1
OPEN UNIVERSITY
of MAURITIUS
Assignment Cover Sheet
Name of Learner Diane Sandrine Elodie CONSTANT
OU Learner ID Number ST000628
Full Programme Title BA(HONS) FRENCH Year Semester
1 2
Name of Part-Time Lecturer Ms Varshika Hurynag
Module Title La guerre dans la littérature du XXeme siècle
Assignment Number 1 Please Tick First Submission Re-sit Re-Submission
as Appropriate Ö
Assignment Due Date 19 April 2025 Date Assignment is Submitted No. of Words: (Where Applicable)
Query from Learner to Part-Time Lecturer
.......................................................................................................................................................................................................................................
.......................................................................................................................................................................................................................................
Learner’s Declaration:
I certify that I have not plagiarised the work of others or participated in unauthorised collaboration when
preparing this assignment. No part of this assignment has been previously submitted as part of another
unit/course. (In case assignment is being submitted by email, the learner must type his/her name in upper-case
letters).
Signature of Learner: ELODIE CONSTANT Date:………………..........................
Table to be filled in by Part-Time Lecturer
Basis of Assessment
(This may change for different assignments) Weighting % Marks Awarded Marker's Comment/s
Presentation and Style 10
Evidence of Reading/Application of Theory 20
Logical Development/Discussion of the Topic 30
Development of Insight 30
Conclusion 10
Total Marks Awarded 100
General Comment and Recommendation:
.......................................................................................................................................................................................................................................
.......................................................................................................................................................................................................................................
.......................................................................................................................................................................................................................................
Signature of Part-Time Lecturer: …………..………….. Date:…………............…….………
2
Table des matières
Définition de la guerre ...................................................................................................... 3
La guerre ; source de traumatisme et de souffrance psychologique ................................... 4
La déchéance de l’homme dans la guerre : une régression morale .................................... 5
L’impact physique de la guerre sur le corps humain .......................................................... 6
Les séquelles ; une guerre qui ne se termine jamais........................................................... 7
Bibliographie .................................................................................................................... 9
3
Définition de la guerre
La guerre se définit comme un conflit armé opposant des groupes organisés, des états, des
pays, des nations, des territoires et des pays entre autres. C’est un affrontement dont le but est
d’imposer la volonté d’un parti a un autre. La guerre implique généralement l’usage de la
force, des combats, des stratégies militaires afin d’atteindre un objectif politique, économique
ou territorial Les représentations de la guerre varient selon les époques et les auteurs : parfois
perçue comme noble ou fondatrice, parfois condamnée pour sa brutalité et ses conséquences
humaines. Les idées divergent concernant la guerre car Héraclite affirme que "La guerre est
commune, et la justice est guerre. Tout est semblable à la guerre, et la guerre est la mère de
toutes choses."1 Joseph de Maistre avance avec l’idée que la guerre est divine, car c’est une
loi du monde. En contrepartie, dans l’extrait de tiré de l’Encyclopédie de Diderot et
d’Alembert, Jaucourt lui, définit la guerre comme un fléau universel. Elle provoque une
déchéance de l’homme, le transformant en un être brisé, privé de repères moraux et sociaux.
Qu’elle que soit sa justification ; offensive ou défensive, elle engendre inévitablement des
maux, des injustices et des désastres. Depuis des siècles, la guerre incite la réflexion des
philosophes, des historiens et des écrivains, qu’elle révèle les pires défauts de l’humanité. En
dénonçant ses ravages, Voltaire sur la même ligne de pensée que Jaucourt, soulignait que « la
guerre est un jeu où les princes s'amusent à tuer des hommes »2, soulignant ainsi l’absurdité
et l’inhumanité de ce fléau. Jaucourt condamne fermement la guerre, il la présente comme
une catastrophe absolue qui ne produit que souffrances et désolation. La guerre a des
conséquences désastreuses sur les villes et campagnes, les familles, les nations et que même
les vainqueurs ne sont pas épargnés. À travers ses propos, nous verrons comment la guerre
entraîne l’homme dans une spirale de souffrance, de brutalisation et de perte de son humanité.
Par ailleurs, Marguerite Duras née Donnadieu livre un témoignage poignant sur les
conséquences et répercussions humaines de la seconde guerre mondiale car elle le vécu
personnellement. L’ouvrage est principalement un journal intime qu’elle aurait rédigé en
1945, alors qu’elle attendait avec angoisse le retour de son mari Robert Antelme, qui arrêté
par la gestapo a été déporté dans un camp de concentration nazi. A travers un style naturel et
introspectif, Marguerite exprime la souffrance de l’attente, la peur de l’absence définitive et
l’horreur de la déshumanisation imposée par la guerre.
Comment la guerre entraine-t-elle une détérioration morale et physique de l’homme, ainsi
1
Héraclite, Fragments, §53, dans Les Fragments traduits par Jean-Paul Dumont, édition Les Belles Lettres,
2015.
4
que des traumatismes profonds, selon le Chevalier de Jaucourt et Marguerite Duras ? Nous
répondrons cette question en quatre axes :
1. La guerre ; source de traumatisme et de souffrance psychologique
2. La déchéance de l’homme ; une régression morale
3. L’impact physique de la guerre sur le corps humain
4. Les séquelles ; une guerre qui ne se termine jamais
La guerre ; source de traumatisme et de souffrance psychologique
Pour commencer, la guerre est décrite par les penseurs des Lumières et les écrivains comme
une force de destruction absolue. Le chevalier de Jaucourt, dans l’article « Guerre » de
L’Encyclopédie, la proscrit fortement comme un phénomène inhumain et dévastateur. Il
qualifie la guerre de « brigandages » autorisés par les nations, mettant en avant qu’elle n’est
que violence et meurtre. Chevalier de Jaucourt insiste sur le fait que la guerre dévaste les
nations, détruits les familles et entraine la désolation. Cette idée est directement illustrée dans
la douleur ou Marguerite Duras dépeint l’attente insupportable d’une femme guettant le
retour de son mari.
Marguerite Duras montre la guerre non seulement comme un conflit militaire mais aussi
comme une souffrance intime et psychologique. La guerre qui consume les sociétés va bien
au-delà des destructions visibles mais met en évidence les traumatismes invisibles et
profonds. L’absence de Robert Antelme, sachant qu’il est emprisonné par les nazis, devient
une torture intérieure : « J’ai choisi de l’attendre comme je l’attends, jusqu’à en mourir »3
Elle explore la souffrance psychologique causée par la guerre, particulièrement l’attente
insupportable du retour de son mari déporté. Elle décrit une angoisse constante, une forme de
violence invisible mais omniprésente. Ce qui illustre les propos de Jaucourt selon lesquels la
guerre n’engendre que « des maux, des injustices et des désastres ».4 Il affirme aussi que la
guerre « déchire l’âme des mères, des épouses et des enfants »5 ou l’on retrouve l’image de
cette femme qui dans ‘la douleur’ ne sait pas si elle retrouvera l’être aimé. L’attente devient
une torture mentale, une souffrance quotidienne qui ronge l’âme. Un état d’esprit qui perdure
et hante les esprits même lorsque la guerre est terminée. « Mon front contre la vitre froide…
Je ne peux plus porter ma tête. Mes jambes, mes bras sont lourds…Ce n’est plus une tête
2
Voltaire, Dictionnaire philosophique, article « Guerre », 1764.
3
Marguerite Duras, La Douleur, Gallimard, 1985
4
Chevalier de Jaucourt, article « Guerre », L’Encyclopédie, Diderot et d’Alembert, 1757.
5
Marguerite Duras, La Douleur, Gallimard, 1985
5
6
mais un abcès. » La narratrice sombre dans une forme d’obsession maladive ; témoin
impuissante, oscillant entre espoir et désespoir. Ce qui souligne l’impact de la guerre sur les
proches qui sont aussi marqués par le désastre, même si le corps n’est pas directement
affecté. Cette expérience rejoint l’idée de Jaucourt, que la guerre n’épargne personne.
Le texte philosophique de Jaucourt centré sur les effets de la guerre, crée un parallèle au
témoignages autobiographique de Duras qui révèle les conséquences individuelles et
collectives, tant pour les déportés que pour ceux qui attendent leur retour. Les deux récits
s’accordent pour démontrer l’impact psychologique de la violence, non seulement pour les
soldats ; ceux qui participent directement mais aussi les témoins de la guerre qui sont tout
autant exposés à ses horreurs.
La déchéance de l’homme dans la guerre : une régression morale
En second lieu, la guerre est non seulement une source de souffrance et de blessures
physiques mais c’est un processus qui dégrade la dignité humaine. La guerre est un processus
qui transforme les hommes en machine qui tue. Jaucourt affirme que la guerre « étouffe la
voix de la nature et la justice. »7 Ils ne se battent pas par haine mais parce qu’ils sont
conditionnés à tuer sans se poser de question. La guerre conduit à la perte de la moralité,
« Elle déprave les mœurs de toutes les nations. »8 Elle ne respecte ni le droit naturel, ni la
morale, ni la foi et ni les sentiments humains.
Dans la douleur, Marguerite fait ressortir cette idée en démontrant comment la guerre pousse
les hommes à la cruauté ; pas seulement les soldats mais les nazis. « Nous sommes dans la
certitude que les Allemands sont des assassins »9 A force d’exécuter des ordres, ils semblent
avoir perdu toute humanité et sont réduits a des machines obéissantes qui exterminent sans
remords. Selon Jean Jacques Rousseau dans son texte le contrat social, il stipule que la guerre
est le produit des états et non des hommes, un produit des institutions politiques ; elle
corrompt les valeurs naturelles10. Simon Weil avance également dans l’Iliade, que la guerre
transforme l’homme en une chose, un objet de destruction et de souffrance ; privés de volonté
et de dignité.11 Tout ceci va a l’encontre des idéaux de progrès humains, de paix et de raison,
Jaucourt y perçoit une régression vers un état primitif, un recul de la civilisation. Ceci peut
6
Marguerite Duras, La Douleur, Gallimard, 1985
7
Chevalier de Jaucourt, article « Guerre », L’Encyclopédie, Diderot et d’Alembert, 1757.
8
Chevalier de Jaucourt, article « Guerre », L’Encyclopédie, Diderot et d’Alembert, 1757.
9
Marguerite Duras, La Douleur, Gallimard, 1985
10
Jean Jacques Rousseau, Du contrat social, Paris, Garnier-Flammarion,
11
Simone Weil, L’iliade, Oeuvres, Paris, Gallimard
6
être aussi perçu comme une rupture avec l’idéal des Lumières, qui valorise l’usage de la
raison.
La guerre transforme les hommes en ombre de ce qu’ils etaient autrefois, vidés de leur
essence et déshumanisés. C’est la déchéance de l’homme, une regression morale et physique.
Les textes de Jaucourt et Duras s’alignent pour démontrer que l’humain devient inhumain
pour pouvoir tuer. Jaucourt dépeint un monde ou l’horreur devient banale, ou la pitié disparait
et ou les pulsions destructrices prennent le dessus sur la raison. La guerre « n’enfante que des
brigandages et des crimes »12. La violence devient une habitude et les hommes afin de
survivre, doivent s’adapter à l’horreur.
L’impact physique de la guerre sur le corps humain
Pour continuer, il est vrai que la guerre laisse des séquelles psychologiques sur l’être humain
mais qu’en est-il de l’impact physique ? Dans l’extrait de Jaucourt, il témoigne que la guerre
« fait plus de misérables qu’elle n’en emporte. »13 Il évoque que les soldats qui survivent à la
guerre sont profondément marqués par des blessures physiques, qui affectent leur capacité à
fonctionner normalement dans la société en d’autres mots la dégradation physique entraine
souvent une dégradation psychologique.
Marguerite Duras dans son récit s’accorde aux pensées de Jaucourt. Elle affirme que la guerre
et les camps concentration détruisent l’être humain. La narratrice décrit l’état de mort
apparente dans lequel elle retrouve son mari Robert Antelme « la peau était devenu du papier
à cigarettes » 14 Duras dans son livre décrit d’une manière violente et sans filtre la déchéance
physique de son mari. Elle utilise un champ lexical de la décomposition « contenu »,
« desséché » pour bien faire ressortir les violences de la guerre, l’effet des camps sur
l’homme. Le corps de Robert est un corps témoin, un corps qui nous démontre les effets
néfastes de la guerre sur le corps « Il devait peser entre trente-sept et trente-huit
kilos…trente-huit kilos repartis sur un corps d’un mètre soixante-dix-huit. »15 Le retour de
Robert, réduit a une silhouette méconnaissable, démontre la manière dont la guerre « étouffe
la voix…de l’humanité »16 Il est amaigri, un squelette vivant, incapable de parler ou de
manger normalement.
12
Chevalier de Jaucourt, article « Guerre », L’Encyclopédie, Diderot et d’Alembert, 1757.
13
Ibid.
14
Marguerite Duras, La Douleur, Gallimard, 1985
15
Ibid.
16
Chevalier de Jaucourt, article « Guerre », L’Encyclopédie, Diderot et d’Alembert, 1757.
7
L’œuvre du Chevalier de Jaucourt et Marguerite Duras se lient pour démontrer l’impact de la
guerre et des camps sur l’êtres humains ; ceux qui l’ont vécu personnellement, c’est à dire les
soldats et les déportés. Robert Antelme qui revient des camps en état de déchéance totale, il
n’est plus que l’ombre de lui-même. Il n’est plus un homme, mais un être affame, à la limite
de l’animalité, dont le corps et l’esprit ont été brises par l’expérience des camps. Comment se
remettre d’un tel traumatisme ? Peut-on jamais vraiment s’en remettre ?
Les séquelles ; une guerre qui ne se termine jamais
Comment se remettre d’un tel traumatisme ? Peut-on réellement tourner la page d’une guerre
qui ne finit jamais ? Pour ceux qui l’ont vécue, la guerre est comme un cycle destructeur dont
il est difficile d’en sortir. Selon Jaucourt, la guerre ne se contente pas de tuer, mais laisse
derrière elle des sociétés ruinées, et des nations corrompues « elle ravage des
campagnes…réduit les villes en poudre »17 La déshumanisation est une conséquence qui
dépasse la période du conflit. La ‘famine’ et la ‘désolation’ sont les résultats et les séquelles
crée par la guerre et les camps de concentration. La guerre ne se termine jamais pour ceux qui
l’ont vécue ; elle laisse des traces indélébiles selon Primo Levi dans son œuvre intitule, ‘ Si
c’est un homme’.
Dans l’œuvre de Marguerite Duras, elle témoigne personnellement des effets de la guerre sur
l’individu. Elle s’infiltre dans la vie de ceux qui sont autour d’elle, les plongeant dans la peur
et l’incertitude. Les survivants sont destinés à porter les séquelles de la violence, qu’elles
soient physiques ou mentales. Un stress post-traumatiques comme la dépression et
l’incapacité de se réadapter à la vie civile. Jaucourt mentionne que la guerre ne faits pas
seulement des morts, mais quelle rends la vie des survivants misérables, en les exposants a
« des tragiques revers de la fortune »18 De même, Duras montre que les séquelles
psychologiques de la guerre peuvent mener à une forme de folie où les individus perdent
leurs repères, c’est un enchainement de souffrances morales qui perdure même après la
signature de paix.
Le chevalier de Jaucourt insiste sur le fait que la guerre fait plus de malheureux qu’elle ne fait
de morts, montrant son impact social durable — chose que Marguerite Duras ne démentira
pas dans son œuvre. L’injustice de la guerre, où les survivants, combattants ou non, sont
condamnés à porter les séquelles de la violence vécue. Cette souffrance ne s’arrête pas avec
17
Chevalier de Jaucourt, article « Guerre », L’Encyclopédie, Diderot et d’Alembert, 1757.
18
Ibid.
8
la fin des combats : elle se prolonge dans les corps affaiblis, dans les esprits traumatisés, dans
les silences.
A l’issu de cette analyse, il convient de mettre à l’évidence que la guerre est un phénomène
destructeur qui ne se limite pas aux champs de bataille. En effet la guerre conduit à une
détérioration morale et physique de l’homme, et génère des traumatismes profonds. A travers
son expérience dans La Douleur, Duras illustre très bien les ravages de la guerre et les camps
de concentration sur l’esprit humain et toute la société, rejoignant ainsi les analyses du
Chevalier de Jaucourt qui lui, condamne la guerre pour ses conséquences inévitables et
dévastatrices. La guerre, pour Duras comme pour Jaucourt, n’est pas seulement une série de
combats, mais un traumatisme qui demeure dans les âmes longtemps après la fin des
hostilités ; la déchéance et les traumatismes de l’homme suite à la guerre.
9
Bibliographie
Ouvrages primaires :
Duras, Marguerite, La Douleur, Paris, POL, 1985.
Jaucourt, Jean-Baptiste de, "Guerre", dans Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des
sciences, des arts et des métiers, Diderot et d'Alembert (dir.), Paris, 1751-1772.
Ouvrages secondaires:
Levi, Primo, Si c’est un homme, Paris, Pocket, 1987.
Héraclite, dans Les Fragments traduits par Jean-Paul Dumont, édition Les Belles Lettres,
2015.
Rousseau, Jean-Jacques, Du Contrat social, Paris, Garnier-Flammarion, 1992.
Voltaire, Dictionnaire philosophique, article « Guerre », 1764.
Weil, Simone, L'Iliade ou le poème de la force, dans Œuvres, Paris, Gallimard, 1999.