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Pouvoir et domination en science politique

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CM Science politique

Marie Neihouser
30/01/2025

Introduction : Le pouvoir politique


La politique c’est ce qui se rapporte à l’activité de gouvernement de la société entendue
comme la capacité qu’ont certains individus ou groupes à orienter les comportements de
l’ensemble de la société et que nul n’est censé ignorer ou transgresser.
L’activité de gouvernement est donc fondée sur la relation entre gouvernants et gouvernés.
Un pouvoir est nécessairement compris dans cette relation.

Mais qu’est-ce que le pouvoir face à la domination, pourquoi les individus obéissent et
reconnaissent au gouvernement un droit de les gouverner ?

I) Pouvoir et domination

1) Une conception relationnelle du pouvoir

D’un point de vue institutionnel, le pouvoir est caractérisé dans les gouvernants qui occupent
les fonctions officielles du pouvoir, garanties par les textes de lois.
Seulement, les détenteurs officiels du pouvoir ne sont pas toujours ceux qui exercent
directement le pouvoir : les hauts fonctionnaires par exemple n’ont pas de pouvoir officiel,
mais le mettent en œuvre dans les faits en rédigeant les textes, aidant les députés… Cette
définition institutionnelle n’est donc pas suffisante.

Définition relationnelle du pouvoir : relation entre les individus ou groupes, le pouvoir


n’existe que s’il a du pouvoir sur quelqu’un, il doit y avoir une relation effective de pouvoir, il
n’est pas garanti uniquement par les textes.

Robert Dahl définit donc le pouvoir comme une relation : « A exerce un pouvoir sur B dans la
mesure ou il obtient de B une action que ce dernier n’aurait pas effectué autrement ».
Mais comment obtenir l’obéissance alors, comment faire triompher sa volonté sur celle des
autres ?

Il y a un aspect de légitimité, une reconnaissance par le gouverné du pouvoir du gouvernant,


c’est l’acceptation qu’il est normal et souhaitable que l’individu dirige, qu’il est légitime à le
faire.
On a également un aspect de contrainte possible qui donne une solution à l’absence de
légitimité pour faire triompher sa volonté par la force. Mais cette contrainte a des limites, d’où
l’importance de la légitimité.
Souvent, ces deux aspects s’assemblent et se complètent, l’un allant avec l’autre.

On n’obtient du pouvoir que quand un individu fait ou ne fait pas une action à notre demande
malgré sa volonté contraire.
2) La notion de domination

Max Weber distingue la puissance de la domination.


La puissance est le pouvoir, « toute chance de faire triompher au sein d’une relation sociale
sa volonté même contre des résistances, peut importe sur quoi repose cette chance » la
puissance peut ainsi s’obtenir uniquement par la contrainte ou par n’importe quel moyen.
Le concept est assez large, englobant n’importe quel outil pour asseoir sa puissance.

La domination, en revanche, suppose que la relation de pouvoir s’inscrive dans des cadres
légitimes, s’appuyant sur la légitimité, il faut qu’elle soit acceptée par ceux qui la subissent :
c’est la possibilité d’avoir une puissance de façon à ce qu’elle soit acceptée par ceux qui la
subissent. La domination peut reposer sur des motifs de docilité de l’habitude à la rationalité.
Tout rapport de domination comporte nécessairement un minimum de volonté d’obéir grâce
à un intérêt ; qu’il soit extérieur ou intérieur, qui permet au pouvoir de s’exercer.
Pour se maintenir, le pouvoir doit être reconnu et correspondre à des croyances partagées
par l’ensemble des individus. Il doit être conforme aux croyances des individus de ce que doit
être le pouvoir.

Mais pourquoi les individus ont-ils alors ce « minimum de volonté d’obéir » ? C’est car ils
estiment que celui qui dirige à une légitimité à diriger et qu’il agit dans son rôle comme on
attend qu’il le fasse.

Pour Weber, il y a plusieurs raisons :


- L’habitude
- Des motifs affectifs (adhésion à la personne du supérieur)
- Pour des raisons matérielles
- Par idéal, on croit que l’adhésion au supérieur peut mener à un idéal supérieur, ce
pourquoi on le suit et on pense qu’il est légitime)
L’habitude et l’intérêt matériel priment généralement. Mais le plus important, c’est le fait que
les individus croient en la légitimité. Ce qui peut avoir plusieurs causes.

II) Les types de domination légitimes

Weber distingue 3 idéaux-types de domination liés aux caractéristiques de la légitimité.


L’idéaltype chez Weber est un concept abstrait tiré de l’observation et de la décomposition
du réel. C’est une analyse sociologique des situations sociales concrètes. Il va extraire les
idéaux-types de la réalité pour les purifier par la suite. Mais ils n’existent jamais en tant que
tels, uniques et purs dans la réalité. Ils se mixent toujours entre eux en pratique alors qu’ils
sont purifiés pour la théorie.

1) Domination traditionnelle

C’est une domination par habitude, car elle a toujours existé et tout le monde s’y est toujours
soumis. Elle puise sa légitimité dans les coutumes et l’habitude. Les institutions du pouvoir
sont justifiées par le seul fait de leur existence depuis un certain temps. C’est une
naturalisation du pouvoir avec le temps.
C’est cela qui caractérisait la société féodale et de l’Ancien Régime. Le détenteur d’un pouvoir
l’avait par habitude mais était donc aussi contraint d’agir selon les coutumes du détenteur de
pouvoir, il subissait aussi une contrainte en devant agir selon ce que les gouvernés attendaient
de lui. C’est l’idée du travail de domination

2) Domination légale-rationnelle

La source de légitimité n’est plus la coutume, le pouvoir est légitime car il est organisé par des
règles qui définissent les droits des gouvernés et des gouvernants. C’est légitime car on se fie
à des règles écrites. Le pouvoir est dès lors limité, ce pourquoi on est prêts à lui obéir.
On obéit davantage à des règles et des fonctions plus qu’à une personne en particulier, c’est
la fonction qui donne le pouvoir, cette domination dépersonnalise les relations de pouvoir.
C’est particulièrement le cas dans l’État de droit moderne, la légitimité de l’État repose dans
ses textes.
On a une juridisation des rapports de pouvoir, les relations de pouvoirs sont codifiées par le
droit.

3) Domination charismatique

Elle correspond souvent à des situations exceptionnelles ou transitoires liées en la croyance


des capacités exceptionnelles d’un individu. C’est un pouvoir par la séduction/fascination
permettant d’offrir une obéissance inconditionnelle. Ce sont notamment les leaders du
XXème siècle, Hitler, Mussolini, De Gaulle…

Cette domination charismatique ne trouve pas son origine dans des structures organiques
stables, le chef court-circuite les institutions en établissant un rapport direct avec les
gouvernés. Ce type de domination transforme l’ordre établi, notamment à des périodes de
crises.
La personnalité de cette domination lui apporte une nature précaire et limitée dans le temps :
lorsque l’individu disparait, la domination disparaît du même coup, contrairement à la
domination légale-rationnelle.

Mais ces trois types de domination se combinent toujours entre eux : un chef d’état combine
la domination légale rationnelle avec celle charismatique et celle traditionnelle.
Partie 1 : Quels cadres de la vie politique ?

Chapitre 1 : L’État et la Nation


Comment est apparu l’État en Europe, sous la forme que nous connaissons aujourd’hui ?

L’État est un assemblage institutionnel qui impose à une population déterminée sur un
territoire défini des règles de conduite et d’action par le Monopole de la violence légitime.
État = population, territoire, monopole de la violence légitime

I) La sociogenèse de l’État

On a différentes théories quant à l’apparition de la forme Étatique moderne.

1) L’État comme produit de la modernisation socio-économique :

L’approche évolutionniste

Cette approche est inspirée des travaux de Durkheim. Son idée est que la formation de l’État
s’explique par la division du travail impliquée par la modernisation socio-économique.
Celle-ci implique + de division des tâches. Un individu ne peut plus détenir l’ensemble du
pouvoir, la multiplication des échanges économiques et la complexité du monde social et de
la société obligent à une division des tâches de direction du même coup.
L’État naitrait de cette exigence de fonctionnalité, un seul individu ne peut plus tout faire tout
seul et c’est cette institution étatique qui va établir les lois et garantir l’ordre et leur respect.
Certaines institutions vont se spécialiser, ce qui découle de la modernisation socio-
économique.

L’approche marxiste

Tout État est le produit de la division de la société en classes sociales. L’État moderne serait
le fruit de la classe dominante (les bourgeois) et de sa volonté de dominer les autres classes.
Les institutions de l’État ne seraient donc que des outils bourgeois, une sorte de
superstructure pour étendre sa domination sur les prolétaires. La Création de l’État daterait
de la révolution industrielle, la bourgeoisie souhaitant s’accaparer les profits et la richesse de
la révolution industrielle.
Cela amène que si les prolétaires venaient à prendre le contrôle, l’État moderne n’aurait plus
lieu d’être puisqu’il n’aurait plus d’intérêt.

L’approche culturelle

Pour Stein Rokkan, il y a 2 considérations pour penser la formation de l’État.


Tout d’abord, le rôle de l’Église catholique comme organisation supra-territoriale. La distance
géopolitique par rapport à l’institution religieuse définit la force de l’État. + on s’éloigne du
centre religieux, plus son influence est faible et plus l’État se construit facilement.
Dans le nord de l’Europe, Rome est peu influente avec le protestantisme. L’église protestante
va jusqu’à soutenir la création des États.
Dans le Sud, l’Église catholique est plus importante et elle s’oppose aux États-nations qui
pourraient la concurrencer dans son pouvoir. La création de l’État moderne dans le sud est
plus tardive.

Ensuite, il prend aussi en compte une considération socio-économique : la distance


géopolitique par rapport à une bande centrale de cités indépendantes européennes comme
Florence ou Amsterdam qui constitue un axe politico-économique autour duquel l’État a du
mal à se construire. Stein Rokkan distingue trois régions :
- Le centre de l’Europe composé de cités puissantes qui s’opposent et ne peuvent pas
se contrôler les unes les autres.
- À l’est, le pouvoir central est fort mais les villes ne sont pas un lieu de pouvoir
économique, c’est la possession de la terre qui fait la puissance : pas d’état.
- À l’ouest, le territoire a un centre fort et des villes importantes qui sont dominées par
le Centre qui s’installe dans les villes. Le pouvoir central se développe dans les villes et
l’État finit par se créer. Les villes encouragent également, en s’unissant, une culture
étatique nationale. C’est notamment le cas en France.

2) L’État comme produit des échanges internationaux

Wallerstein considère que les États naissent avec le commerce mondial autour du XVIème
siècle. C’est la force de l’économie marchande, transnationale, qui détermine la formation des
États-nation car il devient nécessaire de réguler et territorialiser les différents pouvoirs. C’est
la division mondiale du travail qui change tout à travers l’économie monde.

Le centre avec les Pays-Bas, la Grande-Bretagne et la France sont les nations les +
commerçantes avec des villes et une économie forte, une industrie naissante et une
agriculture en transformation.
La périphérie, les colonies d’Amérique latine esclavagistes avec des serfs, soutenant
l’économie des états du centre.
La semi-périphérie (Europe périphérique) avec des métayers sous rémunérés.

Au centre, les États sont forts car ils exploitent les périphéries et empêchent ces dernières
d’accéder à l’autonomie puisqu’ils en ont besoin.
L’État est fort dans le centre car il est fonctionnel : il protège les activités économiques des
élites et contrôle les échanges maritimes.
L’absence d’institutions étatiques en périphérie est justifiée par la volonté du centre qui veut
maintenir sa domination et ses richesses.

C’est la position de l’État dans l’économie monde qui détermine sa puissance, son autonomie
et la qualité de ses institutions. Les échanges donnent lieu ou non à des États forts selon la
position dans l’économie.
3) L’État comme produit de la modernité administrative

Max Weber ne lie pas l’apparition de l’État à un processus de développement économique ou


aux échanges. L’État trouve ses propres déterminants.
Un État est un groupement politique particulier car il a trois caractéristiques propres :
- Domination continue par des lois et règlements, ses ordres sont obéis et appliqués
dans le temps et de façon continue.
- Cette faculté de domination est permise par l’usage de la menace/violence physique
dont les dirigeants ont le monopole.
- Cette violence monopolistique s’exerce sur les sujets de l’appareil politique, sur sa
population territoriale.

L’apparition de l’état est liée à la capacité d’un groupe de se faire obéir sur son territoire par
sa population, et ce à travers la violence. C’est la violence légitime de l’État qui lui permet de
s’imposer en tant qu’État et d’imposer ses règles.
L’État établit alors une domination légale-rationnelle par une bureaucratie qui présente 5
caractéristiques :
- L’activité des fonctions publiques est réglementée et continue
- Principe de hiérarchie administrative qui peut contrôler toute autorité.
- Les règles sont appliquées par des fonctionnaires compétents et spécialisés
- Indépendance de l’administration : la direction administrative et les moyens
d’administration sont séparés, personne ne peut s’approprier l’ensemble du pouvoir
- Gestion administrative reposant sur des documents écrits.

C’est cela qui permet d’établir une domination légale rationnelle permettant à l’État de
continuer d’exister au-delà de la simple domination par la violence.

06/02/2025
4) L’État comme produit de la guerre

Charles Tilly : Pour lui, l’État nait de son désir de faire la guerre : « la structure de l’État
apparaît essentiellement comme un produit secondaire des efforts des gouvernants pour
acquérir les moyens de la guerre »
Le processus de construction de l’État moderne est affecté par les conflits car la guerre a pour
objectif d’agrandir le territoire et car l’État se renforce dans et par la guerre pour remplir des
fonctions administratives de + en + complexe. Pour réunir tous les éléments nécessaires à
la guerre (troupes, ressources économiques -impôts-, organisation…), il faut créer un État
centralisé et administré pour développer tout ça, mettant en place une pacification interne.
Au final, lorsque la guerre est finie, l’administration subsiste et continue à fonctionner même
en temps de paix.

Il crée un système fiscal pour obtenir des ressources ; il crée des liens avec les seigneurs locaux
et les intègre pour concevoir une armée, centralisant l’État ; en période de paix, les avancées
sont stabilisées et l’administration militaire peut avoir d’autres utilités civiles que la guerre
comme la construction d’infrastructures… , ce qui mène nécessairement à stabiliser aussi
l’impôt ; après la guerre, les participants à la guerre, les seigneurs, revendiquent des droits et
représentent le roi dans les territoires, intégrant la population dans le royaume.
Enfin, en tant de guerre, l’État accumule des dettes qu’il remboursera plus tard par des
services, lançant une dynamique de services d’État qui va perdurer.

Tout cela institue de manière durable l’État puisqu’il doit par la suite assurer une continuité
des services, amenant à ce que l’appareil d’État se développe.

Norbert Elias et l’État Civilisateur :


Norbert Elias se questionne pour déterminer comment on passe d’un état de guerre de tous
contre tous à une civilisation.
Pour lui, une grande part du processus de civilisation viendrait du « phénomène de cour », le
fait que le roi tienne sa cour autour de lui. Cette cour, provenant déjà de la centralisation du
pouvoir, passe d’une noblesse d’épée, guerrière, à une noblesse plus domestiquée, la
noblesse de cour. Cela amène à un processus de civilisation puisque des normes s’établissent
et que la violence est proscrite (interdiction du duel notamment). Un code de comportements
se met en place au sein des nobles et des chevaliers. Ce code se diffuse à l’ensemble de la
population, civilisant l’entièreté de la population.
On a un phénomène général d’autocontrainte de ses émotions partout dans la population
avec celle-ci rejetant ses émotions et se pacifiant.

Il pense la formation macrosociologique de l’État et ses conséquences sur les mentalités : avec
l’imposition d’un État central détenteur de la violence nait un processus de civilisation
touchant tout l’occident.

II) Les États en occident

1) L’État régulateur

Jusqu’au XVIIIème, l’État exerce principalement des fonctions régaliennes : militaires,


policières, judiciaires et fiscales en s’appuyant sur une administration et la production de
règles de droit originales et distinctes des simples règles coutumières.

À cette forme d’État centrée sur les fonctions régaliennes succède progressivement l’État-
Nation qui connait son apogée au XIXème en Europe en s’appuyant sur + de politiques
publiques : transport, communications pour intégrer la population, politiques
d’enseignement et politiques culturelles pour unifier une culture nationale, imposer une
langue nationale et inculquer un début de patriotisme, notamment par l’histoire. L’idée de la
Nation se développe, rapprochant la population et développant également la puissance
centrale en la légitimant.

2) L’État protecteur

À la fin du XIXème, cet état régalien continue d’évoluer pour devenir un État protecteur avec
encore d’autres politiques publiques, des politiques de redistribution. On passe d’une
conception individuelle de la responsabilité et de la société à une conception plus collective.
On crée des systèmes d’assurance collective et de responsabilité collective ou l’État en entier
prend la responsabilité d’accidents comme des accidents du travail.
On a la mise en place d’une société assurantielle pour protéger la population des risques, les
risques pris en charge étant de plus en plus nombreux.

L’ancêtre de l’État providence se met en place en réponse au mouvement ouvrier et au


socialisme. On peut notamment parler de l’Allemagne Bismarckienne avec la mise en place
des premières assurances sociales, de solidarité par les groupes professionnels… l’État a aussi
un rôle pour gérer ces caisses de solidarité et de redistribution.

3) L’État providence

Les politiques redistributives sont renforcées par la 2nde GM, mettant en place des politiques
de protection sociale + larges. Déjà à la fin de la Première GM, on commence à mettre en
place des indemnisations des anciens combattants…
Avec la Crise de 1929 aussi une prise en charge de l’État se développe avec la conception
Keynésienne face à un capitalisme faillible. L’État commence à s’impliquer aussi dans
l’économie et, après 1945, cela se développe avec une politique de reconstruction du
territoire.

Cependant, même si cette évolution se voit dans la plupart des pays occidentaux, cela se fait
à différents niveaux et avec différentes mesures. Les régimes de protection sociale sont
différents selon les pays selon le développement de 3 critères selon Esping Andersen : la
logique fondatrice, le mécanisme de financement et d’allocation des prestations et le degré
d’autonomie par rapport à l’État (??).

L’État se développe comme ça en se diversifiant depuis ses simples pouvoirs régaliens en


élargissant ses capacités et ses responsabilités vis-à-vis de sa population.

III) Nation et nationalisme

1) État et nation

L’État œuvre à la « nationalisation » du territoire, son objectif est de se faire accepter, lui et
son idéal républicain, par la population. Il accompagne sa monopolisation de la violence et son
système fiscal par une harmonisation des consciences, il tente de rapprocher la population
pour qu’elle accepte de se soumettre dans son ensemble à un État.
Il a besoin de partager une langue commune, des coutumes communes, des symboles.

En France par exemple, pour se légitimer, l’État a cherché à construire la nation française à
travers des symboles (drapeau, hymne), des monuments, des outils (comme les statistiques
pour mieux connaître la population) ou des pratiques (par exemple le sport, le tour de France…
ou encore des fêtes nationales, la gastronomie…) rassemblant la population autour d’une
nation.
L’État est l’architecte de la nation via l’apprentissage, la mémoire de la communauté ou des
points administratifs (état civil, papiers d’identification…). Le sentiment d’appartenance
commune favorise la disparition des cultures locales et du communautarisme pour unifier au
niveau de la Nation.

Néanmoins, ce schéma historique n’est pas universellement partagé dans certaines régions
du monde. La nation n’a pas nécessairement besoin de l’État et l’État n’amène pas toujours à
la nation.

2) Deux approches de la nation

La Nation peut être abordée de deux façons principalement : la conception française et


révolutionnaire et la conception germanique (antirévolutionnaire)

Conception française :
Retour au contrat social des lumières, nation contractualiste qui mène au fait que la nation
dépend de la volonté générale, la volonté de chacun, d’y appartenir. La nation n’est donc pas
naturelle, elle dépend d’une association volontaire des citoyens.
Cela a des implications pratiques : les frontières sont là ou la population accepte d’être part
de la nation, elles ne sont plus géographiques, et la nationalité n’est pas automatique ni
définitive : c’est l’adhésion à un destin collectif qui prévaut, une volonté de participer à la
nation donnerait la nationalité.

Conception germanique :
La nation est ici perçue comme une évidence culturelle, historique et biologique
indépendamment de l’État et de la politique. C’est une vision de la « Nation romantique ».
Cette nation est fondée sur l’existence d’une âme collective, de traits communs indépendants
de toute intentionnalité politique.
Cela amène, d’un point de vue pratique, au fait que les frontières sont fixées historiquement
et il est difficile de perdre ou de gagner la nationalité qui est inscrite dans les gènes de la
personne.

Cependant, ces deux visions de la nation sont schématiques : dans la réalité, l’acquis de la
nationalité a évolué depuis et nombre de penseurs français peuvent être réactionnaires et
défendre une vision fermée de la nation, plus proche de la vision « allemande » que de la
vision « française ».

3) Les théories du « Nation building »

Selon ce courant de pensée, l’État est à l’origine de la nation et de la culture nationale. La


Nation est donc le fruit de la construction historique et culturelle de l’État.
L’État a différents moyens pour construire ce sentiment national.

Selon Ernest Gellner, l’État est au cœur du projet national par son rôle éducatif et sa capacité
à offrir une langue et une éducation communes garantes de son unité. Pour lui, l’État met en
place une école commune, la langue française… pour créer un sentiment d’appartenance
nationale. Cette « haute culture » (en opposition à la basse culture, paysanne) partagée par
tous fonde la réalité nationale.
Pour Karl Deutsch, le nationalisme est le produit de la modernisation économique : la
révolution industrielle a obligé les individus à un partage d’expériences et à s’éloigner de leurs
origines, brisant les unités villageoises pour une unité plus centralisée, nationale.
En mettant en pièces, en atomisant, la société communautaire villageoise d’avant, la
modernisation et la révolution industrielle pousse les ouvriers isolés dans un nationalisme
protecteur par peur de l’individualisme et de la solitude. Et l’État, en tant que moteur
économique du pays, développe les moyens de communication et pousse cette révolution
industrielle, favorisant la création de l’esprit commun et national.

Benedict Anderson, elle, voit le développement du nationalisme en lien avec la révolution de


l’édition. Le latin se complexifie et la langue française se développe donc. Avec l’édition et
l’apparition d’ouvrages en français et d’une presse à visée nationale, on a un début d’une
« communauté imaginée » : en suscitant les mêmes pensées dans la même langue sur
l’ensemble du territoire, la lecture de ces ouvrages amène à une même « faculté imaginante »
dans l’ensemble du corps social. La nation, la communauté imaginée, est la résultante de ce
phénomène de partage d’expérience initié par l’État qui encourage et organise le marché
éditorial.

4) La nationalisme comme ressource politique

La nation est une ressource politique pour l’État pour légitimer son pouvoir à travers un
sentiment d’appartenance de la population.
Pour Anthony Smith, le nationalisme n’est ni une donnée ni quelque chose de construit mais
plutôt le résultat du choc entre la tradition et la modernité. Le nationalisme relève d’un passé
ethnique (donné) investi et travaillé par l’État moderne ou les entrepreneurs politiques
(construit).

Pour lui, il y a une contradiction entre 2 types de valeurs et de légitimité : celles de la


modernité et de l’État scientifique qui l’entretient ou celles de la tradition qui primaient avant
l’État.
Plusieurs moyens sont mis en place par les entrepreneurs politiques pour mobiliser ce
nationalisme :
- Une stratégie néo-traditionaliste. Les acteurs refusent les valeurs de l’État moderne,
préférant la tradition, mais utilisent tout de même la modernité comme les médias. Il
y a une contradiction entre le rejet des valeurs de l’État et les bienfaits de sa
bureaucratie. Mais cette contradiction vouerait ces acteurs à l’échec. (C’est
notamment le cas d’organisations comme le Hamas ou le Hezbollah)
- Une stratégie assimilationniste. C’est le constat de la réussite de l’État moderne, fort
militairement comme technologiquement, menant à l’acceptation de ce système.
C’est par exemple le cas des nationalismes arabes qui, face à la conquête de Napoléon,
ont tenté de moderniser à leur tour leur société. Mais cela se fait parfois à l’encontre
des peuples, causant des difficultés.
- Une stratégie réformiste. Intermédiaire entre traditionalisme et assimilationniste.
Placer la légitimité de l’État dans la défense des valeurs traditionnelles en s’appuyant
sur la base ethnique pour revivifier une tradition mythifiée pour mieux entrer dans la
modernité.
5) Au-delà du nationalisme

Le projet nationaliste et sa traduction politique et culturelle qu’est la nation se trouve


confronté à trois principaux défis.
1) L’intégration post nationale : un développement de l’intégration outre la nation
comme l’ambition européenne depuis les 50’s
2) L’émergence de la mondialisation : globalisation économique, migratoire et
culturelle, qui fragilise l’unité des ensembles nationaux avec une diversification de la
population et des cultures
3) La critique de l’uniformisation nationale par des groupes culturels locaux soucieux de
la reconnaissance de leur identité propre, velléité indépendantiste de communautés
plus locales…
Chapitre 2 : Les régimes politiques
J-L Quermonne définit un régime politique comme « l’ensemble des éléments d’ordres
idéologique, institutionnel et sociologique qui concourent à former le gouvernement d’un
pays donné pendant une période déterminée ». Cette notion situe les modes de
gouvernement les uns par rapport aux autres selon leurs principes constitutionnels, leurs
principes de légitimation et leurs modalités de fonctionnement effectif.

3 régimes principaux contemporains : démocratique, autoritaire et totalitaire


Pour les distinguer, on utilise 2 critères : la source du pouvoir et le degré de consensus des
gouvernés.

La source de pouvoir : en démocratie, c’est le peuple ; en régime autoritaire, c’est un individu


ou un groupe ; en régime totalitaire, c’est un parti unique incarné par un chef.

Le degré de consensus, est-ce que les gouvernés ont le droit de parole et de s’opposer : en
démocratie, liberté d’expression et d’opinion ; en régime autoritaire, contrôle de la liberté
de parole+ monopolisation du pouvoir par les dirigeants mais possibilité de penser
différemment ; en régime totalitaire, objectif de faire disparaitre toute forme de résistance,
chacun doit adhérer pleinement à une idéologie unique (propagande, censure, élimination
des opposants…)

I) La démocratie

1) Formes et principes

La démocratie comme marché :


La démocratie a un trait fondamental : l’organisation d’élections à échéances régulières.
Sa caractéristique est l’existence d’un marché électoral sur lequel s’échangent des biens
politiques, les programmes, contre des voix, des votes.
Cette vision de marché est fondamentale pour comprendre les élections : les biens sont
aujourd’hui principalement symboliques et politiques (idéologie…) mais ont pu être matériels
et économiques : emplois, aides, logement…

Principes de la démocratie représentative selon Bernard Manin :


Selon lui, il y en a 4 :
- Élections réitérées à intervalles réguliers : c’est un contrôle des électeurs sur les
gouvernants par la mise en place de mandats limités qui permettent de réélire ou non.
- Les gouvernants conservent une « marge d’indépendance » vis-à-vis des électeurs :
c’est un mandat représentatif et non impératif, l’élu agit pour l’intérêt général mais de
la façon qui lui semble être la bonne à lui-même s’il ne satisfait pas les demandes des
électeurs. (Mais puisqu’ils ont cette marge d’indépendance, il faut donc les contrôler -
principe 1-)
- Les gouvernés doivent pouvoir « exprimer librement leurs opinion politiques » :
libertés publiques et droits fondamentaux dans les limites légales (racisme,
antisémitisme…). Liberté d’expression
- Les décisions politiques doivent être soumises à l’épreuve de la discussion au
Parlement. Le Parlement doit avoir un pouvoir pour remettre en question et discuter
les décisions politiques. Dans les faits cependant, les parlements sont souvent affaiblis
par rapport au gouvernement.

13/02/2025
Une compétition politique pluraliste :
C’est l’idée qu’il y a différents candidats et qu’on peut voter pour celui qu’on souhaite selon
les promesses et les programmes politiques que proposent les candidats et pas d’autres biens
matériels…
La compétition politique pluraliste n’est pas née avec le suffrage universel : historiquement,
elle nait dès le suffrage censitaire, réservée à ceux qui paient le cens parce qu’on estimait que
les plus pauvres, ignorants, n’avaient pas la capacité de s’intéresser à la politique.
Le marché électoral censitaire était très restreint, dominé par les notables (personnes
importantes bénéficiant de fortes ressources) et sujet au clientélisme : les candidats
proposaient des biens matériels aux électeurs et pas des biens politiques.

Ces habitudes de clientélisme sont restées tenaces jusqu’au début du XXème, même avec le
suffrage universel masculin. Malgré ce système, les notables sont renforcés par les élections
et se retrouvent toujours élus car les nouveaux électeurs ne sont pas habitués à la politique
et ne vont pas adopter un vrai raisonnement politique. Ils vont plutôt voter en fonction des
biens matériels qui leur sont offerts par les candidats.
L’élargissement du marché électoral fait cependant entrer de nouveaux acteurs en
compétition et les électeurs deviennent de plus en plus éduqués avec l’école obligatoire : des
républicains et plus uniquement des conservateurs ainsi que des véritables bases et
programmes politiques au lieu de clientélisme. Ils s’appuient sur des organisations
spécialisées dans la conquête des votes pour mobiliser les nouveaux électeurs.

Les caractéristiques du vote contemporain commencent alors à émerger : secret du vote,


isoloir… On a une nouvelle conception de l’électeur avec une citoyenneté plus individualisée
pour voter selon des idées politiques.

2) Évolutions de la démocratie contemporaine

Renforcement de l’exécutif (présidentialisation)


On observe une prédominance des projets de loi d’origine gouvernementale dans la
production législative (+75% dans l’UE, le phénomène n’est donc pas que français). Par recours
à certains mécanismes tels que les ordonnances ou le référendum, le gouvernement peut se
substituer au Parlement.
Présidentialisation = renforcement de l’autorité du chef de gouvernement vis-à-vis des
autres ministres. C’est un phénomène marqué dans les régimes présidentiels ou les ministres
sont responsables devant le président mais aussi dans les régimes parlementaires (de + en +
marqués par le leadership du chef de gouvernement).

C’est un phénomène en lien avec :


- Une médiatisation de la vie politique, les médias personnalisent le pouvoir en
focalisant l’attention sur le chef de l’exécutif pour faciliter la compréhension en
attribuant tout à une même personne, le chef de l’exécutif.
- Un renforcement de l’international et de l’Europe : l’activité internationale du chef de
l’État/exécutif en tant que représentant de l’État gagne en importance. Il gagne ainsi
en puissance et en importance et est plus connu, menant à un gain de puissance
- Interdépendance entre les problèmes : puisque la plupart des problèmes impliquent
plusieurs ministres et ministères, le chef de gouvernement gagne en importance
puisque son rôle de coordinateur gagne en importance.
- Renforcement du contrôle de l’administration par l’exécutif.

Renforcement du contrôle juridique du pouvoir politique et de la vie politique


On a un contrôle du pouvoir politique et législatif qui se développe avec la mise en place du
Contrôle de Constitutionnalité et notamment la QPC.
L’encadrement juridique de la vie politique a 2 enjeux :
Le financement des partis et des campagnes électorales doit être encadré pour éviter les
débordements
La réglementation du lobbying a une importance aussi pour éviter les débordements.

Développement de la démocratie participative et délibérative


Par petits pas, on tente de développer la démocratie participative au sein de la démocratie
représentative. Face au désintérêt de la politique de citoyens, pourtant de + en + éduqués, on
tente de réintégrer le peuple dans la politique par + de participation et de délibération.
On met donc en place des dispositifs renforçant leur participation sous 3 formes principales :
le référendum, les budgets participatifs (au niveau communal souvent) et les consultations
citoyennes (comme le grand débat national en 2019). Cela amène une libre expression des
citoyens car on leur reconnait des compétences citoyennes qui correspondent à de nouvelles
exigences en termes de responsabilité, transparence, publicité et proximité des élus vis-à-vis
de la population.

Mais aussi des outils de démocratie délibérative : cela repose sur le principe de la
représentativité (citoyens tirés au sort et formés par des experts pour faire des propositions
aux élus ou au référendum).

En somme, la démocratie participative et délibérative se mettent en place dans la démocratie


représentative pour la soutenir et la renforcer en faisant + participer les citoyens pour qu’ils
l’acceptent mieux. Les différents types de démocratie ne s’opposent pas nécessairement.
Cependant, il faut rester méfiants : ces solutions peuvent n’être que des mises en scène
politique et des instrumentalisations avec des décisions qui demeurent aux mains des élus
qui décident d’écouter ou non les citoyens.

Territorialisation du pouvoir
Distinction traditionnelle entre les États unitaires et les États fédéraux.
Mais cette distinction tend à se perdre : on observe une tendance à la centralisation des états
fédéraux puisque l’État central renforce son intervention dans l’économie et le social du pays.
En parallèle, les États unitaires ont tendance à se décentraliser et à transférer des
compétences réglementaires pour certains domaines de politique publique vers les autorités
locales élues
On a également une mise en place d’États régionaux (Italie et Espagne) avec un mélange
d’éléments communs aux 2 types institutionnels.

Le pouvoir des autorités locales tend à prendre des formes comparables dans l’ensemble des
démocraties contemporaines qui évoluent vers une régionalisation et une métropolisation
accrues, en lien avec l’importance politique accrue des territoires.

II) Le totalitarisme

1) Définition et caractéristiques

L’adjectif totalitaire est utilisé pour la première fois en 1923 par l’intellectuel libéral Giovanni
Amendola qui l’utilise pour dénoncer les pratiques fascistes qui viennent d’arriver au pouvoir.
(On considère cependant que l’Italie fasciste n’était pas totalitariste parce qu’elle n’a pas eu
la possibilité d’aller au bout du processus).
La notion est reprise par Mussolini lui-même en 1925 pour parler de sa volonté totalitaire puis
un philosophe fasciste (Giovanni Gentile) théorise le terme.
3 ans plus tard une revue américaine le définit comme le fait d’un État unitaire à parti unique,
fasciste ou communiste, né en réaction au parlementarisme.

Hannah Arendt a ensuite poussé la théorisation du totalitarisme plus loin : Les origines du
totalitarisme, 1951
Elle donne dedans 4 caractéristiques et spécificités du totalitarisme :
- Atomisation des masses : on vise à détruire les classes sociales pour qu’elles laissent
place à un ensemble d’individus apolitiques et abstentionnistes, on leur enlève toutes
leurs idées politique, on réduit l’individu en favorisant le groupe. Cette société trouve
notamment sa source après la 1ère GM ou la masse trouve un réconfort dans la figure
d’un chef outrancier et dominateur vis-à-vis des autres. Il redonne espoir au peuple
dans sa propre valeur.
- Type inédit d’organisation : le chef et le parti tout-puissant pénètrent l’État et créent
des institutions dédoublées au service exclusif du parti, du leader et de son idéologie
(Police d’État mais aussi Gestapo, armée nationale mais aussi formation SS…). Il n’y a
plus de distinction entre public et privé, le parti incarne l’État avec les masses et il n’y
a même plus d’État en soi même.
- Mode de domination qui se fait par la terreur est l’essence du totalitarisme pour
Arendt. Par exemple les camps nazis visent à détruire les opposants politiques mais
aussi des « ennemis objectifs », arbitraires selon des critères tels que la race ou la
classe sociale (en URSS notamment). Tout le monde peut être visé sans raison et une
terreur généralisée s’installe. L’extermination des populations se met en place et cela
mène à une élimination de la spontanéité elle-même en tant qu’expression du
comportement humain, l’humain ne peut plus s’exprimer suite à la terreur et c’est
pourquoi la masse perd toute son individualité.
- Une idéologie qui sert de boussole pour tous les individus perdus dans cette société
atomisée et sans identité. L’idéologie vise à plier le réel au nom des lois supérieures de
l’histoire ou de la nature : tout doit alors être interprété selon ces lois qui deviennent
une sorte de religion d’État dans laquelle tous doivent croire sous peine d’être
éliminés.

2) Comparer les totalitarismes

2 expériences seulement sont comprises comme totalitaires par tous : stalinisme et nazisme.
Bernard Bruneteau identifie 3 similitudes entre les 2 :
- Structuration du pouvoir avec un parti unique au pouvoir et une vie politique limitée
aux satellites du parti (organisations de jeunes…), un système juridique dépendant
uniquement du parti et un appareil policier surdimensionné et chargé de veiller à
l’application de l’idéologie de partout.
- La haine du libéralisme, qu’il soit politique (la démocratie) ou économique (libre
marché). Il y a une vision binaire de la politique, une opposition entre une
communauté (raciale ou sociale) face à un ennemi intangible (les juifs ou les
bourgeois). On oppose un « nous » uni face à un « eux » étranger, ce qui empêche
toute position médiane ou compromis. On est obligés de choisir son camp : soit on
soutient le parti soit on est contre et on meurt.
- La définition de l’ennemi : vision de l’altérité menaçante, l’autre est une menace pour
la société : l’ennemi s’apparente à celui qui rend impossible le rêve d’une société
unitaire et homogène. Il devient l’origine de tous les disfonctionnements dans la
société à la place du système totalitaire lui-même.

Mais il remarque aussi 3 différences entre les 2 systèmes :


- L’idéologie est différente, le nazisme eugéniste, raciste et antisémite s’oppose
complètement au communisme transnational et en apparence généreux. Selon
l’historien François Furet, il y a une opposition entre la « pathologie du national », le
nazisme et l’idée de race, et la « pathologie de l’universel », voulant universaliser tout
en cherchant trop l’égalité jusqu’à dénaturer cette idée d’égalité.
- Le fondement du pouvoir est différent : le nazisme s’appuie sur un pouvoir
charismatique alors que le stalinisme se base sur un pouvoir légal-rationnel. Si Staline
utilisait son charisme, ce n’était pas la base de son pouvoir. Au contraire, le nazisme se
basait sur Hitler et s’est arrêté avec lui. On oppose donc un totalitarisme d’essence
rationnelle à un totalitarisme d’essence charismatique
- La réalité de la violence : la terreur soviétique s’est exercée seulement dans l’enceinte
du pays, pas à l’extérieur. La violence nazie s’est exportée avec l’armée et avait une
logique apocalyptique contrairement à la violence communiste qui pouvait être lue
comme la prolongation d’une violence révolutionnaire et sociale. Enfin, c’est surtout
le système de mise à mort qui fonde l’exceptionnalisme nazi : camps d’extermination
face à des camps de travail.
3) Peut-on parler d’un totalitarisme islamiste aujourd’hui

Pour Bruneteau, on ne peut pas parler d’un islamisme totalitaire, il y a des différences entre
le djihadisme et le totalitarisme :

- Absence de mouvement de masse de soutien au djihadisme, l’islamisme radical est


donc différent.
- L’État parti est inexistant, Daech est très faible du point de vue bureaucratique. De +
l’économie est très peu étatisée.
- La dimension sectaire de l’islamisme est sans réelle prise sur l’ensemble de la société
musulmane dont une grande partie est rebelle et non consentante, contrairement à la
masse dans le stalinisme ou le nazisme.
- La dernière différence réside dans l’appui d’un référent religieux interprété
politiquement au lieu d’une idéologie politique qui devient une sorte de religion.

III) Les régimes autoritaires

1) Définition

Sur 239 régimes répertoriés entre 1950 et 1990, seulement 106 sont démocratiques. Les
autres ne le sont pas mais ne sont pas non plus totalitaires, comment les définir ?
Autoritaires

Ils ont des différences vis-à-vis de la démocratie :


- Monopolisation du pouvoir par un leader, groupe, parti…
- Absence de responsabilité politique du pouvoir puisqu’aucune alternance du pouvoir
n’est possible grâce au contrôle des élections.
- Absence de séparation des pouvoirs et absence d’État de droit, pas de respect de la
constitution
- Répression des opposants grâce à un appareil répressif et un mélange entre pouvoirs
civils et militaires
- Contrôle de la société civile et des médias
- Patrimonialisation du pouvoir, les dirigeants contrôlent les richesses économiques

Mais aussi des différences vis-à-vis du totalitarisme :


- Le pluralisme est limité mais existant, il n’y a pas de parti unique
- Absence d’idéologie, limitation à des valeurs qui existaient déjà avant
- Régimes faiblement mobilisateurs, pas d’embrigadement de l’ensemble de la société
- Maintien d’une séparation entre l’espace public et l’espace privé, le contrôle de la
population n’est pas total
- Absence de terreur idéologique même si la répression des opposants est parfois
exercée à grande échelle de manière très meurtrière.
2) Classification

L’analyse des régimes autoritaires a souligné la diversité de ces régimes qui occupent une
place prépondérante dans le monde actuel : selon l’observatoire V-DEM, + de 70% de la
population mondiale vit dans ce type de régime.

Alvarez fait une distinction entre les régimes selon 2 critères : quelle est la place de la
mobilisation électorale et la place, le degré du pluralisme institutionnel.

On peut aussi les classifier selon qui détient le pouvoir et quels sont les fondements du
régime avec 6 sous-types :
- Le régime autoritaire traditionnel est dirigé par un clan ou une tribu et le régime se
fonde sur le patrimoine et le religieux. C’est par exemple l’Arabie Saoudite ou la Syrie.
- Le régime clientéliste est dirigé par un groupe familial qui se fonde sur le patrimoine
et la répression, c’est par exemple le Gabon.
- Le régime bureaucratique est dirigé par un parti unique qui se fonde sur une
bureaucratie et une répression organisée et importante. C’est notamment le cas des
démocraties populaires post-totalitaires (Europe centrale/de l’est)
- Le régime militaire est dirigé par une junte qui s’appuie sur la puissance militaire
comme la Birmanie
- Le régime mobilisateur est dirigé par un leader populiste et nationaliste comme au
Venezuela
- Le régime théocratique est dirigé par un clergé qui a une puissance religieuse mais
aussi économique et répressive comme l’Iran, exemple caractéristique du régime
théocratique.
Partie 2 : Quels acteurs de la vie politique ?

Chapitre 3 : Les citoyens


I) Le processus de politisation de la société française

Politisation : processus par lequel un intérêt pour la politique, ses jeux et ses enjeux, se
développe dans la population. Ce processus est graduel au XIXème siècle particulièrement en
France. C’est l’extension du suffrage à l’ensemble de la population qui mène à ce processus
qui est très lent car il s’opère dans un cadre majoritairement rural et donc peu ouvert aux
préoccupations politiques : en 1900, 58% des actifs sont des agriculteurs.
La politisation c’est le phénomène qui pousse les individus à développer un intérêt pour la
politique et ses enjeux.

Ce phénomène s’étudie à travers 2 thèses :


- La thèse de la verticalité de la politisation, c’est-à-dire que la politique « descend vers
les masses », elle part des centres urbains et des élites pour s’étendre vers le monde
rural et moins favorisé. C’est la thèse de la fin des terroirs
- La thèse selon laquelle la politisation est un processus complexe qui s’opère par une
lente imprégnation et par implication de la population. La population ne peut se
politiser que si elle fait des efforts pour, il doit y avoir une volonté de la communauté
rurale de se politiser. Elles ont été actives et se sont impliquées dans ce processus,
c’est un effet non pas juste du haut vers le bas mais d’allers-retours. C’est la thèse des
voies multiples de l’acculturation politique.

1) La fin des terroirs

Eugen Weber, La fin des terroirs, c’est la fin des communautés locales pour aller vers une
société nationale, la France s’uniformisant et la population commençant à s’intéresser à la
politique au niveau national. Pour lui, c’est en comprenant au quotidien que le poids des
mesures nationales est important sur sa vie que le citoyen rural va commencer à s’intéresser
à la politique.
Pour lui, 4 facteurs justifient ce processus de nationalisation et donc de politisation :
- Développement des communications : transports + presse amènent à l’amélioration
de la circulation des hommes, idées, marchandises, mais aussi de la politique et de
l’idée républicaine, globalisant l’intérêt politique
- Scolarisation et éducation civique permettent de développer l’intérêt pour la
politique en formant les jeunes citoyens et d’uniformiser les territoires par un déclin
des langues locales au profit de la langue française. Si chacun reçoit la même éducation
et les mêmes référents, ils se sentent unis et plus impliqués dans la politique. Par
exemple, les cours d’histoire facilitent le processus de nationalisation de la population.
- Suffrage universel est un instrument de nationalisation de la société : en votant tous
au même moment et aux mêmes endroits républicains (mairies…), les citoyens
prennent conscience d’appartenir à un ensemble national. Le vote permet de réactiver
le sentiment national périodiquement mais régulièrement.
- La 1ère GM développe le patriotisme face aux autres pays et opère un brassage de la
population, toutes les origines sont mélangées et se retrouvent dans la guerre et face
aux mêmes difficultés.

2) Les voies multiples de l’acculturation politique

Ils estiment que Weber sous-estime l’impact des cultures locales dans le processus de
politisation : c’est à partir d’elles que se construit l’intérêt pour la politique, les républicains
ont par exemple pu s’appuyer sur les identités locales. Dans cette vision, les identités locales
et nationales vont s’emboiter plutôt que se remplacer et s’opposer. C’est ce qu’avance J-F
Chanet.

Pour Maurice Agulhon, on observe une dialectique entre le local et le national dans le
processus de politisation : il analyse la diffusion de la symbolique républicaine en France et le
poids du Suffrage universel. Pour lui le Suffrage universel est le principal facteur d’éducation
politique : ils n’avaient pas de raison de s’intéresser à la politique auparavant. Mais avec ce
nouveau droit, la population l’exerce et développe un intérêt pour la politique qu’ils n’avaient
pas avant.

La politisation passe aussi par des lieux de sociabilité locale (associations, mutuelles, loges
maçonniques…). Ce sont des vecteurs d’acculturation politique qui font l’intermédiaire entre
les thèmes nationaux et locaux. La politique irrigue peu à peu la structure sociale villageoise.

Les cultures locales ne sont donc pas complètement passives face au processus de
politisation : ce n’est ni un pur processus d’apprentissage ni une contagion des centres urbains
mais un processus d’appropriation variable d’usages politiques nouveaux.
La population ne s’intéresse pas à la politique naturellement, il faut nationaliser l’information
et lui faire prendre conscience de son pouvoir.
Les campagnes électorales ont d’ailleurs une vraie influence pour impliquer l’ensemble des
acteurs dans la politique.

II) La socialisation politique

Socialisation = l’ensemble des mécanismes d’intériorisation des normes et valeurs propres à


une société.
Socialisation politique = « processus de formation et de transformation des systèmes
individuels de représentations, d’opinions et d’attitudes politiques » (Annick Percheron) :
processus par lequel un individu se construit et construit des schémas de compréhension, de
connaissances et d’intelligibilité de l’univers politique. C’est la façon dont un individu va
s’approprier l’univers politique et en arriver à mieux le comprendre pour y participer.

Les travaux sur la socialisation s’intéressent aux agents socialisateurs (famille, amis, médias,
pairs, école, classe sociale, partis, univers professionnels…), aux individus socialisés et au
contenu de la socialisation (connaissances, sentiments, sentiment de compétence, rejet de la
politique…)
1) Le rôle de la famille

C’est pendant l’enfance déjà que sont intériorisées les catégories d’évaluation et de jugement
et que se constituent les dispositions politiques et les croyances fondamentales.
Des travaux universitaires dans le Michigan dans les 1950’s-60’s montrent le rôle central de la
socialisation familiale et la précocité des préférences partisanes des enfants : on observe une
stabilité des opinions politiques qui s’explique par la transmission familiale des préférences
politiques. L’identification à un parti est stable et est transmise très tôt par la famille. On
observera plus tard que la préférence pour un parti est faiblement corrélée aux orientations
idéologiques structurées mais plutôt à la socialisation dans la jeunesse par la famille.

Annick Percheron prolonge ce modèle en France : les 10-14 ans ont des préférences politiques
proches de celles de leurs parents, d’autant plus si ces derniers avaient une préférence
politique vraiment importante.
La socialisation familiale passe par différents canaux : imprégnation, inculcation volontaire
(leçons de morales…), modes indirects de transmission (choix de l’école laïque ou religieuse…).
Percheron distingue 2 étapes : l’accommodation (les enfants modulent leurs comportements
et représentations pour s’adapter à son environnement) et l’assimilation (puisqu’il s’adapte
à son environnement, il obtient une identité et une acceptation en retour). Se socialiser, c’est
assumer son appartenance à une communauté donnée et manifester sa volonté de
s’intégrer.

L’influence familiale est cependant infirmée ou renforcée par les différents groupes
d’appartenance et par la cohésion des milieux de vie (lieu d’habitation, environnement
scolaire + ou – homogène… si le milieu de vie s’oppose à la famille, la socialisation familiale
sera moindre). La socialisation est un processus actif dans lequel la dimension affective est
essentielle. L’enfant construit sa personnalité et son rapport au monde et à la politique en
s’identifiant aux groupes dans lequel il vit, en en incorporant les normes et les croyances mais
en fonction de sa propre expérience.

Pour Doug Mac Adam, l’individu est + disposé à s’engager politiquement quand il est entouré
de personnes engagées : il a tendance à plus s’engager pour se conformer à ceux qui lui sont
chers, ses parents et sa famille.

La famille transmet la compétence politique mais aussi le sentiment de compétence politique


ou d’exclusion : la maitrise des catégories de jugement politique ne dépend pas seulement
d’une compétence technique. La position dans les hiérarchies sociales détermine un
sentiment d’autorité à acquérir un outillage et une opinion politique (Daniel Gaxie). À travers
la famille se rejoue l’influence des milieux sociaux d’appartenance.

La famille a aussi une véritable importance dans la transmission des choix idéologiques malgré
les transformations sociologiques en cours : 4/10 français s’inscrivent dans la continuité des
choix de leurs parents, d’autant plus si on ajoute ceux qui se considèrent apolitiques.
Seulement 8% ont changé de camp (gauche/droite) par rapport à leurs parents en 2008
(Anne Muxel)
Par ailleurs, le couple est également un élément de socialisation, la politique perdant en
importance dans l’intimité. La formation des couples obéit à des logiques sociales et la
convergence politique dans le couple est une norme. Anne Muxel montre que les ¾ des
Français convergent idéologiquement avec leur partenaire. (29% des couples sont tous deux
à gauche, 29% à droite et 17% ni de gauche ni de droite)

2) Multiplicité des instances socialisatrices et place de l’individu

Les différents univers et normes auxquels les jeunes sont confrontés entrent en
interaction/compétition (enseignants/parents…) et même certains évènements ponctuels
(grèves, guerre, mai 68) peuvent tout changer.

L’individu n’est pas un réceptacle passif dans le processus de socialisation : si la famille joue
un rôle important, la socialisation n’est pas une reproduction identique. L’individu est pluriel
(Bernard Lahire), il est défini par la pluralité de ses identités sociales, de ses rôles et des
univers de socialisation multiples qu’il traverse. Il agit différemment selon avec qui il est et
réagit différemment à l’influence de ces personnes. L’individu porte une variété de
dispositions et d’expériences qui l’amènent à interagir avec les agents socialisateurs. La
socialisation est un processus de transaction entre l’individu et la société.

La famille n’a donc pas le monopole de la socialisation de l’individu. Il est la somme de


différentes socialisations par l’école, la génération, les médias, l’univers professionnel et la
famille… Le contexte et les évènements politiques peuvent jouer aussi un rôle important.

L’école est une communauté sociale différente de la famille et une expérience citoyenne.
L’école peut contredire et bousculer les représentations politiques de l’enfant.

La génération a une influence liée au fait d’avoir vécu des évènements commun (1968) et des
situations politiques différentes (clivage gauche/droite + ou – important).

Les médias amènent une dévaluation de la politique, ils sont souvent vus comme une
« socialisation à l’indifférentisme » (Sophie Maurer) l’absence de politisation ne signifie donc
pas une absence de socialisation. Les médias amènent une indifférence.

L’activité professionnelle a plusieurs variables changeant son influence politique : est-ce qu’on
travaille dans le public/privé, quelle est notre position hiérarchique… On observe un
conformisme politique selon sa place : un chef d’entreprise va rarement être de gauche, les
enseignants ont longtemps été à gauche, les ouvriers dont les usines sont gérées par la CGT
vont difficilement être de droite…

III) Compétence et intérêt pour la politique

L’avènement du suffrage universel masculin en 1848 repose sur un postulat : le citoyen est
intéressé par la politique et compétent pour y prendre part à travers ses choix électoraux.
Or, les travaux sociologiques démontrent que cet idéal démocratique de la participation
fonctionne comme une mythologie : les citoyens sont globalement peu intéressés par la
politique et peu compétents.
1) Définitions

Participation politique = ensemble des activités via lesquelles les citoyens entrent en contact
avec l’univers du pouvoir en respectant certaines contraintes et règles du jeu

Politisation = attention accordée par les individus au déroulement de la compétition politique


(consommation de journaux, radio, débats politiques…)

Compétence politique = elle est liée à la politisation : l’accumulation de compétences


politiques a une incidence directe sur l’intérêt pour la politique. L’intérêt présuppose une
certaine compétence. En retour, l’intérêt amène au développement d’une certaine
compétence.

La compétence a 2 dimensions : une dimension cognitive (c’est une connaissance pure et


simple plus ou moins approfondie) et une dimension politique (cette connaissance
approfondie donne le droit de décider et de participer). Bourdieu ou Gaxie intègrent cette
deuxième dimension via le concept de « compétence statutaire ». Ils considèrent que la
compétence politique est la capacité à penser politiquement, avec un vocabulaire politique,
les problèmes politiques.

Loïc Blondiaux propose 4 postulats de la compétence politique :


- C’est une disposition individuelle, elle est différente pour tout le monde
- Elle peut faire l’objet de mesures, on peut interroger les individus pour l’objectiver
- Elle peut être analysée en dehors de toute action, l’individu peut être compétent sans
pour autant avoir une activité politique.
- La connaissance savante de l’univers politique (maitrise des codes et idéologies) joue
un rôle central dans la compétence politique.

Bourdieu définit la compétence politique comme « la possession des connaissances savantes


et pratiques nécessaires pour produire des actions et des jugements proprement politiques et
maitriser du langage politique ». La compétence politique se mesure à la connaissance des
personnalités et organisation politiques, à la maitrise des schèmes de classification ou à la
capacité à se situer sur l’axe droite gauche. Pour lui, la compétence politique est nécessaire à
l’action politique.

Cependant, il faut relativiser l’importance des connaissances spécialisées dans la production


d’opinions politiques : C’est le courant du Rational Choice. On a une nouvelle vision de l’acteur
comme un individu peu informé mais qui se sert de son expérience personnelle et de
raccourcis pour se positionner. Ils utilisent « des schémas ou signaux qui leur viennent des
élites pour produire des opinions à moindre frais ». Pour agir sans avoir de véritable
compétence, les individus peuvent prendre des opinions toutes faites en fonction de
situations conjoncturelles, sans réellement prendre en compte des idéologies.

2) Une compétence et un sentiment de compétence très inégalement partagés

Malgré les efforts de formation et la socialisation, tous les citoyens ne sont pas intéressés par
la politique : peu de citoyens sont intéressés par la politique. Des travaux des 1960’s aux US
montrent le citoyen comme quelqu’un de passif et peu intéressé par la politique et, s’il est
intéressé, c’est de façon intermittente, à l’occasion de grands évènements. Les militants
partisans ne représentent que 1-2% de la population. Bourdieu théorise le concept de
« remise de soi » : les citoyens s’en remettent aux autres pour prendre des décisions.

Si le vote demeure une obligation morale pour beaucoup de citoyens, l’abstention ne cesse
d’augmenter, ce qui montre ce faible intérêt politique mais aussi une défiance croissante des
citoyens face à la politique et des phénomènes d’exclusion sociale.

Gaxie, Le cens caché, 1978, réfute l’idée d’un intérêt pour la politique universellement
partagé : seulement 10% des individus sont politisés via des activités politiques, et ces 10%
sont les plus riches et les plus éduqués.
Les compétences nécessaires à la participation politique sont très inégalement partagées :
La non-participation est en lien avec des processus sociaux d’exclusion du politique. Le
sentiment de compétence a une véritable influence et ce sentiment est relié au niveau de
diplôme/position sociale : les + diplômés se sentent plus compétents et donc + habilités à
produire des opinions politiques et le font donc plus.

Les individus atteindraient leur niveau maximal de compétence politique entre 30 et 60 ans
et la probabilité d’être compétent politiquement est + grande chez les hommes que chez les
femmes, les femmes sont plus prédisposées à renoncer à la compétence et aux pratiques
politiques car elles ont globalement un sentiment de compétence moins présent.

Il faut relever la non-maitrise courante des langages et systèmes politiques suite à la


professionnalisation de la politique. Le citoyen ne peut comprendre le fonctionnement de la
politique que s’il a des compétences spécifiques. L’incompétence est une incapacité sociale à
entrer dans les catégories d’expression des opinions imposées par l’ordre politique. Certains
individus sont donc favorisés et se sentent plus compétents.

Cependant, certains groupes dominés compensent leur handicap par l’appartenance à des
groupes politiques. Par exemple, le PCF a politisé les catégories populaires et leur a fait
surmonter leur sentiment d’indignité et d’incompétence.

06/03/2025

3) La théorie du cens caché

Les inégalités scolaires agissent comme un cens électoral, comme un cens culturel d’autant
plus efficace qu’il est caché, malgré le fait que le droit de suffrage soit reconnu à tous.
« Le rapport d’exclusion que certains agents entretiennent avec la politique du fait de leur
position dans la structure sociale et surtout de leur infériorité scolaire ».

L’inégalité des compétences politiques bafoue les principes démocratiques car sa


participation n’est en réalité ouverte qu’à certains qui s’estiment compétents.
L’inégalité des compétences amène à une inégalité d’intérêt et de sentiment de légitimité à
participer politiquement. Derrière la fiction démocratique d’un homme = une voix, les citoyens
n’ont pas la même voix en vérité. Si les régimes démocratiques prétendent que tous ont la
même compétence, on ne donne pas aux moins favorisés les moyens pour qu’ils soient
effectivement compétents et puissent s’exprimer politiquement.
Ce cens caché est d’autant plus puissant qu’il est légitimé par l’école (Bourdieu) : l’école elle-
même ne présente pas une égalité des chances parfaites alors que c’est elle qui offre une
partie de la compétence politique.

Aujourd’hui on observe une réduction de l’importance de la théorie du cens caché :


- Au niveau du genre (femmes – formées que les hommes) les inégalités persistent mais
se réduisent : entre 2002 et 2007, l’écart entre les abstentions homme/femme a
diminué d’un tiers (passage de 3 à 1%). La variable de sexe a tendance à être moins
pertinente.
- De même que celle de l’âge : même si les + âgés ont été moins formés, ils se mobilisent
+
Mais il subsiste : les transformations économiques et sociétales produisent de nouvelles
formes d’exclusion avec un déclin des classes sociales, un affaiblissement des partis de gauche
dans les catégories populaires… On a une nouvelle forme de désintérêt pour la politique.

On a plusieurs modes de production de l’opinion politique :


- En théorie, selon les idées de 1789, le citoyen est éclairé et maitrise la politique, il
construit sa vision politique de cette façon. C’est un premier mode de production de
l’opinion politique. Mais cette théorie est mise à mal par l’idée du cens caché de Gaxie.
- On a une opinion politique fondée sur la délégation, sur la « remise de soi » : l’individu
s’en remet à un responsable politique qu’il juge compétent à formuler une opinion
quand il ne se sent pas digne de la formuler lui-même. On vote pour quelqu’un car il
semble plus compétent.
- Il y a également une opinion politique fondée sur l’éthique : on ne juge pas
politiquement mais par un jugement moral, on base son opinion politique pas sur des
idées politiques mais sur le fait que le candidat semble honnête…
● Vincent Goulet : il a étudié les rapports aux médias et à la politique des classes
populaires : « les visions du monde qui pourraient relever des catégories
populaires sont en permanence exprimées dans un registre moral plus apte à
saisir les aléas de la vie quotidienne » : le choix électoral des catégories
populaires relève plus d’une identification d’ordre affectif au candidat que
d’une appréciation purement politique.
● Les citoyens – politisés (les moins favorisés) classent donc les candidats selon
leurs propriétés socio-corporelles plus qu’en fonction des programmes
partisans (Braconnier et Dormagean) : par exemple, dans l’étude, un homme
va voter pour Chirac car il lui apparaît sympathique, capable de faire des
plaisanteries, de parler avec n’importe qui.
Chapitre 4 : Partis et personnel politique

I) Partis politiques

Les partis politiques sont des organisations collectives structurées engagées dans la
compétition électorale en vue de l’exercice du pouvoir.

Pour cela, ils :


- Sélectionnent les candidats aux élections,
- Ils soutiennent et contribuent à leurs campagnes électorales,
- Ils formulent des programmes et des positions sur les enjeux de politique publique
- Ils participent activement au fonctionnement des institutions politiques (législatives
et parlementaires)

1) La naissance des partis

Les partis modernes, pour Max Weber, sont les « enfants de la démocratie, du suffrage de
masse, de la nécessité d’une propagande et d’une organisation de masse, du développement
d’une unité extrême de la direction et d’une discipline très rigoureuse ».
Ils sont nés de la nouvelle démocratie et du suffrage universel pour mobiliser les masses.

L’élargissement du suffrage au XIXème amène des millions de nouveaux électeurs, et il faut


dès lors organiser les campagnes au niveau national pour s’adresser à tous. Loi de 1901 sur
la liberté d’association, création des partis. Les nouveaux partis contribuent à la structuration
de la vie parlementaire en créant des groupes parlementaires liés aux partis imposant une
discipline de vote aux élus.

L’émergence des partis est aussi en lien avec le développement de la question ouvrière : le
prolétariat ouvrier qui manque de ressources compense avec une organisation, une nouvelle
façon de faire de la politique pour contrer l’influence des élites traditionnelles en s’organisant
syndicalement puis en formant les partis : la SFIO par exemple, créée en 1905 par Jean Jaurès
s’oppose à la politique coloniale et au nationalisme excessif. En 1920, la SFIO se divise avec la
SFIC (communistes) et finit par devenir le PS en 1968.

Maurice Duverger fait une distinction entre les partis de cadre et de masse.
Les partis de cadre : formés par des notables à forte influence locale pour des notables ; ils ne
cherchent pas à élargir leur base militante, ils demeurent sur leurs bases ; les structures
partisanes sont souples et peu hiérarchisées pour laisser leur liberté aux notables, assez
individualistes et au service de l’élu sans avoir d’idéologie précise et figée ; leur activité est
centrée sur les campagnes électorales et la vie parlementaire, ils sont peu actifs en dehors de
ces cadres
Les partis de masse : ils concernent le monde ouvrier (moins de ressources) ; encadrent
concrètement les militants ; ont une structure bureaucratisée et hiérarchisée (base militante,
sections locales puis nationales, bureau politique, secrétaire général) ; financement via des
cotisations militantes et pas sur des dons de personnes riches ; programme et l’idéologie est
importante et centrale dans la vie du parti ; l’activité du parti est permanente, y compris au-
delà des campagnes électorales (mobilisation des électeurs de tout temps) ; et le parti est
dominé par un groupe dirigeant au sommet de la hiérarchie du parti.

Pour expliquer la naissance des partis, Stein Rokkan avance une source des partis dans les
conflits sociétaux au moment où les partis apparaissent (XIXème/XXème) avec notamment 2
processus : la construction de l’État-Nation (« révolution nationale ») et la révolution
industrielle.
- La construction de l’État- Nation implique 2 clivages :
● Clivage état/église, entre les défenseurs des pouvoirs de l’église ou des pouvoirs
étatiques. Cela amène à une création de partis cléricaux avec des démocraties
chrétiennes (Espagne, Hollande) ou des partis radicaux et anti cléricaux (France,
Italie)
● Clivage Centre/périphérie dû à la question de la nationalisation du territoire. Cela
mène à la création de partis centralistes et jacobins (Espagne, Grande-Bretagne)
ou de partis régionalistes/indépendantistes (Espagne, Belgique ou même France)
- La Révolution industrielle :
● Clivage rural/urbain, création de partis agrariens/écologiques
● Clivage Patrons/salariés, Possédants/Travailleurs, menant à des partis bourgeois
(libéraux/conservateurs) et des partis des travailleurs (socialistes/communistes)

Cependant, cette observation de Rokkan fonctionne pour le XIXème mais moins pour la
situation actuelle : ce modèle a des limites.
- Il ne tient pas compte des révolutions politiques : en France, la vie politique est
structurée par le clivage gauche/droite qui remonte à la révolution. Les partis ont été
créés après ce clivage et ont donc été influencés, ce qui a été oublié par Rokkan.
- De plus, le modèle de Rokkan est centré sur l’Europe uniquement. Les US par
exemple n’y rentrent pas entièrement, le clivage centre/périphérie par exemple s’est
posé vis-à-vis de l’indépendance et du fédéralisme plus que sur la question de l’Église
par exemple. Le modèle est aussi moins opérant pour des régimes issus de la
colonisation pour qui les partis se sont créées principalement autour de la question
de l’indépendance.
- Aussi, ce modèle renvoie plus aux fondements historiques des clivages partisans et
de la construction des partis en n’observant donc pas les évolutions ultérieures dues
à des nouveaux clivages comme le clivage matérialisme/post-matérialisme théorisé
par Inglehart ou alors pro/antimondialisation.

2) La transformation des partis et des systèmes partisans.

Au fur et à mesure du temps, il y a eu une fragmentation des systèmes partisans et un


affaiblissement des partis historiquement dominants. Les sociaux-démocrates sont
concurrencés par les extrêmes. On débouche sur une tripolarisation des systèmes partisans
avec un pôle de gauche construit sur des partis antilibéraux ; un pôle centriste ; un pôle
conservateur identitaire. Ces évolutions mènent à la disparition des majorités claires et
même parfois à la mise en place de gouvernement minoritaires.

Ces évolutions se concrétisent dans les Catch all parties et la professionnalisation partisane.
A) Les partis attrape-tout/catch-all parties

Ils s’adressent à une population plus large grâce aux médias et au recul de l’encadrement
apporté par les syndicats et les anciens partis politiques. Le public est trouvé grâce aux
médias de masse. Ces partis se fondent aussi sur l’augmentation de la volatilité du vote.
Le discours change car il ne s’adresse plus forcément à une catégorie de la population mais à
plusieurs en même temps.
La personnalité du leader est donc mise en avant et non son idéologie. Cette vision se
combine bien avec le système politique français.
Dans les années 90, des partis très incarnés prennent donc jour. Ils deviennent des “écuries
présidentielles”.

B) La professionnalisation partisane

Panebianco parle de l’avènement de “partis électoraux professionnels”. Pour pouvoir être


élu, il faut réussir les campagnes et la communication. Les partis se professionnalisent,
mettent en place des sondages, développent leurs compétences financières, de marketing,
etc.
En France, les partis vont trouver des financements au travers de la cartellisation (coalitions
politiques). Ainsi les partis sont de plus en plus indépendants de l’État. Ils restent pourtant
très encadrés par les lois relatives aux financement des campagnes par l’État. Pour être
financés, les partis vont s’appuyer sur des hauts fonctionnaires qui représenteront leurs
intérêts sur les moyens gouvernementaux.
Les partis sont de plus en plus dépendants de leurs finances. Pourtant, ils ont de moins en
moins d'adhérents, l’argent ne peut donc pas venir de leur base militante.

Cette professionnalisation qui est due au changement de cible, impose de nouvelles


compétences professionnelles mais il faut financer les experts. Si les partis peuvent
compter sur des aides étatiques en cas de réussite, cela les amène à des risques de
magouilles financières, et ensuite à une méfiance de la population.

Certes aujourd’hui on parle beaucoup des rejets de partis mais ce n’est pas récent.

La création des partis de masse fait apparaître des critiques :


Robert Michels et Moisei Ostrogorski critiquent les partis de masse. Ils sont censés défendre
les intérêts des masses et en réalité ils ne sont pas démocratiques. Ils parlent ici d’un
mécanisme social inébranlable et inévitable : l’oligarchisation de l'organisation. Plus elle
augmente, plus elle s’hiérarchise et plus les dirigeants se coupent de la base. Quand ils ne
sont plus exposés aux problèmes des autres employés, ils vont devenir des représentants
d’une classe qu’ils ne représentent plus.

20/03/2025

Petit à petit, la voie populaire est dépossédée par l’instauration d’un monopole de la parole
au profil des professionnels de la politique qui tentent de bénéficier à leurs intérêts
personnels.
Cela remet alors en cause le système représentatif en substituant la parole des dirigeants à
la parole populaire ayant des intérêts singuliers et individuels.

La Première tache d’un parti est de politiser un problème social (en proposant des
solutions, en discutant…) mais le fait que ce soient les oligarques du parti qui s’en chargent
dépossède le peuple au nom duquel il s’exprime pourtant de sa liberté d’expression.
La masse populaire finit par se remettre à des oligarques qui ne lui correspondent plus et
défendent leurs propres intérêts car elle se sent incompétente.

II) Professionnels de la politique

Parallèlement à la formation des partis au XIXème siècle, on observe une tendance à la


spécialisation des individus exerçant des activités politiques favorisée par la mise en place
d’un système d’indemnisation des fonctions électives. Les acteurs politiques se spécialisent
donc dedans. Cela permet à des individus de classes moins aisées de s’investir en politique,
sans quoi ils ne pouvaient pas se permettre de ne pas travailler.
En France, des indemnités sont créées dès la Révolution mais supprimées par la Restauration
et le 2nd Empire. En 1906, les indemnités parlementaires sont augmentées, menant à la
possibilité de vivre de la politique (Max Weber définit ces individus comme vivant « de » et
« pour » la politique, c’est-à-dire qui font de la politique à plein temps et en tirent un revenu
suffisant pour vivre).
Approche professionnelle de la politique

Cette évolution du personnel politique peut se comprendre via 3 formes historiques de


démocratie qui sont distinguées par Bernard Manin à travers 4 dimensions :
- La nature du vote
- Les caractéristiques des représentants
- Les lieux centraux du débat politique
- Les modes de production de l’opinion publiquement

Il observe donc 3 formes de démocratie chronologiquement en France :


- Le parlementarisme : un suffrage censitaire (lien fort entre les votants et les votés qui
sont tous des notables) ; représenté par des notables (choisis pour leur position
sociale) ; les débats se passent au Parlement (les représentants y sont indépendants,
ils ne représentent qu’eux-mêmes) ; l’opinion publique est restreinte et produite par
des clubs ou la presse les représentants vivent pour la politique sans encore être
payés et, à travers elle, défendent leurs intérêts
- La démocratie des partis : un suffrage universel (l’identification aux représentants est
collective, on s’identifie aux partis) ; des représentants militants (fidèles à leur parti) ;
les débats se passent au sein des partis (les représentants sont donc dépendants de
leur parti) ; l’opinion publique est produite à travers les mobilisations et la presse
partisane (les partis canalisent l’opinion publique et l’étudient) à travers le suffrage
universel, on cherche à défendre les intérêts de la population globale à travers les
partis
- La démocratie publique : suffrage universel (avec un vote personnalisé, pour le
représentant en lui-même) ; représenté par des personnalités (qui mettent en avant
leur image) ; les débats se passent principalement dans les médias (les représentants
y sont individualisés et autonomes) ; et l’opinion publique passe par Internet et par les
sondages (partagés par les médias).

La filière d’accès par excellence durant la période de la démocratie parlementaire (selon


Manin, suffrage censitaire) est la filière notabiliaire. La vie politique est dominée par les
notables et il est nécessaire d’être un notable pour y participer.
En tant que notable, on peut obtenir un mandat local, permettant par la suite d’obtenir un
mandat parlementaire et peut-être ensuite un poste gouvernemental.
Une position économique et sociale permet ensuite d’obtenir un mandat électif plus élevé.

Avec l’évolution du mode de démocratie, la filière d’accès aux fonctions politiques change
aussi : c’est une filière partisane pour la démocratie des partis
Sous la IIIème République, le suffrage s’ouvre et les professions libérales (médecins, avocats…)
obtiennent plus de rôles parlementaires. Des compétences techniques sont nécessitées pour
obtenir une importance, par exemple les avocats ont des talents oratoires qui les soutiennent.
Ces nouveaux acteurs peuvent aussi s’appuyer sur des organisations non partisanes (loges
maçonniques…). Un nouveau savoir-faire politique se développe et des écoles commencent
à le transmettre (Sciences Po, ENA…).
Cette professionnalisation amène une transformation structurelle : on constate un
remplacement des biens privés qui étaient offerts par les notables par des « biens politiques,
publics et indivisibles » comme des idéologies, des programmes… De nouveaux biens
symboliques naissent et apparaissent comme structurant la vie politique
Avec cette professionnalisation du monde politique, la filière partisane se met en place.
L’engagement partisan a une fonction clé et la position dans le parti détermine tout :
On commence militant, on obtient une responsabilité dans le parti, un mandat local puis un
mandat parlementaire et, enfin, un poste gouvernemental.
D’une certaine manière, c’est plus méritocratique que la filière notabiliaire, c’est l’implication
dans le parti qui offre une possibilité d’intervenir dans la vie politique.
Le personnel politique constate une ouverture sociale : à partir de l’indemnisation des
mandats électoraux et du développement des partis, une possibilité de vivre de la politique se
développe même pour les plus faibles économiquement parlant. Les fonctionnaires ont une
part croissante dans le Parlement, de même que les ouvriers.
Cependant, cette ouverture sociale s’atténue sous l’effet de nouvelles formes de
professionnalisation, posant un problème de représentativité de l’Assemblée.

Une filière technocratique se développe par la suite avec la démocratie publique. Avec la
Vème République, on a un changement important avec l’accès des hauts fonctionnaires qui se
fait non plus par le parti mais par une technocratie partant des grandes écoles :
On fait une grande école, après on obtient un poste dans un cabinet politique puis un poste
gouvernemental avant d’obtenir un mandat électif. C’est moins méritocratique, il faut faire
partie d’un élite dès le début pour être sélectionné en grande école.
Cette filière technocratique est prépondérante au sommet de l’État : 5 présidents sur 8 sont
passés par ces étapes (Pompidou, GD, Hollande, Chirac, Macron)
Cela ferme socialement le monde politique : les concours d’entrée aux grandes écoles ont un
caractère socialement très sélectif. 2/3 des ministres du gouvernement du 1er quinquennat
d’Emmanuel Macron étaient diplômés de grande école.

Une nouvelle filière voit aujourd’hui le jour avec le développement de la « démocratie


d’opinion ». La professionnalisation est augmentée, c’est la filière professionnelle. Les
acteurs passent par des formations universitaires spécialisées.
On commence à l’université, on devient collaborateur d’élu, on obtient un mandat local puis
un mandat parlementaire avant d’arriver au gouvernement.
Par exemple, François Fillon, Manuel Valls en sont issus. Les énarques perdent de l’importance
au profit des personnes issues de postes de collaborateurs d’élus au gouvernement.
Cependant, le rôle croissant de cette nouvelle filière ne permet pas non plus de modifier la
composition socioprofessionnelle du personnel politique français.

Aujourd’hui, on constate certaines choses.


Fortes distorsions professionnelles : surreprésentation des CSP + (2/3 des députés en 2017),
sous-représentation des ouvriers et employés et des personnes faiblement qualifiées (3.3%
de non diplômés du supérieur dans le gouvernement en 2017)

En 2017 et en 2022 on a pu voir beaucoup d’évolutions :


- Renouvellement des députés : 75% de nouveaux députés élus en 2017 (contre 40%
des députés en 2007 dont c’était le 3ème mandat). En revanche, diminution de la part
des « novices en politique » : en 2017, 28% contre 15% en 2022.
- Fin du cumul des mandats (entre parlementaire et exécutif local, loi de 2017). Avant
2017, 85% des parlementaires cumulaient des responsabilités.
- Rajeunissement : âge moyen des députés passé de 54,8 ans de moyenne en 2012
contre 49 ans en 2017 et 2022.
- Féminisation : 18.7% de femmes au Parlement en 2007 contre 39% en 2017 et 37% en
2022. Au gouvernement, depuis 2012, parité obligatoire entre hommes et femmes.
- Diversité : au gouvernement et à l’AN, augmentation. 35 députés étaient issus de la
« diversité » en 2017 contre 8 en 2012
- Liens avec le privé : la majorité des députés/ministres étaient novices en 2017 et 2022,
et venaient donc beaucoup des cadres du privé. Ils retournent ensuite dans le privé,
ce qui est une trajectoire de + en + caractéristique des ministres et députés.

Chapitre 5 : Médias et opinion publique

I) Médias

Selon Rémi Rieffel, les médias doivent être conçus :


- « Dans un premier temps comme un ensemble de techniques de production et de
transmission de messages à l’aide d’un canal, d’un support, (journal papier, cable…)
vers un terminal (écran, récepteur) ainsi que comme le produit proprement dit de
cette technique (journaux, livres, émissions)
- Dans un second temps, comme une organisation économique, sociale et symbolique
(avec différents acteurs sociaux) qui traite ces messages et qui donne lieu à des usages
variés
- Et donc, par conséquent, ils ont une dimension technique (par leur matériau) et une
dimension sociale (de représentation) »

Au XXème siècle, on a vu un développement des médias de masse (presse, radio, télévision)


qui constituent un relai entre le personnel politique et les citoyens. En 1950, moins de 300
familles avaient une télé alors qu’en 1990, c’est 20M de familles
Le temps moyen devant la TV a augmenté aussi, passant de 47min/jour en 1994 à presque
4h/jour aujourd’hui, phénomène qui se voit aussi par l’augmentation du nombre chaines.

Les médias deviennent alors une sorte de « quatrième pouvoir », ils deviennent le lieu du
débat public, de la conquête et de l’exercice du pouvoir. Le pouvoir se met en scène et prend
de l’espace médiatique et politique à travers les médias.
Ils peuvent aussi laisser s’exprimer l’opposition, représentant un contre pouvoir.

Ils ont donc un lien avec la démocratie et, d’une certaine manière, sont une condition de la
démocratie en permettant la liberté d’expression. Ils permettent une transparence politique
et une mise en débat des différents enjeux.
Pour Cyril Lemieux, ils sont un cadre essentiel de la démocratie car ils cherchent à informer
librement le citoyen, lui permettant d’atteindre l’idéal du citoyen éclairé et capable de voter
pour le candidat qui lui convient le mieux.
Mais en réalité, leur contribution au bon fonctionnement démocratique mérite d’être
nuancée, ce n’est pas toujours le cas, certains médias peuvent avoir l’effet inverse.

A) Médiacentrisme

Médiacentrisme = Tendance à surestimer le rôle des médias.


On va par exemple souvent imputer les défaites/victoires électorales aux médias et aux
débats qui sont médiatisés. (Exemple Kennedy qui gagne contre Nixon en 1960 soi-disant
grâce aux médias ou alors pic d’extrême-droite en 2002 suite à l’insécurité mise en avant par
les médias). Il faut se méfier des interprétations abusives, ils n’ont peut-être pas une telle
importance, leur effet est à nuancer.

Et les pouvoirs publics donnent raison à ce médiacentrisme en cherchant à contrôler les


médias. Il y a une certaine tradition de subordination des médias au pouvoir politique. Par
exemple Pompidou considérait le JT comme « la voix de la France », lui donnant une véritable
influence.
Les effets accordés aux médias sont infalsifiables et impossibles à réfuter puisqu’il est tout
aussi impossible de le prouver. Le fait d’accorder de tels effets aux médias est d’ailleurs en
lien avec un point de vue catastrophiste sur les individus : ceux-ci ne s’informeraient que de
manière passive et seraient très influençables par les médias.
Le médiacentrisme est une croyance qui est socialement intéressée et entretenue par
différents acteurs, notamment les pros de la comm et les journalistes pour qui ils sont un
« élément d’enchantement du métier » (Erik Neveu). Ces acteurs vont donc chercher à cultiver
le médiacentrisme.

Les médias, si leur influence est à nuancer, ne doivent pas être sous-estimés : ils contribuent
à CONSTRUIRE la réalité sociale. Ils ne sont pas des miroirs de cette réalité mais ils la forment
eux-mêmes à travers leur pouvoir de filtration, en choisissant ce qu’ils mettent en avant et
comment.

B) Théories des effets puissants (début du XXème)

Les toutes premières théories sur les médias considèrent que l’individu est un récepteur
passif qui est soumis aux médias qui ont une influence conséquente sur lui.

En 1939, Tchakhotine et Laswell théorisent le modèle de la « seringue hypodermique » : les


médias envoient un message et immédiatement les individus y réagissent et l’intègrent
automatiquement. Les médias ont donc un pouvoir sur les individus et peuvent manipuler
les foules. Cette théorie est apparue à la suite des mouvements fascistes et nazis en Europe
mobilisant une propagande énorme qui fonctionne. Ces régimes semblent donc valider cette
thèse.
Les messages médiatiques seraient comme « inoculés » (introduits dans l’organisme) à des
individus passifs et atomisés.

Un autre groupe de théorie dans le même sens se développe dans l’École de Francfort (groupe
de chercheurs en accord). Cette école théorise les effets puissants des médias mais de
manière critique.
Selon eux, ils contribuent à la reproduction de l’ordre dominant et éloignent la pensée
critique. Puisqu’ils sont aux mains des classes dominantes, ils véhiculent leurs idées et
reproduisent leur ordre social. Le capitalisme triomphe alors et se maintient grâce aux médias.
Mais ce point de vue considère toujours l’individu comme passif et incapable de réflexion.
Cette école considère que la massification et l’aliénation des sociétés occidentales sont liées
à la « dénaturation » du débat public par l’apparition de ces médias et moyens de
communication de masse. Les individus se retrouvent isolés face aux médias, chacun chez soi
et donc éloignés de leurs groupes d’appartenance.

Selon Herbert Marcuse, les médias diffusent une culture de masse conformiste et
consumériste qui pousse la reproduction du modèle actuel.
Habermas considère qu’ils contribuent au déclin de l’espace public et à la dégradation du
débat public.
L’École de Francfort considère le pouvoir des médias mais le critique en considérant qu’il
reproduit un ordre inégal.

On a aussi des modèles technologistes qui considèrent que les moyens de communication
d’une société conditionnent les modes de pensée et d’agir.
Pour Marshall McLuhan, « le média c’est le message » : les médias audiovisuels comme la TV
cherchent plus à séduire qu’à faire réfléchir. Ils bombardent le spectateur d’information au
point qu’il ne peut plus réfléchir et ne peut plus que devenir passif. Il insiste sur le fait que
dans le processus de transmission de l’information, ce n’est pas le fond du message qui
compte mais plutôt sa forme et la nature du média qui le transmet.

C) Travaux de Lazarsfeld et prolongements

Paul Lazarsfeld est le premier à avoir critiqué l’idée de l’importance des effets des médias.
Les anciennes théories considéraient l’individu comme n’ayant pas d’autres sources
d’information que les médias.
Lazarsfeld, lui, s’intéresse également à la relation que l’individu peut avoir avec l’information
médiatique et s’aperçoit qu’un ensemble de filtres vont limiter leur influence :
- L’exposition sélective : ceux qui reçoivent une information ont tendance à s’exposer à
un type d’information avec laquelle ils sont d’accord à priori. Par exemple, un électeur
de gauche va plus lire Libération que Valeurs Actuelles. Un média ne peut avoir
d’influence sur quelqu’un que si celui-ci s’expose à ce média et tous n’ont pas les
mêmes valeurs.
- La perception sélective : les individus vont percevoir le message différemment en
fonction de leurs attitudes politiques individuelles préalables. Un individu va
comprendre ce qu’il a envie de comprendre pour rester en accord avec ses idées. Les
individus sont rationnels et cherchent à éviter les « dissonances cognitives » (Léon
Festinger). En effet, s’il y a une contradiction entre le message reçu et les convictions
de l’individu, celui-ci va avoir tendance à rejeter cette information. On ne comprend
donc pas toujours l’information comme l’émetteur souhaiterait qu’on la comprenne.
- La mémorisation sélective : on oublie facilement une information, un message non
conforme à nos opinions personnelles.

Les médias ont donc plus un rôle d’activation par confirmation d’opinions préalables qu’un
rôle de conversion. Les médias informent mais la disposition de l’individu récepteur à recevoir
les messages joue un rôle fondamental.

En outre, le vote est souvent une expérience de groupe : les électeurs sont poussés par la
conformité pour être dans un groupe d’appartenance. Cela réduit le rôle des médias. Par
exemple, les campagnes électorales provoquent généralement le renforcement de la
cohésion des groupes d’appartenance.

De plus, l’information, les messages et leurs effets sont indirects : ils passent par un
médiateur avant d’arriver à l’individu : une information passe souvent par un relais, un « guide
d’opinion ». C’est la théorie du « two step flow of communication » : le guide, le leader
d’opinion est un individu informé et vu comme légitime au sein du groupe pour aborder les
différents sujets. C’est donc une figure d’autorité à laquelle les individus se réfèrent pour
établir leurs choix ou opinions. Par exemple un parent qui reformule à ses enfants le message
partagé par la TV.
L’influence des médias n’est donc jamais directe, elle est accompagnée de réappropriations
et de traductions dans les groupes sociaux du récepteur. Selon Elihu Katz, il faut moins se
demander ce que les médias font aux gens que ce que les gens font aux médias.

D) Théories de la réception

Quelles sont les capacités interprétatives du public et comment les médias peuvent-ils faire
en sorte que cette réception aille dans leur sens, quelle est leur capacité à prescrire les
thèmes du débat.

Pour Stuart Hall et le courant des « cultural studies », ils cherchent à comprendre la violence
culturelle subie par ceux qui ne détiennent pas les moyens de production intellectuelle et
de communication : ils font la distinction entre les logiques d’encodage et de décodage des
messages médiatiques.
- Encodage = intentions des émetteurs, qu’ils appellent les « encodeurs »
- 3 décodages possibles : la « lecture dominante » (qui accepte le message véhiculé), la
« lecture négociée » (qui trie le message) et la « lecture oppositionnelle » (qui refuse
le message pour des raisons idéologiques). Les individus peuvent détourner les
interprétations proposées par les producteurs à travers des grilles d’interprétation qui
le conduisent à interpréter différemment les messages médiatiques selon ses goûts…

Les références culturelles, les identités sociales et politiques des récepteurs peuvent amener
à un écart dans la réception d’un même message médiatique selon les individus.

Selon Brigitte Le Grignou, les Individus interprètent l’information en fonction de leur milieu
socioculturel : différentes catégories d’individus peuvent par exemple observer les intérêts
d’une série différemment selon leurs origines, leurs moyens…

Cependant, l’influence des médias est difficile à trancher scientifiquement pour des raisons
méthodologiques : les études empiriques sur la réception sont délicates, il est difficile de
distinguer l’influence des messages médiatiques des autres influences (famille…), ce qui
donne du crédit aux théories médiacentriques.

Aujourd’hui, on peut aussi se questionner sur les effets d’Internet : selon Markus Prior, en
2007, le JT fournissait auparavant une information politique commune à tous alors
qu’aujourd’hui, la multiplication de chaines non généralistes permet à ceux qui s’intéressent
– à la politique de s’en détourner et de regarder d’autres choses tout en amenant à la
polarisation des citoyens politisés.

E) Théories de l’agenda

Mais si l’influence des médias a des limites, les médias conservent la possibilité de mettre à
l’agenda, de donner de la visibilité à des sujets. Les médias disent moins ce qu’il faut penser
que ce à quoi il faut penser. Ils construisent les enjeux publics.
Agenda = ensemble des problèmes publics qui détermine à un moment donné l’attention du
public sur une action des pouvoirs publics. Un des éléments décisifs du conflit politique est la
définition de l’agenda : dans une certaine mesure, un problème n’existe politiquement que
s’il est consacré médiatiquement. Les médias ont donc le pouvoir de structurer les
préoccupations et connaissances du public. Ils définissent les thèmes dignes d’attention
collective.

Les médias ont différents rôles dans le processus de construction des problèmes :
- Agenda setting : ils définissent la saillance des enjeux, quel problème traite-t-on et est
le + important.
- Cadrage (« framing ») : ils définissent les situations sur lesquelles on se porte
principalement et comment on en parle : la manière de traiter d’un sujet selon
différents cadres.
- Amorçage (« priming ») : influence des critères de choix et de jugements, en avançant
une couverture médiatique importante à un évènement politique comme des
élections, les médias augmentent l’intérêt de la population

La manière pour un média de présenter un enjeu affecte sa signification (par exemple, pour
traiter de la pauvreté, user d’un exemple individuel donne l’impression que c’est sa faute alors
que montrer quelque chose + global donne l’impression que c’est une responsabilité de la
société) : les agendas et le cadrage des médias fonctionnent comme « l’amorçage d’une
pompe » (Erik Neveu). En rendant des enjeux visibles, les médias contribuent à en faire des
critères via lesquels les individus évaluent les candidats ou les gouvernements.

Les médias ont le monopole de l’interprétation des évènements politiques et sociaux : cela
contribue à la construction de la réalité sociale (« Nommer, c’est porter à l’existence »
Bourdieu). Aujourd’hui, la TV permet un accès à l’existence sociale et politique, et le
journaliste/les chaines télé ont donc un pouvoir de légitimation.
Pour Gebner, la consommation quotidienne de messages médiatiques forme un
environnement culturel qui contribue à la mise en intelligibilité du monde via des cadres
interprétatifs puissants malgré qu’ils soient implicites.

Les journalistes ont une capacité de consacrer des œuvres culturelles, intellectuelles ou des
hommes politiques. Il ne faut néanmoins pas surestimer ce pouvoir de consécration. Éric
Darras par exemple étudie les invités des émissions politiques de 1982-1993 et montre que
90% sont déjà consacrés par le champ politique avant le champ médiatique. Le champ
médiatique ne fait que reproduire des hiérarchies déjà présentes.

II) Opinion publique et sondages

Bernard Manin établit le concept de « démocratie du public » : le peuple est moins représenté
par les parlementaires que par l’opinion publique, qui prend forme dans les sondages
d’opinion.
Les sondages sont donc des instruments de mesure de l’opinion publique
En 1936, Gallup prédit contre toute attente des professionnels la réélection de Roosevelt à
travers un sondage. Sa prédiction consacre l’efficacité des sondages qui sont importés en
France à partir de la présidentielle de 1965 (première au SUD).
Les sondages « enivrent » la vie politique (Alain Garrigou) et l’accélèrent (les coups de
communication s’enchainent pour peser sur l’opinion). Ils mesurent constamment la
popularité des gouvernants, l’adhésion aux politiques publiques etc… Ils ont un quasi-
monopole sur la production de l’opinion.

L’opinion publique est devenue ce que mesurent les sondages et tend à se réduire à l’opinion
sondée avec les sondages gagnant en importance. Même si on peut remettre en doute son
existence, elle est devenue un acteur essentiel des démocraties contemporaines.

03/03/2025

A) L’insaisissable opinion publique

La définition de l’Opinion publique a évolué au fil du temps.


Au XIXème siècle, l’OP représente un public éclairé, un tribunal de la raison, une instance
critique constituée des hommes de lettres. L’opinion est alors « publique » car elle est publiée
(contrairement au pouvoir qui est opaque) et se forge à la Cour ou dans les villes. L’idée d’OP
est longtemps dépendante de l’idéal du citoyen éclairé de la philosophie des lumières.

L’OP devient une notion importante quand le gouvernement commence à se fonder sur
l’assentiment du peuple mais garde de nombreuses définitions :
- Selon Ferdinand Tönnies (1922), l’OP est une « mystérieuse entité » qui s’est
« démultipliée » pour devenir « la chose qui n’existe pas mais dont nous nous
occupons le plus ». Cela montre la peur que les gouvernants peuvent avoir du
peuple, l’entité est mystérieuse, on n’en connait pas le fonctionnement.
- Pour Walter Lippman, l’OP est une masse faiblement organisée, indifférente et
changeante. Elle est donc relativement peu politisée mais est malgré tout
changeante et peut soudainement se mobiliser contre le gouvernement…
- Pour Jürgen Habermas, l’OP est une frange éclairée de la population, « opinant » au
terme d’une confrontation raisonnée et d’un processus délibératif

En vérité, l’OP consacre le peuple souverain tout en le faisant disparaître comme acteur
collectif : toujours invoquée, l’opinion peut même se révéler comme un substitut au peuple
souverain. Si elle a commencé comme la représentation d’une frange éclairée de la
population, l’OP finit par désigner les opinions + ou – constituées et construites du + grand
nombre. Au départ, l’OP est incarnée par des argumentations (d’hommes de lettres) mais
finit par devenir simplement une quantification du + grand nombre (par des enquêtes
d’opinions).

Dans une autre perspective, la mesure de l’opinion répond historiquement à un souci de


gouvernabilité : les gouvernants cherchent depuis longtemps à sonder le peuple, mesurer
son adhésion/mécontentement. Les outils de mesure de l’OP se rationnalisent notamment à
partir du XVIème siècle. L’État développe ses outils statistiques et les recensements sont
rendus nécessaires par le développement de ses fonctions.
B) Controverses démocratiques autour des sondages

Les sondages ne font pas consensus, il y a des oppositions entre leurs auteurs qui les
défendent et des auteurs sociologiques plus critiques. L’OP ne s’exprime pas d’une seule voix,
elle est floue et la mesurer est difficile.

Les promoteurs des sondages mettent en avant leur rôle démocratique :


- Ils enrichiraient la démocratie en mettant à disposition des citoyens des informations
supplémentaires et en plaçant les gouvernants dans l’obligation de justifier leurs
choix. Les personnes se rendent compte qu’ils ne sont plus seuls. Les sondages
réinventeraient le principe de publicité (choix politique soumis à la critique citoyenne)
- Les enquêtés peuvent aussi participer au processus de pré-sélection des candidats à
travers les sondages. Des partis politiques peuvent commander des sondages pour
savoir quels candidats sont plus favorables et les présenter

Mais il y a plusieurs critiques qui sont faites :


- Ce serait un dévoiement de la démocratie institutionnalisant la démagogie : il est
difficile pour les gouvernants d’aller à l’encontre de l’OP : les mesures impopulaires
sont difficiles à prendre et les sondages rendent donc la société ingouvernable.
- Les gouvernants ne sont plus jugés sur la durée d’une législature : les sondages
mettent les systèmes politiques en situation d’élections permanentes car une
tentation perpétuelle de flatter l’OP existe. Il devient impossible de faire un plan
d’action sur toute la durée de la législature, le gouvernant est jugé à chaque instant
de son mandat.
- On constate un abaissement des coûts de l’expression politique : il devient moins
couteux de répondre à une enquête que d’aller manifester et cela encourage donc une
citoyenneté plus passive et des citoyens spectateurs (Bernard Manin)

Bourdieu lui aussi fait des critiques en 1873 dans L’opinion publique n’existe pas : les sondages
produisent des artéfacts dont on fait un usage politique : ils produisent l’opinion plus qu’ils
ne la recueillent. Les sondages et médias « font l’opinion » (Champagne).
- Les sondages postulent à tort que les individus ont une opinion sur les questions
qu’on leur soumet, que toutes les opinions se valent et qu’elles ont une égale
consistance.
- Ils donnent l’illusion qu’il y a un accord sur les questions qui méritent d’être posées
- Or, en réalité, le fort taux de non-réponse (encore + dans les classes – favorisées)
montre que l’idée selon laquelle tous les citoyens sont partie prenante d’un débat
démocratique n’est qu’une illusion mensongère. Ils ne sont pas tous partie du débat
politique et démocratique
- Au final, la fonction des sondages est d’imposer une illusion qu’il existe une OP
comme « sommation purement additive d’opinions individuelles ». Or, l’état de l’OP
est à un moment donné un système de forces qui ne peut pas être bien représentée
par des pourcentages. Par exemple, l’opinion publique mesurée par les sondages ne
représente pas et dévalue toute l’opinion mobilisée dans la vraie vie par les
manifestations…
Les sondages traduisent au final les problèmes de ceux qui les commandent et constituent un
« archivage précieux des manières historiquement variables de problématiser, penser,
découper, reconstruire le monde social ».

C) Effets des sondages

Les sondages font-ils l’élection ? les effets sur les citoyens sont longtemps apparus comme
faibles, difficiles à mesurer ou contradictoires.
3 effets principaux pèsent sur électeurs (même s’ils s’annulent entre eux ou sont marginaux) :
- Effet bondwagon : ralliement d’une fraction du corps électoral au camp des
vainqueurs présumés (vote utile, Mélenchon en 2022 avec toute la gauche)
- Effet underdog : comportement électoral non opportuniste : les électeurs charitables
vont à la rescousse des candidats les plus mal placés
- Third-person effect : disposition de l’individu à considérer que les sondages exercent
des effets massifs sur les autres mais très marginaux sur soi-même (Patrick
Lehingue) : fait de se penser au dessus des effets des sondages, on pense voter pour
quelqu’un pour ses idées alors que c’est suite aux sondages, on reste influençable.

Cependant, il faut se rappeler que les personnes les plus exposées aux sondages sont aussi
ceux qui sont les moins influençables car ils sont plus intéressés et ont des convictions
préalables + fortes. Les individus les plus influençables (peu politisés et instables) sont
globalement indifférents aux sondages car ils ne les voient pas.

Les sondages sont un élément d’appréciation parmi d’autres dans les décisions électorales :
ils ont eu un rôle dans la production d’un « vote utile » fondé sur l’anticipation des scores
des candidats : en 2002, on peut se demander si Jospin aurait été éliminé au premier tour par
Le Pen si les sondages l’avaient prévu. Avec la menace de l’ED, un vote utile aurait pu se mettre
en place.

Selon Patrick Lehingue, les sondages contribuent à « défaire l’élection », ils en font un jeu.
Les sondages ont un effet incontestable sur le jeu politique. Ils contribuent à la stratégisation
du jeu politique (le jeu prend le pas sur les enjeux). Via les enquêtes de popularité, les
sondages contribuent à renforcer la personnalisation de la vie politique (par exemple, pour
les législatives, des électeurs RN avaient cherché de partout le bulletin Jordan Bardella car les
sondages avaient testé le soutien pour Bardella comme PM) : ils contribuent à présélectionner
les candidats potentiels et à les hiérarchiser.

Si l’OP n’existe pas, l’usage politique des sondages est bien réel : ils font parler l’opinion et
instituent les « sondologues », les journalistes et les commentateurs en exégètes légitimes de
l’opinion. Le cercle politique (Champagne) fétichise les sondages : ils sont présentés comme
scientifiques, ils habilitent à parler au nom de l’opinion et à s’en faire les portes-paroles.
Partie 3 : Quelles pratiques politiques en démocratie ?

Chapitre 6 : Les comportements électoraux

I) L’analyse écologique du vote

A) L’invention de la géographie électorale

André Siegfried, dans son Tableau politique de la France de l’Ouest (1913), cherche à expliquer
le vote dans 14 départements de l’ouest entre 1870 et 1910 en mettant en relation la
répartition locale des votes et propriétés géologiques, économiques, démocratiques et
sociales des territoires. Il mobilise les résultats électoraux, géologiques, démographiques,
études cadastrales et fiscales des régimes de propriété foncière, la proportion de filles
scolarisées, les limites géographiques des dialectes… Et il obtient un résultat avec 2 types de
milieux politiques :
- Un « milieu de droite pure » : c’est la « coexistence de la grande propriété, de la petite
exploitation et du cléricalisme dans un pays de population éparse » : le vote à droite
est associé à des terres granitiques qui retiennent l’eau : l’habitat est alors dispersé
autour de nombreux puits et dominé par des grands propriétaires. Les occasions de
regroupement sont les messes, ce qui démontre d’une forte influence de l’Église et
des propriétaires fonciers, avec une structure sociale hiérarchique et claire.
- Un « milieu républicain » : là où « la petite propriété coïncide avec l’absence de
cléricalisme et où le groupement des habitations favorise la naissance d’une opinion
collective » : le vote à gauche est associé à des terres calcaires imperméables avec un
habitat concentré autour des rares points d’eaux (paysages d’openfield). La structure
de la propriété est plus diversifiée et égalitaire, les échanges sociaux sont +
nombreux et l’influence de l’Église est moindre

Le modèle explicatif repose sur une étude des structures matérielles de société
(géographiques : types de sol ; démographiques : mode de peuplement ; sociales : régime de
propriété) ainsi que sur l’importance de l’explication politique par la dépendance sociale : le
vote s’explique par le contrôle ou non d’un propriétaire terrien ou du prêtre :
Sous-sol Habitat Régime de propriété structure sociale Place du clergé ou de
l’instituteur Orientation du vote

Cette œuvre est fondatrice de la géographie électorale :


La méthodologie cartographique sert toujours à visualiser les zones de force des partis ou la
répartition spatiale de l’abstention
Les nombreux travaux mettent en avant les continuités historiques dans la répartition
territoriale des votes au XXème siècle.

B) Les limites de l’analyse écologique

Cette analyse pose problème au niveau de l’environnement (social…) avec des limites
méthodologiques. Elle pose 4 difficultés :
- Choix de l’unité d’analyse : doit présenter le maximum d’homogénéité sociale car, si
les unités sont très hétérogènes, la valeur de chaque variable sera une moyenne
réunissant des sous-ensembles très opposés. Par exemple, avec une ville très clivée
mais avant autant d’extrême des deux cotés selon les quartiers, si on ne compte que
la ville dans son ensemble, on va arriver à une moyenne centriste ne représentant pas
la vérité. Et cela ne rendra pas non plus compte de l’extrême majorité d’un coté dans
certains quartiers. En observant la ville, on obtient pas les mêmes résultats qu’avec
les quartiers.
- Risque de confusion entre corrélation et causalité : la mise en évidence d’une relation
ne permet pas de conclure directement à l’existence d’une causalité
- Le risque de passage de corrélation écologique (environnementale) à corrélation
individuelle (une corrélation constatée sur un collectif peut ne pas être vérifiée au
niveau individuel). Par exemple, William Robinson montre qu’une forte corrélation
entre le taux d’analphabétisme et le taux de population noire aux US ne signifie pas
que les Noirs sont plus analphabètes que les blancs : la corrélation diminue avec une
échelle d’observation plus précise. La relation qui semble forte à un haut degré
d’agrégation, à grande échelle disparaît à plus basse échelle car elle ne concerne pas
les individus mais leur environnement. Il ne faut pas établir de corrélation individuelle
en partant de la corrélation écologique
La corrélation écologique peut s’expliquer d’une autre manière : l’analphabétisme est
plus élevé dans les zones géographiques rurales en particulier, où il y a des Noirs et des
« pauvres Blancs » ainsi que diverses majorités ethniques, souvent moins intégrées
que les Noirs : Il faut donc faire attention à « l’illusion écologique », illusion induite en
vérité par l’environnement.
- Risque de l’inférence écologique : Robinson souligne qu’on ne peut déduire des
comportements individuels des données recueillies à un niveau agrégé : par exemple,
corrélation entre 60% de votes pour un candidat au niveau communal et la même
proportion de familles ouvrières dans cette commune ne permet pas
automatiquement de dire que les ouvriers ont voté pour ce candidat.

C) Le renouveau de la géographie électorale

Malgré ces critiques, l’analyse géographique a vécu un renouveau car elle est utile pour
comprendre la progression du FN/RN dès les 80-90’s. :
Il était sous-déclaré dans les sondages, les gens avaient honte de voter FN
Il bousculait les partis et les clivages traditionnels, il met en question des variables lourdes
(sociologie électorale)
La répartition territoriale de ses bastions électoraux (ligne Le Havre/Valence/Perpignan) a
généré un intérêt pour les territoires du vote
Tout cela a mené à un intérêt pour la géographie électorale.

Le « gradient d’urbanité », la distance entre les lieux de résidence et les agglomérations peut
expliquer le vote FN/RN : la distance au centre-ville (et donc aux infrastructures) génère une
frustration sociale et un sentiment de relégation expliquant un vote protestataire : les
catégories populaires ont quitté les agglomérations pour aller dans les zones périurbaines
(revenu assez faible, fragilité du tissu économique local, dépendance au prix du carburant,
petite délinquance, disparition des services publics…) qui s’opposent aux grandes villes :
accroissement de la population issue de l’immigration dans les quartiers populaires des
grandes villes et plus de cadres et professions intellectuelles qui ne votent pas FN.
Le FN fait une poussée dans le périurbain mais est rejeté dans le cœur des agglomérations.

Les réalités sociales expliquent ces différentiels de vote : les centre villes sont habités par des
jeunes surdiplômés, des cadres supérieurs, contrairement aux zones périurbaines.
Attention, selon Frédéric Sawiki, toutes les grandes villes ne se ressemblent pas : par
exemple en 2017, le vote Macron était 2x + répandu à Paris qu’au Havre, le gradient d’urbanité
va avec un gradient social.

II) L’explication du vote par le groupe d’appartenance

A) L’invention de la sociologie électorale

L’école de Columbia, Paul Lazersfeld


En 1944, The people’s choice, il étudie la présidentielle aux US de 1940 opposant Roosevelt
(président sortant) face à Wilkie via un panel (échantillon interrogé plusieurs fois dans la
durée) représentatif des habitants d’un comté de l’Ohio interrogé à 6 reprises durant la
campagne. Cela a donné 3 résultats principaux :
- Effets très limités de la campagne sur les électeurs : ceux qui la suivent sont les plus
politisés et ont des orientations politiques stables.
- Les individus ont tendance à voter comme on vote dans leur milieu d’appartenance :
le milieu social et les relations interpersonnelles ont un effet décisif. Le faible niveau
d’information des électeurs en général fait que leurs orientations politiques se
façonnent via des groupes primaires (notamment la famille), donnant un rôle majeur
aux leaders d’opinion (les + intéressés et qui filtrent l’information)
- Les « variables sociales lourdes » ont un rôle déterminant : les relations entre les
propriétés sociales des individus (religion, catégorie sociale, espace d’appartenance)
et orientation politiques, les conditions de vie dictent l’orientation politique, ce qui
amène à un indice de prédisposition politique.
● Aux US, le protestantisme prédispose à voter républicain alors que le catholicisme
vote démocrate
● + le statut social est élevé, + on vote républicain
● +on habite dans une zone rurale, plus on vote républicain :
● Un électeur pauvre, catholique et résidant en zone urbaine aura 80% de chances
de voter démocrate

Pour l’école de Columbia, « une personne pense politiquement comme elle est
socialement » : cela s’oppose au mythe de la démocratie américaine d’un citoyen éclairé
votant individuellement après avoir étudié les programmes.
10/04/2025

L’école du Michigan :
The American Voter, 1960, Angus Campbell, Philip Converse, Warren Miller et Donald Stokes
ont une inclination pour les variables sociales en se centrant sur les perceptions politiques
des électeurs, ce qui était plutôt laissé de coté par l’école de Columbia.

La Notion d’Identification Partisane représente un attachement affectif et durable de


l’électeur à l’un des 2 grands partis, ce qui se fait parfois à travers les générations. ¾ des
sondés se disent démocrates ou républicains, et on observe que + l’identification est forte, +
les choix sont fermes et stables.

Selon eux, L’identification partisane :


- Se forme dès l’enfance, favorisée par le milieu d’appartenance
- Augmente avec le degré d’intérêt pour la politique
- Permet de filtrer les messages politiques (point commun avec l’école de Columbia). Si
un article dit du mal d’un candidat opposé, on va plus le suivre et on va plutôt éviter
les autres.
- Elle est corrélée avec les appartenances sociales comme les minorités ethniques, les
catholiques, les syndicalistes qui sont plutôt démocrates.

Les travaux français confirment l’importance de la famille : la politique s’apprend et se


pratique avant tout en famille :
- On manifeste, on vote et on s’abstient en couple les conjoints ont une vraie influence
sur les autres et mènent à une évolution des positions politiques sur les enjeux de
société
- L’identité politique est transmise aux enfants : dès 6-7 ans, les enfants issus de milieux
où l’on assume une identité politique s’affirment de tel bord politique sans même avoir
conscience des idées qui vont avec.
- On constate néanmoins parfois une dissonance politique dans le cas de familles aux
opinions divergentes. Cela amène à un risque de conflit lors des échanges, ce qui
favorise un évitement du politique dans l’intimité et gène la transmission des
préférences politiques

Guy Michelat et Michel Simon (France, 1980) : l’homogénéité politique des environnements
familiaux ont un rôle dans la production des choix. Les indicateurs d’intégration + ou – forte
à des milieux porteurs de systèmes de valeurs montrent que les ouvriers qui sont souvent
mariés à des ouvrières ou enfants/petits-enfants d’ouvrier ont + de chance de voter à gauche
que des ouvriers enfants d’ouvriers mais petits-enfants d’employés. Cette homogénéité se
trouve donc dans les choix électoraux. Cela se vérifie encore aujourd’hui, par exemple en
2017 : un cadre marié à une cadre a plus de chances de voter aux législatives qu’un cadre
marié à une employée : plus le milieu social et politique est stable et homogène, plus elle
a une identification politique stable et appuyée.
B) Le rôle des variables lourdes

La religion et la classe sociale


Michelat et Simon ont démontré que le vote de droite en France était plutôt lié à la pratique
catholique de classes moyennes/supérieures contrairement au vote de gauche (ouvrier
éloigné du catholicisme)

À partir de ces 2 pôles, il y a un continuum sur lequel chaque électeur peut être placé : + la
pratique religieuse est fréquente, + il va être de droite. Plus il aura d’attributs (profession de
lui et des parents, du conjoint…), de liens avec le milieu ouvrier, plus il sera de gauche.
La classe sociale et religieuse sont des attributs individuels susceptibles de favoriser un
système de valeurs et de normes façonnant les représentations du monde et de la politique.

Législatives en 1978 : Le Cevipof confirme cette analyse et met en évidence le vote des classes
moyennes (qui devient la + importante) : Elles votent plutôt pour le PS mais c’est plus
complexe : cela dépend de l’origine sociale (PS si populaire), du statut professionnel (si
salarié), du secteur (si public) et des valeurs (si libéralisme culturel). Ce groupe là se distingue
des « catholiques éclairés » et des « communisants » sur les mœurs (peine de mort,
avortement)

De nouvelles variables explicatives du vote sont donc prises en compte : le secteur


privé/public, salarié/indépendant, possède ou non un patrimoine…
Au-delà des simples revenus, la situation sociale plus globalement influe aussi sur le vote.

+ on est salarié et rattaché au secteur public, -on a de patrimoine et plus on vote à gauche.

Mais des variabilités existent tout de même : même en tant que salarié dans le public, si le
métier et le revenu sont en lien avec le mérite individuel, on va + voter à droite. De même
selon la place dans la hiérarchie/administration.
On constate aussi un embourgeoisement du vote PS et une installation du vote à la
droite/extrême droite chez les classes populaires.

Le genre
Existe-t-il un comportement politique différencié entre hommes et femmes quant à la
participation aux scrutins et à l’orientation du vote ?

Évolutions du gender gap : les différences entre les genres se transforment/s’estompent, les
vies se rapprochent : jusqu’aux 70’s, l’écart de participation était de 7 à 10% et les femmes
avaient une orientation plus conservatrice avec un survote pour la droite (influence du
catholicisme).

Cela s’expliquait par des écarts d’éducation (2x moins au lycée que les hommes), un écart
d’âge (plus âgées), plus pratiquantes (52% chez les femmes contre 29% en 1952) et les femmes
étaient donc moins enclines à voter à gauche ou voter tout court.
Mais dans les années 1970, le gender gap a diminué, elles sont entrées sur le marché du travail
et le féminisme s’est développé…
Émergence d’un nouveau gender gap (1980’s) : léger survote de gauche chez les femmes +
moindre vote FN. Mais ce « radical right gender gap » (les femmes votant moins à l’ED)
s’estompe depuis les années 2010 (changement à la tête du parti + dédiabolisation de l’ED).
Par exemple, en 2017, le programme FN insiste sur l’égalité salariale, la lutte contre la
précarité professionnelle (concerne + les femmes) et la lutte contre l’islamisme (présenté
comme une menace pour les droits des femmes)

Il y a également une 2ème acception du genre : on peut observer le vote selon l’orientation
sexuelle : elle n’est pas déterminante malgré un agenda politique tourné sur des enjeux liés
(mariage pour tous, PMA, adoption pour les gays...). Selon Brouard, l’orientation sexuelle n’a
pas d’influence sur le vote : les homos votent dans les mêmes proportions que les hétéros
pour le FN/RN. La seule nuance est que les femmes homos votent plus à gauche (43% des
femmes homosexuelles votent à gauche contre 28% des femmes hétéros)

L’Âge
L’âge, en vérité, est non déterminant dans l’orientation électorale. Le vote jeune ne se
distinguerait pas réellement du reste.
Cependant, si l’orientation du vote des jeunes n’est pas différente, leur niveau de
participation est différent : les jeunes sont surreprésentés parmi les abstentionnistes. Par
exemple, législatives 2017 : 77% des 18-25 se sont abstenus (par rapport à 39% pour les + 70
ans). De même en 2022.
L’orientation du vote est donc différente, mais la participation est moins forte.
Cela s’explique par plein de facteurs : on n’est pas encore stabilisé en terme d’ancrage
géographique (difficultés pour voter), dans la vie active et on n’y a peut-être pas réfléchi, on
est moins touché par la retraite… De plus, il y a une autre vision du vote, comme un droit et
non un devoir.
En revanche, les jeunes vont parfois faire des choix vers des partis plus « challengers », plus
nouveaux comme LFI en 2017 qui a récupéré 42% des votes des primo-votants en 2022.

Par ailleurs, c’est peut-être la génération plus que l’âge qui joue un rôle : une génération est
marquée par des évènements extérieurs propres à la génération comme Mai 68, ou une
génération peut être très marquée par Le Pen au deuxième tour en 2002. Ce sont donc plus
les évènements vécus que l’âge qui influence.

Variable ethnique :
On ne peut pas la considérer en France, les variables ethniques sont interdites.
Mais c’est permis aux US, ce qui a mis en évidence des clivages ethniques : la population noire
serait beaucoup + favorable au parti démocrate. À partir de 2016 avec l’élection de Trump, le
vote des « angry white men » s’est développé en opposition. En 2020, 87% des afro-
américains avaient voté Biden, 96% en 2008 pour Obama, 67% en 2020 pour Biden alors que
les Blancs étaient majoritairement pro-Trump : 57% en 2020
La population noire peut faire son choix en fonction d’évènements forts rappelant une
histoire partagée de souffrance : même les bourgeois noirs ont tendance à voter démocrate
grâce à la mémoire de la souffrance partagée qui prend le pas sur les intérêts propres.
C) Les variables lourdes aujourd’hui

Il y a un débat sur la perte de portée explicative des variables lourdes car le vote des ouvriers
a évolué. Il y a un désalignement du vote ouvrier de la gauche depuis les années 1970. En
1988, écart de 33% entre le vote à gauche et le vote à droite chez les ouvriers alors que cet
écart n’est plus que de 13%. En 2017, seulement 37% des ouvriers votent à gauche.
Réalignement du vote ouvrier avec la droite avec une prépondérance de la droite radicale
Mouvement de droitisation du vote ouvrier dont le RN est le principal bénéficiaire. Le Pen est
en tête au premier tour des présidentielles.

Attention ce ne sont pas forcément les mêmes ouvriers qui hier votaient à gauche qui votent
aujourd’hui RN : avec la dégradation des conditions de vie et d’emploi, on a un glissement de
défense d’une « respectabilité ouvrière » vers une « respectabilité nationale » face à des
immigrés perçus comme « assistés » et des facteurs d’insécurité.

Par ailleurs, à partir de 1970, le PS évolue d’un électorat populaire vers un électorat de CSP+
habitant dans les grandes villes. En 2012, les cadres se positionnent à gauche de 19% + qu’à
droite. Après cela, elles se tournent en 2017-2022 en faveur d’Emmanuel Macron.

Aujourd’hui, le vote le plus marqué socialement est le vote des indépendants : c’est un
bastion social de la droite avec un très fort alignement sur ce camp.
Aussi, le rapport à la religion catholique garde une importance : il a une grande stabilité avec
un alignement des catholiques sur le vote de droite. À l’inverse, les athées sont le noyau dur
de l’électorat de gauche.

Peut-on parler d’un vote musulman ?


Des enquêtes IFOP (2012) et RAPFI (rapport au politique des Français de l’immigration,
Cevipof, 2015) tendent à montrer l’existence d’un vote musulman pour la gauche. Mais
seulement 5% des électeurs français se déclarent musulman, ce qui donnerait un effet de
masse finalement mineur mais réel.

En 2012 :
- Survote à gauche lors du premier tour : François Hollande obtient 57% chez les
musulmans contre 29% en moyenne. 20% pour Mélenchon contre 11%
- Seulement 7% des musulmans auraient voté pour Sarkozy et 4% pour Le Pen
- Le survote Hollande aurait été plus prononcé chez les catégories + populaires (+36%
par rapport aux populaires non musulmanes)

Mais en vérité, la variable religieuse cache d’autres variables : ils ne votent pas à gauche
parce qu’ils sont musulmans mais à cause d’autres raisons :
- Origine géographique qui cause une expérience de + de discriminations… Le survote
à gauche ne s’explique donc pas par la religion mais par les origines et des réactions
stigmatisantes subies. L’épreuve des discriminations les conduirait à exclure les
candidats stigmatisant le + la religion musulmane et à favoriser les candidats
condamnant les discriminations.
III) L’individualisation du vote

A) Une nouvelle conception de l’électeur

À partir des 60’s, il y a un développement d’approches laissant une place + large à l’autonomie
des individus dans les choix électoraux.
The Changing American Voter, 1976 (Norman Nie, Sidney Verba, John Petrocik) : il y aurait
désormais plus d’électeurs indépendants aux US (ni républicains ni démocrates). Les
identifications seraient moins durables aujourd’hui. En 1964, + de ¾ des électeurs s'identifient
aux grands partis alors que ce ne serait que 62% 10 ans plus tard.
Leur autonomie croissante s’expliquerait par une part + importante du « vote sur enjeux » :
on vote plus sur certains enjeux jugés prioritaires, en regardant les programmes afin de faire
un choix chez des candidats qui veulent défendre leurs intérêts plutôt que des candidats
familiaux historiquement.

Cette poussée du « vote sur enjeux » serait causée par :


- L’apparition de nouveaux enjeux (droits civiques, réformes sociales, guerre du
Vietnam)
- Un accroissement de la compétence politique avec l’augmentation du niveau
d’étude : les électeurs sont + diplômés et informés, + mobilisés et moins fidèles aux
partis par habitude que par volonté réelle. Ils sont moins captifs et plus rationnels et
réflexifs.

L’électeur est donc + rationnel :


Le courant du choix rationnel gagne en importance à partir des 70’s : il devient le paradigme
central en science politique aux US (moins en France). L’électeur agit rationnellement avec un
comportement qui compare les couts et avantages des choix électoraux

L’électeur est Homo Oeconomicus : un calculateur utilitariste : le jour de l’élection, il fait son
marché. Selon G. Tullock : « Électeurs et consommateurs sont essentiellement les mêmes
personnes, M. Martin consomme et vote. Qu’il soit dans un supermarché ou dans un isoloir,
il demeure le même homme. Aussi n’y a-t-il aucune raison de croire que son comportement
sera différent selon qu’il se trouve dans l’un ou l’autre de ces lieux. » Le citoyen supposé
participer à l’intérêt général cherche en même temps son intérêt personnel.

Les électeurs évaluent donc les actions des gouvernements via 2 critères principaux : le taux
d’inflation et le chômage. Ce modèle permettrait de comprendre les changements
électoraux : c’est car les électeurs modifient leurs préférences sur ces sujets qu’il y a une
alternance politique, selon les performances des gouvernements.

Mais il y a eu beaucoup de critiques : la rationalité prêtée aux électeurs serait trop forte, ils
n’auraient pas les éléments pour être rationnels à ce point.

Nouvelle idée de l’électeur raisonnant (Popkin, The Reasoning Voter, 1991) : les électeurs ont
un niveau de connaissance médiocre, mais ce déficit cognitif n’est pas paralysant : les
citoyens activent des raccourcis cognitifs suffisants pour faire des choix raisonnables. Ces
raccourcis permettent de classer les candidats à travers sa vie quotidienne. Cela passe par
les observations de la vie quotidienne, des stéréotypes, des impressions lors d’un passage TV…
permettant à l’électeur de faire son propre raisonnement sans avoir d’informations précises.

B) Individualisation des choix électoraux

Le contexte de l’élection gagne également en importance :


Les enjeux d’élection dépendent de l’offre électorale (personnes proposées par les partis) et
sont programmatiques et personnels (image, personnalité, parcours… des candidats)
- Si l’offre programmatique est différenciée et polarisée (élection de combat), la
participation est favorisée et le vote renvoie à des clivages larges (gauche/droite).
- Si l’offre programmatique est faiblement différenciée (élections d’apaisement), la
participation est plus basse et il y a un décalage entre le vote et les préférences
partisanes plus importantes.

L’offre électorale a un rôle important en cas d’émergence d’une force politique


nouvelle (comme En marche en 2017) : cela crée une élection de réalignement avec une forte
mobilité des électeurs (idem avec l’affirmation électorale du gaullisme) qui modifient parfois
durablement les préférences électorales habituelles. La campagne électorale gagne alors
beaucoup en importance.

Le contexte électoral est le type d’élection, le mode de scrutin, le nombre de candidats ou de


partis en lice et surtout la campagne électorale (importance de + en + soulignée contrairement
à l’école de Columbia)

La campagne électorale est l’ensemble des actions pour informer et propager des conceptions
politiques pour mobiliser et persuader les électeurs. Cela mobilise différentes ressources
matérielles, humaines, idéologiques et symboliques…

La campagne électorale structure l’offre électorale en construisant et hiérarchisant l’agenda


politique. L’offre dépend des candidats mais aussi du traitement médiatique, de l’actualité et
des sondages… La campagne aurait une vraie importance. Selon le Cevipof, en 2022, un
électeur sur 2 a changer d’intention de vote durant la campagne. Le choix aurait un caractère
très tardif (28% des électeurs ont choisi à J-7 en 2017)

Cela amène une nécessité d’analyser la campagne électorale en tenant compte de l’ensemble
des interactions entre les candidats, les électeurs et les médias pour comprendre les variations
et les mobilités des choix électoraux.

Émotions et épreuves individuelles


Elles auraient elles aussi une véritable importance, ce qui s’oppose à l’idée de conception
rationnelle/stratégique du vote. Cette conception présente l’électeur comme un « citoyen
sentimental » guidé par ses émotions : lien entre colère, enthousiasme, peur et vote analysé
lors de la présidentielle de 2017 : On observe plusieurs corrélations :
- Les électeurs n’exprimant aucune colère : 68% de vote Macron et 12% pour
Mélenchon
- Citoyen très en colère + 30% pour JLM/MLP
- Citoyen qui a peur : vote conservateur Fillon

Pierre Rosanvallon explique l’importance de la perception de la situation personnelle et des


réalités vécues dans le comportement électoral : 3 types d’épreuves sont prises en compte :
- Épreuves de l’individualité et l’intégrité personnelle (harcèlement, VSS, Burn-out…)
- Épreuves du lien social (mépris, injustice, humiliation)
- Épreuves de l’incertitude (professionnelle, climatique, géopolitique…

24/04/2025

IV) La démobilisation électorale

A) Compétence politique et participation

En 1965, Lester Milbrath fait un bilan des activités non contestataires des citoyens US sur 20
ans. Il constate qu’1/3 des citoyens est à l’écart de toute vie démocratique et que la majorité
des citoyens n’est que spectatrice d’un jeu politique dont elle ne comprend pas tout à fait les
règles. C’est une prise de conscience du faible niveau global de connaissances, de cohérence
des attitudes et des opinions et d’une forte instabilité dans le temps des citoyens au niveau
politique.

Déjà au début des 60’s, Philip Converse interroge les mêmes individus plusieurs fois en 4 ans :
il observe que beaucoup ne maîtrisent que peu le clivage entre les libéraux et les
conservateurs (pourtant structurant aux US) et l’évolution fréquente des réponses sur les
grandes politiques publiques le conduit à une hypothèse : les réponses étaient données au
hasard par les citoyens pour combler leurs méconnaissances.
Angus Campbell, lui, observe que seul 1/10 des citoyens a une compétence politique, ce qui
va complètement à contre-courant de la mythologie aux US sur le citoyen éclairé. Ils publient
à eux deux l’ouvrage The American Voter.

Et si on pourrait se dire que c’était le cas avant mais que ça a changé, en 2008 encore, Lewis
Beck confirme que la proportion de citoyens politisés (susceptible de suivre et comprendre
un débat TV entre politiques) ne représente qu’1/5 de la population électorale. (The
American Voter Revisited)

Michael Delli Carpini, lui, met en évidence les conséquences de ce désinvestissement


politique comme l’incapacité à choisir un candidat s’engageant à défendre leurs intérêts.
Au cours de la Présidence de Reagan (diminution importante des aides sociales), 19% ne
savent pas si les aides ont augmenté ou diminué, 37% pensent que rien n’a changé et 24%
pensent que les aides ont augmenté. Parmi eux, 65% sont pour la candidature du Vice-
Président Georges Bush (pourtant contraire à ce qu’ils souhaitent).
- Les citoyens sont politisés, - ils sont en mesure de faire valoir leurs intérêts.

Il faut par ailleurs se rappeler que la politisation ne se distribue pas au hasard dans l’espace
social : les + diplômés/aisés/intégrés sont aussi les + politisés : la compétence augmente avec
le niveau de diplôme. (Daniel Gaxie, Le cens caché, 1978)
Or, le niveau de participation dans la vie politique et publique est fortement corrélé à la
compétence politique. Si les scrutins de haute intensité (clivages clairs, intensité médiatique,
personnalisation des enjeux) reçoivent un vote malgré un manque de politisation, ce n’est pas
le cas quand l’intensité diminue : le niveau de diplôme est alors un déterminant de la
participation politique, et encore + pour les activités + couteuses en temps (démocratie
participative…).

C’est là que se trouve le paradoxe de la démocratie représentative aujourd’hui : elle génère


des citoyens que leur distance à la scène politique rend incapables de participer directement
quand une occasion se présente

B) Ampleur de la démobilisation

Selon le Cévipof en 2022 : l’abstention a toujours été supérieure, depuis 1981, aux élections
législatives qu’à l’élection présidentielle. L’abstention à la présidentielle ne dépasse jamais
30% (2002) alors que celle aux législatives n’a fait qu’augmenter et va jusqu’à dépasser les
50% en 2022.
Par ailleurs, la montée de l’abstention aux législatives est constante alors que celle aux
présidentielles est irrégulière, elle dépend des candidats et de la situation.

Il apparait que le sentiment d’éloignement de la politique des citoyens n’a jamais été fort :
ils ont le sentiment que les élus ne se préoccupent plus de leur situation et qu’ils ne croient
plus en leur capacité à améliorer leur existence. Records historiques d’abstention depuis 20
ans : en 2017 : il y avait plus de personnes inscrites à s’être abstenues au moins une fois que
de personnes ayant voté aux 2 tours. Cependant, 86% des inscrits s’étaient tout de même
déplacés au moins une fois aux urnes sur la séquence présidentielle + législatives.
L’étude de la démobilisation électorale doit tenir à distance l’explication en termes de
rupture avec le vote et la vie politique : ce qui baisse, c’est le vote constant mais il n’y a que
peu d’abstentionnistes constants.

À l’exception de la présidentielle, la démobilisation affecte l’ensemble des scrutins depuis la


fin des 80’s, même si le rythme et la force de cette démobilisation est variable :
- Les législatives sont les élections qui ont consacré la démocratie élective (en 1848) et
ont longtemps mobilisé environ 80% des inscrits. Mais depuis 2002, chaque scrutin bat
des records d’abstention : 2002 = 39.7% d’abstention contre 53.8% en 2022
- Les européennes par exemple sont des scrutins de faible intensité : elles n’ont jamais
réussi à fidéliser les électeurs : l’évolution de l’abstention est moins flagrante (elle a
toujours été haute) : 43.4% en 1984 contre presque 50% en 2020.
- Aux municipales, l’abstention augmente de façon plus modérée : les maires sont les
élus préférés des français (ils sont mieux identifiés que les députés, ce sont des élus de
proximité, du quotidien). Mais la résistance à la poussée de l’abstention tient
davantage aux communes rurales contre les grandes villes : l’élection y est
personnifiée, les candidats sont hors-partis et il y a une pression communautaire pour
aller voter. Il est difficile pour les abstentionnistes de passer inaperçus et l’abstention
est donc mesurée : 26.9% en 1990 contre 37.9% en 2014, ce qui caractérise une
évolution beaucoup plus faible.
- Et la poussée de l’abstention se fait beaucoup moins à la présidentielle (mais se fait
quand même) :
● 2022 28.1% d’abstention au T1
● 2017 25.3% d’abstention au T1
● 2012 19.6% d’abstention au T1
● 2007 16% d’abstention au T1
Le record d’abstention était exceptionnel en 2002 avec 30% d’abstention.

C) Quand les abstentionnistes sont aussi des votants : quel modèle explicatif pour la
participation électorale ?

Si l’abstention grandit, elle n’est pas systématique (elle dépend de l’élection…) : les citoyens
s’abstiennent mais continuent de voter à la présidentielle : c’est une intermittence électorale,
on ne voit qu’une diminution des votants constants. Si les citoyens participent même quand
ils sont désenchantés, déçus par la politique, c’est que la croyance dans les
candidats/programmes n’est pas le facteur déterminant, il y en a d’autres. Quels sont donc les
facteurs déterminants de la participation politique ?

1) L’importance de l’intensité et des formes de la campagne


La Campagne présidentielle est très personnifiée : il y a une mise en scène importante, une
médiatisation + importante par la télévision, ce qui ramène la politique dans tous les foyers.

Cet effet télévision est démultiplié au sein des familles, du travail et des amis Les dispositifs
informels de la mobilisation électorale et les micro-pressions familiales au vote sont +
efficaces pour relayer les campagnes et faire voter.

Dans les déserts militants, le vote n’est pas devenu un acte individuel : les maris, parents, amis
entraînent leur entourage vers les urnes pour les présidentielle

2) Importance de la configuration du vote


La hausse du non-vote dans l’entre 2 tours de 2017 et 2022 montre que la présence du FN/RN
ne suffit plus à mobiliser comme en 2002. Le phénomène de « front républicain » mobilisé en
2002 contre le RN se délite.

Par ailleurs, le niveau d’abstention aux législatives (qui est une élection de ratification d’une
victoire déjà connue à l’avance car dans la foulée de la présidentielle) s’explique par la
sensibilité des électeurs au contexte politique : les électeurs ne se déplacent pas si l’élection
est courue d’avance. Cela atteste de la dimension politique de l’abstention (elle est la
traduction de l’insatisfaction politique face à l’offre ou d’un désintérêt face aux enjeux). De
même, en 2000, le référendum pour le quinquennat avait mobilisé à peine + de 30% des
inscrits.
3) La dimension politique de l’abstention comme figure de « l’abstentionniste dans le
jeu » (Anne Muxel, 2012, Les cultures politiques des Français)
S’abstenir en restant dans le jeu, en votant tout de même parfois, ramène à une relativisation
du vote, une abstention comme sanction traduisant une critique du système politique (avec
des politiciens tous pourris…). La participation intermittente se fait en fonction des enjeux…

Il y a aussi un effet de génération : des cohortes récentes sont moins soumises à la norme de
participation passée. On est passé d’une « citoyenneté de devoir » à une « citoyenneté de
l’engagement » (Russel Dalton) : les normes du « bon citoyen » ont évolué : la dimension des
devoirs est en déclin au profit d’une citoyenneté + fondée sur l’autonomie individuelle et
l’engagement (se construire politiquement par soi-même…). Les individus ne s’obligent plus à
aller voter… ils préfèrent se mobiliser de façon qualitative quand l’enjeu est suffisant : les
abstentionnistes demeurent dans le jeu politique malgré tout.

On constate donc une érosion de la citoyenneté de devoir : il y a une évolution du rapport au


vote, il n’est plus un devoir mais un droit : il y a donc moins de votants constants. Le vote est
plus conjoncturel : l’individu ne vote que si l’élection lui paraît importante, si la mobilisation
autour de lui est maximale… (élections de combat comme 2017). Si l’élection semble être une
élection de second ordre, l’abstention augmente (élections d’apaisement comme 2022).
Il n’y a donc pas de vraie rupture avec la politique, simplement un engagement conjoncturel
qui représente l’émergence d’une « citoyenneté de droit individuel ».

On fait donc une distinction entre les abstentionnistes « dans le jeu » et ceux « hors-jeu »
(avec une abstention systématique ou mal/non-inscription sur les listes électorales) qui
augmentent également. L’inscription électorale reste un frein à la participation électorale :
certains individus se rendent compte qu’ils sont mal inscrits, au mauvais endroit… ou non-
inscrits

D) Les déterminants sociaux de l’élection

On a moins d’un tiers des gens n’ayant aucun diplôme qui ont voté en 2002 : cette
participation a diminué de presque 20 points de pourcentage depuis 2002. C’est la baisse la
+ importante, contrairement aux diplômés du supérieur (à peine plus de 10%).

Le lieu d’habitation joue relativement peu

Pour les CSP, la différence est importante : l’abstention des ouvriers est beaucoup plus
importante aux législatives notamment que pour les cadres (différence + ténue aux
présidentielles).

L’âge joue également beaucoup : 52.5% des 18-24 ont voté aux deux tours de 2022 et sont
25.2% à ne pas du tout avoir voté.
Seulement 33.8% des 90+ ont voté aux 2 et 56.8% n’ont pas voté du tout (ce qui s’explique
par des difficultés matérielles à partir de 75 ans).
En revanche, la participation aux deux tours des 50-75 avoisine 75%. Cela s’explique par une
situation et une habitation stable, des intérêts à défendre y compris pour ses enfants…
On constate que + l’abstention est élevée, + certains déterminants socio-démographiques
prédictifs se retrouvent : quand la campagne perd de son intensité, les premiers à ne plus
voter sont les + jeunes, les – diplômés, ceux dont le niveau de vie est faible et vivent un
isolement fort sont sous-représentés dans les urnes. Ce phénomène a été amplifié en 2022.

Âge : en dehors de la présidentielle (forte intensité), c’est le facteur le + déterminant du


retrait électoral : l’intégration politique prolonge une intégration sociale (travail, habitation,
couple stable…) qui se fait de plus en plus tard.
Par ailleurs, selon Vincent Tiberj (Voter ne suffit plus, 2020), l’abstention des jeunes
s’explique aussi par un effet de génération : ils sont plus diplômés et culpabilisent moins que
leurs grands-parents de ne pas aller voter. Étant + diplômés, ils veulent comprendre les enjeux
et, si ce n’est pas le cas ou que l’offre ne leur convient pas, ils ne vont pas voter, contrairement
aux plus vieux qui ont été sensibilisés à une citoyenneté de devoir et une habitude de voter.

Selon Géraldine Bozec (Réformer l’éducation civique ? Enquête du ministère à la salle de


classe, 2022), l’école peine à conserver une place dans le processus de socialisation politique
et ne remplit plus son rôle : nombre d’enfants ne différencient plus la droite de la gauche
actuelle (au-delà de la guerre froide étudiée en histoire). Les individus ne font plus le lien entre
ce qu’ils voient à l’école et la réalité. De plus, la famille transmet plus ou moins des repères
historico-politiques, générant des inégalités politiques chez les jeunes actuels.

De plus, la citoyenneté par devoir est remise en cause par ce qu’on nous apprend à l’école :
elle dit de forger un esprit critique, de penser par soi-même, ce qui va à l’encontre de l’idée
de voter par devoir. L’idée de voter pour être un bon citoyen s’efface face à ce nouvel idéal
d’esprit critique.

L’âge est aussi important car les jeunes sont les catégories les + mal inscrites (vivent dans
des villes ne correspondant pas à leur inscription électorale à cause des études…) : cela les
empêche d’aller voter en augmentant la difficulté de se rendre au bureau de vote. En 2017,
51% des 25-29 ans ne résidaient pas là où ils pouvaient voter. Les mal-inscrits sont 3x plus
abstentionnistes constants que les autres.

Niveau de diplôme : facteur déterminant de l’abstention (car corrélé au niveau de


compétence/sentiment de compétence politique et donc à la politisation -Gaxie-). On
constate d’ailleurs une amplification des écarts de participation selon le diplôme entre 2002
et 2022.
Les non-diplômés étaient à 46% des votants systématiques contre 55% des diplômés du
supérieur en 2002 contre 29/44% en 2022 (INSEE).
Il a aussi une influence au niveau de l’inscription électorale : le taux d’inscription des non
diplômés en 2012 des 18-24 ans était 11% inférieur à celui des diplômés du supérieur.

Groupes socioprofessionnels : les agriculteurs et les cadres sont ceux qui votent le +
systématiquement (1/2 inscrits ont voté systématiquement aux 4 tours en 2022) par rapport
aux ouvriers et inactifs non retraités (1/4 des inscrits seulement)
L’abstention systématique chez les cadres est de 7% contre 20% des ouvriers en 2022.

Tous les indicateurs de position socio-économique vont dans le même sens : emploi + qualifié,
+ stable, + de revenus, patrimoine + élevé…

• TD 03/02/25

Rétrospective historique =

École des ponts, polytechnique etc… formation technique pour former des ingénieurs
(cependant également des hauts membres du gouvernement qui pouvait les intégrer)

Fonctions proches du roi, école des mines, corps des télécom etc créer au XIX-XXème
passage de vassaux du roi à des concours et éléction sur concours etc premier
développement de la professionnalisation + évolution méthode de gouvernement.
Administration plus sous le roi mais sous l’état, ainsi le pouvoir de ces institutions
grandi et leurs décisions sont soumises au juge etc. Tout au long du XIXème conflit
entre rationalité administrative et la modernisation de l’état et la nécessité de maintenir
les comptables sous contrôle. Les concours tel que connu aujourd’hui, le recyturement
est laissé à la discrétion de l’état, en fonction de la classe origine l’accès avait
tendance à reproduire les classes de départ. Différence entre ingénieurs qui faisaient
une école et les autres qui étaient nommés car issu de la noblesse dans des milieu de la
diplomatie ou corps électoral. Les postes de direction au sein du ministère ouvert à la
bourgeoisie, accueil de bourgoiesie en grands nombre = reproduction social (accès aux
élites). Ces grands corps étaient accessible à la fois par revenu (6000 francs)
simplement pour être candidat au conseil d’état. (Conseil d’état valorisé) creuse les
inégalités personnes dotés en revenus et capital social (entourage pré nomination et
post nomination) les policitiens capital symbolique quand ils sortent de polytechnique
bcp de prestiges avec classes prépa etc ne sont pas perceptibles avec argent donc
prestige. Créer au XIXème majoritairement → Inspection générale des finances
demandé à la sortie de l’INSP ENA, concours pour intégrer la cour des comptes etc

Vrai processus sociohistoique très long + rationalité admin voulant davantage de


concours etc vs les autres nommés, groupes d’intérêts qui s’opposent on parle donc ici
dun conflit. Sous La IIIème république (après bcp d’instabilité 2 empires et
républiques et royauté éphémères) avec espoir de promotion social et ouverture des
concours moment où les principes méritocratiues vont être mis en avant car les élites
républicains pour éviter une restauration → besoin de bouleverser les élites de les
renouveler. Les fonctionnaires sont donc un outil politique, la fonction publique utilisé
comme un outil par les politiques (sous IIIème) et les fonctionnaires ont des intérêts et
conviction politique, des engagements

Opposition entre ces fonctionnaires nommés ou qui réussissent des concours et puis
les élus (parlementaire sénat AN), les députés vont s’inquiéter de certaines

Nominations du chef de l’Etat qui va nommer son entourage a des fonctions de façon à
assurer son pouvoir. → choc entre élus (du peuple) et hauts fonctionnaires( concours)
et les autres nominés.
Les hauts fonctionnaires vont pour se légitimer dire qu’ils défendent l’intérêt général
(le service public est lié à l’intérêt général donc le défende) cela développer depuis
XVIIème dire qu’ils ont une compétence technique que d’autres n’ont pas justifie
fonction + salaire. Défense du service public (et non intérêts perso) + intérêt général.
Nourri les conflits entre fonctionnaires gagnants de concours, élus et nominés →

Question de la dette importante, taxer sans poser problèmes vs autres fonctionnaires


opposé à ça, le discours au sein de l’administration est politique. Les hauts
fonctionnaires se sont formalisés très récemment leur statut et droits sociaux datent de
1946 sous pression de la CGT ils ont droit de revendiquer certaines demandes +
apparition des différentes catégories (hiérarchie de diplôme/concours) et obtenir la
liberté d’opinions.

Différence égalité de droit et égalité de faits → Juridiquement les mécanismes sont


censé préserver les principes républicains

Enjeux démocratie république, dans les faits les personnes se sentent suffisamment en
capacité à accéder à des échelons supérieur ex trente glorieuses enfants accèdent
situation sociale supérieur vs aujourd’hui accès grandes écoles difficiles et étudiants
diplômés mais économiquement faible car moins d’embauches et inflation.

• TD 10/02/25

L’action publique face au lobbying

Nombreuses personnes prennent part aux politiques publique

Différentes échelles d’acteur, locale, nationale, internationale, etc

Dimension multi-échelles s’applique également aux groupes d’intérêts

→ Européen

Groupes d’intérêts acteur participant à l’élaboration de l’action publique, acteurs le


plus souvent privés

Défenseurs des droits (font pression sur le débat public) alertent

Pendant J.O débat surveillance algorithmique pour empêcher attentats,

Interaction diverses avec pouvoirs publics

Ensemble pratiques utilisé pour tenter de modifier la composition d’un texte normatif
et aussi pour favoriser et empêcher la signature d’un texte en discussion

Audition acteurs défendant intérêt

Aucune pratique interdite en tant que tel sauf cadre pénal corruption

Lobby connotation négative espace public


Ressource sociale, financière,

Expertise mise en avant par

Medef

Question posé : comment et pourquoi une politique publique est produite

groupes d’intérêts ne sont pas élus opposition

Configuration pluraliste système d’organisation politique reconnaît et accepte la


diversité des opinions et de leur représentants fabrique ouverte à différents intérêts
système très!s ouvert. Répertoire d’action ensemble des modes d’interventions
auxquels un individu peut avoir recours notamment car relativement routinisé et
maitrisé

Charles tilly

Groupe d’intérêt : Entité cherchant à représentant les intérêts d’une section spécifique
de la société dans l’espace public, une organisation qui cherche à influencer les
pouvoirs politiques dans un sens favorable à son intérêt, actions multiforme pour
influencer pouvoir publics = grèves, manifestation, expertise à l’encontre de ce qui est
proposé par élu, consultation. Pas confondre avec organisation partisane parti politique
bien qu’il existe des parcelle entre les deux. Les groupes d’intérêts exerce leur pouvoir
sur toute la bureaucratie, l’élite politique. Les décisions qui ont un sens politique ne
passe pas seulement par les politiques mais aussi par de nombreux acteurs ce qui peut
être considérer comme une menace pour la démocratie (certes représente, mais leur
légitimité est discuté). Notion capital (économique, sociale, symbolique, culturel,
etc…) développé par Pierre Bourdin différents capitaux resssource utilisés par groupes
d’intérêts leur permettant d’agir en profondeur dans l’anatomie public.

• TD 17/02/25

La socialisation politique

Rapport des citoyens à la politique, au politique (diversité de cas selon appartenance


politique ou non etc + militantisme)

Exposé = comment apprend-t-on la politique ?

Comment les individus apprennent-ils la politique et développent-ils leurs


opinions et leurs comportements politiques ?

Au sens restreint étudié à travers institutions et acteurs de la science politiques, au sens


global des implications politisées plus subtile.

2 étapes socialisation primaire et secondaire

→ individu dépositaire de la culture familiale + → influences extérieures au long de la


vie
Chambre de socialisation la plus influente car enraciné → 90% enfants gauche ont un
père de gauche

Influence des différents acteurs : famille, école, médias, groupes sociaux et pairs, vie
conjugale

Mécanismes passif et actif = caractérisé par une démarche consciente de réflexion

Dérives de la socialisation politique = problèmes sociocontemporains → font l’objet


de débats → crise représentation politique → affaiblissement clivage → montée
extrémistes

35% population intérmédiaire d’implication

Réseaux sociaux = biais de confirmation

Cours=

Socialisation politique enfants 8-10 ans

Socialisation = Façon dont la société forme et transforme les individus Muriel daron

Processus conscient ou non au cours duquel les individus intériorisent des normes
sociales des différentes instances de socialisation. Socialisation primaire/secondaire.
La plus fondamental survient petite enfance principalement via la famille et l’école
(Bourdin « ces premières expériences vont constituer des filtres par lesquels l’individu
va ultérieurement percevoir le monde extérieur…» recherche dans la société de la
confirmation des idées préconçues que l’on avait. La secondaire pairs et professionnel.

Socialisation politique = Processus par lequel les individus intériorisent les normes et
les valeur qui structurent leur perception de la réalité politique. Ensemble des
mécanismes d’acquisitions de comportements, de connaissances et de compétences du
monde politique.

Instances de socialisation = famille poids de la transmission familiale dans idées,


comportements, pratiques intervient pendant enfance et dans la vie.

Politique par l’intime conjoint/parents etc = Politisation par l’intime. Parler politique
avec ses proches. Anne muxel. 69% des français discutent politique avec leur conjoint,
38% avec membres de leur famille, 30% avec leur mère, 26% frères et sœurs

3/4 partage meme parti politique que leur conjoint

Droit de vote femme argument fallacieux utilisé = « Double vote » même vote que
leur mari, opposition actualité américaine Femmes ne votent plus comme leur mari
avec des votes bcp plus Démocrates que les hommes votant à droite.

Processus de politisation et dépolitisation


Autre instance = amis (révélation du vote bcp plus rare avec amis) le vote dépend de
l’âge, revenu, diplôme… Dominique Pasquier tyrannie de la majorité = stratégie
d’esquive, évitement de sujet avec famille mais moins avec amis. Niveau de
socialisation et degrés d’implication politique très différent + homogamie politique =
reproduction sociale personnes finissant par voter mêmes idées politiques (plasticité,
capacité à changer d’opinions politiques assez restreint)

Effet de genre politisation intime des individus traverser par des effets de genre =
femme tendance à s’autocensurer en dehors de l’espace familiale. Daniel glascy Cens
caché les riches votent plus que les pauvres, se sentent mal représenter et
incompétents. Les classes supérieurs ont plus de poids politique et leur représentants
leur ressemble davantage. En fonction revenus et classe sociale représentation sociale
tendance à représenter les classes élever dans l’espace sociale bien que minoritaire.
Alors que la reconnaisance de la parité est reconnu légalement et obligatoire dans
nombreux cas, intervient asymétries ex élection municipale les femmes sont loin en
majorité dans liste électoral, projet moins représenté AN, postes à responsabilité dans
l’adminisation publique femmes postes élevés dans secteur sociaux vs espace de
société très politique où les femmes sont absentes ex DGSE, budget etc…
Socialisation primaire primordial pour comprendre la genèse de l’orientation politique
d’un individu + ne pas oublier qu’il s’agit dun processus de construction à très longue
durer fait de bifurcations, de drames, réussites personnelles etc + pluralité instances.

Notion de transfuge (de classe/politique) dans les deux sens =


ascension, déclassement social

Multitude de phénomènes influençant la construction de la socialisation primaire puis


remodelage de l’idée politique au cours de la secondaire

Importance conjoncture historique et politique rôle actif des crises économiques,


attentas, chocs endogène…

Correction

Construction par rapport famille, confirmation ou confrontation idées, nécessairement


imprégnation de valeurs et comportements

Au delà socialisation primaire et secondaire, il y a également des ancrage anciens =


poids historique

Processus via observation, mimétisme puis un processus d’échange. Il s’agit d’une


construction dans le temps et par les interactions.

• TD 03/03

Services publics et ses usagers

Lien entre états et ses usagers

Définition, les services publics Jacques Chevalier = ensemble d’activités considérés


comme étant d’intérêt commun et devant être à ce titre prises en charge par la
collectivité : le service public évoque donc cette sphère des fonctions collectives
nécessaires à l’existence même du social.

L’intérêt commun est détemeriner par des politiques, conventions sociales etc donc
pluralité de perception des services publics. Diffère selon pays où état protecteur et
engagé envers services publics et d’autre davantage libéraux

Les SP entendent un accès aux services à tous les citoyens sans restrictions (égalité de
droit) + ouvrent certains droits sociaux (selon l’éligibilité ex niveau de revenu
permettant allocations, logements sociaux etc) L’état et ses fonctionnaires se doivent
normalement de défendre ce principe d’égalité, obligation de permettre à tous les
citoyens de bénéficier des SP, de revendiquer leurs droits sociaux. Les SP font parfois
l’objet de

Pourquoi dans la pratique des inégalités sont mis au jour

De quelle ordre sont ces inégalités comment les qualifier

En quoi l’accès aux SP est inégalitaire , le non recours au droit, comment se manifeste
t il Logement Guyane disparité territoriale rupture urbain et ruraux écoles et tribunaux,
accès restreint, 5 ans d’attente en métropole vs 1-2 métropole. DDHC art 1, 6 égalité
de droit.

Complexité démarches administratives

et RSA obtention difficile et favorise donc le Non recours = par non connaissance, non
perception, non demande. En 2010 2000 rsa vs 10000 éligible. + complexité
administrative

Alimentation injustice discrimination = tension sociale,

La valeur du service public 2021 = Accès aux hôpitaux pendant la pandémie ex


Mayotte et Guyane n’ont pas de centre hospitalier universitaire CHU sensé être
partout

Refus recours aide micro entreprise, choisissent délibéralement critère personnelle ex


fierté et rejet de l’état la personne déteste l’état donc refuse toute aide de l’état.

1789 société d’ordre où l’état essayé de cassé ce système en réduisant d’abord les
inégalités du point de vu du droit, les inégalités paraissent plus fortes post 2GM car
prolifération de droits accordés etc et origines sociales disparates en 2-3 générations
étaient comblé les gap de diplôme entre parent et enfant mobilité sociale ascendante
donnant une réduction des inégalités, dégradation depuis trente glorieuses, inégalités
se sont creusés L’INSEE montre qu’en 2023 bcp plus difficile d’avoir une ascension
sociale par rapport à ses parents par rapport aux trentes glorieuses.

16% des fr ont confiance dans les élites politiques, 25% de confiance en la démocratie

Allemagne Espagne point de pourcentage doublé voir triplé


Certains politistes expliquent cela puisque les inégalités et injustice sociale se
multiplient les citoyens perdent foi en la démocratie et ne se retrouve plus dans les
valeurs de la république française.

La couverture service public

En droit tous sensé accéder quelque soit situation géographique mais dans les faits
certains territoires davantage considérés que d’autre + coupler à d’autres aspects
favorisant ex culturel sport éducation etc Et ont en plus la possibilité de dépasser les
services publics en pouvant accéder à des établissement privés, cliniques privés et
autres infrastructures → creuse les inégalités de départ. Disparaité entre ville et
campagne entre France et territoire d’outre mer.

Le défenseur des droits identifie les inégalités etc (autorité admin indépendante) il y’a
également des choix politiques au delà des contraintes et ils ont des conséquences.

Les relations entre agent des SP et citoyens qui accèdent à ces SP (étudier au guichet)
dans leurs démarches auxquelles ils ont des droits

Yasmine siblot, Alexis spire, Vincent Dubois mettent à jour différentes inégalités de
traitement dans l’accès aux SP et autre inégalité qui relève de relation entre agent SP
et usagers, forme de discrimination tendant à une forme d’inégalité d’accès aux SP.
Discrimination raciste, sexiste, homophobe, validiste,

Représentant cpam = tient propos choc affirmant le tri des citoyens (La valeur du
service public 2021) Logiciel et algorithme triant usagers en groupes classe moyenne
(seuls dont la satisfaction est prioritaire), les assistés, les…

Dans ces relations entre agents SP et usagers des inégalités d’accès SP et


discrimination et adaptation du droit en fonction du quotidien, adaptions allant à
l’encontre du droit

Non recours définition = concernant toute personne qui en tout état de cause ne
bénéficie pas d’une offre publique, de droits et de services, à laquelle elle pourrait
pourtant prétendre. Non connaissance (pas conscience de l’existence) non orientation
(lorsque personne qui devrait avoir droit ne sont pas suffisamment accompagné pour
demander l’accès à SP) non réception (offre connu mais refusé), non demande (offre
connu mais pas prise)

Fracture numérique qui tend à creuser certaines inégalités d’accès aux SP


(démographie citoyens non aisé pour avoir matériel informatique, géographique en
raison de leur localisation,…

Dématérialisation pose problème raisons sociodémographique, matériel,


socioéconomique, facteur générationelle 57% du troisième âge accède à internet alors
que 80% des moins de 70 ans ont un accès régulier à internet, effet de diplôme les non
diplômés sont les moins connectées vs ceux qui sont diplômés du supérieur très
connectés. 80% des français diplômés du supérieur démarche en ligne vs 30% non
diplômé.
Malgré inégalité de principes aux SP multiforme s’explique par différentes raisons,
dépende de situation géographique, relation entre agents SP et usagers, etc

• TD 10/03

Compétences et inégalités sociopolitique

Les inégalités sociopolitique, suffrage universel,

Comment s’exprime différentes formes d’inégalités sociopolitique quant à l’intérêt au


débat politique, au vote et autres actions ?

Exposé 1/2 déplacement vote

Tous les citoyens sont-ils égaux politiquement ?

Égalité = Poids du vote, liberté de participer ou non vote

Limites = abstention, conjonctures sociales

Système électoraux mode de scrutin: majoritaire favorise grand parti vs


proportionnelle

Origine sociale

Principe contradictoire élus : principe communautaire et principe marchand

(Exclusion de l’élu vers les élites) mais corrigé par + de représentativité

15-25 imperméable aux biais vs 40-55 moins sensibilisé donc davantage influencé
(réseaux sociaux)

Question de la conscience =

Nouveau prolétariat = classe en soi vs bourgeoisie classe pour soi

Société de service vs monde ouvrier

522 députés 65 ouvriers 12,5%

4 ouvriers sur 177 députés 0,7%

Cours = comment expliquer sociologiquement les inégalités de socialisation et de


compétence politique, Les citoyens sont ils suffisamment intéressés pour construire
des idées fondées ?

(Daniel Kasgy cens caché) La politisation : intérêt et l’attention accordée au


fonctionnement du champs politique, à savoir l’intensité avec laquelle les agents
sociaux suivent la compétition politique et le travail des acteurs politiques donne une
signification politique aux actions et aux comportements entretiennent un intérêt
pratique pour la participation politique.

→ montrer que l’intérêt accorder aux problématiques politiques dépend de leur


capacité à leur donné un sens = lien étroit entre intérêt pour la politique et compétence
politique, généralement les gens décrient ou se pensent comme compétents en
politique sont des personnes intéressés en politique (lecture journaux, médias etc) ex
Bourdieu met en évidence que l’intérêt pour un sujet amène nécessairement à une
meilleure compétence sur le dit sujet (en art) car documentation ex documentation
programme politique etc…

Paul lazarsfel (politiste) décrit la théorie des effets limités des médias, indique que les
médias ne politisent que ceux qui sont déjà relativement politisé.

Comment définir la compétence politique : Aptitude plus ou moins mesurable des


individus à reconnaître les différences entre les prises de positons des hommes
politiques et candidats de différentes tendances, ou entre les partis politiques et leur
capacité à justifier leur préférence par rapport à leur prise de position et tout autant la
croyance qu’ils ont en l’importance de ces débats. (Def générique)

La capacité plus ou moins grande de reconnaître une question comme politique et de


la traiter comme telle en y répondant politiquement cad à partir de principe politique et
non éthique, la compétence politique c’est une capacité qui est inséparable d’un
sentiment plus ou moins vif d’être compétant, socialement reconnu comme habilité,
légitimé à s’occuper des affaires politiques, donner son opinion à leurs propos ou
meme à en modifier leur cours (Déf bourdieu)

Selon bourdieu 2 dimension : statutaire impression de compétence politique,


s’accompagne d’un pouvoir d’influencer ex avoir le droit à la parole publique, la
compétence technique capacité à se répérer dans l’univers politique, connaître les
différentes forces politiques, identifier un problème, question social comme étant
politique. Ces compétences sont produits d’institutions qui dotent ou non les individus
en compétences politiques (vision assez figé), la compétence politique est
principalement détenu par les groupes dominants, corrélation entre niveau de
politisation et la position sociale de l’individu, classe populaire faiblement doté en
compétence politique vs classe supérieures dispose d’une grande compétence
politique.

Contestation :

Guy michelat, Michel Simon Critique bourdieu : tord de transposer les logiques
prévalant dans le monde de la culture, son analyse serait trop rapide et qu’il a plaqué
ses résultats formés sur l’art et la culture à l’univers politique. Le monde social n’est
pas si figé et les compétences de votes dépassent cette vision figé.

Daniel Kasgy : les agents culturellement et socialement favorisés qui disposent des
instruments nécessaires au déchiffrement de la sphère politique détiennent une grande
influence politique. Il va mettre en avant une auto exclusion des classes populaires en
politique (par désintérêt ou disqualification) vont s’auto exlcure, de fait les classes
supérieurs sont davantage représentés donc prépondérance élus politiques représentent
les classes supérieurs. Cette auto exclusion se fait par compétences statuaire
(considére moins apte) et technique (légitimité de la connaissance du monde politique)
auto deshabilitaition les individus approuvant une incompréhension du système public
s’auto excluent (non pas car pas d’idées politiques mais sentiment d’incompétence
d’incompréhension débat politique forme d’autocensure, s’exprime par désintérêt et à
travers des interprétations disqualifiantes, et la délégation à des portes paroles soit la
délégation à d’autres membres de famille)

Noah meyer : rerpproche à bourdieu d’ériger une vision trop schématique de l’espace
social, selon elle les groupes dominés ont la capacité de former des jugements et
opinions par eux memes et sont donc en ce sens autant politisé que les classes
supérieures, et estime que bourdieu sur estime les compétences politiques des classes
supérieurs et ne sont pas en réalité en phase avec la grande compétence politique
qu’ont leur donne.

Loic blondiaux (travaux représentativité) : analyse la compétence politique


d’aujourd’hui et essaye de proposer des solutions citoyennes pour améliorer la
représentativité et que tout les citoyens soient à la meme échelle sur les questions
politique.

Question de la légitimité centrale : du modèle démocratique, mode électoral français, à


partir du moment où les élus ne représentent pas un grand nombre de la population,
votants font le choix de ne pas voter ou voter blanc, ensemble de phénomènes amenant
à questionner le système en place.

• TD 17/03

Sondages orientés vers un candidat car gonflé ces scores de sondage c’est encourager
aux votes pour les indivis avec la plus haute cote de popularité .

qui fabrique les sondages, comment sont ils fabriquer, quels types de questions, voir
les limites des sondages et la notion d’opinion public.

Exposé :

Brexit sondage stat

Sondage vs opinion public

Élection 1995 Chirac Balladur

Les opinions sont un peu plus cristallisés aux USA car système bipartisane donc
pluralité et variation moindre

Le mensonge dans les sondages est important puisque baise la réalité sociale et impact
donc les sondages. Rejet de l’état et du formel dans une perspective anti système vont
chercher à tromper les sondages.

L’opinion public : pierre bourdieu disait que celui ci n’existait pas, car tendent à faire
émerger et à accorder de l’importance à des questions qui n’en n’ont pas
fondamentalement. Les sondages construisent l’opinion public, donne de l’importance
à des questions qui ne sont pas forcément importante pour les sonder au départ, les
personnes sonder se posent d’autres questions que celle posés par les institut de
sondage donc remet en cause la pré-existence des questions et de l’opinion publique
qui serait en réalité le produit d’une obligation des citoyens à se positionner sur
certains sujets.

La représentativité également est un point central, son exactitude est impossible mais
les sondages essaient de s’en rapprocher, la seul outil de statistique public donnant un
chiffre réel serait le recensement (par l’Insee mais maintenant fait à partir de sondages,
d’enquêtes choisis village dans région comme représentant de la région et vont estimer
la population française à travers naissance et décès, donc sondage pas exact)

Fiabilité = Puisque perçu comme un argument d’autorité, d’expert il est important que
les sondages soient fiable sinon biaiseré débat politique, leur influence va jusqu’aux
élections.

L’option public c’est une catégorie qui est mobilisé par les médias mais aussi par le
personnel politique comme une puissance capable dévaluer la politique.

Retour historique, à partir du XVIIème la notion d’opinion public apparaît dans


plusieurs textes philosophiques, écrits politiques et lui sera déjà attribué une valeur,
mais dès le départ dur à saisir et rarement défini par les auteurs.

Espacés publics = défendu par Jurgen Habermas, espace intermédiaire entre la sphère
privé et la sphère du pouvoir.

Au XVIIIème devenu plus centrale notamment avec l’éléction et élargissement du


nombre d’électeurs puis progressivement l’opinion public perçu comme étant
l’autorité légitime en démocratie. encore aujourd’hui les politiques s’appuient sur ces
chiffres car idées qu’ils défendent sont partagés par + grand nombre donc legitimise
propos.

Les sondages = instrument de mesure, (mais aussi comme un instrument


deinstrumentalisation de l’opinion public) sont apparus au XXème, pour saisir
l’opinion public, l’orientation des votes, d’abord aux États Unis avec les votes de
pailles petit simulation électorale faite par des journaux (donc ni par état ni institut)
des sondages sauvages dans leurs journaux écrits. Sondages développés années 40-50
d’abord à des fins commerciales, pour saisir le goût des consommateurs, puis premier
sondage purement politique apparu en 1936 construit par Georges Gallyn, alors que
les experts politiques donnés le candidat A favori et journaux présentés candidat A
favori, c’est le candidat B identifié par Georges qui a gagné de peu (franklin Roosevelt
réélu)

En France apparu tardivement années 1960-70, 1965 premiers sondages français


annoncent Mitterand aux second tour, mais tous les autres journaux annonçaient De
Gaulle gagner au premier tour. Finalement débat 2nd tour.

Premier sondages diffuser en France par le Monde en 1984.


Aujourd’hui les sondages sont incontournables, les acteurs politiques ont intégrés
directement à leur politique (programme, débat, discours) d’abord pour appuyer étayer
leur arguments puis pour légitimer leur position politique ou aussi pour être visible
(pour s’imposer comme une personne politique incontournable ou pour en discréditer
une autre ex LFI pointant Anne hidalgo et communiste en appelant à voter insoumis
car déjà haut)

Les sondages sont massivement diffusés par les médias, ils participent de la notoriété
médiatique des candidats et sont partis intégrante des différents débats, sont utilisés
pour confectionner leur programme, prendre position et les justifier, devenir médiatisé
ou discréditer la campagne des autres. Les sondages sont utilisés par politiques,
administrations, acteurs économiques etc donc large champs d’emploi. Ces sondages
qui ont des très importants, ils sont critiqués dès leur apparition pour les effets qu’ils
produisent (discréditer, éloges candidat, biaisé réalité sociale…) puisque identifier
comme problématique sur certains aspects, plusieurs lois ont été mises en place pour
les encadrer en 1972, 1977, l’une interdisait la publication des résultats des sondages
électoraux 1 semaine avant l’élection (car risquerait d’influencer l’opinion + les
professionnels du fact checking n’existait pas, pouvait tout de même être déconstruit
les sondages farfelus) l’autre prolonge et éclaircit disposions de la première et
considère les nouveaux médias, étendu à la télévision, réseaux sociaux etc…)

La prophétie auto réalisatrice quand on répète à des électeurs quelque chose, tendance
à se produire en partie. Ex 2 amis détestent sujets galops d’essai puis voient résultat
sondage institut Chauvot avec 88% d’appréciation des sujets alors va influencer les
autres car remise en question et impression d’être le problème plus que le sujet.

Résumer opinion public = quelque chose de constuit qui ne pré-éxiste pas il s’agit
d’une instance d’évaluation du pouvoir politique, l’opinion public fait l’objet
d’instrumentalisation des pouvoirs politiques qui cherchent à agir sur elles. De la
même façon que l’optons public est un constuit politique il en va de même pour les
sondages (décrit comme des miroirs de la société) ne sont en réalité que des
estimations des forces en présence, du vote qui va suivre, donc ne pas tenir compte
d’une estimation avec une photographie de la réalité sociale, une construction.

→ la constitution des échantillons, les instituts de sondages vont face à des taux élever
de refus énormément de personnes refusent d’y répondre, donc certains sont payés
pour sonder, d’autres en ligne donc volontariat + facile. Ex impossibilité de rendre
compte des chiffres du FN car au téléphone les gens avaient peur de dire qu’ils
votaient FN)

Nicolas Hubet : Un sondage est une opération mathématique basé sur un échantillon
regroupant les personnes qui ont bien voulu répondre.

Meme si les instituts de sondage vont des efforts pour que les résultats soient
représentatif de la population, certaines parties de l’espace social, groupes sociaux
sont moins enclin à répondre à certains sondages. Majoritairement joue al compétence
car ce sont les + diplômés etc qui participent donc écarte une partie de la population

Ainsi cela renforce la bonne qualité des instituts de sondage sérieux car ont les
moyens de vérifier la qualité de leur enquête vs les sondages privés.
Processus de redressement : vise à partir d’entretien et enquête complémentaire à
redresser les résultats qui collent la réalité sociale, question du redressement pose
problème car sur quel fondement se basons nous pour redresser un sondage, sur quel
fondement pouvons nous redresser etc

Sondage 2002 prévoyez duel Jospin Chirac mais Jean marie lepen est arrivé 2nd tour.
Les marges de sécurités ont joué mais que faire pour qu’ils soient fiables.

La formulation des questions : comment les isntitus, entreprises orientent leur question
avec le même sujet et même répondant entraine à des réponses complètement
différentes.

Dès 1940, aux USA certains instituts de sondage, journaux avaient posés des questions
sur l’action que le gouvernement devait faire face aux entités contre la démocratie, ont
posés des questions avec nuance d’encourage/interdire où les résultats ont été
considérablement différents. Donc la façon de poser al question influe sur la réponse,
problème des questions ouvertes car permettent de collecter toute les réponses possible
et avec le vocabulaire du répondant donc difficile à restituer dans un journal vs
question fermé problème mémoire ne permette pas de rendre compte de la complexité
des problèmes politiques.

Pierre bourdieu fait une critique systématique des sondages = l’opinion public n’existe
pas. Pour bourdieu le sondage repose sur 3 postulats qui ne correspondent pas à la
réalité sociale : la production d’une opinion est à la portée de tous (alors que bourdieu
met en avant que les questions difficiles ne sont pas accessibles à toutes et tous, les
non réponses et refus de réponses sont + important sur les questions difficile puisque
mal identifié/mal comprise donc pas à la portée de tous, résultat forcément biaisé) 2 =
tous les opinions se valent (une réponse = une réponse mais bourdieu en s’intéressant
à plusieurs sondages s’est aperçu que la probabilité de répondre dépend de
considérations sociales donc tous les options ne se valent pas car il faut se sentir
habiliter, compétent pour répondre à un sondage) 3= il y aurait un accord sur les
questions posés par les sondages, la question fait croire qu’il y a un consensus sur le
problème dont il est question et fait croire que la façon de poser la question est la
meilleure (également invalidé par bourdieu)

Critique pour tout cela les sondages et nie l’existence de l’opinion public. Les effets
sociaux des sondages = ont des effets limités, ne changent pas complément une
élection + effets conjoncturels entre en jeux + socialisation des individus (armes pour
appréhender les sondages etc..) les sondages ont un effet certes mais limité et c’est
suttrout dans le jeu politique et le champ journalistique qu’il y a un fort effet, car
permettent de justifier position, justifier importance de sujet, etc etc

2 notions importantes pour ce sujet = la représentativité et la légitimité (enjeux fort de


legitimitaiton car médias légitime cause/acteurs/sujets etc)

Il faut être critique vis à vis des sondages d’abord de leur prétendu caractère
scientifique car beaucoup de facteur entre en compte dans la fabrique des sondages. Il
faut se demander quels sont les intérêts des différents acteurs (pourquoi les
journalistes/politiques ont intérêt à utiliser les sondages) identifier impact social des
sondages.
Les sondages ne recueille que partielles ment l’option public qui est en réalité
beaucoup plus complexe que l’agréga d’opinion individuelle. Cette fabrique des
sondages est aussi intriqués dans la fabrique des politiques publiques, scrutin etc donc
facile de mettre en lien avec autres séances.

• TD 24/03

Médias sociaux et communication politique

Exposé = Dans quelle mesure les réseaux sociaux ont permis une révolution de la
communication politique tout en conservant son but premier : informer et
convaincre ?

Impact médias réseaux sociaux

→ 1h40 minutes par jour

Terrain politique à saisir

11 millions de jeune sur TikTok ciblage jeune intégration des idées comme légitime
lors de vote

ces personnalités sont devenus plus proche par communication instantané

Rendre un objet concret du quotidien, caisse de résonance médias traditionnels

Question légitimité

Question de compréhension de ce que l’on voit

Déclin accéléré tirage journaux traditionnels comparaison chiffre

Infoteinement

Éviter deux écueils considérer que les réseaux sociaux ne change rien au champ
politique

Ou inverse penser que les médias sociaux changent tout rebattent les cartes et
influencent les citoyens

Kavanagh blumler

Ont étudié les communiquants politiques, compétences techniques précises, formation


sur l’utilisation des médias sociaux, diplôme en communication numérique, maitrise
d’un vocable spécifique, un politique qu’on fait normalement

Ces deux auteurs les qualifie comme des nouvelles élites de l’univers politique même
si issu du marketing et de communication privé, les grands communiquants politique
sont parfois accusés de faire basculer une élection ex celle de 2017 communication de
François Fillon des costumes, des emplois fictif décrit comme une faute et opposants
décrit comme d’importants coups politique.

→ importance du privé car médias détenus par des acteurs privés et les
communiquants politiques qui ont une importance relative mais réel, sont issus de
parcours entreprendrait, de marketing, les chaînes d’informations, plateforme publique
détenue par privé etc. concurrence entre médias traditionnels et médias sociaux

Ce qui a change c’est la façon de consommer ces médias ex médias numérique service
personnalisable, choisissent le support d’information qui implique beaucoup de
changements → ce qu’il faut retenir c’est que la question de la légitimité persiste car
les citoyens français ont encore confiance en ce que l’on peut encore décrire comme
des médias traditionnels.

Olivier nay : médias et politique 2008

La professionnalisation des métiers de la communication politique = savoir-faire,


métier inopérable du processus de médiatisation, participe à une certaine mutation du
politique puisque les politiques doivent s’adapter à ces nouveaux registres ce qui
modifie la façon de faire de la politique.

Les outils de communication utilisés sont stratégiquement utilisés par les acteurs
politique dans leur quête de légitimités électoral

Grammaire communicationnelle : type de message, façon de l’exprimer etc

L’image médiatique : comment elle est entretenu, les formes de médiatisation


participent à leur image

La recomposition du régime médiatique : changement de régime médiatique fait sur le


fond, avec hyper médiatisation et sur la forme avéré développement de médias sociaux
et de monopole de médias et la population avéré de certains d’entre eux.

À quoi servent ces pratiques de communication en politique ? Se rapprocher de son


électorat voir l’étendre, augmenter leur visibilité, imposer leur cadrage et questions
politique

• TD 31/03

Correction galop d’essai

Toujours utilisés des tournures impersonnelles, il vaut mieux se cacher des auteurs etc,
tandis que des arguments personnels sont facilement attaquable.

Le grand II il doit y avoir le plus de nuance, contrebalancer le sujet etc partie


intéressante.

Important d’avoir beaucoup de connaissances tierces, chiffres etc pour mettre en


valeur sa copie.
Partir de la problématique pour construire le plan et non du cours éviter la reprise du
plan du cours

Sur la forme veiller à être précis, éviter les formules générales

→ qualité des auteurs et définitions utilisés citer entre guillemets avec précision,
renseigner l’auteur en question + ouvrage + date

Construire une problématique et un plan bien articulé

Mettre des éléments d’actualité avec source, donc pour réviser préparer des éléments
d’actualité sourcés pour chaque thèmes.

Faire titre parties et sous parties

Mettre de l’actualité en illustration pour chaque sous partie

Introduction 1,5 - 2 pages, alinéa accroche (actualité si possible chiffré sourcée)

Re alinéa partie définitions/contexte

Mettre en avant les débats dans la littérature sur ces définitions donc citer définitions
un ou deux auteurs pour nuancer propos et ainsi mener à une problématique
intéressante, contextualiser rapidement avec soit de grandes dates historiques, le
processus étudié, une partie socio-historique

Alinéa problématique mettre en lumière un paradoxe, une question ouverte, ne pas


faire trop de formulations avant de sortir la problématique, il vaut mieux directement
dire dans quelle mesure + utiliser termes science politique.

Alinéa annonce de plan doit être la réponse argumenter à la problématique, résumer de


notre argumentation donc doit être très précis au moins 5-6 lignes phrases élaborés +
tous les éléments de notre argumentation. Montrer comment les 3 parties s’articulent.

Développement titres apparents parties et sous parties éviter titre trop descriptif trop
court le titre est sensé être ultra précis et reprendre les termes que l’on traite dans la
[Link] que les titres de sous parties peuvent être assez générale mais avec terme
scientifique et éventuellement un processus, un petit paradoxe (but donner envie de
lire la copie) un titre peut être d’une à deux lignes but être précis, on doit retrouver une
partie de la réponse à l’as problématique et mettre en valeur les arguments apporter.

Puis chapeau expliquer dans cette grande partie ce qui sera traiter dans les deux sous
parties;

Alinéa Rédaction développement partie = AEI

A = Argument ultra précis défendu, si possible synthétique avec un maximum de


notions, arguments scientifique vu en cours, puis E =expliquer avec auteurs et
ouvrages, expliciter les termes, contextualiser si besoin, qui permettent d’argumenter
puis expliquer l’argument donc dérouler l’argumentation et faire un rappel à la
problématique comme quoi cet argumentaire répond au moins en partie à la
problématique + montrer l’articulation avec autres parties comment elles dépendent
des unes des autres. I = illustration donc donner un exemple d’actualité, un chiffre de
l’Insee, un ouvrage récent d’auteur, liberté dans l’illustration mais nécessaire que ça
soit bien connecter à l’argumentation. Peut également contredire l’apport d’un auteur,
contredire un argument.

Alinéa Rédiger des transitions entre les grandes parties, pour expliquer l’articulation
entre les parties, moment du retour à la problématique comment en passant du grand I
au grand II permet d’apporter de la nuance et de clarté au problème de départ.

Alinéa Conclusion doit être une synthèse à l’image de l’annonce de plan qui répond à
la problématique, très simple à faire, mettre le maximum de notions scientifiques,
d’auteurs entre parenthèse pour faire des rappels au correcteur, simplement répondre à
la problématique. (Peut faire 5 lignes comme être plus long)

Alinéa Ouverture élément d’actualité un peu comme dans l’approche (différente)


attention à ce qu’elle ne contredise pas toute notre argumentation elle doit converger
avec les idées expliciter, autre façon de faire une ouverture poser une question à
l’image d’un débat en fin d’exposé, mettant en avant un paradoxe question qu’il est
pertinent de se poser mais deux dangers il ne faut pas que cette question remette
totalement en cause l’argumentation, et éviter une question d’ouverture trop
descriptive, il faut que la question soit ultra pertinente avec un apport scientifique.
Troisième façon (meilleur) : une citation scientifique, permettant de faire un lien avec
un ouvrage pas vu en cours pour montrer qu’il est possible de faire dialoguer le sujet
avec un sujet plus ou moins proche permettant de renforcer le coté scientifique de la
copie car s’appui sur auteur, ouvrage, permet de prouver que des recherches
supplémentaires ont été faite.

Éviter de reposer la meme question que la problématique en ouverture.

Etat nation =

Citer durkheim modernisation, Marx société en classe état moderne produit de la


classe dominante, Stein rokan rôle église , Etat produit du commerce mondial, Weber
domination, légitimité (donner définition ultra précise) tout le monde s’appuie sur sa
définition de l’état, produit de sa modernisation administrative, Charles tilly état
produit de la guerre , Norbert elias état civilisateur.

Opposer les types de conception de la nation =

Nation romantique germanique

Nation révolutionnaire française

Donner définition exacte de max weber entre guillemets ( trois lignes ),

Soit faire sociogenese de l’état

soit mettre en avant controverse entre auteur


Soit Conciliation état nation comment l’un accouche de l’autre

Politisation des français =

Soit reprendre plan du cours socio historique (danger parler de politisation de la


France et non des français)

Soit faire sur socialisation primaire et secondaire

Important de parler en termes d’approche processuel, au long cours

Pleins de choses à discuter ex Récupération politique etc

• TD 07/03

Socialisation et sélection sociale au sein des parties

Introduction socio-historique

Manuel indocile de science sociale + manuel d’introduction de science politique de


Rémy lefbvre « les partis politiques sont considérés comme des machines de pouvoir,
qui reproduisent des logiques d’appareil Et son repliés sur leur jeu et enjeux propres,
très éloigné des préoccupations des citoyens. Il faut dire que leur ancrage sociale et
leur capacité à porter des collectives se sont érodées, les bases militantes des partis
n’ont jamais était aussi faible numérique et aussi peu représentative socialement, être
membre d’un parti c’est

Réseau de sociabilité, les partis du gauche ont parti l’intégration des classes populaires
à la politique, en valorisant des groupes sociaux qui ne l’était pas à l’époque

→ certains partis sont ils encore affiliés à un groupe social très précis, si oui est ce
aussi simple de les discerner que dans les années 70, Recomposition de l’échiquier
politique ?

Le mouvement ouvrier a contribué à l’émergence des partis politiques existant


aujourd’hui. A partir de 1789 protopartis, IIIème république forces en présence étaient
particulière majorité royalistes et bonapartistes au sein d’une république républicains
minoritaires.

→ les bonapartistes et royalistes étaient contre la république et son développement.


Roberto Michels partis de cadres et parti de masse, les partis sont l’arme des faibles
face aux forts. La seule façon pour les masses de se faire entendre (pas de manifester
ou revendiquer) c’était de passer par les organisations partisanes. Les partis cadres se
sont les clubs qui regroupent des personnalités, des notables qui sont issus d’une part
des classes dominantes et d’autre part détiennent des ressources personnelles et les
utilisent à des fins politiques. (Ex notables locaux récupérer tous les paysans etc en les
achetant afin qu’ils aillent voter)

Les partis de masse ont développé des activités militantes, des cellules de bases, et
recherche de nouveaux adhérents.
Exposé comment les partis (dé)mobilisent ils les classes populaires ?

→ professionnalisation politique (intéressés par les bénéfices électoraux)

→ évolution revendications (besoins post-matérialistes pénalisant action collective car


besoin matérialiste = déconnexion)

2% des politiques ont fait l’ena (insp) car majorité dans l’administratif, 30% des 18-25
ans ont des parents ouvriers ou assimilés (répresentent 11% des étudiants en études
supérieurs 6% en classe préparatoire 4% 3% élèves reçus à l’ena) → moins accès aux
filières prestigieuse (système précédent creusant les inégalités.

Faudrait il réserver une part des places à des personnes issus de milieux défavorisés

Cours théorique :

Rémi = « Au delà de la classe ouvrière, les les partis constituent des structures
intermédiaires entre la société d’une part et les institutions d’autre part (parlement etc),
ils remplissent un role de Gatekeeper du champ politique. La médiation partisane est
sensé portée des demandes sociales et les convertir en vision du monde et enjeu de
politique publique »les intérêts sociaux. Cette conception du parti était centrale dans le
modèle sociale démocrate et son articulation au syndicalisme, le parti est ancré dans la
société à travers les liens construit avec différentes organisations

Les organisations partisanes sont interconnectés avec d’autres organisations donc


impossible de penser à un acteur sans penser à

→ dysfonctionnement comment reconvertir cette demande social en vision du monde

→ convertir ces demandes sociales en politiques publiques (reprocher aux partis,


programme d’apparence répondant aux demandes mais en pratique n’y répondent pas)

La base du Parti socialiste a développe une identité laïc, dans l’histoire il s’est
rapidement défini par la laïcité dans le domaine public etc, défense des mutuels,
enseignants. Une organisation partisane au delà de ces militants et élus s’inscrit dans
de nombreuses interconnexion d’acteurs. Le Parti communiste longtemps caractérisé
par une implantation dans le monde ouvrier, pratiquement un parti directement pour
les ouvriers, mais aussi des réseaux de multiples formes ouvriers, donc pour
comprendre les partis politique nécessaire de comprendre leur réseau. réseau de
sociabilité

Ouvrier voter à 90% en 70 pour partis ouvriers à changer, et ouvrier aujourd’hui


davantage abstenant

Érosion de l’ancrage partisan

Autrefois base solide mais maintenant basé sur l’élite

Transformation adogene ont conduit à l’érosion de l’ancrage partisan, les idées


politiques autrefois très polarisés entre gauche et droite ont eu tendance à se
désarticuler années 70, l’écroulement de l’URSS a mit fin au communiste dans
l’Europe occidental, les partis ne s’identifiant ni de gauche ni de droite ont été élus.

Le déclin du militantisme, années 70 1 millions d’adhérents à des partis politiques,


aujourd’hui entre 400-500k 2023, en quelques décennies le nombre de militants a été
divisé par plus de 2 selon INSEE. La France a le militantisme partisan, d’engagement,
un des plus faibles en Europe (il y a quelques années le plus faible d’Europe)
comparaison avec Allemagne parti social-démocrate compter 370k (un seul parti en
compte autant que le total en France)

Le ps en France en 2018 a eu un congrès à Aubervilliers (30000 adhérents à ce


moment là et Europe écologie les verts 5000)

Autre caractéristique de l’évolution du militantisme vieillissement très important des


piopulations encarté (autour de 58 ans personnes encartés dans des partis,
vieillissement du militantisme doublé d’un déclin)

Les militants et les élites des partis politiques sont de plus en plus éloignés des réalités
sociales qu’ils sont sensé administré et de plus en plus éloigné des revendications des
jeunes.

Renouvellement des bases partisanes, l’offre d’engagement politique s’est restructuré,


des personnes qui ne d’engagement plus politiques s’engage dans des réseau
associatif, peuvent véhiculer des idées politiques sans être rattacher à des partis, dans
des manifestations, à travers l’art,

en bref en d’autres réseau de sociabilité et d’autres formes d’engagement.

Les organisations partisanes perdent leurs adhérents mais de nouveaux modes


d’engagement.

Recomposition de l’engagement partisan, politique et renouvellement des bases


partisanes.

Documentaire =

Enquête sur la Dédiabolisation des partis d’extrême droite en Europe

et quelques analyses sur le militantisme au sein du RN.

La prénotion en science sociale ensemble des idées préconçus consciente ou non, les
préjugés, les biais qui vont découlé de notre expérience personnelle

Le retour réflexif (les politologues, politiciens doivent remettre en cause leur analyse,
questionner leur résultats à partir de leur prénotions afin de rendre un constat plus
concret)

Neutralité axiologique (weber) impossibilité d’être neutre car nombre d’influence,


nécessité de faire cet effort pour se départir de ces notions.
Les francais d’engagement moins mais ce phénomène est d’autant plus prononcé dans
les classes populaires, groupes sociaux déjà peu représentés, autrefois engagé dans des
organisations partisanes le sont encore moins. → Personnes les moins dotés (capitaux
économiques, sociaux) qui quittent en masse les organisations partisanes. De fait ces
organisations partisanes sont de plus en plus élitistes y compris dans les partis de
gauche.

Les champs politiques

Les organisations partisanes cherchent à developper leur électorat.

Le brouillage du clivage gauche droite, La rivalité se serait complètement écroulé et


que les recompositions partisanes ont éclaté cette dichotomie, idées de recomposition
de ce clivage

La montée en puissance des professionnels du politique.

• TD 28/04

Acteur répertoire d’action illégitime

Champ politique défini par borudieu à partir d’un enjeu, et de différents capitaux
valorisé

L’espace social est décrit en fonction de ces éléments (les capitaux mobilisés diffères
selon le champ ex champ politique volonté d’exercer le pouvoir, certains partis leur
objectif c’est detre élu tout comme les acteurs de groupes d’intérêts ont pour intérêt
que leurs idées soient portées

Mancour Olson : paradoxe de l’action collective, il a identifié que la participation à


une revendication etc et l’implication dans celle ci = même résultats que ceux qui
n’ont pas participé

+mobilisés défendent leur propres intérêts donc ≠collectif

Qu’est ce qui fait qu’une personne se mobilise, s’engage

→ théorie du choix rationnel (économistes sociologues etc qui analysent des faits
sociaux par rapport aux calculs coût avantage ex voter pour un politique c’est le
produit d’un calcul coûts bénéficies chez le votant.

Pour répondre à Olson pourquoi s’investir alors que d’autres le font et qu’on profite
des mêmes résultats.

Exposé = comment défendre une cause

Dans quelle mesure certaines manières de défendre une cause peuvent s’avérer
plus opportunes ?
Approche de la ‘frustration relative’ poussant les gens à agir de par le décalage de la
réalité Ted Gurr

Notion de choc poussant à agir lorsqu’implique la sensibilité éthique individuelle


expliquant les revendications de masse

Comment = les groupes d’action avec répertoire d’action collective

Imminence NMS (défini par Cécile péchu)

→ investissement réel des acteurs ? Relativités de l’acte et de l’implication

La violence dans les actions collectives = soulèvement populaire entremêler à des


réponses proportionnelles

Tous les prétextes sont bons pour exprimer la violence interne

Débat de la ‘violence’ ‘brutalité’ des réponses de maintien de l’ordre

Sous partie écologie

frénésie populaire légitimé → implique une dénaturation des actions // détournement


de l’action (Ex militantisme (notamment environnemental) décrit comme forme de
terrorisme

(Couverture médiatique négative + démonstration de force // maintien de l’ordre


virulent) Participant à l’affaissement progressif de la participation + de l’unicité d’une
cause → fragmentation en mini revendication et intérêts propres généralement
antagonistes avec le mouvement de départ et nuit à son efficacité, au résultat
généralement insatisfaisant de par décrédidibilisation

Une cause justifie t elle tout moyen d’actions

Cours =

Comment se mettre en action pour défendre une cause ?

Répertoire d’actions Charles Tilly (la France conteste, de 1600 à nos jours) tous les
moyens de défendre une cause ne sont pas utiliser par n’importe quelle groupe
n’importe quand, les acteurs viennent puiser dans un répertoire d’action défini comme
des moyens d’agir en commun sur la base d’intérêt partagé) on ne manifeste pas de la
même façon en fonction des traditions dans l’espace visé, le système politique etc

Produit et producteur d’une cause à défendre

James jasper = l’art de la protestation, une contestation mobilise des rituels, des
cérémonies, des musiques, mises en scène etc qui rassemblement et motivent les
militants et leur spectateur faisant grandir leur identification au mouvement.
Au delà de toute les formes de mobilisation l’art de la protestation est extrêmement
présent et important.

But d’acquérir des réactions affectives poussant les spectateurs et le public à s’engager
ou à soutenir la cause défendu

Revendication = Pour qu’une mobilisation aboutisse à des résultats concrets les actes
doivent être articulé aux revendications

Comment les groupes mobilisés construisent ils la cause et les moyens pour la
défendre ? Ce qui initie une revendication collective c’est l’identification d’une cause
et de revendication commune + capacité à revendiquer + importante du répertoire
d’action choisi (plusieurs modalités d’action collective que les personnes mobilisés
doivent correctement choisir et utiliser)

→ question de la légitimité (certaines revendications, destruction sont perçus tant


comme légitime tant comme très problématique et sanctinnnable dans le champ
politique = facteur risque important)

Est il plus difficile de manifester qu’auparavant ?

Question du nombre de mobilisés dans un mouvement, le nombre fait il la force et la


réussite de la revendication sachant que proportionnellement le nombre cause une
réponse, un encadrement

Importance de l’opinion public dans le champ politique de même envergure dans le


milieu protestataire = suscité l’empathie

Notion de Choc moral défini par Traini = 4 traits complémentaires, premièrement


expérience social résulte d’un événement inattendu ou d’une modification imprévue
plus ou moins brusque de l’environnement des individus, implique une réaction très
vives ressenti physiquement parfois même jusqu’à l’écœurement, conduit celui qui est
confronté à juger la manière dont l’ordre présent du monde semble s’écarter des
valeurs auxquelles il adhère, expérience social suscite un sentiment d’épouvante de
colère de nécessité de réaction immédiate qui commande un engagement dans l’action
et ce en l’absence même des facteurs favorables généralement souligné par les théories
de l’action collective.

Façon dont un individu peut être amener à se mobiliser = choc moral

Comment un individu devient violent, comment en vient il à utiliser des armes etc

Comment un gouvernement en vient à (réponses aux manif violentes)

Penser le champ politique avec sa multitude d’acteurs interconnectés et leur rapport

Gilles deronsoro Olivier granjan

• TD 05/05
Le genre au sein des mouvements sociaux

En quoi retrouve t-on une hiérarchie des rapports de genre au sein des
mouvements activistes ? (Attention ne pas complexifié une problématique en
l’introduisant par une invitation complexe de pensée suivi d’une question très
simple et facilement compréhensible/observable)

→ la non mixité (=meilleur représentation mouvements)

→ domination masculine

Socialisation partisane =

Manque d’opportunité et sous représentation (milieu politique)

Groupes militants = FHAR, MLF (pratiques sexistes de non mixité démantelé par
tierces organisations)

Séance : Qu’est-ce que les rapports sociaux de sexe font aux mobilisations ?

Auteurs sur le genre :

1988 Goffman « Le genre : une catégorie utile d’analyse historique » ouvrage loin des
messages politiques récents voit le genre comme un outil d’étude de l’espace social

Simone de Beauvoir 1967 deuxième sexe analyse non uniquement en terme de


biologique, premiere à définir le genre à partir de rapports sociaux hiérarchisés

Thomas laker la fabrique du sexe. Essai sur le genre et le corps en occident 1990
approche historique, vision biaisé du sexe biologique vu comme représentation de
genre

Johan Wallace Scott, Judith Butler ont défini ce que l’on entend par concept de genre
en science sociale

Christine delphy décrit une 4eme vague en cours reprenant la libération de la parole
(#metoo, etc)

Margaret Mead anthropologue Certains peuples d’océanie (modèle sociaux de genre


très différent de la forme occidentale, ex matriarcat, instances dominés par femmes,
réflexion du genre différente de la binarité homme/femme)

Le genre est un outil d’analyse du champ social extrêmement important, permet


notamment les études sur les inégalités de sexe ex dans l’espace public (nombre de
femme dans le K40, etc) ces inégalités ont donné lieux à plusieurs vagues de
féminisme (féminisme 1ere vague articulait autour des revendications de droit de vote
début XXème, suffragettes, 2GM…) 2ème vague combat portant sur l’accès au corps
des femmes par les femmes (à travers l’IVG, la contraception, etc..) 3ème vague
revendication en terme de parité, égalité salariale, d’accès aux postes électifs
Le genre est théorisé par Andrée Michel et Parsons, décrivent un rôle de sexe et un
sexe dit naturel, la médecine a défini historiquement des sexes dits naturels mais
quand science social il faudrait faire prévaloir l’aspect culturel et social du genre
beaucoup plus complexe que la définition biologique.

Johan Scott définit le genre : le genre est un élément constitutif des rapports sociaux
fondés sur des différences perçues entre les sexes. Le genre est une façon premiere de
signifier les rapports de pouvoir

Notion de mouvement sexué, les rapports sociaux de genre s’insère dans toutes les
organisations et ces rapports sociaux sont marqués par de nombreuses inégalités, la
divison sexué du travail etc s’applique autant au militantisme qu’aux autres. Le genre
configure les pratiques militantes, les hommes prennent plus souvent la parole et
expose davantage ce qu’ils pensent être une compétence, et ces rapports imprègnent
également les pratiques et réflexions au sein de ces mobilisations

Ces rapports sont transposables à toutes les analyses et acteurs que l’on peut voir en
science politique (au vote, à la fonction publique etc) le genre est une grande variable
explicative.

Listes des thèmes vu en TD + chaque auteurs/ouvrages abordés par séance


selon le thème avec les notions et ouvrages à rémployer dans une dissertation
comme illustration et source d’actualité :

2. L'administration et ses réformateurs

Exposé : Les hauts fonctionnaires poursuivent-ils l’intérêt général ?

Lecture obligatoire : Julie Gervais, Claire Lemercier et Willy Pelletier, La haine des
fonctionnaires, Paris, Editions Amsterdam, 2024 - extraits : se rapportant à la haute
fonction publique (p. 158-161 ; p. 162-166 ; p. 195-202).

Lecture complémentaire : Yasmine Siblot, « Trop de services publics ? », Manuel


indocile des sciences sociales, Paris, La Découverte, 2019, p. 257-265.

Notions clés : noblesse managériale publique-privée, pantouflage

Dans l'actualité, l'analyse de Charles Thibout d'un cas de pantouflage : « De l’Élysée à la Société
Générale : ce que le départ d’Alexis Kohler dit des liens entre public et privé »

3. L'action publique face aux lobbyings

Exposé : Les groupes d’intérêt influencent-ils vraiment les politiques publiques ?

Lecture obligatoire : Michel Offerlé, « Les organisations patronales », dans


Guillaume Courty, Marc Milet (dir.), Les groupes d’intérêt en France, Paris, Classiques
Garnier, 2023, p. 327-352.
Lectures complémentaires : Guillaume Courty, « Lobbies : ’’Les politiques doivent
rendre publics tous leurs rendez-vous’’ », propos recueillis par Sarah
Brethes, Mediapart, 12 juillet 2022 ; Guillaume Courty, « Les lobbies font-ils la loi ? »,
dans : Philippe Boursier, Clémence Guimont (éd.), Écologies. Le vivant et le
social. Paris, La Découverte, « Hors collection Sciences Humaines », 2023, p. 264-
271. (disponible en ligne sur Cairn)

Notions clés : influence, enjeu, pluralisme, corporatisme.

4. Services publics et usagers

Exposé : En quoi l’accès aux services publics est-il inégalitaire ?

Lecture obligatoire : Léobal Clémence, « Des marches pour un logement.


Demandeuses bushinenguées et administrations bakaa (Saint-Laurent-du-Maroni,
Guyane) », Politix, 2016/4 (n° 116), p. 163-182 (pages choisies).

Lecture complémentaire : Deville Clara, « Le non-recours au RSA des exploitants


agricoles : L’intégration professionnelle comme support de l’accès aux droits
», Politiques sociales et familiales, n° 119, 2015, p. 41-50.

Notions clés : inégalités d’accès, non-recours

5. La socialisation politique

Exposé : Comment apprend-on la politique ?

Visionnage obligatoire (avec questionnaire disponible sur l’EPI) : « Famille, dispute


et politique », réalisé par Anne Muxel (2012). Le documentaire est disponible en libre
accès sur Viméo : [Link]

Lecture complémentaire : Lignier Wilfried, Pagis Julie, « Quand les enfants parlent
l'ordre social. Enquête sur les classements et jugements enfantins », Politix, 2012/3
(n° 99), p. 23-49.

Notions clés : socialisation primaire et secondaire ; conflits de socialisation.

6. Compétence et inégalités sociopolitiques

Exposé : Tous les citoyens sont-ils égaux politiquement ?

Notions clés : (dés)intérêt pour la politique ; (in)compétence politique et sentiment de


compétence.

Lecture obligatoire :
Boncourt, Thibaud et Geay, Kevin, « ‘Y a tellement de sujets moins médiocres !’ Les
formes du relâchement politique des catégories supérieures », in SPEL, Les sens du
vote. Une enquête sociologique (France, 2011-2014), Rennes, Presses universitaires
de Rennes, 2016, p. 55-74.

Lecture complémentaire :

Extrait de Gaxie, Daniel, « Le cens caché », Réseaux, vol. 5, no. 22, 1987, pp. 29-51.

7. Sondages et opinion publique

Exposé : Les sondages sont-ils représentatifs de l'opinion publique ?

Lectures obligatoires :

Bronner Luc, « Dans la fabrique opaque des sondages », Le Monde, 4 novembre 2021

Lehingue, Patrick, Subunda. Coups de sonde dans l’océan des sondages,


Bellecombe-en-Bauges, Le Croquant, 2007, p. 59-76 (« Les sondages peuvent-ils se
tromper ? Le cas des sondages préélectoraux », chapitre 4).

Lecture complémentaire : Hubé Nicolas, « De l’opinion certes... mais surtout un


artefact », in Nicolas Hubé et Emmanuel Rivière, Faut-il croire les sondages ?,
Bordeaux, Prométhée, 2008.

Notions clés : opinion publique ; sondages ; représentativité.

8. Médias (sociaux) et communication politique

Exposé : Les médias sociaux transforment-ils radicalement la communication politique


traditionnelle ?

Lecture obligatoire : Neihouser Marie, Figeac Julien, Le-Coz Ferdinand, 2022,


« Faire campagne dans Facebook : une pratique privilégiée par l’extrême droite et les
partis émergents », Politiques de communication, vol. 2, p. 55-86.

Lecture complémentaire : Roginsky Sandrine & Jeanne Perrier Valérie, 2014, « La


fabrique de la communication des parlementaires européens : « Tweet ton député » et
les « ateliers du député 2.0 » », Politiques de communication, vol. 2, n°3, pp. 85-124.

Notions clés : grammaire communicationnelle, cadrage médiatique, construction


d’une image politique
10. Socialisation et sélection sociale au sein des partis politiques

Exposé : Comment les partis (dé)mobilisent-ils les classes populaires ?

Lecture obligatoire : Challier Raphaël, « Simples militants. Comment les partis


démobilisent les classes populaires », Editions Puf, 2021, [extrait : p. 221-242].

Visionnage complémentaire : film « La cravate », réalisé par Etienne Chaillou et


Mathias Théry, (2019). Disponible sur la médiathèque numérique de Paris (accès par
Domino) ou sur [Link] jusqu'au 07/04/2025

Notions clés : organisation élitiste ; professionnalisation politique ; processus de


sélection sociale.

11. Mobilisations et répertoires d'action collective

Exposé : Comment défendre une cause ?

Lecture obligatoire : Dechezelles Stéphanie, « Une ZAD peut en cacher d’autres. De


la fragilité du mode d’action occupationnel », Politix, 2017/1 (n° 117), p. 91-108.

Lecture complémentaire : Allain Mathilde, « Cultiver « la résistance » dans les


campagnes colombiennes : comment le quotidien devient politique », Actes de la
recherche en sciences sociales, 2020/5 (N° 235), p. 32-47.

Notions clés : répertoire d’action collective, mobilisations des ressources

12. Le genre au sein des mouvements sociaux

Exposé : Qu’est-ce que les rapports sociaux de sexe font aux mobilisations ?

Lecture obligatoire : Alban Jacquemart et Camille Masclet, « Mixités et non-mixités


dans les mouvements féministes des années 1968 en France », Clio. Femmes, Genre,
Histoire, 2017, n° 46, en ligne.

Lecture complémentaire : Lucie Bargel, « La socialisation politique sexuée :


apprentissage des pratiques politiques et normes de genre chez les jeunes
militant·e·s », Nouvelles Questions Féministes, 2005/3 (Vol. 24), p. 36-49.

Notions clés : domination, rapports sociaux, genre

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