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Introduction 2 Phoenix

La violence contre les femmes, en particulier la violence conjugale, est un phénomène universel qui constitue une grave atteinte aux droits humains. Elle est souvent perpétuée dans un climat d'impunité, ce qui empêche les victimes de chercher justice et entraîne des conséquences psychologiques et sociales durables. Ce document explore les causes, les conséquences et les perceptions sociologiques, judiciaires et religieuses de la violence conjugale dans le contexte du droit congolais.

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Introduction 2 Phoenix

La violence contre les femmes, en particulier la violence conjugale, est un phénomène universel qui constitue une grave atteinte aux droits humains. Elle est souvent perpétuée dans un climat d'impunité, ce qui empêche les victimes de chercher justice et entraîne des conséquences psychologiques et sociales durables. Ce document explore les causes, les conséquences et les perceptions sociologiques, judiciaires et religieuses de la violence conjugale dans le contexte du droit congolais.

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a L INTRODUCTION 1 PROBLEMATIQUE Présentée dans toutes les sociétés, la violence contre les femmes reste [une des attei tes aux droits humains les plus graves et les plus répandues de nos jours. Cést un phénoméne qui est universel. La violence envers les femmes existe dans tou sles pays, sous toutes les latitudes, dans toutes les communautés, dans toutes les villes et dans tousles villages. La violence subie par les femmes dans leurs foyers est rarement un but en soi, mais ¢ lle est pratiquée avec objectif de démontrer la puissance masculine sur la femme et de remplacer calle-ci dans son réle social traditionnel. Cet objectif est malheureusement souvent atteint. La viol ence conjugale, en particulier celle causée par le mari et les membres de la belle-famille, peut avoir cde multiples conséquences sur les femmes. Elle lmitela Iberté de mouvement des victimes et les empéche ainsi de jouer un réle actif dans la société Beaucoup de femmes éprouvent des difficult és a sortir de ce cercle vicieux fait de violence et de discrimination . Une violence qui reste dans [in conscient collectif et perpétué par les enfants qui en ont été témoins. Et ses conséquences écono miques peuvent étre considérables Malheureuserent, ces violences spécifiques au sexe féminin ont longtemps été niées ‘ou minimisées, que ce soit par les gouvernements ou par les organisations internationales. Parto ut dans le monde, les fonctions et les roles sociaux des femmes sont préétablies. Chaque culture posside une fagon caractéristique de définir les rdles de chacun des deux sexes. Les fernmes sont presque toujours cantonnées, dans des rdles secondaires par rapp ort & ceux des hommes, Par ailleurs cn trouve dans toutes les cultures un certains degré de viole nce contre les femmes, mais cette violence est difficlement perceptible car elle est considérée co mme normal. Lerdledune femme est dans de nombreux pays le reflet de sa famille. Si une femm eoutte passe lerdlequiest lesien, ele déshonore tous les siens. La violenceet les menaces sont un moyen de contréle et une sanction en cas de « dés obéissance ». Limpunité cest-dire fabsence de sanction pour les actes dont sont victimes les fem mes coniribue, & créer un climat dans lequel ces actes sont considérés comme normaux et accep tables, plus tét que criminel. Un climat qui fait que les femmes necherchent pas établir justice, c | i a L ar elles savent quélles ny parviendront pas et ceci prolonge et aggrave les douleurs et les souffra noes initialement provoqués par ces actes Les conséquences des violences subies par les femmes dépassent de loin les domma ges corporels immédiats infligés a la victime. Les atteintes psychologiques et la menace de future sviolences détruisent limage que la femme avait dele méme et souvent lempéche dester en justi ce l'auteur de ces sévices. Ces violences freinent leurs ambitions pour leur futur et entrainent un manque de confiance en soi. La discrimination basée sur le sexea fait que les femmes ne bénefici ent pas des droits et prin ipes fondamentaux con sacrant légalit, la sécurité, lintégrité, la berté et la dignité dont elles doivent se faire valor Ces différentes situations constatées nous ont amenés, dansle cadre denos recherc hes a nous interroger sur la portée réelle des organisations féminines face aux violences conjugal es subies par les femmes en droit congolais _ Quiest ce que la violence conjugale et quels sent les types? —Quelles en sont les causes et les conséquences ? _Quelles est la conception sociologique, judiciaire et religieuse de ce phénoméne ? UL HYPOTHESE Les violen ces faites aux femmes en général et celles conjugales en particulier constit, ue une violation des droits de la femme et doit étre percues comme telles. Ces violences traduisen ‘tides rapports de pouvoir qui freinent le développement dela femme sur tous les plans. La confér ence mondiale sur les droits de Homme a clairement réaffirmé que les droits fondamentaux de 's femmes, a toutes les étapes de leur vie, font inaliénablement, intégralement et indissociablemen tpartie des droits universels de la personne » © Destextes pour la promotion et la protection dela fernme afin de lui rendre sa dignité figurent dans le droit international et sous légide des nations unies. La convention po ur lélimina tion de toutes les formes de discrimination contre les femmes adoptée et o uverte & la signature, la ratification et a ladhésion parlassemblée générale des Nati ons Unies dans sa résolution 34/180 du 18 décembre 1979 Affirme que « La violence 4 légard des femmes constitue une violation des droits de la personne humaine et de | i a L s Jibertés fondamentale et empéchent partiellement ou totalement les femmes de jouir de sdits droits et libertés », Ainsi quelarticle 12 dela constitution de 2006 dispose : « Tous les étres humains sont ég aux devant la loi. Les hommes et les femmes sont égaux devant la loi et ont droft a une égale pro tection ». UL CHODX ET INTERET DU SUJET Létude du sujet proposé présente un grand intérét du fait dela résurgence du contlt a IES tdela RDC au cours duquel les ONG nationales et internationales ont relevé une multiplication de sviolences sexuelles a légard des femmes, des enfants et méme des hommes en RDC(3) De plus, les auteurs de ces crimes aborrinables, rralgré la promulgation des nouveaux ins ‘truments juridiques nationaux outssent d'une imp unité généralisée qui résulte de fimpuissance et de 'inefficacité de apparel judiciaire congolais. IV. DELIMITATION DU SUJET La loin’ 06/018 du 20 juillet 2006 modifiant et complétant le déoret du 30 janvier 1940 po rtant Code pénal congolais énumére 1 6 formes de violences sexuelles qui comportent chacune se spropres caractéristiques. Nayant pas pour ambition de toutes les examiner, nous nous limitero ns [infraction de viol Certes, cette infraction a été commise et continue a se commettre sur toute l'étendue de | a République Démocratique du Congo. Cependant nous nous sommes donnée pour tache de limit er notre étude aux eas de viol commis a Ist de la RDC dans kes relations conjugales, Quoique les nouvelles lois sur les violences sexuelles concernent les personnes de sexe fé minin et masculin, nous porterons uniquement notre attention sur les actes de viol commis sur le spersonnes de sexe féminin. \, METHODES ET TECHNIQUES ‘A. METHODES: Pourmener a bon port notre étude, ilimporte de la conduire dans le respect des ragles qu “| a L exige une discipline scientifique. Par méthode..(4), il faut entendre « un ensemble des opérations i ntellectuelles par lesquelles une discipline cherche a atteindre les verités qu’elle poursutt, les déma ntreet les vérifie » ‘Ainsi pour notre part, nous avons recouru a la méthode systémique qui nous a permis no n seulement de comprendre un texte daprés léconomie dela loi, c'est -&-dire daprés dautres texte sdela méme loi, voire les idées sur base desquelles la loi a été éla borée, plus largement encore, d e determiner le sens dun texte en fonction de sa compatibilité avec dautres textes dela mémem atiére ou des matiéres différentes, avec des principes généraux du droit, voireavec les valeurs fon damentales qui régissent une société, ou encoreavvec des dispositions des traités internationaux ‘ou les principes fondamentaux dela société internationale(5) Mais il convient de elever ensuite que, nous avons fait recours a la méthode inductive. Ce ecinous a permis a tenter des généralisations a partir des cas particuliere (6) 8, Technique La méthode étant abstraite, i faut lassocier a des processus concrets qui sont des techni ques. Celles-ci sont des mayens qui nous aident 4 atteindre un but mais quise situent au niveau des faits ou des étapes p ratiques(7). Sagissant destechniques de recherche, nous avons fait rec ours aux entretiens et & latechnique documentaire. Cette demiére nous a permis dinterroger dive ses sources écrites et docurnentaires en rapport avec notre sujet. VI PLAN SOMMAIRE Notre travail comprend +a deux chapitres. Le premier chapitre fera un état des lieux du gé néralité. Le deuxime chapitre analysera les obstacles a la poursutte des cas de viols par les jurid ictions, CHAPITRE | : DES GENERALITES Section | : Notions générales Nous ne pourrait pas étudier le probléme de la preuve de viol sans toutefois savoir ce que | i a L cest le viol §1. Definition de l'infraction de viol Sans le défini, la légistation congolais dans la loi sure violence sexuelle p révoit et punit le viol. Larticle 174h fait sousentendre que le viol est toute relation sexuelle obtenue par la violence. Le législateur assimile a cette violence, la relation sexuelle obtenue par menaces graves, par ruse, par abus de la personne qui pareffet dune maladie, par laltération de ses facultés ou par toute autre cause accidentelle aurait perdu lusagede ses sens ou en auratt été privée par quelque artifi ce. Lajurisprudence et la doctrine considér ent que le viol est le fait dimposer des relations se xuelles 8 une personne contre sa volonté. Toutes les autres formes dela fureur sexuelle étaient ré primées sous la qualification dattentat a la pudeur. Le viol suppose done selon cette jurisprudenc « [introduction du membre vir de homme dansles parties génitales de la femme. ll sen suit que le coupable du viol soit un homme pendant que la victime soit nécessairement une femme. Parta nit, le fait dintroduire dans lorgane génital d'une femme, malgrésa résistance, le doigt ou tout aut re objet de nature quelconque, ne pourrait étre poursuivie que sous une autre qualification datten tat a la pudeur. Ilen serait ainsi de méme si ces agissements avaient eu pour effet de déchirer thy men et déflorer une vierge. VERON, partage aussi cette idée en disant quily a viol quand un homme impose a une fe mme une conjonction sexuelle contre son gréou sans son consentement libre. Le coupable ne pe ut étre qu'un homme et la vietime quune femme? Selon le dictionnaire juridique, le viol est défini comme étant un crime consistant en tout a cte de penetration sexuelle de quelque nature que ce soit commis sur la personne dautrui par viol ence, menace, contrainte ou surprise? Quant au dictionnaire pratique du droit humanitaire, le viol consiste dans le fait de soume ‘tre un individu par la force ou la violence a une relation sexuelle non volontaire+ En effet, la loi de 1810 de la législation francaise ne définissait pas le viol etla doctrine co nsidérait que le viol consistait dans le fait de « connaftre chamellement une femme sansa partici pation de sa volonté» ou encore dans «lecoitilicite avec une femme qu’on sait n'y point consenti F-» Le caractére matériel de viol consistait done spécifiquement dans une conjonction sexuelle, | [ a L est-a-dire lintroduction dun membre virl de [homme dans la cavité vaginale dela femme. ‘Avec lévolution du droit, le domaine du viol a été élargi afin de supprimer toute discriminat jon de nature sexuelle entre les auteurs potentiels de linfraction. Le viol devient donc avec le code de 1980 « tout acte sexuel de quelque nature quit soit imposé & autrul, »6 Cette définition se montrat trés vague et ne permettait pas de faire une distinction du viol avec les autres infractions denature sexuelle notamment fattentat a la pud eur. On adopta donc la fin, une autre definition selon laquelle le viol est « tout acte de péné tration sexuelle de quelque nature qu'il soit commis sur la personne d'autrui par violence, ‘contrainte, menace ou surprise. »7 Cette définition a été reprise par le code pénal francais actu al Cette définition marque un progrés considérable dans la recherche dune définition précise et stable. Elle offre de nombreuses possibilités de poursuivrele viol sous toutes ses formes, nota mment les actes de pénétration anale (sodomisation) ou buccale (fellation) commis au moyen du sexe, Elle permet de poursuivre également le viol avec introduction dobjet quelconques dans le va gin ou fanus de la vietime dans un but sexuel Cest en sebasant sur cela que nous préférons retenir comme définition qui va nous guide au cours de notre travail, lefait que leviolest :« Tout acte de pénétration sexuelle de quelgu .e nature quill soit et de quelques moyens que ce soit commis sur la personne dautrut pa 5 violence, menace, contrainte, surprise ou en abusant de Ja personne de la victime ». §2. Eléments constitutifs Le viol ainsi défini présente quelques éléments quile caractérisent et permettent de le disti nguer a d'autres infractions. Ce sont ces déments que nous allons analyser dans ce paragraphe. J Lélément légal Selon le Déoret du 20 juin 1940 portant Code pénal Congolais, le viol est une infraction rép rimée par les articles 170, 171 et 171, bis. Rentrant dans la catégorie des infractions contre les m ‘oeurs, il n'est malheureusement pas défini par le Code Pénal Congolals. Ce dernier ne prévoyait qu ela répression et les circonstan ces aggravantes relatives a linfraction de Viol | i a L En effet, farticle 170 du Code Pénal Congolais illustre bien ce propos lorsquil dispose qu «est puni de servitude pénale de 5 & 20 ans celui qui aura commis un viol, soit a aide de wiolences ou menaces graves, soit par ruse, soit en abusant d'une personne qui, par leffet dune maladie, par laltération de ses facués ou par toute autre cause accidentelle, aurait perdu lusage de ses sens ou en aurat été privé par quelques artifices ». Devant cette lacune du Code Pénal Congolais, les hommes de droit ont fait recours a la ju risprudence et & la doctrine congolaises pour y puiser la définition du viol ‘Aussi le viol consiste- t-ildans « La conjonction sexuelle quethomme peut imposer a la f ‘emme par la violence. Autrement dit, facte par lequel une personne du sexe masculin a des relatio ns sexuelles avec une personne de sexe féminin contre le gré de celle-ci soit quele défaut de cons entement résulte de la violence physique ou morale, soit quil résulte de tout autre moyen de contr ainte ou de surprise »® Linfraction consiste dans|a violation de la loi pénale. élément légal réside done dans le f ait que cette infraction soit prévue et punie par la loi. En effet, la definition fournie par le texte doit etre la plus précise possible parce que dune part a précision de la loi est une condition de la légiti mité de lincrimination, dautre part la régle correspond & une pure exigence technique, dans la me sure oll elle est une condition de lefficience de lincrimination.* I, Lélément matérie! élément matériel est faction ou fomission ilicte permettant de parvenir au résultat prohi bé, Une action existe par son activité matérielle qui est la manifestation extérieure de linfraction.1 élément matériel du viol est composé non seulement dun acte qui implique le recours a | violence, la menace, la contrainte ou la surprise mais aussi et surtout dela pénétration sexuelle ‘commise sur la personne dautrui. | i a L 1. Notion de pénétration sexuelle La qualification du viol doit étre retenue dés lors quune pénétration sexuelle a été réalisée sur la personne de la victime. Lerésultat du viol est ainsi également réalisé en cas de pénétration buccale (Fellation), pénétration vaginal, pénétration anale (sodorisation) ou méme en cas dintr duction dun objet dans levagin ou [anus dela personne dela victime. Dans cecas, le viol peut d ‘one étre commis indifféremment par un homme ou une femme sur un homme ou une femme. Mais pour que la pénétration vaginale puisse étre valatslement retenue comme qualifiant | eviol il doit revétir deux caractéres principaux. Premiérement, la pénétration doit étre commise sur la personne dautrui. Ceci implique qu ele viol ne peut étre commis que sur une personne vivante. La pénétration sexuelle sur un cadavr epeut en revanche tomber surle coup dela qualification datteinte a fintégrité du cadavre.1 Le viol n'est également constitué que si la pénétration est pratiquée sur la personne dela victime. Le crime de viol nest caractérisé que si fauteurréalise lacte de pénetration sexuelle sur la personne de la viotime.12 Deuxiémement, la pénétration doit étre de nature sexuelle. Ceci désigne toute pénétration par le sexe, quelle soit vaginale ou orale et toute introduction de corps étrangers dans le sexe ou | anus dans .un but sexuel ; que ce soit par la main ou dautres objets. Et dans ce cas, le viol dun ho mme par une femme est envisageable."? Le critére de pénétration sexuelle évite donc que de simples attouchements ou des compo rtements analogues soient considérés comme du viol II ne peut y avoir de viol en labsence de pé nétration par le sexe ou par un autre objet quelconque, il doit s'agir d'une pénétration sexuelle. De Sactes de pénétrat ion dépourvus de cette dominante sexuelle ne pourront étre qualifiés de vio. La présence delélément sexuel s'apprécie en fonction des normes ayant cours en matiére de comportement sexuel et sur base dun facteur subjectif qui est la motivation sexuelle dans le c hef de lauteur. Ces deux aspects doivent étre réunis. Dés quon se trouveen présence dune pénét ration sexuell, la loca sation de celle-ci nia plus aucune importance : le viol peut consister tant en tune pénétration vaginale qu’en une pénétration anale ou buccale. IIny a pas de distinction entre | a pénétration par le sexe ou par un objet. | i a L 2. Absence de consentement Leconsentement de la victime est ladhésion donnée davance par une personne a une inf raction portant atteintea ses droits. 1! ne supprime pas également linfraction sauf si celle-ci exig pour sa constitution une fraude ou une violence. En matiére deol, cest lenon consentement de la victime qui caractérise le viol. Ce défau ‘tdeconsentement peut résulter des moyens employés par lagresseur pour imposer sa volonté. C’ est notamment la violence, les menaces, la ruse, la contrainte, surprise ou en abusant dela perso ne de la vietime. Quandla vietime est un mineur, cette absence de consentement nest pas requise pour qu elinfraction soit constituée. En effet, la loi présumequiun enfant de moins de 18 ans ne peut pas donner un consentement légalement valable. Ce qui fait quela personne majeure qui a des relatio rns sexuelles avec un mineur méme consentant se rend coupable d'uneinfraction de viol a. Violence La violence désigne les pressions physiques exeroées sur la victime pour obtenir delle le c ‘omportemen t sexuel quion souhaite."S La violence peut étre directe et physique ou violence moral esur la victime. Par violence physique, nous sous-entendons quily a utilisation de la force pour o btenir leconsentement de la victime. Lagresseur exerce des pression s corporelles pour obtenir ce quil désire Selon BOLONGG, le défaut de consentement s‘ét ablit aisément lorsque la femme n'a cédé qua la force. II nest mémepas requis quelle ait conservé sur son corps les traces de brutalités de lassaut dont ellea été victime ou quelle ait crié au secours. Ilen est ainsi évidemment de la femm 28 qui un agresseur impose la conjonction sexuellea présune utteet quirva cesséde résister qu A cause de la supériorité musculaire delhomme.1¢ [Link] menaces La menace supprime le consentement et caractérise la gression. La violence morale résult edes menaces reques parla ferme pouvant inspirer a celle-ci la crainte sérieu se et immédiate de xposer sa personne ou calle de ses proches a un péril considérable et imninent.17 | i 10 a L Lamenace est en effet toute forme dexpression morale. Elle se confond avecla contraint emorale par le fait que tous les deux consistent a menacer quelquun delui faire du mal a lui ou a sses proches, voire de causer du tort & ses biens ‘Ainsi, pour BOLONGO, constituent un viol é faide de menaces -Le fait de selivrer a un patron sous menace de licenciement, -Le fait de céder a la suite d'une menace darrestation dela part dun gendarme, ~ Lefait pour une femme mariée surprise en flagrant délt daduére de se livrer a un-témoin qui la menacera it de la dénoncer a son mari. © Surprise Pour lecas de la surprise, ledéfaut de con sentemnent peut résuker dun acte commis a fin su des int éressés. II faudra comprendrele mot « surprise » dans le sens juridique de tromperie et non dans lesens commun stonnement. Cest le cas dun agresseur qui sintroduirait dans le lit d'une femme marié, la nuit pour se i ‘wer addes attouchements et qui parviendrai a avoir des rapports sexuels avec elle, alors quélle cr oyait se fivrer & son mari? Sera également pour suivi de viol par ruseun féticheur qui aurait des relations sexuelles av ec ne femme mariée stérile qui chercherait & avoir des enfants en ui affirmant faussement que ¢ ‘est le seul moyen pour elle de concevoir20 IL. Lélément moral Par élément moral, on entend aussi lékément intellectuel ou psycholog que. Cet élérment d termine la psychologie, attitude intelectuelle [état desprit lors dela commission de infraction Levviol est un crime, doncune infraction intentionnelle. Cette intention est constituée dés | ors quelauteur a la volonté ou la conscience dimposer des rapports non désirés & la victime. Ilex iste une difficult élorsque lauteur explique quil stst mépris sur fabsence de consentement. Les tri bunaux vont alors apprécier le défaut dintention defauteur selon les circonstances. | i a L Leviol n'est donc constitué tout d’ab ord que si 'auteur a voulu lacte de pénétration sexuel leet ensuite que sil la pergu comme tel, Le caractére volontaire delacte ne pose pas en principe de difficulté et découlera de la nature de lacte accompli** Pour montrer que lacte de pénétration a été pergu comme tel par auteur du vio} il faut en revanche établir deux éléments 1° Que lauteur a eu conscience dialer a l'encontre de la volonté de la victime. Cette conscience es tle plus souvent établie par la nature des actes accomplis. Ainsicelui quia employéla violence po ur artiver & ses fins comme celui qui accompli le viol sur un evietime inconsciente ne peut quiavoi conscience de labsence de consentement dela victime : & défaut en effet, il raurait pas employé ‘ces moyens ou exploité ces circonstances 22 2° Que fauteur a eu conscience daccomplir un acte denature sexuelle. Cette conscience pourra € tre déduite dela matérialité méme de ces actes. Celui qui impose par exemple a la victime dacco mplir une fellation peut difficlement prétendre ne pas avoir conscience de la nature sexuelle. Cest la preuve de félément matériel qui détermine élément moral23 §4. Les formes de viol Lacte de viol revét différentes formes. On essaiera de citer et de définir quelques formes q ui sont couramment constatées. I sagit ainsi du viol individuel viol collectif, viol avec violence et selon la qualité delauteur du viol, le viol incestueux, le viol conjugal le viol par une autorité morale et enfin le viol en temps de guerre J Le viol individuel Est considéré comme viol individuel silactea é€é réalisé par une seule personne. Souvent ke viol ndividuel est préméaite car il est préparé et généralement fagresseur connait la victime Ul. Viol collectif Est considéré comme viol collectif si lacte est réalisé par deux ou plusieurs personnes sur une seule victime. Cecas est généralement constaté en temps de conflits armés. Cette forme de viol sest beaucoup répandue pendant les périodes de crises qu’a traversé notre pays. | i a L IL. Viol avec violence Levviol avee violence est constaté quand le violeur a fait recourt a la force pour arriver as es fins. Par force on sous-entend par exemple les coups qui peuvent causer des blessures ou parf ‘ois méme entrainer la mort. VI. Viol conjugal Les violences sexuelles conjugales ébranient le fondement de relations hommes-femmes, dans une société oil la sexualité, méme tabou, définit lessence des relations féminin-masculin, Cel ui qui est censé étre protecteur pour la femme devient dans ce cas lagresseur, un loup qui signor emt En effet le viol conjugal est un rapport sexuel forcé par un des conjoints sans le consente ment de fautre. Cependant, le con sentement aux relations sexuelles entre époux est plus difficilement mis en doute. Entre époux, ily a une présomption de consentement, Selon DURRIEU-DIEBOLT et WANQUET, lors qu'une procédure de divorceest ouverte, iIny a aucun probleme. Le viol est reconnu dés lors que les conditions générales sont replies. Le probléme se pose quand le viol est commis durant lemariage. Pendant longtemps, la | ustice présumait le consentement des époux et cela ne permettait pas de retenir le viol d'un mari a légard de sa femme. Les seuls cas ayant entrainé une condamnation étaient des viols accomp agnés de violences proches dela torture.25 Certains pays sont finalement arrivés a admettre faccusation de viol dune femme par so mari dont par exemple la France et la suisse. LaFrance a retenu depuis 1992 comme circonstances aggravantes la qualité du conjoint fen cas de violences conju gales et la jurisprudence reconnait le viol conjugal. Ainsi, en 1992, la cha mbre criminelle dela cour dela cassation a rendu une décision de principe qui admet quele viol p eut étre constitué entre époux et cemémeen absence de violence autre que la seule pénétration sexuelle, Ceci signifie qui nexiste plus de présomption de consentement des époux aux actes sex uuels accomplis dans lintimité du mariage ou du moins si elle existe, elle sup porte aujourdhui la pr | i _l “| L euvedu contraire.2 Quant a la Suisse le viol entre époux est poursuivi doffice depuis le Te: avril 2004 ; aupara vant, linfraction nétait poursuivie que sur plainte.27 CHAP. |. ETAT DES LIEUX DU SYSTEME JUDICIAIRE AL'EST DELA RDC Section |. Le cadre juridique intemational A. Le Droit Intemational Humanitaire Les conflits successifs quiont connus la RDC de 1996 a nos jours ont revétu ala fois un c ara tere interne et international. En effet, pour rappel, les acteurs de cette querre étaient non seul lement des insurgés congolais mais également des troupes étrangéres (Rwanda, Burundi). Doli la pplication de différents régimes de droit aux actes de violences sexuelles commis en RDC. 1. Le régime de droit portant surles conflits armés interationaux Le régime de droit portant sur les conflits armés internationaux a pour base les Conventio ns de Genéve du 12 aout 1949 ainsi que le Premier protocole additionnel aux Conventions de Gen eve du 12 aout 1949 relatif & la protection des victimes des conflts internationaux armés (Protec ole !). Ces instruments condamnent implicitement et explicitement le viol et les autres formes de v iolence sexuelle considérés comme autant de violations graves du droit humanitaire(note 1).LaR DC est partie & ces instruments juridiques quelle a ratifiés respectivement en 1961 pour les Conv entions de Genéve du 12 aotit 1949 et en 1982 pour leProtocolel. il en est de méme pour le Rwa nda et le Burundi qui les ont égalemnent ratifiés(note 1) La quatrigme Convention de Genéve relative & la protection des personnes civiles en temp sde guerre requiert toute notre attention car elle comporte des dispositions spécifiques surlesvi olences sexuelles. Elle dispose que « les femmes seront spécialement protégées contre toute attei nte € leur honneur et notamment contre le viol, la contrainte & la prostitution et tout attentat ale ur pudeur »(note 2}. Larticle 147 d'ajouter que « la torture ou les traitements inhumains » et « le f - a L ait de causer intentionnellement de grandes souffrances ou de porter des atteintes graves a linté corité physique ou a la santé » sont autant d infractions graves aux Conventions. Malheureuseme nit, ces dispositions ont été violées durant les hostiltés par les troupes nwandaises et burundaises qui niont pas hésitéa commettre des exactions sur les populations civiles et particulérement & po ser des actes de viol qui ont déshonoré et endeuillé Est du pays. 2. Le régime de droit portant surles conflits armés intemes Que dire du régime de droit portant sur les conflits armés internes ? Ceux- ci sont régleme ntés par [Article 3 commun aux quatre Conventions de Gendve du 12 actt 1949 et par le second Protocole adcitionnel aux Conventions de G enéve (Protocole Il). UArticle 3 commun aux quatre Convention s de G enéve du 12 aout 1949 qui sapplique no n seulement aux groupes armés non gouvernementaux mais aussi aux forces gouvernementales interdit les attaques contre ceux qui neprennent pas une part active aux hostiltés, notamment le scivis, Aussi les actes tels que les atteintes portées & la vie et & lintégrité corporelle comme le me urtre sous toutes ses formes, les mutilations, les traitements cruels, tortures et supplices ; les pris es dotages ; les atteintes a la dignité des personnes ( traitements humiliants et dégradants) sont - is prohibés(notes 3). Leviol tel quila é é pratiqué a IEst dela RDC avec une brutalité inoule par les armées gouvernementales rwandaises, burundaises, les groupes armés Mai-Mai, hutu nvand ais et burundais ainsi que le Ra ssemblement Congolais pour la Démocratie tombe sous le coup d ecette définition puisquil peut étre qualifié de traitement cruel, de tortureet diatteintea la dignté dela personne(note 4) Quant au Protocole Il aux Conventions de Genéve du 12a oiit 19.49, ratifié parla RDC dep uis le 12 décembre 2002, ilinterdit expressément « les atteintes portées a la vie, a la santéetaub ien-étre physique ou mental des personnes, en particulier le meurtre, de méme que les traitements cruels tels que la torture, les mutilations ou toute forme de peine corporelle» ; « les atteintes ala ddignité de la personne, notamment kes traitements humiliants, dégradants, le viol, a contrainte | a prostitution et tout attentat a la pudeur» et « lesclavage eta traite des esclaves sous toutes le urs formes »{note 4). Selon le Commentaire du CIOR, cet article « réaffirme et complete » Narticle [Link] parce quil « sest avéré nécessaire de renforcer . la protection des fernmes... qui peuv ent aussi étre victimes de viol, de contrainte a la prostitution ou dautres attentats la pudeur » {note 5) | i a L De ce qui précéde, ilest certain que lecrime de viol est défini commeune grave violation d es Conventions de Geneve, en tant que tell devient un orimede guerre. Lorsque ce dernier est oo mmis & une échelle visiblement vaste ou quil soit associé 8 une politique déibérée, il est traité de crime contre thumanité. En RDC, certains viols commis dans le cadre d'une agression généralisée ‘ou systématique contre des civils pourraient étre qualifiés de crimes contre Ihumanit éet poursuiv is comme tels. Le Stat ut de Rome de la CPI, ratifié par le Congo en avril 2002, ne précise- t- il pas que « leviol, lesclavage sexuel, a prostitution forces, la grossesse forcée, la sterilisation force » et toute autre forme de violence sexuelle de gravité comparable sont considérés comme des crim es de guerre et des crimes contre thumanité 2(Note 6) B. Le Droit Intemational des Droits Humains La RDC est partie a plusieurs instruments interationaux relatifs aux droits humains et ga rantissant également les droits des femmes. Parmi ces instruments figurent le Pa cte intemationa Irelatif aux droits civils et politiques (PIDCP) ; la Convention contre |a torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradant s (CCT), la Convention sur lélimination de toutes les f ‘cormes de discrimination a légard des Femmes (CEDEF), la Convention relative aux Droits del'Enf ant (CDE). Auniveau régional, la RDC est partie la Charte africaine des droits de homme et des peuples qui préne également lélimination de toutes les formes de discrimination a légard des fern mes. Ces instruments pratégent les femmes et les filles en temps de paix comme en période de co nnfit armé: Section Il. Le cadre juridique national En RDG, leviol constitue une infraction poursuivie devant la justice militaire (A) et la justi ecivile (B). Jadis, cecrimene figurait pas dans lancien code pénal militaire de 1972. Comme pall atif, le Code pénal ordinaire était appliqué aux militaires, aut eurs de crime de viol. Le Kégislateur vo ulant combler cette lacune,introduit cette infraction dan sle nouveau code miltaire datant de 200 2 Tout commele Code pénal milftaire, le Décret du 20 juin 1940 portant Code pénal Congola is accusait également des la cunes en matiere dinfraction de viol. Ces lacunes se sont révélees de vant la difficulté de qualifier et de poursuivre les crimes de violences sexuelles et particuligrement | i a L Jeviol commis avec brutalté au moyen dobjets autres que forgane masculin ainsi que celui com mis sur des victimes de sexe masculin. La législation pénale cong laise se présentait ainsi comm einopérante, inefficace, insuffisante et dépassée devant ces crimes de viol. II devenait impérieux pour le K¢gislateur congolais dadopter une définition du viol qui reflétait les principes intemationa ux les pus avancés et notamment certains des aspects les plus progressistes de la jurisprudence récente(notes 7) [Link] Justice militaire 1. le Code de justice militaire de 1972 En RDG, les crimes commis par les membres des forces armées congolaises étaient qualfi és et punis selon la loi n® 72/060 du 25 septembre 1972 portant code de justice militairejusqu’a | a fin de fannée 2002. Les mouvement s rebelles oeuvrant a Est du pays tels que le RCD- Goma et le RCD - ML ont également soumnis leurs troupes au code de 1972 durant les conflits armés. Cepe dant, a notre grande surprise, ily a lieu derelever qu'l nexistait pas dans le Code de justice milita ire de 1972 de disposition traitant des violences sexuelles. Lors des poursuites, cette lacune était comblée par larticle 1er dudit Code qui disposait que le Décret du 30 juin 1940 portant Code péna | Congolais est également applicable aux membres des forces armées, Selon les Conventions de Genéve de 19.49 et le Statut du Tribunal pénal International aux ‘quels la RDC a adhéré, le gouvernement con golais a lobligation de sassurer que ses codes pénau xpunissent les auteurs decrimes de guerre et de crimes contre!humanité, dont le viol et les viole nces sexuelles, con formément aux dispositions des traités(note 8) Quoique les autorités aient ad optéen novembre 2002 un nouveau code de justice militaire et un code pénal militaire trés peu de poursuites ont été engagées contre les forces armées réguliéres ou les groupes rebelles pour crim. es de wiolence sexuelle, Pour rappel le viol ne igurait pas comme infraction dans la loin’ 72/060 du 25 septembr ©1972 portant code dejustice militaire. Ila fallu attendre ladoption d'une nouveau Code pour voi F apparaitre linfraction. En effet, la loi n’ 24/2002 du 18 novembre 2002 portant Code pénal milit alte en son article 169, paragraphe 7 dispose que « le viol, lesclavage sexuel, la prostitution forcé « la grossesse foforcée, la stérlisation forcée et tout autre acte de violence sexuelle de compara le gravité sont considérés comme des crimes contre Ihumanité pa ssibles de fa peine de mort » Bien que larticle 169, paragraphe 7 constitue un grand pas en avant vers la lutte contrele ‘viol commis par les miltaires, il ne vise cependant que les actes perpétrés dans le cadre dune att | i a L aque générale ou systématique contre la République Congolaise ou la population civile. Les cas d viols individuels ne sont malheureusement pa svisés par cetexte de loi mais ceux - oi pourront é ‘re poursuivis conformément au Code pénal ordinaire. Toutefois, les dispositions sur « les violence € ou sévices graves » en temps de guerre ou d'état d'urgence (punis de la peine de mort) (note 9) et sur «lesactes arbitraires ou attentatoires aux droits et libertés » (punis jusqu’a quatre ans de prison)(note 10) pourraient servir de point dedépart aux poursuites contre les miltaires, auteurs deviolences sexuelle. En conclusion, le nouveau code pénal militaire demeure lacunaire en matiére de viol et de violences sexuelles car n’intégrant pas toutes les dispositions des Conventions de Genévede 194 ‘et du Statut du Tribunal Pénal International y relatives. Pour pallier a cette lacune, la RDC a mis en chantier un projet de loi demise en oeuvre du Statut du Tribunal P énal International pour assu rer la conformnité du droit congolais avec ces instruments internationaux, B. La forme lacunaire du Décret du 30 juin 1940 portant Code pénal Congolais et la néces, sité dadopter unenouvelle Kgislation relative a la répression des violences sexuelles ‘Apres la fin officielle des hostilités en RDC, les actes de violences sexuelles ont continue & persister. Les victimes des formes de violences sexuelles les plus révoltantes (viols commis avec I ntroduction darmesa feu, de batons ou de tout autre objet) ont été abandonnées a leur triste sor tvu le caractére lacunaire du Décret du 30 janvier 1940 portant Code pénal congolais qui était d’a vis que « tout acte, autre que le colt, quelles que soient sa nature ou son immoralité ne peut cons tituer le viol» (note 12) La nécessité ‘adopter une nouvelle législation savérait donc importante surtout pour la s ociété civile et les autres acteurs travailant aux cdtés des victimes. IIs miitaient pour mettre fin & limpunité favorisée par la forme lacunaire du Décret du 30 janvier 1940 portant Code pénal cong olais et caractérisée par la condamnation des auteurs des violences sexuelles a des peines dérisoi res, leclassement des dossiers par le paiement d'une amende transactionnelle, la banalisation de sviolences sexudlles a légard deshommes, fabsence dune definition claire et nette du viol ainsi q ue absence de eélérté dans le traitement des dos siers(note)Position confortée par fobligation fa ite au législateur par fa Constitution du 18 février 2006 de pénaliser les violences sexuelles (notes 113) particulizrement les violences sexuelles faites aux femmes(note) aux enfants et sur toute per sonne dans lintention de déstabiliser, de disloquer une famille et de faire disparaftre tout un peup| fe érigés en crime contre Ihumanité | i a L En outre, le souci de renforcer la protection des victimes des violences sexuelles dépourvu sdesoins psychosociaux et médicaux et dissuadés de recourir a la justice en raison des frais élev 8 payer, de la lenteur judiciaire, de la publicité des audiences mettant en cause leur droit au resp ect de la vie privée et des risques de représailles de la part des auteurs des crimes (notes) devena it pressant vu lampleur des violences sexuelles commises. ‘A cela sajoute également la nécessité pour la RDC de conformer sa législation portant sur les violences sexuelles aux instruments juridi ‘ques internationaux d ment ratifiés tels que les Conventions de Gen éve du 12 aout 1949, leStat ut dela Cour Pénal Internationale, la Convention contrela torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants ; la Convention sur 'éimin ation de toutes les formes de discrimi ation a légard dela femme et la Convention relatives aux droits de lenfant. 2. Aprés la promulgation des nouvelles lois sur les violences sexuelles a. La loi n°06/018d 20 juillet 2006 modifiant et complétant le Décret du 30 janvier 1940 portant Code pénal congo! ais La loi n°06/018 du 20 juillet 2006 modifiant et complétant le Décret du 30 janvier 1940 po tant Code pénal congolais est une tenta tive de solution au contexte général de crise créé par les conflits successifs en RDC depuis 1996. En effet, par ses différentes innovations elle constitue un pas important vers la lutte conte limpunité dans le domaine des infractions de violences sexuelle sdeplusen plus fréquentes dans nos sociétés. Tout en intégrant de nouvelles infractions empru ntées au Droit International Humanitaire, la loi n° 06/018 du 20 juillet 2006 a portédes modificati ons au niveau des infractions de viol et dattentat a la pudeur. Elle a pour vocation de contribuer au redressement dela moralité publique, de lordre public et de la sécurité dans le pays. En ce qui concerne finfraction de viol, les modifications apportées a cette demir concer nent [élément matériel, le moyen utiisé pour commettre le viol, le sexe de la vietime, le viol « réput Saver violence » et les peines a pplicables. Durreste, ces différentes modifications apportées par | a loin"06/018 du 20 juillet 2006 modifiant et complétant le Décret du 30 janvier 1940 portant Co de pénal congolais ont pour mérite de prendre largement en compte la protection des personnes | es plus vulhérables notamment les femmes, les enfants et les hommes victimes des infractions d eviolences sexuelles. Pour assurer la célérité des affaires relatives aux violences sexuelles, la loi n°06/019 du 20 juillet a introduit une innovation au niveau des délais a observer pour finstruction et le prononcéd ujugement. En effet, lenquéte préliminaire en matiére de violence sexuelle se fait dansun délai d’ | i a L un mois maximum a partir de la saisine de faut orité judiciaire. Linstruction et le prononcé du juge ment quant a eux se font dans un délai de trois mois maximum a partir dela saisine de lautoritéj udiciaire. Toutefois, lofficier de police judiciaire saisi dune infraction relative aux violences sexuell es en avise dans les 24 heures l'officier du Ministére P ublic dont il reléve. Ces délais sont de stricte application. Le non respect de ces délais par le magistrat est constitutif dune faute disciplinaire d ont il peut étre amené a répondre devant le Conseil Supérieur dela Magistrature (notes) En outre, la loi consacrele droit des victimes a étre assisté d un Conseil durant toutes les phases dela procédure(note). Dans |e cas oit la victime se trouve dans lincapacité de faire appel aux services dun avocat ou dun défenseur judiciaire, le tribunal peut lui en commettre une. La possibilté du paiement duneamendetransactionnelle en phase pré juridictionnelle po ur faire éteindre faction publique a été supprimée(notes). Ceci marque le souci du Kgislateur de re nforcer la répression des infractions de violences sexuelles et de privilégier la peine de servitude p énale principale. Pour apporter ala victime les soins de santé dont ellea besoin mais aussi pour faciliterla réunion des éléments de preuve et facilter lindemnisation des victimes, la loi enjoint aux magistra ts de commettreun médecin et un psychologue. Ils ont pour tache dapprécier IEtat de la victime ddes violences sexuelles et de déterminer les soins appropriés ainsi que dévaluer limportance du p réjudice subi parle et son aggravation ukérieuroe( notes). De plus, !Officier du Ministére public ou le juge saisi sont tenus de prendreles mesures né ces saires pour sauvegarder la sécurité, le bien étre psychologique, la dignité et le respect dela vie privée des victimes ou de toute autre personne impliquée. De ce fait, & la requéte de la victime ou du Ministére publique, lejuge peut prononcer le huis clos.

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