JOURNAL OF THE
AMERICAN MATHEMATICAL SOCIETY
Volume 5, Number I, January 1992
FLOTS D'ANOSOV
A DISTRIBUTIONS STABLE ET INSTABLE DIFFERENTIABLES
YVES BENOIST, PATRICK FOULON, ET FRANCOIS LABOURIE
PLAN
O. Introduction
1. Structure de la demonstration
1.1. Dne structure d'espace homogene
1.2. Proprietes du groupe G' et des groupes d'isotropie
1.3. La dynamique de r et Ie rang de G
2. Dne algebre de Lie semisimple
2.1. Le pseudogroupe des isometries locales
2.2. Dne premiere connexion
2.3. La courbure du fibre des formes volume sur E+
2.4. Dne algebre de Lie reductive
2.5. La courbure du fibre des formes volume sur E+ (bis)
3. Dne structure d'espace homogene
3.1. Construction d'un espace modele
3.2. Prolongement a v de la (G', V)-structure
3.3. Completude de la (G', V)-structure
3.4. Les diffeomorphismes d' Anosov symplectiques
4. Proprietes des sous-groupes d'isotropie H
4.1. La sous-algebre p+ est parabolique
4.2. Dne connexion adaptee a une decomposition de E+
4.3. La sous-algebre p+ est parabolique maximale
4.4. Reparametrisation
4.5. Interpretation algebrique des objets geometriques
5. Dynamique d'un element du groupe d'holonomie
5.1. Reductions preliminaires
~+
5.2. Points fixes de y dans !T
5.3. Points fixes de y dans !T+
5.4. Points w-limites de l'action de y dans &
5.5. Non-semisimplicite de y
6. A la recherche d'elements semisimples
6.1. Existence d'elements semisimples dans r
6.2. Les paraboliques maximaux avec !T+ non compact
Received by the editors August 10, 1990.
1991 Mathematics Subject Classification. Primary 58F15.
© 1992 American Mathematical Society
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34 YVES BENOIST, PATRICK FOULON, ET FRANC;OIS LABOURIE
6.3. Semisimplicite de l'application premier retour lorsque :7+ est non
compact
7. Conclusion
7.1. L'exemple fondamental
7.2. Classification
7.3. Proprietes de l'exemple fondamental
7.4. Demonstration du theoreme 1 bis
7.5. Le cas riemannien
References
o. INTRODUCTION
0.1. Rappelons la definition d'un flot d'Anosov. Soient V une variete COO
compacte et connexe, X un champ de vecteurs COO ,et 'P t Ie flot associe. On
munit V d'une metrique riemannienne annexe.
Definition. On dit que X (ou 'PI) est d'Anosov, s'il existe une decomposition
(que nous appellerons aussi d'Anosov) invariante par Ie flot, du fibre tangent it
V: TV = E+ EB RX EB E- et des constantes a et b strictement positives telles
que
(i) VZ+ E E+ Vt ~ 0 IIT'P_t(Z+)11 ~ aIlZ+lle- bt ,
(ii) VZ- E E- Vt ~ 0 IIT'P/Z-)II ~ aIlZ-lIe- bl .
11 est facile de verifier que cette notion ne depend pas du choix de la metrique.
On note EO Ie fibre de rang un RX.
Une importante classe d'exemples, qui motiva l'introduction de cette notion
par Anosov, est constituee par les flots geodesiques des varietes riemanniennes
compactes it courbure strictement negative.
La distribution E+ (resp. E-, E+ EBEo , E- EBEo) est integrable et s'appelle
distribution instable (resp. stable, centrale instable, et centrale stable). Les
feuilles integrales s'appellent feuilles instables (resp. stables, centrales instables,
et centrales stables). Dans Ie cas des varietes it courbure negative, ces distribu-
tions sont reliees aux distributions horospheriques.
Chaque feuille est Coo. Par contre, la distribution est, en general, transver-
salement peu differentiable. Anosov montre qu'elle est tout de meme continue
et verifie des conditions Holder avec un coefficient strictement positif [A]. Dans
Ie cas des flots geodesiques sur les surfaces ou sur les varietes it courbure negative
i-strictement pincee, la distribution est de classe C I [HP]. Par contre, Hurder
et Katok [HK] ont montre que pour les flots geodesiques sur les surfaces la con-
dition C 2 entraine Coo, ce qui suggere qu'une condition de differentiabilite
supplementaire est tres contraignante.
On appelle I-forme canonique associee au flot, la I-forme donnee par A(E±) =
o et A(X) = 1. Le flot est dit Anosov-contact si A est COO et est de contact
(i.e., A /\ (dA)n-1 est nulle part nulle, si dim V = 2n - 1).
Les flots geodesiques des varietes it courbure negative forment une classe
d'exemples de flots Anosov-contact et dans ce cas la I-forme canonique cOIncide
avec la forme de Liouville.
FLOTS D' ANOSOV 35
0.2. Nous nous interessons dans ce papier aux flots d'Anosov dont les distribu-
tions stable et instable sont COO et tout specialement aux flots Anosov-contact.
En voici quelques exemples:
1. Le premier exemple est donne par Ie flot geodesique sur Ie fibre uni-
taire des varietes compactes riemanniennes localement symetriques it courbure
strictement negative.
2. Le deuxieme exemple est obtenu it partir du premier en prenant des
revetements finis et des quotients finis.
3. Enfin, on peut perturber par des reparametrisations COO ces exemples it
l'aide de certains elements du premier groupe de cohomologie. Plus precisem-
ment, soit X un champ Anosov-contact sur une variete compacte dont la
decomposition d'Anosov est COO et soit a une I-forme fermee telle que 1 +
a(X) > 0 alors Ie champ X' = X/(l + a(X)) est aussi Anosov-contact et sa
decomposition d'Anosov est COO (cf. 4.4.1).
0.3. Le theoreme principal de cet article affirme que nous avons parcouru ainsi
tous les cas possibles
Theoreme 1. Soit V une variete compacte de dimension 2n - 1 munie d'un
champ de vecteurs X Anosov-contact dont la decomposition d'Anosov est Coo.
Alors, il existe une unique classe de cohomologie [a] dans Hl(V, R) et une
I-forme fermee a representant [a] verifiant 1 + a(X) > 0 telle que, en posant
Y = X/(l + a(X)), on a
(i) si n ~ 3, if existe un revetement fini de V sur lequelle flot de Y est C oo _
conjugue au flot geodesique d'une variete riemannienne localement symetrique a
courbure strictement negative;
(ii) si n = 2, if existe un revetement fini de V sur lequel Ie flot de Y est
COO -conjugue au releve a un revetement fini du flot geodesique sur Ie fibre unitaire
d 'une surface hyperbolique compacte.
Remarques. 1. Lorsque n = 2, ce resultat est dl1 it E. Ghys [Gh].
2. Seule compte vraiment la classe de cohomologie [a]. En effet, si P et a
sont deux I-formes fermees verifiant 1 + P(X) > 0 et 1 + a(X) > 0, alors les
flots X/(1 + a(X)) et X/(1 + P(X)) sont COO-conjugues si et seulement si P
et a sont cohomologues.
3. Vne verification rapide montre que 1 - a(Y) > 0 et que X = Y/
(1 - a( Y)) ; autrement dit Ie reparametrage est reversible et Ie champ de vecteurs
X s'obtient bien comme nous l'avions predit it partir des varietes localement
symetriques.
4. Si on suppose seulement que les distributions E± sont de classe C k avec
k ~ 2(2n2 - n + 1), Ie resultat est encore vrai avec la conjugaison de classe
C k • Vraisemblablement, la meilleure hypothese de differentiabilite pour un tel
resultat est Cl+Lipschitz.
5. Nous donnons un enonce plus technique et precis de ce theoreme en 7.2.
0.4. Dans Ie cas des flots geodesiques sur les varietes riemanniennes notre
resultat se specialise et nous montrons.
Theoreme 2. Soit N une variete riemannienne compacte de dimension n acour-
bure strictement negative; si la distribution centrale stable du flot geodesique est
36 YVES BENOIST, PATRICK FOUWN, ET FRAN<;::OIS LABOURIE
COO , alors Ie flot geodesique est COO -conjugue a celui d'une variete riemannienne
localement symetrique a courbure strictement negative.
Remarques. 1. Ce resultat avait ete demontre pour les surfaces par Ghys [Gh]
et dans toutes les dimensions par Kanai [Ka] sous l'hypothese de courbure ~
pincee. Puis il avait ete etendue en utilisant la meme methode d'approche par
Feres et Katok [FKl, FK2] avec les hypotheses n impair, ou courbure stricte-
ment !-pincee. Remarquons que dans ces cas, les seuls candidats localement
symetriques possibles sont les espaces hyperboliques reels.
2. Signalons par ailleurs que faire l'hypothese que Ie flot est Ie flot geodesique
sur une variete riemannienne it courbure strictement negative simplifie con-
siderablement la demonstration de notre theoreme 1 (cf. 7.5.5) et que ce theo-
reme n'est en aucun cas une generalisation immediate du theoreme 2.
3. Les theoremes 1 et 2 ont ete annonces dans [BFL].
0.5. Nous montrons enfin, par les memes methodes, un resultat partiel sur les
diffeomorphismes d'Anosov (cf. 3.4).
Theoreme 3. Soil (V, ill) une variete symplectique compacte de dimension 2n
munie d'un dijJeomorphisme d'Anosov symplectique. Si la decomposition
d'Anosovest Coo, alors Ie groupe des dijJeomorphismes symplectiques du revete-
ment universel V preservant la decomposition d'Anosov est un groupe de Lie qui
agil transitivement.
1. STRUCTURE DE LA DEMONSTRATION
La demonstration s'effectue en deux temps; dans un premier temps, nous
montrons que V admet une structure localement homogene. II s'agit en suite,
dans un deuxieme temps, d'identifier les groupes en question. En general,
lorsqu'il s'agit d'identifier les espaces homogenes verifiant une propriete, la tache
est grandement facilitee quand la propriete est locale et Ie probleme se dissout
alors presque immediatement dans l'algebre. Ici, la propriete d' Anosov est glob-
ale, ce qui va nous obliger it un va-et-vient entre algebre et dynamique. En
particulier, nous serons amenes it etudier la dynamique du groupe fondamental
de V.
Un autre exemple de question globale et delicate est Ie suivant: quels espaces
homogenes admettent des quotients compacts?
Voici maintenant les trois etapes de la demonstration dont les methodes
sont relativement distinctes (quoique les deux premieres se chevauchent). Nous
sommes dans les hypotheses du theoreme 1, et Vest Ie revetement universel
de V.
1.1. Une structure d'espace homogene. Notre but dans cette premiere etape est
de demontrer
1.1.1. Proposition. Le groupe G' des dijfeomorphismes de V qui preservent la
decomposition d'Anosov et Ie flot est un groupe de Lie qui agil transitivement sur
V.
Nous utili sons pour cela un resultat de Gromov qui montre que, sous nos
hypotheses, un ouvert dense de V admet une structure localement homogene
FLOTS D'ANOSOV 37
puis grace a une connexion (analogue a celIe de Kanai) nous demontrons que
cette structure s'etend.
C'est l'objet des chapitres 2 et 3.
1.2. Proprietes du groupe G' et des groupes d'isotropie. L'outil fondamen-
tal, dans les §§3 et 4, est l'etude des connexions invariantes par Ie flot et plus
precisement des courbures des fibres des formes volume sur les sous-fibres par-
alleles de TV. On montrera en particulier que ces courbures sont nulles. On
utilisera ici l'existence d'orbites denses et d'orbites periodiques.
Ecrivons V = G' / H' oil H' est Ie groupe d'isotropie d'un point flo' Pour
tout groupe de Lie K, on notera Ke sa composante connexe et t son algebre
de Lie.
Notre deuxieme etape est essentiellement de demontrer deux propositions.
1.2.1. Proposition. On peut ecrire G' = G x R, oil R est Ie so us-groupe de G'
donne par Ie flot ifJ t et oil G est semisimple et agit transitivement sur V.
On note H = H' n G , c'est un groupe algebrique et on a V = G/ H. So it alors
p+ , (resp. go) l'algebre de Lie du stabilisateur dans G de la feuille centrale
instable (resp; orbite) du flot ifJ t issue du point flo'
1.2.2. Proposition. (i) p+ est une sous-algebre parabolique maximale de g.
(ii) go est une composante reductive de p+ .
(iii) On a ~ = [go' go] EB b~ oil b~ est la partie elliptique du centre de go'
Remarque. En particulier go = ~ EB RXo oil Xo est un element hyperbolique du
centre de go'
La demonstration de ces propositions commencee au chapitre 2 est achevee
au chapitre 4.
C'est maintenant en 4.4 que s'introduit Ie probleme de la reparametrisation.
Soit en effet r Ie groupe d'holonomie de V dans G'. Comme G' = G x
R, notons r 0 la projection de r sur Ie premier facteur et h l'element de
Hom(r, R) = HI (V, R) donne par la projection sur Ie deuxieme facteur. Alors
1.2.3. Proposition. (i) Il existe une I-forme fermee a, representant -h en
cohomologie de de Rham, telle que 1 + a(X) > O.
(ii) Pour toute telle I-forme a, Ie flot Y = X/(1 + a(X)) est Anosov-contact
et est COO -conjugue au flot de X sur r 0\ V . lei par abus de langage, nous avons
note de la meme maniere X ainsi que son releve sur V.
Nous demontrerons egalement la proposition necessaire a la construction des
exemples.
1.3. La dynamique de r et Ie rang reel de G. Nous pouvons supposer main-
tenant, apres un reparametrage COO que rest inclus dans G. Nous voulons
montrer, pour conclure
Proposition. Le rang reel de G est egal a 1.
La demonstration est basee sur la dynamique du groupe d'holonomie sur
l'espace y+ des feuilles instables et l'espace & des orbites du flot.
38 YVES BENOIST, PATRICK FOUWN, ET FRAN<;OIS LABOURIE
Notre intuition est d'essayer de copier l'action d'un groupe hyperbolique sur
la sphere it l'infini d'une variete it courbure negative. Nous traduirons des pro-
prietes classiques des flots d' Anosov: closing lemma, densite des feuilles cen-
trales ... en des proprietes de la dynamique de r. Le preuve de cette proposition
se decompose de la maniere suivante
1.3.1. On se ramene au cas oil r c Ge et oil Ie groupe Ad(r) est sans torsion.
Dans Ie chapitre 5, on montre en etudiant les points w-limites d'un element
y de r dans g-+ et & .
Proposition. Soit y un element de rqui n 'est pas dans Ie centre de Ge . On
suppose que g-+ est compact ou que y fixe un point de &. Si y est semisimple
(i.e., Ad(y) est semisimple), Ie rang reel de G est 1.
11 nous faut donc trouver des elements semisimples dans r. C'est Ie but du
chapitre 6. On distingue deux cas.
1.3.2. Si g-+ est compact. En utilisant Ie fait que toute feuille centrale instable
est dense on montre
Proposition. La cloture de Zariski de Ad(r) est reductive. En particulier Ad(r)
contient des elements semisimples.
1.3.3. Si g-+ est non compact. Les cas possibles forment une courte liste.
L'existence d'orbites periodiques du flot fP t permet de trouver des elements y
de r qui fixent un point de &. Une etude cas par cas montre alors que
Proposition. Si g-+ est non compact, tout element y de r qui fixe un point de
& est semisimple.
104. En conclusion, nous demontrons les theoremes 1 et 2. L'essentiel a ete fait,
il suffit de mettre les idees en place (cf. 7.0).
Remarque. Chacun des chapitres qui suivent commence par une partie zero
qui en decrit la demarche. Ainsi, la reunion de ces parties zero foumit une
description plus detaillee de la structure de la demonstration.
2. UNE ALGE-BRE DE LIE SEMISIMPLE
2.0. Le but des chapitres 2 et 3 est de demontrer la proposition 1.1. On mon-
tre tout d'abord it l'aide d'un theoreme de Gromov que Ie pseudogroupe des
diffeomorphismes de V qui preservent X et E± est de Lie et a une orbite
ouverte et dense Q (2.1). On veut en deduire que l'ouvert Q est muni d'une
certaine (G', V)-structure au sens de [T]. Ce but ne sera atteint qu'en 3.1,
lorsque nous aurons sufisamment de renseignements sur l'algebre de Lie g' des
champs de vecteurs locaux sur Q qui preservent X et E± .
La suite de ce chapitre est consacree it cette algebre de Lie g' , ce qui permettra
en fait de montrer l'essentiel de la proposition 1.2.1.
On construit tout d'abord une connexion sur V, analogue it celle de Kanai,
preservee par ce pseudogroupe (2.2). On montre alors et de fa~on simultanee
que Ie fibre des formes volume sur E+ est plat et que g' est une algebre de
Lie reductive dont Ie centre est donne par Ie champ X . Pour cela, on introduit
FLOTS D'ANOSOV 39
un operateur B+ qui pennet de calculer la courbure de ce fibre et on montre,
it l'aide de la notion d'entropie, qu'il est nilpotent (2.3). En utilisant alors
une realisation de g' par les 1-jets en un point et une graduation de g' liee it
l'application premier retour, on montre que g' est reductive (2.4); on en deduit
que B+ est semisimple done nul (2.5).
2.1. Le pseudogroupe des isometries locales.
2.1.1. Faisons quelques rappels simplifies de [Gr].
Soient M une variete COO de dimension m et R(M) Ie fibre des reperes
de M: c'est un GL(m)-fibre principal. Soit Z une variete algebrique lisse
(reelle) munie d'une action algebrique de GL(m).
Definition. On appelle A-structure (d'ordre 1 et de type Z) une section Coo,
g, du fibre Z(M) := R(M) xGL(m) Z .
Un exemple simple est donne par les metriques pseudo-riemaniennes.
Soit g une A-structure. Les diffeomorphismes de M agissent sur les sec-
tions de Z(M); on appelle isometries locales les diffeomorphismes locaux qui
preservent g. On note \Ix, XI ' x 2 EM, \lr:::: 1 ,
IsIOC(x l , x 2 ) = l'ensemble des gennes en XI d'isometries locales qui envoient XI
sur x 2 ;
Is IOC()X = Is
IOC( x, x): c'est un groupe;
Is' (x) = Ie groupe des r-jets en x de diffeomorphismes de M qui
preservent Ie (r + 1)-jet de g et envoient x sur lui-meme.
On appelle orbites du pseudogroupe !sloc les classes de la relation d'equiva-
lence Is10C(x l , x 2 ) =1= 0.
Definition. L' A-structure g est dite rigide (it l'ordre 1) si, \Ix EM, \lr :::: 1,
l'application naturelle IS,+1 (x) ...... Is' (x) est injective.
Dans ce cas, l'application naturelle Is1oc(x) ...... lSI (x) est injective et !sloc
est un pseudogroupe de Lie. A nouveau, les metriques pseudo-riemanniennes
fournissent une exemple d' A-structure rigide.
Proposition [Gr, §3]. Si Ie pseudogroupe des isometries locales d'une A-structure
rigide g a une orbite dense n, celle-ci est ouverte.
Remarque. eet enonce est encore vrai pour g de clase C' , \lr :::: r0 = dim R( M)
+ 1 (loc. cit. §1.6).
2.1.2. La decomposition (X, £±) va s'averer etre une A-structure rigide. Pre-
nons M = V; on a m = 2n - 1 . So it
+ - 2n-l + - 2n-1
Z = {(x, e ,e ,w)lx E R ,e et e
sont des (n - I)-plans de R tels
que R 2n-1 +
= e EB Rx - 2 . . · · .
EB e ,et west une -lorme antlsymetnque sur
R
2n-1
de noyau Rx telle que w(e ,e )
- -
= w(e + ,e+ ) = O}.
40 YVES BENOIST, PATRICK FOULON, ET FRANCOIS LABOURIE
L'action naturelle de GL(2n - 1) sur Z est transitive. Soit g = g x la section
de Z (V) donnee par
'Vv E V,
La 2-forrne dA a pour noyau RX et verifie dA(E+, E+) = dA(E- , E-) = 0
car A est de contact et est invariante par Ie flot (jJ t .
Lemme. L' A -structure g x est rigide.
Demonstration. La forme bilineaire symetrique b donnee par, 'VZ± E E± ,
b(X, X) = 1, b(X, Z±) = b(Z+ , Z+) = b(Z- , Z-) = 0, et b(Z-, Z+) =
dA(Z- , Z+) est une metrique pseudo-riemannienne non degeneree sur V. Par
construction, Ie (r - 1)-jet de b est invariant par Is' (v); g x est donc rigide. 0
2.1.3. Corollaire. Le pseudogroupe des diffeomorphismes locaux de V qui preser-
vent X et E± a une orbite ouverte dense n.
Demonstration. Ce pseudogroupe est Ie pseudogroupe des isometries de g x' II
contient Ie flot (jJt' il a donc une orbite n dense [A]. Ce qui precede prouve
que nest ouverte. 0
2.1.4. Voici une propriete de l'ouvert n qui nous sera utile. Pour v dans V,
on note Fv+ (resp. F v-) la feuille instable (resp. stable) contenant v; on a
Fv± = {Vi E VI lim d((jJt(v) , (jJt(v ' ))
t~'FOO
= O},
ou d est la distance sur V associee a la metrique riemannienne annexe.
Lemme. Soit ~ = {v E VjFv+ c n et F v- c n} , alors ~ est dense dans V.
Demonstration. II suffit de voir que ~ contient la reunion des orbites periodi-
ques incluses dans n, car celle-ci est dense [A]. Soit v En tel que (jJt (v) = v,
o
pour to > 0, montrons que Fv+ en: so it Vi E ~~ , on a limn->oo (jJ -nt o (Vi) = V ,
donc il existe no > 0 tel que (jJ -n t (Vi) E n et par suite Vi En. On montre
o0
de meme que Fv- en. 0
2.2. Dne premiere connexion.
2.2.1. Entropie. Avant de poursuivre, rappelons la definition de l'entropie s
d'un sous-fibre F du fibre tangent TV invariant par Ie flot (jJt' On pose
at = at(F) = Iv log I det(T(jJt) FIA 1\ (dA)n-l
ou la valeur absolue du determinant de l'application tangente au flot est calculee
a l'aide d'une section, nulle part nulle, du fibre des den sites sur
F. On verifie
que 'Vt, t ' E R
at + at' = at+!'
donc il existe s ERtel que at = s· vol(V)· t, ou vol(V) = Iv A 1\ (dA)n-l . Ce
feel s est l'entropie du fibre F (il ne depend pas du choix de la section).
Soient s + (resp. s -) l'entropie du fibre E+ (resp. E-). L'existence d'une
forme bilinearie non degeneree invariante par Ie flot sur E+ EB E- (la forme
FLOTS D'ANOSOV 41
d)') prouve que l'entropie de E+ (J)E- est nulle: s+ +s- = O. La propriete
d'Anosov (0.1) prouve que s+ > 0: en effet pour t positif, on a at(E+) > O.
2.2.2. On note p+ (resp. p-) la projection sur E+ (resp. E-) paralleIement
it EO (J) E- (resp. EO (J) E+) et a± = s± / rang(E) .
Lemme. II existe une unique connexion \7 sur V telle que
(i) \7). = 0, \7(d)') = 0, et \7(E±) C E± ;
(ii) 'ilZ± section de E± , on a
\7 z-Z+ = P+([Z- , Z+]),
\7 z+Z- = p - ([Z+ , Z-]),
± ± ± ±
\7 xZ = [X, Z ] + a Z .
Remarques. 1. Cette connexion a ete introduite par M. Kanai [Ka] au facteur
a± pres, facteur dont on verra l'utilite en 2.3.
2. Par construction, \7 est invariante par Ie pseudogroupe !sloe .
!
3. Soit T la torsion de \7, alors la connexion \7 - Test la connexion de
Levi-Civita de la structure pseudoriemannienne b du 2.1.2: en effet, elle est
sans torsion et best parallele.
Demonstration. L'unicite et l'existence de \7 resulte des formules, 'ilY±, Z±
sections de E±
\7X = 0,
d)'(\7 y+Z+ , Z-) = Ly+(d)'(Z+ , Z-)) - d)'(Z+ , [y+ , Z-]),
d)'(\7 y-Z- , Z+) = Ly- (d)'(Z- , Z+)) - d)'(Z- , [Y- ,Z+]). 0
2.2.3. Soient T et R la torsion et la courbure de \7 et S = a +p + + a - p - E
End(TV) .
Lemme. (a) T(Y, Z) = d)'(Y, Z) . X + )'(Y)S(Z) - )'(Z)S(Y). En particulier
T(E+, E+) = O.
(b) R(E+,E+)=O.
(c) Les geodesiques de \7 tangentes aux distributions stable (resp. instable)
sont completes.
Remarque. En particulier, les feuilles stables ou instables munies de la connex-
ion induite sont plates et completes. En outre, elles sont diffeomorphes it R n - I
[A].
Demonstration. (a) On calcule 'ilY± , Z± , u± sections de £±
d)'(T(Y+ , Z+), u -) = d(d)')(Y+ , Z+ , u -) = 0 donc T(£+ , £+) = 0,
T(Y+ , Z-) = - ).([y+ , Z-])X = d)'(Y+ , Z-) . X,
T(X, y±) = a±Y±;
ce qui prouve (a).
42 YVES BENOIST, PATRICK FOULON, ET FRANC:OIS LABOURIE
(b) D'apres (a), V'T = O. La formule de Bianchi nous donne
R(Y+, Z+)u- +R(u-, Y+)Z+ +R(Z+, u-)Y+
= T(T(Y+ , Z+), u -) + T(T(u - , y+), Z+) + T(T(Z+ , u -), y+)
= Z+ (j +d)"(u - , y+) + y+ (j +d).,(Z+ , u-)
or E+ et E- sont paralleles et en particulier R( V, W) T± appartient a E± .
Ceci nous donne donc R(Y+, Z+)u- = O. Ensuite, R(Y+, Z+) est anti-
symetrique pour d)" car d)" est parallele et donc R(E+, E+) = O.
(c) Par compacite de V, il existe une con stante c > 0 telle que, si y+ est un
vecteur tangent a E+ et verife II y+ II < c, alors la geodesique dont la condition
initiale est y+ s'integre pour un temps superieur ou egal a 1.
Or quand t tend vers -00, la norme de Trpt(Y+) tend vers 0; autrement
dit, pour tout Y de E+, il existe t tel que II T rp t (Y) II < c. Des lors, la
geodesique tangente a Trpt(Y) s'integre pour un temps superieur ou egal a 1.
Le flot etant affine, nous obtenons le meme resultat pour Y, d'ou l'on deduit
que la geodesique dans la direction de Y est complete.
On procede de meme pour les geodesiques tangentes a E-. 0
2.3. La courbure du fibre des formes volume sur E+ .
2.3.1. Soit A+ Ie fibre de rang 1 des formes volume sur E+ . II est naturellement
muni d'une connexion induite de V'. Soit Q+ la 2-forme de courbure de ce
fibre. On a VY, Z E E
Q+(Y, Z) = tr(R(Y, Z)I E +).
Soit B+ l'operateur de E dans lui-meme defini par
Q+(Y, Z) = d).,(B+Y, Z) et ).,(B+Z) = O.
Le but de ce paragraphe est de montrer la
Proposition. L 'operateur B+ est nilpotent.
2.3.2. Construisons tout d'abord une primitive p+ de Q+ (i.e., d p+ = Q+) .
C'est la I-forme de connexion, associee a une section de A+ . Si Ie fibre A+ est
trivialisable, on choisit une section w + , nUlle part nulle, de A + et on definit
p+ par l'egalite
V'zw+ = P+(Z)w+.
Si Ie fibre )., + n'est pas trivialisable, on remarque que Ie fibre IA+I des densites
positives sur E+ l'est (une section de IA+1 est une "section de A + modulo
Ie signe"; la fibre de IA+I est R/ {± Id} ~ [0, +oo[). On peut donc utiliser la
meme formule pour definir p+ a l'aide d'une section w + , nulle part nulle, de
IA+I·
2.3.3. Lemme. On a Iv P+(X))" 1\ (d).,)n-l = O.
Demonstration. Soit ~ + (t) Ie determinant de la restriction a E+ du transport
parallele T t pendant Ie temps t Ie long des orbites du flot (~+(t) est calcule a
FLOTS D'ANOSOV 43
l'aide de la section w+). D'apres la construction de la connexion, on a
-,,+t
'tIE+ =e TIPtIE+
+ s+t
donc d (t) = e- det(TIPtIE+)' On a alors
d d
P+ (X) +
= - dt logd (t) = - dt (log(det(TIPt)I E+)) + s+
Iv
et donc
P+(X))' /\ (d).)n-l = 0
(deriver par rapport it t la definition de l'entropie). 0
2.3.4. Lemme. 'rip E {1 , ... , n - 1}, on a (n+l/\ (d).)n-l- p = O.
Demonstration. Par ergodicite du flot IP t [A], la 2-forme n+ etant invariante
c
par ce flot, il existe des constantes q telles que). /\ (n+)q /\ (d).)n-l- q = ci /\
(d).)n-l, 'rIq E {O, .. , , n - 1}.
Vne integration par parties donne alors
Iv ). /\ (n+l/\ (d)./-l-P = Iv p+ /\ (n+)P-l /\ (d).)n- p
= l Iv
cp _ P+(X))' /\ (d).)n-l
= 0 (lemme 2.3.3).
Donc cp = O. 0
Demonstration de fa proposition. Remarquons que B+ laisse stable E+
(2.2.3(b)). Soient Xl"'" Xn- l les valeurs propres de B; E+:
I
o "0
Ie lemme
2.3.4 prouve que, 'rip E {1, ... , n - 1} on a Li < ... <i Xi .. 'X i = O. Donc
B;
1 pip
Xl' '" 'X n_ l sont nuls et est nilpotent. 0
o
2.4. Voe algebre de Lie reductive.
2.4.1. Notations. On fixe desormais un point Vo dans n et on suppose que Vo
est sur une orbite periodique du flot de periode to'
Soit g' l'algebre de Lie des germes en Vo de champs de vecteurs Y qui
preservent X et E± (Le., [Y, X] = 0 et [Y, E±] c E±). C'est l'algebre de
Lie des champs de Killing de la structure geometrique au sens de Gromov [Gr].
Soit 1J' la sous-algebre de Lie des champs de vecteurs qui s'annulent en Vo
(Yv = 0). C'est l'algebre de Lie de H' = Is)OC(vo)'
o
Soit q/± la sous-algebre de Lie des champs de vecteurs Y tels que Yv E E; .
o 0
C'est l'algebre de Lie du "stabilisateur" d'une feuille stable (ou instable). Enfin,
p/± = q/± EB RX , est l'algebre de Lie du "stabilisateur" d'une feuille centrale
stable (ou instable).
A tout champ de vecteurs Y on associe Ie (1, 1)-tenseur Ay = Ly - Y' y
(ou Ly est la derivee de Lie). Le lemme suivant est classique [KN]; on note
E:=TV.
44 YVES BENOIST, PATRICK FOULON, ET FRANCOIS LABOURIE
Lemme. (a) L'application i: g' ---+ Ev x End(Ev) donnee par i(Y) = (Yv '
o 0 0
(Ay)v) est injective.
o
(b) La structure d'algebre de Lie induite sur i(g') est donnee par, V(y, A),
(y' , A') E i(g')
[(y, A), (y', A')] = (Ay' - A'y + T(y, y'), [A, A'] - R(y, y'».
(c) L'application j: H' ---+ GL(Ev ) donnee par j(h) = Tv (h) est injective et
o 0
dj = il~l.
Remarquons que g' /f/ (resp. q'± /~') s'identifie it Ev (resp. E;) comme
o 0
H' -module (corollaire 2.1.3). On identifiera g' it i(g') , ~' it i(~'), et H' it
j(H') .
2.4.2. Soit h l'application de premier retour de l'orbite de vo: h = Tv flJ t E
o 0
H' c GL(Ev ). Soit Lo Ie logarithme de la partie hyperbolique (dans la
o
decomposition de Jordan) de h.
Lemme. (a) H' est un sous-groupe algebrique de GL(Ev ).
o
(b) Lo E ~' .
(c) Les valeurs propres de Lo dans E; sont strictement positives.
o
Demonstration. (a) D'apres [Gr, §1], il existe r tel que Is!OC(vo) ~ Is'(v o). Le
groupe Is' (vo) est algebrique par construction, il en est de meme de son image
dans GL(Ev ) .
o
(b) Resulte de ce que H' est algebrique, et contient donc la partie elliptique
et hyperbolique de tout element.
(c) Resulte de ce que Ie flot fIJI est d'Anosov. 0
2.4.3. On note X = (Xv' -S) l'element de g' ~ i(g') donne par Ie champ de
o
vecteurs X (ou S = a+p+ + a-p-: cf. 2.2.3).
Proposition. L 'algebre de Lie g' est reductive; son centre est RX.
"Demonstration. Par construction, X est dans Ie centre de g'. II nous suffit de
demontrer que tout ideal nilpotent i de g' est indus dans RX.
Soient g~ (resp. ~;, Ev i) l'espace propre pour la valeur propre reelle i de
0'
l'action de Lo dans g' (resp. ~', Ev ). On ales egalites
o
, ffi'
g =Wgi'
iER iER iER
Montrons que, Vi =1= 0, ii C ~': soit (y, A) E ii. Pour tout (y', A') E Li'
posons
(y" , A") = [(y, A), (y', A')] E io c g~ c ~' EB RX (2.4.2(c».
On ales egalites, en remarquant que Ay' = A'y = 0 (car E;
o
n Ev0' 0 = 0)
(y" , A") = (dA,(y, y')Xvo ,[A, A'] - R(y, y'» (2.2.3 et 2.4.1)
= (0, dA,(y, y')S + [A, A'] - R(y, y'» modulo RY.
FLOTS D'ANOSOV 45
Comme i est un ideal nilpotent, on a
tr IE+ «y" , A"» = O.
·0
Le calcul de cette trace donne: dA,«s+ + B+)y, y') = 0, Vy' E Ev
0'
_j (remar-
quer que [A, A'] a une trace nulle). On a donc (s+ + B+)Y = O. Comme B+
est un operateur nilpotent (2.3.1) et s+ i- 0 (2.2.1), on en deduit y = 0 et
. I.'
tj C 'J •
Donc i C ~' EB RX. Comme ~' ne contient pas d'ideal de g' on a ~'n (i EB
RX) = 0, i.e., i C RX. 0
2.5. La courbure du fibre des formes volume sur E+ (bis).
2.5.1. Lemme. II existe une sous-algebre de Cartan " de g' inc/use dans ~' EEl
RX.
Demonstration. Soit Lo E ~' comme en 2.4.2. 11 existe une sous-algebre de
Cartan , , de g, contenant Lo' On a alors , , C go" C ~ EB RX (c f . 2.4.2.
) 0
2.5.2. Proposition. La courbure Q+ du fibre des formes volume sur E+ est
nul/e.
Demonstration. Pour tout espace vectoriel W, on note We son complexifie.
L'operateur B;
sur Ev ~ g' /~' commute it l'action de H'; il commute donc
o 0
it l'action de ,'. Or les espaces de poids de l'action adjointe de ,~ dans g~/~~
sont de dimension 1 [Bo2, chapitre VIII, §2 theoreme 1]; il en est de meme dans
g~/~~. On en deduit que B;
est semisimple; or il est nilpotent (2.3.1), il est
o
donc nul et Q+ = 0 . 0
2.5.3. Puisque Ie fibre de rang un AE+ est plat (2.5.2), il existe une section
parallele 6;+ de ce fibre (unique it une constante pres). Soit dx: g' ---- R Ie
caractere defini par, VY E g' , L y (6;+) = dX(Y)' 6;+ .
Soient g = {Y E g'IL y (6;+) = O}, ~ = ~'ng, et H = {h E H'lh.6;+ = ±6;+}.
Lemme. (a) g est une algebre de Lie semisimple.
(b) g' = g + ~' .
Demonstration. (a) resulte de 2.4.2.
(b) 11 suffit de voir que ~' <t. g. Or l'element Lo de 2.4.2 est dans ~' et n'est
pas dans g car dX(Lo) = trlE+ (Lo) > 0 (d'apres 2.4.2). 0
·0
Remarque. ted prouve aussi qu'il existe r ERtel que X - rLo E g: prendre
r= s+ /dX(L o)'
3. UNE STRUCTURE D'ESPACE HOMOGENE
3.0. Le but de ce chapitre est de terminer la demonstration de la proposition
1.1.
On construit en 3.1 une certaine (G', V)-structure sur l'ouvert n. Grace it la
completude de la connexion Ie long des feuilles stables, on prolonge en 3.2 cette
(G' , V)-structure it V tout entier et on montre en 3.3 que ce prolongement est
46 YVES BENOIST, PATRICK FOULON, ET FRANCOIS LABOURIE
complet. Ce qui signifie que iT s'identifie it V et que G' s'identifie au groupe
des diffeomorphismes de iT qui preservent X et E±. On peut alors ecrire
G' = G x R oil G est semisimple et agit transitivement sur iT.
On montre en 3.4 comment ces methodes s'adaptent it l'etude des diffeomor-
phismes d'Anosov symplectiques.
3.1. Construction d'un espace modele.
- --±
3.1.1. II est commode de construire un espace modele (V, X, E ) auquel
- - -± -,
on compare (V, X, E ). Soit G Ie groupe connexe et simplement connexe
,-,-- -,±
d'algebre de Lie 9 , H , G, H et Q les sous-groupes connexes d'algebres de
L·
Ie I)' , g, I) , et q,± .
-,
Lemme. Le sous-groupe H est ferme dans G .
-,
Remarque. Cette propriete indispensable it la construction de notre espace
modele n'est pas valable pour toutes les structures 1-rigides (cf. [LTD.
Demonstration. Le morphisme,
H' ---- Aut(g')
h' I-t (Y I-t h:(Y)),
est injectif car g' II) ~ Ev . En outre, ce morphisme est algebrique (cf. 2.4.2).
o
II permet d'identifier H et H' it des sous-groupes algebriques, donc fermes, de
Aut(g') .
Comme 9 est semisimple, l'application adjointe Ad: G ---- Aut(g') est un
revetement sur son image. On a l'egalite Ad(H) = He' Donc H est ferme et
par suite H' aussi. 0
3.1.2. Soient V = d I H' la variete quotient, va Ie point-base de V, Wt Ie
flot sur V defini par l'element X E g': Wt(v) = exp(tX) . V, et X Ie champ
de vecteurs correspondant. Soient E ± la distribution tangente au feuilletage
{gQI± I H'lgQ'± E d IQ'±}.
- -± -
Nous obtenons donc sur V une A-structure homogene donnee par (E ,X)
et qui est localement isomorphe it celle de n. En effet, la formule
O(exp(Y) . va) = exp(Y) . va' pour tout Y dans g' suffisamment petit, definit
un diffeomorphisme 0 d'un voisinage ouvert de va dans un voisinage ouvert
- ±-±
de va et on a O*(X) = X, O*(E ) = E .
3.1.3. Soit G' Ie groupe des diffeomorphismes de V qui preservent X et E ± :
c'est un groupe de Lie dont la composante connexe est I'image de d dans
Diffeom(V). Soit H' Ie sous-groupe d'isotropie dans G' du point-base va;
cette notation ne prete pas it confusion car on a Ie
Lemme. (a) On a les identifications suivantes
, loc _ , ,± I± "
H ~ Is (va) ~ {A E Aut(g )IA(X) = X, A(q ) C q ,et A(I) ) c I) }.
FLOTS D' ANOSOV 47
(b) Tout dijj'eomorphisme d'un ouvert connexe de V dans un autre, qui
preserve X et E ± est la restriction d'un element de G' .
Demonstration. (a) Soit H~ Ie membre de droite de l'egalite. Rappelons que
Is!OC(vo) est Ie groupe des germes en Vo des diffeomorphismes locaux de V
qui preservent X et E ± et envoient Vo sur lui-meme. On a des inclusions
H' c Is!OC(vo) c H~: remarquer qu'un element de Is!OC(vo) agit naturellement
sur g' . Un element de H~ est aussi un automorphisme de d qui preserve H' ,
donc un diffeomorphisme de V, ce qui permet de prouver l'inclusion inverse
H~ cH'.
(b) On se ramene au cas OU Ie diffeomorphisme fixe Ie point vo. L'affirmation
est alors une consequence de l'egalite H' = Is!OC(vo) que 1'0n vient de
demontrer. 0
Remarque. On a V = G' / H' . Comme H' est algebrique, on en deduit que H'
et G' ont un nombre fini de composantes connexes.
3.1.4. Lemme. Les dijfeomorphismes () d'un ouvert de n sur un ouvert de V
- ± -± I -
tels que ().(X) = X et ().(E ) = E forment l'atlas maximal d'une (G , V)-
structure sur n (au sens de [T]).
Demonstration. Par construction, les domaines de definition de ces diffeomor-
phismes recouvrent n. II resulte de 3.1.3, que les changements de cartes sont
donnes localement par des elements de G' . 0
Corollaire. Pour tout ouvert connexe et simplement connexe 0 de n, il existe
une "application developpante" (): 0 ...... V; i.e., un dijfeomorphisme local tel que
().(X) = X et ()(E±) = E± .
Demonstration. Classique. 0
3.1.6. Soit V' la connexion sur V construite comme en 2.2.2.
Remarques. 1. G' est un groupe de transformations affines pour V'.
2. Toute carte d'un ouvert de V dans V envoie V' sur V'
Lemme. Les geodesiques (de V') tangentes aux distributions E+ (resp. E-)
sont completes.
Demonstration. Rappelons l'existence de l'ensemble ~, defini en 2.1.4. Soit
Y E F . Montrons que la geodesique de condition initiale Y s'integre pendant
un temps superieur a 1. II existe un ouvert connexe et simplement connexe 0
de n, une application developpante (): 0 -+ V et un element Y E E+lo tel
que Ie point-base v E n de Y est dans ~ et T()(Y) = Y. D'apres 2.2.3, la
geodesique t ~ y(t) issue de Y s'integre pendant un temps superieur a 1 et
est incluse dans Fv+ c n. On peut donc supposer que y([O, 1]) cO. Alors Ie
lacet t -+ () 0 y(t) est la geodesique issue de Y. C'est ce que l'on voulait. 0
3.2. Prolongement aV de la (G' , V)-structure.
3.2.1. A-coordonnees. Grace a la completude de la connexion Ie long des feuilles
stables et instables, nous allons definir en tout point v de V des applications '!Iv
48 YVES BENOIST, PATRICK FOULON, ET FRAN<;OIS LABOURIE
que nous appellerons A-coordonnees. 11 s'agit d'atteindre les points de V par
une geodesique brisee d'abord Ie long d'une orbite du flot puis dans une feuille
instable et enfin dans une feuille stable. Elles sont donnees par la formule
+ 0 -
IfIv: Tv (V) = Ev ffi Ev ffi Ev ---+ V
+
Y = Y + tX + Y
-
t-+ IfIv(Y) = {Ot(exp "(Ty+(Y
i1-
))),
oil exp"i1 designe l'application exponentielle pour la connexion V' et T y+ (Y-)
est l'image par Ie transport parallele pendant Ie temps 1 Ie long de la geodesique
t ---+ exp"i1 (t y+) du vecteur Y- .
On definit de meme, en tout point fJ de V et 'if de V des A-coodonnees
Vii! et IfIv·
Les A-coordonnes sont des diffeomorphismes au voisinage de l'origine.
3.2.2. Ouverts A-etoiles. On dira qu'un ouvert 0 de Vest A-etoile par rapport
a v si il existe un ouvert U de Tv V (nous l'appellerons ouvert associe) tel que
(i) IfIv est un diffeomorphisme de U sur O.
(ii) Tout point de 0 est atteint par une geodesique brisee issue de v; plus
precisement, pour tout s dans [0, 1], si Y = y+ + tX + Y- est dans U alors
y+ + tX + sY- , sY+ + tX , et stX aussi.
Par construction, les ouverts A-etoiles se comportent bien vis-a vis des trans-
formations affines, autrement dit, si 0 est un ouvert A-etoile par rapport a v
et si () est une application developpante de 0 dans V alors
Remarquons que les ouverts A-etoiles sont contractiles et done connexes et
simplement connexes.
Le lemme suivant est important.
Lemme. Soit v un point de L\ (2.1.4) et 0 un ouvert A-etoile par rapport a
v. Alors il existe un ouvert dense 0' de 0 A -etoile par rapport av et inclus
dans Q.
Demonstration. Soient U l'ouvert de Tv V associe a 0 et
U' = {Y = y+ + tX + Y- E U tel que, \:Is E [0, 1], IfIv(Y+ + tX + sY-) E Q}.
On prend 0' = IfIv (U'). Toutes les proprietes sont evidemment verifiees. 0
3.2.3. Proposition. n = V.
Demonstration. 11 suffit de demontrer que l'on peut etendre a V la (G', V)-
structure sur Q.
Remarquons tout d'abord que l'on peut recourvrir V par des ouverts 0v
A-etoiles par rapport a des points Vi de L\ (prendre I
0v
I
= IfIv ({Y = y+
I
+ tX + Y- E ~) V tel ques
I
IIY+II + It I + IIY-II < e})
pour e sufisamment petit). On peut alors grace au lemme precedent construire
des ouverts O~ de 0v n Q A-etoiles par rapport a Vi et denses dans 0v.
I I I
FLOTS D'ANOSOV 49
En particulier, comme ils sont simplement connexes et inclus dans n, il
existe une application developpante () de O~ dans V. Definissons alors (j de
I
0v dans V par
I
- __ -I
() = 'fI (J(v.)
I
0 (Tv())
I
0 'fIv .
I
D'apres (*), (j est une extension de (). Enfin, comme O~ est dense
- __ - ± __ ±
dans 0v' on a ()*(X) = X et ()*(E ) = E . On en deduit que () est un
I _
diffeom~rphisme local et donc une applications developpante. C'est ce qu'on
voulait. 0
3.3. Completude de la (G ' , V)-structure.
3.3.1. Proposition. Soit (): V ---+ V une application developpante de la (G' , V)-
structure. Alors () est un difJeomorphisme surjecti!
Demonstration. 11 suffit de voir que () est un revetement. Soit donc w un
point de V, l'image reciproque de west constituee de points (VJiEI' Soient
o un ouvert A-etoie par rapport it w, U l'ouvert associe dans Tw V et 0i =
IiIv((Tv())-I(U)). Nous allons demontrer
(i) () induit un diffeomorphisme ()i de q sur 0,
I I
(ii) les ouverts 0i sont deux it deux disjoints,
(iii) ()-I(O) = UiE1 0i'
Le (i) resulte de (*). Le (ii) resulte de ce que {w' E OI();I(W') = ()jl(w'n
est ouvert et ferme, il est donc vide lorsque i i- j. Le (iii) est Ie point cru~ial.
On peut so it faire un dessin so it introduire de nouvelles notations. Soient '¥ Ie
transport parallele Ie long de nos geodesiques brisees,
'¥: TV
~ ~ ~
---+ TV,
+ tX + Y
~ ~+ ~ ~- ~
Y = Y 1-+ (¢t)Jr(t_+(y-))(i'y+(Y))) ,
y
et '¥: TV ---+ TV donnee par des formules semblables; de sorte que
T() 0 '¥ = '¥ 0 T().
L'application '¥ est un diffeomorphisme: on peut ecrire la formule explicite
1
pour '¥- .
~
Soit v' E V tel que ()( v') EO. On peut ecrire ()( v') = IiIw (Y) avec Y E U .
1----
Soient Y:= '¥- ((~J'())- ('¥(Y))) et v E V Ie point-base de Y; on a ()(v) =
~ ~1 ~ ~
-- I
w, donc, 3i E I, tel que v = Vi' On a (~J())(Y) = Y et v = 'fIv(Y); donc
~ ~ ~
v' E OJ. C'est ce qu'il fallait demontrer. 0' !
3.3.2. La proposition 1.1 est une consequence immediate de 3.3.1. On identi-
fiera desormais V et V = G' / H' . On note Vo Ie point-base de V.
3.3.3. II est facile de terminer la demonstration de la proposition 1.2.1. Repre-
nons les notations de 2.5.3. Soit X: G' ---+ R* Ie caractere defini par
'rig E G', g*(6:/) = X(g)6:/.
50 YVES BENOIST, PATRICK FOULON, ET FRAN(,;OIS LABOURIE
Soit G = {g E G'lx(g) = ±1} et R Ie sous-groupe it un parametre donne par
_ _ s+·t
Ie flot rpt: on a X(rpt) = e .
Lemme. (a) G' = G x R.
(b) G est semisimple et agit transitivement sur V.
Demonstration. (a) est clair et (b) resulte de 2.5.3.
3.4. Les diffeomorphismes d'Anosov symplectiques.
Cette partie, par ses notations et ses resuitats, est independante
du reste. On y donne la demonstration du theoreme 3: c'est la
meme, mutatis mutandis, que celle de la proposition 1.1.
3.4.1. Soient (V, w) une variete symplectique compacte, rp un diffeomor-
phisme d'Anosov [A] et TV = E+ EB E- la decomposition d'Anosov du fibre
tangent en sous-fibres instable et stable. On suppose que rp est symplectique
(i.e., rp*(w) = w) et que E± varient de fa~on COO . On montre successivement
Lemme. Le pseudogroupe des difJeomorphismes locaux de V qui preservent w
et E± est de Lie et a une orbite ouverte dense n.
Demonstration. Comme en 2.1. 0
3.4.2. Choisissons un point periodique Vo dans n: rpnO(vo) = vo. Soient g'
l'algebre de Lie des champs de vecteurs locaux en Vo preservant w et E± et
~' = {Y E g'IYvo = O}. Soit Lo Ie logarithme de la partie hyperbolique de
Tv rpno. On a, com me en 2.4.2
o
Lemme. (a) Lo E ~' .
(b) Les valeurs propres de Lo dans E: sont strictement positives.
o
Corollaire. Le centre de g' est nul.
Demonstration. Le lemme precedent prouve que ce centre est inclus dans ~'.
11 est donc nul. 0
3.4.3. Soient d Ie groupe de Lie connexe et simplement connexe d'algebre de
Lie g' et H' Ie sous-groupe connexe d'algebre de Lie ~' .
-,
Lemme. H est ferme dans G .
-,
Demonstration. On procede comme en 3.1.1 grace au corollaire ci-dessus. 0
On construit comme en 3.1.2 un espace-modele (V, w, E ±). Soit G' Ie
groupe (de Lie) des diffeomorphismes de V pre servant w et E± . L'ouvert n
est naturellement muni d'une (G', V)-structure.
3.4.4. On demontre comme en 2.2
Lemme. (a) II existe une unique connexion V' sur V telle que (i) V'w = 0 et
V' E± C E± ; (ii) VZ± section de E± ,
V' z-Z+ = p+([Z-, Z+]),
V' z+Z- = p - ([Z+ , Z-]),
FLOTS D'ANOSOV 51
ou p± est la projection sur E± parallidement a E'f'.
(b) Cette connexion est complete Ie long des feuilles instables.
On utilise cette connexion, comme en 3.2 et 3.3 pour demontrer Ie
Lemme. n=V et fa (G', V)-structure sur Vest complete.
Le theoreme 3 est une reformulation de ce lemme.
Nous oublions desormais les notations de cette partie 3.4 pour
revenir a l'etude des flots Anosov-contact.
4. PROPRIETES DES SOUS-GROUPES D'ISOTROPIE H
4.0. Le but de ce chapitre est de montrer la proposition 1.2.2. On remar-
que tout d'abord que p+ est une sous-algebre parabolique de g dont go est
une compos ante reductive (4.1). Pour toute decomposition G: -invariante du
fibre jf+ , on construit une nouvelle connexion G:-invariante pour laquelle cette
decomposition est parallele. Le fibre des formes volume sur chacun des sous-
fibres est alors plat (4.2). En appliquant ceci a la decomposition du fibre jf+
associee a un element hyperbolique du centre de go' on montre que p+ est
maximale (4.3).
On montre en 4.4 comment un reparametrage COO du flot permet de supposer
que Ie groupe d'holonomie r = 7r1 (V) est un sous-groupe de G (au lieu de
G' = G x R). Les resultats de cette partie seront aussi utiles pour 1a construction
de l'exemple fondamental.
On interprete enfin, en termes algebriques, les objets geometriques associes
au flot (4.5).
4.1. La sous-algebre p+ est parabolique.
± ± , ,
4.1.1. Notons p := p n g, q := q n g, ~:= ~ n g, et go := (~ ffi RX) n g ;
~ ~
ce sont des sous-a1gebres de Lie de g. Ces algebres sont les algebres de Lie
stabilisant certains ensembles geometriques de V dans G: ~ est l'algebre de
Lie du groupe d'isotropie d'un point, p± celle du stabi1isateur d'une feuille
centrale instable (ou stable), q± celle du stabilisateur d'une feuille instable (ou
stable), et enfin go est celle du stabilisateur d'une orbite du flot fiJI'
Lemme. II existe une sous-algebre de Cartan c de g incluse dans go'
Demonstration. Cela resulte de 2.5.1: prendre c = c' n g. D
4.1.2. Pour a dans c~ et E un sous-espace vectoriel de ge stable par l'action
adjointe de ce ' on note E'" = {Y E EI[Z, Y] = a(Z)Y, VZ E ce } et /1(E, ce )
= {a E c~ \ { O} 1En -1= O} .
Soient 11 = l1(ge' cd Ie systeme de racines de ge' 110 = l1(goe' ce ) et
±
110 ± = I1(Pe ' cd .
Lemme. (a) Les sous-algebres p+ et p- sont des sous-algebres paraboliques op-
posees (i. e., 11 = 110 , + U 110 , _ et 110 , _ = -110 , +) .
52 YVES BENOIST, PATRICK FOULON, ET FRANCOIS LABOURIE
(b) La sous-algebre go est une composante reductive de p+ (resp. p-) .
Demonstration. Soient d± = do, ± \do ' On a Ia reunion disjointe d = d + U
do U d_. L'isomorphisme canonique de p± Ig o ~ q± If) sur E~ est un iso-
morphisme de c-modules, la 2-forme (dJ.)v est cc-invariante et met en dualite
E:o E;;;
o
non degeneree et donc d_ = -d + , puis do _ = -do + et d =
0 "
do,+U(-do,+)' Ceci prouve que p+ et p- sontdessous-algebresparaboliques
opposees de g et que go = p+ n p- est la composante reductive de p+ (cf.
[B02, chapitre VIII, §3, no. 4]). 0
4.2. Une connexion adaptee it one decomposition de E+ .
Quitte it remplacer V par un revetement fini, on supposera dans
cette partie et la suivante que r est indus dans (cf. 3.1.3). G:
4.2.1. Fixons dans cette partie, une decomposition H; -invariante de E:o : E: = 0
ffi iE1+ E:,i
o
oil 1+ est un ensemble d'indices. On note E;; = ffi iE1+ E;;,i la
E;;o
0 0
decomposition H;-invariante de qui s'en deduit
K;;,i = {Z E K;;IVj =I- i, VY E E;,j, dJ.(Y, Z) = o}.
G:
0 0 0
Soit I = {+, -} X 1+ . Pour i dans I, on note Ei Ie sous-fibre -invariant
de TV dont la fibre en Vo est E~ , Ei l'image de Ei dans TV, Si l'entropie
o
de Ei (cf. 2.2.1), O'i = /1 rang(E i ) et / Ia projection sur Ei parallelement
it EO EB (ffiUi E j ) •
Lemme. II existe une unique connexion D sur V telle que
(i) DJ. = 0, D(dJ.) = 0, et D(E i ) C Ei Vi E I;
(ii) Vi, j E I de signes dijj'erents, VZ i , zj sections de E i , Ej
i i i i i i i
DZiZ = P ([Z ,Z]) et DxZ = [X, Z ] + 0'
j
• Z .
V relevee de
G:.
Remarque. La connexion jj sur D est, par construction, invari-
ante par
Demonstration. La meme qu'en 2.2.2. 0
4.2.2. Pour tout i dans I, Ie fibre Ei est parallele pour la nouvelle connexion
D. Soit Ai Ie fibre des formes volume sur Ei , il est naturellement muni d'une
connexion induite par D. Le but de ce paragraphe est de montrer que Ie fibre
Ai est plat.
On procede comme en 2.3 et 2.S: soient gi la 2-forme de courbure du fibre
Ai et Bi I'operateur de E dans lui-meme donne par
ni(y, Z) = dJ.(Biy, Z) et J.(Bi(Z)) = O.
On construit une i-forme pi, primitive de gi it l'aide de Ia formule
Dzw i = pi(Z). Wi,
FLOTS D' ANOSOV 53
oil 0/ est une section nulle part nulle du fibre IAi I des densites de Ei. On
montre alors, comme en 2.3 et 2.5
Lemme. (a) On a Iv P'(X)).,
. 1
1\ (d).,)n- = O.
(b) Vp E {1, ... , n - 1}, on a (Qi)P 1\ (d).,)n-l- p = O.
(c) Bi est nilpotent.
(d) Le fibre Ai est plat.
4.2.3. Corollaire. VY E ~, Vi E I, on a trEi (Y) = O.
·0
Demonstration. Le fibre Ai, releve du fibre Ai, est plat (pour la connexion
D) ; i1 existe donc une section parallele 6/ de ce fibre, unique it une constante
pres. Soit / : G' -+ R* , Ie caractere defini par, Vg E G' ,
gJi/ = /(g)' 6/.
Comme l'algebre de Lie g est semisimple, on a d / (g) = 0; donc VY E ~ , on
a d / (Y) = trEi (Y) = 0 . 0
·0
4.3. La sous-algebre p+ est parabolique maximale.
4.3.1. Soient n± Ie radical unipotent de p± , 30 Ie centre de go' 3~ (resp. a)
la partie elliptique (resp. hyperbolique) de 30' i.e.,
3~ = {Y E 30 Iadg (Y) est elliptique}
(resp. a = {Y E 30 Iadg (Y) est hyperbolique} ) ;
on a l'egalite 30 = 3~ EB a. Soit m = [go' go] EB 3~ . On a la "decomposition de
Langlands" du parabolique p+ ,
p+ = m EB a EB n+ (cf. [WaD
et l'egalite go = m EB a.
Proposition. (a) La sous-algebre parabolique p+ est maximale (i.e., dim(a)
= 1).
(b) On a l'egalite ~ = m.
Demonstration. (a) 11 suffit de voir que ~ n a = O. Soit Yo E ~ n a et E; =
EB"ERE;,11 la decomposition (H;-invariante) de
~ 0 0
E;
en sous-espaces propres
o
sous l'action de Yo' Le corollaire 4.2.3 prouve que trE+AYo) = ,[Link];,11 =
E;
~ 0
O. Donc, Yo agit trivialement dans puis Yo = 0 .
o
(b) Comme p+ est maximale, on a l'egalite m = {Y E goltr(ad(Y)) = O}.
D'autre part, l'isomorphisme canonique de q+ /~ ::::: n+ sur
o
est un iso- E;
morphisme de ~-modules; Ie corollaire 4.2.3 prouve alors que, VY E ~, on a
tr( ad Y) = O. Donc ~ c m puis ~ = m . 0
54 YVES BENOIST, PATRICK FOUWN, ET FRANC;:OIS LABOURIE
4.3.2. Corollaire. 9 est une algebre de Lie simple.
Demonstration. Soit 9 = EBi=I, ... ,lg(i) la decomposition de 9 en ideaux sim-
ples; comme p+ est maximale, il existe io tel que ~ :J EBi;iio g(i). Or ~ ne
contient pas d'ideaux de g, car, par construction, l'action de G sur G/ H est
effective. Donc I = 1 et 9 est simple. 0
4.4. Reparametrisation. Nous venons de voir que G' etait isomorphe it G x R,
nous pouvons donc considerer r 0 ' l'image du groupe d'holonomie r par la pro-
jection dans Ie premier facteur. La projection h dans Ie deuxieme facteur, que
nous voyons comme un element de Hom(r, R) = HI (V, R), est representee
en cohomologie par p+ /s+ oil p+ est la I-forme de connexion du fibre A+
des formes volume sur E+ pour la connexion "\7 (3.4.1), et oil s+ est l'entropie
du fibre E+.
Par construction, h('P t ) = t. En particulier, la projection PI de G' sur Ie
premier facteur G est donnee par PI (g) = g. 'P -h(g) .
Nous allons maintenant demontrer 1.2.3.
4.4.1. Construction des nouveaux exemples. Cette partie est autonome du reste,
son but est de demontrer
Proposition. Soit X un flot Anosov-contact sur une variete compacte V, dont
la decomposition d'Anosov est Coo. Si a est une I-forme fermee telle que
1 + a(X) > 0 alors Ie flot de Y = X/(1 + a(X)) a les memes proprietes.
Demonstration. La forme de contact A. + a est invariante par Y, et les sous-
fibres
± ±
Ey={z-a(z)Y;zEE}
sont stables et instables pour Ie flot de Y. 0
4.4.2. Construction de la reparametrisation. Demontrons tout d'abord 1.2.3(i)
Lemme. Ilexisteune I-forme a cohomologuea -P+/s+, telleque l+a(X) >
O.
Demonstration. On a l'egalite (cf. (2.3.3)
1
tlog(det(Tv'P_tIE+)) = -s + t
+ 1
iot +
P (X('P_s(v)))ds.
Or comme 'P t est Anosov, i1 existe des constantes c, d > 0 telles que pour tout
t positif
1 1
t log(det(Tv'P_tIE+)) :s t log(c) - d.
Donc i1 existe to > 0 tel que pour tout v de V
S+ - -1
to
1
0
t
o P + (X('P_t(v)))dt > e.
On prend alors
1 1
a = -+-t
s 0
1
0
t
('P- t )* (P + )dt.
o
0
Soit PI la projection de G' sur G, Ie premier facteur. La proposition
1.2.3(ii) decoule immediatement du
FLOTS D'ANOSOV 55
Lemme. Soit a une I-jorme jermee, representant -h en cohomologie de de
Rham, telle que 1 + a(X) > o. Alors if existe un dijfeomorphisme IfI de V tel
que
(i) pour tout element de y et tout v de V, lfI(yv) = PI (Y)IfI(v);
(ii) TIfI (I+~X)) = X .
Demonstration. On construit Ie diffeomorphisme IfI explicitement. Soit june
primitive de a sur Ie revetement universel V de V, on pose 1fI( z) = iP f(z) (z) .
Calculons tout d'abord la differentielle de 1fI; nous obtenons
Tylfl(Z) = TiPf(z)(Z) + dj(Z)X.
En particulier,
(1)
Ceci montre (ii) et on en deduit aisement que TIfI est bijective.
Montrons que IfI est une bijection. Comme IfI envoie une orbite de X sur
elle-meme, il suffit de montrer que sa restriction aux orbites est une bijection,
or ceci decoule immediatement de (1).
Montrons la relation de commutation (i). II s'agit d'une suite d'identifications
triviales que nous allons expliciter. Nous voulons montrer
(2)
Or
PI (y) = yo rp -h(y)"
En rempla<;ant dans (2) et en utilisant Ie fait que les elements de G' commutent
avec Ie flot, il nous faut demontrer
j(y(z)) - j(z) = -h(y),
et ceci vient de ce que a represente -h en cohomologie de de Rham. 0
4.5. Interpretation algebrique des objets geometriques. Nous avons vu que Ie
groupe Ge agissait transitivement sur V. ~
Le stabilisateur Go d'une orbite de iP t dans Vapour algebre de Lie go et
est ferme dans Ge . En particulier, & = Gel Go , "l'espace des orbites" possede
une structure de variete.
De meme, Ie groupe Pe+, Ie stabilisateur d'une feuille centrale instable, est
d'algebre de Lie p+ et est ferme dans Ge . Le sous-groupe Pe+ est la com-
po sante connexe du sous-groupe parabolique maximal p+ associe it p+: p+ =
{g E Gel Ad(g)(p+) = p+}. En particulier, i+ = GelPe+ "l'espace des feuilles
centrales instables" possede une bonne structure de variete. De plus, c'est un
revetement de g+ = Gel P+, l'espace des sous-algebres paraboliques maxi-
males conjuguees it p+ , qui est une variete compacte et algebrique reelle, dont
la structure, par exemple comme p+ -espace, est bien connue.
Nous noterons pEN U {oo} l'indice de ce revetement (c'est aussi Ie cardinal
de p+ I Pe+). L'hypothese "p fini" equivaut naturellement it i+ compact.
56 YVES BENOIST, PATRICK FOUWN, ET FRANCOIS LABOURIE
Bien sur nous avons les fibrations, V -> &' -> g-+ -> g-+ , correspondant aux
inclusions, He Go c Pe+ c p+ .
Les deux premieres fleches signifient qu'un point est sur une orbite, et qu'une
orbite est dans une feuille centrale instable.
5. DYNAMIQUE D'UN ELEMENT DU GROUPE D'HOLONOMIE
5.0. Nous nous proposons dans cette section de demontrer la proposition 1.3.1.
Dans cette partie y sera un element de I, Ie groupe d'holonomie de V. On
commence par des reductions preliminaires (5.1) de fa~on it ce que I soit inclus
dans Ge et que les elements de torsion de I soient inclus dans Ie centre Z de
Ge ·
On se placera dans la suite du texte dans ce cas; on supposera que y n'est
pas de torsion et nous allons etudier sa dynamique sur g-+ , &', et g-+ . Notre
intuition est de copier Ie comportement du cas des flots geodesiques.
Rappelons (cf. [EO]) que dans ce cas l'espace des feuilles g-+ , s'identifie it
la sphere it l'infini du revetement universel de la variete it courbure negative, et
chaque element de I sur g-+ a la dynamique suivante: un point fixe attracteur
dont Ie complementaire du bassin est reduit it un point fixe repulseur.
Supposons pour simplifier que g-+ est compact. So it y un element de I tel
que Ad(y) =I- 1. On montre que, quitte it remplacer y par une puissance yn,
tout point fixe de y dans g-+ est la projection d'une feuille centrale instable
y-invariante du flot rfJ t et que celle-ci contient une orbite y-invariante de ce
flot (5.2). Ceci permet de montrer que tout point fixe de y dans g-+ est soit
attracteur, soit repulseur et que son bassin d'attraction (resp. de repulsion) est
un ouvert dense. Il y a donc au plus deux points fixes (5.3). On montre en suite
it l'aide du closing-lemma que les points w-limites de l'action de y dans &'
sont periodiques (5.4). On en deduit que, si y est semisimple, il existe une
puissance yn qui a au moins ~W /~~+ points fixes dans g-+ oiI W (resp.
~+) est Ie groupe de Weyl restreint de 9 (resp. ~). Or, si Ie rang reel de G
est;::: 2, on a l'inegalite ~W/~Wp+ ;::: 3. Donc y ne peut pas etre semisimple
(5.5).
Convenablement modifies, ces arguments sont encore pertinents lorsque g-+
n'est pas compact et que y a un point fixe dans &'.
5.1. Reductions preliminaries.
5.1.1. Soit Z Ie centre de Ge et Zr = Z n I.
Lemme. (a) Quitte a reparametrer Ie flot, on peut supposer que I est un sous-
groupe de G.
(b) Quitte a remplacer V par un revetement fini, on peut supposer que (i)
leGe' (ii) Ie groupe adjoint Ad(G) est sans torsion.
Demonstration. (a) C'est la proposition 4.4.3.
(b) (i) Remplacer I par InGe (cf. remarque 3.1.3). (ii) Le groupe I est Ie
1t 1 d'une variete compacte, il est donc de type fini [Ra, Theorem 6.16]. II existe
donc un sous-groupe I' d'indice fini de I tel que Ad(r) est sans torsion [Ra,
corollary 6.13]. Remplacer alors I par I'. 0
FLOTS D'ANOSOV 57
On supposera dans les chapitres 5 et 6 que r c Ge et que Ad(r)
est sans torsion,
5,2, Points fixes de y dans gr+ .
5.2.1. Lemme. Soil y un element de r qui n 'est pas dans Z. Toute "feuille
centrale instable" du flat ip t invariante par y contient une unique orbite invari-
ante par y. Autrement dit tout point fixe de y dans gr+ se releve en un point
fixe dans &.
Demonstration. Soient s une feuille centrale instable invariante par y et r
une feuille instable incluse dans s. 11 existe un reel to tel que y 0 ip t laisse
o
stable r. Le cas OU to = 0 est exclu car il existerait une courbe sur V non
homotopiquement triviale et inscrite dans une feuille instable du flot 'PI: son
image par Ie flot 'P t pour t tres negatif serait de longueur arbitrairement petite
et non homotopiquement triviale, ce qui contredit la compacite de V.
Supposons donc to < 0 (Ie cas to > 0 se traite de meme). L'application
h = y 0 ip I (ou au moins une de ses puissances hn) induit une contraction sur
o
cette feuille instable r, pour la metrique riemannienne induite, car yn est une
isometrie et ipnt une contraction. Elle a donc un unique point fixe. C'est ce
o
que l'on voulait. 0
5.2.2. Corollaire. Soit j~+ un point fixe de y dans gr+. 10+ est alors point
attracteur (au repulseur) de y. Le bassin de 10+ est l'ensemble des feuilles f+
rencontrant lafeuille 10- telle que 10- n 10+ est l'orbile de 'PI fixee par y dans
10+ .
Autrement dit, ce bassin est l'orbite de ;; sous I'action du stabilisateur de
fo- .
Demonstration. La demonstration decoule de celle du lemme precedent. 0
5.3. Points fixes de y dans gr + • Nous voulons montrer
5.3.1. Proposition. Soit y un element de r qui nest pas dans Z. On suppose
que gr+ est compact au que y a au mains un point fixe dans &, alors y a au
plus deux points fixes dans gr + .
II nous faut tout d'abord etablir un lemme technique dans Ie cas OU p = 00 .
5.3.2. Lemme. (a) Le centre Z de Ge et Pe ant une intersection triviale: Z n
Pe={l}.
(b) Pour tout g de Ge' Ie groupe Pe+ n g p+ g -1 a un nombre fini de com-
posantes connexes.
Demonstration. (a) Soit p+ = M AN+ la decomposition de Langlands du sous-
groupe parabolique p+ [Wa, §1.2.4]: M est un sous-groupe ferme de Ge qui
contient Z et dont l'algebre de Lie est ~. On a done Z nPe+ = Z nMe = Z nHe .
Or Z n He = 1 car Z agit effectivement sur V.
58 YVES BENOIST, PATRICK FOULON, ET FRAN<;:OIS LABOURIE
(b) Comme Pe+ n Z = {I}, Ie morphisme Ge ~ Ad(Ge) induit un isomor-
phisme de Pe+ sur son image Ad(Pe+) qui est la composante connexe d'un
groupe algebrique reel. On a donc un isomorphisme
+
Pe n g P + g -I -+
+
Ad(Pe n g P +-1
g ).
Or Ad(Pe+ n gp+g- I ) = Ad(Pe+) n gAdP+g- 1 , et ce demier groupe est un
sous-groupe ouvert d'un groupe algebrique, il n'a donc qu'un nombre fini de
composantes connexes. 0
5.3.3. Corollaire. On a ['equivalence,
< 00.
~+
g- est compact <=> ~Z
Demonstration .
• ~ d'apres (a) Z s'injecte dans p+ / Pe+ .
• ::::} p+ /Z := Ad(P+) a un nombre fini de composantes connexes. 0
5.3.4. Demonstration de 5.3.1. (a) Si g-+ est compact ou si y a au moins un
point fixe dans &', alors la fibre au-dessus d'un point fixe de y dans g- + est
constituee de points periodiques dans g-+ .
Ceci est evident quand g-+ est compact, car alors la fibre est finie.
Dans Ie cas oil pest infini, on utilise 5.3.2. Soit 10+ un point de g-+ fixe
par y et Pe+ son stabilisateur. Soit p+ Ie sous-groupe parabolique maximal
contenant Pe+' L'espace g- + s'identifie a G/ P+. Si Y fixe un point g p+
de g- + , alors y appartient a Pe+ n g p+ g -I = B. Or B a un nombre fini de
composantes connexes, donc une puissance yn de y appartient a Pe+ n g Pe+ g -I
qui est ouvert dans B. Ce qui entraine que g Pe+ est fixe par l .
(b) On en deduit (5.2.2) que un point fixe de y dans g-+ est un attracteur
ou un repulseur et que Ie bassin de ce point fixe est l'orbite de ce point sous
P- oil P- est un sous-groupe parabolique maximal oppose a P+. D'apres
Ie lemme de Bruhat [Wa, §[Link]] ceci est un ouvert dense. On en deduit Ie
resultat. 0
5.4. Points w-limites de l'action de y dans &'. Notre but est de montrer la
5.4.1. Proposition. Soit y un element de r qui n 'est pas dans Z; c' et c des
points de &' et nj une suite d'entiers tendant vers l'infini telle que lim yn; c' = c.
Alors c est un point periodique sous l'action de y. Autrement dil, les points
w-limiles de I 'action de y sont periodiques.
Ceci sera la traduction du closing-lemma. II nous faut un lemme preliminaire.
5.4.2. Lemme. Soil y un element de r qui n 'est pas dans Z, alors l'ensemble
Py = {c E &'13n > 0 tel que l c = c}
est localement fini (i.e., discret et ferme) dans &'.
Demonstration. D'apres Ie lemme 5.3.1, y a au plus deux points periodiques
dans g- + . Donc I'ensemble des points periodiques de y dans g-+ est locale-
ment fini. II en est de meme de Py (5.2.1). 0
Rappelons Ie
FLOTS D'ANOSOV 59
Closing Lemma [A, lemma 13.1]. Soit 'P t unflot d'Anosov sur une variete com-
pacte V. Pour tout Q > 0, if existe p > 0 et to > 0 tels que si tl > to et si
VI dans V verifie d(vI' 'P t (VI)) < P alors if existe V E V et T> 0 tels que
1
IT - til < Q, 'PT(V) = V et Vt E [0, T]
d('Pt(v) , 'Pt(V I )) < Q.
Operons la traduction de ce closing lemma dans notre proposition 5.4.1.
Demonstration de 5.4.1. D'apres 5.4.2, il suffit de construire des points periodi-
ques sous l'action de y et arbitrairement proches de c.
Soit v E V un point de l'orbite c et v' un point de c' . Par hypothese, il
existe une suite (ti) telle que
I . 'Pt. (n.
1m y I·V ') =V.
1-+00 I
La suite (t) tend vers I'infini, puisque n i tend vers l'infini.
Pour tout p > 0 et to > 0 on peut donc trouver io tel que 'Vj > io
d('Pt (yniOv') , 'Pt(/jv ' )) < p.
'0 )
Po sons w = 'P t (yniOV') , et soit j > io tel que n = n· - n· > 0 et t =
'0 J '0
t.-t.
J '0
>to'
On a alors
d(w' , yn'Pt(w' )) < p.
Grace au closing-lemma, on peut donc trouver pour tout Q > 0, T et w
tels que
et donc
d(w,v)~Q+p.
Comme Q et p sont arbitraries, on a construit une orbite (celIe de w),
point periodique pour y, arbitrairement proche de celIe de v. 0
5.5. Non-semisimplicite de y. Nous nous proposons de demontrer 1.3.1. Pour
cela nous allons montrer en utilisant Ie closing lemma, que si y est semisimple
et si Ie rang de G est superieur ou egal it deux, alors y possede plus de deux
points fixes dans !T + et obtenir la contradiction avec 5.3.1.
5.5.1. Rappelons quelques definitions et affirmations classiques (cf. [Wa, Chap-
ter 1)):
• Une sous-algebre (resp. un sous-espace) de Cartan c est une sous-algebre
commutative formee d'elements Y semi simples (resp. hyperboliques), et max-
imale pour cette propriete.
• Un sous-groupe de Cartan C de Ge est Ie centralisateur d'une sous-algebre
de Cartan: C = {x E Gel'VY E c, Adx(Y) = Y}.
• Un element g de Ge est semisimple (i.e., Ad(g) est un endomorphisme
semisimple) si et seulement si il appartient it un sous-groupe de Cartan [Wa,
Theorems [Link] et 1.4.3].
60 YVES BENOIST, PATRICK FOULON, ET FRANI;:OIS LABOURIE
5.5.2. Lemme. Soient y un element semisimple de r qui n 'est pas dans Z,
on suppose que y appartient a la composante connexe Ce d'un sous-groupe de
Cartan. Soil c un point de & tel que l'orbite Ce . c est compacte, alors Ce ' c
est reduit a un point.
Demonstration. La suite yn. C reste dans Ie compact Ce ' c ; elle a done un point
adherent c' . D'apres 5.4.1, c' est periodique pour y: yq (c') = c' .
On a alors, Vx E Ce ' yq (x· c') = x . (yq . c') = x . c': tout point de l'orbite
Ce . C' = Ce ' C est un point fixe de yq . Done Ce ' c est reduit a un point (lemme
5.4.2). 0
5.5.3. Notations. Soit 00 un sous-espace de Cartan de g qui contient X o '
Ao = exp(oo)' L = L(g, 0 0 ) Ie systeme de racines restreintes, L+ \In choix de
racines positives tel que, Va E L+ , on ait a(Xo) ~ 0; soient
NGe (00) = {g E Gel Adg(oo) coo},
ZG
e
(00 ) = {g E GelVY E 00 , Adg(Y) = Y},
et W = NG (oo)/ZG (00 ) Ie groupe de Weyl restreint, c'est aussi Ie groupe de
Weyl du systeme de eracines restreintes. On fixe, Vw E W, un representant ill
de w dans NG (00 ),
Remarquonseque 0 0 est un sous-espace de Cartan de l'algebre de Lie reductive
go' On peut done introduire Ie systeme de racines restreintes et Ie groupe de
Weyl correspondants,
ou NGo (00 ) = Go n NG(oo) et ZG0 (00 ) = Go n ZG(oo) .
Le groupe de Weyl va nous servir afabriquer de nouveaux points fixes. Essen-
tiellement la proposition suivante revient a demontrer que l'orbite d'un point
fixe de y dans g- + sous West constituee de points fixes. Pour cela d'apres
ce qui precede, un point fixe dans g- + se relevant en un point fixe dans &,
(sous nos hypotheses), il suffit de montrer que l'orbite dans & d'un point fixe
de y so us West constituee de points fixes.
5.5.4. Proposition. Soit y E r\Zr un element semisimple; on suppose que g-+
est compact au que y a un point fixe dans &. A lars, if existe N ~ 1 tel que yN
a au mains #( W / ~+) points fixes dans g- + .
Demonstration. Si p < 00, soit C un sous-groupe de Cartan de G con tenant
y. Comme C a un centre fini (corollaire 5.3.3), C a un nombre fini de com-
posantes connexes, et il existe une puissance yN de y telle que yN E Ce .
Si p = 00, on peut supposer que y E Go: en eifet, y a un point fixe dans & .
Soit C' un sous-groupe de Cartan de Go contenant y. D'apres 2.4.2 Ie groupe
H est algebrique, done C' a un nombre fini de composantes connexes et il
eXlste
. une pUlssance
. y N d e y te11 e que y N E C'e' C'e est aUSSl. 1a compos ante
connexe Ce d'un so us-groupe de Cartan C de G.
Dans ces deux cas, soient c l'algebre de Lie de Ce ' a' la sous-algebre formee
des elements hyperboliques de c et Te_1e sous-groupe forme des elements g
FLOTS D'ANOSOV 61
elliptiques de Ce (i.e., tels que Ad(g) est un endomorphisme semisimple dont
les valeurs propres sont de module egal it 1). On a l'egalite Ce = TeA' oil
A' = exp( a'). On peut supposer que a' C ao .
Montrons que Ie groupe Te est compact: on sait que Ad(Te) = Tel(Te n Z)
est compact, il suffit de voir que Te n Zest fini. Si p < 00, Ie corollaire 5.3.3
prouve que Zest fini. Si Te c Go' Ie lemme 5.3.2(a) prouve que TenZ = {e}.
Dans les deux cas, Te est compact.
Montrons que, Vw E W, wp+ est un point fixe de )' dans g-+ = GIP+.
Notons Co = Go Ie point-base de &' = GIGo. On a l'egalite Ce · wCo = Te· wCo
car w- I A'w C Ao C Go. Donc Ce · wCo est compact. Le Iemme 5.2.2 prouve
que Ce · wCo = {wco}; en particulier )'. (wco) = w . Co et )'. wp+ = wp+ .
D'apres Ie lemme de Bruhat [Wa, Proposition [Link]], l'application de W
dans g-+ qui envoie w sur wp+ induit une injection de WI»-;'+ dans g-+ =
Gel p+ . Notre lemme s'en deduit. 0
5.5.5. Lemme. Gardons les notations precedentes. On a I'inegalite #( WI »-;, +) 2:
2 avec egalite si et seulement si 9 est de rang reel un.
Demonstration. II est clair que »-;'+ =f=. W. Supposons que »-;'+ est un sous-
groupe d'indice 2 de W. Le sous-groupe »-;'+ est alors distingue et l'ensemble
Lp+ est done invariant par W: en effet, notons sa la symetrie par rapport it
a E L; on a Vw E W Va E Lp+ sw.a = wsaw- I E »-;'+ donc Wa E Lp+.
Comme l'action de W sur ao est irreductible, on en deduit que Lp+ = 0.
Done dim ao = 1 et 9 est de rang reel un. 0
5.5.6. Nous pouvons maintenant donner la
Demonstration de la proposition 1.3.1. Cela resulte de 5.3.1, 5.5.4, et 5.5.5. 0
6. A LA RECHERCHE D'ELEMENTS SEMISIMPLES
6.0. Le but de ce chapitre est de montrer les propositions 1.3.2 et 1.3.3. En
utilisant Ie fait que toutes les feuilles centrales instables du flot £P t sont denses
dans V, on montre que la cloture de Zariski du groupe adjoint de r agit
transitivement sur g- + et est donc un groupe reductif. On en deduit que
r\Zr contient des elements semi simples (6.1).
On dresse la liste des sous-groupes paraboliques maximaux p+ = M AN+
de Ge pour lesquels Ie revetement universel g-+ de g-+ = GeIP+ n'est pas
compact. II y en a relativement peu (6.2). On prouve alors par une etude de
chacun de ces cas, que tout element de Go := MeA non semisimple a au moins
trois points fixes dans g- + . On en deduit que, lorsque g-+ n'est pas compact,
tout element)' de r qui fixe un point de &' est semisimple (6.3).
6.1. Existence d'elements semisimples dans r.
6.1.1. Soient Ad(r) l'adherence de Zariski de Ad(r) dans Ad(Ge ) C GL(g).
Lemme. Le groupe Ad(r) agit transitivement sur g- + .
62 YVES BENOIST, PATRICK FOULON, ET FRANCOIS LABOURIE
Demonstration. Chaque feuille centrale instable du flot 'PI est dense [A, The-
orem 9]. Ceci entraine immediatement que chaque orbite de r sur g-+ est
dense et donc chaque orbite de Ad(r) est dense dans la variete algebrique reelle
g-+ = {sous-algebres paraboliques de g conjuguees it p+}. Ceci entraine que
Ad(r) agit transitivement puisque l'action de Ad(r) est algebrique et que toute
action algebrique d'un groupe algebrique possede une orbite fermee (l'orbite de
dimension minimale dans la stratification de Rosenlicht). 0
Demontrons deux lemmes generaux.
6.1.2. Lemme. Soit g une algebre de Lie semisimple et g une sous-algebre qui
n 'est incluse dans aucune sous-algebre parabolique propre de g. Alors g est
reductive dans g.
Demonstration. Par recurrence sur la dimension de g. Supposons g non reduc-
tive dans g. Soit g' une sous-algebre propre de g, contenant g et maximale.
On sait que g' est une sous-algebre soit parabolique, soit reductive dans g
[Bo2, §10, corollaire 1 du theoreme 2]. Le premier cas est exclu par hypoyhese.
Donc g' est reductive et par hypothese de recurrence il existe une sous-algebre
parabolique p' propre de g' contenant g. On peut trouver un element semisim-
pIe hyperbolique H de g' tel que
p' = EJj{X E g'I[H, X] = iX}.
i~O
La sous-algebre g est alors incluse dans la sous-algebre parabolique de g p:=
EBi~O{X E gl[H, X] = iX}. Contradiction. 0
6.1.3. Lemme. Soil Ge un groupe de Lie semisimple connexe, p+ un sous-
groupe parabolique et S un sous-groupe de Lie de Ge . Si S agil transitivement
sur Gel p+ alors S est reductif dans Ge (i.e., g := Lie(S) est reductive dans
g:= Lie(Ge ))·
Demonstration. D'apres Ie lemme 6.1.2, il suffit de voir que g n'est incluse
dans aucune sous-algebre parabolique de g. Supposons par l'absurde que g
soit incluse dans la sous-algebre parabolique p' . Comme S agit transitivement
sur GeIP+,ona
VgEGe , g+Adg(p+)=g, oup+=Lie(P+);
pi + Adg(p +) = g.
Quitte it bien choisir g, on peut supposer que pi et Adg(p+) contiennent
une meme sous-algebre parabolique minimale pmin. Soit 00 C pmin un sous-
espace de Cartan, :I: = :I:(g, 00) et :I:+ Ie choix de racines positives correspon-
dant it pmin. Soit O:max la plus grande racine de :I:+ . La racine -O:max n'est ni
un po ids de pi, ni un poids de (Adg)(p). Ce qui contredit l'egalite (*). 0
6.1.4. II est facile maintenant de conclure.
Demonstration de la proposition 1.3.2. II resulte des lemmes 6.1.1 et 6.1.3 que
Ie groupe Ad(r) est reductif dans Ad(Ge ). Or l'ensemble des elements non
semi simples d'un tel groupe n'est pas Zariski-dense dans celui-ci [Wa, Theorems
[Link] et 1.4.3]. Donc Adr\{l} contient des elements semisimples.
FLOTS D'ANOSOV 63
Remarque. II peut exister des sous-groupes reductifs G' de G, autres que G
qui agissent transitivement sur G/ p+ et meme sur G/ H. Exemple: G
SL(2n, R) ~ H = SL(2n - 1, R) et G' = Sp(n, R) ; dans ce cas
G/H = {(v, F)lv E R 2n \{O} et F est un hyperplan de R 2n
ne contenant pas v}. 0
6.2. Les paraboliques maximaux avec g-+ non compact. Les resultats de cette
partie sont de nature generale, mais nous evitons d'introduire de nouvelles no-
tations.
6.2.1. Lemme. Soient 9 une algebre de Lie simple reel/e, p+ = m EB a EB n+ la
decomposition de Langlands d'une sous-algebre parabolique maximale p+, Xo
une base de a et, Vi E R, gi:= {Y E gl[Xo ' Y] = iY}. Alors
(a) 3io 1= 0 et I E {I, 2, ... , 6} tel que
gi 1= O{:} i = kio
avec k E {-I, -I + 1 , ... , I - 1 , I}. On suppose desormais que io = 1 .
(b) On a [gl' gi] = gi+1 et [g_I' gJ = gi-I' Vi E {-I, ... , I}.
(c) Si 9 est de type hermitienne (i.e., si I'ensemble des points fixes d'une
involution de Cartan de 9 a un centre non trivial) alors I = 1 ou 2.
Demonstration. (a) Reprenons les notations de 5.3.3. Comme p+ est maximale,
il existe une unique racine simple a + de ~+ telle que a +(Xo) = io 1= O. On
peut supposer que io = 1. Soient n l'ensemble des racines simples de ~+ et
a max la plus grande racine de ~+; ecrivons a max = LaEn aa • a. Soit 1= aa+ ;
il resulte de la liste des systemes de racines que IS 6 [Bol].
Pour montrer (a), il suffit de voir que la sous-algebre n+ = EBi>o gi est
engendree par gl' Soient n'± la sous-algebre de 9 engendree par g±1 et
g' = n'+ EB go EB n'- . On verifie que g' est une sous-algebre de Lie de g. Or elle .
contient les sous-espaces de poids ±a, Va En. Donc g' = 9 et n'+ = n+ .
(b) So it V l'algebre enveloppante de 9 munie de la graduation V = EB iEZ Vi
oil Vi = {u E VI adXo(u) = iu}. Puisque gl engendre n, on a l'egalite
VI = gl' Vo'
Comme 9 est un g-module simple pour l'action adjointe, on a l'egalite, Vi E
{-I, ... ,/} 9 = ad(V)'gi' Donc gi+1 = ad(VI)·gi = adgl(ad(Vo)·gi) =
[gl' gJ. On montrerait de meme que gi-I = [g_1 ' gi]'
(c) Pour les algebres de Lie de type hermitien, Ie diagrame de Dynkin du
systeme de racines restreintes est de type classique [He, pp. 518,532-534]. Dans
ce cas, Va En, on a aa S 2 [Bol]; donc IS 2. 0
6.2.2. Lemme (Avec les notations du lemme 6.2.1). Soient Ge un groupe con-
nexe d'algebre de Lie g, p+ Ie sous-groupe parabolique d'algebre de Lie p + ,
g- + := Ge / p+ , et g-+ Ie revetement universel de g- + . Si g-+ est non compact
alors n+ = gl (i.e., 1= 1).
Demonstration. Soient fJ une involution de Cartan de 9 telle que fJ(Xo) =
-Xo ' t = {Z E glfJ(Z) = Z}, K Ie sous-groupe connexe de Ge d'algebre de
64 YVES BENOIST, PATRICK FOULON, ET FRAN(:OIS LABOURIE
Lie e, et L = K n Pe = K n H. On a l'egalite Ge/Pe+ = K/L. Donc si Ge/Pe+
n'est pas compact, K non plus et e a un centre non nul 3 [He, Chapter II,
Theorem 6.9]. On a dim3 = 1 car g est simple [He, Chapter VIII, §6].
Ecrivons e = [e, e] EB 3. So it [ = go n e l'algebre de Lie de L. Comme Ie
sous-groupe connexe d'algebre de Lie [e, e] est compact, la non-compacite de
K/ L implique l'inclusion [c [e, e] .
D'apres Ie lemme 6.2.I(c), on a l = 1 ou l = 2. Montrons que l = 1:
supposons, par l'absurde, que l = 2 .
Soit eli] = (1 + 8)(g). On a e = e[O] EB e[l] EB e[2] et e[O] = [ C [e, e]. Soient XI
et X;dans 91 ; on a
(I+8)[XI' X;] = [(I+8)XI' (I+8)X;]-(I+8)[X I , 8X;] E [e, e]+e[O] = [e, e];
d'ou e[2] = (1 + 8)([91,91]) c [e, e] (lemme 6.2.I(b))
De meme, soient X_I E 9_1 et X 2 E 92: on a
(1 + 8)[X_1 ' X 2 ] = [(1 + 8)X_1 ' (1 + 8)X2 ] E [e, e] (car9±3 = 0);
d'ou e[l] = (1 + 8)([9_ 1 ,92]) c [e, e] (lemme 6.2.I(b)).
Finalement on a e = [e, e]. Contradiction. Donc l = 1. 0
Remarque. La meme raisonnement prouve que, reciproquement, si l = 1 alors
[ C [e, e] (et donc que, si en outre 9 est de type hermitien, l'espace g-+ est
non compact). En effet, soient X_I E 9_ 1 et Xl E 91 ; on a
(1 + 8)[X_1' XI] = [(1 + 8)X_1' (1 + 8)Xd E [e, e] (car9±2 = 0);
d'ou [= (1 + 8)([9_1' 9d) c [e, e].
6.2.3. Corollaire (Avec les memes notations). Si g-+ est non compact, alors la
sous-algebre parabolique maximale p+ est caracterisee par sa partie semisimple
I:J et, avec les notations de [He, p. 518], Ie couple (9, I:J) jait partie de la liste:
(1) (a) (sp(n, R), s[(n, R)) n 2 3,
(b) (su(n, n), s[(n, C)) n 2 2,
(c) (so*(4n), su*(2n)) n 2 3;
(2) (so(2, n) , soC 1 , n - I)) n = loun 2 3,
(3) (c 7(-25)' c6(-26))'
Remarque. Reciproquement, pour tous les couples de cette liste, g-+ est non
compact.
Demonstration. Reprenons les notations de 6.1.1. L'algebre de Lie simple 9
est de type hermitien. La liste de ces algebres est donnee dans [He, pp. 518,
532-534]. On calcule, pour chacune de celles-ci, la plus grande racine restreinte
O:max = LaEn an . 0: , et on determine les racines simples 0: E f1 pour lesquelles
aD: = 1 : on en trouve au plus une. On calcule alors I:J it l'aide du diagramme
de Satake de 9 auquel on a enleve Ie point blanc correspondant it 0:+. 0
Remarque Culturelle. Cette liste est en bijection naturelle avec la liste des
-domaines symetriques hermitiens de type tube,
FLOTS D'ANOSOV 65
-algebres de Jordan euclidiennes simples,
-cones homogenes autoduaux irn!ductibles.
En outre, l'espace homogene Gel p+ est la frontiere de Shilov du do maine
symetrique (cf. [Sa, p. 37]).
6.3. Semisimplicite de l'application premier retour lorsque sr+ est non compact.
6.3.1. Proposition. Si sr+ n 'est pas compact, alors tout element g non semisim-
pie de Go a au moins trois points fixes dans sr + .
Remarque. Si sr+ est compact, il peut exister des elements non semisimples de
Go ayant un seul point fixe dans sr+: prendre (g, ~) = (s[(n, R), s[(n -1, R))
avec n = 2k + 1 et k ~ 2; dans ce cas Go ~ GL+(n - 1, R) agit sur sr+ =
p(Rn) l'ensemble des droites de R n •
Demonstration. Cela resulte du corollaire 6.2.3 et d'une etude cas par cas qui
est menee dans les trois paragraphes suivants. 0
6.3.2. La variete des lagrangiens. On suppose que l'on est dans Ie cas (1) du
corollaire 6.2.3.
Soient F = R, C ou H et z -+ Z la conjugaison de F (pour F = R il s'agit
de l'identite). On pose e = -1 lorsque F = R ou H et e = 1 lorsque F = C.
Soit V un F-espace vectoriel a gauche de dimension n ~ 1 et V* son dual.
Vv E V, VI E v* , on note (v, J) l'image de v par I. On munit V* de la
structure de F-espace vectoriel a gauche donnee par, Vv E V, VIE V* , A E F,
(v, AI) = (v, J)I. Pour B dans EndF(V) , on definit B* E EndF(V*) par
(v, B* J) = (Bv, f).
Soit W = V \Ii V* que I'on munit de la forme sesquilineaire e-symetrique
If!: W x W -+ F (i.e., verifiant VAl' A2 E F, WI' w 2 ' W E W,
If!(AIW I + A 2W2 , w) = AIIf!(W I , w) + A 2 1f!(W 2 , w)
et
= elf!(W I ' w 2 ))
If!(W 2 , WI)
determinee par If!l vxv = If!l v ' xv ' = 0 et If! (v , I) = (11, I).
On a (cf. [He, p. 446])
9 = {A E EndF(W)IVw l , w 2 E W, If!(Aw l , w 2 ) + If!(w l , Aw 2 ) = O},
p+ = {A E gIA(V) c V},
* *
go={AE9IA(V)cVetA(V)cV}= 0) IBEEndF(V) }.
{(B0 -B*
Donc Go ~ (GL F( V))e et
sr + -::::: Y := {Vi sous-espace vectoriel lagrangien de (W , If!)}
= {Vi C W tel que If!lv'xv' = 0 et 2dim Vi = dim W}.
En outre, I'action de Go sur Y factorise a travers I'action naturelle de
GLF(V)/{± Id}.
La proposition 6.3.1 est donc, dans ce cas, une consequence du Iemme eIemen-
taire suivant.
66 YVES BENOIST, PATRICK FOULON, ET FRANCOIS LABOURIE
Lemme. Tout element b non semisimple de G~( V) a au moins trois points
fixes dans la variete 5? des lagrangiens de V ffi V* .
Demonstration. Les sous-espaces V; = V et Ti = V* sont deux elements de
5? fixes par b; construisons-en un troisieme: soit bn la partie unipotente de
la decomposition de Jordan de b, on a bn E GLF(V); Ie sous-espace U =
Ker(b n - Id) est invariant par b et verifie 0 SUS V. Soit UJ.. = {f E
V*IVv E U, (v, f) = O}; alors V; = U ffi UJ.. est un element de 5? fixe par
b. 0
6.3.3. La variete des droites isotropes. On suppose que l'on est dans Ie cas (2)
du corollaire 6.2.3.
Soit W = R 2+n muni de la forme bilineaire symetrique 'I' telle que
2 2
Vw = (XI' x 2 ' ... , x n + 2 ) E w, 'I'(w, w) = X I X 2 +X3 X 4 +xs + ... +xn+2'
Soient Ll et Ll' les droites Ll = R· (1 , 0, ... ,0) et Ll' = R· (0, 1, 0, ... , 0) ,
Wo = {w = (XI' •.• ,xn + 2 )lx l = x 2 = O} et '1'0 = 'l'lwo xw0 .
On a
9 = 50('1') = {A E EndF(W)IVw I ' w 2 E W, 'I'(Aw l ' w 2 ) + 'I'(w I ' Aw2 ) = O},
p+ = {A E gIA(Ll) eLl},
go = {A E gIA(Ll) eLl et A(Ll/) C Ll/}
~ {( (8 /,l) (~},l E R, B E so( qI0) } .
Donc Go ~ R: x SOe(1 , n - 1) et
!T + ~ J := {Ll droite isotrope de W}
= {Ll C W tel que 'l'I LixLi = 0 et dim Ll = 1}.
En outre, l'action de Go sur J factorise a travers l'action naturelle de
R:X SO,(I, n- I) ~ { ( (~ d~a)
Donc tout element a de Go a au moins deux points fixes dans J, DI = Ll et
D2 = Ll'. Lorsque a n'est pas semisimple, on en construit un troisieme grace
au lemme elementaire suivant.
Lemme. Soit b un element non semisimple de SO( 1 , m), alors if existe une
droite isotrope de R 1+ m invariante par b.
Demonstration. Soit bn E SO( 1 , m) la partie unipotente de la decomposition
de Jordan de b, N = Log(b n ) E 50(1, m) et I Ie plus grand entier tel que
N' -I- O. Le sous-espace D3 = Im(N') est isotrope et invariant par b. C'est
forcement une droite. 0
6.3.4. Le cas exceptionnel. On suppose que l'on est dans Ie cas (3) du corollaire
6.2.3.
Dans ce cas on a un resultat un peu plus precis,
FLOTS D'ANOSOV 67
Lemme. Si (g, ~) = (e 7(-25)' e6(-26)' alors tout element g de Go a au mains
trois points fixes dans 7 + .
Remarque. Voici les proprietes particulieres a ce couple (g, ~) que nous utilis-
erons
(a) rgR(g) ~ 2;
(b) go a une seule classe de conjugaison de sous-algebre de Cartan;
(c) les sous-algebres P+ et P- sont conjuguees sous Ad( G) .
En effet, il resulte de [He, p. 518] que rgR(g) = 3 et que Ie rang complexe de
Go est la somme de son rang reel et du rang complexe de son compact maximal
(7 = 3 + 4) et, de [He, p. 534], que Ie groupe de Weyl du systeme de racines
restreintes de 9 contient - Id. Ceci prouve (a), (b), et (c).
Demonstration. On veut trouver trois points fixes de g dans 7+ , c'est-a dire
trois sous-algebres paraboliques conjuguees a p qui sont normalisees par g.
Grace a (c), on en trouve facilement deux: PI = p+ et P2 = P-; elles sont, en
fait, normalisees par Go tout entier.
Pour en construire une troisieme, reprenons les notations de 5.5.3.
Soit 0 une involution de Cartan de 9 telle que o(ao) = ao ' e = {Z E
glo(Z) = Z}, ( = go n e, K Ie sous-groupe connexe d'algebre de Lie e et
L = Go n K; Ie groupe L est compact. Soient 1:;+ = 1:+ n 1:p+, n l'ensemble
des racines simples de 1:+, 0:+ la racine de n qui n'est pas dans 1:;+, et
s + E W la symetrie definie par 0:+ .
Pour 0: dans 1:, on note g<> = {Z E gl'v'Y E ao ' [Y, Z] = o:(Y)Z}. Soient
J[(ao) = {Z E rj'v'Y E ao ' [Y, Z] = O}, no = EB<>EL++ g<>, ZL(aO) = {x E
p
LI'v'Y E ao ' Ad(x)(Y) = Y}, et No =
exp(no)' Soient p~in la sous-algebre
parabolique minimale de go associee a 1:;+ et p(;in Ie sous-groupe parabolique
correspondant: on a p~in = J[(a o) EB ao EB no et poffiin = ZL(a O) • AO • NO'
Montrons que g est conjugue a un element de p(;in: d'apres (b), les groupes
compacts L et Z L (ao) ont meme rang complexe; donc la caracteristique d'Euler
de la variete GolP(;in = LIZL(ao) est non nulle [GHV, Chapter XI, Theorem
VII]. Le Theoreme de Lefschetz prouve alors que l'action de g sur Gol p(;in a
un point fixe, c'est-a dire que g est conjugue dans Go a un element de p(;in.
On peut donc supposer que g E p(;in. Soit P3 = Ad(s+)(p+). Montrons que
P3 est normalise par p(;in (et donc par g) ; il suffit de voir que p~in C P3 ; or ceci
est une consequence de l'inclusion 1:;+ c 1:+\ {o: + , 20:+} = S +(1:+\ {o: + , 20: +}) c
s+(1:+). Finalement, on remarque que P3 =1= PI et, d'apres (a), P3 =1= P2 . 0
6.3.5. Demonstration de la proposition 1.3.3. Cela resulte de 5.3 et 6.3.1.
Demonstration de la proposition 1.3. Si 7+ est compact, les propositions 1.3.1
et 1.3.2 prouvent que r = 1 .
Si 7+ est non compact. On choisit un element y de r\ { I} qui a un point
fixe dans &', i.e., qui est conjugue a un element de Go (l'existence d'orbites
68 YVES BENOIST, PATRICK FOUWN, ET FRANCOIS LABOURIE
periodiques pour Ie flot 'P t [A, theoreme 3] implique l'existence d'un tel element
y). Comme Go n Z = {I} (5.2.2(a)), on ayE nZr. Les propositions 1.3.1
et 1.3.3 prouvent alors que r = 1. 0
7. CONCLUSION
7.0. Le but de ce chapitre est d'achever les demonstrations des theoremes 1 et
2 de l'introduction.
On donne tout d'abord une nouvelle presentation de l'exemple fondamental
(7.1) et une nouvelle formulation du theoreme 1(7.2). Les principales proprietes
de l'exemple fondamental sont demontrees en 7.3. Le theoreme 1 est demontre
en 7.4 et Ie theoreme 2 en 7.5.
7.1. L'exemple fondamental.
7.1.1. A des revetements finis pres et apres reparametrage, il s'agit du flot
geodesique sur un espace localement symetrique riemannien it courbure stricte-
ment negative (ELSRCSN) compact. Plus precisement,
Choisissons 8 un ELSRCSN simplement connexe de dimension n 2: 2.
Soit V = Vs = {v E T8111vll = I} Ie fibre unitaire tangent it 8, et G, = Is(8)
Ie groupe des isometries de 8; sauf pour n = 2 oil V = SL(2, R) (resp.
G = SL±(2, R)) est Ie revetement universel de Vs (resp. Is(8)). Le groupe G
agit transitivement sur 8 et V. Soit ;PI Ie flot geodesique sur V (pour n = 2
il s'agit du releve de ce flot it V).
Choisissons ro un sous-groupe discret de G tel que Yo := ro \ Vest une
variete compacte. Soit 'P~ Ie flot sur Yo image de ;PI et X O Ie champ de
vecteurs associe. A des revetements finis pres, il s'agit du flot geodesique sur un
ELSRCSN compact (cf. 7.3.1).
Soit Or; l'ouvert convexe symetrique et borne (cf. 7.3.4) de l'espace vectoriel
o
de dimension finie E = Hom(r0' R) = HI (Yo, R) ,
Or; := {h o E EI il existe une I-forme fermee 0: 0 representant ho telle que
o
o:o(Xo) + 1 > 0 en tout point de Yo}.
Choisissons ho E Or;. Soit r l Ie sous-groupe de G' := G x R: r l :=
o
{(Yo' ho(yo))lyo E ro}. Le groupe G' agit transitivement sur V par: V(g, t) E
,
G, v E V,
-
(g, t) . v = ;Pt(g· v).
7.1.2. Le lemme suivant se demontre comme la proposition 1.2.3.
Lemme. (a) Le quotient ~ := r l \V est une variete compacte; leflot 'PI image
de ;Pt sur ~ est d'Anosov; ses distributions stable et instable sont COO et sa
I-forme canonique est de contact.
(b) A reparametrage pres, les j/ots 'P~ et 'PI coi"ncident: c'est-a dire qu'i/
existe un dijjeomorphisme COO If! de Yo sur ~ et une fonction COO strictement
FLOTS D'ANOSOV 69
positive ko sur Yo tels que 'fI*(ko ' X o) = Xl est Ie champ de vecteurs associe
auflot rp: .
Le flot rp: sur ~ sera appele flot associe au triplet (8, r o ' ho) .
7.2. Classification. Voici une "reformulation" du theoreme 1:
Tbeoreme 1 bis. Soil rpt un flot d'Anosov COO sur une variete compacte V de
dimension 2n - 1 tel que
(i) les distributions stable et instable sont Coo,
(ii) la I-forme canonique est de contact.
Alors if existe un triplet (8, r o ' ho) comme en 7.1, tel que Ie flot rptl sur
~ associe a ce triplet soil COO -conjugue a rp t: c'est-a dire qu'if existe un
difJeomorphisme COO F de V sur ~ tel que Vt E R, F 0 rpt = rp: 0 F.
Ce triplet est unique (a isomorphisme pres).
7.3. Proprietes de l'exemple fondamental. Nous demontrons dans cette partie
diverses proprietes de l'exemple fondamentaI: nous prenons Ies notations de
7.1.
7.3.1. Proprietes de rp~. Si n 2:: 3. Le groupe ro est un sous-groupe de type fini
[Ra, Theorem 6.16] du groupe algebrique G = Is(8); il est connu [Ra, Corollary
6.13] qu'alors il existe un sous-groupe d'indice fini ~ de ro sans torsion.
Si n = 2. Le meme argument permet de trouver un sous-groupe d'indice fini
r'~ de r o ' indus dans re = SL(2, R) et tel que Ad(r'~) est sans torsion. Ce
groupe r'~ est cocompact dans Ge , car ~ = O. Soit Z Ie centre de Ge • II est
connu qu'alors, Z n r'~ est d'indice fini dans Z [Mo]. Donc r'~ est d'indice
fini dans Ie groupe r'o := Z . r'~ qui est encore discret.
Dans tous les cas, Ie flot rp~ est, Ii revetement fini pres, egal au flot geodesique
rp;o sur Ie fibre unitaire tangent V~ := ~ \ V Ii un ELSRCSN compact S~ :=
10
10\S. Or Ie flot rpt est d'Anosov [A], sa I-forme canonique est la I-forme
y-.,/ -
de Liouville et est donc de contact, et les distributions stables et instables sont
analytiques car elles se relevent en des distributions sur Vs invariantes par Ie
- 0
groupe Is(S). II en est de meme du flot rpt .
7.3.2. Remarques. (1) En general, Ie quotient ro\S n'est pas une variete. Ex-
emple: soient () E Is(8) la symetrie par rapport Ii un point So de 8, ~ un
sous-groupe discret sans torsion cocompact de Is(8) tel que ()r'0()-1 = ~ (~a
existe) et r 0 := ~ U ()r'o; Ie quotient Yo := r 0\ Vs est une variete mais pas
ro\8.
(2) Dans cet exempIe, l'element () E ro a pour image dans HI (Yo, Z) =
ro/[ro ' ro] un element 7i tel que 27i = o. II n'existe donc pas d'orbite
periodique du flot rp~ qui represente 7i. (Dans Ie cas du flot geodesique sur un
ELSRCSN compact, tout element de HI (Yo ,Z) est represente par une orbite
periodique. )
70 YVES BENOIST, PATRICK FOULON, ET FRANC;::OIS LABOURIE
(3) Pour n ~ 3, on a vu que (qJ?, Yo) admet un revetement fini qui s'identifie
au flot geodesique sur un ELSRCSN compact. Ce n'est plus Ie cas pour n = 2:
soient r un sous-groupe discret cocompact sans torsion de SL(2, R) (~a existe
car SL(2, R) est algebrique) et Yo = r\ SL(2, R); dans ce cas c'est (qJ?, Yo)
qui est Ie revetement fini d'un flot geodesique sur une surface de Riemann
compacte.
7.3.3. Soient G' Ie groupe des diffeomorphismes de
,
V qui preservent X et
E et G:= {g E G Ix(g) = ±1} (cf. (3.3.3).
~±
Lemme. G = Is(8) (saufpour n = 2 ou G est Ie revetement universel de Is(8)).
Demonstration. Supposons n ~ 3 (Ie cas n = 2 se traite de meme). Le groupe
I := Is(8) agit sur V: c'est un sous-groupe de G. Remarquons que I et G
sont des groupes semi simples, que I agit transitivement sur V = G/ H et que
H est compact (car rgR(G) = 1); on en deduit que Lie(!) = Lie(G).
Soit g E G, montrons que gEl. Comme I agit transitivement sur V, on
peut supposer que g stabilise Ie point base vo de V. Soit qJ = Ad(g) E Aut(g).
II est connu que Aut(g) :: Is(8) , on peut donc supposer que qJ = Id; ce qui
signifie que Ie I-jet de g en vo est celui de l'identite et donc que g = 1 (cf.
2.1.2). Donc G = Is(8). 0
7.3.4. Donnons quelques proprietes de l'ouvert Ov; "de reparametrage" intro-
o
duit en 7.1.1.
Lemme. Ov; est un voisinage ouvert convexe symetrique et borne de O.
o
Demonstration. II est clair que Ov; est un voisinage ouvert convexe de O. Con-
o
struisons un diffeomorphisme 0"0 de Yo tel que
o 0
O"o*(X ) = -X ,
(t)
*
0"0 (h) = h Vh E H I (Yo, R).
On definit Ie diffeomorphisme 0'0 de Vs par O'o(v) = -v (sauf pour n = 2 oil
0'0 est un releve a V de ce diffeomorphisme). On a, Vg E G, go 0'0 = 0'0 0 g.
Donc 0'0 passe au quotient en un diffeomorphisme 0"0 de Yo verifiant (t).
Montrons que Ov; est symetrique. Soit h E Ov;. II existe une I-forme
o 0
fermee a o qui represente h telle que ao(Xo) + 1 > O. La I-forme fermee
a~ = -O";(a o) represente -h et verifie a~(Xo) + 1 > O. Donc -h E Ov; .
o
Montrons que Ov; est borne. II suffit de voir que 0 est Ie seul element de
o
Ov; qui verifie, "It ~ 0, th E Ov; . So it h un tel element.
o 0
Soit c une orbite periodique du flot qJ? de periode To, on a, "It ~ 0, tIe h >
- To ' donc Ie h ~ 0; com me Ov; est symetrique, on en deduit que Ie h = o.
o
II n'est pas tres restrictif de supposer que qJ? est Ie flot geodesique sur un
ELSRCSN compact So (cf. 7.3.1). Dans ce cas, tout element c de HI (Yo, Z) =
HI (So' Z) est represente par une orbite periodique c, donc (h, c) = 0 puis
h =0. 0
FLOTS D'ANOSOV 71
7.3.5. Lorsque n ~ 3, ro c Ge et ho =f. 0, l'espace localement homogene
compact Vest un exemple interessant: on a V = r\ G:I H; avec r Zariski-
dense dans G: (~Aut(g)e x R) et H; est noncompact!
7.4. Demonstration du theoreme 1 bis. Le but de cette partie est de demontrer
Ie theoreme 1 bis dont nous prenons les notations (cf. 7.2).
7.4.1. 11 resulte des propositions de 1 qu'il existe un groupe de Lie simplement
connexe Ge de rang reel un, 0 une involution de Cartan de Ge , Xo un element
de g := Lie(Ge ) verifiant O(Xo) = -Xo' tels que, en notant Ke := {g E
GeIO(g) = g}, M:= {k E Kel Adk(Xo) = X o}' et Me la composante connexe
de M, Ie revetement universel iT de V s'identifie it GelMe et Ie flot iP I
est donne par iPI(gMe ) = ge-XoIMe' Soit 8 := GelKe; c'est un ELSRCSN
simplement connexe pour toute metrique Ge-invariante. On fixe cette metrique
de sorte que X o ' considere comme un element de TK (8) ~ {Y E gIO(Y) =
e
-Y}, soit de norme 1. La variete iT s'identifie alors it Vs:= {v E T8111vll = I}
et iP I au flot geodesique sur Vs (sauf pour n = 2 oil iT est Ie revetement
universel de Vs et iP I Ie releve it iT du flot geodesique).
7.4.2. Soit G = Is(8) (sauf pour n = 2 oil G est Ie revetement universel de
Is(8)). Les lemmes 4.4 et 7.3.3 prouvent qu'il existe un sous-groupe discret ro
de G tel que Ie quotient Yo := ro \ iT soit une variete compacte et un element ho
dans fly; tel que Ie 11:1 de V soit egal au sous-groupe r = {(Yo' ho(yo))lyo E ro}
o
du groupe G' ~ G x R. Ceci prouve l'assertion d'existence dans Ie theoreme 1
bis.
7.4.. '
3 D emontrons l' umclte
'" d u tnp. 1et (s~ ' 0
r ' h) r bis ' 0
. (S;;:;bis ' 0
0 ; SOlt h bis ) un
autre triplet. Le lemme 7.3 prouve que Is(8) = Is(~iS), l'egalite Xo =
X~iS prouve alors que 8 et ~is sont isometriques. 11 est facile de voir qu'alors
r 0 = r~iS et ho = h~iS . Ceci termine la demonstration du theoreme 1.
7.5. Le cas riemannien. Le but de cette partie est de montrer Ie theoreme 2
dont nous prenons les notations.
7.5.1. Soit (J Ie diffeomorphisme de VN donne par (J(v) = -v. La I-forme
canonique A. du flot rp~ est egale it la I-forme de Liouville: remarquer que
la I-forme de Liouville est invariante par Ie flot et donc nulle sur E+ et E- .
Son noyau Ker A. est une distribution Coo, par hypothese il en est de meme
des distributions stable E- = (Eo EB E-) n Ker A. et instable E+ = (J(E-). En
outre A. est une I-forme de contact. On peut donc appliquer Ie theoreme I: il
existe un triplet (8, r o ' ho)'" 11 suffit de voir, pour conciure, que ho = 0,
que Ad(ro) est sans torsion et que, pour n = 2, ro contient Ie centre Z de
Ge . C'est ce qu'affirment les trois lemmes suivants:
7.5.2. Lemme. On a ho = O.
Demonstration. Soit N Ie revetement universel de N et a Ie diffeomorphisme
de iT = VN donne par a(v) = -v (sauf pour n = 2 oil iT est Ie revetement
72 YVES BENOIST, PATRICK FOUWN, ET FRANCOIS LABOURIE
universel de VjV et a Ie releve it V de ce diffeomorphisme). Par construction,
on a, Vy E r = 11:1 (VN ), yo a = a 0 y. On en deduit que a agit trivialement
sur HI (VN ' R). En particulier, soit h E HI (VN ,R) comme en 4.4.1, on a
a*(h) = h. D'autre part l'egalite a 0 qJ~ = qJ~t 0 a prouve que a*(h) = -h.
Done h = 0 et ho = 0 . 0
7.5.3. Lemme. Si n ? 3, ro est sans torsion.
Demonstration. En effet r 0 = 11: I (N) et N est it courbure negative. 0
7.5.4. Supposons que n = 2. Soit Z' = 11:1 (VjV) : c'est un sous-groupe de ro et
~~--~'
done un sous-groupe de G = SL±(2, R). Soit Z Ie centre de Ge = SL(2, R).
/
Lemme. (a) On a Z = Z' ;
(b) rolz est sans torsion.
Demonstration. Choisissons une orientation pour Ie fibre E+; ceci definit une
orientation pour la fibre de la submersion V -> iii (travailler modulo EO ffiE-) .
ron Ge est done Ie sous-groupe des elements de ro qui preservent l'orientation
de cette fibre. Par suite Z' est dans Ie centre de ro n Ge . Or Ad(ro n Ge ) est
Zariski-dense dans PSL(2, R) done Z' c Z .
Soient g-+ = Gel Pe+ et g- + = Gel p+ com me en 4.5. L'espace !Jl"j;+ :=
GeIZ' Pe+ est l'espace des directions vers -00 des geodesiques de iii. Done
tout element non trivial de 11:1 (N) = rolz' agit sur !Jl"j;+ avec un unique point
fixe attracteur et un unique point fixe repulsif. On en deduit que Ie revetement
!Jl"j;+ -> g- + est un diffeomorphisme (car I'action de y passe au quotient sur
g-+) done Z = Z' et rolz est sans torsion. 0
7.5.5. Remarque. Dans Ie cas particulier des flots geodesiques, on peut simplifier
la demonstration du theoreme 1. En effet, dans ce cas, g- + est diffeomorphe
it la sphere Sn-I (raisonner comme en 7.5.4). On peut done remplacer les
chapitres 5 et 6 par Ie lemme suivant.
Lemme. Soient Ge un groupe de Lie simple connexe et p+ un so us-groupe
parabolique. Alors Gel p+ est difJeomorphe a une sphere si et seulement si Ge
est de rang reel un.
Demonstration. (omise) Cela resulte d'une etude cas par cas, it l'aide de la clas-
sification de Borel-Montgomery-Samelson des actions transitives de groupes de
Lie compacts sur une sphere.
On peut eviter de passer par cette liste en demontrant it l'aide de 5.2.2 que
P- a exactement deux orbites sur g- + et que ceci montre que G est de rang
un (5.5.4). 0
REMERCIEMENTS
Nous exprimons notre gratitude it P. Pansu pour son interet constant pour
ce travail et ses remarques toujours pertinentes, et M. Gromov pour nous avoir
suggere d'utiliser un de ses resultats comme point de depart de ce travail.
FLOTS D'ANOSOV 73
Nous remercions aussi J.-P. Bourguignon, J. Faraut, E. Ghys, D. Sullivan,
D. Wigner, et J.-c. Yoccoz pour de fructueuses discussions it ce sujet.
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14 YVES BENOIST, PATRICK FOUWN, ET FRAN~OIS LABOURIE
RESUME. Nous decrivons les flots d'Anosov sur les varietes compactes dont les
distributions stable et instable sont differentiables et dont la I-forme canonique
est de contact: a des revetements finis pres et apres un reparametrage COO , ils
se realisent tous comme Ie flot geodesique sur (Ie fibre unitaire tangent a) un
espace localement symetrique riemannien a courbure strictement negative.
ABSTRACT. We describe which Anosov flows on compact manifolds have COO
stable and unstable distributions and a contact canonical I-form: up to finite
coverings and up to a COO change of parameters, each of them is isomorphic to
the geodesic flow on (the unit tangent bundle of) a compact locally symmetric
space of strictly negative curvature.
UNIVERSITE PARIS-VII, UFR DE MATHEMATIQUES, 2, PLACE JUSSIEU, 75251 PARIS CEDEX,
FRANCE
ECOLE POLYTECHNIQUE, CENTRE DE PHYSIQUE THEORIQUE, 91128 PALAISEAU CEDEX, FRANCE
ECOLE POLYTECHNIQUE, CENTRE DE MATHEMATIQUES, 91128 PALAISEAU CEDEX, FRANCE