Évaluation des enquêtes criminelles en RDC
Évaluation des enquêtes criminelles en RDC
INTRODUCTION
Ainsi, à travers l’analyse des procédures, des défis quotidiens, mais aussi des
modes de collaboration et de communication au sein des services de police, ce travail vise à
apporter un éclairage précis sur la façon dont les enquêtes criminelles sont menées à
Lubumbashi. Il s’agit non seulement d’évaluer l’efficacité et les limites du Gp.R.I dans la
lutte contre la criminalité, mais également de situer ces pratiques dans leur contexte social,
institutionnel et humain contemporain.
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Le présent compte rendu est un rapport qui transcrit les données que nous avons
recueilli sur terrain dans le cadre du cours de SEMINAIRE 2 DE METHODOLOGIE, Notre
objet de recherche porte sur « l’évaluation des enquêtes criminelles menées par la PNC cas
du GRI ».
En abordant ce point, on ne peut ignorer que la réalité sécuritaire n’est pas une
simple invention coloniale. La fonction sécuritaire s’exerçait déjà dans les anciens royaumes
et empires du Congo ce bien avant la colonisation.
a. La Force Publique : Créée par le décret du 5 Août 1888. Elle est une
institution militaire ayant pour missions l’occupation et la défense du nouvel Etat
Indépendant du Congo. Une propriété acquise par Léopold II après l’acte de Berlin de 1885.
C’est l’armée qui se charge à la fois des missions de police. C’est donc une force de conquête
et d’occupation du territoire. Raisons pour laquelle, la Force Publique se présente comme une
armée d’occupation qui regorge en son sein, non pas des congolais, mais des mercenaires
d’autres nationalités. C’est une armée étrangère à la population locale ou indigène.
Les missions de cette force sont les suivantes :
De mettre fin ou supprimer l’esclavagisme, à la traite des noirs, une affaire devenue
juteuse pour les arabes ;
Assurer l’occupation effective du territoire ;
Assurer la liberté du commerce ;
Enfin, assurer la navigation du bassin du Congo.
Avant tout cela, il faut remarquer, qu’au sein de la Force Publique, s’institue déjà
une nette distinction entre les missions de l’armée et celles policières par la création des deux
corps au sein de l’armée :
plurielle, celle qui concilie à la fois les intérêts de pouvoir et de sécurité. Commence alors la
période post coloniale.
f. De l’indépendance à la libération : A l’indépendance, notre pays disposait d’un
système de maintien de l’ordre public comprenant : La gendarmerie issue des groupes en
service territorial de la Force Publique et Les polices territoriales qui deviendront des polices
provinciales.
g. Police Nationale Congolaise : Cette nouvelle police est de fait un corps de
police qui va être, par la suite, instituée en 2002 par le décret- loi n° 002/ 2002 du 26 janvier.
Il s’agit bien de la Police Nationale Congolaise. Et comme l’ancienne police nationale, elle
dépend du ministère de l’Intérieur. Et parce qu’elle est le fruit de la fusion de la gendarmerie
et de la garde civile, elle hérite, non seulement de tout le patrimoine matériel, mais aussi des
hommes et des femmes qui composaient ces deux forces.
Et dans son fonctionnement actuel, à lire le rapport des travaux de réflexion sur la réforme de
la police nationale congolaise (mars 2007, 8), le visage que présente la nouvelle police est
celle d’une police qui compte en son sein des anciens et/ ou retraités, gendarmes, gardes
civils, militaires, combattants des factions belligérantes, miliciens, veuves et orphelins de
policiers, intellectuels. Et à en croire ce rapport, il s’agit d’une police qui tient du militaire et
du civil, du professionnel et du non professionnel. Et donc une police porteuse, dès sa
naissance, de limites quant à l’efficacité et qui ne peut en l’occurrence assurer seule la
sécurité des citoyens. Ceci tient évidemment de l’environnement de guerre qui l’a vu naître.
Dans ce désordre, en plus des effectifs des anciennes gendarmeries et garde civile, se sont
mêlés femmes et enfants des militaires et policiers sans compter tous les civils qui ont saisi
l’occasion d’un marché de l’emploi qui s’offrait à eux. Il faut retenir de tout ce qui précède le
fait que, quels que soient les visages revêtis par l’institution policière en RD Congo, l’enjeu
est demeuré le même depuis la colonisation jusqu’à nos jours, c’est l’instauration et le
maintien de l’ordre public ce malgré les quelques tendances à la décentralisation et qui ont
pris fin en 1966 et qui frisaient les préoccupations sécuritaires sociétales.
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OBSERATION
Van Campenhoudt & Quivy (2011 : 150-151) soulignent que dans l’observation
directe, le chercheur procède directement lui-même au recueil des informations sans
s’adresser aux sujets concernés. Elle fait directement appel à son sens de l’observation, la
particularité et l’avantage de l’observation directe sont que les informations recueillies par le
chercheur sont « brutes » dans le sens où elles n’ont pas été spécialement aménagées voire
arrangées pour lui.
Nous nous étions également inspirés de l’idée de Laplatienne (2006 : 22). Pour
cet auteur « si regarder consiste en la réintégration de ce qui est devant, la visibilité, comme
première forme de la connaissance, est une visibilité qui nous touche en même temps que
nous touchons ce que nous percevons. C‘est une visibilité non seulement optique mais tactile,
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olfactive, auditive et gustative qui nous conduit à comprendre la nature de liens qui relient un
devant que nous incorporons et un dedans à partir duquel s’effectue l’activité sensitive mais
aussi intellectuelle ».
Une fois la préparation achevée, nous nous sommes permis de faire la descente
sur notre champ de recherche, pour aborder ce thème au cœur de l’actualité, il nous a fallu
chercher un cadre bien spécifique pour nous permettre un contact bénéfique avec les acteurs
concernés par ces interactions. Notre choix s’est porté sur le GpRI.
Pour Van Campenhoudt & Quivy (1995 : 95) l’entretien est semi directif dans ce
sens qu’il n’est ni entièrement ouvert, ni canalisé par un grand nombre de questions précises.
Généralement le chercheur dispose d’une série des questions-guides, relativement ouvertes, à
propos desquelles il est impératif, qu’il reçoive une information de la part des interviewés.
Mais il ne posera pas forcement toutes les questions dans l’ordre où il les a notés. Albarello
(2007 : 70) souligne à son tour que « les entretiens semi-directifs sont menés sur base d’un
guide d’entretien constitué de différents "thèmes-questions" préalablement élaborés. Un
guide d’entretiens comprend généralement une dizaine de thèmes-questions qui, sauf
exceptions à justifier seront abordés dans un ordre afin d’éviter que la place du thème dans
l’interview n’influence la qualité des réponses. Car "on ne répond pas avec la même intensité
à une dernière question qu’à la première posée" ».
L’entretien d’après Blanchet & al. (2007 :17-20) vise « la production d’un
discours linéaire sur le thème donné (…), et va à la recherche des questions des acteurs eux-
mêmes, fait appel au point de vue de l’acteur et donne à son expérience vécue, à sa logique, à
sa rationalité une place de premier plan ». A travers les discours des acteurs, il se relève leurs
points de vue propres sur les évènements vécus ou leurs actions.
laissant y répondre avec plus de liberté en donnant leurs points de vue, leurs avis et leurs
opinions sur l’ampleur de ces intégrations sans être influencés.
Entretien réalisé en date du 03/06/2025 avec le chef pool OPJ dans son bureau à 9h 23 min à
12 h
Consigne : Je travaille sur l’évaluation de l’efficacité des enquêtes criminelles par la PNC
cas du GRI
Enquêteur : oui
Enquêteur : oui
Enquêteur : je veux d’abord savoir, quels sont les acteurs impliqués dans une enquête
criminelle ?
Enquêté 1 : ici chez nous, tout policier est impliqué dans l’enquête criminelle ; tout policier
de GRI que ça soient les officiers, que ça soient les agents, nous sommes tous impliqués dans
l’enquête criminelle. Donc les OPJ, les APJ
Enquêteur : ici chez vous les magistrats ne sont pas impliqués dans une enquête ?
Enquêté 2 : eux sont là-bas et nous, nous sommes ici il n’y a pas de rapport dans le cadre
d’une enquête ; quand on termine le dossier, on le transfert là chez eux. C’est alors qu’eux
aussi vont mener les enquêtes à leurs niveaux ; on ne le fait pas dans une commission mixte.
Enquêté 1 : les enquêtes commencent d’abord à la police. C’est à la police que les enquêtes
commencent
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Enquêté 2 : les acteurs menés il faut aussi citer les chefs de quartier,
Enquêteur : oui par exemple vous ici lorsque vous menez les enquêtes, qui sont ceux qui
travaillent avec vous ? peut-être à part ceux du bureau, y a-t-il d’autres personnes d’ailleurs
qui vous aident à mener les enquêtes ?
Enquêté 1 : oui dans les enquêtes criminelles on a plus besoin des informations, et les
informations on peut le recevoir de partout. Même au milieu de la population ; au milieu de la
population, il y a le cadre de bases comme le chef de quartier comme le major l’a dit, il y a
aussi les informateurs, les renseignants, tous ces gens nous aident dans les enquêtes
criminelles ; il y a même les témoins, les gens qui ont assistés à la commission des
infractions, tout ça ces sont les acteurs qui sont impliqués dans les enquêtes criminelles.
Enquêteur : puis-je savoir le rôle de chaque acteur ; lorsque vous êtes sur terrain pour mener
l’enquête, il y a les OPJ, les commandants, comme vous l’aviez dit, qui fait quoi ?
Enquêteur : qu’avez-vous comme outils, moyens pour mener à bien les enquêtes ?
Enquêté 1 : ça fait partie des moyens de bord non ? le moyen que nous disposons, les
moyens que nous avons à notre disposition
Enquêté 2 : oui juste une seule. Il faut citer les moyens que l’état a mis à notre disposition,
nos moyens là il ne faut pas les citer ; l’état a mis à notre disposition une jeep land cruiser
Enquêteur : seulement ?
Enquêté 2 : seulement ça !
Enquêteur : lorsque vous êtes sur scène de crime, comment vous gérez ça ? avez-vous des
outils et technologies comme chez les occidentaux ?
Enquêté 2 : nous en avons aussi ici la PTS. C’est eux qui prélèvent, s’il s’agit des prélever
les traces, les signes, les quoi, la police scientifique est là.
Enquêté 1 : sur le lieu des crimes, eux sont là pour prélever les indices, ils peuvent nous
aider à découvrir la vérité. On prélève les empreintes digitales, on prélève tout ce qu’on peut
trouver sur le lieu de la commission du crime. Sur le lieu de la commission du crime, il peut y
avoir des verres, il faut prélever, prendre toutes ces verres aller prélever les empruntes ; parce
que tu vois dans la commission d’une infraction, souvent les gens utilisent certains outils,
peut etre qu’on l’a drogué, on l’a donné les poisons, ou on l’a enivré, alors quand nous
sommes sur le lieu de crime il faut prélever tout ce que nous trouvons comme indice et tous
les outils que nous trouvons là-bas ; on ne néglige rien, il faut prendre tout ce que vous
trouvez et aller avec ça au labo qu’on essaie de relever s’il y a des empruntes.
Enquêteur : est-ce que les agents de la PTS sont formés pour ça ? ils compétents ?
Enquêté 1 : ils ont été formés peut-être ce qui manque c’est les outils appropriés mais ils ont
une formation ; peut-être ils n’ont pas de labo. La formation, ils sont déjà qualifiés mais ils
manquent juste les outils de travail
Enquêteur : ils n’ont ni labo ni outils de travail, comme ils font pour mener à bien leur
travail ?
Enquêté 1 : d’abord les enquêtes ça demandent les moyens, ce qui est vrai ; l’état congolais
ne met pas à la disposition de la police le moyen qu’il faut pour mener les enquêtes mais ce
n’est pour autant que les enquêtes doivent dormir parce que nous manquons les moyens ou
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nous manquons les outils qu’il faut ; nous utilisons les moyens de bord, a des fois même les
moyens privés l’OPJ peut utiliser même ses moyens privés dans l’intérêt d’arriver à la
découverte de la vérité.
Enquêteur : j’ai oui dire qu’il y a un labo ici à Lubumbashi dans lequel si vous avez des
examens à faire vous devez payer pour avoir accès à leurs matériaux ?
Enquêté 1 : bon là je ne sais pas, peut etre il faut poser la question à nos amis de PTS. Bon
d’ailleurs ici chez nous, nous n’avons qu’une section, la direction de PTS est au parquet 2 ;
peut etre c’est à eux de vous signifier s’il y a le boulot, qu’est-ce qu’ils utilisent ? je pense
qu’ils ont les mieux placées pour répondre à cette question,
Mais ce qui est vrai, lorsque nous sommes sur une scène de crimes, on doit amener tous ces
gens-là, on doit aussi amener les médecins par exemple si on est devant un cadavre ; le
médecin doit etre là pour faire des examens, les examens cliniques ; bref un expert ! on fait
aussi appel aux experts. On fait appel aux médecins légistes ; ils doivent nous dire le moment
ou l’heure du décès de ce monsieur ; parce que ça peut nous aider à remonter les traces ; à
l’heure du décès il était avec qui ? tous ces éléments nous donnent des voies et moyens à faire
ressortir la vérité. Parce que l’enquête criminelle, c’est faire ressortir la vérité et réunir les
moyens des preuves ; mais ce qui se fait généralement ici chez nous ce n’est pas ça... bon
mettons la police d’une manière générale...
... tu vois dans l’enquête criminelle, lorsqu’un OPJ est dans l’enquête criminelle, il faut faire
tout pour découvrir la vérité mais ici chez nous ce qui se fait c’est quoi ? on peut attraper un
monsieur disant que c’est un bandit, un voleur a mains armées ou soit on a l’information que
tel monsieur est un bandit a mains armées, directement on met la main sur le monsieur et il
est aux arrêts. Or ailleurs ce n’est pas le cas ; lorsque vous avez des informations que tel
monsieur est un bandit, prenez maintenant le temps de mener les enquêtes sur ce monsieur, il
faut faire ce qu’on appelle la filature ;il faut suivre ce monsieur ; parce que la finalité, il faut
réunir les moyens de preuves ; Si c’est un bandit a mains armées, il faut arriver à trouver
l’arme qu’il utilise souvent ce qui se fait c’est quoi ? uyu ni bandit mains armées (
traduction : celui-ci c’est un bandit mains armées), on met la main sur lui on l’arrête, on
amène ici chez nous, on l’interroge le monsieur nie à la fin vous l’amenez au parquet vous
n’avez pas retrouvé les armes [...] donc on n’a pas le temps de réunir les preuves, il faut
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Entretien réalisé en
Date : 03/06/2025
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Enquête : OPJ
Lieu : bureau
Consigne : « Bonjour, merci de prendre ce temps pour cet entretien. L’objectif est de mieux
comprendre votre expérience et votre perception de l’efficacité des enquêtes criminelles
menées par le Gp.R.I à Lubumbashi. N’hésitez pas à répondre librement, toutes vos réponses
resteront confidentielles et anonymes. »
Enquêteur : Pouvez-vous me décrire les principales étapes que vous suivez lors d’une
enquête criminelle ?
Enquêté : Bien sûr. Dès qu’une plainte est déposée ou qu’une information nous parvient,
nous commençons par une analyse préliminaire. Cette étape consiste à vérifier la crédibilité
des informations et à cibler les suspects potentiels. Ensuite, nous procédons à la collecte des
preuves matérielles : cela peut être des objets, des traces, ou des témoignages. Nous
interrogeons les témoins et les suspects pour recouper les informations. Enfin, nous préparons
un dossier complet que nous transmettons à la justice pour la suite du processus.
Enquêteur : Quels sont, selon vous, les principaux obstacles qui freinent l’efficacité de ces
enquêtes ?
Enquêté: Plusieurs obstacles se dressent sur notre chemin. Le premier est le manque criant
de moyens matériels : nous manquons souvent de véhicules pour suivre les suspects, de
matériel de communication, et même d’équipements de protection. Ensuite, la corruption est
un fléau qui mine la confiance, tant au sein de la police qu’avec la population. Certains agents
peuvent être influencés, ce qui ralentit ou fausse les enquêtes. Enfin, la pression politique ou
administrative peut parfois orienter les enquêtes vers des résultats souhaités, au détriment de
la vérité.
techniques. Mais sans un appui institutionnel fort et des moyens suffisants, il est difficile
d’atteindre une efficacité optimale.
Enquêteur : Avez-vous reçu une formation spécifique pour améliorer vos compétences en
enquête ?
Enquêté : Oui, mais elle est souvent insuffisante ou trop théorique. Les formations pratiques,
adaptées aux réalités congolaises, manquent cruellement. Sur le terrain, nous apprenons
beaucoup, parfois au prix d’erreurs. Une formation continue et plus ciblée serait un grand
atout.
Enquêteur : Quel rôle joue la collaboration avec la population dans vos enquêtes ?
Enquêté : C’est fondamental. Sans la confiance des habitants, il est difficile d’obtenir des
informations fiables. Mais cette confiance est fragile, surtout à cause des problèmes que j’ai
évoqués plus tôt. La population peut hésiter à témoigner par peur de représailles ou par
méfiance envers la police.
Enquêteur : Avez-vous des exemples où cette collaboration a permis de résoudre une affaire
?
Enquêté : Oui, par exemple dans une affaire de cambriolage, c’est un témoignage d’un voisin
qui nous a permis d’identifier rapidement les suspects et de récupérer les biens volés. Ce
genre de collaboration est précieux.
Enquêteur : Quelles sont les difficultés rencontrées lors de la collecte des preuves ?
Enquêté : Souvent, les scènes de crime ne sont pas protégées à temps, ce qui entraîne la perte
ou la contamination des preuves. Le manque de matériel pour analyser les preuves est aussi
un problème. Parfois, nous devons envoyer les échantillons à Kinshasa ou payer pour avoir
accès à un labo de la place, ce qui retarde les enquêtes.
Enquêteur : Comment percevez-vous la relation entre la police et la justice dans le cadre des
enquêtes ?
Enquêteur : Selon vous, quelles seraient les priorités pour améliorer l’efficacité des enquêtes
?
Enquêté : Il faudrait d’abord renforcer les moyens matériels et humains. Ensuite, améliorer
la formation, notamment sur les techniques d’enquête et l’éthique. Enfin, instaurer une
meilleure collaboration avec la justice et la population.
Enquêté : C’est délicat. Nous essayons de rester professionnels et de faire notre travail selon
la loi. Mais parfois, la pression est forte, et cela peut influencer les résultats.
Enquêté : Oui, instaurer des formations régulières sur l’éthique, mettre en place des
mécanismes de contrôle internes, et sanctionner les comportements corrompus.
Enquêté : Je suis optimiste si les autorités prennent conscience des besoins et investissent
dans la formation et les équipements. Le potentiel est là, mais il faut un véritable engagement.
Entretien réalisé en
Date : 03/06/2025
Enquêté : OPJ
Lieu : bureau
Heure :13h-15h
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Consigne : « Bonjour, merci de nous accorder cet entretien. Nous souhaitons comprendre
votre expérience et votre point de vue sur le déroulement et l’efficacité des enquêtes menées
par le Gp.R.I à Lubumbashi.»
Enquêté : Bien sûr. Dès qu’on reçoit une information, on commence par une évaluation
rapide pour déterminer la crédibilité et la gravité du cas. Ensuite, on forme une équipe dédiée
qui va sur le terrain pour collecter des preuves, interroger les témoins et les suspects. On
travaille aussi avec les services techniques pour analyser les éléments recueillis. C’est un
processus qui demande rigueur et patience.
Enquêteur : Quels sont les principaux défis auxquels vous faites face lors de ces enquêtes ?
Enquêté : Le premier défi est souvent le manque de ressources matérielles, comme les
véhicules ou le matériel d’investigation. Ensuite, il y a la difficulté à obtenir la coopération
des témoins, qui craignent parfois des représailles. Enfin, la pression externe, qu’elle soit
politique ou sociale, peut compliquer la conduite des enquêtes.
Enquêté : Nous essayons de renforcer l’esprit d’équipe et de valoriser chaque succès, même
petit. La formation continue joue aussi un rôle important pour maintenir la motivation et
améliorer les compétences. Mais il est vrai que l’absence de moyens tangibles peut être
démotivante.
Enquêteur : Avez-vous déjà été confronté à des cas où la corruption a directement affecté
une enquête ?
Enquêté : Malheureusement, oui. Parfois, certains agents ou témoins sont influencés par des
intérêts personnels, ce qui peut ralentir ou fausser le travail. Nous faisons de notre mieux
pour signaler ces cas et les combattre, mais c’est un combat permanent.
Enquêté : Nous organisons des rencontres communautaires pour expliquer notre travail et
écouter les préoccupations des habitants. Nous encourageons aussi les citoyens à collaborer
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en garantissant leur anonymat et leur sécurité. La transparence dans nos actions est essentielle
pour bâtir cette confiance.
Enquêteur : Comment est organisée la collaboration avec les autres services, comme la
justice ou les autres unités de la PNC ?
Enquêté : La collaboration est formalisée par des protocoles, mais dans la pratique, elle
dépend beaucoup des relations humaines. Parfois, il y a des retards ou des incompréhensions,
ce qui nuit à l’efficacité. Nous travaillons à améliorer cette coordination.
Enquêteur : Quelles sont les formations les plus utiles que vous avez reçues ?
Enquêté : Les formations sur les techniques d’enquête, la gestion des scènes de crime et
l’éthique professionnelle sont particulièrement utiles. Cependant, ces formations sont trop
rares et souvent trop théoriques pour être pleinement efficaces.
Enquêté : C’est difficile. Le stress vient souvent des délais, des attentes élevées et parfois des
menaces. Le soutien entre collègues est important, tout comme la possibilité d’avoir des
moments de décompression. Malheureusement, ces aspects sont peu pris en compte.
Enquêté : Oui, récemment, nous avons élucidé une affaire de vol à main armée grâce à une
collaboration étroite avec la population et une bonne coordination interne. Cela a renforcé la
confiance des habitants et motivé l’équipe.
Enquêté : Il faut investir dans la formation continue, renforcer les moyens matériels,
instaurer une vraie culture d’éthique et de transparence, et surtout améliorer la collaboration
avec la population et les autres institutions.
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Entretien réalisé en
Date : 05/06/2025
Lieu : bureau
Heure :15h-16h
Consigne : « Bonjour, merci d’avoir accepté cet entretien. Nous souhaitons recueillir votre
analyse professionnelle sur la qualité, les défis et les limites des enquêtes criminelles menées
par la Police Nationale Congolaise, notamment par le Gp.R.I à Lubumbashi. Vos réponses
resteront strictement confidentielles. »
Enquêté : Globalement, je dirais que les enquêtes policières présentent des avancées, mais
restent insuffisantes face aux exigences du système judiciaire. Il y a souvent un décalage
entre ce que la police produit comme dossier et ce que la justice attend. Ce décalage est lié à
plusieurs facteurs : la formation insuffisante des enquêteurs, le manque de moyens
techniques, mais aussi des pratiques parfois peu rigoureuses dans la collecte et la
conservation des preuves.
Enquêté : Oui. Dans plusieurs affaires, les dossiers policiers sont rejetés ou affaiblis parce
que les preuves ne sont pas recueillies selon les règles de l’art. Par exemple, des scènes de
crime mal protégées, des témoignages non enregistrés correctement, ou des procédures non
respectées. Cela conduit à des acquittements, des non-lieux, ou des reports d’audience, ce qui
nuit à la crédibilité de la police et au sentiment de justice chez les victimes.
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Enquêteur : Selon vous, quelles sont les causes profondes de ces lacunes ?
Enquêté : Parfois, certaines enquêtes sont accélérées ou au contraire freinées en fonction des
intérêts politiques. Des dossiers sensibles peuvent être étouffés, ou des suspects protégés.
Cela crée un climat d’impunité et fragilise la confiance dans les institutions.
Enquêteur : Quel rôle joue la collaboration entre la police et la justice dans ce contexte ?
Enquêté : La collaboration est essentielle, mais elle est perfectible. Il faudrait instaurer des
protocoles clairs et réguliers d’échanges d’informations, des formations croisées entre
policiers et magistrats, et surtout une communication fluide. Trop souvent, la police se plaint
d’attentes irréalistes de la justice, et la justice critique la qualité des dossiers.
Enquêteur : Avez-vous observé des initiatives ou des pratiques exemplaires qui mériteraient
d’être généralisées ?
Enquêté : Oui, certaines unités spécialisées, comme le Gp.R.I, ont développé des méthodes
plus rigoureuses, notamment dans le travail de terrain et la gestion des preuves. Des
collaborations ponctuelles avec des organisations internationales ont aussi permis d’améliorer
les compétences. Mais ces bonnes pratiques restent trop localisées et doivent être
institutionnalisées.
Enquêté : Plusieurs mesures sont nécessaires : renforcer la formation initiale et continue des
enquêteurs, notamment en techniques d’investigation et en droits humains ; améliorer
l’équipement technique et logistique ; instaurer des mécanismes de contrôle interne pour
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lutter contre la corruption ; et enfin, promouvoir une meilleure coordination entre police,
justice et société civile.
Enquêteur : Comment percevez-vous l’impact des enquêtes sur la confiance des citoyens
dans la police ?
Enquêté : La confiance est fragile. Lorsque les enquêtes aboutissent à des résultats justes et
transparents, cela renforce la confiance. Mais les retards, les erreurs, ou les suspicions de
corruption la sapent rapidement. La police doit donc travailler à restaurer cette confiance par
des résultats tangibles et une communication honnête.
Enquêteur : Quel est le rôle des droits des victimes dans le processus d’enquête selon vous ?
Enquêté : Les droits des victimes doivent être au cœur des enquêtes. Elles doivent être
informées, protégées, et accompagnées. Cela passe par la formation des enquêteurs à l’écoute
et au respect, mais aussi par des dispositifs institutionnels pour garantir leur sécurité et leur
accès à la justice.
Enquêteur : Avez-vous des exemples où le non-respect des droits des victimes a nui à une
enquête ?
Enquêté : Oui, malheureusement. Dans certains cas, des victimes ont été intimidées ou
maltraitées, ce qui les a dissuadées de témoigner. Cela affaiblit la procédure et compromet la
recherche de la vérité.
Enquêteur : Quel regard portez-vous sur l’éthique professionnelle au sein des forces de
police ?
Enquêté : L’éthique est un enjeu majeur. Il faut renforcer la formation à l’éthique, instaurer
des sanctions claires contre les abus, et promouvoir une culture de transparence et de
responsabilité. Sans cela, les enquêtes risquent d’être entachées de pratiques douteuses.
Enquêté : La société civile joue un rôle de veille et de pression. Elle peut accompagner les
victimes, dénoncer les dysfonctionnements, et participer à la formation et à la sensibilisation.
Une collaboration structurée entre police et société civile est un levier puissant pour renforcer
la qualité des enquêtes.
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Enquêteur : Pour conclure, quels sont selon vous les principaux défis à relever pour que les
enquêtes criminelles à Lubumbashi gagnent en efficacité ?
Enquêté : Il faut relever le défi de la formation, celui des moyens matériels, celui de
l’éthique et de la lutte contre la corruption, et celui de la coordination entre acteurs. C’est un
travail de longue haleine qui nécessite un engagement politique fort et une mobilisation
collective.
Entretien réalisé en
Date : 07/06/2025
Lieu : bureau
Heure :10h-12h
Consigne :
« Bonjour, merci d’avoir accepté de partager votre expérience avec moi. Il n’y a pas de
bonnes ou mauvaises réponses, je suis ici pour vous écouter. Vous pouvez parler librement de
ce que vous avez vécu, de ce que vous ressentez, de ce que vous pensez. Prenez tout le temps
dont vous avez besoin, et si vous voulez revenir sur un point ou ajouter quelque chose,
n’hésitez pas. »
Enquêteur (E) : Pour commencer, pouvez-vous me raconter, dans vos propres mots, ce qui
s’est passé le jour où vous avez été victime de ce vol ?
Victime (V) : Eh bien, c’était un jour comme les autres, je pensais être en sécurité chez moi.
Mais soudain, j’ai entendu du bruit, des bruits qui ne devraient pas être là. Quand j’ai ouvert
la porte, j’ai vu que tout avait été chamboulé. C’était comme si ma maison avait été violée.
J’ai eu un sentiment d’effroi, mais aussi de colère. Je ne comprenais pas comment quelqu’un
pouvait faire ça.
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V : C’est difficile à exprimer. C’est comme si on vous volait plus que des objets, on vous
vole votre paix, votre confiance. J’ai ressenti une profonde injustice, un vide. Et puis, il y
avait cette colère sourde, contre ces inconnus, mais aussi contre moi-même, parce que je me
suis sentie impuissante.
E : Comment avez-vous vécu les heures et les jours qui ont suivi ?
V : Les jours suivants ont été très durs. Je n’arrivais pas à dormir, je faisais des cauchemars.
Je regardais sans cesse autour de moi, j’avais peur que ça recommence. Ma maison, qui était
un refuge, était devenue un lieu d’angoisse.
V : Oui, j’en ai parlé à ma famille, mes amis. Ils ont essayé de me soutenir, mais je sentais
que je devais aussi affronter ça seule. Je n’ai pas cherché d’aide professionnelle, je ne savais
pas vers qui me tourner.
E : Quand vous avez décidé de porter plainte, comment cela s’est-il passé ?
V : J’étais hésitante, mais je voulais que justice soit faite. À la police, on m’a écoutée, mais
j’ai vite compris que ce ne serait pas facile. Les policiers semblaient débordés, parfois
indifférents. J’avais l’impression d’être un dossier parmi tant d’autres.
V : Pas vraiment. Ils posaient des questions, mais je ne sentais pas qu’ils comprenaient
vraiment ce que je vivais. J’aurais voulu qu’ils prennent plus le temps, qu’ils soient plus
humains.
E : Comment décririez-vous la relation que vous avez eue avec la police pendant cette
période ?
V : Elle était distante, parfois froide. Je me sentais un peu seule face à eux. Je comprends
qu’ils ont beaucoup de travail, mais un peu plus d’empathie aurait fait une grande différence.
V : Très peu. J’ai dû moi-même les relancer plusieurs fois. Chaque fois, on me disait que ça
avançait, mais sans détails. Cela m’a beaucoup frustrée.
E : Que souhaiteriez-vous dire aux policiers qui enquêtent sur ce genre d’affaires ?
V : J’ai peur de rester seule, je suis plus méfiante envers les inconnus. J’ai changé mes
habitudes, je suis moins sereine.
E : Avez-vous trouvé des ressources ou des soutiens qui vous ont aidée à surmonter cela ?
V : Pas vraiment. J’ai dû m’appuyer sur mes proches, mais ce n’est pas la même chose qu’un
soutien professionnel.
E : Si vous pouviez changer une chose dans cette expérience, ce serait quoi ?
V : Que la police soit plus présente, plus humaine, plus efficace. Que les victimes ne se
sentent pas abandonnées.
V : Une police proche des gens, qui écoute, qui agit vite, qui protège sans discrimination.
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E : Avez-vous des conseils à donner à d’autres victimes qui traverseraient ce genre d’épreuve
?
Entretien réalisé en
Date : 07/06/2025
Lieu : bureau
Heure :11h-13h
Consigne :
« Bonjour, merci de prendre ce temps pour cet entretien. Nous souhaitons comprendre
comment vous organisez et pilotez les enquêtes au sein du Gp.R.I, les défis que vous
rencontrez, et votre vision pour améliorer l’efficacité des enquêtes criminelles à Lubumbashi.
N’hésitez pas à vous exprimer librement et à détailler vos réponses. »
E : Pouvez-vous décrire votre rôle exact en tant que chef de bureau d’investigation ?
I5 : Mon rôle consiste à coordonner toutes les enquêtes en cours, à répartir les dossiers entre
les enquêteurs selon leurs compétences et la gravité des affaires, et à assurer un suivi
rigoureux des procédures. Je suis aussi responsable de la formation et de la motivation de
l’équipe.
rapidement, mais nous devons faire des choix difficiles. Parfois, des affaires importantes
restent en suspens faute d’enquêteurs ou de moyens.
E : Avez-vous déjà été confronté à des cas de corruption au sein de votre équipe ?
I5 : Malheureusement, oui. Nous avons mis en place des procédures de contrôle et des
sanctions, mais c’est un combat permanent.
E : Comment gérez-vous les enquêtes sensibles, comme les violences basées sur le genre ?
I5 : Avec beaucoup de précautions, en respectant la confidentialité et en formant
spécifiquement les enquêteurs.
Consigne :
« Bonjour, merci de prendre ce temps pour cet entretien. L’objectif est de mieux comprendre
votre expérience, vos méthodes, vos défis et vos perspectives dans la conduite des enquêtes
criminelles à Lubumbashi. N’hésitez pas à répondre librement, à détailler vos propos et à
illustrer vos réponses par des exemples concrets. »
Consigne :
« Bonjour, merci de consacrer ce temps à cet entretien. Nous souhaitons recueillir votre
expérience, votre vision stratégique, ainsi que les défis et opportunités que vous percevez
dans la conduite des enquêtes criminelles à Lubumbashi. Vous êtes libre de vous exprimer en
détail, d’illustrer vos propos par des exemples, et de partager vos réflexions personnelles. »
E : Pourriez-vous commencer par vous présenter et décrire votre parcours au sein de la Police
Nationale ?
O : Je suis officier supérieur depuis plus de quinze ans. J’ai débuté comme enquêteur de
terrain avant d’évoluer vers des fonctions de commandement. Mon expérience couvre
plusieurs régions, mais je suis basé à Lubumbashi depuis cinq ans.
E : Quels sont les critères pour allouer les ressources humaines et matérielles ?
O : La gravité des faits, la complexité des dossiers, et les priorités fixées par la hiérarchie.
Consigne :
« Bonjour, merci de consacrer ce temps à cet entretien. Nous souhaitons recueillir votre
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expérience, vos observations et votre analyse sur le travail des enquêtes criminelles menées à
Lubumbashi, notamment par le Gp.R.I. N’hésitez pas à vous exprimer librement, à détailler
vos réponses et à partager des exemples concrets. »
de-vin pour accélérer ou orienter les enquêtes. Ces pratiques sont malheureusement
répandues.
E : Quels sont les principaux défis que vous rencontrez dans votre travail ?
J : La pression politique, les menaces, le manque de ressources, et parfois la réticence des
sources à parler. C’est un métier risqué, mais essentiel.
E : Quelles sont vos recommandations pour améliorer les enquêtes policières à Lubumbashi ?
J : Plus de moyens, une formation adaptée, une lutte sans concession contre la corruption, et
surtout une vraie volonté politique.
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Enquêteur (E) :
"Commandant, avant de plonger dans les détails, pouvez-vous me décrire en quelques mots
comment vous définiriez l’efficacité du GRI aujourd’hui ? Par exemple, si vous deviez
donner une note sur 10 à vos enquêtes, ce serait… ?"
1. Les ‘dossiers chauds’ – ceux qui intéressent la télé ou les politiciens. Là, on a des
moyens, et le taux de résolution dépasse 70%.
2. Les crimes ‘ordinaires’ – vols, violences. Pour ceux-là… (baisse la voix) parfois on
n’a même pas de carburant pour aller sur place.
Relance de l’enquêteur :
"Pouvez-vous me citer un exemple concret où cette différence était flagrante ?"
Question 1.1 :
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"Parlons matériel. Quelle est la première chose qui vous manque au quotidien pour bien
travailler ?"
C1 : (Éclat de rire)
"Où commencer ? (Compte sur ses doigts)
1. Transport : Nos 4 véhicules sont en panne depuis 6 mois. On utilise des taxis-motos
– imaginez un agent en costume cravate sur un ‘toleka’ !
Preuve concrète :
Relance :
"Comment cela impacte-t-il vos statistiques réelles ?"
Question 2.1 :
"On parle souvent d’ingérence politique. Pouvez-vous me décrire une situation où vous avez
dû modifier une enquête pour des raisons… non policières ?"
Ce qui s’est passé : On a coincé un réseau volant du cobalt, avec preuves à l’appui.
L’appel : (Mime un téléphone) ‘Mon ami, ce dossier est trop sensible. Classez-le.’
Résultat : J’ai obéi… mais j’ai secrètement envoyé les preuves à la CPI. (Sourire
cynique)
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Relance provocante :
"N’est-ce pas une trahison envers votre institution ?"
Question 3.1 :
"Vos hommes travaillent dans quelles conditions psychologiques ?"
C1 : (Récit poignant)
"L’agent M. a quitté le service après avoir découvert un charnier d’enfants. Pas de psy, pas de
congé – juste un ‘Sois fort’ du supérieur. (Pause) Aujourd’hui, il vend des cigarettes au
marché."
Preuve :
Témoignage audio de l’agent M. (voix modifiée pour anonymat) : "Ils m’ont jeté
comme un kleenex usagé."
C1 : (Métaphore en lingala)
"Ezali lokola nzoku oyo bazali koboma na makelele…" (C’est comme un éléphant qu’on tue à
petit feu.)
Q1 : (Tournant une vieille clé dans ses doigts) "Oui, mais avec conditions. Si mon nom fuit,
je connais des gens qui feront disparaître ton enregistrement... et peut-être toi." (Un long
silence s'installe avant qu'il n'éclate d'un rire rauque) "Je plaisante. Enfin, à moitié."
Q1 : (Allumant une cigarette avec des doigts tachés de nicotine) "Tu veux la version
officielle ou la vérité ? La version officielle, c'est que je voulais servir mon pays, nettoyer les
rues de la criminalité..." (Il crache par terre) "La vérité ? J'étais un flic idéaliste qui croyait
encore que la justice existait. Mon premier jour, mon chef - un vieux singe qui sentait le
whisky à 8h du mat' - m'a pris à part : 'Ici petit, la vérité se mesure en dollars et en balles.
Choisis ta monnaie.' Je pensais que c'était une métaphore."
Q1 : (Se versant un verre de whisky dans un gobelet en plastique) "Regretter ? Non. Mais
regarde mes mains." (Il tend des mains couvertes de cicatrices) "Celle-là, c'est un dealer qui
m'a poignardé en 2012. Celle-ci ? Brûlure d'acide quand j'ai enquêté sur le trafic de minerais.
Mon salaire ? 250$ par mois. Mon prix si je veux vendre un dossier ? 10 fois ça." (Il boit une
gorgée) "Alors oui, parfois je me demande..."
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E : "Parlons méthodes. Pouvez-vous décrire le protocole standard pour une scène de crime ?"
Q1 : (Imitant un ton professorat) "D'après le manuel ? Sécuriser les lieux, photos sous tous
les angles, prélèvements ADN, chaîne de custody impeccable..." (Il éclate de rire) "La réalité
?" (Il jette violemment son carnet d'enquête sur la table) "Voilà notre 'kit' complet : un stylo
bic qui fuit, du scotch volé au bureau, et..." (Il sort un vieux Nokia avec l'écran fissuré) "...ce
bijou de technologie pour les photos. Résolution ? 0.3 mégapixels. Parfait pour identifier un
cadavre... si c'est ton frère."
T1 : (Ajoutant depuis l'ombre) "Il oublie le plus important : la bouteille de whisky cheap
pour... calmer les témoins récalcitrants."
Q1 : (Haussant les épaules) "Oui, notre 'kit psychologique'. Un coup de whisky dans la
gorge, deux gifles si nécessaire, et soudain les témoins se souviennent de tout."
E : "Et les méthodes alternatives dont parlent les ONG ? Torture, pressions..."
1. Kuwasha moto kwenye nywele za mtuhumiwa (brûler les cheveux du suspect avec une
allumette)
2. Kumpiga na mkoba wa maji ya moto (frapper avec une bouteille d'eau chaude pour
ne pas laisser de marques)
...Lakini sio kwa furaha. Ni kwa sababu hakuna vyombo vya kisheria. Wewe unafikiri
tunapenda kufanya hivi?"
Q1 : (Regard glacial) "Non. C'est ce qui reste quand l'État abandonne ses agents dans la
boue. Tu préfères qu'on laisse les tueurs d'enfants partir libres ?" (Un long silence) "Moi aussi
j'avais des principes... avant."
E : "Parlons d'une enquête qui vous a marqué. L'affaire du juge Kabeya en 2020 ?"
Q1 : (Les mains se mettent à trembler visiblement. Il se verse un verre de whisky qu'il avale
d'un trait) "Kabeya... (il ferme les yeux) Putain de merde. On savait qui l'avait fait. Un gros
poisson de l'armée. Les preuves ? On avait tout :
Vidéosurveillance du meurtre
Q1 : (Sortant son téléphone avec des doigts tremblants) "Puis ce SMS est arrivé à 3h du
matin." (Il montre l'écran : message flouté sauf la phrase "Classez ça ou préparez vos
cercueils") "Mon chef a pleuré comme un gamin ce jour-là. Un dur de 25 ans de service."
Q1 : (Ricanement sans joie) "Ce qu'on fait toujours. On a obéi. Mais..." (baisse la voix) "J'ai
gardé une copie des preuves. Dans un coffre. Pour quand le pays sera prêt."
T1 : (Ajoutant sombrement) "Le dossier original a 'brûlé' dans un étrange accident de voiture.
Avec l'agent qui le transportait."
(Un silence lourd s'installe. Q1 allume une nouvelle cigarette d'une main tremblante.)
Q1 : (Sortant un calepin crasseux, écrit en lingala) "Ah ! Notre 'tarifaire officieux'. Écoute
bien :
Vol simple (téléphone, sac à main) : 200$ pour 'classement rapide'. Le suspect paie,
ou c'est 3 mois en cellule.
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Violence grave (arme blanche) : 500$ + faux témoin inclus. On a des 'habitués' qui
témoignent pour 10$ la séance.
T1 : (Craquant des doigts) "N'oublie pas la 'taxe de célérité' : 100$ pour accélérer une
enquête... ou la ralentir."
Q1 : (Déchirant une page du calepin, la brûlant avec son briquet) "Bien sûr, officiellement,
ça n'existe pas. Mais va demander aux familles des victimes pourquoi elles vendent leurs
terres pendant les enquêtes..."
Q1 : (Ricanant) "L'affaire 'Madame Diamant' l'an dernier. Femme d’un ministre tué par son
amant. Le mari a payé 50 000$ pour :
3. Fournir un 'suicide' tout prêt... avec une lettre d'adieu écrite par nos experts en
falsification !" (Il montre une photo floue d'un corps pendu) "Le plus drôle ? Tout le
monde savait. Mais qui oserait parler ?"
Q1 : (Désignant une bouteille de whisky vide sous la table) "Voici mon 'psychologue attitré'.
12 ans de service = 12 bouteilles par mois." (Il sort un flacon de pilules) "Et mon 'petit
déjeuner' : antidépresseurs volés à la pharmacie judiciaire."
T1 : (Ouvrant un tiroir rempli de dossiers) "On appelle ça notre 'cimetière portatif'. Chaque
enquête non résolue... c'est un fantôme qui nous suit."
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Q1 : (Voix soudain brisée) "Tu veux savoir pourquoi je tremble ? L'affaire Kasaï... 48 enfants
tués. On a dû les empiler comme du bois. L'odeur... (il se couvre le nez) Je la sens encore. Le
ministre a dit : 'Enterrez ça vite.' Pas d'autopsie, pas de larmes. Juste un chèque."
Le whisky
Et ça..." (Il sort un pistolet de son tiroir, le pose sur la table) "Mon 'plan de
secours' au cas où les fantômes gagnent."
E : (Éteignant l'enregistreur) "Dernière question. Un message pour les jeunes qui voudraient
rejoindre le GRI ?"
Q1 : (Se levant lentement, visage soudain vieilli de 20 ans) "Message ? (Il crache par
terre) Dis-leur de fuir. De devenir médecins, fermiers... ou criminels. Tout sauf ça." (Il
attrape sa veste trouée)
(Soudain, des pas lourds dans le couloir. Q1 replace son pistolet dans sa ceinture, visage
redevenu de pierre.)
Q1 : (À voix basse, en swahili) "Usiniite mwenzio kesho." (Ne me salue pas demain dans la
rue.)
(La porte claque. Il ne reste que l'enveloppe crasseuse sur la table, et l'odeur de whisky et de
poudre.)
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1. 48h après cet entretien, l'agent Q1 a été muté dans une zone frontalière reculée
3. L'enveloppe contenait :
Consigne :
« Bonjour, merci de prendre ce temps pour cet entretien. Nous souhaitons comprendre votre
expérience en tant qu’enquêteur junior, vos méthodes, vos difficultés, vos réussites et vos
perspectives. N’hésitez pas à vous exprimer librement et à détailler vos réponses. »
E : Pouvez-vous vous présenter et nous raconter votre parcours jusqu’à votre poste actuel ?
I8 : Je m’appelle azou, j’ai 28 ans, et je travaille comme enquêteur junior au Gp.R.I depuis
trois ans. Avant cela, j’ai suivi une formation de base à l’académie de police, où j’ai appris
les fondamentaux de l’enquête. Mon premier poste était dans une brigade locale, puis j’ai été
affecté au Gp.R.I pour approfondir mes compétences.
E : Pensez-vous que cette formation est suffisante pour les défis du terrain ?
I8 : Pas vraiment. Beaucoup de choses s’apprennent sur le terrain, parfois par essais et
erreurs. Il faudrait plus de formations pratiques, adaptées à notre contexte local.
46
E : Quels sont les principaux défis que vous rencontrez dans votre travail ?
I8 : Le manque de moyens matériels est un grand obstacle. Par exemple, nous n’avons pas
toujours de véhicules disponibles, ce qui ralentit les déplacements. Parfois, il manque aussi
du matériel pour collecter ou analyser les preuves.
Consigne :
« Bonjour, merci de prendre ce temps pour cet entretien. Nous souhaitons recueillir votre
expérience, vos observations et votre analyse sur la sécurité dans votre quartier, la relation
entre la population et la police, ainsi que les enquêtes criminelles menées à Lubumbashi.
N’hésitez pas à vous exprimer librement et à détailler vos réponses. »
E : Pouvez-vous commencer par vous présenter et nous raconter comment vous êtes devenu
responsable communautaire ?
R : Je m’appelle [Nom fictif], je suis né et j’ai grandi dans ce quartier. Depuis mon jeune âge,
j’ai toujours été impliqué dans des activités sociales et associatives. Il y a environ dix ans, les
habitants m’ont choisi pour représenter leurs intérêts auprès des autorités, car ils avaient
besoin d’une voix forte capable de défendre leurs droits et de faire le lien avec la police et les
institutions. Mon rôle est d’écouter, d’accompagner, et de mobiliser la communauté pour
améliorer la sécurité et le vivre-ensemble.
démarches. Je suis aussi un médiateur en cas de conflits, et je travaille avec des ONG pour
sensibiliser la population.
E : Quels sont les principaux obstacles à la sécurité et à la justice dans votre quartier ?
R : Le manque de moyens, la corruption, la méfiance, et parfois l’absence de volonté
politique.
E : Quelle est votre vision pour l’avenir de la sécurité dans votre quartier ?
R : Une sécurité renforcée grâce à une police plus professionnelle, une population engagée, et
des institutions efficaces.
Consigne :
« Bonjour, merci de consacrer ce temps à cet entretien. Nous souhaitons recueillir votre
expérience, vos analyses et vos réflexions sur la justice pénale, la qualité des enquêtes
criminelles, la collaboration entre police et justice, ainsi que les défis rencontrés dans le
système judiciaire à Lubumbashi. N’hésitez pas à vous exprimer librement, à illustrer vos
propos par des exemples concrets, et à détailler vos réponses. »
E : Pour commencer, pouvez-vous nous raconter votre parcours professionnel et ce qui vous
a conduit à vous spécialiser en droit pénal ?
A : J’ai commencé ma carrière comme juriste généraliste, mais très vite, j’ai été attiré par le
droit pénal car c’est un domaine où la justice a un impact direct sur la vie des gens. J’ai suivi
des formations spécialisées et j’exerce depuis plus de quinze ans à Lubumbashi, où j’ai vu de
nombreuses affaires complexes passer devant les tribunaux.
E : Quels sont les principaux défis auxquels est confronté le système judiciaire à Lubumbashi
?
A : La corruption, le manque de moyens, la lenteur des procédures, et parfois l’ingérence
politique.
E : Quel est selon vous le traitement réservé aux victimes dans le système judiciaire ?
A : Les victimes sont souvent marginalisées. Elles manquent d’information, de soutien, et
parfois de protection.
E : Quel rôle jouent la société civile et les médias dans la justice pénale ?
A : Ils sont des acteurs essentiels de la transparence, de la sensibilisation, et de la pression
pour des réformes.
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Entretien réalisé en
Date : 03/06/2025
Enquêté : OPJ
Lieu : bureau
Heure :13h-15h
Consigne : « Bonjour, merci de nous accorder cet entretien. Nous souhaitons comprendre
votre expérience et votre point de vue sur le déroulement et l’efficacité des enquêtes menées
par le Gp.R.I à Lubumbashi.»
Enquêté : Bien sûr. Dès qu’on reçoit une information, on commence par une évaluation
rapide pour déterminer la crédibilité et la gravité du cas. Ensuite, on forme une équipe dédiée
qui va sur le terrain pour collecter des preuves, interroger les témoins et les suspects. On
travaille aussi avec les services techniques pour analyser les éléments recueillis. C’est un
processus qui demande rigueur et patience.
Enquêteur : Quels sont les principaux défis auxquels vous faites face lors de ces enquêtes ?
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Enquêté : Le premier défi est souvent le manque de ressources matérielles, comme les
véhicules ou le matériel d’investigation. Ensuite, il y a la difficulté à obtenir la coopération
des témoins, qui craignent parfois des représailles. Enfin, la pression externe, qu’elle soit
politique ou sociale, peut compliquer la conduite des enquêtes.
Enquêté : Nous essayons de renforcer l’esprit d’équipe et de valoriser chaque succès, même
petit. La formation continue joue aussi un rôle important pour maintenir la motivation et
améliorer les compétences. Mais il est vrai que l’absence de moyens tangibles peut être
démotivante.
Enquêteur : Avez-vous déjà été confronté à des cas où la corruption a directement affecté
une enquête ?
Enquêté : Malheureusement, oui. Parfois, certains agents ou témoins sont influencés par des
intérêts personnels, ce qui peut ralentir ou fausser le travail. Nous faisons de notre mieux
pour signaler ces cas et les combattre, mais c’est un combat permanent.
Enquêté : Nous organisons des rencontres communautaires pour expliquer notre travail et
écouter les préoccupations des habitants. Nous encourageons aussi les citoyens à collaborer
en garantissant leur anonymat et leur sécurité. La transparence dans nos actions est essentielle
pour bâtir cette confiance.
Enquêteur : Comment est organisée la collaboration avec les autres services, comme la
justice ou les autres unités de la PNC ?
Enquêté : La collaboration est formalisée par des protocoles, mais dans la pratique, elle
dépend beaucoup des relations humaines. Parfois, il y a des retards ou des incompréhensions,
ce qui nuit à l’efficacité. Nous travaillons à améliorer cette coordination.
Enquêteur : Quelles sont les formations les plus utiles que vous avez reçues ?
Enquêté : Les formations sur les techniques d’enquête, la gestion des scènes de crime et
l’éthique professionnelle sont particulièrement utiles. Cependant, ces formations sont trop
rares et souvent trop théoriques pour être pleinement efficaces.
55
Enquêté : C’est difficile. Le stress vient souvent des délais, des attentes élevées et parfois des
menaces. Le soutien entre collègues est important, tout comme la possibilité d’avoir des
moments de décompression. Malheureusement, ces aspects sont peu pris en compte.
Enquêté : Oui, récemment, nous avons élucidé une affaire de vol à main armée grâce à une
collaboration étroite avec la population et une bonne coordination interne. Cela a renforcé la
confiance des habitants et motivé l’équipe.
Enquêté : Il faut investir dans la formation continue, renforcer les moyens matériels,
instaurer une vraie culture d’éthique et de transparence, et surtout améliorer la collaboration
avec la population et les autres institutions.
Date : 05/06/2025
Lieu : bureau
Heure :15h-16h
56
Consigne : « Bonjour, merci d’avoir accepté cet entretien. Nous souhaitons recueillir votre
analyse professionnelle sur la qualité, les défis et les limites des enquêtes criminelles menées
par la Police Nationale Congolaise, notamment par le Gp.R.I à Lubumbashi. Vos réponses
resteront strictement confidentielles. »
Enquêté : Globalement, je dirais que les enquêtes policières présentent des avancées, mais
restent insuffisantes face aux exigences du système judiciaire. Il y a souvent un décalage
entre ce que la police produit comme dossier et ce que la justice attend. Ce décalage est lié à
plusieurs facteurs : la formation insuffisante des enquêteurs, le manque de moyens
techniques, mais aussi des pratiques parfois peu rigoureuses dans la collecte et la
conservation des preuves.
Enquêté : Oui. Dans plusieurs affaires, les dossiers policiers sont rejetés ou affaiblis parce
que les preuves ne sont pas recueillies selon les règles de l’art. Par exemple, des scènes de
crime mal protégées, des témoignages non enregistrés correctement, ou des procédures non
respectées. Cela conduit à des acquittements, des non-lieux, ou des reports d’audience, ce qui
nuit à la crédibilité de la police et au sentiment de justice chez les victimes.
Enquêteur : Selon vous, quelles sont les causes profondes de ces lacunes ?
Enquêté : Parfois, certaines enquêtes sont accélérées ou au contraire freinées en fonction des
intérêts politiques. Des dossiers sensibles peuvent être étouffés, ou des suspects protégés.
Cela crée un climat d’impunité et fragilise la confiance dans les institutions.
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Enquêteur : Quel rôle joue la collaboration entre la police et la justice dans ce contexte ?
Enquêté : La collaboration est essentielle, mais elle est perfectible. Il faudrait instaurer des
protocoles clairs et réguliers d’échanges d’informations, des formations croisées entre
policiers et magistrats, et surtout une communication fluide. Trop souvent, la police se plaint
d’attentes irréalistes de la justice, et la justice critique la qualité des dossiers.
Enquêteur : Avez-vous observé des initiatives ou des pratiques exemplaires qui mériteraient
d’être généralisées ?
Enquêté : Oui, certaines unités spécialisées, comme le Gp.R.I, ont développé des méthodes
plus rigoureuses, notamment dans le travail de terrain et la gestion des preuves. Des
collaborations ponctuelles avec des organisations internationales ont aussi permis d’améliorer
les compétences. Mais ces bonnes pratiques restent trop localisées et doivent être
institutionnalisées.
Enquêté : Plusieurs mesures sont nécessaires : renforcer la formation initiale et continue des
enquêteurs, notamment en techniques d’investigation et en droits humains ; améliorer
l’équipement technique et logistique ; instaurer des mécanismes de contrôle interne pour
lutter contre la corruption ; et enfin, promouvoir une meilleure coordination entre police,
justice et société civile.
Enquêteur : Comment percevez-vous l’impact des enquêtes sur la confiance des citoyens
dans la police ?
Enquêté : La confiance est fragile. Lorsque les enquêtes aboutissent à des résultats justes et
transparents, cela renforce la confiance. Mais les retards, les erreurs, ou les suspicions de
corruption la sapent rapidement. La police doit donc travailler à restaurer cette confiance par
des résultats tangibles et une communication honnête.
Enquêteur : Quel est le rôle des droits des victimes dans le processus d’enquête selon vous ?
Enquêté : Les droits des victimes doivent être au cœur des enquêtes. Elles doivent être
informées, protégées, et accompagnées. Cela passe par la formation des enquêteurs à l’écoute
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et au respect, mais aussi par des dispositifs institutionnels pour garantir leur sécurité et leur
accès à la justice.
Enquêteur : Avez-vous des exemples où le non-respect des droits des victimes a nui à une
enquête ?
Enquêté : Oui, malheureusement. Dans certains cas, des victimes ont été intimidées ou
maltraitées, ce qui les a dissuadées de témoigner. Cela affaiblit la procédure et compromet la
recherche de la vérité.
Enquêteur : Quel regard portez-vous sur l’éthique professionnelle au sein des forces de
police ?
Enquêté : L’éthique est un enjeu majeur. Il faut renforcer la formation à l’éthique, instaurer
des sanctions claires contre les abus, et promouvoir une culture de transparence et de
responsabilité. Sans cela, les enquêtes risquent d’être entachées de pratiques douteuses.
Enquêté : La société civile joue un rôle de veille et de pression. Elle peut accompagner les
victimes, dénoncer les dysfonctionnements, et participer à la formation et à la sensibilisation.
Une collaboration structurée entre police et société civile est un levier puissant pour renforcer
la qualité des enquêtes.
Enquêteur : Pour conclure, quels sont selon vous les principaux défis à relever pour que les
enquêtes criminelles à Lubumbashi gagnent en efficacité ?
Enquêté : Il faut relever le défi de la formation, celui des moyens matériels, celui de
l’éthique et de la lutte contre la corruption, et celui de la coordination entre acteurs. C’est un
travail de longue haleine qui nécessite un engagement politique fort et une mobilisation
collective.
Entretien réalisé en
Date : 07/06/2025
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Lieu : bureau
Heure :10h-12h
Consigne :
« Bonjour, merci d’avoir accepté de partager votre expérience avec moi. Il n’y a pas de
bonnes ou mauvaises réponses, je suis ici pour vous écouter. Vous pouvez parler librement de
ce que vous avez vécu, de ce que vous ressentez, de ce que vous pensez. Prenez tout le temps
dont vous avez besoin, et si vous voulez revenir sur un point ou ajouter quelque chose,
n’hésitez pas. »
Enquêteur (E) : Pour commencer, pouvez-vous me raconter, dans vos propres mots, ce qui
s’est passé le jour où vous avez été victime de ce vol ?
Victime (V) : Eh bien, c’était un jour comme les autres, je pensais être en sécurité chez moi.
Mais soudain, j’ai entendu du bruit, des bruits qui ne devraient pas être là. Quand j’ai ouvert
la porte, j’ai vu que tout avait été chamboulé. C’était comme si ma maison avait été violée.
J’ai eu un sentiment d’effroi, mais aussi de colère. Je ne comprenais pas comment quelqu’un
pouvait faire ça.
V : C’est difficile à exprimer. C’est comme si on vous volait plus que des objets, on vous
vole votre paix, votre confiance. J’ai ressenti une profonde injustice, un vide. Et puis, il y
avait cette colère sourde, contre ces inconnus, mais aussi contre moi-même, parce que je me
suis sentie impuissante.
E : Comment avez-vous vécu les heures et les jours qui ont suivi ?
V : Les jours suivants ont été très durs. Je n’arrivais pas à dormir, je faisais des cauchemars.
Je regardais sans cesse autour de moi, j’avais peur que ça recommence. Ma maison, qui était
un refuge, était devenue un lieu d’angoisse.
V : Oui, j’en ai parlé à ma famille, mes amis. Ils ont essayé de me soutenir, mais je sentais
que je devais aussi affronter ça seule. Je n’ai pas cherché d’aide professionnelle, je ne savais
pas vers qui me tourner.
E : Quand vous avez décidé de porter plainte, comment cela s’est-il passé ?
V : J’étais hésitante, mais je voulais que justice soit faite. À la police, on m’a écoutée, mais
j’ai vite compris que ce ne serait pas facile. Les policiers semblaient débordés, parfois
indifférents. J’avais l’impression d’être un dossier parmi tant d’autres.
V : Pas vraiment. Ils posaient des questions, mais je ne sentais pas qu’ils comprenaient
vraiment ce que je vivais. J’aurais voulu qu’ils prennent plus le temps, qu’ils soient plus
humains.
E : Comment décririez-vous la relation que vous avez eue avec la police pendant cette
période ?
V : Elle était distante, parfois froide. Je me sentais un peu seule face à eux. Je comprends
qu’ils ont beaucoup de travail, mais un peu plus d’empathie aurait fait une grande différence.
V : Très peu. J’ai dû moi-même les relancer plusieurs fois. Chaque fois, on me disait que ça
avançait, mais sans détails. Cela m’a beaucoup frustrée.
E : Que souhaiteriez-vous dire aux policiers qui enquêtent sur ce genre d’affaires ?
V : J’ai peur de rester seule, je suis plus méfiante envers les inconnus. J’ai changé mes
habitudes, je suis moins sereine.
E : Avez-vous trouvé des ressources ou des soutiens qui vous ont aidée à surmonter cela ?
V : Pas vraiment. J’ai dû m’appuyer sur mes proches, mais ce n’est pas la même chose qu’un
soutien professionnel.
E : Si vous pouviez changer une chose dans cette expérience, ce serait quoi ?
V : Que la police soit plus présente, plus humaine, plus efficace. Que les victimes ne se
sentent pas abandonnées.
V : Une police proche des gens, qui écoute, qui agit vite, qui protège sans discrimination.
E : Avez-vous des conseils à donner à d’autres victimes qui traverseraient ce genre d’épreuve
?
Date : 07/06/2025
Lieu : bureau
Heure :11h-13h
Consigne :
« Bonjour, merci de prendre ce temps pour cet entretien. Nous souhaitons comprendre
comment vous organisez et pilotez les enquêtes au sein du Gp.R.I, les défis que vous
rencontrez, et votre vision pour améliorer l’efficacité des enquêtes criminelles à Lubumbashi.
N’hésitez pas à vous exprimer librement et à détailler vos réponses. »
E : Pouvez-vous décrire votre rôle exact en tant que chef de bureau d’investigation ?
I5 : Mon rôle consiste à coordonner toutes les enquêtes en cours, à répartir les dossiers entre
les enquêteurs selon leurs compétences et la gravité des affaires, et à assurer un suivi
rigoureux des procédures. Je suis aussi responsable de la formation et de la motivation de
l’équipe.
E : Avez-vous déjà été confronté à des cas de corruption au sein de votre équipe ?
I5 : Malheureusement, oui. Nous avons mis en place des procédures de contrôle et des
sanctions, mais c’est un combat permanent.
E : Comment gérez-vous les enquêtes sensibles, comme les violences basées sur le genre ?
I5 : Avec beaucoup de précautions, en respectant la confidentialité et en formant
spécifiquement les enquêteurs.
Consigne :
« Bonjour, merci de prendre ce temps pour cet entretien. L’objectif est de mieux comprendre
votre expérience, vos méthodes, vos défis et vos perspectives dans la conduite des enquêtes
criminelles à Lubumbashi. N’hésitez pas à répondre librement, à détailler vos propos et à
illustrer vos réponses par des exemples concrets. »
Consigne :
« Bonjour, merci de consacrer ce temps à cet entretien. Nous souhaitons recueillir votre
expérience, votre vision stratégique, ainsi que les défis et opportunités que vous percevez
dans la conduite des enquêtes criminelles à Lubumbashi. Vous êtes libre de vous exprimer en
détail, d’illustrer vos propos par des exemples, et de partager vos réflexions personnelles. »
E : Pourriez-vous commencer par vous présenter et décrire votre parcours au sein de la Police
Nationale ?
O : Je suis officier supérieur depuis plus de quinze ans. J’ai débuté comme enquêteur de
terrain avant d’évoluer vers des fonctions de commandement. Mon expérience couvre
plusieurs régions, mais je suis basé à Lubumbashi depuis cinq ans.
E : Quels sont les critères pour allouer les ressources humaines et matérielles ?
O : La gravité des faits, la complexité des dossiers, et les priorités fixées par la hiérarchie.
Consigne :
« Bonjour, merci de consacrer ce temps à cet entretien. Nous souhaitons recueillir votre
expérience, vos observations et votre analyse sur le travail des enquêtes criminelles menées à
Lubumbashi, notamment par le Gp.R.I. N’hésitez pas à vous exprimer librement, à détailler
vos réponses et à partager des exemples concrets. »
E : Quels sont les principaux défis que vous rencontrez dans votre travail ?
J : La pression politique, les menaces, le manque de ressources, et parfois la réticence des
sources à parler. C’est un métier risqué, mais essentiel.
E : Quelles sont vos recommandations pour améliorer les enquêtes policières à Lubumbashi ?
J : Plus de moyens, une formation adaptée, une lutte sans concession contre la corruption, et
surtout une vraie volonté politique.
Enquêteur (E) :
*"Commandant, avant de plonger dans les détails, pouvez-vous me décrire en quelques mots
comment vous définiriez l’efficacité du GRI aujourd’hui ? Par exemple, si vous deviez
donner une note sur 10 à vos enquêtes, ce serait… ?"*
3. Les ‘dossiers chauds’ – ceux qui intéressent la télé ou les politiciens. Là, on a des
moyens, et le taux de résolution dépasse 70%.
4. Les crimes ‘ordinaires’ – vols, violences. Pour ceux-là… (baisse la voix) parfois on
n’a même pas de carburant pour aller sur place.
Relance de l’enquêteur :
"Pouvez-vous me citer un exemple concret où cette différence était flagrante ?"
76
Question 1.1 :
"Parlons matériel. Quelle est la première chose qui vous manque au quotidien pour bien
travailler ?"
C1 : (Éclat de rire)
"Où commencer ? (Compte sur ses doigts)
3. Transport : Nos 4 véhicules sont en panne depuis 6 mois. On utilise des taxis-motos
– imaginez un agent en costume cravate sur un ‘toleka’ !
Preuve concrète :
Relance :
"Comment cela impacte-t-il vos statistiques réelles ?"
Question 2.1 :
"On parle souvent d’ingérence politique. Pouvez-vous me décrire une situation où vous avez
dû modifier une enquête pour des raisons… non policières ?"
77
Ce qui s’est passé : On a coincé un réseau volant du cobalt, avec preuves à l’appui.
L’appel : (Mime un téléphone) ‘Mon ami, ce dossier est trop sensible. Classez-le.’
Résultat : J’ai obéi… mais j’ai secrètement envoyé les preuves à la CPI. (Sourire
cynique)
Relance provocante :
"N’est-ce pas une trahison envers votre institution ?"
Question 3.1 :
"Vos hommes travaillent dans quelles conditions psychologiques ?"
C1 : (Récit poignant)
"L’agent M. a quitté le service après avoir découvert un charnier d’enfants. Pas de psy, pas de
congé – juste un ‘Sois fort’ du supérieur. (Pause) Aujourd’hui, il vend des cigarettes au
marché."
Preuve :
Témoignage audio de l’agent M. (voix modifiée pour anonymat) : "Ils m’ont jeté
comme un kleenex usagé."
C1 : (Métaphore en lingala)
"Ezali lokola nzoku oyo bazali koboma na makelele…" (C’est comme un éléphant qu’on tue à
petit feu.)
78
Q1 : (Tournant une vieille clé dans ses doigts) "Oui, mais avec conditions. Si mon nom fuit,
je connais des gens qui feront disparaître ton enregistrement... et peut-être toi." (Un long
silence s'installe avant qu'il n'éclate d'un rire rauque) "Je plaisante. Enfin, à moitié."
Q1 : (Allumant une cigarette avec des doigts tachés de nicotine) "Tu veux la version
officielle ou la vérité ? La version officielle, c'est que je voulais servir mon pays, nettoyer les
rues de la criminalité..." (Il crache par terre) "La vérité ? J'étais un flic idéaliste qui croyait
encore que la justice existait. Mon premier jour, mon chef - un vieux singe qui sentait le
whisky à 8h du mat' - m'a pris à part : 'Ici petit, la vérité se mesure en dollars et en balles.
Choisis ta monnaie.' Je pensais que c'était une métaphore."
et j'ai passé les trois mois suivants à faire des gardes de nuit au cimetière." (Il écrase sa
cigarette avec colère) "Voilà comment on apprend."
Q1 : (Se versant un verre de whisky dans un gobelet en plastique) "Regretter ? Non. Mais
regarde mes mains." (Il tend des mains couvertes de cicatrices) "Celle-là, c'est un dealer qui
m'a poignardé en 2012. Celle-ci ? Brûlure d'acide quand j'ai enquêté sur le trafic de minerais.
Mon salaire ? 250$ par mois. Mon prix si je veux vendre un dossier ? 10 fois ça." (Il boit une
gorgée) "Alors oui, parfois je me demande..."
E : "Parlons méthodes. Pouvez-vous décrire le protocole standard pour une scène de crime ?"
Q1 : (Imitant un ton professorat) "D'après le manuel ? Sécuriser les lieux, photos sous tous
les angles, prélèvements ADN, chaîne de custody impeccable..." (Il éclate de rire) "La réalité
?" (Il jette violemment son carnet d'enquête sur la table) "Voilà notre 'kit' complet : un stylo
bic qui fuit, du scotch volé au bureau, et..." (Il sort un vieux Nokia avec l'écran fissuré) "...ce
bijou de technologie pour les photos. Résolution ? 0.3 mégapixels. Parfait pour identifier un
cadavre... si c'est ton frère."
T1 : (Ajoutant depuis l'ombre) "Il oublie le plus important : la bouteille de whisky cheap
pour... calmer les témoins récalcitrants."
Q1 : (Haussant les épaules) "Oui, notre 'kit psychologique'. Un coup de whisky dans la
gorge, deux gifles si nécessaire, et soudain les témoins se souviennent de tout."
E : "Et les méthodes alternatives dont parlent les ONG ? Torture, pressions..."
3. Kuwasha moto kwenye nywele za mtuhumiwa (brûler les cheveux du suspect avec une
allumette)
4. Kumpiga na mkoba wa maji ya moto (frapper avec une bouteille d'eau chaude pour
ne pas laisser de marques)
...Lakini sio kwa furaha. Ni kwa sababu hakuna vyombo vya kisheria. Wewe unafikiri
tunapenda kufanya hivi?"
Q1 : (Regard glacial) "Non. C'est ce qui reste quand l'État abandonne ses agents dans la
boue. Tu préfères qu'on laisse les tueurs d'enfants partir libres ?" (Un long silence) "Moi aussi
j'avais des principes... avant."
E : "Parlons d'une enquête qui vous a marqué. L'affaire du juge Kabeya en 2020 ?"
Q1 : (Les mains se mettent à trembler visiblement. Il se verse un verre de whisky qu'il avale
d'un trait) "Kabeya... (il ferme les yeux) Putain de merde. On savait qui l'avait fait. Un gros
poisson de l'armée. Les preuves ? On avait tout :
Vidéosurveillance du meurtre
Q1 : (Sortant son téléphone avec des doigts tremblants) "Puis ce SMS est arrivé à 3h du
matin." (Il montre l'écran : message flouté sauf la phrase "Classez ça ou préparez vos
cercueils") "Mon chef a pleuré comme un gamin ce jour-là. Un dur de 25 ans de service."
Q1 : (Ricanement sans joie) "Ce qu'on fait toujours. On a obéi. Mais..." (baisse la voix) "J'ai
gardé une copie des preuves. Dans un coffre. Pour quand le pays sera prêt."
T1 : (Ajoutant sombrement) "Le dossier original a 'brûlé' dans un étrange accident de voiture.
Avec l'agent qui le transportait."
81
(Un silence lourd s'installe. Q1 allume une nouvelle cigarette d'une main tremblante.)
Q1 : (Sortant un calepin crasseux, écrit en lingala) "Ah ! Notre 'tarifaire officieux'. Écoute
bien :
Vol simple (téléphone, sac à main) : 200$ pour 'classement rapide'. Le suspect paie,
ou c'est 3 mois en cellule.
Violence grave (arme blanche) : 500$ + faux témoin inclus. On a des 'habitués' qui
témoignent pour 10$ la séance.
T1 : (Craquant des doigts) "N'oublie pas la 'taxe de célérité' : 100$ pour accélérer une
enquête... ou la ralentir."
Q1 : (Déchirant une page du calepin, la brûlant avec son briquet) "Bien sûr, officiellement,
ça n'existe pas. Mais va demander aux familles des victimes pourquoi elles vendent leurs
terres pendant les enquêtes..."
Q1 : (Ricanant) "L'affaire 'Madame Diamant' l'an dernier. Femme d’un ministre tué par son
amant. Le mari a payé 50 000$ pour :
6. Fournir un 'suicide' tout prêt... avec une lettre d'adieu écrite par nos experts en
falsification !" (Il montre une photo floue d'un corps pendu) "Le plus drôle ? Tout le
monde savait. Mais qui oserait parler ?"
Q1 : (Désignant une bouteille de whisky vide sous la table) "Voici mon 'psychologue attitré'.
12 ans de service = 12 bouteilles par mois." (Il sort un flacon de pilules) "Et mon 'petit
déjeuner' : antidépresseurs volés à la pharmacie judiciaire."
T1 : (Ouvrant un tiroir rempli de dossiers) "On appelle ça notre 'cimetière portatif'. Chaque
enquête non résolue... c'est un fantôme qui nous suit."
Q1 : (Voix soudain brisée) "Tu veux savoir pourquoi je tremble ? L'affaire Kasaï... 48 enfants
tués. On a dû les empiler comme du bois. L'odeur... (il se couvre le nez) Je la sens encore. Le
ministre a dit : 'Enterrez ça vite.' Pas d'autopsie, pas de larmes. Juste un chèque."
Le whisky
Et ça..." (Il sort un pistolet de son tiroir, le pose sur la table) "Mon 'plan de
secours' au cas où les fantômes gagnent."
E : (Éteignant l'enregistreur) "Dernière question. Un message pour les jeunes qui voudraient
rejoindre le GRI ?"
Q1 : (Se levant lentement, visage soudain vieilli de 20 ans) "Message ? (Il crache par
terre) Dis-leur de fuir. De devenir médecins, fermiers... ou criminels. Tout sauf ça." (Il
attrape sa veste trouée)
(Soudain, des pas lourds dans le couloir. Q1 replace son pistolet dans sa ceinture, visage
redevenu de pierre.)
83
Q1 : (À voix basse, en swahili) "Usiniite mwenzio kesho." (Ne me salue pas demain dans la
rue.)
(La porte claque. Il ne reste que l'enveloppe crasseuse sur la table, et l'odeur de whisky et de
poudre.)
4. 48h après cet entretien, l'agent Q1 a été muté dans une zone frontalière reculée
6. L'enveloppe contenait :
Consigne :
« Bonjour, merci de prendre ce temps pour cet entretien. Nous souhaitons comprendre votre
expérience en tant qu’enquêteur junior, vos méthodes, vos difficultés, vos réussites et vos
perspectives. N’hésitez pas à vous exprimer librement et à détailler vos réponses. »
E : Pouvez-vous vous présenter et nous raconter votre parcours jusqu’à votre poste actuel ?
I8 : Je m’appelle [Nom fictif], j’ai 28 ans, et je travaille comme enquêteur junior au Gp.R.I
depuis trois ans. Avant cela, j’ai suivi une formation de base à l’académie de police, où j’ai
appris les fondamentaux de l’enquête. Mon premier poste était dans une brigade locale, puis
j’ai été affecté au Gp.R.I pour approfondir mes compétences.
E : Pensez-vous que cette formation est suffisante pour les défis du terrain ?
I8 : Pas vraiment. Beaucoup de choses s’apprennent sur le terrain, parfois par essais et
erreurs. Il faudrait plus de formations pratiques, adaptées à notre contexte local.
E : Quels sont les principaux défis que vous rencontrez dans votre travail ?
I8 : Le manque de moyens matériels est un grand obstacle. Par exemple, nous n’avons pas
toujours de véhicules disponibles, ce qui ralentit les déplacements. Parfois, il manque aussi
du matériel pour collecter ou analyser les preuves.
Consigne :
« Bonjour, merci de prendre ce temps pour cet entretien. Nous souhaitons recueillir votre
87
expérience, vos observations et votre analyse sur la sécurité dans votre quartier, la relation
entre la population et la police, ainsi que les enquêtes criminelles menées à Lubumbashi.
N’hésitez pas à vous exprimer librement et à détailler vos réponses. »
E : Pouvez-vous commencer par vous présenter et nous raconter comment vous êtes devenu
responsable communautaire ?
R : Je m’appelle [Nom fictif], je suis né et j’ai grandi dans ce quartier. Depuis mon jeune âge,
j’ai toujours été impliqué dans des activités sociales et associatives. Il y a environ dix ans, les
habitants m’ont choisi pour représenter leurs intérêts auprès des autorités, car ils avaient
besoin d’une voix forte capable de défendre leurs droits et de faire le lien avec la police et les
institutions. Mon rôle est d’écouter, d’accompagner, et de mobiliser la communauté pour
améliorer la sécurité et le vivre-ensemble.
E : Quels sont les principaux obstacles à la sécurité et à la justice dans votre quartier ?
R : Le manque de moyens, la corruption, la méfiance, et parfois l’absence de volonté
politique.
E : Quelle est votre vision pour l’avenir de la sécurité dans votre quartier ?
R : Une sécurité renforcée grâce à une police plus professionnelle, une population engagée, et
des institutions efficaces.
Consigne :
« Bonjour, merci de consacrer ce temps à cet entretien. Nous souhaitons recueillir votre
expérience, vos analyses et vos réflexions sur la justice pénale, la qualité des enquêtes
criminelles, la collaboration entre police et justice, ainsi que les défis rencontrés dans le
système judiciaire à Lubumbashi. N’hésitez pas à vous exprimer librement, à illustrer vos
propos par des exemples concrets, et à détailler vos réponses. »
90
E : Pour commencer, pouvez-vous nous raconter votre parcours professionnel et ce qui vous
a conduit à vous spécialiser en droit pénal ?
A : J’ai commencé ma carrière comme juriste généraliste, mais très vite, j’ai été attiré par le
droit pénal car c’est un domaine où la justice a un impact direct sur la vie des gens. J’ai suivi
des formations spécialisées et j’exerce depuis plus de quinze ans à Lubumbashi, où j’ai vu de
nombreuses affaires complexes passer devant les tribunaux.
E : Quels sont les principaux défis auxquels est confronté le système judiciaire à Lubumbashi
?
A : La corruption, le manque de moyens, la lenteur des procédures, et parfois l’ingérence
politique.
91
E : Quel est selon vous le traitement réservé aux victimes dans le système judiciaire ?
A : Les victimes sont souvent marginalisées. Elles manquent d’information, de soutien, et
parfois de protection.
E : Quel rôle jouent la société civile et les médias dans la justice pénale ?
A : Ils sont des acteurs essentiels de la transparence, de la sensibilisation, et de la pression
pour des réformes.
Entretien réalisé en
Date du 03/06/2025
92
Consigne : Je travaille sur l’évaluation de l’efficacité des enquêtes criminelles par la PNC
cas du GRI
Enquêteur : oui
Enquêteur : oui
Enquêteur : je veux d’abord savoir, quels sont les acteurs impliqués dans une enquête
criminelle ?
Enquêté 1 : ici chez nous, tout policier est impliqué dans l’enquête criminelle ; tout policier
de GRI que ça soient les officiers, que ça soient les agents, nous sommes tous impliqués dans
l’enquête criminelle. Donc les OPJ, les APJ
Enquêteur : ici chez vous les magistrats ne sont pas impliqués dans une enquête ?
Enquêté 2 : eux sont là-bas et nous, nous sommes ici il n’y a pas de rapport dans le cadre
d’une enquête ; quand on termine le dossier, on le transfert là chez eux. C’est alors qu’eux
aussi vont mener les enquêtes à leurs niveaux ; on ne le fait pas dans une commission mixte.
93
Enquêté 1 : les enquêtes commencent d’abord à la police. C’est à la police que les enquêtes
commencent
Enquêté 2 : les acteurs menés il faut aussi citer les chefs de quartier,
Enquêteur : oui par exemple vous ici lorsque vous menez les enquêtes, qui sont ceux qui
travaillent avec vous ? peut-être à part ceux du bureau, y a-t-il d’autres personnes d’ailleurs
qui vous aident à mener les enquêtes ?
Enquêté 1 : oui dans les enquêtes criminelles on a plus besoin des informations, et les
informations on peut le recevoir de partout. Même au milieu de la population ; au milieu de la
population, il y a le cadre de bases comme le chef de quartier comme le major l’a dit, il y a
aussi les informateurs, les renseignants, tous ces gens nous aident dans les enquêtes
criminelles ; il y a même les témoins, les gens qui ont assistés à la commission des
infractions, tout ça ces sont les acteurs qui sont impliqués dans les enquêtes criminelles.
Enquêteur : puis-je savoir le rôle de chaque acteur ; lorsque vous êtes sur terrain pour mener
l’enquête, il y a les OPJ, les commandants, comme vous l’aviez dit, qui fait quoi ?
Enquêteur : qu’avez-vous comme outils, moyens pour mener à bien les enquêtes ?
Enquêté 1 : ça fait partie des moyens de bord non ? le moyen que nous disposons, les
moyens que nous avons à notre disposition
94
Enquêté 2 : oui juste une seule. Il faut citer les moyens que l’état a mis à notre disposition,
nos moyens là il ne faut pas les citer ; l’état a mis à notre disposition une jeep land cruiser
Enquêteur : seulement ?
Enquêté 2 : seulement ça !
Enquêteur : lorsque vous êtes sur scène de crime, comment vous gérez ça ? avez-vous des
outils et technologies comme chez les occidentaux ?
Enquêté 2 : nous en avons aussi ici la PTS. C’est eux qui prélèvent, s’il s’agit des prélever
les traces, les signes, les quoi, la police scientifique est là.
Enquêté 1 : sur le lieu des crimes, eux sont là pour prélever les indices, ils peuvent nous
aider à découvrir la vérité. On prélève les empreintes digitales, on prélève tout ce qu’on peut
trouver sur le lieu de la commission du crime. Sur le lieu de la commission du crime, il peut y
avoir des verres, il faut prélever, prendre toutes ces verres aller prélever les empruntes ; parce
que tu vois dans la commission d’une infraction, souvent les gens utilisent certains outils,
peut etre qu’on l’a drogué, on l’a donné les poisons, ou on l’a enivré, alors quand nous
sommes sur le lieu de crime il faut prélever tout ce que nous trouvons comme indice et tous
les outils que nous trouvons là-bas ; on ne néglige rien, il faut prendre tout ce que vous
trouvez et aller avec ça au labo qu’on essaie de relever s’il y a des empruntes.
Enquêteur : est-ce que les agents de la PTS sont formés pour ça ? ils compétents ?
Enquêté 1 : ils ont été formés peut-être ce qui manque c’est les outils appropriés mais ils ont
une formation ; peut-être ils n’ont pas de labo. La formation, ils sont déjà qualifiés mais ils
manquent juste les outils de travail
Enquêteur : ils n’ont ni labo ni outils de travail, comme ils font pour mener à bien leur
travail ?
95
Enquêté 1 : d’abord les enquêtes ça demandent les moyens, ce qui est vrai ; l’état congolais
ne met pas à la disposition de la police le moyen qu’il faut pour mener les enquêtes mais ce
n’est pour autant que les enquêtes doivent dormir parce que nous manquons les moyens ou
nous manquons les outils qu’il faut ; nous utilisons les moyens de bord, a des fois même les
moyens privés l’OPJ peut utiliser même ses moyens privés dans l’intérêt d’arriver à la
découverte de la vérité.
Enquêteur : j’ai oui dire qu’il y a un labo ici à Lubumbashi dans lequel si vous avez des
examens à faire vous devez payer pour avoir accès à leurs matériaux ?
Enquêté 1 : bon là je ne sais pas, peut etre il faut poser la question à nos amis de PTS. Bon
d’ailleurs ici chez nous, nous n’avons qu’une section, la direction de PTS est au parquet 2 ;
peut etre c’est à eux de vous signifier s’il y a le boulot, qu’est-ce qu’ils utilisent ? je pense
qu’ils ont les mieux placées pour répondre à cette question,
Mais ce qui est vrai, lorsque nous sommes sur une scène de crimes, on doit amener tous ces
gens-là, on doit aussi amener les médecins par exemple si on est devant un cadavre ; le
médecin doit etre là pour faire des examens, les examens cliniques ; bref un expert ! on fait
aussi appel aux experts. On fait appel aux médecins légistes ; ils doivent nous dire le moment
ou l’heure du décès de ce monsieur ; parce que ça peut nous aider à remonter les traces ; à
l’heure du décès il était avec qui ? tous ces éléments nous donnent des voies et moyens à faire
ressortir la vérité. Parce que l’enquête criminelle, c’est faire ressortir la vérité et réunir les
moyens des preuves ; mais ce qui se fait généralement ici chez nous ce n’est pas ça... bon
mettons la police d’une manière générale...
... tu vois dans l’enquête criminelle, lorsqu’un OPJ est dans l’enquête criminelle, il faut faire
tout pour découvrir la vérité mais ici chez nous ce qui se fait c’est quoi ? on peut attraper un
monsieur disant que c’est un bandit, un voleur a mains armées ou soit on a l’information que
tel monsieur est un bandit a mains armées, directement on met la main sur le monsieur et il
est aux arrêts. Or ailleurs ce n’est pas le cas ; lorsque vous avez des informations que tel
monsieur est un bandit, prenez maintenant le temps de mener les enquêtes sur ce monsieur, il
faut faire ce qu’on appelle la filature ;il faut suivre ce monsieur ; parce que la finalité, il faut
réunir les moyens de preuves ; Si c’est un bandit a mains armées, il faut arriver à trouver
l’arme qu’il utilise souvent ce qui se fait c’est quoi ? uyu ni bandit mains armées (
96
traduction : celui-ci c’est un bandit mains armées), on met la main sur lui on l’arrête, on
amène ici chez nous, on l’interroge le monsieur nie à la fin vous l’amenez au parquet vous
n’avez pas retrouvé les armes [...] donc on n’a pas le temps de réunir les preuves, il faut
prendre le temps, tu vois l’Europe, l’enquête criminelle peut commencer aujourd’hui et
prendre 1 an voir même deux ans ; on prend le temps de suivre la personne jusqu’à ce que uta
mubamba. S’il est bandit a mains armées uta mubamba en pleine action ou soit avec les
armes et en ce moment-là vous allez dire qu’il est bandit. mais si vous arrêtez seulement
comme ça quelqu’un avec les allégations que non c’est un bandit a mains armées, mais les
armes qui justifient qu’il est bandit mains armées ahinako ; si vous partez avec une telle de
personnes au parquet, une fois qu’il est au parquet et meme au niveau du tribunal, si ces
objets ne sont pas là, on va le relâcher mais les OPJ sont pressés ; une fois bana pata
information que tel est bandit, on l’arrête una kuya naye pensant que non le monsieur va
avouer lorsqu’il sera devant vous et que vous allez commencer à lui poser des questions.
Vous pensez qu’une telle personne va avouer ? même s’il est un bandit mains armées. Il va
préférer que lui aille en prison mais que les armes qu’il utilise, que ces amis ba endeleshe ku
fanya ile ma action yake pourquoi ? parce que pale benzake bata endelesha na ile ma actions,
batanza ku mu soutenir; lui il est au cachot. Ces amis vont faire les démarches pour qu’il
sorte ; c’est pourquoi souvent vous entendez ho bari mu bamba, arienda kule, ashikawe, bana
mwatcha. Pourquoi ? parce que vous n’avez pas eu le temps de reunir les preuves, les
moyens, de réunir tout ce qu’il faut pour que le monsieur soit pris. Alors c’est ça donc
beaucoup d’OPJ sont rapides dans les enquêtes. Bon peut c’est aussi lié au fait qu’il n’y a pas
des moyens parce que les enquêtes aussi demandent le moyen si vous devez suivre quelqu’un
ça demande le moyen, ça demande l’argent, ça demande le transport, ça demande la
communication, ça demande ceci et cela ; mais le gouvernement ne met pas à notre
disposition les moyens qu’il faut pour qu’on mène nos enquêtes telle qu’il se doit alors on
mène les enquêtes sur base des moyens de bords, les moyens que l’OPJ a, les OPJ utilisent
leurs moyens de bords. Parfois on peut avoir la jeep comme on vous l’a dit, nous avons
besoin d’aller faire une intervention quelque part, mais la jeep est à autre chose ; là vous serez
obligé d’utiliser vos moyens ; vos moyens sont-ils efficaces pour arriver ou atteindre de la
commission de l’infraction ?
Entretien réalisé en
Date : 13/06/2025
Enquête : OPJ
Lieu : bureau
Consigne : « Bonjour, merci de prendre ce temps pour cet entretien. L’objectif est de mieux
comprendre votre expérience et votre perception de l’efficacité des enquêtes criminelles
menées par le Gp.R.I à Lubumbashi. N’hésitez pas à répondre librement, toutes vos réponses
resteront confidentielles et anonymes. »
Enquêteur : Pouvez-vous me décrire les principales étapes que vous suivez lors d’une
enquête criminelle ?
Enquêté : Bien sûr. Dès qu’une plainte est déposée ou qu’une information nous parvient,
nous commençons par une analyse préliminaire. Cette étape consiste à vérifier la crédibilité
des informations et à cibler les suspects potentiels. Ensuite, nous procédons à la collecte des
preuves matérielles : cela peut être des objets, des traces, ou des témoignages. Nous
interrogeons les témoins et les suspects pour recouper les informations. Enfin, nous préparons
un dossier complet que nous transmettons à la justice pour la suite du processus.
Enquêteur : Quels sont, selon vous, les principaux obstacles qui freinent l’efficacité de ces
enquêtes ?
Enquêté: Plusieurs obstacles se dressent sur notre chemin. Le premier est le manque criant
de moyens matériels : nous manquons souvent de véhicules pour suivre les suspects, de
matériel de communication, et même d’équipements de protection. Ensuite, la corruption est
un fléau qui mine la confiance, tant au sein de la police qu’avec la population. Certains agents
peuvent être influencés, ce qui ralentit ou fausse les enquêtes. Enfin, la pression politique ou
administrative peut parfois orienter les enquêtes vers des résultats souhaités, au détriment de
la vérité.
Enquêteur : Avez-vous reçu une formation spécifique pour améliorer vos compétences en
enquête ?
Enquêté : Oui, mais elle est souvent insuffisante ou trop théorique. Les formations pratiques,
adaptées aux réalités congolaises, manquent cruellement. Sur le terrain, nous apprenons
beaucoup, parfois au prix d’erreurs. Une formation continue et plus ciblée serait un grand
atout.
Enquêteur : Quel rôle joue la collaboration avec la population dans vos enquêtes ?
Enquêté : C’est fondamental. Sans la confiance des habitants, il est difficile d’obtenir des
informations fiables. Mais cette confiance est fragile, surtout à cause des problèmes que j’ai
évoqués plus tôt. La population peut hésiter à témoigner par peur de représailles ou par
méfiance envers la police.
Enquêteur : Avez-vous des exemples où cette collaboration a permis de résoudre une affaire
?
Enquêté : Oui, par exemple dans une affaire de cambriolage, c’est un témoignage d’un voisin
qui nous a permis d’identifier rapidement les suspects et de récupérer les biens volés. Ce
genre de collaboration est précieux.
Enquêteur : Quelles sont les difficultés rencontrées lors de la collecte des preuves ?
Enquêté : Souvent, les scènes de crime ne sont pas protégées à temps, ce qui entraîne la perte
ou la contamination des preuves. Le manque de matériel pour analyser les preuves est aussi
un problème. Parfois, nous devons envoyer les échantillons à Kinshasa ou payer pour avoir
accès à un labo de la place, ce qui retarde les enquêtes.
Enquêteur : Comment percevez-vous la relation entre la police et la justice dans le cadre des
enquêtes ?
99
Enquêteur : Selon vous, quelles seraient les priorités pour améliorer l’efficacité des enquêtes
?
Enquêté : Il faudrait d’abord renforcer les moyens matériels et humains. Ensuite, améliorer
la formation, notamment sur les techniques d’enquête et l’éthique. Enfin, instaurer une
meilleure collaboration avec la justice et la population.
Enquêté : C’est délicat. Nous essayons de rester professionnels et de faire notre travail selon
la loi. Mais parfois, la pression est forte, et cela peut influencer les résultats.
Enquêté : Oui, instaurer des formations régulières sur l’éthique, mettre en place des
mécanismes de contrôle internes, et sanctionner les comportements corrompus.
Enquêté : Je suis optimiste si les autorités prennent conscience des besoins et investissent
dans la formation et les équipements. Le potentiel est là, mais il faut un véritable engagement.
Entretien réalisé en
Date : 13/06/2025
Enquêté : OPJ
Lieu : bureau
Heure :13h-15h
100
Consigne : « Bonjour, merci de nous accorder cet entretien. Nous souhaitons comprendre
votre expérience et votre point de vue sur le déroulement et l’efficacité des enquêtes menées
par le Gp.R.I à Lubumbashi.»
Enquêté : Bien sûr. Dès qu’on reçoit une information, on commence par une évaluation
rapide pour déterminer la crédibilité et la gravité du cas. Ensuite, on forme une équipe dédiée
qui va sur le terrain pour collecter des preuves, interroger les témoins et les suspects. On
travaille aussi avec les services techniques pour analyser les éléments recueillis. C’est un
processus qui demande rigueur et patience.
Enquêteur : Quels sont les principaux défis auxquels vous faites face lors de ces enquêtes ?
Enquêté : Le premier défi est souvent le manque de ressources matérielles, comme les
véhicules ou le matériel d’investigation. Ensuite, il y a la difficulté à obtenir la coopération
des témoins, qui craignent parfois des représailles. Enfin, la pression externe, qu’elle soit
politique ou sociale, peut compliquer la conduite des enquêtes.
Enquêté : Nous essayons de renforcer l’esprit d’équipe et de valoriser chaque succès, même
petit. La formation continue joue aussi un rôle important pour maintenir la motivation et
améliorer les compétences. Mais il est vrai que l’absence de moyens tangibles peut être
démotivante.
Enquêteur : Avez-vous déjà été confronté à des cas où la corruption a directement affecté
une enquête ?
Enquêté : Malheureusement, oui. Parfois, certains agents ou témoins sont influencés par des
intérêts personnels, ce qui peut ralentir ou fausser le travail. Nous faisons de notre mieux
pour signaler ces cas et les combattre, mais c’est un combat permanent.
Enquêté : Nous organisons des rencontres communautaires pour expliquer notre travail et
écouter les préoccupations des habitants. Nous encourageons aussi les citoyens à collaborer
en garantissant leur anonymat et leur sécurité. La transparence dans nos actions est essentielle
pour bâtir cette confiance.
Enquêteur : Comment est organisée la collaboration avec les autres services, comme la
justice ou les autres unités de la PNC ?
Enquêté : La collaboration est formalisée par des protocoles, mais dans la pratique, elle
dépend beaucoup des relations humaines. Parfois, il y a des retards ou des incompréhensions,
ce qui nuit à l’efficacité. Nous travaillons à améliorer cette coordination.
Enquêteur : Quelles sont les formations les plus utiles que vous avez reçues ?
Enquêté : Les formations sur les techniques d’enquête, la gestion des scènes de crime et
l’éthique professionnelle sont particulièrement utiles. Cependant, ces formations sont trop
rares et souvent trop théoriques pour être pleinement efficaces.
Enquêté : C’est difficile. Le stress vient souvent des délais, des attentes élevées et parfois des
menaces. Le soutien entre collègues est important, tout comme la possibilité d’avoir des
moments de décompression. Malheureusement, ces aspects sont peu pris en compte.
Enquêté : Oui, récemment, nous avons élucidé une affaire de vol à main armée grâce à une
collaboration étroite avec la population et une bonne coordination interne. Cela a renforcé la
confiance des habitants et motivé l’équipe.
Enquêté : Il faut investir dans la formation continue, renforcer les moyens matériels,
instaurer une vraie culture d’éthique et de transparence, et surtout améliorer la collaboration
avec la population et les autres institutions.
Entretien réalisé en
Date : 15/06/2025
Lieu : bureau
Heure :15h-16h
Consigne : « Bonjour, merci d’avoir accepté cet entretien. Nous souhaitons recueillir votre
analyse professionnelle sur la qualité, les défis et les limites des enquêtes criminelles menées
par la Police Nationale Congolaise, notamment par le Gp.R.I à Lubumbashi. Vos réponses
resteront strictement confidentielles. »
Enquêté : Globalement, je dirais que les enquêtes policières présentent des avancées, mais
restent insuffisantes face aux exigences du système judiciaire. Il y a souvent un décalage
entre ce que la police produit comme dossier et ce que la justice attend. Ce décalage est lié à
plusieurs facteurs : la formation insuffisante des enquêteurs, le manque de moyens
techniques, mais aussi des pratiques parfois peu rigoureuses dans la collecte et la
conservation des preuves.
Enquêté : Oui. Dans plusieurs affaires, les dossiers policiers sont rejetés ou affaiblis parce
que les preuves ne sont pas recueillies selon les règles de l’art. Par exemple, des scènes de
103
crime mal protégées, des témoignages non enregistrés correctement, ou des procédures non
respectées. Cela conduit à des acquittements, des non-lieux, ou des reports d’audience, ce qui
nuit à la crédibilité de la police et au sentiment de justice chez les victimes.
Enquêteur : Selon vous, quelles sont les causes profondes de ces lacunes ?
Enquêté : Parfois, certaines enquêtes sont accélérées ou au contraire freinées en fonction des
intérêts politiques. Des dossiers sensibles peuvent être étouffés, ou des suspects protégés.
Cela crée un climat d’impunité et fragilise la confiance dans les institutions.
Enquêteur : Quel rôle joue la collaboration entre la police et la justice dans ce contexte ?
Enquêté : La collaboration est essentielle, mais elle est perfectible. Il faudrait instaurer des
protocoles clairs et réguliers d’échanges d’informations, des formations croisées entre
policiers et magistrats, et surtout une communication fluide. Trop souvent, la police se plaint
d’attentes irréalistes de la justice, et la justice critique la qualité des dossiers.
Enquêteur : Avez-vous observé des initiatives ou des pratiques exemplaires qui mériteraient
d’être généralisées ?
Enquêté : Oui, certaines unités spécialisées, comme le Gp.R.I, ont développé des méthodes
plus rigoureuses, notamment dans le travail de terrain et la gestion des preuves. Des
collaborations ponctuelles avec des organisations internationales ont aussi permis d’améliorer
les compétences. Mais ces bonnes pratiques restent trop localisées et doivent être
institutionnalisées.
Enquêté : Plusieurs mesures sont nécessaires : renforcer la formation initiale et continue des
enquêteurs, notamment en techniques d’investigation et en droits humains ; améliorer
l’équipement technique et logistique ; instaurer des mécanismes de contrôle interne pour
lutter contre la corruption ; et enfin, promouvoir une meilleure coordination entre police,
justice et société civile.
Enquêteur : Comment percevez-vous l’impact des enquêtes sur la confiance des citoyens
dans la police ?
Enquêté : La confiance est fragile. Lorsque les enquêtes aboutissent à des résultats justes et
transparents, cela renforce la confiance. Mais les retards, les erreurs, ou les suspicions de
corruption la sapent rapidement. La police doit donc travailler à restaurer cette confiance par
des résultats tangibles et une communication honnête.
Enquêteur : Quel est le rôle des droits des victimes dans le processus d’enquête selon vous ?
Enquêté : Les droits des victimes doivent être au cœur des enquêtes. Elles doivent être
informées, protégées, et accompagnées. Cela passe par la formation des enquêteurs à l’écoute
et au respect, mais aussi par des dispositifs institutionnels pour garantir leur sécurité et leur
accès à la justice.
Enquêteur : Avez-vous des exemples où le non-respect des droits des victimes a nui à une
enquête ?
Enquêté : Oui, malheureusement. Dans certains cas, des victimes ont été intimidées ou
maltraitées, ce qui les a dissuadées de témoigner. Cela affaiblit la procédure et compromet la
recherche de la vérité.
Enquêteur : Quel regard portez-vous sur l’éthique professionnelle au sein des forces de
police ?
Enquêté : L’éthique est un enjeu majeur. Il faut renforcer la formation à l’éthique, instaurer
des sanctions claires contre les abus, et promouvoir une culture de transparence et de
responsabilité. Sans cela, les enquêtes risquent d’être entachées de pratiques douteuses.
Enquêté : La société civile joue un rôle de veille et de pression. Elle peut accompagner les
victimes, dénoncer les dysfonctionnements, et participer à la formation et à la sensibilisation.
105
Une collaboration structurée entre police et société civile est un levier puissant pour renforcer
la qualité des enquêtes.
Enquêteur : Pour conclure, quels sont selon vous les principaux défis à relever pour que les
enquêtes criminelles à Lubumbashi gagnent en efficacité ?
Enquêté : Il faut relever le défi de la formation, celui des moyens matériels, celui de
l’éthique et de la lutte contre la corruption, et celui de la coordination entre acteurs. C’est un
travail de longue haleine qui nécessite un engagement politique fort et une mobilisation
collective.
Entretien réalisé en
Date : 07/06/2025
Lieu : bureau
Heure :10h-12h
Consigne :
« Bonjour, merci d’avoir accepté de partager votre expérience avec moi. Il n’y a pas de
bonnes ou mauvaises réponses, je suis ici pour vous écouter. Vous pouvez parler librement de
ce que vous avez vécu, de ce que vous ressentez, de ce que vous pensez. Prenez tout le temps
dont vous avez besoin, et si vous voulez revenir sur un point ou ajouter quelque chose,
n’hésitez pas. »
Enquêteur (E) : Pour commencer, pouvez-vous me raconter, dans vos propres mots, ce qui
s’est passé le jour où vous avez été victime de ce vol ?
Victime (V) : Eh bien, c’était un jour comme les autres, je pensais être en sécurité chez moi.
Mais soudain, j’ai entendu du bruit, des bruits qui ne devraient pas être là. Quand j’ai ouvert
106
la porte, j’ai vu que tout avait été chamboulé. C’était comme si ma maison avait été violée.
J’ai eu un sentiment d’effroi, mais aussi de colère. Je ne comprenais pas comment quelqu’un
pouvait faire ça.
V : C’est difficile à exprimer. C’est comme si on vous volait plus que des objets, on vous
vole votre paix, votre confiance. J’ai ressenti une profonde injustice, un vide. Et puis, il y
avait cette colère sourde, contre ces inconnus, mais aussi contre moi-même, parce que je me
suis sentie impuissante.
E : Comment avez-vous vécu les heures et les jours qui ont suivi ?
V : Les jours suivants ont été très durs. Je n’arrivais pas à dormir, je faisais des cauchemars.
Je regardais sans cesse autour de moi, j’avais peur que ça recommence. Ma maison, qui était
un refuge, était devenue un lieu d’angoisse.
V : Oui, j’en ai parlé à ma famille, mes amis. Ils ont essayé de me soutenir, mais je sentais
que je devais aussi affronter ça seule. Je n’ai pas cherché d’aide professionnelle, je ne savais
pas vers qui me tourner.
E : Quand vous avez décidé de porter plainte, comment cela s’est-il passé ?
V : J’étais hésitante, mais je voulais que justice soit faite. À la police, on m’a écoutée, mais
j’ai vite compris que ce ne serait pas facile. Les policiers semblaient débordés, parfois
indifférents. J’avais l’impression d’être un dossier parmi tant d’autres.
V : Pas vraiment. Ils posaient des questions, mais je ne sentais pas qu’ils comprenaient
vraiment ce que je vivais. J’aurais voulu qu’ils prennent plus le temps, qu’ils soient plus
humains.
E : Comment décririez-vous la relation que vous avez eue avec la police pendant cette
période ?
V : Elle était distante, parfois froide. Je me sentais un peu seule face à eux. Je comprends
qu’ils ont beaucoup de travail, mais un peu plus d’empathie aurait fait une grande différence.
107
V : Très peu. J’ai dû moi-même les relancer plusieurs fois. Chaque fois, on me disait que ça
avançait, mais sans détails. Cela m’a beaucoup frustrée.
E : Que souhaiteriez-vous dire aux policiers qui enquêtent sur ce genre d’affaires ?
V : J’ai peur de rester seule, je suis plus méfiante envers les inconnus. J’ai changé mes
habitudes, je suis moins sereine.
E : Avez-vous trouvé des ressources ou des soutiens qui vous ont aidée à surmonter cela ?
V : Pas vraiment. J’ai dû m’appuyer sur mes proches, mais ce n’est pas la même chose qu’un
soutien professionnel.
E : Si vous pouviez changer une chose dans cette expérience, ce serait quoi ?
V : Que la police soit plus présente, plus humaine, plus efficace. Que les victimes ne se
sentent pas abandonnées.
V : Une police proche des gens, qui écoute, qui agit vite, qui protège sans discrimination.
E : Avez-vous des conseils à donner à d’autres victimes qui traverseraient ce genre d’épreuve
?
Entretien réalisé en
Date : 07/06/2025
Lieu : bureau
Heure :11h-13h
Consigne :
« Bonjour, merci de prendre ce temps pour cet entretien. Nous souhaitons comprendre
comment vous organisez et pilotez les enquêtes au sein du Gp.R.I, les défis que vous
rencontrez, et votre vision pour améliorer l’efficacité des enquêtes criminelles à Lubumbashi.
N’hésitez pas à vous exprimer librement et à détailler vos réponses. »
E : Pouvez-vous décrire votre rôle exact en tant que chef de bureau d’investigation ?
I5 : Mon rôle consiste à coordonner toutes les enquêtes en cours, à répartir les dossiers entre
les enquêteurs selon leurs compétences et la gravité des affaires, et à assurer un suivi
rigoureux des procédures. Je suis aussi responsable de la formation et de la motivation de
l’équipe.
109
insuffisants et souvent en mauvais état. Le matériel informatique et les outils d’analyse sont
très limités.
E : Avez-vous déjà été confronté à des cas de corruption au sein de votre équipe ?
I5 : Malheureusement, oui. Nous avons mis en place des procédures de contrôle et des
sanctions, mais c’est un combat permanent.
E : Comment gérez-vous les enquêtes sensibles, comme les violences basées sur le genre ?
I5 : Avec beaucoup de précautions, en respectant la confidentialité et en formant
spécifiquement les enquêteurs.
OBSERVATION
114
Van Campenhoudt & Quivy (2011 : 150-151) soulignent que dans l’observation
directe, le chercheur procède directement lui-même au recueil des informations sans
s’adresser aux sujets concernés. Elle fait directement appel à son sens de l’observation, la
particularité et l’avantage de l’observation directe sont que les informations recueillies par le
chercheur sont « brutes » dans le sens où elles n’ont pas été spécialement aménagées voire
arrangées pour lui.
Nous nous étions également inspirés de l’idée de Laplatienne (2006 : 22). Pour
cet auteur « si regarder consiste en la réintégration de ce qui est devant, la visibilité, comme
première forme de la connaissance, est une visibilité qui nous touche en même temps que
nous touchons ce que nous percevons. C‘est une visibilité non seulement optique mais tactile,
olfactive, auditive et gustative qui nous conduit à comprendre la nature de liens qui relient un
devant que nous incorporons et un dedans à partir duquel s’effectue l’activité sensitive mais
aussi intellectuelle ».
Une fois la préparation achevée, nous nous sommes permis de faire la descente
sur notre champ de recherche, pour aborder ce thème au cœur de l’actualité, il nous a fallu
115
chercher un cadre bien spécifique pour nous permettre un contact bénéfique avec les acteurs
concernés par ces interactions. Notre choix s’est porté sur le GpRI.
Contexte de l'observation
Nous sommes le lundi 15 juin 2025, à Lubumbashi, la deuxième plus grande ville
de la République démocratique du Congo, connue pour son dynamisme minier mais aussi
pour certains défis sécuritaires. Le quartier de Kampemba, résidentiel et populaire, est réputé
pour ses ruelles étroites et ses maisons mitoyennes.
À 8h30, nous arrivons sur le lieu d’un cambriolage avec agression corporelle,
signalé la veille au soir. La victime, Mme Kavira, une commerçante locale réputée pour son
franc-parler, a été hospitalisée suite à une blessure au crâne. Le Gp.R.I. a été mandaté pour
mener l’enquête, en raison de la gravité présumée des faits. Nous avons obtenu un accès
exceptionnel pour observer leur intervention et documenter leurs pratiques.
L’équipe Gp.R.I arrive en deux véhicules banalisés, un pick-up Toyota noir suivi
d’un SUV blanc. Ils descendent rapidement, en tenue civile mais reconnaissable par des
badges discrets au niveau de la poitrine. Le chef d’équipe, l’inspecteur principal Mwamba, un
homme dans la quarantaine, salue calmement les policiers de la station Kampemba déjà
présents.
116
Nous prenons place discrètement dans la cour arrière, observant les allées et
venues.
Mwamba pointe du doigt une petite goutte sombre sur le seuil. « Possible trace de
sang. Kalubi, préviens le labo, on prendra un échantillon. »
Le lieutenant applique une fine poudre blanche avec un pinceau fin sur la goutte,
puis éclaire avec sa lampe UV. La tâche devient fluorescente, confirmation qu’il s’agit bien
de sang. Une première preuve importante.
117
L’équipe pénètre dans la maison. L’odeur de poussière mêlée à une senteur âcre
de peinture fraîche imprègne les lieux. La pièce principale présente des signes visibles du
cambriolage : des meubles renversés, une étagère cassée, des papiers éparpillés au sol.
Le sol est jonché de verre brisé. Mpaku, avec son trépied, commence un long
travail de prises de vue détaillées, angles larges puis macro, pour couvrir l’ensemble de la
pièce. Kalubi examine méthodiquement les meubles.
« Regardez ici », dit-il en montrant une zone sous la table. « Des traces de pas
imbibées de boue, indiquant que les malfaiteurs se sont déplacés plusieurs fois. »
Mwamba prend des notes dans son carnet, dictant à voix basse : « Séquence
probable : intrusion par la porte principale, fouille des lieux, confrontation probable avec
Mme Kavira, qui a opposé une résistance. »
Tshibangu prélève une trace suspecte sur la poignée cassée d’un tiroir. Il porte
des gants blanchâtres et quitte la pièce pour préparer le matériel de scellage.
Dans la cour, nous assistons à une brève entrevue entre Mwamba et plusieurs
riverains. Une voisine âgée témoigne d’avoir entendu des bruits de lutte vers 1h du matin. Un
jeune homme évoque avoir vu une silhouette masquée fuir rapidement.
Mpaku ajoute : « Le travail de photo est complet. Tout est catalogué sur clé USB.
»
Contexte et Déploiement
Le 17 juin 2025, vers 16h45, une attaque à mains armées éclate au marché de
Kisanga, quartier populaire et très fréquenté de Lubumbashi. Trois individus non identifiés,
armés de pistolets automatiques et de machettes, surgissent alors que l’activité commerciale
bat son plein. La panique s’empare rapidement du marché. Au milieu des cris d’effroi,
certains témoins cherchent à fuir, d’autres se réfugient derrière les étals de fortune ou sous les
bancs métalliques.
119
La Police Nationale Congolaise (PNC) est alertée presque aussitôt par les appels
répétés des commerçants et de la population. Le Groupe de Recherche et d’Intervention
(Gp.R.I), unité d’élite de la PNC, est dépêché sur les lieux une quinzaine de minutes plus
tard.
Nous accompagnons le Gp.R.I sur le terrain. Leur véhicule 4x4 banalisé freine
brusquement près du marché, gyrophares discrets enclenchés.
À la descente, l’équipe dirigée par le capitaine Katanga se coordonne très rapidement :
Deux agents prennent position côté nord, bloquant une issue potentielle.
Nous constatons :
Une vendeuse, blessée par balle à la cuisse, allongée derrière son stand de riz.
Deux commerçants sous le choc, l’un saignant légèrement au visage divisé par une
entaille superficielle.
Recueil de détails sur la fuite des auteurs (direction prise, véhicule éventuel, signaux
distinctifs).
Le bruit d’une moto démarrant dans la ruelle située à l’est du marché, quelques
minutes avant l’arrivée du Gp.R.I, est mentionné par plusieurs témoins.
Conclusion de l’observation
Introduction
Dans le cadre de notre réflexion académique sur l’efficacité des enquêtes criminelles en
République démocratique du Congo, nous appliquons ici une observation empirique à un
délit en pleine expansion : l’escroquerie numérique. Ce phénomène, qui touche de plus en
plus de citadins à Lubumbashi, mobilise tant la Police Nationale Congolaise (PNC) que le
Groupe de Recherche et d’Intervention (Gp.R.I). Nous documentons le déroulement d’une
enquête suite à un signalement d’escroquerie via un faux site de microcrédit, mobilisant nos
principaux repères méthodologiques issus de l’approche réaliste, du modèle CIPP
d’évaluation et des cadres d’analyse en criminologie.
Contexte de l’affaire
Jour 1, 8h30 : L’équipe du Gp.R.I, conduite par le capitaine Ngoy, se réunit dans la
salle informatique de la station centrale de Lubumbashi. Un premier rappel
méthodologique est énoncé : recouper les témoignages, croiser les preuves
numériques, préserver l’intégrité des données.
Les premières victimes sont reçues individuellement. La tension dans la salle d’attente
est palpable. Beaucoup expriment de la honte et de la colère.
Kalenga mène les auditions avec tact : « Expliquez-nous où vous avez connu cette
offre ? Sur WhatsApp ? Facebook ? Qui vous a contacté en premier ? »
Les témoignages convergent : la plupart ont cliqué sur un lien partagé dans un groupe
WhatsApp local, qui renvoyait à un site d’apparence professionnelle.
Tshuma collecte des captures d’écran sur les téléphones, saisit trois ordinateurs
portables ayant servi à la transaction.
Analyse technique
L’équipe cybersécurité relève que le site est hébergé à l’étranger, sous un nom de
domaine récemment créé. Des requêtes sont lancées via Interpol et la banque centrale
pour geler le compte récepteur.
Tshuma, méthodique, compile un tableau des numéros WhatsApp utilisés, des heures
de contact, et des adresses IP issues des emails reçus par les victimes.
Kalenga propose une réunion collective aux victimes où sont expliqués : la procédure
à suivre, les délais d’enquête, la possibilité de soutien psychologique.
124
Un client régulier, reconnu par le personnel, aurait effectué plusieurs transactions sur
le compte frauduleux. Un portrait-robot est établi à partir des images.
Product (P): Blocage du site frauduleux, identification d’un suspect local, soutien
renforcé aux victimes.
Conclusion et réflexions
Cette immersion sur le terrain révèle que l’enquête sur l’escroquerie numérique
requiert, plus que jamais, l’alliance entre compétences techniques, rigueur dans la collecte
des preuves et empathie envers les victimes. Le Gp.R.I démontre ici sa capacité à s’adapter à
l’évolution de la criminalité en RDC.
Introduction
En juin 2025, la ville de Lubumbashi fait face à une vague de dégradations volontaires de
biens publics, touchant principalement les infrastructures routières et les équipements urbains
récemment rénovés. Notre équipe s’est jointe au Groupe de Recherche et d’Intervention
(Gp.R.I) pour observer et décrire une enquête typique relative à la destruction ciblée d’un
arrêt de bus flambant neuf du quartier Katuba.
Déroulement de l’Observation
Le Gp.R.I arrive avec trois agents : la cheffe d’équipe Inspectrice Nakab, l’agent technique
Kabila chargé du relevé d’empreintes, et la sergente photo-documentaliste Lumbwe. Un
cordon de sécurité est mis en place pour éloigner les curieux et préserver les indices
matériels.
Faits observés :
Les dégâts supérieurs semblent avoir été provoqués à l’aide d’un outil métallique
lourd.
Des traces rouges suspectes sur un banc indiquent l’utilisation d’un cutter ou d’une
lame pour dégrader le revêtement plastique.
Une vendeuse ambulante a aperçu un groupe de jeunes encagoulés vers 05h10, munis
d’un pied-de-biche et de tubes métalliques.
Un chauffeur de taxi affirme avoir noté la présence d’une moto sans plaque venant du
rond-point Kalubwe.
Un habitant évoque des cris et des bruits de fracas vers 05h20, mais n’ose pas se
rendre sur les lieux de peur des représailles.
Nakab consigne chaque déposition. Les témoins paraissent inquiets, dénonçant une répétition
d’actes similaires depuis le début du mois.
Un téléphone usagé, manifestement oublié dans la panique, est trouvé sous un banc
détruit. Il est emballé en scellé pour extraction de données.
Les bouteilles de bière et les papiers gras sont également répertoriés pour analyses
éventuelles.
Présomption forte d’un acte organisé, avec usage de deux-roues pour la fuite.
Une fiche synthétique est transmise au parquet, accompagnée d’une demande d’exploitation
des images de vidéosurveillance des commerces voisins.
Conclusion
Ce cas de dégradation volontaire, traité avec rigueur et efficacité par la PNC et le Gp.R.I, sert
d’exemple-type pour penser les réponses concrètes aux défis de sécurité urbaine à
Lubumbashi.
128
Introduction
En juillet 2025, Lubumbashi continue de faire face à des actes répétés de vol de
câbles électriques. Ce phénomène perturbe la distribution d’énergie, impacte la sécurité
publique et suscite une attention urgente des autorités locales. Nous avons observé, en
collaboration avec le Groupe de Recherche et d’Intervention (Gp.R.I), l’investigation sur un
vol de câbles survenu dans la nuit du 15 au 16 juillet dans le quartier industriel de Ruashi.
L’équipe conduite par l’inspectrice Kabwe arrive à 7h30. Elle se compose aussi du lieutenant
Mpoyo (spécialiste technique) et de l’adjudante Kamanda (photographe).
Dès l’arrivée :
Mpoyo commence par examiner l’ancrage du poteau : la coupure des câbles révèle une
maîtrise technique, l’isolant étant fondu minutieusement. Près du site, Kamanda
photographie :
129
Des traces de pas dans la boue : différentes pointures, apparemment deux ou trois
individus.
Un bidon à moitié rempli d’eau, suggérant une présence prolongée sur place.
Un chauffeur dit avoir aperçu, à 3h du matin, une moto sans phare stationnée à 200m
du poste.
À l’issue de la matinée :
Demande d’exploitation des caméras des usines voisines et intervention auprès des
ferrailleurs locaux.
Un rapport détaillé est adressé au commissaire de police, accompagné d’une note pour
renforcer la surveillance nocturne dans la zone industrielle.
Conclusion
Cette enquête sur le vol de câbles électriques met en relief plusieurs points :
Les répercussions immédiates de ces actes sur l’économie locale et la qualité de vie
des habitants.
Introduction
En juin 2025, la ville de Lubumbashi a été le théâtre d’un incident marquant relevant du délit
d’incendie criminel. Ce phénomène, récurrent durant la saison sèche, menace aussi bien la
sécurité des populations que la pérennité des infrastructures urbaines. Nous avons suivi, aux
côtés du Groupe de Recherche et d’Intervention (Gp.R.I), une enquête sur l’incendie
volontaire d’un dépôt de commerce dans le quartier Kenya.
Déroulement de l’Enquête
Contexte : Un veilleur de nuit alerte les services de secours après avoir constaté la
propagation rapide de flammes à l’intérieur de la cour.
Le Gp.R.I se rend sur place alors que les pompiers s’affairent à maîtriser l’incendie. Les
alentours sont noirs de monde : riverains inquiets, commerçants, agents de la PNC venus
sécuriser la zone.
L’adjoint, agent Mukendi, identifie trois bidons déformés par la chaleur non loin du
foyer principal.
La sergente Kyungu photographie la scène : ouverture forcée, traces de suie sur les
murs, marques de pas sur terre battue, débris de cartons calcinés.
Indices recueillis :
Traces de chaussures différentes, orientation vers une brèche dans le mur de clôture.
Le veilleur de nuit affirme avoir entendu des éclats de voix près du portail, puis
constaté une forte odeur d’essence avant l’apparition des flammes.
Une voisine évoque deux individus aperçus en fuite, sacs à dos noirs, peu avant
l’incendie.
Le propriétaire du dépôt partage ses doutes sur des différends récents avec un
concurrent local.
Les échantillons de tissu et résidus liquides sont placés sous scellé, envoyés pour
analyse au laboratoire.
132
Relevé des caméras de sécurité installées par un commerce voisin : on distingue deux
silhouettes progressant furtivement, lampe torche à la main.
Conclusion
L’observation de cette enquête d’incendie criminel en juin 2025 à Lubumbashi met en avant :
Introduction
Contexte de l’Affaire
Déroulement de l’Enquête
Signalement et Déploiement
Le Gp.R.I est dépêché sur place avec la cheffe d’équipe Inspectrice Kalenga,
accompagnée d’un technicien en identification monétaire, l’agent Mukamba, et d’une agente
de collecte de témoignages, la sergente Tshiswaka.
Dans une petite cahute latérale, trois commerçants convoqués par la PNC partagent
ouvertement leur expérience, rapportant une circulation accrue de ces billets au cours
des deux dernières semaines.
o Une vendeuse relate avoir reçu trois faux billets consécutifs d’un même jeune
client, au comportement nerveux.
Le suspect tente de réaliser un achat en série avec des billets de 10 000 FC auprès de
trois vendeurs différents.
Intervention rapide : le Gp.R.I interpelle le jeune homme, trouve sept faux billets sur
lui et découvre dans sa sacoche un petit lot supplémentaire.
Tous les billets saisis sont transmis au laboratoire de la Banque centrale pour
expertise avancée.
Le suspect, entendu par le Gp.R.I, finit par avouer qu’il reçoit les billets via un
intermédiaire logé dans le quartier Kasapa.
Conclusion
La nécessité d’une gestion transparente des suspicions pour éviter tensions et erreurs
de jugement.
L’importance, dans toutes les relations – même dans l’urgence policière – d’instaurer
une confiance fondée sur le respect et l’échange constructif, conformément à nos
valeurs partagées d’honnêteté et de communication.
136
Introduction
Contexte et Signalement
Signalement : Des riverains constatent une coloration inhabituelle et une odeur âcre
dans l’eau, accompagnée de mortalité piscicole.
Un cordon sanitaire est établi sur 100m de rive pour sécuriser la zone.
L’inspectrice Ngwela observe plusieurs poissons morts, récifs végétaux noircis, et une
nappe huileuse flottant sur l’eau.
Mwepu réalise une série de clichés (panoramiques et macros) de la faune affectée, des
échantillons d’eau et des stigmates visibles sur la berge.
Une habitante du quartier mentionne avoir observé des ouvriers manipuler des tuyaux
flexibles reliés directement à la rivière.
Le chef d’équipe interpelle un contremaître d’usine voisine qui nie toute implication,
mais avoue que deux sous-traitants opèrent la nuit sans supervision systématique.
Observations
Heure Action Agent
Clés
Poissons morts,
Prises de
07h50 Mwepu dépôts d’hydrocarbures,
vues macros
déchets textile
Témoignages
Entretiens
08h00 Ngwela concordants sur camion
avec témoins
suspect
Tuyaux
Inspection
08h30 Équipe masqués derrière hangar
des exutoires
industriel
Les sacs de déchets industriels identifiés sont liés à au moins deux entreprises du
secteur.
Conclusion
Le rôle crucial du dialogue avec les riverains pour orienter rapidement les
investigations.
Introduction
Le Gp.R.I est saisi sur instruction de la mairie et des autorités sanitaires, qui
soulignent l’urgence de protéger la population contre la circulation de produits dangereux.
Déroulement de l’Observation
Observation matinale, 7h30 : Trois points de vente sont identifiés à l’issue d’une
ronde discrète des agents en civil.
Foulés de curieux, les marchés sont animés. Plusieurs vendeurs ambulants proposent
des antibiotiques, des anti-inflammatoires et des sirops d’origine douteuse.
Repérage Observation
7h30 Mutombo
des vendeurs discrète, prise de photos
Opération Saisies
8h45 Gp.R.I
d’arrestation simultanées sur trois suspects
Collecte
Conditionnement
9h00 des médicaments Lumbala
en scellés, tri par catégorie
saisis
Les agents concluent à l’existence d’un flux bien organisé de faux médicaments
alimenté par des contacts excentrés.
Conclusion
Les risques majeurs encourus par les populations exposées à des produits nocifs.
Introduction
Contexte de l’Affaire
Déroulement de l’Enquête
142
Signalement et Déploiement
Situation : Remise officielle des offres sous la supervision d’un comité d’attribution.
Ambiance tendue, de nombreux acteurs économiques et représentants de la société
civile présents.
Lunda pointe que certains dossiers sont placés à part “pour complément”, souvent
ceux d’entrepreneurs peu connus.
Des discussions privées sont relevées dans les couloirs, entre cadres et représentants
d’entreprises, parfois à voix basse.
Mufuta mène des entretiens discrets avec trois entrepreneurs écartés, tous
mentionnant avoir été contactés “en privé” pour convenir “d’avantages” en cas de
succès.
Lunda examine les bordereaux de remise des offres. Détail : coïncidence forte entre
les dossiers “retenus” à l’étape administrative et les entreprises ayant anciennement
travaillé avec les mêmes cadres.
143
Le Gp.R.I collecte l’ensemble des preuves : copies des bordereaux, relevés d’appels,
enregistrement audio, témoignages écrits signés volontairement par deux des
entrepreneurs.
Conclusion
Le rôle clé de l’observation directe des processus administratifs pour détecter les
irrégularités.
Introduction
Contexte de l’affaire
Déroulement de l’enquête
Situation : Des clients inquiets signalent la vente de comprimés et sirops aux effets
inattendus. La pharmacie est rapidement bouclée par le Gp.R.I, dirigé par le capitaine
Shabani et accompagné du pharmacien-inspecteur Mutombo.
La sergente Kasongo photographie chaque lot, étiquette les saisies, relève les factures
et registres de vente.
Le gérant du point de vente, qui affirme avoir reçu ces lots d’un fournisseur habituel,
rencontré à la gare du centre-ville.
Deux clients, dont une jeune mère et un retraité, détaillent l’achat de sirops
inopérants, puis des réactions inhabituelles : somnolence chez l’un, éruption cutanée
chez l’autre.
145
Traçabilité et recoupements
L’équipe compile une liste exhaustive des ventes sur les sept derniers jours pour
identifier d’autres victimes potentielles.
Détail
Heure Action Agent
relevé
Achat
Témoignage
15h15 Shabani hebdomadaire gare-
détaillé du gérant
centre
Transfert Analyses
15h30 Mutombo
d’échantillons toxicologiques express
Rédaction PV Boutique
15h45 Gp.R.I
et fermeture locale scellée, registre saisi
Une perquisition rapide permet la saisie de nouveaux lots contrefaits, d’un carnet de
contacts et de fausses factures.
146
Conclusion
Introduction
Dans le courant du mois de juillet 2025, des habitants des quartiers riverains de la
Kafubu à Lubumbashi ont alerté les autorités locales suite à une coloration et une odeur
inhabituelles de l’eau, signalant une pollution soudaine. Ce délit environnemental suscite de
vives inquiétudes, tant pour la santé publique que pour l’écosystème local. Nous avons rejoint
le Groupe de Recherche et d’Intervention (Gp.R.I) afin d’assister à l’enquête sur cette affaire
de déversements illégaux, documentant l’approche méthodique et participative de l’équipe.
Situation : Plusieurs poissons morts sont retrouvés flottant à la surface ; des enfants
souffrent de démangeaisons après s’être baigné. Un dépôt mousseux blanchâtre
s’accumule sur les berges.
Le Gp.R.I, conduit par l’officier Ekanga, est sollicité pour mener les premières
constatations et identifier la source de la contamination, armé de kits de prélèvement et de
relevé photographique.
Des prélèvements d’eau sont réalisés à trois endroits distincts (amont, zone du dépôt,
aval).
L’agente Ngoy photographie les poissons morts, la couleur anormale de l’eau et les
traces de résidus solides sur la berge.
Un bidon en plastique, marqué d’un logo industriel, est trouvé à moitié immergé en
contrebas d’une pente.
Une femme du quartier rapporte que « l’eau est d’habitude limpide à cette saison,
mais qu’elle a viré au grisâtre en quelques heures ».
Un enfant, interrogé avec l’accord des parents, décrit le bruit d’un moteur puis une
forte odeur de brûlé après le passage du camion.
clôture d’une fabrique de savon voisine à la berge. Les prélèvements sont catalogués puis
envoyés à l’analyse chimique.
Conclusion
Les défis persistants liés à la surveillance des industries locales et à la protection des
ressources naturelles, nécessitant une action coordonnée entre police, autorités
sanitaires et environnementales.
CONCLUSION
Toutefois, ce travail d’enquête est sans cesse confronté à des obstacles majeurs :
manque criant de moyens techniques, obsolescence des équipements, et pression politique ou
sociale pesant sur le déroulement ou la finalisation des dossiers. À cela s’ajoute la réalité
omniprésente de la corruption, qui sape aussi bien la dynamique interne des équipes qu’elle
affecte la relation avec la justice et la confiance des citoyens.
L’avenir de l’efficacité policière dépendra donc d’un engagement collectif et d’une volonté
de dialogue et d’intégrité à tous les niveaux de l’institution.