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Architecture du Style International

ARCHITECTURE

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PARTIE 03: LE RENOUVEAU TECHNOLOGIQUE

(1945-1960)
COURS N°01: STYLE INTERNATIONAL

Introduction
Le terme de style international inventé par
Henry Russel Hitchcock, et Philip Johnson en
1932, entendait décrire l’architecture
moderne telle qu’elle était pratiquée en
Europe, entre autre par Le Corbusier et les
membres du Bauhaus
A l’origine, le style international désignait un
parti pris formel dénué de toute dimension
sociale.
Ses partisans distinguent clairement entre
« international » et « universel », ce dernier terme
désignant pour eux une architecture fondée sur
la « structure profonde » où « les lois naturelles »
valables partout à cause de sa « vérité inhérente
et éternelle » et non pour des raisons pratiques
ou idéologiques.
La révolution russe en 1917 a un impact majeur sur
les consciences européennes, qui y voit l’aube
d’une ère nouvelle.
« L’international » devient non seulement l’hymne
de l’URSS, mais aussi le symbole de la solidarité
et du ralliement des peuples par delà les
frontières.
Définition
En architecture le terme internationalisme, est
utilisée pour la première fois par [Link] dans
son ouvrage (l’architecture internationale) publié
en 1925 par le Bauhaus. Il définit l’architecture
moderne comme internationale, c’est-à-dire
libérée des contraintes géographiques et
culturelles.
L’internationalisme correspond à une ouverture du
monde, et l’architecture internationaliste (non
enracinée dans un lieu précis, mais transposable
dans toutes les régions du monde, selon des
principes modernes et universels) commence à
s’imposer.
Mais le modernisme universel et international
devra affronter les particularismes des cultures
locales ou non-occidentales. Il ne restera pas
« pur » très longtemps et se régionalisera assez
rapidement.
LES PRINCIPES DU STYLE INTERNATIONAL
(Hitchcock et Johnson)

1- L’architecture en tant que volume


- Une ossature de colonnes (les pilotis de Le
Corbusier) qui contraste avec le bâtiment, des
planchers reposant sur des piliers de métal ou
de béton armé, le plan libre (Exp: villa Savoye
1929-1931 à Poissy sur Seine prés de Paris).
-L’expression du volume doit être immatérielle et
sans pesanteur, l’espace est géométrique et
rigoureux. La surface du volume clos doit être une
membrane lisse, ininterrompue, étroitement
tendue sur l’ossature du bâtiment.
- De cette surface verticale, les fenêtres doivent
être placées sur l’extérieur, faisant partie du
mur, le toit sera plat, même si l’on tolère la
pente unique (Pour Hitchcock et Le Corbusier:
une fenêtre dotée d’un cadre métallique léger
est moderne. Une fenêtre réussie, est une
fenêtre qui ne rompt pas avec le plan de la
façade).
- Privilégier les matériaux lisses comme les
plaques d’acier ou les feuilles de verre, qui
peuvent être assemblées et produire une
surface aussi unie que possible.
2- Le deuxième principe qui concerne davantage la
régularité que l’axialité, tient à l’organisation
structurelle du bâtiment, à savoir les colonnes à
espacement régulier.
Il s’applique surtout aux bâtiments industriels, aux
immeubles commerciaux, et beaucoup moins aux
maisons individuelles avec leur espaces intérieurs
bien définis.
Hitchcock et Johnson admettent que la régularité
peut être monotone, mais concrètement se sont
les effets répétitifs, mal maitrisés qui rendent les
bâtiments monotones.
- Ils considèrent que la symétrie axiale classique
non comme l’expression de la régularité, mais
comme un autre moyen d’ordonnancement et
qu’ils n’excluent pas l’asymétrie.
- Ils accordent une grande importance aux
proportions et à la géométrie qui marie les
différents éléments d’une construction en un
tout harmonieux.
- La caractéristique importante du style
international est « l’horizontalité » qui
entraine son expression fonctionnelle.
• Bannir tout ornement rapporté. Ce principe traduit un
refus de la « superficialité » des styles « Néo » du
XIX siècle.
• Ils soulignent que détails et ornements doivent êtres
réduit au strict minimum et servir la clarté de
l’ensemble.
• Le style international accorde une importance
primordiale au site, ou à la relation avec
l’environnement et à la juxtaposition des bâtiments.
• La nature « naturelle » fait contrepoint au
bâtiment plus « artificiel » de l’architecte.
• Les terrasse et les pergolas sont des extensions
du bâtis, de même que les murs ou les allées
des jardins
• Leurs régularité géométrique et leurs lignes
droites doivent là aussi faire contraste avec la
nature.
BRASILIA
• "A Brasilia, nous étions loin de tout. Il n'y avait pas de voitures, pas même
de routes. Rien! Sauf l'enthousiasme et l'envie de construire." Oscar
Niemeyer
• En octobre 1955 Juscelino Kubitschek, élu président lance le projet de la
nouvelle capitale Brasilia, une loi fixe une date pour le transfert de la
capitale fédérale le 21 avril 1960. Le déplacement de la capitale est un des
éléments de la politique de développement et de modernisation du pays
devant permettre au Brésil de s’approprier enfin son territoire. "C’est sa
fondation [de Brasilia] qui donnera naissance, ulté- rieurement, au
développement planifié de la région. Il s’agit là d’un acte délibéré de
possession, d’une sorte de défrichement, relevant encore de la tradition
coloniale. " dira Lucio Costa En 1956 la Companhia urbanizadora da Nova
Capital est chargée du projet, en mars 1957 le projet d'urbanisme de Lucio
Costa est choisi, Oscar Niemeyer (né à Rio de Janeiro le 15 décembre 1907),
est chef du département de planification de la ville, c'est lui qui désormais
prend le projet en mains. Brasilia sera construite en un temps record, de 1957
à 1960
• La nouvelle capitale a été construite sur un site inhabité. Située
sur le Plateau Central du Brésil, à environ 1200 m d'altitude, elle se
trouve à l'articulation de trois états : le Goias, le Minas et le Mattao
Grosso. Le lieu avait été choisi en 1922, au cours de la
commémoration du centenaire de l'indépendance du Brésil ; en effet
l'idée de fonder cette ville avait été émise depuis la fin du XVII ème
siècle
"Nous avons fait la ville en trois ans. Quand je pense à cette
époque, je me souviens de beaucoup d'inconfort et de beaucoup
d'enthousiasme. Nous étions au bout du monde, avec les
ingénieurs, les ouvriers: on avait tous les mêmes problèmes, on
portait les mêmes vêtements, on mangeait tous dans la même
cantine, mais nous avions le sentiment que la vie était en train de
changer, qu'un jour elle serait meilleure pour tous... L’urgence dans
laquelle la ville a été construite est responsable de beaucoup de ses
imperfections. Brasilia a été victime de problèmes inévitables dans
n’importe quelle ville" Oscar Niemeyer
Vue générale de Brasilia
Le Congrès National du Brésil à
Brasilia.
Quartier résidentiel à Brasilia
CONSTRUCTION DE CHANDIGARH
PAR LE CORBUSIER
• Pandit Jawâharlâl Nehrû, qui a décidé de bâtir la ville
en 1948, est, tout simplement prodigieuse. Nehrû dont
la volonté reposait sur le grand espoir des possibilités
offertes par la modernisation du pays pour améliorer le
sort de l'ensemble des classes sociales ; une de ses plus
grandes réformes sera d'abolir le système de caste,
vieux de trois millénaires (voir appendice en bas de
page). Une ville Ouverte à tous, selon la volonté de
Nehrû et symbolisée par la sculpture monumentale de
la Main ouverte, placée dans le complexe administratif.
Le Pandit Jawâharlâl Nehrû, Premier ministre, entend en
faire un modèle pour le développement de l'Inde
moderne. Adversaire farouche du colonialisme, il fut,
avec Nasser et Tito, à l'origine du mouvement des pays
non-alignés lors de la conférence de Bandung en 1955.
Chandigahr, la main ouverte, Le
Corbusier, Photo S. Herbert
Le Corbusier

Sous les directives de Nehrû et de ses élites, formées à Oxford,


Le Corbusier abandonnera -à regret- sa folle idée de Cité-
machine pour adopter un style plus proche de l'idéal anglais de
la Garden City. Il reprend le projet en 1951, à la tête d'une équipe
d'architectes composée de son cousin Pierre Jeanneret, des
architectes anglais Maxwell Fry et Jane Drew et d'architectes
indiens, dont Manmohan Nath Sharma, Chowdhary et Aditya
Prakash.

Jawâharlâl Nehrû demande à Le Corbusier «une cité libérée des


traditions du passé, un symbole de la foi de la nation en l'avenir».
• Les architectes Mayer et Nowicki avaient déjà proposé un plan fondé
sur la séparation brutale du Capitole et d'un maillage de voies
sinueuses et différenciées et de secteurs définis par des services
communs. Le Corbusier se contente de régulariser la maille de
Mayer, de définir les secteurs à partir d'un module de 1.200 mètres
par 800, désignés par un numéro de 1 à 60 (Le Corbusier fit omettre
le 13). Chaque secteur est composé de zones d'habitations, de
commerces, d'équipements sportifs, de lieux de culte et d'espaces
verts. Le secteur 17 est au cœur du centre-ville ; c'est le centre
principal de commerces, de restaurants, d'hôtels, lieu
d'animation. Dans tous les autres secteurs, on retrouve des magasins
répartis de façon équilibrée. Le Corbusier élabore un système de
circulation très sophistiqué "Les 7 voies de circulation" hiérarchisant 7
niveaux de circulation dans la ville visant à fluidifier le trafic et
préserver les zones d'habitation de ses nuisances. Les architectes
définissent les caractères de chacun des secteurs, et le grand parc Sud
/ Nord permettant –en principe- de traverser la ville en empruntant
une série de jardins.
CHANDIGARH, Master Plan, Le
Corbusier, 1951
CHANDIGARH, Master Plan, Le Corbusier
Le Capitole
• La pièce maitresse de cet échiquier est le complexe du Capitole qui
regroupe le Palais de justice, le Secrétariat et le Palais des
Assemblées (ainsi que les plans du palais du Gouverneur qui ne sera
jamais construit). L'application rigoureuse de la Charte d'Athènes –
qui institue la séparation des fonctions dans la ville : Habiter,
Travailler, se Recréer, Circuler, place ces magnifiques architectures
dans un rapport d'isolement par rapport à la ville, et les espaces
publics monumentaux qui les bordent renforcent davantage cette
solitude. La communion semble davantage se faire avec le paysage
lointain des premiers contreforts de l'Himalaya et la nature
environnante. La monumentalité de ces constructions et leur
morphologie massive appuyée par l'emploi du béton symbolisent la
puissance de l'Etat, et sa séparation avec la ville des citoyens.
• Mais pour les concepteurs, les espaces publics devaient représenter
le Forum de la cité, le lieu de rassemblement et de discussions des
citoyens.
Chandigahr, l'Assemblée, Photo S.
Herbert
Chandigahr, la Haute Cour, Photo S.
Herbert
L'habitat

• Le Corbusier abandonnera à Chandigarh l'idée de bâtir ces


grandes demeures d'habitat social, sur les modèles des
immeubles villas ou de la Cité Radieuse. La nouvelle ville
sera horizontale, ses constructions dédiées à l'habitat,
basses.
• A Chandigarh, Le Corbusier privilégia l'emploi du béton,
matériau peu compatible avec la chaleur de l'été et très
vulnérable au fort taux d'humidité durant la saison des
moussons. Aujourd'hui, les constructions en béton sont
particulièrement dégradées, au contraire des constructions
en brique qui ont mieux résisté au temps. L'architecte Louis
Kahn, par exemple, qui construira dans cette région du
monde plusieurs bâtiments, utilisa la brique, matériau
traditionnel.
Chandigahr, logements collectifs
Chandigahr, habitat populaire, vers 1953,
Photo S. Herbert
• Par contre, les spéculateurs voient dans les zones
libres du plan de Le Corbusier, dans les quartiers
de maisons basses, dans les zones vertes
protégées, des terrains d'une valeur inestimable.
Invoquant la pression démographique foncière, la
nécessité économique pour le bon
développement de la région, les spéculateurs
estiment que les espaces libres de Chandigarh
pourraient être remplis. Qu'il faut construire, plus
haut, plus grand, plus clinquant.

Chandigarh

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