Prélèvement
Réalisé par Hassan Bourri
1
Table des matières
I. Prélèvement ......................................................................................... 3
1. Conditions de prélèvement : .................................................................................3
2. Conditions de conservation d’échantillons : ......................................................... 4
II. Examen d’échantillons ........................................................................... 5
1. Examen direct : ....................................................................................................5
1.1. Etat frais (frottis) .......................................................................... 5
1.2. Coloration du Gram (frottis) ........................................................... 6
2. Ensemensement .................................................................................................. 10
3. Lecture des résultats ........................................................................................... 11
2
Prélèvement vaginal
I. Prélèvement
L’examen cytobactériologique vaginal est effectué soit par un biologiste médical
(médecin ou pharmacien) au sein d’un laboratoire de biologie médicale, soit par un
médecin gynécologue ou une sage-femme en cabinet. Il consiste à introduire un écouvillon
dans le vagin afin d’y recueillir un échantillon.
Cet examen est généralement prescrit en cas de suspicion d’infection vaginale. Il est
indiqué en présence de pertes vaginales anormales — abondantes, blanchâtres, brunâtres,
verdâtres et/ou malodorantes — accompagnées d’irritations, de démangeaisons ou de
sensations de brûlures. Le prélèvement permet souvent de diagnostiquer une infection
sexuellement transmissible, telles que celles causées par Chlamydia trachomatis, Trichomonas
vaginalis ou le gonocoque (responsable de la gonorrhée).
Il peut également révéler d’autres germes bactériens, des mycoses ou un
déséquilibre de la flore vaginale. Par ailleurs, un prélèvement vaginal est couramment
prescrit en fin de grossesse afin de dépister une éventuelle colonisation par le streptocoque
du groupe B, une bactérie susceptible de représenter un risque pour le nouveau-né lors de
l’accouchement (Iglesias, 2024).
1. Conditions de prélèvement :
➢ Il doit être réalisé en dehors des règles
➢ En l'absence de traitement antibiotique ou antiseptique
3
➢ Il est préférable de ne pas procéder à une toilette intime au préalable.
❖ Déroulement du prélèvement (Iglesias, 2024) :
➢ 1. Installation de la patiente
La patiente est allongée en position gynécologique : sur le dos, les jambes
écartées et placées dans des étriers.
➢ 2. Introduction du spéculum
Le médecin ou la sage-femme insère un spéculum stérile dans le vagin afin de
visualiser le col de l’utérus.
• La taille du spéculum est adaptée à l’âge et à la parité de la patiente.
• Chez une femme vierge, l’usage du spéculum est généralement évité.
➢ 3. Réalisation du prélèvement
Un ou plusieurs écouvillons sont introduits pour prélever des sécrétions :
• Au niveau du cul-de-sac vaginal (zone située au fond du vagin, autour du col),
• Et au niveau du col de l’utérus.
2. Conditions de conservation d’échantillons :
❖ Température de conservation (SFM, 2022) :
➢ À température ambiante (15–25 °C) : si l’analyse est réalisée
rapidement (généralement dans les 2 heures).
➢ Au réfrigérateur (2–8 °C) : si le transport ou l’analyse est différé
(jusqu’à 24 à 48 heures selon les milieux et les techniques utilisées).
❖ Type de milieu de transport (SFM, 2022) :
➢ Utilisation de milieux de transport appropriés (ex. : milieu de Stuart,
Amies, ou milieux spécifiques pour PCR ou mycologie) pour
maintenir la viabilité des germes.
➢ Pour les analyses de biologie moléculaire (PCR), les écouvillons
doivent être placés dans des milieux sans inhibiteurs enzymatiques.
❖ Identification et étiquetage (SFM, 2022) :
➢ Le prélèvement doit être parfaitement identifié : nom, prénom, date et
heure du prélèvement.
➢ Accompagné d’une fiche de demande d’examen précisant le ou les
examens souhaités.
4
II. Examen d’échantillons
L’analyse des échantillons prélevés permet d’identifier les agents pathogènes
responsables d’éventuelles infections. Elle débute par un examen direct réalisé au
microscope.
1. Examen direct :
L’examen direct consiste à observer immédiatement le prélèvement au microscope,
afin de repérer des micro-organismes, des cellules ou des signes d’inflammation.
1.1. Etat frais (frottis)
Lors de l'examen à l'état frais d’un prélèvement vaginal, on recherche plusieurs
éléments caractéristiques permettant de détecter une infection ou un déséquilibre de la flore
vaginale :
Élément Description / Aspect
Signification clinique
recherché microscopique
Flore de Bacilles immobiles, Gram +, Flore vaginale normale,
Döderlein abondants protectrice
Trichomonas Parasite mobile, flagellé, forme
Trichomonase (IST)
vaginalis ovale, très mobile
Gardnerella Petits coccobacilles mobiles,
Vaginose bactérienne
vaginalis souvent associés à clue cells
Levures rondes ou ovales, parfois
Candida albicans Mycose vaginale
pseudo-mycelium
Cellules épithéliales couvertes de Signe typique de vaginose
Clue cells
bactéries bactérienne
Globules blancs (forme ronde, Réaction inflammatoire ou
Leucocytes
noyau visible) infection
Cellules Cellules pavimenteuses (taille, Présence physiologique, utile
épithéliales forme variable selon le cycle) pour évaluer la flore
Aspect visqueux ou purulent, Orientation vers une infection
Mucus vaginal
filaments visibles (si purulent)
5
1.2. Coloration du Gram (frottis)
La coloration de Gram est utilisée pour confirmer et affiner les observations
réalisées à l’état frais. Elle permet une meilleure visualisation des microorganismes
❖ Flore de Döderlein
Également appelée microbiote vaginal, est principalement composée de
lactobacilles, des bactéries bénéfiques qui jouent un rôle clé dans la protection du vagin.
❖ Trichomonas vaginalis
Trichomonas vaginalis est un parasite unicellulaire (protozoaire flagellé) et non une
bactérie, qui n’appartient pas à la flore de Döderlein. Il est responsable d’une infection
sexuellement transmissible appelée trichomonase vaginale.
6
❖ Gardnerella vaginalis
Gardnerella vaginalis est une bactérie gram-variable, anaérobie facultative, souvent
associée à la vaginose bactérienne (VB), un déséquilibre du microbiome vaginal.
❖ Levures
Les levures sont des champignons unicellulaires, et dans ce contexte, les Candida
(notamment Candida albicans) sont les principales levures impliquées.
7
❖ Clue cells
Les clue cells sont des cellules épithéliales vaginales recouvertes de bactéries,
principalement Gardnerella vaginalis, elles sont un signe clé de la vaginose bactérienne.
❖ Leucocytes
La présence de leucocytes (globules blancs) dans un prélèvement vaginal (PV)
indique généralement une réponse inflammatoire ou immunitaire, souvent liée à une
infection ou une irritation.
8
❖ Cellules épithéliales
Les cellules épithéliales observées dans un prélèvement vaginal (PV) sont des
cellules de la muqueuse vaginale qui se desquament naturellement. Leur présence dans un
PV est normale, mais leur aspect et leur quantité peuvent fournir des informations
diagnostiques
1.3. Complete la fiche de paillasse
❖ Etat frais
9
❖ Coloration de Gram
La coloration de Gram dans un prélèvement vaginal est utilisée, entre autres, pour
évaluer la flore vaginale et déterminer le score de Nugent, un outil diagnostique standard
pour la vaginose bactérienne.
❖ Score entre 0 et 3 = Flore Normale
❖ Score entre 3 et 6 = Flore Altéré
❖ Score superieure a 6 = Vaginose Microbienne
2. Ensemensement
Les milieux de culture utilisés pour les prélèvements vaginaux (PV) permettent
d’isoler, d’identifier et de caractériser les micro-organismes présents, sont :
❖ Gélose au sang
(Incubation : 37°C + Mettre ce milieu dans la jarre (milieu anaérobie))
❖ Gélose au chocolat
(Incubation : 37°C + Mettre ce milieu dans la jarre (milieu anaérobie))
❖ Gélose Sabouraud
(Incubation : 37°C + Milieu aérobie).
10
3. Lecture des résultats
La lecture des résultats des milieux de culture après incubation d’un prélèvement
vaginal (PV) nécessite une analyse systématique des caractéristiques des colonies, des
réactions biochimiques et, parfois, une confirmation par microscopie ou tests
complémentaires.
Après l’apparition de colonies sur les milieux de culture à partir d’un prélèvement
vaginal, l’identification microbienne et la réalisation d’un antibiogramme sont essentielles
pour déterminer le nom des micro-organismes et leur sensibilité aux traitements.
NB : Consulter le PDF en ce qui concerne l'identification bactérienne
11