CHAPITRE 3
EVALUATION DU PROJET ET RECOMMANDATIONS
CHAPITRE 3 EVALUATION DU PROJET ET
RECOMMANDATIONS
3.1 Effets du Projet
En République du Cameroun en raison de la croissance de la population scolarisable de
l'enseignement primaire, du phénomène des classes à effectifs pléthoriques dû au manque des
infrastructures scolaires et de la vétusté des infrastructures existantes le cadre d'enseignement s'est
dégradé de la manière sérieuse d'où la nécessité pressante de la construction d'écoles primaires.
Dans telle situation, le MINEDUC a élaboré en août 2000 la " Stratégie du Secteur de
l'Education" visant l'amélioration du cadre d'enseignement qui devra être mis en œuvre à partir de
l'année 2001/02. Ledit Programme qui a pour objectif l'amélioration du taux de scolarisation net qui
demeure actuellement à 65 % à 75 % d'ici 2005 a définit comme priorités du secteur de l'éducation
l'universalisation de l'enseignement primaire ; l'amélioration de l'accès et de l'équité de
l'enseignement primaire ; l'amélioration de la qualité de l'enseignement l'amélioration de la
gestion et de la gouvernance et le développement d'un partenariat efficace avec les institutions
concernées. En outre, le "Programme de Mise en Œuvre de la Stratégie du Secteur de l'Education"
qui définit les stratégies de la manière plus concrète indique qu'il faut cons truire 2.500 salles de classe
jusqu'à 2003 et 11.000 salles de classe à l'échéance 2010. Le présent Projet pourra avoir les effets
bénéfiques ci-dessous mentionnés par la construction de salles de classe et la fourniture des matériels
didactiques dans les écoles primaires.
(1) Effets directs
1) Amélioration des classes à effectifs pléthoriques par la création de nouvelles écoles et le
remplacement des salles de classe
Le présent Projet qui consiste à construire 437 salles de classe dans les 31 écoles primaires
dont 6 en création et 25 en remplacement ou en extension permettra d'améliorer le cadre
d'enseignement de 51.420 élèves. Après la réalisation du Projet, le nombre d'effectifs par classe
de 25 écoles existantes qui est actuellement en moyenne de 79 sera réduit à 61 par classe. En
outre, dans les 17 écoles situées aux alentours des 6 nouvelles écoles après le transfert de 9.889
élèves à ces dernières 37.494 élèves pourront bénéficier de l'amélioration du phénomène de classes
à effectifs pléthoriques et le nombre actuel d'effectifs par classe de 80 sera réduit à 64 par classe.
2) Amélioration du cadre d'enseignement par le remplacement des salles de classe vétustes
ou inadéquates
Les infrastructures des écoles ciblées du Projet sont pour la plupart soit en état de délabrement
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avancé et se trouvent au bord d'effondrement, soit inadéquates comme cadre d'enseignement du fait
de mauvais éclairage, etc. Le nombre de salles de classe à remplacer des écoles ciblées est de 374
dont seulement 59 salles de classe, correspondant à 15,8 % de l'ensemble, sont utilisables. Après
la construction de 341 salles de classe en extension ou en remplacement de 315 salles de classe
vétustes et inadéquates les infrastructures seront améliorées en lieu d'enseignement satisfaisant et
en sécurité.
3) Amélioration de la qualité des apprentissages par la fourniture des matériels didactiques
Le MINEDUC a définit les matériels didactiques standards composés notamment de règles, de
planches de science et de langage, etc. Toutefois, leur quantité sont très insuffisante et leur
composition varie d'une école à l'autre, ce qui constitue l'une des causes de la disparité en matière
de la qualité des apprentissages entre les écoles. Par conséquent, la fourniture des matériels
didactiques standards par le Projet permettra non seulement d'améliorer la qualité des
apprentissages, mais également de résoudre la disparité de la qualité des apprentissages entre les
écoles.
4) Amélioration des conditions d'hygiène
Les blocs sanitaires des écoles à intervenir par le Projet sont soit du type à chasse d'eau, soit du
type à latrines avec des fosses sèches. Le nombre de compartiments est très insuffisant par
rapport au nombre d'effectifs, et de plus, de nombreuses écoles ne possèdent aucun bloc sanitaire
ou même s'ils existent, ils ne sont pas fonctionnels. Les enfants sont donc obligés de faire leur
nécessaire dans des brousses ce qui est extrêmement insalubre. En effet, étant donné que les
enfants notamment ceux de petites classes n'ont pas l'occasion d'apprendre le mode d'utilisation de
toilette à la maison, il y a lieu de dispenser l'éducation sanitaire à l'école. Dans le cadre du
présent Projet pour les sites desservis en eau courante les blocs sanitaires du type à chasse d'eau
équipés d'une fosse septique simple seront construits et pour les sites qui ne le sont pas les blocs
sanitaires du type latrines à vidanger équipés d'une citerne pour eaux pluviales seront construits, ce
qui permettra d'améliorer les conditions d'hygiène de toutes les écoles concernées et de dispenser
l'éducation sanitaire et la formation sur la maintenance en utilisant de l'eau.
5) Mise en place d'un système de maintenance des infrastructures par l'intégration de la
Composante Soft
En raison de l'absence d'un entretien adéquat, la plupart des infrastructures scolaires existantes sont
laissées se dégrader jusqu'à ce qu'elles nécessitent une grande intervention. Afin de résoudre ce
problème, la formation sur la technique de diagnostic et celle de maintenance des infrastructures
scolaires sera dispensée au personnel du MINEDUC afin de mettre en place un système permettant
à ce Ministère de diagnostiquer et entretenir lui-même les infrastructures scolaires et d'élaborer un
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plan de maintenance à long terme permettant de prendre les mesures nécessaires avant que les
dégâts ne s'aggravent, en vu de réduire les coûts de maintenance et d'assurer la longévité des salles
de classe existantes et de celles construites par le Projet par la réduction des travaux de grande
envergure. Dans le cadre de cette Composante Soft 3 techniciens de diagnostic et 15 techniciens
de maintenance des infrastructures seront formés, qui formeront ensuite à leur tour les techniciens
afin de pouvoir affecter 1 technicien de diagnostic des infrastructures à chacune des 10 Délégations
Provinciales et 1 technicien de maintenance à chacune des 58 Délégations Départementales
d'Education. Le système de maintenance des écoles primaires sera ainsi établi.
(2) Effets indirects
1) Amélioration de l'accès à l'école des filles par l'amélioration des conditions d'hygiène
La disparité du taux de scolarisation entre les garçons et les filles des zones d'intervention du Projet
n'est pas aussi sérieuse que celle de la zone au Nord du pays, mais le taux de scolarisation des filles
reste quand même à 93 % de celui des garçons dans les Provinces du Centre et de l'Ouest et à 89 %
dans la Province du Sud. Les conditions d'hygiène défavorables telles qu'absence de toilettes
adéquates constituent l'un des facteurs qui empêchent la scolarisation des filles de grandes classes
qui atteint l'âge de la puberté car souvent leur âge dépasse l'âge scolarisable. La construction des
blocs sanitaires constitués des compartiments séparés pour garçons et pour filles par le Projet
permettra d'améliorer l'accès à l'école et la scolarisation des filles.
2) Transfert de la technologie de construction et effet de modèle
Tous les ouvrages du Projet seront construits au moyen des matériels et matériaux de construction
disponibles sur place en utilisant le mode de construction couramment utilisé au Cameroun,
compte tenu des fonctionnalités minimales en tant qu'école primaire, de la résistance au séisme et
aux intempéries, et de moindre coût de maintenance. Après la réalisation du 1er Projet, la
réhabilitation de certaines écoles primaires et la construction de certains lycées par le MINEDUC
ont été conçues sur la base de la conception adoptée par le 1er Projet. Par ailleurs, les sous-
traitants locaux ayant réalisé les travaux de construction du 1er Projet se sont illustrés dans la
réalisation d'autres projets notamment le projet de construction d'un hôpital financé par la Banque
Mondiale en mettant en œuvre la technicité acquise lors du 1er Projet. Le présent Projet pourra
assurer également le transfert de technologie de construction et les ouvrages réalisés pourront
servir de bon modèle pour les réalisations similaires par le MINEDUC.
3.2 Défis et Recommandations
Pour que le présent Projet puisse être mené à bonne fin, la partie camerounaise est tenue de relever
les défaits ci-dessous mentionnés :
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(1) Exécution des travaux à la charge de la partie camerounaise
L'exécution des travaux à la charge de la partie camerounaise est une des conditionnalités
pour la mise en exécution du présent Projet. Les travaux de démolition des ouvrages existants, de
terrassement de terrains et d'aménagement de voies d'accès ainsi que la construction ou la mise à la
disposition de salles de classe provisoires doivent être exécutés impérativement avant le démarrage
des travaux de construction. De même, l'aménagement de routes d'accès à l'école pour les enfants,
la construction de clôtures et l'adduction d'eau sont indispensables pour le fonctionnement, la
sécurité et la maintenance des ouvrages réalisés par le Projet. La partie camerounaise qui est en
mesure d'exécuter les travaux susmentionnés est tenue de l'effectuer sans faute.
(2) Affectation des instituteurs
Pour la Province du Centre, le nombre d'instituteurs additionnels à affecter s'élève à 286, un
nombre calculé en déduisant du nombre d'instituteurs nécessaires de toutes les écoles ciblées du
Projet le nombre d'instituteurs existants : 531 - 245 = 286. En effet, après le transfert des élèves
aux nouvelles écoles, il y aura 297 instituteurs excédentaires dans les écoles existantes. Par le
redéploiement de ces instituteurs excédentaires, l'affectation des instituteurs en nombre nécessaire
peut être assurée. Toutefois, pour les Provinces de l'Ouest et du Sud, les instituteurs additionnels
de 4 et de 29, soit 33 au total doivent être affectés. Le MINEDUC prévoit le recrutement de 875
instituteurs pour la Province de l'Ouest et de 682 instituteurs pour la Province du Sud dans son
budget de l'année 2000/2001. Les instituteurs titulaires en devront être affectés nombre requis
également en année où le Projet sera exécuté dans les Provinces de l'Ouest et du Sud.
(3) Mise en place d'un système de gestion et de maintenance de l'école
Auparavant, les écoles primaires publiques ont été gérées par le Comité de gestion composé
notamment des parents d'élèves, mais à la suite de la publication du "Décret portant organisation
des établissements scolaires publics" daté du 19 février 2001 qui institutionnalise la mise en place
d'un "Conseil d'Ecole", les écoles primaires publiques seront administrées par ledit Conseil d'Ecole.
Dans chacune des écoles ciblées du Projet un Conseil d'Ecole devra être mis en place afin
d'assurer un fonctionnement et une maintenance adéquats de l'école.
(4) Amélioration du système d'affectation des instituteurs et de fonctionnement e
Dans le système actuel d'éducation, chacune des écoles est divisée en groupes suivant la taille
et le personnel enseignants à savoir le directeur et les instituteurs est affecté à chacun de ces
groupes, mais concernant l'affectation des instituteurs il existe une disparité entre les groupes.
En effet, dans le système actuel du fait que les instituteurs ne peuvent pas être gérés et affectés
entre les groupes au sein d'une école dans certains cas les groupes ne peuvent pas fonctionner de la
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manière convenable ; par exemple, au cas où dans l'un des groupes d'une une même école un
instituteur est absent pour la raison de sa santé mais dans l'autre groupe il existe un instituteur
excédentaire, un instituteur du premier groupe est obligé d'être chargé de 2 classes. Il en est de
même pour les instituteurs spécialisés notamment ceux des activités physiques éducatives, ce
qui entraîne une disparité quant à la qualité des apprentissages entre les groupes. Il
est donc souhaitable d'établir un système d'affectation des instituteurs et de
fonctionnement qui est plus flexibles et adapté à la situation actuelle de l'éducation
sur terrain.
(5) Assistance technique
Afin de pouvoir réduire les coûts de maintenance des infrastructures et assurer leur longévité,
il est vrai qu'il faut mettre en place en urgence un système permettant au MINEDUC d'assurer lui-
même le diagnostic de l'état des infrastructures et leur entretien. Dans le cadre du présent Projet
est envisagée la formation sur les techniques de diagnostic et de maintenance des infrastructures
dans le cadre de la Composante Soft. Les techniciens formés par le Projet devront permettre la
mise en place et un fonctionnement efficace d'un système de maintenance des infrastructures
scolaires. En effet, il existe un besoin élevé en appui technique pour la mise en place et
l'amélioration du système de gestion et de gouvernance au sein du MINEDUC et de chacune des
écoles, mais du fait que dans les programmes de la BAD et de la Coopération Française la
composante en la matière est déjà prévue, on peut conclure que la nécessité de l'assistance
technique par le Japon n'est pas très élevée.
(6) Articulations avec d'autres donateurs
En ce qui concerne la construction d'écoles primaires la BAD prévoit la construction et la
réhabilitation dans les 86 écoles existantes jusqu'à 2003 dans le cadre du Projet Education II, mais
il n'existe aucun double emploi entre ce Projet Education II et le présent Projet par le Japon. Dans
le cadre dudit Projet Education II est prévue la composante : sensibilisation et formation sur le
Conseil d'Ecole ainsi que formation et séminaire destinés au cadre du MINEDUC. De même, la
Coopération Française prévoit l'appui au renforcement du système de gestion et de planification et
la formation du personnel du MINEDUC. Vu que le présent Projet prévoit également la
formation du personnel du MINEDUC, il y a lieu d'assurer dans la mesure du possible une
coordination entre les interventions des différents donateurs et bailleurs de fonds tout en assurant
un contact étroit avec eux.
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