Caractérisation du taux de réticulation
Caractérisation du taux de réticulation
tridimensionnelles
1. Définitions.................................................................................................. A 3 045 - 2
1.1 Gel chimique ................................................................................................ — 2
1.2 Transitions, mise en œuvre et nomenclature technologique .................. — 2
1.3 Quelques termes courants.......................................................................... — 4
2. Synthèse des réseaux : les grands principes ................................... — 4
2.1 Généralités ................................................................................................... — 4
2.2 Polymérisation, polycondensation de petites molécules......................... — 4
2.3 Réticulation de macromolécules ................................................................ — 6
2.4 Réseaux interpénétrés................................................................................. — 7
3. Représentation de la structure du réseau......................................... — 7
3.1 Notion d’unité constitutive du réseau (UCR)............................................. — 7
3.2 UCR de réseaux imparfaits ......................................................................... — 8
4. Caractéristiques du réseau ................................................................... — 10
4.1 Caractéristiques prises en compte par l’UCR............................................ — 10
4.2 Caractéristiques non prises en compte par l’UCR .................................... — 11
5. Méthodes de caractérisation de la densité de réticulation ......... — 12
5.1 À partir d’informations sur la structure chimique .................................... — 12
5.2 À partir des modules à l’état caoutchoutique ........................................... — 13
5.3 À partir de mesures du gonflement dans les solvants............................. — 13
5.4 À partir de mesures de la température de transition vitreuse................. — 14
5.5 À partir d’autres données physico-chimiques .......................................... — 14
Références bibliographiques ......................................................................... — 14
ous nous proposons, après de brefs rappels sur la nature chimique des
N polymères à squelette covalent tridimensionnel, d’initier le lecteur :
— à la représentation des structures de réseau en fonction des données
chimiques sur le système ;
— à la détermination théorique, à partir de ces représentations, des
variables structurales définissant le réseau (comme celle que l’on appelle dans
la pratique – le plus souvent improprement – taux de réticulation) ;
8 - 1993
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1.3 Quelques termes courants Pour passer du taux de réticulation à la densité de réticulation, il
faut faire un certain nombre d’hypothèses sur le mécanisme
chimique.
1.3.1 Thermodurcissable
Par exemple : équivalence des différentes fonctions impliquées
Système chimique qui deviendra thermodurci (ou thermorigide) dans la réaction de réticulation, absence de réactions secondaires,
après réaction chimique. Un thermodurcissable est constitué d’un probabilité nulle de formation de cycles (§ 4.2.1), etc.
ensemble de monomères et/ou prépolymères. Dans certains cas,
l’agent chimique assurant le pontage des prépolymères est appelé
durcisseur.
2. Synthèse des réseaux :
1.3.2 Réticulation, vulcanisation les grands principes
Réaction chimique par laquelle se constitue la macromolécule tri-
dimensionnelle. Vulcanisation est un terme spécifique à l’industrie
2.1 Généralités
des élastomères. On peut aussi rencontrer le terme synonyme rétifi-
cation. Il existe deux grandes voies de synthèse des polymères tridi-
mensionnels.
L’une part exclusivement de petites molécules, le mélange
1.3.3 Réticulat ou vulcanisat réactionnel initial étant généralement un liquide peu visqueux.
Cette voie se prête bien aux techniques de coulée, d’imprégnation
Matériau résultant de l’opération de réticulation ou de vulcanisa- de fibres, etc., à basse pression.
tion. L’autre voie part de macromolécules seules ou en mélange avec
des petites molécules. Dans ce cas, la réticulation est en général opé-
rée après la mise en forme, éventuellement sous pression élevée,
1.3.4 Réseau dans un moule.
Tout l’arsenal des techniques de synthèse disponibles en chimie
Terme le plus souvent utilisé par les physiciens pour désigner la macromoléculaire : polymérisation radicalaire, anionique ou catio-
structure tridimensionnelle. Un réseau est constitué de sous-chaînes nique, polycondensation, copolymérisation/copolycondensation,
(parfois simplement appelées chaînes s’il n’y a pas possibilité de par voies thermique, photochimique, radiochimique..., est utilisé
confusion avec les chaînes de l’éventuel polymère linéaire de pour réaliser des polymères tridimensionnels ; on en trouvera des
départ). Ces sous-chaînes sont unies entre elles par des nœuds. Au exemples dans les différentes monographies de ce traité. Nous
moins trois sous-chaînes aboutissent à un nœud, le nombre de sous- nous contenterons de rappeler brièvement, ici, les grands principes
chaînes par nœuds est appelé fonctionnalité (f) du nœud. de synthèse.
Nota : pour plus de détails, le lecteur pourra se reporter utilement à l’article [A 3 040]
Polymérisation de ce traité et à ceux du traité Génie des procédés.
1.3.5 Densité de réticulation
On emploie ce terme pour exprimer le caractère serré ou, au
contraire, lache du réseau. On peut l’exprimer de différentes 2.2 Polymérisation, polycondensation
manières : de petites molécules
— concentration en nœuds du réseau : n (en mol/ kg) ;
— concentration en sous-chaînes : 1/M c (en mol/ kg) ou On peut, dans ce domaine, citer des exemples d’homopoly-
γ = ρ ⁄ M c (en mol/m3) avec M c masse molaire moyenne des sous- mérisation (esters de diallyle), de copolymérisation (polyesters
chaînes (en kg/ mol) et λ masse volumique du matériau (en kg/m3). insaturés ou vinylesters + styrène), de polycondensation (époxydes-
On peut facilement montrer que : amines, isocyanates-polyols, etc.). La condition pour qu’un réseau
se forme est qu’une partie au-moins de ces molécules aient une
2 fonctionnalité strictement supérieure à 2.
n = ------------
f Mc
nombre d′espèces ayant réagi ■ Dans le cas le plus simple, les réactifs sont initialement en propor-
x = --------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- tion stœchiométrique ; on peut négliger les réactions secondaires et
nombre initial d′espèces disponibles pour la réticulation
la formation de cycles ; toutes les fonctions sont équiréactives à tous
les stades de la réticulation ; alors le taux d’avancement au point de
gel peut être déduit de considérations purement statistiques, par
1.3.7 Remarque exemple par la théorie de Flory-Stockmayer [2].
De façon générale, la densité de réticulation ne peut être déter- 1
(x 0 ) 2 = ----------------------------------------
minée expérimentalement qu’à partir de mesures physiques (f A – 1 )(f B – 1)
comme l’élasticité caoutchoutique par exemple (voir § 5.2).
Par contre, le taux d’avancement de la réticulation est déterminé où f A et f B sont les fonctionnalités des monomères A et B qui
à partir de mesures chimiques : chaleur de réaction, dosage des réagissent entre eux.
groupements apparus et / ou disparus par spectrographie IR, par
RMN, etc. (cf. articles spécialisés dans ce traité).
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Exemple : pour un diépoxyde (f A = 2) réagissant avec une diamine Dans ce cas, la macrogélification (liée au réseau de modules en
primaire (f B = 4), on a : x g = 0,58. formation) est précédée par la microgélification.
Remarque Exemples : polyesters insaturés, résines vinylesters [3].
Pour une molécule donnée, la fonctionnalité peut varier avec le mécanisme
réactionnel de réticulation, par exemple un diépoxyde est difonctionnel vis-à-vis d’une
amine ou d’un diacide, mais tétrafonctionnel vis-à-vis d’un anhydride ou de lui-même
(homopolymérisation). 2.2.2 Problèmes liés à la vitrification
■ Dans le cas de processus en chaîne, x g est plus difficile à calculer
Considérons le cas de la réticulation d’un mélange de petites molé-
car il faut tenir compte de tous les processus d’amorçage, de transfert
cules (ou d’un monomère unique), pour lequel le taux d’avancement
et de terminaison conduisant à des ruptures de la continuité du
au point de gel est x g . La réticulation se traduit par la formation
réseau. Schématiquement, chacun de ces actes chimiques équivaut
de molécules de plus en plus grosses, de sorte que la température
à l’introduction d’une ou de deux molécules monofonctionnelles.
de transition vitreuse T v du mélange réactionnel est une fonction
Dans ce cas, on peut définir, pour un macroradical en croissance, une
croissante du taux d’avancement x. On peut alors être confronté à
probabilité q de former une sous-chaîne de réseau, telle que :
différentes situations résumées sur la figure 6 et commentées
vitesse de propagation ci-après.
q = ----------------------------------------------------------------------
vitesse totale de réaction La température de transition vitreuse T v (x) varie selon la courbe
continue entre T v0 (mélange de monomères) et T v1 (polymère
On peut montrer par la théorie de Flory-Stockmayer que : complètement réticulé).
x g (q ) = A (1 – q)/q
où A dépend essentiellement de la fonctionnalité du monomère.
Par exemple, pour un monomère tétrafonctionnel du type ester
de diallyle, on a A = 1 / 2.
On voit que x g décroît lorsque q augmente, ce qui est effective-
ment observé. Notons que q, donc x g , dépend de la température,
ce qui n’est pas le cas d’une réaction par stades comme la réticula-
tion époxyde-amine.
Dans le cas de processus en chaîne avec q proche de l’unité, le
point de gel correspond à un taux d’avancement très faible. Les
conditions sont alors réunies pour que la réticulation devienne
hétérogène (figure 5).
Des espèces de masse moléculaire élevée se forment très rapi-
dement et ont tendance à précipiter (sous forme plus ou moins
gonflée par le monomère n’ayant pas réagi) pour donner des
microgels qui vont servir de centres de nucléation pour le dévelop-
pement ultérieur de la réticulation (effets autocatalytiques, effet
Tromsdorff d’accélération de la polymérisation par diminution de
la vitesse de terminaison dans la phase précipitée). À la fin, on
obtient une structure de nodules à forte densité de réticulation, bai-
gnant dans une phase internodulaire à faible densité de réticula-
tion (figure 5d ).
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La droite horizontale en tireté correspond à la température à l’infini constituent les critères le plus courants. On peut considérer
laquelle est porté le mélange (T r : température de réaction). que le point de gel est atteint lorsqu’en moyenne on a créé un pont
par chaîne moyenne en poids. La concentration en ponts est donc
■ Dans le cas (a), le mélange est liquide entre x = 0 et x = x g
(point A), puis caoutchoutique entre x = x g et x = 1. La mobilité 1/M p . Il existe deux grandes familles de prépolymères relevant de
moléculaire reste élevée dans tout l’intervalle des taux d’avance- processus de réticulation de macromolécules, présentées ci-après.
ment, la réticulation peut parvenir à son taux d’avancement maxi-
mal (x = 1), à condition bien sûr que le plafond de dégradation (non
représenté) ne soit pas atteint ou dépassé. 2.3.1 Chaînes à extrémités réactives
■ Dans le cas (b), le mélange, d’abord liquide, devient un gel en A L’exemple le plus connu est celui des polyols à extrémités
puis vitreux en B. À l’état vitreux, la cinétique de réticulation devient hydroxyle (OH), que l’on peut polycondenser avec toutes sortes de
contrôlée par la diffusion des espèces réactives : la réaction va se durcisseurs à fonctionnalité strictement supérieure à 2, le cas le plus
ralentir fortement et on ne parviendra même jamais à la transforma- courant étant celui des triisocyanates, conduisant aux polyuré-
tion complète si la température de réticulation est trop faible par thannes-polyéthers :
rapport à T v1 (par exemple, si T r < T v1 – 50 K).
■ Dans le cas (c), le mélange se vitrifie avant de se gélifier. Soit G le
point où vitrification et gélification interviennent en même temps ; si
la température de réaction est très au-dessous de la température cor-
respondant à G, par exemple T r < T (G) – 50 K, la réaction s’arrêtera
avant le point de gel, le mélange pourra être conservé dans cet état
et ultérieurement mis en forme (principe des préimprégnés).
■ Dans le cas (d ), le mélange est vitreux dès le départ et peut être
conservé indéfiniment sans réaction.
Vitrification et gélification peuvent être détectées par des mesures
viscoélasticimétriques, en particulier sur des tresses de fibres de Dans ce cas, c’est la masse moléculaire du polyol qui contrôle la
verre imprégnées de résine et sollicitées en torsion dynamique. densité de réticulation :
L’inventeur de cette méthode, J. K. Gillham, l’a abondamment uti-
— les polyols courts et/ou rigides peuvent conduire à des
lisée pour établir les diagrammes TTT (température, temps, trans-
thermorigides ;
formation) pour de très nombreux systèmes thermodurcissables [4].
— les polyols longs et souples (par exemple le polyté-
traméthylène-glycol) conduisent à des élastomères.
Certains diméthacrylates et certains diépoxydes à longue chaîne,
2.3 Réticulation de macromolécules par exemple ceux de la figure 7, relèvent de cette famille.
Tous les concepts théoriques déjà vus dans le précédent para- 2.3.2 Polymères à groupements latéraux réactifs
graphe s’appliquent aussi en principe à la réticulation des
macromolécules ; cependant, ils présentent souvent un intérêt pra- Ce cas peut être illustré comme suit :
tique plus limité compte tenu des méthodes de mise en œuvre, la
réticulation s’opérant sur l’objet déjà mis en forme.
Par ailleurs, les méthodes de détection de la gélification des macro-
molécules sont souvent différentes : les mesures de viscosité sont
peu utilisées ; par contre, l’apparition d’une fraction insoluble et le
moment où la masse moléculaire moyenne en poids M p tend vers
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Le système stœchiométrique est basé sur 2 moles de diépoxyde et Exemple 4 : polyester insaturé « théorique » (c’est-à-dire sans
1 mole de diamine ; il est alors intéressant de choisir l’UCR basée sur défaut de structure)
1 mole de diamine : Considérons le cas d’un polyester linéaire de longueur infinie, basé
sur un mélange d’acide maléique et d’un diacide saturé
HOOC — P — COOH, copolycondensés avec un diol HO — D — OH
en proportion stœchiométrique et réticulé par un monomère (par
exemple le styrène).
L’UCR pourrait alors être :
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Exemple 5 : polyester insaturé « réel » De même, les densités de réticulation sont données par :
En réalité, la chaîne polyester a une longueur finie (typiquement 5 à
nS
10 unités) telle que celle représentée dans l’exemple 4, mais ses n = --------------------------------------------------- pour r > 1
1 MS–ME
extrémités correspondent à des chaînes pendantes dans le réseau
définitif. Pour rendre compte de ces dernières, on peut utiliser l’UCR 1 + ------ -------------------------
2k MS
suivante : nS
et n ′ = ------------------------------------------------------ pour r < 1
1 MS+ME
1 + --------- -------------------------
2k ′ MS
où n S est la densité de réticulation du système stœchiométrique (r = 1)
M S = 2M E + M A avec ME masse molaire du diépoxyde et MA masse
molaire de la diamine.
Remarque : des relations ci-avant, on peut tirer :
dn
------- ≈ – 2 Bn S pour r > 1
Cette UCR comporte q nœuds de réseau dont q – 2 nœuds dr
tétrafonctionnels et 2 nœuds trifonctionnels (en extrémité de la chaîne et (4 – 2B ) n S pour r < 1
polyester) et 2 chaînes pendantes (extrémités b et b’ ). B étant une constante caractéristique des monomères.
Cette UCR n’est pas représentative de la nature des extrémités de
chaînes, ni des chaînes pendantes liées à l’interruption de la copolymé-
risation moléate-styrène. Ces caractéristiques sont cependant aisé- On peut observer que la densité de réticulation est maximale
ment calculables si l’on dispose des données analytiques dans les conditions stœchiométriques, et qu’elle est plus sensible
correspondantes. à un excès d’époxyde qu’à un excès d’amine.
Le fait que le comportement réel d’un système donné s’écarte
Exemple 6 : réticulation époxyde-amine en proportions non notablement de celui qui est décrit par ces relations peut être
stœchiométriques considéré comme une preuve d’une réticulation incomplète ou
On distinguera les cas de l’excès d’amine (r > 1) et de l’excès compliquée par des réactions secondaires.
d’époxyde (r < 1), r étant le rapport molaire amine / époxyde. Notons aussi que ces relations pourraient être utilisées pour
Nous ne traiterons ici que les cas où r est assez proche de 1 pour estimer l’incidence d’erreurs commises sur le dosage des
que l’on puisse considérer que, dans le cas d’un système constituants de départ.
diépoxyde + diamine primaire :
— si r > 1, les seuls NH en excès appartiennent à des amines
secondaires ;
— si r < 1, chaque époxyde n’ayant pas réagi est séparé des autres
par au moins un nœud de réticulation.
Dans ces conditions, les UCR peuvent être écrites comme indiqué
sur la figure 10.
Le lecteur pourra vérifier que :
1 2–f
k = --- ----------- pour r > 1
4 1–r
1 3r – 2
et k ′ = --- --------------- pour r < 1
4 1–r
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masse molaire d’une sous-chaîne terminée pour deux nœuds soit 1 1 M c∞
(autrement dit d’une sous-chaîne élastiquement active ). --------- = ----------- 1 – ----------
-
Mc M c∞ Mn
γ = 1/M c est le nombre de sous-chaînes par unité de masse (en
mol par unité de masse).
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4.1.4 Autres caractéristiques Ces cycles sont caractérisés par leur taille (par exemple le nombre
de liaisons covalentes constituant leur périmètre). L’architecture du
L’UCR permettra de déterminer la concentration de tout type de réseau serait alors caractérisée par la distribution des tailles de ces
groupement ou liaison qu’il suffira de compter et de rapporter à la cellules. Cette distribution pourrait dépendre du chemin réactionnel
masse molaire M ou au volume molaire V. emprunté par la réticulation pour un système donné.
Cela permettra de déterminer des grandeurs telles que l’énergie Un facteur important, dans ce domaine, nous semble être la
cohésive, la polarisation molaire, le parachor, etc. longeur des sous-chaînes. En effet, la probabilité de fermeture de
petits cycles, pendant la réticulation, devrait être une fonction
décroissante de cette longueur pour des raisons évidentes de proxi-
Rappel : le parachor, utilisé pour caractériser l’adhésivité, est mité des extrémités réactives (figure 12).
défini par la relation : On peut s’attendre à ce que la distribution des tailles de cycles
[ρ] = Mγ1/4/(D – d ) joue un rôle dans le comportement mécanique du matériau, les
plus petits cycles pouvant, par exemple, être des sites de
avec γ tension superficielle, concentration de contraintes. Il n’existe cependant pas de théorie
M masse molaire, susceptible de prendre en compte ce type de facteur dans la pré-
diction de propriétés à l’état vitreux. Les cycles du type 2 chaînes-
D et d densités respectivement à l’état liquide et à l’état 2 nœuds (figure 13) sont particuliers car on peut considérer que
de vapeur. l’une des deux chaînes est élastiquement inactive.
Dans ce cas, si c est le nombre de moles par cycles par unité de
4.2 Caractéristiques non prises masse, M c0 la masse molaire moyenne des sous-chaînes et ν le
nombre de sous-chaînes élastiquement actives par unité de masse,
en compte par l’UCR on peut écrire :
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4.2.2 Morphologie
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Dans le cas idéal, on s’attend à ce que G soit une fonction linéaire avec v 2 et v 20 fractions de volume du polymère dans le mélange
de T, qui permettrait de calculer ( 1/M c ) à partir de (dG / dT ). polymère-solvant, respectivement à l’équilibre de
gonflement et au moment de la réticulation,
On peut observer plusieurs cas de figure (figure 15) commentés
ci-après. V1 volume molaire du solvant,
a ) La courbe expérimentale est proche du cas idéal (courbe I). χ paramètre d’interaction polymère-solvant.
Ce cas est souvent rencontré avec les élastomères industriels. Notons que cette relation ne s’applique en principe qu’aux élas-
tomères, ne serait-ce que parce que la réalisation de mesures de
b) On observe (courbe II) une diminution (et non une augmen- gonflement à l’état caoutchoutique pose toute une série de
tation) de G avec T. Trois raisons peuvent être envisagées : problèmes expérimentaux délicats dans le cas de thermorigides
— les effets enthalpiques ne sont pas négligeables ; (mesures à température élevée).
— les enchevêtrements de chaînes jouent un rôle important ; Une autre source de difficulté d’application de cette relation
— le matériau se dégrade pendant la mesure. réside dans la détermination du coefficient d’interaction χ.
c ) On observe (courbe III) une croissance plus forte que prévue Dans la version la plus simple de la théorie des interactions
de G (T ) ; dans ce cas, le matériau, initialement sous-réticulé, subit polymère-solvant, on a :
une « post-réticulation » dès que sa température dépasse T v (et si
sa mobilité moléculaire est suffisante). V1
χ = --------- ( δ 2 – δ 1 ) 2
Les thermorigides, qui ne satisfont généralement pas aux critères RT
de Flory donnés en début de paragraphe, se comportent très rare- où δ 2 et δ 1 sont les paramètres de solubilité de Hildebrand du
ment comme des réseaux idéaux. Pourtant, les déterminations du polymère et du solvant [6].
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L’expérience montre qu’il est difficile de parvenir à un accord sur avec K FL ≈ K DMF T vL
la valeur de χ.
Nota : pour plus de détails, se reporter à l’article [A 3 050] Polymères en solution, dans
Quelle que soit l’approche choisie, on est conduit à considérer que
ce traité. la contribution des nœuds du réseau à T v est une fonction croissante
de la rigidité des chaînes (en particulier de la concentration en
noyaux aromatiques). C’est essentiellement parce que T v dépend
de façon complexe de la rigidité des chaînes et de la densité de réti-
5.4 À partir de mesures culation que les théoriciens ont une certaine méfiance vis-à-vis des
de la température de transition mesures de T v pour déterminer la densité de réticulation. Cependant
la méthode présente un intérêt certain sur le plan pratique et elle
vitreuse est abondamment utilisée sur un plan purement comparatif.
La température de transition vitreuse T v est relativement facile à 5.5 À partir d’autres données
déterminer par des mesures calorimétriques, thermomécaniques,
électriques ou dilatométriques ([A 3 110]).
physico-chimiques
On sait que T v est une fonction croissante de la densité de réti- 5.5.1 Fraction soluble de polymère
culation, mais il n’existe pas d’accord sur une relation entre ces
deux grandeurs. La formule la plus générale est celle déduite de la Elle est mesurée par voie gravimétrique (pesée) après extraction
théorie de l’entropie : en Soxhlet, essentiellement dans le cas des systèmes à faible densité
T vL de réticulation, en particulier obtenus par réticulation des macro-
T v = ---------------------------
- relation de Di Marzio [7] molécules (hauts polymères). Il existe des théories permettant de
1 – K DM Fn relier la fraction soluble et l’avancement de la réticulation [9].
Nota : rappelons que la mesure de l’extrait acétonique est utilisée en contrôle de routine
avec T vL température de transition vitreuse du polymère pour caractériser l’état de réticulation des pièces moulées en phénoplastes (méthode
linéaire équivalent c’est-à-dire comportant la totalité NF T 51-004).
des groupements difonctionnels du squelette du
réseau,
F paramètre de flexibilité (exprimé en Kg/mol) : 5.5.2 Propriétés physiques déterminées
à l’état caoutchoutique
masse molaire des sous-chaînes
F = --------------------------------------------------------------------------------------------------------
nombre de liaisons des sous-chaînes
capables de rotation À titre d’exemples, la diffusivité des gaz dans le polymère, le
temps de relaxation [mesuré par RPE] ou par RMN (résonance
(F est une fonction croissante de la rigidité des chaînes), paramagnétique électronique), la durée de vie de la phosphores-
n nombre de nœuds, cence, etc., dépendent étroitement de la mobilité des segments et
K DM constante pseudo-universelle dépendant de la fonc- donc de la densité de réticulation.
tionnalité des nœuds. Par contre, il est bon de noter que les propriétés physiques
Aux faibles densités de réticulation, cette relation rejoint la rela- déterminées à l’état vitreux (par exemple, module d’élasticité,
tion de Fox-Loshaek [8] : masse volumique...) ne dépendent pas, au-moins directement, de
la densité de réticulation.
T v = T vL + nK FL
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