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Convergence des séries mathématiques

Ce document présente un cours sur les séries, abordant les définitions, les conditions de convergence, et les opérations usuelles sur les séries. Il inclut également des exemples de séries de référence et des critères de convergence pour les séries à termes réels positifs. Les concepts clés incluent la convergence, la divergence, et des propriétés spécifiques des séries géométriques et exponentielles.

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Convergence des séries mathématiques

Ce document présente un cours sur les séries, abordant les définitions, les conditions de convergence, et les opérations usuelles sur les séries. Il inclut également des exemples de séries de référence et des critères de convergence pour les séries à termes réels positifs. Les concepts clés incluent la convergence, la divergence, et des propriétés spécifiques des séries géométriques et exponentielles.

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Séries

Cours de É. Bouchet – PCSI

16 avril 2025

Table des matières


1 Généralités 2
1.1 Définitions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
1.2 Condition nécessaire de convergence . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
1.3 Opérations usuelles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
1.4 Quelques séries de référence . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4

2 Séries à termes réels positifs 5


2.1 Critères de convergence . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
2.2 Séries de Riemann . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6

3 Convergence absolue 7
3.1 Définition et théorème fondamental . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
3.2 Critère de convergence par domination . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8

1
1 Généralités
1.1 Définitions
Définition 1.1 (Série, terme général, somme partielle)
n
X
Soit u une suite. On appelle série de terme général uk la suite (Sn ) définie par : ∀n ∈ N, Sn = uk .
P k=0
On note uk cette suite. À n fixé, le terme Sn est appelé la somme partielle d’ordre n de la série.

Remarque. On a donc S0 = u0 , S1 = u0 + u1 , S2 = u0 + u1 + u2 , etc.


X X
Remarque. On note parfois uk à la place de uk pour indiquer clairement la valeur du premier terme.
k⩾0

Définition 1.2 (Convergence ou divergence d’une série, somme)


P
Soit u une suite. On dit que la série uk converge (resp. diverge) lorsque la suite (Sn ) des sommes
partielles converge (resp. diverge).
+∞
X
Quand la série est convergente, sa limite est alors appelée somme de la série et on la note uk .
k=0

Remarque. Déterminer la nature d’une série, c’est déterminer si elle est convergente ou divergente
P
Exercice 1. Montrer que k diverge.
n
X n(n + 1) P
Solution : Soit n ∈ N, k= −→ +∞. Donc k diverge.
2 n→+∞
k=0

Définition 1.3 (Reste d’une série convergente)


P
Soit u une suite telle que la série uk converge. On appelle reste d’ordre n de la série la valeur :
+∞
X n
X +∞
X
Rn = uk − uk = uk .
k=0 k=0 k=n+1

n
X +∞
X
P
Remarque. Quand la série uk converge, on a lim uk = uk . Le reste d’une série convergente converge
n→+∞
k=0 k=0
donc toujours vers 0.

1.2 Condition nécessaire de convergence


Proposition 1.4 (Condition nécessaire de convergence d’une série)
P
Soit u une suite. Si la série un converge alors la suite (un ) converge vers 0.

P
Démonstration. On suppose que la série un converge. Notons Sn ses sommes partielles et S sa somme. Soit
n ∈ N∗ . Alors un = Sn −Sn−1 et par passage à la limite (possible car la série converge), u converge vers S−S = 0.

Remarque. Pour prouver qu’une série diverge, on peut utiliser la contraposée de ce résultat : il suffit de prouver
que le terme général de la série ne converge pas vers 0. On parle alors de divergence grossière.
Remarque. ATTENTION : Réciproque fausse ! On peut avoir (un ) qui tend vers 0 sans que la série ne converge.
n
de terme général un = n+1
Exercice 2. Étudier la nature de la sérieP .
Solution : lim un = 1 ̸= 0 donc la série un diverge grossièrement.
n→+∞

2
P1
Exercice 3. La série appelée série harmonique.
n est P
∗ n 1
Soit n ∈ N , on pose Sn = k=1 k . Calculer S2n − Sn . En minorant cette expression, montrer que la série
harmonique diverge.
Solution : Soit n ∈ N∗ et k ∈ [[n + 1, 2n]], alors k1 ⩾ 2n
1
, ce qui donne en sommant :

2n 2n
X 1 X 1 1 1
S2n − Sn = ⩾ =n× = .
k 2n 2n 2
k=n+1 k=n+1

On raisonne par l’absurde : supposons que la série converge, on note alors S sa somme. Par unicité de la limite,
on a lim Sn = lim S2n = S donc par passage à la limite dans l’inégalité précédente, on trouve 0 ⩾ 12 , ce qui est
impossible. Donc la série harmonique diverge.

1.3 Opérations usuelles


Proposition 1.5 (Cas des termes généraux qui diffèrent par un nombre fini de termes)
P P
Soit u et v deux suites qui ne diffèrent que par un nombre fini de termes. Alors les séries uk et vk sont
de même nature.

Démonstration. Par définition de u et v, il existe n0 ∈ N tel que ∀n ⩾ n0 , un = vn . Soit n ⩾ n0 ,


n
X 0 −1
nX n
X 0 −1
nX n
X 0 −1
nX 0 −1
nX n
X
uk = uk + uk = uk + vk = uk − vk + vk .
k=0 k=0 k=n0 k=0 k=n0 k=0 k=0 k=0

Pn0 −1 Pn0 −1 P P
Comme k=0 uk − k=0 vk est une constante, les séries uk et vk sont de même nature.

Remarque. Attention : comme les premiers termes peuvent différer, les sommes des séries n’ont aucune raison
d’être égales (même dans le cas convergent).

Proposition 1.6 (Linéarité des séries convergentes)


P P
Soit un et vn deux séries convergentes et λ et µ deux constantes réelles ou complexes. La série de terme
+∞
X +∞
X +∞
X
général λun + µvn est convergente et vérifie : (λun + µvn ) = λ un + µ vn .
n=0 n=0 n=0

Démonstration. Soit n ∈ N. Par linéarité de la somme (finie),


n
X n
X n
X
(λuk + µvk ) = λ uk + µ vk .
k=0 k=0 k=0

Les hypothèses
P donnent la convergence du membre de droite, par combinaison linéaire de limites finies. Donc la
série (λun + µvn ) converge, et le passage à la limite dans l’égalité précédente donne la relation sur les sommes
des séries.
P P P
Remarque. Attention : (λun + µvn ) peut converger P 1 sans que un et vn ne convergent. Dans ce cas, la
formule précédente ne s’applique pas. Par exemple, ( n − n1 ) est la série nulle, qui converge. Mais comme la série
harmonique diverge, on n’a donc pas le droit d’utiliser la linéarité sur les sommes infinies.

Remarque. De manière générale, il faut être extrêmement méfiant quand on manipule des sommes infinies : de
nombreux résultats qui sont évidents pour des sommes finies ne sont plus vérifiés pour les sommes de séries. Par
exemple, la limite d’une somme infinie n’est pas toujours la somme infinie de la limite...

3
1.4 Quelques séries de référence
Proposition 1.7 (Convergence des séries géométriques)
P n
Soit q ∈ C. La série géométrique q converge si et seulement si |q| < 1.
+∞
X 1
Quand elle converge, on a qn = .
1−q
n=0

Démonstration. On procède par disjonction de cas :


n
X 1 − q n+1 1−0 1
qk =
P n
— Si |q| < 1, on a ∀n ∈ N, −→ = . Donc la série q converge et
1−q n→+∞ 1−q 1−q
k=0
+∞
X 1
qn = .
1−q
n=0
P |q|
— Si ⩾ 1, la suite (q n ) ne converge pas vers 0 (les modules restent toujours supérieurs à 1) donc la série
q n diverge grossièrement.

Proposition 1.8 (Convergence des séries télescopiques)


X
Soit u une suite. La suite (uk ) et la série télescopique (uk+1 − uk ) ont même nature en terme de
convergence.

Démonstration. En utilisant le résultat sur les sommes télescopiques, on montre que pour tout entier n,
n
X
Sn = (uk+1 − uk ) = un+1 − u0 .
k=0

Si (un ) converge vers ℓ ∈ C, (Sn ) converge alors vers ℓ − u0 . Réciproquement, si (Sn ) converge vers ℓ′ ∈ C, (un )
converge alors vers ℓ′ + u0 . D’où le résultat annoncé.
P 1
Exercice 4. Étudier la convergence de la série n(n+1) et déterminer sa somme si elle converge.

Solution : On a ∀n ∈ N , n(n+1) = n(n+1) = n − n+1 , d’où par calcul de somme télescopique, ∀N ∈ N∗ ,
1 n+1−n 1 1

N
X 1 1
=1− −→ 1 − 0 = 1.
n(n + 1) N + 1 n→+∞
n=1
P 1
Donc la série n(n+1) est convergente et sa somme vaut 1.

Proposition 1.9 (Convergence de la série exponentielle)


+∞ k
P zk X z
Soit z ∈ C. La série exponentielle k! converge et on a : = ez .
k!
k=0

Démonstration. Soit la fonction f : t 7→ etz définie sur [0, 1] et à valeurs dans C. Elle est de classe C ∞ sur [0, 1] et
pour tout n ∈ N, ∀t ∈ [0, 1], f (n) (t) = z n etz . Donc :

∀t ∈ [0, 1], f (n+1) (t) = z n+1 etz = z n+1 et Re(z) ⩽ z n+1 max(eRe(z) , 1),

où cette majoration est obtenue par croissance de l’exponentielle sur R et disjonction de cas en fonction du signe
de la partie réelle. Notons M = max(eRe(z) , 1). On peut alors appliquer l’inégalité de Taylor Lagrange à l’ordre n
entre 0 et 1 :
n n
X (1 − 0)k (k) z
X zk (1 − 0)n+1 n+1 z n+1
f (1) − f (0) = e − ⩽ z M= M −→ 0,
k! k! (n + 1)! (n + 1)! n→+∞
k=0 k=0

4
P zk
où la limite est obtenue par croissances comparées. Donc (par encadrement) la série k! converge et sa somme
z
vaut e .
P 2k+1
Exercice 5. Montrer que (k+1)! converge et déterminer sa somme.
Solution : On reconnaît (à décalage d’indice près) une série exponentielle convergente, donc la série converge. On
peut alors calculer sa somme :
+∞ +∞ i +∞ i
X 2k+1 X 2 X 2
= = − 1 = e2 − 1,
(k + 1)! i! i!
k=0 i=1 i=0
où on a utilisé le changement d’indice i = k + 1.

2 Séries à termes réels positifs


2.1 Critères de convergence
Proposition 2.1 (Condition nécessaire et suffisante de convergence)
P
Soit (un ) une suite d’éléments de R+ . La série un converge si et seulement si la suite de ses sommes
partielles est majorée.

Démonstration. On note (Sn ) la suite des sommes partielles.


∀n ∈ N, Sn+1 − Sn = un+1 ⩾ 0 donc cette suite est croissante.
— Supposons que la suite (Sn ) est majorée, comme elle est aussi croissante elle converge, et la série converge.
— Réciproquement, si la série converge, comme la suite (Sn ) est croissante, elle reste toujours plus petite que
sa limite. Elle est donc majorée par la somme de la série.

+∞
X
Remarque. Soit (un ) une suite d’éléments de R+ . Quand la série associée diverge, on note un = +∞.
n=0

Proposition 2.2 (Convergence par comparaison)

Soient (un ) et (vnP


) deux suites d’éléments de R
P+ , telles que un ⩽ vn à partir d’un certain rang.
— Si la série P vn converge alors la série un converge.
P
— Si la série un diverge vers +∞ alors la série vn diverge vers +∞.

+∞
X +∞
X
Remarque. Attention, ce résultat ne signifie pas nécessairement que un ⩽ vn : les premiers termes peuvent
n=0 n=0
modifier significativement les valeurs des sommes.
Démonstration. On notePn0 le rang à partir duquel un ⩽ vn .
— On suppose que vn converge. Soit n ⩾ n0 , comme les suites sont à termes positifs, on a :
n
X 0 −1
nX n
X 0 −1
nX +∞
X
uk ⩽ uk + vk ⩽ uk + vk .
k=0 k=0 k=n0 k=0 k=n0
P
Les sommes partielles de la série un sont donc majorées. Comme la série est à termes positifs, c’est donc
qu’elle converge par
P le résultat précédent.
— On suppose que un diverge (vers +∞ comme elle est à termes positifs). Soit n ⩾ n0 ,
n
X 0 −1
nX n
X
vk ⩾ vk + uk −→ +∞.
n→+∞
k=0 k=0 k=n0
P
Donc par théorème de comparaison, la suite des sommes partielles diverge vers +∞. Donc la série vn
diverge.

5
Proposition 2.3 (Convergence par équivalences)
P P
Soient (un ) et (vn ) deux suites d’éléments de R+ telles que un ∼ vn . Alors les séries un et vn ont même
nature en terme de convergence.

P un
Démonstration. On suppose que vn converge. Comme un ∼ vn , on sait que lim = 1. En revenant à la
n→+∞ vn
un
définition de limite, il existePdonc un rang n0 tel que ∀n ⩾ n0 , vn ⩽ 2. Par positivité des suites, on en déduit
Pque
∀n ⩾ n0 , 0 ⩽ un ⩽ 2vn . Or (2vn ) converge. Le critère de comparaison précédent donne la convergence de un .
La réciproque s’obtient de même en intervertissant les rôles de u et v.

Remarque. ATTENTION : cela ne signifie pas que les suites des sommes partielles sont équivalentes, puisqu’on
n’a pas le droit de sommer des équivalents.
P 1
Exercice 6. Étudier la convergence de 2n+1 .
1 1 P1
Solution : On a 2n+1 ∼ 2n ⩾ 0. Or n est la série harmonique, qui diverge. Donc par critère de comparaison des
P 1
séries à termes positifs, 2n+1 diverge.

2.2 Séries de Riemann


Proposition 2.4 (Convergence de la série de Riemann)
P 1
Soit α ∈ R. La série nα est appelée série de Riemann et converge si et seulement si α > 1.

Démonstration. On fait une disjonction de cas en fonction de la valeur de α


1. Si α = 1, c’est la série harmonique, dont on a déjà montré qu’elle diverge.
∗ 1 1
2. Si α < 1,
Palors
1 P 1 n ∈ N , nα ⩾
pour tout n ⩾ 0. Par critère de comparaison des séries à termes positifs,
puisque n diverge, nα également.
3. Si α > 1, on effectue une comparaison avec une intégrale. La fonction f définie pour tout t ∈ R∗+ par
f (t) = t1α est continue et décroissante sur R∗+ . Donc si on fixe k ⩾ 2 (garantit que [k − 1, k] ⊂ R∗+ ) et
t ∈ [k − 1, k], on a k1α ⩽ t1α . Comme k − 1 ⩽ k, la croissance de l’intégrale donne alors :
Z k Z k
1 1 1
= dt ⩽ dt.
kα k−1 k α
k−1 tα

Rn
Soit n ⩾ 2. En sommant sur k ∈ [[2, n]], la relation de Chasles donne nk=2 k1α ⩽ 1 t1α dt. Et donc
P

n Z n  1−α n
X 1 1 t 1 − n1−α α
Sn = α
⩽ 1 + α
dt = 1 + = 1 + ⩽ .
k 1 t 1−α 1 α−1 α−1
k=1
P 1
Ainsi nα est une série à termes positifs dont la suite des sommes partielles est majorée. C’est donc une
série convergente.

Remarque. Cette technique de comparaison avec une intégrale est très utile pour encadrer des sommes partielles,
elle se généralise au cas de n’importe quelle fonction f monotone.
P1
Exercice 7. On revient à l’étude de la série harmonique n , dont on note Sn les sommes partielles.
R k+1 1 1
R k 1
1. Soit k ⩾ 2. Montrer que k t dt ⩽ k ⩽ k−1 t dt.
Solution : Soit k ⩾ 2, et t ∈ [k, k + 1]. Par décroissance de la fonction inverse sur R∗+ , 1t ⩽ k1 . Comme cette
fonction est de plus continue sur [k, k + 1] et comme k ⩽ k + 1, la croissance de l’intégrale donne alors :
Z k+1 Z k+1
1 1 1
dt ⩽ dt = .
k t k k k

6
De même, soit t ∈ [k − 1, k]. Par décroissance de la fonction inverse sur R∗+ (k ⩾ 2 donc k − 1 > 0), 1
t ⩾ k1 .
La croissance de l’intégrale sur [k − 1, k] donne alors :
Z k Z k
1 1 1
dt ⩾ dt = .
k−1 t k−1 k k

D’où l’inégalité demandée.


2. Donner un équivalent à Sn .
Solution : On somme de 2 à n ⩾ 2 l’inégalité de la question précédente (sommer directement de 1 à n est
impossible car la question précédente nécessite k ⩾ 2). On obtient, par relation de Chasles :
Z n+1 n Z n
1 X1 1
dt ⩽ ⩽ dt.
2 t k 1 t
k=2

Ce qui donne après calculs : ln(n + 1) − ln(2) ⩽ Sn − 1 ⩽ ln(n) − 0.


ln(n) + ln 1 + n1

ln(n + 1) 1 − ln(2) Sn 1 ln(n + 1)
D’où + ⩽ ⩽1+ . Or lim = lim = 1. Par
ln(n) ln(n) ln(n) ln(n) n→+∞ ln(n) n→+∞ ln(n)
Sn
théorème d’encadrement, on trouve ainsi que lim = 1 et donc Sn ∼ ln(n).
n→+∞ ln(n)

3 Convergence absolue
3.1 Définition et théorème fondamental
Définition 3.1 (Série absolument convergente)
P
Soit u une [Link] dit que la série un est absolument convergente (ou que la suite u est sommable)
lorsque la série |un | converge.

+∞
X
Remarque. On note alors |un | < +∞.
n=0

sin(n)
Exercice 8. Montrer que la série de terme général un = n2
converge
absolument.
sin(n)
⩽ n12 .
P 1
Solution : On remarque que : pour tout n ⩾ 1, |un | = Comme
n2 n2
est une série de Riemann
P
convergente
P et comme les séries sont à termes positifs, le critère de comparaison donne la convergence de |un |.
Donc un converge absolument.

Proposition 3.2 (Convergence des séries absolument convergentes)

Toute série absolument convergente est convergente.

P
Démonstration. Soit uk une série absolument convergente. P
— Si u est une suite réelle, on remarque que ∀k ∈ N,P 0 ⩽ uk + |uk | ⩽ 2 |uk |. Or |uk | converge. Donc par
critère de comparaison
P de séries
P à termes positifs,
P (uk + |uk |) converge. Et par combinaison linéaire de
séries convergentes, uk = (uk + |uk |) − |uk | converge. P
— Si u est une suite complexe, on remarque que ∀k ∈ N, 0 ⩽ |Re(uk )| ⩽ P |uk | et 0 ⩽ |Im(u
P k )| ⩽ |uk |. Or |uk |
converge. Donc par critère de comparaison
P Pà termes positifs, |Re(uk )| et
de séries |Im(uk )| convergent.
Et d’après le cas desPsuites P
réelles, Re(u
Pk ) et Im(u k ) convergent. Donc par combinaison linéaire de
séries convergentes, uk = Re(uk ) + i Im(uk ) converge.

Remarque. ATTENTION : La réciproque est fausse : une série peut converger sans converger absolument.

7
P (−1)n
Exemple. Montrons que la série nconverge sans être absolument convergente.
(−1)n 1 P (−1)n
n = est le terme général de la série harmonique, divergente. Donc
n n ne converge pas absolument.
n
n
Montrons maintenant la convergence. On pose ∀n ∈ N∗ , un = (−1)
X
n et Sn = uk . Alors,
k=1
— ∀n ∈ N∗ , S2n+2 − S2n = (−1)2n+2 2n+2 1 1
+ (−1)2n+1 2n+1 1
= 2n+2 1
− 2n+1 ⩽ 0.
Donc la suite (S2n ) est décroissante.
1 1 1 1
— ∀n ∈ N, S2n+3 − S2n+1 = (−1)2n+3 2n+3 + (−1)2n+2 2n+2 = 2n+2 − 2n+3 ⩾ 0.
Donc la suite (S2n+1 ) est croissante.
— ∀n ∈ N∗ , S2n+1 − S2n = − 2n+1 1
converge vers 0.
Les suites (S2n ) et (S2n+1 ) sont donc adjacentes, et par théorème de convergence, elles convergent toutes les deux
vers une même limite ℓ. Donc lim Sn = ℓ et la série converge (vers ℓ).
n→+∞

3.2 Critère de convergence par domination


Proposition 3.3 (Convergence par domination)

Soit vPune suite à valeurs dans R+ Pet soient u une suite (réelle ou complexe) qui vérifie un = O(vn ). Si la
série vn converge alors la série un converge (absolument).

Démonstration. Puisque un = O(vn ), ( uvnn ) est bornée. Donc il existe


P un réel K > 0 tels que ∀n ∈ N, |un | ⩽ K |vn |,
c’est-à-dire 0 ⩽ |un | ⩽ Kv
Pn puisque v est à termes positifs. Or vn converge. Par théorème de comparaison des
séries à termes positifs, |un | converge aussi.

Remarque. Ce résultat fonctionne également en remplaçant le O(vn ) par un o(vn ), puisque c’est une condition
plus contraignante.

Remarque. Il est impossible de montrer la divergence d’une série par un critère de domination ou négligeabilité.

Exercice 9. Étudier la nature de la série de terme général√un = exp(− n).
Solution : Par croissances comparées, on a lim n2 exp(− n) = 0. Donc un = o n12 . Or n12 ⩾ 0 est le terme

n→∞ P
général d’une série de Riemann convergente (2 > 1). Donc un converge (absolument).

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