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Morale et conscience : enjeux éthiques

Le document explore la morale et la conscience, en soulignant que la morale évalue la conduite humaine selon des normes de bien et de mal, et que la conscience joue un rôle crucial dans le jugement moral. Il aborde les motivations derrière l'action morale, en opposant l'égoïsme à l'altruisme, et en discutant des théories de penseurs comme Adam Smith, Rousseau, et Kant. Enfin, il examine la nature de l'acte moral, ses obligations sociales, et la dualité entre l'individu et la société dans la formation de la conscience morale.

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Morale et conscience : enjeux éthiques

Le document explore la morale et la conscience, en soulignant que la morale évalue la conduite humaine selon des normes de bien et de mal, et que la conscience joue un rôle crucial dans le jugement moral. Il aborde les motivations derrière l'action morale, en opposant l'égoïsme à l'altruisme, et en discutant des théories de penseurs comme Adam Smith, Rousseau, et Kant. Enfin, il examine la nature de l'acte moral, ses obligations sociales, et la dualité entre l'individu et la société dans la formation de la conscience morale.

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LA MORALE

La morale revoie Pa la conduite humaine en tant que celle-ci peut être


évaluée par des normes telles que le bien et le mal.

Il n’y a alors pas de morale sans le jugement de la conduite humaine. Il


consiste à comparer ce qui est et ce qui doit-être, et est opéré par la
conscience.

LA CONSCIENCE

La conscience contient un sens psychologique selon John Locke, il n’y a


pas de pensée sans avoir en plus le savoir qu’on a cette pensée, toute
perception est accompagnée de la perception de cette perception.

Cependant elle contient aussi un sens Morale : savoir la distinction entre


le bien et le mal. Ainsi le sujet moral peut s’articuler en 2 sens, celui qui
se reconnait comme l’auteur de l’action, d’être à son origine, et, celui qui
par sa conscience reconnait le devoir. Il reconnait une obligation car il est
lié à un devoir.

1) Agir moralement, est-ce chercher à faire le bonheur des autres


A) Egoïsme et altruisme

Qu’est-ce qui motive la conduite humaine des Hommes, le bonheur. Si je


cherche mon intérêt, mon bonheur, cela revient à l’égoïsme. Et ainsi on
peut douter de la moralité de l’action.

La conscience morale commune considère que l’égoïsme ne fait pas


partie de la morale. Celui qui est admirable, c’est celui qui sacrifice son
intérêt pour les autres. Mais pour considère le sujet comme moral, il n’a
pas forcément besoin de se sacrifier pour que l’action soi bonne d’un point
de vue moral, tant qu’elle prend en compte l’intérêt des autres.
L’altruisme serait donc d’écarter l’égoïsme et prendre en compte les
autres.

Smith :

Le mécanisme qui nous fait prendre en compte l’intérêt d’autrui est


généralement la motivation sentimentale : c’est le sentiment qui est à
l’origine de l’intérêt pour autrui. C’est d’ailleurs ce qu’explique Adam
Smith dans Théorie des Sentiments moraux (1759). Ce que désigne Smith,
c’est la capacité de se mettre à la place d’autrui et de ressentir et
éprouver un sentiment analogue, semblable au sien.
Rousseau :

Jean Jacques Rousseau lui, définit deux passions fondamentales de l’être


humain:

1- l’amour de soi : le soin qu’on porte à sa propre conservation.

2- la pitié : l’identification à la souffrance d’autrui. C’est ce qui relève du


fondement de l’action morale, c’est-à-dire le désir de faire cesser la
souffrance d’autrui par mécanisme d’identification.

B) L’utilitarisme

Fondé par le anglais Jeremy Bentham. La thèse de l’utilitarisme est que


l’action morale vise le bonheur du plus grand nombre de personnes
possibles. La thèse de l’utilitarisme est que l’action morale vise le
bonheur du plus grand nombre de personnes possibles. Il fait aussi d’une
vision atomiste de la société, qu’on peut définir comme l’addition
d’individus.

Singer :

Il est injuste d'exclure au champ de l’action morale les êtres qui


ressentent plaisir et douleurs, donc des êtres sentants, comme les
animaux par exemple. C’est ce que défend Peter Singer dans Libération
animale (1975) dans lequel il argumente que le bénéficiaire de l’action
morale n’a pas besoin d’être un être raisonnable, il doit juste avoir la
possibilité de souffrir et de ressentir de la peine.

Harris :

Selon John Harris, “La loterie de la survie” (1975) propose une expérience
de pensée dans laquelle 2 individus y et z ont besoin d'une
transplantation d’organe. Le seul moyen d’obtenir ces organes est en
tuant quelqu’un en bonne santé pour lui prélever les organes. Cette
personne est désignée par la loterie, donc elle est définie par x. Il y a une
résistance immédiate avec la différence entre tuer x et laisser mourir y et
z. Y et z répondent qu’ils n’ont rien fait pour mériter leur sort et que c’est
injuste de laisser vivre un chanceux en laissant mourir 2 malchanceux.
Alors, dans une application extrême de l’utilitarisme, le bonheur de 2
vaudrait plus que le bonheur de 1.

2] Agir moralement, c’est agir par pur respect du devoir.

Contrairement au sentimentalisme, cette fois nous aborderons l’action


morale qui n’est pas faite sous l’influence des sentiments ni de la
sensibilité. Contrairement à l’utilitarisme, nous étudierons au cœur de
notre analyse de l’action morale pas le bonheur mais le devoir avec Kant.

A) Agir par devoir, agir conformément au devoir

Nous pouvons qualifier 3 types d’actions selon l’extrait de la Fondation


de la métaphysique des moeurs (1785) de Kant :

 Les actions immorales : les actions contraires au devoir (exemple :


escroquer le client).

 Les actions accomplies par devoir (exemple : celui qui conserve sa


vie malgré et contre son désir de suicide).

 Les actions seulement conformes au devoir :

- pour lesquelles les hommes n’ont pas d’inclination


immédiate (exemple : ne pas escroquer les clients)

- pour lesquels les hommes ont une inclination immédiate


(exemple : conserver sa vie par intérêt/goût/en espérant le bonheur)

On cherche à trouver une distinction entre l’action conforme au devoir


pour laquelle le sujet a une inclination immédiate et une action accomplie
par devoir. Une action accomplie par le devoir serait lorsque l’individu
fournit un effort contre lui-même. Mais alors, comment accède–t-on à la
nature de l’intention de l’action morale ? La difficulté est de savoir si
l’individus agit conformément au devoir avec des motifs qui ne sont pas
moraux.

Kant distingue l’action authentiquement morale à l’action conforme au


devoir pour laquelle le sujet n’a pas d’inclination immédiate. Avec
l'exemple du marchand, il est conforme au devoir de ne pas faire payer
plus cher des acheteurs non expérimentés, le devoir en jeu est
l'honnêteté. Alors, quel est le motif de l’action? Est-ce qu’il a été honnête?
Kant dit qu’il n’y a pas besoin de faire cette supposition car si le marchand
est avisé il n’aurait pas intérêt à être connu comme un escroc. Le
marchand n’a pas d’inclination immédiate à être honnête. Son inclination
immédiate est d’abuser du client inexpérimenté, mais il ne se laisse pas
dicter sa conduite par son inclination car il est avisé. En calculant, il
comprend qu'il a plus intérêt d’avoir une bonne réputation, c’est l'intérêt
du négoce. C'est un interet second, réfléchi, qui provient d’une motivation
pour le long terme et d’un dessein intéressé. Cette motivation suppose
deux facteurs: le regard du groupe/des autres comme contrainte et
l'intérêt du négoce. Pour Kant, il n’y a pas besoin d’autre chose pour
expliquer le comportement, pas besoin de supposer qu’il agit par
honnêteté pour qu’il soit honnête. Attention aux contresens, il ne faut pas
dire que le comportement du marchand est immoral. Juste car l’action
n’est pas authentiquement morale, on ne peut pas dire qu’elle n’est pas
honnête. Elle n’est pas immorale mais amorale.

Blaise Pascal:

Au XIXème siècle, Blaise Pascal partage ses idées: “Tous les hommes
rechercnet d’être heureux y compris ceux qui vont jusqu’à se pendre”. On
comprend par là que le suicide eudémonsite est le recherche du bonheur
par le suicide, puisque le bonheur correspond aussi à l’absence de
souffrance.

B) L’universalité de la maxime de l’action

Kant définit la moralité du devoir par la raison qui élabore les principes de
la moralité. La “Raison pure pratique” est une raison définie comme
faculté des principes, qui permet de connaître pas ce qui est mais ce qui
doit être. Le désespéré résiste d’agir sous impulsions. Sa volonté s'est
identifiée à la raison comme faculté.

Kant cherche ainsi à déterminer la forme d’une action purement morale,


c’est-à-dire universellement acceptable.

1ère étape: seule la volonté peut être moralement bonne:

 On juge l’intention pour déterminer la valeur d’un acte.

 La morale repose sur la bonne volonté mais avoir des qualités peut
aider la volonté à être bonne mais elles ne sont pas forcément
morales.

 Les conséquences de l’action n’importent pas en morale.

2ème étape: la “bonne volonté” agit par devoir:

 Différence entre une action accomplie conformément au devoir et


celle accomplie par devoir: distinction se fait par l’analyse de
l'intérieur, de l’intention.

 Action conforme au devoir: peut être accomplie par une inclination


immédiate ou par intérêt, mais cela nous réduit au déterminisme de
la nature et ne nous définit plus comme des êtres raisonnables.
 Échapper au déterminisme naturel: obéir par devoir = agir par un
ordre qui nous vient uniquement de notre Raison.

 Morale sert à faire agir l’homme par la raison indépendamment du


plaisir, de l'intérêt, du bonheur… puisque ce dernier n’est pas le but
ultime de la vie. Si c’était le cas, on n’aurait pas de raison, même
s’il faut sacrifier une partie de son bonheur. L’homme ne doit pas
agir pour être heureux, mais seulement pour se rendre digne d’être
heureux = morale rigoriste.

3ème étape: qu’est-ce qu’agir “par devoir”?:

 La valeur morale vient de son caractère universel.

4ème étape: les différentes formulations de l’impératif catégorique:

 Une seule loi morale: l’impératif catégorique: “je dois toujours me


conduit de telle sorte que je puisse vouloir que ma maxime
devienne une loi universelle”

 Catégorique = absolu = indépendant des circonstances et


conditions et vs les autres impératifs immoraux

Principes pour une morale universelle:

 C’est peut être parfois un plaisir de faire ce bien mais le plaisir est-il
moral? Aux yeux de Kant, ce plaisir laisse soupçonner que des
raisons non morales viennent parasiter la pureté de l'intention
morale. C'est pourquoi celle-ci ne peut provenir que de
l'accomplissement strict du devoir: Métaphysique des moeurs
(1785)

3] Acte morale et obligation sociale

A. L’acte moral est obligatoire et désirable

On cherche à critiquer Kant sur 2 points : la motivation et le fondement de


l’acte moral.

1- La motivation de l’acte moral : Kant rejette l’intérêt et la sensibilité, est-


ce qu’on peut s’en tenir à l’expulsion de la sensibilité de l’acte moral ?

Texte d'Émile Durkheim, “La détermination du fait moral” (1906),


Sociologie et Philosophie :

Durkheim ne rejette pas la philosophie kantienne selon le prétexte du


texte. Il reformule simplement qu’on obéit à la morale car l’ordre est
commandé, on obéit pour obéir et pas en pensant aux conséquences, car
elles sont incluses dans l’acte. C’est la dimension obligatoire de l’acte. Ce
qui caractérise Kant est son rigorisme: ce qui motive l’action est le pur
respect du devoir. On obéit au devoir ni pour le plaisir ni par intérêt
personnel, mais car on doit le faire, pas car c’est profitable. Mais le
rigorisme kantien n’est qu’un seul aspect de l’acte moral. Durkheim
affirme aussi que c’est psychologiquement impossible. Kant admet que la
seule forme de la volonté est suffisante pour terminer l’acte. La volonté
morale est la manière dont je veux, en prenant en compte l’universalité.
Je veux moralement si je veux de manière universelle, et l'universalité
suffit pour déterminer la volonté. Mais pour Durkheim cela n'est pas
suffisant car c'est trop abstrait et comme dit précédemment
psychologiquement impossible. Il faut aussi que la sensibilité soit
mobilisée car il n’y a pas d'hétérogénéité entre la raison et la sensibilité.
En ce qui concerne la motivation de l’acte, le sujet doit retirer du plaisir à
accomplir l’acte mais il faut toujours prendre en compte 2 pôles de l’acte
moral : le rigorisme et l'eudémonisme, soit la recherche du bonheur. A
cette notion Durkheim ajoute que le plaisir pris à l'accomplissement de
l'acte est le plaisir spécifiquement moral : sui generis, un genre de plaisir
à soi. Durkheim ajoute la compénétration de ces deux dimensions, ils sont
liés entre eux. C’est d’ailleurs la difficulté qu’a soulevé Kant (voire partie
sur Paul). Mais pour Durkheim ce n’est pas un problème car c’est ainsi
qu’est l’acte moral. Il analyse au 3ème paragraphe le plaisir moral étant
comme l’acte moral. Certes il peut requérir un certain effort pour
l’accomplir mais ça par-là que le plaisir est lui-même procuré. Ce plaisir
n’est ni simple ni immédiat, mais il est le prix à exercer une contrainte sur
soi, le plaisir est le prix à se faire violence. C’est un plaisir de type
masochiste puisqu’il consiste à abaisser une partie de soi-même qui
s’oppose au devoir, ce qui en nous s’oppose à la morale mais permet en
même temps une élévation morale. On éprouve une satisfaction de l’effort
accompli, c’est le plaisir moral en plus d’une augmentation de l’estime de
soi, une élévation morale.

A présent nous venons d’étudier les motivations de l'acte et la question


des fondements moraux. Mais sur quoi repose le double-caractère de
l’acte moral ? Durkheim répond que la source de l’autorité morale, c’est la
société : l’obligation morale est une sociale. Sui generis, la société,
désigne pour lui un niveau de réalité irréductible à un autre, c’est-à-dire
que le plaisir moral est irréductible aux autres. Le social, la société, est
une réalité irréductible à une simple addition d’individus. Cette association
créée, indépendamment des volontés des individus, des idées et des
croyances collectives se forment. Ainsi, une part de la vie individuelle est
collective, et la conscience collective ne vit qu’à travers les consciences
individuelles. La société est un niveau de réalité qui est né de
l’associativité et de l'indépendance des individus. C'est “un foyer intense
d’activités intellectuelles et morales”. Parmi ces activités intellectuelles se
trouve un idéal moral qui représente de l’affectivité qui anime l’individu et
le met en mouvement.

Durkheim s’interroge sur ce qui explique le double caractère de l’acte


moral qui tient à la double relation de la société aux individus :
l’immanence et la transcendance. Immanent est ce qui reste au même
niveau, qui reste à l’intérieur de, alors que la transcendance désigne ce
qui dépasse, ce qui est au-delà. Et la société fait de nous ce que nous
sommes, ce que nous avons de meilleur, ce qu’il y a de meilleur en nous,
ce qui fait de nous de véritables êtres humains. Ce que nous parvenons à
nous assimiler de la société nous apporte de la sécurité, une langue, un
développement. On lui doit ce qu’on a de meilleur et c’est aussi pour cela
qu’on la trouve désirable. Cette gratitude nous fait nous sentir redevables
à la société. D’autre part, la société et son côté transcendant, avec son
caractère obligatoire : la société nous dépasse, elle est incontestablement
supérieure. L'individu possède aussi deux faces : sa face individuelle et
celle collective. Les deux coexistent. L’idéal moral s’oppose à ce qui est
en nous individuelle, nos inclinaisons, notre sensibilité, notre égoïsme. La
voix de la conscience morale vient de notre conscience collective
qui nous vient de dehors mais existe en nous.

B. La reconnaissance passe par le groupe des conduites universelles.

Bourdieu:

“Un fondement paradoxal de la morale”, Raisons pratiques. Sur la théorie


de l’action (1994), Pierre Bourdieu

Le fondement anthropologique de Kant est que la moralité revient à se


soumettre à l’universel. Selon Bourdieu, cette loi universelle est un profit
symbolique. Cela revient à la notion de plaisir de Durkheim. La vision de
Bourdieu rejoint le point de vue universel de Kant en plus du plaisir de
Durkheim, formant ainsi sa loi anthropologique. Il ajoute aussi une
nouvelle idée: l’analyse de l’hypocrisie. Différemment de Kant, il se
contente d’un entraînement à la morale. L’acte seulement extérieurement
conforme à la morale est un acte hypocrite puisqu’il n’y a pas d’intention
purement morale. L’hypocrisie est un effet civilisateur et moralisateur.
Bourdieu cherche à montrer qu’à force de jouer la comédie morale, d’être
hypocrite, on finit par s’habituer à agir moralement. C’est ainsi qu’on se
moralise est c’est suffisant. “L’hypocrisie est l'hommage que le vice
rend à la vertue” (François de La Rochefoucauld”)

Conclusion: Le fondement de l’obligation morale est sociale. Les individus


appartiennent au groupe et sont donc soumis à des devoirs. Des
difficultés se présentent:

 Risque de confusion entre une attitude morale et le conformisme


social, ce qui revient à suivre un avis majoritaire sans l’interroger.
C’est insuffisant pour définir l'attitude morale qui peut exiger la
désobéissance, dans le sens d’être morale en refusant de se
conformer. La désobéissance doit être envisageable.

 Les limites du groupe: l’action soumise à l’universel se réduit


toujours à un groupe, mais est-ce légitime? Avec l'utilitarisme, il est
parfois au-delà de la sphère humaine (animaux…). On se pose aussi
sur l’élargissement de la société: avec qui fait-on société? Avec la
crise écologique, peut-on envisager une société non
anthropocentrique mais plutôt bio/écocentrique? Il faudrait donc
avoir des devoirs à l’égard des écosystèmes, des êtres vivants…ou
des êtres qui ne sont pas encore là (voir cours sur la technique avec
le texte de [Link] à venir).

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