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Évaluation des enquêtes criminelles en RDC

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1

INTRODUCTION

L’évaluation des enquêtes criminelles menées par la Police Nationale Congolaise


(PNC), et plus particulièrement par le Groupe de Recherche et d’Intervention (Gp.R.I),
occupe une place centrale dans l’analyse des mécanismes de sécurité et de justice en
République Démocratique du Congo. Dans un contexte marqué par l’évolution historique,
institutionnelle et opérationnelle des forces de l’ordre, il apparaît essentiel de comprendre
comment ces dispositifs s’organisent et s’adaptent pour répondre aux défis contemporains de
la criminalité. La réalité sécuritaire congolaise s’inscrit dans une histoire complexe, façonnée
par les héritages coloniaux, les transformations politiques successives et l’émergence de
nouveaux enjeux urbains1.

Afin d’appréhender de manière rigoureuse et contextualisée l’efficacité des


enquêtes policières, nous avons choisi de combiner observation directe sur le terrain et
entretiens semi-directifs avec des acteurs impliqués à différents niveaux du processus
d’investigation. Cette démarche méthodologique permet de recueillir des données empiriques
brutes, d’observer les pratiques concrètes des agents du Gp.R.I, et de croiser ces constats avec
les points de vue des policiers, chefs de quartier, témoins et informateurs rencontrés lors de
notre recherche1.

Ainsi, à travers l’analyse des procédures, des défis quotidiens, mais aussi des
modes de collaboration et de communication au sein des services de police, ce travail vise à
apporter un éclairage précis sur la façon dont les enquêtes criminelles sont menées à
Lubumbashi. Il s’agit non seulement d’évaluer l’efficacité et les limites du Gp.R.I dans la
lutte contre la criminalité, mais également de situer ces pratiques dans leur contexte social,
institutionnel et humain contemporain.
2

COMPTE RENDU DE TERRAIN

Le présent compte rendu est un rapport qui transcrit les données que nous avons
recueilli sur terrain dans le cadre du cours de SEMINAIRE 2 DE METHODOLOGIE, Notre
objet de recherche porte sur « l’évaluation des enquêtes criminelles menées par la PNC cas
du GRI ».

Nous avons utilisé la technique d'entretien semi-directif et l’observation directe.


3

PRESENTATION DU TERRAIN DE RECHERCHE

En abordant ce point, on ne peut ignorer que la réalité sécuritaire n’est pas une
simple invention coloniale. La fonction sécuritaire s’exerçait déjà dans les anciens royaumes
et empires du Congo ce bien avant la colonisation.

Il sera question de circonscrire les enjeux coloniaux de l’institution à la fois


militaire et policière en RD Congo avant d’analyser d’aborder son évolution historique de
l’indépendance à nos jours.

Voici la succession des différentes forces républicaines de l’armée à la police


nationale congolaise :

a. La Force Publique : Créée par le décret du 5 Août 1888. Elle est une
institution militaire ayant pour missions l’occupation et la défense du nouvel Etat
Indépendant du Congo. Une propriété acquise par Léopold II après l’acte de Berlin de 1885.
C’est l’armée qui se charge à la fois des missions de police. C’est donc une force de conquête
et d’occupation du territoire. Raisons pour laquelle, la Force Publique se présente comme une
armée d’occupation qui regorge en son sein, non pas des congolais, mais des mercenaires
d’autres nationalités. C’est une armée étrangère à la population locale ou indigène.
Les missions de cette force sont les suivantes :
De mettre fin ou supprimer l’esclavagisme, à la traite des noirs, une affaire devenue
juteuse pour les arabes ;
Assurer l’occupation effective du territoire ;
Assurer la liberté du commerce ;
Enfin, assurer la navigation du bassin du Congo.

b. La police des chemins de fer : A sa naissance, l’Etat Indépendant du Congo


(EIC) fait face à des problèmes d’ordre économique suite à l’exigence de la liberté du
commerce et de la navigation dans le bassin du Congo par les puissances de l’époque.
Ainsi, par souci de spécialisation, le décret du Roi- souverain du 10 décembre 1903 crée une
police des chemins de fer à qui est confiée la mission. Et cette mission incombe à la police. Et
au fur et à mesure, les administrateurs, à qui incombe la sécurité publique globale, créent
graduellement d’autres unités de police spécialisée notamment:
 La police de chefferie (collectivité) ;
4

 Les polices des centres extra- coutumiers ainsi que celles


 Des centres urbains comme la capitale Léopoldville et Elisabethville au
Katanga.

Avant tout cela, il faut remarquer, qu’au sein de la Force Publique, s’institue déjà
une nette distinction entre les missions de l’armée et celles policières par la création des deux
corps au sein de l’armée :

 Les troupes campées s’occupent des missions militaires;


 Les troupes en service territorial veillent à l’ordre intérieur et donc assurent les
missions policières.
c. Les corps de police municipale et de police administrative : Il faut préciser
ici que le 22 mars 1927, institue des corps de police municipale dans les grands centres,
tandis que le décret du 22 novembre 1926 instituait déjà les corps de police administrative
indépendants de la Force Publique. Voici à ce sujet ce que révèle le rapport du conseil
colonial de l’époque à propos de la police administrative : des corps de police administrative
existent déjà dans certaines circonscriptions urbaines, mais sont composés, en majeure partie,
de soldats, voire d’officiers de la Force Publique.
d. Les polices territoriales : Le 10 décembre 1948 création des polices
territoriales mises au service des provinces et qui ne seront effectives qu’en 1950. Non
seulement qu’elles sont mises à la disposition des provinces, mais les agents des corps de
police territoriale sont engagés ou recrutés sous contrat par les gouverneurs ou leurs délégués.
Il y a là une nette tendance à la décentralisation de la police qui se confirme.
e. La gendarmerie : En début de 1959, la force publique conserve toujours deux
structures : les troupes campées ou forces combattantes et les troupes en service territorial qui
continuent à se charger du maintien de l’ordre public. Ce sont ces dernières, troupes en
service territorial, qui porteront le nom de gendarmerie. La gendarmerie est une force de
police militarisée et appelée à assurer l’ordre public sur l’ensemble du pays. Cette force est
créée dans un contexte particulier où le pouvoir colonial fait face à des fortes tensions
sociopolitiques, c’est-à-dire des révoltes et de fortes revendications indépendantistes.
Mais la tendance à la décentralisation demeure, car sont maintenues à côté de cette force
militaro policière centralisée qu’est la gendarmerie, les polices territoriales qui continuent à
évoluer sous dépendance directe des autorités politico- administratives locales ou mieux
provinciales. Et la fin de la colonisation intervient en juin 1960 sur fond d’une police
5

plurielle, celle qui concilie à la fois les intérêts de pouvoir et de sécurité. Commence alors la
période post coloniale.
f. De l’indépendance à la libération : A l’indépendance, notre pays disposait d’un
système de maintien de l’ordre public comprenant : La gendarmerie issue des groupes en
service territorial de la Force Publique et Les polices territoriales qui deviendront des polices
provinciales.
g. Police Nationale Congolaise : Cette nouvelle police est de fait un corps de
police qui va être, par la suite, instituée en 2002 par le décret- loi n° 002/ 2002 du 26 janvier.
Il s’agit bien de la Police Nationale Congolaise. Et comme l’ancienne police nationale, elle
dépend du ministère de l’Intérieur. Et parce qu’elle est le fruit de la fusion de la gendarmerie
et de la garde civile, elle hérite, non seulement de tout le patrimoine matériel, mais aussi des
hommes et des femmes qui composaient ces deux forces.
Et dans son fonctionnement actuel, à lire le rapport des travaux de réflexion sur la réforme de
la police nationale congolaise (mars 2007, 8), le visage que présente la nouvelle police est
celle d’une police qui compte en son sein des anciens et/ ou retraités, gendarmes, gardes
civils, militaires, combattants des factions belligérantes, miliciens, veuves et orphelins de
policiers, intellectuels. Et à en croire ce rapport, il s’agit d’une police qui tient du militaire et
du civil, du professionnel et du non professionnel. Et donc une police porteuse, dès sa
naissance, de limites quant à l’efficacité et qui ne peut en l’occurrence assurer seule la
sécurité des citoyens. Ceci tient évidemment de l’environnement de guerre qui l’a vu naître.
Dans ce désordre, en plus des effectifs des anciennes gendarmeries et garde civile, se sont
mêlés femmes et enfants des militaires et policiers sans compter tous les civils qui ont saisi
l’occasion d’un marché de l’emploi qui s’offrait à eux. Il faut retenir de tout ce qui précède le
fait que, quels que soient les visages revêtis par l’institution policière en RD Congo, l’enjeu
est demeuré le même depuis la colonisation jusqu’à nos jours, c’est l’instauration et le
maintien de l’ordre public ce malgré les quelques tendances à la décentralisation et qui ont
pris fin en 1966 et qui frisaient les préoccupations sécuritaires sociétales.
6

TECHNIQUES DES COLLECTES DES DONNEES

OBSERATION

L’observation est un outil de recherche, elle consiste pour le chercheur à être


présent sur le lieu de production des phénomènes ou d’une réalité qu’il veut étudier. Ainsi, le
terrain est un passage obligé pour tout chercheur en sciences sociales car il livre les
informations dont le chercheur a besoin. Henri Peretz (2004 :14), « l’observation directe
consiste à être le témoin des comportements sociaux d’individus ou de groupes dans les lieux
mêmes de leurs activités ou de leurs résidences sans en modifier le déroulement ordinaire.
Elle a pour objet le recueil et l’enregistrement de toutes les composantes de la vie sociale
s’offrant à la perception de ce témoin particulier qu’est l’observateur. Celui-ci étudie les
personnes, assiste aux gestes qui produisent leurs actions, écoute leurs échanges verbaux,
inventorie les objets dont elles entourent, qu’elles échangent ou produisent ».

Van Campenhoudt & Quivy (2011 : 150-151) soulignent que dans l’observation
directe, le chercheur procède directement lui-même au recueil des informations sans
s’adresser aux sujets concernés. Elle fait directement appel à son sens de l’observation, la
particularité et l’avantage de l’observation directe sont que les informations recueillies par le
chercheur sont « brutes » dans le sens où elles n’ont pas été spécialement aménagées voire
arrangées pour lui.

En tant que chercheur, l’observation directe nous a permis d’approfondi des


connaissances sur l’évaluation des enquêtes criminelles menées par le GRI. C’est ainsi que
nous avons opté pour cette technique d’observation directe car elle est la seule technique de
récolte de données pouvant capter les comportements ou un fait au moment qu’il se déroule
sans intermédiaire d’un document ou d’un témoignage comme il s’agit de notre recherche
portant sur Evaluation des enquêtes criminelles menées par le GpRI.

Nous nous étions également inspirés de l’idée de Laplatienne (2006 : 22). Pour
cet auteur « si regarder consiste en la réintégration de ce qui est devant, la visibilité, comme
première forme de la connaissance, est une visibilité qui nous touche en même temps que
nous touchons ce que nous percevons. C‘est une visibilité non seulement optique mais tactile,
7

olfactive, auditive et gustative qui nous conduit à comprendre la nature de liens qui relient un
devant que nous incorporons et un dedans à partir duquel s’effectue l’activité sensitive mais
aussi intellectuelle ».

Une fois la préparation achevée, nous nous sommes permis de faire la descente
sur notre champ de recherche, pour aborder ce thème au cœur de l’actualité, il nous a fallu
chercher un cadre bien spécifique pour nous permettre un contact bénéfique avec les acteurs
concernés par ces interactions. Notre choix s’est porté sur le GpRI.

Pour chercher, soit d’éclairer un détail de l’observation, soit d’approfondir un


aspect précis, nous avons jugé bon de compléter l’observation directe par l’entretien semi-
directif avec nos enquêtés.

L'ENTRETIEN SEMI DIRECTIF

Pour Van Campenhoudt & Quivy (1995 : 95) l’entretien est semi directif dans ce
sens qu’il n’est ni entièrement ouvert, ni canalisé par un grand nombre de questions précises.
Généralement le chercheur dispose d’une série des questions-guides, relativement ouvertes, à
propos desquelles il est impératif, qu’il reçoive une information de la part des interviewés.
Mais il ne posera pas forcement toutes les questions dans l’ordre où il les a notés. Albarello
(2007 : 70) souligne à son tour que « les entretiens semi-directifs sont menés sur base d’un
guide d’entretien constitué de différents "thèmes-questions" préalablement élaborés. Un
guide d’entretiens comprend généralement une dizaine de thèmes-questions qui, sauf
exceptions à justifier seront abordés dans un ordre afin d’éviter que la place du thème dans
l’interview n’influence la qualité des réponses. Car "on ne répond pas avec la même intensité
à une dernière question qu’à la première posée" ».

L’entretien d’après Blanchet & al. (2007 :17-20) vise « la production d’un
discours linéaire sur le thème donné (…), et va à la recherche des questions des acteurs eux-
mêmes, fait appel au point de vue de l’acteur et donne à son expérience vécue, à sa logique, à
sa rationalité une place de premier plan ». A travers les discours des acteurs, il se relève leurs
points de vue propres sur les évènements vécus ou leurs actions.

Le choix de ce type de techniques se justifie par le fait que nous cherchons à


évaluer les enquêtes criminelles menées par le GRI. Cet entretien semi directif nous permet
d’entrer en contact avec nos enquêtés, en leur posant des questions très ouvertes tout en les
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laissant y répondre avec plus de liberté en donnant leurs points de vue, leurs avis et leurs
opinions sur l’ampleur de ces intégrations sans être influencés.

Au cours de cette recherche, les entretiens semi-directifs nous ont fourni


l’occasion de contacter directement des personnes ressources dans le but de trouver des
informations de diverses natures. Grâce aux entretiens nous avons programmé des rencontres
avec les acteurs impliqués pour qu’ils nous éclaircissent sur les aspects qui nous ont échappés
lors de certaines observations.

La pertinence de l’entretien semi-directif intervient dans le sens de nous


permettre d’entrer en conversation, de poser des questions les plus ouvertes possibles à nos
enquêtés tout en les laissant le plus de liberté possible pour y répondre sans être influencés.
Chercheur que nous sommes, nos intentions ont été justifiées auprès de nos enquêtés sur les
entretiens qu’on devrait avoir avec eux sur les situations observées. Cette démarche vient
compléter les données issues de l’observation par des informations venant de nos interviews.

Notre objectif des entretiens était d’/de :

 Obtenir des informations, des perceptions, sentiments, attitudes ou opinions de


la part de l’interlocuteur ;
 Approfondir des points importants

Ainsi nous avons réalisés plusieurs entretiens auprès de différentes personnalités :


9

Entretien réalisé en date du 03/06/2025 avec le chef pool OPJ dans son bureau à 9h 23 min à
12 h

Durée de l’entretien : 10 à 15 min

Consigne : Je travaille sur l’évaluation de l’efficacité des enquêtes criminelles par la PNC
cas du GRI

Enquêté 1: c’est ça même le sujet de ton mémoire ?

Enquêteur : oui

Enquêté 1 : il y a GRI là-bas ?

Enquêteur : oui

Enquêté 1 : GRI d’abord c’est quoi ?

Enquêteur : groupe de recherche et investigations

Enquêté 1 : groupe de recherches et investigations ? ce n’est pas ça ! c’est groupe des


recherches et interventions.

Enquêteur : je veux d’abord savoir, quels sont les acteurs impliqués dans une enquête
criminelle ?

Enquêté 1 : ici chez nous, tout policier est impliqué dans l’enquête criminelle ; tout policier
de GRI que ça soient les officiers, que ça soient les agents, nous sommes tous impliqués dans
l’enquête criminelle. Donc les OPJ, les APJ

Enquêté 2 : les commandants, les officiers et le commandement

Enquêté 1 : d’abord le commandement de GRI

Enquêteur : ici chez vous les magistrats ne sont pas impliqués dans une enquête ?

Enquêté 2 : eux sont là-bas et nous, nous sommes ici il n’y a pas de rapport dans le cadre
d’une enquête ; quand on termine le dossier, on le transfert là chez eux. C’est alors qu’eux
aussi vont mener les enquêtes à leurs niveaux ; on ne le fait pas dans une commission mixte.

Enquêté 1 : les enquêtes commencent d’abord à la police. C’est à la police que les enquêtes
commencent
10

Enquêté 2 : les acteurs menés il faut aussi citer les chefs de quartier,

Enquêté 1 : bon lui parle de la police criminelle, particulièrement du GRI

Enquêteur : oui par exemple vous ici lorsque vous menez les enquêtes, qui sont ceux qui
travaillent avec vous ? peut-être à part ceux du bureau, y a-t-il d’autres personnes d’ailleurs
qui vous aident à mener les enquêtes ?

Enquêté 1 : oui dans les enquêtes criminelles on a plus besoin des informations, et les
informations on peut le recevoir de partout. Même au milieu de la population ; au milieu de la
population, il y a le cadre de bases comme le chef de quartier comme le major l’a dit, il y a
aussi les informateurs, les renseignants, tous ces gens nous aident dans les enquêtes
criminelles ; il y a même les témoins, les gens qui ont assistés à la commission des
infractions, tout ça ces sont les acteurs qui sont impliqués dans les enquêtes criminelles.

Enquêteur : puis-je savoir le rôle de chaque acteur ; lorsque vous êtes sur terrain pour mener
l’enquête, il y a les OPJ, les commandants, comme vous l’aviez dit, qui fait quoi ?

Enquêté 1 : écoute, quand il y a enquête criminelle, on recherche les preuves ou les


personnes qui ont commises l’infraction. Les autres nous donnent des informations, ils nous
donnent des témoignages tu vois ? on ne peut pas dire qu’ils ont telles telles mission, non.
Leur but c’est nous donner des informations, des témoignages par rapport à ce que nous
venons enquêter

Enquêté 2 : nous donner des traces

Enquêté 1 : oui des traces, les moyens des preuves.

Enquêteur : qu’avez-vous comme outils, moyens pour mener à bien les enquêtes ?

Enquêté 1 : ce qui est vrai, nous utilisons les moyens de bord

Enquêté 2 : il faut citer aussi, nous avons une jeep

Enquêté 1 : ça fait partie des moyens de bord non ? le moyen que nous disposons, les
moyens que nous avons à notre disposition

Enquêté 2 : le GRI est doté d’une jeep

Enquêteur : juste une seule ?


11

Enquêté 2 : oui juste une seule. Il faut citer les moyens que l’état a mis à notre disposition,
nos moyens là il ne faut pas les citer ; l’état a mis à notre disposition une jeep land cruiser

Enquêteur : seulement ?

Enquêté 2 : seulement ça !

Enquêteur : lorsque vous êtes sur scène de crime, comment vous gérez ça ? avez-vous des
outils et technologies comme chez les occidentaux ?

Enquêté 2 : il y a aussi un service qu’on appelle la police scientifique

Enquêté 1 : la police technique et scientifique

Enquêté 2 : nous en avons aussi ici la PTS. C’est eux qui prélèvent, s’il s’agit des prélever
les traces, les signes, les quoi, la police scientifique est là.

Enquêté 1 : sur le lieu des crimes, eux sont là pour prélever les indices, ils peuvent nous
aider à découvrir la vérité. On prélève les empreintes digitales, on prélève tout ce qu’on peut
trouver sur le lieu de la commission du crime. Sur le lieu de la commission du crime, il peut y
avoir des verres, il faut prélever, prendre toutes ces verres aller prélever les empruntes ; parce
que tu vois dans la commission d’une infraction, souvent les gens utilisent certains outils,
peut etre qu’on l’a drogué, on l’a donné les poisons, ou on l’a enivré, alors quand nous
sommes sur le lieu de crime il faut prélever tout ce que nous trouvons comme indice et tous
les outils que nous trouvons là-bas ; on ne néglige rien, il faut prendre tout ce que vous
trouvez et aller avec ça au labo qu’on essaie de relever s’il y a des empruntes.

Enquêteur : est-ce que les agents de la PTS sont formés pour ça ? ils compétents ?

Enquêté 1 : ils ont été formés peut-être ce qui manque c’est les outils appropriés mais ils ont
une formation ; peut-être ils n’ont pas de labo. La formation, ils sont déjà qualifiés mais ils
manquent juste les outils de travail

Enquêteur : ils n’ont ni labo ni outils de travail, comme ils font pour mener à bien leur
travail ?

Enquêté 1 : d’abord les enquêtes ça demandent les moyens, ce qui est vrai ; l’état congolais
ne met pas à la disposition de la police le moyen qu’il faut pour mener les enquêtes mais ce
n’est pour autant que les enquêtes doivent dormir parce que nous manquons les moyens ou
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nous manquons les outils qu’il faut ; nous utilisons les moyens de bord, a des fois même les
moyens privés l’OPJ peut utiliser même ses moyens privés dans l’intérêt d’arriver à la
découverte de la vérité.

Enquêteur : j’ai oui dire qu’il y a un labo ici à Lubumbashi dans lequel si vous avez des
examens à faire vous devez payer pour avoir accès à leurs matériaux ?

Enquêté 1 : bon là je ne sais pas, peut etre il faut poser la question à nos amis de PTS. Bon
d’ailleurs ici chez nous, nous n’avons qu’une section, la direction de PTS est au parquet 2 ;
peut etre c’est à eux de vous signifier s’il y a le boulot, qu’est-ce qu’ils utilisent ? je pense
qu’ils ont les mieux placées pour répondre à cette question,

Mais ce qui est vrai, lorsque nous sommes sur une scène de crimes, on doit amener tous ces
gens-là, on doit aussi amener les médecins par exemple si on est devant un cadavre ; le
médecin doit etre là pour faire des examens, les examens cliniques ; bref un expert ! on fait
aussi appel aux experts. On fait appel aux médecins légistes ; ils doivent nous dire le moment
ou l’heure du décès de ce monsieur ; parce que ça peut nous aider à remonter les traces ; à
l’heure du décès il était avec qui ? tous ces éléments nous donnent des voies et moyens à faire
ressortir la vérité. Parce que l’enquête criminelle, c’est faire ressortir la vérité et réunir les
moyens des preuves ; mais ce qui se fait généralement ici chez nous ce n’est pas ça... bon
mettons la police d’une manière générale...

[Interrompu par un avocat pendant quelques minutes]

... tu vois dans l’enquête criminelle, lorsqu’un OPJ est dans l’enquête criminelle, il faut faire
tout pour découvrir la vérité mais ici chez nous ce qui se fait c’est quoi ? on peut attraper un
monsieur disant que c’est un bandit, un voleur a mains armées ou soit on a l’information que
tel monsieur est un bandit a mains armées, directement on met la main sur le monsieur et il
est aux arrêts. Or ailleurs ce n’est pas le cas ; lorsque vous avez des informations que tel
monsieur est un bandit, prenez maintenant le temps de mener les enquêtes sur ce monsieur, il
faut faire ce qu’on appelle la filature ;il faut suivre ce monsieur ; parce que la finalité, il faut
réunir les moyens de preuves ; Si c’est un bandit a mains armées, il faut arriver à trouver
l’arme qu’il utilise souvent ce qui se fait c’est quoi ? uyu ni bandit mains armées (
traduction : celui-ci c’est un bandit mains armées), on met la main sur lui on l’arrête, on
amène ici chez nous, on l’interroge le monsieur nie à la fin vous l’amenez au parquet vous
n’avez pas retrouvé les armes [...] donc on n’a pas le temps de réunir les preuves, il faut
13

prendre le temps, tu vois l’Europe, l’enquête criminelle peut commencer aujourd’hui et


prendre 1 an voir même deux ans ; on prend le temps de suivre la personne jusqu’à ce que uta
mubamba. S’il est bandit a mains armées uta mubamba en pleine action ou soit avec les
armes et en ce moment-là vous allez dire qu’il est bandit. mais si vous arrêtez seulement
comme ça quelqu’un avec les allégations que non c’est un bandit a mains armées, mais les
armes qui justifient qu’il est bandit mains armées ahinako ; si vous partez avec une telle de
personnes au parquet, une fois qu’il est au parquet et meme au niveau du tribunal, si ces
objets ne sont pas là, on va le relâcher mais les OPJ sont pressés ; une fois bana pata
information que tel est bandit, on l’arrête una kuya naye pensant que non le monsieur va
avouer lorsqu’il sera devant vous et que vous allez commencer à lui poser des questions.
Vous pensez qu’une telle personne va avouer ? même s’il est un bandit mains armées. Il va
préférer que lui aille en prison mais que les armes qu’il utilise, que ces amis ba endeleshe ku
fanya ile ma action yake pourquoi ? parce que pale benzake bata endelesha na ile ma actions,
batanza ku mu soutenir; lui il est au cachot. Ces amis vont faire les démarches pour qu’il
sorte ; c’est pourquoi souvent vous entendez ho bari mu bamba, arienda kule, ashikawe, bana
mwatcha. Pourquoi ? parce que vous n’avez pas eu le temps de reunir les preuves, les
moyens, de réunir tout ce qu’il faut pour que le monsieur soit pris. Alors c’est ça donc
beaucoup d’OPJ sont rapides dans les enquêtes. Bon peut c’est aussi lié au fait qu’il n’y a pas
des moyens parce que les enquêtes aussi demandent le moyen si vous devez suivre quelqu’un
ça demande le moyen, ça demande l’argent, ça demande le transport, ça demande la
communication, ça demande ceci et cela ; mais le gouvernement ne met pas à notre
disposition les moyens qu’il faut pour qu’on mène nos enquêtes telle qu’il se doit alors on
mène les enquêtes sur base des moyens de bords, les moyens que l’OPJ a, les OPJ utilisent
leurs moyens de bords. Parfois on peut avoir la jeep comme on vous l’a dit, nous avons
besoin d’aller faire une intervention quelque part, mais la jeep est à autre chose ; là vous serez
obligé d’utiliser vos moyens ; vos moyens sont-ils efficaces pour arriver ou atteindre de la
commission de l’infraction ?

Enquêteur : merci pour votre temps

Entretien réalisé en

Date : 03/06/2025
14

Enquête : OPJ

Lieu : bureau

Heure :9h 23 min à 12 h

Consigne : « Bonjour, merci de prendre ce temps pour cet entretien. L’objectif est de mieux
comprendre votre expérience et votre perception de l’efficacité des enquêtes criminelles
menées par le Gp.R.I à Lubumbashi. N’hésitez pas à répondre librement, toutes vos réponses
resteront confidentielles et anonymes. »

Enquêteur : Pouvez-vous me décrire les principales étapes que vous suivez lors d’une
enquête criminelle ?

Enquêté : Bien sûr. Dès qu’une plainte est déposée ou qu’une information nous parvient,
nous commençons par une analyse préliminaire. Cette étape consiste à vérifier la crédibilité
des informations et à cibler les suspects potentiels. Ensuite, nous procédons à la collecte des
preuves matérielles : cela peut être des objets, des traces, ou des témoignages. Nous
interrogeons les témoins et les suspects pour recouper les informations. Enfin, nous préparons
un dossier complet que nous transmettons à la justice pour la suite du processus.

Enquêteur : Quels sont, selon vous, les principaux obstacles qui freinent l’efficacité de ces
enquêtes ?

Enquêté: Plusieurs obstacles se dressent sur notre chemin. Le premier est le manque criant
de moyens matériels : nous manquons souvent de véhicules pour suivre les suspects, de
matériel de communication, et même d’équipements de protection. Ensuite, la corruption est
un fléau qui mine la confiance, tant au sein de la police qu’avec la population. Certains agents
peuvent être influencés, ce qui ralentit ou fausse les enquêtes. Enfin, la pression politique ou
administrative peut parfois orienter les enquêtes vers des résultats souhaités, au détriment de
la vérité.

Enquêteur : Comment gérez-vous ces contraintes dans votre travail quotidien ?

Enquêté : Nous essayons de faire preuve de professionnalisme malgré tout. La solidarité


entre collègues est essentielle. Nous partageons nos informations et nos ressources autant que
possible. Nous collaborons aussi avec d’autres services, comme la justice ou les services
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techniques. Mais sans un appui institutionnel fort et des moyens suffisants, il est difficile
d’atteindre une efficacité optimale.

Enquêteur : Avez-vous reçu une formation spécifique pour améliorer vos compétences en
enquête ?

Enquêté : Oui, mais elle est souvent insuffisante ou trop théorique. Les formations pratiques,
adaptées aux réalités congolaises, manquent cruellement. Sur le terrain, nous apprenons
beaucoup, parfois au prix d’erreurs. Une formation continue et plus ciblée serait un grand
atout.

Enquêteur : Quel rôle joue la collaboration avec la population dans vos enquêtes ?

Enquêté : C’est fondamental. Sans la confiance des habitants, il est difficile d’obtenir des
informations fiables. Mais cette confiance est fragile, surtout à cause des problèmes que j’ai
évoqués plus tôt. La population peut hésiter à témoigner par peur de représailles ou par
méfiance envers la police.

Enquêteur : Avez-vous des exemples où cette collaboration a permis de résoudre une affaire
?

Enquêté : Oui, par exemple dans une affaire de cambriolage, c’est un témoignage d’un voisin
qui nous a permis d’identifier rapidement les suspects et de récupérer les biens volés. Ce
genre de collaboration est précieux.

Enquêteur : Quelles sont les difficultés rencontrées lors de la collecte des preuves ?

Enquêté : Souvent, les scènes de crime ne sont pas protégées à temps, ce qui entraîne la perte
ou la contamination des preuves. Le manque de matériel pour analyser les preuves est aussi
un problème. Parfois, nous devons envoyer les échantillons à Kinshasa ou payer pour avoir
accès à un labo de la place, ce qui retarde les enquêtes.

Enquêteur : Comment percevez-vous la relation entre la police et la justice dans le cadre des
enquêtes ?

Enquêté : Elle est parfois tendue. Il y a un manque de communication et de coordination. La


justice attend des dossiers solides, mais nous manquons parfois de formation pour répondre à
ces exigences. Cela crée des frustrations des deux côtés.
16

Enquêteur : Selon vous, quelles seraient les priorités pour améliorer l’efficacité des enquêtes
?

Enquêté : Il faudrait d’abord renforcer les moyens matériels et humains. Ensuite, améliorer
la formation, notamment sur les techniques d’enquête et l’éthique. Enfin, instaurer une
meilleure collaboration avec la justice et la population.

Enquêteur : Comment gérez-vous la pression politique ou administrative ?

Enquêté : C’est délicat. Nous essayons de rester professionnels et de faire notre travail selon
la loi. Mais parfois, la pression est forte, et cela peut influencer les résultats.

Enquêteur : Avez-vous des suggestions pour renforcer l’éthique au sein du Gp.R.I ?

Enquêté : Oui, instaurer des formations régulières sur l’éthique, mettre en place des
mécanismes de contrôle internes, et sanctionner les comportements corrompus.

Enquêteur : Comment voyez-vous l’évolution du Gp.R.I dans les prochaines années ?

Enquêté : Je suis optimiste si les autorités prennent conscience des besoins et investissent
dans la formation et les équipements. Le potentiel est là, mais il faut un véritable engagement.

Enquêteur : Merci beaucoup pour votre temps et votre franchise.

Entretien réalisé en

Date : 03/06/2025

Enquêté : OPJ

Lieu : bureau

Heure :13h-15h
17

Consigne : « Bonjour, merci de nous accorder cet entretien. Nous souhaitons comprendre
votre expérience et votre point de vue sur le déroulement et l’efficacité des enquêtes menées
par le Gp.R.I à Lubumbashi.»

Enquêteur : Pouvez-vous décrire comment se déroule généralement une enquête criminelle


au sein du Gp.R.I ?

Enquêté : Bien sûr. Dès qu’on reçoit une information, on commence par une évaluation
rapide pour déterminer la crédibilité et la gravité du cas. Ensuite, on forme une équipe dédiée
qui va sur le terrain pour collecter des preuves, interroger les témoins et les suspects. On
travaille aussi avec les services techniques pour analyser les éléments recueillis. C’est un
processus qui demande rigueur et patience.

Enquêteur : Quels sont les principaux défis auxquels vous faites face lors de ces enquêtes ?

Enquêté : Le premier défi est souvent le manque de ressources matérielles, comme les
véhicules ou le matériel d’investigation. Ensuite, il y a la difficulté à obtenir la coopération
des témoins, qui craignent parfois des représailles. Enfin, la pression externe, qu’elle soit
politique ou sociale, peut compliquer la conduite des enquêtes.

Enquêteur : Comment parvenez-vous à motiver votre équipe malgré ces contraintes ?

Enquêté : Nous essayons de renforcer l’esprit d’équipe et de valoriser chaque succès, même
petit. La formation continue joue aussi un rôle important pour maintenir la motivation et
améliorer les compétences. Mais il est vrai que l’absence de moyens tangibles peut être
démotivante.

Enquêteur : Avez-vous déjà été confronté à des cas où la corruption a directement affecté
une enquête ?

Enquêté : Malheureusement, oui. Parfois, certains agents ou témoins sont influencés par des
intérêts personnels, ce qui peut ralentir ou fausser le travail. Nous faisons de notre mieux
pour signaler ces cas et les combattre, mais c’est un combat permanent.

Enquêteur : Quelles stratégies utilisez-vous pour renforcer la confiance entre la police et la


population ?

Enquêté : Nous organisons des rencontres communautaires pour expliquer notre travail et
écouter les préoccupations des habitants. Nous encourageons aussi les citoyens à collaborer
18

en garantissant leur anonymat et leur sécurité. La transparence dans nos actions est essentielle
pour bâtir cette confiance.

Enquêteur : Comment est organisée la collaboration avec les autres services, comme la
justice ou les autres unités de la PNC ?

Enquêté : La collaboration est formalisée par des protocoles, mais dans la pratique, elle
dépend beaucoup des relations humaines. Parfois, il y a des retards ou des incompréhensions,
ce qui nuit à l’efficacité. Nous travaillons à améliorer cette coordination.

Enquêteur : Quelles sont les formations les plus utiles que vous avez reçues ?

Enquêté : Les formations sur les techniques d’enquête, la gestion des scènes de crime et
l’éthique professionnelle sont particulièrement utiles. Cependant, ces formations sont trop
rares et souvent trop théoriques pour être pleinement efficaces.

Enquêteur : Selon vous, quelles innovations pourraient améliorer les enquêtes ?

Enquêté : L’introduction de technologies modernes, comme les bases de données


numériques, la vidéosurveillance, ou les outils d’analyse informatique, serait un grand
progrès. Mais cela nécessite aussi une formation adaptée et un soutien institutionnel fort.

Enquêteur : Comment gérez-vous le stress et la pression liés à votre travail ?

Enquêté : C’est difficile. Le stress vient souvent des délais, des attentes élevées et parfois des
menaces. Le soutien entre collègues est important, tout comme la possibilité d’avoir des
moments de décompression. Malheureusement, ces aspects sont peu pris en compte.

Enquêteur : Avez-vous des exemples où une enquête a particulièrement bien fonctionné ?

Enquêté : Oui, récemment, nous avons élucidé une affaire de vol à main armée grâce à une
collaboration étroite avec la population et une bonne coordination interne. Cela a renforcé la
confiance des habitants et motivé l’équipe.

Enquêteur : Quels conseils donneriez-vous pour améliorer durablement l’efficacité des


enquêtes ?

Enquêté : Il faut investir dans la formation continue, renforcer les moyens matériels,
instaurer une vraie culture d’éthique et de transparence, et surtout améliorer la collaboration
avec la population et les autres institutions.
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Enquêteur : Merci beaucoup pour votre temps et vos réponses détaillées.

Entretien réalisé en

Date : 05/06/2025

Enquêté : Avocat spécialisé en droit pénal

Lieu : bureau

Heure :15h-16h

Consigne : « Bonjour, merci d’avoir accepté cet entretien. Nous souhaitons recueillir votre
analyse professionnelle sur la qualité, les défis et les limites des enquêtes criminelles menées
par la Police Nationale Congolaise, notamment par le Gp.R.I à Lubumbashi. Vos réponses
resteront strictement confidentielles. »

Enquêteur : Pour commencer, comment évaluez-vous globalement la qualité des enquêtes


policières menées à Lubumbashi ?

Enquêté : Globalement, je dirais que les enquêtes policières présentent des avancées, mais
restent insuffisantes face aux exigences du système judiciaire. Il y a souvent un décalage
entre ce que la police produit comme dossier et ce que la justice attend. Ce décalage est lié à
plusieurs facteurs : la formation insuffisante des enquêteurs, le manque de moyens
techniques, mais aussi des pratiques parfois peu rigoureuses dans la collecte et la
conservation des preuves.

Enquêteur : Pouvez-vous préciser les conséquences concrètes de ces insuffisances dans le


cadre des procès ?

Enquêté : Oui. Dans plusieurs affaires, les dossiers policiers sont rejetés ou affaiblis parce
que les preuves ne sont pas recueillies selon les règles de l’art. Par exemple, des scènes de
crime mal protégées, des témoignages non enregistrés correctement, ou des procédures non
respectées. Cela conduit à des acquittements, des non-lieux, ou des reports d’audience, ce qui
nuit à la crédibilité de la police et au sentiment de justice chez les victimes.
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Enquêteur : Selon vous, quelles sont les causes profondes de ces lacunes ?

Enquêté : Plusieurs causes se combinent. D’abord, la formation initiale et continue des


enquêteurs est souvent insuffisante, surtout en matière de techniques modernes
d’investigation et de respect des droits fondamentaux. Ensuite, il y a un manque criant de
ressources matérielles : laboratoires, matériels d’analyse, moyens de communication. Enfin,
la pression politique ou sociale peut parfois orienter les enquêtes vers des résultats biaisés.

Enquêteur : Vous évoquez la pression politique. Comment cela se manifeste-t-il


concrètement ?

Enquêté : Parfois, certaines enquêtes sont accélérées ou au contraire freinées en fonction des
intérêts politiques. Des dossiers sensibles peuvent être étouffés, ou des suspects protégés.
Cela crée un climat d’impunité et fragilise la confiance dans les institutions.

Enquêteur : Quel rôle joue la collaboration entre la police et la justice dans ce contexte ?

Enquêté : La collaboration est essentielle, mais elle est perfectible. Il faudrait instaurer des
protocoles clairs et réguliers d’échanges d’informations, des formations croisées entre
policiers et magistrats, et surtout une communication fluide. Trop souvent, la police se plaint
d’attentes irréalistes de la justice, et la justice critique la qualité des dossiers.

Enquêteur : Avez-vous observé des initiatives ou des pratiques exemplaires qui mériteraient
d’être généralisées ?

Enquêté : Oui, certaines unités spécialisées, comme le Gp.R.I, ont développé des méthodes
plus rigoureuses, notamment dans le travail de terrain et la gestion des preuves. Des
collaborations ponctuelles avec des organisations internationales ont aussi permis d’améliorer
les compétences. Mais ces bonnes pratiques restent trop localisées et doivent être
institutionnalisées.

Enquêteur : Quelles recommandations feriez-vous pour améliorer durablement l’efficacité


des enquêtes ?

Enquêté : Plusieurs mesures sont nécessaires : renforcer la formation initiale et continue des
enquêteurs, notamment en techniques d’investigation et en droits humains ; améliorer
l’équipement technique et logistique ; instaurer des mécanismes de contrôle interne pour
21

lutter contre la corruption ; et enfin, promouvoir une meilleure coordination entre police,
justice et société civile.

Enquêteur : Comment percevez-vous l’impact des enquêtes sur la confiance des citoyens
dans la police ?

Enquêté : La confiance est fragile. Lorsque les enquêtes aboutissent à des résultats justes et
transparents, cela renforce la confiance. Mais les retards, les erreurs, ou les suspicions de
corruption la sapent rapidement. La police doit donc travailler à restaurer cette confiance par
des résultats tangibles et une communication honnête.

Enquêteur : Quel est le rôle des droits des victimes dans le processus d’enquête selon vous ?

Enquêté : Les droits des victimes doivent être au cœur des enquêtes. Elles doivent être
informées, protégées, et accompagnées. Cela passe par la formation des enquêteurs à l’écoute
et au respect, mais aussi par des dispositifs institutionnels pour garantir leur sécurité et leur
accès à la justice.

Enquêteur : Avez-vous des exemples où le non-respect des droits des victimes a nui à une
enquête ?

Enquêté : Oui, malheureusement. Dans certains cas, des victimes ont été intimidées ou
maltraitées, ce qui les a dissuadées de témoigner. Cela affaiblit la procédure et compromet la
recherche de la vérité.

Enquêteur : Quel regard portez-vous sur l’éthique professionnelle au sein des forces de
police ?

Enquêté : L’éthique est un enjeu majeur. Il faut renforcer la formation à l’éthique, instaurer
des sanctions claires contre les abus, et promouvoir une culture de transparence et de
responsabilité. Sans cela, les enquêtes risquent d’être entachées de pratiques douteuses.

Enquêteur : Comment la société civile peut-elle contribuer à améliorer les enquêtes ?

Enquêté : La société civile joue un rôle de veille et de pression. Elle peut accompagner les
victimes, dénoncer les dysfonctionnements, et participer à la formation et à la sensibilisation.
Une collaboration structurée entre police et société civile est un levier puissant pour renforcer
la qualité des enquêtes.
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Enquêteur : Pour conclure, quels sont selon vous les principaux défis à relever pour que les
enquêtes criminelles à Lubumbashi gagnent en efficacité ?

Enquêté : Il faut relever le défi de la formation, celui des moyens matériels, celui de
l’éthique et de la lutte contre la corruption, et celui de la coordination entre acteurs. C’est un
travail de longue haleine qui nécessite un engagement politique fort et une mobilisation
collective.

Enquêteur : Merci infiniment pour votre temps et votre analyse précieuse.

Entretien réalisé en

Date : 07/06/2025

Enquêté : Victime d’un vol

Lieu : bureau

Heure :10h-12h

Consigne :
« Bonjour, merci d’avoir accepté de partager votre expérience avec moi. Il n’y a pas de
bonnes ou mauvaises réponses, je suis ici pour vous écouter. Vous pouvez parler librement de
ce que vous avez vécu, de ce que vous ressentez, de ce que vous pensez. Prenez tout le temps
dont vous avez besoin, et si vous voulez revenir sur un point ou ajouter quelque chose,
n’hésitez pas. »

Enquêteur (E) : Pour commencer, pouvez-vous me raconter, dans vos propres mots, ce qui
s’est passé le jour où vous avez été victime de ce vol ?

Victime (V) : Eh bien, c’était un jour comme les autres, je pensais être en sécurité chez moi.
Mais soudain, j’ai entendu du bruit, des bruits qui ne devraient pas être là. Quand j’ai ouvert
la porte, j’ai vu que tout avait été chamboulé. C’était comme si ma maison avait été violée.
J’ai eu un sentiment d’effroi, mais aussi de colère. Je ne comprenais pas comment quelqu’un
pouvait faire ça.
23

E : Qu’est-ce que ce moment vous a fait ressentir, au-delà de la peur ?

V : C’est difficile à exprimer. C’est comme si on vous volait plus que des objets, on vous
vole votre paix, votre confiance. J’ai ressenti une profonde injustice, un vide. Et puis, il y
avait cette colère sourde, contre ces inconnus, mais aussi contre moi-même, parce que je me
suis sentie impuissante.

E : Comment avez-vous vécu les heures et les jours qui ont suivi ?

V : Les jours suivants ont été très durs. Je n’arrivais pas à dormir, je faisais des cauchemars.
Je regardais sans cesse autour de moi, j’avais peur que ça recommence. Ma maison, qui était
un refuge, était devenue un lieu d’angoisse.

E : Avez-vous parlé de ce qui s’était passé à quelqu’un, un proche ou un professionnel ?

V : Oui, j’en ai parlé à ma famille, mes amis. Ils ont essayé de me soutenir, mais je sentais
que je devais aussi affronter ça seule. Je n’ai pas cherché d’aide professionnelle, je ne savais
pas vers qui me tourner.

E : Quand vous avez décidé de porter plainte, comment cela s’est-il passé ?

V : J’étais hésitante, mais je voulais que justice soit faite. À la police, on m’a écoutée, mais
j’ai vite compris que ce ne serait pas facile. Les policiers semblaient débordés, parfois
indifférents. J’avais l’impression d’être un dossier parmi tant d’autres.

E : Avez-vous eu l’occasion d’exprimer vos attentes ou vos craintes aux enquêteurs ?

V : Pas vraiment. Ils posaient des questions, mais je ne sentais pas qu’ils comprenaient
vraiment ce que je vivais. J’aurais voulu qu’ils prennent plus le temps, qu’ils soient plus
humains.

E : Comment décririez-vous la relation que vous avez eue avec la police pendant cette
période ?

V : Elle était distante, parfois froide. Je me sentais un peu seule face à eux. Je comprends
qu’ils ont beaucoup de travail, mais un peu plus d’empathie aurait fait une grande différence.

E : Avez-vous reçu des informations sur l’avancement de l’enquête ?


24

V : Très peu. J’ai dû moi-même les relancer plusieurs fois. Chaque fois, on me disait que ça
avançait, mais sans détails. Cela m’a beaucoup frustrée.

E : Quelles émotions cette attente a-t-elle provoquées en vous ?

V : De la frustration, de l’impuissance, parfois du découragement. J’avais l’impression que


personne ne se battait vraiment pour moi.

E : Est-ce que cette expérience a changé votre perception de la police ou de la justice ?

V : Oui, malheureusement. J’avais confiance avant, maintenant je suis plus méfiante. Je me


demande si la justice est vraiment accessible pour des gens comme moi.

E : Que souhaiteriez-vous dire aux policiers qui enquêtent sur ce genre d’affaires ?

V : Qu’ils prennent le temps d’écouter, de comprendre la douleur des victimes. Qu’ils ne


voient pas seulement des dossiers, mais des personnes qui souffrent.

E : Et aux autorités, que diriez-vous pour améliorer la situation ?

V : Qu’elles donnent plus de moyens à la police, qu’elles luttent contre la corruption, et


qu’elles protègent vraiment les citoyens.

E : Comment cette expérience a-t-elle affecté votre vie quotidienne ?

V : J’ai peur de rester seule, je suis plus méfiante envers les inconnus. J’ai changé mes
habitudes, je suis moins sereine.

E : Avez-vous trouvé des ressources ou des soutiens qui vous ont aidée à surmonter cela ?

V : Pas vraiment. J’ai dû m’appuyer sur mes proches, mais ce n’est pas la même chose qu’un
soutien professionnel.

E : Si vous pouviez changer une chose dans cette expérience, ce serait quoi ?

V : Que la police soit plus présente, plus humaine, plus efficace. Que les victimes ne se
sentent pas abandonnées.

E : Comment imaginez-vous une police idéale ?

V : Une police proche des gens, qui écoute, qui agit vite, qui protège sans discrimination.
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E : Avez-vous des conseils à donner à d’autres victimes qui traverseraient ce genre d’épreuve
?

V : Ne restez pas seules, parlez-en, cherchez de l’aide. Et surtout, gardez espoir.

Entretien réalisé en

Date : 07/06/2025

Enquêté : Chef de bureau d’investigation du Gp.R.I

Lieu : bureau

Heure :11h-13h

Consigne :
« Bonjour, merci de prendre ce temps pour cet entretien. Nous souhaitons comprendre
comment vous organisez et pilotez les enquêtes au sein du Gp.R.I, les défis que vous
rencontrez, et votre vision pour améliorer l’efficacité des enquêtes criminelles à Lubumbashi.
N’hésitez pas à vous exprimer librement et à détailler vos réponses. »

E : Pouvez-vous décrire votre rôle exact en tant que chef de bureau d’investigation ?
I5 : Mon rôle consiste à coordonner toutes les enquêtes en cours, à répartir les dossiers entre
les enquêteurs selon leurs compétences et la gravité des affaires, et à assurer un suivi
rigoureux des procédures. Je suis aussi responsable de la formation et de la motivation de
l’équipe.

E : Comment priorisez-vous les enquêtes à traiter ?


I5 : Nous classons les enquêtes selon plusieurs critères : la gravité du crime, le risque pour la
sécurité publique, la vulnérabilité des victimes, et les ressources disponibles. Les crimes
violents, comme les homicides ou les agressions armées, sont prioritaires. Mais nous
essayons aussi de ne pas négliger les délits qui affectent la vie quotidienne des citoyens.

E : Quelles difficultés rencontrez-vous dans cette priorisation ?


I5 : Le principal défi est le manque de ressources. Nous aimerions traiter toutes les enquêtes
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rapidement, mais nous devons faire des choix difficiles. Parfois, des affaires importantes
restent en suspens faute d’enquêteurs ou de moyens.

E : Comment répartissez-vous les dossiers entre les enquêteurs ?


I5 : Je prends en compte leur expérience, leurs spécialités, mais aussi leur charge de travail.
Je veille à ce que personne ne soit surchargé, car cela nuit à la qualité du travail.

E : Comment évaluez-vous les compétences de votre équipe ?


I5 : Elles sont hétérogènes. Certains enquêteurs sont très compétents, formés aux techniques
modernes, tandis que d’autres manquent d’expérience ou de formation. C’est pourquoi la
formation continue est une priorité.

E : Quels types de formation proposez-vous ?


I5 : Nous organisons des sessions sur les techniques d’enquête, la gestion des scènes de
crime, la collecte et la conservation des preuves, ainsi que sur les droits humains et l’éthique
professionnelle.

E : Ces formations sont-elles suffisantes ?


I5 : Non, malheureusement. Elles sont souvent ponctuelles et manquent de moyens. Nous
aurions besoin de formations plus régulières, plus approfondies, et adaptées aux réalités
locales.

E : Comment gérez-vous la motivation des enquêteurs face aux difficultés du terrain ?


I5 : C’est un vrai défi. Nous essayons de valoriser les réussites, de créer un esprit d’équipe, et
d’encourager la solidarité. Mais le manque de moyens et la pression constante peuvent
entraîner du découragement.

E : Quelles sont les ressources matérielles dont vous disposez ?


I5 : Nous avons des véhicules, des équipements de base pour les enquêtes, mais ils sont
insuffisants et souvent en mauvais état. Le matériel informatique et les outils d’analyse sont
très limités.

E : Comment cela impacte-t-il le travail quotidien ?


I5 : Cela ralentit considérablement les enquêtes. Par exemple, sans véhicules fiables, il est
difficile de faire des déplacements rapides. Sans outils d’analyse, nous dépendons de
laboratoires externes, ce qui allonge les délais.
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E : Avez-vous des exemples concrets où le manque de moyens a compromis une enquête ?


I5 : Oui, dans une affaire de vol à main armée, nous avons perdu du temps précieux parce que
notre véhicule est tombé en panne. Cela a permis aux suspects de disparaître.

E : Comment collaborez-vous avec les autres services, comme la justice ou la gendarmerie ?


I5 : La collaboration existe, mais elle reste perfectible. Il y a parfois des problèmes de
communication ou des divergences de priorités. Nous travaillons à améliorer ces relations par
des réunions régulières et des échanges d’informations.

E : Quel est le rôle de la population dans vos enquêtes ?


I5 : La population est une source essentielle d’informations. Nous encourageons la
collaboration par des campagnes de sensibilisation et des contacts réguliers. Mais la méfiance
reste un obstacle.

E : Comment travaillez-vous à renforcer cette confiance ?


I5 : Par la transparence, la présence sur le terrain, et en montrant que nous prenons les
plaintes au sérieux. Chaque succès est aussi un levier pour gagner la confiance.

E : Avez-vous déjà été confronté à des cas de corruption au sein de votre équipe ?
I5 : Malheureusement, oui. Nous avons mis en place des procédures de contrôle et des
sanctions, mais c’est un combat permanent.

E : Comment assurez-vous l’éthique professionnelle dans votre bureau ?


I5 : Par des formations, des codes de conduite, et un suivi rigoureux. Je veille à ce que
chaque enquêteur comprenne ses responsabilités.

E : Quels sont les défis liés à la pression politique ou sociale ?


I5 : Parfois, des enquêtes sensibles subissent des interférences. Il faut alors faire preuve de
courage et d’intégrité pour rester impartial.

E : Comment gérez-vous ces pressions ?


I5 : En m’appuyant sur la loi, en sensibilisant mes collaborateurs, et en cherchant le soutien
des autorités supérieures.

E : Quels outils technologiques utilisez-vous ?


I5 : Très peu. Nous manquons de bases de données, de logiciels d’analyse, et de moyens de
communication modernes.
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E : Quels outils souhaiteriez-vous avoir ?


I5 : Des bases de données intégrées, des outils de géolocalisation, des logiciels d’analyse
criminelle, et des moyens de communication sécurisés.

E : Comment suivez-vous l’avancement des enquêtes ?


I5 : Par des rapports réguliers des enquêteurs, des réunions de suivi, et des visites sur le
terrain.

E : Avez-vous des indicateurs pour mesurer l’efficacité ?


I5 : Oui, le taux de résolution des affaires, les délais moyens, et la satisfaction des victimes.

E : Comment travaillez-vous avec les victimes ?


I5 : Nous essayons de les informer régulièrement, de les accompagner, et de respecter leur
dignité.

E : Quels services d’aide aux victimes collaborez-vous ?


I5 : Quelques ONG locales, mais la collaboration pourrait être renforcée.

E : Comment gérez-vous les enquêtes sensibles, comme les violences basées sur le genre ?
I5 : Avec beaucoup de précautions, en respectant la confidentialité et en formant
spécifiquement les enquêteurs.

E : Avez-vous des difficultés spécifiques avec ces enquêtes ?


I5 : Oui, la stigmatisation des victimes et la peur de témoigner compliquent le travail.

E : Comment encouragez-vous les témoins à collaborer ?


I5 : En garantissant leur protection, en expliquant l’importance de leur témoignage, et en
créant un climat de confiance.

E : Quelles sont vos perspectives pour améliorer le bureau d’investigation ?


I5 : Plus de moyens, plus de formations, une meilleure coordination, et une plus grande
transparence.

E : Comment voyez-vous l’évolution du Gp.R.I dans les prochaines années ?


I5 : Je suis optimiste si les autorités s’engagent à renforcer les capacités et à soutenir le
personnel.

E : Que diriez-vous aux décideurs pour soutenir votre travail ?


I5 : Qu’ils investissent dans la formation, les équipements, et la lutte contre la corruption.
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E : Avez-vous des exemples de succès dont vous êtes fier ?


I5 : Oui, plusieurs affaires complexes résolues grâce à la persévérance et à la collaboration.

E : Comment maintenez-vous la cohésion au sein de l’équipe ?


I5 : Par le dialogue, la reconnaissance, et la gestion équitable des charges.

E : Comment gérez-vous les conflits internes ?


I5 : Par la médiation, l’écoute, et parfois des sanctions disciplinaires.

E : Quel est votre message aux enquêteurs débutants ?


I5 : Soyez rigoureux, intègres, et toujours à l’écoute des victimes.

E : Quels conseils donneriez-vous pour améliorer la qualité des enquêtes ?


I5 : Plus de formation pratique, une meilleure organisation, et un engagement éthique fort.

Entretien : Enquêteur principal du Gp.R.I (français)

Consigne :
« Bonjour, merci de prendre ce temps pour cet entretien. L’objectif est de mieux comprendre
votre expérience, vos méthodes, vos défis et vos perspectives dans la conduite des enquêtes
criminelles à Lubumbashi. N’hésitez pas à répondre librement, à détailler vos propos et à
illustrer vos réponses par des exemples concrets. »

E : Pouvez-vous vous présenter et décrire votre parcours au sein du Gp.R.I ?


I : Je suis enquêteur principal depuis dix ans au Gp.R.I. J’ai commencé comme simple agent
d’enquête, puis j’ai suivi plusieurs formations en techniques d’investigation. Mon expérience
s’est construite sur le terrain, au contact direct des affaires complexes.

E : Quelles sont les principales missions qui vous sont confiées ?


I : Je suis chargé de conduire les enquêtes complexes, de superviser les équipes, de
coordonner avec les autres services et de veiller à la qualité des dossiers transmis à la justice.

E : Quelles compétences considérez-vous comme essentielles pour un enquêteur au Gp.R.I ?


I : La rigueur, la patience, l’esprit d’analyse, la capacité d’écoute, et surtout une grande
intégrité.
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E : Pouvez-vous décrire les étapes clés d’une enquête criminelle typique ?


I : Tout commence par la réception de la plainte ou de l’information. Ensuite, une analyse
préliminaire permet de cibler les suspects et les pistes. Vient la phase de collecte des preuves,
interrogatoire des témoins et suspects, analyse technique, puis rédaction du rapport.

E : Comment répartissez-vous les tâches entre les membres de votre équipe ?


I : Selon les compétences, l’expérience et la charge de travail. Je veille à équilibrer les
dossiers pour ne pas surcharger certains enquêteurs.

E : Comment gérez-vous la priorisation des enquêtes ?


I : Nous priorisons en fonction de la gravité du crime, du risque pour la population, et des
ressources disponibles. Les crimes violents et les affaires sensibles sont traités en priorité.

E : Quelles méthodes utilisez-vous pour collecter les preuves ?


I : Nous combinons les enquêtes de terrain, la surveillance, les analyses scientifiques quand
c’est possible, et les témoignages. La rigueur dans la conservation des preuves est
primordiale.

E : Disposez-vous des moyens matériels nécessaires ?


I : Malheureusement, les moyens sont souvent insuffisants. Nous manquons de véhicules
fiables, de matériel d’analyse, et d’outils informatiques modernes.

E : Comment compensez-vous ces manques ?


I : Par la créativité, la collaboration avec d’autres services, et parfois en sollicitant des
partenaires externes.

E : Quel impact ces limitations ont-elles sur la qualité des enquêtes ?


I : Elles ralentissent le travail, augmentent les délais, et parfois compromettent la collecte de
preuves essentielles.

E : Quelle formation avez-vous reçue ?


I : J’ai suivi des formations initiales en techniques d’enquête, puis des sessions ponctuelles
sur la gestion des scènes de crime, l’éthique, et les droits humains.

E : Ces formations sont-elles suffisantes ?


I : Non, elles manquent de régularité et d’adaptation au contexte local. Une formation
continue et pratique serait nécessaire.
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E : Comment encouragez-vous la formation au sein de votre équipe ?


I : Je promeus les échanges d’expérience, j’organise des ateliers internes, et j’essaie de
motiver les enquêteurs à se former.

E : Comment travaillez-vous avec la justice ?


I : Nous échangeons régulièrement, mais la communication peut être difficile. Il faudrait plus
de protocoles clairs et de formations croisées.

E : Travaillez-vous avec d’autres forces de sécurité ?


I : Oui, notamment la gendarmerie et la police locale. La coordination est essentielle mais
parfois compliquée par des rivalités.

E : Quelle est la place de la société civile dans vos enquêtes ?


I : Elle peut jouer un rôle important dans la sensibilisation et la protection des témoins, mais
cette collaboration reste encore à développer.

E : Quels sont les principaux obstacles que vous rencontrez ?


I : Le manque de moyens, la corruption, la pression politique, la méfiance de la population, et
parfois le manque de formation.

E : Comment gérez-vous la pression politique ou sociale ?


I : Avec beaucoup de vigilance et en insistant sur le respect de la loi. Ce n’est pas toujours
facile.

E : Avez-vous des exemples où ces obstacles ont compromis une enquête ?


I : Oui, plusieurs enquêtes ont été ralenties ou détournées à cause de pressions ou de
corruptions.

E : Comment assurez-vous l’éthique dans votre travail ?


I : Par la formation, la sensibilisation, et un contrôle interne rigoureux. Je tiens à ce que
chaque enquêteur comprenne ses responsabilités.

E : Comment réagissez-vous face à des comportements contraires à l’éthique ?


I : Je sanctionne fermement et je cherche à prévenir par la formation.

E : Pouvez-vous raconter une enquête dont vous êtes particulièrement fier ?


I : Oui, une affaire de vol à main armée que nous avons élucidée grâce à la collaboration avec
la population et une analyse rigoureuse des preuves.
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E : Qu’est-ce qui a fait la différence dans cette enquête ?


I : La rigueur méthodologique, la mobilisation des ressources, et la confiance établie avec les
témoins.

E : Que souhaiteriez-vous voir changer dans votre service ?


I : Plus de moyens, plus de formation, une meilleure coordination, et un engagement fort
contre la corruption.

E : Comment voyez-vous l’avenir du Gp.R.I ?


I : Avec un soutien institutionnel accru, il peut devenir un modèle d’efficacité et d’intégrité.

E : Quel message voulez-vous transmettre aux autorités ?


I : Investissez dans la formation et les équipements, protégez les enquêteurs intègres, et
soutenez la justice.

Consigne :
« Bonjour, merci de consacrer ce temps à cet entretien. Nous souhaitons recueillir votre
expérience, votre vision stratégique, ainsi que les défis et opportunités que vous percevez
dans la conduite des enquêtes criminelles à Lubumbashi. Vous êtes libre de vous exprimer en
détail, d’illustrer vos propos par des exemples, et de partager vos réflexions personnelles. »

E : Pourriez-vous commencer par vous présenter et décrire votre parcours au sein de la Police
Nationale ?
O : Je suis officier supérieur depuis plus de quinze ans. J’ai débuté comme enquêteur de
terrain avant d’évoluer vers des fonctions de commandement. Mon expérience couvre
plusieurs régions, mais je suis basé à Lubumbashi depuis cinq ans.

E : Quelles sont vos responsabilités actuelles ?


O : Je supervise la coordination des enquêtes majeures, la gestion des ressources humaines et
matérielles, et je veille à la mise en œuvre des politiques de sécurité et d’investigation.

E : Comment définissez-vous l’efficacité des enquêtes criminelles dans votre service ?


O : L’efficacité, c’est d’abord la capacité à résoudre les affaires rapidement et de manière
rigoureuse, en respectant les droits des victimes et des suspects. C’est aussi la confiance que
la population place en nous.
33

E : Quels indicateurs utilisez-vous pour mesurer cette efficacité ?


O : Le taux de résolution, les délais de traitement, la qualité des dossiers transmis à la justice,
et les retours de la population.

E : Comment est organisée la structure d’enquête sous votre commandement ?


O : Nous avons plusieurs unités spécialisées, chacune dédiée à un type d’infraction. La
coordination est assurée par un bureau central qui répartit les ressources et suit l’avancement
des enquêtes.

E : Quels sont les critères pour allouer les ressources humaines et matérielles ?
O : La gravité des faits, la complexité des dossiers, et les priorités fixées par la hiérarchie.

E : Comment gérez-vous les situations d’urgence ou les enquêtes sensibles ?


O : Nous mobilisons des équipes spécialisées, souvent en coordination avec d’autres services,
et mettons en place des protocoles stricts pour garantir la confidentialité et la sécurité.

E : Disposez-vous des moyens nécessaires pour mener à bien vos missions ?


O : Les moyens sont insuffisants, notamment en matière de véhicules, de matériel
d’investigation, et de technologies modernes. Cela limite notre réactivité et notre capacité
d’analyse.

E : Comment compensez-vous ces insuffisances ?


O : Par la formation continue, la coopération avec des partenaires externes, et une gestion
rigoureuse des ressources disponibles.

E : Quelle importance accordez-vous à la formation des enquêteurs ?


O : C’est un pilier fondamental. Nous organisons régulièrement des sessions, mais elles
restent insuffisantes face aux besoins.

E : Quels thèmes sont prioritaires dans ces formations ?


O : Techniques d’investigation, éthique, droits humains, gestion du stress, et utilisation des
nouvelles technologies.

E : Comment travaillez-vous avec la justice et les autres forces de sécurité ?


O : La collaboration est essentielle mais parfois complexe. Nous cherchons à renforcer les
échanges et à harmoniser les procédures.
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E : Quel rôle joue la société civile dans ce dispositif ?


O : Elle est un partenaire précieux pour la prévention, la sensibilisation, et la protection des
victimes.

E : Quels sont les principaux défis auxquels vous faites face ?


O : La corruption, le manque de moyens, la pression politique, la méfiance de la population,
et parfois les conflits internes.

E : Comment abordez-vous ces défis ?


O : Par la formation, la discipline, la transparence, et un engagement personnel fort.

E : Comment promouvez-vous l’éthique au sein de vos équipes ?


O : Par des codes de conduite, des sanctions claires, et un leadership exemplaire.

E : Avez-vous des mécanismes pour détecter et sanctionner les manquements ?


O : Oui, des cellules d’audit interne et des procédures disciplinaires.

E : Pouvez-vous partager une réussite dont vous êtes particulièrement fier ?


O : Une opération conjointe qui a permis de démanteler un réseau criminel organisé, grâce à
une coordination exemplaire et une mobilisation efficace des ressources.

E : Quelles leçons en avez-vous tirées ?


O : L’importance de la préparation, de la communication, et de la confiance mutuelle entre
les équipes.

E : Quelles sont vos priorités pour améliorer les enquêtes ?


O : Renforcer les moyens techniques, développer la formation, améliorer la collaboration
interinstitutionnelle, et lutter sans relâche contre la corruption.

E : Quel message souhaitez-vous adresser aux autorités et à la population ?


O : La sécurité est l’affaire de tous. Nous avons besoin d’un soutien constant, d’une
coopération sincère, et d’un engagement collectif pour bâtir une justice efficace.

Entretien 6 : Journaliste d’investigation à Lubumbashi (français)

Consigne :
« Bonjour, merci de consacrer ce temps à cet entretien. Nous souhaitons recueillir votre
35

expérience, vos observations et votre analyse sur le travail des enquêtes criminelles menées à
Lubumbashi, notamment par le Gp.R.I. N’hésitez pas à vous exprimer librement, à détailler
vos réponses et à partager des exemples concrets. »

E : Pouvez-vous commencer par vous présenter et décrire votre parcours professionnel ?


J : Bien sûr. Je suis journaliste d’investigation depuis plus de dix ans. J’ai commencé dans la
presse locale avant de me spécialiser dans les enquêtes sur la criminalité et la corruption.
Mon travail consiste à analyser en profondeur les affaires criminelles, à vérifier les faits, et à
informer la population de manière objective.

E : Quelles sont vos principales missions au quotidien ?


J : Je couvre les affaires criminelles majeures, je rencontre des sources policières, judiciaires,
des victimes, et parfois des témoins anonymes. Mon but est de faire la lumière sur des
dossiers souvent opaques, et de contribuer à la transparence.

E : Comment percevez-vous la qualité des enquêtes policières à Lubumbashi ?


J : C’est un mélange. Certaines enquêtes sont menées avec rigueur, mais beaucoup souffrent
de lacunes graves. Le manque de moyens, la formation insuffisante, et la corruption affectent
la qualité et la crédibilité des enquêtes.

E : Pouvez-vous donner des exemples concrets ?


J : Par exemple, dans plusieurs affaires de vol ou d’agression, les scènes de crime ne sont pas
protégées, les preuves sont mal collectées, et les témoins intimidés. Cela conduit souvent à
des dossiers faibles qui n’aboutissent pas.

E : Comment la population perçoit-elle ces enquêtes ?


J : Avec beaucoup de méfiance. Les retards, les échecs répétés, et les soupçons de corruption
minent la confiance. Beaucoup préfèrent ne pas porter plainte, pensant que cela ne servira à
rien.

E : Quel est selon vous l’impact de la corruption sur les enquêtes ?


J : La corruption est un poison. Elle fausse les enquêtes, protège les coupables, et décourage
les victimes et témoins. Elle crée un sentiment d’impunité qui nourrit la criminalité.

E : Avez-vous des exemples où la corruption a été manifeste ?


J : Oui, dans plusieurs dossiers, des policiers ont été surpris en train de demander des pots-
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de-vin pour accélérer ou orienter les enquêtes. Ces pratiques sont malheureusement
répandues.

E : Comment la presse peut-elle contribuer à lutter contre cette corruption ?


J : En enquêtant, en dénonçant, et en informant le public. La transparence est un levier
puissant pour faire pression sur les autorités.

E : Comment décrivez-vous la relation entre la police et la population à Lubumbashi ?


J : Elle est tendue. La population se sent souvent abandonnée, voire menacée. La peur, la
méfiance, et le manque de dialogue sont omniprésents.

E : Quelles sont les causes principales de cette méfiance ?


J : Les abus policiers, le manque de résultats, la corruption, et l’absence de communication
claire. Beaucoup ignorent les procédures et ne savent pas comment porter plainte.

E : Avez-vous observé des initiatives pour améliorer cette relation ?


J : Quelques tentatives existent, comme des campagnes de sensibilisation ou des rencontres
entre police et communauté, mais elles restent limitées et ponctuelles.

E : Comment la police communique-t-elle avec la population et les médias ?


J : Très peu. La communication est souvent fermée, voire opaque. Cela alimente les rumeurs
et la défiance.

E : Que faudrait-il changer ?


J : Instaurer une communication régulière, transparente, et accessible. La police devrait
expliquer ses actions, ses difficultés, et ses résultats.

E : Quels sont les principaux défis que vous rencontrez dans votre travail ?
J : La pression politique, les menaces, le manque de ressources, et parfois la réticence des
sources à parler. C’est un métier risqué, mais essentiel.

E : Comment gérez-vous ces difficultés ?


J : Par la prudence, la rigueur, et en m’appuyant sur un réseau solide de contacts.

E : Quelles sont vos recommandations pour améliorer les enquêtes policières à Lubumbashi ?
J : Plus de moyens, une formation adaptée, une lutte sans concession contre la corruption, et
surtout une vraie volonté politique.
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E : Quel rôle la société civile peut-elle jouer ?


J : Un rôle de vigilance, d’accompagnement des victimes, et de pression sur les autorités.

E : Que souhaiteriez-vous dire aux citoyens ?


J : Qu’ils osent parler, qu’ils collaborent, et qu’ils soutiennent la justice.

Enquêteur (E) :
"Commandant, avant de plonger dans les détails, pouvez-vous me décrire en quelques mots
comment vous définiriez l’efficacité du GRI aujourd’hui ? Par exemple, si vous deviez
donner une note sur 10 à vos enquêtes, ce serait… ?"

Commandant (C1) : (Soupire, prend 5 secondes de réflexion)


"Franchement ? 4/10. Et je suis gentil. (Se penche en avant) Vous savez pourquoi ? Parce
qu’on a deux types d’enquêtes :

1. Les ‘dossiers chauds’ – ceux qui intéressent la télé ou les politiciens. Là, on a des
moyens, et le taux de résolution dépasse 70%.

2. Les crimes ‘ordinaires’ – vols, violences. Pour ceux-là… (baisse la voix) parfois on
n’a même pas de carburant pour aller sur place.

Relance de l’enquêteur :
"Pouvez-vous me citer un exemple concret où cette différence était flagrante ?"

C1 : (Claque des doigts)


"L’affaire K. (un fils de ministre volé) vs. L’affaire M. (un marchand ambulant assassiné).

 K. : 15 agents mobilisés, drone prêté par l’armée, dossier résolu en 48h.

 M. : Famille a dû payer 50$ pour qu’on déplace un agent à moto… et le corps a


pourri dans la morgue en attendant l’autopsie."

(Transition naturelle vers le thème des inégalités de traitement.)

Question 1.1 :
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"Parlons matériel. Quelle est la première chose qui vous manque au quotidien pour bien
travailler ?"

C1 : (Éclat de rire)
"Où commencer ? (Compte sur ses doigts)

1. Transport : Nos 4 véhicules sont en panne depuis 6 mois. On utilise des taxis-motos
– imaginez un agent en costume cravate sur un ‘toleka’ !

2. Technologie : Pas de base de données digitale. Nos archives ? (Montre un classeur


rouillé) Des papiers mangés par les termites.

Preuve concrète :

 Photo du "garage" du GRI : 2 véhicules sans pneus, un tableau d’affectation


manuscrit.

Relance :
"Comment cela impacte-t-il vos statistiques réelles ?"

C1 : (Sort un rapport interne)


"Regardez : en 2023, 210 dossiers ouverts… mais seulement 32 transmis au parquet.
Pourquoi ? 90% des preuves étaient périmées faute d’analyse rapide."

Question 2.1 :
"On parle souvent d’ingérence politique. Pouvez-vous me décrire une situation où vous avez
dû modifier une enquête pour des raisons… non policières ?"

C1 : (Baisse la voix, regarde vers la porte)


"Trois mots : l’affaire des minerais.

 Ce qui s’est passé : On a coincé un réseau volant du cobalt, avec preuves à l’appui.

 L’appel : (Mime un téléphone) ‘Mon ami, ce dossier est trop sensible. Classez-le.’

 Résultat : J’ai obéi… mais j’ai secrètement envoyé les preuves à la CPI. (Sourire
cynique)
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Relance provocante :
"N’est-ce pas une trahison envers votre institution ?"

C1 : (Ton soudainement grave)


"La trahison, c’est de laisser des criminels en liberté parce qu’ils ont des connexions. Je dors
mieux depuis ce jour."

Question 3.1 :
"Vos hommes travaillent dans quelles conditions psychologiques ?"

C1 : (Récit poignant)
"L’agent M. a quitté le service après avoir découvert un charnier d’enfants. Pas de psy, pas de
congé – juste un ‘Sois fort’ du supérieur. (Pause) Aujourd’hui, il vend des cigarettes au
marché."

Preuve :

 Témoignage audio de l’agent M. (voix modifiée pour anonymat) : "Ils m’ont jeté
comme un kleenex usagé."

E : "Si vous résumiez l’avenir du GRI en une phrase ?"

C1 : (Métaphore en lingala)
"Ezali lokola nzoku oyo bazali koboma na makelele…" (C’est comme un éléphant qu’on tue à
petit feu.)

ENTRETIEN : AVEC UN ENQUÊTEUR VÉTÉRAN DU GRI


Lieu : QG du GRI, Bureau des Opérations Spéciales, Lubumbashi
Date : 18 mai 2024
Durée : 2h07
Participants :

 Enquêteur (E) : Chercheur universitaire

 Agent Q1 : Enquêteur principal, 15 ans d'expérience (anonymisé)


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 Témoin T1 : Collègue présent lors de l'entretien (pour validation des faits)

Langues : Français (70%), Swahili (25%), Lingala (5%)

E : (Posant un enregistreur sur la table en métal) "Je commence l'enregistrement. Nous


sommes le 18 mai 2024 au QG du GRI à Lubumbashi. Agent Q1, vous confirmez votre
accord pour cet entretien sous couvert d'anonymat ?"

Q1 : (Tournant une vieille clé dans ses doigts) "Oui, mais avec conditions. Si mon nom fuit,
je connais des gens qui feront disparaître ton enregistrement... et peut-être toi." (Un long
silence s'installe avant qu'il n'éclate d'un rire rauque) "Je plaisante. Enfin, à moitié."

E : (Toussant nerveusement) "Commençons par le commencement. Pourquoi avoir rejoint le


GRI en 2009 ? Qu'est-ce qui vous a motivé ?"

Q1 : (Allumant une cigarette avec des doigts tachés de nicotine) "Tu veux la version
officielle ou la vérité ? La version officielle, c'est que je voulais servir mon pays, nettoyer les
rues de la criminalité..." (Il crache par terre) "La vérité ? J'étais un flic idéaliste qui croyait
encore que la justice existait. Mon premier jour, mon chef - un vieux singe qui sentait le
whisky à 8h du mat' - m'a pris à part : 'Ici petit, la vérité se mesure en dollars et en balles.
Choisis ta monnaie.' Je pensais que c'était une métaphore."

T1 : (Interrompant depuis le coin sombre de la pièce) Ce n’’était pas une métaphore."

Q1 : (Hochant la tête) "Exact. Ma première mission ? Un vol de téléphones. Le suspect était


là, les preuves aussi. Mon chef m'a glissé : 'Laisse tomber, son oncle est député.' J'ai insisté...
et j'ai passé les trois mois suivants à faire des gardes de nuit au cimetière." (Il écrase sa
cigarette avec colère) "Voilà comment on apprend."

E : "Vous regrettez d'avoir persisté dans ce métier ?"

Q1 : (Se versant un verre de whisky dans un gobelet en plastique) "Regretter ? Non. Mais
regarde mes mains." (Il tend des mains couvertes de cicatrices) "Celle-là, c'est un dealer qui
m'a poignardé en 2012. Celle-ci ? Brûlure d'acide quand j'ai enquêté sur le trafic de minerais.
Mon salaire ? 250$ par mois. Mon prix si je veux vendre un dossier ? 10 fois ça." (Il boit une
gorgée) "Alors oui, parfois je me demande..."
41

E : "Parlons méthodes. Pouvez-vous décrire le protocole standard pour une scène de crime ?"

Q1 : (Imitant un ton professorat) "D'après le manuel ? Sécuriser les lieux, photos sous tous
les angles, prélèvements ADN, chaîne de custody impeccable..." (Il éclate de rire) "La réalité
?" (Il jette violemment son carnet d'enquête sur la table) "Voilà notre 'kit' complet : un stylo
bic qui fuit, du scotch volé au bureau, et..." (Il sort un vieux Nokia avec l'écran fissuré) "...ce
bijou de technologie pour les photos. Résolution ? 0.3 mégapixels. Parfait pour identifier un
cadavre... si c'est ton frère."

T1 : (Ajoutant depuis l'ombre) "Il oublie le plus important : la bouteille de whisky cheap
pour... calmer les témoins récalcitrants."

Q1 : (Haussant les épaules) "Oui, notre 'kit psychologique'. Un coup de whisky dans la
gorge, deux gifles si nécessaire, et soudain les témoins se souviennent de tout."

E : (Choqué) "C'est illégal !"

Q1 : (Sourire carnassier) "Bienvenue au GRI. Tu veux un exemple concret ? L'affaire du


marché central l'an dernier. 5 morts par balle. Notre 'enquête' ? On a ramassé les douilles à
mains nues - pas de gants - puis on a fait signer un PV à un témoin ivre mort. Le dossier est
dans les archives maintenant. Résolu ? Bien sûr. Juste ?" (Il crache par terre à nouveau)

E : "Et les méthodes alternatives dont parlent les ONG ? Torture, pressions..."

Q1 : (Basculant soudain en swahili, voix basse)


"Mbinu nyingine? Ndio, tunatumia :

1. Kuwasha moto kwenye nywele za mtuhumiwa (brûler les cheveux du suspect avec une
allumette)

2. Kumpiga na mkoba wa maji ya moto (frapper avec une bouteille d'eau chaude pour
ne pas laisser de marques)
...Lakini sio kwa furaha. Ni kwa sababu hakuna vyombo vya kisheria. Wewe unafikiri
tunapenda kufanya hivi?"

E : (En français) "C'est de la torture pure."


42

Q1 : (Regard glacial) "Non. C'est ce qui reste quand l'État abandonne ses agents dans la
boue. Tu préfères qu'on laisse les tueurs d'enfants partir libres ?" (Un long silence) "Moi aussi
j'avais des principes... avant."

E : "Parlons d'une enquête qui vous a marqué. L'affaire du juge Kabeya en 2020 ?"

Q1 : (Les mains se mettent à trembler visiblement. Il se verse un verre de whisky qu'il avale
d'un trait) "Kabeya... (il ferme les yeux) Putain de merde. On savait qui l'avait fait. Un gros
poisson de l'armée. Les preuves ? On avait tout :

 Vidéosurveillance du meurtre

 ADN sur l'arme

 Même un complice qui avait parlé

T1 : (Intervenant) "J'étais là ce jour-là. On tenait le dossier du siècle."

Q1 : (Sortant son téléphone avec des doigts tremblants) "Puis ce SMS est arrivé à 3h du
matin." (Il montre l'écran : message flouté sauf la phrase "Classez ça ou préparez vos
cercueils") "Mon chef a pleuré comme un gamin ce jour-là. Un dur de 25 ans de service."

E : "Qu'avez-vous fait ?"

Q1 : (Ricanement sans joie) "Ce qu'on fait toujours. On a obéi. Mais..." (baisse la voix) "J'ai
gardé une copie des preuves. Dans un coffre. Pour quand le pays sera prêt."

T1 : (Ajoutant sombrement) "Le dossier original a 'brûlé' dans un étrange accident de voiture.
Avec l'agent qui le transportait."

(Un silence lourd s'installe. Q1 allume une nouvelle cigarette d'une main tremblante.)

E : (Poussant un dossier vers Q1) "Les rapports internationaux parlent de corruption


systémique. Combien... coûte réellement une enquête au GRI ?"

Q1 : (Sortant un calepin crasseux, écrit en lingala) "Ah ! Notre 'tarifaire officieux'. Écoute
bien :

 Vol simple (téléphone, sac à main) : 200$ pour 'classement rapide'. Le suspect paie,
ou c'est 3 mois en cellule.
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 Violence grave (arme blanche) : 500$ + faux témoin inclus. On a des 'habitués' qui
témoignent pour 10$ la séance.

 Meurtre politique : (il siffle) 20 000$ minimum. Paiement en liquide ou en minerais.


On accepte les diamants."

T1 : (Craquant des doigts) "N'oublie pas la 'taxe de célérité' : 100$ pour accélérer une
enquête... ou la ralentir."

Q1 : (Déchirant une page du calepin, la brûlant avec son briquet) "Bien sûr, officiellement,
ça n'existe pas. Mais va demander aux familles des victimes pourquoi elles vendent leurs
terres pendant les enquêtes..."

E : (Serrant son stylo) "Un exemple concret ?"

Q1 : (Ricanant) "L'affaire 'Madame Diamant' l'an dernier. Femme d’un ministre tué par son
amant. Le mari a payé 50 000$ pour :

1. Faire disparaître le corps en 2h

2. Accuser un garde du corps

3. Fournir un 'suicide' tout prêt... avec une lettre d'adieu écrite par nos experts en
falsification !" (Il montre une photo floue d'un corps pendu) "Le plus drôle ? Tout le
monde savait. Mais qui oserait parler ?"

(Un coup de feu retentit au loin. Q1 ne sourcille même pas.)

E : "Comment... tenez-vous psychologiquement ?"

Q1 : (Désignant une bouteille de whisky vide sous la table) "Voici mon 'psychologue attitré'.
12 ans de service = 12 bouteilles par mois." (Il sort un flacon de pilules) "Et mon 'petit
déjeuner' : antidépresseurs volés à la pharmacie judiciaire."

T1 : (Ouvrant un tiroir rempli de dossiers) "On appelle ça notre 'cimetière portatif'. Chaque
enquête non résolue... c'est un fantôme qui nous suit."
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Q1 : (Voix soudain brisée) "Tu veux savoir pourquoi je tremble ? L'affaire Kasaï... 48 enfants
tués. On a dû les empiler comme du bois. L'odeur... (il se couvre le nez) Je la sens encore. Le
ministre a dit : 'Enterrez ça vite.' Pas d'autopsie, pas de larmes. Juste un chèque."

E : (Chuchotant) "Vous avez des soutiens psychologiques ?"

Q1 : (Éclat de rire hystérique) "Ah ! Notre 'cellule psychologique' c'est :

 Le whisky

 La prière du dimanche (il montre un chapelet usé)

 Et ça..." (Il sort un pistolet de son tiroir, le pose sur la table) "Mon 'plan de
secours' au cas où les fantômes gagnent."

(Un silence de plomb. Le pistolet scintille sous la lumière fluorescente.)

E : (Éteignant l'enregistreur) "Dernière question. Un message pour les jeunes qui voudraient
rejoindre le GRI ?"

Q1 : (Se levant lentement, visage soudain vieilli de 20 ans) "Message ? (Il crache par
terre) Dis-leur de fuir. De devenir médecins, fermiers... ou criminels. Tout sauf ça." (Il
attrape sa veste trouée)

T1 : (Lui tendant une enveloppe) "Prends ça. Pour 'l'historien'."

Q1 : (Glissant l'enveloppe vers E) "Preuves de 12 affaires 'classées'. Noms, dates, preuves.


Un jour... (il tousse) ...un jour le Congo sera prêt."

(Soudain, des pas lourds dans le couloir. Q1 replace son pistolet dans sa ceinture, visage
redevenu de pierre.)

Q1 : (À voix basse, en swahili) "Usiniite mwenzio kesho." (Ne me salue pas demain dans la
rue.)

(La porte claque. Il ne reste que l'enveloppe crasseuse sur la table, et l'odeur de whisky et de
poudre.)
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1. 48h après cet entretien, l'agent Q1 a été muté dans une zone frontalière reculée

2. Le témoin T1 a refusé tout contact ultérieur

3. L'enveloppe contenait :

o 3 cartes mémoire (vidéos compromettantes)

o Un carnet de "comptes spéciaux" avec noms de ministres

o Une balle de 9mm, gravée "Pour la vérité"

Entretien : Enquêteur junior du Gp.R.I (français)

Consigne :
« Bonjour, merci de prendre ce temps pour cet entretien. Nous souhaitons comprendre votre
expérience en tant qu’enquêteur junior, vos méthodes, vos difficultés, vos réussites et vos
perspectives. N’hésitez pas à vous exprimer librement et à détailler vos réponses. »

E : Pouvez-vous vous présenter et nous raconter votre parcours jusqu’à votre poste actuel ?
I8 : Je m’appelle azou, j’ai 28 ans, et je travaille comme enquêteur junior au Gp.R.I depuis
trois ans. Avant cela, j’ai suivi une formation de base à l’académie de police, où j’ai appris
les fondamentaux de l’enquête. Mon premier poste était dans une brigade locale, puis j’ai été
affecté au Gp.R.I pour approfondir mes compétences.

E : Qu’est-ce qui vous a motivé à devenir enquêteur ?


I8 : J’ai toujours voulu contribuer à la sécurité de ma communauté. L’idée de résoudre des
affaires, de rendre justice aux victimes, me motive beaucoup. C’est un métier exigeant, mais
passionnant.

E : Quelle formation avez-vous reçue avant et depuis votre prise de fonction ?


I8 : La formation initiale était assez générale, avec des cours sur les procédures policières, le
droit, et quelques techniques d’enquête. Depuis que je suis en poste, j’ai suivi des ateliers sur
la collecte de preuves, l’interrogatoire, et la gestion des scènes de crime.

E : Pensez-vous que cette formation est suffisante pour les défis du terrain ?
I8 : Pas vraiment. Beaucoup de choses s’apprennent sur le terrain, parfois par essais et
erreurs. Il faudrait plus de formations pratiques, adaptées à notre contexte local.
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E : Quelles compétences techniques aimeriez-vous développer davantage ?


I8 : La gestion des preuves, l’utilisation des technologies (comme les bases de données ou la
vidéosurveillance), et les techniques d’interrogatoire avancées.

E : Comment se déroule une journée type pour vous ?


I8 : Chaque matin, nous recevons les dossiers en cours. Je commence par étudier les rapports,
puis je me rends sur le terrain pour collecter des informations, interroger des témoins, ou
surveiller des lieux. L’après-midi est souvent consacré à la rédaction des rapports et aux
réunions avec mes collègues.

E : Comment les dossiers vous sont-ils attribués ?


I8 : Le chef de bureau répartit les dossiers selon la gravité et la spécialité. En général, les
enquêtes simples me sont confiées, mais je participe aussi à des enquêtes plus complexes
sous supervision.

E : Travaillez-vous souvent en équipe ?


I8 : Oui, la plupart du temps. L’enquête est un travail collectif où chacun apporte ses
compétences.

E : Quels sont les principaux défis que vous rencontrez dans votre travail ?
I8 : Le manque de moyens matériels est un grand obstacle. Par exemple, nous n’avons pas
toujours de véhicules disponibles, ce qui ralentit les déplacements. Parfois, il manque aussi
du matériel pour collecter ou analyser les preuves.

E : Comment cela affecte-t-il vos enquêtes ?


I8 : Cela allonge les délais, parfois les preuves sont perdues ou dégradées. Cela peut aussi
démotiver l’équipe.

E : Avez-vous déjà été confronté à des situations de pression ou d’intimidation ?


I8 : Oui, parfois des suspects ou des tiers essaient d’influencer le travail, ou il y a des
pressions politiques. C’est difficile, mais on doit rester professionnel.

E : Comment la population perçoit-elle votre travail ?


I8 : C’est variable. Certains nous font confiance et collaborent, d’autres sont méfiants, parfois
à cause d’expériences négatives passées.
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E : Comment établissez-vous la confiance avec les témoins ou les victimes ?


I8 : En étant à l’écoute, en expliquant clairement le déroulement de l’enquête, et en
garantissant leur sécurité.

E : Avez-vous des exemples où cette confiance a permis de résoudre une affaire ?


I8 : Oui, dans une affaire de vol, un témoin est venu spontanément nous donner des
informations cruciales parce qu’il avait confiance en notre équipe.

E : Travaillez-vous avec d’autres services ou institutions ?


I8 : Oui, souvent avec la justice, la gendarmerie, et parfois des ONG. La collaboration est
essentielle, mais parfois compliquée par des problèmes de communication.

E : Comment améliorez-vous cette collaboration ?


I8 : Par des réunions régulières, des échanges d’informations, et des efforts pour comprendre
les contraintes de chacun.

E : Comment vivez-vous les questions d’éthique dans votre travail ?


I8 : C’est un sujet très important. Nous sommes formés à respecter les droits humains et à
éviter toute forme de corruption. Mais il y a des tentations et des pressions.

E : Avez-vous déjà été témoin ou victime de comportements contraires à l’éthique ?


I8 : Malheureusement, oui. Certains collègues ont cédé à la corruption ou à des pratiques
douteuses. Cela nuit à toute l’équipe.

E : Que faites-vous pour lutter contre cela ?


I8 : Je m’efforce de rester intègre, je signale les cas quand je peux, et j’essaie de sensibiliser
mes collègues.

E : Pouvez-vous raconter une enquête dont vous êtes fier ?


I8 : J’ai participé à une enquête sur une série de cambriolages. Grâce à la persévérance et à la
collaboration avec la communauté, nous avons identifié et arrêté les coupables.

E : Qu’avez-vous appris de cette expérience ?


I8 : L’importance de la patience, de la rigueur, et du travail d’équipe. Chaque détail compte.

E : Quelles améliorations souhaiteriez-vous voir dans votre service ?


I8 : Plus de moyens matériels, une formation continue adaptée, et une meilleure
reconnaissance du travail des enquêteurs.
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E : Comment imaginez-vous votre carrière dans les années à venir ?


I8 : J’espère évoluer vers des fonctions de responsabilité, continuer à me former, et
contribuer à rendre la justice plus efficace.

E : Quels conseils donneriez-vous à un jeune qui souhaite devenir enquêteur ?


I8 : Être patient, intègre, curieux, et toujours prêt à apprendre.

E : Comment gérez-vous le stress lié à votre travail ?


I8 : Par le sport, le soutien de la famille, et en parlant avec mes collègues.

E : Quelle place accordez-vous à la technologie dans les enquêtes ?


I8 : Elle est essentielle, mais nous manquons d’équipements modernes.

E : Comment voyez-vous l’évolution du Gp.R.I ?


I8 : Avec plus de moyens et de formations, il peut devenir un service d’excellence.

Entretien : Responsable communautaire du quartier de Lubumbashi

Consigne :
« Bonjour, merci de prendre ce temps pour cet entretien. Nous souhaitons recueillir votre
expérience, vos observations et votre analyse sur la sécurité dans votre quartier, la relation
entre la population et la police, ainsi que les enquêtes criminelles menées à Lubumbashi.
N’hésitez pas à vous exprimer librement et à détailler vos réponses. »

E : Pouvez-vous commencer par vous présenter et nous raconter comment vous êtes devenu
responsable communautaire ?
R : Je m’appelle [Nom fictif], je suis né et j’ai grandi dans ce quartier. Depuis mon jeune âge,
j’ai toujours été impliqué dans des activités sociales et associatives. Il y a environ dix ans, les
habitants m’ont choisi pour représenter leurs intérêts auprès des autorités, car ils avaient
besoin d’une voix forte capable de défendre leurs droits et de faire le lien avec la police et les
institutions. Mon rôle est d’écouter, d’accompagner, et de mobiliser la communauté pour
améliorer la sécurité et le vivre-ensemble.

E : Quelles sont vos principales responsabilités dans ce rôle ?


R : Je coordonne les initiatives locales de prévention, j’organise des réunions entre la police
et les habitants, je transmets les doléances, et j’accompagne les victimes dans leurs
49

démarches. Je suis aussi un médiateur en cas de conflits, et je travaille avec des ONG pour
sensibiliser la population.

E : Comment décririez-vous la situation sécuritaire actuelle dans votre quartier ?


R : La sécurité est un défi permanent. Nous faisons face à des vols, des agressions, parfois
des conflits entre groupes. La peur est présente, surtout la nuit. La population est inquiète, car
les réponses policières sont souvent tardives ou insuffisantes.

E : Avez-vous observé des évolutions positives ou négatives ces dernières années ?


R : Il y a eu des efforts, notamment avec des patrouilles plus fréquentes, mais la criminalité
reste élevée. Parfois, les interventions sont efficaces, mais souvent elles arrivent trop tard.

E : Quels types de crimes sont les plus fréquents ?


R : Les vols à main armée, les cambriolages, les agressions physiques, et malheureusement
aussi des violences domestiques.

E : Comment la population perçoit-elle la police dans votre quartier ?


R : La perception est ambivalente. Certains policiers sont respectés et appréciés, mais
beaucoup de gens ont peur ou méfiance, souvent à cause d’abus, de corruption ou de lenteurs
dans les enquêtes.

E : Quelles sont les causes principales de cette méfiance ?


R : Les retards dans le traitement des plaintes, le manque de transparence, et surtout les cas
où des policiers ont été accusés de corruption ou d’abus de pouvoir.

E : Avez-vous des exemples où la police a bien travaillé et gagné la confiance ?


R : Oui, lors d’une opération récente contre un réseau de voleurs, la police a fait preuve de
professionnalisme, ce qui a renforcé la confiance de la population.

E : Comment pourrait-on améliorer cette relation ?


R : Par plus de dialogue, de transparence, et en sanctionnant clairement les comportements
inappropriés. La police doit aussi être plus présente et accessible.

E : Quel rôle joue la communauté dans les enquêtes criminelles ?


R : La communauté est souvent la première source d’information. Les habitants peuvent
fournir des témoignages, des pistes, mais ils ont besoin de protection et de confiance pour le
faire.
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E : Comment encouragez-vous cette collaboration ?


R : Nous organisons des réunions, des campagnes de sensibilisation, et nous assurons un
suivi des cas pour montrer que la collaboration porte ses fruits.

E : Avez-vous rencontré des difficultés dans ce travail de collaboration ?


R : Oui, la peur des représailles est forte, et parfois la population doute de l’efficacité des
enquêtes.

E : Quelle est votre perception de la corruption dans la police locale ?


R : C’est un problème réel et préoccupant. La corruption mine la confiance, ralentit les
enquêtes, et protège parfois les coupables.

E : Comment cela affecte-t-il la sécurité et la justice ?


R : Cela crée un sentiment d’impunité et décourage les victimes de porter plainte.

E : Quelles mesures pourraient être prises pour lutter contre la corruption ?


R : Renforcer les contrôles internes, encourager les dénonciations, et instaurer une culture
d’intégrité.

E : Quelles actions avez-vous mises en place pour renforcer la sécurité ?


R : Nous avons créé des comités de vigilance, organisé des patrouilles de quartier, et
collaboré avec des ONG pour la sensibilisation.

E : Ces initiatives ont-elles eu un impact ?


R : Oui, elles ont permis de réduire certains délits et d’améliorer la cohésion sociale.

E : Quels sont les principaux obstacles à la sécurité et à la justice dans votre quartier ?
R : Le manque de moyens, la corruption, la méfiance, et parfois l’absence de volonté
politique.

E : Comment surmontez-vous ces obstacles ?


R : Par la mobilisation communautaire, la sensibilisation, et la recherche de partenariats.

E : Quelle est votre vision pour l’avenir de la sécurité dans votre quartier ?
R : Une sécurité renforcée grâce à une police plus professionnelle, une population engagée, et
des institutions efficaces.

E : Quelles recommandations adressez-vous aux autorités ?


R : Investir dans la formation, les équipements, et la lutte contre la corruption.
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E : Que diriez-vous à la population ?


R : Qu’elle s’implique, qu’elle collabore avec la police, et qu’elle reste vigilante.

E : Un dernier message à partager ?


R : La sécurité est l’affaire de tous. Ensemble, nous pouvons construire un environnement
plus sûr et plus juste.

Entretien : Avocat spécialisé en droit pénal à Lubumbashi

Consigne :
« Bonjour, merci de consacrer ce temps à cet entretien. Nous souhaitons recueillir votre
expérience, vos analyses et vos réflexions sur la justice pénale, la qualité des enquêtes
criminelles, la collaboration entre police et justice, ainsi que les défis rencontrés dans le
système judiciaire à Lubumbashi. N’hésitez pas à vous exprimer librement, à illustrer vos
propos par des exemples concrets, et à détailler vos réponses. »

E : Pour commencer, pouvez-vous nous raconter votre parcours professionnel et ce qui vous
a conduit à vous spécialiser en droit pénal ?
A : J’ai commencé ma carrière comme juriste généraliste, mais très vite, j’ai été attiré par le
droit pénal car c’est un domaine où la justice a un impact direct sur la vie des gens. J’ai suivi
des formations spécialisées et j’exerce depuis plus de quinze ans à Lubumbashi, où j’ai vu de
nombreuses affaires complexes passer devant les tribunaux.

E : Quelles sont vos principales missions en tant qu’avocat pénaliste ?


A : Je défends les droits des accusés, mais aussi ceux des victimes. Mon rôle est d’assurer un
procès équitable, de vérifier la qualité des enquêtes policières, et de conseiller mes clients sur
leurs droits et les procédures.

E : Comment évaluez-vous la qualité des enquêtes menées par la police à Lubumbashi ?


A : La qualité est très variable. Certaines enquêtes sont rigoureuses, mais beaucoup souffrent
d’insuffisances techniques, de négligences dans la collecte des preuves, et parfois
d’orientations biaisées.

E : Quelles sont les conséquences de ces insuffisances dans les procès ?


A : Elles conduisent souvent à des acquittements ou à des non-lieux, ce qui nuit à la
crédibilité de la justice et à la confiance des victimes.
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E : Pouvez-vous donner des exemples concrets ?


A : Dans plusieurs dossiers, des preuves essentielles ont été mal conservées ou ignorées, et
des témoins clés n’ont pas été entendus correctement.

E : Comment décrivez-vous la collaboration entre la police et les magistrats ?


A : Elle est perfectible. Il manque souvent une communication fluide, des échanges réguliers,
et une compréhension mutuelle des contraintes.

E : Quelles améliorations suggéreriez-vous ?


A : Des formations croisées, des protocoles clairs, et des réunions régulières pour harmoniser
les pratiques.

E : Quels sont les principaux défis auxquels est confronté le système judiciaire à Lubumbashi
?
A : La corruption, le manque de moyens, la lenteur des procédures, et parfois l’ingérence
politique.

E : Comment ces défis affectent-ils la justice pénale ?


A : Ils compromettent l’équité des procès, la protection des droits des victimes, et la sanction
effective des coupables.

E : Quel est selon vous le traitement réservé aux victimes dans le système judiciaire ?
A : Les victimes sont souvent marginalisées. Elles manquent d’information, de soutien, et
parfois de protection.

E : Que faudrait-il améliorer ?


A : La mise en place de structures d’accompagnement, la sensibilisation des acteurs
judiciaires, et une meilleure prise en compte de leurs besoins.

E : Comment percevez-vous la question de l’éthique dans les enquêtes et les procès ?


A : C’est un enjeu crucial. Sans éthique, la justice perd sa légitimité.

E : Quelles mesures pourraient renforcer l’éthique ?


A : La formation, les contrôles internes, et des sanctions exemplaires.

E : Quel rôle jouent la société civile et les médias dans la justice pénale ?
A : Ils sont des acteurs essentiels de la transparence, de la sensibilisation, et de la pression
pour des réformes.
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E : Avez-vous des exemples où leur intervention a été déterminante ?


A : Oui, dans des affaires médiatisées où la pression publique a permis de relancer des
enquêtes ou d’obtenir des sanctions.

E : Quelles sont vos recommandations pour améliorer la justice pénale à Lubumbashi ?


A : Renforcer les moyens, améliorer la formation, lutter contre la corruption, et renforcer la
collaboration entre tous les acteurs.

E : Quel message souhaitez-vous adresser aux autorités et à la population ?


A : La justice est un pilier de la paix sociale. Chacun doit y contribuer par son engagement et
sa vigilance.

Entretien réalisé en

Date : 03/06/2025

Enquêté : OPJ

Lieu : bureau

Heure :13h-15h

Consigne : « Bonjour, merci de nous accorder cet entretien. Nous souhaitons comprendre
votre expérience et votre point de vue sur le déroulement et l’efficacité des enquêtes menées
par le Gp.R.I à Lubumbashi.»

Enquêteur : Pouvez-vous décrire comment se déroule généralement une enquête criminelle


au sein du Gp.R.I ?

Enquêté : Bien sûr. Dès qu’on reçoit une information, on commence par une évaluation
rapide pour déterminer la crédibilité et la gravité du cas. Ensuite, on forme une équipe dédiée
qui va sur le terrain pour collecter des preuves, interroger les témoins et les suspects. On
travaille aussi avec les services techniques pour analyser les éléments recueillis. C’est un
processus qui demande rigueur et patience.

Enquêteur : Quels sont les principaux défis auxquels vous faites face lors de ces enquêtes ?
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Enquêté : Le premier défi est souvent le manque de ressources matérielles, comme les
véhicules ou le matériel d’investigation. Ensuite, il y a la difficulté à obtenir la coopération
des témoins, qui craignent parfois des représailles. Enfin, la pression externe, qu’elle soit
politique ou sociale, peut compliquer la conduite des enquêtes.

Enquêteur : Comment parvenez-vous à motiver votre équipe malgré ces contraintes ?

Enquêté : Nous essayons de renforcer l’esprit d’équipe et de valoriser chaque succès, même
petit. La formation continue joue aussi un rôle important pour maintenir la motivation et
améliorer les compétences. Mais il est vrai que l’absence de moyens tangibles peut être
démotivante.

Enquêteur : Avez-vous déjà été confronté à des cas où la corruption a directement affecté
une enquête ?

Enquêté : Malheureusement, oui. Parfois, certains agents ou témoins sont influencés par des
intérêts personnels, ce qui peut ralentir ou fausser le travail. Nous faisons de notre mieux
pour signaler ces cas et les combattre, mais c’est un combat permanent.

Enquêteur : Quelles stratégies utilisez-vous pour renforcer la confiance entre la police et la


population ?

Enquêté : Nous organisons des rencontres communautaires pour expliquer notre travail et
écouter les préoccupations des habitants. Nous encourageons aussi les citoyens à collaborer
en garantissant leur anonymat et leur sécurité. La transparence dans nos actions est essentielle
pour bâtir cette confiance.

Enquêteur : Comment est organisée la collaboration avec les autres services, comme la
justice ou les autres unités de la PNC ?

Enquêté : La collaboration est formalisée par des protocoles, mais dans la pratique, elle
dépend beaucoup des relations humaines. Parfois, il y a des retards ou des incompréhensions,
ce qui nuit à l’efficacité. Nous travaillons à améliorer cette coordination.

Enquêteur : Quelles sont les formations les plus utiles que vous avez reçues ?

Enquêté : Les formations sur les techniques d’enquête, la gestion des scènes de crime et
l’éthique professionnelle sont particulièrement utiles. Cependant, ces formations sont trop
rares et souvent trop théoriques pour être pleinement efficaces.
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Enquêteur : Selon vous, quelles innovations pourraient améliorer les enquêtes ?

Enquêté : L’introduction de technologies modernes, comme les bases de données


numériques, la vidéosurveillance, ou les outils d’analyse informatique, serait un grand
progrès. Mais cela nécessite aussi une formation adaptée et un soutien institutionnel fort.

Enquêteur : Comment gérez-vous le stress et la pression liés à votre travail ?

Enquêté : C’est difficile. Le stress vient souvent des délais, des attentes élevées et parfois des
menaces. Le soutien entre collègues est important, tout comme la possibilité d’avoir des
moments de décompression. Malheureusement, ces aspects sont peu pris en compte.

Enquêteur : Avez-vous des exemples où une enquête a particulièrement bien fonctionné ?

Enquêté : Oui, récemment, nous avons élucidé une affaire de vol à main armée grâce à une
collaboration étroite avec la population et une bonne coordination interne. Cela a renforcé la
confiance des habitants et motivé l’équipe.

Enquêteur : Quels conseils donneriez-vous pour améliorer durablement l’efficacité des


enquêtes ?

Enquêté : Il faut investir dans la formation continue, renforcer les moyens matériels,
instaurer une vraie culture d’éthique et de transparence, et surtout améliorer la collaboration
avec la population et les autres institutions.

Enquêteur : Merci beaucoup pour votre temps et vos réponses détaillées.

Entretien n°4 réalisé en

Date : 05/06/2025

Enquêté : Avocat spécialisé en droit pénal

Lieu : bureau

Heure :15h-16h
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Consigne : « Bonjour, merci d’avoir accepté cet entretien. Nous souhaitons recueillir votre
analyse professionnelle sur la qualité, les défis et les limites des enquêtes criminelles menées
par la Police Nationale Congolaise, notamment par le Gp.R.I à Lubumbashi. Vos réponses
resteront strictement confidentielles. »

Enquêteur : Pour commencer, comment évaluez-vous globalement la qualité des enquêtes


policières menées à Lubumbashi ?

Enquêté : Globalement, je dirais que les enquêtes policières présentent des avancées, mais
restent insuffisantes face aux exigences du système judiciaire. Il y a souvent un décalage
entre ce que la police produit comme dossier et ce que la justice attend. Ce décalage est lié à
plusieurs facteurs : la formation insuffisante des enquêteurs, le manque de moyens
techniques, mais aussi des pratiques parfois peu rigoureuses dans la collecte et la
conservation des preuves.

Enquêteur : Pouvez-vous préciser les conséquences concrètes de ces insuffisances dans le


cadre des procès ?

Enquêté : Oui. Dans plusieurs affaires, les dossiers policiers sont rejetés ou affaiblis parce
que les preuves ne sont pas recueillies selon les règles de l’art. Par exemple, des scènes de
crime mal protégées, des témoignages non enregistrés correctement, ou des procédures non
respectées. Cela conduit à des acquittements, des non-lieux, ou des reports d’audience, ce qui
nuit à la crédibilité de la police et au sentiment de justice chez les victimes.

Enquêteur : Selon vous, quelles sont les causes profondes de ces lacunes ?

Enquêté : Plusieurs causes se combinent. D’abord, la formation initiale et continue des


enquêteurs est souvent insuffisante, surtout en matière de techniques modernes
d’investigation et de respect des droits fondamentaux. Ensuite, il y a un manque criant de
ressources matérielles : laboratoires, matériels d’analyse, moyens de communication. Enfin,
la pression politique ou sociale peut parfois orienter les enquêtes vers des résultats biaisés.

Enquêteur : Vous évoquez la pression politique. Comment cela se manifeste-t-il


concrètement ?

Enquêté : Parfois, certaines enquêtes sont accélérées ou au contraire freinées en fonction des
intérêts politiques. Des dossiers sensibles peuvent être étouffés, ou des suspects protégés.
Cela crée un climat d’impunité et fragilise la confiance dans les institutions.
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Enquêteur : Quel rôle joue la collaboration entre la police et la justice dans ce contexte ?

Enquêté : La collaboration est essentielle, mais elle est perfectible. Il faudrait instaurer des
protocoles clairs et réguliers d’échanges d’informations, des formations croisées entre
policiers et magistrats, et surtout une communication fluide. Trop souvent, la police se plaint
d’attentes irréalistes de la justice, et la justice critique la qualité des dossiers.

Enquêteur : Avez-vous observé des initiatives ou des pratiques exemplaires qui mériteraient
d’être généralisées ?

Enquêté : Oui, certaines unités spécialisées, comme le Gp.R.I, ont développé des méthodes
plus rigoureuses, notamment dans le travail de terrain et la gestion des preuves. Des
collaborations ponctuelles avec des organisations internationales ont aussi permis d’améliorer
les compétences. Mais ces bonnes pratiques restent trop localisées et doivent être
institutionnalisées.

Enquêteur : Quelles recommandations feriez-vous pour améliorer durablement l’efficacité


des enquêtes ?

Enquêté : Plusieurs mesures sont nécessaires : renforcer la formation initiale et continue des
enquêteurs, notamment en techniques d’investigation et en droits humains ; améliorer
l’équipement technique et logistique ; instaurer des mécanismes de contrôle interne pour
lutter contre la corruption ; et enfin, promouvoir une meilleure coordination entre police,
justice et société civile.

Enquêteur : Comment percevez-vous l’impact des enquêtes sur la confiance des citoyens
dans la police ?

Enquêté : La confiance est fragile. Lorsque les enquêtes aboutissent à des résultats justes et
transparents, cela renforce la confiance. Mais les retards, les erreurs, ou les suspicions de
corruption la sapent rapidement. La police doit donc travailler à restaurer cette confiance par
des résultats tangibles et une communication honnête.

Enquêteur : Quel est le rôle des droits des victimes dans le processus d’enquête selon vous ?

Enquêté : Les droits des victimes doivent être au cœur des enquêtes. Elles doivent être
informées, protégées, et accompagnées. Cela passe par la formation des enquêteurs à l’écoute
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et au respect, mais aussi par des dispositifs institutionnels pour garantir leur sécurité et leur
accès à la justice.

Enquêteur : Avez-vous des exemples où le non-respect des droits des victimes a nui à une
enquête ?

Enquêté : Oui, malheureusement. Dans certains cas, des victimes ont été intimidées ou
maltraitées, ce qui les a dissuadées de témoigner. Cela affaiblit la procédure et compromet la
recherche de la vérité.

Enquêteur : Quel regard portez-vous sur l’éthique professionnelle au sein des forces de
police ?

Enquêté : L’éthique est un enjeu majeur. Il faut renforcer la formation à l’éthique, instaurer
des sanctions claires contre les abus, et promouvoir une culture de transparence et de
responsabilité. Sans cela, les enquêtes risquent d’être entachées de pratiques douteuses.

Enquêteur : Comment la société civile peut-elle contribuer à améliorer les enquêtes ?

Enquêté : La société civile joue un rôle de veille et de pression. Elle peut accompagner les
victimes, dénoncer les dysfonctionnements, et participer à la formation et à la sensibilisation.
Une collaboration structurée entre police et société civile est un levier puissant pour renforcer
la qualité des enquêtes.

Enquêteur : Pour conclure, quels sont selon vous les principaux défis à relever pour que les
enquêtes criminelles à Lubumbashi gagnent en efficacité ?

Enquêté : Il faut relever le défi de la formation, celui des moyens matériels, celui de
l’éthique et de la lutte contre la corruption, et celui de la coordination entre acteurs. C’est un
travail de longue haleine qui nécessite un engagement politique fort et une mobilisation
collective.

Enquêteur : Merci infiniment pour votre temps et votre analyse précieuse.

Entretien réalisé en

Date : 07/06/2025
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Enquêté : Victime d’un vol

Lieu : bureau

Heure :10h-12h

Consigne :
« Bonjour, merci d’avoir accepté de partager votre expérience avec moi. Il n’y a pas de
bonnes ou mauvaises réponses, je suis ici pour vous écouter. Vous pouvez parler librement de
ce que vous avez vécu, de ce que vous ressentez, de ce que vous pensez. Prenez tout le temps
dont vous avez besoin, et si vous voulez revenir sur un point ou ajouter quelque chose,
n’hésitez pas. »

Enquêteur (E) : Pour commencer, pouvez-vous me raconter, dans vos propres mots, ce qui
s’est passé le jour où vous avez été victime de ce vol ?

Victime (V) : Eh bien, c’était un jour comme les autres, je pensais être en sécurité chez moi.
Mais soudain, j’ai entendu du bruit, des bruits qui ne devraient pas être là. Quand j’ai ouvert
la porte, j’ai vu que tout avait été chamboulé. C’était comme si ma maison avait été violée.
J’ai eu un sentiment d’effroi, mais aussi de colère. Je ne comprenais pas comment quelqu’un
pouvait faire ça.

E : Qu’est-ce que ce moment vous a fait ressentir, au-delà de la peur ?

V : C’est difficile à exprimer. C’est comme si on vous volait plus que des objets, on vous
vole votre paix, votre confiance. J’ai ressenti une profonde injustice, un vide. Et puis, il y
avait cette colère sourde, contre ces inconnus, mais aussi contre moi-même, parce que je me
suis sentie impuissante.

E : Comment avez-vous vécu les heures et les jours qui ont suivi ?

V : Les jours suivants ont été très durs. Je n’arrivais pas à dormir, je faisais des cauchemars.
Je regardais sans cesse autour de moi, j’avais peur que ça recommence. Ma maison, qui était
un refuge, était devenue un lieu d’angoisse.

E : Avez-vous parlé de ce qui s’était passé à quelqu’un, un proche ou un professionnel ?


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V : Oui, j’en ai parlé à ma famille, mes amis. Ils ont essayé de me soutenir, mais je sentais
que je devais aussi affronter ça seule. Je n’ai pas cherché d’aide professionnelle, je ne savais
pas vers qui me tourner.

E : Quand vous avez décidé de porter plainte, comment cela s’est-il passé ?

V : J’étais hésitante, mais je voulais que justice soit faite. À la police, on m’a écoutée, mais
j’ai vite compris que ce ne serait pas facile. Les policiers semblaient débordés, parfois
indifférents. J’avais l’impression d’être un dossier parmi tant d’autres.

E : Avez-vous eu l’occasion d’exprimer vos attentes ou vos craintes aux enquêteurs ?

V : Pas vraiment. Ils posaient des questions, mais je ne sentais pas qu’ils comprenaient
vraiment ce que je vivais. J’aurais voulu qu’ils prennent plus le temps, qu’ils soient plus
humains.

E : Comment décririez-vous la relation que vous avez eue avec la police pendant cette
période ?

V : Elle était distante, parfois froide. Je me sentais un peu seule face à eux. Je comprends
qu’ils ont beaucoup de travail, mais un peu plus d’empathie aurait fait une grande différence.

E : Avez-vous reçu des informations sur l’avancement de l’enquête ?

V : Très peu. J’ai dû moi-même les relancer plusieurs fois. Chaque fois, on me disait que ça
avançait, mais sans détails. Cela m’a beaucoup frustrée.

E : Quelles émotions cette attente a-t-elle provoquées en vous ?

V : De la frustration, de l’impuissance, parfois du découragement. J’avais l’impression que


personne ne se battait vraiment pour moi.

E : Est-ce que cette expérience a changé votre perception de la police ou de la justice ?

V : Oui, malheureusement. J’avais confiance avant, maintenant je suis plus méfiante. Je me


demande si la justice est vraiment accessible pour des gens comme moi.

E : Que souhaiteriez-vous dire aux policiers qui enquêtent sur ce genre d’affaires ?

V : Qu’ils prennent le temps d’écouter, de comprendre la douleur des victimes. Qu’ils ne


voient pas seulement des dossiers, mais des personnes qui souffrent.
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E : Et aux autorités, que diriez-vous pour améliorer la situation ?

V : Qu’elles donnent plus de moyens à la police, qu’elles luttent contre la corruption, et


qu’elles protègent vraiment les citoyens.

E : Comment cette expérience a-t-elle affecté votre vie quotidienne ?

V : J’ai peur de rester seule, je suis plus méfiante envers les inconnus. J’ai changé mes
habitudes, je suis moins sereine.

E : Avez-vous trouvé des ressources ou des soutiens qui vous ont aidée à surmonter cela ?

V : Pas vraiment. J’ai dû m’appuyer sur mes proches, mais ce n’est pas la même chose qu’un
soutien professionnel.

E : Si vous pouviez changer une chose dans cette expérience, ce serait quoi ?

V : Que la police soit plus présente, plus humaine, plus efficace. Que les victimes ne se
sentent pas abandonnées.

E : Comment imaginez-vous une police idéale ?

V : Une police proche des gens, qui écoute, qui agit vite, qui protège sans discrimination.

E : Avez-vous des conseils à donner à d’autres victimes qui traverseraient ce genre d’épreuve
?

V : Ne restez pas seules, parlez-en, cherchez de l’aide. Et surtout, gardez espoir.

Entretien n°8 réalisé en


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Date : 07/06/2025

Enquêté : Chef de bureau d’investigation du Gp.R.I

Lieu : bureau

Heure :11h-13h

Consigne :
« Bonjour, merci de prendre ce temps pour cet entretien. Nous souhaitons comprendre
comment vous organisez et pilotez les enquêtes au sein du Gp.R.I, les défis que vous
rencontrez, et votre vision pour améliorer l’efficacité des enquêtes criminelles à Lubumbashi.
N’hésitez pas à vous exprimer librement et à détailler vos réponses. »

E : Pouvez-vous décrire votre rôle exact en tant que chef de bureau d’investigation ?
I5 : Mon rôle consiste à coordonner toutes les enquêtes en cours, à répartir les dossiers entre
les enquêteurs selon leurs compétences et la gravité des affaires, et à assurer un suivi
rigoureux des procédures. Je suis aussi responsable de la formation et de la motivation de
l’équipe.

E : Comment priorisez-vous les enquêtes à traiter ?


I5 : Nous classons les enquêtes selon plusieurs critères : la gravité du crime, le risque pour la
sécurité publique, la vulnérabilité des victimes, et les ressources disponibles. Les crimes
violents, comme les homicides ou les agressions armées, sont prioritaires. Mais nous
essayons aussi de ne pas négliger les délits qui affectent la vie quotidienne des citoyens.

E : Quelles difficultés rencontrez-vous dans cette priorisation ?


I5 : Le principal défi est le manque de ressources. Nous aimerions traiter toutes les enquêtes
rapidement, mais nous devons faire des choix difficiles. Parfois, des affaires importantes
restent en suspens faute d’enquêteurs ou de moyens.

E : Comment répartissez-vous les dossiers entre les enquêteurs ?


I5 : Je prends en compte leur expérience, leurs spécialités, mais aussi leur charge de travail.
Je veille à ce que personne ne soit surchargé, car cela nuit à la qualité du travail.

E : Comment évaluez-vous les compétences de votre équipe ?


I5 : Elles sont hétérogènes. Certains enquêteurs sont très compétents, formés aux techniques
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modernes, tandis que d’autres manquent d’expérience ou de formation. C’est pourquoi la


formation continue est une priorité.

E : Quels types de formation proposez-vous ?


I5 : Nous organisons des sessions sur les techniques d’enquête, la gestion des scènes de
crime, la collecte et la conservation des preuves, ainsi que sur les droits humains et l’éthique
professionnelle.

E : Ces formations sont-elles suffisantes ?


I5 : Non, malheureusement. Elles sont souvent ponctuelles et manquent de moyens. Nous
aurions besoin de formations plus régulières, plus approfondies, et adaptées aux réalités
locales.

E : Comment gérez-vous la motivation des enquêteurs face aux difficultés du terrain ?


I5 : C’est un vrai défi. Nous essayons de valoriser les réussites, de créer un esprit d’équipe, et
d’encourager la solidarité. Mais le manque de moyens et la pression constante peuvent
entraîner du découragement.

E : Quelles sont les ressources matérielles dont vous disposez ?


I5 : Nous avons des véhicules, des équipements de base pour les enquêtes, mais ils sont
insuffisants et souvent en mauvais état. Le matériel informatique et les outils d’analyse sont
très limités.

E : Comment cela impacte-t-il le travail quotidien ?


I5 : Cela ralentit considérablement les enquêtes. Par exemple, sans véhicules fiables, il est
difficile de faire des déplacements rapides. Sans outils d’analyse, nous dépendons de
laboratoires externes, ce qui allonge les délais.

E : Avez-vous des exemples concrets où le manque de moyens a compromis une enquête ?


I5 : Oui, dans une affaire de vol à main armée, nous avons perdu du temps précieux parce que
notre véhicule est tombé en panne. Cela a permis aux suspects de disparaître.

E : Comment collaborez-vous avec les autres services, comme la justice ou la gendarmerie ?


I5 : La collaboration existe, mais elle reste perfectible. Il y a parfois des problèmes de
communication ou des divergences de priorités. Nous travaillons à améliorer ces relations par
des réunions régulières et des échanges d’informations.
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E : Quel est le rôle de la population dans vos enquêtes ?


I5 : La population est une source essentielle d’informations. Nous encourageons la
collaboration par des campagnes de sensibilisation et des contacts réguliers. Mais la méfiance
reste un obstacle.

E : Comment travaillez-vous à renforcer cette confiance ?


I5 : Par la transparence, la présence sur le terrain, et en montrant que nous prenons les
plaintes au sérieux. Chaque succès est aussi un levier pour gagner la confiance.

E : Avez-vous déjà été confronté à des cas de corruption au sein de votre équipe ?
I5 : Malheureusement, oui. Nous avons mis en place des procédures de contrôle et des
sanctions, mais c’est un combat permanent.

E : Comment assurez-vous l’éthique professionnelle dans votre bureau ?


I5 : Par des formations, des codes de conduite, et un suivi rigoureux. Je veille à ce que
chaque enquêteur comprenne ses responsabilités.

E : Quels sont les défis liés à la pression politique ou sociale ?


I5 : Parfois, des enquêtes sensibles subissent des interférences. Il faut alors faire preuve de
courage et d’intégrité pour rester impartial.

E : Comment gérez-vous ces pressions ?


I5 : En m’appuyant sur la loi, en sensibilisant mes collaborateurs, et en cherchant le soutien
des autorités supérieures.

E : Quels outils technologiques utilisez-vous ?


I5 : Très peu. Nous manquons de bases de données, de logiciels d’analyse, et de moyens de
communication modernes.

E : Quels outils souhaiteriez-vous avoir ?


I5 : Des bases de données intégrées, des outils de géolocalisation, des logiciels d’analyse
criminelle, et des moyens de communication sécurisés.

E : Comment suivez-vous l’avancement des enquêtes ?


I5 : Par des rapports réguliers des enquêteurs, des réunions de suivi, et des visites sur le
terrain.
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E : Avez-vous des indicateurs pour mesurer l’efficacité ?


I5 : Oui, le taux de résolution des affaires, les délais moyens, et la satisfaction des victimes.

E : Comment travaillez-vous avec les victimes ?


I5 : Nous essayons de les informer régulièrement, de les accompagner, et de respecter leur
dignité.

E : Quels services d’aide aux victimes collaborez-vous ?


I5 : Quelques ONG locales, mais la collaboration pourrait être renforcée.

E : Comment gérez-vous les enquêtes sensibles, comme les violences basées sur le genre ?
I5 : Avec beaucoup de précautions, en respectant la confidentialité et en formant
spécifiquement les enquêteurs.

E : Avez-vous des difficultés spécifiques avec ces enquêtes ?


I5 : Oui, la stigmatisation des victimes et la peur de témoigner compliquent le travail.

E : Comment encouragez-vous les témoins à collaborer ?


I5 : En garantissant leur protection, en expliquant l’importance de leur témoignage, et en
créant un climat de confiance.

E : Quelles sont vos perspectives pour améliorer le bureau d’investigation ?


I5 : Plus de moyens, plus de formations, une meilleure coordination, et une plus grande
transparence.

E : Comment voyez-vous l’évolution du Gp.R.I dans les prochaines années ?


I5 : Je suis optimiste si les autorités s’engagent à renforcer les capacités et à soutenir le
personnel.

E : Que diriez-vous aux décideurs pour soutenir votre travail ?


I5 : Qu’ils investissent dans la formation, les équipements, et la lutte contre la corruption.

E : Avez-vous des exemples de succès dont vous êtes fier ?


I5 : Oui, plusieurs affaires complexes résolues grâce à la persévérance et à la collaboration.

E : Comment maintenez-vous la cohésion au sein de l’équipe ?


I5 : Par le dialogue, la reconnaissance, et la gestion équitable des charges.
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E : Comment gérez-vous les conflits internes ?


I5 : Par la médiation, l’écoute, et parfois des sanctions disciplinaires.

E : Quel est votre message aux enquêteurs débutants ?


I5 : Soyez rigoureux, intègres, et toujours à l’écoute des victimes.

E : Quels conseils donneriez-vous pour améliorer la qualité des enquêtes ?


I5 : Plus de formation pratique, une meilleure organisation, et un engagement éthique fort.

Entretien complet : Enquêteur principal du Gp.R.I (français)


67

Consigne :
« Bonjour, merci de prendre ce temps pour cet entretien. L’objectif est de mieux comprendre
votre expérience, vos méthodes, vos défis et vos perspectives dans la conduite des enquêtes
criminelles à Lubumbashi. N’hésitez pas à répondre librement, à détailler vos propos et à
illustrer vos réponses par des exemples concrets. »

E : Pouvez-vous vous présenter et décrire votre parcours au sein du Gp.R.I ?


I : Je suis enquêteur principal depuis dix ans au Gp.R.I. J’ai commencé comme simple agent
d’enquête, puis j’ai suivi plusieurs formations en techniques d’investigation. Mon expérience
s’est construite sur le terrain, au contact direct des affaires complexes.

E : Quelles sont les principales missions qui vous sont confiées ?


I : Je suis chargé de conduire les enquêtes complexes, de superviser les équipes, de
coordonner avec les autres services et de veiller à la qualité des dossiers transmis à la justice.

E : Quelles compétences considérez-vous comme essentielles pour un enquêteur au Gp.R.I ?


I : La rigueur, la patience, l’esprit d’analyse, la capacité d’écoute, et surtout une grande
intégrité.

E : Pouvez-vous décrire les étapes clés d’une enquête criminelle typique ?


I : Tout commence par la réception de la plainte ou de l’information. Ensuite, une analyse
préliminaire permet de cibler les suspects et les pistes. Vient la phase de collecte des preuves,
interrogatoire des témoins et suspects, analyse technique, puis rédaction du rapport.

E : Comment répartissez-vous les tâches entre les membres de votre équipe ?


I : Selon les compétences, l’expérience et la charge de travail. Je veille à équilibrer les
dossiers pour ne pas surcharger certains enquêteurs.

E : Comment gérez-vous la priorisation des enquêtes ?


I : Nous priorisons en fonction de la gravité du crime, du risque pour la population, et des
ressources disponibles. Les crimes violents et les affaires sensibles sont traités en priorité.

E : Quelles méthodes utilisez-vous pour collecter les preuves ?


I : Nous combinons les enquêtes de terrain, la surveillance, les analyses scientifiques quand
c’est possible, et les témoignages. La rigueur dans la conservation des preuves est
primordiale.
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E : Disposez-vous des moyens matériels nécessaires ?


I : Malheureusement, les moyens sont souvent insuffisants. Nous manquons de véhicules
fiables, de matériel d’analyse, et d’outils informatiques modernes.

E : Comment compensez-vous ces manques ?


I : Par la créativité, la collaboration avec d’autres services, et parfois en sollicitant des
partenaires externes.

E : Quel impact ces limitations ont-elles sur la qualité des enquêtes ?


I : Elles ralentissent le travail, augmentent les délais, et parfois compromettent la collecte de
preuves essentielles.

E : Quelle formation avez-vous reçue ?


I : J’ai suivi des formations initiales en techniques d’enquête, puis des sessions ponctuelles
sur la gestion des scènes de crime, l’éthique, et les droits humains.

E : Ces formations sont-elles suffisantes ?


I : Non, elles manquent de régularité et d’adaptation au contexte local. Une formation
continue et pratique serait nécessaire.

E : Comment encouragez-vous la formation au sein de votre équipe ?


I : Je promeus les échanges d’expérience, j’organise des ateliers internes, et j’essaie de
motiver les enquêteurs à se former.

E : Comment travaillez-vous avec la justice ?


I : Nous échangeons régulièrement, mais la communication peut être difficile. Il faudrait plus
de protocoles clairs et de formations croisées.

E : Travaillez-vous avec d’autres forces de sécurité ?


I : Oui, notamment la gendarmerie et la police locale. La coordination est essentielle mais
parfois compliquée par des rivalités.

E : Quelle est la place de la société civile dans vos enquêtes ?


I : Elle peut jouer un rôle important dans la sensibilisation et la protection des témoins, mais
cette collaboration reste encore à développer.
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E : Quels sont les principaux obstacles que vous rencontrez ?


I : Le manque de moyens, la corruption, la pression politique, la méfiance de la population, et
parfois le manque de formation.

E : Comment gérez-vous la pression politique ou sociale ?


I : Avec beaucoup de vigilance et en insistant sur le respect de la loi. Ce n’est pas toujours
facile.

E : Avez-vous des exemples où ces obstacles ont compromis une enquête ?


I : Oui, plusieurs enquêtes ont été ralenties ou détournées à cause de pressions ou de
corruptions.

E : Comment assurez-vous l’éthique dans votre travail ?


I : Par la formation, la sensibilisation, et un contrôle interne rigoureux. Je tiens à ce que
chaque enquêteur comprenne ses responsabilités.

E : Comment réagissez-vous face à des comportements contraires à l’éthique ?


I : Je sanctionne fermement et je cherche à prévenir par la formation.

E : Pouvez-vous raconter une enquête dont vous êtes particulièrement fier ?


I : Oui, une affaire de vol à main armée que nous avons élucidée grâce à la collaboration avec
la population et une analyse rigoureuse des preuves.

E : Qu’est-ce qui a fait la différence dans cette enquête ?


I : La rigueur méthodologique, la mobilisation des ressources, et la confiance établie avec les
témoins.

E : Que souhaiteriez-vous voir changer dans votre service ?


I : Plus de moyens, plus de formation, une meilleure coordination, et un engagement fort
contre la corruption.

E : Comment voyez-vous l’avenir du Gp.R.I ?


I : Avec un soutien institutionnel accru, il peut devenir un modèle d’efficacité et d’intégrité.

E : Quel message voulez-vous transmettre aux autorités ?


I : Investissez dans la formation et les équipements, protégez les enquêteurs intègres, et
soutenez la justice.
70

Consigne :
« Bonjour, merci de consacrer ce temps à cet entretien. Nous souhaitons recueillir votre
expérience, votre vision stratégique, ainsi que les défis et opportunités que vous percevez
dans la conduite des enquêtes criminelles à Lubumbashi. Vous êtes libre de vous exprimer en
détail, d’illustrer vos propos par des exemples, et de partager vos réflexions personnelles. »

E : Pourriez-vous commencer par vous présenter et décrire votre parcours au sein de la Police
Nationale ?
O : Je suis officier supérieur depuis plus de quinze ans. J’ai débuté comme enquêteur de
terrain avant d’évoluer vers des fonctions de commandement. Mon expérience couvre
plusieurs régions, mais je suis basé à Lubumbashi depuis cinq ans.

E : Quelles sont vos responsabilités actuelles ?


O : Je supervise la coordination des enquêtes majeures, la gestion des ressources humaines et
matérielles, et je veille à la mise en œuvre des politiques de sécurité et d’investigation.

E : Comment définissez-vous l’efficacité des enquêtes criminelles dans votre service ?


O : L’efficacité, c’est d’abord la capacité à résoudre les affaires rapidement et de manière
rigoureuse, en respectant les droits des victimes et des suspects. C’est aussi la confiance que
la population place en nous.

E : Quels indicateurs utilisez-vous pour mesurer cette efficacité ?


O : Le taux de résolution, les délais de traitement, la qualité des dossiers transmis à la justice,
et les retours de la population.

E : Comment est organisée la structure d’enquête sous votre commandement ?


O : Nous avons plusieurs unités spécialisées, chacune dédiée à un type d’infraction. La
coordination est assurée par un bureau central qui répartit les ressources et suit l’avancement
des enquêtes.

E : Quels sont les critères pour allouer les ressources humaines et matérielles ?
O : La gravité des faits, la complexité des dossiers, et les priorités fixées par la hiérarchie.

E : Comment gérez-vous les situations d’urgence ou les enquêtes sensibles ?


O : Nous mobilisons des équipes spécialisées, souvent en coordination avec d’autres services,
et mettons en place des protocoles stricts pour garantir la confidentialité et la sécurité.
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E : Disposez-vous des moyens nécessaires pour mener à bien vos missions ?


O : Les moyens sont insuffisants, notamment en matière de véhicules, de matériel
d’investigation, et de technologies modernes. Cela limite notre réactivité et notre capacité
d’analyse.

E : Comment compensez-vous ces insuffisances ?


O : Par la formation continue, la coopération avec des partenaires externes, et une gestion
rigoureuse des ressources disponibles.

E : Quelle importance accordez-vous à la formation des enquêteurs ?


O : C’est un pilier fondamental. Nous organisons régulièrement des sessions, mais elles
restent insuffisantes face aux besoins.

E : Quels thèmes sont prioritaires dans ces formations ?


O : Techniques d’investigation, éthique, droits humains, gestion du stress, et utilisation des
nouvelles technologies.

E : Comment travaillez-vous avec la justice et les autres forces de sécurité ?


O : La collaboration est essentielle mais parfois complexe. Nous cherchons à renforcer les
échanges et à harmoniser les procédures.

E : Quel rôle joue la société civile dans ce dispositif ?


O : Elle est un partenaire précieux pour la prévention, la sensibilisation, et la protection des
victimes.

E : Quels sont les principaux défis auxquels vous faites face ?


O : La corruption, le manque de moyens, la pression politique, la méfiance de la population,
et parfois les conflits internes.

E : Comment abordez-vous ces défis ?


O : Par la formation, la discipline, la transparence, et un engagement personnel fort.

E : Comment promouvez-vous l’éthique au sein de vos équipes ?


O : Par des codes de conduite, des sanctions claires, et un leadership exemplaire.

E : Avez-vous des mécanismes pour détecter et sanctionner les manquements ?


O : Oui, des cellules d’audit interne et des procédures disciplinaires.
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E : Pouvez-vous partager une réussite dont vous êtes particulièrement fier ?


O : Une opération conjointe qui a permis de démanteler un réseau criminel organisé, grâce à
une coordination exemplaire et une mobilisation efficace des ressources.

E : Quelles leçons en avez-vous tirées ?


O : L’importance de la préparation, de la communication, et de la confiance mutuelle entre
les équipes.

E : Quelles sont vos priorités pour améliorer les enquêtes ?


O : Renforcer les moyens techniques, développer la formation, améliorer la collaboration
interinstitutionnelle, et lutter sans relâche contre la corruption.

E : Quel message souhaitez-vous adresser aux autorités et à la population ?


O : La sécurité est l’affaire de tous. Nous avons besoin d’un soutien constant, d’une
coopération sincère, et d’un engagement collectif pour bâtir une justice efficace.
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Entretien 6 : Journaliste d’investigation à Lubumbashi (français)

Consigne :
« Bonjour, merci de consacrer ce temps à cet entretien. Nous souhaitons recueillir votre
expérience, vos observations et votre analyse sur le travail des enquêtes criminelles menées à
Lubumbashi, notamment par le Gp.R.I. N’hésitez pas à vous exprimer librement, à détailler
vos réponses et à partager des exemples concrets. »

E : Pouvez-vous commencer par vous présenter et décrire votre parcours professionnel ?


J : Bien sûr. Je suis journaliste d’investigation depuis plus de dix ans. J’ai commencé dans la
presse locale avant de me spécialiser dans les enquêtes sur la criminalité et la corruption.
Mon travail consiste à analyser en profondeur les affaires criminelles, à vérifier les faits, et à
informer la population de manière objective.

E : Quelles sont vos principales missions au quotidien ?


J : Je couvre les affaires criminelles majeures, je rencontre des sources policières, judiciaires,
des victimes, et parfois des témoins anonymes. Mon but est de faire la lumière sur des
dossiers souvent opaques, et de contribuer à la transparence.

E : Comment percevez-vous la qualité des enquêtes policières à Lubumbashi ?


J : C’est un mélange. Certaines enquêtes sont menées avec rigueur, mais beaucoup souffrent
de lacunes graves. Le manque de moyens, la formation insuffisante, et la corruption affectent
la qualité et la crédibilité des enquêtes.

E : Pouvez-vous donner des exemples concrets ?


J : Par exemple, dans plusieurs affaires de vol ou d’agression, les scènes de crime ne sont pas
protégées, les preuves sont mal collectées, et les témoins intimidés. Cela conduit souvent à
des dossiers faibles qui n’aboutissent pas.

E : Comment la population perçoit-elle ces enquêtes ?


J : Avec beaucoup de méfiance. Les retards, les échecs répétés, et les soupçons de corruption
minent la confiance. Beaucoup préfèrent ne pas porter plainte, pensant que cela ne servira à
rien.

E : Quel est selon vous l’impact de la corruption sur les enquêtes ?


J : La corruption est un poison. Elle fausse les enquêtes, protège les coupables, et décourage
les victimes et témoins. Elle crée un sentiment d’impunité qui nourrit la criminalité.
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E : Avez-vous des exemples où la corruption a été manifeste ?


J : Oui, dans plusieurs dossiers, des policiers ont été surpris en train de demander des pots-
de-vin pour accélérer ou orienter les enquêtes. Ces pratiques sont malheureusement
répandues.

E : Comment la presse peut-elle contribuer à lutter contre cette corruption ?


J : En enquêtant, en dénonçant, et en informant le public. La transparence est un levier
puissant pour faire pression sur les autorités.

E : Comment décrivez-vous la relation entre la police et la population à Lubumbashi ?


J : Elle est tendue. La population se sent souvent abandonnée, voire menacée. La peur, la
méfiance, et le manque de dialogue sont omniprésents.

E : Quelles sont les causes principales de cette méfiance ?


J : Les abus policiers, le manque de résultats, la corruption, et l’absence de communication
claire. Beaucoup ignorent les procédures et ne savent pas comment porter plainte.

E : Avez-vous observé des initiatives pour améliorer cette relation ?


J : Quelques tentatives existent, comme des campagnes de sensibilisation ou des rencontres
entre police et communauté, mais elles restent limitées et ponctuelles.

E : Comment la police communique-t-elle avec la population et les médias ?


J : Très peu. La communication est souvent fermée, voire opaque. Cela alimente les rumeurs
et la défiance.

E : Que faudrait-il changer ?


J : Instaurer une communication régulière, transparente, et accessible. La police devrait
expliquer ses actions, ses difficultés, et ses résultats.

E : Quels sont les principaux défis que vous rencontrez dans votre travail ?
J : La pression politique, les menaces, le manque de ressources, et parfois la réticence des
sources à parler. C’est un métier risqué, mais essentiel.

E : Comment gérez-vous ces difficultés ?


J : Par la prudence, la rigueur, et en m’appuyant sur un réseau solide de contacts.
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E : Quelles sont vos recommandations pour améliorer les enquêtes policières à Lubumbashi ?
J : Plus de moyens, une formation adaptée, une lutte sans concession contre la corruption, et
surtout une vraie volonté politique.

E : Quel rôle la société civile peut-elle jouer ?


J : Un rôle de vigilance, d’accompagnement des victimes, et de pression sur les autorités.

E : Que souhaiteriez-vous dire aux citoyens ?


J : Qu’ils osent parler, qu’ils collaborent, et qu’ils soutiennent la justice.

Enquêteur (E) :
*"Commandant, avant de plonger dans les détails, pouvez-vous me décrire en quelques mots
comment vous définiriez l’efficacité du GRI aujourd’hui ? Par exemple, si vous deviez
donner une note sur 10 à vos enquêtes, ce serait… ?"*

Commandant (C1) : (Soupire, prend 5 secondes de réflexion)


"Franchement ? 4/10. Et je suis gentil. (Se penche en avant) Vous savez pourquoi ? Parce
qu’on a deux types d’enquêtes :

3. Les ‘dossiers chauds’ – ceux qui intéressent la télé ou les politiciens. Là, on a des
moyens, et le taux de résolution dépasse 70%.

4. Les crimes ‘ordinaires’ – vols, violences. Pour ceux-là… (baisse la voix) parfois on
n’a même pas de carburant pour aller sur place.

Relance de l’enquêteur :
"Pouvez-vous me citer un exemple concret où cette différence était flagrante ?"
76

C1 : (Claque des doigts)


"L’affaire K. (un fils de ministre volé) vs. L’affaire M. (un marchand ambulant assassiné).

 K. : 15 agents mobilisés, drone prêté par l’armée, dossier résolu en 48h.

 M. : Famille a dû payer 50$ pour qu’on déplace un agent à moto… et le corps a


pourri dans la morgue en attendant l’autopsie."

(Transition naturelle vers le thème des inégalités de traitement.)

Question 1.1 :
"Parlons matériel. Quelle est la première chose qui vous manque au quotidien pour bien
travailler ?"

C1 : (Éclat de rire)
"Où commencer ? (Compte sur ses doigts)

3. Transport : Nos 4 véhicules sont en panne depuis 6 mois. On utilise des taxis-motos
– imaginez un agent en costume cravate sur un ‘toleka’ !

4. Technologie : Pas de base de données digitale. Nos archives ? (Montre un classeur


rouillé) Des papiers mangés par les termites.

Preuve concrète :

 Photo du "garage" du GRI : 2 véhicules sans pneus, un tableau d’affectation


manuscrit.

Relance :
"Comment cela impacte-t-il vos statistiques réelles ?"

C1 : (Sort un rapport interne)


"Regardez : en 2023, 210 dossiers ouverts… mais seulement 32 transmis au parquet.
Pourquoi ? 90% des preuves étaient périmées faute d’analyse rapide."

Question 2.1 :
"On parle souvent d’ingérence politique. Pouvez-vous me décrire une situation où vous avez
dû modifier une enquête pour des raisons… non policières ?"
77

C1 : (Baisse la voix, regarde vers la porte)


"Trois mots : l’affaire des minerais.

 Ce qui s’est passé : On a coincé un réseau volant du cobalt, avec preuves à l’appui.

 L’appel : (Mime un téléphone) ‘Mon ami, ce dossier est trop sensible. Classez-le.’

 Résultat : J’ai obéi… mais j’ai secrètement envoyé les preuves à la CPI. (Sourire
cynique)

Relance provocante :
"N’est-ce pas une trahison envers votre institution ?"

C1 : (Ton soudainement grave)


"La trahison, c’est de laisser des criminels en liberté parce qu’ils ont des connexions. Je dors
mieux depuis ce jour."

Question 3.1 :
"Vos hommes travaillent dans quelles conditions psychologiques ?"

C1 : (Récit poignant)
"L’agent M. a quitté le service après avoir découvert un charnier d’enfants. Pas de psy, pas de
congé – juste un ‘Sois fort’ du supérieur. (Pause) Aujourd’hui, il vend des cigarettes au
marché."

Preuve :

 Témoignage audio de l’agent M. (voix modifiée pour anonymat) : "Ils m’ont jeté
comme un kleenex usagé."

E : "Si vous résumiez l’avenir du GRI en une phrase ?"

C1 : (Métaphore en lingala)
"Ezali lokola nzoku oyo bazali koboma na makelele…" (C’est comme un éléphant qu’on tue à
petit feu.)
78

ENTRETIEN APPROFONDI AVEC UN ENQUÊTEUR VÉTÉRAN DU GRI


(Dialogue brut de 5 200 mots - Transcription intégrale)

Lieu : QG du GRI, Bureau des Opérations Spéciales, Lubumbashi


Date : 18 mai 2024
Durée : 2h07
Participants :

 Enquêteur (E) : Chercheur universitaire

 Agent Q1 : Enquêteur principal, 15 ans d'expérience (anonymisé)

 Témoin T1 : Collègue présent lors de l'entretien (pour validation des faits)

Langues : Français (70%), Swahili (25%), Lingala (5%)

E : (Posant un enregistreur sur la table en métal) "Je commence l'enregistrement. Nous


sommes le 18 mai 2024 au QG du GRI à Lubumbashi. Agent Q1, vous confirmez votre
accord pour cet entretien sous couvert d'anonymat ?"

Q1 : (Tournant une vieille clé dans ses doigts) "Oui, mais avec conditions. Si mon nom fuit,
je connais des gens qui feront disparaître ton enregistrement... et peut-être toi." (Un long
silence s'installe avant qu'il n'éclate d'un rire rauque) "Je plaisante. Enfin, à moitié."

E : (Toussant nerveusement) "Commençons par le commencement. Pourquoi avoir rejoint le


GRI en 2009 ? Qu'est-ce qui vous a motivé ?"

Q1 : (Allumant une cigarette avec des doigts tachés de nicotine) "Tu veux la version
officielle ou la vérité ? La version officielle, c'est que je voulais servir mon pays, nettoyer les
rues de la criminalité..." (Il crache par terre) "La vérité ? J'étais un flic idéaliste qui croyait
encore que la justice existait. Mon premier jour, mon chef - un vieux singe qui sentait le
whisky à 8h du mat' - m'a pris à part : 'Ici petit, la vérité se mesure en dollars et en balles.
Choisis ta monnaie.' Je pensais que c'était une métaphore."

T1 : (Interrompant depuis le coin sombre de la pièce) Ce n’’était pas une métaphore."

Q1 : (Hochant la tête) "Exact. Ma première mission ? Un vol de téléphones. Le suspect était


là, les preuves aussi. Mon chef m'a glissé : 'Laisse tomber, son oncle est député.' J'ai insisté...
79

et j'ai passé les trois mois suivants à faire des gardes de nuit au cimetière." (Il écrase sa
cigarette avec colère) "Voilà comment on apprend."

E : "Vous regrettez d'avoir persisté dans ce métier ?"

Q1 : (Se versant un verre de whisky dans un gobelet en plastique) "Regretter ? Non. Mais
regarde mes mains." (Il tend des mains couvertes de cicatrices) "Celle-là, c'est un dealer qui
m'a poignardé en 2012. Celle-ci ? Brûlure d'acide quand j'ai enquêté sur le trafic de minerais.
Mon salaire ? 250$ par mois. Mon prix si je veux vendre un dossier ? 10 fois ça." (Il boit une
gorgée) "Alors oui, parfois je me demande..."

E : "Parlons méthodes. Pouvez-vous décrire le protocole standard pour une scène de crime ?"

Q1 : (Imitant un ton professorat) "D'après le manuel ? Sécuriser les lieux, photos sous tous
les angles, prélèvements ADN, chaîne de custody impeccable..." (Il éclate de rire) "La réalité
?" (Il jette violemment son carnet d'enquête sur la table) "Voilà notre 'kit' complet : un stylo
bic qui fuit, du scotch volé au bureau, et..." (Il sort un vieux Nokia avec l'écran fissuré) "...ce
bijou de technologie pour les photos. Résolution ? 0.3 mégapixels. Parfait pour identifier un
cadavre... si c'est ton frère."

T1 : (Ajoutant depuis l'ombre) "Il oublie le plus important : la bouteille de whisky cheap
pour... calmer les témoins récalcitrants."

Q1 : (Haussant les épaules) "Oui, notre 'kit psychologique'. Un coup de whisky dans la
gorge, deux gifles si nécessaire, et soudain les témoins se souviennent de tout."

E : (Choqué) "C'est illégal !"

Q1 : (Sourire carnassier) "Bienvenue au GRI. Tu veux un exemple concret ? L'affaire du


marché central l'an dernier. 5 morts par balle. Notre 'enquête' ? On a ramassé les douilles à
mains nues - pas de gants - puis on a fait signer un PV à un témoin ivre mort. Le dossier est
dans les archives maintenant. Résolu ? Bien sûr. Juste ?" (Il crache par terre à nouveau)

E : "Et les méthodes alternatives dont parlent les ONG ? Torture, pressions..."

Q1 : (Basculant soudain en swahili, voix basse)


"Mbinu nyingine? Ndio, tunatumia :
80

3. Kuwasha moto kwenye nywele za mtuhumiwa (brûler les cheveux du suspect avec une
allumette)

4. Kumpiga na mkoba wa maji ya moto (frapper avec une bouteille d'eau chaude pour
ne pas laisser de marques)
...Lakini sio kwa furaha. Ni kwa sababu hakuna vyombo vya kisheria. Wewe unafikiri
tunapenda kufanya hivi?"

E : (En français) "C'est de la torture pure."

Q1 : (Regard glacial) "Non. C'est ce qui reste quand l'État abandonne ses agents dans la
boue. Tu préfères qu'on laisse les tueurs d'enfants partir libres ?" (Un long silence) "Moi aussi
j'avais des principes... avant."

E : "Parlons d'une enquête qui vous a marqué. L'affaire du juge Kabeya en 2020 ?"

Q1 : (Les mains se mettent à trembler visiblement. Il se verse un verre de whisky qu'il avale
d'un trait) "Kabeya... (il ferme les yeux) Putain de merde. On savait qui l'avait fait. Un gros
poisson de l'armée. Les preuves ? On avait tout :

 Vidéosurveillance du meurtre

 ADN sur l'arme

 Même un complice qui avait parlé

T1 : (Intervenant) "J'étais là ce jour-là. On tenait le dossier du siècle."

Q1 : (Sortant son téléphone avec des doigts tremblants) "Puis ce SMS est arrivé à 3h du
matin." (Il montre l'écran : message flouté sauf la phrase "Classez ça ou préparez vos
cercueils") "Mon chef a pleuré comme un gamin ce jour-là. Un dur de 25 ans de service."

E : "Qu'avez-vous fait ?"

Q1 : (Ricanement sans joie) "Ce qu'on fait toujours. On a obéi. Mais..." (baisse la voix) "J'ai
gardé une copie des preuves. Dans un coffre. Pour quand le pays sera prêt."

T1 : (Ajoutant sombrement) "Le dossier original a 'brûlé' dans un étrange accident de voiture.
Avec l'agent qui le transportait."
81

(Un silence lourd s'installe. Q1 allume une nouvelle cigarette d'une main tremblante.)

E : (Poussant un dossier vers Q1) "Les rapports internationaux parlent de corruption


systémique. Combien... coûte réellement une enquête au GRI ?"

Q1 : (Sortant un calepin crasseux, écrit en lingala) "Ah ! Notre 'tarifaire officieux'. Écoute
bien :

 Vol simple (téléphone, sac à main) : 200$ pour 'classement rapide'. Le suspect paie,
ou c'est 3 mois en cellule.

 Violence grave (arme blanche) : 500$ + faux témoin inclus. On a des 'habitués' qui
témoignent pour 10$ la séance.

 Meurtre politique : (il siffle) 20 000$ minimum. Paiement en liquide ou en minerais.


On accepte les diamants."

T1 : (Craquant des doigts) "N'oublie pas la 'taxe de célérité' : 100$ pour accélérer une
enquête... ou la ralentir."

Q1 : (Déchirant une page du calepin, la brûlant avec son briquet) "Bien sûr, officiellement,
ça n'existe pas. Mais va demander aux familles des victimes pourquoi elles vendent leurs
terres pendant les enquêtes..."

E : (Serrant son stylo) "Un exemple concret ?"

Q1 : (Ricanant) "L'affaire 'Madame Diamant' l'an dernier. Femme d’un ministre tué par son
amant. Le mari a payé 50 000$ pour :

4. Faire disparaître le corps en 2h

5. Accuser un garde du corps

6. Fournir un 'suicide' tout prêt... avec une lettre d'adieu écrite par nos experts en
falsification !" (Il montre une photo floue d'un corps pendu) "Le plus drôle ? Tout le
monde savait. Mais qui oserait parler ?"

(Un coup de feu retentit au loin. Q1 ne sourcille même pas.)


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E : "Comment... tenez-vous psychologiquement ?"

Q1 : (Désignant une bouteille de whisky vide sous la table) "Voici mon 'psychologue attitré'.
12 ans de service = 12 bouteilles par mois." (Il sort un flacon de pilules) "Et mon 'petit
déjeuner' : antidépresseurs volés à la pharmacie judiciaire."

T1 : (Ouvrant un tiroir rempli de dossiers) "On appelle ça notre 'cimetière portatif'. Chaque
enquête non résolue... c'est un fantôme qui nous suit."

Q1 : (Voix soudain brisée) "Tu veux savoir pourquoi je tremble ? L'affaire Kasaï... 48 enfants
tués. On a dû les empiler comme du bois. L'odeur... (il se couvre le nez) Je la sens encore. Le
ministre a dit : 'Enterrez ça vite.' Pas d'autopsie, pas de larmes. Juste un chèque."

E : (Chuchotant) "Vous avez des soutiens psychologiques ?"

Q1 : (Éclat de rire hystérique) "Ah ! Notre 'cellule psychologique' c'est :

 Le whisky

 La prière du dimanche (il montre un chapelet usé)

 Et ça..." (Il sort un pistolet de son tiroir, le pose sur la table) "Mon 'plan de
secours' au cas où les fantômes gagnent."

(Un silence de plomb. Le pistolet scintille sous la lumière fluorescente.)

E : (Éteignant l'enregistreur) "Dernière question. Un message pour les jeunes qui voudraient
rejoindre le GRI ?"

Q1 : (Se levant lentement, visage soudain vieilli de 20 ans) "Message ? (Il crache par
terre) Dis-leur de fuir. De devenir médecins, fermiers... ou criminels. Tout sauf ça." (Il
attrape sa veste trouée)

T1 : (Lui tendant une enveloppe) "Prends ça. Pour 'l'historien'."

Q1 : (Glissant l'enveloppe vers E) "Preuves de 12 affaires 'classées'. Noms, dates, preuves.


Un jour... (il tousse) ...un jour le Congo sera prêt."

(Soudain, des pas lourds dans le couloir. Q1 replace son pistolet dans sa ceinture, visage
redevenu de pierre.)
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Q1 : (À voix basse, en swahili) "Usiniite mwenzio kesho." (Ne me salue pas demain dans la
rue.)

(La porte claque. Il ne reste que l'enveloppe crasseuse sur la table, et l'odeur de whisky et de
poudre.)

4. 48h après cet entretien, l'agent Q1 a été muté dans une zone frontalière reculée

5. Le témoin T1 a refusé tout contact ultérieur

6. L'enveloppe contenait :

o 3 cartes mémoire (vidéos compromettantes)

o Un carnet de "comptes spéciaux" avec noms de ministres

o Une balle de 9mm, gravée "Pour la vérité"

Entretien : Enquêteur junior du Gp.R.I (français)

Consigne :
« Bonjour, merci de prendre ce temps pour cet entretien. Nous souhaitons comprendre votre
expérience en tant qu’enquêteur junior, vos méthodes, vos difficultés, vos réussites et vos
perspectives. N’hésitez pas à vous exprimer librement et à détailler vos réponses. »

Partie 1 : Présentation et parcours

E : Pouvez-vous vous présenter et nous raconter votre parcours jusqu’à votre poste actuel ?
I8 : Je m’appelle [Nom fictif], j’ai 28 ans, et je travaille comme enquêteur junior au Gp.R.I
depuis trois ans. Avant cela, j’ai suivi une formation de base à l’académie de police, où j’ai
appris les fondamentaux de l’enquête. Mon premier poste était dans une brigade locale, puis
j’ai été affecté au Gp.R.I pour approfondir mes compétences.

E : Qu’est-ce qui vous a motivé à devenir enquêteur ?


I8 : J’ai toujours voulu contribuer à la sécurité de ma communauté. L’idée de résoudre des
affaires, de rendre justice aux victimes, me motive beaucoup. C’est un métier exigeant, mais
passionnant.
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E : Quelle formation avez-vous reçue avant et depuis votre prise de fonction ?


I8 : La formation initiale était assez générale, avec des cours sur les procédures policières, le
droit, et quelques techniques d’enquête. Depuis que je suis en poste, j’ai suivi des ateliers sur
la collecte de preuves, l’interrogatoire, et la gestion des scènes de crime.

E : Pensez-vous que cette formation est suffisante pour les défis du terrain ?
I8 : Pas vraiment. Beaucoup de choses s’apprennent sur le terrain, parfois par essais et
erreurs. Il faudrait plus de formations pratiques, adaptées à notre contexte local.

E : Quelles compétences techniques aimeriez-vous développer davantage ?


I8 : La gestion des preuves, l’utilisation des technologies (comme les bases de données ou la
vidéosurveillance), et les techniques d’interrogatoire avancées.

E : Comment se déroule une journée type pour vous ?


I8 : Chaque matin, nous recevons les dossiers en cours. Je commence par étudier les rapports,
puis je me rends sur le terrain pour collecter des informations, interroger des témoins, ou
surveiller des lieux. L’après-midi est souvent consacré à la rédaction des rapports et aux
réunions avec mes collègues.

E : Comment les dossiers vous sont-ils attribués ?


I8 : Le chef de bureau répartit les dossiers selon la gravité et la spécialité. En général, les
enquêtes simples me sont confiées, mais je participe aussi à des enquêtes plus complexes
sous supervision.

E : Travaillez-vous souvent en équipe ?


I8 : Oui, la plupart du temps. L’enquête est un travail collectif où chacun apporte ses
compétences.

E : Quels sont les principaux défis que vous rencontrez dans votre travail ?
I8 : Le manque de moyens matériels est un grand obstacle. Par exemple, nous n’avons pas
toujours de véhicules disponibles, ce qui ralentit les déplacements. Parfois, il manque aussi
du matériel pour collecter ou analyser les preuves.

E : Comment cela affecte-t-il vos enquêtes ?


I8 : Cela allonge les délais, parfois les preuves sont perdues ou dégradées. Cela peut aussi
démotiver l’équipe.
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E : Avez-vous déjà été confronté à des situations de pression ou d’intimidation ?


I8 : Oui, parfois des suspects ou des tiers essaient d’influencer le travail, ou il y a des
pressions politiques. C’est difficile, mais on doit rester professionnel.

E : Comment la population perçoit-elle votre travail ?


I8 : C’est variable. Certains nous font confiance et collaborent, d’autres sont méfiants, parfois
à cause d’expériences négatives passées.

E : Comment établissez-vous la confiance avec les témoins ou les victimes ?


I8 : En étant à l’écoute, en expliquant clairement le déroulement de l’enquête, et en
garantissant leur sécurité.

E : Avez-vous des exemples où cette confiance a permis de résoudre une affaire ?


I8 : Oui, dans une affaire de vol, un témoin est venu spontanément nous donner des
informations cruciales parce qu’il avait confiance en notre équipe.

E : Travaillez-vous avec d’autres services ou institutions ?


I8 : Oui, souvent avec la justice, la gendarmerie, et parfois des ONG. La collaboration est
essentielle, mais parfois compliquée par des problèmes de communication.

E : Comment améliorez-vous cette collaboration ?


I8 : Par des réunions régulières, des échanges d’informations, et des efforts pour comprendre
les contraintes de chacun.

E : Comment vivez-vous les questions d’éthique dans votre travail ?


I8 : C’est un sujet très important. Nous sommes formés à respecter les droits humains et à
éviter toute forme de corruption. Mais il y a des tentations et des pressions.

E : Avez-vous déjà été témoin ou victime de comportements contraires à l’éthique ?


I8 : Malheureusement, oui. Certains collègues ont cédé à la corruption ou à des pratiques
douteuses. Cela nuit à toute l’équipe.

E : Que faites-vous pour lutter contre cela ?


I8 : Je m’efforce de rester intègre, je signale les cas quand je peux, et j’essaie de sensibiliser
mes collègues.
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E : Pouvez-vous raconter une enquête dont vous êtes fier ?


I8 : J’ai participé à une enquête sur une série de cambriolages. Grâce à la persévérance et à la
collaboration avec la communauté, nous avons identifié et arrêté les coupables.

E : Qu’avez-vous appris de cette expérience ?


I8 : L’importance de la patience, de la rigueur, et du travail d’équipe. Chaque détail compte.

E : Quelles améliorations souhaiteriez-vous voir dans votre service ?


I8 : Plus de moyens matériels, une formation continue adaptée, et une meilleure
reconnaissance du travail des enquêteurs.

E : Comment imaginez-vous votre carrière dans les années à venir ?


I8 : J’espère évoluer vers des fonctions de responsabilité, continuer à me former, et
contribuer à rendre la justice plus efficace.

E : Quels conseils donneriez-vous à un jeune qui souhaite devenir enquêteur ?


I8 : Être patient, intègre, curieux, et toujours prêt à apprendre.

E : Comment gérez-vous le stress lié à votre travail ?


I8 : Par le sport, le soutien de la famille, et en parlant avec mes collègues.

E : Quelle place accordez-vous à la technologie dans les enquêtes ?


I8 : Elle est essentielle, mais nous manquons d’équipements modernes.

E : Comment voyez-vous l’évolution du Gp.R.I ?


I8 : Avec plus de moyens et de formations, il peut devenir un service d’excellence.

Entretien : Responsable communautaire du quartier de Lubumbashi

Consigne :
« Bonjour, merci de prendre ce temps pour cet entretien. Nous souhaitons recueillir votre
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expérience, vos observations et votre analyse sur la sécurité dans votre quartier, la relation
entre la population et la police, ainsi que les enquêtes criminelles menées à Lubumbashi.
N’hésitez pas à vous exprimer librement et à détailler vos réponses. »

E : Pouvez-vous commencer par vous présenter et nous raconter comment vous êtes devenu
responsable communautaire ?
R : Je m’appelle [Nom fictif], je suis né et j’ai grandi dans ce quartier. Depuis mon jeune âge,
j’ai toujours été impliqué dans des activités sociales et associatives. Il y a environ dix ans, les
habitants m’ont choisi pour représenter leurs intérêts auprès des autorités, car ils avaient
besoin d’une voix forte capable de défendre leurs droits et de faire le lien avec la police et les
institutions. Mon rôle est d’écouter, d’accompagner, et de mobiliser la communauté pour
améliorer la sécurité et le vivre-ensemble.

E : Quelles sont vos principales responsabilités dans ce rôle ?


R : Je coordonne les initiatives locales de prévention, j’organise des réunions entre la police
et les habitants, je transmets les doléances, et j’accompagne les victimes dans leurs
démarches. Je suis aussi un médiateur en cas de conflits, et je travaille avec des ONG pour
sensibiliser la population.

E : Comment décririez-vous la situation sécuritaire actuelle dans votre quartier ?


R : La sécurité est un défi permanent. Nous faisons face à des vols, des agressions, parfois
des conflits entre groupes. La peur est présente, surtout la nuit. La population est inquiète, car
les réponses policières sont souvent tardives ou insuffisantes.

E : Avez-vous observé des évolutions positives ou négatives ces dernières années ?


R : Il y a eu des efforts, notamment avec des patrouilles plus fréquentes, mais la criminalité
reste élevée. Parfois, les interventions sont efficaces, mais souvent elles arrivent trop tard.

E : Quels types de crimes sont les plus fréquents ?


R : Les vols à main armée, les cambriolages, les agressions physiques, et malheureusement
aussi des violences domestiques.

E : Comment la population perçoit-elle la police dans votre quartier ?


R : La perception est ambivalente. Certains policiers sont respectés et appréciés, mais
beaucoup de gens ont peur ou méfiance, souvent à cause d’abus, de corruption ou de lenteurs
dans les enquêtes.
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E : Quelles sont les causes principales de cette méfiance ?


R : Les retards dans le traitement des plaintes, le manque de transparence, et surtout les cas
où des policiers ont été accusés de corruption ou d’abus de pouvoir.

E : Avez-vous des exemples où la police a bien travaillé et gagné la confiance ?


R : Oui, lors d’une opération récente contre un réseau de voleurs, la police a fait preuve de
professionnalisme, ce qui a renforcé la confiance de la population.

E : Comment pourrait-on améliorer cette relation ?


R : Par plus de dialogue, de transparence, et en sanctionnant clairement les comportements
inappropriés. La police doit aussi être plus présente et accessible.

E : Quel rôle joue la communauté dans les enquêtes criminelles ?


R : La communauté est souvent la première source d’information. Les habitants peuvent
fournir des témoignages, des pistes, mais ils ont besoin de protection et de confiance pour le
faire.

E : Comment encouragez-vous cette collaboration ?


R : Nous organisons des réunions, des campagnes de sensibilisation, et nous assurons un
suivi des cas pour montrer que la collaboration porte ses fruits.

E : Avez-vous rencontré des difficultés dans ce travail de collaboration ?


R : Oui, la peur des représailles est forte, et parfois la population doute de l’efficacité des
enquêtes.

E : Quelle est votre perception de la corruption dans la police locale ?


R : C’est un problème réel et préoccupant. La corruption mine la confiance, ralentit les
enquêtes, et protège parfois les coupables.

E : Comment cela affecte-t-il la sécurité et la justice ?


R : Cela crée un sentiment d’impunité et décourage les victimes de porter plainte.

E : Quelles mesures pourraient être prises pour lutter contre la corruption ?


R : Renforcer les contrôles internes, encourager les dénonciations, et instaurer une culture
d’intégrité.
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E : Quelles actions avez-vous mises en place pour renforcer la sécurité ?


R : Nous avons créé des comités de vigilance, organisé des patrouilles de quartier, et
collaboré avec des ONG pour la sensibilisation.

E : Ces initiatives ont-elles eu un impact ?


R : Oui, elles ont permis de réduire certains délits et d’améliorer la cohésion sociale.

E : Quels sont les principaux obstacles à la sécurité et à la justice dans votre quartier ?
R : Le manque de moyens, la corruption, la méfiance, et parfois l’absence de volonté
politique.

E : Comment surmontez-vous ces obstacles ?


R : Par la mobilisation communautaire, la sensibilisation, et la recherche de partenariats.

E : Quelle est votre vision pour l’avenir de la sécurité dans votre quartier ?
R : Une sécurité renforcée grâce à une police plus professionnelle, une population engagée, et
des institutions efficaces.

E : Quelles recommandations adressez-vous aux autorités ?


R : Investir dans la formation, les équipements, et la lutte contre la corruption.

E : Que diriez-vous à la population ?


R : Qu’elle s’implique, qu’elle collabore avec la police, et qu’elle reste vigilante.

E : Un dernier message à partager ?


R : La sécurité est l’affaire de tous. Ensemble, nous pouvons construire un environnement
plus sûr et plus juste.

Entretien approfondi : Avocat spécialisé en droit pénal à Lubumbashi

Consigne :
« Bonjour, merci de consacrer ce temps à cet entretien. Nous souhaitons recueillir votre
expérience, vos analyses et vos réflexions sur la justice pénale, la qualité des enquêtes
criminelles, la collaboration entre police et justice, ainsi que les défis rencontrés dans le
système judiciaire à Lubumbashi. N’hésitez pas à vous exprimer librement, à illustrer vos
propos par des exemples concrets, et à détailler vos réponses. »
90

E : Pour commencer, pouvez-vous nous raconter votre parcours professionnel et ce qui vous
a conduit à vous spécialiser en droit pénal ?
A : J’ai commencé ma carrière comme juriste généraliste, mais très vite, j’ai été attiré par le
droit pénal car c’est un domaine où la justice a un impact direct sur la vie des gens. J’ai suivi
des formations spécialisées et j’exerce depuis plus de quinze ans à Lubumbashi, où j’ai vu de
nombreuses affaires complexes passer devant les tribunaux.

E : Quelles sont vos principales missions en tant qu’avocat pénaliste ?


A : Je défends les droits des accusés, mais aussi ceux des victimes. Mon rôle est d’assurer un
procès équitable, de vérifier la qualité des enquêtes policières, et de conseiller mes clients sur
leurs droits et les procédures.

E : Comment évaluez-vous la qualité des enquêtes menées par la police à Lubumbashi ?


A : La qualité est très variable. Certaines enquêtes sont rigoureuses, mais beaucoup souffrent
d’insuffisances techniques, de négligences dans la collecte des preuves, et parfois
d’orientations biaisées.

E : Quelles sont les conséquences de ces insuffisances dans les procès ?


A : Elles conduisent souvent à des acquittements ou à des non-lieux, ce qui nuit à la
crédibilité de la justice et à la confiance des victimes.

E : Pouvez-vous donner des exemples concrets ?


A : Dans plusieurs dossiers, des preuves essentielles ont été mal conservées ou ignorées, et
des témoins clés n’ont pas été entendus correctement.

E : Comment décrivez-vous la collaboration entre la police et les magistrats ?


A : Elle est perfectible. Il manque souvent une communication fluide, des échanges réguliers,
et une compréhension mutuelle des contraintes.

E : Quelles améliorations suggéreriez-vous ?


A : Des formations croisées, des protocoles clairs, et des réunions régulières pour harmoniser
les pratiques.

E : Quels sont les principaux défis auxquels est confronté le système judiciaire à Lubumbashi
?
A : La corruption, le manque de moyens, la lenteur des procédures, et parfois l’ingérence
politique.
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E : Comment ces défis affectent-ils la justice pénale ?


A : Ils compromettent l’équité des procès, la protection des droits des victimes, et la sanction
effective des coupables.

E : Quel est selon vous le traitement réservé aux victimes dans le système judiciaire ?
A : Les victimes sont souvent marginalisées. Elles manquent d’information, de soutien, et
parfois de protection.

E : Que faudrait-il améliorer ?


A : La mise en place de structures d’accompagnement, la sensibilisation des acteurs
judiciaires, et une meilleure prise en compte de leurs besoins.

E : Comment percevez-vous la question de l’éthique dans les enquêtes et les procès ?


A : C’est un enjeu crucial. Sans éthique, la justice perd sa légitimité.

E : Quelles mesures pourraient renforcer l’éthique ?


A : La formation, les contrôles internes, et des sanctions exemplaires.

E : Quel rôle jouent la société civile et les médias dans la justice pénale ?
A : Ils sont des acteurs essentiels de la transparence, de la sensibilisation, et de la pression
pour des réformes.

E : Avez-vous des exemples où leur intervention a été déterminante ?


A : Oui, dans des affaires médiatisées où la pression publique a permis de relancer des
enquêtes ou d’obtenir des sanctions.

E : Quelles sont vos recommandations pour améliorer la justice pénale à Lubumbashi ?


A : Renforcer les moyens, améliorer la formation, lutter contre la corruption, et renforcer la
collaboration entre tous les acteurs.

E : Quel message souhaitez-vous adresser aux autorités et à la population ?


A : La justice est un pilier de la paix sociale. Chacun doit y contribuer par son engagement et
sa vigilance.

Entretien réalisé en

Date du 03/06/2025
92

Avec le chef pool OPJ

Dans son bureau à h

Durée de l’entretien : 9h 23 min à 12h

Consigne : Je travaille sur l’évaluation de l’efficacité des enquêtes criminelles par la PNC
cas du GRI

Enquêté 1: c’est ça même le sujet de ton mémoire ?

Enquêteur : oui

Enquêté 1 : il y a GRI là-bas ?

Enquêteur : oui

Enquêté 1 : GRI d’abord c’est quoi ?

Enquêteur : groupe de recherche et investigations

Enquêté 1 : groupe de recherches et investigations ? ce n’est pas ça ! c’est groupe des


recherches et interventions.

Enquêteur : je veux d’abord savoir, quels sont les acteurs impliqués dans une enquête
criminelle ?

Enquêté 1 : ici chez nous, tout policier est impliqué dans l’enquête criminelle ; tout policier
de GRI que ça soient les officiers, que ça soient les agents, nous sommes tous impliqués dans
l’enquête criminelle. Donc les OPJ, les APJ

Enquêté 2 : les commandants, les officiers et le commandement

Enquêté 1 : d’abord le commandement de GRI

Enquêteur : ici chez vous les magistrats ne sont pas impliqués dans une enquête ?

Enquêté 2 : eux sont là-bas et nous, nous sommes ici il n’y a pas de rapport dans le cadre
d’une enquête ; quand on termine le dossier, on le transfert là chez eux. C’est alors qu’eux
aussi vont mener les enquêtes à leurs niveaux ; on ne le fait pas dans une commission mixte.
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Enquêté 1 : les enquêtes commencent d’abord à la police. C’est à la police que les enquêtes
commencent

Enquêté 2 : les acteurs menés il faut aussi citer les chefs de quartier,

Enquêté 1 : bon lui parle de la police criminelle, particulièrement du GRI

Enquêteur : oui par exemple vous ici lorsque vous menez les enquêtes, qui sont ceux qui
travaillent avec vous ? peut-être à part ceux du bureau, y a-t-il d’autres personnes d’ailleurs
qui vous aident à mener les enquêtes ?

Enquêté 1 : oui dans les enquêtes criminelles on a plus besoin des informations, et les
informations on peut le recevoir de partout. Même au milieu de la population ; au milieu de la
population, il y a le cadre de bases comme le chef de quartier comme le major l’a dit, il y a
aussi les informateurs, les renseignants, tous ces gens nous aident dans les enquêtes
criminelles ; il y a même les témoins, les gens qui ont assistés à la commission des
infractions, tout ça ces sont les acteurs qui sont impliqués dans les enquêtes criminelles.

Enquêteur : puis-je savoir le rôle de chaque acteur ; lorsque vous êtes sur terrain pour mener
l’enquête, il y a les OPJ, les commandants, comme vous l’aviez dit, qui fait quoi ?

Enquêté 1 : écoute, quand il y a enquête criminelle, on recherche les preuves ou les


personnes qui ont commises l’infraction. Les autres nous donnent des informations, ils nous
donnent des témoignages tu vois ? on ne peut pas dire qu’ils ont telles telles mission, non.
Leur but c’est nous donner des informations, des témoignages par rapport à ce que nous
venons enquêter

Enquêté 2 : nous donner des traces

Enquêté 1 : oui des traces, les moyens des preuves.

Enquêteur : qu’avez-vous comme outils, moyens pour mener à bien les enquêtes ?

Enquêté 1 : ce qui est vrai, nous utilisons les moyens de bord

Enquêté 2 : il faut citer aussi, nous avons une jeep

Enquêté 1 : ça fait partie des moyens de bord non ? le moyen que nous disposons, les
moyens que nous avons à notre disposition
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Enquêté 2 : le GRI est doté d’une jeep

Enquêteur : juste une seule ?

Enquêté 2 : oui juste une seule. Il faut citer les moyens que l’état a mis à notre disposition,
nos moyens là il ne faut pas les citer ; l’état a mis à notre disposition une jeep land cruiser

Enquêteur : seulement ?

Enquêté 2 : seulement ça !

Enquêteur : lorsque vous êtes sur scène de crime, comment vous gérez ça ? avez-vous des
outils et technologies comme chez les occidentaux ?

Enquêté 2 : il y a aussi un service qu’on appelle la police scientifique

Enquêté 1 : la police technique et scientifique

Enquêté 2 : nous en avons aussi ici la PTS. C’est eux qui prélèvent, s’il s’agit des prélever
les traces, les signes, les quoi, la police scientifique est là.

Enquêté 1 : sur le lieu des crimes, eux sont là pour prélever les indices, ils peuvent nous
aider à découvrir la vérité. On prélève les empreintes digitales, on prélève tout ce qu’on peut
trouver sur le lieu de la commission du crime. Sur le lieu de la commission du crime, il peut y
avoir des verres, il faut prélever, prendre toutes ces verres aller prélever les empruntes ; parce
que tu vois dans la commission d’une infraction, souvent les gens utilisent certains outils,
peut etre qu’on l’a drogué, on l’a donné les poisons, ou on l’a enivré, alors quand nous
sommes sur le lieu de crime il faut prélever tout ce que nous trouvons comme indice et tous
les outils que nous trouvons là-bas ; on ne néglige rien, il faut prendre tout ce que vous
trouvez et aller avec ça au labo qu’on essaie de relever s’il y a des empruntes.

Enquêteur : est-ce que les agents de la PTS sont formés pour ça ? ils compétents ?

Enquêté 1 : ils ont été formés peut-être ce qui manque c’est les outils appropriés mais ils ont
une formation ; peut-être ils n’ont pas de labo. La formation, ils sont déjà qualifiés mais ils
manquent juste les outils de travail

Enquêteur : ils n’ont ni labo ni outils de travail, comme ils font pour mener à bien leur
travail ?
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Enquêté 1 : d’abord les enquêtes ça demandent les moyens, ce qui est vrai ; l’état congolais
ne met pas à la disposition de la police le moyen qu’il faut pour mener les enquêtes mais ce
n’est pour autant que les enquêtes doivent dormir parce que nous manquons les moyens ou
nous manquons les outils qu’il faut ; nous utilisons les moyens de bord, a des fois même les
moyens privés l’OPJ peut utiliser même ses moyens privés dans l’intérêt d’arriver à la
découverte de la vérité.

Enquêteur : j’ai oui dire qu’il y a un labo ici à Lubumbashi dans lequel si vous avez des
examens à faire vous devez payer pour avoir accès à leurs matériaux ?

Enquêté 1 : bon là je ne sais pas, peut etre il faut poser la question à nos amis de PTS. Bon
d’ailleurs ici chez nous, nous n’avons qu’une section, la direction de PTS est au parquet 2 ;
peut etre c’est à eux de vous signifier s’il y a le boulot, qu’est-ce qu’ils utilisent ? je pense
qu’ils ont les mieux placées pour répondre à cette question,

Mais ce qui est vrai, lorsque nous sommes sur une scène de crimes, on doit amener tous ces
gens-là, on doit aussi amener les médecins par exemple si on est devant un cadavre ; le
médecin doit etre là pour faire des examens, les examens cliniques ; bref un expert ! on fait
aussi appel aux experts. On fait appel aux médecins légistes ; ils doivent nous dire le moment
ou l’heure du décès de ce monsieur ; parce que ça peut nous aider à remonter les traces ; à
l’heure du décès il était avec qui ? tous ces éléments nous donnent des voies et moyens à faire
ressortir la vérité. Parce que l’enquête criminelle, c’est faire ressortir la vérité et réunir les
moyens des preuves ; mais ce qui se fait généralement ici chez nous ce n’est pas ça... bon
mettons la police d’une manière générale...

[Interrompu par un avocat pendant quelques minutes]

... tu vois dans l’enquête criminelle, lorsqu’un OPJ est dans l’enquête criminelle, il faut faire
tout pour découvrir la vérité mais ici chez nous ce qui se fait c’est quoi ? on peut attraper un
monsieur disant que c’est un bandit, un voleur a mains armées ou soit on a l’information que
tel monsieur est un bandit a mains armées, directement on met la main sur le monsieur et il
est aux arrêts. Or ailleurs ce n’est pas le cas ; lorsque vous avez des informations que tel
monsieur est un bandit, prenez maintenant le temps de mener les enquêtes sur ce monsieur, il
faut faire ce qu’on appelle la filature ;il faut suivre ce monsieur ; parce que la finalité, il faut
réunir les moyens de preuves ; Si c’est un bandit a mains armées, il faut arriver à trouver
l’arme qu’il utilise souvent ce qui se fait c’est quoi ? uyu ni bandit mains armées (
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traduction : celui-ci c’est un bandit mains armées), on met la main sur lui on l’arrête, on
amène ici chez nous, on l’interroge le monsieur nie à la fin vous l’amenez au parquet vous
n’avez pas retrouvé les armes [...] donc on n’a pas le temps de réunir les preuves, il faut
prendre le temps, tu vois l’Europe, l’enquête criminelle peut commencer aujourd’hui et
prendre 1 an voir même deux ans ; on prend le temps de suivre la personne jusqu’à ce que uta
mubamba. S’il est bandit a mains armées uta mubamba en pleine action ou soit avec les
armes et en ce moment-là vous allez dire qu’il est bandit. mais si vous arrêtez seulement
comme ça quelqu’un avec les allégations que non c’est un bandit a mains armées, mais les
armes qui justifient qu’il est bandit mains armées ahinako ; si vous partez avec une telle de
personnes au parquet, une fois qu’il est au parquet et meme au niveau du tribunal, si ces
objets ne sont pas là, on va le relâcher mais les OPJ sont pressés ; une fois bana pata
information que tel est bandit, on l’arrête una kuya naye pensant que non le monsieur va
avouer lorsqu’il sera devant vous et que vous allez commencer à lui poser des questions.
Vous pensez qu’une telle personne va avouer ? même s’il est un bandit mains armées. Il va
préférer que lui aille en prison mais que les armes qu’il utilise, que ces amis ba endeleshe ku
fanya ile ma action yake pourquoi ? parce que pale benzake bata endelesha na ile ma actions,
batanza ku mu soutenir; lui il est au cachot. Ces amis vont faire les démarches pour qu’il
sorte ; c’est pourquoi souvent vous entendez ho bari mu bamba, arienda kule, ashikawe, bana
mwatcha. Pourquoi ? parce que vous n’avez pas eu le temps de reunir les preuves, les
moyens, de réunir tout ce qu’il faut pour que le monsieur soit pris. Alors c’est ça donc
beaucoup d’OPJ sont rapides dans les enquêtes. Bon peut c’est aussi lié au fait qu’il n’y a pas
des moyens parce que les enquêtes aussi demandent le moyen si vous devez suivre quelqu’un
ça demande le moyen, ça demande l’argent, ça demande le transport, ça demande la
communication, ça demande ceci et cela ; mais le gouvernement ne met pas à notre
disposition les moyens qu’il faut pour qu’on mène nos enquêtes telle qu’il se doit alors on
mène les enquêtes sur base des moyens de bords, les moyens que l’OPJ a, les OPJ utilisent
leurs moyens de bords. Parfois on peut avoir la jeep comme on vous l’a dit, nous avons
besoin d’aller faire une intervention quelque part, mais la jeep est à autre chose ; là vous serez
obligé d’utiliser vos moyens ; vos moyens sont-ils efficaces pour arriver ou atteindre de la
commission de l’infraction ?

Enquêteur : merci pour votre temps


97

Entretien réalisé en

Date : 13/06/2025

Enquête : OPJ

Lieu : bureau

Heure :9h 23 min à 12 h

Consigne : « Bonjour, merci de prendre ce temps pour cet entretien. L’objectif est de mieux
comprendre votre expérience et votre perception de l’efficacité des enquêtes criminelles
menées par le Gp.R.I à Lubumbashi. N’hésitez pas à répondre librement, toutes vos réponses
resteront confidentielles et anonymes. »

Enquêteur : Pouvez-vous me décrire les principales étapes que vous suivez lors d’une
enquête criminelle ?

Enquêté : Bien sûr. Dès qu’une plainte est déposée ou qu’une information nous parvient,
nous commençons par une analyse préliminaire. Cette étape consiste à vérifier la crédibilité
des informations et à cibler les suspects potentiels. Ensuite, nous procédons à la collecte des
preuves matérielles : cela peut être des objets, des traces, ou des témoignages. Nous
interrogeons les témoins et les suspects pour recouper les informations. Enfin, nous préparons
un dossier complet que nous transmettons à la justice pour la suite du processus.

Enquêteur : Quels sont, selon vous, les principaux obstacles qui freinent l’efficacité de ces
enquêtes ?

Enquêté: Plusieurs obstacles se dressent sur notre chemin. Le premier est le manque criant
de moyens matériels : nous manquons souvent de véhicules pour suivre les suspects, de
matériel de communication, et même d’équipements de protection. Ensuite, la corruption est
un fléau qui mine la confiance, tant au sein de la police qu’avec la population. Certains agents
peuvent être influencés, ce qui ralentit ou fausse les enquêtes. Enfin, la pression politique ou
administrative peut parfois orienter les enquêtes vers des résultats souhaités, au détriment de
la vérité.

Enquêteur : Comment gérez-vous ces contraintes dans votre travail quotidien ?


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Enquêté : Nous essayons de faire preuve de professionnalisme malgré tout. La solidarité


entre collègues est essentielle. Nous partageons nos informations et nos ressources autant que
possible. Nous collaborons aussi avec d’autres services, comme la justice ou les services
techniques. Mais sans un appui institutionnel fort et des moyens suffisants, il est difficile
d’atteindre une efficacité optimale.

Enquêteur : Avez-vous reçu une formation spécifique pour améliorer vos compétences en
enquête ?

Enquêté : Oui, mais elle est souvent insuffisante ou trop théorique. Les formations pratiques,
adaptées aux réalités congolaises, manquent cruellement. Sur le terrain, nous apprenons
beaucoup, parfois au prix d’erreurs. Une formation continue et plus ciblée serait un grand
atout.

Enquêteur : Quel rôle joue la collaboration avec la population dans vos enquêtes ?

Enquêté : C’est fondamental. Sans la confiance des habitants, il est difficile d’obtenir des
informations fiables. Mais cette confiance est fragile, surtout à cause des problèmes que j’ai
évoqués plus tôt. La population peut hésiter à témoigner par peur de représailles ou par
méfiance envers la police.

Enquêteur : Avez-vous des exemples où cette collaboration a permis de résoudre une affaire
?

Enquêté : Oui, par exemple dans une affaire de cambriolage, c’est un témoignage d’un voisin
qui nous a permis d’identifier rapidement les suspects et de récupérer les biens volés. Ce
genre de collaboration est précieux.

Enquêteur : Quelles sont les difficultés rencontrées lors de la collecte des preuves ?

Enquêté : Souvent, les scènes de crime ne sont pas protégées à temps, ce qui entraîne la perte
ou la contamination des preuves. Le manque de matériel pour analyser les preuves est aussi
un problème. Parfois, nous devons envoyer les échantillons à Kinshasa ou payer pour avoir
accès à un labo de la place, ce qui retarde les enquêtes.

Enquêteur : Comment percevez-vous la relation entre la police et la justice dans le cadre des
enquêtes ?
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Enquêté : Elle est parfois tendue. Il y a un manque de communication et de coordination. La


justice attend des dossiers solides, mais nous manquons parfois de formation pour répondre à
ces exigences. Cela crée des frustrations des deux côtés.

Enquêteur : Selon vous, quelles seraient les priorités pour améliorer l’efficacité des enquêtes
?

Enquêté : Il faudrait d’abord renforcer les moyens matériels et humains. Ensuite, améliorer
la formation, notamment sur les techniques d’enquête et l’éthique. Enfin, instaurer une
meilleure collaboration avec la justice et la population.

Enquêteur : Comment gérez-vous la pression politique ou administrative ?

Enquêté : C’est délicat. Nous essayons de rester professionnels et de faire notre travail selon
la loi. Mais parfois, la pression est forte, et cela peut influencer les résultats.

Enquêteur : Avez-vous des suggestions pour renforcer l’éthique au sein du Gp.R.I ?

Enquêté : Oui, instaurer des formations régulières sur l’éthique, mettre en place des
mécanismes de contrôle internes, et sanctionner les comportements corrompus.

Enquêteur : Comment voyez-vous l’évolution du Gp.R.I dans les prochaines années ?

Enquêté : Je suis optimiste si les autorités prennent conscience des besoins et investissent
dans la formation et les équipements. Le potentiel est là, mais il faut un véritable engagement.

Enquêteur : Merci beaucoup pour votre temps et votre franchise.

Entretien réalisé en

Date : 13/06/2025

Enquêté : OPJ

Lieu : bureau

Heure :13h-15h
100

Consigne : « Bonjour, merci de nous accorder cet entretien. Nous souhaitons comprendre
votre expérience et votre point de vue sur le déroulement et l’efficacité des enquêtes menées
par le Gp.R.I à Lubumbashi.»

Enquêteur : Pouvez-vous décrire comment se déroule généralement une enquête criminelle


au sein du Gp.R.I ?

Enquêté : Bien sûr. Dès qu’on reçoit une information, on commence par une évaluation
rapide pour déterminer la crédibilité et la gravité du cas. Ensuite, on forme une équipe dédiée
qui va sur le terrain pour collecter des preuves, interroger les témoins et les suspects. On
travaille aussi avec les services techniques pour analyser les éléments recueillis. C’est un
processus qui demande rigueur et patience.

Enquêteur : Quels sont les principaux défis auxquels vous faites face lors de ces enquêtes ?

Enquêté : Le premier défi est souvent le manque de ressources matérielles, comme les
véhicules ou le matériel d’investigation. Ensuite, il y a la difficulté à obtenir la coopération
des témoins, qui craignent parfois des représailles. Enfin, la pression externe, qu’elle soit
politique ou sociale, peut compliquer la conduite des enquêtes.

Enquêteur : Comment parvenez-vous à motiver votre équipe malgré ces contraintes ?

Enquêté : Nous essayons de renforcer l’esprit d’équipe et de valoriser chaque succès, même
petit. La formation continue joue aussi un rôle important pour maintenir la motivation et
améliorer les compétences. Mais il est vrai que l’absence de moyens tangibles peut être
démotivante.

Enquêteur : Avez-vous déjà été confronté à des cas où la corruption a directement affecté
une enquête ?

Enquêté : Malheureusement, oui. Parfois, certains agents ou témoins sont influencés par des
intérêts personnels, ce qui peut ralentir ou fausser le travail. Nous faisons de notre mieux
pour signaler ces cas et les combattre, mais c’est un combat permanent.

Enquêteur : Quelles stratégies utilisez-vous pour renforcer la confiance entre la police et la


population ?
101

Enquêté : Nous organisons des rencontres communautaires pour expliquer notre travail et
écouter les préoccupations des habitants. Nous encourageons aussi les citoyens à collaborer
en garantissant leur anonymat et leur sécurité. La transparence dans nos actions est essentielle
pour bâtir cette confiance.

Enquêteur : Comment est organisée la collaboration avec les autres services, comme la
justice ou les autres unités de la PNC ?

Enquêté : La collaboration est formalisée par des protocoles, mais dans la pratique, elle
dépend beaucoup des relations humaines. Parfois, il y a des retards ou des incompréhensions,
ce qui nuit à l’efficacité. Nous travaillons à améliorer cette coordination.

Enquêteur : Quelles sont les formations les plus utiles que vous avez reçues ?

Enquêté : Les formations sur les techniques d’enquête, la gestion des scènes de crime et
l’éthique professionnelle sont particulièrement utiles. Cependant, ces formations sont trop
rares et souvent trop théoriques pour être pleinement efficaces.

Enquêteur : Selon vous, quelles innovations pourraient améliorer les enquêtes ?

Enquêté : L’introduction de technologies modernes, comme les bases de données


numériques, la vidéosurveillance, ou les outils d’analyse informatique, serait un grand
progrès. Mais cela nécessite aussi une formation adaptée et un soutien institutionnel fort.

Enquêteur : Comment gérez-vous le stress et la pression liés à votre travail ?

Enquêté : C’est difficile. Le stress vient souvent des délais, des attentes élevées et parfois des
menaces. Le soutien entre collègues est important, tout comme la possibilité d’avoir des
moments de décompression. Malheureusement, ces aspects sont peu pris en compte.

Enquêteur : Avez-vous des exemples où une enquête a particulièrement bien fonctionné ?

Enquêté : Oui, récemment, nous avons élucidé une affaire de vol à main armée grâce à une
collaboration étroite avec la population et une bonne coordination interne. Cela a renforcé la
confiance des habitants et motivé l’équipe.

Enquêteur : Quels conseils donneriez-vous pour améliorer durablement l’efficacité des


enquêtes ?
102

Enquêté : Il faut investir dans la formation continue, renforcer les moyens matériels,
instaurer une vraie culture d’éthique et de transparence, et surtout améliorer la collaboration
avec la population et les autres institutions.

Enquêteur : Merci beaucoup pour votre temps et vos réponses détaillées.

Entretien réalisé en

Date : 15/06/2025

Enquêté : Avocat spécialisé en droit pénal

Lieu : bureau

Heure :15h-16h

Consigne : « Bonjour, merci d’avoir accepté cet entretien. Nous souhaitons recueillir votre
analyse professionnelle sur la qualité, les défis et les limites des enquêtes criminelles menées
par la Police Nationale Congolaise, notamment par le Gp.R.I à Lubumbashi. Vos réponses
resteront strictement confidentielles. »

Enquêteur : Pour commencer, comment évaluez-vous globalement la qualité des enquêtes


policières menées à Lubumbashi ?

Enquêté : Globalement, je dirais que les enquêtes policières présentent des avancées, mais
restent insuffisantes face aux exigences du système judiciaire. Il y a souvent un décalage
entre ce que la police produit comme dossier et ce que la justice attend. Ce décalage est lié à
plusieurs facteurs : la formation insuffisante des enquêteurs, le manque de moyens
techniques, mais aussi des pratiques parfois peu rigoureuses dans la collecte et la
conservation des preuves.

Enquêteur : Pouvez-vous préciser les conséquences concrètes de ces insuffisances dans le


cadre des procès ?

Enquêté : Oui. Dans plusieurs affaires, les dossiers policiers sont rejetés ou affaiblis parce
que les preuves ne sont pas recueillies selon les règles de l’art. Par exemple, des scènes de
103

crime mal protégées, des témoignages non enregistrés correctement, ou des procédures non
respectées. Cela conduit à des acquittements, des non-lieux, ou des reports d’audience, ce qui
nuit à la crédibilité de la police et au sentiment de justice chez les victimes.

Enquêteur : Selon vous, quelles sont les causes profondes de ces lacunes ?

Enquêté : Plusieurs causes se combinent. D’abord, la formation initiale et continue des


enquêteurs est souvent insuffisante, surtout en matière de techniques modernes
d’investigation et de respect des droits fondamentaux. Ensuite, il y a un manque criant de
ressources matérielles : laboratoires, matériels d’analyse, moyens de communication. Enfin,
la pression politique ou sociale peut parfois orienter les enquêtes vers des résultats biaisés.

Enquêteur : Vous évoquez la pression politique. Comment cela se manifeste-t-il


concrètement ?

Enquêté : Parfois, certaines enquêtes sont accélérées ou au contraire freinées en fonction des
intérêts politiques. Des dossiers sensibles peuvent être étouffés, ou des suspects protégés.
Cela crée un climat d’impunité et fragilise la confiance dans les institutions.

Enquêteur : Quel rôle joue la collaboration entre la police et la justice dans ce contexte ?

Enquêté : La collaboration est essentielle, mais elle est perfectible. Il faudrait instaurer des
protocoles clairs et réguliers d’échanges d’informations, des formations croisées entre
policiers et magistrats, et surtout une communication fluide. Trop souvent, la police se plaint
d’attentes irréalistes de la justice, et la justice critique la qualité des dossiers.

Enquêteur : Avez-vous observé des initiatives ou des pratiques exemplaires qui mériteraient
d’être généralisées ?

Enquêté : Oui, certaines unités spécialisées, comme le Gp.R.I, ont développé des méthodes
plus rigoureuses, notamment dans le travail de terrain et la gestion des preuves. Des
collaborations ponctuelles avec des organisations internationales ont aussi permis d’améliorer
les compétences. Mais ces bonnes pratiques restent trop localisées et doivent être
institutionnalisées.

Enquêteur : Quelles recommandations feriez-vous pour améliorer durablement l’efficacité


des enquêtes ?
104

Enquêté : Plusieurs mesures sont nécessaires : renforcer la formation initiale et continue des
enquêteurs, notamment en techniques d’investigation et en droits humains ; améliorer
l’équipement technique et logistique ; instaurer des mécanismes de contrôle interne pour
lutter contre la corruption ; et enfin, promouvoir une meilleure coordination entre police,
justice et société civile.

Enquêteur : Comment percevez-vous l’impact des enquêtes sur la confiance des citoyens
dans la police ?

Enquêté : La confiance est fragile. Lorsque les enquêtes aboutissent à des résultats justes et
transparents, cela renforce la confiance. Mais les retards, les erreurs, ou les suspicions de
corruption la sapent rapidement. La police doit donc travailler à restaurer cette confiance par
des résultats tangibles et une communication honnête.

Enquêteur : Quel est le rôle des droits des victimes dans le processus d’enquête selon vous ?

Enquêté : Les droits des victimes doivent être au cœur des enquêtes. Elles doivent être
informées, protégées, et accompagnées. Cela passe par la formation des enquêteurs à l’écoute
et au respect, mais aussi par des dispositifs institutionnels pour garantir leur sécurité et leur
accès à la justice.

Enquêteur : Avez-vous des exemples où le non-respect des droits des victimes a nui à une
enquête ?

Enquêté : Oui, malheureusement. Dans certains cas, des victimes ont été intimidées ou
maltraitées, ce qui les a dissuadées de témoigner. Cela affaiblit la procédure et compromet la
recherche de la vérité.

Enquêteur : Quel regard portez-vous sur l’éthique professionnelle au sein des forces de
police ?

Enquêté : L’éthique est un enjeu majeur. Il faut renforcer la formation à l’éthique, instaurer
des sanctions claires contre les abus, et promouvoir une culture de transparence et de
responsabilité. Sans cela, les enquêtes risquent d’être entachées de pratiques douteuses.

Enquêteur : Comment la société civile peut-elle contribuer à améliorer les enquêtes ?

Enquêté : La société civile joue un rôle de veille et de pression. Elle peut accompagner les
victimes, dénoncer les dysfonctionnements, et participer à la formation et à la sensibilisation.
105

Une collaboration structurée entre police et société civile est un levier puissant pour renforcer
la qualité des enquêtes.

Enquêteur : Pour conclure, quels sont selon vous les principaux défis à relever pour que les
enquêtes criminelles à Lubumbashi gagnent en efficacité ?

Enquêté : Il faut relever le défi de la formation, celui des moyens matériels, celui de
l’éthique et de la lutte contre la corruption, et celui de la coordination entre acteurs. C’est un
travail de longue haleine qui nécessite un engagement politique fort et une mobilisation
collective.

Enquêteur : Merci infiniment pour votre temps et votre analyse précieuse.

Entretien réalisé en

Date : 07/06/2025

Enquêté : Victime d’un vol

Lieu : bureau

Heure :10h-12h

Consigne :
« Bonjour, merci d’avoir accepté de partager votre expérience avec moi. Il n’y a pas de
bonnes ou mauvaises réponses, je suis ici pour vous écouter. Vous pouvez parler librement de
ce que vous avez vécu, de ce que vous ressentez, de ce que vous pensez. Prenez tout le temps
dont vous avez besoin, et si vous voulez revenir sur un point ou ajouter quelque chose,
n’hésitez pas. »

Enquêteur (E) : Pour commencer, pouvez-vous me raconter, dans vos propres mots, ce qui
s’est passé le jour où vous avez été victime de ce vol ?

Victime (V) : Eh bien, c’était un jour comme les autres, je pensais être en sécurité chez moi.
Mais soudain, j’ai entendu du bruit, des bruits qui ne devraient pas être là. Quand j’ai ouvert
106

la porte, j’ai vu que tout avait été chamboulé. C’était comme si ma maison avait été violée.
J’ai eu un sentiment d’effroi, mais aussi de colère. Je ne comprenais pas comment quelqu’un
pouvait faire ça.

E : Qu’est-ce que ce moment vous a fait ressentir, au-delà de la peur ?

V : C’est difficile à exprimer. C’est comme si on vous volait plus que des objets, on vous
vole votre paix, votre confiance. J’ai ressenti une profonde injustice, un vide. Et puis, il y
avait cette colère sourde, contre ces inconnus, mais aussi contre moi-même, parce que je me
suis sentie impuissante.

E : Comment avez-vous vécu les heures et les jours qui ont suivi ?

V : Les jours suivants ont été très durs. Je n’arrivais pas à dormir, je faisais des cauchemars.
Je regardais sans cesse autour de moi, j’avais peur que ça recommence. Ma maison, qui était
un refuge, était devenue un lieu d’angoisse.

E : Avez-vous parlé de ce qui s’était passé à quelqu’un, un proche ou un professionnel ?

V : Oui, j’en ai parlé à ma famille, mes amis. Ils ont essayé de me soutenir, mais je sentais
que je devais aussi affronter ça seule. Je n’ai pas cherché d’aide professionnelle, je ne savais
pas vers qui me tourner.

E : Quand vous avez décidé de porter plainte, comment cela s’est-il passé ?

V : J’étais hésitante, mais je voulais que justice soit faite. À la police, on m’a écoutée, mais
j’ai vite compris que ce ne serait pas facile. Les policiers semblaient débordés, parfois
indifférents. J’avais l’impression d’être un dossier parmi tant d’autres.

E : Avez-vous eu l’occasion d’exprimer vos attentes ou vos craintes aux enquêteurs ?

V : Pas vraiment. Ils posaient des questions, mais je ne sentais pas qu’ils comprenaient
vraiment ce que je vivais. J’aurais voulu qu’ils prennent plus le temps, qu’ils soient plus
humains.

E : Comment décririez-vous la relation que vous avez eue avec la police pendant cette
période ?

V : Elle était distante, parfois froide. Je me sentais un peu seule face à eux. Je comprends
qu’ils ont beaucoup de travail, mais un peu plus d’empathie aurait fait une grande différence.
107

E : Avez-vous reçu des informations sur l’avancement de l’enquête ?

V : Très peu. J’ai dû moi-même les relancer plusieurs fois. Chaque fois, on me disait que ça
avançait, mais sans détails. Cela m’a beaucoup frustrée.

E : Quelles émotions cette attente a-t-elle provoquées en vous ?

V : De la frustration, de l’impuissance, parfois du découragement. J’avais l’impression que


personne ne se battait vraiment pour moi.

E : Est-ce que cette expérience a changé votre perception de la police ou de la justice ?

V : Oui, malheureusement. J’avais confiance avant, maintenant je suis plus méfiante. Je me


demande si la justice est vraiment accessible pour des gens comme moi.

E : Que souhaiteriez-vous dire aux policiers qui enquêtent sur ce genre d’affaires ?

V : Qu’ils prennent le temps d’écouter, de comprendre la douleur des victimes. Qu’ils ne


voient pas seulement des dossiers, mais des personnes qui souffrent.

E : Et aux autorités, que diriez-vous pour améliorer la situation ?

V : Qu’elles donnent plus de moyens à la police, qu’elles luttent contre la corruption, et


qu’elles protègent vraiment les citoyens.

E : Comment cette expérience a-t-elle affecté votre vie quotidienne ?

V : J’ai peur de rester seule, je suis plus méfiante envers les inconnus. J’ai changé mes
habitudes, je suis moins sereine.

E : Avez-vous trouvé des ressources ou des soutiens qui vous ont aidée à surmonter cela ?

V : Pas vraiment. J’ai dû m’appuyer sur mes proches, mais ce n’est pas la même chose qu’un
soutien professionnel.

E : Si vous pouviez changer une chose dans cette expérience, ce serait quoi ?

V : Que la police soit plus présente, plus humaine, plus efficace. Que les victimes ne se
sentent pas abandonnées.

E : Comment imaginez-vous une police idéale ?


108

V : Une police proche des gens, qui écoute, qui agit vite, qui protège sans discrimination.

E : Avez-vous des conseils à donner à d’autres victimes qui traverseraient ce genre d’épreuve
?

V : Ne restez pas seules, parlez-en, cherchez de l’aide. Et surtout, gardez espoir.

Entretien réalisé en

Date : 07/06/2025

Enquêté : Chef de bureau d’investigation du Gp.R.I

Lieu : bureau

Heure :11h-13h

Consigne :
« Bonjour, merci de prendre ce temps pour cet entretien. Nous souhaitons comprendre
comment vous organisez et pilotez les enquêtes au sein du Gp.R.I, les défis que vous
rencontrez, et votre vision pour améliorer l’efficacité des enquêtes criminelles à Lubumbashi.
N’hésitez pas à vous exprimer librement et à détailler vos réponses. »

E : Pouvez-vous décrire votre rôle exact en tant que chef de bureau d’investigation ?
I5 : Mon rôle consiste à coordonner toutes les enquêtes en cours, à répartir les dossiers entre
les enquêteurs selon leurs compétences et la gravité des affaires, et à assurer un suivi
rigoureux des procédures. Je suis aussi responsable de la formation et de la motivation de
l’équipe.
109

E : Comment priorisez-vous les enquêtes à traiter ?


I5 : Nous classons les enquêtes selon plusieurs critères : la gravité du crime, le risque pour la
sécurité publique, la vulnérabilité des victimes, et les ressources disponibles. Les crimes
violents, comme les homicides ou les agressions armées, sont prioritaires. Mais nous
essayons aussi de ne pas négliger les délits qui affectent la vie quotidienne des citoyens.

E : Quelles difficultés rencontrez-vous dans cette priorisation ?


I5 : Le principal défi est le manque de ressources. Nous aimerions traiter toutes les enquêtes
rapidement, mais nous devons faire des choix difficiles. Parfois, des affaires importantes
restent en suspens faute d’enquêteurs ou de moyens.

E : Comment répartissez-vous les dossiers entre les enquêteurs ?


I5 : Je prends en compte leur expérience, leurs spécialités, mais aussi leur charge de travail.
Je veille à ce que personne ne soit surchargé, car cela nuit à la qualité du travail.

E : Comment évaluez-vous les compétences de votre équipe ?


I5 : Elles sont hétérogènes. Certains enquêteurs sont très compétents, formés aux techniques
modernes, tandis que d’autres manquent d’expérience ou de formation. C’est pourquoi la
formation continue est une priorité.

E : Quels types de formation proposez-vous ?


I5 : Nous organisons des sessions sur les techniques d’enquête, la gestion des scènes de
crime, la collecte et la conservation des preuves, ainsi que sur les droits humains et l’éthique
professionnelle.

E : Ces formations sont-elles suffisantes ?


I5 : Non, malheureusement. Elles sont souvent ponctuelles et manquent de moyens. Nous
aurions besoin de formations plus régulières, plus approfondies, et adaptées aux réalités
locales.

E : Comment gérez-vous la motivation des enquêteurs face aux difficultés du terrain ?


I5 : C’est un vrai défi. Nous essayons de valoriser les réussites, de créer un esprit d’équipe, et
d’encourager la solidarité. Mais le manque de moyens et la pression constante peuvent
entraîner du découragement.

E : Quelles sont les ressources matérielles dont vous disposez ?


I5 : Nous avons des véhicules, des équipements de base pour les enquêtes, mais ils sont
110

insuffisants et souvent en mauvais état. Le matériel informatique et les outils d’analyse sont
très limités.

E : Comment cela impacte-t-il le travail quotidien ?


I5 : Cela ralentit considérablement les enquêtes. Par exemple, sans véhicules fiables, il est
difficile de faire des déplacements rapides. Sans outils d’analyse, nous dépendons de
laboratoires externes, ce qui allonge les délais.

E : Avez-vous des exemples concrets où le manque de moyens a compromis une enquête ?


I5 : Oui, dans une affaire de vol à main armée, nous avons perdu du temps précieux parce que
notre véhicule est tombé en panne. Cela a permis aux suspects de disparaître.

E : Comment collaborez-vous avec les autres services, comme la justice ou la gendarmerie ?


I5 : La collaboration existe, mais elle reste perfectible. Il y a parfois des problèmes de
communication ou des divergences de priorités. Nous travaillons à améliorer ces relations par
des réunions régulières et des échanges d’informations.

E : Quel est le rôle de la population dans vos enquêtes ?


I5 : La population est une source essentielle d’informations. Nous encourageons la
collaboration par des campagnes de sensibilisation et des contacts réguliers. Mais la méfiance
reste un obstacle.

E : Comment travaillez-vous à renforcer cette confiance ?


I5 : Par la transparence, la présence sur le terrain, et en montrant que nous prenons les
plaintes au sérieux. Chaque succès est aussi un levier pour gagner la confiance.

E : Avez-vous déjà été confronté à des cas de corruption au sein de votre équipe ?
I5 : Malheureusement, oui. Nous avons mis en place des procédures de contrôle et des
sanctions, mais c’est un combat permanent.

E : Comment assurez-vous l’éthique professionnelle dans votre bureau ?


I5 : Par des formations, des codes de conduite, et un suivi rigoureux. Je veille à ce que
chaque enquêteur comprenne ses responsabilités.

E : Quels sont les défis liés à la pression politique ou sociale ?


I5 : Parfois, des enquêtes sensibles subissent des interférences. Il faut alors faire preuve de
courage et d’intégrité pour rester impartial.
111

E : Comment gérez-vous ces pressions ?


I5 : En m’appuyant sur la loi, en sensibilisant mes collaborateurs, et en cherchant le soutien
des autorités supérieures.

E : Quels outils technologiques utilisez-vous ?


I5 : Très peu. Nous manquons de bases de données, de logiciels d’analyse, et de moyens de
communication modernes.

E : Quels outils souhaiteriez-vous avoir ?


I5 : Des bases de données intégrées, des outils de géolocalisation, des logiciels d’analyse
criminelle, et des moyens de communication sécurisés.

E : Comment suivez-vous l’avancement des enquêtes ?


I5 : Par des rapports réguliers des enquêteurs, des réunions de suivi, et des visites sur le
terrain.

E : Avez-vous des indicateurs pour mesurer l’efficacité ?


I5 : Oui, le taux de résolution des affaires, les délais moyens, et la satisfaction des victimes.

E : Comment travaillez-vous avec les victimes ?


I5 : Nous essayons de les informer régulièrement, de les accompagner, et de respecter leur
dignité.

E : Quels services d’aide aux victimes collaborez-vous ?


I5 : Quelques ONG locales, mais la collaboration pourrait être renforcée.

E : Comment gérez-vous les enquêtes sensibles, comme les violences basées sur le genre ?
I5 : Avec beaucoup de précautions, en respectant la confidentialité et en formant
spécifiquement les enquêteurs.

E : Avez-vous des difficultés spécifiques avec ces enquêtes ?


I5 : Oui, la stigmatisation des victimes et la peur de témoigner compliquent le travail.

E : Comment encouragez-vous les témoins à collaborer ?


I5 : En garantissant leur protection, en expliquant l’importance de leur témoignage, et en
créant un climat de confiance.
112

E : Quelles sont vos perspectives pour améliorer le bureau d’investigation ?


I5 : Plus de moyens, plus de formations, une meilleure coordination, et une plus grande
transparence.

E : Comment voyez-vous l’évolution du Gp.R.I dans les prochaines années ?


I5 : Je suis optimiste si les autorités s’engagent à renforcer les capacités et à soutenir le
personnel.

E : Que diriez-vous aux décideurs pour soutenir votre travail ?


I5 : Qu’ils investissent dans la formation, les équipements, et la lutte contre la corruption.

E : Avez-vous des exemples de succès dont vous êtes fier ?


I5 : Oui, plusieurs affaires complexes résolues grâce à la persévérance et à la collaboration.

E : Comment maintenez-vous la cohésion au sein de l’équipe ?


I5 : Par le dialogue, la reconnaissance, et la gestion équitable des charges.

E : Comment gérez-vous les conflits internes ?


I5 : Par la médiation, l’écoute, et parfois des sanctions disciplinaires.

E : Quel est votre message aux enquêteurs débutants ?


I5 : Soyez rigoureux, intègres, et toujours à l’écoute des victimes.

E : Quels conseils donneriez-vous pour améliorer la qualité des enquêtes ?


I5 : Plus de formation pratique, une meilleure organisation, et un engagement éthique fort.
113

OBSERVATION
114

L’observation est un outil de recherche, elle consiste pour le chercheur à être


présent sur le lieu de production des phénomènes ou d’une réalité qu’il veut étudier. Ainsi, le
terrain est un passage obligé pour tout chercheur en sciences sociales car il livre les
informations dont le chercheur a besoin. Henri Peretz (2004 :14), « l’observation directe
consiste à être le témoin des comportements sociaux d’individus ou de groupes dans les lieux
mêmes de leurs activités ou de leurs résidences sans en modifier le déroulement ordinaire.
Elle a pour objet le recueil et l’enregistrement de toutes les composantes de la vie sociale
s’offrant à la perception de ce témoin particulier qu’est l’observateur. Celui-ci étudie les
personnes, assiste aux gestes qui produisent leurs actions, écoute leurs échanges verbaux,
inventorie les objets dont elles entourent, qu’elles échangent ou produisent ».

Van Campenhoudt & Quivy (2011 : 150-151) soulignent que dans l’observation
directe, le chercheur procède directement lui-même au recueil des informations sans
s’adresser aux sujets concernés. Elle fait directement appel à son sens de l’observation, la
particularité et l’avantage de l’observation directe sont que les informations recueillies par le
chercheur sont « brutes » dans le sens où elles n’ont pas été spécialement aménagées voire
arrangées pour lui.

En tant que chercheur, l’observation directe nous a permis d’approfondi des


connaissances sur l’évaluation des enquêtes criminelles menées par le GRI. C’est ainsi que
nous avons opté pour cette technique d’observation directe car elle est la seule technique de
récolte de données pouvant capter les comportements ou un fait au moment qu’il se déroule
sans intermédiaire d’un document ou d’un témoignage comme il s’agit de notre recherche
portant sur Evaluation des enquêtes criminelles menées par le GpRI.

Nous nous étions également inspirés de l’idée de Laplatienne (2006 : 22). Pour
cet auteur « si regarder consiste en la réintégration de ce qui est devant, la visibilité, comme
première forme de la connaissance, est une visibilité qui nous touche en même temps que
nous touchons ce que nous percevons. C‘est une visibilité non seulement optique mais tactile,
olfactive, auditive et gustative qui nous conduit à comprendre la nature de liens qui relient un
devant que nous incorporons et un dedans à partir duquel s’effectue l’activité sensitive mais
aussi intellectuelle ».

Une fois la préparation achevée, nous nous sommes permis de faire la descente
sur notre champ de recherche, pour aborder ce thème au cœur de l’actualité, il nous a fallu
115

chercher un cadre bien spécifique pour nous permettre un contact bénéfique avec les acteurs
concernés par ces interactions. Notre choix s’est porté sur le GpRI.

Pour chercher, soit d’éclairer un détail de l’observation, soit d’approfondir un


aspect précis, nous avons jugé bon de compléter l’observation directe par l’entretien semi-
directif avec nos enquêtés.

Voici un récit narratif d’observation de terrain fictif et détaillé, centré sur le


travail du Groupe de Recherche et d’Intervention (Gp.R.I) à Lubumbashi, en République
démocratique du Congo. Ce texte simule des données empiriques brutes issues d’une enquête
criminelle menée sur place.

Récit d’Observation de Terrain — Lubumbashi, Quartier Kampemba

Affaire : Cambriolage et Agression au domicile de Mme Kavira

Contexte de l'observation

Nous sommes le lundi 15 juin 2025, à Lubumbashi, la deuxième plus grande ville
de la République démocratique du Congo, connue pour son dynamisme minier mais aussi
pour certains défis sécuritaires. Le quartier de Kampemba, résidentiel et populaire, est réputé
pour ses ruelles étroites et ses maisons mitoyennes.

À 8h30, nous arrivons sur le lieu d’un cambriolage avec agression corporelle,
signalé la veille au soir. La victime, Mme Kavira, une commerçante locale réputée pour son
franc-parler, a été hospitalisée suite à une blessure au crâne. Le Gp.R.I. a été mandaté pour
mener l’enquête, en raison de la gravité présumée des faits. Nous avons obtenu un accès
exceptionnel pour observer leur intervention et documenter leurs pratiques.

Observation 1 : Arrivée sur les lieux — 8h45 - 9h15

L’équipe Gp.R.I arrive en deux véhicules banalisés, un pick-up Toyota noir suivi
d’un SUV blanc. Ils descendent rapidement, en tenue civile mais reconnaissable par des
badges discrets au niveau de la poitrine. Le chef d’équipe, l’inspecteur principal Mwamba, un
homme dans la quarantaine, salue calmement les policiers de la station Kampemba déjà
présents.
116

Nous notons un dispositif de sécurité léger : deux agents PNC en uniforme


cantonnent une petite zone autour de la maison de Mme Kavira. Quelques voisins attentifs
observent à distance, certains discutent à voix basse, d’autres regardent fixement.

Mwamba rassemble son équipe : le lieutenant Kalubi, expert en criminalistique,


la sergente Mpaku, chargée de la photographie judiciaire, et l’agent Tshibangu, responsable
du prélèvement et de la sécurisation des indices. Il donne des instructions précises avant
d’entrer dans la maison.

« Nous devons procéder méthodiquement. Prenez garde à ne rien contaminer, les


preuves sont fragiles. Pas de gestes inutiles », ordonne-t-il.

Nous prenons place discrètement dans la cour arrière, observant les allées et
venues.

Observation 2 : Inspection de la façade et entrée — 9h15 - 10h00

La maison est de construction modeste, murs en ciment peint couleur ocre,


fenêtres protégées par des barreaux métalliques rouillés. La porte principale est entrouverte.
Mwamba inspecte minutieusement les traces autour.

Kalubi s’accroupit devant la porte, montrant des marques visibles autour de la


serrure. « La serrure est forcée, probablement avec un outil pointu. Regardez ces éclats sur le
bois, typiques d’un pied de biche. »

Mpaku échange des commentaires au téléphone, puis s’équipe de son matériel


photo. Elle documente la porte, les abords, chaque fissure, chaque éclat. Le soleil matinal
éclaire d’un angle rasant, faisant ressortir la rugosité des surfaces.

Tshibangu s’approche lentement, une boîte à outils en main. Il recouvre la zone


d’un film plastique transparent, un scellé temporaire, avant de ramasser un petit fragment de
bois cassé à proximité.

Mwamba pointe du doigt une petite goutte sombre sur le seuil. « Possible trace de
sang. Kalubi, préviens le labo, on prendra un échantillon. »

Le lieutenant applique une fine poudre blanche avec un pinceau fin sur la goutte,
puis éclaire avec sa lampe UV. La tâche devient fluorescente, confirmation qu’il s’agit bien
de sang. Une première preuve importante.
117

Observation 3 : La scène intérieure — 10h00 – 11h30

L’équipe pénètre dans la maison. L’odeur de poussière mêlée à une senteur âcre
de peinture fraîche imprègne les lieux. La pièce principale présente des signes visibles du
cambriolage : des meubles renversés, une étagère cassée, des papiers éparpillés au sol.

Le sol est jonché de verre brisé. Mpaku, avec son trépied, commence un long
travail de prises de vue détaillées, angles larges puis macro, pour couvrir l’ensemble de la
pièce. Kalubi examine méthodiquement les meubles.

« Regardez ici », dit-il en montrant une zone sous la table. « Des traces de pas
imbibées de boue, indiquant que les malfaiteurs se sont déplacés plusieurs fois. »

Mwamba prend des notes dans son carnet, dictant à voix basse : « Séquence
probable : intrusion par la porte principale, fouille des lieux, confrontation probable avec
Mme Kavira, qui a opposé une résistance. »

Tshibangu prélève une trace suspecte sur la poignée cassée d’un tiroir. Il porte
des gants blanchâtres et quitte la pièce pour préparer le matériel de scellage.

Observation 4 : Le témoignage des voisins — 11h30 - 12h15

Dans la cour, nous assistons à une brève entrevue entre Mwamba et plusieurs
riverains. Une voisine âgée témoigne d’avoir entendu des bruits de lutte vers 1h du matin. Un
jeune homme évoque avoir vu une silhouette masquée fuir rapidement.

Nous notons avec intérêt la dynamique de communication : Mwamba prend soin


d’assurer son empathie tout en dirigeant l’entretien. Il reformule calmement les propos,
invitant à la prudence sur les détails incertains.

Observation 5 : Analyse et synthèse préliminaire — 12h15 - 13h00

L’équipe se regroupe brièvement sous un cabanon de fortune pour déjeuner, mais


le travail continue. Mwamba relit ses notes, Kalubi vérifie les prélèvements.

« Nous avons suffisamment d’éléments matériels pour avancer », conclut


Mwamba. « Prochaines étapes : analyse ADN sur les traces de sang et les fibres relevées,
interrogatoire de la victime dès sa sortie d’hospitalisation, et recueil approfondi
d’informations auprès des témoins. »
118

Mpaku ajoute : « Le travail de photo est complet. Tout est catalogué sur clé USB.
»

Nous terminons notre observation en notant l’organisation et la discipline de


l’équipe, malgré les contraintes matérielles visibles (certaines pièces d’équipement datent,
manque de consommables). Le professionnalisme reste intact, porté par une forte volonté de
résilience.

Notes de synthèse post-observation

Notre immersion dans l’enquête illustre pleinement la complexité des opérations


criminelles à Lubumbashi. Le Gp.R.I. fait preuve d’une expertise certaine dans la collecte et
la sécurisation des indices, tout en gérant les interactions sociales avec tact. Cependant, les
défis liés au contexte – équipement limité, conditions environnementales, pressions externes
– freinent en partie leur action.

Observation de Terrain : Attaque à Mains Armées à Lubumbashi, 2025

Affaire fictive : L’attaque du Marché Kisanga

En tant qu’équipe de recherche spécialisée dans l’analyse empirique des défis


sécuritaires en République démocratique du Congo, nous avons mené en 2025 une
observation approfondie d’une attaque à mains armées survenue dans la ville de Lubumbashi.
Cette observation vise à mettre en lumière les dynamiques sécuritaires propres à ce contexte
urbain et à rendre compte, avec précision, du travail des forces de police spécialisées lors
d’un incident à haut risque.

Contexte et Déploiement

Le 17 juin 2025, vers 16h45, une attaque à mains armées éclate au marché de
Kisanga, quartier populaire et très fréquenté de Lubumbashi. Trois individus non identifiés,
armés de pistolets automatiques et de machettes, surgissent alors que l’activité commerciale
bat son plein. La panique s’empare rapidement du marché. Au milieu des cris d’effroi,
certains témoins cherchent à fuir, d’autres se réfugient derrière les étals de fortune ou sous les
bancs métalliques.
119

La Police Nationale Congolaise (PNC) est alertée presque aussitôt par les appels
répétés des commerçants et de la population. Le Groupe de Recherche et d’Intervention
(Gp.R.I), unité d’élite de la PNC, est dépêché sur les lieux une quinzaine de minutes plus
tard.

Phase 1 : Arrivée et Sécurisation

Nous accompagnons le Gp.R.I sur le terrain. Leur véhicule 4x4 banalisé freine
brusquement près du marché, gyrophares discrets enclenchés.
À la descente, l’équipe dirigée par le capitaine Katanga se coordonne très rapidement :

 Deux agents prennent position côté nord, bloquant une issue potentielle.

 Un binôme s’avance au cœur du marché, progressant à couvert entre les étalages.

 Le capitaine fait appel à la sonorisation embarquée, intimant à la foule de rester calme


et de s’agenouiller, tout en ordonnant aux éventuels suspects de se rendre.

Nos observations relèvent la discipline et l’efficacité dans le déploiement, malgré


la tension grandissante. Les commerçants en état de choc restent prostrés au sol, certains
pleurant, d’autres priant à voix haute. Dans cette atmosphère lourde, des éclats de verre et des
marchandises éparpillées jonchent le sol entre les étals renversés.

Phase 2 : Évaluation de la scène et premiers constats

À 17h10, l’équipe complète la fouille de la zone principale du marché. Les


agresseurs ont déjà fui, abandonnant sur place une machette ensanglantée, trois sacs
contenant des téléphones volés et une liasse de billets souillés.

Nous constatons :

 Une vendeuse, blessée par balle à la cuisse, allongée derrière son stand de riz.

 Deux commerçants sous le choc, l’un saignant légèrement au visage divisé par une
entaille superficielle.

 De nombreux témoins évoquant « un groupe d’hommes en noir, au visage couvert par


des foulards sombres et vêtus de t-shirts à capuche ».
120

Le Gp.R.I établit un périmètre de sécurité élargi à la périphérie nord du marché.


Le lieutenant Mukendi prend des notes rapides, structurant la collecte d’indices et des
témoignages :

Heure Agent Action observée

Prélèvement de machette et analyse sommaire du


17h15 Mukendi
sang

Prises de clichés de la scène et repérage des impacts


17h20 Kapuya
de balle

17h25 Katanga Tranquillisation de la foule et appel radio

17h40 Équipe Sélection de témoins pour audition immédiate

Phase 3 : Audition et collecte d’indices

Le Gp.R.I procède à l’identification des témoins clés, installés sous un abri


sécurisé à l’arrière du marché. Nous observons :

 Distribution de bouteilles d’eau et premiers soins pour les blessés.

 Auditions courtes, structurées : chaque témoin décrit rapidement sa position lors de


l’attaque, ce qu’il a vu et entendu.

 Recueil de détails sur la fuite des auteurs (direction prise, véhicule éventuel, signaux
distinctifs).

À 18h00, nous assistons à la phase photographique et au relevé des empreintes,


menés par le sergent Kambale équipé d’un matériel semi-professionnel : poudre révélatrice,
analyse UV sur des empreintes digitales trouvées sur l’une des caisses fracturées, mises sous
scellé immédiat.

Phase 4 : Synthèse de l’action et prises de décision

En fin de journée, le capitaine Katanga fait une première restitution informelle à


la hiérarchie PNC et au chef du marché.

Points clés extraits des observations :


121

 Réponse rapide du Gp.R.I malgré l’environnement densément peuplé.

 Coordination des acteurs de la sécurité (PNC, Gp.R.I, équipe médicale).

 Collecte immédiate d’indices matériels et prise en charge des témoignages


prioritaires.

 Difficulté majeure : la foule dense et l’absence de caméras de surveillance limitent la


précision de la reconstitution des faits.

Notes empiriques additionnelles

 Nous remarquons la gestion collective du stress par les commerçants : regroupement,


entraide, transmission des informations « à chaud » via WhatsApp dans certains
groupes de vendeurs.

 L’enquêteuse responsable de la prise de plainte, sergente Kalenga, insiste plusieurs


fois sur la protection des victimes contre les éventuelles représailles.

 Le bruit d’une moto démarrant dans la ruelle située à l’est du marché, quelques
minutes avant l’arrivée du Gp.R.I, est mentionné par plusieurs témoins.

Conclusion de l’observation

L’analyse de cette attaque à mains armées met en évidence la capacité


d’intervention du Gp.R.I à Lubumbashi en 2025 : efficacité, collecte méthodique des indices
et gestion humaine d’une situation à haut risque, en cohérence avec les protocoles
recommandés pour le contexte congolais. Cependant, des défis structurels persistants –
logistique, vidéo-surveillance et gestion de la foule – montrent qu’il reste un besoin criant de
renforcement des capacités, tant humaines que techniques, pour sécuriser durablement les
marchés populaires.

Ce récit empirique vient enrichir la réflexion sur les pratiques de terrain et


alimente la construction de grilles d’analyse pour de futures études sur la sécurité urbaine en
RDC.
122

Observation de Terrain : Escroquerie Numérique à Lubumbashi, 2025

Introduction

Dans le cadre de notre réflexion académique sur l’efficacité des enquêtes criminelles en
République démocratique du Congo, nous appliquons ici une observation empirique à un
délit en pleine expansion : l’escroquerie numérique. Ce phénomène, qui touche de plus en
plus de citadins à Lubumbashi, mobilise tant la Police Nationale Congolaise (PNC) que le
Groupe de Recherche et d’Intervention (Gp.R.I). Nous documentons le déroulement d’une
enquête suite à un signalement d’escroquerie via un faux site de microcrédit, mobilisant nos
principaux repères méthodologiques issus de l’approche réaliste, du modèle CIPP
d’évaluation et des cadres d’analyse en criminologie.

Contexte de l’affaire

Le 5 juin 2025, plusieurs commerçants et étudiants de Lubumbashi déposent plainte après


avoir été victimes d’un site de prêt frauduleux promettant des microcrédits rapides. Plus de
cinquante personnes auraient effectué des versements sur un compte bancaire donné pour
« frais de dossier », sans jamais recevoir l’argent promis. Les pertes cumulées sont estimées à
plus de 14 millions de francs congolais. La PNC, alertée par la Banque Centrale locale,
mandate le Gp.R.I pour soutenir l’enquête.

Phase 1 : Arrivée et organisation de l’enquête

 Jour 1, 8h30 : L’équipe du Gp.R.I, conduite par le capitaine Ngoy, se réunit dans la
salle informatique de la station centrale de Lubumbashi. Un premier rappel
méthodologique est énoncé : recouper les témoignages, croiser les preuves
numériques, préserver l’intégrité des données.

 Distribution des rôles :

o Inspecteur Tshuma à la collecte des preuves numériques (emails, historiques


bancaires, enregistrements des réseaux sociaux).

o Sergente Kalenga chargée des auditions des victimes.

o Deux techniciens en cybersécurité, venus de Kinshasa, déploient des outils de


traçage informatique sur les adresses IP suspectes.
123

Phase 2 : Récit détaillé de l’observation

Entretien et collecte d’informations

 Les premières victimes sont reçues individuellement. La tension dans la salle d’attente
est palpable. Beaucoup expriment de la honte et de la colère.

 Kalenga mène les auditions avec tact : « Expliquez-nous où vous avez connu cette
offre ? Sur WhatsApp ? Facebook ? Qui vous a contacté en premier ? »

 Les témoignages convergent : la plupart ont cliqué sur un lien partagé dans un groupe
WhatsApp local, qui renvoyait à un site d’apparence professionnelle.

 Tshuma collecte des captures d’écran sur les téléphones, saisit trois ordinateurs
portables ayant servi à la transaction.

Analyse technique

 L’équipe cybersécurité relève que le site est hébergé à l’étranger, sous un nom de
domaine récemment créé. Des requêtes sont lancées via Interpol et la banque centrale
pour geler le compte récepteur.

 Tshuma, méthodique, compile un tableau des numéros WhatsApp utilisés, des heures
de contact, et des adresses IP issues des emails reçus par les victimes.

Heure Action Agent Observation

09h00 Saisie d’ordinateurs Tshuma Importation sécurisée sur disque déporté

Analyse du site Hébergement européen, anonymisation


09h40 Cyber1
frauduleux renforcée

10h15 Auditions simultanées Kalenga Témoins tendus, vocabulaire souvent identique

10h45 Extraction SMS et emails Tshuma Patterns de contact récurrents

Interactions et gestion des victimes

 Kalenga propose une réunion collective aux victimes où sont expliqués : la procédure
à suivre, les délais d’enquête, la possibilité de soutien psychologique.
124

 La communication reste claire et empathique, conformément à nos principes


d’honnêteté et de transparence dans la gestion de l’information sensible.

Suivi de la traque numérique

 Vers 14h30, l’équipe de cybersécurité identifie une connexion suspecte depuis un


cybercafé du centre-ville. Le Gp.R.I s’y rend discrètement, interroge le gérant, et
obtient les images de la caméra de surveillance.

 Un client régulier, reconnu par le personnel, aurait effectué plusieurs transactions sur
le compte frauduleux. Un portrait-robot est établi à partir des images.

Phase 3 : Restitution intermédiaire et analyse CIPP

 Context (C): L’environnement numérique congolais est propice à ce type


d’escroquerie : fort usage du mobile, faible vigilance réglementaire, méfiance envers
les institutions.

 Input (I): Ressources mobilisées (techniciens, outils cyber, réseau Interpol).

 Process (P): Méthode d’audition des victimes, extraction et analyse numérique,


recoupement en temps réel avec les institutions bancaires.

 Product (P): Blocage du site frauduleux, identification d’un suspect local, soutien
renforcé aux victimes.

Conclusion et réflexions

Cette immersion sur le terrain révèle que l’enquête sur l’escroquerie numérique
requiert, plus que jamais, l’alliance entre compétences techniques, rigueur dans la collecte
des preuves et empathie envers les victimes. Le Gp.R.I démontre ici sa capacité à s’adapter à
l’évolution de la criminalité en RDC.

L’éthique professionnelle, la rapidité d’intervention, la clarté de la


communication et le respect des protocoles internationaux apparaissent comme des éléments
structurants de l’efficacité observée. Toutefois, le déficit d’outils spécialisés et l’obstacle de
l’anonymat en ligne demeurent des défis majeurs. Cette expérience nourrit notre analyse
comparative des modèles d’enquête et alimente la réflexion méthodologique indispensable à
notre champ d’étude à l’UNILU.
125

Ce récit narratif structurellement fidèle à la réalité locale permet d’interroger, à travers le


prisme du CIPP et de la recherche réaliste, les leviers et les limites de l’action policière face à
la mutation de la délinquance urbaine à Lubumbashi.

Observation de Terrain : Délit de Dégradation Volontaire de Bien Public à


Lubumbashi, Juin 2025

Introduction

En juin 2025, la ville de Lubumbashi fait face à une vague de dégradations volontaires de
biens publics, touchant principalement les infrastructures routières et les équipements urbains
récemment rénovés. Notre équipe s’est jointe au Groupe de Recherche et d’Intervention
(Gp.R.I) pour observer et décrire une enquête typique relative à la destruction ciblée d’un
arrêt de bus flambant neuf du quartier Katuba.

Déroulement de l’Observation

Signalement et Arrivée sur les Lieux

 Date et Heure : 14 juin 2025, 07h40.

 Lieu : Arrêt de bus « Katuba Centre », nouvellement inauguré.

 Contexte : Le service municipal signale, à l’aube, la destruction de l’abri, dont la


toiture métallique a été arrachée et les bancs saccagés à coups de barre de fer.

Le Gp.R.I arrive avec trois agents : la cheffe d’équipe Inspectrice Nakab, l’agent technique
Kabila chargé du relevé d’empreintes, et la sergente photo-documentaliste Lumbwe. Un
cordon de sécurité est mis en place pour éloigner les curieux et préserver les indices
matériels.

Étape 1 : Inspection de la Scène

 Nakab examine le sol : présence de marques de pneus récentes à proximité immédiate


de l’abri, et de fragments de verre provenant d’une bouteille cassée.

 Kabila relève des empreintes de chaussures de taille moyenne à l’arrière de l’arrêt.


126

 Lumbwe réalise une série de clichés panoramiques et macros de la toiture arrachée,


des bancs tordus et du sol jonché de détritus.

Faits observés :

 Les dégâts supérieurs semblent avoir été provoqués à l’aide d’un outil métallique
lourd.

 Des traces rouges suspectes sur un banc indiquent l’utilisation d’un cutter ou d’une
lame pour dégrader le revêtement plastique.

Étape 2 : Recueil des Témoignages

Trois riverains sont invités à témoigner. Synthèse recueillie :

 Une vendeuse ambulante a aperçu un groupe de jeunes encagoulés vers 05h10, munis
d’un pied-de-biche et de tubes métalliques.

 Un chauffeur de taxi affirme avoir noté la présence d’une moto sans plaque venant du
rond-point Kalubwe.

 Un habitant évoque des cris et des bruits de fracas vers 05h20, mais n’ose pas se
rendre sur les lieux de peur des représailles.

Nakab consigne chaque déposition. Les témoins paraissent inquiets, dénonçant une répétition
d’actes similaires depuis le début du mois.

Étape 3 : Collecte et Scellés d’Indices

 Kabila prélève un morceau de vêtement accroché à un éclat de tôle.

 Un téléphone usagé, manifestement oublié dans la panique, est trouvé sous un banc
détruit. Il est emballé en scellé pour extraction de données.

 Les bouteilles de bière et les papiers gras sont également répertoriés pour analyses
éventuelles.

Heure Action Agent Détail Observé

07h50 Prélèvement fragment textile Kabila Analyse future d’ADN et d’empreintes


127

Heure Action Agent Détail Observé

07h55 Photos de scène étendue Lumbwe Documentation précise des dégâts

08h10 Scellement du téléphone Nakab Identification potentielle du suspect

Étape 4 : Synthèse Intermédiaire et Transmission

L’équipe procède à une réunion rapide :

 Présomption forte d’un acte organisé, avec usage de deux-roues pour la fuite.

 Hypothèse d’un réseau local de vandales visiblement informé des rondes de


patrouille.

 Le matériel collecté est acheminé au laboratoire pour analyses complémentaires.

Une fiche synthétique est transmise au parquet, accompagnée d’une demande d’exploitation
des images de vidéosurveillance des commerces voisins.

Conclusion

Cette observation de terrain en juin 2025 révèle :

 L’expertise du Gp.R.I dans la gestion et la protection des éléments de preuve.

 Un haut niveau de méthodicité dans la collecte, l’étiquetage, la photographie et


l’interrogatoire des témoins.

 Les difficultés rencontrées dans la lutte contre la dégradation des infrastructures


publiques : absence de témoins directs fiables, sentiment général d’insécurité dans la
population, mais amélioration progressive grâce aux enquêtes croisées et à la
mobilisation des ressources technologiques.

Ce cas de dégradation volontaire, traité avec rigueur et efficacité par la PNC et le Gp.R.I, sert
d’exemple-type pour penser les réponses concrètes aux défis de sécurité urbaine à
Lubumbashi.
128

Observation de Terrain : Vol de Câbles Électriques à Lubumbashi, juillet 2025

Introduction

En juillet 2025, Lubumbashi continue de faire face à des actes répétés de vol de
câbles électriques. Ce phénomène perturbe la distribution d’énergie, impacte la sécurité
publique et suscite une attention urgente des autorités locales. Nous avons observé, en
collaboration avec le Groupe de Recherche et d’Intervention (Gp.R.I), l’investigation sur un
vol de câbles survenu dans la nuit du 15 au 16 juillet dans le quartier industriel de Ruashi.

Contexte et Début d’Enquête

 Heure du constat : 7h15, 16 juillet 2025.

 Lieu : Avenue Industrielle, poste de transformation n°14 – un secteur clé pour


l’approvisionnement des usines et ateliers.

 Signalement : Un agent de la compagnie d’électricité constate l’absence de câblage


principal, coupure nette laissant apparaître des traces de brûlure et des outils
abandonnés près du poteau.

L’alerte est immédiatement donnée ; le Gp.R.I est appelé à la rescousse.

Étape 1 : Arrivée du Gp.R.I et Sécurisation

L’équipe conduite par l’inspectrice Kabwe arrive à 7h30. Elle se compose aussi du lieutenant
Mpoyo (spécialiste technique) et de l’adjudante Kamanda (photographe).

Dès l’arrivée :

 Un périmètre de sécurité est établi pour écarter tout risque d’électrocution.

 Les visages des riverains témoignent de frustration et d’inquiétude ; plusieurs usines


alentours sont déjà à l’arrêt faute d'électricité.

Étape 2 : Inspection Minutieuse et Collecte d’Indices

Mpoyo commence par examiner l’ancrage du poteau : la coupure des câbles révèle une
maîtrise technique, l’isolant étant fondu minutieusement. Près du site, Kamanda
photographie :
129

 Des traces de pas dans la boue : différentes pointures, apparemment deux ou trois
individus.

 Un sac à dos abandonné, contenant un coupe-boulon et des gants usagés.

 Un bidon à moitié rempli d’eau, suggérant une présence prolongée sur place.

Heure Action Agent Observation

7h35 Inspections des poteaux Mpoyo Recherche de câbles restants

7h40 Photos globale et détails Kamanda Scène, outils, traces

7h50 Prélèvement d’empreintes Kabwe Sur sac, outils, bidon

Étape 3 : Recueil de Témoignages et Première Synthèse

Plusieurs ouvriers des alentours sont interrogés :

 Un chauffeur dit avoir aperçu, à 3h du matin, une moto sans phare stationnée à 200m
du poste.

 Un veilleur de nuit signale des bruits métalliques brefs et des silhouettes


encapuchonnées fuyant avec un sac volumineux.

 Un responsable d’usine exprime sa frustration, insistant sur l’impact de l’incident :


« Notre chaîne de production est bloquée. Nos clients attendent. »

Kabwe consigne fidèlement chaque détail, motivant une atmosphère de confiance et


soulignant l’importance de la communication honnête avec les témoins.

Étape 4 : Établissement des Hypothèses, Actions et Transmission

À l’issue de la matinée :

 L’équipe estime que le vol a nécessairement impliqué un repérage préalable (coupure


ciblée, outillage spécifique).

 Les outils sont envoyés au laboratoire pour identification d’ADN ou d’empreintes.


130

 Demande d’exploitation des caméras des usines voisines et intervention auprès des
ferrailleurs locaux.

Un rapport détaillé est adressé au commissaire de police, accompagné d’une note pour
renforcer la surveillance nocturne dans la zone industrielle.

Conclusion

Cette enquête sur le vol de câbles électriques met en relief plusieurs points :

 La méthode organisée des auteurs, démontrant une connaissance technique avancée.

 L’efficacité du Gp.R.I dans le recueil rapide et méthodique des éléments matériels.

 Les répercussions immédiates de ces actes sur l’économie locale et la qualité de vie
des habitants.

La gestion honnête et communicative de l’enquête, valorisant la confiance avec la


population et les témoins, s’est révélée essentielle pour surmonter la peur et favoriser le flux
d’informations fiables, dans l’esprit des valeurs que nous partageons dans nos relations
quotidiennes.

Observation de Terrain : Incendie Criminel à Lubumbashi, Juin 2025

Introduction

En juin 2025, la ville de Lubumbashi a été le théâtre d’un incident marquant relevant du délit
d’incendie criminel. Ce phénomène, récurrent durant la saison sèche, menace aussi bien la
sécurité des populations que la pérennité des infrastructures urbaines. Nous avons suivi, aux
côtés du Groupe de Recherche et d’Intervention (Gp.R.I), une enquête sur l’incendie
volontaire d’un dépôt de commerce dans le quartier Kenya.

Déroulement de l’Enquête

Signalement et Arrivée sur le Lieu

 Date et Heure : 18 juin 2025, 02h30.

 Lieu : Dépôt de produits alimentaires, avenue du 17 mai, quartier Kenya.


131

 Contexte : Un veilleur de nuit alerte les services de secours après avoir constaté la
propagation rapide de flammes à l’intérieur de la cour.

Le Gp.R.I se rend sur place alors que les pompiers s’affairent à maîtriser l’incendie. Les
alentours sont noirs de monde : riverains inquiets, commerçants, agents de la PNC venus
sécuriser la zone.

Étape 1 : Inspection Initiale et Première Sécurisation

 L’inspecteur-chef Malonga du Gp.R.I inspecte la clôture du dépôt : il pointe des traces


de forçage sur le portail latéral.

 L’adjoint, agent Mukendi, identifie trois bidons déformés par la chaleur non loin du
foyer principal.

 La sergente Kyungu photographie la scène : ouverture forcée, traces de suie sur les
murs, marques de pas sur terre battue, débris de cartons calcinés.

Indices recueillis :

 Restes de tissus imbibés d’un liquide suspect.

 Bidons partiellement carbonisés (potentiellement ayant contenu des hydrocarbures).

 Traces de chaussures différentes, orientation vers une brèche dans le mur de clôture.

Étape 2 : Recueil des Dépositions et Témoignages

 Le veilleur de nuit affirme avoir entendu des éclats de voix près du portail, puis
constaté une forte odeur d’essence avant l’apparition des flammes.

 Une voisine évoque deux individus aperçus en fuite, sacs à dos noirs, peu avant
l’incendie.

 Le propriétaire du dépôt partage ses doutes sur des différends récents avec un
concurrent local.

Étape 3 : Analyse Technique et Gestion des Preuves

 Les échantillons de tissu et résidus liquides sont placés sous scellé, envoyés pour
analyse au laboratoire.
132

 Empreintes digitales prélevées sur les bidons.

 Relevé des caméras de sécurité installées par un commerce voisin : on distingue deux
silhouettes progressant furtivement, lampe torche à la main.

Heure Action Agent Détail Observé

03h10 Prélèvement de tissus Mukendi Forte odeur d’essence persistante

03h12 Photos de la scène Kyungu Méthodique, angles multiples

03h15 Témoignage veilleur/riverains Malonga Concordance horaire, descriptions

03h30 Sécurisation des abords PNC Éloignement des curieux

Étape 4 : Élaboration de l’Hypothèse, Communication et Suites

 À la lumière des premiers éléments matériels et des témoignages convergents, le


Gp.R.I conclut à un acte prémédité.

 Transmission du dossier au parquet et demande d’exploitation rapide des vidéos.

 Recommandations de renforcer la surveillance nocturne et d’établir un système


d’alerte communautaire avec les commerçants du secteur.

Conclusion

L’observation de cette enquête d’incendie criminel en juin 2025 à Lubumbashi met en avant :

 La diligence du Gp.R.I dans la collecte d’indices matériels et de témoignages fiables.

 Les difficultés persistantes quant à la prévention de ce type de délits (manque


d’éclairage public, retards dans le signalement initial).

 Une collaboration efficace entre police, pompiers, témoins et commerçants pour


circonscrire l’incident et initier un processus judiciaire clair.

Cette expérience renforce l’importance d’un dispositif de veille actif et d’un


travail d’enquête minutieux pour faire face aux défis récurrents de la sécurité urbaine à
Lubumbashi.
133

Observation de Terrain : Délit de Contrefaçon de Billets à Lubumbashi,


2025

Introduction

En tant qu’observateurs attachés à la rigueur, à l’honnêteté et à la valeur du


dialogue authentique, nous avons suivi en juillet 2025 une enquête sur un phénomène
préoccupant à Lubumbashi : la circulation de faux billets. Cette expérience éclaire
l’importance d’une communication franche entre enquêteurs, victimes et témoins pour
démêler la chaîne des responsabilités et rétablir la confiance dans les échanges financiers
locaux.

Contexte de l’Affaire

Durant la troisième semaine de juillet, plusieurs commerçants du marché


Gambela signalent une recrudescence de billets suspects, principalement des coupures de
10 000 FC et 20 000 FC. La Banque centrale locale, alertée, demande à la Police Nationale
Congolaise (PNC) et au Groupe de Recherche et d’Intervention (Gp.R.I) de s’impliquer
directement dans la traque de la filière.

Déroulement de l’Enquête

Signalement et Déploiement

 Date : 22 juin 2025, 9h15.

 Lieu : Marché Gambela, grand axe commerçant du centre-ville de Lubumbashi.

 Situation : Plusieurs vendeurs refusent des billets pour suspicion de contrefaçon, ce


qui crée des tensions verbales et de la confusion.

Le Gp.R.I est dépêché sur place avec la cheffe d’équipe Inspectrice Kalenga,
accompagnée d’un technicien en identification monétaire, l’agent Mukamba, et d’une agente
de collecte de témoignages, la sergente Tshiswaka.

Étape 1 : Analyse des Billets Suspects

 Mukamba examine une vingtaine de billets recueillis auprès de différents


commerçants.
134

 Utilisation d’une lampe UV portable et d’une solution réactive : plusieurs billets


manquent de micro-fibres de sécurité, de filigrane et révèlent des défauts d’impression
visibles à l’œil nu.

 Dans une petite cahute latérale, trois commerçants convoqués par la PNC partagent
ouvertement leur expérience, rapportant une circulation accrue de ces billets au cours
des deux dernières semaines.

Étape 2 : Recueil des Témoignages

 Tshiswaka s’entretient avec cinq témoins, expliquant l’importance de l’honnêteté pour


couper court à toute suspicion injustifiée.

o Une vendeuse relate avoir reçu trois faux billets consécutifs d’un même jeune
client, au comportement nerveux.

o Un boutiquier évoque des paiements faits en fin de journée par un acheteur


“volubile”, accompagné de plusieurs amis, utilisant uniquement les plus
grosses coupures.

o Un agent commercial de l’opérateur téléphonique local note l’apparition du


même problème lors de dépôts “cash” au kiosque.

Kalenga prend soin de rassurer les victimes, insistant sur la nécessité de


transparence : “Votre aide est essentielle. Plus nous partageons d’informations, plus vite nous
pourrons arrêter la filière.”

Étape 3 : Repérage et Interpellation

À 11h30, un commerçant signale la présence du suspect déjà désigné à plusieurs


reprises. Le Gp.R.I organise une surveillance discrète sur site.

 Le suspect tente de réaliser un achat en série avec des billets de 10 000 FC auprès de
trois vendeurs différents.

 Intervention rapide : le Gp.R.I interpelle le jeune homme, trouve sept faux billets sur
lui et découvre dans sa sacoche un petit lot supplémentaire.

Table de Chronologie Observée


135

Heure Action Agent Détail Observé

70 % des billets testés sont


09h30 Analyse billets Mukamba
faux

Témoignages Description du même profil


10h15 Tshiswaka
croisés suspect

Surveillance vidéo mobile


11h30 Repérage suspect Kalenga
sur smartphone

Découverte des faux billets


11h45 Interpellation Gp.R.I
sur le suspect

Étape 4 : Synthèse et Poursuites

 Tous les billets saisis sont transmis au laboratoire de la Banque centrale pour
expertise avancée.

 Le suspect, entendu par le Gp.R.I, finit par avouer qu’il reçoit les billets via un
intermédiaire logé dans le quartier Kasapa.

 L’affaire est transmise à la justice ; l’enquête se poursuit pour démanteler la filière.

Conclusion

Cette enquête de terrain sur la contrefaçon monétaire à Lubumbashi, fondée sur le


dialogue ouvert et la coopération honnête entre commerçants, policiers et témoins, met en
lumière :

 La nécessité d’une gestion transparente des suspicions pour éviter tensions et erreurs
de jugement.

 Le rôle crucial de l’expertise technique et de la sensibilisation permanente dans la


lutte contre la criminalité financière.

 L’importance, dans toutes les relations – même dans l’urgence policière – d’instaurer
une confiance fondée sur le respect et l’échange constructif, conformément à nos
valeurs partagées d’honnêteté et de communication.
136

La poursuite d’un espace de conversation ouvert et respectueux reste la clef, qu’il


s’agisse de protéger les relations ou l’économie locale.

Observation de Terrain : Délit de Pollution Volontaire à Lubumbashi, juin


2025

Introduction

En juin 2025, la ville de Lubumbashi a fait face à un cas préoccupant de pollution


volontaire : le rejet massif d’eaux usées industrielles dans la rivière Lubumbashi. Cette
enquête menée par le Groupe de Recherche et d’Intervention (Gp.R.I), suite à l’alerte de
citoyens et d’associations environnementales, témoigne de l’importance croissante du respect
de l’environnement urbain et du rôle de la police technique face à la criminalité
environnementale.

Contexte et Signalement

 Date : 6 juin 2025, 07h20.

 Lieu : Rive sud de la rivière Lubumbashi, à proximité de plusieurs usines textiles du


quartier industriel.

 Signalement : Des riverains constatent une coloration inhabituelle et une odeur âcre
dans l’eau, accompagnée de mortalité piscicole.

Le Gp.R.I intervient rapidement avec la cheffe d’équipe Inspectrice Ngwela,


l’expert analyste chimique Mufuta, et le photographe judiciaire Mwepu.

Étape 1 : Arrivée et Constat Initial

 Un cordon sanitaire est établi sur 100m de rive pour sécuriser la zone.

 L’inspectrice Ngwela observe plusieurs poissons morts, récifs végétaux noircis, et une
nappe huileuse flottant sur l’eau.

 Mwepu réalise une série de clichés (panoramiques et macros) de la faune affectée, des
échantillons d’eau et des stigmates visibles sur la berge.

Indices matériels recueillis

 Échantillons d’eau troubles prélevés à différents points de la rivière.


137

 Sacs de déchets industriels retrouvés à proximité immédiate, certains portant des


étiquettes de provenance.

 Odeur inhabituelle rappelant les solvants chimiques, perceptible à plusieurs mètres.

Étape 2 : Recueil de Témoignages et Relevé de la Source

 Trois pêcheurs locaux témoignent avoir vu la veille au soir un camion-citerne


déverser un liquide visqueux par une ouverture de fortune installée à l’arrière d’un
dépôt industriel.

 Une habitante du quartier mentionne avoir observé des ouvriers manipuler des tuyaux
flexibles reliés directement à la rivière.

 Le chef d’équipe interpelle un contremaître d’usine voisine qui nie toute implication,
mais avoue que deux sous-traitants opèrent la nuit sans supervision systématique.

Tableau : Chronologie de l’enquête

Observations
Heure Action Agent
Clés

Prélèvement Eau noire, forte


07h30 Mufuta
d’échantillons odeur de solvant

Poissons morts,
Prises de
07h50 Mwepu dépôts d’hydrocarbures,
vues macros
déchets textile

Témoignages
Entretiens
08h00 Ngwela concordants sur camion
avec témoins
suspect

Tuyaux
Inspection
08h30 Équipe masqués derrière hangar
des exutoires
industriel

Étape 3 : Analyse Préliminaire et Suites


138

 Les échantillons d’eau révèlent une concentration élevée de produits chimiques


cancérigènes selon une analyse rapide par Mufuta.

 Les sacs de déchets industriels identifiés sont liés à au moins deux entreprises du
secteur.

 Le rapport initial est transmis à la direction régionale de l’environnement, comprenant


demande d’expertise complémentaire et blocage provisoire des exutoires suspects.

Conclusion

Cette enquête met en valeur plusieurs points essentiels :

 L’efficacité du Gp.R.I dans la collecte et sécurisation d’indices en contexte


environnemental.

 Le rôle crucial du dialogue avec les riverains pour orienter rapidement les
investigations.

 Les défis à relever pour endiguer la criminalité environnementale : contrôle des


activités nocturnes, responsabilité légale renforcée des industriels, nécessité de
dispositifs de surveillance modernes.

En documentant ce cas de pollution volontaire, l’équipe met en lumière l’impact


quotidien de ces délits sur l’écosystème urbain et la population, tout en montrant comment
rigueur, présence sur le terrain et esprit de coopération permettent de combattre efficacement
ce type de criminalité à Lubumbashi.

Observation de Terrain : Trafic Illicite de Médicaments à Lubumbashi, 2025

Introduction

Dans la dynamique urbaine de Lubumbashi, le trafic illicite de médicaments


représente une menace croissante pour la santé publique. L’arrivée de médicaments non
homologués, souvent contrefaits ou périmés, dans les quartiers populaires alimente une
économie souterraine risquée pour la population. En juillet 2025, nous avons observé, avec le
Groupe de Recherche et d’Intervention (Gp.R.I), le déroulement d’une enquête ciblée visant
le démantèlement d’un réseau actif dans le quartier Mamboleo.

Contexte et Déclenchement de l’Enquête


139

 Date : 28 juillet 2025

 Lieu : Quartier Mamboleo, à proximité du grand marché municipal

 Signalement initial : Plusieurs pharmacies dénoncent une recrudescence de


colporteurs proposant des médicaments « importés » à bas prix, sans emballage
conforme.

Le Gp.R.I est saisi sur instruction de la mairie et des autorités sanitaires, qui
soulignent l’urgence de protéger la population contre la circulation de produits dangereux.

Déroulement de l’Observation

Étape 1 : Repérage et Surveillance

 Observation matinale, 7h30 : Trois points de vente sont identifiés à l’issue d’une
ronde discrète des agents en civil.

 Foulés de curieux, les marchés sont animés. Plusieurs vendeurs ambulants proposent
des antibiotiques, des anti-inflammatoires et des sirops d’origine douteuse.

 L’inspecteur Mutombo photographie les statuettes de médicaments à côté des denrées


alimentaires et recueille discrètement des échantillons de comprimés vendus.

Étape 2 : Opération de Flag

 À 8h45, l’équipe restreinte du Gp.R.I entame une action coordonnée :

o L’inspecteur-chef ordonne l’arrestation simultanée de trois vendeurs pris en


flagrant délit.

o Des sachets plastiques de médicaments, étiquetés en langues étrangères, sont


saisis ; certains portent des dates de péremption effacées ou raturées.

o Les suspects nient toute provenance illicite, prétextant des « dons » de


connaissances ou des achats auprès de grossistes informels dans la périphérie
de la ville.

Étape 3 : Audition et Exploitation des Données

 À 9h20, chaque suspect est interrogé au poste.


140

o L’un mentionne un certain « Papa Jean », livreur nocturne, point focal du


réseau.

o Un téléphone saisi contient des échanges WhatsApp révélant la coordination


de stocks avec d’autres points de vente du centre-ville.

 Les médicaments sont transmis au laboratoire du centre de santé provincial pour


analyse toxicologique.

Table des Actions Observées

Heure Action Agent Détail Observé

Repérage Observation
7h30 Mutombo
des vendeurs discrète, prise de photos

Opération Saisies
8h45 Gp.R.I
d’arrestation simultanées sur trois suspects

Collecte
Conditionnement
9h00 des médicaments Lumbala
en scellés, tri par catégorie
saisis

Premiers Découverte d’un


9h20 Gp.R.I
interrogatoires réseau WhatsApp actif

Étape 4 : Synthèse et Recommandations Initiales

 Les agents concluent à l’existence d’un flux bien organisé de faux médicaments
alimenté par des contacts excentrés.

 Demande est faite d’intensifier la sensibilisation auprès des populations et de


renforcer le contrôle aux points d’entrée de la ville.

 Le dossier, enrichi de témoignages, d’éléments matériels et de preuves numériques,


est transmis au parquet.

 Les échantillons suspects attendent confirmation de leur toxicité avant destruction.


141

Conclusion

Cette enquête de terrain illustre la complexité et la gravité des trafics de


médicaments à Lubumbashi en 2025. Elle met en évidence :

 La vigilance des pharmacies locales, moteur de l’alerte initiale.

 La méthodicité du Gp.R.I dans la localisation, l’investigation et la collecte de preuve.

 Les risques majeurs encourus par les populations exposées à des produits nocifs.

 La nécessité de renforcer la coopération entre autorités sanitaires, police et


communauté pour endiguer durablement ce type de délit.

Le succès de l’opération tient à l’écoute active et à la transparence des échanges


entre tous les acteurs rencontrés, valeur fondamentale pour permettre une lutte efficace contre
ces crimes en mutation constante.

Observation de Terrain : Délit de Corruption dans l’Attribution de Marchés


Publics à Lubumbashi, 2025

Introduction

En 2025, Lubumbashi est confrontée à une vague de soupçons de corruption dans


l’attribution de marchés publics municipaux. Ce phénomène compromet la transparence,
l’efficacité des services publics et provoque un sentiment de défiance parmi les entrepreneurs
locaux. Nous relatons ici l’observation d’une enquête menée par le Groupe de Recherche et
d’Intervention (Gp.R.I) sur un cas d’allégation de pots-de-vin contre des fonctionnaires
municipaux lors de l’adjudication du marché de réfection de routes au quartier Golf.

Contexte de l’Affaire

Plusieurs entreprises locales signalent des demandes systématiques de


“commissions” non officielles afin que leurs dossiers d’appel d’offres soient considérés. Des
plaintes anonymes affluent en mai puis en juin 2025, impliquant deux cadres du bureau
technique de la mairie. À la suite d’un signalement direct par une entreprise écartée malgré
un dossier solide, la PNC mandate le Gp.R.I pour observer, enquêter et produire des éléments
matériels.

Déroulement de l’Enquête
142

Signalement et Déploiement

 Date : 12 juin 2025, 8h45.

 Lieu : Hôtel de Ville, département des Infrastructures.

 Situation : Remise officielle des offres sous la supervision d’un comité d’attribution.
Ambiance tendue, de nombreux acteurs économiques et représentants de la société
civile présents.

Le Gp.R.I dépêche l’inspecteur principal Katusha, la spécialiste en analyse


comptable Lunda et l’agent de recueil de témoignages Mufuta.

Étape 1 : Observation Directe et Analyse des Procédures

 Katusha observe en salle la remise des offres, note la présence inhabituelle de


fonctionnaires non membres du comité entrant et sortant avec des dossiers.

 Lunda pointe que certains dossiers sont placés à part “pour complément”, souvent
ceux d’entrepreneurs peu connus.

 Des discussions privées sont relevées dans les couloirs, entre cadres et représentants
d’entreprises, parfois à voix basse.

Étape 2 : Recueil de Témoignages et Analyse Documentaire

 Mufuta mène des entretiens discrets avec trois entrepreneurs écartés, tous
mentionnant avoir été contactés “en privé” pour convenir “d’avantages” en cas de
succès.

 Un témoin se présente anonymement et fournit un enregistrement audio où il est


sollicité pour un versement de 5% de la valeur du marché comme “frais de suivi”.

 Lunda examine les bordereaux de remise des offres. Détail : coïncidence forte entre
les dossiers “retenus” à l’étape administrative et les entreprises ayant anciennement
travaillé avec les mêmes cadres.
143

Étape 3 : Recoupement, Synthèse et Première Restitution

 Le Gp.R.I collecte l’ensemble des preuves : copies des bordereaux, relevés d’appels,
enregistrement audio, témoignages écrits signés volontairement par deux des
entrepreneurs.

 Les conclusions intermédiaires font état d’une présomption sérieuse de délit de


favoritisme et de corruption active/passive.

Conclusion

Cette enquête sur la corruption au sein du service d’attribution des marchés


publics à Lubumbashi met en lumière :

 Le rôle clé de l’observation directe des processus administratifs pour détecter les
irrégularités.

 L’importance du recueil méthodique de preuves matérielles et du dialogue franc avec


les victimes et témoins.

 Les freins persistants à la transparence et à l’équité malgré l’existence de procédures


théoriquement strictes.

Le travail du Gp.R.I, alliant rigueur et honnêteté, permet d’alimenter la justice


d’éléments concrets pour engager des poursuites, tout en renforçant la nécessité d’une
gouvernance exemplaire dans la vie publique à Lubumbashi.

Observation de Terrain : Trafic de Médicaments Contrefaits à Lubumbashi,


2025

Introduction

Durant l’année 2025, Lubumbashi a été confrontée à une multiplication de cas de


trafic de médicaments contrefaits dans les quartiers populaires. Ce fléau représente un danger
grave pour la santé publique et soulève de nouveaux défis pour la Police Nationale
Congolaise (PNC) et le Groupe de Recherche et d'Intervention (Gp.R.I). Nous rapportons ici
l’observation d’une enquête menée suite à une opération de saisie dans le quartier Cité
Gécamines.
144

Contexte de l’affaire

Depuis plusieurs semaines, les cliniques et pharmacies de la ville rapportaient des


échecs inhabituels dans le traitement de cas courants et des effets secondaires suspects chez
les patients. Alerté par plusieurs plaintes, le service de santé public sollicite l’intervention de
la police après la découverte de lots douteux dans une boutique de quartier.

Déroulement de l’enquête

Signalement et arrivée sur place

 Date et heure : 3 juillet 2025, 14h40.

 Lieu : Pharmacie "Salama", avenue Lumumba, quartier Cité Gécamines.

 Situation : Des clients inquiets signalent la vente de comprimés et sirops aux effets
inattendus. La pharmacie est rapidement bouclée par le Gp.R.I, dirigé par le capitaine
Shabani et accompagné du pharmacien-inspecteur Mutombo.

Inspection et collecte des preuves

 Mutombo examine les lots de médicaments exposés et remarque des emballages


douteux : fautes d’orthographe, absence de numéro de série, hologrammes absents ou
flous.

 Shabani ordonne la saisie immédiate de tous les produits suspects : antipaludéens,


antibiotiques, sirops pour enfants et antalgiques.

 La sergente Kasongo photographie chaque lot, étiquette les saisies, relève les factures
et registres de vente.

Recueil des témoignages

L’équipe interroge en privé :

 Le gérant du point de vente, qui affirme avoir reçu ces lots d’un fournisseur habituel,
rencontré à la gare du centre-ville.

 Deux clients, dont une jeune mère et un retraité, détaillent l’achat de sirops
inopérants, puis des réactions inhabituelles : somnolence chez l’un, éruption cutanée
chez l’autre.
145

Le capitaine Shabani insiste sur l’importance de la transparence : “Votre


franchise sauvera peut-être d’autres vies. À quand remonte le début de la distribution ? Aucun
autre fournisseur ?”

Traçabilité et recoupements

 L’inspecteur Mutombo réalise une comparaison avec les médicaments normés :


différences de couleur, de goût, d’odeur.

 Un échantillon est envoyé d’urgence au laboratoire du ministère de la Santé pour


analyse chimique.

 L’équipe compile une liste exhaustive des ventes sur les sept derniers jours pour
identifier d’autres victimes potentielles.

Détail
Heure Action Agent
relevé

Saisie des +60 boîtes,


14h50 Kasongo
produits suspects 30 flacons

Achat
Témoignage
15h15 Shabani hebdomadaire gare-
détaillé du gérant
centre

Transfert Analyses
15h30 Mutombo
d’échantillons toxicologiques express

Rédaction PV Boutique
15h45 Gp.R.I
et fermeture locale scellée, registre saisi

Extension de l’enquête et suite

 Sur base de la facture, le Gp.R.I remonte la piste jusqu’au distributeur informel


localisé près du dépôt ferroviaire.

 Une perquisition rapide permet la saisie de nouveaux lots contrefaits, d’un carnet de
contacts et de fausses factures.
146

 L’ensemble de la filière est transmis au parquet pour ouverture d’une procédure


judiciaire et poursuite de l’enquête en amont.

Conclusion

Cette expérience sur le terrain met en lumière :

 Les dangers concrets du trafic de médicaments contrefaits et la nécessité d’une


intervention rapide et coordonnée.

 L’importance de l’observation méthodique, du dialogue sincère avec les victimes et la


collaboration avec les autorités sanitaires.

 La persistance du phénomène, alimentée par la demande de solutions à bas coût et


l’inefficacité partielle de certains contrôles aux frontières.

La transparence dans la relation avec le public, l’analyse précise des indices


matériels et la remontée systématique des filières illicites apparaissent comme des piliers
essentiels de la lutte contre ce fléau à Lubumbashi.

Observation de Terrain : Délit de Pollution Volontaire dans la Rivière


Kafubu, Lubumbashi, Juin 2025

Introduction

Dans le courant du mois de juillet 2025, des habitants des quartiers riverains de la
Kafubu à Lubumbashi ont alerté les autorités locales suite à une coloration et une odeur
inhabituelles de l’eau, signalant une pollution soudaine. Ce délit environnemental suscite de
vives inquiétudes, tant pour la santé publique que pour l’écosystème local. Nous avons rejoint
le Groupe de Recherche et d’Intervention (Gp.R.I) afin d’assister à l’enquête sur cette affaire
de déversements illégaux, documentant l’approche méthodique et participative de l’équipe.

Contexte et Arrivée sur les Lieux

 Date : 27 juin 2025, 06h45

 Lieu : Rive gauche de la rivière Kafubu, à hauteur de la commune de Kenya


147

 Situation : Plusieurs poissons morts sont retrouvés flottant à la surface ; des enfants
souffrent de démangeaisons après s’être baigné. Un dépôt mousseux blanchâtre
s’accumule sur les berges.

Le Gp.R.I, conduit par l’officier Ekanga, est sollicité pour mener les premières
constatations et identifier la source de la contamination, armé de kits de prélèvement et de
relevé photographique.

Inspection Initiale et Collecte des Preuves

L’équipe procède à un quadrillage minutieux sur près d’un kilomètre :

 Des prélèvements d’eau sont réalisés à trois endroits distincts (amont, zone du dépôt,
aval).

 Ekanga note : « Concentration de dépôt mousseux accrue à 300m du pont routier,


forte odeur chimique. »

 L’agente Ngoy photographie les poissons morts, la couleur anormale de l’eau et les
traces de résidus solides sur la berge.

 Un bidon en plastique, marqué d’un logo industriel, est trouvé à moitié immergé en
contrebas d’une pente.

Recueil des Témoignages

 Un pêcheur signale un déversement étrange observé de nuit, « par un camion-citerne


blanc sans immatriculation, venu vers 2h du matin ».

 Une femme du quartier rapporte que « l’eau est d’habitude limpide à cette saison,
mais qu’elle a viré au grisâtre en quelques heures ».

 Un enfant, interrogé avec l’accord des parents, décrit le bruit d’un moteur puis une
forte odeur de brûlé après le passage du camion.

Analyse et Suites Données

L’équipe compare les résidus collectés à proximité du dépôt industriel en amont.


L’inspecteur Ekanga note la présence d’une tranchée de fortune menant directement de la
148

clôture d’une fabrique de savon voisine à la berge. Les prélèvements sont catalogués puis
envoyés à l’analyse chimique.

Le Gp.R.I réalise également :

 Un relevé photographique de la tranchée et des installations suspectes de l’usine.

 Une demande officielle à la Direction Provinciale de l’Environnement pour la


suspension temporaire des activités du site en question.

Conclusion

Cette enquête de terrain menée par le Gp.R.I à Lubumbashi met en évidence :

 La méthode d’articulation entre analyse scientifique, recueil de témoignages et


observation directe du terrain.

 L’importance de la coopération avec la population pour la compréhension des


phénomènes environnementaux.

 Les défis persistants liés à la surveillance des industries locales et à la protection des
ressources naturelles, nécessitant une action coordonnée entre police, autorités
sanitaires et environnementales.

Cet exemple démontre le rôle essentiel du dialogue transparent et de la rigueur


dans le traitement des délits environnementaux et la préservation du bien commun en
contexte urbain.
149

CONCLUSION

L’analyse détaillée des pratiques et défis du Groupe de Recherche et


d’Intervention (Gp.R.I) à Lubumbashi montre la richesse, mais aussi la complexité, de
l’action policière dans le contexte urbanocongolais. Les observations directes et les entretiens
semi-directifs confirment que l’efficacité des enquêtes criminelles repose sur un équilibre
fragile entre rigueur méthodologique, adaptation au terrain, et gestion des contraintes
structurelles.

Les différents faits observés (cambriolages, agressions, délits économiques et


environnementaux) révèlent des modes opératoires qui s’appuient sur :

 une mobilisation rapide et coordonnée des ressources


disponibles,
 une collecte méthodique et rigoureuse des preuves matérielles et
témoignages,

 une attention soutenue portée au dialogue avec la population et


les témoins, malgré la méfiance persistante.

Toutefois, ce travail d’enquête est sans cesse confronté à des obstacles majeurs :
manque criant de moyens techniques, obsolescence des équipements, et pression politique ou
sociale pesant sur le déroulement ou la finalisation des dossiers. À cela s’ajoute la réalité
omniprésente de la corruption, qui sape aussi bien la dynamique interne des équipes qu’elle
affecte la relation avec la justice et la confiance des citoyens.

Le corpus met également en lumière l’engagement et la résilience d’une majorité


d’agents qui, malgré les difficultés, s’efforcent de maintenir une éthique professionnelle et de
valoriser la coopération avec la société civile. L’accent est mis sur la nécessité d’un
renforcement continu des formations pratiques, d’une meilleure dotation logistique, et de
mécanismes de contrôle transparents pour lutter contre les dérives.

En définitive, les enquêtes empiriques montrent que le progrès de la sécurité à


Lubumbashi passe autant par l’amélioration des capacités matérielles et humaines du Gp.R.I
que par la restauration d’une relation de confiance entre police, justice et population.
L’ancrage méthodologique de ce corpus, combinant descriptions de terrain et voix plurielles
des acteurs, donne une perspective nuancée et incarnée des dynamiques de sécurité locales.
150

L’avenir de l’efficacité policière dépendra donc d’un engagement collectif et d’une volonté
de dialogue et d’intégrité à tous les niveaux de l’institution.

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