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Espaces métriques : Analyse et Propriétés

TD2

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Universit Pierre et Marie Curie 4M005 : Bases d’analyse fonctionnelle

M1 Mathématiques Année universitaire 2023-2024

TD no 2 – Espaces normés, espaces de Banach.

1) Soit X = C(K; R) l’espace de toutes les fonctions continues f : K → R, où K est un compact de Rn . Soit
dK : X × X → [0, +∞] définie par
dK (f, g) = sup |f (x) − g(x)|.
x∈K

Montrer que (X, dK ) est un espace métrique complet et séparable.

2) Soit Ω ⊂ Rn un ouvert et soit Y = Cb (Ω; R) l’espace de toutes les fonctions f : Ω → R continues et bornées. On
définit l’application dΩ : Y × Y → [0, +∞[ par

dΩ (f, g) = sup |f (x) − g(x)|.


x∈Ω

Nous avons montré en cours que (Y, dΩ ) est un espace métrique complet. Montrer qu’il n’est pas séparable.

3) Soit Ω un ouvert borné de Rn . On considère les espaces métriques (X, dΩ ) et (Y, dΩ ), où X = C(Ω; R) et
Y = Cb (Ω; R). On introduit l’application
i : (X, dΩ ) → (Y, dΩ )
définie par i(f ) = f|Ω , ∀f ∈ X.
a) Montrer que i est une injection linéaire isométrique, c’est-Ã -dire, i est injective, linéaire et ∀f, g ∈ X, dΩ (f, g) =
dΩ (i(f ), i(g)).
b) Montrer que i n’est pas surjective.

4) (Exercice 2.2.1.) Soit (an )n∈N une suite d’éléments de l’intervalle ]0, 1[. On suppose que la suite (an )n∈N tend
vers 0. On définit alors la forme linéaire `a sur `1 (N) par
X
h`a , xi := (1 − an )xn .
n∈N

a) Démontrer que k`a kL(`1 (N),R) = 1.


b) Pour tout x de la sphère unité de `1 (N), h`a , xi est strictement inférieur à 1.

5) (La limite d’une suite de L(X, Y ) convergente simplement) Soit (X, k · kX ) et (Y, k · kY ) deux espaces
vectoriels sur C normés et soit (L(X, Y ), k · kL(X,Y ) ) l’espace vectoriel normé des applications linéaires et continues de
X à Y . Soit (fn )∞
n=1 ⊂ L(X, Y ) une suite convergente en tout point x ∈ X et soit f : X → Y la fonction limite :

∀x ∈ X, f (x) := lim fn (x).


n→∞

(a) Montrer que la limite f est linéaire.


(b) Montrer que
sup kf (x)kY ≤ lim inf kfn kL(X,Y ) .
kxkX =1 n→∞

(c) Montrer par un contre-exemple que la limite f n’est pas forcément continue.
(d) Montrer que la limite f est continue si X est complet, ou si la suite (fn ) possède une sous-suite bornée.

1
6) (Théorème de l’application ouverte) Soient X et Y deux espaces de Banach, et ` ∈ L(X, Y ) un opérateur
surjectif. On se propose de montrer que ` est une application ouverte, à savoir, que pour tout ouvert U ⊂ X, `(U ) est
ouvert dans Y .
a) On note BX , BY les boules unités de X et Y . Montrer que `(BX ) est d’intérieur non vide dans Y . (On pourra
considérer Yn := n `(BX ).)
b) En déduire qu’il existe r > 0, tel que 2rBY ⊂ `(BX ).
c) Soit y ∈ rBY ; montrer qu’il existe x1 ∈ 21 BX tel que y1 := y − `(x1 ) ∈ 2r BY . Construire ainsi deux suites (xn ),
(yn ) telles que xn ∈ 2−n BX et yn = yn−1 − `(xn ) ∈ 2−n rBY . En déduire que y ∈ `(BX )
d) Montrer que :
∃r > 0, ∀y ∈ Y, kykY < r, ∃x ∈ X, kxk < 1 et `(x) = y. (?)
En déduire que pour tout ouvert U ∈ X, `(U ) est ouvert dans Y .

7) Soit (X1 , d1 ) et (X2 , d2 ) des espaces métriques, avec X1 compact. Soit A ⊂ C(X1 ; X2 ). Montrer que les propriétés
suivantes sont équivalentes :
a) A est uniformément équicontinue :
∀ > 0, ∃δ > 0 : ∀f ∈ A ∀x, y ∈ X1 : d1 (x, y) < δ ⇒ d2 (f (x), f (y)) < .
b) A est équicontinue :
∀x ∈ X1 , ∀ > 0, ∃δ > 0 : ∀f ∈ A ∀y ∈ X1 : d1 (x, y) < δ ⇒ d2 (f (x), f (y)) < .

8) (a) Soit (X, d) un espace métrique. Soit A ⊂ X. Montrer que


A est borné ⇔ A est borné.
(b) Soit (X1 , d1 ) et (X2 , d2 ) des espaces métriques, avec X1 compact. Soit A ⊂ C(X1 ; X2 ). Montrer que
A est équicontinue ⇔ A est équicontinue
et que
A est uniformément équicontinue ⇔ A est uniformément équicontinue

9) (Exercice 2.5.1 : Réciproque du théorème d’Ascoli) Soit (X1 , d1 ) et (X2 , d2 ) des espaces métriques, avec X1
compact. Soit A ⊂ C(X1 ; X2 ) relativement compacte. Montrer que A est uniformément équicontinue et ponctuellement
relativement compact (i.e. quelque soit x ∈ X1 , {f (x)/ f ∈ A} est relativement compacte).

10) Soit K ⊂ Rn compact. Soit A ⊂ C(K; R).


a) Montrer que si A est compact dans (C(K; R), dK ), alors A est borné est fermé.
b) Montrer que la réciproque de a) est fausse.
c) (Variante d’Ascoli) Montrer que si A est borné, fermé et equicontinue dans (C(K; R), dK ), alors A est compact.

11) (Théoréme d’Ascoli avec (X2 , d2 ) pas nécessairement complet) Soit X1 compact, (X2 , d2 ) un espace métrique et
A ⊂ C(X1 ; X2 ) satisfaisant que A est uniformément équicontinue et ponctuellement relativement compacte. Alors, A
est relativement compact.

12) Déterminer si les ensembles suivants sont compacts ou non dans (C([0, 1]; R), d[0,1] ) :
a) A = {f : [0, 1] → R : f continue sur [0, 1] et supx∈[0,1] |f (x)| ≤ 1}.
b) A = {f : [0, 1] → R : f polynôme et supx∈[0,1] |f (x)| ≤ 1}.
c) AN = {f : [0, 1] → R : f polynôme de degré inférieur à N et supx∈[0,1] |f (x)| ≤ 1}.
d) A, où A = {f : [0, 1] → R : f dérivable et |f 0 (x)| ≤ 1 ∀x ∈ [0, 1]}.
e) A, où A = {f : [0, 1] → R : f (1) = 2, f dérivable et |f 0 (x)| ≤ 1 ∀x ∈ [0, 1]}.
 
|f (x) − f (y)|
f) A, où A = f : [0, 1] → R : |f (0)| ≤ 3 et ≤ 5 ∀x, y ∈ [0, 1], x 6
= y .
|x − y|1/3
 
|f (x) − f (y)|
g) A = f : [0, 1] → R : ≤ 4 ∀x, y ∈ [0, 1], x 6= y .
|x − y|2
n o
h) A = f : [0, 1] → R : |f (1/2)| + |f|x−y|
(x)−f (y)|
3/2 ≤ 4 ∀x, y ∈ [0, 1], x 6= y .

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