/ dans/ mes/ po/ches cre/vées. »


1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12

(Arthur Rimbaud, Ma bohème)

« C'est / un / trou / de / ver / dure / où / chante / un / e / riv / ière, »


1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12

(Arthur Rimbaud, Le dormeur du val)

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Littérature française

Un décasyllabe : 10 syllabes

« U/ne/ sen/teur/ mon/tait /sau/vage/ et/ fauve


1 2 3 4 5 6 7 8 9 10

(Charles Baudelaire, Le parfum)

Un octosyllabe : 8 syllabes

« La/bi/che/pa/sse a/vec/ ses/faons »


1 2 3 4 5 6 7 8

(Guillaume Apollinaire, Crépuscule)

Un heptasyllabe ou ennéasyllabe : 7 syllabes

Tout/en/par/lant/de/la/sorte,
1 2 3 4 5 6 7
Un/li/mier/le/fait/par/tir.
1 2 3 4 5 6 7
Il/tâ/che à/se/ga/ran/tir ;
1 2 3 4 5 6 7
Dans/les/fo/rêts/il/s’em/porte.
1 2 3 4 5 6 7

Jean de La Fontaine, Fables, VI, « Le Cerf se voyant dans l’eau »

Un hexamètre ou hexasyllabe : 6 syllabes.

« Il /pleu/re /dans/mon/cœur
1 2 3 4 5 6
Com/me il/pleut/sur/la/ville. »
1 2 3 4 5 6

(Paul Verlaine, Il pleure dans mon cœur)

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Littérature française

2. L a s t r o p h e

Il s’agit d’un ensemble de vers séparé des autres par un espace. Les strophes peuvent être
de différentes longueurs :

Nombre Nom de la strophe Nombre Nom de la strophe


de vers de vers
2 distique 6 sizain
3 tercet 8 huitain
4 quatrain 10 dizain
5 quintil

3. L e s r i m e s

Une rime est la répétition d’un même son à la fin d’un vers.

a) La disposition des rimes

 Les rimes embrassées : ABBA


 Les rimes plates ou suivies : AABB
 Les rimes croisées : ABAB

b) La longueur des rimes

 Les rimes pauvres :


on ne répète qu’un seul son (bon / son)

 Les rimes suffisantes :


on répète 2 sons (bouton / bâton)

 Les rimes riches :


on répète 3 sons ou plus (bonjour/toujours - mélodie/parodie)

c) Les rimes peuvent être féminines (terminées par un e muet) ou masculines (les
autres)

4. L e r y t h m e

a) La césure

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Littérature française
Une césure est une pause dans un vers. Une des plus utilisées est la césure à l’hémistiche
dans l’alexandrin : elle sépare le vers en deux moitiés égales ou hémistiches (du grec hémi :
moitié et stiche : vers).

« A travers la cité, / comme dans un champ clos,


hémistiche 1 césure hémistiche 2

b) Les répétitions de sons

 L’assonance : répétition d’un même son voyelle

« Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant. »


(Paul Verlaine)

 L’allitération : répétition d’un même son consonne

« Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur nos têtes ? »
(Pierre Corneille)

c) Les propositions dans le vers

Il y a deux formes d’enjambement :

 Le rejet : on rejette au vers suivant un mot ou un court groupe de mots de la


proposition.

« Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine,


Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit. » (Rimbaud)

 Le contre-rejet : un mot ou un court groupe de mots est seul en fin de vers alors que
le reste de la proposition est au vers suivant.

« Un homme de génie apparaît. Il est doux,


Il est fort, il est grand ; il est utile à tous » (Hugo).

d) La diérèse : on prononce une diphtongue en 2 temps (li-on) pour les besoins du vers.

NB : il existe également des poèmes en vers libres qui ne respectent plus forcément ces
règles, notamment au XXe siècle.

5. Les formes des poèmes

La ballade est un poème lyrique chanté.


L'ode est un long poème lyrique dans lequel sont célébrés de grands événements ou de

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Littérature française
grands hommes.
Le rondeau est un petit poème à forme fixe avec un refrain.
Le sonnet est un poème à forme fixe de deux quatrains (strophe de 4 vers), deux tercets
(strophe de 3 vers), des alexandrins, des rimes disposées fixement – abba, abba, ccd, ede (ou
eed).

L'essentiel

Etudier la versification d'un poème, c'est observer :

 le type de vers (attention aux e et aux diérèses !) ;


 le type de rimes ;
 les rejets et les enjambements ;
 la forme (groupement des vers en strophes) fixe (comme le sonnet) ou libre.

Exemple : Ronsard, Amours de Marie, 1556.

Comme on voit sur la branche, au mois de mai, la rose,


En sa belle jeunesse, en sa première fleur,
Rendre le ciel jaloux de sa vive couleur,
Quand l'aube, de ses pleurs, au point du jour l'arrose;

La Grâce dans sa feuille, et l'amour se repose,


Embaumant les jardins et les arbres d'odeur;
Mais, battue ou de pluie ou d'excessive ardeur,
Languissante, elle meurt, feuille à feuille déclose;

Ainsi, en ta première et jeune nouveauté,


Quand la terre et le ciel honoraient ta beauté,
La Parque t'a tuée, et cendre tu reposes.

Pour obsèques reçois mes larmes et mes pleurs,


Ce vase plein de lait, ce panier plein de fleurs,
Afin que, vif et mort, ton corps ne soit que roses.

Ce texte est un sonnet : il est composé de 4 strophes (2 quatrains et 2 tercets) en alexandrins.


Le vers 2 comporte une césure à l'hémistiche : En sa belle jeunesse, // en sa première fleur,

- Dans les quatrains, les rimes sont embrassées (rose/fleur/couleur/arrose) et dans les tercets
elles sont composées de deux rimes suivies ou plates puis de rimes embrassées.

- Les rimes des vers 1, 4, 5... sont féminines ; celles des vers 2, 3, 6... sont masculines.

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