Développement Durable et Sécurité Incendie
Développement Durable et Sécurité Incendie
Stage PRV 3
Développement Durable
et
Sécurité incendie
Stagiaires :
2-2 Les problèmes posés sur le plan technique vis-à-vis du risque incendie 24
2
2-2-3-2 Propagation par l’extérieur 26
2-2-3-3 Propagation par conduction 27
Conclusion 39
Glossaire 40
Bibliographie 43
Annexes 44
3
Rappel du sujet
Résumé
(1):
Pour ce qui concerne la France, le bâtiment représente chaque année
Toutefois, pour faire cohabiter de façon raisonnée les impératifs de développement durable
mais aussi de sécurité incendie, il est nécessaire de conserver nos règlements de sécurité
comme socle de base. En effet, ils répondent à de nombreux problèmes posés mais il
convient de les uniformiser puis de les adapter en faisant appel à d’autres références comme
les règlements de nos voisins européens ou bien en y intégrant des solutions techniques
innovantes (ingénierie de la sécurité incendie, détection incendie, sprinkler résidentiels, …).
Enfin des mesures plus organisationnelles et transversales doivent accompagner cette
démarche pour ne pas subir l’évolution mais pour que les acteurs de la prévention des
incendies deviennent des acteurs du développement durable.
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Remerciements
Nos remerciements vont en premier lieu à notre tuteur, le lieutenant-colonel Georges THILL,
du service départemental d’incendie et de secours du Haut-Rhin, pour ses conseils et ses
explications.
Nous tenons également à remercier nos directeurs départementaux et chefs de services pour
les autorisations et aménagements qu’ils nous ont accordés.
Nous souhaitons remercier toutes les personnes qui nous ont apporté leur aide et qui ont
contribué à l’élaboration de ce mémoire et plus particulièrement :
- Mais aussi, les intervenants de l’Ecole Nationale Supérieure des Officiers de Sapeurs-
Pompiers ainsi que le au lieutenant-colonel Jean-Paul SPIESS et son équipe pour leur
accueil, leur disponibilité et leur implication durant toute notre formation.
Pour finir, nous tenons à remercier, tout particulièrement, nos épouses respectives qui ont
fait preuve de beaucoup de compréhension et de patience.
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Introduction
« (…) Et puis une politique massive d’investissement dans le bâtiment. C’est une
priorité et c’est une urgence. Nous voulons la réduction de la consommation de
l’énergie par les bâtiments. »
C’est ainsi que M. Nicolas SARKOZY, Président de la République, a évoqué, à l’occasion de la
restitution des conclusions du Grenelle de l’environnement, le jeudi 25 octobre 2007 au
Palais de l’Elysée, ce que d’aucun appelle le «développement durable dans les projets
immobiliers ».
La France est donc appelée, par la voix de son Président, à s’engager clairement vers un
immobilier plus respectueux de l’environnement avec pour objectif de construire à l’horizon
2020 des « bâtiments (…) à énergie positive ». Mais des étapes intermédiaires vont
s’appliquer très rapidement puisque la «norme basse consommation » (moins de 50 kWh par
an et par m2) devrait être imposée à toutes les constructions neuves dès la fin 2012 et par
anticipation dès la fin 2010 à tous les bâtiments publics et tertiaires.
Le mouvement « développement durable » semble donc aller au-delà des simples discours
d’intention. Déjà fleurissent ici et là des nouveautés dans les projets immobiliers français :
façades et toitures végétalisées ou garnies de panneaux photovoltaïques, éoliennes sur les
bâtiments, parois en bois ou composés végétaux, récupération et stockage des eaux de
pluie, des déchets, … Les exemples abondent et ne sont sans doute que le début de la mise
en pratique d’une réflexion jusqu’alors plutôt confidentielle au niveau de l’hexagone.
Au-delà de la France, c’est le Monde qui s’engage dans cette voie, avec déjà quelques
projets ambitieux, voire révolutionnaires :
- les Emirats Arabes Unis, Abou Dhabi, projet de 10 milliards d’euros pour construire une ville
en plein désert qui serait la Sillicon Valley des énergies renouvelables ;
- la Chine, Dongtan, projet de ville écologique susceptible d’accueillir 50 000 personnes en
2010 ;
- l’Angleterre, Sutton, projet BedZed (Beddington zero emission development), quartier mixte
dense générant zéro émission polluante ;
-…
Et surtout, il faut noter que cette approche « développement durable », nouvelle en France
ou du moins « officiellement nouvelle », est intégrée depuis quelques années dans des pays
voisins comme la Suisse, l’Allemagne, les Pays-Bas,…
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PARTIE 1 : LE DEVELOPPEMENT DURABLE
Les premières prises de conscience relatives aux effets négatifs de l’industrialisation sur
l’environnement émergent dans les années 1920. Mais c’est réellement en 1968 avec les
travaux du Club de Rome et la publication du rapport « Halte à la croissance » que se trouve
le point de départ d’un très large débat qui a conduit au concept d’écodéveloppement.
Quelques années plus tard, en juin 1992, la conférence des Nations-unies pour
l’environnement et le développement, à Rio, appelée aussi sommet de la terre, contribue très
largement à une prise de conscience planétaire autour de l’idée de développement durable :
« Chaque pays devrait réaliser, aussi tôt que possible, si possible avant 1994, une revue de
capacité, et de construction de capacité, pour concevoir des stratégies nationales de
développement durable. (…) Comme aspect important de la planification globale, chaque
pays doit rechercher un consensus interne à tous les niveaux de la société sur les politiques
et les programmes nécessaires pour la mise en œuvre de leur programme agenda 21 dans le
court et le long terme. »
L’agenda 21 est un programme d’action pour le 21ème siècle, orienté vers le développement
durable, et adopté par 173 chefs d’état et de gouvernement du sommet de Rio.
Dans le cadre de cet agenda, les états sont appelés à mettre en place leur programme
d’action en faveur du développement durable.
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En 2007, le président Nicolas Sarkozy rassemble dans un seul grand ministère l’écologie,
l’énergie, le développement durable et l’aménagement du territoire mais aussi le logement et
les transports.
Le texte propose toute une série de mesures allant du renforcement de la lutte contre le
changement climatique à la définition de nouvelles normes pour les bâtiments neufs, en
passant par le développement des énergies nouvelles. Il propose également la réorientation
des investissements lourds en direction des transports en commun et du fret ferroviaire, la
constitution d'une "trame verte et bleue pour arrêter la perte de biodiversité" ou le
renforcement de la politique de réduction des déchets (annexe n°2).
1-1-2-1 : Obligations
S’agissant des bâtiments existants, l’arrêté du 3 mai 2007 relatif aux caractéristiques
thermiques et à la performance énergétique des bâtiments existants vient compléter les
dispositions déjà énoncées.
Etablie dans le cadre du plan Climat, la réglementation thermique est appelée à se renforcer
tous les 5 ans. Ainsi, après les RT 2000 et 2005, la RT 2010 est en cours d’élaboration, avec
des objectifs encore plus performants, l’objectif final étant, il faut le souligner, la construction
de bâtiments à énergie positive à l’horizon 2020.
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1-1-2-2 : Incitations
Réflexion globale
Dans son chapitre 28, la déclaration de Rio (sommet de la Terre, 1992) incite les collectivités
à élaborer des « agendas 21 locaux » impliquant fortement les habitants, l’ensemble des
acteurs locaux et les entreprises. La démarche, fondée sur un diagnostic concerté, doit
permettre de concevoir un projet stratégique, traduit par un plan d’actions périodiquement
évalué et renforcé.
L’agenda 21 doit étudier 6 axes d’engagements sur lesquels les collectivités doivent appuyer
leur action :
- la lutte contre le changement climatique,
- la préservation de la biodiversité,
- le respect de la diversité culturelle et la lutte contre les exclusions,
- le soutien aux filières environnementales et à l’économie sociale,
- la coopération internationale,
- l’éducation au développement durable.
La lutte contre le changement climatique passe par la maîtrise des émissions de CO2. Les
principales émissions étant liées aux déplacements, au chauffage et à l’électricité, aller vers
des constructions toujours moins gourmandes en énergie contribue à lutter contre le
réchauffement de la planète.
Lors de l’adoption de la stratégie nationale de développement durable, en 2003, la France a
décidé de favoriser la mise en place de 500 agendas 21 en 5 ans.
Une circulaire du 13 juillet 2006 intitulée « cadre de référence pour les projets territoriaux de
développement durable et les agendas 21 locaux et appels à reconnaissance de tels
projets » donne plus de lisibilité aux démarches des collectivités souhaitant mettre en œuvre
cette démarche.
De nombreux agendas 21 se mettent en place localement comme celui du conseil général de
l’Isère qui propose 38 points comme :
- la promotion du bois comme matériau de construction,
- la promotion d’un urbanisme plus dense,
- la promotion des énergies propres et renouvelables,
-…
Plus localement, la ville d’Echirolles (Isère), a réalisé un agenda 21 pour le territoire de la
commune et propose que les bâtiments communaux respectent la démarche HQE® (Haute
Qualité Environnementale).
Labellisation
Les objectifs affichés par le gouvernement relatifs aux bâtiments « basse consommation » en
2012 et à « énergie positive » en 2020 incite certains maîtres d’ouvrage à aller plus loin que
la RT 2005 dès aujourd’hui. Pour que ces derniers soient en mesures d’attester de la qualité
de leur construction en termes de développement durable et d’économie d’énergie, le
gouvernement a défini un certain nombre de labels. Ces labels (Haute Performance
Energétique HPE 2005, Très Haute Performance Energétique THPE 2005,…) sont définis par
l’arrêté du 27 juillet 2006 relatif au contenu et aux conditions d'attribution du label « haute
performance énergétique ».
Certification
L’association HQE®, reconnue d’utilité publique en 2004, regroupe en France un certain
nombre d’acteurs du bâtiment dans le but de développer la qualité environnementale des
bâtiments de manière concertée. Selon l’association HQE®, « la certification NF Bâtiments
tertiaires – démarche HQE® engage le maître d’ouvrage dans un processus d’amélioration
HQE® est une marque déposée dont l’association HQE détient la licence exclusive pour la France.
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continu et démontre qu’il adopte une approche novatrice, tournée vers l’avenir. La
certification est également un moyen d’anticiper les évolutions réglementaires et techniques
à venir. »
D’autres certifications environnementales existent dans le monde :
- Leadership Energy Environnement Design (LEED), certification environnementale des
bâtiments d’habitation et du tertiaire, USA ;
- Minergie, Suisse ;
- Passivhauss, Allemagne ;
- Cepheus, projet Européen ;
- …
1-2-1-1 Structures
Le bois est un matériau biodégradable, facile à travailler, qui fixe une grande quantité de gaz
carbonique. Il n’exige que peu d’énergie pour devenir utilisable et est moins lourd que le
béton. Le bois massif isole douze fois mieux que le béton. Suffisamment rigide, il est très
utilisé pour la construction de maisons à ossature bois aux Etats-Unis, en Australie et dans
les pays scandinaves.
La terre crue est un matériau sain et naturel qui offre un bilan écologique très performant en
apportant des qualités indispensables dans une habitation comme la régulation de l’humidité,
la masse thermique, l’assainissement de l’air et l’isolation phonique. Elle peut permettre la
réalisation de blocs de terre crue compressée (BTC) faciles à mettre en œuvre en raison de
leurs dimensions identiques aux parpaings et aux briques de terre cuite.
Des maisons en bottes de paille existent depuis plus d’un siècle. Une école aux murs en
bottes de paille existe au Nebraska et a été construite en 1887. Matériau extrêmement
économique, il est utilisé en bottes rectangulaires fortement compressées et assemblées
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comme des briques géantes soit avec un mortier à la chaux qui enferme chaque botte dans
une protection soit coincée dans une ossature puis enduite, ou simplement en murs
porteurs. Le comportement à l’eau est identique à celui d’un mur enduit d’un mortier à la
chaux ou à la terre, étanche à l’eau mais poreux à l’air et à la vapeur. Le comportement au
feu des murs en ballots de paille enduits est considéré comme excellent. Des tests réalisés
par le Centre Expérimental de recherches des études du Bâtiment et des Travaux Publics
(CEBTP) ont montré que ce type de murs résiste deux heures à une flamme de chalumeau là
où un parpaing ordinaire ne tient qu’une heure et demie.
Les blocs de béton cellulaire silicocalcaire : parfaitement écologiques, légers et respirants, ils
sont de bons isolants thermiques et phoniques. Solides et stables dans le temps ils résistent
au feu et à l’eau. Le béton cellulaire silicocalcaire est composé d’un mélange de sable et de
chaux cuit à basse température sous très haute pression dans un autoclave. Il peut être
employé comme cloisons coupe-feu car, même soumis à une flamme pendant six heures, la
face non exposée d’un mur de vingt centimètres d’épaisseur conserve une température
inférieure à soixante degrés.
Le béton traditionnel subit quant à lui un certain nombre de critiques. En effet, s’il a
clairement été le matériau du XXème siècle dans le domaine de la construction, il apparaît
selon le centre interprofessionnel technique d’études de la pollution atmosphérique (CITEPA)
que l’un de ses composants, le ciment, est responsable de 2,7% des émissions de CO2 en
France. L’industrie cimentière française, pointée du doigt, travaille donc activement à la
réalisation d’un « ciment vert » plus respectueux de la cause du « développement durable ».
1-2-1-2 Couvertures
Au-delà des matériaux traditionnellement utilisés comme les tuiles bétons, les tuiles en terre
cuite et les ardoises, certains matériaux retrouvent leur popularité en raison de leur
participation à l’élan de préservation en faveur de la planète.
Les toitures végétalisées font, depuis peu une percée remarquée. S’appuyant sur une
technique de végétation extensive ou semi intensive, les principaux systèmes peuvent être
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mis en œuvre sur tous types de supports (acier, bois, béton, plaques de fibre ciment) pour
des pentes allant jusqu’à 20 %(construction d'une crèche collective de 60 berceaux et d’un
logement de fonction, Paris XVIII, France, 2008).
Avantage de ces toitures, elles constituent un régulateur lors des fortes pluies d’orage,
permettent de fixer le CO2, d’absorber les poussières, de réguler la température de la toiture
été comme hiver, de limiter la réverbération du bruit,...
Le Canada et l’Allemagne utilisent à grande échelle cette technologie des « toits verts ». Huit
millions de mètres carrés de toiture végétalisée existent en Allemagne contre moins de cent
mille en France.
Les tuiles photovoltaïques arrivent également sur le marché. Remplaçant les matériaux de
couverture habituels dont elles reprennent le principe d’emboîtement et de pose, ces
produits assurent une fonction d’étanchéité et de couverture, en plus de leur rôle
énergétique.
Pour les toitures plates, il existe des membranes d’étanchéité avec cellules photovoltaïques
intégrées permettant de couvrir de grandes surfaces (2000 m² supermarché Super U de
Thouars, Deux Sèvres, 2007).
1-2-1-3 Façades
Interface avec l’extérieur, la façade apparaît comme un support privilégié dans les projets à
démarche environnementale.
Les innovations relatives aux façades peuvent être associées au développement des
solutions visant à l’amélioration de l’isolation par l’extérieur. Cette isolation permet de réduire
les ponts thermiques, passages par lesquels dans une construction, la chaleur va filtrer pour
se dissiper à l’extérieur. Parmi les techniques mises en œuvre on trouve :
- les parements sur isolant en bois ou dérivés, en fibre ciment à forte densité, en briques de
terre cuite de grandes longueurs, en zinc naturel ou coloré, en acier ou aluminium ;
- les vêtures, éléments préfabriqués comprenant un isolant et une plaque de parement.
L’isolant le plus utilisé est le polystyrène expansé (PSE). Le parement quant à lui peut être
en acier, aluminium ou bien PVC;
- les enduits minces sur isolant (isolant en polystyrène expansé collé sur la façade et
recouvert d’enduit spécifique armé en fibre de verre) ;
- les enduits isolants (mortier avec particules d’isolant tel que polystyrène).
En outre, des systèmes innovants trouvent aujourd’hui une résonance forte au travers du
concept de façade active, dont les composants deviennent intelligents et polyvalents. Une
première illustration de ce concept est donnée par l’intégration de cellules photovoltaïques
dans des composants de façade pour assurer la production d’énergie et couvrir une part non
négligeable des besoins en chauffage et en climatisation des bâtiments (construction de la
tour Manchester, Royaume Uni, 2006).
Mis au point dans les années 1990, les murs végétalisés constituent une voie explorée par
les adeptes de l’architecture verte qui mettent en avant leurs propriétés isolantes et filtrantes
sur les plans thermique et acoustique. Ainsi, un nouveau procédé de mur végétalisé
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dépolluant a vu le jour pour traiter les émissions de métaux lourds contenus dans l’air vicié
d’un parc de stationnement couvert (gare de Lyon Perrache 2007).
La façade double peau séduit de nombreux maîtres d’ouvrage par son rôle tampon sur
l’inertie thermique du bâtiment. Communément constituée d’une paroi extérieure en simple
vitrage et d’une paroi intérieure en vitrage isolant, elle intègre une lame d’air ventilée de
quelques dizaines de centimètres d’épaisseur. Celle-ci permet à la fois de limiter les
déperditions thermiques en hiver, tout en supprimant l’effet de paroi froide, et de maîtriser
les apports solaires en période chaude.
Dans un souci d’économie d’énergie, on voit apparaître, notamment dans les immeubles de
grande hauteur et les immeubles de bureaux, des escaliers de « convivialité » pour mettre
en communication deux ou trois niveaux. Ces escaliers permettent de faire communiquer les
différentes entités de l’entreprise sans que le personnel n’utilise les ascenseurs, très coûteux
en matière d’énergie.
Chercher à diminuer les besoins en combustibles, renouvelables ou non, est un enjeu majeur
dans l’habitat durable et nécessite de lutter contre la déperdition thermique. La solution la
plus répandue consiste à isoler parfaitement l’intérieur du logis par rapport à l’extérieur tout
en laissant les matériaux respirer et les échanges hygrométriques s’effectuer.
L’isolation intérieure peut essentiellement être obtenue par deux solutions techniques :
- soit l’isolant est derrière une contre cloison maçonnée ou sur ossature. L’isolant est le plus
souvent collé ou fixé mécaniquement au support ;
- soit sont mis en place des panneaux composites ou des complexes de doublage. Ils se
composent d’un panneau isolant (polystyrène expansé, polystyrène extrudé, polyuréthane ou
laine minérale) revêtu d’un parement en plâtre (qui évite la contre-cloison). Les panneaux
sont fixés contre le mur, par collage (paroi sèche et plane) ou par vissage sur tasseaux (fixés
préalablement au mur, ils permettent de ménager une lame d’air entre l’isolant et la paroi).
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On assiste à l’arrivée sur le marché de produits spécifiques comme les rupteurs thermiques
(éléments en polystyrène expansé ou autres isolants traversés par des armatures) et les pré-
dalles équipées de blocs isolants intégrés en rive, destinés à la filière béton…
En ce qui concerne le matériau isolant, il peut être d’origine minérale ou organique (laine de
verre, laine de roche, …) mais les matériaux à base de fibres animales et végétales sortent
de leur marginalité grâce à la montée en puissance des préoccupations environnementales.
Bien qu'ils ne représentent encore que quelques points de parts de marché, ceux que l'on
appelle aujourd'hui les produits "bio-sourcés" se développent très rapidement et trouvent de
nombreuses applications dans le bâtiment. Laine de mouton, plumes de canard, ouate de
cellulose (issue de la récupération de journaux), chanvre, paille, coton, lin, tissu, voire même
algues et coquillages… : l'effervescence dans ce domaine traduit tout l'intérêt des
professionnels et des consommateurs envers ces matériaux.
La composition des vitrages et des menuiseries, leur orientation et leur surface occupent une
place importante dans le bilan environnemental de toute construction. D’un point de vue
énergétique, les éléments verriers ont longtemps représenté les maillons faibles de l’isolation
thermique de l’enveloppe. Les réglementations thermiques successives conduisent à une
amélioration croissante de leurs performances.
Les vitrages peu émissifs ou vitrages à isolation renforcée (VIR) se généralisent sur la
majorité des projets neufs. Revêtus de minces couches d’oxydes métalliques sur l’une de leur
face intérieure, ils affichent des performances deux à trois fois plus élevées que les doubles
vitrages classiques. Leur résistance thermique peut être en outre améliorée en remplaçant la
lame d’air par une lame d’argon. Permettant d’aller au-delà des exigences thermiques
actuelles, les triples vitrages font leur apparition.
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adhésif a pour objectif de rejeter 50 % de la chaleur tout en laissant passer la lumière. Il est
essentiellement employé sur des vitrages existants.
Les solutions rapportées regroupent quant à elles les stores, les brise-soleil fixes ou mobiles,
les films de protection et les volets. Devenant partie intégrante de l’expression architecturale,
les brise-soleil sont aujourd’hui très appréciés des architectes. Déclinables dans tous les
types de matériaux (béton, métal, bois, toiles…), ils prennent des allures variées : débords
de toiture, balcons filants, décrochés de façades, casquettes …, se faisant même générateur
d’électricité par l’intégration de modules photovoltaïques (Total Energie, Tour de Salvany,
Rhône).
Les volets concourent à éviter des déperditions thermiques générées par la convection du
vent contre les vitrages. Autre avantage bien connu dans les régions plus chaudes, l’été, les
volets maintiennent la fraîcheur à l’intérieur des constructions. Ils évitent la mise en place
d’installations de climatisation, sous réserve que la lame d’air située entre ceux-ci et les
fenêtres soit d’une épaisseur suffisante pour permettre une bonne ventilation, ce qui n’est
pas toujours le cas de certains volets roulants.
Du côté des revêtements de sols, les carrelages en terre cuite et pierre naturelle sont
appréciés pour leur confort hygrothermique, lié à leur porosité. Les parquets en bois et
dérivés connaissent quant à eux un engouement croissant qui s’explique en partie par leur
image de matériaux sains et naturels.
Dans le domaine des revêtements muraux, une innovation mérite l’attention. Une société
japonaise a mis au point une cellule solaire organique se déposant par impression sur un film
plastique. Plusieurs applications sont envisagées parmi lesquelles un papier peint générateur
d’électricité…
Le liège peut apporter des solutions efficaces et durables de revêtements de sols et de murs.
1-2-1-10 Le mobilier
L’énergie d’origine nucléaire n’est pas reconnue en tant qu’énergie renouvelable. Le rapport
entre ce qu’est l’énergie dispensée pour faire fonctionner une centrale et celle restituée est
rentable mais l’absence de certitude en ce qui concerne le devenir des déchets de cette
industrie constitue un réel obstacle. Une utilisation des matériaux naturels combustibles et
les avancées de la technologie permettent d’obtenir des chaudières au rendement bien plus
important qu’il y a seulement une dizaine d’années. La récupération de la chaleur et de la
lumière solaire débouche sur des systèmes en plein essor aux performances
environnementales élevées. Les énergies issues des mouvements de l’air et de l’eau sont
rentables et respectueuses de l’environnement mais la ressource la plus importante et la
moins exploitée, comme en chauffage, est celle qui pourra être extraite de la biomasse.
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1-2-2-1 Eau – Plomberie
L’eau douce est une ressource rare qui ne représente, à l’échelle de la planète, que 3 %
environ des eaux de surface et des eaux souterraines. Inégalement répartie, son manque se
fait de plus en plus ressentir dans certaines régions du globe.
La récupération des eaux pluviales permet de réutiliser l’eau, via les chasses d’eau, le lavage
des sols ou l’arrosage. Adaptée à tous les secteurs (habitat, tertiaire, industriel, …), cette
solution permet de préserver la ressource en eau potable, dont l’emploi devrait être destiné
essentiellement à un usage alimentaire.
Dernière étape de la gestion de l’eau, le traitement des eaux usées peut être envisagé de
manière autonome, ce qui peut s’avérer une alternative au raccordement sur le réseau,
limitant ainsi le surdimensionnement des réseaux collectifs d’évacuation. Depuis quelques
années, se développent de nouvelles techniques de traitement par les plantes,
principalement les roseaux, qui constituent un très bon filtre naturel grâce à leur capacité à
transporter l’oxygène pur dans leurs racines. La réalisation d’une succession de zones
humides et l’association de différents écosystèmes permettent de créer des « jardins filtrants
» dont l’efficacité est aujourd’hui reconnue. Aux Etats-Unis, à Denham en Louisiane, une ville
de vingt milles habitants, on traite les eaux sales grâce à l’épuration biologique par les
plantes. En France, plusieurs villages ont déjà adopté des solutions identiques. Des systèmes
sont conçus pour réutiliser ces eaux. (Exemple du SDIS 68 qui épure ses eaux sur 5Ha de
roselière, projet de 1998)
1-2-2-2 Chauffage
Représentant plus des 2/3 de l’énergie globale dépensée, le chauffage et la production d’eau
chaude sanitaire (ECS) doivent voir leur consommation d’énergie primaire diminuer. Dans sa
loi d’orientation sur l’énergie, la France s’est donnée entre autres l’objectif d’augmenter de
50 % la part des énergies renouvelables dans la production de chaleur d’ici 2010, grâce
notamment au solaire thermique, au bois et à la géothermie. Ces énergies se développent
principalement pour la production d’ECS dans le domaine du logement individuel ou collectif,
et séduit de plus en plus les maîtres d’ouvrage pour le chauffage et la production d’eau
chaude de bâtiments tertiaires à forte consommation en eau chaude comme les hôtels,
hôpitaux, maisons de retraite…
Captant l’énergie solaire en toiture ou en façade par des panneaux de mieux en mieux
intégrés et la restituant dans un ballon de stockage d’eau, les principaux systèmes
permettent de couvrir 30 à 80 % des besoins en ECS. Depuis une vingtaine d’années, le
solaire thermique permet, outre la fourniture d’ECS, d’assurer une partie du chauffage des
locaux, en couvrant 30 à 60 % des besoins.
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bois non valorisées), sciure, copeaux, bois de rebut, et aussi plaquettes ou granulés de bois,
spécialement produits pour alimenter les chaudières.
Chauffage et géothermie
Le sous-sol est riche en énergies fossiles mais renferme également une énergie
renouvelable, la géothermie. Il est admis qu’en partant de la surface de la terre, la
température augmente en moyenne de 3,3°C tous les 100 mètres de profondeur. C’est ce
qu’on appelle le gradient géothermique.
La géothermie “très haute énergie” ainsi que la géothermie “haute énergie” exploitent des
sources de température très élevée (plus de 150 °C dans le premier cas, entre 90 et 150 °C
dans le second). Les deux servent à la production d’électricité ou à la cogénération.
Deux autres catégories de géothermie sont dédiées à la production de chaleur seule. Des
forages de l’ordre du kilomètre de profondeur, autorisent une utilisation directe de la chaleur
récupérée, pour alimenter par exemple un réseau de chauffage urbain. C’est le cas de la
géothermie “basse énergie”, recourant à l’eau de nappes à des températures comprises
entre 30 et 90°C. La maison de la Radio à Paris est chauffée par ce système.
La dernière catégorie, la géothermie dite “très basse énergie”, exploite des températures
inférieures à 30 °C. La chaleur est prélevée dans la partie superficielle du sous-sol (au
maximum quelques dizaines de mètres de profondeur) au moyen d’un capteur relié à une
pompe à chaleur (PAC). (Musée des confluences, Lyon, 2008)
Chauffage et biogaz
Le biogaz est le résultat de la fermentation anaérobique des déchets organiques. Une fois
épuré de son dioxyde de carbone, de son eau et de son hydrogène sulfuré, le biogaz a les
mêmes qualités que le méthane comprimé ou GPL. Brut, il peut s’utiliser sous forme de gaz
ou produire de l’électricité. Epuré, il peut s’utiliser sur les équipements ménagers au gaz et
servir pour faire du carburant pour les véhicules. Il s’agit d’une énergie renouvelable peu
polluante permettant le recyclage des déjections animales et humaines, ainsi que des
déchets issus des activités de transformations alimentaires, des polluants viticoles ou laitiers,
des déchets d’abattoirs, de biscuiteries, de céréales, graisses animales dont nous avons bien
du mal à nous débarrasser. En France, on évalue la ressource inexploitée de la biomasse à
plus de quatorze millions de tonnes équivalent pétrole. C’est donc la première ressource
d’énergie renouvelable disponible bien avant l’hydraulique, l’éolien et la géothermie. Le
produit résiduel est stabilisé et désodorisé. Il présente une valeur agronomique inaltérée qui
peut être valorisée sous forme de compost. Mais un de ses atouts majeurs est sa capacité à
dégrader les toxiques en tous genres, y compris les métaux lourds et de réduire les
concentrations de virus et de pathogènes.
La crise énergétique ainsi que l’amélioration du niveau de vie et des exigences de confort ont
provoqué des changements importants dans la conception et l’utilisation des logements :
isolation thermique plus performante, meilleure étanchéité à l’air, utilisation généralisée du
chauffage central, emploi du double vitrage, etc. Ces changements, réalisés sans une
ventilation adéquate, ont aggravé considérablement les problèmes de condensation et de
moisissures dans les habitations, suscitant quelques inquiétudes quant à la qualité de l’air
intérieur.
Dans un souci d’optimisation énergétique, les systèmes exploitant le principe des
récupérateurs d’énergie tendent à se généraliser. C’est principalement le cas de la ventilation
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double flux avec échangeur, dont la récupération de chaleur sur l’air sortant pour réchauffer
l’air entrant s’effectue avec un taux de 70 à 90 % (projet de construction de 4 bâtiments
d’hôpital psychiatrique avec ventilation double flux dans chaque chambre, Aube).
Depuis quelques années, on assiste par ailleurs à la redécouverte des puits climatiques,
appelés puits canadiens ou provençaux, que l’on utilise en complément d’une installation de
ventilation pour en limiter les déperditions thermiques. Constitués de tuyaux de 25 à 40 m
de long, de 15 à 25 cm de diamètre, enterrés à plus de 1,50 m de profondeur, ils puisent
l’énergie du sol pour assurer en hiver le réchauffement de l’air entrant et en été son
rafraîchissement. Les économies peuvent atteindre 40 % sur le poste de ventilation.
Plus anecdotique, des bâtiments sont ventilés naturellement, par effet de cheminée et
circulation d’air à l’intérieur de l’ouvrage. (Expérimentation en cours ZAC du Grand Large,
Dunkerque 2008).
1-2-2-4 Electricité
Le solaire photovoltaïque est la solution qui enregistre la plus forte progression. S’appuyant
sur trois grandes familles de modules (vitrés opaques, vitrés transparents, souples), les
professionnels de la filière ont mis au point de nouveaux produits répondant à un plus grand
souci d’intégration à l’enveloppe.
Les panneaux photovoltaïques se déclinent aussi bien en toiture qu’en façade ou en brise-
soleil sous la forme de tuiles, bardeaux, éléments de murs rideaux, stores, membranes
d’étanchéité.
Les technologies du photovoltaïque utilisent le rayonnement du soleil pour le convertir en
électricité. Cette conversion est due aux cellules qui composent les panneaux (ou modules)
photovoltaïques. Ces cellules sont fabriquées à partir d’un matériau semi-conducteur capable
d’induire du courant électrique sous l’effet d’un rayonnement lumineux. Un panneau
photovoltaïque délivre un courant électrique continu, qu’il convient de transformer en
courant alternatif à l’aide d’un onduleur, afin qu’il soit compatible avec le courant disponible
sur le réseau électrique.
Le problème directement associé à toute production d’électricité est celui de son stockage
pour une réutilisation nocturne ou différée. Outre les accumulateurs et les batteries
conventionnels, la conversion directe de l’énergie solaire en hydrogène est une piste nouvelle
et prometteuse (double fonction photovoltaïque et électrolytique).
Electricité : l’éolien
L’éolien, quant à lui, permet de fournir une part non négligeable de l’électricité verte délivrée
actuellement. (The Beaufort Court Zero Emissions Building, Angleterre, 2003)
La force du vent met en rotation le rotor, constitué de pales (en général au nombre de trois)
montées sur un moyeu. La transmission mécanique, comportant notamment un
multiplicateur de vitesse, communique l’énergie mécanique développée par le rotor à la
génératrice qui la transforme en électricité. Le courant produit par la génératrice est
acheminé par des câbles électriques descendant le long du mât jusqu’à une armoire
électrique située au pied de l’éolienne, où il y subit un ajustement de tension avant d’être
18
injecté sur le réseau de distribution. Étant tributaires du vent, les éoliennes produisent de
l’énergie de façon intermittente. En effet, pour des vitesses de vent inférieures à 14 km/h, la
plupart des éoliennes restent à l’arrêt. Par sécurité, il en est de même lorsque le vent est
trop violent, atteignant des vitesses supérieures à 90 km/h. Une éolienne atteint
généralement sa puissance maximale pour une vitesse de vent d’environ 43 km/h.
On peut constater également que des éoliennes à axe vertical sont employées pour une mise
en œuvre sur les toits des bâtiments (immeuble de 240 logements, Fontenay Sous Bois, Val
de Marne, 2007).
La pile à combustible fait son apparition dans les bâtiments d’habitation mais sert aussi pour
alimenter en énergie des établissements recevant du public isolés (pile à combustible
utilisant du méthanol, chalet « Glük Auf », Forbach, avis CCS du 6 novembre 2003). Son
coût reste élevé mais les perspectives de développement sont très grandes. La pile à
combustible ne produit pas de gaz nocif, mais uniquement de l'électricité, de la chaleur et de
l'eau (l'hydrogène étant combiné après usage avec l'oxygène de l'air). Elle est dépourvue de
turbine ou de moteur et ne fait donc pas de bruit. Les frais énergétiques sont globalement
réduits, le surcoût lié à l'approvisionnement en gaz ou kérosène pour générer l'hydrogène
requis étant inférieur aux économies réalisées sur l'alimentation secteur.
On compte aujourd'hui près de 1.300 foyers japonais ainsi équipés dans le cadre d'une
expérimentation à grande échelle soutenue par les pouvoirs publics. Environ mille de plus
étaient prévus avant mars 2008.
Dans le cadre de la gestion des déchets, des innovations apparaissent également dans les
projets architecturaux dont certains intègrent leur système d’épuration ou de compactage
des déchets à l’intérieur même des locaux.
19
PARTIE 2 : L’ARCHITECTURE DURABLE ET LE RISQUE INCENDIE
Répondre aux objectifs fixés dans le cadre du développement durable appelle la mise en
œuvre de solutions techniques, de matériaux et de modes de constructions nouveaux. Ces
nouveautés peuvent présenter un certain nombre de problèmes vis-à-vis des objectifs de
sécurité incendie fixés par les différentes réglementations.
Cette partie du mémoire propose de mettre en exergue ces difficultés ainsi que les risques
qui peuvent en découler.
Second exemple avec la construction dans les années cinquante et soixante de « grands
ensembles » immobiliers destinés à l’habitation. La Cité du Mirail à Toulouse, les Minguettes
à Vénissieux, le Val Fourré à Mantes-la-ville, … sont autant de réalisations nées d’un besoin
d’accès au confort moderne (eau courante, électricité, chauffage central, …) notamment
pour les ouvriers des banlieues ou les rapatriés d’Algérie. Au vu des difficultés que
présentent aujourd’hui les incendies dans ces grands ensembles, il ne semble pas que la
réglementation ait réussi, à l’époque, à anticiper ou prendre le recul nécessaire pour faire
face à cette évolution.
Ces deux exemples illustrent combien il est nécessaire (mais difficile) que la sécurité incendie
accompagne les évolutions architecturales. Dans le cas du développement durable, l’exercice
est d’autant plus compliqué que la modification des constructions est globale : elle intéresse
d’une part tous les types de bâtiments (habitation, ERP, IGH, …), et concerne d’autre part
les bâtiments dans leur ensemble (gros œuvre, second œuvre, …).
On peut aller plus loin sur le caractère global de la problématique en soulignant que les
interrogations dépassent largement nos frontières. Deux exemples illustrent la réalité
internationale des interrogations que suscitent le « sustainable development ».
20
Le premier exemple est tiré du site internet de la NFPA (National Fire Protection Association),
au travers d’un article intitulé « Fire protection and safety » d’août 2008, écrit par Kathleen
H. Almand. (Annexe n° 3). Dans cet article, l’auteur invite les lecteurs à contribuer à la
réflexion sur les problèmes susceptibles de survenir dans les prochaines années face à
l’évolution des constructions :
“ (…) As the Foundation prepares for the future, we ask you to participate in our work by
lending us your expertise. (…) Within the general context of (…) new materials technologies,
and sustainable development, what do you see as the three major challenges facing your
sector of our community?”
Le second exemple est issue d’un article de W.K. Chow paru dans la revue « Architectural
Science Review » et intitulé « Fire safety in green or sustainable buildings : application of the
fire engineering approach in Hong Kong. » (Annexe n°5)
Dans cet article de 2003, l’auteur écrit :
“'Green' or 'sustainable' buildings might give new architectural features where prescriptive
fire codes are difficult to follow. Examples include the internal voids, double-skin facades and
others.”
Que ce soit pour les projets de type « habitation » ou pour les projets d’ERP, l’utilisation en
masse de nouveaux matériaux, de nouvelles technologies, la révision des concepts
d’isolations thermiques et acoustiques, la densification de l’habitat, … risquent de se heurter
à deux types de problèmes : la non-conformité avec un texte existant d’une part, l’absence
de référentiel réglementaire d’autre part.
21
nombre d’articles du règlement de sécurité, notamment les articles AM (réaction au feu des
plafonds par exemple) et les articles CO (règle du C+D par exemple).
Le préventionniste pourra étudier ce cas de figure par le biais d’une demande de dérogation,
procédure prévue par l’article R 123-13 du Code de la Construction et de l’Habitation (CCH).
Cet article dispose que : « Certains établissements peuvent, en raison de leur conception ou
de leur disposition particulière, donner lieu à des prescriptions exceptionnelles soit en
aggravation, soit en atténuation ; dans ce dernier cas, des mesures spéciales destinées à
compenser les atténuations aux règles de sécurité auxquelles il aura été dérogé peuvent être
imposées. Ces prescriptions (…) sont prises après avis de la commission de sécurité
compétente (…) ».
Le problème reste entier malgré tout car si l’article R 123-13 du CCH permet au
préventionniste d’étudier un projet présentant des non-conformités, il n’amène pas la
solution technique nécessaire à la résolution du problème. Or, en cas d’incendie, un hôtel-
restaurant « tout bois » ne va pas se comporter comme une construction traditionnelle. Si la
stabilité de l’ouvrage ne semble pas être le problème majeur, il n’en n’est pas de même en
revanche pour ce qui concerne l’émission d’une grande quantité de gaz de pyrolyse, gaz que
n’émet pas le béton, la brique ou la structure métallique dans le cas des constructions
traditionnelles. La typologie même d’un sinistre dans une construction « tout bois », va donc
être différente. De grandes lignes du règlement de sécurité peuvent dès lors s’avérer
insuffisantes voire inefficaces face à un nouveau type de feu : dimensionnement du
désenfumage, recoupement des circulations, emplacement de la détection incendie, …
Un préventionniste dispose-t-il du recul et des outils nécessaires pour analyser un tel projet
et trouver l’équilibre développement durable/innovation/sécurité ?
Faut-il refuser ce type de construction au prétexte de l’existence de non conformités au
règlement de sécurité ?
Est-il possible de déroger à l’arrêté du 31 janvier 1986 relatif à la sécurité contre l’incendie
dans les bâtiments d’habitation ?
La réponse est en partie donnée par le CCH, article R 111-16 :
« Le préfet peut accorder des dérogations aux dispositions des articles R 111-3c, R 111-10,
R 111-12 et R 111-13 si les aménagements proposés par le constructeur ou imposés à lui
par la décision accordant la dérogation assurent aux bâtiments les mêmes garanties de
confort, d’hygiène et de sécurité. »
L’article R 111-13 auquel il est fait référence indique : « la disposition des locaux, la
structure, les matériaux et l’équipement des bâtiments d’habitation doivent permettre la
protection des habitants contre l’incendie (…) Un arrêté conjoint du ministre chargé de la
construction et de l’habitation et du ministère de l’intérieur, fixe les modalités d’application
du présent article (arrêté du 31 janvier 1986) ».
22
Cette procédure de dérogation est peu connue et très peu appliquée dans le milieu de la
construction des immeubles d’habitation. Ceci révèle soit que l’ensemble des immeubles
construits respecte strictement le texte, soit que les non-conformités ne font l’objet d’aucune
démarche administrative particulière, puisque très peu détectées (les Centres d’Etudes
Technique de l’Equipement (CETE) ne contrôlent a posteriori, au niveau national, que 5%
des immeubles construits).
Cela étant, si le préfet est malgré tout destinataire d’une demande de dérogation dans le
cadre de projets liés au développement durable (construction d’un immeuble d’habitation au
label « Bâtiment Basse Consommation » à Mulhouse – demande de dérogation sur la
stabilité au feu et le degré coupe-feu des planchers des coursives extérieures de distribution
des logements – PC 68 224 08 S0028), il est vraisemblable qu’il transmettra pour avis le
dossier au service prévention du service départemental d’incendie et de secours (SDIS).
Cette situation est somme toute assez « normale » au regard de l’élan de créativité impulsé
par les pouvoirs publics en faveur du développement durable. Même en pleine crise
23
financière, le Président de la République a rappelé que « nous n’avions pas le droit de rater
le rendez-vous fixé par la planète ».
2-2 Les problèmes posés sur le plan technique vis-à-vis du risque incendie
On peut toutefois signaler l’interaction possible entre une installation électrique défectueuse
et les différents matériaux isolants (polyuréthane, laine d’origine animale,…) en cas de
conception inadaptée et de maintenance insuffisante.
La possibilité d’un retour en grâce du bois et des matériaux solides comme combustibles
privilégiés peut s’évaluer à la hauteur du regain de vigueur du marché des chaudières
adaptées à ces matériaux. Les systèmes les plus performants sont souvent inspirés de ceux
en usage il y a plusieurs décennies. Cependant les grandes surfaces spécialisées se sont
accaparées de façon privilégiée leur distribution. Le bricoleur éprouve souvent des difficultés
à évaluer ses réelles capacités techniques et à résister aux tentations qui l’encouragent à
réaliser des travaux exigeant des connaissances certaines au risque de malfaçons pouvant
avoir des conséquences dramatiques. Les conditions de stockage des combustibles solides,
par exemple les silos à pellets de bois, nécessitent des précautions que tous les utilisateurs
ne sont certainement pas prêts à respecter.
24
du méthane ne disposant pas d’une mise à la terre conforme peuvent favoriser le
phénomène d’électricité statique capable de provoquer un début d’incendie.
Les principes actuels de construction bioclimatique tendent à aggraver les conséquences d’un
incendie.
En effet, ces constructions se caractérisent par une isolation renforcée notamment au niveau
des façades (isolation extérieure, murs rideau, double peau, traitement des ouvertures,
vitrages multiples,…) et des toitures (isolation, végétalisation,…).
Par conséquent, en cas de sinistre, la chaleur évacuée vers l’extérieur est pratiquement
nulle. Le bâtiment constitue alors un réservoir de chaleur. Celle-ci s’accumule dans la pièce
en feu, ce qui augmente la violence de l’incendie.
Le feu est entretenu par un apport d’air limité qui peut provenir de l’installation de ventilation
mécanique ou naturelle. La combustion qui en résulte est donc incomplète et par conséquent
dangereuse.
Cette combustion lente et incomplète des matériaux à l’intérieur de locaux habités favorise
également la production de gaz toxiques tel que le monoxyde de carbone, particulièrement
dangereux lorsqu’il s’agit de locaux à sommeil.
De plus, l’utilisation croissante de nouveaux matériaux tant dans la construction que dans
l’isolation ou le mobilier intérieur influe très sensiblement sur la manière dont le feu se
développe dans un bâtiment. Certains de ces matériaux brûlent en dégageant de très fortes
quantités de chaleur et se dégradent très rapidement lorsque les températures dépassent
100 à 300°C.
Facteur aggravant, cette dégradation s’accompagne de la production de gaz très
inflammables et toxiques.
Phénomène moins connu, on constate également que les vitrages cèdent beaucoup plus
tardivement sous l’effet de la chaleur. Cette sortie retardée des flammes et fumées par les
fenêtres et l’absence de visibilité depuis la rue augmente d’autant le délai d’alerte des
secours et contribue à un plus long développement de l’incendie avant l’arrivée des secours.
25
La mise en place d’un système de ventilation complexe (mécanique, naturelle ou hybride)
pour palier le problème de condensation et de renouvellement d’air peut également
constituer un vecteur privilégié de la propagation des incendies à l’intérieur des bâtiments.
Autre sujet d’inquiétude, les rupteurs de ponts thermiques. Ces morceaux de polystyrène
expansé placés entre les dalles et les murs apparaissent comme des points propices à une
propagation.
Le feu peut provenir d’un tiers par l’effet de rayonnement d’une façade à l’autre ou par un
feu se déclarant sur la voirie ou au pied de l’immeuble.
Dans un tel cas, la mise en place de matériaux de parements combustibles (bois, façade
végétalisée,…) conjuguée à une exposition inappropriée par rapport à des vitrages
réfléchissant le soleil peut contribuer à la naissance et à une propagation rapide de l’incendie
par l’extérieur sur l’ensemble d’une façade jusqu’à la toiture.
Le feu peut également se propager d’un niveau à l’autre par l’intermédiaire de la façade.
Deux incendies tragiques survenus dans des bâtiments de grande hauteur à Sao Paulo, dans
les années 1970, ont démontré que le feu peut se propager par l’intermédiaire des façades
avec de graves conséquences. C’est pourquoi la plupart des réglementations incendies
exigent que les façades soient construites en matériaux incombustibles.
Toutefois, pour satisfaire des impératifs d’isolation, il est nécessaire d’incorporer des
éléments combustibles dans les bardages extérieurs. Cette évolution est confirmée dans les
concepts de constructions bioclimatiques.
Lors d’un incendie, les éléments de façade peuvent donc accélérer la propagation de
l’incendie en permettant à celui-ci de se propager aux étages au-dessus du foyer d’origine.
Dans ce domaine, les doubles façades ventilées peuvent avoir, dans certaines configurations,
une influence négative sur la protection contre l’incendie des personnes et des bâtiments.
L’espace compris entre la paroi extérieure et la paroi intérieure peut annihiler la protection
offerte par le cloisonnement intérieur du bâtiment.
Tous les concepts de doubles façades ne posent pas de difficulté en matière de prévention
de l’incendie.
Le concept de façade le plus fréquemment appliqué, à savoir les doubles façades ventilées
mécaniquement et recoupées à chaque étage, ne pose pas de problème spécifique.
Cependant, certains concepts de doubles façades comportent des espaces ventilés qui
s’étendent sur plusieurs étages. L’espace entre les deux parois peut, en cas d’incendie, jouer
un rôle de véritable cheminée et transmettre la chaleur et les fumées d’un étage à l’autre,
notamment si la façade comporte des châssis ouvrants.
De plus, de nouveaux procédés de gestion technique du bâtiment permettent l’ouverture des
ouvrants en façades durant la nuit pour éviter une utilisation intense de la climatisation. En
cas d’incendie avec propagation par l’extérieur, la situation d’une personne qui se trouverait
dans les étages supérieurs avec les fenêtres ouvertes serait périlleuse.
Le feu peut également provenir d’un tiers par un effet de projection de matières enflammées
sur la toiture d’un immeuble. La mise en place de toiture végétalisée, en fonction des
essences végétales utilisées, de l’hygrométrie du substrat et de l’entretien des plantes
(toiture prairie par exemple), ou de certains matériaux d’isolation en toiture (écran pare
vapeur,…) peuvent poser des problèmes. Les risques sont identiques en cas de chute de
produits en ignition sur des éléments photovoltaïques souples par exemple.
26
Les dispositifs brise soleil existent sous les formes les plus diverses car ils participent à
l’œuvre de l’architecte qui protège son bâtiment de la façon la plus remarquable qu’il puisse
imaginer. Leur positionnement au droit des vitrages en façade peut participer à contraindre
les fumées et les gaz chauds à suivre une direction dangereuse s’ils sont trop imperméables
et conçus sans penser au risque encouru par les occupants des niveaux supérieurs.
En outre, ces dispositifs viennent parfois masquer les « baies pompiers », rendant leur
repérage difficile et leur accès plus compliqué.
Le feu peut se propager par conduction à l’intérieur des murs comportant un isolant ou
constitués de matériaux combustibles telle que la paille. Cette propagation peut être
horizontale ou verticale.
En effet, si l’isolant est en contact avec des sources de chaleur (appareils d’éclairage,
installation électrique présentant des échauffements, mise en œuvre défectueuse des
installations, …) ils peuvent s’enflammer.
La propagation à travers ces matériaux est généralement lente mais le feu peut se
développer sans être détecté. Ces incendies au cœur des matériaux isolants sont
particulièrement dangereux si les volumes sont importants et si l’isolant est particulièrement
combustible.
Beaucoup de matériaux d’isolation dégagent très vite des produits dangereux qui brûlent
plus rapidement que des matériaux traditionnels.
Le feu se propage donc par conduction à l’intérieur des parois et peut, en cas de défaillance
de l’enveloppe, ressurgir après avoir couvé longtemps, dans une partie du bâtiment éloignée
du point d’origine. Après un apport d’air supplémentaire, on peut assister à un embrasement
rapide et à une propagation de l’incendie.
Enfin, l’isolant peut accélérer l’élévation de température du toit et des murs. Cet
échauffement peut influer sur la tenue au feu des éléments de structure.
Nous l’avons décrit précédemment, l’isolation renforcée ne permet pas d’évacuer rapidement
la chaleur par l’extérieur, aussi les incendies dans les bâtiments sont plus violents du fait de
l’énergie emmagasinée et la propagation par l’intérieur peut s’avérer dangereuse et rapide
au point de représenter un risque important pour les occupants. En effet, un feu couvant et
se généralisant rapidement dans une partie du bâtiment pourrait surprendre les occupants
mais également, compromettre l’évacuation du public d’un bâtiment en cas de rupture de la
protection des cheminements (circulations, escaliers). Comme cela a déjà été évoqué, les
réserves en oxygène d’un local pouvant être habité sont appauvries par les efforts d’isolation
thermique et acoustique. Le risque d’intoxication par les fumées de combustion est aggravé.
Le développement lent d’un feu étant plus silencieux et insidieux qu’un foyer qui se
développe rapidement, les personnes endormies ont moins de chances d’être alertées du
danger.
27
n’existe. En cas de sinistre, on s’aperçoit qu’il change le mode de combustion du matériau
naturel en dégageant des vapeurs toxiques (dioxines, furanes,…).
Autre exemple, les recherches étant peu avancées dans le domaine, il conviendra de
s’assurer que la combustion des panneaux photovoltaïques (tuiles, membranes, …) ne
produit pas de toxiques, notamment des métaux lourds.
Ce nouveau mode de propagation des gaz d’incendie et des flammes observés lors du
développement des feux et de leur propagation intérieure présente également un réel
danger pour les sapeurs-pompiers. Les accidents tragiques de ces dernières années nous
démontrent que les phénomènes thermiques peuvent être redoutables. La profession
commence à prendre en considération cette problématique en adaptant la formation des
intervenants. Force est de constater que les procédés de construction et certains matériaux
mis en œuvre pour réaliser des bâtiments conformes aux concepts nouveaux à vocation
environnementale ne font qu’aggraver les risques.
La mise en place de façades double peau (façades ventilées, façades actives,..) diminue les
possibilités d’accès pour les secours. Les sauvetages et l’attaque initiale du sinistre sont alors
plus complexes.
La mise en œuvre de moyens d’extinction au travers de ces équipements est plus
hasardeuse et son efficacité réduite. De plus, la chute de matériaux au droit des façades
peut mettre en danger les intervenants.
Les panneaux photovoltaïques peuvent également présenter un nouveau risque pour les
intervenants. En effet, ils produisent de l’électricité lorsqu’ils sont exposés à la lumière du
jour et leur production ne peut être neutralisée. Ils doivent donc toujours être considérés
sous tension. Ils présentent un risque de choc électrique pour les secours en cas de contact
direct ou à l’occasion de l’utilisation des lances à eau lors des opérations d’extinction des
incendies.
28
PARTIE 3 : SOLUTIONS REGLEMENTAIRES ET TECHNIQUES
Toutefois, afin de répondre à l’ensemble des problèmes mis en exergue dans la partie 2, il
est indispensable de moderniser les dispositions réglementaires et techniques.
Face à une technique mise en œuvre par les constructeurs dans le cadre du développement
durable, les règlements de sécurité ne sont pas toujours applicables et il convient de déroger
aux règles en vigueur.
Pour cela, il est possible de mettre œuvre une procédure de dérogation au travers des
articles du Code de la Construction et de l’Habitation ou du code du travail à savoir :
- l’article R. 123-13 du CCH pour les ERP.
- l’article R. 111-16 du CCH pour les Habitations.
- l’article R. 122-11-1 et 4 du CCH pour les IGH.
- l’article R. 4216-32 à R. 4216-34 du Code du travail pour les lieux de travail.
Toutefois, afin que cette démarche soit plus lisible par les maîtres d’ouvrage et maîtres
d’œuvre, l’adaptation suivante aux procédures de dérogation peut être envisagée :
29
Actuellement la CCDSA est compétente pour les ERP, les IGH de moins de 100 mètres et les
lieux du travail mais pas pour l’habitation. Compte tenu du caractère exceptionnel des
projets d’IGH de plus de 100 mètres, la Commission Centrale de Sécurité doit rester
compétente.
On peut noter que les décrets 2006-1089 du 30 août 2006 et 2006-1658 du 21 décembre
2006 ont attribué la compétence à la CCDSA, pour donner un avis à l’autorité investie du
pouvoir de police, pour les dérogations aux règles d’accessibilité aux personnes à mobilité
réduite dans tout type de construction (ERP, IOP, logements, lieux de travail, voirie et
espace public).
Il serait donc légitime d’étendre cette compétence en matière de sécurité incendie.
Cette approche transversale permettrait alors d’obtenir une cohérence dans les réponses
apportées aux nouvelles constructions, qu’il s’agisse d’ERP, d’habitation ou autre.
Le recours à une dérogation, même si elle constitue une démarche réglementaire, ne permet
pas systématiquement au prescripteur de disposer des éléments techniques d’appréciation
qui lui donnent l’assurance que les produits sont adaptés et sûrs, même s’il en a une forte
conviction.
Une alternative mérite une attention particulière : l’avis technique. Il constitue un document
d’information technique sur l’aptitude à l’emploi d’un produit, matériau, élément ou
composant de construction, à caractère innovant. Actuellement, les avis techniques
s’adressent essentiellement :
- au prescripteur en vue du choix d’un produit ;
- à l’utilisateur impliqué dans la réalisation d’un ouvrage ;
- au contrôleur technique intervenant sur un chantier.
L’avis technique exprime l’opinion, formulée après expertise de manière neutre et impartiale
par un groupe d’experts. Il est basé sur la prise en compte tant des exigences
réglementaires françaises que des objectifs de performances et de durabilité résultant de
l’application des règles de l’art dans le domaine des techniques traditionnelles
correspondantes lorsqu’elles existent.
30
Les avis techniques sont formulés par une commission composée de fonctionnaires
représentant les pouvoirs publics en charge de la construction, d’un membre du centre
scientifique et technique du bâtiment (CSTB), d’un représentant de l’association française de
normalisation (AFNOR), des représentants des maîtres d’ouvrage publics et privés, et de dix
personnes choisies parmi les industriels, entrepreneurs, architectes dont les activités ont trait
notamment au bâtiment.
C’est le CSTB qui enregistre et publie les avis techniques. Tel qu’il est défini à l’article L 141-1
du code de la construction et de l’habitation, « le centre scientifique et technique du
bâtiment est un établissement public de caractère industriel et commercial, doté de
l’autonomie financière et placé sous l’autorité de l’administration compétente. Cet
établissement a pour objet de procéder à des études et recherches scientifiques et
techniques intéressant la construction et le logement ».
Il est donc parfaitement légitime de pouvoir recourir aux avis techniques formulés par la
commission précitée. La réglementation incendie y fait d’ailleurs déjà référence. L’arrêté du
22 mars 2004 relatif à la résistance au feu des produits, éléments de construction et
d’ouvrages, en son article 18, dispose : « la performance de résistance au feu d’un produit,
d’un élément de construction ou d’ouvrage est attestée :
- par les informations accompagnant le marquage CE, dans les conditions prévues par
le décret du 8 juillet 1992 modifié susvisé, ou
- par une certification au sens de l’article L. 115-27 du code de la consommation, ou
par un procès-verbal établi par un laboratoire agréé dans les conditions indiquées à
l’annexe 4, en cours de validité au moment de la mise en œuvre, ou
- par une note de calcul élaborée selon l’article 12, ou
- par un avis de chantier délivré dans les conditions indiquées l’article 14, ou
- par un avis sur étude délivré dans les conditions indiquées à l’article 15.
Par ailleurs, un avis technique (Atec) peut être délivré dans les conditions de l’arrêté du 2
décembre 1969 susvisé, formulé sur la base d’une appréciation d’un laboratoire agréé sur le
comportement au feu d’un produit, d’un élément de construction ou d’un ouvrage ».
Il apparaît cependant que pour accorder une confiance plus large à l’Atec, il convient de
recommander à la commission chargée de formuler les avis techniques d’être plus exigeante
sur l’appréciation des critères conduisant à reconnaître la conformité aux réglementations,
notamment celles relative à la sécurité incendie. Il est nécessaire d’évaluer une conformité à
ces réglementations, y compris en ce qui concerne leur mise en œuvre. C’est à cette
condition que les services instructeurs des permis de construire pourront s’estimer
parfaitement renseignés.
Un avantage de l’avis technique est qu’il dispose d’une déclinaison particulière, le document
technique d’application (DTA), qui désigne un avis formulé pour l’emploi d’un produit ou
composant relevant du marquage CE dans des conditions d’instruction spécifiques.
Il existe aussi une procédure rapide d’évaluation technique formulée par un groupe d’experts
sur tout produit, procédé ou équipement ne faisant pas encore l’objet d’un avis technique
afin de faciliter la prise en compte de l’innovation dans la construction : l’Atex (Appréciation
technique d’expérimentation). Il peut être judicieux de s’autoriser le recours à l’Atex. Cette
procédure permet, dans la construction, de faciliter l’intégration des expérimentations tout
en identifiant les risques et leur mode de prévention.
Le principal défaut de l’avis technique est sa durée de délivrance qui peut atteindre dix huit
mois. Lors d’une conférence organisée le 2 juillet 2008, M. Alain MAUGARD, alors président
31
du CSTB, faisant référence aux objectifs annoncés par les conclusions du Grenelle de
l’environnement fixant notamment à 2020 l’arrivée de la génération des bâtiments à énergie
positive, a annoncé : « la machine à fabriquer de l’innovation est lancée. Les entreprises font
preuve de créativité pour mettre sur le marché des produits répondant aux objectifs de
performance ». En réponse à cette situation, qui se vérifie chaque jour dans la presse
spécialisée consacrée à la construction, le CSTB a lancé le Pass’innovation. Il s’agit d’un
dispositif volontaire qui permet aux entreprises, aux contrôleurs techniques et aux assureurs
de disposer d’une première évaluation technique des produits ou procédés. Son délai
d’obtention est de trois mois. Le Pass’innovation peut être accrédité de trois niveaux de
classement selon la confiance qui est attribué au produit (vert, orange, rouge). N’étant pas
envisageable d’hypothéquer la sécurité et de faire prendre des risques aux acteurs de la
construction et aux utilisateurs ou occupants futurs, seul un produit présentant toutes les
garanties peut retenir l’attention du prescripteur dans le cadre de l’habitat collectif, les ERP
et les IGH. Ainsi, un produit classé « feu vert » présente un risque très limité qui peut être
maîtrisé par des recommandations sur la mise en œuvre et/ou le suivi. On considère alors
que le produit ou le procédé peut être employé dans la construction.
Il existe donc d’autres solutions que l’intuition du préventionniste isolé afin d’autoriser la
mise en place de nouveautés techniques dans la construction. Il reste cependant à les
intégrer dans la réglementation. La quantité impressionnante de produits qui sont utilisés
actuellement sans garantie doit inciter à réfléchir d’urgence à la possibilité de recourir à une
solution telle que celle énoncée, déjà existante, et qui ne coûte rien à la collectivité.
Charge ensuite à chacun de retenir les éléments qui peuvent améliorer ses dispositions
réglementaires propres en fonction de la typologie des bâtiments et des contextes sociaux et
historiques.
Prenons l’exemple des façades double peau. Le règlement français n’aborde que très
partiellement cette technique constructive dans le cadre de l’article CO 21 §2 de l’arrêté du
25 juin 1980 modifié en ce qui concerne le recoupement des vides de façades dans les ERP.
Il a pour effet de limiter la mise en place de doubles façades sur deux niveaux successifs au
maximum. Or, les exigences en matière de développement durable, notamment de
protection thermique, mettent en exergue le potentiel qualitatif de telles façades.
32
prises pour éviter la propagation de l’incendie dans les zones intérieures des façades (zones
tampon) et dans les cours intérieures ». Cet objectif est décrit dans les onze pages de la
« note explicative de protection incendie n°1004 du 6 mars 2003 » (Annexe n°7).
La Belgique a édité un document de dix huit pages intitulé « les doubles façades ventilées,
exigences en matière de sécurité incendie ». (Annexe n°8)
Force est de reconnaître que, rien qu’en Europe, d’autres pays ont réfléchi à cette question
et ont abouti à des dispositions visant à garantir un juste niveau de sécurité. Sans reprendre
à la lettre les mesures qui sont préconisées dans les textes de nos voisins, mais en s’en
inspirant, des propositions peuvent être envisagées rapidement afin d’amender nos
réglementations après avoir été examinées par les experts, notamment ceux du groupe de
Travail qui étudie la révision de l’instruction n° 249.
Une solution concrète permettant d’autoriser l’application de ce qui vient d’être démontré est
proposée ci-après. Les constructions intégrant les exigences du développement durable étant
susceptibles de faire l’objet de fréquentes demandes de dérogations, comme nous l’avons
évoqué précédemment, ces demandes devront être assorties de mesures compensatoires
permettant d’atteindre le niveau de sécurité défini par les dispositions réglementaires.
33
Deux exemples peuvent être cités :
- les façades double peau suscitent l’inquiétude des services en charge d’évaluer les risques
en matière de sécurité incendie en raison du rôle de cheminée d’appel déjà évoqué qui peut
leur être attribué ;
- le comportement au feu des constructions en bois massif est différent de celui des
bâtiments construits traditionnellement avec des briques ou des parpaings et du béton.
La sagesse des positions prises par la commission centrale de sécurité et par des
commissions départementales sur des cas où furent mis en œuvre des concepts innovants
non prévus par les réglementations démontre qu’il existe paradoxalement une certaine
confiance à la mise en place « raisonnée », c'est-à-dire dans des conditions ne générant pas
une aggravation des risques, de certains produits innovants. (Avis CCS sur façade double
peau du 4 octobre 2007, avis sur pile à combustible du 6 novembre 2003,…).
Les cas d’ERP français cités à titre d’exemples en première partie de ce mémoire constituent
une illustration non exhaustive mais concrète de bâtiments où une analyse de risques suivie
d’une définition adaptée des moyens de prévention à mettre en œuvre pour garantir le
niveau de sécurité nécessaire s’est substituée à l’application stricte d’une réglementation.
Il est cependant rassurant pour le préventionniste de conforter son avis, même s’il est habité
d’une quasi certitude, au moyen d’une démarche scientifique. Le recours à l’ISI peut
constituer une solution intéressante à ce que l’on peut considérer comme des situations où il
n’est pas défini de disposition technique réglementaire adaptée. C’est la solution à laquelle
ont eu recours les responsables du centre hospitalier universitaire de ROUEN pour évaluer la
possibilité d’installer une façade double peau sur l’un de ses bâtiments lors d’une opération
programmée en 2008.
Les normes industrielles : la normalisation est définie par la réglementation française comme
étant un processus ayant « pour objet de fournir des documents de référence comportant
des solutions à des problèmes techniques et commerciaux concernant les produits, biens et
services qui se posent de façon répétée dans des relations entre partenaires économiques,
scientifiques, techniques et sociaux » (décret n° 84-74 du 26 janvier 1984).
Depuis 1990, l’élaboration des normes répond à des règles guidées par la recherche du
consensus. Il est certain que l’avis des industriels pèse sur le contenu des normes.
Cependant, d’autres intervenants participent à leur élaboration tels que les représentants des
pouvoirs publics, les utilisateurs et les consommateurs.
En France, particulièrement depuis les accords pris avec les pays européens, les normes ont
fait l’objet d’une reconnaissance clairement identifiée. Ainsi, de nombreux produits utilisés
dans la construction relèvent d’une norme. La directive des produits de construction (DPC),
directive du conseil des communautés européennes n°[Link] du 21 décembre 1988,
incite les fabricants à obtenir le marquage CE pour leurs produits. Afin que cela soit
réalisable, ils peuvent recourir à plusieurs solutions dont les normes harmonisées. Les
34
normes concernent pratiquement tout ce qui touche au bâtiment (chauffages, structures en
bois, techniques des eaux résiduaires, installations fixes de lutte contre l’incendie,…).
En matière de sécurité contre les risques d’incendie et de panique, la référence à des normes
est parfaitement adaptée et reconnue au point d’affecter aux normes, dans certains cas, un
statut réglementaire. Les avantages à pérenniser cette démarche sont :
- elle ne perturbe pas des habitudes bien ancrées pour les différents acteurs de la
construction ;
- elle bénéficie d’une reconnaissance internationale autorisant aisément les échanges
entre pays ;
- elle garantie le recours à des minima techniques et technologiques élaborés dans le
sens des règles de l’art par des professionnels et dont la fabrication bénéficie d’un
contrôle sur place.
Le point faible de ce système peut résider dans les difficultés qu’éprouvent les pouvoirs
publics pour participer à l’élaboration et au suivi de toutes ces normes.
Les sprinklers résidentiels, peuvent être installés dans des locaux beaucoup plus petits.
35
Le but de ce système est de combattre un incendie dans sa phase la plus précoce, en
envoyant suffisamment d’eau pour éteindre le feu ou pour empêcher qu’il ne se propage. Les
têtes de sprinklers entrent vite en action, limitant ainsi la menace de la chaleur, des flammes
et de la fumée.
Ces systèmes sprinklers font usage de conduits légers et bons marchés, d’accouplements en
plastique PVC, cuivre ou acier à paroi mince, au lieu des matériaux traditionnels. Ils sont
raccordés directement au réseau de ville et par conséquent ils ne présentent pas de
contraintes techniques et financières trop importantes.
Ces sprinklers peuvent donc être mis en œuvre dans des habitations ou dans des locaux à
sommeil (hôtel, maison de retraite,…). Ils sont bien adaptés pour les constructions tout en
bois où les exigences relatives à la réaction au feu des matériaux ne sont pas toujours faciles
à mettre en œuvre par les concepteurs.
Une autre solution envisageable est le recours plus fréquent à la détection automatique
d’incendie :
- soit au travers de système de sécurité incendie dans lesquels on peut augmenter les
exigences sur le nombre de points de détection.
- soit au travers d’un nouveau concept comme le détecteur avertisseur autonome de
fumée (DAAF).
En effet, la détection précoce d’un sinistre a fait ses preuves dans les établissements
recevant du public à sommeil.
De nombreux risques évoqués, y compris ceux liés à l’arrivée du développement durable
dans la construction peuvent être traités en mettant en place un système de détection
permettant l’évacuation précoce des occupants et l’intervention rapide des secours.
Le projet de loi, actuellement soumis au vote du parlement permettra de recourir à ce
système dans les bâtiments d’habitation.
Une autre piste peut également être explorée, celle du détecteur incendie par voie
hertzienne (norme européenne EN 54-25 2008-3).
Ces détecteurs sont particulièrement utilisés au Royaume Uni où une procédure de
certification est en cours. Ils sont particulièrement adaptés à la protection des bâtiments
historiques mais pourraient tout aussi bien être utilisés ponctuellement dans des
constructions pour palier à un risque particulier (volume intermédiaire d’une façade double
peau par exemple). En effet, l’absence de câblage permet une mise en œuvre aisée et moins
coûteuse qu’un système conventionnel.
Les escaliers, quel que soit le type de bâtiment, peuvent constituer des gaines toute hauteur
pratiquement dépourvues de matériau combustible. Leur utilisation pour véhiculer de l’air
frais, depuis l’extérieur au pied de l’immeuble jusqu’à son sommet, permettrait des
économies de climatisation. En IGH, il suffirait, à partir d’une solution B de désenfumage, de
placer une baie de transfert qui se fermerait en cas d’incendie entre le volume de l’escalier et
le sas. Dans d’autres types de bâtiments le concept mériterait d’être adapté.
L’utilisation des ressources en eau est strictement réglementée en France. Les premières
mesures viennent d’être prises pour assouplir ces règles (Arrêté du 21 août 2008 relatif à la
36
récupération des eaux de pluie et à leur usage à l’intérieur et à l’extérieur des bâtiments).
Elles sont néanmoins confrontées à des dispositions existantes dans d’autres réglementations
existantes. Ainsi, l’article GH 52 de l’arrêté du 18 octobre 1977 (règlement de sécurité IGH),
dispose que les secours en eau doivent être alimentés au moyen d’eau potable. Avec
certaines précautions, des solutions techniques permettant d’utiliser l’eau de pluie récupérée
peuvent être mises en place à condition de modifier l’article précité. Le projet de texte
modifiant le règlement de sécurité des IGH ne prévoit pas un tel changement.
Dans ce domaine, on peut citer le projet du super U de Thouars qui prévoit de récupérer 180
m3 d’eau de pluie par an ou encore le projet de mise en sécurité de la maison de la Radio à
Paris qui prévoit une bâche supplémentaire de sécurité pour l’extinction automatique à eau
de type sprinkler alimentée par le système de récupération des eaux de pluie.
Les risques inhérents à ces nouvelles constructions peuvent être traités par nos règlements
en vigueur ou par le biais d’une dérogation associée à des mesures compensatoires.
Néanmoins, dans certains cas, il n’existe pas de mesures préventives satisfaisantes.
Les installations photovoltaïques actuelles en sont le parfait exemple. En effet, ces
installations présentent des risques d’électrisation en permanence et cela constitue un risque
pour les intervenants.
Dans ce cas, la réglementation doit prévoir des dispositifs d’information des secours au
travers d’affichage obligatoire permettant d’identifier ce risque. Cette mesure semble être
mise en œuvre comme on peut le constater dans le guide pratique à l’usage des bureaux
d’études et installateurs, édité par l’Agence De l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie
(ADEME) ou d’autres documentations techniques qui prévoient un affichage d’avertissement
sur les installations.
On peut également signaler qu’il est utile de faire mentionner ce risque sur les plans
d’intervention prévus dans les règlements ERP ou IGH.
Mais, ces mesures ne semblent pas suffisantes et il est indispensable de renforcer les
échanges entre les acteurs de la prévention, de la prévision et de l’opération par des actions
d’information et de formation conduites en direction des intervenants.
37
Dans un monde globalisé, avec des outils d’information et de communication performants, il
est primordial, pour éviter une perte de temps et d’énergie, de partager nos points de vues
et nos expériences entre Etats (exemple pour la réglementation des façades double-peau).
Cela s’avère d’autant plus avantageux que la France ne se situe pas en tête des réalisations
dans le domaine de la construction « verte ». Des pays voisins (Allemagne, Angleterre, …)
ou même plus éloignés (Etats-Unis) ont une avance certaine dans ce domaine.
Il ne s’agit pas de calquer tel standard étranger, mais de comprendre leur position et le cas
échéant, d’analyser leur retour d’expérience qui s’étale sur plusieurs années déjà.
Ce groupe, qui peut être une sous-commission de la commission centrale de sécurité, devra
être composé de membres de la DDSC, de sapeurs-pompiers mais aussi de personnels du
ministère du développement durable, des acteurs de la constructions (architectes, CSTB,…)
ou bien encore de membres du PREBAT (Programme de Recherche et d’Expérimentation sur
l’Energie dans le Bâtiment) qui sont chargés de définir les constructions de demain,
notamment celles de la RT 2010 et 2015.
Ainsi en renforçant les liens entre ces différents acteurs, la prévention incendie pourrait être
intégrée très en amont des réflexions relatives à la construction « durable ».
Les préventionnistes ont tous en commun le fait de suivre une formation identique dispensée
à l’Ecole Nationale Supérieure des Officiers de Sapeurs-Pompiers.
Le programme de formation pourrait être adapté pour intégrer une information sur « Le
développement durable : enjeux et conséquences sur la sécurité incendie ».
Les séquences pédagogiques consacrées à l’architecture du bâtiment pourraient également
informer sur les nouveaux matériaux et les solutions techniques mis en œuvre dans la
construction en raison des impératifs liés au développement durable.
Cette information serait complétée au fur et à mesure de l’enrichissement des connaissances
du groupe pilote précité puis dispensé aux préventionnistes lors de leur formation de
maintien des acquis.
38
Conclusion
L’application du principe de développement durable dans le domaine de l’immobilier va
engendrer de profondes modifications dans l’acte de construire. Le changement est en route
et la citation de Sir Winston Churchill ne pourrait trouver meilleure place : « Mieux vaut
prendre le changement par la main, avant qu’il ne vous prenne par la gorge ».
Prendre ce changement par la main, l’accompagner au fil des années à venir est sans doute
la clé en termes de réponse à donner face à cette évolution. Le présent rapport propose
certes quelques solutions techniques ou réglementaires concrètes (ingénierie de la sécurité,
modification de l’article GN 4, …), mais l’éventail des modifications en cours et à venir dans
le milieu de la construction est si vaste qu’il nécessite bien plus qu’un simple mémoire de
stage somme toute assez généraliste.
Il est certain que le domaine de la prévention des risques d’incendie et de panique sera
impacté à court terme par ces évolutions. Mais « se hâter lentement » est sans doute une
position intermédiaire sage, et le socle juridique tant au niveau du Code de la Construction et
de l’Habitation qu’au niveau de l’arrêté du 25 juin 1980 est solide et permet d’apporter pour
un temps une réponse réglementaire et sécurisante aux projets soumis pour étude. Cette
position ne doit cependant pas être confondue avec de l’attentisme. Elle doit s’accompagner
d’une véritable mission de renseignement et d’information qui pourrait être confiée à
un « groupe pilote ».
Il est en effet indispensable de se renseigner sur les nouvelles techniques mises en œuvre,
les nouveaux concepts, les projets à venir et les projets réalisés mais aussi d’échanger avec
les autres pays confrontés aux mêmes questions, aux mêmes enjeux…
Les conséquences de ces changements tant pour le public que pour les personnels des
services de secours et de lutte contre l’incendie étant potentiellement dramatiques, il
convient aussi de partager ces informations, ces retours d’expérience et autres analyses afin
d’envisager les évolutions réglementaires et techniques nécessaires.
Au-delà des problèmes ponctuels révélés par cette courte étude, ce qui se joue dans
l’évolution du mode de construction est l’adéquation entre une certaine conception de la
sécurité bâtimentaire et la typologie même des sinistres.
En effet, les incendies du XXIème siècle vont vraisemblablement évoluer tout autant que les
constructions. Et si les immeubles Haussmanniens ont apporté avec eux les feux de cage
d’escalier meurtriers auxquels ont su répondre les escaliers encloisonnés, le développement
durable apportera d’autres problèmes auxquels il faudra trouver de nouvelles réponses, ce
qui ne sera possible qu’en accompagnant le changement, en étant à ses côtés.
Novembre 2008
39
Glossaire
Agenda 21
Programme d'actions destinées à traduire dans les faits les principes et visées du
développement durable, défini à Rio (92) lors du 2ème sommet de la Terre organisé sous
l'égide des Nations-
Unies. Les villes et autres collectivités territoriales notamment sont invitées par ce moyen à
s'approprier et à pratiquer des politiques qui tendent à satisfaire les besoins des générations
actuelles sans hypothéquer, pour le moins, la capacité des générations futures à satisfaire
les leurs.
Architecture bioclimatique
Développement durable
Le développement soutenable est un développement qui répond aux besoins du présent sans
compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs.
Une politique et une stratégie visant à assurer la continuité dans le temps du développement
économique et social, dans le respect de l'environnement, et sans compromettre les
ressources naturelles indispensables à l'activité humaine.
Le concept de développement durable intègre à la fois des préoccupations de
développement de l’ensemble des sociétés des diverses régions du monde, d’équité sociale,
de protection de l’environnement local, régional et global, de protection du patrimoine
planétaire et de solidarité vis-à-vis des générations futures.
Le développement durable doit donc être compris comme un développement à la fois :
supportable pour les écosystèmes dans lesquels nous vivons, donc économe en ressources
naturelles et aussi "propre" que possible ; viable, autosuffisant à long terme, c’est-à-dire
fondé sur des ressources renouvelables et autorisant une croissance économique riche en
emplois, notamment là où les besoins essentiels ne sont pas couverts ; vivable pour les
individus et les collectivités, donc orienté vers la cohésion sociale et l’accès pour tous à une
haute qualité de vie.
40
Commentaire : la traduction du mot anglais sustainable a été dans un premier temps
soutenable (rapport Brundtland) aujourd'hui depuis la conférence de Rio la traduction
généralement acceptée est durable.
La définition de la Commission Brundtland est suffisamment large pour avoir donné lieu à
diverses interprétations et pour avoir nourri de nombreuses polémiques. Le développement
durable reste attaché à la conférence de Rio qui prônait une approche conjointe de
l’environnement (des pays du Nord) et du développement (des pays du Sud). Ce concept est
proche de celui de l’écodéveloppement.
Du fait de son contexte historique et politique international, le développement durable est un
compromis entre trois contradictions fondamentales :
· compromis entre les intérêts des générations actuelles et celui des générations futures,
dans le contexte de l'équité intergénérationnelle
· compromis Nord/Sud entre les pays industrialisés et les pays en développement
· compromis entre les besoins des êtres humains et la préservation des écosystèmes (les
habitats et les espèces).
Ce dernier problème renvoie à l'opposition entre durabilité forte ou faible
L'objet du mécanisme pour un développement propre (article 12 du Protocole de Kyoto) est
d'aider les Parties ne figurant pas à l'annexe I à parvenir à un développement durable en
réduisant les émissions de gaz à effet de serre, et d'aider les Parties de l'annexe I à remplir
leurs engagements. L'interprétation de ce terme est dans ce contexte soumis au débat
Ecoconstruction
La notion d’écoconstruction est apparue à la fin des années 1960. Elle consiste à créer un
bâtiment doté des technologies lui permettant de respecter au mieux l’environnement et
l'Écologie dans sa construction, en cherchant à s'intégrer le plus respectueusement possible
dans un milieu en utilisant des ressources naturelles et locales.
Cette habitation utilise des matériaux naturels de construction et d'isolation tel que la pierre,
la brique de terre, le chanvre, la paille, le bois, la plume d'oie, la laine de mouton,... ainsi
que des énergies renouvelables et naturelles comme l’énergie solaire passive, les panneaux
solaires, une éolienne, du biogaz,..., elle peut intégrer des systèmes de traitement
(phytoépuration,...) et de récupération d’eau.
Les principes directeurs de l'écoconstruction sont repris par la notion de haute qualité
environnementale qui définit 14 cibles d'action portant sur la construction et les choix en
matière d'entretien et d’usage pour un plus grand confort et une meilleure protection de la
santé
Établie au début des années 1990 en France, la haute qualité environnementale, ou HQE,
vise l’intégration des principes de développement durables dans le bâti. Une construction
HQE doit respecter au mieux l’environnement, global et immédiat, à chaque étape de son
existence : au moment de sa programmation, de sa conception, de sa réalisation, de son
utilisation, puis lors des travaux éventuels de réhabilitation, de rénovation, de transformation
pour un usage différent. Enfin, au moment de sa démolition ou de sa déconstruction, il faut
41
veiller à une bonne gestion des déchets et aux recyclages possibles. La démarche HQE est
une marque privée, chapeautée par l’association HQE.
RT 2005
42
Bibliographie
Ordre des [Link] 2005, « Chartre d’engagement des architectes en faveur d’un
développement durable ».
François DESOMBRE, J’attends une maison, Editions de La Pierre Verte, septembre 2006.
Assem Slim, Le développement durable, Les idées reçues, Editions Le Cavalier Blanc.
[Link]
Site officiel avec définitions, communiqués, dossiers de presse, pour tout savoir sur l’Etat et
l’environnement.
[Link]
Tous les textes de références, les traités, les analyses,…
[Link]
Portail indépendant sur les différents thèmes liés à l’environnement. Des illustrations
toujours très parlantes.
[Link]
Site allemand sur les immeubles passifs.
[Link]
Site du centre scientifique et technique du bâtiment (avis techniques, pass innovation,…)
[Link]
Guide de compréhension de certaines notions employées dans le cadre de la DPC.
43
Annexes
Annexe 2 : Exposé des motifs du projet de loi de programme relatif à la mise en œuvre du
grenelle de l’environnement
44
Stage PRV 3
Annexe 1
Habitat Passif (projet CEPHEUS), mur en bauge, ossature bois, isolation laine de chanvre, eau chaude
par capteurs solaires en toiture, double vitrage à lame d’argon.
Architecte Dominique Perrault : Immeubles de logements Clichy Batignolles, Paris XVII, France, 2005
Paroi Photovoltaïque
SAFT Power System : Mise en place de façade avec panneaux photovoltaïque, immeuble de bureaux,
Chambray les tours, France, 2007
panneaux photovoltaïques
Studio E Architects, The Beaufort Court Zero Emissions Building, Angleterre, 2003
N° 955
_____
ASSEMBLÉE NATIONALE
CONSTITUTION DU 4 OCTOBRE 1958
TREIZIÈME LÉGISLATURE
PROJET DE LOI
de programme relatif à la mise en œuvre
du Grenelle de l’environnement,
PRÉSENTÉ
MESDAMES, MESSIEURS,
PROJET DE LOI
Le Premier ministre,
Vu l’article 39 de la Constitution,
Décrète :
Le présent projet de loi de programme relatif à la mise en
œuvre du Grenelle de l’environnement, délibéré en conseil des
ministres après avis du Conseil d’État, sera présenté à
l’Assemblée nationale par le ministre d’État, ministre de
l’écologie, de l’énergie, du développement durable et de
l’aménagement du territoire, qui est chargé d’en exposer les
motifs et d’en soutenir la discussion.
Article 1er
La présente loi fixe les objectifs et, à ce titre, définit le cadre
d’action et énonce les instruments de la politique mise en œuvre
pour lutter contre le changement climatique et s’y adapter,
préserver la biodiversité ainsi que les services qui y sont associés
et contribuer à un environnement respectueux de la santé. Elle
assure la transition vers une nouvelle économie compétitive dans
laquelle le développement se combine avec une réduction des
besoins en énergie, en eau et autres ressources naturelles.
L’État élabore la stratégie nationale de développement
durable en association avec les collectivités territoriales, les
représentants des milieux économiques et des salariés, ainsi que
les représentants de la société civile, notamment les associations
et organisations non gouvernementales de protection de l’envi-
ronnement, en veillant à la cohérence de la politique nationale
avec la stratégie des instances européennes et avec les
engagements internationaux de la France.
– 15 –
TITRE IER
LUTTE CONTRE LE CHANGEMENT CLIMATIQUE
Article 2
I. – La lutte contre le changement climatique est placée au
premier rang des priorités. Dans cette perspective, est confirmé
l’engagement pris par la France de diviser par quatre ses
émissions de gaz à effet de serre entre 1990 et 2050, afin de
ramener à cette échéance ses émissions annuelles de gaz à effet
de serre à un niveau inférieur à 140 millions de tonnes
équivalent CO2.
La France se fixe comme objectif de devenir l’économie la
plus efficiente en équivalent carbone de la Communauté
européenne d’ici 2020. À cette fin, elle prendra toute sa part à la
réalisation de l’objectif de réduction d’au moins 20 % des
émissions de gaz à effet de serre de la Communauté européenne
à cette échéance, cet objectif étant porté à 30 % pour autant que
d’autres pays industrialisés hors de la Communauté européenne
s’engagent sur des objectifs comparables et que les pays en
développement les plus avancés apportent une contribution
adaptée. Elle soutiendra également la conclusion d’engagements
internationaux contraignants de réduction des émissions. Elle
concourra, de la même manière, à la réalisation de l’objectif
d’amélioration de 20 % de l’efficacité énergétique de la
Communauté européenne et s’engage à porter la part des
énergies renouvelables à au moins 20 % de sa consommation
d’énergie finale d’ici à 2020.
II. – Les mesures nationales de lutte contre le changement
climatique porteront en priorité sur la baisse de la consommation
d’énergie des bâtiments et la réduction des émissions de gaz à
effet de serre des secteurs des transports et de l’énergie.
– 16 –
CHAPITRE IER
Réduction des consommations d’énergie des bâtiments
Article 3
Le secteur du bâtiment, qui consomme plus de 40 % de
l’énergie finale et contribue pour près du quart aux émissions
nationales de gaz à effet de serre, représente le principal
gisement d’économies d’énergie exploitable immédiatement.
L’amélioration thermique des constructions réalisée à grande
échelle réduira durablement les dépenses énergétiques, amélio-
rera le pouvoir d’achat des ménages et contribuera à la réduction
des émissions de dioxyde de carbone. Cela implique le
développement de nouvelles technologies dans la construction
neuve et la rénovation accélérée du parc existant.
Article 4
L’État se fixe comme objectifs que :
a) Toutes les constructions neuves faisant l’objet d’une
demande de permis de construire déposée à compter de la fin
2012 et, par anticipation à compter de fin 2010, s’il s’agit de
bâtiments publics et de bâtiments affectés au secteur tertiaire,
présentent une consommation d’énergie primaire inférieure à un
seuil de 50 kilowattheures par mètre carré et par an en moyenne,
ce seuil étant modulé en fonction de la localisation, des
caractéristiques, de l’usage et des émissions de gaz à effet de
serre des bâtiments ;
b) Toutes les constructions neuves faisant l’objet d’une
demande de permis de construire déposée à compter de la fin
2020 présentent, sauf exception, une consommation d’énergie
primaire inférieure à la quantité d’énergie qu’ils produiront à
partir de sources renouvelables ;
c) Les logements neufs construits dans le cadre du
programme national de rénovation urbaine prévu par la loi
n° 2003-710 du 1er août 2003 d’orientation et de programmation
pour la ville et la rénovation urbaine respectent par anticipation
les exigences prévues au a.
– 18 –
Article 5
L’État se fixe comme objectif de réduire les consommations
d’énergie du parc des bâtiments existants d’au moins 38 % d’ici
2020.
I. – Tous les bâtiments de l’État et de ses établissements
publics seront soumis à un audit d’ici 2010. L’objectif est, à
partir du diagnostic ainsi établi, d’engager leur rénovation d’ici
2012 avec traitement de leurs surfaces les moins économes en
énergie. Cette rénovation aura pour objectif, selon un programme
adapté aux spécificités de chaque administration et établis-
sement public, de réduire d’au moins 40 % les consommations
d’énergie et d’au moins 50 % les émissions de gaz à effet de
serre de ces bâtiments dans un délai de dix ans.
L’État incitera les collectivités territoriales, dans le respect
de leur libre administration, à engager un programme de
rénovation de leurs bâtiments en matière d’économies d’énergie
dans les mêmes conditions et au même rythme qu’indiqués à
l’alinéa précédent.
Il sera fait appel de façon privilégiée à des contrats de
partenariat public-privé pour réaliser les travaux de rénovation
en matière d’économie d’énergie portant sur respectivement les
50 et 70 millions de mètres carrés de surface des bâtiments de
l’État et de ses principaux établissements publics.
II. – L’État se fixe comme objectif la rénovation de
l’ensemble du parc de logements sociaux. Pour commencer, dès
avant 2020, les travaux sur les 800 000 logements sociaux dont
la consommation annuelle d’énergie est supérieure à 230 kilo-
wattheures d’énergie primaire par mètre carré ramèneront leur
consommation annuelle d’énergie à des valeurs inférieures à
150 kilowattheures d’énergie primaire par mètre carré.
– 19 –
Article 6
Un programme de formation professionnelle, de recrutement
et de qualification des professionnels du bâtiment sera engagé,
dans le but notamment d’encourager l’activité de rénovation du
bâtiment, dans ses dimensions thermiques, acoustiques et de
qualité de l’air intérieur.
Les programmes publics de recherche dans le domaine du
bâtiment seront orientés vers les nouvelles générations de
bâtiments faiblement consommateurs d’énergie et les techniques
de rénovation performantes en matière d’économie d’énergie.
– 21 –
CHAPITRE II
Urbanisme
Section 1
Dispositions relatives aux objectifs
Article 7
I. – Le rôle des collectivités publiques dans la conception et
la mise en œuvre de programmes d’aménagement durable doit
être renforcé. À cet effet, l’État incitera les régions, les
départements et les communes de plus de 50 000 habitants à
établir, en cohérence avec les documents d’urbanisme, des
« plans climat-énergie territoriaux » avant 2012.
II. – Le droit de l’urbanisme devra prendre en compte les
objectifs suivants :
a) Lutter contre la régression des surfaces agricoles et
naturelles, les collectivités territoriales fixant des objectifs
chiffrés en la matière après que des indicateurs de consom-
mation d’espace auront été définis ;
b) Lutter contre l’étalement urbain et la déperdition
d’énergie, les collectivités territoriales disposant d’outils leur
permettant en particulier de prescrire, dans certaines zones, des
seuils minimaux de densité ou des performances énergétiques
supérieures à la réglementation ;
c) Concevoir l’urbanisme de façon globale en harmonisant
les documents d’orientation et les documents de planification
établis à l’échelle de l’agglomération ;
d) Préserver la biodiversité à travers la conservation, la
restauration et la création de continuités écologiques ;
e) Assurer une gestion économe des ressources et de
l’espace et réexaminer dans cette perspective les dispositifs
fiscaux et les incitations financières relatives au logement et à
l’urbanisme.
– 22 –
Article 8
L’article L. 110 du code de l’urbanisme est ainsi modifié :
1° Après les mots : « gérer les sols de façon économe », sont
insérés les mots : « de réduire les émissions de gaz à effet de
serre, de maîtriser la demande d’énergie et d’économiser les
ressources fossiles » ;
2° Il est complété par les dispositions suivantes :
« Leur action en matière d’urbanisme contribue à la lutte
contre le changement climatique et à l’adaptation à ce
changement. »
– 23 –
CHAPITRE III
Transports
Section 1
Dispositions relatives aux objectifs
Article 9
I. – La politique des transports contribue au développement
durable et au respect des engagements nationaux et interna-
tionaux de la France en matière d’émissions de gaz à effet de
serre et d’autres polluants. L’objectif est de réduire, dans le
domaine des transports, les émissions de dioxyde de carbone de
20 % d’ici 2020, afin de les ramener à cette date au niveau
qu’elles avaient atteint en 1990.
L’État veillera à réduire les nuisances des différents modes
de transports. Il favorisera l’adoption de comportements
responsables au regard des exigences écologiques, incitera les
entreprises du secteur des transports à améliorer leur perfor-
mance environnementale et encouragera le renouvellement des
matériels de transports.
La politique de réduction des pollutions et nuisances fera,
tous les cinq ans, l’objet d’un programme d’actions sur la base
d’objectifs chiffrés.
Dans une logique de développement des transports favo-
risant une approche multimodale, l’État veillera à ce que
l’augmentation des capacités routières soit limitée au traitement
des points de congestion, des problèmes de sécurité ou des
besoins d’intérêt local.
Article 10
I. – Pour le transport des marchandises, le développement de
l’usage du transport fluvial, ferroviaire, du transport maritime, et
plus particulièrement du cabotage, revêt un caractère prioritaire.
À cet effet, l’État accordera, en matière d’infrastructures, une
priorité aux investissements ferroviaires, fluviaux et portuaires,
tout en tenant compte des enjeux liés au développement
– 24 –
Article 11
I. – L’objectif pour les transports de voyageurs est de
diminuer l’utilisation des hydrocarbures, de réduire les
émissions de gaz à effet de serre, les pollutions atmosphériques
et autres nuisances et d’accroître l’efficacité énergétique, en
organisant un système de transports intégré et multimodal
privilégiant les transports ferroviaires dans leur domaine de
pertinence.
Le développement de l’usage des transports collectifs de
personnes revêt un caractère prioritaire. À cet effet, il sera
accordé, en matière d’infrastructures, la priorité aux transports
en commun dans les zones urbaines et aux investissements
ferroviaires par rapport au développement de projets routiers ou
aéroportuaires.
II. – L’État veillera à ce que les voyageurs disposent pour
leurs déplacements en France et en Europe et pour la desserte
des plates-formes de correspondances aériennes d’offres
– 27 –
Article 12
I. – Dans les zones urbaines et périurbaines, la politique
durable des transports vise à réduire les émissions de gaz à effet
de serre, les pollutions et les nuisances. À cet effet, l’État
encouragera, dans le cadre des plans de déplacements urbains, la
mise en place de plans de déplacement d’entreprises, d’admi-
nistrations, d’écoles ou de zones d’activité, ainsi que le
développement du covoiturage, du service de mise à disposition
de véhicules pour un usage temporaire (« auto-partage »), de la
marche et du vélo, notamment par l’adoption d’une charte des
usages de la rue. Les compétences nécessaires à la définition
d’une politique globale de mobilité durable seront attribuées aux
autorités organisatrices des transports urbains.
L’État se fixe comme objectif de ramener les émissions
moyennes de dioxyde de carbone de l’ensemble du parc des
véhicules particuliers en circulation de 176 g CO2/km à 130 g
CO2/km en 2020 avec notamment la mise en place d’éco-
pastilles. Des objectifs similaires en proportion devront être
atteints pour les véhicules utilitaires et les cyclomoteurs.
L’État soutient et promeut les innovations technologiques
réduisant la pollution et la consommation des véhicules, en
veillant à ce que ces innovations concourent également à la
réduction des polluants locaux, comme les particules ou les
oxydes d’azote. Il mettra en œuvre un programme de recherche
en faveur du développement industriel des véhicules propres et
économes. Il incitera les collectivités territoriales, les établisse-
ments publics et les entreprises disposant d’un parc automobile à
usage professionnel important à procéder à des achats groupés
de tels véhicules.
En lien avec les professionnels de l’automobile et les
associations d’usagers de la route, l’État mettra en place un
programme national d’incitation à la conduite respectueuse de
l’environnement.
II. – Les collectivités territoriales ont souhaité développer
les transports collectifs en site propre afin de les porter en quinze
ans de 329 à 1 800 kilomètres et contribuer, avec l’État, au
désenclavement des quartiers sensibles. Le coût de l’accélération
– 30 –
Article 13
En Ile-de-France, un programme renforcé de transports
collectifs visera à accroître la fluidité des déplacements, en
particulier de banlieue à banlieue. À cet effet, un projet de
rocade structurante par métro automatique sera lancé après
concertation avec l’autorité organisatrice.
Au nombre des actions prioritaires définies dans le cadre de
concertations périodiques entre l’État, la collectivité régionale et
les établissements publics compétents pourront figurer le
prolongement de la ligne EOLE vers Mantes pour assurer la
liaison avec l’axe de la Seine et la Normandie et des solutions à
l’engorgement de la ligne 13 du métro parisien.
Section 2
Dispositions modifiant la loi d’orientation
des transports intérieurs
Article 14
L’article 3 de la loi n° 82-1153 du 30 décembre 1982
d’orientation des transports intérieurs est ainsi modifié :
– 31 –
Article 15
L’article 4 de la loi du 30 décembre 1982 précitée est
remplacé par les dispositions suivantes :
– 32 –
CHAPITRE IV
Énergie
Article 16
Pour atteindre l’objectif de réduction des consommations
énergétiques, l’État mettra en œuvre divers instruments compre-
nant notamment l’adaptation des normes de consommation, la
mise en œuvre de mécanismes d’incitation, y compris de nature
fiscale, en faveur des produits les plus économes en énergie,
l’extension de l’étiquetage, le renforcement du dispositif de
certificats d’énergie et le retrait des produits, procédés, appareils
et véhicules les plus consommateurs.
Il mettra en place des mécanismes incitatifs pour favoriser la
conception et la fabrication de produits et de procédés permet-
tant de réduire les consommations d’énergie, notamment par les
petites et moyennes entreprises. Une partie des sommes
collectées au moyen du livret de développement durable pourra
être affectée au financement des projets des petites et moyennes
entreprises dans le domaine du développement durable. Des
mécanismes de garantie de prêts seront mis en place pour
soutenir les projets des petites et moyennes entreprises en faveur
du développement durable.
La France soutiendra les projets d’interdiction des ampoules
à forte consommation d’énergie dans le cadre communautaire.
L’État étudiera la possibilité d’imposer aux personnes
morales employant plus de 250 salariés ou agents l’obligation
d’établir un bilan de leurs consommations énergétiques et
émissions de gaz à effet de serre d’ici la fin 2013, cette échéance
étant ramenée à la fin 2010 pour les personnes relevant de
l’article L. 225-102-1 du code de commerce. Des campagnes
d’information et des mesures d’incitation seront mises en place à
destination des petites et moyennes entreprises et autres
– 34 –
Article 17
I. – Afin de diversifier les sources d’énergie et de porter à au
moins 20 % en 2020 la part des énergies renouvelables dans la
consommation d’énergie finale, soit un doublement par rapport à
2005, l’État favorisera le développement de l’ensemble des
filières d’énergies renouvelables dans des conditions économi-
quement et écologiquement soutenables. Atteindre cet objectif
suppose d’augmenter de 20 millions de tonnes équivalent pétrole
(Mtep) la production annuelle d’énergie renouvelable d’ici 2020,
en portant celle-ci à 37 Mtep.
Des objectifs intermédiaires pour chacune de ces filières
seront fixés en 2009 et un bilan sera réalisé sur cette base en
2012.
II. – Afin d’atteindre cet objectif, une accélération de l’effort
de recherche pour permettre les ruptures technologiques est
nécessaire. Le développement des énergies renouvelables ne
peut se faire au détriment des autres objectifs du développement
durable, et en particulier des autres objectifs environnementaux.
Le développement des énergies renouvelables sera facilité
par le recours, aux différents échelons territoriaux, à la planifi-
cation, à l’incitation et à la diffusion des innovations.
Un soutien sera apporté à la production de chaleur d’origine
renouvelable, à partir notamment de bois, de la géothermie et
d’énergie solaire, par l’injection de biogaz dans les réseaux et la
mobilisation de la ressource forestière.
Article 18
La production en France des biocarburants est subordonnée
à des critères de performances énergétiques et environne-
mentales comprenant en particulier ses effets sur les sols. La
France soutiendra aux niveaux européen et international la mise
en place d’un mécanisme de certification des biocarburants
– 35 –
CHAPITRE V
La recherche dans le domaine du développement durable
Article 19
I. – La recherche joue un rôle central dans l’analyse des
processus environnementaux et est à l’origine d’innovations
technologiques indispensables à la préservation de l’environ-
nement et à l’adaptation aux changements globaux de la planète.
L’effort national de recherche privilégiera les énergies
renouvelables, le stockage de l’énergie, les piles à combustible,
la maîtrise de la captation et du stockage du dioxyde de carbone,
l’efficacité énergétique des bâtiments, des véhicules et des
systèmes de transports terrestres, maritimes et aériens, les
biocarburants de deuxième génération, la biodiversité, la
compréhension des écosystèmes, notamment anthropisés,
l’analyse des déterminants comportementaux et économiques de
la protection de l’environnement, l’observation et la compré-
hension des changements climatiques et l’adaptation à ces
changements.
En vue d’améliorer les relations entre la santé et
l’environnement, un effort particulier sera consenti en faveur de
la recherche dans les domaines des substituts aux substances
chimiques, de l’éco-toxicologie et de la toxicologie et en faveur
des méthodes d’évaluation des risques pour l’environnement et
la santé. Les technologies propres et le développement de
produits propres, les technologies du traitement de l’eau et des
déchets et de la protection des sols, les méthodes permettant de
réduire l’utilisation d’intrants en agriculture, feront également
l’objet de programmes spécifiques. La capture et le stockage du
dioxyde de carbone seront soutenus par l’organisation d’un
cadre juridique adapté et l’allocation de financements
particuliers.
– 36 –
TITRE II
BIODIVERSITÉ ET MILIEUX NATURELS
CHAPITRE IER
Arrêter la perte de biodiversité
Article 20
Arrêter la perte de biodiversité exige des mesures de
protection, de conservation et de restauration des milieux
associées à la constitution d’une trame verte et bleue, outil
d’aménagement du territoire qui permettra de créer une
continuité territoriale.
À cette fin, la stratégie nationale de biodiversité sera
renforcée, et assortie d’une déclinaison régionale concertée. Une
stratégie nationale de création d’aires protégées terrestres
identifiant les lacunes du réseau actuel sera établie afin que 2 %
au moins du territoire terrestre métropolitain soit placé dans les
dix ans sous protection forte. La réalisation de cet objectif passe
notamment par la création de trois nouveaux parcs nationaux et
l’acquisition de 20 000 hectares de zones humides par les
collectivités publiques. Par ailleurs, des aires marines protégées
seront mises en place pour préserver la biodiversité marine afin
de couvrir, en incluant notamment le réseau Natura 2000 en mer
et la création de parcs naturels marins, 10 % des eaux placées
sous la souveraineté de l’État, d’ici à 2012 en métropole et d’ici
2020 dans les départements d’outre mer ; les collectivités
d’outre-mer volontaires seront accompagnées dans la mise en
place et la gestion d’aires marines protégées. Des plans de
conservation ou de restauration seront mis en place dans les cinq
ans afin de protéger les espèces végétales et animales en danger
critique d’extinction en France métropolitaine et outre-mer dont
131 espèces ont été dénombrées en 2007. Des plans de lutte
– 38 –
Article 21
L’élaboration de la trame verte et bleue associera l’État, les
collectivités territoriales et les parties prenantes concernées sur
une base contractuelle.
La trame verte est constituée, sur la base de données
scientifiques, de grands ensembles naturels et d’éléments de
connexion les reliant ou servant d’espaces tampons. Elle sera
élaborée d’ici à 2012 et pilotée dans chaque région en
association avec les collectivités territoriales et en concertation
avec les acteurs de terrain, notamment les agriculteurs, les
forestiers et les usagers de la nature, dans un cadre cohérent
garanti par l’État.
La trame verte sera complétée par la trame bleue, son
équivalent pour les eaux de surface continentales et leurs
écosystèmes associés.
À l’issue d’un audit général qui aboutira en 2009, les
modalités d’insertion de la trame verte et bleue dans les
documents d’urbanisme et les schémas d’infrastructures, ainsi
que les conditions de sa prise en compte par la fiscalité locale,
seront précisées.
Article 22
La connaissance de la biodiversité sera renforcée :
l’inventaire des zones naturelles d’intérêt écologique, floristique
et faunistique (ZNIEFF) marines et terrestres sera mis à jour
d’ici à 2010 ; les listes d’espèces menacées seront révisées dans
les mêmes délais. Un réseau cohérent de conservatoires
– 39 –
Article 23
L’État contribuera au financement d’actions destinées à
élaborer la trame verte et bleue, à mettre en place et gérer des
aires protégées, à acquérir des zones humides, à sauvegarder les
espèces menacées, à inventorier la biodiversité et à analyser son
érosion.
Afin de mettre ces actions en œuvre, la part de financement
de l’État pourra être portée progressivement de 190 à 300
millions d’euros par an d’ici 2013. L’État engagera de plus une
négociation pour développer des solutions nouvelles de
financement pour la biodiversité. Il fera appel aux financements
de la Communauté européenne. Il mettra à l’étude des
propositions d’outils économiques à disposition des collectivités
territoriales et des initiatives pour développer la contribution des
entreprises.
CHAPITRE II
Retrouver une bonne qualité écologique de l’eau
et assurer son caractère renouvelable dans le milieu
et abordable pour le citoyen
Article 24
Dans le domaine de l’eau, l’objectif est d’atteindre ou de
conserver d’ici 2015 le bon état écologique ou le bon potentiel
– 40 –
Article 25
Des objectifs de réduction de la présence dans les milieux
aquatiques des substances dangereuses prioritaires identifiées
par la réglementation européenne seront fixés par l’État après
concertation avec les organisations représentatives des acteurs
concernés. Les agences de l’eau fourniront leur appui aux
actions de réduction et à l’effort de recherche-développement
nécessaires.
– 41 –
Article 26
La trame bleue permettra de préserver et de reconstituer la
continuité écologique des milieux nécessaire à la réalisation de
l’objectif d’atteindre ou de conserver d’ici 2015 le bon état
écologique ou le bon potentiel pour les masses d’eau super-
ficielles ; en particulier, l’effacement des obstacles les plus
problématiques pour la migration des poissons sera mis à
l’étude.
Le développement des maîtrises d’ouvrages locales sera
recherché, notamment en y associant les collectivités territo-
riales, afin de restaurer et entretenir les zones humides et les
réservoirs biologiques essentiels pour la biodiversité et le bon
état écologique des masses d’eau superficielles. En particulier, la
création des établissements publics territoriaux de bassin sera
encouragée, ainsi que l’investissement des agences de l’eau dans
ces actions.
Article 27
La surveillance des milieux aquatiques sera renforcée afin
de répondre aux obligations liées à l’information environ-
nementale et à l’accès à cette information et de préparer, à partir
de 2012, les programmes de mesures pour la période 2016-2021
en application des objectifs de la directive cadre sur l’eau. Elle
permettra de mieux évaluer les pollutions historiques,
notamment dans les sédiments, et les pollutions émergentes.
À cet effet, une aide budgétaire supplémentaire de
10 millions d’euros par an pourra être allouée par l’État.
CHAPITRE III
Une agriculture et une sylviculture diversifiées,
productives et durables
Article 28
La vocation première et prioritaire de l’agriculture est de
répondre aux besoins alimentaires de la population, et ce de
façon accentuée pour les décennies à venir. Le changement
– 42 –
Article 29
La biodiversité forestière ordinaire et remarquable doit être
préservée et valorisée, dans le cadre d’une gestion plus dyna-
mique de la filière bois. La production accrue de bois, en tant
qu’éco-matériau et source d’énergie renouvelable, doit s’inscrire
dans des projets de développement locaux.
Pour atteindre ces objectifs, l’État s’engage à promouvoir la
certification et l’emploi exclusif du bois certifié, ou issu de
forêts gérées de manière durable, dans les constructions
publiques à compter de 2010 ; à définir un programme visant à
extraire des forêts des volumes de bois supplémentaires, les
stocker et les valoriser dans des conditions compatibles avec une
gestion durable des ressources sylvicoles ; à adapter les normes
de construction à l’usage du bois ; à reconnaître et valoriser les
services environnementaux rendus par la forêt ; à défendre aux
plans communautaire et international la forêt et la biodiversité
comme un des piliers du cadre international de lutte contre le
changement climatique, avec les mécanismes financiers corres-
– 45 –
CHAPITRE IV
La gestion intégrée de la mer et du littoral
Article 30
Une vision stratégique globale, fondée sur une gestion
intégrée et concertée de la mer et du littoral, sera élaborée en
prenant en compte l’ensemble des activités humaines concer-
nées, la préservation du milieu marin et la valorisation et la
protection de la mer et de ses ressources dans une perspective de
développement durable.
Cet engagement s’appuiera sur une gouvernance renouvelée
et une planification stratégique prenant en compte les
responsabilités des usagers vis-à-vis de la mer, l’intégration et
l’évaluation des services rendus par les écosystèmes, ainsi que
les dimensions socio-économiques et environnementales des
activités humaines. Les principes et les orientations de cette
planification seront définis à l’échelle nationale en s’appuyant
sur une concertation institutionnelle. Les prescriptions et
objectifs, déclinés à une échelle géographique et éco-systémique
adaptée, seront arrêtés en associant tous les acteurs concernés.
La connaissance approfondie des milieux océaniques et
côtiers, indispensable à la mise en œuvre de cette planification
stratégique, est indissociable du renforcement des capacités
d’expertise.
La France renforcera sa politique de gestion durable et
concertée des ressources halieutiques en mettant en place
l’« éco-labellisation » des produits de la pêche au plus tard en
2009, ainsi que l’encadrement de la pêche de loisir et la lutte
contre la pêche illégale dans les eaux sous juridiction française ;
la France lancera un programme méditerranéen pilote de cette
gestion concertée.
– 46 –
TITRE III
PRÉVENTION DES RISQUES
POUR L’ENVIRONNEMENT ET LA SANTÉ
PRÉVENTION DES DÉCHETS
Article 31
La réduction des atteintes à l’environnement contribue à
l’amélioration de la santé publique et à la compétitivité des
entreprises. La sobriété dans la consommation des matières
premières, notamment par la prévention des pollutions et des
déchets, fournit un élément essentiel d’une nouvelle économie.
La mise en oeuvre de cette politique sera fondée sur les
principes de précaution, de substitution, de participation et de
pollueur-payeur. La politique environnementale sera prise en
compte comme une composante de la politique de santé dont le
lien étroit avec l’environnement et la santé des écosystèmes sera
reconnu.
CHAPITRE IER
L’environnement et la santé
Article 32
Un deuxième plan national santé environnement sera
élaboré de manière concertée au plus tard en 2009. Il portera sur
– 47 –
Article 33
La préservation de l’environnement et de la santé des
pollutions chimiques impose à titre préventif de restreindre ou
d’encadrer strictement l’emploi des substances classées comme
extrêmement préoccupantes pour la santé, notamment dans les
lieux publics.
L’interdiction de l’utilisation des produits phyto-
pharmaceutiques et biocides contenant de telles substances est
prévue pour les usages non professionnels ainsi que dans les
lieux publics, sauf dérogation exceptionnelle.
L’État accompagnera une politique ambitieuse de substi-
tution des substances chimiques les plus préoccupantes pour
l’environnement et la santé, notamment par la recherche et
l’innovation. Il renforcera également ses moyens de contrôle
dans ce domaine.
La France soutiendra l’élaboration de nouveaux accords
internationaux relatifs à l’enregistrement, à l’évaluation et à
l’autorisation des substances chimiques, ainsi qu’aux restrictions
applicables à ces substances.
Article 34
La réduction de l’exposition aux substances préoccupantes,
notamment en milieu professionnel, nécessite une meilleure
information des entreprises et de leurs salariés.
Les fiches de données de sécurité seront perfectionnées. Le
suivi de l’exposition aux substances préoccupantes en milieu
professionnel sera renforcé, avec la contribution des comités
d’hygiène, de sécurité et des conditions du travail et des
médecins du travail.
Article 35
La lutte contre la pollution de l’air intérieur et extérieur sera
renforcée.
En ce qui concerne l’air extérieur, le plan de réduction des
particules visera, si possible, un objectif de 10 microgrammes
– 49 –
Article 36
Les émissions de lumière artificielle de nature à présenter
des dangers ou à causer un trouble excessif aux personnes, à la
faune, à la flore ou aux écosystèmes, entraînant un gaspillage
énergétique ou empêchant l’observation du ciel nocturne feront
l’objet de mesures de prévention, de suppression ou de
limitation.
Les points noirs du bruit seront inventoriés. Les plus
préoccupants pour la santé feront l’objet d’une résorption dans
un délai maximal de sept ans. Afin d’atteindre cet objectif, l’État
augmentera ses financements et négociera un accroissement des
moyens consacrés à la lutte contre le bruit des infrastructures
avec les collectivités territoriales et les opérateurs des transports
routiers et ferroviaires.
La lutte contre le bruit des transports aériens, notamment les
contraintes imposées au trafic nocturne en zone urbanisée, sera
renforcée et les interdictions existantes maintenues. En vertu du
principe pollueur-payeur, l’insonorisation des bâtiments autour
– 50 –
Article 37
La surveillance des risques émergents pour l’environnement
et la santé sera intensifiée par un renforcement de la coor-
dination et de la modernisation de l’ensemble des réseaux de
surveillance sanitaire existants.
La France encouragera au plan européen une rénovation de
l’expertise et de l’évaluation des technologies émergentes,
notamment en matière de nanotechnologies et de bio-
technologies, afin d’actualiser les connaissances utilisées en
toutes disciplines.
L’utilisation des substances à l’état nanoparticulaire fera
l’objet d’un débat public organisé au plan national avant le
31 mars 2009. L’État se donne pour objectif que, dans un délai
de deux ans qui suit la promulgation de la présente loi, la
fabrication, l’importation ou la mise sur le marché de substances
à l’état nanoparticulaire fasse l’objet d’une déclaration
obligatoire préalable, relative notamment aux quantités et aux
usages, à l’autorité administrative. Une méthodologie
d’évaluation des risques et des bénéfices liés à ces substances et
produits sera élaborée. L’État veillera à ce que l’information due
aux salariés par les employeurs soit améliorée sur les risques et
les mesures à prendre pour assurer leur protection.
Une synthèse des études scientifiques relatives aux effets
des champs électromagnétiques sur la santé sera présentée avant
fin 2009.
Un plan national d’adaptation climatique pour les différents
secteurs d’activité sera préparé d’ici 2011.
Article 38
L’inventaire des sites potentiellement pollués en raison
d’une activité passée et son croisement avec l’inventaire des
– 51 –
Article 39
La politique de prévention des risques majeurs sera
renforcée au travers notamment :
a) De la mise en œuvre du « plan séisme » aux Antilles et
d’une politique globale de prévention des risques naturels outre-
mer d’ici 2015 ;
b) De la réduction de l’exposition des populations au risque
d’inondation par la maîtrise de l’urbanisation, par la restauration
des zones d’expansion des crues et par des travaux de
protection.
Des plans de suivi de l’impact sanitaire et environnemental
différé des catastrophes d’origine naturelle ou technologique
seront mis en oeuvre.
Article 40
L’État allouera des aides budgétaires supplémentaires pour
soutenir les actions décrites aux articles 32 à 39 du présent titre,
y compris pour le financement de la résorption des points noirs
du bruit.
CHAPITRE II
Les déchets
Article 41
La politique de réduction des déchets sera renforcée. La
responsabilité des producteurs sur les déchets issus de leurs
produits sera étendue, la réduction à la source fortement incitée,
la réutilisation et le recyclage facilités. Les nouveaux outils de
traitement des déchets – valorisation énergétique et stockage –
– 52 –
TITRE IV
ÉTAT EXEMPLAIRE
Article 42
L’État doit, comme toute collectivité publique, tenir compte
dans les décisions qu’il envisage de leurs conséquences sur
l’environnement, notamment de leur part dans le réchauffement
climatique et de leur contribution à la préservation de la
biodiversité, et justifier explicitement les atteintes que ces
décisions peuvent le cas échéant y porter. Cette prise en compte
est favorisée, pour les grands projets publics, par l’association la
plus large possible de l’ensemble des acteurs concernés dans un
esprit de transparence et de participation. L’État prendra les
mesures nécessaires pour que les projets de loi soient présentés
avec une étude de l’impact des dispositions législatives
projetées, tant économique et social qu’environnemental.
L’État veut promouvoir l’achat public respectueux de
l’environnement par un recours croissant, dans les appels
d’offres publics des administrations et services placés sous son
autorité, aux critères environnementaux et aux variantes
environnementales.
L’État se donne pour objectifs :
a) Dès 2009, de n’acquérir en règle générale, s’agissant de
véhicules particuliers neufs à l’usage des administrations civiles
de l’État, que des véhicules éligibles au « bonus écologique » ;
b) À compter de 2010, de n’acheter que du bois certifié ou
issu de forêts gérées de manière durable ;
– 55 –
TITRE V
GOUVERNANCE, INFORMATION ET FORMATION
Article 43
Construire une nouvelle économie conciliant protection de
l’environnement, progrès social et croissance économique exige
de nouvelles formes de gouvernance, favorisant la mobilisation
de la société par la médiation et la concertation.
Les associations et fondations oeuvrant pour l’environ-
nement bénéficieront d’un régime nouveau de droits et
obligations lorsqu’elles remplissent des critères, notamment de
représentativité ainsi que de compétence et d’expertise dans leur
domaine d’activité, critères qui feront l’objet d’une concertation
avec les parties prenantes au Grenelle de l’environnement.
Les instances nationales et locales qui ont ou se verront
reconnaître une compétence consultative en matière environ-
nementale seront réformées tant dans leurs attributions que dans
leur dénomination et leur composition afin d’assumer au mieux
cette mission.
Les instances publiques ayant un rôle important d’obser-
vation, d’expertise, de recherche, d’évaluation et de concertation
en matière environnementale associeront les parties prenantes au
Grenelle de l’environnement et auront une approche
multidisciplinaire.
– 57 –
Article 44
Les collectivités territoriales et leurs groupements sont des
acteurs essentiels de l’environnement et du développement
durable et ont des rôles complémentaires, tant stratégiques
qu’opérationnels.
La cohérence de leurs actions en ces matières sera favorisée
par la concertation au sein d’une instance nationale consultative
réunissant les associations d’élus des différentes collectivités,
qui sera associée à l’élaboration de la stratégie nationale du
développement durable et à sa mise en oeuvre. Une instance
similaire pourra être instituée au niveau régional.
L’État favorisera la généralisation des bilans en émissions
de gaz à effet de serre et, au-delà des objectifs fixés par
l’article 8, celle des plans climat énergie territoriaux des
collectivités territoriales et de leurs groupements en cohérence
avec les « Agendas 21 » locaux. Il pourra utiliser les
« Agendas 21 » locaux comme outil de contractualisation avec
les collectivités territoriales.
L’État étendra progressivement l’évaluation environne-
mentale des documents d’urbanisme, participera à la diffusion
des expérimentations locales en matière de développement
durable et encouragera l’articulation étroite des politiques de
transport et des projets d’urbanisme.
L’État étudiera, en concertation avec les collectivités
territoriales, des possibilités nouvelles d’attribution de concours
aux collectivités qui contribuent de façon significative à la
réalisation d’objectifs de nature environnementale.
Article 45
L’État développera la production et la collecte d’infor-
mations sur l’environnement et les organisera de façon en
garantir l’accès.
Les procédures d’enquête publique seront réformées pour
assurer une meilleure participation du public et une
simplification du dispositif.
– 58 –
Article 46
La qualité des informations sur la manière dont les sociétés
prennent en compte les conséquences sociales et environ-
nementales de leur activité et l’accès à ces informations
constituent des conditions essentielles de la bonne gouvernance
des entreprises. Le gouvernement étudiera, en associant les
autres parties prenantes au Grenelle de l’environnement, les
conditions dans lesquelles l’obligation de faire figurer dans un
rapport destiné à l’assemblée générale des actionnaires ces
informations environnementales et sociales :
a) Pourrait être étendue à d’autres entreprises , en fonction
de seuils atteints par le chiffre d’affaires, le total de bilan ou les
effectifs salariés, y compris celles dans lesquelles l’État détient
directement ou indirectement une participation majoritaire ;
b) Pourrait inclure l’activité des filiales de toutes les
entreprises soumises à cette obligation ;
c) Pourrait comprendre des informations relatives à la
contribution de l’entreprise au développement durable.
– 59 –
Article 47
Les consommateurs doivent pouvoir disposer d’une
information environnementale sincère, objective et complète sur
les produits qui leur sont proposés et se voir proposer des
produits respectueux de l’environnement à des prix attractifs.
La mention des impacts environnementaux des produits et
des offres de prestation de services à coté de l’affichage de leur
prix sera progressivement développée, tout comme l’affichage et
la mise à disposition, sur les lieux et sites de vente, de leur
traçabilité et des conditions sociales de leur production.
Des campagnes publiques d’information sur la consom-
mation durable seront organisées. L’État veillera à ce que les
chaînes de télévision et les radios publiques prennent en compte
les enjeux de développement durable et de protection de
l’environnement, notamment par la modification des cahiers des
charges.
La régulation de la publicité par les professionnels sera
développée après concertation entre ceux-ci et les associations
de défense des consommateurs, de protection de l’environne-
ment et d’éducation à l’environnement afin de mieux y intégrer
le respect de l’environnement et le développement durable.
L’État mettra en place des dispositifs incitatifs ayant pour
objet d’accorder, pour des catégories spécifiques de produits, un
avantage en termes de prix aux produits les plus respectueux de
l’environnement financé par une taxation des produits portant le
plus atteinte à l’environnement.
La France soutiendra l’instauration par la Communauté
européenne d’une TVA à taux réduit sur les produits ayant un
faible impact sur le climat ou la biodiversité.
– 61 –
Article 48
L’éducation au développement durable est portée par toutes
les disciplines et intégrée au fonctionnement quotidien des
établissements scolaires. Elle contribue, à travers ses dimensions
éthiques et sociales, à la formation citoyenne.
Dans les lycées agricoles, les enseignements relatifs à
l’agronomie, à la diversité génétique, aux effets environne-
mentaux des intrants, au fonctionnement des sols et aux
exploitations à haute valeur environnementale seront renforcés.
Les actions de ces lycées viseront particulièrement la
généralisation rapide des méthodes d’exploitation respectueuses
de l’environnement mises au point de façon expérimentale.
Les établissements d’enseignement supérieur élaboreront,
pour la rentrée 2009, un « Plan vert » pour les campus. Les
universités et grandes écoles pourront solliciter une labellisation
sur le fondement de critères de développement durable.
Les formations initiales et continues des membres des
professions de santé et des professionnels de l’aménagement de
l’espace comprendront des enseignements, adaptés aux métiers
qu’ils concernent, relatifs aux enjeux de santé liés à
l’environnement, à compter de la rentrée 2009.
Un institut dispensant des formations continues de très haut
niveau en matière de développement durable aux décideurs
publics et privés sera créé, qui pourra avoir des antennes
régionales.
Les outils de la formation tout au long de la vie seront mis
en œuvre pour accompagner, à tout niveau de qualification, les
transitions professionnelles liées à l’évolution vers un modèle de
développement qui soit durable, en vue de développer les
métiers et filières de l’environnement, de l’éco-conception et des
analyses du cycle de vie des produits et la connaissance des
écosystèmes.
– 62 –
TITRE VI
DISPOSITIONS PROPRES AUX DÉPARTEMENTS,
RÉGIONS ET COLLECTIVITÉS D’OUTRE-MER
Article 49
Les départements, les régions et l’ensemble des collectivités
d’outre-mer sont appelés à jouer un rôle essentiel dans la
politique de la Nation en faveur du développement durable et de
l’écodéveloppement, au sein de leurs différentes aires
géographiques. La politique ultramarine de l’État placera au
premier rang de ses priorités le développement durable des
départements, des régions et des collectivités d’outre-mer, en
prenant en compte leurs spécificités environnementales,
énergétiques et économiques.
Sans préjudice des objectifs qui concernent l’ensemble du
territoire national, ni de ceux propres à l’outre-mer définis dans
les titres I à V, cette ambition pour l’outre-mer poursuit, en
outre, les orientations suivantes :
– dans le domaine de l’énergie :
parvenir à l’autonomie énergétique, en atteignant, dès 2020,
un objectif de 30 % d’énergies renouvelables dans la
consommation finale à Mayotte et de 50 % dans les autres
collectivités ; développer un programme exemplaire visant
l’autonomie énergétique à la Réunion, à l’horizon 2030 ;
engager, dans le même temps, un programme de maîtrise des
consommations, qui se traduira par l’adoption, dès 2012, d’un
plan énergie-climat dans chaque collectivité ; adopter une
réglementation thermique adaptée qui encourage la production
d’eau chaude sanitaire solaire dans les bâtiments neufs et
mobiliser les pôles de compétitivité concernés sur les enjeux
énergétiques de l’outre-mer ;
– dans le domaine des déchets :
atteindre, d’ici 2020, une gestion intégrée exemplaire
combinant recyclage et valorisation économique ;
– 63 –
Article 50
Les dispositions de l’article 8 sont applicables à Mayotte.
“ reen” and “sustainable” are among the latest buzz- offering a variety of “clean agent” systems in addition
This year, the Fire Protection Research Foundation celebrates its 25th year
supporting the research needs of the fire protection community. Our
mission is "to plan, manage, and communicate research in support of the
NFPA mission."
While we celebrate our past service to NFPA and the projects we have
undertaken to build the technical foundation for its codes and standards,
we recognize that the next 25 years will bring many challenges to fire
safety in the built environment. Our changing demographics as a society,
the new materials and technologies available to us, and the increasing
focus on sustaining our natural resources-each will affect fire safety in
many ways.
Some topics are readily apparent. How will the aging of our society affect
fire safety in our homes? How will new nano-materials contribute to fire
growth and development? Will new advanced sensor technology change
firefighting tactics? How will declining water resources change fire
suppression strategies?
As the Foundation prepares for the future, we ask you to participate in our
work by lending us your expertise. We have a few questions for you and
we invite you to email us and tell us your views from your perspective on
these and other key issues that will affect all of us in the fire-safety field.
We welcome your input through Foundation@[Link] on the following
two questions:
Leaders in our community will respond with their plans and concerns
about the future. Please visit [Link]/Foundation to register to join
us for this event.
In addition to the above, fire safety is also another key issue. Apart from several big
accidental fires occurred in Hong Kong since 1996 [e.g. 3], the n umber of fires other than
those caused by accidents over the world (e.g. World Trade Centre, Southern Korea
underground railway fire) appears to be increasing. People are worrying about the hidden
problem on fire safety and queried whether they are sufficiently protected while staying
indoor, including building and transport vehicles. A series of actions have been taken by the
local government on upgrading fire safety provisions in existing buildings, carding out fire
safety inspection [4], and reviewing and updating the current fire safety codes.
In designing fire safety provisions to the satisfaction of the local authorities, there had been
numerous arguments on these 'green or sustainable' buildings in the past few }*ears. The
hidden adverse effects on fire hazard for the following architectural features were discussed
[5]:
* Internal building voids [6] might give smoke and even flame spreading rapidly due to
enclosure effects.
* Excessive natural ventilation design [7] with air flow induced by wind on windloading and
smoke spreading.
* Using good thermal insulation envelope materials might set off flashover rapidly as
demonstrated by several incidents of burning the entire double-deck bus within 15 minutes.
These features might not satisfy the prescriptive fire safety codes [8-11] which cannot be
updated so rapidly to assess these buildings. There must be supporting research and
development works on specifying the requirements. Many consultative meetings and open
forums have to be held to convince the general public.
Therefore, for those buildings having difficulties to satisfy the prescriptive fire codes on
passive building construction, the 'fire engineering approach (FEA)' [12] will be accepted by
the government Buildings Department (BD) since 1998 [4,12]. In applying FEA, a fire safety
evaluation report has to be submitted to the Fire Safety Committee (FSC) under BD for
consideration.
2. Code Review
The fire codes [8-11] in Hong Kong are basically prescriptive following those developed
decades ago, though with some slight modifications. Codes on passive building construction
(PBC) are:
* Code of Practice for Provisions of Means of Access for Firefighting and Rescue Purposes
(MoA code) [9]
* Code of Practice for Provisions of Means of Escape in case of Fire and Allied Requirements
(MoE code) [10]
Code on active fire protection system or fire services installation (FSI) is:
* Code of Practice for Minimum Fire Service Installations and Equipment and Inspection and
Testing and Maintenance of Installations and Equipment (FSI code) [11]
These codes are demonstrated to be good for fire safety provisions in buildings which are
relatively simple and not for complex usage. Those modem architectural design features have
given new challenges to fire safety design. Therefore, fire codes should be updated in order to
cope with those rapid changes. This is particularly obvious for buildings of special hazards
requiring individual design considerations. But doing this without strong scientific fire
research for local safety provision is impossible.
Stage PRV 3
Annexe
CO 19 Généralités
§ 1. Objet :
Les dispositions de la présente section ont pour but d'empêcher la propagation du feu par les façades.
§ 2. Les dispositions de la présente section sont également applicables aux couvertures qui font avec la
verticale un angle inférieur à 30° et qui forment façade sur plusieurs niveaux accessibles au public.
§ 3. (Arrêté du 22 décembre 1981.) « L'instruction technique relative aux façades précise les conditions
d'application et définit des solutions ne nécessitant pas de vérifications expérimentales ou par
analogie ».
CO 20 Revêtement de façade
§ 1. Les revêtements extérieurs de façade, les éléments d'occultation des baies, les menuiseries, les
éléments transparents des fenêtres ainsi que les garde-corps et leurs retours doivent être en matériaux
de la catégorie M3.
§ 2. Toutefois, lorsque la règle de l'article CO 21 (§3) (règle C + D) n'est pas appliquée à l'ensemble
d'une façade, les revêtements extérieurs de façade doivent être de la catégorie M2.
§ 3. Les garde-corps situés à 0,80 mètre au moins du plan des vitrages et leurs retours ne sont pas
soumis aux exigences de réaction au feu des paragraphes 1 et 2 ci-dessus.
CO 21 Résistance à la propagation verticale du feu par les façades comportant des baies
(Arrêté du 22 décembre 1981.) « Toutes dispositions doivent être prises pour éviter le passage rapide
des flammes ou des gaz chauds d'un étage à l'autre par la jonction façade-plancher.
Cette condition est réputée satisfaite lorsque cette jonction est réalisée conformément aux solutions
techniques décrites dans l'instruction technique relative aux façades. Sinon, l'efficacité de ces
dispositions doit être démontrée par un essai.
Lorsque la règle du C + D n'est pas applicable, les dispositions du premier alinéa ci-dessus ne sont
imposées qu'aux façades légères qui s'échauffent rapidement, à l'exclusion des façades en maçonnerie
pour lesquelles aucune disposition particulière n'est à prévoir ».
§ 3. Règle « C + D » concernant la création d'un obstacle au passage du feu d'un étage à l'autre.
- aux façades des bâtiments comportant des locaux réservés au sommeil par destination, au-dessus du
1er étage ;
- aux façades des bâtiments dont le plancher bas du dernier niveau est à plus de 8 mètres du sol et qui
répondent, en outre, à une des conditions suivantes :
- aux parties de façades situées au droit des planchers hauts des locaux à risques importants ;
- aux parties de façades situées au droit des planchers d'isolement avec un tiers.
(Arrêté du 2 février 1993, art. 2.) « Toutefois, cette règle n'est pas exigée si l'établissement recevant du
public occupe la totalité du bâtiment et s'il est entièrement équipé (Arrêté du 12 octobre 2006) « d'un
système d'extinction automatique du type sprinkleur » ou d'un système de sécurité incendie de
catégorie A ».
b) Les valeurs C et D doivent être liées par une des relations ci-dessous en fonction de la masse
combustible mobilisable :
C exprimé en mètres étant la distance verticale entre le haut d'une baie et le bas de la baie qui lui est
superposée lorsque la façade est en maçonnerie traditionnelle, ou la valeur de l'indice caractéristique
des panneaux de façade vitrés déterminée par l'essai cité au paragraphe 1 ;
D exprimé en mètres étant la distance horizontale entre le plan des vitres et le nu de la plus grande
saillie de l'obstacle résistant au feu qui sépare les murs ou les panneaux situés de part et d'autre du
plancher ;
M exprimé en MJ/m2 étant la masse combustible mobilisable de la façade à l'exclusion des menuiseries,
fermetures et garde-corps, rapportée au mètre carré de façade, baies comprises. Dans le cas de
maçonnerie traditionnelle, cette masse est nulle. Elle peut dans certains cas être déterminée
conformément aux règles de l'instruction technique relative aux façades (1).
(1) Les mots « dans le cas contraire, elle est mesurée par l'essai cité au paragraphe 1 » ont été
supprimés par arrêté du 22 décembre 1981.
c) Pour l'application de cette règle, il n'est pas tenu compte des orifices d'entrée d'air de ventilation dont
la section ne dépasse pas 200 cm2.
CO 22 Résistance à la propagation verticale du feu par les façades ne comportant pas de baie
§ 1. Pour les façades ne comportant pas de baie, la somme des durées coupe-feu réelles déterminées
pour le panneau de façade exposé de l'intérieur et de l'extérieur lors des essais de classement de
résistance au feu doit être au moins égale à :
- Trente minutes pour les établissements installés dans les bâtiments dont le plancher bas du dernier
niveau est à moins de 8 mètres du sol ;
- Soixante minutes lorsque le plancher bas du dernier niveau est à plus de 8 mètres du sol.
Toutefois les orifices d'entrée d'air de ventilation sont tolérés sur ces façades.
§ [Link] murs en maçonnerie traditionnelle ne sont pas soumis aux dispositions du paragraphe 1 ci-
dessus.
§ 3. De plus, les façades composées de panneaux montés en avant des planchers doivent respecter les
dispositions du paragraphe 1 de l'article CO 21.
§ 4. Les dispositions des paragraphes 1 et 3 ci-dessus ne s'appliquent pas aux bâtiments à simple rez-
de-chaussée.
Façades Réglementation HABITATION
Chapitre II - Enveloppe
Section IV - Façade
Article 11
Les dispositions de la présente section ont pour objet de limiter la propagation du feu par les façades
Pour les habitations des première et deuxième familles, les parements extérieurs des façades
(menuiseries, coffrets de branchements, remplissage des garde-corps et fermetures exclus) doivent
être, sauf dérogation prévue à l'article 15 c ci-après, classés en catégorie M3 au moins ou réalisés en
bois.
Toutefois pour les habitations individuelles isolées de la première famille, il pourra être fait exception à
cette règle lorsque la façade, dont les parties pleines sont revêtues de parements classés en
catégorie M4 se trouve à plus de quatre mètres de la limite de propriété
Article 13
Dans les habitations de troisième et quatrième familles, si P est la distance minimale comprise entre les
plans des vitrages des immeubles en vis-à-vis ou entre le plan des vitrages d'un immeuble et la limite
de propriété et H la hauteur la plus élevée de ces deux immeubles, les parements extérieurs des
façades des étages (menuiseries, coffrets de branchements, remplissage des garde-corps et
fermetures exclus) doivent être classés en catégorie M2 au moins si P/H est inférieur à 0,8.
Ils peuvent être également réalisés en bois sauf pour les bâtiments de troisième famille B et de
quatrième famille.
Article 14 Résistance à la propagation verticale du feu par les façades autres que les façades d'escaliers
Les valeurs C et D doivent être liées par une des relations ci-après en fonction de la masse combustible
mobilisable :
Habitations de 3e famille A (1) :
C et D, exprimés en mètres, sont définis soit dans l'arrêté relatif à la classification des façades vitrées
par rapport au danger d'incendie (2), soit dans l'instruction technique relative aux façades (3).
M, exprimé en M.J/m2, est la masse combustible mobilisable de la façade à l'exclusion des menuiseries,
fermetures et garde-corps, rapportée au mètre carré de façade, baies comprises. Dans le cas de
maçonnerie traditionnelle, cette masse est nulle. Elle peut dans certains cas être déterminée
conformément aux règles de l'instruction technique susvisée. Dans le cas contraire elle est mesurée par
l'essai conduit dans les conditions fixées par l'arrêté susvisé relatif à la classification des façades vitrées
par rapport au danger d'incendie.
Pour l'application de la règle du C + D, il n'est pas tenu compte des orifices de ventilation dont la
section ne dépasse pas 200 cm2.
Pour les façades ne comportant aucune ouverture, à l'exclusion des orifices de ventilation lorsque la
section de chaque orifice ne dépasse pas 200 cm2, les dispositions ci-dessus ne sont pas applicables ;
cependant, la somme de la durée coupe-feu du panneau exposé de l'intérieur et celle du panneau
exposé de l'extérieur doit être au moins égale à soixante minutes.
Les durées coupe-feu à prendre en considération pour chacune des faces exposées sont les durées
réelles constatées au cours des essais définis par l'arrêté relatif à la classification des matériaux et
éléments de construction par catégories et fixant les critères permettant de déterminer le degré de
résistance au feu des éléments de construction, les méthodes d'essais et le programme thermique
matérialisant l'action des incendies et non les degrés coupe-feu normalisés en résultant.
Cependant, lorsqu'une façade comportant des ouvertures satisfait aux règles générales visées en A ci-
dessus, la façade de constitution identique mais ne comportant pas d'ouverture n'est pas soumise à la
règle ci-dessus.
Arrêté du 18 octobre 1977 portant règlement de sécurité pour la construction des immeubles de grande
hauteur et leur protection contre les risques d'incendie et de panique
TITRE 1er : G.H. Mesures générales communes à toutes les classes d'I.G.H.
CHAPITRE II - Construction
§ 1. — Les matériaux constitutifs des parements extérieurs des façades, y compris les volets, jalousies,
etc., doivent être de catégorie M0, à l'exception des stores qui peuvent être de la catégorie M1 et des
menuiseries qui peuvent être des catégories M1 ou M2, ou, quand il s'agit de menuiserie en bois,
catégorie M3.
§ 2. — Le potentiel calorifique des façades, menuiseries exclues, doit être inférieur à 25 MJ (soit 1,5 kg
de bois) par mètre carré.
§ 3. — Les panneaux des façades vitrées doivent en outre satisfaire à la règle suivante : C + D >
1,20 mètre :
— C étant la caractéristique de classe des panneaux définis par l'essai des façades vitrées faisant l'objet
de l'arrêté du 10 septembre 1970 ;
— D représentant la distance horizontale entre le plan des vitres et le nu de la plus grande saillie coupe-
feu de degré une heure au moins qui sépare les panneaux situés de part et d'autre du plancher.
L'instruction technique relative aux façades précise les conditions d'application et définit des solutions ne
nécessitant pas de vérification expérimentale ou par analogie.
§ 4. — La conformité aux dispositions des trois paragraphes ci-dessus doit être certifiée par un visa du
centre scientifique et technique du bâtiment, délivré éventuellement à la suite d'un essai.
§ 1. — Le tracé général des façades ne doit pas favoriser la transmission du feu, notamment par
rayonnement ou par effet de tirage, aux compartiments voisins ou supérieurs.
En conséquence le projet qui comporte des façades concaves ou des angles rentrants doit faire l'objet
d'un examen spécial dans les conditions prévues à l'article R. 421-48 du Code de l'urbanisme, afin de
déterminer si le parti retenu ne présente pas de risques de propagation supérieurs à ceux résultant des
solutions décrites au paragraphe 2 ci-dessous.
§ 2. — a) Lorsque deux plans consécutifs de la façade d'un même immeuble de
grande hauteur, ou des façades d'un immeuble de grande hauteur et
d'une autre construction en contiguïté, forment entre eux un dièdre
rentrant inférieur à 100°, les parties de façades situées à moins de
4 mètres de l'arête du dièdre doivent être pare-flammes de degré une
heure au moins.
Lorsque deux plans consécutifs de la façade d'un même immeuble de
grande hauteur, ou des façades d'un immeuble de grande hauteur et
d'une autre construction en contiguïté, forment entre eux un dièdre
rentrant égal ou supérieur à 100° mais inférieur à 135°, les parties de
façades situées à moins de 2 mètres de l'arête du dièdre doivent être
pare-flammes de degré une heure au moins.
En outre, si dans les deux cas ci-dessus, les plans de façades
appartiennent sur un même niveau à deux compartiments du même
immeuble de grande hauteur ou à un immeuble de grande hauteur et
à une autre construction, la distance entre les parties de ces façades
qui ne sont pas pare-flammes de degré une heure doit être supérieure
à 8 mètres.
b) Lorsque deux plans de façades appartiennent sur un même niveau à
deux immeubles de grande hauteur, à deux compartiments d'un
même immeuble de grande hauteur ou à un immeuble de grande
hauteur et à une autre construction, et forment un dièdre rentrant
égal ou supérieur à 135°, mais inférieur ou égal à 180°, les parties de
façades situées à moins d'un mètre de l'arête du dièdre doivent être
pare-flammes de degré une heure.
c) En aggravation des dispositions ci-dessus, et dans tous les cas lorsque
les plans consécutifs de façades forment deux dièdres rentrants
successifs, dont les arêtes sont distantes de moins de six mètres, les
parties de façades situées entre ces arêtes doivent être pare-flammes
de degré une heure.
d) Les dispositions aux paragraphes a) et b) ci-dessus s'appliquent
jusqu'à une hauteur de 8 mètres au-dessus du couronnement du
corps de bâtiment le plus bas, à partir du prolongement de l'arête du
dièdre.
Les dispositions prévues aux paragraphes a), b) et c) ci-dessus ne
s'appliquent pas aux décrochements de façades en retrait ou en
avancée de moins de un mètre, à condition qu'ils ne se cumulent pas,
et dans le cas du paragraphe c) seulement, que les dièdres soient
supérieurs à 135° et ne se suivent pas à moins de 4 mètres.
§ 3. — Sur avis conforme de la commission technique interministérielle des immeubles de grande
hauteur, le renforcement du comportement au feu des façades peut ne pas être imposé si les immeubles
sont équipés en totalité d'une installation fixe d'extinction automatique à eau.
Le renforcement du comportement au feu n'est pas exigible si les façades formant des dièdres rentrants
ferment des volumes partiels de compartiments répondant aux conditions ci-après :
— ces volumes sont délimités par des parois coupe-feu de degré une heure au moins et par des blocs-
portes pare-flammes de degré une demi-heure au moins équipés de ferme-porte ;
— leur potentiel calorifique moyen au mètre carré est inférieur à la moitié des valeurs limites prévues
aux articles GH 16 et GH 61 (§ 1) pour les compartiments (sanitaires, etc.).
Façades Avis CCS
DIRECTION DE LA DEFENSE
ET DE LA SECURITE CIVILES
DDSC/SDGR/DDSC6/BN
Affaire suivie par : M; Nouvier
Tel : 01 56 04 75 84
Fax : 01 56 04 76 00
Courriel : [Link]@[Link]
****************
2) Réponse à des questions concernant des projets ou dossiers particuliers :
En préalable, ce dossier a fait l’objet d’un avis de la sous-commission ERP-IGH le 13 juillet 2007
(PV 2007.15 – affaire n°27).
Ces façades périphériques se composent d’une façade intérieure avec châssis filants sur
allège et baies accessibles toute hauteur, et d’une façade extérieure constituée d’une structure
métallique supportant des panneaux de verre feuilleté sérigraphié et baies d’accès pompiers de type
portes clarit sur pivot. Entre ces 2 peaux se trouve une coursive d’entretien en caillebotis, remplacée par
des débords de dalle béton au droit des baies d’accès pompiers.
- Limitation des accès et de la mise en œuvre des moyens de secours et de lutte contre
l’incendie notamment en terme d’action de limitation de la propagation par l’extérieur.
- Les propositions liées à la protection incendie contenues dans le dossier sont les suivantes :
- Accès
- Doter le sas d’accès des urgences d’un plancher haut coupe-feu 1 heure (REI 60).
- Mise en place de châssis fixes pare-flamme 1 heure (E 60) pour les locaux sensibles définis
à l’article U 10 § 4 (blocs opératoires, espace nécessitant une surveillance particulière)
situés au R + 1.
- Baies sur la façade intérieure pare-flammes ½ heure (E 30) au R + 1 pour les autres locaux
et au R + 2.
* Avis favorable aux mesures proposées dans le cadre des façades « double-peau
ventilée » et à la saisine de la commission centrale de sécurité.
Nota : il est rappelé que la tranche n°1 liée à une façade traditionnelle a obtenu un avis
favorable à la délivrance du permis de construire.
26.03.2003 / 1-03f
1-03f NORME DE PROTECTION INCENDIE
Remarque:
Vous trouverez la dernière édition de cette norme de protection incendie sur l’internet à l’adresse
[Link]
Distribution:
Association des établissements cantonaux d’assurance incendie
Bundesgasse 20
Case postale
CH - 3001 Berne
Tél. 031 320 22 22
Fax 031 320 22 99
Courriel mail@[Link]
Internet [Link]
2
NORME DE PROTECTION INCENDIE 1-03f
A OBJECTIFS ET PRINCIPES 6
Art. 1 But
Art. 2 Champ d'application
Art. 3 Personnes concernées
Art. 4 Structure a généralités
Art. 5 b norme de protection incendie
Art. 6 c directives de protection incendie
Art. 7 d exigences et méthodes d'essai
Art. 8 e état de la technique
Art. 9 Objectif de protection
Art. 10 Critères pour les exigences de protection incendie
Art. 11 Cas ordinaire et cas particuliers
Art. 12 Définitions
Art. 13 Evaluation du risque d'incendie, méthodes de calcul reconnues
Art. 14 Utilisation et homologation a généralités
Art. 15 b marquage
Art. 16 c utilisation sans rapport d'essai ou certificat
B DEVOIRS GENERAUX 9
Art. 17 Devoir de vigilance
Art. 18 Devoir d'entretien
Art. 19 Devoir de surveillance
Art. 20 Devoir d'annonce
C CONSTRUCTION 9
1 Matériaux de construction 9
Art. 21 Définition
Art. 22 Essai et classification
Art. 23 Utilisation
2 Parties de construction 10
Art. 24 Définition
Art. 25 Essai et classification
3 Distances de sécurité 10
Art. 26 Définition
Art. 27 Dimensionnement
Art. 28 Distances de sécurité insuffisantes
4 Systèmes porteurs 11
Art. 29 Définition
Art. 30 Résistance au feu
Art. 31 Attestation
3
1-03f NORME DE PROTECTION INCENDIE
5 Compartiments coupe-feu 11
Art. 32 Définitions
Art. 33 Critères de réalisation
Art. 34 Résistance au feu
Art. 35 Fermetures coupe-feu, obturations
Art. 36 Bâtiments à façades double-peau, cours intérieures couvertes
6 Voies d'évacuation 12
Art. 37 Définition
Art. 38 Disposition
Art. 39 Mode de mesurage
Art. 40 Longueur des voies d'évacuation dans le local
Art. 41 Longueur totale de la voie d'évacuation
Art. 42 Escaliers a nombre et emplacement
Art. 43 b exécution
Art. 44 Escaliers extérieurs
Art. 45 Escaliers
Art. 46 Couloirs, exécution
Art. 47 Largeur des escaliers, couloirs et portes
Art. 48 Portes
Art. 49 Revêtements
Art. 50 Dégagement
Art. 51 Signalisation, éclairage de sécurité
Art. 52 Bâtiments élevés
Art. 53 Bâtiments à façades double-peau, cours intérieures couvertes
E DEFENSE INCENDIE 17
Art. 58 Accès pour les sapeurs-pompiers
Art. 59 Concept d'alarme et d'intervention
Art. 60 Sapeurs-pompiers d'entreprise
F INSTALLATIONS TECHNIQUES 17
Art. 61 Définition
Art. 62 Installation et état de fonctionnement
G MATIERES DANGEREUSES 18
Art. 63 Définition
Art. 64 Classification
Art. 65 Mesures de protection
Art. 66 Séparation des matières
Art. 67 Locaux et zones particuliers
Art. 68 Fûts
4
NORME DE PROTECTION INCENDIE 1-03f
H EXPLOITATION 18
Art. 69 But
Art. 70 Chargés de sécurité
Art. 71 Plans de protection incendie et d'intervention des sapeurs-pompiers
Art. 72 Sécurité sur les chantiers
Art. 73 Décorations
I APPLICATION 19
Art. 74 Surveillance et contrôles
J DISPOSITION FINALE 19
Art. 75 Entrée en vigueur
5
1-03f NORME DE PROTECTION INCENDIE
A OBJECTIFS ET PRINCIPES
Art. 6 La norme de protection incendie est complétée par les directives de pro-
c directives de tection incendie, qui fixent les exigences et les mesures détaillées pour
protection incendie la mise en œuvre.
6
NORME DE PROTECTION INCENDIE 1-03f
7
1-03f NORME DE PROTECTION INCENDIE
Art. 12 Lorsque des exigences sont prévues dans les prescriptions de protec-
Définitions tion incendie en fonction de l'affectation ou du nombre de niveaux, on
considère comme:
a établissements hébergeant des personnes:
– notamment les hôpitaux, les homes pour personnes âgées, les éta-
blissements de soins dans lesquels séjournent, de manière perma-
nente ou temporaire, 10 personnes ou davantage dépendantes de
l'aide de tiers;
– notamment les hôtels, les pensions, les centres de vacances, dans
lesquels séjournent, de manière permanente ou temporaire, 15 per-
sonnes ou davantage n'ayant pas besoin de l'aide de tiers;
b grands magasins:
ceux dont la surface de vente totale est supérieure à 1200 m2;
c bâtiments, ouvrages et installations avec locaux prévus pour un
grand nombre d'occupants:
notamment les salles polyvalentes, les salles de sport et d'exposition,
les bâtiments scolaires avec grandes salles, les gares, les théâtres,
les cinémas, les restaurants et les autres lieux de réunion pouvant
recevoir plus de 100 personnes, les grands magasins dont la surface
de vente globale est inférieure à 1200 m2, pour autant que le nombre
annoncé de personnes soit supérieur à 100;
d parkings et garages pour véhicules à moteur:
ceux dont la surface est supérieure à 150 m2;
e niveaux:
au sens de la protection incendie, tous les niveaux complets à partir
du rez-de chaussée, les combles et les attiques;
f bâtiments élevés:
les bâtiments classés comme bâtiments élevés au sens de la législa-
tion en matière de construction ou dont le niveau supérieur se situe à
plus de 22 m au-dessus du terrain avoisinant qu'utiliseraient les sa-
peurs-pompiers ou de plus de 25 m jusqu'à la hauteur de la gouttière.
8
NORME DE PROTECTION INCENDIE 1-03f
B DEVOIRS GENERAUX
Art. 19 Celui qui a la charge d'autres personnes doit veiller à ce qu'elles soient
Devoir de surveillance formées et agissent avec les précautions requises.
C CONSTRUCTION
1 Matériaux de construction
Art. 22 1 Les matériaux de construction sont classés sur la base d'essais nor-
Essai et classification malisés ou d'autres procédures reconnues par l'AEAI. Les critères
déterminants sont en particulier le comportement au feu et la densité
de fumée, la formation de gouttes en fusion et le dégagement de cha-
leur.
2 Les matières qui s'enflamment très facilement ou se consument très
rapidement ne sont pas admises comme matériaux de construction.
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1-03f NORME DE PROTECTION INCENDIE
Art. 23 Les matériaux combustibles ne peuvent être utilisés que s'ils ne condui-
Utilisation sent pas à une augmentation inadmissible des risques. Sont notamment
déterminants:
a le comportement au feu et la densité de fumée, la formation de gout-
tes en fusion et la chute d'éléments incandescents, le dégagement
de chaleur, la formation de gaz d'incendie dangereux;
b le mode et l'ampleur de l'utilisation;
c le nombre d'occupants;
d le nombre de niveaux;
e le type de construction, la situation, l'étendue et l'affectation des bâ-
timents, ouvrages et installations ou des compartiments coupe-feu.
2 Parties de construction
Art. 24 Sont considérées comme parties de construction toutes les parties d'un
Définition ouvrage soumises à des exigences sur le plan de la résistance au feu.
Art. 25 1 Les parties de construction sont classées sur la base d'essais norma-
Essai et classification lisés ou d'autres procédures reconnues par l'AEAI. Est notamment
déterminante la durée de résistance au feu par rapport aux critères
de résistance (R), d'étanchéité (E) et d'isolation thermique (I).
2 Lorsque la sécurité l'exige, les parties de construction doivent être
réalisées en matériaux incombustibles.
3 Distances de sécurité
Art. 26 Sont considérées comme distances de sécurité entre les bâtiments, ou-
Définition vrages et installations la distance prescrite par le droit de la construction
ainsi que, chaque fois que cela est nécessaire, la distance minimale
pour garantir une protection incendie suffisante.
Art. 28 Lorsque les distances exigées par le droit de la construction sont insuffi-
Distances de sécurité santes mais qu'elles ne peuvent pas être augmentées, il faut prendre
insuffisantes des mesures qui empêchent la propagation d'un incendie.
10
NORME DE PROTECTION INCENDIE 1-03f
4 Systèmes porteurs
Art. 29 Est considéré comme système porteur des bâtiments, ouvrages et ins-
Définition tallations l'ensemble des parties de construction et assemblages néces-
saires pour supporter et répartir les charges ainsi que pour assurer la
stabilité.
Art. 30 1 La résistance au feu des systèmes porteurs doit être fixée de ma-
Résistance au feu nière à garantir l'évacuation des personnes et la lutte contre le feu.
Sont notamment déterminants:
a le nombre de niveaux;
b la totalité des charges thermiques mobilières et immobilières exis-
tantes;
c le type de construction, la situation, l'étendue et l'affectation des
bâtiments, ouvrages et installations ou des compartiments coupe-
feu.
2 Les installations sprinklers peuvent être prises en considération de
manière appropriée pour la détermination de la résistance au feu des
systèmes porteurs.
5 Compartiments coupe-feu
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1-03f NORME DE PROTECTION INCENDIE
Art. 36 Dans les bâtiments à façades double-peau ainsi que dans les bâtiments
Bâtiments à façades comprenant des cours intérieures couvertes, des mesures doivent être
double-peau, cours prises pour éviter la propagation de l'incendie dans les zones intérieures
intérieures couvertes des façades (zones tampon) et dans les cours intérieures.
6 Voies d'évacuation
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NORME DE PROTECTION INCENDIE 1-03f
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1-03f NORME DE PROTECTION INCENDIE
Art. 42 1 Si les voies d'évacuation ne donnent accès qu'à une seule cage d'es-
Escaliers caliers, la surface brute d'un niveau ne doit pas dépasser 600 m2.
a nombre et 2 Si les voies d'évacuation aboutissent à plusieurs cages d'escaliers, la
emplacement
surface brute d'un niveau ne devra pas dépasser 900 m2 par cage.
3 Les escaliers doivent être disposés à 15 m au plus de l'extrémité des
bâtiments et être éloignés le plus possible les uns des autres, de ma-
nière à offrir des sens de fuite indépendants.
4 Dans les bâtiments, ouvrages et installations avec des locaux prévus
pour 100 occupants et plus, deux cages d'escaliers au moins sont
nécessaires, indépendamment de la surface brute de l'étage.
5 Les bâtiments, ouvrages et installations comprenant deux niveaux
souterrains ou davantage doivent disposer d'au moins deux cages
d'escaliers à moins que la sécurité au travail n'impose des exigences
plus sévères.
6 Pour des bâtiments, ouvrages et installations de grande surface ay-
ant un très faible nombre d'occupants et avec accès assuré pour les
sapeurs-pompiers et les équipes de sauvetage, le nombre d'escaliers
peut être réduit en conséquence avec l'accord de l'autorité compé-
tente.
Art. 44 Les escaliers extérieurs doivent être conçus de manière à éviter la mise
Escaliers extérieurs en danger des utilisateurs en cas d'incendie dans ou à proximité des
bâtiments, ouvrages et installations.
Art. 45 1 Les escaliers et paliers doivent être exécutés de manière à être prati-
Escaliers cables en toute sécurité, incombustibles et à volées droites.
2 Les escaliers tournants sont admis à l'intérieur d'une habitation ou
lorsqu'ils sont surélargis et à caractère monumental.
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NORME DE PROTECTION INCENDIE 1-03f
Art. 48 1 Les portes doivent pouvoir s'ouvrir dans le sens de fuite. Font excep-
Portes tion les portes des petits locaux prévus pour un faible nombre d'oc-
cupants et des locaux ne présentant pas de danger d'incendie accru.
2 Les personnes fuyant le danger doivent pouvoir ouvrir les portes des
voies d'évacuation rapidement, en tout temps et sans recours à des
moyens auxiliaires. Les forces d'intervention doivent pouvoir ouvrir
les portes depuis l'extérieur.
3 Les portes basculantes, à guillotine, à tambour, à enroulement rapide
et coulissantes, ainsi que les portes tournantes ne sont autorisées
que dans les locaux pourvus de portes supplémentaires disposées
judicieusement et ouvrant dans le sens de fuite.
Art. 49 1 Les revêtements des parois et des plafonds des cages d'escaliers,
Revêtements couloirs et vestibules servant de voies d'évacuation doivent être exé-
cutés en matériaux incombustibles.
2 Pour les revêtements de sol et de marches d'escaliers, des matériaux
combustibles sont tolérés selon l'affectation des bâtiments, ouvrages
et installations.
Art. 50 Les escaliers, les couloirs, les issues et les voies de circulation servant
Dégagement de voies d'évacuation doivent être maintenus dégagés en tout temps et
utilisables en toute sécurité. Ils ne doivent pas servir à d'autres usages.
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1-03f NORME DE PROTECTION INCENDIE
Art. 51 1 Le sens de fuite et les issues doivent être rendus clairement recon-
Signalisation, éclairage naissables par une signalisation et un éclairage de sécurité, en fonc-
de sécurité tion du nombre d'occupants, du nombre de niveaux, de la situation,
de l'étendue et de l'affectation des bâtiments, ouvrages, installations
ou compartiments coupe-feu.
2 L'éclairage de sécurité doit permettre de parcourir les locaux et les
voies d'évacuation en toute sécurité, et de trouver facilement les sor-
ties.
Art. 52 1 Dans les bâtiments élevés, les escaliers exigés seront construits
Bâtiments élevés comme des cages d'escaliers de sécurité avec une durée de résis-
tance au feu d'au moins 90 minutes.
2 Chaque cage d'escaliers de sécurité peut desservir une surface brute
d'étage de 600 m2 au maximum.
3 Sont considérés comme cages d'escaliers de sécurité, les escaliers
particulièrement protégés contre la pénétration de la fumée et du feu.
Art. 53 Dans les bâtiments comprenant des cours intérieures couvertes, les voi-
Bâtiments à façades es d'évacuation ne doivent pas passer au travers de celles-ci; dans les
double-peau, cours bâtiments à façades double-peau, elles ne doivent pas passer par les
intérieures couvertes zones intérieures des façades (zones tampon).
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NORME DE PROTECTION INCENDIE 1-03f
E DEFENSE INCENDIE
Art. 59 Des mesures appropriées telles que des concepts d'alarme et d'inter-
Concept d'alarme et vention doivent assurer que les sapeurs-pompiers compétents puissent
d'intervention être alarmés et intervenir rapidement.
F INSTALLATIONS TECHNIQUES
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1-03f NORME DE PROTECTION INCENDIE
G MATIERES DANGEREUSES
Art. 63 Les matières et produits dangereux sont des matières qui, en cas d'in-
Définition cendie ou d'explosion, présentent un danger particulier pour les person-
nes, les animaux et l'environnement.
Art. 66 Les matières qui pourraient entrer en réaction entre elles de manière
Séparation des matières dangereuse, celles qui présentent un comportement au feu particulier ou
celles qui peuvent mettre en danger les forces d'intervention et d'autres
personnes à cause de leurs propriétés en cas d'incendie doivent être
placées dans des compartiments coupe-feu séparés et aménagés en
conséquence.
Art. 67 La classification des locaux et la définition des zones d'après leur dan-
Locaux et zones ger d'incendie et d'explosion sont notamment déterminées par la nature
particuliers et la quantité des matières dangereuses présentes, ainsi que par la fré-
quence et la durée de leur entreposage.
Art. 68 Les fûts, les récipients et les emballages doivent posséder une résis-
Fûts tance mécanique, thermique et chimique répondant aux contraintes de
l'exploitation. Ils doivent être conçus de manière à garantir un stockage
et un transport sûrs des matières.
H EXPLOITATION
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NORME DE PROTECTION INCENDIE 1-03f
Art. 72 Toutes les personnes qui participent à des travaux sur des bâtiments,
Sécurité sur les chantiers ouvrages et installations doivent prendre les mesures appropriées pour
prévenir efficacement le danger d'incendie et d'explosion accru occa-
sionné par l'activité du chantier.
I APPLICATION
J DISPOSITION FINALE
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Vereinigung Kantonaler Feuerversicherungen
Association des établissements cantonaux d’assurance incendie
Associazione degli istituti cantonali di assicurazione antincendio
NOTE EXPLICATIVE DE
PROTECTION INCENDIE
06.08.2003 / 102-03f
Bâtiments à façades double-peau / 102-03f NOTE EXPLICATIVE DE PROTECTION INCENDIE
Remarque:
Vous trouverez la dernière édition de cette note explicative de protection incendie sur l’internet à
l’adresse [Link]
Distribution:
Association des établissements cantonaux d’assurance incendie
Bundesgasse 20
Case postale
CH - 3001 Berne
Tél. 031 320 22 22
Fax 031 320 22 99
Courriel mail@[Link]
Internet [Link]
2
NOTE EXPLICATIVE DE PROTECTION INCENDIE Bâtiments à façades double-peau / 102-03f
3 Autres dispositions 10
4 Validité 10
3
Bâtiments à façades double-peau / 102-03f NOTE EXPLICATIVE DE PROTECTION INCENDIE
4
NOTE EXPLICATIVE DE PROTECTION INCENDIE Bâtiments à façades double-peau / 102-03f
2.1 Généralités
Les propositions de solution exposées ci-après, élaborées en commun avec des représen-
tants de la Fédération suisse des sapeurs-pompiers (FSSP), contiennent uniquement les
mesures complémentaires de protection incendie requises pour les façades double-
peau, compte tenu de l'affectation prévue. Il est bien évident que toutes les autres mesures
prévues par les prescriptions de protection incendie (norme et directives) en fonction de
l'affectation et du nombre de niveaux doivent également être réalisées.
5
Bâtiments à façades double-peau / 102-03f NOTE EXPLICATIVE DE PROTECTION INCENDIE
toiture froide
EI 60 (icb)
zone tampon
séparation
résistance au feu
voir tableau 1
zone tampon
6
NOTE EXPLICATIVE DE PROTECTION INCENDIE Bâtiments à façades double-peau / 102-03f
Compartimentage coupe-feu
Niveaux/locaux Cage d'escaliers
Nombre de niveaux
séparation séparation
horizontale et verticale verticale
Deux niveaux sans charge thermique élevée ni dan-
EI 30 (icb) EI 60 (icb)
ger accru pour les personnes
Deux niveaux avec charge thermique élevée ou
danger accru pour les personnes;
EI 60 (icb) EI 60 (icb)
trois niveaux ou davantage, à l’exception des bâti-
ments élevés
Deux niveaux ou davantage, à l’exception bâtiments
élevés, avec protection sprinklers totale (sprinklers à E 30 (icb) EI 30 (icb)
réponse rapide)
Bâtiments élevés EI 90 (icb) EI 90 (icb)
Bâtiments élevés avec protection sprinklers totale
E 30 (icb) EI 60 (icb)
(sprinklers à réponse rapide)
Tableau 1
7
Bâtiments à façades double-peau / 102-03f NOTE EXPLICATIVE DE PROTECTION INCENDIE
tablier d'accumulation de
chaleur incombustible
tablier d'accumulation de
chaleur incombustible
zone tampon
zone tampon
praticable
praticable
tablier d'accumulation de
chaleur incombustible
8
NOTE EXPLICATIVE DE PROTECTION INCENDIE Bâtiments à façades double-peau / 102-03f
Les concepts de protection ci-dessus relatifs aux façades double-peau de type B ne sont
autorisés que pour les affectations et le nombre de niveaux indiqués. Ainsi, ils ne sont en
aucun cas applicables aux homes, établissements et hôpitaux, ni aux hôtels situés dans
des bâtiments élevés!
Il convient ici d'accorder une attention particulière à la disposition et à la conception des
voies d'évacuation (configuration, portes, asservissements incendie, etc.)! Les portes
coupe-feu donnant directement sur la cage d'escaliers doivent être équipées de ferme-
portes débrayables.
La surface d'un compartiment coupe-feu ne doit pas dépasser 4800 m2 au total (addition
de toutes les surfaces d'étage). En cas de dépassement de cette surface, il faut prévoir des
séparations REI 60 (icb) de stabilité suffisante.
Dans les bâtiments où de tels concepts de protection sont appliqués, les locaux tels que
les salles de formation ou les restaurants, qui ne présentent pas de compartimentage
coupe-feu horizontal et vertical dans la zone de la façade et qui peuvent recevoir plus de
100 personnes mais au maximum 200, sont autorisés à condition de disposer de deux
voies d'évacuation indépendantes l'une de l'autre (passant par des couloirs et cages d'es-
caliers).Dans le cas de locaux destinés à recevoir plus de 200 personnes, d'autres mesu-
res s'imposent (compartimentage coupe-feu de la façade, par exemple); par ailleurs, il faut,
indépendamment du nombre de niveaux, une surveillance totale par installation de détec-
tion d'incendie en plus de l'installation sprinklers.
9
Bâtiments à façades double-peau / 102-03f NOTE EXPLICATIVE DE PROTECTION INCENDIE
3 Autres dispositions
Les documents officiels et publications à prendre en compte, en complément à la présente
note explicative de protection incendie, figurent dans la liste de la Commission technique
de l'AEAI, actualisée périodiquement (AEAI, Case postale, 3001 Berne ou
[Link]
4 Validité
La présente note explicative de protection incendie est en vigueur depuis le 1er mai 2001.
Approuvée par la commission technique de l'AEAI le 15 mars 2001.
Adaptations aux prescriptions de protection incendie 2003 de l'AEAI réalisées le 6 août
2003.
10
NOTE EXPLICATIVE DE PROTECTION INCENDIE Bâtiments à façades double-peau / 102-03f
[1] Etant donné que les conditions régnant dans la zone tampon correspondent pratiquement aux
conditions extérieures, il peut arriver qu'en cas de températures en dessous de zéro, et en par-
ticulier lors de pluie givrante, la tringlerie de commande et les joints des clapets et des fenêtres
gèlent. On ne peut alors plus les actionner pendant une période prolongée, ce qui les rend inef-
ficaces. Par ailleurs, les conduites d'eau peuvent geler. En cas de fenêtres ouvertes, les instal-
lations sprinklers ou déluge peuvent provoquer des dégâts d'eau dans des parties de bâtiment
non touchées par l'incendie.
Les dessins de la présente annexe sont protégés par le droit d'auteur. Reproduction, copie ou du-
plication sur ou dans des médias ou supports de données autorisée avec mention de la source.
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