Souveraineté industrielle du Maroc en 2024
Souveraineté industrielle du Maroc en 2024
2ème ÉDITION
WHITE PAPER
MOT DU PRÉSIDENT C’est la raison pour laquelle la CGEM a décidé, en
collaboration avec le ministère de l’Industrie et
L’industrie marocaine est en pleine mutation, du Commerce, de lancer, en 2023, une journée
marquée par une croissance et une diversifica- nationale de l’industrie (JNI).
tion qui reflètent les ambitions économiques du
Royaume. Ces 10 dernières années, notre indus- Sa Majesté le roi Mohammed VI que Dieu l’Assiste
trie a passé de nombreuses étapes clés de son a appelé, dans un message adressé aux partici-
développement. Après avoir développé de l’in- pants de la première édition de la JNI, à entrer
dustrie légère puis lourde, le Maroc est de plus dans une nouvelle ère industrielle avec comme
en plus reconnu aujourd’hui comme un acteur principe la souveraineté.
de l’industrie avancée avec l’essor des secteurs
Pour réaliser cette feuille de route ambitieuse
de l’automobile, de l’aéronautique ou encore des
fixée par Sa Majesté, nous devrons adresser un
énergies renouvelables.
certain nombre d’enjeux. Ce sont ces enjeux qui
ont été au cœur des discussions de la seconde
Porté par une Vision Royale de croissance du-
édition de la JNI, qui s’est tenue le 16 octobre
rable et une attractivité de premier plan, le Maroc
2024 à Ben Guerir.
attire de plus en plus d’investissements étran-
gers. La position géographique privilégiée, la Pour accroitre notre souveraineté industrielle, il
stabilité politique, les infrastructures de classe est impératif de réduire notre dépendance aux
mondiale, le capital humain et les nombreux ac- importations de matières premières, notam-
cords de libre-échange positionnent notre pays ment en métaux critiques et en composants
comme une option majeure des investissements industriels. Le développement de chaînes de
internationaux. valeur locales, bien qu’entamé dans certains
secteurs, demeure limité et nécessite un ren-
A la CGEM, nous sommes convaincus que l’in- forcement des industries en amont et en aval
dustrie est un levier essentiel du développe- pour consolider l’intégration des processus de
ment économique et social du Maroc. Son rôle production.
est central dans l’emploi puisqu’un emploi dans
l’industrie en génère autant, voire plus, indirec- Par ailleurs, le Maroc se doit de maintenir une
tement. Sa capacité à générer de l’export, et production de haute qualité, innovante et à coûts
donc des devises, est aussi un enjeu essentiel compétitifs pour soutenir sa présence dans les
puisque la stabilité de notre monnaie et son che- marchés mondiaux. La transition vers une in-
min vers la convertibilité en dépendent. dustrie 4.0, avec l’intégration de la numérisation
et des technologies avancées s’impose pour ac-
croître l’efficacité et l’innovation. Cette transfor-
mation est indissociable d’une montée en com-
Une industrie pétences significative de la main-d’œuvre.
performante et
exportatrice ne se Enfin, bien que le Maroc ait investi dans des in-
frastructures routières et portuaires modernes
contente pas de et des zones franches performantes, la logis-
rééquilibrer notre balance tique intérieure et le maillage territorial doivent
encore être optimisés pour assurer une fluidité
commerciale, elle renforce des échanges et renforcer la compétitivité in-
également la stabilité dustrielle régionale.
et la résilience de notre
Ce document se veut être une feuille de route de
monnaie. l’industrie nationale pour faire face aux défis ac-
tuels et saisir les opportunités de demain, avec
pour objectif ultime de consolider la souveraine-
M. Chakib Alj, Président de la CGEM té industrielle du Maroc et d’assurer un dévelop-
pement harmonieux de ses territoires.
2
LES 7 AXES STRATÉGIQUES DE LA 2éme ÉDITION DE LA JNI
La souveraineté industrielle marocaine repose sur une vision intégrée et ambitieuse, visant à répondre
aux défis contemporains et à saisir les opportunités d’un monde en mutation rapide. Les recommanda-
tions élaborées dans cette feuille de route illustrent la nécessité de concentrer les efforts sur plusieurs
axes stratégiques complémentaires.
Ces priorités ne peuvent être atteintes sans une mobilisation impliquant les acteurs publics, privés
et académiques. La mise en œuvre des initiatives proposées nécessite, par ailleurs, une coordination
entre ces différents acteurs.
Le Maroc se positionne comme un acteur clé dans les chaînes de valeur mondiales, tout en consoli-
dant sa souveraineté industrielle et en assurant une transformation durable et inclusive de son écono-
mie. L’avenir de l’industrie marocaine dépendra de la capacité de toutes les parties prenantes à agir de
concert pour concrétiser cette vision.
3
I. L’INDUSTRIE MAROCAINE EN 2024 Cette trajectoire repose sur un modèle dual,
combinant la consolidation et la montée en
L’année 2024 marque une étape décisive pour gamme de secteurs historiques tels que le tex-
l’industrie marocaine, qui a consolidé ses acquis tile et l’agroalimentaire, avec le développement
en vue d’aller vers une souveraineté industrielle accéléré de filières stratégiques à forte valeur
renforcée et durable. ajoutée, notamment l’industrie avancée et l’éco-
nomie verte.
Contribution au PIB et Objectifs de Croissance
Aussi, il est à noter que, hormis les secteurs de
Alors que la part du secteur agricole dans notre l’automobile et de l’aéronautique qui sont for-
économie, et c’est le sens de l’histoire, se réduit tement investis par des capitaux étrangers, le
d’année en année, l’industrie s’impose comme reste de l’industrie est en grande partie portée
un élément central de l’économie marocaine. par de l’investissement national.
En 2024, l’industrie marocaine représente 27 %
du PIB national et ambitionne de doubler cette
contribution à l’horizon 2035.
3% 2%
PHARMACEUTIQUE PLASTURGIE
1%
CUIR
3%
AÉRONAUTIQUE
4% 23%
ÉLECTRIQUE ET AGRO-INDUSTRIE
ÉLECTRONIQUE
7%
AUTRES
INDUSTRES
7%
TEXTILE
9%
MÉTALLIQUE
ET MÉTALLURGIE
17% 23%
AUTOMOBILE CHIMIE & PARACHIMIE
4
92% 92%
MÉTALLIQUE 84%
ET MÉTALLURGIQUE
81%
AGRO-INDUSTRIE
79% 77%
74%
& PARACHIMIE
CHIMIE
PHARMACEUTIQUE
ELECTRIQUE
& ELECTRONIQUE
70%
PLASTURGIE
TEXTILE
CUIR
AUTOMOBILE
AVIATION
6% 4%
Aujourd’hui, l’industrie pèse pour 12% des em- L’objectif d’augmentation de la part de l’investis-
plois de notre pays avec 13 000 entreprises et sement privé dans l’économie de 65 % des inves-
environ 1,3 million d’emplois. Ce sont, pour la tissements totaux d’ici 2035, par rapport à 35 %
très grande majorité, des emplois formels de actuellement, est une priorité du Maroc.
qualité. En effet, sur les 10 dernières années,
tous les secteurs industriels ont connu une belle Pour opérer ce basculement, il faudra pour-
dynamique de création nette d’emplois formels. suivre notre politique d’attraction d’investisse-
Ainsi, entre 2013 et 2023, c’est près de 400 000 ments directs étrangers et soutenir les investis-
emplois formels nets qui ont été créés. Ces em- sements du secteur privé marocain. Cet objectif
plois ont été portés par tous les secteurs et en ne pourra être atteint qu’à travers la multiplica-
particulier l’Automobile, le Textile et l’Agroali- tion de partenariats Public-Privé. Les dispositifs
mentaire. de soutien à l’investissement que sont la Charte
d’Investissement et la mise en place du fonds
Il est aussi à noter qu’un emploi en industrie gé- Mohammed VI sont aussi des leviers qui joueront
nère indirectement entre 1 et 4 emplois de ma- un rôle primordial dans cette dynamique. Les
nière indirecte. La réduction de l’inactivité et du premiers effets sur l’industrie commencent à se
chômage au Maroc passe donc nécessairement faire sentir. En 2024, les investissements indus-
par l’Industrie. triels devraient atteindre 80 milliards de dirhams
contre 34 milliards en 2022 par exemple.
Les entreprises industrielles génèrent un chiffre
d’affaires de 816 milliards de dirhams, dont 370 Accès aux marchés Internationaux et libre-
milliards d’exportations. La diversité sectorielle Échange
du tissu industriel marocain comprend aussi
bien des grandes entreprises que des PME, les- Fort de ses 90 accords de libre-échange, le
quelles constituent le socle de la chaîne de va- Maroc bénéficie d’un accès privilégié à des
leur et favorisent la résilience économique du marchés internationaux représentant plus de
pays. 2,5 milliards de consommateurs. Ces accords
sont essentiels pour l’intégration du Maroc dans
5
les chaînes de valeur-mondiales et renforcent sa position en tant que plateforme industrielle straté-
gique. La croissance soutenue des exportations sur les 10 dernières années témoigne de cet avantage
compétitif.
Par ailleurs, le Maroc pourrait élargir considérablement cet accès par l’opérationnalisation de la Zone
de Libre-Échange Continentale Africaine (ZLECAF). Cette zone offre à l’industrie marocaine une oppor-
tunité unique de s’intégrer dans un marché de plus de 1,4 milliard de consommateurs aujourd’hui et qui
atteindra 2,5 milliards de personnes en 2050.
Les exportations industrielles sont une composante majeure de la stratégie de notre pays. En effet, les
devises qu’elles génèrent sont au cœur de la stratégie monétaire du pays. Un Maroc avec une balance
commerciale positive, qui attire des IDE pourrait accélérer la convertibilité de sa monnaie. Un change-
ment de paradigme qui serait transformateur de toute l’économie nationale.
347.723
308.492
TCAM
10,15%
212.435
195.051 198.977
179.092 180.719
164.884
145.644 153.270
2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023
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II. SOUVERAINETÉ INDUSTRIELLE ET MONTÉE La commande publique et la préférence natio-
EN GAMME nale sont les leviers essentiels pour stimuler
la demande de biens fabriqués localement et
Bien que la montée en gamme de l’industrie dynamiser l’économie. Ils favorisent la création
marocaine soit en cours, elle nécessite encore d’emplois et renforcent les capacités des TPE et
des mesures d’appui et un soutien institutionnel des PME, en leur offrant un accès privilégié aux
fort pour faire face aux défis contemporains du marchés publics.
marché mondial. À l’heure où la compétitivité
repose de plus en plus sur l’innovation, la quali- Les récentes révisions de la loi sur les marchés
té et l’adaptabilité, il est important de définir et publics vont dans le bon sens mais méritent
de mettre en œuvre des actions concrètes pour d’être enrichies, notamment en incluant le sec-
transformer notre secteur industriel. teur pharmaceutique. La préférence nationale
pourrait jouer un rôle majeur dans la valorisa-
Ce n’est qu’à travers une approche intégrée, qui tion des capacités industrielles locales et dans
combine l’analyse des besoins du marché, le le renforcement de l’autonomie économique du
développement des compétences, l’encourage- pays.
ment à l’innovation, et la création de synergies
entre les acteurs publics et privés, que nous MESURES À ADOPTER
réussirons à gagner en souveraineté industrielle.
y Simplifier l’accès aux Appels d’Offres en
allégeant les critères de soumission et en
offrant un accompagnement spécifique
Nous sommes en train aux PME pour faciliter leur accès aux
de travailler et mettre en marchés publics et ainsi diversifier leurs
activités.
place les conditions pour
promouvoir la nouvelle ère y Intégrer systématiquement des exi-
gences d’intégration locale dans les ca-
à laquelle a appelé SM le hiers des charges et systématiser les
Roi Mohammed VI. subventions pour encourager les achats
Une nouvelle ère indus- locaux.
trielle axée sur la souverai- y Créer des labels comme «Produit Fabri-
neté et qui a pour objectif qué au Maroc» et/ou «Contenu marocain
principal la création d’em- certifié» pour améliorer la notoriété et la
qualité perçue des produits marocains,
plois pérennes, la montée tant au niveau national qu’international.
en gamme, l’innovation, la
durabilité. y Étendre la commande publique à tous les
secteurs et notamment au secteur des
médicaments, pour accroître les écono-
M. Ryad MEZZOUR, Ministre de l’Industrie mies d’échelle et encourager l’exportation
et du Commerce des produits pharmaceutiques locaux.
7
y Créer un écosystème national de l’indus- MESURES À ADOPTER
trie 4.0 et développer des clusters tech-
nologiques dédiés à l’intégration de l’in- y Renforcer les synergies industrielles lo-
telligence artificielle, l’automatisation et cales à travers des partenariats solides
les jumeaux numériques dans les chaînes entre les différents acteurs du secteur
de production. pour optimiser l’utilisation des ressources
locales et favoriser l’émergence de nou-
y Soutenir les PME dans leur transition nu- veaux secteurs. C’est le cas par exemple
mérique et offrir des subventions et un de la chimie et l’énergie, pour produire
accompagnement spécifique pour la di- localement des composants clés pour la
gitalisation des petites et moyennes en- fabrication des batteries et réduire la dé-
treprises. pendance vis-à-vis des importations.
y Intégrer des programmes sur l’intelli- y Assurer une transition vers l’intégration
gence artificielle et la robotique dans les verticale : Intégrer davantage les fournis-
cursus universitaires liés à l’industrie. seurs de niveaux 1, 2 et 3 pour accroître la
valeur ajoutée locale et maintenir la com-
pétitivité des produits finis, notamment
Renforcer l’approche en écosystèmes indus- dans l’industrie automobile et surtout
triels travailler avec des fournisseurs locaux
pour intégrer les matériaux nécessaires
L’approche en écosystème crée un environne- à la production, tels que le cuivre et le
ment dynamique propice à un développement plastique, ce qui permettra de valoriser la
industriel durable et inclusif car elle favorise la chaîne d’approvisionnement.
collaboration et l’innovation et renforce la ca-
pacité des industriels à réagir aux demandes y Investir dans des écosystèmes industriels
du marché. En facilitant l’échange de connais- diversifiés : Ces écosystèmes doivent
sances et de ressources, les écosystèmes sti- être capables de résister aux chocs exté-
mulent la création de produits fabriqués en rieurs tout en garantissant la continuité
grande partie au Maroc à un coût partagé et de la production et de la distribution avec
contribuent à créer une main-d’œuvre qualifiée. un accent sur l’amélioration de l’efficacité
portée par l’innovation et la digitalisation.
Notre pays a prouvé, dans le secteur automobile,
sa capacité à se structurer de cette manière. En y Développer des écosystèmes régionaux :
favorisant la concentration géographique et la Chaque région doit tirer parti de ses spé-
collaboration entre équipementiers, construc- cificités pour contribuer à la production
teurs, sous-traitants et centres de recherche, nationale, créant ainsi des chaînes de
cet écosystème permet de réduire les coûts, valeur plus robustes et autonomes. L’in-
d’optimiser les délais de production et de maxi- tégration locale doit être inscrite comme
miser la valeur ajoutée nationale. Des plate- exigence dans les cahiers des charges
formes industrielles intégrées, comme Tanger des marchés publics, favorisant ainsi
Automotive City ou l’Atlantic Free Zone à Kénitra, l’émergence d’écosystèmes innovants
regroupent l’ensemble de la chaîne de valeur, fa- dans chaque secteur.
cilitant ainsi les synergies et l’innovation. Cette
approche a permis d’atteindre un taux d’intégra- y Créer une synergie entre grandes entre-
tion locale de 69%, tout en attirant des investis- prises et TPE/PME pour favoriser le trans-
seurs de renom tels que Renault et Stellantis. fert technologique pour les faire évoluer
C’est une approche qui se doit d’être répliquée dans le sens de l’innovation et encourager
dans d’autres secteurs. une croissance soutenue des entreprises.
8
69% L’économie circulaire, fondée sur les principes
de réutilisation, de recyclage et d’optimisation
des ressources, permettra non seulement de
42% réduire les déchets et de minimiser l’impact
environnemental, mais constituera un vecteur
pour l’innovation, la création d’emplois, et la ré-
silience des chaînes de valeur.
9
− La Transition vers une industrie Verte MESURES À ADOPTER
actant ainsi la réduction de la dépen-
dance aux matières premières impor- y Sécuriser l’approvisionnement en métaux
tées. critiques :
10
Pour le Maroc, le renforcement des compé-
y Développer des partenariats au niveau tences et la qualification des travailleurs sont
régional pour créer des chaînes de valeur des conditions sine qua non pour attirer les in-
intégrées, par exemple en collaborant vestissements étrangers, diversifier le tissu in-
avec des pays africains disposant de res- dustriel et s’intégrer plus profondément dans les
sources complémentaires. chaînes de valeur internationales.
y Intégrer les métaux critiques dans les po- La gestion du capital humain est aujourd’hui
litiques énergétiques : Intégrer l’utilisa- marquée par plusieurs aspects :
tion des métaux critiques dans les projets
nationaux d’énergies renouvelables et de y Une formation en alternance insuffisante:
stockage d’énergie, tels que les batteries Bien que des initiatives comme celle de
pour les véhicules électriques ou les ré- l’École de Chimie de Kénitra aient produit
seaux intelligents. des résultats positifs (60 ingénieurs formés
par alternance en 2024, immédiatement re-
y Intégrer les métaux critiques dans les crutés), ces programmes restent limités en
écosystèmes industriels : Assurer leur in- termes de portée et d’accessibilité pour ré-
tégration dans les secteurs stratégiques pondre aux besoins croissants de l’industrie.
comme les batteries, les énergies renou-
velables, et l’électronique, en soutenant y Un fort décalage entre formation et emploi :
les entreprises locales pour qu’elles par- Les formations actuelles ne correspondent
ticipent à ces filières. pas toujours aux exigences spécifiques du
marché, notamment dans des secteurs à
y Promouvoir des labels « métaux verts » : forte valeur ajoutée comme l’aéronautique,
Créer des labels marocains pour les mé- où des compétences techniques et inno-
taux critiques extraits et traités de ma- vantes sont essentielles pour répondre aux
nière durable, afin de les rendre attractifs standards internationaux.
pour les marchés internationaux sen-
sibles à l’ESG. y Une faible anticipation des métiers de de-
main : Le Maroc peine à préparer sa main-
y Soutenir les investissements dans les in- d’œuvre aux transformations rapides du mar-
frastructures : ché, ce qui limite son aptitude à répondre aux
− Développer des infrastructures logis- besoins du marché et des partenaires.
tiques spécifiques pour le transport et
la distribution des métaux critiques ; y Une difficulté de rétention des talents : La
− Aménager des zones industrielles dé- fuite des talents qualifiés vers l’étranger
diées aux activités liées aux métaux constitue le fléau de la formation au Maroc,
stratégiques, avec des avantages fis- qu’il faudra contenir par le biais de politiques
caux pour attirer les investisseurs. efficaces et d’incitations attractives.
La formation du capital humain est donc une y Une méconnaissance des métiers industriels
condition nécessaire au développement d’une représentant un frein au développement du
économie. Tous les pays développés ont forte- secteur.
ment investi dans leur capital humain.
11
y Une faiblesse du recours à la formation conti-
nue, pour les employés et les dirigeants. MESURES À ADOPTER
Moins de 1% des entreprises bénéficie actuel-
lement des dispositifs de formation continue, y Renforcer les programmes de formation
à savoir les contrats spéciaux de formation. en alternance en les étendant à d’autres
Les entreprises sont découragées par la institutions et secteurs pour mieux inté-
complexité des procédures administratives. grer le monde de l’éducation et celui de
Moins de 9 % de salariés bénéficient de la l’industrie, créant ainsi un capital humain
formation continue contre 48,3 % en France, directement opérationnel.
55,4% en Espagne et 46,3 % au Portugal. Il
est urgent de réformer le cadre réglemen- y Etablir des partenariats avec les grandes
taire pour pallier les problématiques structu- écoles et universités marocaines pour
relles de gouvernance et de financement de adapter les cursus aux besoins de l’indus-
la formation continue. trie orientés vers les métiers du futur, no-
tamment dans le digital, les technologies
55% vertes et l’industrie 4.0.
IV. APPUI À LA COMPÉTITIVITÉ INDUSTRIELLE Dans cette dynamique, la création de zones in-
dustrielles intégrées accompagnera les efforts
L’amélioration de la compétitivité industrielle d’expansion industrielle. Le Maroc prévoit ainsi
est fondamentale pour le développement du de mettre en place 11 zones industrielles d’ici
secteur industriel au Maroc et pour son intégra- 2030, dédiées à attirer des investissements
tion active dans les chaînes de valeur mondiales. directs étrangers et à stimuler la production
locale.
Pour cela, les entreprises marocaines doivent
adopter des stratégies axées sur l’optimisation L’amélioration des infrastructures de transport,
des coûts, la visibilité de leurs produits et sur la notamment ferroviaires et routières, est éga-
simplification des procédures. Elles ont besoin lement incontournable. Le développement de
d’adopter une approche concertée avec l’État et corridors logistiques, comme la voie express
les partenaires financiers (ou autres) pour favo- Atlantique et des liaisons transversales, contri-
riser un écosystème industriel résilient et com- buera à réduire les coûts de transport et à dy-
pétitif. namiser les échanges commerciaux avec les ré-
gions voisines. Dans cette optique, 30 milliards
Infrastructures et logistique de dirhams seront investis d’ici 2035 dans les
infrastructures de transport pour renforcer les
La progression de l’industrie marocaine repose connexions entre les zones industrielles et les
en grande partie sur le renforcement de ses in- principaux ports et aéroports nationaux.
frastructures logistiques et sur une dynamique
régionale qui positionne le pays comme un hub MESURES À ADOPTER
logistique international, au carrefour straté-
gique de l’Afrique, de l’Europe et de l’Asie. y Garantir des prix compétitifs pour les
zones logistiques prioritaires : Veiller à
A cet égard, le Maroc poursuit sa politique de dé- ce que les prix du foncier dans les zones
veloppement d’infrastructures robustes et mo- logistiques, particulièrement celles en
dernes, en particulier à travers des plateformes périphérie de Casablanca soient acces-
logistiques performantes, tout en adoptant des sibles aux opérateurs afin de réduire les
stratégies attractives pour les investisseurs in- coûts logistiques, qui représentent une
ternationaux. part importante du PIB marocain par rap-
port à la moyenne internationale.
13
y Améliorer la coordination entre les par- y Promouvoir une logistique durable et in-
ties prenantes pour réduire les lenteurs tégrer le secteur privé dans le développe-
au niveau des ports à travers notamment ment ferroviaire. Réduire les émissions de
la coordination des actions des Douanes, carbone dans le secteur logistique en op-
de l’ONSA, et de l’ANP, et cela sous l’égide timisant l’utilisation du ferroviaire via une
du ministère compétent. Le but étant d’éli- collaboration active entre les opérateurs
miner les lenteurs observées au niveau des privés et l’ONCF, tout en favorisant une
ports, notamment Tanger Med et Casablan- transition vers des pratiques logistiques
ca, et améliorer les délais du transit et du plus durables.
passage portuaires dans les opérations
d’import et d’export. y Mettre en place une plateforme centra-
lisée regroupant les données du secteur
y Optimiser les infrastructures logistiques logistique: nombre et type de camions, ca-
en investissant dans des équipements pacités, état d’entretien, flux de marchan-
modernes et en développant des ports dises par région, itinéraires logistiques,
secs pour augmenter la capacité d’absorp- infrastructures disponibles, temps de par-
tion des flux de marchandises. Il serait judi- cours et coûts estimés. Cette initiative
cieux de connecter ces zones aux corridors optimisera la gestion des ressources, faci-
terrestres, maritimes et ferroviaires pour litera la planification des opérations et ren-
fluidifier les échanges, réduire les délais de forcera la compétitivité des acteurs grâce à
livraison et renforcer l’attractivité pour les une prise de décision éclairée et des syner-
investisseurs étrangers. gies accrues.
Nombre de kilomètre d’autoroute, km Capcité portuaire, en millions de tonnes Nombre de passagers aériens, en millions
14
Amélioration de l’environnement des affaires
nomiques actuelles. Cela freine l’inves-
Le Maroc a entrepris des efforts significatifs tissement et limite le développement de
pour améliorer l’environnement des affaires et secteurs essentiels, tels que l’industrie
renforcer son attractivité industrielle, avec des chimique. Il est donc crucial que les au-
actions ciblées pour la modernisation de ses torités modernisent ces textes législa-
procédures administratives, via la digitalisation, tifs pour stimuler l’innovation, renforcer
mais le constat actuel souligne encore des défis la compétitivité de l’industrie et attirer
pour les petites et moyennes entreprises (PME) davantage d’investisseurs, en harmoni-
et une complexité administrative qui constitue sant les réglementations avec les normes
une barrière importante pour les entrepreneurs. internationales pour soutenir une crois-
sance économique durable.
En effet, 70% des TPME estiment que cette
complexité entrave leur croissance, et 63% des y Exploiter les données : L’identification
entrepreneurs affirment que la simplification et l’exploitation des gisements de don-
des démarches administratives faciliterait leur nées inexploitées constituent un moyen
développement. Malgré les progrès, près de efficace d’optimisation des processus
25% des projets entrepreneuriaux échouent en- industriels et d’efficacité opérationnelle.
core en raison de ces lourdeurs administratives. Pour cela, il est important de se pencher
sur la création d’un think tank public-pri-
Pour y remédier et favoriser le développement vé. Ce groupe de travail aura pour mission
de filières stratégiques (comme l’automobile, de surveiller les tendances mondiales
l’aéronautique, l’agroalimentaire, les énergies afin d’adapter les stratégies industrielles
renouvelables, et la pharmaceutique), il est es- locales et d’anticiper les enjeux de com-
sentiel de mettre en place des mesures ciblées. pétitivité, notamment dans des secteurs
stratégiques.
15
27%
TANGER - TETOUAN - AL HOCEIMA
2% ORIENTAL
37% CASABLANCA-SETTAT
4% MARRAKECH-SAFI
8%
FÈS-MEKNÈS
5%
13%
SOUSS-MASSA
RABAT-SALÉ-KÉNITRA
Supérieur à 20%
Entre 10% et 20%
Entre 1% et 10%
Inférieur à 1%
16
Mécanismes innovants de financement des V. INNOVATION
projets industriels
Considérée comme un levier incontournable du
L’accès au financement représente une étape développement, l’innovation a le potentiel de
importante dans le développement de l’industrie moderniser le secteur industriel marocain, et
marocaine, limitant souvent la croissance et la d’être un moteur de croissance économique,
compétitivité des entreprises, particulièrement de création d’emplois, et de renforcement de la
des PME. souveraineté nationale.
En effet, 45 % des PME marocaines signalent L’innovation doit être placée au cœur des straté-
des difficultés à accéder aux financements tra- gies industrielles pour garantir à la fois la com-
ditionnels, un obstacle qui freine leur potentiel pétitivité et l’autonomie du Maroc. En effet, elle
de développement et d’innovation. De plus, l’es- ne se limite pas seulement à l’amélioration des
sor de projets industriels durables nécessitant processus de production, mais joue également
un soutien financier adéquat reste entravé par la un rôle fondamental dans le développement de
dépendance à des mécanismes de financement nouveaux produits et services à forte valeur
classiques, souvent inadaptés aux besoins spé- ajoutée.
cifiques des industries modernes.
Par ailleurs, des avancées notables ont été ob- Pour ce faire, l’innovation doit stimuler un éco-
servées, comme les 200 millions de dirhams mo- système dynamique et collaboratif où la créati-
bilisés en 2022 via des obligations vertes pour fi- vité est valorisée, soutenue par des politiques
nancer des projets dans le secteur des énergies publiques ambitieuses et un secteur privé
renouvelables, ou encore la croissance de 25 proactif. Entre 2022 et 2023, les budgets de R&D
% du financement participatif en 2021, orienté ont augmenté de près de 84 %, témoignant d’un
vers des projets écologiques et novateurs. effort significatif pour établir des laboratoires
conjoints avec des industriels et relever les dé-
Face à cet état des lieux, des actions concrètes fis du secteur.
doivent être mises en place pour diversifier les
mécanismes de financement et faciliter l’accès Il est à souligner que malgré ces efforts, les in-
aux ressources financières. vestissements en Recherche & Développement
(R&D), au Maroc doivent encore être améliorés :
MESURES À ADOPTER selon la banque mondiale ils se limitent à 0,8 %
du PIB, contre 2,4 % dans les pays de l’OCDE et
y Offrir des garanties spécifiques pour les 4,5 % en Corée du Sud.
entreprises à fort potentiel d’export afin
de sécuriser leurs financements et ren-
forcer leur présence sur les marchés in-
ternationaux.
y Etablir des partenariats stratégiques Pour améliorer son
avec des institutions financières et des positionnement dans
investisseurs dans le but de concevoir
des solutions adaptées aux projets in-
les chaines de valeurs
dustriels, en particulier ceux ayant une mondiales, le Maroc doit
composante technologique ou environ- investir avantage dans la
nementale.
R&D et l’innovation.
y Encourager l’usage des obligations vertes
et du crowdfunding, qui offrent des al-
ternatives efficaces pour les projets liés
à l’innovation et à l’économie verte, en
consolidant ainsi l’intégration des pra- M. Ahmed Reda CHAMI, Président du Conseil
tiques durables dans l’industrie. Économique Social et Environnemental
17
La transformation digitale est l’une des voies par
lesquelles l’innovation peut dynamiser l’industrie renforcer les capacités internes de re-
marocaine. L’interconnexion des machines et cherche et d’innovation.
l’adoption de technologies de pointe, illustrées
par des initiatives telles que «Connected Wor- y Créer des fonds spécifiques pour l’innova-
kers,» témoignent des efforts pour digitaliser le tion et la R&D : Bien que des programmes
secteur. Cette transformation permet d’optimi- comme **Tatwir R&D** aient déjà été lan-
ser les processus de production, de réduire les cés, un fonds dédié à l’innovation pour les
coûts et d’améliorer la qualité, tout en renfor- startups technologiques et les industries
çant l’agilité et la réactivité des entreprises. locales innovantes permettrait de dyna-
miser encore plus le secteur. Ce fonds
La coopération étroite entre les secteurs public serait axé sur le développement de solu-
et privé est indispensable pour soutenir l’innova- tions locales dans des domaines critiques
tion industrielle. comme l’énergie verte, la gestion de l’eau,
et la digitalisation industrielle.
MESURES À ADOPTER
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A cet égard, la production d’énergie décentra- gies plus efficaces pour minimiser leur consom-
lisée réduit la dépendance aux combustibles mation d’énergie, verront leur compétitivité plus
fossiles et rapproche la production des sites de renforcée sur le marché. Elles auront tout à ga-
consommation, ce qui limite les pertes et ren- gner en investissant dans des technologies per-
force la résilience du réseau. mettant d’améliorer l’efficacité énergétique des
usines, pour réduire la consommation d’énergie
En outre, l’amélioration de l’efficacité énergé- jusqu’à 25 % d’ici 2030.
tique dans les processus industriels pourrait ré-
duire les coûts et les émissions de gaz à effet de
serre. Les entreprises adoptant des technolo-
44
TCAM
3,20%
38 38
36,8 37,2
33,9 34 34
33,4 33,4
32,1
2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023 2024
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y Mettre en place des stratégies pour valo- dustrielles, intégrant des technologies in-
riser les ressources naturelles nationales telligentes pour réduire de 15 % l’empreinte
(notamment les métaux critiques comme environnementale.
le cobalt et le phosphate), afin de sécuriser
les approvisionnements pour les secteurs y Explorer les solutions de capture et stoc-
clés comme les énergies renouvelables et kage du carbone : Investir dans des tech-
l’électrification des transports. Cela inclut nologies émergentes pour réduire les émis-
également la promotion d’industries de sions de CO2 dans les secteurs industriels
transformation locales pour augmenter la lourds.
valeur ajoutée.
y Soutenir les projets pilotes en matériaux
y Développer une stratégie de gestion des alternatifs : Développer des alternatives
risques qui optimise la consommation écologiques pour les plastiques industriels
énergétique et hydrique des entreprises in- et les matériaux d’emballage.
MESURES À ADOPTER
y Créer une filière locale pour la production y Renforcer la production énergétique pour
de véhicules électriques, y compris les accompagner le développement industriel
infrastructures nécessaires comme les et la mobilité électrique.
bornes de recharge et les batteries.
y Mettre en place des partenariats entre le
y Favoriser les synergies régionales afin de gouvernement et le secteur privé pour fi-
capter une part importante de la chaîne de nancer des projets de recherche et déve-
valeur de l’industrie électrique mondiale. loppement dans les domaines de l’énergie
et de la technologie de mobilité verte.
y Investir dans des chaînes de valeur locales,
intégrant la production de batteries, l’as- y Exploiter les green bonds pour attirer des
semblage de véhicules, et la fabrication investissements privés dans le secteur
de composants spécifiques pour créer des énergétique et industriel.
emplois et développer l’expertise tech-
nique. y Encourager la collaboration avec des en-
treprises internationales pour développer
y Développer une collaboration entre l’indus- des solutions technologiques avancées et
trie automobile, les technologies vertes et renforcer les compétences locales.
les politiques publiques pour accélérer la
transition vers la mobilité électrique.
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Décarbonation indispensable pour encourager les initiatives de
réduction et de gestion des émissions.
La décarbonation des processus industriels, en Par ailleurs, des actions complémentaires sont
particulier la réduction des émissions de CO2 nécessaires, telles que celles portées par la
issues de la calcination du calcaire – qui repré- Fondation Mohamed VI pour la Protection de
sentent jusqu’à 60 % des émissions dans cer- l’Environnement, qui accompagne les entre-
tains secteurs – reste un grand défi à surmonter. prises dans la compensation de leur empreinte
carbone grâce à des programmes comme la
Bien que les technologies de capture du car- reforestation. En parallèle, il est important d’in-
bone soient encore peu matures, des solutions citer les entreprises à adopter des normes en-
innovantes se profilent, notamment autour de vironnementales strictes et à obtenir des cer-
la réutilisation et du transport du CO2. Pour cela, tifications vertes, renforçant leur compétitivité
une politique nationale claire et ambitieuse est sur les marchés nationaux et internationaux.
MESURES À ADOPTER
y Mobiliser des financements et des partena-
y Assouplir les cadres réglementaires pour riats industriels pour développer une filière
faciliter l’accès des acteurs privés aux locale d’hydrogène vert, intégrant des in-
énergies renouvelables, en instaurant des frastructures modernes pour le transport,
tarifications incitatives et en favorisant des le stockage et la distribution.
projets à moindre coût pour accélérer la
transition énergétique. y Promouvoir l’adoption systématique du
calculateur d’empreinte carbone par les
y Renforcer les infrastructures de transport entreprises marocaines, afin de mesurer,
électrique entre les régions sud produc- réduire, et compenser leurs émissions,
trices d’énergie renouvelable et les régions tout en favorisant la participation à des ini-
nord consommatrices, afin d’optimiser la tiatives environnementales comme la refo-
distribution de l’énergie propre et réduire restation.
les pertes en transit.
y Mettre en place un cadre fiscal incitatif
y Accélérer la décarbonation du secteur ci- pour encourager les investissements dans
mentier en réduisant la part du clinker dans les technologies décarbonées, l’utilisation
la production, en augmentant l’utilisation de combustibles alternatifs, et l’innovation
de combustibles alternatifs et en attei- dans les secteurs industriels à forte inten-
gnant un taux de 95 % d’énergie renouve- sité énergétique.
lable pour l’approvisionnement électrique
d’ici 2030. y Soutenir l’intégration régionale des exper-
tises marocaines en énergies renouve-
y Développer une feuille de route nationale lables et en dessalement, afin d’exporter le
pour la séquestration et la réutilisation du savoir-faire national vers les marchés afri-
CO2, soutenue par des investissements en cains et de favoriser une transition énergé-
R&D dans les technologies liées à la calci- tique continentale.
nation du calcaire et d’autres procédés in-
dustriels. y Développer une chaîne de valeur indus-
trielle pour l’hydrogène vert, en créant des
y Encourager l’utilisation des énergies re- opportunités pour les start-ups locales et
nouvelables pour alimenter les stations en renforçant les collaborations internatio-
de dessalement, tout en optimisant leur nales pour répondre aux exigences du mar-
consommation énergétique grâce à des ché global.
innovations technologiques qui réduisent
l’empreinte carbone.
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Gestion des ressources en eau donc cruciale pour garantir un avenir prospère,
nécessitant des investissements dans les in-
L’eau est une ressource vitale pour le Maroc, frastructures hydrauliques, la modernisation
dont l’économie dépend fortement de sa dispo- des systèmes d’irrigation et la sensibilisation à
nibilité. En tant que pays semi-aride, le Maroc l’économie d’eau.
fait face à des défis croissants liés au stress
hydrique, exacerbés par les changements cli- Sa gestion efficace dans l’industrie est aussi
matiques et l’augmentation de la demande due importante pour maintenir la compétitivité et la
à la croissance démographique et au dévelop- productivité des entreprises.
pement économique. L’agriculture, qui repré-
sente près de 80 % de la consommation en eau, Le Maroc, à travers des projets ambitieux tels
est un secteur clé pour l’emploi et la sécurité que le dessalement de l’eau de mer et les auto-
alimentaire. L’eau est également essentielle routes de l’eau, illustre la nécessité d’une mo-
pour soutenir l’industrialisation, l’urbanisation bilisation collective pour répondre aux besoins
et le tourisme, piliers de la croissance natio- croissants en eau tout en préservant l’environ-
nale. La gestion durable de cette ressource est nement.
MESURES À ADOPTER
y Promouvoir des initiatives de compensa-
y Élaborer une politique nationale de gestion tion hydrique, telles que la restauration des
durable des ressources hydriques, sou- écosystèmes aquatiques dégradés, en par-
tenue par des financements ciblés pour tenariat avec les institutions publiques et
encourager les entreprises industrielles les organisations environnementales.
à optimiser leur consommation d’eau et à
réduire leur impact environnemental. y Encourager la conformité aux normes en-
vironnementales strictes et l’obtention de
y Développer et étendre les autoroutes de certifications internationales en gestion de
l’eau afin de sécuriser l’approvisionnement l’eau, renforçant ainsi la compétitivité des
des bassins déficitaires, tout en renforçant entreprises sur les marchés sensibles à la
la résilience face aux aléas climatiques. durabilité.
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