INTRODUCTION GENERALE
L'éducation est universellement reconnue comme un levier fondamental du développement
humain et social. Elle joue un rôle majeur dans la lutte contre la pauvreté, la promotion de
l'égalité des sexes et le renforcement des capacités individuelles et collectives. Dans cette
perspective, la scolarisation des filles constitue un enjeu stratégique, tant pour
l’épanouissement personnel des jeunes filles que pour le développement durable des
communautés.
En République Démocratique du Congo ( RDC), et plus particulièrement à Lubumbashi, des
progrès ont été réalisés ces dernières années pour améliorer l’accès des filles à l’éducation.
Cependant, des disparités persistantes entre les sexes continuent d’entraver la pleine
réalisation de l’égalité des chances dans le système éducatif. Si de nombreuses études ont mis
en évidence les obstacles à la scolarisation des filles (pauvreté, mariages précoces, normes
culturelles, violences en milieu scolaire, etc.), peu de recherches se sont intéressées de
manière approfondie aux facteurs positifs, c’est-à-dire aux éléments qui favorisent ou
encouragent l’accès et la regularité des filles à l’école.
Il devient donc nécessaire de s’interroger sur les dynamiques sociales, économiques,
institutionnelles et culturelles qui contribuent à la progression de la scolarisation féminine
dans un contexte urbain tel que celui de Lubumbashi. Comprendre ces facteurs permettrait
non seulement de renforcer les politiques éducatives existantes, mais aussi de proposer des
stratégies ciblées pour encourager davantage l’éducation des filles dans les milieux
défavorisés.
La scolarisation des filles a demeuré durant des décennies un défi majeur au cœur des
nombreuses luttes, au regard des inégalités constatées sur le plan social. Cette tâche bien
qu’immense anime jusqu’à ce jour les défenseurs des droits de la femme qui veulent une
émancipation totale de celle-ci et sa participation au développement social. Cela dit, celle
participation ne serait possible que dans la mesure où la femme jouirait des mêmes
prérogatives que l’homme et serait dotée des mêmes aptitudes que celui-ci.
Selon les enquêtes ménées par l’UNICEF, depuis les deux dernières décennies la scolarisation
des jeunes filles n’a jamais connu une aussi grande avancée. A l’échelle mondial, la part des
filles parmi les enfants non scolarisés dans les pays en developpement a considérablément été
réduit passant de 58 à 53%. Malgré cette analyse globale, il se dissimulent certaines disparités
dans certaiins coins du monde où les filles ne bénéficient pas en grand nombre du droit à la
scolarisation.
Il existe bien des facteurs pouvant expliquer la scolarisation tout comme la non scolarisation
des filles à travers le globe et particulièrement sur l’ensemble du territoire congolais, parmi
lesquels se trouvent certaines croyances réligieuses et certaines conceptions sociales. On
repertorie dans le monde 32 millions des filles qui ne jouissent pas de la scolarisation
( UNICEF), faute du manque de choix dont elles sont souvent victimes. En republique
démocratique du congo, precisément dans la province du haut-katanga, la scolarisation a
connu une grande avancée qui se constate par les statistiques issues des données recueillies
sur l’ensemble du térritoire. Nous retenons les informations ci-dessous par rapport à la
province du haut-katanga :
Tableau 1 : Taux brut de scolarisation dans les quartiers populaires de Lubumbashi
Quartiers Niveau Garçons Filles Total Population TBS (%)
Populaires inscrits inscrites inscrits en âge
scolaire
Kampemba Primaire 3500 3800 7300 14000 52,1 %
Secondaire 26000 22000 48000 65000 73,8 %
Kenya Primaire 4000 4400 8400 15000 56,0 %
Secondaire 29000 25000 54000 72000 75,0 %
Katuba Primaire 3200 3600 6800 13000 52,3 %
Secondaire 24000 20000 44000 62000 71,0 %
Kamalond Primaire 2200 2700 4900 9000 54,4 %
o
Secondaire 18000 16500 34500 50000 69,0 %
Ruashi Primaire 3000 3300 6300 12000 52,5 %
Secondaire 21000 19000 40000 58000 69,0 %
Source : Rapport de l’INS-RDC, 2024
Ce tableau montre que le TBS ( taux brut de scolarisation) est plus élevé au secondaire q’au
primaire avec des taux allant de 69% à 75% au secondaire, contre environ 52% à 56% au
primaire. Les filles bien qu’étant légèrement moins nombreuses que les garçcons, sont
fortement représentées, traduisant un certain équilibre entre les sexes. Toutefois, malgré ces
efforts, une part importante des filles en âge scolaire reste non scolarisée.
L’accès à l’éductation d’une fille peut avoir des conséquences vertueuses allant bien au-delà
de la justice et de l’équité. Une femme instruite est un atout pour la société car sur elle repose
l’éduaction de l’enfant. Puisque tel est un impératif, dans le présent travail nous allons
analyser les divers facteurs mis en l’œuvre pour favoriser la scolarisation des jeunes filles et
leur émancipation sociale.
D ou notre question de depart : comment les normes culturelles et les attitudes communautaire
influencent elles la scolarisation des jeunes filles dans la region de lubumbashi ?
1. REVUE DE LITTERATURE
Webster et Watson (2002): une revue de literature est un examen des travaux anterieurs sur un
sujet, permettant de developer une comprehension approfondie des enjeux et des theories en
jeu. Nous avons pu examiner certains travaux anterieurs ayant trait a notre travail dont voice
quelques-uns:
La scolarisation des jeunes filles est un enjeu majeur dans de nombreux pays, notamment en
Afrique. Selon UNESCO (2015), l'éducation des filles est essentielle pour le développement
socio-économique, car elle contribue à réduire la pauvreté et à promouvoir l'égalité des
genres. Cependant, plusieurs études montrent que des obstacles persistent.
BAKER ET LETENDRE (2005) soulignent que les facteurs socio-économiques, tels que le
niveau de revenu familial et l'accès aux ressources, jouent un rôle crucial dans la décision de
scolariser les filles. Ce constat est corroboré par MINGAT ET TAN (2003), qui affirment que
les familles à faible revenu sont souvent moins enclines à investir dans l'éducation des filles,
préférant parfois privilégier les garçons.
Sur le plan culturel, KABEER (2005) met en avant l'impact des normes sociales qui limitent
les opportunités éducatives des filles. Elle argue que dans certaines communautés, les
attitudes traditionnelles peuvent dissuader les familles de scolariser leurs filles, renforçant
ainsi les inégalités. Ce point est également soutenu par CHOWDHURY (2010), qui montre
que les croyances culturelles peuvent créer des barrières significatives à l'éducation des filles.
En ce qui concerne les institutions, WORLD BANK (2018) souligne que des politiques
éducatives inadéquates et un manque d'infrastructures scolaires adaptées contribuent à la
faible scolarisation des filles. Les difficultés d'accès aux écoles, combinées à des
environnements peu accueillants, limitent les opportunités éducatives.
Enfin, l'importance des initiatives communautaires est mise en avant par SULEIMAN ET AL.
(2019), qui montrent que les ONG jouent un rôle clé dans la promotion de l'éducation des
filles en sensibilisant les familles et en fournissant un soutien financier. Ces efforts peuvent
créer des opportunités et atténuer certains des obstacles identifiés.
A la lumiere des travaux precedents, il est essentiel de poser la problematique suivante
2. PROBLEMATIQUE ET QUESTION DE RECHERCHE
Dans le contexte mondial actuel, l’acces des filles à l’éducation s’avère être un enjeu central
du developpement social et plus encore, de la réduction des inégalités de genre constatées
depuis des nombreux années. La femme a durant les dernières décennies était marginalisée,
faisant face à nombreux obstacles quant à son épanouissement, des difficultés quant à son
pârcours scolaire, notamment dans les pays en developpement comme la République
Démocratque du Congo.
La ville de Lubumbashi comprend différentes oragnisations militant pour la promotion, la
vulgarisation ainsi que l’amélioration des droits de la femmes. En depit des efforts déployés,
les indicateurs restent préoccupantes en matière d’accès, de régularité et d’achèvement du
cycle scolaire des filles. Dans cette partie de la RDC où réside une forte concentration des
populations, la jeune fille est d’emblée mise à l’écart suite aux conditions vitales devenant de
plus en plus précaires.
Il existe nombreux facteurs pouvant entraver l’accès à la scolarité des filles et parmi ceux-ci
nous trouvons notamment : la pauvreté des ménages qui expliquerait une baisse du taux de
scolairité des filles, les stéréotypes du genre dans certaines familles jonchées par les
croyances traditionnelles, les charges doméstiques reservant la jeunes fille aux activités
ménagères, les mariages précoces, les violences en milieu scolaire dont sont souvent victimes
certaines filles, etc. Tous ces détermiants expliquent de manière concise le blocage à l’accès
de la jeune fille à la scolarité.
Ainsi la problematique de cette etude est :
Quels sont les facteurs determinants qui influencent la scolarisation des jeunes filles a
lubumbashi et comment interagissent- ils pour créer des obstacles ou des opportunites ?
Pour approfondir notre reflexion sur cette problematique, nous suggerons les hypotheses
suivantes
3. HYPOTHESES
Selon SEM et CORNET (2017, p46) l’hypothèse est l’ensemble des propositions de réponses
à la question de recherche. Il s’agit d'une réponse anticipée, une affirmation provisoire.
Par rapport à notre problématique, nous retenons les hypothèses suivantes :
Les conditions économiques des familles, telles que le revenu et l'accès aux
ressources, influencent directement la décision de scolariser les jeunes filles, créant
des obstacles pour les familles à faible revenu.
Les normes et valeurs culturelles concernant le rôle des filles dans la société limitent
leur accès à l'éducation, entraînant des opportunités inégales par rapport à leurs
homologues masculins.
L'absence ou l'inefficacité des politiques éducatives et des infrastructures scolaires
adaptées impacte négativement la scolarisation des jeunes filles, réduisant ainsi leur
accès à une éducation de qualité.
L'engagement des ONG et des initiatives communautaires favorise la scolarisation des
jeunes filles en sensibilisant les familles et en fournissant des ressources, créant ainsi
des opportunités d'éducation.
4. OBJECTIF DE L ETUDE
L’objectif principal de cette étude est d’analyser la scolarisation des jeunes à Lubumbashi
et d’identifier les lacunes existantes. Plus spécifiquement l’étude vise à :
Identifier les initiatives et programmes en cours
Examiner les facteurs socio- economiques
Proposer des recommandations
Figure 1 Model theorique explicatif
Variables indépendantes
-la conception familiale
variable dépendante Variable expliquée
-la disponibilité de revenu
-la politique publique d’éducation
La scolarisation des filles à lubumbashi
-le soutien des organismes sociaux
-la sensibilisation communautaire
Source : littérature
Tableau 1 operationnalisation des variables
TYPES DES VARIABLES INDICATEUR
VARIABLES
VARIABLES H1 : la conception familiale Niveau d’adhesion aux valeurs et normes
EXPLICATIVES educatives
H2 : la disponibilité de revenu Niveau de revenu familial
H3 : la sensibilisation communautaire Niveau de participation et d’impact des
campagnes de sensibilisation
H4 : la politique publique d’éducation Degre de mise en œuvre des politiques
educatives ciblant l’ egalite des genres
H5 : le soutien des organismes sociaux Niveau d’engagement et d’ impact des
ONG et initiatives communautaires
VARIABLE Scolarisation des filles à lubumbashi Taux de scolarisation des filles
EXPLIQUEE
Source : litterature
En vue de notre objectif, il est necessaire de presenter la demarche methodologie de recherche
5. METHODES ET TECHNIQUES DE RECHERCHE
Etant l’étude des méthodes et techniques, la méthodologie constitue un système d’aide aux
chercheurs en ce qui concerne les procédés et les moyens leurs permettant d’atteindre des
objectifs fixés dans leurs travaux spécifiques avec beaucoup plus de performance.
Raison pour laquelle nous présentons la méthode et la technique utilisée :
a) Méthode
Nous avons utilisé la méthode suivante :
Méthode statistique : consiste à réunir des données chiffrées sur des ensembles
nombreux puis à analyser commenter et critiquer ces données quantitatives (SEM et
CORNET 2017, p46)
b) Technique
Nous avons utilisé la technique suivante :
Technique documentaire : cette technique nous a permis d’analyser certains
documents liés à la gestion des carrières.
Technique d’enquête par sondage : cette technique vise à obtenir des informations sur
les pensées, les comportements, les opinions, les perceptions d’une population donnée.
En outre, il est important de souligner l interet de cette recherche, ainsi que le choix et la
delimitation du sujet, qui se justifient par les elements suivants
6. CHOIX DU SUJET/ INTERET DU SUJET/ DELIMITATION DU SUJET
a. Choix du sujet
Notre choix sur ce sujet s’explique par le souci de comprendre les enjeux autour de la
scolarisation des filles, d’en déterminer les avancées significatives et les défis qu’il reste à
relever pour l’amélioration de la scolarisation des filles.
b. Interet du sujet
Notre intérêt est d explorer les facteurs favorisant l’éducation des filles à Lubumbashi, qui est
motivé par plusieurs raisons telles que la l’exploitation des nouvelles pistes capables de
booster davantage l’éducation féminine, repondre aux diverses préoccupations par rapport à la
retention de la jeune fille à l’école. .
c. Delimitation du sujet
Tout démarche scientifique procède fatalement par un découpage de sa réalité, il n’est pas
possible d’étudier, de parcourir tous les éléments influents jusqu’ aux extrêmes limites de la
terre.
Dans le temps, notre étude va de l’année 2020-2024 car de temps à temps, il y a des
modifications structurelles.
7. DELIMITATION SPATIO TEMPORELLE
Delimitation spatiale
Notre zone géographique concernée pour cette étude c’est la ville de Lubumbashi se trouvant
en République démocratique du Congo.
Delimitation temporelle
Notre étude couvre une période spécifique de ces 5 dernières années.
8. PLAN SOMMAIRE
Hormis la partie introductive et conclusive ce travail sera reparti en trois chapitres,
notamment :
CHAPITRE PREMIER : CADRE CONCEPTUEL ET THEORIQUE
CHAPITRE DEUXIEME : CADRE EMPIRIQUE ET JUSTIFICATION DE LA
METHODOLOGIE
CHAPITRE TROISIEME : PRESENTATION ET ANALYSE DES RESULTATS