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Mathématiques : Logique et Ensembles 2025-2026

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Période Enjeux – Maths0

Portail ST
Année 2025-2026
2
Table des matières

1 Éléments de logique et théorie des ensembles 5


1.1 Ensembles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1.2 Applications . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
1.3 Logique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
1.4 Exercices supplémentaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9

2 Calculs dans l’ensemble des nombres réels 11


2.1 Fractions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
2.2 Inégalités dans R . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
2.3 Équations du premier et second degré dans R . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
2.4 Exercices supplémentaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15

3 Dénombrement 17
3.1 Généralités . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17
3.2 Listes et nombre d’arrangements . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
3.3 Coefficients binomiaux. Formule du binôme de Newton. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19
3.4 Exercices supplémentaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20

4 Suites 23
4.1 Suites . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23
4.2 Raisonnement par récurrence . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
4.3 Symboles ∑, ∏ et factorielle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
4.4 Somme d’une suite arithmétique et géométrique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26

5 Géométrie dans le plan 27


5.1 Vecteurs du plan . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 27
5.2 Droites du plan . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 29

6 Fonctions usuelles 31
6.1 Fonctions réelles : premières définitions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31
6.2 Fonctions usuelles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31
6.3 Limites de fonctions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 34
6.4 exercisecices supplémentaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 36

7 Études de fonctions 37
7.1 Continuité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 37
7.2 Dérivabilité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 37
7.3 Représentation graphique d’une fonction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 39

8 Calcul intégral 41
8.1 Intégrale d’une fonction continue et positive . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 41
8.2 Primitives . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 41
8.3 Intégrale d’une fonction continue de signe quelconque . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 42
8.4 Exercices supplémentaires. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 43

3
4 TABLE DES MATIÈRES
Chapitre 1

Éléments de logique et théorie des


ensembles

1.1 Ensembles
Un ensemble est une collection d’objets, que l’on appelle les éléments de l’ensemble. Les ensembles
se notent entre accolades, par exemple
A = {1, 4, 8}

est l’ensemble contenant 3 éléments : les nombres 1, 4 et 8. L’appartenance à un ensemble est notée ∈.

Exemple 1.1. 1. L’ensemble des entiers naturels est

N = {0, 1, 2, · · · } .

2. L’ensemble des entiers relatifs est

Z = {· · · , −2, −1, 0, 1, 2, · · · } .

p
3. L’ensemble des rationnels, noté Q, est l’ensemble des fractions de la forme q où p et q sont des
entiers relatifs (avec q 6= 0).
4. L’ensemble des réels est noté R.
5. L’ensemble vide, noté ∅, est l’ensemble ne contenant aucun élément.

Définition 1.2. Soit A et B deux ensembles.


1. On dit que A est inclus dans B si tout élément de A appartient à B (on dit aussi que A est un sous-
ensemble de B). On notera A ⊂ B.
2. Le complémentaire d’un sous-ensemble A de B est l’ensemble Ac des éléments de B qui ne sont pas dans
A.
3. L’union de A et B est l’ensemble A ∪ B des éléments appartenant à A ou à B.
4. L’intersection de A et B est l’ensemble A ∩ B des éléments appartenant à A et à B.
5. La différence de A par B est l’ensemble A \ B des éléments qui appartiennent à A mais n’appartiennent
pas à B.

5
6 CHAPITRE 1. ÉLÉMENTS DE LOGIQUE ET THÉORIE DES ENSEMBLES

AUB
A AB
'

AB IA

£ fB

Exercice 1.3. Décrire les ensembles A ∪ B, A ∩ B et A \ B lorsque


1. A = {−1, 4, 8, 10, π } et B = {4, 10, π, −1}.
2. A = { a, d, g, t, r, s} et B = {r, d, u, w, g}.
3. A = N et B = Z.
4. A = Z et B = N.

Proposition 1.4 (Loi de Morgan). Soit A et B deux sous-ensembles d’un ensemble E.


1. ( A ∪ B)c = Ac ∩ Bc .
2. ( A ∩ B)c = Ac ∪ Bc .

Exercice 1.5. Soient A et B deux sous-ensemble d’un ensemble E. Vérifier que A \ B = A ∩ Bc .

1.2 Applications
Une application f d’un ensemble A vers un ensemble B est une loi, notée f : A → B associant à tout
élément x ∈ A un unique élément f ( x ) ∈ B. Schématiquement, une telle application est représentée par

×
f
x

*
X

x
×

x
X
X
X

A B

Exemple 1.6. 1. L’application qui associe à un étudiant de L1 sa taille est une application de l’en-
semble des étudiants de L1 dans l’ensemble des nombres réels.
2. L’application de R dans R qui associe à un nombre réel x le nombre réel f ( x ) = x2 − 7.
1.3. LOGIQUE 7

Étant donné une application f : A → B et un élément y ∈ B, un antécédent de y par f est un élément


x ∈ A tel que f ( x ) = y.

Définition 1.7. Soit f : A → B une application.


1. f est dite injective si tout élément de B possède au plus un antécédent.
2. f est dite surjective si tout élément de B possède au moins un antécédent.
3. f est dite bijective si elle est à la fois injective et surjective.

Exercice 1.8. Dans les cas suivants, dire si la fonction f est injective, surjective, ou bijective :
1. f : R → R définie par f ( x ) = 2x − 4.
2. f : R → R définie par f ( x ) = x2 .
3. f : R → R+ définie par f ( x ) = x2 .

1.3 Logique
Une assertion est une phrase, mathématique ou non, dont on peut dire sans ambiguïté si elle est
vraie (1) ou fausse (0). Pour écrire les assertions mathématiques, nous utiliserons souvent les notations
suivantes (aussi appelées quantificateurs) :

∀ : pour tout ∃ : il existe @ : il n’existe pas ∃! : il existe un unique.

Exemple 1.9. 1. Aujourd’hui il pleut.


2. Au moins un étudiant de la classe a plus de 18 ans.
3. Tous les étudiants de L1 aiment les mathématiques.
4. ∀ x ∈ R , x > 0.
5. ∀ x ∈ N , − x ∈ N.
6. ∀ x ∈ Q ∃y ∈ N tel que y > x.
7. ∃y ∈ N tel que ∀ x ∈ Q on a y > x.

Définition 1.10. La négation d’une assertion A est l’assertion A qui est vraie lorsque A est fausse, et fausse
lorsque A est vraie.

Il est très pratique de représenter les relations entre différentes assertions via leurs tables de vérité.
Par exemple :

A A
0 1
1 0
Exercice 1.11. Donner les négations des assertions de l’exemple 1.9.

Exercice 1.12. Dans les cas suivants, dire si l’assertion est vraie ou fausse, et donner sa négation :
1. ∀ x ∈ Z ∃y ∈ Z tel que x + y = 0 .
2. ∀ x ∈ Q ∃y ∈ Z tel que xy = 1.
3. ∀e > 0 ∃ x > 0 tel que x < e.
4. ∀e > 0 ∃ x ∈ N∗ tel que x < e.

Définition 1.13. Soit A et B deux assertions.


8 CHAPITRE 1. ÉLÉMENTS DE LOGIQUE ET THÉORIE DES ENSEMBLES

1. A et B est l’assertion notée A ∧ B, qui est vraie si et seulement si A est vraie et B est vraie.
2. A ou B est l’assertion notée A ∨ B, qui est vraie si et seulement si A est vraie ou B est vraie.
3. A implique B est l’assertion notée A ⇒ B qui est vraie si et seulement si A est fausse, ou A et B sont
simultanément vraies.
4. A est équivalente à B est l’assertion notée A ⇔ B, qui est vraie si et seulement si A et B sont simultané-
ment vraies ou simultanément fausses.

Voici les tables de vérités :


A B A∧B A∨B A⇒B
1 1 1 1 1
1 0 0 1 0
0 1 0 1 1
0 0 0 0 1

Exercice 1.14. Vérifier que A ⇒ B est la même assertion que A ∨ B.

Remarque 1.15. Il peut sembler bizarre qu’une assertion fausse puisse impliquer une assertion vraie. Ce
qu’il faut retenir est que la seule possibilité pour que l’implication A ⇒ B soit fausse est lorsque A est
vraie et B est fausse : “le vrai n’implique pas le faux”.

Exercice 1.16. Dans les cas suivants, dire si l’implication A ⇒ B est vraie :

1. x ∈ N ⇒ ( x ∈ Z ∧ x ≥ 0).
2. x ∈ Z ⇒ ( x ∈ R ∧ x ≥ 0).
3. x ∈ R ⇒ ∃y ∈ R tel que x = y2 .

Proposition 1.17 (Loi de Morgan). Soit A et B deux assertions.


1. ( A ∨ B) = A ∧ B.
2. ( A ∧ B) = A ∨ B.

Définition 1.18. Soit A et B deux assertions.


1. La contraposée de A ⇒ B est B ⇒ A.
2. La réciproque de A ⇒ B est B ⇒ A.

Proposition 1.19. Une implication est équivalente à sa contraposée.

Ceci peut se concevoir dans des exemples de la vie courante. Prenons l’exemple d’un individu très
précautionneux : dès qu’il pleut, il prend son parapluie. Logiquement, on le résume à « Pluie ⇒ Para-
pluie ». Si on croise cet individu et qu’il est sans son parapluie, alors c’est qu’il ne pleut pas : Parapluie
⇒ Pluie.
Par contre, il est possible qu’il ait pris son parapluie sans qu’il pleuve, mettons par anticipation. Donc,
ce n’est pas parce que « Pluie ⇒ Parapluie » est vraie que « Parapluie ⇒ Pluie » est vraie.

Exercice 1.20. Décrire les contraposées et les réciproques des implications de l’exercice 1.16 et dire si
elles sont vraies ou fausses.
1.4. EXERCICES SUPPLÉMENTAIRES 9

1.4 Exercices supplémentaires


Exercice 1.21. Soit A et B deux ensembles. Montrer l’égalité

( A ∪ B) \ ( A ∩ B) = ( A \ B) ∪ ( B \ A) .

Exercice 1.22. Soit A et B deux assertions. Montrer les équivalences suivantes


1. ( A ⇔ B) ⇔ ( A ⇒ B) ∧ ( B ⇒ A).
2. ( A ⇒ B) ⇔ ( B ∨ A).
3. ( A ⇒ B) ⇔ ( B ∧ A).

Exercice 1.23. Démontrer la Proposition 1.4 et la Proposition 1.19.

Exercice 1.24. Soit A, B, C trois ensembles, f : A → B et f : B → C deux applications. On définit


g ◦ f : A → C par ( g ◦ f )( x ) = g( f ( x )). Montrer que
1. ( g ◦ f ) injective ⇒ f injective.
2. ( g ◦ f ) surjective ⇒ g surjective.
10 CHAPITRE 1. ÉLÉMENTS DE LOGIQUE ET THÉORIE DES ENSEMBLES
Chapitre 2

Calculs dans l’ensemble des nombres réels

2.1 Fractions
Exercice 2.1. Calculer et écrire sous forme irréductible :
3 1
1 1 1 1 1 1 1 1 2 5 4
− , − , + , + , 5
, 4
, 5
,
2 3 7 5 3 12 4 6 6 5 6

x x 1 1 10 7 1+x 5 1+x 1
− , + , − , + , + .
2 3 x−1 x+2 x 2x 2−x 2−x 2−x 1−x

2.2 Inégalités dans R


2.2.1 Intervalles
Définition 2.2. On appelle intervalle fermé de R tout sous-ensemble de R de l’une des formes suivantes.

[ a; b] = { x ∈ R : a ≤ x ≤ b}, [ a; +∞[= { x ∈ R : a ≤ x }, ] − ∞; a] = { x ∈ R : x ≤ a}, R ou ∅,

où a < b sont des nombres réels. On appelle intervalle ouvert de R tout sous-ensemble de R de l’une des formes
suivantes.

] a; b[= { x ∈ R : a < x < b}, ] a; +∞[= { x ∈ R : a < x }, ] − ∞; a[= { x ∈ R : x < a}, R ou ∅,

où a < b sont des nombres réels. Enfin, on appelle intervalle de R un sous-ensemble de R qui est un intervalle
ouvert, un intervalle fermé ou un ensemble de l’une des formes suivantes

[ a; b[= { x ∈ R : a ≤ x < b}, ] a, b] = { x ∈ R : a < x ≤ b},

où a < b sont des nombres réels.

Exercice 2.3. Écrire sous forme d’intervalle (ou de réunion d’intervalles) les sous ensembles de R sui-
vants :

1. A = { x ∈ R, −1 < x ≤ 2} 4. D = { x ∈ R, x2 ≤ 4}
2. B = { x ∈ R, 2 ≤ x < 5 et 6 ≤ x < 7}
3. C =] − 5, π ] ∩ [2, 18[ 5. E = { x ∈ R, x2 ≥ 9}

11
12 CHAPITRE 2. CALCULS DANS L’ENSEMBLE DES NOMBRES RÉELS

2.2.2 Règles de calcul sur les inégalités


1. ∀ a, b, c, d ∈ R, si a < b et c < d, alors a + c < b + d,
2. ∀ a, b ∈ R et ∀k > 0, si a < b, alors ka < kb,
3. ∀ a, b ∈ R et ∀k < 0, si a < b, alors ka > kb,
4. ∀ a, b, c, d ∈ R, si 0 ≤ a < b et 0 ≤ c < d, alors 0 ≤ ac < bd,
5. ∀ a, b, c, d ∈ R, si a < b ≤ 0 et c < d ≤ 0, alors 0 ≤ bd < ac.
6. ∀ a, b ∈ R, si 0 < a < b alors> 1b (la fonction inverse est strictement décroissante sur ]0, +∞[).
1
a
√ √
7. ∀ a, b ∈ R, si 0 ≤ a < b alors a < b (la fonction racine carrée est strictement croissante sur
[0, +∞[).

Exercice 2.4. Dans chacun des cas suivants, déterminer sans calculatrice lequel des deux nombres pro-
posés est le plus grand.

2
√ √ √
1. et 13 . 3. 2 et 3. 6. 2 et 32 . 8. 4√
et 3.
5 √ 2+ 3
4. 3 et 2.
7
√ √ 3√ 2√
2. 12 et 57 . 5. 2 + 3 et 4. 7. 5 et 73 . 9. 2+ 3
et 1+ 3
.

Exercice 2.5. Encadrer :

x +1 x +2
1. 2x +3 pour x ∈ [0, 2]. 6. x −10 pour x ∈ [3, 5]

2. 2x + 1 pour x ∈ [1, 2]
7. x2 − 8x − 20 pour x ∈ [3, 5].
3. 4x1+5 pour x ∈ [−1, 5]
x +1
4. 2x +2 pour x ∈ [0, 2] 8. (5x + 3)2 pour x ∈ [0, 2] puis pour x ∈
5. ( x + 2)( x − 10) pour x ∈ [3, 5] [−1, 1]

2.2.3 La valeur absolue


Sur R, on appelle valeur absolue l’application définie sur R par

|x| = x si x ≥ 0
.
| x | = −x si x < 0

Ainsi, si a et b sont deux nombres réels, | a − b| représente la distance entre a et b sur l’axe réel.

2.2.4 Majorants et minorants


Définition 2.6. Soit E un sous ensemble de R. On dira que E est majoré (respectivement minoré) s’il existe
M ∈ R (resp. m ∈ R) tel que pour tout x ∈ E on ait x ≤ M (resp. x ≥ m).
Un élément M vérifiant la propriété ci dessus s’appelle un majorant de E (resp. m s’appelle un minorant de E).
Un ensemble qui est à la fois majoré et minoré est dit borné.

Exemple 2.7. L’intervalle A =] − ∞, 1[ est majoré, mais il n’est pas minoré. Les nombres 5, π, 2, 1 sont
des majorants de A. Il en existe une infinité d’autres. L’ensemble A ne possède aucun minorant.

Définition 2.8. Soit E un sous ensemble de R. On dira que E possède un maximum s’il existe M ∈ E tel que
pour tout x ∈ E, on a x ≤ M. On dira que E possède un minimum s’il existe m ∈ E tel que pour tout x ∈ E, on a
x ≥ m.
2.3. ÉQUATIONS DU PREMIER ET SECOND DEGRÉ DANS R 13

ATTENTION : La différence fondamentale entre cette définition et la précédente porte sur le fait que
le majorant M appartient ou pas à l’ensemble E. Par exemple, l’ensemble A = [0, 1] possède un maxi-
mum et un minimum : max( A) = 1 et min( A) = 0. Par contre, l’ensemble B = [0, 1[ n’a pas de maximum
(bien qu’il soit borné).

Exercice 2.9. Parmi les ensembles suivant, dire lesquels possèdent un majorant, un minorant, un maxi-
mum ou un minimum.
1 |n ∈N .
 1
1. A = n+
2. B =] − 1; 12]
3. C = Q ∩ [π, 17/3].

2.3 Équations du premier et second degré dans R


2.3.1 Premier degré
Exercice 2.10. Résoudre dans R les équations suivantes.
1. x + 1 = 3x + 5.
2. 2x + 4 = 2x + 5.
3. 12x − 3 = 7.

2.3.2 Identités remarquables


Développer une expression, c’est l’écrire sous forme d’une somme. Factoriser une expression, c’est
l’écrire sous forme d’un produit.
Pour développer ou factoriser une expression, on utilise les formules suivantes.
Proposition 2.11. Soient k, a et b des nombres réels. On a les égalités suivantes.

1. k ( a + b) = ( a + b)k = ka + kb. 3. ( a − b)2 = a2 − 2ab + b2 .


2. ( a + b)2 = a2 + 2ab + b2 . 4. ( a − b)( a + b) = a2 − b2 .

Exemple 2.12. Pour développer l’expression (2x + 3)( x − 1), on utilise la première règle ci-dessus :

(2x + 3)( x − 1) = (2x + 3) x + (2x + 3)(−1) = 2x2 + 3x − 2x − 3 = 2x2 + x − 3.


Pour développer l’expression (2x + 3)2 , on peut utiliser la deuxième formule ci-dessus

(2x + 3)2 = (2x )2 + 2.3.2x + 32 = 4x2 + 12x + 9.


Exercice 2.13. Développer les expressions suivantes, où a, b, x et y désignent des nombres réels.

1. 5( x + 2) 4. (10x + 1)2 7. (y − 1)( x + 1)2


b 1 8. ( a + b)3
2. ( x + 3) 5. (5y − 3)2
3 5
3. (y + 3)( x + 1) 6. (y − 1)( x + 1)( x − 1)

Exemple 2.14. On va utiliser les mêmes formules (dans l’autre sens) pour factoriser des expressions. Par
exemple, pour factoriser l’expression 10x2 − 10, on utilise, la première puis la dernière règle : 10x2 − 10 =
10( x2 − 1) = 10( x2 − 12 ) = 10( x − 1)( x + 1).
Exercice 2.15. Factoriser les expressions suivantes en utilisant les formules de la proposition 2.11.
14 CHAPITRE 2. CALCULS DANS L’ENSEMBLE DES NOMBRES RÉELS

1. x2 + 2x 3. x2 − 2x + 1 5. xy2 − 4x
1 2 1
2. x2 − 4 4. x − 6. 10x2 + 20x + 10
25 9

2.3.3 Forme canonique d’un polynôme de degré 2


On appelle polynôme (réel) de degré 2 toute expression de la forme ax2 + bx + c, où a est un nombre
réel non-nul et b et c sont des nombres réels. Écrire un tel polynôme sous forme canonique, c’est trouver
des nombres réels λ, α et β de sorte que

ax2 + bx + c = λ(( x − α)2 − β).

Dans le cas où β ≥ 0, la forme canonique permet de factoriser le polynôme. En effet, si β ≥ 0,

λ(( x − α)2 − β) = λ(( x − α)2 − ( β)2 ) = λ( x − α + β)( x − α − β).


p p p

Exemple 2.16. Mettons le polynôme −3x2 + 6x + 3 sous forme canonique. On commence par factoriser
par le coefficient dominant −3 :

−3x2 + 6x + 3 = −3( x2 − 2x − 1).

Ensuite on interprète le terme −2x comme le double produit d’une identité remarquable que l’on fait
apparaître (en ajoutant et en enlevant 12 dans l’exemple).

−3( x2 − 2x − 1) = −3( x2 − 2.1.x + 12 − 12 − 1)


= −3( x2 − 2.1.x + 12 − 2)

Ensuite, on utilise l’identité remarquable a2 − 2ab + b2 = ( a − b)2 pour obtenir la forme canonique du
polynôme.
−3( x2 − 2.1.x + 12 − 2) = −3(( x − 1)2 − 2).
Enfin, on utilise l’identité remarquable a2 − b2 = ( a + b)( a − b) pour factoriser le polynôme

−3(( x − 1)2 − 2) = −3(( x − 1)2√ − ( 2)2 ) √
= −3( x − 1 − 2)( x − 1 + 2).

Au final, on obtient une factorisation du polynôme


√ √
−3x2 + 6x + 3 = −3( x − 1 − 2)( x − 1 + 2).

Exemple 2.17. Avec la même méthode, nous allons mettre le polynôme x2 + 4x + 6 sous forme cano-
nique.
x2 + 4x + 6 = x2 + 2.2.x + 22 − 22 + 6
= x2 + 2.2.x + 22 + 2
= ( x + 2)2 + 2.
Dans ce cas, on n’obtient pas une différence entre deux carrés de réels. On ne peut pas factoriser comme
dans le premier exemple.

Exercice 2.18. Écrire sous forme canonique les polynômes de degré 2 suivants. Si possible, factoriser ces
polynômes.
2.4. EXERCICES SUPPLÉMENTAIRES 15

1. x2 + 6x − 16 3. x2 − 8x + 16 5. 10x2 + 10x + 10
2. x2 − 2x + 2 4. 5x2 − 30x + 45 6. 2x2 + 9x + 4

2.3.4 Équations du second degré


La méthode générale pour résoudre une équation algébrique du second degré est de la réécrire sous
la forme ax2 + bx + c = 0, puis de mettre ax2 + bx + c sous forme canonique. Ensuite, si l’on peut
factoriser ax2 + bx + c, on peut utiliser la propriété suivante pour se ramener à des équations de degré 1.

Proposition 2.19. Un produit de facteur est nul si et seulement si l’un des facteurs est nul.

Exemple 2.20. On veut résoudre l’équation −2x2 + 3x + 6 = x2 − 3x + 3. En regroupant tout dans le


membre de gauche, c’est-à-dire en enlevant x2 − 3x + 3 aux deux membres de l’équation, l’équation se
réécrit
−3x2 + 6x + 3 = 0.
En utilisant la factorisation du membre de gauche vue dans l’exemple 2.16, l’équation se réécrit
√ √
−3( x − 1 − 2)( x − 1 + 2) = 0.

Enfin, d’après la proposition 2.19, cette équation est vérifiée si et seulement si


√ √
x − 1 − 2 = 0 ou x − 1 + 2 = 0

c’est-à-dire √ √
x = 1+ 2 ou x = 1 − 2.
L’ensemble des solutions de l’équation est donc
n √ √ o
1 − 2, 1 + 2 .

Exemple 2.21. Ici, on veut résoudre l’équation x2 + 4x + 6 = 0. En utilisant la forme canonique obtenue
dans l’exemple 2.17, l’équation se réécrit

( x + 2)2 + 2 = 0.

Mais, pour tout nombre réel x, le nombre réel ( x + 2)2 est positif car c’est un carré. Ainsi, le nombre
( x + 2)2 + 2 est strictement positif donc l’équation n’a pas de solution.
Exercice 2.22. Résoudre dans R les équations suivantes.

1. ( x − 1)( x + 3) = 0. 4. x2 + 4x + 1 = −1.
2. 3x2 + 6x + 9 = 0. 5. 2x2 + 12x + 20 = 0.
3. x2 − 2x = 4. 6. ( x − 1)( x2 + 2x + 1) = 0.

2.4 Exercices supplémentaires


Exercice
√ 2.23. Soit x, y tels que −4 < x < −2 et 8 < y < 10. Donnez un encadrement de x − y, xy et de
− x2 .
Exercice 2.24. Vrai ou faux ?
1. Pour que x2 > 10000, il suffit que x > 100.
16 CHAPITRE 2. CALCULS DANS L’ENSEMBLE DES NOMBRES RÉELS

2. Pour que x2 > 10000, il faut que x > 100.


3. Pour que x > 100, il suffit que x2 > 10000.
4. Pour que x > 100, il faut que x2 > 10000.
5. Pour que 1
x > 100, il suffit que x < 10−2 .
10
6. Pour que 5x2 + x > 100, il suffit que x < −5.
10
7. Pour que 5x2 + x > 100, il faut que x < −5.
1
8. Soient a et b deux réels. Pour que a + b < 1, il faut que a < 2 et b < 12 .
9. L’ensemble des réels x tels que 1
x < 1 est l’intervalle ]1, +∞[.

10. Pour tout entier naturel n, l’ensemble des solutions de l’inéquation x > 10n est l’intervalle
]102n , +∞[.
Exercice 2.25. Résoudre les inéquations suivantes :

1. | x − 2| ≤ 3 3. | x − 1| ≤ − 2
2. |3 − x | ≤ 4 4. | x − 5 | + | x + 1 |< 8

Exercice 2.26. Dans chacun des cas suivants, dites si l’ensemble considéré est majoré, minoré. Détermi-
nez si l’ensemble possède un maximum, un minimum.

E1 =]0, 1], E2 = N, E3 = [0, +∞[, E4 = { x ∈ Q, x2 ≤ 2}.


x +y+| x −y| x +y−| x −y|
Exercice 2.27. Montrer que max( x, y) = 2 et que min( x, y) = 2 . En déduire une formule
analogue pour max( x, y, z).

Exercice 2.28. Soient a 6= 0, b et c des nombres réels. Mettre le polynôme ax2 + bx + c sous forme ca-
nonique. En déduire l’ensemble des solutions réelles de l’équation, d’inconnue x, ax2 + bx + c = 0 et
retrouver les formules vues dans le secondaire.

Exercice 2.29. Déterminer dans chacun des cas suivants l’ensemble des nombres réels x qui vérifient la
relation proposée.

1. x4 + 4x2 − 5 = 0. 4. x4 + 10x2 + 16 < 0.


2. x4 + 10x2 + 16 = 0.
3. x4 + 4x2 − 5 ≥ 0. 5. ( x2 + 4x − 3)( x2 + 5x + 19) = 0.

Exercice 2.30. 1. Déterminer deux réels a et b tels que x3 − 1 = ( x − 1)( x2 + ax + b) pour tout x ∈ R.
2. Résoudre dans R l’équation x3 = 1.
3. Déterminer deux réels a et b tels que x3 + 2x2 − 5x − 6 = ( x + 1)( x2 + ax + b) pour tout x ∈ R.
4. Résoudre dans R l’équation x3 + 2x2 − 5x = 6.
Chapitre 3

Dénombrement

Rappelons que pour tout entier n ≥ 0, on désigne par n! la « factorielle de n », qui est définie par
n! = n. . . . .2.1 si n ≥ 1 et 0! = 1 par convention.
Exercice 3.1.
1. Montrer que 6! × 7! = 10! (sans calculer 10!).
( n + 1) !
2. Simplifier .
n!

3.1 Généralités
On rappelle que le cardinal d’un ensemble fini E, noté Card( E), est son nombre d’éléments. Par
exemple, nous avons Card (J0, 10K) = 11.
Définition 3.2. Soit E un ensemble fini, et soient A1 , . . . , Ak ⊂ E des parties de E. On dit que A1 , . . . , Ak forment
une partition de E si les deux conditions suivantes sont satisfaites :
1. ∀i, j ∈ J1, kK, Ai ∩ A j = ∅
k
[
2. E = Ai .
i =1

Proposition 3.3 (Principe de la somme). Si des sous-ensembles A1 , . . . , Ak forment une partition d’un ensemble
fini E, alors
k
Card( E) = ∑ Card( Ai ).
i =1

Corollaire 3.4. Soient A et B deux parties d’un ensemble fini E. On a les relations suivantes.
1. Card( A ∪ B) = Card( A) + Card( B) − Card( A ∩ B).
2. Si A et B sont disjoints (c’est-à-dire si A ∩ B = ∅), alors on a Card( A ∪ B) = Card( A) + Card( B).
3. Card( Ac ) = Card( E) − Card( A).
Exercice 3.5. Dans un camp de vacances hébergeant 80 personnes, 55 personnes pratiquent la natation,
33 le tennis, et 16 ne pratiquent aucun de ces deux sports. Combien de personnes pratiquent à la fois le
tennis et la natation ?
Définition 3.6. Soient E1 , . . . , Ek des ensembles finis. On appelle produit cartésien de E1 , . . . , Ek , et on note
E1 × · · · × Ek , l’ensemble des k-uplets ( x1 , . . . , xk ), où x1 ∈ E1 , . . ., xk ∈ Ek . Autrement écrit,

E1 × · · · × Ek = {( x1 , . . . , xk ), x1 ∈ E1 , . . . , xk ∈ Ek } .

17
18 CHAPITRE 3. DÉNOMBREMENT

Proposition 3.7. Soient E1 , . . . , Ek des ensembles finis. Alors,


Card( E1 × · · · × Ek ) = Card( E1 ) . . . Card( Ek ).

3.2 Listes et nombre d’arrangements


Définition 3.8. Soit E un ensemble fini et soit k ∈ N∗ . Une k-liste de E est un élément de Ek = |E × E ×
{z· · · × E}.
k fois

Concrètement, une k-liste est la donnée de k éléments de E qu’on écrit les uns à la suite des autres
( x1 , x2 , . . . , xk ), en tenant compte de l’ordre.
Remarque 3.9. Une 0-liste est par convention la liste vide.
Exemple 3.10. Si E = J0, 9K = {0, 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9}, alors
— (3, 8, 2, 8, 6) est une 5-liste de E.
— (4, 3, 5, 6) est une 4-liste de E.
— (1, 2, 3) et (2, 3, 1) sont deux 3-listes distinctes de E : (1, 2, 3) 6= (2, 3, 1).
Remarque 3.11. On autorise une k-liste à répéter plusieurs fois le même élément. Dans l’exemple précé-
dent, 8 est répété deux fois dans la première 5-liste. On précise parfois qu’il s’agit de liste « avec répéti-
tion », pour les distinguer des arrangements définis ci-dessous.
Proposition 3.12. Soit E un ensemble fini et soit n = Card( E). Soit k ∈ N∗ . Alors Ek est fini, et Card( Ek ) =
nk = Card( E)k .
Définition 3.13. Soit E un ensemble fini de cardinal n ∈ N∗ et soit k ∈ J0, nK. On appelle arrangement de k
éléments de E une k-liste de E formée d’éléments deux à deux distincts. Un arrangement de n éléments est appelé
une permutation de E.
Un arrangement de k éléments est donc une k-liste sans répétition. Cela revient à se donner k éléments
distincts de E et à les ranger dans un certain ordre.
Exemple 3.14. Soit E = { a, b, c, . . . , z} l’alphabet latin. Alors
— La 5-liste ( a, z, u, r, e) est un arrangement de E.
— La 7-liste (l, a, p, l, a, c, e) n’est pas un arrangement de E.
— La 26-liste (z, y, x, . . . , c, b, a) est une permutation de E.
Théorème 3.15. Soit E un ensemble fini de cardinal n ∈ N∗ et soit k ∈ J0, nK. Alors,
• Le nombre d’arrangement de k éléments de E est donné par
n!
Akn = n(n − 1) . . . (n − k + 1) = .
(n − k)!
• Le nombre de permutations de E est Ann = n!.
Remarque 3.16. On rappelle la convention 0! = 1.
Remarque 3.17. On note que A0n = 1, ce qui est cohérent avec le fait qu’il n’existe qu’un seul arrangement
à zéro élément : la liste vide.
Exercice 3.18. Vérifier que pour tout n ∈ N∗ , Ann−1 = Ann = n!. Interprétation.
Exercice 3.19. Un mot est une liste de lettre sur l’alphabet. Un anagramme d’un mot est un mot obtenu
par permutation de ses lettres. Pour chacun des mots suivants, déterminer leur nombre d’anagramme.
1. maths
2. mime
3. ananas
3.3. COEFFICIENTS BINOMIAUX. FORMULE DU BINÔME DE NEWTON. 19

3.3 Coefficients binomiaux. Formule du binôme de Newton.


Théorème 3.20. Soit E un ensemble fini de cardinal n ∈ N∗ et soit k ∈ J0, nK. Alors, le nombre de sous-ensembles
à k éléments de E est donné par
 
n 1 n!
= Akn = .
k k! k!(n − k )!

Remarque 3.21. Bien que défini sous la forme d’une fraction d’entiers, (nk) est un entier.

On retiendra bien que (nk) est le nombre de façon de choisir k éléments parmi un ensemble à n élé-
ments, sans tenir compte de l’ordre.

Exemple 3.22. 1. Au loto, on tire au hasard 5 boules parmi 49, puis 1 boule parmi 10. 1 Il y a donc
49
10 × ( 5 ) tirages possibles, soit 19068840. possibilités.

Exercice 3.23. À la belote, on reçoit au premier tour 5 cartes d’un jeu de 32 cartes.
1. Démontrer qu’il y a 201376 mains possibles au total.
2. Démontrer qu’il y a 1540 mains qui contiennent au moins 3 as. Quelle est la probabilité d’avoir au
moins 3 as au premier tour ?

Exercice 3.24. Une main au poker est formée de 5 cartes extraites d’un jeu de 52 cartes. Traditionnel-
lement,trèfle, carreau, coeur, pique sont appelées couleurs et les valeurs des cartes sont rangées dans
l’ordre : as, roi, dame, valet, 10, 9, 8, 7, 6, 5, 4, 3, 2, de la plus forte à la plus faible. Dans chacun des cas
suivants, donner le nombre de possibilité de mains :
1. quinte flush : main formée de 5 cartes consécutives de la même couleur (Attention ! la suite as, 2,
3, 4 et 5 est une quinte flush).
2. carré : main contenant 4 cartes de la même valeur (4 as par exemple).
3. full : main formée de 3 cartes de la même valeur et de deux autres cartes de même valeur (par
exemple, 3 as et 2 rois).
4. quinte : main formée de 5 cartes consécutives et qui ne sont pas toutes de la même couleur.
5. brelan : main comprenant 3 cartes de même valeur et qui n’est ni un carré, ni un full (par exemple,
3 as, 1 valet, 1 dix).

Théorème 3.25. Soient a, b ∈ R deux nombres réels et soit n ∈ N. On a alors


n  
n k n−k
( a + b) = ∑
n
a b .
k =0
k

C’est la formule du binôme de Newton.

Exercice 3.26. Vérifier que ∑nk=0 (nk) = 2n . En déduire le nombre de parties d’un ensemble fini à n élé-
ments.

Proposition 3.27. Pour tout n ∈ N∗ , et pour tout k ∈ J0, nK, on a


   
n n
= .
k n−k

Ceci s’interprète aussi bien à l’aide de la formule donnant (nk), qu’à l’aide de la définition.
1. Cette règle date de 2008. De 1976 à 2008, la grille de loto consistait en un tirage de 6 boules parmi 49, soit un peu moins
de 14 millions de possibilités.
20 CHAPITRE 3. DÉNOMBREMENT

Proposition 3.28. Pour tout n ∈ N∗ , et pour tout k ∈ J1, n − 1K, on a

n−1 n−1
     
n
= + .
k k−1 k

C’est la relation de Pascal.

Cette relation permet de remplir progressivement le triangle de Pascal comme sur la figure ci-dessous.

0 1 2 3 4 ··· k−1 k ··· n−1 n


0 1
1 1 1
2 1 2 1
3 1 3 3 1
4 1 4 6 4 1
.. ..
. .
k−1 1
k 1
.. ..
. .
−1
n−1 1 n−1 (nk− 1) (n−k 1) 1
n 1 n (nk) n 1

Exercice 3.29. Déterminer la 7ème ligne du triangle de Pascal.

3.4 Exercices supplémentaires


Exercice 3.30. Démontrer que pour tout k ∈ N, (k + 1)! − k! = k.k!.
En déduire que pour tout entier n ∈ N∗ , on a
n −1
n! = 1 + ∑ k.k!
k =0

Exercice 3.31. Combien y a-t-il de numéro de téléphone français qui commencent par 04 89 ?
 
∗ n
Exercice 3.32. Démontrer que pour tout n ∈ N , = 1 + 2 + · · · + n − 1.
2
n   n −1  
2n 2n
Exercice 3.33. Démontrer que pour tout n ∈ N , ∑
∗ = ∑
k =0
2k k =0
2k + 1

Exercice 3.34. Dans un jeu de 32 cartes, on choisit 5 cartes au hasard, ce qu’on appelle « une main ».
1. Combien de mains contiennent 5 carreaux ou 5 pique ?
2. Combien de mains contiennent 2 carreaux et 3 piques ?
3. Combien de mains contiennent au moins un roi ?
4. Combien de mains contiennent au plus un roi ?
5. Combien de mains exactement 2 rois et exactement 3 piques ?

Exercice 3.35. On appelle diagonale d’un polygone tout segment joignant deux sommets et qui n’est pas
un côté du polygone.
3.4. EXERCICES SUPPLÉMENTAIRES 21

F IGURE 3.1 – Exercice 3.38

1. Combien y a-t-il de diagonales dans un polygone à n sommets ?


2. Quels polygones ont autant de côtés que de diagonales ?
3. Quels polygones admettent exactement 1325 diagonales ?

Exercice 3.36. On souhaite ranger sur une étagère 4 livres de mathématiques (distincts), 6 livres de phy-
sique, et 3 de chimie. De combien de façons peut-on effectuer ce rangement :
1. si les livres doivent être groupés par matières.
2. si seuls les livres de mathématiques doivent être groupés.

Exercice 3.37. Une table ronde comporte cinq places, numérotées de 1 à 5. On veut répartir Anushka,
Bianca, Charif, Derick et Émilie autour de la table. Mais, Derick et Émilie ne s’entendent pas du tout, et
il ne faut pas les placer côte à côte. Combien y-a-t-il de dispositions possibles ?

Exercice 3.38.
1. Dans le quadrillage de la Figure 3.1, combien y a-t-il de chemins qui mènent de A à B ? (seuls les
déplacements vers la Droite et vers le Bas sont autorisés) Indication : On pourra dénombrer le nombre
de mots de 13 lettres qui contiennent 9 fois la lettre D et 4 fois la lettre B.
2. Combien de ces chemins passent par le point C ?
22 CHAPITRE 3. DÉNOMBREMENT
Chapitre 4

Suites

4.1 Suites
Une suite numérique est une application

f : N −→ R
.
n 7−→ xn

Nous noterons ( xn )n∈N une telle suite.

Définition 4.1. Soit ( xn )n∈N une suite numérique. On dit que ( xn )n∈N est
1. arithmétique si il existe un réel r tel que pour tout n ∈ N

x n +1 = x n + r .

2. Géométrique si il existe un réel r non nul tel que pour tout n ∈ N

xn+1 = rxn .

Dans les deux cas, le réel r est appelé la raison de la suite.

Exemple 4.2. 1. L’ouverture d’une ligne internet coûte 50e, puis l’abonnement est de 20e par mois.
Si l’on note xn le prix total payé (en euros) après n mois d’abonnement, la suite ( xn )n∈N est une
suite arithmétique de raison 20.
2. Le prix d’une baguette de pain augmente de 5% par an. Si l’on note yn le prix d’une baguette
l’année n, alors la suite (yn )n∈N est une suite géométrique de raison 1, 05.

Proposition 4.3. Soit ( xn )n∈N une suite numérique et n0 ∈ N un entier fixé.


1. Si ( xn )n∈N est une suite arithmétique de raison r, alors pour tout k ∈ N on a

xn0 +k = xn0 + kr .

2. Si ( xn )n∈N est une suite géométrique de raison q, alors pour tout k ∈ N on a

x n0 + k = q k x n0 .

Exercice 4.4. Considérons les données de l’Exemple 4.2.


Au bout de combien de mois aura-t-on payé 1000e pour internet ?
Sachant qu’en 2010 une baguette coûtait 1e, en quelle année la baguette coûtera 2e ? 5e ?

23
24 CHAPITRE 4. SUITES

4.2 Raisonnement par récurrence


Le but du raisonnement par récurrence est de démontrer qu’une assertion P(n), dépendant d’un
entier n ∈ N, est vraie pour tout n ≥ n0 pour un certains n0 ∈ N.
On procède en deux étapes :
1. Initialisation : on démontre que P(n0 ) est vraie.
2. Hérédité : On suppose que P(k ) est vraie pour un certain k ∈ N, et on montre que cela implique
que P(k + 1) est vraie.
Cela suffit à démontrer que P(n) est vraie pour tout n ≥ n0 . En effet, comme la propriété P(n0 ) est
vraie, alors la propriété P(n0 + 1) est vraie par hérédité. Mais cette même propriété d’hérédité implique
alors que la propriété P(n0 + 2) est vraie, donc la propriété P(n0 + 3) aussi et ainsi de suite. Ainsi, on
obtient de proche en proche que, pour tout entier n ≥ n0 , la propriété P(n) est vraie.
On utilise souvent l’image suivante pour illustrer la récurrence. Imaginons une ligne infinie de do-
minos mis debout. L’initialisation est l’analogue de l’évènement "le premier domino de la ligne tombe"
et l’hérédité est le principe "si un domino tombe, alors le suivant tombe aussi". Si ces deux principes sont
vérifiés, on peut être sûr que tous les dominos de la ligne vont tomber.
Exemple 4.5. Pour tout entier naturel n ∈ N, nous allons montrer par récurrence la propriété P(n)
suivante :
n ( n + 1)
P(n) : 0 + 1 + 2 + 3 + ... + n = .
2
0(0+1)
Initialisation : Pour n = 0, on a 0 = 2 . Donc P(0) est vraie.

Hérédité : Supposons la propriété P(n) vraie pour un certain n ∈ N. Le but est de montrer P(n + 1).

Par hypothèse, nous avons


n ( n + 1)
1 + 2 + ... + n = .
2
Rajoutons n + 1 aux deux membres de cette égalité. Nous obtenons alors

n ( n + 1) n2 + n + 2n + 2 (n + 1)(n + 2)
1 + 2 + ... + n + (n + 1) = + ( n + 1) = = .
2 2 2
Ainsi P(n + 1) est vraie dès que P(n) est vraie.
Donc P(n) ⇒ P(n + 1), et comme P(0) est vraie, P(n) est vraie pour tout n ∈ N.

4.3 Symboles ∑, ∏ et factorielle


Notons n0 ≤ n1 des entiers relatifs et xn0 , xn0 +1 , . . . , xn1 des nombres réels. On note
n1
∑ x i = x n0 + x n0 +1 + . . . + x n1 .
i = n0

3
Par exemple, ∑ i2 = 02 + 12 + 22 + 32 .
i =0
Noter que le i qui apparait dans la formule ci-dessus est une variable muette : on aurait pu la remplacer
par n’importe quelle autre lettre. Par exemple
3 3
∑ k 2 = 02 + 12 + 22 + 32 = ∑ i 2 .
k =0 i =0
4.3. SYMBOLES ∑, ∏ ET FACTORIELLE 25

−1
Par convention, une somme vide est égale à 0. Par exemple ∑ k = 0, puisqu’il n’y a pas d’indice k plus
k =0
grand que 0 et plus petit que −1.
Exercice 4.6. (i) Calculer les sommes suivantes :
4 3 10 n 3 3
S1 = ∑ i, S2 = ∑ k, S3 = ∑ 1, S4 = ∑ 3, S5 = ∑ ( i + 2), S6 = ∑ ( i + 1)2 .
i =1 k =1 k =1 i =1 i =−2 i =0
(ii) Ecrire les additions suivantes en utilisant le symbole ∑ (sans les calculer) :
1 1 1 1 1 1
S = 100 + 101 + 102 + . . . + 199 + 200, T = 10 + 15 + 20 + 25 + . . . + 55 + 60
R = 2 + 4 + 6 + 8 + . . . + 38 + 40, U = 3 + 9 + 15 + 21 + . . . + 39 + 45
(iii) Voici une table de données statistiques :
i 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
xi 1 −1 5 2 −2 5 2 1 3 4
Calculer :
10 10 5
T1 = ∑ xi2 , T2 = ∑ ixi , T3 = ∑ 2x2i .
i =1 i =1 i =1
Soient n0 ≤ n des entiers relatifs et un0 , un0 +1 , . . . , un des nombres réels. Les sommes de la forme
n
∑ (uk+1 − uk ) sont dites télescopiques. En effet, si l’on écrit cette somme en extension, tous les termes
k = n0
se simplifient sauf un+1 et un0 .
Par exemple,
7 √ √ √ √ √ √ √ √ √ √ √ √ √ √
∑( i+1− i ) = ( 3 − 2) + ( 4 − 3) + ( 5 − 4) + ( 6 − 5) + ( 7 − 6) + ( 8 − 7)
i =2 √ √ √ √ √ √ √ √ √ √ √ √
= − 2 + ( 3 − 3) + ( 4 + − 4) + ( 5 − 5) + ( 6 − 6) + ( 7 − 7) + 8.
7 √ √ √ √
Finalement ∑( i+1− i) = 8− 2.
i =2
Exercice 4.7. Calculer les sommes téléscopiques A et B suivantes :
20   99 
1 1
A= ∑ B = ∑ ( k + 1)3 − k 3 .

− ,
k =1
k+1 k k =1
La notation ∏ est l’équivalent de la notation ∑ pour les produits. Notons n0 ≤ n1 des entiers relatifs
et xn0 , xn0 +1 , . . . , xn1 des nombres réels. On note
n1
∏ xi = x n 0 × x n0 +1 × . . . × x n1 .
i = n0
3
Par exemple, ∏ i2 = 12 × 22 × 32 . Par convention, un produit vide est égal à 1.
i =1
Enfin , pour un entier n, on appelle factorielle n et on note n! le nombre
n
n! = ∏ i.
i =1
Par exemple, on a 3! = 1 × 2 × 3 = 6. D’après la convention sur le produit vide, on a 0! = 1.
Exercice 4.8. Calculer les produits suivants :
3 11 3
k+2
 
5! 4! 1
A= ∏(2i), B = 4!, C = 5!, D=
4!
, E=
5!
, F= ∏ k + 3, G= ∏ 1+
k
.
i =1 k =1 k =1
26 CHAPITRE 4. SUITES

4.4 Somme d’une suite arithmétique et géométrique


Proposition 4.9. 1. Pour tout entier naturel n ≥ 1, on a
n
n ( n + 1)
∑k= 2
.
k =1

2. Si q est un réel différent de 1, alors


n
1 − q n +1
∑ qk = 1−q
.
k =0

Exercice 4.10. Démontrer les formules précédentes.

Exercice 4.11. Calculer les sommes suivantes.


100 100  k
100 100 20
1
S1 = ∑ (k + 1), S2 = ∑ (5k + 3), S3 = ∑ , S4 = ∑ 5 × 10k , S5 = ∑ (2 × 2k + 3k + 4).
k =20 k =1 k =20
2 k =1 k =1
Chapitre 5

Géométrie dans le plan

5.1 Vecteurs du plan


L’ensemble des vecteurs du plan est noté

R2 = {( x, y) | x, y ∈ R2 } .
−→
Étant donné deux points A( x A , y A ) et B( x B , y B ) du plan, le vecteur AB est défini par
−→
AB = ( x B − x A , y B − y A ) ∈ R2 .

En particulier, nous pouvons identifier les points du plans avec les vecteurs du plan via l’application
−−→
M 7→ OM, où O(0, 0) est l’origine du plan.
Il y a deux opérations fondamentales sur les vecteurs :
— La somme : étant donné deux vecteurs ~u = (u1 , u2 ) et ~v = (v1 , v2 ) dans R2 , on définit la somme

~u + ~v = (u1 + v1 , u2 + v2 ) ∈ R2 .

— La multiplication par un scalaire : étant donné un vecteur ~u = (u1 , u2 ) dans R2 et un nombre


réel λ (appelé scalaire), on définit

λ~u = (λu1 , λu2 ) ∈ R2 .

Exercice 5.1. Considérons les vecteurs ~u = (2, 3), ~v = (−1, 4) et w


~ = (0, 1).
1. Représenter les vecteurs ~u, ~v et w
~ sur le plan.
2. Calculer les vecteurs
~u + ~v , 3~u − 2~v + 4w
~ , −~u + 3~v − w
~ .
Exercice 5.2. Soit A, B et C trois points du plan. Montrer les égalités suivantes
−→ −→
1. AB = − BA .
−→ −→ − →
2. AC = AB + BC ..

Étant donné deux vecteurs ~u et ~v de R2 , une combinaison linéaire de ~u et ~v est un vecteur w


~ de la
forme
~ = λ~u + µ~v pour certains λ, µ ∈ R .
w
Les deux vecteurs ~u = (u1 , u2 ) et ~v = (v1 , v2 ) sont
— orthogonaux si u1 v1 + u2 v2 = 0,
— colinéaires si ~u = λ~v ou ~u = λ~v pour un certain λ ∈ R.

27
28 CHAPITRE 5. GÉOMÉTRIE DANS LE PLAN

Finalement, la norme de ~u est définie par


q
k~uk = u21 + u22 ∈ R .

Définition 5.3. — Une base de R2 est une paire (~u, ~v) de vecteurs telle que tout vecteur w
~ s’écrit de manière
unique comme combinaison linéaire de ~u et ~v. C’est à dire

w ∈ R2 , ∃!λ, µ ∈ R tel que w


∀~ ~ = λ~u + µ~v .

La paire (λ, µ) est appelée coordonnées du vecteur w ~ dans la base (~u, ~v).
— Un repère du plan est un triplet (Ω, ~u, ~v) où Ω est un point du plan et (~u, ~v) est une base de R2 . En
particulier, pour tout point M du plan, il existe une unique paire (λ, µ) de réels telle que
−−→
ΩM = λ~u + µ~v .

La paire (λ, µ) est appelée coordonnées du point M dans le repère (Ω, A, B).

Exemple 5.4. 1. Pour ~i = (1, 0) et ~j = (0, 1), la paire (~i,~j) est appelée base canonique de R2 : c’est
en utilisant cette base que les coordonnées d’un vecteur ~u = (u1 , u2 ) sont (u1 , u2 ).
2. De même, le triplet (O,~i,~j) est le repère canonique : c’est dans ce repère que les coordonnées de
M ( x, y) sont ( x, y).

Exercice 5.5. Dans les cas suivant, dire si la paire (~u, ~v) de vecteur est colinéaire, orthogonale, ou forme
une base de R2 .
1. ~u = (1, 0) et ~v = (0, 1).
2. ~u = (3, 2) et ~v = (−1, 4).
3. ~u = (5, 5) et ~v = (1, 1).
4. ~u = (2, 3) et ~v = (−3, 2).
5. ~u = (6, 2) et ~v = (−3, −1).
 √  √ 
6. ~u = 21 , 23 et ~v = 23 , − 12 .

7. ~u = (0, 0) et ~v = (0, −4).


Dans les cas où (~u, ~v) est une base, donner les coordonnées du vecteur w
~ = (4, 1).

Proposition 5.6. Soit ~u = (u1 , u2 ) et ~v = (v1 , v2 ) deux vecteurs d plan.


1. La paire (~u, ~v) est une base si et seulement si u1 v2 − v1 u2 6= 0.
2. Les vecteurs ~u et ~v sont colinéaires si et seulement si u1 v2 − u2 v1 = 0.

Soit (~u, ~v) une base de R2 où ~u = (u1 , u2 ) et ~v = (v1 , v2 ). On dit que la base (~u, ~v) est
1. Orthonormée si la paire (~u, ~v) est orthogonale et k~uk = k~vk = 1.
2. Directe si u1 v2 − u2 v1 > 0.
3. Indirecte si u1 v2 − u2 v1 < 0.

Exercice 5.7. Dans les bases de l’Exemple 5.5, dire si elles sont orthonormées, directes ou indirectes.
5.2. DROITES DU PLAN 29

5.2 Droites du plan


5.2.1 Définition

Définition 5.8. Soit A un point du plan et ~u un vecteur non nul. La droite D passant par A et de vecteur directeur
−−→
~u est l’ensemble des points M du plan tels que les vecteurs ~u et AM sont colinéaires.

Sur la figure suivante, on a représenté la droite passant par le point A(1, 1) et de vecteur directeur
~u = (2, 1).



u
A
1

0 1

Remarquons que le vecteur directeur d’une droite n’est pas unique, mais que deux vecteurs direc-
teurs sont colinéaires.

Exercice 5.9. Pour chacune des droites suivantes D1 , D2 , D3 , D4 , D5 et D6 , déterminer les coordonnées
d’un point et d’un vecteur directeur de la droite.

D5

D1

D2

0 1

D6 D4

D3

Sur le même dessin, tracer la droite passant par le point A(−1, 1) de vecteur directeur −

u (2, −1) et la
−→
droite passant par le point B(1, −1) et de vecteur directeur v (1, 0).
30 CHAPITRE 5. GÉOMÉTRIE DANS LE PLAN

5.2.2 Équation paramétrique


Notons D la droite passant par le point A( x A , y A ) et de vecteur directeur u = (α, β). Un point M( x, y)
−−→
appartient à D si et seulement si AM = λ~u pour un certain λ ∈ R, c’est à dire

x = x A + λα
( x, y) ∈ D ⇔ ,λ ∈ R .
y = y A + λβ

Nous appelons une telle équation une équation paramétrique de D .

Exercice 5.10. Donner une équation paramétrique des droites de l’Exercice 5.9.

5.2.3 Équation cartésienne


Soit A( x A , y A ) un point du plan, ~u = (α, β) un vecteur non nul, et D la droite . Un point M( x, y) du
−−→
plan appartient à D si et seulement si les vecteurs AM = ( x − a, y − b) et ~u = (α, β) sont colinéaire. En
utilisant la Proposition 5.6, on obtient

M ∈ D ⇔ β( x − x A ) − α(y − y A ) = 0 .

En posant a = β, b = −α et c = αy A − βx A , on obtient que D est l’ensemble des solutions à l’équation

ax + by + c = 0 .

On appelle une telle équation un équation cartésienne de D . Remarquons que le vecteur ~v = ( a, b) =


( β, −α) est orthogonal au vecteur directeur ~u = (α, β) de D (et donc à tout vecteur directeur de D ).
Exercice 5.11. Pour chacune des équations suivantes, déterminer si l’ensemble des solutions est une
droite. Si c’est le cas, tracer la droite en question et en donner un point et un vecteur directeur.

1. y = 2x − 1 4. 4y + x + 4 = −2 + 2x 7. y = −1
2. 2y + 6x − 3 = 0 5. x = 9
3. y + x2 = 0 6. xy = 0

Exercice 5.12. Tracer et donner une équation cartésienne de la droite :


1. Passant par les points A(0, 0) et B(4, 2)
2. Passant par les points A(1, 1) et B(20, 10)
3. Passant par les points A(1, 1) et B(1, 20).

4. Passant par le point A(1, 2) et de vecteur directeur vd (−1, 1)

5. Passant par le point A(2, 3) et de vecteur directeur vd (0, 3)

6. Passant par le point A(−1, 5) et de vecteur directeur vd (40, 40)

Exercice 5.13. Donner une équation cartésienne des droites de l’Exercice 5.9.
Chapitre 6

Fonctions usuelles

6.1 Fonctions réelles : premières définitions


Nous appellerons fonction (réelle) une application f : D f → R, où D f est un sous-ensemble de f
appelé le domaine de définition de la fonction f .

Exercice 6.1. Déterminer le plus grand domaine de définition sur lequel les fonctions suivantes peuvent
être définies : √
f 1 ( x ) = 4x2x+−4x1 +1 ; f 2 ( x ) = x2 + x + 1 ; f 3 ( x ) = √ 2 1 .
− x +3x −2
f 4 ( x ) = ln( x2 − 3x ) ; f 5 ( x ) = √x ; f6 (x) = x
.
x +2 exp( x2 )+1

Le graphe d’une fonction f : D f → R est le sous-ensemble

C f = {( x, f ( x )) ∈ R2 , x ∈ D f } .

6.2 Fonctions usuelles


6.2.1 Fonctions Puissances
Soit k ∈ N, la fonction puissance est donnée par

f k : R −→ R
.
x 7−→ x k

Son graphe est représenté dans la Figure 6.1.

6.2.2 Fonction Exponentielle


La proposition suivante sera admise :

Proposition 6.2. Il existe une unique fonction f : R → R dérivable, telle que

∀ x ∈ R , f ( x ) = f ( x ) et f 0 (0) = 1 .

Nous l’appellerons fonction exponentielle et noterons f ( x ) = exp( x ) ou f ( x ) = e x .

Le graphe de la fonction exponentielle est représentée dans la Figure 6.2.

Proposition 6.3. Soit a et b deux réels et k un entier naturel. On a


1. e0 = 1

31
32 CHAPITRE 6. FONCTIONS USUELLES

F IGURE 6.1 – Graphe des fonctions puissances

F IGURE 6.2 – Graphe de la fonction exponentielle


6.2. FONCTIONS USUELLES 33

F IGURE 6.3 – Graphe de la fonction logarithme népérien

2. e a+b = e a · eb
3. e−a = 1
ea

4. (e a )k = eka
5. e1 = e = 2, 71 . . .
6. lim e x = +∞
x →+∞
7. lim e x = 0
x →−∞

Exercice 6.4. Simplifier les expressions suivantes :


1. A = e x × e− x , B = e x + 2e x , C = (e x )3 e−2x , D = (e x )−2 e3x , E = e3x+2 × e1−2x ,
e2x+1 e3x−1
√ q
3x +1
2. F = e−2x , G = e2−x , H = 3e + 6e et I = 2ee2x−1
− x − x

6.2.3 Fonction logarithme népérien


La fonction exponentielle réalise une bijection entre R et R∗+ . En particulier, pour tout x > 0 l’équa-
tion ey = x possède une unique solution que nous noterons y = ln( x ). La fonction

ln : R∗+ −→ R
y 7−→ ln(y)

est appelée logarithme népérien. Son graphe est représenté Figure 6.3.

Proposition 6.5. Soit a, b ∈ R∗+ et k ∈ N. On a


1. ln( ab) = ln( a) + ln(b)
2. ln 1a = − ln( a)


3. ln( ak ) = k ln( a)
4. ln(1) = 0
34 CHAPITRE 6. FONCTIONS USUELLES

iv.
.

F IGURE 6.4 – lim f ( x ) = +∞


x →+∞

5. ln(e) = 1
6. lim ln( x ) = +∞
x →+∞
in .

7. lim ln( x ) = −∞
x →0

Exercice 6.6. Calculer x = ln 216 − 3(ln 2 + ln 3) et y = 3(ln 3 + ln 5) − ln 27 − 2 ln 10 − ln 14 .

6.3
6.3.1
Limites de fonctions
Limites : définitions ii.
Définition 6.7. Soit f : [ a, +∞[→ R une fonction. On dit que f ( x ) tend vers +∞ quand x tend vers l’infini, et
on le note lim f ( x ) = +∞ si
x →+∞

∀ M > 0, ∃ R > 0 tel que six > R alors f ( x ) > M .

Cette définition est illustrée dans la Figure 6.4.


De manière analogue, on peut définir :
1. lim f ( x ) = `. On parle dans ce cas d’asymptote horizontale. Cette limite est illustrée en Figure
x →+∞
6.5a.
2. lim f ( x ) = ±∞. On parle dans ce cas d’asymptote verticale. Cette limite est illustrée en Figure
x→a
6.5b.
3. lim f ( x ) = `
x→a


Exercice 6.8. Parmi les fonctions f 1 ( x ) = x2 , f 2 ( x ) = 1x , f 3 ( x ) = x et f 4 ( x ) = x −2 , lesquelles ont une
représentation graphique qui admet une asymptote horizontale en +∞ ou −∞ ?

6.3.2 Opérations sur les limites

f a pour limite l l l +∞ −∞ +∞
g a pour limite l 0 +∞ −∞ +∞ −∞ −∞
f + g a pour limite l + l 0 +∞ −∞ +∞ −∞ ?

f a pour limite l l > 0 l > 0 l < 0 l < 0 +∞ −∞ +∞ 0


g a pour limite l 0 +∞ −∞ +∞ −∞ −∞ −∞ −∞ ±∞
f .g a pour limite ll 0 +∞ −∞ −∞ +∞ −∞ +∞ −∞ ?
iv. in

iv.
6.3. LIMITES DE FONCTIONS 35

in .

ii.
ii.
(a) lim f ( x ) = ` (b) lim f ( x ) = ±∞
x →+∞ x→a

F IGURE 6.5

fa l>0 l<0 l>0 l<0


pour ou ou ou ou
limite l l +∞ +∞ −∞ −∞ ±∞ +∞ −∞ +∞ −∞ 0
ga
pour
limite l 0 6= 0 ±∞ l0 > 0 l0 < 0 l0 > 0 l0 < 0 ±∞ 0+ 0+ 0− 0− 0
f
g a
l
pour l0
limite 0 +∞ −∞ −∞ +∞ ? +∞ −∞ −∞ +∞ ?

Composée de limites. Soient a, b et c des nombres réels ou +∞ ou −∞.


Soient f et g deux fonctions.
Si lim f ( x ) = b et lim g(t) = c, alors lim g( f ( x )) = c.
x→a t→b x→a

Exercice 6.9. Soient les 3 fonctions suivantes.


2 5 1
f 1 ( x ) = 3x − 5 + , f 2 ( x ) = 2 − 2 , f 3 ( x ) = x2 + 3x − .
x+2 x 1+x

Déterminer les limites de f 1 , f 2 et f 3 en +∞ et −∞. Déterminer la limite de f 1 en −2, la limite de f 2 en 0


et la limite de f 3 en −1.

Exercice 6.10. Déterminer les limites suivantes.


2x − 3 2x − 3 3x + 1 p
lim (3x2 − 7x + 5), lim , lim , lim , lim x2 + x + 1.
x →−∞ x →0,x >0 x 2 + x x →0,x <0 x 2 + x x →1 ( x − 1)2 x →+∞

6.3.3 Comment lever une indétermination



Les quatre formes indéterminées sont : +∞ − ∞, ∞ , 00 , 0 × ∞.
Une méthode consiste à mettre le terme prépondérant en facteur.

Exercice 6.11. Déterminer les limites suivantes :


2x2 − 5x + 7 4x2 − x + 5 4x2 − x + 5 p
lim 2x2 − 3x + 5, lim 2
, lim , lim , lim x2 + x + 1.
x →+∞ x →+∞ 3x + x + 1 x →+∞ x+1 x →−1,x >−1 x+1 x →−∞
36 CHAPITRE 6. FONCTIONS USUELLES

6.4 exercisecices supplémentaires


p
Exercice 6.12. Déterminer les limites suivantes : lim x2 − 3x, lim (1 − ( x − 2)2 ).
x →−∞ x →−∞

1 √
Exercice 6.13. Déterminer les limites suivantes : lim cos( x ), lim cos( ), limπ sin 2x.
x →0 x →−∞ x x→ 4

Exercice 6.14. Résoudre dans R les équations et inéquations suivantes :


e− x + 1 = 0 ; e3x+1 − e− x < 0 ; e2x + 2e x < 3 ; e3x = 4 ; e−2x < 2.

Exercice 6.15. Dans chacun des cas suivants, déterminer les limites de la fonction f aux bornes de son
ensemble de définition.
2x 1+ x 2
f : x 7→ e3− x sur R ; f : x 7→ eex −+12 sur R∗ , f : x 7→ e2x − e x + 1 sur R, f : x 7→ e 1+x sur R \ {−1}.

Exercice 6.16. Résoudre dans R les équations et inéquations suivantes :


ln(5 − x) > 2 ln( x + 1) ; ln x = 0 ; (2 + x ) ln( x − 3) = 0 ; ln( x − 2) + ln( x + 2) = ln(4 + 2x ) ; ln x ≥ 2 ln 5 ;
x −1 x 2x +1 ; ( 1 ) x = 3 ; 4x − 5 · 2x + 6 ≤ 0
ln 2x −3 ≥ 0 ; 2 = 3 3 2

Exercice6.17. Déterminer leslimitessuivantes:  x  x


3x + 5 1−x 1−x e +1 e +1
   
lim ln ; lim ln ; lim ln ; lim ln ; lim ln
x →+∞ x−1 x →−2+ x+2 x → 1− x+2 x →−∞ 2e x + 3 x →+∞ 2e x + 3
Exercice 6.18. Déterminer les limites de chacune des fonctions suivantes en 0+ et en +∞ :
1 1 −1
f (x) = ; g( x ) = − ln x ; h( x ) = ; i ( x ) = (ln x )2 − ln x.
ln x x ln x − 1
Chapitre 7

Études de fonctions

7.1 Continuité
Pour ce cours, nous nous limiterons à la notion intuitive suivante de continuité : si I est un intervalle
de R, un fonction f : I → R est continue si on peut tracer son graphe “sans lever le crayon”.
Les fonctions usuelles sont continues sur leur ensemble de définition :

1. f ( x ) = x n où n ∈ N∗ , sur R, 4. f ( x ) = ln x sur ]0, +∞[,


2. f ( x ) = 1
n
x où n ∈ N∗ , sur R∗ , 5. f ( x ) = exp x sur R.

3. f ( x ) = x sur [0, +∞[, 6. f ( x ) = | x | sur R.

En additionnant, en multipliant et en quotientant (à condition, de se situer en dehors des points qui


annulent le dénominateur) des fonctions continues, on construit de nouvelles fonctions continues.
Exemples. Les fonctions polynômes sont continues sur R et les fonctions rationnelles sont continues sur
leur ensemble de définition.

7.2 Dérivabilité
7.2.1 Premières définitions
Définition 7.1. Soit f : D f → R une fonction et a ∈ D f .
1. On dit que f est dérivable en a si il existe λ ∈ R tel que

f ( x ) − f ( a)
lim =λ.
x→a x−a
Dans ce cas λ est appelé nombre dérivé de f en a et se note f 0 ( a).
2. On dit que f est dérivable sur D f si f est dérivable en tout point de D f . Dans ce cas, la fonction dérivée
de f est la fonction
f 0 : D f −→ R
.
x 7−→ f 0 ( x )
Remarque 7.2. Une fonction dérivable est continue. Cependant, la réciproque est fausse !

7.2.2 Droite tangente


Définition 7.3. Soit f : D f → R une fonction dérivable en a ∈ D f , C f le graphe de f et A( a, f ( a)) ∈ C f . La
tangente à C f en A est la droite T passant par A et de pente f 0 ( a).

37
38 CHAPITRE 7. ÉTUDES DE FONCTIONS

En particulier, la tangente à C f en A( a, f ( a)) a pour équation


y = f 0 ( a)( x − f ( a)) + f ( a) .

Exercice 7.4. Soit f : R → R la fonction définie par f ( x ) = ( x + 1)2 + 2.


1. Calculer f 0 (0).
2. Donner une équation de la tangente à C f en A(0, 3).

7.2.3 Calculs de dérivées


Pour calculer la dérivée d’une fonction à partir de son expression, on se sert le plus souvent des formules
et règles suivantes :
f (x) f 0 (x)
ax + b a
x n , n ∈ Z∗ nx n−1
1
− x12
√x 1
x √
2 x
ex ex
1
ln x x
cos x − sin x
sin x cos x
0
g( x ) = f ( ax + b) a f ( ax + b)
Proposition 7.5. Soient u et v deux fonctions dérivables sur I.
1. la fonction u + v est dérivable sur I et (u + v)0 = u0 + v0 ,
2. la fonction uv est dérivable sur I et (uv)0 = u0 v + uv0 ,
3. la fonction ku (k est une constante réelle) est dérivable sur I et (ku)0 = ku0 ,
0
4. si v( x ) 6= 0 sur I, la fonction 1
v est dérivable sur I et ( 1v )0 = − vv2 .
u0 v−uv0
5. si v( x ) 6= 0 sur I, la fonction u
v est dérivable sur I et ( uv )0 = v2
.
Exercice 7.6. Pour chacune des fonctions suivantes, préciser son ensemble de définition, son ensemble
de dérivabilité et déterminer sa√fonction dérivée.
2 3x −7 2
f 1 : x 7→ x +10 , f 2 : x 7→ x + x, f 3 : x 7→ x x+22x
+x
+2
, f 4 : x 7→ x2 cos x, f 5 ( x ) = 4xe x .
Exercice 7.7. Déterminer une équation de la tangente à la courbe représentative de chacune des fonctions
suivantes en son point d’abscisse a. √
f 1 : x 7→ x2 − 3x + 1 en a = 2 ; f 2 : x 7→ x + 3 en a = 1 ; f 3 : x 7→ x2x
+2 en a = 0.
7.3. REPRÉSENTATION GRAPHIQUE D’UNE FONCTION 39

7.3 Représentation graphique d’une fonction


Définition 7.8. Soit f une fonction définie sur un intervalle I ⊂ R.
1. f est croissante sur I ssi ∀ a, b ∈ I, si a ≤ b alors f ( a) ≤ f (b). f est décroissante sur I ssi ∀ a, b ∈ I, si
a ≤ b alors f ( a) ≥ f (b).
2. f est strictement croissante sur I ssi ∀ a, b ∈ I, si a < b alors f ( a) < f (b). f est strictement décroissante
sur I ssi ∀ a, b ∈ I, si a < b alors f ( a) > f (b).
3. f est constante sur I ssi ∀ a, b ∈ I, f ( a) = f (b).
4. On dit que f est monotone sur I si elle est croissante sur I ou décroissante sur I. On dit que f est strictement
monotone sur I si elle est strictement croissante sur I ou strictement décroissante sur I.

Proposition 7.9. Soit f une fonction dérivable sur I.


1. Si, pour tout réel x ∈ I, f 0 ( x ) > 0 (resp. f 0 ( x ) < 0) sauf peut-être en un nombre fini de points où f 0
s’annule, alors f est strictement croissante (resp. décroissante) sur I.

2. Si, pour tout réel x ∈ I, f 0 ( x ) = 0, alors f est constante sur I.

7.3.1 Procédé
Afin de tracer le graphe d’une fonction, on procède ainsi :

1. On précise les domaines de définition, de continuité et de dérivabilité.


2. Là où c’est possible, on calcule la dérivée f 0 et on étudie son signe. Ceci indique les variations de
la fonction f (on reporte les résultats dans un tableau).
3. On détermine les éventuels extrema de f et la valeur qu’elle y prend.
4. On calcule les limites de f aux bornes du domaine de définition.
5. On détermine les éventuelles asymptotes.
6. On peut aussi calculer, à la main, quelques valeurs simples prises par la fonction f .
7. Puis, on reporte le tout dans un plan muni d’un repère.

1−x
Exercice 7.10. Soit f la fonction définie sur ] − 1, +∞[ par f ( x ) = .
x3 + 1
1. Calculez f 0 ( x ) pour tout réel x ∈] − 1, +∞[ et vérifiez que f 0 ( x ) a le même signe que 2x3 − 3x2 − 1.
2. On note g la fonction définie sur ] − 1, +∞[ par : g( x ) = 2x3 − 3x2 − 1.
(a) Etudiez les variations de g.
(b) Prouvez que l’équation g( x ) = 0 admet une seule solution α sur ] − 1, +∞[ et que α ∈ [1.6; 1.7].
(c) Déduisez-en, suivant les valeurs de x, le signe de g( x ).
3. En utilisant les résultats précédents, dressez le tableau de variastions de f .
4. Ecrivez une équation de la tangente ∆ à C , courbe représentative de f , au point A d’abscisse 0.
Etudiez la position relative de la courbe C et de la droite ∆ sur l’intervalle ] − 1, 1].
5. Prouvez que C est située au-dessus de sa tangente d au point d’abscisse 1.
6. Tracez C , ∆ et d.
40 CHAPITRE 7. ÉTUDES DE FONCTIONS

7.3.2 Exercices supplémentaires.


Exercice 7.11. .
1) f est la fonction définie sur R par f ( x ) = | x√
|. Prouvez que f n’est pas dérivable en zéro.
2) g est la fonction définie sur R+ par g( x ) = x. Prouvez que g n’est pas dérivable en zéro.
3) Soit h telle que h( x ) = 2 − x2 si x < 1 et h( x ) = 1x si x ≥ 1. Montrer que h est continue sur R, mais
n’est pas dérivable en 1.

Exercice 7.12. Déterminer les fonctions dérivées des fonctions définies par :
i ( x ) = ln x + 1x sur ]0, +∞[ ; j( x ) = ( x − 1)[2 ln( x ) + 5] sur I =]0, +∞[ ; k ( x ) = ln x
x sur ]0, +∞[.

Exercice 7.13. Pour chacune des fonctions suivantes, préciser son ensemble de définition, son ensemble
de dérivabilité etdéterminer sa fonction dérivée.
 2 2
f 1 : x 7→ 3+2 x , f 2 ( x ) = x e+x 1 ,
x√

Exercice 7.14. C est la courbe représentative de la fonction f définie sur R par f ( x ) = x2 . Existe-t-il des
tangentes à C parallèles à la droite d d’équation y = −4x + 6 ?
Chapitre 8

Calcul intégral

8.1 Intégrale d’une fonction continue et positive



→ − →
Choisissons un repère orthogonal (O, OI, OJ ). L’unité d’aire est l’aire du rectangle OIK J où K est le
point de coordonnées (1, 1).
Définition 8.1. Soit [ a, b] un intervalle de R et f une fonction définie, continue et positive sur [ a, b].

1. Le domaine situé sous la courbe C f est le domaine situé entre C f , l’axe des abscisses et les droites
d’équations x = a et x = b.

2. L’intégrale de a à b de la fonction f est l’aire, en unité d’aire, du domaine situé sous sa courbe C f . On
Z b
la note f ( x )dx.
a
Z c Z b Z c
Relation de Chasles. Pour tous a, b, c tels que a ≤ b ≤ c, f ( x )dx = f ( x )dx + f ( x )dx.
a a b
p
Exercice 8.2. 1) Soit la fonction f définie sur [0, 2] par f ( x ) = 1 − ( x − 1)2 . Tracer C f sur [0, 2] puis
Z 2
donner la valeur de f ( x )dx sans calcul. 2) Soit la fonction f définie sur [1, 3] par f ( x ) = x + 1. Tracer
0 Z 3
C f sur [1, 3] puis déterminer la valeur de f ( x )dx comme l’aire d’un trapèze rectangle.
1

8.2 Primitives
8.2.1 Définition

Z 8.3. Soit f une fonction continue et positive sur un intervalle [ a, b]. La fonction F définie sur [ a, b] par
Théorème
x
F(x) = f (t)dt, est dérivable sur [ a, b] et a pour dérivée la fonction f .
a
Définition 8.4. Soit f une fonction définie sur un intervalle I ⊂ R. Une fonction F : I → R est une primitive
de f sur I si F est dérivable sur I et que F 0 = f .
Proposition 8.5. Soit f une fonction définie sur un intervalle I et qui admet une primitive F sur I.
1. L’ensemble des primitives de f sur I est l’ensemble { F + C : C ∈ R}.
2. Soient x0 ∈ I et y0 ∈ R. Il existe une unique primitive G de f sur I telle que G ( x0 ) = y0 .
Remarque 8.6. Une fonction a une infinité de primitives. La primitive n’est définie qu’à une constante
additive près.
Il n’y a unicité de la primitive que si l’on impose une valeur particulière en un point donné de I.

41
42 CHAPITRE 8. CALCUL INTÉGRAL

8.2.2 Calculs de primitives


Théorème 8.7. Toute fonction continue sur un intervalle I admet des primitives sur I.

fonction f primitives de f sur I conditions sur u


u0 un (n ∈ Z∗ et n 6= −1) 1
n +1 u
n +1 + C lorsque n < −1, u( x ) 6= 0 pour tout x ∈ I
u0 v + uv0 uv + C
u0
u ln u + C u( x ) > 0 sur I
u0
u2
− u1 + C u( x ) 6= 0 sur I
u0 eu eu + C + C
u0


u
2 u+C u( x ) > 0 sur I

8.2.3 Formulaire de primitives

f est définie sur I les primitives de f sur I sont


k∈R R kx + C
x , n ∈ N∗
n R 1
n +1 x
n +1 + C
1
x ]0, +∞[ ln x + C
1
x ] − ∞, 0[ ln(− x ) + C
− x12 ] − ∞, 0[ ou ]0, +∞[ 1
x +C

√1
x
]0, +∞[ 2 x+C
ex R ex + C
sin x R − cos x + C
cos x R sin x + C
Soient a > 0 et b deux réels. Les primitives de ax1+b sont 1a ln( ax + b) + C sur ] −ab , +∞[ et sont
−b
a ln(− ax − b ) + C sur ] − ∞, a [.
1

Soient a 6= 0 et b deux réels. Les primitives de e ax+b sont 1a e ax+b + C sur R.


Exercice 8.8. Déterminer la primitive F de f sur l’intervalle I vérifiant la condition indiquée.

1. f ( x ) = 4x2 − 3x + 2, I = R et F (−1) = 0. 3. f ( x ) = ( x2 + 1)2 , I = R et F (0) = 0.


2. f ( x ) = 3x + 1 + x12 , I =] − ∞, 0[ et F (−2) =
1. 4. f ( x ) = e x+1 et F (ln 2) = 0.

Exercice 8.9. Dans chacun des cas suivants, déterminer une primitive de la fonction f sur l’intervalle I.
18x −π 3
1. f : x 7→ 10e x + x2
sur ]0, +∞[ ; 4. f : x 7→ x2 e2x sur R ;
2. f : x 7→ 2x3 − 5x2 + 1 sur R ; 5. f ( x ) = √ 2
2x −1
sur ] 21 , +∞[ ;
3. f : x 7→ 1
(2x −1)4
sur ] 21 , +∞[ ; 6. f ( x ) = x +1
x2 +2x
sur I =]0, +∞[

8.3 Intégrale d’une fonction continue de signe quelconque


8.3.1 Définition
Définition 8.10. Soit f une fonction continue de signe quelconque sur un intervalle I. Pour a et b dans I,
Rb
l’intégrale de a à b de f , notée a f ( x )dx est le nombre réel F (b) − F ( a), noté [ F ( x )]ba , où F est une primitive
de f sur I.
8.4. EXERCICES SUPPLÉMENTAIRES. 43

Remarque 8.11. — Dans cette définition, il est important que f soit continue sur [ a, b] fermé.
Rb
— La lettre x, dite "variable muette", n’a pas d’importance en soi ; on aurait aussi pu écrire a f (t)dt
Rb
ou encore a f (u)du, etc.
— La primitive que l’on a choisi dans la définition n’importe pas : si F1 et F2 sont deux primitives de
f , alors on a F1 − F2 = C où C est une constante, donc F1 (b) − F1 ( a) = F2 (b) + C − ( F2 ( a) + C ) =
F2 (b) − F2 ( a).

8.3.2 Aire algébrique


Dans un repère orthogonal, D est le domaine situé entre la courbe représentative de f , l’axe des abs-
cisses et les droites d’équation x = a et x = b. L’aire algébrique de D est la somme des portions d’aires
comptées positivement lorsque C f est située au dessus de l’axe des abscisses et comptées négativement
Rb
lorsque C f est située au dessous de l’axe des abscisses. Cette aire algébrique est égale à a f ( x )dx.

8.3.3 Propriétés des intégrales pour des fonctions continues de signe quelconque
Rb
Proposition 8.12. 1. Si f = 0, alors a f ( x )dx = 0 ;
Rb
2. Si f ( x ) ≥ 0 pour tout x ∈ [ a, b], alors a f ( x )dx ≥ 0 (mais la réciproque est fausse).

Rb Rb
3. Si g( x ) ≤ f ( x ) pour tout x ∈ [ a, b], alors a
g( x )dx ≤ a
f ( x )dx.

4. L’intégrale est linéaire : si λ ∈ R et f , g sont continues sur [ a, b], alors


Z b Z b Z b
( f + λg)(t)dt = f (t)dt + λ g(t)dt
a a a

5. l’intégrale vérifie la relation de Chasles : si f est continue sur I et que a, b, c ∈ I (ne vérifiant pas nécessai-
rement a ≤ b ≤ c), alors Z c
Z Z b c
f ( x )dx = f ( x )dx + f ( x )dx.
a a b
Rb Ra
En particulier, a
f ( x )dx = − b
f ( x )dx.

Théorème 8.13. Soit [ a, b] un intervalle Zde R et f une fonction définie et continue sur [ a, b]. Soit α ∈ [ a, b]. Alors
x
la fonction F définie sur [ a, b] par ( x ) = f (t)dt, est la primitive de f sur [ a, b], nulle en α.
α

Exercice 8.14. Calculer les intégrales suivantes :


R −1 R3 dt
1. 2
(t2 − 4t + 3)dt ; 4. 0 (2t+1)2
;
Rπ R1
2. 0
cos tdt ; 5. 5 ( e x +9 + x9 )dx ;
0
R2 R1 1
3. 1
(t2 + t − 1t + √3
t
)dt ; 6. −1 2x +3 dx,

8.4 Exercices supplémentaires.


Exercice 8.15. Déterminer une primitive sur I pour chacune des fonctions suivantes :
44 CHAPITRE 8. CALCUL INTÉGRAL

2x −1 x
1. f : x 7→ ( x 2 − x +3)2
sur R ; 7. j( x ) = √ e
2e x +1
sur R.
2. f : x 7→ 5
x3
sur ]0, +∞[ ; 8. f : x 7→ 2
sur ]0, +∞[.
√ x −1
3. f ( x ) = 2 2x + 3 sur ] − 32 , +∞[ ;
9. g : x 7→ 3
x +1 − 2
x +2 sur ]0, +∞[.
e3x
4. g( x ) = 2 sur R,
2 −1 10. h : x 7→ ln x
sur ]0, +∞[.
5. h( x ) = 3xe x sur R, x

ex ln 2−√
3 x ln x
6. i ( x ) = (3e x +1)2
sur R, 11. k : x 7→ x
sur ]0, +∞[.

Exercice 8.16. Calculer les intégrales suivantes :


R 1 √ t −1
1. 4 e2√t dt,
R2
2. −1 | x2 − 2x |dx,
Rπ Rπ
3. J = 02 cos2 (t/2)dt et K = 02 sin2 (t/2)dt (calculer d’abord J + K et J − K).

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