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Supports et méthodes d'écriture au CE1

Le document traite de l'importance des supports d'écriture et de l'apprentissage du geste graphique au CE1, soulignant la nécessité d'un cahier d'écriture unique pour suivre les progrès des élèves. Il insiste sur la régularité de l'entraînement et la progression des apprentissages, tout en abordant la différenciation pédagogique et le rôle crucial de la copie dans le développement des compétences. Enfin, il met en avant l'importance d'une séance d'écriture guidée par le professeur pour modéliser le geste graphique et favoriser une écriture soignée.

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Supports et méthodes d'écriture au CE1

Le document traite de l'importance des supports d'écriture et de l'apprentissage du geste graphique au CE1, soulignant la nécessité d'un cahier d'écriture unique pour suivre les progrès des élèves. Il insiste sur la régularité de l'entraînement et la progression des apprentissages, tout en abordant la différenciation pédagogique et le rôle crucial de la copie dans le développement des compétences. Enfin, il met en avant l'importance d'une séance d'écriture guidée par le professeur pour modéliser le geste graphique et favoriser une écriture soignée.

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67 — L’écriture au CE1

Le choix des supports d’écriture

Il importe d’accorder une attention toute particulière aux supports dédiés à l’écriture,
tout en évitant une multiplication des cahiers, qui constitue une gêne pour de jeunes
élèves. Il est souhaitable d’envisager un cahier d’écriture pour le geste graphique,
la copie et la rédaction. Ce dernier a le mérite d’offrir une bonne lisibilité des progrès
de l’élève. Il garde la trace des travaux successifs (textes rédigés, planification collec-
tive avant un écrit). Les élèves peuvent s’appuyer sur les travaux passés pour entamer
un nouvel écrit. Les essais successifs, qui ont le statut d’écrits provisoires, ont toute
leur place dans le cahier d’écriture et participent pleinement à la construction des
compétences attendues. L’usage d’un cahier de brouillon aboutit trop souvent à une
simple mise au propre sur le cahier d’écriture et ne permet pas aux élèves d’amélio-
rer leur rédaction. Il est important d’enseigner aux élèves à retravailler leurs textes
à partir de leurs premiers essais et de garder la trace de ces évolutions. Cela permet
d’apprendre des stratégies de façon directe (connaissances à mobiliser, planifi­cation
de l’écrit, phrase à réviser, etc.) et, à travers l’observation d’essais antérieurs ou
d’écrits provisoires d’autres élèves. Ainsi, les premiers essais constituent des écrits
de travail à part entière.

Le geste graphique

L’écriture est une habileté qui, non maîtrisée, place les élèves en difficulté dès le début
de leur scolarité. Tant que le geste d’écriture n’est pas automatisé, il est difficile pour
l’élève de se concentrer sur les autres aspects de l’écriture.

Tout au long de l’année de CE1, les élèves poursuivent leur apprentissage et s’en-
traînent à acquérir un geste graphique fluide. Pour cela, les lignes de lettres qui
servent à automatiser la succession des gestes ne sauraient suffire. L’objectif est d’ap-
prendre à enchaîner des signes écrits, à tracer des mots puis des phrases sans effort.
Il faut rappeler que l’on n’écrit pas lettre à lettre, et que même s’il est parfois néces-
saire de faire des pauses à l’intérieur d’un mot, certaines lettres s’enchaînent sans
lever le stylo. Au CE1, l’apprentissage de l’écriture insiste sur l’exécution d’un ensemble
de gestes pour tracer des segments à l’intérieur d’un mot. L’élève révise le tracé de
chaque lettre enseignée au CP ; il apprend à tracer des unités graphiques, sans rup-
ture à l’intérieur du mot, et s’entraîne à former plusieurs lettres sans s’arrêter.
68 — L’écriture au CE1

La régularité de l’apprentissage

La régularité de l’entraînement est gage de progrès. La rupture que constituent les


vacances d’été nécessite de reprendre leurs habitudes en début d’année. La lenteur
d’exécution ne doit pas décourager le professeur. La séance d’écriture doit être très
régulière : quotidienne en périodes 1, 2, et 3, puis à raison d’au moins deux fois par
semaine en périodes 4 et 5.

La progression de l’apprentissage

Au CP, la progression s’établit en cohérence avec l’étude des graphèmes. Au CE1,


il importe de suivre également une progression annuelle. Elle doit tenir compte du fait
que des tracés se ressemblent. Les lettres qui nécessitent les mêmes gestes pourront
être travaillées conjointement. En période 1, les élèves consolident la transcription
des lettres en miroir (p/q, d/b) et révisent le tracé des autres lettres. Dès le début
de l’année, ils étudient le tracé des majuscules cursives en suivant une progression
par famille de lettres (celles qui commencent par le même geste telles le L, C, E,
etc.). Ils ont recours à des outils personnalisés d’aide et aux référents collectifs qui
constituent des modèles.

UN EXEMPLE DE PROGRESSION EN ÉCRITURE (GESTE GRAPHIQUE)

La progression doit tenir compte du fait que des tracés se ressemblent. On fera
étudier ensemble les lettres qui présentent des similitudes et les segments qui
nécessitent un tracé continu.

LETTRES PRÉSENTANT
MOTS QUI PERMETTENT
DES SIMILITUDES DU POINT
UN ENCHAÎNEMENT DES GESTES
DE VUE DES TRACÉS

a q d qu coq qui coque coquelicot

n m an am mm nom ami automne minime


nn mn minimum ennemi

og bogue dogue gomme ogre


69 — L’écriture au CE1

compter longtemps capter


p pt pp tt
patte trottoir

garçon glaçon six axe exercice


c ç sc x
exemple escalier escargot

cl ch gl cloche poche glace glaçon

dr tr dri tri cr train droit troupe troupeau


cri pr pri cri crêpe droit

l ll b f ff fil fils film fille

ou oin oi ouin pingouin

gn gne gni gnu gno grognon mignon chignon

éêè élève fenêtre rêve

i j y gy jy joli pyjama gymnastique

u ui nui fuite suite ennui menuisier

pl pr pluie prix parapluie


70 — L’écriture au CE1

arbre marbre bras ombre


br vr
septembre octobre novembre
bre vre
froid frisson frais lèvre livre ouvrir

be bl table tableau établi blouse blouson

bl fl ffl blanc flûte souffler sifflet

hk hache képi koala kaki kiwi

ge gl glaçon glisser

r rr z gaz lézard terre terrain territoire

vw wagon kiwi clown

pl ph téléphone saxophone photographie

ve be herbe verbe

Lettres majuscules apparentées en fonction de leur tracé :

AMN OQ CGXE F T P

IJHK UV W Y LS DBR Z
71 — L’écriture au CE1

La séance d’écriture : une dimension


modélisante

Au CE1, comme au CP, la séance d’écriture doit être guidée et s’effectuer sous l’œil
attentif du professeur. L’enseignement du geste graphique se doit d’être très expli-
cite : formation des lettres, sens du tracé des lettres, taille, accroche des lettres
entre elles. Le professeur conçoit la séance d’apprentissage en proposant des tracés
modé­lisants, qu’il effectue sous les yeux des élèves, en commentant son geste et en
attirant l’attention des élèves sur les obstacles éventuels.

Les postures corporelles favorisent la pratique d’une écriture soignée. Elles néces-
sitent une attention particulière : station assise confortable, libération du haut du
corps, décontraction de l’épaule, du coude, appui du poignet. Le geste graphique
concerne plusieurs mouvements : ceux du coude et de l’épaule qui permettent l’avan-
cée sur la ligne ; ceux des doigts et du poignet qui permettent le tracé de deux ou trois
lettres à la fois. L’entraînement au geste graphique permet d’acquérir suffisamment
de souplesse et une bonne coordination des différentes articulations en jeu. Le posi-
tionnement des doigts sur le stylo, en utilisant la pince du pouce et de l’index et le
support du majeur, doit être enseigné et rectifié si nécessaire. Qu’il soit droitier ou
gaucher, l’élève doit apprendre à tenir son stylo sans crisper la main, à positionner
la feuille dans l’axe de l’avant-bras, tout en adoptant une posture adéquate.

La position du support appelle quelques remarques. La tâche est facilitée pour l’élève
droitier. Habituellement, les gauchers cachent ce qu’ils écrivent avec leur main gauche.
Il faut leur apprendre à adapter la position du cahier. On placera ainsi l’élève gaucher
à gauche de l’élève droitier dans le cas de tables à deux places.

Organiser un espace dédié à l’écriture dans la classe, comme à l’école maternelle,


a de nombreux avantages. Cela permet à certains élèves de s’isoler et de s’entraîner,
en dehors de la leçon d’écriture, sur des supports variés : papier blanc ligné ou non,
fiches effaçables, modèles à repasser. Les activités autonomes, qui visent le renfor-
cement des acquisitions, ne sauraient remplacer la séance d’écriture.

Les outils pour écrire

L’élève s’exerce quotidiennement sur son cahier d’écriture à partir d’un modèle tracé
par le professeur, préférable aux modèles imprimés, quels qu’ils soient. Les modèles
à reproduire sont préalablement tracés au tableau et expliqués à la classe. Ce modèle
doit comporter une ou plusieurs lettres, quelques syllabes, un ou plusieurs mots en
début d’année. Y seront ajoutées des phrases par la suite. Des repères spatiaux tra-
cés sur le cahier d’écriture, bien explicités, guident l’élève dans sa réalisation : point
de départ, surlignage de la 3e interligne du haut pour le tracé de lettres qui montent
à 3 interlignes, symbole matérialisant le saut de ligne, etc.

Dès le début de l’année, l’élève est invité à effectuer une présentation soignée de
son travail d’écriture. On évitera bien entendu de le laisser sur un échec. L’élève doit
72 — L’écriture au CE1

éprouver de la satisfaction au terme de son travail. Les tracés mal maîtrisés seront
repris lors d’exercices allégés.

L’usage du crayon à papier permet de gommer mais aboutit, le plus souvent, à un


travail peu soigné. Il ne faudra pas hésiter à proposer un stylo aux élèves de CE1.
Le stylo feutre à pointe très fine, régulièrement changé, donne de bons résultats.
L’usage du stylo plume, dès que l’élève s’en sent capable et qu’il est en mesure d’en
prendre soin, entretiendra la motivation pour progresser.

La différenciation

Le professeur propose un entraînement différencié en agissant sur différentes


variables : longueur de l’exercice, nature du support, largeur de réglure (3, 2,5 ou
2 mm) ; épaisseur des lignes et interlignes, étayage individuel. L’observation des obs-
tacles rencontrés dans les cahiers d’écriture permet d’orienter l’enseignement en
fonction des besoins des élèves. Certains, en début de CE1, peinent encore à calibrer
leurs lettres, à maîtriser leur geste (tourner, freiner, s’arrêter), à suivre le sens d’un
tracé et à se rapprocher de la forme attendue. Il est parfois nécessaire de reprendre
l’apprentissage à partir de modèles différenciés : réglure plus large, repères sur
les lignes du cahier, interlignes repassées.

La copie

La copie joue un rôle essentiel, tant pour la mémorisation de l’orthographe lexicale et


grammaticale que pour l’acquisition du vocabulaire et des structures syntaxiques.
Copier est une activité complexe sur le plan cognitif, qui doit faire l’objet d’un appren-
tissage pour permettre aux élèves de copier vite et bien. L’enjeu est important car
la qualité de la trace écrite facilite les apprentissages.

La copie, un enjeu cognitif complexe

La copie est une tâche qui exige un effort cognitif important de la part de l’élève. Ses
enjeux sont nombreux. Elle participe au développement des capacités s­ ensori-motrices :
fixation oculaire, et empan visuo-attentionnel motricité fine et mémoire kinesthésique.
Copier exige que l’on sache coordonner la perception visuelle que l’on a d’un modèle
et le geste d’écriture pour reproduire ce qui est vu. L’élève doit d’abord résoudre
des problèmes de perception visuelle puisque, le plus souvent, il doit passer d’une
perception éloignée verticale (le modèle au tableau) à la perception horizontale de son
cahier. Cet exercice exige un effort d’accommodation, difficile avant 8 ou 9 ans, qui

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