Pouvoir et domination en science politique
Pouvoir et domination en science politique
Marie Neihouser
30/01/2025
Mais qu’est-ce que le pouvoir face à la domination, pourquoi les individus obéissent et
reconnaissent au gouvernement un droit de les gouverner ?
I) Pouvoir et domination
D’un point de vue institutionnel, le pouvoir est caractérisé dans les gouvernants qui occupent
les fonctions officielles du pouvoir, garanties par les textes de lois.
Seulement, les détenteurs officiels du pouvoir ne sont pas toujours ceux qui exercent
directement le pouvoir : les hauts fonctionnaires par exemple n’ont pas de pouvoir officiel,
mais le mettent en œuvre dans les faits en rédigeant les textes, aidant les députés… Cette
définition institutionnelle n’est donc pas suffisante.
Robert Dahl définit donc le pouvoir comme une relation : « A exerce un pouvoir sur B dans la
mesure ou il obtient de B une action que ce dernier n’aurait pas effectué autrement ».
Mais comment obtenir l’obéissance alors, comment faire triompher sa volonté sur celle des
autres ?
On n’obtient du pouvoir que quand un individu fait ou ne fait pas une action à notre demande
malgré sa volonté contraire.
2) La notion de domination
La domination, en revanche, suppose que la relation de pouvoir s’inscrive dans des cadres
légitimes, s’appuyant sur la légitimité, il faut qu’elle soit acceptée par ceux qui la subissent :
c’est la possibilité d’avoir une puissance de façon à ce qu’elle soit acceptée par ceux qui la
subissent. La domination peut reposer sur des motifs de docilité de l’habitude à la rationalité.
Tout rapport de domination comporte nécessairement un minimum de volonté d’obéir grâce
à un intérêt ; qu’il soit extérieur ou intérieur, qui permet au pouvoir de s’exercer.
Pour se maintenir, le pouvoir doit être reconnu et correspondre à des croyances partagées
par l’ensemble des individus. Il doit être conforme aux croyances des individus de ce que doit
être le pouvoir.
Mais pourquoi les individus ont-ils alors ce « minimum de volonté d’obéir » ? C’est car ils
estiment que celui qui dirige à une légitimité à diriger et qu’il agit dans son rôle comme on
attend qu’il le fasse.
1) Domination traditionnelle
C’est une domination par habitude, car elle a toujours existé et tout le monde s’y est toujours
soumis. Elle puise sa légitimité dans les coutumes et l’habitude. Les institutions du pouvoir
sont justifiées par le seul fait de leur existence depuis un certain temps. C’est une
naturalisation du pouvoir avec le temps.
C’est cela qui caractérisait la société féodale et de l’Ancien Régime. Le détenteur d’un pouvoir
l’avait par habitude mais était donc aussi contraint d’agir selon les coutumes du détenteur de
pouvoir, il subissait aussi une contrainte en devant agir selon ce que les gouvernés attendaient
de lui. C’est l’idée du travail de domination
2) Domination légale-rationnelle
La source de légitimité n’est plus la coutume, le pouvoir est légitime car il est organisé par des
règles qui définissent les droits des gouvernés et des gouvernants. C’est légitime car on se fie
à des règles écrites. Le pouvoir est dès lors limité, ce pourquoi on est prêts à lui obéir.
On obéit davantage à des règles et des fonctions plus qu’à une personne en particulier, c’est
la fonction qui donne le pouvoir, cette domination dépersonnalise les relations de pouvoir.
C’est particulièrement le cas dans l’État de droit moderne, la légitimité de l’État repose dans
ses textes.
On a une juridisation des rapports de pouvoir, les relations de pouvoirs sont codifiées par le
droit.
3) Domination charismatique
Cette domination charismatique ne trouve pas son origine dans des structures organiques
stables, le chef court-circuite les institutions en établissant un rapport direct avec les
gouvernés. Ce type de domination transforme l’ordre établi, notamment à des périodes de
crises.
La personnalité de cette domination lui apporte une nature précaire et limitée dans le temps :
lorsque l’individu disparait, la domination disparaît du même coup, contrairement à la
domination légale-rationnelle.
Mais ces trois types de domination se combinent toujours entre eux : un chef d’état combine
la domination légale rationnelle avec celle charismatique et celle traditionnelle.
Partie 1 : Quels cadres de la vie politique ?
L’État est un assemblage institutionnel qui impose à une population déterminée sur un
territoire défini des règles de conduite et d’action par le Monopole de la violence légitime.
État = population, territoire, monopole de la violence légitime
I) La sociogenèse de l’État
L’approche évolutionniste
Cette approche est inspirée des travaux de Durkheim. Son idée est que la formation de l’État
s’explique par la division du travail impliquée par la modernisation socio-économique.
Celle-ci implique + de division des tâches. Un individu ne peut plus détenir l’ensemble du
pouvoir, la multiplication des échanges économiques et la complexité du monde social et de
la société obligent à une division des tâches de direction du même coup.
L’État naitrait de cette exigence de fonctionnalité, un seul individu ne peut plus tout faire tout
seul et c’est cette institution étatique qui va établir les lois et garantir l’ordre et leur respect.
Certaines institutions vont se spécialiser, ce qui découle de la modernisation socio-
économique.
L’approche marxiste
Tout État est le produit de la division de la société en classes sociales. L’État moderne serait
le fruit de la classe dominante (les bourgeois) et de sa volonté de dominer les autres classes.
Les institutions de l’État ne seraient donc que des outils bourgeois, une sorte de
superstructure pour étendre sa domination sur les prolétaires. La Création de l’État daterait
de la révolution industrielle, la bourgeoisie souhaitant s’accaparer les profits et la richesse de
la révolution industrielle.
Cela amène que si les prolétaires venaient à prendre le contrôle, l’État moderne n’aurait plus
lieu d’être puisqu’il n’aurait plus d’intérêt.
L’approche culturelle
Wallerstein considère que les États naissent avec le commerce mondial autour du XVIème
siècle. C’est la force de l’économie marchande, transnationale, qui détermine la formation des
États-nation car il devient nécessaire de réguler et territorialiser les différents pouvoirs. C’est
la division mondiale du travail qui change tout à travers l’économie monde.
Le centre avec les Pays-Bas, la Grande-Bretagne et la France sont les nations les +
commerçantes avec des villes et une économie forte, une industrie naissante et une
agriculture en transformation.
La périphérie, les colonies d’Amérique latine esclavagistes avec des serfs, soutenant
l’économie des états du centre.
La semi-périphérie (Europe périphérique) avec des métayers sous rémunérés.
Au centre, les États sont forts car ils exploitent les périphéries et empêchent ces dernières
d’accéder à l’autonomie puisqu’ils en ont besoin.
L’État est fort dans le centre car il est fonctionnel : il protège les activités économiques des
élites et contrôle les échanges maritimes.
L’absence d’institutions étatiques en périphérie est justifiée par la volonté du centre qui veut
maintenir sa domination et ses richesses.
C’est la position de l’État dans l’économie monde qui détermine sa puissance, son autonomie
et la qualité de ses institutions. Les échanges donnent lieu ou non à des États forts selon la
position dans l’économie.
3) L’État comme produit de la modernité administrative
L’apparition de l’état est liée à la capacité d’un groupe de se faire obéir sur son territoire par
sa population, et ce à travers la violence. C’est la violence légitime de l’État qui lui permet de
s’imposer en tant qu’État et d’imposer ses règles.
L’État établit alors une domination légale-rationnelle par une bureaucratie qui présente 5
caractéristiques :
- L’activité des fonctions publiques est réglementée et continue
- Principe de hiérarchie administrative qui peut contrôler toute autorité.
- Les règles sont appliquées par des fonctionnaires compétents et spécialisés
- Indépendance de l’administration : la direction administrative et les moyens
d’administration sont séparés, personne ne peut s’approprier l’ensemble du pouvoir
- Gestion administrative reposant sur des documents écrits.
C’est cela qui permet d’établir une domination légale rationnelle permettant à l’État de
continuer d’exister au-delà de la simple domination par la violence.
06/02/2025
4) L’État comme produit de la guerre
Charles Tilly : Pour lui, l’État nait de son désir de faire la guerre : « la structure de l’État
apparaît essentiellement comme un produit secondaire des efforts des gouvernants pour
acquérir les moyens de la guerre »
Le processus de construction de l’État moderne est affecté par les conflits car la guerre a pour
objectif d’agrandir le territoire et car l’État se renforce dans et par la guerre pour remplir des
fonctions administratives de + en + complexe. Pour réunir tous les éléments nécessaires à
la guerre (troupes, ressources économiques -impôts-, organisation…), il faut créer un État
centralisé et administré pour développer tout ça, mettant en place une pacification interne.
Au final, lorsque la guerre est finie, l’administration subsiste et continue à fonctionner même
en temps de paix.
Il crée un système fiscal pour obtenir des ressources ; il crée des liens avec les seigneurs locaux
et les intègre pour concevoir une armée, centralisant l’État ; en période de paix, les avancées
sont stabilisées et l’administration militaire peut avoir d’autres utilités civiles que la guerre
comme la construction d’infrastructures… , ce qui mène nécessairement à stabiliser aussi
l’impôt ; après la guerre, les participants à la guerre, les seigneurs, revendiquent des droits et
représentent le roi dans les territoires, intégrant la population dans le royaume.
Enfin, en tant de guerre, l’État accumule des dettes qu’il remboursera plus tard par des
services, lançant une dynamique de services d’État qui va perdurer.
Tout cela institue de manière durable l’État puisqu’il doit par la suite assurer une continuité
des services, amenant à ce que l’appareil d’État se développe.
Il pense la formation macrosociologique de l’État et ses conséquences sur les mentalités : avec
l’imposition d’un État central détenteur de la violence nait un processus de civilisation
touchant tout l’occident.
1) L’État régulateur
À cette forme d’État centrée sur les fonctions régaliennes succède progressivement l’État-
Nation qui connait son apogée au XIXème en Europe en s’appuyant sur + de politiques
publiques : transport, communications pour intégrer la population, politiques
d’enseignement et politiques culturelles pour unifier une culture nationale, imposer une
langue nationale et inculquer un début de patriotisme, notamment par l’histoire. L’idée de la
Nation se développe, rapprochant la population et développant également la puissance
centrale en la légitimant.
2) L’État protecteur
À la fin du XIXème, cet état régalien continue d’évoluer pour devenir un État protecteur avec
encore d’autres politiques publiques, des politiques de redistribution. On passe d’une
conception individuelle de la responsabilité et de la société à une conception plus collective.
On crée des systèmes d’assurance collective et de responsabilité collective ou l’État en entier
prend la responsabilité d’accidents comme des accidents du travail.
On a la mise en place d’une société assurantielle pour protéger la population des risques, les
risques pris en charge étant de plus en plus nombreux.
3) L’État providence
Les politiques redistributives sont renforcées par la 2nde GM, mettant en place des politiques
de protection sociale + larges. Déjà à la fin de la Première GM, on commence à mettre en
place des indemnisations des anciens combattants…
Avec la Crise de 1929 aussi une prise en charge de l’État se développe avec la conception
Keynésienne face à un capitalisme faillible. L’État commence à s’impliquer aussi dans
l’économie et, après 1945, cela se développe avec une politique de reconstruction du
territoire.
Cependant, même si cette évolution se voit dans la plupart des pays occidentaux, cela se fait
à différents niveaux et avec différentes mesures. Les régimes de protection sociale sont
différents selon les pays selon le développement de 3 critères selon Esping Andersen : la
logique fondatrice, le mécanisme de financement et d’allocation des prestations et le degré
d’autonomie par rapport à l’État (??).
1) État et nation
L’État œuvre à la « nationalisation » du territoire, son objectif est de se faire accepter, lui et
son idéal républicain, par la population. Il accompagne sa monopolisation de la violence et son
système fiscal par une harmonisation des consciences, il tente de rapprocher la population
pour qu’elle accepte de se soumettre dans son ensemble à un État.
Il a besoin de partager une langue commune, des coutumes communes, des symboles.
En France par exemple, pour se légitimer, l’État a cherché à construire la nation française à
travers des symboles (drapeau, hymne), des monuments, des outils (comme les statistiques
pour mieux connaître la population) ou des pratiques (par exemple le sport, le tour de France…
ou encore des fêtes nationales, la gastronomie…) rassemblant la population autour d’une
nation.
L’État est l’architecte de la nation via l’apprentissage, la mémoire de la communauté ou des
points administratifs (état civil, papiers d’identification…). Le sentiment d’appartenance
commune favorise la disparition des cultures locales et du communautarisme pour unifier au
niveau de la Nation.
Néanmoins, ce schéma historique n’est pas universellement partagé dans certaines régions
du monde. La nation n’a pas nécessairement besoin de l’État et l’État n’amène pas toujours à
la nation.
Conception française :
Retour au contrat social des lumières, nation contractualiste qui mène au fait que la nation
dépend de la volonté générale, la volonté de chacun, d’y appartenir. La nation n’est donc pas
naturelle, elle dépend d’une association volontaire des citoyens.
Cela a des implications pratiques : les frontières sont là ou la population accepte d’être part
de la nation, elles ne sont plus géographiques, et la nationalité n’est pas automatique ni
définitive : c’est l’adhésion à un destin collectif qui prévaut, une volonté de participer à la
nation donnerait la nationalité.
Conception germanique :
La nation est ici perçue comme une évidence culturelle, historique et biologique
indépendamment de l’État et de la politique. C’est une vision de la « Nation romantique ».
Cette nation est fondée sur l’existence d’une âme collective, de traits communs indépendants
de toute intentionnalité politique.
Cela amène, d’un point de vue pratique, au fait que les frontières sont fixées historiquement
et il est difficile de perdre ou de gagner la nationalité qui est inscrite dans les gènes de la
personne.
Cependant, ces deux visions de la nation sont schématiques : dans la réalité, l’acquis de la
nationalité a évolué depuis et nombre de penseurs français peuvent être réactionnaires et
défendre une vision fermée de la nation, plus proche de la vision « allemande » que de la
vision « française ».
Selon Ernest Gellner, l’État est au cœur du projet national par son rôle éducatif et sa capacité
à offrir une langue et une éducation communes garantes de son unité. Pour lui, l’État met en
place une école commune, la langue française… pour créer un sentiment d’appartenance
nationale. Cette « haute culture » (en opposition à la basse culture, paysanne) partagée par
tous fonde la réalité nationale.
Pour Karl Deutsch, le nationalisme est le produit de la modernisation économique : la
révolution industrielle a obligé les individus à un partage d’expériences et à s’éloigner de leurs
origines, brisant les unités villageoises pour une unité plus centralisée, nationale.
En mettant en pièces, en atomisant, la société communautaire villageoise d’avant, la
modernisation et la révolution industrielle pousse les ouvriers isolés dans un nationalisme
protecteur par peur de l’individualisme et de la solitude. Et l’État, en tant que moteur
économique du pays, développe les moyens de communication et pousse cette révolution
industrielle, favorisant la création de l’esprit commun et national.
La nation est une ressource politique pour l’État pour légitimer son pouvoir à travers un
sentiment d’appartenance de la population.
Pour Anthony Smith, le nationalisme n’est ni une donnée ni quelque chose de construit mais
plutôt le résultat du choc entre la tradition et la modernité. Le nationalisme relève d’un passé
ethnique (donné) investi et travaillé par l’État moderne ou les entrepreneurs politiques
(construit).
Le degré de consensus, est-ce que les gouvernés ont le droit de parole et de s’opposer : en
démocratie, liberté d’expression et d’opinion ; en régime autoritaire, contrôle de la liberté
de parole+ monopolisation du pouvoir par les dirigeants mais possibilité de penser
différemment ; en régime totalitaire, objectif de faire disparaitre toute forme de résistance,
chacun doit adhérer pleinement à une idéologie unique (propagande, censure, élimination
des opposants…)
I) La démocratie
1) Formes et principes
13/02/2025
Une compétition politique pluraliste :
C’est l’idée qu’il y a différents candidats et qu’on peut voter pour celui qu’on souhaite selon
les promesses et les programmes politiques que proposent les candidats et pas d’autres biens
matériels…
La compétition politique pluraliste n’est pas née avec le suffrage universel : historiquement,
elle nait dès le suffrage censitaire, réservée à ceux qui paient le cens parce qu’on estimait que
les plus pauvres, ignorants, n’avaient pas la capacité de s’intéresser à la politique.
Le marché électoral censitaire était très restreint, dominé par les notables (personnes
importantes bénéficiant de fortes ressources) et sujet au clientélisme : les candidats
proposaient des biens matériels aux électeurs et pas des biens politiques.
Ces habitudes de clientélisme sont restées tenaces jusqu’au début du XXème, même avec le
suffrage universel masculin. Malgré ce système, les notables sont renforcés par les élections
et se retrouvent toujours élus car les nouveaux électeurs ne sont pas habitués à la politique
et ne vont pas adopter un vrai raisonnement politique. Ils vont plutôt voter en fonction des
biens matériels qui leur sont offerts par les candidats.
L’élargissement du marché électoral fait cependant entrer de nouveaux acteurs en
compétition et les électeurs deviennent de plus en plus éduqués avec l’école obligatoire : des
républicains et plus uniquement des conservateurs ainsi que des véritables bases et
programmes politiques au lieu de clientélisme. Ils s’appuient sur des organisations
spécialisées dans la conquête des votes pour mobiliser les nouveaux électeurs.
Mais aussi des outils de démocratie délibérative : cela repose sur le principe de la
représentativité (citoyens tirés au sort et formés par des experts pour faire des propositions
aux élus ou au référendum).
Territorialisation du pouvoir
Distinction traditionnelle entre les États unitaires et les États fédéraux.
Mais cette distinction tend à se perdre : on observe une tendance à la centralisation des états
fédéraux puisque l’État central renforce son intervention dans l’économie et le social du pays.
En parallèle, les États unitaires ont tendance à se décentraliser et à transférer des
compétences réglementaires pour certains domaines de politique publique vers les autorités
locales élues
On a également une mise en place d’États régionaux (Italie et Espagne) avec un mélange
d’éléments communs aux 2 types institutionnels.
Le pouvoir des autorités locales tend à prendre des formes comparables dans l’ensemble des
démocraties contemporaines qui évoluent vers une régionalisation et une métropolisation
accrues, en lien avec l’importance politique accrue des territoires.
II) Le totalitarisme
1) Définition et caractéristiques
L’adjectif totalitaire est utilisé pour la première fois en 1923 par l’intellectuel libéral Giovanni
Amendola qui l’utilise pour dénoncer les pratiques fascistes qui viennent d’arriver au pouvoir.
(On considère cependant que l’Italie fasciste n’était pas totalitariste parce qu’elle n’a pas eu
la possibilité d’aller au bout du processus).
La notion est reprise par Mussolini lui-même en 1925 pour parler de sa volonté totalitaire puis
un philosophe fasciste (Giovanni Gentile) théorise le terme.
3 ans plus tard une revue américaine le définit comme le fait d’un État unitaire à parti unique,
fasciste ou communiste, né en réaction au parlementarisme.
Hannah Arendt a ensuite poussé la théorisation du totalitarisme plus loin : Les origines du
totalitarisme, 1951
Elle donne dedans 4 caractéristiques et spécificités du totalitarisme :
- Atomisation des masses : on vise à détruire les classes sociales pour qu’elles laissent
place à un ensemble d’individus apolitiques et abstentionnistes, on leur enlève toutes
leurs idées politique, on réduit l’individu en favorisant le groupe. Cette société trouve
notamment sa source après la 1ère GM ou la masse trouve un réconfort dans la figure
d’un chef outrancier et dominateur vis-à-vis des autres. Il redonne espoir au peuple
dans sa propre valeur.
- Type inédit d’organisation : le chef et le parti tout-puissant pénètrent l’État et créent
des institutions dédoublées au service exclusif du parti, du leader et de son idéologie
(Police d’État mais aussi Gestapo, armée nationale mais aussi formation SS…). Il n’y a
plus de distinction entre public et privé, le parti incarne l’État avec les masses et il n’y
a même plus d’État en soi même.
- Mode de domination qui se fait par la terreur est l’essence du totalitarisme pour
Arendt. Par exemple les camps nazis visent à détruire les opposants politiques mais
aussi des « ennemis objectifs », arbitraires selon des critères tels que la race ou la
classe sociale (en URSS notamment). Tout le monde peut être visé sans raison et une
terreur généralisée s’installe. L’extermination des populations se met en place et cela
mène à une élimination de la spontanéité elle-même en tant qu’expression du
comportement humain, l’humain ne peut plus s’exprimer suite à la terreur et c’est
pourquoi la masse perd toute son individualité.
- Une idéologie qui sert de boussole pour tous les individus perdus dans cette société
atomisée et sans identité. L’idéologie vise à plier le réel au nom des lois supérieures de
l’histoire ou de la nature : tout doit alors être interprété selon ces lois qui deviennent
une sorte de religion d’État dans laquelle tous doivent croire sous peine d’être
éliminés.
2 expériences seulement sont comprises comme totalitaires par tous : stalinisme et nazisme.
Bernard Bruneteau identifie 3 similitudes entre les 2 :
- Structuration du pouvoir avec un parti unique au pouvoir et une vie politique limitée
aux satellites du parti (organisations de jeunes…), un système juridique dépendant
uniquement du parti et un appareil policier surdimensionné et chargé de veiller à
l’application de l’idéologie de partout.
- La haine du libéralisme, qu’il soit politique (la démocratie) ou économique (libre
marché). Il y a une vision binaire de la politique, une opposition entre une
communauté (raciale ou sociale) face à un ennemi intangible (les juifs ou les
bourgeois). On oppose un « nous » uni face à un « eux » étranger, ce qui empêche
toute position médiane ou compromis. On est obligés de choisir son camp : soit on
soutient le parti soit on est contre et on meurt.
- La définition de l’ennemi : vision de l’altérité menaçante, l’autre est une menace pour
la société : l’ennemi s’apparente à celui qui rend impossible le rêve d’une société
unitaire et homogène. Il devient l’origine de tous les disfonctionnements dans la
société à la place du système totalitaire lui-même.
Pour Bruneteau, on ne peut pas parler d’un islamisme totalitaire, il y a des différences entre
le djihadisme et le totalitarisme :
1) Définition
Sur 239 régimes répertoriés entre 1950 et 1990, seulement 106 sont démocratiques. Les
autres ne le sont pas mais ne sont pas non plus totalitaires, comment les définir ?
Autoritaires
L’analyse des régimes autoritaires a souligné la diversité de ces régimes qui occupent une
place prépondérante dans le monde actuel : selon l’observatoire V-DEM, + de 70% de la
population mondiale vit dans ce type de régime.
Alvarez fait une distinction entre les régimes selon 2 critères : quelle est la place de la
mobilisation électorale et la place, le degré du pluralisme institutionnel.
On peut aussi les classifier selon qui détient le pouvoir et quels sont les fondements du
régime avec 6 sous-types :
- Le régime autoritaire traditionnel est dirigé par un clan ou une tribu et le régime se
fonde sur le patrimoine et le religieux. C’est par exemple l’Arabie Saoudite ou la Syrie.
- Le régime clientéliste est dirigé par un groupe familial qui se fonde sur le patrimoine
et la répression, c’est par exemple le Gabon.
- Le régime bureaucratique est dirigé par un parti unique qui se fonde sur une
bureaucratie et une répression organisée et importante. C’est notamment le cas des
démocraties populaires post-totalitaires (Europe centrale/de l’est)
- Le régime militaire est dirigé par une junte qui s’appuie sur la puissance militaire
comme la Birmanie
- Le régime mobilisateur est dirigé par un leader populiste et nationaliste comme au
Venezuela
- Le régime théocratique est dirigé par un clergé qui a une puissance religieuse mais
aussi économique et répressive comme l’Iran, exemple caractéristique du régime
théocratique.
Partie 2 : Quels acteurs de la vie politique ?
Politisation : processus par lequel un intérêt pour la politique, ses jeux et ses enjeux, se
développe dans la population. Ce processus est graduel au XIXème siècle particulièrement en
France. C’est l’extension du suffrage à l’ensemble de la population qui mène à ce processus
qui est très lent car il s’opère dans un cadre majoritairement rural et donc peu ouvert aux
préoccupations politiques : en 1900, 58% des actifs sont des agriculteurs.
La politisation c’est le phénomène qui pousse les individus à développer un intérêt pour la
politique et ses enjeux.
Eugen Weber, La fin des terroirs, c’est la fin des communautés locales pour aller vers une
société nationale, la France s’uniformisant et la population commençant à s’intéresser à la
politique au niveau national. Pour lui, c’est en comprenant au quotidien que le poids des
mesures nationales est important sur sa vie que le citoyen rural va commencer à s’intéresser
à la politique.
Pour lui, 4 facteurs justifient ce processus de nationalisation et donc de politisation :
- Développement des communications : transports + presse amènent à l’amélioration
de la circulation des hommes, idées, marchandises, mais aussi de la politique et de
l’idée républicaine, globalisant l’intérêt politique
- Scolarisation et éducation civique permettent de développer l’intérêt pour la
politique en formant les jeunes citoyens et d’uniformiser les territoires par un déclin
des langues locales au profit de la langue française. Si chacun reçoit la même éducation
et les mêmes référents, ils se sentent unis et plus impliqués dans la politique. Par
exemple, les cours d’histoire facilitent le processus de nationalisation de la population.
- Suffrage universel est un instrument de nationalisation de la société : en votant tous
au même moment et aux mêmes endroits républicains (mairies…), les citoyens
prennent conscience d’appartenir à un ensemble national. Le vote permet de réactiver
le sentiment national périodiquement mais régulièrement.
- La 1ère GM développe le patriotisme face aux autres pays et opère un brassage de la
population, toutes les origines sont mélangées et se retrouvent dans la guerre et face
aux mêmes difficultés.
Ils estiment que Weber sous-estime l’impact des cultures locales dans le processus de
politisation : c’est à partir d’elles que se construit l’intérêt pour la politique, les républicains
ont par exemple pu s’appuyer sur les identités locales. Dans cette vision, les identités locales
et nationales vont s’emboiter plutôt que se remplacer et s’opposer. C’est ce qu’avance J-F
Chanet.
Pour Maurice Agulhon, on observe une dialectique entre le local et le national dans le
processus de politisation : il analyse la diffusion de la symbolique républicaine en France et le
poids du Suffrage universel. Pour lui le Suffrage universel est le principal facteur d’éducation
politique : ils n’avaient pas de raison de s’intéresser à la politique auparavant. Mais avec ce
nouveau droit, la population l’exerce et développe un intérêt pour la politique qu’ils n’avaient
pas avant.
La politisation passe aussi par des lieux de sociabilité locale (associations, mutuelles, loges
maçonniques…). Ce sont des vecteurs d’acculturation politique qui font l’intermédiaire entre
les thèmes nationaux et locaux. La politique irrigue peu à peu la structure sociale villageoise.
Les cultures locales ne sont donc pas complètement passives face au processus de
politisation : ce n’est ni un pur processus d’apprentissage ni une contagion des centres urbains
mais un processus d’appropriation variable d’usages politiques nouveaux.
La population ne s’intéresse pas à la politique naturellement, il faut nationaliser l’information
et lui faire prendre conscience de son pouvoir.
Les campagnes électorales ont d’ailleurs une vraie influence pour impliquer l’ensemble des
acteurs dans la politique.
Les travaux sur la socialisation s’intéressent aux agents socialisateurs (famille, amis, médias,
pairs, école, classe sociale, partis, univers professionnels…), aux individus socialisés et au
contenu de la socialisation (connaissances, sentiments, sentiment de compétence, rejet de la
politique…)
1) Le rôle de la famille
C’est pendant l’enfance déjà que sont intériorisées les catégories d’évaluation et de jugement
et que se constituent les dispositions politiques et les croyances fondamentales.
Des travaux universitaires dans le Michigan dans les 1950’s-60’s montrent le rôle central de la
socialisation familiale et la précocité des préférences partisanes des enfants : on observe une
stabilité des opinions politiques qui s’explique par la transmission familiale des préférences
politiques. L’identification à un parti est stable et est transmise très tôt par la famille. On
observera plus tard que la préférence pour un parti est faiblement corrélée aux orientations
idéologiques structurées mais plutôt à la socialisation dans la jeunesse par la famille.
Annick Percheron prolonge ce modèle en France : les 10-14 ans ont des préférences politiques
proches de celles de leurs parents, d’autant plus si ces derniers avaient une préférence
politique vraiment importante.
La socialisation familiale passe par différents canaux : imprégnation, inculcation volontaire
(leçons de morales…), modes indirects de transmission (choix de l’école laïque ou religieuse…).
Percheron distingue 2 étapes : l’accommodation (les enfants modulent leurs comportements
et représentations pour s’adapter à son environnement) et l’assimilation (puisqu’il s’adapte
à son environnement, il obtient une identité et une acceptation en retour). Se socialiser, c’est
assumer son appartenance à une communauté donnée et manifester sa volonté de
s’intégrer.
L’influence familiale est cependant infirmée ou renforcée par les différents groupes
d’appartenance et par la cohésion des milieux de vie (lieu d’habitation, environnement
scolaire + ou – homogène… si le milieu de vie s’oppose à la famille, la socialisation familiale
sera moindre). La socialisation est un processus actif dans lequel la dimension affective est
essentielle. L’enfant construit sa personnalité et son rapport au monde et à la politique en
s’identifiant aux groupes dans lequel il vit, en en incorporant les normes et les croyances mais
en fonction de sa propre expérience.
Pour Doug Mac Adam, l’individu est + disposé à s’engager politiquement quand il est entouré
de personnes engagées : il a tendance à plus s’engager pour se conformer à ceux qui lui sont
chers, ses parents et sa famille.
La famille a aussi une véritable importance dans la transmission des choix idéologiques malgré
les transformations sociologiques en cours : 4/10 français s’inscrivent dans la continuité des
choix de leurs parents, d’autant plus si on ajoute ceux qui se considèrent apolitiques.
Seulement 8% ont changé de camp (gauche/droite) par rapport à leurs parents en 2008
(Anne Muxel)
Par ailleurs, le couple est également un élément de socialisation, la politique perdant en
importance dans l’intimité. La formation des couples obéit à des logiques sociales et la
convergence politique dans le couple est une norme. Anne Muxel montre que les ¾ des
Français convergent idéologiquement avec leur partenaire. (29% des couples sont tous deux
à gauche, 29% à droite et 17% ni de gauche ni de droite)
Les différents univers et normes auxquels les jeunes sont confrontés entrent en
interaction/compétition (enseignants/parents…) et même certains évènements ponctuels
(grèves, guerre, mai 68) peuvent tout changer.
L’individu n’est pas un réceptacle passif dans le processus de socialisation : si la famille joue
un rôle important, la socialisation n’est pas une reproduction identique. L’individu est pluriel
(Bernard Lahire), il est défini par la pluralité de ses identités sociales, de ses rôles et des
univers de socialisation multiples qu’il traverse. Il agit différemment selon avec qui il est et
réagit différemment à l’influence de ces personnes. L’individu porte une variété de
dispositions et d’expériences qui l’amènent à interagir avec les agents socialisateurs. La
socialisation est un processus de transaction entre l’individu et la société.
L’école est une communauté sociale différente de la famille et une expérience citoyenne.
L’école peut contredire et bousculer les représentations politiques de l’enfant.
La génération a une influence liée au fait d’avoir vécu des évènements commun (1968) et des
situations politiques différentes (clivage gauche/droite + ou – important).
Les médias amènent une dévaluation de la politique, ils sont souvent vus comme une
« socialisation à l’indifférentisme » (Sophie Maurer) l’absence de politisation ne signifie donc
pas une absence de socialisation. Les médias amènent une indifférence.
L’activité professionnelle a plusieurs variables changeant son influence politique : est-ce qu’on
travaille dans le public/privé, quelle est notre position hiérarchique… On observe un
conformisme politique selon sa place : un chef d’entreprise va rarement être de gauche, les
enseignants ont longtemps été à gauche, les ouvriers dont les usines sont gérées par la CGT
vont difficilement être de droite…
L’avènement du suffrage universel masculin en 1848 repose sur un postulat : le citoyen est
intéressé par la politique et compétent pour y prendre part à travers ses choix électoraux.
Or, les travaux sociologiques démontrent que cet idéal démocratique de la participation
fonctionne comme une mythologie : les citoyens sont globalement peu intéressés par la
politique et peu compétents.
1) Définitions
Participation politique = ensemble des activités via lesquelles les citoyens entrent en contact
avec l’univers du pouvoir en respectant certaines contraintes et règles du jeu
Malgré les efforts de formation et la socialisation, tous les citoyens ne sont pas intéressés par
la politique : peu de citoyens sont intéressés par la politique. Des travaux des 1960’s aux US
montrent le citoyen comme quelqu’un de passif et peu intéressé par la politique et, s’il est
intéressé, c’est de façon intermittente, à l’occasion de grands évènements. Les militants
partisans ne représentent que 1-2% de la population. Bourdieu théorise le concept de
« remise de soi » : les citoyens s’en remettent aux autres pour prendre des décisions.
Si le vote demeure une obligation morale pour beaucoup de citoyens, l’abstention ne cesse
d’augmenter, ce qui montre ce faible intérêt politique mais aussi une défiance croissante des
citoyens face à la politique et des phénomènes d’exclusion sociale.
Gaxie, Le cens caché, 1978, réfute l’idée d’un intérêt pour la politique universellement
partagé : seulement 10% des individus sont politisés via des activités politiques, et ces 10%
sont les plus riches et les plus éduqués.
Les compétences nécessaires à la participation politique sont très inégalement partagées :
La non-participation est en lien avec des processus sociaux d’exclusion du politique. Le
sentiment de compétence a une véritable influence et ce sentiment est relié au niveau de
diplôme/position sociale : les + diplômés se sentent plus compétents et donc + habilités à
produire des opinions politiques et le font donc plus.
Les individus atteindraient leur niveau maximal de compétence politique entre 30 et 60 ans
et la probabilité d’être compétent politiquement est + grande chez les hommes que chez les
femmes, les femmes sont plus prédisposées à renoncer à la compétence et aux pratiques
politiques car elles ont globalement un sentiment de compétence moins présent.
Cependant, certains groupes dominés compensent leur handicap par l’appartenance à des
groupes politiques. Par exemple, le PCF a politisé les catégories populaires et leur a fait
surmonter leur sentiment d’indignité et d’incompétence.
06/03/2025
Les inégalités scolaires agissent comme un cens électoral, comme un cens culturel d’autant
plus efficace qu’il est caché, malgré le fait que le droit de suffrage soit reconnu à tous.
« Le rapport d’exclusion que certains agents entretiennent avec la politique du fait de leur
position dans la structure sociale et surtout de leur infériorité scolaire ».
I) Partis politiques
Les partis politiques sont des organisations collectives structurées engagées dans la
compétition électorale en vue de l’exercice du pouvoir.
Les partis modernes, pour Max Weber, sont les « enfants de la démocratie, du suffrage de
masse, de la nécessité d’une propagande et d’une organisation de masse, du développement
d’une unité extrême de la direction et d’une discipline très rigoureuse ».
Ils sont nés de la nouvelle démocratie et du suffrage universel pour mobiliser les masses.
L’émergence des partis est aussi en lien avec le développement de la question ouvrière : le
prolétariat ouvrier qui manque de ressources compense avec une organisation, une nouvelle
façon de faire de la politique pour contrer l’influence des élites traditionnelles en s’organisant
syndicalement puis en formant les partis : la SFIO par exemple, créée en 1905 par Jean Jaurès
s’oppose à la politique coloniale et au nationalisme excessif. En 1920, la SFIO se divise avec la
SFIC (communistes) et finit par devenir le PS en 1968.
Maurice Duverger fait une distinction entre les partis de cadre et de masse.
Les partis de cadre : formés par des notables à forte influence locale pour des notables ; ils ne
cherchent pas à élargir leur base militante, ils demeurent sur leurs bases ; les structures
partisanes sont souples et peu hiérarchisées pour laisser leur liberté aux notables, assez
individualistes et au service de l’élu sans avoir d’idéologie précise et figée ; leur activité est
centrée sur les campagnes électorales et la vie parlementaire, ils sont peu actifs en dehors de
ces cadres
Les partis de masse : ils concernent le monde ouvrier (moins de ressources) ; encadrent
concrètement les militants ; ont une structure bureaucratisée et hiérarchisée (base militante,
sections locales puis nationales, bureau politique, secrétaire général) ; financement via des
cotisations militantes et pas sur des dons de personnes riches ; programme et l’idéologie est
importante et centrale dans la vie du parti ; l’activité du parti est permanente, y compris au-
delà des campagnes électorales (mobilisation des électeurs de tout temps) ; et le parti est
dominé par un groupe dirigeant au sommet de la hiérarchie du parti.
Pour expliquer la naissance des partis, Stein Rokkan avance une source des partis dans les
conflits sociétaux au moment où les partis apparaissent (XIXème/XXème) avec notamment 2
processus : la construction de l’État-Nation (« révolution nationale ») et la révolution
industrielle.
- La construction de l’État- Nation implique 2 clivages :
● Clivage état/église, entre les défenseurs des pouvoirs de l’église ou des pouvoirs
étatiques. Cela amène à une création de partis cléricaux avec des démocraties
chrétiennes (Espagne, Hollande) ou des partis radicaux et anti cléricaux (France,
Italie)
● Clivage Centre/périphérie dû à la question de la nationalisation du territoire. Cela
mène à la création de partis centralistes et jacobins (Espagne, Grande-Bretagne)
ou de partis régionalistes/indépendantistes (Espagne, Belgique ou même France)
- La Révolution industrielle :
● Clivage rural/urbain, création de partis agrariens/écologiques
● Clivage Patrons/salariés, Possédants/Travailleurs, menant à des partis bourgeois
(libéraux/conservateurs) et des partis des travailleurs (socialistes/communistes)
Cependant, cette observation de Rokkan fonctionne pour le XIXème mais moins pour la
situation actuelle : ce modèle a des limites.
- Il ne tient pas compte des révolutions politiques : en France, la vie politique est
structurée par le clivage gauche/droite qui remonte à la révolution. Les partis ont été
créés après ce clivage et ont donc été influencés, ce qui a été oublié par Rokkan.
- De plus, le modèle de Rokkan est centré sur l’Europe uniquement. Les US par
exemple n’y rentrent pas entièrement, le clivage centre/périphérie par exemple s’est
posé vis-à-vis de l’indépendance et du fédéralisme plus que sur la question de l’Église
par exemple. Le modèle est aussi moins opérant pour des régimes issus de la
colonisation pour qui les partis se sont créées principalement autour de la question
de l’indépendance.
- Aussi, ce modèle renvoie plus aux fondements historiques des clivages partisans et
de la construction des partis en n’observant donc pas les évolutions ultérieures dues
à des nouveaux clivages comme le clivage matérialisme/post-matérialisme théorisé
par Inglehart ou alors pro/antimondialisation.
Ces évolutions se concrétisent dans les Catch all parties et la professionnalisation partisane.
A) Les partis attrape-tout/catch-all parties
Ils s’adressent à une population plus large grâce aux médias et au recul de l’encadrement
apporté par les syndicats et les anciens partis politiques. Le public est trouvé grâce aux
médias de masse. Ces partis se fondent aussi sur l’augmentation de la volatilité du vote.
Le discours change car il ne s’adresse plus forcément à une catégorie de la population mais à
plusieurs en même temps.
La personnalité du leader est donc mise en avant et non son idéologie. Cette vision se
combine bien avec le système politique français.
Dans les années 90, des partis très incarnés prennent donc jour. Ils deviennent des “écuries
présidentielles”.
B) La professionnalisation partisane
Certes aujourd’hui on parle beaucoup des rejets de partis mais ce n’est pas récent.
20/03/2025
Petit à petit, la voie populaire est dépossédée par l’instauration d’un monopole de la parole
au profil des professionnels de la politique qui tentent de bénéficier à leurs intérêts
personnels.
Cela remet alors en cause le système représentatif en substituant la parole des dirigeants à
la parole populaire ayant des intérêts singuliers et individuels.
La Première tache d’un parti est de politiser un problème social (en proposant des
solutions, en discutant…) mais le fait que ce soient les oligarques du parti qui s’en chargent
dépossède le peuple au nom duquel il s’exprime pourtant de sa liberté d’expression.
La masse populaire finit par se remettre à des oligarques qui ne lui correspondent plus et
défendent leurs propres intérêts car elle se sent incompétente.
Avec l’évolution du mode de démocratie, la filière d’accès aux fonctions politiques change
aussi : c’est une filière partisane pour la démocratie des partis
Sous la IIIème République, le suffrage s’ouvre et les professions libérales (médecins, avocats…)
obtiennent plus de rôles parlementaires. Des compétences techniques sont nécessitées pour
obtenir une importance, par exemple les avocats ont des talents oratoires qui les soutiennent.
Ces nouveaux acteurs peuvent aussi s’appuyer sur des organisations non partisanes (loges
maçonniques…). Un nouveau savoir-faire politique se développe et des écoles commencent
à le transmettre (Sciences Po, ENA…).
Cette professionnalisation amène une transformation structurelle : on constate un
remplacement des biens privés qui étaient offerts par les notables par des « biens politiques,
publics et indivisibles » comme des idéologies, des programmes… De nouveaux biens
symboliques naissent et apparaissent comme structurant la vie politique
Avec cette professionnalisation du monde politique, la filière partisane se met en place.
L’engagement partisan a une fonction clé et la position dans le parti détermine tout :
On commence militant, on obtient une responsabilité dans le parti, un mandat local puis un
mandat parlementaire et, enfin, un poste gouvernemental.
D’une certaine manière, c’est plus méritocratique que la filière notabiliaire, c’est l’implication
dans le parti qui offre une possibilité d’intervenir dans la vie politique.
Le personnel politique constate une ouverture sociale : à partir de l’indemnisation des
mandats électoraux et du développement des partis, une possibilité de vivre de la politique se
développe même pour les plus faibles économiquement parlant. Les fonctionnaires ont une
part croissante dans le Parlement, de même que les ouvriers.
Cependant, cette ouverture sociale s’atténue sous l’effet de nouvelles formes de
professionnalisation, posant un problème de représentativité de l’Assemblée.
Une filière technocratique se développe par la suite avec la démocratie publique. Avec la
Vème République, on a un changement important avec l’accès des hauts fonctionnaires qui se
fait non plus par le parti mais par une technocratie partant des grandes écoles :
On fait une grande école, après on obtient un poste dans un cabinet politique puis un poste
gouvernemental avant d’obtenir un mandat électif. C’est moins méritocratique, il faut faire
partie d’un élite dès le début pour être sélectionné en grande école.
Cette filière technocratique est prépondérante au sommet de l’État : 5 présidents sur 8 sont
passés par ces étapes (Pompidou, GD, Hollande, Chirac, Macron)
Cela ferme socialement le monde politique : les concours d’entrée aux grandes écoles ont un
caractère socialement très sélectif. 2/3 des ministres du gouvernement du 1er quinquennat
d’Emmanuel Macron étaient diplômés de grande école.
I) Médias
Les médias deviennent alors une sorte de « quatrième pouvoir », ils deviennent le lieu du
débat public, de la conquête et de l’exercice du pouvoir. Le pouvoir se met en scène et prend
de l’espace médiatique et politique à travers les médias.
Ils peuvent aussi laisser s’exprimer l’opposition, représentant un contre pouvoir.
Ils ont donc un lien avec la démocratie et, d’une certaine manière, sont une condition de la
démocratie en permettant la liberté d’expression. Ils permettent une transparence politique
et une mise en débat des différents enjeux.
Pour Cyril Lemieux, ils sont un cadre essentiel de la démocratie car ils cherchent à informer
librement le citoyen, lui permettant d’atteindre l’idéal du citoyen éclairé et capable de voter
pour le candidat qui lui convient le mieux.
Mais en réalité, leur contribution au bon fonctionnement démocratique mérite d’être
nuancée, ce n’est pas toujours le cas, certains médias peuvent avoir l’effet inverse.
A) Médiacentrisme
Les médias, si leur influence est à nuancer, ne doivent pas être sous-estimés : ils contribuent
à CONSTRUIRE la réalité sociale. Ils ne sont pas des miroirs de cette réalité mais ils la forment
eux-mêmes à travers leur pouvoir de filtration, en choisissant ce qu’ils mettent en avant et
comment.
Les toutes premières théories sur les médias considèrent que l’individu est un récepteur
passif qui est soumis aux médias qui ont une influence conséquente sur lui.
Un autre groupe de théorie dans le même sens se développe dans l’École de Francfort (groupe
de chercheurs en accord). Cette école théorise les effets puissants des médias mais de
manière critique.
Selon eux, ils contribuent à la reproduction de l’ordre dominant et éloignent la pensée
critique. Puisqu’ils sont aux mains des classes dominantes, ils véhiculent leurs idées et
reproduisent leur ordre social. Le capitalisme triomphe alors et se maintient grâce aux médias.
Mais ce point de vue considère toujours l’individu comme passif et incapable de réflexion.
Cette école considère que la massification et l’aliénation des sociétés occidentales sont liées
à la « dénaturation » du débat public par l’apparition de ces médias et moyens de
communication de masse. Les individus se retrouvent isolés face aux médias, chacun chez soi
et donc éloignés de leurs groupes d’appartenance.
Selon Herbert Marcuse, les médias diffusent une culture de masse conformiste et
consumériste qui pousse la reproduction du modèle actuel.
Habermas considère qu’ils contribuent au déclin de l’espace public et à la dégradation du
débat public.
L’École de Francfort considère le pouvoir des médias mais le critique en considérant qu’il
reproduit un ordre inégal.
On a aussi des modèles technologistes qui considèrent que les moyens de communication
d’une société conditionnent les modes de pensée et d’agir.
Pour Marshall McLuhan, « le média c’est le message » : les médias audiovisuels comme la TV
cherchent plus à séduire qu’à faire réfléchir. Ils bombardent le spectateur d’information au
point qu’il ne peut plus réfléchir et ne peut plus que devenir passif. Il insiste sur le fait que
dans le processus de transmission de l’information, ce n’est pas le fond du message qui
compte mais plutôt sa forme et la nature du média qui le transmet.
Paul Lazarsfeld est le premier à avoir critiqué l’idée de l’importance des effets des médias.
Les anciennes théories considéraient l’individu comme n’ayant pas d’autres sources
d’information que les médias.
Lazarsfeld, lui, s’intéresse également à la relation que l’individu peut avoir avec l’information
médiatique et s’aperçoit qu’un ensemble de filtres vont limiter leur influence :
- L’exposition sélective : ceux qui reçoivent une information ont tendance à s’exposer à
un type d’information avec laquelle ils sont d’accord à priori. Par exemple, un électeur
de gauche va plus lire Libération que Valeurs Actuelles. Un média ne peut avoir
d’influence sur quelqu’un que si celui-ci s’expose à ce média et tous n’ont pas les
mêmes valeurs.
- La perception sélective : les individus vont percevoir le message différemment en
fonction de leurs attitudes politiques individuelles préalables. Un individu va
comprendre ce qu’il a envie de comprendre pour rester en accord avec ses idées. Les
individus sont rationnels et cherchent à éviter les « dissonances cognitives » (Léon
Festinger). En effet, s’il y a une contradiction entre le message reçu et les convictions
de l’individu, celui-ci va avoir tendance à rejeter cette information. On ne comprend
donc pas toujours l’information comme l’émetteur souhaiterait qu’on la comprenne.
- La mémorisation sélective : on oublie facilement une information, un message non
conforme à nos opinions personnelles.
Les médias ont donc plus un rôle d’activation par confirmation d’opinions préalables qu’un
rôle de conversion. Les médias informent mais la disposition de l’individu récepteur à recevoir
les messages joue un rôle fondamental.
En outre, le vote est souvent une expérience de groupe : les électeurs sont poussés par la
conformité pour être dans un groupe d’appartenance. Cela réduit le rôle des médias. Par
exemple, les campagnes électorales provoquent généralement le renforcement de la
cohésion des groupes d’appartenance.
De plus, l’information, les messages et leurs effets sont indirects : ils passent par un
médiateur avant d’arriver à l’individu : une information passe souvent par un relais, un « guide
d’opinion ». C’est la théorie du « two step flow of communication » : le guide, le leader
d’opinion est un individu informé et vu comme légitime au sein du groupe pour aborder les
différents sujets. C’est donc une figure d’autorité à laquelle les individus se réfèrent pour
établir leurs choix ou opinions. Par exemple un parent qui reformule à ses enfants le message
partagé par la TV.
L’influence des médias n’est donc jamais directe, elle est accompagnée de réappropriations
et de traductions dans les groupes sociaux du récepteur. Selon Elihu Katz, il faut moins se
demander ce que les médias font aux gens que ce que les gens font aux médias.
D) Théories de la réception
Quelles sont les capacités interprétatives du public et comment les médias peuvent-ils faire
en sorte que cette réception aille dans leur sens, quelle est leur capacité à prescrire les
thèmes du débat.
Pour Stuart Hall et le courant des « cultural studies », ils cherchent à comprendre la violence
culturelle subie par ceux qui ne détiennent pas les moyens de production intellectuelle et
de communication : ils font la distinction entre les logiques d’encodage et de décodage des
messages médiatiques.
- Encodage = intentions des émetteurs, qu’ils appellent les « encodeurs »
- 3 décodages possibles : la « lecture dominante » (qui accepte le message véhiculé), la
« lecture négociée » (qui trie le message) et la « lecture oppositionnelle » (qui refuse
le message pour des raisons idéologiques). Les individus peuvent détourner les
interprétations proposées par les producteurs à travers des grilles d’interprétation qui
le conduisent à interpréter différemment les messages médiatiques selon ses goûts…
Les références culturelles, les identités sociales et politiques des récepteurs peuvent amener
à un écart dans la réception d’un même message médiatique selon les individus.
Selon Brigitte Le Grignou, les Individus interprètent l’information en fonction de leur milieu
socioculturel : différentes catégories d’individus peuvent par exemple observer les intérêts
d’une série différemment selon leurs origines, leurs moyens…
Cependant, l’influence des médias est difficile à trancher scientifiquement pour des raisons
méthodologiques : les études empiriques sur la réception sont délicates, il est difficile de
distinguer l’influence des messages médiatiques des autres influences (famille…), ce qui
donne du crédit aux théories médiacentriques.
Aujourd’hui, on peut aussi se questionner sur les effets d’Internet : selon Markus Prior, en
2007, le JT fournissait auparavant une information politique commune à tous alors
qu’aujourd’hui, la multiplication de chaines non généralistes permet à ceux qui s’intéressent
– à la politique de s’en détourner et de regarder d’autres choses tout en amenant à la
polarisation des citoyens politisés.
E) Théories de l’agenda
Mais si l’influence des médias a des limites, les médias conservent la possibilité de mettre à
l’agenda, de donner de la visibilité à des sujets. Les médias disent moins ce qu’il faut penser
que ce à quoi il faut penser. Ils construisent les enjeux publics.
Agenda = ensemble des problèmes publics qui détermine à un moment donné l’attention du
public sur une action des pouvoirs publics. Un des éléments décisifs du conflit politique est la
définition de l’agenda : dans une certaine mesure, un problème n’existe politiquement que
s’il est consacré médiatiquement. Les médias ont donc le pouvoir de structurer les
préoccupations et connaissances du public. Ils définissent les thèmes dignes d’attention
collective.
Les médias ont différents rôles dans le processus de construction des problèmes :
- Agenda setting : ils définissent la saillance des enjeux, quel problème traite-t-on et est
le + important.
- Cadrage (« framing ») : ils définissent les situations sur lesquelles on se porte
principalement et comment on en parle : la manière de traiter d’un sujet selon
différents cadres.
- Amorçage (« priming ») : influence des critères de choix et de jugements, en avançant
une couverture médiatique importante à un évènement politique comme des
élections, les médias augmentent l’intérêt de la population
La manière pour un média de présenter un enjeu affecte sa signification (par exemple, pour
traiter de la pauvreté, user d’un exemple individuel donne l’impression que c’est sa faute alors
que montrer quelque chose + global donne l’impression que c’est une responsabilité de la
société) : les agendas et le cadrage des médias fonctionnent comme « l’amorçage d’une
pompe » (Erik Neveu). En rendant des enjeux visibles, les médias contribuent à en faire des
critères via lesquels les individus évaluent les candidats ou les gouvernements.
Les médias ont le monopole de l’interprétation des évènements politiques et sociaux : cela
contribue à la construction de la réalité sociale (« Nommer, c’est porter à l’existence »
Bourdieu). Aujourd’hui, la TV permet un accès à l’existence sociale et politique, et le
journaliste/les chaines télé ont donc un pouvoir de légitimation.
Pour Gebner, la consommation quotidienne de messages médiatiques forme un
environnement culturel qui contribue à la mise en intelligibilité du monde via des cadres
interprétatifs puissants malgré qu’ils soient implicites.
Les journalistes ont une capacité de consacrer des œuvres culturelles, intellectuelles ou des
hommes politiques. Il ne faut néanmoins pas surestimer ce pouvoir de consécration. Éric
Darras par exemple étudie les invités des émissions politiques de 1982-1993 et montre que
90% sont déjà consacrés par le champ politique avant le champ médiatique. Le champ
médiatique ne fait que reproduire des hiérarchies déjà présentes.
Bernard Manin établit le concept de « démocratie du public » : le peuple est moins représenté
par les parlementaires que par l’opinion publique, qui prend forme dans les sondages
d’opinion.
Les sondages sont donc des instruments de mesure de l’opinion publique
En 1936, Gallup prédit contre toute attente des professionnels la réélection de Roosevelt à
travers un sondage. Sa prédiction consacre l’efficacité des sondages qui sont importés en
France à partir de la présidentielle de 1965 (première au SUD).
Les sondages « enivrent » la vie politique (Alain Garrigou) et l’accélèrent (les coups de
communication s’enchainent pour peser sur l’opinion). Ils mesurent constamment la
popularité des gouvernants, l’adhésion aux politiques publiques etc… Ils ont un quasi-
monopole sur la production de l’opinion.
L’opinion publique est devenue ce que mesurent les sondages et tend à se réduire à l’opinion
sondée avec les sondages gagnant en importance. Même si on peut remettre en doute son
existence, elle est devenue un acteur essentiel des démocraties contemporaines.
03/03/2025
L’OP devient une notion importante quand le gouvernement commence à se fonder sur
l’assentiment du peuple mais garde de nombreuses définitions :
- Selon Ferdinand Tönnies (1922), l’OP est une « mystérieuse entité » qui s’est
« démultipliée » pour devenir « la chose qui n’existe pas mais dont nous nous
occupons le plus ». Cela montre la peur que les gouvernants peuvent avoir du
peuple, l’entité est mystérieuse, on n’en connait pas le fonctionnement.
- Pour Walter Lippman, l’OP est une masse faiblement organisée, indifférente et
changeante. Elle est donc relativement peu politisée mais est malgré tout
changeante et peut soudainement se mobiliser contre le gouvernement…
- Pour Jürgen Habermas, l’OP est une frange éclairée de la population, « opinant » au
terme d’une confrontation raisonnée et d’un processus délibératif
En vérité, l’OP consacre le peuple souverain tout en le faisant disparaître comme acteur
collectif : toujours invoquée, l’opinion peut même se révéler comme un substitut au peuple
souverain. Si elle a commencé comme la représentation d’une frange éclairée de la
population, l’OP finit par désigner les opinions + ou – constituées et construites du + grand
nombre. Au départ, l’OP est incarnée par des argumentations (d’hommes de lettres) mais
finit par devenir simplement une quantification du + grand nombre (par des enquêtes
d’opinions).
Les sondages ne font pas consensus, il y a des oppositions entre leurs auteurs qui les
défendent et des auteurs sociologiques plus critiques. L’OP ne s’exprime pas d’une seule voix,
elle est floue et la mesurer est difficile.
Bourdieu lui aussi fait des critiques en 1873 dans L’opinion publique n’existe pas : les sondages
produisent des artéfacts dont on fait un usage politique : ils produisent l’opinion plus qu’ils
ne la recueillent. Les sondages et médias « font l’opinion » (Champagne).
- Les sondages postulent à tort que les individus ont une opinion sur les questions
qu’on leur soumet, que toutes les opinions se valent et qu’elles ont une égale
consistance.
- Ils donnent l’illusion qu’il y a un accord sur les questions qui méritent d’être posées
- Or, en réalité, le fort taux de non-réponse (encore + dans les classes – favorisées)
montre que l’idée selon laquelle tous les citoyens sont partie prenante d’un débat
démocratique n’est qu’une illusion mensongère. Ils ne sont pas tous partie du débat
politique et démocratique
- Au final, la fonction des sondages est d’imposer une illusion qu’il existe une OP
comme « sommation purement additive d’opinions individuelles ». Or, l’état de l’OP
est à un moment donné un système de forces qui ne peut pas être bien représentée
par des pourcentages. Par exemple, l’opinion publique mesurée par les sondages ne
représente pas et dévalue toute l’opinion mobilisée dans la vraie vie par les
manifestations…
Les sondages traduisent au final les problèmes de ceux qui les commandent et constituent un
« archivage précieux des manières historiquement variables de problématiser, penser,
découper, reconstruire le monde social ».
Les sondages font-ils l’élection ? les effets sur les citoyens sont longtemps apparus comme
faibles, difficiles à mesurer ou contradictoires.
3 effets principaux pèsent sur électeurs (même s’ils s’annulent entre eux ou sont marginaux) :
- Effet bondwagon : ralliement d’une fraction du corps électoral au camp des
vainqueurs présumés (vote utile, Mélenchon en 2022 avec toute la gauche)
- Effet underdog : comportement électoral non opportuniste : les électeurs charitables
vont à la rescousse des candidats les plus mal placés
- Third-person effect : disposition de l’individu à considérer que les sondages exercent
des effets massifs sur les autres mais très marginaux sur soi-même (Patrick
Lehingue) : fait de se penser au dessus des effets des sondages, on pense voter pour
quelqu’un pour ses idées alors que c’est suite aux sondages, on reste influençable.
Cependant, il faut se rappeler que les personnes les plus exposées aux sondages sont aussi
ceux qui sont les moins influençables car ils sont plus intéressés et ont des convictions
préalables + fortes. Les individus les plus influençables (peu politisés et instables) sont
globalement indifférents aux sondages car ils ne les voient pas.
Les sondages sont un élément d’appréciation parmi d’autres dans les décisions électorales :
ils ont eu un rôle dans la production d’un « vote utile » fondé sur l’anticipation des scores
des candidats : en 2002, on peut se demander si Jospin aurait été éliminé au premier tour par
Le Pen si les sondages l’avaient prévu. Avec la menace de l’ED, un vote utile aurait pu se mettre
en place.
Selon Patrick Lehingue, les sondages contribuent à « défaire l’élection », ils en font un jeu.
Les sondages ont un effet incontestable sur le jeu politique. Ils contribuent à la stratégisation
du jeu politique (le jeu prend le pas sur les enjeux). Via les enquêtes de popularité, les
sondages contribuent à renforcer la personnalisation de la vie politique (par exemple, pour
les législatives, des électeurs RN avaient cherché de partout le bulletin Jordan Bardella car les
sondages avaient testé le soutien pour Bardella comme PM) : ils contribuent à présélectionner
les candidats potentiels et à les hiérarchiser.
Si l’OP n’existe pas, l’usage politique des sondages est bien réel : ils font parler l’opinion et
instituent les « sondologues », les journalistes et les commentateurs en exégètes légitimes de
l’opinion. Le cercle politique (Champagne) fétichise les sondages : ils sont présentés comme
scientifiques, ils habilitent à parler au nom de l’opinion et à s’en faire les portes-paroles.
Partie 3 : Quelles pratiques politiques en démocratie ?
André Siegfried, dans son Tableau politique de la France de l’Ouest (1913), cherche à expliquer
le vote dans 14 départements de l’ouest entre 1870 et 1910 en mettant en relation la
répartition locale des votes et propriétés géologiques, économiques, démocratiques et
sociales des territoires. Il mobilise les résultats électoraux, géologiques, démographiques,
études cadastrales et fiscales des régimes de propriété foncière, la proportion de filles
scolarisées, les limites géographiques des dialectes… Et il obtient un résultat avec 2 types de
milieux politiques :
- Un « milieu de droite pure » : c’est la « coexistence de la grande propriété, de la petite
exploitation et du cléricalisme dans un pays de population éparse » : le vote à droite
est associé à des terres granitiques qui retiennent l’eau : l’habitat est alors dispersé
autour de nombreux puits et dominé par des grands propriétaires. Les occasions de
regroupement sont les messes, ce qui démontre d’une forte influence de l’Église et
des propriétaires fonciers, avec une structure sociale hiérarchique et claire.
- Un « milieu républicain » : là où « la petite propriété coïncide avec l’absence de
cléricalisme et où le groupement des habitations favorise la naissance d’une opinion
collective » : le vote à gauche est associé à des terres calcaires imperméables avec un
habitat concentré autour des rares points d’eaux (paysages d’openfield). La structure
de la propriété est plus diversifiée et égalitaire, les échanges sociaux sont +
nombreux et l’influence de l’Église est moindre
Le modèle explicatif repose sur une étude des structures matérielles de société
(géographiques : types de sol ; démographiques : mode de peuplement ; sociales : régime de
propriété) ainsi que sur l’importance de l’explication politique par la dépendance sociale : le
vote s’explique par le contrôle ou non d’un propriétaire terrien ou du prêtre :
Sous-sol Habitat Régime de propriété structure sociale Place du clergé ou de
l’instituteur Orientation du vote
Cette analyse pose problème au niveau de l’environnement (social…) avec des limites
méthodologiques. Elle pose 4 difficultés :
- Choix de l’unité d’analyse : doit présenter le maximum d’homogénéité sociale car, si
les unités sont très hétérogènes, la valeur de chaque variable sera une moyenne
réunissant des sous-ensembles très opposés. Par exemple, avec une ville très clivée
mais avant autant d’extrême des deux cotés selon les quartiers, si on ne compte que
la ville dans son ensemble, on va arriver à une moyenne centriste ne représentant pas
la vérité. Et cela ne rendra pas non plus compte de l’extrême majorité d’un coté dans
certains quartiers. En observant la ville, on obtient pas les mêmes résultats qu’avec
les quartiers.
- Risque de confusion entre corrélation et causalité : la mise en évidence d’une relation
ne permet pas de conclure directement à l’existence d’une causalité
- Le risque de passage de corrélation écologique (environnementale) à corrélation
individuelle (une corrélation constatée sur un collectif peut ne pas être vérifiée au
niveau individuel). Par exemple, William Robinson montre qu’une forte corrélation
entre le taux d’analphabétisme et le taux de population noire aux US ne signifie pas
que les Noirs sont plus analphabètes que les blancs : la corrélation diminue avec une
échelle d’observation plus précise. La relation qui semble forte à un haut degré
d’agrégation, à grande échelle disparaît à plus basse échelle car elle ne concerne pas
les individus mais leur environnement. Il ne faut pas établir de corrélation individuelle
en partant de la corrélation écologique
La corrélation écologique peut s’expliquer d’une autre manière : l’analphabétisme est
plus élevé dans les zones géographiques rurales en particulier, où il y a des Noirs et des
« pauvres Blancs » ainsi que diverses majorités ethniques, souvent moins intégrées
que les Noirs : Il faut donc faire attention à « l’illusion écologique », illusion induite en
vérité par l’environnement.
- Risque de l’inférence écologique : Robinson souligne qu’on ne peut déduire des
comportements individuels des données recueillies à un niveau agrégé : par exemple,
corrélation entre 60% de votes pour un candidat au niveau communal et la même
proportion de familles ouvrières dans cette commune ne permet pas
automatiquement de dire que les ouvriers ont voté pour ce candidat.
Malgré ces critiques, l’analyse géographique a vécu un renouveau car elle est utile pour
comprendre la progression du FN/RN dès les 80-90’s. :
Il était sous-déclaré dans les sondages, les gens avaient honte de voter FN
Il bousculait les partis et les clivages traditionnels, il met en question des variables lourdes
(sociologie électorale)
La répartition territoriale de ses bastions électoraux (ligne Le Havre/Valence/Perpignan) a
généré un intérêt pour les territoires du vote
Tout cela a mené à un intérêt pour la géographie électorale.
Le « gradient d’urbanité », la distance entre les lieux de résidence et les agglomérations peut
expliquer le vote FN/RN : la distance au centre-ville (et donc aux infrastructures) génère une
frustration sociale et un sentiment de relégation expliquant un vote protestataire : les
catégories populaires ont quitté les agglomérations pour aller dans les zones périurbaines
(revenu assez faible, fragilité du tissu économique local, dépendance au prix du carburant,
petite délinquance, disparition des services publics…) qui s’opposent aux grandes villes :
accroissement de la population issue de l’immigration dans les quartiers populaires des
grandes villes et plus de cadres et professions intellectuelles qui ne votent pas FN.
Le FN fait une poussée dans le périurbain mais est rejeté dans le cœur des agglomérations.
Les réalités sociales expliquent ces différentiels de vote : les centre villes sont habités par des
jeunes surdiplômés, des cadres supérieurs, contrairement aux zones périurbaines.
Attention, selon Frédéric Sawiki, toutes les grandes villes ne se ressemblent pas : par
exemple en 2017, le vote Macron était 2x + répandu à Paris qu’au Havre, le gradient d’urbanité
va avec un gradient social.
Pour l’école de Columbia, « une personne pense politiquement comme elle est
socialement » : cela s’oppose au mythe de la démocratie américaine d’un citoyen éclairé
votant individuellement après avoir étudié les programmes.
10/04/2025
L’école du Michigan :
The American Voter, 1960, Angus Campbell, Philip Converse, Warren Miller et Donald Stokes
ont une inclination pour les variables sociales en se centrant sur les perceptions politiques
des électeurs, ce qui était plutôt laissé de coté par l’école de Columbia.
Guy Michelat et Michel Simon (France, 1980) : l’homogénéité politique des environnements
familiaux ont un rôle dans la production des choix. Les indicateurs d’intégration + ou – forte
à des milieux porteurs de systèmes de valeurs montrent que les ouvriers qui sont souvent
mariés à des ouvrières ou enfants/petits-enfants d’ouvrier ont + de chance de voter à gauche
que des ouvriers enfants d’ouvriers mais petits-enfants d’employés. Cette homogénéité se
trouve donc dans les choix électoraux. Cela se vérifie encore aujourd’hui, par exemple en
2017 : un cadre marié à une cadre a plus de chances de voter aux législatives qu’un cadre
marié à une employée : plus le milieu social et politique est stable et homogène, plus elle
a une identification politique stable et appuyée.
B) Le rôle des variables lourdes
À partir de ces 2 pôles, il y a un continuum sur lequel chaque électeur peut être placé : + la
pratique religieuse est fréquente, + il va être de droite. Plus il aura d’attributs (profession de
lui et des parents, du conjoint…), de liens avec le milieu ouvrier, plus il sera de gauche.
La classe sociale et religieuse sont des attributs individuels susceptibles de favoriser un
système de valeurs et de normes façonnant les représentations du monde et de la politique.
Législatives en 1978 : Le Cevipof confirme cette analyse et met en évidence le vote des classes
moyennes (qui devient la + importante) : Elles votent plutôt pour le PS mais c’est plus
complexe : cela dépend de l’origine sociale (PS si populaire), du statut professionnel (si
salarié), du secteur (si public) et des valeurs (si libéralisme culturel). Ce groupe là se distingue
des « catholiques éclairés » et des « communisants » sur les mœurs (peine de mort,
avortement)
+ on est salarié et rattaché au secteur public, -on a de patrimoine et plus on vote à gauche.
Mais des variabilités existent tout de même : même en tant que salarié dans le public, si le
métier et le revenu sont en lien avec le mérite individuel, on va + voter à droite. De même
selon la place dans la hiérarchie/administration.
On constate aussi un embourgeoisement du vote PS et une installation du vote à la
droite/extrême droite chez les classes populaires.
Le genre
Existe-t-il un comportement politique différencié entre hommes et femmes quant à la
participation aux scrutins et à l’orientation du vote ?
Évolutions du gender gap : les différences entre les genres se transforment/s’estompent, les
vies se rapprochent : jusqu’aux 70’s, l’écart de participation était de 7 à 10% et les femmes
avaient une orientation plus conservatrice avec un survote pour la droite (influence du
catholicisme).
Cela s’expliquait par des écarts d’éducation (2x moins au lycée que les hommes), un écart
d’âge (plus âgées), plus pratiquantes (52% chez les femmes contre 29% en 1952) et les femmes
étaient donc moins enclines à voter à gauche ou voter tout court.
Mais dans les années 1970, le gender gap a diminué, elles sont entrées sur le marché du travail
et le féminisme s’est développé…
Émergence d’un nouveau gender gap (1980’s) : léger survote de gauche chez les femmes +
moindre vote FN. Mais ce « radical right gender gap » (les femmes votant moins à l’ED)
s’estompe depuis les années 2010 (changement à la tête du parti + dédiabolisation de l’ED).
Par exemple, en 2017, le programme FN insiste sur l’égalité salariale, la lutte contre la
précarité professionnelle (concerne + les femmes) et la lutte contre l’islamisme (présenté
comme une menace pour les droits des femmes)
Il y a également une 2ème acception du genre : on peut observer le vote selon l’orientation
sexuelle : elle n’est pas déterminante malgré un agenda politique tourné sur des enjeux liés
(mariage pour tous, PMA, adoption pour les gays...). Selon Brouard, l’orientation sexuelle n’a
pas d’influence sur le vote : les homos votent dans les mêmes proportions que les hétéros
pour le FN/RN. La seule nuance est que les femmes homos votent plus à gauche (43% des
femmes homosexuelles votent à gauche contre 28% des femmes hétéros)
L’Âge
L’âge, en vérité, est non déterminant dans l’orientation électorale. Le vote jeune ne se
distinguerait pas réellement du reste.
Cependant, si l’orientation du vote des jeunes n’est pas différente, leur niveau de
participation est différent : les jeunes sont surreprésentés parmi les abstentionnistes. Par
exemple, législatives 2017 : 77% des 18-25 se sont abstenus (par rapport à 39% pour les + 70
ans). De même en 2022.
L’orientation du vote est donc différente, mais la participation est moins forte.
Cela s’explique par plein de facteurs : on n’est pas encore stabilisé en terme d’ancrage
géographique (difficultés pour voter), dans la vie active et on n’y a peut-être pas réfléchi, on
est moins touché par la retraite… De plus, il y a une autre vision du vote, comme un droit et
non un devoir.
En revanche, les jeunes vont parfois faire des choix vers des partis plus « challengers », plus
nouveaux comme LFI en 2017 qui a récupéré 42% des votes des primo-votants en 2022.
Par ailleurs, c’est peut-être la génération plus que l’âge qui joue un rôle : une génération est
marquée par des évènements extérieurs propres à la génération comme Mai 68, ou une
génération peut être très marquée par Le Pen au deuxième tour en 2002. Ce sont donc plus
les évènements vécus que l’âge qui influence.
Variable ethnique :
On ne peut pas la considérer en France, les variables ethniques sont interdites.
Mais c’est permis aux US, ce qui a mis en évidence des clivages ethniques : la population noire
serait beaucoup + favorable au parti démocrate. À partir de 2016 avec l’élection de Trump, le
vote des « angry white men » s’est développé en opposition. En 2020, 87% des afro-
américains avaient voté Biden, 96% en 2008 pour Obama, 67% en 2020 pour Biden alors que
les Blancs étaient majoritairement pro-Trump : 57% en 2020
La population noire peut faire son choix en fonction d’évènements forts rappelant une
histoire partagée de souffrance : même les bourgeois noirs ont tendance à voter démocrate
grâce à la mémoire de la souffrance partagée qui prend le pas sur les intérêts propres.
C) Les variables lourdes aujourd’hui
Il y a un débat sur la perte de portée explicative des variables lourdes car le vote des ouvriers
a évolué. Il y a un désalignement du vote ouvrier de la gauche depuis les années 1970. En
1988, écart de 33% entre le vote à gauche et le vote à droite chez les ouvriers alors que cet
écart n’est plus que de 13%. En 2017, seulement 37% des ouvriers votent à gauche.
Réalignement du vote ouvrier avec la droite avec une prépondérance de la droite radicale
Mouvement de droitisation du vote ouvrier dont le RN est le principal bénéficiaire. Le Pen est
en tête au premier tour des présidentielles.
Attention ce ne sont pas forcément les mêmes ouvriers qui hier votaient à gauche qui votent
aujourd’hui RN : avec la dégradation des conditions de vie et d’emploi, on a un glissement de
défense d’une « respectabilité ouvrière » vers une « respectabilité nationale » face à des
immigrés perçus comme « assistés » et des facteurs d’insécurité.
Par ailleurs, à partir de 1970, le PS évolue d’un électorat populaire vers un électorat de CSP+
habitant dans les grandes villes. En 2012, les cadres se positionnent à gauche de 19% + qu’à
droite. Après cela, elles se tournent en 2017-2022 en faveur d’Emmanuel Macron.
Aujourd’hui, le vote le plus marqué socialement est le vote des indépendants : c’est un
bastion social de la droite avec un très fort alignement sur ce camp.
Aussi, le rapport à la religion catholique garde une importance : il a une grande stabilité avec
un alignement des catholiques sur le vote de droite. À l’inverse, les athées sont le noyau dur
de l’électorat de gauche.
En 2012 :
- Survote à gauche lors du premier tour : François Hollande obtient 57% chez les
musulmans contre 29% en moyenne. 20% pour Mélenchon contre 11%
- Seulement 7% des musulmans auraient voté pour Sarkozy et 4% pour Le Pen
- Le survote Hollande aurait été plus prononcé chez les catégories + populaires (+36%
par rapport aux populaires non musulmanes)
Mais en vérité, la variable religieuse cache d’autres variables : ils ne votent pas à gauche
parce qu’ils sont musulmans mais à cause d’autres raisons :
- Origine géographique qui cause une expérience de + de discriminations… Le survote
à gauche ne s’explique donc pas par la religion mais par les origines et des réactions
stigmatisantes subies. L’épreuve des discriminations les conduirait à exclure les
candidats stigmatisant le + la religion musulmane et à favoriser les candidats
condamnant les discriminations.
III) L’individualisation du vote
À partir des 60’s, il y a un développement d’approches laissant une place + large à l’autonomie
des individus dans les choix électoraux.
The Changing American Voter, 1976 (Norman Nie, Sidney Verba, John Petrocik) : il y aurait
désormais plus d’électeurs indépendants aux US (ni républicains ni démocrates). Les
identifications seraient moins durables aujourd’hui. En 1964, + de ¾ des électeurs s'identifient
aux grands partis alors que ce ne serait que 62% 10 ans plus tard.
Leur autonomie croissante s’expliquerait par une part + importante du « vote sur enjeux » :
on vote plus sur certains enjeux jugés prioritaires, en regardant les programmes afin de faire
un choix chez des candidats qui veulent défendre leurs intérêts plutôt que des candidats
familiaux historiquement.
L’électeur est Homo Oeconomicus : un calculateur utilitariste : le jour de l’élection, il fait son
marché. Selon G. Tullock : « Électeurs et consommateurs sont essentiellement les mêmes
personnes, M. Martin consomme et vote. Qu’il soit dans un supermarché ou dans un isoloir,
il demeure le même homme. Aussi n’y a-t-il aucune raison de croire que son comportement
sera différent selon qu’il se trouve dans l’un ou l’autre de ces lieux. » Le citoyen supposé
participer à l’intérêt général cherche en même temps son intérêt personnel.
Les électeurs évaluent donc les actions des gouvernements via 2 critères principaux : le taux
d’inflation et le chômage. Ce modèle permettrait de comprendre les changements
électoraux : c’est car les électeurs modifient leurs préférences sur ces sujets qu’il y a une
alternance politique, selon les performances des gouvernements.
Mais il y a eu beaucoup de critiques : la rationalité prêtée aux électeurs serait trop forte, ils
n’auraient pas les éléments pour être rationnels à ce point.
Nouvelle idée de l’électeur raisonnant (Popkin, The Reasoning Voter, 1991) : les électeurs ont
un niveau de connaissance médiocre, mais ce déficit cognitif n’est pas paralysant : les
citoyens activent des raccourcis cognitifs suffisants pour faire des choix raisonnables. Ces
raccourcis permettent de classer les candidats à travers sa vie quotidienne. Cela passe par
les observations de la vie quotidienne, des stéréotypes, des impressions lors d’un passage TV…
permettant à l’électeur de faire son propre raisonnement sans avoir d’informations précises.
La campagne électorale est l’ensemble des actions pour informer et propager des conceptions
politiques pour mobiliser et persuader les électeurs. Cela mobilise différentes ressources
matérielles, humaines, idéologiques et symboliques…
Cela amène une nécessité d’analyser la campagne électorale en tenant compte de l’ensemble
des interactions entre les candidats, les électeurs et les médias pour comprendre les variations
et les mobilités des choix électoraux.
24/04/2025
En 1965, Lester Milbrath fait un bilan des activités non contestataires des citoyens US sur 20
ans. Il constate qu’1/3 des citoyens est à l’écart de toute vie démocratique et que la majorité
des citoyens n’est que spectatrice d’un jeu politique dont elle ne comprend pas tout à fait les
règles. C’est une prise de conscience du faible niveau global de connaissances, de cohérence
des attitudes et des opinions et d’une forte instabilité dans le temps des citoyens au niveau
politique.
Déjà au début des 60’s, Philip Converse interroge les mêmes individus plusieurs fois en 4 ans :
il observe que beaucoup ne maîtrisent que peu le clivage entre les libéraux et les
conservateurs (pourtant structurant aux US) et l’évolution fréquente des réponses sur les
grandes politiques publiques le conduit à une hypothèse : les réponses étaient données au
hasard par les citoyens pour combler leurs méconnaissances.
Angus Campbell, lui, observe que seul 1/10 des citoyens a une compétence politique, ce qui
va complètement à contre-courant de la mythologie aux US sur le citoyen éclairé. Ils publient
à eux deux l’ouvrage The American Voter.
Et si on pourrait se dire que c’était le cas avant mais que ça a changé, en 2008 encore, Lewis
Beck confirme que la proportion de citoyens politisés (susceptible de suivre et comprendre
un débat TV entre politiques) ne représente qu’1/5 de la population électorale. (The
American Voter Revisited)
Il faut par ailleurs se rappeler que la politisation ne se distribue pas au hasard dans l’espace
social : les + diplômés/aisés/intégrés sont aussi les + politisés : la compétence augmente avec
le niveau de diplôme. (Daniel Gaxie, Le cens caché, 1978)
Or, le niveau de participation dans la vie politique et publique est fortement corrélé à la
compétence politique. Si les scrutins de haute intensité (clivages clairs, intensité médiatique,
personnalisation des enjeux) reçoivent un vote malgré un manque de politisation, ce n’est pas
le cas quand l’intensité diminue : le niveau de diplôme est alors un déterminant de la
participation politique, et encore + pour les activités + couteuses en temps (démocratie
participative…).
B) Ampleur de la démobilisation
Selon le Cévipof en 2022 : l’abstention a toujours été supérieure, depuis 1981, aux élections
législatives qu’à l’élection présidentielle. L’abstention à la présidentielle ne dépasse jamais
30% (2002) alors que celle aux législatives n’a fait qu’augmenter et va jusqu’à dépasser les
50% en 2022.
Par ailleurs, la montée de l’abstention aux législatives est constante alors que celle aux
présidentielles est irrégulière, elle dépend des candidats et de la situation.
Il apparait que le sentiment d’éloignement de la politique des citoyens n’a jamais été fort :
ils ont le sentiment que les élus ne se préoccupent plus de leur situation et qu’ils ne croient
plus en leur capacité à améliorer leur existence. Records historiques d’abstention depuis 20
ans : en 2017 : il y avait plus de personnes inscrites à s’être abstenues au moins une fois que
de personnes ayant voté aux 2 tours. Cependant, 86% des inscrits s’étaient tout de même
déplacés au moins une fois aux urnes sur la séquence présidentielle + législatives.
L’étude de la démobilisation électorale doit tenir à distance l’explication en termes de
rupture avec le vote et la vie politique : ce qui baisse, c’est le vote constant mais il n’y a que
peu d’abstentionnistes constants.
C) Quand les abstentionnistes sont aussi des votants : quel modèle explicatif pour la
participation électorale ?
Si l’abstention grandit, elle n’est pas systématique (elle dépend de l’élection…) : les citoyens
s’abstiennent mais continuent de voter à la présidentielle : c’est une intermittence électorale,
on ne voit qu’une diminution des votants constants. Si les citoyens participent même quand
ils sont désenchantés, déçus par la politique, c’est que la croyance dans les
candidats/programmes n’est pas le facteur déterminant, il y en a d’autres. Quels sont donc les
facteurs déterminants de la participation politique ?
Cet effet télévision est démultiplié au sein des familles, du travail et des amis Les dispositifs
informels de la mobilisation électorale et les micro-pressions familiales au vote sont +
efficaces pour relayer les campagnes et faire voter.
Dans les déserts militants, le vote n’est pas devenu un acte individuel : les maris, parents, amis
entraînent leur entourage vers les urnes pour les présidentielle
Par ailleurs, le niveau d’abstention aux législatives (qui est une élection de ratification d’une
victoire déjà connue à l’avance car dans la foulée de la présidentielle) s’explique par la
sensibilité des électeurs au contexte politique : les électeurs ne se déplacent pas si l’élection
est courue d’avance. Cela atteste de la dimension politique de l’abstention (elle est la
traduction de l’insatisfaction politique face à l’offre ou d’un désintérêt face aux enjeux). De
même, en 2000, le référendum pour le quinquennat avait mobilisé à peine + de 30% des
inscrits.
3) La dimension politique de l’abstention comme figure de « l’abstentionniste dans le
jeu » (Anne Muxel, 2012, Les cultures politiques des Français)
S’abstenir en restant dans le jeu, en votant tout de même parfois, ramène à une relativisation
du vote, une abstention comme sanction traduisant une critique du système politique (avec
des politiciens tous pourris…). La participation intermittente se fait en fonction des enjeux…
Il y a aussi un effet de génération : des cohortes récentes sont moins soumises à la norme de
participation passée. On est passé d’une « citoyenneté de devoir » à une « citoyenneté de
l’engagement » (Russel Dalton) : les normes du « bon citoyen » ont évolué : la dimension des
devoirs est en déclin au profit d’une citoyenneté + fondée sur l’autonomie individuelle et
l’engagement (se construire politiquement par soi-même…). Les individus ne s’obligent plus à
aller voter… ils préfèrent se mobiliser de façon qualitative quand l’enjeu est suffisant : les
abstentionnistes demeurent dans le jeu politique malgré tout.
On fait donc une distinction entre les abstentionnistes « dans le jeu » et ceux « hors-jeu »
(avec une abstention systématique ou mal/non-inscription sur les listes électorales) qui
augmentent également. L’inscription électorale reste un frein à la participation électorale :
certains individus se rendent compte qu’ils sont mal inscrits, au mauvais endroit… ou non-
inscrits
On a moins d’un tiers des gens n’ayant aucun diplôme qui ont voté en 2002 : cette
participation a diminué de presque 20 points de pourcentage depuis 2002. C’est la baisse la
+ importante, contrairement aux diplômés du supérieur (à peine plus de 10%).
Pour les CSP, la différence est importante : l’abstention des ouvriers est beaucoup plus
importante aux législatives notamment que pour les cadres (différence + ténue aux
présidentielles).
L’âge joue également beaucoup : 52.5% des 18-24 ont voté aux deux tours de 2022 et sont
25.2% à ne pas du tout avoir voté.
Seulement 33.8% des 90+ ont voté aux 2 et 56.8% n’ont pas voté du tout (ce qui s’explique
par des difficultés matérielles à partir de 75 ans).
En revanche, la participation aux deux tours des 50-75 avoisine 75%. Cela s’explique par une
situation et une habitation stable, des intérêts à défendre y compris pour ses enfants…
On constate que + l’abstention est élevée, + certains déterminants socio-démographiques
prédictifs se retrouvent : quand la campagne perd de son intensité, les premiers à ne plus
voter sont les + jeunes, les – diplômés, ceux dont le niveau de vie est faible et vivent un
isolement fort sont sous-représentés dans les urnes. Ce phénomène a été amplifié en 2022.
De plus, la citoyenneté par devoir est remise en cause par ce qu’on nous apprend à l’école :
elle dit de forger un esprit critique, de penser par soi-même, ce qui va à l’encontre de l’idée
de voter par devoir. L’idée de voter pour être un bon citoyen s’efface face à ce nouvel idéal
d’esprit critique.
L’âge est aussi important car les jeunes sont les catégories les + mal inscrites (vivent dans
des villes ne correspondant pas à leur inscription électorale à cause des études…) : cela les
empêche d’aller voter en augmentant la difficulté de se rendre au bureau de vote. En 2017,
51% des 25-29 ans ne résidaient pas là où ils pouvaient voter. Les mal-inscrits sont 3x plus
abstentionnistes constants que les autres.
Groupes socioprofessionnels : les agriculteurs et les cadres sont ceux qui votent le +
systématiquement (1/2 inscrits ont voté systématiquement aux 4 tours en 2022) par rapport
aux ouvriers et inactifs non retraités (1/4 des inscrits seulement)
L’abstention systématique chez les cadres est de 7% contre 20% des ouvriers en 2022.
Tous les indicateurs de position socio-économique vont dans le même sens : emploi + qualifié,
+ stable, + de revenus, patrimoine + élevé…
• TD 03/02/25
Rétrospective historique =
École des ponts, polytechnique etc… formation technique pour former des ingénieurs
(cependant également des hauts membres du gouvernement qui pouvait les intégrer)
Fonctions proches du roi, école des mines, corps des télécom etc créer au XIX-XXème
passage de vassaux du roi à des concours et éléction sur concours etc premier
développement de la professionnalisation + évolution méthode de gouvernement.
Administration plus sous le roi mais sous l’état, ainsi le pouvoir de ces institutions
grandi et leurs décisions sont soumises au juge etc. Tout au long du XIXème conflit
entre rationalité administrative et la modernisation de l’état et la nécessité de maintenir
les comptables sous contrôle. Les concours tel que connu aujourd’hui, le recyturement
est laissé à la discrétion de l’état, en fonction de la classe origine l’accès avait
tendance à reproduire les classes de départ. Différence entre ingénieurs qui faisaient
une école et les autres qui étaient nommés car issu de la noblesse dans des milieu de la
diplomatie ou corps électoral. Les postes de direction au sein du ministère ouvert à la
bourgeoisie, accueil de bourgoiesie en grands nombre = reproduction social (accès aux
élites). Ces grands corps étaient accessible à la fois par revenu (6000 francs)
simplement pour être candidat au conseil d’état. (Conseil d’état valorisé) creuse les
inégalités personnes dotés en revenus et capital social (entourage pré nomination et
post nomination) les policitiens capital symbolique quand ils sortent de polytechnique
bcp de prestiges avec classes prépa etc ne sont pas perceptibles avec argent donc
prestige. Créer au XIXème majoritairement → Inspection générale des finances
demandé à la sortie de l’INSP ENA, concours pour intégrer la cour des comptes etc
Opposition entre ces fonctionnaires nommés ou qui réussissent des concours et puis
les élus (parlementaire sénat AN), les députés vont s’inquiéter de certaines
Nominations du chef de l’Etat qui va nommer son entourage a des fonctions de façon à
assurer son pouvoir. → choc entre élus (du peuple) et hauts fonctionnaires( concours)
et les autres nominés.
Les hauts fonctionnaires vont pour se légitimer dire qu’ils défendent l’intérêt général
(le service public est lié à l’intérêt général donc le défende) cela développer depuis
XVIIème dire qu’ils ont une compétence technique que d’autres n’ont pas justifie
fonction + salaire. Défense du service public (et non intérêts perso) + intérêt général.
Nourri les conflits entre fonctionnaires gagnants de concours, élus et nominés →
Enjeux démocratie république, dans les faits les personnes se sentent suffisamment en
capacité à accéder à des échelons supérieur ex trente glorieuses enfants accèdent
situation sociale supérieur vs aujourd’hui accès grandes écoles difficiles et étudiants
diplômés mais économiquement faible car moins d’embauches et inflation.
• TD 10/02/25
→ Européen
Ensemble pratiques utilisé pour tenter de modifier la composition d’un texte normatif
et aussi pour favoriser et empêcher la signature d’un texte en discussion
Aucune pratique interdite en tant que tel sauf cadre pénal corruption
Medef
Charles tilly
Groupe d’intérêt : Entité cherchant à représentant les intérêts d’une section spécifique
de la société dans l’espace public, une organisation qui cherche à influencer les
pouvoirs politiques dans un sens favorable à son intérêt, actions multiforme pour
influencer pouvoir publics = grèves, manifestation, expertise à l’encontre de ce qui est
proposé par élu, consultation. Pas confondre avec organisation partisane parti politique
bien qu’il existe des parcelle entre les deux. Les groupes d’intérêts exerce leur pouvoir
sur toute la bureaucratie, l’élite politique. Les décisions qui ont un sens politique ne
passe pas seulement par les politiques mais aussi par de nombreux acteurs ce qui peut
être considérer comme une menace pour la démocratie (certes représente, mais leur
légitimité est discuté). Notion capital (économique, sociale, symbolique, culturel,
etc…) développé par Pierre Bourdin différents capitaux resssource utilisés par groupes
d’intérêts leur permettant d’agir en profondeur dans l’anatomie public.
• TD 17/02/25
La socialisation politique
Influence des différents acteurs : famille, école, médias, groupes sociaux et pairs, vie
conjugale
Cours=
Socialisation = Façon dont la société forme et transforme les individus Muriel daron
Processus conscient ou non au cours duquel les individus intériorisent des normes
sociales des différentes instances de socialisation. Socialisation primaire/secondaire.
La plus fondamental survient petite enfance principalement via la famille et l’école
(Bourdin « ces premières expériences vont constituer des filtres par lesquels l’individu
va ultérieurement percevoir le monde extérieur…» recherche dans la société de la
confirmation des idées préconçues que l’on avait. La secondaire pairs et professionnel.
Socialisation politique = Processus par lequel les individus intériorisent les normes et
les valeur qui structurent leur perception de la réalité politique. Ensemble des
mécanismes d’acquisitions de comportements, de connaissances et de compétences du
monde politique.
Politique par l’intime conjoint/parents etc = Politisation par l’intime. Parler politique
avec ses proches. Anne muxel. 69% des français discutent politique avec leur conjoint,
38% avec membres de leur famille, 30% avec leur mère, 26% frères et sœurs
Droit de vote femme argument fallacieux utilisé = « Double vote » même vote que
leur mari, opposition actualité américaine Femmes ne votent plus comme leur mari
avec des votes bcp plus Démocrates que les hommes votant à droite.
Effet de genre politisation intime des individus traverser par des effets de genre =
femme tendance à s’autocensurer en dehors de l’espace familiale. Daniel glascy Cens
caché les riches votent plus que les pauvres, se sentent mal représenter et
incompétents. Les classes supérieurs ont plus de poids politique et leur représentants
leur ressemble davantage. En fonction revenus et classe sociale représentation sociale
tendance à représenter les classes élever dans l’espace sociale bien que minoritaire.
Alors que la reconnaisance de la parité est reconnu légalement et obligatoire dans
nombreux cas, intervient asymétries ex élection municipale les femmes sont loin en
majorité dans liste électoral, projet moins représenté AN, postes à responsabilité dans
l’adminisation publique femmes postes élevés dans secteur sociaux vs espace de
société très politique où les femmes sont absentes ex DGSE, budget etc…
Socialisation primaire primordial pour comprendre la genèse de l’orientation politique
d’un individu + ne pas oublier qu’il s’agit dun processus de construction à très longue
durer fait de bifurcations, de drames, réussites personnelles etc + pluralité instances.
Correction
• TD 03/03
L’intérêt commun est détemeriner par des politiques, conventions sociales etc donc
pluralité de perception des services publics. Diffère selon pays où état protecteur et
engagé envers services publics et d’autre davantage libéraux
Les SP entendent un accès aux services à tous les citoyens sans restrictions (égalité de
droit) + ouvrent certains droits sociaux (selon l’éligibilité ex niveau de revenu
permettant allocations, logements sociaux etc) L’état et ses fonctionnaires se doivent
normalement de défendre ce principe d’égalité, obligation de permettre à tous les
citoyens de bénéficier des SP, de revendiquer leurs droits sociaux. Les SP font parfois
l’objet de
En quoi l’accès aux SP est inégalitaire , le non recours au droit, comment se manifeste
t il Logement Guyane disparité territoriale rupture urbain et ruraux écoles et tribunaux,
accès restreint, 5 ans d’attente en métropole vs 1-2 métropole. DDHC art 1, 6 égalité
de droit.
et RSA obtention difficile et favorise donc le Non recours = par non connaissance, non
perception, non demande. En 2010 2000 rsa vs 10000 éligible. + complexité
administrative
1789 société d’ordre où l’état essayé de cassé ce système en réduisant d’abord les
inégalités du point de vu du droit, les inégalités paraissent plus fortes post 2GM car
prolifération de droits accordés etc et origines sociales disparates en 2-3 générations
étaient comblé les gap de diplôme entre parent et enfant mobilité sociale ascendante
donnant une réduction des inégalités, dégradation depuis trente glorieuses, inégalités
se sont creusés L’INSEE montre qu’en 2023 bcp plus difficile d’avoir une ascension
sociale par rapport à ses parents par rapport aux trentes glorieuses.
16% des fr ont confiance dans les élites politiques, 25% de confiance en la démocratie
En droit tous sensé accéder quelque soit situation géographique mais dans les faits
certains territoires davantage considérés que d’autre + coupler à d’autres aspects
favorisant ex culturel sport éducation etc Et ont en plus la possibilité de dépasser les
services publics en pouvant accéder à des établissement privés, cliniques privés et
autres infrastructures → creuse les inégalités de départ. Disparaité entre ville et
campagne entre France et territoire d’outre mer.
Le défenseur des droits identifie les inégalités etc (autorité admin indépendante) il y’a
également des choix politiques au delà des contraintes et ils ont des conséquences.
Les relations entre agent des SP et citoyens qui accèdent à ces SP (étudier au guichet)
dans leurs démarches auxquelles ils ont des droits
Yasmine siblot, Alexis spire, Vincent Dubois mettent à jour différentes inégalités de
traitement dans l’accès aux SP et autre inégalité qui relève de relation entre agent SP
et usagers, forme de discrimination tendant à une forme d’inégalité d’accès aux SP.
Discrimination raciste, sexiste, homophobe, validiste,
Représentant cpam = tient propos choc affirmant le tri des citoyens (La valeur du
service public 2021) Logiciel et algorithme triant usagers en groupes classe moyenne
(seuls dont la satisfaction est prioritaire), les assistés, les…
Non recours définition = concernant toute personne qui en tout état de cause ne
bénéficie pas d’une offre publique, de droits et de services, à laquelle elle pourrait
pourtant prétendre. Non connaissance (pas conscience de l’existence) non orientation
(lorsque personne qui devrait avoir droit ne sont pas suffisamment accompagné pour
demander l’accès à SP) non réception (offre connu mais refusé), non demande (offre
connu mais pas prise)
• TD 10/03
Origine sociale
15-25 imperméable aux biais vs 40-55 moins sensibilisé donc davantage influencé
(réseaux sociaux)
Question de la conscience =
Paul lazarsfel (politiste) décrit la théorie des effets limités des médias, indique que les
médias ne politisent que ceux qui sont déjà relativement politisé.
Contestation :
Guy michelat, Michel Simon Critique bourdieu : tord de transposer les logiques
prévalant dans le monde de la culture, son analyse serait trop rapide et qu’il a plaqué
ses résultats formés sur l’art et la culture à l’univers politique. Le monde social n’est
pas si figé et les compétences de votes dépassent cette vision figé.
Daniel Kasgy : les agents culturellement et socialement favorisés qui disposent des
instruments nécessaires au déchiffrement de la sphère politique détiennent une grande
influence politique. Il va mettre en avant une auto exclusion des classes populaires en
politique (par désintérêt ou disqualification) vont s’auto exlcure, de fait les classes
supérieurs sont davantage représentés donc prépondérance élus politiques représentent
les classes supérieurs. Cette auto exclusion se fait par compétences statuaire
(considére moins apte) et technique (légitimité de la connaissance du monde politique)
auto deshabilitaition les individus approuvant une incompréhension du système public
s’auto excluent (non pas car pas d’idées politiques mais sentiment d’incompétence
d’incompréhension débat politique forme d’autocensure, s’exprime par désintérêt et à
travers des interprétations disqualifiantes, et la délégation à des portes paroles soit la
délégation à d’autres membres de famille)
Noah meyer : rerpproche à bourdieu d’ériger une vision trop schématique de l’espace
social, selon elle les groupes dominés ont la capacité de former des jugements et
opinions par eux memes et sont donc en ce sens autant politisé que les classes
supérieures, et estime que bourdieu sur estime les compétences politiques des classes
supérieurs et ne sont pas en réalité en phase avec la grande compétence politique
qu’ont leur donne.
• TD 17/03
Sondages orientés vers un candidat car gonflé ces scores de sondage c’est encourager
aux votes pour les indivis avec la plus haute cote de popularité .
qui fabrique les sondages, comment sont ils fabriquer, quels types de questions, voir
les limites des sondages et la notion d’opinion public.
Exposé :
Les opinions sont un peu plus cristallisés aux USA car système bipartisane donc
pluralité et variation moindre
Le mensonge dans les sondages est important puisque baise la réalité sociale et impact
donc les sondages. Rejet de l’état et du formel dans une perspective anti système vont
chercher à tromper les sondages.
L’opinion public : pierre bourdieu disait que celui ci n’existait pas, car tendent à faire
émerger et à accorder de l’importance à des questions qui n’en n’ont pas
fondamentalement. Les sondages construisent l’opinion public, donne de l’importance
à des questions qui ne sont pas forcément importante pour les sonder au départ, les
personnes sonder se posent d’autres questions que celle posés par les institut de
sondage donc remet en cause la pré-existence des questions et de l’opinion publique
qui serait en réalité le produit d’une obligation des citoyens à se positionner sur
certains sujets.
La représentativité également est un point central, son exactitude est impossible mais
les sondages essaient de s’en rapprocher, la seul outil de statistique public donnant un
chiffre réel serait le recensement (par l’Insee mais maintenant fait à partir de sondages,
d’enquêtes choisis village dans région comme représentant de la région et vont estimer
la population française à travers naissance et décès, donc sondage pas exact)
Fiabilité = Puisque perçu comme un argument d’autorité, d’expert il est important que
les sondages soient fiable sinon biaiseré débat politique, leur influence va jusqu’aux
élections.
L’option public c’est une catégorie qui est mobilisé par les médias mais aussi par le
personnel politique comme une puissance capable dévaluer la politique.
Espacés publics = défendu par Jurgen Habermas, espace intermédiaire entre la sphère
privé et la sphère du pouvoir.
Les sondages sont massivement diffusés par les médias, ils participent de la notoriété
médiatique des candidats et sont partis intégrante des différents débats, sont utilisés
pour confectionner leur programme, prendre position et les justifier, devenir médiatisé
ou discréditer la campagne des autres. Les sondages sont utilisés par politiques,
administrations, acteurs économiques etc donc large champs d’emploi. Ces sondages
qui ont des très importants, ils sont critiqués dès leur apparition pour les effets qu’ils
produisent (discréditer, éloges candidat, biaisé réalité sociale…) puisque identifier
comme problématique sur certains aspects, plusieurs lois ont été mises en place pour
les encadrer en 1972, 1977, l’une interdisait la publication des résultats des sondages
électoraux 1 semaine avant l’élection (car risquerait d’influencer l’opinion + les
professionnels du fact checking n’existait pas, pouvait tout de même être déconstruit
les sondages farfelus) l’autre prolonge et éclaircit disposions de la première et
considère les nouveaux médias, étendu à la télévision, réseaux sociaux etc…)
La prophétie auto réalisatrice quand on répète à des électeurs quelque chose, tendance
à se produire en partie. Ex 2 amis détestent sujets galops d’essai puis voient résultat
sondage institut Chauvot avec 88% d’appréciation des sujets alors va influencer les
autres car remise en question et impression d’être le problème plus que le sujet.
Résumer opinion public = quelque chose de constuit qui ne pré-éxiste pas il s’agit
d’une instance d’évaluation du pouvoir politique, l’opinion public fait l’objet
d’instrumentalisation des pouvoirs politiques qui cherchent à agir sur elles. De la
même façon que l’optons public est un constuit politique il en va de même pour les
sondages (décrit comme des miroirs de la société) ne sont en réalité que des
estimations des forces en présence, du vote qui va suivre, donc ne pas tenir compte
d’une estimation avec une photographie de la réalité sociale, une construction.
→ la constitution des échantillons, les instituts de sondages vont face à des taux élever
de refus énormément de personnes refusent d’y répondre, donc certains sont payés
pour sonder, d’autres en ligne donc volontariat + facile. Ex impossibilité de rendre
compte des chiffres du FN car au téléphone les gens avaient peur de dire qu’ils
votaient FN)
Nicolas Hubet : Un sondage est une opération mathématique basé sur un échantillon
regroupant les personnes qui ont bien voulu répondre.
Meme si les instituts de sondage vont des efforts pour que les résultats soient
représentatif de la population, certaines parties de l’espace social, groupes sociaux
sont moins enclin à répondre à certains sondages. Majoritairement joue al compétence
car ce sont les + diplômés etc qui participent donc écarte une partie de la population
Ainsi cela renforce la bonne qualité des instituts de sondage sérieux car ont les
moyens de vérifier la qualité de leur enquête vs les sondages privés.
Processus de redressement : vise à partir d’entretien et enquête complémentaire à
redresser les résultats qui collent la réalité sociale, question du redressement pose
problème car sur quel fondement se basons nous pour redresser un sondage, sur quel
fondement pouvons nous redresser etc
Sondage 2002 prévoyez duel Jospin Chirac mais Jean marie lepen est arrivé 2nd tour.
Les marges de sécurités ont joué mais que faire pour qu’ils soient fiables.
La formulation des questions : comment les isntitus, entreprises orientent leur question
avec le même sujet et même répondant entraine à des réponses complètement
différentes.
Dès 1940, aux USA certains instituts de sondage, journaux avaient posés des questions
sur l’action que le gouvernement devait faire face aux entités contre la démocratie, ont
posés des questions avec nuance d’encourage/interdire où les résultats ont été
considérablement différents. Donc la façon de poser al question influe sur la réponse,
problème des questions ouvertes car permettent de collecter toute les réponses possible
et avec le vocabulaire du répondant donc difficile à restituer dans un journal vs
question fermé problème mémoire ne permette pas de rendre compte de la complexité
des problèmes politiques.
Pierre bourdieu fait une critique systématique des sondages = l’opinion public n’existe
pas. Pour bourdieu le sondage repose sur 3 postulats qui ne correspondent pas à la
réalité sociale : la production d’une opinion est à la portée de tous (alors que bourdieu
met en avant que les questions difficiles ne sont pas accessibles à toutes et tous, les
non réponses et refus de réponses sont + important sur les questions difficile puisque
mal identifié/mal comprise donc pas à la portée de tous, résultat forcément biaisé) 2 =
tous les opinions se valent (une réponse = une réponse mais bourdieu en s’intéressant
à plusieurs sondages s’est aperçu que la probabilité de répondre dépend de
considérations sociales donc tous les options ne se valent pas car il faut se sentir
habiliter, compétent pour répondre à un sondage) 3= il y aurait un accord sur les
questions posés par les sondages, la question fait croire qu’il y a un consensus sur le
problème dont il est question et fait croire que la façon de poser la question est la
meilleure (également invalidé par bourdieu)
Critique pour tout cela les sondages et nie l’existence de l’opinion public. Les effets
sociaux des sondages = ont des effets limités, ne changent pas complément une
élection + effets conjoncturels entre en jeux + socialisation des individus (armes pour
appréhender les sondages etc..) les sondages ont un effet certes mais limité et c’est
suttrout dans le jeu politique et le champ journalistique qu’il y a un fort effet, car
permettent de justifier position, justifier importance de sujet, etc etc
Il faut être critique vis à vis des sondages d’abord de leur prétendu caractère
scientifique car beaucoup de facteur entre en compte dans la fabrique des sondages. Il
faut se demander quels sont les intérêts des différents acteurs (pourquoi les
journalistes/politiques ont intérêt à utiliser les sondages) identifier impact social des
sondages.
Les sondages ne recueille que partielles ment l’option public qui est en réalité
beaucoup plus complexe que l’agréga d’opinion individuelle. Cette fabrique des
sondages est aussi intriqués dans la fabrique des politiques publiques, scrutin etc donc
facile de mettre en lien avec autres séances.
• TD 24/03
Exposé = Dans quelle mesure les réseaux sociaux ont permis une révolution de la
communication politique tout en conservant son but premier : informer et
convaincre ?
11 millions de jeune sur TikTok ciblage jeune intégration des idées comme légitime
lors de vote
Question légitimité
Infoteinement
Éviter deux écueils considérer que les réseaux sociaux ne change rien au champ
politique
Ou inverse penser que les médias sociaux changent tout rebattent les cartes et
influencent les citoyens
Kavanagh blumler
Ces deux auteurs les qualifie comme des nouvelles élites de l’univers politique même
si issu du marketing et de communication privé, les grands communiquants politique
sont parfois accusés de faire basculer une élection ex celle de 2017 communication de
François Fillon des costumes, des emplois fictif décrit comme une faute et opposants
décrit comme d’importants coups politique.
→ importance du privé car médias détenus par des acteurs privés et les
communiquants politiques qui ont une importance relative mais réel, sont issus de
parcours entreprendrait, de marketing, les chaînes d’informations, plateforme publique
détenue par privé etc. concurrence entre médias traditionnels et médias sociaux
Ce qui a change c’est la façon de consommer ces médias ex médias numérique service
personnalisable, choisissent le support d’information qui implique beaucoup de
changements → ce qu’il faut retenir c’est que la question de la légitimité persiste car
les citoyens français ont encore confiance en ce que l’on peut encore décrire comme
des médias traditionnels.
Les outils de communication utilisés sont stratégiquement utilisés par les acteurs
politique dans leur quête de légitimités électoral
• TD 31/03
Toujours utilisés des tournures impersonnelles, il vaut mieux se cacher des auteurs etc,
tandis que des arguments personnels sont facilement attaquable.
→ qualité des auteurs et définitions utilisés citer entre guillemets avec précision,
renseigner l’auteur en question + ouvrage + date
Mettre des éléments d’actualité avec source, donc pour réviser préparer des éléments
d’actualité sourcés pour chaque thèmes.
Mettre en avant les débats dans la littérature sur ces définitions donc citer définitions
un ou deux auteurs pour nuancer propos et ainsi mener à une problématique
intéressante, contextualiser rapidement avec soit de grandes dates historiques, le
processus étudié, une partie socio-historique
Développement titres apparents parties et sous parties éviter titre trop descriptif trop
court le titre est sensé être ultra précis et reprendre les termes que l’on traite dans la
[Link] que les titres de sous parties peuvent être assez générale mais avec terme
scientifique et éventuellement un processus, un petit paradoxe (but donner envie de
lire la copie) un titre peut être d’une à deux lignes but être précis, on doit retrouver une
partie de la réponse à l’as problématique et mettre en valeur les arguments apporter.
Puis chapeau expliquer dans cette grande partie ce qui sera traiter dans les deux sous
parties;
Alinéa Rédiger des transitions entre les grandes parties, pour expliquer l’articulation
entre les parties, moment du retour à la problématique comment en passant du grand I
au grand II permet d’apporter de la nuance et de clarté au problème de départ.
Alinéa Conclusion doit être une synthèse à l’image de l’annonce de plan qui répond à
la problématique, très simple à faire, mettre le maximum de notions scientifiques,
d’auteurs entre parenthèse pour faire des rappels au correcteur, simplement répondre à
la problématique. (Peut faire 5 lignes comme être plus long)
Etat nation =
• TD 07/03
Introduction socio-historique
Réseau de sociabilité, les partis du gauche ont parti l’intégration des classes populaires
à la politique, en valorisant des groupes sociaux qui ne l’était pas à l’époque
→ certains partis sont ils encore affiliés à un groupe social très précis, si oui est ce
aussi simple de les discerner que dans les années 70, Recomposition de l’échiquier
politique ?
Les partis de masse ont développé des activités militantes, des cellules de bases, et
recherche de nouveaux adhérents.
Exposé comment les partis (dé)mobilisent ils les classes populaires ?
2% des politiques ont fait l’ena (insp) car majorité dans l’administratif, 30% des 18-25
ans ont des parents ouvriers ou assimilés (répresentent 11% des étudiants en études
supérieurs 6% en classe préparatoire 4% 3% élèves reçus à l’ena) → moins accès aux
filières prestigieuse (système précédent creusant les inégalités.
Faudrait il réserver une part des places à des personnes issus de milieux défavorisés
Cours théorique :
Rémi = « Au delà de la classe ouvrière, les les partis constituent des structures
intermédiaires entre la société d’une part et les institutions d’autre part (parlement etc),
ils remplissent un role de Gatekeeper du champ politique. La médiation partisane est
sensé portée des demandes sociales et les convertir en vision du monde et enjeu de
politique publique »les intérêts sociaux. Cette conception du parti était centrale dans le
modèle sociale démocrate et son articulation au syndicalisme, le parti est ancré dans la
société à travers les liens construit avec différentes organisations
La base du Parti socialiste a développe une identité laïc, dans l’histoire il s’est
rapidement défini par la laïcité dans le domaine public etc, défense des mutuels,
enseignants. Une organisation partisane au delà de ces militants et élus s’inscrit dans
de nombreuses interconnexion d’acteurs. Le Parti communiste longtemps caractérisé
par une implantation dans le monde ouvrier, pratiquement un parti directement pour
les ouvriers, mais aussi des réseaux de multiples formes ouvriers, donc pour
comprendre les partis politique nécessaire de comprendre leur réseau. réseau de
sociabilité
Les militants et les élites des partis politiques sont de plus en plus éloignés des réalités
sociales qu’ils sont sensé administré et de plus en plus éloigné des revendications des
jeunes.
Documentaire =
La prénotion en science sociale ensemble des idées préconçus consciente ou non, les
préjugés, les biais qui vont découlé de notre expérience personnelle
Le retour réflexif (les politologues, politiciens doivent remettre en cause leur analyse,
questionner leur résultats à partir de leur prénotions afin de rendre un constat plus
concret)
• TD 28/04
Champ politique défini par borudieu à partir d’un enjeu, et de différents capitaux
valorisé
L’espace social est décrit en fonction de ces éléments (les capitaux mobilisés diffères
selon le champ ex champ politique volonté d’exercer le pouvoir, certains partis leur
objectif c’est detre élu tout comme les acteurs de groupes d’intérêts ont pour intérêt
que leurs idées soient portées
→ théorie du choix rationnel (économistes sociologues etc qui analysent des faits
sociaux par rapport aux calculs coût avantage ex voter pour un politique c’est le
produit d’un calcul coûts bénéficies chez le votant.
Pour répondre à Olson pourquoi s’investir alors que d’autres le font et qu’on profite
des mêmes résultats.
Dans quelle mesure certaines manières de défendre une cause peuvent s’avérer
plus opportunes ?
Approche de la ‘frustration relative’ poussant les gens à agir de par le décalage de la
réalité Ted Gurr
Cours =
Répertoire d’actions Charles Tilly (la France conteste, de 1600 à nos jours) tous les
moyens de défendre une cause ne sont pas utiliser par n’importe quelle groupe
n’importe quand, les acteurs viennent puiser dans un répertoire d’action défini comme
des moyens d’agir en commun sur la base d’intérêt partagé) on ne manifeste pas de la
même façon en fonction des traditions dans l’espace visé, le système politique etc
James jasper = l’art de la protestation, une contestation mobilise des rituels, des
cérémonies, des musiques, mises en scène etc qui rassemblement et motivent les
militants et leur spectateur faisant grandir leur identification au mouvement.
Au delà de toute les formes de mobilisation l’art de la protestation est extrêmement
présent et important.
But d’acquérir des réactions affectives poussant les spectateurs et le public à s’engager
ou à soutenir la cause défendu
Revendication = Pour qu’une mobilisation aboutisse à des résultats concrets les actes
doivent être articulé aux revendications
Comment les groupes mobilisés construisent ils la cause et les moyens pour la
défendre ? Ce qui initie une revendication collective c’est l’identification d’une cause
et de revendication commune + capacité à revendiquer + importante du répertoire
d’action choisi (plusieurs modalités d’action collective que les personnes mobilisés
doivent correctement choisir et utiliser)
Comment un individu devient violent, comment en vient il à utiliser des armes etc
• TD 05/05
Le genre au sein des mouvements sociaux
En quoi retrouve t-on une hiérarchie des rapports de genre au sein des
mouvements activistes ? (Attention ne pas complexifié une problématique en
l’introduisant par une invitation complexe de pensée suivi d’une question très
simple et facilement compréhensible/observable)
→ domination masculine
Socialisation partisane =
Groupes militants = FHAR, MLF (pratiques sexistes de non mixité démantelé par
tierces organisations)
Séance : Qu’est-ce que les rapports sociaux de sexe font aux mobilisations ?
1988 Goffman « Le genre : une catégorie utile d’analyse historique » ouvrage loin des
messages politiques récents voit le genre comme un outil d’étude de l’espace social
Thomas laker la fabrique du sexe. Essai sur le genre et le corps en occident 1990
approche historique, vision biaisé du sexe biologique vu comme représentation de
genre
Johan Wallace Scott, Judith Butler ont défini ce que l’on entend par concept de genre
en science sociale
Christine delphy décrit une 4eme vague en cours reprenant la libération de la parole
(#metoo, etc)
Johan Scott définit le genre : le genre est un élément constitutif des rapports sociaux
fondés sur des différences perçues entre les sexes. Le genre est une façon premiere de
signifier les rapports de pouvoir
Notion de mouvement sexué, les rapports sociaux de genre s’insère dans toutes les
organisations et ces rapports sociaux sont marqués par de nombreuses inégalités, la
divison sexué du travail etc s’applique autant au militantisme qu’aux autres. Le genre
configure les pratiques militantes, les hommes prennent plus souvent la parole et
expose davantage ce qu’ils pensent être une compétence, et ces rapports imprègnent
également les pratiques et réflexions au sein de ces mobilisations
Ces rapports sont transposables à toutes les analyses et acteurs que l’on peut voir en
science politique (au vote, à la fonction publique etc) le genre est une grande variable
explicative.
Lecture obligatoire : Julie Gervais, Claire Lemercier et Willy Pelletier, La haine des
fonctionnaires, Paris, Editions Amsterdam, 2024 - extraits : se rapportant à la haute
fonction publique (p. 158-161 ; p. 162-166 ; p. 195-202).
Dans l'actualité, l'analyse de Charles Thibout d'un cas de pantouflage : « De l’Élysée à la Société
Générale : ce que le départ d’Alexis Kohler dit des liens entre public et privé »
5. La socialisation politique
Lecture complémentaire : Lignier Wilfried, Pagis Julie, « Quand les enfants parlent
l'ordre social. Enquête sur les classements et jugements enfantins », Politix, 2012/3
(n° 99), p. 23-49.
Lecture obligatoire :
Boncourt, Thibaud et Geay, Kevin, « ‘Y a tellement de sujets moins médiocres !’ Les
formes du relâchement politique des catégories supérieures », in SPEL, Les sens du
vote. Une enquête sociologique (France, 2011-2014), Rennes, Presses universitaires
de Rennes, 2016, p. 55-74.
Lecture complémentaire :
Extrait de Gaxie, Daniel, « Le cens caché », Réseaux, vol. 5, no. 22, 1987, pp. 29-51.
Lectures obligatoires :
Bronner Luc, « Dans la fabrique opaque des sondages », Le Monde, 4 novembre 2021
Exposé : Qu’est-ce que les rapports sociaux de sexe font aux mobilisations ?