Rapport de stage au Tribunal de Kinshasa
Rapport de stage au Tribunal de Kinshasa
SO WORLD
PEACE !
Rechercher sur le site: Fond bitcoin pour l'amélioration du site:
1memzGeKS7CB3ECNkzSn2qHwxU6NZoJ8o
Dogecoin (tips/pourboires):
DCLoo9Dd4qECqpMLurdgGnaoqbftj16Nvp
Recherche
Avant-propos
Dans le cadre de notre formation en Droit, nous avons effectuénotre stage professionnel au Tribunal de Commerce de
Kinshasa/Matete. Ce stage avait essentiellement pour but de concilier la théorie apprise à l'université à la pratiquedu droit
sur terrain. Et à l'issue de ce stage, qu'il nous soit permis de rendre grâce à Dieu, le Père Tout-Puissant, donneur de vie, de
force et d'intelligence.
Nos remerciements s'adressent en suite aux Parents qui, depuis toujours, ne cessent de mettre à notre dispositions les
moyens nécessaires pour notre très bonne formation. Nous ne les remercierons jamais assez. Nous remercions également
les autorités de l'Université Catholique du Congo ainsi que tous ceux qui contribuent à notre formation, notamment tous nos
enseignants et professeurs, de la maternelle à l'université.
Nous remercions Monsieur MUNGANZA MAYUMBA Gaby, Président de la juridiction, qui a accepté promptement de nous
accueillir dans le cadre de ce stage, ainsi que l'ensemble du personnel du Tribunal de Commerce de Kinshasa/Matete pour
leur très sincère collaboration et leur sympathie.
Nos remerciements s'adressentaussi au juge permanent, Monsieur Claude MPISOMI, qui a reçu la charge de nous
encadrer et l'a assumée avec beaucoup de compétence, d'amour et de rigueur ; cela en dépit de ses multiples occupations.
Nous n'allons pas clôturer cette litanie de remerciement sans penser au greffier divisionnaire Monsieur KOMESHA, ainsi
qu'à tous les autres greffiers qui nous ont expliqué le fonctionnement de leur greffe. Nous pensons par la même occasion à
tous les amis de l'Université de Kinshasa ainsi que ceux de l'Université Catholique du Congo avec qui nous avons effectué
notre stage et passé des très bons moments. Je ne saurai citer tout le monde mais, à tous et à chacun MERCI !
Audry MEZOL
Notre choix pour le Tribunal de Commerce de Kinshasa/Matete est la conséquence d'une très longue réflexion qui a pris en
compte plusieurs paramètres notamment l'avenement dans notre pays du droit de l'OHADA. En effet, en ce moment où le
droit de l'OHADA est d'application en République démocratique du Congo, nous avons l'obligation de connaitre l'usage qui
est fait de ce droit que bon nombre des juristes ne maitrise pas encore.
De ce fait, nous avons jugé bon de passer notre stage dans un tribunal de commerce où l'on est censé mettre en
applications les règles relatives au droit de l'OHADA.
A la fin de notre stage, nous sommes appelés à rendre compte de ce qu'a été le stage en question. D'où il nous faut rédiger
ce rapport de stage. Par conséquent, le rapport de stage que nous présentons comporte quatre chapitres dont le premier
aborde de la présentation du Tribunal de Commerce de Kinshasa/Matete où nous avons effectué notre stage, le deuxième
chapitre parlede la compétence dudit tribunal, le troisième chapitre quant à lui traite de la procédure devant le tribunal de
commerce ; et enfin, le dernier chapitre s'intéresse au jugement et aux voies de recours. Cela sera suivi par une courte
conclusion.
1. Historique
Les tribunaux de commerce ont vu le jour pour la première fois en Italie vers le XIIIe Siècle, suite à la demande des
commerçants au roi de pouvoir être jugés par leurs paires. Ces tribunaux avaient pour finalité d'une part, de mettre fin aux
manoeuvres et à la lenteur dans la procédure judiciaire en matière commerciales,celle-ci nécessitant une célérité ; et d'autre
part de créer une juridiction spécialisée pour les commerçants afin qu'ils soient jugés par leurs paires, car les commerçants
estimaient être les seuls à avoir la parfaite maitrise des us et coutumes propre aux commerces.
La création des tribunaux de commerce, ayant été couronnée de succès en Italie, n'a pas tardé à influencer la France (en
1562, notamment avec l'envahissement de l'Italie), puis la Belgique à la suite des conquêtes de Napoléon, avantde
s'étendre dans toute l'Europe voire, dans toute la famille du Droit romano germanique.C'est de cette façon-là que cette
pratique atteindra notre pays au début du 21e Siècle.
En effet, les tribunaux de commerce en République démocratique du Congo sont créés par la loi N°002/2001 portant
Création, Organisation et Fonctionnement des Tribunaux de Commerce. Actuellement, il n'existe que trois tribunaux de
commerce sur toute l'étendue du territoire national, notamment :
Notre rapport porte sur le Tribunal de Commerce de Kinshasa/Matete où nous avions effectué notre stage.
Le Tribunal de Commerce de Kinshasa/Matete est situé au numéro 16830 de la première rue, au quartier FUNA, dans la
commune de Limete, à l'intérieur de la concession du Comité de Gestion des Biens Saisis et Confisqués « COGEBISCO »
en sigle. Il est voisin à la polyclinique chinoise GEN TAI.
Section 2. FONCTIONNEMENT
En tant qu'institution publique, le Tribunal de Commerce de Kinshasa/Matete fonctionne à travers son personnel juridique
composé des agents publics de carrière, c'est-à-dire des fonctionnaires de l'Etat qui s'occupent de l'administration, et des
agents publics de mandat qui sont nommés pour une durée bien définie. Parmi ses agents, on cite les magistrats et les
agents de l'ordre.
1. Les magistrats
Il existe deux types de magistrature attachés au tribunal de commerce : la magistrature dite débout ou le ministère public et
la magistrature assise.
a. La magistrature débout
La magistrature débout est composé des officiers du ministère public appelé aussi organes de la loi. Ceux-ci trouvent leur
base légale à l'article 12 de la loi n°002/2001 du 03 juillet 2001.
Le rôle du ministère public au tribunal de commerce est exercé par le Procureur de la république près tribunal de grande
instance dans le ressort duquel se trouve le tribunal de commerce. Il recherche les infractions à la législation économique,
poursuit et requiert des peines contre leurs auteurs ou complices présumés. Il donne son avis dans les quinze jours qui
suivent la communication du dossier.
b. La magistrature assise
Les magistrats assis du tribunal de commerce sont : les juges permanents et les juges consulaires.
Ils sont des magistrats de carrière. Ils trouvent leur base légale à l'article 3 de la loi n°002/2001 du 03 juillet 2001. Ils ont
pour mission de dire le droit et sont régis par la loi portant statut des magistrats. Ils président les chambres lorsqu'il s'agit
des affaires qui touchent à l'ordre public, notamment :
- Les contestations relatives aux affaires dans lesquelles un ou plusieurs défendeurs ont été caution ou signataires d'un
chèque bancaire, d'une lettre de change ou d'un billet à ordre.
Au Tribunal de Commerce de Kinshasa/Matete, il y a quatre juges permanents correspondant aux quatre chambres que
compte ledit tribunal.
L'une des spécificités des tribunaux de commerce est donc la création du juge consulaire. C'est pourquoi on parle aussi des
tribunaux consulaires pour désigner les tribunaux de commerce. Contrairement au juge permanent, le juge consulaire n'est
pas un magistrat de carrière.
Le juge consulaire est le juge des faits, il a la maitrise des us et coutumes des affaires. Il apporte son expertise et éclaire le
En République démocratique du Congo, le juge consulaire est élu, pour une durée de deux ans pour le premier mandat et
quatre ans pour les mandats suivants, par un collège électoral composé de délégués consulaires désignés par les
organisations professionnelles également reconnues et représentative du commerce et de l'industrie, notamment la FEC et
la COPEMECO (Article 4 de la loi n°002/2001 du 03 juillet 2001). Les attributions du juge consulaires sont définies par la loi
n°002/2001 du 03 juillet 2001 aux articles 4 à 11.
Après son élection à la majorité relative des voix, le juge consulaire, avant d'entrer en fonction, prête serment devant le
tribunal de commerce ou, au cas échéant, devant le tribunal de grande instance, avant l'installation du tribunal de
commerce. Il est investi par un arrêté du ministre de la Justice et de Droits Humains. Il n'est rééligible que dans la limite de
trois mandats successifs dans une même juridiction.
Par ailleurs, pour être élu juge consulaire, on doit remplir les conditions suivantes :
- Avoir exercé honorablement, pendant au moins cinq ans, le commerce ou avoir participé à la gestion d'une société
commerciale de droit congolais, en ce compris les associés des sociétés en nom collectif et commandite simple ainsi que
les administrateurs actifs ou gérant des sociétés à responsabilité limitée, soit avoir été à la direction d'une organisation
professionnelle ou interprofessionnelle représentative du commerce et de l'industrie ainsi que les cadres supérieurs et
conseils juridiques des sociétés ou chambre de commerce.
Cependant, sont inéligibles aux fonctions de juge consulaire, tout candidat frappé de déchéance, d'incapacité et
d'incompatibilités visées au Titre 1 de l'Acte Uniforme Révisé Portant sur le Droit Commercial Général de l'OHADA1(*) publié
le 15 juillet 2011. En outre, en tant que commerçant, le juge consulaire est régi par le statut de commerçant du droit
OHADA.
Par ailleurs, il sied de noter que le juge permanent a droit à une prime déterminée par le ministre de la Justice et des Droits
Humains à charge du Trésor public. Ses fonctions cessent, soit par l'expiration de son mandat, par le décès, par sa
démission, par la déchéance ou encore par l'empêchement.
· Le président de la Juridiction
Le président de la juridiction est le chef toute l'administration du tribunal. Il préside aussi la première chambre de la
juridiction. Il a pour mission de :
- Gérer la juridiction ;
- Repartir les affaires entre les chambres et fixer les dates des audiences ;
Actuellement, le président du Tribunal de Commerce de Kinshasa/Matete s'appelle Maitre MUNGANZA MAYUMBA Gaby.
Le législateur congolais énumère les agents de l'ordre judiciaire dans l'article 3 de Loi organique n° 13/011-B du 11 avril
2013 portant Organisation, Fonctionnement et Compétences des Juridictions de l'Ordre judiciaire en ces termes : « Sont
agents de l'Ordre judiciaire : les fonctionnaires et agents administratifs des greffes, des secrétariats des parquets, des
services de la police judiciaire des Parquets, ainsi que les huissiers, lorsque ceux-ci sont de carrière. Ils sont tous régis par
le statut du personnel de carrière des services publics de l'État ».
a. Le Greffier divisionnaire
Les greffiers sont choisis au sein du personnel de l'ordre judiciaire et désignés près les tribunaux de commerce par arrêté
du Ministre de la Justice et de Droits Humains. Ils assistent à toutes les audiences et tiennent le plumitif (Article 13 de la loi
n°002/2001 du 03 juillet 2001).
Au Tribunal de Commerce de Kinshasa/Matete, il existe au total sept greffes ayant, en tête, chacun un responsable appelé
Greffier Titulaire. Les sept greffiers titulaires sont supervisés par le greffier divisionnaire qui est aussi chef de
l'administration, après le président. Il détient le pouvoir disciplinaire sur tous les agents de l'ordre judiciaire de la juridiction et
sur les autres greffiers.
C'est le greffe de tous les dossiers commerciaux et économiques. Il gère le Registre commercial et économique (RCE) dans
lequel sont inscrites toutes les affaires commerciales et économiques. Ce greffe comprend aussi, outre que le RCE, le
registre de délibéré, le registre de prononcé, le registre de non opposition, le registre de non appel, le registre de frais de
justice ainsi que celui de la communication de dossiers au Ministère Public (MP).
o La date de l'enrôlement ;
o L'objet du litige ;
o Le dispositif du jugement
o Les observations
Le rôle principal de ce greffe est celui de recevoir les dossiers provenant soit du parquet, soit des particuliers en rapport
avec les infractions à la législation économique ou les affaires touchant à l'ordre public. Ces dossiers sont inscrits dans le
Registre pénal et économique (RPE). Le greffier chargé des affaires pénales et économiques tient aussi le registre des
objets saisis ainsi que celui des amendes.
Ce greffe a vu le jour avec la ratification de la République démocratique du Congo du traité de l'OHADA en 20122(*). C'est
un greffe qui permet de recenser tous les commerçants, personnes physiques ou morales, exerçant les activités
commerciales dans le ressort du tribunal de commerce. Ce greffe gère un ensemble des dossiers configurant la vie du
commerçant. Ce greffe comprend le Registre du Commerce et de Crédit Mobilier (RCCM) dans lequel figure toutes les
informations nécessaires relatives aux commerçants, ainsi que toutes les modifications qui surviennent tout au long de la vie
des commerçants depuis leur immatriculation. L'immatriculation consiste en une formalité ou un ensemble des formalités
par lesquelles une personne physique ou morale acquiert la qualité de commerçant. Cette formalité unique et personnelle
constitue l'acte de naissance du commerçant.
Les conditions d'enrôlement au RCCM sont fixées dans l'Acte Uniforme Révisé portant sur le Droit Commercial Général de
l'OHADA. Le RCCM est ténu par le Greffier du RCCM sous la surveillance du président de la juridiction ou d'un juge
délégué. Au niveau national il existe un fichier qui centralise toutes les informations inscrites dans les RCCM de chaque
juridiction. Et au niveau régional, il existe un fichier régional ténu par la Cour Commune de Justice et d'Arbitrage (CCJA) qui
a son siège à Abidjan, en Côte d'Ivoire. Ce fichier reprend toutes les mentions des fichiers nationaux de tous les pays
membres de l'OHADA3(*). Ces informations sont destinées au public.
Le RCCM comprend un registre d'arriver mentionnant dans l'ordre chronologique la date, le numéro de chaque déclaration
acceptée, le nom complet et la dénomination sociale du déclarant, ainsi que l'objet de la déclaration.
Il faut par ailleurs noter que toute personne qui s'abstiendrait d'accomplir les conditions exigées par l'immatriculation ou qui
les aurait accomplies frauduleusement peut être sanctionnée en vertu des lois pénales prévues par les normes de l'OHADA.
Le greffier titulaire du RCCM au Tribunal de Commerce de Kinshasa/Matete est Monsieur KIMBENI NGASA.
En droit commercial, la faillite c'est l'état d'une entreprise en cessation de payement, c'est-à-dire que les avoirs de
l'entreprise sont incapables, soit de payer ses dettes exigibles, soit de subvenir à ses besoins essentiels et immédiats (ex :
la paie des travailleurs, le renouvellement du stock, la caisse est vide...). L'entreprise est caractérisée par une situation
d'insolvabilité et d'insuffisance de rentabilité. La faillite n'est pas obtenue d'office, c'est une décision judiciaire ; elle est
prononcée par le juge.
Le greffe de faillite est un greffe qui reçoit les déclarations par aveu de cessation de paiement des entreprises ou de
commerçant du ressort du tribunal de commerce. Cela doit se faire dans les quinze jours qui suivent la constatation de l'état
de cessation de paiement par le gérant ou le directeur, s'il s'agit d'une société. Le greffe de faillite gère tous les dossiers des
commerçants en cessation de paiement qui sollicitent une dissolution. L'aveu contient l'identité complète du commerçant et
son adresse, le nom du gérant et son domicile, le cas échéant, les noms des associés et leurs adresses.
Le procès-verbal de l'assemblée de vérification de créance est dressé par le greffier sous la dictée du juge.
En matière de faillite, il existe une procédure collective d'apurement du passif4(*) qui comprend trois branches :
Ø Le règlement préventif :
Ici, l'entreprise est en difficulté de paiement5(*). Cette procédure consiste à suspendre toutes les poursuites judiciaires
éventuelles contre l'entreprise par le président de la juridiction. Le responsable de l'entreprise doit, pour cela, présenter son
plan de redressement qui doit être apprécier par un conseil. Il lui sera accordé un délai de deux ans au maximum pour
redresser l'entreprise. Si l'entreprise ne se redresse pas à la fin de ce délai, il lui sera imposé la liquidation. Il faut noter que
le règlement préventif ne suspend pas les intérêts moratoires.
Ø Le redressement judiciaire :
C'est la procédure appliquée à une entreprise en faillite qui voudrait survivre. Dans cette procédure, le tribunal désigne un
nouveau gérant de l'entreprise appelé « administrateur judiciaire » et nomme un syndic pour la surveillance de la procédure
de redressement. Le nouveau gérant doit présenter un plan de redressement après quoi il lui sera accordé un délai de
redressement. Il peut aussi vendre une partie de l'entreprise pour sauver le reste. En cas d'échec du redressement
judiciaire, l'entreprise doit être liquidée.
Ø La liquidation :
Par ailleurs, il convient de noter qu'il existe au tribunal de commerce une chambre d'enquête dans laquelle le juge agit
comme ministère public. Il se saisit du dossier suivant certains clignotants. Il vérifie les états financiers de toutes les
entreprises.
Outre que la faillite, il y a le concordat. En effet, le concordat est une convention entre la faillite et la création d'une nouvelle
entreprise. C'est la proposition faite par le créancier sur les biens du débiteur à liquider afin de se voir payer sa créance.
Cette demande est réservée au créancier seul qui l'adresse au greffe de faillite et concordat par voie d'aveu. Cette demande
est déposée auprès du greffe avec le jour fixé pour l'ouverture d'une assemblée de vérification des cré[Link] doit être
annexé à l'aveu les propositions concordataires. Dans les 24 heures qui suivent la saisine du juge, ce dernier convoque les
créanciers et fixe le jour, le lieu et la date de l'assemblée. Le greffier est chargé de convoquer les créanciers, au plus tard,
dans les trois jours du jugement et ce, à la diligence la curatelle.
Ce greffe s'occupe des frais d'instance. Ces frais sont versés en espèce à la banque, au compte de la DGRAD. Après avoir
payé ces frais, on se présente au greffe avec le bordereau de versement à la banque qui constitue la preuve de paiement.
· Greffe d'archives
· Greffe d'exécution
C'est le greffe chargé de l'exécution des décisions du tribunal. On y garde aussi tous les documents susceptibles de faire
exécuter un jugement. L'exécution du jugement se fait par un document appelé Grosse. Celle-ci c'est la copie du jugement
qui comprend plusieurs feuillets dont le dernier est certifié par le greffier divisionnaire. La grosse comporte une formule qui
lui confère la force exécutoire. Cette formule exécutoire comporte trois parties dont : l'annonce solennelle, le mandat ou
l'ordre au dernier feuillet ainsi que le but qui est l'ordre d'exécution donné au huissier).
Au-delà de l'exécution du jugement, le greffier d'exécution est aussi concerné par les différentes saisies. En effet, il existait
trois types de saisie en droit congolais avant l'avenement du Droit de l'OHADA, notamment :
Ø La saisie conservatoire :
Elle intervient en cours d'instance, à la demande de la partie la plus diligente, comme mesure conservatoire. Elle
s'accompagne d'un procès-verbal de saisie conservatoire et d'un ordre de mission signé par le greffier divisionnaire. Avec le
Droit de l'OHADA, il existe deux types de saisie conservatoires : la saisie conservatoire des biens meubles corporels et la
saisie conservatoire des créances.
Ø La saisie arrêt :
Elle consiste en la saisie des avoirs du débiteur se trouvant en banque. Elle fait donc intervenir trois personnes : le débiteur,
le créancier ainsi que l'institution bancaire. On parle aussi de la saisie arrêt en cas d'action paulienne. Avec le Droit de
l'OHADA, on parle actuellement de la saisie d'attribution.
Ø La saisie d'exécution :
Outre ces trois saisie, il y a : la saisie de revendication, la saisie de rémunération (faite sur le salaire du débuter), la saisie
immobilière (opérée sur les immeubles), ainsi que l'injonction de payer (appelé en droit congolais sommation judiciaire).
Notons que lorsqu'on constate qu'il n'y a rien à saisir, on dresse le PV de carence.
- Des contestations entre toutes personnes relatives aux actes de commerce, en ce compris les actes relatifs aux sociétés
commerciales, aux fonds de commerce, à la concurrence commerciale et aux opérations de bourse ;
- Des litiges complexes comprenant plusieurs défendeurs dont l'un est soit caution, soit signataire d'un chèque bancaire,
d'une lettre de change ou d'un billet à ordre ;
Il connait en matière de droit pénal, des infractions à la législation économique et commerciale, quel que soit le taux de la
peine ou la hauteur de l'amende. ».
Cependant, dans la pratique, la compétence de Tribunal de Commerce de Kinshasa/Matete s'étend au-delà des limites
légales. Elle s'étend sur tout le ressort de la Cour d'Appel de Kinshasa/Matete. Cette situation est simplement due à
l'existence de deux Tribunaux de Commerce sur toute l'étendue de la ville de Kinshasa.
En matière commerciale, les tribunaux de commerce sont saisis soit par voie d'assignation, par requête écrite ou verbale
adressée au greffe commercial et économique, soit par comparution volontaire. Lorsque le tribunal est saisi par voie de
requête, celle-ci s'accompagne de la lettre de convocation. On parle de la comparution volontaire lorsque les parties
acceptent de comparaitre d'elles-mêmes.
On parle du mode à personne lorsque l'exploit est signifiéau concerné personnellement, en mains propres ; tandis qu'on
parle du mode à domicile lorsque l'exploit est signifié à l'une de ces personnes : un parent, un allié, le maitre, le serviteur ou
le voisin de la personne concernée. On considère aussi comme mode à domicile lorsque l'exploit est remis auprès du
bourgmestre de la commune du domicile de la personne concernée.
C'est lorsque la personne concernée se trouve à l'étrange. Ce mode consiste à envoyer la signification par poste et à
recevoir le récépissé. On accorde un délai de trois mois au concerné, ainsi qu'un délai de distance.
C'est lorsqu'on ne connait pas l'adresse exacte de la personne concernée. Il est accordé à ce dernier un délai de trois mois
ainsi qu'un délai de distance.
Il convient de noter que ces modes de signification requièrent beaucoup de formalisme dont la non-observation mettrait à
mal la saisine du tribunal. La loi n°002/2001 aborde de la saisine du tribunal de commerce à son article 19.
En matière pénale, la saisine du tribunal de commerce se fait, selon l'article 19 de la loi n°002/2001, conformément aux
règles de procédure pénale en vigueur, notamment tel que définies dans le code de procédure pénale du 30 janvier 1940.
Cette saisine se fait soit par requête du Ministère Public, soit par citation directe.
La signification de l'exploit en matière pénale obéit aux mêmes principes qu'en matière civile ou de droit privé. Cependant, il
convient de noter ici l'existence de deux autres modes supplémentaires : le mode par sommation verbale et le mode par
messager.
Notons par ailleurs que le respect d'un délai ordinaire de huit jours francs pour la signification de l'exploit est nécessaire. Ce
délai ne peut être réduit ou abrégé que sur ordonnance abréviative du président de la juridiction, et à la demande de l'une
des parties. Le comptage du délai se fait sans comptabiliser le jour de la signification et le jour de la comparution, ainsi que
les jours fériés. Il existe aussi un délai supplémentaire appelé délai de distance qui est évalué à un jour par cent kilomètres
La composition du tribunal dans une audience est faite de trois juges dont un juge permanent et deux juges consulaires.
Ceux-ci sont assistés d'un greffier et d'un Officier du Ministère Public (OMP). Cependant, en France, les tribunaux de
commerce sont composés essentiellement des juges consulaires. Ils siègent au nombre de trois. Par contre, on République
démocratique du Congo, on s'inspire du modèle belge. On procède par échevinage, c'est-à-dire la combinaison des juges
permanents et des juges consulaires.
L'instruction juridictionnelle commence par une déclaration faite par le juge. Cette déclaration comprend le nom du tribunal,
la date de l'audience, la matière du jour ainsi que le degré des affaires inscrites au rôle. A la suite de cette déclaration, le
greffier procède à l'appel de rôles. Toutefois, le juge peut se passer de ce formalisme.
Les parties peuvent comparaitre en personne ou se faire représenter, dans le respect de l'article 23 de la loi n°002/2001 et
conformément aux règles de procédure en matière civile et pénale.
Avant tout débat, le juge procède par la vérification de la saisine du tribunal. Il contrôle si le tribunal a été valablement saisi,
si l'exploit a été régulièrement signifié. Au cas contraire, le tribunal se déclarerait non saisi. La phase de l'instruction
proprement dite comporte plusieurs variances selon que l'on est en matière pénale et économique ou en face d'une affaire
commerciale et économique.
Hormis les mesures conservatoires qui n'exigent pas la communication des pièces, dans d'autres cas on procède
nécessairement par la communication préalable des pièces à conviction entre les parties. Les parties doivent s'échanger
tous les documents dont ils veulent se prévaloir pour leur défense.
A la suite de cette communication viendra la plaidoirie. On accorde la parole en premier à la partie demanderesse qui
commence par donner les faits, présenter ses moyens, citer le droit et puis finit par faire sa demande. Après viendra la
réplique de la partie défenderesse qui, elle, commence par présenter les faits, soulever les exceptions, donner ses moyens
et conclure en citant le droit. Elle aborde du fond de l'affaire. Elle peut aussi formuler une demande reconventionnelle en
exigeant les dommages-intérêts si elle s'estime lésée par l'accusation. Enfin on accordera la parole à la partie
demanderesse pour rencontrer les moyens soulevés par la partie adverse, avant d'accorder la parole au Ministère Public
pour son avis. Celui-ci peut demander le dossier en communication. Dans ce cas, il disposera de quinze jours pour donner
son avis (Article 12, alinéa 2 de la loi n°002/2001 du 03 juillet 2001). Dans la pratique on accorde un délai d'un mois.
Cependant, à l'expiration de ce délai, le tribunal peut passer outre l'avis du ministère public.
Il sied de noter néanmoins que les parties peuvent aussi procéder simplement par dépôt des pièces et des notes de
plaidoirie, sans plaider oralement. Mais cela est une pratique rarissime dans notre pays. Le juge en matière commerciale est
passif.
Le Tribunal de Commerce de Kinshasa/Matete ne siège en matière commerciale et économique que chaque lundi et
mercredi.
En matière pénale et économique, l'instruction commence par l'identification du prévenu (Nom complet, adresse du
domicile, état civil, etc.), l'étude de la prévention (l'accusation formulée contre le prévenu), ensuite viendra une série de
questions-réponses afin de charger ou décharger le prévenu. Ici, le juge joue un rôle actif dans le procès. A la suite des
questions-réponses il y a la plaidoirie. En enfin, la parole sera accordée au ministère public pour donner sa réquisition soit
Notons que le tribunal peut faire recours aux témoins, aux experts, aux enquêteurs, etc. conformément aux règles de
procédure civile et pénale (Article 30 de la loi n°002/2001 du 03 juillet 2001). Le Tribunal de Commerce de Kinshasa/Matete
ne siège en matière pénale et économique que chaque mardi.
1. De la procédure d'urgence
En matière d'urgence, le Tribunal de commerce de Kinshasa/Matete siège mardi et vendredi. C'est le président de la
juridiction qui dirige les audiences en matière d'urgence. Il peut aussi déléguer un juge pour cette fin.
2. La prise en délibéré
A la suite de l'instruction vient le délibéré. Ce dernier est une phase au cours de laquelle les juges qui ont suivi le débat à
l'audience sont appelés à trancher sur la question. Ils échangent leurs opinions afin d'aboutir à une décision commune. Ils
passent en revue tous les problèmes soulevés depuis le début jusqu'à la fin de l'instruction. Chaque juge, consulaire ou
permanent, a une seule voix délibérative. La décision est prise sur la majorité des voix. Le délibéré se déroule toujours à
huis-clos.
Section 1. LE JUGEMENT
Le jugement est une décision judiciaire rendue par le tribunal ou par une cour légalement constituée sur une contestation
entre deux ou plusieurs parties. Cette décision est prononcée par le juge pendant ou après l'instruction de l'affaire. La loi
fixe le prononcé du jugement dans les huit jours de la clôture du débat et de la prise de l'affaire en délibéré(Article 31 de la
loi portant création, fonctionnement et organisation des tribunaux de commerce).Après le prononcé du jugement, le tribunal
est dessaisi d'office.
Un jugement comprend deux grandes parties dont : le préambule et le jugement proprement dit (celui-ci comprendla
motivation et le dispositif).
a. Le préambule :
C'est la partie introductive du jugement. Il est préparé par le greffier et est composé du résumé de tous les actes de
procédure intervenus dans le procès. Il relate le déroulement de différentes étapes du procès.
Contrairement à la première partie, celle-ci est l'oeuvre du juge lui-même. Elle comporte deux parties :
- La motivation :
Ici, le juge démontre que l'assignation était régulière, il identifie les parties, il décrit brièvement les faits tels que présentés
par les parties, il donne les moyens avancés par les parties, il consulte le droit, la jurisprudence et la doctrine, il vérifie la
logique ainsi que le lien de causalité entre la faute et le dommage, etc. ; la motivation est nécessaire pour la validité du
jugement. Le défaut de motivation constitue une faute de conduite et conduit à des recours.
- Le dispositif :
Il existe plusieurs types de jugement en droit notamment : le jugement avant dire droit, le jugement par défaut et je jugement
contradictoire.
Un jugement avant dire droit est un jugement pris au cours de l'instance soit pour aménager une situation provisoire, soit
pour organiser l'instruction. C'est un jugement qui ne porte que sur la forme et non sur le fond de l'affaire.
On parle d'un jugement par défaut lorsque le défendeur n'a pas comparu, c'est-à-dire qu'il n'a pas assisté au procès. Le
jugement par défaut n'est prononcé que si les conclusions du défendeur sont adjugées juste et bien vérifiée après l'avis du
Ministère Public (Article 25 de la loi n°002/2001 du 03 juillet 2001). Cependant, lorsque le demandeurne comparait pas, la
cause est biffée du rôle et ne peut être reprise qu'une seule fois. Au cas contraire, la cause sera définitivement raillée du
rôle.
c. Jugement contradictoire
Un jugement est dit contradictoire lorsque toutes les parties ont pris part au procès et ont comparu régulièrement en faisant
valoir leurs moyens de défense.
Il convient de signaler que le jugement doit porter le nom des juges qui l'ont rendu, les noms du greffier et du ministère
public ayant participé ou assisté au procès, la date et le lieu où le jugement a été rendu.
En droit, il existe des voies de recours ordinaires et des voies de recours extraordinaires.
a. L'opposition :
C'est une voie de recours faite contre une décision rendue par défaut. Elle s'exerce devant la même juridiction qui a rendu la
décision par défaut. Le délai de prescription de cette voie de recours est de huit jours à compter à partir de la signification
du jugement à personne ou à partir du moment où l'intéressé aura eu connaissance du jugement. L'opposition suspend
l'exécution du jugement (Article 37 de la loi n°002/2001).
b. L'appel :
L'appel se fait devant la juridiction supérieure à celle qui a rendu la décision. C'est une voie de recours ordinaire de
réexamen par laquelle la partie requérante porte l'affaire devant une juridiction de degré supérieur (à celle qui a tranché en
premier) dans le but de réexaminer le litige. Le délai de prescription de l'appel est de huit jours à compter de la signification
du jugement pour le contradictoire, et à partir de l'expiration du délai de l'opposition pour le jugement par défaut.
En matière commerciale, l'appel se fait devant la Cour d'Appel, en l'occurrence devant la Cour d'Appel de Kinshasa/Matete
pour ce qui est de notre cas.
a. La tierce opposition :
En matière de commerce, la tierce opposition se fait dans le respect des règles de procédure civiles en vigueur.
b. La prise à partie
On parle de prise à partie lorsqu'une partie au procès attaque le juge devant une juridiction compétente pour lui avoir causé
préjudice à travers une décision judiciaire rendue avec dol, concussion ou pour déni de justice.
c. La cassation
La cassation est une voie de recours extraordinaire qui consiste à attaquer une décision judiciaire rendue en dernier ressort
lorsque celle-ci viole la loi. La décision doit revêtir l'autorité de la chose jugée.
En matière commerciale, avec l'avenement du droit de l'OHADA, le pouvoir de cassation n'est réservée qu'à la Cour
Commune de Justice et d'Arbitrage (CCJA) à Abidjan, enRépublique de Côte d'Ivoire.
- Acte Uniforme Révisé portant sur le Droit Commercial Général, du 15 février 2011 ;
- Acte Uniforme portant Organisation et Harmonisation des Comptabilités des Entreprises, du 20 novembre 2000 ;
- Acte Uniforme Relatif aux Contrats de Transport de Marchandises par Route, du 22 mars 2003 ;
- Acte Uniforme Relatif au Droit des Sociétés Commercialeset du Groupement d'Intérêt Economique, du 1er octobre 1997 ;
- Acte Uniforme portant Organisation des Procédures Collectives d'Apurement de Passif, du 1er juillet 1998 ;
- Acte Uniforme portant Organisation des Procédures Simplifiées de Recouvrement et des Voies d'Exécution, du 1er juillet
1998.
Conclusion
A la fin de notre stage de formation que nous avons effectué au Tribunal de Commerce de Kinshasa/Matete, nous avons pu
confronter la théorie apprise à la pratique. Nous avons surtout approfondi certaines notions relatives au droit de l'OHADA
que nous avions apprise superficiellement pendant les cours.
En effet, nous avons appris que le problème du droit de l'OHADA est surtout un problème lié au développement et la
croissance économique. S'étant rendu compte que le frein au développement durable de l'Afrique pourrait se trouver au
niveau de la caducité des normes juridiques, c'est-à-dire au niveau du droit, le Traité de l'OHADA visait l'actualisation,
l'adaptation et l'harmonisation du droit africain, notamment du droit des affaires.
Ensuite, de notre entretien avec le Juge président de la juridiction, nous avons appris que l'OHADA comporte un secrétariat
dont le siège se trouve à Yaoundé au Cameroun, Un journal Officiel au Togo, une Ecole Régionale Supérieure de la
Par ailleurs, nous sommes satisfaits et enrichi par beaucoup d'autres informations que nous avons apprises dans le cadre
de ce stage. Notre passage au Tribunal de Commerce de Kinshasa/Matete était caractérisé par un climat de collaboration et
de bonne relation avec tous les responsables que nous avions trouvé sur le lieu.
Nous demandons enfin aux autorités de l'Etat de continuer à mettre à la disposition de ce tribunal des moyens nécessaires
à son bon fonctionnement et de prêter main forte à son personnel pour le bon déroulement de leur travail.
INTRODUCTION 2
SECTION 1. PRESENTATION 3
1. Historique 3
SECTION 2. FONCTIONNEMENT 4
1. Les magistrats 4
3. De la procédure d'urgence 19
4. La prise en délibéré 19
CONCLUSION 25
* 1 OHADA : Organisation pour l'Harmonisation en Afrique du Droit des Affaires créée le 17 octobre 1993.
* 2 La date du 12 septembre 2012correspond à l'adhésion de la RDC au Traité de l'OHADA avec la promulgation de la loi N°10/002 du 11 février 2010 portant
autorisation d'adhésion de la RDC au Traité de l'OHADA.
* 3 Les pays membres du Traité de l'OHADA sont au nombre de 17. La RDC est le dernier à adhérer. Les 16 autres pays sont : BENIN, BURKINA FASO,
CAMEROUN, REPUBLIQUE CENTRAFRICAINE, COMORES, CONGO, COTE D'IVOIRE, GABON, GUINEE, GUINEE BISSAU, GUINEE EQUATORIALE, MALI,
NIGER, SENEGAL, TCHAD, et TOGO.
* 4 Cette procédure est abordée dans l'acte uniforme de l'OHADA relatif aux procédures collectives d'apurement du passif.
* 5 Il ne faut pas confondre la difficulté de paiement à la cessation de paiement. Une entreprise en difficulté de paiement est celle dont l'actif à court terme est
incapable de faire face au passif à court terme.
Recherche