0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
6 vues14 pages

Délinquance des mineurs : enjeux et droit

Transféré par

perezlili7805
Copyright
© All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
6 vues14 pages

Délinquance des mineurs : enjeux et droit

Transféré par

perezlili7805
Copyright
© All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

Lili

Perez

delinquance
des mineures
Université Aix Marseille
Faculté de droit et de sciences politiques
Semestre 4 licence de droit
Professeur Gallardo Eudoxie

Page 1 sur 14
Introduction
▶ Facteurs économiques et regard sur l’enfant ([Link]). Prospérité → enfant vu positivement,
système éducatif favorisée. Crise → enfant perçu avec méfiance, mesures répressives. Comparut° immédiate
= 8x plus de détent° que procédures classiques.

▶ État réel de la délinquance des mineurs → Sénat, rapport n°888, sept. 2022, Mme Boulay-Espéronnier :
Pas de bons indicateurs fiables. Statistiques policières/justice ≠ réalité (nbr de mineurs poursuivis ≠ nv réel
délinquance). Infract° en ligne souvent invisibles (âge de l’auteur pas tjr signalé). Chiffre 2016 - 2021 : baisse pour
atteintes aux biens (+28% vol, mais covid ?!), hausse pour atteintes aux prsn (-58,3 % violences sexuelles sur
majeurs). Catégorie floue « vieux mineurs » & « mijeurs » (mineurs isolés dont l’âge est incertain).

▶Criminalité spécifique actuelle. Stupéfiants = infract° centrale. Trafic = économie parallèle/survie, motivée
par appât du gain. Mis en cause pour trafic plus jeunes que ceux pour usage (mineurs vendent aux majeurs) car
amende forfaitaire délictuelle pour majeurs → police préfère viser usage des majeurs.

▶ Justice des mineurs. Justice applique réponse adaptée → alternatives aux poursuites (médiation, compo
pénale…) 60 % des réponses, contre 40 % poursuites. Inverse pour les majeurs. Délinquance spécifique →
justice spécifique → droit spécifique qui tient compte des particularités de l’adolescence. Depuis 20 ans
autonomie croissante du droit des mineurs → aboutissement = Code de la justice pénale des mineurs (2021).

I. le principe de l’autonomie du droit pénal des mineurs


A – définition

Autonomie d’un droit = corpus spécifique de règles, en dérogation au droit commun, mais jamais totalement
indépendant. Droit pénal des mineurs = autonome par rapport au droit pénal et à la procédure pénale, mais
reste rattaché (pas d’infractions spécifiques aux mineurs). Un mineur (prsn < 18 ans → majorité pénale = majorité
civile) ≠ enfant (lien de filiation).

Critère = âge au moment des faits. Pb quand jugement tardif (individu jugé à 35 ans pour faits à 17 ans →
pas de mesure éducative inadaptée). Calcul de l’âge heure à heure (JP). Preuve par tout moyen (docs, expertises
médicales). En cas de doute → bénéfice au mineur (art. 388 CC).

B – Fondements

▶ Juridique. Deux écoles mais même conclusion d’un droit adapté.

- École classique : Responsabilité pénale fondée sur faute = contrepartie du libre arbitre/conscience
(Beccaria, Des délits et des peines,1764). Conscience progressive chez les mineurs → droit adapté. Art.227-
17 CP : infract° si soustract° par un parent de ses obligat° légales à l’égard de son enfant, aggravée si
défaillance entraîne crime/délit → pour protéger l’infans → rarement appliqué = lien causal difficile à
prouver → il nous faut le libre arbitre.

- École positiviste (Lombroso, Garofalo, Ferry) : responsabilité fondée sur la dangerosité =critères
biologiques/sociaux. Prsn qu’on ne pourra pas sortir de la délinquance = criminels nés, mais mineur
considéré comme malléable → réponse pénale adapter.

▶ Biologique. Développement maturité affectif et discernement progressifs ≈ jusqu’à 25 ans → DP adapté à


l’évolution de la personnalité.

▶ Criminologique. Il y a trois types de délinquance → raisons supplémentaires pour adapter ce droit :


- Passagère : transgression liée à l’adolescence, cherche les limites (ex : fumer un joint).
- Symptôme : reflet d’une crise sociale/familiale → extériorisation du mal-être par violence.
- Inadaptation : infract° graves liées à précarité + troubles psychosociaux → difficulté à intégrer les règles.
Page 2 sur 14
II – L’évolution du droit pénal des mineurs

▶Droit romain → ancien régime. Enfant = adulte en miniature → pas de droit spécifique, simple atténuation
du droit commun. Catégorie particulière : infans (< 7 ans) → irresponsabilité absolue.

▶16e s → 18e s. Jusqu’à 14 ans pas de peines lourdes (mort, galères, mutilations) mais sanctions possibles tel
que le fouet, admonestation, exposition à la potence. À 14 ans peines courantes = fouet, internement,
bannissement, amendes.

▶ Révolution. Influence de Rousseau → émergence d’une pensée spécifique à l’enfance → majorité pénale
fixée à 16 ans. Système reste imparfait : art. 66 CP considère que = enfant discernant → prison correctionnelle
et non discernant → maison de correction où on retrouve aussi ceux placés par la correction paternelle. Période
dite disciplinaire. En 1836 création de la 1ʳᵉ prison pour mineurs, La Petite Roquette = isolement jour/nuit.

▶ Milieu 19e siècle. Critiques du système → création des colonies pénitentiaires = retour à la campagne (pense
que ville favorise commission d’infractions) + travail forcé → discipline très dure (poème de Prévert, La chasse à
l’enfant : révolte d’enfant suite punition violente pour peu).

▶Loi 22 juill. 1912. 1ère vraie prise en compte des mineurs. Créat° des tribunaux pour enfants/ado et introduct°
de la liberté surveillée (mineur suivi dans son milieu familial, durera jusqu’en 2021). Loi peu appliquée (1ʳᵉ GM).

▶ Ordonnance 2 fév. 1945. Tournant majeur : passage phase disciplinaire → thérapeutique. Objectif = pas que
de punir mais soigner, éducatif > répressif. « La France se sentait responsable de son enfant »
(sociologue [Link] ). Doctrine de la défense sociale nouvelle (Marc Ancel) : réinsert° > punit°. Pour d’autre
sociologue : enfants orphelins après guerre → enjeu de reconstruct° sociale et économique (formation futurs
ouvriers) → + logique droit du travail que DP.

- Aspects substantiels : Atténuation de responsabilité selon âge, < 18 peines d’emprisonnement et amendes
réduites de moitié et < 13 ans = irresponsabilité pénale. Principe : éducatif > répressif (mesures éducatives en
priorité > peine). Emprisonnement que si mesures éducatives insuffisantes.

- Aspects procéduraux : Créat° juge des enfants (statue seul ou préside tribunal pour enfants), compétent aussi
en assistance éducative (mineur délinquant = mineur en danger). Créat° cour d’assises des mineurs (crime, > 16
ans). Instruct° obligatoire = étude complète de la personnalité et de l’environnement du mineur avant
jugement (famille, santé, école, addictions, etc.).

▶ Remises en cause (années 2000). Critiques : juge trop laxiste. Importat° théorie de la tolérance zéro =
réaction sociale à chaque fait constitutif d’une infraction → durcissement DP. Alternatives aux poursuites
(1990) = déjudiciarisat° du traitement pénal chez les majeurs mais chez mineurs effet inverse car permet une
réponse médiane (plus de classement sans suite) → apparente hausse de la délinquance (+ de faits recensés).

▶ Lois de durcissement. La loi 9 sept. 2002 (loi d’orientat° et de programmat° pour la justice) : Principe de
la responsabilité pénale des mineurs. Créat° des EPM (établissements pénitentiaires pour mineurs) et
des CEF (centres éducatifs fermés) → enfermement mineurs + vers le milieu fermé . Introduct° des sanctions
éducatives dès 10 ans (entre mesures éducatives et peines). La loi 9 mars 2004 – Perben II (adaptat° justice aux
évolut° criminalité) suivie de loi 5 mars 2007 (prévent° délinquance), loi 10 août 2007 (lutte contre récidive),
loi 14 mars 2011 (sécurité intérieure)…

▶Conseil constitutionnel, dc. 29 août 2002. Consacre un PFRLR (valeur constitutionnelle) du droit pénal des
mineurs : atténuat° de responsabilité selon âge ; primauté éducatif sur répressif ; spécialisat° des juridict° ;
adaptat° des procédures. ⚠ Mais conciliat° avec OP, prévention, recherche des auteurs → validation du
durcissement législatif (dont loi 2002 et proposition récentes [Link] durcissant le DP des mineurs).

III - Le droit pénal des mineurs comparé

Page 3 sur 14
▶Adultomorphisme. Mineur = jugé comme majeur (mêmes peines, petites adaptations procédurales). Ex :
USA , certains États africains. ⚠ Cour Suprême, Roper v. Simmons (2005) : peine de mort interdite < 18 ans
passé a 1 voix près → modèle dur, rigoureux, sévère.

▶Modèle non pénal. Pas de resp. pénale → que mesures de protect°/assistance → procédures déjudiciarisées
(Ex : Belgique → mesures sûreté quasi-exclusives, révisables jusqu’à la majorité).

▶Modèle mixte. Équilibre protection/répression. Resp. pénale reconnue, mais priorité donnée aux mesures
éducatives avant la peine. Ex : Allemagne, Espagne, Italie, France.

IV – Le droit pénal international des mineurs


▶ Textes sans force obligatoire (influence normative). Règles de Pékin (1985, ONU) : Justice des mineurs =
recherche du bien-être. Réact° proportionnées au mineur + à l’infraction → importance de la connaissance de
la situation personnelle. Convention de New York (20 nov. 1989) : Art. 3 = intérêt supérieur de l’enfant →
principe fondamental. En France elle à un effet direct = invocable devant juge (Cass. civ. 1re, 18 mai 2005).

▶ Europe. Recommandat° 5 nov. 2008 : Sanct°/moyens pour mineurs = proportionnalité, respect droits
fondamentaux. CEDH : dvlp un droit spécifique aux mineurs délinquants → arrêt V.T. c. Royaume-Uni (16
déc. 1999) : primauté de l’intérêt supérieur de l’enfant ; justice doit tenir compte âge, maturité, capacités
émotionnelles/intellectuelles ; garantir compréhension de la procédure + participation effective du mineur.

▶UE. Attendre Traité de Lisbonne = compétences pénales pour l’UE. Directive du 11 mai 2016 : droits
procéduraux minimaux pour mineurs suspectés/poursuivis tel que → assistance obligatoire par avocat,
évaluat° personnalisée, droit à l’informat°, accompagnement par représentants légaux, désignat° d’un adulte
approprié pour suivre toute la procédure.

V – Le droit pénal des mineurs aujourd’hui


A – période 2000-2019 : De la consécration à la déconstruction

▶ En 2002. conformément à la décision du CC → réformes en série.

▶ Rapport Varinard (2007, groupe d’experts universitaires chargé par Rachida Dati). But = équilibre éducatif
/ répressif (fin du primat de l’éducatif). Objectif = justice plus efficace, prévention de la récidive. Propose un
âge de responsabilité pénale, procédure de « projet pénal » (césure entre culpabilité et sanction, réglé en env. 9 mois),
créat° d’un CJPM mélangeant l’héritage antérieure. Critiques : jugé trop répressif, marqué par une philosophie
néo-libérale/néo-utilitariste (mineur vu comme homo œconomicus rationnel). [Link] critique l’illusion rationnelle →
un mineur agit sans calcul coût/avantage.

▶Projet Taubira. S’inspire de la philosophie de la probation (mettre le mineur à l’épreuve) rejoins idée du sursis
+ confirme logique de la césure entre culpabilité/sanct° pour que le mineur évolue positivement av sanct°
définitive. Justice plus efficace et éducative. Mais le projet reste sans suite.

B – De 2019 à aujourd’hui : Le temps des réformes

Art. 93 loi 23 déc. 2019 habilite le gouvernement à réformer par ordonnance (art. 38 C°). Objectifs : simplifier
le procès, accélérer les jugements, renforcer la prise en charge éducative, mieux protéger les victimes, créer
un CJPM. Critiques : choix de l’ordonnance = pas de débat parlementaire classique.

Ordonnance 11 sept. 2019 : publicat° du CJPM (applicable après ratificat°).

Loi 26 fév. 2021 : adopt° définitive de la partie législative du CJPM.

30 sept. 2021 : EEV CJPM.

Page 4 sur 14
Mesures phares du CJPM :

- Nouvelle temporalité : Procédure de césure → jugement rapide sur la culpabilité, peine prononcée dans les
6 mois avec phase de mise à l’épreuve éducative (PMAE). Exception : audience unique si urgence.

- Présomption réfragable d’irresponsabilité pénale fixée à 13 ans : sauf discernement démontré.

- Suppress° de l’instruct° préparatoire pour délit : simplificat° + accélérat° + réduct° détent° provisoire.
S’explique par inquiétude du respect du procès équitable (art. 6§1 CEDH) = omniprésence du juge des
enfants peu porter atteinte au principe d’impartialité.

- Art. pré : réaffirme principes constitutionnels (PFRLR 29 août 2002) + intérêt > de l’enfant (art. 3 §1 CIDE).

⇒ ni laxiste ni trop répressif, mais pragmatique et adapté à son époque ([Link] ancienne députée).

Page 5 sur 14
PARTIE UNE
LE DROIT PENAL SUBSTANTIEL DES MINEURS DELINQUANTS

Titre UN
LA RESPONSABILITE PENALE

Le principe suscitant beaucoup de débats est affirmé : la responsabilité pénale du mineur est atténuée.

L’affirmation de la responsabilité pénale

Certains États → irresponsabilité pénale totale + mesures de sûreté.


En France → choix de la responsabilité pénale des mineurs → débat ancien.

Ordonnance de 1945 : Pas d’âge de responsabilité fixé, mais âge de capacité pénale = 13 ans → la peine doit
être comprise pour être utile/juste. Réductions de peine : 13-16 ans → peine ÷ 2, 16-18 ans → réduct° possible.
Débat sur fondement de la responsabilité pénale :

- Partisans du discernement (souplesse, adapté à l’évolution du mineur),


- Partisans d’un âge fixe (discernement = notion floue → source d’insécurité).

⇒ Art. 1er pas pris clairement position. Ordonnance voulait établir : - de 13 ans = présompt° irréfragable
d’irresponsabilité et + de 13 ans = présompt° simple d’irresponsabilité.

Cass. crim., Laboube, 13 déc. 1956 : Mineur responsable seulement s’il a compris et voulu l’acte. Introduct°
du discernement comme condit° → art. 122-8, CP 1994 confirme responsabilité possible dès 13 ans, mais
ambiguïté persiste. Certains auteurs distinguent culpabilité (faute, dol) et imputabilité (lien acte/personne) →
loi 9 sept. 2002 → art 122-8 consacre Laboube = discernement fondement responsabilité pénale des mineurs.

Discernement : capacité à distinguer le bien du mal, suppose libre arbitre. Débat : relève de la culpabilité car
impossible d’avoir intention sans discernement, ou de l’imputabilité car art. 1er et JP (ch. crim. 1991 : irresp.
pen. auteur empêche pas resp. du complice).

Art. 40-3 Convent° New York : États fixe âge minimum en dessous duquel mineurs pas de poursuites pénales.

CJPM (2021) : Maintient le fondement discernement (al. 1, art. L.11-1) et instaure une double présompt° →
- 13 ans présompt° de non-discernement et + 13 ans présompt° de discernement (al. 2). Fixe clairement un seuil
d’âge de 13 ans tout en gardant la logique du discernement.

Les seuils de responsabilité pénale

L’âge / le seuil de la responsabilité pénale ?

Avant 1945 seuil fixé autour de 6-7 ans, mais purement théorique car basé sur un discernement flou. Rapport
Varinard préconise un seuil clair à 12 ans, avec présompt° simple d’IP. En droit comparé seuil très variable
(8 ans Écosse/Grèce, 10 ans Angleterre/Suisse, 12 ans Pays-Bas/Portugal/Belgique, 14 ans
Espagne/Allemagne /Italie, 15 ans Suède, 18 ans Luxembourg). En France, ajd, on opte pour une double
présomption simple de capacité ou non a distingué, car présompt° irréfragable = favorise instrumentalisat° des
+ jeunes. On ne peut pas parler d’un âge fixe de RP, le discernement restant au cœur de la question.

Art. L.11-1 al. 2 : discernement = avoir compris/voulu l’acte + comprendre la procédure.

Page 6 sur 14
Art. R.11-1 : sources pour prouver ou non le discernement (déclarat°, témoignage, éléments d’enquête,
circonstances, bulletin de note, expertise psychiatrique ou psychologique…). C’est le magistrat qui
l’appréciera le plus souvent.

L’act° publique ne peut être déclenchée que si des éléments de discernement apparaissent dans la procédure.
Si abs de discernement → classement sans suite mais possibilité de saisir l’aide sociale à l’enfance. Les < 13
ans peuvent quand même être entendus (audition, commission rogatoire, retenue).

Les seuils d’atténuation de la Responsabilité pénale

10 ans À partir de 13 ans 13-16 ans 16-18 ans


Possibilité Mesures éducatives Peine privatives de liberté Juge peut écarter la ÷ si décis°
de sanct° + peines possibles = aucune (L121-5 CJPM) ou d’amende motivée ( L121-7 CJPM).
/mesures peine pour mineur < 13 ans (ch. (L121-6 CJPM) ÷ 2. Plafond Plafond 30 ans pour perpétuité
éducatives. crim., 14 nov. 2017, amende 38€). 20 ans pour perpétuité. (loi 18 nov. 2016).

Titre deux
LES REPONSES PENALES (EDUCATIVE OU REPRESSIVE)

Les mesures éducatives : mesure de sûreté

Le contenu des mesures éducatives

Nombreuses sous l’ordo de 1945 = + de 15. Ajd que deux, mais une d’elles agit comme une poupée russe.

I. L’avertissement judiciaire

Héritier de l’ancienne admonestation (réprimande). Pas de suivi, parfois accompagnée d’une remise à parents.

II. La mesure éducative judiciaire (MEJ) → art. 112-1 CJPM

Objectifs : protection, assistance, éducation, insertion, accès aux soins. Personnification :

• Cœur (art. L. 112-2) : accompagnement individualisé à partir situat° perso/familiale/sanitaire/sociale.

• Corps : composée de plsr modules eux mm composé d’autres : insertion, réparation, santé, placement).

o Insert° (L112-5) : orientat° scolaire/professionnelle = accueil de jour, internat, établissement scolaire.


o Réparat° (L112-8) : activité d’aide ou réparat° (matériel/moral) envers la victime/collectivité ou médiat°
victime-mineur avec un tiers = construire bases relation future.
o Santé (L112-11) : orientat° sanitaire, placement en établissement de santé ou médico-social (addictions).
o Placement (L112-14) : chez un proche, une personne digne de confiance, établissement public PJJ/privé
habilité (hors CEF). Placement préventif à l’ASE possible → en pratique peu efficaces (fugues…).

Obligat°/interdict° possibles (liste CJPM) : interdict° de paraître dans certains lieux (max 1 an), interdict° de
contact avec victime/coauteurs (max 1 an), couvre-feu 22h-6h (max 6 mois), obligat° de remettre un objet lié à
l’infract°, stage de formation civique (max 1 mois, sensibilisat° au harcèlement possible), interdict° d’utiliser
certains comptes en ligne (max 6 mois).

• Tête : peut être prononcée probatoirement, à titre de sanction (max 5 ans), ou cesser à 21 ans s’il est devenu
majeur.

Page 7 sur 14
Le régime des mesures éducatives

▶L’avertissement judiciaire. Ne peut pas être prononcé seul, si déjà utilisé pour une infract° identique – d’1
an avant (règles récidive).

▶La MEJ. Cumuls possibles (art. L112-3 CJPM) entre interdict° + interdict°, obligat° + obligat°, interdict° +
obligat°, modules + obligat°/interdict°. Possibilité de combiner répressif + éducatif au stade :
- Prononcé de la peine (art. L111-3) : cumul peines + mesures éducatives.
- Exécution de la peine (art. L621-3) : obligations du sursis probatoire + mesures éducatives.
- Aménagement de peine : assistance, surveillance, scolarité/formation, contrat EPIDE (formation militaire).

Les mesures éducatives ne comptent pas dans le calcul de la récidive. Mesures particulières :

- Déclarat° de réussite éducative (art. 111-6 CJPM) : Possible si le mineur respecte totalement ses obligat°
en mise à l’épreuve éducative. Met fin au procès (rarement utilisée).

- Dispense de peine (art. 132-59 CP) : Conditions = reclassement acquis + dommage réparé + trouble cessé.
Restaure le statu quo, mais reste une peine (≠ relaxe). Peut ne pas figurer au casier judiciaire. Possible aussi
en matière contraventionnelle ou correctionnelle pour mineur = dispense éducative.

Les peines : la réponse répressive

Les peines exclues (art. L121-1 CJPM)

Toutes peines incompatibles avec l’âge / l’objectif de relèvement éducatif. Ex : interdict° d’accès au territoire
français, peine du jour-prison, interdict° des droits civiques, civils et de famille, interdict° d’exercer une fonct°
publique, interdict° d’exercer une activité pro/sociale, interdict° de séjour + période de sûreté (empêche tout
aménagement de peine, contraire au relèvement éducatif).

L’adaptation de certaines peines

▶TIG. Doit être formateur / favoriser l’insert°. Applicable aux mineurs de 16 ans au jour du jugement, s’ils
avaient ≥ 13 ans au moment des faits (réforme 23 mars 2019).

▶ Sursis probatoire. Peut intégrer des mesures éducatives.

▶ Suivi socio-judiciaire. Adaptable avec mesures éducatives.

▶Détent° à domicile sous surveillance électronique. Obligatoirement accompagnée d’une mesure éducative
confiée à la PJJ.

▶Peine de prison. Détention spécifique (séparat° des majeurs), formation professionnelle, activités éducatives et
sportives, présence systématique de la PJJ en prison (loi 9 mars 2004), maintien des liens familiaux.

▶Casier judiciaire des mineurs (art. L631-1 et s. CJPM). Pas d’effacement automatique à 18 ans (loi 9 mars
2004). Les mentions sont inscrites dans le bulletin n°1 (seules autorités judiciaires accès), et peuvent être des
condamnat°, mesures éducatives, sanct°, compo pénales (L631-1 CJPM). Durée conservation (L631-3) :

- mesures éducatives / dispenses / déclarations éducatives → effacement après 3 ans,


- sanctions pénales → délais plus longs (CPP).

Réhabilitat° spéciale (art. L631-4) : possible après 3 ans si relèvement éducatif acquis, demande recevable
même si mineur devenu majeur, décis° prise par le tribunal pour enfants (dernier ressort). Juridict° compétentes
: celle de la poursuite initiale / domicile actuel / lieu de naissance.
Page 8 sur 14
PARTIE deux
LE DROIT PENAL PROCEDURAL DES MINEURS DELINQUANTS

S’entend à la fois des acteurs spécialisés amenés à traiter des affaires impliquant les mineurs et de la procédure
→ ces deux aspects se retrouvent dans le PFRLR de spécialisat° de la justice pénale des mineurs (CC, 2002).

Titre UN
LA JUSTICE PENALE DES MINEURS DELINQUANTS (livre II CJPM)

Les acteurs judiciaires

Le parquet

Magistrat représentant le MP, déclenche et exerce l’action publique. Principe d’indivisibilité : tout membre
peut représenter le Procureur → limite la spécialisat°. Mais en pratique spécialisation progressive → consacrée
par art. L12-2 CJPM : l’AP concernant un mineur est exercée par des magistrats spécialement désignés.
Intérêt de la spécialisat° : lien avec la matière civile (assistance éducative pour saisir juge civil), meilleure politique
criminelle (bien pour alternatives aux poursuites du pdv protection judiciaire de la jeunesse).
⚠ Dérogat° (L211-1 et s.) : en cas d’urgence ou empêchement, tout magistrat du parquet peut remplacer (wk,
vacances).

Les juridictions (art. L12-1 CJPM)

I. Les juridictions de droit commun adaptées


A – L’adaptation au stade de l’instruction

▶ Juge d’instruction. Avant juge des enfants instruisait en matière délictuelle → problème d’impartialité car
il présidait aussi la juridict° de jugement. Ajd si instruct° nécessaire = seul JI° compétent (matière criminelle et
délictuelle complexe : mineurs + majeurs, faits complexes). Garantie exigée par CC., dc 2002 → possibilité de désigner
un JI° spécialisé affaires concernant mineurs.

▶ Chambre de l’instruction. Compo° adaptée avec un conseiller délégué à la protect° de l’enfance (souvent
ancien juge des enfants). Ce conseiller ne peut ni présider ni rapporter (JP Cass. depuis 1980s). Compétente
pour décis° du JI° ou JLD.

▶ Le JLD spécialisé mineurs (loi 15 juin 2000). Compétent pour le contentieux de la détention provisoire au
stade de l’instruction (maintient/placement) et avant jugement (ante sentenciel).

Dans procédures rapides mineur déféré/convocat° pour comparaître = jugement sous 10 j. – 3 mois où pas
d’instruction. Qnd mineur déféré si ≥ 16 ans + procédure d’audience unique → placement en détent° provisoire
possible → av 2000 compétence juge des enfants (spécialité mais pas impartialité) mais depuis 2000
compétence du JLD → impartialité prime sur spécialité.

Problème : en pratique JLD statuent sans tenir compte des spécificités mineurs → spécialisat° peu effective.

Après jugement compétence revient au juge des enfants (plus prblm d’impartialité car a déjà statué sur culpabilité).

Page 9 sur 14
B – L’adaptation au stade du jugement

▶ La chambre spéciale de la cour d’appel. Composée de 3 magistrats conseillers, dont l’un (président ou
rapporteur) doit être conseiller délégué à la protection de l’enfance. L’arrêt doit constater sa présence (ou son
remplacement régulier) → sinon cassation. Si ce conseiller ne préside pas, il doit au moins être rapporteur.
Compétence : appels contre décisions du juge des enfants et tribunal pour enfants. Depuis loi 2004 exerce aussi
les attribut° de la chambre d’application des peines.

▶ La cour d’assises des mineurs (et cour d’assises d’appel des mineurs). Créée car tribunal pour enfants
incompétent pour juger crimes des mineurs de 16-18 ans (âge apprécié au jour des faits = d’OP). Composer d’1
conseiller de la CA (président), 2 juges des enfants (assesseurs), jurés (6 en premier ressort, 9 en appel) → critiquée
car juridict° la - spécialisée malgré gravité des faits.🚨 Le conseiller délégué à la protect° de l’enfance ne peut
siéger comme président ou assesseur.

Depuis loi 10 août 2011 → art. L231-9 CJPM → validée par CC., 29 nov. 2013 = compétence élargie aux
crimes/délits commis par mineur avant 16 ans, après majorité ou coauteurs/complices majeurs si connexe ou
indivisible avec crimes commis par mineurs âgés d’au moins 16 ans.

▶ Le tribunal de police. Pas de véritable adaptation. Compétent pour contraventions des 4 premières
classes commises par des mineurs. Art. L121-3 CJPM : Pas de peine si mineur < 13 ans et à partir de 13 ans
dispense de peine ou amende avec atténuation.

II. Les juridictions spécialisées


A – le juge des enfants

▶ Généralités sur le juge des enfants. Choisi parmi les juges du tribunal judiciaire selon intérêt/aptitudes pour
l’enfance. Formation spécialisée à l’ENM. Rôle central mais concurrencé par Parquet, qui oriente les
procédures (mesure éducative, audience unique, instruction…) et décide s’il saisit le juge des enfants ou
le tribunal pour enfants.

▶ Compétence du juge pour enfant.


- Compétence territoriale (art. L231-1 CJPM) : Priorité selon lieu de résidence du mineur/parents, à défaut
lieu de placement → lieu de l’infract° → lieu où mineur est trouvé. Possibilité de dessaisissement vers le
juge le plus adapté (ex : trafic à Marseille mais résidence ailleurs).

- Compétence matérielle : Le juge n’instruit plus (CJPM), reste juge de jugement et d’applicat° des peines.

En jugement le JE pourra statuer soit :

- Audience de cabinet (juge seul, MP non obligatoire) : Compétent pour délits et contraventions 5e classe. Peut
prononcer mesures éducative + pouvoirs renforcés par l’art. L121-4 CJPM : peut prononcer des peines
éducatives dès 13 ans (confiscation, stage, TIG) sur réquisition proc + circonstances justifies.

- Président du tribunal pour enfants (juridict° collégiale) : Compétent pour délits, contraventions de 5e classe,
crimes commis par mineurs < 16 ans (sauf prorogat° compétence cour d’assises mineurs).

Le cumul instruction/jugement et son évolution : Avant 2010 JE pouvait instruire et juger → considéré
favorable à la rééducat° et pas contraire à l’impartialité (CEDH c. Pays-Bas, 1993 et cass., Lejeune, 1993).
Revirement 2010 = cumul contraire à l’art. 6-1 CEDH – impartialité (CEDH c. Pologne, 2 mars 2010) → droit
interne QPC CC., 8 juil. 2011 = censure du cumul → Loi 26 fév. 2011 = JE ayant renvoyé l’affaire devant le
tribunal pour enfants ne peut pas le présider. AJD - CJPM : suppression de la compétence d’instruct° → JE
peut présider le tribunal pour enfants sans problème.

Page 10 sur 14
B – le tribunal pour enfants

▶ Organisation. Juridict° collégiale, présidée par JE + 2 assesseurs non-magistrats (français, +30 ans,
intérêt/compétence en matière d’enfance).

▶ Compétence. Tendance → tribunal pivot (saisi le plus souvent).


- Compétence territoriale : même principe + dessaisissement que pour JE.
- Compétence matérielle : Délits + contraventions 5e classe mineurs ≥ 13 ans et crimes mineurs ≥ 16 ans.

III. Publicité restreinte : propre aux juridictions pour mineurs (L12-3 CJPM)

Entre le principe de publicité des débats (art. 6 CvEDH) et la dérogation du huis clos. L513-2 CJPM : devant
Trib. de police, Trib. pour enfants et Cour d’assises des mineurs seuls admis → victime, témoins, représentants
légaux, proches, avocat, services sociaux, etc → règle d’OP. Apprécier strictement par JP cass. crim., 26 mars
2025 : rigueur si mineur encore mineur au jour du jugement ; si devenu majeur → prouver le grief de la publicité
restreinte.

S’accompagne d’autres interdictions (art. L513 CJPM) = publicat° débats interdit + interdict° de révéler
identité/personnalité des mineurs sinon amende 15.000 €. Assouplissement (art. L513-3 CJPM) = si mineur
devenu majeur → peut demander publicité (sauf présence d’un autre prévenu mineur, opposition d’un autre ou intérêt
du mineur).

Les auxiliaires de justice

▶ Le greffier. Pas spécialisé mais rôle important qnd reçoit procédures/actes, tient notes d’audience
(témoignages, déclarat° faites par poursuivies …).

▶ L’avocat (art. L12-4 CJPM). Assistance obligatoire du mineur poursuivi/condamné. Mineur participe au
choix de l’avocat. Si désignat° d’office mm avocat si possible à tt étape. ⚠ Vise pas le mineur simple suspect.

Les acteurs parajudiciaires

▶ La protect° judiciaire de la jeunesse (PJJ). Administrat° récente (émancipée de l’administrat° pénitentiaire dans
années 70) confiée de la mise en œuvre des décisis° de justice concernant mineurs (L241-1 CJPM) et chargée
de ≠ miss° (D241-10 CJPM) : aide à la décis° du juge (profil/personnalité du mineur) ; mise en œuvre des décisi°
(suivi éducatif en milieu ouvert, insert°, accompagnement des mineurs détenus) ; accueil et informat° des mineurs et
familles ; participat° aux politiques publiques (coordinat° avec collectivités, protect° de l’enfance, prévent°
délinquance). La PJJ → mesures pénales tandis que l’ASE → mesures civiles.

▶ L’évaluat° obligatoire (L322-1 et s. CJPM). Avant tte mesure éducative ou peine → évaluat° de la
personnalité, de la situation sociale/familiale du mineur. Objectif = cohérence des décisions. Deux outils :

- Recueil de renseignements socio-éducatifs (RRSE) : évaluation la + prononcé, rapide et synthétique.


Rapport avec proposit° éducative ou mesure d’insert°. Intervient à tous stades de la procédure (pour
placement/maintien détention provisoire, pour alternatives aux poursuites comme compo pénale…).

Composition pénale : sanct° rapide, mesure proposée acceptée par mineur qui reconnait sa culpabilité →
évite procès. CC., 9 avril 2021 (QPC) = abs de droit au silence = inconstitutionnel. Loi 22 déc. 2021 =
mineur doit être informé de son droit de se taire.

- Mesure judiciaire d’investigat° éducative (MJIE) → art. L322-7 CJPM : Évaluati° approfondie et
interdisciplinaire (y compris médicale). Peut être ordonnée par juge des enfants, JI°, juridict° de jugement à
tous les stades de la procédure. Mise en œuvre par PJJ ou services habilités. Rapport avec proposit°
éducative ou d’une mesure d’insert°.
Page 11 sur 14
Titre deux
LE PROCES PENAL DES MINEURS DELINQUANTS

Les alternatives aux poursuites

différentes mesures alternatives → art. 41-1

Pas d’inscript° au casier. Prononcé par proc mais mise en œuvre souvent déléguée (OPJ, délégué du proc,
médiateur, associat° habilitées, PJJ). À condit° de réparer le dommage, mettre fin au trouble, contribuer au
reclassement. Le représentant légal est convoqué obligatoirement car toutes ces mesures nécessite accord
exprès des parents (sauf le rappel à la loi) → sanct° possible si abs injustifiée (amende + stage de responsabilité
parentale).

Exemples de mesures majeurs et mineurs Exemples de mesures que pour mineurs (art. L422-1 CJPM)
- rappel à la loi, - Stage format° civique (= stage citoyenneté adapté à l’âge).
- orientat° vers structure sanitaire/sociale/pro, - Médiat° pénale → mise en place par la PJJ.
- stage ou format° (citoyenneté, stupéfiants…), - Obligat° de justifier de l’assiduité scolaire/formation pro.
- réparat° du dommage,
- médiat° (accord victime)

⚠ Si non-exécut° par le mineur → le procureur peut engager une comp pénale ou des poursuites.

La composition pénale → art. 41-2 et 41-3

Inscript° au casier judiciaire (bulletin n°1) → + grave que art. 41-1. L’art. 41-2 CPP concerne les délits (punis
d’amende ou emprisonnement ≤ 5 ans) et l’art. 41-3 CPP les contravent° 5e classe. Nécessite la reconnaissance de
culpabilité par l’auteur. Avant tte compo pénale la PJJ réalise un RRSE (recueil renseignements socio-éducatifs).
Accord du mineur + ses représentant + en présence avocat requis. Validé par juge des enfants qui peut
auditionner le mineur ou ses parents.

⚠ La comparut° sur reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC) est une procédure avec poursuites,
applicable qu’aux majeurs car peut déboucher sur peine contrairement à la compo pénale.

Exemples de mesures possible dans le cadre d’une compo pénale


- Amende (pas de réduct° légale, montant laissé à l’appréciat°). - Consultat° psychiatrique/psycho.
- Stage d’obligat° civique (avec possible sensibilisat° au harcèlement).
- Suivi régulier scolarité ou format° pro.
- Contrat ÉPIDE (Établissement pour insert° dans l’emploi ; mineur ≥ 13 ans).
- Stage sensibilisat° stupéfiants.
- Respect d’une décis° de placement éducatif déjà prononcée.

⚠ Si non-exécution = poursuites sont reprises.

Les mesures de contrainte ante-sententielles

Mesures appliquées avant jugement (GAV avant compo pénale). Classificat° difficile → CJPM distingue
désormais les temps procéduraux.

Les mesures de contraintes au stade de l’enquête

Âge du mineur apprécié au jour de la mesure :


- < 10 ans → audit° sous régime du témoin.
- 10-13 ans → retenue judiciaire = GAV allégée, - contraignante.
- ≥ 13 ans → GAV possible.
Page 12 sur 14
▶ La retenue judiciaire (art. 62-2 CPP). Mesure de contrainte spécifique aux mineurs 10-13 ans → GAV
raccourcie : max 12h, prolongat° rare par décis° motivée du magistrat (max +12h) après présentat° du mineur
→ durée doit être limitée au temps nécessaire à l’audit°, présentat° au magistrat, remise aux parents/services
éducatifs. Pour crime/délit punies d’au - 5 ans de prison. Droits garantis (loi 14 avril 2011) : informat°
immédiate des parents, examen médical obligatoire, avocat obligatoire dès le début (désigné d’office si besoin).

▶ La GAV. Dès 13 ans. Le droit commun de la GAV s’applique aux mineurs + spécificités pour mineurs :

- Art. L413-10 CJPM : prolongat° que si crime/délit puni d’au - 5 ans de prison pour mineur 13-16 ans +
présentat° devant magistrat (visio possible mais protect° amoindrie).

- Pour mineur 13-16 ans examen médical obligatoire (facultatif pour 16-18 ans).

- Parents informés dès le début.

- Avocat obligatoire dès le début, sans possibilité de renonciation. CC., QPC, 16 nov. 2018, affaire du petit
Grégory → contrôle de proportionnalité sur ce droit → annulat° possible de GAV anciennes → qst° de
sécurité juridique.

- Enregistrement audiovisuel obligatoire des auditions (art. L413-12) : pas de condamnat° possible que sur
la base de déclarat° non enregistrées si contestées. Il est consultable seulement en cas de contestation du PV
et aucune copie ne peut être délivrée aux parties/avocats (art. L413-13). Conservat° 5 ans max après extinct°
de l’APU = destruct° obligatoire → diffus° interdite (1 an prison + 15 000 € amende).

▶ L’audition libre (art. L412-1 et art. L412-2 CJPM). Initialement calquée sur le régime des majeurs →
avocat facultatif, mais circulaire 2014 → avocat obligatoire, mais source fragile → CJPM intègre l’obligation
: avocat désigné d’office si non choisi, mais seulement pour les délits punis d’emprisonnement. ⚠ Pour autres
infract° → avocat non obligatoire = lacune critiquée.

Les mesures de contrainte au stade de l’instruction

▶ La détention provisoire. Condit° droit commun (art. 344 CPP) + condit° spéciales d’âge au jour des faits :

• 16-18 ans → détention provisoire possible si :


o Peine criminelle encourue → 1 an, renouvelable 2×6 mois.
o Peine correctionnelle ≥ 3 ans → peine ≤ 7 ans = 1 mois, renouvelable 1x.
→ peine > 7 ans = 4 mois, renouvelable 2x.
o Soustraction aux obligat° d’un CJ ou ARSE.

• 13-16 ans → régime + protecteur, DP possible que si :


o Peine criminelle → 6 mois max, renouvelable 1×6 mois (exceptionnel).
o Soustract° obligat° CJ/ARSE → suite révocat° CJ = 15j, renouvelable 1x.
→ délit puni de 10 ans = 1 mois, renouvelable 1x.
Il y a donc une gradat° en matière correctionnel : CJ simple → CEF → DP en cas de non-respect.

⚠ Toute DP doit être accompagnée d’une mesure éducative judiciaire (MEJ) → obligatoire depuis CJPM.

▶ Le contrôle judiciaire. Dès 13 ans (car si non-respect DP possible). Contient des obligat° de droit commun
(interdict° de contacter certaines prsn) + obligat° spécifiques mineurs : suivi PJJ (protect°, assistance, surveillance,
éducat°), placement en CEF (6 mois, renouvelable 1x), stage civique, scolarité/format° obligatoire. Limité pour
mineurs 13-16 ans, envisagé crime/délit que si : peine prison ≥ 5 ans + déjà condamné, peine ≥ 7 ans ou peine
≥ 5 ans pour violences volontaires, agressions sexuelles ou violences aggravées.

Remarque : mineurs souvent connus pour rébell° (L433-6 CP), mais peine permet pas d’appliquer CJ → MEJ.
Page 13 sur 14
▶ L’assignat° à résidence sous surveillance électronique – ARSE ( L333-1 et L333-2 CJPM). Dès 16 ans,
si peine ≥ 3 ans prison. Conditions : accord représentants légaux (car au domicile) + accompagnée d’une MEJ.
Projet Attal est de l’étendre dès 13 ans → incohérence, car conçue comme alternative à la DP, pas au CJ et
que les mineurs < 16 ans ne peuvent normalement pas être placés en DP.

Les procédures de jugement en matière correctionnelle

Art. L423-4 CJPM = juridict° spécialisée → accélérat° procédurale : jugement en 1 an max (av jusqu’à 7 ans).

Principe : procédure mise à l’épreuve éducative (L521-1 et s.)

Le proc saisit JE, mais si mineur ≥ 13 ans + encourt peine ≥ 3 ans prison → possible saisine TPE
(gravité/personnalité/complexité faits) → permet peine privative de liberté impossible devant JE.

▶ L’audience d’examen de la culpabilité. Intervient entre 10 jours et 3 mois après saisine. Juge statue sur
culpabilité + action civile + ouverture (ou non) de la période éducative. À ce stade rien est figé → possibilité
de permutat° vers audience unique (art. L.521-2) si juge estime être suffisamment informé, souvent en guise
d’avertissement judiciaire (clôture sans phase éducative) et + rarement pour prononcé immédiat peine éducative.

▶ La période de mise à l’épreuve éducative. Dure entre 6 à 9 mois. Cadre temporel dans lequel le mineur
doit démontrer efforts de réinsert°/respect des règles. Des mesures possibles (art. L.521-14) sont possible tel
que : expertise médicale/psychologique, MJIE, MEJP, contrôle judiciaire, assignation à résidence.

▶ L’audience de prononcé de la sanction (L521-24). Permet à la juridict° de statuer sur la sanct° définitive
et sur l’act° civile/éventuelles demandes de la victime (si non prononcée avant). Jonction des procédures possible
si pendant période de mise à l’épreuve éducative mineur commet nv faits → jugés en même temps à cette
audience finale.

Deux situations sont possibles (avec un délai pour juger entre 10j et 3 mois max) :

• Non déféré : PV = convocat°, aucune mesure provisoire possible pendant ce délais.


• Déféré : PV remis en main propre = convocation et des mesures provisoires possibles (art. L423-9) :
o MEJP (mesure éducative judiciaire provisoire) ou MJIE (mesure judiciaire d’investigation éducative).
o Mesures de sûreté : CJ ou ARSE.
o DP interdite en 1ère intent°, possible que si manquement au CJ/ARSE. Exception si mineur ≥16 ans +
procédure audience unique → DP possible d’emblée.

ExceptioN : L’audience unique (L521-26 et 27 CJPM)

Le proc peut statuer en audience unique devant TPE si :


• Peine encourue + âge : <16 ans → peine ≥ 5 ans,
≥16 ans → peine ≥ 3 ans.
• Situation perso du mineur : Antécédent judiciaire + rapporté dans un document de - 1 an,
OU refus relevé d’empreintes digitales.

Juge statue en 1 seule audience : culpabilité + sanction ⇒ réponse rapide et concentrée. Souplesse prévue car
peut basculer vers mise à l’épreuve éducative si personnalité/perspectives du mineur l’exigent.

Page 14 sur 14

Vous aimerez peut-être aussi