Délinquance des mineurs : enjeux et droit
Délinquance des mineurs : enjeux et droit
Perez
delinquance
des mineures
Université Aix Marseille
Faculté de droit et de sciences politiques
Semestre 4 licence de droit
Professeur Gallardo Eudoxie
Page 1 sur 14
Introduction
▶ Facteurs économiques et regard sur l’enfant ([Link]). Prospérité → enfant vu positivement,
système éducatif favorisée. Crise → enfant perçu avec méfiance, mesures répressives. Comparut° immédiate
= 8x plus de détent° que procédures classiques.
▶ État réel de la délinquance des mineurs → Sénat, rapport n°888, sept. 2022, Mme Boulay-Espéronnier :
Pas de bons indicateurs fiables. Statistiques policières/justice ≠ réalité (nbr de mineurs poursuivis ≠ nv réel
délinquance). Infract° en ligne souvent invisibles (âge de l’auteur pas tjr signalé). Chiffre 2016 - 2021 : baisse pour
atteintes aux biens (+28% vol, mais covid ?!), hausse pour atteintes aux prsn (-58,3 % violences sexuelles sur
majeurs). Catégorie floue « vieux mineurs » & « mijeurs » (mineurs isolés dont l’âge est incertain).
▶Criminalité spécifique actuelle. Stupéfiants = infract° centrale. Trafic = économie parallèle/survie, motivée
par appât du gain. Mis en cause pour trafic plus jeunes que ceux pour usage (mineurs vendent aux majeurs) car
amende forfaitaire délictuelle pour majeurs → police préfère viser usage des majeurs.
▶ Justice des mineurs. Justice applique réponse adaptée → alternatives aux poursuites (médiation, compo
pénale…) 60 % des réponses, contre 40 % poursuites. Inverse pour les majeurs. Délinquance spécifique →
justice spécifique → droit spécifique qui tient compte des particularités de l’adolescence. Depuis 20 ans
autonomie croissante du droit des mineurs → aboutissement = Code de la justice pénale des mineurs (2021).
Autonomie d’un droit = corpus spécifique de règles, en dérogation au droit commun, mais jamais totalement
indépendant. Droit pénal des mineurs = autonome par rapport au droit pénal et à la procédure pénale, mais
reste rattaché (pas d’infractions spécifiques aux mineurs). Un mineur (prsn < 18 ans → majorité pénale = majorité
civile) ≠ enfant (lien de filiation).
Critère = âge au moment des faits. Pb quand jugement tardif (individu jugé à 35 ans pour faits à 17 ans →
pas de mesure éducative inadaptée). Calcul de l’âge heure à heure (JP). Preuve par tout moyen (docs, expertises
médicales). En cas de doute → bénéfice au mineur (art. 388 CC).
B – Fondements
- École classique : Responsabilité pénale fondée sur faute = contrepartie du libre arbitre/conscience
(Beccaria, Des délits et des peines,1764). Conscience progressive chez les mineurs → droit adapté. Art.227-
17 CP : infract° si soustract° par un parent de ses obligat° légales à l’égard de son enfant, aggravée si
défaillance entraîne crime/délit → pour protéger l’infans → rarement appliqué = lien causal difficile à
prouver → il nous faut le libre arbitre.
- École positiviste (Lombroso, Garofalo, Ferry) : responsabilité fondée sur la dangerosité =critères
biologiques/sociaux. Prsn qu’on ne pourra pas sortir de la délinquance = criminels nés, mais mineur
considéré comme malléable → réponse pénale adapter.
▶Droit romain → ancien régime. Enfant = adulte en miniature → pas de droit spécifique, simple atténuation
du droit commun. Catégorie particulière : infans (< 7 ans) → irresponsabilité absolue.
▶16e s → 18e s. Jusqu’à 14 ans pas de peines lourdes (mort, galères, mutilations) mais sanctions possibles tel
que le fouet, admonestation, exposition à la potence. À 14 ans peines courantes = fouet, internement,
bannissement, amendes.
▶ Révolution. Influence de Rousseau → émergence d’une pensée spécifique à l’enfance → majorité pénale
fixée à 16 ans. Système reste imparfait : art. 66 CP considère que = enfant discernant → prison correctionnelle
et non discernant → maison de correction où on retrouve aussi ceux placés par la correction paternelle. Période
dite disciplinaire. En 1836 création de la 1ʳᵉ prison pour mineurs, La Petite Roquette = isolement jour/nuit.
▶ Milieu 19e siècle. Critiques du système → création des colonies pénitentiaires = retour à la campagne (pense
que ville favorise commission d’infractions) + travail forcé → discipline très dure (poème de Prévert, La chasse à
l’enfant : révolte d’enfant suite punition violente pour peu).
▶Loi 22 juill. 1912. 1ère vraie prise en compte des mineurs. Créat° des tribunaux pour enfants/ado et introduct°
de la liberté surveillée (mineur suivi dans son milieu familial, durera jusqu’en 2021). Loi peu appliquée (1ʳᵉ GM).
▶ Ordonnance 2 fév. 1945. Tournant majeur : passage phase disciplinaire → thérapeutique. Objectif = pas que
de punir mais soigner, éducatif > répressif. « La France se sentait responsable de son enfant »
(sociologue [Link] ). Doctrine de la défense sociale nouvelle (Marc Ancel) : réinsert° > punit°. Pour d’autre
sociologue : enfants orphelins après guerre → enjeu de reconstruct° sociale et économique (formation futurs
ouvriers) → + logique droit du travail que DP.
- Aspects substantiels : Atténuation de responsabilité selon âge, < 18 peines d’emprisonnement et amendes
réduites de moitié et < 13 ans = irresponsabilité pénale. Principe : éducatif > répressif (mesures éducatives en
priorité > peine). Emprisonnement que si mesures éducatives insuffisantes.
- Aspects procéduraux : Créat° juge des enfants (statue seul ou préside tribunal pour enfants), compétent aussi
en assistance éducative (mineur délinquant = mineur en danger). Créat° cour d’assises des mineurs (crime, > 16
ans). Instruct° obligatoire = étude complète de la personnalité et de l’environnement du mineur avant
jugement (famille, santé, école, addictions, etc.).
▶ Remises en cause (années 2000). Critiques : juge trop laxiste. Importat° théorie de la tolérance zéro =
réaction sociale à chaque fait constitutif d’une infraction → durcissement DP. Alternatives aux poursuites
(1990) = déjudiciarisat° du traitement pénal chez les majeurs mais chez mineurs effet inverse car permet une
réponse médiane (plus de classement sans suite) → apparente hausse de la délinquance (+ de faits recensés).
▶ Lois de durcissement. La loi 9 sept. 2002 (loi d’orientat° et de programmat° pour la justice) : Principe de
la responsabilité pénale des mineurs. Créat° des EPM (établissements pénitentiaires pour mineurs) et
des CEF (centres éducatifs fermés) → enfermement mineurs + vers le milieu fermé . Introduct° des sanctions
éducatives dès 10 ans (entre mesures éducatives et peines). La loi 9 mars 2004 – Perben II (adaptat° justice aux
évolut° criminalité) suivie de loi 5 mars 2007 (prévent° délinquance), loi 10 août 2007 (lutte contre récidive),
loi 14 mars 2011 (sécurité intérieure)…
▶Conseil constitutionnel, dc. 29 août 2002. Consacre un PFRLR (valeur constitutionnelle) du droit pénal des
mineurs : atténuat° de responsabilité selon âge ; primauté éducatif sur répressif ; spécialisat° des juridict° ;
adaptat° des procédures. ⚠ Mais conciliat° avec OP, prévention, recherche des auteurs → validation du
durcissement législatif (dont loi 2002 et proposition récentes [Link] durcissant le DP des mineurs).
Page 3 sur 14
▶Adultomorphisme. Mineur = jugé comme majeur (mêmes peines, petites adaptations procédurales). Ex :
USA , certains États africains. ⚠ Cour Suprême, Roper v. Simmons (2005) : peine de mort interdite < 18 ans
passé a 1 voix près → modèle dur, rigoureux, sévère.
▶Modèle non pénal. Pas de resp. pénale → que mesures de protect°/assistance → procédures déjudiciarisées
(Ex : Belgique → mesures sûreté quasi-exclusives, révisables jusqu’à la majorité).
▶Modèle mixte. Équilibre protection/répression. Resp. pénale reconnue, mais priorité donnée aux mesures
éducatives avant la peine. Ex : Allemagne, Espagne, Italie, France.
▶ Europe. Recommandat° 5 nov. 2008 : Sanct°/moyens pour mineurs = proportionnalité, respect droits
fondamentaux. CEDH : dvlp un droit spécifique aux mineurs délinquants → arrêt V.T. c. Royaume-Uni (16
déc. 1999) : primauté de l’intérêt supérieur de l’enfant ; justice doit tenir compte âge, maturité, capacités
émotionnelles/intellectuelles ; garantir compréhension de la procédure + participation effective du mineur.
▶UE. Attendre Traité de Lisbonne = compétences pénales pour l’UE. Directive du 11 mai 2016 : droits
procéduraux minimaux pour mineurs suspectés/poursuivis tel que → assistance obligatoire par avocat,
évaluat° personnalisée, droit à l’informat°, accompagnement par représentants légaux, désignat° d’un adulte
approprié pour suivre toute la procédure.
▶ Rapport Varinard (2007, groupe d’experts universitaires chargé par Rachida Dati). But = équilibre éducatif
/ répressif (fin du primat de l’éducatif). Objectif = justice plus efficace, prévention de la récidive. Propose un
âge de responsabilité pénale, procédure de « projet pénal » (césure entre culpabilité et sanction, réglé en env. 9 mois),
créat° d’un CJPM mélangeant l’héritage antérieure. Critiques : jugé trop répressif, marqué par une philosophie
néo-libérale/néo-utilitariste (mineur vu comme homo œconomicus rationnel). [Link] critique l’illusion rationnelle →
un mineur agit sans calcul coût/avantage.
▶Projet Taubira. S’inspire de la philosophie de la probation (mettre le mineur à l’épreuve) rejoins idée du sursis
+ confirme logique de la césure entre culpabilité/sanct° pour que le mineur évolue positivement av sanct°
définitive. Justice plus efficace et éducative. Mais le projet reste sans suite.
Art. 93 loi 23 déc. 2019 habilite le gouvernement à réformer par ordonnance (art. 38 C°). Objectifs : simplifier
le procès, accélérer les jugements, renforcer la prise en charge éducative, mieux protéger les victimes, créer
un CJPM. Critiques : choix de l’ordonnance = pas de débat parlementaire classique.
Page 4 sur 14
Mesures phares du CJPM :
- Nouvelle temporalité : Procédure de césure → jugement rapide sur la culpabilité, peine prononcée dans les
6 mois avec phase de mise à l’épreuve éducative (PMAE). Exception : audience unique si urgence.
- Suppress° de l’instruct° préparatoire pour délit : simplificat° + accélérat° + réduct° détent° provisoire.
S’explique par inquiétude du respect du procès équitable (art. 6§1 CEDH) = omniprésence du juge des
enfants peu porter atteinte au principe d’impartialité.
- Art. pré : réaffirme principes constitutionnels (PFRLR 29 août 2002) + intérêt > de l’enfant (art. 3 §1 CIDE).
⇒ ni laxiste ni trop répressif, mais pragmatique et adapté à son époque ([Link] ancienne députée).
Page 5 sur 14
PARTIE UNE
LE DROIT PENAL SUBSTANTIEL DES MINEURS DELINQUANTS
Titre UN
LA RESPONSABILITE PENALE
Le principe suscitant beaucoup de débats est affirmé : la responsabilité pénale du mineur est atténuée.
Ordonnance de 1945 : Pas d’âge de responsabilité fixé, mais âge de capacité pénale = 13 ans → la peine doit
être comprise pour être utile/juste. Réductions de peine : 13-16 ans → peine ÷ 2, 16-18 ans → réduct° possible.
Débat sur fondement de la responsabilité pénale :
⇒ Art. 1er pas pris clairement position. Ordonnance voulait établir : - de 13 ans = présompt° irréfragable
d’irresponsabilité et + de 13 ans = présompt° simple d’irresponsabilité.
Cass. crim., Laboube, 13 déc. 1956 : Mineur responsable seulement s’il a compris et voulu l’acte. Introduct°
du discernement comme condit° → art. 122-8, CP 1994 confirme responsabilité possible dès 13 ans, mais
ambiguïté persiste. Certains auteurs distinguent culpabilité (faute, dol) et imputabilité (lien acte/personne) →
loi 9 sept. 2002 → art 122-8 consacre Laboube = discernement fondement responsabilité pénale des mineurs.
Discernement : capacité à distinguer le bien du mal, suppose libre arbitre. Débat : relève de la culpabilité car
impossible d’avoir intention sans discernement, ou de l’imputabilité car art. 1er et JP (ch. crim. 1991 : irresp.
pen. auteur empêche pas resp. du complice).
Art. 40-3 Convent° New York : États fixe âge minimum en dessous duquel mineurs pas de poursuites pénales.
CJPM (2021) : Maintient le fondement discernement (al. 1, art. L.11-1) et instaure une double présompt° →
- 13 ans présompt° de non-discernement et + 13 ans présompt° de discernement (al. 2). Fixe clairement un seuil
d’âge de 13 ans tout en gardant la logique du discernement.
Avant 1945 seuil fixé autour de 6-7 ans, mais purement théorique car basé sur un discernement flou. Rapport
Varinard préconise un seuil clair à 12 ans, avec présompt° simple d’IP. En droit comparé seuil très variable
(8 ans Écosse/Grèce, 10 ans Angleterre/Suisse, 12 ans Pays-Bas/Portugal/Belgique, 14 ans
Espagne/Allemagne /Italie, 15 ans Suède, 18 ans Luxembourg). En France, ajd, on opte pour une double
présomption simple de capacité ou non a distingué, car présompt° irréfragable = favorise instrumentalisat° des
+ jeunes. On ne peut pas parler d’un âge fixe de RP, le discernement restant au cœur de la question.
Page 6 sur 14
Art. R.11-1 : sources pour prouver ou non le discernement (déclarat°, témoignage, éléments d’enquête,
circonstances, bulletin de note, expertise psychiatrique ou psychologique…). C’est le magistrat qui
l’appréciera le plus souvent.
L’act° publique ne peut être déclenchée que si des éléments de discernement apparaissent dans la procédure.
Si abs de discernement → classement sans suite mais possibilité de saisir l’aide sociale à l’enfance. Les < 13
ans peuvent quand même être entendus (audition, commission rogatoire, retenue).
Titre deux
LES REPONSES PENALES (EDUCATIVE OU REPRESSIVE)
Nombreuses sous l’ordo de 1945 = + de 15. Ajd que deux, mais une d’elles agit comme une poupée russe.
I. L’avertissement judiciaire
Héritier de l’ancienne admonestation (réprimande). Pas de suivi, parfois accompagnée d’une remise à parents.
• Corps : composée de plsr modules eux mm composé d’autres : insertion, réparation, santé, placement).
Obligat°/interdict° possibles (liste CJPM) : interdict° de paraître dans certains lieux (max 1 an), interdict° de
contact avec victime/coauteurs (max 1 an), couvre-feu 22h-6h (max 6 mois), obligat° de remettre un objet lié à
l’infract°, stage de formation civique (max 1 mois, sensibilisat° au harcèlement possible), interdict° d’utiliser
certains comptes en ligne (max 6 mois).
• Tête : peut être prononcée probatoirement, à titre de sanction (max 5 ans), ou cesser à 21 ans s’il est devenu
majeur.
Page 7 sur 14
Le régime des mesures éducatives
▶L’avertissement judiciaire. Ne peut pas être prononcé seul, si déjà utilisé pour une infract° identique – d’1
an avant (règles récidive).
▶La MEJ. Cumuls possibles (art. L112-3 CJPM) entre interdict° + interdict°, obligat° + obligat°, interdict° +
obligat°, modules + obligat°/interdict°. Possibilité de combiner répressif + éducatif au stade :
- Prononcé de la peine (art. L111-3) : cumul peines + mesures éducatives.
- Exécution de la peine (art. L621-3) : obligations du sursis probatoire + mesures éducatives.
- Aménagement de peine : assistance, surveillance, scolarité/formation, contrat EPIDE (formation militaire).
Les mesures éducatives ne comptent pas dans le calcul de la récidive. Mesures particulières :
- Déclarat° de réussite éducative (art. 111-6 CJPM) : Possible si le mineur respecte totalement ses obligat°
en mise à l’épreuve éducative. Met fin au procès (rarement utilisée).
- Dispense de peine (art. 132-59 CP) : Conditions = reclassement acquis + dommage réparé + trouble cessé.
Restaure le statu quo, mais reste une peine (≠ relaxe). Peut ne pas figurer au casier judiciaire. Possible aussi
en matière contraventionnelle ou correctionnelle pour mineur = dispense éducative.
Toutes peines incompatibles avec l’âge / l’objectif de relèvement éducatif. Ex : interdict° d’accès au territoire
français, peine du jour-prison, interdict° des droits civiques, civils et de famille, interdict° d’exercer une fonct°
publique, interdict° d’exercer une activité pro/sociale, interdict° de séjour + période de sûreté (empêche tout
aménagement de peine, contraire au relèvement éducatif).
▶TIG. Doit être formateur / favoriser l’insert°. Applicable aux mineurs de 16 ans au jour du jugement, s’ils
avaient ≥ 13 ans au moment des faits (réforme 23 mars 2019).
▶Détent° à domicile sous surveillance électronique. Obligatoirement accompagnée d’une mesure éducative
confiée à la PJJ.
▶Peine de prison. Détention spécifique (séparat° des majeurs), formation professionnelle, activités éducatives et
sportives, présence systématique de la PJJ en prison (loi 9 mars 2004), maintien des liens familiaux.
▶Casier judiciaire des mineurs (art. L631-1 et s. CJPM). Pas d’effacement automatique à 18 ans (loi 9 mars
2004). Les mentions sont inscrites dans le bulletin n°1 (seules autorités judiciaires accès), et peuvent être des
condamnat°, mesures éducatives, sanct°, compo pénales (L631-1 CJPM). Durée conservation (L631-3) :
Réhabilitat° spéciale (art. L631-4) : possible après 3 ans si relèvement éducatif acquis, demande recevable
même si mineur devenu majeur, décis° prise par le tribunal pour enfants (dernier ressort). Juridict° compétentes
: celle de la poursuite initiale / domicile actuel / lieu de naissance.
Page 8 sur 14
PARTIE deux
LE DROIT PENAL PROCEDURAL DES MINEURS DELINQUANTS
S’entend à la fois des acteurs spécialisés amenés à traiter des affaires impliquant les mineurs et de la procédure
→ ces deux aspects se retrouvent dans le PFRLR de spécialisat° de la justice pénale des mineurs (CC, 2002).
Titre UN
LA JUSTICE PENALE DES MINEURS DELINQUANTS (livre II CJPM)
Le parquet
Magistrat représentant le MP, déclenche et exerce l’action publique. Principe d’indivisibilité : tout membre
peut représenter le Procureur → limite la spécialisat°. Mais en pratique spécialisation progressive → consacrée
par art. L12-2 CJPM : l’AP concernant un mineur est exercée par des magistrats spécialement désignés.
Intérêt de la spécialisat° : lien avec la matière civile (assistance éducative pour saisir juge civil), meilleure politique
criminelle (bien pour alternatives aux poursuites du pdv protection judiciaire de la jeunesse).
⚠ Dérogat° (L211-1 et s.) : en cas d’urgence ou empêchement, tout magistrat du parquet peut remplacer (wk,
vacances).
▶ Juge d’instruction. Avant juge des enfants instruisait en matière délictuelle → problème d’impartialité car
il présidait aussi la juridict° de jugement. Ajd si instruct° nécessaire = seul JI° compétent (matière criminelle et
délictuelle complexe : mineurs + majeurs, faits complexes). Garantie exigée par CC., dc 2002 → possibilité de désigner
un JI° spécialisé affaires concernant mineurs.
▶ Chambre de l’instruction. Compo° adaptée avec un conseiller délégué à la protect° de l’enfance (souvent
ancien juge des enfants). Ce conseiller ne peut ni présider ni rapporter (JP Cass. depuis 1980s). Compétente
pour décis° du JI° ou JLD.
▶ Le JLD spécialisé mineurs (loi 15 juin 2000). Compétent pour le contentieux de la détention provisoire au
stade de l’instruction (maintient/placement) et avant jugement (ante sentenciel).
Dans procédures rapides mineur déféré/convocat° pour comparaître = jugement sous 10 j. – 3 mois où pas
d’instruction. Qnd mineur déféré si ≥ 16 ans + procédure d’audience unique → placement en détent° provisoire
possible → av 2000 compétence juge des enfants (spécialité mais pas impartialité) mais depuis 2000
compétence du JLD → impartialité prime sur spécialité.
Problème : en pratique JLD statuent sans tenir compte des spécificités mineurs → spécialisat° peu effective.
Après jugement compétence revient au juge des enfants (plus prblm d’impartialité car a déjà statué sur culpabilité).
Page 9 sur 14
B – L’adaptation au stade du jugement
▶ La chambre spéciale de la cour d’appel. Composée de 3 magistrats conseillers, dont l’un (président ou
rapporteur) doit être conseiller délégué à la protection de l’enfance. L’arrêt doit constater sa présence (ou son
remplacement régulier) → sinon cassation. Si ce conseiller ne préside pas, il doit au moins être rapporteur.
Compétence : appels contre décisions du juge des enfants et tribunal pour enfants. Depuis loi 2004 exerce aussi
les attribut° de la chambre d’application des peines.
▶ La cour d’assises des mineurs (et cour d’assises d’appel des mineurs). Créée car tribunal pour enfants
incompétent pour juger crimes des mineurs de 16-18 ans (âge apprécié au jour des faits = d’OP). Composer d’1
conseiller de la CA (président), 2 juges des enfants (assesseurs), jurés (6 en premier ressort, 9 en appel) → critiquée
car juridict° la - spécialisée malgré gravité des faits.🚨 Le conseiller délégué à la protect° de l’enfance ne peut
siéger comme président ou assesseur.
Depuis loi 10 août 2011 → art. L231-9 CJPM → validée par CC., 29 nov. 2013 = compétence élargie aux
crimes/délits commis par mineur avant 16 ans, après majorité ou coauteurs/complices majeurs si connexe ou
indivisible avec crimes commis par mineurs âgés d’au moins 16 ans.
▶ Le tribunal de police. Pas de véritable adaptation. Compétent pour contraventions des 4 premières
classes commises par des mineurs. Art. L121-3 CJPM : Pas de peine si mineur < 13 ans et à partir de 13 ans
dispense de peine ou amende avec atténuation.
▶ Généralités sur le juge des enfants. Choisi parmi les juges du tribunal judiciaire selon intérêt/aptitudes pour
l’enfance. Formation spécialisée à l’ENM. Rôle central mais concurrencé par Parquet, qui oriente les
procédures (mesure éducative, audience unique, instruction…) et décide s’il saisit le juge des enfants ou
le tribunal pour enfants.
- Compétence matérielle : Le juge n’instruit plus (CJPM), reste juge de jugement et d’applicat° des peines.
- Audience de cabinet (juge seul, MP non obligatoire) : Compétent pour délits et contraventions 5e classe. Peut
prononcer mesures éducative + pouvoirs renforcés par l’art. L121-4 CJPM : peut prononcer des peines
éducatives dès 13 ans (confiscation, stage, TIG) sur réquisition proc + circonstances justifies.
- Président du tribunal pour enfants (juridict° collégiale) : Compétent pour délits, contraventions de 5e classe,
crimes commis par mineurs < 16 ans (sauf prorogat° compétence cour d’assises mineurs).
Le cumul instruction/jugement et son évolution : Avant 2010 JE pouvait instruire et juger → considéré
favorable à la rééducat° et pas contraire à l’impartialité (CEDH c. Pays-Bas, 1993 et cass., Lejeune, 1993).
Revirement 2010 = cumul contraire à l’art. 6-1 CEDH – impartialité (CEDH c. Pologne, 2 mars 2010) → droit
interne QPC CC., 8 juil. 2011 = censure du cumul → Loi 26 fév. 2011 = JE ayant renvoyé l’affaire devant le
tribunal pour enfants ne peut pas le présider. AJD - CJPM : suppression de la compétence d’instruct° → JE
peut présider le tribunal pour enfants sans problème.
Page 10 sur 14
B – le tribunal pour enfants
▶ Organisation. Juridict° collégiale, présidée par JE + 2 assesseurs non-magistrats (français, +30 ans,
intérêt/compétence en matière d’enfance).
III. Publicité restreinte : propre aux juridictions pour mineurs (L12-3 CJPM)
Entre le principe de publicité des débats (art. 6 CvEDH) et la dérogation du huis clos. L513-2 CJPM : devant
Trib. de police, Trib. pour enfants et Cour d’assises des mineurs seuls admis → victime, témoins, représentants
légaux, proches, avocat, services sociaux, etc → règle d’OP. Apprécier strictement par JP cass. crim., 26 mars
2025 : rigueur si mineur encore mineur au jour du jugement ; si devenu majeur → prouver le grief de la publicité
restreinte.
S’accompagne d’autres interdictions (art. L513 CJPM) = publicat° débats interdit + interdict° de révéler
identité/personnalité des mineurs sinon amende 15.000 €. Assouplissement (art. L513-3 CJPM) = si mineur
devenu majeur → peut demander publicité (sauf présence d’un autre prévenu mineur, opposition d’un autre ou intérêt
du mineur).
▶ Le greffier. Pas spécialisé mais rôle important qnd reçoit procédures/actes, tient notes d’audience
(témoignages, déclarat° faites par poursuivies …).
▶ L’avocat (art. L12-4 CJPM). Assistance obligatoire du mineur poursuivi/condamné. Mineur participe au
choix de l’avocat. Si désignat° d’office mm avocat si possible à tt étape. ⚠ Vise pas le mineur simple suspect.
▶ La protect° judiciaire de la jeunesse (PJJ). Administrat° récente (émancipée de l’administrat° pénitentiaire dans
années 70) confiée de la mise en œuvre des décisis° de justice concernant mineurs (L241-1 CJPM) et chargée
de ≠ miss° (D241-10 CJPM) : aide à la décis° du juge (profil/personnalité du mineur) ; mise en œuvre des décisi°
(suivi éducatif en milieu ouvert, insert°, accompagnement des mineurs détenus) ; accueil et informat° des mineurs et
familles ; participat° aux politiques publiques (coordinat° avec collectivités, protect° de l’enfance, prévent°
délinquance). La PJJ → mesures pénales tandis que l’ASE → mesures civiles.
▶ L’évaluat° obligatoire (L322-1 et s. CJPM). Avant tte mesure éducative ou peine → évaluat° de la
personnalité, de la situation sociale/familiale du mineur. Objectif = cohérence des décisions. Deux outils :
Composition pénale : sanct° rapide, mesure proposée acceptée par mineur qui reconnait sa culpabilité →
évite procès. CC., 9 avril 2021 (QPC) = abs de droit au silence = inconstitutionnel. Loi 22 déc. 2021 =
mineur doit être informé de son droit de se taire.
- Mesure judiciaire d’investigat° éducative (MJIE) → art. L322-7 CJPM : Évaluati° approfondie et
interdisciplinaire (y compris médicale). Peut être ordonnée par juge des enfants, JI°, juridict° de jugement à
tous les stades de la procédure. Mise en œuvre par PJJ ou services habilités. Rapport avec proposit°
éducative ou d’une mesure d’insert°.
Page 11 sur 14
Titre deux
LE PROCES PENAL DES MINEURS DELINQUANTS
Pas d’inscript° au casier. Prononcé par proc mais mise en œuvre souvent déléguée (OPJ, délégué du proc,
médiateur, associat° habilitées, PJJ). À condit° de réparer le dommage, mettre fin au trouble, contribuer au
reclassement. Le représentant légal est convoqué obligatoirement car toutes ces mesures nécessite accord
exprès des parents (sauf le rappel à la loi) → sanct° possible si abs injustifiée (amende + stage de responsabilité
parentale).
Exemples de mesures majeurs et mineurs Exemples de mesures que pour mineurs (art. L422-1 CJPM)
- rappel à la loi, - Stage format° civique (= stage citoyenneté adapté à l’âge).
- orientat° vers structure sanitaire/sociale/pro, - Médiat° pénale → mise en place par la PJJ.
- stage ou format° (citoyenneté, stupéfiants…), - Obligat° de justifier de l’assiduité scolaire/formation pro.
- réparat° du dommage,
- médiat° (accord victime)
⚠ Si non-exécut° par le mineur → le procureur peut engager une comp pénale ou des poursuites.
Inscript° au casier judiciaire (bulletin n°1) → + grave que art. 41-1. L’art. 41-2 CPP concerne les délits (punis
d’amende ou emprisonnement ≤ 5 ans) et l’art. 41-3 CPP les contravent° 5e classe. Nécessite la reconnaissance de
culpabilité par l’auteur. Avant tte compo pénale la PJJ réalise un RRSE (recueil renseignements socio-éducatifs).
Accord du mineur + ses représentant + en présence avocat requis. Validé par juge des enfants qui peut
auditionner le mineur ou ses parents.
⚠ La comparut° sur reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC) est une procédure avec poursuites,
applicable qu’aux majeurs car peut déboucher sur peine contrairement à la compo pénale.
Mesures appliquées avant jugement (GAV avant compo pénale). Classificat° difficile → CJPM distingue
désormais les temps procéduraux.
▶ La GAV. Dès 13 ans. Le droit commun de la GAV s’applique aux mineurs + spécificités pour mineurs :
- Art. L413-10 CJPM : prolongat° que si crime/délit puni d’au - 5 ans de prison pour mineur 13-16 ans +
présentat° devant magistrat (visio possible mais protect° amoindrie).
- Pour mineur 13-16 ans examen médical obligatoire (facultatif pour 16-18 ans).
- Avocat obligatoire dès le début, sans possibilité de renonciation. CC., QPC, 16 nov. 2018, affaire du petit
Grégory → contrôle de proportionnalité sur ce droit → annulat° possible de GAV anciennes → qst° de
sécurité juridique.
- Enregistrement audiovisuel obligatoire des auditions (art. L413-12) : pas de condamnat° possible que sur
la base de déclarat° non enregistrées si contestées. Il est consultable seulement en cas de contestation du PV
et aucune copie ne peut être délivrée aux parties/avocats (art. L413-13). Conservat° 5 ans max après extinct°
de l’APU = destruct° obligatoire → diffus° interdite (1 an prison + 15 000 € amende).
▶ L’audition libre (art. L412-1 et art. L412-2 CJPM). Initialement calquée sur le régime des majeurs →
avocat facultatif, mais circulaire 2014 → avocat obligatoire, mais source fragile → CJPM intègre l’obligation
: avocat désigné d’office si non choisi, mais seulement pour les délits punis d’emprisonnement. ⚠ Pour autres
infract° → avocat non obligatoire = lacune critiquée.
▶ La détention provisoire. Condit° droit commun (art. 344 CPP) + condit° spéciales d’âge au jour des faits :
⚠ Toute DP doit être accompagnée d’une mesure éducative judiciaire (MEJ) → obligatoire depuis CJPM.
▶ Le contrôle judiciaire. Dès 13 ans (car si non-respect DP possible). Contient des obligat° de droit commun
(interdict° de contacter certaines prsn) + obligat° spécifiques mineurs : suivi PJJ (protect°, assistance, surveillance,
éducat°), placement en CEF (6 mois, renouvelable 1x), stage civique, scolarité/format° obligatoire. Limité pour
mineurs 13-16 ans, envisagé crime/délit que si : peine prison ≥ 5 ans + déjà condamné, peine ≥ 7 ans ou peine
≥ 5 ans pour violences volontaires, agressions sexuelles ou violences aggravées.
Remarque : mineurs souvent connus pour rébell° (L433-6 CP), mais peine permet pas d’appliquer CJ → MEJ.
Page 13 sur 14
▶ L’assignat° à résidence sous surveillance électronique – ARSE ( L333-1 et L333-2 CJPM). Dès 16 ans,
si peine ≥ 3 ans prison. Conditions : accord représentants légaux (car au domicile) + accompagnée d’une MEJ.
Projet Attal est de l’étendre dès 13 ans → incohérence, car conçue comme alternative à la DP, pas au CJ et
que les mineurs < 16 ans ne peuvent normalement pas être placés en DP.
Art. L423-4 CJPM = juridict° spécialisée → accélérat° procédurale : jugement en 1 an max (av jusqu’à 7 ans).
Le proc saisit JE, mais si mineur ≥ 13 ans + encourt peine ≥ 3 ans prison → possible saisine TPE
(gravité/personnalité/complexité faits) → permet peine privative de liberté impossible devant JE.
▶ L’audience d’examen de la culpabilité. Intervient entre 10 jours et 3 mois après saisine. Juge statue sur
culpabilité + action civile + ouverture (ou non) de la période éducative. À ce stade rien est figé → possibilité
de permutat° vers audience unique (art. L.521-2) si juge estime être suffisamment informé, souvent en guise
d’avertissement judiciaire (clôture sans phase éducative) et + rarement pour prononcé immédiat peine éducative.
▶ La période de mise à l’épreuve éducative. Dure entre 6 à 9 mois. Cadre temporel dans lequel le mineur
doit démontrer efforts de réinsert°/respect des règles. Des mesures possibles (art. L.521-14) sont possible tel
que : expertise médicale/psychologique, MJIE, MEJP, contrôle judiciaire, assignation à résidence.
▶ L’audience de prononcé de la sanction (L521-24). Permet à la juridict° de statuer sur la sanct° définitive
et sur l’act° civile/éventuelles demandes de la victime (si non prononcée avant). Jonction des procédures possible
si pendant période de mise à l’épreuve éducative mineur commet nv faits → jugés en même temps à cette
audience finale.
Deux situations sont possibles (avec un délai pour juger entre 10j et 3 mois max) :
Juge statue en 1 seule audience : culpabilité + sanction ⇒ réponse rapide et concentrée. Souplesse prévue car
peut basculer vers mise à l’épreuve éducative si personnalité/perspectives du mineur l’exigent.
Page 14 sur 14