Rapport de la finance verte
Le 20 Mars 2024
1. Définition de la finance verte :
La finance verte englobe tous les instruments financiers dédiés au financement d'initiatives visant
explicitement à protéger l'environnement. Elle soutient les activités et opérations financières qui
favorisent la transition énergétique et la lutte contre le réchauffement climatique. Contrairement
à la finance traditionnelle, la finance verte cherche non seulement la rentabilité économique,
mais aussi à avoir un impact positif sur l'environnement.
2. Processus de la finance verte en Europe :
En Europe, un processus rigoureux de finance verte a été mis en place. Ce processus exige que
les institutions financières n’investissent que dans des projets ayant un impact positif sur
l’environnement ou, au minimum, n'ayant pas d'impact négatif. Ce cadre réglementaire vise à
assurer que les financements soutiennent des initiatives contribuant à la transition écologique et
à la lutte contre le changement climatique, tout en garantissant la durabilité des investissements.
3. Principes de la finance verte :
La Finance verte définit les actions et opérations financières favorisant la transition
énergétique et la lutte contre le réchauffement climatique.
Elle s'inscrit dans des démarches d'investissement responsable (IR) ajoutant aux critères
financiers des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG).
La finance verte porte comme ambition de contribuer à la décarbonation de nos économies,
au ralentissement du réchauffement climatique et au développement d'une économie
durable pour l'environnement.
Pour répondre à ces objectifs, la finance durable s'appuie sur différents instruments et
mécanismes tels que les obligations vertes, les labels ISR, les fonds verts agissant pour le
développement d'investissements socialement responsables afin de lutter contre le
changement climatique.
4. Marché des carbones
Un marché du carbone est un instrument essentiel dans la lutte contre la pollution, basé sur un
système d’échanges de quotas d’émission de CO2, souvent appelés « droits à polluer » délivrés
aux entreprises. Ce mécanisme repose sur le principe du pollueur-payeur : les coûts engendrés
par les mesures de pollution sont supportés par les pollueurs eux-mêmes.
4
Rapport de la finance verte
Exemple d’application du principe pollueur-payeur :
Si une usine d’aluminium émet des déchets dans l'air affectant la santé publique,
normalement, les coûts des traitements médicaux seraient à la charge des personnes
touchées. Toutefois, l’État peut imposer une taxe carbone pour limiter la pollution : chaque
entreprise doit respecter un plafond annuel d’émissions pour protéger l’environnement. Bien
que de nombreuses entreprises cherchent encore du financement pour des activités
polluantes, les banques commencent à privilégier le financement de projets écologiques, car
une économie durable repose sur la finance verte.
Exemple de finance verte :
Des entreprises comme H&M et Zara, ainsi que des petits ateliers à Ksar el-Kébir, s’engagent
dans la transition écologique en adoptant des pratiques durables.
Crédits sans intérêts pour l’énergie verte
Dans certains pays, où les conditions climatiques sont extrêmes, l’État peut proposer des
crédits sans intérêts pour encourager l’adoption de systèmes de chauffage et de climatisation
respectueux de l’environnement. Par exemple, les sukuks verts.
5. Les sukuk verts
Les sukuk sont des obligations conformes à la loi islamique. Les sukuk verts financent des projets
d'infrastructure sans impact négatif à long terme sur l'environnement, comme la construction
d'installations de production d'énergie renouvelable. La France, l’Angleterre et le Maroc utilisent
les sukuk verts pour soutenir des projets respectueux de l'environnement tout en respectant les
principes de la finance islamique.
6. Objectif de la finance verte
L'objectif principal de la finance verte est de subventionner la lutte contre la pollution et de
promouvoir la transition énergétique. Cela inclut le soutien à l'énergie renouvelable, qu'elle soit
éolienne ou photovoltaïque, afin de bâtir une économie durable et respectueuse de
l'environnement.
5
Rapport de la finance verte
Le 03 Avril 2024
1. La société moderne et la logique financière
Les sociétés contemporaines sont souvent focalisées sur les gains rapides et les profits à court
terme. De nombreuses entreprises cherchent à maximiser leurs investissements avec un
minimum d'effort, visant des rendements élevés en un temps réduit. Dans la finance
traditionnelle, le principe est clair : si vous disposez d'un million, l'objectif est de doubler ou tripler
ce capital rapidement. Les investisseurs placent leur épargne dans des actions, des obligations et
d'autres produits financiers, sans se préoccuper de la nature des investissements, cherchant
uniquement à maximiser les profits.
2. La domination de la logique de l'actionnaire
Au sein des entreprises, la logique actionnariale domine souvent sur la logique entrepreneuriale.
Les dirigeants, souvent non propriétaires et simples salariés, gèrent l’entreprise avec une vision à
court terme. Par exemple, le dirigeant de Renault illustre ce type de gestion.
Il existe trois principales logiques de management des entreprises :
La logique des propriétaires d’entreprise :
Les entrepreneurs visent la pérennité de leur entreprise en investissant dans les nouvelles
technologies, la recherche et développement, en lançant de nouveaux produits, et en prenant
des décisions stratégiques à moyen et long terme.
La logique des ges onnaires :
Les managers administrent l’entreprise en se concentrant souvent sur des objectifs à court terme,
en optimisant les opérations.
La logique des ac onnaires :
Les actionnaires recherchent des opportunités de revenus sans se soucier de la durabilité. Ils
adoptent une approche opportuniste, encouragée par les marchés financiers qui développent des
produits financiers spécifiquement pour eux, orientant ainsi les bénéfices et valorisant les actions
de l'entreprise.
Les problèmes de la logique financière :
La prédominance de la logique actionnariale entraîne plusieurs problèmes financiers. La valeur
des actions est souvent surévaluée, indépendamment de la logique entrepreneuriale. La liquidité
des actions devient un enjeu crucial, influençant les décisions stratégiques des entreprises.
8
Rapport de la finance verte
3. L'affaire Médiator :
L'affaire Médiator est un exemple frappant des excès de la logique financière. Ce médicament,
commercialisé par les laboratoires Servier de 1976 à 2009, a causé la mort de 1 500 à 2 100
personnes en France, en plus de nombreux effets secondaires graves. Malgré son inefficacité, il a
été maintenu sur le marché pour maximiser les profits. La direction suivait une logique financière
stricte, retirant le produit seulement lorsque les gains sont devenus insuffisants, illustrant ainsi le
principe du coût marginal.
4. Le coût marginal
Le coût marginal, dérivé du coût total, est souvent représenté par une courbe en parabole
concave. Il démontre que le coût unitaire diminue avec l’augmentation de la quantité produite,
jusqu’à un certain point où il recommence à augmenter.
9
Rapport de la finance verte
Le 19 Avril 2024
1. Réforme du système économique après 1990
Après 1990, le système économique a intégré les dimensions écologique et sociale en plus de la
dimension économique traditionnelle. La performance économique englobe désormais la
performance financière, y compris la recherche de gains à court terme par les actionnaires. Le
volet social vise à garantir la paix sociale en défendant les intérêts des consommateurs par le biais
d'associations. Le volet environnemental est intégré pour promouvoir une consommation
durable et une production/distribution éco-efficiente.
2. Rôles des parties prenantes
Les parties prenantes jouent des rôles spécifiques dans ce système intégré. Les ONG surveillent
les actions des gouvernements et les incitent à respecter les principes des droits de l'homme. Les
médias et syndicats exercent une pression sur les employeurs pour améliorer les conditions de
travail. Les collectivités locales et les administrations publiques mettent en place des mesures
juridiques et de sensibilisation pour lutter contre les externalités négatives de la croissance
économique.
3. Évolution vers un modèle économique circulaire
Avec l'intégration de la dimension écologique, le modèle économique classique a évolué vers un
modèle circulaire. Ce modèle inclut l'extraction et l'exploitation des ressources naturelles,
l'utilisation de matières premières secondaires, la gestion des déchets, ainsi que la consommation
durable et la production/distribution éco-efficiente. L'écoconception, qui intègre la dimension
écologique dès la conception des produits, et l'éco-efficience, qui équilibre la valeur d'un produit
ou service avec son impact environnemental, sont des éléments clés de ce modèle.
4. Opposition à l'obsolescence programmée
La consommation durable s'oppose à l'obsolescence programmée, une stratégie commerciale où
les produits sont conçus pour avoir une durée de vie limitée, incitant ainsi les consommateurs à
acheter plus fréquemment. Les financements verts jouent un rôle crucial dans cette transition.
Les investissements verts, conformes aux normes écologiques telles que les énergies
renouvelables, soutiennent des projets ayant un impact positif sur l'environnement. Les fonds
verts collectent des fonds pour les investir dans des projets environnementaux, dédiés à des
initiatives vertes et durables.
10
Rapport de la finance verte
Le 08 Mai 2024
Principes de la finance verte :
1. Définition de la finance verte
La finance verte dépasse la simple allocation de ressources financières. Elle représente une
philosophie d'investissement axée sur la durabilité, visant à transformer les modèles
économiques traditionnels pour favoriser la transition énergétique et la protection de
l'environnement. En réorientant les flux financiers vers des projets et des activités respectueuses
du climat et de la biodiversité, la finance verte devient un outil puissant pour un changement
systémique.
2. Investissement responsable (IR)
L'investissement responsable est au cœur de la finance verte. Il repose sur l'idée que les
investisseurs jouent un rôle crucial dans la promotion de pratiques commerciales durables et
socialement responsables. En intégrant des critères environnementaux, sociaux et de
gouvernance (ESG) dans leurs décisions d'investissement, les acteurs financiers contribuent à la
création d'une économie plus éthique et durable.
3. Ambition de la finance verte
La finance verte ne se limite pas à réduire les émissions de carbone ou à minimiser les impacts
environnementaux négatifs. Son ambition est beaucoup plus vaste : elle vise à repenser
fondamentalement notre manière de produire, de consommer et d'interagir avec notre
environnement. En favorisant la décarbonation de nos économies, elle aspire à construire un
avenir où la prospérité économique est indissociable du respect de la planète et de ses limites.
4. Instruments et mécanismes
Les instruments financiers de la finance verte sont variés et en constante évolution. Des
obligations vertes aux fonds d'investissement socialement responsables, en passant par les
initiatives de finance participative, ces mécanismes offrent aux investisseurs une multitude
d'options pour canaliser leurs capitaux vers des projets ayant un fort impact environnemental et
social positif. Ils encouragent également les entreprises à adopter des pratiques plus durables et
transparentes, renforçant ainsi la résilience de l'économie dans son ensemble.
13