Guide Approfondi des Options
Financières
Pour la Finance de Marché : Barrières, Black-Scholes et Modèles Binomiaux
Généré par Gemini
10 septembre 2025
Table des matières
1 Analyse Détaillée des Options Barrière 3
1.1 Les Quatre Types Fondamentaux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
1.1.1 Options "Out" (Désactivantes) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
1.1.2 Options "In" (Activantes) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
1.2 Représentation Graphique des Payoffs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
2 Le Modèle de Black-Scholes Démystifié 5
2.1 Les Hypothèses Clés du Modèle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
2.2 La Formule : Interprétation Intuitive (pour l’Entretien) . . . . . . . . . . . . . . 5
2.3 Décryptage des Composants pour une Discussion . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
3 Pricing par Arbre Binomial : L’Approche Pas-à-Pas 7
3.1 La Logique de la Probabilité Risque-Neutre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
3.2 Construction de l’Arbre (Modèle CRR) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
3.3 Exemple de Calcul : Arbre à Deux Périodes (avec calculatrice) . . . . . . . . . . 7
1. Analyse Détaillée des Options Barrière
Qu’est-ce qu’une option barrière ?
Une option barrière est un instrument dérivé de la famille des options dites "exotiques".
Sa particularité est que son existence ou son payoff est conditionné par le franchissement
d’un niveau de prix prédéfini, appelé barrière (H), par l’actif sous-jacent (St ) au cours
de la vie de l’option.
Ces options sont principalement utilisées pour deux raisons :
— Réduction du coût : L’ajout d’une condition (la barrière) réduit la probabilité
d’un payoff favorable, ce qui rend la prime de l’option moins chère que celle d’une
option "vanille" (standard) équivalente.
— Vision de marché spécifique : Elles permettent aux investisseurs de construire
des stratégies très précises basées sur leurs anticipations de l’évolution du sous-jacent
(par exemple, "l’action va monter, mais sans jamais dépasser tel niveau").
1.1. Les Quatre Types Fondamentaux
La classification dépend de deux facteurs : la position de la barrière (en dessous du prix
initial : Down, ou au-dessus : Up) et le type d’événement (l’option est activée : In, ou désactivée :
Out).
1.1.1. Options "Out" (Désactivantes)
Elles existent au départ et sont annulées (knocked-out) si la barrière est touchée. L’acheteur
perd alors sa prime.
— Down-and-Out (DO) : La barrière H est inférieure au prix initial du sous-jacent S0 .
L’option est désactivée si St atteint ou franchit H à la baisse.
— Scénario : L’acheteur anticipe une hausse (Call) ou une faible baisse (Put), mais pense
que si le prix s’effondre jusqu’à H, son scénario initial est invalidé.
— Payoff Call DO : max(ST − K, 0) si St n’a jamais touché H, sinon 0.
— Payoff Put DO : max(K − ST , 0) si St n’a jamais touché H, sinon 0.
— Up-and-Out (UO) : La barrière H est supérieure à S0 . L’option est désactivée si St
atteint ou franchit H à la hausse.
— Scénario : L’acheteur anticipe une baisse (Put) ou une faible hausse (Call), mais pense
qu’une forte hausse jusqu’à H invalide sa stratégie.
— Payoff Call UO : max(ST − K, 0) si St n’a jamais touché H, sinon 0.
— Payoff Put UO : max(K − ST , 0) si St n’a jamais touché H, sinon 0.
1.1.2. Options "In" (Activantes)
Elles n’existent pas réellement au départ et ne sont activées (knocked-in) que si la barrière
est touchée. Tant que la barrière n’est pas atteinte, elles ne valent rien.
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— Down-and-In (DI) : La barrière H est inférieure à S0 . L’option s’active si St atteint
H. Une fois activée, elle devient une option vanille.
— Scénario : L’acheteur pense que le sous-jacent va d’abord baisser jusqu’à H avant de
potentiellement rebondir (Call) ou continuer sa chute (Put).
— Payoff Call DI : max(ST − K, 0) si St a touché H, sinon 0.
— Payoff Put DI : max(K − ST , 0) si St a touché H, sinon 0.
— Up-and-In (UI) : La barrière H est supérieure à S0 . L’option s’active si St atteint H.
— Scénario : L’acheteur pense qu’une forte hausse jusqu’à H est le signal d’une poursuite
de la hausse (Call) ou d’un retournement (Put).
— Payoff Call UI : max(ST − K, 0) si St a touché H, sinon 0.
— Payoff Put UI : max(K − ST , 0) si St a touché H, sinon 0.
1.2. Représentation Graphique des Payoffs
Les graphiques suivants illustrent les payoffs à l’échéance (T ). L’axe des abscisses représente
le prix du sous-jacent à l’échéance (ST ) et l’axe des ordonnées le gain ou la perte.
Call Down-and-Out (DO) Put Up-and-Out (UO)
PayoffCall Vanille Payoff Put Vanille
Call DO Put UO
Désactivé si St ≤ 80 Désactivé si St ≥ 120
ST ST
H = 80K = 100 K = 100
H = 120
Figure 1 – Comparaison des payoffs d’options "Out" avec leur équivalent vanille.
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2. Le Modèle de Black-Scholes Démystifié
Le modèle de Black-Scholes (BS)
C’est la pierre angulaire de la valorisation des options. Il fournit une formule fermée pour
le prix d’une option européenne, en se basant sur un ensemble d’hypothèses strictes. En
entretien, il est crucial de ne pas seulement connaître la formule, mais de comprendre son
intuition et ses limites.
2.1. Les Hypothèses Clés du Modèle
Connaître ces hypothèses est fondamental pour répondre aux questions sur les limites du
modèle.
— Le prix du sous-jacent suit un mouvement Brownien géométrique (ses rendements
suivent une loi normale).
— La volatilité (σ) et le taux d’intérêt sans risque (r) sont constants et connus.
— Il n’y a pas de dividendes versés par le sous-jacent.
— Il n’y a pas de coûts de transaction ou de taxes.
— Le marché est liquide et les ventes à découvert sont autorisées.
2.2. La Formule : Interprétation Intuitive (pour l’Entretien)
L’idée géniale de Black et Scholes est qu’on peut créer un portefeuille de réplication
sans risque, composé de l’actif sous-jacent et d’un emprunt/prêt au taux sans risque, qui aura
exactement le même payoff que l’option. Par absence d’opportunité d’arbitrage, le prix de l’option
doit être égal au coût de ce portefeuille.
Formules de Pricing Black-Scholes
Pour un Call (C) et un Put (P) européens, sans dividende :
C(St , t) = St N (d1 ) − Ke−r(T −t) N (d2 )
P (St , t) = Ke−r(T −t) N (−d2 ) − St N (−d1 )
Où les paramètres d1 et d2 sont définis comme suit :
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ln(St /K) + (r + σ2 )(T − t) √
d1 = √ , d2 = d1 − σ T − t
σ T −t
2.3. Décryptage des Composants pour une Discussion
— St : Prix actuel de l’actif sous-jacent (action, indice...).
— K : Prix d’exercice (Strike) de l’option.
— T − t : Temps jusqu’à l’échéance, en années (ex : 3 mois = 0.25).
— r : Taux d’intérêt sans risque annualisé (ex : OAT, T-Bill).
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— σ (Sigma) : Volatilité implicite annualisée du sous-jacent. C’est le paramètre le plus
critique. Il n’est pas directement observable mais "implicite" dans le prix de marché des
options. Il représente l’attente du marché concernant l’amplitude des futures variations
du prix de l’actif.
— N (·) : Fonction de répartition de la loi normale centrée réduite. N (x) donne la probabilité
qu’une variable aléatoire de loi N (0, 1) soit inférieure à x.
— N (d2 ) : C’est la probabilité risque-neutre que l’option termine "dans la monnaie"
à l’échéance (c’est-à-dire ST > K pour un call). C’est un concept théorique, pas la
probabilité réelle.
— St N (d1 ) : C’est la valeur actuelle de la possession de l’actif sous-jacent, pondérée par
la sensibilité de l’option au prix (N (d1 ) est le Delta de l’option). On peut l’interpréter
comme la composante "actions" du portefeuille de réplication.
— Ke−r(T −t) N (d2 ) : C’est la valeur actuelle de la somme que l’on devra payer à l’échéance
(K) si l’option est exercée, pondérée par la probabilité d’exercice (N (d2 )). On peut
l’interpréter comme la composante "emprunt" du portefeuille de réplication.
Le prix d’un call est donc simplement la valeur de ce que l’on s’attend à recevoir (St N (d1 ))
moins la valeur de ce que l’on s’attend à payer (Ke−r(T −t) N (d2 )).
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3. Pricing par Arbre Binomial : L’Approche Pas-à-Pas
Le modèle binomial
Proposé par Cox, Ross, et Rubinstein (1979), ce modèle est une méthode numérique qui
discrétise le temps. Il approxime le mouvement brownien géométrique de Black-Scholes
par un processus en treillis où, à chaque pas de temps, le prix du sous-jacent ne peut
évoluer que vers deux états : une hausse (Up) ou une baisse (Down). Son avantage est sa
simplicité et sa capacité à pricer des options américaines.
3.1. La Logique de la Probabilité Risque-Neutre
L’astuce du modèle est d’abandonner les probabilités réelles de hausse et de baisse. On calcule
une probabilité synthétique, dite risque-neutre (p), qui est la probabilité qui ferait en sorte
que le rendement espéré du sous-jacent soit exactement le taux d’intérêt sans risque. Dans ce
monde "risque-neutre", tous les investisseurs sont indifférents au risque et le prix de tout actif est
simplement la valeur actuelle de ses flux de trésorerie futurs espérés.
3.2. Construction de l’Arbre (Modèle CRR)
Pour que l’arbre converge vers le modèle de Black-Scholes, les facteurs de hausse (u) et de
baisse (d) sont définis à partir de la volatilité.
Paramètres du Modèle Binomial (Cox-Ross-Rubinstein)
Pour un arbre à N périodes sur une maturité T , la durée d’un pas est ∆t = T /N .
√
— Facteur de hausse : u = eσ ∆t
√
— Facteur de baisse : d = e−σ ∆t = 1/u
er∆t −d
— Probabilité risque-neutre de hausse : p = u−d
3.3. Exemple de Calcul : Arbre à Deux Périodes (avec calculatrice)
Valorisons un Call Européen avec : S0 = 100, K = 102, T = 6 mois (0.5 an), r = 5%, σ = 20%,
et N = 2 périodes.
1. Calcul des paramètres :
— ∆t = 0.5/2 = 0.25
√
— u = e0.20 0.25 = e0.10 ≈ 1.1052
— d = e−0.10 ≈ 0.9048
e0.05×0.25 −0.9048 1.01258−0.9048
— p= 1.1052−0.9048 = 0.2004 ≈ 0.5378
2. Construction de l’arbre des prix du sous-jacent :
— t0 : S0 = 100
— t1 : Su = 100 × 1.1052 = 110.52 ; Sd = 100 × 0.9048 = 90.48
— t2 : Suu = 110.52 × 1.1052 = 122.13 ; Sud = 110.52 × 0.9048 = 100 ; Sdd = 90.48 × 0.9048 =
81.88
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3. Calcul des payoffs de l’option à l’échéance (t2 ) :
— Cuu = max(Suu − K, 0) = max(122.13 − 102, 0) = 20.13
— Cud = max(Sud − K, 0) = max(100 − 102, 0) = 0
— Cdd = max(Sdd − K, 0) = max(81.88 − 102, 0) = 0
4. Remontée de l’arbre (Backward Induction) : On calcule la valeur de l’option à
chaque nœud intermédiaire en actualisant l’espérance des valeurs futures.
— À t1 :
— Cu = e−r∆t [p × Cuu + (1 − p) × Cud ] = e−0.05×0.25 [0.5378 × 20.13 + 0.4622 × 0] ≈
0.9876 × 10.82 ≈ 10.68
— Cd = e−r∆t [p × Cud + (1 − p) × Cdd ] = e−0.05×0.25 [0.5378 × 0 + 0.4622 × 0] = 0
— À t0 :
— C0 = e−r∆t [p × Cu + (1 − p) × Cd ] = e−0.05×0.25 [0.5378 × 10.68 + 0.4622 × 0] ≈
0.9876 × 5.74 ≈ 5.67
Le prix théorique du call est donc d’environ 5.67 €.