Chapitre 2 : Etude de la 2G,3G et 4G
Introduction
Les réseaux mobiles ont connu une évolution rapide et significative au
cours des dernières décennies, passant de la première génération (1G) aux
réseaux actuels de quatrième génération (4G). Les réseaux 2G, 3G et 4G ont
chacun apporté des améliorations considérables en termes de vitesse de
transmission, de qualité de service et de capacité à supporter des applications de
plus en plus complexes. Dans cette étude, nous allons explorer les
caractéristiques, les avantages et les défis de chaque génération de réseaux
mobiles, de la 2G à la 4G, afin de mieux comprendre les tendances et les
perspectives futures pour les réseaux mobiles.
2.1 structure générale de la téléphonie mobile
Avant toute chose, il faut savoir que les réseaux mobiles (2G, 3G et 4G)
reposent sur une structure globalement identique :
Un réseau d’accès radio (RAN : Radio Access Network) :
Intégrant la technologie radio (notamment des antennes), il a pour fonction
d’acheminer les informations depuis l’utilisateur (celui qui utilise son
téléphone) jusqu’au réseau cœur
Un cœur de réseau (appelé souvent Core), qui traite :
De l’acheminement du trafic utilisateurs vers sa destination
De fonctionnalités transverses (ex : identification de l’usager, sécurité,
passerelle avec d’autres réseaux, itinérance …)
2.2 La 2G ou « GSM », une technologie de téléphonie mobile
À ses débuts, la 2G, qui a fait son apparition dans les années 1990, est
une technologie qui répond uniquement au besoin de téléphonie mobile. On ne
parle pas encore de transporter de la data (ou alors marginalement : SMS) et
encore moins d’Internet Mobile.
Son réseau d’accès radio, appelé BSS (Base Station System) est composé
de :
BTS (Base Transceiver Station) : émetteur / récepteur (antenne) gérant une
cellule (c’est-à-dire une zone du territoire)
BSC (Base Station Controller) : station de contrôle qui a un rôle de
concentrateur de flux et de gestion de la ressource radio pour plusieurs BTS.
Son cœur de réseau, appelé NSS (Network Sub-System) est composé
principalement de :
MSC (Mobile services Switching Center) : il gère l’acheminement des
appels à travers le réseau et l’acheminement des données de contrôle (ex :
les données d’identification de l’abonnée), c’est un commutateur de réseau
VLR (Visitor Location Register) : base de données locale qui contient les
profils de tous les abonnés présents dans la zone gérée par le VLR
HLR (Home Location Register) : base de données globale du réseau GSM
(contient les profils des abonnés, leur localisation et des éléments pour la
gestion de la sécurité).
Figure 1 : Architecture du GSM
2.2.1 En attendant la 3G, des évolutions de la 2G : GPRS puis Edge
Suite à la 2G, et dans l’attente de la 3G, le réseau GPRS appelé
également 2,5G a fait son apparition.
Ce réseau présente une modification majeure au niveau du réseau cœur,
il introduit l’utilisation d’un réseau en mode commutation de paquet (comme
Internet) pour le transport de données, en parallèle du réseau en mode circuit
conservé pour l’acheminement des communications téléphoniques.
Dans la commutation de circuit, un circuit virtuel est établi à
l’initialisation de la connexion entre l’émetteur (appelant) et le récepteur
(appelé), en réservant une bande passante sur chacun des liens physiques
utilisés en support à la connexion. La bande passante réservée est alors dédiée
à cette communication pendant l’intégralité de l’échange. Un protocole de
signalisation est nécessaire pour établir le circuit et le relâcher en fin de
communication.
Figure 2 : établissement de liaison 1
Le mode circuit a été la base des réseaux téléphoniques (RTC et
RNIS) pendant de nombreuses années (jusqu’à l’avènement de la Voix sur IP
et de la téléphonie couplée aux box Internet). Les communications
téléphoniques sont effectivement adaptées à la commutation de circuit : une
durée généralement suffisante pour justifier l’établissement d’appel, et un débit
constant. Il a donc naturellement été reconduit dans le GSM pour la téléphonie
mobile.
En revanche, les échanges de données comme sur Internet ne sont pas
adaptés à la commutation de circuit. Leur caractère sporadique, la forte
variabilité des débits (burst) et le besoin d’être toujours connecté s’adaptent
mieux aux réseaux en mode paquet. C’est le choix retenu pour le protocole IP
constituant la base d’Internet.
Figure 3: établissement de liaison 1
C’est l’utilisation d’un mode paquet, qui a permis au réseau GPRS
d’offrir un débit data 8x plus grand que le GSM (passage de 14,4 kbps à
114kbps), et ainsi de commencer à raccorder les mobiles à Internet. Les débits
restent néanmoins insuffisants pour avoir un usage d’Internet similaire à
l’expérience du web sur le réseau Internet fixe (génération de l’ADSL). C’est
le WAP qui est mis en place pour adapter l’expérience utilisateur au débit
disponible sur le mobile.
Figure 4: Architecture du GPRS
À noter que le réseau cœur GPRS (en mode paquet) reste architecturé de
manière similaire au réseau GSM :
Le SGSN, Serving GPRS Support Node, est l’équivalent du MSC
(commutateur) dans le réseau GSM
Le GGSN, Gateway GPRS Support Node, est l’équivalent du GMSC
(passerelle) dans le réseau GSM.
Enfin, la technologie Edge appelée aussi 2,75G, a fait suite à la technologie
GPRS et a permis de tripler le débit du GPRS en améliorant les techniques
radios utilisées sur le réseau d’accès (RAN) sans nécessiter de redéploiement
des BTS (antennes) et des BSC (stations de contrôle).
2.3 La 3G (UMTS)
La 3G, ou UMTS (Universal Mobile Télécommunications System),
marque le passage des systèmes de téléphonie à des systèmes tournés vers des
services multimédia. Elle fait son apparition dans les années 2000. L’objectif
est de débrider les débits pour enfin avoir une expérience d’Internet en mobilité
similaire à celle de l’Internet fixe.
Pour parvenir à franchir un cap en termes de débit, de nouvelles bandes de
fréquences plus larges et de nouvelles techniques radio vont amener
à un renouvellement complet du réseau d’accès radio, appelé UTRAN (UMTS
Terrestrial Radio Access Network). L’UTRAN est composé:
De « Node B », qui correspondent aux BTS (antennes) utilisées dans les
technologies de 2ème génération. Ils permettent de meilleures performances
(meilleurs débits) notamment via une meilleure utilisation des ressources
radio
De RNC (Radio Network Contrôler), équivalent du BSC (station de
contrôle)
À noter que lors du passage à la 3G, le réseau cœur évolue très peu. Dans
son architecture, il est semblable au GPRS et au GSM. Des évolutions
capacitives sont néanmoins nécessaires pour supporter les nouveaux débits du
réseau d’accès radio.
Figure 5: Architecture de l'UMTS
A noter qu’à partir de la 3G on ne parle plus de MS (Mobile Station)
mais de UE (User Equipment), cela marque le passage du GSM au
Smartphone. C’est aussi le vrai démarrage de l’Internet mobile.
Enfin, à l’instar de la 2G, il y eu des évolutions de l’UMTS dans l’attente
de la 4G, permettant de meilleurs débits (HSPA appelé H, HSPA+ appelé H+)
et l’apparition de la diffusion vidéo sur mobile.
2.4 La 4G (LTE)
Network) n’a plus qu’un seul composant appelé e-Node B (Evolved
Node-B). Il regroupe les fonctionnalités portées jusqu’à présent par le couple
RNC / Node B en 3G, ou par le couple BTS / BSC en 2G Le fait de ne plus
avoir de contrôleur centralisé (RNC ou BSC) permet de réduire la latence et
d’augmenter la résilience en supprimant ce SPOC (Single Point Of Failure).
Le réseau cœur, appelé EPC (Evolved Packet Core), est lui entièrement
basé sur la technologie IP (donc commutation de paquets). Le réseau à
commutation de circuit disparait, et les communications voix sont transportées
en IP comme sur l’Internet fixe.
Apparue dans les années 2010, la 4G, ou LTE (Long Term Evolution),
marque une rupture avec les précédentes technologies de réseaux mobiles avec
le renouvellement du réseau d’accès radio d’une part et du réseau cœur d’autre
part.
Le réseau d’accès radio, appelé e-UTRAN (evolved UMTS Terrestrial)
À ses débuts, le réseau 4G basculait le mobile sur le réseau 2G ou 3G.
L’utilisateur perdait alors sa connexion data 4G pendant les appels.
Rapidement, les réseaux cœur 4G ont supportés les flux de téléphonie, ce
service est appelé VoLTE (Voice over LTE). Il permet notamment d’avoir une
qualité de voix nettement supérieur aux communications sur réseau GSM qui
historiquement étaient très fortement compressées pour limiter les débits sur la
partie radio.
Au-delà du fait d’être entièrement IP, l’EPC sépare les équipements qui le
compose en deux rôles distincts :
Ceux utilisés pour acheminer les données utilisateurs (vidéo, mails, …). On
parle de plan de données (Data Plane)
Ceux utilisés pour gérer les données de contrôle propres au fonctionnement
du réseau mobile 4G (identification de l’utilisateurs, sécurité, services
souscrits…) On parle de plan de contrôle (Control Plane).
Les équipements du plan de contrôle sont :
Les HSS (Home Subscriber Server), ayant un rôle similaire au HLR (base de
données centralisée) avec des fonctionnalités supplémentaires
Les MME, qui peuvent être assimilés à une « mémoire cache » régionale du
HSS
Le plan de données est lui composé de :
PGW (Packet Gateway), qui sert d’interface entre le réseau cœur de
l’opérateur (EPC) et Internet
SGW (Serving Gateway), qui est une passerelle régionale entre le réseau
d’accès radio et le PGW.
Ce découplage du plan de données et plan de contrôle va permettre de faire
évoluer chacun au rythme de ses besoins. Le plan de données va surtout
évoluer pour suivre les capacités de données à acheminer, alors que le plan de
contrôle va évoluer pour l’ajout de nouvelles fonctionnalités au sein du réseau.
Cela permet de gérer le « scaling » et la consolidation de manière différente sur
chacun des deux plans.
Figure 6: Architecture de la 4G
Ces technologies de réseaux mobiles se sont succédées mais n’ont
cependant pas marqué la fin de leurs prédécesseurs. Alors que la 2G et la 3G
recouvrent tout le territoire, la 4G elle est encore inégale selon les opérateurs et
selon les régions.
Il y a donc une cohabitation de toutes ces technologies.
Figure 7: Architecture generale
Pour faire suite à cette présentation macroscopique des évolutions de la
2G à la 5G, le prochain article aura pour objectif de présenter la 5G. En
particulier, son architecture ainsi que les technologies envisagées au sein de
l’accès radio et du réseau cœur.
Pour conclure, un résumé des 5 générations de téléphonie mobile :
Figure 8: les caractéristiques de la 2,3 et 4G
Conclusion
En conclusion, l'étude des réseaux mobiles 2G, 3G et 4G a montré que
chaque génération a apporté des améliorations significatives en termes de vitesse
de transmission, de qualité de service et de capacité à supporter des applications
complexes. Les réseaux 2G ont posé les fondements de la communication
mobile, les réseaux 3G ont permis l'accès à des services de données plus
avancés, et les réseaux 4G ont offert des vitesses de transmission élevées et une
qualité de service améliorée. Alors que les réseaux 5G commencent à être
déployés, il est clair que les réseaux mobiles continueront à jouer un rôle clé
dans notre société, en permettant la communication, l'accès à l'information et la
connexion à l'internet. Cette étude a mis en évidence l'importance de
comprendre les caractéristiques et les avantages de chaque génération de réseaux
mobiles, afin de mieux appréhender les tendances et les perspectives futures
pour les réseaux mobiles.