PLAN DU COURS
CHAPITRE I. GENERALITES
CHAPITRE II. RAPPEL DES NOTIONS DE CORRELATION ET DE
REGRESSION SIMPLE ET MODELE DE REGRESSION SIMPLE
CHAPITRE III. MODELE DE REGRESSION MULTIPLE
CHAPITRE IV. MULTICOLINEARITE ET SELECTION DE
MODELE OPTIMAL
CHAPITRE V. INTRODUCTION AU MODELE A EQUATIONS
SIMULTANNEES
CHAPITRE VI. ELEMENTS D’ANALYSE DES SERIES
TEMPORELLES
CHAPITRE VII. LA MODELISATION VAR
Pour mémoire : CO – INTEGRATION ET MODELE A CORRECTION
D’ERREURS
CHAPITRE I. GENERALITES
DEFINITION, ROLE DE L’ECONOMETRIE ET NOTIONS DE MODELE
Quid l’économétrie ?
Ce chapitre est consacré à la présentation de l’économétrie et à sa liaison avec la théorie
économique. Dans cette démarche, nous allons d’abord définir l’économétrie en répondant à la
question (quid économétrie) ensuite nous allons mettre l’accent sur les différentes étapes de la
modélisation (1). L’apport de l’économétrie en tant qu’outil de validation sera étudié au point (2).
Enfin, la théorie de la corrélation comme fondement de l’économétrie fera l’objet du point (3).
I.1. LA NOTION DE MODELE
Il est difficile de fournir une définition unique de la notion de modèle. Dans le cadre de
l’économétrie, nous pouvons considérer un modèle comme une représentation formalisée d’un
phénomène sous forme d’équations dont les variables sont des grandeurs économiques.
L’objectif du modèle est de représenter les faits les plus marquants d’une réalité que l’on
cherche à styliser, et le modèle est donc l’outil que le modélisateur utilise lorsqu’il cherche à
comprendre et à expliquer des phénomènes. Pour ce faire, le modélisateur doit chercher à émettre
des hypothèses et à expliciter des relations.
Pourquoi élaborer des modèles ?
Des sociologues, des économistes, des physiciens, etc. font de leur analyse ou leur
jugement sur des raisonnements construits et élaborés. Ces constructions se réfèrent implicitement
à des modèles.
Le modèle est donc une présentation schématique et partielle d’une réalité naturellement
plus complexe. Toute la difficulté de la modélisation consiste à ne retenir que les représentations
intéressantes pour le problème que le modélisateur cherche à expliciter. Ce choix dépend de la
nature du problème, du type de décision ou de l’étude à effectuer. La même réalité peut ainsi être
formalisée de diverses manières en fonction des objectifs.
L’économétrie peut être considérée comme un outil qui permet à un économiste d’infirmer
ou de confirmer la théorie qu’il construit. En terme clair, l’économétrie est un système de
validation, un outil d’analyse (investigation) des théories économiques.
Dans cette démarche, les théoriciens postulent des relations. L’application des méthodes
économiques fournit des estimations sur la valeur de coefficient ainsi que la prévision attendue.
La grande question que l’on peut se poser est celle de savoir : pourquoi estimer ces relations
et les tester statistiquement ?
Plusieurs raisons sont à la base de cette démarche, mais notons tout simplement que la
confiance aveugle dans l’intuition peut mener à l’ignorance de liaison importante ou à la mauvaise
utilisation des variables.
En définitive, disons que l’économétrie cherche à valider et à analyser le modèle
économique. Valider = tester ; Analyser = estimer.
En somme, disons que la construction du modèle économétrique par le modélisateur
comporte un certain nombre d’étapes, toute importante. En effet, en cas de faiblesse d’un des
maillons ; le modèle peut se trouver invalider pour cause d’hypothèse manquante, des données non
représentatives ou observées avec des erreurs, etc.
Examinons les différentes étapes à suivre lors de la construction d’un modèle en prenant
l’exemple du modèle Keynésien simple. Dans le modèle Keynésien ou la théorie Keynésienne
quatre propositions sont fondamentales :
1) La consommation et le revenu sont liés car pour dépenser, il faut avoir un revenu.
2) Le niveau d’investissement privé et le taux d’intérêt sont aussi liés.
3) Il existe un investissement autonome public
4) Le produit national brut est égal à la consommation plus l’investissement privé et public.
A partir de ces propositions, nous pouvons construire quelques relations :
1) C = f(y) avec f’ supérieur à 0
2) I = g(r) avec g’ inférieur à 0
3) 𝐼 ̅ = investissement autonome public
4) Y = C + I + 𝐼 ̅
A ce stade, nous n’avons postulé aucune forme particulière en ce qui concerne les fonctions
f et g. Une fois que les variables sont connues, il nous reste à collecter les données sur les variables
(C, Y, I et 𝐼 )̅ . Nous avons des données présentées en séries temporelles. Il s’agit des variables
observées à intervalle de temps régulier (comme un mois, trimestre, semestre,...).
Les séries peuvent être également en coupe instantanée. Il s’agit des variables qui sont
observées au même instant et concernent les valeurs prises par les variables pour un groupe
d’individus spécifiques. Et nous avons les données du panel. A ce niveau, la variable représente
les valeurs par un échantillon d’individu à l’intervalle régulier. Nous avons également les données
de cohorte,...
N.B : Dans le cadre d’un modèle en séries temporelles, les relations entre les variables
peuvent être décalées dans le temps c’est-à-dire la consommation de l’année t peut être expliquée
par le revenu de l’année t-1 et non celle de l’année t.
C’est la raison pour laquelle pour lever cette ambiguïté, on utilise un indice de temps et le
modèle peut être formalisé de la manière suivante :
Ct = a0 + a1Yt-1
Yt-1 est appelé variable endogène retardée
a1 est la propension marginale à consommer liée à la production
a0 est la dépense incompressible
On appelle « variable endogène » la variable que l’on cherche à expliquer. C’est encore la
variable dont les valeurs dépendent de la variable exogène. La variable exogène est celle dont les
valeurs sont prédéterminées c’est-à-dire les variables indépendantes ou explicatives.
Un modèle doit être validé. En restant dans la théorie Keynésienne simple, nous pouvons
écrire le modèle sous sa forme définitive de la manière suivante :
Ct = a0 + a1Yt-1 avec a0 supérieur à 0 et a1 compris entre 0 et 1
It = b0 + b1rt b0 supérieur à 0 et b1 inférieur à 0
Yt = C + I + 𝐼 ̅
La dernière étape de la construction du modèle est celle de la validation du modèle. Un
modèle valide doit répondre aux questions suivantes :
➢ Celle de savoir si les relations spécifiées sont valides
➢ Peut-on estimer avec suffisamment de précision le coefficient ?
➢ Le modèle est-il vérifié sur la totalité de la période ?
➢ Les coefficients sont-ils stables ?
A toutes ces questions, l’économétrie en tant qu’outil de validation et d’investigation se
force d’apporter des réponses. C’est la raison pour laquelle nous pouvons dire sans nul doute que
l’économétrie apporte une aide à la modélisation, à la réflexion théorique ou à l’action économique
par :
• La mise en évidence des relations entre les variables économiques qui n’étaient pas a priori
évidentes ;
• Elle permet de déterminer les intervalles de confiance pour les paramètres du modèle ou
de tester si un paramètre est significativement supérieur, inférieur ou simplement différent
d’une variable fixe ;
• La prévision par l’utilisation des modèles économétriques qui est utilisé par le pouvoir
public ou l’entreprise afin d’anticiper et éventuellement de réagir à l’environnement
économique qui est souvent changeant (fluctuation) : expansion, tension, récession,
dépression.