Diagnostic hydrologique de l'Essonne
Diagnostic hydrologique de l'Essonne
5ème année
Diagnostic hydrologique du bassin de
l’Essonne amont
Je tiens à remercier :
Emmanuel Camplo, mon maître de stage pour l’aide qu’il m’a apporté sur l’utilisation des
différents logiciels utilisés, les différentes relectures de cette étude, ainsi que pour les relevés
de terrain.
Éric Ménard, technicien rivière et Lucie Riant, secrétaire comptable, pour l’ensemble des
informations qu’ils m’ont transmis sur le bassin versant, leurs mémoires sur le syndicat et les
crues, pour les différents documents et aides apportées ainsi que la bonne ambiance pour le
travail lors de la rédaction de cette étude.
Germain Fournier, animateur du contrat Global Essonne amont, pour les multiples
informations transmises ainsi que son aide.
Les secrétaires de mairie et les maires qui ont répondu à mes questions et transmis les
documents nécessaires à cette étude.
L’ensemble des personnes rencontrées ou avec qui j’ai eu un contact téléphonique pour
l’apport des renseignements et informations.
1 Introduction
L’Essonne est un affluent de la Seine en rive gauche et son bassin versant amont (partie loirétaine) de
609 km² s’étend du Sud vers le Nord-Est pour un linéaire 267 km de cours d’eau (Figure 1). Il se
décompose en 3 zones naturelles : à l’amont la forêt domaniale d’Orléans, puis la partie médiane avec
les rivières qui s’écoulent sur le calcaire de Beauce, dans cette zone les rivières Œuf et Rimarde ont été
recalibrées et leurs cours rectifiés, enfin à hauteur d’Escrennes pour l’Œuf et de Yèvre-la-Ville pour la
Rimarde, les vallées deviennent de plus en plus prononcées jusqu’à Boulancourt avec la présence de
marais et de moulins.
La partie loirétaine du bassin versant est gérée par le Syndicat Mixte de l’Œuf, de la Rimarde et de
l’Essonne (SMORE), c’est un établissement public de coopération intercommunale (dans notre cas,
appelé communément syndicat de rivière). Il est issu de la fusion au 1er janvier 2017 du Syndicat Mixte
de l’Œuf et de l’Essonne et du Syndicat Intercommunal d’aménagement du Bassin de la Rimarde, tous
deux créés à l’origine dans l’objectifs d’assainir le bassin versant pour une meilleure exploitation des
terres agricoles.
Avec l’instauration de la Directive Cadre Européenne sur l’Eau (DCE), traduite en droit français par la
Loi sur l’Eau et les Milieux Aquatiques en 2006, les statuts des syndicats se sont progressivement
réorientés vers une gestion de l’eau durable et d’avenir. Suite à la loi Modernisation de l’Action
Publique Territoriale et d’Affirmation des Métropoles (MAPTAM) de 2014 qui créa la Compétence
Gestion des Milieux Aquatiques et Prévention des Inondations pour les collectivités territoriales avec
une prise obligatoire de la compétence au 1er janvier 2018, le SMORE devient pleinement compétent
1
sur son nouveau périmètre (entièreté du bassin versant : vallées et plateaux) sur la problématique de
la gestion des cours d’eau et de ses zones humides.
Le SMORE se compose d’un corps électoral composé par un conseil syndical de 59 délégués au sein
duquel est élu un président M. Anne-Jacques de Bouville et de 5 vice-présidents ainsi qu’un corps
administratif et technique composé : d’une secrétaire administrative et comptable, d’un technicien de
rivières et d’un chargé de mission rivières. Le technicien est en charge du suivi des travaux, des travaux
effectués en régie (ripisylve et gestion des embâcles), du suivi des pollutions alors que le chargé de
mission est en charge de la partie administrative et rédactionnelle des dossiers (Dossier d’Intérêt
Général, Dossier d’Autorisation Environnementale Unique, subventions, rédaction des marchés
publics).
Le bassin versant a subi au cours de son histoire récente différentes crues comme celles de 1910, 1983,
2001-2002 et 2016 qui ont des récurrences différentes. Les précipitations de mai et juin 2016,
particulièrement importantes, ont engendré une crue puis des inondations sur le bassin versant de
l’Essonne et ont conduit le SMORE vers une nécessaire prise en compte de cette problématique. Le
premier constat montre que différents enjeux sont à prendre en compte tels que l’hydrologie du bassin
versant, les maisons et bâtiments inondés, les routes coupées, la mise en eau des vallées sèches, la
culture du risque faible.
Le syndicat a décidé de mener une étude afin de comprendre l’ensemble des phénomènes ayant eu
lieu sur le bassin versant. Cette étude a pour objectifs de préparer les futurs programmes d’actions du
Syndicat concernant la gestion des crues. Elle consistera en l’analyse de l’hydrologie du bassin versant
à partir des données existantes pour comprendre les crues passées, l’étude de la zone inondée en 2016
avec la vérification des Plus Hautes Eaux Connues (PHEC), la modélisation du fonctionnement
hydraulique du lit majeur, et proposera un regard critique sur la culture du risque dans le territoire.
Cette seconde phase passe par le recensement des repères de crue existants et des laisses toujours
présentes en 2018 pour aboutir à l’implantation de repères où ils sont absents au regard de la crue de
mai-juin 2016 dans l’objectif premier d’augmenter la culture du risque ainsi que la résilience de la
population. En effet, la crue de 2016 a marqué les mémoires des populations locales et il est nécessaire
de cultiver cette mémoire pour ne pas oublier ces inondations qui ont une périodicité de retour
centennale. L’ensemble de cette étude s’intègre pleinement dans la préparation futur Programme
d’Actions et de Prévention des Inondations (PAPI) qui sera mis en place sur la période 2019-2024 pour
le bassin versant de l’Essonne.
2 Matériels et méthodes
L’étude visera à produire une analyse des différentes données pluviométriques et hydrologiques pour
obtenir une meilleure connaissance des débits et vitesses d’eau. Suite à une identification des aléas et
des enjeux du territoire, une phase de recherche des marqueurs de crue existants a été faite pour
savoir la zone de l’aléa crue et les enjeux touchés par cet aléa. Il en découlera une carte des Plus Hautes
Eaux Connues indiquant les zones à risques et les vulnérabilités de chaque enjeu en fonction de sa
position sur le territoire.
Plusieurs piézomètres ont été implantés ou sont toujours en fonctionnement sur le bassin
versant (annexe 2) :
2
- Ceux de Ascoux et Attray ont été respectivement en fonctionnement de 1974 jusqu’à 1997 et
2003.
- Ceux de Batilly-en-Gâtinais et de Pithiviers-le-Vieil sont toujours en fonctionnement.
Une comparaison sera faite pour vérifier la cohérence entre les stations officielles de Météo France et
les données pluviométriques recueillies par le syndicat. Cependant, aucun hyétogramme ne pourra
être fait parce que nous disposons uniquement de données journalières à Chambon-la-Forêt et de
l’hydrogramme à Boulancourt. Il serait complètement incohérent de réaliser un hyétogramme avec
des données mensuelles alors que la crue a eu lieu sur 2 semaines. Il manque pour établir un
hyétogramme à minima des données journalières sur le bassin de l’Œuf (les mesures de pluviométrie
à la STEP de Pithiviers commencent lors de la décrue) ou une station de mesure sur la Rimarde.
Le SMORE a réalisé des calculs de volumes d’eau pour la crue en appliquant la formule :
𝑉𝑜𝑙𝑢𝑚𝑒 = 𝑝𝑟é𝑐𝑖𝑝𝑖𝑡𝑎𝑡𝑖𝑜𝑛 ∗ 𝑠𝑢𝑝𝑒𝑟𝑓𝑖𝑐𝑖𝑒
3
2.1.5 Analyse statistiques des débits
Le QMNA (débit mensuel minimal annuel) est le débit d’étiage pour une année donnée et le QMNA5
(débit mensuel quinquennal sec) est le débit mensuel minimal ayant une probabilité de 20% par an de
ne pas être dépassé. Ce sont deux données utilisées par les services de l’Etat et les collectivités
territoriales dans le cadre de travaux sur les milieux aquatiques pour effectuer un calage des lignes
d’eau tant sur les cours d’eau que dans les zones humides. En effet, l’ensemble du cycle hydrologique
de la rivière doit être pris en compte dans les aménagements hydrauliques.
Nous avons décidé d’établir la loi de distribution des débits maximaux annuels pour les 2 stations qui
a pour objectif de pouvoir par la suite faire une estimation des débits lors des crues, pour y parvenir il
a été nécessaire de disposer des débits de pointe annuels pour chaque station. Il faut classer les débits
par ordre croissant, puis attribuer le rang 1 à la plus petite valeur et le rang N à la plus grande. Enfin,
calculer le coefficient de Hazen :
𝑟 − 0,5
𝐹𝑐(𝑄) =
𝑁
avec r comme numéro du rang et N nombre total de rang.
La seconde étape consiste à calculer la variable réduite de Gumbel :
𝑢 = − ln( − ln(Fc))
Pour terminer, sont réalisés la représentation graphique (𝑢 ; débit de pointe annuel) avec l’extraction
de l’équation de la droite de régression ainsi que le coefficient de corrélation (R²).
Des sorties sur le terrain ont été effectuées en constatant les aménagements réalisés par le syndicat,
identifier visuellement les secteurs les plus inondées lors de la crue de mai-juin 2016 aboutissant sur
une meilleure compréhension du bassin versant de par les zones de faible altitude et des faibles pentes
de l’ordre de quelques %0 sur l’ensemble du bassin versant et plus particulièrement la zone amont en
sortie de la forêt d’Orléans. Chaque sortie a permis d’identifier les périmètres de la zone inondée en
2016 (annexe 7) et réfléchir sur les possibilités d’aménagement en amont de ces zones.
Différentes zones humides et d’expansion de crue ont faites l’objet d’aménagement pour un total de
12,3 ha (Tableau 1):
Tableau 1 : Zones humides restaurées par le SMORE avant 2016
4
Les explications données par Mr Éric Menard, technicien rivière présent sur le terrain pendant les crues
et inondations de décembre 2001, février 2002 et de mai-juin 2016 ont permis de comprendre la
dynamique du bassin versant et la progression du pic de crue de mai-juin 2016. Sa connaissance précise
du bassin versant et son important carnet d’adresses (habitants, riverains, agriculteurs, maires) dû au
fait de sa présence au syndicat depuis 1998, son expérience acquise lors de la crue de 2001-2002 lui
ont permis de savoir les zones qui seraient le plus impactées par les inondations, de prévenir la
population et d’opérer la mitigation sur les biens et personnes, c’est-à-dire à l’atténuation des
inondations par différents procédés. Mr Menard a suivi l’onde de crue en 2016 en temps réel tout en
prévenant les maires et habitants situés en aval pour l’évacuation des maisons et autres bâtiments.
Suite aux inondations, il est important de maintenir la mémoire de l’événement pour les générations
futures via les repères de crue. Ce sont des inscriptions de format officiel ou non, gravures, peintures
ou plaques qui sont implantés localement qui symbolise la hauteur d’eau ainsi que la date de
l’événement. Son objectif premier est de rappeler à la population qu’elle soit permanente ou
touristique, la hauteur d’eau maximale qu’il y a eu lors de ladite inondation. Ces repères entretiennent
la culture du risque et la culture du fleuve. Si une population est consciente des risques naturels, elle
verra sa vulnérabilité diminuée et sa résilience augmentée par le fait qu’elle connait les gestes à
adopter en cas de crise et de survenu d’un aléa.
Par le passé, les repères de crue étaient quasi-systématiquement apposés sur les murs des bâtiments
après les inondations puis durant les 30 glorieuses (1945-1973), les aléas naturels ont eu une fréquence
d’apparition plus faible et ce geste de symboliser les inondations s’est perdu avec le temps. Il est
revenu d’actualité avec la loi de 2003 sur les risques avec l’article L563-3 « Dans les zones exposées au
risque d’inondations, le maire, avec l’assistance des services de l’État compétents, procède à
l’inventaire des repères de crues existant sur le territoire communal et établit les repères
correspondant aux crues historiques, aux nouvelles crues exceptionnelles ou aux submersions
marines. La commune ou le groupement de collectivités territoriales compétent matérialisent,
entretiennent et protègent ces repères ».
Il convient de placer les repères sur les axes de passages du public, visibles depuis la voirie et en priorité
sur des bâtiments publics si ce n’est pas possible sur des bâtiments privés mais il sera créé une
servitude d’utilité publique pour l’entretien et la protection de ces ouvrages pour pérenniser dans le
temps ces repères. Dans tous les cas, la détérioration, la destruction et le déplacement de ces marques
est interdite par la loi et passible d’une condamnation pénale. (FAOU, 2005)
Le repère est parfois associé à une échelle limnimétrique permettant d’associer la hauteur de la crue
avec le niveau d’eau en temps réel, ce cas précis est appelé « totem de crue ». La mise en place de ces
« totems » est intéressante pour pouvoir apposer les marqueurs des différentes crues, dans notre cas
à minima 1983 et/ou 2002 et 2016.
Les différentes prospections de terrain et les différentes enquêtes auprès des mairies, des services
techniques (STEP de Pithiviers, communauté de communes de la Forêt, du Pithiverais-Gâtinais) et des
habitants, ont permis d’identifier les repères existants sous toute forme que ce soit (plaque, peinture,
laisses de crue), les laisses de crue (végétaux ou traces sur les murs) et d’atteindre l’exhaustivité utile
au recensement des repères. Les rencontres se sont faites soit par rendez-vous, soit par opportunité
lors des sorties terrain.
Chaque repère a été photographié avec une mire pour mesurer la hauteur d’eau à partir du sol (annexe
5). Par la suite, pour confirmer ou infirmer la carte des PHEC réalisée par les élus locaux, une campagne
topographique (niveau optique et mire) avec l’élaboration de profils en travers du lit majeur aux
emplacements des marqueurs de crue ont été calculés et tracer sous SIG matérialisant la largeur des
PHEC en mai-juin 2016. Ces profils en travers des PHEC ont été confrontés à la carte faite par les élus
au 2ème semestre 2016 pour en vérifier l’exactitude. Une phase auprès des habitants affinant le tracé
des PHEC a été fait et fixé définitivement cette cartographie qui sera utilisé par le SMORE, par les
5
communautés de communes pour l’élaboration des Plans Locaux d’Urbanisme intercommunaux
actuellement en cours d’élaboration sur le territoire. Enfin, les zones inondées non identifiées par les
élus ont été dessinés sous SIG dans le but d’une plus grande précision, d’une meilleure cohérence et
logique de la carte (annexe 7).
Un aléa est un phénomène naturel qui se produit avec chaque année une récurrence donnée.
Un enjeu est une zone où se situe des activités économiques, sociales qui seront concernées pour un
aléa considéré, ils seront donc vulnérables. La vulnérabilité est le fait pour un enjeu d’être impacté
par un aléa.
Le risque est la multiplication de l’aléa par le produit de l’enjeu et de la vulnérabilité soit :
𝑅𝑖𝑠𝑞𝑢𝑒 = 𝐴𝑙é𝑎 ∗ (𝐸𝑛𝑗𝑒𝑢𝑥 ∗ 𝑉𝑢𝑙𝑛é𝑟𝑎𝑏𝑖𝑙𝑖𝑡é)
L’identification des enjeux à partir de la base de données topographique de l’IGN (BD TOPO) a permis
d’identifier l’ensemble des bâtiments référencés sur le territoire et de définir leur vulnérabilité par une
intersection (sur SIG) avec la zones d’inondation. Cette dernière a été définie à partir des cartes des
inondations établies par le SMORE et les élus.
La vulnérabilité territoriale du bassin versant a été étudiée plus précisément, nous avons
choisi d’utiliser la méthode ISSAIP (Thomas, 2017). Cette méthode d’analyse consiste en une
mesure de la vulnérabilité grâce à un indice basé sur l’addition d’indicateurs pondérés. Chacun
des indicateurs est pondéré selon son impact sur la vulnérabilité de la ville. Ainsi, les
indicateurs qui accentuent la vulnérabilité vont se voir attribuer une pondération positive
entre 1 et 4. La sélection des indicateurs s’est faite sur les indicateurs utilisés par Isabelle
Thomas dans son “Évaluation de la vulnérabilité aux inondations, Développement d’un indice
de vulnérabilité” (Thomas, 2017), nous avons conservé 18 indicateurs pour la vulnérabilité
territoriale. Pour celle-ci, nous avons séparé le bassin versant de l’Essonne amont en 3 zones
délimités par les 3 sous-bassins versants que sont l’Œuf, la Rimarde et l’Essonne. La
vulnérabilité territoriale se base sur le nombre de bâtiments ainsi que leurs types. Nous avons
donc recensé et comptabilisé tous les types de bâtiments par zone. Ensuite, de la même
manière que précédemment, nous avons pondéré les bâtiments en fonction de leur
importance. L’indice correspond à l’addition du nombre de bâtiments, multiplié par sa
pondération. Pour cette vulnérabilité, les zones sont comparées entre elles afin de déterminer
laquelle des trois est la plus vulnérable et où il est nécessaire d’investir pour protéger les biens
et personnes en fonction des enjeux présents.
Les préconisations devront être en cohérence avec le SAGE Nappe de Beauce et milieux
associés approuvé par la Commission Locale de l’Eau en juin 2013 de par les objectifs,
dispositions et actions appliqués aux milieux aquatiques. Les préconisations devront
également respecter la réglementation portant sur les Programmes d’Action et de Prévention
des Inondations avec une réduction de la vulnérabilité avec les axes 1 à 5, promouvoir les
alternatives aux ouvrages hydrauliques et aux digues avec les axes 6 et 7.
Enfin, un Plan de Prévention du Risque Inondation a été approuvé en 2012 par le préfet. La
zone soumise au PPRI s’étend de La Neuville-sur-Essonne à Augerville-la-Rivière. Le fait de
n’avoir pas pris en compte l’aléa crue cartographié l’œuf et la Rimarde, fait que le risque
inondation n’est pris en compte dans aucun document d’urbanisme sur les communes
6
traversées par ces 2 rivières. Pour exemple, la ville de Pithiviers qui édite son DICRIM en janvier
2016 (5 mois avant les inondations) sans inscrire à aucun moment ce risque.
Enfin pour affiner les résultats, la carte des routes départementales coupées pendant les
inondations, établie par le conseil départemental du Loiret a été consultée (annexe 6).
2.3 Modélisation
La modélisation a été réalisée sur SIG via le logiciel QGIS et l’extension Rivergis (plugin du
logiciel HEC-RAS sous QGIS). Une base de données ainsi qu’un schéma ont été créés.
Après création d’un raster virtuel affichant le MNT, différents tracés ont été fait : tout d’abord
le chenal du cours d’eau en partant de la base de données dont le syndicat dispose (BD_TOPO,
modifié avec des précisions), puis les berges rives gauche et rive droite, enfin l’espace du lit
majeur.
Ces préconisations devront être en accord avec le Sage Nappe de Beauce (Annexe 1) et ses orientations
concernant les milieux aquatiques (Tableau 2) :
Tableau 2 : Récapitulatif du SAGE en lien avec l'étude
7
n°44 : réaliser des plans de lutte
contre les inondations sur les
secteurs à enjeux forts
Il a été décidé d’établir 3 priorités avec dans chacune plusieurs actions à mettre en œuvre. Ces
préconisations entrant dans le cadre législatif du futur PAPI Essonne 2019-2024 porté par l’EPTB Seine
Grands Lacs.
Les axes du PAPI Essonne2019-2024 sont définis par le Ministère de la Transition Ecologique et
Solidaire tels que :
Axe 1 : Amélioration de la connaissance et de la conscience du risque
Axe 2 : La surveillance, la prévision des crues et des inondations
Axe 3 : L’alerte et la gestion de crise
Axe 4 : Prise en compte du risque inondation dans les documents d’urbanisme
Axe 5 : Actions de réduction de la vulnérabilité des personnes et des biens
Axe 6 : La gestion des écoulements
Axe 7 : La gestion des ouvrages de protection hydrauliques
3 Résultats et discussion
Suite aux inondations, un rapport a été rédigé par le ministère de l’écologie où il est fait référence à
l’Essonne « Le cas de l’Essonne est intéressant. La montée des eaux a été tardive, alors que les
précipitations avaient cessé et que la décrue était amorcée sur les autres cours d’eau. La lenteur des
réactions de la nappe de Beauce qui alimente la rivière l’explique à priori logiquement et ce
comportement est bien connu du service de prévision des crues. » (CGEDD, 2016). Cette phrase
démontre bien la lente montée des eaux, qui est un élément important pour les différents services
techniques (syndicats comme communaux). Ils peuvent ainsi avertir la population avant la montée des
eaux, cette dernière étant prévenue à l’avance de la future montée des eaux.
8
interrogations sont à soulever sur les données pour Chemault car mesurant moins de précipitations
sur l’année 2016 (100 mm) alors que situé géographiquement entre Nibelle et Nancray-sur-Rimarde
(880 mm pour Nancray-sur-Rimarde et 873 mm pour Nibelle).
200
Précipitations (mm)
150
100
50
Mois
Pithiviers-le-vieil Bouilly / Mareau Nancray-sur-Rimarde Nibelle
Neuville-aux-Bois Puiseaux Chemault
Chilleurs-
Ville Chambon-la-Forêt Pithiviers-le-Vieil
aux-Bois
Etang des Station chez Mr
Météo Météo Patureaux Météo Eric Menard
Stations
France France (station France (station
autonome) manuelle)
Périodes
28 mai au
129 159 152,4 137 130
1er juin
28 mai au Aucune
139 170 162,4 146
3 juin donnée
9
L’étude plus précise de la station manuelle à Pithiviers-le-Vieil (Figure 3) montre que les précipitations
ont une moyenne mensuelle de 57 mm, les précipitations qui ont engendrées la crue de 2016 sont en
orange, le cumul de ces deux mois aboutit à des précipitations 6 fois plus importantes que la normale.
Pluviométrie à Pithiviers-Vieil
250
195
200
Pluie en mm
150
103
100
50
0
octobre
octobre
octobre
octobre
octobre
octobre
janvier
janvier
janvier
janvier
janvier
janvier
janvier
avril
avril
avril
avril
avril
avril
avril
juillet
juillet
juillet
juillet
juillet
juillet
juillet
2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018
Date
Source : SMORE
Les enregistrements réalisés dans le cadre de l’étude de l’Etang des Pâtureaux confirment la
récurrence de la crue sur la Rimarde (Figure 4). Le niveau d’eau dans les deux étangs suivis a augmenté
et il s’est produit un déversement dans la Petite Rimarde avec une rupture partielle de la digue au droit
de la Route Départementale. Cependant, cette dernière n’a pas été submergée (M. Blondeau, riverain
de l’étang, Com. Pers.). La comparaison avec les données SATESE indique une différence de 5 mm pour
les mois de mai-juin 2016 (332 mm à Nancray-sur-Rimarde pour SATESE contre 327 mm à l’étang des
Pâtureaux).
200
150
100
50
0
Date
Pluviométrie Pluviométrie cumulée
Source : SMORE
Pour conclure, le croisement des données entre les stations et la faible différence nous permet de
valider la pertinence des données des stations non officielles.
Le SMORE a estimé les volumes d’eau suivants lors de l’évènement de 2016 (repris dans le livre blanc
du SIARCE (SIARCE, 2016) pour la période entre le 29 mai et le 3 juin :
10
Pour le bassin de la Rimarde :
𝑚3
139 𝑘𝑚2 ∗ 145 000 = 20 155 000 𝑚3
𝑘𝑚²
Pour le bassin de l’œuf :
𝑚3
285 𝑘𝑚2 ∗ 145 000 𝑘𝑚2 = 41 325 000 m3
Les deux stations hydrologiques sont situées sur l’Œuf et l’Essonne (Figure 5). Les données sont
disponibles sur le site de la Banque Hydro [Link]. Aucune station de mesure n’est
située sur la Rimarde, ce qui pose la question des débits s’écoulant tant à l’étiage qu’en crue, il en
découlera uniquement des hypothèses et suggestions des débits sur le bassin versant de la Rimarde.
Le manque de connaissance des débits sur le bassin versant est à souligner. La station de l’Œuf n’est
plus en service, et celle de Boulancourt est située à l’exutoire de l’aire gérée par le SMORE, ce qui
engendre des approximations majeures dans la gestion du risque inondation.
En complément, nous nous sommes intéressés au QMNA pour le relier par la suite au module
et ainsi obtenir une meilleure définition des objectifs à atteindre pour les actions et travaux
sur les zones d’expansion de crue à mettre en place (Tableau 4)(Figure 6). Cette donnée
permet le calage des hauteurs d’eau pour l’alimentation des zones humides et d’expansion de
crue. Actuellement, ce calage est réalisé par rapport au module à Boulancourt à 1,36m 3/s,
mais cette donnée est utilisable uniquement pour les travaux sur l’Essonne, l’Œuf et la
Rimarde ayant des débits différents tout au long de l’année et la superficie de bassin versant
drainé étant différente entre Boulancourt et la zone de travaux considéré. Le module à
Bondaroy est de 0,53m3/s, mais ce débit est influencée par les activités industrielles. Il
apparaît nécessaire d’implanter de nouvelles stations débitmétriques sur le bassin versant
11
pour connaître plus précisément l’hydrologie de ces deux rivières et adapter plus finement les
hauteurs d’eau lors de futurs travaux.
Tableau 4 : QMNA pour les deux stations du bassin versant
Bondaroy Boulancourt
QMNA moyen 0,33 0,65
QMNA mini 0,05 0,02
QMNA max 1 2,34
QMNA médian 0,22 0,46
Ecart-type 0,43 0,54
La figure suivante (Figure 7) représente les débits de pointe par année pour les 2 stations. Cette donnée
nous a permis d’identifier les crues ayant la plus faible probabilité de se produire et qui se sont déroulés
sur le bassin versant. Il s’agit des crues de 1983, 2002 et 2016. Ces 3 crues ont provoqué des
inondations importantes sur le bassin versant, malgré cela une partie de la population ne se souvenait
pas des crues et plus particulièrement celle de 2002 lorsqu’est survenu celle de mai-juin 2016.
La moyenne des ratios du débit de pointe annuel à la station de Bondaroy par rapport à celui mesuré
à Boulancourt pour les épisodes de crues qui se succèdent est de 0,52 [0,28 ; 0 ;72]. Ce ratio a été
calculé avec les débits maximaux annuels entre 1986 et 2010 (11 événements) lorsque les débits
maximaux sont proches et cohérents entre les 2 stations. Ce ratio a été utilisé pour calculer les
événements de 1983 et de 2002, nous avons estimé le débit de l’Essonne en 1983 à 24,09 m3/s et celui
de l’Œuf en 2016 à 19,04m3/s.
40
Débit maximal annuel à Bondaroy et à Boulancourt
35 36,4
30
Débit (m3/s)
25 24,09
20 19,04
15
12,6 12,4
10 10,3
7,63
5 4,77
0
1983
2001
1971
1973
1975
1977
1979
1981
1985
1987
1989
1991
1993
1995
1997
1999
2003
2005
2007
2009
2011
2013
2015
2017
Années
Bondaroy Boulancourt Explications
Figure 7 : Débits maximaux annuels pour les 2 stations
12
Source : Banque Hydro
Les graphiques suivants (Figure 8,Figure 9) représentent le débit de pointe de chaque année en
fonction de la variable de Gumbel. On note que les débits enregistrés de 1983 et de 2016, sont très
élevés et influent sur l’équation de la droite de régression linéaire. Pour Bondaroy, la différence pour
la même abscisse est de 12,6 m3/s réellement contre 8,21 m3/s en appliquant l’équation de la droite.
Ce changement fait varier l’équation qui serait sans l’année 1983 de y = 1,4891x + 2,2766 et avec un
R² de 0,9436.
Pour Boulancourt, La différence est d’autant plus grande vu que le bassin versant augmente avec 36,4
m3/s réellement contre 21,53 m3/s graphiquement. Sans l’année 2016, l’équation est y = 2,6245x +
4,4495 et R²= 0,9802.
8
6
4
2
0
-2,00 -1,00 -2 0,00 1,00 2,00 3,00 4,00
Variable de Gumbel
Bondaroy Linéaire (Bondaroy)
25
20
15
10
5
Boulancourt
0
-2,00 -1,00 0,00
Linéaire 1,00 2,00 3,00 4,00 5,00
(Boulancourt) Variable de Gumbel
Figure 9 : Loi de distribution des débits à Boulancourt
13
distribution des débits, le résultat étant complètement faux et illogique par rapport à l’aléa qui est
survenu en mai-juin 2016.
Les crues de 1983, 2002 et 2016 ont des récurrences importantes, celle de 1983 a une
récurrence entre 50 et 100 ans, celle de 2002 de 50 ans (Étude d’inondabilité, 2011). Le débit
de la crue de 2016 à Boulancourt a été estimé par la DRIEE d’Île de France car la crue a fait
disjoncter le système de mesure. En effet, la Direction Régionale et Interdépartementale de
l’Environnement et de l’Energie d’Île-de France estime que le débit à Boulancourt de
récurrence 50 ans est de 14 à 16 m3/s pour les QJX avec une marge d’erreur entre 14 et 20
m3/s. La récurrence de la crue de 2016 est donc bien supérieure à 100 ans.
La crue de 2016 est représentée à Boulancourt par le graphique suivant entre le 28 mai et le 10 juin.
Le pic de crue a eu lieu le 2 juin à 11h00 avec un débit de 36,4 m3/h (Figure 10).
L’absence de débits sur l’Œuf et la Rimarde sont manquants et ne permettent pas de quantifier
précisément les débits pour ces 2 sous-bassins lors de la crue de 2016, la seule donnée disponible est
la « très légère avance de l’onde de crue de la Rimarde, mais de bien moindre importance que celle de
l’Œuf » (Menard, Comm. Pers., 2016) in SIARCE (2016) à la confluence à La Neuville sur Essonne.
Enfin, la consultation de plusieurs sites gouvernementaux tel que la Base de Données Historiques sur
les Inondations n’a pas permis d’acquérir de nouvelles informations en plus de celles recueillies.
14
/Boulancourt
26/01/1988 27/01/1988
Date et heure Entre 24 et 35
00:00 00:00 à 09:00
débit pic de crue 7/02/1988
3,65 9,16
(m3/s)
Pourcentage débit
Bondaroy 40%
/Boulancourt
06/02/1988 07/02/1988
Date et heure Entre 30 et 32 h
07:00 à 09:00 13:00 à 17:00
Débit pic de crue
12/13/14 février 1988 4,77 10,3
(m3/s)
Pourcentage débit
Bondaroy 46%
/Boulancourt
13/02/1988
12/02/1988 14:00 et
Date et heure Entre 20 et 33 h
18:00 14/02/1988
03:00
En 1988, on remarque que le pic de crue parcourt la distance entre les 2 stations avec une
durée minimale de 20h et maximale de 35h (Tableau 6).
Tableau 6 : Débits et heure des pics de crue en 2001/2002
15
En 2001/2002, on remarque que la crue a parcouru la distance entre les deux stations avec
une durée minimale de 26h et une durée maximale de 30h. La moyenne est de 28h :
V = 20/28 = 0,714 km/h
La vitesse de propagation du pic de crue augmente, cela s’explique par la confluence avec la
Rimarde qui crée un apport d’eau important (non quantifié jusqu’à présent par l’absence de
station débitmétrique).
De plus, pour mesurer la vitesse de propagation de l’onde de crue de 2016, il a été utilisé les
marqueurs de crue présents sur le bassin versant :
Pour l’Œuf, ceux de Mareau-aux-bois datés du 31 mai 2016 et celui d’Estouy daté du 2 juin
2016 soit approximativement 48h. Le linéaire de cours d’eau entre les repères est de 17 700
m. La vitesse de l’onde de crue est de :
V = 17,700⁄48 = 0.369 km/h
Pour la Rimarde, ceux de Nancray-sur-Rimarde daté du 31 mai 2016 et d’Ondreville-sur-
Essonne daté du 2 juin 2016 soit approximativement 48h (Ondreville-sur-Essonne étant à
l’aval d’Estouy). La vitesse de l’onde de crue est de :
V = 21, 2⁄48 = 0,441 km/h
Cette vitesse plus élevée que la précédente s’explique par la confluence avec l’Œuf en amont
d’Ondreville-sur-Essonne.
Nous pouvons considérer que ces vitesses sont faibles ce qui permet de prévenir et de préparer les
populations à risque, les entreprises situées dans les zones d’activités économiques ainsi que les
collectivités publiques pour mettre en place la gestion de crise et activer leur PCS lorsqu’elles en
possèdent un.
Un orage a eu lieu sur Escrennes et Pithiviers l’après-midi du 11 juin 2018 avec 40 mm de pluie
en 25 minutes. Cette précipitation intense a déclenché une crue éclair qui a fait déborder
l’Œuf sur Pithiviers. Le pic de crue a été comptabilisé à la station hydrométrique de
Boulancourt le lendemain mardi 12 juin 2018 à 22h00. On en déduit un temps de parcours de
30,5h et une distance entre les deux points de mesures de 21,4 km ce qui donne la vitesse
suivante :
V = 21,4/30,5 = 0,702 km/h
Les différents calculs permettent d’améliorer la gestion de crue et ainsi de prévoir plus précisément le
pic de crue pour réduire les dommages corporels et matériels tout particulièrement avec les données
de temps 72h entre Mareau-aux-Bois et Estouy, entre Nancray-sur-Rimarde et Ondreville-sur-Essonne
et de 30h entre Bondaroy et Boulancourt. En effet, la connaissance du temps de parcours de l’onde de
crue permet de prévenir et de préparer au mieux l’ensemble de la population (habitants, industriels et
services techniques des communes).
L’épisode pluvieux de juin 2018 permet de confirmer la valeur calculée entre les 2 stations. Ces calculs
montrent que l’Œuf et la Rimarde ont une vitesse similaire, une augmentation des vitesses de l’ordre
de 0,7 km/h a lieu à la confluence. La présence des marais et zones humides tamponnent les volumes
d’eau et on fait l’hypothèse que l’apport d’eau venant des noues et rus sur l’Essonne est stocké dans
les zones humides.
16
des vitesses et une banalisation des habitats. Sur cette partie des échanges permanents ont lieu entre
la rivière et la nappe, on assiste en amont d’Escrennes à des infiltrations dû à une perméabilité avec
un substrat calcaire en surface, la nappe a des résurgences qui fournissent une partie du débit à partir
de Pithiviers/Bondaroy (Telosia, 2013). Il en est de même pour la Rimarde avec une alimentation en
amont de Yèvre-la-Ville faite naturellement par la présence d’une nappe haute et des apports
superficiels par les étangs présents majoritairement en forêt d’Orléans tout au long de l’année.
Enfin à hauteur d’Escrennes pour l’Œuf et de Yèvre-la-Ville pour la Rimarde, les vallées deviennent de
plus en plus prononcées jusqu’à Boulancourt avec la présence de marais et de moulins. La topographie
est variée avec une étendue entre 72m à Boulancourt et 145,48m en forêt d’Orléans (ligne de partage
des eaux entre la Seine et la Loire).
17
Tableau 7 : Débits de plusieurs moulins sur l'Œuf
Capacité hydraulique
Ouvrage Rivière Débit Q10 (m3/s) avant débordement
(m3/s)
Pont du chemin de
Œuf inconnu 6,97
Doureux
Ouvrage Le Petit
Œuf inconnu 22
Monceau
Moulin Gendry Œuf inconnu 8,5
Moulin Farault Œuf 5,88
Moulin de la Rochette Œuf 6,5 12,36
Rocheplatte Œuf 8,2
La modélisation hydraulique est en cours d’élaboration avec comme dernière étape faite les
tracés du chenal, des rives gauche et droite, et des limites du lit majeur ainsi que des profils
en travers (Figure 12 : tracés utilisés pour la modélisation hydrauliqueFigure 12).
18
3.4 Enjeux et vulnérabilités
Source : SMORE
Sur la commune de Neuville-aux Bois, un hameau « le Carrouge Marchandon » (Figure 14) est soumis
à des inondations de la Laye du Nord dès que de fortes précipitations ont lieu. Le bassin versant au
droit du hameau est d’une superficie de 10,76 km² est essentiellement forestier (forêt domaniale). Les
maisons impactées, de construction récente, sont situées dans les altitudes les plus basses du lit
majeur du ru. Elles sont directement impactées dès qu’une crue apparait. Les habitants sont mobilisés
et impliqués sur la question. En témoigne le compte-rendu de la réunion entre les différents acteurs
qui s’est tenue le 15 novembre 2016, au cours de laquelle ils font état de leur vision de la gestion du
cours d’eau visant à évacuer l’eau vers l’aval le plus rapidement possible. D’autres zones bâties sont
cependant présentes à l’aval, comme le village d’Escrennes qui constitue un enjeu fort (confluence des
2 Layes et de l’Œuf). Cela a été confirmé lors d’un entretien avec la communauté de communes de la
Forêt à Neuville-aux-Bois. Lors de cet entretien, les tracés des réseaux de trop plein des deux bassins
d’eau pluviales proche du hameau ont pu être identifiés sur carte. Cela amène à réfléchir sur ces
bassins qui sont toujours pleins et sont vidés lors des précipitations (Menard, Com. Pers.).
D’après l’étude sur les réseaux (Utilities Performances, janvier 2018) le débit de fuite des 2 bassins
cumulés est de 0,7m3/s, c’est-à-dire 50% du module de l’Essonne à Boulancourt, ce qui pose question
sur la fonction et le fonctionnement de ces bassins sont passés sous gestion de la communauté de
communes depuis le 1er janvier 2018. Après un contact avec les services techniques de la ville de
Neuville-aux-Bois (qui avait la compétence jusqu’en 2017), les bassins sont gérés par pompage grâce
à des capteurs de niveau d’eau. Il s’avère que c’est lorsque que le bassin se remplit d’eau en période
pluvieuse que les pompes déclenchent le relargage de l’eau vers la Laye du Nord, or c’est à cette même
période que le niveau d’eau et le débit de la Laye du Nord augmentent. Nous sommes donc en
présence d’une concomitance entre l’augmentation du niveau d’eau de la Laye du Nord et un apport
d’eau des bassins, ce qui engendre sur une pente nulle (0,001%) une crue importante de la Laye et met
en danger les habitations.
19
Figure 14 : Représentation du Carrouge Marchandon
Enfin, la canalisation du bassin « du point du jour » (bassin au Nord) qui se rejette dans la Laye à une
orientation vers l’amont du ruisseau, ce qui augmente l’apport d’eau sur le hameau. Pour résoudre
cette problématique sur Neuville-aux-Bois, différents scénarii doivent être mis en place en
coordination : une modification de la gestion des bassins et des points de rejets, la création d’une zone
humide en rive droite de la Laye au droit du hameau et une opération de sensibilisation des habitants
pour réapprendre à vivre avec la rivière. La modification de la gestion des bassins avec des bassins
tampons via une canalisation sous dimensionnée en sortie doit être mise en place pour réduire les
volumes d’eau dans la Laye et stocker l’eau en attente d’un relargage progressif et non soudain. La
création d’une zone humide pour recréer un effet tampon sur la rivière et permettre un soutien à
l’étiage. Enfin, l’opération de sensibilisation doit être menée car les maisons les plus récentes sont
situées à la même altitude voire en contrebas de la Laye, dans tous les cas quelques soit la gestion et
les actions mises en place, les maisons les plus récentes construites après 1950 ou habitées avec la
transformation de bâtiments d’élevage (étable) en maisons seront à coup sûr inondées. En effet, pour
Neuville-aux-Bois, la décision appartient à la communauté de communes de la Forêt pour basculer vers
un changement de la gestion des bassins d’eaux pluviales, aux habitants d’accepter de vivre au bord
d’un cours d’eau. Une réflexion est en cours avec la révision du Schéma Directeur d’Aménagement des
eaux usées et pluviales.
L’Œuf dans sa traversée de Pithiviers a été canalisé dans un profil en U à 100% bétonné avec un chenal
pour l’étiage lui aussi en béton (Figure 16). Une accélération de l’eau se produit et aggrave le risque
d’inondation à l’aval où sont présents des zones d’activité (maraichage) et des zones résidentielles. Il
s’ajoute à cela la présence d’une canalisation d’eau potable sous le tablier du pont de la rue de
Fricambault (Figure 15). Cette canalisation réduit la section d’écoulement, constitue une zone de
création d’embâcles problématique favorisant la mise en charge du pont et augmentant la ligne d’eau
à l’amont.
Le pont de l’Allée du parc, situé à l’amont, était également équipé d’une canalisation d’assainissement,
posant les mêmes difficultés. Cette canalisation a été déplacée par les services d’assainissement de la
ville au printemps 2018 suite à l’obstruction par des embâcles pendant la crue (La république du
Centre, 27 janvier 2018)
On note également que des canalisations d’eaux pluviales ne sont pas équipées de clapets anti-retour
et se rejettent dans l’Œuf dans la traversée de Pithiviers (IRH, Mars 2011).
20
Figure 15 : Embâcles pont de Fricambault à Pithiviers le 10
juin 2016
Le tableau suivant (Tableau 9) avec le calcul de la section d’écoulement des ponts prouve la diminution
de la section de l’Œuf à Fricambault et explique en partie les inondations dans cette rue. Une réflexion
globale d’aménagement urbain doit être mené. On relève par exemple la présence d’objets divers dans
les jardins ouvriers (propriété de la ville) qui deviennent flottant et obstruent les ponts lors des crues.
Il est envisageable de proposer la mise en œuvre d’une vallée verte (16ha) sur la traversée de l’Œuf
dans Pithiviers. Cela implique un déplacement des jardins ouvriers et des maraichers hors de la vallée
et un projet d’aménagement global de la zone avec une zone récréative en période de basses eaux
pouvant servir de zone d’expansion de crues.
Tableau 9 : Tableau des sections d'écoulements des ponts sur la commune de Pithiviers
Pour la crue de 2002, la ville de Pithiviers a réalisé une carte des plus hautes eaux et dispose aussi d’un
répertoire de photos à différents points de la ville. La digitalisation de cette carte par mes propres soins
a permis de voir la zone d’expansion de la crue en 2002 et de la comparer avec celle de 2016 (Figure
17). Les enjeux et vulnérabilité présents sur la ville sont les habitations, les maraichers, un centre de
formation et de travail pour personnes handicapées et la station d’épuration qui ne comporte aucun
bassin de stockage d’eau usées et est amené en cas de crue à faire des by-pass dès l’entrée de la station
(Gueguen, Com. Pers.) Les zones basses de Pithiviers ont été inondées en 2002 (zones maraichères)
ainsi que quelques maisons avec des garages et sous-sols (maisons pour lesquelles le SMORE avait mis
des réserves sur le permis de construire par rapport au niveau du plancher habitable).
21
Figure 17 : Carte des différentes zones inondées à Pithiviers en fonction de la récurrence de l’aléa
22
Au final, le tableau suivant (Tableau 10) expose la vulnérabilité territoriale du bassin versant, la
vulnérabilité pour le sous bassin de l’Œuf à50% s’explique par la présence de Mareau-aux-Bois et
surtout de l’agglomération de Pithiviers (Pithiviers-le-vieil, Pithiviers et Dadonville) qui est le pôle
urbain du territoire et qui possède le plus de zones à enjeux. Ceci étant il ne faut pas omettre les 2
autres sous bassin-versants avec leur particularité propre à chaque territoire. En effet, la Rimarde peut
avoir des débits élevés en très peu de temps et pour l’Essonne avoir les routes coupées, ce qui bloque
les secours (police et pompiers pour secourir les personnes et les biens.
Tableau 10: Vulnérabilité du bassin versant
Vulnérabilité territoriale
BV Essonne amont Œuf Rimarde Essonne
Valeur Valeur Valeur Valeur
Catégorie Indicateurs Pondération Nombre Nombre Nombre Nombre
pondérée pondérée pondérée pondérée
Habitations 4 189 756 94 376 45 180 50 200
Logements Camping 4 1 4 1 4 0 0 0 0
EHPAD/maisons de retraite 4 0 0 0 0 0 0 0 0
Services de Santé (hôpital) 4 0 0 0 0 0 0 0 0
Puits d'eau potable 4 0 0 0 0 0 0 0 0
Poste transformation électrique 3 3 9 0 0 3 9 0 0
Infrastructures
critiques Police et Gendarmerie 3 0 0 0 0 0 0 0 0
Caserne de pompiers 3 0 0 0 0 0 0 0 0
Station d'épuration 3 6 18 2 6 4 12 0 0
Mairies 3 0 0 0 0 0 0 0 0
Ecoles/Collèges/Lycées 4 0 0 0 0 0 0 0 0
Commerces/Services 2 3 6 1 2 1 2 1 2
Infrastructures
Hôtels 1 0 0 0 0 0 0 0 0
d'intérêts
Industries 1 3 3 3 3 0 0 0 0
Sites d'intérets patrimoniaux 1 4 4 2 2 1 1 1 1
Accès au pont 4 4 16 2 8 1 4 1 4
À la suite de la crue de 2016, une quinzaine de repères de crue ont été placés à l’initiative d’acteurs
locaux (mairies, habitants ou services d’assainissement) ou des laisses de crue vues lors des
prospections sur le territoire.
Ces repères sont intéressants et positionnés à des emplacements visibles pour certaines communes et
d’autres sont accessibles au public mais difficilement observables. Un bon exemple est le lavoir
d’Ondreville-sur-Essonne où Mr Paul Basile (ancien instituteur-secrétaire de mairie à la retraite),
intéressé par la rivière Essonne et a dessiné avec de la peinture 2 repères de crues (1983 et 2016). Pour
1983, ce repère est intéressant car il démontre l’importance de la crue en 1983 comme observé avec
les données débitmétriques de la station de Bondaroy en 1983. Pour 2016, cela permet de confirmer
la hauteur d’eau présente et la récurrence élevée de la crue. Ces deux repères sont situés à l’intérieur
du lavoir sur le mur à hauteur de la charpente et ne sont pas visible depuis aucune des berges.
Concrètement, il est primordial de mettre en valeur les repères les moins visibles par une meilleure
visibilité pour le public tant habitants que les possibles randonneurs ou visiteurs. Pour y parvenir, le
calcul de la côte des repères est nécessaire pour reporter l’altitude sous format officiel à un
emplacement plus visible (chemin de randonnée, pont, aire récréative, face externe du lavoir) qui aura
forcément un plus grand impact sur la mémoire qu’un repère situé à l’intérieur d’un lavoir ou dissimulé
sur un mur peu visible.
23
Un bon exemple pour l’implantation de repères du point de vue de l’emplacement est celui de Mareau-
aux-Bois où les plaques sont situées sur le domaine public et visible par toute personne passant sur la
voirie (Figure 18,Figure 20).
A Ondreville-sur-Essonne (Figure 19), Mr Paul Basile absent pendant la crue de février 2002, ce qui fait
qu’il n’y a pas de marque dans le lavoir pour cette date. Les laisses de crue à Nancray-sur-Rimarde (31
mai 2016 et 14 février 2018) (Figure 21) confirment la hauteur d’eau lors des différentes crues et
précisent la carte de PHEC.
Il est indispensable d’augmenter le nombre de repères (macaron officiel) (Figure 23) sous forme de
« totem de crues » (repère associé à une échelle limnimétrique) (Figure 22).dans les cas où cela est
possible ou sous forme simple (Erreur ! Source du renvoi introuvable.) pour avoir une cohérence des
marqueurs à venir sur l’ensemble du bassin versant Les totems de crue seront implantés en pied de
berge pour mesurer en même temps la hauteur d’eau et voir si les marqueurs des crues précédentes
sont exondés ou inondés.
24
Figure 24 : Macaron simple
Source : 3D-Incrust
Il est envisageable et réalisable de se fixer comme objectif 1 à 3 repères par inondation et par
commune impactée pour cultiver le risque inondation, conserver la mémoire et apprendre sur le long
terme aux habitants à revivre avec les rivières (annexe 9). Cela aura pour but d’augmenter
l’acceptabilité des inondations par les habitants, diminuer leur vulnérabilité et augmenter la résilience.
Il est envisageable et cohérent d’apposer les marqueurs de crue sous format officiel sur les parcours
du chemin de Grande Randonnée 32 qui longent les vallées de l’Œuf et de l’Essonne, inscrit comme
chemin de Paris à Saint Jacques de Compostelle. Plusieurs communes ont des chemins de Petite
Randonnée qui longent les rivières, ces parcours de marche sont aussi intéressants pour y apposer des
marqueurs de crue sur leur itinéraire ou à proximité (annexe 8). Enfin, le comité de tourisme
départemental (antenne du conseil départemental) propose des parcours à vélo dans les vallées.
Les repères « présents » sont en place sur le territoire (9%), devront être entretenus en l’état, les
repères catégorisés comme « report » sont actuellement difficilement ou pas visible du public (16%),
un report sur un support (pile de pont, mur extérieur d’un lavoir ou autre) sera plus approprié. Enfin,
les repères « absents » sont à installer sur le bassin versant (75%), à partir des preuves de la hauteur
d’eau collectées (photos, laisses de crue).
Pour cause, ce graphique (Figure 25) d’après (Egil, 2002) nous démontre l’importance de la mise en
place des marqueurs de crue sur le territoire et du besoin réel de cultiver cette mémoire vive. En 2023,
s’il n’y a aucune action réalisée concrètement sur le terrain, cette mémoire diminuera et finira par se
perdre. L’objectif est d’atteindre un système stable avec une conscience plus élevée que
précédemment mais non identique au système précédent, la différence entre les deux est la prise en
compte du risque via la résilience et la vulnérabilité.
Source : CIPR
Figure 25 : Evolution de la culture du risque après l’aléa
Il faut veiller à ce que dans le temps aucun de ces marqueurs ne disparaissent afin de maintenir leur
fonction de mémoire des inondations passés. C’est le cas des peintures faites à Ondreville-sur-Essonne
ainsi que celle d’Escrennes sur la pile de pont à l’amont rive gauche qui est en juin 2018 en cours de
détérioration naturelle (peinture rouge). Pour y parvenir, l’ensemble des repères existants et laisses
de crue est en cours d’inscription sur le site gouvernemental des repères de crue :
25
Des échelles limnimétriques sont en place sur le bassin versant :
- sur le mur du pont de la rue du gué aux dames à Pithiviers (Figure 27) (rue menant à la station
d’épuration). Cette échelle ne mesure que la hauteur d’eau dans le lit mineur et n’est pas
rehaussée pour lire la hauteur d’eau si une crue de l’Œuf se produit.
- sur le pont d’Augerville-la-Rivière en rive gauche (Figure 26). Cette échelle est située au droit
du pont et permet de voir la hauteur d’eau dans le but de préserver le camping situé à 100
mètres à l’aval en rive droite mais, seulement sur une hauteur d’un mètre.
- -à la station de Boulancourt et sert au calcul débitmétrique de la station.
Il convient d’installer une échelle limnimétrique aux repères déjà existants pour pouvoir mesurer la
hauteur d’eau lors d’une crue et ainsi pouvoir avoir un hydrogramme de crue (hauteur d’eau en
fonction du temps) à l’échelle locale, observer précisément le déplacement de l’onde de crue. Un
interlocuteur par commune pourra être choisie pour effectuer un relevé sur l’échelle lors de la crue et
savoir à quelle heure est atteint le pic. Cette personne devra habiter une maison hors zone inondable
et avoir un accès facile à l’échelle. Plus généralement, l’échelle permettra pour les habitants de savoir
si l’on est à la crue ou à la décrue pour leur simple information avec un maximum d’objectivité par une
lecture de la hauteur d’eau à un moment donné. Cette action d’implantation des différents repères
sur le territoire doit être faite avec la population, pour que celle-ci s’approprie le repère et s’y réfère
dans le futur. Un bon exemple est sur la ville de Paris, où les habitants jugent la hauteur d’eau non pas
avec les repères de crue mais avec la statue du zouave. Il peut être intéressant d’imaginer
l’implantation d’une œuvre d’art à proximité de l’Œuf sur Pithiviers dans le but d’être visible depuis
une voiture. L’œuvre d’art pourrait être implantée à proximité du camping de Pithiviers ou du parc
municipal Bellecour qui ont été inondés en 2016.
Lors des différentes prospections de terrain, aucun repère de crue sous quelque forme que ce soit
pour celles de 1988 et de 2002 n’a été trouvé sur le bassin versant. Une confirmation de la précision
et une correction en cas de réels écarts de la carte des PHEC établie par les élus au pinceau large (établi
au 2nd semestre 2016) a été faite sur le territoire où était implanté des repères dans l’objectif de
confirmer ou non le tracé de la carte. Cette confirmation par l’établissement de profils en travers s’est
révélée nécessaire au droit de plusieurs marqueurs, pour les autres la cohérence entre la carte et la
réalité est correcte.
3.6 Préconisations
26
3.6.1 Priorité 1
3.6.2 Priorité 2
27
devront être systématiques pour améliorer le fonctionnement actuel et permettre une meilleure
gestion du risque. Il devra comporter comme le précise la loi, les emplacements des repères de crue.
Pour rappel, cette préconisation correspond aux axes 1, 3 et 4 et aux actions n°41 et 44 du SAGE.
[Link] Zones d’expansion de crue et diminution du ruissellement
Des zones d’expansion de crue sont à prévoir sur l’Œuf et la Varenne pour diminuer les hauteurs d’eau
à l’amont de Mareau-aux-Bois. Les secteurs forestiers sont à privilégier tout en concertation et
discussion avec les propriétaires. Les 2 possibilités sont les lieux-dit « La Prée » et « la Vente » sur
l’Œuf et les 4 étangs qui se succèdent en amont du village de Courcy-aux-Loges puis l’étang Claquet
sur le Cours d’eau de la Varenne en gérant par un marnage plus important en période hivernale et en
restaurant l’ancien étang Claquet visible sur les cartes cadastrales de l’Etat-Major sous Napoléon III.
L’étang Doulchamp est propriété de l’ONF et les 3 autres sont des propriétés privées tout comme
l’étang Claquet. L’étang originel est toujours dessiné avec les deux parcelles cadastrales et a une
superficie de 5,3 ha, ce qui n’est pas négligeable au regard des enjeux et vulnérabilités situées à l’aval
avec Mareau-aux-Bois puis Escrennes. Les ouvrages maçonnés sont déjà présents actuellement sur le
chemin communal des Gaubertins qui servait de digue à l’ancien étang (SEGI, 2013).
Il devra être fait de même sur la Laye du nord sur la forêt domaniale avec la restauration des gouffres
pour favoriser une infiltration de l’eau dans le substrat calcaire (Syndicat de Pays Beauce Gâtinais en
Pithiverais, 2016). Un travail de collaboration entre le syndicat, les habitants, l’ONF, la commune de
Neuville-aux-Bois et la communauté de commune de la Forêt est primordial et chacun doit travailler
dans l’intérêt général.
Des actions sont aussi à mener sur le bassin de la Rimarde, pour diminuer les vitesses d’écoulement
en cas de crue par des ralentissements dynamiques avec par exemple le reméandrage de la zone à
l’aval du bourg de Courcelles en s’appuyant sur le cadastre actuel entre le pont de la chaussie et le
pont de l’A19 ou bien l’aménagement en cours de l’étang des Pâtureaux à Chambon-la-Forêt.
La vallée de l’Essonne est aussi un lieu propice et adapté à la mise en place des zones d’expansion de
crues comme le faisaient auparavant les zones humides. Un travail de reconnexion de ces dernières en
lien avec le cours d’eau est nécessaire dans ce cas réduisant la hauteur d’eau mais plus spécifiquement
la vulnérabilité des réseaux routiers. Ces derniers servent de voies d’accès aux services de secours
(pompiers, gendarmerie et police) en situation de crise et éviter au final que se reproduise la rupture
de la digue départementale entre Dimancheville et Orville.
L’ensemble des restaurations de zones humides faites par le SMORE à Brinvilliers, Segray, Solvin et
Toussac, Bouville pour l’Œuf ont concouru à réduire les hauteurs d’eau dans les villes et villages en
aval, il est certain que le SMORE a été précurseur en matière de prévention des inondations bien avant
la mise en place de la compétence GEMAPI par la restauration des zones humides sous un double angle
biodiversité/ inondations pour respecter la DCE de 2000 et la DCI de 2007.
La diminution du ruissellement tant rural qu’urbain doit être une priorité pour chacun des acteurs
(syndicat, propriétaires privés, agriculteurs et chambre d’agriculture, service d’eau potable et
d’assainissement, services d’urbanisme, collectivités territoriales, préfecture). En effet, lors de cette
étude, différents points sensibles ont été relevés, ne dépendent pas de la compétence GEMAPI mais
bien des autres acteurs et de leur volonté propre à diminuer le ruissellement et ainsi temporiser les
débits des différents cours d’eau pour réduire les hauteurs d’eau dans les zones vulnérables où les
enjeux sont les plus forts. L’aléa ruissellement pluvial doit être considéré comme un aléa à part entière
et distinct de l’aléa inondations liées à des pluviométries exceptionnelles (MEEM, 2017). La définition
distincte des deux aléas permettra d’engager un nombre d’actions plus importantes, plus valorisantes
et multidisciplinaires. La communauté de communes du Pithiverais-Gâtinais élaborent actuellement
les PLUi d’une part pour les communes de Nibelle, Boiscommun, Chambon-la-Forêt, Nancray-sur-
Rimarde, Saint Michel, Batilly en Gâtinais et Courcelles avec le maintien du bocage en place via un état
28
des lieux, cette action permettra de ne pas accentuer le ruissellement du sol et d’autre part pour les
communes de La Neuville-sur-Essonne, Aulnay-la-Rivière, Ondreville-sur-Essonne, Grangermont,
Boësses, Bromeilles, Briarres-sur-Essonne, Puiseaux, Desmonts, Orville, Dimancheville et Augerville-la-
Rivière inscrit une double action de diminution du ruissellement urbain ainsi que du coefficient
d’imperméabilité avec un couplage sur le zonage des PHEC pour éviter les nouvelles constructions.
Pour rappel, cette préconisation correspond aux axes 5 et 6 at aux actions n°30, 31, 35, 38,39, 42,43
du SAGE.
3.6.3 Priorité 3
29
4 Conclusion
Le bassin versant possède dans ces parties amont et aval des zones intéressantes pour la gestion des
crues et la prévention des inondations qu’ils convient de maintenir, d’entretenir au tout long de
l’année tant par les gestions des végétaux et de la ripisylve que par la maintenance des ouvrages pour
la gestion des différents niveaux d’eaux. Cette gestion mensuelle et annuelle permettra lorsque la crue
survient d’être sûr et certain que les ouvrages sont manœuvrables.
Les vitesses de crue sont lentes sur l’Œuf et la Rimarde (400 mètres par heure) puis augmentent à la
confluence (750 mètres par heure). Cette donnée est primordiale pour le suivi précis du pic de crue et
permet de prévenir la population en temps et en heure pour une évacuation des habitations en
fonction des niveaux d’eau à l’amont et de la précipitation en temps réel grâce aux différents
pluviomètres installés sur le bassin versant (Pithiviers-le-Vieil, Estouy).
Le programme du PAPI Essonne 2019-2024 devra comporter les préconisations écrites dans ce rapport
surtout la priorité 1 qui est indispensable en l’état actuel en août 2018, où il est inconcevable de n’avoir
aucune mesure objective sur le bassin versant (échelles limnimétriques et débitmètres), d’être obligé
d’agir par anticipation via l’unique station à Boulancourt, d’autre part la mise en place des repères et
totem de crue apparait comme vitale sur le territoire pour augmenter la culture du risque. La priorité
2 est en cours de réalisation avec la volonté de la préfecture d’organiser des réunions en septembre
2018 pour les PCS et par le fait que le SMORE a été avant-coureur et novateur avec la restauration des
zones humides sur son périmètre d’action, ce qui a permis de réduire les hauteurs d’eau dans les zones
vulnérables pendant la crue de mai-juin 2016.
Il faudra veiller à une coordination de l’ensemble des acteurs (syndicat, propriétaires privés,
agriculteurs, service d’eau potable et d’assainissement, collectivités territoriales, services de l’Etat) sur
les sujets de ruissellements tant ruraux que urbains qui ne font pas partie en 2018 des compétences
du syndicat, ni indiqués dans la loi MAPTAM mais qui influencent les cours d’eau et où il est impossible
de penser que seul le syndicat doit mettre en œuvre des actions pour limiter les inondations. Chacun
doit intervenir à son échelle pour diminuer les ruissellements, favoriser l’infiltration de l’eau dans les
sols pour le rechargement des nappes avec les différentes techniques connues telles que les noues
végétalisées, les goudrons perméables et infiltrants lors de travaux de réfection de voiries, la mise en
place d’un réseau de haies, la diminution de l’imperméabilisation des sols.
Les compétences acquises au cours du stage sont diverses avec l’analyse de données, la manipulation
de QGIS pour la réalisation de la cartographie, la prospection de terrain concernant les repères de crue.
30
5 Bibliographie
Ouvrages :
BIOTOPE, Rapport méthodologique : Identification et cartographie des zones humides sur le territoire
du Contrat Global d’Actions Essonne amont, en vue de l’intégration de l’enjeu de préservation des
zones humides dans les documents d’urbanisme. Octobre 2016, 130p.
Bureau de la Protection et de la Défense Civile, Préfecture du Loiret, Dossier Départemental
sur les Risques Majeurs, Avril 2018
DRIEE, La directive inondation : un objectif pour la gestion des risques d’inondation sur l’ensemble du
territoire, des outils pour compléter le dispositif actuel Bassin Seine-Normandie. 2012, 2p.
Egil, Thomas. Prévention du risque de dommages liés aux inondations : Mesures générales et leur
efficacité. 2002, [Link] : 3-935324-45-6
FAOU, Béatrice. Les repères de crue : un outil pour entretenir la mémoire du [Link] environnement,
Ecole nationale des Travaux Publics de l’Etat, juin 2005. 150p. [Link]
[Link] [Link]/include/publi/pdf/RepCrues_BFaou.pdf.
HYDROCONCEPT, Etude globale des bassins versants amont de l’Essonne, 2006, 100p.
IRH ingénieur conseil, Etude diagnostic et schéma d’assainissement : recueil de données. Mars 2011,
93p.
IRH ingénieur conseil, Etude d’inondabilité : Rapport d’Etude. Avril 2011, 27p.
Ministère de l’environnement, de l’énergie et de la mer, Direction générale de la prévention
des risques. Cahier des charges PAPI 3. Mars 2017, 61p.
Ministère de l’Ecologie et du Développement Durable, Dossier d’Information sur les Risques Majeurs.
Août 2004, 24p.
Ministère de l’environnement, de l’énergie et de la mer et ministère de l’Intérieur : Inondations de mai
et juin 2016 dans les bassins moyens de la Seine et de la Loire. Février 2017, 210p.
SAGE Nappe de Beauce et ses milieux aquatiques : Plan d’Aménagement et de Gestion Durable, Fiches
Actions. Juin 2013, 126p.
SAGE Nappe de Beauce et ses milieux aquatiques : Plan d’Aménagement et de Gestion Durable, enjeux,
objectifs et moyens. Juin 2013, 89p.
SEGI, RESTAURATION DES CONTINUITES ECOLOGIQUES : CONTOURNEMENT DE L’ETANG CLAQUET A
COURCY-AUX-LOGES. Janvier 2013, 29p.
SIARCE, La Crue de l’Essonne 28 mai 2016 10 juin 2016 : Livre Blanc, juillet 2017, 106p.
Syndicat de Pays Beauce Gâtinais en Pithiverais, Contrat global d’action Essonne amont : Rapport de
synthèse. Septembre 2014, 34p.
Syndicat de Pays Beauce Gâtinais en Pithiverais, Diagnostic des têtes de bassin. 2016, 67p.
Thomas et al., Vulnérabilité sociétale et territoriale aux inondations des communautés de la rivière des
Prairies, Montréal dans le contexte des changements climatiques : enjeux et méthode d'analyse. Mars
2012.
Périodiques :
Les eaux ont envahi le nord-Loiret, La république du Centre, 2 juin 2016.
31
Le pont qui sépare Pithiviers de Dadonville est fermé à la circulation depuis la crue de juin 2016, La
république du Centre, 27 janvier 2018.
Les riverais surveillent la montée de la Laye, Le courrier du Loiret, 22 février 2018,
32
6 Annexes
Annexe 1 : Périmètre de la nappe de Beauce et emplacement des piézomètres
Annexe 2 : Evolution du niveau de la nappe de Beauce sur le bassin versant entre 1974 et
2018
Annexe 3 : Carte de la pluviométrie entre le 28 mai et le 1er juin
Annexe 4 : Carte géologique du bassin versant
Annexe 5 : Photos des repères et laisses de crue de 2016
Annexe 6 : Carte des routes départementales coupées
Annexe 7 : Carte globale des repères de crue
Annexe 8 : Tableau des repères de crues existants et futurs
Annexe 9 : Cartes de l’inondation de mai-juin 2016 et des marqueurs de crues
Annexe 10 : 1ère de couverture du Plan Familial de Mise en Sureté.
33
Annexe 1 : Périmètre de la nappe de Beauce et emplacement des piézomètres
34
Côte NGF (m)
2018
95
97
99
101
103
105
107
109
111
113
115
31/10/1974
31/10/1976
31/10/1978
31/10/1980
31/10/1982
31/10/1984
31/10/1986
Bâtilly-en-Gâtinais
31/10/1988
31/10/1990
31/10/1992
31/10/1994
31/10/1996
Date
31/10/1998
Pithiviers le Vieil
31/10/2000
31/10/2002
31/10/2004
31/10/2006
Ascoux 31/10/2008
31/10/2010
31/10/2012
Altimétrie de la nappe de Beauce
Attray
31/10/2014
31/10/2016
Annexe 2 : Evolution du niveau de la nappe de Beauce sur le bassin versant entre 1974 et
35
Annexe 3 : Carte pluviométrique
36
Annexe 4 : Carte géologique du bassin versant Source : étude Hydroconcept
37
Annexe 5 : Photos des repères et laisses de crue de 2016
Station d’épuration de
Pithiviers
38
Nancray-sur-Rimarde lavoir du bourg 31 mai 2016 Nancray-sur-Rimarde lavoir du bourg 14
février 2018
39
Ondreville-sur-Essonne dans le lavoir rive droite
Ondreville-sur-Essonne Francorville 2 juin 2016
40
Annexe 6 : Carte des routes départementales coupées
41
Annexe 7 : Cartes des repères de crue
42
Annexe 8 : Tableau des repères de crues existants et futurs
Neuville-aux-Bois pont RD Laye du Nord 30/05/2016 à positionner absent officiel totem de crue
pont RD Laye du Sud 30/05/2016 à positionner absent officiel totem de crue
Chilleurs-aux-bois
Château de Chamerolles L'Œuf 30/05/2016 à positionner absent officiel totem de crue GR 32
Courcy-aux-Loges Mairie La Varnelle 30/05/2016 à positionner absent officiel totem de crue PR
Barrière du pont Route de Bouzonville La Varenne 45 31/05/2016 à positionner présent plaque totem de crue proche GR 32
Mareau-aux-bois Pile de pont rive Rue du bourg L’Oeuf 31 31/05/2016 à positionner présent plaque totem de crue GR 32
Carrefour Rte d'Escrennes/Rte d'Athouas La Varenne 31/05/2016 à positionner présent plaque totem de crue proche GR 32
Passerelle aux Murs L’Oeuf 31/05/2016 pas d'intérêt absent officiel repère seul proche GR 32
Escrennes
Pont dans le centre bourg L’Oeuf 31/05/2016 à positionner présent,détérioré,restauration peinture détériorée totem de crue GR 32
Le Monceau / Route d'Escrennes L’Oeuf 31/05/2016 à positionner absent officiel totem de crue aire de pique nique
Pithiviers-le-Vieil Brinvilliers L'Œuf 31/05/2016 à positionner absent officiel totem de crue GR 32
Route de Laas L’Oeuf 31/05/2016 à positionner absent officiel totem de crue GR 32
Bellecour L'Œuf 01/06/2016 à positionner absent officiel totem de crue
Pithiviers Rue de Fricambault L’Oeuf 01/06/2016 à positioner absent officiel totem de crue GR 32
Rue du gué aux dames/STEP L’Oeuf 51;41 01/06/2016 à rehausser report depuis batiment STEP officiel totem de crue
Bondaroy Rue du moulin d'Almont L’Oeuf 01/06/2016 à positionner report depuis la maison officiel totem de crue circuit vélo
Moulin de la Porte L'Œuf 02/06/2016 à positionner absent officiel totem de crue GR 32
Estouy Rue du moulin Paillot L’Oeuf 27 02/06/2016 à positionner présent peinture totem de crue PR sentier de l'œuf/circuit vélo
Château de Bouville L’Oeuf 02/06/2016 à positionner absent officiel totem de crue GR 32 / PR
Nibelle pont route départementale La Rimarde 30/05/2016 à positioner absent officiel totem de crue PR / GR 3B
Chemault pont du bourg La Rimarde 30/05/2016 à positionner absent officiel totem de crue PR
Rte du Péage Ru du Péage 31/05/2016 à positionner absent officiel totem de crue
Chambon-la-forêt
Lavoir Ru du Bourg 31/05/2016 à positionner laisses officiel totem de crue PR foret et sainte radegonde
La Nerville La Rimarde 31/05/2016 à positionner laisses officiel totem de crue PR
Nancray-sur-Rimarde Rue Jules César La Rimarde 178 31/05/2016 laisses, report sur mur extérieur officiel totem de crue PR
à positionner
Lavoir La Rimarde 24 14/02/2018 laisses, report sur mur extérieur officiel totem de crue PR
Lavoir La Rimarde 140,5 31/05/2016 report sur rue du moulin présent, report sur rue du moulin officiel totem de crue PR la fontaine bouillante
Courcelles
A19 rive gauche La Rimarde 175 31/05/2016 pas d'intérêt plaque volée, repositionnement officiel repère seul PR la fontaine bouillante
Rue du moulin La Rimarde 01/06/2016 à positionner absent officiel totem de crue PR
Yèvre-la Ville
Yèvre-le-Chatel La Rimarde 01/06/2016 à positionner absent officiel totem de crue PR / circuit vélo
Aulnay-la-Rivière RD 25 L'Essonne 01/06/2016 à positionner présent, propriété Mme Renard officiel totem de crue
La Neuville sur Essonne RD 26 L'Essonne 02/06/2016 à positionner présent, propriété Mme Renard officiel totem de crue
La Neuville sur Essonne Lavoir Guicherie La Rimarde ? à positionner absent officiel totem de crue GR 32 / PR
La Neuville sur Essonne Route de Macheron Ru Macheron ? à positionner absent officiel totem de crue
Lavoir L'Essonne 76 10/04/1983 à positionner peinture à conserver et officiel circuit vélo
repositionnement lavoir Aulnay totem de crue
Ondreville-sur-Essonne Lavoir L'Essonne 110 02/06/2016 à positionner peinture à conserver et officiel circuit vélo
Francorville L'Essonne 21 02/062016 pas d'intérêt laisses officiel repère seul GR 32/PR
Briarres-sur-Essonne pont Grande rue L'Essonne 02/06/2016 à positionner absent officiel totem de crue PR / circuit vélo
Orville Pont d'Orville L'Essonne 02/06/2016 à positionner absent officiel totem de crue PR / circuit vélo
Augerville-la-Rivière Rue Jacques Cœur L'Essonne 02/06/2016 à rehausser absent officiel totem de crue GR 32 / circuit vélo
Bouilly-en-Gâtinais RD 167 Le Serin 31/05/2016 à positionner absent officiel totem de crue
Bouzonville-aux-Bois Le Bout du monde ? pas d'intérêt absent officiel repère seul
Vrigny La rive du Bois 31/05/2016 pas d'intérêt absent officiel repère seul PR
Santeau Route de la brosse Laye du Sud 31/05/2016 à positionner absent officiel totem de crue
43
Annexe 9 : Cartes de l’inondation de mai-juin 2016 et des marqueurs de crues
44
45
46
47
Annexe 10 : 1ère de couverture du Plan Familial de Mise en Sureté.
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GLOSSAIRE
49
Rémy CHAUMERON
2017-2018
Diagnostic hydrologique du bassin de l’Essonne amont
Récemment, plusieurs crues ont eu lieu en 1983, 2002 et 2016, il est
nécessaire de s’y intéresser pour comprendre le fonctionnement du
bassin versant ainsi que la dynamique des crues lorsqu’elles surviennent.
Pour cela une analyse des débits ainsi que de la topologie du bassin
versant dans son ensemble a été réalisé pour mieux comprendre ces
phénomènes naturels et pouvoir dans le futur avoir une meilleure prise en
compte du risque inondation par les acteurs économiques. Un
programme d’actions s’inscrivant pleinement dans le cadre du futur PAPI
Essonne 2019-2024 a été proposé dans l’objectif double d’une
connaissance plus précise du bassin versant et d’une augmentation de la
résilience de la population locale.
50