MASTER MATERIAU ET
COMPOSANTS
UNITE PEDAGOGIQUE PHYSIQUE DU
SOLIDE (SOL I)
DEPARTEMENT MATERIAUX ET COMPOSANTS
Faculté de Physique - USTHB
ANNEE UNIVERSITAIRE 2009 -2010
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ELEMENTS DE PHYSIQUE DU SOLIDE
Lecture: Kittel, Chapts 1-3, Ashcroft & Mermin, Chapts 4-7
1 Cristal, périodicité
Un grand nombre de solides se cristallisent dans une structure périodique.
Expérimentalement, la réalisation de ce fait est le fruit de plusieurs observations:
1. L'apparence de certaines roches et matériaux montre l'existence de plans cristallins
ayant des angles respectifs qui correspondent à des indices entiers (indices de Miller
des plans cristallins).
2. Les expériences de rayons X, effectuées en premier en 1913 par W. Bragg qui
montrent des maxima extrêmement abrupts à des angles bien précis donnés par la
condition de diffraction.
Un traitement détaillé de la symétrie des cristaux, d'un point de vue plus général, sera fait
dans le cours de physique du solide qui suit celui-ci. Le propos de cette introduction est de
présenter la structure cristalline des semi-conducteurs usuels. Pour ce faire, il est néanmoins
nécessaire d'introduire brièvement quelques notions essentielles de cristallographie.
Un cristal est la répétition d'un motif sur un réseau périodique infini, comme montré
schématiquement sur la figure 1.1.
Figure 1.1: Exemple d'arrangement d'un motif sur un réseau bidimensionnel infini
Mathématiquement, un cristal est invariant sous la transformation
(1.1)
où sont des entiers ( ).
Ce motif peut être très simple, composé par un seul atome, comme dans le Fe, Al, Cu, etc. ou
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alors comporter un grand nombre d'atomes comme dans les cristaux moléculaires organiques.
Ce motif est appelé base ("basis" en anglais). Les vecteurs , et qui apparaissent dans
l'équation 1.1.1 sont appelés vecteurs primitifs si ils sont définis de manière à pouvoir
atteindre tous les points équivalents du cristal par un choix judicieux des nombres . Il
faut noter qu'en général, pour un cristal donné, il y a un grand nombre de choix possible pour
les vecteurs primitifs . Pour des raisons de facilité de représentation, on est souvent
amené à utiliser une cellule (appelée conventionnelle) définie par des vecteurs qui ne
permettent pas d'atteindre tous les points équivalents du cristal.
2 Réseaux de Bravais
Deux définitions possibles et équivalentes d'un réseau de Bravais:
1. Un réseau de Bravais est un ensemble infini de points avec un arrangement et une
orientation qui apparaît la même, quel que soit le point d'où il est observé.
2. Un réseau de Bravais est un ensemble de points donné par l'équation 1.1.1 où les
vecteurs sont primitifs.
La figure 1.2 donne la liste des 14 réseaux de Bravais possibles en trois dimensions.
Il n'est pas forcément intuitif que, par exemple, la structure cubique face centrée remplit la
condition a) des réseaux de Bravais. On peut néanmoins se convaincre que si l'on choisit un
point d'une face du cube, celui-ci est aussi l'origine d'un nouveau réseau cubique face centrée
dans lequel les points qui marquaient les sommets du cube deviennent les centres des faces et
vice-versa. Un examen attentif de la figure 1.2 montre que ceci est le cas pour tous les réseaux
de Bravais.
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Figure 1.2: Les 14 réseaux de Bravais possibles en trois dimensions. La cellule
conventionnelle est montrée, qui n'est pas toujours la cellule primitive
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Restrictions sur les axes et
Symboles
Système Nb de réseaux angles de la cellule
des réseaux
conventionnelle
Triclinique 1
Monoclinique 2
Orthorhombique 4
Tétragonal 2
Cubique 3 ou
ou
ou
Trigonal 1
Héxagonal 1
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Figure 1.3: Classification des réseaux de Bravais en fonction d'un choix pour des vecteurs de
bases (pas forcément primitifs)
3 Cellule primitive de Wigner-Seitz
La cellule primitive de Wigner-Seitz est construite de la manière suivante: à partir d'un point
du réseau, un plan médiateur est tracé au milieu de chaque segment reliant ce point du réseau
à ses voisins. Le volume formé par l'enveloppe de ces plans est la cellule de Wigner-Seitz,
comme montré schématiquement sur la figure 1.4.
Figure 1.4: Cellule primitive de Wigner-Seitz
Cette cellule est primitive et a de plus un certain nombre de propriétés importantes:
1. Par construction, tous ses points intérieurs sont plus proches de la maille du réseau à
l'origine de la cellule que n'importe quel point voisin. (pensez à l'utilisation des plans
médians).
2. Elle a la symétrie du réseau de Bravais qui la sous-tend.
4 Symétrie des cristaux
A part la symétrie de translation, les cristaux ont en général un certain nombre de symétries. Il
est important de se souvenir que la symétrie d'un cristal est celle du réseau de Bravais et celle
du motif qui est répété. Il arrive donc fréquemment que la symétrie du cristal soit plus faible
que le réseau de Bravais qui la sous-tend. Un nombre limité de symétries est compatible avec
l'exigence de symétrie de translation d'un cristal type, il s'agit de:
1. réflexion-réflexion: une réflexion prend chaque point et en fait son image miroir par
un plan, appelé plan de réflexion.
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2. Rotation par autour d'un axe. On peut montrer qu'un réseau de Bravais ne
tolère que des rotations d'ordre 2, 3, 4 ou 6. Par exemple, un cristal ne peut avoir de
symétrie de rotation d'ordre 5.
3. Rotation-réflexion. Dans certains cas, même si la rotation de n'est pas une
symétrie possible, une telle rotation suivie par une réflexion dans un plan
perpendiculaire est une symétrie. Un tel axe est appelé axe de rotation-réflexion.
4. Rotation-inversion. De la même manière, un symétrie de rotation suivie par une
inversion par un point sur l'axe de rotation est une symétrie possible. Un tel axe est
appelé axe de rotation-inversion.
La combinaison de ces opérations de symétrie forment 230 (!) groupes possibles. Il est
évidemment hors de propos de discuter tous ces groupes dans ce cours.
INDICES DE MILLER
Plans réticulaires – Indices de Miller
Un réseau peut être décrit par un ensemble de plans réticulaires parallèles et équidistants. Un
plan réticulaire passe par trois nœuds non alignés.
Exemple d’un réseau plan:
Dans l’espace, une famille de plans réticulaires: (m entier)
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Premier plan à partir de l’origine: , d’après le théorème de Bezout ,
h, k et l sont premiers entre eux.
Famille de plans parallèles et équidistants hk
b
a
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5 Structure des semi-conducteurs usuels
L'immense majorité des semi-conducteurs utilisés dans les applications électroniques (Si,
autrefois Ge) ou opto-électroniques (composés dits III-V comme le GaAs ou l'InP) sont basés
sur la même structure cristallographique: celle du diamant (Si, Ge) ou la structure zinc-blende
(GaAs, InP). Les composés III-V sont nommés de cette manière car ils sont composés
d'éléments provenant des colonnes III et V de la table périodique des éléments.
La structure diamant est formée par deux réseaux cubiques faces centrées interpénétrés à la
coordonnée , où est la longueur de la face du cube du réseau cfc
considéré. Dans le cas de la structure du diamant, ces deux réseaux ont le même motif (un
atome de Si ou Ge), alors que dans le cas de la structure zinc-blende, un réseau portera
l'atome de Ga (prenant l' exemple du GaAs) et l'autre l'atome d'arsenic. Cette structure est
représentée soit en perspective (1.5) soit en projection sur un plan formé par une des faces du
cube(1.6). Une manière de le faire est de représenter une projection de ce cristal sur le plan,
en indiquant les coordonnées.
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Figure 1.5: Structure cristalline zinc-blende
Figure 1.6: Structure cristalline zinc-blende
La maille cubique face centrée n'est pas une cellule élémentaire; en effet on a dans le cas où
on considère le Si ou le Ge:
Pour les composés III-V, les atomes des deux mailles cfc interpénétrées sont différents et on a
donc 4 paires d'atomes par cellule conventionnelle.
Il est important de remarquer que la structure zinc-blende n'a pas de symétrie d'inversion. On
peut s'en rendre compte en considérant l'ordre des atomes le long de la diagonale de la
structure cubique: la suite est AB..AB..AB... Si l'on inverse le cristal, on
obtient ..BA..BA..BA..BA, qui n'est pas la même structure. Le diamant, en revanche, n'a pas
le même problème car la structure CC..CC..CC..CC devient CC..CC..CC..CC. L'absence de
symétrie d'inversion pour la structure zinc-blende est très importante pour les applications
optoélectroniques: en effet, l'effet électro-optique Pockels (variation de l'indice de réfraction
sous application d'un champ électrique statique) n'est possible que dans un cristal ne
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possédant pas de symétrie d'inversion.
La base de la structure zinc-blende sont les liaisons tétraédriques covalentes Si-Si ou Ga-As.
En effet, chaque atome est l'origine d'une double paire de liaisons vers les atomes voisins,
comme montré sur la figure 1.7. L'absence de symétrie d'inversion se note aussi au niveau de
ces liaisons tétraédriques.
Figure 1.7: Liaisons tétraédriques de la structure zinc-blende
Un autre propriété chimique importante est que si l'on clive (coupe) le cristal selon une
direction [001], on aura une succession de plans cristallins comportant des atomes de
l'élément de type III, puis V, et ainsi de suite. Cela permet une croissance couche à couche du
semi-conducteur.
6 Réseau réciproque, zone de Brillouin
Le réseau réciproque apparaît naturellement dans la description d'un cristal périodique. D'une
part, il représente l'ensemble des directions dans lesquelles un cristal réfléchira des rayons X,
d'autre part, c'est la base des vecteurs nécessaires pour le développement de Fourier d'une
fonction périodique du cristal.
1 Cas unidimensionnel
Pour bien comprendre le réseau réciproque, prenons l'exemple d'un cristal unidimensionnel de
périodicité a. Le potentiel que subit l'électron sera donc périodique de période a, en
particulier:
(6.3)
Nous savons qu'une fonction périodique peut se décomposer en une série de Fourier:
(6.4)
où que nous allons écrire sous une forme plus agréable à généraliser:
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(6.5)
où maintenant court sur tous les entiers négatifs, positifs ou nuls et les coefficients sont
des nombres complexes qui satisfont la condition pour que le potentiel
soit réel.
Il est facile de vérifier que , écrit sous cette forme, est par construction périodique:
Réécrivons l'équation 1.6.5 en définissant le vecteur réciproque :
(6.7)
En développant notre potentiel , nous avons été amenés à définir un nouveau réseau
périodique formé par les , espacés par . Les points de l'espace réciproque sont
d'autant plus espacés que les points dans l'espace réel sont proches. Nous allons voir que ces
notions se généralisent dans l'espace tridimensionnel.
2 Réseau réciproque en trois dimensions
Il est naturel de penser qu'une fonction périodique en trois dimensions, c'est-à-dire invariante
sous la transformation 1.1.1 puisse aussi s'écrire dans un développement de Fourier analogue
à celui de 1.6.7. Nous serons amenés à utiliser les vecteurs de base réciproques des vecteurs
de base primitifs :
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Ces vecteurs ont les propriétés d'orthogonalité suivantes:
Un vecteur réciproque général s'écrira comme un nombre entier de fois ces vecteurs de base:
(6.12)
où sont des entiers. Ces vecteurs réciproques permettent de faire le développement en
série de Fourier du potentiel qui s'écrit:
(6.13)
Montrons qu'une fonction écrite à l'aide de l'expression 1.6.13 est invariante sous une
translation d'une période du cristal :
(6.14)
Le terme car si l'on développe en utilisant 1.6.12:
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3 Zone de Brillouin
A chaque arrangement cristallin correspond un réseau réciproque caractérisé par les vecteurs
. La cellule de Wigner-Seitz de ce réseau est appelée zone de Brillouin du cristal.
La zone de Brillouin d'un cristal zinc-blende est montrée sur la figure 1.8.
Figure 1.8: Zone de Brillouin de la structure zinc-blende
PROBLEME A REMETTRE DANS UNE SEMAINE :
1- Montrer que le vecteur défini par le vecteur est perpendiculaire au
plan (hkl) d’un système quelconque
2- Montrer que la distance interréticulaire entre plans (hkl) voisins peut s’écrire
3- On rappelle la relation de Bragg
a- Que signifie chaque terme de cette équation
b- Montrer qu’elle peut aussi s’écrire
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