Mathématiques : Logique et Ensembles 2025-2026
Mathématiques : Logique et Ensembles 2025-2026
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Année 2025-2026
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Table des matières
3 Dénombrement 17
3.1 Généralités . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17
3.2 Listes et nombre d’arrangements . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
3.3 Coefficients binomiaux. Formule du binôme de Newton. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19
3.4 Exercices supplémentaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20
4 Suites 23
4.1 Suites . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23
4.2 Raisonnement par récurrence . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
4.3 Symboles ∑, ∏ et factorielle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
4.4 Somme d’une suite arithmétique et géométrique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26
6 Fonctions usuelles 31
6.1 Fonctions réelles : premières définitions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31
6.2 Fonctions usuelles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31
6.3 Limites de fonctions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 34
6.4 exercisecices supplémentaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 36
7 Études de fonctions 37
7.1 Continuité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 37
7.2 Dérivabilité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 37
7.3 Représentation graphique d’une fonction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 39
8 Calcul intégral 41
8.1 Intégrale d’une fonction continue et positive . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 41
8.2 Primitives . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 41
8.3 Intégrale d’une fonction continue de signe quelconque . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 42
8.4 Exercices supplémentaires. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 43
3
4 TABLE DES MATIÈRES
Chapitre 1
1.1 Ensembles
Un ensemble est une collection d’objets, que l’on appelle les éléments de l’ensemble. Les ensembles
se notent entre accolades, par exemple
A = {1, 4, 8}
est l’ensemble contenant 3 éléments : les nombres 1, 4 et 8. L’appartenance à un ensemble est notée ∈.
N = {0, 1, 2, · · · } .
Z = {· · · , −2, −1, 0, 1, 2, · · · } .
p
3. L’ensemble des rationnels, noté Q, est l’ensemble des fractions de la forme q où p et q sont des
entiers relatifs (avec q 6= 0).
4. L’ensemble des réels est noté R.
5. L’ensemble vide, noté ∅, est l’ensemble ne contenant aucun élément.
5
6 CHAPITRE 1. ÉLÉMENTS DE LOGIQUE ET THÉORIE DES ENSEMBLES
AUB
A AB
'
AB IA
£ fB
1.2 Applications
Une application f d’un ensemble A vers un ensemble B est une loi, notée f : A → B associant à tout
élément x ∈ A un unique élément f ( x ) ∈ B. Schématiquement, une telle application est représentée par
×
f
x
*
X
x
×
x
X
X
X
A B
Exemple 1.6. 1. L’application qui associe à un étudiant de L1 sa taille est une application de l’en-
semble des étudiants de L1 dans l’ensemble des nombres réels.
2. L’application de R dans R qui associe à un nombre réel x le nombre réel f ( x ) = x2 − 7.
1.3. LOGIQUE 7
Exercice 1.8. Dans les cas suivants, dire si la fonction f est injective, surjective, ou bijective :
1. f : R → R définie par f ( x ) = 2x − 4.
2. f : R → R définie par f ( x ) = x2 .
3. f : R → R+ définie par f ( x ) = x2 .
1.3 Logique
Une assertion est une phrase, mathématique ou non, dont on peut dire sans ambiguïté si elle est
vraie (1) ou fausse (0). Pour écrire les assertions mathématiques, nous utiliserons souvent les notations
suivantes (aussi appelées quantificateurs) :
Définition 1.10. La négation d’une assertion A est l’assertion A qui est vraie lorsque A est fausse, et fausse
lorsque A est vraie.
Il est très pratique de représenter les relations entre différentes assertions via leurs tables de vérité.
Par exemple :
A A
0 1
1 0
Exercice 1.11. Donner les négations des assertions de l’exemple 1.9.
Exercice 1.12. Dans les cas suivants, dire si l’assertion est vraie ou fausse, et donner sa négation :
1. ∀ x ∈ Z ∃y ∈ Z tel que x + y = 0 .
2. ∀ x ∈ Q ∃y ∈ Z tel que xy = 1.
3. ∀e > 0 ∃ x > 0 tel que x < e.
4. ∀e > 0 ∃ x ∈ N∗ tel que x < e.
1. A et B est l’assertion notée A ∧ B, qui est vraie si et seulement si A est vraie et B est vraie.
2. A ou B est l’assertion notée A ∨ B, qui est vraie si et seulement si A est vraie ou B est vraie.
3. A implique B est l’assertion notée A ⇒ B qui est vraie si et seulement si A est fausse, ou A et B sont
simultanément vraies.
4. A est équivalente à B est l’assertion notée A ⇔ B, qui est vraie si et seulement si A et B sont simultané-
ment vraies ou simultanément fausses.
Remarque 1.15. Il peut sembler bizarre qu’une assertion fausse puisse impliquer une assertion vraie. Ce
qu’il faut retenir est que la seule possibilité pour que l’implication A ⇒ B soit fausse est lorsque A est
vraie et B est fausse : “le vrai n’implique pas le faux”.
Exercice 1.16. Dans les cas suivants, dire si l’implication A ⇒ B est vraie :
1. x ∈ N ⇒ ( x ∈ Z ∧ x ≥ 0).
2. x ∈ Z ⇒ ( x ∈ R ∧ x ≥ 0).
3. x ∈ R ⇒ ∃y ∈ R tel que x = y2 .
Ceci peut se concevoir dans des exemples de la vie courante. Prenons l’exemple d’un individu très
précautionneux : dès qu’il pleut, il prend son parapluie. Logiquement, on le résume à « Pluie ⇒ Para-
pluie ». Si on croise cet individu et qu’il est sans son parapluie, alors c’est qu’il ne pleut pas : Parapluie
⇒ Pluie.
Par contre, il est possible qu’il ait pris son parapluie sans qu’il pleuve, mettons par anticipation. Donc,
ce n’est pas parce que « Pluie ⇒ Parapluie » est vraie que « Parapluie ⇒ Pluie » est vraie.
Exercice 1.20. Décrire les contraposées et les réciproques des implications de l’exercice 1.16 et dire si
elles sont vraies ou fausses.
1.4. EXERCICES SUPPLÉMENTAIRES 9
( A ∪ B) \ ( A ∩ B) = ( A \ B) ∪ ( B \ A) .
2.1 Fractions
Exercice 2.1. Calculer et écrire sous forme irréductible :
3 1
1 1 1 1 1 1 1 1 2 5 4
− , − , + , + , 5
, 4
, 5
,
2 3 7 5 3 12 4 6 6 5 6
x x 1 1 10 7 1+x 5 1+x 1
− , + , − , + , + .
2 3 x−1 x+2 x 2x 2−x 2−x 2−x 1−x
où a < b sont des nombres réels. On appelle intervalle ouvert de R tout sous-ensemble de R de l’une des formes
suivantes.
où a < b sont des nombres réels. Enfin, on appelle intervalle de R un sous-ensemble de R qui est un intervalle
ouvert, un intervalle fermé ou un ensemble de l’une des formes suivantes
Exercice 2.3. Écrire sous forme d’intervalle (ou de réunion d’intervalles) les sous ensembles de R sui-
vants :
√
1. A = { x ∈ R, −1 < x ≤ 2} 4. D = { x ∈ R, x2 ≤ 4}
2. B = { x ∈ R, 2 ≤ x < 5 et 6 ≤ x < 7}
3. C =] − 5, π ] ∩ [2, 18[ 5. E = { x ∈ R, x2 ≥ 9}
11
12 CHAPITRE 2. CALCULS DANS L’ENSEMBLE DES NOMBRES RÉELS
Exercice 2.4. Dans chacun des cas suivants, déterminer sans calculatrice lequel des deux nombres pro-
posés est le plus grand.
2
√ √ √
1. et 13 . 3. 2 et 3. 6. 2 et 32 . 8. 4√
et 3.
5 √ 2+ 3
4. 3 et 2.
7
√ √ 3√ 2√
2. 12 et 57 . 5. 2 + 3 et 4. 7. 5 et 73 . 9. 2+ 3
et 1+ 3
.
x +1 x +2
1. 2x +3 pour x ∈ [0, 2]. 6. x −10 pour x ∈ [3, 5]
√
2. 2x + 1 pour x ∈ [1, 2]
7. x2 − 8x − 20 pour x ∈ [3, 5].
3. 4x1+5 pour x ∈ [−1, 5]
x +1
4. 2x +2 pour x ∈ [0, 2] 8. (5x + 3)2 pour x ∈ [0, 2] puis pour x ∈
5. ( x + 2)( x − 10) pour x ∈ [3, 5] [−1, 1]
|x| = x si x ≥ 0
.
| x | = −x si x < 0
Ainsi, si a et b sont deux nombres réels, | a − b| représente la distance entre a et b sur l’axe réel.
Exemple 2.7. L’intervalle A =] − ∞, 1[ est majoré, mais il n’est pas minoré. Les nombres 5, π, 2, 1 sont
des majorants de A. Il en existe une infinité d’autres. L’ensemble A ne possède aucun minorant.
Définition 2.8. Soit E un sous ensemble de R. On dira que E possède un maximum s’il existe M ∈ E tel que
pour tout x ∈ E, on a x ≤ M. On dira que E possède un minimum s’il existe m ∈ E tel que pour tout x ∈ E, on a
x ≥ m.
2.3. ÉQUATIONS DU PREMIER ET SECOND DEGRÉ DANS R 13
ATTENTION : La différence fondamentale entre cette définition et la précédente porte sur le fait que
le majorant M appartient ou pas à l’ensemble E. Par exemple, l’ensemble A = [0, 1] possède un maxi-
mum et un minimum : max( A) = 1 et min( A) = 0. Par contre, l’ensemble B = [0, 1[ n’a pas de maximum
(bien qu’il soit borné).
Exercice 2.9. Parmi les ensembles suivant, dire lesquels possèdent un majorant, un minorant, un maxi-
mum ou un minimum.
1 |n ∈N .
1
1. A = n+
2. B =] − 1; 12]
3. C = Q ∩ [π, 17/3].
Exemple 2.12. Pour développer l’expression (2x + 3)( x − 1), on utilise la première règle ci-dessus :
Exemple 2.14. On va utiliser les mêmes formules (dans l’autre sens) pour factoriser des expressions. Par
exemple, pour factoriser l’expression 10x2 − 10, on utilise, la première puis la dernière règle : 10x2 − 10 =
10( x2 − 1) = 10( x2 − 12 ) = 10( x − 1)( x + 1).
Exercice 2.15. Factoriser les expressions suivantes en utilisant les formules de la proposition 2.11.
14 CHAPITRE 2. CALCULS DANS L’ENSEMBLE DES NOMBRES RÉELS
1. x2 + 2x 3. x2 − 2x + 1 5. xy2 − 4x
1 2 1
2. x2 − 4 4. x − 6. 10x2 + 20x + 10
25 9
Exemple 2.16. Mettons le polynôme −3x2 + 6x + 3 sous forme canonique. On commence par factoriser
par le coefficient dominant −3 :
Ensuite on interprète le terme −2x comme le double produit d’une identité remarquable que l’on fait
apparaître (en ajoutant et en enlevant 12 dans l’exemple).
Ensuite, on utilise l’identité remarquable a2 − 2ab + b2 = ( a − b)2 pour obtenir la forme canonique du
polynôme.
−3( x2 − 2.1.x + 12 − 2) = −3(( x − 1)2 − 2).
Enfin, on utilise l’identité remarquable a2 − b2 = ( a + b)( a − b) pour factoriser le polynôme
√
−3(( x − 1)2 − 2) = −3(( x − 1)2√ − ( 2)2 ) √
= −3( x − 1 − 2)( x − 1 + 2).
Exemple 2.17. Avec la même méthode, nous allons mettre le polynôme x2 + 4x + 6 sous forme cano-
nique.
x2 + 4x + 6 = x2 + 2.2.x + 22 − 22 + 6
= x2 + 2.2.x + 22 + 2
= ( x + 2)2 + 2.
Dans ce cas, on n’obtient pas une différence entre deux carrés de réels. On ne peut pas factoriser comme
dans le premier exemple.
Exercice 2.18. Écrire sous forme canonique les polynômes de degré 2 suivants. Si possible, factoriser ces
polynômes.
2.4. EXERCICES SUPPLÉMENTAIRES 15
1. x2 + 6x − 16 3. x2 − 8x + 16 5. 10x2 + 10x + 10
2. x2 − 2x + 2 4. 5x2 − 30x + 45 6. 2x2 + 9x + 4
Proposition 2.19. Un produit de facteur est nul si et seulement si l’un des facteurs est nul.
c’est-à-dire √ √
x = 1+ 2 ou x = 1 − 2.
L’ensemble des solutions de l’équation est donc
n √ √ o
1 − 2, 1 + 2 .
Exemple 2.21. Ici, on veut résoudre l’équation x2 + 4x + 6 = 0. En utilisant la forme canonique obtenue
dans l’exemple 2.17, l’équation se réécrit
( x + 2)2 + 2 = 0.
Mais, pour tout nombre réel x, le nombre réel ( x + 2)2 est positif car c’est un carré. Ainsi, le nombre
( x + 2)2 + 2 est strictement positif donc l’équation n’a pas de solution.
Exercice 2.22. Résoudre dans R les équations suivantes.
1. ( x − 1)( x + 3) = 0. 4. x2 + 4x + 1 = −1.
2. 3x2 + 6x + 9 = 0. 5. 2x2 + 12x + 20 = 0.
3. x2 − 2x = 4. 6. ( x − 1)( x2 + 2x + 1) = 0.
Exercice 2.26. Dans chacun des cas suivants, dites si l’ensemble considéré est majoré, minoré. Détermi-
nez si l’ensemble possède un maximum, un minimum.
Exercice 2.28. Soient a 6= 0, b et c des nombres réels. Mettre le polynôme ax2 + bx + c sous forme ca-
nonique. En déduire l’ensemble des solutions réelles de l’équation, d’inconnue x, ax2 + bx + c = 0 et
retrouver les formules vues dans le secondaire.
Exercice 2.29. Déterminer dans chacun des cas suivants l’ensemble des nombres réels x qui vérifient la
relation proposée.
Exercice 2.30. 1. Déterminer deux réels a et b tels que x3 − 1 = ( x − 1)( x2 + ax + b) pour tout x ∈ R.
2. Résoudre dans R l’équation x3 = 1.
3. Déterminer deux réels a et b tels que x3 + 2x2 − 5x − 6 = ( x + 1)( x2 + ax + b) pour tout x ∈ R.
4. Résoudre dans R l’équation x3 + 2x2 − 5x = 6.
Chapitre 3
Dénombrement
Rappelons que pour tout entier n ≥ 0, on désigne par n! la « factorielle de n », qui est définie par
n! = n. . . . .2.1 si n ≥ 1 et 0! = 1 par convention.
Exercice 3.1.
1. Montrer que 6! × 7! = 10! (sans calculer 10!).
( n + 1) !
2. Simplifier .
n!
3.1 Généralités
On rappelle que le cardinal d’un ensemble fini E, noté Card( E), est son nombre d’éléments. Par
exemple, nous avons Card (J0, 10K) = 11.
Définition 3.2. Soit E un ensemble fini, et soient A1 , . . . , Ak ⊂ E des parties de E. On dit que A1 , . . . , Ak forment
une partition de E si les deux conditions suivantes sont satisfaites :
1. ∀i, j ∈ J1, kK, Ai ∩ A j = ∅
k
[
2. E = Ai .
i =1
Proposition 3.3 (Principe de la somme). Si des sous-ensembles A1 , . . . , Ak forment une partition d’un ensemble
fini E, alors
k
Card( E) = ∑ Card( Ai ).
i =1
Corollaire 3.4. Soient A et B deux parties d’un ensemble fini E. On a les relations suivantes.
1. Card( A ∪ B) = Card( A) + Card( B) − Card( A ∩ B).
2. Si A et B sont disjoints (c’est-à-dire si A ∩ B = ∅), alors on a Card( A ∪ B) = Card( A) + Card( B).
3. Card( Ac ) = Card( E) − Card( A).
Exercice 3.5. Dans un camp de vacances hébergeant 80 personnes, 55 personnes pratiquent la natation,
33 le tennis, et 16 ne pratiquent aucun de ces deux sports. Combien de personnes pratiquent à la fois le
tennis et la natation ?
Définition 3.6. Soient E1 , . . . , Ek des ensembles finis. On appelle produit cartésien de E1 , . . . , Ek , et on note
E1 × · · · × Ek , l’ensemble des k-uplets ( x1 , . . . , xk ), où x1 ∈ E1 , . . ., xk ∈ Ek . Autrement écrit,
E1 × · · · × Ek = {( x1 , . . . , xk ), x1 ∈ E1 , . . . , xk ∈ Ek } .
17
18 CHAPITRE 3. DÉNOMBREMENT
Concrètement, une k-liste est la donnée de k éléments de E qu’on écrit les uns à la suite des autres
( x1 , x2 , . . . , xk ), en tenant compte de l’ordre.
Remarque 3.9. Une 0-liste est par convention la liste vide.
Exemple 3.10. Si E = J0, 9K = {0, 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9}, alors
— (3, 8, 2, 8, 6) est une 5-liste de E.
— (4, 3, 5, 6) est une 4-liste de E.
— (1, 2, 3) et (2, 3, 1) sont deux 3-listes distinctes de E : (1, 2, 3) 6= (2, 3, 1).
Remarque 3.11. On autorise une k-liste à répéter plusieurs fois le même élément. Dans l’exemple précé-
dent, 8 est répété deux fois dans la première 5-liste. On précise parfois qu’il s’agit de liste « avec répéti-
tion », pour les distinguer des arrangements définis ci-dessous.
Proposition 3.12. Soit E un ensemble fini et soit n = Card( E). Soit k ∈ N∗ . Alors Ek est fini, et Card( Ek ) =
nk = Card( E)k .
Définition 3.13. Soit E un ensemble fini de cardinal n ∈ N∗ et soit k ∈ J0, nK. On appelle arrangement de k
éléments de E une k-liste de E formée d’éléments deux à deux distincts. Un arrangement de n éléments est appelé
une permutation de E.
Un arrangement de k éléments est donc une k-liste sans répétition. Cela revient à se donner k éléments
distincts de E et à les ranger dans un certain ordre.
Exemple 3.14. Soit E = { a, b, c, . . . , z} l’alphabet latin. Alors
— La 5-liste ( a, z, u, r, e) est un arrangement de E.
— La 7-liste (l, a, p, l, a, c, e) n’est pas un arrangement de E.
— La 26-liste (z, y, x, . . . , c, b, a) est une permutation de E.
Théorème 3.15. Soit E un ensemble fini de cardinal n ∈ N∗ et soit k ∈ J0, nK. Alors,
• Le nombre d’arrangement de k éléments de E est donné par
n!
Akn = n(n − 1) . . . (n − k + 1) = .
(n − k)!
• Le nombre de permutations de E est Ann = n!.
Remarque 3.16. On rappelle la convention 0! = 1.
Remarque 3.17. On note que A0n = 1, ce qui est cohérent avec le fait qu’il n’existe qu’un seul arrangement
à zéro élément : la liste vide.
Exercice 3.18. Vérifier que pour tout n ∈ N∗ , Ann−1 = Ann = n!. Interprétation.
Exercice 3.19. Un mot est une liste de lettre sur l’alphabet. Un anagramme d’un mot est un mot obtenu
par permutation de ses lettres. Pour chacun des mots suivants, déterminer leur nombre d’anagramme.
1. maths
2. mime
3. ananas
3.3. COEFFICIENTS BINOMIAUX. FORMULE DU BINÔME DE NEWTON. 19
Remarque 3.21. Bien que défini sous la forme d’une fraction d’entiers, (nk) est un entier.
On retiendra bien que (nk) est le nombre de façon de choisir k éléments parmi un ensemble à n élé-
ments, sans tenir compte de l’ordre.
Exemple 3.22. 1. Au loto, on tire au hasard 5 boules parmi 49, puis 1 boule parmi 10. 1 Il y a donc
49
10 × ( 5 ) tirages possibles, soit 19068840. possibilités.
Exercice 3.23. À la belote, on reçoit au premier tour 5 cartes d’un jeu de 32 cartes.
1. Démontrer qu’il y a 201376 mains possibles au total.
2. Démontrer qu’il y a 1540 mains qui contiennent au moins 3 as. Quelle est la probabilité d’avoir au
moins 3 as au premier tour ?
Exercice 3.24. Une main au poker est formée de 5 cartes extraites d’un jeu de 52 cartes. Traditionnel-
lement,trèfle, carreau, coeur, pique sont appelées couleurs et les valeurs des cartes sont rangées dans
l’ordre : as, roi, dame, valet, 10, 9, 8, 7, 6, 5, 4, 3, 2, de la plus forte à la plus faible. Dans chacun des cas
suivants, donner le nombre de possibilité de mains :
1. quinte flush : main formée de 5 cartes consécutives de la même couleur (Attention ! la suite as, 2,
3, 4 et 5 est une quinte flush).
2. carré : main contenant 4 cartes de la même valeur (4 as par exemple).
3. full : main formée de 3 cartes de la même valeur et de deux autres cartes de même valeur (par
exemple, 3 as et 2 rois).
4. quinte : main formée de 5 cartes consécutives et qui ne sont pas toutes de la même couleur.
5. brelan : main comprenant 3 cartes de même valeur et qui n’est ni un carré, ni un full (par exemple,
3 as, 1 valet, 1 dix).
Exercice 3.26. Vérifier que ∑nk=0 (nk) = 2n . En déduire le nombre de parties d’un ensemble fini à n élé-
ments.
Ceci s’interprète aussi bien à l’aide de la formule donnant (nk), qu’à l’aide de la définition.
1. Cette règle date de 2008. De 1976 à 2008, la grille de loto consistait en un tirage de 6 boules parmi 49, soit un peu moins
de 14 millions de possibilités.
20 CHAPITRE 3. DÉNOMBREMENT
n−1 n−1
n
= + .
k k−1 k
Cette relation permet de remplir progressivement le triangle de Pascal comme sur la figure ci-dessous.
Exercice 3.31. Combien y a-t-il de numéro de téléphone français qui commencent par 04 89 ?
∗ n
Exercice 3.32. Démontrer que pour tout n ∈ N , = 1 + 2 + · · · + n − 1.
2
n n −1
2n 2n
Exercice 3.33. Démontrer que pour tout n ∈ N , ∑
∗ = ∑
k =0
2k k =0
2k + 1
Exercice 3.34. Dans un jeu de 32 cartes, on choisit 5 cartes au hasard, ce qu’on appelle « une main ».
1. Combien de mains contiennent 5 carreaux ou 5 pique ?
2. Combien de mains contiennent 2 carreaux et 3 piques ?
3. Combien de mains contiennent au moins un roi ?
4. Combien de mains contiennent au plus un roi ?
5. Combien de mains exactement 2 rois et exactement 3 piques ?
Exercice 3.35. On appelle diagonale d’un polygone tout segment joignant deux sommets et qui n’est pas
un côté du polygone.
3.4. EXERCICES SUPPLÉMENTAIRES 21
Exercice 3.36. On souhaite ranger sur une étagère 4 livres de mathématiques (distincts), 6 livres de phy-
sique, et 3 de chimie. De combien de façons peut-on effectuer ce rangement :
1. si les livres doivent être groupés par matières.
2. si seuls les livres de mathématiques doivent être groupés.
Exercice 3.37. Une table ronde comporte cinq places, numérotées de 1 à 5. On veut répartir Anushka,
Bianca, Charif, Derick et Émilie autour de la table. Mais, Derick et Émilie ne s’entendent pas du tout, et
il ne faut pas les placer côte à côte. Combien y-a-t-il de dispositions possibles ?
Exercice 3.38.
1. Dans le quadrillage de la Figure 3.1, combien y a-t-il de chemins qui mènent de A à B ? (seuls les
déplacements vers la Droite et vers le Bas sont autorisés) Indication : On pourra dénombrer le nombre
de mots de 13 lettres qui contiennent 9 fois la lettre D et 4 fois la lettre B.
2. Combien de ces chemins passent par le point C ?
22 CHAPITRE 3. DÉNOMBREMENT
Chapitre 4
Suites
4.1 Suites
Une suite numérique est une application
f : N −→ R
.
n 7−→ xn
Définition 4.1. Soit ( xn )n∈N une suite numérique. On dit que ( xn )n∈N est
1. arithmétique si il existe un réel r tel que pour tout n ∈ N
x n +1 = x n + r .
xn+1 = rxn .
Exemple 4.2. 1. L’ouverture d’une ligne internet coûte 50e, puis l’abonnement est de 20e par mois.
Si l’on note xn le prix total payé (en euros) après n mois d’abonnement, la suite ( xn )n∈N est une
suite arithmétique de raison 20.
2. Le prix d’une baguette de pain augmente de 5% par an. Si l’on note yn le prix d’une baguette
l’année n, alors la suite (yn )n∈N est une suite géométrique de raison 1, 05.
xn0 +k = xn0 + kr .
x n0 + k = q k x n0 .
23
24 CHAPITRE 4. SUITES
Hérédité : Supposons la propriété P(n) vraie pour un certain n ∈ N. Le but est de montrer P(n + 1).
n ( n + 1) n2 + n + 2n + 2 (n + 1)(n + 2)
1 + 2 + ... + n + (n + 1) = + ( n + 1) = = .
2 2 2
Ainsi P(n + 1) est vraie dès que P(n) est vraie.
Donc P(n) ⇒ P(n + 1), et comme P(0) est vraie, P(n) est vraie pour tout n ∈ N.
3
Par exemple, ∑ i2 = 02 + 12 + 22 + 32 .
i =0
Noter que le i qui apparait dans la formule ci-dessus est une variable muette : on aurait pu la remplacer
par n’importe quelle autre lettre. Par exemple
3 3
∑ k 2 = 02 + 12 + 22 + 32 = ∑ i 2 .
k =0 i =0
4.3. SYMBOLES ∑, ∏ ET FACTORIELLE 25
−1
Par convention, une somme vide est égale à 0. Par exemple ∑ k = 0, puisqu’il n’y a pas d’indice k plus
k =0
grand que 0 et plus petit que −1.
Exercice 4.6. (i) Calculer les sommes suivantes :
4 3 10 n 3 3
S1 = ∑ i, S2 = ∑ k, S3 = ∑ 1, S4 = ∑ 3, S5 = ∑ ( i + 2), S6 = ∑ ( i + 1)2 .
i =1 k =1 k =1 i =1 i =−2 i =0
(ii) Ecrire les additions suivantes en utilisant le symbole ∑ (sans les calculer) :
1 1 1 1 1 1
S = 100 + 101 + 102 + . . . + 199 + 200, T = 10 + 15 + 20 + 25 + . . . + 55 + 60
R = 2 + 4 + 6 + 8 + . . . + 38 + 40, U = 3 + 9 + 15 + 21 + . . . + 39 + 45
(iii) Voici une table de données statistiques :
i 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
xi 1 −1 5 2 −2 5 2 1 3 4
Calculer :
10 10 5
T1 = ∑ xi2 , T2 = ∑ ixi , T3 = ∑ 2x2i .
i =1 i =1 i =1
Soient n0 ≤ n des entiers relatifs et un0 , un0 +1 , . . . , un des nombres réels. Les sommes de la forme
n
∑ (uk+1 − uk ) sont dites télescopiques. En effet, si l’on écrit cette somme en extension, tous les termes
k = n0
se simplifient sauf un+1 et un0 .
Par exemple,
7 √ √ √ √ √ √ √ √ √ √ √ √ √ √
∑( i+1− i ) = ( 3 − 2) + ( 4 − 3) + ( 5 − 4) + ( 6 − 5) + ( 7 − 6) + ( 8 − 7)
i =2 √ √ √ √ √ √ √ √ √ √ √ √
= − 2 + ( 3 − 3) + ( 4 + − 4) + ( 5 − 5) + ( 6 − 6) + ( 7 − 7) + 8.
7 √ √ √ √
Finalement ∑( i+1− i) = 8− 2.
i =2
Exercice 4.7. Calculer les sommes téléscopiques A et B suivantes :
20 99
1 1
A= ∑ B = ∑ ( k + 1)3 − k 3 .
− ,
k =1
k+1 k k =1
La notation ∏ est l’équivalent de la notation ∑ pour les produits. Notons n0 ≤ n1 des entiers relatifs
et xn0 , xn0 +1 , . . . , xn1 des nombres réels. On note
n1
∏ xi = x n 0 × x n0 +1 × . . . × x n1 .
i = n0
3
Par exemple, ∏ i2 = 12 × 22 × 32 . Par convention, un produit vide est égal à 1.
i =1
Enfin , pour un entier n, on appelle factorielle n et on note n! le nombre
n
n! = ∏ i.
i =1
Par exemple, on a 3! = 1 × 2 × 3 = 6. D’après la convention sur le produit vide, on a 0! = 1.
Exercice 4.8. Calculer les produits suivants :
3 11 3
k+2
5! 4! 1
A= ∏(2i), B = 4!, C = 5!, D=
4!
, E=
5!
, F= ∏ k + 3, G= ∏ 1+
k
.
i =1 k =1 k =1
26 CHAPITRE 4. SUITES
R2 = {( x, y) | x, y ∈ R2 } .
−→
Étant donné deux points A( x A , y A ) et B( x B , y B ) du plan, le vecteur AB est défini par
−→
AB = ( x B − x A , y B − y A ) ∈ R2 .
En particulier, nous pouvons identifier les points du plans avec les vecteurs du plan via l’application
−−→
M 7→ OM, où O(0, 0) est l’origine du plan.
Il y a deux opérations fondamentales sur les vecteurs :
— La somme : étant donné deux vecteurs ~u = (u1 , u2 ) et ~v = (v1 , v2 ) dans R2 , on définit la somme
~u + ~v = (u1 + v1 , u2 + v2 ) ∈ R2 .
27
28 CHAPITRE 5. GÉOMÉTRIE DANS LE PLAN
Définition 5.3. — Une base de R2 est une paire (~u, ~v) de vecteurs telle que tout vecteur w
~ s’écrit de manière
unique comme combinaison linéaire de ~u et ~v. C’est à dire
La paire (λ, µ) est appelée coordonnées du vecteur w ~ dans la base (~u, ~v).
— Un repère du plan est un triplet (Ω, ~u, ~v) où Ω est un point du plan et (~u, ~v) est une base de R2 . En
particulier, pour tout point M du plan, il existe une unique paire (λ, µ) de réels telle que
−−→
ΩM = λ~u + µ~v .
La paire (λ, µ) est appelée coordonnées du point M dans le repère (Ω, A, B).
Exemple 5.4. 1. Pour ~i = (1, 0) et ~j = (0, 1), la paire (~i,~j) est appelée base canonique de R2 : c’est
en utilisant cette base que les coordonnées d’un vecteur ~u = (u1 , u2 ) sont (u1 , u2 ).
2. De même, le triplet (O,~i,~j) est le repère canonique : c’est dans ce repère que les coordonnées de
M ( x, y) sont ( x, y).
Exercice 5.5. Dans les cas suivant, dire si la paire (~u, ~v) de vecteur est colinéaire, orthogonale, ou forme
une base de R2 .
1. ~u = (1, 0) et ~v = (0, 1).
2. ~u = (3, 2) et ~v = (−1, 4).
3. ~u = (5, 5) et ~v = (1, 1).
4. ~u = (2, 3) et ~v = (−3, 2).
5. ~u = (6, 2) et ~v = (−3, −1).
√ √
6. ~u = 21 , 23 et ~v = 23 , − 12 .
Soit (~u, ~v) une base de R2 où ~u = (u1 , u2 ) et ~v = (v1 , v2 ). On dit que la base (~u, ~v) est
1. Orthonormée si la paire (~u, ~v) est orthogonale et k~uk = k~vk = 1.
2. Directe si u1 v2 − u2 v1 > 0.
3. Indirecte si u1 v2 − u2 v1 < 0.
Exercice 5.7. Dans les bases de l’Exemple 5.5, dire si elles sont orthonormées, directes ou indirectes.
5.2. DROITES DU PLAN 29
Définition 5.8. Soit A un point du plan et ~u un vecteur non nul. La droite D passant par A et de vecteur directeur
−−→
~u est l’ensemble des points M du plan tels que les vecteurs ~u et AM sont colinéaires.
Sur la figure suivante, on a représenté la droite passant par le point A(1, 1) et de vecteur directeur
~u = (2, 1).
→
−
u
A
1
0 1
Remarquons que le vecteur directeur d’une droite n’est pas unique, mais que deux vecteurs direc-
teurs sont colinéaires.
Exercice 5.9. Pour chacune des droites suivantes D1 , D2 , D3 , D4 , D5 et D6 , déterminer les coordonnées
d’un point et d’un vecteur directeur de la droite.
D5
D1
D2
0 1
D6 D4
D3
Sur le même dessin, tracer la droite passant par le point A(−1, 1) de vecteur directeur −
→
u (2, −1) et la
−→
droite passant par le point B(1, −1) et de vecteur directeur v (1, 0).
30 CHAPITRE 5. GÉOMÉTRIE DANS LE PLAN
Exercice 5.10. Donner une équation paramétrique des droites de l’Exercice 5.9.
M ∈ D ⇔ β( x − x A ) − α(y − y A ) = 0 .
ax + by + c = 0 .
1. y = 2x − 1 4. 4y + x + 4 = −2 + 2x 7. y = −1
2. 2y + 6x − 3 = 0 5. x = 9
3. y + x2 = 0 6. xy = 0
Exercice 5.13. Donner une équation cartésienne des droites de l’Exercice 5.9.
Chapitre 6
Fonctions usuelles
Exercice 6.1. Déterminer le plus grand domaine de définition sur lequel les fonctions suivantes peuvent
être définies : √
f 1 ( x ) = 4x2x+−4x1 +1 ; f 2 ( x ) = x2 + x + 1 ; f 3 ( x ) = √ 2 1 .
− x +3x −2
f 4 ( x ) = ln( x2 − 3x ) ; f 5 ( x ) = √x ; f6 (x) = x
.
x +2 exp( x2 )+1
C f = {( x, f ( x )) ∈ R2 , x ∈ D f } .
f k : R −→ R
.
x 7−→ x k
∀ x ∈ R , f ( x ) = f ( x ) et f 0 (0) = 1 .
31
32 CHAPITRE 6. FONCTIONS USUELLES
2. e a+b = e a · eb
3. e−a = 1
ea
4. (e a )k = eka
5. e1 = e = 2, 71 . . .
6. lim e x = +∞
x →+∞
7. lim e x = 0
x →−∞
ln : R∗+ −→ R
y 7−→ ln(y)
est appelée logarithme népérien. Son graphe est représenté Figure 6.3.
3. ln( ak ) = k ln( a)
4. ln(1) = 0
34 CHAPITRE 6. FONCTIONS USUELLES
iv.
.
5. ln(e) = 1
6. lim ln( x ) = +∞
x →+∞
in .
7. lim ln( x ) = −∞
x →0
6.3
6.3.1
Limites de fonctions
Limites : définitions ii.
Définition 6.7. Soit f : [ a, +∞[→ R une fonction. On dit que f ( x ) tend vers +∞ quand x tend vers l’infini, et
on le note lim f ( x ) = +∞ si
x →+∞
√
Exercice 6.8. Parmi les fonctions f 1 ( x ) = x2 , f 2 ( x ) = 1x , f 3 ( x ) = x et f 4 ( x ) = x −2 , lesquelles ont une
représentation graphique qui admet une asymptote horizontale en +∞ ou −∞ ?
f a pour limite l l l +∞ −∞ +∞
g a pour limite l 0 +∞ −∞ +∞ −∞ −∞
f + g a pour limite l + l 0 +∞ −∞ +∞ −∞ ?
iv.
6.3. LIMITES DE FONCTIONS 35
in .
ii.
ii.
(a) lim f ( x ) = ` (b) lim f ( x ) = ±∞
x →+∞ x→a
F IGURE 6.5
1 √
Exercice 6.13. Déterminer les limites suivantes : lim cos( x ), lim cos( ), limπ sin 2x.
x →0 x →−∞ x x→ 4
Exercice 6.15. Dans chacun des cas suivants, déterminer les limites de la fonction f aux bornes de son
ensemble de définition.
2x 1+ x 2
f : x 7→ e3− x sur R ; f : x 7→ eex −+12 sur R∗ , f : x 7→ e2x − e x + 1 sur R, f : x 7→ e 1+x sur R \ {−1}.
Études de fonctions
7.1 Continuité
Pour ce cours, nous nous limiterons à la notion intuitive suivante de continuité : si I est un intervalle
de R, un fonction f : I → R est continue si on peut tracer son graphe “sans lever le crayon”.
Les fonctions usuelles sont continues sur leur ensemble de définition :
7.2 Dérivabilité
7.2.1 Premières définitions
Définition 7.1. Soit f : D f → R une fonction et a ∈ D f .
1. On dit que f est dérivable en a si il existe λ ∈ R tel que
f ( x ) − f ( a)
lim =λ.
x→a x−a
Dans ce cas λ est appelé nombre dérivé de f en a et se note f 0 ( a).
2. On dit que f est dérivable sur D f si f est dérivable en tout point de D f . Dans ce cas, la fonction dérivée
de f est la fonction
f 0 : D f −→ R
.
x 7−→ f 0 ( x )
Remarque 7.2. Une fonction dérivable est continue. Cependant, la réciproque est fausse !
37
38 CHAPITRE 7. ÉTUDES DE FONCTIONS
7.3.1 Procédé
Afin de tracer le graphe d’une fonction, on procède ainsi :
1−x
Exercice 7.10. Soit f la fonction définie sur ] − 1, +∞[ par f ( x ) = .
x3 + 1
1. Calculez f 0 ( x ) pour tout réel x ∈] − 1, +∞[ et vérifiez que f 0 ( x ) a le même signe que 2x3 − 3x2 − 1.
2. On note g la fonction définie sur ] − 1, +∞[ par : g( x ) = 2x3 − 3x2 − 1.
(a) Etudiez les variations de g.
(b) Prouvez que l’équation g( x ) = 0 admet une seule solution α sur ] − 1, +∞[ et que α ∈ [1.6; 1.7].
(c) Déduisez-en, suivant les valeurs de x, le signe de g( x ).
3. En utilisant les résultats précédents, dressez le tableau de variastions de f .
4. Ecrivez une équation de la tangente ∆ à C , courbe représentative de f , au point A d’abscisse 0.
Etudiez la position relative de la courbe C et de la droite ∆ sur l’intervalle ] − 1, 1].
5. Prouvez que C est située au-dessus de sa tangente d au point d’abscisse 1.
6. Tracez C , ∆ et d.
40 CHAPITRE 7. ÉTUDES DE FONCTIONS
Exercice 7.12. Déterminer les fonctions dérivées des fonctions définies par :
i ( x ) = ln x + 1x sur ]0, +∞[ ; j( x ) = ( x − 1)[2 ln( x ) + 5] sur I =]0, +∞[ ; k ( x ) = ln x
x sur ]0, +∞[.
Exercice 7.13. Pour chacune des fonctions suivantes, préciser son ensemble de définition, son ensemble
de dérivabilité etdéterminer sa fonction dérivée.
2 2
f 1 : x 7→ 3+2 x , f 2 ( x ) = x e+x 1 ,
x√
Exercice 7.14. C est la courbe représentative de la fonction f définie sur R par f ( x ) = x2 . Existe-t-il des
tangentes à C parallèles à la droite d d’équation y = −4x + 6 ?
Chapitre 8
Calcul intégral
1. Le domaine situé sous la courbe C f est le domaine situé entre C f , l’axe des abscisses et les droites
d’équations x = a et x = b.
2. L’intégrale de a à b de la fonction f est l’aire, en unité d’aire, du domaine situé sous sa courbe C f . On
Z b
la note f ( x )dx.
a
Z c Z b Z c
Relation de Chasles. Pour tous a, b, c tels que a ≤ b ≤ c, f ( x )dx = f ( x )dx + f ( x )dx.
a a b
p
Exercice 8.2. 1) Soit la fonction f définie sur [0, 2] par f ( x ) = 1 − ( x − 1)2 . Tracer C f sur [0, 2] puis
Z 2
donner la valeur de f ( x )dx sans calcul. 2) Soit la fonction f définie sur [1, 3] par f ( x ) = x + 1. Tracer
0 Z 3
C f sur [1, 3] puis déterminer la valeur de f ( x )dx comme l’aire d’un trapèze rectangle.
1
8.2 Primitives
8.2.1 Définition
Z 8.3. Soit f une fonction continue et positive sur un intervalle [ a, b]. La fonction F définie sur [ a, b] par
Théorème
x
F(x) = f (t)dt, est dérivable sur [ a, b] et a pour dérivée la fonction f .
a
Définition 8.4. Soit f une fonction définie sur un intervalle I ⊂ R. Une fonction F : I → R est une primitive
de f sur I si F est dérivable sur I et que F 0 = f .
Proposition 8.5. Soit f une fonction définie sur un intervalle I et qui admet une primitive F sur I.
1. L’ensemble des primitives de f sur I est l’ensemble { F + C : C ∈ R}.
2. Soient x0 ∈ I et y0 ∈ R. Il existe une unique primitive G de f sur I telle que G ( x0 ) = y0 .
Remarque 8.6. Une fonction a une infinité de primitives. La primitive n’est définie qu’à une constante
additive près.
Il n’y a unicité de la primitive que si l’on impose une valeur particulière en un point donné de I.
41
42 CHAPITRE 8. CALCUL INTÉGRAL
Exercice 8.9. Dans chacun des cas suivants, déterminer une primitive de la fonction f sur l’intervalle I.
18x −π 3
1. f : x 7→ 10e x + x2
sur ]0, +∞[ ; 4. f : x 7→ x2 e2x sur R ;
2. f : x 7→ 2x3 − 5x2 + 1 sur R ; 5. f ( x ) = √ 2
2x −1
sur ] 21 , +∞[ ;
3. f : x 7→ 1
(2x −1)4
sur ] 21 , +∞[ ; 6. f ( x ) = x +1
x2 +2x
sur I =]0, +∞[
Remarque 8.11. — Dans cette définition, il est important que f soit continue sur [ a, b] fermé.
Rb
— La lettre x, dite "variable muette", n’a pas d’importance en soi ; on aurait aussi pu écrire a f (t)dt
Rb
ou encore a f (u)du, etc.
— La primitive que l’on a choisi dans la définition n’importe pas : si F1 et F2 sont deux primitives de
f , alors on a F1 − F2 = C où C est une constante, donc F1 (b) − F1 ( a) = F2 (b) + C − ( F2 ( a) + C ) =
F2 (b) − F2 ( a).
8.3.3 Propriétés des intégrales pour des fonctions continues de signe quelconque
Rb
Proposition 8.12. 1. Si f = 0, alors a f ( x )dx = 0 ;
Rb
2. Si f ( x ) ≥ 0 pour tout x ∈ [ a, b], alors a f ( x )dx ≥ 0 (mais la réciproque est fausse).
Rb Rb
3. Si g( x ) ≤ f ( x ) pour tout x ∈ [ a, b], alors a
g( x )dx ≤ a
f ( x )dx.
5. l’intégrale vérifie la relation de Chasles : si f est continue sur I et que a, b, c ∈ I (ne vérifiant pas nécessai-
rement a ≤ b ≤ c), alors Z c
Z Z b c
f ( x )dx = f ( x )dx + f ( x )dx.
a a b
Rb Ra
En particulier, a
f ( x )dx = − b
f ( x )dx.
Théorème 8.13. Soit [ a, b] un intervalle Zde R et f une fonction définie et continue sur [ a, b]. Soit α ∈ [ a, b]. Alors
x
la fonction F définie sur [ a, b] par ( x ) = f (t)dt, est la primitive de f sur [ a, b], nulle en α.
α
2x −1 x
1. f : x 7→ ( x 2 − x +3)2
sur R ; 7. j( x ) = √ e
2e x +1
sur R.
2. f : x 7→ 5
x3
sur ]0, +∞[ ; 8. f : x 7→ 2
sur ]0, +∞[.
√ x −1
3. f ( x ) = 2 2x + 3 sur ] − 32 , +∞[ ;
9. g : x 7→ 3
x +1 − 2
x +2 sur ]0, +∞[.
e3x
4. g( x ) = 2 sur R,
2 −1 10. h : x 7→ ln x
sur ]0, +∞[.
5. h( x ) = 3xe x sur R, x
√
ex ln 2−√
3 x ln x
6. i ( x ) = (3e x +1)2
sur R, 11. k : x 7→ x
sur ]0, +∞[.