Mécanique des milieux continus expliquée
Mécanique des milieux continus expliquée
.co
r ie
Mécanique des milieux continus
lge
CA
.G
ww
/w
F r a n ç o i s S i d o r o f f
s:/
ttp
[Link]
m/
p
.co
r ie
lge
CA
.G
ww
/w
s:/
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m/
.co
r ie
Table des matières
lge
1 Mécanique des milieux continus • • • • • • • • • • • • • • • • • • 1
1.1 Lois de conservation 1
1.1.1 Lois de la physique 1
1.1.2 Étude d’une loi de conservation 2
1.1.3 Utilisation de la loi fondamentale 6
1.2 Puissances virtuelles 7
CA
1.2.1 Théorème des puissances virtuelles 7
1.2.2 Principe des puissances virtuelles 9
1.2.3 Théorie du premier gradient 11
1.3 Thermodynamique des milieux continus 12
1.3.1 Conservation de l’énergie 12
.G
i
[Link]
[Link]
m/
ii TABLE DES MATIÈRES
4 Lois de comportement • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • 43
.co
4.1 Problèmes de mécanique des solides 43
4.1.1 Formulations dynamiques et quasi-statiques 43
4.1.2 Conditions aux limites 44
4.1.3 Lois de comportement 47
4.1.4 Essais classiques 49
4.2 Comportement des solides 50
r ie
4.2.1 Diversité des comportements 50
4.2.2 Modèles rhéologiques 53
5 Élasticité linéaire • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • 57
5.1 Description du comportement élastique 57
5.1.1 Tenseur d’élasticité 57
lge
5.1.2 Isotropie et anisotropie 59
5.1.3 Élasticité anisotrope 60
5.2 Élasticité linéaire isotrope 62
5.2.1 Coéfficients d’élasticité 62
5.2.2 Découplage déviateur et partie sphérique 64
5.3 Critère de limite d’élasticité 65
5.3.1 Forme générale du critère 65
CA
5.3.2 Critères de Von Mises et Tresca 67
6 Élasticité classique • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • 71
6.1 Équations de l’élasticité 71
6.1.1 Problèmes reguliers 71
.G
6.1.2 Theorème d’unicité en dynamique 73
6.1.3 Équations de Navier 74
6.1.4 Équations de Beltrami 75
6.2 Problèmes simples 76
ww
7 Problème de Saint-Venant • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • 81
7.1 Traction et flexion pure 81
7.1.1 Principe de Saint-Venant 81
7.1.2 Répartition des contraintes normales 84
7.1.3 Flexion pure 85
/w
7.2 Torsion 87
7.2.1 Section circulaire ou annulaire 87
7.2.2 Théorie générale 90
7.2.3 Calcul du déplacehent 92
7.2.4 Sections particulières 94
s:/
[Link]
[Link]
m/
TABLE DES MATIÈRES iii
.co
8.2.1 Problème de Saint-Venant 108
8.2.2 Traction plane d’une plaque perforée 110
r ie
9.1.2 Théorème de l’énergie potentielle 115
9.1.3 Théorème de l’énergie complémentaire 117
9.1.4 Application a la torsion 119
9.2 Théorèmes de l’énergie 122
9.2.1 Théorème de réciprocité 122
lge
9.2.2 Théorème de Castigliano 124
9.3 Méthode des éléments finis 125
9.3.1 Principe 125
9.3.2 Application 126
9.3.3 Étude d’un élément 128
9.3.4 Assemblage 130
CA
10 Plasticité classique • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • 133
10.1 Lois de comportement 133
10.1.1 Comportenent plastique 133
10.1.2 Plasticité parfaite 135
10.1.3 Potentiel plastique 136
.G
[Link]
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m/
iv TABLE DES MATIÈRES
.co
A.2.1Symboles de permutation 158
A.2.2Déterminant d’une matrice 158
A.2.3Polynôme caractéristique 159
A.2.4Adjoint d’un tenseur antisymétrique 159
A.3 Calcul vectoriel et analyse vectorielle 160
A.3.1 Calcul vectoriel 160
A.3.2 Analyse vectorielle 160
r ie
A.3.3 Transformations d’integrales 161
A.4 Coordonnées curvilignes 161
A.4.1 Coordonnées cylindriques 162
A.4.2 Coordonnées sphériques 162
lge
CA
.G
ww
/w
s:/
ttp
[Link]
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m/
.co
Chapitre 1
r ie
Mécanique des milieux continus
lge
Les éléments de base de la mécanique des milieux continus 1 , à savoir, la cinématique des
milieux continus, les variables lagrangiennes et eulériennes, les dérivées particulaires ainsi
que la description des efforts intérieurs et des contraintes, ont présentés dans le cours
d’introduction à la MMC. Nous nous bornerons donc, dans ce chapitre, à les replacer dans
un contexte Mécanique des Solides. En particulier, nous ne donnerons pas le détail des
démonstrations. Le lecteur pourra se référer aux traités classiques [5–8, 13, 16, 17, 22–24].
CA
1.1 Lois de conservation
1.1.1 Lois de la physique
En MMC, on appelle loi de conservation, la traduction mathématique des lois de la
.G
physique. Dans le cadre d’une schématisation donnée, elles sont donc universelles. Par
exemple, dans le cas de la MMC classique objet de ce cours, il faut écrire pour tout
domaine matériel D :
– la loi de conservation de la masse ;
– la loi fondamentale de la dynamique qui se décompose en deux parties : conservation
ww
∂D
D
s:/
M #»
T
#»
n
Pour écrire la loi fondamentale, il faut schématiser les efforts exercés sur le domaine
D:
ttp
– les efforts à distance — la pesanteur par exemple — sont caractérisés par une densité
#» #»
volumique f où f = ρ #» g , par exemple, pour la pesanteur ;
1. Dans la suite de ce document, il sera fait appel à ce domaine sous la forme contractée usuelle MMC.
1
[Link]
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m/
2 1. Mécanique des milieux continus
– les efforts de contact, c’est-à-dire les efforts exercés sur D à travers la frontière ∂D
.co
#»
de D seront caractérisés par une densité superficielle de force T en vertu du :
Postulat de Cauchy
(a) Les efforts de contact exercés sur D à travers ∂D sont schématisés par une densité
#»
superficielle de force T ;
#»
(b) Cette densité superficielle T ne dépend que du point M considéré et du vecteur
r ie
#»
normal #»n à ∂D : T (M, #» n ).
Malgré son apparence toute naturelle, ce postulat n’est pas le seul possible. On peut,
par exemple, considérer que ces efforts de contact sont schématisés par une densité superfi-
#» #»
cielle de force T et de moment M — on parle alors de milieux avec couples de contraintes,
lge
exemple embryonnaire de milieux avec microstructure dont nous reparlerons au para-
graphe 1.2.2.
Moyennant ces schématisations, la loi fondamentale de la dynamique : « La dérivée
par rapport au temps du torseur des quantités de mouvement d’un domaine matériel D
quelconque est égale au torseur de tous les efforts extérieurs (à distance et de contact)
appliqués à D » va se traduire par les deux lois de conservation :
– de la quantité de mouvement
CA
d
ZZZ ZZ ZZZ
#» #» #»
ρV dv = T ds + f dv (1.2)
dt D ∂D D
A dv = α dS + A dv (1.4)
dt D ∂D D
valable pour tout domaine matériel D : la variation d’une quantité (de densité volumique
A) provient, d’une part, de la production interne de cette quantité (densité volumique A)
et d’autre part, des échanges avec l’extérieur à travers ∂D (densité surfacique α).
Les trois lois de conservation qui nous intéressent (1.1), (1.2) et (1.3) rentrent dans
ce cadre d’après le tableau suivant : où l’on a introduit les composantes des vecteurs qui
/w
A α A
masse ρ 0 0
quantité de mouvement ρVi Ti fi
moment cinétique ρεijk xj Vk εijk xj Vk εijk xj kk
s:/
interviennent dans les égalités (1.2) et (1.3) 2 . Nous verrons, au paragraphe 1.3.1, que la
loi de conservation de l’énergie rentre également dans ce cadre.
[Link]
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m/
1.1. Lois de conservation 3
.co
Lemme 1.1 — Dérivée particulaire d’une intégrale de volume
d
ZZZ ZZZ ZZ
∂A #»
A dv = dS + n dS
AV · #» (1.5)
dt D D ∂t ∂D
r ie
Ce résultat classique concernant la dé- DII
rivée particulaire peut s’obtenir de diverses #»
V dt
manières. L’idée essentielle est que la varia-
DI θ #»
n
tion de l’énergie provient de :
1. la variation de la quantité A ; DIII D (t + dt)
lge
2. la variation du domaine d’intégration.
D (t)
En posant :
ZZZ
J(t) = A(x, t) dv
D(t)
CA
on peut écrire :
ZZZ ZZZ
J(t + dt) − J(t) = A(x, t + dt) dv − A(x, t) dv
D(t+dt) D(t)
ZZZ ZZZ ZZZ
.G
= [A(x, t + dt) − A(x, t)] dv + A(x, t + dt) dv − A(x, t) dv
DI DII DIII
ZZZ ZZ
∂A #»
= (x, t) dv dt + n ds dt
AV · #»
∂t
ww
D ∂D
en remarquant que pour les domaines II ou III, l’élément de volume dv (hachuré sur la
figure ci-contre) est donné par :
#»
dv = ±V dt · dS · cos θ = ±V · #»
n dS dt
On trouvera des démonstrations plus détaillées et plus rigoureuses dans [6–8, 16] entre
/w
autres.
En utilisant le théorème de la divergence (Annexe A) et la formule donnant la dérivée
particulaire A :
dA ∂A
= + A,i Vi
dt ∂t
s:/
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m/
4 1. Mécanique des milieux continus
.co
Lemme 1.2
n ) = −α(M, #»
(a) α(M, − #» n)
a (M ) tel que :
(b) En un point donné M , il existe un flux #»
n ) = ai (M )ni = #»
α(M, #» a · #»
n (1.7)
r ie
dS
#»
Le point a) exprime simplement que ce qui rentre dans D est
n
l’opposé de ce qui en sort. Lorsque ε → 0, les seuls termes qui
subsistent sont ceux relatifs aux deux faces, et (1.4) donne le
− #»
n
ε point a).
lge
x2
Pour démontrer le point b), on écrit (1.4) pour un domaine D en M2
− #»
e3
forme de tétraèdre MO M1 M2 M3 , la face M1 M2 M3 restant per-
#»
n
pendiculaire au vecteur #»n donné. Lorsque les dimensions du té- − #»
e1
x1
traèdre tendent vers zéro, la fonction α(M, #» n ) reste à peu près M0 M1
constante en et ne dépend donc que de n . #»
x3 M3 − #»
e2
De plus, seule subsiste dans (1.4) l’intégrale de surface :
CA
ZZ ZZ ZZ ZZ
0= n ) dS +
α( #» e 3 ) dS +
α(− #» e 2 ) dS +
α(− #» e 1 ) dS
α(− #»
M1 M2 M3 M0 M1 M2 M0 M1 M3 M0 M2 M3
0 = α( #»
n )S + α(− #»
e 3 )S3 + α(− #»
e 2 )S2 + α(− #»
e 1 )S1
n ) = ai ni
α( #»
Par utilisation de ces deux lemmes, on obtient la forme locale ou différentielle de la loi de
conservation (1.4) :
/w
dA
= −AVi,i + ai,i + A (1.8)
dt
s:/
D dt
Cette égalité devant avoir lieu pour tout domaine D, on en tire la nullité de la quantité
intégrée.
[Link]
[Link]
m/
1.1. Lois de conservation 5
.co
maine D un petit parallélépipède de côtés h1 , h2 , h3 . En utilisant le Lemme 1.1, on obtient
en première approximation :
ZZZ
d dA dA
ZZZ
#» #»
A dv = + A div V dv ≃ + A div V h1 h2 h3
dt D D dt dt
RRR
avec l’hypothèse D A dv = Ah1 h2 h3 .
r ie
x3 #»
e2
h3
− #»
e1 #»
e1
lge
h1 x1
#»
e3
h2
x2
− #»
e2
Cette forme locale suppose la continuité des différentes quantités en cause. En présence
#»
d’une surface de discontinuité Σ se déplaçant à la vitesse V , on définit la vitesse relative
du choc U par :
# » #» #»
U = (W − V ) · N (1.9)
On peut alors montrer [7] que l’équation locale (1.8) doit être
complétée par une « équation aux discontinuités » :
/w
#»
N
#»
JAU + ai Ni K = 0 (1.10)
Σ W
D
en désignant par JhKh(M + ) − h(M − ) le saut d’une grandeur
à travers Σ.
L’application du Théorème 1.1 à la loi de conservation de la masse (1.1) donne :
s:/
dρ #»
+ ρ div V = 0 (1.11)
dt
c’est l’équation de continuité. Un calcul simple montre alors que :
dA #» 1 dA 1 dρ d A
ttp
+ A div V = ρ − 2A =ρ
dt ρ dt ρ dt dt ρ
Le Lemme 1.1 et le Théorème 1.1 deviennent alors :
[Link]
[Link]
m/
6 1. Mécanique des milieux continus
.co
Lemme 1.3 — Lemme 1.1’
d d
ZZZ ZZZ
A
A dv = ρ (12) (1.12)
dt D D dt ρ
r ie
Théorème 1.2 — Théorème 1.1’
d A
ρ = A + ai,i (13) (1.13)
dt ρ
lge
Ces deux formes sont très utiles, car les quantités physiques sont plus souvent définies
par leur densité massique A/ρ que volumique A. CA
1.1.3 Utilisation de la loi fondamentale
L’application du Lemme 1.2 à la loi de conservation de la quantité de mouvement (1.2),
en prenant α = Ti , permet d’introduire le tenseur des contraintes σij système de neuf
quantités, tel que :
.G
Ti = σij nj (1.14)
dVi
ργi = ρ = σij,j + fi (1.15)
dt
où γi désigne l’accélération :
dVi ∂Vi
γi = = + Vi,j Vj (1.16)
dt ∂t
/w
σij,j + fi = 0 (1.17)
s:/
[Link]
[Link]
m/
1.2. Puissances virtuelles 7
.co
le Théorème 1.2 avec A/ρ = εijk aj Vk , α = εijk xj Tk = εijk xj σkl nl d’après (1.14), et
A = εijk xj kk . Il vient :
d
ρ (εijk xj Vk ) = (εijk xj σkl ),l + εijk xj fk
dt
On développe cette relation en remarquant que :
r ie
dxj ∂xj
= Vj , xj,l = = δjl
dt ∂xl
où δjl est le symbole de Kronecker :
lge
Le premier terme disparaît car εijk est antisymétrique en j et k. Il reste :
Le premier terme s’annule d’après (1.15) et on obtient finalement εijk σjk = 0, c’est-à-dire :
σij = σji
CA (1.19)
# » #» #» # » #» #»
JρU K = 0, ρ+ (W − V + ) · N = ρ− (W − V − ) · N (1.20)
tandis que l’équation correspondante pour la conservation du moment cinétique est auto-
/w
[Link]
[Link]
m/
8 1. Mécanique des milieux continus
de vitesses virtuelles V ∗ i (x), c’est-à-dire par un champ de vecteurs V ∗ i défini sur le solide
.co
Ω.
Nous partons donc de l’équation du mouvement (1.15) que nous multiplions par V ∗ i
(il s’agit donc d’un produit scalaire), et nous intégrons sur le solide Ω tout entier :
ZZZ ZZZ ZZZ
∗ ∗ ∗
ργi V i dv = σij,j V i dv + fi V i dv
Ω Ω Ω
r ie
mais en utilisant le
ZZZ ZZZ
lge
∗ ∗ ∗
σij,j V i dv = [(σij V i ),j − σij V i,j ] dv
Ω ZZ Ω ZZZ
∗ ∗
= σij V i nj dS − σij V i,j dv
∂Ω Ω
#»
Grâce à (1.14), on retrouve dans le premier terme les efforts T appliqués sur Ω à
CA
travers ∂Ω, tandis que, d’après la symétrie de σij , on peut remplacer V ∗ i,j par sa partie
symétrique D ∗ ij (Annexe A) :
∗ ∗ ∗ ∗ ∗ ∗ ∗ ∗ ∗
V i,j = Dij + Ωij , D ij = V i,j + V j,i , Ωij = V i,j − V j,i (1.23)
.G
∗
Dij est le tenseur taux de déformation et Ω∗ ij le tenseur au champ de vitesses virtuelles
V ∗ i . Finalement on obtient :
ZZZ ZZZ ZZ ZZZ
∗ ∗ ∗ ∗
ργi V i dv = fi V i dv + Ti V i dS − σij D ij dv
Ω Ω ∂Ω Ω
ww
en introduisant :
– P ∗(a) : puissance virtuelle des quantités d’accélération dans le champ de vitesses
virtuelles V ∗ ;
/w
ZZZ
∗ (int) ∗
P =− σij D ij dv (1.25)
Ω
On peut s’assurer que c’est une interprétation justifiée dans la mesure où elle généralise
la puissance virtuelle des efforts intérieurs introduite en mécanique rationnelle pour un
système de solides rigides [6, 8]. En particulier, le lemme suivant montre que la puissance
ttp
virtuelle des efforts intérieurs est nulle dans tout champ de vitesses rigidifiant, c’est-à-dire
lorsque V ∗ i est le champ de vitesses d’un solide rigide.
[Link]
[Link]
m/
1.2. Puissances virtuelles 9
.co
Lemme 1.4
Une condition nécessaire et suffisante pour qu’un champ de vitesses V ∗ i soit rigidifiant
est que le tenseur taux de déformation associé D ∗ ij soit nul.
Démonstration. .
Condition nécessaire. Un champ rigidifiant peut s’écrire
r ie
∗ #» # » ∗
V (M ) = #»
a + b ∧ OM , V i = ai + εijk bj xk (1.26)
lge
Condition suffisante. Il faut montrer que la condition
∗ 1 ∗ ∗
D ij = V i,j + V j,i = 0 (1.27)
2
permet d’écrire (1.26). Nous démonstrerons ce résultat au Théorème 3.2.
Nous avons donc démontré, à partir de la loi fondamentale, le
CA
Théorème 1.4 — Théorème des puissances virtuelles
Dans tout mouvement virtuel, la puissance virtuelle des quantités d’accélération est égale
à la puissance virtuelle des efforts extérieurs et intérieurs
∗ (a) ∗ ∗
= P (ext) + P (int) (1.28)
.G
P
dK ∗ (ext) ∗ (int)
= P + P
dt
mouvement virtuel quelconque. En d’autres termes, un système d’efforts est une forme
linéaire sur l’espace des vitesses virtuelles. L’espace des efforts est donc dual de l’espace
des vitesses virtuelles.
Nous postulons donc
[Link]
[Link]
m/
10 1. Mécanique des milieux continus
.co
La puissance virtuelle des quantités d’accélération est égale à la puissance virtuelle des
efforts intérieurs et extérieurs
∗ (a) ∗ ∗
P = P (ext) + P (int) (1.30)
r ie
Toutes ces puissances virtuelles sont des formes linéaires sur l’espace V ∗ des champs
de vitesses virtuelles :
– la puissance des quantités d’accélération, P ∗(a) , est imposée par le type de cinéma-
tique que l’on envisage :
– la puissance des efforts extérieurs, qui se décompose en deux parties :
lge
∗ ∗ ∗
P (ext) = P (a) + P (c) (1.31)
autrement dit en puissance des efforts à distance P ∗(d) et en puissance des efforts de
contact P ∗(c) , est imposée par la nature des efforts extérieurs appliqués ;
– la puissance des efforts intérieurs, par contre, pose davantage de problèmes :
on sait que
CA
Axiome
La puissance virtuelle des efforts intérieurs est nulle dans tout mouvement rigidifiant.
Construire une théorie des milieux continus, c’est d’abord choisir l’espace V ∗ des
.G
champs de vitesses virtuelles, c’est ensuite choisir la forme des quatre formes linéaires
P ∗(a) , P ∗(d) , P ∗(c) et P ∗(int) . Le reste de la théorie — en particulier, les équations du
mouvement — s’obtient par des calculs simples.
Considérons, par exemple, le cas de la mécanique des solides rigides : l’espace V ∗
des vitesses virtuelles est l’espace des champs de vitesses d’un solide, espace vectoriel de
ww
dimension six. Les formes linéaires P ∗(a) et P ∗(ext) (d’après l’axiome, P ∗(int) identiquement
nulle) sont donc des éléments du dual de cet espace : l’espace des torseurs. Le principe des
puissances virtuelles est donc équivalent à la loi fondamentale
A = F (ext) (1.32)
(ext)
où A est le torseur des quantités d’accélération et F , celui des efforts extérieurs.
De manière générale, la mécanique des milieux continus peut être construite indiffé-
/w
remment à partir des lois de conservation, comme nous l’avons fait au paragraphe 1.1.1, ou
à partir du principe des puissances virtuelles, comme nous le ferons au paragraphe 1.2.3.
L’approche des puissances virtuelles présente cependant un double avantage :
1. elle est beaucoup plus systématique, et permet donc une généralisation plus facile
lorsque l’on veut sortir du cadre des milieux continus classiques, pour étudier par
s:/
exemple les milieux avec micro–structure évoqués au paragraphe 1.1.1 cas des cris-
taux liquides ou bien les matériaux électromagnétiques ;
2. elle met clairement en évidence la relation entre la description cinématique et la sché-
matisation des efforts : plus on raffine la description cinématique, plus il faut raffiner
la schématisation des efforts, et réciproquement. Par exemple, dans le cas du solide
ttp
rigide, on voit clairement que la schématisation des efforts par des torseurs est liée à
la cinématique du solide rigide : deux répartitions d’efforts différentes conduisant au
même torseur sont équivalentes, car elles développent la même puissance dans tout
mouvement possible.
[Link]
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m/
1.2. Puissances virtuelles 11
.co
sances virtuelles, mais nous la mentionnerons régulièrement, et nous l’utiliserons pour
mettre en évidence la dualité contraintes–déformations, ce qui sera une simple vérification
en mécanique des milieux continus, mais jouera un rôle essentiel plus tard, en Résistance
des Matériaux.
r ie
Comme nous l’avons annoncé, nous allons ici reconstruire les équations fondamentales
du paragraphe 1.1.1 à partir du principe des puissances virtuelles. En MMC classique,
l’espace V ∗ est l’espace des champs de vecteurs sur le domaine Ω occupé par le solide.
Nous considérons une théorie du premier gradient, c’est-à-dire nous supposons que dans
les formes linéaires définissant les puissances virtuelles, seul intervient le champ des vitesses
lge
virtuelles Vi∗ et son premier gradient Vi,j∗.
La schématisation des accélérations et des efforts extérieurs est la même que dans
l’approche classique. Nous prenons donc pour la puissance virtuelle des quantités d’accé-
lération et des efforts extérieurs les formes suivantes
ZZZ ZZZ ZZ
∗ (a) ∗ ∗ (d) ∗ ∗ (c) ∗
P = ργi V dv P = fi V dv P = Tie V dS (1.33)
Ω i
CA Ω i ∂Ω i
où γi est l’accélération, fi les efforts à distance et Tie les efforts de contact exercés sur
le solide Ω à travers ∂Ω (alors que Ti introduit au paragraphe 1.1.1 était relatif à un
sous-domaine quelconque D ⊂ Ω : les lois de conservation sont imposées à tout domaine
matériel D alors que le principe des puissances virtuelles est écrit globalement pour le
.G
solide Ω tout entier).
La schématisation des efforts intérieurs, par contre, diffère de celle du paragraphe 1.1.1
conformément à notre hypothèse d’une théorie du premier gradient, nous prenons
ZZZ
∗ (int) ∗ ∗
P = Ai V +Bij V dv (1.34)
ww
Ω i i,j
Ω i ij ij
i ij
L’axiome du paragraphe 1.2.2 montre alors que Ai et χij doivent être nuls. Il reste
ZZZ
∗ (int) ∗
P =− σij D dv (1.37)
Ω ij
ttp
Les efforts intérieurs sont donc caractérisés par un tenseur symétrique σij et nous obte-
nons :
[Link]
[Link]
m/
12 1. Mécanique des milieux continus
.co
Pour tout champ de vitesses virtuelles Vi∗ :
ZZZ ZZZ ZZ ZZZ
∗ ∗ ∗ ∗
ργi V dv = fi V dv + Tie V dS − σij D dv (1.38)
Ω i Ω i ∂Ω i Ω ij
r ie
Pour utiliser ce principe, il suffit maintenant de reprendre à l’envers le calcul du para-
graphe 1.3.1 :
ZZZ ZZZ ZZ ZZZ
∗ ∗ ∗ ∗
σij D dv = σij V = σij V nj dS − σij,j V dv
Ω ij Ω i,j ∂Ω i Ω i
lge
ZZZ ZZ
∗ ∗
(ργi − fi − σij,j ) V dv + (σij nj − Tie ) V dS = 0
Ω i ∂Ω i
Ceci devant être vrai pour tout champ Vi∗ , on en tire l’équation du mouvement (1.35) et
la relation
Tie = σij nj
CA (1.39)
apportée à D
d
(E + K) = P (ext) + Q (1.40)
dt
où 1’énergie cinétique K et la puissance des efforts extérieurs P (ext) sont données par
1
ZZZ
K= ρVi Vi dv (1.41)
/w
D 2
et
ZZZ ZZ
(ext)
P = fi Vi dv + Ti Vi dS (1.42)
D ∂D
s:/
(conduction) à travers ∂D
ZZZ ZZ
Q= r dv + h dS (1.44)
D ∂D
[Link]
[Link]
m/
1.3. Thermodynamique des milieux continus 13
A α A
.co
ρ e 12 Vi Vi f i Vi + r Ti Vi + h
r ie
ρ e + Vi Vi dv = (fi Vi + r) dv + (Ti Vi + h) dS (1.45)
dt D 2 D ∂D
qui rentre dans le cadre des lois de conservation définies au paragraphe 1.1.1 en prenant
dans (1.4)
Compte-tenu de (1.14), le Lemme 1.2 du paragraphe 1.1.2 permet d’introduire le vec-
lge
teur flux de chaleur #»
q à travers ∂D par
h = − #» n = −qi ni
q · #» (1.46)
de
ρ = σij Dij + r − qj,j (1.47)
dt
forme locale du premier principe de la thermodynamique.
ww
dE
= Q − P (int) (1.48)
dt
ce qui, d’après (1.25), donne, au lieu de (1.45),
/w
d
ZZZ ZZZ ZZ
ρe dv = (σij Dij + r) dv + h dS (1.49)
dt D D ∂D
On pourrait également écrire l’équation aux discontinuités (1.10) associée à cette loi
de conservation (1.45)
1
Jρ e + Vi Vi U + (σij Vi + qj ) Nj K = 0 (1.50)
2
ttp
mais elle sert peu en mécanique des solides. Remarquons toutefois que l’on n’a pas le droit
d’écrire cette relation aux discontinuités sur la loi de conservation (1.49), car on a utilisé
pour obtenir (1.45) le théorème de l’énergie cinétique, lequel suppose que le champ des
vitesses est continu.
[Link]
[Link]
m/
14 1. Mécanique des milieux continus
.co
Le second principe de la thermodynamique qui, en thermostatique, pour un processus
homotherme, s’écrit classiquement
dQ
dS > (1.51)
T
se généralise habituellement à la MMC sous la forme
r ie
dS dS
> S (ext) S (int) = − S (ext) > 0 (1.52)
dt dt
exprimant que, pour tout domaine matériel D, le taux de “production interne” d’entropie
S (int) est positif, la production interne d’entropie étant définie comme étant la différence
lge
entre la variation de l’entropie du domaine D, définie par
ZZZ
S= ρη dv (1.53)
D
où η est l’entropie par unité de masse, et les échanges lT dT entropie avec l’extérieur, liés
aux échanges de chaleur (1.44) par
ZZZ
r
ZZ
h
CA
(ext)
S = dv + dS (1.54)
D θ ∂D θ
où θ est la température absolue. Ainsi, compte-tenu de (1.46), le second principe de la
thermodynamique s’écrit sous la forme
.G
d
ZZZ ZZZ ZZ
r qi ni
ρη dv > dv − dS (1.55)
dt D D θ ∂D θ
En utilisant le Lemme 1.2 et le théorème de la divergence, on obtient la forme locale du
second principe
ww
dη r qi
ρ > −
dt θ θ ,i
dη 1
ρθ > r − qi,i + qi θ,i (1.56)
dt θ
En éliminant r entre (1.47) et (1.56), on obtient
/w
de dη 1
−ρ −θ − qi θ,i + σij Dij > 0 (1.57)
dt dt θ
c’est l’inégalité de Clausius-Duhem, que l’on peut aussi écrire sous la forme
dψ dθ 1
−ρ +η − qi θ,i + σij Dij > 0 (1.58)
dt dt
s:/
θ
où ψ = e − ηθ est 1’énergie libre par unité de masse.
D’un point de vue purement mécanique, le second principe traduit l’irréversibilité et
joue donc un rôle important. En “oubliant” les variables thermiques, on peut réécrire
(1.57) ou (1.58) sous la forme
ttp
du
φ = −ρ + σij Dij > 0
dt (1.59)
σij Dij = ρ
du
+φ
dt
[Link]
[Link]
m/
1.3. Thermodynamique des milieux continus 15
où u est l’énergie (interne ou libre, cela n’a plus d’importance, car on a oublié les variables
.co
thermiques) du matériau, et où φ est appelé dissipation. En reportant dans le théorème
de l’énergie cinétique, on obtient
dK dU
ZZZ
(ext)
P = + + Φ(irr) Φ (irr)
= φ dv > 0 (1.60)
dt dt D
r ie
ter l’énergie cinétique et l’énergie du matériau, et est dissipée dans Φ(irr) .
lge
CA
.G
ww
/w
s:/
ttp
[Link]
[Link]
m/
.co
r ie
lge
CA
.G
ww
/w
s:/
ttp
[Link]
[Link]
m/
.co
Chapitre 2
r ie
Tenseur des contraintes
lge
2.1 Notions générales
2.1.1 Vecteur contrainte et tenseur des contraintes
Le vecteur contrainte caractérise les efforts de contact exercés à travers un élément de
surface dS de normale #» n sur une partie D du milieu continu : le vecteur contrainte est
défini par
CA
#»
#» df #» #»
T ( #»
n ) = lim d f = T ( #»
n ) dD (2.1)
dS→D dS
Suivant le cas, il s’agit des efforts exercés sur D par le reste du milieu continu (point M1 –
effort intérieur pour le solide Ω) ou bien par l’extérieur (point M2 – effort extérieur pour
.G
Ω).
#»
Tn
Ω
#»
n
ww
#»
n
D M1 #»
#» T
#»
df M2
#»
df Tt
#»
n
#»
s’applique T . Cette convention est à peu près universelle en MMC, à une exception près,
la Mécanique des Sols, où l’on utilise la convention contraire. Par convention également, on
prend, en Mécanique des Solides, le zéro des contraintes pour la pression atmosphérique.
Les contraintes sont donc mesurées par rapport à cette pression atmosphérique. Ainsi, si
le solide est en contact avec un fluide à la pression p :
s:/
#» #»
T #»
T =0 T
#»
n #»
n #»
n
#»
T = − (p − patm ) #»
n (2.2)
17
[Link]
[Link]
m/
18 2. Tenseur des contraintes
La pression atmosphérique est d’ailleurs en général négligeable par rapport aux contraintes
.co
que l’on rencontre.
On projette le vecteur contrainte sur la normale et sur le plan perpendiculaire
#» #»
T = Tn #»
n + Tt (2.3)
#»
où Tn est alors la contrainte normale (algébrique) et T t , la contrainte tangentielle ou de
r ie
cisaillement.
Le vecteur contrainte est associé à un élément de surface de normale extérieure #» n –
on parle en général d’une facette. Pour connaître l’état de contrainte en un point donné,
il faut connaître les vecteurs contraintes associés à toutes les facettes, c’est-à-dire à tout
vecteur unitaire #»
n . Ici intervient le Lemme 1.2 du paragraphe 1.1.2 qui permet de montrer
lge
#»
que T dépend linéairement de #» n . Il existe donc une application linéaire, le tenseur des
#»
contraintes, faisant passer de n à T
#»
#»
T = σ #»
n (2.4)
Le tenseur des contraintes est donc une application linéaire de l’espace vectoriel à trois
dimensions E3 dans lui-même. Si l’on choisit une base orthonormée #» e i , cette application
CA
linéaire est représentée par une matrice d’éléments σij (i, j = 1, 2, 3) et la relation (2.4)
donne la relation matricielle
T1 σ11 σ12 σ13 n1
=
2 σ21 σ22 σ23 n2
T
.G
T3 σ31 σ32 σ33 n3
+ −
σij Nj = σij Nj (2.5)
e ′i = Qij #»
#» e j , Qij Qik = Qji Qki = δjk (2.6)
#»
alors les composantes des vecteurs T et #»
n et d’un tenseur σij se transforment (Annexe A)
par
Les composantes σ11 , σ22 , σ13 ... sont les composantes des vecteurs contraintes associés aux
facettes normales à #»
e 1 , #»
e 2 , #»
e 3.
[Link]
[Link]
m/
2.1. Notions générales 19
x2 x2
.co
σ22
σ22
σ12
σ23 σ12
σ12 σ11 σ12
σ23 σ11
σ11 x1
σ13 σ13 x1 σ12
σ12
r ie
x3 σ33 σ22
Les composantes diagonales σ11 , σ22 , σ33 , sont donc des contraintes normales, tandis que les
composantes non diagonales σ12 , σ13 , . . .sont des contraintes de cisaillement. La symétrie
du tenseur des contraintes σ12 = σ21 exprime l’égalité de la contrainte de cisaillement
lge
associée à deux facettes perpendiculaires. Peur cette raison, cette symétrie est souvent
appelée principe de réciprocité des cisaillements.
Dimensionnellement, une contrainte 1 est homogène à une force par unité de surface,
donc à une pression. L’unité SI, le Pascal (1 Pa = 1 N/m2 ) étant très petite par rapport
aux contraintes habituellement rencontrées, on utilise traditionnellement l’hectobar, le
mégapascal et le daN/mm (et chez les anglo-saxons, le p.s.i. pound per square inch) avec
l’équivalence 1 daN/mm2 = 1 hectobar = 10 MPa = 107 Pa.
CA
2.1.2 Contraintes principales et invariants
Le tenseur des contraintes est symétrique ; on peut donc le diagonaliser. Il existe trois
directions principales orthogonales associées à trois valeurs propres σ1 , σ2 , σ3 , appelées
contraintes principales.
.G
(1) (1)
σij ej = σ1 ei , etc. (2.8)
qu’une direction soit principale pour σ est que la contrainte exercée sur la facette cor-
respondante soit purement normale (pas de contrainte de cisaillement). Dans le repère
principal, la matrice représentative du tenseur des contraintes est diagonale. Par abus de
langage, on dit que le tenseur des contraintes est diagonal, et on écrit
σ1 0 0
σ = 0 σ2 0 (2.9)
0 0 σ3
/w
2
I3 = det (σij ) = σ1 σ2 σ3
1. Ici, il peut s’agir d’une composante du vecteur contrainte ou du tenseur des contraintes.
[Link]
[Link]
m/
20 2. Tenseur des contraintes
.co
σij = σδij + sij (2.12)
r ie
et où sij est le déviateur 2
1
sii = 0 sij = σij + σkk δij
3 (2.14)
2σ11 − σ22 − σ33
s12 = σ12
s11 =
lge
3
Il est clair que le tenseur des contraintes et son déviateur ont mêmes directions principales,
les contraintes principales déviatoires s1 , s2 , s3 sont données par
2σ1 − σ2 − σ3
s1 = (2.15)
3
CA
et les invariants J2 , J3 (puisque J1 = 0 par (2.14)) du déviateur sii sont donnés par
1 1 2 2 2
= = + + = + +
J2 − s ij s ij s 1 s 2 s 2 s 3 s 3 s 1 − s 1 s 2 s 3
2 2
1h 2 2 2
i
(2.16)
= − (σ 1 − σ 2 ) + (σ 2 − σ 3 ) + (σ 3 − σ 1 )
6
.G
J3 = det (sij ) = s1 s2 s3
remarquables.
σ 0 0
σ = 0 σ 0 (2.17)
0 0 σ
qui représente un état de tension si σ > 0 et un état de compression si σ < 0. Sur toute
facette s’exerce donc une contrainte purement normale.
s:/
ttp
[Link]
[Link]
m/
2.1. Notions générales 21
C’est l’état de contraintes qui existe dans les fluides à l’équilibre, d’où la terminologie
.co
hydrostatique.
r ie
2. toute direction du plan (x2 , x3 ), pour σ2 .
σ1 0 0
σ = 0 σ2 0 (2.18)
0 0 σ3
La décomposition en déviateur et partie sphérique devient
lge
1 0 0 1 0 0
σ1 + 2σ2 2 (σ1 − σ2 )
σ = σ 0 1 0 + s 0 − 12 0 avec σ = et s = (2.19)
3 3
0 0 1 0 0 − 12
σ1
σ2 σ2
CA
σ2
σ1 σ1
C’est l’état de contrainte qui se réalise avec σ1 < σ2 < 0 dans le sol en profondeur.
.G
σ = 0 0 0 (2.20)
0 0 0 compression si σ < 0
σ = τ 0 0 (2.21)
0 0 0
x2 x2
τ τ
ttp
τ
τ x1 x1
τ
τ
τ τ
[Link]
[Link]
m/
22 2. Tenseur des contraintes
.co
σ11 σ12 0 σ11 σ12 0
σ = σ12 σ22 0 ou σ12 σ22 0 (2.22)
0 0 0 0 0 σ33
x2
Les directions principales sont la direction x3 et deux directions
σ22
perpendiculaires du plan x1 , x2 . Lorsque #» n varie dans le plan
r ie
σ12
(x1 , x2 ). Le vecteur contrainte reste dans le plan et il est pos-
σ12 x1 sible de se limiter au plan (x1 , x2 ). Nous ferons l’étude complète
σ11 au paragraphe 2.3.2.
lge
2.2 Représentations géométriques des contraintes
L’état de contraintes en un point donné est caractérisé par la valeur en ce point du
tenseur des contraintes, c’est-à-dire par six nombres. Pour visualiser cette entité, on a
introduit diverses représentations géométriques.
Le lieu de l’extrémité (T1 , T2 , T3 ) est un ellipsoïde d’axes principaux, les directions prin-
cipales du tenseur des contraintes et de demi–axes, les valeurs absolues des contraintes
principales : c’est l’ellipsoïde de Lamé. Cet ellipsoïde ne permet pas de visualiser le vec-
teur contrainte associé à une facette donnée.
direction #»
n quelconque par la construction suivante.
ρ2 |Tn | = 1 (2.25)
#»
– la direction du vecteur contrainte est donnée par la normale N à la quadrique en
M.
[Link]
[Link]
m/
2.2. Représentations géométriques des contraintes 23
x2 #»
# »
Démonstration. On a OM = p #» n , xi = pni .
.co
n
#»
N En reportant dans (2.24), il vient
ρ2 σij ni nj = ±1
r ie
x1 #»
La direction de la normale N à la quadrique
donnée par le gradient de la fonction Φ est
x3
∂Φ
Ni = λ = 2λσij xj = 2λρσij nj = 2λρTi
∂xi
lge
#» #»
et N est proportionnel à T .
Tn = σij ni nj CA (2.26)
est définie positive ou négative, et (2.24) définit un ellipsoïde. Si les contraintes principales
sont certaines positives et d’autres négatives, alors Tn peut être positif ou négatif, et (2.24)
définit deux hyperboloïdes limités par le cône asymptote Tn = 0. Enfin, si une contrainte
principale est nulle, (2.24) définit un cylindre elliptique ou hyperbolique, suivant le signe
des deux autres valeurs propres.
.G
2.2.2 Espace des contraintes principales
Le tenseur des contraintes (ou plus généralement tout tenseur symétrique) peut être
caractérisé par les trois contraintes principales et l’orientation du repère principal. Dans
de nombreux cas, l’orientation du repère principal ne joue pas un rôle essentiel, et on
ww
pourra caractériser le tenseur des contraintes par les trois contraintes principales σ1 , σ2 ,
σ3 . On peut donc représenter un tenseur des contraintes par un point d’un espace à trois
dimensions Oσ1 σ2 σ3 : au tenseur σ on associe le point Σ ayant comme coordonnées les
contraintes principales σ1 , σ2 , σ3 de σ (le repère Oσ1 σ2 σ3 étant postulé orthonormé).
σ2 ∆
Σ
/w
Σ′
S
s:/
Π O
σ1
σ3
géométriquement l’espace des contraintes principales par un espace vectoriel mais ce n’est
pas un espace vectoriel. En particulier, les changements d’axes sont dépourvus de sens. En
(1) (2)
particulier également, la somme de deux tenseurs σij + σij ne correspond pas à la somme
[Link]
[Link]
m/
24 2. Tenseur des contraintes
(1) (2)
vectorielle (sauf dans le cas où les tenseurs σij et σij ont mêmes directions principales).
.co
Enfin, un tenseur des contraintes est représenté, en toute rigueur, non pas par un point,
mais par six points car la numérotation des valeurs propres σ1 , σ2 et σ3 est arbitraire.
Dans cet espace, les tenseurs sphériques
√ √sont représentés
√ par les points de l’axe hydro-
statique ∆ de cosinus directeurs : 1/ 3, 1/ 3, 1/ 3. Les déviateurs sont représentés par
les points du plan déviatoire Π , perpendiculaire en O à l’axe hydrostatique ∆
r ie
σ1 + σ2 + σ3 = 0 (2.27)
lge
σ1
S Plan Π
r θ #»
CA h1
#»
#» h3
h2
σ3
σ2
.G
la projection des axes Oσ1 , Oσ2 , Oσ3 , qui font entre eux un angle de 2π/3 et un tenseur
σ sera représenté par le point S
# » #» #» #»
OS = σ1 h 1 + σ2 h 2 + σ3 h 3 (2.28)
ww
#» #» #»
h 1 , h 2 , h 3 étant les trois vecteurs unitaires portés par les axes Oσ1 , Oσ2 , Oσ3 —ou plutôt,
par leurs projections, mais nous les notons encore Oσ1 , Oσ2 , Oσ2 , Oσ3 . En particulier, on
vérifie bien que le point S ainsi construit caractérise le déviateur, puisque, si l’on rajoute
#» #» #»
à σ un tenseur sphérique arbitraire, le point S ne change pas, car h 1 + h 2 + h 3 = 0.
On peut alors montrer que la position du point S est complètement caractérisée par les
deux invariants J2 et J3 introduits par (2.16). Plus précisément, un calcul direct montre
/w
dis que le troisième invariant J3 détermine son orientation. Plus précisément, on constate
que l’on a
√ !
3 3 J3
3θ = ± arccos + 2kπ
2 J 3/2
2
ttp
√ !
1 3 3 J3 2kπ
θ = ± arccos + (2.30)
3 2 J 3/2 3
2
[Link]
[Link]
m/
2.3. Représentation de Mohr 25
.co
numérotations possibles des trois valeurs propres. Si σ1
l’on impose par exemple σ1 > σ2 > σ3 alors on se S1 S2
restreint au quartier Oσ1 σ3′ et le point S est com-
plètement défini.
Finalement, on constate que la position du point S6 O S3
Σ dans l’espace des contraintes principales est com-
S5
r ie
plètement caractérisée par I1 , J2 , J3 : I1 fixe la pro- σ2 S4 σ3
jection sur ∆, J2 la distance à ∆ et J3 l’orientation
de la projection de OΣ sur Π.
lge
2.3.1 Tricercle de Mohr
La représentation de Mohr est une représentation dans le plan des contraintes normales
et tangentielles. On porte en abscisse la contrainte normale (algébrique) et en ordonnée le
module de la contrainte tangentielle.
#»
|T t|
CA
M
.G
M3 O M2 M1
σ3 σ2 σ1 Tn
On obtient ainsi un point M pour chaque facette, et on cherche le lieu de ces points
ww
lorsque l’on fait varier la facette. Pour faire les calculs, on se place en repère principal du
tenseur des contraintes et on suppose les valeurs propres rangées par ordre décroissant,
σ3 < σ2 < σ1 . Les points M1 , M2 et M3 correspondant aux facettes normales aux directions
principales sont sur l’axe des contraintes normales. Pour une facette quelconque, on a
T1 = σ1 n1 T2 = σ2 n2 T3 = σ3 n3
qui permet de calculer Tn = Ti ni et |T |2 = Tn2 + Tt2
/w
Etant donnée une valeur de Tn et de Tt , peut-on trouver une facette qui leur corresponde ?
Pour cela, il faut calculer n1 , n2 et n3 à partir du système formé par (2.31), (2.32) et la
relation
1 = n21 + n22 + n23 (2.33)
2
n3 , dont la solution est
Tt2 + (Tn − σ2 ) (Tn − σ3 )
n21 = (2.34)
(σ1 − σ2 ) (σ1 − σ3 )
[Link]
[Link]
m/
26 2. Tenseur des contraintes
.co
# » # » # » # »
produit scalaire M1 M2 · M1 M3 et au numérateur le produit scalaire M M2 · M M3 . On a
donc
# » # » # » # » # » # »
M M2 · M M3 M M1 · M M3 M M1 · M M2
n21 = # » # » , n 2
2 = # » # » , n 2
3 = # » # » (2.35)
M1 M2 · M1 M3 M2 M1 · M2 M3 M3 M1 · M3 M2
Pour que cette solution soit satisfaisante, il faut vérifier que n21 , n22 et n23 sont positifs
r ie
n21 > 0, n22 > 0, n23 > 0, (2.36)
Or, puisque σ3 < σ2 < σ1 , il est clair que
# » # » # » # » # » # »
M1 M2 · M1 M3 > 0, M2 M1 · M2 M3 6 0, M3 M1 · M3 M2 > 0 (2.37)
lge
Les conditions (2.36) exigent donc
# » # » # » # » # » # »
M M2 · M M3 > 0, M M1 · M M3 6 0, M M1 · M M2 > 0 (2.38)
# » # » # » # »
c’est-à-dire que les angles M M2 , M M3 et M M1 , M M2 soient aigus et que l’angle
# » # »
M M1 , M M3 soit obtus, autrement dit que le point M soit à l’extérieur des deux demi-
cercles de diamètres M1 M2 et M2 M3 , et à l’intérieur du demi–cercle de diamètre M1 M3 .
Ainsi, quand #»
CA
n varie, le point M reste dans la surface hachurée appelée tricercle de Mohr
et qui devient un demi–cercle si deux valeurs propres coïncident, et un point pour un
tenseur sphérique.
On constate d’autre part que M décrit le demi–cercle de diamètre M1 M3 lorsque #» n
# »
varie dans le plan #» e 3 (car (2.35) montre que n2 = 0 si et seulement si M M1 est
e 1 , #»
# »
orthogonal à M M3 ). On voit également que le maximum de la contrainte de cisaillement
.G
(lorsque l’on fait varier la facette) est égale au rayon du plus grand cercle, c’est-à-dire à
la demi différence des contraintes principales extrêmes
σ1 − σ3 1
|Tt |max = = max |σi − σj | (2.39)
2 2 i,j
ww
#»
introduisant un vecteur unitaire t à +π/2 de #»n . La contrainte tangentielle Tt devient donc
une quantité algébrique, et la représentation dans le plan de Mohr permet de déterminer
l’orientation du vecteur contrainte.
x′2 x2 Tn
s:/
Tt x′1
Tn
θ
x1 Tn
ttp
[Link]
[Link]
m/
2.3. Représentation de Mohr 27
.co
T1 = σ11 cos θ + σ12 sin θ
(2.40)
T2 = σ12 cos θ + σ22 sin θ
#»
et ensuite et en projetant Tn et Tt sur #»
n et t
r ie
σ11 + σ22 σ11 − σ22
= + cos 2θ + σ12 sin 2θ
2 2 (2.41)
Tt = (σ22 − σ11 ) cos θ sin θ + σ12 cos2 θ − sin2 θ
(σ11 − σ22 )
=− + σ12 cos 2θ
2
lge
Les directions principales s’obtiennent en annulant la contrainte tangentielle Tt = 0 :
2σ12
tan 2θ0 = (2.42)
σ11 − σ22
ce qui définit θ0 à kπ/2 près. Nous choisissons θ0 en posant
s 2
CA
σ11 − σ12
σ12 = + σ12
2 sin 2θ
0
2
s 2
(2.43)
σ11 − σ22 σ11 − σ12
= + σ122 cos 2θ0
2 2
.G
s
2
σ11 − σ22
Tt = + σ12
2 sin 2 (θ − θ)
0
2
2
2 2
Tt x2
B2 σ12
σ12 M1
s:/
2θ M
σ22 O σ22
A2 2θ0 σ11 A1 Tn
σ12
−σ12
M2 σ11 x1
ttp
B1
Les points et M1 σ11 , σ12 et M2 σ22 , −σ12 correspondent à #»
n = #»e 1 et #»
n = #»
e 2 res-
pectivement. Pour obtenir le point M correspondant à une normale n formant un angle
#»
[Link]
[Link]
m/
28 2. Tenseur des contraintes
θ avec #»
e 1 , il faut tourner par rapport à ΩM1 d’ un angle 2θ dans le sens rétrograde. Les
.co
points A1 et A2 correspondent aux directions principales, θ = θ0 + kπ/2 et les contraintes
principales sont données par
s 2
σ11 + σ22 σ11 − σ22
σ1 ou 2 = ± + σ12
2 (2.46)
2 2
r ie
par θ = θ0 + π/4 + kπ/2, ce sont donc les bissectrices des directions principales, comme
annoncé à la fin du paragraphe 2.3.1.
Le point M1 est appelé pôle du cercle de Mohr, et il permet une construction graphique
du vecteur contrainte associé à une facette quelconque.
lge
Tt
B1 x2
M1
M Tt
Tn
2θ θ
A2
CA A1 θ
Tn x1
2θ
M′
.G
M2 M1′
B2
Pour obtenir le point M , c’est-à-dire le vecteur contrainte s’exerçant sur une facette inclinée
de θ par rapport à la verticale, on utilise la construction suivante :
ww
[Link]
[Link]
m/
.co
Chapitre 3
r ie
Étude des déformations
lge
3.1 Grandes déformations
3.1.1 Description de la déformation
x2
CA Mt′
M′ bc
bc
bc
#»
da Mt
bc
Repère fixe
M
.G
x1 instant t
x3
Pour repérer la position d’une particule d’un milieu continu, il faut introduire un
repère d’espace supposé fixe au cours du temps : un référentiel. En général on choisit un
référentiel galiléen, sinon il faut rajouter les forces d’inertie dans les forces de volume fi .
Le mouvement est décrit par la fonction
/w
xi = xi (a1 , a2 , a3 , t) i = 1, 2, 3 (3.1)
#» # » #» # »
Un vecteur matériel da = M M ′ devient après déformation dx = Mt Mt′
# » ∂xi
dx = Fda
#» #»
dxi = daj , (3.2)
∂aj
29
[Link]
[Link]
m/
30 3. Étude des déformations
.co
xi = ci (t) + Qij (t)aj (3.3)
où la matrice Qij décrit une rotation et est donc orthogonale. Le tenseur gradient de la
déformation est alors donné par
Fij (a, t) = Qij (t) (3.4)
r ie
alors qu’il n’y a manifestement pas de déformation au sens naïf du terme (variation de
longueur ou variation d’angle). En fait, le tenseur gradient de la déformation contient à
la fois une rotation et une déformation. Il convient de séparer ces deux composantes. Par
“déformation” on entend variation de forme, donc de longueur ou d’angle, donc encore
#» #» #» #»
variation de produits scalaires. Soit da et δa deux vecteurs matériels, dx et δx leurs
lge
déformés
# » #»
dx · δx = dxi δxi = Fij Fik daj δak = Cjk daj δak (3.5)
Ainsi la variation du produit scalaire de deux vecteurs est caractérisée par la forme bili-
néaire symétrique (définie par
Cjk = Fij Fik , C = FT F (3.6)
CA
# » #»
dx · δx = C da, δa = da · Cδa
# » #» #» #»
(3.7)
C est le tenseur des dilatations ou tenseur de Cauchy-Green droit. Ce tenseur est la base
de la description des grandes déformations.
.G
E = 1 (C − 1) ,
1
Eij = (Cij − δij ) (3.10)
2 2
Il donne la variation du produit scalaire de deux vecteurs par
s:/
dx · δx − da · δa = 2da · Eδa
# » # » # » #» # » #»
(3.11)
Comme pour le tenseur des contraintes, on démontre (voir Annexe A) que dans un chang-
ment de repère, les composantes de ce tenseur se transforment par
′
Eij = Qik Qjl Ekl (3.12)
ttp
[Link]
[Link]
m/
3.1. Grandes déformations 31
Définition 3.1
.co
On appelle allongement dans la direction #»
n , la quantité ε ( #»
n ) définie comme le rapport :
Mt Mt′ − M M # »
n) =
ε( #» , M M ′ = da #»
n (3.13)
MM′
# »
de la variation de longueur d’un vecteur matériel M M ′ dirigé selon #»
n sur la longueur
r ie
initiale. On appelle glissement dans deux directions perpendiculaires m
#» et #»
n , la varia-
tion :
( # »
π # »′ # »′′ M M ′ = da m#»
(m, n ) = − Mt Mt , Mt Mt
#» #» # »′′ (3.14)
2 M M = δa #» n
lge
# » # »
de l’angle de deux vecteurs matériels M M ′ et M M ′′ portés par m
#» et #»
n respectivement.
Théorème 3.1
L’allongement dans une direction #»
n et le glissement dans deux directions perpendicu-
laires m et n sont donnés à partir du tenseur des déformations par :
#» #»
q
CA
ε ( #»
n) = 1 + 2Eij ni nj − 1 (3.15)
2Eij mi nj
γ ( #» #» = arcsin
n , m) (3.16)
(1 + ε (m))
#» (1 + ε ( #»
n ))
.G
( # » #»
M M ′ = da = da #»
n
Démonstration. # »′′ #»
M M = δa = δam #»
#»
m
ww
α Mt′′
M ′′ M′ #»
n
Déformation
M Mt Mt′
# » #»
Mt M ′ = dx
/w
t
# » #»
Mt Mt′′ = δx
Par définition de ε ( #»
n ) et d’après (3.11), on a
#» #»
Mt Mt′ − M M ′ |dx| − da
ε ( #»
n) = =
MM′ da
s:/
p#» #» q
= dx · dx = da · da + 2da · E da
#» #» #» #»
|dx|
√ √
= da #» n · E #»
n + 2 #»
n · #» n · E #»
n = da 1 + 2 #» n
# » # »
sin γ (m, n ) = cos Mt Mt′ , Mt Mt′′
#» #»
# » # » # » #»
Mt Mt′ ·Mt Mt′′ dxδx
= Mt Mt Mt Mt′′
′ = # » #»
|dx||δx|
[Link]
[Link]
m/
32 3. Étude des déformations
.co
#»
|dx| = da (1 + ε ( #»
n ))
dx · δx = da · δa + 2da · Eδa = 2 daδam
#» · E #»
# » # » # » #» # » #»
n
puisque m
#» est perpendiculaire à #»n . Finalement
2m · E #»
#» n
sin γ (m, n) =
#» #»
r ie
(1 + ε ( n )) (1 + ε (m))
#» #»
ce qui donne (3.16).
En particulier, on obtient la signification des composantes de Cij de C en appliquant
(3.15) et (3.16) aux vecteurs de base
1n o
E11 = #» e 1 · E #»
e1 = e 1 )]2 − 1
[1 + ε ( #» (3.17)
lge
2
1
E12 = #» e 1 · E #»
e 2 = [1 + ε ( #»
e 1 )] [1 + ε ( #»
e 2 )] sin γ ( #» e 2)
e 1 , #» (3.18)
2
Ainsi les composantes diagonales de Eij caractérisent les allongements dans les directions
des axes, tandis que les composantes non diagonales caractérisent les glissements dans les
directions des axes. On peut donc, à partir de ces composantes, construire la déformée
CA
d’un cube unité d’arête dirigée selon les axes : ce cube se déforme en parallélépipède défini
par
x3
A2' A1'
A2
1
A
.G
1 A1 x1 A'
A3'
1
A3
x2
ww
p
A′ A′1 = 1 + 2E11
′ 2E12 (3.19)
A′ A′1 , A′ A2 = arcsin √
√
1 + 2E11 1 + 2E22
Comme pour le tenseur des contraintes, on peut diagonaliser le tenseur des déforma-
tions, c’est-à-dire trouver un repère orthogonal où la matrice représentant E est diagonale,
E1 , E2 et E3 sont appelés allongements
E1 0 0
/w
E = 0 E2 0 (3.20)
0 0 E3
principaux. La propriété caractéristique des axes principaux des déformations est que les
glissements dans leur direction sont nuls. Un cube unité d’arête dirieée selon les axes
s:/
1
A 1 A1 A'A'1=
A' A1'
ttp
x1'
x2'
[Link]
[Link]
m/
3.2. Petites déformations 33
.co
définissant le mouvement par
xi = ai + ui (a1 , a2 , a3 , t) (3.21)
r ie
∂aj
Le tenseur des déformations est alors donné par
!
1 ∂ui ∂uj ∂uk ∂uk
Eij = + + (3.23)
2 ∂aj ∂ai ∂ai ∂aj
lge
3.2 Petites déformations
3.2.1 Hypothèse des petites perturbations
En Mécanique des Solides, on fait souvent l’hypothèse des petites perturbations pour
laquelle le solide s’écarte peu de sa configuration de référence. Les déplacements et les
CA
déformations restent petits, ce qui a deux conséquences essentielles :
1. on peut identifier variables de Lagrange ai et variables d’Euler xi , dans la mesure
où la différence entre les deux est négligeable. Ceci est tout à fait essentiel, car
certaines équations s’écrivent naturellement en variables eulériennes —les équations
d’équilibre, par exemple— alors que d’autres s’écrivent plus naturellement en va-
.G
riables lagrangiennes —la définition des déformations. Entre autres, cela revient à
écrire les équations d’équilibre dans la configuration telle qu’elle existe avant défor-
mation, alors qu’il faudrait, en toute rigueur, les écrire dans la configuration réelle où
s’appliquent effectivement les efforts. Cette approximation, habituellement appelée
hypothèse de linéarité externe, est souvent justifiée mais on rencontrera quelques
ww
ρ = ρc , ui = 0, σij = 0 (3.24)
/w
ρ = ρ0 + ρ, ui , σij (3.25)
avec ρ′ , ui , σij petits et fonctions de (xi , t), xi représentant indifféremment les va-
s:/
[Link]
[Link]
m/
34 3. Étude des déformations
mais dρ0 / dt, dρ′ / dt = ∂ρ′ /∂t en variables de Lagrange, et on peut négliger le terme
.co
ρ′ ∂Vi /∂xi qui est du second ordre par rapport à la perturbation. Il reste donc
∂ρ′ ∂ 2 ui
+ ρ′0 =0
∂t ∂xi ∂t
ou en intégrant par rapport au temps
r ie
∂ui
ρ′ = −ρ0 (3.27)
∂xi
lge
∂ 2 ui ∂σij
ρ0 2
= + fi (3.28)
∂t ∂xj
effet, le tenseur de Green-Lagrange que nous avons défini, n’est pas le seul possible, et
on peut en introduire bien d’autres, mais en petites déformations, tous ces tenseurs se
réduisent au tenseur ε défini par (3.29). Par linéarisation des formules (3.15) et (3.16), il
permet de calculer l’allongement dans une direction #» n le glissement dans deux directions
m et n par les formules
#» #»
n ) = εij ni nj
ε( #» et γ(m, n ) = 2εij ni mj
#» #» (3.30)
/w
obtenues simplement par développement limité des diverses fonctions internenant dans
(3.15) et (3.16). On obtient aussi la signification des composantes εij
∂u1 ∂u1 ∂u2
e 1 ) = ε11 =
ε( #» et γ( #» e 2 ) = γ12 = 2ε12 =
e 1 , #» + (3.31)
∂x1 ∂x2 ∂x1
s:/
∂ui
= ui (x) + (x) dxj
∂xj
= ui + Ui,j dxj
[Link]
[Link]
m/
3.2. Petites déformations 35
.co
−−−
′
→′
−
M Mt = ui + ωij dxj + εij dxj
i
1 1
εij = (ui,j + uj,i ) , ωij = (ui,j − uj,i ) (3.32)
2 2
On introduit le vecteur ω , adjoint du tenseur antimétrique ωij (Annexe A) par
#»
r ie
0 ω12 ω13 0 −ω3 ω2
ωij = ω21 0 ω23 = ω3 0 (3.33)
−ω1
ω31 ω32 0 −ω2 ω1 0
lge
0 −ω3 ω2 dx1 ω2 dx3 − ω3 dx2 ω1 dx1
0 −ω1 dx2 = ω3 dx1 − ω1 dx3 ω2 ∧ dx2 (3.34)
ω3
−ω2 ω1 0 dx3 ω1 dx2 − ω2 dx1 ω3 dx3
et finalement on a
−−−−→
M ′ Mt′ = + |ω
#»
#» ∧ dx
CA #»
{z } + εdx (3.35)
u #»
|{z} |{z}
translation rotation déformation pure
| {z }
mouvement rigidifiant
On peut refaire sur le tenseur des déformations tout ce que nous avons fait au chapitre 2
sur le tenseur des contraintes : diagonalisation, définition des invariants, décomposition en
déviateur et partie sphérique
εij = εδij + eij
ww
εii ε11 + ε22 + ε33 ε1 + ε2 + ε3
ε= = = (3.36)
3 3 3
1
e
ij = εij − εkk δij , eii = 0
3
Physiquement, cette décomposition correspond à la décomposition de la déformation en
une dilatation uniforme (partie sphérique) et une distorsion, c’est-à-dire une déformation
/w
sans changement de volume (déviateur). En effet, on vérifie facilement que la trace εii du
tenseur des déformations est égale à la variation relative de volume
∆V
= εii = 3ε (3.37)
V
Il suffit par exemple de partir d’un élément de volume parallélépipédique orienté selon les
s:/
[Link]
[Link]
m/
36 3. Étude des déformations
donne alors
.co
ρ′ ∆V
=− = −εii = −ui,i (3.39)
ρ0 V
r ie
1. Dilatation uniforme
ui = αxi
∆V (3.40)
εij = ui,j = αδij ,
= 3α
V
lge
2. Extension simple
u1 = αx1 α 0 0
u = −βx ε = 0 −β 0 (3.41)
2 2
u = −βx
3 3
0 0 −β
CA
Si cette extension se fait sans changement de volume, alors d’après (3.37), on a
β = α2 . La décomposition en déviateur et partie sphérique s’écrit comme en (1.19)
1 0 0 1 0 0
2 (α − β)
ε = ε 0 1 0 + e 0 − 12 0 , (3.42)
e
3
.G
0 0 1 0 0 − 12
3. Glissement simple
u1 = γx1 0 γ 0
ww
u =0 u′i,j = 0 0 0 (3.43)
2
u = 0
3
0 0 0
γ
γ
0 2 0 0 2 0 0
ε = γ2 0 0 , ω = − γ2 0 0 , 0
#» = (3.44)
ω
−γ
0 0 0 0 0 0 2
/w
des vitesses Vi . Tout ce que nous avons fait au paragraphe 3.2.2 sur le petit déplacement
ui , en particulier toutes les interprétations physiques, peut se transposer directement aux
vitesses Vi qui représentent le déplacement infinitésimal entre la configuration à l’instant
t et celle à l’instant t + dt. Plus précisément, on a l’analogie suivante
[Link]
[Link]
m/
3.2. Petites déformations 37
.co
Déplacements ui Vi Vitesses
gradient des déplacements ui,j Vi,j gradient des vitesses
tenseur des déformations εij Dij tenseur des taux de déformation
tenseur des rotations ωij Ωij tenseur taux de rotation
#»
vecteur rotation #»
ω Ω vecteur taux de rotation
allongement dans la direction #»
n n)
ε( #» taux d’allongement
r ie
glissement dans les directions m, #»
#» n #» #»
γ(m, n) taux de glissement
etc.
Réciproquement, tout ce que nous avons fait au paragraphe 3.1.2 peut se transposer
directement en termes de déplacements. Il s’agit simplement d’un changement de termino-
logie. On parle de déplacement virtuel u∗ i au lieu de vitesses virtuelles V ∗ i et de travaux
lge
virtuels au lieu de puissances virtuelles. Par exemple, (1.24) ou (1.38) peut s’écrire
ZZZ ZZZ ZZ ZZZ
∗ ∗ ∗ ∗
ργi ui dv = fi ui dv + Ti ui dS − σij εij dv (3.45)
Ω Ω ∂Ω Ω
expression du théorème des travaux virtuels ou du principe des travaux virtuels, suivant
le point de vue que l’on adopte.
CA
En particulier, le travail des efforts intérieurs par unité de volume est
∗ ∗
wint = σij εij (3.46)
qui met en dualité le tenseur des contraintes σij que nous avons étudié au chapitre 2, et le
tenseur des déformations εij que nous venons d’introduire. C’est une propriété tout à fait
.G
universelle : dans toute théorie des milieux continus, il y a dualité entre les contraintes et
les déformations, c’est-à-dire entre la schématisation des efforts intérieurs et la description
cinématique.
Dans le cadre de la MMC classique, que nous développons actuellement, cela n’apporte
qu’une simple vérification. Dans d’autres cas, où la schématisation à adopter est moins
ww
ZZZ
hhε, σii = σij εij dv (3.48)
Ω
Nous reviendrons sur cette dualité lorsque nous parlerons des méthodes variationnelles
auchapitre 9.
[Link]
[Link]
m/
38 3. Étude des déformations
.co
Connaissant le champ des déplacements ui (x), on en déduit par (3.29), le champ des
déformations εij (x). Réciproquement, si on connaît le champ des déformations εij (x),
peut-on calculer le champ des déplacements ui (x) ? Et si oui, comment ?
Le premier problème est celui de la compatibilité des déformations, le second celui
de l’intégration d’un champ de déplacements. Ce problème est extrêmement important
r ie
en mécanique des solides, car nous verrons que la solution s’obtient souvent sous forme
d’un champ de déformation ; il faut alors remonter aux déplacements. Remarquons que, en
vertu de l’analogie discutée au paragraphe 3.2.3, on pourra transposer tous nos résultats
en termes de vitesse et de taux de déformation, le problème étant alors de calculer le
champ des vitesses à partir de la valeur en tout point du tenseur taux de déformation.
lge
3.3.1 Calcul de la rotation
Pour calculer le déplacement ui , il faut intégrer les formes différentielles
Or, on connaît εij (x) mais on ne connaît pas ωij . La première étape consiste donc à calculer
la rotation ωij .
Lemme 3.1
Les dérivées de la rotation sont liées à celles de la déformation par la relation
.G
ωij,l = εil,j − εjl,i (3.51)
1 1 1
ωij = (ui,j − uj,i ) = (ui,jl − uj,il ) = (ui,jl + ul,ij − ul,ij − uj,il )
2 2 2
1 1
= (ui,l + ul,i ),j − (ul,j + uj,l ),i
2 2
= εil,j − εjl,i
en utilisant le fait que les dérivées partielles commutent : ui,jl = ui,lj , etc.
/w
Lemme 3.2
Une condition nécessaire et suffisante pour que le système
df = al dxl (3.53)
soit intégrable, c’est-à-dire pour que l’on puisse calculer f à partir des al = f,l est que
ttp
[Link]
[Link]
m/
3.3. Compatibilite des déformations 39
Démonstration. La condition nécessaire est évidente (elle exprime simplement que f,lm =
.co
f,ml ). On démontre en mathématiques que cette condition est également suffisante.
En appliquant ce lemme au système différentiel (3.52), on obtient la condition suivante
(εil,j − εjl,i ),k = (εik,j − εjk,i ),l ⇔ εil,jk + εjk,il − εjl,ik − εik,jl = 0 (3.55)
Cette condition est une condition nécessaire et suffisante pour que l’on puisse calculer ωij
à partir de εij . C’est donc une condition nécessaire pour que le champ de déformation εij
r ie
soit intégrable, c’est-à-dire pour que l’on puisse calculer le déplacement ui .
On tire également du Lemme 3.1 le résultat suivant
Théorème 3.2
Si le champ de déformation est identiquement nul, alors le déplacement est un déplace-
lge
ment de solide rigide
u = #»
#» c +ω
#» ∧ #»
x (3.56)
Il est en effet clair que si le déplacement est un déplacement de solide rigide, infi-
nitésimal, bien entendu, alors le tenseur des déformations associé est nul, puisque ui,j
CA
est antisymétrique. Le théorème 3.2 constitue une réciproque. Compte-tenu de l’analogie
présentée au paragraphe 3.2.3, ce théorème est identique au Lemme 1.4 paragraphe 1.2.1.
Démonstration. Puisque εij est nul, le Lemme 3.1 montre que ωij,l est nul, et donc que
ωij est constant
0
ui,j =6 εij + ωij = ωij
.G
près, c’est-à-dire à un déplacement de solide rigide près. Nous avons donc démontré le
résultat suivant
[Link]
[Link]
m/
40 3. Étude des déformations
.co
Théorème 3.3
Pour que le champ de déformation εij (x) soit intégrable, il faut et il suffit que les équa-
tions de compatibilité (3.55)
r ie
Pratiquement, pour intégrer un champ de déformation εij , c’est-à-dire pour calculer
ui par résolution du système d’équations aux dérivées partielles
∂ui ∂uj
+ = εij (x) (3.57)
lge
∂xj ∂xi
il faut vérifier les équations de compatibilité (3.55) ; si elles ne sont pas vérifiées, le problème
n’admet pas de solution. Si elles le sont, alors on peut calculer le déplacement ui ; pour
cela, on peut utiliser deux méthodes :
1. méthode systématique : on intègre (3.52), puis (3.50) ;
CA
2. méthode directe : on calcule par résolution directe de (3.57) une solution particu-
lière, et on remarque que la solution générale de (3.57) est la somme d’une solution
particulière et de la solution générale de l’équation sans second membre, εij = 0,
qui, d’après le Théorème 3.2, est un déplacement de solide rigide. Nous verrons dans
la suite des exemples de cette démarche.
.G
Les équations de compatibilité (3.55) font intervenir quatre indices i, j, k et l, variant
de 1 à 3, soit a priori 81 équations. Néanmoins, on constate que la quantité (3.55) est
antisymétrique en i et j, antisymétrique en k et l, et symétrique par rapport aux couples
(i, j) et (k, l). Il reste donc finalement six équations indépendantes obtenues pour ijkl =
(1212), (1213), et permutation circulaire. On obtient
ww
et les qutre équations qui s’en déduisent par permutation circulaire. On peut également
obtenir un système de six équations équivalentes, en faisant k = j
u = ε0 #»
#» x+ω x + #»
#» ∧ #» c (3.61)
ttp
2. Déformation linéaire
[Link]
[Link]
m/
3.3. Compatibilite des déformations 41
forme qui fait intervenir 18 coefficients Aijk = Ajik . Les équations de compatibilité
.co
(3.58), ne faisant intervenir que des derivées secondes de εij sont automatiquement
vérifiées. Par intégration de (3.52) et (3.50), on trouve
r ie
et :
0
dui = (Aijk + Aikj − Ajki ) xk dxj + ωij dxj
1 0
(3.64)
ui = (Aijk + Aikj − Ajki ) xj xk + ωij xj + c0i
2
lge
CA
.G
ww
/w
s:/
ttp
[Link]
[Link]
m/
.co
r ie
lge
CA
.G
ww
/w
s:/
ttp
[Link]
[Link]
m/
.co
Chapitre 4
r ie
Lois de comportement
lge
4.1 Problèmes de mécanique des solides
4.1.1 Formulations dynamiques et quasi-statiques
Pour résoudre un problème de Mécanique des Solides, il faut calculer la solution
(ui , σij ), c’est-à-dire calculer les champs de vecteurs déplacements ui (x) et de tenseurs
des contraintes σij (x), à partir des données, qui sont constituées par
CA
1. l’ensemble des sollicitations imposées au solide :
– forces volumiques ;
– conditions aux limites (forces ou déplacements imposés à la surface).
2. les conditions initiales, précisant la position et la vitesse initiale du solide.
Exemple : Réservoir sphérique soumis à une pression intérieure n
.G
ww
fi = 0 (4.1)
43
[Link]
[Link]
m/
44 4. Lois de comportement
et on cherche la solution ui (x, t), σij (x, t) qm doit vérifier l’équation du mouve-
.co
ment (3.28)
∂ 2 ui ∂σij
ρ0 2
= + fi (4.5)
∂t ∂xj
avec (4.1), les conditions aux limites (4.2) et (4.3), et les conditions initiales (4.4).
Ce problème correspond par exemple à l’étude de la mise en charge brutale du
r ie
réservoir. Moyennant une modification des conditions initiales (4.4), il correspond
aussi à l’étude des vibrations du réservoir, si l’on impose une pression p(t) sinusoïdale
lge
2. problème statique : la pression p est constante c’est la pression en service du réser-
voir. On recherche alros une solution statique, c’est-à-dire indépendante du temps
ui (x), σij (x) vérifiant les équations d’équilibre
∂σij
+ fi = 0 (4.7)
∂xj
CA
avec (4.1) et les CI (conditions aux limites) (4.2) et (4.3). Le temps a disparu, et les
conditions initiales n’ont plus lieu d’être.
3. Problème quasi-statique : On suppose comme en a) que la pression t varie au cours
du temps, p(t), mais on fait l’hypothèse quasi-statique : les évolutions sont suffi-
samment lentes pour que, dans l’équation du mouvement (4.5), on puisse négliger le
.G
terme d’accélération et donc la remplacer par l’équation d’équilibre (4.7). En d’autres
termes, la sollicitation dépend du temps, mais on résoud à chaque instant un pro-
blème statique. Cette hypothèse est tout à fait essentielle en mécanique des solides,
car elle permet de ramener à des problèmes statiques les problèmes réels qui, eux,
dépendent toujours du temps. L’essentiel de ce cours sera désormais limité au cas
ww
où cette hypothèse est valable, l’étude des problèmes réellement dynamiques (chocs,
vibrations) étant renvoyée au cours de Mécanique des Vibrations.
lides, la seule force de volume est la pesanteur, et nous la négligerons, d’où (4.1). La
surface latérale Sℓ est libre de contraintes
[Link]
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m/
4.1. Problèmes de mécanique des solides 45
Sur les extrémités S0 (x3 = 0) et Sℓ (x3 = h), la condition exprimant la rigidité des
.co
plateaux porte sur le déplacement vertical
x3 = 0 : u3 = 0
(4.9)
x3 = h : u3 = −U (t)
mais les autres conditions aux limites dépendent des conditions de contact entre les pla-
teaux et le lopin.
r ie
S’il n’y a pas de frottement, c’est-à-dire si le contact est parfaitement lubrifié, alors la
force de contact, qui est donnée par exemple, en x3 = h, par
#»
n = (0, 0, +1) ,
#» T = (σ13 , σ23 , σ33 ) (4.10)
lge
doit être normale à la surface de contact. Les conditions (4.9) doivent être complétées par
les conditions σ13 = σ23 = 0
x3 = 0 : u3 = 0, σ13 = σ23 = 0
(4.11)
x3 = h : u3 = −U (t), σ13 = σ23 = 0
S’il n’y a pas de glissement, c’est-à-dire s’il y a adhérence complète entre le lopin et le
CA
plateau, alors il faut compléter (4.9) par les conditions cinématiques d’adhérence u1 =
u2 = 0
x3 = 0 : u1 = u2 = u3 = 0
(4.12)
x3 = h : u1 = u2 = 0, u3 = −U (t)
.G
Dans le cas réel, il y a frottement entre le plateau et le lopin, et il faut compléter (4.9)
par la condition exprimant la loi de frottement. Nous adoptons la loi de frottement de
Coulomb, avec un coefficient de frottement f ,
#» #»
V =0 si | T | < f N
ww
#» #» #» (4.13)
V = λ T si | T | = f N, λ > 0
/w
On obtient alors
s:/
∂u1 ∂u2
x3 = 0 : u3 = 0, = λσ13 , = λσ23 ,
∂t ∂t
q q
λ > 0, 2 + σ 2 > 0,
−f σ33 − σ13 23 λ −f σ 33 − σ 2 + σ2
13 23 = 0 (4.15)
∂u1
ttp
x3 = h : u3 = −U (t), = −λσ13 , . . .
∂t
Le problème de l’écrasement d’un lopin consiste donc à trouver ui (x, t), σij (x, t), véri-
fiant à chaque instant les équations d’équilibre (4.7) avec fi = 0, et les conditions aux
[Link]
[Link]
m/
46 4. Lois de comportement
limites (4.8) et (4.11), (4.12) ou (4.13), suivant la nature du problème et suivant la préci-
.co
sion des résultats cherchés : le problème (4.15) est certainement plus proche de la réalité
que les problèmes (4.11) ou (4.12), mais les problèmes (4.11) et (4.12) sont beaucoup plus
simples, et peuvent constituer une approximation suffisante pour nos besoins.
De même, si le frottement est important, le problème (4.12) est certainement plus
proche de la réalité que le problème (4.11). Néanmoins, le problème (4.11), qui, comme
on le verra, se résoud très simplement, peut être un approxmation suffisante, par exemple
r ie
pour le calcul de la force F à appliquer sur la presse et qui sera donnée par
ZZ ZZ
F (t) = − σ33 dx1 dx2 = − σ33 dx1 dx2 (4.16)
S0 Sℓ
lge
notant ρ0 = ρ, la masse volumique du solide, et g, l’accélération
de la pesanteur, on a donc
f1 = f2 = 0, f3 = −ρg (4.17)
La surface latérale Sℓ et l’extrémité S1 (x3 = h) sont libres de
contraintes
CA
sur Sℓ : σij nj = 0
(4.18)
x3 = h : σ13 = σ23 = σ33 = 0
Sur l’extrémité S0 (x3 = 0), les conditions aux limites dépendent, comme dans le cas
précédent, des conditions de contact : dans le cas de non frottement on a
x3 = 0 : u3 = 0 σ13 = σ23 = 0 (4.19)
.G
En toute rigueur, il aurait aussi fallu envisager cette possibilité dans l’exemple précédent,
mais elle était peu plausible physiquement.
On pourrait également envisager d’autres types de conditions aux limites sur S0 .
[Link]
[Link]
m/
4.1. Problèmes de mécanique des solides 47
.co
l’intermédiaire d’un ballon de baudruche contenant un gaz à la
pression p. Les efforts exercés sur le solide par le ballon se ramènent
alors à une pression hydrostatique
r ie
d’équilibre, les efforts exercés sur le bloc à travers S0 doivent équilibrer les autres efforts
appliqués, en l’occurence, le poids du bloc. On obtient donc la condition suivante
ZZ
− σ33 dx1 dx2 = ρgSh (4.26)
S0
lge
valable quelles que soient les conditions aux limites sur S0 . Avec les conditions (4.25), on
en déduit la valeur de p
p = ρgh (4.27)
De manière générale, dans un problème réel, l’écriture des conditions aux limites est une
étape tout à fait essentielle, car d’une part ces conditions comprennent l’essentiel de la
CA
physique du problème, d’autre part elles conditionnent la facilité —voire la possibilité—
de la résolution du problème mathématique obtenu. Il faudra souvent faire un compro-
mis entre la précision de la description physique et la facilité de résolution du problème
mathématique.
.G
4.1.3 Lois de comportement
Pour résoudre un problème de mécanique des solides, il faut donc résoudre un système
d’équations aux dérivées partielles. Pour l’instant, nous avons trois équations scalaires —les
équations du mouvement (4.5) ou les équations d’équilibre (4.7), suivant que l’en considère
ww
de pâte à modeler... sous la seule réserve que les hypothèses fondamentales soient vérifiées
(théorie du premier gradient, petites déformations).
De manière générale, la loi de comportement se présente comme une relation entre le
tenseur des contraintes et le tenseur des déformations. Cette relation peut être de nature
très diverse —nous en verrons quelques exemples en 4.2— mais elle sera en général de
nature fonctionnelle. À quelques cas singuliers près, nous pouvons admettre qu’elle donne
s:/
s=0 s=0
[Link]
[Link]
m/
48 4. Lois de comportement
.co
L’exemple le plus simple est l’essai de compression simple, qui correspond à l’exemple 2
du paragraphe 4.1.2. Si l’on cherche un état de contrainte et de déformation homogène
alors la condition aux limites (4.8) sur la surface latérale montre que toutes les compo-
r ie
santes de σij (t) sont nulles, sauf σ33 —en effet, sur Sl n3 = 0 tandis que n1 et n2 sont
quelconques— et (4.16) donne σ33 (t) = −F (t)/S
0 0 0
σ(t) = 0 0 0 (4.30)
0 0 −F (t)/S
lge
La loi de conportement (4.28) donne alors ε(t) en fonction de F (t). On obtient alors la
forme générale de déplacement par (3.61)
u1 = ε11 x1 + ε12 x2 + ε13 x3 + ω2 x3 − ω3 x2 + c1
u = ε x +ε x +ε x +ω x −ω x +c (4.31)
2 12 1 22 2 23 3 3 1 1 3
u = ε x + ε x + ε x +ω x − ω x +c
2
CA
3 13 1 23 2 33 3 1 2 2 1 3
c3 = 0, ω1 = −ε23 , ω2 = ε13
.G
et il vient
La solution définie par (4.30), à savoir (4.33), est solution du problème associé au cas
/w
sans frottement défini par les conditions aux limites (4.11). Ainsi, pour réaliser un essai
de compression simple, on écrase un lopin en lubrifiant le contact, pour s’approcher au
maximum des conditions de non frottement, et en imposant, par exemple, une force F (t)
—essai à force imposée—, la mesure des déplacements donne alors ε(t) et permet donc de
déterminer la loi de comportement pour un tenseur σ de la forme (4.30).
s:/
Si le matériau est isotrope —notion que nous préciserons plus tard— alors un tenseur
σ(t) de la forme (4.30) produit une déformation de la forme
εT (t) 0 0
ǫ(t) = 0 εT (t) 0 (4.34)
ttp
0 0 −U (t)/h
[Link]
[Link]
m/
4.1. Problèmes de mécanique des solides 49
.co
L’essai de compression simple est le prototype des essais homogènes. L’idée de base est
de réaliser un état de contrainte et de déformation homogène qui peut alors être déterminé
par des mesures globales d’efforts et de déformation. Pour les métaux et la plupart des
solides, l’essai de base est l’essai de traction où un barreau cylindrique de longueur ℓ et de
section S est soumis à une force longitudinale F . L’état de contrainte et de déformation a
la même forme (4.30), (4.34) que pour l’essai de compression.
r ie
On mesure
– la force de traction F (t)
– l’allongement longitudinal εℓ = ∆ℓ(t)/ℓ
– l’allongement
transfersal
(t)
εT
F (t)/S 0 0 ∆l(t)/l 0 0
lge
σ= 0 0 0 ε = 0 εT (t) 0 (4.35)
0 0 0 0 0 εT (t)
Les conditions aux limites (4.11) de non frottement sont pratique-
ment irréalisables, mais on constate expérimentalement que si l’éprou-
vette est assez longue, alors les résultats de l’essai ne dépendent pra-
tiquement pas de la manière dont est appliquée la force F , c’est-à-dire
CA
des conditions aux limites précises sur S0 et Sℓ . C’est le principe de
Saint-Venant, sur lequel nous reviendrons au chapitre 7.
L’essai de traction est le plus simple à réaliser, mais il ne permet d’obtenir la loi de
comportement que pour un tenseur des contraintes de traction ou compression simple.
Cela suffit pour déterminer complètement certaines lois de comportement même s’il est
souvent nécessaire de réaliser des états de contrainte plus complexes. Le choix est alors
.G
On mesure
– l’allongement longitudinal ∆ℓ(t)/ℓ
– l’allongement transversal εT (t)
– la rotation relative ∆θ(t) des deux sections extrémités.
Pourvu que le le tube soit suffisament mince, l’état de contrainte et de
déformation est donné dans le repère local ( #» e r , #» e z ) associé aux
e θ , #»
coordonnées cylindriques par
/w
0 0 0 εT 0 0
2M
σ = 0 0 ε=0 D ∆θ (4.36)
πD 2 e εT 4ℓ
2M F
0 πD 2 e πDe 0 D ∆θ
4ℓ
∆ℓ
ℓ
∆h/h 0 0 P/S 0 0
ε= 0 0 0 σ= 0 0 (4.37)
σT
0 0 0 0 0 σT
[Link]
[Link]
m/
50 4. Lois de comportement
.co
triaxiale que l’on soumet à une pression p et on superpose une force longitudinale P .
On réalise ainsi un état de contrainte et de déformation de révolution (paragraphe 2.1.3)
εL 0 0 p + P/S 0 0
ε = 0 εT 0 σ= 0 p 0 (4.38)
0 0 εT 0 0 p
r ie
Tous ces essais homogènes présentent l’avantage de pouvoir s’in-
terpréter directement en termes de loi de comportement. Mis à part
l’essai de traction, ils présentent cependant l’inconvénient d’être as-
sez fins, nécessitant de grandes précautions pour obtenir des résultats
significatifs. Dans la pratique courante, on utilise souvent des essais
lge
non homogènes, souvent issus de la tradition (essai pénétrornétrique en
Mécanique des Sols, essai de dureté ou de résilience pour les métaux)
qui permettent d’obtenir simplement des caractéristiques globales du
comportement. Malheureusement, ces essais ne fournissent sur les lois
de comportement que des informations qualitatives, que l’on ne peut
pas utiliser directement.
CA
4.2 Comportement des solides
4.2.1 Diversité des comportements
Le but de ce paragraphe est double : d’une part, nous allons décrire quelques-uns des
.G
comportements types ; d’autre part, nous allons introduire la terminologie utilisée pour
caractériser ces comportements.
Pour les métaux à température ambiante, le comportement est convenablement décrit
par la courbe de traction, résultat de l’essai de traction. On fait croître la force F et on
mesure l’allongement longitudinal εL .
ww
/w
[Link]
[Link]
m/
4.2. Comportement des solides 51
.co
effet d’élargir la région élastique. C’est le phénomène d’écrouïssage.
Le point B correspond à l’apparition de la striction —instabilité géométrique qui
conduit à la localisation de la déformation. La contrainte σ diminue alors jusqu’à rup-
ture. En fait, il s’agit de la contrainte apparente, c’est-à-dire ramenée à la surface initiale
et la contrainte vraie ramenée à la surface réelle de la striction, elle, continue à augmenter.
De toute façon, la déformation n’est plus homogène, et cette portion de courbe ne décrit
r ie
pas directement le comportement. Qui plus est, l’hypothèse des petites déformations n’est
plus vérifiée.
lge
CA
En compression simple, on obtient en général un comportement symétrique OA′ B ′
(mais sans striction). Pour certains matériaux fragiles (béton, fonte, roches, etc.), cepen-
dant, on obtient en compression simple un comportement ductile, comme celui que nous
avons décrit, et en traction simple, un comportement fragile conduisant à rupture très
.G
rapide. Pour les métaux, on observe souvent l’effet Bauschinger : après une précharge
OAa en traction, l’écrouissage qui se traduit par une augmentation du seuil en traction,
entraîne également une diminution du seuil en compression, alors qu’au départ les deux
étaient approximativement égaux.
La courbe de traction permet également de décrire le comportement d’autres maté-
ww
e
lâch
so l
caoutchouc sols
s:/
Pour des matériaux comme les matières plastiques ou les métaux à haute température,
la courbe de traction perd toute signification car elle dépend de manière cruciale de la
vitesse de déformation. On caractérise alors le comportement par des essais de fluage et
de relaxation.
ttp
[Link]
[Link]
m/
52 4. Lois de comportement
.co
r ie
matériau de type fluide solide
lge
la contrainte s’accompagne d’une déformation instantanée, puis la déformation se poursuit,
puis se stabilise, soit vers une constante, soit vers un état de fluage stationnaire à vitesse
de déformation constante.
Si à un l’instant t0 on relache la contrainte, alors la déformation de décompose en trois
port parties :
– une déformation instantanée (recouvrance instantanée),
CA
– une déformation obtenue progressivement (recouvrance différée),
– une déformation résiduelle qui subsiste,
cette dernière pouvant disparaître pour un matériau de type solide.
L’essai de relaxation consiste à appliquer une déformation constante, et à observer la
contrainte nécessaire
.G
ww
Fluide Solide
Si l’on pousse plus loin l’essai de fluage, on voit apparaître après le fluage primaire
(régime transitoire) et le fluage secondaire (régime stabilisé) une zone de fluage tertiaire
/w
1. fluage primaire
2. fluage secondaire
s:/
3. fluage tertiaire
ttp
[Link]
[Link]
m/
4.2. Comportement des solides 53
.co
plastique.
r ie
Ils s’obtiennent par combinaison de trois modèles élémentaires
– le ressort, modèle de comportement élastique
σ = Eε (4.39)
lge
– le patin, modèle de comportement plastique
ε̇ = 0 si |σ| < σ0
CA
(4.40)
ε̇ > 0 si |σ| = σ0
ε̇ < 0 si |σ| = −σ0
σ = η ε̇ (4.41)
ww
Les modèles rhéologiques s’obtiennent par montage en parallèle (les contraintes s’addi-
tionnent, les deformations sont les mêmes) ou en série (les déformations s’additionnent,
les contraintes sont les mêmes).
Le comportement viscoélastique peut être représenté par une combinaison de ressorts
et d’amortisseurs.
– par montage en série d’un ressort et d’un amortisseur, on obtient le modèle de
Maxwell :
/w
(
σ = Eε1 = η ε̇2
(4.42)
ε = ε1 + ε2
ou en éliminant ε1 et ε2
s:/
σ̇ σ
ε̇ = + (4.43)
E η
[Link]
[Link]
m/
54 4. Lois de comportement
.co
(
σ = Eε1 = η2 ε̇2 = E3 ε3 + η3 ε̇3
(4.44)
ε = ε1 + ε2 + ε3
r ie
σ = Eε + η ε̇ (4.45)
lge
En éliminant ε1 , ε2 et ε3 , il vient
E3 1 E3 1 1 E3
ε̈ + ε̇ = σ̈ + + + σ̇ + σ (4.46)
η3 E1 η3 E1 η2 η3 η2 η3
forme différentielle de la loi de comportement. En particulier, on obtient en fluage
une courbe qui représente qualitativement le comportement de certaines matières
plastiques.
CA
Et ainsi de suite.
Les comportements élasto-plastiques s’obtiennent par combinaison de ressorts et de
patins.
– par montage en série d’un ressort et d’un patin, on obtient un modèle élasto-plastique
.G
sans écrouissage
ww
Enfin, on peut obtenir des comportements viscoplastiques par des combinaisons des trois
éléments de base. Par exemple, le modèle de Bingham permet de décrire le comportement
du goudron et de certaines pâtes.
s:/
aussi courants que l’acier, de nombreux aspects du comportement restent mal connus et
il est impossible de construire un modèle représentant le comportement d’un matérjau
donné en toutes circonstances. Dans chaque problème, il convient de choisir le modèle le
plus simple conduisant à des résultats satisfaisants pour l’utilisation qu’on veut en faire.
[Link]
[Link]
m/
4.2. Comportement des solides 55
Dans certains cas, en particulier si l’on recherche une grande fiabilité, il conviendra de
.co
faire le calcul avec une loi de comportement très sophistiquée, prenant en compte tous
les risques de ruine possibles, ces calculs étant rendus possibles par les développements
de l’informatique. Dans d’autres cas, par contre, on pourra se satisfaire d’approximations
plus grossières et c’est la raison d’être des modèles élémentaires qui feront l’objet de la
suite de ce cours.
r ie
lge
CA
.G
ww
/w
s:/
ttp
[Link]
[Link]
m/
.co
r ie
lge
CA
.G
ww
/w
s:/
ttp
[Link]
[Link]
m/
.co
Chapitre 5
r ie
Élasticité linéaire
lge
5.1 Description du comportement élastique
Le modèle de comportement le plus simple est le modèle élastique. Pour des matériaux
ayant un comportement élastoplastique ou viscoplastique, ce modèle convient parfaite-
ment, pourvu que l’on ne dépasse pas le seuil de plasticité. Pour des matériaux ayant
un comportement de type viscoélastique, la transformation de Laplace permet de se ra-
CA
mener à un comportement élastique. Même pour des matériaux ayant un comportement
plus complexe, un calcul élastique peut fournir des résultats intéressants, par exemple
pour le calcul des fondations en Mécanique des Sols. Enfin, la résolution numérique d’un
problème de Mécanique des Solides, avec une loi de comportement quelconque, s’effectue
presque toujours par résolution d’une suite de problèmes élastiques. Il est donc naturel,
dans un cours de Mécanique des Solides, de réserver une place importante à ce modèle de
.G
comportement.
Nous ferons de plus sur ces applications les deux hypothèses suivantes
Hypothèse thermodynamique — le tenseur d’élasticité est symétrique
57
[Link]
[Link]
m/
58 5. Élasticité linéaire
La première hypothèse est à peu près invérifiable, mais elle conduit à une théorie bien
.co
plus agréable et satisfaisante. La seconde a une signification tout à fait claire, que nous
verrons plus loin. Compte-tenu des relations de symétrie (5.2) et (5.3), on constate que le
tenseur d’élasticité fait apparaître 21 coefficients. On peut le représenter par une matrice
6 × 6 symétrique
σ11 C11 C11 C13 C14 C15 C16 ε11
r ie
σ22 C12 C22 C23 C24 C25 C26
ε22
σ C C23 C33 C34 C35
C36
33 13 ε33
= (5.5)
σ23 C14 C24 C34 C44 C45 C46 ε23
σ31 C15 C25 C35 C45 C55 C56 ε31
σ12 C16 C26 C36 C46 C56 C66 ε12
lge
On peut aussi obtenir le comportement élastique par une approche thermodynamique :
un matériau élastique est un matériau sans dissipation, c’est-à-dire un matériau dans
lequel toutes les évolutions sont réversibles. En se plaçant d’un point de vue purement
mécanique 1 , l’équation (1.59) donne, puisque la dissipation ϕ est nulle, la relation
du dεij
ρ = σij (en petites déformations, Dij = dεij / dt) (5.6)
dt dt
CA
Ceci incite à prendre l’énergie interne u fonction des déformations
ρu = w ε (5.7)
1
w (εij ) = w0 + ij + Aijkh εij εkh
ε
aij (5.9)
2
où aij est symétrique et où Aijkh vérifie les conditions de symétrie (5.2) et (5.3) qui, dans
cette approche, sont automatiquement vérifiées. En reportant dans (5.8) il vient
contrainte. On obtient donc (5.1), mais avec cette approche l’hypothèse thermodyna-
mique (5.3) est automatiquement vérifiée, alors que l’hypothèse de stabilité (5.4) exprime
le fait que l’énergie interne du matériau atteint son minimum dans l’état de référence :
c’est donc bien une hypothèse de stabilité. Autrement dit, il faut fournir un travail positif
pour déformer le matériau à partir de son
état naturel.
s:/
∗
Nous introduisons également w σ , transformée de Legendre de w
∗
w σ = σij εij − w ε (5.10)
∂ w∗
εij = (5.11)
∂σij
1. Le chapitre 11 tiendra compte des variables thermiques.
[Link]
[Link]
m/
5.1. Description du comportement élastique 59
.co
sous la forme
1 ∗ 1
w = Aijkh εij εkh = w = Λijkh σij σkh
2 2
∂w
σij = Aijkh εkh (5.12)
∂εij
∂ w∗
r ie
εij = = Λijkh σkh
∂σij
lge
restreindre ce nombre en utilisant les symétries du matériau, c’est-à-dire les propriétés
d’isotropie ou d’anisotropie. Lors d’un changement de repère, les matrices σij et εij re-
présentatives des tenseurs des contraintes et de déformations se transforment par (2.7)
et (3.12). Les tenseurs d’élasticité A et Λ se transforment donc par
A′ijkh = Qim Qjn Qkp Qhq Amnpq (5.13)
CA
Les composantes Aijkh du tenseur d’élasticité, ou la matrice d’élasticité (5.5), dépendent
donc du repère choisi. Les propriétés de symétrie matérielle caractérisent les transforma-
tions qui laissent invariantes ces composantes.
On dira qu’un matériau est isotrope si toutes ses directions sont équivalentes, c’est-à-
dire si la matrice d’élasticité (5.5) est indépendante du repère choisi. On doit donc avoir,
.G
pour tout Aij orthogonal :
Aijkh = Qim Qjn Qkp Qkq Amnpq (5.14)
Si, au contraire, il existe des directions privilégiées, le matériau sera dit anisotrope et la
matrice d’élasticité dépendra du repère choisi. Il conviendra de choisir au mieux ce repère.
ww
mode de formation :
anisotropie de structure :
– monicristaux métalliques pour lesquels le groupe d’isotropie est alors le groupe
cristallographique. Pour les matériaux métalliques polycristallins, habituellement
considérés comme isotropes, cette isotropie est de nature statistique ; le polycristal
s:/
[Link]
[Link]
m/
60 5. Élasticité linéaire
– produits métalliques semi-finis obtenus par forgeage : tôles minces obtenues par la-
.co
minage et qui présentent trois directions privilégiées (direction de laminage, direc-
tion transversale et épaisseur), barres obtenues par filage et qui ont une direction
privilégiée.
– roches ou sols de nature sédimentaire ou qu’ils ont subi d’importants tassements
géologiques.
On voit donc que les manifestations de l’anisotropie sont variées. Nous avons présenté le
r ie
concept dans le cadre de l’élasticité linéaire mais le problème se pose pour tout compor-
tement. Il s’agit néanmoins d’une question difficile et encore imparfaitement comprise.
lge
le nombre des coefficients d’élasticité. Nous allons envisager quelques cas particuliers cor-
respondant aux types d’anisotropie que l’on rencontre le plus fréquemment en mécanique.
Orthotropie
Il existe trois directions privilégiées mutuellement orthogona1es et le groupe d’isotropie
CA
est formé des symétries laissant invariantes chacune de ces trois directions (non orientées),
c’est-à-dire des symétries par rapport aux axes correspondants. Si nous choisissons le
repère formé par ces trois directions, alors le groupe d’isotropie G est formé des quatre
matrices :
1 0 0 1 0 0 −1 0 0 −1 0 0
0 1 0 ; 0 0 ; 0 1 0 ; 0 −1 0 (5.15)
−1
.G
0 0 1 0 0 −1 0 0 −1 0 0 1
En écrivant (5.14) pour ces matrices, on obtient directement la nullité des coefficients
A1112 , A1113 , A1123 , A1213 , etc., et la matrice d’élasticité a la forme suivante :
ww
σ11 A1 B12 B13 0 0 0 ε11
22 12 A1 B23 0 0 0 ε22
σ B
σ B
33 13 B23 A1 0 0 0
ε33
= (5.16)
σ23 0 0 0 C4 0 0 ε23
σ31 0 0 0 0 C5 0 ε31
σ12 0 0 0 0 0 C6 ε12
Pour un matériau orthotrope, la matrice élastique ne fait plus intervenir que neuf coef-
/w
beaucoup plus difficilement les coefficients B12 , B13 , B23 . Quant aux coefficients C4 , C5 et
C6 , ils sont très difficiles à obtenir expérimentalement.
Physiquement, cette anisotropie s’applique par exemple aux tôles laminées ou aux
matériaux composites renforcés par deux ou trois systèmes de fibres dans des directions
perpendiculaires.
ttp
Symétrie cubique
C’est un cas particulier de la précédente ; il existe toujours trois directions privilégiées
mutuellement orthogonales, mais en plus, ces trois directions sont équivalentes. Physique-
[Link]
[Link]
m/
5.1. Description du comportement élastique 61
ment, cette anisotropie est celle d’un monocristal d’un matériau cubique ou cubique à face
.co
centrée. Aux matrices (5.15), il faut rajouter les quatre matrices suivantes :
0 1 0 0 0 1 1 0 0 0 1 0
1 0 0 ; 0 1 0 ; 0 0 1 ; 0 0 1 (5.17)
0 0 1 1 0 0 0 1 0 1 0 0
ainsi que celles qu’elles engendrent par produit entre elles et avec celles de (5.15). On
r ie
obtient alors :
σ11 A B B 0 0 0 ε11
σ B A B 0 0 0 ε
22 22
σ B B A 0 0 0 ε
33 33
= (5.18)
lge
σ23 0 0 0 C 0 0 ε23
σ31 0 0 0 0 C 0 ε31
σ12 0 0 0 0 0 C ε12
Isotropie transverse
.G
Le matériau a une direction privilégiée, et le groupe d’isotropie G est le groupe des transfor-
mations laissant invariante cette direction non orientée. Nous choisissons un repère ayant
l’axe x3 comme direction privilégiée. Le groupe G est alors formé :
– des rotations autour de x3 (d’angle quelconque) ;
ww
σ11 A B E 0 0 0 ε11
σ22 B A E 0 0 0 ε22
σ E E A 0 0 0
33 ε33
= (5.20)
σ23 0 0 0 C 0 0 ε23
σ31 0 0 0 0 C 0 ε31
s:/
σ12 0 0 0 0 0 A − B ε12
coefficient C peut s’obtenir par une expérience de torsion sur un tube minee parallèle à
l’axe privilégié (paragraphe 4.1.4). C’est le type d’anisotropie que l’on rencontre le plus
fréquemment : composites renforcés par fibres unidirectionnelles, composites stratifiés,
bois, barres obtenues par filage, roches et sols sédimentaires, etc.
[Link]
[Link]
m/
62 5. Élasticité linéaire
.co
5.2.1 Coéfficients d’élasticité
Pour un matériau isotrope, sans direction privilégiée, les composantes, du tenseur
d’élasticité doivent vérifier la relation (5.14) pour toute matrice orthogonale Qij . On vérifie
facilement que le tenseur :
r ie
Aijkh = λδij δkh + µ (δik δjh + δih δjk ) (5.21)
satisfait à cette condition. Réciproquement, on peut montrer que cette condition ne peut
être vérifiée que si le tenseur d’élasticité a la forme (5.21). En écrivant (5.1), on obtient la
loi de comportement :
lge
σij = λδij εkh + 2µεij (5.22)
ou en composantes
La matrice d’élasticité a la même forme que pour un matériau à symétrie cubique, avec
en plus la relation :
C =A−B (5.25)
C’est normal puisque l’isotropie est une restriction plus forte que la symétrie cubique.
En fait, on peut construire (5.21) ou (5.24) en remarquant que la relation (5.14), vraie
pour tout Qij orthogonal, doit l’être en particulier pour les Qij (5.15) et (5.17), ce qui
/w
donne (5.18). La relation (5.25) se démontre alors en prenant pour Qij une rotation quel-
conque, par exemple une rotation infinitésimale d’angle dθ autour de x1 .
Pour calculer les coefficients Aijkl de la loi de comportement inverse, nous prenons la
trace de (5.22) :
s:/
1 λ
εij = σij − σkk δij (5.27)
2µ 2µ (3λ + 2µ)
ttp
Ainsi, la loi élastique linéaire isotrope générale dépend de deux coefficients, les coefficients
de Lamé λ et µ. Pour dégager leur signification physique, et en particutier pour les mesurer,
envisageons quelques états de contraintes et de déformations particuliers.
[Link]
[Link]
m/
5.2. Élasticité linéaire isotrope 63
.co
σij = σδij , εij = εεij , σ = (3λ + 2µ) ε (5.28)
3K = 3λ + 2µ est le module de rigidité à la compression.
2. glissement simple (3.43). La loi de comportement (5.21) entraîne :
0 γ 0 0 µγ 0
r ie
= 0 0 0 ; σ = µγ 0 0 (5.29)
ui,j
0 0 0 0 0 0
L’état de contrainte est un cisaillement simple (2.21), G = µ est le module de rigidité
au cisaillement ou module de Coulomb.
3. traction simple (2.20) ou (4.35). D’après la loi de comportement (5.27), on a :
lge
σ 0 0 εL 0 0
σ = 0 0 0 ; ε = 0 εT 0 (5.30)
0 0 0 0 0 εT
avec :
λ+µ σ λ
εL = σ= et εT = − σ = −νεL (5.31)
µ (3λ + 2µ) ε
CA 2µ (3λ + 2µ)
où E, module d’Young, et ν, coefficient de Poisson, sont donnés par :
µ (3λ + 2µ) λ
E= et ν= (5.32)
λ+µ 2 (λ + µ)
Ainsi, on peut obtenir par un essai de traction le module d’Young et le coefficient de
.G
Poisson : le module d’Young est la pente de la courbe de traction (qui est rectiligne dans
le domaine élastique), et la mesure de la contraction transversale donne le coefficient de
Poisson. On peut ensuite à partir de E et ν calculer λ, µ et K par :
E νE E
ww
µ= ; λ= ; 3K = (5.33)
2 (1 + ν) (1 − 2ν) (1 + ν) 1 − 2ν
On peut également réécrire (5.27) avec E et ν, et il vient :
1+ν ν
εij = σij − σkk δij (5.34)
E E
ou en composantes :
1
/w
ε11 1 −ν −ν 0 0 0 σ11
ε
22
−ν
1 −ν 0 0 0 σ
22
ε
33 1
−ν −ν 1 0 0 0
σ33
= (5.36)
0 0 0 1+ν 0 0
ε23 E σ
23
ε31 0 0 0 0 1+ν 0 σ31
ε12 0 0 0 0 0 1 + ν σ12
ttp
[Link]
[Link]
m/
64 5. Élasticité linéaire
E (hbar) ν
.co
Acier 22 000 0,26 – 0,29
Aluminium 7 000 0,32 – 0,34
Cuivre 12 000 0,33 – 0,36
Titane 11 000 0,34
Verre 6 000 0,21 – 0,27
Caoutchouc 0,2 0,4999
r ie
5.2.2 Découplage déviateur et partie sphérique
La forme générale (5.21) du tenseur d’élasticité dans le cas isotrope présente quelques
propriétés remarquables.
Tout d’abord, elle vérifie automatiquement l’hypothèse thermodynamique (5.3). C’est
lge
une des raisons pour laquelle cette hypothèse n’a pas de support expérimental, car le cas
isotrope, le plus simple et le mieux connu, ne prouve rien.
Ensuite, on remarque, par exemple sur (5.22) ou (5.34), que les directions principales
des contraintes et des déformations coincident. C’est une propriété générale du compor-
tement élastique isotrope. La relation entre contraintes et déformations principales est
s’écrit d’après (5.23) et (5.35) :
CA
σ1 = (λ + 2µ) ε1 + λ (ε2 + ε3 ) (5.37)
σ1 ν
ε1 = − (σ2 + σ3 ) (5.38)
E E
Enfin, on remarque que la loi de comportement (5.22) ou (5.34) se découple en deux lois de
.G
comportement, portant la première sur les parties sphériques, la seconde sur les déviateurs
d’après (2.12) et (3.36) :
σ = 3Kε; sij = 2µeij (5.39)
Ce découplage entre partie sphérique et déviateur est spécifique du cas isotrope. En utili-
ww
∗ K 1 1
w=w= εkk εll + µeij eij = σkk σll + sij sij (5.40)
2 18K 4µ
Puisque déviateurs et parties sphériques sont indépendants, on voit qu’une condition né-
cessaire et suffisante pour que l’hypothèse de stabilité (5.4) soit vérifiée est :
s:/
La première condition est évidente, le tableau du paragraphe 5.2.1 montre que pratique-
ment :
1
0<ν6 (5.43)
2
[Link]
[Link]
m/
5.3. Critère de limite d’élasticité 65
Le cas ν = 1/2 est un cas limite, qui correspond aux matériaux incompressibles. Suppo-
.co
sons en effet que K soit très grand (par rapport à µ et aux contraintes appliquées). La
relation (5.39) montre alors que εkk , c’est-à-dire la variation de volume, est très petite,
le matériau est donc très peu compressible et il est raisonnahle de l’approcher par un
matériau incompréssible soumis à la liaison :
r ie
Mais, par cette approximation, on perd toute information sur la partie sphérique du tenseur
des contraintes, la loi de comportement devient donc :
lge
où p est une pression hydrostatique arbitraite, nouvelle fonction inconnue dans la réso-
lution d’un problème, et qui vient compenser l’équation de liaison supplémentaire (5.44).
Une autre manière de voir les choses est d’adopter l’approche thermodynamique du para-
graphe 5.1.1 et d’écrire à partir de (5.6) et (5.7) :
!
∂w dεij
σij − =0 (5.46)
∂εij dt
CA
qui doit être vérifié pour tout dεij / dt compatible avec la liaison (5.44). Il est nécessaire
d’introduire un multiplicateur de Lagrange 4p et il vient au lieu de (5.8) :
∂w
σij = − pδij (5.47)
.G
∂εij
en appelant σe , la limite élastique en traction simple, dont la valeur est également tirée
de l’essai de traction.
[Link]
[Link]
m/
66 5. Élasticité linéaire
.co
manière générale, peut s’écrire :
f σ <0 (5.49)
où f est une fonction réelle, la fonction seuil élastique, qui limite, dans l’espace des
contraintes, la région élastique dans laquelle doit rester le point représentatif des contraintes.
Cette fonction doit vérifier les symétries du matériau, et doit donc être telle que :
r ie
f (Qik Qil σkl ) = f (σij ) (5.50)
pour toute matrice Qij orthogonale. En particulier, pour un milieu isotrope, la fonction f
doit vérifier l’identité (5.50) pour toute matrice Qij orthogonale. On dit alors que la fonc-
tion f est isotrope, et on montre que f est uniquement fonction des invariants principaux
de σ, ou ce qui revient au même, fonction symétrique des contraintes principales :
lge
f σ = f (I1 , J2 , J3 ) = f (σ1 , σ2 , σ3 ) (5.51)
Plutôt que les invariants I1 , I2 et I3 de σ définis par 2.2, on préfère introduire I1 lié à la
partie sphérique de σ et les invariants J2 du déviateur de σ (2.16). En effet, ces variables
permettent d’obtenir directement la surface seuil dans l’espace des contraintes principales
(voir 2.2.2). En particulier, si J3 n’intervient pas dans f alors cette surface seuil est de
CA
révolution autour de l’axe hydrostatique.
Pour les métaux, on a montré expérimentalement qu’une pression hydrostatique, aussi
élevée soit-elle, ne produisait aucune déformation plastique. Nous pouvons donc supposer
que la partie sphérique du tenseur des contraintes n’intervient pas dans f :
f (J2 , J3 ) < 0 (5.52)
.G
Dans l’espace des contraintes principales, la surface seuil est un cylindre de génératrice
parallèle à l’axe hydrostatique.
Le seuil sera donc complètement défini par l’intersection de la surface seuil avec le plan
déviatoire (voir 2.2.2) ou plutôt, compte tenu des symétries, par cette intersection limitée
ww
Pour d’autres matériaux, en particulier pour les sols, la pression moyenne −σ = 13 σkk
intervient crutialement dans f . On suppose alors souvent que la contrainte principale
s:/
[Link]
[Link]
m/
5.3. Critère de limite d’élasticité 67
.co
Pour les métaux, ou plus généralement pour les matériaux dont le critère peut s’écrire
sous la forme (5.52), on utilise habituellement les critères de limite d’élasticité de von
Mises ou de Tresca. Le critère (5.52) peut s’écrire sous la forme :
−J2 < κ (J3 ) (5.54)
qui, d’après (2.29,2.30), définit l’équation polaire de la courbe seuil dans le plan déviatoire
r ie
Π. Le critère le plus simple s’obtient en écrivant que κ ne dépend pas de J3 , autrement
dit que le cylindre seuil est de révolution.
lge
Ce critère s’écrit :
1
−J2 = sij sij < κ (5.55)
2
où κ est une constante, caractéristique du matériau, que l’on peut relier à la limite élastique
en traction σe . En traction simple en effet, le critère (5.55) donne :
1
sij sij =
σ2
<κ
CA (5.56)
2 3
soit, par comparaison avec (5.48), κ = σe2 /3. Le critère de von Mises s’écrit donc :
1 σ2
sij sij < e (5.57)
2 3
.G
On peut en donner diverses interprétations physiques. Par exemple, la condition (5.40)
montre que l’énergie de déformation w se décompose en deux parties, une partie due à la
dilatation, et une partie due à la distorsion, ou déformation sans changement de volume.
D’après (5.40), le critère de von Mises exprime que l’énergie de distorsion ne doit pas
ww
9 3
(5.59)
d’après (2.16). Le critère de von Mises exprime donc que la
contrainte tangentielle octaédriquene ne doit pas dépasser un
certain seuil :
ttp
[Link]
[Link]
m/
68 5. Élasticité linéaire
Critère de Tresca
.co
Ce critère s’écrit :
#»
Tt = | T t < κ (5.61)
r ie
on peut écrire cette condition comme suit :
σ1 − σ3
supTt = < κ; σ1 > σ2 > σ3 (5.62)
2
et comme pour le critère de von Mises, on obtient la valeur de κ en identifiant (5.62)
lge
à (5.48) dans le cas de la traction simple. Il vient :
Le critère de Tresca est un critère du type (5.53), la courbe intrinsèque étant la droite
Tt = σe /2.
CA
.G
Les deux critères de von Mises et Tresca s’appliquent aux métaux. Ils conduisent à des
résultats légèrement différents. Par exemple, en cisaillement simple (2.21), limite élastique
ww
τe devient :
(
σe /2 pour Tresca
τe = √ (5.64)
σe / 3 pour von Mises
Dans l’espace des contraintes principales, la surface seuil est un cylindre à base circulaire
pour von Mises, hexagonale pour Tresca.
/w
s:/
ttp
La figure ci-dessus montre l’intersection de ces cylindres avec le plan déviatoire Π et avec
le plan σ3 = 0, description qui conviendra pour les états de contraintes planes. Pratique-
ment, ils conduisent à des résultats suffisamment voisins pour que, dans les applications
courantes, on puisse utiliser indifféremment l’un ou l’autre. On utilisera donc le critère de
[Link]
[Link]
m/
5.3. Critère de limite d’élasticité 69
von Mises lorsque l’on connaîtra le tenseur des contraintes par ses composantes, puisque
.co
ce critère s’exprime alors par la relation :
Ce critère se prête donc bien aux calculs analytiques ou numériques. On utilisera le critère
de Tresca (5.63) lorsque l’on connaîtra a priori les directions principales du tenseur des
contraintes ; il conduira alors à des calculs plus simples que le critère de von Mises.
r ie
lge
CA
.G
ww
/w
s:/
ttp
[Link]
[Link]
m/
.co
r ie
lge
CA
.G
ww
/w
s:/
ttp
[Link]
[Link]
m/
.co
Chapitre 6
r ie
Élasticité classique
lge
6.1 Équations de l’élasticité
6.1.1 Problèmes reguliers
Pour résoudre un problème d’élasticité, il faut trouver un champ de déplacements
ui (x, t) et un champ de contraintes σij (x, t) vérifiant les équations du mouvement ou
d’équilibre suivant que l’on s’intéresse au problème dynamique ou quasi-statique :
CA
∂ 2 ui
σij,j + fi = ρ ou 0 (6.1)
∂t2
et la loi de comportement :
.G
σij = Aijkl εkl (6.2)
On obtient donc un système de neuf équations à neuf inconnues et le problème sera « bien
posé » et admettra une solution unique pourvu qu’on lui rajoute des conditions aux limites
et éventuellement des conditions initiales adéquates. Les conditions initiales donnent la
position et la vitesse du milieu à l’instant 0 :
∂ui
ui (x, 0) = u0i (x) et (x, 0) = Vi0 (x) (6.4)
/w
∂t
Les différents types de conditions aux limites que l’on peut rencontrer ont été discutées
au paragraphe 4.1.2. On définit classiquement :
Problème de type I — les déplacements sont donnés à la frontière :
ui|∂Ω = udi
s:/
(6.5)
Problème de type II — les efforts appliqués au solide sur la frontière sont donnés :
Par exemple, le réservoir sphérique au paragraphe 4.1.1 ou le bloc pesant du paragraphe 4.1.2
avec la condition aux limites (4.25).
Plus généralement, on a affaire à un problème mixte pour lequel sur chaque partie de
∂Ω on donne :
71
[Link]
[Link]
m/
72 6. Élasticité classique
.co
– les déplacements, exemple (4.12) ;
– certaines composantes du déplacement et les composantes complémentaires de l’ef-
fort, exemple (4.11).
Un exemple type de problème mixte est celui où l’on se donne les déplacements sur
une partie de la surface et les efforts sur la partie complémentaire :
r ie
,
f
avec ∂Ω = Su + Sf . C’est par exemple le cas pour les deux problèmes du paragraphe 4.1.2
avec condition d’adhérence, mais pour ces mêmes problèmes avec conditions de non frot-
tement, les conditions aux limites sur les bases donnent la composante du déplacement
sur x3 et les composantes de l’effort sur x1 , x2 . De manière générale, nous introduisons
lge
la classe des problèmes réguliers, problèmes pour lesquels en tout point de la frontière ∂Ω
sont données trois composantes complémentaires de l’effort Ti = σij nj ou du déplacement
ui . Pour qu’un problème soit régulier, il faut que l’intégrale représentant le travail des
efforts de contact puisse se décomposer en deux termes :
ZZ
σij nj ui dS = Tfd (ui ) + Tud (σij ) (6.8)
∂Ω
CA
Le premier terme Tfd représente le travail des efforts donnés dans le déplacement (inconnu)
et le second, le travail des efforts de contact (inconnus) dans les déplacements donnés. Pour
le problème mixte (6.7), on a simplement 1 :
ZZ ZZ ZZ
σij nj ui dS = σij nj udi dS + Tid ui dS (6.9)
.G
∂Ω Su ∂Ω
| {z } | {z }
Tud (σij ) Tfd (ui )
Pour les autres problèmes réguliers, cette décomposition est plus longue à écrire. Par
exemple, pour le problème du bloc pesant avec condition de non frottement (6.19), on a :
ww
ZZ ZZ ZZ
σij nj ui dS = Tid ui dS − d
σ13 d
ui + σ23 u2 + σ33 ud3 dS (6.10)
∂Ω Sl +S1 S0 | {z }
| {z }
Tud (σij )
Tfd (ui )
Pour ce problème particulier, chacun des termes est nul d’après (4.18) et (4.19), mais
peu importe, l’essentiel est d’examiner ce qui est donné par les conditions aux limites
/w
et de vérifier que l’on peut effectuer la décomposition (6.8) sans ambiguïté. En particu-
lier, il en résulte que, pour le problème homogène associé, c’est-à-dire pour le problème
correspondant à toutes les données nulles, on a automatiquement :
ZZ
σij nj ui dS = 0 (6.11)
s:/
∂Ω
tamment des théorèmes d’existence et d’unicité – un problème régulier est bien posé – et
les théorèmes de l’énergie qui feront l’objet d’un chapitre.
1. Les problèmes de type I et II sont des cas particuliers du problème mixte (6.7).
[Link]
[Link]
m/
6.1. Équations de l’élasticité 73
Il existe des problèmes non réguliers, comme par exemple les problèmes de frottement
.co
ou les problèmes unilatéraux. Dans les deux cas, il s’agit de conditions aux limites non
linéaires qui rendent le problème non linéaire et par conséquent, beaucoup plus difficile
à résoudre. Les liaisons élastiques donnent un exemple de problème linéaire non régulier.
Nous rencontrerons aussi des problèmes non réguliers par manque de données mais il s’agit
alors d’une non régularité superficielle qui ne nous gênera guère.
r ie
6.1.2 Theorème d’unicité en dynamique
Comme nous l’avons affirmé plus haut, un problème régulier est bien posé, autrement
dit, il admet une solution unique. À titre d’exemple, nous allons démontrer le théorème
d’unicité dans le cas dynamique. Nous partons donc d’un problème dynamique régulier.
Pour fixer les notations, nous prendrons des conditions aux limites mixtes de type (6.7)
lge
mais la démonstration est valable, à des difficultés de notations près, pour tout problème
régulier. Nous cherchons donc ui (x, t), σij (x, t), εij (x, t), solutions du problème suivant :
∂ 2 ui
ρ = σij,j + fi
∂t2
σij = Aijkl εkh
1
εij = (ui,j + uj,i )
CA (6.12)
2
c
u i (x, 0) = u i (x) Vi (x, 0) = Vic (x)
d
ui|Su = ui σij nj Sf = Tid
Au paragraphe 1.2.1, nous avons démontré le théorème de l’énergie cinétique (1.29) mais
.G
en élasticité, il vient, d’après (5.6) et (5.8) :
dεij dw
σij Dij = σij = (6.13)
dt dt
ww
La signification de (6.14) est claire : la dérivée par rapport au temps de l’énergie totale
(cinétique + de déformation) du solide est égale à la puissance des efforts extérieurs.
Supposons maintenant que notre problème (6.12) admette deux solutions correspon-
0 0 d d
dant aux mêmes données fi , ui , Vi , ui , Ti . La différence de ces deux solutions :
s:/
∂ ūdi
ZZ ZZ ZZ
∂ ūi ∂ ūi
f¯i dv + σ¯ij nj dS + T̄id dS = 0 (6.18)
Ω ∂t Su ∂t Sf ∂t
[Link]
[Link]
m/
74 6. Élasticité classique
est nul d’après (6.17) puisque f¯i , T̄id et ūdi et donc ∂ ūdi /∂t sont nuls. On en déduit :
.co
d
K̄ + W̄ = 0, K̄ + W̄ = Cte = 0 (6.19)
dt
puisqu’à l’instant initial, d’après (6.17), il vient :
∂ ūi
ūi (x, 0) = (x, 0) = 0 (6.20)
r ie
∂t
Or l’énergie cinétique K, par définition, et l’énergie de déformation W d’après le postulat
de stabilité (4.4), sont définies positives, d’où il résulte que K̄ et W̄ restent nuls au cours
du temps. On a donc en tout point et à tout instant ∂ ūi /∂t = 0 d’où :
lge
(2) (1)
ūi (x, t) = 0, ui (x, t) = ui (x, t) (6.21)
Les deux solutions coïncident et le problème (6.12) a une solution unique. Nous démontre-
rons au chapitre 9 le théorème d’unicité peur le problème statique, mais provisoirement
nous l’admettrons. CA
6.1.3 Équations de Navier
Pour résoudre analytiquement un problème d’élasticité, on postule a priori une forme
particulière pour la solution puis on essaie de vérifier toutes les équations. Si on y parvient,
alors d’après le théorème d’unicité pour un problème régulier, c’est la solution du problème.
Il en résulte donc deux méthodes, suivant que l’on essaie un champ de déplacement ou un
.G
champ de contraintes.
Si l’on part du champ de déplacement ui on peut calculer le tenseur des déformations
par (6.3) et le tenseur des contraintes par la loi de comportement (6.2). Il ne reste donc
plus à vérifier que les équations du mouvement (6.1), les conditions aux limites de type
déplacement et de type effort et éventuellement les conditions initiales. Reporter (6.2)
ww
et (6.3) dans l’équation du mouvement (6.1) permet d’écrire l’équation qui doit être vérifiée
par le champ de déplacements ui (x, t) en dynamique ou ui (x) en statique :
∂ 2 uk ∂ 2 ui
Aijkh + fi = ρ 2 ou 0 (6.22)
∂xj ∂xh ∂t
instant le problème statique correspondant. Nous n’envisagerons plus désormais que le cas
statique.
Dans le cadre de l’élastictté linéaire isotrope —élasticité classique— l’équation (6.22)
devient d’après (5.23) :
[Link]
[Link]
m/
6.1. Équations de l’élasticité 75
ou de manière équivalente :
.co
#»
(λ + 2µ) grad div #»
u − µ rot rot #»
u+f =0 (6.25)
Ces équations sont appelées les équations de Navier. Elles traduisent les équations d’équi-
libre pour le champ des déplacements.
Ainsi la première méthode de résolution d’un problème d’élastostatique consiste à :
– postuler un champ de déplacements ;
r ie
– vérifier les équations de Navier (6.24) ou (6.25) ;
– vérifie, les conditions aux limites de type déplacement ;
– vérifier les conditions aux limites de type effort.
Pour postuler le champ de déplacements, on s’inspire habituellement des conditions aux
limites en déplacement et des symétries. On verra des exemples de cette méthode aux
lge
paragraphes 6.2.2 et 7.2.1.
Si on prend la divergence de l’équation (6.25), on obtient l’équation de la dilatation
#»
(λ + 2µ) ∆ (div #»
u ) + div f = 0 (6.26)
1+ν ν 1 − 2ν 1+ν 2ν
σij − σkk δij + σkk,ij − (σjk,ik + σik,jk ) + σkk,ij = 0
E E ,ll E E E
et en notation indicielle :
[Link]
[Link]
m/
76 6. Élasticité classique
.co
pour les contraintes. Si les forces de volume sont nulles, elles se simplifient :
1
σij,ll + σkk,ij = 0 (6.31)
1+ν
En particulier, elles seront automatiquement vérifiées si les contraintes sont des fonctions
linéaires des coordonnées.
La seconde méthode de résolution d’un problème élasto-statique consiste à :
r ie
– postuler un champ de contraintes ;
– vérifier les équations d’équilibre ;
– vérifier les équations de Beltrami ;
– vérifier les conditions aux limites de type effort ; puis, le cas échéant
– intégrer le champ de déplacements ;
lge
– vérifier les conditions aux limites de type déplacement.
On voit donc que cette méthode s’applique tout naturellement aux problèmes de type II
pour lesquels on peut sauter les deux dernières étapes. Nous en verrons des exemples aux
paragraphes 6.2.1, 7.2.2 et 7.3.1.
Nous considérons donc le problème du bloc pesant posé sur un ballon de baudruche
(paragraphe 4.1.3). On aura donc fi = −ρg et les conditions aux limites sont :
σij nj = 0 sur S2
ww
x =h: σ
3 13 =σ
23 33 =σ =0 (6.32)
x = 0 : σ = σ = 0, σ = −p
3 13 23 33
/w
C’est un problème régulier de type II et par conséquent, la solution sera donc unique :
ceci conduit à rechercher le champ de contraintes. Les trois équations d’équilibre s’écrivent :
s:/
σ11,1 + σ12,2 + σ13,3 = 0
σ12,1+σ 22,2+σ 23,3 =0 (6.33)
σ
13,1 + σ23,2 + σ33,3 = ρg
σ11 n1 + σ12 n2 = 0
σ n +σ n =0
21 1 22 2 (6.34)
σ n + σ n = 0
31 1 32 2
[Link]
[Link]
m/
6.2. Problèmes simples 77
L’examen de ces équations nous conduit à chercher le tenseur des contraintes sous la
.co
forme :
0 0 0
(6.35)
σ = 0 0 0
0 0 σ33 (x)
qui vérifie automatiquement :
– les conditions aux 1imites (6.34) sur Sl ;
r ie
– les conditions aux aimites portant sur σ13 et σ23 en x3 = 0 et x3 = h.
Les équations d’équilibre donnent alors :
σ33 = ρgx3 = Cte
et les conditions aux limites en x3 = h et x3 = 0 entraînent :
lge
σ33 = ρg (x3 − h) , p = ρgh (6.36)
On retrouve donc (4.27). Par ailleurs, ce champ de contraintes est linéaire et vérifie automa-
tiquement les équations de Beltrami (6.31) (fi = Cte). Ainsi, le champ de contraintes (6.35)
et (6.36) vérifie toutes les équations du problème. C’est la solution.
Si l’on veut connaître le déplacement, il faut faire appel à la loi de comportement :
−νρgx′3 0 0
CA
1
−νρgx′3 (6.37)
ε= 0 0
E
0 0 ρgx′3
en prenant x′3 = x3 − h, c’est-à-dire en prenant l’origine des coordonnées sur la face
supérieure du bloc. Par rapport à cette nouvelle variable, le champ des déformations est
.G
linéaire et on peut appliquer la formule (3.64) pour le calcul du déplacement. On peut
aussi procéder directement à partir de (6.3). En effet :
∂u3 1 ′ 1
ε33 = ′ = E ρgx3 ⇒ Eu3 = ρgx′2
3 + ϕ3 (x1 , x2 )
∂x3 2
ww
∂u1 −ν
ε11 = =3 ρgx′ ⇒ Eu1 = −νρgx′2
3 + ϕ1 (x2 , x3 ) (6.38)
∂x1 E
∂u2 −ν
ε22 =
= ρgx′3 ⇒ Eu2 = −νρgx′2
3 + ϕ2 (x3 , x1 )
∂x2 E
∂u1 ∂u2
2ε12 = + = ϕ1,2 + ϕ2,1 = 0
∂x2 ∂x1
/w
∂u1 ∂u3
2ε13 = + = −νρgx1 + ϕ1,3 + ϕ3,1 = 0 (6.39)
∂x′3 ∂x1
∂u2 ∂u3
2ε23 = ′ + = −νρgx2 + ϕ2,3 + ϕ3,2 = 0
∂x3 ∂x2
et on obtient une solution particulière :
s:/
1
ϕ1 = ϕ2 = 0, ϕ3 = + νρg x21 + x22 (6.40)
2
d’où finalement la solution, en revenant à x3 :
Eu1 = −νρgx1 (x3 − h)
Eu2 = −νρgx2 (x3 − h) (6.41)
ttp
[Link]
[Link]
m/
78 6. Élasticité classique
.co
bloc.
r ie
Nous considérons le réservoir sphérique
sous pression du paragraphe 4.1 avec fi = 0
et les conditions aux limites suivantes :
(
lge
r = a : σij nj = −pni
(6.42)
r=b: σij nj = 0
∂r
CA xi
ui = g(r)xi , r 2 = xi xi ; = r,i = (6.43)
∂xi r
grad (div #»
u ) = 0, u = Cte = 3α
div #» (6.45)
ww
g′ (r)
ui,j = 3g(r) + = 3α (6.46)
r
et par intégration :
/w
β
g(r) = α + (6.47)
r3
Il reste à déterminer les constantes d’intégration α et β pour vérifier les conditions aux
limites (6.42). Pour cela, nous devons calculer les contraintes :
s:/
β 3βxi xj
εij = α + 3 δij − (6.48)
r r5
et nous allons écrire la loi de comportement sous la forme (6.39). En effet, la décomposition
de (6.48) en partie sphérique et déviateur donne directement :
ttp
1
ε = εii = α ⇒ σ = 3Kα
3 (6.49)
β xi xj 2µβ xi xj
eij = 3 δij − 3 2 ⇒ sij = 3 εij − 3 2
r r r r
[Link]
[Link]
m/
6.2. Problèmes simples 79
D’où finalement :
.co
β 6µβ xi xj
σij = 3Kα + 2µ 3 δij − 3 (6.50)
r r r2
Le tenseur des contraintes est de révolution autour de la direction radiale et les contraintes
principales sont :
2µβ 4µβ
r ie
σ1 = σ2 = 3Kα + , σ3 = 3Kα − (6.51)
r3 r3
avec σ3 associé à la direction radiale. La condition (6.42) s’ écrit alors simplement puisque
sur les deux sphères frontières, la normale est radiale :
4µβ
lge
r = a : σ3 = 3Kα − 3 = −p
a (6.52)
r = b : σ3 = 3Kα −
4µβ
3
=0
b
On obtient ainsi un système de deux équations à deux inconnues qui donne les constantes
d’intégration α et β par :
pa3 b3
CA
pa3
4µβ = ; 3Kα = (6.53)
b3 − a3 b3 − a3
et la solution est complètement déterminée.
Il reste à écrire la condition de limite élastique. Si l’on adopte le critère de von Mises,
alors il vient directement, par exemple à partir de (6.49) et (5.57) :
.G
1 12µ2 β 2 σe2
sij sij = 6 (6.54)
2 r4 3
Si l’on adopte le critère de Tresca, alors à partir de (6.51) et (5.63) :
ww
6µβ
σ1 − σ3 = 6 σe (6.55)
r3
Les deux critères donnent donc le même résultat, ce qui était évident a priori puisque
l’état de contraintes est de révolution, c’est donc, à un tenseur sphérique près, un état
de traction simple pour lequel Tresca et von Mises coincident par construction. Ainsi le
calcul élastique est justifié si la condition :
/w
3pa3 b3
6 σe (6.56)
2 (b3 − a3 ) r 3
est vérifiée en tout point. Le point le plus sollicité sera donc le point où r est minimum,
c’est-à-dire à l’intérieur (r = a). On obtient donc la condition :
s:/
!
3 pb3 2σe a3
6 σe ; p 6 pe = 1− 3 (6.57)
2 b3 − a3 3 b
qui donne la pression maximale que peut supporter le réservoir en restant dans le do-
maine élastique. En particulier, quelles que soient les dimensions du réservoir, on ne peut
ttp
pas dépasser la pression limite 2σe /3. Nous reviendrons sur ce problème en plasticité au
chapitre 10.
La solution générale (6.50) que nous avons obtenue permet de traiter également d’autres
problèmes :
[Link]
[Link]
m/
80 6. Élasticité classique
.co
On obtient alors :
pa3 − P b3 p−P 3 3
3Kα = ; 4µβ = a b (6.58)
b3 − a3 b3 − a3
– cavité sphérique dans un milieu infini :
r ie
4µβ = pa3 ; 3Kα = 0 (6.59)
lge
mais, pour ce dernier problème, il est inutile d’aller chercher si loin. Soit, en effet, un
solide Ω immergé dans un fluide à la pression P . En négligeant les forces de volume, on
doit résoudre le problème de type II défini par les conditions aux limites :
[Link]
[Link]
m/
.co
Chapitre 7
r ie
Problème de Saint-Venant
lge
7.1 Traction et flexion pure
7.1.1 Principe de Saint-Venant
Le problème de Saint-Venant est le problème de base de la Résistance des Matériaux.
Une poutre cylindrique est sollicitee à ses deux extrémités, les efforts exercés étant carac-
térisés par leur torseur résultant.
CA
.G
Ω = [0; l] × Σ
Les efforts de volume sont supposés nuls, soit fi = 0 et la surface latérale Sl = [0; l] ∂Σ est
libre de contrainte :
σij nj = 0 (x2 , x3 ) ∈ ∂Σ (7.1)
Les efforts exercés sur les extrémités Σ0 (xl = 0) et Σ1 (x1 = l) sont caractérisés par leurs
/w
#»
torseurs résultants [T0 ] et [T1 ]. Nous représenterons [T1 ] par sa résultante R et par son
#»
moment résultant M au point A (l, 0, 0), centre de Σ1 , et de même [T0 ] par sa résultante
#» #»
R0 et par son moment résultant M0 au point A0 (l, 0, 0), centre de Σ0 . La poutre étant
en équi1ibre, les efforts exercés sur et Σ0 et Σ1 doivent s’équilibrer, d’où les relations
vectorielles suivantes :
s:/
#» #»
R0 + R = 0
#» # » # » #» (7.2)
M0 + M + A0 A ∧ R = 0
#» #» #» # »
Ainsi, on peut calculer R0 et M0 en fonction de R et M, et les efforts exercés sur la poutre
#» #»
seront caractérisés par les deux vecteurs R et M. Pour relier ces efforts aux contraintes,
#»
il faut considérer les efforts exercés sur Ω à travers Σ1 , soit T = (σ11 , σ12 , σ13 ) selon la
ttp
direction #»
n = (1, 0, 0), puis intégrer sur toute la section. Il vient :
ZZ ZZ
#» #» #» # » #»
R= T dS; M= AM ∧ T dS (7.3)
Σ1 Σ1
81
[Link]
[Link]
m/
82 7. Problème de Saint-Venant
.co
ZZ
R1 = σ11 dx2 dx3 (7.4a)
Σ1
ZZ
R2 = σ12 dx2 dx3 (7.4b)
Σ1
ZZ
R3 = σ13 dx2 dx3 (7.4c)
r ie
Σ1
lge
M2 = x3 σ11 dx2 dx3 (7.5b)
Σ
ZZ1
M3 = − x2 σ11 dx2 dx3 (7.5c)
Σ1
Principe de Saint-Venant
L’état de contrainte et de déformation loin des extrémités dépend uniquement du torseur
des efforts appliqués et non de la manière précise dont ces efforts sont appliqués.
ww
Initialement, ce principe était d’origine intuitive ; c’est lui qui se trouve à la base du
célèbre mémoire de Saint-Venant qui, déjà en 1856, contenait l’essentiel de ce chapitre.
Depuis, il a reçu de nombreuses vérifications expérimentales directes ou indirectes, car c’est
le postulat de base de la Résistance des Matériaux. Récemment, on a pu le démontrer dans
certains cas particuliers par une étude mathématique des équations de l’élasticité.
Ce principe joue un rôle tout à fait essentiel pour deux raisons. Tout d’abord, dans la
s:/
pratique, on verra que l’on connaît assez rarement la répartition des efforts, alors que l’on
a facilement leur torseur résultant. Ensuite, c’est grâce à lui que nous pourrons résoudre le
problème de Saint-Venant, en jouant sur la latitude qui nous est laissée sur la répartition
précise des efforts.
Notre démarche va être la suivante. Nous allons tout d’abord décomposer le problème
#» #»
ttp
[Link]
[Link]
m/
7.1. Traction et flexion pure 83
Problème 1 – traction
.co
#»
R1 = F, R2 = R3 = 0, M=0 (7.6)
r ie
#» #» #» #»
R = −R0 = F #»
e 1, M = M0 = 0
lge
#»
R1 = 0 = R3 , R2 = F, M=0 (7.7)
pour le problème 2 (le problème 3 s’obtient en échangeant les indices 2 et 3), d’où :
#» #» #» #»
CA
R = −R0 = F #»
e 2, M = M0 = −F l #»
e3
Problème 4 – torsion
.G
#»
R = 0, M1 = M, M2 = M3 = 0 (7.8)
ww
#» #» #» #»
R = R0 = 0, M = −M0 = M #»
e1
#» #» #» #»
R = R0 = 0, M = −M0 = M #»
e3
s:/
[Link]
[Link]
m/
84 7. Problème de Saint-Venant
.co
On constate tout d’abord sur (7.4a) à (7.5c), que R1 , M2 et M3 ne font intervenir
que la contrainte normale σ11 , pour une facette de la section droite. Nous cherchons donc
le champ des contraintes sous la forme :
σ11 (x1 , x2 , x3 ) 0 0
(7.10)
σ= 0 0 0
r ie
0 0 0
Les conditions aux limites (7.1) sur la surface latérale sont alors automatiquement vérifiées
puisque #»
n = (0, n2 , n3 ). Les équations d’équilibre se réduisent à :
lge
∂σ11
= 0, σ11 = σ11 (x2 , x3 ) (7.11)
∂x1
Il ne reste plus à écrire que les conditions sur les extrémités, en reportant le tenseur des
.G
contraintes défini par (7.10) et (7.13) dans (7.4a) à (7.5c), on obtient :
ZZ ZZ ZZ
R1 = a dS + b x2 dS + c x3 dS
Σ Σ Σ
ZZ ZZ ZZ
ww
−M3 = a x2 dS + b x22 dS + c x2 x3 dS
ZZ
Σ
ZZ
Σ Σ
ZZ
(7.14)
M2 = a x3 dS + b x2 x3 dS + c x23 dS
Σ Σ Σ
R2 = R3 = 0, M1 = 0
Les intégrales qui interviennent dans (7.14) dépendent uniquement de la forme de la sec-
/w
Ensuite, on remarque que (7.14) fait intervenir les composantes du tenseur d’inertie de la
ttp
section Σ :
ZZ
Jij = xi xj dS i, j = 2, 3 (7.16)
Σ
[Link]
[Link]
m/
7.1. Traction et flexion pure 85
c’est un tenseur plan symétrique, donc diagonalisable. On peut trouver dans le plan x2 ,
.co
x3 deux directions principales d’inertie perpendiculaires telles que le moment produit J23
soit nul :
ZZ
J23 = x2 x3 dS = 0 (7.17)
Σ
r ie
a un axe de symétrie, alors cet axe est principal d’inertie, car la symétrie entraîne (7.17).
Sinon la diagonalisation est facile et on peut, en particulier, utiliser la méthode géométrique
exposée au paragraphe 3.3.2 pour le tenseur des contraintes.
Avec ce choix d’axes, (7.14) devient simplement :
ZZ ZZ
R1 = aS, −M3 = bJ2 , M2 = cJ3 , J2 = x22 dS, J3 = x23 dS (7.18)
lge
Σ Σ
En général, les conditions aux limites réelles — par exemple dans un essai de traction —
ww
sont différentes mais le principe de Saint-Venant nous assure que cela n’a guère d’impor-
tance, à condition de se placer loin des têtes d’amarrage et c’est bien ce que l’on fait dans
un essai de traction.
Il reste à calculer les déplacements. Comme au paragraphe 6.2.1, nous procéderons direc-
tement en écrivant le tenseur des déformations :
ttp
− M x2 0 0
EJ M
(7.24)
ε= 0 ν EJ x2 0
M
0 0 ν EJ x2
[Link]
[Link]
m/
86 7. Problème de Saint-Venant
.co
∂u1 M M
ε11 = =− x2 ⇒ u1 = x1 x2 + ϕ1 (x2 , x3 )
∂x1 EJ EJ
∂u2 νM νM 2
ε22 = = x2 ⇒ u2 = x + ϕ2 (x1 , x3 ) (7.25)
∂x2 EJ EJ 2
∂u3 νM νM
ε33 = = x2 ⇒ u3 = x2 x3 + ϕ3 (x1 , x2 )
r ie
∂x3 EJ EJ
et :
∂u1 ∂u2 M
2ε12 = + =− x1 + ϕ1,2 + ϕ2,1 = 0
∂x2 ∂x1 EJ
∂u2 ∂u3 νM
lge
2ε23 = + = x3 + ϕ2,3 + ϕ3,2 = 0 (7.26)
∂x3 ∂x2 EJ
∂u3 ∂u1
2ε31 = + = ϕ1,3 + ϕ3,1 = 0
∂x1 ∂x3
On obtient alors la solution particulière :
M 2
x1 − νx23 (7.27)
ϕ1 = ϕ3 = 0, ϕ2 =
2EJ
CA
Le déplacement est donc donné par :
M
u1 = − x1 x2 − ω30 x2
EJ
M h 2 i
.G
u2 = x1 + ν x22 − x23 + ω30 x1 + u02 (7.28)
2EJ
νM
u3 = x2 x3
EJ
où, en vue des applications futures, nous n’avons conservé qu’une partie du déplacement
ww
de solide.
La déformation de la ligne moyenne s’écrit :
M 2
u1 = u3 = 0, u2 = x + ω30 x1 = v(x1 ) (7.29)
2EJ 1
tandis que la déformée d’une section droite x1 = x01 est caractérisée par :
/w
M 0 dv
u1 = − x1 + ω30 x2 = − x2 (7.30)
EJ dx1 x01
Les relations (7.29) et (7.30) montrent qu’après la déformation la ligne moyenne de-
vient une parabole et que les sections droites restent planes et perpendiculaires à la ligne
moyenne.
s:/
section
ligne
moyen
ne
droite
ttp
[Link]
[Link]
m/
7.2. Torsion 87
Hypothèse de Navier-Bernoulli
.co
Les sections droites restent planes et normales à la fibre moyenne.
Cette hypothèse se trouve donc vérifiée ici. On constate également que le moment M
appliqué produit une courbure de la ligne moyenne :
d2 v M
r ie
Ξ= (7.31)
dx1 EJ
Ainsi, on pourrait envisager de mesurer le module d’Young E d’un matériau élastique par
un essai de flexion : on impose un moment de flexion M et on observe la courbure Ξ,
ce qui détermine la rigidité de la poutre EJ produit d’une rigidité matérielle E, liée au
lge
matériau, et d’une rigidité géométrique J, donnée par (7.23) et liée à la géométrie de la
section droite Σ.
En chaque point, on a un état de contraintes de traction simple, et le critère de limite
d’élasticité donnera :
M
|σ11 | = |x2 | < σe (7.32)
J
CA
soit, en introduisant η valeur maximale de |x2 | :
M
< σe , η = |x2 |max (7.33)
J/η
Ainsi, d’un point de vue géométrique, la rigidité d’une poutre est caractérisée par le
.G
moment d’inertie J, tandis que sa résistance est caractérisée par le rapport J/η :
– section rectangulaire
bh3 J bh2 J h2 J h
ww
h J= , = , = , =
12 η 6 S 12 ηS 6
b
– section en I
e
bh2 l J J h2 J h
h J≈ , ≈ bhl, = , =
2 η S 4 ηS 2
/w
b
Ceci montre la supériorité, à poids égal, de la section en I sur la section rectangulaire et,
plus généralement, des sections en profil mince sur les sections massives.
7.2 Torsion
s:/
[Link]
[Link]
m/
88 7. Problème de Saint-Venant
.co
r ie
Nous postulons donc un champ de déplacements :
lge
α α
0 0 0 0 2 x3 2 x2
= − α2 x3 (7.35)
ui,j = −αx3 0 −αx1 ; εi,j 0 0
α
αx2 αx1 0 2 x2 0 0
ZZ ZZ
M1 = Gα x22 + x23 dS = Gα r 2 dS (7.37)
Σ Σ
#»
T = (0, −Gαx3 , Gαx2 ) (7.39)
ttp
[Link]
[Link]
m/
7.2. Torsion 89
.co
Gαr. En notant #» e r , #»
e θ , les vecteurs de base associés aux coordonnées polaires r, θ dans
le plan x2 , x3 on a :
#»
T = Gαr #»
eθ (7.40)
et dans le repère #»
e r , #»
e θ , #»
e 1 associé aux coordonnées cylindriques autour de x1 , le tenseur
r ie
des contraintes a pour composantes :
0 0 0
(7.41)
σ = 0 0 Gαr
0 Gαr 0
lge
L’état de contraintes en chaque point est un état de cisaillement simple et le critère de
limite d’élasticité s’écrit :
#»
| T | = Gαr < τe (7.42)
M
< τe (7.43)
I0 /R
La rigidité à la torsion d’un arbre circulaire ou annulaire est donc caractérisée par le
.G
moment d’inertie polaire de sa section I0 et sa résistance par le rapport I0 /R :
– section circulaire
πD 4 I0 D 2 I0 πD 3 I0 D
I0 = , = , = , =
ww
32 S 8 R 16 RS 4
– section en tube mince
rπD 3 e I0 D 2 I0 πD 3 e I0 D
I0 = , = , = , =
4 S 4 R 2 RS 2
Ces relations montrent la supériorité, à poids égal, des sections annulaires sur les sections
/w
massives. Dans le cas des tubes minces, on constate aussi que r ∼ D/2 et que les com-
posantes (7.41) du tenseur des contraintes dans le repère ( #»e r , #» e 1 ) peuvent s’écrire :
e θ , #»
0 0 0
Gα D2 (7.44)
σ ∼ 0 0
0 Gα D2
s:/
2M
0 πD 2 e 0
ce qui, superposé à l’état de contraintes dû à une traction simple, redonne bien la forme
(4.36) obtenue au paragraphe 4.1.4.
[Link]
[Link]
m/
90 7. Problème de Saint-Venant
.co
Nous considérons maintenant le problème 4 dans le cas d’une section quelconque. Le
paragraphe 7.1 a montré que la contrainte normale σ11 était déterminée par R1 , M2 et
M3 . Puisqu’ici ils sont nuls, on prendra σ11 = 0. Les contraintes de cisaillement σ12 et
σ13 par contre ne peuvent pas être nulles d’après (7.5a) et nous cherchons un champ de
contraintes sous la forme :
r ie
0 σ12 σ13
(7.46)
σ = σ12 0 0
σ13 0 0
lge
∂σ12 ∂σ13
+ =0 (7.47)
∂x2 ∂x3
et :
∂σ12 ∂σ13
=0⇒ σ12 = σ12 (x2 , x3 ) ; =0⇒ σ13 = σ13 (x2 , x3 ) (7.48)
∂x1 ∂x1
CA
L’équation (7.47) montre alors — voir par exemple le Lemme 2 du paragraphe 3.3.1 —
que la forme différentielle :
est intégrable, c’est-à-dire il existe une fonction des contraintes Φ (x2 , x3 ) telle que :
.G
∂Φ ∂Φ
σ12 = , σ13 = − (7.50)
∂x3 ∂x2
Les équations de Beltrami donnent alors :
ww
∂ ∂
∆Φ = ∆Φ = 0 (7.51)
∂x2 ∂x3
ce qui montre que ∆Φ est constant ; nous noterons −2Gα cette constante, α étant une
constante d’intégration dont nous verrons plus loin la signification :
∆Φ + 2Gα = 0 (7.52)
/w
#»
t = (dx2 / ds, dx3 / ds)
il vient :
dx3 dx2
n 2 = t3 = , n3 = −t2 = − (7.54)
ds ds
ttp
[Link]
[Link]
m/
7.2. Torsion 91
La fonction Φ (x2 , x3 ) reste constante lorsque l’on suit ∂Σ, donc sur chaque composante
.co
connexe de ∂Σ. Nous supposerons désormais que la section Σ est simplement connexe. On
déduit alors de (7.55) que Φ est constant sur ∂Σ et on peut toujours choisir cette constante
nulle :
Φ|∂Σ = 0 (7.56)
La fonction de contrainte Φ est donc déterminée par (7.52) et (7.53), équations qui dé-
r ie
finissent le problème de Dirichlet qui admet une solution unique. Par le changement de
fonction :
ce problème se transforme en :
lge
(
∆ϕ + 2 = 0
(7.58)
ϕ|∂Σ = 0
ZZ
M
α= , I =2 ϕ dx2 dx3 (7.62)
GI Σ
La constante I est appelée module de rigidité de la section Σ, et, comme ϕ elle ne dépend
que de la forme de Σ. En chaque point de la section, l’état de contraintes est un état de
#»
cisaillement simple caractérisé par le vecteur contrainte T associé à la section droite :
ttp
#»
T = (O, σ12 , σ13 ) (7.63)
#» #»
La condition (7.1) exprime que, sur la frontière ∂Σ, T est tangent à ∂Σ, soit T · #»n = 0.
[Link]
[Link]
m/
92 7. Problème de Saint-Venant
.co
courbes Φ = Cte sont les enveloppes du
#»
champ de vecteurs T .
r ie
L’état de contraintes étant un état de cisaillement simple, le critère de limite d’élasticité
donne :
q
#» 2 + σ2 < τ
| T | = σ12 13 e (7.64)
lge
avec τe donné par (5.64). À partir de Φ ou ϕ, cette condition entraîne :
q q
Φ2,3 + Φ2,2 = Gα ϕ2,3 + ϕ2,2 = Gα|grad ϕ| < τe
soit finalement :
−1
M
< τe , ρ = sup|grad ϕ| (7.65)
I/ρ Σ
CA
où ρ est une longueur caractéristique de la section Σ. On peut par ailleurs montrer que
la borne supérieure de |grad ϕ| est nécessairement atteinte sur la frontière de Σ. Ainsi le
problème général de la torsion est résolu, sitôt que l’on connaît la solution ϕ (x2 , x3 ) du
problème (7.58).
.G
0 ϕ,3 −ϕ,2
α
(7.66)
ε = ϕ,3 0 0
2
−ϕ,2 0 0
[Link]
[Link]
m/
7.2. Torsion 93
Cependant, dans ces relations, seules les dérivées A′ (x1 )(= dA/ dx1 ), B ′ (x1 ) et C ′ (x1 )
.co
dépendent de x1 ; elles doivent donc être constantes :
r ie
Déplacement de solide rigide
lge
ce qui correspond, comme dans le cas de la section circulaire, à une rotation de chaque
section d’un angle proportionnel à la distance à l’origine ; la constante a, rotation par
unité de longueur, est donc l’angle unitaire de torsion introduit au paragraphe 7.1.1 pour
la section circulaire. On peut maintenant calculer u1 à partir de (7.69) :
CA
u1,2 = αϕ,3 + ax3 , u1,3 = −αϕ,2 − ax2 (7.72)
α∆ϕ + 2a = 0
u1 = αψ(x2 , x3 )
u2 = −αx1 x3 (7.73)
ww
u3 = αx1 x2
Ainsi, la rotation de chaque section s’accompagne d’un gauchissement que l’on peut ob-
server expérimentalement. La fonction de gauchissement ψ est donnée par :
∂Ψ ∂ϕ ∂Ψ ∂ϕ
= + x3 , =− + x2 (7.74)
∂x2 ∂x3 ∂x3 ∂x2
/w
dψ ∂ψ ∂ψ
= n2 + n3
dn ∂x ∂x3
2
s:/
∂ϕ dx2 ∂ϕ dx2 dx2 dx2
= + + x3 + x2
∂x3 ds ∂x2 ds ds ds
d 1 2
= x + x23
ds 2 2
quantité connue le long de ∂Σ. Ainsi la fonction ψ vérifie :
ttp
∆ψ = 0
dψ
d 1 2 2
(7.75)
= x + x3 sur ∂Σ
dn ds 2 2
[Link]
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m/
94 7. Problème de Saint-Venant
c’est un problème de Neumann qui admet une solution unique. Ainsi, pour résoudre le
.co
problème de torsion, on peut, soit calculer ϕ par le problème (7.58) et en déduire ensuite
ψ par (7.74), soit calculer ψ par le problème (7.75) et en déduire ensuite ϕ par (7.74).
Finalement, si l’on compare les relations (7.62) et (7.65) du cas général, aux relations
(7.38) et (7.43) relatives à la section circulaire, on constate que, dans le cas général égale-
ment, la rigidité de la section est caractérisée par le module de rigidité I et sa résistance
par le rapport I/η. Mais dans le cas général, a) il faut résoudre le problème (7.58) pour
r ie
pouvolr calculer ces constantes (nous verrons cependant au chapitre 9 que l’on peut obte-
nir des estimations de I sans calculer ϕ), b) la torsion s’accompagne d’un gauchissement
des sections. Si ce gauchissement est empêché, par exemple par des conditions aux limites
d’encastrement, on rencontre le difficile problème de la torsion gênée (par opposition à la
torsion libre).
lge
Bien entendu, conformément à la démarche générale décrite au paragraphe 7.1.1, nous
avons résolu un problème particulier correspondant au problème de la torsion, et le principe
de Saint-Venant nous permet d’affirmer que loin des extrémités c’est la solution. Il peut
être utile de fonnuler explicitement le problème régulier que nous avons résolu. Pour cela,
il faut compléter les CL (7.1) par des CL sur les extrémités. On pourrait écrire des CL
donnant sur les extrémités le dêplacement (u1 , u2 , u3 ) connu par (7.73), ou bien donnant
#»
CA
les efforts appliqués T connus par (7.63) et (7.50), mais la formulation la plus commode,
que nous utiliserons au chapitre 9, fait intervenir des données mixtes
(
x1 = 0 : σ11 = 0, u2 = u3 = 0
(7.76)
x1 = l : σ11 = 0, u2 = −αlx3 , u3 = αlx2
.G
Ajoutées à (7.1), ces conditions aux limites définissent bien un problème régulier (para-
graphe 6.1.1) et cette formulation présente l’avantage de ne pas faire intervenir les fonctions
ϕ ou ψ a priori inconnues.
ww
Section circulaire
1 2
ϕ= a − r2 , ψ = 0, r 2 = x22 + x23 (7.77)
2
Section elliptique
x22 x23
+ 2 =1 (7.78)
a2 b
[Link]
[Link]
m/
7.2. Torsion 95
.co
r ie
On trouve alors pour ϕ et ψ :
lge
!
a2 b2 x2 x2
ϕ= 2 1 − 22 − 23 (7.79)
a + b2 a b
a2 − b2
ψ= x2 x3 (7.80)
a2 + b2
#» 2M x23 x22 2M
| T |max = sup + 4 = (7.83)
πab b4 a πab2
2a2 b
ρ= (7.84)
a2 + b2
/w
Section rectangulaire
On recherche la solution sous forme d’un développement en série de Fourier double :
∞ X
∞
X (2m − 1)πx2 (2n − 1)πx3
ϕ= Amn cos cos (7.85)
s:/
m=0 n=0
2a 2b
ttp
[Link]
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m/
96 7. Problème de Saint-Venant
qui vérifie automatiquement la condition (7.56). On dérive (7.85) terme à terme, ce qui
.co
permet d’obtenir le développement de ∆ϕ que l’on identifie avec le développement de la
fonction constante −2 et on obtient les constantes Amn .
On obtient des calculs plus simples en cherchant la solution sous la forme :
∞
X (2m − 1)πx2
ϕ= cos ψm (x3 ) (7.86)
m=0
2a
r ie
développement en série de Fourier simple (mais qui présente l’inconvénient de détruire la
symétrie en x2 et x3 ). On calcule ∆ϕ par dérivation terme à terme, on identifie avec le
développement de la constante −2, et on obtient pour ψm une équation différentielle du
second ordre :
lge
!2
d2 ψm (2m − 1)2 π 2 8
− ψm (x3 ) = (−1)m
dx23 2a (2m − 1)π
qui donne ψm par intégration avec les conditions aux limites ψm (±b) = 0. On obtient
finalement :
( )
∞
32a3 X (−1)m cosh (2m−1)πx 3
(2m − 1)πx2
ϕ= 3
π m=0 (2m − 1)
1−
CA
cosh
2a
(2m−1)b
cos
2a
(7.87)
2a
b b b
.G
I = 16a3 bh1 = 4Sa2 h1 ; ρ = 2ah (7.88)
a a a
la contrainte tangentielle maximale étant obtenue au milieu du grand côté x3 = ±b si on
suppose a > b. Les fonctions h1 et h sont données par le tableau suivant :
ww
b/a 1 1,5 2 3 5 ∞
h 0,675 0,848 0,930 0,985 0,999 1
h1 0,141 0,196 0,229 0,263 0,291 1/3
Plus généralement, on sait résoudre explicitement le problème pour quelques sections
particulières (triangle équilatéral, section circulaire entaillée d’un demi-cercle, etc.) Comme
le problème se ramène à des calculs de fonctions harmoniques, on peut également utiliser
les techniques de variable complexe (voir [15, 19]). Enfin, le problème (7.58) se prête bien
/w
au calcul numérique.
[Link]
[Link]
m/
7.3. Flexion composée 97
.co
équilibre sous l’action du torseur [T0 ] des efforts appliqués sur la section x1 = 0 et du tor-
seur [T (x1 )] des efforts de contact exercés sur la poutre [O, x1 ] × Σ par la partie supprimée
#»
[x1 , l] × Σ. Comme précédemment, nous représentons [T (x1 )] par sa résultante R(x1 ) et
#»
son moment M(x1 ) par rapport au centre (x1 , 0, 0) de la section considérée.
r ie
lge
L’équilibre de la poutre [O, x1 ] × Σ donne alors :
#» #»
R = F #»e 2 , M = F (l − x1 ) #» e3
de sorte que la répartition des contraintes dans la section x1 doit être telle que :
ZZ
σ11 dx2 dx3 = 0
CA
Σx1
ZZ
x3 σ11 dx2 dx3 = 0 (7.89)
Σx1
ZZ
− x2 σ11 dx2 dx3 = F (l − x1 )
Σx1
.G
et :
ZZ
σ12 dx2 dx3 = F (7.90a)
Σx1
ZZ
ww
F (l − x1 ) x2
σ11 = − , J = J2 (7.91)
/w
J
D’autre part, (7.90a) montre que σ12 ne peut pas être nul. Nous prenons donc dans un
premier temps :
σ11 σ12 0
s:/
(7.92)
σ = σ12 0 0
0 0 0
avec σ11 donné par (7.91). Les équations d’équilibre nous donnent alors :
F 2
σ12 = − (x + f (x3 )) (7.93)
2J 2
[Link]
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m/
98 7. Problème de Saint-Venant
Les équations de Beltrami sont toutes vérifées, sauf l’équation relative aux indices 1, 2 qui
.co
donne :
1
σ12,11 + σ12,22 + σ11,12 = 0
1+ν
F 1 F
− f ′′ (x3 ) + 2 + =0
2J 1+ν J
r ie
2ν
f ′′ (x3 ) = −
1+ν
ν
f (x3 ) = − x2 + ax3 + b
1+ν 3
lge
F ν
σ12 = − x22 − x2 + ax3 + b (7.94)
2J 1+ν 3
Par contre, puisque σ13 est nul, la condition aux limite sur la surface latérale, qui s’écrit
encore sous la forme (7.53), ne peut pas être vérifiée. Nous superposons donc à l’état de
contraintes obtenu jusqu’à présent, un état de contraintes σ̃ avec σ̃13 non nul :
0 0
0
σ11 σ12 0
CA
0 σ̃12 σ̃13
(7.95)
σ = σ + σ̃ = σ12 0 0 + σ̃12 0 0
0 0 0 σ̃13 0 0
F (l − x1 )x2 0 F ν
σ11 =− , σ12 =− x22 − x2 (7.96)
J 2J 1+ν 3
.G
Par construction, le champ σ 0 vérifie les équations d’équilibre et les équations de Bel-
trami ; le champ σ̃ devra donc les vérifier également. On peut alors reprendre l’analyse du
paragraphe 7.2.2 et obtenir :
F ∂ ϕ̃
ww
σ̃12 =
J ∂x3
F ∂ ϕ̃ (7.97)
σ̃13 = −
J ∂x2
∆ϕ̃ = Cte = −2C
(7.98)
/w
∆χ = 0 (7.99)
Comme au paragraphe 7.2.2, la condition aux limites sur la surface latérale peut s’écrire :
s:/
dx3 dx2
σ12 − σ13 =0
ds ds
F ν dx3 F dχ dϕ
− x22 − x2 + +C =0
2J 1 + ν 3 ds J ds ds
ttp
[Link]
[Link]
m/
7.3. Flexion composée 99
Sur ∂Σ, x2 et x3 sont fonctions de s et par intégration de (7.100) sur ∂Σ on peut obtenir
.co
la valeur de χ sur ∂Σ à une constante près :
Z s
1 2 ν dx3
χ(s) = χ0 (s) = x2 − x23 ds (7.101)
s0 2 1+ν ds
Pour s’assurer que (7.101) définit sans ambiguité la fonction χ0 sur ∂Σ, il faut vérifier
que :
r ie
I
1 2 ν
x − x2 dx3 = 0 (7.102)
2 2 1+ν 3
lge
∆χ = 0
(7.103)
χ|∂Σ = χ0 définie par (7.101)
C’est un problème de Dirichlet qui admet une solution unique dépendant uniquement de
la section Σ.
CA
7.3.2 Calcul des efforts appliqués
Pour terminer la détermination du champ de contraintes, en particulier pour déter-
miner la constante C, il convient de vérifier les conditions aux limites sur l’extrémité
x1 = l c’est-à-dire de vérifier les conditions (7.89), (7.90a), (7.90b) et (7.90c) pour x1 . Par
.G
construction de σ11 les relations (7.89) sont vérifiées pour tout x1 . À partir des calculs du
paragraphe précédent, on a :
F 1 ν ∂χ ∂ϕ
σ12 = − x22 − x23 + +C
J2 2 1+ν ∂x3 ∂x3
ww
(7.104)
F ∂χ ∂ϕ
σ13 =− +C
J2 ∂x2 ∂x2
(7.100), on obtient :
I I I
F F F ν
− χ dx2 = x2 dχ = x2 x22 − x2 dx3
J2 ∂Σ J2 ∂Σ 2J2 ∂Σ 1+ν 3
[Link]
[Link]
m/
100 7. Problème de Saint-Venant
.co
ZZ
F ν F ∂ ν
x2 x22 − x23 dx3 = x2 x22 − x23 dx2 dx3
2J2 1+ν 2J2 Σ ∂x2 1+ν
ZZ
F ν
= 3x22 − x23 dx2 dx3
2J2 Σ 1+ν
et compte-tenu de (7.18), le deuxième terme de (7.105) donne :
F ν J3
r ie
3− (7.107)
2 1 + ν J2
La combinaison de (7.105) et (7.107) donne alors R = F , et permet de vérifier (7.90a). La
vérification de (7.90b) est analogue :
ZZ ZZ
F ∂χ ∂ϕ
R3 = σ13 dx2 dx3 = − +C dx2 dx3
lge
Σ J2 Σ ∂x2 ∂x2
I I
F F
=− χ +Cϕ dx3 = x3 dχ (7.108)
J2 ∂Σ J2
I ZZ
F ν F
= x3 x22 − x23 dx3 = x3 x2 dx2 dx3 = 0
2J2 ∂Σ 1+ν J2 Σ
d’après (7.17). Il reste à écrire (7.90c). Le calcul est mené de manière similaire :
M1 =
ZZ
CA
(x2 σ13 − x3 σ12 ) dx2 dx3
Σ
ZZ ZZ
F 1 ν ∂χ ∂χ
= x22 x3 − x23 dx2 dx3 − x2 + x3 dx2 dx3
J2 2 Σ 1+ν Σ ∂x2 ∂x3
D’après le calcul qui a donné (7.61), il vient :
ZZ ZZ
.G
∂ϕ ∂ϕ
− x2 + x3 dx2 dx3 = 2 ϕ dx2 dx3 = I
Σ ∂x2 ∂x3 Σ
de sorte que nous pouvons écrire :
F
M1 = (H − CI) (7.109)
J2
ww
I
et le champ de contraintes est parfaitement défini. Il est de la forme :
−(l − x1 )x2 α(x2 , x3 ) β(x2 , x3 )
F
(7.112)
σ= α(x2 , x3 ) 0 0
J2
β(x2 , x3 ) 0 0
s:/
où α et β sont deux fonctions homogènes au carré d’une longueur qui dépendent unique-
ment de la section Σ.
La solution du problème de la flexion composée peut donc, comme pour la torsion,
s’obtenir par résolution de problèmes de Dirichlet, mais les calculs sont beaucoup plus
laborieux. En particulier, on peut écrire le critère de limite d’élasticité et calculer le dé-
ttp
placement, mais on ne peut pas en tirer une interprétation simple comme pour les autres
problèmes. En particulier, l’hypothèse de Navier-Bernoulli (voir paragraphe 7.1.3) n’est
plus vérifiée, les sections droites ne restent plus planes : en torsion comme en flexion com-
posée, l’apparition de contraintes de cisaillement entraîne un gauchissement de la section.
[Link]
[Link]
m/
7.3. Flexion composée 101
.co
Si la section est symétrique par rapport à l’axe x2 alors, en prenant l’origine des
abscisses curvilignes sur l’axe x2 , on voit que la fonction χ0 définie sur ∂χ par (7.101)
prend des valeurs opposées en deux points symétriques par rapport à l’axe des x2 . Il en
résulte que la fonction χ définie par le problème (7.103) est impaire en x3 :
r ie
La quantité intégrée dans (7.110) est donc impaire en x3 , H est nul, et la constante C est
nulle. On obtient pour le vecteur contrainte tangentielle sur la section droite (0, σ12 , σ13 )
la symétrie par rapport à l’axe x2 :
lge
σ12 (x2 , −x3 ) = σ12 (x2 , x3 )
(7.114)
σ13 (x2 , −x3 ) = −σ13 (x2 , x3 )
(7.115)
a3 1 + 2ν
χ0 = sin θ − sin3 θ
2 3(1 + ν)
Pour calculer 1a fonction χ(x2 , x3 ) nous devons trouver la fonction χ harmonique qui
prend la valeur (7.115) pour r = a. Pour cela on remarque que les fonctions
a3 1 + 2ν
χ0 = sin θ − (3 sin θ − sin 3θ)
2 12(1 + ν)
(7.118)
a3 1 + 2ν 3 + 2ν
= sin 3θ + sin θ
2 12(1 + ν) 4(1 + ν)
ttp
[Link]
[Link]
m/
102 7. Problème de Saint-Venant
( ! )
1 x2
x22 x3 − 3 2
(7.119)
.co
χ= (1 + 2ν) + (3 + 2ν)a x3
8(1 + ν) 3
ce qui donne pour les contraintes :
F 3 + 2ν 2 1 − 2ν 2
σ12 = a − x22 − x
8J2 1 + ν 3 + 2ν 3
(7.120)
F 1 + 2ν
r ie
σ13 = x2 x3
4J2 1 + ν
répartition assez complexe des contraintes de cisaillement.
lge
sur les deux diamètres AA′ et BB ′ est re-
présentée sur les diagrammes suivants
CA
.G
F 1 + 2ν F
en B
ww
σ12 = = 1, 23
S 1+ν S
F 3 + 2ν F
en O σ12 = = 1, 38
S 2(1 + ν) | {z S}
pour ν=0,3
/w
s:/
ttp
[Link]
[Link]
m/
.co
Chapitre 8
r ie
Problèmes plans en élasticité
lge
8.1 Élasticité plane
8.1.1 Déformations planes
Dans de nombreux problèmes, on peut supposer les déformations planes avec le champ
de déplacement suivant :
u1 = u1 (x1 , x2 ),
CA
u2 = u2 (x1 , x2 ), u3 = 0 (8.1)
(8.3)
σ = σ12 σ22 0
0 0 σ33
103
[Link]
[Link]
m/
104 8. Problèmes plans en élasticité
il faudra vérifier les équations d’équilibre et les équations de Beltrami. Les équations
.co
d’équilibre s’écrivent :
σ11,1 + σ12,2 = 0
(8.7)
σ12,1 + σ22,2 = 0
en supposant nulles les forces de volume (sinon, l’analyse qui suit peut s’étendre, avec des
résultats plus compliqués). Ces équations expriment que les formes :
r ie
σ11 dx2 − σ12 dx1 , σ22 dx1 − σ12 dx2
sont des différentielles totales. Il existe donc deux fonctions ϕx1 , x2 et ψ(x1 , x2 ) telles que
lge
En comparant les deux expressions de σ12 , on voit que la forme :
ψ dx1 + ϕ dx2
est une différentielle totale, il existe donc une fonction χ(x1 , x2 ) telle que :
CA
ϕ = χ,2 , ψ = χ,1
i, j = 1, 1 : (1 + ν)∆χ,22 + (1 + ν)∆χ,11 = 0
2, 2 : (1 + ν)∆χ,11 + (1 + ν)∆χ,22 = 0
((,12 + (1( (
( (
( (8.10)
1, 2 : (
−(1
(( +(
ν)∆χ ( +( (( ,12 = 0
ν)∆χ
3, 3 : ν(1 + ν)∆∆χ = 0
Ainsi, pour résoudre un problème en déformations planes, il faut trouver une fonction
de contraintes χ biharmonique vérifiant les conditions aux limites. On en tire alors les
contraintes σ11 , σ22 et σ12 par (8.8), σ33 par (8.5), les déformations par (8.6) et les dépla-
s:/
2(1 + ν)
2ε12 = u12 + u21 = χ,12
E
système qui est intégrable puisque les équations de Beltrami sont vérifiées.
[Link]
[Link]
m/
8.1. Élasticité plane 105
.co
L’hypothèse des déformations planes convient dans le cadre d’une pièce suffisamment
longue pour laquelle il est possible de négliger la déformation longitudinale.
r ie
lge
Pour une plaque mince, chargée dans son plan, la condition aux limites pour x3 = ±h/2
donne :
h
x3 = ± : σ13 = σ23 = σ33 = 0 (8.13)
2
et on recherche donc un état de contraintes planes :
CA
σ11 (x1 , x2 ) σ12 (x1 , x2 ) 0
(8.14)
σ = σ12 (x1 , x2 ) σ22 (x1 , x2 ) 0
0 0 0
On a alors :
i, j = 1, 1 (1 + ν)∆χ,22 + ∆χ,11 = 0
i, j = 2, 2 (1 + ν)∆χ,11 + ∆χ,22 = 0 (8.18)
i, j = 1, 2 − (1 + ν)∆χ,12 + ∆χ,12 = 0
équations qui ne pourront être vérifiées que si ∆χ est fonction linéaire des coordonnées,
ce qui est bien trop restrictif pour permettre de résoudre des problèmes réels. Nous ou-
ttp
blions donc provisoirement les équations de Beltrami, et nous allons chercher à calculer
les déplacements à partir de (8.16) :
[Link]
[Link]
m/
106 8. Problèmes plans en élasticité
et finalement on obtient :
.co
1+ν ν
ε11 = u1,1 = χ,22 − ∆χ
E 1+ν
1+ν ν
ε22 = u2,2 = χ,11 − ∆χ (8.19)
E 1+ν
2(1 + ν)
2ε12 = u1,2 + u2,1 = − χ,12
E
r ie
ν
ε33 = u3,3 = − ∆χ , ε13 = ε23 = 0 (8.20)
E
Le système (8.19) est formellement identique au système (8.19) en remplaçant ν par ν/(1+
ν). Il permettra donc de calculer u1 (x1 , x2 ) et u2 (x1 , x2 ) si et seulement si la fonction χ
est biharmonique. Il reste à intégrer les équations (8.20) pour calculer u3 :
lge
ν ν
ε=− ⇒ u3 = − ∆χ(x1 , x2 )x3 + a(x1 , x2 ) (8.21)
E E
avec :
ν
2ε13 = u3,1 + u1,3 = − ∆χ,1 x3 + a,1 = 0
E (8.22)
ν
CA
2ε23 = u3,2 + u2,3 = − ∆χ,2 x3 + a,2 = 0
E
équations qui ne pourront jamais être vérifiées puisque a et χ ne dépendent que de x1 et
x2 . Ainsi, si χ est biharmonique, on ne peut pas calculer les déplacements ; c’est tout à
fait normal, puisque les équations de Beltrami (8.18) donnent :
∆χ(, 11) = ∆χ(, 22) = ∆χ(, 12) = 0 (8.23)
.G
conditions que nous avons volontairement laissées de côté. Cependant, pour une plaque
mince, x3 est petit, et en première approximation, (8.22) donne a,1 = a,2 = 0, a = cste
et la solution ainsi construite est une approximation satisfaisante de la réalité : c’est
l’approximation contraintes planes.
ww
Ainsi, en déformations planes comme en contraintes planes, la solution est donnée par
une fonction de contraintes χ(x1 , x2 ) biharmonique, donnant les contraintes par (8.18) et
les déplacements u1 (x1 , x2 ) et u2 (x1 , x2 ) par intégration du système :
1+ν
u1,1 = {χ,22 + r∆χ}
E
1+ν r = ν en déformations planes
u2,2 = {χ,11 + r∆χ} avec (8.24)
E r = ν/(1 + ν) en contraintes planes
/w
2(1 + ν)
u1,2 + u2,1 = − χ,12
E
De plus, en déformations planes, la contrainte axiale σ33 est donnée par (8.5), tandis qu’en
contraintes planes, la variation d’épaisseur de la plaque mince est donnée par (8.21) :
s:/
ν
u3 = − ∆χ (8.25)
E
[Link]
[Link]
m/
8.1. Élasticité plane 107
.co
Théorème 8.1 — Théorème de la représentation
Toute fonction réelle harmonique peut s’écrire sous la forme :
r ie
χ(x1 , x2 ) = ℜ [z̄G(z) + K(z)] (8.28)
Démonstration. La première représentation est classique : on sait que les parties réelle
lge
et imaginaire d’une fonction holomorphe sont deux fonctions harmoniques conjuguées,
c’est-à-dire reliées par les conditions de Cauchy :
ϕ(z) = P (x1 , x2 ) + iQ(x1 , x2 )
(8.29)
P,1 = Q,2 , P,2 = Q,1
La seconde représentation peut s’obtenir à partir de la précédente par deux méthodes.
CA
1re méthode À partir de (8.26), on voit que toute fonction de (x1 , x2 ) peut être considérée
comme fonction de (z, z̄). On obtient alors facilement :
∂2ϕ ∂2ϕ ∂2ϕ
∆ϕ = 2 + 2 =
∂x1 ∂x2 ∂z∂ z̄
.G
de sorte que si ϕ est biharmonique
∂4ϕ
∆∆ϕ = =0
∂ 2 z∂ 2 z̄
on obtient ϕ = z̄F1 (z) + G1 (z) + zF2 (z̄) + G2 (z̄) et en écrivant que ϕ est réelle, on obtient
ww
(8.28).
p = ℜ [g(z)]
Z
1
G(z) = g(z) dz = P + ıQ
4
avec p = 4P,1 = 4Q,2 . On obtient alors :
G = P + iQ
K = R + iS (8.30)
χ = P x1 + Qx2 + R
[Link]
[Link]
m/
108 8. Problèmes plans en élasticité
.co
σ11 = P,22 x1 + Q,22 x2 + 2Q,2 + R,22
σ22 = P,11 x1 + Q,11 x2 + 2P,1 + R,11 (8.31)
σ12 = Q,11 x1 − P,11 x2 + S,11
En regroupant et en utilisant les relations de Cauchy (8.29), on obtient :
r ie
σ11 + σ22 = 4ℜ G′ (z)
(8.32)
σ22 − σ11 + 2iσ12 = 2 z̄G′′ (z) + K ′′ (z)
L’intégration de (8.24) donne également :
1+ν
u1 = {(3 − 4r)P − P,1 x1 − Q,1 x2 − R,1 + Cx2 + α}
lge
E (8.33)
1+ν
u2 = {(3 − 4r)Q − Q,1 x1 − P,1 x2 − S,1 + Cx1 + β}
E
ou sous forme complexe :
E
(u1 + iu2 ) = (3 − 4r)G(z) − zG′ (z) − K ′ (z) − iCz + α + iβ (8.34)
1+ν
CA
les trois derniers termes représentant le mouvement de solide. Ces représentations sont à la
base de la théorie de l’élasticité plane qui permet de pousser très loin les calculs (voir [19]).
Nous présenterons simplement quelques exemples.
8.2 Exemples
.G
6
σ11 = cx1 + dx2 σ22 = ax1 + bx2 σ12 = −(bx1 + cx2 )
– n = 4 : Pour un polynôme du quatrième degré, on a :
1n 4 o
χ= Ax1 + 2Bx31 x2 + 3(A + D)x21 x22 + 2Cx1 x32 + Dx42
6
ttp
[Link]
[Link]
m/
8.2. Exemples 109
et ainsi de suite.
.co
À titre d’application, montrons qu’une superposition de solutions de ce type permet
de résoudre le problème de Saint-Venant en contraintes ou déformations planes.
r ie
Le matériau occupe le rectangle [0, l] × [−h/2, h/2] ; la surface latérale x2 = ±h/2 est
libre de contrainte, et les extrémités x1 = O et x = l sont soumises à deux torseurs plans
lge
en équilibre (voir paragraphe 7.1.1). Les conditions aux limites sont donc, sur la surface
latérale :
x2 = ±h/2 σ12 = σ12 = 0 (8.39)
et sur l’extrémité x1 = l :
Z +h/2 Z +h/2 Z +h/2
−h/2
σ11 dx2 = P,
−h/2
CA
σ12 dx2 = Q, −
−h/2
x2 σ11 dx2 = M (8.40)
Bien entendu, comme nous l’avons discuté au paragraphe 7.1.1, ce problème admet plu-
sieurs solutions, et nous allons chercher s’il en existe une correspondant à une fonction de
contrainte χ(x1 , x2 ) polynôme non homogène du 4ème degré, c’est-à-dire superposition de
(8.36), (8.37) et (8.38). La condition aux limites (8.39) donne :
.G
h h h2
α + ax1 ± b + 2Ax21 ± 2B x1 − (A + D) =0
2 2 4 (8.41)
h h h2
β + bx1 ± c + Bx21 ± (A + D) x1 + C =0
2 2 4
ww
3 6 2 4
avec :
σ11 = 2Cx1 x2 + dx2 + γ
h2
σ12 = C( − x22 ) (8.44)
4
s:/
σ22 = 0
Les trois conditions (8.40) permettent alors de déterminer les constantes C, d et γ en
fonction de P , Q et M , c’est-à-dire des efforts appliqués :
P 6Q 12(M − Ql)
γ= , C= 3, (8.45)
h h h3
ttp
La répartition des contraintes normales est linéaire, comme dans le cas général (paragraphe
6.1.2) et la répartition des contraintes tangentielles σ12 est parabolique. C’est ce que l’on
obtiendrait à partir de l’analyse du paragraphe ?? pour une section rectangulaire très
large (déformations planes) ou très étroite (contraintes planes).
[Link]
[Link]
m/
110 8. Problèmes plans en élasticité
.co
Pour certaines géométries simples, l’utilisation de la variable complexe permet de
construire explicitement la solution d’une vaste classe de problèmes. C’est en particulier
le cas pour les domaines intérieurs ou extérieurs limités par un cercle. À titre d’exemple,
nous allons donner la solution qui correspond à la traction d’une plaque perforée.
r ie
lge
CA
Si le rayon a du trou est petit par rapport aux dimensions de la plaque, on peut
supposer en première approximation la plaque infinie. Dans le repère (x1 , x2 ), l’état de
contraintes à l’infini est donc :
" #
0 0
σ= (8.46)
.G
0 σ∞
σ∞ σ∞ z2
G(z) = z, K(z) = (8.47)
ww
4 2 2
C’est la solution qui se réalise en l’absence de trou, mais en présence d’un trou cette
solution ne vérifie pas les conditions aux limites sur le trou, qui s’écrivent :
en notant σrr , σrθ et σθθ les composantes du tenseur des contraintes sur le repère (e#»r , e#»θ )
/w
associé aux coordonnées cylindriques. Le trou induit donc dans (8.47) une perturbation,
et on montre qu’alors :
" # " #
σ∞ a2 ′ σ∞ a2 a4
G(z) = z− , K (z) = z− − 3 (8.49)
4 z 2 z z
s:/
2 r r
( ! ! )
σ∞ a2 3a2
σθθ = 1+ 2 + 1+ 2 cos 2θ
2 r r
[Link]
[Link]
m/
8.2. Exemples 111
.co
σθθ = σ ∞ (1 + 2 cos 2θ) (8.51)
L’état de contraintes sur le bord du trou est un état de traction simple avec une contrainte
variant de +3σ ∞ (traction, sur l’axe des x1 ) à −σ ∞ (compression, sur l’axe des x2 ). La
contrainte maximale est trois fois plus grande que la contrainte à l’infini. C’est un exemple
de concentration de contrainte : la présence d’un trou, ou plus généralement d’un défaut,
r ie
aussi petit soit-il, cause une augmentation importante des contraintes locales au voisinage
du trou.
lge
CA
.G
ww
/w
s:/
ttp
[Link]
[Link]
m/
.co
r ie
lge
CA
.G
ww
/w
s:/
ttp
[Link]
[Link]
m/
.co
Chapitre 9
r ie
Méthodes variationnelles
lge
9.1 Théoremes variationnels
Dans tout ce chapitre, nous nous intéresserons à un problème statique régulier (para-
graphe 7.1.1) pour un matériau élastique linéaire isotrope ou anisotrope caractérisé par
un tenseur d’élasticité Aijkh . Pour simplifier l’écriture, nous supposerons le matériau ho-
mogène, c’est-à-dire que le tenseur Aijkh est constant et nous prendrons les conditions aux
CA
limites sous la forme mixte (7.5a). Pour un autre problème régulier, l’écriture serait plus
lourde, mais les résultats et les raisonnements seraient identiques.
σij,j + fi = 0 (9.1)
σij nj |Sf = Tid (9.2)
ww
uniquement sur les déplacements, comme (9.3). Enfin, un troisième groupe d’équations, à
savoir (9.4), relie les contraintes et les déplacements.
Définition 9.1
Un champ de déplacements ũi est un champ cinématiquement admissible (CCA) s’il
s:/
Partant d’un CCA ũi , on peut lui associer un champ de déformations ε̃ij par (9.5),
ttp
puis un champ de contraintes σ̃ij par la loi de comportement (9.4), mais ce champ de
contraintes n’a aucune raison de vérifier les conditions statiques (9.1) et (9.2).
113
[Link]
[Link]
m/
114 9. Méthodes variationnelles
Définition 9.2
.co
Un champ de contraintes σ̂ij est un champ statiquement admissible (CSA) s’il vérifie
les conditions statiques (9.1) et (9.2) :
r ie
Partant d’un CSA σ̂ij , on peut lui associer un champ de déformations ε par la loi de
comportement (9.4), mais, puisque σ̂ij ne doit pas vérifier les équations de Beltrami, on
ne pourra, en général, pas calculer un ûi par intégration de (9.5). A fortiori, les condi-
tions (9.3) ne seront elles pas vérifiées.
Avec cette terminologie, le problème d’élasticité (9.1) à (9.5) se ramène à la recherche
d’un CCA ûi et d’un CSA σ̂ij reliés par la loi de comportement (9.4). Toute la suite de
lge
ce chapitre sera basée sur le lemme suivant — généralisation du théorème des travaux
virtuels (3.45).
du second membre de (9.8), tandis que le second terme donne l’intégrale de volume par
(9.7). On retrouve le théorème des travaux virtuels en prenant comme CSA σ̂ij , le champ
solution σij .
ZZZ ZZZ ZZ
∗ ∗ ∗
σij εij dv = fi ui dv + σij nj ui dS (9.9)
Ω Ω ∂Ω
∗ ∗
hhε, σ̂ii = hu, ϕi (9.10)
valable pour tout champ de déplacements u∗i et tout CSA σ̂ij . Plus précisément, on a la
situation suivante :
dualité h , i
C −−−−−−−→ U
ttp
x
E yD
S ←−−−−−−−− D
dualité hh , ii
[Link]
[Link]
m/
9.1. Théoremes variationnels 115
L’opérateur D s’écrit :
.co
∗ ∗ 1
ui 7→ εij = () (9.11)
2
donnant les déformations en fonction des déplacements, et l’opérateur E est l’opérateur :
σ̂ij 7→ fˆi = −σ̂ij,j , T̂i = σ̂ij nj (9.12)
r ie
associant au champ de contraintes σ̂ij , les forces volumiques fˆi et les efforts de surface T̂i qui
lui correspondent. La relation (9.10) montre que les opérateurs D et E sont adjoints l’un
de l’autre. C’est une structure que l’on retrouvera dans toutes les théories de Mécanique
des Solides en petite perturbations.
Bien que présentés dans un contexte d’élasticité, toutes les définitions et tous les ré-
lge
sultats de ce paragraphe sont indépendants de la loi de comportement ; en particulier,
on les retrouvera en plasticité. La loi de comportement se présente comme une relation
entre les déformations et les contraintes (voir paragraphe 4.1.3). En élasticité, cette rela-
tion est une application linéaire reliant les valeurs instantanées des déformations et des
contraintes, cette application étant de plus supposée symétrique (auto-adjointe) et définie
positive (paragraphe 5.1.1).
CA
9.1.2 Théorème de l’énergie potentielle
Soit ũi un CCA, on calcule ε̃ij par (9.5) et on peut donc définir l’énergie de déformation
du CCA ũi par :
ZZZ ZZZ
1 1
.G
W (ε̃ij ) = Aijkh ε̃ij ε̃kh dv = σ̃ij ε̃ij dv (9.13)
2 Ω 2 Ω
ZZZ ZZ
T̃fd (ũi ) = fi ũi dvTfd (ũi ), Tfd (ũi ) = Tid ũi dS (9.14)
Ω Sf
Pour les conditions aux limites mixtes (6.7) choisies, le travail des efforts surfaciques
donnés, Tfd s’exprime simplement. Pour un problème régulier quelconque, l’expression
peut être plus compliquée, mais, comme on l’a vu au paragraphe 6.1.1, le travail des
efforts de surface se décompose sans ambiguïté en Tud et Tfd (voir par exemple (6.10) et le
paragraphe 9.1.4).
/w
Définition 9.3
L’énergie potentielle du CCA ũi est :
On démontre alors
[Link]
[Link]
m/
116 9. Méthodes variationnelles
Démonstration. Soit ui une solution du problème (9.1) à (9.5) et ũi un CCA. Nous défi-
.co
nissons :
r ie
2 Ω ZZZ ZZ
− f i ui + ũ0i dv − Tid ui + ũ0i dS
Ω Sf
ZZZ ZZZ
1
= K (ui ) + Aijkh ε̃0ij ε̃0kh dv + Aijkh ε̃0ij εkh dv
2
ZZZ Ω ZZ Ω
lge
− fi ũ0i dv − Tid ũ0i dS
Ω Sf
Le déplacement ui est solution et le théorème des travaux virtuels (9.9) donne, en prenant
u∗i = ũ0i :
ZZZ ZZ
Aijkh ε̃0kh dv = σij ε̃0ij dv
Ω Ω
ZZZ
CA ZZ
= fi ũ0i dv + σij nj ũ0i dS
ZZZΩ ZZ∂Ω ZZ
= fi ũ0i dv + Tid ũ0i dS + n
σij
0
j ũi dS
Ω Sf Su
puisque sur Sf , on a (9.2), et que, d’après (9.3) et (9.6), ũ0i est nul sur Su . Finalement :
.G
ZZZ
1
K (ũi ) = K (ui ) + Aijkh ε̃0ij ε̃0kh dv (9.18)
2 Ω
Or le second terme est positif, puisque la matrice d’élasticité est définie positive (para-
graphe 5.1.1). Ceci démontre (9.16).
ww
ZZZ ZZ
fi dv + Tid dS = 0
Ω ∂Ω
ZZZ ZZ (9.19)
εijk xj fk dv + εijk xj Tkd = 0
Ω ∂Ω
Démonstration. Unicité. Soit u1i et u2i deux solutions, ils sont aussi CCA, et l’application
de (9.16) montre que :
K u1i = K u2i
ttp
[Link]
[Link]
m/
9.1. Théoremes variationnels 117
.co
ε1ij = ε2ij , u1i = u2i + εijkh ωj xk + αi (9.21)
et les deux solutions ne diffèrent que d’un mouvement de solide. Si Su existe (plus précisé-
ment, si Su est de mesure non nulle), les conditions aux limites en déplacement permettent
de montrer que ω #» = α#» = 0 et donc u1 = u2 d’où l’unicité. Par contre, si S est vide (pro-
i i u
blème de type II), on ne peut plus éliminer ce mouvement de solide qui reste indéterminé.
r ie
Existence. L’existence d’une solution peut par exemple se démontrer en construisant,
dans un espace fonctionnel approprié, une suite minimisante pour la fonctionnelle K. Pour
un problème de type II, la condition d’équilibre (9.19) apparaît naturellement car, sinon,
la fonctionnelle n’est pas minorée. Pour les autres problèmes, cette condition d’équilibre
n’apparaît pas, car les efforts donnés sont équilibrés par les efforts de liaison, inconnus a
lge
priori, s’exerçant à travers Su .
et nous définissons :
.G
Définition 9.4
L’énergie complémentaire du CSA est :
0
σ̂ij,j = −fi0 = 0, 0
σ̂ij nj |Sf = Tid0 = 0 (9.27)
ZZZ ZZ
1
ttp
0 0 0
H (σ̂ij ) = − Λijkh σij + σ̂ij σkh + σ̂kh dv + σij + σ̂ij nj udi dS
2 Ω Su
ZZZ ZZZ ZZ
1 0 0 0 0
= H (σij ) − Λijkh σ̂ij σ̂kh dv − Λijkh σ̂ij σkh dv + σ̂ij nj udi dS
2 Ω Ω Su
[Link]
[Link]
m/
118 9. Méthodes variationnelles
.co
ui , déplacement solution, on obtient :
ZZZ ZZZ
0 0
Λijkh σ̂ij σkh dv = σ̂ij εij dv
Ω Ω
ZZ ZZ ZZ
d0
= fi0
ui dv + T i u i dS + 0
σ̂ij nj ui dS
Ω S S
f u
r ie
Les deux premiers termes disparaissent d’après (9.27), tandis que sur Su , ui = udi par
(9.3). Il vient finalement :
ZZZ
1 0 0
H (σ̂ij ) = H (σij ) − Λijkh σ̂ij σ̂kh dv (9.28)
2 Ω
lge
d’où la conclusion, puisque, comme Aijkh , la matrice Λijkh est définie positive.
pour la solution.
Démonstration. Pour la solution, on a :
ww
ZZZ
1
W (ui ) = Ŵ (σij ) = σij εij dv
2 Ω
ZZZ ZZZ ZZ
σij εij dv − fi ui dv − σij nj ui dS = 0
Ω Ω ∂Ω
comme il résulte du théorème des travaux virtuels (9.9), en prenant comme déplacement
virtuel le déplacement solution ui .
s:/
ZZZ ZZZ ZZ
1 1
W = σij εij dv = fi ui dv + σij nj ui dS (9.31)
2 Ω 2 Ω ∂Ω
[Link]
[Link]
m/
9.1. Théoremes variationnels 119
On peut d’ailleurs obtenir directement ce résultat par une approche énergétique. Par-
.co
tons en effet du bilan énergétique en élasticité du paragraphe 6.1.2 et plus précisément de
l’équation (6.14) :
ZZZ ZZ
dK dW dui dui
+ = fi dv + σij nj dS (9.32)
dt dt Ω dt ∂Ω dt
Pour un problème quasi-statique, on néglige les variations d’énergie cinétique et on obtient
r ie
l’énergie de déformation associée à (ui , σij ) par intégration de (9.32) par rapport au temps
sur un processus quasi-statique faisant passer de l’état de référence (ui = 0, σij = 0,
W = 0) à l’état final (ui , σij , W = Wf ) :
Z fin. ZZZ ZZ
Wf = fi dui dv + σij nj dui dS
réf. Ω ∂Ω
lge
Or, on peut obtenir un tel processus par un chargement proportionnel : d’après
la linéarité,
(λui , λσij ) est la solution quasi-statique ou statique associée aux données λfi , λTid , λudi .
L’état de référence correspond alors à λ = 0 et l’état final à λ = 1. On obtient alors
(dui = ui dλ) :
Z 1 ZZZ ZZ
W = λfi ui dv + λσij nj ui dS dλ
Z
0
1
Ω
ZZZ
∂Ω
CAZZ
= λ dλ fi ui dv + σij nj ui dS
| 0 {z } Ω ∂Ω
=1/2
Le coefficient 1/2 dans (9.31) traduit donc physiquement la mise en charge progressive du
.G
milieu.
Ω = [0, l] × Σ
fi = 0
/w
s:/
Sl : [0, l] × ∂Σσij nj = 0
Σ0 : x1 = 0σ11 = 0 , u2 = u3 = 0 (9.33)
Σ1 : x1 = lσ11 = 0 , u2 = −αlx3 , u3 = αlx2
Un CSA σ̂ij doit vérifier les équations d’équilibre et les conditions aux limites de type
ttp
statique, à savoir :
σ̂ij nj = 0sur [0, l] × ∂Σ
(9.34)
σ̂11 = 0en x1 = 0 , x1 = l
[Link]
[Link]
m/
120 9. Méthodes variationnelles
.co
de la forme (7.46). Les conditions aux limites (9.34) sur les extrémités sont alors auto-
matiquement vérifiées. Comme au paragraphe 7.2.2, les équations d’équilibre permettent
d’introduire une fonction de contrainte Φ et les conditions aux limites (9.24) sur la surface
latérale exigent que Φ soit nulle sur ∂Ω. Par contre, pour un CSA, la fonction Φ ne doit
pas vérifier l’êquation (7.31) qui résultait des équations de Beltrami. Ainsi, un CSA est
défini par une condition Φ̂(x2 , x3 ) nulle sur ∂Σ avec :
r ie
0 σ̂12 σ̂13
∂ Φ̂ ∂ Φ̂
(9.35)
σ̂ = σ̂12 0 0 , σ̂12 = , σ̂13 = −
∂x3 ∂x2
σ̂13 0 0
Pour calculer l’énergie de déformation, en élasticité isotrope, on utitlise les formules sui-
lge
vantes, qui s’obtiennent directement à partir des formules du chapitre 5
1
w(σij ) = w(εij ) = σij εij (9.36)
2
1 n 2 2 2
o
= σ11 + σ22 + σ33 − 2ν (σ11 σ22 − σ22 σ33 + σ33 σ11 )
2E
1 2
+ 2
σ12 + σ23 2
+ σ13
CA
(9.37)
2G
λ
= (ε11 + ε22 + ε33 )2 + 2µ ε212 + ε223 + ε231 (9.38)
2
et à partir de (9.35), on obtient :
.G
!2 !2
ZZ Z l
1 ∂ Φ̂ ∂ Φ̂
Ŵ (σ̂ij ) = + dx1 dx2 dx3 (9.39)
2G Σ 0 ∂x3 ∂x2
!2 !2
ZZ
l ∂ Φ̂ ∂ Φ̂
= + dx2 dx3 (9.40)
ww
2G Σ ∂x3 ∂x2
Pour calculer Tud et Tfd il faut expliciter la décomposition (6.8) pour le problème (9.33) :
ZZ ZZ ZZ h i
σij nj ui dS = Tid ui dS + d
σ11 u1 + σ12 ud2 + σ13 ud3 dx2 dx3
∂Σ Sl Σ1
ZZ h i
d
− σ11 u1 + σ12 ud2 + σ13 ud3 dx2 dx3
/w
Σ0 | {z }
| {z }
Tud (σij )
Tfd (ui )
où M̂1 est le moment de torsion résultant des efforts associés au CSA. Compte-tenu de
(9.35), il vient :
ttp
ZZ ! ZZ
∂ Φ̂ ∂ Φ̂
Tud (σ̂ij ) = −αl x2 + x3 dx2 dx3 = 2αl Φ̂ dx2 dx3
Σ ∂x2 ∂x3 Σ
[Link]
[Link]
m/
9.1. Théoremes variationnels 121
.co
ZZ ( " !2 !2 #)
l ∂ Φ̂ ∂ Φ̂
H (σ̂ij ) = 2αlΦ̂ − + dx2 dx3 (9.43)
Σ 2G ∂x2 ∂x3
ou en posant Φ̂ = Gαϕ̂ :
ZZ ( 2 2 )
Gα2 l
r ie
∂ ϕ̂ ∂ ϕ̂
H (σ̂ij ) = 4ϕ̂ − − dx2 dx3 (9.44)
2 Σ ∂x2 ∂x3
lge
Σ0 :ũ2 = ũ3 = 0
(9.45)
Σ1 :ũ2 = −αlx3 , ũ3 = αlx2
et, en nous inspirant de la structure (7.73) de la solution, nous prenons pour CCA le
champ :
et on tire de (9.38) :
ww
ZZ ( !2 !2 )
Gα2 l ∂ ψ̃ ∂ ψ̃
W (ε̃ij ) = x3 − + x2 + dx2 dx3 (9.48)
2 Σ ∂x2 ∂x3
αlM1 Gα2 l
H(ui ) = K(σij ) = W = αlM1 − W = = I (9.50)
s:/
2 2
compte-tenu de (7.62). Le théorème de comparaison nous donne donc :
h (ϕ̂) 6 I 6 k ψ̃
ZZ ( 2 2 )
∂ ϕ̂ ∂ ϕ̂
h (ϕ̂) = 4ϕ̂ − − dx2 dx3
ttp
[Link]
[Link]
m/
122 9. Méthodes variationnelles
valable pour toute fonction ϕ̂ nulle sur ∂Σ et toute fonction ψ̃. On voit donc que l’on peut
.co
encadrer le module de rigidité à la torsion et obtenir ainsi des valeurs approchées.
On peut ainsi démontrer certains résultats généraux : par exemple, en prenant ψ̃ = 0,
on obtient :
ZZ
I> x22 + x23 dx2 dx3 = I0 (9.52)
Σ
r ie
c’était le module de rigidité à la torsion pour une section circulaire ou annulaire).
Pour aller plus loin, considérons par exemple le cas d’une section rectangulaire. On a
vu au paragraphe 7.2.4 que l’on pouvait obtenir une solution exacte par développement
en série de Fourier. Les calculs précédents vont nous fournir une valeur approchée. La
fonction ϕ̂ doit être nulle sur le bord, nous prenons :
lge
ϕ̂ = m(a2 − x22 )(b2 − x23 ) (9.53)
ψ̃ = px2 x3 (9.55)
et nous obtenons :
4ab h i
.G
k ψ̃ = (p + 1)2 b2 + (p − 1)2 a2 (9.56)
3
d’où l’encadrement (9.51) pour I. Pour obtenir l’encadrement optimal, nous choisissons la
valeur de m qui maximise h(ϕ̂) et la valeur de p qui minimise k(ψ̃). On trouve :
a2 − b2
ww
5
mopt = , popt =
4 (a + b2 )
2 a2 + b2
et :
40 a3 b3 48 a3 b3
6 I 6 (9.57)
9 a2 + b2 9 a2 + b2
En particulier, pour la section carrée :
/w
I
0,139 6 6 0,167 (9.58)
a4
alors que la valeur exacte est de 0,141. Bien entendu, on pourrait raffiner en prenant des
fonctions ϕ̂ et ψ̃ plus compliquées. Néanmoins, on voit que notre CSA est déjà assez proche
de la solution et peut nous donner une approximation raisonnable du champ de contraintes
s:/
réel.
On considère
un solide
élastique pouvant être soumis à deux chargements différents.
Soit u1i , σij
1 et u2 , σ 2 , les solutions correspondantes.
i ij
[Link]
[Link]
m/
9.2. Théorèmes de l’énergie 123
.co
Théorème 9.7 — Théorème de réciprocité au de Maxwell-Betti
Le travail des efforts extérieurs 2 dans le déplacement 1 est égal au travail des efforts
extérieurs 1 dans le déplacement 2 :
ZZ ZZ ZZZ ZZ
fi2 u1i dv + Ti2 u1i dS = fi1 u2i dv + Ti1 u2i dS (9.59)
Ω ∂Ω Ω ∂Ω
r ie
Démonstration. On utilise le théorème des travaux virtuels appliqué au problème 1 avec
comme déplacement virtuel le déplacement u2i solution du problème 2. On obtient :
ZZZ ZZZ ZZ
1 2
σij εij dv = fi1 u2i dv + Ti1 u2i dS
Ω Ω ∂Ω
lge
On effectue la même opération en changeant 1 et 2 :
ZZZ ZZZ ZZ
2 1
σij εij dv = fi2 u1i dv + Ti2 u1i dS
Ω Ω ∂Ω
À titre
d’exemple d’application, considérons un problème du type II avec des données
d
fi , Ti . En général, on ne saura pas calculer la solution (ui , σij ). Par contre, certains
problèmes de type II peuvent être résolus pour le même domaine, par exemple teus ceux
qui admettent une solution homogène : le problème caractérisé par les données :
.G
fi = 0 Tid = σij
0
nj (9.60)
0 est constant, admet en effet la solution :
où σij
0 0
σij = σij ui = Λijkh σkh xj (9.61)
ww
ZZ ZZZ
0 0
σij nj ui dv = σij εij dv
∂Ω Ω
Ω Ω ∂Ω
Par exemple, on obtiendra la valeur moyenne de ε11 et ε12 en prenant pour σij 0 un tenseur
ZZ h i
+ T1d x1 −ν T2d x2 + T3d x3 dS (9.63)
∂Ω
ZZZ ZZZ ZZ
1 1+ν
ε12 dv = (f1 x2 + f2 x1 ) dv + T1d x2 + T2d x1 dS
V Ω VE Ω ∂Ω
[Link]
[Link]
m/
124 9. Méthodes variationnelles
.co
ZZZ ZZZ ZZ
1
∆V = εii dv = fi xi dv + Tid xi dS (9.64)
Ω 3λ + 2µ Ω ∂Ω
Plus généralement, le théorème de Maxwell Betti permet souvent d’obtenir sans calcul des
résultats intéressants.
r ie
9.2.2 Théorème de Castigliano
On considère encore le même solide élastique pouvant être soumis à deux systèmes de
chargements 1 et 2.
lge
Théorème 9.8 — Théorème de Castigliano
2 un CSA pour le problème 2. Le travail des efforts extérieurs 2 dans le déplace-
Soit σ̂ij
ment 1 est égal à la dérivée à l’origine de la fonction donnant l’énergie de déformation
du champ de contraintes σij1 + λσ̂ 2 en fonction de λ :
ij
ZZZ ZZ
d n 1 o
fi2 u1i dv + Ti2 u1i dS = 2
Ŵ σij + λσ̂ij |λ=0 (9.65)
Ω ∂Ω
CA dλ
Démonstration. On développe :
ZZZ
.G
1 2 1 2 2 1 2
Ŵ σij + λσ̂ij = Ŵ σij + λ Ŵ σ̂ij +λ Λijkh σij σ̂kh dv
Ω
De sorte que :
ZZZ
d n 1 2
o
1 2
ww
= ε1kh σ̂kh
2
dv
ZZZΩ ZZ
= fi2 u1i dv + Ti2 u1i dv
Ω ∂Ω
L’utilisation de ce théorème et du théorème de réciprocité est basée sur le fait qu’en in-
troduisant comme chargement 2, des chargements fictifs, il est possible de calculer certains
déplacements ou déformations. En effet, si on introduit par exemple comme chargement
#»
2, une force concentrée F appliquée au point M , alors le travail du chargement 2 dans le
déplacement 1 se réduit à :
s:/
#»
u 1 (M )
F · #» (9.66)
gularité du chargement. On sait résoudre ces problèmes, mais ce n’est pas si simple ;
2. en MMC, il est en général très difficile de calculer le champ de contraintes solution
ou de construire un CSA.
[Link]
[Link]
m/
9.3. Méthode des éléments finis 125
Par contre, ces théorèmes de l’énergie — comme sont couramment nommés le théorème
.co
de réciprocité et le théorème de Castigliano — seront utilisés de manière intensive en
Résistance des Matériaux où les deux difficultés mentionnées ci-dessus disparaissent. De
manière générale en effet, tous les théorèmes que nous avons démontrés depuis le début
de ce chapitre sont valables pour toute théorie des milieux continus élastiques. En fait, ils
reposent sur la structure algébrique décrite à la fin du paragraphe 9.1.1.
Ces théorèmes ne sont en principe valables que pour les problèmes réguliers. Pour un
r ie
problème non régulier — problème avec frottement ou avec contact unilatéral par exemple,
voir paragraphe 6.1.1 — on peut avoir des résultats analogues, mais il convient de tout
reprendre pour chaque cas particulier. C’est le champ d’étude des méthodes variation-
nelles [3].
lge
9.3 Méthode des éléments finis
9.3.1 Principe
Les théorèmes du paragraphe 9.1 énoncent des principes variationnels dont l’affirma-
tion type est la suivante : “La solution minimise une certaine fonctionnelle dans un espace
de fonctions admissibles.” Nous avons présenté les deux principes variationnels tradition-
CA
nels, mais il en existe bien d’autres, plus ou moins appropriés, suivant le type de problème
que l’on envisage [29]. L’intérêt de ces principes variationnels réside dans le fait qu’ils en-
gendrent à peu près automatiquement une méthode numérique pour calculer une solution
approchée. Il suffit en effet de discrétiser l’espace des fonctions admissibles — c’est-à-dire
de l’approcher par un espace de dimension finie — et de minimiser la fonctionnelle sur
cet espace discrétisé. On obtient ainsi une solution approchée d’autant plus proche de la
.G
solution réelle que l’espace discrétisé approche mieux l’espace des fonctions admissibles.
Pour discrétiser l’espace des fonctions admissibles, on peut par exemple introduire
une base fonctionnelle de cet espace — base de fonctions sinusoïdales pour un domaine
rectangulaire, par exemple — et approcher l’espace des fonctions admissibles par l’espace
ww
engendré par les n premiers éléments de cette base. C’est la méthode de Galerkin pour
laquelle on peut montrer que lorsque n → ∞, la solution approchée ainsi calculée tend
vers la solution réelle.
Le terme “méthode d’éléments finis” recouvre un ensemble de méthodes pour lesquelles
l’espace discrétisé s’obtient :
1. en découpant le domaine Ω en un certain nombre de sous-domaines simples (triangles
ou rectangles) : les éléments finis ;
/w
2. en prenant sur chaque élément une forme analytique simple, de sorte que la valeur
de la fonction en tout point est donnée par sa valeur en un nombre limité de nœuds.
À titre d’exemple, nous allons présenter les trois éléments les plus simples pour un espace
de fonctions à valeur scalaire (pour une fonction à valeur vectorielle ou tensorielle, il suffit
de considérer séparément chaque composante) dans le plan.
s:/
[Link]
[Link]
m/
126 9. Méthodes variationnelles
.co
(a) Élément triangulaire avec (b) Élément rectangulaire avec (c) Élément triangulaire avec
r ie
une fonction linéaire fonction bilinéaire fonction quadratique
lge
La valeur de la fonction f en un point M du rectangle ABCD dépend de quatre para-
mètres : la valeur f aux nœuds A, B, C et D :
(x1 − xB C
1 )(x2 − x2 ) (x1 − xA D
1 )(x2 − x2 )
f = fA + f B
(xA B A C
1 − x1 )(x2 − x2 ) (xB A B B
1 − x1 )(x2 − x2 )
+ fC C
CA
(x1 − xD A
1 )(x2 − x2 )
+ f D
(x1 − xC B
1 )(x2 − x2 )
(9.68)
(x1 − xD C A
1 )(x2 − x2 ) (xD C D B
1 − x1 )(x2 − x2 )
de nœuds, et on doit minimiser une fonction d’un nombre fini de variables, problème qui
se prête bien au calcul numérique.
Pour la torsion, on peut à partir de (9.51) construire méthodes d’éléments finis :
1re méthode — On discrétise Σ et on maximise la fonctionnelle h(ϕ̂) sur l’espace des
fonctions ϕ̂ nulles sur le bord ;
2e méthode — On discrétise Σ et on minimise la fonctionnelle h(ψ̂) sur l’espace de toutes
les fonctions ψ̂.
/w
9.3.2 Application
Pour montrer la mise en œuvre de la méthode, nous allons envisager un exemple.
Considérons un barrage triagulaire OAB en déformations planes.
s:/
eau
ttp
sol
[Link]
[Link]
m/
9.3. Méthode des éléments finis 127
.co
f1 = 0, f2 = −ρg (9.70)
ρ étant la masse volumique du béton. Quant aux conditions aux limites, elles traduisent
l’absence de contrainte sur OB, l’effet de la pression hydrostatique −̟x2 (̟ étant le poids
spécifique de l’eau) sur OA et la liaison supposée rigide avec le sol sur AB :
OBσ11 + σ12 = 0,
r ie
σ12 + σ22 = 0
OAσ11 = ̟x2 , σ12 = 0 (9.71)
ABu1 = u2 = 0
Le théorème de l’énergie potentielle affirme que dans l’espace des CCA :
lge
U = {(ũ1 , ũ2 ) |ũ1 = ũ2 = 0 pour x2 = −h} (9.72)
la solution minimise la fonctionnelle :
ZZ ZZ Z
1
K (ũi ) = Aijkhε̃ij ε̃kh dx1 dx2 + ρgũ2 dx1 dx2 + ̟x2 ũ1 dx2 (9.73)
2 Ω Ω OA
Par exemple, nous introduisons un maillage régulier et des éléments triangulaires du type
ww
2
où la matrice carrée A est la matrice de rigidité, symétrique définie positive et où le
vecteur colonne F caractérise les efforts extérieurs. Pour minimiser l’énergie potentielle, il
faut donc résoudre le système linéaire :
AU = F (9.75)
ttp
Nous utilisons ici le théorème de l’énergie potentielle car en MMC, il est en général très
difficile d’engendrer des champs statiquement admissibles et le théorème de l’énergie com-
plémentaire est peu utilisé dans ce contexte.
[Link]
[Link]
m/
128 9. Méthodes variationnelles
.co
Pour calculer les intégrales qui interviennent dans (9.73), il faudra sonnner les contri-
butions de chaque triangle pour les intégrales de sur face, et de chaque segment pour les
intégrales de ligne. Nous allons donc déjà examiner la contribution d’un élément trian-
gulaire abc à l’énergie de déformation au travail des efforts de volume, et au travail des
efforts de surface.
Sur chaque élément, nous pouvons donc écrire le déplacement en fonction de la valeur
r ie
aux sommets a, b et c de cet élément :
lge
−1
λa 1 1 1
a
λb = x1 xb1 xc1 (9.77)
x1
λc xa2 xb2 xc2 x2
" #" #
1 1
CA −1
1
ũ1 ua1 ub1 uc1 a
x1 xb1 xc1 (9.78)
x1
ũ2 ua2 ub2 uc2
xa2 xb2 xc2 x2
Discrétisation de l’énergie
.G
Le tenseur des déformations εij est alors constant et donné par :
−1 S
" # "
ua
# 1 1 0 0
ε11 ε12 1 ub1 uc1 a
x1 xb1 xc1 (9.79)
= a 1 0
ε12 ε22 u2 ub2 uc2
ww
xa2 xb2 xc2 0 1
1
AS = A + AT (9.80)
2
L’intégration de l’énergie de déformation sur le triangle abc donne :
/w
ZZ
1 n o 1
Wabc = λ (ε11 + ε22 )2 + 2 ε211 + ε222 + 2ε212 dx2 dx2 = uT aabc u (9.81)
2 abc 2
où u désigne le vecteur colonne des déplacements aux nœuds, donc un sous-vecteur de U ,
et où aabc est une matrice symétrique 6 × 6 qui résulte de l’intégration sur le triangle et il
s:/
∂Wabc
f = aabc u = (9.82)
∂u
ttp
m/
9.3. Méthode des éléments finis 129
Ceci résulte par exemple du bilan énergétique (9.32) qui montre que pour une variation
.co
du des déplacements aux nœuds, la variation de l’énergie de déformation :
dWabc = f T du (9.83)
est égale au travail des efforts exercés sur l’élément. On peut donc interpréter (9.83) comme
#» #» #»
donnant le travail des « forces élastiques » (suppoées concentrées aux nœuds) f a , f b , f c .
Il faut bien garder à l’esprit, cependant, qu’il ne s’agit là que d’une interprétation, et que
r ie
ces « forces élastiques » sont fictives et sans aucune existence réelle ; ce ne sont pas des
forces, mais des dérivées de l’énergie de déformation.
lge
Calculons la contribution du triangle abc au travail des forces de volume, c’est à dire dans
(9.73) des forces de pesanteur. En reportant (9.76) dans (9.73) et en remarquant que :
ZZ ZZ ZZ
S
λa dx1 dx2 = λb dx1 dx2 = λc dx1 dx2 = (9.84)
abc abc abc 3
on obtiendra :
−
ZZ
ρgS a
ρgũ2 dx1 dx2 = −
CA
u2 + ub2 + uc2 = ϕT · u (9.85)
abc 3
T ρgS ρgS ρgS
ϕ = 0, 0, 0, − ,− ,− (9.86)
3 3 3
D’un point de vue énergétique, on peut interpréter (9.85) en disant que les forces de volume
.G
#»a , ϕ
sont équivalentes aux trois forces concentrées ϕ #»b , ϕ
#»c appliquées aux nœuds.
ww
De manière générale, l’écriture du travail des efforts de volume conduit à décomposer ces
efforts en trois forces concentrées appliquées aux nœuds.
Soit ac, un côté du triangle abc appartenant à Sf , c’est-à-dire où les efforts surfaciques
sont donnés.
s:/
ttp
[Link]
[Link]
m/
130 9. Méthodes variationnelles
.co
̟
Z xc2
[uc1 x2 (x2 − xa2 ) − ua1 x2 (x2 − xc2 )] dx2
x2 − xa2
c
xa
2
et on obtient finalement
Z c
̟∆h ∆h ∆h
− ̟x2 ũ1 dx2 = − xc2 − uc1 + xa2 + uc2 (9.88)
2 3 3
r ie
a
∆h ∆h
̟∆h xc2 + 3 ̟∆h xa2 − 3
ψ T = − , 0, − , 0, 0, 0 (9.89)
2 2
D’un point de vue énergétique, les forces de contact exercées sur ac sont équivalentes à
#» #»
deux forces concentrees ψ a et ψ c exercées aux nœuds. Par contre, ubi n’intervient pas dans
lge
#»b
(9.87) et donc ψ = 0.
9.3.4 Assemblage
Pour calculer K (ũi ), c’est-à-dire pour expliciter (9.74), on doit sommer la contribution
de tous les triangles pour l’énergie de déformation et le travail des forces de volume, ainsi
CA
que la contribution de tous les segments de Sf pour le travail des forces de surface. Pour
minimiser la fonction K (U ) résultante, il faut annuler la dérivée de K par rapport à
chaque déplacement de chaque nœud.
∂W ∂WT1 ∂WTn
a = a +···+ = fia,T1 + · · · + fia,Tn (9.90)
∂ui ∂ui ∂uai
a,T
où les quantités fi j sont les composantes des forces élas-
tiques appliquées en a sur chacun des éléments T1 , T2 ,... Tn
entourant a :
/w
ZZ
∂
a ρgũ2 dx1 dx2 = 0 = − ϕa,T 1
1
+ · · · + ϕa,T
1
n
∂u1 Ω
ZZ (9.91)
∂ ρg 1 n
a,T1 a,Tn
ρgũ 2 dx 1 dx 2 = S + · · · + S = − ϕ2 + · · · + ϕ2
∂ua2 Ω 3
s:/
a,T
où les quantités ϕi j sont les forces concentrées en a équivalentes aux forces de volume
exercées sur chacun des éléments T1 , T2 , · · · Tn . Enfin, uai n’interviendra pas dans le travail
des efforts de contact, puisque celui-ci ne fait apparaître que les déplacements des nœuds
de Sf .
Ainsi, la minimisation de K par rapport à uai pourra s’écrire :
ttp
#» #»
− f a,T1 − · · · − f a,Tn + ϕ
#»a = 0 (9.92)
On peut interpréter cette équation comme exprimant l’équilibre au nœud a sous l’action
des forces qui lui sont appliquées
[Link]
[Link]
m/
9.3. Méthode des éléments finis 131
– forces élastiques exercées par tous les éléments entourant a, qui sont égales à l’opposé
.co
#»
des forces élastiques f a,Ti exercées sur l’élément ;
– la force ϕ#»a = ϕ#»a,T1 + · · · + ϕ
#»a,Tn qui est la force concentrée équivalente en a aux
forces volumiques appliquées aux éléments entourant a.
Dans notre exemple, cette force est égale au tiers (car les trois sommets de chaque triangle
participent) du poids des éléments entourant a.
r ie
Cas d’un nœud frontière
C’est un nœud appartenant à Sf (car sur Su le déplacement est
donné). L’analyse précédente reste valable, mais il faut rajouter la
contribution des deux segments de Sf issus de a. On obtient alors :
lge
Z
∂
̟x2 ũ1 dx2 = −ψia,T1 − ψia,T2 (9.93)
∂uai OA
[Link]
[Link]
m/
.co
r ie
lge
CA
.G
ww
/w
s:/
ttp
[Link]
[Link]
m/
.co
Chapitre 10
r ie
Plasticité classique
lge
10.1 Lois de comportement
10.1.1 Comportenent plastique
Pour les métaux, comme on l’a vu au paragraphe 4.2.1, le comportement est élastique
jusqu’à un certain seuil. Au delà de ce seuil de limite d’élasticité ou de plasticité, le
comportement devient plastique, ce qui se traduit en particulier par une non linéarité de
CA
la courbe de traction et par une irréversibilité.
.G
ww
avec en général σA′ = −σA . Si l’on charge au delà du seuil, alors apparaissent les déforma-
/w
tions plastiques. Si, arrivé au point B, on relâche la contrainte, alors on redescend le long
de la droite BB ′ et le comportement redevient élastique, avec une déformation résiduelle
εp , et tant que l’on reste dans le nouveau domaine élastique, on a :
tandis que si l’on est sur le seuil σ = σB , par exemple, un processus de charge avec
déformation plastique ou un processus de décharge (retour dans la zone élastique) sans
133
[Link]
[Link]
m/
134 10. Plasticité classique
.co
(
dα > 0, dεp > 0, dσB = K dεp
σ = σB (10.4)
dα < 0, dεp = 0, dσB = 0
r ie
tement idéalisé. Le modèle le plus simple est celui de la plasticité parfaite, c’est-à-dire sans
écrouissage. Le domaine élastique reste alors fixe.
lge
C’est le modèle rhéologique décrit au paragraphe 4.2.2. D’après (4.39) et (4.40), la loi de
comportement de ce modèle peut s’écrire sous la forme :
σ = Eεe , ε = εo + εp (10.5)
|σ| 6 σo ,
CA
avec :
ε̇p = 0 si |σ| < σ0 ou |σ| = σ0 , |σ|′ < 0
)
ε̇p > 0 si σ = σ0 , σ̇ = 0 (10.6)
charge
.G
p
ε̇ 6 0 si σ = −σ0 , σ̇ = 0
Par analogie avec ce que nous avons fait au paragraphe 4.1.2 pour les lois de frotte-
ment (4.14) ou pour les conditions de contact unilatéral (4.13), nous pouvons réécrire (10.6)
sous une forme plus synthétique
ww
et :
si |σ| < σ0 , λ=0
(10.8)
si |σ| = σ0 , λ > 0, |σ|′ 6 0, λσ̇ = 0
/w
On utilise aussi parfois, notamment pour des problèmes qui supposent de grandes déforma-
tions plastiques (mise en forme des métaux), l’approximation rigide–plastique, qui revient
à négliger les déformations élastiques.
s:/
ttp
[Link]
[Link]
m/
10.1. Lois de comportement 135
.co
Nous nous limiterons désormais à la plasticité parfaite qui conduit à la théorie classique
de la plasticité. Cette théorie peut en effet être poussée assez loin et permet d’obtenir de
nombreux résultats.
La définition du seuil de plasticité dans une théorie tridimensionnelle a fait l’objet du
paragraphe 5.3. De manière générale, le domaine élastique est défini par :
r ie
f (σij ) 6 0 (10.9)
lge
f (sij ) = f (J2 , J3 ) 6 0 (10.10)
et les deux critères les plus utilisés sont le critère de von Mises :
1 σ2
sij sij 6 e (10.11)
2 3
CA
et le critère de Tresca (paragraphe 5.3.1) :
Pour les sols, la pression hydrostatique intervient essentiellement dans le critère et le critère
de Coulomb donne de bons résultats :
.G
#»
| T t | < c − Tn tan ϕ (10.13)
ww
C’est un critère du type (5.53), la courbe intrinsèque étant une droite. Comme dans
le cas unidimensionnel, nous décomposons la déformation en une partie élastique et une
partie plastique :
et la contrainte est donnée par une loi élastique en fonction des déformations élastiques :
[Link]
[Link]
m/
136 10. Plasticité classique
et il reste à compléter la théorie par une loi d’écoulement plastique donnant l’évolution de la
.co
déformation plastique au cours du temps. Il convient donc de généraliser la loi (10.7), (10.8)
du cas unidimensionnel. Auparavant, reprenons, dans le cadre de l’élasto-plasticité, le bilan
thermodynamique exprimé par (1.60). Compte-tenu de (10.14) et (10.15), nous pouvons
écrire :
σij Dij = σij ε̇ij = σij ε̇eij + σij ε̇pij
(10.16)
r ie
dw
σij ε̇eij = Aijkh εekh ε̇eij =
dt
où w est l’énergie de déformation élastique :
1
w = Aijkh εeij εekh (10.17)
2
lge
ce qui permet d’identifier (10.16) à (1.59) avec :
Comme dans le cas unidimensionnel, la déformation plastique reste constante si l’on est
en évolution élastique, c’est-à-dire si l’on est dans le domaine élastique(f < 0) ou sur le
/w
La déformation plastique ne varie donc que sur le seuil et dans un processus de charge
s:/
∗ ∗
pour tout σ ij acceptable, f σ ij 6 0.
[Link]
[Link]
m/
10.1. Lois de comportement 137
.co
∗
ment vérifiée (il suffit de prendre σ ij = 0 dans (10.21)). Géométriquement, en se plaçant
dans l’espace vectoriel des contraintes (de dimension six), l’inégalité (10.21) se traduit par
l’inégalité :
# » # »
Σ∗ Σ · dεp > 0 (10.22)
r ie
# »
élastique et dεp , le vecteur représentatif de l’incrément de déformation plastique. Si l’on
se place en un point du seuil où le plan tangent est continu, alors, en faisant varier Σ∗ ,
on constate que l’inégalité (10.22) sera vérifiée pour tout Σ∗ si-et-seulement-si le vecteur
incrément de déformation plastique est :
lge
CA
dirigé selon la normale extérieure à la surface seuil en Σ :
∂f
ε̇pij = λ , λ>0 (10.23)
.G
∂σij
Ainsi, on déduit du principe du travail maximal les propriétés de convexité (du domaine
# »
élastique) et de normalité (de dεp à la frontière seuil). Par analogie avec ce que nous avons
fait au paragraphe 4.1.2 pour la condition de frottement, nous pouvons réécrire la loi
d’écoulement plastique sous la forme :
s:/
λ > 0, f˙ 6 0, λf˙ = 0
et la distinction entre processus de charge et de décharge s’effectue automatiquement par
le jeu des deux inégalités et de l’inégalité sur λ et f˙. Cela peut sembler bien compliqué,
[Link]
[Link]
m/
138 10. Plasticité classique
.co
breux résultats. En particulier, si le critère ne dépend pas de la pression hydrostatique
forme (10.10) alors il résulte de (10.24) que :
ε̇pii = 0 (10.25)
r ie
# »
le principe du travail maximal montre que le vecteur dεp est dans le cône des normales.
lge
Le principe du travail maximal est une hypothèse qui sera ou non vérifiée selon les
matériaux. Elle est vérifiée en première approximation pour les métaux ; elle n’est pas
vérifiée par contre pour les sols. Ce principe permet d’engendrer une classe de modèles :
CA
les matériaux standards qui permettent de traiter de nombreux problèmes. Les conclusions
obtenues à partir de ce type de modèle seront plus ou moins valables selon les problèmes.
Dans le cas du critère de von Mises (10.11), on obtient :
10.2 Exemples
10.2.1 Flexion d’une poutre
Considérons un arbre élastoplastique, et soumettons le à un moment de flexion M
croissant (voir paragraphe 7.1.1, problèmes 5 et 6). Au départ, la solution élastique du
/w
milieu subsiste une âme élastique. En supposant qu’en chaque point, l’état de contraintes
reste un état de traction simple (7.10), nous sommes amenés à prendre :
h
−σe ξ 6 x2 6
σ e x2 2
σ11 = − −ξ 6 x2 6 ξ (10.29)
ξ
ttp
h
+σ
e − 6 x2 6 −ξ
2
en supposant la poutre symétrique par rapport à l’axe x3 .
[Link]
[Link]
m/
10.2. Exemples 139
.co
tions d’équilibre et les conditions aux li-
mites sur la surface latérale. Il vérifie aussi si
les conditions aux limites sur les extrémités
avec :
ZZ
M=− x2 σ11 dx2 dx3
Σ
r ie
et si on introduit la fonction b (x2 ) donnant la largeur de la poutre en fonction de x2 ,
alors :
(Z )
b(x2 )x22
ξ Z h/2
(10.30)
lge
M = 2σe dx2 + b(x2 )x2 dx2 = M (ξ)
0 ξ ξ
où la fonction M(ξ) est une fonction qui croît de Me donné par (10.28) à Ml donné par :
Z h/2
Ml = 2σe b(x2 )x2 dx2 (10.31)
0
CA
lorsque ξ décroît de h/2 à 0, c’est-à-dire lorsque la zone plastique s’étend jusqu’à occuper
tout Σ. Il reste à calculer les déplacements. Dans la zone élastique, le calcul du para-
graphe 7.1.3 reste valable en remplaçant M/J par σe /ξ, et la relation (7.31) devient :
σe
κ= (10.32)
.G
Eξ
qui, combiné avec (10.30), donne la relation entre le moment et la courbure.
ww
/w
Il reste à étendre cette solution au domaine plastique, par intégration de (10.24). Cela
pose davantage de problèmes, mais il est possible de calculer un champ de déplacements
répondant au problème. Ce champ n’est cependant pas unique : en général, on n’a pas
unicité du champ de déplacements en plasticité.
s:/
ttp
[Link]
[Link]
m/
140 10. Plasticité classique
.co
r ie
Finalement, le comportement é1astop1astique d’une poutre en flexion est le suivant :
– comportement élastique pour M < Me ;
lge
– au delà de Me : apparition d’une zone plastique, mais les déformations plastiques
restent limitées ou contenues par le noyau élastique ;
– pour M → Ml , le noyau élastique disparaît et les déformations plastiques n’étant
plus limitées, il y a ruine de la structure.
où π(r) représente la partie sphérique du tenseur des contraintes, et τ (r) son déviateur.
Ce tenseur est de révolution autour de la direction radiale et les contraintes principales
sont :
6τ (r)
2τ ′ (r) + − π ′ (r) = 0 (10.37)
r
[Link]
[Link]
m/
10.3. Méthodes variationnelles 141
équation différentielle reliant les deux fonctions π(r) et τ (r). D’autre part, la zone plastique
.co
doit vérifier :
1 σ2
sij sij = 3τ 2 = e
2 3
en adoptant par exemple le critère de von Mises (comme on l’a vu en 6.2.2 le critère de
Tresca donnerait-le même résultat). On en déduit donc :
r ie
σe
τ =+ (10.38)
3
(le choix du signe se fait par continuité avec la solution élastique du paragraphe 6.2.2). En
reportant dans (10.37) et en intégrant, on obtient :
lge
π = 2σe log r + Cte (10.39)
p qui correspond à ξ, d’où la fonction p(ξ) qui croît de pe à pl lorsque ξ croît de a jusqu’à
b. La valeur limite pl de p s’obtient lorsque ξ = b, c’est-à-dire lorsque la zone élastique
disparaît. Le champ de contraintes est alors donné par (10.40), (10.41) pour tout r. La
condition aux limites en r = b donne alors γ et il vient :
r
σ3 = 2σe log (10.42)
b
et en faisant r = a, on trouve :
/w
b
pl = 2σe log (10.43)
a
Comme en flexion, le réservoir se comporte élastiquement jusqu’à pe . Au delà de pe , des
déformations plastiques apparaissent mais ces déformations restent contenues par la zone
s:/
élastique jusqu’à ce que p atteigne la valeur 1imite pl qui correspond à la ruine du réservoir.
En plasticité, il n’y a pas relation biunivoque entre les contraintes et les déformations ;
il est donc tout à fait clair qu’un problème statique régulier, tel que nous l’avons formulé
au paragraphe 6.1.1, est automatiquement mal posé. En effet, l’état de contraintes et de
[Link]
[Link]
m/
142 10. Plasticité classique
.co
appliquée à l’instant considéré, mais aussi de tout ce qui s’est passé auparavant. Par contre,
connaissant l’état actuel de contraintes et de déformations, et connaissant la variation
de sollicitation, on peut espérer trouver la solution. Dans le cadre de l’hypothèse quasi-
statique, on est donc amené à se poser un problème incrémental (ou problème en vitesses).
r ie
Connaissaht à l’instant t le champ des contraintes σij (x, t) et le champ des déplacements
ui (x, t), trouver leurs variations vérifiant :
– les équations d’équilibre incrémentales :
lge
– les conditions aux limites :
Si nous acceptons le principe du travail maximal, c’est encore un problème bien posé.
.G
Démonstration. Supposons en effet qu’il existe deux solutions σ̇ij
1 , u̇1 et σ̇ 2 , u̇2 . Leur
i ij i
différence :
0 1 2
σ̇ij = σ̇ij − σ̇ij , u̇0i = u̇2i − u̇1i (10.47)
vérifie les équations :
0 0
σ̇ij,j = 0, σ̇ij nj |Sf = 0, u̇0i |Su = 0 (10.48)
/w
par contre, elle ne vérifie pas nécessairement la loi de comportement (10.46) qui est non
0 et u̇0 le lemme fondamental du paragraphe 9.1.1, on obtient
linéaire. En appliquant à σ̇ij i
alors :
ZZZ ZZZ
0 0 2 1
σ̇ij ε̇ij dv = σ̇ij − σ̇ij ε̇2ij − ε̇1ij dv = 0 (10.49)
s:/
Ω Ω
Mais :
2
σ̇ij 1
− σ̇ij ε̇2ij − ε̇1ij = σ̇ij
2 1
− σ̇ij ε̇e,2 e,1
ij − ε̇ij
2
+ σ̇ij 1
− σ̇ij ε̇p,2 p,1
ij − ε̇ij
2 1 2 1 2 p,2 1 p,1 2 p,1 1 p,2
= Λijkh σ̇ij − σ̇ij σ̇kh − σ̇kh + σ̇ij ε̇ij + σ̇ij ε̇ij − σ̇ij ε̇ij − σ̇ij ε̇ij
ttp
En tout point x, on connait le tenseur des contraintes, on connait donc la zone élastique
Ωe où f (σij ) < 0 et la zone plastique Ωp où f (σij ) < 0. Dans la zone élastique, les taux
de déformations plastiques sont identiquement nuls. Dans la zone plastique, on vérifie
directement que, d’après le principe du travail maximal :
[Link]
[Link]
m/
10.3. Méthodes variationnelles 143
.co
ε̇p,1 1
ε̇p,1 2
(10.50)
r ie
ij σ̇ij = 0, ij σ̇ij 6 0
lge
or, Λijkh est défini positif. On obtient donc
ZZZ
2 1 2 1
Λijkh σ̇ij − σ̇ij σ̇kh − σ̇kh dv = 0 (10.52)
Ω
et :
2 1
CA
σ̇ij = σ̇ij (10.53)
au fur et à mesure que λ augmente, et jusqu’à ce que pour λ−λl on ait ruine de la structure
par déformations plastiques illimitées.
La charge correspondant à λ = λl est appelée charge limite. C’est la charge maximale
supportable et, d’un point de vue pratique, c’est le résultat le plus intéressant et le plus
significatif d’un calcul en plasticité. On a donc cherché à développer des méthodes per-
mettant de calculer directement cette charge limite, sans résolution complète du problème
ttp
[Link]
[Link]
m/
144 10. Plasticité classique
Définition 10.1
.co
Un champ de contraintes σ̂ij sera un champ licite pour un chargement (fi , Tid ) s’il est
statiquement admissible et si, en tout point, il vérifie le critère de plasticité.
Définition 10.2
Un champ de vitesses u̇ ˜i sera un champ cinématiquement et plastiquement admissible
r ie
(CCPA) s’il est cinématiquement admissible et si, en chaque point, il existe un tenseur
de contraintes σ̃ij tel que ε̇˜ij puisse être la déformation plastique associée.
Dans le cas des métaux par exemple, cette dernière condition revient simplement à
imposer la condition :
lge
ε̇˜ii = 0 (10.55)
Ω Sf Ω
alors la structure ne peut pas supporter le chargement fi , Tid .
En effet, soit σ̂ij un champ statiqument admissible (CSA) pour le chargement fi , Tid .
0
0 sera CSA pour le chargement f 0 , T d0 . En choisissant pour λ la
Alors, le champ λσ̂ij i i
plus grande valeur conduisant à un champ licite :
n o
0
λ̂ = sup λ|f λσ̂ij 6 0 ∀x (10.59)
ttp
alors, le théorème statique permet d’affirmer que λ̂ est une borne inférieure de la charge
limite.
[Link]
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m/
10.3. Méthodes variationnelles 145
.co
˜i un CCPA, alors la structure ne pourra pas supporter les
la charge limite. Soit en effet u̇
chargements vérifiant (10.58). La quantité :
ZZZ (ZZZ ZZ )−1
λ̃ = D ε̇˜ij dv fi0 u̇
˜i dv + Tid0 u̇
˜i dS (10.60)
Ω Ω Sf
r ie
est donc une borne supérieure de λl . On en déduit un encadrement :
λ̂ 6 λl 6 λ̃ (10.61)
lge
L’analyse limite est utilisée :
– en mécanique des structures, car la charge limite caractérise bien la capacité de
résistance d’une structure —bien mieux en tout cas que la charge élastique λe . La
tendance actuelle de la règlementation en matière de calcul d’ouvrage consiste à
substituer un calcul plastique au calcul élastique traditionnel ;
– pour les problèmes de mise en forme des métaux (laminage, filage, etc.), car elle
CA
permet d’évaluer les efforts nécessaires ;
– en mécanique des sols, pour calculer la capacité de résistance d’un ouvrage. Il
convient alors d’agir avec précaution, car les théorèmes que nous avons énoncés
supposent le principe du travail maximal, principe non vérifié pour les sols.
.G
ww
/w
s:/
ttp
[Link]
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m/
.co
r ie
lge
CA
.G
ww
/w
s:/
ttp
[Link]
[Link]
m/
.co
Chapitre 11
r ie
Thermoélasticité linéaire
lge
Jusqu’à présent, nous n’avons pas tenu compte de la variable température. Dans de nom-
breux problèmes, cependant, il est nécessaire de la prendre en compte (problèmes de
contraintes thermiques, par exemple).
θ = θ0 + θ̄ (11.1)
avec θ̄ petit. D’autre part, l’entropie n’étant définie qu’à une constante près, nous la
prendrons nulle dans cet état de référence. Finalement, εij , σij , θ̄ et η seront des variables
ww
de perturbation et nous pourrons négliger les termes d’ordre supérieur par rapport à ces
variables.
Dans ces conditions, l’équation de conservation de l’énergie (1.47) et l’inégalité de
Clausias-Duhem (1.57) s’écrivent :
∂e ∂εij
ρ0 = σij + r − qj,j (11.2a)
∂t ∂t
/w
∂e ∂η ∂εij 1
− ρ0 −θ + σij − qi θ,i > 0 (11.2b)
∂t ∂t ∂t θ0
e = e(εij , η) (11.3)
s:/
et, pour que la seule source de dissipation soit la conduction thermique, on doit avoir :
∂e ∂e
θ= , σij = ρ0 , qi θ,i 6 0 (11.5)
∂eta ∂εij
147
[Link]
[Link]
m/
148 11. Thermoélasticité linéaire
.co
1 1
ρ0 e(εij , η) = ρ0 e0 + aij εij + ρ0 a0 η + Aijkh εij εkh + hij εij η + mη 2 (11.6)
2 2
et :
ρ0 θ = ρ0 a0 + hij εij + mη
(11.7)
σij = aij + Aijkh εkh + hij η
r ie
Or, dans la configuration de référence, on a εij = η = 0, σij = 0 et θ = θ0 . On doit donc
avoir a0 = θ0 , aij = 0 et on peut aussi prendre e0 = 0. On obtient alors :
ρ0 e = ρ0 θ0 η + ρ0 ē(εij , η) (11.8a)
1 1
ρ0 ē = Aijkh εij εkh + hij εij η + mη 2 (11.8b)
lge
2 2
∂ē
σij = ρ0 = Aijkh εkh + hij η (11.8c)
∂εij
∂ē
ρ0 θ̄ = = hij εij + mη (11.8d)
∂η
Compte-tenu de (11.5), l’équation (11.2a) devient, après linéarisation :
CA
dη
ρ0 θ 0 = r − qj,j (11.9)
dt
Pour compléter la théorie, il faut écrire une loi de conduction thermique, donnant le flux
de chaleur en fonction du gradient de température. En théorie linéaire, on prend la loi de
Fourier :
.G
[Link]
[Link]
m/
11.1. Lois de comportement 149
.co
Dans le cas isotrope, les différents tenseurs prennent des formes simples. Un tenseur
du quatrième ordre prend la forme (5.22) et dépend donc de deux coefficients. Un tenseur
du second ordre est sphérique et fait donc intervenir un coefficient. La théorie fera donc
intervenir cinq coefficients scalaires : quatre coefficients pour le potentiel thermodynamique
(11.8a) ou (11.12) et un pour le tenseur de conduction Kij . En effet, (11.10) devient :
r ie
qi = kθ,i , k>0 (11.14)
lge
de référence.
Si α est la coefficient de dilatation linéaire du matériau, alors en l’absence de contraintes,
une variation de température θ entraîne une dilatation thermique :
1+ν ν
εij = σij − σkk δij + αθδij (11.16a)
E E
σij = λεkk δij + 2µεij − 3Kαθδij (11.16b)
.G
ρ0 η = ασii + θ (11.18)
θ0
9Kα2 θ0
cσ = c + (11.20)
ρ0
ttp
[Link]
[Link]
m/
150 11. Thermoélasticité linéaire
.co
11.2.1 Problèmes aux limites
Les équations de la thermoélasticité sont les équations du mouvement et l’équation de
l’énergie (11.9)
∂ 2 ui
r ie
ρ0 = σij,j + fi (11.21a)
∂t2
∂η
ρ0 θ 0 = r − qj,j (11.21b)
∂t
complétées par les lois de comportement, (11.14), (11.16b) et (11.19) par exemple, des
conditions initiales :
lge
∂ui
ui (x, 0) = u0i (x), (x, 0) = Vi0 (x), θ(x, 0) = θ 0 (x) (11.22)
∂t
et des conditions aux limites, qui sont les mêmes qu’en élasticité pour les variables méca-
niques et qui, pour les variables thermiques, donnent, soit la température, soit le flux de
chaleur. Nous prendrons par exemple des conditions aux limites mixtes :
CA
ui |Su = udi , σij nj |Sf = Tid , θ|Sθ = θ d, qi ni |Sq = q d (11.23)
∂ 2 ui
ρ0 = (λ + µ)uk,ik + µui,kk − 3Kαθ,i + fi (11.24a)
∂t2
∂θ ∂ 2 ui
ρ0 c = r + kθ,ii − 3Kαθ0 (11.24b)
ww
∂t ∂xi ∂t
Dans de nombreux cas, on peut raisonnablement négliger le dernier terme de (11.24b). On
arrive ainsi à la thermoélasticité découplée. En effet, le déplacement disparaît de l’équation
(11.24b), on peut donc déjà résoudre le problème thermique :
∂θ
ρ0 c = r + k∆θ
∂t
/w
θ(x, 0) = θ 0 (x)
∂ 2 #»
u #»
ρ0 = (λ + µ) grad div #»
u + µ∆ #»u + f − 3Kα grad θ
∂t2
ui |Su = udi , σij nj |Sf = Tid (11.26)
∂ui
ttp
[Link]
[Link]
m/
11.2. Problèmes de thermoélasticité 151
Nous avons formulé ici le problème dynamique mais l’on peut aussi envisager le pro-
.co
blème statique : les dérivées par rapport au temps et les conditions initiales disparaissent.
On peut alors démontrer des principes variationnels analogues à ceux du cas élastique.
On peut également envisager un problème mécanique quasi-statique avec un problème
thermique dynamique.
11.2.2 Exemple
r ie
À titre d’exemple, nous allons calculer les contraintes thermiques engendrées par
l’échauffement d’une cavité sphérique de rayon a dans un massif infini. Nous considérons
donc le problème défini par :
r=0: fi = 0 (11.27a)
lge
r→∞: θ → 0, σij → 0 (11.27b)
r=a: θ = θ1 , σij nj = 0 (11.27c)
∆θ = 0 (11.28)
CA
D’après la symétrie du problème, θ dépend uniquement de r, θ = θ(r). On a :
2
∆θ = θ ′′ (r) + θ ′ (r) (11.29)
r
et l’équation (11.28) s’intègre en :
.G
A
∆θ = +B (11.30)
r
où A et B sont deux constantes d’intégration que nous déterminons à partir des conditions
aux limites pour r = a et r → ∞. On obtient :
ww
a
∆θ = θ1 (11.31)
r
et nous avons résolu le problème thermique qui, en statique, est toujours découplé du
problème mécanique.
Pour résoudre le problème mécanique, nous partons de l’équation du mouvement
#»
(11.24a) qui, en statique, donne, en supposant f = 0 :
/w
(λ + µ) grad div #»
u + µ∆ #»
u − 3Kα grad θ = 0 (11.32)
ui = g(r)xi (11.34)
[Link]
[Link]
m/
152 11. Thermoélasticité linéaire
.co
pour g(r) l’équation différentielle suivante :
g′ (r) 3Kαθ1 a 1
3g(r) + = 3A + (11.36)
r λ + 2µ r
qui s’intègre pour donner :
r ie
B 3Kαθ1 a 1
g(r) = A + + (11.37)
r 3 2(λ + 2µ) r
lge
3Kαθ1 a
C0 = (11.38)
2(λ + 2µ)
et nous calculons :
B C0 3B C0 xi xj
εij = A + 3 + δij − + (11.39)
r r r3 r r2
et les déformations principales sont :
CA
B C0 2B
ε1 = ε2 = A + 3
+ , ε3 = A − (11.40)
r r r3
la valeur propre ε3 étant associée à la direction radiale. On peut ensuite calculer les
.G
contraintes par (11.16b), et la condition à l’infini donne directement A = 0. On calcule
ensuite σ3 :
2C0 λ 4µB C0
σ3 = − 3 − 2(λ + 2µ)
r r r
(11.41)
ww
4µ B
=− + C0
r r2
et en écrivant que σ3 est nul pour r = a, on obtient la valeur de B :
B = −C0 a2 (11.42)
soit, finalement :
/w
3Kαθ1 a r 2 − a2
g(r) =
2(λ + 2µ r r 2
6µKαθ1 a r 2 − a2
σ3 = − (11.43)
λ + 2µ r r 2
s:/
3µKαθ1 a r 2 − a2
σ1 = σ2 = −
λ + 2µ r r 2
ttp
[Link]
[Link]
m/
.co
Annexe A
r ie
Notations tensorielles
lge
L’objectif de cette annexe est de familiariser le lecteur avec les notations tensorielles. Les
résultats que nous démontrerons sont tout à fait classiques et il convient de les considérer
comme des exercices pour l’apprentissage des manipulations indicielles.
en utilisant la convention de sommation : chaque fois que dans une expression un indice
est répété, il convient de faire varier cet indice de 1 à 3 et de faire la somme. Dans
l’expression (A.1), l’indice i est muet : on aurait aussi bien pu écrire Vj #» e j ou Vk #»
e k.
Soit A une application linéaire, alors dans la base ( e 1 , e 2 , e 3 ), cette application est
#» #» #»
ww
Wi = Aij Vj (A.3)
L’indice j est un indice muet : on aurait aussi bien pu écrire Aik Vk . L’ indice i est un
indice libre. Dans une égalité, on doit avoir pour chaque terme les mêmes indices libres.
Nous introduisons les symboles de Kronecker :
ttp
(
1 si i = j
δij = (A.4)
0 si i =
6 j
153
[Link]
[Link]
m/
154 A. Notations tensorielles
.co
δ11 δ12 δ13 1 0 0
I repr
δ12
δ22 δ23 = 0 1 0
δ31 δ32 δ33 0 0 1
Si la base ( #»
e 1 , #» e 3 ) est orthonormée, alors :
e 2 , #»
r ie
#»
e i · #»
e j = δij (A.5)
lge
De même, la composition de deux applications linéaires se traduît par le produit de leurs
matrices représentatives, c’est-à-dire en notations indicielles :
e 1 ′ = Q11 #»
#» e 1 + Q12 #»
e 2 + Q13 #»
e3
′
#» #» #» #»
e 2 = Q21 e 1 + Q22 e 2 + Q23 e 3 ⇔ e i ′ = Qij #»
#» ej (A.8)
.G
e ′ = Q #»
#»
3 e + Q #»
31 1 e + Q #»
32 2 e 33 3
e i ′ · #»
δij = #» e j ′ = Qik Qjl #»
e k · #»
e l = Qik Qjk (A.9)
ww
qui s’obtient par le calcul suivant : on multiplie (A.8) par Qik et on utilise (A.10) :
e i ′ = Qik Qij #»
Qik #» e j = δkj #»
e j = #»
ek (A.12)
A.1.3 Vecteurs
#»
e i et Vi′ celles dans la base #»
Soit V un vecteur, Vi ses composantes dans la base #» e i′ :
#»
e i = Vi′ #»
V = Vi #» e i′ (A.13)
ttp
Pour obtenir 1es lois de transformation permettant de passer de nous utilisons (A.11) :
#»
V = Vi #» e k′
e i = Vi Qki #»
[Link]
[Link]
m/
A.1. Vecteurs et tenseurs 155
.co
Vk′ = Qki Vi , Vj = Qij Vi′ (A.14)
r ie
#» # »
V · W = Vi W i (A.15)
lge
A.1.4 Applications linéaires
Soit A une application linéaire de E dans E. Dans la base #» e i , elle est représentée par
une matrice Aij et dans la base #»e i ′ , par une autre matrice A′ij . Pour obtenir les lois de
transformation, nous partons de (A.3) et de (A.14) :
CA
Wi = Aij Vj , Wi′ = A′ij Vj′ , Wi′ = Qik Wk = Qik Akl Vl = Qik Akl Qjl Vj′ (A.16)
et l’application identité est représentée dans toute base par la même matrice.
#» # »
A V , W = Aij Vi Wj (A.19)
c’est-à-dire la même loi de transformation que pour une application linéaire. Ceci est
évidemment dû au fait que nous n’envisageons que des repères orthonormés. En particulier,
la forme bilinéaire représentée dans toute base par les symboles de Kronecker est le produit
scalaire.
[Link]
[Link]
m/
156 A. Notations tensorielles
.co
Il résulte de ce qui précède que l’on peut identifier application linéaire et forme bili-
néaire sur E. Nous appellerons tenseur du second ordre, cette entité mathématique, géné-
ralisation de la notion de vecteur. Algébriquement, on peut la définir en introduisant une
opération bilinéaire produit tensoriel, notée ⊗, et le tenseur A sera défini à partir de ses
composantes Aij par :
r ie
A = Aij #»e i ⊗ #»e j (A.22)
formule qui généralise (A.1). On obtient alors directement la loi de transformation (A.17)
ou (A.21) à partir de (A.8) ou (A.11) :
A = Aij #»e i ⊗ #»e j = A′ij #»e i ′ ⊗ #»e j ′ = Aij Qki #»e k ′ ⊗ Qlj #»e l ′ = QkiQlj Aij #»e k ′ ⊗ #»e l ′ (A.23)
lge
d’où par identification :
et un tenseur du second ordre pourra représenter, suivant les circonstances, une application
linéaire (exemple : le tenseur des contraintes) ou une forme bilinéaire (exemple : le tenseur
des déformations). Un tenseur sera dit :
CA
– symétrique si :
– antisymétrique si :
.G
– isotrope si :
Un tenseur quelconque peut toujours être décomposé en une partie symétrique AS et une
partie antisymétrique AA :
1 1
A = AA + AS ,
Aij = AA S
ij + Aij , AA
ij = Aij − Aji , ASij = Aij + Aji (A.28)
2 2
Considérons, par exemple, une application linéaire de l’espace des tenseurs d’ordre
deux dans lui-même (exemple : le tenseur d’élasticité). Dans une base #»
e i , il est représenté
par une quantité Λijkl à quatre indices :
A=λ B ,
Aij = Λijkl Bkl (A.29)
s:/
′
Aij = Qim Qjn Amn = Qim Qjn Λmnkl Bkl = Qim Qjn Qpk Qql Λmnkl Bpq
ttp
[Link]
[Link]
m/
A.1. Vecteurs et tenseurs 157
forme analogue à (A.24) ou (A.1). Nous introduisons donc le tenseur du quatrième ordre :
.co
Λ = Λijkl #»
e i ⊗ #»
e j ⊗ #»
e k ⊗ #»
el (A.31)
qui, suivant les circonstances, sera une application linéaire de l’espace des tenseurs du
second ordre dans lui-même, une forme bilinéaire sur ce même espace, une forme quadri-
linéaire sur l’espace des vecteurs, etc.
r ie
A.1.8 Invariants
On appelle invariant du tenseur du second ordre A une fonction des Aij indépendante
du repère choisi. Par exemple, 1es fonctions suivantes :
lge
trA = Aii
trA2 = Aij Aji , trAn = · · · (A.32)
kAk = Aij Aij
2
#» # »
On a alors :
A:
s:/
1
A= trA I + AD ,
AD
ii = 0 (A.36)
3
[Link]
[Link]
m/
158 A. Notations tensorielles
.co
A.2.1 Symboles de permutation
Nous introduisons les symboles de permutation :
+1
si i, j, k permutation paire de 1, 2, 3
si i, j, k permutation impaire de 1, 2, 3 (A.37)
r ie
εijk = −1
0 si deux indices sont répétés
On peut relier ces symboles aux produits mixtes des vecteurs de base :
εijk = #»
e i , #»
e j , #»
ek (A.38)
lge
On démontre alors sans difficulté les relations suivantes :
δil δim δin εijk εimn = δjm δkn − δjn δkm
(A.39)
εijk εlmn = det δjl δjm δjn , εijk εijm = 2δkm
δkl δkm δkn εijk εijk = 6
CA
A.2.2 Déterminant d’une matrice
On peut démontrer que dans un changement de repère :
suivant que le changement de base est direct ou non. Si nous nous limitons aux repères
orthonormés directs, alors :
et les εijk sont les composantes d’un tenseur du troisième ordre, qui représente, par
exemple, la forme trilinéaire produit mixte :
#» #» # »
U , V , W = εijk Ui Vj Wk (A.42)
ou par (A.39) :
1
det A = εijk εmnp Aim Ajn Akp (A.44)
6
s:/
En particulier, d’après (A.40), det A est un invariant du tenseur du second ordre A. On peut
également donner pour l’inverse d’une matrice (ou d’un tenseur) l’expression suivante :
1
B = A−1 , Bji = εimn εjpq Amp Anp (A.45)
2 det A
ttp
[Link]
[Link]
m/
A.2. Permutations et déterminants 159
.co
Les valeurs propres d’un tenseur du second ordre sont obtenues par résolution de
l’équation caractéristique :
A − λI
P λ = det =0 (A.47)
r ie
1
εijk εmnp Aim − λδim Ajn − λδjn Akp − λδkp = 0
6
P λ = I3 − λI2 + λ2 I1 − λ3 (A.48)
lge
avec :
1
I3 = εijk εmnp Aim Ajn Akp = det A
6
1 1 (A.49)
tr A − tr A2
2
I2 = Aii Ajj − Aij Aij =
2 2
I1 = Aii = tr A
CA
et I1 , I2 , I3 sont appelés invariants fondamentaux du tenseur A. On peut montrer que tout
invariant de A peut s’exprimer à partir de ces trois invariants fondamentaux. Cela résulte,
en particulier, de l’équation de Cayley-Hamilton :
.G
A = I3 I − I2 A + I1 A2 − A3
P (A.50)
Le vecteur ω#» est le vecteur adjoint du tenseur antisymétrique . Cette relation est exprimée
par la relation :
1
Ωij = εijk ωk , ωi = εijk Ωjk (A.53)
2
ttp
En particulier, le vecteur #»
y = x est donné par :
#»
[Link]
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m/
160 A. Notations tensorielles
.co
A.3.1 Calcul vectoriel
Les notations indicielles permettent d’exprimer simplement le produit scalaire par (A.15)
et le produit mixte par (A.42). Le produit vectoriel s’exprime aussi simplement par :
#»
#»
c = #»
a ∧ b, ci = εijk aj bk (A.55)
r ie
comme on peut s’en convaincre par exemple en écrivant :
#» #» #»
x · #»
a ∧ b = #» x , #»
a , b = εijk xi aj bk
lge
En particulier, si est un tenseur antisymétrique et ω
#» son vecteur adjoint, alors, si
y = x , on a, du fait de (A.53) :
#» #»
yi = Ωij xj = εijk ωk xj ⇔ #»
x = #»
x∧ω#» (A.56)
On peut également démontrer facilement les identités du calcul vectoriel, par exemple :
#»
a∧
#»
b ∧ #»
c = #»a · #»
#»
CA
#»
c b − b · #»
c #»
a
#» #» #» #» #» #» #» #» (A.57)
a∧ b · c ∧ d = a · c b · d − #»
#» #» a · d b · #»
c
#»
En effet, si #»
x = #»
a ∧ b #»c , on a d’après (A.55) et (A.39)
.G
xi = εijk εjmn am bn ck = εjki εjmn am bn ck
= δkm δin − δkn δim am bn ck
= ak ck bi − bk ck ai
∂
,i = (A.58)
∂xi
Par exemple, si f est une fonction scalaire, nous définissons :
– son gradient :
s:/
# »
e i vecteur
gradf = f,i #» (A.59)
– son laplacien :
Si #»
v est une fonction vectorielle, nous dêfinissons :
ttp
– sa divergence :
v = vi,i scalaire
div #» (A.61)
[Link]
[Link]
m/
A.4. Coordonnées curvilignes 161
– son rotationnel :
.co
# »
rot #» e i vecteur
v = εijk vk,j #» (A.62)
– son gradient :
grad #»
v = vi,j #» e j tenseur
e i ⊗ #» (A.63)
– son laplacien :
r ie
∆ #»
v =v i,jj e i vecteur
#» (A.64)
et l’on a, en particulier :
# »# » # »
rot rot #»
v = grad div #»v ∆ #»
v (A.65)
# » # »
En effet, si #» v , on a, par (A.62) et (A.39) :
u = rot rot #»
lge
ui = εijk εkmn vn,m ,j
= εkij εkmn vn,mj = vi,ij − vi,jj (A.66)
c’est-à-dire le second membre de (A.65), par (A.59), (A.61) et (A.64).
Enfin, si A est un tenseur, on définit sa divergence :
div A = A #» e vecteur
ij,j i (A.67)
On démontre alors facilement un certain nombre de relations utiles, par exemple :
CA
div f #»
a = f div #»
a + #»
a · grad f (A.68)
#» #» #»
#» #» #»
div a ∧ b = b · rot a − a · rot b (A.69)
et ainsi de suite.
.G
A.3.3 Transformations d’integrales
#»
n Soit Ω un domaine de l’espace, ∂Ω sa frontière,
et #»
n sa normale extérieure.
∂Ω
Ω On démontre en mathématiques le théorème sui-
ww
vant :
Théorème A.1
Si φ est une fonction continue et à dérivée continue dans Ω, et si ∂Ω admet un plan
tangent continu par morceaux, alors on a :
ZZZ ZZ
φ,i dv = φni dS (A.70)
/w
Ω ∂Ω
entre tenseurs (par exemple, la loi de comportement), mais cela intervient chaque fois que
l’on a des dérivations (par exemple, dans les équations d’équilibre ou dans la définition
des déformations à partir des déplacements). Nous allons donner un formulaire pour les
coordonnées sphériques et cylindriques .
[Link]
[Link]
m/
162 A. Notations tensorielles
.co
Repère local : ( #»
e r , #»
e θ , #»
e z)
x3
#»
ez
z #»
eθ
r ie
#»
ur σrr σrθ σrz er
#»
u = uθ , σ = σrθ σθθ σθz
uz σrz σθz σzz
r x2
lge
θ
x1
1 ∂ ∂f 1 ∂2f ∂2f
∆f = r + 2 2 + 2
r ∂r ∂r r ∂θ ∂z
Définition des déformations :
.G
∂ur 1 ∂uθ ur ∂uz
εrr = εθθ = + εzz =
∂r r θ r ∂z
1 1 ∂uz ∂uθ 1 ∂ur ∂uz
εθz = + εrz = +
2 r θ ∂z 2 ∂z ∂r
1 ∂uθ uθ 1 ∂ur
ww
εrθ = − +
2 ∂r r r ∂θ
Equations d’équilibre :
∂σrr 1 ∂σrθ ∂σrz σrr − σθθ
+ + + + fr = 0
∂r r ∂θ ∂z r
∂σrθ 1 ∂σθθ ∂σθz 2σrθ
+ + + + fθ = 0
/w
∂r r ∂θ ∂z r
∂σrz 1 ∂σθz ∂σzz σrz
+ + + + fz = 0
∂r r ∂θ ∂z r
Repère local : ( #»
e r , #»
e θ , #»
e φ) x3 #»
er
#»
eφ
r #»
ur σrr σrθ σrφ θ eθ
#»
u = uθ , σ = σrθ σθθ σθφ
ttp
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m/
A.4. Coordonnées curvilignes 163
.co
∂f #» 1 ∂f #» 1 ∂f #»
grad f = er + eθ + eφ
∂r r ∂θ r sin θ ∂φ
1 ∂ 2 ∂f 1 ∂ sin θ ∂f 1 ∂f 1 ∂f
∆f = 2
r + +
r ∂r ∂r r sin θ ∂θ r ∂θ r sin θ ∂φ r sin θ ∂φ
Définition des déformations :
r ie
∂ur 1 ∂uθ ur 1 ∂uφ uθ ur
εrr = εθθ = + εφφ = + cot θ +
∂r r θ r r sin θ ∂φ r r
1 ∂uφ 1 ∂uθ
εθφ = − uφ cot θ +
2r θ 2r sin θ ∂φ
lge
1 1 ∂ur ∂uφ uφ
εrφ = + −
2 r sin θ ∂φ ∂r r
1 ∂uθ uθ 1 ∂ur
εrθ = − +
2 ∂r r r ∂θ
Equations d’équilibre :
CA
∂σrr 1 ∂σrθ 1 ∂σrφ 2σrr − σθθ − σφφ + σrθ cot θ
+ + + + fr = 0
∂r r ∂θ r sin θ ∂φ r
∂σrθ 1 ∂σθθ ∂ 1 σθφ 1
+ + r sin θ + σθθ − σφφ cot θ + 3σrθ + fθ = 0
∂r r ∂θ ∂φ r
.G
∂σrφ 1 ∂σθφ 1 ∂σφφ 1
+ + + 3σrφ + 2σθφ cot θ + fφ = 0
∂r r ∂θ r sin θ ∂φ r
ww
/w
s:/
ttp
[Link]
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m/
.co
r ie
lge
CA
.G
ww
/w
s:/
ttp
[Link]
[Link]
m/
.co
r ie
Bibliographie
lge
[1] J. Duc et D. Beller : Mécanique des solides réels. Élasticité. Cepadues, Toulouse,
1976.
[2] J. Duc et D. Bellet : Problèmes d’élasticité. Cepadues, Toulouse, 1976.
[3] G. Duvaut et J. L. Lions : Les inéquations variationnelles en Mécanique et en
Physique. Dunod, Paris, 1972. 125
[4] C. I. Dym et I. H. Shames : Solid mechanics, a variational approach. McGraw Hill,
CA
New York, 1973.
[5] A. C. Eringen : Mechanics of Continua. J. Wiley & Sons, New York, 1967. 1
[6] P. Germain : Mécanique des Milieux Continus. Masson, Paris, 1962. 1, 3, 8
[7] P. Germain : Cours de Mécanique des Milieux Continus, Tome 1 : Théorie Générale.
.G
Masson, Paris, 1973. 1, 3, 5
[8] G. Gontier : Mécanique des Milieux Déformables. Dunod, Paris, 1969. 1, 3, 8
[9] M. E. Gurtin : The Theory of Linear elasticity, volume VIa/2 de Handbuch der
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ww
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[11] A. A. Iliouchine : Plasticité, Déformation élastoplastiques. Eyrolles, Paris, 1956.
[12] W. Jonhson et P. B. Mellok : Plasticity for mechanical engineers. Van Nostrand,
London, 1962.
[13] W. M. Lai, D. Rubin et E. Krempl : Introduction to continuum mechanics. Perga-
mon, Oxford, 1978. 1
/w
165
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m/
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[22] W. Prager : Introduction to Mechanics of Continua. Ginn and Co, New York, 1961.
.co
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[23] M. Roy : Mécanique, tome II : Milieux Continus. Dunod, Paris, 1966. 1
[24] L. I. Sedov : A course in continuum mechanics, tomes I, II, III, IV. Walters
Noordhoff, Groningen, 1971. 1
[25] L. Solomon : Élasticité linéaire. Masson, Paris, 1968.
r ie
[26] S. Timoshenko et J. Goodier : Théorie de l’élasticité. Béranger, Paris, 1961.
[27] C. A. Truesdell et W. Noll : The non linear field theories of mechanics. Handbuch
der Physik, Bd III/3. Springer, Berlin, 1965.
[28] C. A. Truesdell et R. Toupin : The classical field theories. Handbuch der Physik,
Bd III/1. Springer, Berlin, 1960.
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[29] R. Valid : La mécanique des milieux continus et le calcul des structures. Eyrolles,
Paris, 1977. 125
[30] O. C. Zienkiewicz : La méthode des éléments finis appliquée à l’art de l’ingénieur.
Ediscience, 1973. CA
.G
ww
/w
s:/
ttp
[Link]