Université Hassan II
Ecole Nationale de Commerce et de Gestion de Casablanca
Micro économie
Semestre 1
Professeur: AALLALI
Année universitaire 2021-2022
1
Plan du cours
Partie 2 : Le comportement du consommateur
Section 1 : Les fondateurs de la micro économie : l’école néoclassique
Section 2: Le choix du consommateur
1 - La théorie de l’utilité
2 - La contrainte budgétaire
3 - La courbe d’indifférence
Section 3 : L’équilibre du consommateur
Section 4 : La théorie de la demande
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Objectifs pédagogiques:
1- Comprendre le raisonnement du consommateur
2- Modéliser les préférences du consommateur
3- Déduire à partir des préférences du consommateur, sa
satisfaction
4- Déterminer l’équilibre du consommateur (maximiser sa
satisfaction en fonction de son budget)
5- Etablir la fonction de la demande
Macro
économie
Micro
économie
4
L’économie
==
La nécessité du choix
5
La pensée
économique de
l'antiquité au moyen La pensée classique La pensée socialiste
âge
La pensée
La pensée keynésienne néoclassique : l’analyse
micro économique
Précurseurs de la
pensée économique
Platon Aristote
Antiquité (428 av. J.C., décédé à Athènes en 347 av.
(-384 à -322 av. J. C.)
J.C.)
Moyen
âge Thomas Aquin
Idées économiques de Thomas Aquin
-Tentative de réconcilier l’économique et le religieux-
8
Question 1 : Est-il permis de vendre une Question 2 : Peut-on demander un
chose plus chère qu'on ne l'a achetée ? intérêt si on prête de l'argent à
quelqu'un ?
il n'est pas permis de vendre une chose plus - L'argument du risque
chère ou moins chère que son juste prix qui est - L'argument du manque à gagner
le prix qui permet de rentrer dans ses frais.
-L'argument de la patience ou de l'abstinence
Le mercantilisme
( 16ème siècle - 18ème siècle)
Le mot "mercantiliste" vient de l'italien "mercante" qui signifie "marchand". Cette
doctrine économique prône le développement économique par l'enrichissement
des pays par l’accumulation de l’or, par le commerce et aussi par
l’industrialisation. Elle marque la fin de la prédominance des doctrines de l'Église.
Espagnol
Mercantilisme
Français Anglais
Les physiocrates (18ème siècle)
Littéralement, "physiocratie" signifie "gouvernement". La physiocratie est
l'un des plus importants courants d'idées du XVIIIème siècle. Et cela en
dépit d'une période d'existence assez brève (moins de 20 ans) et du fait
qu’il s’agit d’une école purement française, qui plus est centrée autour d’un
seul maître à penser, François QUESNAY (1694-1774).
La physiocratie naît dans une époque où plus des trois quarts du revenu
national proviennent de l'agriculture mais où celle-ci connaît cependant les
prémices d'un déclin. C'est donc d'abord une réaction contre ce déclin. La
physiocratie arrive aussi après le mercantilisme, qui ont vu la multiplication
et les abus de la réglementation. En effet, sous l’influence mercantiliste
l’Etat a multiplié les réglementations. Il intervient dans l’agriculture en
interdisant ou en limitant certaines cultures.
Les principales idées des physiocrates
Le calcul économique rationnel
La science économique peut en appréhender quantitativement les éléments : « La science
économique s'exerçant sur des objets mesurables est susceptible d'être une science exacte et
d'être soumise au calcul » (Le TROSNE, De l'ordre social). QUESNAY peut être
considéré comme l'un des précurseurs du calcul économique rationnel qui déboucha
par la suite sur la notion de maximisation sous contrainte.
La valeur travail
QUESNAY mesure la valeur des productions à partir de la quantité de travail nécessaire
pour les produire. Le travail humain a une valeur (conception et exécution).
Les principales idées des physiocrates
Le Tableau Economique
Trois classes sociales doivent être distinguées selon QUESNAY que l’on peut assimiler
aux agents économiques : la classe productive, la classe des propriétaires des
terres et la classe stérile formée de tous les citoyens occupés à d'autres services et
à d'autres travaux que ceux de l'agriculture.
Courants de la pensée
économique
Courant Courant
Courant libéral
marxiste keynésien
Classiques Néoclassiques Karl Marx Keynes
L’école classique
Concurrence
Intérêts individuels
Intérêts collectifs de la
concurrence
Allocation optimale des
Mécanisme du marché ressources
La main invisible
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L’école classique
La division du travail
Adam SMITH fut fasciné par le gain prodigieux de
productivité qu'entraînaient la division et la
spécialisation des tâches.
L’école classique
La théorie de la répartition
La théorie classique de la répartition est fondée sur la notion de produit marginal décroissant.
Exemple :
La loi des rendements décroissants.
Les économistes socialistes
A cause de l’absence de coordination entre les agents économiques, l’ajustement
spontané dont parle l’école classique ou la main invisible va engendrer la crise
du capitalisme.
Pour Marx, le capitalisme conduit à des contradictions ("exploitation de l'homme
par l'homme"):
concentration des richesses sur une classe de la société et misère pour
l'autre ;
augmentation de la production sans augmentation de la consommation
provoquant des crises .
Pour résoudre ces contradictions, Marx estime que la prise du pouvoir par le
prolétariat est nécessaire et que cette révolution doit aboutir inéluctablement
à une nouvelle forme de société, le communisme, sans classe et sans Etat,
mettant fin à l’exploitation de l'homme par l'homme et le rendra maître de son
histoire.
L’école
néoclassique
L’école néoclassique
Par opposition aux classiques, qui privilégiaient l'étude de la production de la
richesse, l'analyse néo-classique se concentre sur leur allocation optimale,
c'est-à-dire leur répartition efficiente entre les agents économiques. Cette
allocation optimale se fait à travers l'échange volontaire des ressources entre
les agents économiques, par l'intermédiaire d'un mécanisme de marché. Les
prix des biens se forment sur les marchés et les agents économiques sont
confrontés à ces prix qui sont pour eux des données sur lesquelles ils n'ont
pas d'influence.
WALRAS et la théorie de l’équilibre général
« Existe-t-il un ensemble de prix, un prix pour chaque bien,
qui permet simultanément aux producteurs de maximiser
leurs profits et aux consommateurs de maximiser leurs
satisfaction sachant que toutes les décisions de ces agents
économiques sont interdépendantes ? ».
L’optimum de PARETO
Pareto a introduit la notion d’utilité et que l’individu
rationnel était capable de déterminer le niveau absolu
d’utilité (de satisfaction) que lui procurait la
consommation d’un produit. On supposait donc
implicitement que l’utilité pouvait se mesurer sur une
échelle quantitative.
Les rendements d’échelle d’Alfred MARSHALL
Si les rendements sont croissants, il y a des économies d'échelle et vice-versa.
Le concept d'économie d'échelle remonte à Adam SMITH dans la mesure où
la division du travail est une source importante d'économies d'échelle. Il a
cependant été approfondi par Alfred MARSHALL.
Lorsque la production se fait à grande échelle, les entreprises réalisent des
économies. Plus précisément, le coût moyen baisse. D'où l'appellation
« économies d'échelle ».
L’école keynésienne
Les principales idées économiques de KEYNES
*** La transformation de l'épargne en investissement : C'est le système bancaire et
plus généralement le marché financier qui permet la transformation de l'épargne en
dépense productive (investissement).
*** La dépense moteur de l’activité: la problématique de KEYNES peut être exprimée
sous forme de la question suivante : que faire si les agents économiques n'ont pas
envie de dépenser ?
La croissance économique
Théorie Keynésienne
Ménages Entreprises
Consommation Investissement
Epargne production
Demande intérieur moteur de la
croissance économique
Plan du cours
Partie : Le comportement du consommateur
Section 1 : Les fondateurs de la micro économie : l’école néoclassique
Section 2: Le choix du consommateur
1 - La théorie de l’utilité
2 - La contrainte budgétaire
3 - La courbe d’indifférence
Section 3 : L’équilibre du consommateur
Section 4 : La théorie de la demande
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Hypothèses fondamentales
• Le consommateur est un agent économique rationnel
• Le consommateur cherche à maximiser sa satisfaction
• Le choix du consommateur est dicté par le prix des biens et les ressources
disponibles
• Description des préférences
• L’individualisme méthodologique
« L'individualisme méthodologique est un paradigme des sciences sociales, selon lequel les
phénomènes collectifs peuvent (et doivent) être décrits et expliqués à partir des propriétés et
des actions des individus et de leurs interactions mutuelles (approche ascendante). »
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Clarification de concepts
Relations de
préférences Satisfaction
Panier de
Utilité
biens
Rationalité
Rareté
limitée
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Un panier de biens est un ensemble composé d'un ou de plusieurs produits.
A = (5 ; 2 ; 6 ; 4) est un panier de biens composé de 5 poires, 2 bananes, 6 fraises et 4 kiwis
et B = (3 ; 5 ; 9 ; 2) est un autre panier des mêmes biens
Ahmed préfère le panier A au panier B,
Karim préfère le panier B au panier A.
Pour Sara, ces deux paniers sont équivalents.
A ~ B : indifférent .
A ≿ B : il préfère faiblement A à B.
A > B : préfère A à B.
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Préféré
Non
préféré
Indifférent
*Relation
d’indifférence
Hypothèse intuitive
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Théorie d’utilité
Linéarité
Substituabilité Transitivité
Axiomes
Non Complétude
saturation
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Un axiome (en grec ancien : axioma):
- Principe servant de base à une démonstration,
principe évident en soi;
- Proposition utilisée comme fondement
d’un raisonnement ou d’une théorie mathématique.
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L’analyse économique du consommateur est fondée sur un ensemble d’axiome :
1- Axiome de complétude : le consommateur est toujours capable de faire un choix
entre plusieurs paniers
2- Axiome de linéarité ou principe de comparaison : le consommateur est toujours
capable de comparer les combinaisons A et B.
• Soit qu’il va préféré A à B dans ce cas A ˃B;
• Soit préféré B à A dans ce cas B ˃A
• Soit être indifférent vis-à-vis de A et B dans ce cas A ˷B
3- Axiome de transitivité : en présence de trois combinaisons, cet axiome signifie que si
la combinaison A est préféré à B et B est préféré à C donc A est préféré à C.
A ˃B et B ˃C donc A ˃C
L’analyse économique du consommateur est fondée sur un ensemble d’axiome :
4- Axiome de non saturation: Si les quantités de biens composant la combinaison A sont
plus importante que celles composant la combinaison B. la combinaison A est préférée à
la combinaison B.
5- Axiome de substituabilité : Cet axiome implique la continuité des choix du
consommateur. Cela suppose en cas d’insuffisance d’un bien que le consommateur peut
le compenser par un complément d’un autre bien.
Relation de préférence "complète" :
Soit A ≿ B, soit B ≿ A, soit A ~ B
Relation de préférence "réflexive" :
A ~A
Relation de préférence "transitive" :
A ≿ B et B ≿ C ⇒ A ≿ C
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Relation de préférence (strictement) monotone (vérifiant la non-
saturation) :
A = (2 ;3; 4) et B = (3; 3 ; 4) ⇒ B ≻ A
Relation de préférence (faiblement) monotone :
A = (2 ;3; 4) et B = (3; 3 ; 4) ⇒ A ~ B est possible.
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La fonction d’utilité
Il existe plusieurs types d’utilité :
Utilité totale
Utilité marginale
Utilité cardinale
Utilité ordinale
L’utilité totale: L’utilité totale U d’un bien x mesure la satisfaction globale que
l’individu retire de la consommation de ce bien. Le niveau de U dépend de la
quantité de x, U est donc « fonction» de x :U = U(x). Si on est en présence de
plusieurs biens, l’utilité totale est la somme de l’utilité retirée de la
consommation de chaque bien
U= Ux+Uy+Uz……
La fonction d’utilité varie selon la nature du bien :
Dans le cas d’un bien divisible
La fonction d’utilité prend la forme d’une fonction continue.
U
Utilité totale d’un bien
parfaitement divisible
Dans ce cas, la variable X peut prendre n’importe quelle valeur dans
l’intervalle 0 à l’infini parce que le bien est parfaitement divisible en
miniature. La fonction d’U prend alors la forme suivante d’une fonction
continue.
La fonction d’utilité varie selon la nature du bien :
Dans le cas d’un bien divisible
La fonction d’utilité prend la forme d’une fonction continue.
U
Utilité totale d’un bien
parfaitement divisible
Dans le cas d’un bien indivisible : La fonction d’U prend la forme d’un diagramme en
bâtons.
U Utilité totale d’un
bien indivisible
X
La fonction d’utilité
Il existe un autre type d’U d’un point de vue économique c’est l’Um. C’est la
variation d’une variable suite à la variation d’une autre variable. C’est la
variation de l’UT suite à la variation de la quantité consommée.
Quantité Utilité totale Utilité
consommée marginale
1 10 -
2 19 9
3 27 8
4 34 7
5 34 0
6 32 -2
7 28 -4
Comment calculer l’Um?
Évolution
infinitésimale
Divisibilité
des biens
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Comment calculer l’Um?
Dans le cas d’un bien parfaitement divisible, la variation peut être une unité
comme elle peut être infiniment petite. La formule est la suivante : Umx =
dU/dX
U
Utilité totale d’un bien
parfaitement divisible
X
Comment calculer l’Um?
Dans le cas d’un bien indivisible: l’Um est la variation de l’UT entrainée par une
unité supplémentaire de ce bien. La formule est la suivante : Umx= ∆U/
∆X
U Utilité totale d’un
bien indivisible
X
La dérivée mesure la variation d’une fonction
l’Um mesure l’évolution de l’UT à la marge pour une
variation très petite de la quantité x consommée. Le
terme en économie c’est infinitésimale.
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La fonction d’utilité
Comment évolue l’UT et l’Um ?
Quantité Utilité totale Utilité
consommée marginale
1 10 …..
2 19 9
3 27 8
4 34 7
5 34 0
6 32 -2
7 28 -4
Utilité Utilité
cardinale ordinale
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Exercice 1 :
Nous avons 4 paniers de biens : P1 = (8,6) ; P2 = (9,4) ;
P3 = (7,7) ; P4 = (10,5)
Un consommateur a des relations de préférence tel que :
P1 ˃ P3 P2˃P1 P3 ˃ P4
Peut-on considérer que le choix de ce consommateur comme
étant rationnel ?
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