Méthodes de Résistance des Poutres Indéterminées
Méthodes de Résistance des Poutres Indéterminées
INDETERMINABLE
Objectif spécifique : Au terme de cette leçon, l’étudiant doit être capable :
A la fin de ce chapitre l’étudiant doit être capable de déterminer les réactions des contraintes, les
déformations (flèches, rotation) des systèmes hyperstatiques à l’aide des différentes méthodes :
- Méthode de la déformée et des superpositions
- Méthodes énergétiques (théorèmes de Maxwell Betti, Castigliano, Manabrea)
- Méthode des forces pour un faible degré d'hyperstaticité
10.1 INTRODUCTION
Les systèmes de poutres redondantes, c'est-à-dire ceux qui contiennent un nombre excédentaire de
contraintes, sont statiquement indéterminés. Comme nous l'avons vu au chapitre 3, cela signifie qu'ils
peuvent être équilibrés par ∞v-g différents ensembles de forces réactives, v - g étant le degré de
redondance. Il faut donc identifier l'ensemble particulier de forces réactives qui, outre l'équilibre,
implique également la congruence, ou plutôt le respect des contraintes internes et externes, nonobstant
les déformations induites dans les éléments structurels.
Du point de vue opératoire, la méthode des forces consiste à éliminer v - g degrés de contrainte, de
manière à réduire la structure donnée à un système de poutres statiquement déterminé, et à appliquer
à ce système, en plus des forces extérieures, les réactions de contraintes inconnues exercée par les
contraintes qui ont été supprimées. Les équations de congruence v - g imposeront alors la suspension
des conditions cinématiques correspondant aux contraintes supprimées et, une fois résolues,
donneront les réactions élémentaires v - g exercées par ces contraintes, appelées inconnues
hyperstatiques.
Lors de la résolution d’une structure statiquement indéterminée, on est donc confronté au problème
de trouver un moyen approprié de la déconnecter afin d’obtenir le schéma statiquement déterminé sur
lequel imposer les conditions de congruence. En principe, la déconnexion peut être réalisée d'une
infinité de manières différentes, car il est possible de réduire les degrés de contrainte tant externes
qu'internes, et, parmi les contraintes internes, il est possible de réduire les contraintes internes infinies
d'assemblage fixe qui garantissent la continuité de la poutre. Normalement, cependant, il convient de
réduire ou de supprimer les contraintes externes, ou d'interrompre la continuité de la structure, en
insérant des rotules aux points de concurrence de deux ou plusieurs poutres (nœuds à joint fixe). Dans
le premier cas, les équations de congruence imposeront l'annihilation des déplacements des points
sites de réactions statiquement indéterminées, tandis que dans le second cas, ce qu'on appelle la
congruence angulaire sera imposée, c'est-à-dire une rotation élastique égale à tous les points
d’extrémité de poutre qui convergent vers le même nœud à joint fixe.
R Ay Application du PFS :
F On obtient le système d’équation suivante :
mA RAx 𝑅Ax + RBx = 0
B
𝑅Ay - P + RBy = 0
A
l/2 l/2 RB 𝑚 - P.L/2 + RBy .L = 0
Système de trois équations à quatre inconnues
l
système hyperstatique d’ordre n = 1.
10.2.2 Méthode par intégration
F F
B
A C B A C
RB
l/2 l/2 l/2 l/2
l l
RESOLUTION
1- Déterminons les réactions en A et B
a- Déterminons les efforts de cohésions entre [A,C] et [CB]
Pour 0 ≤ x < a
F -Ty1(x) - F + RB = 0
-Mfz1(x) - (l/2-x) F + (l-x) RB = 0
-Ty1(x) G B
-Mfz1(x)
l/2-x Ty1(x) = -F + RB
l-x RB
Mfz1(x) = -(RB - F)x + (RB –F/2)l = 0
A C B
Ty
11F
l
16
0
5
x
- l
16
Mfz
5F
l
32
0
x
3F
- l
16
B
A C B A C
RB
l/2 l/2 l/2 l/2
l l
Ce système peut être décomposé en deux : un système isostatique associé (SIA) et un système
isostatique complémentaire (SIC).
Sans l’appui en B, on aurait à Sans la force F, on aurait aussi un système
l’extrémité une flèche yBi.(figure ci-contre) isostatique qui ramènerait la poutre en B. (car la
F poutre n’est pas sensé se déplacer en B)
A C B yBc
A
yBi B
S.I.C RB
S.I.A
Remarque : La superposition des systèmes (S1) et (S2) équivaut à notre système dans sa position
donnée. On a yB = yBi+ yBc = 0 car la poutre ne quitte pas le point B.
Ainsi la connaissance de yBi etyBc permet de déterminer RB et les autres inconnus.
a- Détermination de yBi
b- Détermination de yBc
RAyc 𝑅Axc = 0
RB 𝑅Ayc = -R et yBc = - .l
3.E.I
MAc 𝑀Ac = R .l
RAxc
B
A
l
c- La poutre ne quittant pas le point B, on a : yBi = yBc
F.l .l 5F
(3𝑙 − ) = RB = (3𝑙 − ) =
24.E.I 3.E.I 8l 16
d- En superposant en A on a :
11F
RAy = RAyi+ RAyc= F- RB =
16
𝒍 3F
MA = MAi + MAc =𝟐F – lRB = 16 𝒍
U= ∫ 𝑁 𝑑𝑥= 2ES
1 Mt .r 1 πr 4 r dr
U= ∫ GI 2π drdx = 2 ∫
πr dr ∫ Mt dx = ∫ Mt dx U
2 GI 4
GI G
1 Mt
= ∫ Mt .dx = 2G.I
2GI G
Mt L
Note : Mt
= G.I = mt
10.3.3 Généralisation
Un système ou une structure est généralement sollicité suivant les efforts intérieurs suivant :
→ →
𝑅= 𝑁 + 𝑇 + 𝑇
⎯⎯ ⎯
𝑀 = Mt + Mfy + Mfz
Ainsi, l’énergie interne totale serait :
( ) Ty ( ) Tz ( ) Mt ( ) Mfy ( ) Mfz ( )
U= +k +k + + +
ES GS GS GI EI EIz
Pour un solide sollicité par N, Ty, Mfz, et Mt, l’énergie interne se résume en :
( ) ( ) Mt ( ) Mf ( )
U= ∫ 𝑑𝑠 + ∫ 𝑑𝑥 + ∫ 𝑑𝑥 + ∫
ES GS GI EIGZ
P P Q
[Link] Interprétation
Dans les deux cas d’expériences, U = U’ P(P)Q = Q(Q)P .
De façon générale on a : ∑ Pi( δi)∑ Qj = ∑ Qj( δj)∑
𝛥U = 𝛥𝑃 (𝛿 ) + 𝛥𝑃 (𝛿 )∑ = (𝛿 ) + (𝛿 )∑
lim
= = (𝛿 )∑ = (𝛿 )∑
𝛥𝑃 → 0
10.3.5 THEOREME DE CASTIGLIANO
[Link] Enonce du théorème de Castigliano :
Le déplacement algébrique K du point d’application Ak d’une force Fk choisie parmi les forces
appliquées à une structure (S) est égale à la dérivée partielle de l’énergie interne par rapport à Fk.
K = ou encore K = où CK indique le couple en AK.
yB = = ∫ 𝑀𝑓 . 𝑑𝑥 = ∫ (𝑙 − 𝑥)(𝑙 − 𝑥). 𝐹. 𝑑𝑥
EIGZ
Mf ( )
U= ∫ EIGZ
𝑑𝑥 = ∫ EIGZ
𝑀𝑓 . 𝑑𝑥
= ∫ 𝑥. 𝑅 . 𝑥 − . 𝑑𝑥 = 0 𝑅 − = 0𝑅 =
N= 0 ; Ty = -F et MfZ= - F.(l-x)
/
yB = = ∫ 𝑀𝑓 . 𝑑𝑥 + ∫ / 𝑀𝑓 . 𝑑𝑥 +
EIGZ
/
= EI ∫ (𝑙/2 − 𝑥)(𝐹(𝑙 − 𝑥) + 𝜑(𝑙/2 − 𝑥)). 𝑑𝑥 + ∫ / 0. 𝑀𝑓 . 𝑑𝑥 + or = 0
GZ
/
/
= ∫ . 𝑥 − 𝑥+ . 𝑑𝑥 = − + yC =
EIGZ
Et ainsi
Figure 12.33
A1 A2 A3 A4 A5
l1 l2 l3 l4
∑ 𝑀/𝐴 = 0 𝑀 + 𝑅 𝑙 − 𝑀 = 0 𝑅 =
∑ 𝑀/𝐵 = 0 −𝑀 − 𝑅 𝑙 + 𝑀 = 0 𝑅 =
li-1 li
li-1
li
(𝑀 + 2𝑀 ) + (2𝑀 + 𝑀 )=𝜆 −𝜇
( )
𝑀 + 𝑀 + 𝑀 =𝜆 −𝜇
Solution
D’après le théorème de trois moments, on a : 𝑀 + MA F F
MB MB MC
( ) B
𝑀 + 𝑀 =𝜆 −𝜇 A C
l l
A B B C
l l
B = B= -
F F
MB
MB C
B
A B
l
l
Solution
q
D’après le théorème de trois moments, on a : 𝑀 + MA MB MB MC
( )
𝑀 + 𝑀 =𝜆 −𝜇 A B C
l l
A B B C
l l
B = B = -
A B B C
l l
5𝑞𝑙 5𝑞𝑙
𝑅 +𝑅 − 𝑞𝑙 = 0 ⇒ 𝑅 = 𝑅 + 𝑅 − 𝑞𝑙 = 0 ⇒ 𝑅 =
8 8
𝑙 3𝑞𝑙 𝑙 3𝑞𝑙
−𝑅 𝑙 + 𝑞 − 𝑀 = 0 ⇒ 𝑅 = 𝑀 − 𝑞 + 𝑙𝑅 = 0 ⇒ 𝑅 =
2 8 2 8
On déduit : RB = RB1 + RB2 RB =
SOLUTION
𝑅 + 𝑅 + 𝑅 = 𝐹 + 𝐹 ⋯ ⋯ ⋯ ⋯ ⋯ ⋯ (1)
D’après le PFS on a : (02 équations et 04 inconnus)
𝑀 + 2𝑅 𝑙 + 𝑅 𝑙 − 𝐹 −𝐹 = 0 ⋯ (2)
Considérons les travées A*A et AB (figure ci- F
contre). MA MB
* B
D’après le théorème des trois moments on a : A
A
𝑙∗ 2(𝑙 ∗ + 𝑙) 𝑙 l* l
𝑀 ∗+ 𝑀 + 𝑀 =𝜆 −𝜇
6𝐸𝐼 6𝐸𝐼 6𝐸𝐼
Or MA* =0, A = 0 etl* =0 (car données fictives)
A = -
2𝑀 + 𝑀 =
Les équations (3) et (4) MA = et MB =
𝑀 + 4𝑀 =
Solution
D’après le PFS on a : F1 l/2 F2 a
𝑅 + 𝑅 + 𝑅 = 𝐹 + 𝐹 ⋯ ⋯ ⋯ ⋯ ⋯ ⋯ ⋯ (1) MA
3𝑙
𝑀 − 2𝑅 𝑙 − 𝑅 𝑙 + 𝐹 + 𝐹 𝑎 = 0 ⋯ (2) A B C
2 l l
(02 équations 04 inconnus)
Considérant les travées A*A et AB.
MA = − et MB = +
Le torseur à gauche de B donne F1 F2
l/2 a
MA – RAl + F1 -MB = 0 RA = + MA B
Le torseur à droite de B donne A MB MB C
( ) l l
MB - F2(l-a) + RCl= 0 RC = -
( )
RA = − ; et RC = − + −
= −𝑞 + 𝑥
2- Effort de cohésions dans la 1ère travée [BC]
MfZ1(x) = MfZ1A (x) + 1 − M O + ME Ty1(x) = Ty1A(x) +
= −𝑞 + 𝑥 + 1− . − + .0 = qx- -
= −𝑞 + 𝑥− = qx -