Présentation des résultats
Constat de départ
La pollution urbaine à Goma est croissante, alimentée par une urbanisation rapide, une gestion
défaillante des déchets, et une faible régulation environnementale. Bien que le principe pollueur-payeur
(PPP) soit consacré dans les textes juridiques nationaux (notamment la Loi nº11/009 du 9 juillet 2011),
son application reste largement théorique.
Il existe un écart entre :
- La reconnaissance normative du PPP dans le droit congolais et les engagements internationaux
- Et son effectivité sur le terrain, entravée par des lacunes institutionnelles, juridiques, techniques et
sociales
Problématique
Cette situation soulève des interrogations suivantes :
1. Dans quelle mesure le principe pollueur-payeur est-il intégré dans les politiques
environnementales de la RDC, et pourquoi son application reste-t-elle limitée dans la ville de
Goma malgré les textes juridiques existants ?
Questions spécifiques associées
1. Quels sont les obstacles à l’application efficace du PPP dans la gestion des déchets et de la pollution à
Goma ?
2. Quelles solutions ou modèles pourraient être adoptés pour améliorer l’application du PPP dans ce
contexte urbain ?
3. Comment le PPP peut-il être adapté aux réalités socio-économiques locales tout en respectant les
engagements internationaux de la RDC ?
Hypothèses du travail
L’application du principe pollueur-payeur à Goma reste limitée en raison de l’absence de mécanismes de
suivi, de politiques environnementales inadéquates, du manque de sensibilisation des acteurs, et de la
faiblesse institutionnelle.
Insuffisance des politiques environnementales locales
Les textes juridiques nationaux ne sont pas accompagnés de décrets d’application ou d’arrêtés
municipaux adaptés au contexte urbain de Goma.
Manque de sensibilisation et de formation.
Les citoyens, les entreprises et même certaines autorités locales ne comprennent pas
pleinement le principe pollueur-payeur ni leurs responsabilités environnementales.
Carence en ressources et capacités institutionnelles : les services municipaux chargés de
l’environnement manquent de personnel qualifié, de moyens logistiques et de financements
pour appliquer le PPP.
Absence de mécanismes de contrôle et de redevabilité : Il n’existe pas de système efficace pour
identifier les pollueurs, mesurer les nuisances, percevoir les redevances ou sanctionner les
infractions.
Méthodologie
Méthodologie du travail
Analyse comparative
- Comparaison avec d’autres villes congolaises : Bukavu, Kisangani, Lubumbashi
- Identification des bonnes pratiques et des écarts de gouvernance environnementale
Techniques
1. Analyse documentaire
- Étude des textes juridiques nationaux : Constitution, Loi nº11/009 (2011), décret nº17/018 (2017)
- Examen des instruments internationaux : Déclaration de Rio, conventions OCDE, accords multilatéraux
- Consultation de rapports d’ONG, publications académiques, documents municipaux
Résultats
Résultats du travail
Résultat 1 : Faible effectivité juridique du PPP
- Le principe pollueur-payeur est affirmé dans les textes (Loi nº11/009, décret nº17/018), mais
faiblement appliqué.
- Les mécanismes de sanction et de réparation sont peu opérationnels : absence de jurisprudence,
lenteur administrative, manque de moyens.
- Les entreprises polluantes échappent souvent aux sanctions, faute de contrôle effectif ou de volonté
politique.
Résultat 2. Mise en œuvre locale inégale à Goma
- La taxe environnementale instaurée par la mairie est mal comprise et mal acceptée par la population.
- Les fonds collectés sont mal gérés ou non affectés à des actions écologiques concrètes.
- Les initiatives de tri sélectif ou de gestion des déchets sont sporadiques, souvent portées par des ONG
ou des écoles, sans coordination municipale.
Résultat 3 : Faible implication des citoyens et des entreprises
- Les citoyens ignorent souvent leurs responsabilités environnementales et le contenu des lois.
- Les entreprises locales ne sont pas incitées à adopter des pratiques durables : manque de fiscalité
verte, absence de subventions ou de labels.
- La sensibilisation reste insuffisante, malgré quelques campagnes ponctuelles.
Résultat 5. Obstacles identifiés
- Manque de moyens financiers et humains dans les institutions environnementales
- Absence de cadre incitatif pour les acteurs économiques
- Faible articulation entre droit international et droit national
- Déficit de transparence dans la gestion des fonds environnementaux
Résultat 6. Recommandations proposées
- Renforcer les capacités des autorités locales en matière de contrôle et de sanction
- Créer un fonds environnemental transparent et participatif
- Intégrer le PPP dans les politiques fiscales locales (bonus/malus)
- Promouvoir l’éducation environnementale dès le primaire
- Encourager les partenariats public–privé pour des projets écologiques
Conclusion stratégique
- Le PPP peut devenir un outil puissant de transformation écologique à Goma s’il est juridiquement
encadré, techniquement soutenu et politiquement porté.
- La coopération internationale est essentielle pour surmonter les limites locales et favoriser une
transition vers une gestion durable des plastiques.
- Goma peut devenir un laboratoire d’innovation environnementale en RDC, à condition
d’institutionnaliser les initiatives locales et de renforcer la gouvernance urbaine.