Lutte contre la rage
OBJECTIFS
• Décrire les grandes formes de zoonoses
• Décrire le cycle de transmission de la rage
• Contribuer efficacement à la lutte contre la rage
I- GÉNÉRALITÉS
Notions sur la zoonose
- zoonoses : maladie, infection ou infestation provoquée par l'agent transmissible (bactérie, virus,
parasite ou prion) se développant au moins chez 2 espèces de vertébré dont l'Homme
- Stade I
• maladie strictement inter-animale
• ex : fièvre aphteuse
- Stade II
• pathologie animale pouvant se transmettre à l'Homme
• transmission interhumaine absente (R0 = 0)
• ex : rage, west nile
- Stade III
• pathologie animale pouvant se transmettre à l'Homme
• transmission interhumaine faible (R0 <1)
• ex : TB à M bovis, grippe aviaire à virus H5N1
- Stade IV
• pathologie animale pouvant se transmettre à l'Homme
• transmission interhumaine forte (R0 > 1)
• ex : fièvre jaune, syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS)
- Stade V
• maladie strictement interhumaine exclusive
• ex : paludisme, rougeole
R0 > 1 : réservoir (pas tous), st IV
+ R0 < 1 : hôtes secondaires ou hôtes incidents, st III
R0 = 0 : hôtes cul-de-sac ou terminal, st II
Réceptivité
- Espèces réfractaires, st I
Particularité R0 dans les zoonoses
- R0 > 1 : épidémie
- R0 < 1 : possibilité endémie
- R0 = 0 : pas de risque
II- ZOONOSE VIRALE
- à issue fatale
- transmise à l'Homme par la morsure, griffure, ou léchage d'une plaie et/ou muqueuse par un
animal à sang chaud portant le virus
- agents pathogènes
• rhabdoviridae genre lyssavirus
• sensible au savon, à l'éther, aux dérivés d'ammonium quaternaire, à la chaleur
- c'est une maladie des mammifères, chiroptères, carnivores
- parfois des animaux sauvages et de compagnie
- environ 55 000 décès humains annuels (OMS)
1- Épidémiologie
a- Épidémiologie descriptive
- Afrique 24 000 cas en 2010
- Étude à Madagascar entre 2006 et 2010
• 257 chiens, parmi eux
◦ présence de chiens suspectés, autres non suspectés
• après analyse
◦ 69 chiens non suspectés, parmi eux 10 ont de la rage
◦ VPP = 34,5 %
b- Épidémiologie analytique
- Agent : Lyssavirus
- Réservoir / vecteur : animaux sauvages
• chiroptères +++
• carnivores +++
- Transmission transcutanée par morsure
Chiroptère Carnivore Carnivore
Réservoir Réservoir
+ +
Vecteur Vecteur
Chauve-souris Cul-de-sac Carnivore
Carnivores Chiroptères
Renard Insectivores
Coyote Sauvage Frugivores
Raton laveur Hématophages
Chien Bovins
Ovins
Porcins
Equins
Homme
2- Méthodes de lutte
- Prévention : complexes …. mais il faut le faire
- Les grandes lignes
• vaccination de masse des chiens
• contrôle de la population canine → abattage des chiens errants
• mise à disposition de nombreux centres régionaux de traitement antirabique pour la PEC des
personnes exposées au risque d'une contamination rabique
- Il faut comprendre la dynamique du Lyssavirus chez les chauve-souris
• Les lyssavirus des chauve-souris sont-ils pathogènes pour leur hôtes ?
• Quelle est la dynamique de l'infection de la population des chauve-souris : voie d'infection ?
Persistance ?
• Pourquoi les lyssavirus du chauve-souris « émergent » ? Changement écologiques ? Plus
d'attention ?
• Recherche +++
- Pour virus sauvage
• abattage et piégeage : inefficace
• vaccination : diminution du R0 chez les animaux carnivores
- Vaccination parentérale obligatoire de tous les carnivores domestiques
- Par cette approche, la France est indemne de rage depuis 2000. Les cas rapportés sont des cas
importés
- Chez l'Homme
• Sensibilisation de la population
◦ éviter les expositions (le plus efficace)
• En cas d'exposition
◦ lavage très soigneux
◦ immédiatement après, aller à la formation sanitaire la plus proche → PEC post-
exposition
• PEC pré-exposition pour personnel de métier à risque : agents vétérinaires, agents de
laboratoire …
• Recommandation OMS : catégories d'exposition
◦ catégorie I → pas de traitement
▪ toucher, nourrir un animal
▪ léchage de peau intacte
◦ catégorie II → lavage plaie (savon), vaccin (culture cellulaire)
▪ égratignures mineures
▪ abrasion non saignante
▪ léchage d'égratignure
▪ mordillement de peau nue
◦ catégorie III → lavage plaie (savon), vaccin (culture cellulaire), IgG humaine (20U/kg),
IgG équine (40 U/kg)
▪ morsures transdermales
▪ griffure
▪ léchage muqueuse
▪ exposition à des chauve-souris
- Surveillance épidémiologique de la rage à Madagascar
• objectifs
◦ détecter rapidement les expositions à la rage afin d'assurer une PEC efficace et précoce
pour réduire la mortalité due à cette maladie
◦ rechercher des contacts, contact = toute personne
▪ avec un malade suspect de rage
▪ ayant manipulé le cadavre d'une personne décédée par la rage
▪ en contact avec chien mort de rage, 15 jours avant la mort de l'animal
▪ ayant tué un animal suspect de rage
- CAT par les contacts
• référer immédiatement les contacts vers le centre de traitement antirabique le plus proche
• prendre son contact et son adresse pour le suivi
- Plusieurs cas de morsures
• descente sur terrain d'un groupe mobile équipé
• autre approche : médecin vétérinaires
◦ surveillance de l'animal mordeur
◦ vaccination des chiens et chiots domestiques
◦ prélèvement et acheminement à l'IPM en cas de suspicion de rage animale
- Communauté
• sensibilisation (agent communautaire)
• décanisation (si nécessire)
• appui pour la référence des malades
CONCLUSION
La rage : le chien n'est pas qu'un intermédiaire, il est également victime