Protection contre les crues en Suisse
Protection contre les crues en Suisse
au fil du temps
Un comportement responsable
La marge de manœuvre pour des mesures individuelles
est large face au risque de crue 14
Adresses importantes 15
Impressum
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OFEG, juin 2002
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La protection contre les crues
nous concerne tous
La Suisse est parcourue d’innombrables rus, rivières et fleuves qui ont dégâts parce que l’homme s’est installé dans des zones autrefois
façonné sa morphologie. Les cours d’eau ont sculpté les gorges et sauvages. En bien des endroits, des zones inondables ont été urbanisées
aplani les vallées, les glaciers creusé les vallons. Mais l’eau, source de vie, sous la pression de la demande de logements et de surfaces commer-
richesse culturelle et économique, a tôt fait de se transformer en ciales et industrielles.
malédiction. Lorsque la rivière sort de son lit, elle engloutit tout sur La Confédération, les cantons et les communes agissent contre
son passage: arbres, récoltes, voies de communication, habitations le phénomène des crues et pour réduire leurs conséquences en édictant
et parfois même des hommes. des prescriptions, en entretenant des forêts de protection, en émettant
Aujourd’hui, ingénieurs, environnementalistes et autres spécialistes des restrictions pour les zones constructibles, en édifiant et entretenant
ont les moyens de contenir, voire d’empêcher les dégâts dus aux crues. des ouvrages de protection. Mais il persiste toujours un risque résiduel.
Mais il n’y a pas de sécurité absolue. Dans les Alpes et le Jura ou L’expérience de ces dernières décennies nous montre que ce danger
sur le Plateau; en hiver lorsque des pluies diluviennes lavent le sol gelé menace pratiquement toutes les villes et agglomérations. C’est pourquoi
ou en été lorsque éclatent des orages; dans notre pays les crues les mesures prises par les autorités doivent nécessairement être
sont monnaie courante en toute saison et leurs causes sont aussi diverses complétées par des initiatives individuelles et par une attitude responsable
que leurs manifestations. des citoyens. C’est ce que la présente brochure se propose d’illustrer
Chaque année, nous dépensons des millions de francs pour réparer à l’aide de quelques exemples.
les dégâts dus aux intempéries. Depuis 1972, année à partir de laquelle
ce type de dommages a été enregistré systématiquement, les coûts
n’ont cessé d’augmenter. Plusieurs tempêtes d’une rare violence ont balayé
le pays depuis le milieu des années 80, la dernière fois en 1999 et
en 2000. Quant à savoir si ces événements ont un caractère exceptionnel
ou s’ils sont les signes précurseurs d’un changement climatique dû
au réchauffement global, nul ne peut encore le dire. Ce qui est certain,
c’est que bien souvent les inondations provoquent d’importants
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La protection contre les crues
à travers les âges
Le destin de la Suisse est jalonné de catastrophes liées aux crues depuis centrales. Des observations systématiques ainsi que des calculs et
la nuit des temps. Au début de l’été, des pluies torrentielles se conjuguant des modélisations hydrauliques contribuèrent peu à peu à une meilleure
à la fonte des neiges peuvent engendrer des inondations dévastatrices connaissance des cours d’eau et des lacs de Suisse. Par ailleurs, la prise
dans le fond des vallées. «… La population croyait à un deuxième Déluge…» de conscience naissante des questions environnementales et les
peut-on lire dans une chronique de 1566. Il faut dire que cette année-là, découvertes écologiques consolidèrent l’opinion selon laquelle la protection
les épidémies et les crues laissèrent derrière elles une hécatombe dans contre les crues était une tâche plus complexe qui, outre les facteurs
les vallées alpines. Aujourd’hui, les éléments naturels sont toujours aussi proprement hydrauliques, devait prendre en considération divers aspects
craints. liés à l’environnement, à l’économie et à l’aménagement du territoire.
Les cours et les plans d’eau forment un tout, qui doit être appréhendé
dans sa globalité.
Mesures locales – vision globale
Au Moyen Age la densité de population était encore très faible, et l’on Causes éloignées et effets locaux –
ne connaît que peu d’ouvrages de protection contre les crues datant vers une protection durable contre les crues
de cette époque. Les premières mesures prises pour se protéger contre
les dégâts dus aux inondations consistèrent à ériger des murs de déviation Lorsqu’un cours d’eau sort de son lit et provoque des dégâts, cela ne
ou à dévier les eaux et les matériaux charriés à l’aide de canaux pavés. tient pas qu’aux circonstances locales. La qualité du sol, la végétation
Mais ces mesures locales n’avaient généralement qu’une efficacité ainsi que les lacs naturels et artificiels situés dans le bassin versant
limitée. Les masses d’eau et les laves torrentielles étaient souvent ont une grande influence sur l’écoulement des eaux pluviales et influent
projetées de part et d’autre de ces déviations. notablement sur la soudaineté des crues en aval.
La science de la protection contre les crues s’est considérablement La configuration du lit des rivières joue également un rôle important.
développée au XIXe siècle. Des techniciens hydrauliciens clairvoyants La section d’écoulement doit être suffisamment large pour permettre
découvrirent que les cours d’eau redressés et en forte déclivité avaient d’importantes fluctuations du dé[Link] endroits sujets à des débordements,
moins tendance à déborder que les larges rivières au cours tranquille. les berges doivent être bien entretenues, par exemple en éliminant
C’est dans cette perspective que l’on construisit, dans les années 1807 les arbres et buissons qui rétrécissent le profil d’écoulement.
à 1827, le canal de la Linth jusqu’au Walensee. Dans la seconde moitié L’expérience de ces dernières décennies a toutefois montré qu’il
du siècle, on entreprit aussi la première correction des eaux du Jura ne suffisait pas de redresser et d’entretenir le lit des cours d’eau pour
qui dévia notamment l’Aar dans le lac de Bienne par le nouveau canal les empêcher de déborder. Au contraire, en canalisant et en entretenant
de Hagneck. méticuleusement les cours d’eau, ceux-ci s’écoulent d’autant plus
Contrairement aux mesures locales prises précédemment, les nouveaux rapidement, accentuant les pointes de crue en aval.
tracés de rivière construits à cette époque modifièrent considérablement C’est pourquoi ces dernières années des spécialistes ont développé
le paysage et le régime hydraulique de pans entiers du pays, créant ainsi le concept de protection durable contre les crues, selon lequel on
les conditions primaires à une meilleure protection des régions de ne cherche plus à dompter la nature à l’aide d’ouvrages de protection
plaine contre les risques d’inondations. mais à lui laisser de l’espace en créant notamment des zones inondables.
La loi fédérale sur la police des eaux fut adoptée le 22 juin 1877. Il s’agit alors de pondérer les avantages écologiques de telles solutions –
Elle reposait sur des études scientifiques réalisées sur les conditions par exemple une plus grande diversité de la faune et de la végétation
d’écoulement des torrents et sur les expériences faites en automne 1868 dont le développement requiert des inondations à intervalles réguliers –
lors d’une grave catastrophe due aux intempéries dans les Alpes et leurs inconvénients pour la civilisation et l’économie. La loi fédérale
Possibilités d'intervention
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Rupture de la canalisation du lit de la
Thur près de Pfyn pour redonner un peu
de sa liberté au cours d’eau.
la base de la planification par les communes – et sont aussi contraignantes
pour les propriétaires fonciers.
Les cartes de dangers indiquent quelles parcelles sont exposées
à quel risque d’inondation. Les zones correspondant aux divers degrés
de risques portent des couleurs différentes. Ainsi, le risque de crue
est élevé dans les zones rouges; aucun édifice abritant des hommes ou
du bétail ne peut y être construit ou agrandi. Dans les zones bleues,
le risque est modéré. Il est possible d’y construire, mais sous certaines
conditions. Enfin, les zones jaunes sont exposées à un risque mineur.
Il est possible d’y construire, mais il est recommandé de prendre certaines
mesures de protection.
Actuellement, les cantons ne disposent pas encore tous de cartes
des dangers pour l’ensemble de leur territoire. Mais à moyen terme,
sur l’aménagement des cours d’eau, entrée en vigueur le 1er janvier 1993, dans le contexte de la révision des plans d’aménagement locaux, toutes les
est l’expression de la protection durable contre les crues. communes devront établir leur carte des dangers afin que leurs citoyens
Dans cette nouvelle conception, l’aménagement du territoire joue un puissent s’informer sur le risque de crue auquel est exposée leur habitation
rôle important. Les ouvrages de protection construits dans la perspective et prendre des mesures individuelles de prévention contre ce phénomène
de situations extrêmes coûtent souvent bien plus cher que les dommages naturel dévastateur.
qu’ils permettent d’éviter. Il est donc préférable de prendre des mesures
d’aménagement du territoire de nature à limiter le risque résiduel.
La devise n’est pas de lutter à tout prix contre les crues, mais plutôt
d’apprendre à vivre avec elles. C’est seulement lorsque les mesures
d’aménagement du territoire s’avèrent insuffisantes qu’il faut envisager
des mesures d’aménagement hydraulique. Une conception économiquement
viable de la lutte contre les crues implique aussi des priorités.
Des mesures doivent être prises lorsque les enjeux sont importants,
c’est-à-dire en présence de zones commerciales, d’habitations ou de voies
de communication. En revanche, on peut prendre le risque que des forêts
ou des prairies soient occasionnellement inondées.
Les cartes de dangers sont un instrument essentiel de l’aménagement Les cartes de dangers montrent
les zones particulièrement menacées
du territoire. La loi sur l’aménagement des cours d’eau et la loi sur les forêts par les crues, dans lesquelles il est
font obligation aux cantons d’établir de telles cartes, qui constituent interdit de construire quoi que ce soit.
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Parcours fléché pour une crue
L’exemple de Heiden AR
Toute la journée, une pluie fine était tombée sur la région. Peu avant Le laboratoire de l’hôpital – état de la destruction.
19 heures, des pluies torrentielles s’abattirent sur les collines dominant
Goldach et Rorschacherberg. Le Werdbach, but de promenades apprécié
dans la région et, qui suit habituellement son cours paisible à travers
la forêt, s’enfla soudainement. En quelques minutes, le bois charrié avait Un orage «numérique» pour tester les mesures
bouché l’entrée du dalot qui conduit le cours d’eau sous la zone habitée. de protection
Lorsque le ruisseau sortit de ses berges, le débit avait atteint environ
10 mètres cubes par seconde, ce qui correspond à la capacité d’absorption Un tel événement ne devrait plus se reproduire. L’office des ponts et
totale du dalot. A cette quantité s’ajouta l’eau que le sol, déjà saturé, chaussées du canton d’Appenzell Rhodes-Extérieures chargea un bureau
ne pouvait pas absorber. Celle-ci se mit alors à ruisseler le long de la pente d’ingénieurs privé d’évaluer les risques et de proposer des solutions.
et recouvra les champs d’un film argenté. Les ingénieurs commencèrent par le dépouillement des données
Les 220 pompiers de la région appelés en renfort ne parvinrent pluviométriques et météorologiques. Selon leur analyse, statistiquement,
pas à maîtriser la crue. Sous la pression des masses d’eau et de matériaux, des précipitations de la violence de celles enregistrées le 3 juillet 1998
les fenêtres des archives, du laboratoire et de la pharmacie de l’hôpital peuvent survenir tous les 20 à 50 ans. Ensuite, à l’aide d’un modèle,
volèrent en éclats, et la boue atteint le niveau du plafond. La cafétéria, ils calculèrent les conditions d’écoulement de la crue afin de répertorier
la cuisine et l’établissement de soins ne furent pas épargnés. L’économie les zones affectées. Il s’est alors avéré que l’eau s’écoulait avec une
locale eut aussi à pâtir de cette crue. L’imprimerie Weber dut déplacer grande rapidité sur les routes principales, mais que le niveau ne montait
ses activités à St-Gall, les cultures de la pépinière Dietz furent littéralement pas très haut. Les spécialistes en conclurent que la création de petits
lavées, et dans le magasin de vélo Maier, la coulée de boue ensevelit remblais ou la construction de bordures de pierre et de murets de jardin
la plupart des bicyclettes et des scooters. De nombreuses maisons privées devrait suffire à guider l’eau là où elle causerait moins de dégâts.
furent également inondées. Ils constatèrent aussi, en étudiant les traces laissées par la crue, que celles-ci
suivaient plus au moins le même parcours que le Werdbach enterré.
Des ouvertures pratiquées aux points névralgiques permettraient donc
à la rivière en furie de retrouver son cours normal.
Pour terminer, les ingénieurs simulèrent à l’ordinateur des crues
telles qu’il ne s’en produit que tous les 100 ans ou dans des conditions
extrêmes. Ces crues virtuelles leurs ont permis de vérifier la pertinence
d’un certain nombre de mesures de protection, en particulier dans
le secteur de l’hôpital, et de s’assurer qu’elles n’étaient ni sous-dimen-
sionnées, ni surdimensionnées.
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Mesures prises aux endroits critiques
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Guérir coûte plus cher
que prévenir
L’exemple de Preonzo TI
Du train reliant Biasca à Bellinzone, le regard du voyageur sera Lors de la construction de la route nationale, un premier bassin de
inévitablement attiré par un triangle plus clair qui se détache de la forêt rétention d’une capacité de 3000 mètres cubes a été construit au cours
sur le versant droit de la vallée, résultat d’une alliance redoutable des années 70 pour collecter les matériaux charriés. En effet, dans cette
entre eau et loi de la pesanteur. vallée étroite, entre les routes cantonales qui jouxtent l’autoroute, la zone
Cette faille est apparue dans la montagne en juin 2001. Dans un d’habitation en symbiose avec les surfaces agricoles et la ligne ferroviaire
premier temps, d’abondantes précipitations ont miné le sous-sol. qui longe la zone industrielle, il est plutôt difficile d’échapper aux dangers
Puis, au soir du dimanche 10 juin, la rupture s’est produite: une coulée naturels potentiels. Au milieu des années 90, lorsqu’il s’est agi d’agrandir
de boue s’est formée dans la montagne et a déboulé à travers le ravin la zone industrielle, on a construit un second bassin d’une capacité
du Riale Valegiòn jusqu’au fond de la vallée. L’avalanche de cailloux de 18 000 mètres cubes. Cet aménagement s’est fait sur la base d’une
et de boue a emporté d’imposants blocs de rocher qui ont fini leur course expertise géologique qui évaluait à 15 000 mètres cubes le volume
dans la zone industrielle. Ces blocs se sont progressivement détachés de roches pouvant se détacher de la crête, évaluation bien trop optimiste
de la roche-mère de la crête avant de s’accumuler dans la partie supérieure comme l’on a pu le constater.
du ravin du Valegiòn. Gorgés d’eau de pluie, ces matériaux peu stables
se sont mis en mouvement. Pour des questions de sécurité, la route a été
fermée à la circulation dix jours durant. Une surveillance constante
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Une digue de terre doit protéger
la zone industrielle contre les chutes
de pierres.
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Une brèche dans un mur
de résistance
L’exemple d’Allschwil BL
Le village bâlois d’Allschwil est coutumier des crues. Jusque dans Retenir plutôt que canaliser
les années 50, c’est-à-dire lorsque la rivière traversait encore le centre
du village à ciel ouvert, les riverains avaient l’habitude d’écoper l’eau Les ingénieurs qui ont procédé
de leur cave après de fortes chutes de pluies. Mais les dégâts étaient à l’analyse des risques – sur mandat
généralement limités, car les anciennes fermes n’avaient généralement de la Direction des travaux publics
pas de sous-sol et les biens les plus précieux n’étaient de toute façon et de l’environnement du canton
pas entreposés dans les étages inférieurs. de Bâle-Campagne – eurent vite
Cependant, au cours des dernières décennies, le visage de la commune fait de mettre le doigt sur le point
a changé. L’agglomération est plus dense et la rivière a été mise sous faible. La capacité du voûtage,
terre dans le village en même temps que la ligne de tram Bâle–Allschwil qui est alimenté par les eaux
s’est construite. Étant donné qu’il n’y a plus eu de longues périodes du Mühlebach et du Lützelbach,
de fortes précipitations pendant un certain nombre d’années, la population est trop limitée pour faire face
a un peu oublié le risque de crue… à une situation exceptionnelle.
Jusqu’à ce que quelques inondations de faible importance se Il aurait été possible de construire
produisent, au début des années 80. Et puis, en 1994 et en 1995, le centre une canalisation de délestage
du village a été entièrement inondé à deux reprises, avec des dégâts dont le coût, 12 millions de francs,
chiffrés à plusieurs millions de francs. Des voix se sont alors élevées pour fut jugé exorbitant. Pour les respon-
que des mesures de protection contre les crues soient prises. sables, il n’était pas raisonnable de
multiplier la capacité d’écoulement
de la rivière par cinq ou six pour
pouvoir faire face à un événement
qui ne se reproduit qu’une fois tous
les 100 ans.
Pour les spécialistes, la meilleure Un photomontage illustrant
solution consistait à ne pas permettre l’intégration du bassin de rétention
dans le Mühletäli.
à la masse d’eau de parvenir jusqu’au
village, mais de la retenir en amont
afin de pouvoir écrêter la crue.
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Une table ronde vaut mieux qu’un litige
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La nature reprend ses droits
L’exemple de Versoix GE
Doucement, la Versoix dessine ses méandres à l’ombre des bois riverains. La vigilance s’impose même lorsque tout va bien!
Sonneurs à ventre jaune, papillons en voie de disparition et plantes
protégées se sont installés sur ses rives, où parfois l’on rencontre La Versoix a débordé pour la dernière fois en 1910. Peu après, on a
des castors. Un paysage idyllique allié à l’exubérance de la nature font entrepris de stabiliser les rives qui avaient été endommagées par la crue
que le cours supérieur de la Versoix figure à l’inventaire fédéral des en construisant des parois en béton, elles-mêmes arrimées au fond
paysages d’importance nationale. du ruisseau par des traverses en béton.
Toutefois, sur les derniers 4500 mètres avant l’embouchure, En moyenne statistique, une crue d’un débit de 85 mètres cubes
le cours d’eau perd de son charme, pris entre de hauts murs de béton, par seconde n’a lieu que tous les 300 ans. Et jusqu’à présent, la statistique
tandis que les industries qui le jalonnent soulignent combien l’économie a respecté les règles du jeu puisque, au cours des dernières 90 années,
a pris le pas sur la nature. la commune a été épargnée par les inondations. Cela n’a pas toujours été
le cas: en effet, les annales rappellent que des inondations ont eu
lieu en 1829, 1842, 1860 et 1910, endommageant parfois gravement
Une page d’histoire industrielle les infrastructures.
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Lorsque le canton de Genève a établi sa carte des dangers, il est
également apparu qu’il ne fallait pas négliger le risque de crue. C’est ainsi
que le quartier de la scierie a été classé zone de risque moyen. Petit à
petit, le service cantonal du lac et des cours d’eau a réfléchi à la manière André Estier est assis sur le mur du port où la Versoix se jette dans le lac Léman.
d’associer protection contre les crues et mise en valeur écologique. A l’arrière-plan on voit les bancs de gravier.
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Un comportement responsable
La marge de manœuvre pour des mesures individuelles
est large face au risque de crue
Il existe des normes de lutte contre l’incendie ou pour les installations M – mazout, citernes à
électriques qui ont force obligatoire pour tous les bâtiments. Il n’en En cas d’inondation, les citernes peuvent se mettre à flotter, s’entre-
est rien pour la prévention contre les crues. Pourtant, il est dans l’intérêt choquer et se fissurer. Le mazout qui risque alors de s’en écouler
de chacun et de la communauté de prendre ses responsabilités en peut causer des pollutions graves. Les citernes doivent donc être ancrées
la matière. La liste qui suit fournit quelques indications pour une approche de manière appropriée. Les raccords et les regards doivent être munis
plus responsable de cette problématique. de soupapes qui empêchent l’eau de pénétrer dans les citernes.
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Adresses importantes
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