« Conservation et gestion durable des ressources naturelles est une utopie à Madagascar ».
Par Dr. Dorient RAVELOJAONA. E-mail : velojaoana@[Link]
tel : 032 11 982 33 et 032 45 390 20
Par
Dr. RAVELOJAONA Dorient
Enseignant-Chercheur à l’Université de Toamasina
E-mail : velojaoana@[Link]
Tel : 032 11 982 33 – 032 45 390 20
Co-auteurs :
Dr. RATOVOHAJA Hanitra
Enseignant-Chercheur à l’IUGM Mahajanga
E-mail : hanitra_ratovohaja@[Link]
Tel : 032 83 917 41
M. RAVELOJAONA Félicien
Doctorant à l’ EDEN Université de Mahajanga,
E-mail : felicienravelojaona@[Link]
Tel : 032 93 199 63
« Conservation et gestion durable des ressources naturelles est une utopie à Madagascar ».
Par Dr. Dorient RAVELOJAONA. E-mail : velojaoana@[Link]
tel : 032 11 982 33 et 032 45 390 20
SOMMAIRE
RESUME ................................................................................................................................................. 3
ABSTRACT ............................................................................................................................................ 3
I - INTRODUCTION .......................................................................................................................... 4
II – MATERIELS ET METHODES .................................................................................................. 6
II-1 Matériels ................................................................................................................................... 6
A - la réserve spéciale Anjanaharibe-Sud................................................................................... 6
B – les ressources naturelles ....................................................................................................... 9
II-2 Méthodes ................................................................................................................................ 12
A-recherche bibliographie ......................................................................................................... 12
B-Descente sur terrain ............................................................................................................... 12
III - RESULTATS ............................................................................................................................. 13
III – 1 la surexploitation ............................................................................................................... 13
III – 2 le braconnage ...................................................................................................................... 14
III - 3 la surpopulation ................................................................................................................... 14
IV – DISCUSSION ET RECOMMANDATIONS ........................................................................... 16
IV-1 DISCUSSION ....................................................................................................................... 16
A – dégradation des ressources naturelles, sur population et alphabétisation ........................... 16
B – Dégradation des ressources naturelles, intervention de l’Etat et pauvreté ......................... 17
VI -2 RECOMMANDATIONS ....................................................................................................... 18
A - Développement de sens civique .......................................................................................... 18
B - Privatisation de l’environnement ......................................................................................... 18
C - L'inséparabilité de la conservation et du bien-être des communautés locales .............. 19
V - CONCLUSION............................................................................................................................. 20
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES .............................................................................................. 24
LISTE DES ILLUSTRATIONS............................................................................................................ 25
LISTE DES ABREVIATIONS, SYGLES ET ACRONYMES ............................................................ 26
TABLE DES MATIERES..................................................................................................................... 27
« Conservation et gestion durable des ressources naturelles est une utopie à Madagascar ».
Par Dr. Dorient RAVELOJAONA. E-mail : velojaoana@[Link]
tel : 032 11 982 33 et 032 45 390 20
naturelles, l’imposition de la politique de
RESUME
conservation et de la gestion durable de la
Madagascar est une île béni grâce à
biodiversité et surtout l’extension de la
ses richesses naturelles exceptionnelle et
réserve priverait les gens de leurs besoins
unique dans son genre qui ne trouve pas
physiologiques ; ce qui pourrait entrainer
nulle part ailleurs. Du fait de son
une résistance. Donc c’est une menace
exceptionnalité et unicité la biodiversité
pour la population et pour le pays. Alors,
malgache est mondialement reconnue
pour y remédier à cette situation nous
comme une priorité majeure par la
devons concilier conservation, gestion et
communauté de la conservation et de la
bien-être des communautés locales ;
gestion. Avec l’accord du gouvernement
Développer le civisme environnemental et
depuis 1993, Anjanaharibe-sud est déclaré
privatiser l’environnement.
réserve spéciale administré par le WWF a
Mots clés : conservation ; gestion ;
relayé par l’ANGAP en 2005 est devenu
activités anthropique, ressources
MNP en 2008 jusqu’à nos jours. Par
naturelles ; pression, environnement et
rapport aux transformations que subissent
environnement.
notre environnement aujourd’hui et les
ABSTRACT
dégradations tant quantitatives et Madagascar is an island blessed with
qualitatives qui affectent les ressources its exceptional natural wealth and unique
naturelles que nous utilisons in its kind that is not found anywhere else.
quotidiennement : réchauffement Due to its exceptionality and uniqueness,
climatique, affaiblissement de la Madagascan biodiversity is recognized
biodiversité, érosions des sols arables, worldwide as a major priority by the
conservation and management community.
raréfaction de l’eau douce, ect… c’est une
With the agreement of the government
bonne décision politique et soutenable.
since 1993, Anjanaharibe-sud is declared a
Car elle limite les pressions engendrées
special reserve administered by the WWF,
par des activités anthropiques et
relayed by ANGAP in 2005, became MNP
l’augmentation de population riveraine de
in 2008 until today. In relation to the
la reserve qui favorise la destruction des
transformations that our environment is
écosystèmes. Mais face à la dépendance
undergoing today and the quantitative and
de la population en vers ces ressources qualitative degradations that affect the
« Conservation et gestion durable des ressources naturelles est une utopie à Madagascar ».
Par Dr. Dorient RAVELOJAONA. E-mail : velojaoana@[Link]
tel : 032 11 982 33 et 032 45 390 20
natural resources that we use daily: global ressources naturelles. La deuxième
warming, loss of biodiversity, erosion of République (1972-1991) a vu
arable soils, scarcity of fresh water, etc. it l’accentuation du rôle de l’État dans la
is a good and sustainable political decision. gestion des ressources naturelles.
Because it limits the pressures generated Malheureusement, les ressources naturelles
by anthropogenic activities and the ont été dégradées progressivement dans le
increase in population bordering the temps. De plus la société malgache est
reserve which promotes the destruction of composée à plus de 70% des ruraux qui
ecosystems. But faced with the dependence dépendent principalement des ressources
of the population on these natural naturelles.
resources, the imposition of the policy of A Madagascar, la
conservation and sustainable management surexploitation des ressources naturelles
of biodiversity and especially the extension est flagrante. Alors que ces dernières
of the reserve would deprive people of peuvent être considérées comme des biens
their physiological needs; which could lead en capital naturel, distinct de capital
to resistance. So it's a threat to the people matériel et humain, dans la mesure où ils
and to the country. So to remedy this ne sont pas créés par l’activité humaine.
situation we must reconcile conservation, Actuellement le capital naturel
management and well-being of local de Madagascar, qui représente plus de la
communities; Develop environmental moitié de la richesse totale du pays, se
citizenship and privatize the environment. dégrade d’année en année. En effet, face
Keywords: conservation; management; à une population fortement dépendante
anthropogenic activities, natural resources; des ressources naturelles, l’équilibre entre
pressure, environment and environment. la condition humaine et le statut
environnemental est extrêmement
I - INTRODUCTION
Madagascar est un pays riche précaire. La déforestation persiste, ses
en ressources naturelles, il tient le causes principales étant la pratique de
deuxième rang mondial sur ce secteur. Au l’agriculture sur brûlis ainsi que la récolte
lendemain de l’indépendance de de bois de chauffe et la production de
Madagascar en 1960, l’État s’était vue être charbon issus de forêts non destinées à
à la fois propriétaire, gestionnaire et l’exploitation et aux plantations, et le
opérateur pour tout ce qui concerne les recours à la médicine traditionnelle . En
« Conservation et gestion durable des ressources naturelles est une utopie à Madagascar ».
Par Dr. Dorient RAVELOJAONA. E-mail : velojaoana@[Link]
tel : 032 11 982 33 et 032 45 390 20
plus, le recours à la faune sauvage pour Comment gérer
enrichir l’alimentation ou pour augmenter durablement les ressources
les revenus de ménage est aussi observé au naturelles ?
milieu rural, surtout en période de crise. Quelles sont les
Golden et al 2013 rapporte par exemple responsabilités des habitants ruraux
que, dans le Nord-est de Madagascar 98% envers les ressources naturelles ?
de la faune sauvage consommée Comment concilier
localement ont été directement capturé par économie de l’environnement et
les membres de famille. Il s’agit de conservation durable ?
lémurien, potamochère etc. y compris Comment concilier
certain espèce menacé et protégé. exploitation et conservation
L’observation de ce fait nous a durable ?
poussé à choisir notre thème : « la Pour mieux répondre à ces questions
conservation et gestion durable des préalablement posées, nous avons émis
ressources naturelles est une utopie à trois hypothèses à savoir :
Madagascar (cas de la Reserve spéciale Les ressources naturelles ne
d’Anjanaharibe-Sud) ». sont pas inépuisables
Les gens ont cru que les l’utilisation optimale des
ressources naturelles sont épuisables, ressources naturelles par les
même s’ils les obtiendront gratuite. Mais populations rurales peuvent
c’est la seule façon de gagné sa vie. les détruire où de les faires
Alors par rapport au contexte et disparaître.
au thème à traiter notre problématique Les activités humaines
s’énonce comme suit : « la dépendance de mettent en danger la survie de
la population rurale envers les ressources l’humanité.
naturelles est jugée l’un de facteur de Cette recherche a pour objectif de
dégradation et de la disparation de ces sauvegarder les ressources naturelles afin
dernières ». d’assurer le développement durable à
Dès lors, nos questions de travers l’exploitation de nos ressources
recherche sont les suivantes : naturelles dans le cadre de conservation et
gestion durable face à la dépendance totale
de la population.
« Conservation et gestion durable des ressources naturelles est une utopie à Madagascar ».
Par Dr. Dorient RAVELOJAONA. E-mail : velojaoana@[Link]
tel : 032 11 982 33 et 032 45 390 20
Résultat attendu : Madagascar va Bealanana et Matsondakana à Befandriana-
pourvoir devenir un pays exemplaire en Nord.
matière de développement durable grâce b-Milieux physiques
aux ressources naturelles et son capital Anjanaharibe-Sud est formé par de
humain socle rocheux très ancien : près de 500
Afin de mener bien cette recherche, millions d’années. Il provient de roche de
une méthodologie a été adoptée. très grande profondeur et sous
l’augmentation des pressions avec de très
II – MATERIELS ET METHODES
fortes températures, elle deviendrait une
II-1 Matériels roche métamorphique appelée : gneiss.
A - la réserve spéciale Aux endroits où la température et la
Anjanaharibe-Sud pression ont été exceptionnellement
a-localisation
élevées, les roches fondues se sont ensuite
La Réserve Spéciale Anjanaharibe-
recristallisées pour former les roches
Sud est à cheval entre les Régions de Sava
granitiques. Plus tard, les veines de quartz
et SOFIA (Districts de Andapa, Bealanana
sur ces sous-sols formant des cristaux de
et Befandriana Nord). Administrativement,
quartz et d’améthyste dont l’exploitation
Anjanaharibe-Sud fait partie de la Région
est courante dans la région aujourd’hui.
SAVA (Sambava-Antalaha-Vohémar-
Tous ces roches ont fait partie un
Andapa) et une partie s’inscrit dans le
temps de l’ancien super continent :
District d’Andapa et de la Région SOFIA
GONDWANA. Il y a environ 160 millions
dont l’autre partie se trouve dans les
d’années, les forces tectoniques ont brisé
districts de Bealanana et de Befandriana-
cette immense plaque pour former :
Nord.
l’Amérique du Sud, l’Afrique,
La Réserve Spéciale Anjanaharibe-
l’Antarctique, l’Australie, l’Inde et
Sud se localise à 25 km environ, au Sud-
Madagascar.
Ouest de la ville d’Andapa. Son versant
Les sols du massif se répartissent en
Est touche 3 communes rurales, à savoir
2 catégories principales :
Ambodimanga I, Bealampona et
o des sols tourbeux arénacés
Ambodiangezoka et l’Ouest s’étend à
occupent les altitudes supérieures (au delà
l’intérieur des deux communes rurales :
de 1 800 m).
Ambalaromba dans le District de
« Conservation et gestion durable des ressources naturelles est une utopie à Madagascar ».
Par Dr. Dorient RAVELOJAONA. E-mail : velojaoana@[Link]
tel : 032 11 982 33 et 032 45 390 20
o des sols ferralitiques plus ou moins perrieri à part à Manongarivo et à
épais se rencontrent aux altitudes Marojejy.
inférieures Selon le Plan GRAP (2001), La
86 % de superficie de la réserve se Réserve Spéciale Anjanaharibe Sud était
trouvent dans la bande altitudinale 800 m classé comme une aire protégée de
et 1 600 m. catégorie IV de l’IUCN, avec une
c-Rôles et objectifs biodiversité exceptionnelle et un niveau de
La Réserve Spéciale Anjanaharibe- menace supérieur et la stratégie de
Sud joue un rôle de représentation au sein conservation à appliquer est la stratégie A
du Réseau National des Aires Protégées au (le détail est en encadré ci-après) et dont
niveau de la typologie de l’Ecorégion des les priorités de gestion sont résumées dans
Hautes Terres du Nord. Elle est composée le tableau suivant.
de tous les types de végétation de forêt Tableau n°I : Classification de la Reserve
humide de l’Est allant de forêt de basse spéciale Anjanaharibe-Sud
altitude passant par la forêt de moyenne Aire protégée Anjanaharibe-Sud
altitude jusqu’à la forêt de mousse ou Catégorie IUCN IV
sclérophylle. La Réserve abrite une petite Conservation A
superficie de fourré montagnard. Recherche 1
Cette Réserve est l'une des deux Education 2
Aires Protégées du réseau à abriter le Développement 1
Propithecus candidus (Simpona malandy). Ecotourisme 4
Elle est la limite septentrionale de l’Indri (Source : PLAN GRAP 2018)
indri, une espèce de lémuriens malgaches
Selon le Plan GRAP -
menacée. L’Allocebus trichotis, s’y trouve
La stratégie de conservation A est définie
également, a aussi le même statut que Indri
comme suit :
indri selon la classification de Mittermeier
- Inventaire et étude approfondie
et al.
- Elaboration d’un PAG appropriée
Le hibou rouge (Tyto soumagnei),
- Renforcement de la recherche et
espèce rare, se rencontre aussi dans cette
du suivi écologique
Réserve.
- Renforcement de la surveillance,
Entre autre, le massif d’Anjanaharibe-Sud
du contrôle et de la capacité
est l’aire protégée qui abrite le Takhtajania
« Conservation et gestion durable des ressources naturelles est une utopie à Madagascar ».
Par Dr. Dorient RAVELOJAONA. E-mail : velojaoana@[Link]
tel : 032 11 982 33 et 032 45 390 20
d’intervention Renforcement des 2016 et l’élaboration de ce nouveau Plan
stratégies en matière d’IEC d’Aménagement et de gestion entre dans
- Mise en œuvre des MP alternatifs ce cadre.
aux pressions et des MP de d-missions
sauvegarde La mission de Madagascar National
Et pour le classement des objectifs de Parks est de conserver et de gérer de
gestion manière durable les parcs nationaux et
1 : Objectif de gestion principal réserves de Madagascar. Ces Aires
2 : Objectif de gestion secondaire Protégées devront constituer un levier
3 : Objectif de gestion potentiellement d'incitations économiques pour la
réalisable conservation auprès des populations
locales, attirer l’investissement (Bailleurs
Pour l’écotourisme : de Fonds, privé, assistance technique-
1 = Potentiel exceptionnel ONG) et assurer la pérennité financière par
2 = Potentiel important le renforcement de la culture
3 = Potentiel limite aux spécialistes entrepreneuriale à tous les niveaux de
4 = Potentiel non économiquement viable gestion.
ou encore inconnu Selon le Plan Stratégique de Madagascar
National Parks de 2011, Quatre axes
stratégiques objectifs ont été fixés pour
Le plan de gestion de cette Réserve
cette mission de Madagascar National
depuis 2001 a été élaboré suivant les
Parks :
indications du Plan GRAP en utilisant la
La biodiversité des Parcs et
méthode 5 S de l’ONG de conservation
Réserves est conservée de manière
The nature Conservancy. Le dernier plan
soutenue et efficace à travers des
de gestion de la Réserve Spéciale
outils à base scientifique : Plan
Anjanaharibe - Sud (comme tous les plans
d’Aménagement et de Gestion
de gestion des sites du réseau MNP) a été
(PAG) sur base méthodologique
élaborée en 2005 et mis en œuvre durant la
TNC (The Nature Conservancy),
phase PE 3 du programme
protocole de suivi écologique,
environnemental Malagasy. En 2011,
résultats de recherches, et méthode
Madagascar National Parks a élaboré un
MIRADI comme outil de
Plan Stratégique pour la période 2012 –
« Conservation et gestion durable des ressources naturelles est une utopie à Madagascar ».
Par Dr. Dorient RAVELOJAONA. E-mail : velojaoana@[Link]
tel : 032 11 982 33 et 032 45 390 20
vérification du niveau de menaces. humains, animaux ou végétaux.
Les Parcs et Réserves sont cogérés
Il peut s'agir :
en collaboration dans un cadre clair
et formel à travers une structure d'une matière
inclusive et représentative à première minérale (par exemple:
majorité de membres issus des l’eau douce, les roches, les minerais
communautés locales métalliques, etc.)
Les marchés prioritaires sont d'un produit
développés et contribuent de façon d'origine biologique, sauvage ou
conséquente au budget de non (ex.: le bois, le poisson, etc.) ;
fonctionnement de Madagascar d'un milieu naturel,
National Parks comme le sol qui permet les
Madagascar National Parks est un cultures
organisme labellisé qui fonctionne d'une matière fossile
comme une entreprise, dotée d’un (comme le pétrole, le charbon, le
personnel adéquat et efficient gaz naturel, le lignite ou la tourbe
qui ont une origine organique);
B – les ressources naturelles
d'une source
Ce chapitre nous amène voir la
d'énergie (énergie solaire, énergie
définition des ressources naturelles et ses
éolienne...).
caractéristiques et sa typologie.
Exemples :
a-Définition
La majorité des ressources naturelles Pour les besoins humains
se situe dans le milieu rural. Elle assure le
Énergie solaire et éolienne etc.
développement durable d’un pays.
Alimentation :
De manière générale, une ressource
naturelle est une substance, un La plupart des produits agricoles, y
organisme, un milieu ou un objet présent compris les produits alimentaires, sont
dans la nature et qui est la plupart du des produits primaires, nous les classons
temps utilisé pour satisfaire les besoins parmi les ressources naturelles parce que
(énergies, alimentation, constructions, leur production nécessite comme intrants
aménagements du territoire, etc.) des la terre, l’eau, et aussi différents types
« Conservation et gestion durable des ressources naturelles est une utopie à Madagascar ».
Par Dr. Dorient RAVELOJAONA. E-mail : velojaoana@[Link]
tel : 032 11 982 33 et 032 45 390 20
d’engrais non transformé. En plus, les « non renouvelable », mais il convient de
produits agricoles sont cultivés, et extraits noter que les ressources renouvelables
du milieu naturel. De même, la terre peuvent aussi être épuisables si elles sont
agricole, qui est la ressource naturelle « surexploitées.
fixe, immobile » par excellence, peut être
L’évolution technologique peut
exportée à travers les produits agricoles
effectivement accroître l’offre de
qui y sont cultivés.
ressources en contribuant à de nouvelles
Selon cette définition, l’air serait découvertes et en permettant l’exploitation
considéré comme une ressource naturelle de stocks qui ne pouvaient pas être atteints
parce qu’on peut l’obtenir gratuitement, auparavant. D’après le BP World Energy
simplement en respirant. Le vent peut Review (2009), les réserves prouvées de
transformer en énergie éolienne pétrole dans le monde ont augmenté,
(électricité). Il y a un caractère passant de 998 milliards de barils en 1988
inépuisable. à 1 069 milliards de barils en 1998, et à
1258 milliards de barils en 2008,
Il faut noter, dans cette définition, le
principalement grâce aux nouvelles
qualificatif « économiquement utile ». Par
découvertes et aux progrès des techniques
exemple, l’eau de mer est une substance
d’extraction. L’évolution technologique
naturelle qui recouvre une grande partie
peut aussi avoir une influence sur le taux
de la surface du globe.
d’épuisement d’une ressource, soit en
Une définition utile devrait non augmentant son taux d’utilisation (par
seulement préciser la nature des exemple l’électricité en raison de
ressources naturelles mais aussi faire une l’utilisation accrue de matériel
distinction entre ce qui est et ce qui n’est électronique, d’ordinateur, etc.…) Soit en
pas une ressource naturelle. Le terme« le réduisant (par exemple réduction de la
ressources naturelles » est utilisé de consommation des automobiles). Des
manière irremplaçable. progrès technologiques de ce genre
peuvent modifier le rythme d’épuisement
b-les caractéristiques et
typologie d’une ressource, mais pas le fait qu’elle
Les ressources naturelles ont un est épuisable.
Caractère épuisable. Le terme « épuisable
» est parfois employé comme synonyme de
« Conservation et gestion durable des ressources naturelles est une utopie à Madagascar ».
Par Dr. Dorient RAVELOJAONA. E-mail : velojaoana@[Link]
tel : 032 11 982 33 et 032 45 390 20
Généralement il existe deux renouvellent avec le temps. Les
grandes catégories des ressources ressources halieutiques et les forêts sont
naturelles, à savoir les ressources des exemples classiques de ressources
renouvelables et les ressources non renouvelables.
renouvelables. Elle se subdivise en trois
Le poisson est un autre exemple de
types : ressource forestière, ressource
ressource renouvelable qui pourrait être
halieutique et ressource minière.
en déclin. La production mondiale totale
Les ressources naturelles de la pêche est passée de 98 millions de
renouvelables tonnes en 1990 à 140 millions de tonnes en
Une ressource renouvelable est une 2007, soit une augmentation de 42 pour
ressource dont la quantité s’accroît ou qui cent. Pendant la même période, les
se renouvelle sur une courte période (c’est- exportations mondiales totales de
à-dire une période pertinente du point de poissons ont augmenté de 60 pour cent,
vue économique). Par conséquent, si le passant de 33 millions de tonnes à 53
taux d’extraction tient compte des limites millions de tonnes. La part du commerce
de la capacité de reproduction de la dans la production mondiale elle a aussi
ressource, une ressource renouvelable progressé, passant de 34 pour cent en
peut avoir un rendement pendant une 1990 à 38 pour cent en 2007. Malgré
durée infinie. Bien entendu, le délai doit l’augmentation de la production et du
être pertinent du point de vue économique commerce, les prises annuelles de
car certaines ressources peuvent être poissons de mer et d’eau douce sont
renouvelables en principe, mais pas en restées assez stables pendant cette période,
pratique. Par exemple, il faut des à environ 90 millions de tonnes, la
centaines de millions d’années pour que croissance enregistrée au cours des
les arbres morts se transforment en dernières années étant due presque
charbon et en pétrole (Blundell et entièrement à l’aquaculture, ou «
Armstrong, 2007), et des centaines pisciculture ». Cela pourrait signifier que
d’années pour que certains types d’arbres les pêcheries océaniques d’eaux douces
arrivent à maturité (Conrad, 1999), de ont atteint un pic de production et sont
sorte que les forêts anciennes ne seraient menacés de surexploitation du fait de la
pas considérées comme des ressources demande croissante.
renouvelables bien qu’elles se
« Conservation et gestion durable des ressources naturelles est une utopie à Madagascar ».
Par Dr. Dorient RAVELOJAONA. E-mail : velojaoana@[Link]
tel : 032 11 982 33 et 032 45 390 20
les ressources non- concentration sont les plus élevés sont
renouvelables également ceux où les ressources
Les ressources non renouvelables naturelles représentent une part
sont définies comme étant toutes les importante des exportations totales.
ressources qui ne s’accroissent pas ou qui
Quelques exemples des ressources
ne se renouvellent pas avec le temps. On
naturelles non renouvelables comme le
pourrait dire aussi que les ressources non
graphite, la chromite, le charbon, la bauxite,
renouvelables existent en quantités finies,
le sel, le quartz, le sable bitumineux, le
de sorte que chaque unité consommée
mica ainsi que plusieurs pierres précieuses
aujourd’hui réduit la quantité disponible
dont l'émeraude, le rubis et le saphir et
pour la consommation future. Les
des pierres fines. Particulièrement, le Sud
exemples les plus courants de ressources
de la Grande île regorge de grandes
non renouvelables sont les combustibles
réserves de pétrole, de pierres et de métaux
fossiles et les gisements de minéraux. Les
précieux (or, platine, argent, saphir, rubis,
sols sont de plus en plus exploités dans le
émeraude, topaze, grenat…).
monde afin d’être cultivés.
II-2 Méthodes
Prépondérance des ressources naturelles : Pour la réalisation de ce travail, nous
Une autre caractéristique majeure avons entrepris les étapes ci-après :
des ressources naturelles est qu’elles A-recherche bibliographie
occupent une place prépondérante dans La recherche documentaire a été
l’économie de nombreux pays. La plupart l’une des principales méthodes utilisées,
de ces pays ont tendance à miser sur un divers ouvrages ont été consultés au niveau
petit nombre de produits de la bibliothèque du MNP Andapa et le
d’[Link] indices de site du Ministère concerné.
concentration des exportations tirés du
B-Descente sur terrain
Manuel de statistiques de la CNUCED Notre travaux sur terrain ont
2008 et indique la part des ressources beaucoup apporte dans la mesure où nous
naturelles dans les exportations totales de avons effectués une descente à
marchandises de certains pays. Il apparaît Anjanaharibe-sud avec l’aide du chef
clairement que, à de très rares Secteur, l’agent de la réserve et le CLP.
exceptions, les pays dont les indices de Durant ces deux mois de terrain, nous
« Conservation et gestion durable des ressources naturelles est une utopie à Madagascar ».
Par Dr. Dorient RAVELOJAONA. E-mail : velojaoana@[Link]
tel : 032 11 982 33 et 032 45 390 20
avons constaté que la réserve est en danger d’inconvénients.
du fait de l’activité humaine. Les limites méthodologiques de notre
Cette descente sur le terrain se fait en deux travail tiennent ainsi principalement aux :
phases : i) Informations obtenues comme le
cas des questions posées qui ne répondent
a-Observation
La phase d’observation est conçue pas tout à fait à nos attentes, ou comme la
dans le but de voir les espèces existantes restriction des répondants sur certaines
dans la réserve selon les différentes zones. données qu’ils jugent confidentielles (le
L’observation a permis de définir et tabou ou fady) ;
constater également les dommages des ii) La difficulté d’accès aux données
ressources dans la réserve afin de prendre sur le terrain due à la méfiance de la
des mesures adéquates selon les pressions. population riveraine dans le but de
protéger leur gagne-pain
b-Enquête
Des enquêtes ont été effectuées III - RESULTATS
auprès des quatre agents et des villageois D’après notre recherche
riverains de la réserve dans le but de documentaire et la descente sur terrain la
connaitre leur souci face à la dégradation et conservation et gestion durable des
la disparition des ressources naturelles due ressources naturelles au sein de la réserve
aux activités humaines. spéciale d’Anjanaharibe-sud est quasiment
impossible du fait de :
III – 1 la surexploitation
Au cours de l’année 2011 et plus
précisément à partir le mois de février
2011 jusqu’à nos jours, la prospection
minière s’intensifie au niveau d’une cible
de conservation « Forêt dense humide de
basse altitude ». De nombreux gens venant
Photo n°1 : Entretien au près du chef de du quatre coins de la Région y arrivaient
ménage. en masse à l’intérieur de la Réserve
Chaque technique de collecte Spéciale d’Anjanaharibe-Sud.
d’informations possède toujours quelque
part un certain nombre de contraintes et
« Conservation et gestion durable des ressources naturelles est une utopie à Madagascar ».
Par Dr. Dorient RAVELOJAONA. E-mail : velojaoana@[Link]
tel : 032 11 982 33 et 032 45 390 20
Actuellement la forêt humide de difficile a localisée. Ces activités humaines
moyenne altitude subis des diverses détruire les ressources naturelles et mettant
pressions telles que la coupe, la recherche par là même en danger la survie de
de pierres précieuses, la collecte des l’humanité.
produits forestiers (écorce de bilahy, Tableau n°II : Récapitulation des types
feuilles de Pandanus, hovaka (méristème et unités des pressions annuelles dans la
réserve
de palmiers..), l'extension des feux en
Pressions Unités années
lisière et l'envahissement d'espèces
(nombre (n)
exotiques le long de sentiers et des endroits
/ Superficie
subis des actions naturelles ou humaines.
(ha))
III – 2 le braconnage Coupe 30 (n) (2016-2019)
La population des Indri-indri était Chasse 102 (n) (2016-2019)
chassée, car la viande est appréciée par la Extension 23 (ha) (2016-2019)
population riveraine pour son bon goût et du feu
son aspect graisseux. La chasse se fait Exploitation 32 (n (2016-2019)
prioritairement dans les zones de minière carrières)
Befingotra, Amponaomby et Anjiamazava Source : enquête sur terrain, 2019.
et dans les zones d'accès faciles par arme à
Les types de pression rencontrées à
feu ou piège. Aucune chasse de cette
l’intérieur de la Réserve n’est pas continue
espèce n’est enregistrée depuis 2007 et
annuellement. Ils se produisent dans un
cela jusqu’à ce jour (en 2012) et elle se
temps plus ou moins précis de l’année
limite seulement au port d’arme sur la
pendant la ppériode de soudure et à la
route Andapa-Bealanana.
veille de fêtes.
L'impact de chasse est encore peu étudié,
mais comprend probablement : III - 3 la surpopulation
- Déclin en nombre de population L’augmentation incessante de
- Changement de comportement nombre de population (flux d’immigration)
- Dérangement social aux alentours de la RS Anjanaharibe-Sud,
En un seul mot la RS Anjanaharibe- durant ce moment, a créé un climat
Sud a une biodiversité exceptionnelle avec d’insécurité et a devenu difficile de mener
une menace très forte où l’exploitation des activités de patrouille plus à l’intérieur
minière reste une pression active est
« Conservation et gestion durable des ressources naturelles est une utopie à Madagascar ».
Par Dr. Dorient RAVELOJAONA. E-mail : velojaoana@[Link]
tel : 032 11 982 33 et 032 45 390 20
sans force de l’ordre car les délinquants ont Befandriana-Nord
porté les armes à l’intérieur de la Réserve. Nombre d’habitants 50 652 répartis dans
5 CR
Dans la zone d’intervention
Ethnie Cosmopolite avec
d’Anjanaharibe-Sud vivent, groupés dans
dominance de
30 villages des 05 communes
Tsimihety
périphériques.
Culture Culture vivrière,
En dépit de cela, une certaine frange culture de rente
de la population riveraine compte Activité Riziculture,
beaucoup dans l’exploitation des élevage, culture sur
ressources naturelles pour la satisfaction de tanety
leurs besoins quotidiens. . Par son mode de Système agraire
vie et les activités qu’elle pratique, la Source : Bureau de recensement du
population exerce ou est susceptible District, Andapa, 2019.
d’exerces des pressions aux impacts plus
ou moins sévères. De la quête de terre arable
Tableau n°III : Caractéristique sociale, La grande majorité de la population
culturelle et économique de la riveraine d’Anjanaharibe –Sud vit de
population riveraine. cultures de rente telles que le café et la
vanille, mais surtout de la riziculture qui
Libellé Description
assure en général une part de revenu dans
Nombre de 30
le ménage et pour la satisfaction
Villages
alimentaire, la majorité de la zone étant
Nombre de Grands 24
favorable à la culture rizicole, de par sa
villages/ Fokontany
richesse en bas fonds. L’élevage est du
Nombre de 05 :
type extensif.
Communes rurales Ambodiangezoka,
Bealampona,
Ambodimanga I,
Matsondakana,
Ambalaromba
Districts 03 : Andapa,
Bealanana et
« Conservation et gestion durable des ressources naturelles est une utopie à Madagascar ».
Par Dr. Dorient RAVELOJAONA. E-mail : velojaoana@[Link]
tel : 032 11 982 33 et 032 45 390 20
biodiversité qui en découle, constituent des
facteurs majeurs de dégradation tant
qualitatives que quantitatives de nos
ressources naturelles. En se basant sur les
résultats ci-dessus, la Réserve
d’Anjanaharibe-Sud gère quatre types de
pression du fait des activités humaines à
savoir : Coupe, défrichement, chasse et
exploitation minière.
Photo n°2 : Etat actuel de la Reserve.
Ce n’est pas étonnant, quatre vingt
IV – DISCUSSION ET dix huit pourcent de la population riveraine
RECOMMANDATIONS
sont des physiocrates et aussi des pauvres.
IV-1 DISCUSSION Large de 40.948 ha, Anjanaharibe-sud
Face au perte insensé de la
abrite 50.682 habitants, une population
biodiversité durant ces dernières années,
relativement jeune, les 42% étant âgé de
avec l’actualité brutale sur le changement
moins de 15 ans. Le taux de scolarisation et
climatique et les impératifs du
d’alphabétisation est relativement bas: les
développement durable, le repère marquant
dernières estimations données indiquent
la frontière de l’économie de
que, chez les enfants en âge d’être scolarisés,
l’environnement, trop souvent réduite à
plus le moitié ne fréquent pas l’école
l’économie des externalités, par opposition 2
primaire . Chez les adultes, 66 % sont
à l’économie des ressources naturelles1.
analphabètes3. Pour cette population
A – dégradation des ressources l’exploitation des ressources naturelles
naturelles, sur population et alphabétisation pour la satisfaction des besoins quotidiens
Tout le monde est conscient que
reste encore très présente malgré la
l’ignorance des processus écologiques, la
diminution flagrante en quantité et en
dépendance des populations pauvres vis-à-
qualité de ces dernières. A notre avis, ces
vis de ces ressources et le développement
gens sont conscientisent mais ils sont
rapide du commerce des espèces de la
obligent de vivre et de lutter contre la
pauvreté a sa façon. Où est l’Etat ?
1
Fidoline Ngo Nonga, Economie de
l’environnement « outils de gestion économique
2
de la biodiversité », édition l’Harmattan, Paris, Rapport annuel de l’UNICEF Madagascar.
3
2012 Enquête, 2019.
« Conservation et gestion durable des ressources naturelles est une utopie à Madagascar ».
Par Dr. Dorient RAVELOJAONA. E-mail : velojaoana@[Link]
tel : 032 11 982 33 et 032 45 390 20
B – Dégradation des ressources affirmant que : « Madagascar riche et
naturelles, intervention de l’Etat et pauvre : paradoxe et espoir »4, due a la non
pauvreté
profit du peuple de son soit disant richesse.
Il ne faut pas nier que cette
Nous avons oublié la relation étroite
dégradation et disparition des ressources
environnement-pauvreté. Comment se
naturelles de la réserve spéciale
possible que les riverains de la réserve
Anjanaharibe-Sud a été la conséquence de
anjanaharibe-sud soufre d’une l’extrême
la mauvaise décision politique du
pauvreté s’exprime d’abord par une grande
gouvernement. Depuis la crise politique de
insécurité alimentaire et par un état de santé
2009, la grande île subit un exode urbain
précaire, surtout chez les enfants. Les carences
(c’est-à-dire que les zones urbaines vers le
nutritionnelles constituent, dès la naissance,
zones rurales) pour fuir la pauvreté et le
une cause majeure de mortalité infantile. Ce
trouble. Donc, l’augmentation de
taux est particulièrement élevé pour la
population favorise la destruction des
tranche d’âge de 12 à 23 mois. Or
écosystèmes, mais l’imposition de la
l’utilisation des plantes médicinales et le
politique de conservation et de la gestion
recours aux autres formes de médecine
durable de la biodiversité et surtout
traditionnelle constituent souvent les seules
l’extension de la réserve priverait les gens
options possibles pour de nombreux
de leurs besoins physiologiques ; ce qui
ménages, quelque soit la gravité de la maladie
pourrait entrainer une résistance. Donc
alors que c’est un délit d’introduire dans la
c’est une menace pour la population et
réserve pour cueillir des plantes. Nous ne
pour le pays aussi. En dépit des pressions
somme pas opposant sur la politique de
sur les impératifs du développement
conservation et la gestion durable des
durable, le repère marquant la frontière de
ressources naturelles dans le cadre
l’économie de l’environnement, trop
d’extension de la réserve pour ne pas
souvent réduite à l’économie des
compromettre les besoins des générations
externalités, par opposition à l’économie
futures mais de satisfaire aussi celle du
des ressources naturelles. Cette politique
présent. C’est qu’on attend par
de développement souvent exclut la
développement durable. Le développement
population rurale en faveur de grands
durable est un développement qui satisfait
entrepreneur étranger.
les besoins des générations présentes sans
Sur ce point que le célèbre
4
économiste Malagasy expose son idée en [Link] KASY, 2019.
« Conservation et gestion durable des ressources naturelles est une utopie à Madagascar ».
Par Dr. Dorient RAVELOJAONA. E-mail : velojaoana@[Link]
tel : 032 11 982 33 et 032 45 390 20
compromettre la capacité des générations B - Privatisation de
futures à satisfaire les leurs»5. l’environnement
Sur le plan théorique, une politique
VI -2 RECOMMANDATIONS de taxation repose sur l’hypothèse que
Comme nous venons de confirmer l’absence de droit de propriété entraîne un
l’épuisabilité , la destruction et la disparition déséquilibre qu’il convient de corriger en
des ressources naturelles est un processus affectant un quasi-prix aux biens
irréversible dans la mesure où la population environnementaux. Comme nous l’avons
ne cesse d’augmentée, la surexploitation et la vu, le calcul d’un quasi-prix permettant de
dépendance de la population des ces parvenir à un équilibre « pareto-optimal »
dernières. est illusoire. L’école des droits de
Mais où il y a un problème, il y a propriété, à la suite des travaux de Ronald
toujours de solution. H. Coase, va renverser la problématique en
cherchant à affecter non des prix, mais de
A - Développement de sens civique
nouveaux droits de propriété sur des biens
Entre les politiques économiques et
jugés jusqu’alors « inappropriables ». Ici
les politiques réglementaires, une place
l’enjeu est de limiter au maximum la
spécifique doit être accordée à toutes les
nécessité de l’intervention publique à
mesures, qu’elles soient ou non garanties
laquelle adresse des reproches pour sa
par l’Etat, qui est prises de façon
lourdeur et son manque d’efficacité.
volontaire par les individus ou les
entreprises. D’intenses efforts de En effet, un droit de propriété
communication sont faits pour inciter les exclusif donne plus de valeur à un bien que
ménages à trier, à recycler, à économiser lorsque sa propriété est répartie entre tous
l’eau, etc. Mais nous devons noter les agents. Cette valeur est augmentée par
également le développement renforcé par le fait que le propriétaire peut décider de
des démarches reposant sur l’adhésion l’usage de son droit. Il peut l’utiliser à son
« volontaire », augurant de modes de profit exclusif, le louer ou le vendre.
production et de gouvernance respectant L’existence d’un droit de propriété donne
les critères du développement durable. donc une valeur d’échange à un bien. Cette
valeur d’échange n’a pas à être
administrativement déterminée,
5
Le rapport Brundtland de 1987 «Our common
future », traduit en français en 1989
contrairement à la taxe, puisqu’elle sera
(Brundtland, 1989)
« Conservation et gestion durable des ressources naturelles est une utopie à Madagascar ».
Par Dr. Dorient RAVELOJAONA. E-mail : velojaoana@[Link]
tel : 032 11 982 33 et 032 45 390 20
fixée par confrontation des offres et des brûlis apporterait des avantages conjoints
demandes sur le marché. à travers la réduction des incursions dans
les aires protégées ainsi que la
C - L'inséparabilité de la
conservation et du bien-être des compensation des coûts d'opportunité
communautés locales supportés par les collectivités locales. La
Les ressources naturelles font loi sur la gestion locale sécurisée
partie intégrante de l’environnement direct (GELOSE) reconnaît officiellement les
de la majorité de la population malgache, règlementations élaborées selon les
qui est en grande partie rurale. Les traditions locales (le«Dina»).Une mise en
communautés locales dépendent fortement œuvre réussie des lois dépend toutefois de
des services environnementaux pour leurs la création d'une structure judiciaire qui
moyens de subsistance. Cependant, elles respecte et légitime les systèmes culturels
mènent en parallèle des activités telles que et juridiques locaux. Ce n'est souvent pas
l'agriculture sur brûlis, qui sont des le cas. Le soutien des agents d'application
facteurs majeurs de dégradation de de la loi est souvent nécessaire pour que
l’environnement. Il est donc impératif les sanctions soient correctement mises
d’associer développement communautaire en œuvre.
et gestion des ressources naturelles pour
En outre, le Dina6peut parfois
une plus grande efficacité des actions. Or,
être en contradiction avec le cadre
les communautés sont souvent exclues des
juridique en vigueur, et doit être ratifié
mécanismes formels de partage de
par un tribunal pour devenir juridiquement
bénéfices des efforts de conservation, à
contraignant.
l’exception de quelques réussites notables
en matière d’écotourisme communautaire. Comme Dr. DJISTERA Angelo
économiste malagasy célèbre avance que :
Madagascar a été un pionnier dans
« pour renforcer la capacité des ressources
les méthodes d’expérimentation de
naturelles, il semble ainsi primordial de
l’implication des communautés locales
reformer les législations et les institutions
dans la gestion d’aires protégées à travers
nationales. Par ailleurs, une stratégie nationale
la gouvernance partagée ou « cogestion ».
6
Selon les prévisions anticipées par ces Le dina est une règlementation élaborée selon les
traditions locales, le Dina établit les normes par
méthodes, la fourniture d’alternatives de lesquelles les actions locales sont mesurées; le
recours à d’autres instances judiciaires ne peut
moyens de subsistance à l’agriculture sur avoir lieu qu'après recours aux Dina en vigueur
« Conservation et gestion durable des ressources naturelles est une utopie à Madagascar ».
Par Dr. Dorient RAVELOJAONA. E-mail : velojaoana@[Link]
tel : 032 11 982 33 et 032 45 390 20
de lutter contre la corruption et de bonne surpeuplement dans le but d’envahir ces
gouvernance doit être mise en place pour que ressources et la pratique de l’activité
l’exploitation de ressource naturelle apporte destructif comme le tavy et le charbon de
des améliorations significatives des chauffage. Même s’ils ont conscient de
conditions de vie des populations ». son épuisement, de sa destruction et de
sa disparition, la plus part de gens ne
V - CONCLUSION
peut se débouter des responsabilités dans
En bref, les ressources naturelles sa conservation et sa gestion durable.
sont indispensables pour assurer le Sauf les élus locaux : fokontany,
fonctionnement des économies rurales et communes, et le MNP. C’est l’une de
pour atteindre et maintenir un niveau de raison qui rend utopie la conservation et
vie élevé dans tous les pays. A vrai dire la gestion durable des ressources
toute vie sur terre dépend des ressources naturelles dans la resserve
naturelles. La réserve spéciale d’Anjanaharibe-Sud. Malgré cela nous
Anjanaharibe-sud est un exemple par le pouvons faire face à cette situation
biais de diverses ressources naturelles inquiétante si nous arrive à développer
issues de la forêt dense qu’elle constitue le civisme environnemental, privatiser
qui est jugée source de bienfaits pour la l’environnement et concilier
population riveraine. Elle fournisse l’eau conservation et bien-être des
pour l’agriculture et protège de communautés locales. Car l’homme est
l’évasion, elle fournisse de la nourriture un être égoïste et vanité.
comme les fruits, le gibier, elle fournisse
des matières premières pour la
construction des maisons, des ponts
ect… Elle fournisse des plantes
médicinales qui peuvent être utilisées
dans la vie tous les jours. Elle est un
foyer pour les animaux et purifient l’air.
Acharné par sa générosité et son
abondance les gens ont tendance profité
de la situation. Cette situation se
manifeste sous diverses formes telles
que : la surexploitation, le
« Conservation et gestion durable des ressources naturelles est une utopie à Madagascar ».
Par Dr. Dorient RAVELOJAONA. E-mail : velojaoana@[Link]
tel : 032 11 982 33 et 032 45 390 20
ANNEXES
« Conservation et gestion durable des ressources naturelles est une utopie à Madagascar ».
Par Dr. Dorient RAVELOJAONA. E-mail : velojaoana@[Link]
tel : 032 11 982 33 et 032 45 390 20
Carte N° 1 : Carte de localisation de la Réserve Spéciale Anjanaharibe
« Conservation et gestion durable des ressources naturelles est une utopie à Madagascar ».
Par Dr. Dorient RAVELOJAONA. E-mail : velojaoana@[Link]
tel : 032 11 982 33 et 032 45 390 20
Tableau n° 3 : La Réserve Spéciale Anjanaharibe-Sud en bref
Région SAVA-SOFIA
Districts Andapa, Bealanana et Befandriana-Nord
Ecorégion Hautes Terres du Nord de Madagascar
Superficie 29 680 ha avec son extension (11 430 ha) dont :
-le noyau dur est composé de 2 parcelles dont 1ère parcelle au Nord, 11
268 ha, 2° parcelle au Sud de piste reliant Andapa-Bealanana, 1 973ha
-la zone tampon d’une superficie totale de 14 488 ha
-la zone de service estimée à 1301 ha
-la zone de recherche d’une superficie totale de 350 ha
Statut Réserve Spéciale Anjanaharibe-Sud définie par le décret n°58-12 du 29
novembre 1958
L’extension de la RS Anjanaharibe-Sud est en cours avec l’obtention
d’un statut de protection temporaire par arrêté n°
20021/2005/MINENVEF du 30 décembre 2005 puis par un autre arrêté
n° 18633/2008 du 17 octobre en 2008
Accès A 1h d’Andapa (22 km) par automobile pour aller à Andasibe-
Maheverika et à 2h-3h de marche à pied pour arriver à Befingotra en
traversant une petite partie de la Réserve et 1h-2h de marche pour
mettre les pieds à l’intérieur de la Réserve pour une deuxième fois
Traversé par la route Andapa-Bealanana – difficilement accessible sauf
par camion 6X6 et par motocyclette
Accueil et bureau -Bureau de la Réserve à Andapa
de la Réserve -Bureau de secteurs Andasibe-Mahaverika et Ambodisatrana.
-Bureau d’accueil Manantenina
« Conservation et gestion durable des ressources naturelles est une utopie à Madagascar ».
Par Dr. Dorient RAVELOJAONA. E-mail : velojaoana@[Link]
tel : 032 11 982 33 et 032 45 390 20
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES
I – OUVRAGES GENERAUX
Dr. KASY Emile, Madagascar riche et pauvre : paradoxe et espoir, Madagascar,
2019.
Jean-Baptiste Say (1840), cours complet d’économie politique pratique, Paris,
Guillaumin, p.68.
Ngo Nonga Fidoline, Economie de l’environnement « outils de gestion
économique de la biodiversité », édition l’Harmattan, Paris, 2012
II – DOCUMENTS ET PERIODIQUES
Bureau de recensement du District, Andapa, 2019
Rapport Brundtland de 1987 «Our common future », traduit en français en 1989
(Brundtland, 1989)
Rapport annuel de MNP Andapa, 2016-2019.
Rapport annuel de l’UNICEF Madagascar.
« Conservation et gestion durable des ressources naturelles est une utopie à Madagascar ».
Par Dr. Dorient RAVELOJAONA. E-mail : velojaoana@[Link]
tel : 032 11 982 33 et 032 45 390 20
LISTE DES ILLUSTRATIONS
I- Liste des Photos
Photo n°1 : Entretien au près du chef de ménage. ................................................................................. 13
Photo n°2 : Etat actuel de la Reserve. ................................................................................................... 16
II – Liste des Tableaux
Tableau n°I : Classification de la Reserve spéciale Anjanaharibe-Sud .................................................... 7
Tableau n°II : Récapitulation des types et unités des pressions annuelles dans la réserve ................... 14
Tableau n°III : Caractéristique sociale, culturelle et économique de la population riveraine. .............. 15
« Conservation et gestion durable des ressources naturelles est une utopie à Madagascar ».
Par Dr. Dorient RAVELOJAONA. E-mail : velojaoana@[Link]
tel : 032 11 982 33 et 032 45 390 20
LISTE DES ABREVIATIONS, SYGLES ET ACRONYMES
ANGAP : Association Nationale pour la Gestion des Aires Protégées.
AP : Aires Protégées
CLP : Comité Local du Parc
CNUCC Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques
PGRAP : Plan de Gestion des Réserves et des Aires Protégées
UMC : Union Mondiale pour la Conservation
IUCN : Union Internationale pour la Conservation de la Nature
MNP : Madagascar National Parks
PAG : Plan d’Aménagement et de Gestion
RS : Reserve Spéciale
TNC : The Nature Conservancy
WWF : World Wildlife Fund for Nature
« Conservation et gestion durable des ressources naturelles est une utopie à Madagascar ».
Par Dr. Dorient RAVELOJAONA. E-mail : velojaoana@[Link]
tel : 032 11 982 33 et 032 45 390 20
TABLE DES MATIERES
SOMMAIRE ........................................................................................................................................... 2
RESUME ................................................................................................................................................. 3
ABSTRACT ............................................................................................................................................ 3
I - INTRODUCTION .......................................................................................................................... 4
II – MATERIELS ET METHODES .................................................................................................. 6
II-1 Matériels ................................................................................................................................... 6
A - la réserve spéciale Anjanaharibe-Sud................................................................................... 6
a-localisation ........................................................................................................................... 6
b-Milieux physiques .............................................................................................................. 6
B – les ressources naturelles ....................................................................................................... 9
a-Définition ............................................................................................................................. 9
b-les caractéristiques et typologie ......................................................................................... 10
II-2 Méthodes ................................................................................................................................ 12
A-recherche bibliographie ......................................................................................................... 12
B-Descente sur terrain ............................................................................................................... 12
a-Observation ........................................................................................................................ 13
b-Enquête .............................................................................................................................. 13
III - RESULTATS ............................................................................................................................. 13
III – 1 la surexploitation ............................................................................................................... 13
III – 2 le braconnage ...................................................................................................................... 14
III - 3 la surpopulation ................................................................................................................... 14
IV – DISCUSSION ET RECOMMANDATIONS ........................................................................... 16
IV-1 DISCUSSION ....................................................................................................................... 16
A – dégradation des ressources naturelles, sur population et alphabétisation ........................... 16
B – Dégradation des ressources naturelles, intervention de l’Etat et pauvreté ......................... 17
VI -2 RECOMMANDATIONS ....................................................................................................... 18
A - Développement de sens civique .......................................................................................... 18
B - Privatisation de l’environnement ......................................................................................... 18
C - L'inséparabilité de la conservation et du bien-être des communautés locales .............. 19
V - CONCLUSION............................................................................................................................. 20
« Conservation et gestion durable des ressources naturelles est une utopie à Madagascar ».
Par Dr. Dorient RAVELOJAONA. E-mail : velojaoana@[Link]
tel : 032 11 982 33 et 032 45 390 20
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES .............................................................................................. 24
LISTE DES ILLUSTRATIONS............................................................................................................ 25
LISTE DES ABREVIATIONS, SYGLES ET ACRONYMES ............................................................ 26
TABLE DES MATIERES..................................................................................................................... 27