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JOURNAL
DE

MATHÉMATIQUES
PURES ET APPLIQUÉES .
}

1
14

IMPRIMERIE DE BACHELIER ,
RUE DU JARDINET , NO 12 .

1
JOURNAL
DE

MATHÉMATIQUES
PURES ET APPLIQUÉES ,
OU

RECUEIL MENSUEL
DE MÉMOIRES SUR LES DIVERSES PARTIES DES MATHÉMATIQUES ;

Publié

PAR JOSEPH LIOUVILLE,


AncienElève de l'École Polytechnique, répétiteurd'Analyse à cette École .

wwwwwwwwwwwww www wwwwww

TOME PREMIER.

RESELEIB1836.
ANNÉ
RARY
mmwww

UNIVOE
F THE
RSIT
CALIFORN Y
OF

IA
PARIS ,
BACHELIER , IMPRIMEUR- LIBRAIRE
DE L'É COLE POLYTechnique, du BUREAU DES LONGITUDES , ETC.,
QUAI DES AUGUSTINS, N° 55.
-

1836
41917
1
j
www www

TABLE DES MATIÈRES .

AVERTISSEMENT ..
Page I

Note sur unmoyen de tracer des courbes données pardes équations différen-
tielles ; par M. Coriolis ..... ... 5

Note sur les rapports qui existent entre la théorie des équations algébriques
et la théorie des équations linéaires aux différentielles et aux différences ;
par M. Libri...... 10

Mémoire sur le développement des fonctions ou parties de fonctions en séries


de sinus etde cosinus ; par M. Liouville . 14
...

Mémoire surune question d'analyse aux différences partielles; parM. Liou-


ville. .. 33

Note sur la chaînette d'égale résistance ; par M. Coriolis .. 75


Note sur l'équilibredes températures dans les corps solidesde forme cylin-
drique; par M. Lame .... 77
Noté sur une méthode d'élimination pour certaines classes d'équations
différentielles linéaires ; par M. Favre-Rollin . .. 88

Mémoire sur les rapports et les restes des quantités incommensurables ; par
M. Léger........ ...

93
Note sur une manière de généraliser la formule de Fourier; par M. Liouville 100
Mémoire sur les équations différentielles linéaires du second ordre; par
M. Sturm ..... 106

Sur les surfaces du second degré qui n'ont pas de foyer ; par M. Chasles ... 187
Note sur les rayons de courbure des sections coniques ; par M. Transon ... 191
Formule pour la transformation d'une classe d'intégrales définies ; par
M. Jacobi. 195
Note sur le calcul des inégalités périodiques du mouvement des planètes ;
par M. Liouville ..... ..
197
Mémoire sur les équations générales du mouvement ; par M. Ampère ... 211
Énumération des courbes du quatrième ordre, d'après la nature différente
de leurs branches infinies ; par M. Plucker... 229
Mémoire sur le développeinent des fonctions ou parties de fonctions en séries
dont les divers termes sont assujétis à satisfaire à une mêrne équation
différentielle du second ordre , contenant un paramètre variable ; par
M. Liouville ... ....... 253
Théorème sur les quantités incommensurables; par M. Lebesgue ........... 266
Démonstration d'un théorème dû à M. Sturm , et relatif à une classe de
fonctions transcendantes ; par M. Liouville ... 269 ....

Démonstration d'un théorème de M. Cauchy , relatif aux racines imagi-


naires des équations ; par MM. Sturm et Liouville ....... 278
Autres démonstrations du même théorème ; par M. Sturm . 290
Théorie nouvelle du mouvement d'un corps solide, autour d'un point fixe ;
par M. St. -Guilhem ...... ...... 309
Note relative à la détermination des plans principaux , d'une surface du
second degré , rapportée à trois axes quelconques ; par M. St.-Guilhem . 317
Géométrie. Analogie entre des propositions de Géométrie plane et de Géo- 1

métrie à trois dimensions. - Géométrie de la sphère.- Hyperboloïde à


une nappe ; par M. Chasles . 324
335
Démonstration du parallélogramme des forces; par M. Aimé.
P
-

Intégration de l'équation day + P dy


P
duy
dem + Q dx
den" + etc. =V , dans laquelle
dx9

on suppose p , q , m , n , etc. , des nombres entiers , P , Q , etc. , des coef-


ficiens constans , et V une fonction quelconque de la variable indépen-
dante x ; par M. Favre-Rollin ... ...
339
Note sur la résolution des équations numériques; par M. Vincent:........ 341.
Mémoire sur une classe d'équations à différences partielles ; par M. Sturm . 373
Mémoire sur un nouvel usage des fonctions elliptiques dans les problèmes de
Mécanique céleste; par M. Liouville .. ... 445
Errata 459
JOURNAL

DE MATHÉMATIQUES
PURES ET APPLIQUÉES
RY .
BRA
REESE LI
OF THE

UNIVERSITY

CALIFORNIA

AVERTISSEMENT .

Toutes les personnes qui ont une teinture même légère


des Mathématiques connaissent le succès mérité qu'ont ob-
tenu les Annales fondées en 1810 par M. Gergonne, et conti-
nuées par lui pendant vingt ans avec un zèle qu'on ne peut
trop louer, et un talent qui a triomphe des plus grands obs-
tacles. Mais depuis 1831 ce recueil a cessé de paraître ; les
fonctions de recteur d'Académie ont malheureusement ab-
sorbé tout le temps de son illustre rédacteur , et ont enlevé
aux sciences un homme qui leur a rendu et qui pouvait leur
rendre encore d'éminents services .
M. Gergonne ayant bien voulu nous dire lui-même qu'il
verrait avec plaisir un nouveau journal succéder au sien ,
nous croyons avoir le droit de nous annoncer aujourd'hui
comme ses continuateurs .
Notre Journal sera mensuel comme celui de M. Gergonne .
Le premier cahier paraîtra en janvier 1836, et les suivants de
mois en mois , avec toute l'exactitude désirable. Ces cahiers
JANVIER 1836. I
2 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
seront de grandeur inégale, et varieront de 32 à 40 pages in-4° ,
suivant la nature des mémoires qu'ils renfermeront. Leur
ensemble formera chaque année un fort volume contenant
toutes les planches nécessaires pour l'intelligence du texte.
Les articles que nous admettrons dans notre recueil em-
brasseront l'ensemble des Mathématiques pures et appli-
quées. On y traitera indifféremment et les questions les plus
nouvelles soulevées par les géomètres , et les plus minutieux
détails de l'enseignement mathématique des colléges. Toute-
fois , quand il s'agira d'articles élémentaires , nous tâcherons
d'éviter les répétitions fastidieuses d'objets trop connus ;
car s'il est bon de revenir de temps à autre sur les élémens
des sciences , il faut que ce soit pour les perfectionner, et
non pour y changer çà et là quelques mots et quelques
phrases ; ce qui par malheur est arrivé trop souvent.
Il existe un grand nombre de lettres inédites écrites par
Huygens et Leibnitz sur diverses questions scientifiques.
Nous avons accepté avec empressement l'offre bienveillante
que M. Libri nous a faite de nous les communiquer , et nous
les insérerons dans notre Journal; ce sera le placer , pour
ainsi dire , sous le haut patronage de ces génies du 17° siècle ,
qui ont si puissamment contribué aux progrès des Mathé-
matiques , et dans les œuvres desquels aujourd'hui même
on trouve encore le germe de plus d'une théorie neuve et
profonde.
Nous nous bornerons , en général , à publier les mémoires
qui nous seront adressés , et nous rendrons rarement compte
de ceux qui pourront être insérés dans d'autres recueils.
Néanmoins , si l'analyse d'un ouvrage nouveau nous paraît
pouvoir donner lieu à des observations utiles , nous la pu-
blierons sans scrupule , mettant alors dans nos critiques
PURES ET APPLIQUÉES . 3

non-seulement de l'impartialité, mais encore de la bien-


veillance, et cherchant à faire ressortir le bien plutôt qu'à
:
censurer le mal .
Depuis quelques années un singulier esprit de dénigre-
ment s'est emparé de quelques critiques , et nous avons vu
tour à tour accabler d'injures les hommes qui dans les di-
vers genres de sciences ont le plus dignement soutenu l'hon-
neur de la France. Ici notre profession de foi sera nette et
positive : ce style tranchant et absolu , si fort à la mode à
présent , ne serajamais le nôtre, car il déshonore à la fois le
caractère et le talent de ceux qui l'adoptent.
« Toutes ces critiques , dit un auteur célèbre , sont le par-
» tage de quatre ou cinq petits auteurs infortunés qui n'ont
» jamais pu par eux-mêmes exciter la curiosité du public.
))
Ils attendent toujours l'occasion de quelque ouvrage qui
))
réussisse pour l'attaquer, non point par jalousie ; car sur
» quel fondement seraient-ils jaloux ? mais dans l'espérance
» qu'on se donnera la peine de leur répondre , et qu'on
"
les tirera de l'oubli où leurs propres ouvrages les auraient
» laissés toute leur vie. »
L'éditeur mettra tous ses soins à rendre son Journal digne
de l'attention des savants. On conçoit néanmoins qu'il ne
pourra , dans certains cas , ni refuser tel article qui lui sem-
blera mauvais à lui-même , ni surtout corriger dans un bon
mémoire telle ou telle phrase qu'il désapprouvera. Les esprits
justes sentiront que l'éditeur doit être jugé sur l'ensemble et
non sur les détails du recueil qu'il dirige , et que la res-
ponsabilité des mauvais articles qui pourront s'y glisser
reste tout entière à leurs auteurs. Et si par hasard une po-
lémique vient à s'engager entre deux géomètres , on com-
prend aussi qu'il ne lui appartiendra pas de s'interposer
1 ..
4 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
dans la querelle ; il devra se borner alors à jouer le rôle de
spectateur et à transmettre fidèlement au public les pièces
du procès.
On voit assez qu'il est ici question d'une entreprise vrai-
ment scientifique , et non d'une spéculation mercantile.
C'est maintenant aux géomètres , et surtout aux géomètres
français , qu'il appartient de faire prospérer cette entreprise.
Les plus distingués d'entre eux nous ont déjà promis des
articles , et , sans aucun doute , ils tiendront leur promesse.
Nous osons dire que leur réputation y est intéressée : la
chute d'un Journal utile qu'ils auraient refusé de soutenir
ne serait honorable ni pour eux ni pour la France.
PURES ET APPLIQUÉES . 5

NOTE

Sur un moyen de tracer des courbes données par des


équations différentielles ;

PAR G. CORIOLIS .

Si l'on conçoit qu'un fil tendu s'enroule sur un cylindre , et que le


frottement y soit assez fort pour empêcher ce fil de glisser le long de la
surface contre laquelle il s'est enroulé, la courbe formée par le fil sur
la surface du cylindre , développée ensuite sur un plan, jouira de la
propriété que la direction de sa tangente sera toujours celle de la partie
du fil tendue en ligne droite avant qu'elle s'enroule .
Si donc on peut donner au fil, dans cette partie , une direction qui
résulte de l'équation différentielle d'une courbe , celle-ci se trouvera
tracée sur le cylindre en prenant pour abscisses les arcs comptés sur
la base du cylindre.
Cette considération conduit à un tracé assez simple de plusieurs
courbes .
On voit de suite que l'exponentielle dont l'équation est
dy dx
=
a,
dx a' ou y dy
peut se décrire en enroulant sur un cylindre un fil tendu qui passe
toujours par un point fixe. Ce point doit être à la distance a de la
génératrice du cylindre qui se trouve dans le plan tangent menépar ce
point.
J'ai fait construire , d'après cette remarque , une machine au moyen
6 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
de laquelle un fil tendu par un léger poids s'enroule ou se déroule au-
tour d'un cylindre en passant par un petit trou percé dans une
plaque mobile qu'on approche ou qu'on écarte à volonté du cylindre.
Une aiguille et un cadran indiquent les tours et fractions de tours
dont on a tourné le cylindre. Ce sont ces quantités qui représentent
les exposants. Une échelle placée contre la génératrice du cylindre, sur
laquelle se trouve toujours le point où le fil s'en sépare , indique , à
partir du zéro de l'échelle , les exponentielles qui répondent aux ex-
posants indiqués sur le cadran. On conçoit comment cette machine
opère facilement tous les calculs d'intérêts composés. La marche de
l'aiguille répond aux durées des placemens , et les nombres qu'on lit
sur l'échelle , au point où le fil se sépare du cylindre, indiquent ce que
sont devenues les sommes placées , ou ce qu'elles doivent être pour
l'escompte ( 1 ) .
La chaînette , dont l'équation différentielle est

dx =√1 -

1,

ou bien

= a,
Vitr
1

se décrira d'une manière analogue à la logarithmique. Il suffira de


placer dans un plan tangent au cylindre une poulie dont le centre soit
sur la génératrice de contact et dont a soit le rayon. En faisant dé-
rouler sur cette poulie le fil qui s'enroule sur le cylindre, il s'y pliera
suivant une chaînette .
Si l'on avait l'équation différentielle

dx = yf(x) ,
I

ou bien, en posantf(x) = (x) ,

y = (x),

(1) Lemodèledecette machine fait partiede lacollectionde l'École Polytechnique.


PURES ET APPLIQUÉES. 7

on décrirait encore assez facilement la courbe qui répond à cette équa-


tion aumoyen du reliefde la courbe dont l'ordonnée est p(x).
M
Pour cela , il suffirait d'avoir d'a-
bord une règle AMX dont un côté
AX serait droit et l'autre AM forme-
rait la courbe dont (x) - r serait
A P
x l'ordonnée , r étant le rayon du cy-
lindre. Ensuite , on ferait tourner le
cylindre en appliquant contre sa base
la règle AX. Si le fil qui s'enroule
N reste dans le plan vertical PM , се
qui estfacile à obtenir en l'appliquant contreunplan fixe , et qu'il passe
ainsi sur la courbe AM en M , il est clair qu'il formera sur le cylindre
une courbe telle qu'en se déroulant sur un plan elle satisferaità l'équa-
tion différentielle ci-dessus , puisque la sous-tangente PM serait égale à
(x) , x étant l'abscisse mesurée sur la base circulaire du cylindre.
Il ne serait pas impossible non plus de décrire les courbes données
en général par l'équation
dx = f(x,y).

Pour cela, on concevrait d'abord une surface exécutée en relief ayant


pour ordonnée
f(x,y)

Ce relief tiendrait à une règle AX , comme tout à l'heure la courbe


AM; mais il n'y serait fixé que dans le sens des x ; dans celui de l'axe
des y, que je suppose ici vertical, c'est-à-dire parallèle à l'axe du
cylindre , il serait parfaitement libre de monter et de descendre. Le
mécanisme , pour cela, peut se disposer de plusieurs manières très
faciles à exécuter.
Pendant qu'on tournerait le cylindre , en faisant avancer la règle
qui tient au relief dans le sens de l'axe des x , et en la pressant contre
labase du cylindre , on aurait soin de tenir le relief à la main à une
hauteur telle que l'axe des x fût toujours à la hauteur du point où le
fil quitte le cylindre , c'est-à-dire du point décrivant la courbe en
question. Alors , si le fil tendu , en quittant le cylindre , va passer par
8 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
le point où la surface du relief est rencontrée par une perpendiculaire
fixe PM; la courbe suivant laquelle il se pliera sur le cylindre , en la
rapportant aux arcs de cercle pour abscisses , aura effectivement pour
équation
d =f(x,y);
car la sous-tangente sera toujours
dx

dy = f(x,y)

On devra placer le solide du relief au dehors de l'espace APM, et faire


passer le fil à l'extrémité d'une tige PM , qui , par l'action d'un poids
ou d'un petit ressort de pression, sera forcé d'appuyer en M contre le
relief.
On peut s'arranger facilement pour que le petit poids p qui tien-
dra le fil tendu serve en même temps à appliquer la tige PM contre
la surface. Il suffira de conduire d'abord le fil à travers un très petit
trou percé à l'extrémité M de la tige, puis de le renvoyer horizon-
talement à l'autre extrémité N , où il passera sur une poulie tenant
à cette même tige, pour revenir passer sur une autre poulie fixe
en-dessous de P et tout auprès, et pour soutenir le poids p; celui-ci
tirera la tige de N en M avec la force ap , et de Men N avec la force
plus petite
p ( 1 + cosa ),

a étant ici l'angle dont la tangente = dxdr. La tige sera donc toujours
pressée contre le relief.
Pour que ce moyen de description de courbe soit praticable , il
faut que le fil une fois appliqué sur le cylindre, ne s'y dérange pas
par l'effet de la flexion qu'il y prend. Il y a pour cela une relation
nécessaire entre le rayon r du cylindre et la nature de la courbe
représentée par l'équation
dy=f(x,y).
Soient M un point quelconque , MM' un élément, et ple rayon de
PURES ET APPLIQUÉES. 9

courbure en M de la courbe AMB formée par le fil enroulé sur le


cylindre. Deux tensions contraires sollicitent l'élément MM' à ses
deux bouts : ces deux tensions donnent lieu à une résultante dont la
direction coïnciderait avec le rayon p , si le frottement dans le sens du
fil était nul : quelle que soit l'intensité du frottement , la direction de
cette résultante sera située dans le plan osculateur de la courbe AMB
et fera avec le plan tangent en M au cylindre un certain angle ɛ. Cela
posé, pour que le fil ne glisse pas sur la surface du cylindre , il faudra
évidemment que l'on ait
tang ɛ μ,

μétant le rapport du frottement à la pression. On devra donc choisir


le rayon rde manière que l'inégalité tang ε > μ soit toujours satisfaite.

JANVIER 1836. 2
10 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
www

NOTE

Sur les rapports qui existent entre la théorie des équations


algébriques et la théorie des équations linéaires aux dif-
férentielles et aux différences ;

PAR GUILLAUME LIBRI .

Je crois avoir été le premier à appeler l'attention des géomètres


sur les rapports qui existent entre les racines des équations algébri-
ques et les intégrales particulières des équations différentielles li-
néaires. Dans un mémoire qui a paru dans le X volume du Journal
de Mathématiques de M. Crelle , j'ai montré comment on pouvait ,
à l'aide des intégrales particulières d'une équation différentielle li-
néaire , diminuer d'autant d'unités l'ordre de cette équation que l'on
connaissait d'intégrales particulières , et j'ai indiqué le moyen de for-
mer les coefficiens des équations de cette nature en fonctions symétri-
ques de toutes les intégrales particulières. On a pu remarquer, dans
le même mémoire , que ces fonctions symétriques étaientdouéesde pro-
priétés bien plus étendues et plus générales que celles dont jouissent
les fonctions symétriques des équations algébriques. La similitude entre
ces deux classes d'équations s'étend très loin, et permet de traiter les
équations différentielles linéaires par des méthodes analogues à celles
que l'on emploie dans la théorie des équations algébriques.
Lagrange , à l'aide de la variation des constantes arbitraires , est
parvenu à démontrer que si dans une équation différentielle linéaire
de l'ordre n et de la forme
dry dr-'y
Y =
+ a, dx -1 + any = ( х) ,
dxn
1

PURES ET APPLIQUÉES. II

on connaît n-m valeurs de y , propres à satisfaire à l'équation


Y = o , on peut toujours réduire l'équation Y = (x) à une autre
équation différentielle linéaire de l'ordre n- (nm) =m. Ce théo-
rème célèbre , qui porte le nom de son inventeur, et qui ne forme
que la première proposition de la théorie des équations différentielles
linéaires , telle que je l'ai présentée , se démontre d'une manière si
simple et si générale en considérant les intégrales particulières comme
les racines des équations différentielles auxquelles elles satisfont , que
j'ai pensé qu'il y aurait quelque avantage à reproduire ici ma dé-
monstration toute seule, en montrant en même temps comment on
peut l'appliquer aux équations linéaires aux différences finies , ce que
je n'avais pas fait dans le Mémoire déjà cité.
Soit l'équation différentielle linéaire de l'ordre n ,
dry dn- y
(1 ) ... dx
" + a, d ...
+ a.y = φ(х) ,

que nous écrirons pour plus de simplicité,


Υ. = φ(x) ,
n

en indiquant par Y, son premier membre; et soit y, une valeur


de y qui satisfasse à l'équation Y = o . Si dans l'équation Y = (x) ,
on fait y=[Link] , z étant une nouvelle variable , on aura (en se
rappelant que l'on a en général duv = udv + pdud + ………… .....

...+ pdvd -' u + vďu) une équation ordonnée par les différentielles
descendantes de z, de la forme
dn-22
(2).... + (n dx + a,y.) den ......

...++ .....+a.x.)[zdx= (x).


Dans cette équation, il est clair que le coefficientde ſzdx est égal à
zéro , puisque ce coefficient n'est autre chose que la fonction Y, dans
laquelle on a écrity, au lieu de y; ce qui, par hypothèse , rend iden-
tiquement nulle cette fonction. Maintenant y, et ses différentielles
sont des fonctions connues de x : si l'on divise donc l'équation (2) par
2..
12
JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
y. , on aura une nouvelle équation en z , qui sera linéaire etde l'ordre
n- 1 , de la forme
dr- z dn-22 dn-3z Φ (x)
(3) ... den + Aden + A ...

+ A- 2 =
1-1

Y
,

en appelant A,, A. , ... A -1 , les coefficiens de l'équation (2) divisée


pary. On voit donc comment, sans faire varier les constantes arbi-
traires , on peut réduire l'équation linéaire (2) du degrén à une autre
équation (3) également linéaire de l'ordre n- 1 , lorsqu'on connaît une
intégrale particulière de l'équation (1) dans laquelle on a supposé le
second membre égal à zéro.
Si l'on connaissait une seconde intégrale particulière y, de l'équa-
tion Y = o , il faudrait faire encore y = [Link] , et partant
d
Z et donner à y la valeur y ; car si l'on prenait une se-
dx (*),
conde fois la valeur y, qui a été déjà employée , on aurait
d d
Z
dx == o . Et cette intégrale particulière , qui rédui-
rait à zéro le premier membre de l'équation (3), ne pourrait nous con-
duire à aucune nouvelle simplification.
On voit maintenant comment , par des transformations successives ,
on peut dans tous les cas , diminuer d'autant d'unités l'ordre de l'équa-
tion (1 ) que l'on connaît de valeurs qui , substituées poury dans le pre-
mier membre de cette équation, le rendent identiquement égal à zéro.
On peut appliquer la même démonstration aux équations linéaires
aux différences finies. Soit en effet l'équation
(4) ... Δ" + a, Δ"-'y. + a, Δ"-*
y2 ... + a.r. = f(x);
et soit y une valeur de y telle que l'on ait
(5) ... Δ" + a, A"-'y + a. Δ"-*γ ... + a, y = 0 ;
si dans l'équation (4) on faity =y2z , on la transformera encore
en une autre équation aux différences , de la forme
(6) ... Δ -12 +B,A"-2 ...+(A *y+a,∆"-'... +ay) =f(x);
(dans laquelle les coefficiens sont des fonctions connues de y qu'il est
PURES ET APPLIQUÉES. 13

inutile de développer à cause de leur complication , et que nous appel-


lerons B. , B. , etc., pour simplifier, en n'écrivant que le coefficient
de Ez dont la forme est très simple ) et comme le coefficient de Ez
est égal à zéro par l'équation (5), il en résulte que l'on peut encore di-
minuer d'une unité l'ordre d'une équation linéaire aux différences ,
lorsqu'on connaît une intégrale particulière du premier membre ,
égalé à zéro , de la même équation .
On pourrait répéter le même raisonnement , et l'on démontrerait
en général le théorème de Lagrange pour les équations aux diffé-
rences finies de tous les ordres. On pourrait de plus former les coeffi-
ciens de ces équations en fonctions symétriques des intégrales particu-
lières , et exprimer l'intégrale générale en fonction du second mernbre
de l'équation proposée , et des intégrales particulières de l'équation que
l'on obtient en égalant le premier membre de la première équation à
zéro. Mais je reviendrai plus tard sur ce sujet; je n'ai voulu , dans cette
note , qu'appeler de nouveau l'attention des géomètres sur les rapports
qui existent entre la théorie des équations algébriques et celle des
équations linéaires , etje n'ai donné la démonstration du théorème de
Lagrange , que comme un exemple de la méthode quej'avais employée.

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A.
14 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES

ΑΛΑΑΑΑ wwwwwww

MÉMOIRE

Sur le développement des fonctions ou parties de fonctions


en séries de sinus et de cosinus ;

PAR JOSEPH LIOUVILLE .

1. On connaît la méthode dont les géomètres ont surtout fait


usage dans ces dernières années , pour intégrer les équations aux
différences partielles auxquelles on ramène la solution de la plupart
des problèmes physico-mathématiques. Cetteméthode consiste, comme
on sait, à représenter l'intégralecomplète de l'équation aux différences
partielles par la somme d'un nombre infini d'intégrales particulières
contenant chacune une ou plusieurs constantes arbitraires , et à dis-
poser ensuite de ces constantes de manière à satisfaire aux conditions
définies propres à chaque cas. Ainsi , dans la Théorie de la chaleur
que nous prendrons pour exemple, si l'on veut déterminer , en fonc-
tion du temps t et de l'abscisse x, la température u qui a lieu en
chaque point d'une barre métallique homogène (recouverte d'une
substance non conductrice) dont l'état initial est connu et dont les
deux bouts sont entretenus à la température fixe oº , on aura d'abord
l'équation aux différences partielles di = a
du d'u a étant le rapport
dx

de la conductibilité intérieure de cette barre à sa chaleur spécifique.


En plaçant l'origine des coordonnées à l'une des extrémités de la barre,
et nommant I l'abscisse de l'autre extrémité, il faudra ensuite satis-
faire aux deux conditions définies u= o pour x = o , u = o pour x=l,
et à la condition de l'état initial que l'on peut écrire ainsi u=f(x)
pour t = o. Or, pour cela, on observera que l'intégrale complète de
PURES ET APPLIQUÉES. 15

du d'u
a
l'équation a dpeut être représentée par l'expression somma-
toire u= e-mat(Am sin amx + B cos amx) , le signe ∑ s'étendant à
toutes les valeurs possibles des constantes m, Am, Bm. Pour que cette
valeur se réduise à zéro, quel que soit le temps t, lorsqu'on y pose
x= 0 ou x= l , il faut que l'on ait Bo , et qu'en outre les va-
leurs de m satisfassent à l'équation sin aml= 0 , laquelle donnem = o,

m= ± am = ± 7 ,... Comme les termes de la valeur de u rela-


al'

tifs à deux valeurs de m égales et de signes contraires , peuvent être


groupés en un seul , et que le terme relatif à m = o disparaît
ist

de lui - même , nous écrirons simplement u = ΣΑ ale sin ίπχ


ayant soin de remplacer Am par A,pour la régularité de la notation. Et
actuellement le signe ∑ ne s'étendra plus qu'aux valeurs de i comprises
dans la série des nombres entiers positifs 1 , 2 , 3 , ... Il reste encore
à satisfaire à la condition relative à l'état initial, ou autrement dit , il
reste encore à trouver une fonction A,telle que l'on ait, entre les li-
ίπχ
mites x= 0 , x= 1, l'égalité f(x) = ΣΑ, sin Pour plus de com-
modité , je développe dans le second membre la série représentée
par le signe ∑ , et j'ai
2πχ ἱπα
f(x) = A, sin + A, sin +...+ A, sin + …
...

ίπχ
Je multiplie lesdeux membres par sin dx, et j'intègre par rap-
port à x entre les limites x= 0 , x= l. Cette intégration fait dispa-
raître tous les coefficiens A,, A. , ... excepté A₁, et l'on obtient sur-le-
2 ίπχ

champ A = f.f(x) sin T dx. En adoptant cette valeur de A₁,


ίπα
on aura sans aucun doute f(x) = ΣΑ, sin T , pourvu toutefois que
la fonction f(x) s'annulle aux deux limites x = 0 , x = 1, comme la
série qui doit la représenter entre ces deux limites .
2. L'exemple précédent nous montre comment on est conduit à
développer une fonctionf(x) en série de sinus, sinon pour toutes
les valeurs réelles dex , du moins pour les valeurs de cette variable
qui sont comprises entre deux limites données. D'après la manière
16 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
ίπχ
dont nous avons été amenés à poser l'égalité f(x) = ΣΑ; sin Τ ' on
voit à priori que cette égalité est possible, entre les limites x = 0 ,
x=l, quelle que soit la fonction f(x); ou du moins la possibilité
d'une telle équation paraît une conséquence naturelle de ce fait évi-
dent, que le problème de la détermination du mouvement de la chaleur
dans une barre homogène doit être résoluble, quelle que soit la fonc-
tion f(x) qui représente l'état initial des températures.
Mais au lieu de regarder les égalités de la forme
ίπχ
f(x) = ΣΑ₁ sin
comme le résultat de l'intégration d'une équation aux différences
partielles servant à résoudre un problème physico-mathématique , on
s'est aussi proposé de les considérer en elles-mêmes , abstraction faite
des questions particulières où elles se présentent ; etcette idée a donné
naissance à la belle théorie des séries périodiques que M. Poisson a
exposée d'abord dans le 19º cahier du Journal de l'École polytech-
nique , et qu'il a reproduiterécemment dans son ouvrage sur la chaleur.
Cette théorie des séries périodiques, ainsi traitée comme un point
d'analyse pure , en devient à la fois plus élégante et plus rigoureuse ;
mais , telle que M. Poisson l'a donnée dans les mémoires cités , elle se
borne aux développemens des fonctions ou parties de fonctions d'une
variable x en séries de sinus et de cosinus des multiples entiers d'un
arc proportionnel à x; et elle ne s'étend en aucune manière aux au-
tres séries de sinus et de cosinus que l'on rencontre aussi dans cer-
taines questions de la Théorie de la chaleur et dans lesquelles les
arcs successifs s'obtiennent en multipliant la variable x par les diverses
racines d'une équation transcendante.
Je me propose ici de faire connaître une méthode au moyen de
laquelle on effectuera d'une manière directe les développemens des
fonctions ou parties de fonctions en séries de sinus et de cosinus (*) .
Pour trouver cette méthode, il m'a suffi de modifier légèrement un
procédé fort ingénieux dont M. Poisson a fait usage dans ses deux pre-

(*) Dans ses Exercices mathématiques, M, Cauchy a traité la même question par
une méthode fondée sur le calcul des résidus.
PURES ET APPLIQUÉES. 17

miers Mémoires sur la Théorie de la chaleur. La modification dont je


parle consiste surtout en ce que j'ai pris pour point de départ la
formule
8
I +8

f(x) = fdz + cos z(y-x)f(y) dy ,


0
81

ou
8
+8
fx== 0
coszxdz + cos zyf(y) dy
18

8
+8
+ 0
sinzxdz + sin zyf(y)dy ,
18

par laquelle Fourier représente une fonction quelconque f(x) pour


toutes les valeurs réelles de x, c'est-à-dire depuis x=-∞ jusqu'à
x=+ ∞ . Cette formule , en effet, renferme implicitement toutes les
séries de sinus et de cosinus que les géomètres ont imaginées pour
le développement des fonctions ou parties de fonctions ; et il ne s'agit
pour ainsi dire que de savoir luidonner successivement , par des trans-
formations convenables, la forme propre à chacune de ces séries.
3. Essayons de faire comprendre à priori par quelle raison méta-
physique la formule de Fourier renferme implicitement toutes les
séries de sinus et de cosinus d'arcs proportionnels à x que l'on pourra
trouver pour développer , entre certaines limites des valeurs de la
variable , une fonction f(x) arbitrairement donnée entre ces limites.
Supposons pour cela que de x= l'à x= 1 , on ait
(A) f(x) = ∑(A cos px + B sin px),
le signe ∑ s'étendant à un nombre infini de valeurs de pliées entre elles
par une loi quelconque , assujetties par exemple à être les diverses
racines positives d'une même équation transcendante (p) = 0 ; et
A , B , désignant des fonctions de p convenablement choisies. Puisque
la fonction f(x) n'est donnée que depuis x=l' jusqu'à x=l, rien
ne nous empêche d'en disposer hors de ces limites , et d'attribuer à la
caractéristique f une signification telle que l'équation (A) subsiste
pour toutes les valeurs réelles de x. Ce sera alors proprement l'équa-
tion (A) qui nous fera connaître le sens que nous devons attacher à
cette caractéristique , et ce sens sera tel que l'équation dont il s'agit ait
toujours lieu de x=-∞à x= + 8 .
JANVIER 1836. 3
18 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
Nous pouvons aussi remplacer la lettre p par une autre lettre 2 ,
et supposer que le signe ∑, relatifà z, s'étende non plus seulement à
toutes les valeurs de cette lettre comprises dans les racines positives
de l'équation Π(ρ)=0 , mais bien à toutes les valeurs possibles qui
se succèdent d'une manière continue depuis z= o jusqu'à z= 8 ,
pourvu toutefois que nous remplacions A et B par des fonctions U
et V de z telles que l'on ait en général U= o , V= 0 , lorsque z dif-
fère de p , et U=A , V=B , lorsque z= p , c'est-à-dire lorsque z se
trouve égal à une des racines positives de l'équation (p)= 0.
Mais, au lieu de U et V, il sera plus convenable d'écrire Udz , Vdz ,
et de remplacer le signe ∑ par le signe ſ. On aura ainsi
8 8

f(x) =
[Link] + Sosisin zx .Vdz .
0

Les deux lettres U et V désigneront alors des fonctions de z qui seront


généralement nulles excepté lorsque la variable z différera infiniment
peu d'une des racines de l'équation (p) = o , et qui au contraire de-
viendront infinies lorsqu'on aura z=p , en sorte que les élémens Udz ,
Vdz (ou plutôt les intégrales ſudz , fVdz , prises entre des limites
infiniment resserrées ) aient alors une valeur sensible.
Or la formule
8
= 8

f(x) So [Link] + f sin [Link],


0 0

ne peut s'accorder avec celle de Fourier qu'autant que l'on a


I +8 I +8

U= 18
cos zyf(y) dy , V = = + sin zyf(y)dy.
18

Nous voyons parlà, d'une part, que la formule de Fourier renferme


implicitement tous les développemens possibles des fonctions en sé-
ries de sinus et de cosinus d'arcs proportionnels à la variable ; et d'autre
part, que toutes les fois qu'il s'agira d'en transformer le second mem-
bre en sorte que l'intégrale relative à z soit remplacée par un signe Σ
relatif aux diverses racines d'une équation transcendante (p) = 0 , le
caractère auquel on reconnaîtra que cette transformation peut s'effec-
+8

tuer sera le suivant : savoirque les deux intégrales + coszyf( r)dy,


18
PURES ET APPLIQUÉES. 19
+8

f+ sinzyf(x)dy , soient généralement égales à zéro, excepté pour


18

les valeurs de z infiniment peu différentes de P , et au contraire


égales à l'infini pour z = p ; ce qui aura lieu si les intégrales
+8 +8

Ste-=yv=if(r)dy , servi f(x) dy , sont elles -mêmes


18 18

nulles ou infinies , suivant que l'on a z différent de pou z = p.


4. La formule
1 8 +8
(1) f(x) = Sdzfe cosz(y-x)f(y)dy,
0 18

servant de base à nos recherches , nous rappellerons ici la démonstra-


tion que Deflers en a donnée. Soit u la valeur du second membre de
l'équation ( 1 ) ; il s'agit de prouver que l'on a u=f(x). Effectuons
d'abord l'intégration par rapport à z, non pas depuis = o jusqu'à
z= ∞ , mais depuis z= 0 jusqu'à une valeur indéterminée de z que
nous traiterons comme infinie dans l'intégration relative ày. Nous au-
rons ainsi
I
u
++ sinz(y-x) f( x)dy,
18 y-x

et en posant y=x+ , il nous viendra


0
u = = s+ sin f(x+ do .
18

Or, puisque z est une quantité infinie, on af (x+ 1) =f(x), ex-


cepté pour les valeurs de o qui sont elles-mêmes infinies , valeurs dont
on peut faire abstraction dans l'intégrale définie qui nous occupe ,
sine
parce que le facteur 0 rend infiniment petits et négligeables les élé-
mens qui leur correspondent. Il restera donc simplement

u = f(x) ド
+ sinfd = f(x);
18 0

ce qui coïncide avecla formule (1 ).


5. Maintenant, si l'on veut développer en série de sinus et de co-
sinus , entre deux limites l' et I, une fonction f(x) donnée entre ces
3..
20
JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
deux limites , rien n'empêchera de faire usage pour ce développe-
ment de la formule ( 1) ; et comme cette formule renferme les par-
ties de f(x) relatives aux valeurs de x plus petites que l' et celles
relatives aux valeurs de x plus grandes que l, on pourra se donner
les unes et les autres arbitrairement. En disposant de diverses ma-
nières de ces parties indéterminées de la fonction f(x) , on sera con-
duit à diverses formules où il sera aisé en général de réduire l'inté-
gration définie relative à z à une sommation finie relative aux
diverses racines d'une certaine équation transcendante; d'où naîtront
tous les développemens connus de la fonction en séries de sinus et
de cosinus d'arcs multiples de x.
Pour présenter cette méthode de la manière la plus générale , con-
cevons qu'après s'être donné à volonté une définition de la fonc-
tion f(x) qui permette de la calculer pour les valeurs de x non com-
prises entre l' et l, lorsqu'elle est déjà connue entre ces deux limites ,
on pose
8
18

S 0
e-hyf(x) dy =
P, 0
ehyf(x)dy =
१,

h étant une constante réelle et positive, ou du moins une constante


dont la partie réelle soit positive. Concevons de plus que l'on soit par-
venu à mettre les valeurs de p et q sous la forme
*(h) (-h)
P = (h) , १ = Φ ( h) '

(h) et (h) étant des fonctions de h sans dénominateur, et tout-à-


fait déterminées à l'aide des seules valeurs de la fonction f(x) com-
prises entre les deux limites x = 1' , x= 1, pour lesquelles cette
fonction est donnée à priori.
Cela posé, je dis qu'il sera toujours facile, entre les limites l' et l,
d'exprimer la fonction f(x) en série de la forme (Acospx+ Bsinpx),
le signe ∑ se rapportant à toutes les racines réelles et positives de
l'équation transcendante (PV- 1) = 0. On y parviendra, en effet,
en transformant convenablement la formule de Fourier, et en éli-
+8
minant l'intégrale - cosz(y-x)f(y)dy, qu'elle contient, à l'aide
18
PURES ET APPLIQUÉES . 21

d'une analyse très singulière que nous empruntons à peu près tex-
e

tuellement au 19º cahier du Journal de l'École polytechnique (*).


6. Pour déduire des valeurs de pet q celle de l'intégrale
fter
18 f( y)dy, je désigne par g une quantité positive que
l'on prendra aussi petite qu'on voudra ; je fais h= g + V- 1 dans I

la valeur de p, et h = g - 2 -t dans la valeur de q; on aura


*(x -1+g) +( -1-g)
I

P = ,
(z =1+g) ' = (2-1-g)'
et , d'après les intégrales définies que représentent petq , si l'on fait
g= o dans la différence p-q , il est évident qu'elle se changera dans
l'intégrale demandée. Cette intégrale sera donc la limite de la valeur
de p-q par rapport à g; ainsi, en regardant g comme une quantité
infiniment petite que l'on fera tout-à-fait nulle à la fin du calcul , on
aura

+8
+( -1+6) +(2-1-g)
(2) Serv f(x) dy=
18
(2-1+g)
-

(2-1-g)
Mais cette quantité s'évanouit en même temps que g , excepté pour les
valeurs de z qui rendent nul le dénominateur (2 -1) ; cette inté-
grale , et par suite celles de
cos zy.f(y) dy, sinzy.f(y) dy, cos z(y-x) .f(y)dy,
prises entre les mêmes limites ±∞ sont donc généralement égales à
zéro; et il n'y a d'exception que pour certaines valeurs de z pour les-
quelles ces intégrales deviennent infinies. La nature de la quantité
8+

f+ cos z(y-x)f(y)dy étant ainsi connue, il s'agit présentement


18

d'effectuer l'intégration relative à z qui se trouve indiquée dans l'ex-


pression de f(x) donnée par la formule de Fourier.
7. Il sera nécessaire, pour cette opération, de conserver la quantité
+8

g dans la valeur dedef+ cos z(y-x)f( y) dy; nous ferons g=o , après
18

(*) Voyez pages 31 , 32 , 33. Nous avons , sans aucun scrupule , emprunté les
phrases inêmes de M. Poisson , inventeur de la méthode.
22 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
avoir achevé le calcul; jusque là nous traiterons seulement g comme
une quantité infiniment petite. Or il est évident que les portions de
l'intégrale relative à z, qui répondent à des valeurs de cette variable
infiniment peu différentes des racines de l'équation (z -1) = 0 ,
sont les seules qui pourront ne pas s'évanouir en même temps que g ;
si donc nous désignons par e l'une de ces racines , et que nous fassions
z= p + z', il ne faudra donner à la variable z' que des valeurs infini-
ment petites , positives ou négatives , et prendre successivement pour
p toutes les racines positives de l'équation (PV-1) = 0 ; on ne
prendra pas les racines négatives , parce que , dans l'intégration , la
variable z ne doit recevoir que des valeurs réelles et positives; et par
lamême raison, lorsque l'on prendra la racine p=0 , on ne donnera
à z' que des valeurs positives. Faisons donc z= p+z' , et soit alors
+8 +8

18
e-zyVf( y)dy = Z, SerV= f(x) dy
18
=
Ζ' ,

d'où il résultera

+8 I I

+ cosz(y-x)f(y)dy == Zex(p+2)V
18 Zex(p+2 ) = + = Z/e-x( +2)V1.
2 2

Substituant cette valeur dans l'équation (1) , et négligeant la variable


z' en dehors de Z et Z', il vient

px -ρα
f(x) = 2π

∑ indiquant une somme qui s'étend à toutes les valeurs positives dep ,
y compris p = 0 .
Maintenant soit do(h
dh
)
= '(h) ; mettons p + z' à la place de z dans
le second membre de l'équation (2); en traitant z' et g comme des
quantités infiniment petites , on aura

(2√-1g) = (2' V-1±g) '(PV-1),


*(zV-1g) = ( √=1),
PURES ET APPLIQUÉES. 23

et il en résultera

Z = 24( -1)
I

;
( +z ) '( p -1)
si donc on prend une quantité positive d, et qu'on intègre depuis
z
'
- jusqu'à z'=+ d , on aura
Zdz
= ( 1) arc tang
,

( 1) g

et dans le cas de p=0 , l'intégrale ne devant être prise que depuis


z= 0 jusqu'à z' = + d, sa valeur sera réduite à moitié. Faisons ac-
tuellement g=0; cette valeur de fZdz' deviendra
( 1)
SZdz' = I

On en conclura celle de ſZ'dz', en y changeant le signe de V--1, et


l'on aura

Zdz' 274(-1)
,
(-1)
d'où l'on conclut
xd- -) (
px
ex V -T *( PV=1) + e +
f(x) = Σ ,

( 1) ( 1)

en se rappelant toutefois que dans la somme ∑ on ne devra prendre


que la moitié du terme qui se rapporte à p= 0 .
Si l'on remplace maintenant les exponentielles imaginaires par leurs
valeurs en sinus et cosinus , la fonction f(x) se trouvera mise sous la
forme demandée

(α) f(x) = ∑(A cos px + B sinpx) ,


A et B ayant les valeurs suivantes :
A= *( 1) *(- 1)
(6) ( 1) + (- )
(11-)
= +
B V I
-

( -1)
24 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
dans lesquelles pdésigne une quelconque des racines positives de l'équa-
tion transcendante (p -1) = 0 , maisqu'il faudra réduire à moitié
dans le cas particulier où l'on aura p=0 .
8. Admettons par exemple que pour déterminer la fonction f(x)
hors des limites l' et l que nous prendrons la première égale à zéro
et la seconde quelconque, on se donne les deux conditions f(x)
= f(-x) , f(l+y) =- f(l-y), lesquelles entraînent la condi-
tion particulière f(l) = o , que nous supposerons remplie. Si l'on
multiplie par e- dy les deux membres de l'équation f(x) = f(-y),
et qu'on intègre ensuite depuisy=o jusqu'ày= ∞ , il viendra
8 8

Soe-hyf(x) dy = f e-hyf(-y) dy.


0 0

Le premier membre est précisément égal à la quantité représentée ci-


dessus par p (voyez nº 5 ), et il est aisé de voir que le second est
égal à- q; on a donc d'abord p=-q.
En multipliant de même par e-hydy et intégrant les deux membres
de l'équation f(l+y) = - f(ly) , on obtient
8 8

Se-hyf(l+y)dy = - S. ebyf(l-y) dy;


0 0

on ad'ailleurs identiquement
8

ehl
Sote-byf(l +r) dy = ett
0 [p - se-byf(x)dy],
P 0

So e-hyf(l-y) dy=-e-ht [q - feby f (x)dy ] ;


0 0

l'égalité précédente devient donc


hl
eht[p-se-kyf(x) dy] = e- [q - Sery f (x)dy]; 0

et en ayant égard à l'équation p=-q , et posant

S (en( -y) - ek(y-D)f(x) dy = (h) , eht + e-hl = (h) ,


+(h) +(-h)
on en tire les valeurs de p et q sous la forme p= (h) ‫ ( =و‬h) exi-
PURES ET APPLIQUÉES. i 25

gée pour le succès de notre méthode. D'après ces valeurs de (h),


(h) , l'équation qui détermine les valeurs de pest cos pl= o, et l'on
3π 5π.
en tire , en se bornant aux racines positives, p = 2

On a de plus ,

(p -1)=2V-1 sinp(l-y)f(x) dy ,
0

' (P -1)=al -1 sin pl.


I

En observant que la quantité sin (ly)= sin pl cos py-cosplsin py


se réduit à sin plcospy, puisque cos plo , la valeurde (p -1)
devient plus simplement
= 2V-1 sin pl 0 cos pyf(y) dy.
:
La formule (a) nous donne d'après cela
2

f(x) = cos pxfcos py.f(y)dy,


COS

ce qui est exact , en effet, entre les limites x= 0 , x= l, comme on


peut s'en assurer par d'autres méthodes , pour une fonction f(x) as-
sujettie à la condition f(1)= o .
9. Supposons en second lieu que pour déterminer la fonction f(y)
hors des limites l' et lque nous prendrons égales et de signes contraires
en sorteque l'on ait l'=-l, on se donne les deux conditions
f(l + r) + f(l - y) = 0 ,
f(-1+r) + f(-l-y) = 0 ;
lesquelles renferment implicitement ces deux conditions particulières
し 1

f(1)=0 , f(-1
)=0.
On a identiquement
8

Soe-hyf(l+r)dy = el [p -se- f( x)dy ],


0

See-hyf(l-y)dy =-e- [q -seyf(x) dy]. 0

JANVIER 1836. 4
26 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
Or, si l'on multiplie par e- dy, et si l'on intègre entre les limites
y=o, r= o , les deux membres de l'équation f(l+y)= -f(l-y),
il viendra
18 8

Soe-hyf(l+r)dy = - Soe-hyf(ly)dy.
0

En remplaçant cesdeux intégrales définies par leurs valeurs , on aura

ehlp -

e-hq = ehl
ettfe-hyf(x)dy-e-htfeyf(x)dy.
En opérant d'une manière semblable sur l'égalité f( − 1 + y)
+f(-l-r) = o , on trouvera de même
-1
hl
e-hip- eq = eetfe
-hl
-byf(x)dy - etferf(x)dy,
0 0

équation quidu reste se déduit de la précédente, eny changeant len


-l. Ces deux équations ne renferment , outre pet q , que des quantités
connues , puisque la fonction f(y) est donnée entre les limites
y= -l, y=+ l , et il est évident que l'on en déduira les valeurs
(2) =
( h)
de petq sous la forme p= (h) , q (- ); on continueraensuite
le calcul comme il a été dit nº 7 . :

10. Mais sans nous arrêter là-dessus davantage, passons à un autre


exemple beaucoup plus intéressant, et qui d'ailleurs comprend le pré-
cédent commecas particulier. A cet effet , posons encore l'=- l, et
pour déterminer la fonction f(y) hors des limites y=-1, y= + l,
donnons-nous ces deux conditions

df(1 df(ly)
6
1)2) + 6f(ly) - day n = 0 ,
-

(a) { f(l + y) + afli+ dy

(6'f(-1+x) - df( +5) + 6'f(-1 ) + af(--


dy df( t-1)) = 0, dy

6 et l'étant deux constantes positives.


Ces deux conditions supposent que la fonction f(x) soit telle que
l'on ait
PURES ET APPLIQUÉES. ' 27

df(x)
dx + 6f(x) = o pour x = 1,:

df(x) -

d.x
-

l'f(x) = o pour x l;

et nous admettrons qu'en effet ces deux égalités ont lieu.


Cela posé, pour obtenir les valeurs de pet q , rappelons-nous d'a-
bord que l'on a identiquement
8

Soe-hyf(l + y)dy = et [p -se- yf(x) dy],


0

Soe-hyf(l-y)dy=-e- [q -fetyf(x) dy].


0 0

Mettons ensuite , avec M. Poisson (*), la première des équations (a)


sous la forme

ed[e f(l+r)] = exd[e- f(ly)] ;


multiplions ses deux membres par e- dy, puis intégrons par par-
ties ; nous aurons

e-y f(l+r)+(h+6)Se-hyf(l+r)dy = C + ehyf(br)


+ (h-6)Se-hyf(l-y)dy.

(*) Journal de l'École Polytechnique, 19º cahier, page 30. Cette méthode con-
siste essentiellement à multiplier par e-bydy et à intégrer depuisy= o jusqu'à
y= ∞ les deux membres des équations (a) , puis à exprimer toutes les inté-
grales en fonction dep , qet de quantités connues. En observant que par des
intégrations parparties on ramène l'intégrale de e-hy duF(
r) dy à l'intégrale de
dxn

e-hy F (y) dy, on comprendra que ce procédé réussirait encore en général et


fournirait les valeurs dep , q, si les équations (a) renfermaient, sous forme li-
néaire , outre la différentielle première afde la fonction désignée par la carac-
téristique ſ, les différentielles def, ....
def d'un ordre quelconque multipliées
par des coefficients constants.
4..
28 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
Si les intégrales sont prises depuis y= o , la constante arbitraire C
sera égale à zéro , et si elles s'étendent jusqu'à y= ∞ , les termes qui
sont hors du signe ſ s'évanouiront à cette seconde limite. On aura
donc alors
8 8

(h+6) f. e-hyf(l+y)dy = (h-6) f. e-byf(l-y)dy,


0

équation qui devient , en vertu des précédentes ,

(h+ 6)elp + (h-6)e-hiq = (h+6)eht fehyf(x)dy0

+ (h-6)e- fe f(x)dy.
0

Parun procédé semblable on déduirade la seconde des équations (a)


une autre relation entre pet q , qui s'obtient aussi en changeant dans
celle-ci 6 en - 6' et len-l, ce qui donne

(h- 6') e- p + (h+6') eq = (h-6')etfe-hyf(x) dy


+ (h+6') et fehyf(x)dy,
0

De ces deux équations on tirera les valeurs de pet q sous la


forme demandée
*(h) +(-h)
P= १ = ( h)'
φ(h) Φ

en faisant pour abréger


ι
e
0

+(h-6)(h+6') [Se* f(x)dy-f- evf(x)dy ] = *(h) ,


0 0

1
.

(h+6)(h+6' ) esht-(h- 6)(h- 6') e-aht = $(h).


L'équation de laquelle dépendent les valeurs de p sera donc
( 1)
I

= ( 66' - p*) sin2pl + (6 + 6') pcosapl = 0 .


2-1
PURES ET APPLIQUÉES . 29

On aura en outre

V- 1)=[6+ 6 + 21(66'- p )] cospl-[2+2 (6+6)] sin 2 pl,


et ' ( p -1) = (p -1). Quant aux valeurs de (P1),
*( p -1), il est aisé de les former; toutefois, je me dispenserai
de les écrire à cause de leur complication. Lorsqu'on les aura obte-
nues, les équations (6) du nº 7 nous donneront les coefficiens A, B;
et la formule (a) nous fournira ensuite le développement de f(x).
11. Les expressions de A et B contiennent en dénominateur la dé-
rivée '(p V-1) ; si donc deux des racines positives de l'équation
(p - 1) = o se trouvaient égales entre elles , ces coefficiens de-
viendraient infinis. Mais pour que cette circonstance pût se présenter
dans l'exemple que nous traitons , il faudrait que l'on eût à la fois
(66'-p )sin2pl+ ( 6+6') pcos 2pl=0 ,
[6+ 6 + 21(66' - p*)] cos 2 pl- [2 + 21(6 + 6 )] psin 2pl = 0 ;
égalant entre elles les deux valeurs de tang 2pl fournies par ces deux
équations , on aurait donc

(66-9 ) [6 + 6 + 21( 66' -p*)] + (6 + 6 ) [2 + 21(6 + 6')]p* = o ,


ou bien

21(66'-p*)* + 21(6+ 6')** + (6+6' ) ( 6'+ p²) = 0 ;


or, cette dernière égalité est absurde quand on a 6 > 0 , 6' > 0
(comme nous l'avons supposé n° ro) , puisque son premier membre
est la somme de trois quantités positives; et lorsqu'une des deux cons-
tantes 6, 6', est nulle, ou lorsque toutes les deux le sont , elle ne peut
être satisfaite qu'en posant p = o. L'équation (p -1) = 0 n'a
doncpas de racines positives égales lorsque les constantes 6, 6' sont > 0;
il estaisé de s'assurer que ce théorème subsiste encore si l'une seulement
de ces constantes est nulle , l'autre restant positive , car la racine nulle
que prend dans cette circonstance l'équation que nous discutons est
évidemment une racine simple; iln'en est plus de même quand on a à
la fois 60 , 6" = 0: il y a alors une racine triple égale à zéro ;
30 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
mais alors aussi les deux quantités (h), (h), possèdent le facteur
communhe que l'on doit supprimer pour réduire les fractions p, q ,
à leur plus simple expression ; cette réduction faite, l'équation
(p -1) =o se trouvera débarrassée de deux de ses racinesnulles
et n'aura plus que des racines toutes inégales entre elles.
12. Nous avons vu précédemment (n° 10) que la fonction f(x)que
nous venons de développer dans la série (Acospox+Bsin px) doit
être regardée comme assujettie aux deux conditions particulières
df(x)
dx
+ 6f(x) = o pour x = 1,
df(x)
dx - l'f(x) = o pour x=-l.
Ces deux conditions devront être satisfaites si l'on remplace f(x)
par sa valeur Σ(A cos px+Bsinpx); mais il est assez remarquableque
chaque terme Acos px+Bsinpx de la série satisfasse isolément à cette
relation , en sorte que si l'on pose = A cos px+ Bsin px, on aura
dv dv

dx
+ 60= o pour x= 1 , et dx- 6'v=o pour x=-1 (*) .

Les divers termes de la série (Acospx+Bsinpx), jouissent de


plusieurs autres propriétés remarquables qui sont connues depuis
long-temps. Soient par exemple vet v deux termes de la série répon-
dantàdeuxracinesdifférentes petp';je dis quel'onaurafvv'dx = 0.
dav day

Eneffet,des deux équationsd 2 ‫ ' مم‬, qui ont


évidemment lieu , on déduit syiling aslilacap alon
d dav
-
(ρρ' ) ' = dra
en intégrant il vient doncjejade sramnobilise un piecu o rest beintol

(*) Pour la démonstration de ce théorème nous renverrons aux calculs dé-


veloppés à la page 37 du 19º cahier du Journal del'École Polytechnique .
PURES ET APPLIQUÉES. 31
:
dv dv
(p -p' ) svv'dx = v dx
-
-
μ'
dx

Simaintenant on prend- let +1 pour les deux limites deTintégrale,


je dis que le second membre se réduit àzéro. Pour le montrer, j'ob-
dv
serve que pour x= lon a + 6 = 0, dv + 6'0'= 0 ; or, si après
dx

avoir multiplié la première de ces deux égalités par v et la seconde


dv dv
parv , on les retranche , il en résulte v dx -

dx = o pour x = 1;
dv
'
pour x Ion a dy-
dx
60 , dx - 6'v' = o , d'où l'on tire de
dv dv
même = o. On conclut de là que le produit
dx dx
+1

(p*- '*) [ -1
vv'dx est constamment égal à zéro ; et par suite , si les
+1

deux racines pet p' sontdifférentes , on a vvdx = 0.

On sait comment M. Poisson s'est servi de l'égalité/+ vv'dx 0 =

pour prouverla réalité de toutes les racinesde l'équation (PV-1)=0 ;


nous ne rapporterons pas ici sa démonstration qui est connue de tous
les géomètres , et qui d'ailleurs est de pure curiosité dans notre théorie,
puisque nous n'avons besoin que des racines positives de cette équa-
tion , en sorte qu'il nous importe peu qu'elle ait ou n'ait pas de ra- 1

cines imaginaires.
13. Il nous serait aisé de donner beaucoup d'autres développemens
de la fonction f(x) en séries de sinus et de cosinus ; nous pourrions ,
par exemple , déterminer la fonction f(y) hors des limites -1, +1,
en employant , au lieu des équations (a), d'autres équations aux diffé-
rences mêlées qui contiendraient les différentielles de f(x) d'un
ordre supérieur au premier. Mais il serait fort inutile de généraliser
ainsi les résultats que nous avons obtenus dans ce Mémoire. Nous
n'avons eu pour but que de développer avec soin et de présenter sous
un nouveau jour une méthode très ingénieuse à laquelle les géomè-
tres n'avaient pas fait assez attention. Plus tard nous reviendrons sur
ce sujet , et en partant d'un autre principe nous montrerons comment
32 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
on peut arriver d'une manière à la fois directe et rigoureuse , non-
seulement aux développemens des fonctions en séries de sinus et de
cosinus, mais encore à ces développemens plus compliqués formés de
suites infinies dont chaque terme est l'intégrale d'une équation différen-
tielle du second ordre, et qui se présentent en analyse quand on cherche
à déterminer les lois du mouvement de la chaleur dans une barre hété-
rogène primitivement échauffée d'une manière quelconque (*) .

(*) Le Mémoire quej'annonce ici et qui roule sur les développemens desfonc-
tions ou parties defonctions en séries dont les divers termes sont assujettis àsatis-
faire à une même équation différentielle du second ordre contenant un paramètre
variable , a été présenté le 30 novembre dernier à l'Académie des Sciences.
PURES ET APPLIQUÉES. 33

MÉMOIRE
Sur une question d'Analyse aux différences partielles;

PAR JOSEPH LIOUVILLE .

(Présenté à l'Académie des Sciences le 17 mars 1834.)

MAR
HE
Y
AIVERSIT
Y
I. CALIFORNIA

La question d'analyse aux différences partielles , à laquelle se rap-


portent les recherches suivantes , peut être utile dans plusieurs théo-
ries physiques , et spécialement dans celle de la chaleur. Le titre placé
en tête de ce Mémoire montre assez que je veux la considérer sous un
point de vue purement mathématique , abstraction faite de ses appli-
cations. Néanmoins , il sera bon d'indiquer en peu de mots la natuee
des problèmes qui m'ont conduit à m'en occuper.
Les lois de la distribution variable ou permanente du calorique
dans les substances solides dépendent, comme on sait, d'une équation
aux différences partielles qu'il s'agit d'intégrer, et d'une ou de plusieurs
conditions particulières relatives , soit à la surface du corps , soit à
l'état initial des températures. Ces conditions définies servent à déter-
miner les quantités arbitraires introduites par l'intégration de l'équa-
tion indéfinie. Lorsque le système dans lequel la chaleur se propage
est placé dans un milieu de tempééature donnée, l'équation relative à
la surface a pous coefficient d'un de ses termes le pouvoir rayonnant ;
et si l'on veut taisser à la question toute la généralité qu'elle comporte,
il faut regarder ce pouvoir rayonnant comme une fonction connue
quelconque des coordonnées de chaque point de la surface; car en
FÉVRIER 1826 5
54 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
supposant même qu'il s'agisse d'un corps homogène , la quantité de
chaleur émise au dehors par un élément superficiel de grandeur cons-
tante , varie , toutes choses égales d'ailleurs , avec le degré de poli ou
la coloration de cet élément.
Lorsqu'on étudie, par exemple , le mouvement de la chaleur dans
une barre d'un très petit diamètre, le pouvoir rayonnant doit être re-
gardé comme une fonction arbitraire de l'abscisse ; et si l'on rempla-
çait cette fonction arbitraire par une simple constante, on restreindrait
beaucoup l'étendue de la solution. Au reste, dans le cas d'une barre
très mince , l'introduction d'une fonction arbitraire pour représenter
le pouvoir rayonnant et même pour représenter la chaleur spécifique
et la conductibilité intérieure , ne complique pas beaucoup les calculs,
du moins tant qu'on se borne à établir des formules algébriques , sans
essayer de les réduire en nombres. C'est ce que j'ai fait voir dans un
Mémoire présenté il y a plusieurs années à l'Académie des Sciences , et
ce que M. Sturm a prouvé aussi, à peu près à la même époque , par
une marche très différente de celle que j'ai suivie , quoiqu'elle con-
duise aux mêmes résultats. Mais en général on peut dire que ladéter-
mination des lois du mouvement de la chaleur dans un corps solide
de forme donnée , se complique beaucoup dès qu'on représente le pou-
voir rayonnant h propre à chaque point de la surface de ce corps par
une fonction quelconquef(x) de l'abscisse correspondante à ce point.
Aussi voyons-nous que jusqu'à ce jour les géomètres ont regardé la
lettre h comme exprimant une constante , même dans la théorie des
températures terrestres où il serait intéressant d'examiner les effets
produits par la variabilité de h.
En cherchant à résoudre divers problèmes dans lesquelsje regardais
la quantité h comme variable , je suis tombé sur la question d'analyse
aux différences partielles dontje ferai le sujet de ce Mémoire. Cette
question a pour objet de déterminer les coefficiens des termes succes-
sifs d'une série de quantités périodiques, au moyend'une équationde
condition à laquelle cette série doit satisfaire entre deux limites don-
nées.

Une des équations de condition dontje parle est, par exemple, de la


forme :

(A) ΣΑm cos mx + f(x) ΣΑm cos mx= F(x) ,


PURES ET APPLIQUÉES . 35

le signe ∑ s'étendant à toutes les valeurs de mexprimées par les nom-


bres impairs 1,5,5 ..... L'équation (A) doit subsister pour toutes les
valeurs de x comprises entre les limites x= 0 , x=- : les fonctions
2

f(x) et F(x) sont connues, et il s'agit de déterminer les coefficiens


А,, A3 , A5 , ... Am... Cela serait facile par les méthodes ordinaires si l'on
avait f(x)= constante; mais quand f(x) est variable , la chose de-
vient plus délicate.
Il est aisé de trouver dans la Théorie de la Chaleur un problème qui
conduise à l'équation (A). Pour cela , généralisons celui que Fourier a
résolu dans le chapitre III de son ouvrage. Ce problème a, comme
on sait, pour objet d'exprimer le mouvement permanent de la chaleur
dans une lame rectangulaire infinie.
x

B
y

Nous supposerons avec l'illustre auteur , que les deux arètes paral-
lèles et infinies A et C qui comprennent le rectangle, sont retenues
parune cause quelconque à la température fixe oº; mais quant à l'a-
rète transversale B, au lieu de la regarder comme entretenue aussi à
une température fixe 1º, nous admettrons qu'elle rayonne dans un
milieu dont la température est donnée pour chaque point, et nous
représenterons son pouvoir émissif par une fonction arbitraire variant
d'un point à l'autre de B. La lame étant d'ailleurs homogène, si nous
plaçons l'origine des coordonnées au milieu de l'arète B , et si nous
comptons les abscisses x le long de cette arète, tandis que les ordon-
nées y seront comptées dans une direction normale à celle-là, il est
visible que la température permanente u qui répond au point M dont
les coordonnées sont xety, sera déterminée par l'équation aux diffé
5..
56
JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
rences partielles :
d'u d'u
0.
dx + dy 2

En choisissant l'unité de longueur de telle manière que l'arète B ,


interceptée entre les faces A et C, soit égale à n = 3,1415 ..... ,
on aura u = o pour x= ± , puisque les faces A et C sont entretenues
2

à 0º; à cause de l'action de ces mêmes arètes , la portion du rectangle


située à une distance infinie de B doit aussi être à oº. Ainsi , l'on doit
avoir uo pour y= + ∞ . Le long de l'arète B, il y a une autre
condition définie , savoir :
du
k = h ( - ) poury = odex=-x= ,

les deux quantités positives het k désignant le pouvoir émissif et la


conductibilité intérieure , tandis que ( désigne la température du mi-
lieu ambiant. D'après nos hypothèses , het ( sont des fonctions de x .
Nous pouvons donc poser
h ηζ
k = f(x) , = F(x) ,

et l'équation dont il s'agit deviendra


du
-uf(x) + F (x) = 0 .

Les fonctions f(x) et F(x) sont jusqu'ici des fonctions quelconques ;


mais , pour plus de simplicité, nous les regarderons désormais comme
des fonctions paires de x, en sorte que l'on ait f(-x) = f(x) ,
F (-x) =F (x) ; la température u sera aussi dès lors une fonction
paire de x. Par conséquent la question se réduit à trouver pour la
température u une fonction paire de x, qui satisfasse à l'équation
dau d'u
=
0,
dr² + dy
qui s'annule, quel que soit y quand x= , et quel que soit x quand
2
PURES ET APPLIQUÉES . 37
8
y = + ∞ ; et qui , en outre , lorsqu'on ay = o , satisfasse à l'égalité
du

dy - uf(x) + F(x) = 0 ,

pour toutes les valeurs de x comprises entre les limites o et 2


2

Or, on trouve que toutes ces conditions seront remplies en posant


u ΣΑme-my cos mx ;

m étant un quelconque des nombres entiers impairs 1 , 3 , 5 ..... et


A représentant une fonctionde m tellement choisie que , pour les va-
leurs de x renfermées entre les limites o et , on ait
(A) ΣΑmm cos mx + f(x) ΣΑm cos mx = F (x) .
Pour déterminer la fonction inconnueA dontlavaleur de u dépend,
il est donc nécessaire de traiter l'équation (A) dans laquelle f(x) est
une fonction positive arbitraire de x.
Si la longueur de l'arète B que nous avons supposée égale à π ,
était au contraire égale à 2l, au lieu de l'équation (A) , on aurait à
traiter une équation de condition de la forme
Mx Μπx Μπх
(B) ΣΑ . 21
COS +f(x) ΣΑm cos 21 = F (x).

En supposant la longueur I infinie , transformant les sommes en inté-


grales , et substituant à la lettre A, une fonction (0)de de la va-
mr
riable = 21
à laquelle se rapporte l'intégration , l'égalité précédente
deviendra
8

(C) 5 (0) cos xde + f(x) f (0) cos Ax = F (x).


0

Il s'agira donc alors de trouver une fonction (0) qui satisfasse à l'é-
quation (C) ; et cette fonction une fois déterminée, la température u
d'un point quelconque du solide, sera fournie par la formule gé-
nérale
8

u = ∫ φ(θ)e- . cos xλθ .


0
38
JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
Nous avons restreint tout à l'heure la généralité de notre problème
en supposant la chaleur distribuée symétriquement de part et d'autre
de l'axe qui s'élève au milieude l'arète B, normalement à cette arète ;
admettons maintenant que cette symétrie n'existe pas. Il sera plus
commode de placer dans ce cas l'origine des coordonnées au point où
les deux faces A et B se rencontrent; d'après cela nous choisirons
l'arète A pour axe des y et l'arète B pour axe des x.
L'équation indéfinie à laquelle la température u doit satisfaire sera
encore
du dou
0,
dx + dy

mais les conditions définies prendront la forme


u o pour x = o et pour x π,
u = o pour y = + ∞ ,
du

dy - uf(x) + F(x) = 0 , pour y = o , de x= oà x=π.

Nous n'avons pas besoin d'avertir que la longueur de l'arète Best ,


comme précédemment, représentée parle nombre 7. La valeur de u
qu'on déduit de ces équations est la suivante :
u
ΣΑ e-my sin mx ,

m désignant un quelconque des nombres entiers successifs 1 , 2 , 3 ,


4 , 5 ..... ; et Am étant une fonction de m qui doit être telle que
pour toutes les valeurs de x comprises entre o et w, on ait
(D) ΣΑm sin mx + f(x) ΣΑsin mx = F (x).
Pour obtenir la valeur de Am et par suite la valeur de u, il est
donc nécessaire de savoir résoudre les équations de la forme (D) .
Considérons actuellement l'état permanent de la chaleur dans un
cercle dont le contour rayonne dans un milieu de température don-
née , et nous tomberons de nouveau sur une équation semblable aux
précédentes , quoique un peu plus générale. En effet , soit u la tem-
pérature fixe d'un point quelconque M du cercle; désignons par r le
rayon vecteur OM mené du point M au centre O, et par l'angle
PURES ET APPLIQUÉES . 39
que ce rayon vecteur forme avec une droite invariable OX. L'équa-
tion indéfinie du mouvement permanent de la chaleur dans un plan,
pouvant, comme on le sait , être mise sous la forme
dau I du I d'u
0;
dra r ra

il s'agira d'abord d'intégrer cette équation. Or, si l'on effectue cette


intégration en ayant égard à ces deux circonstances particulières à
notre problème , 1º que la valeur de u ne devienne pas infinie quand
on y fait r= 0 ; 2º que cette valeur reste la même quand on change x
en x+ 27 , on trouvera pour l'expression générale de u
u
Erm (Am cos mx + B sin mx) ,

m désignant un nombre entier quelconque y compris zéro , et Am , B


des fonctions inconnues de m. Il reste encore à satisfaire à l'équation
relative à la surface , laquelle , en prenant pour unité de longueur le
rayon du cercle , est de la forme
du
k + ( - ) = 0 pourr = 1 , de x πὰ x = + π ,

ket h désignant la conductibilité intérieure et le pouvoir rayonnant ,


tandis que ( représente la température du milieu en contact avec la
eirconférence du cercle. Nous supposerons que het ( sont des fonc-
tions données de l'angle x , et nous poserons
h ηζ
k f(x) , k = F(x) .
du
En mettant donc , au lieu de u et dr leurs valeurs dans notre équa-
tion définie , elle deviendra

(E) Σm(A cosmx+B sin mx) +f(x) (Acos mx+Bsin mx)=F(x) ;


et il faudra en faire usage de manière à déterminer les deux coefficients
Amet Bm
Les cinq équations que nous avons dénotées par les cinq premières
lettres de l'alphabet , répondent à un nombre égal de problèmes dont
40 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
nous allons essayer de donner la solution. Nous traiterons d'abord le
problème (A) , qui renferme implicitement (B) et (C), par deux mé-
thodes différentes qui nous conduiront aux mêmes résultats. La seconde
de ces deux méthodes étant plus abrégée que l'autre, c'est elle que
nous appliquerons ensuite aux derniers problèmes (D), (E) .
II.

PREMIÈRE SOLUTION DU PROBLÈME (A),

Soient m un nombre impair quelconque , et A. , A3 , As ... Am ...


1

des coefficiens constans inconnus ; faisons


A, cos x + A3 cos 3x + As cos 5x + etc. =
1
A cos mx ,
et

A, cos x + 3A3 cos


COS 3x + 5A, cos 5x+ etc. = ΣΑm cos mx .

Désignons par F(x) , f(x) , deux fonctions de x , dont on connaisse


les valeurs depuis x= 0 jusqu'à x= . Cela posé, notre problème
2

peut s'énoncer de la manière suivante.


PROBLÈME.

On demande de trouver la valeur de Am qui satisfait à l'équation


(A) ΣΑmm cos mx + f(x) ΣΑm cos mx = F (x)
π

pour toutes les valeurs de x comprises entre les limites x = 0 , x= 2

Néanmoins , pour rendre cet énoncé plus précis, il faut ajouter les
remarques suivantes qui dérivent de la nature même de la question.
1 °. Le problème qui , dans le n° I, nous a conduits à l'équation (A),
nous montre que la quantité cos mx est la limite vers laquelle tend
le produit e cos mx, quand la grandeur positive y devient infi-
niment petite. En posant e- = p, p sera un nombre infiniment peu
inférieur à l'unité, et nous aurons e cos mx= p™ cos mx. Il résulte
de là que si nos séries périodiques deviennent indéterminées , nous
PURES ET APPLIQUÉES. 4
pourrons et nous devrons même en multiplier les divers termes par
les puissances successives d'une quantité infiniment peu différente de
l'unité, ce qui détruira l'indétermination.
2°. Les deux fonctions f(x) et F(x) sont données en nombres
finis pour toutes les valeurs de x comprises entre les limites x = o ,
x=
2
Le cas où ces fonctions deviendraient infinies , dans l'inter-
valle cité, doit être exclu formellement comme contraire à la nature
physique du problème qui nous a fourni l'équation (A).
3°. La fonctionf(x) est en outre constamment positive, puisqu'elle
exprime le rapport du pouvoir rayonnant à la conductibilité.
4°. La fonction F(x) peut être indifféremment positive ou négative ;
mais nous la supposerons nulle à la limite x = 2"', en sorte qu'on ait
F = o. En effet, le premier membre de l'équation (A) s'annule

pour la valeur particulière x= ; si donc on n'admettait pas la con-


2

dition Fo , l'analyse paraîtrait se contredire, puisque le second


membre ne s'annulant pas pour cette même valeur , cesserait alors
d'être égal au premier.
Si la fonction f(x) se réduisait à une quantité constante ẞ, l'é-
quation (A) pourrait être écrite ainsi
ΣΑ (m+β) cos mx = F(x) ;
et par la méthode ordinaire on en déduirait

4 2

Am ==(m+β) 0
F(x) cos mxdx ;
mais cette méthode est impraticable sitôt qu'on cesse d'avoir f(x)
constante. Il faut donc recourir à d'autres procédés.
D'abord , j'observe que la fonction F(x) qui , par hypothèse , satis-
fait à la condition Fo , peut être exprimée entre les limites
, par une série de cosinus , puisque l'on a la formule
2'
FÉVRIER 1826. 6
42 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
connue
π

4 2

F(x) = Σ
cos mxfF(u) cos mμάμ ,
m désignant, comme ci-dessus , un nombre impair quelconque.
Quant à la fonction f(x) , nous pouvons , entre les mêmes limites ,
la développer sous la forme
f(x) = R + R, cos 2x + R, cos 4x + ...
+ R. cos nx + ....
ou , pour abréger,
f(x) = ∑R, cos nx ,
n désignant un quelconque des nombres pairs 0 , 2 , 4 , 6 ... , et R.
étant un coefficient déterminé par l'égalité

4
R. = 0 f(μ) cos ημάμ ,
n

dont le second membre doit néanmoins être réduit à moitié lorsque


n = o . En remplaçant f(x) et F(x) par leurs valeurs dans l'équa-
tion (A) , cette équation devient
π

(A' ) Amcosmx+2RcosnxAcosmx=4cosmxf² F(μ)cosmudu ,


et l'on peut s'assurer que si l'équation (A') a lieu pour toutes les va-
leurs de x comprises entre x= o et x= , elle aura également lieu
2

quand x se trouvera en-deçà ou au-delà de ces limites. Tel est l'a-


vantage quel'on trouve à substituer aux fonctionsf(x) et F(x) les séries
de cosinus équivalentes; et c'est en cela que consiste l'esprit de ces
substitutions .
Le produit
ΣΚ, cos nx ΣΑm cos mx ,
n

qui n'est autre chose que le produit des deux quantités


R. + R, cos 2x + R₁ cos 4x +... + R cos nx +.....
PURES ET APPLIQUÉES. 45
et

A, cosx + A cos 3.x + As cos 5x +... + Am cos mx +...


peut être effectué en général ; si l'on faitusage de la formule
I I
cos mx Cos nx
2
cos (m+n)x + cos (m-n)x ,
2

on ramène ce produit à la forme


a, cos x + a3 cos 3x + a5 cos 5x + etc.;
on peut donc poser
ΣΒ, cos ηχΣΑ cosmx = a, cosx + a3 cos3x + a5 cos 5x + etc.;
et en effectuant les calculs , on obtient aisément
R, R
a, = RA, + 2
(As + A ) + 2
(A5 + A3) + .....
R, R
A3 = R.A3 + 2
(A5 + A,) + 2 (A, + A ) +.....
7

R.
a5 =
RoAs + 2
(A, + 3) +
+ 2
(A, + A.) + ……………

Ces valeurs de a,, a3 , a5 , ... dépendent des quantités A,, A3 , A5 , ..


A..... ; mais pour bien mettre en évidence la loi régulière de leur
formation, il convient d'introduire aussi dans le calcul les quantités
A1 , A3 . A-5 , ... A ... Ces quantités n'ont aucun sens par elles-
mêmes ; voici quelle signification nous leur attribuerons dans la suite.
Il faut concevoir une fonction (m) telle que l'on ait en général
Am- (m), quand m est un quelconque des nombres impairs 1,3,5 ...
A présent , si dans la fonction analytique (m) on remplace m par
-m, le résultat de la substitution sera (-m). Or, c'est précisé-
ment ce résultat que désormais nous dénoterons par Am, en posant
en conséquence
A_ , = (-1 ), А_3 = (-3) , ... Am = (-m) ....
Introduisant dans nos calculs les quantités A1, A3 , .... Am ....
6..
44 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
nous pourrons mettre les valeurs de a,, a3, A5, ... sous la forme
R Rn
...
1+ 1
1 3
2 2 2

R Rn
a3=b3+RA + (A5+ A ) + (A +
2
)+...+ (A3 +2+ 3 )+...
2 R4 Rn
as=bs+R.A5 + (A, + A )+ (A +A ) +...+ (A5 ++A5 )+...
2 2
9 2

b,, b3 , b5 , ... étant exprimés comme il suit :


2 R6
b₁ = 2
(A, A ) + 2
(A -A-3) + 2 (A5-A5) +....
R 6 8
b3 =
2 2
3 3
2

R6
bs = 2
(AA )+ 2
(A3-A_ )+ 2
(A5-A_5) + ....

.....

La loi de formation des quantités b₁, 63, 65, .... et a₁, A3, A5, .... est
facile à apercevoir , et l'emploi des signes A1 , A3 , etc. , n'a pas peu
contribué à rendre cette loi évidente. En adoptant pour a,, as, A5, ...,
les valeurs ci-dessus , le produit ER, cos nx ΣΑ cos mx est égal à
a, cos x + a3 cos 3x + as cos 5x + etc.
Si donc on fait, pour abréger ,
X = b, cos x + b3 cos 3x + bs cos5x + ... ,
R
Y = = cos mx [R.A + (Am +a+ Ams) + (Am+4+Am-4) +etc.]
m-
2

on aura

ΣΚ, cos nx ΣΑ cos mx = X + Y,


et l'équation (A') deviendra
2

(A") Amcosmx + X+ Y= Σ
cos mxf²F(u)cosmμάμ.
0

Dorénavant c'est à l'équation (A") que nous nous proposerons de sa-


tisfaire.
PURES ET APPLIQUÉES. 45
Dans le cas très particulier où l'on a f(x) = constante , on peut ,
comme on l'a dit plus haut, trouver par les méthodes ordinaires la
valeur de A,qui satisfait à l'équation (A"). En examinant attentive-
ment cette valeur, on en conclut par induction que , dans le cas le
plus général oùf(x) est une fonction quelconque de x, il doit être
permis de poser
A
= 4
772
0
du ( Pcos mp + Q sin mμ),

Pet Q désignant des fonctions inconnues deu , indépendantes de m ,


qu'il s'agit de déterminer, en sorte que l'équation (A") ait lieu. Toute-
fois , on pourrait douter à priori de la possibilité d'écrire la valeur de
A sous la forme précédente ; mais comme nous arriverons par notre
analyse à calculer Pet Q, il nous sera facile de vérifier à posteriori
l'exactitude de notre hypothèse.
Posons donc

Am 4 2

0
du (Pcos mp + Qsin mu) ,

et voyons s'il existe en effet des fonctions de μ , indépendantes de m ,


qui, mises au lieu de Pet Q, rendent la valeur de Am propre à satis-
faire à l'équation (A") .
Pour cela , calculons successivement , et mettons sous leur forme la
plus simple les trois quantités ΣΑ„m cos mx , X , Y, dont se compose le
premier membre de l'équation (A").
En premier lieu nous aurons
π

ΣΑm cos mx = 4 Σ cosmx


π 0
du (P cos mµ + Qsinmu ) ;

or il vient , en intégrant par parties ,


mu I dP

SP cos mudu = Psin m


-

m Ssinmu αμ αμ ,
et

Qcosmu dQ
SQsin mudμ = m mScos mudu.
Si donc on se rappelle que m est un nombre impair, et si l'on suppose
46 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
les fonctions Pet Q assujetties aux conditions
P Q ο pour μ = 0 ,
ο pour μ = 2

on aura

2 I dP
Pcos mudµ = -
sin αμ ,
0 m 2sinmu du
0

et
π

1
Qsinmudµ = m 0
cosmu do dμ ;
αμ
0

d'où résulte

dQ dP
Amcosmx = 4 cosmxfdu (cosmu -sinmud).
ΣΑm A 0

Le terme Y est également très simple à former. En effet , on a


R,
Y = cos mx (RA + (Am+a+Ams) + R4 (Am +4+Am-4)+....) .
2

2 2

Les quantités Am+2 , Am-s , Am+4 , Am-4 , etc. , se déduisent de l'ex-


pression générale de Am, en donnant à l'indice m une valeur conve-
nable ; et en observant que l'on a
COS (m + n)μ + cos (m -
η)μ = 2 cos mu cos ημ ,
sin (m + n)μ + sin (m - n)μ = 2 sin mu cos ημ ,
on obtient sans difficulté
817

Am+a + Am- a =
0
ducosam
COS 2 (P cosmu + Q sin mμ) ,
2

Γαμ cos 4u (Pcosmp + Q sin mμ) ,


=

Am+4 + Am-4

Au moyen de ces valeurs , je calcule celle de la quantité


R,
RAM + 2 (A ++ A ) + R (Am+4 + Am-4) + .
2
....
PURES ET APPLIQUÉES . 47
etje la trouve égale à

4
T
2 dµ (P cos mp + Qsinmu) (R. + R, cos 2μ + R₁cos 4μ + etc.) .
0
2

Si l'on se rappelle maintenant que la série

R. + R, cos 2μ + R₁ cos 4μ + .....

est précisément le développement de la fonctionf( u) entre les limites


μ = ο , μ = , on verra que l'expression précédente se réduit à

4fdu[PJ(μ) cosmp + Qf(u)sinmu].


0

Par conséquent , on a

Y = 4 cos mxfdu[Pf(u) cosmµ + Qf(u) sin mu].


2

π 0

Calculons maintenant la valeur de X. Or cette valeur, réduite en


série , est exprimée par l'égalité
X = b, cos x + b3 cos 3x + b5 cos 5x + .....

Les coefficiens b., 63, 65, ..... sont eux-mêmes exprimés par séries .
Ainsi l'on a

R2 R
6,b, = 2 (A.-A ) + 2 (A -A-3) + 2
(A -A_5) + ...
En mettant pour A., A3, A5, ... A1, A3, A5, ... leurs valeurs ,
cette valeur de b, devient

b. = 1fQdu (R. sin μ + Resin 3μ + Resin5μ + ...).


On trouvera de même
48 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES

b₃
b3 = 4fQdu(Resin μ + Resin 3μ + R, sin 54 +
0 ...), 8

bs = 4fQdu(Resin μ + Resin 34 + R, sin5u +...).


b5
0
6 μ 10

Si l'on multiplie ces valeurs de b., 63, 65 , ... par les facteurs respec
tifs cos x , cos 3x , cos5x, ... qu'on pourra faire passer sous le signe ſ,
puisqu'on ajoute les produits obtenus, la somme ainsi formée sera
égale à X. En ordonnant la quantité placée sous le signe ſ par rapport
aux lettres R., R4, R6, ... , on pourra donc écrire X ainsi qu'il suit :
π

x = SQdu (R.M. + RM
π
2
+ RM, RM, ... ),

les valeurs de M., M4,


42 M6, M8 , ... étant
M. = cosx sinμ ,
2

M₁4 = cosx sin 3μ + cos 3xsinμ ,


M. = cosxsin 5μ + cos 3x sin 3μ + cos5x sin μ ,
6

M₁ = cos x sin7μ + cos3xsin 5μ + cos 5xsin 3μ + cos7xsinμ,

En observant que si p désigne un nombre entier , on a en général


cos x sin (2p- 1 ) μ + cos 3x sin (2p-3)μ + ...

cos xsinu (cos 2px - cos2pu


cos )
+ cos(2p-1)xsinμ==
..

COS 2x
COS 2µ

Jes valeurs de M., M4, M5, Mg , .... se simplifient et deviennent


cos x sinu (cos 2x- COS 2µ)
M, =
COS 2X - COS 2µ

cosxsinu (cos 4x-cos4p)


M₁ = COS 2x - COS2μ
cos xsinu (cos 6x- cos 6p)
M6 2

COS 2x - cOS 2p

cos xsinu (cos8x- cos8m)


M =
COS 2X
- COS 24
>
PURES ET APPLIQUÉES. 49
Substituons ces valeurs dans celle de X, et rappelons-nous que
l'on a
f(x) = R. + R. cos 2x + R₁ cos 4x + etc. ,
f( u) = R + R. cos 2μ + R₁ cos 4μ + etc.;
nous obtiendrons

x
X = 4 Qcosxsin [f(x) -f(x) ] dμ
,
0 COS2X - COS 24

oubien en remplaçant, ce qui est permis , la lettre u par la lettre a ,


et désignant par Q ce que devient Qen vertu de ce changement,
26

X= 4 Q cos x sin a [f(x)-f(a)]da


π 0
COS 2X
- COS 24

La fonction désignée par X est une fonction paire de x, qui s'éva-


nouit pour x = . Entre les deux limites x = 0 , x =
2 peutdonc on

la développer en une série de cosinus d'arcs multiples impairs de x ;


et par laméthode ordinaire, on trouve
π

16
x= Σ
cos mxf cosmudus Qcosusin e[f(x)-f(s)]da
0 0
COS 24 - COS 2a

Les expressions des trois quantités Am cos mx, X et Y une fois


formées , il faut les reporter dans l'équation (A") . Pour simplifier l'é-
criture, posons

U = dQ
dμ + Pf(μ) - F(μ) + [Link][f(p)-f(e)]da 0 COS 2- COS 24
,

dP
V= - Qf(μ) ,
du

et nous verrons facilement , qu'après avoir effectué la substitution dont


il s'agit, onpeut mettre l'équation (A") sous la forme

Σ cos mx du (U cos mu -

V sin mu) 0.
0

FÉVRIER 1836. 7
50 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
Or, cette dernière égalité sera évidemment satisfaite si les valeurs
de Pet Q sont telles qu'on ait à la fois U= o et V= 0 .
Donc la déterminationdesdeux quantités P et Qdépend des deux
équations
dQ + Pf(u) = F(M) - ecosusina [f(4)-f(e)] da ,
du 0
COS 2M -COS 22
dP -
=


Qf(μ) 0,

auxquelles il ne faut pas oublier de joindre les conditions définies


P ο pour μ = Q
2
, ο pour μ = 0,

que nous avons supposées satisfaites en effectuant ci-dessus une inté-


gration par parties. Les équations auxquelles nous venons d'arriver
sont remarquables en ce que la fonction Q se trouve placée à la fois
sous un signe d'intégration définie et hors de ce même signe. Plu-
sieurs questions d'Analyse élevée mènent à de semblables égalités , et
nous avons déjà eu l'occasion d'en traiter quelques-unes, lorsque nous
nous sommes occupés des différentielles à indices quelconques .
Lorsque la fonction f(x) est égale à une constante h, nos équations
deviennent

dQ
αμ
+ hP dh
μ
F(μ) , du -
0.

Il est très facile de les intégrer , et la valeur de A à laquelle elles


conduisent , coïncide , après quelques transformations , avec celle que
fournit la méthode ordinaire. Mais il est inutile d'entrer ici dans le
détail de ces transformations qui n'ont rien de remarquable.
Si l'on veut vérifier l'exactitude de nos équations en les appliquant
à un exemple dans lequel f(x) soit une quantité variable, et qui
cependant n'exige pas de calculs compliqués , on n'a qu'à faire
f(x) = cosx, et F(x) = cos x - cosx. On trouve alors
2

P = -cos³µ , Q = sinu , valeurs dont il est aisé de constater


l'exactitude en les substituant dans nos équations. Il résulte donc de
notre analyse , qu'en posant
PURES ET APPLIQUÉES. 51

41
I
Am fdu(sinusinmu -

3 cos³µ cos mu) ,


on doit avoir

ΣΑm cos mx + cosx ΣΑm cos mx cosx -


cosx .

D'après la valeur de Am, la quantité A cos mx est la différence de


deux autres quantités dontla première, savoir :

4∑
cos mx f* du sin usinmp
est égaleà cosx; et dont la seconde , savoir :

3
cos mx
‫پیر‬cosu cos muαμ
0

est égale à cos x. On a par conséquent


314

I
ΣΑ cos mx COS - Cos³x cosx
-

cos 3x;
d'où

ΣΑm cos mx = cos x - cos3x.

L'équationque nous voulons vérifier devient donc


cosx- cos3x+ cosx (cosx- cosx)= cos x- cos²x.
Or, en effectuant les calculs et remettant pour cos 5x sa valeur
4cosx-3cosx, on trouve qu'elle est identique , comme cela doit
ètre.

Pour montrer comment nos équations font connaître les valeurs de


Pet Q, je vais considérer le cas particulier très simple où l'on a
f(x) = R. + R, cos 2x.
De cette valeur def(x) il résulte que
f(x)-f(a)
R
COS2 - COS22

7 ..
P

52 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
Les équations en Pet Q sont donc ici
dQ COS 2
+ Pf( ) = F(M) - 4R, cosasin ada, 0

dP
-

du Qf( μ) = 0 .
π

2
Posons
SQa sin ada= C; C sera une constante inconnue que nous
0

déterminerons à la fin du calcul . Si nous divisons maintenant nos deux


équations par f( u) , et si nous posons f(u)dµ = db , 6 désignant
une nouvelle variable égale à R.μ + Resin 24, 2
elles deviendront
dQ F(μ) - 4CR. cosp
do + P = f(μ) πς( μ)
,

dP =
-

Q 0;

ou bien en éliminant Q
daP F(μ) 4CR, cos-μ
-

+ P =
f(μ) πf(μ)

Cette équation du second ordre est facile à intégrer , soit par la mé-
thode ordinaire , soit en procédant comme on va le voir.
L'égalité Roμ + R, sin 2μ =ff(u)du, dans laquelle f(u)
=

2
2

est une fonction toujours positive depuis µ = o jusqu'à µ = , nous 2

prouve que est une fonction positive croissante dans le même inter-
valle, en sorte qu'elle grandit par degrés insensibles depuis 0

jusqu'à la valeur extrême = Ro que nous désignerons par w. En


2

vertu de cette même égalité u est une fonction de 0, et l'on peut en


dire autant des deux quantités F(μ)
(4) 4R, cosp
(4) De plus , ces deux quan-
2002
π
tités s'évanouissent lorsqu'on a µ = , c'est-à-dire = w. Donc entre
sup
les limites = o et b = w , on peut, par les méthodes connues , dé-
velopperF (μ)
() 4R, cosμ
( ) ensériesde la forme
PURES ET APPLIQUÉES. 53
F(μ) Μπθ 2R, cos u тло
= ΣΗ Cos , ΣΚ cos ,
f(μ) 20 [π (μ) 20

m désignant un nombre impair quelconque. On aura ensuite


dP Μπθ
+ P ΣΗ Cos -
ΕΣΚ Cos ,
d62 20 20

et l'on satisfera à cette équation en posant


K cos Μπθ
Μπο
Hcos
20
m20
-
P 40Σ
= 40°Σ 40m²² 4 -m²
La valeur de P, différentiée par rapport à 6 , fournit celle de Q. Ainsi
l'on a
mxθ
mH sin mK sin
20 20
– 2ωπΣ + 2ΚωπΣ 2

ζω²-Μπ ζω²-m²²
Quoique la valeur de P ne soit qu'une intégrale particulière de l'é-
quation du second ordre qui détermine P, cette intégrale particulière
suffit pour le moment; car les conditions définies
P = o pour μ = 2
ου θ ω,

Q ο pour μ = ο ου θ 0,

qui doivent servir à déterminer les deux constantes arbitraires , sont


ici satisfaites d'elles-mêmes.
La quantité inconnue C qui reste encore dans nos formules doit
π

être telle que l'on ait f Qa sin ada = C. En formant l'intégrale

SQ. sin ada, et l'égalant àC, nous déterminerons donccette cons-


0

tante et nous trouverons

2 Μπθ
m H sin
20
247
0
sinada 2
C
ζω² - Μπ² ,

2
mK sin
20

1-24 0
sin ada- 2

4w -m²²
54 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
0. étant ce que devient lorsqu'on y remplace u par a , en sorte que
R. sin 22. La valeur de C étant ainsi connue, il ne reste
θ = Ra +
2
2

plus rien d'indéterminé dans les expressions de P et Q; et la recherche


de ces expressions est terminée.
En général les équations
π

dQ Q cos u sina[f(μ) -f(μ)]da


10 + Pf( μ) = F(μ) - COS 24 - COS 22
αμ
dP

du
-

Qf(u) 0,

feront connaître les valeurs de P et Q sous forme finie toutes les fois
que la fraction
4 cosusina[5(M)-f(a)]

COS 2μ - COS 26

pourra être ramenée à la forme


Ψ.(μ)Π,(α) + (μ)Π (α) +...+ Ψ./ μ) Π.(α) ,
quelles que soient d'ailleurs les fonctions (u) , Π,(a), etc. En effet,
dans cette hypothèse , si l'on pose

Q.1.(a)da = C. , SQ.M.(a)da= CC ,,... Qada


Q.Π.(ada 0 CaC₁,
on aura
‫ حمام‬niz
dQ
+ Pf(μ) = F(μ)
-

CΨ, (μ) -
C.Ψ. (μ) ...... C (μ)
du
dP
dp
-

Qf(μ) = 0 ;
ces deux équations différentielles du second ordre sont faciles à inté-
grer, puisqu'en posant fof(u)du= 0, et prenant pour variable
indépendante , les coefficiens des quantités P, Q, et de leurs différen-
tielles , se réduisent à de simples constantes. L'intégration
effectuée , on détermine d'abord les deuxconstantes arbitraires que
PURES ET APPLIQUÉES . 55

cette intégration introduit, en faisant usage des conditions définies


P = o pour = , Q= opour = o . Ensuite on chassera C,, C, ... C
en ayant égard aux n égalités
4
π π

SQ.M.(a)da = C., SQ.M.(a)da = C ,.....(a)da = C. ,


0

et quand on aura terminé ces calculs d'élimination, les valeurs de


Pet Q, en général , ne renfermeront plus rien d'indéterminé (*).
Reste à savoir maintenant dans quel cas lafonction
1

4 cosusin a [f( u) -f(a)] ,


π
COS 2M - COS 2

ou, ce qui revient au même, la fonction


f(x) -f(a) = 1 f(μ) - f(a)
2

COS 2 - COS Za 2 COS - cosa

(*) Si pourtant les n équations de condition Π (a) da = C₁ , etc. , ren-


traient les unesdans les autres , quelques-unes des constantes C,, C₂ , ..... Cn, reste-
raient indéterminées dans les valeurs de P et Q, et par suite dans la valeur de Am .
Sans doute une telle circonstance ne se présente jamais dans la théorie de la cha-
leur, c'est-à-dire lorsque la fonction f(x), qui exprime dans cette théorie le rapport
du pouvoir rayonnant à la chaleur spécifique, est une fonction positive; mais lors-
qu'on regarde lafonctionf(x) comme susceptible de prendre des valeurs négatives ,
le problème qui consiste à trouver la valeur de Am satisfaisant à l'équation (A) peut
très bien devenir indéterminé. Et, par exemple, si l'on pose f(x) =-3 , F(x) =0 ,
l'équation (A) prendra la forme Amm cos mx - 3∑Am cos mx= o , et il est clair
qu'on y satisfera en égalant à zéro les coefficients A1, A5, .... Am, .... et à une cons-
tante quelconque le coefficient A3 . En continuant à regarder la valeur de f(x)
comme susceptibledeprendreune valeur négative , il pourra aussi arriver que nos
équations de condition soient incompatibles, et alors il n'existera aucune valeur de
Am satisfaisant à l'équation (A). On aura un exemple simple du cas dontje parle en
faisant f(x) = -3, F(x) = cos 3x, car l'équation (A) deviendra Amm cos mx
- 32Am cos mx= cos 3x , ou bien Am(m- 3) cos mx = cos 3x , égalité évi-
demment absurde , puisque le coefficient de cos 3x est égal à zéro dans le premier
membre , et égal à l'unité dans le second membre.
56 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
peut être ramenée à la forme citée. Or, je dis que cela arrivera toutes
les fois que f(x) sera une fonction rationnelle , entière ou fraction-
naire de cos'x .
f
. (μ)
Supposons , en effet , qu'on ait f( 1) = (14)etf(p) designant
des fonctions entières de cos u. On aura, en changeant u en a
f (x)
f(a) = fa (a)

Par conséquent
f(u)-f(a) = f(u)f (x) - f (a)fo(e)
COS - COS a Ja(4)fa(a) (cos²µ - Cosa)

Pour démontrer la proposition énoncée, il suffit évidemment de


faire voir que la quantité
f. (μ)f (a) -fi (a)f₂(μ)
cos² - Cosa

est réductible àla forme +,(μ)Π.(α) + Ψ.(μ)Π.(α) + ... ++ (μ)Π.(α).


Or, rien n'est plus facile; en effet , la fonction f.(4)f(a) -fi(a)fs(μ.)
étant une fonction entière de cos , costa , et s'annulant quand on a
COS ' = costa , elle doit être divisible par cos²µ - costa, et le ré-
2

sultat de la division ne peut se composer que d'un nombre limité de


termes de la forme A cos Pu Cosa.
Les équations
π

dQ -
Q cosSusina
μ [f(x) - f(a)]da
λμ
+ P (μ) =
F(μ) 0 COS 24- COS 2.4
,

dP
du
-

Q.( μ) = 0 ,

s'intégreront donc sous forme finie par notre méthode toutes les fois
que le pouvoir rayonnant f(x) sera exprimé par une fonction ration-
nelle quelconque de cos'x. A plus forte raison s'intégreront-elles si la
valeur de f(x) est de la forme
f(x) = R + R cos 2x + R cos 4x +...+ Rcosnx ,
ndésignant un nombre pair; car le second menibre peut être réduit
à une fonction entière de cos x.
PURES ET APPLIQUÉES. 57

Maintenant , quelle que soit la valeur de f(x) , nous pouvons tou-


jours la développer en série , et poser
f(x) = R. + R, cos 2x + R cos 4x +...+ R, cos nx + ……
En prenant dans le second membre un certain nombre limité de ter-
mes , on aura une première valeur approchée de f(x); en la traitant
comme si elle était rigoureusement exacte , on pourra donc en déduire
aussi des valeurs approchées de Pet Q; et il ne restera plus qu'à les
corriger par la méthode connue des approximations successives.
En résumé, nous sommes parvenus à obtenir , dans tous les cas
possibles , les valeurs de Pet Q exactes ou indéfiniment approchées ,
et par conséquent à trouver la valeur de Amqui satisfait à l'équation
(A) ΣΑm cos mx + f(x) ΣΑm cos mx = F(x). 772

La valeur de Am est égale à 0


du(P cosmu + Qsin mu) ; elle s'ex-
prime sous forme finie toutes les fois que f(x) est une fonction ra-
tionnelle de cosx. La méthode qui nous a conduits à ces résultats
est directe , mais un peu longue. Quand on examine avec soin la
forme des équations qui déterminent Pet Q, on en découvre une
autre beaucoup plus simple que je vais exposer.
III .

SECONDE SOLUTION DU PROBLÈME (A). -


SOLUTIONS DES PROBLÈMES (B) ET (C) .
IBR ARY
REESE Ltout à
Pour satisfaire à l'équation (A), nous remplacerons , comme
l'heure , F(x) par son développement , et posant OF THE
UNIVERSITY
π
CALIFORNIA
2
An =
172
4fdu (Pcos mp + Qsinmµ) ,
0

nous chercherons à déterminer les deux fonctions Pet Q , en sorte


que l'on ait
T

4
ΣΑmcos mx + f(x) ΣΑm cosmx = 712
π Ecosmxf cosmµF(u)du.
0

FÉVRIER 1836. 8
58 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
Si nous admettons que P et Q satisfassent aux conditions définies
P
ο pour μ = 2
Q = o pour μ 0,

une intégration par parties nous donnera de suite

dQ dP

Amcosmx = 4 cosmx fadu (cosmu dr - sin my P).


π 0

En désignant parP. ce que devient P quand on y change pen x , nous


voyons que P. s'évanouit à la limite x= . On peut donc développer
2

P. en une série de cosinus d'arcs multiples impairs de x, ce qui


donne
π

2

P. = cos mx for cos mud .
0
P

On aura de même
π

P. f(x) = 44 cos mx 0
Pf(μ) cos mudy ;

et il en résulte , en mettant pour P. sa valeur ,

4f(2) Ecosmx for cosmudy = 4 cosmx forf(u)cos mμαμ.


T 0 mudy. 0

D'un autre côté, on a l'équation identique


π

4f(x) = cos mxfQsin mudy = 4 cosmxf² Qf(4)sin mudy.


T 0 0

+ cosmxfQ[ f(x) - f(u )] sin mudy.


En l'ajoutant membre à membre à la précédente , on obtient d'une
part la quantité
π

4f(x) Ecosmx f* P cos mudy + 4.



0 4f(x) = cos mxfQsin mudy,
k
Σ
0
PURES ET APPLIQUÉES. 59
qui , d'après la valeur de Am , est précisément égale à f(x) ΣΑ cosmx;
et d'autre part la quantité
‫نم‬


cosmxdu [Pf(p) cos mp + Qf( μ) sin mμ]
0
my ]
4
++ cos mxfQ[f(x) - f(x)]sinmudp ,
T 0

laquelle doit par conséquent être équivalente aussi à f(x) Acos mx .


Après avoir ainsi formé les valeurs de Amcosmx,f(x) Amcosmx,
je les ajoute , et en faisant pour plus de simplicité
π

d dP
X = 4 cosmx du {cos mu[Pf(x)+20] + sin mp[Qf(14)-d ]},
0
du du
π

Y = 4 cosmxfQ[f(x) = f( 4)] sin mudu,


je trouve
ΣΑmmcosmx + f(x) ΣΑmcosmx = X + Y.
En comparant cette équation à celle du problème , il vient
π

X + Y = 4 cosmxfcos mp F(p)du.
π
Σ
0

La valeur de X est mise sous une forme convenable; mais il n'en est
pas de même de celle de Y. Pour atteindre le but que nous nous
proposons , il est nécessaire d'intervertir l'ordre des signes et ſ,
ce qui donne
π

Y= 0
Q[f(x) -
− f(μ)] dp. Ecos mx sin mu.
mp..

Par les méthodes connues pour la sommation des séries on obtient


[f(x) -f(u)] sin cos x
[f(x) - f(μ)] ∑ cos mx sin mμ. = COS 2x COS 2μ

et il est bon d'observer que , à cause du facteur f(x) - f( μ) qui s'é


8..
60 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
vanouit lorsque x = µ , la fraction placée dans le second membre ne
devient jamais infinie. Je porte cette fraction dans la valeur de Y, et
je substitue en même temps à la lettre pune autre lettre a, ce qui
est indifférent . Il vient ainsi
π

4
Y= 20. [f(x) - f(a)] sin acos xda
La
COS 2x COS 2a
,

Qa désignant ce que devient Q lorsqu'on y change y en a. Mais la


fonction Y ayant cosx pour facteur s'évanouit quand x = : donc 2

entre les limites x= 0 , x = , on peut développer cette fonction en


2

une série de cosinus d'arcs multiples impairs de x. La méthode ordi-


naire appliquée ici nous donne
‫گن‬
π

16 2 Q [f(x) - f(a)] sin a cosuda


Y 2
∑cos mx 0
cos [Link]. 0
- ,

COS 24 - COS 24

et c'est sous cette forme que la valeur de Y doit être employée.


Remettons-la en effet, ainsi que celle de X , dans l'équation
π

4 Σ cos mx 2

X + Y =
π S cos mµ F( μ) αμ ,
0

et le résultat de la substitution sera

Ecos mx Sadu(U cosmu -

Vsinmu) = 0 ,

Uet V ayant les valeurs que voici


π

U = dQ 4 Qa cos sin a [f( p) -f(a)]da


αμ + Pf( μ) - F( ) + T 0
COS 2μ - COS 24
,

dP
V = - Qf(μ).
du

Or, il est évident que l'équation


L

Ecosmx S 0
du (U cos mp -

V sin mp) = ο
PURES ET APPLIQUÉES . 61

sera satisfaite si U et V sont nuls à la fois . Donc les deux équations


U = o , V = o , sont celles qui doivent déterminer les inconnues P
et Q, pourvu qu'on y joigne toutefois les conditions définies P = o
pour μ = , Q= o pour µ = 0 ; ce qui coïncide avec les résultats
2

obtenus dans le numéro précédent.


Le problème (A) une fois résolu , on en déduit bien aisément les
solutions des problèmes (B) et (C). Le premier de ces nouveaux pro-
blèmes peut être énoncé comme ceci :

PROBLÈME .

Soient m un nombre impair quelconque , et A., A3, ... Am.... des


coefficiens constans inconnus . On propose de trouver la valeur de Am
qui satisfait à l'équation
Μπ
(B) ΣΑΜ . 21
COS 21
+ f(x) ΣΑm cOS 21
= F(x)

pour toutes les valeurs de x comprises entre les limites x = o , x = 1 .

La fonction f(x) est essentiellement positive , et nous regardons la


fonction F(x) comme assujettie à la condition F(l) = o .
Pour ramener ce problème au précédent, il suffira de poser
πχ 21
21 = y, puis de multiplier par l'équation (B); il viendra
π

Amcosmy + f( b) ΣΑA cos my = 2/F(2 ), 773

et cette nouvelle équation devra subsister entre les limites x = 0 ,


x= , comme l'équation (A) dont nous nous sommes occupés tout à
l'heure. Par conséquent , si nous posons
π

A 4 2

m
=
0
du (Pcos mp + Qsin mu)dy ,

Pet Q devront satisfaire aux deux équations


62 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES

dQ 21 81
Qucosusinz [ ( )-f( )]
T

du #Pf(2 )= F(2 ) 0
COS 2μ - COS 2
,

dP 21μ
du

On les simplifiera un peu en changeant les variables a et pen


d'autres variables a', u' liées aux deux autres par les égalités
πα πμ
a
μ
21' 21'

ou , ce qui revient au même , en remplaçant partout a et p par


τα T
τμ
,, ce qui exige que l'on prenne oet lau lieudeoet pour limites 2

des intégrales définies. Par ces changemens on trouvera


2 μ

Am = 0 d (Pcosm + Qsina ),
21 2.1

Pet Q étant deux fonctions de déterminées par les deux équations

2 [Link]
2
21 21 ( 4)-f(a)] da
dy

dP
+ Pf( μ)

-
=
F(μ) -

S 0
Cos
COST
πμ
- Cos
COS
πα
2

du
Qf(p) = 0;

auxquelles toutefois il faudra joindre les deux conditions définies


P = o pour μ = 1 , Q = o pour μ = 0 .
En supposant la longueur I infiniment grande, la valeur de Am
deviendra infiniment petite, et la somme SA, cos mx se transformera

en une intégrale. On posera alors 21 = 0 , et l'on regardera 0 comme


une variable continue: puisque l'accroissement constant de m est = 2 ,
l'accroissement constant de seraégalà ,et il faudra poser db = 7. En
Max тк Max
faisantdonc A = $(6)de , les deux sommes SA Cos
m
21 ,
ΣΑm21 COS
21
PURES ET APPLIQUÉES. 65

se transformeront dans les deux intégrales définies


8 8

5. (θ) cos xde, 5


0 0 (0) cos xd) ,
et l'équation (B) deviendra
8 8

1. Ap(0) cos xdo + f(x)f (0) cosxd) = F(x).


0 0

Cela posé , proposons-nous le problème suivant :


PROBLÈME .

Trouver lafonction (0) qui satisfait à l'équation


8 8

(C) 50φ(0) cos Oxd) + f(x)f * (0) cos xd = F(x) 0

pour toutes les valeurs réelles et positives de x.

D'après ce qui précède, la valeur cherchée de (0) s'obtiendra en


divisant par de ou par la valeur de Am , après qu'on y aura fait
mr

21 0 , et 18. On aura donc


8
2

Φ(θ) = So dµ (Pcos µ.9 + Qsin μθ),


0

et les valeurs de Pet Q seront fournies par les deux équations écrites
plus haut. Mais en y introduisant la condition 1= ∞ , la première de
ces équations change un peu de forme. En effet , lorsque I devient
une quantité infiniment grande , il est aisé de s'assurer qu'on a
πμ πα
COS sin
2 21 21 8α
ī πμ
2014
π(μ²–α²)
Cos -Cos
COS
21 21

L'équation dont nous parlons devient par conséquent


8
dQ 8 [f(μ) -
du + Pf( ) = F(x) + fala (4)- (a) ]da 0 μ α
64 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
dP
et il faudra y joindre l'autre équation - Qf(μ) = o , et les condi-
αμ
tions définies P = o pour = 8 , Q= o pour = o . Sans qu'il soit
nécessaire d'entrer dans de plus grands détails , on comprendra que ces
égalités permettent de trouver les valeurs finies de Pet Q toutes les
fois que f(x) est une fonction rationnelle entière ou fractionnaire de
x* . Dans tous les autres cas il sera aisé d'obtenir ces mêmes valeurs
par la méthode des approximations successives.
IV.

SOLUTION DU PROBLÈME (D) .


Appliquons maintenant notre seconde méthode à la solution du
problème (D) dont voici l'énoncé.
PROBLÈME .

Soient m un quelconque des nombres entiers successifs 1 , 2 , 3 ,


4, 5, ... et A. , A2, A3, A4, ... Am... des coefficiens constans inconnus.
On propose de déterminer ces coefficiens , de telle manière que l'on ait
ΣΑΜ m sin mx + f(x) ΣΑm sin mx = F(x) ;
m

pour toutes les valeurs de x comprises entre o et π .

La fonction f(x) est essentiellement positive. La fonction F(x) peut


être positive ou négative; mais comme le premier membre s'évanouit
pour x = o et pour x = 7 , nous admettrons qu'on a F(o) = o et
= 0.
F(π)
Les conditions F(0) = 0 , F(π) = o étant satisfaites , on peut déve-
lopper F(x) en une série de sinus pour toutes les valeurs de x com-
prises entre o et 7. Le développement est de la forme
2

F(x) = ∑ sin mx sin my F(μ.)du .


TT S0

L'équation (D) devient donc


π

(D') Amsinmx + f(x) A sin mx= 2siumxsinmp.F(u) du. 0


PURES ET APPLIQUÉES . 65

Pour y satisfaire , nous poserons


π

Am S dp. (PCOS mμ. + Qsin mµ) ,


0
-

Pet Q désignant deux fonctions de u qu'il s'agit de déterminer conve-


nablement.
En intégrant par parties on a
1 dP
SP cos mudy = Psinmu m m Ssinmy adv.,
I
dQ
Se sin mudy. =
-

Qcosmy + Scos mu do du.


m m

Si donc on se rappelle que m est un nombre entier, et si l'on suppose


la fonction Q assujettie aux deux conditions
Q ο pour = 0, ο pour μ = π ,
il viendra
24
π I dP
0
P cos mudy = -

m 0 sin my Tudu,
π π
I

f" Q sin mμαμ


0 mudy = m Ο
cos mp dduo du ,
et l'on aura
2 π
dQ dP

Am = πη 0" du. (cos mu


my αμ
do - sinmud ).
Cette valeur de Am nous donne tout de suite
dQ dP
ΣΑ msin mx = 2∑ sin
m
sin mx f. du (cos muda -

sinmp. Ju
d
0

D'autre part, on a
f(x) Asinmx= 2f(x) ∑ sinmxf* du (P cosmp + Q sin mp) .
T

Cette valeur se compose de deux parties que nous allons considérer


l'une après l'autre. La seconde , savoir,
π
2f(x)
∑ sin mx Q sin mudu ,
S 0

est la plus simple à traiter. Comme la fonction Qest nulle aux deux
limites μ = 0 , μ =π, et qu'il en est de même du produit Qf(μ) , il
en résulte que si l'on désigne par Q. ce que devient Q en y changeant
μenx , on aura
FÉVRIER 1836. 9
66 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
2

Q = 2 sin mxfQsin mudy ,


2

Qzf(x) = ∑ sinmx
S Qf(μ) sin mμlμ.
En multipliant la première de ces égalités par f(x) , et la comparant
ensuite à la seconde , on en déduit
π

2f(x) = sinmxf* Qsinmpdp=2& sinmxf Qf(4)sinmud .


π 0

L'autre quantité, savoir,


π

2f(x) & sin mxf* P cosmudy ,


0

peut être mise sous la forme


2

Esinmxf. Pf(u)cosmudy+ f* P[f(x)-f(μ)]du Esinmxcosmy,


0 0

ou bien , en observant que l'on a


sinx
-

∑ sin mx cos mμ 2(cosx-cosu) '


sous cette autre forme
π 116 π

2 ∑ sinmx
0
Pf(μ) cos mpdy -

S 0
Psinx[f(x)-f(u)]du
COSx -COSM
;
le dernier terme ne change pasdevaleur si l'on remplace la lettre u par
la lettre a. En nommant P. ce que P devient en vertu de ce change-
ment, il est alors égal à
I " Pasinx[f(x)-f(a)]da
-

S COS - COS
:

C'est une fonction de x qui s'évanouit , àcause du facteur sinx , aux


deux limites x= 0, x=7, et que , par conséquent, on peut, entre
ces limites , développer en une série de [Link] le développe-
ment par le procédé ordinaire, nous aurons
π
1
*Pasinx[f(x) -f(a)] da
0
COS X - COS a Esinmxſsiumudus*Pasine[f(x)-f(a)]da
0
0
COSM -COS a

La valeur de la quantité

2f(x) 2 sinmx SP cos mudy.


T 0
PURES ET APPLIQUÉES. 67
estdonc
2
EsinmxfPf(4)cosmudy- sinmxssinmudus"Pasinu[f(u)-f(a)]da
2

0 0
COS - COS a
,

et il faut ajouter à cette dernière expression l'expression suivante :


2
Σ
sinmxfQf(4) sin mudy ,
pour composer, d'après ce qu'on a vu, la valeurde f(x) ΣΑm sin mx.
Ayant écrit ainsi sous forme convenable cette valeur et celle de
ΣΑm sin mx , reportons-les dans l'équation (D') , et cette équation
deviendra
π

∑sinmxSadu(U cosmp
0
-

Vsin mµ) 0,

U et V ayant les valeurs suivantes ,


U = dQ + Pf(4),
du
dP
V = -

Qf(μ) + F(μ) + " Pasine[f(x)-f(a)]da


0
du COS - COS a

Or il est clair que l'équation du problème sera satisfaite si l'on a


U = oet V = o . Donc les fonctions Pet Q, desquelles dépend la
valeur de Amqui satisfait à l'équation (D), sont fournies par les deux
équations
dQ
αμ
+ Pf( ) = 0 ,
dP
αμ - Qf( ) + F(4) + : *Pasine[f(4)-f(a)]da = 0 ,
0
COS COS &

auxquelles il faut joindre les deux conditions particulières


Q = o pour μ = 0 ;
Q = o pour p = π,
que précédemment nous avons supposées remplies.
Ces équations s'intègrent évidemment sous forme finie toutes les
fois que f(x) est une fonction rationnelle, entière ou fractionnaire,
de cos x. Et lorsque cela n'a pas lieu, il est du moins toujours facile
d'obtenir les valeurs de Pet Q exprimées en séries convergentes par
la méthode connue des approximations successives.
9..
68 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
Nous appliquerons nos équations à un seul exemple extrêmement
simple ; et quoique, dans cet exemple, la fonction f(x) ne reste pas
constamment positive entre les limites x = 0 , x =7 , comme l'exige
la nature physique du problème, nous les verrons néanmoins se vé-
rifier. Nous poserons f(x) = cos x , F(x)= sinx + sin x cos x; les
valeurs de P et Q fournies par notre analyse seront P=-1, Q= sinu ,
ainsi qu'il est aisé de le vérifier par la substitution dans nos équa-
tions. Il résulte de là que l'équation
ΣΑm sin mx + cosx Asinmx = sinx + sin x cos x
doit être satisfaite en posant
m
==Sdy(sinusin mp.
0
-

cos mp).
Or cela arrive en effet, car on déduit de là
ΣΑ sin mx = sinx , ΣΑmm sin mx
772 sinx ,
valeurs qui , substituées dans l'égalité qu'on veut vérifier, rendent les
deux membres identiquement égaux.
V.

SOLUTION DU PROBLÈME (E).


Notre méthode résout aussi le problème (E) sans que l'ou ait à
vaincre aucune difficulté nouvelle. Voici comment ce problème doit
être énoncé.
PROBLÈME.

Soient m un quelconque des nombres 0 , 1 , 2 , 3, 4, 5, .. et A.,A. , ...


Am , ... B. , B. , ... B. des coefficients constants inconnus : onpro-
pose de déterminer ces coefficients de manière à satisfaire à l'équation
(Ε) Σm(Acosmx + Bsiumx) +f(x)∑(Acosmx+ Bsinmx) = F(x) ,
pour toutes les valeurs de x comprises entre les limites x = -π ,
x = +π.
D'après la nature de la question qui conduit à l'équation (E), la
fonction f(x) est toujours positive entre les limites x=-7, x=π.
De plus, les deux fonctions f(x) , F(x) , sont assujetties à satisfaire
aux conditions f(n) = f(-π), F(π) = F(-π).
PURES ET APPLIQUÉES . 69
Puisque la fonction F(x) prend la même valeur aux deux limites
x=-7 , x =7 , on peut , entre ces limites , la développer en une
série de cosinus de la forme

F(x) =
Sam + ユー dµ F(μ) cos m(x-μ.) ,
le signe ∑ s'étendant à toutes les valeurs de m comprises dans la
I

série 0, 1, 2, 3, ... et désignant l'intégraledéfinie + cosmxdx,


-

Am

laquelle est égale à 2 quand m = o et seulement égale à a lorsque


m est un nombre entier positif quelconque. T

Cela posé, je fais


=
Am
amf+* du.(Pcosmu. - Qsin mµ),
14

=
+
Bm772 Am ヒー du. (Psin mp + Qeos mp) ;

Pet Q représentant deux fonctions de u dont je pourrai disposer à


volonté par la suite , mais que j'assujettis dès à présent à ne pas chan-
ger de valeur lorsqu'on y pose successivement p = ret = - 7 ,
de telle manière que l'on ait
P =P , Q = Q- ・

En intégrant par parties, et ayant égard à ces conditions , il vient


am dP dQ
Am = - m
+
+ du( sin my du + cos mp.
ルー
du
,

171 dP dQ
B = m
ルー
d (cos mp.d - sin my
mp.
do).
Substituant ces valeurs dans l'expression
Em (Am cos mx + B sin mx) ,
on la trouve égale à
dP dQ
Σα +* du[sin m(x-1) d - cosm(x-1) du].
ヒー

Quant à l'autre quantité 2.

f(x) ∑ (Am cos mx + B sin mx) , i

il faut y substituer les valeurs primitives de Am, Bm, et elle devient



(x)Σαm + du[P cosm(x-1) + Qsin m(x-1)].
ドー
70
JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
Elle se compose donc de deux parties , savoir,
f(x)&am f+ P cosm(x-1)dy , f(x,SamfQsium(x-1)dp ,
ルー

dont je vais successivement m'occuper.


La première peut être mise sous une forme convenable par la trans-
formation que voici. Soit P, ce quedevient P lorsqu'ony change uen x.
Puisque l'on a PP , f(x) = f(-7), on a aussi Pf(π)
= Pf(-7). Il résulte de là que la fonction P. est égale à la série
Σα + P cos m(x-4)du , et que par suite le produit de f(x) par
ヒー

cette série est égal à P.f(x) , c'est-à-dire à


Σα + Pf(u) cos m(x-1)dr.
ピー

Relativement à la seconde partie , savoir,


+

f(x)EaQsin m(x-1)dụ ,
elle est évidemment équivalente à :

Zamf+* Q.f(p)sin (x-1)dy + S+ Q[f(x)-f(p)]Samsinm(x−y).


Σ
ドー

Il est aisé de s'assurer que


sin(x-μ)
;
Σαm sinm(x-μ.) 27 1-cos(x-μ)
on a donc
十 I

S+ Q[ f(x)-f( )][asin (x-4)= ++ Q[f(x)-


1 (e) sin(xμ) ) ,
ou , ce qui revient au même ,
f+* Q[f(x)-f(x)]Easinm(x-1)= 1 +"Qa[ f(x)-f (a)]sin(x-a)da
+ Qaf(2)- I

(e) sin(x-4) de

ドー
1- COS

Q.désignant ce que devient Q lorsqu'on y change u en a. Le second


membre de l'équation que je viens d'écrire étant considéré comme
une fonction de x, on peut constater que cette fonction donne le
même résultat quand on y pose x ㅠ, et quand onyposex=-r.
Rien n'empêche par conséquent de la développer en série decosinus
sous la forme
PURES ET APPLIQUÉES. 71
10+
I 十

27
Σα ‫طب‬ cosm(x-1)du. +*Qaf(u)-f(a)]sin(
22-

- COS (μ-α)
-a)du
Telle est laquantité qu'il fant ajouter à Samf+ Qf(u)sinm(x-1)du
+

et à Sam ルー Pf(x) cos m(x-1)du pour former la valeur complète


du terme f(x) Σ(Am cos mx + B sin mx) .
Reportons à présent dans l'équation (E) cette valeur ainsi que celles
obtenues tout à l'heure pour F(x) et pour Em(Am cos mx+ Bm sinmx) .
Le résultat sur lequel nous tomberons sera de la forme
Σαam + du [Ucos m(x-μ) + V sin m(x- 4)] = 0,
ユー

U et V ayant les valeurs suivantes,


dQ I
U = -

du
+ Pf(μ) -

F( 4) ++
2
.
ドーー [ ( )- f(e) sin(4-2) d.c
-cos (μ-α)
,

dP
V=
αμ + Qf(μ) .
Les équations U= o , Vo , sont donc celles qu'on devra traiter
pour obtenir les valeurs de Pet Q, en ayant soin toutefois d'yjoindre
les conditions définies P = P , QQ π

Si nous supposons que l'on ait , par exemple , f (p) = cos μ ,


F(μ)=- sin μ( 1 + cos μ) , bien que la valeur attribuée à la fonction
f(x) soit étrangère à la question du mouvement de la chaleur dans
laquelle le pouvoir rayonnantest nécessairement positif, les équations
U = 0 , V = 0 , nous conduiront à des résultats exacts. Nous trouve-
rons Q = 1 , P =- sin , valeurs faciles à vérifier, et qui donnent
Amo , quel que soit m , puis B₁ =-1 , B = 0 , B = 0 , ... Bmo , ..
Ces valeurs de Am, Bm , doivent donc rendre identique l'équation
Σm(Am cos mx + B„sinmx) + cos x ∑(Am cos mx + B sin mx)
=-sinx( 1 + cos x) ,
et c'est ce qui arrive en effet.
Les équations U = o , V= o s'intégreront sous forme finie, toutes
les fois que la quantité
X
I [f(x)-f(a)] sin (μα)
25 1- COS ( μ - a)
72 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
pourra être ramenée à la forme
Χ = Ψ. (μ) Π,(α) + Ψ,(μ) Π,(α) + + Ψα(μ) Πο(α) ,
...

quelles que soient d'ailleurs les fonctions (μ) , Π,(α), etc.; car alors,
en posant

S+ Qat,(a)da=C,, S+ Q.Π.(a)da=Cf +* QI (a)dx=C ,


ユー
7
2

elles deviendront

dQ
αμ
- Pf(μ) + F(p) - CY (P) C (۳), ... -CY ( ) = 0 ,
dP
= 0.
αμ + Qf(μ)
μ
Endivisant ces
équations par f(u), puis faisantf" f(μ) dµ = θ ,
f(p)dp = de , et prenant pour variable indépendante , on n'aura
plus à traiter que deux équations linéaires simultanées dans lesquelles
les variables et leurs différentielles seront affectées de coefficients cons-
tants. L'intégrale complète de ces équations renfermera deux arbi-
traires que l'on déterminera à l'aide des conditions définies P = P_ )
QQ : elle renfermera en outre les n constantes C. , C. , ... Cn,
dont on calculera les valeurs à l'aide des égalités
+

SQ.M.(a)da = C +*QI (a)daα =


C₂, etc.,

et ce calcul une fois effectué, les valeurs de Pet Q ne renfermeront plus


en général que des quantités connues.
Je dis maintenant queX se ramenera à la forme indiquée toutes les
fois que f(x) sera une fonction rationnelle quelconque de sin x, cos x;
c'est-à-dire toutes les fois que l'on aura
f (x)+ f (x) sin x
f(x) = f3 (x)
f (x) , f (x) , f (x) , désignant des fonctions rationnelles et entières
de cos x .

En effet, il viendra , dans cette hypothèse ,


X -
sin (p-s) f (x) f3(a)-f (x)f3(u) + f₂(μ) fs(a)sinu --f2(a)f3 (u)sina
1-Cos(μ-α) 2f3(2)f3(μ)
PURES ET APPLIQUÉES. 73
Mais on a
sin (μ-α) sin µ + sin a
1 -COS(μ-α) Cosp
COS a - COS

La valeur de X est donc composée de deux parties distinctes que je


désignerai par X. , X. , et dont voici les valeurs

X₁ = (sin u + sin a) f.(4)fs(a)


1
- f,(a)f3(M)
27(cos a- cos )
,

Χ. = (sinμ + sin a) fa(μ)f3 (x)2 sin(Cosa


2
u - f₂(a)f3(μ) sin a
2

;
- Cosu)

or je puis prouver que chacune des deux quantités X. , X. , est réduc-


tible à la forme

Ψι(μ) Π. (α) + Ψ₂(μ) πο(α) +


2 ...
+Ψπ(μ)Πο(α).
Cela est presque évident pour la fonction X,; en effet, le numéra-
teur f.(4)fs(a) – f.(a)fs(μ) étant une fonction entière de cosa,
3

cos , et s'annulant quand on a cosa= cos u, doit être divisible


par cosa ー cos μ ; et il est clair que le quotient ne peut se composer
que d'un nombre limité de termes de la forme A cospu cossa .
Quant à la fonction X. , en effectuant les calculs indiqués , je trouve
29

) sinu-fa(a)f3(u)sina +sinasinu.. f2(μ)f3


X - fa(e)f3(a
2
μ

2 (COS a - cos μ)
(a) -f2 (a)f3(μ)
2x(cos a - cos μ)
La fraction
fa (μ)f3(a) sin²µ - f2(a)f3(μ) sina
COS - COS μ
est égale à
f2(M)f3(a) (1 - cos²µ) - f₂(a)f3(μ) (I-COS² )
2

;
Cos a COSM

son numérateur est donc une fonction entière de cos a , cos µ. Puisque
cette fonction s'annule lorsqu'on pose cosa= cosu , elle doit être di-
visible par cos a - cos , et le quotient ne peut se composer que d'un
nombre limité de termes de la forme Acosacosa. Il en est de même ,
par la même raison , de la fraction
f2 (μ)f3(a) - f₂(4)f3(4)
Cos a- cosμ
FÉVRIER 1836. 10
74 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
Donc les valeurs de X. , X. , et par suite , de X , se réduisent à la
forme

Ψι (μ) Π, (α) + Ψ.(μ) Πο(α) +


2
...
+ Ψπίμ) Πη(α);
n

donc aussi les valeurs de Am, Bm, peuvent être calculées sous forme
finie de manière à satisfaire à l'équation (E), toutes les fois que f( x)
est une fonction rationnelle, entière ou fractionnaire, des deux quan-
tités sinx , cos x .
La méthode très simple dont nous avons fait usage pour résoudre le
problème (A) s'étend d'elle-même , comme on voit , au problème plus
compliqué (E). Etcette méthode peut être regardée comme générale
pour toutes les questions du genre de celles que nous avons traitées
dans ce Mémoire.

-ib suê tiob sib ९ s

serica al : !
PURES ET APPLIQUÉES .. 75

NOTE
Sur la chaînette d'égale résistance ;
PAR G. CORIOLIS .

Nous nous proposons , dans cette note , de donner l'équation assez


remarquable de la courbe qu'affecterait une chaîne pesante , parfaite-
ment flexible , dont l'épaisseur varierait d'un point à l'autre propor-
tionnellement à la tension. Il est clair qu'une pareille chaîne n'offrirait
pas plus de chance de rupture en un pointqu'en un autre
A B
Désignons par p le rapport entre
le poids d'un élément ds et sa lon-
gueur, par Tla tension, dont la va-
M
leur au point le plus bas C sera To.
Représentons par xet y des coor-
1
données horizontale et verticale . On
C
aura pour l'équilibre en un pointM
dx
quelconque de la courbe , T ds
=
pds,, l'intégrale com-
T. , T =fpds
mençant au point le plus bas de lacourbe où l'on a dy = o . Ces deux
équations donnent d fpds, ou bien d day = pds Par la condi-
dx dx
0
To dx
0

tion d'égale résistance , on doit avoir T = ap , a étant une constante.


Tds
Ainsi l'équation dela courbe deviendra dx Toa dx Remettant pour
T sa valeur tirée de la première des équations précédentes , on aura
day ds
dy
a
dx d ,ou bien(enposant d = x' ) a do 1 + y² ; d'où
dx dy
=

a
1
+y En prenant pour origine des x le point le plus bas de la
courbe, et en intégrant à partir de ce point pour lequel on aura
x=o ety'= o , on trouve ==arc(tang y'), d'où y'= dx =
a
tang ( ).
Intégrant encore à partir du point le plus bas que l'on prendra pour
76 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
origine des y, on obtiendra
I

log ou bien ea cos 1 .

a
= 10g [cos ]
Telle est l'équation de la chaînette d'égale résistance, rapportée à son
point le plus bas pour origine des coordonnées. La valeur de la cons-
tante a résultera de la relation T= ap. En l'appliquant au point le
plus bas, on a T. = ap.. Ainsi , en concevant une portion de chaîne de
l'épaisseur constante qui existe au point le plus bas, la constante a
sera la longueur qu'il faudraitdonner à cette portion de chaîne pour
que son poids ap, fût égal à la tension T. au point le plus has, ou ce
qui revient au même, à la composante horizontale de la tension aux
points d'attache A ou B. La plus grande abscisse de cette courbe ré-
I
pond à y' = Commeon ay =
tang (2) , la limite X de x ou de
Το π
la demi-largeur de la courbe sera X = a 2
= . Cette limite est
P. 2

telle qu'une chaîne ayant cette demi-largeur pourlongueuret la même


force qu'au point le plus bas, aurait pour poids T.; la hauteur cor-
2

respondante est y= ∞ . Donc la courbe, quelle que soit la longueur


de la chaîne , n'atteindra jamais la largeur πα, qui estainsi une limite.
Si l'on veut avoir l'épaisseurp de la chaîne en fonction de l'abscisse,
on trouve
dx dy T0 2
T. 0

P = T. 。
ds dx ' ou p VI +
18
a
a cos

On peut remarquer qu'en appelant a l'angle que fait la tangente à la


courbe avec l'axe des x, on a l'équation aa = x. Par conséquent l'arc
de cercle décrit du point C comme centre avec le rayon a , et compris
entre l'axe des x et une parallèle CN à la tangente au point M, sera
égal à l'abscisse de ce pointM.
1
PURES ET APPLIQUÉES. 77

www
W

NOTE

Sur l'équilibre des températures dans les corps solides de


forme cylindrique ;

PAR G. LAMÉ ,
Professeur de Physique à l'École Polytechnique.

La théorie analytique de la chaleur paraît avoir peu contribué aux


progrès de la physique proprement dite : bornée à la représentation
mathématique de l'équilibre et de l'état variable des températures dans
l'intérieur des corps solides homogènes , elle laisse complétement en-
dehors de ses formules la plupart des phénomènes calorifiques , ceux
surtout dans lesquels la chaleur semble se produire et disparaître , et
qu'il importe principalement d'étudier pour découvrir la cause primi-
tive de cette classe d'effets physiques. Cependant , toute restreinte
qu'elle soit, cette théorie est d'une grande importance.
Quand les lois physiques , déduites de l'expérience et de l'observa-
tion, auront acquis toute l'exactitude et toute la généralité qu'elles
doivent comporter, il sera possible aux géomètresde représenter ana-
lytiquement chaque classe de phénomènes , par une ou plusieurs for-
mules différentielles. Mais ces formules devront être intégrées , et il
faudra déterminer les constantes ou les fonctions arbitraires introduites
par l'intégration , de manière à satisfaire aux conditions particulières
de chaque problème, avant de pouvoir obtenir des résultats numé-
MARS 1836. II
78 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
riques vérifiables par l'expérience, et par suite des formules intégrales
immédiatement applicables à la pratique.
Avant que ce but puisse être atteint, la physique expérimen-
tale et l'analyse mathématique ont de nouveaux progrès à faire. Les
recherches des physiciens et celles des géomètres convergent actuelle-
ment vers ce travail général; de part et d'autre se perfectionnent
les instruments et les procédés dont il faudra faire usage pour le ter-
miner.
Or la théorie analytique de la chaleur aura été éminemment utile à
ces études préliminaires , en présentant un des exemples les plus
parfaits et les plus simples de l'application du calcul à un certain en-
semble de faits. Ses formules différentielles sont très peu compliquées,
et les questions qu'elle se propose passent par toutes les phases du pro-
blème général qui vient d'être énoncé comme constituant à lui seul
presque toute la physique mathématique.
Il s'agit toujours de représenter numériquement un phénomène
physique pour des corps de forme particulière et dansdes circonstances
connues , c'est-à-dire d'intégrer certaines équations aux différences
partielles , de telle sorte que les fonctions arbitraires provenant des
intégrations satisfassent à des conditions données. Tout porte à croire
que l'on ne parviendra à résoudre généralement des questions de cette
nature , qu'après avoir obtenu un grand nombre de solutions complètes
de questions particulières du même ordre ; et c'est là ce qui donne une
valeur pratique aux recherches ayant pour objet de représenter ana-
lytiquement l'équilibre et le mouvement de la chaleur dans l'inté-
rieur d'un corps solide homogène de forme définie .
Les géomètres ont complétement traité sous ce point de vue la
sphère, le cylindre droit à base circulaire , le parallélépipède rec-
tangle , le prisme triangulaire régulier : on sait maintenant exprimer
la loi des températures dans des corps terminés par des surfaces du se-
cond degré. Le nombre de ces solutions est sans doute très limité;
mais leur comparaison indique irrévocablement la marche uniforme
que l'on doit suivre pour exprimer l'état calorifique de tout autre corps
solide : la difficulté principale consiste à découvrir le système unique
de coordonnées qui convient à la forme de ce solide et à la question
physique proposée.
PURES ET APPLIQUÉES. 79

C'est cette difficulté que j'ai essayéde lever dans unMémoire sur les
surfaces isothermes ( imprimé parmi les Mémoires de l'Académie des
Sciences, tome V des Savants étrangers), où j'ai considéré spécialement
le système de coordonnées dont on doitfaire usage pour découvrir les
lois de l'équilibre et du mouvement de la chaleur, dans l'intérieur des
corps et des enveloppes solides , limitées par des surfaces du second
degré exposées à des foyers constants. J'ai repris la même question sous
un point de vue plus général , dans un Mémoire sur les surfaces ortho-
gonales conjuguées, qui fait partie d'un travail relatif aux lois de
l'équilibre de l'éther (inséré dans le Journal de l'École polytechnique,
XXIII Cahier) .
J'ai prouvé dans ce dernier Mémoire qu'il existe une infinité de
corps et d'enveloppes cylindriques , où la loi des températures
peut être exprimée avec la même facilité que dans le cylindre
de la géométrie élémentaire. Je me propose de donner, dans cette
note, quelques nouveaux détails sur ces nouvelles formes ; leur nom-
bre infini laisse entrevoir la possibilité de représenter algébriquement
l'état calorifique d'un corps limité par des surfaces cylindriques quel-
conques , et d'arriver ainsi à la connaissance complète du phénomène
de la communication de la chaleur à travers les milieux solides ,
lorsqu'elle se propage dans deux dimensions seulement. Il y a lieu de
croire qu'il existe pour les trois dimensions des formules tout aussi
générales , et que l'analyse mathématique parviendra un jour à ex-
primer en nombres le fait physique dont il s'agit pour un corps de
forme quelconque. Cela sera sans contredit un progrès important , car
on en déduira la marche à suivre pour obtenir des solutions aussi
complètes dans des phénomènes plus compliqués et pouvant donner
lieu à des applications immédiates , tels que ceux de l'élasticité et de
l'équilibre intérieur des corps solides.
Considérons un tube solide indéfini, dont les parois cylindriques ex-
térieure et intérieure soient en contact avec deux foyers ayant des
températures constantes, mais différentes de l'une à l'autre paroi. Lors-
que l'équilibre de chaleur est établi dans ce genre d'enveloppe, les
surfaces isothermes ou d'égale température sont toutes cylindriques.
Si par un point d'une de ces surfaces on imagine trois éléments plans
11..
80 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
orthogonaux , desquels le premier lui soit tangent, et les deux autres
normaux , l'un suivant l'arète correspondante , et le dernier perpendi-
culairement à cette même arète, il n'y aura évidemment perte ou flux
de chaleur qu'à travers le premier élément ; en sorte que la chaleur se
dissipera à travers l'enveloppe vers le foyer le plus froid , en suivant
des courbes normales à toutes les surfaces isothermes, et que l'on
peut appeler par cette raison filets de chaleur. Tous ces filets peu-
vent être considérés comme répartis sur des surfaces cylindriques ,
coupant normalement les cylindres isothermes suivant leurs arètes.
Ces deux systèmes de cylindres sont conjugués, en ce sens qu'ils
pourraient changer de rôle; c'est-à-dire que dans un nouveau tube
solide ayant pour parois entretenues à deux températures constantes,
deux des cylindres formés par les filets du premier tube , le flux de
chaleur s'opérerait suivant les sections transversales des premières sur-
faces isothermes. Mais il importe surtout de remarquer que pour ex-
primer généralement l'état calorifique d'un des tubes précédents ,
lorsque les foyers , toujours constants, varient cependant d'intensité
d'une arète à l'autre des parois , il faut prendre pour surfaces co-
ordonnées les deux systèmes de cylindres conjugués qui viennent
d'être définis , et les plans perpendiculaires à leurs arètes; c'est-à-
dire que les paramètres de ces trois genres de surfaces sont les
coordonnées propres à la question physique , dans le cas dont il
s'agit .
Pour que les cylindres conjugués puissent conduire à cette so-
lution générale , il faut avant tout que leurs paramètres , considérés
comme des fonctions de x, y, z, satisfassent à trois équations aux
différences partielles exprimant que ces surfaces sont isothermes et
orthogonales. Si l'axe des z est parallèle aux arètes , les paramètres e
et e, des deux systèmes de cylindres seront donnés par des équa-
tions de la forme e = f(x, y) , ε, = f (x, y) , et les trois relations
différentielles dont nous parlons pourront toujours être ramenées aux
suivantes :

d d d de de
(1) + 2 = 0, + dya = dx dx + dy dy = 0 .

J'ai démontré dans le Mémoire cité ( Journal de l'École Polytech-


PURES ET APPLIQUÉES . 81

nique , XXIII Cahier) que les paramètres différentiels du premier


ordre
2 2 2 2
de de, de
(2) n = √( ) + ( dy) , n. = √( ) + (+)
dx dy ,
1
dx

des fonctions ɛ , ε ,, satisfaisant aux équations (1 ) , sont toujours égaux


à la même fonction (x, y) , multipliée par deux constantes a, a,, en
sorte que l'on peut poser
(3) η = αψ , η . = αψ .
Cela posé, considérons l'équation
d2V dV
0,
dx2 + dya
qui appartient à l'équilibre de chaleur d'un corps solide indéfini de
forme cylindrique, dont les parois sont entretenues à des tempéra-
tures constantes , les mêmes sur chaque arète , mais différentes en gé-
néral d'un arète à l'autre. La fonction V, qui exprime la température
variable , étant rapportée aux coordonnées ε, ε,, l'équation précédente
dV dV
2

devient [en ayant égardaux équations (1), (2), (3)] a data, de =0;
dV dV
oubien(en posant =αξ, ε, αξι). + वह = o . C'est cette der-
2

nière équation qu'il faut intégrer, de telle manière que V se réduişe


àdes fonctions données de ou ξ,, pour des valeurs particulières de
ξ, ou de ξ.
Or ce problème analytique est aujourd'hui résolu de la manière
la plus complète; la loi des températures du corps cylindrique pro-
posé s'obtiendra donc aussi facilement que dans le cas du prisme
rectangulaire, et par les mêmes formules. Ainsi l'on saura exprimer
algébriquement l'état calorifique d'un tube ou d'une enveloppe ayant
pour parois deux cylindres & ou e,, et même celui d'un corps pris-
matique dont les quatre faces latérales courbes seront deux cylin-
dres e et deux cylindres &,, pourvu que les foyers constants possèdent
la même température sur chaque arète d'une paroi.
Ces problèmes de physique mathématique ne présentent doncplus
d'autre difficulté que celle de la recherche des fonctions & et e, qui

1
82 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
puissent vérifier les équations (1). Parmi les surfaces cylindriques
qui remplissent ces conditions, nous considérerons d'abord celles com-
prises dans le groupe suivant
ε
= ΣΑ log √(x − a ) + ( γ - 6)
,
(5) ε₁ = ΣΑ arc (tang = =),
a et étant les coordonnées d'une ligne fixe parallèle aux z, A un
coefficient constant; & et e, étant composés d'autant de termes sembla-
bles que l'on voudra, qui différeront par les constantes a , 6 , A. Ces
équations donnent
de de
= = ΣΑ 29
dx dy ( -α) ²+( -6)
de de r- 6
=- = -
dy dx

d'où il est facile de conclure que les relations différentielles ( 1 ) sont


satisfaites .

Pour simplifier, on peut ne considérer que l'état calorifique des dif-


férents points d'une section plane , normale aux arètes du corps cylin-
drique , puisque dans le cas actuel tout reste identique d'une section
à l'autre. Sous ce point de vue, e et ε, (5) seront les paramètres de deux
systèmes de courbes isothermes , conjuguées et orthogonales.
Le cas le plus simple, compris dans les formules générales (5), est
celui où les seconds membres ne contiendraient qu'un terme. On peut
alors supposer a = 0,6 = 0 , et prendre

ε
= log Vx +r* , ,

(6)
6 = arc(tang = );
εγ

= . 28
d'où x² + y = ce , y = x tang 2 , et enfin

y = ce sine,, х = се cos E₁ .

C'est le cas d'un tube ou d'une enveloppe solide dont les parois sont
des cylindres à bases circulaires concentriques ; les cylindres formés
PURES ET APPLIQUÉES . 83

par les filets de chaleur sont alors des plans méridiens. On est ainsi
conduit aux coordonnées semi-polaires employées depuis long-temps
pour exprimer l'état calorifique de cette forme de corps.
Toutefois , au lieu du rayon r que l'on adopte ordinairement , il est
préférable de prendre pour paramètre des surfaces cylindriques
=3
log , ou le logarithme de son rapport à une ligne constante c.
De cette manière les formules différentielles et intégrales , pour la
forme considérée , deviennent identiquement les mêmes que celles qui
correspondent au cas du prisme indéfini à base rectangle ; il suffira d'y
remplacer les coordonnées x, y, parε , ε, (6).
Outre le tube cylindrique à bases circulaires concentriques , ce genre
de coordonnées (6) embrasse aussi le cas d'un solide compris entre
deux plans méridiens formant entre eux un angle quelconque; et plus
généralement celui d'un voussoir, indéfini dans le sens des arètes ,
dont l'intrados , l'extrados et les faces dejoint seraient entretenus à des
températures constantes, variant d'ailleurs d'une manière quelconque
d'une arète à l'autre de ces surfaces ; les lois de l'équilibre de chaleur
peuvent être facilement exprimées par des formules analytiques dans
ces diverses circonstances .
Les formules (5) , en attribuant à leurs seconds à deux termes seu-
lement , comprennent un grand nombre de systèmes différents de
courbes orthogonales. Le plus simple est celui pour lequel le coeffi-
cient A a lamême valeur , mais un signe différent d'un terme à l'autre.
Sil'on prend pour origine des coordonnées x, y, le milieu de la droite
qui joint les points fixes (a, 6) , (a', 6') , et si la grandeur de cette
droite est représentée par ac, on pourra poser dans le cas dont il s'agit
= (x+c) ²+ y²
(7) {
ε
logV(x-c) + '

( = arc (tang ===) - arc (tang = ),


ou bien, en développant
-
ete 4c2
x C
ee +y²= ( --)
e

C

* + ( -tang ) = sin
84 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
Les courbes e sont des cercles; sur chacune d'elles les rayons vec-
teurs aux deux points fixes sont dans un rapport constant. Les courbes
e, sont encore des cercles , et représentent des segments capables cons-
truits sur la ligne 2c. Il est curieux que les deux seuls lieux géomé-
triques offerts par la géométrie élémentaire se trouvent ici réunis , de
manière à jouer un rôle également important dans un même problème
de physique mathématique.
Les cercles & ne peuvent se couper, ils sont tous excentriques , et
le lieu de leurs centres est la droite qui passe par les deux points fixes ;
les cercles e, se coupent tous au contraire en ces deux points. Dans ce
système , deux cercles & ou e, étant tracés, on peut construire, pardes
procédés géométriques trop simples pour que nous devions nous y
arrêter, tout autre cercle e ou e, dont le paramètre sera connu. Il sera
facile , d'après cela , de représenter analytiquement et même géomé-
triquement l'état calorifique de plusieurs corps solides.
Considérons , par exemple, une enveloppe solide dont les surfaces
extérieure et intérieure soient des cylindres à bases circulaires , mais
excentriques , c'est-à-dire considérons un tube indéfini qui n'ait pas
la même épaisseur sur tout son contour. Si les parois sont entrete-
nues à deux températures différentes , les surfaces isothermes sont
toutes des cylindres à bases circulaires , parallèles mais excentriques
à ces parois; les filets de chaleur sont des cercles , et il est facile de
trouver le cylindre correspondant à une température donnée.
Considérons encore une masse solide indéfinie, traversée par deux
puits cylindriques dont les axes parallèles se trouvent à une distance
plus grande que la somme de leurs rayons. Si ces puits sont des foyers
constants, la loi des températures de la masse solide est facile à défi-
nir ; les surfaces isothermes sont toutes des cylindres circulaires ex-
centriques , la chaleur se dissipe d'un puits à l'autre en suivant des
filets circulaires . Ces cylindres et ces filets peuvent être déterminés
par des constructions géométriques très simples .
Si les parois du tube ou des puits précédents sont entretenues à
des températures constantes , mais variables d'une arète à l'autre, l'état
calorifique de l'enveloppe ou de la masse solide est plus compliqué ;
mais il peut s'exprimer analytiquement par les formules du prisme
rectangulaire , qui résolvent aussi le cas d'un corps prismatique dont

1
PURES ET APPLIQUÉES. 85

les quatre faces latérales courbes feraient partie de deux cylindres e et


de deux cylindres e, compris dans les formules (7).
En exprimant les arcs des cercles orthogonaux conjugués (7) en
fonction des deux paramètres e et e,, on parvient à trouver directe-
ment, par de simples considérations géométriques, les valeurs d'une
certaine classe d'intégrales définies très connues des géomètres . Ce
genre de démonstration est curieux en ce qu'il permet de suivre , pour
ainsi dire à l'œil, les variations de ces intégrales ; mais pour ne pas
trop m'éloigner du but que je me suis proposé, je m'abstiendrai d'en-
trer dans ces détails .
Les formules (5), dans le cas de deux points fixes seulement , com-
prennent encore le cas où le coefficient A a la même valeur et le
même signe pour les deux termes. En adoptant la même notation que
dans le cas précédent , on peut alors poser

Je = log (x−c) +

a (x+c) +y*
(8)
6. = arc(tang =
ετ
) + arc (tang = x+c
=+),
a étant une ligne constante. Ces équations donnent
(x² + y² + c )* - 4c*x* = a^e " ;
2

ya -
x² + ху + c² 0.
tang t

Chaque courbe e est telle que le produit des rayons vecteurs aux points
fixes est constant; chaque courbe e, est une hyperbole. Toutes les hy-
perboles e, coupent normalement les lieux géométriques du quatrième
ordre au paramètre ɛ.
Ces exemples suffisent pour faire concevoir la grande variété de
corps cylindriques compris dans les équations (5) , et dont l'état calo-
rifique peut être exprimé par les séries intégrales trouvées pour le
prisme rectangulaire indéfini. Il existe cependant des formules encore
plus générales. Si l'on développe une fonction imaginaire de la forme
1) , de manière à séparer la partie réelle P de la partie
F (x +y -
imaginaire QV-1 , Pet Qétant deux fonctions réelles de x et dey,
MARS 1836. 12
86 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
dF dF
on aura F(x +yV-1) = P+ QV- 1 , et l'identité dy
I
JV- 1 ,
donnant
dP dQ dQ dP
dy + √= = - dx + dx V-1
√1 ,

on en conclut que
dP dQ dQ
= = -
dx
dy' dy dx

d'où il est aisé de voir qu'en posant a = P , Q , les équations dif-


férentielles (1) seront satisfaites .
Ainsi une fonction quelconque F(x + y V-1) fournit un système
de surfaces cylindriques orthogonales et conjuguées . Considérons, par
exemple , la fonction (x + y V-1)" , qui devient (en posant...
y
Vx²+y x
=
tang ) (cos mp + V- 1 sin mo)r ; onpour-
ra prendre en coordonnées semi-polaires
επ rm cos mo ,
(9) {ε rm sin mo ;

quel que soit d'ailleurs l'exposant m.


Si l'on a m = , a étant l'angle formé par deux plans méridiens , le
paramètre ɛ, est nul pour les deux plans = o , q = a , qui dans
leur ensemble constituent une des surfaces isothermes , celle où la
température serait zéro ; les autres surfaces isothermes e, sont des cy-
lindres asymptotiques à ces plans , ayant pour bases des courbes à
branches indéfinies comme l'hyperbole ; les filets de chaleur compo-
sent des cylindres de même forme, aux paramètres s = r cos mo.
Lorsque a = , les courbes isothermes et les filets de chaleur de-
viennent des hyperboles équilatères. Ainsi l'on peut exprimer la loi des
températures dans un solide indéfini, terminé d'un côté par deux
plans formant un angle droit, et de l'autre par un cylindre hyperbo-
lique , asymptotique à ces plans, lorsque les parois planes et la paroi
PURES ET APPLIQUÉES. 87
courbe sont soumises à des foyers variables d'une arète à l'autre de
ces parois.
Plus généralement , toute fonction F(a) développable suivant les
puissances de la variable a, donnant F(a) = ΣΑα" , on a
F(x+y I
= Arm (cosmo + Isin mo) ,
et l'on en déduit les formules
m
ε = ΣΑ/ cos mo ,
(10) { ;€₁ = ΣΑr" sin mo,
pour représenter les paramètres d'une infinité de surfaces cylindri-
ques , orthogonales et conjuguées. Onpourra donc calculer numéri-
quement les températures d'un corps terminé par des surfaces cylin-
driques appartenant à chacun de ces systèmes. Ce seront toujours
les séries intégrales du prisme rectangulaire indéfini qu'il faudra
employer pour cela , en donnant des valeurs convenables aux variables
qu'elles comprennent.
Il m'a paru important , pour la physique mathématique, designaler
la généralisation que comporte la solution d'un des problèmes qui
constituent la théorie analytique de la chaleur. On parviendra sans
doute à trouver des solutions tout aussi générales pour les cas plus
compliqués de cette théorie.

12 ..
88 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES

www
AMAM

NOTE

Sur une Méthode d'élimination pour certaines classes


d'équations différentielles linéaires;

PAR A.-M. FAVRE -ROLLIN.

I.

Soient deux équations de la forme


dy
M dmy + N di + Pdey
dip
+ etc. = V, (1)

M. dtm. + . dry + P, dy
du
+ etc. = V. , (2)

dans lesquelles V et V, sont des fonctions quelconques de la variable


indépendante t et d'une ou plusieurs autres variables , ainsi que
de leurs coefficients différentiels. Si les coefficients M , N , P , .....
M. , N. , P. , ..... sont constants , il suffira , pour éliminer yet ses
différentielles , d'écrire à la place de y, V, dans le premier membre
de l'équation (1 ) , et V dans le premier membre de l'équation (2) , et
d'égaler les résultats , en sorte que l'équation finale sera
dmV dV,T dPV dm. V dr.V dP.V
Mddim + Nd +P dip
+etc. = M. dem +Ndu +P. dis + etc.
1

En effet , si l'on différentie séparément m, fois , n, fois , p, fois , etc. ,


PURES ET APPLIQUÉES. 89

l'équation (1 ) , il viendra
d.V
(a) Mdm+my+ Ndty
din+m,
+ P dp+my + etc . =
dip+m, dt . '

dr+n dr V
(b) Mdm+ny din+, + P dp+ : + etc.
dtp+n dim. '
1

dm+Py dn+py dr.V


(c) M dp+P:
dim+p + N din+P +P dtp+P:
+ etc. = dip.'
etc.

Je multiplie l'équation (a) par M. , l'équation (6) par N. , l'équa-


tion (c) par P. , etc. , et j'ajoute ensuite membre à membre toutes ces
équations : en écrivant les uns à la suite des autres tous les termes con-
tenus dans la même colonne verticale et observant que la somme des
termes de chacune de ces colonnes peut se mettre sous la forme
dp y
Mdm (M. dt + N. dy
1
dt"
+ P. dt + etc. ),
d dy dP
N di (M + N. di + P. dip + etc. ),
dp dm.y dy dP:y
P + P.
dip (м. dt
+ N. dt" dtp: ),
etc.,
ou bien
dmV dV dPV
M N P
dim , din ' dip ,etc.,
on aura donc

dV dP:V
dV
M dm.V
dPV
d +P div + etc. = MdmN.
Md + Ndav de + P. dir, etc.,
comme on l'avait annoncé.

II.

Si les deux équations proposées sont linéaires en xet y, et ne


contiennent que ces deux variables et la variable indépendante t, on
pourra former à volonté par le moyen précédent l'équation finale en
y ou en x , et, chose remarquable, ces deux équations finales différe
90 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
ront seulement par le terme fonction det qui ne contiendra que
cette dernière variable. On peut vérifier cette proposition sur l'exemple
suivant , et il serait facile de la démontrer en général.
Soient les deux équations
dmy dn dpx dix
M +N di
"
= T -
P
dip
-

Q di '

dmy dry dPx dx


M, + N. dt = T. - P.
1
dtP
-

Q. dt

En éliminant successivement x et y, on peut remplacer ces équa-


tions par les suivantes
dx
(M +N ) (TP.Q. d .)
I dx
= (M +N )(T - P -Q ),
dP dry
(P + Q ) (T.-M. dim. - . dt ) I

dP d day
=(P +Q Mdmy
)(T -M -N din ).
dtm

Celles-ci développées donnent


dp+mx dq+mx dp+ x d1
+ x
PM
dip+m, + QM, di9+m, + PN, dup+n, + QNd9+
dm+Px dm+qx dn+P: X
(A)
-

(MP, dem+P + MQ. ++ NP, dup + NQ, den+ )


dm. T dT dmT dT
=
M.N.-
dtm. (M dim + N dt . dt ),
dp+my di+m,y da+ny
PM, dup+m + QM, d19+m, + PN, dip+n I
dt9+ I

do+py dn+9 y
(B)
-

(MP, + MQ dim++NP: din+pi + NQ. dth+9 )


dPT daT
= P, dip +९ -(P, Q, T);dt

égalités qui ne diffèrent que par les termes fonctions de t seulement,


et pour lesquelles par conséquent, dans le cas des équations différen-
tielles à indices entiers et positifs , sera applicable la même formule
PURES ET APPLIQUÉES. 91

générale d'intégration, en sorte que les valeurs de x et de y seront de


la forme

x = C , eit + C. eMat + C3 elust + etc. ,


y = C , elit + C', eMat + C'3 eust + etc.;

C₁, C₂ , etc. , étant des fonctions de t que l'on saura déterminer par
les méthodes connues , dans chaque cas particulier, et les quantités ,
μα, μs , etc. , étant déterminées par l'équation commune
9
PM,up+m: + QM, µ³+m. + etc. = 0.

III .

Si l'on a m équations entre m + 1 variables, à coefficients cons-


tants pour toutes ces variables moins une qui sera la variable indé-
pendante, il suffira , pour éliminer l'une d'elles, d'ordonner le premier
membre de chaque équation par rapport à ses coefficients différentiels
après avoir fait passer tous les autres termes dans le second membre.
On comparera ensuite l'une quelconque de ces équations avec les m—1
autres. On formera ainsi m- 1 couples d'équations entre lesquelles on
éliminera la variable en question , comme il a été dit ci-dessus , et l'on
n'aura plus que m- 1 équations entre m variables. En continuant de
la même manière , on arrivera à une équation entre deux variables
seulement. On conçoit qu'il sera dès lors facile , par ce procédé , de
remplacer les m équations proposées par m autres équations dans cha-
cune desquelles entreront seulement la variable indépendante et l'une
des autres variables qu'il s'agit de déterminer.
IV.

D'après ce qui précède on peut conclure à priori l'ordre de l'é-


quation finale. Si , par exemple , on a m équations du premier or-
dre , le procédé indiqué conduira à m- 1 équations du second ordre,
et de là à m-2 équations du troisième ordre , et enfin à m-(m-1) ,
ou une équation du meme ordre ; et en général si m , n, p, etc. ,
sont les plus forts indices de différentiation pour chaque variable ,
92 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
m+n +p + etc. , sera le nombre indiquant l'ordre de chaque équa-
tion finale .
V.

Tout ce qui a été établi ci-dessus l'ayant été indépendamment de


toute valeur particulière attribuée aux indices m, n , p , q , etc. , sera
dès lors vrai, quels qu'ils soient, et conviendra par conséquentau casdes
équations différentielles à indices quelconques. On n'aurait pu arriver
à ce résultat par les méthodes ordinaires, qui reposent sur la différen-
tiation sous forme finie d'un produit tel que ex de deux variables ,
ce qu'on ne peut supposer pour des différentielles à indices quelcon-
ques. Cette méthode a aussi l'avantage de dispenser du recours à des
variables auxiliaires , et n'exige que des opérations fort simples d'ad-
dition et de soustraction. Enfin elle pourrait s'appliquer également
bien aux équations linéaires à coefficients constants dans le calcul aux
différences finies .

٤١٠
PURES ET APPLIQUÉES. 93

www

MÉMOIRE

Sur les rapports et les restes des quantités


incommensurables;

PAR E. LÉGER ,
Ancien élève de l'École Polytechnique , chef d'institution à Montmorency.

1. Étant données deux quantités quelconques homogènes, deux li-


gnes droites par exemple, on sait que pour trouver leur plus grande
commune mesure, il faut d'abord porter la plus petite de ces quantités
dans la plus grande, ce qui donne un quotient entier et un reste ; puis
ce reste dans la plus petite , ce qui donne encore un quotient et un
deuxième reste; puis ce deuxième reste dans le premier, et ainsi de
suite. Si l'on parvient à un reste nul , les deux quantités sont commen-
surables entre elles , et le dernier reste est leur plus grande commune
mesure. Mais il peut arriver que l'on ne tombe jamais sur un reste
nul, quelque loin que l'on continue l'opération ; alors les deux quan-
tités sont dites incommensurables entre elles .
2. Cela posé , soient a et b les deux quantités dont il s'agit, q, qι,
q. , etc. , les quotients successifs , r, r., r., etc. , les restes correspon-
dants; on aura
a = bq + r ,
b = rg. + r.,,
(1 ) r = r.q. + ra ,
r = 1.93 + 13 ,
etc.;

MARS 1836. 13
94 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
on en déduit
a 1

8 = 9 + 5 = 9+

bir
= = 9+ =q +


r = + = +
r
= q. + ,

etc.;

a
d'où = 9+ I

9+ I

92 +
93 + etc.

Si les quantités a et b sont commensurables entre elles , cette frac-


tion continue sera limitée . Dans le cas contraire elle sera indéfinie. Le
rapport numérique entre a et b sera exprimé dans le premier cas parla
réduite finale correspondante au dernier quotient; dans le deuxième
cas , il ne sera pas exprimable exactement , mais les réduites succes-
sives de la fraction continue en donneront des valeurs indéfiniment ap-
prochées
3. Si deux autres quantités a' et b' homogènes , conduisent aux
mêmes quotients q, q1, q2 , ..... que les quantités a et b , le nombre
de ces quotients étant d'ailleurs fini ou infini , le rapport numérique
de a' et b' sera égal au rapport numérique de a et b , et l'on aura la
proportion a : b :: a' : b' .
C'est en s'appuyant sur ce principe dû, je crois , à Arbogast, que
M. Vincent établit fort simplement plusieurs propriétés fondamentales
de la géométrie: 1º. la proportionnalité des angles aux arcs décrits de
leurs sommets comme centre avec un même rayon; 2°. la proportion-
nalité des rectangles à leurs bases , quand les hauteurs sont égales , etc. ,
propositions qui exigeaient un tour particulier de raisonnement pour
passer du commensurable à l'incommensurable , et qui n'étaient pas à
l'abri d'objections fondées , comme l'ont judicieusement observé
MM. Lefébure de Fourcy et Vincent.
PURES ET APPLIQUÉES . 95
4. Mais notre but n'est pas d'insister sur l'avantage de ce nouveau
mode d'établir la proportionnalité entre les quantités géométriques ,
parce que nous le croyons généralement apprécié aujourd'hui. Nous
avons dessein de fixer ici l'attention sur une belle propriété de la série
des restes r, r,,,, etc. , et d'abord nous établirons ce théorème fon-
damental .
La somme des restes r , r,, r,, etc. , indéfiniment décroissants qu'on
obtient en soumettant deux quantités homogènes incommensurables
a et b à l'opération de la recherche de la plus grande commune mesure
admet toujours une limitefinie.
En effet , ajoutant la suite indéfinie des égalités (1 ) , il vient
a + b = bq + rq. + riga + raqs + etc. ,
ou

(2) a
- b(q- 1 ) = rg. + r.q. + [Link] + etc.
Or, q1 , q2 , 93 , etc. , ne sont jamais < 1 , donc la sommer + r + r
+r + etc. , n'est jamais > rq + r.q. + etc. , ou > a - b (q - 1) ;
donc , etc.
4. Maintenant on sait ( Théorie des nombres de Legendre , 1º partie ,
§ V) que les racines quarrées des nombres non quarrés s'expriment par
des fractions continues périodiques que l'on détermine facilement dans
chaque cas particulier par une méthode connue. Cette propriété va
nous servir à trouver la limite de la somme des restes r, r,, ra, rs , etc.,
quand le rapport des quantités a et b est exprimé par √m : 1 ; m étant
un nombre entier quelconque.
Soit d'abord m= 2 , et faisons a = V2 , b = 1 , on aura
+1
V2 I

2+
I
2+ I
2+
2 + etc.

Donc ici q= 1 , q =q.=q3= etc. 2.

Donc l'égalité (2) donne


√2 = 2 (r +++
r
13 + etc.) ;
13..
96 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
1
d'où r + r + ra + 13 + etc. V2.
2

De là ce théorème élégant :
Dans la recherche de la plus grande commune mesure entre la dia-
gonale et le côté du quarré , la limite de la somme des restes est
égale à la demi-diagonale du quarré.
5. Qu'il me soit permis de m'arrêter un instant sur ce premier cas ,
à cause de sa célébrité, et parce qu'il m'a conduit aux présentes re-
cherches. Je crois d'abord que l'incommensurabilité de la diagonale
et du côté peut être prouvée avec plus de rigueur qu'on ne le fait
d'ordinaire .
Soit d la diagonale et c le côté; il est clair que dest > c , mais
< 2c , donc en divisant d par c, le quotient sera 1 , et si l'on nomme
le reste , on aura
d= c + r.

Ensuite si l'on porter dans c , on verra aisément encore query


est contenu deux fois avec un reste r ; mais , pour ne rien supposer
gratuitement, désignons par q, le quotient et par r, le reste. En por-
tant de même r, dans r, soit q. le quotient et r, le reste, et ainsi de
suite : on aura
d = c + r ,
c = rq. + r. ,
(3) r = r.q. + r. ,
r₁ = [Link] +13 ,
etc.

Il s'agit de prouver rigoureusement qu'aucun des restes ',, ' , '3, etc. ,
n'est nul , ensorte que le nombre des égalités précédentes est indéfini.
A cet effet , supposons que d'une extrémité de la diagonale on décrive
un cercle avec un rayon égal au côté, et que l'on prolonge la diago-
nalejusqu'à ce qu'elle rencontre de nouveau le cercle, le côté c du
quarré sera moyen proportionnel entre la sécante entière 2cret
la partie extérieure r; donc on aura
2c+ r C

C
PURES ET APPLIQUÉES. 97

ou = 2+ ;

mais des égalités (3) , on tire


C

= 9+ r
;

r
donc 9 + = 2+
r

Or, quand un entier plus une fraction < 1 est égal à un entier
plus une fraction < 1 , l'entier doit être égal à l'entier et la fraction à
la fraction ; donc on doit avoir
r

१. 2 et =

Donc r, n'est pas nul.


Ensuite, en renversant les fractions , on a
r

2+ ;

mais les égalités (3) donnent


= +
r

donc on a encore

9. + r
=
2+
2-

et par conséquent
ric

=
q = 2 et

Et l'on voit quer n'est pas nul. En continuant ainsi, on prouvera


que les quotients q. , q., qs, etc. , sont égaux à 2, et qu'aucun des
restes r, r., r., rs, etc., ne peut être nul. Donc la diagonale est
incommensurable avec le côté.
Il est clair aussi que les restes r, r., T., rs , etc., forment une pro-
gression géométrique décroissante indéfinie , dont la limite est, comme
on sait , égale au premier terme divisé par l'unité moins la raison;
98 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
donc la limite de la somme des restes est
r cr

;
r
I
C

or l'inspection de la figure prouve que l'on a


I
C r : c :: r :
2
d,

donc la limite est la demi-diagonale; ce qui s'accorde avec ce que


l'on a vu.
Supposons maintenant a = √3 , b = 1 , on a
+1 I

V3 I

+ I
2+ I

1+ I
2+
1 + etc.;

donc ici q = 1 , q₁ = 1 , q. 2, q3 = 1 , etc. ,


et a = b + r ,
b = r + r,
r = 2r + ra ,
r = r. + 13 ,
1 = 213 +
2 4,
etc.

Multipliant par 2 les 2º, 4º, 6º, etc. , de ces égalités , et ajoutant, on a
a + b = 2 (r + r ra + 13 + etc.);
donc r + + + etc. = = ( √3 + 1 ).
7. Pour a = √5,6 = 1 , on trouve
I

√5 = 2 + I

4+ I

4+
4+ etc.;

ce qui donne aisément pour limite de la somme des restes ( 5-1 ).


PURES ET APPLIQUÉES. 99

Pour a = √6 , b = 1 , on trouve la limite = 4√6 .


8. Si a = √7 , b = 1 , la recherche de la limite est plus difficile ,
parce que la fraction continue présente une période de quatre termes .
En effet , on a
I

√7 = 2+ I
1+
+1 I

+1 I

4+ I
+1
I
1+
+1 I

4+ etc.

Voici comment M. Terquem détermine dans ce cas la somme des


restes. La méthode est générale et convient aux périodes composées
d'un nombre quelconque de termes .
Soit a =
bq + r ,
b = rg . + r1 ,

r = r.q₂ + r. ,2

r = [Link] + 13 ,
I

r =
1394 + 4
13 = 149: +15,
14 = 159. + 16 ,
1's = 1693 + г,,
r =
1694 + 18 ,

Faisons r + 14 + 18 + 18 + etc. = x ,
+15+ 9, + 13 + etc. y,
+ 16 + to + 14 + etc. = 2 ,
13+ , + , + 7.5 + etc. = u.

La première des égalités donne r= a- bq.


Partageons les autres en groupes de quatre , et ajoutons successive-
ment les 1 res

,
2
mes 3mes, 4mes égalités de chaque groupe. Il vient
,
100 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
b + u = q.x + y,
x = q.y + z,
y= 932 + и,
-

z = qu + x r;

de ces quatre équations du premier degré, on tire les valeurs de x ,


y, z , et u , et en les ajoutant on obtient
x+y+z+u =r(29,+293-9.92+9293+919293)+b(292+294-9293
(91+93) (92 + 94) +91929394
+ 9394+ 929394) ;
pour a = √7 , b = 1 , on ar = √7 - 2 , q. = q. 93 1,

94 = 4; la limite cherchée est


5r+ 17 =
5/7+7
x + y + z + u 14 14

Si la période était de cinq termes, on partagerait les égalités par


groupes de cinq , et ainsi de suite. Le procédé convient donc à tous
les cas.
Observons que de la formule qui convient à une période de n termes,
on peut tirer celles qui conviennent aux périodes dont le nombre des
termes est diviseur de n. Ainsi, de la formule pour les périodes de
quatre termes , on déduit celle pour les périodes de 1 terme, en posant
r+b
q = q. = 93 = 94; on a alors x + y + z + u = 9 -; par exem-
ple pour a = √2 , b = 1 , on ar = √2-1,9, = 2 , donc la limite
= V2 .
Pour les périodes de deux termes on fait q₁=q3 , q.=94 , et il vient
rq + bq2
x + y + z + u =
9192

Pour a = √3 , b = 1 , ona r = 1
/ 3-1 , q₁ = 1 , q. 2;
( 3-1 )+2 +3
donc la limite =

2
=
2
; et ainsi de suite.

NOTE 1. La recherche du nº 5 peut être encore présentée d'une


autre manière très simple et très rigoureuse, que voici :
Portant csurd, on a un rester, sur lequel je construis un quarré ;
il est facile de voir que le côté c sera égal à la diagonale d, de ce
PURES ET APPLIQUÉES. 101

quarré, plus r. On aura donc d = c + r , c = r + d,; main-


tenant , si l'on porte le côtér sur la diagonale d. , on aura comme
ci-dessus d₁ = r + r,, r = r + d.; ensuite d₁ = r + r,,
r r. + ds ; on en tire
r C

C
= 1+ C
, = 1 + ,

r 3
1+
r
, = 1 + ds, etc.
r

Or le rapport de chaque diagonale à son côté est constant; donc


on a
‫تا‬

d d3
=
C r
=
r
=
= etc .;

C r

d'où il suit que r Γ


= etc.

Donc les restes successifs sont en proportion géométrique décrois-


sante , etc.

NOTE II . On trouve dans Kepler ( Harmoniæ mundi, p. 10 , édit.


de 1649) un point de philologie mathématique qui éclaircit une ex-
pression de sens assez louche. Les Grecs distinguaient deux sortes de
rapports : les uns exprimables , effables , λογοι ; les autres non expri-
mables , ineffables , αλογοι. Or, le mot λογος a deux acceptions :
PAROLE (verbum), et RAISON (ratio). Au lieu de prendre la première ,
les Latins , en traduisant , ont pris la deuxième; de là le rapport
rationnel et le rapport irrationnel, ce qui n'a pas de sens; tandis que
l'expression exacte est rapport exprimable ou rapport inexprimable.
Cette observation de Kepler est d'une grande justesse. ( Note de
M. Terquem .)

Mars 1836. 14
102 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES

NOTE

Sur une manière de généraliser la formule de Fourier;


PAR J. LIOUVILLE .

En désignant parf(x) une fonction de x assujettie à la condition


de ne jamais devenir infinie lorsque la variable x prend successive-
ment toutes les valeurs comprises entre les limites -∞ et + 8
∞ ,, on
a , comme on sait, entre ces deux limites
8
+8

(1) f(x) = fdz + cos (zy -- zx)f(x)dy.


0 18

La formule ( 1 ) a été donnée pour la première fois par l'illustre Fou-


rier, dont elle a conservé le nom. On peut la généraliser de la manière
suivante.
Soit (x) une fonction de x et $,(x) son intégrale indéfinie prise
depuis x=0 , en sorte que l'on ait (x) f (x)dx; nous suppo-
=

serons la fonction (x) telle qu'elle ne surpasse jamais un certain


+0∞ φ, (θ)de
maximum; soit de plus A la valeur de l'intégrale définie 18 8
;

si la quantité représentée par A n'est ni nulle ni infinie, je dis que ,


pour toutes les valeurs réelles de x , on aura
8

(2) f(x) = A Sdzzy-zox)f(y) dy.


18

Pour démontrer ce théorème , faisons


I 8 +8

Sdz
0 18 + ( y - zx)f( y)dy = u,
PURES ET APPLIQUÉES . 103

et il s'agira de prouver que l'on a u = f(x). J'effectue d'abord l'in-


tégration par rapport à z , non pas depuis z= o jusqu'à z= x , mais
depuis zo jusqu'à une valeur indéterminée de z que je traiterai
comme infinie dans l'intégration relative à y. En observant que l'é-
quation
f (x)dx = $.(x)
donne

Sozy- zac)dz = P (x(zy-2 ),


-zx)
0 y-x

je trouve ainsi
I

+00 (zy-2x) f(x)dy.


A

u =
18 y-x

Si l'on faity = x + la valeur de udeviendra

I
u =
* S+18 6 f (x + do.
Or la quantité z étant infinie, on a f(x +1)=f(x), excepté pour
les valeurs de qui sont elles-mêmes infinies , valeurs auxquelles
on peut n'avoir aucun égard, parce que le facteur ,qui devient
nul alors , rend insensible la partie de l'intégrale qui leur correspond.
On aura donc simplement
+8
u = f(x) [+000,(0)d3 = f(x),
A 18

ce qu'il fallait démontrer. Si l'on pose (x) = cos x , l'équation (2) se


change dans l'équation (1), et notre démonstration coïncide avec
celle que Deflers a donnée de la formule de Fourier.
On peut établir une autre formule plus générale que la formule (2).
Désignons par F(z , 0) une fonction de zet de qui devienne nulle
quand on a à la fois z = 0 , 0 = 0 ; supposons en outre cette fonction
telle que si , après y avoir posé z= + ∞ , on forme l'intégrale
8

+0∞F(0∞ , 6)do
,
18 0

14 ..
104 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
cette intégrale ne soit ni nulle ni infinie , mais possède au contraire
une valeur finie et déterminée A; faisons enfin

DIH
dF(z, 6) + dF(z, 0)
dz do = φ(2 , θ) ,

et admettons que la quantité (z, 4) ne devienne jamais infinie. Cela


posé, je dis que l'on aura
8
I +8
(3) f(x) =
Sdz + (z, zy- zx)f(y)dy.
0 18

Représentons en effet par u la valeur du second membre de l'équa-


tion (3). D'après la composition de la fonction 4, on trouve immédia-
tement

- F(z, zy-zx)
f (z, zy
0
zx)dz =
y-x

Si donc on effectue d'abord, dans l'expression de u, l'intégrale rela-


tive à z depuis z= o jusqu'à une valeur indéterminée z, que l'on
traitera ensuite comme infinie , on obtient
I +8
u =
1 +0 F(z,zy-zx) f(x)dy.
18
y-x

En désignant par une nouvelle variable , je faisy=x + ,, dy ,


ce qui me donne

u = s+ F(, ) f(x + 1)do.


18 6

La valeur dez étant infinie, on peut remplacerf(x++) parf(x),


F(z, 0) par F(0 , 0) ; de la résulte finalement
I

u = f(x) + F(0, 0)dd = f(x) ,18

ce qu'il fallait démontrer.


La formule (5) se déduit à son tour d'une autre formule dans la-
quelle la constante A est remplacée par une fonction de x. Représen-
tons en effet par F(x, 2 , 0) une fonction de x, z, e , qui devienne
PURES ET APPLIQUÉES. 105

identiquement nulle lorsqu'on a en même temps z= 0 , 0= 0 . Suppo-


sons en outre cette fonction telle que l'intégrale
+∞ F(x, ∞ , θ)αθ
18 0

ne se réduise ni à zéro ni à l'infini, mais possède au contraire quel


que soit x une valeur finie (x). Cela posé , si l'on fait
Z
dF(x, z, 6) + dF(x , z, 6) = φ(x, z, θ) ,
6 dz de

et si l'on regarde la quantité (x , z, 4) comme ne devenant jamais


infinie, on aura
8
+8

(4) f(x) = (x) 0 dz + (x, z, zy-zx)f(y)dy.


18

Nous nous dispenserons de transcrire ici la démonstration de la


formule (4) , parce que cette démonstration est entièrement semblable
à celle que nous avons donnée ci-dessus de la formule (3).
106 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES

www

MÉMOIRE

Sur les Équations différentielles linéaires du second


ordre ;

PAR C. STURM .

( Lu à l'Académie des Sciences , le 28 septembre 1833. )

La résolution de la plupart des problèmes relatifs à la distribution


de la chaleur dans des corps de formes diverses et aux petits mouve-
ments oscillatoires des corps solides élastiques , des corps flexibles ,
des liquides et des fluides élastiques , conduit à des équations différen-
tielles linéaires du second ordre qui renferment une fonction incon-
nue d'une variable indépendante et ses différentielles première et
seconde multipliées par des fonctions données de la variable . On ne
sait les intégrer que dans un très petit nombre de cas particuliers hors
desquels on ne peut pas même en obtenir une intégrale première ; et
lors même qu'on possède l'expression de la fonction qui vérifie une
telle équation , soit sous forme finie , soit en série , soit en intégrales
définies ou indéfinies , il est le plus souvent difficile de reconnaître
dans cette expression la marche et les propriétés caractéristiques de
cette fonction. Ainsi , par exemple , on ne voit pas si dans un inter-
valle donné elle devient nulle ou infinie, si elle change de signe ,
et si elle a des valeurs maxima ou minima. Cependant la connais-
sance de ces propriétés renferme celle des circonstances les plus
PURES ET APPLIQUÉES. 107

remarquables que peuvent offrir les nombreux phénomènes physiques


et dynamiques auxquels se rapportent les équations différentielles
dont il s'agit. S'il importe de pouvoir déterminer la valeur de la
fonction inconnue pour une valeur isolée quelconque de la variable
dont elle dépend , il n'est pas moins nécessaire de discuter la marche
de cette fonction , ou en d'autres termes , d'examiner la forme et les
sinuosités de la courbe dont cette fonction serait l'ordonnée variable ,
en prenant pour abscisse la variable indépendante. Or on peut ar-
river à ce but par la seule considération des équations différentielles
en elles-mêmes , sans qu'on ait besoin de leur intégration. Tel est
l'objet du présent Mémoire. Les fonctions dontje me suis occupé ont,
comme on le verra , des analogies remarquables avec les sinus et les
exponentielles , et peuvent , dans certains cas , être évaluées numéri-
quement avec une approximation suffisante à l'aide des tables loga-
rithmiques et trigonométriques. La même théorie fournit les moyens
de calculer les racines de ces équations transcendantes qui se présen-
tent dans la physique mathématique, et fait connaître les propriétés
singulières dont jouissent ces racines. Le principe sur lequel repo-
sent les théorèmes que je développe , n'a jamais, si je ne me trompe ,
été employé dans l'analyse , et il ne me paraît pas susceptible de
s'étendre à d'autres équations différentielles. Dans un autre Mémoire,
j'exposerai les applications de cette théorie à quelques problèmes , et
un grand nombre de lois qui en résultent.

I.

Je considère l'équation différentielle


dV dV
L + M + NV = 0; (1)
dx dx

V est une fonction inconnue de la variable x qui doit satisfaire à cette


équation pour toutes les valeurs de x comprises entre deux limites
données x , X ; L , M , N , sont des fonctions de x données pour
toutes les valeurs de x croissantes depuis x jusqu'à X. Je commence
par ramener l'équation différentielle proposée à la forme suivante ,
108 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
dV
d. K
dx

dx
+ GV 0. (1)

On rend les deux équations ( 1) et (I) identiques , en posant


dK N G
1
MK
L Kdx', et L
d'où l'on tire
Mdx Mdr
L T
K = e , G = Ne
On connaît ainsi les fonctions Ket G dans la nouvelle équation (I) ,
qui prend la place de l'équation (1) . Mais ordinairement , les équa-
tions du second ordre qui proviennent des problèmes de physique
mathématique , se présentent immédiatement sous la forme de l'équa-
tion (I) , de sorte qu'on est dispensé de leur faire subir la transforma-
tion que nous venons d'effectuer sur l'équation (1 ).
L'intégrale complète de l'équation (I) doit contenir deux cons-
tantes arbitraires , pour lesquelles on peut prendre les valeurs de V et
dV
de de correspondantes à une valeur particulière de x. Lorsque ces
valeurs sont fixées , lafonction V est entièrement définie par l'équa-
tion (I) , elle a une valeur déterminée et unique pour chaque valeur
de x.

En écrivant l'équation (I) ainsi


dV dK dV
K
dx²
+ dx dx + GV = 0,

et en la différentiant ensuite autant de fois qu'on voudra , on voit que


si la fonction K devenait nulle pour des valeurs particulières de x ,
d-V d³V
de, d , etc. , pourraient devenir infinies en même temps que K
s'annullerait , et par suite la fonction V pourrait aussi devenir infinie .
Pour supprimer cette cause de discontinuité , nous supposerons
toujours que K soit constamment positive entre les limites X , X, et
que si elle est nulle à l'une de ces limites, on ait en même temps
PURES ET APPLIQUÉES. 109.
dK dV daV
dx dx + GV = o afin que la valeur de dx fournie par l'équa-
tion ( 1) ne soit pas infinie. D'ailleurs G est tout-à-fait arbitaire .

II .

Lorsque la fonction V s'évanouit pour une valeur particulière de x,


dV
dx ne peut pas s'évanouir en même temps.
dV
En effet, il résulte de l'équation (I ) que, si V et dx étaient nulles pour
dV d³V
une même valeur de x, toutes les fonctions dérivées dx dx3', ... s'éva-
dV
nouiraient en même temps que V et dx' et par suite V serait nulle
pour toutes les valeurs de x. Mais voici une démonstration plus rigou-
reuse de cette proposition .
Supposons que V ne soit pas nulle pour x = a. On peut concevoir
une fonction V' qui , prise pour V, satisfasse à l'équation (I) et qui
d'ailleurs diffère de V en ce qu'on se donne à volonté pour x = a
dV' dV
des valeurs de V' et de
dx
différentes de celles de V et de
dx

On a donc les deux équations

d(K ) + GV = 0 ,
dx

d(K )
dx + GV' = 0 ,

d'où l'on tire , en multipliant la première par V'dx, la seconde par


Vdx, et retranchant

V'.d.(k )- V.d. (k ) = 0.
dx dx

Le premier membre de cette équation est la différentielle de ...


K(VV - V ) ; en intégrant , on a donc
dx
MARS 1836. 15

1
110 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
dV
K(V dx - V ) = C,
C étant une constante arbitraire.
On suppose que V n'est pas nulle pour x= a, et l'on peut se donner
dV'
à volonté pour x = a des valeurs de V' et dx telles que la formule
dV dV
K V
ait pour x= a une valeur différente de zéro ,
-

(V dx dx

qui sera celle de la constante C. On voit alors que pour toute autre
dV
valeur de x , on ne peut pas avoir en même temps V = o et dx = 0 ,
puisqu'il s'ensuivrait C = o , contre l'hypothèse .
dV
Ainsi dx
ne peutjamais se trouver nulle en même temps que V.
Il s'ensuit que V change de signe chaque fois qu'elle s'évanouit. Car
dV
si V est nulle pour x = 5 , il résulte de la définition même de dx'

que V aura pour les valeurs de x un peu plus grandes que le signe
dV
de pour x= , et le signe contraire pour les valeurs de x un
peu moindres que ; en sorte que , quand xen croissant atteint
et dépasse la valeur ξ , V en s'évanouissant passe de l'état négatif au
dV
positif, ou du positif au négatif, selon que la valeur de dxpour
X § est positive ou négative.
III .

La fonction V dépend implicitement des fonctions Get Ket des


dV
valeurs arbitraires A et B qu'on peut attribuer à Vet à dx pour une
valeur particulière de x.
Nous allons examiner quel changement V éprouvera, si l'on altère
en même temps les fonctions Get K pour chaque valeur de x , et les
constantes A , B , de quantités infiniment petites , ou pour parler avec
plus de rigueur, aussi petites qu'on voudra.
Pour fixer les idées et pour abréger le discours , nous regarderons
les quantités G , K , A , B, comme fonctions d'un paramètre indéter
PURES ET APPLIQUÉES . 111

miné et indépendant de x que nous désignerons par m; elles seront


des fonctions de m tout-à-fait arbitraires , assujetties à la seule condi-
tion de varier par degrés insensibles en même temps que m : on
pourra d'ailleurs ne pas faire varier ces quantités G, K , A , B, toutes
à la fois avec m; on pourra supposer aussi que la fonction Gou K
reste la même pour certaines valeurs dex , malgré la variation de
m; en un mot, les altérations infiniment petites que G , K , A , B ,
éprouveront quand m variera infiniment peu , seront entièrement
arbitraires .

Pour exprimer que ces fonctions G , K , varient non-seulement par


la variation de x , mais encore par celle du paramètre m , nous les
désignerons , quand il en sera besoin , par G (x , m) et K(x , m).
De même V qui dépend implicitement de x et de m sera représentée
par V (x , m), et dans cette expression , on pourra remplacer xou m
par telle valeur particulière qu'on voudra.
On peut considérer les deux variables indépendantes x et m comme
étant les coordonnées rectangulaires x ety d'un point pris à volonté
sur un plan horizontal , et concevoir une ordonnée z perpendiculaire
à ce plan en ce point-là, et égale à la valeur de la fonction G x, m)
correspondante aux valeurs actuelles de x et de m. On aura ainsi , en
faisant varierxetm , une surface représentée par l'équation
z = G(x , m). A chaque valeur particulière de m correspond sur
cette surface une courbe dont le plan est parallèle au plan xz à la
distance m , et dont les ordonnées verticales représentent les valeurs
successives de la fonction G pour cette valeur de m. Cette courbe
change de forme insensiblement et engendre la surface quand m varie
par degrés insensibles. On peut de même imaginer deux autres sur-
faces dont les ordonnées verticales représentent les deux fonctions
K(x , m) et V (x , m).
IV.

En concevant ainsi les altérations arbitraires des quantités G, K, A, B,


comme produites par la seule variation du paramètre m, faisons main-
tenant varier m dans l'équation (I) . Désignons par la caractéristique d
cette espèce de variation, indépendante de celle indiquée par d qui se
rapporte à x.
15..
112
JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
En observant que l'on a en général pour toute fonction P de x et
dem ,
SdᏢ = dSᏢ,
dP dP
d d
dm
ce qui revient à dm dx

l'équation
d.(K ) + GV = 0,
dx (1)

différentiée par rapport àm , donnera


dV
d.d.(Κ

dx + GAV + ᏙᎴᏀ = o . (2)

Multiplions l'équation (1) par [Link] , l'équation (2) par - [Link] ,


et ajoutons les produits , nous aurons

V.d.(K ) - V.d.d(K ) = [Link]. (3) dx

Intégrons les deux membres de cette équation , par rapport à x, de-


puis x = x jusqu'à une valeur indéterminée de x.
dV
En intégrant par parties le premier terme SV.d. (K ), dx
sans fixer

les limites de l'intégration, on trouve


dV
sv.d.(K dx) = V.K - K..dx.
On a de même

dV dV dV dV
V.d. (K ) = ν.δ. (K ) -f (K ) .. dx ;
dV
ou bien à cause de d. (K dx) = . K + K dx ]
2
dv
.dx.
V.d. (κ ) .. (κ ) -f( ) .[Link]- k .
En retranchant cette dernière intégrale de la précédente , on aura
PURES ET APPLIQUÉES. 113
donc

Ssv.d.(KV)-SV.d. (K )=JV.K -V..(K )+f( ). [Link].


dx

C'est l'intégrale indéfinie du premier membre de l'équation (3) : par


conséquent en intégrant cette équation depuis x = x jusqu'à une
valeur quelconque de x, on aura
2
dV dV x/dV
V.K -V.. (K )= C+ [Link] -f ( x) ..dx. (4)
dx dx X

La constante C introduite par l'intégration est égale à la valeur de la


dV dV
formule V.K dx
-

ν.δ. (Κ ), pour
K x = x , et l'on peut at-
dV
tribuer à Vet à d K des valeurs arbitraires pour x= x .
dx

Si au lieu d'intégrer l'équation ( 3 ) entre les limites x et x ,


on l'intègre entre les limites x et X , on aura de même l'équation
suivante :

X X/ dV 2

V.K -V..(κ )=C-S *v*.[Link]+ f ( x) .[Link], (5) I

dV dV
la constante C' étant égale à la valeur de V.K - . (K ) pour dx
X Χ.

On remarquera qu'on a identiquement


2
dV dV V

dx
-ν.δ. (Κ dx =

(K ) δ.
dv , (6)
K
dx

et aussi
dV
K
dV dV - = d.x
V .. (7)
V.K -V..(Κ )
dx x

V.

La formule (4) peut encore se déduire d'une autre qu'il est bon de
connaître.
114 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
Combinons l'équation
dV
d. K
dx
dx
+ GV = 0,

avec cette autre équation de même forme

d. (Kdv
dx

dx
+ G'V' = 0,

dans laquelle G' et K' sont des fonctions quelconques de x diffé-


rentes de G et de K. Ces deux équations donnent la suivante :

V.d.(K ) -V.d.(K
dx )= (G - G) VV'dx. (8)
Or, on a

fv.d.(K )= V.K -SK..dx.


[V.d.(KV)= V.K -SK dx [Link].
dx
dvdv

Conséquemment ens intégrant l'équation (8) depuis x= x jusqu'à


une valeur quelconque de x , on aura (9)
Ababmaster si

V.K -[Link]=C+SVV (G -G)dxd (K-K)dx.


La constante arbitraire C étant égale à la valeur du premier membre
V'.K [Link]
dx
V pour x= X.
d.x
Si l'on suppose actuellement les différences G' - G , K' - K , infi-
dV'
niment petites , et les valeurs de V' et de K' dx pour x = x infini-
dV V' différera infini-
ment peu différentes de celles de V et de K dx'
ment peu de V , et en faisant G'=G +SG, K =K+SK, V =V+ V
dans l'équation (9) , elle deviendra l'équation (4) du numéro précé-
dent.
Il reviendrait au même de différentier cette équation (9) , par rap-
port au paramètre m qui n'entre que dans G, Ket Vet non dans
PURES ET APPLIQUÉES. 115

G', K' et V', et de faire après cette différentiation , G'= G, K' = K


et par suite V' = V , en prenant d'ailleurs la constante C égale à la
valeur du premier membre pour x = x.
On arrivera de la même manière à la formule (5) .
VI.

A l'inspection de l'équation (4) , on reconnaît


dV
que l'expression
2
V
V.K - V..(K ) équivalente à (κ )δ.
dV
dx
-

dx
K
dV
et aussi

dx
dV
K
dx
à-V ..
a- aura pour chaque valeur de x une valeur dif-
V

férente de zéro et positive , si le second membre de cette équation (4)


est positif pour toutes les valeurs de x depuis x jusqu'à X. Or, on le
rendra tel , si , en supposant om positive, on prend la constante C
positive ou nulle , la variation arbitraire G aussi positive ou nulle , et
K négative ou nulle , pourvu toutefois qu'on ne suppose pas ces quan-
tités C , SG et SK , nulles toutes trois en même temps. En considérant
dV
que C représente la valeur de V.K dx V.δ. dx pour x=x, on voit
queprendre C positive ou nulle, c'est supposer que la valeur du rapport
V

dy pour x = x augmente ou du moins ne diminue pas , quand on


K
dx

fait croître m , ou ce qui revient au même , que la valeur du rapport


dV
K
dx
inverse V
pour xx diminue ou du moins n'augmente pas, quand
m augmente ; en particulier, si l'on a V = o pour x = x , il faut
V
admettre que la valeur de av pour x = x devient positive, ou de-
K
dx

dV
meure nulle, quand m augmente; et, si l'on aK dx = o pour x = x, que
V
K
dx
celle de V
pour x= x devient négative ou reste nulle , quand
m augmente.
116 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
Lorsqu'on fait SG positive et K négative , on suppose que , pour
chaque valeur de x la valeur de G augmente et celle de K diminue,
tandis que m augmente. Et quand on fait SG ou SK nulle pour
certaines valeurs dex , alors pour ces valeurs- là , Gou K conserve
la même grandeur , malgré la variation de m.
En admettant donc ces hypothèses qui rendent le second membre
de l'équation ( 4 ) positif , et observant que le premier........
V.K -V.δ. (Kay) peut être présenté sous les deux formes
dV

dx
dV

dx

(6) et (7) , on voit, que pour chaque valeur de x, la variation


dV
V dx

8. ( ) K
dV
sera
positive , et d. ( V négative, ce qui signifie que
dx

la valeur de l'expression av augmente quand m augmente, ou que


K
dx
dV
K

celle de
Vde diminue. On a donc cette proposition :
Si pour chaque valeur de x la valeur de la fonctionG augmente in-
finiment peu , si en même temps K diminue, et si la valeur du rap-
V
port dy pour x = x augmente ou si celle du rapport inverse
K
dx
dV
K
dx
V diminue , pour toute autre valeur de x plus grande que x , la
dV
K
V dx
valeur de av augmentera ou celle de V
diminuera infiniment
K
dx

peu. Et il en sera de même , si les altérations indiquées n'ont pas


lieu toutes à la fois , pourvu qu'une d'elles au moins ait lieu.
VII .

En admettant toujours les hypothèses énoncées dans le numéro


précédent, nous allons maintenant considérer les différentes valeurs
de x qui annullent la fonction V et montrer que chacune de ces va-
PURES ET APPLIQUÉES. 117

leurs diminue quand m augmente. Cette proposition est fondée sur ce


dV V
que, d'après la formule (4) , toutes les fois que V est nulle , dx et бт
ont des valeurs différentes de zéro et de même signe.
En effet , supposons que V soit nulle pour des valeurs particulières
de x et de m. Si l'on donne à ces valeurs de x et de m des accrois-
sements infiniment petits dx et dm , la fonction V deviendra
dV dV
V+ dx + m dm, et cette fonction sera encore nulle pour ces
dv dV
nouvelles valeurs x+dx et m+ dm , si l'on a dx dx+ dm dm = 0 .
dV
dm dx
On tire de là
dx dV
dm
dm
Cette valeur du rapport de est négative ; car, en vertu de la for-
dV dV
mule (4) , lorsque V est nulle , d et бт ou dm
ont des valeurs dif-

férentes de zéro et de même signe. Les accroissements infiniment petits


dx et dm qu'il faut donner aux valeurs de x et de m qui annullent
V pour avoir toujours V= 0 , doiventdonc être de signes contraires ;
en d'autres termes , chaque valeur de x qui annulle V diminue quand
m augmente , et augmente quand m diminue.
On peut rendre plus sensible la vérité de cette proposition par la
considération de la courbe qui est le lieu géométrique des points pour
lesquels on a V (x , m) = o , en regardant x et m comme des coor-
données relatives à deux axes tracés sur un plan. Supposons qu'on
passe d'un point de cette courbe ayant pour coordonnées x et mà un
autre point infiniment voisin sur la même courbe dont les coordonnées
soient x + dx et m + dm. On aura le rapport des accroissements in-
finiment petits dx et dm en différentiant l'équation de la courbe
dV

dV dV dm dx
V (x , m) = 0. On en tire dx dx + am dm= 0 ; puis dx
=-
dv '
dm

valeur négative , à cause de l'équation (4). Donc quand onpasse d'un


point de la courbe V (x , m) = o à un autre point infiniment voisin
sur la même courbe, la valeur de m augmente, tandis que celle de
AVRIL 1836. 16
118 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
xdiminue , ou bien au contraire m diminue et x augmente. Ainsi ,
chaque branche de cette courbe, en s'éloignant de l'axe des x, se di-
rige vers la gauche du côté des x négatives, comme l'indique la figure.

วาท"

าท'

X
0 X
X

VIII.

La proposition dont il s'agit peut encore se démontrer d'une ma-


nière tout-à-fait rigoureuse , sans aucune considération de quantités
infiniment petites , comme nous allons l'expliquer.
Attribuons à l'indéterminée m une valeur particulière quelconque μ,
et supposons que la fonction V (x , μ) s'évanouisse pour différentes
valeurs de x. Nous avons vu , nº II, que cette fonction doit changer
de signe chaque fois qu'elle s'évanouit.
Attribuons encore à m une nouvelle valeur μ' qui surpasse la pre-
mière u d'une quantité aussi petite qu'on voudra. Nous allons dé-
montrer que la nouvelle fonction V(x, μ') s'évanouira et changera de
signe entre les limites x et X au moins autant de fois que V(x , μ) ,
pour des valeurs de x un peu moindres que celles qui annullent
V (x, μ) .
Soit l'une quelconque des valeurs de x pour lesquelles V (x , M)
s'évanouit , de sorte que V( ξ , μ) = o . D'après la formule (4) ,
dV

dx
et бт
doivent avoir, pour x = et m = u des valeurs différentes
de zéro et de même signe.
Attribuons à x une valeur a plus petite que ξ , telle que pour cette
valeur a et pour toute autre comprise entre a et la fonction V(x,μ )
ne soit point nulle et conserve constamment le même signe : on peut
toujours prendre a assez près de § pour que cette condition soit rem-
plie. Alors V (x , μ) aura pour x= a le même signe qu'elle a pour
PURES ET APPLIQUÉES. 119
les valeurs de x un peu moindres que , et par conséquent un signe
dV
contraire au signe de pour x= ; car pour les valeurs de x un
peu plus petites que ξ , V (x , μ) a un signe contraire à celui de
V
(ξ , μ).
Considérons maintenant V (x , μ') : si l'on y fait d'abord x= a ,
V(α, μ') aura une valeur différentede zéro et de même signeque V(α, μ)
quin'estpas nulle; en effet onpeuttoujours prendre p' assez peu diffé-
rente de u, pour qu'en faisantcroître m depuis u jusqu'à u', la fonction
V(a, m) nechange pas de signe. Ainsi V(x, μ') aura comme V(x, μ)
dV
pour x= a , un signe contraire à celui de α (ξ, μ).
V pour x= ६ et
Si l'on fait x= ξ , V ( ξ , μ') aura le signe de dm
m
= μ. Car V étant nulle pour x = et m = μ , doit prendre pour
x= et pour une valeur de m , telle que μ' , un peu plus grande que
ᏧᏙ
μ , le signe de la fonction dérivée δη ( ξ , μ). Or, en vertu de l'équa-
V

tion(4) dont le secondmembre est positif, ma le même signe que


dv
dx' toutes les fois que V est nulle. Donc V(x , μ') a pour x=
dV

le même signe que ε (ξ , μ).


Mais on a vu tout à l'heure que , pour x=α , V (x , μ' ) a le
dV
signe contraire à celui de cette même quantité ( ξ , μ ) ; donc
V (x, μ') ayant pour x= a et pour x= deux valeurs de signes
contraires , doit s'évanouir et changer de signe au moins une fois pour
une valeur de x comprise entre a et ξ.
On conçoit que cette valeur de x plus petite que qui annulle
V (x , μ') doit différer infiniment peu de ξ, si μ' surpasse o d'une
quantité infiniment petite, puisqu'on pourra prendre l'autre limite a
aussi près qu'on voudra de ţ , en remplissant toujours la condition
que V (x , μ) ne change pas de signe dans l'intervalle de a à ξ.
On peut représenter et résumer ce qui précède par le tableau
suivant :
16..
I 20 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
Pour x = a ......... ξ
0
on a V(x, μ) -

quand, pour x= ξ et m =μ ,
V(x, μ') -

○ + } V
dx
et ont le signe + ,

ou bien ,
V(x, μ) ++++ 0
quand pour x = ξet m = μ ,
dV ᎴᏙ
V(x, μ΄) + 0 -

dx
et
бт ont le signe 一

Le o placé entre les deux signes contraires de V(x , μ') pour x = a


et x= indique l'évanouissement de cette fonction pour une valeur
de x comprise entre a et ξ .
On vient de voir qu'à chaque valeur de x telle que qui annulle
V(x , μ) correspond toujours une valeur de x un peu moindre que
qui annulle V(x, μ') , et l'on remarquera que cette proposition subsiste
dans le cas même où la plus grande des valeurs de x désignées par
qui annullent V (x , μ) serait précisément égale à la limite X.
Il est nécessaire de prouver aussi que réciproquement à chaque va-
leur de x comprise entre x et X qui annulle V(x , μ') correspond une
valeur de x un peu plus grande qui annulle V(x , μ). La démonstra-
tion de cette proposition inverse est semblable à la précédente. Nous
l'énoncerons en peu de mots .
Supposons que V(x, μ') soit nulle pour x= ξ'. On peut donner à x
une valeur b plus grande que ' telle que V(x, μ') ait toujours le même
dV
signe quand x croîtra depuis 'jusqu'à b ; ce signe sera celuide dx pour
x=ξ'etm=μ'. La quantité V(b, u) aura le même signe que V(b, µ') si la
différence entre pet μ' est suffisamment petite. Comme onaV(ξ',μ')=0,
et que est plus petite que μ', V (ξ', μ) aura un signe contraire à
V dV
celui de
στη (ξ΄, μ')et conséquemment contraire à celui de (ξ , μ')
en vertu de l'équation (4) . Mais V (b , µ) a le même signe que cette
dV

quantité τα (ξ' , μ') ; V(x, μ) a donc deux valeurs de signes contraires


pour x = ξ' et pour x= b ; ainsi V(x , y) doit s'évanouir et changer
de signe pour une valeur de x comprise entre ' et b.
PURES ET APPLIQUÉES . 121

Ces résultats sont indiqués dans le tableau suivant :


Pour x = ' ........ b
0-
on a V (x, μ) + quand, pour x = et m = μ' ,
V (x, μ΄) ο +++++ } dV
dx
et бт ont le signe + ,

ou bien ,
-

V (x, μ) + 。 dv V
quand dx et ont le signe-.
V (x, μ') 0 -
-

} dm

On a supposé ici ξ' < X. Il n'y a pas lieu de s'occuper du cas où


l'on aurait &' = X , c'est-à-dire V (Χ , μ') = o , puisqu'on ne fait
pas croître x au-delà de X.

IX .

Il est donc prouvé qu'à chaque valeur & de x qui annulle V(x, μ),
valeur qui peut être inférieure ou égale à X, correspond une valeur de
x un peu moindre que qui annulle V(x , μ'), et vice versa;
qu'à chaque valeur de x moindre que X qui annulle V(x , μ΄)
correspond une valeur de x un peu plus grande que ξ' qui annulle
V(x , μ) . On déduit de là les conséquences suivantes , en sup-
posant que les deux fonctions V (x, μ) et V(x, μ') aient pour x = x
des valeurs différentes de zéro et de même signe , outre la condition
dV
K
dx
admise nº VI, que la valeur de V pour x=x diminue quand m
croît depuis ujusqu'à µ' .
Si V (x, μ) et V (x, μ') ont toutes deux des valeurs différentes de
zéro pour x= X , la fonction V(x, μ') s'évanouit et change de signe
précisément le même nombre de fois que V (x , t) entre les limites x
et X , et pour des valeurs de x un peu plus petites que celles qui
annullent V (x, μ) .
Si V(x, μ) est nulle pour x=X , V(x, μ') s'évanouit encore au-
tant de fois que V(x, μ) pour des valeurs de x un peu moindres que
celles qui annullent V (x, μ) , y compris X. Mais entre les limites x
et X , V ( x, μ') change de signe une fois de plus que V (α , μ) et ce
122 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
changement de signe excédant de V (x , μ') a lieu pour une valeur de
x un peu moindre que X. Car, d'après ce qu'on a démontré n° VIII,
si l'on donne à x une valeur a moindre que X , telle que V(x , μ)
conserve constamment le même signe dans l'intervalle de aà X ,
V(x, μ') changera de signe en s'évanouissant une seule fois, avant que
x atteigne la limite X pour laquelle on a V (X , μ) = 0.
Enfin , si V (x , μ') est nulle pour x= X , V (x , y) s'évanouit une
fois de moins que Vx , μ' ) , mais elle change de signe le même
nombre de fois , tandis que x croît depuis x jusqu'à X. En effet, si
l'on désigne par a une valeur de x moindre que X , telle que V (x, μ΄)
ne change pas de signe dans l'intervalle de a à X , la fonction
V(x , μ) aura pour x= a le même signe que V (x, μ') et conservera
ce même signe pour toutes les valeurs de x croissantes depuis a jus-
qu'à X inclusivement, puisque si elle s'annullait pour une valeur de
x comprise entre a et X ou même pour x = X , V( x , μ΄) devrait s'é-
vanouir aussi et changer de signe pour une valeur de x un peu
moindre que ou que X dans l'intervalle de a à X, ce qui est contre
l'hypothèse.
Il est aisé de voir qu'on arriverait aux mêmes conséquences , si la
limite X au lieu d'être constante augmentait insensiblement, tandis
que m passerait de la valeur µ à la valeur μ'.

On voit par là comment le nombre des changements de signe de la


fonction V ( x, m) entre les limites x et X pour chaque valeur attri-
buée à m , peut s'altérer quand on fait passer m par degrés insensi-
bles d'une valeur quelconque à une autre plus grande. On admet que
tandis que m augmente , la fonction V ( x, m) ne change pas de
signe pour xx , et que de plus , comme on l'a dit nº VI, la valeur
dV
K
dx
de pour xx diminue ou demeure constante .
V

Si l'on fait croître m à partir d'une valeur quelconque m', tant que
la fonction V (x, m) ne s'évanouira pas pour x=X , cette fonction
auratoujours, entre les limites x etX, le même nombre de changements
PURES ET APPLIQUÉES . 123

de signe qu'elle a d'abord pour m= m' , et les différentes valeurs


de x qui l'annullent diminueront par degrés insensibles .
Quand m atteindra une valeur pour laquelle V ( X, m) s'évanouira,
la fonction V ( x, m) aura encore pour cette valeur de m le même
nombre de changements de signe qu'elle avait pour les valeurs précé-
dentes de m et pour m=m' . Mais dès que m dépassera la valeur dont
il s'agit , V (x, m) acquerra un nouveau changement de signe en s'é-
vanouissant près de la limite X ; et en général le nombre des change-
ments de signe de V (x, m ) entre x et X augmentera toujours d'une
unité , chaque fois que m en croissant dépassera une nouvelle valeur
qui annullera V ( X , m) .
En conséquence , si m croît depuis une valeur quelconque m' jusqu'à
une autre valeur plus grande m", autant il y aura de valeurs de m entre
m' et m" qui annulleront V ( X , m), autant la fonction V (x, m" )
aura de changements de signe de plus que V (x, m') entre les li-
mites x et X ; et les valeurs de x qui annulleront V (x, m' ) seront
respectivement plus grandes que celles de même rang à partir de x qui
annulleront V ( х, т") .
On peut rendre cette proposition plus sensible en considérant
comme au nº VII la courbe, lieudes points pourlesquels on a V(x,m)=0
entre les limites x et X; cette courbe est composée de plusieurs bran-
ches qui en s'éloignant de l'axe des x se portent toujours vers la
gauche du côté des x négatives. (Voyez la figure placée à la fin
du nº VII . )
Nous désignerons dorénavant par A la différence entre les nombres
de changements de signe des deux fonctions V (x, m') et V (x, m") .
Il ne faut pas oublier que V ( x, m' ) aussi bien que V (x, m")
changede signe pour chaque valeur de x qui l'annulle, et que V (X, m)
change aussi de signe pour chaque valeur de m qui l'annulle; ce qui
dV
résulte de ce que ni dx
ni бт
ne peut s'évanouir en même temps
que V , à cause de l'équation (4).
On peut dire en d'autres termes que les équations V ( x, m' ) =0 ,
V(x, m")=0 , V (X, m)= o, n'ont point de racines égales.
124 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
ΧΙ .

Maintenant on remarquera qu'il est permis de regarder la fonc-


tion G ( x , m' ) comme une fonction de x tout-à-fait arbitraire , et
G ( x, m' ) comme une autre fonction de x également arbitraire ,
pourvu qu'elle soit pour chaque valeur de x plus grande que la pre-
mière fonction G ( x, m' ) ou au moins égale à G (x, m' ) .
En effet , si l'on se donne à volonté entre les limites x et X deux
fonctions G' et G" , telles que pour chaque valeur de x, G" soit tou-
jours plus grande que G', ou au moins égale à G' , on pourra toujours
concevoir une troisième fonction G (x, m) contenant avec x un pa-
ramètre indéterminé m, qui devienne le même que G', quand on at-
tribuera à m la valeur particulière m', la même que G" quand on fera
m=m", et qui en outre pour une valeur quelconque de x croisse par
degrés insensibles ou du moins ne décroisse pas , lorsqu'on fera croître
m d'une manière continue depuis m' jusqu'à m". Il y aura toujours
une infinité de fonctions G ( x, m) qui rempliront ces conditions.
La détermination d'une telle fonction G (x, m ) revient à celle d'une
surface assujettie d'abord à passer par deux courbes données dans deux
plans parallèles au plan xz et représentées la première par les équa-
tions y=m', z=G', la seconde par les équations y=m ", z =G" , et
qui soit telle que dans chacune de ses sections parallèles au plan yz à
la distance x, les ordonnées z= G ( x, m ) croissent toujours en même
temps que y= m , depuis G' jusqu'à G", ou du moins ne décroissent
pas. Quand pour une valeur de x particulière , G' et G" auront la
même valeur , Gaura aussi nécessairement cette même valeur.
Parmi toutes les surfaces en nombre infini qui rempliront les con-
ditions prescrites , on peut donner pour exemple , la surface gauche
engendrée par une ligne droite indéfinie qui se meut en demeurant
parallèle au plan yz et glissant sur les deux courbes données.
Les deux fonctions K (x, m' ) et K (x, m" ) peuvent de même
être remplacées par deux fonctions arbitraires de x, K' et K", pourvu
que K' et K" soient positives entre les limites x et X , et que pour une
même valeur quelconque de x, K" ait toujours une valeur inférieure
ou tout au plus égale à celle de K' ; K' et K" ne peuvent être nulles
PURES ET APPLIQUÉES . 125

que pour x = x ; pour toute autre valeur de x , K'et K' doivent avoir
des valeurs plus grandes que o .
Cela posé, le théorème auquel nous sommes parvenus à la fin
du n° X deviendra celui que nous allons énoncer.
XII .

Théorème . Soient les deux équations différentielles

d . (K ) + G'V' = 0 ,
dx

d. (K ) + G" V" = o ,
dx

qui ont lieu pour toutes les valeurs de x comprises entre les deux li-
mites x et X et pour lesquelles on admet les conditions suivantes :
G' est une fonction arbitraire de x donnée entre les limites x et X;
G" est une autre fonction de x assujettie à la seule condition d'avoir
pour chaque valeur de x une valeur supérieure ou au moins égale à
celle de G'. Les deux fonctions K' et K" sont positives pour toutes
les valeurs de x comprises entre x et X ( * ). En outre , pour
chaque valeur de x, K" doit être inférieure ou au plus égale à
dv "
K"
dx
K' . On suppose encore que la valeur du rapport V" pour x= x
dv'
K'
dx
ne soit pas plus grande que celle de V'

(*) K' aussi bien que K" peut être nulle pour x= x , pourvu qu'on ait en
même temps

dk' d ' dK" dV"


+ G/V′ = 0
= 0 ou
+ G "V" o pour r = x ,
dxdx dx dx

selon la remarque qui termine le nº I.


AVRIL 1836. 17
126 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
Ces conditions

G" G', K' K',


=

AV" av'
K" < K'
dx dx
et =
, pour x = x,
V" V

étant admises , la fonction V" s'évanouira et changera de signe autant


de fois ou plus de fois que V' entre les limites x et X ; et si l'on con-
sidère par ordre de grandeur à partir de x les différentes valeurs de x
qui annullent V' et V", les valeurs de x qui annullent V' seront res-
pectivement plus grandes que celles demême rang qui annullent V".
Concevons une nouvelle fonction G ou G (x, m) contenant avec x
un paramètre indéterminé m, qui devienne la même que G' quand on
attribue à m une valeur particulière m' , la même que G" quand on
fait mm", et dont les valeurs successives correspondantes à une
même valeur quelconque de x, croissent d'une manière continue ou
du moins nedécroissent pas , quand on fait croître m depuis m' jusqu'à
m". Il y aura toujours une infinité de fonctions G (x, m) qui rempli-
ront ces conditions. Soit de même Kou K (x, m) une autre fonction
de x etde m qui devienne égale à K' pour m=m', à K" pour m=m",
et qui décroisse ou du moins ne croisse pas, quand m croît depuis m'
jusqu'à m" , x demeurant constante. Soit une fonction V déterminée
par l'équation différentielle
dV

d. (K )
dx + GV = 0 ,

et supposons que pour chaque valeur de m, V ait toujours pour


x
x un même signe qui soit aussi commun à V' et à V", et que
dV
K
dx
la valeur du rapport V pour x x , d'abord égale à celle
dV'
K'
dx
de quand m = m', décroisse quand m augmente ou du
V
dV"
K'
dx
moins ne croisse pas , et devienne égale à celle de V"
quand
PURES ET APPLIQUÉES. 127

m devient m". Cela posé , l'excès A du nombre des changements de


signe de V" entre les limites x et X sur le nombre des changements
de signe de V', est précisément égal au nombre des changements
de signe qu'éprouve la fonction V (X, m) lorsque m croît depuis m'
jusqu'à m".
D'ailleurs , d'après ce qu'on a dit plus haut , V doit s'évanouir et
changer de signe entre les limites x et X au moins autant de fois
que V' et au plus autant de fois queV", et chaque valeur de x qui an-
nulle V est plus petite que la valeur de x de même rang qui an-
nulle V' , et plus grande que la valeur de x de même rang qui
annulle V".
Dans la première partie de ce théorème, il n'est pas nécessaire de
supposer que les fonctions V' et V" aient le même signe pour x = x .
A la vérité nous avons admis cette hypothèse dans notre démonstra-
tion, nºs IX et X. Mais la première partie du théorème a toujours lieu,
quand même les valeurs de V' et de V" pour x = x sont de signes
contraires; car on peut changer le signe de l'une de ces fonctions ,
par exemple de V' , sans qu'elle cesse de satisfaire à l'équation diffé-
rentielle

d. (K ) + G'V'o,
dx
dx
= 0,
dV' dV"
> K"
dx dx
et à la condition = pour x x.
V' V"

XII bis.

On a supposé dans tout ce qui précède , que tandis que m croît de-
puis m' jusqu'à m", la fonction V(x, m) conserve toujours le même
dV
K
dx
signe pour xx et que d'ailleurs la valeur de V pour x= x di-
minue ou demeure constante. Mais on peut supposer encore que
cette fonction V (x, m) soit nulle pour x= x quand m =m', ou quand
m=m", ou enfin pour toutes les valeurs de m depuis m' jusqu'à m" ,
sans qu'elle change de signe. On peut étendre le théorème précédent à
cesdifférents cas particuliers, en ayant égard à l'hypothèse adoptée n° VI
17 ..
128 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
dV
K
V dx
sur la valeur de ou de pour x x.
dV V
K
dx

Si l'on suppose V' ( x, m' ) ou Vo pour x= x , le théorème qui


vient d'être énoncé aura toujours lieu , pourvu que l'on considère le
dV'
K
dx
rapport V comme égal à + ∞ pour x=x , et qu'on ne tienne
pas compte de la valeur x parmi celles qui annullent V', en les com-
V
parant avec celles qui annullent V" et V. En effet , on a ici dV
0

K
dx

pour x= x et m=m' ; quand m croît au-delà de m' , la valeur du


V
rapport dv pour x= x doit augmenter, en vertu de l'hypothèse
K
dx

établie nº VI , si V ne demeure pas nulle pour x= x. Donc la valeur


V
de dv pour x=x, qui est nulle quand m= m' , devient plus grande
K
dx

que zéro, quand m croît au- delà de m' . Alors le rapport in-
dV
K
dx
verse V
a une valeur positive d'autant plus grande que m differe
moins de m' . C'est pourquoi quand m= m', on doit considérer la va-
d'
K'
dx
leur de pour x= x comme égale à + ∞ ; en même temps on
V'

doit omettre la valeur x parmi celles qui annullent V', puisque quand
m augmente , la fonction V n'est plus nulle pour x= x .
Si l'on a V"= o pour x= x, le théorème subsiste encore en suppo-
„dv"
K"
dx = -
sant
V" ∞ pour x = x et en tenant compte de la valeur x
parmi celles qui annullent V". Car quand m est un peu moindre que m",
dV
K
dx
V a pour x= x une valeur négative d'autant plus considérable
que m approche plus de m" ; et la fonction V s'évanouit pour une va
PURES ET APPLIQUÉES . 129

leur de x un peu plus grande que x , qui diminue jusqu'à devenir


égale à x, quand m atteint la valeur m" . :

Enfin si l'on a à la fois V'= o et V"= o pour x =x , on doit sup-


poser aussi Vo pour x = x , pour toutes les valeurs de mentre m'
et m", et il faut alors dans l'énoncé du théorème n'avoir égard qu'aux
valeurs de x plus grandes que x qui annullent V' , V" et V. On a cons-
V
tamment , dans ce cas , dV = o pour x = x, quelle que soit m .
K
dx

La considération de la courbe V (x, m) = o représentée nº VII peut


servir à faire comprendre comment le théorème subsiste dans ces cas
particuliers , en adoptant les conventions et restrictions énoncées.
On peut donner encore plus d'extension au théorème précé-
dent, en supposant dans son énoncé que la limite X au lieu d'être cons-
tante , augmente insensiblement en même temps que m. Cette
extension résulte de la remarque qui a été faite à la fin du no X , et l'on
peuts'en rendre compte par l'inspection de la figure ci-jointe.
X
X

m"

2
0 X X

XIII .

On peut sans altérer les fonctions Get K dans l'équation

d. (K )
dx + GV = 0 , (1)
dV
faire varier seulement le rapport de Và K dx pour x= .
La formule (4) se réduit alors à

1
130 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
dV

V. dx – V.. (κ ) = C.
-

La constante C est égale à la valeur arbitraire du premier membre


pour xx, et prendre cette constante positive , c'est supposer que la
dV
K
dx
valeur du rapport V pour x= x , que nous désignerons par h, di-
minue , quand m augmente. La démonstration précédente comprend
ce cas particulier dans lequel les variations SG et SK sont nulles. On
en conclut que lorsque h diminue , les valeurs de x qui annullent V
diminuentpar degrés insensibles , et conséquemment , si h augmente,
ces mêmes valeurs augmentent.
Désignons par V, et V. deux fonctions qui substituées à la place de V
satisfassent à l'équation (I) et en outre aux conditions
dV dV.
V₁= 0, dx
= 1 , V =1 , = o , pour x x:

la valeur générale de V sera


V = AV, + BV. ,

A et B étant des constantes arbitraires; V. est une valeur particulière de


V qui satisfait à l'équation (I) et correspond à l'hypothèse de h = o .
V, est de même une valeur de V en supposant h = ± 8
∞.
Celaposé, ona laproposition suivante : Si l'onfaitcroître la valeur du
dV
K
dx
rapport V pour x=x par degrés insensibles depuis - ∞ jusqu'à
+ ∞, chaque valeur de x qui annulle V augmente continuellement ,
en passant par toutes les grandeurs comprises entre deux valeurs con-
sécutives qui annullent V.; quand h est égale à zéro , on ales valeurs de
x qui annullent V..
Il suit de là que deux valeurs de x qui annullent V, comprennent
toujours entre elles une valeur de x qui annulle V et n'en compren-
nent qu'une : elles comprennent aussi une valeur de x qui annulle
V. et n'en comprennent qu'une; et cette valeur de x qui annulle
V est plus petite ou plus grande que celle de même rang qui an-
PURES ET APPLIQUÉES . 151

dV
K
dx
nulle V. , selon que la valeur h de V pour x= x est négative
ou positive.
XIV .

La proposition précédente admet une autre démonstration fort


simple.
Soient les deux équations

d. (K ) + GV = 0 ,
dx

d.(K ) + GV' = 0.
dx

On en tire , comme au n° II ,
dV' dV
K (VVV' ) = C.
dx
-

dx (10)

La constante C est égale à la valeur arbitraire de l'expression


dV' dV
K(V dx V dx pour xx. Cette constante C sera positive si l'on
dV dV'
K K (
dx dx
a
V
< V' pour x = x , V et V' ayant d'ailleurs pour x X

des valeurs de même signe qu'on peut rendre positives.


Cela posé, soient a et 6 deux valeurs de x consécutives qui annul-
lent V'. Il résulte de l'équation (10), comme on l'a déjà vu nº II, que
dV'
pour ces valeurs de x, de ne peut pas être nulle en même temps
d'
que V', et il est aisé de voir que - aura des valeurs de signes con-
traires pour x= a et pour x = 6. En effet , pour les valeurs de x un
dv'
peu plus grandes que a , V' et dx ontun méme signe qui est celui
132 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
dV'
de
de pour x= a , tandis que pour les valeurs de x un peu plus pe-
dv'
tites que 6 , V' a un signe contraire à celui de pour x = 6. Mais
V' a un même signe pour toutes les valeurs de x comprises entre a
dv'
et 6 : donc a pour x= 6 , un signe contraire à celui qu'elle a
dx

pour x = a.
Maintenant l'équation ( 10) où C est positive, fait voir que, toutes
dV'
les fois que V' est nulle, V a le même signe que Conséquem- •

ment V a pour x= a et pour x = 6 deux valeurs de signes contrai-


res ; V s'évanouit donc au moins une fois pour une valeur de x com-
prise entre a et 6.
On reconnaîtra de la même manière que deux valeurs de x consé-
cutives qui annullent V doivent comprendre au moins une valeur de x
qui annulle V' .
Donc ces deux fonctions V, V' s'évanouiront pour des valeurs crois-
santes de x , l'une après l'autre alternativement. V s'évanouira la pre-
mière. Car si l'on suppose que a soit la plus petite valeur de x qui an-
nulle V', les valeurs de V et de V' pour x = x étant toujours censées
dV'
positives , la valeur de ☑ pour x= a sera négative, puisque V'doit
en s'évanouissant pour x= a passer du positif au négatif; V sera donc
aussi négative pour x= a , d'après l'équation ( 10) ; mais elle est po-
sitive pour x= x ; donc V change de signe et s'annulle pour une va-
leur de x plus petite que a , c'est-à-dire que V s'annulle avant V' .
dV
K
d.x
Il suit de là que si l'on attribue au rapport , pour x = X , des
valeurs h de plus en plus petites , les différentes valeurs de x qui an-
nullent V diminueront progressivement : on est ainsi ramené à la pro-
position du numéro précédent.
XV .
dV
K
dx
Jusqu'ici l'on s'est donné à volonté la valeur du rapport pour
PURES ET APPLIQUÉES. 133

x= x et l'on a supposé cette valeur décroissante ou invariable , tandis


que le paramètre maugmentait; mais on peut aussi se donner la valeurde
dV
K
dx

V pour x= X et la faire varier avec m , en conservant d'ailleurs les


autres conditions relatives aux fonctions G , K , G', etc. On ramenera
ce cas au précédent , en faisant la variable x= a- z, a étant une
constante , et considérant toutes les quantités G , K , V, G', etc., qui
étaient jusqu'à présent fonctions de x , comme fonctions de la nou-
velle variable z qui augmente quand x diminue. La proposition du
n° XII deviendra par cette inversion celle que nous allons énoncer et
qu'on peut aussi établir directement à l'aide de la formule (5) de la
même manière qu'on a démontré celle du n° XII , en s'appuyant sur
la formule (4).
Soient les deux équations différentielles
dV
d. (K' ) + G'V' + o ,
dx

:
dV"
d. (K" d dx
dx + G"V" = o ,

dans lesquelles les fonctions G', K' , G", K" remplissent les conditions
énoncées n° XII . Si l'on a

dx > Κ' dV
K" dv" dx
'

=
V" V' pour x=X ,

la fonction V" doit s'évanouir autant de fois ou plus de fois que V'
entre les limites x et X , et si l'on considère x comme décrois-
sante à partir de X , les valeurs de x qui annullent V' sont respec-
tivement plus petites que celles de même rang à partir de X qui
annullent V".
LIB RARY
Soit encore une fonction V telle que REESE
OF THE
UNIVERSITY
dV
d. (K CALIFORNIA
dx
+ GV ,

AVRIL 1836. 18
134 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
Get Kétant des fonctions de x et de mqui remplissent les conditions
énoncées n° XII. Supposons que tandis que m croît depuis m' jusqu'à
m", V ait constamment pour x=X un même signe qui soit aussi
dV
K
dx
commun à V' et à V", et que la valeur de V
pour x X d'abord
: dV'
K'
dx
égaleà cellede V' quand m= m', croisse avec m ou du moins
dV"
K"
dx
ne décroisse pas et devienne égale à celle de
y , quandmdevient
m". Cela posé, l'excès du nombre des changements de signe de V"
entre les limites x et X sur le nombredes changements de signe de
V' est égal au nombre des changements de signe qu'éprouve la fonc-
tion V(x, m) , lorsque m croît depuis m' jusqu'à m" .
Si l'on suppose V' = o pour x= X , ce théorème aura encore lieu
dV'
Κ'
dx
pourvu que l'on considère V' comme égal à -∞ pour x=X,
et qu'on ne tienne pas compte de la valeur X parmi celles qui an-
nullent V' .
dV"
K"
dx
Si l'on a V"= o pour x=X , il faut supposer V" =+∞ pour
x=X, et tenir compte de la valeur X parmi celles qui annullent V".
Enfin , si l'on a à la fois V' = o et V" = o pour x= X , on doit
aussi avoir constammentV= o pour x= X , en faisant varier m ; et
dans ce cas , il faut ne considérer que les valeurs de x plus petites que
X qui annullent V', V" et V.
Si l'on se borne à faire croître par degrés insensibles la valeur du
dv :
K
dx
rapport V pour x=X , sans altérer les fonctions G et K dans l'é-

d. (K )
quation dx + GV = o , on voit que les valeurs de x qui annul-
lent V augmenteront toutes à la fois. Cette proposition particulière, à
PURES ET APPLIQUÉES . 135

laquelle nous pourrions donner plus de développement, correspond à


celle du n° XIII.
XVI .

Les propositions énoncées dans les nºs XII et XV vont nous donner
de nouvelles propriétés des fonctions qui nous occupent.
Soient encore les deux équations différentielles
dV
d.(K'
dx + G'V' = 0 ,
N

d.(K" dx + G"V" = o,
dx

où l'on suppose toujours


G" G', K" K'.

, dV dv"
K' K
dx dx
Quelles que soient les valeurs des rapports V
', V" , soit pour
x= x , soit pour x = X , deux valeurs de x consécutives qui an-
nullent V' comprennent toujours au moins une valeur de x qui an-
nulle V" .
En effet , soient a et 6 deux valeurs de x qui annullent V', et sup-
posons qu'aucune autre valeur de x comprise entre a et 6 n'annulle
KdV"
dx
V'. Si V" n'est pas nulle pour x=a , le rapport V" aura pour
dV'
K'
x = a une valeur finie plus petite que celle de Vdx
' pour x = a,

qui doit être considérée comme égale à + ∞ , d'après la remarque


dV'
K'
dx
faite au nº XII bis. (On peut dire aussi qu'on a = + ∞ pour
καν'
х a, parce que dx
a des valeurs positives très grandes pour les
V'

valeursdexunpeu plus grandesque a.)


18..
136 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
Alors , d'après le théorème du n° XII , si l'on fait croître x depuis a
jusqu'à 6, la fonction V" s'évanouira nécessairement au moins une
fois pour une valeur de x plus petite que la valeur 6 qui annulle V'.
Il en sera de même , si V" est nulle pour x= a en même temps
que V'.
On tirerait aussi la même conclusion du n° XV , en faisant décroître
K' dV'
dx
xdepuis 6jusqu'à a , et considérant V' comme égal à -∞ pour
x= 6.
Deux valeurs de x consécutives qui annullent V" ne peuvent pas
comprendre plus d'une valeur de x qui annulle V'. Car s'il y avait en-
tre elles deux valeurs de x annullant V', celles-ci comprendraient une
nouvelle valeur de x qui annullerait V" et qui tomberait entre les deux
que l'on considère , ce qui serait contraire à l'hypothèse. Cette propo-
sition subsiste dans le cas même où l'une des deux valeurs de x qui
annullent V" annullerait aussi V' . Il ne peut pas entre ces deux valeurs
de x en exister d'autre qui annulle V' .

XVII.

Ces propositions ont lieu, quelles que soient les valeurs des rapports
dV' dV"
K' K"
dx dx soit pour x = x , soit pour x = X. Maintenant ,
,
V' V" ,
admettons comme dans les nºs XII et XV , qu'on ait à la fois
dv'
K" K'
dx < dx

V" = V' pour x x,

dV" dV'
K K'
dx > dx T

V" = V' pour x = X.


Alors V" s'évanouira au moins une fois pour une valeur de x moindre
que la plus petite valeur de x au-dessus de x qui annulle V', et aussi
pour une valeur de x plus grande que la plus grande valeur de xau-
dessous de X qui annulle V'.
On est ramené par là à conclure, conformément à la première par-
PURES ET APPLIQUÉES. 137
tie du théorème du n° XII , que tandis que x croît depuis la limite x
jusqu'à une valeur quelconque a, V" s'évanouit et change de signe
entre les limites x et a au moins autant de fois que V' et pour des
valeurs de x respectivement moindres que celles de même rang qui
annullent V'. Car tandis que x croît depuis x jusqu'à a , V" s'évanouit
au moins une fois avant que x atteigne la plus petite valeur qui an-
nulle V', et d'ailleurs il y a toujours entre deux valeurs de x consécu-
tives qui annullent V' au moins une valeur qui annulle V" .
De même, tandis que x croît depuis une valeur b jusqu'à X , V" s'é-
vanouit entre les limites b et X au moins autant de fois que V', et
pour des valeurs de x respectivement plus grandes que celles du même
rang à partir de X qui annullent V'. Car V" s'évanouit pour une va-
leur de x qui surpasse la plus grande de celles qui annullent V', et
d'ailleurs deux valeurs de x consécutives qui annullent V' compren-
nent au moins une valeur de x qui annulle V". Cette proposition a été
déjà énoncée dans la première partie du n° XV.
Si l'on considère par ordre de grandeur à partir de x les différentes
valeurs de x qui annullent V' et V" , la nieme valeur de x à partir de x
qui annulle V' sera plus grande que la nieme valeur de x qui annulle V"
et plus petite que la valeur de x qui annulle V' d'un rang marqué
par n + A , A désignant comme précédemment l'excès du nombre
des changements de signe de V" entre les limites x et X sur le nombre
des changements de signe de V' . En effet, la nieme valeur de x à partir
de x qui annulle V' est plus grande que la valeur de x de même rang
qui annulle V", d'après le n° XII , et d'un autre côté , cette valeur de
x qui annulle V'est, d'après le n° XV , plus petite que la valeur de x
de même rang à partir de X qui annulle V", valeur dont le rang à par-
tir de xest marqué par n + Δ.
En particulier , si A = 1 , c'est-à-dire si V" ne s'annulle qu'une
fois de plus que V' entre les limites x et X , chaque valeur de x qui
annulle V' tombe entre la valeur de x de méme rang , à partir de x
qui annulle V" et la valeur dex immédiatement supérieure quiannulle
aussi V" , de sorte que les deuxfonctions V" et V' s'évanouissent l'une
après l'autre alternativement, tandis que x croîtdepuis x jusqu'à XΧ.
On peut aussi le conclure de ce que deux valeurs de x consécutives
qui annullent V' doivent comprendre au moins une valeur de x qui
138 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
annulle V", nº XVI , et de ce qu'il y a au moins une valeur de x qui
annulle V" entre x et la plus petite valeurde x qui annulle V', comme
aussi entre X et la plus grande valeur de x qui annulle V'.
Si l'on a V' = o ou V" = o pour x= x ou pour x=X , ou si l'on
a à la fois V' = oet V"= o pour x= x ou pour x=X , les proposi-
tions précédentes subsisteront , pourvu qu'on ait égard aux observa-
tions faites dans les nos XII bis et XV.

XVIII .

Considérons deux valeurs de x quelconques, a et b, entre x et X


(a pouvant être égale à x ou bà X). V" ne peut s'évanouir entre les
limites a et b qu'une fois de moins que V' . Car entre deux valeurs de
xqui annullent V', il y a toujours au moins une valeur de x qui an-
nulle V".
V" s'évanouit entre les limites a et b au plus & fois de plus que V' :
car V" s'évanouit au moins autant de fois que V' soit entre les limites
x et a, soit entre b et X.
Il suit de là qu'entre deux valeurs de x consécutives a et 6 qui an-
nullent V' , il ne peut exister plus de A valeurs de x qui annullent V".
Il peut arriver que V" soit nulle en même temps que V' pour x= α :
dans ce cas particulier, V" s'évanouit au moins une fois de plus que V',
tandis que x croît depuis x jusqu'au-delà de a, et au moins autant de
fois que V', tandis que x croît depuis une valeur un peu moindre que
6 jusqu'à X. Donc V" s'évanouit au plus A- 1 fois entre a et 6,
sans compter son évanouissement pour x= a.
On voit de même que si V' était nulle pour x= 6 en même temps
que V', sans l'être pour x= a, V" s'évanouirait encore au plus A- 1
fois entre a et 6. Enfin, si V' était nulle en même temps que V' pour
les deux valeurs a et 6 , il y aurait au plus -

2 valeurs de x entre
a et 6 qui annulleraient V".
ΧΙΧ .

En adoptant les hypothèses énoncées nº VI, on a reconnu que la


dV
K
dx
valeur de la fonction V pour chaque valeur de x diminue quand
1
PURES ET APPLIQUÉES . 139
m augmente, aussi long-temps que V ne s'évanouit pas. Il ensera de
dV dV
K K + HV
dx dx
même de l'expression V
+ Hou si l'on désigne par
V ,

Hune quantité constante ou une fonction de m qui décroisse aussi


continuellement quand m augmente. Faisons x=✗ dans cette fonction
dv
K
dx + HV qui ne contiendra plus alors d'autre variable quem , et
V

considérons les changements de signe qu'elle pourra éprouver par la


variation de m.
dV
K +HV
dx
Cette fonction où l'on fait x = X, ne peut changer de
,
V

signe qu'en devenant nulle ou infinie. Lorsqu'elle devient nulle , on a


dV
K dx + HV= o , et l'on ne peut pas avoir en même temps V= 0 , car
dV
alors on aurait à la fois V o et dv = o pour X X, ce qui est
dx

K + HV
dx
impossible. Puisque la fonction V a la propriété de décroître
continuellement tandis que m augmente, elle passe en s'évanouissant
du positif au négatif; ensuite m continuant à croître , elle décroît in-
définiment en prenant des valeurs négatives de plus en plus éloignées
de o, jusqu'à ce que V devienne nulle à son tour.
Quand V s'annulle pour une valeur de m, on a vu plus haut,
nºs VII et VIII , que , pour les valeurs de m un peu plus grandes que
dV
celle-là, V a le signe de dx' et pour les valeurs de m un peu plus
petites le signe contraire; ce qu'on peut aussi conclure de ce que
V

K
dy augmente en même temps que m. Donc, quand V s'annulle , la
dx
dV
K
dx + HV
fonction change de signe en passant de l'infini négatif
V

à l'infini positif ; m continuant à croître , cette fonction recom


140 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
mence à décroître, en prenant des valeurs positives de plus en plus
petites, jusqu'à ce qu'elle s'évanouisse derechef pour une nouvelle
valeur de m; en s'évanouissant , elle passera du positif au néga-
tif , puis continuera à décroître jusqu'à l'infini négatif qu'elle at-
teindra par un nouvel évanouissement de V ; de sorte qu'en général
dV
les deux fonctions Vet K dx + HV s'évanouiront toujours l'une
après l'autre alternativement pour des valeurs croissantes de m.
XX.

De là il est aisé de tirer les conséquences suivantes :


dV
K + HV
dx
Si la fonction V où l'on fait toujours x = X , a des va-
leurs positives pour m = m' et pour m = m", m croissant depuis m'
jusqu'à m", elle doit changer de signe un nombre pair de fois, en pas-
sant d'abord par zéro , puis par l'infini , et ensuite par zéro et par
l'infini alternativement. Le nombre des valeurs de m comprises entre
dv
m' et m' qui annullent K + HV est donc égal au nombre de celles
qui annullent V ou V ( X , m), et par conséquent, nº XII , à l'excès A
du nombre des changements de signe de V(x, m") ou V" entre les
limites x et X sur le nombre des changements de signe de V(x, m')
dV
ou V'. Ces deux fonctions Vet K dx+ HV s'évanouissent l'une
après l'autre alternativement , quand m croît depuis m' jusqu'à
dV
m" , et c'est K dx + HV qui s'évanouit la première.
dV
K + HV
dx
Si la fonction V a une valeur négative pour m = m'
aussi bien que pour m= m", elle doit encore changer de signe un
nombre pair de fois , en passant alternativement par l'infini et par
zéro , et d'abord par l'infini. Ainsi, m croissant depuis m' jusqu'à m",
dx
les deux fonctions Vet K +HV s'évanouissent l'une après l'autre
alternativement le même nombre de fois , V étant la première qui s'é-
PURES ET APPLIQUÉES . 141

vanouisse ; et par suite , le nombre des valeurs de m comprises entre


dV
m' etm' qui annullent K + HV est égal à l'excès A.
dV
K + HV
dx
Si
V a une valeur positive pour m = m' et une valeur
négative pour m = m", elle doit changer de signe un nombre impair
de fois , en passant alternativement par zéro et par l'infini , et d'abord
par zéro , tandis que m croît depuis m' jusqu'à m" : la fonction
K dV
dx
+ HV s'évanouit donc avant V et une fois de plus que V ; le
dV
nombre des valeurs de m entre m' et m' qui annullent K dx + HV est
donc égal à A + 1 .
dV
K + HV
dx
Enfin , si V a une valeur négative pour m = m' et posi-
tive pour m =m", m croissant depuis m' jusqu'à m", la fonction
K dv + HV s'évanouira après V et une fois de moins que V, par
conséquent un nombre de fois marqué par A -1 .

dV
Dans tous les cas , ces deux fonctions V et K dx + HV où l'on at-
tribue à x la valeur particulière X , ont une corrélation telle , que
deux valeurs de m consécutives qui annullent l'une d'elles compren-
nenttoujours entre elles une valeur de m qui annulle l'autre , et n'en
comprennent qu'une.
Soient pet μ' deux valeurs de m consécutives qui satisfont à l'équation
dV
K dx + HV = o pour x= X. Puisqu'elles comprennent entre elles
une valeur de m qui annulle V(X, m) et n'en comprennent qu'une ,
on en conclut, d'après la 2º partie du théorème dn n° XII , que la
fonction V ( x , μ') s'évanouit et change de signe entre les limites x et
X une fois de plus que V(x , μ) .
dV
Nous ajouterons que cette équation K dx + HV = o ne peut pas
dV
K
dx
avoir de racines égales , car elle est la même que + H = oet
AVRIL 1836. 19
142 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
dV
K
dx
l'on ne peut pas avoir en même temps m V
+ H = o , ce qui

est le caractère d'une racine multiple , puisque d'après la formule (4),


dV
K
dx

V est toujours négative, et que d est par hypothèse néga-
tive ou nulle. On peut voir encore qu'on ne peut pas avoir pour une
dV dV
même valeur dem, K dx + HV = o et 5m(Kdx + HV) =0, en

observant que la formule (4) donne

V. (K + HV) – ۷..(K
dx
-

dx + HV) > o pour x = X ,


pourvu que & soit négative ou nulle.
On a déjà remarqué, nº X , que les équations V (X,m) = o et
V(x, m')= o , V (x , μ) = o , etc., n'ont pas non plus de racines
égales.
ΧΧΙ .

Si l'on remplace la quantité H qui est une constanteou une fonction


décroissante de m par une autre quantité H, aussi constante ou fonc-
tiondécroissante de m qui pour chaque valeur de m soit plus grande
dV
K +HV
dx
que H, la fonction V aura toujours une valeur inférieure
dV
K + HV
dx
acelle de pour chaque valeur de m; et comme ces deux
V

fonctions décroissent en même temps jusqu'à - ∞, tandis que m aug-


mente , la seconde s'évanouira nécessairement après la première , si m
croît depuis une valeur quelconque qui rende la première positive
jusqu'à la valeur immédiatement supérieure qui annulle V.
Conséquemment, lorsque m croît depuis m' jusqu'à m" , ces trois
dV dV
fonctions V, К dx + HV et K dx + H,V s'évanouissent l'une après
dV
l'autre alternativement dans l'ordre suivant : K + HV s'éva-
PURES ET APPLIQUÉES...... 143
dV
nouit toujours immédiatement après V , K dx + H,V s'évanouit après
dV dV
Kdx + HV , et V après Kdx + H,V.
On voitpar là que si l'on fait varier H en lui attribuant successivement
desvaleurs constantes de plus en plus grandes depuis jusqu'à +18
ou en la remplaçant pardes fonctions décroissantes de m de plus en
dV
plus grandes , les diverses valeurs de m qui annullent K dx + HV
augmenteront en passant par toutes les grandeurs comprises entre les
valeurs de m consécutives qui annullent V(X , m). On a vu d'ailleurs
que les valeurs de x qui annullent la fonction V (x, m) diminuent ,
quand la valeur attribuée à modans cette fonction augmente.
Tout ce qui précède s'applique en particulier aux valeurs dem qui
dV
donnent dx
= o pour x = X, puisque la fonction KdV + HV se
dx
dV
réduit à K , quand on fait H 0.
dx'

XXII .

dV
K
dx
Nousavons désignéparh la valeur de pour x = x et admis
que cette valeur'hdiminue ou reste lamême, tandisquem augmente ."
Si enprenant toujourspour GetKles mêmes fonctionsde x et de m,
on remplace h par une autre quantité h, constante ou fonction dé-
croissante dem ,qui pour chaque valeur dem surpasse h' d'aussi peu
:: dV
K f

dx
qu'on voudra, on sait d'après le n° VI que la fonction V aug-
V
mentera ou que dV diminuera pour chaque valeur de x et en
K
dx
:
dV
K
dx
particulier pour x = X. Conséquemment la fonction V
+H ou
dV
K HV
dx
V où l'on fait x = X , qui conserve la propriété de dé-
19..
144 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
croître quand m augmente , s'évanouira pour de nouvelles valeurs
de m un peu plus grandes que celles qui l'annullaient d'abord , quand
dV
K
dx
on supposait = h pour x = x .
Pour le voir encore plus clairement , supposons que la fonction
dV

dx + HV où l'on fait x=X , soit nulle pour m = μ, lorsqu'on a


K

dV dV
K K
dx dx
h pour x = x. Alors la fonction + Hou
=

V V

dV
:
K
dx + HV
V
où l'on fait x = X, étant nulle pour m =μ et dé-
croissant quand m augmente , est négative pour les valeurs de m plus
grandes que ujusqu'à celle qui annulle V (X, m).
dV
K
dx
Faisons maintenant
V = h, pour x = x, h, surpassant h d'une
dV
K + HV
dx
où l'on
quan tité aussi petite qu'on voudra; la fonction V
,

fait x=X, deviendra plus grande qu'elle n'était avant le changement


de hen h ; or elle était nulle pour m = μ et négative pour m > μ ;
donc après la substitution de h, à la place de h, cette fonction sera po-
sitive pour m=μet aussi pour des valeurs de mun peu plus grandes
que ; mais m. continuant à croître , cette fonction reprendra le
signe- qu'elle avait d'abord, puisque son augmentation due au chan-
gement de hen h, est aussi petite qu'on le veut , en prenant h, très
peu différente de h. Ainsi les valeurs de m qui annullent la fonction
dV
K dx
+ HV où l'on fait x=X, augmentent quand on remplace h
..:
dv
K ‫از‬
dx
parh , c'est-à-dire quand la valeur de V
pour x = x devient
plus grande. Si au contraire elle devient plus petite (ou si l'on rem-
place h, par h), on prouvera pareillement que chaque valeur de m
dV
qui annulle la fonction K dx + HV où l'on fait x= X, devient
plus petite...
PURES ET APPLIQUÉES. 145

On reconnaît de la même manière que les valeurs de m qui annul-


lent V (X, m) augmentent ou diminuent toutes à la fois , selon que la
V
K
dx
valeur de V pour x= x devient plus grande ou plus petite , en
V
considérant qu'alors celle de dy pour x = X diminue ou aug-
K
dx

mente .
dV
K
dx
Ainsi , lorsqu'on fait varier la valeur h du rapport V pour
x= x , soit en lui attribuant des valeurs constantes de plus en plus
grandes depuis - c∞ jusqu'à + ∞ , soit en prenant pour h des fonc-
tions décroissantes de m de plus en plus grandes , sans changer les
fonctions Get K, les valeurs de m qui satisfont soit à l'équation
dV
Kdx + HV = pour x= X , soit à l'équation V(X, m) = o , aug-
mentent toutes à la fois.
Les valeurs de m qui satisfont aux deux équations
dV
K
dx -hV = o , pour x x,

dV
et K
dx + HV = o, pour x = X .

augmentent donc en même temps que les quantités het H , dont cha-
cune est une constante ou une fonction décroissante de m .

XXIII .

Supposons que dans l'équation (I)

d. (K ) + GV = 0,
dx
:

on remplace la fonction de x et de m que G représente par une autre


fonction G, de x et de m, qui pour chaque valeur de x et de m surpasse
G d'une quantité aussi petite qu'on voudra. On peut concevoir , si
146 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
l'on veut, que G dépende non-seulement de xet dem , mais encore
d'unautre paramètre indéterminén, et qu'en faisant croître celui-ci ,
G augmente et devienne G,. Remplaçons aussi K par une autre fonc-
tion K, de x et de m qui soit moindre que K d'une quantité aussi petite
qu'on voudra : on peut encore considérer Kcomme fonction du nou-
veau paramètre n, et admettre que K devient plus petite et se change
en K, par l'augmentation de n. L'équation (I) deviendra

d.(K ) + G,V, = o,
dx

dV.. 1 dV
K, K
dx dx
Supposons enfin qu'on ait V, = ou un peu < V pour

x= x , quelle que soit m , et que d'ailleurs chacun de ces rapports di-


minue ou demeure constant , quand m augmente.
Celaposé, onconclut du théorème du n° XII, enyremplaçant m par
n, que la nouvelle fonction V, doit s'évanouir entre les limites x et X
autant de fois ou plus de fois que V., et que chaque valeur de x qui
annulleV, est plus petite que la valeur de xde même rang à partir de x
qui annulle V. En outre on aura d'après le n° VI pour toute valeur de x
plus grande que x
dV' dV
K
Kdx dx V, V
< >
V you dv dV
K K
dx C dx

Conséquemment en faisant x=X, on aura pour chaque valeur


dem
dV dV
K + HV, K + HV
dx dx
< ,
V. V

et comme ces deux fonctions décroissent l'une et l'autre quand m


dV,
KHV
dx
augmente,,s'évanouira,en passant toujours du positif
au négatif pour des valeurs dem un peu plus petites que celles qui
PURES ET APPLIQUÉES. 147
dV
K + HV
dx
annullent , c'est-à-dire que les racines m de l'équa-
V
dv
tion K, de + HV, = o sont un peu moindres que celles de l'équation
KdV + HV = 0 ; proposition qu'on pourrait rendre encore plus évi-
dente par le raisonnement développé dans le numéro précédent.
V, V
En considérant qu'on a > on reconnaît de même
dV, dV '
K, dx K
dx

que V, (X, m) s'évanouira pourdes valeurs de m plus petites que celles


qui annullent V ( X, m) (*).
On voit par tout ce qui précède comment l'augmentation ou la di-
minution de chacune des quantités H, h, G et K, indépendamment de
la variationde m, influe sur les valeurs dex qui annullentV(x, m)entre
les limites x et X, et sur les valeurs de m qui satisfont à l'équation
KdV + HV o pour x = =X.
dx

XXIV .

On a supposé dans tout ce quiprécède que H était une quantité cons-


tante ou une fonction décroissante de m. Si l'on prend pour H une fonc-
tionquelconque de m assujettie à la seule conditiondenepasdevenir infi-
dV dV
: K K + HV
dx dx
nie,lafonction + Hou où l'on fait x= pourra
V V

(*) Par exemple , le problème de la distribution de la chaleur dans une sphère


homogène conduit à des équations de cette forme
dV
dx² + ( m + ) = 0,
qu'on intègre en supposant V= o pour x = 0 .
dV
D'après ce qui précède les valeurs de m qui satisfontà l'équation de+HV= 0 ,
pour x = X ou à l'équation V (X , m) = o , diminuent quand la quantité n aug-
mente, et si nn'admet pas de valeurs positives , les racines m de ces équations sont
les plus petites quand n= o .
148 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
tantôt croître , tantôt décroître. En désignant par a et 6 deux valeurs
dV
K
dr
de m consécutives qui annullent V (X, m), cette fonction + H
aura toujours pour les valeurs de m un peu plus grandes que a des va-
leurs positives très grandes et pour les valeurs de m un peu plus pe-
dV
K
dx
tites que 6 des valeurs très grandes , puisque V
où l'on fait x=X
passe de - co à + ∞ , toutes les fois que m atteint et dépasse une va-
dV
leur qui annulle V (X, m) : par conséquent K dx + HV changera de
signe en s'évanouissant une fois ou un nombre impair de fois tandis
dV
que m croîtradepuis ajusqu'à €; il pourra mêmearriver que K + HV
s'évanouisse pour d'autres valeursde mentre a et 6sans changerde signe.
dV
K + HV
dx
On voit aussi que si laquantité V est positive pour une certaine
dV
valeur de m, Ka + HV devra changer de signe une fois ou un nombre
impair de fois tandis que m croîtra depuis cette valeur jusqu'à celle im-
dV
médiatement supérieure qui annulle V (X, m) et que K dx + HV ne
changera pas de signe ou en changera un nombre pair de fois, tandis
que m variera depuis la valeurdontil s'agitjusqu'à celle immédiatement
inférieure qui annulle V(X, m). D'après cela il est aisé de voir comment
on devra modifier les propositions des nºs XX ... XXIII, en supposant
que H soit une fonction quelconque dem, au lieu d'être une constante
ou une fonction de m décroissante.

XXV.

Nous avons considéré précédemment les changements de signe


qu'éprouve entre les limites x et X la fonction V définie par l'équa-
tion différentielle
d. (KV)
dx
dx
+ GV = 0. (1)
PURES ET APPLIQUÉES. 149
Get K étant des fonctions de x et de m qui satisfont aux condi-
tions énoncées nº XII.
dV
Maintenant nous allons nous occuper de la fonction K dx+pV que
nous désignerons par T, p étant une fonction de x ou une cons-
tante.

En posant T = KV + PV ,
dV

on a
dT
T

d.(K
dx dx + p + V ;
dV

en remplaçant dans le second membre


(K
d. K
dx
dx par laquantité équi-
dV T - pV
valente - GV, et dx par K , on trouvera

dT
K - pT+ (GK+p - K ) V = o0.. dx
(11)
La formule
dV
T = K dx + PV
donne aussi

ST = d (K dx) + pdV,
d'où l'on tire

T. SV - V.. ᎴᎢ = [Link]
. dx - V. (K ). dx

Encombinantcette dernière formule avec les équations (4) et (5) du


n° VI , on aura les suivantes :
x 2

۳۵۷-۷۵۳ = C + X [Link] -f ( ) .[Link] , (12)


X 2
ᎢᎴᏙ = C'
TV - VTC - v...dx+ *( )*[Link].
. dx. (13)
Les constantes C et C' représentent ici les valeursde T۵۷-۷ pour
x= x et pour x Χ.
ΜΑΙ 1836.
20
150 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
La formule (12) fait voirqu'on aura, pour chaquevaleur de x ,
ᎢᎴᏙ - ᏙᎴᎢ 0,

si l'on prend C et SG positives ou nulles , et SK négative ou nulle ,


V
comme dans le n° VI (dm étant positive). Alors la quantité aug-
T
mente ou diminue , quand m augmente , car on a

-
=
T

V
Prendre C positive on nulle, c'est supposer que la valeur de T pour
T
X xaugmente ou que celle de diminue , quand m augmente ,
ou que l'une et l'autre demeure constante. Nous admettrons en outre
que T ne change pas de signe pour x = x , mais que V(x, m) peut en
changer.
Cela posé, attribuons àm une valeur arbitraire et soit une valeur
dV
de x qui annulle T. Comme T représente K dx+pV, V ne peut pas
être nulle en même temps que T pour x= ξ , puisque si V était nulle,
dV
on aurait à la fois V = o et dx = o pour x = 5 , ce qui est impos-
sible , nº II. On le voit encore par l'équation (12).
L'équation (12) prouve aussi que ST ne peut pas être nulle en
même temps que T, puisque alors TV - VT serait nulle , tandis
qu'au contraire on a toujours, en vertu de nos hypothèses ,
ᎢᎴᏙ -- ᏙᎴᎢ > 0.

A cause de T = o , cette inégalité se réduit à


- VST > 0 ;
ST
ainsi quand T = o , Touma un signe contraire à celui de V.
dT
D'ailleurs l'équation (11) fait voir que sera aussi différente de
zéro et d'un signe contraire à celui de V, si l'on a pour chaque va-
PURES ET APPLIQUÉES. 151

leur de x,
GK + -

dx
0.
(14)

En admettant cette nouvelle hypothèse , toutes les fois qu'on aura


T= o pour un système de valeurs de x et de m, les deux dérivées
dT

dx
et mauront des valeurs différentes de zéro et de même signe.
En conséquence , on pourra appliquer à la fonction T tout ce qu'on a
démontré dans les nºs VII ... XI sur les changements de signe de V,
dV ᎴᏙ
en s'appuyant sur ce que les dérivées dx et бт ont des valeurs dif-
férentes de zéro et de même signe , toutes les fois que V s'évanouit.
Puisque T jouit de la même propriété , on en conclura successivement
comme on l'a fait pour V, que T change toujours de signe en s'éva-
nouissant , que les valeurs de x qui annullent Tdécroissent progres-
sivement quand m augmente , et que si T est nulle pour x= X et
pour une valeur particulière de m , T acquiert pour une valeur dem
un peu plus grande un nouveau changement de signe près de la li-
mite X.
De là résulte le théorème suivant.

XXVI .

Soient les équations différentielles

d. (KdV
dx + G'V' = 0 ,
dx

d.(K )
dx
+ G'V" = o ,
ob ongie obsta

d .(K ) + GV = 0 ,
dx

dans lesquelles les fonctions G', K', etc. remplissent les conditions
énoncées n° XII. Soit pune fonction de x telle qu'on ait pour toutes
les valeurs de xcomprises entre les limites x etX,
20 ..
152 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES

G'K' + p
-
K'd
dx
> 0,

G"K" + p - K" > 。, (14)


dp > 0 ,
GK + p²- K dx

p pouvant se réduire à une constante.


V" > V'
lafonction
Si l'on a pour x X, dV " =
K'
dV'
+ PV'
,

K" + pV" dx
dx

V"
Kdd+pV"doit s'évanouiretchanger de signe autantde fois ou plus que
KidV +pV', entre les limites x et X , et chaque valeur de x qui an-
dx

nulle K' dV'


dx+ pV' est plus grande que la valeur de x de même rang
dV"
à partir de x qui annulle K" dx + pV".
dV
En outre, si K dx + pV a toujours pour x = x un signe constant
TO
dV' dV°
qui soit aussi celui de K' dx + pV' et de K" dx + pV" pour x = x ,
V
et si la valeur du rapport dV pour x= x, étant d'abord égale
K + pV
dx

V'
à celle de dV' quand m= m', augmente ou du moins ne di-
K' + pV'
dx

V"
minue pas quand m augmente , et devient égale à celle de K"
dV"
dx +PV"
quand m = m", l'excès du nombre des changements de signe de
dV'
K" dV
dx
"
+ p" sur le nombre des changements de signe de K' dx+pV
entre les limites x et X , est précisément égal au nombre des change-
dV
ments de signe qu'éprouve la fonction K dx+pV où l'on fait x=X,
lorsque m croît depuis m' jusqu'à m".
Remarques. --- Quoiqu'on ait supposé pour établir ce théorème que
PURES ET APPLIQUÉES . 153
dV
la fonction K +pV ne change pas de signe pour x = x , et que
dV' dv"
par conséquent K' dx+pV' et K" dx + pV" ont le même signe
pour x = x , cependant la première partie du théorème a lieu , lors
dV' dv"
même que les valeurs de K' dx + pV' et de K" dx + pV" pour
x= x sont de signes contraires. En effet , on a la faculté de changer
le signe de la fonction V' par exemple, sans qu'elle cesse de vérifier
l'équation différentielle

d (K )
dx + G'V' = o ,
et la condition
V' < V"
x.
dV' = dV" pour x
Κ' + pV' K" + pV"
dx dx

dV'
En changeant le signe de V', celui de K' dx +pV' est changé en
même temps pour chaque valeur de x et en particulier pour x = x .
Chacune des fonctions V', V" et V peut avoir pour x = o une valeur
positive , négative ou nulle , indifféremment.
dV'
Si l'on a K' dx + pV' = o pour x=x , le théorème qui vient
d'ètre énoncé a toujours lieu , pourvu que l'on considère le rapport
V' -

K'
dV' comme égal à ∞ pour x = x (*) et qu'on ne tienne
dx +PV'

K dv pV
dx+PV
(*) En effet , on a V = o pour x = x et m m' : or quand m
TIV

augmente, ce rapport doit décroître , et conséquemment devenir négatif :


V
en sorte que a pour x = x une valeur négative d'autant plus consi-
dV
K +pV
dx

dérable que m diffère moins de m'.


154 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
dV
pas compte de la valeur x parmi celles qui annullent K' dx +pV' en
dV"
les comparant avec celles qui annullent K' dx +pV .
dV"
Si l'on a K"
de + pV" = o pour x= x , le théorème subsiste en-
V"
core en supposant dV" = + ∞ pour x = x et en tenant
K"
dx + PV"
dv"
compte de la valeur x parmi celles qui annullent K" dx+PV".
Enfin si l'on a à la fois K' dV'
dx+pV'= o et K" dV"
de+pV" = o pour
dV
x = x , on doit supposer aussi constamment K dx + pV = o pour
x= x , tandis que m croît depuis m' jusqu'à m", et il faut alors dans
l'énoncé du théorème n'avoir égard qu'aux valeurs de x plus grandes
que x qui annullent les fonctions K' dv
dV"
de + PV', K" dx + pV" et
dV
K
dx+pV..
XXVII .

On peut sans altérer les fonctions Get K dans l'équation...


d (K ) dV
dx +GV= o , faire varier seulement le rapport de Và K dx
pour x =x. En supposant toujours GK +p -KP > o , le théo- dr

rème du no XXVI se réduit alors au suivant, dans lequel les fonc-


tions V, et V, sont celles qui ont été définies au n° XIII,
dV
K
dx
Si l'on fait croître la valeur h de V
pour x= x par degrés in-
sensibles depuis - jusqu'à + ∞, chaque valeur de x qui annulle
K dV +pV augmente continuellement en passant par toutes les gran-
deurs comprises entre deux valeurs de x consécutives qui annullent
dV.
K +pV,: quand ho , on a les valeurs de x qui annullent
K + pV..
PURES ET APPLIQUÉES. 155

XXVII.

Il est aisé de voir comment on doit modifier le théorème du


n° XXVI , si l'on remplace les conditions énoncées pour la limite x
par des conditions analogues pour la limite X. Nous ne donnerons ici
qu'une partie du nouvel énoncé.
Soient les deux équations différentielles
dV'
d (K ) + G'V'
dx
= 0,
dx

d.(K" )+ G"V"= o,
dx

et supposons toujours
G" ≥ G/ , K"
= =
K',
dp
GK + p K' dx > 0,

GK"+ p² - K" dp > o.


dx

Si l'on a
V < V'
dV" dV' pour x X,
K"
dx + PV" K' + PV'
dx

la fonction K" dV"


dx+pV s'évanouira entre les limites x et X autant
dV'
de fois ou plus de fois que K' dx + pV', et pour des valeurs
de x respectivement plus grandes que celles de même rang à
partir de X qui annullent Krdv
dx+PV'.
dV
Si l'on a K' +pV' = o pour x = X, cette proposition sub-
dx

V'
siste pourvu que l'on considère dV' comme égal à + ∞
K
dx+PV'
156 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
pour x = X , et qu'on ne tienne pas compte de la valeur X parmi
dV'
celles qui annullent K' dx+pV', en les comparant à celles qui an-
dv"
nullent K" dx+pV".
V
Si l'on a K" dV"
dx+pV"= o pour x=X, il faut regarder K dv" + pV "
dx

comme égal à -∞ pour x === X , et compter la valeur X parmi


celles qui annullent V".
av"
dx' +pV' = o et K" d + pV " pour
Si l'on a en même temps K' dV
x = X , il faut dans le même énoncé n'avoir égard qu'aux valeurs
dV'
de x plus petites que X, qui annullent K' dx
+pV' et K" V dx
+ V" .

ΧΧΙΧ .

Les théorèmes des nos XII et XV sur les changements de signe de


V' et de V", nous ont donné comme corollaires les propriétés déve-
loppées dans les nºs XVI , XVII et XVIII. En appliquant les mêmes
dV"
raisonnements aux deux fonctions K' dV'
dx +pV' et K" dx + PV",
on déduira des nºs XXVI et XXVIII des propriétés de ces fonctions
tout - à - fait analogues à celles de V' et de V". Il suffira de les
énoncer .
V' V"
etde
Quelles que soient les valeurs de dV'
K"
dV"
K' + pV' dx +PV
dx

soit pour x= x , soit pour x=X, deux valeurs de x consécutives qui an-
nullent K' dV'
dx+pV'comprennent toujoursau moins une valeurdex qui
annulle K" dV "
dx+pV", et deux valeurs de x consécutives qui annul-
dV"
lent K" de+PV" ne peuvent pas comprendre plus d'une valeur de x
dV'
qui annulle K' de +PV'.
Admettons maintenant qu'on ait à la fois
PURES ET APPLIQUÉES. 157
V" > V'
dV' pour x = x ,
K"„dv" K'
dx +PV" dx+ PV'
V" < V'
pour x = Χ.
dV = dV'
K" K' +pV'
dx +PV" dx
dV'
Alors la nteme valeur de x à partir de x qui annulle K' dx+pV', est
dV"
plus grande que la nteme valeur de x qui annulle K" d +pV" et plus
dV"
petite qu'une autre valeur de x qui annulle K" dx + pV" d'un
rang marqué par n + € (à partir de x ) , e désignant combien de fois
K' dV" dV
d+pV" s'évanouit de plus que K' dx + PV' entre les limites
x et X.
dV"
En particulier, si a= 1 , c'est-à-dire si K" + pV" ne s'annulle
qu'une fois de plus que K'dv
dx +pV' entrex et X , chaque valeur
dV'
de x qui annulle K' dx+pV' tombe entre la valeur de x de même
rang à partir de qui annulle KdV"
X
dx + pV" et la valeur de x im-
dV"
médiatement supérieure qui annulle aussi K" d +pV"; de sorte
V'
que les deux fonctions K" dV " +pV" et K' ddx+pV'
dx
s'évanouissent
l'une après l'autre alternativement , tandis que x croît depuis x
jusqu'à X.
dV "
Si l'on prend entre x et X des valeurs a et b , K" dx
+ pV" ne
peut s'évanouir entre les limites a et b qu'une fois de moins que
K' dv' dv "
+ pV' ; d'un autre côté K" dx+pV" s'évanouit entre les limites
dV'
aetb auplus & fois de plus que K' dx + pV'. Conséquemment , entre
deux valeurs de x consécutives a et 6 qui annullent K'dV'
dx+pV', il ne
peutexisterplus deevaleursde x qui annullentKrddx+pV". Si l'on avait
KdV dv'
dx + pV" = o, en même temps que K' + pV' = o , pour
ΜΑΙ 1836.
21
158 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
dV" plus €- 1 fois
X a ou pour x = ໒, к" dx+pV" s'évanouirait au
entre a et 6 , sans compter son évanouissement pour x = a ou pour
dV'
x= 6. Et si K" dV"
dx+pV" étaitnulle en même temps que K' dx+PV
pour les deux valeurs a et 6, il n'y aurait au plus que - 2 valeurs
dV"
de x entre a et 6 qui annulleraient K" dx+PV".
dV "
Si l'on a K' dV
d+'
pV' = o ou K' dx
+ pV" = o pour x = x ou
pour x= X , ou si l'on a à la fois K' dV
'
dx
+ pV' = o et .....
dV"
K"
dx
0 pour x = xou pour x= X , les propositions pré-
+ pV" = o
cédentes subsisteront, pourvu qu'on ait égard aux remarques qui ter-
minent les nºs XXVI et XXVIII .

XXX.

En observant qu'on a
dV

d.
K
dV
dx
vd.(K )
V.-
dx
dx
-

K( )
2

,
dx V Va

et

d. V
K
dV
-
-V ..
d. (KV)
dx dV dx dx
K =
2 ,
dx dV
K

on peut mettre l'équation

d.(K ) (1)
dx + GV = 0 ,

sous les deux formes suivantes :


a
dV dV
K K
d. dx I dx

dx V
+ G + V
= 0,
PURES ET APPLIQUÉES. 159
et

d. V V 2
I

G
dx
( ) = ( ) + (*).
dV
dx
K
dV

dx

On voit ici que si la fonction G est positive comme K entre les li-
dV
K
d
mites x et X ,
d. V
dx (* ) est constamment négative entre ces limites
dx

et
dx
positive , et par conséquent en faisant croître x depuis
Kdv
dx
dV
K
dx V
x jusqu'à X , la fonction diminue continuellement et dV
V
K
dx

augmente.
Quand x en croissant atteint une valeur qui annulle V, on a sim-
d. I

plement dV 지, d'où l'on conclut que lors même que G


K
dx

Ainsi en faisant
dV
K
dx I V
y= et Z

V dV
K
dx

l'équation

d.(K ) + GV = 0, (1)
dx

se transforme dans les deux suivantes : .

dy dz 1

+ G + 0 et = Gz² + ,
dx dx

qu'on peut réciproquement ramener à l'équation (1). Ces dernières renferment


comme cas particulier l'équation de Riccati; on peut leur appliquer les transfor-
mations dont l'équation (1) est susceptible et qui seront indiquées dans le
n° XXXV .

21..
160 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
V
n'est pas positive , av passe toujours du négatif au positifquand
K
dx

V s'évanouit. Cette propriété qu'on a déjà remarquée n° II , n'est pas


particulière à la fonction V; car en général , lorsqu'une fonction f(x)
d'une variable x s'évanouit, le quotient f(x)) passe du négatif aupo-.
sitif , f'(x) étant la fonction dérivée de f(x).
dV
K
dV dx
Quand dx
devient nulle pour une valeur de x, passe en s'é-
vanouissant du positif au négatif, si G est positive; donc pour cette
dV
valeur de x qui annulle dx' V a une valeur maximum soit positive
soit négative , puisque pour les valeurs de x un peu plus grandes que
dV
celle-là prend un signe contraire à celui de V et que pour les valeurs
dV
de x un peu moindres, dr a le même signe queV, ce qui indique une
valeur maximum de V. On peut encore le reconnaître en écrivant l'é-
quation ( I) , ainsi
d-V dK dV
K
dx + dx dx + GV = 0 .
dV d-V
G étant positive, on voit que quand on a dx = 0 , dx a un signe
contraire à celui de V, ce qui est le caractère d'une valeur maхітит
de V. Cette fonction V ne peut donc point avoir de valeur minimum ,
dV
quand G est positive ; elle deviendait minimum , si dx s'annullait pour
une valeur de x qui rendrait G négative.
XXXI .

Désignons par p une quantité constante ou une fonction de x


qui décroisse continuellement , tandis que x croît depuis x jusqu'à
dV
K
dx
X. En supposant toujours G positive , la fonction V + pou
dV
K + pV
dx

V
doit, d'après ce qui précède , décroître à mesure que x
augmente , aussi long-temps que V ne s'évanouit pas. Cette fonction
PURES ET APPLIQUÉES. 161

ne peut changer de signe qu'en devenant nulle ou infinie. Elle devient


infinie lorsque V s'évanouit ; alors elle passe du négatif au positif. Elle
devient nulle quand on a KV + pV = 0 ; on ne peut pas avoir en
dV
même temps V =
= o0 , car alors on aurait Voet K dx = o pour la
même valeur de x, ce qui est impossible. Puisque la fonction
dV
K + pV
dx

V
-

décroît , tandis que x augmente , elle passe quand elle s'é-


vanouit du positif au négatif; puis x continuant à croître , elle décroît
indéfiniment en prenant des valeurs négatives de plus en plus considé-
K
dx +PV
rables , jusqu'à ce que V devienne nulle. Alors devient
V

infinie et change de signe en passant de -∞à + ∞ ; et x conti-


nuant à croître , elle recommence à décroître et prend des valeurs po-
sitives de plus en plus petites jusqu'à ce qu'elle s'évanouisse de nou-
veau; après quoi elle devient négative jusqu'à ce que V s'annulle :
dV
de sorte qu'en général les deux fonctions V et K dx+pV s'évanouis-
sent l'une après l'autre alternativement pour des valeurs croissantes
de x.
dV
K
dx + PV
En conséquence , si la fonction V est positive pour x=x
et pour x=X , tandis que x croîtra depuis x jusqu'à X, elle ne
pourra changer de signe qu'un nombre pair de fois, en passant d'a-
bord par zéro, puis par l'infini , et ensuite par zéro et par l'infini
alternativement. Les deux fonctions K dV
dx
+ pV et V s'évanouissent
donc l'une après l'autre tour à tour un même nombre de fois , et c'est
K V + pV qui s'évanouit la première.
dV
K + PV
dz +
Si
V est négative pour x =x et pour x=X , les deux
dV
fonctions Vet K dx + pV s'évanouiront encore entre ces limites
162 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
unmême nombre de fois et toujours l'une après l'autre : V s'évanouira
la première.
dV
K + PV
dx
Si
V a une valeur positive pour x=x et négative pour
dV
x= X , K +pV s'évanouira une fois de plus que V entre les li-
mites x et X ; d'ailleurs ces deux fonctions s'annullent toujours l'une
dV
après l'autre alternativement, et c'est K dx+pV qui devient nulle la
première.
dV
K + pV
dx
Enfin, si V est négative pour x = x et positive pour
dV
x= X , Kdv +pV s'évanouira une foisde moins que V entre les li-
mites x et X et V deviendra nulle la première.
Dans tous les cas, deux valeursde x consécutives qui annullent l'une
de ces fonctions V et K dV
dx
+ pV comprennent toujours entre elles
une valeur de x qui annulle l'autre et n'en comprennent qu'une ,
pourvu que G soit positive et que la quantitép n'augmente pas quand
x augmente.
XXXII.

Lorsque G changera de signe entre les limites x et X, ou que pne


dV
K
dx
sera pas constante ou fonction décroissante de x, la fonction V + P

pourra tantôt croître , tantôt décroître. Comme en désignant par a et


6 deux valeurs de x consécutives qui annullent V, cette fonction
dV
K
dx
V + p a toujours pour les valeurs de x un peu plus grandes que
a des valeurs positives très grandes et pour les valeurs de x un peu
plus petites que 6 des valeurs négatives très grandes , on voit que la
dV
fonction K dx+p V changerade signe une fois ou un nombre impair
de fois entre a et6, et pourra même en outre s'évanouir sans changer de
PURES ET APPLIQUÉES. 163

signe si l'on n'a pas constamment GK+p -K dx o . On voit aussi que


dV
K
dx+PV
si laquantité V est positive pour une certaine valeur de x,
dV
K +pV changera de signe une fois ou un nombre impair de fois dans
l'intervalle compris entre cette valeur de x et celle immédiatement
dV
supérieure qui annulle V , et que K +pV
+ PV ne changera pas de signe
ou en changera un nombre pair de fois dans l'intervalle compris entre
la même valeur de x et celle immédiatement inférieure qui annulle
dV
K +pV
dx
V. L'inverse aura lieu , si V est négative pour la valeur de
x que l'on considère .
XXXIII .

G étant positive, si l'on remplace p par une quantité p, constante


ou fonction décroissante de x qui pour chaque valeur de x soit un peu
plus grande que p , les valeurs de x qui annulleront la fonction
K dV + p,V seront un peu plus grandes que celles qui annullent
dV
K
+ pV , puisqu'on a pour chaque valeur de x ,
dV dV
K K
dx dx
V +P > V +P

et que ces deux fonctions décroissent l'une et l'autre quand x aug-


mente. On peut au surplus appliquer ici le raisonnement du n° XIX.
Si donc on prend successivement pour p des valeurs constantes
∞ , ou des fonctions de x de plus
croissantes depuis - ∞ jusqu'à + 8,
en plus grandes qui décroissent tandis que x croit depuis x jusqu'à X,
dV
chaque valeur de x qui annulle K dx+pV doit augmenter en même
temps que p , sans cesser d'être seule comprise entre deux valeurs de
x consécutives qui annullent V ; celles-ci répondent à p = ± ∞ . Les
dV
valeurs de x qui annullent drépondent à p=0. Chacune d'elles
rend V maximum ( n° XXX ).

:
164 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES

XXXIV .

On a supposé depuis le n° XXX , la fonction G positive et p égale


à une constante ou à une fonction de x qui décroît, tandis que x
dp
croît depuis x jusqu'à X. De là résulte GK + p - K dx > o . Cette
condition ( 14) , la seule à laquelle p fût assujettie dans les nºs XXV...
XXIX étant actuellement remplie , en supposant G positiveet p cons-
tante ou fonction décroissante de x, on peut combiner les proposi-
tions de ces n* XXV ... XXIX avec celles des n" suivants XXX ,
XXXI et XXXII et en déduire de nouvelles conséquences qu'il nous
paraît superflu de développer.

XXXV .

En différentiant plusieurs fois l'équation (I) après l'avoir écrite ainsi :


dV dk dV
K
dax + dx dx + GV = 0 ,

dV d3V
on obtiendra pour toutes les fonctions dx ' ds , etc.... des expres-
dV
sions de cette forme Q + RV , Qet R étant des fonctions connues
dv d-V
de x. Parconséquent, si l'on multiplie V, de, de , etc. par des fonc-
tions de x arbitraires , la somme des produits pourra se réduire à une
dV
expression semblable M dx + NV. En la mettant sous cette forme
M KN
(K V) , et faisant
+ MV) M = p , on pourra lui appliquer
les diverses propositions démontrées précédemment sur les change-
ments de signe de la fonction K + pV, pourvu quep remplisse les
conditions énoncées.
V holonas inp sovituošano
A
trollonas impe shemale
PURES ET APPLIQUÉES . 165

XXXVI .

On peut déduire de la théorie qui précède un grand nombre de


conséquences. Celles que nous allons développer suffiront pour faire
comprendre le sens et l'usage de nos théorèmes.
Soit donnée l'équation
dU dU
L dx +M dx + NU = o , (15)

où L , M , N sont des fonctions de x données entre deux limites x et


X. On peut la transformer dans la suivante :

d.(K )
dx + GV = 0 , (16)
en faisant
U ᎯᏙ .

étant une fonction arbitraire de x.


En effet l'équation ( 15) devient en y remplaçant U par (V ,
dV de dv do
as Le
L + (2 + ) +(Ldx +M +NO)V = 0 ,
dx dx

et on
on la
la rend
re identique avec l'équation (16) , en faisant
dK do M
=2 + ,
Kdx Odx

de do
L +M + No
G dr dx

K Le
On tire de là
Mdr

K = 0.e ,
(17)
puis
Mdz
K d20 do 6 L d do
G= Le L +M
+NO)= e (L + M + NO)
Mdx Mdz Mdx

Ne2 d20
Le +e
dx L'de
ΜΑΙ 1836. 22
166 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
ou enfin , Mdx
Mdx

N02
L d Lde
G -.e + ..(e
dx dx) (18)
L

On connaît ainsi les fonctions Ket G (17) et (18) dans la nouvelle


équation ( 16) qui remplace l'équation (15)
Si l'on prend la fonction arbitraire positive entre les limites x et X,
U et V s'évanouiront pour les mêmes valeurs de x.
En supposant = 1 , on a UV, et l'on retombe sur la transfor-
mation indiquée au commencement de ce mémoire , nº I , pour ra-
mener l'équation
dV dV
L +M + NV 0
dx² dx

à la forme

d. (K dx ) + GV 0.
dx

Par cette transformation , l'équation (15) peut toujours être préparée


dL
de telle sorte qu'on ait M= [Link] Elle est alors

L (19)
d.( dx
dx
) + NU = 0.

En y faisant U = 0V, pour la transformer dans celle-ci


d(KV) + GV
dx
0. (16)
dx

on trouve
K = 0°L ,
do
dLd
G ΝΘ + 0 . dx *) .

(*) La variable indépendante est la même dans l'équation (19) et dans sa trans-
formée (16) obtenue en faisant U = 0V. On pourrait encore ramener l'équation
(19) à une autre de même forme qui renfermerait lamême fonction U en prenant
PURES ET APPLIQUÉES. 167
I
-dVL
Si l'on prend en particulier 0 = Vì , d'où do = L ,
on aura

N I V
K= 1 , G= - , U= (20)
VLdx VI '

et par ces substitutions l'équation proposée

d(L )
dx
+ NU 0 (19)
sera remplacée par celle-ci
d2V
de + GV = 0
(21)
que nous allons considérer.

XXXVII .

Supposons que la fonction G soit positive pour toutes les valeurs


de x croissantes depuis une valeur a jusqu'à une autre b.
Prenons une constante G' égale ou inférieure à la plus petite valeur
de G dans l'intervalle compris entre a et b , et une autre constante G"
égale ou supérieure à la plus grande valeur de G dans le même inter-
valle , et posons
daV'
das + G'V' 0,
(2
(22)
dV"
dx
+ G"V" = 0.
}{2
une nouvelle variable indépendante z dont serait fonction. Car cette équation
(19) deviendrait
d L dx
+ N( ) .U = o . 0 .

[ dx
dz ]+
dz

dx dx
Si par exemple on détermine z de manière qu'on ait
itdz = Lou
Lou dz=
dz , le-
quation (19) deviendra
dU
+ LN.U = 0 .
dz
22..
168 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
Ces deux équations linéaires à coefficients constants s'intègrent et
donnent

V' C'sin . (x VG + c') , V" = C" sin . (x √G" + c").


dV
Quelles que soient les valeurs de V et de dx pour x = a , on peut
toujours prendre les constantes arbitraires c', c", C', C", telles qu'on
ait pour x a

dV' dV dV" dV

dx > dx dx dx
>
= V"
<
et que V' et V" aient pour x = a , le même signe que V.
Si V était nulle pour x= a , on prendrait
V' = C'sin . [(x – a) √G ] , " C" sin [(x- a) V
/G"] ,
afin d'avoir aussi V' = o et V" = o pour x = a .
Cela posé , il résulte du théorème du n° XII , que la fonction in-
connue V s'évanouira entre les limites a et b au moins autant de fois
que V' et au plus autant de fois que V".
Mais le sinus représenté par V' s'annulle pour une suite de valeurs
77
de x équidifférentes dont la différence constante est V doit donc
VG

s'évanouir entre a et b , au moins autant de fois que l'intervalle b - a


contient Vo
VG
ou autant de fois qu'il y a d'unités entières dans
(b − a) VG. On verra de même que V doit s'évanouir entre a et b au
plus autant de fois qu'il y a d'unités dans (b - a) /G" +1 .
π

Conséquemment , lorsqu'en prenant l'intervalle b- a de plus en


plus grand, le produit (b - a) VG deviendra plus grand que tout
nombre donné, V s'évanouira pour une infinité de valeurs de x crois-
santes jusqu'à l'infini. C'est ce qui a lieu toutes les fois que G ne dimi-
nue pas jusqu'à zéro , tandis que x croît depuis une valeur a jusqu'à
l'infini ; et lors même qu'en faisant croître xjusqu'à l'infini , G dimi-
nuera jusqu'à o , V pourra encore s'évanouir pour une infinité de
PURES ET APPLIQUÉES. 169
valeurs de x, puisqu'il suffit pour cela que le produit (b - a) VG
augmente indéfiniment en même temps que b.
On peut prendre la limite b assez rapprochée de a pour que l'inter-
π

valle b -
a
soit plus petit que Alors si pour x= a et pour
VG
x = b , Va des valeurs de même signe , V ne s'évanouira pas entre
les limites a et b ; mais si V a des valeurs de signes contraires pour
x= a et pour x= b, V s'évanouira pour une seule valeur de x com-
prise entre a et b .
La principale difficulté de la résolution des équations numériques
est , comme on sait, d'assigner des intervalles qui ne comprennent pas
de racines ou qui n'en comprennent qu'une. A l'égard des équations
V= o qui nous occupent , cette difficulté est réduite par ce qui pré-
cède , à celle de déterminer le signe de la fonction V pour diverses
valeurs de x suffisamment rapprochées.
Nous allons donner dans le numéro suivant des formules pour dé-
terminer approximativement les valeurs de x qui annullent V.

XXXVIII .

L'intervalle b-a étantpris plus petit que , il ne peut y avoir


entre a et b qu'une seule valeur de x qui annulle V. Il s'agit de déter-
miner cette valeur, si elle existe.
En posant les équations différentielles
dV'
dx² + G'V' = 0 ,
d2V" (22)
dx2 + G"V" = o ,

on peut prendre pour V' et V" les expressions suivantes :


V' =
C' sin . [(x — a)√G -

t'] ,
V" C" sin. [(x (23)
= -

a)VG -

,
C', C", t', t", étant les constantes arbitraires. On peut d'ailleurs sup-
poser les arcs de cercle t' , t", compris entre o et π.
170 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
On doit, d'après le théorème du n° XII , remplir les conditions
dV' dV dV" dV
dx > dx dx < dx
et a.
= V ▼▼ pour x
Or les valeurs (23) de V' et de V" donnent pour x = a ,
dV' dv"
dx ᏤᏳ dx VG
= -
et = -

V' tangt V tangt"

En désignant donc par p la valeur (positive ou négative) du rapport


V
av pour x= a , il faudra qu'on ait
dx

- VG > et -
<<
tang t' = p tangt" = p
On tire de là

tang t≥ - PVG,
= tang t" - pVG" , (24)
pourvu toutefois qu'on prenne tang t' et tang t" d'un signe contraire
à celui de p : les quantités t' et t" doivent d'ailleurs être comprises
entre o et π.

On voit d'après l'expression (23) de V' qu'on aura la plus petite va-
leur de x immédiatement supérieure à a qui annulle V' en posant
(x - a) VG -

t' = 0 ,
d'où l'on tire
t
'
x = a + ;
VG

de même la plus petite valeur de xau-dessus de a qui annulle Vest


t
a +
VG
Cela posé , si l'on désigne par & la valeur de x immédiatement su-
périeure à a qui annulle la fonction V, et si cette valeur & ne sur-
passe pas b , on aura en vertu du théorème du n° XII.
t"
< + > a+ (25)
PURES ET APPLIQUÉES . 171

Les quantités t', t' comprises entre o et étant déterminées par les
formules (24).
Ainsi l'on connaîtra deux limites entre lesquelles sera comprise l'in-
connue ξ , pourvu que § tombe entre a et b , comme on l'a supposé.
Si ces deux limites ne surpassent pas b , on sera certain qu'il existe
entre elles une valeur de x qui annulle V; cette valeur désignée par
est d'ailleurs la seule entre a et b qui annulle V.
t
"
Si la limite inférieure a + surpasse b , on en conclura que la
VG"
fonction V ne s'évanouit pas quand x croît depuis a jusqu'à b .
t" t
Mais si b est comprise entre a + et a + ,
on sera dans
VG"
l'alternative de savoir si V s'annulle pour une valeur de x comprise
t"
entre a+ et b , ou si V ne change pas de signe dans l'intervalle
VG
de a à b ; la question serait décidée si l'on connaissait le signe de V
pour x= b , comme pour x= a.
Les formules (24 , 25) sont relatives à la valeur a plus petite que la
racine cherchée ξ. On peut établir des formules analogues qui se rap-
portent à la valeur 6 plus grande que ξ.
On présente les valeurs de V' et V" qui satisfont aux équations (22),
sous cette forme :

V' = C' sin. [(x - b) √G + u'] ,


V" = C" sin. [(x - b) VG" + u"] .
On remplit les conditions
dV' dV dV" dV

dx < dx dx > dx
▼ pour x= b ;
en prenant
<
tang u =
qVG , tangu" = qVG" , (26)

V
q désigne la valeur de apour x= b ; tang u' et tang u" doivent
dx
172 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
avoir le même signe que q , et l'on prend u' et u' entre o et π.
La valeur de x immédiatement inférieure à b qui annulle V' est
u"
b -

VG
; celle qui annulle V' est b - VG En désignant toujours

par la valeur de x comprise entre a et b qui annulle V, on a, d'après


le n° XX ,
u"
६ b - et b -

(27)
VG VG

Si ces deux limites ne sont pas moindres que a, on sera certain


qu'il existe entre elles une valeur & de x qui annulle V.
u"
Si la limite supérieure b -

✓ est plus petite que a, V ne pourra


point s'évanouir entre a et b .
u"
Enfin , si a est comprise entre b- et b- , il pourra
VG VG
se faire que V s'annulle pour une valeur de x comprise entre a et
u"
b- ou bien que V ne s'annulle pas dans l'intervalle de a à b ,
,

on décidera la question si l'on connaît le signe de V pour x = a


comme pour x= b .
On peut donc par le moyen des formules (24, 25, 26 et 27)
lorsqu'on a deux limites a et b comprenant une seule valeur
de x qui annulle V , déterminer de nouvelles limites a' et b' qui
approchent davantage de cette valeur ξ. Pour faire usage de ces for-
V
mules , il n'est pas nécessaire d'avoir la valeur exacte p de dy pour
dx

x= a ; il suffit de connaître par un moyen quelconque une valeur


plus petite que pet une autre plus grande que p. Il en est de même
pour q .
On obtiendra de nouvelles valeurs encore plus approchées de en
appliquant les mêmes formules ( 24 , ...) aux limites a' et b' qu'on
vient de déterminer ; il faut pour cela calculer, s'il est possible , des
valeurs approchées de dy pour x = a' ou pour x=b', et prendre
dx
PURES ET APPLIQUÉES. 173
deux nouvelles constantes G' < Get G" > G dans l'intervalle compris
entre a' et b
'.
ΧΧΧΙΧ .

Prenons maintenant pour les limites a et b deux valeurs de x con-


sécutives a et 6 qui annullent V et supposons que pour x= a , on ait
V' = o , V' = o , en même temps que V = 0.
En prenant la constante G' < Get G" > Gdans l'intervalle com-
pris entre a et 6 , nous aurons

V'C' sin . (x - a) VG , V" = C" sin . [(x - a) v


/G"] .
D'après le théorème du nº XII , la valeur 6 qui annulle V doit être
plus grande que la première valeur de x au-delà de a qui annulle V"
et plus petite que la première valeur de x au-delà de a qui annulle V',
d'où résulte

6 -
a ,
VG

et par conséquent ,
π
6- a =
(28)
VG( ) '
§ étant une certaine valeur de x comprise entre a et 6, et G(E) la va-
leur de G correspondante à x = ξ.
On a de même, en désignant par y la valeur de x immédiatement
supérieure à 6 qui annulle V,

2
-
6 ξ' étant entre 6 et 2.
VG( ) '

Supposons que G diminue continuellement jusqu'à la valeur a, tandis


que x croît depuis a jusqu'à b, et soient a , 6, y ... les valeurs de x
comprises entre a et b qui annullent V; on a alors G (ξ') < G ( ξ) et
par conséquenty- 6 > 6 - a : ainsi les différences entre ces va-
-

leurs de x consécutives comprises entre a et b qui annullent V vont


en augmentant et s'approchent de la quantité qu'elles ne peuvent
dépasser.
ΜΑΙ 1836. 23
174 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
Cetteproposition subsiste lorsqueGdiminuejusqu'à la limite atandis
que x croît depuis la valeur a jusqu'à b= ∞ . Dans ce dernier cas , si
la limite a de G est o , les différences 6 -α, γ - 6 , ... deviendront
plus grandes que tout nombre donné , quoiqu'il puisse exister encore
une infinité de valeurs au-delà de a qui annullent V.
Onvoit de même que si G augmente continuellement en s'approchant
d'une limite A tandis que x croît depuis a jusqu'à b , b pouvant être
infinie , les différences entre les valeurs de x comprises entre a et b
qui annullent V diminuent progressivement et convergent vers
T

VA
; il s'ensuit que si b = ∞ , V s'annulle pour un nombre infini de
valeurs de x, comme on l'adéjà vu plus haut nº XXXVII ; et si Gaug-
mente jusqu'à l'infini en même temps que x, les différences entre ces
valeurs finissent par devenir plus petites que toute quantité donnée.
Ces résultats sont applicables par exemple à la fonction U donnée par
l'équation
dU 1 dU n

dx
+ x dx + ( - )U = o,
dU

ου
d(xx U = 0,
(29)
+
dx (rax x

qu'onrencontre dans plusieurs problèmes de physiqueet de mécanique,


ret n étant des constantes. M. Poisson a donné dans ses mémoires
l'expression de cette fonction en intégrales définies.
La transformation U = ) donne ici
Vī (n° XXXVI
V
U = , G = r + 1-4n
4x2
et

dV
dx + ( + ) = o.
Lorsqu'on a n < , G diminue continuellement en s'approchant de
la limite r , tandis que x croît depuis o jusqu'à ∞ . V ou U doit donc
s'évanouir pour une infinité de valeurs de x, dont les différences con-
sécutives vont en augmentant et convergent rapidement vers la limite
PURES ET APPLIQUÉES. 175

sans pouvoir la dépasser ; de plus on a


6 a

1-4n' (30)
+

étantune certaine valeur de x comprise entre a et 6 et conséquem-


ment entre a et a +
Quand on a n > , G augmente depuis ojusqu'à re, tandis que x
croît depuis la valeur v4n- jusqu'à + ∞ . V doit donc s'éva-
21

nouir encore pour une infinité de valeurs de x dont les différences


π

diminuent continuellement et tendent vers la constante qu'ellessur-r

passent toujours : on a de plus


π

6- tombant entre a et 6. (30)


r -
4n- 1

Lorsqu'on aura calculé à l'aide des formules du n° XXXVIII , quel-


ques-unes des plus petites valeurs de x qui annullent V ou U , les
formules (30) donneront les valeurs suivantes avec assez d'approxi-
mation.
XL .

Il arrive fréquemment que, dans l'équation générale


dU
d. (L dx

dx
+ NU = 0,
qui devient
d-V

dex
+ GV = 0 ,
en faisant
N I
dVL
V = UVL et G = 1 VL V ( XXXVI),
les fonctions L , N , contiennent avec x une autre indéterminée r,
23 ..
176 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
et qu'en faisant croître r depuis une certaine valeur jusqu'à + ∞ la
fonction G est positive et augmente indéfiniment avec r. Dans ce cas,
V ou U s'évanouira autant de fois qu'on voudra entre deux limites a
et b, quelque rapprochées qu'elles soient, pourvu qu'on attribue à r une
valeur suffisamment grande .
De cette propriété et de la deuxième partie du théorème des n* XII
et XV, on conclut encore que, si U a toujours le même signe pour une
certaine valeur de x quelle que soit r, et si l'on attribue à une autre
valeur particulière quelconque plus grande ou plus petite, cette fonc-
tion U ne contenant plus d'autre variable quer, s'évanouira et chan-
gera de signe pour une infinité de valeurs de r croissantes jusqu'à l'in-
dU
fini , et d'après le n° XX, il en sera de même de la fonction Ldx + HU,
H étant une quantité constante ou une fonction quelconque de r.
Ces propriétés conviennent, par exemple , à la fonction U donnée
par l'équation (29); elles auront encore lieu si l'on prend plus généra-
lement

L Ir + lr + etc. , N = nr" + n'r' + ... ,

1 , n étant des fonctions positives de x sans r, l', n', l" ... d'autres
fonctions de x tout-à-fait arbitraires , λ , λ' ... des exposants quel-
conques décroissants de même quev , v' ... et x < v . Si l'on avait
= νου > ν , U ne pourrait s'évanouir qu'un nombre limité de fois
entre a et b quelle que fût r, et en donnant à x une valeur particu-
lière , il n'y aurait qu'un nombre limité de valeurs de r qui pourraient
dU
annuller U aussi bien que L + HU.
Dans les problèmes de physique , l'indéterminée r ne se trouve or-
dinairement qu'au 1er ou au 2º degré dans N et n'entre pas dans L.

XLI .

Pour compléter la théorie qui précède , nous allons encore com-


parer les valeurs des deux fonctions V', V", définies par les équations
différentielles
d'V'
+ G'V' = 0 ,
PURES ET APPLIQUÉES . 177

d-
V"
da + G"V" 0,
dans l'intervalle compris entre deux limites a et b , en supposant que
ces deux fonctions ne changent pas de signe dans cet intervalle , et
qu'on ait
dV" dV'
dxdx
:
pour x = a , v V'

G' et G" sont comme dans le n° XII des fonctions données de x, telles
que G" est > G'.
Ces fonctions V' et V" ne changeant pas de signe entre les limites
a et b , il est permis pour le but que nous nous proposons de les
supposer toutes deux positives entre ces limites. Car si V' par exemple
était négative , on pourrait changer son signe et la regarder comme
positive , sans qu'elle cessât de vérifier l'équation différentielle
d2V'
de + G'V' : 0,
et la condition
dV' dv"
> dx
dx
= a.
pour x

Considérons une autre fonction V donnée par l'équation diffé-


rentielle
dV
dx2
+ GV ,

G étant comme dans les n" VI et suivants , une fonction de x et d'une


indéterminée m , qui devienne la même que G' quand on fait m = m' ,
lamême que G" quand m = m", et qui augmente quand m croît de-
dV
dx
puis m' jusqu'à m'. Supposons en outre que la valeur de pour
dV'
dz
x= a, d'abord égale à celle de quand m = m', décroisse ou du
178 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
moins ne croisse pas quand m augmente et devienne égale à celle
dV"

dx
de
quand m devient égale à m".
Ces conditions étant admises, il ne peut pas arriver que tandis que
m croît depuis m' jusqu'à m", la fonction V s'évanouisse pour une va-
leur de x comprise entre a et b ; car dans ce cas V" s'évanouirait pour
une valeur moindre, ce qui est contre l'hypothèse. V sera donc cons-
tamment positive comme V' et Vº entre ces limites a et b , et le
dV
dx
rapport ne deviendra point infini. Mais d'après le n° VI , cette
dV

dx
quantité doit décroître continuellement , tandis que m augmente :
dV' dV"
dx dx
ses valeurs extrêmes sont det
V'
de
V" On aura donc pour chaque va-

leur de x comprise entre a et b ,


dV" dV'
dx dx

puis en multipliant par la quantité positive V'V",


dV' dV"
V" -V' > 0.
dx dx

On en conclut
d
dx ( ) > 0;
V
c'est-à-dire que le rapport augmente tandis que x croît de-
puis a jusqu'à b. Si donc on suppose V' > V" pour x = a on aura
constamment V' V" pour toutes les valeurs de x croissantes depuis
a jusqu'à b.
On peut arriver au même résultat d'une autre manière plus directe .
Les deux équations différentielles
179
PURES ET APPLIQUÉES .
d2V'
dx
+ G'V' = o ,
d2V =

dx2
+ G'V" 0,

donnent celle -ci


V
Vddx - V. daV = (G" - G') V/V" ;
dx

ou bien
dV' dV"
d
V" - V' = (G" - G') V'V'. (31)
dx (V dx dx

Par hypothèse , V' et V' sont positives entre les limites a et b , et


l'on a G' > G' ; le terme (G' - G') V'V" est donc positif et l'on a
d
dV"
dx
( "
V"
dx
-" dx ) > 0,
dV' dV"

d'où il suit que la quantité V" dx


-
V' dr augmente , tandis que x
croît depuis a jusqu'à b. Si donc on suppose cette quantité positive
ou nulle pour x = a , ce qui donne
dv" dV'
dx < dx a,
pour x

on aura depuis a jusqu'à b ,


dV' dV"
-

V" V' dx > 0 ,


dx

et par conséquent
d
dx ( ) > 0;
V'
d'où l'on conclut comme précédemment , que augmente en méme
temps que x , et que si l'on a V V' pour x = a , on aura V' > V"
pour toutes les valeurs de x croissantes depuis a jusqu'à b .
V'
On trouvera de la même manière que diminue tandis que x
V", si
croît depuis a jusqu'à b, et qu'on a dans cet intervalle V'
180 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
l'on a
dV" dV'
dx > dx
V V
et V' > V" pour x = b,

au lieu de supposer , pour x = a,


dv" dv'
dx < d=
et V' V".
V" V' >

On parviendra encore aux mêmes conclusions , si V' et V" sont


nulles en même temps pour x = a , ou pour x = b , pourvu qu'alors
dV' = dV" dV' = dV"
on prenne dr > de pour x = a , ou dx dx pour x = b, en
V'
observant que le rapport devient égal à celui des différentielles
dV' dV"
dr' de' quand V' et V" sont nulles.
XLII .

On peut , parce qui précède , déterminer dans tout l'intervalle com-


pris entre deux limites a et b des valeurs approchées de la fonction V
définie par l'équation différentielle
dV

dx
+ GV = 0 , (32)

G étant une fonction quelconque de x, lorsqu'on connaît les valeurs


dV
exactes ou approchées de V et de de pour x= a ou pour x= b, et
que V ne change pas de signe ou demeure positive entre ces limites.
A cet effet , on déterminera des fonctions V' et V" qui vérifient les
équations
dV'
dx + G'V' = o ,
dV"
d + G"V" = 0 ,
} (33)

G' étant une fonction de x ou une constante plus petite que G entre
181
PURES ET APPLIQUÉES .
les limites a et b , et G" une autre fonction de x ou une constante plus
grande que G.
On intégrera ces équations (33) en remplissant les conditions
d' dV
dx > dx
et V' = V, pour x= a,
V' = ▼

dx
"

dV
dx < dx
=▼
et V" V, pour x = a, }
V étant par hypothèse positive entre les limites a et b , V' sera aussi
(34)

nécessairement positive , et si l'on trouve que V" l'est encore , on aura


pour toutes les valeurs de x croissantes depuis a jusqu'à b
V Vet V V" .

En outre
V
diminuera et augmentera , tandis que x croîtra dans
V'
cet intervalle.
Si l'on intègre les équations (33) en supprimant les conditions (34)
pour x = a et les remplaçant par celles que voici pour x= b ,
dv' dV
dx < dx >
=
et V' V,
y' V
pour x b (35)
dV"
dx > dx
= ▼

On aura encore entre a et b


dV

v" = v.
et V"
<
}
V < V' et V > V' ;

d'ailleurs augmentera et ✓ diminuera, tandis que x croîtra depuis


a jusqu'à b .
On peut ainsi , en rapprochant suffisamment les limites a et bet
choisissant convenablement G' et G", déterminer pour chaque valeur
de x entre a et b , des valeurs V' et V" entre lesquelles soit comprise
celle de la fonction inconnue V. Par exemple , si G est positive entre
ΜΑΙ 1836.
24
182 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
a et b et qu'on prenne G' et G" constantes , G' < Get G" > G, on
aura pour V' une expression de cette forme
V' = C sin . [(x - a) VG] + Dcos . [(x – a) √G] ,
ou bien

V' = Csin. [ ( b - x) VG] + Dcos [( b - x) VG


'] ,
et une expression semblable pour V" ; on déterminera les constantes
arbitraires C , D , ... de manière que les conditions (34) ou (35) soient
satisfaites ; alors pour chaque valeur de x entre a et b , la valeur de V
sera comprise entre celles de ces deux fonctions trigonométriques V
et V" qui pourront différer très peu l'une de l'autre , surtout si G varie
peu entre les limites a et b. Si G est négative entre a et b , V' et V"
deviendront des fonctions exponentielles. La courbe inconnue cmd
dont l'ordonnée serait V, se trouve par là renfermée entre deux cour-
bes connues c'm'd', c"m"d" ayant pour ordonnées V' et V", qui lui
servent de limites , pour toutes les valeurs de l'abscisse x croissantes
depuis a jusqu'à b , comme l'indique la figure (*).
y
‫חו‬

‫חר‬
000

0 α P b

(*) En intégrant l'équation (31) entre des limites quelconques , on trouve


dV' dV"
V" -
V' = C + ∫ (G" - G') V'V" dx. (36)
dx dx

Cette formule coïncide avec l'équation (9) du nº V, lorsqu'on suppose dans


celle-ci et dans les deux équations différentielles dont elle provient , K = 1
et K' = 1 .
On peut en s'appuyant sur cette formule (36) , démontrer d'une manière nou-
velle la première partie du théorème du nº XII , en y supposant toutefois les
fonctions K' et K" réduites à l'unité.
On prouve d'abord que deux valeurs consécutives de x qui annullent V' com-
prennent toujours au moins une valeur de x qui annulle V" .
En effet, supposons , s'il est possible , qu'entre deux valeurs de x consécutives
a et 6 qui annullent V' , il n'y ait pas de valeur de x qui annulle V" . On peut alors
PURES ET APPLIQUÉES . 183

XLIII .

dV
Les considérations précédentes sur l'équation +GV=o peu-
vent s'étendre avec quelques modifications à l'équation plus générale
d. ( K )+ GV= o à laquelle on ramène L d'U dU
+M dx +NU = o
dx dx

en faisant U= 0V, 0 étant un facteur arbitraire .

supposer ces deux fonctions V' et V" positives dans l'intervalle compris entre a
et 6, puisqu'il est permis de changer le signe de chacune.
Dans l'équation (36), l'intégrale (G" - G') V'V'dx prise entre ces limites a
et 6 sera donc positive. La constante C sera positive ou nulle , car elle est égale
dv' dV"
à la valeur du premier membre V" - V'
dx de pour x = a ; or V' est nulle
dv'
pour x = a , dx
a pour x = a le même signe que V' a pour les valeurs de x un
peu plus grandes que a , c'est-à-dire le signe + ; et en outre V" est supposée
positive ou nulle pour x = a .
On aura donc pour toutes les valeurs de x depuis a jusqu'à 6
dV' dV"
V" -
V' 9,
dx dx

et puisque V' redevient nulle pour x = Con a


dV'
V" o pour x = 6.
dx

Donc V" qu'on suppose positive entre les limites a et 6 ne peut pas être nulle
pour la valeur même x = 6 , de sorte qu'elle est encore positive pour x = 6. Et
dV' dV'
puisqu'on a V" dx
> o pour x =
6, dx devrait être aussi positive pour
dV'
x= 6 , mais au contraire dx est négative pour x = 6 , car la fonction V' passe
dV'
du positif au négatif en prenant le signe de ☑ quand x atteint et dépasse la
valeur 6.

Il est donc absurde de supposer que V" ne change pas de signe entre les limites
a et 6 , V" étant ou n'étant pas nulle pour x = a.
24..
184 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
On pourrait aussi , d'après les nº* XXVI ... XXXV , établir relative-
dV
ment aux valeurs de x qui annullent la fonction K dx+pV, des pro-
positions analogues à celles que nous avons données pour V. Il nous pa-
raît superflu de nous y arrêter. Nous terminerons par quelques re-
marques .
Étant donnée l'équation
d.(K ) + GV 0,
dx

si l'on considère la fonction V dans l'intervalle compris entre deux


valeurs quelconques de x , a et a + i, et ensuite dans un autre inter-
valle égal au premier compris entre deux autres valeurs cet c + i,
on peut à l'aide de nos théorèmes comparer les états de cette fonction
dans ces deux intervalles .

On démontrera d'une manière semblable à l'aide de la même formule (36) que


si l'on a pour une valeur de z désignée par x
dV" dV'
dV' dv" > dx < dx
dx
V" -
V' o ou =
dx dx

il doit exister entre x , et la valeur de x immédiatement supérieure à x qui


annulle V' , au moins une valeur de x qui annulle V".
De ces propositions réunies on conclut la première partie du théorème du
n° XII , en y réduisant K' et K" à l'unité.
On peut encore la démontrer de la manière suivante :
Supposons de nouveau , s'il est possible , qu'entre deux valeurs de x consé-
cutives a et 6 qui annullent V' il n'y ait pas de valeur de x qui annulle V". On
peut alors supposer V'et V" positives entre les limites a et 6 dans l'équation (36);
l'intégrale / (G" - G') V'V"dx prise entre ces limites sera donc positive. La cons-
dV
' V"
tante C sera positive ou nulle puisqu'elle est égale à la valeur de V" dx dx

dV'
pour x a, et que pour x = a , V' est nulle , dx est positive et V" positive
ou nulle .
On a donc pour toutes les valeurs de x croissantes depuis a jusqu'à 6 ,
dV"
V" V' 0,
dx dx
PURES ET APPLIQUÉES . 185

On fait d'abord x = a + x' et en désignant par G', K' et V' ce que


deviennent les fonctions G, Ket V par la substitution de a + x' à la
place de x , l'équation (I) devient
dV'
dx
'
dx
'
+ G'V' 0.

En faisant de même x= a + x", elle devient aussi

d(K ) + G"V" 0.
dx"

On suppose maintenant que x'et x" représentent une seule et même -

variable croissante depuis o jusqu'à i, et l'on établit la comparaison

dv'
d'où V" > o pour x = 6 ; par conséquent V" qu'on suppose positive entre
dx

les limites a et 6 ne peut pas être nulle et doit être encore positive pour x = 6.
dv' dV" d
Mais V" V' > o , donne > 0 . Ainsi
dx
-

dx
V
dx V ( ) , tandis que x croît

depuis a jusqu'à 6, la quantité augmente continuellement , sans devenir in-


V'
finie. Mais pour les valeurs de x un peu plus grandes que a on a > °,
V'
puisque V' et V" sont positives. On devrait donc avoir aussi TH > o pour x = 6 ,
ce qui n'est pas, puisque pour x = 6 , V' est nulle par hypothèse et que V ne
peut pas l'être. On ne peut donc pas supposer que V" ne change pas de signe
entre les limites a et 6. On prouvera de même que si l'on a pour x = x
dV" dV'
dV' dV" dx < dx
V" -
V' o ou
dx dx V"

en faisant croître z à partir de x , V" devra s'annuller avant V'. De là résulte


la première partie du théorème dunº 12 , les fonctions K' et K" y étant réduites
à l'unité.
Quoique la démonstration de ce théorème développée dans les nºs VII ... XI
soit plus complète et plus lumineuse que celles que nous venons d'indiquer , nous
n'avons pas cru devoir les passer sous silence , parce qu'elles peuvent être utiles
dans d'autres occasions.
)
186 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
entre V' et V". C'est ainsi qu'on peut comparer entre elles deux por-
tions différentes d'une ligne courbe correspondantes à des intervalles
égaux pris sur l'axe des abscisses , en superposant ces deux intervalles.
Plus généralementon peut faire successivement x égale à une fonc-
tion quelconque d'une indéterminée x', puis à une autre fonction
d'une autre indéterminée x". Alors V se changera en une fonction V'
de x' et en une fonction V" de x". On comparera ensuite V' et V" en
supposant que x' et x" représentent une seule et même variable indé-
pendante.
La théorie exposée dans ce mémoire sur les équations différentielles
linéaires de la forme
d-V dV
L
dx2
+ M dx + NU = 0.

correspond à une théorie tout-à-fait analogue que je me suis faite an-


térieurement sur les équations linéaires du second ordre à différences
finies de cette forme

LU , MU, + NU₁ , = 0.
i est un indice variable qui remplace la variable continue x; L, M, N,
sont des fonctions de cet indice i et d'une indéterminée m , qu'on assu-
jettit à certaines conditions. C'est en étudiant les propriétés d'une suite
de fonctions U., U., U., Us, ... liées entre elles par un système d'équa-
tions semblables à la précédente que j'ai rencontré mon théorème sur
la détermination du nombre des racines réelles d'une équation nu-
mérique comprises entre deux limites quelconques , lequel est ren-
fermé comme cas particulier dans la théorie que je ne fais qu'indiquer
ici. Elle devient celle qui fait le sujet de ce mémoire , par le passage
des différences finies aux différences infiniment petites. Je dois dire
cependant que j'ai trouvé pour les équations à différences finies dont
il s'agit , des propositions et des démonstrations spéciales qui ne sont
pas susceptibles d'être transportées aux équations différentielles.
PURES ET APPLIQUÉES . 187

w wwm u mww

Sur les surfaces du second degré qui n'ont pas de foyers ;

PAR M. CHASLES .

Les surfaces du second degré de révolution sont engendrées par la


rotation d'une conique autour de l'un de ses deux axes principaux.
L'axe de révolution peut être le grand axe ou le petit axe principal
de la conique génératrice; il résulte de là deux classes de surfaces de
révolution , qui ont , sous un rapport , des propriétés caractéristiques
essentiellement différentes.
Dans le premier cas , la révolution se faisant autour de l'axe qui
contient les foyers de la conique génératrice , la surface engendrée a
elle-même deux foyers (dont l'un peut être à l'infini , c'est le cas du
paraboloïde) , et un plan directeur correspondant à chaque foyer. De
sorte que ces surfaces sont le lieu géométrique d'un point dont
les distances à un point et à un plan fixes sont entre elles dans
un rapport constant .
Tels sont l'ellipsoïde allongé , l'hyperboloïde à deux nappes , et le
paraboloïde.
Ces surfaces participent aux nombreuses propriétés des coniques
considérées par rapport à leurs foyers. C'est là leur caractère dis-
tinctif.
Les surfaces de révolution de la seconde classe sont engendrées par
la rotation d'une conique autour de celui de ses deux axes principaux
qui ne contient pas ses foyers. Tels sont l'ellipsoïde aplati , l'hyper-
boloïde à une nappe , et le cylindre parabolique que nous considé-
rons comme engendré par une parabole tournant autour de son axe
principal situé à l'infini.
188 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES.
Ces trois surfaces , qui sont toujours restées en dehors de l'étude que
l'on a faite des trois premières , sont douées , comme celles-ci , d'une
propriété générale et caractéristique, qui consiste en ce qu'elles sont
le lieu géométrique d'un point tel que le rapport des distances de ce
point à un point et à une droitefixes soit constant; c'est ce que nous
exprimerons par le théorème suivant :
L'ellipsoïde de révolution aplati, l'hyperboloïde à une nappe de ré-
volution , et le cylindre parabolique , jouissent de la propriété que les
distances de l'un quelconque de leurs points à un foyer de l'une de
leurs sections méridiennes , et à la directrice corespondante à cefoyer,
sont entre elles dans un rapport constant , quel que soit le point pris
sur la surface.
En effet, cette relation aura lieu pour tous les points de la section
méridienne , c'est-à-dire que les distances de chacun des points de
cette conique , à l'un de ses foyers F et à la directrice correspondante
D , seront entre elles dans un rapport constant μ.
Maintenant menons un plan perpendiculaire à la directrice , il cou-
pera la surface suivant un cercle , la conique en deux points m , m', et
la directrice en un point d. Si l'on cherche quels sont les points dont
les distances au foyer F et au point d sont entre elles dans le rapport μ,
ces points seront , comme on sait, sur une sphère ; et si l'on demande
ceux de ces points qui seront sur le plan coupant , ces points se trou-
veront sur un cercle ; ce cercle passera par les deux points m, m', qui
satisfont à la condition commune à tous les points de ce cercle. Ce
cercle sera placé symétriquement par rapport au plan de la section
méridienne ; il aura donc la droite mm' pour diamètre ; ainsi ce cercle
sera précisément le cercle provenu de la section de la surface de révo-
lution par le plan perpendiculaire à l'axe de révolution.
Or les distances des points de ce cercle au point d de la directrice
sont aussi les distances de ces points à la directrice elle-même; donc
tous les points de la surface jouissent de la propriété que leurs distances
au foyer d'une section méridienne et à la directrice correspondante,
sont entre elles dans un rapport constant.
Ainsi le théorème est démontré.
Dans le cas du cylindre parabolique, la section méridienne est la
parabole comprise dans un plan perpendiculaire à la direction des
PURES ET APPLIQUÉES . 189
arètes du cylindre; le rapport u est alors égal à l'unité; et le cercle
compris dans le plan perpendiculaire à la directrice de la parabole
se réduit à une ligne droite qui est une arète du cylindre. La démons-
tration précédente s'applique parfaitement à ce cas particulier.
Les trois surfaces dont nous venons de démontrer la génération
commune jouissent d'une autre propriété commune que nous énon-
cerons d'abord pour l'ellipsoïde et l'hyperboloïde , et ensuite pour le
cylindre parabolique.
Dans l'ellipsoïde de révolution aplati, et dans l'hyperboloide à une
nappe de révolution , si l'on conçoit une section méridienne , le cône
qui aura pour sommet un foyer de cette courbe , et pour base une
section faite dans la surface par un plan quelconque mené par la di-
rectrice correspondante à cefoyer , sera de révolution.
Soit ∑ cette section. Cette courbe, d'après le théorème ci-dessus ,
jouit de cette propriété que le rapport des distances de chacun de
ses points au foyer F et à la directrice D de la section méridienne ,
est constant. Si l'on conçoit un plan fixe mené arbitrairement par
cette directrice , les distances des points de la courbe ∑ à ce plan
seront proportionnelles à leurs distances à la directrice ; on peut donc
dire que les distances de chaque point de la courbe 2 , au point F et à
ce plan fixe , seront entre elles dans un rapport constant, ce qui prouve
que cette courbe est une surface du second degré de révolution qui a
un foyer au point F, et pour plan directeur le plan fixe ; et par consé-
quent, d'après la propriété connue des surfaces de révolution àfoyers,
cette courbe sera vue du point F suivant un cercle ; c'est-à-dire qu'elle
sera sur un cône de révolution ayant son sommet au point F.
Ainsi le théorème est démontré.
Dans le cylindre parabolique , si l'onfait une section par un plan
perpendiculaire aux arètes , et que par la directrice de cette courbe, on
mène un plan coupant quelconque , le cône qui passera par la section
que ce plan fera dans le cylindre et qui aura pour sommet le foyer
correspondant à la directrice , sera de révolution.
La démonstration de ce théorème est la même que celle du théo-
rème précédent.
Aux nombreuses propriétés des surfaces du second degré de révolu-
tion , relatives à leurs foyers et aux plans directeurs , correspondent
MAI 1836, 25
190 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
d'autres propriétés des mêmes surfaces , relatives encore à un point et à
un plan, mais qui ne sont plus lefoyer et le plan directeur; et ces pro-
priétés s'appliquent à l'ellipsoïde aplati.
Concevons unellipsoïde de révolutionà foyers; et prenons un point
quelconque de son axe de révolution pour centre d'une sphère par
rapport à laquelle on formera la surface polaire de l'ellipsoïde (c'est-
à-dire que chaque point de la surface de l'ellipsoïde étant considéré
comme le sommet d'un cône circonscrit à la sphère, le plan de la
courbe de contact enveloppera une seconde surface du second degré
qui est appelée la surface polaire de l'ellipsoïde ). Cette surface sera
évidemment de révolution et aura, en direction, même axe de révolu-
tion que l'ellipsoïde. Aux foyers et aux plans directeurs de l'ellipsoïde
correspondront dans cette surface , deux plans et deux points ; et les
propriétés de l'ellipsoïde relatives à ses foyers et à ses plans directeurs,
se transformeront en propriétés de la nouvelle surface , relatives à ces
deux plans et à ces deux points .
De là dérivent une foule de propriétés nouvelles des surfaces du se-
cond degré de révolution .
On reviendra sur cet objet dans un autre moment.
PURES ET APPLIQUÉES. 191

www

NOTE

Sur les rayons de courbure des sections coniques ;

PAR ABEL TRANSON .

La construction du rayon de courbure des sections coniques, qui est


l'objet de cette note, m'a paru mériter d'être connue par son extrême
simplicité et aussi parce qu'elle permet de démontrer, sans aucun ap-
pareil de calcul , les lois de la gravitation universelle.
Je rappellerai d'abord que Smith, dans son Traité d'Optique, liv. 2 ,
chap. 9 (*) , a donné, pour trouver tous les points de la caustique
par réflexion d'une courbe quelconque , une construction qui se tra-
duit par la formule
PP' = r( p + p') cos i,
dans laquelle i représente l'angle d'incidence , r le rayon de cour-
bure de la courbe réfléchissante au point d'incidence , pet p' les dis-
tances respectives de ce point au point lumineux et au point corres-
pondant de la caustique .
La formule telle que je viens de l'écrire suppose que les rayons ré-
fléchis soient convergents. Sinon on considérera lequel des deux points
conjugués se trouve situé, par rapport à l'élément sur lequel la ré-
flexion a lieu , du côté opposé au centre de courbure de cet élément ,
et on changera le signe de celle des deux quantités pou p' qui s'y
rapporte.

(*) Voyez aussi l'Analyse des infiniments petits de l'Hôpital , section PL.
25..
192 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
On voit de suite qu'en appliquant cette formule aux foyers d'une
section conique , considérés comme points lumineux conjugués , on
aura une relation entre les deux rayons vecteurs , l'angle qu'ils font
avec la normale, et le rayon de courbure. Cette relation se trouve
exprimée pour l'ellipse et l'hyperbole par une même formule
pp' = arcos i, (A)
dans laquelle 2a est le grand axe de la courbe. Pour la parabole
on a

29 rcosi. (B)
Déjà ces formules fournissent des constructions très simples pour
les rayons de courbure. Mais nous allons donner une autre formule
commune à la fois aux trois courbes .
Premièrement , si l'on considère dans l'ellipse et dans l'hyperbole le
triangle formé par les deux rayons vecteurs et la partie de l'axe qui
joint les foyers , on aura
4(a + b²) = P + P + 2pp' cos 2i :
les signes supérieurs se rapportent à l'ellipse et les inférieurs à l'hyper-
bole , et comme cos 2i= 2 cosi - 1, il vient
4 (a* + b*) = ( p = p')* = 4pp' cos* i;
observant maintenant que 4a³ = (p = p') , on aura finalement
b = pp'cosi,
relation qui convient à la fois à l'ellipse et à l'hyperbole. Éliminant le
produit p' entre cette dernière équation et (A), on trouvera
62
r ;
acos'i

ou bien , en appelant A le rayon de courbure au sommet du grand


axe ,
A
r
COS 3i

Il est facile de prouver que la même relation subsiste dans la para


PURES ET APPLIQUÉES . 193
bole. En effet , si l'on y considère la normale comme base d'un
triangle isoscèle, ayant pour côtés le rayon vecteur et la partie de l'axe
comprise entre le foyer et le pied de la normale , on aura pour la
valeur de cette ligne 2p cos i. Mais ensuite comme la sous-nor-
male est constante et égale à la moitié du paramètre ap , cette même
normale est égale à P ; on a donc
COS I

P
cos² i'

ce qui, combiné avec (B) , donnera finalement


P
r
cos i cos³i

« D'après cela, pour construire le rayon de courbure en un point


» quelconque d'une section conique, on fixera d'abord les directions
» de la normale et de l'un des rayons vecteurs qui se rapportent à ce
>>point. Sur la direction du rayon vecteur et à partir du point donné
> on portera une longueur égale au rayon de courbure de la courbe
» au sommet de son grand axe; à l'extrémité de cette longueur on
» élèvera une perpendiculaire sur le rayon vecteur jusqu'à rencontre
>> de la normale; de ce point de rencontre on reviendra au rayon vec-
>> teur par une ligne perpendiculaire à la normale; du point ainsi
» déterminé on élevera de nouveau une perpendiculaire au rayon
>> vecteur; et le point où cette perpendiculaire rencontrera la normale
>> sera le centre de courbure. »
Je passe au deuxième objet de cette note. Déjà, par lasimple compo-
sition des forces, on prouve que la première loi de Keplerou lapropor-
tionnalité des aires aux temps , est le résultat de ce que laforce motrice
des planètes est constamment dirigée vers le Soleil. Avec la relation
A
= cosi' nous sommes en état d'établir les conséquences de la
deuxième loi , sans calcul et en supposant connus seulement les
principes fondamentaux du mouvement curviligne.
En effet, si nous supposons que G soit la valeur de la gravitation
lorsque la planète est à la distance e du Soleil , i étant l'angle que fait
le rayon vecteur e avec la normale à la courbe décrite par la planète ,
cette force de gravitation pourra sedécomposer en deux autres; l'une,
194 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES.
dirigée suivant la tangente à l'orbite, ayant pour effet d'accélérer ou
retarder la vitesse; l'autre dirigée suivant la normale, ayant pour effet
d'écarter la planète de la ligne droite pour la soumettre à la courbure
de l'orbite. Cette dernière force, comme composante de la gravitation
est égale à G cos i. D'ailleurs elle est égale et directement opposée à la
force centrifuge dont la valeur est donnée par le théorème d'Huygens ;
de sorte que si v est la vitesse actuelle de la planète ,
Gcosi= ; r (a)
ensuite nous observerons que , par la première loi de Kepler, l'aire
élémentaire décrite par le rayon vecteur ou e cosids est proportion-
nelle au temps, c'est-à-dire égale à Cat, enreprésentant par C une cons-
ds

tante propre à chaque planète; et vu que di =


v, nous obtiendrons
C

cos i
:
(β)

combinant (a) avec (β) , il vient


4C
G
p . r. cos³ i

expression très générale qui permettra de calculer G en fonction de p


toutes les fois qu'on aura, d'après la nature de la trajectoire, la valeur
du produit rcos i en fonction de cette même quantité p. Comme les
orbites planétaires sont elliptiques et que pour toute ellipse, comme
pour toute section conique , le produit rcos i est constant, on voit que
la gravitation varie pour une même planète en raison inverse du carré
de la distance.
Pour ce qui est de la troisième loi de Kepler, on sait qu'il est extrême-
ment facile d'en tirer cette conséquence que l'attraction solaire serait la
mêmeà égalitéde massepourtoutes les planètestransportées à une même
distance du Soleil. On peut donc considérer la démonstration des lois
de la gravitation comme ramenée entièrement à des considérations
élémentaires ..
PURES ET APPLIQUÉES . 195

ww

FORMULE

Pour la transformation d'une classe d'intégrales définies ,


PAR M. JACOBI..

Dans un des derniers cahiers du Journal de M. Crelle ( tome XV,


page 1), se trouve un mémoire de M. Jacobi sur la transformation des
intégrales définies. Ce mémoire renferme une formule remarquable
dont nous croyons devoir transcrire ici la démonstration. Soit f(z)
une fonction de z développable en série ordonnée suivant les puis-
sances entières et positives de z et f (z) sa dérivée de l'ordre i,
i étant un nombre entier positif. M. Jacobi démontre que l'on a
I
(ⅰ )
(1) ff(cosx) cosixdx= 1.3
COS
13 ... (2 ) f(t) (cos x) sindxdx.
Ο

L'équation ( 1 ) se vérifie immédiatement quand f( z ) = Az ,


A étant une constante et pun nombre entier positif. En effet si p.
est < i, les deux membres de cette équation sont alors nuls tous les
deux : il en est de même quand , p étant > i , la différence p - i est
impaire. Enfin , quandp- i est un nombre pair, la formule (1 ) , en
y faisant f(z) = Az, devient
π

(2) Scosxcosixdx=P(p-1).
0
1.3 ... (p-i+1)
(21-1) sinxcos- xdx ,
0
,

résultat exact , comme on peut s'en convaincre en remplaçant les deux


intégrales définies qui s'y trouvent par leurs valeurs connues. L'équa
196 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
tion (1) ayant donc lieu quand f(z) = Az , il est évident qu'elle a lieu
aussi pour une fonction f(z) développable en série de la forme
A + A,2 + Az² + etc. M. Jacobi démontre cette équation de plu-
sieurs manières. Nous renverrons à son mémoire les lecteurs qui dési-
reraient de plus grands détails sur ce sujet. Contentons-nous d'obser-
ver que , d'après ses calculs , la formule (1) est exacte encore pour
une fonction f(z) non développable en série de la forme ......
Ao + Az + Az + etc.: il suffit qu'aucune des quantités f(cosx),
f' (cos x), ... f( -1) (cosx) ne devienne infinie lorsque x croît d'une
manière continue de o à w. On voit par là que la formule (2) subsiste
lors même que p n'est pas un nombre entier, pourvu qu'on ait p > i-1;
on la vérifiera aisément par exemple en y posant i= 1 , p = .
Les intégrales de la formeff(cosx) cos ixdx
0
se présentent en

analyse lorsqu'on veut développer, comme on a souvent besoin de le


faire , une fonction de xen série de cosinus. Malheureusement le se-
cond membre de la formule (1) renferme la dérivée de l'ordre i de la
fonctiou f(cos x) : la difficulté qu'on éprouve en général à former
cette dérivée quand le nombre i est un peu grand , restreindra sans
doute beaucoup l'usage de la transformation ingénieuse imaginée par
M. Jacobi.
PURES ET APPLIQUÉES. 197

NOTE

Sur le Calcul des inégalités périodiques du mouvement


des Planètes ,

PAR J. LIOUVILLE .

(Présentée à l'Académie des Sciences , le 29 février 1836 ) (*) .

1. Lorsqu'une planète m' agit sur une autre planète m , elle produit
dans le mouvement de cette dernière des inégalités séculaires ou pé-
riodiques qui font varier en fonction du temps les constantes arbi-
traires du mouvement elliptique. Le calcul de ces inégalités dépend du
développement en série d'une fonction que Laplace désigne par R
dans son ouvrage et qu'il appelle fonction perturbatrice. Les coeffi-
cients des divers termes du développement dont il s'agit peuvent être
calculés de plusieurs manières. On les exprime , par exemple , en qua-
dratures définies doubles. Je vais montrer que l'on peut quelquefois
substituer à ces intégrales doubles des intégrales simples ayant à très
peu près les mêmes valeurs , ce qui abrégera, ce me semble , le calcul
des inégalités périodiques du mouvement des planètes. Au fond, la
méthode dont je propose de faire usage, dépend de quadratures dé-
finies doubles , tout aussi bien que la méthode ordinaire; mais ici
les quadratures sont rapportées à de nouvelles variables qui permet-
tent d'effectuer, pour ainsi dire , immédiatement, et avec une approxi-
mation très grande , l'une des deux intégrations indiquées. Dans
chaque cas particulier, on jugera sans peine quels peuvent être les
avantages et les inconvénients de ce nouveau procédé.

(*) Voyez le rapport deM. Poisson sur cette Note (Comptes rendus hebdoma-
dairesdes séances de l'Académie des Sciences. Avril 1836) .
JUIN 1836. 26
198 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
2. Soient r le rayon vecteur Om mené du centre de la planète m au
centre O du soleil , a le demi-grand axe , e l'excentricité de l'orbite de
cette planète , y son inclinaison sur un plan fixe que nous prendrons
pour plan des xy et qui sera , si l'on veut, le plan de l'écliptique à l'é-
poque d'où l'on compte le temps t : désignons par a la longitude du
nœud ascendant OA comptée sur le plan des xy à partir de l'axe des
x, parv - a l'angle du rayon vecteur r avec la droite OA et par w la
valeurde v qui répond au périhélie. Si l'on nomme u l'anomalie excen-
trique , les valeurs der et de v, dans le mouvement elliptique de la
planète m , seront données en fonction de u par les équations
I e

r= a ( 1 - e cos u) , tang (v - w) = e
tangu.

Pour trouver à son tour la valeur de u en fonction de l'anomalie


moyenne ζ , il faut résoudre l'équation
ζ = u -

esinu.

Enfin , en nommant nt le moyen mouvement de la planète m et


e- a la valeur de ( pour t = o , on a , au bout d'un temps t quel-
conque , (= nt+ ε- ω .
Pour une autre planète m', il existe des formules semblables :
1+ e
r =a'(1 - ecosu ) , tang:( '- ') = Vit tangu,
COS
1 e

' '-e' sin u' , ' n't + ' -ω' .


Le cosinus s de l'angle compris entre les deux rayons vecteurs retr
se calculera aisément d'après ce qui précède : en effet on a
S
xx + xy + zz
,
rr

x, y, z , étant les coordonnées du point m, x' , γ', z' celles du point


m' ; mais , par les formules connues , si l'on transforme les coordon-
nées rectangulaires en coordonnées polaires, il vient
r
x =
[cos acos(v α) - -

cos y sin a sin (v – α)] ,


y = r [sina
a cos (v - a) + cos y cosa sin(v - a)] ,
z = r sin y sin (v α); -

:,

:
PURES ET APPLIQUÉES . 199
et

x'=' r' [cos a' cos(v' - a') - cosy' sin a' sin(v' - α')] ,
y' = r [sin a'cos (v' - a') + cosy ' cosa'sin(v' - α' )] ,
z'= r sin y sin (v' - a') ,
d'où l'on peut tirer la valeur des en fonction de r, r' , v , v' , α, α ,
γ. '
γ.
3. Ces formules du mouvement elliptique des planètes représentent
encore leur mouvement troublé par une cause quelconque pourvu que
l'on remplace les constantes a , e, ω , α , γ, ε , α΄ , ε΄ , ω' , α' , γ', ε par
des fonctions convenables du tempst : en même temps on écrira
fndt au lieu de nt, ſn'dt au lieu de n't; et les intégrales fndt, Sn'dt
que nous désignerons par p, p', représenteront ce qu'on appelle alors
les moyens mouvements dem , m' .
Pour déterminer les perturbations que la planète m' produit dans le
mouvement de la planète m, il faut développer en série la fonction dé-
siguée par R dans la Mécanique céleste et nomméefonction perturba-
trice , parce que ses dérivées partielles prises par rapport à x , y, z et
précédées du signe - représentent les composantesde la force pertur-
batrice respectivement parallèles aux axes des x, des y et des z.
L'expression de R en fonction de r, r', s est
m'rs m
'
R ;
Vr² + r - 2rr's

et par conséquent, ondoit regarder R comme une fonction pério-


dique de ζet ζ", renfermant en outre les éléments elliptiques a, a',
e, e', etc. (*).
Cela posé, pour calculer les variations des constantes a , e, ω, α, γ,
é et du moyen mouvement p, en fonction dutemps t, qui sont produites
par l'action perturbatrice de la planète m', on se servira des formules
m'rs
(*) Les inégalités produites par le premier terme 2
de R étant aisées à cal-

culer par divers procédés , on pourra, si l'on veut, appliquer les raisonnements
qui suivent au second terme de R seulement. Il est d'ailleurs naturel de considérer
à part ce second terme puisqu'il reste le même (abstraction faitedu coefficient nu-
mérique mi ) quand, au lieu d'étudier l'action de m' sur m , on étudie celle de
m sur m' .
26..
200 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
da de
de Lagrange dans lesquelles les dérivées dt
de ' di' di'
etc. sont ex-

primées au moyen des différentielles partielles de R prises par rapport


aux éléments de la planète troublée et multipliées par des coefficients
dans lesquels le temps t n'entre pas explicitement. On a , par exemple,
dap 3 dR da 2 dR
-
:
,
dt a de dt an de
1

il existe des formules semblables pour les variations des autres


éléments.

Quand on néglige , comme nous le ferons dans cette note , le carré


de la force perturbatrice , on doit regarder dans le second membre
toutes les quantités ζ, ζ', a, a' , e, e', etc., comme réduites à leurs va-
leurs elliptiques; et en désignant par la caractéristique d les variations
éprouvées par ces quantités , on a
αδρ 3 dR dda 2 dR
= -

di de' di an

Si maintenant on développe R en une série de sinus et de cosinus


d'arcs multiples de ζ et ζ', le terme de ce développement qui sera indé-
pendant de Çet ζ' produira seul les inégalités séculaires des éléments
de l'orbite de m ; et au contraire les termes contenant sous les signes
sinus et cosinus les quantités ( et ζ' produiront les inégalités pério-
diques de ces mêmes éléments .
Si par exemple R contient un terme de la forme M sin (ίζ-ί'ζ' ),
i et i' étant deux nombres entiers positifs ou négatifs , ce terme pro-
duira dans les valeurs de δρ, δda les inégalités respectives
3iM 2iM

')
a ( in - in

cos (ίζ — ί'ζ' ) ,
- -

an ( in- in' )

sin (ίζ - ί'ζ' ) :

de même si R contient le terme Ncos (ίζ - ί'ζ' ) , ce terme produira


dans de, da les deux inégalités
3iN 2iN
- -

sin ( ίζ – ί'ζ' ) , an(in- in') cos(iζ —ΐζ') :


a² (in- i'n' )

ces quatre inégalités dépendent du même argument in- i'n'.


4. On peut calculer les valeurs de M et N, correspondantes à un ar-
gumentdonné, par diverses mé[Link] effet, les excentricités e, e' et
PURES ET APPLIQUÉES. 201

l'angle A du plan de l'orbite de m avec le plan de l'orbite de m' étant


de très petites quantités pour les principales planètes , on peut déve-
lopper la fonction R suivant les puissances croissantes de e , e' , sin A,
et de la sorte on obtient avec tel degré d'approximation qu'on veut les
valeurs de Met N en séries ordonnées suivant les puissances ascen-
dantes des excentricités et des inclinaisons des deux planètes.
En faisant usage de cette méthode , on prouve aisément que les
coefficients Met N qui répondent à l'argument in - in' sontde l'ordre
i- i' par rapport aux excentricités et aux inclinaisons (la différence
i- i' étant calculée abstraction faite du signe) , de manière que si les
nombres e , e' , sinA devenaient infiniment petits du premier ordre,
les nombres Met N deviendraientinfiniment petits de l'ordre i- i' ou
i
- i suivant que i est supérieur ou inférieur à i. Ce théorème remar-
quable nous sera très utile par la suite.
M. Poisson a donné, pour calculer les valeurs de M et N une méthode
qui , dans un grand nombre de cas , est préférable à la précédente.
Cette méthode , dont M. Hansen a le premier fait usage dans la théorie
de Jupiter et de Saturne , consiste à exprimer les coefficients M et N
pardes intégrales définies doubles relatives à ζ , ζ' et prises entre les
limites o et 2π.
Je me propose de montrer, dans cette Note, que l'on peut quelque-
fois remplacer avec avantage les intégrales définies doubles par des
intégrales définies simples exprimant les valeurs de Met N non pas
rigoureusement , mais avec autant d'approximation que l'on voudra.
Les formules auxquelles je suis arrivé reposent sur une analyse très
simple.
5. Pour fixer les idées , proposons-nous de calculer les coefficients
relatifs à la grande inégalité de Saturne produite par l'action de Jupi-
ter, inégalité qui répond à l'argument 5n- 2n', nt étant le moyen
mouvement de Saturne et n't celui de Jupiter. PuisqueR est une fonction
de ζ , ζ' , représentons cette fonction par F (ζ , ζ' ) ; représentons en
outre par A le terme du développement de R qui ne contient niζ ,
ni ζ', par A,, A. , A3 , ... , В,, В. , B. , ... les coefficients des cosinus
et des sinus des arcs 5% – 2ζ', τοζ - 4ζ', 15% - 8ζ', ... que nous
nommerons , pour abréger, 0 , 20 , 30 , .... D'après cela , si l'on
pose
202 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
F (ζ , ζ') = A + A, cos + A, cos 20+ A3 cos 30 +...
+ B, sin + B, sin 20 + B3 sin 30 +...
+ (८ , ८'),
ou
F (ζ , ζ΄) = Α + ΣΑ, cos pθ + ΣΒ, sin po + φ (ζ , ζ΄) ,
la fonction (ζ , ζ' ) ne contiendra aucun terme dépendant de l'argu-
ment 5n- an' ou de ses multiples. Maintenant faisons ζ = 25,
=5σ- , o désignant une nouvelle variable : il viendra
2

F(25, 55- ) = A + ΣΑ, cos pθ + ΣΒ, sin på

2
+ (25, 55- ); 2

contiendra
et il est clair que le développement de (20,55- ) ne
aucun terme indépendant de o : donc en multipliant par do et inté-
grant , entre les limites 0= 0,027, les deux membres de l'égalité
précédente , on aura
Α + ΣΑ, cospl + ΣΒ, sinpl = * (0) ,
équation où l'on a fait
* (0) = F(20, 50- )do.
La fonction (0) est, comme on voit, une fonction périodique de 6 ,
et l'on a
* (2π + 0) = * (0) .
En changeant 6 en -0 , notre équation devient
Α + ΣΑ, cospθ – ΣΒ, sinpl = + (-4 ) :
combinant cette nouvelle égalité avec celle dont elle dérive, par voie
d'addition et de soustraction , et posant
* (0) + (10) = 20 (θ) , (θ) — * (- 6) = 2Π (θ) ,
on obtient =

(1) Α + ΣΑ, cos po


P
(θ) ,
(2) ΣΒ, sin pθ = Π (0) .
PURES ET APPLIQUÉES . 203

Dans la théorie de Jupiter et de Saturne, on doit regarder comme à


peu près insensibles les coefficients A. , B. , A3, B3, ... dont les deux
premiers sont déjà du sixième ordre par rapport aux excentricités
et aux inclinaisons. Or, en négligeant ces coefficients , ilvient
A + A, cos = (4) , B, sin 0 = Π (0).
On peut donner à une valeur arbitraire. En posant par exemple
0 ,
on trouve
2

e
A Β₁ = Π
2

, 1

Sil'on veut, dans ces formules, substituer à la fonction la fonction ,


on se rappellera que l'équation (27+ 6) = + (0) qui a lieu en géné-
ral donne

*(- ) = ( ) ,
2
Ψ

et l'on aura

A = [ ( ) + ( )] , B. = [ () - (3)].
2 2 2 2 2

Si dans l'équation
A + A, cos 0 = 0 (θ) ,
on pose successivement 0 = 0 , θ = , puis qu'on ajoute et qu'on re-
1 :
tranche l'un de l'autre les deux résultats obtenus , on aura
A [π(0) + π (π)] , Α. = [ (0) - (π)] ,
ou, ce qui est la même chose,
A [* (0) + + (π)] , Α. = [ (0) - * (π)].
Les valeurs de A sont exactes aux quantités près du sixième ordre par
rapport aux excentricités et aux inclinaisons : celles de A,, B, sont
exactes aux quantités près du neuvième ordre ; car leurs expressions
ne changeraient pas quand même on tiendrait compte des termes
A, cos 20, B, sin20 négligés tout à l'heure , en continuant à regarder
comme insensibles les coefficients As, B3, A4, B4 , ... qui sont au
moins du neuvième ordre. En effet , si l'on conserve les termes
204 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
A, cos 20, B, sin 20 , l'équation (2) donne
B, sine + B, sin 20 = Π (A) ,

d'où résulte, en posant 0 : 2'

В. = п ( ).
B,

De même l'équation ( 1) donne


A + A , cos + A, cos 20 = 0 (0) :
faisant donc successivement 0 = 0 , 6 = 7 , puis retranchant les deux
résultats l'un de l'autre , on trouve
A, [π(ο) – π(π)] ;
ces valeurs de A,, B, coïncident avec celles que nous avons obtenues
en premier lieu .
En prenant la dérivée par rapport à des deux membres de l'équa-
tion A + A, cos + A. cos 20 = (6) , on obtient
dw(8)
A, sin + 2A, sin 20 = - do
-

π' (4) ;
;
faisant donc 0 = 2 , on a, au même degré d'approximation que ci-
:

dessus : A, 1

6. Désignons en général par i, i deux nombres entiers premiers


entre eux , le premier étant positif et pour fixer les idées , plus grand
que le second qui sera indifféremment positifou négatif. Posons ζἴσ,
6
-

ζ' = ἰσ , ce qui donne iζ - 'ζ' = 0 , puis représentons par A,,


B, les coefficients de cosp(ίζ - ί'ζ') , sin p (ίζ - ί'ζ') dans le dévelop-
pement de R. En faisant
:

27 **F (io, io- )do = * (θ),


0

puis
* (0) ++(-6) = 20(8) , 4(0) - (- 4) = 2Π (0) ,
PURES ET APPLIQUÉES. 205

on trouvera , par une analyse semblable à celle employée ci-dessus ,


(3) Α + ΣΑ, cos pθ = (θ) ,
(4) ΣΒ, sin ρθ = Π (0) :
les coefficients A,, B, sont de l'ordre p (i- i ) : si donc on néglige les
quantités de l'ordre 2 (i- i' ) , on aura simplement
A + A, cos = (4) , B, sin ( = Π (6) ,
d'où l'on conclura , sans difficulté ,

A = ( ) = [ ( ) + ( )] ,
2 2

ou
A = [ (0) + (π)] = [+ (0) ++ (π)] ,
-

puis A₁ = [ (0) -π ( π)] = [Ψ (ο) – Ψ ( π)] ,

Β. = ( ) = [ ( )2 ( )] 2

Les valeurs de A. , B, sont même exactes aux quantités près de l'ordre


3 (i- i') ; car elles ne changeraient pas si l'on tenait compte des
termes A, cos 20 , B, sin 20 , en continuant à négliger les termes sui-
vants : A3 cos 30 , B, sin 30 , ... qui sont au moins de l'ordre 3(i-i').
Ces formules A, = [ (0) - Ψ (π)] , etc. sont d'autant plus exactes
que la différence (i- i' ) est plus considérable et l'on pourra , ce
me semble , en tirer parti , dans la théorie des planètes , pour la dé-
termination des inégalités à longue période.
7. Si dans le calcul des coefficients A , A. , etc. , on veut négliger
seulement les termes de l'ordre q (i- i ) , voici quelle marche on
pourra suivre (*) .

(*) Trouver les valeurs de A, A,, etc., qui satisfont aux équations (3) et (4), aux
quantités près de l'ordre q ( i- i) , c'est-à-dire en négligeant les quantités dont
l'ordre est = q ou>q ( ce qui réduitles premiers membres de ces équations à un
nombre limité de termes), est un problème indéterminé coinme tousles problèmes
d'[Link]'on donne à eun nombre suffisantde valeurs particulières,choi-
sies arbitrairement , et l'on formera par là autant d'équations qu'il en faut pourdé-
terminer toutes les inconnues A, A,, etc. Chaque équation obtenue de la sorte est,
pour ainsi dire, une observation à laquelle ces [Link] les
JUIN 1836. 27
206 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
Les q valeurs de ViI sont , comme on sait ,

COS 4x
27
1, COS + V- 1 sin ....
q' 9 9

cos 2(9-1) +V-1 sin 2(2-1) *.


9 १

La somme des puissances pimes de ces racines est égale à q ou à zéro,


suivant que p est ou n'est pas un multiple de q. On a donc , en sup-
posant p > o et différent de q, 29 , etc. ,
2 (9-1) 2(9-1)πρ
1+(cos +/-1
V- I sin ) + ...+(cos²2=1 + √=1 sin 2(2-1)*) = 0 ,
9
COS
9

ou , ce qui est la même chose ,


1 + COS 2P
9
+ cos 4p*+
9
...+ cos 219-1)p = 0 ,
9

sin 2p* + sin 4+


9
4px +...+ sin 2(9-1) p
9 9
0:

la dernière de ces égalités subsiste même quand pest nul et quand p


est égal à un multiple de q. Cela posé, reprenons l'équation
* (0) Α + ΣΑ, cos po + ΣΒ, sin pθ ;
0= 27 47 2(9-1)π
faisons-y successivement = o , 9
,

9
, ...
2
,

puis ajoutons tous les résultats obtenus ; le coefficient de A et celui


de A,, A.,, etc., seront égaux à q, et les coefficients des autres termes
seront nuls; par suite il viendra

9(A+A,+A +etc.)= (0)+ (2)+ (1


+++*[ 1-1 ] ,

seconds membres w (4) , Π(0) sont connus en nombres pour une valeur particulière de
6 telle que 4 , il est naturel de ranger les équations que produit l'hypothèse 0 = 0,
parmi celles dont on fera usage pour déterminer A, A,, etc. Mais presquetoujours les
formules que nous démontrons dans le texte seront celles dont l'emploi présentera
le plus d'avantages .
PURES ET APPLIQUÉES. 207
ce qui donne

A= { (0)+ (2)+ (2) + .. ++ [ 21-1 ]}, 9 9


,

en négligeant les termes A,, A , etc. , qui sont de l'ordre q (i -i' )


ou d'ordre supérieur. Si , pour abréger, on représente [quelle que soit
la fonction f( μ)] l'expression

f(0) + f( 1) + f( 2) + .... +f(q - 1) par 2 f(μ) ,


on pourra écrire
I

A
(α) Α= Σ 0 (2 )
Je reviens à l'équation
* (0) = Α + ΣΑp cos p, θ + ΣΒp, sin ρ.θ , P

dans laquelle j'ai écrit p, au lieu de p , et je regarde p comme une va-


leur particulière de p, comprise entre o et q. En multipliant les deux
membres par cos pe , j'obtiens
*(0) cos p = A cos p0 ++ ΣΑp , [cos (p. + p) + cos (p. -p) 0]
+ ΣΒp, [sin (p. + p) + sin (p, -p) 0] :

faisant successivement dans cette équation =


ο, θ =
P + q'
47
0 .... 0= 2 (p + q - 1 ) π ,
puis ajoutant tous les ré-
p + q' P+ q
sultats obtenus , je trouve que , dans le second membre , les coeffi-
cients de A , A,, ...
A,, sont nuls à l'exception de celui de A, qui
est égal à p+q : en négligeant les termes de l'ordre q (i-i), on a donc
2
2μπ 2μρπ
(β) Α, = ∑(p+q) + + COS
P+ 9 P p + q'

et l'on trouvera semblablement, au même degré d'approximation ,


2
2μπ 2μρπ
B, Σ(P+9) Ψ
p+q 0
p + q) ) sin;P + q
Si l'on était obligé de prendre pour q un nombre entier considé-
rable,ces formules auraient peu d'avantages sur celles qui expriment
27..
208
JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
A, A,, B, en quadratures définies doubles. Mais, dans la théorie des
principales planètes , il suffira de poser q= 2 , q = 3 , ou tout au plus
q = 4 : il faut excepter seulement le cas où l'on aurait i = i , en
sorte que jusqu'ici notre méthode ne s'étend pas aux inégalités dé-
pendantes de la différence des moyens mouvements des planètes m ,
m' ; en effet, quand on a i' = i , les coefficients A. , A. , .... B. , Β, ...
sont tous de l'ordre zéro par rapport aux excentricités et aux incli-
naisons ; et les simplifications fondées sur la petitesse des nombres
e, e' , sin A cessent alors d'être possibles. Nous reviendrons tout à
l'heure sur ce cas particulier.
(8) Quand dans la valeur de A, on pose p = 1 , q = 2 , il vient
2 I I

A. = 3 [ ( ) -

2 () -

2 ( )] ,
tandis qu'en posant p = 1 , q = 3 , on a
=
A, [ (0) -

Ψ (π) ] ,
formule beaucoup plus simple que l'autre , et en même temps beau-
coup plus exacte, puisque les termes négligés sont dans la première de
l'ordre 2 (i- i) et dans la seconde de l'ordre 3 (i - i'). Semblable-
ment la formule

B. = [ ( )] ,
qui correspond à q= 3 est àla fois plus exacte et plus simple que celle
qu'on obtiendrait en posant q = 2 dans la valeur générale de B,. Il
est bien remarquable qu'on diminue la longueur des calculs numé-
riques à effectuer, en employant des formules plus exactes. Ces deux
I I
formules A , =
[ (0) - Ψ (π) ] , Β, =
2 2
[* -

* ( )] ,
qui fournissent aux quantités près du neuvième ordre par rapport
aux excentricités et aux inclinaisons les coefficients relatifs à la grande
inégalité de Jupiter et de Saturne , seront , je l'espère , appréciées
par les astronomes. Elles exigent la réduction en nombres de quatre
intégrales définies simples , savoir + (0) , 4 (1), (7), ( ) : ces 2

quatre intégrales une fois calculées , on pourra trouver la valeurde A


PURES ET APPLIQUÉES . 209

aux termes près de l'ordre 4 (i - i') , (c'est-à-dire , pour Jupiter et


Saturne , aux termes près du douzième ordre ) , puisqu'en posant
q = 4 , on a
I

A = 4 [ (0) ++ ( ) + * (π) + * (*) (*). 2

(9) En modifiant légèrement notre méthode , nous la rendrons


applicable aux inégalités dépendantes de la différence des moyens
mouvements des planètes m et m' . Pour cela nous opérerons , comme
il suit , le développement de R ou F (ζ , ζ').
En posant
σ
ζζ
-

2
,
T =
2
, on aζ = σ + τ , ζ' = τ —la :
on a ensuite F (ζ , ζ') = F (σ + τ , τ- σ) ,
quantité qui ne change pas lorsqu'on augmente de 2 une quel-
conque des deux variables σ, τ , et qui par conséquent peut se ré-
duire en une série de sinus et de cosinus d'arcs multiples de 5 et τ .
Effectuons d'abord le développement de F (σ + τ , τ - σ) en ayant
égard à la seule variable T : le développement sera de la forme
F ( σ + τ , σ - T) = P + P, cos pr + ∑Q, sin pr ;
P, P , Q, étant des fonctions périodiques de σ. Or, il est aisé de voir
que les coefficients P,, Q, sont en général de l'ordre p par rapport aux
excentricités et aux inclinaisons. On pourra donc négliger comme
insensibles ceux de ces coefficients qui répondront àun indice pégal ou

(*) Les intégralės (o) , *(*), * ( représentent les termes indépen-


12

,
2

dants de σ
dans les développements des fonctions respectives F (ίσ, ίσ) ,
* ( 3π
F(io, io 21
4
), (io, io ), F(to, io-3): enreprésentant par ...
21
A
Α+ ΣΑ, Cospo + ΣB, sinpo un quelconque de ces développements , A aura tour
à tour pourvaleur chacune de ces intégrales ; et on pourra calculer A par la for-
mule (a) où l'on aura soinde remplacer la fonction parla fonctionF etde prendre
9 assez grand pour que l'ensembledes termes A₄ + A2 , + etc. soit négligeable
R IBRA
REESE L
commeon l'a supposé en établissant cette formule (a).
UNIVERSI
TY
CALIFORNIA
210 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
supérieur à un certain nombre q et calculer ensuite les autres par la
méthode du nº 7. En effet, pour appliquer ici les formules du nº 7, il
suffira d'y remplacer A par P, A, par P,, B, par Q,, w (T) par
F(σ + τ , τ σ) + F(σ - τ , -T -

σ) ,
et П (г) par
F ( σ + τ , τ- σ) - F( - τ, -
T -

σ).
١٠١٠

Et comme , dans la théorie des principales planètes, ces formules se-


ront toujours suffisamment approchées en prenant pour q un nombre
entier très petit , on voit que les coefficients P, P , Q, se trouvent dé-
terminés en fonction de 6, sous forme finie et sans aucune intégra-
tion. On développera ensuite P, P,, Q, en série de sinus et cosinus
des multiples de 6; et dans ce nouveau développement tous les
coefficients de la série se calculeront à l'aide d'intégrales simples.
Considérons en particulier la quantité P: les arcs qui figureront
dans son développement sous les signes sinus et cosinus seront mul-
tiples non-seulement de o, mais encore de 25, car d'une part on
-‫ל‬
ασ
2 et d'autre part R ne peut contenir dans son dévelop-
pement que des multiples de ζ , ζ' et non de leurs moitiés. On fera
T
donc
P Α + ΣΑ , COS 2ίσ + Σ Β; sin 2ίσ ,
i

etl'on aura ‫تو‬

A= Pd
2 Π

A= P cos ais do,


0

B₁= P sin 2ίσ ασ .


0

"

En remplaçant par 2
, les deux termes A₁ cos 2ίσ , Β₁ sin 2ίσ
deviennent A, cos i (ζ - ζ΄) , B₁ sin i (ζ - ζ') : ces deux termes sont
précisément ceux qui , dans le développement completde R, répon-
dent à l'argument i (n - n') ; et l'on voit que notre méthode , con-
venablement modifiée , s'applique presque aussi bien à ces termes-la
qu'aux autres. "
PURES ET APPLIQUÉES. 211

www

MÉMOIRE
is

Sur les Équations générales du Mouvement (*) ,


PAR A. M. AMPÈRE .

I.

Quand un point matériel m est soumis à l'action d'une force exté-


rieure constante ou variable, ou, ce qui est la même chose, à l'action
de plusieurs forces extérieures qu'on peut toujours réduire à une
seule résultante , on sait que les trois composantes de cette résultante
parallèlement à trois axes coordonnés rectangulaires ox, oy, oz sont pro-
portionnelles aux différentielles secondes, prises par rapport au temps,
des coordonnées x, y, z, du point mobile. Lorsque le mouvement est
rectiligne uniforme , ces trois différentielles sont égales à zéro , et cela
doit être en effet , puisque le mouvement rectiligne uniforme est pré-
cisément celui d'un mobile sur lequel les forces extérieures ont cessé
d'agir. Lorsque le mouvement au contraire est varié , en nommant
X, Y, Z, les trois composantes de la force extérieure , t le temps, et
m la masse du point mobile , on a les équations connues
d'x daz
m
dt
=
X, mday
d =Y, m Z,
dt

lesquelles servent à deux fins , 1º. à faire connaître X , Y, Z lorsque

(*) Ce mémoire a été rédigé en 1826, à l'occasion des leçons que je faisais sur
ce sujet au collège de France .
12
JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
x, y, z, sont des quantités connues en fonction du temps ; 2°. à faire
connaître x, y, z, lorsque les données de la question sont X, Y, Z.
Les trois équations fondamentales que nous venons de rappeler sont
admises par tous les géomètres , et le principe qui les contient est
connu sous le nom de principe des forces accélératrices. Mais si l'on
s'accorde généralement à en reconnaître l'exactitude , on est au con-
traire loin de s'entendre sur la manière dont on doit les démontrer,
puisque les uns regardent avec Laplace le principe des forces accélé-
ratrices comme déduit d'un résultat d'expérience, tandis que d'autres au
contraire, parmi lesquels figure Euler, ont essayé d'en établir la vérité
à priori. Cette dissidence entre les premiers géomètres indique assez
les difficultés du sujet. Toutefois , en examinant attentivement la
question , il nous a semblé qu'elle se trouvait résolue sans beaucoup de
peine , pourvu que l'on se fit une idée bien nette de l'inertie de la
matière et de la force que cette inertie produit lorsque l'on vient à
altérer le mouvement d'un mobile par l'action d'une cause extérieure
quelconque. Il est visible , en effet , que cette force est nulle dans
le mouvement rectiligne uniforme ; et que dans un mouvement varié,
elle est toujours égale et directement opposée à la force extérieure qui
sollicite le mobile , et qui altère l'intensité ou le sens de sa vitesse. On
voit donc que pour établir le principe des forces accélératrices , il suffit
de déterminer la direction et l'intensité de la force produite par l'iner-
tie, ce qui paraît beaucoup plus facile , et ce que nous avons essayé de
faire dans ce mémoire dont l'idée fondamentale nous est connue depuis
plus de vingt ans. Il est clair que dans notre démonstration , nous se-
rons contraints d'admettre quelque chose du principe des mouvements
relatifs de Laplace , que ce grand géomètre a pris comme une donnée
de l'observation et dont il a déduit celui des forces accélératrices ; mais
tandis que ce principe considéré en lui-même et dans toute sa généra-
lité , est loin d'être évident , nous croyons n'en avoir conservé que ce
qui est d'une évidence manifeste, à peu près comme pour démontrer le
parallélogramme des forces , on part du cas très simple où les forces
sont de même grandeur et où la direction de la résultante est connue à
priori, puisqu'elle partage alors leur angle en deux parties égales.
PURES ET APPLIQUÉES. 213

II.

Considérons un point mobile M qui , par l'action d'une cause quel-


conque , décrive une ligne droite ou courbe AMB (*). Pour lui faire
décrire cette ligne, on peut imaginer que le mobile soit placé dans une
petite cavité sphérique , au centre d'un parallélépipède solide qui l'en-
veloppe et dont les arètes demeurent constamment parallèles à elles-
mêmes pendant que le centre décrit la ligne AMB , et que l'enveloppe
se meuve en entraînant le point matériel M sur cette ligne AMB que l'on
veutfaire décrire à celui-ci. Cela posé , examinons les deux cas distincts
qui peuvent se présenter, celui du mouvement rectiligne uniforme
et celui du mouvement varié quelconque .
Si le mouvement est rectiligne uniforme , ce qui exige que le paral-
lélépipède enveloppe et la molécule matérielle aient reçu à la fois et
conservent le même mouvement , il n'y aura aucune raison pour que
la molécule exerce une pression contre l'enveloppe. Si au contraire
on fait prendre au parallélépipède un mouvement rectiligne varié ou
un mouvement quelconque sur une courbe AMB

M
T

M M'
A

0 R

et que de cette manière on amène forcément la molécule de Men M",


au lieu de la laisser aller de Men M' sur la tangente MT, comme cela

(*) Cette ligne est courbe dans la figure, parce que c'est le cas général : le calcul
s'applique également aux deux cas.
JUIN 1836. 28
214 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
arriverait si elle était libre, il est incontestable qu'en vertu de la ten-
dance qu'elle a à conserver son mouvement suivant MT, c'est- à-dire en
vertu de l'inertie de la matière, elle pressera l'enveloppe qui l'entraîne.
Or, nous nous proposons présentement de déterminer : 1º. la direc-
tion de cette force produite par l'inertie. 2°. Son intensité.
III .

PREMIÈRE QUESTION.- Direction de laforce produite par l'inertie.


Pour voir dans quelle direction s'exerce en un point quelconque M
de la courbe la pression du mobile contre l'enveloppe , il faut sup-
poser que tout à coup l'enveloppe devienne perméable en M et cher-
cher dans quel sens elle serait alors percée par le point mobile devenu
libre. Cette notion de la direction de la force nous paraît la plus
simple et la plus exacte de toutes ; et nous croyons qu'on devrait l'in-
troduire même en statique. Ainsi pour déterminer la direction d'une
force P appliquée à un point M, il faut, suivant nous , renfermer d'a-
bord ce point dans une enveloppe solide ; l'effet de la force Pest
alors de presser l'enveloppe dans le sens même où elle tire ; si mainte-
nant on rend l'enveloppe perméable , il est clair que le point M se met-
tra en mouvement et au premier instant la percera dans une direction
déterminée qui est la direction de la force P. Dans ce cas , l'enveloppe
est immobile , mais cela est indifférent pour notre définition ; qu'elle
soit en mouvement ou en repos , on ne peut s'empêcher de regarder
la direction dans laquelle le mobile la perce lorsqu'elle devient per-
méable , comme la direction suivant laquelle il la pressait lorsqu'elle
était solide .
Après cette digression , revenons à l'examen du mouvement sur une
courbe AMB ; et au moment où le mobile est en M, rendons l'enve-
loppe perméable et cherchons dans quel sens alors elle doit être péné-
trée. Or le mobile, devenu libre, s'échappera par la tangente MT et
viendra en M' sur cette tangente, tandis que l'enveloppe continuant
son mouvement transportera en M" le point où il se trouvait d'abord.
On comprend d'après cela que les deux points M', M" appartiennent à
lacourbe que le mobile a tracée dans le parallélépipède enveloppe ,
et comme il nous faut seulement la direction du premier élément de
PURES ET APPLIQUÉES. 215

cette courbe, il est clair que pour l'obtenir , nous devrons joindre les
points M', M" par une ligne droite et chercher ce que cette droite de-
viendra à la limite, lorsque l'on rendra infiniment petit ou nul le temps
employé à parcourir MM' . La droite MR limite de M'M" sera la direc-
tion de la force produite par l'inertie.
En appelant le temps que le mobile devenu libre emploie à se
transporter, d'un mouvement uniforme , de Men M' sur la tangente
MT , désignant de plus par x , y, z et x', y', z', les coordonnées res-
pectives des points M , M', et observant enfin que x, y, z sont des
fonctions f(t) , f(t) , F(t) du temps t qui répond au point M , on a
par les propriétés connues du mouvement uniforme ,
dx
x
' = x + = f(t) + f'(t) ,

y' =
+ dt
=
f (t) + Of (t) ,
dz
z
' 2 + 0 dt = F (t) + OF' (t) .

Les coordonnées x", y", z", du point M" où se transporte pendant le


même temps e le centre du parallélépipède sont également faciles à
obtenir : en effet , comme l'enveloppe continue à se mouvoir sur la
courbe AMB de la même manière qu'auparavant , il est évident que
x", y", z", sont des fonctions de t+ absolument composées en t+ 0
comme x , y, z, ent , de sorte que l'on a, par le théorème de Taylor,
02
x" = f(t) + bf' (t) + =f"(t + ἔθ) ,
2

02
y" = f (t) + Of' (t) + 2
f"(t + ηθ) ,
z" = F(t) + OF'(t) + 2
F"(t + (0) ;
développements où l'on sait que ξ , η , ζ, sont des nombres plus petits
que l'unité. On déduit de là,
02
x"- =
f"(t + ६७) ,
2

02
-
‫ارو‬ = -

2
f" (t + ηθ) ,
02
z
" -

z' ==F"(t + ζθ).


2

28..
216 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
Si nous tirons à présent la droite M'M", et si nous observons que
x
"
- x', y" -y', z" - z' sont les trois projections de M'M" = k
sur ox , oy, oz , en nommant λ, μ , ν , les angles de cette droite avec
ces mêmes axes , nous aurons
k cos λ = x -

x",
k cos μ =
y' -
y",
kcos = z
z' -
z",
c'est-à-dire
02
k cos λ = -

f" (t + ἔθ) ,
2

02
k cos μ = -

2
f" (t + ηθ) ,
02
kcos = -

2
F" (t + ζθ ) ,

le signe - provenant de ce que nous cherchons les angles formés par


la partie de la droite M'M" dirigée de M" vers M'.
Faisant la somme des quarrés de ces trois équations , on obtient
k √f" (t + ٤٥)² + f" (t + n ) + F " (t + (0) ,
2

d'où résulte
f" (1 + ६४)
cos λ -

Vf" ( t + 5) + f " (t + y ) + F" (t + ζθ)2


-
f" (t + ηθ)
COS μ =
Vf" (t + 4 ) + f " (t + n )² + F" (t + 7 ) '
COS = -
F" (t + 6)
2

Vf" (t + d) + f " (t + n )² + F" ( 1 + ζ0)

Mais pour que ces valeurs conviennent à la droite MR, il faut passer
à la limite et y faire 0 = 0 ; si donc on désigne par W le radical
Vf" (t) + f" (t) + F" (t)" ,
on aura

f" (t) I dex


COS λ = -
=
W Wdt '

-
f" (t) -
I dy
=
COS μ = W Wdr
I dez
F" (t)
COS = - =
W wdr
PURES ET APPLIQUÉES . 217

pour les valeurs des cosinus des angles que la forceproduite par l'inertie i

fait à chaque instant avec les axes ox , oy, oz. Il reste encore à calculer
l'intensité de cette force.
IV . ;

SECONDE QUESTION. - Intensité de laforce produite par l'inertie.


Rappelons d'abord une propriété commune aux courbes planes et
aux courbes à double courbure, dont nous aurons besoin dans ce qui
va suivre. En menant aux divers points d'une courbe quelconque des
plans normaux consécutifs , on forme par leurs intersections succes-
sives une surface développable , sur laquelle on peut tracer une infi-
nité de développées de la courbe proposée. Ainsi , il est permis d'ima-
giner que le point matériel M décrive la courbe AMB d'après la loi
que voici :
Soit A'M'B' une quelconque des développées de AMB : il suffit
pour faire décrire au point M la courbe AMB de concevoir ce
point mobile renfermé dans un tube cylindrique infiniment étroit et
attaché à un fil flexible constamment dirigé suivant l'axe du tube ,
dont une des extrémités est fixée au point donné A'. On peut égale-
ment supposer que le point mobile est retenu dans le tube par une
cloison perpendiculaire à son axe , et que dans l'une ou l'autre hy-
pothèse le tube roule sur la courbe A'M'B' à laquelle il demeure cons-
tamment tangent .
Tant que la cloison sera fixe , la longueur A'M'M sera constante et
le point mobile parcourra la courbe AMB.
A M

V
B'
B
M'

Mais si l'on suppose que la cloison glisse dans le tube suivant une
218 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
loi quelconque , le point mobile décrira une autre courbe; et l'on
aura la direction de la force produite par l'inertie dans ce nouveau
mouvement , en mettant dans les valeurs de cosa , cosu , cosv , les
fonctions dérivées du second ordre des coordonnées de la nouvelle
courbe à la place des dérivées du second ordre des coordonnées de la
première.
Ayant ainsi la direction de la force produite par l'inertie , si on la
décompose suivant deux directions rectangulaires entre elles, l'une
perpendiculaire au tube et l'autre à la cloison, on aura les pressions
exercées respectivement par le point mobile sur la matière qui les
compose. Or, parmi tous les mouvements qu'on peut supposer à la
cloison dans le tube , il y en aura un pour lequel la pression exercée
contre cette cloison sera nulle ; et il est clair qu'on le déterminera en
égalant à zéro la valeur de la pression exercée contre la cloison : celle-
ci donc n'ayant plus aucune action contre le point mobile , on pourra
alors la supprimer; d'où il suitqu'en nommant a l'angle que la direction
de la force d'inertie fait avec l'axe du tube , la courbe décrite par le
point mobile quand la cloison est supprimée , s'obtiendra en combi-
nant l'équation € = 100º avec les équations qui déterminent la po-
sition du tube à chaque instant.
Maintenant la démonstration vers laquelle nous tendons , exige que
nous cherchions cose, cosinus qui est nul lorsque 8 = 100° . Afin de
comprendre en une seule analyse tous les cas distincts dont nous ve-
nons de nous occuper , nous ferons l'hypothèse la plus générale , sa-
voir celle qui consiste à regarder la longueur A'M'M comme variable ,
bien que cette longueur demeure constante lorsqu'on admet une
cloison fixe; et en effet pour passer du cas général à ce cas particu-
lier, il suffira d'égaler à zéro les différentielles de A'M'M.
Cela posé, pour plus d'ordre , nous désignerons par des lettres ac-
centuées tout ce qui se rapporte à la développée , et par les mêmes let-
tres sans accent ce qui sera relatif à la développante. Nous ferons
AM = s , A'M' = s' , A'M' + M'M = r, d'où MM' = r - s' .
Les coordonnées du point M étant x , y, z , celles du point M' seront
x', γ', z' ; les cosinus des angles formés par la droite MM' avec les
axes auront donc pour valeurs ,
PURES ET APPLIQUÉES. 219
x x
' y -y 2-

,
r r r

Mais la force P produite par l'inertie fait avec les axes des angles dont
les cosinus ont été trouvés égaux à
I dx I
day I dz
-
:
Wdt ' Wdt ' Wdt
donc on aura
I x
-

xdx y- '
y d'y z- z dz
COS E .

r S dr + r- s de + r dt

Pour transformer cette expression, différentions les deux membres


de l'égalité évidente
=
(х - x) + (γ -

y') + (2 -

z') --
,

en y regardant x , y, z , x', y' , z' , comme des fonctions du temps t ,


ce qui nous donnera
dx dz
(х ds
'
(2-2 ) + ( - ) +( - 2) dz
=((r - ) -( -s) : ( 1)
dr

(x - x')
- (x- x )dx-
( - )
- -(2-2) dt
Or, on pourrait voir à priori, et il est facile de démontrer directement
que les parties négatives provenant de la différentiation des lettres
primées sont égales dans chaque membre.
En effet, la droite MM' étant tangente à A'M'B' en M', les cosinus
dr dy dz' etl'on
des angles qu'elle fait avec les axes sont égaux à ds' ds' ds'

peut égaler ces expressions à celles que nous avons obtenues précé-
demment pour les mêmes cosinus , d'où résulte
x
dry-y dy z z dz
=
r ds
'' r -
S ds
'' r as

égalités desquelles on conclut aisément


dr
(x - x') dt + (x - r') dt + (z − x) di
' = ( -5) ds
'
= (x - x') + (y -y)² + (z -z') .
ds
r- s di di'
ce qu'il fallait démontrer.
220
JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
L'équation ( 1) se réduit donc à
dx dz dr
(2) (x - x ) +( - ) + (2-2 ) = ((r s) ;
2
dx
et en la différentiant de nouveau , en faisant attention que dt
dz
+ (2) + ( ) = ( ), on a
dt

dex dez
(5) (x - x ) dt + ( - ) + (2-2) di
s2 dx dx dz dz
+ ---
dt dt dt di didt
dr2 ds
' dr
= ((r -s) S
+( -

di di

Cette équation se simplifie encore parce que les termes affectés du


signe - sont égaux dans les deux membres.
dx dy dr
En effet en substituant les valeurs de , qui se déduisent
dr dy dr
immédiatement de celles de ds' ds' ds
' trouvés plus haut , il vient
dx dx dy dy dr dr
didt
+ •

dt + di di
I ds
' dx dz
=

I
S dt
ds
'
[ x - x) + (アード) + (2-2) ]
dr
dt
ds
' dr
dt

-
=

r dt (r s') =
didi

Cela étant , l'équation (3) deviendra


dex daz
(3x
(х - x ) dt + ( - )
-
+ ( - 2) di
2
dr 2

= (r - s') + ( ) – ( );
ou bien , en divisant par r - s',
xdx z- z dz
xx y-y day
S dt
+ + r- dr
r

I dr ds

= + r [( ) - ( ) ]: dt
PURES ET APPLIQUÉES . 221

ce qui donne la valeur de cos e; car il suffit pour l'obtenir de mul-


I

tiplier par - W
w la quantité précédente.
Pour transformer d'une autre manière la valeur de ce cosinus , ob-
servons que le point matériel renfermé dans le tube qui se meut en res-
tant constamment tangent à A'M'B' doit décrire une trajectoire placée
tout entière sur la surface développable que le tube engendre dans
мм .
son mouvement. Or, si nous considérons un sec-
Q teur infiniment petit MM'M, dont la base est l'arc
M B
' ds de cette trajectoire , et que du point Mʹ
comme centre avec MM' pour rayon , nous dé-
crivions l'arc de cercle MQ , nous aurons
A'

MM, = ds , M,Q = dr,

et, en nommant a l'angle du secteur développé,


MQ = (r - s') dw.
Mais
....
2

мм. = √MQ + MQ ;
donc

ds = √dr² + (r - s') dw²,


et
ds dr
( ) = ( ) + (r - s')* ( ) ;
d'où
I dr

[( ) - ( ) ] = - (r - s') ( )
dt

Donc
I dr
COS 6 = --
W (r - s' ) (di) ]
Laquantitéque nous venons d'écrire fournit le cosinus de l'angle
quefait avec l'axe du tube la direction de laforce produite par l'inertie.
Mais ily a, ainsi que nous l'avons dit à l'avance, deux cas différents à
examiner. En effet , lorsque rest variable, il faut en faire usage sous
:
JULN 1836. 29
222 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
laforme précédente; mais lorsque le point matériel M est arrêté dans
le tube par une cloison imperméable , la distance rest constante et
dr = 0 ; on a alors
2
1
COS
( -s) ( ) dt

Lorsque la cloison est supprimée et que le mobile se meut libre-


ment dans le tube, on a l'égalité €= 100° ou cos = 0 , ainsi que
nous l'avons démontré ailleurs ; il est visible en outre que dans ce cas,
r est une quantité [Link] l'équation cos &= 0 , nous tirons donc
日 2
Pr
-

: = (r dt

Or, supposons que le point mobile ait été d'abord assujetti à par-
courir la développante AMB (Voyez la fig., pag. 217) et qu'il soit par-
venu en M au bout du tempst; puis concevons qu'à cet instant , la
cloison qui le forçait à parcourir AMB soit devenue perméable ; alors le
point mobile se trouvant libre de se mouvoir le long du tube , décrira
une nouvelle trajectoire MV pour laquelle l'équation
2
der = dw
dt (r -

s') (di
aura lieu .
Désignons par r. la valeur de A'M'M au moment où la cloison est
devenue perméable, après un instant cette valeur sera par le
théorème de Taylorth
dro dero 2
a = ro
7. di 6 ++
2
......

ふい/ い

Mais quelle que soit la nouvelle trajectoire MV qui , après la per


méabilité de la cloison, aura succédé à la première AMB , les deux
courbes devront nécessairement avoir la même tangente en M; car
la vitesse ne peut changer brusquement ni en grandeur, ni en di-
[Link] là il suit que la dérivée première dro
di doit être la même
:
dr
pour les courbes AMB et MV; donc dt = o , sans que les dérivées
suivantes soient zéro. Donc l'enfoncement dans la direction du tube
PURES ET APPLIQUÉES . 223

àtravers lacloison devenue perméable est


dr. 02
r- To + ........

dt 2
:

Cet enfoncement est un résultat de la pression que la cloison éprou-


vait au moment où elle a été rendue perméable , et cette pression à
son tour était représentée par la composantep de la force P produite
par l'inertie prise suivant l'axe du tube à l'instant dont nous parlons .
D'après ce qui a été dit plus haut, il est évident que
P P cos e,
cos e ayant pour valeur
I
COS E =
w(r. - s.) ( ) ,

set a étant ce que deviennent s' et w pourr = r.. Maintenant il


est facile d'exprimer r- r. au moyen des forces P, p , il suffit d'ob-
server que le mobile étant devenu libre , on a
2
d'r
dt = (r. - s.) (a)
dt = Wp
W,
donc
:

Wp 62
r - r = + .....
2

Si nous considérons un autre point M" se mouvant sur une autre


courbe A'M'B" d'une manière analogue , et que r', r , W", p", P"
soient pour ce mouvement les quantités correspondantes à r, ., W,
p, P., nous aurons de même
-
r =
W"p" 02
P" 2 + ......

d'où nous conclurons , en divisant ces quantités l'une par l'autre et


passant ensuite à la limite , c'est-à-dire faisant 0 0,

Wp
1
1 1
P

W"
P"

29..
224 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
pour le rapport des enfoncements instantanés produits dans les deux
mouvements par les pressions respectives pet p" exercées contre les
cloisons .
Or, il est évident que si, dans un temps infiniment petit , les pres-
sions p, p" qu'exerçaient les deux mobiles à l'instant où les cloisons
ont été rendues perméables , ont produit dans ces cloisons des enfon-
cements égaux , ces pressions étaient égales entre elles: de plus ,
comme les enfoncements dépendent de la direction des tubes , c'est-
à-dire de celle des développées en nombre infini dans chacune des
deux courbes dont on a fait choix d'abord pour enrouler les tubes ,
on peut supposer qu'elles ont été prises de manière que r- r. soit
égal à r r.. En adoptant cette hypothèse , nous aurons d'après ce
-

que nous venons de dire , p = p", d'où résulte l'égalité


W
P
1.
1=
W" ,
P

puis la proportion
P : P :: W : W".

Au reste , il est bon d'observer qu'on ne peut dire que p =p" même
en faisant r- r - r , que quando est infiniment petit et que
l'on a passé à la limite en posant 0 = 0 ; car dans un temps fini 6 ,
nous ne savons pas quelles sont les lois du mouvement des deux
points devenus libres dans ces tubes ; la seule chose certaine à priori ,
c'est que plus le temps 0 sera petit,plus (si les enfoncements des deux
points sont les mêmes) les forces p, p" qui les ont produits appro-
cheront d'être égales, tellement que pour 0 = o , l'égalité = 1 sera
tout-à-fait rigoureuse.
Il est donc bien prouvé par cette analyse qu'on a la proportion
P : P" :: W : W" .

Si nous considérons un mouvement où W" = 1 , et que nous


choisissions pour unité la force P" correspondante , la force P sera égale
:

à W, et l'on aura
PURES ET APPLIQUÉES. 225

2 2

dy
P = √( ) + ( ) + ( ). dt

Ce résultat se rapporte à l'unité de masse ; car, jusqu'à présent, nous


n'avons pas tenu compte de la masse de nos mobiles que nous avons
implicitement supposée être la même pour tous et égale à 1 : nous
indiquerons dans l'article suivant, le moyen de tenir compte de cet
élément nouveau. Mais auparavant , observons que, lamasse étant tou-
jours l'unité , la quantité W" sera égale à i pour le mouvement
uniforme avec l'unité de vitesse sur un cercle dont le rayon = 1 ; car
en prenant l'origine des coordonnées au centre de la courbe et les axes
ox, oy, dans son plan , et dénotant par & l'angle Mox du rayon vec-
teur avec l'axe des x, on aura pour les coordonnées du point mo-
bile M :
Z
,
COS , y sin ω ;
donc,
2
daz d'y
dte = , dt2 = - cosw. (d),
COS
dt dt - sin w. (d) .
dt

daw
Nous ne mettons pas ; car cette différentielle seconde est nulle ,
le mouvement étant uniforme . Donc ici

W"
w" = ( ) +( )+ ( )= (dt) = 1 ,
dt

du
puisque représente la vitesse que nous supposons être l'unité. La
force produite par l'inertie qu'on nommeforce centrifuge dans le mou-
vement que nous venons de considérer est donc notre unité de force ,
et c'est en adoptant cette unité qu'on a en général
2
dax2 dz
P = = W.
dt
+ dt ) +
V.

Mais cette formule se rapporte à l'unité de masse ; voyons ce


226 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
qu'elle deviendrait si lamasse du mobile était m, et pour cela faisons
nous une idée bien nette de ce qu'on doit entendre par la masse d'un
corps .
Si nous supposons qu'on prenne deux corps différents renfermés
dans des parallélépipèdes , comme nous l'avons déjà vu , et qu'on les
entraîne de la même manière sur une même courbe , ils presseront
les parallélépipèdes ; et les pressions exercées contre ces enveloppes
pourront être égales ou différentes . De là l'idée de la masse des corps ;
car si les pressions sont égales , les corps seront dits avoir des
masses égales ; ils auront des masses différentes , si les pressions sont
différentes .

Si à présent on enferme dans une cavité deux , trois , quatre ....


corps ayant des masses égales , les pressions produites deviendront
doubles, triples , quadruples .... En général, si le nombre des points
matériels devient m fois plus grand, la pression et la masse devien-
dront toutes deux m fois plus grandes.
Si l'on applique à des masses égales des forces égales , les vitesses
produites dans le même temps seront évidemment égales , et l'on voit
en outre que les forces qui imprimeront le même mouvement à des
corps de masses différentes, seront entre elles comme ces masses .
Observons en passant que ceci fournit un moyen très simple de me-
surer les masses des corps, car de l'égalité de vitesse que tous dans
le même temps acquièrent dans le vide et du principe que nous ve-
nons d'établir , il faut conclure que ces masses sont proportion-
nelles aux poids.
Des notions que nous venons de donner surles masses des corps ,
il résulte qu'en appelant m la masse du mobile qui décrit la courbe
AMB, et conservant à la quantité W sa signification, la force pro-
duite par l'inertie P est exprimée par la formule
P mW.

De plus , les cosinus des angles que cette force fait avec les axes ayant
pour valeurs d'après les démonstrations précédentes
I dex I
d'y I dz
cos λ
[Link] , cos μ We , cos Wdr
PURES ET APPLIQUÉES . 227

on voit que les trois composantes de P suivant ox , oy, oz , sont


dx dy daz
m ,
m
dr m die

VI.

Il ne peut plus y avoir aucune difficulté à établir les équations du


mouvement d'un point matériel ; car en appelant X, Y, Z les trois
composantes de la force extérieure qui sollicite ce point et observant
que ces trois composantes doivent être égales et directement oppo-
sées à celles de la force produite par l'inertie , on obtient les égalités :
dax dy daz
m =
X, m =
Y, m Z
dt dt dt

admises par tous les géomètres .


Mais pour dissiper toute obscurité reprenons la chose d'un peu
plus haut. Considérons un point mobile M renfermé dans un pa-
rallélépipède solide et parcourant la courbe AMB sous l'influence de
ce parallélépipède. La force P produite par l'inertie du mobile pres-
sera ce parallélépipède dans une direction et avec une intensité que
nous avons déterminées tout à l'heure. Appliquons maintenant au
mobile M une force Q égale et directement opposée à P : il est évi-
dent que la force Q fera équilibre à la pression que supportait l'enve-
loppe et l'anéantira : dès-lors l'enveloppe n'exerçant plus aucune ac-
tion sur le point M deviendra inutile et pourra être supprimée sans
qu'il cesse de décrire la courbe AMB , sous l'influence de la force P ,
tout comme il la décrivait sous l'influence de l'enveloppe. Ainsi la
force Q est celle qu'il faut appliquer au mobile pour lui faire parcou-
rir la trajectoire donnée , et par suite celle dont les composantes ont
été nommées X , Y, Z : donc , ces dernières sont égales et directement
opposées aux composantes de la force d'inertie , ce qui nous ramène
aux équations :
dex d'y dz
m
dt
= X , m dt = Y , m di Z,
228 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
qui contiennent les lois du mouvement d'un point matériel. Il est
aisé de voir que par un raisonnement identique à celui qui précède ,
on démontrerait l'équation générale du mouvement telle qu'elle est
dans la mécanique analytique , où on la présente comme une consé-
quence de ce que l'on appelle le principe de d'Alembert. Aussi à nos
yeux ce principe et celui des forces accélératrices se confondent avec
le principe général de la force produite par l'inertie.

:
PURES ET APPLIQUÉES. 229

ww

ÉNUMÉRATION

DES COURBES DU QUATRIÈME ORDRE ,

D'après la nature différente de leurs branches infinies.

PAR M. PLUCKER .

1. De tous les géomètres , Euler est celui qui s'est le plus systéma-
tiquement occupé des courbes de degré supérieur. Il s'est attaché sur-
tout à la considération des branches infinies , et en a tiré , dans son
Introduction à l'analyse de l'infini , le moyen de classer les différentes
espèces de courbes d'un même degré , en poussant cette classification
jusqu'au quatrième degré inclusivement. Ce qu'il a fait sur ce sujet ,
il y a plus de quatre-vingts ans , a passé en d'autres ouvrages sous son
autorité et sans être revu. Mais la longueur des calculs qu'exi-
geait sa méthode ne lui permettait pas de démontrer d'une manière
certaine que toutes les espèces annoncées par lui existent réellement. Il
donne ainsi 146 espèces de courbes du quatrième degré qu'il distribue
en huit classes : il faut d'abord réduire ce nombre à 125, car, par une
erreur de calcul , il en compte 21 de trop dans la sixième classe ; en-
suite, dans les 125 courbes restantes, il y en a 12 qui n'existent pas
du tout ; de l'une d'elles Euler affirme positivement le contraire.
Il y a 22 espèces qui lui sont échappées, et parmi elles l'espèce gé-
nérale de la dernière classe : l'oubli des autres provient de ce qu'Euler
n'a pas reconnu 1°. que l'ordre du contact peut être différent sur deux
asymptotes parallèles , et 2°. qu'il peuty avoir (pour m'expliquer briè-
vement) un point de rebroussement de seconde espèce à l'infini.
Enfin , ses notions inexactes sur les asymptotes paraboliques , qui ne
JUILLET 1836. 30
230 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
sontjamais isolées , mais toujours en nombre infini , et sur les asymp-
totes courbes en général , ont dû inévitablement le conduire à des
erreurs manifestes que l'on trouvera signalées plus loin.
Dans ce mémoire , nous nous proposons de refaire le travail d'Euler
avec les moyens ordinaires de l'Analyse , maniés toutefois d'une ma-
nière nouvelle , en sorte que nous pourrons écrire immédiatement les
équations qui répondent aux différentes espèces de courbes du qua-
trième degré, et cela par une méthode applicable aux courbes d'un
degré quelconque. Les axes des coordonnées n'introduisent dans nos
équations rien d'arbitraire qui nous embarrasse et qu'il faille éliminer,
pour ainsi dire, si l'on veut reconnaître la nature intime de la courbe,
sans avoir égard à sa position. On voit sur-le-champ la liaison de
chaque terme de nos équations avec les courbes qu'elles représentent,
ainsi que le changement produit dans la nature de ces courbes
par le changement de forme de l'un quelconque des termes de
leurs équations. Enfin , pour servir de contrôle à notre classification
et en général à tous nos calculs , il est un nombre abstrait , qui s'ob-
tient immédiatement pour chacune de nos équations ; je veux parler du
nombre des constantes , dont dépendent les courbes d'une espèce quel-
conque.

2. Fixons d'abord la notation que nous emploierons. Nous désigne-


rons par P, Q, R , S , .... des lignes droites quelconques et par
p, q, r, s, .... les distances respectives d'un point quelconque à ces
droites. En passant d'un point à un autre ces dernières quantités va-
rient et chacune d'elles change de sigue si le point passe d'un côté de
la droite correspondante au côté opposé. Le côté positif de chaque
droite est absolument arbitraire. Pour représenter ces droites, on a les
équations suivantes :
S 0....
P o‫و‬, go
= , r=0 ,

Nous nommerons les quantités p, q, r, s , .... fonctions linéaires. Elles


le sont des coordonnées ordinaires, comme chacune d'elles l'est de
deux quelconques prises arbitrairement parmi elles. Nous désignerons
ensuite par Ω , Ω' , Ω"..... des fonctions quelconques du nieme degré
de fonctions linéaires quelconques , ou, ce qui revient au même , des
PURES ET APPLIQUÉES 231

coordonnées ordinaires. Enfin les lettres grecques λ , μ, ... indique-


ront toujours des quantités constantes .
3. Après avoir ainsi fixé la notation , je ne dirai que deux mots sur
le principe de notre méthode ; je m'abstiendrai de tout ce qui ne se
rapporte pas immédiatement à l'énumération des différentes espèces de
courbes du quatrième degré.
Soit , conformément à notre notation ,
Ω 0, (a)
l'équation générale des courbes du nteme degré , et
P 0,

l'équation d'une ligne droite quelconque. Regardons, pour fixer les


idées , Ω, et p comme fonctions de coordonnées ordinaires. On dé-
terminera alors les intersections de la ligne droite avec la courbe , en
éliminant l'une de ces deux coordonnées . L'équation résultante s'éle-
vera en général au nieme degré et indiquera par ses racines n points
d'intersection , réels ou imaginaires. Dans tous les cas , si , par une dé-
termination particulière des constantes , le degré d'une équation algé-
brique s'abaisse de m unités , sans qu'on ait négligé aucun facteur
variable , il faut en chercher la cause dans la circonstance que m des
racines primitives sont devenues infinies. Donc , si cela arrive dans le
cas présent, c'est parce que , par un changement, soit dans la position
réciproque de la ligne droite et de la courbe , soit par un changement
dans la nature de celle-ci , m points d'intersection ont passé à l'infini.
L'équation de la droite contenant deux constantes , on peut en dispo-
ser de manière que de ses points d'intersection avec la courbe donnée
deux passent à l'infini ; nous dirons alors que la ligne droite est une
asymptote de la courbe. D'après cette définition , si nous voulons que
P soit une asymptote de la courbe représentée par l'équation (a) , il
faut que celle-ci , quand on pose p = o , se réduise à une fonction du
(n- 2)ieme degré , ou ce qui revient au même , il faut qu'elle puisse
prendre la forme suivante :

ΡΩ + Ω.-, = 0.

Si Q. , se réduisait à une fonction .m du (n -m)teme degré, m sur-


30..
232 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
passant le nombre 2 (ce qui exigerait que la courbe fût d'une nature
particulière) , il y aurait , sur l'asymptote P, m points d'intersection
situés à l'infini. Nous dirons que l'asymptote a alors avec la courbe un
contact de m points , ce qui revient à dire avec Euler que la courbe a
a

une asymptote hyperbolique de l'espèce u = tm-1 Pour chaque point


d'intersection nouveau, passant à l'infini , l'ordre du contact s'élève
d'une unité. Car de l'équation
ΡΩ + Ω -m =n TIL 0,

on tire, en regardant Ω. , et 2. comme des fonctions de pet


d'une autre variable q, en donnant à celle-ci une valeur infinie et en
négligeant p par rapport à q, l'expression suivante :
Ωπ -171
P Ω 1
= pq-(m- 1)

qui fait voir que la distance des points infiniment éloignés de la courbe
à l'asymptote P, si elle n'est pas infiniment grande elle-même , est un
infiniment petit de l'ordre (m - 1). On voit encore que , suivantque
m est un nombre pair ou impair, p change de signe ou n'en change
pas , si l'on prend successivement q = ∞ et q = -∞ ; ce qui signifie
que deux branches de la courbe qui suivent l'asymptote Pen sens
divers , sont situées , dans le premier cas , sur les deux côtés opposés
et dans le second cas , sur le même côté de cette asymptote.
On peut mettre en évidence dans l'équation d'une courbe l'en-
semble de ses asymptotes. Ainsi, par exemple, en prenant n = 4, on
obtient l'équation
pqrs + Ω. 0,

qu'on peut encore écrire de la manière suivante :


pqrs + tu + μ 0. (b)

Chacune des fonctions linéaires p , q, r , s , t, u dépend de deux


constantes : l'équation (b) qui renferme en outre det u contient ainsi
14 constantes. Ce nombre est égal à celui des constantes de l'équation
générale des courbes du 4eme degré. On peut donc regarder les deux
équations comme équivalentes et transformer celle-ci, que nous sup-
PURES ET APPLIQUÉES . 233

poserons donnée , dans l'équation (b). Cette transformation doit exiger


la résolution d'une équation du me degré , car , sans changer l'équa-
tion ( b ) , on peut changer entre elles les quatre fonctions li-
néaires , p , q , r, s qui répondent aux quatre asymptotes P, Q, R, S.
4. Les raisonnementsdu numéro précédents'appliquentégalement aux
asymptotes courbes . Les notions généralement admises sur ces asymp-
totes me paraissent peu nettes. Ainsi Euler, par exemple, ne voitqu'une
seule asymptote parabolique là où il y en a une infinité, que l'on ob-
tient toutes, endéplaçant l'une d'elles parallèlement à elle-même suivant
la direction de ses diamètres. Parmi ces asymptotes il y en a cependant
une qui a avec la courbe un contact d'un ordre plus élevé que les
autres; mais ce n'est pas celle d'Euler , qui , au contraire , dépend du
choix arbitraire des axes des coordonnées. J'ajouterai peu de mots ,
pour faire mieux ressortir le caractère des asymptotes paraboliques.
Si les courbes représentées par l'équation (a) ont pour asymptote
une parabole dont l'équation est
p² + q = 0,
il faut que l'équation (a) puisse s'écrire sous la forme suivante ,
(p² + λα) Ωα + Ωπ 0, (c)
afin que son premier membre se réduise à une fonction du ( n - 2 )teme
degré , en faisant disparaître (p + g). Quatre points d'intersection
s'étant éloignés à l'infini , la parabole ne coupe la courbe qu'en
2( n-2 ) points seulement. En introduisant une constante arbitraire a
et en posant , pour abréger
Ω – λαΩ. , = Ω".- ,,
on pourra mettre l'équation (c) sous la forme suivante :
[p² + ( q + α) ] Ω.. + Ω". , 0, (d)
dans laquelle la parabole nouvelle , dont l'équation est
p² + (q + α ) = 0 , (e)
se présente absolument de la même manièreque la première parabole
dans l'équation (c). Toutefois si l'on détermine a de sorte que
234 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
l'on ait

Ω" .. = pΩ ".3 + 23
n-3 = ( p + π) Ω -3 + Ωπ-4 ,
ce qui peut toujours se faire et cela d'une seule manière, l'équation
(d) se changera dans la suivante
2

(p² + λαο ) Ω. , + ( p + π ) Ωn-3 + 2-4 = 0 , (g)


en posant ( q + a ) = q. , et l'on voit que la parabole
p² + q. = 0 (h)
ne coupe la courbe proposée qu'en (2n- 5) points, cinq points d'in-
tersection ayant passé à l'infini.
Toutes les paraboles représentées par l'équation (e), si l'on attribue
à a successivement toutes les valeurs possibles , sont asymptotes l'une
de l'autre . L'ordre du contact à l'infini est . C'est un contact du même
ordre qui a lieu entre l'une quelconque de ces paraboles et la courbe
proposée. Toutefois pour l'asymptote parabolique (h), que j'appellerai
osculatrice , l'ordre du contact s'élève à l'unité , et peut , dans des cas
particuliers , en croissant pour chaque point nouveau passant à l'infini
ieme

d'une demi-unité, s'élever jusqu'au ( 23 ) ordre.


Dans les équations suivantes qui sont du quatrième degré ,
(p² + xq) rs + (p + n) t + u 0,

(p² + xq) (rs + 8 ) + vt = 0 ,


(k)
(p² + xq) (rs + δ ) + vp + μ = 0 ,
(p² + xq) (rs + δ ) + μ = 0 ,
l'asymptote parabolique et osculatrice est mise en évidence.
En suivant l'une des branches infinies de cette asymptote , l'on ob-
tient pour q, r, s, t, des valeurs infiniment grandes du premier ordre
et pourp une valeur infinie de l'ordre seulement. Avec cette attention
l'on déduit des quatre équations précédentes que l'expression (p² + ^q) ,
rapportée aux points infiniment éloignés sur les branches paraboliques
de la courbe proposée est successivement un infiniment petit de
l'ordre , 1, et 2. Cette expression donne la distance ( prise suivant
la direction desdiamètres et multipliée par un coefficient constant) du
PURES ET APPLIQUÉES . 235

point auquel elle est rapportée à l'asymptote parabolique :


p² + q = 0.
La plus courte distance de ce même point à l'asymptote parabo-
lique est infiniment petite d'un ordre plus élevé d'une demi-unité;
elle est donc respectivement de l'ordre 1 ,, 2 et .
Au nombre infini d'asymptotes paraboliques répond dans le cas de
deux asymptotes rectilignes , un nombre infini d'asymptotes hyperbo-
liques , dont les deux asymptotes rectilignes sont celles de la courbe.
Parmi ce nombre, il y en a deux, dont le contact avec la courbe est
plus intime et s'élève sur l'une des deux asymptotes rectiligues au
deuxième ordre. Dans le cas de deux asymptotes rectilignes et imagi-
naires , on obtient un nombre infini d'ellipses au lieu d'hyperboles ,
qui ne coupent la courbe qu'en (2n-4)points seulement ; mais, en géné-
ral, il n'y en a aucune qui coupe la courbe en moins de (2n-4) points.
Pour déterminer le nombre des constantes dans les équations (k) , il
n'en faut compter que quatre pour l'expression(p + q). Des cinq cons-
tantes qu'elle contient , l'une peut être prise à volonté , ce qui tient à ce
qu'à une même parabole il répond un nombre infini d'expressions
de la même forme. Une remarque analogue a lieu pour l'expression
suivante (p² + aq²) , qui répond à deux asymptotes imaginaires , se
coupant en un point réel.
Je passerai immédiatement à l'énumération des différentes courbes
du quatrième degré : pour me rapprocher, autant que possible , de la
marche d'Euler, je rapporterai ces courbes à huit cas principaux ; j'ai
dû néanmoins intervertir l'ordre des troisième et quatrième cas.
Premier cas ,

5. Il n'y a aucune direction réelle suivant laquelle une ligne droite


coupe la courbe en moins de quatre points. Les quatre asymptotes recti-
lignes sont imaginaires, mais elles se coupent deux à deux endeux points
réels , centres de deux séries d'ellipses concentriques , semblables et
semblablement situées, dont chacune , ayant avec la courbe un double
contact imaginaire à l'infini , ne la coupe qu'en quatre points. Espèce
générale, dépendant de 14 constantes :
(p + q ) (1² + 25°) + vtu + μ 0.
(1)
236 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
Deuxième cas .

6. Il y a deux directions suivant lesquelles une ligne droite arbi-


traire rencontre la courbe en trois points seulement. Ce sont les direc-
tions de deux asymptotes réelles , qui coupent la courbe en général et
au plus en deux points. Il y a un nombre infini d'asymptotes hyper-
boliques , ayant ces mêmes asymptotes rectilignes. Deux d'entre elles
ont suivant l'une de leurs asymptotes avec la courbe un contact du se-
cond et suivant l'autre , un contact du premier ordre. Il y a en outre
deux asymptotes rectilignes et imaginaires , se coupant en un point
réel , centre commun d'une infinité d'ellipses semblables qui ne cou-
pent la courbe qu'en quatre points. Espèce générale , dépendant de
14 constantes :
pq ( r² + 2s² ) + vtu + μ 0. (2)
Il peut arriver que chacun des deux points d'intersection de cha-
cune des deux asymptotes réelles passe à l'infini. De là proviennent
les espèces suivantes :
pq ( r² + 25*) + v( p + π) t + μ = 0 , (3)
pq (r² + 2s² ) + vpt + μ = 0 , (4)
pq ( r² + 2s² ) + v('p + π) (q + x) + μ = 0 , (5)
pq ( r² + ys² ) + vp (q + x) + μ = 0 , (6)
pq ( r² + 25S ) + vpq + μ = 0. (7)
On obtiendrait d'autres espèces (dont je ne ferai pas mention ici ,
parce qu'Euler ne s'en est point occupé ) en considérant les cas par-
ticuliers où les points d'intersection des asymptotes imaginaires pas-
sent à l'infini : c'est ce qui arriverait , par exemple , si, dans l'équa-
tion (7), on posaitv = 0 : je dirai seulement que le nombredes points
d'intersection situés à l'infini est dans tous les cas le même sur les deux
asymptotes imaginaires ; du reste il peut être égal à trois ou à quatre.
Troisième cas .

7. Il y a quatre directions différentes et réelles suivant lesquelles


une ligne droite coupe la courbe en trois points seulement, et il y a
quatre asymptotes rectilignes et réelles , correspondant à ces quatre
PURES ET APPLIQUÉES . 237
directions , qui coupent la courbe dans le cas général , dépendant de
14 constantes , en deux points. L'équation générale est
pqrs + vtu + μ 0. (8)
Les quatre asymptotes deviennent osculatrices suivant différents
ordres dans les espèces suivantes , les seules possibles :
pqrs + v ( p + π ) t + μ = 0 , (9)
pqrs + vpt + μ = 0, (10)
pqrs + v ( p + π) ( q + x ) + μ = 0 , (11)
pqrs + vp (p + x) + μ = 0 , (12)
pqrs + vpq + μ = 0 , (13)
pqrs + vt = 0 , (14)
pqrs + vp + μ = 0 , (15)
pqrs + μ = 0 (*). (16)

Quatrième cas .

8. A. Il y a une direction unique suivant laquelle une ligne droite


quelconque rencontre la courbe en trois points seulement , mais il n'y
a pas d'asymptote rectiligne. Il existe un nombre infini d'asymptotes pa-
raboliques dont les diamètres ont ladirection en question et parmi les-
quelles il y en a une d'osculatrice. Il y a en outre deux asymptotes

(*) On voit que les ordres du contact sur les quatre asymptotes ne sont pas en-
tièrement indépendants l'un de l'autre. En désignant les ordres de contacts sur
P , Q, R et S respectivement par le nombre des points passés à l'infini , l'on aura
les symboles suivants pour représenter les neuf espèces que nous venons d'énumérer :
2222, 3222 , 4222, 3322 , 4322 , 3333 , 4422 , 4444.
D'après Euler , existerait encore l'espèce suivante :
4433;
c'est sa 23º, intermédiaire entre (15) et (16). Mais on n'a qu'à compter le nombre
de constantes des ces deux espèces , pour voir que celle d'Euler n'existe pas. En
effet , ce nombre diminue en passant de (15) à (16) d'une unité seulement et des-
cend de 10 à 9.
JUILLET 1836 . 31
238 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
rectilignes et imaginaires. Espèce générale dépendant de 13 cons-
tantes :

(p² + xq) (r² + 25*) + v (p + π) t + μ 0. (17)


B. Il y a une direction unique suivant laquelle une ligne droite
quelconque coupe la courbe en deux points seulement, sans pour cela
être une asymptote de la courbe. En général il y a deux asymptotes
parallèles , qui , suivant cette même direction, coupent la courbe en
un point unique. La courbe , en d'autres termes , a un point double ,
qui est infiniment éloigné suivant la direction en question et dont les
asymptotes sont les deux tangentes. Il y a en outre deux asymptotes
rectilignes et imaginaires. Nombre des constantes , 12. B se subdivise
en α , β , γ.
a. Les deux asymptotes parallèles sont imaginaires ; le point double
situé à l'infini est un point isolé. L'équation est :
(p + 2) (ra + 25*) + v (p + π) t + μ = 0 (18)
β. Les deux asymptotes parallèles sont réelles; deux branches
réelles,de la courbe se coupent à l'infini. L'équation est

(p* - *) ( + 25°) + v (p + π) t + μ = 0. (19)


Le contact peut s'élever sur l'une des deux asymptotes parallèles ,
ou sur toutes les deux , au second ordre ; c'est ce qui fournit les deux
espèces suivantes :
2

(p² - ) (r² + 282) + v (p = ξ) t + μ = 0 , (20)


(p² - ६३) (r² + γ8² + 1 ) + μ = ο (*). -
(21)
y. Les deux asymptotes parallèles coïncident en une seule, la courbe
a sur cette asymptote double un point de rebroussement de première
espèce et infiniment éloigné. Son contact avec l'asymptote est de
l'ordre seulement. Nombre des constantes : 11. L'équation est

(*) Eulern'a pas reconnu l'existence de l'espèce (20) , où l'ordre du contact est
différent sur les deux asymptotes parallèles. Cette espèce doit trouver sa place
entre sa dixième et sa onzième espèce.
PURES ET APPLIQUÉES. 239
p² (r² + 25*) + v (p + π) t + μ =0 . (22)
Si l'on a = o , le contact s'élève au premier ordre ; le point
double est le point de contact à l'infini de deux branches de la courbe
sur l'asymptote double. L'équation devient
p² (r² + 2s²) + vpt + μ 0. (23) (24)
Cette équation contient deux espèces différentes; les deux branches
qui se touchent à l'infini peuvent être réelles ou imaginaires. La pre-
mière de ces espèces a quatre branches infinies , qui s'approchent de
l'asymptote double comme les quatre branches de deux hyperboles
quelconques , ayant toutes les deux cette même asymptote. Il peut y
avoir différentes positions de ces quatre branches par rapport à l'a-
symptote double. L'autre espèce n'a pas de branches infinies. Pour
distinguer les deux espèces entre elles et surtout pour voir ce qui
arrive dans le cas intermédiaire , j'ajouterai les développements sui-
vants.

Posons

r² + 25 = t² + 2apt + Bp² + 2 + 2ηρ + θ ,


et négligeons ensuite p par rapport aux constantes et celles-ci par rap-
port àt. Nous tirons alors de la dernière équation, pour les points in-
finiment éloignés de la courbe, l'équation suivante :
p²t + vpt + μ 0,

qu'on peut écrire sous la forme


(pt + σ ) (pt + σ' ) = 0 .
Cette équation représente deux hyperboles qui se confondent sen-
siblement avec la courbe sur l'asymptote P. Elles sont réelles si
2

ν
- 4μ > ο , (23)
imaginaires si
να – 4μ < ο , (24)
et coïncident enfin si
ν -

44 0. (25)
31 ..

1
240 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
Dans ce dernier cas l'équation de la courbe devient
2

(pt+ 5)* + 2a (p² +(p) pt + βp4 + 2np³ + θρ² = 0,


et peut s'écrire ainsi (en posant pour abréger -
λασ = ξ)
(pt + 5)* + 2(ap* + (p) (pt + σ) + βp4 + 2np³ + p*-εζσρ=0 . (25)
En négligeant pª, on obtient
(pt + 0) + 2ζρ (pt + σ) – 2ζσρ = 0 ,
et en résolvant cette équation par rapport à (pt + 5), il vient
(pt + 5) = = √αζσρ.
Cette équation fait voir que l'espèce (25) n'a que deux branches in-
finies situées sur le même côté de l'asymptote double P et formant à
l'infini un point de rebroussement de seconde espèce. Ces deux bran-
ches infinies ont avec leur asymptote commune un contact du pre-
mier ordre , mais entre elles et avec l'hyperbole , dont l'équation est
la suivante :
pt + σ 0,

un contact de l'ordre (*) .


Tout change de forme si dans l'équation (25) on poseζ = 0 ; on
obtient alors pour les points infiniment éloignés de la courbe
(pt + 5) = ± p√ - ξ ,
et l'on retombe sur les deux cas (23) et (24); deux branches infi-
nies de la courbe , réelles ou imaginaires , se touchent. Dans le
premier cas cependant les quatre branches de la courbe ont nécessai-
rement , par rapport à leur asymptote double , deux à deux la même
position , que les deux branches d'une hyperbole , avec lesquelles elles
ont , ainsi qu'entre elles , un contact du second ordre.
Enfin si disparaît , il y a de nouveau un changement de forme.

(*) L'espèce (25) n'a pas été aperçue par Euler.


PURES ET APPLIQUÉES . 241
On obtient alors pour les points de la courbe infiniment éloignés
(pt + 0) = ± √2np³.
La courbe forme alors comme dans l'espèce (25) un point de re-
broussement de seconde espèce , situé à l'infini et dont les deux bran-
ches ont entre elles un contact de l'ordre .
L'ordre du contact des branches infinies de la courbe avec leur
asymptote commune restant toujours le même , nous n'avons pas
d'espèces nouvelles à consigner .
Cinquième cas.
9. Au lieu des deux asymptotes rectilignes et imaginaires , la courbe
a deux asymptotes réelles , auxquelles répondent deux directions sui-
vant lesquelles la courbe est coupée par une ligne droite quelconque
en trois points seulement. Si des différentes branches infinies l'une n'in-
fluait pas sur la nature des autres , nous obtiendrions, en combinant
chacun des six cas particuliers relatifs à deux asymptotes rectilignes et
énumérés dans le numéro (6) avec chacun des neufcas particuliers re-
latifs aux asymptotes réelles et consignés dans le numéro précédent ,
cinquante- quatre espèces du cas présent. Mais ce nombre se réduit à
trente-neuf , les autres espèces étant impossibles.
A. Asymptotes paraboliques.
(p² + aq) rs + v (p + n) t + μ + 0 , (26)
(p² + xq) rs + v (p + π) (r + p) + μ = 0, (27)
(p + q) rs + v (p + n) r + μ = o , (28)
(p² + 2q) rs + ut = o , (29)
(p + q) rs + vr + μ = 0 , (30)
(p² + xq) rs + u = 0 , (31)
B. Deux asymptotes parallèles et imaginaires :
(p² + ξ*) rs + v (p + π) t + μ = 0 , (32)
(p² + ξ*) rs + v (p + π) (r + 5) + μ = ο , (33)
(p* + *) rs + v (p + π) r + μ = 0 , (34)
(p* + *) rs + μt = 0 , (35)
(p² + ξ*) rs + vr + μ = 0 , (36)
2

(p² + ξ*) rs + μ = 0 . (37)


242 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
C. Deux asymptotes parallèles réelles et non osculatrices :
(p² - 2) rs + 1 (p + n) t + μ = o ,
2
(38)
(p² - ξ*) rs + v (p + π)(r + 5) + μ = 0 ,
2
(39)
(p² - 2) rs + v (p + π) r + μ + = o ,
2
(40)
(p² - ξ*) rs + μt = o , (41)
(p -

ξ *) rs + vr + μ = o . (42)
D. Deux asymptotes parallèles et réelles , dont l'une osculatrice :
2

(p - ξ*) 1's + v ( p + ξ) t + μ = o , (
43)
(p* - *) rs + v (p + ξ) (r + 5 ) + μ = 0 , (44)
(p² - 2) rs + v (p + 5) r + μ = o , (45)
E. Deux asymptotes parallèles , réelles et osculatrices :
(p* - *) (rs + 1 ) + μ = 0 , (46)
-

(p ξ') rs + μ = 0 . (47)
F. Un point de rebroussement de première espèce à l'infini :
pars + v (p + π) t + μ = 0 , (48)
p²rs + v (p + π) ( +5) + μ = 0 , (
49)
pars + v (p + π) r + μ = 0 , (50)
prs + vt = 0 , (51)
prs + vr + μ = 0 . (52)
G.H.I. Deux branches de la courbe ont à l'infini un contact ou
réel ou imaginaire, ou elles forment un point de rebroussement de
seconde espèce :
pers + vpt + μ = 0, (53) (57) (61)
p*rs + vp (r + 5) + μ = 0 , (54) (58)(62)
pårs + pr + μ = 0, (55) (59) (63)
pårs + μ = 0 (*) . (56) (60) (64)

(*) Ne connaissant que 7 des 9 espèces du quatrième cas , Euler indique , au lieu
de 54 espèces , 42 seulement , et reconnaît que deux de celles-ci sont impossibles ,
ce qui fait qu'il en compte 40. Mais sur ce nombre il y en a encore 8 qui n'existent
pas , ce qui le réduirait à 32. Enfin, les 7 espèces suivantes ont échappé à ses
recherches : (43) , (44) , (45) , (61) , (62) , (63) , (64) , ce qui donne , comme nous
l'avons annoncé plus haut , 39 espèces du cinquième cas.
PURES ET APPLIQUÉES . 243

Sixième cas .

10. A. Il y a deux systèmes d'asymptotes paraboliques. Nombre


des constantes : 12. L'équation est
(p² + xq) (p² + 2s) + v (p + π) (r + 5) + μ = o . (65)
B. Il y a un système d'asymptotes paraboliques et deux asymptotes
parallèles , ou imaginaires , ou réelles ou coïncidentes. Nombre des
constantes du cas général , 11. L'équation est
(p + q) (1 + 2 ) + (p + π) ( +5) + μ = ο ,
ν

(66)
(p + q) (r² - 2 ) + (p + ) ( + ) + μ= 0 ,
ν

(67)
(p² + xq) (r² - 2 * ) + v (p + r) (r + y) + 4 = 0 ,
2 (68)
(p² + aq) (r² — 2*) + r + = 0 ,
(69)
(p² + xq) r² + v (p + π) (r +5) + μ = ο , (70)
(p² + xq) r² + v (p + π) r + μ = 0.
ν
(71) (72) (73)
C. Il y a deux systèmes de deux asymptotes parallèles ou imagi-
naires , ou réelles ou coïncidentes. Nombre des constantes du cas gé-
néral , 10. C se subdivise en a , β, γ , δ, ε, ζ.
a. Deux paires d'asymptotes imaginaires.
(p* + *) ( * + 2 ) + (p + π) (q + x) + μ 0. (74)
β. Deux paires d'asymptotes parallèles dont l'une imaginaire et
l'autre réelle .

(p* + *) (q* -2 *) + v (p + π) (q + x) + μ = 0 , (75)


(p + ) (q² - 2 ) + (p + π) (9 + 2) + 4 = 0 ,
ν
(76)
(p² + *) (q² - r ) +19 + μ = 0 . (77)
2. Deux paires d'asymptotes parallèles et réelles.
2

(p* - *) (q² - 2 ) + (p + ) (q + x) + μ = 0,
(p* - *) (q* - * ) + v (p + ξ) (q + κ) + μ = 0 ,
ν
(78)
2
(79)
(p² - *) (q* -2*) + (p + 5) (q + 1) + μ = 0 ,
2
(80)
(p* - *) (q² - 2 ) + p + p = 0 ,
(p - *) ( * - 2 ) + μ = 0 . (81)
(82)
244 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
d. Deux asymptotes parallèles et imaginaires , et deux coïncidant en
une seule :

(p* + *) q² + (p + π) (q + x) + μ = 0 , (83)
(p* + *) q² + ν (p + π) q + μ = 0 , (84) (85)
(p² + 2) q* + 2μ(p + π) q + μ² = ο. (86)
1

e. Deux asymptotes parallèles et réelles , et deux coïncidant en une


seule :
(p* - *) q² + (p + π) (q + x) + μ = 0 , (87 )
2
(p* - *) q² + (p +ξ ) (q + x) + μ = 0 , (88)
A
(p* - *) q* + vp + μ = 0, (89)
(p* - *) q* + v (p + π) q + μ = 0, (90) (91)
2 2 2

(p² - *) q² + 2μ (p+ π) q + μ² = 0, (92)


1
(p* - *) q² + (p + ξ) q + μ = 0, (93) (94)
-

(p ξ*) q* + 2μ (p+ ξ) q + μ = 0. (95)


Deux branches qui se touchent à l'infini sont incompatibles avec
deux asymptotes parallèles et toutes les deux osculatrices. 1
ζ. Deux paires de deux asymptotes coïncidentes :
pq² + (p + π) (q + x) + μ = 0 , (96)
p²q² + vp (q + x) + μ = 0 , (97) (98)
P*q* + 2pp ( q + x) + μ² = 0 . (99)
Il ne peut pas y avoir simultanément deux couples de branches, qui
se touchent à l'infini sur deux asymptotes doubles et différentes (*).
(*) Euler compte 47 espèces du sixième cas ; mais dans ce nombre , il fautd'a-
bord rectifier une erreur de calcul. Dans la supposition que la nature d'une
branche infinie est absolument indépendante de la nature des autres , Euler
fixe ce nombre à 7ª = 49 , c'est-à-dire qu'il le croit égal au quarré du nombre
adopté par lui des différentes espèces du quatrième cas , dans l'énumération des-
quelles les asymptotes imaginaires ne sontpourrien, au lieu qu'il aurait dû prendre
le nombre 7.8 Dans la même supposition, 9.10=45 espèces se présenteraient
1.2 1.2

à nous. Ensuite Euler reconnaît que deux de ses espèces n'existent pas ; son vrai
nombre serait donc 26. Mais d'un côté il y a encore trois autres espèces qui n'exis-
tent pas , ce qui baisserait le nombre à 23, tandis que d'un autre côté les 12 espèces
suivantes : 68, 73 , 76 , 79 , 80, 86, 88, 92 , 93 , 94, 95, 99 sont omises , ce qui
définitivement nous fournit le nombre 35. Sur les 45 espèces indiquées plus haut ,
il y en a 10 d'impossibles .
PURES ET APPLIQUÉES . 245

Septième cas .

11. La courbe a une asymptote rectiligne R et n'est coupée par une


ligne droite, menée parallèlement à l'asymptote, qu'en trois points
seulement.

A. En général, il y a en outre une seconde direction suivant laquelle


*la courbe est rencontrée par une ligne droite quelconque en trois points
seulement. Une parabole quelconque dont les diamètres ont cette
même direction, ne coupe la courbe qu'en six points. Malgré cela il n'y
a ni asymptote rectiligne , ni asymptote parabolique; mais il y a une
infinité d'asymptotes semi-cubi-paraboliques, toutes indiquées par une
équation de la forme suivante :
p³ + λ (q + x) = 0,
si l'on y donne à z successivement toutes les valeurs possibles. Six
points d'intersection ayant passé à l'infini, chacune de ces asymptotes
coupe la courbe proposée en six points seulement; et même il en est
toujours une qui en général et au plus ne coupe la courbe qu'en cinq
points; je l'appellerai osculatrice. Par rapport à elle l'ordre du contact
s'élève à , tandis que, pour une autre parabole quelconque de cette es-
pèce, il ne s'élève quejusqu'à 3. Pour chaque point nouveau passant à
l'infini, l'ordre du contactaugmente de . Dans l'équation suivante, con-
tenant 12 constantes, l'asymptote osculatrice est mise en évidence :
(p³ + xq ) r + v (p + π) s + μ 0. (100)
Comme l'ordre du contact de la courbe avec son asymptote R peut
monter , l'on obtient les deux espèces suivantes :
3

(p³ + xq²) r + v (p + π) (r + 5) + μ = 0 , ( 101 )


(p³ + q*) r + v (p + π) r + μ = o . (102)
B. Il y a en outre une direction suivant laquelle une ligne droitequel-
conque coupe la courbe en deux points seulement, sans toutefois
être sonasymptote. De plus, toutes les paraboles d'un paramètre déter-
miné et dont lesdiamètres ont cette même direction necoupent lacourbe
qu'en quatre points , sans toutefois être ses asymptotes. Mais au nombre
JUILLET 1836. 32
246 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
des lignes droites en question , il en est une seule P, asymptote de la
courbe, qui la coupe en général et au plus en un seul point, et au
nombre des paraboles en question, il en est une série infinie dont les
axes coïncident , et qui , asymptotes de la courbe, ne la coupent qu'en
trois points : parmi ces paraboles , il y en a toujours une seule ,
asymptote osculatrice de la courbe, qui la coupe en général et au plus
en deux points . Nombre des constantes : 11. B contient a ct β.
a. L'asymptote P est une asymptote ordinaire :
p(p + q)r + vp² + με = 0 , (103)
p(p² + xq)r + με = 0 , (104)
p(p + q)r + vr + µ = 0 . (105)
β. L'asymptote P est une asymptote osculatrice :
p(p² + xq)r + op² + vp + μ = 0 , (106)
p(p + q)r + p + μ = 0 , (107)
p(p² + λq) r + μ = 0 . (108)
C. Il y a en outre une direction suivant laquelle une ligne droite
quelconque rencontre la courbe en deux points seulement , mais
cette droite n'est jamais asymptote de la courbe. Toute parabole dont
les diamètres ont cette même direction, ne coupe la courbe qu'en
cinq points ; mais aucune transformation , aucun déplacement d'une
telle parabole ne peut la rendre asymptote de la courbe. Il y a seule-
ment une infinité d'asymptotes cubi-paraboliques , représentées par
l'équation suivante :
p² + (q + x) = 0,
en y regardant z comme une quantité indéterminée. Neufpoints d'in-
tersection ayant passé à l'infini, chacune de ces asymptotes ne coupe
la courbe qu'en trois points. Parmi elles il y en a une, que j'appellerai
osculatrice, qui ne coupe la courbe qu'en deux points. En général ,
l'ordre du contact est ; pour chaque point nouveau passant à l'infini
il s'élève de . Nombre des constantes: 10. C'estl'asymptote osculatrice
qui est mise en évidence dans les équations suivantes :
PURES ET APPLIQUÉES . 247
3

(p³ + >q) r + op² + vp + μ = 0 , (109)


3

(p³ + xq) r + p + μ = 0 , (110)


(p³ + xq) r + μ = 0 . (111)
Dans les deux cas B et C, la courbe a un point double situé à
l'infini. Dans le premier cas, des deux tangentes de ce point l'une est
lasymptote P, et l'autre est située tout entière àl'infini . Dans le second
cas les deux tangentes sont situées à l'infini.
D. Il y a en outre une direction suivant laquelle une ligne droite
quelconque ne coupe la courbe qu'en un point unique. En général une
telle ligne droite est asymptote de la courbe dans trois positions diffé-
rentes , et alors elle ne la coupe pas du tout. La courbe a un point
triple situé à l'infini , dont les trois tangentes ne sont autre chose que
les trois asymptotes parallèles de la courbe. Nombre des constan-
tes : 9. D se subdivise en a , β , γ , δ.
a. Deux des trois asymptotes parallèles sont imaginaires :
(p + π) ( p² + ξ*) q + σρ² + vp + μ = 0 , (112)
(p + π) (p² + 2) q + vp + μ = 0 , (113)
(p + π) (p² + ξ*) q + μ = 0 . (114)
β. Les asymptotes parallèles sont réelles toutes les trois :
( p + π) ( p² - ξ*) q + σρ² + vp + μ = 0 , (115)
(p + π) ( p²- q + vp + μ = 0 , (116)
(p + π) ( p² - ξ*) q + μ = 0 . (117)
7. Deux des trois asymptotes parallèles coïncident en une seule.
Par rapport à elles , l'ordre du contact se réduit à .
(p + π) pq + σρ² + vp + μ 0, (118)
( p + π) pg + vp + μ = 0 , (119)
( p + π) p*q + μ = 0 . (120)
d. Les asymptotes parallèles se confondent en une seule , toutes les
trois ; l'ordre du contact s'abaisse à .
p³q + σρ² + p + μ = o , (121)
P³q + νρ + μ = 0 , (122)
pq + μ = 0. (123)
32
..
248 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES

Huitième cas .

12. A. Il y a une direction unique suivant laquelle une ligne droite


quelconque rencontre lacourbe en trois points seulement. Si l'on déter-
mine la constante arbitraire d'une telle ligne droite de manière qu'elle ne
coupe la courbequ'en deux points, on verrait qu'alors cette ligne droite
passe à l'infini. Il n'y a pas d'asymptote rectiligne. Toute parabole dont
les diamètres ont cette même direction, coupe la courbe en six points
seulement, mais elle passe à l'infini si, afin qu'elle devienne asymp-
tote , l'on dispose de ses deux constantes arbitraires , de manière qu'elle
ne coupe la courbe qu'en quatre points. Iln'y a pas d'asymptote para-
bolique. Il n'y a pas non plus une asymptote courbe du troisième de-
gré. Enfin , il n'y a pas même une asymptote parabolique du qua-
trième degré. Nombre des constantes : 11 .
p⁺ + q (xp² + λα²) + ν ( p + π) + μ = 0 (*), (124)

B. Il y a une infinité de paraboles du degré , asymptotes de la


courbe , et représentées par l'équation
/

p² + (q³ + x)³ = o',


en y regardant z comme une quantité indéterminée. En général,
une telle parabole coupe la courbe en huit points , mais ily en a une
qui la coupe en sept points seulement. En général , l'ordre du contact
est , pour celle-ci , et si, dans des cas particuliers, des points d'in-
tersection nouveaux passent à l'infini , il s'élève pour chacun d'eux
de . Nombre constantes : 10 .
p⁺ + q³ + v ( p + π) r + μ 0. (125)
C. Il y a une direction unique suivant laquelle une ligne droite

(*) L'espèce générale du huitième cas est échappée à Euler, qui paraît supposer
qu'une courbe d'un degré quelconque a nécessairement pour asymptote une
courbe donnée par une équation à deux termes :
p™ + xq 0;

ce qui , passé le troisième degré , n'est plus vrai.


.
PURES ET APPLIQUÉES. 249
quelconque rencontre la courbe en deux points seulement; c'est parce
que celle-ci a un point double situé à l'infini. En déterminant les
deux tangentes de ce point, on n'en trouve qu'une seule, asymptote de
lacourbe, l'autre ayant passé tout entière à l'infini. Il y a avec cette
asymptote rectiligne une série infinie d'asymptotes semi-cubi-parabo-
liques. Nombre des constantes : 10. Suivant que l'asymptote recti-
ligne est une asymptote ordinaire ou osculatrice, on obtient les deux
espèces suivantes :
3

(p + π) ( p³ + λq²) + σρ² + μr = o, (126)


(p + π) ( p³ + λα²) + σρ² + vp + μ = 0. (127)
D. Il y a une direction unique suivant laquelle la courbe est coupée
par une ligne droite quelconque en deux points seulement. Ilya
un point double situé à l'infini , suivant cette direction. Les deux tan-
gentes de ce point ayant passé à l'infini toutes les deux, il n'y a pas
d'asymptote rectiligne. Toute parabole quelconque dont les diamètres
se confondent avec cette direction coupe la courbe en quatre points
seulement. Une telle parabole dépend encore de trois constantes ar-
bitraires. En disposant convenablement de deux de ces constantes , on
obtient deux séries infinies de paraboles, dont le paramètre et la po-
sition de l'axe sont déterminés, et qui sont les asymptotes de la courbe
qu'ellescoupentendeux points seulement. Enfin, danschacunedes deux
séries , il y a une asymptote osculatrice qui coupela courbe en général
et au plus en un point unique. Ces deux asymptotes sont mises en évi-
dence dans l'équation suivante. Nombre des constantes : 9.
0.
(p² + xq) (p² + r) + vp + μ
Mais comme les deux séries d'asymptotes paraboliques sont ou réelles
ou imaginaires , il faut distinguer deux espèces indiquées dans l'équa-
tion suivante (qui est équivalente à la précédente) par le double
signe :
[(p² + xq) + 2**] + p + μ 0. (128, 129)
Pour déterminer l'espèce limite entre ces deux-là, examinons ce qui
arrive dans le cas de paramètres égaux : r se réduit alors à (p + π),
ce qui faitdisparaître deux constantes à la fois de l'équation précédente.
Cette circonstance indique une espèce intermédiaire. Dans celle-ci, en
250 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
effet, les deux séries d'asymptotes paraboliques s'éloignent à l'infini ; il
n'y a pas d'asymptote parabolique proprement dite. De même que
deux asymptotes rectilignes et infiniment éloignées sont remplacées
par une parabole , deux asymptotes paraboliques infiniment éloignées
sont remplacées par une asymptote unique du quatrième degré. L'é-
quation de cette espèce est la suivante :
(p² + xq) + ( p + π) (q + x) + μ = 0. (130)
Dans le cas de paramètres égaux, les équations (128) et (129) de-
viennent
2

(p² + ^q) γ' (p + ㅠ)² + u 0,

et peuvent s'écrire sous la forme suivante , pour faire ressortir les deux
asymptotes osculatrices dans le cas où celles-ci sont réelles :
(p² + xq) [(p + π) + λ ( q + x)] + μ = 0 .
Dans ce cas, il faut que les huit points d'intersection passent tous
à l'infini , pour que le contact de la courbe et d'une parabole soit du
premier ordre , tandis que dans le cas général il suffit que cinq points ,
et, dans le cas de l'équation (128), que sept points d'intersection pas-
sent à l'infini. Pour les courbes du quatrième degré, les axes des deux
asymptotes paraboliques à paramètres égaux ne peuvent pas coïncider.
Cela exigerait qu'on pût faire disparaître dans l'équation précé-
dente, sans la rendre décomposable en deux facteurs du second degré .
Aplus forte raison, il est impossible que deux asymptotes paraboliques
de la courbe coïncident en une seule (*) .

(*) Euler compte également trois espèces du cas D , désignées parlui comme la
139 , 140° et 141. Mais toutes ses conclusions sont erronées. En partant de l'é-
quation
(y + ay'x + ex ) + cy² + dyx + y + gx + h = o ,
il décompose son premier terme en deux facteurs du second degré de la ma-
nière suivante :
2

(x² + px) (y² + p'x) ;


ce produit égalé à zéro représente deux paraboles ayant même axe et même som-
met. Ces deux paraboles sont d'après lui les deux asymptotes de la courbe. Comme
partout il ne voit que deux asymptotes paraboliques là où il y en a une infinité.
PURES ET APPLIQUÉES . 251

E. Il y a une direction unique suivant laquelle une ligne droite


rencontre la courbe en un point unique. Ily a à l'infini suivant cette
direction un point triple. Des trois tangentes de ce point , l'une est in-
finiment éloignée; les deux autres sont les deux asymptotes rectilignes
de la courbe et peuvent être ou imaginaires , ou réelles , ou con-
fondues en une seule. A l'autre tangente répond une série infinie d'a-
symptotes paraboliques qui coupent la courbe en général en deux
points. Dans le nombre se trouve une parabole osculatrice qui rencon-
tre la courbe en général et au plus, en un point unique. Nombre des
constantes : 8 .

(p² + ) (p² + xq) + vp + μ = 0 , (131)


2

(p² - ξ ) (p² + xq) + vp + μ = 0 , (152)


p² (p² + xq) + ιρ + μ = 0 . (133)

Mais ces deux asymptotes dépendent en partie du choix arbitraire des axes des
coordonnées , et d'autres asymptotes en effet vont se présenter, si , par exemple ,
la courbe proposée est rapportée à un autre axe des y, parallèle au premier. Je dis
plus, aucune des deux paraboles d'Euler n'est une asymptote de la courbe. Pour le
faire voir, désignons, en donnant à l'abscisse x une valeur infinie , la valeur de
l'ordonnée répondant aux points de l'une des deux paraboles par y, de manière
qu'on ait
y² + px = 0,

et la valeur correspondant à un point de la courbe par ( + ) , il viendra


c(y + b) ²+ d(x + β)x +f(x+ β)x + gx + h
(x + β)²+ px =
(x+ b)² + p'x
et de là on tire , en ayant égard à l'équation précédente et en négligeant convena .
blement ,
d d

Bβ = 2(p- p) = va-de
Va² - 4e

Donc , pour que la parabole en question devienne une asymptote de la courbe , il


faut la déplacer parallèlement à ses diamètres d'une distance égale à la valear de
β. Si l'on a
a 4e 0,

Euler en conclut que les deux asymptotes paraboliques coïncident , ce qui ne peut
jamais arriver. Dans ce cas le déplacement de la parabole déterminée par lui doit
être infiniment grand , pour qu'elle devienne asymptote; c'est-à-dire qu'il n'y a
pas d'asymptote parabolique dans ce cas .
252 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
F. La courbe a un point triple comme dans le cas précédent; deux
de ses trois tangentes ont passé à l'infini. Il y a une seule asymptote
rectiligne, ne coupant point la [Link] outre, il y a une série infinie
d'asymptotes cubi-paraboliques rencontrant la courbe en général en un
seul point, tandis que l'une d'elles ne la coupe pas du tout. L'ordre
du contact qui en général est s'élève pour celle-ci à l'unité. Nombre
des constantes : 7 .
(p + π) (p³ + xq) + u 0.
(134)

G. Les tangentes du point triple à l'infini sont situées elles-mêmes ,


toutes les trois , tout entières à l'infini. Il y a une infinité d'a-
symptotes paraboliques du quatrième ordre, qui coupent toutes la
courbe proposée en deux points. L'ordre de ces asymptotes , toutes
comprises dans l'équation suivante, en y regardant q comme une fonc-
tion linéaire absolument arbitraire ,
p + q 0,

s'élève à ; mais en général il n'y a pas une de ces asymptotes


pour laquelle cet ordre monte plus haut. Nombre des constan-
tes : 6.
p+ + xq + vp 0.
(155)

Paris , 25 février 1836,

Γ
1

PURES ET APPLIQUÉES. 253

MÉMOIRE

Sur le développement des fonctions ou parties de fonctions


en séries dont les divers termes sont assujettis à satisfaire à
une méme équation différentielle du second ordre conte-
nant un paramètre variable ;
PAR JOSEPH LIOUVILLE .

(Présenté à l'Académie des Sciences , le 30 novembre 1835. )

I.

Lorsqu'on veut déterminer les lois du mouvement de la chaleur


dans une barre hétérogène , placée dans un milieu entretenu à oº, on
tombe sur l'équation aux différences partielles
du
d
du (k dx
lu.
(1) di
=
dx
-

Dans cette équation qui doit servir à déterminer la température u de


chaque point en fonction du temps t et de l'abscisse x de ce point ,
les trois lettres g , k , I représentent respectivement la chaleur spéci-
fique, la conductibilité intérieure et le pouvoir émissif; et, puisque la
barre est hétérogène , on doit les regarder , non comme des constantes,
mais comme des quantités variables données pour chaque valeur de x.
Si les abscisses des deux extrémités de la barre sont x et X , on a de
plus deux conditions définies de la forme
du
au -
hu
dx o pour x x,

(2) du
+ Hu = o pour x =
X,
JUILLET 1836 . 33
254 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
het H étant des constantes qui peuvent avoir des valeurs quelconques
depuis o jusqu'à + ∞ . Enfin , on doit avoir
(3) u = f(x) pour t = 0,
f(x) étant une fonction arbitraire qui représente l'état initial des
températures et qui satisfait aux deux conditions
df(x) -

dx hf(x) = o pour x x,

df(x)
dx + Hf(x) = o pour x = X ,

lesquelles se déduisent, en posant t = o , des équations (2) que nous


avons regardées comme ayant lieu pour la valeur générale de u dont
f(x) n'est qu'un cas particulier.
Pour former la valeur de u qui satisfait à l'équation (1) et aux con-
ditions définies (2) et (3), on est conduit à développer la fonction
f(x) ( pour toutes les valeurs de x comprises entre x et X) en une
série dont les termes successifs diffèrent l'un de l'autre par un para-
mètre r et ont la propriété de satisfaire à la fois à l'équation différen-
tielle générale
dV
k

- rgV
d( dx ) -
IV ,
dx

et aux conditions particulières ,


dV -

dx hV = o pour x x,

dV
+ HV = o pour x = X.
On peut voir , dans l'ouvrage de M. Poisson sur la chaleur, comment
on est porté, par la marche même du calcul , à admettre la possibilité
de ce développement pour une fonction quelconque f(x); mais jus-
qu'à cejour il a paru difficile d'établir cette possibilité directement et
d'une manière rigoureuse. Je me propose de donner ici une méthode
très simple pour y parvenir. Je considère en elle-même la série par
laquelle les géomètres ont représenté le développement de f(x) dont
il est question : sans rien supposer à priori sur l'origine de cette série
ni sur sa nature , j'en cherche la valeur, et je trouve que cette valeur
PURES ET APPLIQUÉES. 255

est précisément f(x) , du moins lorsque la variable x est comprise


entre les limites x et X.
II .

Soient g , k , I trois fonctions positives données en nombres finis


pour chaque valeur de x comprise entre x et X : nous supposerons que
les deux premières restent constamment > 0 ; mais la dernière pourra
être nulle , soit pour quelques valeurs particulières de x , soit même
dans toute l'étendue des valeurs de cette variable. Soient encore het H
deux constantes qui peuvent avoir toutes les valeurs possibles depuis
o jusqu'à + 8
∞ ..
En adoptant pour le nombre r une valeur convenable , on peut tou-
jours trouver une fonction V qui ne devienne identiquement nulle
pour aucune valeur déterminée de r, x restant indéterminée (*), et qui

(*) On peut exprimer V en série convergente. Pour cela soit k' ce que devient
k quand x = x : représentons par po , P1 , P2 , ... une suite de quantités
x dx
liées entre elles par la relation générale pm+1 =
SS
xk (1- grpmd.x: pre-
X

x dx
nons en outre p. = 1 + hk'
S X k et faisons p. + P +P. + ... = N(x , r). La
valeur de V qui satisfait à la fois à l'équation indéfinie (A) et aux conditions défi-
nies (B) sera V = (x , r), r désignant une quelconque des racines de l'équation
dΠ (Χ , r )
(C) dX
+ ΗΠ (Χ , г) 0.

dV
Pour x = x , on a V = 1 , dx
= h , quel que soit r : la fonction V n'est donc
identiquement nulle pour aucune valeur de r, z restant indéterminée. Cela posé ,
les racines de l'équation (C) seront toutes inégales , comme M. Sturm l'a démontré
à la page 142 de ce volume : il pourrait n'en être plus de même si l'on employait
(et cela est arrivé quelquefois) une valeur de V susceptible de devenir identique-
ment nulle pour certaines valeurs déterminées de r.
Quand on a H = + ∞ , la seconde des équations (B) étant divisée par H se ré-
duit à Vo pour x = X , et semblablement l'équation (C) se réduit à
(X, r) = o . Du reste, la valeur de V demeure la même que ci-dessus. Mais cette
valeur change de forme quand on a h = + ∞ : dans cette nouvelle hypothèse ,
la première des équations (B) devient V = o pour x = x; et, si l'on veut continuer
=
xdx
à poser V= po + P + P₂ + ... = n (x , r), il faut prendre po k' k X
sans

33 ..
256 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
satisfasse à la fois à l'équation différentielle indéfinie

d (k )
(A) dx + (gr - 1) V = 0 ,
et aux conditions particulières ,
dV
-

dx hV = o pour x = x ,
(B)
{ dV + HV = o pour x = X.
dx

Cette fonction V, comme on vient de le voir, se présente utilement


dans la théorie de la chaleur; mais nous la considérons ici en elle-
même , abstraction faite de son usage dans les problèmes de physique
mathématique.
Pour que les conditions (B) soient satisfaites , il faut que le para-
mètre r soit choisi parmi les racines d'une certaine équation transcen-
dante. Nous représenterons cette équation par
(C) (r) = 0 .
Cela posé, notre but dans ce mémoire , est de trouver directement et
par un procédé rigoureux la valeur de la série
X

gVf(x)dx
Σ X

SgVdx
dans laquelle le signe ∑ s'étend à toutes les valeurs de r qui satisfont à
l'équation (C). Quelle que soit la fonction f(x) (*) , nous montrerons

altérer d'ailleurs la relation établie entre pmet pm+1. Cela étant , on a , pour
dV

x = x , dx = 1 , valeur différente de zéro : par conséquent il n'existe aucune


valeur de r qui rende V identiquement nulle , et dès lors , d'après la démonstra-
tion déjà citée de M. Sturm , l'équation (C) n'a que des racines inégales .
(*) Les fonctions que nous considérons dans ce mémoire [et la fonction f(x) en
particulier ] peuvent changer de forme ou d'expression analytique dans l'étendue
des valeurs de la variable ; mais , aux points où elles changent de forme , nous ad-
mettrons toujours qu'elles ne possèdent qu'une seule valeur. D'après cette restric-
tion qui nous est commune avec M. Poisson ( voyez la page 173 de son grand
PURES ET APPLIQUÉES. 257
que la série en question a précisément f(x) pour valeur, du moins
lorsque la variable x est comprise entre les limites x , X.
III .

Mais avant d'entrer en matière , il faut rappeler quelques propriétés


remarquables dont jouissent et la fonction V et les racines de l'équa-
tion (C).
1º . Les racines de l'équation (C) sont, en nombre infini, toutes réelles
et inégales : la plus petite de ces racines peut être nulle ou > o : les
autres sont > o . Nous les désignerons désormais 1, 2, 3, ...... ۲۰۰۰
et nous les supposerons rangées par ordre de grandeur, en sorte que
l'on ait r < r < 3 ... << ... Nous représenterons aussi par
V₁(x) , V,(x) , V3(x) , ... Vm(x) , ... V (x) , ... les diverses valeurs que
prend la fonction V lorsqu'on y pose successivement r= r , r= '₂ ,
r= rg, ... r= r„ , ... r= r』 , ...
2°. Si l'on considère les valeurs de V relatives à deux racines diffé-
rentes rm , ra , l'intégrale définie prise de x= xà x=X du produit de
ces deux valeurs par gdx est toujours égale à zéro, de manière que
l'on a

fgVm(x)V (x)dx = o ,
toutes les fois que la différence rm-r est autre que zéro .
πι

3º. La fonction V ne devient jamais infinie , et elle ne peut changer


de signe qu'en passant par la valeur zéro. L'étude des propriétés
des racines de l'équation V= 0 , dans laquelle on regarde x comme
l'inconnue , est très intéressante. Si l'on considère celles des ra-
cines des équations V₁(x) =0, V,(x) = 0, V3(x)=0, ... V (x)= 0 , ...
qui sont comprises entre x et X(abstraction faite des racines x = x ,
x= X, qui dans certains cas existent) on démontre que la première
de ces équations est impossible , que la seconde possède une seule ra-
cine , que la troisième en possède deux , et ainsi de suite , en sorte

ouvrage sur la Chaleur) , si l'on construit la ligne représentée par l'équation


y=f(x), cette ligne aura une seule ordonnée en chacun des points dejonction de
deux parties conjuguées ; elle pourra avoir deux tangentes ou deux rayons de cour-
bure différents appartenant à ces deux parties.
258 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
que la fonction V. (x) ne s'évanouit jamais, et que la fonction
V (x) s'évanouit (m- 1 ) fois pour des valeurs de x > x et < X .
4°. Les (m - 1 ) racines > x et < X de l'équation V (x)= o sont
inégales entre elles , et de plus comprises entre les m racines de l'équa-
tion suivante : Vm+1(x)=0. Ainsi la fonction V₁(x) est la seule qui ne
change jamais de signe lorsque x croît d'une manière continue de x
à X : la fonction V (x) change (m- 1) fois de signe dans le même
intervalle .
5º. Si l'on désigne par Am, Am+1 , ... A , des constantes qui ne soient
pas toutes nulles , et si l'on pose
AmVm(x) + Am+tVm+1(x) ++ AV (x) = (x) ,
la fonction (x) ne sera jamais identiquement nulle , et l'équation
Ψ(x) = o aura (m- 1 ) racines au moins et (n- 1) racines au plus
entre x et X. Dans l'énoncé de ce théorème , chaque racine multiple
de l'équation (x) = 0 ( lorsque cette équation a des racines mul-
tiples ) doit être comptée autant de fois qu'elle entre dans l'équation :
ainsi les racines doubles doivent être comptées deux fois, les racines
triples trois fois , etc.
On sait comment M. Poisson s'est servi de l'équation

X
gVm(x)V (x)dx = o ,

pourprouver la réalité de toutes les racinesde l'équation (C). Les autres


propriétés des racines 1, 2, 3, ... ont été découvertes et démontrées en
rigueur par M. Sturm (*) . Considérées en elles-mêmes et indépendam-
ment de leurs applications , ces propriétés sont déjà très élégantes :
l'usage que nous allons en faire leur donnera peut-être plus de prix
encore aux yeux des géomètres .

(*) On prendra une idée des méthodes employées par M. Sturm en lisant son
Mémoire sur l'intégration des équations différentielles linéaires du second ordre
voyez page 106 de ce volume) . Mais la démonstration complète du 5º théorème
(dont nous allons surtout faire usage ) n'a été donnée par l'auteur que dans un
Mémoire sur l'intégration des équations aux différences partielles encore inédit
et dont il nous a promis d'enrichir ce journal.
PURES ET APPLIQUÉES . 259
IV.

Nous nous servirons d'abord des théorèmes contenus dans le numéro


précédent , pour établir quelques lemmes préliminaires dont nous au-
rons besoin plus tard.
LEMME 1 " . Soient a , b , c , ... des grandeurs inégales comprises
entre x et X. Posons

V.(a)V (x) - V.(a) V. (x) = P (x) ,


V. (a) V3(x) - V3(a) V. (x) = P (x) ,

V.(a) Vm(x) - V (a)V


(a)V₁(x)
(x) = P (x) ,
puis
P.(b)P3(x) - P3(b) P (x) = Q3(x) ,
P.(b)P4(x) - P₁(b)P (x) = Q₄(x) ,
• .

Pa(b) P (x) - Pm(b)P (x) = Q (x) ,


2

puis encore
Qs(c) Q4( x) - Q₄(c) Q3(x) = R₄(x) ,
Q3(c) Qs(x) - Q5(C) Q3(x) = Rs(x) ,

Q3 (C) Q (x) - Qm(c) Q3(x) = R (x) ,

et ainsi de suite. Je dis que, si l'on se borne à considérer les valeurs de


x > x et < X , la fonction P (x) s'évanouira pour x=a et seule-
ment pour x = a : lafonction Q3(x) s'évanouira pour x= a , x=b et
seulement pour x =a , x = b ; la fonction R₁(x) s'évanouira pour
x = a , x = b , x=c , et seulement pour x=a , x=b , x = c , et
ainsi des autres. De plus , toutes ces fonctions P. (x) , Q3 (Х) ,
R₁ (x ) , ... changeront de signe chaque fois qu'elles s'évanouiront.
D'abord on se rappelle que la fonction V₁(x) ne peut jamais devenir
nulle quand x est > x et < X.
Lafonction P (x) se ramène à la forme A,V,(x) +A.V₂(x) en pо-
sant A,=- V,(a) , A, = V,(a) , et le coefficient A, n'est pas nul.
260 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
Donc par le 5º théorème du nº III , cette fonction ne peut s'annuller
plus d'une fois quand x est > x et < X , et il est d'ailleurs évident
qu'elle devient nulle quand x = a. En vertu du même théorème , la
racine a ne peut être qu'une racine simple : par conséquent , la fonc-
tion P (x) doit changer de signe en même temps qu'elle s'évanouit. Les
fonctions P3(x) , P₁(x) , ... ne jouissent pas nécessairement des mêmes
propriétés que P (x) : elles s'annullent , il est vrai pour x= a , mais
la racine a peut être multiple, et des racines autres que a, quoique
comprises entre x et X , peuvent satisfaire aux équations P (x) = 0 ,
P (x) = 0 , ....
La fonction Q (x) s'annulle évidemment pour x= b , elle s'annulle
aussi pour x= a puisque l'on a P₂(a) = 0, P3(a)= o. Or, en rempla-
çant P (x) et P3(x) par leurs valeurs, la fonction Q3(x) prend la forme
A,V,(x) + A,V,(x) + A3V3(x) et le coefficient A3 n'est pas nul puis-
qu'on le trouve égal à P.(b)V.(a) : donc pour des valeurs de x > x et
< X , Q3(x) ne peut s'évanouir plus de deux fois : donc on a bien
Q3(x) = o pour x = a , x = b , et seulement pour x= a , x= b : de
plus les racines a et b ne peuvent être que des racines simples , ce qui
oblige la fonction Q3(x) à changer de signe chaque fois qu'elle s'éva-
nouit . Les fonctions Q₄(x) , Qs(x) , ... deviennent nulles pour x = a
et x= b ; mais elles ne jouissent pas nécessairement des autres
propriétés démontrées pour Q3(x) .
La fonction R₁(x) s'annulle évidemment pour x= c : elle s'annulle
aussi pour x= a et x= b , car il est aisé de voir que l'on a Q,(a)= 0 ,
Q,(b) = 0 , Q₄(a) = 0 , Q₄(b) = o. Or, en remplaçant Q3(x) et Q (x),
puis P (x) , P3(x) , P₄(x) par leurs valeurs , celle de R4(x) prend la
forme A, V, (x) + AV₂(x) + A3V3(x) + A₁₁(x) , A4 ayant la valeur
2

suivante Q3(c) P.(b) V.(a) qui ne peut pas être nulle. Donc l'équation
R₁(x) = o ne peut avoir entre les limites x , X aucune racine diffé-
rente de a , b , c , et de plus ces trois racines doivent être simples , en
sorte que R4(x) changera de signe en s'évanouissant.
Il est clair que l'on pourra continuer indéfiniment cette démons-
tration.
Corollaire. Les (m - 1) lettres a , b , c , ... représentant toujours
des quantités inégales < x et > X , on peut déterminer les constantes
A1 , A2 , A3 , ... Am , de telle manière que la fonction
PURES ET APPLIQUÉES . 261

Ψ(x) = A,V, (x) + AV (x) + A3V3(x) + ... + AmVm(x) ,


sans être identiquement nulle , devienne égale à zéro pour x = a ,
x= b , x = c , ... En effet, si l'on a m = 2 , il suffira de prendre
Ψ (x) = P ( x) : si l'on a m = 3 , il suffira de prendre Y (x) = Q3(x) ;
si l'on a m = 4, il suffira de prendre (x) =R₁ (x) ; et ainsi de
suite.

La fonction Y (x) étant ainsi déterminée , l'équation (x) = 0 ne


peut avoir que (m- 1) racines au plus (5º théorème du nº III ) : or, les
quantités a, b, c, ... sont par hypothèse au nombre de (m-1 ) : on voit
donc , comme nous l'avons déjà fait observer, 1°. que les racines de
l'équation (x) = o sont toutes inégales et comprises dans la série
a, b , c , ... 2°. que par suite la fonction Y(x) change de signe
chaque fois qu'elle s'évanouit. Il est bien entendu que la variable x
ne sort pas des limites x, X.
LEMME 2º. Soit (x) unefonction de x : si l'équation
(α) f (x)Vdx = 0

a lieu en remplaçant r par une quelconque des racines de l'équation (C),


je dis que l'on a nécessairement (x) = o, de x = xà x = X.
D'abord , si la fonction (x) , sans être identiquement nulle, con-
servait toujours le même signe depuis x= x jusqu'à x=X , l'équa-
tion (a) serait absurde , car en posant r= r, on aurait
f (x)V (x)dx = 0 ,
et cela ne se peut , puisque la fonction V₁(x) ne change pas non plus
de signe entre les limites x= x , x = X .
Supposons maintenant que lorsqu'on fait croître x de xà X , (x)
change de signe (m- 1 ) fois , et soient a, b , c, ... les (m- 1) valeurs
de x pour lesquelles ce changement s'effectue. En faisant successive-
ment r= r , r = r,, ... r = rm, dans l'équation (a), on en déduira m
équations nouvelles que l'on pourra ajouter membre à membre après
les avoir multipliées respectivement par les constantes A. , A. , ... Am .
En posant
A.V (x) + A.V (x) + ...+ AmVm(x) = (x),
JUILLET 1836 . 34
262 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
on trouvera ainsi

f (x) *(x)dx = o.
Mais , d'après le corollaire du lemme 1 ", on peut déterminer les
constantes A,, A., ... Am, de telle manière que la fonction (x) change
de signe toutes les fois que x atteint et dépasse infiniment peu une
des (m - 1) valeurs a, b , c , ..... et ne change de signe pour au-
cune autre valeur de x. En adoptant les valeurs de A., A., ... Am, qui
produisent cet effet, l'élément q(x) Ψ(x)dx conservera toujours le
même signe dans toute l'étendue de l'intégration, et par conséquent ,
on ne pourra pas avoirf (x) (x)dx = 0 , à moins qu'on n'ait
aussi q (x) = o , du moins pour les valeurs de x comprises entre x
et X.
V.

Maintenant nous pouvons résoudre le problème qui fait l'objet spé-


cial de ce mémoire.
PROBLÈME. Trouver la valeur de la série
X

V
Σ
(vx*xgvf(x)dx)
X

fgVdx
dans laquelle le signe ∑ s'étend à toutes les valeurs de r qui sont
racines de l'équation (C). La variable x est comprise entre x et X ,
et la fonction f(x) est donnée arbitrairement entre ces limites.
En représentant par F(x) la valeur cherchée et remplaçant le signe
∑ par la série qu'il représente , on a
X X

V.(2) I
g (x)f(x)dx V₂(x)
(2) X
V2(x)f(x)dx
F(x) = X + +
gV, (x) dx SV (x) dx 2

.....
Vm(x)fxgVm(x)f(x)dx + ....
fgVm(x) dx
Je multiplie les deux membres par gVm(x)dx et j'intègre ensuite par
PURES ET APPLIQUÉES. 263

rapport à x en prenant x et X pour les limites de l'intégrale. Puis-


que pour deux indices met n différents , on a
SgVm(x)V (x)dx = 0,

cette intégration fera disparaître tous les termes du second membre à


l'exception d'un seul, et l'on aura
X

fgV (x)F(x)dx = fgVm(x)f(x)dx ,


d'où l'on tire

fig[F(x) - f(x)] V (x)dx = o.


Cette égalité devant avoir lieu pour toutes les valeurs possibles de l'in-
dice m et la fonction g étant constamment > o , il résulte du lemme 2º
que, pour toutes les valeurs de x comprises entre x et X, on doit
avoir F(x)-f(x) =o, d'où F(x)=f(x). La valeur cherchée de la sé-
rie est donc f(x), entre ces limites de la variable, ce qui s'accorde avec
le résultat que les géomètres ont obtenu par d'autres méthodes moins
directes et moins rigoureuses que la nôtre.
D'après les équations de condition (B), qui sont remplies pour la
fonction V, la valeur F(x) de la série
X

Σ
vfgVf(x)dx
S gVdx
satisfait aux égalités
dF(x)
dx - hF(x) = o pour x x,

dF(x)
dx + HF(x) = o pour x = X;
si donc on veut que l'égalité F(x) = f(x) soit exacte aux limites
mêmes x = x , x = X , il faudra regarder la fonction f(x) comme
assujettie aux deux conditions
df(x) -

dx hf(x) = o pour x = x ,
df(x)
dx + Hf (x)= o pour x = X,
que nous avons admises en effet au nº I.
34..
264 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES.
VI .

Nous croyons devoir ajouter à la démonstration précédente quel-


ques remarques qui ne seront pas sans intérêt.
Par un raisonnement semblable à celui dont nous nous sommes
servis pour démontrer le 2º lemme du n° IV , on peut encore établir
la proposition suivante : Si l'équation
(β) f (x)Vdx= 0
a lieu en remplaçant rpar une quelconque des racines r., ., ... jusqu'à
ra , je dis que lafonction (x) change de signe au moins (n-1 ) fois ,
lorsqu'on fait croître x depuis x jusqu'à X. En effet , supposons, s'il
est possible , que la fonction p(x), dans cet intervalle, change de signe
(m- 1 ) fois seulement, m étant < n, et soit ( comme au nº IV) Ψ(x)
une fonction de la forme A,V₁(x) + A.V₂ (x) ++ AmV (x) , qui
1 2

change de signe aussi (m- 1) fois et pour les mêmes valeurs que p(x),
le produit (x)*(x)dx ne changera jamais de signe , et par suite on
ne pourra pas avoir
f (x)*(x)dx =0,
ce qui résulte pourtant de l'équation (3) en y posant successive-
ment r= r , r = ra, ... r=rm , puis ajoutant membre à membre les
équations ainsi obtenues, après les avoir multipliées par les facteurs
respectifs A,, A.... Am. Il est donc absurde d'admettre que la fonc-
tion (x) s'annulle (m- 1) fois seulement , métant < n : ce qui dé-
montre la proposition énoncée.
Désignons par la somme des n premiers termes de la série

Σ
vfgvf(x)dx
X
2

fgVdx
dont on n'a pas besoin de supposer que la somme soit connue. Pour
un indice m égal ou inférieur àn , nous obtiendrons immédiatement
[Link](x)dx= fgVm(x)f(x)dx ,
PURES ET APPLIQUÉES . 265

ou , ce qui est la même chose ,


X

(2) Jgf.V_(x)dx = 0 ,
f. représentant la différence f(x)-σ.. En comparant cette équation
à l'équation (3), on conclut de la proposition qui vient d'être dé-
montrée , que la quantité p, s'annulle au moins (n- 1 ) fois lorsque x
croît depuis x jusqu'à X.
Soit Q une fonction quelconque de la forme A,V,(x) +A.V.(x)
1

+....+A.V (x) (ce qui comprend comme cas particulier la fonc-


tion 5 ). En posant dans l'équation (2) successivement r=r,, r=r,, ...
r , puis ajoutant les équations ainsi obtenues, après les avoir mul-
tipliées par A., A. , .... A,, on a :
X

[Link]=0;
ce qui , en posant Q= 0 , devient :
X

fgdx=0.
Maintenantmultiplionspar godx et intégrons entre les limites x, X
les deux membres de l'équation f(x) = 6 + f. , puis effaçons le
X
terme fgfdx, qui est égal à zéro ; nous obtiendrons ainsi
fgof(x)dx= f godx :
nous obtiendrons une autre formule plus remarquable encore, savoir,
fgf(x) dx=f ( + )dx ,
enmultipliant par gdx et intégrant le carréf(x) =0 +20 +P
OX

Cette dernière formulenousprouveque l'intégralefogo, dx, quelque


grand qu'on prenne l'indice n , ne peut jamais avoir une valeurnumé-
riquesupérieure à la limitefgf(x) dx avec laquelle elle coïncide
lorsque n= co.
266 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES

THÉORÈME

Sur les quantités incommensurables ;


PAR M. LEBESGUE .

Dans un mémoirequi fait partie du 3º cahier de ce journal , M. Léger


s'occupe du problème suivant : Trouver la somme des restes donnés
par l'opération de la commune mesure entre met 1. La méthode
A+ BVm
qu'il indique, d'après M. Terquem, s'appliquerait égalementà C
et 1 , ou à la racine de ax + bx + c= o et à l'unité. Elle montre
M+ NVm
bien que la somme toujours finie est de forme P ; mais c'est
là , ce nous semble , tout ce qu'elle peut donner; car elle devient im-
praticable quand la période de la fraction continue valeur de x , n'a
pas un assez petit nombre de termes. Pour résoudre plus compléte-
ment le problème , nous avons cherché la loi des restes : il y en a deux
que voici :
1 ° . Ces restes , pris convenablement à intervalles égaux , forment
des progressions géométriques , ayant la même raison.
Cette première loi, que nous démontrerons ici , donne très facile-
ment la somme.
2°. Ces mêmes progressions géométriques sont aussi des séries récur-
rentes .

Pour la démonstration complète de ce théorème , nous renverrons


à la Théorie des Nombres ou à un mémoire dans lequel nous dirons
quelques mots de la présente question.
Dans ce qui suit nous représenterons la fraction continue périodique
valeur de x,, racine de ax + bx + c = 0 , par x₁= q1, 92, 93, ...
In(Ak+19 , +9 .. +a) , les quotients renfermés entre parenthèses
formant une période de n termes .
PURES ET APPLIQUÉES . 267

Nous représenterons les quotients complets par xa, X3, X4 ...., de


sorte qu'on aura
x = 9 ,, X2 ,
x₁ = q1 , q2 , X3 ,
x. = q. , 92, 93 , X4,
...

Nous représenterons par r., r., 1'3, ... les restes donnés par l'opéra-
tion de la commune mesure sur x, et I de sorte qu'on aura
x = 1.9. + r , 1 = [Link], r = raqs +3 ... ,
d'où résulte immédiatement ,
I r
x. = , r
= , x4= ..
.... , Xm Im- 1
,

et par suite ,
I

Tm- 1
XX3 ....Xm

Si l'on remarque maintenant que la série xx ...xm est nécessaire-


ment périodique en prenant xx +1 , ... Xx+n ; pour la période , on aura
Xn+1=Xk+n+1=Xh+an+1=etc. , Xx + 2=Xx+ n +a= ..., Xx+8= Xz + n +8= ...,
Xk+n= Xk +an ... , ce qui réduit la valeur derm , à la forme suivante :
I Tk+n-1
Tk+ f+g-t - + -1
(X2X3 ... Xk) . (Pk+1 • • • xk+n) .Xk+1 • . • Xk+g Tk-t

si l'on fait m = k + nf+ g , g étant < n.


Ainsi les valeurs de l'a+ f+g-t correspondantes à f= 0 , 1 , 2 ...
forment une progression géométrique décroissante dont la raison est
I
Tk+n
I.
Xk+1Xk+n Tk-t

La somme des restes r,, " , etc. est donc


+++++++++n
Th+コー
,

1-

Tk-t

r r
expression qui se réduit à tra
1
-rn ,quand la période commence
dès le terme x ; par exemple , pour ax, = b.
Quoiquele calcul des x , x, ... soit assez court et puisse encore être
I

abrégé , il serait long d'employer la formule rm- XaX3 ...xm , pour


268 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
calculer les restes. On démontrera très facilement la formule suivante
qui est générale , c'est-à-dire qui suppose à x, une valeur quelconque.
42 43

Enreprésentant par데 , ....


les convergentes successives vers la
valeur de x,, on aura m = (-1) - ([Link] - am).
Pour le cas où x, est la racine d'une équation du second degré , on
sait , par la théorie des nombres , que les valeurs de am, ẞm prises de
nenn , à partir d'un quotient appartenant à la période de x, forment
des séries récurrentes d'échelle 20, -(-1)", en posant
=
20 =γ΄+ , = 9x+ 1 , qk+2 *** 94+2-19 qk+1 , ...
+2qk+2°

De là résulte par conséquent que les restes r., r... pris de la même
manière , forment des séries récurrentes d'échelle 20(-1 )", -(-1 )".
Nos deux lois ne sont pas incompatibles. En effet, soit S =
(-Sm2)(-1)", posons Sm= x . Sm -t , Sm-1 =x . Sm ,, il en résultera
68-14

x =(2x-1 ) (-1)". Si donc la valeur de x tirée de cette équation


Sm
s'accorde avec Sm-1' la série récurrente sera aussi une progression géo-
métrique.
Un seul exemple suffira. Prenons la commune mesure de V7 et 1 .
Quotients .... 2; 1 , 1 , 1, 4; I, I 1, 4, etc.,
Convergentes.. 35 8 37 45 48' 590
82' 127 223' etc.
Restes , 1.7-2 , -1.7+3, 2/7-5, -3/7+8, 14/7-37,
-17/7+45 , 31 /7-82 , -48 /7+ 127,2237-590, etc.
La somme des 4 premiers restes divisée par i moins le 4º reste ou par
3 /7-7 , donne 5V7+7
14 (comme onlevoitaumémoirecitéplushaut.)
Si l'on veut mettre en évidence la coïncidence de la progression géo-
métrique et de la série récurrente dont l'échelle est pour le cas présent
15 14
/7-37
16 , -1 , il suffira d'observer que =

V7-2
=-3/7 + 8 , ce
qui est précisément la racine de l'équation x² = 16x- 1 ; d'ailleurs,
2237-590 = 16( 14/7-37) - ( 7-2).
PURES ET APPLIQUÉES . 269

DÉMONSTRATION

D'un Théorème dú à M. STURM et relatif à une classe de


fonctions transcendantes ;

PAR JOSEPH LIOUVILLE .

( Présentée à l'Académie des Sciences le 27 juin 1836.)

1. Soient x une variable indépendante ; x, X, deux limites de cette


variable rangées par ordre de grandeur; etg, k, l, trois fonctions de x
dont les deux premières sont constamment > o , tandis que la troi-
sième est à volonté positive ou nulle. En attribuant au paramètre r
une valeur convenable , on peut toujours trouver une fonctionV qui
ne devienne identiquement nulle pour aucune valeur déterminée
de r, x restant indéterminée , et qui , en outre , satisfasse à l'équation
différentielle indéfinie

d(k ) +(gr - 1) V = 0 ,
(A) dx

et aux conditions définies


V
dx
-

hV = o pour x x,
(B) dV
+ HV o pour x = X ;

het H désignent deux nombres compris entre o et + ∞ , ou même


égaux soit à o , soit à + ∞ . 8

AOUT 1836. 35
270 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
On se sert de la fonction V pour la solution de la plupart des pro-
blèmes physico-mathématiques. M. Sturm en a étudié avec soin les
diverses propriétés ; etje crois avoir ajouté à ses recherches quelques
résultats nouveaux dans mon mémoire sur le développement desfonc-
tions ou parties de fonctions en série dont les divers termes sont as-
sujettis à satisfaire à une méme équation différentielle du second
ordre , contenant un paramètre variable (*). Dans le mémoire cité
j'ai pris pour point de départ un théorème général dont l'auteur a
bien voulu me communiquer la démonstration encore inédite. Établir
rigoureusement ce théorème par une voie simple et très différente de
celle qu'a suivie M. Sturm, tel est le but que je me propose aujour-
d'hui.

2. Pour que la fonction V satisfasse à l'équation (A) et aux condi-


tions définies (B) , il faut que le paramètre rsoit choisi parmi les ra-
cines d'une certaine équation
(C) (r) = 0 .
Les racines de l'équation (C) sont en nombre infini, toutes réelles et
inégales. Nous les nommerons ., . , .... , ...... , et nous les
supposerons rangées par ordre de grandeur, en sorte que l'on ait
< …………… < Im .... < . La racine r, peut être nulle ou positive;
les autres sont > o. Nous désignerons par V₁(x) ou par V, ce que de-
vient la fonction Vquand ony pose r= r,, et en général par V (x) ou
par V. ce que devient V quand on y pose r=r . Dans son mé-
moire sur les équations différentielles linéaires du second ordre (**),
M. Sturm a prouvé qu'entre les limites x , X de la variable x, la
fonction V, ne s'évanouitjamais ; au contraire , la fonction V. s'éva-
nouit (n-1) fois pour (n-1) valeurs de x inégales entre elles. Ces
diverses propriétés de la fonction V résultent d'une analyse aussi di-
recte qu'élégante , et désormais nous les supposerons bien connues.
On sait aussi qu'en désignant parp , q deux indices différents , on a
X

(D) SgV,V,dx = o,
P

(*) Voyez le cahier de juillet , page 252 de ce volume.


(**) Voyez le cahier de mars , page 106 de ce volume .

1
PURES ET APPLIQUÉES. 27 I1

résultat remarquable dont M. Poisson s'est servi pour prouver la réa-


lité de toutes les racines de l'équation (C).
Désignons par Am , Am+1 , ..... A, des constantes quelconques , et
posons
U = AV + Am+ 1 Vm+1 +..... + AV ;
171

toutes les fois que l'indice p sera choisi hors de la série des nombres
m , m + 1 , ..... n , on aura , d'après la formule (D) ,

SgUV,dx = o,
P ,

et c'est ce qui arrivera , par exemple si l'on pose p= 1 , ou p = 2 , ...


oup = m - 1 . Au contraire , si l'indice p est compris dans la série des
nombres m , m+ 1 , ..... n , on aura
X

SgUV,dx = A, fgVdx,
P P

quantité différente de zéro quand le coefficient A, est lui-même diffé-


rent de zéro .

On voit par là qu'en excluant le cas particulier où les coefficients


Am, Am+1 , ..... A. sont tous égaux à zéro , la fonction U de x ne
peut jamais être identiquement nulle entre les limites xx , x=X ;
supposons en effet que le coefficient A,, compris dans la série Am ,
Am+1 , ..... An , soit différent de zéro, et nous trouverons l'intégrale
X

fgUV,dx égale non pas à zéro, mais à AfgVdx , ce qui ne


pourrait être si l'on avait identiquement U=o .
3. Cela posé , quels que soient les coefficients constants Am , Am+1 , ...
A,, pourvu qu'ils ne soient pas tous nuls , je dis que l'équation
U AmVm + Am+1V + + .....
+ AV = 0

aura au plus (n-1) racines tant égales qu'inégales , et qu'elle aura au


moins (m-1 ) racines inégales entre elles. Dans cet énoncé on ne con-
sidère que des valeurs de x réelles et comprises entre x et X; on fait
abstraction des valeurs de x qui sont égales ou inférieures à x, égales
ou inférieures à X.
Ce beau théorème , dû à M. Sturm , et dont nous avons tiré ail-
leurs des corollaires utiles, est évident 1º lorsque le coefficient Am
35..
272 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
ayant une valeur finie, les coefficients Am+1 , ..... A deviennent in-
finiment petits. Alors en effet l'équation U = o se réduit à V = 0 ,
et possède en conséquence m- racines inégales > x et < X ;
2º lorsque le coefficient A, ayant une valeur finie , les autres coeffi-
cients A ., ..... Am +1 , Am deviennent infiniment petits; alors en
effet l'équation U= o se réduisant à V₁= o , possède (n-1) racines
> x et < X , et inégales entre elles. Mais la difficulté est d'en trouver
une démonstration applicable à tous les cas.
4. Le théorème de M. Sturm se compose évidemment de deux par-
ties; il est assez facile de voir, et nous montrerons plus bas que la
seconde est une conséquence immédiate de la première. Attachons-
nous donc à établir d'abord cette première partie , savoir que l'équa-
tion U= o , dans laquelle l'inconnue x est comprise entre x et X ,
possède au plus (n-1) racines tant égales qu'inégales.
Pour cela nous ferons usage du principe suivant qui n'est autre
chose au fond que le théorème de Rolle : si une fonction f(x), qui
ne devient infinie pour aucune valeur de x comprise entre x' et x",
s'annulle à ces deux limites x' , x" , et si en outre elle possède
μ- 1 racines égales ou inégales comprises entre x' et x" , l'équation
dérivée f' (x) = 0 aura au moins u racines égales ou inégales dans le
même intervalle. En supposant toujours x > x'et < x", on peut
ajouter que si l'équation f(x) = 0 a ( μ' - 1) racines inégales entre
elles , l'équation f' (x) = o en aura au moins μ'.
Soit p un nombre entier positif quelconque auquel nous pourrons
successivement attribuer les valeurs m , m + 1 , ..... n : on a

d (k )
dx + (gr, -1) V, = 0 ,

d (kV)dx

dx + (gr, -1) V = 0 :

je retranche ces équations membre à membre , après avoir multi-


plié la première par V. , la seconde par V,: j'obtiens ainsi un ré-
sultat que je peux mettre sous la forme
PURES ET APPLIQUÉES. 275
dV
d (k dx d(k )
(г, -

r, ) gV, V, dx = V. dx -V, -P
dx
:

le second membre est la différentielle exacte de la quantité .....


dVpP dV,
k
(V. dx
-

VP, dx ) , laquelle se réduit à zéro, lorsque x= x et


lorsque x = X , en vertu des conditions définies (B): intégrant à
partir de x = x , il vient donc
dVP dV

(r, -ra)fxgV, V, dx = k (V
X dx -V dx ),
ou, ce qui est la même chose ,
d
V
(r -
r
X
gV, V, dx = kV; dx

Si, dans cette équation, on pose successivementp = m, p = m + 1 , ....


p = n , qu'on ajoute tous les résultats ainsi obtenus après les avoir
multipliés respectivement par les coefficients Am, Am + 1 .... , An , et
que de plus on fasse
U
(r -

Ap dp , = *,

ce qui donne a₁ = o , on obtiendra


d+

SxSV. (am Vm +am + V ++....+a, V. ) dx=AV: dx


X

Puisque la fonction V, ne s'évanouit jamais entre les limites x = x,


x = X, les racines de l'équation = o sont, entre ces limites,
les mêmes que les racines de l'équation U = 0 : nous appellerons
4 le nombre de ces racines , et il s'agira de prouver que l'on a

0
μ < n - 1 ou tout au plus μ = n − 1. Or , si l'équation Y =
de
possède u racines > x et X, l'équation = 0 , ou

SgV₁ (amVm +an +tVm ++ ..... + aV ) dx = 0 ,


X

en aura aussi (μ - 1 ) au moins > x et < X : il est d'ailleurs


évident que cette équation est satisfaite lorsque l'on pose dans son
274 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
premier membre x = x : elle l'est également lorsque l'on pose
x = X ; car , en vertu de la formule (D) , son premier membre se
X

réduit alors à a gV; dx , quantité nulle puisque a₁ = o . Donc


f
la dérivée de ce premier membre doit s'évanouir au moins u fois
entre les limites x , X de l'inconnue x : en d'autres termes l'équation
AmVm +am + 1Vm + 1 + ... + a. V. = o ,

doit posséder au moins u racines > x et < X.


Ainsi en admettant que l'équation U = o possède u racines dans
l'intervalle compris depuis x = x jusqu'à x = X , on est contraint
d'admettre que l'équation
Am (Im- ri) Vm+ ....
+ A. (r. - r. ) V. = 0 ,
possède u racines au moins dans le même intervalle. Répétons
notre raisonnement , et nous verrons qu'il en est de même àfortiori
des équations suivantes :
Am (Im - r ) Vm ++ A (r. - r.) V. = 0 ,
..

Am (rm- r.) . V + ..... + A, (r - r. ) . V = 0 ,

quelque grand que soit le nombre i. Dans cet énoncé, nous consi-
dérons toutes les racines tant égalesqu'inégales; mais en se bornant aux
racines inégales entre elles , on aurait encore le même théorème : c'est
ce qui résulte évidemment de la deuxième partie du principe fonda-
mental posé plus haut.
En divisant les deux membres de la dernière de nos équations
par (r. -r.)' , on la met sous la forme

(E) A ( ) + ...... + A. V. (x) = 0.


L'équation (E) doit avoir u racines au moins, quelque grand qu'on
prenne le nombre entier i. Mais puisque les quantités positives r., ...
rm,
...

r. sont rangées par ordre de grandeur,cette équation se réduit


à V. o lorsqu'on attribue à iune valeur infiniment grande; et alors
PURES ET APPLIQUÉES . 275
elle possède (n- 1) racines : donc on a u n - 1 ou tout au plus
μ = n - 1 , ce qu'il fallait démontrer.
5. On rendra la fin de cette démonstration plus rigoureuse encore
en la présentant d'une autre manière. Faisons = w , l'é-
r

quation (E) dont on divisera les deux membres par A,, peut être
mise sous la forme

V. (x) + ωΠ (x) = ο ,
Π (x) désignant une fonction qui ne dépasse jamais un certain
maximum Met dont la dérivée Π' (x) ne surpasse jamais un autre
maximum N : le coefficient w devient infiniment petit lorsqu'on
prend i infiniment grand. Les (n- 1 ) racines de l'équation V„(x) =0,
comprises entre x et X, sont toutes inégales. Cela étant, on peut
diviser X - x en intervalles assez petits pour que dans les uns
V. (x) conserve toujours une valeur > @M , tandis que dans les
autres V. (x) s'évanouira et changera de signe , la dérivée V' (x)
restant constamment > @N : dans les premiers , il est évident que
l'on a V (x) > w*I (x)* , et que par suite l'équation V. (x) +
ωΠ (x) = o n'est jamais satisfaite; pour étudier ce qui arrive dans
les seconds, nommons a une quelconque des racines de V.(x) = 0,
et désignons par h une quantité finie très petite; le coefficient w étant
infiniment petit, les deux fonctions

V. (α - 2) + ωΠ (α - h) , V. (α + h) + ωΠ (α + h)
auront les mêmes signes que leurs premiers termes , c'est-à-dire
des signes opposés: donc entre les limites ah, ah de x, l'équation
V (x) + ωΠ (x) = 0
a au moins une racine: d'ailleurs elle n'en a qu'une , puisque la
dérivée V' (x) + ωΠ'(x) , dont le premier terme V. (x) reste > ωΝ,
ne s'évanouit pour aucune valeur de x comprise entre a het
-

a + h.
Outre les (n - 1) racines > x et < X, l'équation V = o peut
avoir encore dans certains cas la racine x et la racine X. Le cas
où la racine a serait ainsi égale à une des limites x, X mérite un
276 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
examen spécial. Supposons par exemple a = x : on traiterait de la
même manière le cas où a= X . Or , V. (x) étant = o , la dérivée
V' (x) ou dVn(x)
dx
ne peut pas être nulle : la premièredes équations (B) ,
lorsqu'on y pose r= r. nous donne donc h = ∞ , et par suite V = 0
pour x= x , quelle que soit la valeur de r: l'équation (E) et l'équa-
tion Vo sont donc satisfaites en posant x = x ; mais nous devons
faire abstraction de cette racine x= x , puisque , dans l'énoncé
du théorème de M. Sturm, on ne considère que les racines > x et
< X. Maintenant de x = x à x = x + h , h étant une quantité
très petite , je dis que l'on n'ajamais
Α.V. (x) + ωΠ (x) = ο :
en effet il faudrait pour cela (d'après le théorème de Rolle) que,
dans le même intervalle h, la dérivée V. (x) + ωΠ'(x) pût s'évanouir,
ce qui n'a pas lieu.
En résumé l'équation (E) , où l'on suppose i infini , a (n - 1) ra-
cines > x et < X , comme l'équation V. (x) = 0 ; et l'on a µ < η - 1
ou tout au plus = n- 1 , comme nous l'avons dit ci-dessus.
6. La seconde partie du théorème de M. Sturm pourrait se démontrer
par une méthode semblable à celle dont nous venons de faire usage,
ou plutôt par une méthode inverse. En effet puisque le nombre des
racines inégales entre elles d'une équation
AV + ...
m + AV = 0
est tout au plus égal au nombre des racines de l'autre équation
Am (rm - r.) Vm + ... + An (r. - r. ) . V. = 0 ,
n

en remplaçant Am par Am (r -r ) , ..... A. par A. (r - r. ) ,


on en conclut réciproquement que l'équation
AV + ..... + A, V
m
0

a au moins autant de racines inégales entre elles que l'équation


Am ( mr ) . V + + A. (r.-r. ) . V = 0 ,
laquelle enpossède m - 1 lorsqu'on fait i= ∞.
PURES ET APPLIQUÉES. 277

Mais la première partie du théorème de M. Sturm étant admise,


la seconde s'en déduit sans peine; et même les raisonnements qu'il
faut employer pour cela sont écrits tout au long dans le mémoire
sur le développement desfonctions en série que j'ai cité plus haut.
Nous renverrons donc le lecteur au lemme premier et à la pro-
position démontrée nº VI de ce mémoire.
Pour établir ce lemme et cette proposition, il suffit évidemment
de connaître la première partie du théorème de M. Sturm que nous
venons de démontrer. Or , en vertu de la proposition établie n° Vl
du mémoire en question (dans l'énoncé de laquelle il nous est permis
de remplacern par m- 1 , eto (x) par g (x) , puisque g ne s'évanouit
jamais) , quand l'équation
X

fgVo (x) dx = 0 ,
est satisfaite en remplaçant r par une quelconque des racines
Ti, Tas .... m-1, la fonction (x) change de signe (m - 1) fois au
moins entre les limites x = x , x X (*). Ce cas est précisément
celui où se trouve la fonction

φ (x) = U = Am V + .... + AV.:


donc le premier membre de l'équation U = o change au moins
(m- 1) fois de signe lorsqu'on fait croître x, d'une manière con-
tinue , depuis x jusqu'à X: donc enfin à fortiori l'équation U = oa
au moins (m - 1 ) racines inégales comprises entre x et X, ce qu'il
fallait prouver.

(*) Le n° VI du mémoire dont nous parlons , répond aux pages 264 et 265 de
ce volume : il s'y est glissé une faute grave , que l'on pourra corriger à la main
sur chaque exemplaire, à l'aide de l'errata suivant : Page 264, ligne 8 , et
Page 265 , ligne 5 , au lieu de au moins (n- 1) fois , lisez : au moins fois.
n

Page 264, ligne 11 et ligne 21 , au lieu de métant <n , lisez : métant n.

Дост 1836. 36
278 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES

DÉMONSTRATION

D'un Théorème de M. CAUCHY, relatif aux racines


imaginaires des Équations ;
PAR C. STURM ET J. LIOUVILLE .

1. Soit f(z) = 2 + A2-1 + A2 -* + .... + A1 + Am une m

fonction entière de zdans laquelle les coefficients A. , A. , ... , Am , Am


sont des constantes quelconques réelles ou imaginaires. Si l'on remplace
l'indéterminée z par x + y - 1 , f(3) prendra aussi la forme
P + QV- 1 , Pet Q étant des fonctions réelles de x , y , et si l'on
peut trouver des valeurs réelles de x et y qui annullent à la fois Pet
Q, en substituant ces valeurs dans la formulex +y V-1 , on aura
une racine de l'équation f(z)=o. On dit que la racine z =x+y-
est simple quand on a f(z) = o, sans avoir en même temps f' (z)=0 :
on dit que cette racine est double quand on a à la fois f(z) = 0 ,
f'(z)= o, sans avoir en même temps f"(z) = 0 ; et en général elle est
multiple
1)
de l'ordre n quand on a à la fois f(z) = 0 , f'(z) = 0 , ....,
f("=") (z) = o , sans avoir en en même temps f(n) (z) = 0. Nous regar-
derons toujours une racine double comme équivalente à deux racines
égales entre elles; et ainsi de suite. Cette convention que les géomètres
font ordinairement simplifiera beaucoup les énoncés de nos théorèmes.
On peut regarder les deux quantités x et y qui entrent dans une
expression quelconque de la forme x +y -1 , comme étant l'abs-
cisse et l'ordonnée d'un certain point M rapporté à des axes rectangu-
laires Ox , Oy et situé dans le plan de ces axes : x +y -1 devient
réelle et le point M est placé sur l'axe des x , quand on a y= 0. A.
PURES ET APPLIQUÉES. 279

chaque valeur de x+yV- 1 répondra ainsi unpoint M ayant x


pour abscisse , y pour ordonnée , et réciproquement à chaque point M
dont les coordonnées sont x et y répondra une expression de la forme
x+y V- 1 . Parmi les points que l'on obtient en construisant ainsi
la formule x + y V- 1 , on doit distinguer ceux pour lesquels on a
à la fois P = o , Q = 0 : ces points représentent en quelque sorte géo-
métriquement les racines de l'équation f(z) = o .
2. Cela posé; si l'on trace dans le plan des xy un contour ferme
quelconque ABC ,
y B

C
A
0

on peut se demander si , dans l'intérieur de ce contour , il y a des


points pour lesquels P et Q soient nuls en même temps , et combien il
y en a; ou plus brièvement, on peut se demander combien, dans l'in-
térieur du contour ABC , il y a de racines de l'équation f(z) = 0 .
Or, pour résoudre cette question , M. Cauchy a donné dans un de ses
mémoires la règle que voici.
P

Considérons le rapporto qui est une fonctionréelle et rationnelle


des coordonnées x , y :: ce rapport pour chaque point du con-
tour ABC a une valeur déterminée, si toutefois on suppose qu'il
n'y ait sur le contour même aucun point pour lequel Pet Q
soient nuls en même temps. Si l'on marche le long du contour
ABC toujours dans le même sens ABC , en partant du point
quelconque A jusqu'à ce qu'on revienne à ce point , la quantité
P

ōprendra successivementdiverses valeurs,et pourrachanger de signe,


enpassant par zéro si P s'annulle et par l'infini si Q s'annulle. Soit
36..
280 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
P
i le nombre de fois où en s'évanouissant et changeant de signe passe
ō
P
du positif au négatif, k le nombre de fois où en s'évanouissant et
Ō
changeant de signe passe du négatif au positif, et A l'excès de i sur k :
cet excès A ou i- k sera toujours double du nombre u des racines
égales ou inégales contenues dans le contour ABC.
Le théorème de M. Cauchy consiste, comme on voit, dans l'équa-
tion μ = Δ , μ et A ayant la signification que nous venons de leur
attribuer .
Il est bien essentiel d'observer que , dans cet énoncé , on ne tient
P
nullement compte des changements de signe que peut éprouver en
passant par l'infini : on ne faitnon plus aucune attention aux cas où
P s'annulle sans changer de signe.
Q
La démonstration que M. Cauchy a donnée de son théorème est fon-
dée sur l'emploi des intégrales définies et du calcul des résidus. Celle que
nous allons exposer ici repose uniquement sur les premiers prin-
cipes de l'Algèbre. Nous ne supposerons pas même connue cette pro-
position fondamentale de l'analyse des équations , que toute équation
algébrique f(z) = 0 a au moins une racine de la forme ......
a + b√-1 , nous proposant au contraire de déduire ce dernier
principe du théorème de M. Cauchy dont il est, comme on le verra
et comme l'auteur lui-même l'a observé , un simple corollaire.
3. Ce théorème est évident pour un contour quelconque ABC, lors-
que dans l'intérieur de ce contour et sur le contour même on n'a ja-
mais Po : alors en effet les deux nombres uet A sont tous les deux
1

nuls et par suite l'équation µ = A est satisfaite.


Elle est satisfaite encore lorsque dans l'intérieur du contour ABC et
sur ce contour même on n'a jamais Q= 0 : le nombre est alors
encore égal à zéro et je vais prouver que l'on a aussi A= 0. En effet
P
la fraction 5, quand on aura fait untourentierpour reveniraupointde
départ A, devra se retrouver en ce point affectée du même signe que
d'abord elle possédait, quand le mouvement a commencé : donc cette
fraction doit changer de signe un nombre pair de fois , toujours en

1
PURES ET APPLIQUÉES . 281

s'évanouissant , puisque son numérateur seul peut devenir nul , et en


passant alternativement du positif au négatif et du négatifau positif :
donc enfin l'excès A du nombre de fois où elle va du + au - sur le
nombre de fois où elle va du - au + en s'évanouissant , est égal à
zéro , ce qu'il fallait prouver.
4. Considérors maintenant un point M pour lequel on ait à la fois
P = 0 , Q= oet qui réponde par conséquent à une racine simple ou
multiple de l'équationf(z)=o . Traçons autour du point M uncontour
convexe A,A,AA4. Si pour un point quelconque N de la courbe
ainsi tracée , le rayon vecteur MN our est suffisamment petit, le théo-
rème de M. Cauchy aura lieu pour ce contour A,A,A3A4. C'est ce que
nous allons prouver.
Soient a et bes coordonnées du point M. En nommant l'angle
que le rayon veceur MN our fait avec l'axe des x , les coordonnées
du point N seront x= a+ rcos , y= b+ rsino ; et par suite , en
développant f(x+y V- 1) et observant que f(a+ b√-1) = 0,
on aura

(1 ) f(x +y -1) = f(a+b =1).r(cos + V- 1 sin 4)


I

f"(a +b1)
+
1.2 .r (cos +/- 1 sin )*+ ...

binoiy in flm)(a+ b =1) .rm(cos +/- 1 sino) .


1.2...m

Le terme généal de ce développement est


f( )a+b1)
.2 ... n r (cos + V- 1 sin 4)" ;

représentons par F, le module de f(x) (a+b 1.2... n


) , et par a, un angle
convenable , en sote que l'on ait
En
f(n) (a+b/ 1)
ms1.2 .. = H. (cos a. + V-1 sin a.),
puis rappelons-nousa formule de Moivre (cos + √1 sin
= cos no + V- is no; ce terme général deviendranth 20
282 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES

Har [cos (no + a ) + 1sin (no + a )] .


On a donc

f(x +yV-1) = Harcos (p +a ) + √-1 sin (4 + α,) ]


+H₂r [cos(20+a ) + V-1 sin(20+a.)]+ .....
..... +Hrm cos (mo+am) + √ 1 sin (no+am)] ;
d'où résulte

P = Harcos( + a ) + H₂r*cos(20 +a₂) + ...+ H₂rcos(m + am) ,


Q = Hrsin( +a ) + H₂r* sin(20 + a ) + ...+ H₂r sin(mo+a ).

Si la racine a + b V- 1 est une racine simple , le coefficient H, sera


essentiellement différent de zéro; ce cas est celui quil convientd'exa-
miner en premier lieu .
5. Pour mieux fixer alors le degré de petitesse du rayon vec-
teur r, désignons par K la somme des modules H. , H3, ... Hm ,
HV2
et posons à la fois r < 1 , r< , c'est- à-dire rendons r
2K

plus petit que le plus petit des deux nombres i et 2K En adop-


tant pour rune valeur assujettie à la conditionqui vient d'être
énoncée, Paura le même signe que son premier terne Harcos (p+a,)
toutes les fois que la valeur absolue de cos ($+a,) será supérieure à
Va
2

2
, ce qui arrivera si l'angle + a, est compris entre les limites
1--
:

3π 5π
ou entre les limites 77 ; de même le sine de Q sera celui
4'4' 4'
de son premier terme Hirsin ( +a,) toutes les ois que la valeur
2

absolue de sin( +a,) sera supérieure à ,ce qu arrivera si l'angle


2

3π 5π ηπ
+a, est compris entre leslimites ou entre Is limites
,
4'4
Ce que nous venons de dire sur la manière dot les signes de P et Q
dépendent des signesde leurs premiers termés, esvrai non seulement
le long du contour A,A,A,A , mais encore dus son intérieuroù
PURES ET APPLIQUÉES. 203

HV
l'on a àfortiori r < 1 , r < 2K ; or, quand la valeur absolue de
sin(p+a,) est plus petite que ✓2, celle de cos($+a,) est plus grande
2

Va2

que 2
, et vice versa; donc, quel que soit et sauf le cas où ro,
une au moins des deux quantités P , Q est différente de zéro , et pos-
sède le même signe que son premier terme. Sur le contour A.A.A3A4 ,
et dans son intérieur, il n'y a donc que le point M pour lequel on
ait à la fois P = 0 , Q= o , et qui réponde à une racine de l'équation
f(z)= 0.
Cela posé , pour parcourir le contour A.A.A3A4, nous désigne-
rons par A. , A. , A3, A4, les quatre points pour lesquels on a ...
3π 5 7
+a =7, +a = 7, +a,= , +a,= ; et prenant le point A,
pour point de départ, nous irons successivement de A, en A,, de A,
en A3 , de A3 en A4 , et de A4 en A.. D'après ce que l'on vient de
dire, le polynome Q ne changera jamais de signe dans l'intervalle A,A,
ni dans l'intervalle A3A4, et la même chose aura lieu pour le poly-
nome P dans les deux intervalles A.A3 , A4A,.
Au point A, les deux polynomes Pet Qont les mêmes signes que
2

leurs premiers termes , tous deux égaux à Hr . c'est- à - dire le


2
,

P
signe +; la fraction est donc positive. Au point Á, ces deux
polynomes ont encore les mêmes signes que leurs premiers termes qui
V2
sont -H, r . , Hr . V2;; et la fraction P est négative. Quand on
2 2

P
va du point A, au point A. , la fraction change donc de signe une
ou plusieurs fois; et comme dans cet intervalle on n'a jamais Q=0,
il en résulte qu'elle s'évanouit toujours au moment où elle change de
P
signe. En vertu de ces changements de signe , la fraction d'abord
positive devientnégative, puis redevient positive , et ainsi de suite.
Mais comme finalement le signe + se trouve remplacé par le signe-,
11 P
il fautquelenombre de fois où lafraction passe du positif au négatif
284 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
l'emporte d'une unité surle nombre de fois où elle passe du négatif au
positif.
P
Du point A, au point A33 la fraction change encore de signe; mais
sans s'évanouir , puisque dans cet intervalle on a constamment
P < 0.
P
Du point A, où la fraction ō est positive jusqu'au point A,où elle
est négative , les changements de signe n'ont lieu que lorsque P s'éva-
nouit. On arrive donc pour l'intervalle A,A, au résultat fourni par
4

P
l'intervalle A,A,, savoir que en s'évanouissant passe du positif au
négatif une fois de plus que du négatif au positif.
Enfin, dans l'intervalle A,A,, P est toujours > o , et la fraction
P

one peut jamais s'évanouir.


En résumé, nous trouvons donc pour le contour entier A,AAA
l'excès A égal à 2; d'un autre côté ce contour ne renferme dans son
intérieur qu'une seule racine. Le théorème de M. Cauchy est donc
vrai pour le contour en question.
6. Supposons en second lieu que la racine a + b - soit
multiple de l'ordre n: on devra regarder alors le contourA, A, A,A4,
dont les dimensions sont très petites , comme renfermant n racines
égales entre elles, etl'on aura par suite μ = n : pour que le théorème
de M. Cauchy soit exact, il faut donc que l'excès A soit alors égal
à an. Or, quand la racine a + b √- 1 est multiple de l'ordre n,
on a Ho , H, 0, ....
H = 0; les valeurs de Pet de Q sont
par conséquent
P = H. r cos (no + a ) + H₂ ++ cos [(n + 1 ) + as + 1]
+ ...
+Hr cos (mo + am)
Q=H. sin (no + a ) + H₂+1 + sin [(n + 1 ) + a + 1] + ...
+Hr sin (mo + am).
Pour fixer le degré de petitesse du rayon r, nous désignerons par
Kla somme H. +H + + + H etnous prendrons plus petit
que le plus petit des deux nombres et H.2.
2K
En adoptant
PURES ET APPLIQUÉES . 285

pour r une valeur assujettie à cette condition, le signe de P sera


le même que celui de son premier terme H. r"cos ( no + α )
toutes les fois que la valeur absolue de cos (no + a ) se trouvera
supérieure à 2 comme cela arrive quand l'arc no + a, est
2
,

3π 5π
compris entre les limites ou entre les limites 7 , 97
4'4
' 4'4
et ainsi de suite jusqu'à (8n - 1) ,
( 8η + 1 ) π : de même le signe
4 4
de Q sera celui de son premier terme Hr™ sin (n + a ) toutes les
2

fois que la valeur absolue de sin (n +a ) se trouvera supérieure à 2

75 3π
ce qui arrivera si l'arc no+a, est compris entre les limites ou
4'4'
5π ηπ
entre les limites ou enfin entre les limites (8n -3) ,
(8n- 1)π
4 4
Onconclut aisément de là que, sur le contourA,A,A,A, et dans son
intérieur il n'existe aucun point ( le point M excepté), pour lequel on
ait à la fois P = 0 , Q= o : c'est pourquoi l'ou a µ = n, comme nous
l'avons dit tout à l'heure.
Cela posé , pour parcourir le contour A.A.A3A4 , nous désignerons
par A1, A2, A3, ...A4n les points pour lesquels on a
3π 57
= 7 , no + a = 7 , ... no+
notam(8-3)πι
α ; 4

et, prenant le pointA, pour pointde départnous irons successivement


de A, en A,, de A, en A3 , .... de A4. en A, D'après ce que l'on vient
de dire , le polynome Q ne changera jamais de signe, ni dans l'inter-
valle A,A,, ni dans l'intervalle A3A4, ... ni dans l'intervalle A1- A4n ;
et la même chose aura lieu pour le polynome P dans les intervalles
A.A3 , A4A5 , ....AA.. Il est inutile de considérer ces derniers inter-
P
valles dans lesquels ne peut pas s'évanouir : dans tous les autres au
contraire , cette fraction s'évanouit etpasse du positif au négatif. Ainsi,
par exemple , au point A,, Pet Q ont les mêmes signes que leurs pre-
: la fraction P
2

miers termes , tous deux égaux à Har" . V2 2 5estdoncpo- Q


sitive : on peut s'assurer au contraire qu'en A, elle est négative : donc
Αουτ 1836.
ARY
LIBR37
RE E S E
THE
UNIVER SITY
CALFORNA
286 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
dans l'intervalle A,A,, elle change de signe une fois ou unnombre im-
pair de fois en s'évanouissant et allant de + à - , puis de - à +, ....
puis finalement de + à -; le nombre des passages de + à -sur-
passe d'une unité le nombre des passages de à +. Ce que nous di-
-

sons pour l'intervalle A,A, a lieu pour les 2n- 1 autres intervalles
A,A4, A5A6, ...AA . L'excès A est donc égal à an, de sorte que le
théorème de M. Cauchy est rigoureusement démontré pour le contour
que nous considérons (*) .

(*) On simplifiera beaucoup cette démonstration en admettant , comme on a au


fond droit de le faire , que l'équation f(z) = o n'a pas de racines égales. Si
l'on adopte cette hypothèse , on pourra aussi se dispenser de recourir à la for-
mule de Moivre , en présentant le raisonnement de la manière suivante. Après
avoir développé f(x + y -1) et obtenu la formule (1) du nº 4 , on séparera
dans cette formule le premier terme f' (a + b ) (cos +/-1 sin ) de
tous les autres dont on représentera l'ensemble par P +QV-1 , et après avoir
mis f'(a + b ) (cos +/-1sin ) sous la forme
I

H₁r[cos( + a ) + V-1 sin(4 + a,)] , on aura


f( x + 1) = H₁r[cos(p + a ) +/-1sin(p + a )] + P +Q.1,
qui donne P=Hrcos(p + a ) + P , Q= Hrsin ( + ) + Q. Pour fixer le
degré de petitesse du rayon r que nous prendrons d'abord < 1 , représentons par
Har le module du terme général f(x)(a+b) -1, (cos + V-Isino)* : le
1.2 .... n

module de la somme P + QV-1 sera moindre que lasomme des modules


Hr + H3 + ... + Hmm et à fortiori moindre que r²(H, + Hs + ... + Hm) .
en posant H, + H₂ + ... + H = K , on aura donc ✓P +Q < Kr² , ce qui exige
que la valeur absolue de chacune des quantités P , Q, soit aussi < Kr². Cela posé,
HV2
si l'on prend r< 2K , il est clair que le signe de P sera semblable au signe
de son premier terme, et constamment négatif depuis le point A,, où ..
V2 V 2

Au
cos( + ) =- 2 jusqu'au point A3 où l'on a encore cos( +2 ) = - 2

contraire , le signe de P est constamment + depuis le point A4 où l'on a


2
cos( + a₁) = V2 jusqu'au point A,, où l'on a aussi cos(p + a,) =
2
De 2

mêine la fonction Qest toujours positive dans l'intervalle A,A,, et toujours né-
gative dans l'intervalle A3A4. On achèvera ensuite la démonstration comme au
nº 5 , où les points A,, A. , A3 , A4 ont la même signification qu'ici.
PURES ET APPLIQUÉES. 287
7. Quand le théorème de M. Cauchy a lieu pour deux contours
D
ABCA, ACDA qui ont une y

partie commune AC, il a lieu


également pour le contour A
C
total ABCDA formé par leur
réunion. En effet , l'excès A
P
du nombre de fois où B
Qen 0

s'évanouissant passe du +
au - sur le nombre de fois
où cette fraction en s'évanouissant passe du - au + est le même ,
soit qu'on parcoure le contour total ABCDA , soit qu'on parcoure
successivement les deux contours ABCA , ACDA , puisqu'à chaque
passage du + au - ou du - au + qui a lieu quand on va sur le côté
AC de C en A répond un passage inverse du au + ou du + au
-
-

quand on va sur le même côté de A en C. Or en supposant que le


nombre des racines soit égal àu' dans le contour ARCA et à u" dans le
contour ACDA , on a A = 2u pour le premier de ces contours et
Δ = 2μ" pour le second, puisque le théorème de M. Cauchy est sup-
posé applicable à l'un et à l'autre : d'après ce que l'on vient de voir, il
résulte de là que, pour le contour total ABCDA, on a Δ = 2( μ'+μ"),
équation qui ne diffère pas de l'équation A = 2u du n° 2 appliquée au
contour ABCDA dans lequel il y a μ' + μ" racines. Le théorème de
M. Cauchy est donc vrai pour le contour ABCDA , ce qu'il fallait
démontrer .

Si l'on considère un nombre quelconque de contours juxtaposés ,


pour chacun desquels ce théorème ait lieu , il aura lieu également pour
le contour total formé par la réunion de ceux-là : c'est ce qu'on verra
en réunissant ces contours successivement deux à deux , comme on
peut le faire d'après ce qui vient d'être démontré.
8. Étant donné un contour quelconque ABC , on peut toujours le
concevoir divisé 1. en contours convexes tracés autour de chaque ra-
cine contenue dans l'intérieur de ABC et assujettis aux conditions
énoncées n° 6 : 2º. en contours semblables à ceux dont on a parlé n° 3,
c'est-à-dire pour lesquels on n'ait jamais à la fois P = 0 , Q= o. Le
théorème de M. Cauchy ayant lieu pour les diverses parties dans les
37..
288 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES.
quelles on divise ainsi le contour ABC aura lieu pour ce contour
même ABC , dont la forme est arbitraire.
Ce théorème est donc entièrement démontré.
Toutefois nous excluons formellement le cas particulier où , pour
quelque point de la courbe ABC, on aurait à la fois P = 0 , Q= 0 :
ce cas particulier ne jouit d'aucune propriété régulière et ne peut
donner lieu à aucun théorème; car dès qu'on l'admet, l'excès A peut
varier avec la forme du contour sans que le nombre u varie : de sorte
qu'il n'existe alors entre u et & aucune relation constante.
9. De l'origine O des coordonnées comme centre et d'un rayon r
très grand, traçons un cercle, et cherchons combien l'équation f(z)=0
a de racines comprises dans l'intérieur de ce cercle. Soit l'angle qu'un
rayon quelconque ON fait avec l'axe des x : les coordonnées du point
N seront x = rcos , y = rsin , et l'on aura

f(x +y -1) = rm(cosmo + V- 1 sin mo)


+Arm-1 [cos(m-1) + √-1 sin(m-1 ) ] I

+ Am , r (cos +/-1I sin ) + Am.


1-11

Soit H, le module de A,, ... Hm , celui de Am-1, Hm celui de Am et


mr

supposons que l'on ait


A₁ = H, (cosa, +/-1 sina ) , A, H. (cosa,+ I sina.), etc.
On aura

f(x+y -1) =1m[cos mo +V-1sinmo] I

+Hrm- cos[(m -1) + a,] + V- 1 sin [(m-1 ) +α.)]

+ Hm(cosam+ V-1 sinam) ;


ce qui donne

P=r cosmo +Hrm-' cos [(m- 1) +a.]+ ...+Hmcosam ,


Q=r sin mo+Hrm- sin [(m- 1 ) +α, ]+...+H. sin am .
Prenons le rayon rà la fois > 1 et > K V2, K désiguant la somme
PURES ET APPLIQUÉES. 289
des modules H. , .... Hmt , Hm. Alors le signe de P sera semblable à
celui de son premier terme toutes les fois que la valeur absolue de
2

cos mo sera supérieure à Va de même le signe du polynome Q


2
:

sera celui de son premier termer sin mo toutes les fois que la valeur
V2
absolue de sinmo sera supérieure à 2

Nommons A,, A. , A3, A4m les points de la circonférence du cercle


pour lesquels on a successivement
525
mo =
, mp3
4'
, mp = .....
=
= ( m-1)
-

-
4
x
Il est aisé de voir par une discussion toute semblable à celle du nº 6
P
que dans les intervalles A.A3 , A4A5, ... A4mA, la fraction Q ne s'éva-
nouira jamais, et que dans chacun des intervalles A,A1, A3A4, A4m-19
où elle s'évanouira au contraire et ne deviendra jamais infinie, l'excès
du nombre de fois où elle passera du + au - sur le nombre de fois
où elle passera du - au + sera égal à l'unité. L'excès total A pour le
contour entier ABC sera ainsi égal à 2m : la moitié m de cet excès
donne le nombre des racines de l'équation f(z)= o contenues dans le
cercle A,A,, ....A4m dont le rayon est exprimé par un nombre quel-
conque plus grand que 1 et que K V2. On voit par là que toute équa-
tion algébrique f(z) = 0 de degré mam racines de la forme
x +y V-1 et n'en a que m. Le plus grand des deux nombres i et
K V2est une limite supérieure du module de toutes les racines : il se-
rait facile de trouver une limite plus simple (*).

(*) Il nous resteraità expliquer les moyens de trouver l'excès A pour un contour
donné. Mais afin d'éviter un double emploi, nous renverrons cette recherche à la
fin de l'article suivant .
290 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES

w ww

Autres démonstrations du méme Théorème ;

PAR C. STURM .

Les nouvelles démonstrations que je vais donner du théorème de


M. Cauchy, s'éloignent moins que la précédente de la méthode que cet
illustre géomètre a suivie dans son mémoire ; elles sont fondées sur la
décomposition en facteurs de la fonction qu'on égale à zéro. Je vais
d'abord démontrer ce théorème pour une équation algébrique de degré
quelconque en admettant comme déjà connu ce principe que toute
équation algébrique a toujours une racine soit réelle soit imaginaire
de la forme a + b√- 1 , d'où l'on conclut immédiatement qu'une
équation du meme degré a m racines.
Soit F(z) = o l'équation proposée, F(2) étant une fonction entière
de z dont le degré est m, et dans laquelle les coefficients des puissances
de z sont des quantités réelles ou imaginaires de la forme .....
a +6 V-1 . Soient a + b V-1 , a +b'√-1 , a + b" √-1 , ....
les m racines de cette équation parmi lesquelles il peut s'en trouver
d'égales. On a d'abord
F(2)=(z-a-b -1)(z-a-b -1 )(za"-6" -1), etc... (1)
I

Si l'on remplace z par x +y V- 1 , x et y étant des quantités


réelles indéterminées , F(z) prendra la forme P+ QV-1 , Pet Q
étant des fonctions entières et réelles de xety , et l'équation précé-
dente deviendra

P+QV-1= [x-a+(y-b)√-1 ] [x-d+ √-1 (2)


[x-a²+(y-b") √1 ] etc. I

On peut regarder les indéterminées x et y comme les coordonnées


d'un point quelconque M rapporté à un système d'axes rectangulaires
tracés sur un plan , et alors la recherche des racines de l'équation
PURES ET APPLIQUÉES . 291
F(z) = o qui est devenue P+ QV- 1 = 0 , revient à déterminer
sur ce plan tous les points dont les coordonnées satisfont à la fois aux
deux équations réelles P=0 , Q = 0.
Désignons ces points par K, K' , K", etc. Leurs coordonnées sont
a et b pour le point K, a' et b' pour le point K', a" et b' pour K", etc.
Posons

x - a + ( y – b ) √-1 = r (cost + V- i sint ) ,


x - a' + ( x – b' ) √- 1 = r' (cosť + - 1 sin t') ,
х- a + (x - b") √- 1 = r"(cost"+ V- 1 sin t") ,
etc.

Le produit de tous ces facteurs sera , d'après la formule connue ,


rrr " ... [cos (t + t' + t' + ... ) + √-1 sin (t + t + " + ... )] .
En vertu de l'équation (2), ce produit doit être égal à P + QV-1 ,
on a donc
P = rrr" ... cos (t + t + t' + ... ) ,
Q= rrr" ... sin (t + t + t + ... ) ,
P
et
Q
= cot (t + t + t' + ... ) ,

La cotangente signifie ici le quotient du cosinus divisé par le sinus.


Puisqu'on a fait x-a+ (y-b) √-1=r(cost+ V- 1 sint),
on a x - a = r cost , y- b = rsin t.
On voit que x- aety - b sont les projections sur les deux axes
rectangulaires de la droite quijoint le point fixe K au point quelcon-
que M dont les coordonnées sont x et y. Par conséquent , rrepré-
sente la longueur de cette droite, et t l'angle ou plutôt l'arc de cercle
compris entre sa direction et celle d'une parallèle KX menée par le
point K à l'axe Ox dans le sens des x positives , cet arc étant mesuré
sur un cercle qui a pour centre le point K. L'arc t est nul lorsque la
droite KM coïncide avec la parallèle KX à l'axe des x, et il peut pren-
dre des valeurs quelconques soitpositives, soitnégatives, même au-delà
d'une circonférence , si l'on fait tourner autour du point K cette droite
KM supposée indéfinie. De même t', t"... seront les angles ou arcs de
292 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
cercle compris entre les droites K'M , KM , et des parallèles à l'axe
des x menées par les points K', K".
Il s'agit maintenant de déterminer combienparmi ces points K, Κ',
K", ... pour lesquels on a P = 0 , Q= o , il s'en trouve dans l'in-
térieur d'un contour fermé ABC tracé à volonté sur le plan xOy.
Concevons que le point M soit un point mobile qui parcoure le con-
tour ABC en partant d'un point A de ce contour et allant toujours
dans le même sens sans rétrograder , jusqu'à ce qu'il revienne au point
de départ A. Lorsque le point Mest en A, l'angle ou l'arc ta une va-
Jeur déterminée que nous désignerons para; c'est la valeur de l'angle
AKX. Supposons que le point fixe K soit dans l'intérieur du contour
ABC. Lorsque le point M parcourra ce contour, l'arc t variera par de-
grés insensibles et pourra tantôt croître , tantôt décroître , même au-
delàd'une circonférence , selon la forme du contour ABC. Mais quand
le point M sera revenu en A, l'arc tse trouvera égal à sa valeur primi-
tive a augmentée d'une circonférence. Ainsi l'on a ta au moment
où le point M part de A , et ta +27 quand il revient en A après
avoir parcouru le contour entier.
Mais si le point K est hors du contour ABC , l'arc taprès avoir alter-
nativement augmenté etdiminué par degrés insensibles , finira par re-
prendre sa valeur primitive a, au moment où le point M reviendra
en A.
On dira la même chose des autres arcs t' , t", ... qui ont pour centres
les points K', K".. ..
Supposons que parmi les points K, K', K", ... les uns soient situés
hors du contour ABC, et les autres au dedans. Soit µ le nombre
des points intérieurs. Désignons par 6 lasomme des valeurs a, a', a" , ...
des arcs t, t', t", .... au moment où le point M part du point A.
Pendant que le point M parcourra le contour ABC, cette somme...
t + t + t' + ... variera par degrés insensibles, et lorsque le point M
reviendra en A , on aura t + t + t'" + ... = 6 + 2μπ , puisque cha-
cun des arcs t , t', t , qui a pour centre un point intérieur doit être
augmenté de 27, quand le point M revient en A, tandis que les arcs
qui ont pour centres des points extérieurs reprennent leurs valeurs
primitives. Pour une position quelconque du point mobile , on a
P
cot(t + t' + t" + ... ) .
PURES ET APPLIQUÉES. 293
Je dis maintenant que cot(t+ t' + t"+...) doit s'évanouir pour diffé-
rents points du contour ABC en passant du positif au négatif 2μ fois
de plus que du négatif au positif.
La cotangente d'un arc variable s'évanouit en même temps que
son cosinus , quand cet arc devient égal à un multiple impair de . En2

s'évanouissant , la cotangente passe du positif au négatif ou du négatif


au positif , selon que l'arc croît ou décroît en devenant égal à ce mul-
tiple ; mais elle ne change pas de signe si l'arc atteint ce multiple sans
l'outrepasser. L'arc t + t' + t +.... variant par degrés insensibles
pendant le mouvement du point M, deviendra égal une ou plusieurs
fois à chacun des au multiples impairs de compris entre 6 et ...
2

6 + 2μπ. Si l'on considère l'un quelconque de ces multiples , l'arc


t + t' + t" + ... doit lui devenir égal en croissant une fois de plus
qu'en décroissant , puisque t + t + " + ... commence par avoir au
point de départ A une valeur 6 plus petite que ce multiple , et finit
par avoir une valeur plus grande 6 + 2μπ , quand on revient au point
A : alors cot (t + t + "+ ... ) en s'évanouissant pour ce multiple-là,
passe du positif au négatif une fois de plus que du négatif au positif.
S'il arrive que la somme variable t + t + t" ... devienne égale à un
multiple impair de qui ne soitpas compris entre 6 et 6+ 2μπ, elle
2

l'atteindra autant de fois en augmentant qu'en diminuant; et par con-


séquent cot (t + t+ "+ ... ) , en s'évanouissant pour ce multiple-là
passera du positif au négatif autant de fois que du négatifau positif.
Puisque les multiples impairs de compris entre 6 et 6+ 2μπ sont
2

au nombre de 2µ , que cot(t+t+ " + ... ) en s'évanouissant pour


chacun de ces multiples, passe du positif au négatifune fois de plus que
du négatifau positif, et qu'en s'évanouissant pour un multiple impair
de non compris entre 6 et 6+ 2µm , elle passe autant de fois du po-
2

sitif au négatif que du négatif au positif ; on en conclut que


P

cot (t+ t + " + ....) ou la quantité o qui lui est égale, en s'éva-
nouissant pour différents points du contour ABC, passera du positif au
Αουτ 1836. 38
294 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
négatif 24 fois de plus que du négatif au positif. Ce qui est le théo-
rème de M. Cauchy.
On peut en donner encore une démonstration analogue à la précé-
dente , mais dans laquelle on ne suppose pas déjà connu le principe
de l'existence des racines , qui deviendra au contraire une conséquence
du théorème en question. On verra même par cette nouvelle démons-
tration qu'il s'étend à des équations non algébriques. Elle est fondée
sur les propositions suivantes :
1 Proposition . Soient petq des fonctions réelles de deux variables
réelles x ety. Considérons x ety comme les coordonnées d'un point
quelconque M rapporté à un système d'axes rectangulaires Ox , Oy;
et supposons que chacune des fonctions p, q, ait une valeur finie
unique et déterminée pour tout point situé sur un contour ABC tracé
dans le plan xOy(elles peuvent devenir infinies pour des points situés
au dehors ou au dedans de ce contour). Admettons aussi que pet q
ne soient nulles en même temps pour aucun point situé sur ce con-
tour même . Si l'on conçoit que le point M dont les coordonnées sont
x , y , parcoure le contour ABC ( dans le sens ABC) , la quantité
P
9
pourra s'évanouir en changeant de signe pourdifférents points de ce
contour. Soit l'excès du nombre de fois où 9 en s'évanouissant passe

du positif au négatifsur le nombre de fois où 9 en s'évanouissant passe


dunégatif au positif (cet excès peut être un nombre positif, ou né-
gatif , ou zéro). Si l'on fait p + q V- 1 = r(cost+ √- 1 sin t),
je dis que lorsque le point M partant du point A aura parcouru le con-
tour entier ABC et sera revenu en A , l'arc t après avoir varié par de-
grés insensibles sera égal à la valeur primitive a qu'il avait au pointde
départ A plus δπ.
En effet , au moment où le point mobile M part du point A , pet q
ont des valeurs déterminées , et quand le point M revient en A , pet
q reprennent ces mêmes valeurs ; donc cost et sint reprennent
aussi leurs valeurs primitives; donc a étant la valeur de l'arct,
au moment où le point M partde la position A; quand il y reviendra
t sera égal à cette valeur primitive a ou bien à cette même valeur a
plus ou moins un multiple de la circonférence, de sorte qu'en revenant
PURES ET APPLIQUÉES . 295
au point A , on aura ta ± 2kw, k étant un nombre entier ou zéro.
Si l'on a t = a + 2k , ten variant par degrés insensibles pendant
le mouvement du point M sur le contour ABC, deviendra égal une ou
plusieurs fois à chacun des 2k multiples impairs de 2 compris entre
a et a + 2kw , et il atteindra chacun de ces multiples une fois de plus
en croissant qu'en décroissant , puisque cet arc t a d'abord au point de
départ A une valeur a plus petite que le multiple de que l'on con-
2

sidère et finit par avoir une valeurplus grande quand le point Mrevient
en A. Donc cot t en s'évanouissant pour ce multiple-là passera du posi-
tifau négatif une fois de plus que du négatif au positif. Si l'arc t devient
égal à un multiple impair de 2 non compris entre a et a+ 2k , il
l'atteindra autant de fois en augmentant qu'en diminuant ; et alors
autant-

cott , en s'évanouissant pour ce multiple passera du + au


de fois que du -
au +. On conclut de là que cot.t ou P en s'éva-
9

nouissant pour différents points du contour ABC passera du positif au


négatif 2k fois de plus que du négatif au positif. Ainsi le nombre
que nous avons appelé est égal à 2k , et l'on a t = α + δπ ,
quand le point M revient en A.
Si après avoir parcouru le contour entier, on a t = a - 2k , on
prouvera de la même manière que [Link] q devra s'évanouir en pas-
sant du positif au négatif 2k fois de moins que du négatif au positif,
on aura donc d = -2k ; et en revenant au point A , t= a + δπ ,
(puisqu'on at=a- 2kπ).
Si le point M revenant en A , treprenait sa valeur primitive a , cot.t
en s'évanouissant passerait du + au -

autant de fois que du -


au +
de sorte qu'on aurait = o , et en revenant au point A , la formule
t= a + da serait encore vérifiée.
2º Proposition. Soient p, q, p' , q', p", q", etc. des fonctions des deux
variables x et y ayant chacune une valeur finie et unique pour tout
point situé sur le contour ABC. Le point M dont les coordonnées sont
x et y parcourant le contour ABC ( dans le sens ABC), soient d, δ' ,
J", ... respectivement les nombres qui expriment combien de fois
38 ..
296 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
PP
chacune des quantités , .... en s'évanouissant pourdifférents
points de ce contour passe du positif au négatif de plus que du négatif
P
au
positif. On suppose qu'aucune de ces fractions P
१' d
.... ne de-

vient 0
sur le contour même. Si l'on pose

P + Q√-1 = (p + qV-1) (p +q√-1) (p" + q" -1)...


et △ = 5 + 5 + 5" + etc.
P
le nombre A exprimera combiende fois la quantité en s'évanouis-
sant passera du positifau négatifde plus que du négatif au positif.(Cha-
cun des nombres d ', ', ", ... et A peut être positif, négatif, ou zéro.)
En effet posons p + q V- 1 = r (cost + V- 1 sin t) ,
p' + q' V-1 = r'(cos t' + V -

1 sin t'),
etc.
P
Nous aurons = cot . (t + t + t' + .... ) .
Q
Au moment où le point M part du point A , les arcs t , t' , t ... ont
des valeurs déterminées a , a', a" , ... désignons par 6 la somme
a+ a + a" + ... Quand le point M aura parcouru le contour entier
ABC et sera revenu en A , on aura d'après la première proposition
t= a+ δπ , ' = ' + δ'π ; τ'"'= '" + 8" , etc. et conséquemment
t+t + " +... =(a +a + a" ...)+ (8+ 8 + 8"+ ...)π=6+Δπ.
On en conclut par le raisonnement employé précédemment que
P

cot (t + t' +t + ... ), qui n'est autre chose que ,en s'évanouissant
pour différents points du contour ABC, passera du positif au négatif A
fois de plus que du négatif au positif.
COROLLAIRE. Si l'on pose P+QV-1 = (p+q√-1)(p +q'√1)
et si l'excès qui se rapporte à P est zéro, on aura A= d, c'est-à-
dire que l'excès du nombre des passages par zéro du + au - sur le
nombre des passages par zéro du au + sera le même pourPet
-

9
P
pour qui est ici PP-19
PURES ET APPLIQUÉES . 297

Ce cas a lieu en particulier quand la quantitép' ne s'évanouit pas sur


le contour ABC ; car alors P ou cot t' ne s'évanouit pas sur ce con-

tour , de sorte qu'on a d' = 0 .
On aura encore =0 , si l'on suppose p'= o , car alors ou
ou cot t'

étant identiquement nulle , ne change pas de signe sur le contour ABC.


P
Mais en faisant p' = 0 , ou PP -99 se réduit à -
2. Donc l'ex-
Ō PI + IP P

cès dest le même pour les deux quantités 9


et -

p';
ce qu'il est fa-
cile au surplus de reconnaître à priori. ( Voyez page 306.)
3º Proposition. Soient K, K', K" ... des points dont le nombre est
u situés dans l'intérieur du contour ABC , et parmi lesquels il peut
s'en trouver qui coïncident. Soient a et b les coordonnées du point
K , a' et b' celles de K' , a" et b" celles de K", etc. Si l'on pose
P+QV-1= [x-a+(y-b)√-1 ] [x-a'+ (y-b') √-1] etc. la I

P
quantité en s'évanouissant pour différents points du contour ABC
passera du positif au négatif 2μ fois de plus que du négatif au po-
P
24.
sitif, de sorte que pour on aura
En effet si l'on pose
x - a + (y - b) √-1 = p + qV-1 = r (cost + V-1 sin t)
- =

x - a'+ (y - b') √-1 =p + q' V-1 = r' (cost + V-1 sin t')
t , t' , t" , .. seront les angles ou arcs de cercles compris entre les
rayons vecteurs KM , KM , KM .. et les parallèles à l'axe des x
menées par les points K , K', K" .. Quand le point M a parcouru le
contour entier et revient en A , chacun de ces arcs se trouve aug-
menté d'une circonférence 27. Donc en vertu de la première pro-
position, pendant le mouvement du point M, chacune des quantités
cot tou , cot t ' ou passera en s'évanouissant du positif au
‫ و‬...
१'
négatif deux fois de plus que du négatif au positif, de sorte que les
P
nombres & ,, .. sont tous égaux à + 2. Donc pour on aura d'a-
près la deuxième proposition , A = 8 + 5 + "+... = 2μ.
4 Proposition. Soient Pet Q des fonctions réelles des deux va
298 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
riables x et y ayant chacune une valeur finie et unique pour tout
système de valeurs réelles de x et de y. Si le contour ABC ne ren-
ferme aucun point pour lequel on ait à la fois P = o et Q = o , je
P P
=
dis qu'on aura 0 pour , c'est-à-dire que si s'évanouit pour
P
différents points du contour ABC , passera en s'évanouissant du
positif au négatif autant de fois que du négatif au positif.
Cette proposition est évidente , si dans l'intérieur du contour ABC
et sur ce contour même on n'a jamais P = o .
Elle est encore vraie lorsque dans l'intérieur du contour ABC et
sur ce contour même on n'a jamais Q = o . Car, d'après le corollaire
de la deuxième proposition l'excès A est le même pour les deux
P
Q
quantités Q
et -

음, or A est nul pour -

, puisque par hypo-


thèse Q ne s'annulle pas sur le contour ABC ni au dedans , donc A
P
est nul aussi pour En voici d'ailleurs une autre raison. Au
P
moment où le point M part du point A,' व् a une valeur et un
P
signe déterminés; et quand le point M revient en A , reprendla
même valeur et le même signe ; donc le point M parcourant le contour
P
ABC , ' হ ne peut changer de signe qu'un nombre pair de fois,
toujours en s'évanouissant , puisque P seule peut devenir nulle , et
en passant alternativement du positif au négatif et du négatif au
positif; ainsi l'on a A = o .
Considérons maintenant un contour quelconque ABC qui ne ren-
ferme pas de point intérieur pour lequel on ait à la fois P = 0 ,
Q = o. On pourra évidemment partager l'aire comprise dans ce
contour en plusieurs segments tels que pour tous les points situés
dans l'un quelconque de ces segments et sur le contour même qui
le termine l'une au moins des fonctions P, Q, ait toujours des valeurs
différentes de zéro et de même signe. Si les contours qui terminent
deux de ces segments ont une partie commune , on peut admettre
que dans l'un de ces deux segments contigus , c'est P qui n'estjamais
nulle, et que dans l'autre c'est Q. Car, si c'était la même fonction

>
PURES ET APPLIQUÉES . 299

Pou Q qui ne fût jamais nulle dans ces deux segments , on pourrait
les réunir en un seul dans lequel cette même fonction ne serait
jamais nulle, en supprimant la partie commune aux deux contours
qui les renferment. Après qu'on aura ainsi supprimé ces lignes de
séparation inutiles , la fonction P ne sera nulle pour aucun point
commun à deux contours contigus , puisque, comme nous venons
de le dire, P ne pourra jamais être nulle sur l'un de ces deux con-
tours et que Q ne pourra pas l'être sur l'autre .
Cela posé , en parcourant l'un quelconque de ces contours par-
P

tiels la quantité ne s'évanouira pas ou bien elle s'évanouira


en passant autant de fois du positif au négatif que du négatif au
positif, comme on l'a vu tout-à-l'heure. Donc , en parcourant le
contour primitif unique ABC qui résulte de la suppression de toutes
P

les parties communes, il est clair que o passera encore en s'éva-


nouissant du positif au négatif autant de fois que du négatif au
P
positif ou que A sera nul pour le contour ABC , puisque ne

s'annulle sur aucune partie commune.


Maintenant il est facile d'établir le théorème de M. Cauchy.
Soit F (z) = o l'équation proposée qui devient P + QV-1 = 0
quand on fait z = x + y V -1 . Soit u le nombre de ses racines
a + b√-1 , a' + b' √-1 , a" + b" V-1 , etc. , correspondantes
à des points K, K', K", .. situés dans l'intérieur d'un contour quel-
conque ABC, de sorte qu'on ait à la fois P = 0 , Q= 0 , pour chacun
de ces points. Soit aussi A l'excès du nombre de fois où la quantité
P

en s'évanouissant pour différents points du contour ABC passe


P
du positif au négatif sur le nombre de fois où en s'évanouis-
sant sur le même contour passe du négatif au positif. Il s'agit de
prouver qu'on a toujours A= 2u , quel que soit μ .
Ce théorème a lieu d'abord si le nombre u est zéro , c'est-à-dire
si au dedans du contour ABC il n'y a aucun point pour lequel on
ait à la fois P = oet Q = 0 ; car alors on a aussi A = o , d'après
notre proposition 4°. Supposons que le nombre µ des racines ren-
300 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
fermées dans le contour ABC ne soit pas nul; F (z) est alors divisible
par le produit des u facteurs 3- a - b√-1, z -d-b' √-1, etc.,
(parmi lesquels il peut s'en trouver d'égaux). En désignant le quo-
tient par (z) , on a donc
F(z)=(z-a-b -1)(z-d-b I
-1) (z-a"-b -1) ... Χ Φ(2).
En remplaçant z par x + y V -1 , F(z) devient P + QV -1,
le produit desμ facteurs z -a - b√-1 , 2 - a - b'
I
-1 , etc.,
devient une quantité de la forme p + qV- 1 , (2) devient aussi
p'+q' V-1 ; et l'on a P+QV- 1 = (p +qV- 1)x(p +q' V-1).
Supposons comme précédemment que le point mobile M dont les
coordonnées sont x , y parcoure le contour ABC (dans le sens ABC) .
La fonction (z) oup' +q' V - 1 n'est nulle pour aucun point
situé dans l'intérieur du contour ABC; donc d'après notre 4º propo-
sition , en parcourant le contour ABC, on aura d' = o pour la quan-
tité . D'après la 3º proposition , pour P
9
on aura d = 2μ . Donc
P
+
pour on aura d'après la 2º proposition A 2μ .

Ainsi le théorème est complétement démontré.


Ilimporte d'observer que cette démonstration s'applique non-seule-
ment à une fonction entière de z qu'on égale à zéro, mais encore à toute
fonction F(z) qui devenant nulle pour différentes valeurs de z de
la forme a+b √-1, donne toujours, étantdivisée par z-a-b V
1-

ou par une certaine puissance entière de ce facteur, un quotient


qui ne devient ni nul ni infini pour cette valeur de z. Nous pour-
rions aussi modifier la forme de cette dernière démonstration , en
faisant voir à l'aide de nos lemmes, que le théorème énoncé doit
être vrai pour une équation qui au racines renfermées dans le contour
ABC , s'il est vrai pour une équation qui n'en a que µ - 1 , après
avoir prouvé comme nous l'avons fait dans la 4º proposition , qu'il a
lieu quand μ = 0 .
On peut en déduire qu'une équation algébrique d'un degré quel-
conque a toujours autant de racines qu'il y a d'unités dans son degré.
Supposons que l'équation F(z) = o soit algébrique du mieme degré,
PURES ET APPLIQUÉES. 501
elle sera de la forme suivante :

zm+A,(cosa,+V-Isina ) ++Am(cosam+V-isina )=0(3)


je dis qu'elle aura m racines de la forme a + b√-1 .
Faisons z = x + y V-1 = r (cost + V-i sin t) ; rest ici la
distance du point M (x,y) à l'origine O et t l'angle que cette
droite OM fait avec l'axe des x. En désignant par P + QV- I

ce que devient F(z) , on trouve P + QV-1 égal à


cos mt + √- 1 sin mt multiplié par
+A (cosa -t+V-1sina,-t)+A,7m (cosx -2t+V-1sina.-2t)+etc.
Désignons parp+ q√-1 le premier facteur cos mt + √-1 sin mt
et par p + q' V-1 le second facteur r + etc.
On peut tracer autour de l'origine O un contour assez grand pour
que la partieréellep' de ce second facteur soit constamment positive
pour tous les points situés sur ce contour ou au dehors. Car cette
partie réelle p' est r + Arm cos a, -t+ Arm- cos a.- 2t+etc.;
1

et l'on voit qu'elle sera positive, si la distancer de l'origine à un


point quelconque M du contour ABC est égale on supérieure au
plus grand des modules A., A... A augmenté de l'unité. En admet-
tant que cette condition soit remplie, la fonction p' sera à fortiori
positive pour tous les points situés hors de ce contour.
Le facteur p' + q' - I ne pourra donc être nul pour aucun
point situé sur le contour ABC ou au dehors ; d'ailleurs le premier
facteur p + qV- 1 ou cos mt + 1 sin mt n'est nul pour aucun
I

point du plan xoy; donc P + QV-1 qui est le produit de ces deux
facteurs, ne peut être nul pour aucun point situé sur le contour ABC
ou au dehors. Ainsi toutes les racines de la forme a + b V-1 que
peut avoir l'équation proposée F(z) = 0 ouP + QV-1 = o ré-
pondent à des points situés dans l'intérieur de ce contour, et d'après
le théorème général le nombre total de ces racines est égal à la
P
moitié du nombre A qui exprime combien de fois la quantité
Догт 1836.
39
302 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
en s'évanouissant sur ce contour ABC passe du positif au négatif de
plus que du négatif au positif.
Comme on a P + Qv−1 = (p + q√-1) (p + q'√-1)
le nombre A est d'après notre 2º proposition la somme des deux
nombres analogues d, d
' relatifs aux quantités .
q ” q˙ Mais pour
p
'
q on a = o, puisquep' est positive pour tous les points du contour
ABC. Je dis que pour 9 on a d= 2m. En effet, 9 n'est autre chose que
cot mt. Or , l'arc t ayant une valeur déterminée a au moment où
le point M qui se meut sur le contour ABC part du point A, devient
égal à a+27 quand ce point revient en A, de sorte que mt devient
égal à ma + 2m ; d'où l'on conclut que cot mt passe en s'éva-
nouissant du positif au négatif 2m fois de plus que du négatif au
positif, ainsi pour Pl'on a bien = 2m.
9
P
Puisque la valeur de A relative à est égale à + et qu'on vient
de trouver = o et d = 2m, on en conclut a = 2m. Donc le
nombre total des racines de l'équation algébrique F(z)= o est égal
à son degrém , puisqu'il doit être égal à la moitié de A.
Le raisonnement que je viens d'employer pour déduire du théo-
rème de M. Cauchy la proposition que toute équation algébrique du
mieme degréa m racines, peut encore servir à prouverautrementque dans
les nºs 5 et6del'article précédent, que si l'on trace un contour suffisanı-
ment petit autour d'un point K correspondant à une racine simple
d'une équation quelconque F(z) = o, ou à une racine multiple de
l'ordre n, on trouvera , en parcourant ce petit contour, A = 2
P
ou 2η , c'est-à-dire que la quantité en s'évanouissant sur ce
contour passera du positif au négatif 2 fois ou an fois de plus que
du négatif au positif. D'un autre côté il a été prouvé dans notre
4° proposition et aussi dans l'article précédent qu'on a toujours
= o pour un contour qui ne renferme pas de racines. Cela posé,
si l'on considère un contour quelconque qui renferme un certain
nombre de racines, on peut le partager en plusieurs contours dont
PURES ET APPLIQUÉES. 303

les uns très petits ne renferment qu'une seule racine (simple ou


multiple) et les autres n'en contiennent pas , et l'on fera voir comme
dans l'article précédent, nº 7 et 8 que le théorème de M. Cauchy ayant
lieu pour chacun de ces contours partiels de l'une et de l'autre
espèce, a lieu aussi pour le contour donné formé de leur réunion.
Je n'insisterai pas davantage sur cette nouvelle démonstration du
théorème , qu'il suffit d'avoir indiquée.
La proposition suivante mérite encore d'être remarquée. Soit
F (z) = o une équation (algébrique ou non algébrique) qui devient
P + QV-1 = o quand on fait z = x + y √ - 1 et qui a
un certain nombre u de racines renfermées dans l'intérieur du
contour ABC , n'en ayant aucune sur ce contour même. Soit
f(z) = o une autre équation qui devient p + q√-1=0 en faisant
z=x +y√-1 et qui a v racines au dedans du même contour.
On suppose qu'aucune des quantités P, Q, p, q ne peut devenir in-
finie pour des valeurs finies de x et dey. Si l'on divise P+QV-
par p + qV- 1 , on aura un quotient de la forme p' + q' V-1 ,
dans lequel les quantités p' et q' auront toujours des valeurs finies
pour tous les points du contour ABC. Je dis qu'en parcourant le
contour ABC , la quantité '
I
passera en s'évanouissant du positif au
négatif 2(μ-ν) fois de plus que du négatif au positif, ou qu'on aura
♪ = P
2(μ - ν) pour वं
P
En effet on a d'après le théorème 2μ pour ō' = 2v pour 9

et d'après notre 2º proposition on a aussi ♪♪. De là résulte


δ' = 2(μ – ν).
Donc quand on connaîtra d ' et l'un des deux nombres de racines
μ , v, on connaîtra l'autre. En particulier on aura = o , si les deux
équations F(z ) = o et f(z) = 0 ont le même nombre de racines dans
l'intérieur du contour ABC; et réciproquement.
La recherche du nombre des racines d'une équation F(z) = 0
contenues dans un contour donné étant réduite à trouver l'excès A
pour ce contour , nous allons maintenant donner les moyens de
déterminer ce nombre A , lorsque l'équation F(z) = o est algébrique.
3g..
304 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
Supposons que le contour ABC soit composé de plusieurs portions
de lignes AB , BC , etc. Il faudra déterminer en parcourant successi-
vement chacune de ces portions de lignes AB, BC , ... l'excès (po-
P

sitif, négatif ou zéro) du nombre de fois où la quantité en s'é-


vanouissant passe du positif au négatif sur le nombre de fois où
elle passe du négatif au positif. Le nombre A sera égal à la somme
de tous ces excès partiels relatifs aux différentes portions du contour
ABC. Il suffit donc de considérer l'une de ces portions AB. On peut
trouver l'excès qui s'y rapporte, lorsque les coordonnées x et y d'un
point quelconque de cette ligne AB peuvent être exprimées par des
fonctions rationnelles d'une certaine variable s. On emploie à cet
effet une méthode semblable à celle que j'ai donnée dans mon
théorème pour la détermination du nombre des racines réelles d'une
équation comprises entre deux limites quelconques.
Pet Q devenant sur la ligne AB deux fonctions rationnelles de
P V
la variables, leur quotient prendra la forme d'une fraction V
dans laquelle V et V. seront deux fonctions entières de s. On fera
sur ces deux polynomes V et V, l'opération nécessaire pour trouver
leur plus grand commun diviseur, en ayant soin de changer les
signes de tous les termes de chaque reste avant de le prendre
pour diviseur du reste précédent. Ainsi en supposant que le degré
de V par rapport à s soit supérieur ou égal à celui de V. , on
divisera V par V, jusqu'à ce qu'on arrive à un reste d'un degré
inférieur à celui de V.. On changera les signes de tous les termes
de ce reste , et en le désignant après ce changement de signes par
V. , on divisera V, par V.; on arrivera à un nouveau reste V
-
3

On divisera de même V. par Vs ,et en continuant ainsi on arrivera


enfin à un dernier reste V, indépendant de s ou qui contenant s
divisera exactement le reste précédent V...
Si l'on parcourt la ligne AB (dans le sens ABC) , s aura d'abord
pour le point de départ A une certaine valeur a; svariera ensuite
par degrés insensibles et finira par avoir pour le point B une valeur
6 plus grande ou plus petite que a. (s peut dans ses variations
tantôt croître , tantôt décroître, et même ne pas rester comprise
PURES ET APPLIQUÉES. 305

entre les valeurs a et 6 relatives aux deux points extrêmes A et B. )


V P
ou Q
Cela posé, l'excès & du nombre de fois où la quantité v 1

en s'évanouissant pour différents points de la ligne AB passera du


positif au négatif sur le nombre de fois où elle passera en s'éva-
nouissant du négatif au positif sera égal à l'excès du nombre des
variations qui se trouveront dans la suite des signes des fonctions
V,V ,V,... V, pour s=6 sur le nombre de leurs variations pour s= a .
Cette proposition résulte des considérations suivantes: tandis que
s varie depuis a jusqu'à 6 , la suite des signes des fonctions V,V., ... V,
pour chaque valeur des ne peut s'altérer qu'autant qu'une de
ces fonctions change de signe et par conséquent devient nulle.
Quand c'est une des fonctions intermédiaires entre V et V, qui s'an-
nulle , on prouve aisément (comme dans la démonstration du théo-
rème relatif aux racines réelles) que le nombre des variations dans
la suite des signes de toutes les fonctions demeure le même, et quand
s en croissant ou décroissant , atteint et dépasse une valeur qui an-
nulle V, la suite des signes gagne ou perd une variation
V
ou conserve
le même nombre de variations selon qu'alors passe du positif
au négatif, ou du négatif au positif ou ne change pas de signe ;
cela est vrai , lors même que V et V, ont un plus grand diviseur
commun V, qui s'annulle pour la valeur de s que l'on considère,
auquel cas toutes les fonctions V, V., ... V, s'annullent en même temps .
On conclut de là la proposition énoncée qui a lieu soit que V et V.
aient ou n'aient pas de diviseur commun (*).
Si l'on trouve un plus grand commun diviseur V, entre V et V.,
il pourra se faire qu'on ait à la fois P =
o, Q =
o, pour une
valeur de s qui annullera ce plus grand commun diviseur et qui

(*) Les recherches qui m'ont conduit à mon théorème sur la détermination des
racines réelles des équations m'avaient aussi fait rencontrer cette dernière propo-
sition parmi plusieurs autres. Mais commeje n'en voyais pas alors l'utilité , je ne
l'ai pas énoncée dans l'analyse de mon mémoire insérée au Bulletin des Sciences
de juin 1829. J'en ai fait mention depuis dans le nº 20 du mémoire imprimé dans le
Recueil des Savans étrangers; elle admet d'ailleurs les simplifications exposées
dans ce mémoire .
306 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
répondra à un point situé sur la ligne AB entre A et B. Dans ce
cas, Pet Q étant nulles à la fois pour ce point-là , en substituant
ses coordonnées dans la formule x + y -1 , on aura une racine
simple ou multiple de l'équation F(z)=o . Si le plus grand cominun
diviseur entre V et V, ne devient nul pour aucun point de la ligne
AB situé entre A et B , ou si l'on ne trouve pas de plus grand
commun diviseur , on sera certain, pourvu qu'on n'ait supprimé
d'avance aucun facteur commun à Pet à Q, qu'il n'existe sur la ligne
AB aucun point correspondant à une racine de l'équation F (z) = 0 .
C'est en admettant cette hypothèse que nous avons démontré le
théorème de M. Cauchy; les modifications qu'il faudrait y apporter
dans le cas où il y aurait des racines sur le contour même ABC,
exigeraient une discussion longue et minutieuse que nous avons voulu
éviter en faisant abstraction de ce cas particulier.
Nous avons supposé le degré de V par rapport à s supérieur ou égal
à celui de V₁ . Si le degréde V est inférieur à celui de V,, on cherchera
encore le plus grand commun diviseur entreV etV, endivisant d'abord
V. par V, puis V par le reste de la première division après avoir
changé les signes de tous ses termes, et en continuant ainsi on for-
mera cette suite de fonctions V. , V, V. , Vs , .. V.. La différence
qu'on obtiendra en retranchant le nombre des variations formées
par leurs signes pour s = a du nombre des variations pour s =6,
V
exprimera l'excès E du nombre de fois où la quantité en s'éva-
nouissant sur la ligne AB passera du positif au négatif sur le nombre
de fois où elle passera du négatif au positif. Ce nombre E étant
ainsi déterminé, l'excès cherché & du nombre de fois où la quantité
V

inverse en s'évanouissant sur la même ligne AB, passera du positif


au négatif sur le nombre de fois où elle passera du négatif au positif,
sera égal à - E ou à -E + 1 ou à -E- 1 selon que cette quan-
tité V aura des valeurs de même signe pour s = a et s = 6 , ou
V
qu'elle sera positive pour s = a et négative pours = 6 , ou qu'elle
sera négative pour s= a et positive pour s= 6.
V

En effet, la quantité 1 peut changer de signe sur la ligne AB


PURES ET APPLIQUÉES. 307
en devenant tantôt nulle , tantôt infinie. L'excès i du nombre de
fois où en devenant nulle ou infinie elle passe du positif au négatif
sur le nombre de fois où elle passe du négatif au positif est égal
à la somme des deux nombres e et E. D'un autre côté cet excès i est
V
évidemment égal à zéro ou à + 1 ou à-1, selon que ades valeurs
V
de même signe pour sa et s =-6 , ou que v est positive pour
S
= a et négative pours = 6 , ou qu'elle est négative pour s = a
et positive pour s = 6. Donc & est bien égal à -

E dans le premier
cas , à -E + dans le second et à - E - 1 dans le troisième . Cette
proposition a lieu , comme on voit , quand même V et V, ne seraient
pas des fonctions entières de s.
On peut toujours rendre Pet Q fonctions rationnelles d'une même
variables , lorsque la ligne AB est une droite, ou un cercle ou un
arc de cercle .
Si la ligue AB est droite, il suffit de prendre pour s la distance
d'un point quelconque de cette droite à un point fixe situé sur sa
direction , ou bien encore on peut supposer que s n'est autre que
x ou y. Si la droite AB est parallèle à l'axe des x , y est constante
et il faut prendre s = x ; si elle est parallèle à l'axe des y, x est
constante et l'on prend s =y.
Si la ligne AB est un cercle ou un arc de cercle dont le rayon
soit R et dont le centre ait pour coordonnées get h, on fera
x = g + R cost, y = h + R sint, et l'on prendra
2Rs
s = tangt;
R(1-52)
alors on aura x = g + + y= h ++ ; et P, Q seront
$2

desprendra
P
fonctions V ,V etdeV,cette
rationnelles
la forme étantnouvelle variableentières
des fonctions s, de de
sorte
s. que
Pour la pratique, ce qu'il y a de plus simple est de chercher par la
méthode précédente les racines contenues dans des rectangles dont les
côtés sont parallèles aux axes. On ne fait alors varier qu'une seule des
coordonnées x, ydansPet Qqui sont des fonctions entières dex ety. On
abrégera le calcul en supposant d'abord les deux côtés du rectangle qui
sont parallèles à l'un des axes situés à des distances infinies de cet axe .
Car alors en parcourant P
ces côtés-là pourlesquels on aurayoux=18
et = + ∞ , la quantité ne s'évanouira pas ou s'évanouira une seule
308 JOURNALL DE MATHÉMATIQUES
fois , et l'on verra aisément si en s'évanouissant elle passe du positif au
négatif ou du négatif au positif.
On peut ainsi déterminer approximativement les parties réelles
x et les parties y des racines représentées par x + y - 1 ; on
obtiendra ensuite des valeurs plus exactes de ces racines par les métho-
des d'approximation usitées.
On peut encore dans la pratique faire usage de la proposition sui-
vante dont on peut donner une démonstration semblable à la première
du présent article. Soitune équation algébrique F(z)= o de la forme(3)
qui devient P + QV- 1 = 0 en faisant z = x + yV-1 .
Si l'on donne à y dans Pet Q une valeur déterminée h positive ou
négative, et si l'on fait croître x depuis - ∞ jusqu'à + ∞ , l'excès du
P
nombre de fois où
Q en s'évanouissant passera du positif au négatif
P
sur le nombre de fois où
Q
en s'évanouissant passera du négatif au
positif sera égal à l'excès du nombre des racines x + yV- 1 I

de l'équation F(z) = o , pour lesquelles y est plus grande que h


sur le nombre des autres racines pour lesquellesy est plus petite que h.
Le degré m de l'équation F(z) = o étant pair, si l'on donne à x
dans Pet Qune valeur déterminée g et si l'on fait croître y depuis
P
18
jusqu'à +8
∞ ,, l'excès du nombre de fois où en s'évanouissant
ū
P
passera du positifau négatif sur le nombre de fois où passeradu né-
gatif au positif sera égal à l'excès du nombre des racines de l'équation
F(z) = o pour lesquelles la partie réelle x est plus petite que g sur le
nombre des autres racines pour lesquelles x est plus grande que g.
Le degré m étant impair, si l'on fait toujours x=g dans Pet Qet si
l'on fait croîtreydepuis - ∞ jusqu'à + ∞ , l'excès du nombre de fois
où la quantité - Q en s'évanouissant passera du positif au négatif sur
le nombre de fois où elle passera du négatif au positif sera encore
égal à l'excès du nombre des racines de F(z)= o pour lesquelles x
estplus petite que g sur le nombre des racines pour lesquelles x est
plus grande que g.
t
PURES ET APPLIQUÉES. 309

THÉORIE NOUVELLE

Du Mouvement d'un corps solide autour d'un point fixe;

PAR M. ST . - GUILHEM ,

Ingénieur des Ponts-et-Chaussées .

LEMME 1. Si les droites oa,, oa,, oas , etc., représentent les com-
posantes de la vitesse oa dont un point o est animé, je dis que si l'on fait
tourner un corps solide d'un mouvement de rotation autour de l'axe
oa, avec une vitesse angulaire égale à oa, on pourra considérer ce
corps comme tournant à la fois d'un mouvement de rotation autour
des axes oa,, oa,, oa3, etc., avec des vitesses angulaires respectivement
égales à oa,, oa,, oaz , etc.
Pour le démontrer, menons par le point o un plan perpendiculaire
à oa ; prenons dans ce plan un point m situé à l'unité de distance du
point o; si nous supposons ce point doué d'une vitesse angulaire égale
à oa autour de oa, le corps dont il s'agit étant un corps solide, il suf-
fira de prouver que le point m satisfait aux conditions énoncées. Or,
menons par le point m un plan perpendiculaire à om; projetons sur
ce plan les droites oa, oa,, oa,, etc. et appelons ces projections p, p. ,
p. , etc.: puisque des droites parallèles se projettent toujours sur un
plan suivant des droites parallèles , il est clair que la droite p repré-
senterait en grandeur et en direction la résultante des vitesses p. , p. ,
ps , etc., si le point m était doué de ces vitesses. Imaginons que les
droites p, P1, P2, P3, etc., formant un système solide, tournent autour
dupoint m dans le plan perpendiculaire à om, jusqu'àce que la droite p
vienne coïncider en direction avec la vitesse du point m; elle coïnci-
PTEMBRE 1836. 40
310 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
dera aussi en grandeur avec cette vitesse , car la droite oa étant paral-
lèle au plan de projection s'est projetée sur ce plan dans sa véritable
grandeur. La vitesse angulaire du point m sera donc la résultante des
vitesses P1 , P2 , P3 , etc. , dans leur nouvelle position. Désignons par l,,
1., 13, etc., les distances du point m aux axes respectifs oa,, od., oa3, etc.
On voit facilement par la manière dont nous avons obtenu les droites
P., P2 , P3 , etc. que l'on a les relations

p. = oa, .l. , p. = oa..l. , P3 Od3.13, etc.

Mais les droites p., P2, P3 , etc., dans leur nouvelle position , sont res-
pectivement perpendiculaires aux axesoa,, oa,, oas, etc., et distantes
de ces axes des quantités 1,, 12, 13, etc.: donc le point m peut être con-
sidéré comme tournant à la fois d'un mouvement de rotation autour
des axes oa,, oa,, ods , etc. avec des vitesses angulaires égales à
od , od , od₃, etc.; donc, etc.
Observation. Le sens dans lequel le corps tourne autour des axes
od,, oa , od3, etc. , est déterminé par la condition que si l'on fait coin-
cider successivement les directions de ces axes , sans altérer le mouve-
ment de rotation du corps autour de ces axes , avec l'axe primitif oa ,
le corps tournera autour de oa dans le sens où le corps tournait autour
de cet axe .

LEMME 2. Si un corps solide en mouvement renferme un point fixe,


on peut se représenter le mouvement du corps comme un mouvement
de rotation autour d'un axe dont la position varie au commencement
de chaque instant et reste fixe pendant cet instant.
En effet, soit o le point fixe; m un point quelconque du corps dont
la vitesse ne soit pas nulle. Menons par le point m un plan perpen-
diculaire à la vitesse de ce point; il est facile de voir que tous les
autres points du corps situés dans ce plan , auront une vitesse perpen-
diculaire à ce plan. En effet , soit m' un autre point du corps situé dans
ce plan: puisque le point m' reste à une distance constante du point o,
sa vitesse sera nécessairement perpendiculaire à om' : elle sera aussi
perpendiculaire à la droite mm' , car cette droite faisant au bout d'un
instant un angle infiniment petit avec sa première position ( sans quoi
il y aurait des points du corps, situés à une distance finie du point fixe,
PURES ET APPLIQUÉES. 311

qui auraient des vitesses infiniment grandes, ce qu'on ne suppose pas),


le point m' se mouvra nécessairement comme le point m suivant une
droite perpendiculaire à mm' ; donc la vitesse du point m' est perpendi-
culaire à la fois aux deux droites om' , mm' ; donc elle est perpendicu-
laire à leur plan. Si l'on construit d'une manière semblable le plan
correspondant à un autre point du corps non situé dans le pre
mier plan , il est visible que l'intersection de ces deux plans devra
être immobile , car autrement les vitesses des différents points seraient
à la fois perpendiculaires aux deux plans , ce qui est absurde.
Donc , etc.
L'axe immmobile autour duquel le corps tourne pendant un instant,
àune époque quelconque, est l'axe instantanédu corps à cette époque.
Nota. Les deux lemmes précédents sont relatifs à des propriétés pu-
rement géométriques des corps solides : nous n'avons voulu employer
pour les établir que des considérations de pure géométrie.

Recherche des équations différentielles du mouvement d'un corps


solide autour d'un pointfixe.

J'appellerai force effective la force qui agissant dans la direction de


la vitesse produirait dans le premier instant la variation qu'éprouve
cette vitesse dans cet instant.
Lorsqu'un corps sera considéré comme tournant à la fois autour de
plusieurs axes, je nommerai la force effective correspondante au mou-
vementde rotation qui est censé avoir lieu autour de l'un des axes , la
force effective de rotation autour de cet axe.
Le corps solide que nous allons considérer ayant un point fixe, j'i-
maginerai que l'on ait mené parce point trois axes rectangulaires ox,
oy, oz , immobiles dans le corps , et pour simplifier les calculs, je sup-
poserai que ces trois axes sont les trois axes principaux du corps rela-
tifs au point fixe.
Je regarderai, comme positifs , les moments des forces qui tendent à
faire tourner le corps , 1º. autourde l'axe ox , desypositives vers les z
positives ; 2°. autour de l'axe or , des z positives vers les x positives ;
3º. autour de l'axe oz , des x positives vers lesy positives.
L'axe instantané aura sadirection positive déterminée de manière
40..

:
312 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
qu'en faisant coïncider cette direction avec la direction positivede l'axe
oxpar exemple, le corps tournera desy positives vers les z positives ; il
est facile de voir que si l'on fait coïncider la direction positive de l'axe
instantané avec la direction positive de l'axe of ou de l'axe oz, le corps
tournera des z positives vers les x positives ou des x positives vers les
ypositives .
Les vitesses angulaires du corps autour des axes ox , or, oz s'obtien-
dront, pourune époque quelconque du mouvement, en prenant sur la
direction positive de l'axe instantané une longueur égale à la vitesse
angulaire du corps autour de cet axe et en projetant cette droite sur
les trois axes ox, oy, oz ; les projections représenteront , pour la gran-
deur et pour le signe , les vitesses angulaires du corps autour des trois
axes. Si ces projections sont positives , les mouvements de rotation
auront lieu , 1. autour de l'axe ox, desy positives vers les z posi-
tives; 2°. autour de l'axe oy, des z positives vers les x positives ; 3°. au-
tour de l'axe oz, des x positives vers les y positives. Si quelqu'une de
ces projections est négative, le mouvement de rotation correspondant
aura lieu en sens contraire.
Cela posé, appliquons à chaque point du corps une force égale et con-
traire à la force effective qui sollicite ce point; il est évident qu'envertu
des liaisons qui unissent invariablement les différents points du corps,
il y aura équilibre entre les forces nouvellement appliquées , les forces
centrifuges développées autour de l'axe instantané et les forces mo-
trices. Donc la somme des moments des forces effectives par rapport
à chacun des axes ox, of, oz , est égale à lasomme des moments des
forces centrifuges , plus la somme des moments des forces motrices ,
par rapport au même axe.
Évaluons chacune de ces sommes. Soit m un point du corps dont
la masse est m, p sa distance à l'axe instantané , a la vitesse angulaire
du corps autour de cet axe. La force effective qui sollicite lamolécule
da
m a pour expression mp 7: elle peut, d'après notre premier lemme,
dt

dp dq
étre remplacée par les trois forces effectives de rotation ma di mbdi',
dr
mcar autour des axes ox , of, oz; a, b,, c , désignant les distances
du point m aux axes ox , oy, oz , et p, q , r les vitesses angulaires du
PURES ET APPLIQUÉES. 313

corps autour des mêmes axes , lorsque le corps est considéré comme
tournant à la fois autour de ces trois axes .
Les moments de ces forces autour des axes ox, oy, oz sont respecti-
dr
vement made,
dt' mbda,
dt' mcr
. Or, d'après une propriété facile
à démontrer des axes principaux , les forces effectives de rotation
autour de l'un des axes principaux se font équilibre autour de
chacun des deux autres (*). Donc , la somme des moments des
forces effectives , par rapport à chacun des trois axes principaux, est
égale à la somme des moments des forces effectives de rotation au-
tour de ces axes , par rapport aux mêmes axes. Donc , si l'on
désigne par A , B, C les moments d'inertie du corps , par rapport aux
trois axes principaux , les sommes des moments des forces effectives
dr
autour de ces axes seront respectivement A , B , C.
dt

Passons à l'évaluation des moments U, V, W des forces centrifuges.


Soient x, y, z, les coordonnées du point m, par rapport aux axes ox, oy,
oz; h la distance de l'origine des axes au plan perpendiculaire à l'axe
instantané , mené par le point m; la force centrifuge du point m sera
évidemment égale à map. Cette force sera équivalente , à cause du
point fixe , à la force mah appliquée au point m , suivant une droite

(*)Considérons laforce mbda;


dt lemoment de cette force autour de l'axe ox est,
x
dq
comme il est facile de le voir par une figure , -mb da =
dt mxy. ( Le
dq
signe-provient de ceque la force mb dt tendant par hypothèse à faire tourner le
point m, qui estdans l'angle des coordonnées positives, des z positives vers les x po-
sitives, tendra à faire tourner ce point, autour de l'axe ox, des z positives vers les y
positives; par conséquent son moment par rapport à l'axe des x sera négatif.) La
somme des moments des forces effectives de rotation autour de l'axe desy, par
dq
rapport à l'axe des x, sera donc -

dt Emxy, d'où l'on voit que ces forces se fe-


ront équilibre autour de l'axe des x , si l'on a Emxy = 0 , c'est-à-dire si l'axe
des x estun axe principal du corps. En faisant les mêmes calculs pour tous les
autres cas, on tirera toujours une conclusion semblable ; donc, etc. Si les axes ox,
oy, oz n'étaient pas les axes principaux du corps , ces mêmes calculs ARY con-
IBRferaient
L
naître les moments des forces dont il s'agit. REESE OF THE
UNIVERSITY
CALELANA
314 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
parallèle à l'axe instantané. Cette dernière force fera avec les axes des
angles dont les cosinus seront ±1 , ± 1, ( le signe + ou le
signe - ayant lieu suivant que la force est parallèle à la direction po-
sitive ou négative de l'axe instantané). Les projections de cette force sur
les axes ox , or, oz seront donc ± moph , mwqh , #mwrh : par
conséquent , les moments de la force moth autour des axes ox , oy,
oz, seront, soit que l'on adopte le signe supérieur ou le signe inférieur,
mwh (ry - qz) , mwh (pz - qx) , mwh(qx - py).
Remarquons d'ailleurs que le plan mené par le point m perpendi-
culairement à l'axe instantané a pour équation
1

h = x + + :

en substituant pour cette valeur dans les expressions précédentes et


faisant la somme de tous les moments relatifs à chaque axe , on aura
U = 2m (ry - qz ) ( px + qy + rz) ,
V = 2m (pz - rx) (px + qy + rz) ,
W= 2m (qx - py) (px + qy + rz) ,
ou simplement, enobservant que l'on a Emyz=0, Emzx=0, Emxy=0,
U = rg (B - C) ,
V = pr (C - А) ,
W= qp (A - B) .
Il ne reste plus à évaluer que les moments des forces motrices don-
nées par rapport aux axes ox , or, oz , ce qui ne peut présenter aucune
difficulté, lorsqu'on connaît la grandeur et la position de ces forces par
rapport à ces axes; en désignant les trois sommes de moments de ces
forces, par rapport à ces trois axes , par F, G, H, on aura définitive-
ment les trois équations suivantes :
Adp
dt = F + rg (B — С) ,
dq = G + pr (C - A),
Bdt (A)
C
dr

터 = H + qp (A - B). }
PURES ET APPLIQUÉES. 515

Ces équations feront connaître , à une époque quelconque, les vi-


tesses angulaires du corps autour des trois axes principaux.
Pour compléter la solution du problème que nous nous sommes
proposé, il reste à déterminer la position d'un des axes principaux à
une époque quelconque. Pour cela (Planche I, fig.1) du point o, comme
centre avec un rayon égal à l'unité, décrivons une sphère ; soit ABC le
cercle suivant lequel elle coupe un plan fixe dans l'espace ; x , y, z les
points où les axes principaux ox, or, oz , viennent rencontrer la
surface de cette sphère; A le point où le grand cercle xy vient
rencontrer le cercle fixe ABC. Soit la distance angulaire du
point A à un point fixe D du cercle ABC; l'angle que l'arc Ax
fait avec l'arc AD et 4, l'arc Ax. Il est évident qu'au moyen des
trois quantités 4 , et ole point x sera parfaitement déterminé
dans l'espace. Cherchons les variations qu'éprouvent les trois quanti-
tés 4, 6 et dans l'instant dt. D'après les principes du calcul infinité-
simal , la variation de chacune de ces quantités sera égale à la somme
des variations infiniment petites qu'elle éprouvera en faisant tourner le
corps successivement autour des trois axes ox, oy, oz , avec les vitesses
angulaires p, q , r.
Nous désignerons la variation d'une quelconque de ces quantités
résultant de la rotation du corps autour de l'axe ox par la caractéris-
tique d,; autour de l'axe oy par d₁ , autour de l'axe oz par d3 . D'après
cette convention , on aura d↓ = d +d + d₂ , et ainsi des
autres .

Supposons qu'en faisant tourner le corps autour de l'axe-ox, des y


positives vers les z positives , le cercle Ax ait pris la position ax ; qu'en
faisant tourner le corps autour de or, des z positives vers les x posi-
tives, le cercle Ay ait pris la position a'y; enfin , qu'en faisant tourner
le corps autour de oz, des x positives vers les y positives, le cercle Bz
ait pris la position bz.
Abaissons des points a et a' des perpendiculaires sur l'arc Ax , pre-
nons à partir du point A sur l'arc Ax , une longueur AN égale à goº ;
abaissons du point N deux perpendiculaires , l'une sur le cercle ax ,
l'autre sur le cercle a'y.
Cela posé , rappelons-nous que dans un triangle rectiligne rectangle,
un côté est égal à l'hypoténuse multipliée par le sinus de l'angle op
316 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
posé ou par le cosinus de l'angle adjacent et que les arcs semblables
sont entre eux comme leurs rayons. Nous trouverons facilement à
l'aide de la figure, les relations suivantes :
do = d, cos 0 ,
do = d cos 0 ,

d.
d = rdt
o= d cos 0 ,

sin = pat . sin ,


}
d. sin = qdt cos ,
dsin = o ,

}
d,0 = -
pdt COS ,

d = qdt . sin o ,
db = 0 ;

de ces équations on déduit immédiatement ,


do = di cos + rdt
d sin = pdt sin + qdt cos ,
do = qdt sin -
pdt cosφ.

} (B)
Ces trois équations jointes aux équations (A) résolvent compléte-
ment le problème du mouvement d'un corps solide autour du point
fixe.

Nota. En tirant des équations (B), les valeurs depdt , qdt , rdt , on
obtient facilement les équations que l'on donne ordinairement dans les
traités de Mécanique.
PURES ET APPLIQUÉES . 317

MM ww

NOTE

Relative à la détermination des plans principaux d'une


surface du second degré rapportée à trois axes quel-
conques ;
PAR M. ST GUILHEM ,

Ingénieur des Ponts-et-Chaussées .

Soit

Ax + By + Cz + Dyz + Ezx+ Fxy=Gx + Hy+ Kz+T ,


(1) {ou, pour abréger, Φ (x , y , z) = φ (x , y, z)
l'équation de la surface dont il s'agit. Menons par un point arbitraire
(x , y , z ) une droite dont l'unité de longueur projetée sur les axes
des x, des y , des z, parallèlement aux plans desyz, zx, xy, ait pour
projections sur ces axes les trois quantités a , b , c. Cette droite sera
représentée par les trois équations
(2) x = x + ar, y = y, + br, z = 2, + cr,

r étant la distance du point (x ,y , z,) au point (x,y,z). Si l'on met pour


x, y, z ces valeurs dans l'équation (1), elle prendra la forme ...
Pr² + Qr + R = 0 .
Pour avoir l'équation d'un plan diametral qui divise en deux par-
ties égales toutes les cordes parallèles à la droite (2) , il suffira évidem-
ment de poser Q= o , ou bien
(3) (2Aa+Ec + Fb)x, + (2B6+ ...) ,+ (2Cc+...)z,
+ S=o ;
en désignant par S le terme constant.
SEPTEMBRE 1836. 41
318 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
Pour que ce plan soit unplan principal, il fautqu'en décrivantde l'o-
rigine des coordonnées comme centre, avec un rayon égalàl'unité, une
sphère, le plan diametral de cette sphère, conjugué aux cordes paral-
lèles à la droite (2), soit parallèle à ce plan. Désignons par a , 6 , y les
angles que les axes des z , des x et des y font respectivement avec les
axes desy , des z et des x ; l'équation de la sphère sera
+y² + z² + 2yz cos a + 2zx cos6 + 2xy cos y
(4) ∫{ x²
I,

on pour abréger , Y (x , y, z) = 1 ;
l'équation du plan diametral qui divise en deux parties égales les
cordes parallèles à la droite (2) , sera
(5) 2 (a + c cos + b cos y) x + 2 (b + ...) ,+2(c + ...) 2, = 0 ,
Pour que ce plan soit parallèle au plan (3), il faut que l'on ait
2Aa + Ec + Fb = 2B6 + .... 2Cc + ....
(6) = λ.
2(a + c cos + b cosx) 2(6+...) 2(c+ ...)

Désignons par L , M , N , P , Q , R les coefficients de x , y , z , yz,


zx , xy dans la fonction (x , y, z) -λΨ (x , y , z), en ayant soin
de réduire les trois derniers à la moitié de leur valeur. On aura évi-
demment les trois équations suivantes :
La + Rb + Qc = 0 ,
(7)
{ Ra + Mb + Pc = o ,
Qa + Pb + Nc = o .

Le terme constant étant égal à o dans ces trois équations , le dénomi-


nateur commun des valeurs de a , b , c doit aussi être égal à o ; car
ces valeurs ne peuvent pas être nulles toutes trois à la fois. Formant
ce dénominateur , d'après la formule connue, nous aurons immé-
diatement

L (MNP ) + R (PQ - NR) + Q(PR - MQ) 0,

ou bien ,
-

LP2 -

MQ -
NR² + 2PQR = 0 .
(8) LMN
Cette équation est du troisième degré par rapport à λ.
PURES ET APPLIQUÉES . 319
Ajoutons que ses trois racines sont toujours réelles. Pour le dé-
montrer , prenons A de manière que MN - P² = o , c'est-à-dire
de manière que ( B- ) ( - ) - ( -cosa ) = o. Il est
facile de voir que cette équation admettra deux racines réelles,
l'une qui rendra Met N négatifs , l'autre qui les rendra positifs. En
effet, si l'on prend successivement =-∞
8 ,, λ = B ou = C, λ=8 ,

on a nécessairement deux variations de signes ; donc cette équation a


deux racines réelles , l'une comprise entre l'infini négatif et la plus
petite des deux quantités B et C, l'autre entre la plus grande de ces
deux quantités et l'infini positif. Soient met n ces deux racines : si on
les substitue dans le premier membre de l'équation (8) mis sous la
forme - ( MQ* + NR² + 2√[Link]) , elles donneront la pre-
mière un résultat positif, la seconde un résultat négatif. Observons
d'ailleurs que le terme dépendant de 3 dans le premier membre de
l'équation (8) , est le suivant :
- λ³ ( 1 -cosa - cos² 6 -

cos²y + 2 cos a cos 6cos y),


et que la quantité comprise entre parenthèses dans ce terme est le
quarré du volume d'un parallélépipède dont les arètes contiguës coin-
cideraient en direction avec les axes et seraient toutes trois égales à l'u-
nité ( Voyez Géométrie de Legendre , page 300 ). Donc si l'on fait
successivement x = ∞ , λ = m , λ = η , λ = -∞ , on aura trois
variations de signes. Donc l'équation (8) a ses trois racines réelles ; à
a b
chaque valeur de A il correspond une valeur de et de ; etC C

comme c est alors donné par la formule


62 a b
Ca
++ 1 + 2cosa + 2 = cos6+ 2
I
C C
cos y 1,

on pourra toujours trouver pour chaque valeur de A les valeurs des


trois quantités a , b , c qui détermineront la direction d'un plan prin-
cipal. La surface donnée aura donc trois plans principaux , lesquels se-
ront nécessairement rectangulaires entre eux .
Menons par l'origine trois plans parallèles aux trois plans dont nous
venons de déterminer la direction et rapportons la surface aux trois
axes suivant lesquels ces trois plans se coupent; l'équation résultante
41..
320 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
sera de la forme

A'x² + By + C'z = une fonction linéaire de x , y , z :


les trois quantités A', B' , C', sont faciles à déterminer, ou plutôt elles
le sont déjà; en effet , désignons par a , b , c , les projections de l'unité
de longueur du nouvel axe des x sur les anciens axes ; par x' le
nouvel x pour le distinguer de l'ancien : on aura
x = ax' + .... , y = bx' + .... , Z
cx' + ... ;

donc le coefficient de xª dans la transformée , sera


Aa + Bb + Cc + Dbc + Eca + Fab .
Or, observons que si l'on multiplie les deux termes du premier mem-
bredes équations (6) par a , les deux termes du deuxième membre par
b, les deux termes du troisième par c, qu'on ajoute ensuite les numé-
rateurs entre eux et les dénominateurs entre eux, cette dernière somme
sera égale à 2 , la première sera égale au double de la quantité précé-
dente; d'où l'on conclura que la quantité précédente est égale à λ.
Donc A' est une des racines de l'équation (8). On ferait voir de même
queB', C', sont deux racines de la même équation. Donc A', B', C', sont
les trois valeurs a qu'on a déjà employées pour déterminer les direc-
tions des nouveaux axes .
Déterminons maintenant la position des trois plans principaux. Si la
surface a un centre à une distance finie, les trois plans principaux pas-
seront par ce point: en désignant par 2T' ce que devient (x, y, z)+T,
lorsqu'on met pour x,y, z, les coordonnées du centre, l'équation de
la surface rapportée àson centre et à ses axes principaux sera
+ y + I :
2 2 2

VVV B

on suppose qu'on a pris pour axe des x un des trois axes principaux
qui rencontre la surface.
Si la surface a son centre à une distance infinie, l'équation (8) est
satisfaite en faisant x=0 ; car si l'on fait = o dans les équations (7),
ces équations coïncident , à une constante près , avec celles qui servent
PURES ET APPLIQUÉES. 321

àdéterminer les coordonnées du centre. Donc le dénominateur com-


mun de ces valeurs est égal à o. Donc l'équation (8) est satisfaite.
Supposons qu'on ait pris pour axe des x la droite pour laquelle on
a = 0 : cette droite ne rencontre la surface qu'en un seul point , car
on a, dans cette hypothèse ,
2Aa + Ec + Fb 0, 2Bb + ...= 0 , 2CC + ...= 0 ;

par conséquent , la droite dont il s'agit est nécessairement représentée


par les équations
2Ax + Ez + Fy = 0 , 2By + ... = 0 , 2Cz + ... 0:
or l'intersection de cette droite avec la surface est la même que celle
de cette droite avec le plan (x, y, z) = o. L'équation de la surface se
réduira donc dans ce cas à la forme

B'y² + C'z = Gx + Hy + Kz + T ,
laquelle pourra encore se transformer ainsi ,
-

(y η

G
x -
६.
2 2
2B

On suppose dans cette équation que le sens des x positifs a été choisi
convenablement.
Si l'on transporte les axes parallèlement à eux-mêmes au point
(ξ , η , ζ) , on aura l'équation
z
+ = x,
G G
2 2
B

qui est celle de la surface rapportée à son diamètre principal. Les


deux plans des zx et des xy sont les seuls plans principaux de la sur-
face ; le troisième est à l'infini.
322 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES

Examen du cas où la surface donnée est représentée par l'équation


y2 z2
+++
q
1.

Si l'on fait x = x , l'équation (8), appliquée au cas actuel, devient


2

t³- (p +q +ra)t²+ (q'r'a sina+r'*p' sin* 6 +p'q' sin²y)t


2

-p'q'r' v² = 0 .
en posant
2

V= VI - Cosa - cos² 6 -cos²y+ 2 cos a cos 6 cosy:


les trois racines de cette équation donneront visiblement les carrés des
trois demi-axes principaux.
Cette équation montre en même temps que si un ellipsoïde est rap-
porté à trois diamètres conjugués quelconques , 1º. la somme des
quarrés des demi-axes conjugués est constante; 2°. la somme des
carrés des parallélogrammes construits sur les demi-axes conjugués
pris deux à deux est constante ; 3°. le carré du parallélépipède cons-
truit sur les demi-axes conjugués est constant.
On trouverait d'une manière semblable les relations analogues pour
les hyperboloïdes.
Examen du cas où la surface donnée est représentée par une équation
z
de laforme 29
+ х.

J'appellerai les tangentes à la surface qui coïncident avec les axes des
y et des z , les tangentes conjuguées , correspondantes au diamètre qui
coïncide avec l'axe des x. J'appellerai aq' et ar' les paramètres conju-
gués du diamètre qui coïncide avec l'axe des x, relatifs aux tangentes
qui coïncident avec les axes des yet des z. Si les axes sont rectangu-
laires, ces paramètres sont les paramètres principaux de la surface.
Celaposé, soit comme précédemment = l'équation (8) appli-
t

quée au cas actuel devient


t- (ar sin² 6 + 2q' siny²) t + 4p'q'v = o .
Les deux racines de cette équation donneront les deux paramètres
principaux de la surface.
PURES ET APPLIQUÉES. 323

Cette équation démontre en même temps les théorèmes suivants :


Lorsqu'un paraboloïde elliptique est rapporté à l'un quelconque de ses
diamètres et à deux tangentes conjuguées correspondantes, si l'on
prend sur le diamètre à partir de l'origine une longueur égale à l'unité,
sur chacune des deux tangentes correspondantes à ce diamètre une
longueur égale à la racine quarrée du paramètre relatif à cette tan-
gente , 1º. la somme des quarrés des parallélogrammes qui ont pour
côté commun la longueur prise sur ce diamètre, et pour l'autre côté
la longueur prise sur chacune des tangentes conjuguées, est constante;
2º. le quarré du volume ou simplement le volume du parallélépipède
construit sur les longueurs qu'on a prises sur le diamètre et sur les
tangentes conjuguées est constant (*).
On trouverait de la même manière , les relations analogues pour le
paraboloïde hyperbolique. Ces relations n'avaient pas, je crois, encore
été remarquées.

(*) Après avoir trouvé ces théorèmes par la méthode qui vient d'être indi-
quée , je me suis aperçu qu'on pouvait les déduire fort simplement des relations
connues entre les diamètres principaux et les diamètres conjugués d'un ellip-
soïde ; en effet, soient a, b, cles trois diamètres principaux de l'ellipsoïde ; a', b', c'
trois diamètres conjugués ; a, 6, y les angles que les diamètres c' , b' , a' font res-
pectivement avec les diamètres b', a' , c' : on aura les trois relations suivantes
a² + b² + c² = a² + b² + c'
(1) b²c + c²a² + a²b² = b'c' sin² a + c'aa' sin² 6 + a2b' sin y
{ a²bc² = a²b'c' 22
,
v² désignant le quarré du volume duparallélépipède dont les arètes contiguës coïn-
cident en direction avec les diamètres a' , b', c' et sont toutes trois égales à l'unité.
Divisons la première des équations (1) par a² ; la deuxième par a³ ; la troisième
par at. Faisons croître ensuite a, b, c, a', b', c' indéfiniment, mais de manière qu'à
62 C2 b
' C
'
la limite 7= 1 , = q = r, = , =r
':: nous aurons les relations
a a a

1= 1 ,
q+ r= q' sin²y + r sin² 6,
qr= q'r' v² ,
lesquelles donnent lieu aux théorèmes énoncés dans le texte.
324 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES

www

GÉOMÉTRIE .

Analogie entre des propositions de Géométrie plane et de


Géométrie à trois dimensions,- Géométrie de la Sphère,
- Hyperboloïde à une nappe ;

PAR M. CHASLES (*) .

Si l'on fait tourner autour de deux points fixes , dans un plan , deux
droites rectangulaires , leur point d'intersection décrit une circonfé-
rence de cercle ; et si l'on prend sur la droite qui joint les deux points
fixes, deux autres points qui soient conjugués harmoniques par rapport
aux deux premiers , les distances de chaque point de la circonférence
du cercle à ces deux nouveaux points sont entre elles dans un rapport
constant.

Nous nous proposons de démontrer les propriétés analogues , dans


l'espace , à ces deux propriétés élémentaires du cercle; lesquelles sont
relatives à deux plans rectangulaires qui tournent autour de deux
droites fixes , ou à deux arcs de grands cercles de la sphère qui
tournent autour de deux points fixes en se coupant à angle droit.

(*) J'emploierai le plus souvent, dans les articles que M. le Rédacteur de ce


Journal voudra bien accueillir, des considérations de Géométrie , de préférence
à la voie du calcul. Quelquefois cette manière aura sur l'analyse l'avantage
de la brièveté ; d'autres fois , ce sera le contraire. Dans ce second cas , je
prie le lecteur de voir, dans mon travail , non point seulement quelques théo-
rèmes nouveaux , ou peut-être déjà connus , qu'on démontrerait plus aisé-
ment d'une autre manière , mais un exercice sur la méthode purement géomé
trique , auquel je me serai livré pargoût.
PURES ET APPLIQUÉES. 325

Supposons d'abord que les deux droites fixes soient situées dans un
même plan. Si, autour de ces deux droites , on fait tourner deux plans
rectangulaires , la droite d'intersection de ces deux plans décrira un
cône du second degré qui passera par ces deux droites, et dont les
sections circulaires seront dans des plans perpendiculaires à ces mêmes
droites respectivement.
En effet, quand deux plans sont rectangulaires , tout plan perpen-
diculaire à l'un d'eux les coupe suivant deux droites rectangulaires ;
donc un plan transversal perpendiculaire à l'une des deux droites fixes
coupe les deux plans mobiles suivant deux droites rectangulaires : or
ces deux droites passent par les deux points fixes où le plan transver-
sal coupe les deux droites fixes; leur point d'intersection engendre
done un cercle passant par ces deux points fixes , et sur lequel s'appuie
la droite d'intersection des deux plans mobiles. Ce qui démontre le
théorème .
Soient (Planche I, fig. 2) SO, SO', les deux droites fixes, et soitOmO'
la section circulaire faite dans le cône par un plan transversal perpen-
diculaire à la première droite SO .
La droite OO' est un diamètre du cercle. Nous supposons , pour nous
représenter la figure , que le cercle est situé dans un plan vertical , et
les deux droites SO, SO', dans un plan horizontal.
Prenons les deux points D , D', conjugués harmoniques par rapport
DO
aux extrémités dudiamètre OO' (c'est-à-dire tels quel'on ait DO' DO);
et menons les deux droites SD , SD' ; elles seront conjuguées harmo-
niques par rapport aux deux droites fixes SO , SO' (c'est-à-dire qu'on
siu DSO sin D'SO
aura
sin DSO 8). Je dis que les distances de chaque point
sinD'So
m de la circonférence du cercle , aux deux droites SD, SD', seront
entre elles dans un rapport constant.
Ainsi soient mp, mp' les perpendiculaires abaissées du point m sur
les droites SD , SD'; il faut prouver que l'on a mp = constante.
mp

On a mp = mD . sin mDS , mp' = mD' . sin mD'S ;


mp mD sinmDS

mp mD' sin mD'S


SEPTEMBRE 1836. 42
526 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
Soient Oq, Oq' les perpendiculaires abaissées du point O sur les deux
droites mD , mD' ; ces deux perpendiculaires sont égales entre elles ,
car on

Oq OD sin mDO
Oq= [Link], Oq' =OD'.sin mD'O ; og OD' sin mD'O'

Or, dans le triangle DmD', on a


sin mDO mD' OD'
= constante =
sin mD'O mD

d'où
[Link] mDO = OD'.sin mD'O ; et , par suite , Oq = Oq' .
La droite OS étant perpendiculaire au plan du cercle , et les points
q , q' étant les pieds des perpendiculaires abaissées du point O sur les
deux droites mD , mD' comprises dans ce plan , les droites Sq, Sq' sont
les perpendiculaires abaissées du point S sur ces droites mD , mD' ; et
ces perpendiculaires sont égales , puisque Oq= 0q' .
Sq. Pareil-
On a dans le triangle SqD , rectangle en q , sin mDS = SD
Sq
'
lement , sin mD'S = š , d'où , à cause de Sq= Sq' ,
sin mDS SD'
=
sin mD'S SD
Il vient donc
mp mD SD'
mp
' mD'`SD

mD
Le rapport D est constant, par la propriété connue du cercle ; SD,
SD' sont constantes; le rapport mp
MP
, est donc constant, quelle que
'
soit la position du point m sur la circonférence du cercle. Ce qu'il
fallait démontrer.
Le rapport des sinus des angles que la droite Sm fait avec les deux
droites SD , SD' est le même que celui des perpendiculaires mp , mp' ;
ce rapport des deux sinus est donc constant. On conclut donc , de ce
que nous venons de démontrer , ce théorème :
THÉORÈME I. Si , autour de deux droites fixes situées dans un
méme plan , on fait tourner deux plans rectangulaires ;
PURES ET APPLIQUÉES . 327
1º . La droite d'intersection de ces deux plans décrira un cône du
second degré;
2° . Les plans des sections circulaires de ce cône seront perpendicu-
laires aux deux droites fixes , respectivement ;
3º. Si dans le plan de ces deux droites , et par leur point de ren-
contre , on mène deux autres droites qui soient conjuguées harmoniques
par rapport aux deux premières, les sinus des angles que chaque arète
du cônefera avec ces deux nouvelles droites seront entre eux dans une
raison constante .

Nous pourrions exprimer cette troisième partie du théorème , en


disant que les distances de chaque point de la surface du cône , aux
deux nouvelles droites , sont entre elles dans un rapport constant.
Quand on a un cône du second degré, si par son sommet on mène
des droites perpendiculaires à ses plans tangents, ces droites forment
un second cône qui est aussi du second degré , et qui jouit de cette
propriété réciproque, que ses plans tangents sont perpendiculaires aux
arètes du premier (*). Ces deux cones sont dits supplémentaires l'un
de l'autre. Leur considération sert pour doubler les propriétés des
cônes du second degré , de même que le triangle réciproque , ou sup-
plémentaire, sur la sphère , sert pour doubler , ou dualiser, les propo-
sitions sphériques. Une propriété très importante de deux cônes sup-
plémentaires , dont nous allons faire usage , c'est que les lignesfocales
de l'un sont perpendiculaires respectivement aux plans des sections
circulaires de l'autre(**).
D'après cela , le théorème énoncé ci-dessus nous donne , par la con-
sidération du cône supplémentaire , le suivant :
THÉORÈME II. Étant donnés deux plans fixes , si un point de leur
intersection commune est pris pour le sommet d'un angle droit mobile,
dont les côtés se meuvent dans les deux plansfixes respectivement ;

(*) Nous avons donné la démonstration de cette proposition dans notre Mémoire
sur les propriétés générales des cónes du second degré.
(**) Voir le Mémoire cité ; page 13. Les lignesfocales d'un cône du second degré
sont deux droites qui jouissent de propriétés analogues à celles des foyers dans les
coniques.
42..
328 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
1º. Le plan de cet angle droit enveloppera un cône du second
degré ;
2°. Les lignes focales de ce cônc seront perpendiculaires aux deux
plansfixes , respectivement ;
3°. Si par la droite d'intersection de ces deux plans on mène deux
autres plansfixes qui soient conjugués harmoniques par rapport aux
deux premiers (*) , les sinus des angles que le plan de l'angle mobile
fera avec ces deux nouveaux plans seront entre eux dans un rapport
constant .

En observant que, dans un angle trièdre , les sinus des angles plans
sont entre eux comme les sinus des angles dièdres opposés , on voit
qu'on pourrait donner à la troisième partie de chacun des deux theo-
rèmes précédents un autre énoncé.
Les propriétés des cônes du second degré donnent toujours lieu à
des propriétés correspondantes des coniques sphériques. On a appelé
ainsi les courbes à double courbure qui résultent de l'intersection d'une
sphère par un cône du second degré qui a son sommet au centre de la
sphère. Ce sont des lignes de courbure du cône . Ces courbes ont des
foyers qui sont les points où les droites focales du cône percent la
sphère. Les plans menés par le sommet du cône , parallèlement
aux plans de ses sections circulaires , coupent la sphère suivant
deux grands cercles qui jouent , par rapport aux coniques sphé-
riques , un rôle aussi important que celui de leurs foyers. Nous avons
appelé ces arcs de grands cercles les arcs cycliques de la courbe (**),
à cause de la dénomination de plans cycliques que nous avions adoptée
pour les plans menés par le sommet d'un cône , parallèlement aux
plans de ses sections circulaires. Les propriétés des arcs cycliques d'une
conique sphérique sont nombreuses. Plusieurs sont analogues aux pro-
priétés des asymptotes dans les coniques planes. Par exemple , le trian-

(*) Deux plans C, D, menés parl'intersection de deux premiers plans A ,B, sont dits
sinC, A sin D , A
conjugués harmoniques parrapport à ceux-ci, quand on a
sin C, B sin D , B
(**) Mémoire deGéométrie sur les propriétés générales des coniques sphériques;
in-4°, 1831 , Bachelier.
PURES ET APPLIQUÉES. 529
gle formé par les deux arcs cycliques et l'arc de grand cercle tangent
à la conique en un quelconque de ses points , a sa surface constante.
Ces définitions étant admises , les deux théorèmes démontrés ci-des-
sus donnent les deux suivants :
Théorème III. Étant pris sur la sphère deux points fixes , si autour
de ces deux points on fait tourner deux arcs de grands cercles , fai-
sant entre eux un angle droit ;
1 °. Le point d'intersection de ces deux arcs décrira une conique
sphérique ;
2° . Les arcs cycliques de cette courbe seront dans des plans perpen-
diculaires aux rayons de la sphère qui aboutissent aux deux points
fixes ;
3º . Si , sur l'arc de grand cercle qui joint ces deux points , on prend
deux autres points, qui soient conjugués harmoniques par rapport aux
deux premiers (*) , le rapport des sinus des arcs menés de chaque
point de la conique à ces deux nouveaux points , sera constant.
Théorème IV . Étant donnés sur la sphère deux arcs de grands
cercles fixes , si l'on fait mouvoir un arc de grand cercle égal à un
quadrant , de manière que ses deux extrémités glissent sur les deux
arcsfixes ;
1 °. Cet arc mobile enveloppera une conique sphérique ;
2°. Lesfoyersde cette courbe seront les pôles des deux arcs de grands
cerclesfixes ;
3°. Si, par le point d'intersection de ces deux arcs , on mène deux
arcs de grands cercles , conjugués harmoniques par rapport aux deux
premiers (**) , les sinus des inclinaisons du quadrant mobile sur ces

(*) Deux points c , d, pris sur l'arc de grand cercle qui passe par deux points
donnés a , b , sont conjugués harmoniques par rapport à ces deux- ei , quand on a
sin ca sin . da
sin cb sin. db

(**) Deux arcs de grands cercles C, D, menés par le point d'intersection de deux
autres arcs de grands cercles A , B , sont conjugués harmoniques par rapport
à ceux-ci , quand on a
sin . C, A sin . D , A
sin C, B sin . D ,B
330 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
deux nouveaux arcs , seront entre eux dans un rapport constant.
Maintenant considérons deux droites situées d'une manière quel-
conque dans l'espace, et faisons tourner autour d'elles deux plans rec-
tangulaires; la surface engendrée par leur droite d'intersection devient
un hyperboloïde; et les analogies que nous avons trouvées , dans le
théorème I , entre le cône et le cercle , se conservent dans cet hyper-
boloïde .
Voici le théorème qui les exprime :
THÉORÈME V. Si , autour de deux droitesfixes , situées d'une ma-
nière quelconque dans l'espace, onfait tourner deux plans rectangu-
laires ,
1º . La droite d'intersection de ces deux plans engendrera un hyper-
boloïde à une nappe ;
2°. Les plans des sections circulaires de cet hyperboloïde serontper-
pendiculaires aux deux droites respectivement ;
3º. On pourra mener, d'une infinité de manières , deux autres
droites dans l'espace, telles que les distances de chaque point de l'hyper-
boloïde à ces deux droites seront entre elles dans un rapport constant.
En effet , concevons un plan transversal perpendiculaire à l'une des
deux droites fixes , autour desquelles tournent les deux plans rectan-
gulaires ; il coupera ces deux plans suivant deux droites qui seront rec-
tangulaires , comme dans le cas où les deux droites fixes sont situées
dans un même plan. Donc la droite d'intersection des deux plans mo-
biles s'appuie sur la circonférence de cercle située dans le plan trans-
versal , et qui a pour diamètre la droite qui joint les deux points où ce
plan rencontre les deux droites fixes. Or, cette droite d'intersection des
deux plans mobiles s'appuie sur les deux droites fixes. On conclut de
là qu'elle engendre un hyperboloïde; car prenons trois positions de
cette droite génératrice , et considérons-les comme les trois directrices
d'un hyperboloïde ; cet hyperboloïde passera par les deux droites fixes,
puisque ces trois directrices s'appuient sur ces deux droites; de plus ,
cet hyperboloïde passera par la circonférence du cercle , parce qu'il
passera par cinq points de cette courbe, qui sont ceux où les deux
droites fixes et les trois positions de la droite mobile , prises pour di-
rectrices de l'hyperboloïde , s'appuient sur cette circonférence. Ainsi ,
cette circonférence est tout entière sur l'hyperboloïde. Il en résulte
PURES ET APPLIQUÉES. 331
que la droite d'intersection de deux plans rectangulaires quelconques,
menés par les deux droites fixes , a trois points communs avec l'hy-
perboloïde ; lesquels points sont situés sur la circonférence et sur les
deux droites fixes; cette droite est donc tout entière sur l'hyperbo-
loïde .
Ainsi, il est démontré que quand deux plans rectangulaires tour-
nent autour de deux droites situées d'une manière quelconque dans
l'espace , leur droite d'intersection engendre un hyperboloïde à une
nappe dont les sections circulaires sont dans des plans perpendicu-
laires aux deux droites respectivement.
MM . Hachette et Binet , en démontrant par l'analyse la première
partie de ce théorème (Correspondance polytechnique , t. II , p. 71 ) ,
avaient bien remarqué que l'hyperboloïde n'était pas d'une construc-
', rapportée à ses trois axes prin-
tion générale , parce que son équation
cipaux ne contenait que deux constantes. Mais ces deux géomètres
n'avaient pas recherché à quel fait géométrique répondait ce résultat
de l'analyse. Notre démonstration montre que le caractère particulier
de l'hyperboloïde consiste en ce que les plans de ses sections circu-
laires sont perpendiculaires respectivement à deux génératrices.
L'hyperboloïde jouit de cette autre propriété caractéristique, que
chacun de ses points a ses distances à deux droites fixes dans un rap-
port constant; et il existe une infinité de systèmes de deux droites
pour lesquelles cela a lieu ; de sorte que le rapport étant donné , les
deux droites pourront être déterminées....
Cette proposition est la troisième partie du théorème que nous
avons énoncé; en voici la démonstration.
Soit 00' la droite qui mesure la plus courte distance des deux
droites ΟΑ , ΟΑ' , autour desquelles on fait tourner les deux plans
rectangulaires. Par cette droite 00' menons le plan perpendicu-
laire à la droite OA ; il coupera l'hyperboloïde suivant une circonfé-
rence de cercle Omo' , ainsi que nous l'avons démontré.
Soit u un rapportdonné; sur la droite 00', et sur son prolongement,
OD O'D
je prends deux points D, D', tels que l'on ait OD O'D = ; et par
ces deux points , respectivement , je mène deux droites DB , D'B',
perpendiculaires à la droite OO' , et telles que l'on ait
332 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
sin(OA , DB) sin (O'A' , DB)
sin(OA , D'B')
=

sin (O'A' , D'B')


μ (*) ;

je dis que ces deux droites DB , D'B', jouiront de cette double pro.
priété :
1 °. Que le rapport des distances de chaque point m de la circonfé-
OD
rence Omo', à ces deux droites, est constant et égal à OD' = μ ;
2°. Que le rapport des distances de chaque point de l'une quelconque
des deux droites OA , O'A', à ces deux mêmes droites DB, D'B', est
aussi constant, et égal à μ .
En effet , la perpendiculaire abaissée du point m sur la droite DB est
égale à [Link] (Planche I, fig. 3) ; et la perpendiculaire abaissée
du même point sur la droite D'B' est égale à mD'.sin . mD'B' . Le rap-
port de ces deux perpendiculaires est donc égal à
mD [Link]
mD' sin . mD'B''

Or, on a dans l'angle trièdre dont les trois arètes sont DO, Dm, DB', et
dont l'angle plan ÓDB est droit, [Link]=[Link] . (mDO,ODB).
Pareillement ,
[Link]'B' = [Link]'[Link] . (mD'O , OD'B').
[Link] [Link] cos . (mDO , ODB)
=
Donc , cos . mD'B' [Link]'O

cos . (mD'O, OD'B' ) *


[Link] mD' OD'
On a = const. =
[Link]'O mD
cos . (mDO , ODB) sin ( OA , DB) OD
= =
et sin (OA, D'B') OD'
cos. (mDO , OD'B')

(*) On voit que cela se réduit à prendre deux points D , D', tels que le rapport
des distances de chacun des deux points O , O', à ces deux points , soit égal à μ ;
et quant à la direction des droites DB, D'B', qu'on mène par le point O une paral-
lèle Oa' à O'A', et qu'on cherche deux droites, Ob, Ob', telles que le rapport des dis-
tances de chaque point de l'une quelconque des deux OA, Oa', à ces deux droites,
soit égal à ; les droites DB, D'B' devront être parallèles à Ob , Ob', respectivement.
Les deux points D, D', sont conjugués harmoniques par rapport aux deux 0, 0';
et les deux droites Ob, Ob', sont conjuguées harmoniques par rapport aux deux
OA, Oa'.
PURES ET APPLIQUÉES. 333

[Link]
Donc, [Link]'B'
= 1 ,

Donc les angles mDB et mD'B' sont égaux , et l'on a .....


sin mDB= sin mD'B' ; et par conséquent le rapport des perpendicu-
laires abaissées du point m sur les deux droites DB , DB', est simple-
mD OD
ment =
= μ . C. Q. F. P.
mD' OD
'

Maintenant il nous faut prouver que les distances d'un point quel-
conque a , de la droite OA , aux deux droites DB , D'B', sont encore
OD
entre elles dans le rapport OD •

Que d'un point a de OA on abaisse une perpendiculaire aq sur Db


parallèle à OA, du point q une perpendiculaire qp sur DB ; ap seraper-
pendiculaire sur DB ; et l'on aura dans le triangle apq rectangle en q ,
-2 -2 2

ap= aq + qp = aq + [Link].
Pareillement ap' étant la perpendiculaire abaissée du point a sur la se-
conde droite D'B', on aura i

2 2

ap' = aq + q'p' = aq''+ q'D' sin . q'D'B'.


[Link] OD
Or on a =
sin.q'D'B' OD; aq = OD , aq' = OD' ;
il vient donc
2
2

ap²= OD + a . [Link] , 2 2
2 2
OD' 2 2

et ap = OD + ao 2
sin
sin* .qDB= OD
OD [OD + a0 . [Link]] ;
OD
2
-
-3 -2

[Link].
OD
OD
D'où ap OD' C. Q. F. D.
ap

Il résulte de là , sans qu'il soit besoin d'une nouvelle démonstra-


tion , que les distances d'un point quelconque de la seconde droite O'A',
OD
aux deux droites DB, D'B', sont aussi entre elles dans le rapport OD
Ainsi il est prouvé que, si l'on demande le lieu géométrique d'un
SEPTEMBRE 1836.
43
534 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
point dont les distances aux deux droites DB , D'B' soient entre elles
dans le rapport de OD à OD', ce lieusera une surface qui passera par
les deux droites OA , O'A', et par la circonférence de cercle OmO'. Or
ce lieu sera évidemment une surface du second degré, parce que la
formule de géométrie analytique qui donne le carré de la distance d'un
point à une droite, contient les coordonnées de ce point au second
degré; ce lieu sera donc un hyperboloïde à une nappe, passant par
les deux droites OA , O'A', et par la circonférence de cercle OmO'. Mais
il n'existe qu'un hyperboloïde qui satisfasse à cette double condition ,
c'est celui qui est engendré par l'intersection de deux plans rectangu-
laires tournant autour des deux droites OA , O'A' ; donc cet hyperbo-
loïde jouit de la propriété que les distances de chacun de ses points aux
deux droites DB , D'B' sont entre elles dans un rapport constant.
Ainsi le théorème V est démontré.
On prouverait aisément que chaque point de la droite Oa' , me-
née parallèlement à la droite O'A', a ses distances aux deux droites DB,
D'B' , dans le rapport u; par conséquent cette droite est sur l'hyperbo-
loïde. Pareillement la parallèle à la droite OA , menée par le point O',
est sur l'hyperboloïde. On conclut de là que les plans tangents à l'hy-
perboloïde , aux points O , O', sont parallèles entre eux et perpendicu-
laires à la droite 00' ; ce qui prouve que ces points sont deux som-
mets de la surface .
PURES ET APPLIQUÉES . 335

www

Démonstration du Parallélogramme des Forces ;


PAR M. AIMÉ .

1er LEMME. Si deux forces égales sont appliquées au point o (Planche


I, fig. 4) , leur résultante, qui divisera leur angle en deux parties
égales , sera d'autant plus petite que l'angle approchera plus de deux
droits.
Considérons en effet les deux angles P'oP" et PoP"", tels qu'ils soient
divisés en deux parties égales par la droite AB , et que l'on ait
PoP " P'oP" ; si l'on applique quatre forces égales suivant les direc-
tions des côtés de ces angles et qu'on les représente par les lignes oP,
OP' , oP", oP ", la résultante des deux forces OP, OP' sera dirigée suivant
OR et celle des deux autres suivant oR'. Or, puisque l'angle RoR' est di-
rigé du côté de oA, la résultante totale tombera sur oA; ce qui prouve
clairement que les deux forces oP, OP " ont une résultante plus grande
que celle des deux forces oP', oP".
2º LEMME. Le rapport entre la résultante de deux forces égales et
l'une des composantes est constant , quand l'angle des forces ne variant
pas , on fait seulement varier la grandeur des forces.
Cela estévidentdans le cas desforcescommensurables,Supposons donc
deux forces égales appliquées au point A (Planche I, fig. 5), représen-
tées en grandeur par les lignes AC , AC', et incommensurables avec
l'unité de force. Considérons deux forces AB , AB' égales et commen-
surables et supposons que dans ce cas on sache que leur résultante est
représentée par 2A0, je dis que l'on pourra en conclure que la résul-
tante de AC , AC' est représentée par 2A0' . Car si la résultante était re-
présentée en grandeur par 2A0", on pourrait prendre une unité de force
assez petite pour qu'en la portant sur AC et AC' un même nombre de
fois, on obtint deux forces égales AD et AD', dont la nouvelle résultante
2A0 " se trouvat comprise entre Ao" et Ao' . On arriverait donc à une
43..
336 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
absurdité, car la résultante des deux forces AD et AD' ne peut être
plus grande que celle des deuxforces AC , AC' .
3º LEMME. Soient quatre forces égales P, P', P", P'" (fig. 6) appli-
quées au point S; appelons a chacun des deux angles égaux PSP" et
PSP' ; désignons par 6 l'angle P"SP " . Alors l'angle PSP' sera égal à
6 + 2a. Divisons chaque angle a en deux parties égales par les droites
SA , SA' ; l'angle ASA' sera 6+ a. Divisons en deux parties égales
l'angle 6 par la droite So. Cette construction étant effectuée, je veux
établir que si pour trois quelconques des quatre angles a, 6, 6+ a ,
6+ 2a , la résultante de deux forces égales est représentée par la dia-
gonale du parallélogramme construit sur les côtés qui représentent
les forces , elle le sera aussi pour le quatrième .
En effet , menons PoP', Ao'A', P"o"P"". Nous avons par construction
4So'= 2S0 + 2S0" ; or, dans tous les cas , nous devons avoir la résul-
tantedes quatre forces P, P', P", P " égale à celle des deux résultantes
de P, P" et P', P ". Si donc le parallélogramme des forces est vrai par
exemple pour les trois anglesa, 6, 6+a , il sera vrai pour 6+ 2a.
Car soit x la grandeur de la résultante pour l'angle 6+ 2a: on aura
4So'=x+ 2So", d'où l'on tire x= 2So . C. Q. F. D.
4° LEMME. Si la résultante de deux forces égales faisant entre elles
un angle 2a est représentée en grandeur et en direction par la diago-
nale du parallélogramme construit sur les côtés qui représentent ces
forces, la même chose aura lieu pour un angle moitié moindre a.
Pour le prouver, faisons 6= o dans la figure 6 qui se change alors
dans la figure 7. Je dis que 2SA représentera la résultante des deux
forces égales P, P " comprenant entre elles un angle a. En effet, repré-
sentons par 2x la grandeur inconnue de cette résultante qui divise
l'angle PSP" en deux parties égales : 2x sera aussi la résultante des
forces P', P" : la résultantedes forces 2x dirigées suivant SA, SA' , n'est
autre chose que la résultante totale 4So' ; l'angle ASA' est d'ailleurs
égal à a comme l'angle PSP" : en vertu du 2º lemme, nous pouvons donc
4So' 2x, So
' SA
poser 2x
=
Sp'; et puisque l'on a SA =
SP, il en résulte x= SA ,
C. Q. F. D.
Ces quatre lemmes étant établis , nous pouvons démontrer faci-
lement le théorème suivant :
Théorème. Si deux forces Pet P' faisant entre elles un angle a,
PURES ET APPLIQUÉES . 337
sont appliquées à un même point , la résultante de ces deux forces sera
représentée en grandeur et en direction par la diagonale du parallélo-
gramme construit sur les lignes qui représentent en grandeur et en
direction les forces données .
Pour le démontrer, je vais distinguer deux cas : d'abord celui de
deux forces égales; ensuite celui dedeux forces inégales...
1 ** Cas. Nous avons, établi dans le quatrième lemme, que si deux
forces égales faisant un angle a déterminé, ont leur résultante repré-
sentée par la diagonale du parallélogramme construit sur les forces,
pour un angle moitié moindre la résultante sera aussi représentée par
2

la nouvelle diagonale. Il en sera évidemment de même pour ,


.... , et pour . Dans le troisième lemme, faisons 6 = 0, et nous
verrons que si le théorème du parallélogramme des forces est vrai
pour un angle a, il sera vrai pour 2a : faisons ensuite 6 = a , et nous
verrons qu'il est vrai pour 2a : faisons 6= 2a, et nous verrons qu'il
est vrai pour 3a, puis enfin pour na. Ainsi le théorème sera vrai pour
Na

2m , si l'on peut trouver pour a une certaine valeur différente de zéro

qui satisfasse aux conditionsdu théorème. Or, dans le cas de trois forces
égales situées dans un même plan et faisant entre elles des angles de
120°, le théorème a lieu évidemment. Donc il est généralement vrai
pour un angle dont la valeur numérique peut se mettre sous la forme
n × 120°
2.m Je dis maintenant qu'il est encore vrai même pour un angle
dont la valeur numérique ne serait pas réductible à cette forme. En
effet, supposons que pour l'angle P"SP " (fig. 6) , la résultante au lieu
d'être 2S0" soit plus petite et représentée par 2So ". Nous pourrons
trouver un angle PSP' de la forme n×120°
2m et tel que sa résultante
2So soit plus grande que 2S0 "; or d'après le 1 ** lemme, l'angle PSP'
étant plus ouvert que P"SP", il correspond àune résultante plus pe-
tite. Nous voyons donc que notre supposition nous conduit à une ab-
surdité. On ferait voir de même que la résultante ne peut être plus
grande que 2S0". Donc elle lui est égale.
338 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
Nous avons dit que le théorème avait lieu évidemment pour l'an-
glede 120°: on peut faire voir àpriori, qu'ila encore lieu pour une in-
finité d'angles. En effet , supposons les trois angles P"SP', PSP", ASA'
égauxchacun à 120° (fig. 7). Faisons tourner l'angle P"SP autour de
SA , comme charnière , de manière que son plan devienne perpendi-
culaire à celui de la figure. Faisons tourner de même P'SP"" autour
de SA' . Les deux forces P' et P" feront alors un certain angle pour le-
quel je dis que le théorème a lieu. En effet, les résultantes de P', P" et
de P, P " sont égales entre elles; de plus leur somme est égale à celle des
deux forces 2SA , 2SA', où à 4So' . Or, 2So' est précisément la diago-
nale du parallélogramme construit sur P etP" et aussi de celui cons-
truit sur P', P". On pourrait répéter la même opération en se servant du
nouvel angle PSP " et l'on voit que l'on aurait une infinité d'angles
différents avant d'arriver à un angle égal àdeux droits.
e

2º Cas. Il reste à examiner le cas de deux forces inégales faisant


entre elles un angle quelconque.
Représentons par BS et SA (fig.8) la grandeur et ladirectiondes deux
forces données. Cherchons la résultante de ces deux forces. Pour la
trouver,nous pouvons appliquer sur BS une autre force égale à BS, sur
SA une autre force égale à SA.
Dans ce nouvel état, la résultante totale aura la direction et une
grandeur double de la première résultante. Or je dis qu'on peut faci-
lement trouver cette nouvelle force. En effet par SA, supposé plus pe-
tit que BS, nous pouvons mener un plan perpendiculaire à celui du
triangle BSA , et construire sur la ligne CC' perpendiculaire à SA un
triangle isoscèle dont les deux côtés soient égaux chacun à BS. Nous
pourrons remplacer les deux forces SA par les nouvelles forces SC ,
SC'. Combinons maintenant BS avec SC : nous aurons une résultante
égale à 2SD ; de même BS et SC' nous donneront 2SD' égal à 2SD.
Donc la résultante totale est égale à 450; donc dans le cas de deux
forces quelconques faisant un angle aussi quelconque entre elles , la ré-
sultante est égale à la diagonale du parallélogramme construit sur les
côtés qui représentent les forces en grandeur et en direction.
PURES ET APPLIQUÉES . 339
wwmwmwwmmwww

d'v Pdy Qdy


Intégration de l'équation P+ dem +
dx
+ etc. V,
dx

dans laquelle on suppose p, q, m, n, etc., des nombres


entiers ; P, Q, etc. des coefficients constans et V une
fonction quelconque de la variable indépendante x;
PAR A.-M. FAVRE-ROLLIN (*)..

Pour plus de simplicité, nous supposerons qu'il y a dans le pre-


mier membre de l'équation proposée trois termes seulement : le lec-
teur verra sans peine que notre méthode reste la même quel que soit
le nombre des termes de ce premier membre.
P

d'y Pdmy Qday V..


Soit donc l'équation P + de + do (1)
9
dx

Je prends la différentielle à indice 9


de chaque membre , et je trouve
2P m+ P n+P P
9
dy Pd Qdy
Qd y = dv
ap
+ +
m+2 n+
१ 9
dx9 dx dx dx

ce qui revient à
2p P P

day Qd d'y = dv
2p + (dxm + dx) P P
(2)
dx dx dx

Substituant dans l'équation (2) la valeur de d'y tirée de l'équation (1),


on a

(*) J'ai traité cette question et d'autres plus générales dans un Mémoire destiné
au prochain cahier du Journal de l'Ecole Polytechnique. ( J. LIOUVILLE.)
340 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
2p P
dq Pdm dV
Qday
2p +( ++ )) (V
dx -P
( -- dxm dxn )= 9
P
,

dx9 dx

ou bien
2p P

d'y dV Pdm
2p
(Padamy+
[Link] 2PQ + y +Qadiny
dxan P
-

+ ) V,
dx9 dx

équation que je mets sous la forme


2p P

d' y 9
dav Pdm
2p -( + dxm dxn ) P -( + ) , (5)
dx9 dx9
2

en observant que les exposants du développement de( + dx ),


par rapport aux quantités dmy , day devront porter sur les indices de
dx

différentiation , et non sur ces quantités elles-mêmes , et indiqueront


combien de fois les indices met n doivent être répétés et non combien
defois duy, dxn
dxm day doivent être multipliés par eux-mêmes.
Traitant l'équation (3), comme on a traité l'équation ( 1 ) , on arri-
vera facilement à la nouvelle équation
3p ap P
9
Pdmy dº V Pdm
( +QddV 2

3p +( dxm + )= 2P
-

drm P
+(Pam + dx
d) .
dx dx dx

En continuant ainsi l'on aura, si q est un nombre entier, l'équation


finale
(9-1 ) APP (9-2) (9-3)
9
P d Pdm Pdm Qd d V
9. +....
d'y+ Pdmy Qdmy 9
= (9-1)P
( dx
(9-2)9
dxm +dx
(9-3)
dxm dxn 96 33 9
dx dx dz
9.P

dx 9 Pdm
V
৮৩০০
95 dæm + dx ausa facultada

facile à intégrer, puisque la variable y n'est plus affectée de diffé-


rentielles à indices fractionnaires. ( Le signe + devra être pris si q
est impair, et le signe- devra l'être si q est pair.)
PURES ET APPLIQUÉES. 341

ww
www w

NOTE

Sur la résolution des Équations numériques ;


PAR M: VINCENT (*) .

1. Dans une note qui m'est commune avec M. Bourdon , et qui fait
partie de la sixième édition de sonAlgèbre, il a été démontré que Si dans
une équation numérique rationnelle en x dépourvue de racines égales,
onfait successivement, et conformément au procédé de Lagrange ,
I I I
X = aa+ x' = b + x" = c + ……… .. ,
on parvient toujours par la suite des transformations , et quels que
soient d'ailleurs les nombres a, b , c ... [supposés toutefois positifs
et > 1 ] , à une équation transformée qui se trouve dans l'un de ces
deux cas : ou de ne plus avoir que des permanences, ou de neplus offrir
qu'UNE variation; dans ce second cas, l'équation en x a une racine réelle
positive représentée par la fraction continue
I

a + I
,

b +
c+

etn'en a qu'une seule de cette valeur; le premier cas , au contraire ,


arrive toutes les fois que l'équation n'a aucune racine susceptible de
l'expression indiquée.
Non-seulement cette propriété des équations numériques , pro-

(*) Cette Note a déjà été publiée dans les Mémoires de laSociété royale de Lille
(année 1834) : dans l'intérêt des professeurs , nous avons cru devoir la réimprimer
ici, avec quelques additions que l'auteur y a faites depuis. J. L.
OCTOBRE 1836. 44
342 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
priété exclusivement inhérente à la réduction de leurs racines réelles
en fractions continues , est tout-à-fait suffisante, ainsi qu'on peut le voir,
pour conduire à la séparation de ces racines , comme naturellement ,
c'est-à-dire sans que l'on soit obligé de déterminer à priori leur quotité
ou de leur assigner des limites (*) , et pourvu seulement qu'afin de
s'épargner une infinité d'essais inutiles , on se laisse diriger dans le
choix des nombres a , b , c , .... par le théorème de M. Budan (**) ;

(*) Qui ne connaît aujourd'hui le beau théorème découvert par M. Sturm sur
les limites des racines ? .... Bien que la méthode de résolution proposée dans ce
qui va suivre, en soit absolument indépendante , toute complète et rigoureuse
qu'elle nous paraisse , le théorème de M. Sturm n'en est pas moins d'une extrême
importance à nos yeux , pour la facilité avec laquelle il permet de reconnaître à
priori le nombre et les limites des racines réelles ; et sous ce rapport il offrira
toujours un puissant auxiliaire à toutes les méthodes de résolution , quelques
avantages qu'elles puissent d'ailleurs présenter. Il ne faut pas perdre de vue ,
au surplus , que l'emploi du procédé de M. Sturm se trouve tout préparé par
les opérations nécessaires à la séparation préalable des racines égales .
(**) Ce théorème peut être énoncé comme il suit :
Si , dans une équation en x que nous représenterons par f(x) = o , on fait
alternativement x = p + x' , x = q + x" , pet q étant deux nombres réels de
signes quelconques , et tels que l'on ait p < q [c'est-à-dire que p soit le plus rap-
proché de l'infini négatif , et q le plus rapproché de l'infini positif ] : -1 ° La
transformée en x' = x -p ne peut avoir moins de variations que la trans-
formée en x" = x - q ; - 2º le nombre des racines réelles de l'équation f(x) = 0 ,
comprises entre pet q, ne peut jamais surpasser celui des variations perdues
dans le passage de la transformée en (x- p) à la transformée en (x - q) ; --
3º quand le premier nombre est moindre que le second, la différence est tou-
jours un nombre pair.- [Dans le cas particulier où l'un des nombres p , q , serait
nul , la transformée correspondante devrait être remplacée par la proposée elle-
mème] .
Fourier, qui était parvenu de son côté au même théorème , et qui en a donné ,
dans son Analyse des équations , ouvrage publié après sa mort par M. Navier,
une démonstration différente de celle de M. Budan , l'énonce d'une autre ma-
nière qui revient à-peu-près à la suivante :
Si dans la suite des (m+ 1) fonctions f(x) , f' (x) , f (x) ... , f( m)(x) , on substitue
alternativement à la place de x deux nombres réels quelconques p, q [pétant <q] ,
et que l'on représente par P, Q, les deux suites de nombres résultant respective-
ment de ces substitutions : - 1º La suite P ne peut présenter moins de variations
que la suite Q ; -

2º le nombre des racines réelles de l'équation f (x) = 0 ,


PURES ET APPLIQUÉES. 343
mais en outre, la même propriété fournit un caractère au moyen duquel
on peut reconnaître d'une manière certaine quand cette séparation
est complétement effectuée. Pour ces deux raisons , j'ai pensé qu'il ne
serait pas sans intérêt de reprendre ici la proposition énoncée, et de
faire voir comment elle peut se déduire de la théorie des fonctions dé-
rivées , indépendamment de l'algorithme particulier sur lequel repo-
sait sa première démonstration .
Ensuite , m'appuyant sur la propriété citée et profitant des travaux
de M. Budan et de ceux de Fourier, j'indiquerai , pour résoudre les
équations , un procédé mixte qui , réunissant autant que possible , la
rapidité de la méthode de Newton avec la sûreté de celle de Lagrange,
me paraît offrir les avantages de l'une et de l'autre sans en avoir les
inconvénients .
2. Supposons donc , pour démontrer la proposition énoncée ci-des-
sus (1 ) , que l'on ait effectué les substitutions successives
I I I
x =a + =
6+ c+ x
10
...
;

soient , deux réduites consécutives de la fraction continue qui

comprises entre pet q , ne peut jamais surpasser celui des variations perdues
dans lepassage de l'hypothèse x=p à l'hypothèse x= q ; -3° quand le premier
nombre estmoindre que le second, ladifférence est toujours un nombre pair.
Pour l'historique de ce théorème , ainsi que pour l'examen des avantages qu'il
présente dans les applications et les points de vue sous lesquels il pouvait laisser
quelque chose à désirer, nous renverrons aux Leçons d'Algèbre de M. Lefébure
deFourcy.
Il est surprenant que Fourier n'ait pas cherché, dans son ouvrage , à démontrer
la proposition qui fait l'objet principal de la présente note , et qui seule, à ce
qu'il nous semble , pouvait donner à sa méthode tout le degré de rigueur et de
précision dont elle est susceptible. Il a bien , à la vérité , dans les Mémoires de
l'Institut (année 1827), énoncé que la réduction en fractions continues devait
toujours effectuer la distinction des racines réelles et des racines imaginaires ; mais
il n'a donné aucune preuve de cette assertion , et n'a pas non plus expliqué de
quelle manière ce départ pouvait s'opérer. - [ D'un autre côté, l'on croit qu'une
proposition relative à cet objet se trouvait dans ses papiers. Il est à craindre que
lanouvelle perte que les sciences viennent de faire dans la personne de M. Navier ,
ne nous prive de ce document qu'il eût été intéressant de posséder . ]
44..
344 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
résulte de ces transformations , et y le dénominateur complet de la
fraction intégrante qui vient immédiatement après , de sorte que l'on
ait

x
qr + P :
q'r +p
'

l'équation transformée en y pourra alors être considérée comme le


résultat de la substitution immédiate de cette valeur de x dans l'équa-
tion proposée en x; de même que réciproquement , en éliminant y
entre cette transformée et la valeur precédente de x, on retomberait
sur l'équation primitive.
Cela posé, considérons les facteurs réels du premier et du second
degré de l'équation en x; examinons les facteurs eny qui leur corres-
pondent respectivement dans l'équation en y; et par suite voyons
quelle forme prendra cette dernière équation elle-même.
Soit d'abord un facteur réel du premier degré (x - a). Il en
résultera
qy + P
= α;
q'r + P'
d'où

1 - a) +p - a) = 0.
Or, pour que ce facteur du premier degré en y puisse avoir une
variation [et , par conséquent, en introduire au moins une dans l'équa-
tion en y] , il faut et il suffit que la racine a soit comprise entre les deux
réduites consécutiveset ; et comme ces réduites , quelles que
soient les fractions intégrantes successives avec lesquelles on les forme,
tendent continuellement vers l'égalité puisque leurs différences con-
sécutives vont sans cesse en diminuant , il s'ensuit qu'après un certain
nombre de transformations , une seule des valeurs de x [supposées
toutes inégales entr'elles] , pourra rester comprise entre deux réduites
consécutives, lesquelles représenteront alors des valeurs de plus en
plus approchées de cette racine.
Soit maintenant un facteur réel du second degré , tel que
2

[ (x − a) + βº) ],
PURES ET APPLIQUÉES . 345
correspondant à un couple de racines imaginaires
x = α = β ν- 1 .
Il en résultera
qy + p
i'r+ p
'
= a + β - 1;

ce qui donnera le facteur double du premier degré :


P
1[ - (a ≠ β√ - 1)] + [ (a ± BV -1)] ,
et par suite le facteur réel du second degré :
2

q* [ ( - α) + β ]
+ 2qp [( - ) ( - α) + βα] , a

P
+p [ ( -a) + βα].
Or , pour que ce facteur puisse introduire des variations dans
l'équation eny, il faut nécessairement que l'on ait :

( -α) ( - α ) + β* < 0;
ce qui exige deux conditions : la première , que a ou la partie réelle
des deux racines , soit comprise entre les deux réduites consécutives
Betz; la seconde, que lecarré de ẞ oudu coefficientde V
P I dans
-

ces deux racines, soit inférieur à la valeur numérique du produit

( - ) ( - α) , ,

I
età
plus forte raison, que ẞ soit
<ap'q,
2p puisque les valeurs numé-
riques des facteurs
+
( -a ) et - a)
forment une somme égale à
I
+ -
ou à
P
346 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
La première de ces deux conditions pourrait bien être remplie in-
définiment , et alors la série des réduites convergerait vers un nombre
égal à la quantité a; mais la seconde finira tôt ou tard par ne l'être
plus, puisque , les dénominateurs des réduites croissant indéfiniment ,
la différence de deux réduites consécutives peut devenir moindre que
toute quantité donnée.
Il résulte de là , que par la suite des calculs, on parviendra toujours
à une équation qui se trouvera dans l'un de ces deux cas: ou que
tous ses facteurs réels , tant du premier degré que du second, seront
composés de termes entièrement positifs ; ou bien que ces facteurs seront
positifs à l'exception d'un seul de la forme ( y - 4 ) , étant un
nombre positif et > 1. Dans le premier cas , l'équation n'aura évi-
demment que des permanences; dans le second, on sait déjà qu'elle
doit avoir un nombre impair de variations, et nous allons prouver
que ce nombre impair finit toujours par se réduire à un.- (Voyez
une Addition à la fin du cahier.
3. Pour cela, faisons un moment abstraction du facteur (y- φ)
et de tous ceux qui lui correspondaient dans les équations en
x, x , x" .... ; puis , dans le produit des autres facteurs de l'équation
en x , produit que nous appellerons X et que nous supposerons du
degré m , remplaçons x par
I
qr + p P१ - १४
= + =

4x+ p
' q q (a'x + p') q
' (q'r + p') '
ou simplement faisons x = k + u, en posant , pour abréger ,
=
± I1
et น.
q (q'r + p
')
Alors , en représentant par K, K', K" ..... K(m), ce que deviennent
respectivement le polynome X et ses dérivés successifs jusqu'à l'ordre
m inclusivement quand on y fait x + k, nous aurons identiquement :
K'u + K"u² Ku³ K(m)um
X = K+ I 1.2
+ 1.2.3
+ ....... + 1.2.3 ........ m

Or, la valeur de u peut se mettre sous la forme suivante :


1
+
i
,
u =
P y+ t
r+
PURES ET APPLIQUÉES . 547
en posant encore , pour abréger ,

250
12
i et = t;

donc nous aurons pour le développement de X ,


2
Κ΄ i K"
X =K+ 1
+ 1.2
2 + ..
..........

K(m) '
m
.........

+1.2.3..... m (r + t)m ;

d'où résultera , après la multiplication par (y + t)", lepolynome eny :


K'i K" i m- s
K( + t) + I
(x + t)m- ' + 1.2
(x + t) *+ . …………
K(m)im
......
+ 1.2.3 ..... m

± 1
Maintenant, la fraction i = १
qui entre dans ce polynome, dimi-
nue à mesure que le nombre des transformations se multiplie , et peut
devenir, par la suite du calcul, moindre que toute quantité donnée ; et
comme d'ailleurs le coefficient K conserve toujours une valeur finie,
attendu que par hypothèse l'équation primitive en x n'ayant pas de
racines égales, la quantité k ne saurait être la valeur approchée d'au-
cune racine du polynome X , il s'ensuit que les polynomes transfor-
més tendent sans cesse vers une limite , de la forme

K ( y + t) ;
c'est-à-dire [abstraction faite du coefficient K] , qu'ils approchent con-
tinuellement de la puissance me d'un binome dont le premier terme
est l'inconnue y de l'équation transformée , et le second terme une
t =
quantité numérique [t = ☐ égale au rapport du dénominateur
d'une réduite au dénominateur de la réduite suivante , rapport qui,
par conséquent , est toujours moindre que l'unité.
Mais on sait: - 1º que dans le développement de toute puissance
entière d'un binome, les coefficients vont en augmentant depuis les
deux termes extrêmes jusqu'au milieu.
348 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES.
Donc, dans le développement de K (y + t)" , en tenant compte
des puissances successives det , puissances qui vont en diminuant
puisque test < 1 , plus de la moitié des coefficients des puissances
successives et ascendantes de y vont en augmentant.
2º On sait encore que dans ce même développement de (y + t)",
le rapport de chaque coefficient au précédent , en avançant d'un
quelconque des deux termes extrêmes vers l'autre terme extrême,
I
va en diminuant , puisque la fraction m - n + n qui représente le
,

rapport du (n + 1) coefficient au n' , va elle-même en diminuant à


mesure que n augmente ; ou bien, ce qui est la même chose, le rap-
port de chaque coefficient au suivant va en augmentant.
Donc , en effectuant sur le polynome X [que nous supposerons,
pour fixer les idées , du 6º degré] , la série des opérations indiquées,
et poussant le calcul suffisamment loin, on arrivera toujours à un
polynome en y , tel que le suivant :
Py + Qy + Ry4 + Sy³ + Ty + Uy + V ,
dans lequel , les coefficients P, Q, R ..... étant tous positifs, on aura
en outre les deux inégalités continues :
1º Entre plus de la moitié de ces coefficients depuis Vjusqu'à P :
V < U < T < S ........ ;
2º Depuis le dernier terme jusqu'au premier :
V
<<<<< 음 .
Cela posé, en multipliant le polynome en y par le facteur (y - ),
on aura pour produit :
Py'
.6
+ ( Q - Po ) y
γ
5
+
+ (R-
(R - Q ) γ
+ ( S - Rφ ) γ4
+ ( - ) 3.
+ ( U - Tφ ) γ²
+ (V - Up) y ν . -
γ
PURES ET APPLIQUÉES. 549
Or, puisque d'ailleurs > 1 , on a d'abord
V < U < Uφ ,
U < T < Tφ ,
T < S < So ......... ;
d'où il résulte que toujours au moins la moitié des termes du produit
total, à commencer par le dernier , sont négatifs; et quant aux termes
de degrés plus élevés en y, un ou plusieurs d'entre eux peuvent être
encore négatifs ; mais dès quel'un d'eux est positif, les autres de degrés
plus élevés le sont aussi. Par exemple , si
S
S Ro , d'où Φ <R

il en résulte à fortiori :
R_QQP

< ,
d'où R > Qo ,

Φ< , d'où Q > Po ;

et de même des autres termes s'il y en avait davantage.


Ainsi , comme il fallait le démontrer, l'équation que l'on obtient
en égalant à zéro le polynome en y , ne peut avoir plus d'une varia-
tion; et d'ailleurs, à cause du premier terme qui est positif, on voit
qu'elle en a nécessairement une.
4. Examinons maintenant comment cette propriété des équations
peut servir à faciliter et à simplifier la recherche de leurs racines ; et
pour cela , expliquons d'abord en peu de mots le procédé auquel on est
naturellement conduit par le théorème de M. BUDAN , lorsqu'on veut
exprimer ces racines en fractions continues.
Soit , pour cela , l'équation générale :
f (x) = A + Bx + Cx + Dx³ + Ex ........ 0.
En posant x = a + x' , on aura pour transformée :
x3
f(a + x) = f(a) + f'(a) + f"(a) + f (a) 13
x'4
+ f (a) 1.3.4 ........ 0.

OCTOBRE 1836. 45
350 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
Alors , si l'on fait f (a) = A' ,
f (a)
I
= Β' ,
f" (a)
1.2
= C' ,
f (a)
1.2.3 = D' ,
fun (a)
= E' ,
[Link]

l'équation en x' pourra s'écrire ainsi :


Α΄ + Β'x' + C'x' +- D'x'³ + E'x' ....... 0.

De plus , si l'on suppose a = 1 , on aura simplement :


f (1) = A' = A + B + C + D + E ......
f' (1) = B'
I
= B + 2C + 3D + 4E ......
f" (1) = C' =
1.2 C + 3D + 6E ......
f (1) =D
1.2.3
=
D + 4E ......
f""(1) = E' = E......
[Link]

et généralement, quel que soit le degré de l'équation en x, on ob-


tiendra toujours facilement et à la seule inspection, les coefficients de
la transformée en x = (x - 1) , d'après la formule du Triangle
arithmétique.
La même règle qui sert à passer de l'équation en æ à l'équation en
(x- 1) , conduira de celle-ci à la transformée en (x - 2) , de là à la
transformée en (x - 3) .... ; et ainsi de suite.
On obtiendrait, pour la même équation et par un procédé pareil, les
transformées en (x+ 1) , (x+ 2) , (x + 3) , etc. , en observant
..

seulement de changer, dans chacune des sommes qu'exige le calcul


des coefficients A', B', C', D' ... , les signes de tous les termes de
rang pair .
PURES ET APPLIQUÉES. 351

5. Cela posé, admettons que l'on ait déterminé les coefficients des
transformées successives en (x1) , en (x2) , en (x3) ... , et
que l'on soit parvenu ainsi, d'une part à une transformée en (x-l) qui
n'ait-plus que des permanences , et d'autre part à une transformée en
(x+ l') qui n'ait plus que des variations.
Cette opération faite,onconnaîtles parties entières de toutes les ra-
cines réelles que l'équation en x a ou peut avoir.
En effet [les racines entières étant supposées déjà extraites] , pour
que deux nombres entiers consécutifs , a, ± (a+ 1 ) [a pouvant
d'ailleurs être nul], comprennent une racine ou plusieurs, il est néces-
saire , relativement aux racines positives , que la transformée en
(x - a) ait plus de variations que la transformée suivante en
(x - a - 1) , et pour les racines négatives , que la transformée en
(x + a) ait moins de variations que la transformée en (x + a + 1 ).
Mais ne nous occupons que des racines positives (*).
Si donc , dans le passage de la transformée en (x - a) à la trans-
formée en (x - a - 1 ) , un certain nombre de variations ont disparu,
alors seulement il y a lieu de supposer l'existence de racines réelles
comprises entre a et (a + 1 ) , en nombre égal au plus à celui des va-
riations perdues.
I

x -a =
Dans cette hypothèse , on pose ; et les coefficients de
l'équation en x' s'obtiennent en renversant simplement l'ordre des
coefficients de l'équation en (x- a) ( et changeant , s'il y a lieu et si
l'on veut, tous les signes , afin de rendre le premier positif]; puis on
calcule les coefficients des transformées en (x - 1), en (x - 2), en
(x -5) , ..... jusqu'à ce qu'on arrive à une transformée qui n'ait
plus que des permanences .
La valeur æ' devant être plus grande que l'unité pour toute valeur
réelle de x comprise entre a et (a+1 ), il s'ensuit qu'il ne sauraitexister
de pareilles valeurs de x si l'équation en (x - 1) n'avait déjà plus que

(*) Dans les applications , il est préférable pour la simplicitéde la méthode , de


ramener la recherche des racines négatives à celle des racines positives , en chan-
geant préalablement le signe de x dans l'équation proposée. Par ce moyen , on
évite le procédé de calcul des transformées en (x + 1 ) , (x + 2)....
45..
352 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
des permanences; et généralement, le nombre des racines réelles de
l'équation proposée , comprises entre a et (a + 1 ) , peut être tout au
plus égal à celui des variations de l'équation en (x - 1) .
Maintenant, pour qu'une valeur de x' [ou plusieurs] soit comprise
entre b et (b + 1), b étant un nombre entier positif au moins égal
à l'unité, il faut que , dans le passage de l'équation en (x'- b) à l'é-
quation en (x'- b - 1 ) , un certain nombre de variations aient dis-
paru ; et c'est seulement dans cette hypothèse que l'on peut supposer
des valeurs de x', en nombre égal au plus à celui de ces variations ,
comprises entre b et (b + 1 ) .
On fait alors x' - b = ; les coefficients de l'équation en x" s'ob-
tiennentencore enrenversant simplement l'ordre des coefficients de l'é-
quation en (x' -b) ; et l'on calcule de même les coefficients des trans-
formées en (x" - 1) , en (x" - 2) , en (x - 3) , ..., jusqu'à ce que
l'on parvienne à une transformée qui n'ait plus que des permanences .
En raisonnant sur x" comme on a raisonné sur x', on fait , s'il y
I I

a lieu , x" -c = puis x -


d ....... ; et ainsi de
X

suite.

On opère , d'ailleurs , comme il vient d'êtredéveloppé , pour tout


système de deux équations ou de deux transformées consécutives ,
entre lesquelles il a disparu des variations [sans tenir compte ,
toutefois , de celles qui disparaissent entre les transformées en x
et (x - 1) , en x" et (x - 1 ) , ... ]; et l'on pousse chacune de ces
séries ou branches d'opérations , jusqu'à ce que l'on parvienne àune
équation en x("), telle que la transformée en (x )- 1), qui s'en
déduit , ou n'ait plus que des permanences , ou ne présente plus
qu'une seule variation. Toute série d'opérations qui se trouve dans
le premier cas , est terminée , et ne donne aucune racine réelle . Dans
le second cas , au contraire , les valeurs déjà obtenues dans la série cor-
respondante , pour x , x', x", x ", x", ... , forment une fraction con-
tinue dont les réduites successives représentent des valeurs de plus en
plus approchées de l'une des racines réelles de l'équation proposée.
6. Ces racines se trouvant ainsi complétement séparées , soity l'in-
connue de la dernière transformée relative à l'une d'elles. Pour appro-
cher davantage de la valeur de cette racine, nous pourrions continuer
PURES ET APPLIQUÉES. 353

le calcul en suivant toujours la même marche ; et nous serions sûrs de


n'avoir, dans toutes les transformées subséquentes , qu'une seule va-
riation , et par conséquent une seule racine positive, laquelle, de plus,
serait toujours nécessairement plus grande que l'unité.
Mais les approximations successives fournies par la réduction en
fraction continue ne croissant que très lentement , changeons main-
tenant notre marche , et exprimons en décimales la valeur cherchée
de y, suivant le procédé de Newton.
Ce procédé, dans le cas actuel , et vu la forme particulière à laquelle
nous avons ramené l'équation à résoudre, se trouve affranchi des in-
convénients qu'il présente dans le cas général ; et en outre , comme on
va le voir, il n'exige nullement ici la considération des différentes hy-
pothèses que Fourier a dû discuter dans son ouvrage (*).
Notre équation eny n'ayant qu'une variation, deux conditions fa-
ciles à remplir sont seules nécessaires pour assurer la régularité, la sim-
plicité, et la rapidité du calcul qu'exige sa résolution ; et ces deux con-
ditions peuvent même se réduire à une seule, savoir : Que l'on connaisse
une première valeur suffisamment approchée de y et moindre que sa
valeur exacte , pour laquelle il suffira souvent de prendre sa partie
entière .
Afin d'expliquer ceci, faisonsy=g+ h , g étant la valeur approchée
et déjà connue de y , et k la quantitépositive inconnue qu'il faut ajou-
ter à g pour avoir la valeur totale. En représentant par f(y)= o l'é-
quation eny, on aura :
f(g + h) = 0 ,
ou , en développant ,
h h h³
f(g) + f' ( g) I
+ f"(g ) 1.2
+ f" (g) 1.2.3
3 + ....

hm
.... + f(m) (g) 1.2.3 ... m 0,

équation qui , d'après le théorème de M. Budan , ne pourra non plus


avoir qu'une seule variation .

(*) Voyez sur cet objet, outre les Leçons d'Algèbre de M. Lefébure de Fourcy,
le Traité élémentaire d'Algèbre de MM. Mayer et Choquet.
354 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
Maintenant , de l'équation précédente on tire
f(m)(g) hm
h= f(s) ( f"(g) h ++ ++ ..

f' (g) f' (g) 1.2 f' (g) 1.2.

Or , on sait que dans un pareil développement , il est toujours possible


de prendre h assez petit pour que le signe de la somme ne dépende que
de celui de son premier terme; donc puisque h doit être positif, les
' (g) et f'(g) seront de signes contraires , c'est-à-dire
deux quantités f
quef(g) étant négatif, f'(g) sera positif; et alors la variation uniquede
l'équation en h se trouvera située entre le terme tout connu f(g) et le
terme du premierdegréhf (g). Telle est lapremière condition que nous
exigeons avant de procéder à l'approximation newtonienne ; et cette
condition sera toujours aisée à remplir : quand la partie entière dey,
prise pour g , ne suffira pas, on cherchera le chiffre des dixièmes par les
moyens usités , le chiffre des centièmes si cela était nécessaire, et ainsi
de suite ; mais , nous le répétons, très souvent la partie entière suffi -
ra , et elle ne sera même pas toujours indispensable.
Cette première condition remplie , les fonctions dérivées f"(g),
-f(g)
f (g), .... etc. , seront toutes positives; et en prenant (6) pour
la valeur de h , on aura nécessairement une quantité trop forte.
Quant à la limite de l'erreur, il estclair que si l'on nomme M la plus
grande valeur que puisse prendre le plus grand des coefficients de
h², h³, ... dans l'accolade , cette erreur sera moindre que la somme
des termes de la progression
M (h² + h³ + h⁺ + .... hm) ,,
ou
1- hm-1
Mh
1-h

ou enfin , plus simplement, et à fortiori, elle sera moindre que


h
M
1-h

Quoique la valeur numérique de cette expression soit très facile à


calculer, nous pouvons encore , à l'exemple de Fourier, obtenir une
évaluation plus simple de la limite de l'erreur, en ne considérant que
le coefficient de hª : car il résulte d'une proposition démontrée par

1
PURES ET APPLIQUÉES . 355

Lagrange , que sig et g' sont deux nombres comprenanty, et ne dif-


férant , par exemple , que d'une seule unité d'un certain ordre déci-
mal , le premier nombre g étant ainsi une limite inférieure dey, et le
second g' une limite supérieure , l'erreur commise lorsqu'on fait
h= 718
f'(g)
est toujours moindre que 16h . Par conséquent,
lafraction If" (g') ,que nous représenterons maintenantpar M, étant
2 f' (g)
déterminée une fois pour toutes dès le commencement du calcul
pour deux valeurs de get g' qui ne different que d'une unité, d'un
dixième..., pourra servir dans toute la suite des opérations , à apprécier
l'erreur commise sur l'évaluation deh: il suffira pour celade mul-
• tiplier M par la fraction variable hª, ou simplement par l'unité de l'or-
dre immédiatement supérieur au premier chiffre significatif de h.
Ainsi, tant que l'on ne connaîtra que la partie entière de laracine, on
devra faire h = 1 ; et pour que l'on puisse alors passer sans recherche
intermédiaire à la détermination des chiffres décimaux, il faudra que
M soit < : c'est la seconde condition dont nous avons parlé;
10

quand elle ne sera pas remplie, on déterminera par des essais directs ;
comme nous l'avons dit plus haut, le chiffre des dixièmes . On pourra
ensuite chercher le chiffre des centièmes en divisant -f(g) par f'(g),
pourvu toutefois que M soit < 1 ; sans quoi il faudra aussi déterminer
directement le chiffre des centièmes... ; et ainsi de suite.
Généralement , représentons par n le nombre des chiffres décimaux
déjà déterminés, etpar v le nombre des chiffres dela partie entière deM.
Quand M sera compris entreret 0,1 , sera égal à zéro ; quand M
sera moindre que o,, deviendra négatif, etsa valeur absolue re-
présentera le nombre de zéros placés entre la virgule décimale et le
premier chiffre significatif; enfin, dans le cas particulier où M serait
unepuissance exacte de 10 ou de 0,1 , la valeurdev, positive ou néga-
tive , serait l'exposantde cette puissance (*).
Cela posé, pour que l'on puisse obtenir une nouvelle valeur appro-
chée de la racine avec n' chiffres décimaux exacts , n'étant n , et

(*) Le nombre n est également susceptible de devenir négatif, ce qui pourrait


arriver si tous les chiffres de la partie entière même n'étaient pas encore déterminés.

-
356 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
(n'- n) étant le nombre des nouveaux chiffres décimaux, il faudra
que l'on ait
10 1

ou ,
103n 10

ου 102n-v-n' > ou 1,

ou enfin 2n
-
ν -n
n' ou 0.

Par conséquent, le nombre (n' -n) des nouveaux chiffres décimaux


qu'il sera permis de calculer , est égal à (n-1) ; ou bien, le nombre
total des chiffres alors connus , ou n', est égal à 2n- 1 ; et ainsi il est
constamment le double du nombre des chiffres connus par l'approxi-
mation précédente, plus ou moins [suivant la valeur de M] le nombre
constant v (*) .
Au reste , tout ceci a été longuement expliqué par Fourier dans
son Analyse des équations. Seulement ici , nous le répétons , à cause
de la forme particulière à laquelle l'équation a été ramenée, le quo-
tient de — f(g) par f'(g) est toujours une limite supérieure de la racine,
et ce nombre diminué d'une unité du dernier ordre décimal, toujours
une limite inférieure ; et c'est cette dernière qu'il faut prendre pour
valeur de g dans l'approximation suivante.
Une remarque est encore nécessaire relativement à la valeur du
quotient dont nous parlons : ce quotient n'est ordinairement pas exact ;
et lorsqu'on a déterminé les n' chiffres cherchés , on néglige les sui-
vants.- Or, si cette partie négligée approche beaucoup d'une unité
de l'ordre précédent , on devra [la limite de l'erreur ayant été prise
nécessairement au-dessus de sa valeur exacte] ondevra regarder comme
probable que la partie restante est inférieure à la véritable valeur de la
racine ; et alors on prendra cette partie pour la valeur suivante de g. Il
n'y aurait qu'un très petit inconvénient à se tromper sur ce point, et
l'on reconnaîtrait immédiatement l'erreur à l'approximation suivante :
car alors f(g) se trouverait positif au lieu d'être négatif comme il le
devrait , la nouvelle équation en h ayant perdu sa variation . -
Au

(*) Dans les cas ordinaires , les chiffres qui exigent une détermination directe ,
sont les deux premiers de la racine , quel que soit d'ailleurs le nombre de ceux
qui composent la partie entière ; quant aux nombres de chiffres déterminés après
ces deux-là dans les approximations subséquentes , ils suivent la loi de la progres-
sion 1 : 2 : 4 : 8 : 16 . etc.
PURES ET APPLIQUÉES . 357
contraire, lorsque la partie du quotient que l'on aura négligée ne sera
qu'une petite fraction de l'unité de l'ordre précédent , il sera probable
que la partie restante n'est pas inférieure à la véritable valeur de la
racine ; et l'on devra retrancher une unité. Dans ce cas , une fausse in-
duction se reconnaîtrait encore à l'approximation suivante , parce que
l'on retrouverait dans la nouvelle valeur de h, l'unité supprimée à tort.
On pourrait alors , soit continuer la résolution avec cette dernière va-
leur de h , soit reprendre le calcul de l'approximation précédente après
y avoir rectifié la valeurde g ; et ce second parti sera toujours à préfé-
rer, afin de ne pas compromettre le degré d'exactitude des approxima-
tions ultérieures .
Ainsi , dans la règle que l'on vient de donner pour la détermination
de la valeur de h, on peut sous-entendre que le quotient de -f par f'
est calculé à une demi-unité près du dernier ordre décimal, sauf à vé-
rifier la limite inférieure prise en conséquence pour la valeur de h, afin
de s'assurer que cette valeur n'est pas trop petite ou trop grande d'une
unité du dernier ordre (*).
7. Maintenant , l'équation eny étant supposée complètement réso-
lue , il reste à savoir avec quel degré d'approximation l'on pourra
obtenir la valeur de x lorsqu'on y introduira celle de y.
Pour cela , rappelons que l'on a
х 97 + P ;
i'r+ p
désignons par y la valeur approchée de y , déterminée au moyen du
calcul précédent , et supposée , comme nous l'avons dit , inférieure à
la véritable ; et soit e l'unité du dernier ordre décimal de y : la véri-
table valeur de y sera comprise entre yet y+6; celle de x le sera entre
qv+ P et q ( v + ε) + P.
I'v+P (v + 1) + P

et ainsi l'erreur commise sur la valeur de x en la supposant égale à

(*) Dans le cas où la rectification dont nous parlons ici serait nécessaire , il est
facile de voir que les calculs déjà faits donnent un moyen très simple de l'effec-
tuer, sans que l'on ait besoin pour cela de recommencer toutes les opérations ; il
est sans doute inutile que nous insistions là-dessus.
OCTOBRE 1836. 46
358 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
la première de ces deux fractions , sera moindre que leur différence',
ou que
qr + p -
q (x + 1) + p = (pq -qp')
Ivtp q(x+ 1) +p (qv+ p') (q'r +p + q'i)
#

(I'v+p')(q'r+p'+q' ) ;
et par conséquent, àfortiori, cette erreur sera moindre que la valeur
numérique de la fraction (I'v+p')
Donc, pour avoir la valeur de x réduite en décimales , on appré-
ciera à vue le nombre des chiffres contenus dans le carré de la partie
entière de (q' + p') ; et ce nombre de chiffres diminué d'un sera celui
des chiffres décimaux exacts que l'on pourra obtenir dans la valeur
dex , de plus que dans celle de y.
Quant au sens de l'erreur, il dépend du rang de la transformée en y,
toute valeur approchée de la racine de cette équation, pourvu qu'elle
le soit par défaut et non par excès , jouissant à cet égard des mêmes
propriétés que le quotient entier incomplet qu'elle remplace. Cette
erreur est donc de sens contraire à celle que produit la réduite
précédente , en supposant toutefois que l'on n'ait apporté aucune
altération au quotient de qy+ p par q'r+p'.
8. Pourfaire une première applicationde ce qui précède, jeprendrai
l'équation suivante, déjà traitée par LAGRANGE :
203 -

7x + 7 = 0.

Je forme le tableau des coefficients des différentes transformées,


d'après la méthode du numéro 4; et j'obtiens ainsi
A B C D

-
-
4 -

29 +41 12 + 1 х- I
-

3+ 1 + 20- 9+ 1 3+
-
2 + 15 + 5- 6 + 1
-
I
+13 -
4 -
3+ 1
+7 -
+++

+ --
12

4+ 3 + 一 x= 1 + , .... (?)
+ + 5+ 6 + 1
:

PURES ET APPLIQUÉES. 359


D'où je conclus que l'équation proposée a nécessairement une racine
réelle négative comprise entre - 3 et- 4; et que les deux autres
racines , si elles sont réelles , ce qui est encore douteux , ne peuvent
être que positives et comprises en + 1 et + 2 .
Occupons-nous d'abord de ces dernières.
Pour reconnaître leur nature et en obtenir une première valeur ap- •

prochée si elles sont réelles , je fais d'abord, comme il a été dit au


numéro 5 , x 1+ , d'où résulte l'équation
- 4x + 3x' + 1 0;

qui donne de même, pour les coefficients de ses transformées ,


A B C D

+
0 1+ 3 -

4+ 1
1 + 1
+ -
1 1 - 2 I
+1 x' = 1 + x"
2 - I -
2+ 1
3
3 + 1 + 6 + 5 + 1 x = 2 +
I

Ainsi, je vois que les deux racines cherchées sont réelles , et que
x' est compris , pour l'une entre 1 et 2 , et pour l'autre entre 2 et 3.
Les racines se trouvent donc déjà complétement séparées; les deux
premières valeurs approchées de chacune d'elles sont :
I 2 1 3
Xa X ;

et pour en avoir une troisième , je fais alternativement les deux


hypothèses:
I I

x
' = 1 + x = 2+ ;

d'où résultent les deux équations en x" :


13
-2x -
x" + 1 = 0 (1),
2013 + 30lla -
2x" -
1= 0
(2).
La première de ces équations n'étant pas encore ramenée àn'avoir
qu'une variation, je continue la réduction des racines en fraction
continue; et je forme pour cela les deux tableaux (1) et (2) qui
46..
:

360 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES


suivent :

(1) A B C D

0 +1 - 1 -2 + I

++
I - I - 2+ 1 +
1
2 -

1 + 3 + 4 + 1 x" = 2 +
3 + 7 + 14 + 7 + 1
A B C D
(3)
0 -
I -
2+ 1 + 1
I -1 + 3 + 4 + 1 x" = 1 +
I

;
x
2
+ 7 + 14 +7 +1

d'où il résulte que la valeur de x" est comprise , pour x,, entre
2 et 3 , et pour x, entre 1 et 2 ; ce qui donne les deux nouvelles
réduites :
5 4
X x =
3' 3

Quant aux équations en x qui s'en déduisent , elles sont iden-


tiques ; et ainsi la détermination des deux racines positives de l'é-
quationproposée est ramenée à la résolution d'une seule transformée,
qui est la suivante :
X13 -
3x -

400 " -
I 0.

Cette équation en x" n'ayant plus qu'une variation, on pourrait


passer à la résolution en décimales , suivant la méthode indiquée au
numéro 6. Mais rien n'obligeant à adopter cette nouvelle marche
pour la première équation qui se présente avec une seule variation ;
et, de plus , les dernières réduites obtenues n'ayant encore que de
très petits dénominateurs , circonstance qui ne permettrait pas d'é-
lever de beaucoup le degré d'approximation fourni par la résolution
en décimales (voyez 7), je cherche encore une valeur réduite de
chaque racine; il y a d'ailleurs pour cela, dans l'exemple actuel,
une raison que l'on comprendra dans un instant.
Je forme donc le tableau des coefficients pour les transformées en
H

(2-1), ( 0-2) , ....; etj'ai ainsi :


PURES ET APPLIQUÉES. 561

A B C D

0 - 1 - 4 -
3+ 1
1 + 0
- -
1
7 7F
2 -- 13 4+-

3 + -
3 -
13 + 5+ 6 + 1
-
4 1 + 20 + 9 + 1 I
4
5
201 = 4+
+ 29 + 41 + 12 + 1

ce qui me donne une valeur de x" comprise entre 4 et 5, et par


suite les deux nouvelles réduites
22
19
x
13
' 14'

toutes deux exactes à moins d'un centième près.


Alors je fais
I

4+ ;

et l'équation à résoudre sera lasuivante, à laquelle je m'arrêterai pour


chercher en décimales la valeur de sa racine positive :
- -
20 γ 97-1

Mais auparavant, j'observerai encore que cette équation est également


propre à donner la racine négative de la proposée : en effet, si dans
cette dernière on fait on obtient de nouveau la
x
= -(3+ ) ,
même équation en y; et telle est la raison de préférence que j'ai
indiquée tout àl'heure. Ainsi, laracine positive de cette seule équation
eny donnera les trois racines de la proposée (*) , au moyen des trois
formules suivantes :

22 y + 5 19 4
x =
13y + 3 ' x. =
=114 +1,
3 x3 =
-

3 +1 .
y

Cherchons donc cette valeur de y.


9. Sans avoir besoin de développer le tableau complet des trans-

(*) Cette propriété de l'équation en y mériterait peut-être un examen spécial.


362 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
formées en ( r - 1 ) , (y - 2 ) , ......., on voit sur-le-champ , en
mettant les deux premiers termes sous la forme ( -20)y , que la
racine cherchée et comprise entre 20 et 21 (*).
Je fais donc y= 20 + h ; et en nommantf(y) le premier membre
de l'équation en y , et f' (y) , f" (r) , f' " (r) , ses dérivés, j'exécute
le calcul suivant (voyez 6) :
f (20+ h) =
h h h³
f (20) + f'(20) I
I
+f"(20) 1.2 + f (20) 1.2.3 0;

f (20) = 203 -

20.20 -9.20' - 1= -
181 (**);
1

I
f' (20) = 3.20* - 40.20' - 9 = 391 ;
I

1.2
f" (20) = 3.20' -
20 =
40;
I =
= I.
2.3 "(20) 1

D'où résulte l'équation en h :


h² + 4oh + 391h -
181
181 I

et par suite ,
h= - 40 -
ん.
391 391 391
Pour voir si le premier terme de cette valeur de h est suffisant
pour m'en faire connaître , sans erreur, le chiffre des dixièmes,
je remplace dans le coefficient de he, le numérateur 40 = f"(20),

(*) Une abréviation analogue peut être employée pour l'équation ci-dessusen x".
(**) Cette réduction peut s'effectuer très simplement et à vue , de la manière
suivante :

20-20=0 ; 0×20=0 ; 0-9=-9 ; -9×20=-180 ; -180-1=-181=f.


De.même pour f' :
20 × 3 = 60; 60-40 = 20; 20 × 20= 400 ; 400-9 = 391 .
Et ainsi des autres .
Cette marche, que j'emploieraidans les tranformations suivantes, me paraît
préférable à cellede FOURIER,en ce qu'outre l'avantage d'une grande simplicité,
elleprésenteencore celui de donnerles diversesfonctions f, f', f" ... indépen-
damment les unes des autres.
PURES ET APPLIQUÉES. 363

par le nombre 43 = f" (21) (*) ; et j'obtiens ainsi, pour la valeur


de M (voyez 6) réduite en décimales ,
43
M= = 0,11 , à très peu près.
391
A la rigueur il faudrait, pour remplir la seconde condition exigée
au numero 6 , que M ne dépassat pas un dixième; mais comme l'excès
est peu considérable , et que d'ailleurs Mh n'est pas la valeur exacte
de l'erreur , mais une limite supérieure de cette erreur , je puis
me permettre , sauf vérification du résultat obtenu en conséquence,
et sauf les observations faites au numéro 6, de prendre pour la valeur
181
de h à un dixième près , la fraction 391 Or , cette fraction , réduite

en décimales , donne
h = 0,46 ;
donc 4 est la valeur probable du chiffre des dixièmes de y , ce qui
se vérifiera en effet à l'approximation suivante; et d'ailleurs , on
voit dès à présent, que le produit 0, 11 × (0, 4) est moindre que
0, 02 , et que par conséquent la valeur de h dépasse o, 44. Mais nous
devons , pour le moment, nous en tenir au premier chiffre.
Je fais donc maintenant y = 20,4 + h ; et pour obtenir les
coefficients des diverses puissances de h' qui entrent dans le déve-
loppement de f(20,4 + h') , j'effectue le calcul suivant, profitant
ainsi des valeurs déjà calculées de f(20) , f'(20) , et f"(20) :
f (20 , 4) = (0,4)3 + 40 (0,4) + 391 (0,4)' - 181 ;
If' (20, 4) = 3 (0,4) + 80 (0,4) + 391 ;
1

1.2 f" (20, 4) = 3 (0,4) + 40 ;


!
1

6.3.f" (20 , 4) = 1 (**).


1.2.3-

(*) Le numérateur de M s'obtiendra constamment , dans une équation du troi-


sième degré , en ajoutant à lavaleur numérique déjà calculée pour f" (g), trois
unités du dernier ordre décimal. On peut établir pour chaque degré une règle
analogue.
(**) Les quantités désignées par 1.2.3 étant constantes et égales à 1 dans toute
lasuitedu calcul,je me dispenserai dorénavant de les indiquer.
364 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
0,4 3, 3,
+ 40 X 0,4 × 0,4

40,4 1,2 1,2


X 0,4 + 80, + 40,

16,16 81,2 + 41,2 = f"


+391 , X 0,4

407,16 32,48
X 0,4 + 391 ,
162,864 + 423,48 = \f'
-181 ,
-

18,136 = f
Je divise ensuite -

18,136 par + 423,48 ; le quotient, à un


demi-millième près, étant 0,043 , je fais h' = 0,042, et j'ai ainsi pour
nouvelle valeur de y ,
y= 20,442 .
Observons en passant, que l'incertitude dont la valeur de la limite
M restait affectée dans le calcul de la première approximation , se
trouve maintenant détruite; car on a
f" (20,5) = 41,5 1
ou 0,09 ....... ;
f' (20,4) 423,48 10,2

et ainsi la valeur de M est bien réellement et pour toute la suite


du calcul , inférieure à 0,1 .
Je fais actuellement y= 20,442 + h"; et je développe comme
ci-dessus les valeurs de f(20,442) , de f' , de f" .... , en y faisant
servir les valeurs déjà obtenues pour f(20,4), f'(20,4).... , etc.
f(20,442)= (0,042)3+41,2(0,042)*+423,48(0,042)-18,136
f'(20,442)=3(0,042)*
+82,4(0,042) +423,48
f (20,442)=3(0,042)'+41,2
PURES ET APPLIQUÉES . 365

0,042 3, 3,
+ 41,2 X 0,042 × 0,042

41,242 0,126 0,126


X 0,042 + 82,4 + 41,2

82 484 82,526 + 41,326= f'


1 649 68 × 0,042

1,732 164 165 052

+423,48 330 104


425,212 164 3,466 092
X 0,042 + 423,48

850 424 328 + 426,946 092=f'


17 008 486 56

17,858 910 888


-

18,136
-

0,277 089 112=f.

Maintenant je divise cette valeur de f par celle de f' ; et le quo-


tient , à une demi- unité près du septième ordre , étant

ο, ο 00 6490 ,
je fais ο, ο 00 6489,
d'où y =
20, 4 42 6489';
et je continue le calcul de la même manière.
J'obtiens ainsi les valeurs suivantes, que je ne fais que rapporter :
f (20,4 42 6489) = (0,0 00 6489)3
+ 41,3 26 (0,0 00 6489)*
-

-
+ 426,9 46 0 92 (0,0 00 6489)'
0,2 77 0 89 1 12 }-
0,0 00 0263 9 14 3914 2 43 1831 ;
OCTOBRE 1836.
47
366 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES

f
' (20,4 42 6489) = 3 (0,0 00 6489)*
52 (0,0 00 6489) '
=
+ 82,6
+ 426,9 46 0 92
426,9 99 7261 4 60 1363 ;
f" (20,4 42 6489) = 3 (0,0 00 6489) =

+ 41,3 26 }
41,3 27 9467 ;
-f:f' = 0, 0 00 0000 61806689 ;
h" = 0, 000 0000 61806688 ;
y = 20, 4 42 6489 61806688 .
Continuant , et abrégeant encore , j'obtiens pour dernière approxi-
mation de la valeur de y,
f=-0,0 00 0000000001345 64 21 16 86046287 1 57 5556 72547328,
f'=426,9 99 731257000656 1 95 2592 44588032 ,
f"= 41,3 27 946885420064,
-f: f' = 0, 000 0000 00000000 3151388673961020 ,
h""""= ๑, ๐ ๐๐ 0000 00000000 3151388673961019,
y = 20, 4 42 6489 61806688 3151388673961019,
valeur exacte jusqu'à la trente-unième décimale.
Une approximation de plus me donnerait soixante- trois décimales ;
mais j'abandonne ce calcul qui ne présente d'autre difficulté que celle
de trouver un espace suffisant pour y placer tous les chiffres à leurs
rangs respectifs.
10. Reste à substituer ce résultat dans les expressions trouvées au
numéro 8 pour x1 , x2 , et x3 ; ce qui donne

x =
454 7 38 2771 59747142 9330550827142418
268 7 54 4365 03486948 0968052761493247
x =
392 4 10 3302 74327077 9876384805259361
289 1 97 0854 65293636 4119441435454266 ,
-

X3
62 3 27 9468 85420064 9459166021883057
20 4 42 6489 61806688 3151388673961019
PURES ET APPLIQUÉES . 367
Enfin , si l'on veut exprimer les valeurs de x , x , x , en déci-
males , il faut observer que la valeur de y remplace le dénominateur
incomplet 20 dans les réduites
22.20 + 5 445
x1 =

13.20 + 3 263'

19.20 + 4 384
X =

14.20 + 3 283'
3.20 + I 61
- =
X3 20 20

Or, les deux premières pouvant être calculées exactement avec


quatre décimales , et la troisième avec deux, il s'ensuit que si l'on
remplace le nombre entier 20 par la valeur trouvée de y, x, et x,
pourront être obtenues exactement jusqu'à la trente-cinquième déci-
male inclusivement, et x3 jusqu'à la trente-troisième. Au reste , on
peut aussi obtenir exactement les deux dernières décimales de x3 ,
en observant que la valeur absolue de cette racine doit être égale à la
somme des deux autres. Et l'on a ainsi

x, = 1 , 692 021 471 630 095 869 627 814 897 002 069 14,
x, = 1 , 356 895 867 892 209 443 894 399 510 021 500 58,
-

x3 = 3, 048 917 339 522 305 315 522 214 407 023 369 72,
valeurs exactes jusqu'à la trente-cinquième décimale inclusivement;
l'approximation suivante eût conduit jusqu'à la soixante-septième.
11. Je vais encore m'occuperde quelques exemples ; mais je n'en
pousserai le calcul que jusqu'à la séparation des racines, ce qui est
suffisant pour le but principal que je me suis proposé , et je ne ferai
qu'indiquer le tableau des opérations.

Deuxième application.

x -
1204 -

2x² + 37x² + 10x - 10 0.

Cet exemple, dont je dois la communication à la complaisance de


M. de Fourcy, est très propre à faire ressortirl'avantage de la réduc-
tion en fraction continue; car le premier membre étant le développe
47 ..
368 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
:
ment du produit des trois facteurs
x² + 2x -

1, x -
2x -
2, et x -

5,

dont les racines sont respectivement


x -

± √2 , x = 1 ± √3 , et x = ± √5 ,
a toutes ses racines réelles. Et bien que deux d'entre elles soient
comprises entre + 2 et + 3 , et deux autres entre - 2 et -3 , on va
voir que la séparation s'en fait avec la plus grande facilité.
A B C DEF G||
3 ||+ 104 - 428 +.... + ... +1 I

2 +
-x=2+ ... ?
6 + 30 + 1-66 +48-12 + 1
-
I + 8 -

28-14 +26 + 3-6 + 1


0
-

10 + 10
+37 2-12 -
0 + 1
I

+1 + 24 + 36 -26 -30 + 3 + 6 + 1X ,
+2 +14 -

58-23 +62 +48 + 12 + 1 x=2 + ... ? I

+ 3 + 60 ++ .. ++ .. + .. + 1
I

x = 2 +x

A B C D E FG
0 + 1+
12+ 48+ 62-- 23-58-14
1
+ 56-
4-274-330- 103+ 26+ 14
2
x= 1 + ....
- 615-1740-1412- 202+ 237+ 110+ 14
3
-3608-3588+ 714+ 2126+ 997+ 194+ 14
4-3151-9260-152248334+2177+278+14
5 + +
+ +
++14
x=4+.... +

I
-
-

x= 2 + x

A B C D E F G
0 + 1+ 12+ 48+ 66+ 1-30 +6
I
+104+ 196+ 42-110-59+ 6 + 6 x = 2 + ....
2
+185-220-492- 166+ 61+ 42 + 6
3 -584-1212-114+ 618+361+ 78 +6
4 -84-2284+4776+2962+841 + 114 + 6
+ + ++ x=4 + ....
5 + + +6
PURES ET APPLIQUÉES . 369
Résumé : six racines réelles
1 entre o et 1 , 1 entre o et- 1 ,
I I
e
2 -

x = 2 +
Positives 2° x = 2 + 1+... ' Négatives 2+
I I

3° x = 2+ 3 -

x = 2
+ 4+...
4
+...
12.
Troisième application.
x6 -

6x5 + 40x3 + 60x - x 1 = 0,

A B CDEFG
I
1 + 27-37+ 15-40++ =x-
13 racines dont 2
+9-0
1 xdouteuses .
- 1- 1+ 60+40
I
x
= : une racine réelle .
+1 + 93+215+135-0-15+ 0+ 1
I 2 racines dou-
+2 +429+431+ 60-40 0+ 6+ 1 x=2+ { teuses .
+3 +887+467+ 15+40+45+12+1
I

x = 2+

ABCDE F G

0+1+6 0-40+60+431+429 2 racines imaginaires .


++++ +++

A B C D EFG
0- 1- 6 0+40-60-1+1 une racine réelle , et
1-27-125-235-90-50+5+ 1 2 racines imaginaires . B RARY
Résumé. REESE LIOF THE

Quatre racines imaginaires ; UNIVERSITY

Une racine réelle entre o et + 1 ; CALIFORNIA


Une racine réelle entre o et - I.

13. Quatrième et dernière application.


Je considère une dernière équation que je trouve à la page 196 du
15º cahier du Journal de l'École Polytechnique , et qui résulte
d'un calcul pris pour exemple par M. Bret , dans sa théorie de l'éli-
mination .
370 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
Cette équation est du gº degré; mais elle a pour racine + 1 et
-1 ; j'y supprime donc les facteurs (x - 1 ) et (x + 1 ), quoique ces
facteurs puissent facilement se découvrir par la méthode même ; et
j'obtiens alors pour l'équation à résoudre ,
4x²-6x -
7x5 + 8x++ 7x³- 23x - 22x- 5= 0.
Racines positives .
A B C D E F G H

0
-5-22-23 +7 +8 -7 -6 +4 x=
12 racines
+1-44-58 -30 -11 +23 +41 +22 +4 douteuses .

+2 +33+326+++++...+4 x=2+
ITune racine
réelle.
+3 +...++.. ++.. ++...+4
x=

A B C D EF G H
-

+ 4-6-7 +8 + 7-23 -22 5


-
- -
2 racines imaginaires.
+1-44-
Racines négatives.
A B C DEF GH
-

05-22 + 23 + 7-8-7 + 6 + 4 =x- I 4racines


I
+ 8 + 42 ++++++ 4 ...
douteuses .

I
-x =

A B C D EF GH
• +4+6-7 -8 +7 +23-22 +5 4racines
I

2
+8 + 14 +16 -15 +33-4 +13 +5 =1 + douteuses .
++..++.. ++...+... +.
1

5= 1+

A B CD EFG H
0
+5 +13-4 +35 -15 +16 +14 +8
I +...+...+ . +. +...+...+...+ .. 4racines imaginaires.
Résumé.
Une seule racine réelle comprise entre 2 et 3.

;
PURES ET APPLIQUÉES. 371

Addition au numéro 2.

Comme le calcul de la recherche des deux racines indiquées par les


variations du facteur réel du second degré, produit de deux facteurs
imaginaires du premier , ne se termine que quand ces deux variations
disparaissent entre une transformée principale en yet sa première
transformée secondaire en (y- 1 ), il est nécessaire , pour compléter
les développemens contenus dans le numéro 2 , de faire voir que ces
deux variations finissent en effet par disparaître entre deux pareilles
transformées .
Et en effet, si l'on pose y=1 +y, et que l'on ordonne par
rapport ày' , on obtient

[( -α) + βα ]
4

β (
+29 [( -a) + B²]
+ 2pg[(
2p'q' - )( -a) + ]
2

+ 9°[( -a)²+ B²]


+2p'q' [( - ) α)+β -

2
+
p [( - a)+ B²]
Or, on voit d'abord que le coefficient du terme en y' et le terme sans
' , sont essentiellement positifs , car ils ne sont respectivement autre
y
autre chose que
(q - q'a) + q'β ,
et
[(q- q'a) + (p - p'a)] + (q' + p') ².

Quant au coefficient de y', il peut se mettre sous la forme suivante :

29 [( - a) (q -gap -pa) + (q' +p') β ] ,


372 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
ou , ce qui est la même chose ,

29'( ' + p)[( - ) ( P -a) +3 ]


Maintenant,d'après unepropriété des fractions continues, q+
2+ p
P est

compris entre P et -

a; de sorte de ( +P -α), étant de même


p

signe que ( -α) , est de signe contraire à ( -a) ; et par


,

suite le produit ( -
a
( P -a) est négatif.. Comme d'ail-
I
leurs la somme de ses facteurs vaut ± (2 -
=

)
q(q'+p') , et
q +P
que par conséquent ce produit a lui-même pour valeur maximum
1

49' (9' + p') " nombre qui peut devenir moindre que toute fraction don-
I

née, il s'ensuit que sa racine carrée ou 29' (q


' + p' ) finira par devenir
moindre que ẞ; et alors le facteur du second degré en y' que nous
considérons , n'aura que des permanences ; ce qu'ilfallait prouver.
Il est bon de faire également une observation sur les facteurs
réels du premier degré et de la forme ( y- ) , pour lesquels nous
avons dit que l'on doit avoir > 1. Le calcul que l'on exécute peut
bien , à la vérité , donner implicitement lieu à de semblables facteurs
dans lesquels le nombre soit moindre que l'unité. Mais outre que
ces facteurs doivent évidemment perdre leur variation à la transfor-
mation suivante , il est facile de reconnaître encore , qu'ils corres-
pondent à des racines réelles de l'équation proposée, exprimables par
des fractions continues identiques jusqu'à la précédente réduite ex-
clusivement , à la fraction calculée ; de telle sorte que pour repré-
senter ces racines , il faudrait reprendre la même fraction continue ,
en altérant seulement la dernière réduite par une augmentation
convenable du quotient incomplet qui avait servi à la former.
Il serait sans doute superflu d'entrer dans plus de détails à ce sujet.
PURES ET APPLIQUÉES . 375

wwwnwww.w

MÉMOIRE

Sur une classe d'Équations à différences partielles ;

PAR C. STURM.

Les géomètres ont résolu un grand nombre de problèmes relatifs


à la distribution de la chaleur dans des corps de différentes formes
et aux petits mouvements vibratoires des corps solides élastiques , des
corps flexibles et des fluides, en supposant ces corps homogènes et
identiques dans toutes leurs parties. Dans la théorie de la chaleur
la fonction inconnue qui représente la température variable d'un
point quelconque du corps dépend de l'intégration d'une équation
à différences partielles contenant sous forme linéaire cette fonction,
sa différentielle ou dérivée première par rapport au temps et ses
différentielles partielles du premier et du second ordre , quelque-
fois même d'un ordre supérieur au second par rapport aux coor-
données d'un point quelconque, toutes ces différentielles étant mul-
tipliées par des fonctions connues de ces coordonnées. Dans les
questions dynamiques, les fonctions inconnues qui représentent
les déplacements d'un point quelconque suivant certaines directions
dépendent aussi d'équations à différences partielles linéaires qui ren-
ferment les différentielles secondes de ces fonctions par rapport au
temps et leurs différentielles partielles de différents ordres par rap-
port aux coordonnées , multipliées par des fonctions connues de ces
coordonnées .

Les solutions qu'on a données de ces diverses questions sont ana-


logues à celle du problème de la corde vibrante qu'on doit à D. Ber-
NOVEMBRE 1836. 48
374 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
nouilli et à Lagrange. Elles se composent de la somme d'une infinité
de solutions particulières d'une même forme déterminée. Les cas
les plus simples qu'il faut d'abord considérer , sont ceux où la
fonction inconnue ne dépend que du temps et d'une autre variable
indépendante qui fixe la position d'un point quelconque du corps;
alors chaque terme de la série qui représente cette fonction satis-
fait séparément à l'équation à différences partielles qui a lieu pour
tous les points du corps et à des équations particulières qui ont
lieu à ses limites. Le terme général de la série est le produit de
deux quantités distinctes; la première est une exponentielle dont
l'exposant est égal au temps multiplié par un certain paramètre
ou bien c'est le sinus ou le cosinus du temps multiplié encore
par un paramètre; la seconde quantité est une fonction de la va-
riable indépendante autre que le temps , et du même paramètre , la-
quelle dépend d'une équation différentielle ordinairede forme linéaire;
on obtient cette équation en substituant dans l'équation à différences
partielles, à la place de la fonction inconnue le produit des deux
facteurs dont il s'agit , et supprimant le premier qui se trouve
commun à tous les termes de l'équation. Cette seconde fonction qui
ne renferme pas le temps et qu'on peut multiplier par un coefficient
constant arbitraire , doit aussi satisfaire aux équations aux limites ;
et de là résulte une équation transcendante déterminée dont l'in-
connue est le paramètre qui multiplie le temps dans l'exponentielle,
ou sous le sinus ou le cosinus, et dont les racines en nombre infini
sont toutes les valeurs de ce paramètre , valeurs qu'il faut substituer
successivement dans le terme général de la série. On achève ensuite la
solution en déterminant par des méthodes connues les coefficients ar-
bitraires de cette série ,de telle sorte qu'à l'origine du temps elle re-
présente l'état initial de la fonction dont on cherche l'état variable .
Ces problèmes , même restreints , comme nous venons de le dire
au cas d'une seule dimension deviennent beaucoup plus difficiles ,
quand le corps dont ons'occupe n'est pas homogène dans toutes ses par-
ties, c'est-à-dire quand les qualités spécifiques, telles que la densité ou
l'épaisseur , la capacité de chaleur, la conductibilité, l'élasticité, sont
variables d'un point à un autre suivant des lois quelconques. Les
équations du problème étant posées , il faut toujours commencer,
PURES ET APPLIQUÉES . 375
comme précédemment , par chercher des valeurs particulières de la
fonction inconnue qui satisfassent à toutes ces équations , à l'ex-
ception de celle qui exprime l'état initial qu'on suppose arbitraire.
Une quelconque de ces valeurs particulières est encore le produit
de deux quantités de même nature que dans le cas de l'homo-
généité. Mais ici l'on est arrêté d'abord par la difficulté d'intégrer
l'équation différentielle linéaire à laquelle doit satisfaire la fonction
de la variable indépendante autre que le temps et du paramètre
indéterminé , et ensuite par celle de former et de résoudre l'é-
quation transcendante qui doit donner les valeurs de ce paramètre.
Dans les questions même les plus simples et les plus connues
relatives àdes corps homogènes , où l'on est parvenu à intégrer l'é-
quation différentielle dont il s'agit et à écrire l'équation transcen-
dante , sous forme finie ou en série , on a quelque peine à dé-
montrer que cette équation doit avoir des racines réelles en
nombre infini , et à reconnaître la marche et les propriétés dis-
tinctives des fonctions qu'on obtient en substituant ces différentes
racines à la place du paramètre indéterminé dans l'expression ana-
lytique de la fonction satisfaisant à l'équation différentielle qu'on
a intégrée. On ne voit pas non plus comment les altérations qu'on
peut faire éprouver aux qualités spécifiques du corps influent sur
la grandeur des racines et sur les propriétés des fonctions qui en
dépendent. Ces discussions me semblent indispensables, si l'on veut
bien connaître les circonstances les plus intéressantes de ces phénomè-
nes; elles doivent même nécessairement précéder la recherche de
l'intégrale générale.
Le présent mémoire a pour objet les questions nouvelles que je
viens d'indiquer rapidement. Je crois les avoir résolues pour les cas
assez nombreux où la fonction inconnue dépend d'une équation
linéaire à différences partielles contenant cette fonction , sa dif-
férentielle première ou seconde par rapport au temps et ses deux
différentielles première et seconde par rapport à une autre variable
qui fixe la position d'un point quelconque du corps, la fonction et
ses différentielles étant multipliées par des fonctions connues de la
dernière variable.

Pour plus de précision et de clarté, j'ai choisi comme exemple un


48 .
376 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
problème qui a toute la généralité qu'on peut désirer dans le cercle
que je me suis tracé. Je considère la distribution de la chaleur dans
une barre droite ou courbe d'une matière homogène ou non ho-
mogène etd'un épaisseur constante ou variable, mais assez petite
pour que tous les points d'une section plane perpendiculaire à
l'axe aient sensiblement la même température au même instant;
cette bárre est placée dans un milieu d'une température constante
qu'on peut supposer égale à zéro M. Poisson a donné dans son
grand ouvrage sur la chaleur les équations de ce problème et leur
a appliqué ses méthodes générales d'intégration; mais il ne s'est
pas occupé des propriétés de l'équation transcendante et des in-
tégrales particulières que j'ai cru devoir étudier. J'ai fait usage dans
mes recherches de la théorie sur les équations différentielles linéaires
du second ordre que j'ai exposée dans un précédent mémoire publié
dans le Journal de M. Liouville. Je vais indiquer sommairement
les principaux résultats auxquels je suis arrivé.
Je cherche d'abord suivant la méthode connue que j'ai rappelée
plus haut, des valeurs particulières de la fonction qui désigne la
température variable d'un point quelconque de la barre; je sup-
pose donc cette fonction égale au produit de l'exponentielle e- " par
une fonction V de l'abscisse x et du paramètre indéterminé r indépen-
dante du temps t. L'équation transcendante en r à laquelle on arrive n'a
pas de racines imaginaires , ainsi que M. Poisson l'a démontré pour
cette équation et en général pour toutes celles qu'on rencontre dans
les problèmes de physique mathématique. Je fais voir en outre que la
même équation n'a pas de racines égales et qu'elle n'a pas de racines
négatives. Je prouve ensuite à l'aide de ma théorie sur les équations
différentielles linéaires du second ordre , qu'elle a une infinité de ra-
cines positives dont la plus petite peut être zéro dans un cas particulier.
En substituant chacune de ces racines à la place du paramètre indé-
terminé dans la formule Ve-" , on a donc une infinité de solutions
particulières , satisfaisant à l'équation à différences partielles et aux
deux équations qui ont lieu aux extrémités de la barre. Si les tempéra-
tures initiales sont exprimées par la fonction V qui correspond à l'une
des racines de l'équation en r, les températures variables de tous les
points seront exprimées par le seul terme Ve- "; elles seront donc à
PURES ET APPLIQUÉES. 577
chaque instant proportionnelles à leurs valeurs initiales , et pour des
temps croissants en progression arithmétique, ces températures, abs-
traction faite de leur signe lorsqu'elles seront négatives, décroîtront
en progression géométrique d'autant plus rapidement que la raciner
sera plus grande. Les propriétés qui distinguent ces états simples en
nombre infini où les températures variables sont exprimées par un
seul terme ne sont autresque celles des fonctionsVcorrespondantés aux
différentes racines de l'équation transcendante. Voici les plus remar-
quables .
Aucunede ces fonctions ne peut s'évanouir sans changer de signe.
La première de ces fonctions, celle qui répond à la plus petite
racine conserve constamment le même signe dans toute l'étendue de
labarre.
La seconde, qui répond à la deuxième racine, change de signe une.
fois pour un point situé entre les deux extrémités de la barre.
La troisième fonction change de signe deux fois entre les mêmes
extrémités .
La quatrième change de signe trois fois, et ainsi de suite , jusqu'à
linfini.
Deux de ces fonctions correspondantes à deux racines consécutives
changent toujours de signe l'une après l'autre alternativement ;
celle qui répond à la plus grande de ces deux racines s'évanouit la
première , en partant de l'une des extrémités de la barre. Entre
deux points consécutifs de la barre pour lesquels une de ces fonc-
tions est nulle , il y a toujours au moins un point pour lequel l'une
quelconque des fonctions correspondantes à des racines plus grandes
change de signe , et il y a au plus autant de points pour lesquels
cette dernière fonction change de signe qu'il y ad'unités de différence
entre les indices de ces deux fonctions .
Ainsi ces fonctions données par une même équation différentielle
linéaire du deuxième ordre contenantun paramètre variable, jouis-
sent de propriétés analogues à celles des sinus des multiples d'une
variable qui sont les fonctions les plus simples de cette espèce ; mais
les intervalles compris entre les points consécutifs pour lesquels cha-
que fonction change de signe ne sont pas égaux; ils ont des rela-
tions déterminées avec les qualités spécifiques de la substance , et
378 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
varient en même temps que celles-ci suivant certaines lois, ainsi que
les racines r de l'équation transcendante. Par exemple si le pouvoir
émissif augmente à l'une des extrémités de la barre , les points
pour lesquels chaque fonction s'annullera s'éloigneront de cette ex-
trémité, et toutes les racines r de l'équation transcendante devien-
dront à la fois plus grandes.
J'établis des propositions analogues relativement aux valeurs
maxima de ces fonctions et à d'autres valeurs plus ou moins re-
marquables.
Après avoir ainsi discuté les solutions particulières , je donne
d'après les méthodes connues l'intégrale générale pour un état initial
arbitraire.
Avant que les températures de la barre soient réduites à zéro ,
il y aura une époque où elles seront exprimées sensiblement par
le premier terme de la série qui représente l'intégrale générale;
cet état final des températures se confondra donc avec le premier
des états simples que nous avons considérés précédemment; par con-
séquent après un temps plus ou moins long les températures de tous
les points de la barre seront supérieures ou inférieures à la tem-
pérature fixe du milieu , ce qui peut n'avoir pas lieu pour les tem-
pératures initiales.
Cette propriété exige cependant que le coefficient du premier terme
de la série qu'on obtient par une intégrale définie , ne soit pas
nul. S'il est nul, et si celui du second terme ne l'est pas, l'état final
des températures sera le second de nos états simples, de sorte que
les températures finales seront supérieures à celle du milieu dans
une portion de la barre et inférieures dans la portion restante.
En assujettissant à de nouvelles conditions la fonction qui représente
les températures initiales , l'état final pourra se réduire à tel état
simple qu'on voudra. Toutefois je pense que ce résultat mathe-
matique ne pourrait guère étre vérifié par l'expérience, parce que
les équations de la chaleur ne sont pas d'une exactitude absolue.
En général , les variations de signe qui peuvent exister dans les
températures initiales doivent, le temps croissant, disparaître les
unes après les autres.
1
J'ai examiné de quelle manière cette disparition s'opère et je
PURES ET APPLIQUÉES... 379
suis arrivé à un théorème très complet qui comprend le cas où
ces variations de signe ne disparaîtraient pas toutes. J'en ai déduit
comme corollaire ces propriétés nouvelles et curieuses de la fonction
qu'on forme en ajoutant ou superposant un nombre quelconque
de solutions particulières , le temps ayant une valeur déterminée
quelconque..
En premier lieu, cette fonction qui ne renferme que la seule varia-
ble x , s'évanouit enchangeant de signe entre les deux extrémités de
labarreau moins autant de fois que celui de ses termes dont l'indice
estlemoindre . Elle peut en outre être nulle à l'une des extrémités ou
àdeux extrémités de la barre. En second lieu , cette fonction s'annulle
au plus autant de fois que celui de-ses termes dont l'indice est le plus
grand. Dans cette seconde partie du théorème , une valeur de x qui
annulle la fonction dont il s'agit et quelques-unes de ses différentielles
successives par rapport à x doit être considérée comme une racine mul+
tiple et comptée pour autantde racines qu'il y a d'unités dans l'ordre
de la première des différentielles qu'elle n'annulle pas, si cette va
leurde x est comprise entre celles qui répondent aux deux extrémités
de la barre. Mais si la fonction et quelques-unes de ses différentielles
successives se trouvent nulles pour la valeur de x qui répond à l'une
des extrémités de la barre , le degré de multiplicité de cette valeur de
x est seulement la moitié de l'ordre de la première différentielle qui
ne s'annulle pas , cet ordre ne pouvant être alors qu'un nombre pair.
M. Liouville a démontré directement ce théorème, qui n'était pour
moi qu'un corollaire du précédent, sans s'occuper du cas particulier
où la fonction serait nulle à l'une des extrémités de la barre. J'en ai
aussi trouvé après lui une autre démonstration directe que je donne
dans ce mémoire. M. Liouville a fait usage du même théorème dans
un très beau Mémoire qu'il a publié dans lenumérode juillet de son
journal et qui a pour objet le développement d'une fonction arbi-
traire en une série composée des fonctions V que nous avons consi-
dérées.

Ces résultats s'étendent avec quelques légères modifications au mou-


vement linéaire de la chaleur dans un globe ou dans un cylindre com-
poséde couches concentriques infiniment minces , telles que la densité,
la capacité de chaleur et la conductibilité, sont les mêmes pour tous
380 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
les points d'une même couche , mais variables d'une couche à une
autre; ce corps est placé dans un milieu d'une température cons-
tante , ou bien sa surface est entretenue à une température fixe.
Les propriétés relatives aux maxima sont plus simples que dans la
barre. Après un temps plus ou moins long, les températures de toutes
les couches qui composent le corps deviennent supérieures à la
température fixe du milieu et croissantes depuis la surface extérieure
jusqu'au centre, ou bien au contraire ces températures deviennent
inférieures à celle du milieu et décroissantes depuis la surfacejus-
qu'au centre. J'ai énoncé cette proposition dans le Bulletin des
Sciences de 1829. Comme pour la démontrer on n'abesoin de con-
sidérer que le premier terme de la série qui exprime l'intégrale gé-
nérale , j'en avais une démonstration indépendante de ma théorie sur
les équations différentielles linéaires du 2º ordre: je la donnedans le
présentMémoire. On peutd'ailleurs détermineravecune approximation
suffisante la fonction à laquelle les températures finales deviennent
1

proportionnelles dans la barre, lasphère et le cylindre.


La même analyse , convenablement modifiée, donne les lois du
mouvement linéaire de la chaleur dans une barre composée d'un
nombre quelconque de parties hétérogènes, comme aussi dans un
globe et dans un cylindre plein ou creux, composédecouches hétéro-
gènes d'épaisseurs quelconques , telles que les qualités spécifiques va-
rient brusquementdans le passage d'une substance àune autre...
Toute cette théorie s'applique sans aucune difficulté à plusieurs
problèmes dynamiques , parmi lesquels je citerai ceux qui ont pour
objet les vibrations d'une corde homogène ou non,homogène d'une
épaisseur et d'une élasticité variables, les oscillations d'une chaîne
pesante de densité variable suspendue par l'un de ses bouts ou par les
deux bouts, et le mouvement vibratoire d'une colonne d'air de densité
et d'élasticité variables .
PURES ET APPLIQUÉES . 381

I.

Considérons la distribution de la chaleur dans une barre droite ou


courbe d'une matière homogène ou non homogène et d'une épaisseur
constante ou variable, mais assez petite pour que tous les points d'une
section plane perpendiculaire à la ligne qu'on prend pour l'axe de la
barre aient sensiblement la même température au même instant. Ce
corps est placé dans un milieu dont la température est constante ;
nous la prendrons pour le zéro de l'échelle thermométrique. Le
mouvement de la chaleur dans cette barre , n'ayant lieu que dans le
sens de son axe , est représenté par l'équation suivante :

du d. (kdu)
dx
-
lu (1)
di dx

x désigne la portion de l'axe de la barre comprise entre une section


quelconque w perpendiculaire à cet axe et un point fixe pris sur le
même axe , u est la température de cette section au bout du temps t ;
g représente le produit de la chaleur spécifique de la barre à l'en-
droit où est faite la section @ par l'aire de cette section ; k est le
produit de la conductibilité intérieure en cet endroit par la même
aire w; enfin lexprime le produit du contour de la section a par
le pouvoir émissif au même lieu ; I dépend de la matière de la
barre et du degré de poli de sa surface. Nous regarderons les trois
quantités g , ket I comme des fonctions de x positives données
pour tous les points de la barre; chacune d'elles peut se réduire à une
constante .

La fonction u doit remplir encore d'autres conditions.


On doit avoir
du
k -
hu =
dx
o pour x x, (2)
du
k
dx + Hu = o pour x = X , (3)

x et X étant les valeurs de x qui répondent aux deux extrémités de


la barre , het H des constantes positives qui mesurent la grandeur du
rayonnement à ces extrémités.
du
Au lieu de la condition (2) on peut se donner celle que u ou dr
NOVEMBRE 1836. 49
382
JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
soit nulle pour x = x , quel que soit t; cela revient à supposer h in-
finie ou nulle dans l'équation (2). Si par exemple on doit avoir
u
o pour xx , on écrira l'équation (2) ainsi :
k du
-
u X
hdx o pour x
1

puis on y fera = o ou h infinie . De même l'équation (3) deviendra


du
u o ou
dx o pour x =X , si l'on fait H infinie ou nulle.
Enfin il faut qu'on ait encore
u = f (x) pour t 0
f(x) étant une fonction donnée de x qui représente les températures
initiales des points de la barre , et qui prise pour u doit vérifier les
équations (2) et (3) ; elle est d'ailleurs arbitraire .
On verra facilement que les équations (1), (2), (3), (4) déterminent
complétement la fonction u pour toutes les valeurs det et pour
celles de x comprises entre x et X , et qu'au contraire il y aurait
indétermination , si en conservant l'équation (1), on supprimait l'une
quelconque des équations (2), (3) , (4) .
II.

Pour arriver à l'expression de u en fonction de x et de t , on com-


mence par chercher , suivant la méthode connue , des valeurs par-
ticulières de u qui satisfassent à l'équation (1 ) et aux équations (2) et (3)
en faisant abstraction de la condition (4) , u =f(x) pour t o. On
suppose
u = Ve (5) (*)
r étant une constante indéterminée indépendante dex et de t , et V
une fonction de x indépendante de t. En substituant à la place de u
cette valeur hypothétique (5) dans les trois équations ( 1 ) , (2) , (3) , e- "
disparaît comme facteur commun , et l'on trouve pour déterminer
Vet r les équations suivantes.

(*) On peut voir dans les ouvrages de M. Poisson et surtout dans sa Théorie
de la Chaleur, [Link], les considérations qui conduisent à chercher des intégrales
particulières de la forme (5) et à prendre pour l'intégrale générale la somme de
toutes les intégrales de cette forme.
PURES ET APPLIQUÉES. 383

On a d'abord

d. ( dv)
dx

dx + (gr-l) V = 0 (6)

pour toutes les valeurs de x depuis x jusqu'à X;


et en outre kdv
dx
-
hV = o , pour x = x (7)

kdv
dx
+ HV = o, pour x = Χ. (8)
dV
La valeur de l'une des quantités V , d , pour x= x reste indéter-
minée et peut être prise à volonté ; celle de l'autre est donnée par
dV
l'équation (7) . Cette équation (7) se réduit à dx = o ou à V 0
pourx=x, selonqu'ony suppose h nulle ou infinie. Il faut alors donner
dV
à celle des quantités V,, de , qui ne doit pas être nulle pour x =x ,
une valeur arbitraire .
dV
Dèsque les valeurs deV etde dr pour x= x sont fixées , la fonction
V est entièrement déterminée par l'équation différentielle (6) pour
toutes les valeurs de x croissantes depuis x jusqu'à X ; quoiqu'on
ne sache intégrer cette équation que dans un très petit nombre de
cas particuliers , on conçoit que la fonction V existe et a pour chaque
valeur de x une valeur réelle unique qui dépend de celles de x et
der; on peut toujours la développer en une série convergente,
comme M. LIOUVILLE l'a fait voir dans son Mémoire inséré au no de
juilletde son journal (page 255. )
Jusqu'ici la constante rest arbitraire; mais maintenant elle doit être
déterminée de telle sorte qu'on ait
dV
k
dx
+ HV o pour x X (8)
dV
Cette équation (8) peut se réduire soit à V = o , soit à dx 0,

pour x = X , en faisant H infinie ou nulle .


On aura ainsi une équation en r que nous représenterons par
F(r) = o et qui fournira différentes valeurs de cette inconnue r.
Il est clair qu'on obtiendrait la même équation F(r) = 0 , si
49..
384 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
dV
l'on se donnait la valeur de l'une des quantités V,, pour x=X,
qu'on tirât celle de l'autre de l'équation (8) , et qu'on substituât les
valeurs de Vet de dV que fournirait l'intégration de l'équation dif-
férentielle (6) dans l'équation (7) qui doit avoir lieu pour x = x .
Il faut maintenant examiner les propriétés des racines de cette
équation F(r) = 0 .
III .

Nous allons démontrer d'abord que cette équation en r, F(r) = 0,


ne peut point avoir de racines imaginaires .
Supposons , s'il est possible, que l'équation F(r) = o soit vérifiée
par une valeur imaginaire der de cette forme , λ + μ V - 1 ,
Aet u étant des quantités réelles. Si l'on substitue cette racine
λ + μ ν - 1 à la place der dans V qui est une fonction de x
et der , V deviendra de la forme P + QV - 1, PetQ étant des
fonctions réelles de x, λet μ . Les trois équations (6), (7), (8) devront
donc être identiquement satisfaites , si l'on y met P + Q√- 1 ,
à la place de Veta + μ √ - 1 à la place de r. En faisant cette
substitution, puis égalant séparément à zéro la somme des termes réels
et celledes termes qui renferment✓-1 comme facteur, on trouve
dP
d. (k
dx + ( x - 1) P -

gu Q = o
(9)
d.(k dx
do + (gx - 1) Q + gµ P = o
dx
dP
et k
dx
-
hP = 0 , kdx do - hQ = o , pour x = x (10)
dP dQ
k + HP = 0 , ka + HQ = o , pour x= X . ( 11).
dx

En multipliant la première des équations (9) par Q, la seconde par P,


puis retranchant, il vient

Q.d.(k ) - P.d. (k ) = μ.g (P* + Q*) dx


dx dx (12) .
Intégrons les deux membres de cette équation depuis x= x jusqu'à
PURES ET APPLIQUÉES . 385
dP
X
X. En intégrant par parties le terme Q.d.k (d ) sans fixer d'a-

bord les limites de l'intégration , on trouve


dP

SQ.d.(k ) = Q. k dx - Skod dxdx dx

= Q.k dx - P.k dx + P.d.(k ); dx

dP dP
d'où
dou SQ.d. (k ) - P.d. (k ) = k (Q - P )
dx dx dx

L'intégrale du premier membre de l'équation (12) prise entre les


limites x et X est donc égale à la valeur que prend l'expression
dP
k ( Q -Pdx pour x= X , moins celle qu'elle prend pour
dx
x.

dP
Or, en vertu des équations (10) et (11), k P se trouve
(९ dx dx

nulle , soit pour x = x , soit pour x = X. Ainsi l'intégrale du pre-


mier membre de l'équation (12) prise entre les limites x et X se ré-
duit à zéro , et par conséquent celle du second membre est aussi
nulle , c'est-à-dire qu'on a
μ. Γ g (P + Q*) dx = o . (13)
Mais comme la fonction g est positive pour toutes les valeurs de x
X

comprises entre x et X, l'intégralef g (P + Q+) dx ne peut pas


être nulle ; car elle est la somme des valeurs de la différentielle
g (P + Q ) dx qui est positive, quand Pet Q ne sont pas nulles.
Or, Pet Q ne peuvent pas être nulles pour toutes les valeurs de
x depuis x jusqu'à X; en effet leurs valeurs pour x = x sont arbi-
traires, puisqu'on peut se donner à volonté la valeur de V pour x = x
(si toutefois on ne doit pas avoir V = o pour x = x) ; et l'on voit de
plus d'après la forme des équations (10) et(9) qu'elles doivent donner
pour Pet Q des valeurs réelles différentes de zéro, quand x croît
à partir de x. Si l'on avait V = o pour x = x , on observerait que
pour les valeurs de x un peu plus grandes que x on n'aurait pas
dV
V= o , puisque ne doit pas être nulle en même temps que V pour
x = x. L'équation (13) à laquelle on vient d'arriver est donc ab-
surde , à moins que une soit nulle. Ainsi l'équation F(r) o ne
586 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
peut point avoir de racines imaginaires de la forme λ + μ✓ - 1.
On remarquera que cette proposition a lieu , lors même que la
fonction I ne serait pas constamment positive entre les limites x et X,
et que les constantes het H neseraient pas aussi toutes deux positives,
comme on l'a supposé , nº1 ; il faut seulement que get k soient
positives.
IV.

C'est à M. Poisson qu'estdue la première démonstration générale et


rigoureuse de la réalité des racines de ces équations transcendantes
auxquelles on est conduit dans la résolution des problèmes de physique
mathématique. Il l'a donnée d'abord dans le Bulletin de la Société
philomathique pour l'année 1828 , et l'a reproduite dans d'autres mé-
moires et dans sa Théorie de la Chaleur, page 178 .
Je crois devoir appliquer cette démonstration de M. Poisson à l'équa-
tion F(r) = o dont il est ici question. On verra que celle du numéro
précédent est au fond la même, et n'en diffère que par la forme. Je
ferai voir en outre que la même équation F(r)=0 n'a pas de racines
égales. Mais auparavant il faut établir les formules qui servent de base
à ces démonstrations , et qui ont d'ailleurs un autre usage.
Considérons r comme variable , en supposant que la fonctionV(x, r)
soit assujettie à vérifier seulement les deux équations (6) et (7) ,

d( ) + (gr - 1) V = 0 ,
dx (6)
dV
et k (7)
dx -hV = o pour x = x .

On n'a point égard ici à l'autre condition (8) qui doit servir à déter-
miner les valeurs de r. Attribuons à r une autre valeur r', et désignons
parV' ce que devient la fonction V par lechangement de renr , nous
aurons aussi

d.( ) + (gr -1) V' = 0 , (6')


dx

dv!
et k -

hV'= o pour x = x . (7')


dx

En multipliant l'équation (6) par V' , l'équation (6') par V, et re-


PURES ET APPLIQUÉES . 387
tranchant , on a la suivante

V.d(k ) - V.d.(k ) = (r - r') gVV'dx.


dx dx

Son premier membre est la différentielle de l'expression .....


dv'
k
(V dx
-

V' ), qui est nulle pour


dx
x =
x en vertu des équa-
tions (7) et 7'). Donc en intégrant les deux membres de cette équa-
tion depuis x = x jusqu'à x= X , on aura
X dV' dV

(r - r')fgVV'dx = k (VV - V'


V ) pour x = Χ
X. dx (14)

Si l'on différentie cette équation (14) par rapport à l'indéterminée r


qui entre dans V et non dans V' , on aura
X dV
fgVV'dx + (r-r ) I
VdVdx=k(dvd -V/ddv)pour.x=X.
dr dr dxdr

En faisant dans cette dernière équation r= r, V' se change en V,


et l'on obtient cette formule
X dV dv ddV
V (15)
fgVdx = k
dx dr
-

;) pour x=X.
dxdr

On peut encore y arriver de la manière suivante , sans faire usage


des équations (6') et (7 ').
En différentiant l'équation (6)

( d) dx

dx + (gr - 1) V = 0 , (6)

par rapport à r, on a
ddV
d (k drdr dV

dx + (gr- 1) + gV = 0 .
dV
En multipliant cette équation par V et l'autre (6) par , puis retran-
chant , on obtient
ddV

gVdx = .d. ( ) - V.d.(Adar) dx


388 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
Le second membre de cette équation est la différentielle de
dVdV ddV
k -
V dxdr ,
et cette expression se réduit à zéro pour x = x;
dx dr
dV
car on a k -
hV = o pour x x,
dx

d'où l'on tire en différentiant, par rapport à r,


ddV dV
k h
dxdr dr = o pour x x,

et de là résulte
dV dV ddV
V
kadr -

dxdr :) =
0 pour x = x ,

En intégrant donc l'équation qui précède entre les limites x et X ,


on retrouvera la formule (15).
On en déduit encore , H étant une constante ,
d.
fgVdx = (k
I dx + HV) - dr ( dx + HV) pourx=X. (16)
Au surplus, les formules (14) et (15) sont comprises dans les for-
mules (9) et (4) de notre premier Mémoire (*), nºs IV et V, dont elles
se déduisent en y remplaçant l'indéterminée m par r, et prenant X
pour la seconde limite de l'intégration.
Supposons maintenant qu'on prenne pour ret r deux racines dif-
férentes de l'équation F(r) = o , c'est - à - dire deux valeurs telles
qu'on ait
dV dV'
k + HV = o , et kdx + HV' = o pour x =X .
dx

Alors le second membre de l'équation (14) sera nul , et cette équa-


tion deviendra
VV'dx = 0 ; (17)
Mais si l'on prend pour ret r une seule et même racine de l'équa-
tion F(r) = o , l'intégrale définiefgVV'dx n'est plus nulle , car elle
devientfgVdx, quantité essentiellement positive. D'après la for-
mule (16) on a alors

(*) Mémoire sur les Equations différentielles linéaires du second ordre .


PURES ET APPLIQUÉES. 389
dV
gVdx =
-

V. (k
dr dx + HV) pour x =X, (18)
dV
puisqu'on suppose que la valeur actuelle de r annulle k dx + HV pour
x =Χ.

D'après M. Poisson, la réalité des racines de l'équation F(r) = 0


résulte très simplement de la formule (17). Supposons que cette
équation F(r) = o ait une racine imaginaire x + μ V- 1 . Si l'on
I

prend r = λ + μ✓- 1 , la fonction V qui vérifie les trois équations


(6), (7) et (8) , deviendra P + QV- 1 , Pet Q étant des quantités
réelles dépendantes de x , λetu , qui ne seront pas nulles pour toutes
les valeurs de x depuis xjusqu'à X. En effet , leurs valeurs pour l'une
de ces limites , par exemple pour x = x , sont arbitraires (si toutefois
on ne doit pas avoir V = o pour x = x) ; et d'ailleurs quand on fait
= +μ. V- et V= P+ QV-1 dans les équations (6) et (7) ,
elles se partagent en d'autres (qui sont les équations(9)et ( 10) dun III),
qui doivent visiblement donner des valeurs de Pet de Q différentes
de zéro pour des valeurs de x croissantes à partir de x. Cela serait
encore vrai , lors même qu'on supposerait V = o pour x = x , attendu
dV
qu'on ne peut pas avoir en même temps = o . Ces remarques ont
déjà été faites au nº III .
L'équation F(r) = 0 ayant pour racine λ+μ V- 1 , il est aisé de
voir, en changeant dans les formules V- 1 en -V- 1 , qu'elle aura
aussi pour racine λ - μ -1 , et en faisant r = λ -μ V- 1 dans
l'équation (6') du nº précédent, on aura V' =P - QV-1.
En mettant ces expressions de V et de V' dans la formule (17), on
trouvera

S*g(P* + Qº)dx = 0,
ce qui est impossible , puisque g est une fonction positive de x, et
que Pet Q ne peuvent être nulles que pour des valeurs e dæ particu-
lières.

L'équation F(r) = o ne peut donc pas avoir des racines imagi-


naires de la formeλ + μ -
NOVEMBRE 1836. 50
390 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
J'ajouterai qu'elle n'a pas de racines égales , c'est- à- dire qu'une
même valeur de r ne peut pas réduire à zéro en même temps la fonc-
dV d. dV
tion kdx +HV et sa dérivée (k + HV), où l'on fait x= X;

c'est ce qui résulte immédiatement de la formule (16 ). D'ailleurs cette


proposition n'est qu'un cas particulier de celle qui est énoncée à la fin
du n° XX du premier Mémoire.
V.

On peut encore s'assurer que l'équation F (r) == o n'a point de


racines imaginaires ni égales par une démonstration analogue à
celle dont Laplace a fait usage dans le 6º chapitre du 2 livre de la
Mécanique céleste pour prouver la réalité des racines d'une équation
algébrique provenant de l'intégration d'un système d'équations dif-
férentielles linéaires.
Soient pet q deux variables fonctions de x et de t qui vérifient
les équations suivantes :
=
d. (k )
dx
-

lq
(19)
dq
=
d. (k ) + Ip
di dx

k
dx
-

hp = 0, ka -
hq =
o , pour x = x
kdp
dx
+ Hp = 0 , kda
dx + Hq = o , pour x =X } (
20)

On satisfait à ces équations en supposant


p = V. cos. rt
q = V. sin . rt } (21)
les quantités V et r étant les mêmes que précédemment.
En effet en substituant ces valeurs de pet de q dans les équations
(19) et(20) on obtient les équations (6) , (7) et (8) d'où résulte l'équa-
tion en r , F(r) = 0 .
Supposons que cette équation puisse avoir une racine imaginaire
λ + u V - 1 . Pour cette valeur der , V se changera en
PURES ET APPLIQUÉES . 391
P + QV-1 , et pour que les valeurs de pet de q ne cessent
pas d'être réelles , on les modifiera de la manière suivante.
On a d'après les formules (21 ) :
p + qV1V. (cos. rt + V- 1 [Link])= [Link]
=(P+QV-1) (x+MV- V (P+QV-1) (cos. At+ V-1 [Link]).e-με I

d'où l'on tire en séparant les parties réelles d'avec les imaginaires ,
p = (P cos. [Link]).e- t, (22)
q = (P sin . At+ [Link]).e- ut.
Cette nouvelle expression de p est la demi-somme des deux valeurs
de V. cos. rt qui répondent à r= x + μ V - retàr- λ-μ V - 1 ,
il en est de même pour q. On peut au surplus s'assurer par une vérifi-
cation directe que ces valeurs (22) satisfont aux équations (19)et(20).
Car leur sub titution dans ces équations reproduit les équations (9),
(10) et ( 11 ) dans lesquelles se transforment les équations (6), (7) et (8)
quand on fait r= 1 + μ -١٠
Maintenant je multiplie les équations (19), la première par 2 pdx
la seconde par 2qdx , et je trouve en ajoutant
8 (2pdp d29dq)
+ 2qdq) dx = 2p.d.( k ) - 29.d. (k ). dx

Intégrant les deux membres de cette équation par rapport à x depuis


x =
x jusqu'à x = X , j'obtiens
X X
d

dt S* g (p + q )dx = 2. *[p.d. (kda) -q.d. ( k )


X dx dx (23)
dq
Mais l'intégrale de p.d. (ka) -q.d. ( d) est k (pa - 9dp)
dx dx

expression qui est nulle , soit pour a = x , soit pour = X , à cause


des équations (20). L'équation (23) se réduit donc à celle-ci
X
d
di Sg (p
X
+ q ) dx 0,

qui donne en intégrant par rapport à t


fg(p +q ) dx= constante.
50 ..
392 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
Je substitue maintenant dans cette équation les valeurs (22) de pet deq,
et je trouve
ρ-ημί S g (P +Q ) dx
I constante ,

résultat absurde , puisque l'intégrale définie qui multiplie ici l'exро-


nentielle e-aut ne dépend pas de t et qu'elle ne peut pas être nulle,
attendu que g est une quantité positive , et que d'ailleurs Pet Q ne
peuventpas être nulles pour toutes les valeurs de xdepuis x jusqu'àX.
On prouverait d'une manière semblable que l'équation F (r) = o ne
peut pas avoir de racines multiples .
VI .

Je vais maintenant faire voir que l'équation F(r) = o ne peut pas


être vérifiée par une valeur der négative ou nulle , si les fonctions k ,
g , l, et les constantes h, H, sont positives , comme on l'a supposé
n° I.

En intégrant l'équation (6) par rapport à x depuis x= x jusqu'à


une valeur quelconque de x , on a
dV x

k =c + (-gr+ l)Vdx . (24)


dx

kdv pour x= x. Si V ne
La constante C est égale à la valeur de k
doit pas être nulle pour x= x , on peut lui attribuer une valeur arbi-
traire , et supposer cette valeur positive; d'après l'équation (7) celle de
dV
xx sera aussi positive ou nulle; et si V était nulle pour
dx pour
dV
x= x, on prendrait toujours la valeur de de pour x=x positive.
Ainsi C est positive ou nulle dans l'équation (24). Il résulte de cette
équation que si l'on donne à r une valeur négative ou nulle
dV doit être positive pour toutes les valeurs de x croissantes depuis x
dx

jusqu'à X. En effet , supposons, s'il est possible , qu'en faisant croître x


dV
à partir de x , vienne à changer de signe en s'évanouissant une
première fois pour x = ξ. L'équation (24) donnera
PURES ET APPLIQUÉES. 393

0 C+ + St (-gr+t)Vdx.
Σ
(25)
dV
Or ici C est positive ounulle, et comme dr est positive pour toutes
les valeurs de x moindres que ξ , V qui est positive ou nulle pour
x = x , preudra des valeurs croissantes et par conséquent positives ,
tandis que x croîtra depuis x jusqu'à §. Donc, si l'on suppose r
négative ou nulle , les fonctions get l étant positives , l'intégrale
f (-gr+ 1)Vdx sera une quantité positive, et l'équation (25) sera
impossible.
dV
Ainsi, quand on attribue à r une valeur négative ou nulle, d
doit demeurer positive dans tout l'intervalle compris entrex et X.
Conséquemment V est positive et croissante dans cet intervalle , et il
dV
s'ensuit , d'après l'équation (24) , que la fonction positive kdx est aussi
dV
croissante. La fonction k + HV est donc encore positive et crois-
sante , et ne peut pas être nulle, lorsque x atteint la limite X , c'est-
à-dire que l'équation F(r) = o ne peut pas être vérifiée par une va-
leur de r négative , ni par r= o.
On peut encore le démontrer de la manière suivante.
On a , en multipliant l'équation ( 16) par Vdx , puis intégrant de-
puis x = x ,
Sv.d.(k ) + f (gr- 1)Vdx = 0.
L'intégration par parties donne
dV
V.d.(k ) = [Link] - ſk (dv) dx ;
dx

de sorte que l'équation précédente devient


dV I

kV
dx = C + Sk (ax) dx +f (-gr+ 1)Vdx. (26)
αν
La constante C étant égale à la valeur de kV de pour x= x, est
positive ou nulle , d'après l'équation (7).
394 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
Si l'on fait r négative ou nulle, on voit que le second membre de
cette équation aura une valeur positive et croissante avec x , de sorte
dV
qu'ilnepourrapasdevenir nul; donckVdx' etconséquemment ni V, ni
dv

dx ne peut s'évanouir quand on attribue àr une valeur négative ou


dV
nulle ; Vet dx restent donc positives, et l'on ne peut pas avoir
dV
k + HV = pour x=X , H étant positive.
Si la fonction I n'était pas constamment positive entre les limites
x et X , mais que les fonctions k , get les constantes h, H fussent tou-
jours positives , il serait possible que l'équation F(r)= o fût satisfaite
par des valeurs der négatives ou par ro. Mais alors les racines né-
gatives de cette équation seraient en nombre limité, et toutes com-
L
prises entre o et la plus grande valeur négative de 8 (c'est-à-dire la
plus éloignée de zéro). En effet, si l'on attribue à r une valeur né-
ι
gative qui surpasse numériquement , la quantité-gr+ l sera cons-
tamment positive, et l'on reconnaîtra, en reprenant les démonstra-
dV
tions précédentes, que les fonctions dx et V ne pourront point passer
du positif au négatifpour aucune valeur de x.
La plus petite racine de l'équation F(r)=o serait r= o , si létait
dV
nulle , et si l'on supposait kdx o pour x x et pour x X;
alors V serait égale à une constante.
On peut encore démontrer les propositions de ce numéro à
l'aide de la théorie exposée dans notre premier Mémoire.

VII.

L'équation F (r) = 0 a une infinité de racines positives .


Cette proposition peut se déduire du n° XLdu premier Mémoire.
Mais nous préférons la démontrer directement de la manière suivante .
Soient k' et n des constantes positives telles qu'on ait pour chaque
valeur de x comprise entre x et X
PURES ET APPLIQUÉES. 395
k < k
' et gr
-

1 > k'n .
Posons l'équation différentielle

d. (k )
dx + k'n.V' = 0 ,
qui se réduit à
dV
0.
dr + nV
Elle a pour intégrale V Csin. (nx + c) .
On peut prendre la constante arbitraire c telle qu'on ait
dv' dV
k' k
dx dx
V' pour x x, :

ou bien V' = o , si V est nulle pour x = x . :

Cela posé , il résulte du théorème du n° XII du premier Mémoire


que la fonction V doit s'évanouir et changer de signe entre les li-
mites x et X au moins autant de fois que V', et en outre d'après le
n° XVI deux valeurs de x consécutives qui annullent V' doivent tou-
jours comprendre au moins une valeur de x qui annulle V. Mais V'
s'annulle pour une suite de valeurs de x équidifférentes dont la dif-
férence constante est . Donc V doit s'évanouir entre x et X au moins
n

autant de fois que l'intervalle X - x contient n


ou autant de fois
n

qu'il y a d'unités entières dans (X- x). Or on peut rendre ce nom-


bre plus grand que tout nombre donné , en faisant croître r indéfini-
ment ; car on peut prendre n aussi grand qu'on voudra, et remplir
toujours la condition gr- l > k'n', en attribuant àr des valeurs
positives suffisamment grandes.
Concevons maintenant que r croisse par degrés insensibles depuis o
jusqu'à une valeur R; la fonction gr- l croîtra en même temps que
r. Si l'on supposetoujours que, quelle que soit r, on ait
kdv
dx-hV = o pour x x,
396 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
dV
k
dx
(cece qui revient à V
= h et si l'on observe que , quando ,
V ne s'évanouit pas entre les limites x et X, on conclura de la deuxième
partie du théorème du nº XII , en y remplaçant le paramètre m par r,
que le nombre des valeurs de r comprises entre o et R qui annullent
la fonction V(X , r) est égal au nombre i des valeurs de x qui annullent
V ( x , R) entre les limites x et X. Il résulte ensuite du n' XX du
même mémoire que le nombre des valeurs der comprises entre o et R
qui satisfont à l'équation F (r) = o , c'est-à-dire qui annullent la fonc-
dV
tion k dx + HV où l'on fait x= X est égal à i ou à i+ 1 , selon
dV
k + HV
dx
que la fonction est positive ou négative pour x=X et
V

r= R, sa valeur pour x= Xet r= o étant positive, comme on l'a vu


plus haut nº V.
L'équation F(r)= o a donc une infinité de racines positives, puisque
i augmente jusqu'à l'infini , quand on prend la quantité R de plus en
plus grande.
VIII .

Nous désignerons par p. , P. , As , etc. les différentes racines de l'é-


quation F (r) = o rangées par ordre de grandeur en commençant par
les plus petites. Pour chacune de ces valeurs de r, les trois équations
(6) , (7) , (8) sont vérifiées en même temps. Nous représenterons géné-
ralement par V, la fonction V correspondante à la racine p₁ : elle ren-
ferme implicitement comme facteur une constante arbitraire.
On a supposé nº II, u=Ve-rt pour satisfaire aux trois équations (1),
(2) , (3). On a donc maintenant une infinité de solutions particulières
de cette forme ; savoir
u= Ve-p , u Ve-pat, Ve- , etc. ,
et en général ,
น Ve-pit
. (27)
Cette valeur (27) de u qui vérifie les équations (1) , (2) , (3) satisfera
en outre à l'équation (4) si les températures initiales des différents
points de la barre sont exprimées par la fonction V₁. Alors la formule
PURES ET APPLIQUÉES. 397
(27) remplit toutes les conditions du problème : les températures va-
riables de tous les points de la barre sont à chaque instant proportion-
nelles à leurs valeurs initiales ; et si l'on conçoit que le temps croisse
par intervalles égaux, les valeurs numériques de ces températures dé-
croissent comme les puissances successives d'une même fraction dont
le logarithme pris positivement est proportionnel à p₁; de sorte qu'elles
s'approchent de zéro d'autant plus rapidement que la racine p₁ est plus
grande. Nous allons faire connaître les principales propriétés qui dis-
tinguent ces différents états simples représentés par les formules (27)
où les températures variables sont exprimées par un seul terme. Ces
propriétés ne sont autres que celles des fonctions V. , V. , ... Vi, ...
et sedéduisent de la théorie exposée dans notre premier mémoire .

IX.

En considérant r comme variable, nous supposerons toujours,


comme dans les nº VI et VII , que la fonction V(x, r) qui satisfait à
l'équation
dV
d ( dv)
k

dx + (gr-1)V=
remplit la condition
dV
k
dx
-

hV = o pour x = x .
dV
k
da
+ HV
Cela posé, la quantité V
étant positive pour x = X et
アニ o, comme on l'a vu no VI , on conclut du théorème du n° XX
V
du premierMémoire, que les deux fonctions V et k dx + HV ou l'on
fait x=X doivent s'évanouir et changer de signe alternativement
V
pour des valeurs croissantes de r, et que c'est kdx + HV qui s'éva-
nouit la première.
Ainsi , V(X, r) qui est positive quand r= o , demeure positive
tandis que r croît depuis o jusqu'à p.; elle change de signe une fois
et devient négative pourune valeur de r comprise entre 1. et p.; elle
NOVEMBRE 1836 . 51
398 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES.
s'évanouit une seconde fois pour redevenir positive quand x croît de-
puis p. jusqu'à f3, et ainsi de suite.
De là et du nº XII du premier Mémoire on conclut encore les
propriétés suivantes : V, ne change pas de signe ou demeure positive
entre les limites x et X (comme V(x, r) quand r=o). V. change de
signe une fois pour une valeur de x comprise entre ces limites.
V3 change de signe deux fois entre les mêmes limites , et en général
V; change de signe i- fois entre x et X.
dV
Si l'on devait avoir V= o pour x=X au lieu de K dx + HV= 0
(ce qui revient à supposer H infinie dans l'équation (8), V, s'éva-
nouirait toujours pour i- 1 valeurs dex plus grandes que x , en comp-
tant X parmi ces valeurs. Et si l'on avait V= o pour x=x, au lieu de
k
dx -hVo , V, s'évanouirait encore pour i- 1 valeurs de x plus

grandes que x ; ✗ pouvant être encore la plus grande de ces valeurs.

D'après les nºs XVI et XVII du premier Mémoire , la valeur de x


unique qui annulle V. est comprise entre les deux valeurs de x qui
annullent V3 ; chaque valeur de x qui annulle V3 tombe seule entre
deux des trois valeurs qui annullent V₁; en général , les deux fonctions
Viet Vi+, correspondantes à deux racines consécutives fi, fir de l'é-
quation F(r)= 0 , s'évanouissent l'une après l'autre alternativement,
tandis que x croît depuis x jusqu'à X , et c'est V.4, qui s'annulle la
première. Il en serade même si l'on a Vo pour x=x , pourvu qu'on
ne compte pas x parmi les valeurs de x qui annullent V, et Vi
Si l'on compare les deux fonctions correspondantes à deux racines
de rangs quelconques i et fita, la nem valeur de x à partir de x qui
annulle V, est plus grande que la nem valeur de x qui annulle Vita ,
et plus petite que la valeur de x qui annulle Vita dont le rang à
partir de x est marqué par n + Δ .
D'après les n" XVI et XVIII du premier Mémoire , deux valeurs
de x consécutives qui annullent V, comprennent toujours au moins
une valeur de x qui annulle Vi+ a . Si l'on considère deux valeurs de
PURES ET APPLIQUÉES. 399
x quelconques a et b entre x et X (a pouvant être égale à x et bà X),
Vito ne peut s'évanouir entre les limites a et b qu'une fois de moins
que V.; Vita s'évanouit entre a et b au plus A fois de plus que Vi,
et entre deux valeurs de x consécutives qui annullent V, il ne peut
exister plus de A valeurs de x qui annullent Vi+
A ces propositions il faut ajouter les remarques énoncées à la fin du
n° XVIII, en y remplaçant V' par Viet V" par Vita
D'après une observation générale que nous avons faite nº XLIII de
notre premier mémoire, on peut encore à l'aide des théorèmes des
nºs XII , XVI , XVII et XVIII , comparer les changements de signe
qu'éprouve la fonction V, dans l'intervalle compris entre a et b , avec
ceux qu'éprouve la même fonction Vi, ou une autre V, correspon-
dante à une autre racine P. , dans un second intervalle égal au premier
b - a, et compris entre deux autres valeurs de x , a' et b'.
Par exemple , si a et b sont deux valeurs de x consécutives qui an-
nullent V₁, et si en superposant les deux intervalles égaux b-a et b' -a'
on trouve que les valeurs de la fonction gea- l dans le premier inter-
valle sont plus petites que les valeurs correspondantes de gri- loude
gp.- l dans le second, et que celles de k sont au contraire plus grandes
dans le premier que dans le second, on sera certain que V, ou Va
change de signe au moins une fois dans ce second intervalle , V₁ ou
V pouvant d'ailleurs être nulle pour x= a' ou x= b' .
"
"

XI.

Soit p une quantité constante ou une fonction de x telle qu'on ait


pour toutes les valeurs de x depuis x jusqu'à X
dp
(gpi - 1) + p - k dx > 0. (28)

On aura aussi àfortiori


0.
(gpi+ 1) k + p- dx

Nous allons comparer les valeurs de x qui annullent les deux fonctions
51..
400 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
dVi dVi
k
+PV, et k dx +pVita qu'on obtient en faisant r = Fa

dV
etr = fita dans l'expression k dx + PV.
Quelle que soit la racine de l'équation F (r) = 0 qu'on substitue
dV
k
dx+PV
à la place der dans V cette quantité a toujours une valeur
,

constante h + p pour x =x , et une autre valeur constante - H + p


pour x = X , en vertu des équations (7) et (8). Si l'on fait croître r
d'une manière continue depuis pi jusqu'à pi + en supposant toujours
dV dV
k
dx dx+PV
= h pour x = x , la fonction où l'on fait x= X va-
V V

riera , et comme elle a pour r= pet pour r= fits une seule et


même valeur -H+p , et conséquemment le même signe , on en
conclut d'après le théorème du nº XX du premier mémoire , que r
dV
croissantdepuis pa jusqu'à pita, lafonction k +pVoù l'on fait x=X
doit s'évanouir et change de signe le même nombre de fois que V(X, r),
c'est-à-dire a fois. Il s'ensuit , d'après le n° XXVI , que la fonction
k dv ++ pV + s'évanouit entre les limites x et X, A fois de plus que
dx
dVi
k
+pV₁ : d'ailleurs chacune change toujours de signe en s'éva-
nouissant .
XII.

Cela posé , on peut appliquer à ces deux fonctions les propositions


énoncées dans le n° XXIX du premier Mémoire, en remplaçant dans
ce numéro

dVi dV
Καν'
dx +pV' par k dx+PV , Καν" k dx
K" dx + pV" par kavit + pVita
et le nombre & par Δ .
Ainsi deux valeurs de xconsécutives qui annullent kdVi
dx
+[Link]-

nent toujours au moins une valeur de x qui annulle ka ++pV + dx


PURES ET APPLIQUÉES. 401
dV +
et deux valeurs de x consécutives qui annullent k dx +pVi +
ne peuvent pas comprendre plus d'une valeur de x qui annulle
dVi
K
dx + PV
dVi
La nime valeur de x à partir de x qui annulle k de+ pV, est plus
dVi+
grande que la ntme valeur de X qui annulle k dx +pVi + et plus
dV +

petite qu'une autre valeur de x qui annulle k dx + pVi+ d'un


rang marqué par n+ (à partir de x). En faisant en particulier A= 1 ,
dV
dVi
on voit que les deux fonctions k dx + pVi+1 et k dx + pV₁
s'évanouissent l'une après l'autre alternativement, tandis que x croît
depuis x jusqu'à X₁.
Si l'on prend entre x et X des valeurs a et b , k dVita
dx
+ pVita
dVi
ne peut s'évanouir qu'une fois de moins que k dx+PV, entre ces li-
dVi
mites a et bet s'évanouit au plus A fois de plus que K de+PV
Conséquemment entre deux valeurs de x consécutives a et 6 qui an-
nullent k dVi
dx+pV1, il ne peut exister plus de ▲ valeurs de x qui
annullent k di++pV +a. Il faut joindre à ces propositions tirées
dx

du no XXIX les remarques qui terminent ce numéro.


D'après le n° XXXII , la fonction kdVi
de+pV, doitchangerde signe
une fois ou un nombre impair de fois dans l'intervalle compris entre
deux valeurs de x consécutives qui annullent V., elle ne peut pas
s'évanouir sans changer de signe si la condition (28) est toujours
remplie.
dVi
k
de +PV 1

De plus si la quantité Vi est positive pour une certaine


dVi
valeur de x , k dx +pV, changera de signe une fois ou un nombre
402 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
impair defois dans l'intervalle compris entre cette valeur de x et celle
is

immédiatement supérieure qui annulle V.; et kdvi


dr+pV; ne chan-
gera pas de signe ou en changera un nombre pair de fois dans l'in-
tervalle compris entre la même valeur de x et celle immédiatement
dVi
k
dx+PV
inférieure qui annulle V₁. L'inverse aura lieu , si est né-
Vi
gative pour la valeur de x que l'on considère.
XIII.

Supposons actuellement que p soit une quantité constante ou une


fonction de x qui décroisse continuellement , tandis que x croît depuis
x jusqu'à X et qui remplisse toujours la condition

(gpi - 1)k + p -
ko
dx
. (28)

Il peut se faireque quelques-unes des fonctions gp, -1, gp. - l, ...


gp - l , etc. , changent de signe entre les limites x et X. Mais pour
L
toutes les valeurs de r supérieures à la plus grande valeur de g gr- l
sera constamment positive entre ces limites. Soit Pi+ l'une de ces
dVi
valeurs de r. Alors la fonction k ++ pVi + jouira des pro-
dx

priétés énoncées dans le n° XXXI du premier Mémoire. Ainsi elle s'é-


vanouira entre les limites x et X, autant de fois que Vi + ou unefois de
plus, ou une fois de moins , c'est-à-dire un nombrede fois marqué par
i+A- 1 ou + ou i+1-2 , selon que les valeurs h+pet - H+p de
kdvdx++ PV +
Vita pour x= x et pour x=✗ seront toutes deux
de même signe , ou la première positive et la seconde négative ;
ou enfin la première négative et la seconde positive. En outre ,
d'après le même n° XXXI ces deux fonctions doivent s'évanouir
l'une après l'autre alternativement quand x croît depuis x jusqu'à X ,
et suivant l'ordre indiqué dans ce numéro.
PURES ET APPLIQUÉES. 403
dVi
Considérons maintenant la fonction k dx
+ pV,. Elle s'évanouit
dVi
toujours A fois de moins que t dx + pV + entre x et X ,
pourvu que la condition (28) soit toujours vérifiée. Donc les valeurs
dVi
dx
+ pVi
de pour x x et pour x étant les mêmes que
Vi

dVi+a+pi + A
dx
cellesde savoir h + pet - H + p , on voit que
Vi + A
dVi
cette fonction Ka
dx + pV, doit s'évanouir un nombre de fois mar-

qué par i- 1 ou iou 1-2, selon que ces valeurs h+ pet - H+ P


dVi
k + pVi
dx
de pour x = xet x X seront toutes deux de même
Vi
signe ou la première positive et la seconde négative , ou enfin
la première négative et la seconde positive.
Dans le premier cas, où les deux fonctions V, et k dr
di + pV, s'é-
vanouissent le même nombre de fois i- 1 entre et X, je dis qu'elles
doivent s'évanouir l'une après l'autre alternativement pour des va-
dVi
leurs de x croissantes , et que c'est kdx +pv, ouV, qui s'annulle
X
la première selon que les valeurs h + pet - H + p pour x
et x= X sont toutes deux positives ou toutes deux négatives.
dVi
Car d'après le n° XXXII , KV
de + PV, doit changer de signe au
moins une fois dans l'intervalle compris entre deux valeurs de x
dVi
consécutives qui annullent V, et de plus k dx +pV, doit changer de
signe au moins une fois entre x et la plus petite valeur de x qui
annulle V., si h + p est positive pour x = x , ou bien une fois
au moins entre ✗ et la plus grande valeur de x qui annulle
V, si - H + p est négative pour x = X. Donc ces deux fonctions
devant s'évanouir le même nombre de fois i- i ne peuvent s'an-
nuller que l'une après l'autre alternativement.
404 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
On voit de même que si h + pest positive pour x= xet - H+p
dVi
négative pour x = X , les deux fonctions V, et k dx + PV
s'évanouiront encore l'une après l'autre alternativement , et que
dVi
k
dx + pV, qui doit s'évanouir une fois de plus que Vi, deviendra

nulle la première. Enfin si h + p pour x = x est négative et - H+p


pour x = X positive , les deux mêmes fonctions s'évanouiront
encore l'une après l'autre tour à tour, V. deviendra nulle la première
dVi
et le sera une fois de plus que k dx+ pVi.
Ces propriétés ont lieu pourvu qu'on ait constamment depuis
x jusqu'à X,

(gPi - 1) k + p - k > ° (28)

et que p ne croisse pas, tandis que x augmente.


Cette condition (28) sera remplie , si la fonction gea- I reste
positive entre les limites x et X; alors on peut ajouter à ce qui
dVi
k
dx+PV i

précèdeque V, - décroîtra continuellement tandis que x croî-

tra depuis une valeur quelconque jusqu'à celle immédiatement su-


périeure qui annulle V₁. Enfin d'après le n° XXXIII , gp - létant
toujours positive, si l'on prend successivement pour p des valeurs
constantes croissantes depuis - ∞ jusqu'à + ∞ ou des fonctions de
x de plus en plus grandes qui décroissent tandis que x croît depuis
dVi
x jusqu'à X , chaque valeur de x qui annulle k dx + pV; aug-
mentera en même temps que p, sans cesser d'être seule comprise
entre deux valeurs de x consécutives qui annullent V₁; celles-ci ré-
pondent à p = 8.
XIV .

dVi
Les valeurs de x qui annullent de répondent à p=o. Quand on
fait p= o , la condition (28) se réduit à gr.-1 > o . Alors, d'après le
n° XXV et aussi d'après le n° XXX du 1er mémoire , pour chaque
PURES ET APPLIQUÉES. 405
dVi
k
dVi dx
annulle
dx ' ✓ passe toujours du positifau négatif, et V, devient
i

maximum , abstraction faite de son signe. V₁'n'a pas de minimum. En


kdVi
dx
outre , comme Vi a une valeur positive +h pour x= x et une va-
leur négative - H pour x =X (aucune des constantes h, H n'étant
nulle ou infinie) on conclut du n° XXXI que lorsque x croît depuis
dV
xjusqu'à X , les deux fonctions V, et dx doivent s'évanouir en chan-
dV
geant de signe l'une après l'autre alternativement; de✓ devient nulle
la première et s'évanouit i fois , c'est-à-dire , une fois de plus que V₁ ,
ainsi V. passe tour à tour d'un maximum à zéro, puis de zéro à un autre
maximum de signe contraire au précédent, puis changedesigne de nou-
dVi
k
dx
veau, et ainsi de suite, sans avoirde minimum. De plus, décroît
Vi
toujours , quand x croît.
La fonction Vi+ jouit de ces propriétés en même temps que V₁.
On peut d'ailleurs , d'après le n° XXIX où l'on fera p= o , comparer
dVi et dVi
les valeurs de x qui annullent dx dx et pour lesquelles V, et
Vi deviennent des maxima. On voit ainsi qu'entre deux maxіта
consécutifs de V, il y a toujours au moins un maximum de Vita et
entre deux maxima consécutifs de Vi + il ne peut exister plus d'un
maximum de V₁. Le nime maximum de V, tombe toujours entre les
deux maxima de Vita dont les rangs sont net n + A à partir de x ;
de sorte que si A = 1 , les deux fonctions V₁ et Vita atteignent leurs
maxima l'une après l'autre tour à tour. Entre deux limites a et b ,
Vi + ne peut avoir qu'un maximum de moins que V, et au plus A
maxima de plus que V₁; et conséquemment entre deux maxima con-
sécutifs de V, il ne peut exister plus de A maxima de Vi+4 . Voyez
la fin du nº XXIX .
On peut, dans ce qui précède, supposer en particulier i= 1,2 ,
5 , ... On en conclut que si la fonction gr.-l est positive pour
toutes les valeurs de x comprises entre x et X, V, qui ne s'évanouit
pas entre ces limites a un maximum unique dans leur intervalle.
NOVEMBRE 1836.
52
406 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
Si gp.- l est constamment positive entre x et X, V, a deux valeurs
2

maxima entre lesquelles elle s'annulle. Et si gp - l est aussi positive


en même temps que gp.- 1, le maximum unique de V, se trouvera
entre les deux maxima de V..
Si gp3-l est positive entre x et X, V, qui change deux fois de signe
entre ces limites aura trois valeurs maxima tour à tour positives et
négatives.
Si gra l est aussi positive entre x et X , chaque maximum de V.
-

se trouve placé entre deux maxima consécutifs de V3 , et si gp.- l est


aussi positive , le maximum unique de V, tombera entre le premier et
le troisième maximum de V3 .
Il en sera de même des fonctions V4, Vs , etc.
Ce qui précède fait connaître à peu près la forme des courbes qui
représentent ces différentes fonctions V., V., V3 ... dans l'intervalle
de xà X.

Nous pourrions encore considérer les points d'inflexion de ces


dVi
courbes qui sont donnés par l'équation dx o laquelle à cause de
l'équation (8) est la même que la suivante
dVi
k
dx+ k(gpi-1)
dk V. = 0.

dx

En supposant, dans tout ce qui précède, p= k(ge -1), si la condi-


,

(dk
) dx

tion (28) était satisfaite , on pourrait connaître le nombre de ces points


d'inflexion sur chaque courbe et les comparer sous le rapport de leurs
positions respectives sur la même courbe ou sur des courbes différentes,
soit entre eux , soit avec les points d'intersection de ces courbes avec
l'axe des x et les points maxima. Mais ces détails deviendraient trop
longs et auraient peu d'intérêt. Il vaudra mieux ne s'occuper des points
d'inflexion que dans chaque problème particulier où les fonctions g ,
k , lauront des expressions connues.
• PURES ET APPLIQUÉES. 407

XV .

Les valeurs des racines de l'équation F(r) = o dépendent de celle


des constantes het Het des fonctions g , let ket varient en même
temps que ces diverses quantités.
dV
k
dx
En supposant constante la valeur h de ✓ pour x = x , si l'on
attribue successivement à H des valeurs positives de plus en plus
grandes depuis zéro jusqu'à l'infini, les racines de l'équation F (r)=0,
dV
c'est-à-dire les valeurs de r qui annullent la fonction k dx + HV où
l'on fait x = X , augmenteront toutes à la fois en convergeant vers
celles qui annullent V (X, r) , d'après le n° XXI du premier mémoire. :
En même temps la fonction gp.- I devenant plus grande, les valeurs
de x qui annullent chaque fonction V; deviendront plus petites , de
sorte que les points de la barre pour lesquels cette fonction V, est
nulle , s'éloignent tous de l'extrémité de la barre correspondante
à l'abscisse X, où le pouvoir émissif devient plus grand..
D'après le n° XXVI les valeurs de x qui annullent la fonction
dV
k
dx + pV; doivent aussi diminuer, si l'on a

(gp: -1) k + p² - dx > 0.


(28)

On en conclut en faisant p = o que , si l'on a gri- lo, les valeurs


de x qui rendent V, maximum deviendront aussi plus petites , de
sorte que les maxima de V, s'éloigneront del'extrémitéde l'abscisseX.
Si l'on donne à l'autre constante h des valeurs positives de plus
en plus grandes , sans faire varier H, les racines de l'équation
F(r) = o conime aussi celles de l'équation V (X, r) = o augmen-
teront toutes à la fois, d'après le n° XXII du premier mémoire,
et en même temps d'après le n° XXVIII , les valeurs de x qui an-
nullent chaque fonction V, deviendront plus grandes, de même que
52..
408 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
kdv
celles qui annullent k dx +pV₁ , si la condition (28) est remplie.

En particulier si l'on a gri - l > o , les maxima de V₁ s'éloigneront


de l'extrémité de l'abscisse x.
Au surplus , le cas où h augmente ne diffère pas réellement de
celui où H augmente , puisque het H mesurent la grandeur du
rayonnement aux deux extrémités de la barre; ainsi ce qu'on a dit
pour l'un de ces cas peut s'appliquer à l'autre, par une simple
inversion.
Si H et h prennent ensemble des valeurs plus grandes , les racines
Pa de l'équation F (r) = o augmenteront plus que si une seule de
ces quantités H, h augmentait; mais alors on ne peut pas décider
en général si une valeur de x qui annulle V, doit devenir plus
grande ou plus petite , car elle deviendrait plus petite, si H seule
augmentait , et plus grande si h seule augmentait.
Si h augmente et si H diminue , on ne peut pas dire en général
si une racine fi de l'équation F(r) = o doit devenir plus grande
ou plus petite , car fi deviendrait plus grande si h seule augmentait
et plus petite si H seule diminuait. Mais ces deux causes réunies feront
croître les valeurs de x qui annullent V., comme aussi celles qui an-
nullent kdV
de + pv, si la condition (28) est remplie , et celles qui
rendent V, maximum si l'on a gi l> o .
-

Ces valeurs de x deviendront au contraire plus petites , sih di-


minue et si H augmente , sans qu'on puisse décider dans quel sens
variera la racine pi .
XVI .

En donnant à het à H des valeurs constantes , supposons qu'on


remplace la fonction que k représente par une autre fonction k'
qui pour chaque valeur de x soit plus petite que la première k ou
au moins égale à k, et les fonctions g , I par d'autres g' , l' telles
que g'r- l' soit plus grande que gr- l, ou au moins égale, pour
chaque valeur de r comprise entre certaines limites .
Supposons qu'après ces changements de fonctions la racine pa de
l'équation F(r) = o dont le rang est i devienne p',et que la fonc-
tion correspondante V, soit changée en Ví.
PURES ET APPLIQUÉES . 409
Il résulte du n° XXIII du premier mémoire que les nouvelles
racines p' seront plus petites que les premières fi, pourvu qu'elles
satisfassent comme les premières à la condition g'r-l' > ou = gr-l ;
mais on ne saura pas si la nouvelle fonction Ví s'annullera pour
des valeurs de x plus petites ou plus grandes que celles qui annullent
V₁; car d'après le théorème du n° XII, Ví s'annullerait pour des
valeurs plus petites , si la racine p', n'était pas plus petite que p.,
-

puisqu'on aurait g'f' - ' > αρι letk' < k ; mais d'un autre
côté , les valeurs de x qui annullent V', deviennent d'autant plus
grandes , que p', est plus petite.
Si l'on prend de nouvelles fonctions g' , l' et k' telles qu'on ait
g'r - lgr - let k' k on ne peut plus dire si la racine '
qui remplacera p₁ sera plus petite ou plus grande que pi; car pi
serait < Pi , si l'on avait seulement gr - 1 gr - let k
=
k, et =

P'; serait > Pi si k seule était changée en k' > k et que g' et l'
fussent les mêmes que g et l.
Si pour chaque valeur de x on a g' pi- 1 gpi-let k k ,
les valeurs de x qui annulleront V', seront plus petites que celles
de même rang à partir de x qui annullent V₁; elles seront au
contraire plus grandes si l'on a g'p' - l' gPi - let k' k.
Pareillement si les deux fonctions gp - let g'p'; - l' sont po-
sitives , selon qu'on aura pour chaque valeur de x ,
' P' - > -
let k'k
i 8P =

on bien ' P' i


-
< gPi -
let k'k ,
= =

les valeurs de x correspondantes aux maxima de V', seront plus petites


ou plus grandes que celles de même rang à partir de x qui répon-
dent aux maxima de V₁.
XVII .

Jusqu'ici nous n'avons considéré que les valeurs particulières de


la fonction u données par la formule Vie-pit (27) qui sa
u
410 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
tisfait à toutes les équations du problème (1), (2), (3) et (4),
lorsque la fonction f(x) qui représente les températures initiales
des pointsde la barre est la même que V;; V, contenant implicitement
comme facteur une constante arbitraire. Si f(x) n'est égale à aucune
des fonctions V. , V. , V3 , ... on formera l'expression générale de
u en faisant la somme de toutes les valeurs particulières (27) après
les avoir multipliées par des constantes arbitraires C. , C. , C3 , C₁, etc.,
de sorte qu'on aura
u = C,Ve-pit + C₂V₂e-pit + .. + C₁ V₁e-pit + etc. (
29)
Cette expression de u satisfait aux trois équations (1) , (2), (3) puis-
que chacun de ses termes y satisfait séparément. Il reste à remplir
la condition

u = f(x) pour 1 = 0. (4)


Il faut donc qu'en faisant to dans l'équation (29) on ait pour
toutes les valeurs de x depuis x jusqu'à X :

f(x) = C,V, + C, V. ++ C V₁ + etc.


..

(30)
c'est-à-dire qu'il s'agit d'exprimer dans l'intervalle de x à X la
fonction arbitraire f(x) par une série de fonctions assujetties à
vérifier les trois équations (6), (7), (8) et qui diffèrent les unes des
autres par les valeurs P. P...fi .. du paramètre r tirées de l'équation
transcendante F (r) = o . En admettant la possibilité de ce dévelop-
pement , on détermine chaque coefficient C₁ par le procédé connu que
nous allons rappeler.
Multiplions les deux membres de l'équation (30) par gVdx , puis
intégrons-les entre les limites x etX ; nous aurons
X X

SgV.f(x)dx=[Link],V₁dx + [Link]. Vdx +


I
i

X
2
...

2
C
+ afgVi dx + etc. (31)

Or , d'après la formule ( 17) toutes les intégrales qui dans le second


membre de cette équation sont multipliées par les coefficients
C. C.... autres que C, sont nulles. Celle qui est multipliée par C
est évidemment une quantité positive. Si l'on suppose connue l'ex-
PURES ET APPLIQUÉES . 411
pression de V en fonction de x et der qui satisfait aux deux
équations (1) et ( 2) , en considérant ŕ comme indéterminée ,
X

gVidx sera d'après la formule ( 18) égale à lavaleur


cette intégralef X

d. dV
de l'expression
-

dr dx
+ HV v ) où l'on fera x = Xetr Pi

En désignant pour abréger, cette quantité par R₁, on tirera donc de


l'équation (31)
X

C =S; X gV; f ( x) dx (32)


Ci R

et en mettant cette valeur de C, dans les formules (29) et (30) qu'on


peut écrire ainsi :
i
=8

Σ
u
i= 1
C₁ Vie- pit f(x) = Σ.CV
elles deviendront
‫م‬
XgV; f(x) dx
u = Σ .
i1
X
R (33)
i
=8

f(x) = Σ V. fgVif(x)dx
i= 1 X
R (34)

On arrive aux mêmes résultats par la méthode générale dont


M. Poisson a fait usage depuis long-temps dans un grand nombre
de problèmes et en particulier dans celui qui nous occupe. (Théorie
de la chaleur, pages 261-264. )
On n'a pointencore démontré, lorsque les fonctions positives g , k , l,
sont quelconques, la possibilité d'exprimer une fonction arbitrairef(x)
par une série convergente de la forme C,V,+C.V₂+ etc. (30). Fourier et
d'autres géomètres semblent avoirméconnu l'importance et la difficulté
de ce problème qu'ils ont confondu avec celui de déterminer les coeffi-
cients C₁. M. Liouville a résolu une partie de la question en démontrant
par une méthode très ingénieuse (n° de juillet de sonjournal ), que la
somme de la série (34), si cette série est convergente, ne peut qu'être
égale à f(x), pour toutes les valeurs de x comprises entre x etX. Dans
le numéro suivant, nous admettronsprovisoirement l'intégrale (33) qui
est fondée sur la formule (34), pour endéduire quelques conséquences.
412- JOURNAL DE MATHÉMATIQUES

XVIII .

On voit qu'à mesure que le temps t augmente , tous les termes de


la série (33) tendent vers zéro , avec des vitesses inégales , de sorte
qu'après un certain temps , la température variable u de chaque point
de la barre finit par se réduire sensiblement à zéro , c'est-à-dire à la
température fixe du milieu où la barre est placée. Mais avant que la
valeur de u soit nulle , ily aura une époque où la série (33) se réduira
à très peu près à son premier terme correspondant à la plus petite ra-
cine p, de l'équation F(r) = o , en sorte qu'on aura sensiblement
u = CV.e-pit,
C, désignant la quantité X

SgV.f(x)dx
X

SgVidx
X

En faisant abstraction du coefficient constant C., on voit que cet


étatfinal des températures ne dépend point de leur distribution ini-
tiale représentée par f(x) qui n'influe que sur la valeur de la cons-
tante C,: il se confond avec le premier des états simples que nous
avons considérés précédemment. Par conséquent, après un certain
temps plus ou moins long, les températures de tous les points de la
barre, quel que soit leur état initial , seront supérieures à la tempé-
rature fixe du milieu, si la valeur de C, est positive, ou lui seront in-
férieures , si C, est négative. En outre , si la fonction gp, I est
-

positive pour toutes les valeurs de x depuis xjusqu'à X , ces tempéra-


tures finales , abstraction faite de leur signe quand elles seront
négatives , ne présenteront qu'un seul maximum , c'est-à-dire qu'elles
seront croissantes depuis une extrémité de la barre jusqu'à un certain
point , puis décroissantes depuis ce pointjusqu'à l'autre extrémité ; et
du
si l'une des équations (2), (3) se réduit à dx = o pour l'une des ex-
trémités , ces températures finales iront en croissant ou décroissant
depuis cette extrémité jusqu'à l'autre. Ces propriétés n'ont pas lieu
dans l'état initial , puisque la fonctionf(x) est arbitraire.
Elles supposent toutefois que la valeur de la constante C, qui dépend
PURES ET APPLIQUÉES . 413
de cette fonctionf(x) n'est pas nulle. Or C, devient nulle, dans le cas
oùf(x) remplit la condition fgV.f(x)dx = 0 . Alors si l'on n'a
X

pas en même temps SgV.f(x)dx=0, les températures finalesse-


X

ront exprimées par le second terme C.V.e-rat de la série (33), la va-


2

X
gVaf(x)dx
leur de C, étant X

Dans cet état final, les températures


SgVidz
X

seront positives dans une partie de la barre et négatives dans la par-


-

tie restante. De plus, si gf. l est positive pour toute la barre , il y


aura une valeur maximum de u sur chacune de ces parties et il n'y en
aura qu'une.
Si l'on avait à la fois
X

fgV.f(x)dx = o , et fag.f(x)dx = 0 , X
2

l'état final serait exprimé par le troisième terme de la série (33). Si


X
l'on avait en outre 0, l'état final serait donné par
SgV3f(x) dx =

le quatrième terme et ainsi de suite.


ΧΙΧ .

On vient de voir qu'après un temps plus ou moins considérable , la


fonction u finit par avoir le même signe dans toute l'étendue de la
barre, si la valeur de C, n'est pas nulle, ou bien par n'avoir qu'un
nombre de changements de signe égal au nombre des coefficients suc-
cessifs C. , C. , C ... qui se trouvent nuls à la fois. Donc , si à une
époque déterminée, u s'évanouit une ou plusieurs fois entre les limites
x et X, il faut que par l'accroissement du temps , le nombre des va-
leurs nulles de u diminue , jusqu'à se réduire enfin à zéro ou au
nombre des coefficients C. , C.... qui seront nuls à la fois. Nous al-
lons examiner comment s'opère cette disparition des valeurs nulles
de u. Cette recherche a des applications importantes .
►Supposons d'abord que u soit nulle pour t= Tet x = , et que
du
dx ne soit pas nulle en même temps. On peut donner à x une valeur
NOVEMBRE 1836. 53
414 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
a plus petite que et une autre valeur b plus grande que ğ telles que
du
(x, t) qui n'est pas nulle pour x= ne s'annulle ni pour x = a,
ni pour x = b , ni pour aucune valeur de x comprise entre a et b.
du
Alors (x , t) ayant constammment le même signe dans cet in-
tervalle , selon que ce signe est + ou -, la fonction u(x, t) doit
croître ou décroître continuellement , tandis que x croît depuis a jus-
qu'à b , elle ne s'évanouit donc que pour x = dans cet intervalle ,
et les valeurs de и(а , т) et u(b , τ) sont différentes de zéro et de signes
contraires.

Faisons maintenant t = T + t', t' étant une quantité positive qu'on


du
prendra aussi petite qu'on voudra. Comme (x , t) n'est nulle pour
du
aucune valeur de x comprise entre a et b , (x , T + t') aura , pour
chaque valeur de x entre a et b une valeur différente de zéro et de
du
même signe que (x, t) , pourvu que t' soit suffisamment petite.
du
Donc d (x , t) aura dans tout l'intervalle de a à b le signe
de du
dx ( ξ , τ) : donc , selon que ce signe sera + ou - , la fonction
их , т + t' ) ira en croissant ou en décroissant dans cet intervalle .
Or, aux deux limites a et b cette fonction a des valeurs de signes
contraires. Car u( a, τ) n'étant pas nulle, u(a, r+ t) aura le même
signe que u(a, t) si l'on prend t' suffisamment petite, puisqu'on
peut rendre la différence entre и(а, т) et u(а, т +t') plus petite que
n(a , t) en diminuant t' : donc u(a , + ť) a un signe contraire
du
à celui de d. (ξ , τ). De même u(b , т + t') aura le même signe que
du
u (b , t) et conséquemment le même signe que (ξ , τ).
Donc u (x , τ + t' ) a deux valeurs de signes contraires pour x= a
et pour x= b ; et comme cette fonction croît ou décroît continuelle-
ment dans l'intervalle de a à b , on voit qu'elle s'annulle une seule
fois et qu'elle change de signe pour une valeur de x comprise entre
a et b.
PURES ET APPLIQUÉES. 415
En faisant x = T - t' , on verra de même que la fonction ...
u(x, τ- t') doit aussi s'évanouir une seule fois en changeant de
signe pour une valeur de x entre a et b.
XX .
du
Supposons à présent que u et dr soient nulles à la fois pour
du

t = ret x= , mais que d ne le soit pas , et admettons pour


d'u
fixer les idées que d soit positive.
On peut donner à x une valeur a plus petite que et une valeur b
d'u
plus grande que telles que ait dans tout l'intervalle de a à b le
même signe qu'elle a pour x= 5 , c'est-à-dire le signe +. Alors x
du
croissant depuis a jusqu'à b , (x , t) ira en croissant , et comme
cettefonction est nulle pour x= , elle sera négative dans l'inter-
valle de a à & puis positive dans l'intervalle de gà b .
Donc x croissantdepuis a jusqu'à § , la fonction u(x , t) décroîtra
et sera par conséquent positive , puisqu'elle est nulle pour x= ;
ensuite x croissant depuis ' jusqu'à b , u(x , t) croîtra et par consé-
quent sera encore positive.
Faisons maintenant tr + 1' : dra (x ,
d'u
t) aura pour chaque
valeur de x entre a et bune valeur différente de zéro et de même
d'u
signe que dra (x , t) c'est-à-dire positive, pourvu qu'on prenne t'
suffisamment petite, puisqu'alors ces deux fonctions diffèrent l'une
du
de l'autre aussi peu qu'on veut. Donc (x, t) croîtra conti-
nuellemment dans l'intervalle de a à b ; mais cette fonction a une
valeur négative pour x= a et positive pour x= b , puisque ces va-
du
leurs diffèrent aussi peu qu'on veutde celles de (a,r) et du(6, т)
du
qui ne sont pas nulles. Donc dx (x, T+t') s'annulle entre les limites
a et b une seule fois et passe en s'évanouissant du négatifou positif.
Pour discuter u (x , τ + t') , il faut considérer la fonction du
(х , т).
53..
416 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
du d'u
k
Pour x = et t = r on a par l'équation (1) g de puisque
du
u et du sont alors nulles . Donc (ξ , τ) n'est pas nulle et a le même
dx
dou
signe que x
2 (ξ , τ) , c'est-à-dire le signe +. Or , on peut prendre
du
a et b assez près de pour que (x , t) reste positive entre ces li-
mites a et b . Mais en prenant ť suffisamment petite, la différence
du
u (x , т + t) - u (x , t) a le même signe que (x , t). Donc pour
toutes les valeurs de x comprises entre a et b , la fonction ....
u (x , т + t') est plus grande que u(x, t) et par conséquent positive.
Si l'on fait x = r- t', on prouvera , comme tout à l'heure , que
du
(x , T- t') s'annulle entre les limites a et b une seule fois et passe
du négatif au positif.
Pourchaque valeur de xcomprise entre a et b, la fonction u(x, -t')
est plus petite que u(x, t), puisque la différence и(х , т-t')-и(х , т)
du
a un signe contraire à celui de (x, t) , t' étant suffisamment petite :
donc u (x , t-t') est négative pour x= 5. Mais elle est positive pour
x= a et x= b, comme u (x, t) , car en prenant t' suffisamment petite,
и(а, т - t') et u(b, τ - t') diffèrent aussi peu qu'on veut de u(a, т) et
u(b, r) qui ont le signe+. Il suitde là que u(x, τ-t') change de signe
aumoins deux fois, d'abord pour une valeur de x comprise entre a et ξ,
puis pour une autre entreget b. Je dis de plus que cette fonction ne peut
pas s'évanouir plus de deux fois entre les limites a et b : car si elle s'é-
vanouissait une troisième fois, en changeant ou ne changeant pas de
du
signe , (x , -t' ) devrait s'annuller au moins deux fois entre les
mêmes limites a et b , ce qui n'arrive pas.
d'u
Nous avons supposé ax2
- (ξ , τ) positive. Si cette quantité est néga-
tive on reconnaîtra de la même manière que u (x , τ + t') doit être
négative et ne pas s'évanouir entre les limites a etb , et que ...
u (x, τ-t') doit changer de signe et s'évanouir deux fois seulement ,
d'abord entre a et ξ , puis entre et b . D'ailleurs , ce cas se ramène
au précédent, en changeant u en и.
En supposant que u ne soit pas constamment nulle pour x X
PURES ET APPLIQUÉES . 417
quelle que soit t, il peut arriver
du
que u s'évanouisse pour x = x quand
t atteint une valeur τ. Alors dx
sera nulle en même temps , à cause
du dau
de l'équation kau huo. (2). Si
dx
-

n'est pas nulle aussi , on


dx

verra par le raisonnement précédent qu'en faisant croître x depuis x


jusqu'à une valeur b un peu plus grandedu
que x , u (x , t) ne s'é-
vanouira pas et aura le même signe que (x, t) , et que u (x, τ- ')
changera de signe et s'évanouira une seule fois entre x et b.
du
De même , si u est nulle pour x= X et t = r , dx
sera nulle en
même temps ; à cause de l'équation (3). Alors u(x , t+ t' ) aura pour
les valeurs
d'u
x un peu plus petites que X et pour x= X, le même signe
que (X , T) : et u(x, T - t') changera de signe et s'évanouira
une fois près de la limite X.
ΧΧΙ .

Je suppose actuellement
du d'u
que la fonction
dm- u
u et plusieurs de ses déri-
vées successives jusqu'à deviennent nulles à la fois
dx dx .
pour x= et t= T , et je vais examiner ce que u deviendra pour des
valeurs de x et de t très peu différents de et de τ. Pour traiter ce
cas général qui comprend ceux dontje me suis occupé dans les deux
numéros précédents , j'emploierai une autre méthode fondée sur le
développement de u suivant les puissances de x' et de t', en faisant
x= + x et t = r + t
1

L'équation ( 1) devient
du
d
du (k dx
-
lu . (1)
8di dx
'

On a , d'après la formule de Taylor ,


1'2 t'n
u(ξ+x', τ+t')=X+Y +++ 23 +0 +1(*) (35)

(*) On arrive immédiatement à cette formule en intégrant n + 1 fois de suite


d +' u
di' di'n+ depuis t' = o jusqu'à t = t' et introduisant successivement comme
dru do-'u
constantes arbitraires les valeurs de
đi đón, etc. pour t' = o , qu'on suppose
données.
418 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
en désignant par Y, Y. , Y, ... Y,, ce que deviennent les fonctions
du d'u d"u
,
quand on fait t' = o ou tr , de sorte que
n+
Y, Y, ... Y, ne dépendent que de la seule variable x'. Le terme ( +3
n

t
dn+ u
remplace l'intégrale multiple ...

ddt' +' , d'où il suit que


est comprise entre la plus petite et la plus grande des valeurs que
dn+ u
I

prend la fonction 1.2.3...(n+1) dit, tandis que t' varie depuis o


+19

jusqu'à sa plus grande valeur.


du
On a supposé que pour x= et t= r, les fonctions u ,,
d'u dm- u dmu
dr '
etc. jusqu'a sont toutes nulles et que d a une valeur A
différente de zéro. Quand on fait t = rou t' = o , ces fonctions u,
du d'u dY d'Y
dx , dx sont les mêmes que Y, ल, व , etc. Donc , pour x' = 0 ,
dm- Y
Y,
dy
d ,etc. jusqu'à doc'm sont nulles et dmY
dx'm
est égale à A.
Pour des valeurs de x' suffisamment petites, soit positives , soit né-
dmY
gatives , dom différera de A aussi peu qu'on voudra. On en conclut
(en intégrant m fois) , que pour ces mêmes valeurs , on aura
x'm
Y= (A + a) 1.2.3... m

a étant une quantité positive ou négative , fonction de x', qui s'éva-


nouira avec x' , et qu'on pourra rendre plus petite que toute quantité
donnée en prenant x' suffisamment petite.
Pour avoir les expressions de Y. , Y....., il faut dans l'équation (1)
et dans celles qu'on en déduit en la différentiant plusieurs fois par rap-
du du
port à t', faire t' = o . On obtient alors en remplaçant u , वा, वा....
pay Y, Y. , Y, .... les équations suivantes :
PURES ET APPLIQUÉES. 419

d.( )
gy, = dx'
-
IY ,

gy. =
d.(k )
dx
' -IY,

gY₃ =
3
d.(k ) -
IY..
dx'
etc.

dY

La première gY₁ =
d.(k )
dx - IY différentiée p fois par rap-
port à x', donne
dY dgdp- Y
dx'p + Pdx dx drg Y.
+ ... + dx'p
dp+2Y dk dp+ Y
=k (p + 1 )p dk dpY dp+ k dY
+ (p+ 1) dx dx'p+i+ 1.2 de doc'pt... do'p de
dPY dpl
-
Y.
dx'P

dy dm- Y dmY
Comme Y, dxd sont nulles pour x'= o et que dom A

on voit par les deux dernières équations que Y. , etc. , jusqu'à


dm-3Y 1

dx'm sont nulles aussi pour x' = o et qu'on a


dm-2Y, dmY
= = = (
0.
dx'm-2 dx'm )A, pour x
Par conséquent, pour des valeurs de x' suffisamment petites, on aura
x'm-2
Y = ( )(A+ a.) 1.2.3 ... (m - 2)
a étant une fonction de x' qui doit être très petite et nulle en même
k
temps que x', et (1) désignant ici la valeur de 8
qui répond à ...
x
' = 0.
420 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
En différentiant p fois par rapport à x' l'équation

gY =
d.(k ) -
N.,.
dx

de... jusqu'à dm-5Y2


on verra de la même manière que Y., dY, dem-5 sont
nulles pour x' = o et que
dm- Y 2 kdm- Y
dx'm-+ =( ) dx'm-a = ( ) . A , pour x' = 0 ,
d'où l'on conclura
2

Y = ( ).(A+ ) 2.3m-4) 1.2.3 ...

On trouvera de même
3
x'-6
Y =( ) (A + as) 1.2.3 (m-6) ,
et en général ,
2m-2n
Y=( ) ( +
Y= 1 2.3...(m-2 )
Toutes les quantités a , a,, a, ....a , fonctions de x' pourront de-
venir plus petites que toute grandeur donnée , pourvu qu'on attribue
à x' des valeurs suffisamment petites soit positives , soit négatives.
Supposons maintenant le nombre m pair et = 2n. Nous aurons en
mettant dans la formule (35) les valeurs précédentes de Y , Y. , Y, ...

( +α', τ+ ')= (A+ ) 23 21+ (A+ ) 123 ( 2) ( )


.2.3 ... (2-2)
..2n g

x'an-4 g x'an-6 g
+ (A+ )1.2.3... (2n-4) 1.2+(A+a3) 1.2...(2n-6) 1.2.3
+..... .....
() 7-1

xa ( )
+(A+ )[Link].3...(n -1) + (A+ an)1.2.3...n
+At +1 .
PURES ET APPLIQUÉES. 421
Si l'on fait

x' = 2√( ) ,
et si l'on représente par Q le polynome
zan 22n-2 + z2n-4
1.2.3... 2n + + ....
1.2.3 ... (2n-2) × 1 1.2.3 ... (2n-4) × 1.2
zan- 6 z2 I

+
1.2 × 1.2.3 ... (n-1) +1.2.3...
,
+1.2.3 ... (2n-6) × 1.2.3
la somme des termes affectés du coefficient A dans le développement
précédent sera A.( ) . Q; la somme des termes qui renferment

a, a , a, ... a aura une valeur absolue plus petite que (*) . 60,6 kt

étant un nombre qui surpasse toutes les quantités a, a, ...a, prises


positivement , et qu'on pourra prendre aussi petit qu'on voudra, en
donnant à x' des valeurs assez petites, pour que a , a,, a ... a, soient
encore moindres que 6.
En joignant à ces termes la partie et' +', on voit que la valeur pré-
cédente de u pourra se mettre sous cette forme
kt
'
ι (ξ + x', τ + t') = ( ) . A(Q + €).
u

€ est une quantité positive ou negative, fonction de z et de t' , qu'on


rendra aussi petite qu'on voudra , en prenant t' suffisamment petite et
donnant d'ailleurs à z des valeurs finies , positives et négatives ,
qui ne soient pas tellement grandes que les valeurs correspondantes
kt
de x' ou de z sortent des limites que nous avons assignées à
‫ةم‬

cette variable x'. On pourra donc donner à z des valeurs d'autant plus
grandes que t' sera plus petite. Nous désignerons par -
a et+ b les
limites entre lesquelles x' devra rester comprise pour que la quantité e
soit moindre qu'une quantité donnée aussi petite qu'on voudra.
Cela posé, pour toutes les valeurs de z,le polynome Q est constam-
I

ment positif et plus grand que son dernier terme 1.2.3 ... n ' qui est lui-
même plus grand que e,qu'on peutdiminuer à volonté. Doncpourtoutes
les valeurs de x' comprises entre -aet+ b, la fonction u ( ξ+x ', τ+1')
DECEMBRE 1836. 54
422 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES.
sera différente de zéro et de même signe que A , la quantité positive t'
étant très petite.
Supposons maintenant m impair et = 2n + 1. En substituant dans
la série de Taylor (35) les valeurs de Y, Y,, Y, ... Y., on aura
xan+1 '2n-1 t

u (ξ + x', τ + 1) = (A+ ) 1.2.3...(2n+1) +(A+a') 1.2.3...(2n-1) g

x2m-3 )
(8+
+(A+ as) 1.2.3...(2n- 3) 1.2

71

+(A+a ) I
()
1.2.3 + On+1.
Si l'on fait encore
kt
'

x = 2√
2n+ 1 zan- 3
+
et Q= 1.2.3...(2n+1) +1.2 ....(2-1)x1 +1.2.3 ..(2-3)×1.2 +...
z3 Z

...+ 1.2.3 ×1.2 ...(n -1) + 1× 1.2.3...


on aura
2n+ 1

u
( + x', τ + t) = √( )
T
A(Q + ε) ,
la quantité e sera comme précédemment aussi petite qu'on voudra ,
pourvu que x' reste comprise entre des limites - a et + b suffisam-
ment petites.
Cela posé , le polynome Q est nul pour z = 0 , positif quand z est
positive, et négatif quand z est négative. On voit d'ailleurs que la
fonction u ( ξ + x' , τ + t') a le même signe que AQ pour toute va-
T

leur finie de z qui n'est pas très petite , puisquealors Q surpasse €. Donc,
Q changeant de signe pour z = 0 , la fonction u (ξ + x', τ+t')
doit aussi changer de signe au moins une fois, tandis que x varie entre
les limites - a et + b. Jedis de plus qu'elle ne peut s'évanouir qu'une
du
seule fois dans cet intervalle , parce que sa dérivée dne s'évanouit
pas et conserve constamment le signe de A dans ce même intervalle.
En effet , on a , d'après la formule (35) ,
PURES ET APPLIQUÉES. 423
du dY dy, dY, t t
' do
2 dYn
1
dx dx
' ++
dx +...+ dx' 1.2.3 ... n +dx ' +' , (36)
On trouve d'ailleurs
dY dY x'm-3
dx =(A+a )1.2.3 (m-1) dy = (4)(A+ ) 1.2.3...(m-3) , etc.,
a', a', ... étant très petites et nulles en même temps que x'.
dy dy,
Substituant ces valeurs de dx dx
..

dans la formule précédente,


remplaçant m par 2n + 1 , et faisant ensuite

x
'= z
√( g

on trouvera
du I

A
dx =( g 1 + 1.2.3...(2-2)×1
1.2.3 ... (2n-2) × 1
+..+
1.2.3 ... n + ']
e' étant comme & une quantité qu'on rendra aussi petite qu'on voudra
en prenant t' et x' suffisamment petites.
du
Onvoit par cette expression de que cette dérivée conserve cons-
tamment le signe de A quand x' varie entre les limites très petites -a
et + b , et qu'ainsi la fonction u ( ξ + x' , τ +t') croît ou décroît conti-
nuellement dans cet intervalle; de sorte qu'elle s'y évanouit une seule
fois en changeant de signe.
On peut encore démontrer ces propositions sans employer les déve-
=
loppements précédents. Lorsque m est pair et 2n , on a Y.=( ) .A
pour x' = o , et les autres fonctions Y , Y. , Y. , ... Y , sont nulles
pour x' = o. D'après les relations qui existent entre Y, Y. , ... Y , et
leurs différentielles , il est aisé de voir que toutes ces fonctions Y,
Y,, ... Y, sont différentes de zéro et de même signe que A pour des
valeurs de x' suffisamment petites, soit positives , soit négatives; donc
alors tous les termes de la formule de Taylor (35) qui renferment ces
t'n
fonctions sont de même signe que A et comme le dernier Y 1.2.3 ... n
surpasse t'*+ , on voit que u( + x', τ + t') ne s'annulle pas et
conserve le signe de A dans l'intervalle suffisamment petit où l'on fait
varier x
'.
54..
424 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
Lorsque m = 2n + 1 , Y, Y....Y, ont toutes le signe de A , quand
x'est positive , et le sigue contraire, quand x' est négative ; d'où l'on
conclut d'abord que la fonction u ( ξ + x', τ + t') change de signe
dans le petit intervalle où l'on fait varier x'. Mais elle ne peut s'éva-
du
nouir qu'une seule fois dans cet intervalle, parce que d ne s'y an-
du
nulle pas. En effet , de étant exprimée par la formule (36), on trouve
dy
que dy
de dy di, , ۰۰۰۰۰ ont constamment le signe de A et que
dx
'

k -g
:
dY =

dx )". A pour x' = 0 .


XXH .

Considérons maintenant la fonction u (ξ + x', τ- t'). En changeant


dans les formules qui précèdent t' en - t' et faisant encore

= √(),
2
g

on trouvera , si m est pair et = 21 ,


κ ( ξ + x' , T -

t') = ( ) . A. (P+ €), (37)


P désignant le polynome (38)
zan Zan-2 2-4
1.2.3 ... 2n 1.2.3 ... (2n-2)× 1 +1.2.3 ... (2n-4)×1.2
I
z

………… 1.2 × 1.2 ... (n-1) + 1.2.3 ...n

Si mest pair et = 2n + 1 , on obtiendra


kt2n+1
u(ξ + x', T -

t') = ( ) A (P + €) (39)
‫ةم‬

(40)
en posant
zan- 1 + z2n- 3
Z2R+1
P
= 1.2.3 ... (2n-3) × 1.2
1.2.3... (2n+ 1) 1.2.3 ... (2n-1 ) Χι
2

.....

la quantité e remplit les mêmes conditions que dans le numéro pré-


cédent.
Nous allons montrer que le polynome P (39) ou (40) s'évanouit en
PURES ET APPLIQUÉES. 425
changeant de signe pour autant de valeurs de z qu'il y a d'unités dans
son degré m qui est an ou 2n + 1 .
Il est à remarquer d'abord que quel que soit le degré m pair ou im-
dP d²P
pair de ce polynome , ses fonctions dérivées dz dz , etc., peuvent se
déduire de Pen y remplaçant successivement m_par m -

1,

m- 2 , etc.
dP
Si l'on divise P par , on trouve la partie entière du quotient égale
2 daP
à
I

z et le reste égal à - -

m

dz
de sorte qu'on a identiquement
m

dP dP
mP = z
dz
- 2
dz
(41)

En différentiant cette équation par rapport à z , on en conclura


dP dP d3P
-
= Z
(m -
1) dz² 2dz3
d3P d4P
-
dP
-2 (41).
(m 2) वर Zdz3 dz4

etc.

Enfin l'on a
dmp
+1.
dzm

On peut aussi déduire ces équations de la première


dP d&P
mP = z dz
2
dz

sans la différentier , puisque cette équation a lieu , quel que soit le


degré m, et que si dans l'expression de P on change successivement
dP daP
men m-1 , m-2 , etc. , P se change en dz comme on l'a

observé tout à l'heure.


dP dP d³P dmp
Les fonctions P, ' d ' d ... dom étant liées entre elles par les
équations (41 ) , deux fonctions consécutives de cette suite ne peuvent
pas s'évanouir pour une même valeur de z; car ces équations (41 )
font voir qu'une valeur de z qui annullerait deux fonctions consé-
dmP inclusive-
cutives réduirait aussi à zéro toutes les autres jusqu'à d
426 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
dmP
ment , ce qui ne peut être , puisque dem est égale à + 1. Il suit de là
que l'équation P = o n'a pas de racines égales.
De plus , les équations (41) montrent que pour toute valeur de z
dP daP
qui annulle l'une quelconque des fonctions dérivées dz ' dz ' etc. , les
deux fonctions adjacentes ont des valeurs de signes centraires : on en
conclut d'après un théorème connu que l'équation P = o a ses m ra-
cines à la fois réelles et inégales. On peut tirer la même conclusion du
théorème de Fourier et aussi de celui que j'ai donné pour la résolution
des équations numériques , en ayant égard, dans leur application ,
aux relations (41 ) .
Le polynome P s'évanouit donc et change de signe pour des valeurs
finies de z en nombre égalà son degré m; l'une de ces racines est zéro
quand m est impair , les autres racines sont deux à deux égales et de
signes contraires , quel que soit m. Toutes ces racines sont comprises
entre - met + m , car en faisant z = mou > m , on voit que chaque
terme positif de P surpasse le terme négatif qui le suit immédia-
tement .

Puisque P change de signe m fois, on peut donner à z , m + 1 va-


leurs (entre - met + m) , pour lesquelles P aura des valeurs alter-
nativement positives et négatives, qui d'ailleurs surpasseront les valeurs
correspondantes de e , attendu qu'on peut rendre e moindre que toute
quantité donnée , en prenant ť et x' suffisamment petites.
Il résulte de là que la fonction u (ξ + x' , τ - t') exprimée par l'une
des formules (37), (39) change de signe au moins autant de fois que P,
c'est-à-dire m fois , tandis que x' croît depuis - a jusqu'à + b .
Je dis de plus que cette fonction ne peut s'évanouir plus de m fois dans
cet intervalle. En effet, si elle s'évanouissait m+ 1 fois, sa dérivée pre-
du
mière ( + x', τ - t') changerait de signe au moins m fois dans
d'u
cet intervalle , donc sa dérivée seconde changerait de signe au
d³u
moins m- 1 fois, puis en changerait au moins m-2 fois , et ainsi
dmu

de suite; de sorte qu'enfin d'm ( + x', r- t') changerait de signe au


PURES ET APPLIQUÉES. 427

moins une fois dans le même intervalle. Or c'est ce qui ne peut arriver,
si l'on prend cet intervalle suffisamment petit, aussi bien que t' ; car
dmu
en diminuant t', dm (६+ x', τ - t' ) diffère aussi peu qu'on veut de
dmu
dy'm (ξ + x' , τ) pour une même valeur de x', et cette dernière fonction
'ne s'annulle pas et conserve le signe de Adans l'intervalle dont il s'a-
git , si on le prend suffisamment petit.
Les m valeurs consécutives de z ou de x' qui annulent . .....

du du
u(ξ +x' , t-t') , en comprennent d'autres qui annulent dx" ainsi dx

doit s'évanouir m- 1 fois, ni plus ni moins, tandis que x' croit de-
du
puis - a jusqu'à + b, on en conclut que d ne peut pas être nulle
en même temps que u , et que u n'a point de valeurs minima dans
cet intervalle .
En résumé, si la fonction u et plusieurs de ses dérivées suc-
cessives du de jusqu'a dm
de' d'u m-'u sont nulles pour t = ret x = ξ, en
dem
prenant la quantité positive t' assez petite et faisant varier x dans un
intervalle suffisamment petit renfermant la valeur § , la fonction
u (x , τ + t') ne s'évanouira pas dans ce petit intervalle , si m est pair ,
et s'y évanouira une seule fois en changeant de signe si mest impair ;
mais la fonction u (x , t - t') s'évanouira et changera de signe préci-
sément m fois dans le même intervalle , quel que soit m, la dérivée
du

dx ne s'évanouira pas en même temps que u.


Il en sera de même pour chacune des valeurs dex, telles que ξ
comprises entre x et X , qui annulleront la fonction u (x , τ) .
Les petits intervalles qui renfermeront ces différentes valeurs de x
et qui jouiront des propriétés précédentes seront séparés les uns des
autres , ou de l'une des extrémités de la barre par d'autres intervalles
plus ou moins grands, dans lesquels la fonction u (x , t) ne s'annul-
lera pas ; dans ces derniers, les fonctions u (x, τ-t') et u(x, τ+ t')
ne s'annulleront pas non plus, si t' est suffisamment petite , puisqu'a-
lors elles different aussi peu qu'on veut de u (x , t) , qui n'est pas
nulle.
428 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES

XXIII .

Nous avons supposé jusqu'ici que la fonction u (x , t) n'était nulle


ni pour x = x ni pour x= X. Examinons maintenant le cas où
elle serait nulle à l'une de ces limites .
du

Si u (x , t) est nulle pour x = x , x(x , t) est nulle en même


du
temps , à cause de l'équation k dx -
huo qui a lieu pour x = x ,
d'u
quel que soit t. Si dx n'est pas nulle aussi , on a déjà vu au nº XX ,
qu'en faisant croître x depuis x jusqu'à une valeur un peu plus grande
que x, la fonction u (x , τ + t') ne s'évanouit pas et a le même signe
d'u
que (x , t) et que u (x , -t') s'évanouit en changeant de si-
du
gne une seule fois dans ce petit intervalle , sa dérivée d(x, T-t')
ne pouvant pas y être nulle.
du d'u
Mais il peut arriver que plusieurs dérivées consécutives dx dx
dm-
'u
jusqu'à dom soient nulles en même temps que u pour x = x et
dmu
t= t. On va voir qu'alors la première dérivée dem qui n'est pas
nulle est d'un ordre pair.
Faisons t = + t' et x = x + x', et désignons , comme précé-
dru dau
demment par Y, ce que devient la fonction dt ou a quand on fait
t = rout' = o . On a vu n° XXI que cette fonction Y est nulle
pour x' = 0 , si 2n est < m. En outre , on a en général, quel que
soit n, pourvu que m- 2n soit positif,
kg

dm-anYn
dxm-an
= A pour x'
.A 0,

dmu
A étant la valeur de pour x'= o , qui est par hypothèse différente
de zéro.
PURES ET APPLIQUÉES . 429
Donc , si l'on suppose le nombre m impair et = 2n+ 1 , on aura

k -g
Y. 0 et =
.A pour x' = 0.

dY
Ainsi Y= o sera nulle pour x = o et dx
ne le sera pas. Or, au
du
contraire, il résulte de l'équation k dx -
huo qui a lieu pour
d

x = x , quel que soit t, que Y, ne peut pas être nulle sans que de
le soit en même temps. En effet, cette équation revient à la suivante :
k dx
du' -
hu 0
pour x' 0,

qui différentiée n fois, par rapport à t', donne


du
d
di dt'n
k -h 0
pour x' 0.
dx
' du

t étant quelconque.
En faisant dans cette dernière t' = o , on aura donc

k
dYn
dx
--
hY. = 0 pour x' 0.
:
dY
On ne peut donc pas avoir en même temps Y. o et dx A,

cequi résulteraitde l'hypothèse de m= 2n + 1 .


Ainsi m ne peut être qu'un nombre pair 2n; alors Y. est égale à
A pour x' = 0.
Cela posé, on conclut de ce qui a été démontré dans les n" XXI et
XXII, qu'en prenant la quantité positive t' suffisamment petite et fai-
santcroître xdepuis la limite x jusqu'à une valeur unpeu plus grande
que x, la fonction u (x, r+t' ) ne s'évanouira pas et que u (x, T-t')
s'évanouira n fois en changeant de signe. Au-delà de ce petit inter-
valle, ces deux fonctions ne s'évanouiront pas, jusqu'à ce que x en
croissant atteigne un autre petit intervalle comprenant la valeur & la
plüs voisine de x qui annulle u (х , т).
DÉCEMBRE 1836. 55
430 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
On arriverait à une conclusion semblable, siu et plusieurs de ses
du
de d'u
dérivées successives dxdx
de étaient nulles à la fois pour t =
et x Χ.
XXIV.

De tout ce qui précède , résulte l'énoncé suivant :


Concevons que t croisse par degrés insensibles, à partir d'une valeur
quelconque. Aussi long-temps que pour des valeurs croissantes det ,
Au
la fonction u (x , t) et sa dérivée dx ne s'évanouiront pas simultané-
11
٢٠

ment pour quelque valeur de x comprise entre les limites x et X, et


que u (x, t) ne deviendra pas nulle à l'une de ces limites , cette fonc-
tion u (x , t) s'évanouira toujours le même nombre de fois entre ces
limites , en changeant de signe chaque fois. Quand & dépassera une
valeur r telle que u(x , t) et quelques-unes de ses dérivées succes-
i
sives du d'u
do do dm- u
... jusqu'à domi deviendront nulles à la fois pour
une valeur & de x comprise entre x et X, la fonction u(x , t) perdra ,
si m est pair, un nombre m de changements de signe ou de valeurs
nulles qu'elle possédait avant que & atteignît cette valeur et qui ré-
pondaient à des valeurs de x très voisines de ; mais si m est impair,
elle en perdra m - 1 , de sorte qu'elle ne s'évanouira plus qu'une seule
du
fois en changeantde signe près de la valeur , et dx ne sera pas nulle en
même temps . Il en sera de même pour toute autre valeur de x com-
prise entre x et X qui annullera à la fois u (x, t) et quelques-unes
du du 1

de ses dérivées dx dx2


...

du
Quand u deviendra nulle pour t = r à l'une des limites x , X , d
s'évanouira en même temps , et s'il arrive que d'autres dérivées sac-
du d³u
cessives dad , d ..... s'annullent aussi, la première qui ne s'éva-
:

nouira pas sera d'un ordre pair 2n. Alors un peu avant que t atteigne
la valeur t , u s'évanouit en changeantde signe n fois près de la limite
pour laquelle u(x , t) est nulle , et quand t croît au-delà de r, u cesse
de s'évanouir en cet endroit.
:
PURES ET APPLIQUÉES. 431
Si t continue à croître , le nombre des valeurs nulles ou des change-
ments de signe de u (x, t) diminuera toujours de la même manière ,
chaque fois que u deviendra nulle à l'une des limites x , X , ou que n
et quelques-unes de ses dérivées consécutives s'évanouiront simulta-
nément entre ces limites.
Il est aisé de voir, en modifiant légèrement l'analyse précédente ,
que la fonction u(x, t) jouirait encore des mêmes propriétés, lors
même que g , k, I dans l'équation (1) seraient des fonctions des deux
variables x et t, et que het H dans les équations (2) et (3) seraient
aussi des fonctions de t, toutes ces fonctions étant assujetties à la
condition d'être constamment positives .
Si l'équation (2) se réduisait à u= o pour x = x , on aurait encore
les mêmes propositions , en ne tenant compte que des autres valeurs
de x plus grandesque x qui annulleraient la fonction u.
De même , on n'aura pas égard dans l'énoncé à la valeur X, si l'é-
quation (3) se réduit à u= o pour x = X.
Dans tout ce qui précède, la variable t peut être négative aussi
bien que positive, en supposant u égale à une fonction arbitraire de
x pour to , ou pour une valeur donnée det.
Ces propositions pourraient ne plus subsister, si quelques-unes des
quantités que nous avons considérées dans notre analyse pouvaient
devenir infinies pourcertaines valeurs de x qui annulleraient la fonc-
tion u (x, t).
XXV.

On satisfait aux trois équations (1), (2) et (5), en posant


:

u = CV; e-pit + Ci+1Vi + 1 e- Pitt + ...+ CV, e-ppt.


P (42)
C4, Cr+1, ... C, étant des constantes arbitraires.
4

Cette fonction u (42) jouit donc des propriétés qui viennent d'être
énoncées. Il est aisé de voir combiende fois elle s'évanouit , quand on
donne à tde très grandes valeurs positives ou négatives. Sil'on donne
à t une valeur positive très grande , u devient sensiblement propor-
tionnelle à son premier terme CV₁e-pit, quand Vi n'est pas nulle , car
les rapports des autres termes à celui-ci sont d'autant plus petits que
la valeur de test plus grande, comme on le voit en écrivant cette
55..
430 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
On arriverait à une conclusion semblable, si u et plusieurs de ses
dérivées successives du
dadd'u étaient nulles à la fois pourt = t
et x Χ.
XXIV .
13

De tout ce qui précède , résulte l'énoncé suivant :


Concevons que t croisse par degrés insensibles, à partir d'une valeur
quelconque. Aussi long-temps que pour des valeurs croissantes de t ,
1 du
la fonction u(x , t) et sa dérivée dr ne s'évanouiront pas simultané-
!? } 11

ment pour quelque valeur de x comprise entre les limites x et X , et


que u (x, t) ne deviendra pas nulle à l'une de ces limites , cette fonc-
tion u (x , t) s'évanouira toujours le même nombre de fois entre ces
limites , en changeant de signe chaque fois. Quand & dépassera une
valeur r telle que u(x , t) et quelques-unes de ses dérivées succes-
du d'u dm- u
sives jusqu'à deviendront nulles à la fois pour
dx , dx . dxm-1

une valeur & de x comprise entre x et X, la fonction u(x , t) perdra,


si m est pair, un nombre m de changements de signe ou de valeurs
nulles qu'elle possédait avant que tatteignît cette valeur et qui ré-
pondaient à des valeurs de x très voisines de ; mais si m est impair,
elle en perdra m- 1, de sorte qu'elle ne s'évanouira plus qu'une seule
du
fois en changeantde signe prèsde la valeur , et dx ne sera pas nulle en
autre valeurde x com-
même temps. Il en sera de mêmepour toute autre
prise entre x et X qui annullera à la fois u (x , t) et quelques-unes
du
de ses dérivées du
dx dx
...

TOCL du
Quand u deviendra nulle pour trà l'une des limites x , X , dx
s'évanouira en même temps , et s'il arrive que d'autres dérivées snc-
du d³u
cessives s'annullent aussi, la première qui ne s'éva-
dx dx .

nouira pas sera d'un ordre pair 2n. Alors un peu avant que t atteigne
la valeur t , à s'évanouit en changeantde signe n fois près de la limite
pour laquelle u(x , t) est nulle , et quand t croît au-delà de r, u cesse
de s'évanouir en cet endroit.
: .:
PURES ET APPLIQUÉES . 431
Sit continue à croître , le nombre des valeurs nulles oudes change-
ments de signe de u(x, t) diminuera toujours de la même manière ,
chaque fois que u deviendra nulle à l'une des limites x , X , ou que n
etquelques-unes de ses dérivées consécutives s'évanouiront(@simulta-
nément entre ces limites. алва 119
Il est aisé devoir en modifiant légèrement дирl'analys e précédente ,
que la fonction u (x , t) jouirait encore des mêmes propriétés , lors
même que g , k , l dans l'équation (1) seraient des fonctions des deux
variables x et t, et que het H dans les équations (2) et (3) seraient
aussi des fonctions de t, toutes ces fonctions étant assujetties à la
condition d'être constamment positives .
Si l'équation (2) se réduisait à u = o pour x = x , on aurait encore
les mêmes propositions , en ne tenant compte que des autres valeurs
de a plus grandes que x qui annulleraient la fonction u..
si l'é-
' oncé à la valeur X ,
dans ll'én
De même , on n'aura pas égard dans
quation (3) se réduit à u= o pour x= X 91

Dans tout ce qui précède , la variable t peut être négative aussi


bien que positive , en supposant u égale à une fonction arbitraire de
a

x pour to , ou pour une valeur donnée de t. ro eαίους μή


Ces propositions pourraient ne plus subsister, si quelques-unes des
quantités que nous avons considérées dans notre analyse pouvaient
devenir infinies pour certaines valeurs de x qui annulleraient la fonc-
tion u (x, t).
XXV.

On satisfait aux trois équations (1) , (2) et (5), en posant :

u = CV; e-pit + Ci+1Vi+1 e-Pi +st + ...+ C₂Ve-ppt. (42)

C4, Cr , ...C, étant des constantes arbitraires .


Cette fonction u (42) jouit donc des propriétés qui viennent d'être
énoncées . Il est aisé de voir combien de fois elle s'évanouit , quand on
donne à t de très grandes valeurs positives ou négatives. Si l'on donne
à t une valeur positive très grande , u devient sensiblement propor-
tionnelle à son premier terme C₁Ve-pit, quand Vi n'est pas nulle, car
les rapports des autres termes à celui-ci sont d'autant plus petits que
la valeur de test plus grande , comme on le voit en écrivant cette
55..
432 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
fonction de la manière suivante :

u
e-pit[CV + C+ Vitz e-(pits-pit + ... C,V, e-(pp-pit].
Or, la fonction V, s'évanouit et change de signe i- 1 fois entre les li-
mites x et X sans que ladérivée dVis'annulle enmême temps. Donc,
dx

t ayant une valeur positive très grande ou infinie , udoit aussi s'éva-
nouir et changer de signe i- 1 fois entre x et X pour des valeurs de
du
x très peu différentes de celles qui annullent V, et dx ne s'annul-
lerapas en même temps que u. Cette proposition peut être établie plus
rigoureusement comme il suit:
Soit l'une des valeurs de x entre x et X pour lesquelles V, s'an-
dVi
nulle. Comme dx n'est jamais nulle en même temps que V₁, on peut
donner à x une valeur a plus petite que et une valeur b plus
grande que & telles que pour toutes les valeurs de x comprises entre
dVi
a et b , dx ait constamment le même signe qu'elle a pour x= ξ.
Alors V, croîtra ou décroîtra continuellement dans cet intervalle et
n'y deviendra nulle que pour x= ξ. Or, on a
du dVi dVit
-pit
e
dx
=

(C dx + C+ d.x e-(pits -pi)t + etc.


etc.) ,
et le terme C
C,, dv
de qui n'est pas nul dans l'intervalle de a à b sur-
passe la somme de tous les termes suivants qui deviennent plus pe-
tits que toute quantité donnée , quand on donne à t une valeur po-
sitive suffisamment grande.
du dV
Donc , d a dans le même intervalle le signe constant de Cid
Mais pour x = a comme pour x= b , u a le même signe que le
terme CV, qui n'est pas nul et qui surpasse la somme de tous les termes
suivants , quand la valeur de test suffisamment grande. Donc u a
comme V, deux valeurs de signes contraires pour x=a et pour x=b,
du
et puisque ne change pas de signe entre a et b , on voit que u

s'évanouit et change de signe une seule fois dans cet intervalle.


PURES ET APPLIQUÉES. 453
De même u s'évanouit une seule fois dans chacun des petits inter-
valles semblables qui comprennent les autres valeurs de x pour les-
quelles V, est nulle. Hors de ces intervalles , V, n'étant pas nulle , u ne
le sera pas et aura le même signe que CV,, pourvu que la valeur de t
soit assez grande pour que ce terme qui n'est pas nul surpasse la
somme de tous les autres .

On verra de même qu'en donnant à t une valeur négative très


grande , u s'évanouira et changera de signe p-1 fois pour des valeurs
de x comprises entre x et X très peu différentes de celles qui annul-
du
lent la fonction V ne s'annullera pas en même temps que u.
Si l'on fait t = o , u devient

Y = CV, + CI +LV1+1 ++ C,V,.

Cettefonction Y doit changer de signe entre les limites x et X au


moins i- 1 fois. En effet , d'après les numéros précédents, lorsque t
croît depuis o jusqu'à + ∞ , le nombre des changements de signe de
la fonction u(x , t) entre les limites x et X ne peut que diminuer ou
rester le même; donc ce nombre , étant i- 1 quand t= + ∞ , doit
être supérieur ou au moins égal à i- 1 quand t = o . Ainsi Y change
de signe au moins i- 1 fois pour i- 1 valeurs de x différentes com-
prises entre x et X; il peut arriver d'ailleurs que quelqu'une de ces
I
i- 1 valeurs annulle un nombre pair de dérivées consécutives
dY dY

dx dx … en même temps que Y. En outre Y peut encore s'éva-


nouir sans changer de signe pour d'autres valeurs de x comprises entre
x et X et aussi être nulle à ces deux limites ou à l'une d'elles . Nous
supposons ici qu'aucune des équations (2) , (3) ne se réduit à V= 0
pour x= x ou x = X .
On voit de même que le nombre des valeurs de x , depuis x jus-
qu'à X , qui annullent la fonction Y, ne peut surpasserp- 1 , en comp-
tantx ou X parmi ces valeurs , si Y est nulle à l'une de ces limites.
En effet , quandt = -∞ , u s'évanouit et change de signe p 1 fois
-

pour p -
I valeurs de x comprises entre x et X infiniment peu dif-
férentes de celles qui annullent V,: et quand t croît depuis- ∞ jus-
:
434 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
qu'à o , le nombre des valeurs nulles de u (x , t) correspondantes à des
valeurs de x comprises entre x et X, ou même égales àces limites,
ne peut que diminuer ou rester le même. Donc ce nombre est au plus
P - 1 pour u (x , o) ou Y.
On peut même prouverque le nombre des valeurs différentes de x qui
annullent Ydoit être plus petit que p-1 , six ou X est l'une de ces va-
leurs ou si parmi cellesqui sont comprises entre x etX il s'en trouve qui
dY
annullent à la fois Y et dY
dx
ou Y et plusieurs dérivées consécutives
dx,
dY
...

dx

En effet , supposons que la valeur & comprise entre x et X annulle


dY dY dm- Y
à la fois Y et les dérivées jusqu'à inclusivement. Si
dx dx : m
l'on donne à t une valeur négative très petite - t', on vient de voir
que la fonction u(x, t ) s'évanouira pour un nombre de valeurs
de x au plus égal àp- 1 , en comprenant parmi ces valeurs x ou X ,
si elle est nulle à l'une de ces limites. Or à la valeur qui annulle Y
ou u (x , o) et ses dérivées, jusqu'à celle de l'ordre m-1 , correspon-
dent m valeurs de x très peu différentes de § qui annullent u(x, t),
comme on l'a prouvé dans les numéros précédents. Ainsi quand t
-

passe de t' à o , m valeurs qui annullent u(x, t) deviennent


toutesà la fois égales à la valeur qui annulle Y. D'ailleurs à chacune
des autres valeurs de x qui annullent Y correspond toujours au moins
une valeur qui annulle u(x, - t') différente des m valeurs très voi-
sines de ξ, dont il vient d'être question. Donc le nombre total des ra-
cines x de l'équation u (x, t ) = o depuis x jusqu'à X, étant au
plusp - 1 , on voit que le nombre des racines x de l'équation Y = 0 ,
depuis x jusqu'à X, est aussi au plus p - i , en comptant chaque
-

valeur de x telle que & comprise entre x et X qui annulle à la fois Y et


dy d'Y
quelques-unes de ses dérivées consécutives do dr ... pour autantde
,

racines égales entre elles qu'ily a d'unités dans l'ordre de la première


dérivée que cette valeur n'annulle pas. Quand aux autres valeurs
dy
de X qui annullent Y sans annuller en même temps , ce sont les ra-
PURES ET APPLIQUÉES . 435
cines simples de l'équation Y = 0; chacune d'elles ne doit être comp-
i.i
tée qu'une seule fois. 1

Le degré de multiplicité d'une racine de l'équation Y =


o, tel
que nous venons de le définir , a , comme on voit, la même ex-
pression que dans les équations algébriques ordinaires, puisqu'il
dY d'Y
est égal au nombre des fonctions consécutives Y, d, बल,... que
cette racine annulle à la fois.

Cette définition des racines égales de l'équation Y = one con-


vient toutefois qu'aux valeurs de x > x et < X. En supposant
que l'équation (2) ne se réduise pas à V = o pour x = x , si l'on
a Y = o pour x = x , on a vu que cette valeur de x doit an-
dY dy
nuller en même temps ou un nombre impair de dérivées dx

dY
dr La première de ces dérivées , qui n'est pas nulle pour
x = x étant alors d'un ordre pair an , je dis que le nombre des
-

racines x de l'équation Y = o sera encore au plus égal à p − 1 ,


en comptant la racine x pour n racines égales entre elles; de sorte
que le degré de multiplicité de cette racine x n'est que la moitié
de l'ordre an de la première dérivée qui n'est pas nulle pour x = x .
La raison en est qu'à cette valeur x qui annulle Y ou u (x , 0 )
correspondent n valeurs un peu plus grandes que x qui annullent
u (x , - t') ; et comme le nombre total des valeurs de x qui an-
nullent u (x , - t') est au plus p - 1 , il s'ensuit que le nombre des,
-

1,
racines x de l'équation Y = o sera toujours au plus égal à p
en comptant la valeur x pour n racines égales entre elles.'
En supposant que l'équation (5) ne se réduise pas à V 0

pour x = X , si l'on a Y = o pour x = X , on estimera de la


même manière le degré de multiplicité de la racine X.
En admettant ces conventions , le nombre des racines x de l'é-
quation Y = 0 , x variant depuis x jusqu'a X, ne surpassera ja-
mais p - 1 .
dV
Si l'équation (2) k dx -hV= o pour x = x se réduisait à V = o
pour x = x, on aurait aussi Y = o pour x et en général
X
436 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
u (x , t) = o pour x = x. Il est aisé de voir que, dans ce cas, notre
théorème subsisterait toujours en ne comptant pas la valeur x parmi
les racines de l'équation Y = o , mais en comptant ✗ pour une
racine simple ou pourplusieurs racines égales, comme on l'a expliqué
plus haut , si l'on a Y = o pour x = X , et si l'équation (3) ne se
réduit pas à V = o pour x = X.
De même, si l'équation(3) est V=o pour x=X, et que l'équation(2)
ne soit pas V = o pour x = x , le théorème aura lieu en ne comp-
tant pas la racine X , mais en comptant x quand on aura Y 0

pour x = x,
Enfin , si les deux équations (2) et (3) se réduisent à la fois à
V = o pour x = x et x = X , auquel cas on a aussi Y = 0
pour x = x et x = X , le même théorème aura lieu en faisant
abstraction des deux racines x et X; parce que V, s'annulle en-
core
P- I fois entre ces limites.

:
XXVI.

M. Liouville a démontré directement le théorème du numéro pré-


cédent (dans le cahier d'août de son journal ) sans employer laconsi-
dération de la variable auxiliaire t qui entre dans la fonction u(42)
dontj'ai faitusage. Il n'a pas tenu compte toutefois de la racine x ou X
lorsqu'elle existe. Je vais donner ici une autre démonstration directe
du même théorème , indépendante de celui du nº XXIV.
Soit

Y = CV + C1 +1V1 + 1 ++C,V,. (43)


On a
dV
d.(k
dx +(ga - 1)V = 0,

d(kaiti)
dx
1
dr

etc.

En multipliant ces équations par C₁ , C ... C,, ajoutant et posant


Y, -(CPVC +ili +1Vi +1 +...+ Cpp,V₂) ,
PURES ET APPLIQUÉES. 437
on aura
dY
dk
-

gy, =
dx
IY,
ου

d'Y dk dY
gY, = k dx + dxdx -
Ν. (44)

On voit par l'expression même de la fonction Y(43) qu'elle satisfait


aux deux équations
dy
k
dx
-
hY = o pour x x,
dY
k + HY • pour x X,

puisque chacun de ses termes satisfait séparément aux deux équations


(2)et(3).
Je vais prouver que si l'équation Y= o a un certain nombre u de
racines x tant égales qu'inégales , plus grandes que x et plus pe-
tites que X, les racines égales étant définies comme dans le numéro
précédent , l'équation Yo aura aumoinsu racines tant égales qu'iné-
gales, comprises entre les mêmes limites x et X.
Soit une valeur de x > x et < ✗ pour laquelle Y s'annulle et
changedesigne. Supposons que cette valeur ne soit ni la plus petite
ni la plus grande de celles qui annullent Y. Il y aura entre et la
valeur de x immédiatement inférieure à & qui annulle Y au moins
dY
une valeur a qui rendra Ymaximum, et pour laquelle de sera nulle ,
dY
et dx aura une signe contraire à celui de Y ou sera nulle. L'é-
quation (44) fait voir que pour x= a , et pour les valeurs de
x un peu plus grandes que a, la fonction Y, sera différente
d
-Y
de zéro et aura le même signe que ou un signe contraire à celui
de la valeur maximum deY dont il s'agit (quand même la fonction l
serait nulle pour x= a ou nulle identiquement). De même entre
§ et la valeur de x immédiatement supérieure à & qui annulleY, il y
aura au moins une valeur b qui rendra Y maximum et pour laquelle
DÉCEMBRE 1836. 56
438 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
dY dY
dy sera nulle et
dx dx
aura un signe contraire à celui de Y ou sera
nulle. D'après l'équation (44) Y, aura encore pour x= b un signe
contraire à celui de cette valeur maximum de Y. Mais les deux
valeurs maxima de Y pour x = a et x = b , sont de signes con-
traires, puique par hypothèse Y change de sigue en s'évanouissant
pour x == . Donc Y, a deux valeurs de signes contraires pour x = a
et x = b , et par conséquent Y, change de signe au moins une fois ,
tandis que x croît depuis a jusqu'à b.
Cette conclusion subsiste , quand la valeur de x immédiatement in-
férieure ou supérieure à qui annulle Y est x ou Χ.
Si est la plus petite racine de l'équation Y= 0, Y n'étant pas alors
nulle pour x = x , il existe entre x et au moins une valeur de x qui
dY
rend Y maximum. Car à cause de l'équation k dx- hy= o qui a lieu
dY
pour x = x , Yet dx
ont d'abord le même signe pour x= x et
pour les valeurs de x un peu plus grandes que x ; donc , x croissant
dY
à partir de x, la fonction Y ne peut pas s'évanouir avant que
change de signe et prenne un signe contraire à celui de Y. Donc Y
doit atteindre une valeur maximum avant de s'annuller la première
fois pour x = ξ. Ce maximum pourrait avoir lieu pour x= x , si la
constante hétait nulle. Entre la valeur de x correspondante à ce
maximum et celle immédiatement supérieure à qui répond à un
autre maximum de Y , il y aura au moins une valeur de x pour la-
quelle Y, s'évanouira et changera de signe, puisque d'après l'équation
(44) , Y, a toujours un signe contraire à celui de Y, chaque fois que
Y devient maximum, et que les deux maxima dont il vient d'être
question sont de signes contraires .
On verra de même que si est la plus grande valeur de x qui an-
dy
nulle Y , il y a , à cause de l'équation k dx +HY= o pour x =X, au
moins une valeur de x comprise entre etX qui rend Ymaximum; elle
peut être égale à X, si H est nulle. Pour cette valeur et pour celle im-
médiatement inférieure à 5 , qui donne un autre maximum de Y, Y, a
deux valeurs de signes contraires , de sorte que Y, change de signe au
1

moins une fois dans cet intervalle .


PURES ET APPLIQUÉES . 439
Si est la seule valeur de x qui annulle Y, cette fonction a encore
aumoins un maximum dans l'intervalle de x à et un autre dans l'in-
tervalle de & à X , d'où il suit que Y, change de signe dans l'intervalle
compris entre ces deux maxima.
On peut déjà conclure de ce qui précède que Y, doit changer de
signe au moins autant de fois que Y entre les limites x et X , Y étant ou
n'étant pas nulle à chacune de ces limites .
Supposons maintenant que la valeur & toujours comprise entre x
et X soit une racine multiple de l'ordre m de l'équation Y= o , c'est-
dy
à-dire qu'elle annulle à la fois les m fonctions consécutives Y, ...
jusqu'à ddxm En désignant par A la valeur de dmY
dm pour x = et
dmY dmY
faisant x = + x' , on aura dxm ou dx'm A + am , am étant une
fonction de x' qui deviendra très petite et nulle en même temps
que x'. Puis par une suite d'intégrations , il viendra
:

dm- Y dm- Y dm- Y x2


ou
dx'm- dom = (A+ am-1)x', dxm-a =(A + am ) 1.2
.....

dY x'm-1 x'm
....

dx=(A+ a,) 1.2.3... (m-1) , Y= (A+ ) 1.2.3...m'


les quantités am-.... a,, a étant comme a, très petites et nulles en
même temps que x' .
dY dY
En mettant les valeurs de Y , et dans l'équation (44), on voit
'dx dx²
Ax'm-a
que Y, est égale au produit de 1.2.3... (m -2) par une fonction de x'
k
qui approche d'autant plus d'être égale à 8que x' est plus petite.
Par conséquent , si est une racine double de Y = o , n'est pas ra-
cine deY,= o , ce qu'on voit d'ailleurs immédiatement à l'inspection
de l'équation (44). Si mest > 2 , est racine de l'équation Y, = o , et
s'y trouve m-2 fois ; car en supposant qu'elle s'y trouve un nombre s
dY, dY
de fois , c'est-à-dire qu'elle annulle less fonctions Y, dx d
...

x's
Y, est égale au produit de 123 par une fonction de x' qui
56..
440 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
ne devient pas très petite et nulle en même temps que x' ; s est
doncm - 2 .

L'expression de Y, en fonction de x' fait voir aussi que pour une


valeur ξ + x' un peu plus grande que ξ , Y, doit avoir le même
dY
signe que et par conséquent le même signe que Y attendu que
pour x= + x' toutes les fonctions Y, dY dmY
d ont le signedeA,
x'étant positive etsuffisamment petite. Or x croissant au-delà de doit
toujours atteindre une valeur (plus petite que X ou égale àX), pour
laquelle Yest maximum etY, a unsigne contraire à celui de Y, qui n'a
pas changé de signe en passant de zéro à ce maximum. Donc Y
change de signe au moins une fois dans le même intervalle. On verra
de même que Y, doit changer de signe au moins une fois dans l'inter-
valle compris entre la racine et la valeur de x immédiatement infé-
rieure à (supérieure ou égale à x) qui rend Y maximum.
Il est donc prouvé que si l'équation Y= o am racines égales à ξ,
§ étant comprise entre x et X , l'équation Y = 0 aura m- 2 racines
égales à ξ , et en outre deux autres racines pour lesquelles Y, changera
de signe , l'une comprise entre et la valeur de x immédiatement
supérieure à & qui rend Y maximum , l'autre entre et la valeur de x
immédiatement inférieure à qui rend Y maximum.
On conclut de ce qui précède , que si l'équation Y = o au racines
tant égales qu'inégales comprises entre x et X , l'équation Y, = o aura
aussi au moins u racines tant égales qu'inégales entre les mêmes
limites , et renfermées entre les valeurs de x qui répondent à des va-
leurs maxima de Y, alternativement positives et negatives. Ce théo-
rème a lieu, comne on voit, en faisant abstraction de la racine x ou
X que chacune des équations Y = o , Y = o pourrait avoir.
On peut aussi comprendre dans l'énoncé de ce théorème, la ra-
cine x ou X que peut avoir Y = o , en la comptant pour autant de
racines égales entre elles qu'il y a d'unités dans la moitié du nombre
dY d'Y dm
-Y
des fonctions consécutives Y, d , [Link]- qu'elle annulle , ce
...

nombre métant nécessairement pair.


En effet, si l'on a Y = o pour x = x , on aura en même temps
PURES ET APPLIQUÉES. 44
:
dy dy "

dx = o à cause de l'équation k dx -

= o qui a lieu pour x = x .



Y !
Si
dx² n'est pas nulle enmême temps , Y, d'après l'équation (44) ne
٠١٠

d2Y
sera pas nulle pour x = x et aura le signede dx Entre x etla valeur

de x immédiatement supérieure à x qui rend Y maximum il y en


aura au moins une pour laquelle Y, changera de signe , comme on l'a
vu plus haut. Ainsi en comptant x pour une racine simple de Y= o,
l'équation Y = o a au moins une racine correspondante plus grande
que x.
dY
Si la valeur x annulle les m fonctions consécutives Y, ....

dm- Y
le nombre m est pair. En effet , si l'on fait x= x + ξ' , la fonc-
tion Y, ou (CPV: + CI+ Pi+ Vi+++ C, P,V,) sera , d'après ce
..

qu'on a vu plus haut , divisible par x'm , c'est-à-dire égale au pro-


duit de x- multiplié par une fonction de x qui ne sera ni nulle ni
infinie pour x' = o . Pareillement , si l'on multiplie les différents
termes de Y, par Pi, Pitt, etc. , la nouvelle fonction . ......

CifiVi+...+CP,V, sera divisible par x -4 , et en continuant ainsi


PP

on trouvera que la fonction CPV + ... + C, PV, est divisible


parx'-
Donc , si le nombre m est pair et 2n , cette dernière fonction Y.
ne s'évanouirapas pour x'= o. Si l'on suppose m impair et 2n +
dYn
Y. sera divisible par x'. Or on a l'équation k dx hY =o pourx'=o.
dyn
Donc dx' serait nulle pour x' o en même temps que Y. , et il s'en-
suivrait que Y, serait divisible par une puissance de x' supérieure à la
prernière; ce qui est contraire à ce que nous venons de trouver. Il est
donc impossible que m soit un nombre impair 2n + 1 .
En supposant m = 2n , Y, est divisible par x *-* et par conséquent
dy
la racine x annulle à la fois les an a fonctions consécutives Y, d ...
dx

den- 3Y,
dxan-3 , , et d'ailleurs entre x et la valeur dex immédiatement supérieure
1

à x qui rend Y maximum , il y a au moins une racine de Y 0.


442 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
Donc si l'on convient de compter la valeur xqui annulle les 2n fonc-
dY dan- Y
tions Y dx... dan pour n racines égales entre elles de l'équation
1 ९

Y= o , l'équation Y₁ = o aura , selon la même convention , n -


1

racines égales à x , et de plus une racine comprise entre x et la valeur


de x immédiatement supérieure qui rend Y maximum .
1

Les mêmes observations s'appliquent àl'autre limite X.


Nous avons donc démontré que si l'équation Y = o ou CV + ...
+C,V, o a un certain nombre u de racines x tant égales qu'inégales
depuis x jusqu'à X, sans exclure ces limites mêmes, l'équation Y, = 0
ou CV + ... + C, P,V, = o aura aussi au moins u racines tant
i

égales qu'inégales , depuis x jusqu'à X, les racines égales étant défi-


nies comme nous l'avons dit précédemment. :

En conséquence , il y aura aussi àfortiori au moins racines , soit


inégales , soit égales , dans chacune des équations suivantes qui dé-
rivent les unes des autres comme Y, dérive de Y.

CPV + .... + C, V, = 0 ,
3

CPV +.... + C, PV,


PP = o ,

CV +....+ CpFV, = 0 .
P

On peut même ajouter , d'après ce qu'on a vu plus haut, que chacune


de ces fonctions change de signe entre les limites x et X , au moins
autant de fois que la première CV,++ C,V,, en faisant abstrac-
tion de la multiplicité des racines et de celles qui sont égales à x ou
à X.
La dernière équation pouvant s'écrire ainsi

( )( ) V +(Gp )( ) +++ , =
Sp
P

se réduit à très peu près à V,= o quand on suppose le nombre n très


grand ou infini , et alors elle a p- 1 racines inégales , comprises
entre x et X ; cequ'on peut au surplus établir plus rigoureusement par
le raisonnement déjà employé au commencement du n° XXIV .
Donc on a µ < p - 1 ou au plus égal à p - 1 ; ce qu'il fallait
démontrer.
PURES, ET APPLIQUÉES. 443
On peut prouver par la même méthode que l'équation
CV +...+ C,V, = o a au moins i racines différentes com-
prises entre x et X et pour lesquelles lafonction CV.+ etc. +C,V,
1 i
change de signe. ‫זי‬

En effet , on a vu tout-à-l'heure que la fonction in


1

L. ‫זייי‬
CPV ++ CppV i ...

a au moins autant de changements de signe entre x et X quê al

CV +....+C,V,.
C
Onen conclut, en remplaçant C, par Çi
n Cit par Gi+1/ n , etc. que
Pit
: :

CV + ....+ C,V, ‫ار‬ 10

a au moins entre x et X autant de changements de signe


5
que la fonc- ン
tion
V +....+ CV P
1 X
P

qui en a i- 1 lorsqu'on fait'ninfini, puisqu'alors elle est proportion-


Y 19
nelle à V. (*).
i
1 ‫ניי‬

Les fonctions Y, Y....Y. , dont je viens de m'occuper ne sont autre


1
.

du dru
chose que la fonction u(42) et ses dérivées di où l'on fait to.
Au lieu de Yet Y. , j'aurais pu aussi bien considérer la fonction
du
u(x, t) et sa dérivée dt définies par les équations (1), (2) , (3), 1
AP
du
et prouver à l'aide de ces équations , que l'équation dt = 0,
a au moins autant de racines x tant égales qu'inégales depuis x jus
Jr

(*) J'ai admis dans ces derniers nºs qu'une fonction Y de la forme
Ci Vi + Citt Vi +1 + ... + CV, ne peut pas être identiquement nulle pour
toute valeur de x comprise entre x et X , quand les coefficients CiCi+1 ...C, ne
sontXpas tous nuls. On reconnaît aisément cette propriété en observant qu'on a ‫اد‬ 4
X X X

X
gV:i Ydx= C gVidx ViVidx+...+ Gp ViVpdx
P
X X X

ou simplement :

X X
gV; Ydx =
X X

d'où il résulte que Y ne peut pas être identiquement nulle.


444 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
qu'à X que l'équation u (x , t) = o , d'où j'aurais conclu le théo-
rème relatif à C,V, + + C,V, 0.
...

Ce théorème a lieu, comme on l'a déjà vu dans la démonstration


du nº XXIV, quand même la fonction I ne serait pas constamment
positive entre les limites x et X. Il est aisé d'étendre àce cas où lest
quelconque, la démonstration que je viens de donner dans ce dernier
numéro , en la modifiant de la manière suivante.
Ayant désigné par Y la fonction CV +C+ V + ... + C,V,, je
prends
Y = [ CV (P + C) + CitiVit, (P1+1 + 0 + ・・・ CVP, + c) ],
cétant une constante arbitraire. J'ai alors au lieu de l'équation (44),
dY dk dy
+
la suivante gY, kd =
de da- gc +1) Y.
Au moyen de cette équation, en prenant laconstante c positive et
assez grande pour que la fonction gc + 1 reste positive entre les li-
mites x et X, je prouve comme précédemment, que si l'équation
Y= o au racines x tant égales qu'inégales depuis x jusqu'à X , sans
exclure ces limites mêmes , l'équation Y = o doit avoir aussi au
moins u racines égales ou inégales depuis x jusqu'à X, ce qui suffit
pour établir le théorème en question.
Ilfaut ajouter ici les remarques qui terminent le n° XXIV (*).

L'équation (44) fait voir d'ailleurs que si Y était constamment nulle , entre
les limites x et X , la fonction
You (GV ... + Cpp V₂)
serait nulle aussi , et par conséquent la fonction ...
Gigi Vi ... Cpbp" Vp,
ou celle- ci
Οι
Ci
1
( )( ) +.... + v,
le serait encore , tandis qu'au contraire cette dernière fonction se réduit à Vp quand
on fait n' infini.
(*) Ledéfaut d'espace m'oblige à supprimer quelques détails relatifs à la sphère
et au cylindre que j'ai annoncés dans l'introduction et auxquels le lecteur peut
suppléer aisément.
PURES ET APPLIQUÉES. 445

wwwmmw wwwwww ww www

MÉMOIRE

Sur un nouvel usage des fonctions elliptiques dans les


problèmes de mécanique céleste ;

PAR JOSEPH LIOUVILLE .

(Présenté à l'Académie le 11 juillet 1836.)

1. Pour résoudre le problème difficile des perturbations planétaires,


les géomètres ont successivement imaginé diverses méthodes. La plus
remarquable est sans doute celle où l'on regarde les constantes arbi-
traires du mouvement elliptique comme devenues variables sous l'in-
fluence des forces perturbatrices, en conservant d'ailleurs entre la lon-
gitude , la latitude , le rayon vecteur de la planète troublée et le
temps t, toutes les relations algébriques propres au cas où l'on tient
compte de la seule action du soleil. On peut trouver à la rigueur
dans les ouvrages de Newton l'idée première de cette méthode dont
Lagrange cst le principal inventeur et que M. Poisson a simplifiée
en quelques points. La détermination des inégalités périodiques du
mouvement des planètes se trouve ainsi ramenée au développement en
série et à l'intégration d'une certaine quantité , nommée R dans la
Mécanique céleste , ou plutôt des différentielles partielles de cette
quantité , prises par rapport aux éléments de la planète troublée.
Dans la théorie des principales planètes , les excentricités e , e', ....
de ces planètes , et leurs inclinaisons A , A', ... sur l'écliptique ont
des valeurs très petites. Il est naturel de développer alors la fonction R
en série ordonnée suivant les puissances croissantes de e, e', A, A' , etc. ,
ce qui conduit à une série rapidement convergente. Mais les divers
termes de R , dans ce développement, contiennent en dénominateur
DÉCEMBRE 1836. 57
446 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
les puissances successives de la distance moyenne A de la planète trou-
blée à la planète perturbatrice, ce qui rend l'intégration impossible
sous forme finie. On est donc contraint de développer de nouveau les
puissances négatives de A en séries de cosinus d'arcs proportionnels
au temps t. L'intégration par rapport à cette variable t, s'effectue en-
suite immédiatement. La série que l'on obtient en développant ainsi
chaque terme de R est peu convergente en elle-même. Euler a ob-
servé qu'elle le devient davantage par l'intégration; et, au jugement de
d'Alembert, cette simple remarque doit être comptée parmi les plus
belles découvertes de ce grand analyste. Toutefois j'ai pensé qu'il
serait utile d'éviter ce développement nouveau des divers termes de
R , ou du moins de donner une méthode pour calculer avec beaucoup
d'approximation le reste qu'on néglige lorsque après l'intégration on
prend seulement un certain nombre des termes de la série, les dix
premiers par exemple , en omettant tous les autres. J'espère y être
parvenu à l'aide des fonctions elliptiques dont mon mémoire va pré-
senter une application curieuse au problème des perturbations. Déjà,
dans la solution de ce problème , Legendre avait introduit les fonc-
tions elliptiques définies , c'est-à-dire les fonctions elliptiques dont
l'amplitude est égale à une constante. Je montreraiqu'on peut se servir
aussi avec avantage des fonctions elliptiques indéfiniesdont l'amplitude
dépend de la variable t. Mes formules devront surtout être employées,
lorsque les moyennes distances de la planète troublée et de la planète
perturbatrice au soleil différeront peu l'une de l'autre.
2. Pour faire comprendre en peu de mots le but queje me suis
proposé, j'observe qu'en développant R en série ordonnée suivant les
puissances ascendantes des excentricités et des inclinaisons , on ramène
le calcul des inégalités périodiques du mouvement des planètes à la
détermination numérique , pour une valeur quelconque du temps t ,
d'intégrales de cette forme ,
SQ cosgtdt , fQ singtdt , sdtSQ cosgtdt, sdtSQ sin gtdt ,
Qdésignant une fonction périodique de t, et g une constante. L'ex-
pression de Q est comprise dans la formule
I

μ'
2
[A+ A' cos (g'l +6. )]
PURES ET APPLIQUÉES . 447
μétant un nombre entier impair, et A, A', g', g., des constantes : g't
représente la différence des moyensmouvements de la planète troublée
met de la planète perturbatrice m' . Si a et a' sont les demi-grands
axes des ellipses décrites par m etm' , on aura A=a +a' , A' =-2aa' ,
ou mieux A' =- 2aa' (1-1 ) , en représentant par le sinus de la
moitié de l'angle compris entre les plans des deux orbites , et en évi-
tant de développer le terme très petit 2aa' cos (g't+g.). On sim-
plifiera un peu l'expression de la fonction Q en prenant une unité
de temps convenable et telle que l'on ait g' = 1 ; en fixant ensuite
l'origine du temps à une époque convenable, on peut rendre la
constante g, égale à zéro. Cela revient au fond àremplacer le binome
g't + g, par une seule lettre t. On a ainsi
1

Q μ

(A+ A' cost) 2 1.

valeur que nous adopterons désormais. Désignons maintenant par q la


partie entière deg et par I le reste positif ou négatif g- q, dont la
valeur est comprise entre - et : nous aurons g = q + 1 ; il
en résultera

cos gt = cos qt cos lt sinqt sin lt ,


-

sin gt = cos qt sin lt + sin qt cos lt ;

la détermination des intégrales simples ou doubles de


Q cosgt , Qsingt ,

dépend donc des intégrales des quatre quantités suivantes :

Qcosqtcoslt , Qcosqtsinlt , Qsinqtsinlt , Qsinqtcos lt.


Considérons , par exemple , la première de ces quatre quantités , sa-
voir Qcos qt cos lt; nous la mettrons sous la forme Picoslt , en posant
P= Qcosqt. La fonction P se développe en une série de cosinus
d'arcs multiples det, et les coefficients numériques des divers termes
de cette série s'expriment en fonctions elliptiques. Nommons P' l'en
57 ..
448 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
semble des premiers termes de P, des (i- 1) premiers , si l'on veut ,
et P" la différence P - P' ; on aura

SP cos ltdt= SP' cos lidt + SP" cos ltdt ,


SdtſP cos lidt =fdtSP' cos lidt+sdtſP" cos ltdt..

On calcule immédiatement les termes SP' cos ltdt , sdtſP' cosltdt qui
donnent déjà une valeur approchée des intégrales demandées. Cela
posé, lorsque l'on prend le nombre i assez grand, je prouve que les
valeurs des restes SP" cosltdt , sdtſP" cos ltdt s'expriment très sim-
plement en quantités finies et en fonctions elliptiques , et cela avec tel
degré d'approximation qu'on veut. Les théorèmes auxquels je suis
arrivé à ce sujet rendront, ce me semble , à la fois plus exact et plus
simple le calcul des intégralesSP cos ltdt, sdtfP cos ltdt, dans les-
quelles P= Qcos qt. Ce que je viens de dire des intégrales ....
SQ cos qt cos ltdt , SdtfQ cosqt cos ltdt peut se dire aussi des intégrales

SQcos qtsin ltdt , sdtSQcosqt sinltdt, etc.

à la détermination desquelles se réduit, comme on l'a vu , le calcul des


inégalités périodiques du mouvement des planètes. Dans tous les cas
possibles , la marche à suivre est la même. Au reste, on doit s'attendre
à trouver ici l'exposé rapide des principes sur lesquels ma méthode
repose , et non l'exposition détaillée de ces principes à la théorie des
planètes. Le lecteur suppléera sans peine aux détails que j'ai cru devoir
supprimer.
5. Soit P= Qcos qt; et considérons les deux intégrales
(1) (t) = SP cos lidt ,
1
(2) . ↓ (t) = SP sin ltdt ,

dont il s'agit de déterminer les valeurs numériques. En adoptant cette


valeur de P, les intégrales ſP sin tdt, SP sin2tdt, ... que nous nom-
merons P., P., ... s'expriment immédiatement sous forme finie, tandis
que les intégrales [Link] , SP,dt , ... SPdt, SP cos tdt, ... s'expri-
ment en fonctions elliptiques et se calculent à l'aide des tables de Le
PURES ET APPLIQUÉES. 449

gendre. On peut développer P en une série de cosinus d'arcs mul-


tiples de t : les coefficients numériques de ce développement se trans-
formeront en fonctions elliptiques et seront aisés à calculer comme
Legendre l'a fait voir dans son ouvrage. Le développement de P
étant opéré, on effectue immédiatement les intégrations indiquées
dans les formules (1) et (2), et l'on obtient ainsi les valeurs de $ (t) ,
↓ (t) développées en séries. Quand les séries qui expriment (t) , ↓(t)
sont très convergentes, on peut s'arrêter là et regarder notre pro-
blème comme résolu. Mais nous supposerons ici que cela n'a pas lieu ;
et nous chercherons à tenir compte approximativement du reste que
l'on néglige en prenant pour valeurs exactes de (t) , f (t) les (i- 1 )
premiers termes des séries en question. On pourra , si l'on veut, pour
fixer les idées , prendre i- 1 = 9oui= 10 ; mais notre analyse sera
exacte pour un nombre i quelconque , pourvu qu'il soit suffisamment
grand.
Désignons par P" la valeur de P dans laquelle on a supprimé les
(i- 1) premiers termes , et par P' + P" la valeur complète de P :
il s'agit , comme on voit, d'estimer approximativement les quantités
d'abord négligées
X SP" cosltdt , Y = SP" sin ltdt.

Soit p un nombre entier qui prenne successivement toutes les va-


leurs comprises depuis p= i jusqu'à p = ∞ : la fonction P" aura ,
d'après ce qui précède, un développement de la forme
P" = ΣΗ cospt :
cela donne

X cos Its PH sinpl -


sin lt Σ H cospt
-

Y sin Its PH sinpt IH cos pt


+ cos lt
p -l p -l '
P
ou bien

E L IBRARY
R E E S
PITHE

UNIVERSITY
‫ار‬

CALIFORNIA.
450 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES

X = U cos lt -
V sinlt ,
Y = U sin lt + V cos lt ,

U et V ayant les valeurs suivantes

U = pH sinpt V Σ IH cospt
pl P
-12

La lettre p désigne successivement tous les nombres entiers i, i+ 1 ,


i+ 2 , .... Si donc iétait un très grand nombre , l étant < , on
pourrait poser à peu près
1
P
=== 0 :
12
p2 p' p-l
il en résulterait
t
U Σ
Hsinpt
P
=
f. P"dt,
0
V = 0,
etpar suite
Y sin lt
cosltf P" dt ,
0 SP"dt.
Les restes négligés dépendraient donc alors de la seule intégrale
SP "dt, et celle-cise réduit aux fonctions elliptiques , en remplaçant
0

P" par P - P'.


Les valeurs que nous venons de trouver pour U et V ou pour X et Y
ne sont pas en général suffisamment exactes quand on donne à i une
valeur peu considérable, telle que i = 10. Mais par l'analyse même
dont nous venons de faire usage , on en obtiendra de plus approchées.
ι
dont le dé-
En effet, au lieu de négliger tout-à-fait la quantité p 13
veloppement, suivant les puissances dep³, estp +p4 +.... , rempla-
l
cons-là par cette autre quantité p²
-1'
dont le développement ...
ι ι
2

p ++.... a une valeur numérique peu différente lorsque pest


PURES ET APPLIQUÉES . 451
1
grand, puisque le premier termep est le même de part et d'autre.
L'erreur que l'on commet en posant ainsi
ι
2 ,
P

ne porte que sur des termes divisés par pt : aux termes près divisés
parps, on peut poser de même

P pl

-l = P
+ p²- 1 :

on conclura de làpour U et V les valeurs que voici :

U = (1 - ) Σ Η sinpt +
P
PH sinpt
p- 1 '
V ΙΣ H cospt
p-1

Nous avons déjà observé ci-dessus que la quantité

Hsinpt
Σ
P
ou
SP"dt
0

peut s'exprimer par des fonctions elliptiques : on peut réduire de


même aux fonctions elliptiques les deux séries

pH sinpt Σ
Hcospt
, 1- ,
p- 1

et par suite les valeurs de U , V et de X , Y : c'est ce que nous allons


démontrer.
Pour plus de généralité , considérons les deux séries

Σ
pH sinpt Σ
Hcospt
2 ,
p-p p-p
452 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
dans lesquelles p, représente un nombre entier déterminé et < i.
Quand on a p₁ = 1 , ces nouvelles séries coïncident avec celles dont
nous avons à nous occuper.
On a , comme il est aisé de le vérifier ,
t
Hcospt
SP"cosp,tdt= cosp,tPHsinpt - p. simpt Σ
0
2

p-p
2,

Hcospt
SP" [Link] = C+sinpt PH
0 p-p
sinpt+p, cosp₁t p -p
29

C désignant une constante choisie convenablement et que nous dé-


terminerons tout à l'heure. En résolvant ces équations par rapport
aux quantités
pH sinpt Σ
H cospt
29 29
p -P
p p-p
il vient

> pH sinpt 2
= P"
[Link]"cos p,tdt- sinpt(C -SP" sinp,tdt),
p-p² 0 0

t
Hcospt sinpt
Σ
p-p
2
P"[Link]- cosp (C-SP" [Link]).
P
t

Mais les intégrales SP"sinp,tdt,SP" cosp,tdtouf (P-P')sinp,tdt,


0 0

S (P-P') [Link] s'expriment en termes finis ouse ramènent aux


fonctions elliptiques : donc il en est de même des deux séries
pH sinpt Σ
H cospt
2
p-p P ' p-p

et par suite des valeurs approchées de X et Y.


Reste à déterminer la constante C. Pour cela nommons P", l'inté-
graleSP" sinpitat qui s'obtient toujours sous forme finie, et obser-
0

vons que l'intégralef'P',dt se ramène aux fonctions elliptiques. Cela


0

posé , multiplions par dt et intégrons entre les limites t = 0 , t = ",


les deux membres de l'équation
PURES ET APPLIQUÉES. 453

H
P" = C + sinpats PH sinpt+ P. [Link]
p -p P
2
:

puisquep etp, sont des nombres entiers inégaux , ona


π

0.
0
sinpat sinptdt = 0,
f cospit cosptdt
0

Le second membre de l'équation qu'on intègre se réduira donc à Cr ,


et l'on obtiendra sur-lec-hamp
14 I

f*P" dt = C.
0
d'où C= SP",dt, 0

ce qui détermine la constante C.


Les formules auxquelles on arriverait en poussantjusqu'au bout le
calcul que nous avons seulement indiqué sont, je crois , celles dont
on fera le plus souvent usage dans les applications pour réduire en
nombres X et Y. Mais en continuant à raisonner, comme nous venons
de le faire, on en obtiendra d'autres plus exactes encore.
En effet , puisque p, étant un nombre entier quelconque < i , les
deux séries

2, Σ Hcospt
PH sinpt 2

p-p p²-p

s'expriment par des fonctions elliptiques, tout se réduit à ramener à


des séries de ce genre-là les valeurs de U et de V : on y parviendra, au
P
sous
moins par approximation , si l'on met les quantités p pl
la forme
P G Gp Gap

(4)
(a) P L
= +++ etc.
P
G'l + G" l
p
-

+ etc.;
2 I
p
-


-1 p²
-4
I

et c'est ce qu'on peut toujours faire aux quantités près de lordrepan+19


I

pour la première équation, et aux quantités prèsdel'ordreP


pants pour
la seconde , endésignant par n lenombre des constantes indéterminées
58
DÉCEMBRE 1836.
454 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
G, G. , .... ou G', G", .... qui entrent dans les seconds membres des
équations (a) : il suffira, en effet , de développer, dans chacune de ces
équations , les deux membres en séries ordonnées suivant les puis-
sances descendantes dep, puis d'égaler de part et d'autre les coeffi-
cients des n premières puissances dep. Toutefois , pour que cette mé-
thode réussisse , il faut que lenombre z, limite inférieure de la variablep
qui s'étend depuis p = i jusqu'àp= ∞ , soit pris suffisamment grand
par rapport à n.
Dans ce numéro , nous avons toujours regardé le nombre Icomme
compris entre -et+ et comme différent de zéro. Si par hasard ce
nombre l est nul, ce qui peut arriver, on aura SP sin ltdt = o et
SP cos ltdt =SPdt = une fonction elliptique.
4. Les méthodes que nous venons d'appliquer à la détermination
numérique des intégrales simples
(1) (t) = SP cos ltdt ,
(2) (t) = SP sinltdt,
s'étendent d'elles-mêmes aux intégrales doubles

(3) Φ. (t) = Sdt/P cosltdt ,


(
4 ) 4. (t) = SdtSP sinltdt ,
1

dans lesquelles on a, comme ci-dessus , P = Q cos qt. En effet conser-


vons aux deux lettres P', P" la significationque nous leur avons altri-
buée dans le numéro précédent, et nous aurons

$. (t) = fdtfP' cos ltdt + fdtSP" cos ltdt ,


1

4. (t) = SdtSP' sin ltdt + sdtfP" sin ltdt :


les deux quantitésſdtfP' cos ltdt , sdtSP' sin lidt, dont la détermina-
tion n'offre aucune difficulté, fournissent déjà des valeurs approchées
de o. (t) , 4, (t) : tout se réduit donc à calculer approximativement
les deux restes

X, = fdtfP" cosltdt, Y, = fdtfP" sinltdt .


Soit Σ Η cospt le développement de P" : il viendra , en effectuant les
PURES ET APPLIQUÉES: 455
intégrations indiquées ,

1
= - cos lt (12+ p²) H cospl - 2 sinlts pH sinpt
(p - 1 ) 2 (p -1 ) ,
Y = - sin lt (12+ p²) H cospt + 2 coslt pH sinpt
(p -1 )2 (p -1 )2
cequi donne
-

X₁ = U, coslt -
2 V, sin lt ,
Y₁ = - U, sin lt + 2 V, coslt ,
si l'on pose
U, = Σ
(l + p²) H cospt
,
(p - 1)
V. - > lpH sin pt
(p -1 )

Rappelons-nous maintenant que si p, désigne un nombre entier


quelconque < i, les deux séries

Σ
Hcospt pH sinpt
29 ,
p²- p p²-p '

s'exprimeront en quantités finies et en fonctions elliptiques : ce


théorème a été démontré n° 3. Cela étant , on ramènera aussi les
restes U. , V, aux fonctions elliptiques , si l'on parvient àmettre les
deux fractions 2

l +p² lp
2 29
(p - 1 ) (p - 1 )2 ,
sous la forme

l +p G G"

(p²- 12) 2
= p²- 1 ++ etc.
p²-4
lp G G.p Gap
(pl )
2

== + p²- 1 + p²- 4+ etc .;


P

etc'est ce qu'on peut toujours faire , au moins par approximation , en


disposant convenablement des constantes G', G", .... G , G., G. , .... ,
et en supposant la plus petite valeur de p, savoir i, suffisamment
grande.
Lorsque la valeur adoptée pour i est très grande, on peut se con
58 ..
456 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
tenter de poser
l +p I lp
== 0 :
(p - 1 ) -p- 1 ' (p -1)*
I
et de
les termes négligées sont alors respectivement de l'ordre p+

l'ordre P. Et si l'on ne trouve pas ces expressions assez approchées,


on en forme sans peine d'autres plus exactes. La marche à suivre ici
est la même que celle indiquée nº 3 pour une recherche toute sem-
blable .
Le cas particulier où l'on a l = o mérite d'être traité à part. Il
vient alors
Hcospt
X -
Σ 2 , Y, 0 :
p
1
tout se réduit donc à mettre sous la forme
p

I G' G"
+ + etc .:
p p- 1 P- 4
1
or , aux quantités près de l'ordre P 6, on a

I I

P = I
'
I
on a
aux quantités près de l'ordre p
I
4
p = 3( 2

1) -3(
3 (p²- 4) ',
et ainsi de suite.

5. Occupons-nous maintenant des deux intégrales simples


(5) $ (t) = SP cos ltdt ,
(6) ↓ (t) = SP sin ltdt ,
dans lesquelles nous supposerons P = Q sinqt. En adoptant cette
valeur de P, les intégrales Pdt, SP cos tdt , SP cos 2tdt, .... que
nous désignerons par P. , P. , P3 , .... s'exprimeront sous forme finie
tandis que les intégrales SP,dt , SPdt , SP3dt, SP sin tdt ,
....

SP sin 2tdt , .... se réduiront à des fonctions elliptiques. La fonction P


PURES ET APPLIQUÉES. 457
peut se développer en une série de sinus d'arcs multiples det : dési-
gnons par P' l'ensemble des (i - 1) premiers termes de ce dévelop-
pement , et par P" la différence P - P' : nous aurons
(t) = SP' cos ltdt + SP" cosltdt ,
↓ (t) = SP' sin ltdt + / P" sin ltdt :
les intégrales / P' cosltdt , SP' sinltdt , que l'on réduit aisément en
nombres , fournissent des valeurs approchées de (t), f (t). Pour
estimer approximativement les restes
X = SP" cos ltdt , Y = SP" sinltdt ,
représentons par Σ H sinpt le développement de P" : il viendra
-
sinlt IH sinpt -
coslt PH cospl ,
p-l p-l
1H sinpt sin lt Σ pH cospt
=
Y coslt Σ -
,
pl p -l
ce qui donne
X = -U sin lt -
V coslt ,
Y = U cos lt -
V sin lt,
si l'on pose
U = Σ
H sinpt V= pH cospl
p²-l ' p²
-l

Lorsque i est un très grand nombre , on a, à très peu près ,


I
P
0, ,

p p²-12
et il en résulte

U o, V Σ Hcospl C
P - SP"dt,
-

C étant une constante que l'on déterminera de la manière suivante.


L'intégrales P"dt, où l'on peut remplacer P" par P-P', s'exprime en
quantités finies. Nous la représenterons par P",, et il est aisé de voir
que l'intégrale nouvelle SP",dt se réduira aux fonctions elliptiques.
Or en multipliant par dt et intégrant, entre les limites t = 0 , t = π,
les deux membres de l'équation
Σ Hcospt C -
P",,19
P
458 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
le premier membre se réduit à zéro, et l'on en conclut
I

C= SP",dt :
0

la constante C est donc déterminée .


On aura des valeurs de U et V plus approchées en suivant une
marche analogue à celle du nº 3 , c'est-à-dire en mettant les fractions
ι P
sous la forme
p²- l p²- l
ι G' G"

p²-l p- 1
++
p²- 4 etc. ,
P G Gp Gap
= ++ + etc. ,

P-l P p- 1 p- 4

et en observant que si p, désigne un nombre entier < i, les séries


Hsinpt29 pH cospt
2 ,
p-p
. p²-p²

peuvent toujours être sommées à l'aide defonctions elliptiques , comme


le lecteur s'en convaincra sans peine. Lorsque 1 = o , on a ↓ (t) = 0,
eto (t) s'exprime sous forme finie.
Enfin il n'est pas moins facile d'appliquer des raisonnements sem-
blables aux intégrales doubles
Φ. (t) = SdtſP cosltdt ,
↓ (t) = SdtſP sin ltdt ,
P ayant toujours pour valeur Q singt : ce qui complète notre tra-
vail. Lorsque l = o , la seconde de ces intégrales se réduit à zéro ,
et ła première se ramène aux fonctions elliptiques. Ce cas parti-
culier se présente dans les applications , et il est remarquable par
sa simplicité.
La méthode , qui m'a conduit aux résultats consignés dans ce Mé-
moire, me paraît assez élégante, et l'on peut en tirer parti pour cer-
taines recherches d'analyse pure .
PURES ET APPLIQUÉES . 459
ww
www

ERRATA .

mx mx

Page 15, ligne 2, au lieu de sin amx , cos amx , lisez sin a
,
COS
a

ml
15, 6, au lieu de sin aml = 0 , lisez sin 0
a

π Эт απ 2απ
ib . 1

lisez
7, au lieu de al' al' T'T
int ait
12
ib. 10, au lieu de e lisez e
,

πμ πα
COS sin
2 21 21 8x
63, 18, au lieu de •

COS
πμ
COS
πα
πα(με –α )'
2 21
πμ πα
COS sin
2 21 21 24
lisez
COS πμ COST πα πίμε-α )

8 2
ib. , dernière, au lieu de lisez
π' π

148, 5, au lieu de des valeurs très grandes , lisez des valeurs négatives très grandes
dv"
156, 6, au lieu de V", lisez K" dx + pV"
185, 5, au lieu de x = a + x", lisez x = c + x"
daV dV dU
186, du
13, au lieu de L dx +M + NU, lisez L dxa + M + NU
dx
264, 8, au lieu de (n- 1) fois , lisez n fois
1b. , 11 , au lieu de métant < n , lisez métant 12

ib. , 21, au lieude métant < n, lisez m étant 72

265, 5, au lieu de la quantité pe s'annulle au moins (n- 1) fois , lisez la quantité pn


change de signe et s'annulle au moins n fois
285 , 17 au lieu de no + an (8η-3)π ,
lisez no + an =(8η- 1)π
4 4
312 , 23, après instantané , ajoutez appliquées en sens contraire
ib. , 24...27, au lieu de donc la somme, etc., lisez donc par rapport à chacun des axes
ox, of, os la somme des moments des forces effectives , plus la somme des
moments des forces centrifuges, est égale à la somme des moments des forces
motrices

314, 2...8 , au lieu de H


P
etc., lisez P r
21

00 - . Les projections de
cette force sur les axes ox , oy , oz seront donc -maph , - mogh , - morh ;
deMar

460 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES PURES , etc.


par conséquent les moments de la force math , par rapport aux axes or , oy, 02 1.
seront -mah (ry - 92) , -mah (pz - qx) , - mah (qx -py)
Page 314, 14... 20, au lieu de U , V, W, lisez - U, V, W
319, 13, au lieu de positif, lisez négatif D

ib. , ib., négatif, positif


ib . , 21, au lieu de x = c∞, lisez x=-8
ib. , ib., =-∞ , lises = 8
ib. , 28 et 29, au lieu de la surface donnée , etc., lisez d'ailleurs en imaginant la surface
donnée raj portée à l'un de ces plans, il sera facile de voir par les équations (7)
qu'il existe toujours trois plans principaux perpendiculaires entre eux
321 , 13, au lieu de Gx + Hy + Kz lisez Gx + H'y+ K's où G', H', K' sont les va-
leurs de Ga + Hb + Kc correspondantes aux trois valeurs de a qui ont servi
à déterminer les axes
ib,, 15 et 20, au lieu de G , lisez G'
323, 4, 5, 6 , 11 de la note , au lieu de diamètres , lisez demi-diamètres .
398, 11 , au lieu de en comptant X parmi ces valeurs , lisez et plus petites que X
ib. , 13, au lieu de X pouvant être encore la plus grande de ces valeurs , lisez et plus
petites que X.

FIN DU PREMIER VOLUME ,

1 5.
de Mathématiques. Septembre 1836. Tom. I. Pl. 1.

B
7. 2.
PP

o'
D

S B

o' P

4..
a

R
R

P P

b
B
'

5. 6.

B 0
B
P
P
0

to"
10 4
'

D D' PH 0" pm

0 '
C

8.
7.
C
D

B
A

P p

P
.

JOURNAL
DE

MATHÉMATIQUES
1

PURES ET APPLIQUÉES.
IMPRIMERIE DE BACHELIER ,
RUE DU JARDINET , NO 12 .
JOURNAL
DE

MATHÉMATIQUES
PURES ET APPLIQUÉES ,
OU

RECUEIL MENSUEL

DE MÉMOIRES SUR LES DIVERSES PARTIES DES MATHÉMATIQUES ;

Publie

PAR JOSEPH LIOUVILLE ,


Ancien Elève de l'École Polytechnique , répétiteur d'Analyse à cette École.

www www

TOME DEUXIÈME .
ANNÉE 1837 .

PARIS ,
BACHELIER , IMPRIMEUR- LIBRAIRE
DE L'ÉCOLE Polytechnique, du BUREAU DES LONGITUDES , ETC..
QUAI DES AUGUSTINS , N° 55.

1837

:
ww

TABLE DES MATIÈRES .

Solution d'un Problème d'Analyse ; par M. Liouville.. Page 1

Solution d'une question qui seprésente dans le calcul des Probabilités ; par
M. Mondésir. 3

Note sur les points singuliers des courbes ; par M. Plucker . Π

Second Mémoire sur le développement des fonctions ou parties de fonctions


en séries dont les divers termes sont assujétis à satisfaire à une même
équation différentielle du second ordre , contenant un paramètre variable ,
par M. Liouville . .
16
Extrait d'une lettre de M. Terquem à M. Liouville .. 36
Note sur les équations indéterminées du second degré. - Formules d'Euler
pour la résolution de l'équation Cx² + A = y² . - Leur identité avec
celles des algébristes indiens et arabes . - Demonstration géométrique de
ces formules ; par M. Chasles .. 4
37
Mémoire sur la classification des transcendantes , et sur l'impossibilité d'ex-
primer les racines de certaines équations en fonction finie explicite des
coefficients ; par M. Liouville . 56

Sur le développement de (1-2xz + z²) 2 ;; par MM. Ivoryet Jacobi. 105


Sur la sommation d'une série; par M. Liouville.. 107
Mémoire sur une méthode générale d'évaluer le travail dû au frottement
entre les pièces des machines qui se meuvent ensemble en se pressantmu-
tuellement. - Application aux engrenages coniques , cylindriques , et à la
vis sans fin; par M. Combes. 109
Note sur une manière simple de calculer la pression produite par les parois
d'un canal dans lequelse meut un fluide incompressible; par M. Coriolis .. 130
Sur la mesure de la surface convexe d'un prisine ou d'un cylindre tronqué;
par M. Paul Breton . ..
133
-

Note sur le développement de (1-2xz + z²) ;; par M. Licuville . 135


Note sur un passage de la seconde partie de la Théorie des Fonctions analy-
tiques ; par M. Poisson . ..
140
Mémoire sur les surfaces isothermes dans les corps solides homogènes en
équilibre de température; par M. Lamé.. 147
Note de M. Poisson relative au mémoire précédent.. 184
vj TABLE DES MATIÈRES .
Addition à la note de M. Poisson insérée dans le numéro précédent de ce
Journal ; par l'Auteur . . •

189
Mémoire sur l'interpolation ; par M. Cauchy. 193 .

Note sur un passage de la Mécanique céleste relatif à la théorie de la figure


des planètes ; par M. Liouville. 286

Extrait d'un mémoire sur le développement des fonctions en séries dont les
différents termes sont assujétis à satisfaire à une même équation différen-
tielle linéaire , contenant un paramètre variable ; par MM. Sturm et Liou-
ville . 220

Remarques sur les intégrales des fractions rationnelles ; par M. Poisson . 224
Mémoire sur le degré d'approximation qu'on obtient pour les valeurs numé-
riques d'une variable qui satisfait à une équation différentielle , en em-
ployant , pour calculer ces valeurs , diverses équations aux différences plus
ou moins approchées ; par M. Coriolis 229
Sur une lettre de d'Alembert à Lagrange ; par M, Liouville. 245
Observations sur des théorèmes de Géométrie énoncés , page 160 de ce volume
et page 222 du volume précédent; par M. Binet.. •
248
Recherches sur les nombres ; par M. Lebesgue.. 253
Note sur un cas particulier de la construction des tangentes aux projections
des courbes , pour lequel les méthodes générales sont en défaut ; par
M. Chasles . .

293
Théorèmes sur les contacts des lignes et des surfaces courbes ; par M. Chasles. 299
312
Note relative à un passage de la Mécanique céleste ; par M. Poisson .
Remarques sur l'intégration des équations différentielles de la Dynamique ;
par M. Poisson . 317
Thèses de Mécanique et d'Astronomie ; par M. Lebesgue.. 337
Recherches sur les moyens de reconnaître si un problème de Géométrie peut
366
se résoudre avec la règle et le compas ; par M. Wantzel .
Solution d'un problème de Probabilité ; par M. Poisson . 373
Mémoire sur diverses manières de généraliser les propriétés des diamètres
conjugués dans les sections coniques . - Nouveaux théorèmes de Perspec-
tive pour la transformation des relations métriques des figures. - Prin-
cipes de Géométrie plane analogues à ceux de la Perspective. Manière de
démontrer, dans le cône oblique , les propriétés des foyers des sections
388
coniques ; par M. Chasles . .

Note sur la variation des constantes arbitraires dans les problènes de Méca-
nique ; par M. Cauchy . • 406
Sur quelques propriétés générales des surfaces gauches ; par M. Chasles . 413
Troisième mémoire sur le développement des fonctions ou parties de fonc-
tions en séries dont les divers termes sont assujétis à satisfaire à une même
équation différentielle du second ordre, contenant un paramètre variable ;
par M. Liouville. 418
TABLE DES MATIÈRES . vij
Note sur une propriété des sections coniques; par M. Pagès .. . ....
437
Solution nouvelle d'un problème d'Analyse relatif aux phénomènes thermo-
mécaniques ; par M. Liouville .. 439
.

Note sur l'intégration d'un système d'équations différentielles du second


ordre , entre un nombre quelconque de variables , analogues à celles du
mouvement d'un point libre autour d'un centre fixe , sollicité par une
force fonction de la distance au centre ; par M. Binet . • •
457
Solution d'un problème de Probabilité relatif au jeu de rencontre ; par
M. Catalan . .
469
Sur la formule de Taylor ; par M. Liouville.. 483
Errata . .
485

FIN DE LA TABLE DES MATIÈRES .


JOURNAL
DE MATHÉMATIQUES
PURES ET APPLIQUÉES .

SOLUTION D'UN PROBLÈME D'ANALYSE ;

PAR JOSEPH LIOUVILLE .

1. Soient x une variable indépendante comprise entre deux limites


réelles x , X , et q(x) une fonction de x déterminée, mais inconnue ,
qui ne devienne jamais infinie lorsque x croît de xà X. Cela posé ,
le problème que je veux résoudre est le suivant : quelle doit être la
valeur de la fonction (x) pour que l'on ait constamment
(1) *x* (x)dx = o,
n étant un quelconque des nombres entiers 0 , 1 , 2 , 3 , ...? Je dis
que la fonction (x) qui résout ce problème est identiquement
nulle, en sorte que l'on a q (x)=o depuis x= x jusqu'à x=X.
En effet , si la fonction (x) n'est pas nulle depuis x = x jusqu'à
x= X , il faut que dans cet intervalle elle change de signe un cer-
tain nombre de fois , sans quoi les éléments de l'intégrale placée au
premier membre de l'équation (1) seraient tous de même signe et ne
pourraient avoir zéro pour somme. Supposons donc que la fonction
(x) change de signe m fois , et soient x1 , x2, ... Xm , les m valeurs
de x pour lesquelles ce changement s'effectue . Faisons ..........
+ (x)=(x-x.)(x- .)...(x-x.): endéveloppant le produit des fac-
Tome II. - JANVIER 1837 . 1
2
JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
teurs binomes, ↓(x) prendra la forme x™+Axm ++Am- x+Am
Si donc on fait, dans l'équation ( 1 ) , successivement n =m,
n = m - 1 , ... n = 1 , n =0 , et qu'on ajoute membre à membre
les équations ainsi obtenues, après les avoirmultipliées par les facteurs
respectifs 1 , A. , ... Am , Am , on obtiendra
(2) f (x) (x) dx = 0 :
or l'équation (2) est absurde, puisque les deux fonctions (x) et
↓(x) changeant de signe en même temps , l'élément f (x) (x) dx
doit au contraire conserver toujours le même signe. Ainsi , lorsque x
croît de x à X , il est absurde d'attribuer à (x) une valeur autre
que zéro , C. Q. F. D. Cette démonstration subsiste même lorsqu'on
attribue à (x) une valeur imaginaire P + QV- 1 , car alors l'é-
quation ( 1) se décompose en deux autres équations qui donnent sé-
parément P = 0 , Q = 0 (*).
2. Si l'équation (1) est satisfaite, non pas pour toutes les valeurs
den , mais seulement pour les valeurs suivantes 0 , 1 , 2 , .... (p-1 ) ,
je dis que la fonction (x) (supposée réelle) change de signe au
moins p fois ; car si elle ne changeait de signe que m fois, m étant <p,
on arriverait comme ci-dessus à l'équation (2) dont l'absurdité vient
d'être démontrée. L'analyse précédente est fondée sur un principe sem-
blableà celui dont j'ai fait usage dans un de mes mémoires (tome 1r de
ce Journal, page 255); mais il m'a paru qu'il était utile de donner
de ce principe une application nouvelle et simple.
(*) Soient Bo , B₁ ... B. des constantes données à volonté. Si l'on cherche
0 n
...

X
une fonction p(x) qui satisfasse à l'équation (3) fxp(x)dx= Bn, n étant un
quelconque des nombres compris dans la série 0 , 1 , 2 , 3 , .... , ce problème
n'aura jamais plusieurs solutions. En effet si toutes les équations contenues dans
la formule (3) sont satisfaites en prenant p(x) = f(x) , on pourra poser en
X
=

général (x) f(x) + (x) , et il en résultera x" w(x) dx o, et par


X

suite (x) = o , ce qui démontre notre théorème.


PURES ET APPLIQUÉES . 5

wwwww

SOLUTION

D'unequestion qui se présentedans le calculdes probabilités;


PAR M. É. MONDÉSIR ,
Élève ingénieur des Ponts-et-Chaussées .

Si une urne contient b boules blanches et n boules noires , et


qu'on en tire p au hasard, la probabilité de tirer parmi les boules res-
tantes soit q blanches , soit q noires , n'est point altérée et reste la
méme qu'avant la soustraction des p boules.
Il y aura trois cas à examiner , suivant que p sera à la fois plus
petit que b et quen, ou compris entre les deux , ou plus grand en
même temps que b et que n.
1 *r cas : p < b , p < n.
Ily aura dans ce cas (p+1) hypothèses à faire sur la composition des
p boules , savoir :
re
1 hyp . ..........
p blanches ,
2º hyp. (p - 1) bl . , 1 noire ,
me
(p + 1) hyp. ........
p noires.
Dans chacune de ces hypothèses , la probabilité pour amener q
blanches , par exemple , parmi les (b+ n-p) boulesrestantes serait,
re (b - p) (b - p - 1) ... [b - p- (9-1 ) ]
Dans la 1" hypothèse (b+n-p)(b+n-p -1) ... [btn-p-(9-1) ] ,
e (b-p+1)(b-p+ 1-1 ) ... [bp+ 1-(9-1) ]
(1) Dans la 2 hypothèse (b+n-p)(b+n-p-1) ... [b +n-p-(q-1) ] '

me b (b - 1) .......
[b- (9-1) ]
Dans la (p + 1)m hyp (b+ n-p)(b+n -p- 1) ...[b + n-p-(9-1) ]
Cherchons maintenant la probabilité de chaque hypothèse. Soit N
le nombre d'arrangements possibles avec (b + n) lettres, en les pre-
nant pap : ce nombre sera
1 ..
4 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
N = (b + n) (b + n - 1 ) .....
[b + n- (p - 1 ) ] ;
il exprimera toutes les manières possibles de faire le tirage des p
boules , en supposant qu'on les tire de l'urne une à une.
Nous aurons d'un autre côté toutes les manières possibles de faire
le tirage de p blanches , en prenant le nombre d'arrangements de b
lettres pà p. Nommons ce nombre A.: il sera
A. = b (b - 1 ) (b - 2) .....
[b - (p - 1) ].
Nous aurons A,, ou le nombre de manières possibles de tirer
(p- 1) blanches et 1 noire , en observant que l'on peut former ce
nombre en prenant chacun des arrangements de b boules (p - 1 ) à
(p - 1) , y ajoutant chacune des n boules noires, et permutant cette
boule aux p places qu'elle peut occuper dans chacun des arrange-
ments : nous aurons donc

A. = b (b - 1 ) ......
[b-(p - 2) ]p.n.
Pour obtenir A., prenons chaque arrangement de b lettres (p - 2) а
(p-2) ; ajoutons-y chaque combinaison de n lettres 2 à 2 : la permu-
tation de la première lettre aux (p - 1) places de l'arrangement de
(p - 2) lettres donnera lieu à (p - 1) arrangements nouveaux de
(p- 1) lettres , et la permutation de la 2me lettre transformera cha-
que arrangement de (p-1) lettres enp arrangements deplettres. On a
évidemment de cette manière tous les arrangements possibles de
(b - 2) boules blanches et de 2 boules noires : écrivons donc
A, = b(b -

1) ...
[b- (p3) ] p(p - 1) n (n -1) 1.2
,

nous aurons de même


A3 = b(b - 1) ... [b- (p -4)] p(p - 1 ) (p - 2) ( -1) (2-2)
1.2.3

Apa = b(b - 1) p(p - 1) n(n - 1)...[n- (p3) ] ,


2
1.2
d)
Ap1 = bp n(n - 1)... [n -(p - 2)],
I

A, = n (n - 1) (n - 2) ... [n - (p - 1)].
PURES ET APPLIQUÉES . 5

A. exprimant le nombre de manières possibles de tirer p blanches , et


0

N le nombre de manières possibles de tirer p boules quelconques , A.


étant, en d'autres termes , le nombre de coups favorables à la pre-
A.
mière hypothèse, et N le nombre de coups possibles, doit exprimer
la probabilité de la première hypothèse: de même les probabilités
des hypothèses suivantes seront exprimées par les fractions
A, A,2
Αρ-
P- 1 Αμ
P
...

N ' N' N , N

Si nous multiplions la probabilité de chaque hypothèse par la


probabilité correspondante ( 1 ) , et si nous faisons la somme , nous
aurons pour la probabilité de tirer q blanches parmi les (b + n-p)
boules restantes , la série suivante
I
1A (b-p) (b-p-1)...[b -p-(9-1) ] + A (b(b -p+
0 1)(b+p+ 1-1)...[bp+ 1-(9-1)]
Nº (b + n-p) ... [b +n-p-(q- 1 )] + n - p) ... [b + n - p- (2-1 ) ]
+ A, (b -p +(b2)+(bn--p p)+ ...
2-1) ... [bp + 2- (9-1) ] +
[b + n - p- (9-1) ]
...

b (b - 1 ) ... [ b- (9-1) ]
+ Ap (b + n -p) ... [ b + n - p- (9-1)])
Remplaçons dans cette série A. , A. , ... A,, par leurs valeurs , ainsi
que N etremarquons que le facteur suivant b(b+n)(b+n-
(b - 1) ... [ b- (9-1) ]
1)...[6 + n-(9-1)]
est commun à tous les termes ; la probabilité cherchée sera
b(b - 1) ... [ b- (9-1) ] [ (b - q) ... [ b - p- (9-1 1
(b + n ) (b + n - 1 ) ... [b + n- (9-1) ] (b + n - q) ... [b + n -p - (q- 1)]
+ (6-9) ... [bp + 1 (9-1) ]
(b + n - q) ... [ b + n -p- (2-1)]Pn 1-
+ (6-9) ... [bp + 2- (q - 1 ) ] -

(b + n - q) 1.2

(6-9) (b - 9-1) -
...

-q) ... [b +n-p-(9-1)]P ( P 1.2

+ b - q n(n - 1) ... [n- (p - 2) ]


+9) + (b + n - q) ... [[bb +n
( + n -p- (9-1) ] P
- p - (9-1)] I

•{ [(1-6) -- +9]
n(n - 1) ... [n- ( p - 1 ) ]
n ... n I
6
JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
Examinons la signification et la valeur de la quantité contenue entre
les crochets : tous les termes de la série ont un dénominateur com-
mun (b + n-q) ... [b+n -p-(q-1) =(b+n-q)(b+n-q-1) ...
[b + n- q- (p - 1) ] : ce dénominateur est le nombre d'arrange-
ments possibles avec (b + n - q) lettres prises pà p ; il ne diffère du
dénominateurN que par le changement de (b + n) en (b + n - q);
il doit donc exprimer le nombre de coups possibles , quand on tire p
boules d'une urne qui en contient (b + n - q) .
Considérons chaque expression de la série , à part ce dénominateur
commun , par exemple l'expression
n
(6-9) ... [bp + 2- (q - 1) ] p(p - 1) ( 1) ,
1.2

on peut l'écrire ainsi

(b - q) (bg - 1) ... [ b-q- (p - 3) ] p ( p - 1 ) n(n -1). 1.2

Comparée à l'expression A., on voit que cette formule n'en diffère


que par le changement de ben (b - q) ; elle doit exprimer toutesles
manières possibles de tirer (p - 2) boules blanches et 2 noires d'une
urne qui contient (b -q) boules blanches et n noires. On verrait de
même que les autres expressions contenues entre les crochets ne
diffèrent des autres expressions A., A. , etc., que par le même change-
ment de b en (b - q). La somme de ces expressions, sauf leur déno-
minateur commun , indique donc toutes les manières possibles de
tirer p boules d'une urne qui contient (b - q) blanches et n noires ,
comme la somme des expressionsA., etc., indique toutes les manières
possibles de tirer p boules d'une urne qui contient b blanches et n
noires. Cette somme d'expressions est donc égale à son dénominatenr
commun, et la série entière comprise entre les crochets égale à l'u-
nité , ce qui réduit la probabilité cherchée à
b (b - 1) ... [b- (9-1) ]
(b + n) (b + n - 1 ) ... [ b + n - (9-1) ] '

c'est-à-dire à ce qu'elle était avant le tirage de p boules.


2tme cas . p > bet n.
PURES ET APPLIQUÉES. 7

Dans ce cas , au lieu des (p + 1) hypothèses du cas précédent, nous


n'en aurons que (6 + 1) : les probabilités de ces hypothèses formées
comme précédemment seront L

NA.= 6(6-1 ...3.2.1(6+1)(6+2)... p (n-1)...[n-((p6)


p-6-1 )] N', ...

I I

A={b(b-1)...3.26(b + 1)....p n(n1.2.3


- 1)...
... (p[ - b( +-6)]
1) SN ' ,

A. = {b (b -
- 1)1)...
. 3 (6 - 1) b ...pn(n - 1) ... [n (p デナル
-b + 1) 11N
I

N
1.2.3 ... (p - 6 + 2)

n (n- 1) ... [n- (p - 2) ] ( 1


Ab-1 =

I N
I I

N A = {n{n - 1 ) (n - 2) ... [n-( p-


n-( p - 1)] } ;

dans ces diverses hypothèses , les probabilités de tirer q blanches sont


rodmald
1re hyp ... 0 ,
2º hyp ... 0 , ຂໍ ອນນອນ
.

21
me 9 (9-1) ... 3.2.1
(9 + 1) hyp... (b + n - p) ..... [bb .+ n -p- (q — 1 ) ]
263
b (b - 1) ... [b- (9-1) ]
(b + 1 )mchyp ... (b + n - p) ... [b + n - p - q - 1 ) ]

En multipliant respectivement ces hypothèses l'une par l'autre , et


faisant la somme , nous aurons pour la probabilité cherchée
od

A
9(9-1) ... 3.2.1 (9+ 1) 9 ... 2 la se
-n-p-(q-1)]]+A
Na (b + n - p) ... [b + n-p-(q-1)] +n-p) ...[btn -p-(9-1)]
+A ++ (b +n-
(q + 2) (9 + 1) ... 3 b (b - 1) ... [b
[6- (9-1) 1
+A + (b+n-p)... [b+n -p-(q-1)]++ Ab+ n -p)...[b +n-p-(q-1)] }
Or remarquons qu'on peut mettre en facteur commun.
b(b - 1 ) ... [b - (9 | 11) ]
(b + n) ... [b + n -- (q - 1 , chaque terme contenant en numérateur le
8 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
produit de la suite des nombres depuis b jusqu'à 1 , ou jusqu'à 2, etc.,
et au moins jusqu'à [b- (q - 1) ] , et en dénominateur la suite
(b + n) ... [b + n- (p - 1 ) ] (b + n - p) ... [b + n- p-(9-1 )] :
écrivons donc pour la probabilité demandée
(b - q) ... 3.2.1 n(n-1 )... [n-(p-b+91)]
(b(b - 1) ... [ b- (9-1) ]
b+n-p) ...(b+n-p- q-1)]{ [(b+n-g)...(b+n-p-( -1)](b-q+ 1 ).. ...p
1.2.3.
..3 ... (p-b+q)
(6-9) ... 3.2 n (n-1 ) ... [n- ( p-b+q)]
+ (b+n-g)...[6+n-p-(9-1)](6-9) ...P 1.2.3 ... (p − b + 9 + 1)
+
(b - q) ... 3 n(n-1) ... [n-(p-b + q+ 1 )]
(b -q- 1) ...p-
(b +n-q) ... [b+n-p-(q-1 )] 1.2.3 ... ( p - 6 + 9 + 2)
• •

(b + n - q) ... [ b + n - p- q - 1 ) ] n(n-1)(n-2) ... [n-(p-1)] }.


+

La série comprise entre les crochets se compose de (b - q + 1)


termes correspondants aux (b - q + 1 ) hypothèses possibles sur la
composition de p boules tirées d'une urne qui contiendrait (b - q)
blanches et n noires, et en employant ainsi le raisonnement appliqué
déjà dans le cas précédent , on voit aisément que cette série doit se
: réduire à 1 , puisque d'un côté le dénominateur commun ......
(b + n - q) ... [b + n - q- (p - 1 )] exprime toutes les manières
possibles de tirer p boules d'une urne qui en contient (b + n - q) ,

que de l'autre la somme des numérateurs exprime exactement la er


même chose. La probabilité cherchée est donc, comme dans le 1 cas,
la même qu'avant le tirage de p boules.
3
Zme cas. p > b . et n.

Le nombre d'hypothèses possibles sur la composition des p boules


sera alors égal à un certain nombre (k + 1 ) = (b+n-p + 1) : nous
obtiendrons toujours la probabilité des diverses hypothèses comme
précédemment , et nous aurons pour les valeurs de ces probabilités
I
n(n - 1 ) ... [ n- ( p - b - 1 ) ] 1
NA = {চচে
b (b - 1) ... 3.2.1 (b + 1 ) ... p
0

1.2.3 ... ( p - 6) IN '


,

I
n (n- 1) ... [n- ( p - b) ] ( 1
A, = -

1 ) ... 3.26 (b + 1 ) ... p


N 1.2 3 ... (p - b + 1) IN '
PURES ET APPLIQUÉES. 9

b (b - 1 ) ... 3 ( 6-1 ) b ...p n (n - 1) ... [n- (P


(p -
- b6 +
+ 11() [] ‫ון‬
I

A = {0(6 1.2.3 ... ( p - b + 2) N'


.

:
I
n(n-1) ... [n-(p -b+k -3)]1
N
Ak- a {b(b-1).. .(k - 1)(b-k+3) ...p
...P 1.2.3 ... (p - b + k - 2) N '
I
Ak-1 = n (n - 1 ) ... [n- (p-b +k-2 ] , 1 1

N {bb- 11) .....k (b - k + 2) ... p 1.2.3 ... (p - b + k − 1 ) N'


I
n(n-1) ... [n-(p-b+k-1) ] 1
NA = {b(b-1) ...(k + 1)(bk+1)...p 1.2.3 ... (p - b + k) N
:

dans ces diverses hypothèses , les probabilités de tirer q blanches sont


ге

1 " hyp.... o ,
e

2º hyp .... o ,

q (q- 1) ... 3.2.1


(9 + 1)
1) eme hyp. (b + n -p) ...[b.
[b + n - p - q - 1) ]"

k (k - 1) ... [k- (9-1 ) ]


(k+ 1)temehyp. (b + n - p) ... [b + n - p - q - 1 ) ]
1
Nous aurons donc pour la probabilité cherchée
9(9-1) ... 3.2.1 (9 + 1 ) 9 ... 3.2
A
(b+ n- p) ... [b + n-p-(q-1) ] + Ag+ (b + n - p) ... [b+ n-p-(q- 1) ]
k (k - 1) ... [k- (9-1) ]
+.......+ (b + n - p) ...[b + n - p- (9-1) ] }
=
b (b - 1 ) ... q (9-1 ) ... 3.2.1 n(n-1)... [n-(p-b+9-1)]
-( p-b+ 9-1 ).
-(2-1)](b-q +1)...P 1.2.3... (p- b + q)
(b+n)... (b+n-p) ... [b+n-p-(9-1)]
b (b - 1) ... (q + 1 ) 9 ... 3.2 n(n-1) ... [n- (p-b +q)]
+
+ (b +n)... (b + n--p) ... [b+n-p-(q-1)] (6-9) P1.2.3 . (p -b +q+ 1)

+ b(b - 1)... (k + 1) k....


... [k- (91)
(q - 1) ](6-1
(b-k+1).)... n(n-1)
(b-k+1 ... [n-(p-b+k-1) ]
(b+n) ... (b+n-p) ... [b+n-p-(q- 1 )] 1.2.3 ... (p - b + k) .

Le facteur 6 (6-1) ... [b - (9-1) ] est évidemment commun à tous


(b + n) ... [b + n - (q - 1) ]
les termes de la série , car [k- (q - 1 ) ] = b + n- p- (q - 1)
= [b - (9-1) ] - (p - n) , est plus petit que b-(q - 1) ; on
Tome II. - JANVIER 1837. 2
10 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
peut donc mettre ce facteur en évidence , et écrire la série ainsi qu'il
suit
b(b -1) ... [b-(9-1) ] ( b - 9) ... 3.2.1 n(n-1) ... [n-(p- b +q- 1)]
(b-q+ 1 )...p-
(b + n) ... [b + n-(q -1 )] {(b+
l (b+ n-q)...[
n-q) ...[b+n-p- (q- 1) ] 1.2.3 ... (p-b+q)
(b- q) ... 3.2 n(n-1) ... [n-( p-b+-1)]
+ (b+n-q) ... [b+n-p (q-1)] (b-q) ...p
+ n-p-(9-1)] • P 1.2.3 ... (p - b + q + 1)
(b - g) ... 3 n(n- 1) ... [n-(p-b+q+ 1 )]
+ (0 .
(b+n-q) ... (b+n-p-(q-1)] 1-9-1) P1.2.3 ...
(p- b + 9+2)

+ (6-2)...
(b+n [b [b+n-p-(q-1
- q) ... + n -R-(9-1))] (b-k+ 1)...pm(n-1)3-(p ..
[n-(p-b+k-1)] }
La série comprise entre les crochets se compose évidemment de
[b + n - p- (q - 1 ) ] termes ou de (k- q + 1 ) termes , chacun des
termes exprime la probabilité d'une des (b + n - q - p + 1 ) hy-
pothèses que l'on peut faire sur la composition dep boules, que l'on
tire d'une urne qui en contient (b + n - q) , dans le cas où p est à la
fois plus grand que (b - q) et que n; or, comme la somme des pro-
babilités de toutes les hypothèses possibles, doit être égale à 1 , il
s'ensuit que la probabilité cherchée est réduite au premier facteur
b (b - 1) ... [b - (9-1 ) ]
(b + n) ... [b + n - (q - 1 ) ] comme dans les deux cas précédents .
Le théorème que nous venons de démontrer est encore vrai pour une
urnequi renfermerait des boules de plusieurs couleurs : on ledémontre-
rait en séparant les boules en deux groupes , dont l'un renfermerait les
boules d'une même couleur , et l'on prouverait que la probabilité de ti-
rerune boule de cette couleur n'est point changée: on ferait de même
pour les autres couleurs. Ce théorème peutdonc être énoncé ainsi dans
toute sa généralité : Si une urne renferme des boules de plusieurs
couleurs, et qu'on en tire au hasard un certain nombre , la probabi-
lité d'amener , parmi les boules restantes , q boules d'une couleur
quelconque , n'est point changée par cette soustraction et reste-la
même qu'auparavant. Il est tout-à-fait semblable à celui dont
M. Poisson s'est servi dans son mémoire sur l'avantage du banquier
au jeu de trente et quarante (Annales de Chimie et de Physique ,
t. XIII, p. 177-178), et on le regardera peut-être comme évident à
priori, mais il était bon d'en vérifier analytiquement l'exactitude.
PURES ET APPLIQUÉES . Π

NOTE

Sur les points singuliers des Courbes ;


PAR M. PLUCKER .

Une courbe quelconque étant proposée , je désignerai


1 ° . Par n son degré, ou le nombre de ses points d'intersection avec
une ligne droite;
2°. Par m sa classe ( mot introduit par M. Gergonne) ou le nombre
de ses tangentes , passant par un même point ;
3°. Par x le nombre de ses points doubles ;
4°. Par y celui de ses points de rebroussement ;
5°. Par u le nombre de ses tangentes doubles ; et enfin
6°. Par v celui de ses tangentes (ou points) d'inflexion.
Dans ce qu'on va lire, je supposerai en outre que la courbe n'a ni
points multiples , ni tangentes multiples .
I. Pour toutes les courbes algébriques quelconques , il existe une
équation générale et unique, qui lie entre eux les nombres 1º. des
points doubles (x) , 2º. des points de rebroussement (y) , 3°. des tan-
gentes doubles (communes à deux branches différentes de la courbe) (u),
et 4º des points d'inflexion (v). Cette équation est la suivante :
( - )4-9( - ) ² [6(v+r) +4(u+x)-45]+756( -x) (u-x)+324(u-x) ²= 0 .

II. Les courbes générales d'un degré quelconque, n'ont ni point


double ni point de rebroussement. Pour elles on obtient, en posant
γ 0 et х 0,

4 - 5403 - 36uv² + 4050 + 756υν + 3244* =0 .


III. On obtient pour les courbes générales d'une classe quelconque
2..
12 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
(qui n'ont tangentes doubles ni points d'inflexion) l'équation analogue
suivante :
-

y4 543 - 36xy² + 405y + 756xy + 324x² = 0.


IV. Si le nombre des points de rebroussement est égal à celui des
points d'inflexion , le nombre des points doubles est nécessairement
égal à celui des tangentes doubles. De plus la courbe est coupée alors
par une ligne droite en autantde points qu'il y ades tangentes de la
courbe aboutissant à un même point. On a simultanément
υv =γ, u = х, n = m, 2x + 3y =
n(n -

2).
Pour obtenir les différents cas où les courbes d'un degré donné n sont
de la même classe , on n'a qu'à résoudre la dernière équation en nom-
bres entiers , en satisfaisant en même temps à la condition
= (n - 1) (n - 2)
x+y 2
< I

V. Dans le cas général , on a


(v - y) = 3(m - n) ,
(u-

x) = (m - n) (m + n - 9) ,
équations simples , qui donnent encore la suivante :
(m + n) - 6 ) = 9.
VI. L'un des deux nombres n et m étant donné l'on peut prendre
l'autre entre les deux limitesdéterminées par les deux équations
m
n(n -

1) , n
m(m 1) ;
excepté toutefois qu'on n'a jamais ni m=n(n- 1)-1 ni n=m(m-1)-1.
On a généralement ,
- -

m
n(n
= 1) 2x
3y, -

n = m
m(m 1 ) -
24 -
3υ. -

VII. Enfin l'on a les quatre équations suivantes :


v = 3η(n -

2) 6x -
Sy, -

= -

y 3m(m 2) 6u -

– δυ , -

u= n(n -2)(n² -9)-[n (n -1) -6](2x+3y)+ 2x(x- 1 )+6xy+ y(y- 1 ) ,


x= m(m-2)(m²-9)-[m(m- 1)-6](24+ 32)+ 2u(u - 1)+6uv+ ( 2-1 ) .
PURES ET APPLIQUÉES. 13

L'interprétation géométrique de ces équations est facile. Ainsi , la


première d'entre elles , par exemple, indique que, si par une détermi-
nation spéciale des constantes de l'équation générale d'un degré quel-
conque, la courbe correspondante acquiert des points doubles ou de
rebroussement, le nombre des points d'inflexion diminue de six unités
pour chaque point double et de huit pour chaque point de rebrousse-
ment. J'ajouterai que sur les six points d'inflexion qui disparaissent ,
il y a deux de réels et quatre d'imaginaires , si c'est un point double
proprement dit et supposé réel , qui les remplace; mais que tous
sont imaginaires, si c'est un point conjugué. Dans le cas d'un point
réel de rebroussement , il y a , sur les huit points d'inflexion qui
disparaissent , deux de réels et six d'imaginaires . i

VIII. Les courbes des degrés 3 , 4 , 5, offrent les différents cas sui-
vants , les seuls possibles , par rapport au nombre des points et tan-
gentes singulières , dont il est question ici.
72 3. n = 5.

m m E u υ
x
y u υ y

20 120 432
45
6 -
18 I
'
9 92 39
4 I -
3 17 I
78 37
3 I I
16 2 68 33
15 I 1 56 31
14 3 -
48 27
2
45 29
n = 4. 13 2 I 38 25
1
12 4 32 21

.
I 2 29 23
m x u ύ 11 3
y I 24 19
3 21 21
10 5 -

20 15
12 -

28 24 2 2
10 1 16 18 17 17
9 4 I 14 13
9
-
10 16 I 3 II 15
62

8 2 8 12 8 12 9
96856
241324354

3 11
7 I I
4 10 .

6 3 6 13
-

4
7 5 7
-
2 I 8
95

2
413

5
6.5.4

2 1 2
4 6 5
43

735
23

I 2 I 2 2
-
3 I -

-
1

2 2 I
14 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
On peut dans les tableaux qui précèdent changer réciproquement
nenm , xen u , y en 9.
IX. En représentant une courbe par une équation entre deux
coordonnées ordinaires , on la regarde comme engendrée par le mou-
vement d'un point , dont les différentes positions sont données par
l'équation. Soient petq des fonctions linéaires des deux coordon-
nées et

↓ ( p , q) = Ω 0,

l'équation d'une courbe quelconque , ou algébrique , ou transcendante.


On sait qu'un point double de la courbe est alors indiqué par les
deux équations suivantes
do do
0, 0.
dp dq

De plus ce point double est , ou l'intersection de deux branches réelles


de la courbe, ou un point conjugué , ou enfin (en général) un point
de rebroussement, selon qu'on a
dΩ ď ďΩ Ω
2
do do do 2
do ďa
- 0.
2 2 2 0,
dp² dq

De ces équations l'on déduit facilement pour les courbes du troi-


sième degré , le théorème suivant que j'ai démontré avec d'autres
théorèmes semblables, dans un autre endroit : « Les trois asymptotes
étant données, le lieu géométrique des points de rebroussement de
ces courbes est l'ellipse maximum, inscrite au triangle formé par les
trois asymptotes ; le lieu des points conjugués est l'intérieur , et le
lieu des points doubles , proprement dits , l'extérieur de cette ellipse
тахітит. »

X. L'équation générale de la ligne droite renferme deux constan-


tes , que nous supposons y entrer au premier degré seulement. Nous
désignerons deux fonctions linéaires quelconques de ces deux cons-
tantes par rets. Alors des valeurs données de rets déterminent
une ligne droite unique, et l'équation
(r , s) 0,
PURES ET APPLIQUÉES . 15

en y considérant rets comme variables , représente une courbe :


cette courbe est regardée comme enveloppée par une ligne droite en
mouvement , dont les différentes positions sont données par l'équation
précédente. Pour une tangente double l'équation de la courbe doit
subsister simultanément avec les deux équations suivantes
dy dy
0.
dr = 0 , ds

De plus , cette tangente double touche deux branches réelles de la


courbe , ou elle est isolée de la courbe (conjuguée), ou enfin elle
touche la courbe dans un point d'inflexion, selon qu'on a
2 2 2

(d )
drds drds , (d )
rds ds , (d )
drds drds = 0.
Paris , 12 mars 1836.

= 118) +

4
16 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES

ww٨١ wwwwwwwwwwwww wwwwwwwwwww

SECOND MÉMOIRE

Sur le développement des fonctions ou parties de fonctions


en séries dont les divers termes sont assujettis à satisfaire
à une même équation différentielle du second ordre
contenant un paramètre variable ;
PAR J. LIOUVILLE .

I.

Dans un premier mémoire sur ce sujet (*) , j'ai eu pour but de


trouver par un procédé direct et rigoureux la valeur de la série

I gVf(x)dx
Σ
(1) X

gVdx

dans laquelle le signe ∑ s'étend à toutes les racines réelles et positives


d'une certaine équation transcendante (r) = 0 ; V est une fonction
de x et du paramètre r, assujettie à satisfaire à la fois l'équation dif-
férentielle
dV
d( dv)
dx
(2) dx + ( gr - 1) V = 0,

dans laquelle les fonctions g , k , I de x sont supposées positives , et


Tome Ier de ce Journal , page 253 .
PURES ET APPLIQUÉES . 17
aux conditions définies.

dV
(3)
-
hV 0
dx pour x = x,
dV
(
4) + HV = 0 pour x =X :

les coefficients constants h, H sont positifs , nuls ou infinis : lors-


qu'on a h= ∞ , l'équation (3), dont on peutdiviser les deux membres
par h, se réduit à
V 0 pour х x;

de même , lorsqu'on a H= ∞ , l'équation (4) se réduit à


V 0 pour x X:

enfin f(x) est une fonction arbitraire de x, assujettie pourtant aux


conditions suivantes

df(x)
(5). dx
-

hf(x) = o pour x = x,
df(x)
(6) dx + Hf(x) = o pour x =X.

La fonction V se présente utilement dans la théorie de la chaleur


et dans une foule de questions physico-mathématiques ; et M. Sturm
en a développé les propriétés avec beaucoup de soin dans ses deux
mémoires sur les équations différentielles et sur les équations aux
différences partielles (*) . A l'aide de ces propriétés que j'ai moi-même
étudiées dans le mémoire cité plus haut et dans une note particulière,
j'ai fait voir que la valeur de la série (1), lorsque cette série est con-
vergente , ne peut qu'être égale à f(x), du moins quand la variable x
reste comprise entre les limites x , X. Dans cette hypothèse de la con-
vergence de la série (1) et entre les limites x, X de x , on a donc
X

(7) f(x)
=
Σ
vfgVf(x)dx
X
:
1

gVdx

(*) Tome Ir de ce Journal, page 106 et page 173 .


Tome II. - JANVIER 1837. 3
18 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
L'équation (r)= o dont le paramètre r dépend n'a pas de racines
négatives , comme on le reconnaît à l'inspection seule de cette équa-
tion. Elle n'a pas non plus de racines imaginaires ; c'est ce que
M. Poisson a prouvé depuis long-temps par un procédé très ingénieux.
Mais il est bon d'observer que la méthode dont j'ai fait usage pour
sommer la série (1) n'exige en aucune manière la connaissance du
théorème de M. Poisson. Si l'équation (r) = o avait des racines
imaginaires, on n'en tiendrait pas compte dans le second membre de
l'équation (7) , et cette équation subsisterait encore et se démontrerait
par la même analyse. Pour l'exactitude de la démonstration que j'en
ai donnée , il suffit en effet que les diverses fonctions V. , V. , ... qui
répondent aux racines réelles et positives r. , r. , ... de l'équation
w(r)=o jouissent des propriétés que M. Sturm a reconnu leur appar-
tenir. Au surplus , la réalité de toutes les racines de l'équation
(r)= o résulte des propriétés mêmes de ces fonctions V. , ۷,۰۰۰
qui répondent aux valeurs réelles et positives du paramètre r : c'est
ce queje prouverai à la fin du présent mémoire .
Si nous revenons à la série (1 ) , nous voyons qu'elle doit être encore
l'objet d'une recherche nouvelle dont l'importance a été signalée par
M. Sturm dans son dernier mémoire (*) : il s'agit de prouver que cette
série (1 ) est convergente ; et j'ai eu le bonheur d'y parvenir il y a
quelque temps , du moins dans le cas très étendu où les fonctions
g, k, f(x) et leurs dérivées premières et secondes conservent tou-
jours des valeurs finies, lorsque x croît de xà X. Ma démonstration ,
quoique très simple , sera sans doute appréciée par les géomètres qui
ont traité des questions semblables et qui savent combien en général
elles offrent de difficultés. Elle consiste à prouver que si l'on désigne
par n un indice très grand, par u, la valeur absolue du nime terme de
la série (1 ) et par M un certain nombre indépendant de n et facile à
M M
calculer, on a un < 2 Or, lasérie qui a pour terme général n est
convergente ; donc àfortiori la série ( 1 ) l'est aussi , ce qu'il fallait dé-
montrer. On peut trouver en outre une limite supérieure de l'erreur

(*) Tome Ier de ce Journal, page 4vv.


PURES ET APPLIQUÉES. 19

commise lorsque l'on prend pour valeur de f(x) les n premiers


termes de la série seulement.
La convergence de la série
X
Ve-
X

Σ X ,

Sxsvdx
où l'on suppose to , et qui représente l'état variable des tempéra-
tures dans une barre hétérogène, résulte aussi de notre analyse ;
cette dernière série est même plus facile à traiter que la série (1) , et
c'est par elle que nous commencerons.
En terminant cette introduction, je dois dire qu'ayant communi-
qué mon travail à M. Sturm , il a trouvé presque sur-le-champ une
seconde démonstration de la convergence de la série (1) , aussi simple
que la mienne, et fondée sur ses propres principes.

II.

Cherchons d'abord à exprimer en série convergente la fonction V ,


qui satisfait à l'équation indéfinie (2) et aux conditions définies (3),
(4). Pour cela désignons par k' ce que devient k lorsqu'on y pose
x= x , et faisons
P. = A(1 + hk ),
xdxx
Pp. = fdf
k X (1 - gr) [Link] ,
X

xdx Cx
Pa +1 = f*** (1 - gr) [Link],
X

Quel que soit le paramètre r, on satisfait évidemment aux équations


(2) et (3) en posant
V: P. + P. + ...+ p. + ... ;

Adésigne une constante dont la valeur est tout-à-fait arbitraire , et


3 ..
20
JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
T

que l'on peut prendre égale à l'unité, ou mieux encore égale à 1+h
pour avoir une expression de V qui convienne même au cas où h∞ :.
En adoptant cette dernière valeur de A , on a , pour x = x ,
I dV h
V = =
:
1+h ' dx. 1+ h

dV
en général ces valeurs de V et dx sont différentes de zéro; V se
dv dV
réduit à zéro lorsque h= ∞ , mais alors = 1 ; au contraire dx=0 ,
quand ho , mais alors on a V = 1. On voit par là que la fonction
V ne devient identiquement nulle pour aucune valeur déterminée
de r, tant que x reste indéterminée.
La série p. + p. + etc. est convergente : prenons en effet les di-
vers termes de cette série , abstraction faite de leurs signes , et dési-
gnons les par P. , P. , etc.; représentons par Pet G les valeurs abso-
lues les plus grandes des deux fonctions P. et l- gr pour des valeurs
de x croissantes depuis x jusqu'à X; représentons aussi par ko la
plus petite valeur de k. En remplaçant partout sous le signe ſ ( dans
les intégrales multiples P. , P. , etc.) l-gr parG, P. par P , k par k.,
les valeurs de ces intégrales augmenteront évidemment. On aura
donc
GP (x - x)²
P. < 0
. 1.2
,
P. < (GP) . (x- x)4 2

[Link]'
• •

27
GP n (x- x)
P. < ( P)* 0 1.2.3 ... 2n '

Or la série qui a pour terme général


(x - x)2
(GP) 1.2.3 ... 2n

est convergente ; donc àfortiori les séries P.+P + etc. et p+p +etc.
sont aussi convergentes , ce qu'il fallait démontrer. De plus l'erreur
PURES ET APPLIQUÉES . : 21

commise , lorsque l'on prend pour V les n premiers termes seule-


ment de la série p. +p. + etc. , est plus petite que la quantité
GP n
(x - x)

+ etc. ,
ko 0
1.2.3 ... 2n

dont il est aisé de trouver une limite supérieure.


On peut obtenir d'une autre manière une limite supérieure de la
valeur absolue de l'erreur R, commise en prenant
V = p. + p. + ... + P -1
En effet , l'équation (2) et la condition (3) sont satisfaites en posant
dxx
(8) V = p. + X X
(1 - gr)Vdx.
Si , dans le second membre de cette équation , on remplace V par sa
valeur que fournit précisément ce même second membre , on trouve
ensuite
xdx

:
V= p. +p.+SS (1- gr)dxfdf
X xk (1- grVdx :
X X

remplaçant de nouveau , dans le second membre , V par sa valeur


(8), et continuant indéfiniment cette opération , conformément à la
méthode connue des approximations successives, on a enfin
V = p. + p. +...+ Pn −1 + R. ,
le reste R, étant exprimé par l'intégrale multiple
xdx xdxx
1

Sedef (t- gr)dx ...


X X X (1- gr) Vdx, :

dans laquelle le signe ſ se trouve an fois.


La fonction V ne devenant jamais infinie, il est clair qu'elle est
susceptible d'un maximum absolu W : en remplaçant , dans l'inté-
grale multiple ci-dessus , V par W, l- gr par G, k par k., on en
augmentera donc la valeur numérique : d'après cela on a 1 :
.

; GP (x-x)
R < w. ( ) 1.2.3... 2n2
22 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
ce qu'il fallait trouver et ce qui démontre de nouveau la convergence
de la série p. +p. + etc.
Jusqu'ici nous avons laissé le paramètre r indéterminé. Mais si
l'on veut satisfaire à la condition (4), il faudra prendre pour ce pa-
ramètre une quelconque des racines de l'équation
dV + HV = 0 pour X
dr

laquelle, en mettant pour V sa valeur , devient


dp. +...+ H (po + p. +... ) = o pour x=X :
dx
+ dx

cette équation est celle que nous avons désignée par


=
(r) 0,

dans notre premier mémoire. Les quantités p., P. , etc. , et leurs


dérivées étant essentiellement positives lorsqu'on prend r < o , il en
résulte que cette équation n'a pas de racines < o. M. Sturm a
prouvé et tout-à-l'heure nous prouverons aussi qu'elle a un nombre
infini de racines positives r,, . , ... qui sont de plus en plus grandes
et croissent jusqu'à l'infini. Quant aux racines imaginaires , nous
n'avons pas besoin de nous en occuper pour le moment.

III .

On peut transformer l'équation (2) de plusieurs manières et arri-


ver ainsi à d'autres développements de la fonction V. Pour le mon-
trer, je fais par exemple
= Sdx,X

z désignant une nouvelle variable qui croît depuis o jusqu'à un cer-


X

tain maximum Z=SVI X k dx , lorsque x croît depuis xjusqu'àX.

Je prends cette variable z , au lieu de x, pour variable indépendante,


et l'équation (2) devient
PURES ET APPLIQUÉES. 23
:

d (V . ) dz
V
dz + (r√gk - lvo,
ou bien
dV d. dV
Vgk . + .. + (rVgk - 1
dz )V = o.
Maintenant si l'on pose
V = 0U ,
I dU
0 étant = 2
le coefficient de sera égal à zéro dans l'équation
Vgk
transformée , laquelle, en faisant r = p , et
d d20
√√gk . -

dz
-

dz = Vgk.θ . λ,
sera de la forme
d-U
(9) + PU = AU ;

quant aux équations (3) et (4) , si on leur applique les mêmes trans-
formations , elles prendront la forme
dU
(10) -
h'U = o pour Z
= 0,
dz
dU
(11) + H'U = pour z= Z, :

h' , H' désignant deux constantes différentes de h , H et qui ne sont


pas assujetties comme ces dernières à la condition d'être positives .
L'équation (9) étant de même forme que l'équation (2) , on pour-
rait l'intégrer de la même manière : en désignant par A une constante
arbitraire, et posant p. = A ( 1 + h'z) , puis en général

Pats = fodzf (x- p²)pndz,


Pa+1 0 0

on aurait en série convergente..:


V = po + P. +... + P. +...
1 :

Mais il est préférable de procéder de la manière suivante .


24 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
En multipliant par sin pzdz les deux membres de l'équation (9),
puis intégrant et observant que
d'U dU
(sin pzda +PUsin pz)dz= d(sin pz - PU cospz), dz
on a
2
dU
sin p2 - FU cos pz = A +SU sin pzdz.
dz 0

En posant z = o , on trouve la valeur de la constante arbitraire


A = - PU : la valeur de U, pour 2= 0 , est tout-à-fait arbitraire
à moins que l'on ait h'=∞ , auquel cas elle est nécessairement nulle ;
en excluant d'abord ce cas particulier , nous la supposerons égale à
l'unité, ce qui nous donnera A =-p ; en même temps , nous dé-
signerons par λ', U' ce que deviennent A, U lorsqu'on y change z
en z' ; et nous aurons

SAUsin padz =fox'U' sinpz'dz'.


0 0

L'équation précédente deviendra donc


dU
(12) sin pz da -

PU cos pz= -p +fox'U' sin pz'dz',


0

En multipliant l'équation (9) par cos pzdz, intégrant et observant que,


pour z = o , on a [d'après la condition (10) ] ,
dU

dz
= h'U = h
',
on obtiendra de même

dU Z

(15) cos pz + PUsin pz = h +S'U' cos pz'dz'. 0

Des deux équations (12) et (13) , on tire


:
Z

(14) U = cos pz + sin + SU' sin p(2-2 )da ,



:
PURES ET APPLIQUÉES . 25

et い

dU
(15) dz psin pz + h' cos pz +fox'U' cos p(z -z')dz'.
0

Si maintenant on change z en z', U se changera en U' : on pourra ,


dans le second membrede l'équation (14) , mettre au lieu de U' sa va-
leur, et en continuant ainsi comme au nº II, on obtiendra la valeur
de U exprimée par une série d'autant plus convergente que sera plus
grand.
IV.

Lorsque pn'est pas très grand, on trouve sans difficulté, par les
méthodes de M. Sturm , les valeurs de z qui rendent V un maximum
et les valeurs correspondantes de V. Il est donc facile de trouver alors
la limite supérieure que nous avons désignée au nº II par la lettre W.
Mais l'emploides méthodes de M. Sturm étant trop pénible quand p
est très grand , voici comment on peut y suppléer.
Soit Q la plus grande valeur que U puisse prendre lorsquez varie
de o à Z , et L la plus grande valeur de A dans le même intervalle ;
nous considérons les quantités Qet L , abstraction faite de leur signe .
La valeur absolue de l'intégrale
'U' sin (zzja , 20% 12 fromsidstdr3년의

dans laquelle z est compris entre o et Z , est donc toujours moindre


que LQS dz
dz et àfortiori moindre que LQZ. D'un autre côté le
( +1
maximum de cos pz + h' sin ez est
VI + ( ) : donc le second
membre de l'équation (10) est constamment plus petit que
2
LQZ
gob √ ++ ९ ९

ce qui exige que l'on ait


h LQZ
९ e

Tome II. - JANVIER 1837. 4


26 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES.
Pour des valeurs de p plus grandes que LZ , il vient donc

1 Q <
√ +( )
LZ

Lorsque l'on prend le paramètre e suffisammentgrand et tel que l'on


ait
P 2LZ,
1

ce que nous admettrons désormais , il vient par conséquent


:
2

Q< 2√x +
1 Mais on a V = 0U , et par suite V < Q, si désigne le maximum
absolu de : donc pour des valeurs de p suffisamment grandes , et en
considérant seulement la valeur absolue de V, on a

h
V< 20√ +( ): ९

semblablement, si l'on désigne par F ou F, le maximum d'une fonction


donnée de x , savoir , f(x) ou f(x) , on aura pour de très grandes
valeurs dep ,
2

vfxgVf(x)dx < 4F.G. * . (X -x). [1+ ( ) ] ,


!
2
X

vfxVf (x)dx< 4F... *. (X -x) . [1+ (4) ] :


X

G représente ici , comme au nº II , le maximum de g.


V.

Occupons-nousmaintenant de l'intégralefgVdx, qui entre en


PURES ET APPLIQUÉES. 27

dénominateur dans le terme général de la série (1) . En remplaçant la


variable x par la variable z , on a 19-00

X dx
SxgVdx = [ (g0 )Udz ;
X
dz

dx
mais , d'après les valeurs de 6 et de dz, savoir
:
I dx
0= 4 ,
dz
=

g'
Vk
1

on a
dx 7
= I.
godz
Il vient donc N
1
X Z

(16) * g*Vdx = ∫ Ulz.


X 0

Posons olay ash arog': bisig fremitus asasin


anobs no
fx'U'sin p(z -z')dz = e ,
0

l'équation ( 14) prendra la forme

(17) U= cos pz +
+ K'sinez + 1;
d

il est clair que pour des valeurs de e suffisamment grandes la frac-


ε

tion devient plus petite que tout nombre donné , et il est même
९ !

aisé de se convaincre qu'elle possède alors une valeur numérique


inférieure à
2
2LZ +1

Maintenant , en mettant aulieu de U sa valeur, l'équation (16) devient


2
X Z :
S h' ez
fgVdx =fadz (cospz+ sin * ++):
X 0 ९

4.. :
28 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
comme on a d'ailleurs
Z
sinzęZ
0
cos pzdz = 2
+ ,

48
Z

f sin pzdz = 2sin4824Z


0 2
,
1

il enrésulte que l'intégrales Vidæ a une valeur de la forme


X

X Z

SgVdx = [ +
X
] +
९ représentant une quantité que l'on rendra aussi petite que l'on
voudra et par exemple plus petite que la moitié du premier terme

[ + ( )],
en prenante suffisamment grand : pour des valeurs de s très grandes,
on a donc
X Z

SgVdx > [1+ ( ) ].


X

VI.

Revenons maintenant aux formules ( 14) et ( 15) , lesquelles peuvent


s'écrire ainsi
t ‫ از‬.

U = cos pz (1 -
эпитетом т
I
: 'U'sinpz'd ')
objazoq alls'up ;

I 2

+ sin pz + x'U' cospz'dz') ,


0

Ste
dU
d = - sin pzpa(p -
dz 0 sinpzdz )
9.79
+ cos pp(h' f'U' cospada ):
0
1

du
nous en déduirons aisément la valeur de +H'U relative à z= Z ,
2

:
PURES ET APPLIQUÉES. 29

et en égalant cette valeur à zéro (conformément à la condition ( 11 )) ,


nous aurons l'équation dont les valeurs de p dépendent. En posant
Z

P = h + H' + 0 'U' (cosfz' - ' singz) dz' , ९

H'h' H'
P' =
९ 'U' (H cose + sin pz') dz',
+SU 0 ९

cette équation sera


P cos PZ -

(P -

P') sin pZ = o ,
d'où l'on tire
P
(18) tang pZ = ९

Pet P' sont deux fonctions dep , la première paire , la seconde


impaire : les racines de l'équation (18 ) sont donc deux à deux
égales et de signes contraires , ce qui doit être , puisque l'on a posé
r= p , d'où résulte p = ± √r : il est aisé de voir en outre que
l'équation (18) a une infinité de racines réelles : on s'en convaincra
en regardant p comme une abscisse variable , et construisant les
deux courbes qui ont respectivement pour équations y= tang Z ,
P

courbes dont la seconde apour asymptote l'axe des abs-


cisses.

Les grandes valeurs de fou Vr s'obtiennent sans difficulté puisque


l'équation (18) résolue donne
=
P
FZ (n -

1) + arc tang ९ P
n désignant un nombre entier quelconque que nous supposerons très
grand. Cette expression générale des fournit , à très peu près ,
ou Vr = (n -
Z
1)
,

ou plus exactement ,
(n - 1 )π P.
ou Vr = Z + (n-1) '
30 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
Z

P. étant = h' + H' + Adz.


λάζ Je ne m'arrêterai pas à démontrer
0

cette dernière formule dout nous n'aurons jamais besoin.


En général les grandes valeurs de Vr sont de la forme

P ou Vì = (n
( -11) + i. , Z

i, désignant une très petite quantité. Quand on donne à n une valeur


déterminée très grande , la racine correspondante est précisément la
nieme des racines r,, . , .... rangées par ordre de grandeur. Pour
constater ce fait, il suffit d'observer que lorsque est très grand
(n- I π

(auquel cas on a à très peu près p = 71 ), U se réduit sen-Z

siblement à

U = cos pz = COScos (n-1) : Z

par suite V devient


I (n - 1 ) πε
V= 4
COS
Cos ,
Z
Vgk

et s'évanouit précisément (n - 1) fois lorsque z croît de o à Z, c'est-


à-dire lorsque x croît de x à X. En vertu d'un théorème de M. Sturm,
cette valeur de V. est donc celle qui répond à la nieme racine ra. D'a-
près cette démonstration qu'il serait aisé de rendre plus rigoureuse
en tenant compte des quantités infiniment petites qui ont été négli-
gées , on a pour un indice n très grand
(n - 1 ) π
Z
+ =-37 + ( -3) Z + in,
et par suite

Vi. >

puisque est > 3 , et que - + i , n'a jamais une valeur considé-


rable. De là résulte finalement
gna
>
PURES ET APPLIQUÉ[Link] 31

ob titing á stigate tempefni


VII .

(08)
En combinant ensemble les deux inégalités
X
sano sing naitergeti ekdnob anu

grandjel
vfxgVf(x)dx< 4F.G.. (X -x) [1+ ( ) ] ,
ch si
2

fgVdx > [1+ ( ) ] ,


snox shx stimil els eisM
que nous avons obtenues l'une au nº IV , l'autre au nº V , il vient
VD
X

at de poser vSgVf(x)dx
X
16F.G .. (X – x) :.
X < Z

X
gVdx

le terme général de la série formant le second membre de l'équation


X

eta (19) c u = Σ
Ve- fxgVf(x)dx ,
X
gVdx
X

a doncune valeur absolue plus petite queillius allontes


qua sasildo agles
quelle 16F.G .. (X - x) ert
e
! Z ( 500)

or, quand on suppose to , la série qui a pour terme général cette


dernière quantité est évidemment convergente : donc à fortiori la
série ( 19) est aussi convergente.
Lorsqu'on a t = o , la série ( 19) se change dans la série (1 ) , et il
faut une autre démonstration. En multipliant par f(x) les deux
membres de l'équation (2) , on en déduitharah(x), t
gVf(x)dx= IVf(x) dx
zh
(k ):
Young L
32 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
intégrant ensuite à partir de x = x jusqu'à x = X , il vient
X X I X

(
20) fxgvf(x)dx= flvf(x)dx -
X
I

:
X f(x) d ( );
Une double intégration par parties donne
ff(x)d(k )=k (f(x) AP
- va dx

+fvd(kda ).
PA +
dx

Mais à la limite x de x on a

dhhV = o, dfx)
AP
dx
-

dx - hf(x) =
= 00,,
d'où résulte , en éliminant h,

f(x) dx) = 0;
cette même quantité
f( x) - vfdx
(x)

est nulle aussi à l'autre limite X par une raison semblable. D'après
cela , on obtient
X

X
f(x)d(k )=fxvd(k ),
moyennant quoi l'équation (20) se réduit à
X

JgVf(x)dx ==fVf (x)dx, X

f (x)dx représentant la fonction


‫نس‬
lf(x)dx d( kdx)).
PURES ET APPLIQUÉES 33

Le terme général de la série ( 1) peut donc être mis sous la forme


X
V
vs Vf(x)dx
X
:

fgVdx
en supposant que ce terme général soit le nieme (n étant un indice très
grand) et désignant par u, sa valeur absolue , il suffira maintenant
de combiner les inégalités
X
h
V
vs Vf(x) dx < 4F..G..(X-x)[1+ ( ) ] ,
X

X 2
Z
gn
SgVdx > [1+ ( ) ] , >
X
९ Z

et de poser
16F..G..Z . (X - x) - M,
9

M
pour en conclure un < 1. Or la série qui a pour terme général
n na

est convergente: donc la série (1) l'est aussi , ce qu'il fallait prouver.
De plus l'erreur commise en égalant f(x) à la somme des n premiers
termes de cette série est moindre que

ΜΣ ( ) ,
quantité dont il est aisé de trouver une limite supérieure et dans la-
quelle u prend successivement toutes les valeurs entières comprises
entre net ∞ .

La valeur de u fournie par la série placée au second membre de


l'équation (19) représente au bout du temps t, dans une barre hé-
térogène , la température du point dont l'abscisse est x(*). La vitesse
du
de refroidissement -

dt est donc exprimée par la série

Σ
S
Ve-".[Link](x)dx
X

SgVdx
(*) Tome Ior de ce Journal , page 411 .
Tome II. - JANVIER 1837.
5
34 JOURNAL. DE MATHÉMATIQUES
Pour des valeurs positives de t, la convergence de cette série ré-
sulte évidemment de l'analyse précédente .
On démontrerait de la même manière la convergence des deux
séries

Vcos (1 ) X
f(x)dx V sin (tv )fgvf(x)dx
X
Σ ,
Σ ,
X
gVdx gVdx
X X

qui servent à résoudre plusieurs problèmes de mécanique.


Nous avons dans tout ce qui précède considéré les deux constantes
h', H' comme ayant des valeurs finies. Quand une d'elles est infinie ,
on doit donc un peu modifier notre analyse; mais les modifications
qu'il faut y apporter sont tellement légères que je regarde comme
entièrement inutile de les développer ici.
VIII.

Revenons maintenant à l'équation (r) = o qui détermine le pa-


ramètre r , et prouvons que cette équation a toutes ses racines réelles .
Pour cela rappelons un lemme que j'ai démontré dans mon pre-
mier mémoire (*) , et que l'on peut énoncer ainsi : soit V. une quel-
conque des fonctions V. , V. , etc. , qui se déduisent de Ven y rem-
plaçant r successivement par les racines réelles r. , r., etc. , de
l'équation (r) = 0 : si unefonction (x) est telle qu'on ait
X
(21) X
Vo(x)dx = o ,

l'indice n restant indéterminé , cette fonction (x) sera égale à zéro


pour toutes les valeurs de x comprises entre x et X.
Ce lemme ne cesse pas d'être exact quand la fonction (x) est
imaginaire et de la formef(x) + V-1.F(x) ; car alors l'équation

(*) Tome Ier de ce Journal , page 261.


PURES ET APPLIQUÉES. 35

(21) sedécompose dans les deux suivantes

SV.f(x)dx = o , SVF(x)dx = 0 ,
qui donnent séparément f(x) = o , F (x) = o et par suite $(x)=0 .
Maintenant soit , s'il est possible , r' une racine imaginaire de l'é-
quation (r) = o et V' la valeur de V correspondante : aucune des
différences r - r , r - r,, ... ne sera nulle: par une formule con-
nue on aura donc , quel que soit l'indice n ,
X

[Link] = o,
X

d'où l'on conclura g'o , et par suite V' = o , pour toutes les va-
leurs de x comprises entre x et X. Or cela est absurde : en effet on
peut toujours se donner arbitrairement et supposer, par exemple, égale
dV'
à l'unité , pour x=x , soit la valeur de V', soit celle de dx '
ces deux
dV'
valeurs étant assujetties à la seule relation dx
-hV' = o ; d'où il
résulte que pour des valeurs de x très rapprochées de x et un peu
plus grandes , la fonction V' est différente de zéro. Donc l'équation
(r) = o n'a pas de racines imaginaires , C. Q. F. D.
36 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
ww
wwwwwwwwww

Extrait d'une lettre de M. TERQUEM à M. LIOUVILLE .

<< Il me semble que dans la discussion générale des courbes du second


ordre , nos auteurs élémentaires négligent à tort un cas assez impor-
tant : c'est celui où B* - 4AC devient ± ∞ : alors l'ellipse se réduit
à une droite de grandeur finie ou à deux droites parallèles , et l'hy-
perbole à une droite illimitée ou à deux droites parallèles. On a
égard à cette réduction dans la Mécanique Céleste (liv. II , p. 197 ,
à la fin du nº 27). Elle se présente aussi dans la discussion de la sur-
face qu'on obtient , lorsque dans l'équation générale en x, y, on
considère les cinq coefficiens commedes fonctions données d'une troi-
sième variable. Quelles que soient ces fonctions, les sections parallèles
au plan xy, sont des coniques dont la construction exige que l'on
admette l'équation B - 4AC = ± ∞ . L'omission de cette équation
entraîne d'autres imperfections : ainsi l'on dit que la parabole est la
limite d'une ellipse variable qui a un sommet et un foyer voisin
fixes , et dont le centre décrit une droite en s'éloignant du foyer fixe ;
mais si le centre s'en approche, en prenant la direction opposée , on
obtient successivement un cercle, une droite limitée, une hyperbole
qui coupe la parabole limite , ensuite une droite tangente à cette pa-
rabole , et finalement une série d'hyperboles extérieures à la parabole
et qui vont sans cesse en se rétrécissant et finissent par se confondre
avec cette courbe , de sorte que la parabole doit être considérée
comme ayant à l'infini deux centres , l'un dans son intérieur et l'autre
à l'extérieur. Cette considération est souvent utile pour se rendre
compte de diverses transitions de fonctions: on peut s'en servir aussi
pour démontrer que des deux paramètres qui correspondent à un
système de diamètres conjugués, l'un reste fini et l'autre devient infini
lorsque l'ellipse ou l'hyperbole deviennent des paraboles ; on ne
démontre ordinairement cette proposition que pour les axes princi-
paux. »
Paris , 4 octobre 1836..
PURES ET APPLIQUÉES. 37

MMMMMMMMMMMwwwwwww wwmmw mun

NOTE

SUR LES ÉQUATIONS INDÉTERMINÉES DU SECOND DEGRÉ.

Formules d'Euler pour la résolution de l'équation....


Cx² + A=y².- Leur identité avec celles des algébristes
indiens et arabes .- Démonstration géométrique de ces
formules .
PAR M. CHASLES .

L'un des faits les plus étonnants que nous présente l'histoire des
sciences , et l'un des plus importants , comme monument de l'ancienne
civilisation de l'Orient , est sans contredit la résolution des équations
indéterminées du deuxième degré, que contient le traité d'algèbre de
Brahmegupta (*).
Diophante , dont les six livres de Questions arithmétiques qui nous
sont parvenus , roulent sur l'analyse indéterminée, a résolu beaucoup
d'équations du second degré, à deux ou plusieurs inconnues. Dans
toutes, cegrand analyste de l'école d'Alexandrie a montré beaucoup
d'adresse et de génie ; mais ses solutions sont diverses , appropriées à des
questions particulières , et ne mettent pas sur la voie des méthodes
générales dont cette partiede l'analyse était susceptible. Aussi a-t-il
fallu en quelque sorte a créer de nouveau dans les temps modernes .
Fermat en est regardé comme le premier inventeur; et les questions
qu'il a proposées ou résolues , mais dont malheureusement les solu-

(*) Algebra, with arithmetic and mensuration , from the sanscrit , of Brahme-
gupta and Bhascara, translated by Colebrooke , in-4° , 1817 .
Tome II , FÉVRIER 1837 . 6
38 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
tions ne nous sont pas parvenues , ont depuis occupé les plus célèbres
géomètres .
La question qui paraît être plus particulièrement l'origine de la
théorie des équations indéterminées du second degré , est celle de
trouver les valeurs de x, rationnelles, en nombres entiers , qui ren-
dent le binome Cx + 1 un carré, ou en d'autres termes , c'est de
résoudre l'équation Cx² + 1 = y , en valeurs rationnelles et entières
de x et de y.
Cette question avait été proposée, en quelque sorte comme défi ,
aux géomètres anglais. Lord Brouncker et Wallis la résolurent , en
2m

donnant à x et à y des expressions générales de la forme m²


et

m² + c
m² - c Frénicle trouva aussi cette solution. Et Ozanam , ainsi que
Prestet , la donnèrent comme ayant été celle de Fermat.
Mais ces géomètres n'aperçurent pas toute l'importance de l'équa-
tion Cx + 1 =y , qui était indispensable pour la résolution en
nombres entiers, de l'équation plus générale CxA=y , à laquelle
se ramène la résolution de toutes les autres équations indéterminées
du second degré. C'est à Euler qu'est due cette double remarque , qui
a été l'origine des progrès de l'analyse indéterminée. Cependant<< il
est naturel de croire que Fermat, qui s'était principalement occupé
de la théorie des nombres entiers , sur lesquels il nous a d'ailleurs
laissé de très beaux théorèmes , avait été conduit au problème dont il
s'agit ( la résolution de l'équation Cx + 1 =y*) par les recherches
qu'il avait faites sur la résolution générale des équations de la forme
Cx²+A=y , auxquelles se réduisent toutes les équations du second
degré à deux inconnues (*). » Mais la perte des manuscrits de Fer-
mat a retardé de près d'un siècle la résolution des équations indé-
terminées du second degré , qui est due à Euler, et que Lagrange a
complétée aussitôt, en ce qui regarde la condition de nombres entiers.
La solution d'Euler pour l'équation
2

Cx² + A

(*) Nous citons ici textuellement les paroles de Lagrange ( parag. VIII , des
Additions aux Éléments d'Algèbre d'Euler).
PURES ET APPLIQUÉES . 39
suppose , d'une part, que l'on connaisse un premier système de ra-
cines x' , y' , de cette équation, et ensuite qu'on sache résoudre l'é-
quation
Cx² + 1 y.

Soient a et b les racines de cette équation: les expressions des racines


de la proposée seront
x = ay' + bx' ,
j = Cax + by '.

Telle est la solution qu'Euler a obtenue par des considérations ana-


lytiques.
Eh bien ! cette solution , dont aucune trace ne s'est trouvée dans
Diophante , qui a échappé aux recherches d'habiles géomètres mo-
dernes pendant près d'un siècle , et qui enfin a fait honneur au grand
Euler, cette solution , dis-je, se trouve dans les ouvrages indiens ,
depuis plus de douze siècles , et a probablement une origine encore
plus reculée. On conçoit d'après cela , qu'un célèbre analyste ait pu
dire dernièrement , que si les ouvrages mathématiques hindous que
de savants orientalistes de l'Angleterre nous ont fait connaître depuis
une vingtaine d'années , eussent été apportés en Occident 60 ou 80
ans plus tôt, « leur apparition , même après la mort de Newton et
» du vivantd'Euler , aurait pu hater parmi nous les progrès de l'ana-
>> lyse algébrique (*). »
Bien que la solution des géomètres indiens soit la même que celle
d'Euler , on verra peut- être avec intérêt sous quelle forme ils la pré-
sentent. Elle fait l'objet , dans l'ouvrage de Brahmegupta , de deux
règles seulement , qui y sont énoncées de la manière la plus concise
et la plus générale. En voici le sens , exprimé en langage algébrique :
Première règle. Pour la résolution de l'équation
Cox + 1 y.

(*) Histoire des Sciences mathématiques en Italie, t. Ir p. 133 .


6..
40 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
On prend un système de racines de l'équation
Cx A γ,

où A est indéterminé; soient let g ces racines , de sorte que l'on ait
ClA = g , les racines de la proposée seront

g
y = C + 8°, et x = 26.
A

Remplaçant A par g - Cl , et faisant 1= 1 , on aura précisément


les expressions trouvées par Fermat , Brouncker , etc.
Seconde règle. Pour la résolution de l'équation
Cx A γ,

quand on connaît un premier système de racines L, G de cette


équation :
On prend un système de racines de l'équation

Cx + 1 ;

soient let g ces racines ;


Les expressions générales des racines de la proposée seront
X Lg + IG,
y = CLl + Gg (*) .

(*) Pour donner un exemple du style et de la forme des ouvrages mathéma-


tiques des Indiens , qui sont encore peu connus , nous rapportons ici le texte
même de Brahmegupta , suivant la traduction de M. Colebrooke. On y verra
combien il serait difficile de les comprendre, si des applications numériques ne
venaient au secours du lecteur.
La résolution des équations indéterminées du second degré, est l'objet des
sections VI et VII de l'algèbre de Brahmegupta , appelée Cuttaca.
Dans la section VI , intitulée : Equation involving afactum , on résout l'é-
quation Ax + By + C = Dxy.
PURES ET APPLIQUÉES . 41
Après ces deux règles, qui sont identiques à la solution d'Euler ,
Brahmegupta donne plusieurs règles particulières pour les cas où A
et C sont des carrés , ou bien sont le produit de carrés par d'autres
nombres. Et il résout ensuite plusieurs équations doubles.

La règle est ainsi énoncée, dès le début et sans aucune explication prélimi-
naire :

« 61. Rule : The (product of) multiplication of the factum and absolute
> number,added to theproduct of the (coefficients ofthe) unknown, is divided by
>>an arbitrarily assumed quantity. Of the arbitrary divisor and the quotient ,
>> whichever is greatest is to be added to the least (coefficient) , and the least to
>> the greatest. The two (sums) divided by the (coefficient of the) factum are
>> reversed. »

Ce qui signifie que les racines de l'équation proposée sont de la forme

A+ n
y= ,
D

C.D + A.B
B+
n
X
D

La section VII , où l'on résout l'équation Cx³ ± A y , est intitulée : Square


affected by coefficient, et commence ainsi :
« 65-66. Rule : A root (is set down) two-fold , and (another , deduced) from
>> the assumed square multiplied by the multiplier , and increased or diminished
>>by a quantity assumed. The product of the first (pair), taken into the mul-
>> tiplier , with the product of the last (pair) added , is a" last" root. The sum
>> of the products of oblique multiplication is a" first" root. The additive is the
>> product of the like additive or subtractive quantities. The roots (so found) ,
>>divided by the (original) additive or subtractive quantity, are (roots answe-
>> ring) for additive unity. »
Puis vient un exemple numérique , et ensuite la seconde règle , que voici :
« 68. Rule : Putting severally the roots for additive unity under roots for
>> the given additive or subtractive , "last" and "first" roots (thence deduced
>> by composition) serve for the given additive or subtractive.
Nous avons donné ci-dessus le sens de ces deux règles , dont la première s'ap-
plique à l'équation Cx² + 1 =y , et la seconde à l'équation Cr² ± A =y² .
Les inots entre parenthèses, dans le texte anglais , ont été ajoutés parM. Co
42 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
En parlant des géomètres qui , après Diophante , et depuis Fermat
jusqu'à Lagrange, ont concouru au perfectionnement de l'analyse
indéterminée , nous nous sommes renfermé dans les citations histo-
riques que l'on a coutume de faire au sujet de cette partie de l'algè-
bre. Mais il paraît qu'on a toujours commis sur ce point une omis-
sion , qu'il est d'autant plus à propos de réparer ici , en parlant de
l'analyse indienne, que cette omission porte précisément sur une
solution qui nous paraît dériver des ouvrages hindous; solution qui
aurait suppléé ces ouvrages, et aurait mis aussitôt sur la voie des
découvertes réservées à Euler les géomètres qui en auraient eu con-
naissance. Nous voulons parler de quelques questions d'analyse indé.
terminée , résolues par Fibonacci (appelé communément Léonard de
Pise) dans son traité d'algèbre , ouvrage original, resté manuscrit au
grand regret des géomètres. Ces questions ont été reproduites par
Lucas de Burgo , dans sa Summa de Arithmetica , Geometria , etc.,
et par Cardan dans son traité d'Arithmétique (*).
Celle qui se rapporte à l'équation CxA =y , et qui en contient
virtuellement la solutiondonnée par Euler , est celle-ci : étant donnés
deux nombres carrés , diviser leur somme en deux autres nombres
carrés , ou en d'autres termes
Résoudre en nombres rationnels , l'équation

x + y A,

4:0
lebrooke. On voit quelle difficulté présentait , par sa concision extrême , le texte
original.
Bhascara est moins concis que Brahmegupta, il dit en plusieurs paragraphes
ce que celui-ci avait exprimé en un seul; mais il n'est guère plus intelligible.
Nous parlerons dans un autre écrit des différences notables , sous le rapport
scientifique, que nous avons remarquées dans la partie géométrique des deux
ouvrages , et qui nous portent à regarder Brahmegupta comme ayant été supé-
rieur à Bhascara , qui n'est , par rapport à lui, qu'un scoliaste qui ne l'a pas
toujours compris .
(1 ) Viète est le premier qui ait démontré les formules de Fibonacci , pour l'é-
quation x² +y² = A , au commencement du livre IV , de ses Zététiques. Peu
de temps après , Alexandre Anderson s'est occupé de la même question ; mais
seulementpour donner une démonstration géométrique des formules de Diophante.
PURES ET APPLIQUÉES. 43
quand on connaît un premier système de racines , x' , y' de cette
équation.
On prendra deux nombres quelconques a , b, dont la somme des
carrés , soit un carré c ; ce qui peut se faire d'une infinité de ma-
nières . [ Le premier nombre a étant pris arbitrairement, le second
sera de la forme ( -n)].
On a donc
x² + y' = A ,
et

a² + b² c2.

D'après cela , les expressions générales des racines de l'équation


:
proposée seront
ay' + bx'
x = ,
c.

ax' - by
y= C

Telle est la solution rapportée sans démonstration et appliquée à


plusieurs exemples numériques par Lucas de Burgo et Cardan (*).
Ces formules auraient dû attirer l'attention des analystes , ne fût-ce

(*) Lucas de Burgo et Cardan annoncent que cette solution est de Léonard
de Pise; et le premier ajoute qu'elle se trouve dans son Traité des nombres
carrés, et qu'elle y est démontréepar la considération desfigures géométriques.
Ce traité, malheureusement , n'existe plus (Montucla, Histoire des Mathema-
tiques , t. II , Additions , p. 715). M. Cossali l'a rétabli avec succès , d'après les
fragments qui s'en trouvent dans Lucas de Burgo (Colebrooke, Brahmegupta and
Bhascara ,Algebra , Dissertation; p. LVII) . Mais il n'a pas rétabli la démons-
tration géométrique. (Voir Origine, trasporto in Italia, primiprogressi in essa
dell' Algebra , t. Ir , ch. V , p . 96).
M. Colebrooke, en parlant des questions d'analyse indéterminée, traitées par
Lucas de Burgo , cite un passage de la Summa de Arithmetica, où il est ques-
tion de Fibonacci ; mais ce n'est pas celui où est résolue l'équation x²+ y= A ,
et où il est dit que Fibonacci employait des considérations de géométrie. M. Co-
lebrooke paraît n'avoir pas remarqué ce passage , ni, surtout, l'analogie que pré-
sentent les formules de Fibonacci avec celles de Brahmegupta . 1

1
44 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
que par la différence qu'elles présentent avec la solution de Dio-
phante. Celle-ci en effet , exposée algébriquement et sous la forme la
plus générale, conduit aux formules suivantes
(n - 1) x' + 2ny
'
х ,
n² + 1
2nx' -

(n - 1) '
y = ,

n² +1

qui ne contiennent qu'une indéterminée n , et qui, ne faisant point


usage de l'équation auxiliaire a + b = c* , ne sont pas propres à la
solution de la question en nombres entiers. On voit donc quel avan-
tage présentaient les formules des géomètres italiens.
On reconnaît , à la première vue de ces formules , toute leur ana-
logie avec celles d'Euler et de Brahmegupta, dont elles ne sont qu'un
cas particulier. Mais ce qu'il y a de remarquable c'est que, de ce cas
particulier , on peut s'élever naturellement et sans aucune difficulté
au cas général , ainsi que nous le verrons, de sorte que cette équa-
tion , si elle avait fixé les regards des géomètres , les aurait conduits
depuis long-temps à la solution générale, propre à la condition de
nombres entiers , telle que nous la trouvons chez les Indiens , et telle
que Euler l'a découverte dans le siècle dernier.
Nous avons dit que cette solution de Lucas deBurgo et de Cardan,
nous paraissait dériver de celle des Indiens. En effet, Fibonacci, qui
l'a fait connaître enEurope, avait rapporté ses connaissances mathé-
matiques de chez les Arabes; c'est donc à eux que paraît due cette
solution ; or , les Arabes , placés entre l'Inde et l'Égypte , avaient
emprunté leur science des Grecs d'Alexandrie et des Hindous. Les
Grecs, comme nous le voyons par les solutions de Diophante , n'ont
point connu celle dont il est question. Elle est donc venue des Hin-
dous (*) , qui la possédaient depuis plusieurs siècles. Les ouvrages des

(*). Lamanière dont Lucas de Burgo et Cardan disposent sur le papier, les
quantités connues , pour effectuer le calcul des racines cherchées , a la plus
grande ressemblance avec la manière des Indiens, et dénote l'origine de leur
méthode . ...

Les Indiens placent les deux racines données z' ,y', l'une à côté de l'autre
PURES ET APPLIQUÉES . 45
Arabes, qui nous sont connus en trop petit nombre , et auxquels on
a fait peu d'attention , parce qu'on a cru n'y trouver qu'un faible
écho de l'École grecque , doivent inspirer plus d'intérêt , aujourd'hui
que l'on y reconnaît des traces prononcées d'un autre foyer de lu-
mières .

Les ouvrages indiens ne contiennent aucune démonstration. A la


faveur de cette circonstance , quelques écrivains , encore tout pleins
de l'étonnement que leur avait causé la vue des théories savantes et
-
des questions difficiles qu'ils renferment, et peut-être un peu préoc-
cupés de l'intérêt des Grecs qui n'avaient point eu de rivauxjusqu'ici,
ont cru pouvoir attribuer les découvertes analytiques des Hindous à
quelques rencontres dues au hasard, et provoquées seulement par des
essais isolés et faits sans méthode ni intelligence. Mais une telle opi-
nion ne pouvait se soutenir, et nous devons reconnaître dans les
ouvrages indiens les vestiges d'une science depuis long-temps cul-
tivée, et parvenue, dans de certaines limites , à une grande perfec-
tion.
Nous n'avions nullement l'intention de chercher à rétablir quel-
ques démonstrations qui pourraient répondre aux théories algébriques
des Hindous , quand une remarque à laquelle nous a conduit l'exa-
men de la partie géométrique que contiennent leurs ouvrages , nous
a mis sur la voie d'une solution géométrique des équations indéter-
minées du second degré, qui donne précisément les formules de
Brahmegupta. Cela nous a fait supposer que c'était aussi par des

sur une ligne horizontale; et au-dessous d'elles sur une seconde ligne horizon-
tale , ils placent les deux racines a, b, de l'équation auxiliaire, de sorte que x'
et a sont sur une ligne verticale , etj' et b sur une seconde ligne verticale. Puis
ils multiplient l'une par l'autre , les deux x' et a qui sont sur la première ligne
verticale , et ensuite les deux autres. Ils font la différence des deux produits , et
ladivisent par c; c'est l'une des racines. Pour former l'autre , ils multiplient les
quatre nombres en croix, et font la somme des deux produits , qui , divisée par
c, donne la seconde racine.
Les géomètres italiens opèrent de même, si ce n'est qu'ils placent l'une à côté
de l'autre , les deux racines x' eta , et au-dessous d'elles les deux y' et b. Ils
emploient, comme les Indiens, l'expression de multiplication en croix.
Tome II . - FÉVRIER 1837. 7
46 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
considérations géométriques que cet auteur était parvenu à cette
solution; et en effet, on sait que les Indiens, et à leur imitation les
Arabes , employaient toujours concurremment la géométrie et l'ana-
lyse (*) , celle-ci pour résoudre leurs questions géométriques; et la
première pour démontrer leurs règles d'analyse , et interpréter et
peindre aux yeux les résultats de l'algèbre. Cela nous expliquerait
aussi la présence , dans les ouvrages de Brahmegupta, de cette partie
géométrique , à laquelle on a fait peu d'attention, et sur laquelle,
généralement on s'est mépris, je crois ,en la regardant comme formant
les éléments de géométrie des Hindous ou du moins le résultat des
connaissances géométriques dont ils se servaient. Dans un autre écrit,
j'entrerai dans quelques développements à ce sujet, en donnant l'in-
terprétation des propositions de géométrie de Brahmegupta dont on
n'a point encore parlé, et qui avaient besoin d'être devinées. Si je ne
me trompe , elles roulent presque toutes sur une seule théorie géomé-
trique , qui est celle du quadrilatère inscrit au cercle, et résolvent la
question de construire un quadrilatère inscriptible , dont l'aire , les
diagonales et plusieurs autres lignes , ainsi que le diamètre du cercle,
soient exprimés en nombres rationnels.
C'est dans cette question même que nous avons trouvé une mé-
thode géométrique pour la résolution des équations indéterminées du
second degré , méthode que nous supposons avoir pu être celle de
Brahmegupta. Nous l'exposerons dans l'écrit dont nous venons de
parler; mais ces considérations nous ont conduit à une méthode plus
directe et plus élémentaire. C'est celle que nous allons présenter.
Question. Connaissant un premier système de racines x , y' , de
l'équation x + y = A , on demande de trouver d'autres racines
rationnelles de cette équation.
Solution géométrique. Que l'on forme un triangle rectangle COD ,
qui ait pour côtés de l'angle droit OC = x' , OD = y' , la question
sera de construire sur l'hypotenuse CD un autre triangle CFD , dont
les côtés CF , FD soient rationnels .

(*) Colebrooke , Algebra ofBrahmegupta and Bhascara; Introduction histo-


rique , p. 15 ; Libri, Histoire des Sciences mathématiques en Italie, t. I , p. 136.
PURES ET APPLIQUÉES. 47
: { C

A D
F

Prolongeons les côtés CO , DF, jusqu'à leur rencontre en A; on a


le triangle CAD , dans lequel les perpendiculaires DO , CF , sont en
raison inverse des côtés CA , DA. Si donc ces côtés sont rationnels ,
la perpendiculaire CF, qui est l'une des racines de l'équation propo-
sée , le sera aussi ; le segment DF , qui est l'autre racine , sera aussi
rationnel , suivant son expression connue en fonction de trois côtés
2

(FD = AD+CD-AC). Or on a CA = AO + CO ; CO est rationnel ,


par hypothèse; donc il faut que AO soit rationnel. Donc la question
se réduit à construire sur le côté DO un triangle rectangle AOD , dont
les côtés soient rationnels. On sait former un tel triangle d'une infi-
nité de manières , par la formule suivante, très connue et fort usitée
en analyse et en géométrie
- 2 2

OD + ¦º− ) = ¦
OD
n
-
n
2

n
+ n)* (*) ;
2

(*) Cette formule est d'un grand usage dans les ouvrages de Brahmegupta et
de Bhascara. Elle est une généralisation des deux règles imaginées par Pythagore
et Platon , pour construire sur un côté donné un triangle rectangle en nombres
rationnels et entiers .

Si le côté donné est un nombre impair, il faut supposer n = 1 , et l'on a la


règle de Pythagore ; si le côté est pair , on suppose n = 2 , et l'on a la règle de
Platon .
C'est d'après Proclus (In primum Euclidis elementorum librum commentario-
rum Libri IV , proposition 47) , que l'on attribue ces deux règles à Pythagore
et à Platon ; mais Boece, antérieur de près d'un siècle à Proclus, donne la se-
conde dans le second livre de sa Géométrie , comme étant d'Archytas , célèbre
pythagoricien , dont Platon avait suivi les leçons en Italie.
7・
48 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
2

OD
c'est-à-dire qu'on prendra le côté OA égal à ៖ ( 一刀), etl'hypo-
n
-

OD
ténuse AD égale à ( + n) ; n étant un nombre arbitraire.
Ayant construit ce triangle AOD , on abaissera du point C la per-
pendiculaire CF sur son hypotenuse, cette perpendiculaire CF,et
le segment DF qu'elle détermine , seront les deux racines cherchées.
Ainsi la question est résolue par une construction géométrique.

D
F

Pour passer de cette solution géométrique aux formules de l'ana-


lyse , il suffit de chercher les expressions de CF et DF , en fonction
des lignes qui servent à construire ces racines.
La comparaison des triangles semblables ACF , ADO , donne
AC AC
CF DO . AF = AO .
AD' AD
Or

DF = AD - AF , et AC = AO + ОС;
on conclut de là Basit FIORE
DO . AO + [Link]
CF = ,
AD
2

OD - ОА . ОС
DF

Telles sont les expressions des racines de l'équation proposée: elles


sont rationnelles, puisque CO et DO le sont par hypothèse , et OD ,
DA par construction.
Pour donner à ces formules la forme de celles de Léonard de
PURES ET APPLIQUÉES. 49

Pise , faisons

CO = x' , OD y' , CF х, DF = y ,
OA a, AD c;

il viendra
x = ar' + 'x' ,
C

ax -y
'
y= C

On a entre a , c ety' la relation

C -
a = r' ;
ou

y's = 1 .
a

Représentons parpar ; les trois indéterminées a, 6, 7 ,


6

seront liées par l'équation

a* + 6 = 2 ;
:
et les formules deviendront
αγ' + 6x
x = ,

ax
' -
by
y= ४

Elles sont les mêmes que celles d'Euler, pour le cas particulier
x + y = A.
Il est facile depasser de là à la résolution de l'équation Cx +y =A.
En effet , dans l'équation x + y = A, et dans les deux équations
de condition
x + y' = A ,
α² + β = γ' ,
50 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
remplaçons x par x VC, x' par x' VC, a para VC; elles deviendront

Cx + y = A ,
12
Cx' + r' = A ,
a +6 = γ' .

Et les expressions des racines x et y, trouvées ci-dessus , devien-


dront

x√C = ay VC + 6x V 7
,

Cax'-by'
y= 7
,

ou

x =
αγ' + βx'
,
7

Cax' - by
y •

Ce sont les racines qui répondent à l'équation

Cx + y A.

Maintenant , ces racines rendant identique cette équation, quelles


que soient les valeurs des deux nombres C et A, on peut les supposer
négatives ; de sorte que l'équation peut prendre la forme

CxA=y ,
et ses racines deviennent

αγ' + 6χι
х
2
6x ,
Cax' + by'
y =
=

Nous donnons le signe + à la valeur dey, parce que cette variable


n'entrant qu'au carré dans l'équation , son signe est indifférent .
Les équations de condition pour x', y' , et pour a , β , γ , sont
CxA ya,
PURES ET APPLIQUÉES . 51

et

Cx² + 1 6.

C'est-à-dire que x' et y sont un système de racines de l'équation


proposée , et sont un système de racines de l'équation
:

Cx² + 1 =r² .
Nous avons donc obtenu précisément la solution de Brahmegupta
et d'Euler , et nous l'avons déduite , ainsi que nous l'avions annoncé,
de pures considérations de géométrie, qui n'ont demandé aucune
connaissance de l'algèbre.
Mais nous devons observer que l'introduction du coefficient C, et
le changement de son signe, dans l'équation de condition primitive
a² + 6 = r , dont nous savions construire géométriquement les
racines rationnelles , exige que nous sachions résoudre l'équation
Cx + 1 = y , qui remplace cette équation primitive.
Pourrésoudre cette équation, il se présente deux procédés. D'abord
nous pouvons nous servir de la même formule

4m²n² + (m² - n²) = (m² + n²) ,

qui nous a déjà servi pour former les racines de l'équation a +b =c*.
A cet effet, nous l'écrirons sous la forme

4m²n² (m²+ n²)2


;
(m²- n²) (m²+ n²)

faisons n = VC, il vient


4Cm² (m²+ C)
=
(m²-C) +1 (
m²-C) ;

comparant cette identité à l'équation


.
1

Coot + r =
52 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
on voit que les racines de celle-ci sont de la forme
2m m²+ C
x
m³ C' m² C

"

Conséquemment, les valeurs de -

et , dans l'équation de condition


1

Ca +6 , seront
2m 6 m²+ C
=
४ m² - C' m²- C

La seconde manière d'obtenirces valeursde



et 6, résulte des for-
mules mêmes que nous avons trouvées pour les racines de l'équation
Cx A = y.
En effet ces formules, si l'on y regarde-, comme les inconnues,
४४
donneront des valeurs rationnelles de ces quantités, qui seront des
racines de l'équation Cx + 1 =y , en fonction de deux systèmes
de racines de l'équation CxA = y .
Voici quelles sont ces valeurs
1

xy -yx' 6
==
yy
' - Cxx'
y' -Cx's 7 -Cx'

x, yet x' , y' , sont deux systèmes quelconques de racines de l'é-


quation CxA = y . On peut supposer x' =- x , et y' γ.

Alors les valeurs de et deviennent

a
2xy 6 + Cr
==
- -
Cx

Ce sont les racines de l'équation Cx + 1 =y , en fonction d'un


I

système de racines de l'équation Cx* A= y .


Dans celle-ci A est arbitraire; on pourra donc prendre pour x et
ydeux nombres quelconques , et alors A se trouvera déterminé.
PURES ET APPLIQUÉES . 53
Cela nous donne lieu aux deux observations suivantes :
D'abord x ety pouvant être quelconques , faisant x = 1 , et rem-
a 6
plaçant y parm , on a précisément les expressions de , que nous
:
avions trouvées ci-dessus .
En second lieu , si l'on considère x ety comme racines de l'équa-
tion CxA =y , et qu'on remplace y - Cx par A, les expres-
6
sions de et deviennent
४ 7

2xy 6 y² + Cx
,
A

Ces expressions répondent parfaitement à la première des deux rè-


gles qui comprennent, dans Brahmegupta , la résolution des équa-
tions indéterminées du second degré.
On pourrait donc supposer , jusqu'à un certain point, que ce sont
des considérations géométriques , analogues à celles que nous avons
employées , qui ont conduit le géomètre indien à la solution de ce
problème d'analyse ; ajoutons , pour justifier une telle supposition ,
que c'est dans la partie géométrique même de l'ouvrage de Brahme-
gupta , que nous avons puisé l'idée de recourir à la géométrie , pour
résoudre les questions précédentes; ce que nous exposerons dans un
autre écrit.
Nous avons appliqué d'abord la solution géométrique à l'équation
particulière x +y= A , pour montrer comment on pouvait s'élever
naturellement , et sans calcul, de ce cas particulier au cas général , et
pour prouver qu'ainsi que nous l'avions avancé, lasolution de Lucas
de Burgo et de Cardan comprenait virtuellement les formules d'Eu-
ler. Mais la solution géométrique peut s'appliquer directement à
l'équation Cx +j* = A.
Pour cela, x' ety' étant les deux racines données , on construira
le triangle rectangle COD, en prenant CO =xVC, et DO=y' ; de
manière qu'on aura
2

co + 입 A.
:

Tome II. FÉVRIER 1837. 8


54 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
Soit un second triangle rectangle CFD , on aura... :
2 2 2

CF + DF = DC = A. 1'1

Donc , si l'on prend


CF
x = et .,
y = DF
VC
on aura

Cx + y = A ;

de sorte que x ety seront deux racines cherchées , pourvu toutefois


que x soit rationnelle , ce qui exige que CF soit de la forme aVC.
Or on a dans le triangle CAD
:

CF CA
DO DA

donc CF aura la forme aVC, si CA est égal à n VC, et DA un


nombre.
Or
:
CA = CO + OA = x VC + OA .

Il faut donc que OA soit de la forme a VC: c'est-à-dire qu'il faut


construire sur le côté DO un triangle rectangle dont le second côté
OA soit a VC , et dont l'hypotenuse soit rationnelle. Ce qu'on fait
par la formule
4m²n² + (m - n*)* = (m² + n²) ,
ou
P
= 0 + 2

4m²n . OD (m²+ n) OD
(m² 1.2)2 (m²- n²) 1'

2-

où l'on fait n = C , ce qui donne


1. i
2

4Cm? OD + OD (m²+ C)* OD. !


(m - C) ² (m²- C) 2

Ainsi l'on prendra

OA m² +
2m. OD VC , et DA = m² -C
[Link] .
m²- C

.11
PURES ET APPLIQUÉES. 55

De sorte que OA et DA , ont les valeurs voulues.


D'après cela, CF aura une expression de la forme NVC , et DF
sera rationnel , parce que son expression connue dans la géométrie
élémentaire , ne contient que les carrés des deux côtés CD , CA.
CF
Ainsi et CD seront rationnelles , or ce sont les racines de l'é-
quation Cx +y = A : cette équation est donc résolue géométri-
quement.
Cherchant les expressions des lignes CF et DF , comme nous l'avons
déjà fait , on obtiendra les formules d'Euler.
Remarquons que cette solution consiste uniquement à construire
le triangle AOD, dont le côté OA soit de la forme a√C, et dont
l'hypoténuse DA soit rationnelle, égale à 6. Cela répond en analyse ,
à résoudre l'équation 2

Ca + OD = 6 , ;
ou
Ca 62
2 + 1 =
OD OD

ou

Cx² + 1 = r .

Les considérations géométriques montrent donc bien comment


cette équation auxiliaire s'introduit dans la question, et y joue le
rôle important que Brahmegupta et Euler lui ont reconnu.
!

8 ..
56 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES

www

MÉMOIRE
Sur la classification des transcendantes et sur l'impossibilité
d'exprimerles racines de certaines équations en fonction
finie explicite des coefficients ;
PAR J. LIOUVILLE .
i

( Lu à l'Académie des Sciences de Paris , le 8 juin 1835.)

INTRODUCTION ..

Les six opérations fondamentales de l'arithmétique , savoir , l'addi-


tion, la soustraction , la multiplication , la division , l'élévation aux
puissances entières et positives , l'extraction des racines , lorsqu'on les
applique à de simples lettres , représentant des nombres tout-à-fait
indéterminés , donnent naissance aux fonctions algébriques les plus
élémentaires ; mais elles sont loin de comprendre toutes les quantités
renfermées sous cette dernière dénomination. Eneffet le motfonction
algébrique , dans le sens que les géomètres lui attribuent aujourd'hui ,
s'applique à toute quantité déterminée par une équation d'un degré
quelconque , dont les coefficients sont rationnels par rapport à la va-
riable indépendante. L'équation à laquelle satisfait une fonction de
cette espèce prend à son tour le nom d'équation algébrique. Or on
sait que les équations algébriques se partagent en deux grandes clas-
ses. Quelques-unes , telles que les équations des quatre premiers de-
grés , sont résolubles par radicaux , ou, autrement dit, la fonction dont
elles déterminent la valeur , peut être écrite en employant un nom-
bre limité de fois les signes +, -, etc. , adoptés par les géomètres
comme indiquant les six opérations arithmétiques dont j'ai parlé
:
PURES ET APPLIQUÉES . 57
plus haut. Mais dès qu'on s'élève à l'équation complète du cinquième
degré , et à fortiori aux équations complètes de degré supérieur , il
arrive que leur résolution générale est impossible à moins qu'on ne
veuille recourir aux séries et aux intégrales définies; d'où il faut
conclure que les fonctions algébriques sont de deux sortes, les unes
exprimables et les autres non exprimables par des combinaisons de
radicaux. Le problème si fameux de la résolution des équations algé-
briques consiste à distinguer ces deux genres de fonctions dans cha-
que cas particulier : on est loin de l'avoir résolu, et ce n'est même
que par des démonstrations très délicates et très compliquées, que l'on
est parvenu à établir l'impossibilité des racines de l'équation du cin- :

quième degré en quantités purement radicales.


Si nous considérons actuellement , outre les fonctions algébriques ,
les exponentielles et les logarithmes , ce qui comprend , comme cas
particuliers , d'une part les arcs de cercle et leurs sinus , d'autre part
les puissances à base variable, dont l'exposant est irrationnel , imagi-
naire ou variable , en combinant à notre gré les signes relatifs à ces
opérations algébriques ou transcendantes , nous obtiendrons toutes les
fonctions finies explicites , fonctions dont le caractère propre consiste
d'après cela , en ce qu'on peut en écrire lavaleur à l'aide d'un nom-
bre limité d'opérations algébriques , exponentielles et logarithmiques.
Une fonction finie implicite , sera au contraire une fonction déter-
minée par une ou plusieurs équations finies , non résolubles explici-
tement.
Mais ici l'on voit naître une question semblable à celle qui s'est
présentée tout-à-l'heure , quand nous parlions des fonctions algébri-
ques. En effet, on a cru d'abord que toutes les équations algébriques
se résoudraient à l'aide de radicaux; et , d'après cette idée, on a
cherché long-temps à en obtenir les racines sous la forme indiquée.
Les efforts réitérés des plus grands géomètres n'ayant conduit à
aucun résultat général , on a été porté ensuite à soupçonner que le
problème proposé était impossible, au moins pour l'équation com-
plète du cinquième degré et des degrés supérieurs , et on est parvenu
à établir en toute rigueur cette impossibilité : semblablement, quand il
s'agit d'équations transcendantes , il est naturel de chercher d'abord à
les résoudre , en exprimant les inconnues par des fonctions finies
58 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
explicites des coefficients , et comme on ne peut pasy réussir dans la
plupart des cas , il faut en second lieu prouver que les valeurs des
inconnues ne sont pas exprimables par cette sorte de fonctions. Dès-
lors on aura épuisé complétement la question dans le sens où elle était
proposée; car tout ce que peut faire une méthode, c'est de conduire
à la solution , quand cette solution est possible , ou d'en prouver sans
équivoque l'impossibilité.
Dans le mémoire que j'ai l'honneur de soumettre au jugement de
l'Académie , je suis bien loin d'avoir envisagé la chose sous un point
de vue aussi étendu. Je me suis contenté de traiter certaines équations
particulières , et par un procédé direct et uniforme , qu'il serait facile
de présenter d'une manière abstraite et générale ,je suis parvenu soit
à les résoudre , soit à démontrer l'impossibilité de leurs racines en
fonction finie explicite des coefficients .
J'ai considéré, par exemple, l'équation qu'on obtient en égalant le
logarithme de l'inconnue au produit de cette inconnue par un para-
mètre indéterminé : la racine de l'équation ainsi formée n'est point
exprimable explicitement sous forme finie, en fonction de ce para-
mètre indéterminé : on ne peut l'obtenir qu'en série ou en intégrale
définie. La même chose arrive dans la plupart des cas , et spéciale-
ment pour l'équation de laquelle dépend en Astronomie le problème
de Képler ou le calcul de l'anomalie excentrique en fonction de
l'anomalie moyenne : l'anomalie excentrique n'est donc point expri-
mable par une fonction finie explicite de l'anomalie moyenne. Cela
s'accorde avec le théorème énoncépar Lambert dans les Mémoires de
Berlin (année 1767); mais il était plus facile d'énoncer çe théorème
que de le démontrer.
Dans certains exemples choisis , que je traite en détail , l'équation
transcendante proposée est résoluble, et ma méthode en fait trouver
la racine. Le principe de cette méthode paraît avoir la généralité
désirable: toutefois pour qu'on pût donner une théorie complète de
la résolution des équations transcendantes en quantités finies explicites,
il faudrait que l'on eût étudié avec plus de soin qu'on ne l'a fait
jusqu'ici , la théorie des équations différentielles ordinaires. Il faudrait
surtout , qu'étant donnée une équation différentielle d'un ordre quel-
conque , on pût décider par une règle certaine, si elle a ou n'a pas

-
PURES ET APPLIQUÉES . 59
une intégrale algébrique , et quelle est la valeur exacte de cette inté
grale, lorsqu'on en a démontré l'existence.
L'analyse établit un rapport singulier entre la détermination , sous
forme finie explicite, des racines des équations transcendantes , et la
détermination , sous cette même forme, des intégrales indéfinies des
fonctions d'une seule variable. Non-seulement, comme je viens de
l'expliquer, la difficulté principale de la théorie consiste dans l'un et
l'autre cas à déterminer les solutions algébriques de certaines équa-
tions différentielles; mais l'analogie entre ces deux classes de ques-
tions se soutient , pour ainsi dire , jusque dans les derniers détails ,
tellement que la méthode dont je me sers dans cet écrit peut être
regardée comme une simple extension ou mieux comme une appli-
cation nouvelle de la méthode dont j'ai fait usage dans le vingt-troi-
sième cahier du Journal de l'École Polytechnique, pour découvrir la
forme dont l'intégrale d'une fonction algébrique donnée est suscep-
tible , lorsqu'on peut en obtenir la valeur en quantités finies expli-
cites.

Dans leJournal de l'École Polytechnique, conmme dans le présent


mémoire , et dans plusieurs autres relatifs , soit à l'intégration d'une
classe de fonctions transcendantes , soit à l'impossibilité des fonctions
elliptiques sous forme finie, soit à l'intégration , sous forme finie, des
équations différentielles linéaires, on fait un continuel usage de la
classificationdes transcendantes , dontje crois avoir le premier montré
l'utilité. D'après cette classification , une fonction transcendante de
première espèce, est celle où les signes relatifs aux opérations trans-
cendantes , portent sur de simples fonctions algébriques , tandis que
dans une transcendante de nteme espèce les signes dont il s'agit
peuvent porter sur toutes les quantités d'espèce inférieure. Cette
classification paraît d'abord bien peu de chose, et néanmoins je ne
vois pas qu'il soit possible de s'en passer dans les recherches relatives à
l'intégration des formules différentielles et à la résolution des équa-
tions,sous forme finie explicite. En rédigeant donc ce nouvel écrit ,
j'ai dû profiter de l'occasion pour exposer dans le plus grand détail:
les principes sur lesquels cette classification est fondée , car jusqu'ici
je m'étais pour ainsi dire contenté de l'indiquer , vu qu'il n'était pas
60 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
nécessaire de l'approfondir davantage dans les questions dontje m'oc-
cupais alors.
Voici l'énoncé succinct des problèmes qu'il a fallu résoudre pour
éclaircir entièrement les idées à ce sujet .
D'abord je passe en revue les diverses fonctions simples dont la
combinaison dans un ordre quelconque produit toutes les quantités
finies explicites. Ces fonctions simples sont de trois sortes, algébriques,
logarithmiques , exponentielles : le logarithme d'une variable x , sa-
voir log x , et l'exponentielle la plus simple et ne peuvent en aucune
manière s'écrire en indiquant sur la variable x un nombre limité
d'opérations algébriques. Ce théorème était connu depuis long-temps;
mais on avait coutume de le démontrer en s'appuyant sur la nature
du développement des fonctions algébriques en série. Après l'avoir
établi d'une manière entièrement rigoureuse , je passe à des proposi-
tions plus générales: je fais voir, par exemple , que la fonction log x
ne peut être écrite, sous forme finie explicite, par aucune combinaison
quelle qu'elle soit des signes exponentiels et des signes algébriques ,
et de même la fonction et n'est équivalente à aucune fonction pure-
ment algébrique et logarithmique. Il résulte de là que les fonctions
exponentielles et les fonctions logarithmiques sont essentiellement
différentes entre elles , en sorte que les signes dont nous faisons usage
dans notre classification des transcendantes sont réellement réduits
au moindre nombre possible.
Nous avons dit tout-à-l'heure qu'une fonction transcendante de
seconde espèce était celle où les signes exponentiels et logarithmi-
ques se trouvaient appliqués sur des transcendantes de première es-
pèce; mais comme , dans certains cas, cette complication de la fonc-
tion n'est qu'apparente, puisque le logarithme d'une exponentielle
qui semble, par exemple , appartenir , d'après cette définition , à la
seconde espèce , n'est en réalité qu'une simple fonction algébrique , il
est visible qu'avant de classer la fonction dont on s'occupe , il faut
d'abord en supposer l'expression simplifiée autant que possible. Aussi
dans un des paragraphes de notre mémoire ,traitons-nous cette ques
tion : Étant donnée unefonctionfinie explicite de x, comment pourra-
t- on reconnaître d'une manière certaine, à quelle espèce cette fonction

appartient?
PURES ET APPLIQUÉES. 61

La méthode dont nous proposons de faire usage pour résoudre le


problème dont on vient d'écrire l'énoncé nous prouve en outre qu'il
existe (quelque grand que soit le nombre n) des transcendantes de
nieme espèce , irréductibles à une espèce inférieure; en effet, si l'on
considère les quantités successives log log x, log log logx , etc. , on
les trouve de seconde , de troisième espèce , etc., sans que jamais
elles puissent s'abaisser.
L'existence des fonctions finies , véritablement implicites , se prouve
d'une manière semblable , en faisant voir que certaines équations finies
ne se résolvent pas explicitement, et c'est ainsi que je me trouve ra-
mené au problème de la résolution des équations dont j'ai parlé plus
haut.
Enfin , je m'occupe des fonctions diverses que l'on rencontre dans
les éléments : toutes ces fonctions peuvent être écrites sous forme
finie explicite : par conséquent ma classification leur est immédiate-
ment applicable. J'ai surtout étudié avec soin la quantité formée en
élevant une base variable à une puissance irrationnelle, et j'ai fait
voir que cette quantité doit être rangée parmi les transcendantes de
seconde espèce , tandis qu'elle se réduirait à une simple expression
algébrique , si l'exposant était rationnel.
Les propositions contenues dans mon Mémoire ont beaucoup
d'analogie avec celles dont on s'occupe dans la théorie des nombres ;
mais tandis que, dans cette dernière théorie , on considère spéciale-
ment les valeurs numériques des fonctions , nous nous attachons au
contraire à leur forme analytique par rapport à certaines variables
x , y , etc. , sans faire en général aucune attention à la nature des
coefficients constants que ces fonctions renferment. La considéra-
tion des valeurs successives que nos fonctions peuvent prendre , lors-
qu'on fait croître x, y, etc. , d'une manière continue , nous est d'une
grande utilité dans nos calculs et multiplie beaucoup les moyens de
transformation. Néanmoins les géomètres , qui voudront se livrer
à des recherches semblables aux nôtres, verront que la matière est
encore très délicate, et qu'il faut partout un soin extrême pour
donner aux raisonnements cette rigueur absolue , indispensable dans
un pareil sujet.

Tome II. - FÉVRIER 1837. 9


62 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES

S Ior.

Desfonctions algébriques , logarithmiques et exponentielles.

1. Dans les recherches de calcul intégral, lorsqu'il s'agit d'obtenir


des solutions exprimées sous forme finie , on a souvent besoin de la
classification des transcendantes , dont j'ai d'abord montré l'usage au
paragraphe Ier de mon Mémoire sur les fonctions elliptiques(*). Aujour-
d'hui je me propose de considérer cette classification en elle-même ,
indépendamment des applications dont elle est susceptible. Je serai
ainsi conduit à traiter plusieurs questions incidentes qui se présentent
naturellement et dont il était bon de donner une solution exacte. L'a-
nalyse employée dans mon travail est très simple et surtout très
uniforme . Je me suis attaché à donner aux raisonnements cette ri-
gueur absolue sans laquelle les théorèmes du genre de ceux que je
démontre ici deviennent insignifiants ; et peut-être sous ce rapport ,
ai-je droit d'espérer un moment d'attention de la part des géomètres.
Avant d'entrer en matière, je poserai quelques définitions assez
généralement connues , mais qu'il sera utile de rappeler pour bannir
toute équivoque.
Un polynome A+ Bx+ Cx² + ... + Hx , dans lequel µ désigne
un nombre entier positif, et où les coefficients A , B, C, ... H, sont
des quantités constantes, est ce qu'on nomme une fonction entière
de x du degré μ.
On sait qu'un pareil polynome peut toujours se décomposer en
facteurs simples , sous la forme
H(x - a) (x - b)" ... (x - c) ,
m, n, ...p , désignant des nombres entiers positifs , et a, b, ... c ,
les racines inégales de l'équation
A + Bx + Cx² +...+ Hxr = 0.

(*) Journal de l'École Polytechnique , Cahier XXIII , page 42.


PURES ET APPLIQUÉES. 63

Une fonction est rationnelle, quand on l'obtient en divisant l'un


par l'autre deux polynomes entiers U, V.
U
Toute fonction rationnelle ou X pourra donc se mettre sous la
forme

= M (x - a) (x - b) ... (x -с) ,
M désignant une constante ; a , 6 , ... , des nombres entiers positifs
ou négatifs , et a , b , ... c , les racines inégales des équations U = 0 ,
V = 0.

Si, dans un même calcul, on doit employer à la fois deux fonctions


U W
rationnelles X =
▼, Y= T on nommera a , b , ... c , les diverses
,

racines inégales des quatre équations U= o , V = 0 , W = 0 , T = 0 ,


et l'on écrira

X = M (x - a) (x - b) ... (x - c) ,
Y = N (x - a) (x - b) ... (x - c) ,
Met N étant des constantes. Mais alors α , β , ... γ , α΄ , β΄ , ... 2 ' ,
seront regardés comme représentant des nombres entiers positifs ,
négatifs ou nuls : on aura par exemple a = o, si le facteur x - a ne
doit se trouver ni au numérateur, ni au dénominateur de X.
Je nomme fonction algébrique de x toute fonction u qui peut être
regardée comme la racine d'une équation de la forme
Pu + Qu ++ Ru + S = o ,
n étant un nombre entier positif, et les lettres P , Q, ... R, S , re-
présentant des fonctions entières de x. Il importe peu que l'équation
soit ou non résoluble par radicaux. Si donc on dénote par (x)
la racine de cette équation , la quantité u= (x) représentera une
fonction algébrique quelconque , et au moyen de ce signe (x)
toutes les fonctions algébriques pourront être regardées comme
explicites.
Ces définitions s'étendent d'elles-mêmes aux fonctions de plusieurs
variables. En les rapprochant des théories exposées dans les livres
élémentaires , on voit que l'on doit regarder comme algébriques
toutes les fonctions où la variable x est engagée avecdes constantes
9..
64 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
seulement par addition , soustraction, multiplication , division , éléva-
tion aux puissances entières et positives , extraction de racines , c'est-
à-dire toutes les fonctions que l'on écrit sous forme finie , à l'aide
des simples signes des six opérations fondamentales que je viens
d'indiquer ; mais la réciproque n'est pas vraie , par la raison qu'en
se bornant à ces mêmes signes , les racines de la plupart des équations
de la forme
Pur + Qur - + ... + Ru + S = o ,

seraient impossibles en quantités finies : en effet , si les équations des


quatre premiers degrés sont résolubles par radicaux , l'équation gé-
nérale du cinquième degré , n'est pas résoluble de cette manière.
De là deux classes de fonctions algébriques , les unes exprimables ,
et les autres non exprimables par des radicaux; mais , dans les recher-
ches de calcul intégral, ces deux classes de fonctions jouissent à peu
près des mêmes propriétés , et il y a rarement de l'avantage à les
distinguer dans le discours, et à les représenter par des notations diffé-
rentes .

2. Non-seulement les fonctions algébriques se partagent en deux


grandes classes; mais chacune de ces classes peut encore se subdiviser
en espèces distinctes. En considérant les fonctions exprimables
par radicaux , j'ai proposé ( *) de les nommer irrationnelles de
première espèce lorsque les radicaux dont elles se composent portent
sur des fonctions rationnelles , irrationnelles de seconde espèce quand
ces mêmes radicaux portent sur des quantités rationnelles ou sur des
irrationnelles de première espèce., et ainsi de suite. Par exemple , les
trois fonctions irrationnelles que voici √x , x + √1 + √x,
3
I

x+ V1 + Vx, appartiennent respectivement à la première, à


la seconde et à la troisième espèce. Il est aisé de comprendre que la
forme la plus générale d'une irrationnelle de première espèce se
compose d'une partie rationnelle et d'un nombre quelconque de
radicaux ajoutés entre eux et portant sur diverses quantités ration-

(*) Journal de l'École Polytechnique , XXII cahier , page 128.


PURES ET APPLIQUÉES . 65

nelles : si donc P, désigne une fonction quelconque irrationnelle de


première espèce , la valeur de P, sera de la forme
m n

P₁ = P + √Q
VQ + √Ř
R + ...
. . . + √š ,
P , Q , R , ... S désignant des expressions rationnelles. Et l'on peut
déterminer semblablement la forme la plus générale de chaque espèce
d'irrationnelles. Mais cette distinction des fonctions algébriques en
classes et en espèces que j'ai cru devoir indiquer en deux mots comme
étant quelquefois utile, n'est point indispensable pour notre théorie.
Ce qu'il est essentiel de ne pas oublier, c'est que le motfonction al-
gébrique s'applique à toutes les fonctions u déterminées par une équa-
tion de la forme

Pun + Qu -1 + ... + Ru + S = 0,

P, Q , ... R , S désignant des polynomes entiers en x. Dire qu'une


fonction algébrique u est donnée c'est dire que l'on possède l'équa-
tion à coefficients entiers qui la détermine ou du moins une expres-
sion irrationnelle qui permette de remonter à cette équation par la
méthode développée dans les traités d'Algèbre .
3. On dit que l'équation algébrique
Pun + Qu -1 +... + Ru + S = 0

est irréductible lorsque nulle de ses racines ne peut satisfaire à une


équation moins élevée dont les coefficients soient également des fonc-
tions entières. La condition nécessaire et suffisante pour qu'une équa-
tion soit irréductible , c'est que son premier membre ne se décompose
pas en facteurs rationnels par rapport à x ety.
Posons
Pun + Qu -1 + ... + Ru + S U

et soient u,, u. , U3 ....Un les racines de l'équation U= o : ces ra-


cines jouiront des propriétés fondamentales suivantes .
On ne pourra avoir ni u₁= o , ni u = u,; car si deux racines de
l'équation étaient égales entre elles , son premier membre se décompo-
serait en deux facteurs rationnels par la méthode connue ; et il en
66 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
serait de même si l'une des racines était nulle, puisque cette dernière
circonstance exige qu'on ait S=0, ce qui rend le polynome Pun+etc.
divisible par u.
Si l'une des racines , savoir u,, satisfait à une seconde équation al-
gébrique V= 0 , irréductible ou non , de même forme que la propo-
sée , toutes les autres racines u₂ , U3 , ... un satisferont aussi à cette
seconde équation. En effet, pour que les deux équations U= o, V=0
aient une racine commune, il faut que les deux polynomes U , V
possèdent un commun diviseur. Or si ce commun diviseur n'était pas
égal à U, à un coefficient près indépendant de l'inconnue u , la fonc-
tion u se décomposerait en deux facteurs rationnels , ce qui est ab-
surde. Donc V est divisible par U, ou du moins peut se mettre sous la
forme
UW
V
K ,

K dépendant de x seule , tandis que W est une fonction entière de x


et u ou de x seule : par conséquent les valeurs u= u , u = u₂ ,
u=u3 , ... u ='u, qui donnent U=o donnent aussi V= o . Toutes
ces propriétés des équations irréductibles subsisteront évidemment
si u devient une fonction de plusieurs variables x, y, z , etc. , pourvu
que les coefficients P , Q , ... R , S ne cessent pas d'être exprimés
par des fonctions entières de ces variables indépendantes.
4. Après les fonctions algébriques viennent les fonctions logarith-
miques dont la plus simple logx est ce qu'on nomme le logarithme
népérien de x. La propriété principale de la fonction logx, pour les
recherches de calcul intégral, est renfermée dans l'équation ....
dx
dlogx= x
d'où l'on déduit , abstraction faite de la constante arbi-
,

traire , log x= x
On pourrait même partir de cette dernière
égalité comme d'une définition et dire qu'on nomme log x la fonc-
dx
tion de x qu'on obtient en intégrant - et assujétissant l'intégrale à
1
x

s'évanouir pour x= 1 , de telle sorte qu'on a, dans la notation de


Fourier , logx=f 1 x
.Quant aux logarithmes dont labasen'est
xdx

pas le nombre e= 2,718 , ... , ils se déduisent des logarithmes népé-

:
PURES ET APPLIQUÉES. 67
riens en multipliant ceux-ci par un nombre constant convenable. Ils
ne forment donc point une classe nouvelle de fonctions par rapport à
la variable х.
En désignant par X, Y deux polynomes entiers premiers entre eux
et de la forme

a + bx + cx² + ...+ hx™,


X
le quotient représentera une fonction algébrique rationnelle quel-
conque de x. Cela posé , je dis qu'on ne peut pas avoir
X
logx = Y

En effet , si l'on différentie cette équation , puis qu'on chasse le dé-


nominateur Y , on obtient
Y
x
= YX' - XY',
dX dy
X', Y' représentant les dérivées dx ' dx conformément à la nota-
tion de Lagrange dont nous ferons un continuel usage. Il résulte de
là que Y doit être divisible par x un certain nombre n de fois et que
par conséquent X ne doit pas l'être , puisque X et Y sont premiers
entre eux. Faisons donc Y= Zx", Z étant un nouveau polynome non
divisible par x : nous en conclurons
Y' nZx + Z'x".

Je substitue cette valeur et celle de Y dans l'équation précédente qui


devient :
1

Zx- ZX'x" -
nZXx- -
XZ'x",

et qu'on peut ensuite écrire ainsi


nXZ = х (ZX' -

XZ') -

Zx",

forme sous laquelle l'absurdité de cette équation devient manifeste ,


car le second membre est divisible par x et le premier ne l'est pas ,
puisque les facteurs qui le composent sont tous les deux non divisibles
par x.
68 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
dx
On peut aller plus loin et démontrer que l'intégrale faz ou logx x

n'est point exprimable algébriquement en x , de telle sorte qu'il


n'existe aucune fonction algébrique de la lettre x qui soit équivalente
à log x. En effet, s'il existe une telle fonction , désignons-la pary:
dx
nous aurons
Sd = y , et y devra satisfaire à une certaine équa-
tion algébrique
(1) f(x , y) = o ,
f(x , y) désignant une quantité de la forme
Pyn + Qyn-1 +.... + Ry + S

dans laquelle les coefficients P, Q , ... R , S dépendent de x seule et


représentent des polynomes entiers. Il est permis de supposer l'équa-
tion (1) irréductible : en effet , si y pouvait satisfaire à une autre
équation semblable et de degré <n , c'est celle-là que nous devrions
employer au lieu de l'équation (1 ).
dx

Puisqu'on afde = y , on a aussi


x

dx = dy.
X

En différentiant l'équation (1) et remplaçant d dx par x


, il vient

(2) xf (x , y) + f (x , y) = o.
dx
Pour que l'équation x
= dy soit exacte , il faut et il suffit que les
équations (1 ) et (2) aient lieu en même temps quel que soit x. Mais
l'équation ( 1 ) étant irréductible , on sait que si l'une de ses racines
satisfait à l'équation (2) les autres y satisferont aussi. Désignant donc
pary. , . , ...yn les n racines de l'équation f(x , y) = o résolue par
rapport à y, nous voyons que si la différentielle de l'une de ces racines
est égale à dx les différentielles de toutes les autres seront de même
x'
dx dx
égales à x

Il résulte de là que si la quantitéſ x


est algébrique,
PURES ET APPLIQUÉES. 69
on aura à la fois
dx dx dx

x
= dy,, x
= dy. , ... x
= dyn ,
d'où l'on tire
ndx
x
= dy. + dy. + ... + dyn ;
2

et par conséquent , abstraction faite de la constante arbitraire , il


viendra
+ya + ... + yn Q
Sdx = n = -

nP '
dx
c'est-à-dire que sera une fonction rationnelle de x , ce dontj'ai
déjà prouvé l'impossibilité.
La quantité logx n'est donc point une fonction algébrique de x ; et
il enest de même de la quantité log F (x) , quelle que soit la fonction
algébrique F (x) . En effet si l'on avait log F (x) =f(x) , f(x) étant
une autre fonction algébrique , en posant F(x)= z , ce qui donne
pour x une valeur algébrique en z telle que x = a (z), on en dédui-
rait log z=f (z)] , c'est-à-dire logz= unefonction algébrique
de z , ce qui est absurde.
5. La fonction inverse de log x donne l'exponentielle e , dont la
définition par conséquent est comprise dans l'égalité log (e*) = x. Il
est aisé de démontrer que et n'est point exprimable algébriquement
en x , car si l'on avait e = F (x) , F (x) désignant une fonction algé-
brique, on en conclurait log F (x) = x , équation impossible d'après
ce qu'on a démontré à la fin du numéro précédent. En général si p
et q désignent deux fonctions algébriques , on n'aura jamais e = q ;
car il en résulterait log q= p , ce qui est inadmissible.
Soient maintenant P , Q , R , ... T, des fonctions algébriques de
la variable indépendante x qui ne soient pas identiquement nulles et
p , q , r , ... d'autres fonctions de x algébriques aussi et telles que
nulle des quantités p, q , r , ... p-q , p - r , q-r, ... ne se réduise
à une simple constante ; je dis qu'on prouvera l'impossibilité de toutes
les équations suivantes
Pep = T ,
Pep + Qe = T ,
PeP + Qe + Re = T , etc. ,
Tome II . - FÉVRIER 1837 . 10
i
70 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
quel que soit le nombre des termes placés dans leur premier membre.
D'abord l'équation Pe = T est impossible, puisqu'elle conduit au
T
résultat absurde log = p.
Supposons en second lieu qu'on ait
Pep + Qe = T ,

sans que les quantités P, Q , T, soient nulles. En différentiant , il


vient

dP dT
eP
er (P dx + )+e (
dx dx + )= dx

Entre cette équation et la précédente, j'élimine er : je trouve ainsi

[P (Q + )- Q (P + ) peidsgh
= P - T (P + ) ίο dx πήρα
gol ton
résultat impossible puisqu'il rentre dans la forme Per = T , examinée
ci-dessus. Toutefois ce raisonnement se trouverait en défaut , si l'on
avaità la foisal

ogis poisonol
P - T (P
dx + ) 0
bab beis fa
et

P (Q + ) - Q (P + ) = 0.
Mais si l'on avait
dT
P dx - T (P + ) = 0,
dx

on tirerait aisément de là

+ = ;

puis, en intégrant et désignant par C une constante arbitraire , on en


conclurait
Pep = CT,
PURES ET APPLIQUÉES . 71

ce qui est absurde. De même , si l'on avait


dq dQ dp dP
P (Q dx + ) - Q (P
dx dx + ) = 0,
dx

on en déduirait
CQ
eP-9
下,

ce qui est absurde aussi , puisque pet q sont deux fonctions algébri-
ques de x dont la différence ne se réduit pas à une simple cons-
tante. Donc, quoi qu'on fasse , on est conduità une absurdité, dès que
l'on part de l'équation
Pep + Qe = T :

donc une telle équation ne peut pas exister. Et, d'une manière sembla-
ble , on prouvera l'impossibilité de l'équation
Pep + Qe + Re + etc. т,

quel que soit le nombre des quantités p , q , r, etc. Le théorème dé-


montré au numéro II de mon mémoire sur l'intégration d'une classe
de fonctions transcendantes (*) est compris comme cas particulier dans
le théorème que je viens d'établir.

§ II.

Division des fonctions transcendantes en espèces.

6. Leibnitz et les Bernouilli , qui paraissent avoir donné les pre-


miers au mot fonction l'acception étendue que nous lui attribuons
aujourd'hui , ont distingué les fonctions algébriques et les fonctions
transcendantes.

Le nombre de ces dernières est infini ; mais dans les éléments on


se contente de considérer les exponentielles et les logarithmes, que
l'on doit regarder comme renfermant d'une part les puissances à

(*) Journal de M. Crelle, tome XIII , p. 93 .


10 ..
72 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
exposant irrationnel , imaginaire ou variable , et d'autre part toutes
les fonctions circulaires , tant directes qu'inverses , ainsi qu'on peut
aisément s'en convaincre .
Les caractéristiques particulières aux quantités algébriques , loga-
rithmiques et exponentielles , sont les trois suivantes (x) , ex, log x.
Au moyen de ce sigue (x) , toutes les fonctions algébriques sont
explicites : il n'en est pas de même des fonctions logarithmiques ou
exponentielles.
L'emploi des signes (x), e , logx donne naissance aux fonctions
finies qui peuvent, suivant les cas , être explicites ou implicites.
Une fonction finie de x est explicite, lorsqu'on peut en écrirel'expres-
sion en indiquant explicitement sur la variable x un nombre limité
d'opérations algébriques , exponentielles et logarithmiques. La valeur
d'une telle fonction dépend donc uniquement des signes (x) , e ,
log x.
Une fonction finie est implicite , lorsqu'elle dépend d'équations
finies , non résolubles explicitement. Par exemple , la racine y de l'é-
quation log y= xy est une fonction finie implicite de x.
Quand on emploie le mot fonctionfinie, sans y ajouter d'épithète,
c'est en général d'une fonction finie explicite que l'on entend parler.
7. Les fonctions finies explicites peuvent être classées en espèces
par une méthode semblable à celle dont j'ai fait usage au n° 2 , pour
distinguer les divers ordres d'irrationnalité des quantités algébriques
exprimables par radicaux.
En effet , une fonction finie est algébrique ou transcendante.
Elle est transcendante de première espèce , quand les signes relatifs
aux opérations transcendantes , dont elle dépend, portent sur de
simples fonctions algébriques; par exemple la quantité
e* + Vlog x
,
1 + logx

est une fonction transcendante de première espèce. D'après cette dé-


finition, on conçoit que toute fonction finie de x, appartenant à la
première espèce, ne pourra être qu'une fonction algébrique de x ,
d'un certain nombre de logarithmes , de la forme logu, et d'un cer-
tain nombre d'exponentielles de la forme e" , u étant algébrique.
PURES ET APPLIQUÉES. 73
Une fonction finie transcendante est de deuxième espèce, quand
les signes relatifs aux opérations transcendantes ne portent pas seu-
lement sur des fonctions algébriques , mais encore sur des fonctions
transcendantes de première espèce , comme dans cet exemple
log ( 1 + log x).
Une fonction finie est transcendante de troisième espèce, quand les
signes relatifs aux opérations transcendantes portent sur des fonctions
de seconde espèce , et ainsi de suite.
Je nomme transcendantes monomes les transcendantes formées
d'un seul terme, comme e" , logu, quelle que soit d'ailleurs la fonc-
tion u. Par conséquent e** , log (1 + e + log x) sont des transcen-
dantes monomes; ces quantités e" , log u peuvent d'ailleurs apparte-
nir à une espèce ou à une autre , suivant la nature de a. Elles sont
en général de nteme espèce , lorsque la fonction u est de (n - 1)teme
espèce. En supposant que u désigne une fonction quelconque de
(n - 1 )teme espèce , je dirai aussi parfois que eu est une exponentielle,
et logu un logarithme de nieme espèce .
D'après cela, et est une exponentielle de première espèce, et
log ( 1 + e + logx) est un logarithme de seconde espèce.
L'indice n qui désigne l'espèce d'une fonction finie peut diminuer
par la différentiation , mais il n'augmente jamais. Par exemple la
dérivée d'une fonction finie de première espèce est tout au plus de
la première espèce. De plus les transcendantes monomes entrant dans
la fonction primitive sont les seules qui puissent entrer dans la dé-
rivée. Cette remarque est une conséquence évidente des règles mêmes
du calcul différentiel.
8. Dans le numéro précédent, nous avons regardé les fonctions
finies comme renfermant ou pouvant renfermer à la fois des expo-
nentielles et des logarithmes; néanmoins, il est des circonstances, assez
rares à la vérité , où l'on a besoin de considérer des fonctions expo-
nentielles dépendant des seuls signes (x) , e , et des fonctions pu-
rement logarithmiques dépendant des seuls signes (x) , log x. La
division des fonctions en espèces ne sera pas moins utile ici que dans
le casgénéral. On nommera fonction exponentielle de première espèce
celle où les signes exponentiels ne porteront que sur des quantités
algébriques ; la fonction exponentielle de première espèce la plus
74 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
générale est donc de la forme f(x , e" , e" , ... e") , u , v , ... w , dé-
pendant algébriquement de x , et la caractéristique fétant algébrique
par rapport à x, e" , e" , ... e". La fonction exponentielle de seconde
espèce sera celle où les signes exponentiels porteront sur des fone-
tions de première espèce. Et ainsi des autres. On distinguera de même
en espèces les fonctions purement logarithmiques.
A peine a-t-on besoin d'avertir que notre classification des trans-
cendantes s'étend aux fonctions de plusieurs variables x , y, z....
9. Quand le nombre des transcendantes monomes , entrant dans une
fonction finie explicite , est supposé le plus petit possible , la fonction
jouit de propriétés semblables à celles des équations algébriques irré-
ductibles .
Considérons d'abord une fonction de première espèce U, et soient
θ , η , ... ζ , les transcendantes monomes dont elle dépend. D'après
nos définitions, la valeur de U sera de la forme

U = f (x , θ , η , ... ζ) ,
la caractéristique f dénotant une fonction algébrique par rapport aux
lettres comprises entre parenthèses .
Cela posé , si le nombre μ des transcendantes monomes , θ , η, ...ζ,
est supposé réduit à son minimum , c'est-à-dire s'il est impossible de
trouver une autre fonction transcendante de première espèce équiva-
lente à U , et contenant moins de transcendantes monomes que
f(x , θ , η , ... ζ) , je dis que nulle relation algébrique ne pourra
exister entre la variable indépendante x et les u quantités θ, η,... ζ,
à moins qu'elle ne soit identique. En effet une telle relation, si elle
avait lieu , fournirait la valeur de l'une de ces transcendantes, de a par
exemple , exprimée algébriquement en fonction de x et des autres ,
et dès-lors on pourrait en reportant dans U cette valeur de diminuer
μ d'une unité , ce qui est impossible .
Pour rendre notre raisonnement plus précis , concevons que l'on
tombe, par une suite quelconque de calculs , sur une équation de la
forme

φ (α , θ , η , ... ζ) 0,
dont le premier membre soit algébrique , par rapport à x, θ, η, ...ζ .
1

PURES ET APPLIQUÉES. 75
1
Je dis que cette équation ne pourra contenir θ, η , ... ( qu'en appa-
rence , de sorte qu'elle subsisterait encore si l'on venait à remplacer
θ , η , ... ζ, soit par d'autres fonctions de x prises au hasard , soit
par de simples lettres indéterminées. En effet si cette équation n'était
pas identique relativement à 6 par exemple , elle fournirait la valeur
de sous la forme
θ = (x , η , ... ) ,

indiquant une fonction algébrique, et en portant cette valeur de


dans celle de U , on en conclurait
U = f[x , w (x , η , ... ζ) , η , ζ] :

or cette expression de U est absurde , puisqu'elle renferme une trans-


cendante monome de moins que la précédente , laquelle était pourtant
supposée en contenir le plus petit nombre possible.
Cette démonstration étant générale et rigoureuse pour toutes les
fonctions de première espèce, pourvu que le nombre de leurs trans-
cendantes monomes soit un minimum , nous avons droit de dire
que , si, par la marche des calculs, on est conduit à une équation al-
gébrique , entre la variable x et les transcendantes monomes qui
composent lafonction sus-dite , on ne troublera pas l'égalité en rem-
plaçant les transcendantes par des fonctions nouvelles prises au
hasard ou par des quantités purement littérales.
Supposons maintenant que U soit une fonction transcendante de
nieme espèce , et que 0 , η , ... représentent les μ transcendantes mo-
nomes de nleme espèce, entrant dans cette fonction. La valeur de U,
considérée comme dépendante de θ , η , ... ζ, sera de la forme
U = f (θ , η , ... ζ) .
la fonction f étant algébrique par rapport aux quantités comprises
entre parenthèses et contenant en outre d'autres transcendantes d'ordre
inférieur dont il est inutile de nous occuper.
Maintenant , si le nombre u est supposé le plus petit possible, je dis 1

que nulle relation algébrique ne pourra exister entre la variable x,


les transcendantes 6, η , ...ζ et d'autres transcendantes d'ordre infé-
76 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
rieur quelles qu'elles soient. En effet, une telle relation, si elle existait,
fournirait la valeur de l'une de ces transcendantes , de par exemple ,
en fonction algébrique des autres, et permettrait, en portant la valeur
de dans celle de U , de diminuer le nombre u d'une unité , ce qui est
absurde.
Ce raisonnement est tout semblable à celui dont nous nous sommes
servis pour établir le théorème relatif aux fonctions de première es-
pèce. Nous voyons donc en général que si 6 , η, ... ζ désignent les
transcendantes monomes de nieme espèce entrant dans une fonction
de nieme espèce , toute relation algébrique entre x , θ , η , ... ζ et des
transcendantes d'espèce inférieure à la nieme devra être identique en
θ , η , ... ζ , c'est-à- dire devra subsister si l'on remplace θ , η , ... soit
par d'autresfonctions de x , soit par de simples lettres indéterminées.
Ce principe recevra par la suite de nombreuses applications .
§ III.
Démonstrations de quelques théorèmes relatifs aux fonctions log x,
e , log logx, etc.
10. Non-seulement la fonction log x ne peut être équivalente à
aucune fonction algébrique de x; mais même elle ne peut être ex-
primée par aucune combinaison quelle qu'elle soit d'un nombre
limité de signes algébriques avec un nombre limité de signes
exponentiels. Et réciproquement l'exponentielle et ne peut être
exprimée par aucune fonction purement algébrique et logarithmique.
Ces théorèmes méritent d'être démontrés d'une manière rigoureuse :
on en conclut que les signes w(x) , e , logx dont nous faisons
usage dans notre classification des fonctions finies explicites sont
réduits au moindre nombre possible.
Pour rendre notre démonstration plus claire , prouvons d'abord que
la quantité log x ne peut être équivalente à aucune fonction purement
exponentielle de première espèce : en d'autres termes prouvons qu'en
désignant par u, v , ... w des fonctions algébriques et par ζ , η , ... θ
les exponentielles e" , e" , ... e", on ne peut pas avoir
log x = f(x , ζ , η , ... θ) ,
si la fonction représentée par f est une fonction algébrique.
PURES ET APPLIQUÉES . 77

Représentons par m le nombre des exponentielles ζ , η , ... qui


entrent dans la valeur précédente de loga. Nous avons évidem-
ment le droit de supposer ce nombre m réduit à son minimum ,
c'est-à-dire de supposer que logx ne puisse s'exprimer par aucune
autre fonction semblable à la fonctionf, mais contenant moins d'ex-
ponentielles ; car si cette autre valeur de logx existait , c'est celle-là
que nous choisirions pour y appliquer nos calculs. Dès-lors aucune
relation algébrique entre les quantités x , ζ , η , ... ne pourra avoir
lieu à moins qu'elle ne soit identique par rapport à chacune des
transcendantes . Or, on obtient une telle relation en différentiant la
valeur de logx : la différentiation donne en effet ,
dx

x
= df(x , ζ , η , ... θ) ,

dζ de
ou bien ( en observant que l'on a dx ζαζ 'dx
dx
, =ην , ..... =bw')

== f (x , ζ , η , ... θ) + f´(x , ζ , η,...θ)ζύ


+ f (x, ζ, η , ... 0)nv' + ... +f (x, ζ, η , ... θ)θιν'. 1

L'équation que je viens d'écrire doit donc subsister si l'on remplace


ζ , η , ... θ par αζ, βη , ... γθ , α , β , ...y désignant des quantités
purement littérales. Il résulte de là qu'on a
I

== f (x, αζ , βη, ... 20) + f (x , αζ, βη, ...γθλαζί


+f΄βη(x , αζ , βη, •

γθ)βην'+ ...+fro(x, αζ, βη, ...20)γθιν',


c'est-à-dire
dx
= df(x , αζ , βη , ...γθ).
dx
En égalant cette valeur de x
à la précédente df(x , ζ , η , θ) , puis
intégrant, on a donc

f(x, αζ, βη , ... 20) = f(x , ζ, η , ... θ) + C.


II
Tome II.- MARS 1837.
78 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
Pour déterminer la constante C, je nomme a , b , ...c les valeurs
respectives de ζ, η , ... pour une valeur déterminée quelconque
x= g : il en résulte

f(g, aa , βb , ...yc) = f( g , a, b, ...c) + C.

Éliminant C, on a

f(x, αζ, βη , ...20) - f(g , αα, βb , ...γc)


= f(x , ζ , η , ... ) - f(g , a, b , ... c).

Je différentie cette équation par rapport à a , et après la différentia-


tion , je pose a = 1 , β = 1 , ... = 1 : je trouve par là

ζf (x, ζ , η , ... θ) = af. (g , a, b , ... c) ,

ou simplement ,
A
f (x, ζ, η , ... θ) = है,

en représentant par A la constante af (g, a , b , ... c). L'équation


algébrique précédente subsistera encore (n° 9) si je remplace ζ, η, ...θ
par les quantités purement littérales λ, μ , ... v : on a par consé-
quent ,

f (x , λ , μ , ... v ) = λ
,

et l'on aura de même ,

= B
fu (x, λ , μ , ... )
μ fe
,

C
f' (x, λ, μ, ... ) =

si l'on représente par B ,... C les constantes bfi (g, a, b , ... c) ,


cf. (g , a , b , ...c). De là il est aisé de conclure
PURES ET APPLIQUÉES 79

f (x, λ , μ, ... v) da + fu (x, λ , μ , ... ν) αμ +...


Adx Bdu Cdv
+f (x , λ, μ , ... v) dv = λ + +...+ y
:

intégrant donc par rapport à λ , μ , ... , il vient


f(x , λ , μ , ... ) = A log + Blog +...+ Clog + const.
La constante est ici une fonction de x : pour la déterminer, soient
λο , μο , ... v. des valeurs particulières de λ , μ , ... v : en les substi-
tuant, on obtiendra

f(x, λο , μο, ....) = A logo + Blog + ...+ Clog . + const.


d'où l'on tire , par la soustraction ,
f(x, λ, μ, ... ν) = f(x , λο , Μο , ....) + A (log - logλ.)
+ B (logμ - logμο) +...+ C(log - log v.).
Comme je puis actuellement donner à λ , μ , .... les valeurs que je
veux , je pose = ζ , μ = n , ... v = 6 : le premier membre devient
f(x , ζ , η , ...θ) ou logx : en observant que log (= u, log n = v, ...
log = w , j'en tire donc
logx = f(x , λο , μο , ٠٠٠٧ο) + A (u - log )
+ B (v - log μ.) +... + C(w - logv .) ,
équation absurde; car le second membre est une fonction algébriqne
dex, laquelle ne peut pas être égale à logx, d'après ce qu'on a
démontré ci-dessus .
11. On peut abréger la démonstration précédente , sans d'ailleurs
en changer l'esprit; il suffit pour cela de considérer à part une des
exponentielles ζ , η , ... 0 , la première par exemple , au lieu de les
considérer toutes à la fois. Je développerai d'autant plus volontiers
a

cette seconde méthode , ou plutôt cette autre manière d'envisager


la même méthode , que j'en ferai par la suite un usage continuel
et exclusif. Voici comment il faut raisonner alors .
Il s'agit de prouver l'absurdité de l'équation
(1) : logx = f(x , ζ, η , ...θ) ,
11 ..
80 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
dont le second membre renferme m exponentielles ζ , η , ... 0 : Ie
nombre m est supposé réduit à son minimum : par conséquent si
de l'équation ( 1) on déduit une autre équation semblable dont le se-
cond membre renferme moins de m exponentielles , l'absurdité de l'é-
quation ( 1) sera par cela même rendue manifeste.
Maintenant pour mettre spécialement en évidence l'exponentielle
ζ , j'écrirai
log x = φ (x , ζ) ,
et j'en déduirai en différentiant
I

x = x(x , ζ) + (x , ζ) ζ ' ,

(x , ζ) étant l'expression abrégée de


f (x , ζ , η , ... θ) + f (x , ζ, η, ... ) no'+ ... +f ( x, ζ, η, . . . θ)0w'.
L'équation
1

x = (x , ζ) + (x , ζ) ζω

remplace l'équation équivalente


I

== f (x, ζ, η , ... θ) + f (x , ζ , η , ... θ) ζω'


x

+1, (x , ζ , η , ... θ) ην + ... + f (x, ζ , η , ... θ)θιν',


dont nous nous sommes servis dans le numéro précédent , mais elle
est beaucoup plus simple à écrire. Cette équation doit être identique
par rapport à ζ : on peut donc y remplacer ζ par αζ , a étant une
quantité numérique quelconque , ce qui donne
I

= φέ (α , αζ) + Φαλία , αζ)αζί ,


équation dont le second membre , multiplié par dx , fournit pour
résultat la différentielle complète do(x, αζ). En égalant cette valeur de
I

x
à la précédente , et intégrant l'équation qui en résulte, puis déter-
minant la constante arbitraire à l'aide d'une valeur particulière x g,
PURES ET APPLIQUÉES . 8г

à laquelle répond ( = a , on obtient


φ (x , αζ) = φ (x , ζ) + φίg , aa) - φ (g , a).
Je différentie cette équation par rapport à a et je fais ensuite a = 1 .
En posant αφά (g , a) = A , je trouve ainsi ,
ζφ (x , ζ) = Α.
Cette équation étant algébrique par rapport à x , ζ , η , ... doit sub-
sister si l'on remplace ( par une lettre indéterminée i que l'on pourra
regarder comme une variable indépendante . On a donc
A
φ (x , ⅰ) =

Multipliant par di et intégrant , j'obtiens


φ (x, i) = A log i + const.
d'où résulte , en déterminant la constante à l'aide d'une valeur parti-
culière i, de i ,

φ (x , i) = A logi + (x , i.) - A log i..


J'ai le droit de donner à i telle valeur qu'il me plaira : je pose donc
i= ζ ; le premier membre de mon équation devient (x , ζ) ou log x :
de làje conclus , en observant que logζ = u :
log x = Au + (x, i.) -

A log i. ,
équation absurde , car le second membre est une fonction exponen-
tielle de première espèce où ( n'entre plus et qui renferme seulement
m- 1 exponentielles n , ... 0, tandis que la valeur de log x doit par
hypothèse en contenir au moins m. Nous sommes ainsi conduits de
nouveau à la conclusion obtenue dans le numéro précédent, savoir
qu'une équation de la forme (1 ) est inadmissible. Le lecteurjugera
sans doute avec nous que la démonstration donnée en dernier lieu
est plus simple et aussi rigoureuse que celle du nº 10 : elle abrége
surtout considérablement l'écriture .
12. Faisons voir maintenant que log x ne peut être exprimé par
aucune fonction exponentielle de nieme espèce , quel que soit n. Dé
82 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
signons en effet par m le nombre des exponentielles de nime espèce ,
et supposons le nombre m réduit à son minimum , en sorte que nulle
relation algébrique ne puisse exister entre ces exponentielles de nteme
espèce et d'autres , quelles qu'elles soient , d'espèce inférieure. Soit
(= e" une quelconque d'entre elles , u étant une fonction exponen-
tielle de (n- 1 )leme espèce , et , pour mettre en évidence, écrivons
logx = (x , ζ) ,
la fonction étant algébrique par rapport à ζ, et contenant en outre,
algébriquement aussi , d'autres expronentielles monomes dont il est
inutile de faire une mention explicite.
L'équation
dx
x = do(x , ζ) ,
ou
I

x = (x, ζ) + (x, ζ)ζή ,


que l'on obtient en différentiant la valeur de logx , est algébrique par
rapport à ces transcendantes aussi bien que par rapport à 7. Donc elle
doit subsister en remplaçant par aζ , a étant une quantité numé-
rique quelconque ; ainsi l'on a
I

:
Φά (χ , αζ) + Φ΄ας(Χ , αζ) αζί ,
d'où il est aisé de conclure
dx

x αφ (x , αζ).
dx
J'égale cette valeur de X à la précédente do (x , ζ) , après quoi j'in-
tègre , et je détermine la constante à l'aide d'une valeur particulière
x = b, à laquelle réponde a. Il vient
φ (x , αζ) = φ (x , ζ) + (b , aa) - (b , a).
Je différentie par rapport à a l'équation que je viens d'écrire , et po-
sant a= 1 après la différentiation , je trouve
ζφ΄ς (α , ζ) = αφ'. (b , a) ,
PURES ET APPLIQUÉES . 83

équation algébrique par rapport à ( et qui doit subsister si l'on rem-


place ( par une lettre indéterminée i : remplaçant donc ( par i et
faisant ap' , (b , a) = A , j'ai
A
Φι (x , ⅰ) =

ce qui me donne , en intégrant par rapport à i,


φ (x , i) = A log i + const.
En déterminant la constante à l'aide d'une valeur particulière i, de i
et posant ensuite i= ζ , on obtient enfin , comme ci- dessus ,
log x = Au + (x , i.) - Alogi. ,
équation absurde, puisque le nombre des exponentielles de nieme
espèce contenues dans le second membre est < m , ce qui ne se peut.
13. Il est rigoureusement établi par là que la fonction logx ne
peut être équivalente à aucune fonction purement exponentielle ou
dépendante des seuls signes (x) , e . On peut en dire autant des
fonctions suivantes log logx , log log logx , etc.; car si l'on avait
log logx= 4 , on en déduirait log xe , ce qui est absurde. Ré-
ciproquement nous ferons voir que la quantité e ne peut être ex-
primée par aucune fonction purement logarithmique.
Supposons , par exemple , qu'il soit possible d'exprimer e par une
fonction logarithmique de première espèce , c'est-à-dire de la forme
e* = f (x, ζ , η , ... θ) ,
ζ , η , ... , ayant pour valeurs respectives logu, log v.... log w où
u, v , ... w , désignent des fonctions algébriques , et le nombre m des
quantités ζ, η , ... étant réduit à son minimum.
Considérons spécialement ( par exemple , et remplaçons en consé-
quence f (x , ζ , η , ... θ) , par φ (x , ζ) ; nous aurons en prenant les
logarithmes des deux membres
x = log (x , ζ) ,
d'où résulte , en différentiant
dx = do (x , ζ)
Φ (x , ζ)
84 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
ou
u
'
Φ'z (x , ζ) + Φ' (x), ζ)
I

u
I
,
(x , ζ)

équation purement algébrique par rapport à ζ , η , ... , qui doit être


identique par rapport à ζ , et où l'on peut en conséquence remplacer
ζpar α + ζ , α étant un nombre quelconque. On a donc

Φ1 (x , α + ζ) + φ' ζ (x , a + 5)
I
u
I
,
φ (χ , α + ζ)
ou

dx = do (x , a + ζ)
φ (x , α + ζ)

J'égale cette valeur de dx à la précédente , ce qui me donne


do (x , α + ζ) do (x, ζ) .
=
φ (χ , α + ζ) φ (χ , ζ)

intégrant donc et déterminant la constante arbitraire à l'aide d'une


valeur particulière x=b , à laquelle réponde ( = a , on obtient
Φ
φ (χ , ζ)
φ (x , α + ζ) = ( b , a + a) .
φ(b , a)

Je différentie maintenant par rapport à a, et après la différentiation


je pose a o : cela me donne :

Φ' (x , ζ) = Φ'a (b , a)
Φ(b, a) (x, ζ) ,
équation algébrique par rapport à ( et qui doit subsister encore si
l'on remplace ( par une lettre indéterminée i. On a par conséquent
Φ'a (b, a)
φ'ι (x , i) = Φ (b,a) (x, i) :
Φ' (b , a)
en posant
4 (b , a)
= h , on en conclut
' (x , i)di =
hdi.
φ(x, i)
PURES ET APPLIQUÉES. 85

Intégrant donc par rapport à i, et déterminant la constante que l'in-


tégration introduit à l'aide d'une valeur particulière ii , on tire
aisément de là
(x , i) et = (x , i ) eht ,

résultat absurde , puisqu'on en déduirait et unefonction algébrique


de i, ce qui ne se peut. Si h était = o , ce raisonnement ne serait plus
possible; mais on aurait alors q(x , i) = (x , i.) ; d'où , en posant
i= ζ , on conclurait (x, ζ) ou e = (x , i.) , équation absurde ,
puisque son second membre renferme seulement (m-1 ) logarithmes,
tandis que la valeur de et doit, par hypothèse , en contenir au moins m .
On prouvera en général que e* ne peut être exprimé par aucune
fonction purement logarithmique de neme espèce. En effet soit une
des m exponentielles de nteme espèce entrant dans la valeur supposée
de e , et suivant notre usage posons e = (x , ζ) . Regardons le
nombre m comme réduit à son minimum : dès-lors aucune relation
algébrique ne pourra exister entre x,ζ , les autres logarithmes de nteme 1

espèce contenus dans (x, ζ) et d'autres logarithmes d'espèce infé-


rieure. On pourra par conséquent répéter ici mot à mot tout ce que
nous avons dit au commencement de ce numéro , quand la fonction
(x , ζ) appartenait à la première espèce , et l'on retombera de
nouveau sur l'équation absurde (x , i) ehio = (x , i.) e . Notre
analyse établit donc en toute rigueur le théorème que nous avions
en vue , savoir que l'exponentielle et ne peut être exprimée par
aucune fonction purement logarithmique de la variable x.

§ IV.

Des diversesfonctions que l'on rencontre dans les éléments.

14. Si nous passons maintenant en revue les diverses fonctions de


x dont on s'occupe dans les éléments d'algèbre , nous verrons que
toutes peuvent s'exprimer sous forme finie , à l'aide des simples
fonctions algébriques , exponentielles et logarithmiques. Et nous n'a-
vons pas même besoin de comprendre parmi ces dernières les expo-
nentielles de la forme a et les logarithmes Log x dont la base n'est
Tome II. - MARS 1837. 12
86 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
pas le nombre e = 2,718 ... ; car on a a =ex log et Log x= Mlogx ,
M désignant le module du système des logarithmes désignés par Log x,
par où l'on voit que tous les logarithmes peuvent être transformés en
logarithmes népériens , et toutes les exponentielles transformées en
d'autres exponentielles rapportées au nombre e.
15. Considérons d'abord les puissances dont l'exposant est un
nombre quelconque. Soit a une constante réelle ou imaginaire : la
puissance dont il s'agit sera représentée par xa. Dans le cas très par-
ticulier où le nombre a est réel et rationnel, on sait que xa est une
m m

fonction algébrique de x ; car si l'on a a = n


72'
Ou a=
n'
met n

désignant deux nombres entiers positifs , il en résultera

ха x Vxm ,
ou

I
n
ха x
n

Vxm

Mais toutes les fois que la constante a est irrationnelle ou imaginaire,


je dis que x* n'est pas une fonction algébrique de x. Pour le prouver,
posons y= x² , ce qui donne
dy
x
dx αγ.

Admettons pour un instant quey soit une fonction algébrique de


x, déterminée par une équation irréductible de degré u , savoir

(1) f (x , y) 0,

dont le premier membre serait une fonction entière de x et y. En


différentiant , il vient
+ dy
f' (x , y) f', (x , y) dx = 0,

équation qui se transforme dans la suivante


(2) xf' (x, y) + arf', (x , y) = 0 ,
PURES ET APPLIQUÉES . 87
ay
lorsqu'on remplace dy par sa valeur x
et qu'on chasse ensuite le dé-
dy
nominateur x. Pour que l'équation x dx = ay soit satisfaite , il est
donc nécessaire que les deux équations ( 1) et (2) aient lieu en
même temps , sans qu'on soit obligé d'attribuer à x une valeur par-
ticulière ; et comme l'équation( 1 ) est irréductible , une de ses racines,
J. par exemple , ne peut satisfaire à l'équation (2), sans que toutes
Yu, n'y satisfassent aussi. Donc, si l'intégrale par-
les autresy. , 3, ...
dy
ticulière y=y, vérifie l'équation x d= ay, les intégrales particu-
lières y =y. , y =y3 , ...y= γμ , la vérifieront également. Les ra-
cines y. , Y. , ...yu étant différentes de zéro par la nature même de l'é-
quation irréductible (1) , il résulte de la théorie des équations linéaires
que la valeur de y s'obtiendra en multipliant y, par une certaine
constante C,, ou bien en multipliant y. , ...yu par des constantes
C. , ... Cu : on voit donc qu'il est permis de poser à la fois

y = C₁y , y = Cy. , y = Cys , ...y = Cμγμ :


je multiplie ces équations membre à membre, et en représentant par
C# le produit C,C,C3 ... Cu , je trouve

Υμ = Cry.Y.Y3 ...γμε
d'où je tire
μ

y = CVY.YaY3 ...γμο
Le produit yay.3 ... u n'est pas nul , puisque l'équation ( 1) étant
irréductible , n'a pas de racine nulle; c'est d'ailleurs une fonction ra-
tionnelle et symétrique de y,, . , etc. , et par suite une fonction
X
rationnelle de x, que l'on peut représenter par le quotient de
deddeux

polynomes entiers premiers entre eux. Donc si la fonction y = ха


peut s'exprimer algébriquement , sa valeur sera de la forme
μ
X
y = C Y
12..
-

88 JOURNAL DE MATHEMATIQUES

En différentiant cette valeur , je trouve


-

ddy =
dx μ
YXXY' ,

et , comme j'ai d'ailleurs x dx = ay, j'en conclus

४।५
x

(YX' - XY') = aXY.

Cette équation nous prouve que XY est divisible par x, et que


par conséquent un des deux facteurs X ou Y l'est aussi; car ils ne
peuvent pas l'être tous deux à la fois, puisqu'on les suppose premiers
X
entre eux. Admettons d'abord que X
soit une fonction entière. Il est
alors permis de faire X = Zx" , n étant un nombre entier o et Z

un nouveau polynome non divisible par x : on a donc


1
X' = nZx + Ζ'x" .

Portant cette valeur et celle de X dans l'équation précédente , on


obtient

(nYZx"−¹ + YZ'x" - ZY'x") = aYZx" ,

équation qu'on peut écrire ainsi

( -a)YZ = (ZY — YZ') ,μ

et dont l'absurdité est manifeste toutes les fois que a est une cons-
tante irrationnelle ou imaginaire. En effet , dans cette hypothèse , le
n n
coefficient "-a , ne peut pas être nul, puisqu'en posant a = la
μ μ

valeur de a serait le quotient de deux nombres entiers réels. Par con-


séquent le premier membre, où se trouvent les deux facteurs Y et Z
premiers avec x , est aussi premier avec x , tandis que dans le second
membre , ce facteur x est au contraire mis en évidence. En posant
Y= Zx" , on arrivera de même à une équation absurde , savoir ,
n

( +a) XZ = (ZX — XZ'). -


PURES ET APPLIQUÉES. 89
μ
X
Doncy ou xx ne peut pas avoir une valeur de la forme C V : donc

xa ne peut s'exprimer par aucune fonction algébrique de x. Il est


d'ailleurs aisé de voir que cette quantité peut être représentée par des
exponentielles et des logarithmes , puisque l'on a xx = ealog.x.
16. Viennent ensuite les exponentielles dont la base et l'exposant
à la fois sont des fonctions de la variable , exponentielles dont la
quantité x nous offre un exemple. Il est bien facile de prouver que
l'on n'a pas x = y , y étant une fonction algébrique ; car en diffé-
rentiant cette équation , on trouverait

y ( 1 + log x) = γ' ,

d'où l'on déduirait log x= y


1 = fonction algébrique de x ,
ce qui est absurde. Mais cette fonction x , et la fonction plus
compliquée qº dans laquelle pet q sont deux fonctions algébriques
quelconques de x , peuvent s'écrire sous forme finie avec les signes
logarithmiques et exponentiels , puisque l'on a
x log x log q
e , QP

17. Je m'occuperai en dernier lieu des fonctions circulaires. Et d'a-


bord s'il s'agit du cosinus, on a par une formule connue d'Euler

COS x
V-1 + e- V :
2

donc la quantité cos x s'exprime en exponentielles imaginaires, et il


en est de même de sinx et des autres lignes trigonométriques ,
puisque l'on a
e
V - V
-e
I

sin x ,
etc.
2V-1 I

Il nous sera aisé de prouver en passant que ces lignes trigonométri-


ques ne sont point exprimables en fonction algébrique de x , car si
l'on avait par exemple cosx = f(x) , f denotant une fonction algé
90 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
brique , on aurait aussi
x
e

2
= f(x) ,
et il en résulterait

V- I
e
= f(x) + vf (x) -1 ,

c'est-à- dire eV une fonction algébrique de x, ce qui ne se peut.


Les fonctions trigonométriques inverses ne sont pas non plus al-
gébriques , mais elles s'expriment par des logarithmes au moyen des
formules de Jean Bernouilli

I
arc sin x =
1
log (x -1 + √1 - x ) ,
I

arc tang x = 2-1 log ( )


En résumé, les fonctions que l'on rencontre dans les éléments
peuvent toutes s'écrire sous forme finie à l'aide des signes algébri-
ques , exponentiels et logarithmiques ; ce que nous nous proposions
d'établir.

§ V.

Comment on peut reconnaître d'une manière précise à quelle espèce


appartient unefonction finie explicite donnée.

18. D'après la classification des fonctions finies explicites adoptée


par nous au paragraphe deuxième de ce mémoire , une fonction finie
explicite de la nieme espèce ne peut renfermer dans chacun de ses termes
plus de n opérations transcendantes portant successivement l'une sur
l'autre; mais de ce qu'une fonction finie explicite renferme un ou
plusieurs termes affectés de n opérations transcendantes successives ,
il n'en résulte pas nécessairement qu'elle appartienne à la nome espèce:
PURES ET APPLIQUÉES . 91

au contraire il peut arriver qu'elle appartienne à une espèce inférieure


à la nteme ou même qu'elle soit purement algébrique. Aussi avant
d'affirmer qu'une fonction finie donnée appartient à une espèce ou
à une autre , est-il nécessaire de réduire autant que possible les si-
gnes exponentiels et logarithmiques , qui se succèdent et qui souvent
peuvent s'entre-détruire .
Si vous considérez , par exemple , les fonctions log (xe ) , log (e**) ,
qui sous leur forme actuelle paraissent appartenir à la seconde es-
pèce , vous n'aurez qu'à les écrire ainsi log ( xe*) = log x + x ,
log (e**) = x* , pour reconnaître que l'une d'elles est de premicre
espèce et que l'autre est purement algébrique.
Ces réflexions conduisent à un problème nouveau difficile au-
tant qu'utile et dont voici l'énoncé : Étant donnée une fonction
finie explicite , trouver une méthode exacte qui fasse connaître avec
certitude àquelle espèce cettefonction donnée appartient. Sans essayer
de traiter ce problème dans toute sa généralité , nous allons montrer,
par des exemples choisis , quels principes on doit employer pour le
résoudre dans chaque cas particulier. Mais , avant d'entrer en matière,
il faut démontrer un théorème dont nous ferons , dans ce qui va
suivre , un fréquent usage.
19. Soient A , B , ... C, des constantes quelconques et x une va-
riable indépendante : je dis qu'il est impossible de trouver des fonc-
tions u, v , ... w , algébriques en x et telles que l'on ait
(1) A log u + Blog +...+ Clog w = x.
Pour établir ce théorème , nous ferons voir que l'équation ( 1 ) , si
elle était admise (u , v , ... w désignant des fonctions algébriques de
x) conduirait à une absurdité.
En effet soit une fonction algébrique de x , telle que toutes les
quantités u , v , ... w puissent être regardées comme des fonctions
rationnelles de x et 6 , et qu'il en soit de même par conséquent de
leurs dérivées u' , v' , ...w' . Il existe une infinité de fonctions o qui
jouissent de cette propriété , et l'on peut prendre , par exemple ,
θ = ακ + βν + ... +rw , α, β , ... y, étant des constantes arbitraires.
Puisque est algébrique en x , on peut regarder cette quantité
comme la racine d'une équation irréductible f(x , 0) = o , f(x , 4)
:
92 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
désignant un polynome entier par rapport à x et 6, et de degré μ
relativement à cette dernière lettre .
Cela posé, en différentiant l'équation (1) , il vient
A + Bo
' Cw
'
+...+ W
I.

D'après ce qu'on a dit plus haut, le premier membre de cette équation


est une fonction rationnelle de x et 6 , ou peut facilement se trans-
former en une telle fonction. Ce premier membre doit être égal à
l'unité , en prenant pour une des racines de l'équation irréductible
f(x , 0) = 0 : donc, par le théorème du nº 3, il devra aussi se réduire
à l'unité pour toutes les autres racines.
D'après cela , en nommant 0,, 0. , ... θµ les μ racines de l'équation
f(x , 0) = o , puis u,, v. , .... , u,, ' ,, ... w', les valeurs cor-
respondantes de u , v , ... w, u , v' , ...w', on aura quel que soit 2 :
Au
', Bo
' '
Cw,
+ + ...+ = 1,
U1 νι W

'
Au + B',
2 Cw
'
U₂
+ ...+ = 1,
Wa

Αυ'μ Βν'μ
u
+ ++ Cw'μ =

νμ Wμ

Je multiplie ces équations par dx et je les ajoute , ce qui, en ayant


égard à la relation

u
dx + U
dx + ...+ dx = dlog (u,u ... Up) ,
υμ

me donne

Adlog(u,u.... up)+Bdlog(۷,۷.۰۰۰۳)+...+Cdlog(w.w....w )=udx :


or les produits uU ...U , V, ₂.... ww....wu sont des fonc-
tions rationnelles de a, θ,, θ.... θµ , symétriques en 0,, 0.... θ.: donc,
par un théorème connu, on peut les exprimer rationnellement en x
et les représenter respectivement par X, Y , ... Z.
D'où l'on voit que si l'équation( 1) était possible, on pourrait trouver
PURES ET APPLIQUÉES. 93
des fonctions rationnelles de x , savoir X , Y , ... Z , propres à satis-
faire à l'autre équation
(2) Adlog X + Bd log Y + ...+ Cd log Z = dx .
On sait (nº 19) que toute fonction rationnelle X peut se mettre sous
la forme

X = M (x - a) (x - b) ... (x - c) ,
et on pourra écrire de même

Y=M, (xa)as (x - b)β: ... (x - c) ,


Z = M. (x - a)ai (x - b)βi ... (xc)vi.

En posant, pour abréger, 1

Aa + Ba, +... + Ca₁ = N,


Αβ + Ββ . +... + Bβ₁ = P , i

Αγ + Βγ. ++ Cy₁ = Q ,
1 i

l'équation (2) deviendra donc


N P
+ ++ x- c
= 1 .
x-a

Quelques-uns des coefficients N , P , ... Q peuvent être nuls ; mais


comme tous ne doivent pas s'annuler à la fois, supposons Ndifférent
de zéro. L'équation précédente peut s'écrire ainsi πο !
P

x
N= a
I
x- b
....
x- c

je puis représenter la quantité 1822


sbruadal 11
P Q
-

x b

par
too la U
,
(x - b ... (x - c)
Tome II. MARS 1837. 13
i
94 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
U étant une fonction entière de x : j'aurai donc
N U
,
a = (xb) ...(2 )
d'où je tire enfin
N ( x - b) ... (x - c) = U (х - а) ,
équation absurde, puisque le second membre est divisible et le
premier membre non divisible par x- a. Donc , en partant de
l'équation ( 1 ) supposée possible , on est inévitablement conduit à une
absurdité : donc une telle équation ne peut pas exister.
En nommant u, v , ... w , t , des fonctions algébriques quelconques
dex dont la dernière ne se réduit pas à une simple constante , on
ne pourra pas davantage avoir l'équation
A log u + Blog +...+ Clog w = t ,
car rien n'empêchera de regarder alors x comme une fonction algé-
brique det, et par suite u , v , ... w , comme des fonctions algébri-
ques de cette même lettre t, ce qui réduira la nouvelle équation à la
forme de l'équation ( 1) .
20. Actuellement considérons la fonction xa, a étant une constante
irrationnelle ou imaginaire : cette fonction , comme nous l'avons vu
n° 15 , n'est point algébrique; elle est transcendante. Mais à quelle
espèce appartient-elle? C'est là ce que nous ignorons jusqu'ici. Conce-
vons donc qu'on nous propose de décider par une méthode certaine
dans quelle classe cette fonction doit être rangée. D'abord , puisque
l'on a xa = palogx, la quantité xa que nous désignerons désormais
pary est tout au plus de seconde espèce , et elle sera vraiment de
seconde espèce si nous montrons qu'elle ne peut pas descendre à la
première. C'est ce que nous allons faire à l'instant.
Pour développer notre démonstration dans laquelle, suivant notre
usage , nous aurons recours au principe de la réduction à l'absurde ,
admettons qu'il soit possible de trouver une fonction de première
espèce équivalente à y. Réduisons à son minimum le nombre des trans-
cendantes monomes contenues dans cette fonction , et soit , s'il est pos-
sible , logu une de ces transcendantes, & étant algébrique; la valeur
-

PURES ET APPLIQUÉES. ‫کو‬


de y dans cette hypothèse sera de la forme

Φ (x , 0) ,

la fonction étant algébrique par rapport à et contenant en outre,


algébriquement aussi , d'autres transcendantes monomes dont il est
inutile de parler ici. Il viendra donc

dy
dx = Φ' (x , θ) + Φο (χ , θ) . u

dy =
: il en
Mais l'équation y= x* nous donne d'autre part ydx
dy
résulte , en remplaçant y et dx par leurs valeurs :

Φ΄α (χ, θ) + ' (x , 0) u a

φ (x , θ) x

Cette équation étant algébrique par rapport à e et par rapport aux


autres transcendantes contenues dans (x, 0), on peut y remplacer
par μ+θ , μétant une constante indéterminée : cela nous donne

Φτ(α, μ + 0) + Φο(α , μ + 0) u
20

= :
-
x
Φ (x , θ) t

ainsi l'on a quel que soit μ


adx
αφ (x , μ + 0) =
,
x
φ (x , 0)
et par suite
do (x , μ + θ) =
do (x , θ)
Φ (Χ , μ + θ) φ(x , 0)

J'intègre cette dernière équation , et déterminant la constante à l'aide


d'une valeur particulière x= b à laquelle répond = a , j'obtiens
φ (b , α) φ (x , μ + θ) = φ (x , θλφ (b , μ.+ a).
13 ..
96 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
Cette équation subsistant pour toutes les valeurs de u , je puis la
différentier par rapport à u et poser ensuite μ = 0 ; or l'équation nou-
velle

φ (b , α) φ' (x, θ) = φ (x , θ) Φ΄α (b , a) ,


qui résulte de cette opération , est algébrique par rapport aux trans-
cendantes 0 , etc. , en sorte que l'on peut remplacer 0 par une lettre
indéterminée i considérée comme variable indépendante. Il vient par-

φ (b , α) φ', (x , i) = (x , i) φ'. (b , a),


c'est-à-dire

Φι (x , i) =
'a (b , a)
φ (x , i) (b , a)

Multipliant donc les deux membres de l'équation que je viens d'écrire


par di , puis intégrant par rapport à i et déterminant la constante
arbitraire produite par l'intégration à l'aide d'une valeur particulière
i = i , on a
Φ'a (b , a)
logo (x, i) = ( a) (ii ) + log (x, i.), 4

résultat absurde , puisque le logarithme d'une fonction algébrique de


i se trouverait exprimé par une autre fonction algébrique de cette
mème lettre i. Donc si la quantité y est exprimable par une fonction
transcendante de première espèce , cette fonction ne peut contenir
aucun logarithme , mais seulement des exponentielles.
Continuons à la représenter par (x , 0), 4 étant non plus un lo-
garithme , mais bien une exponentielle de la forme e" , u étant algé-
brique, et cette exponentielle entrant algébriquement seule ou avec
d'autres dans la fonction (x, 0). L'absurditéde l'équation y= (x, θ)
ainsi définie sera facile à établir : on en déduit en effet

dy
dx = Φ'z (x , θ) + φ'ο (χ , θ) θα' ,
dx α

à cause de il vient d'après cela


x
ydx

Φx (x , θ) + φ' (x , θ) θύ
x
φ (x , ৬)
PURES ET APPLIQUÉES . 97

équation algébrique par rapport aux exponentielles 0 , etc. , où l'on


peut changer en μθ ( μétant une lettre indéterminée) , ce qui fournit
Φ΄α (Χ , μθ) + Φ΄μθ (x , μθ) μθύ'
φ (χ , μθ)
,

E E S E L IBRARY
ou R
do (x , μθ) adx UNIVERSITY
=
,
φ(Χ , μθ) x 가
CALIFORNIA.
on conclut de là que
do (x , με) =
do (x , 0)
Φ (Χ , μεθ) Φ (x , θ)

Intégrant cette dernière équation et nommant a la valeur de qui


répond à une valeur quelconque x = b , on obtient

φ ( b , α) φ (x , μθ) = φ (x , θ) φ (b , μα).
Je différentie par rapport à u l'équation que je viens d'écrire; je
fais ensuite μ = 1 , et j'ai

θφ(b , α) φ'ο (x , θ) = αφ (χ , θ) φ'α (b , a) , a

équation dans laquelle on peut (n° 9) remplacer par une lettre


indéterminée i, ce qui donne
φ΄ (x, i)
i
=
αφ', (6 , α)
φ(x , i) (b , a) .i
Je pose pour abréger
αφ'α(δ , α) = m ,
(b , a)

etje multiplie par di les deux membres de l'équation


Φ΄ (x , 1) m
:
φ (χ , ί)

j'intègre ensuite par rapport à i: en représentant par i, une valeur


particulière quelconque de i, j'obtiens
φ (x, i )
φ (x , i) = im
0
i
98 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
Puisque la lettre i est tout-à-fait indéterminée, et que l'équation
précédente est identique par rapport à cette lettre, rien n'empêche
de faire i= 0 e". C'est ainsi que l'on trouve
φ (χ , ίο)
you φ (x , 0 ) = im
emu .

Ainsi notre analyse nous fait connaître la seule forme sous laquelle
une exponentielle e" ou emu pourra entrer dans l'expression de $(Х, Ө).
Cette exponentielle s'y trouve nécessairement en facteur à tous les
termes : il en est de même des autres exponentielles e" ... ew , ou si
l'on veut e"", ... ew (n, ... pétant des constantes et v .... w, des fonc-
tions algébriques de x), que l'on regardera comme renfermées dans
cette fonction. D'ailleurs en posant mu + nv + + pw= t, le
...

produit [Link] ... e sera égal à e' : donc la fonction (x, 4) ne peut
être que de la forme
Φ (x, θ) ze' ,

2 z et t désignant des fonctions algébriques de x: puisque l'on a

à la fois q (x, 0) = x* et φ (x , 0) = ze' , il vient


ze',

d'où l'on tire , en prenant les logarithmes ,


alogx - logz = t :
or on a vu au nº 19 qu'une équation de cette dernière forme est
toujours impossible. A la vérité dans ce nº 19 la fonction t est sup-
posée ne pas pouvoir se réduire à une simple constante. Mais c'est ce
qui a lieu ici , car si t était une constante, le produit ze et par suite
la fonction x se trouverait fonction algébrique de x, ce qui n'est pas
(n° 15).
Concluons de cette discussion que , toutes les fois que l'exposant a
est irrationnel ou imaginaire , la fonction xa est transcendante de
seconde espèce , en sorte qu'on ne peut espérer de l'exprimer ni par
des quantités algébriques, ni par des transcendantesde première espèce.
Comme second exemple, proposons-nous de chercher à quelle es-
pèce appartient la fonction log log x.
PURES ET APPLIQUÉES. 99

D'abord il est clair qu'on ne peut pas avoir


log log x = une fonction algébrique f(x) ,
car on en déduirait par la différentiation
I

x log x = f'(x),

et par suite log x= une fonction algébrique de x , ce qui est absurde.


A présent je dis que la quantité log logx n'estéquivalente à aucune
fonction transcendante de première espèce, ou (ce qui revient au
même) je dis qu'on ne peut pas avoir log log x = une fonction
algébrique de x, d'une ou de plusieurs exponentielles de la forme e" ,
et d'un ou de plusieurs logarithmes de la forme logu , u étant algé-
brique en x.
Car si une telle équation est possible , nommons ou e" une
des exponentielles que l'on suppose contenues dans son second mem-
bre , et pour mettre en évidence posons simplement
log log x = (x, θ) ,
la fonction étant algébrique par rapport à f et contenant en outre,
algébriquement aussi, des exponentielles et des logarithmes dont il est
inutile de faire mention. Nous supposerons (ce qui est permis) le
nombre des exponentielles renfermées dans la fonction réduit à
son minimum , et dès-lors il ne pourra exister entre ces exponen-
tielles , la variable x , et des logarithmes de première espèce , aucune
équation algébrique , à moins que cette équation ne soit identique.
On produira une équation du genre de celle dont nous venons de
parler , en différentiant l'égalité.
log log x = ( x , θ) ,
ce qui donnera
I

x log x = Φ' (x, θ) + Φ' (x , θ) θι'.

Dans cette dernière équation qui doit être identique, on pourra


100 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
donc remplacer 0 par μθ, μétant une lettre indéterminée : il viendra
ainsi
I

x log x = Φ' (x , θ) + Φ΄μθ (x , μθ)μθεί' ,


d'où l'on conclut aisément

do (x , μθ) = do (x , θ).
le signe d indique une différentielle totale prise par rapport à x
et par rapport à qui est fonction de x. Intégrant donc et détermi-
nant la constante arbitraire à l'aide d'une valeur particulière x = b ,
à laquelle répond = a , on aura
φ (x , μθ) = (x , θ) + (b , μα ) – φ ( b , a) ,
équation de laquelle je déduis , en différentiant par rapport à u , et
posant ensuite μ = 1 ,
θφ'ο (χ , θ) = αφά (b , α).
Ici , puisque l'équation est algébrique par rapport à f et aux autres
transcendantes contenues dans la fonction 4, je puis remplacer par
une variable indépendante i. J'obtiens de la sorte
' (x, i)di = apa(b,ia)di ,

d'où je conclus, en intégrant par rapport à i et représentant par i, une


valeur particulière de i,

φ (x , i) = αφ'. (b , a) (logi - log i.) + (x , ⅰ.) :


or , si la dérivée o' (b , a) n'est pas nulle , cette équation est absurde,
puisqu'elle fournit pour log i une valeur algébrique en i, et si l'on
suppose ' . (b , a) = o , elle donne
φ (x , i) = φ (x , i,) ,
c'est-à-dire que la quantité (x, i) est indépendante de i : donc l'ex-
ponentielle n'entre pas dans la quantité (x , 0) , d'où résulte im
PURES ET APPLIQUÉES. 101

médiatement que cette quantité ne peut renfermer aucune exponen-


tielle.
Si donc la valeur de loglogx est exprimable par une transcen-
dante de première espèce , elle ne pourra contenir que des loga-
rithmes et point d'exponentielles. Soit = logu l'un de ces lo-
garithmes , u étant algébrique. Pour mettre en évidence , nous
écrirons simplement suivant notre usage
log log x = (x , θ) ,
la fonction étant algébrique par rapport à 0.
Les logarithmes qui entrent dans cette fonction & ou portent sur
la simple variable x et sont de la forme logx, ou portent sur des A

quantités algébriques différentes de x. Rien ne m'empêche de suppo-


ser le nombre de ces derniers réduit à son minimum , et dès-lors il
ne pourra exister aucune relation algébrique entre eux et les deux
quantités x et log x. On s'en convaincra aisément par un raisonne-
ment analogue à celui du nº 9. Reprenons donc l'équation ....
log log x = (x , 0) , et supposons que soit différent de log x. En
différentiant cette équation, j'en obtiens une autre, savoir 1

xlogx
Φ'z (x , θ) + (x , 0) ,

laquelle est algébrique par rapport à x , logx , et par rapport aux


autres transcendantes contenues dans la fonction 4, ce qui me permet
de changer , quel que soit μ , θen μ +0 , et me donne
I

xlogx = Φ΄α(χ , μ + θ) + Φό (χ , μ + θ) u .
I

J'égale ces deux valeurs de xlogx , et j'obtiens


Φ'z (x , μ + θ) + Φο (α, μ + 0) = Φ' (x, 6) + Φο (α, θ) u

Multipliant les deux membres par dx, et intégrant dans l'hypothèse


que pour x= bonab = a , je trouve
Tome II. -

MARS 1837 . 14
102 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
1

φ (α , μ + θ) = φ ( x , θ) + φ (b , μ + α) - φ (b , a).
Je différentie cette équation par rapport à u et je pose = o après
la différentiation : j'ai ainsi
Φ' (x , 0) = φ' . (b , a) ,
relation algébrique par rapport à logx , 0 , et où je puis remplacer
0 par une lettre indéterminée i. Multipliant donc par di et intégrant
par rapport à i l'équation nouvelle

4
Φ' (x , ⅰ) = φ' (b , a)

à laquelle ce raisonnement conduit, puis désignant par i, une valeur


particulière quelconque de i, je trouve
φ (x , i) = φ'. (b , a) (i - i.) + (x, io).
Dans la fonction (x, i) la quantité i entredonc sous forme linéaire
et avec un coefficient indépendant de x. Dans la fonction (x, 0) la
quantité entrera donc aussi sous forme linéaire avec un coefficient
constant : dès-lors si nous désignons par logu, logv , ... log w , les
logarithmes autres que log x entrant dans (x , 6) et par A , B, ... C
des constantes , la valeur de (x , 0) ou log log x ne pourra être que
de la forme

log log x = A log u + Blog + ...+ Clogw ++ (x , log x) ,


*(x , log x) étant une certaine fonction algébrique de x et log x.
Pour abréger je pose log x = ζ : il vient

logζ = A log u + Blog + ...+ Clog w ++ (x, ζ) ,


dx
d'où je déduis , en différentiant et observant que d = ,
I Au
' Bo Civ
χζ
=
u
+++ ‫עד‬
+ (x, ζ) + (x , 5) :
PURES ET APPLIQUÉES. 103

or si cette équation n'est pas identique par rapport à ( elle est ab-
surde, puisqu'elle fournirait alors pour ( ou log x une valeur algé-
brique en x. Si au contraire elle est identique par rapport à ζ , on
pourra y changer ζen μ + ζ, μétant une lettre indéterminée , in-.
dépendante de x , et l'on aura
I
A +B + ... + C
x(μ +ζ ) u

+ Ψ΄ (x , μ + ζ) + Ψ'ς (α , μ + ζ).
x

Je multiplie les deux membres de cette équation par dx , après quoi


j'intègre par rapport à x: je trouve ainsi un résultat de la forme
u ‫עד‬

log +...+ C log


log (μ + ζ) = A log Uo + Blog
++ (x , μ + ζ) - + (b , μ + a) + log ( μ + α) ,

b désignant une valeurparticulière quelconque de x, et a, uo, vo , ۰۰۰


étant les valeurs de ζ , u , v , ... w , pour x = b .
Maintenant je différentie par rapport à u l'équation que je viens
d'écrire , et posant u = o , après la différentiation , j'obtiens
I

= Ψ' (x , ζ) - Ψ'. (b , a) + ,a

équation algébrique entre x et ζ, qui doit être identique en ( et où


l'on peut par conséquent remplacer ( par une lettre indéterminée i.
Mais l'équation
I

i
=
Ψ'; (x, i) -

(b , a) +

sur laquelle je tombe par le changement de ( en i, étant multipliée


par di et intégrée par rapport à i, me conduit à une autre équation

log i = * (x, i) - Ψ(x, i.) - [ . (b, a) - ] (i - io) + log io ,


dans laquelle i, est une valeur particulière de i, et qui doit être re-
gardée comme absurde , puisqu'elle fournit pour logi une valeur
14..
104 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
algébrique en i. Donc quoiqu'on fasse, on est conduit à une absurdité
en regardant la transcendante loglogx comme réductible à la pre-
mière espèce , ce qu'il fallait démontrer.
Étant donnée une fonction finie explicite quelconque f (x) , si l'on
veut décider d'une manière certaine à quelle espèce cette fonction
appartient, il faudra évidemment faire usage d'une méthode semblable
àcelle que nous venons d'employer pour les fonctions particulières
xa, log log x. Cette méthode est fondée sur un principe général : néan-
moins , dans la pratique, il restera à vaincre les difficultés propres à
chaque exemple. Au reste on trouvera là-dessus de nouveaux détails
dans le paragraphe suivant.
( La suite à un autre cahier.)

‫ر‬
PURES ET APPLIQUÉES . 105

wwwww www

z
Sur le développement de ( 1-2xz + 22) ;
PAR MM. IVORY ET JACOBI .

On a souvent besoin de développer (1-2x2+3*) en une série or-


donnée suivant les puissances ascendantes de z, série dont le terme
général peut être représenté par ✗z" : yet z sont deux variables
comprises entre -1 et + 1. Or M. Ivory (dans les Transactions phi-
losophiques ) et ensuite M. Jacobi ont mis depuis long-temps la valeur
de X, sous cette forme très simple
h
X= I
dr . (x²- 1)
(1) 1.2.3 .... n.2" dxn

C'est dans le journal de M. Crelle (tome II , page 223) que se trouve


le mémoire de M. Jacobi ; mais comme cet excellent recueil est malheu-
reusement peu répanda en France , nous pensons faire plaisir à nos
lecteurs en transcrivant ici la démonstration de la formule (1).
D'après la formule de Lagrange , en résolvant l'équation .....
y-x= zF (y) par rapport ày, on a
da-¹.F(x)"
y = x + zF (x)+ ...+ 1.2.3... dx- + ... ,

d'où résulte
dy d" .F(x)"
(2) dx
== 1 +3 dx + ...+ .. dxn +....

Appliquons la formule (2) au cas particulier où F (x) = ( y - 1 ) :


l'équation dont y dépend devient alors y-x= (y - 1 ) , et l'on2
106 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
dy
en déduit 1- zy= VI- 2xz +z , puis ar dx (1-2x3+ 2 )
en vertu de la formule (2) , on a donc

z d. (x² - 1) zn
(1-2x2 +2 ) = 1 + 2 dx
1.2.3 .... 2n dn (x
dx-1)*+....

et par conséquent
I d".(x²- 1)"
,
1.2.3 ... n.2" dxn

C. Q. F. D.
Au reste , la formule (1) étant donnée , on peut en démontrer
l'exactitude de plusieurs manières , et par exemple en faisant usage
I
de la relation connue n✗ - (2n- 1)xX1 + (n - 1) Χ 0.

D'après la forme de la fonction ✗₂ , les intégrales ..........


SXdx , fdxfXdx , ...fXdx", dans lesquelles on prend toujours
- 1 pour limite inférieure et x pour limite supérieure , s'évanouissent
toutes si l'on pose après l'intégration x= 1. Cela étant, soit y une
fonction de x telle que y et ses dérivées ne deviennent pas infinies
lorsque x croît depuis - 1 jusqu'à + 1. En intégrant plusieurs fois
par parties , on trouve
1- +

I

SyXdx = [Link]+
-1 1.2.3 ... n.2" (1 - x )".[Link] -1
I

équation dont le second membre se réduit à zéro, lorsque y est un


polynome entier de degré inférieur à n : si l'on fait en particulier
y=Xm, m étant < n, on tombe sur la formule bien connue
+1

SXXdx = o : en posant y=X,, on a au contraire ......


-1
m

S+ Xdx = 2 +
1-
211+ 1
PURES ET APPLIQUÉES . 107

www www

Sur la sommation d'une série;

PAR J. LIOUVILLE .

En représentant par X + X2 + etc. ou par EXz" le dévelop-


pement de ( 1-2xz+z*) , on sait que X.= 1 et qu'en général X
est une fonction entière de x de degré n : de plus , si m est différent
den , on a les deux formules connues
+
2

XXdx
fxxdx=
1-
0o ,, fxdx = 2n+1 1-

Soit (x) une fonction entière de x de degrén : Y (x) peut toujours


se mettre sous la forme A.X.++A1+AnXn, Ao ... Απ1 , Απ
étant des constantes : cela est évident lorsque (x) se réduit à une
constante A. , puisque dans ce cas (x)=AX.: il suffit donc de
prouver que si le théorème énoncé est exact pour les fonctions de
degré (n- 1) , il aura lieu pour celles de degrén : or en prenant A 71

tel que les coefficients de x" soient égaux dans (x) et dans AX ,
*(x) - AX, n'étant plus de degré (n- 1), devient réductible à la
forme AX ++ A.X. , d'où résulte Y(x) = AX. + etc.
En particulier, on peut mettre sous la forme citée A.X. +...+ AX, 71

une puissance quelconque x".


Maintenant soit proposé de trouver la valeur F (x) de la série

(1) F(x) = > {2n+1.X*.f*'f(x)Xdx} ,


dans laquelle n est successivement 0 , 1 , 2 , 3 , ... : la variable x
4
108 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
reste comprise entre - 1 et +1 , et f(x) est une fonction arbitraire
de x qui ne devient jamais infinie. Multiplions par Xdx et intégrons
de x = -1à x= + 1 les deux membres de l'équation (1) : cette
intégration fera disparaître tous les termes du second membre à l'ex-
ception d'un seul, et l'on trouvera
1+

[F(x) -f(x)]Xdx = o :
1-

en multipliant l'intégrale précédente par une constante A,, il vient


+1

S [F(x)- f(x)]AXdx
1
0:

n étant quelconque dans cette équation, on en tire sans peine


+1

-1
[F(x) - f(x)] (A.X. +... + AX ) dx 0,

et par conséquent
+

1- [F(x) -f(x)] xdx = 0 ,

d'où par un lemme démontré (page 1 de ce volume), on conclut


F(x)= f(x) , résultat auquel les géomètres sont arrivés depuis long-
temps par d'autres méthodes moins simples ou moins rigoureuses que
la nôtre. De plus, si l'on désigne par la somme des n premiers
termes de la série (1) , on peut prouverque la différence f(x)-
change de signe au moins n fois lorsque x croît de -rà + 1 .
PURES ET APPLIQÉES. 109

wwwwwwwwwwwwwwwww www

MÉMOIRE
SUR

Une méthode générale d'évaluer le travail dú au frottement ,


entre les pièces des machines qui se meuvent ensemble ,
en se pressant mutuellement. -- Application aux engre-
nages cylindriques , coniques , et à la vis sans fin ;

PAR M. COMBES .

Lorsque deux corps A etB se meuvent, en se pressant mutuellement


par des points de leurs surfaces, le travail résistant développé par le
frottement , pendant un temps infiniment petit, est égal à l'intensité
du frottement multipliée par l'étendue du glissement des deux sur-
faces l'une sur l'autre , pendant ce même temps. Or l'étendue du
glissement ne sera point changée , si l'on ajoute au mouvement effectif
des deux corps A et B , un mouvement commun de translation dans
une direction quelconque , un mouvement de rotation commun au-
tour d'un axe donné , ou à la fois un mouvement commun de transla-
tion et de rotation. Ce mouvement commun ajouté aux mouvements
effectifs des deux corps ne changera point en effet leur mouvement
relatif, et ne saurait en conséquence altérer l'étendue du glissement.
Cela posé , si l'on connaît d'avance le mouvement de chacun des
corps A et B, comme cela a lieu généralement pour les pièces qui
entrent dans la composition des machines , on pourra ajouter au mou-
vement effectif, un mouvement commun de translation et de rotation,
égal et directement opposé à celui du corps A. Celui-ci sera ainsi ré-
duit à l'immobilité. Le mouvement du corps B, résultant de son mou-
Tome II. -- AVRIL 1837. 15
110 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
vement effectif et du mouvement ajouté , pourra être déterminé,
d'après les lois connues de la composition des mouvements de trans-
lation et de rotation. Le chemin décrit, pendant un instant in-
finiment petit , dans ce mouvement composé, par l'élément de la
surface de B en contact avec la surface de A, sera aussi déter-
miné , sans difficulté , dès que le mouvement résultant sera con-
nu : et il est évident que ce chemin sera l'étendue du glissement
des deux surfaces l'une sur l'autre, dans le mouvement relatif du
corps B par rapport à A considéré comme immobile, et par con-
séquent aussi l'étendue du glissement , dans le mouvement effec-
tif et simultané des deux corps A et B. C'est par ce chemin qu'il
faudra multiplier l'intensité du frottement , pour avoir l'expression
du travail résistant élémentaire dû à cette force .
Cette méthode est d'une application facile, générale et sûre, ainsi
qu'on pourra le voir par l'applicationque nous en avons faite au cas
de l'engrenage de deux roues d'angle , et d'une vis sans fin avec une
roue. Pour l'appliquer, il faut se familiariser avec les lois de la com-
position des mouvements de rotation. On sait que ces lois sont les
mêmes que celles de la composition des forces et des couples de
forces , ce qui peut se démontrer par les notions les plus simples de
la Géométrie. Voici l'énoncé des théorèmes dont chacun de nos
lecteurs pourra facilement trouver la démonstration .
1º. Si un corps estanimédedeux mouvementsde rotationsimultanés,
(Pl. I, fig. 1) autourde deux axes AB, AC qui se rencontrent enA, et que
des longueurs Aa , Ab respectivement proportionnelles aux vitesses
angulaires soient portées sur ces axes, à partir du point A, le mou-
vement résultant sera un mouvement de rotation autour de l'axe AD,
diagonale du parallélogramme construit sur les lignes Aa , Ab , avec
une vitesse angulaire proportionnelle à la longueur Adde cette diago-
nale.

Les deux axes qui se rencontrent, formant ensemble quatre angles


égaux deux à deux, on portera les longueurs Aa et Ab sur les côtés
comprenant entre eux un de ces quatre angles, choisi de façon qu'un
observateur qui serait placé debout sur le plan des deux axes, et aurait
la face tournée vers l'ouverture de cet angle , vit le corps tourner dans
le même sens , c'est-à-dire de sa gauche à sa droite, ou de sa droite
PURES ET APPLIQUÉES 111

à sa gauche, autour de chacun d'eux. La rotation du corps autour de


la diagonale , dans le mouvement résultant, sera dans le même sens
que la rotation autour de chacun des axes primitifs , c'est-à-dire de la
gauche à la droite ou de la droite à la gauche de l'observateur.
20. Si un corps est animé de deux mouvements (Pl. I, fig. 2) simulta-
nésde rotation autour de deux axes parallèles AB, CD , et si ces mou-
vements sont dans le même sens , le mouvement résultant est une
rotation autour d'un axe EF, parallèle à chacun des deux premiers, si-
tué dans le même plan , et partageant la distance IK qui les sépare ,
en parties IO et KO inversement proportionnelles aux vitesses angu-
laires autour des axes AB et CD. La vitesse angulaire autour de l'axe
EF, dans le mouvement résultant , est égale à la somme des vitesses
angulaires autour des axes primitifs AB, CD .
(Pl. I, fig. 3). Si les deux rotations composantes sontde sens contraire,
la rotation résultante a lieu autour d'un axe parallèle à chacun des
deux axes donnés , situé dans leur plan et qui coupe la ligne IK sur
son prolongement au-delà de l'axe, autour duquel la vitesse angulaire
est la plus grande : la vitesse angulaire de la rotation résultante est
égale à la différence entre les vitesses angulaires des rotations compo-
santes. Elle est dans le même sens que la plus grande de ces vitesses.
Enfin les distances IO et OK sont entre elles dans le rapport inverse
des vitesses angulaires composantes autour des axes AB , CD .
3º. Si les deux vitesses angulaires autour de deux axes parallèles
sont égales et de sens contraire , elles forment alors un couple de
rotations. Le mouvement résultant est un mouvement de translation,
dans une direction perpendiculaire au plan commun des deux axes,
avec une vitesse égale au produit de la vitesse angulaire , autour
de chacun des axes donnés , par leur distance. Le sens du mouve-
ment de translation est d'ailleurs donné par le sens des rotations
composantes. Ainsi , si l'on se représente le plan des deux axes
donnés comme horizontal , le mouvement de translation sera ver-
tical ascendant , ou vertical descendant , suivant que la rotation au-
tour de l'un des axes tendra à élever au-dessus du plan , ou à abaisser
au-dessous de lui , les points situés sur le second axe .
4°. Une rotation autour d'un axe peut être remplacée par une rota-
15..
112 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
tion égale et de même sens autour d'un axe parallèle , et par un
couple de rotations , équivalent à une translation dans une direction
perpendiculaire au plan des deux axes. Cela permet de composer en-
semble deux rotations autour d'axes non situés dans le même plan,
ou plus généralement , de composer un nombre quelconque de rota-
tions autour d'axes qui ne se coupent pas , et de les réduire à une
rotation autour d'un axe , et à un couple de rotations équivalent à un
mouvement de translation.
Il est avantageux pour l'étude des machines de se rendre ces théo-
rèmes familiers; etcomme leur démonstration n'exige pas d'autres con-
naissances que celles de la Géométrie élémentaire , il serait utile de
les répandre dans l'enseignement inférieur, et de les placer à lasuite
des lois de composition des vitesses , ou mouvements de translation.
Nous les avons appliqués au calcul du travail résistant développé par le
frottement , entre des pièces qui entrent habituellement dans la com-
position des machines. On pourra comparer cette méthode à celle
suivie par les auteurs qui ont traité le même sujet avant nous. Voir
(Mémoire sur les engrenages , par MM. Lamé et Clapeyron; An-
nales des Mines , 1 série , tome IX , p. 601. Mémoire sur l'é-
-

valuation du travail dû aux frottements dans les engrenages co-


niques , par M. Coriolis ; Journal de l'École Polytechnique , ca-
hier XXV , page 4+ ) . 1

L'évaluation du frottement dans les engrenages cylindriques se


trouve aussi dans les leçons lithographiées de M. Navier pour l'École
.

des Ponts et Chaussées , et de M. Poncelet pour l'École de Metz; j'ai


également donné , depuis quatre ans , dans mes leçons à l'École des
Mines , le frottement dans les engrenages coniques , mais par une mé-
thode moins simple que celle que j'expose dans ceMémoire.
PÚRES ET APPLIQUÉES. 113

Frottement dans les engrenages cylindriques.

(Pl . I , fig. 4). Soient C et O les traces des axes des deux roues d'en-
grenage sur le plan commun des deux roues :
CA = Ret OA= R' les rayons des circonférences primitives :
am, an les contours de deux dents appartenant la première à la
roue (c) , la seconde à la roue (0); ces dents , dans la position actuelle
des roues , se touchent le long de la génératrice dont la trace sur le
plan des roues est en a.
La forme des dents doit être telle que , dans le mouvement du sys-
tème , les points situés sur les circonférences primitives qui ont pour
rayons CA et OA prennent des vitesses égales.
Il suit de là , que si nous désignons par u la vitesse d'un point à la
circonférence primitive de l'une et de l'autre roue , la vitesse augulaire
u

de la roue (c) autour de son axe sera , et la vitesse angulaire de la


uy

roue (0) autour de son axe sera R


Le mouvement relatif des deux roues ne sera point changé si nous
imprimons à chacune d'elles un mouvement de rotation autour d'un
axe fixe, qui se composera avec le mouvement de rotation qu'elle pos-
sède autour de son axe. Or, si nous imprimons aux deux roues un
mouvement de rotation autourde l'axe C, avec une vitesse angulaire
u

égale à dirigée en sens contraire du mouvement de rotation de la


roue (c) autour de son axe , cette dernière roue sera réduite au repos,
et la roue (0) sera animée de deux mouvements de rotation, l'un autour
u

de l'axe Cavec une vitesse angulaire égale à , etl'autre autourde son


7. Ces deux mouve-
axe propre avec une vitesse angulaire égale à R
ments sont de même sens et se composent en un seul. L'axe autour
duquel a lieu le mouvement résultant est parallèle aux deux axes Cet
O et sa trace sur le plan des deux roues est en A , au point de contaet
des deux circonférences primitives ; car on a
114 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
u u
:
CA : OA :: 지
u u

La vitesse angulaire autour de cet axe est égale à la somme R + R


des vitesses angulaires composantes. On voit que le mouvement rela-
tif de la roue (o) par rapport à la roue (c) regardée comme immo-
bile , est un roulement de la circonférence (0) sur la circonférence (c),
sans glissement , puisque l'axe autour duquel tourne la circonférence
(o) est toujours au point de contact des deux circonférences.
Il suit de là que la normale commune en a aux deux contours am
et an qui se pressent mutuellement , doit passer , pour une position
quelconque du système , par le point decontact A des circonférences
primitives.
En effet , lorsque la roue (c) est réduite au repos, sans que le mou-
vement relatif soit altéré , l'élément a de la dent an appartenant à la
roue mobile (0) doit glisser sur le contour de la dent am appartenant à la
roue fixe (c) . Or cet élément a de la dent an décrit alors un arc de
cercle infiniment petitdont le centre est enA, et dont le rayon est Aa.
Aa doit donc être la normale commune en a aux contours des deux
dents en prise, sans quoi elles cesseraient de se toucher , dans le
mouvement relatif, et aussi dans le mouvement effectif du système.
Nous pouvons en outre, connaissant la vitesse angulaire de la roue
mobile (0) autour de l'axe instantané A, déterminer quelle sera l'é-
tendue du glissement de l'élément a de la dent an sur le contour de
la dent immobile an. En effet , dans un instant infiniment petit dt,
l'élément a décrit un arc de cercle égal à

R + R dtx Aa = ( + ) Aa x udt. ax

Or si l'on désigne par ds l'arc infiniment petit de la circonférence


mobile (o) qui s'applique pendantl'instantdi sur un arc égalde la circon-
férence fixe (c), nous aurons udt= ds : donc l'étendue du glissement
des contours de deux dents en prise, l'une sur l'autre, pour un arc in-
finiment petit ds parcouru par un point de la circonférence primitive
de l'uneou de l'autre roue, est égale àAa ( +
+ )ds,
ds, expressiondans
laquelle Aa est le rayon vecteur variable, qui va du point de contact des

1
PURES ET APPLIQUÉES. 115

circonférences primitives au point de contact des deux dents en prise.


Sidonc nous désignons par plapression mutuelle desdeux contours am
i
et an , par f le rapport du frottement à la pression , par z le rayon
+
vecteur variable Aa , l'expression du travail résistant élémentaire dû
au frottement, pour un arc ds dont chacune des circonférences primi-
tives aura tourné , sera
fp ( + ) zds,
et l'intégrale S
I I

f( + ) 0 pzds (a)

exprimera le travail résultant du frottement correspondant à l'arc S


dont tourne chacune des circonférences primitives , depuis le moment
où deux dents commencent à se pousser dans la ligne des centres ,
jusqu'à ce qu'elles se quittent.
Supposons que la roue (c) conduise la roue (o) , et que la ré-
de sistance agissant sur la roue (0) soit une force Q agissant tangentiel-
lement à la circonférence primitive. Appelons a l'angle aAT, com-
19
pris entre la normale commune Aa et latangente commune AT aux
deux circonférences primitives, d la distance Ai du point A au point
où la tangente commune en a aux dents en prise coupe la ligne des
centres OC; nous aurons, pour déterminer la pression p, l'équation
suivante :
Q × R' = pR' cosa + fp(R' - d) sin a, (1)
qui exprime que la force Q, la pression p et le frottement fp qui ré-
sulte de cette pression, se font équilibre autour de l'axe fixe O. R′- d
peut être positif, négatif ou nul. Comme l'angle a demeure toujours
très petit, quand les dents des roues sont petites, et comme le rapportf
est lui-même une petite fraction, on peut généralement négliger le
dernier terme du second membre de l'équation précédente , et poser
simplement
1
Q
Q X R' = pR' cosa , d'où p =

COS

Cette valeur de p portée dans l'expression du travail résistant (a) donne


fQ +R 0 COS a
116 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
Si les contours desdents sont de petites portions d'épicycloïdes engen-
drées par une circonférence de cercle dont nous désignerons le rayon
parr , il est facile de voir que l'on aura
S

Z arsina et a
2r

Ces valeurs de z et a étant portées dans l'expression précédente , elle


devient
S S
sinds
I 2r

fQ( +2 COS-
S

0 27

S
-fQ ( + ) × 4r* [Link]
S
Or, quand S est un petit arc , on peut développer log cos 2r
en une

série très convergente , et l'on a


log cos S = - S2
2r 8r2 ,

en s'en tenant au premier terme de la série, et négligeant la quatrième


S
puissance et les puissances superieures de 2r

L'expression du travail résistant dû au frottement devient par la


substitution de cette valeur
1-2

fQ + S:

l'arc parcouru par la circonférence de la roue (o) correspondant à cette


quantité de travail étant égal à S , il s'ensuit que le frottement donne
lieu au même travail résistant qu'une force égale à fQ ( + ) , R

qui serait appliquée tangentiellement à la circonférence primitive de


la roue (o). La valeur du frottement rapporté à la circonférence de la
roue primitive augmente donc proportionnellement à l'arc S corres-
pondant à une dent de chaque roue. Si m est le nombre de dents de la
roue (c) , et n le nombre des dents de la roue (o), on a
PURES ET APPLIQUÉES . 117

1 2π
=
2πR = mS, R mS'
d'où
I 2π

2πΒ΄ = nS, R
' =
et
I
S
Q ( + ) $ = "fQ( + ) m

Telle est l'expression dont on fait usage ordinairement, pour repré-


senter la force résistante moyenne résultante du frottement, rapportée
à la circonférence de la roue conduite. Elle est généralement trop pe-
tite : mais elle approche d'autant plus d'être exacte que les dents sont
plus petites.
Dans le cas où les contours des dents seraient engendrés, par un
cercle d'un rayon infini, roulant sur l'une et l'autre circonférence ,
c'est-à-dire où ils deviendraient des développantes de cercle , le
point de contact serait constamment situé sur la tangente commune
aux deux circonférences primitives. On aurait a o et z= s : l'ex-
pression
I Szds
fQ( + ) COS &

deviendrait
I S

fQ( + ) 0 sds = fQ ( + ) s ,
c'est-à-dire que la valeur donnée précédemment, pour la force résis-
tante équivalente au frottement , serait rigoureusement exacte, dans ce
cas , si nous n'avions pas négligé d'abord le second terme du deuxième
membre de l'équation (1) .
Il est aisé de voir que , dans le cas dont il s'agit , la valeur exacte
de la pression pest
QR'
P = R
R' fs

L'expressionde la force équivalente au frottement est donc encore ,


pour ce cas , un peu trop faible .
Tome II. - AVRIL 1837. 16
118
JOURNAL DE MATHÉMATIQUES

Engrenage d'une roue et d'une lanterne.

(Pl. I, fig. 5). Soit O l'axe de la lanterne , c le centre , ou la trace de


l'axe de l'un des fuseaux dont nous représenterons le rayon par r,
am le contour de la dent qui presse le fuseau. L'élément par lequel
se toucheront la dent et le fuseau , doit être normal au rayon vecteur
Ac, mené du point A au centre c du fuseau ; ainsi cet élément est
situé en a. Conservant d'ailleurs les mêmes notations que dans l'article
zds

précédent, voyons ce que devient l'intégraleſ cosa


L'angle a est la moitié de l'angle AOc; la corde . ...


.........

Ac = z + r = 2sin AOC × R' : on a donc

z + r = 2R'sin a. (1)

Si un arc infiniment petit ds de la circonférence(0) s'applique sur un


arc égal de la circonférence (C) , le centre cde la lanterne viendra en
c' , cc' étant l'arc infiniment petit ds , la corde Ac deviendra Ac' , et
si l'on prolonge l'élément cc' suivant la tangente cb, il est évident
que l'on aura dz = Ac' -
Acds cos Acb = ds cos a.
D'où
dz
ds
Cosa

zds zdz
On a donc ; et en substituant à COS a
a sa valeur
Si Cosa S 2
cos a
arcimaleviupe stast
4R ( + ) , tirée de l'équation (1), il vient on i
*
Z zdz
Seads = 4R STR
COS + )22
4R-(z + 0
. monasig slab

La valeur de cette intégrale est porodice de

4R - r² r
2R + r+ Z
2R [log 410glog -
2
× +
2R - r-ZX2R
ᏗᎦᎶᎪᏗ, ᏗᏓᏛᎪ -- ᏗᏗ enoᏆ
PURES ET APPLIQUÉES . 119

Il est permis de négliger le second terme écrit dans la parenthèse ,


d'une part parce que sa valeur est très petite , quand Z est lui-même
petit par rapport à 2R'- r , et ensuite parce que l'omission de ce
terme donnera pour le frottement une valeur un peu trop grande.
L'expression précédente devient alors
4R2- ra
2R log4R (Z+
Pour qu'elle coïncide avec celle obtenue dans le cas des engrenages
épicycloïdaux , il faut, en prenant pour la valeur du logarithme ,
le premier terme de son développement en série , qui est
Z(2r + Z)
4R- (r + Z )

négliger au dénominateur (r + Z ) par rapport à 4R'* et poser au


numérateur

Z (ar + Z) = S * .
On commet ainsi deux erreurs, généralement dans le même sens, qui
diminuent l'expression du frottement.
Et l'on a

2.
4R' - ra 1
S.
2R's log 4R 2
(Z +r) 2

Je ne m'arrêterai pas à discuter l'engrenage d'une roue et d'une cré-


maillère , qui est un cas particulier de l'engrenage de deux roues
planes ; je passe à l'engrenage de deux roues non situées dans le
même plan , mais dont les axes se rencontrent.

Engrenage de deux roues d'angle.


(Pl. I, fig. 6). Soient MCet MO les deux axes qui se coupent en M:
u la vitesse que prennent dans le mouvement du système, les points
situés à la circonférence de l'une et de l'autre roue , R , R' les rayons
CA et OA des circonférences primitives :
l'angle compris entre les plans des deux roues; cet angle y peut
varier de o à 180° ; il est nul quand les deux roues sont intérieures
16
..
.
:
120
JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
l'une à l'autre ; il est de 180°, lorsqu'elles sont placées extérieurement
l'une à l'autre dans unmême plan.
น u

R'R ' seront les vitesses angulaires des deux roues autour de leurs
axes respectifs .
Si l'on imprime aux deux roues un mouvement de rotation, autour
u

de l'axe MC , avec une vitesse angulaire égale à R


f,' et en sens con-
traire du mouvement de la roue (c) , celle-ci sera réduite au repos.
Le mouvement de la seconde roue sera le mouvement résul-
tant de sa rotation autour de son axe MO et de la rotation au-
tour de MC; portons sur les axes MC et MO deux longueurs Ma et
น u

Mb , respectivement proportionnelles aux vitesses angulaires 지


,지 .

La diagonale du parallélogramme Maib, construit sur ces lignes, sera


suivant l'axe autour duquel aura lieu le mouvement de rotation ré-
sultant, et la grandeur de cette diagonale sera égale à la vitesse angu-
laire dans ce mouvement; or il est clair que la diagonale sera suivant
la génératrice MA, le long de laquelle se touchent les deux surfaces
coniques, ayant leur sommet commun en Met pour bases les circon-
férences primitives ; en effet les sinus des angles compris entre la
diagonale, et les côtés Ma , Mb doivent être entre eux dans le rapport
u น

inverse de ces mêmes côtés, c'est-à-dire dans le rapport de pà ,


R R'
ou de R à R' : or on a sin AMC= MA' sinAMO = MA : ces sinus

étant entre eux comme R est à R', il en résulte que la diagonale du


parallélogramme, où l'axe du mouvement de rotation résultant, est
suivant MA. La vitesse angulaire autour de cet axe est égale à la
longueur Mi de la diagonale, c'est-à-dire à 1

2 2

Ma + Mb -
2Max Mb cos iaM
u

=V R + R - RR' cos y
I 1 2 COS
-
u
R + R
2
RR'

On voit donc que le mouvement relatif de la roue (o) par rapport à


la roue (c) , est le même que si le cône ayant son sommet en Met
PURES ET APPLIQUÉES . 121

pour base lacirconférence OA, roulait, sans glisser, sur le cône ayant
même sommet et pour base la circonférence CA.
Il suit de là que si am et an sont les contours de deux dents en
prise (ces dents sont ici des portions de surfaces coniques attachées
aux deux roues, et ayant leur sommet en M, lesquelles se touchent
le long d'une génératrice; am et an, représentent dans la figure , les
directrices de ces surfaces) , la normale commune au point de contact
aux deux contours , devra être perpendiculaire à la génératrice MA
par laquelle se touchent les cônes ayant pour bases les cercles primi-
tifs des deux roues. Appelant z la longueur de la perpendiculaire
abaissée du point a, pris au milieu de la longueur de l'élément de
contact , sur MA , l'étendue du glissement de la dent an sur la dent.
am sera, pendant un instant dt, égale à
I 1
2 cos y
u
V + 집
-
X zdt :
R RR'

si ds est l'arc infiniment petit de la circonférence (o) , qui s'applique


pendant l'instant dt sur un arc égal de la circonférence (c), l'étendue
du glissement correspondant à l'arc ds, dont chacune des circonfé-
rences a tourné dans le mouvement effectif du système , sera expri
mée par
I I

V + R R' - 2cosy zds;


RR'

p désignant la pression mutuelle des dents en prise l'une sur l'autre,


I
2cosyzds
fpV + R2 R'
-

RR

sera le travail résistant élémentaire développé par le frottement , et


l'intégrale S
1 1 2 COS y
fV + - RR' f. pads ,
0

sera le travail résistant pour l'arc S parcouru par un point de la circon-


férence de l'une ou de l'autre roue , depuis le moment où deux dents
commencent à se pousser dans le plan des axes des roues , jusqu'à
ce qu'elles se quittent..
122
JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
Soit (Pl. 1 , fig. 6 bis) , le point de contact des deux dents , dans le
plan moyen de la roue conduite (o). Mo représentant l'axe de cette
roue , et MA la génératrice de contact des cônes primitifs , z est la
perpendiculaire am abaissée du point a sur MA. Or, quand les dents
sont petites , cette ligne am ou z se confond sensiblement avec la
ligne Aa, menée du point a au point de contact des circonférences
primitives, et contenue dans le plan moyen de la roue (o). En effet, si
nous menons la ligne ak, dans le plan de la roue , perpendiculaire au
rayon Ao , et si nous joignons les points met k , la ligne mk sera une
perpendiculaire commune aux lignes MA et ak. Appelant a l'angle
compris entre la ligne Aa, et la tangente commune AT aux deux cir-
conférences primitives , et dle demi-angle au centre du cône AMo,
nous aurons les relations
2 2 2

am = ak + mk ,
mk Ak cos d Aa sin a cos d ,
=

ak = Aa cosa,
d'où
2

z = Aa (cos a + sin a cosd) ,


et

am
cos aAm
Aa
= √cos a + sin acos² d :

dans l'engrenage cylindrique , l'angle = o, cos = 1 ; et l'on a


z = Aa , cos Aam = 1 ; les deux lignes aA et am se confondent.
Dans l'engrenage conique, si les dents sont petites , l'angle a de-
meurera toujours très petit. Son sinus sera presque nul et son cosinus
égal à 1 , de sorte que les lignes am et al seront encore très près de
se confondre , et pourront être prises , sans erreur sensible, l'une pour
l'autre.
Si nous appelons Q la résistance agissant tangentiellement à la
roue conduite (o) , la valeur approchée de p , dans l'hypothèse que z
se confond avec Aa , sera , comme pour l'engrenage cylindrique ,
Q
P= cosa' et l'expression du frottement sera
I I [Link] γ S zds
fQV + R2 R' RR' S
0 COS
PURES ET APPLIQUÉES. 123

Cette expression coïncide avec celle obtenue pour l'engrenage plan


de deux roues extérieures l'une à l'autre, lorsque l'on y posey= 180°
=
et cosy I.

Dans le cas où les deux roues sont intérieures l'une à l'autre , on


ayo , cos y 1 , et l'expression précédente devient
I I S zds
fQ- R 0 COS a

Lorsque les directrices am et an des portions de surfaces coni-


ques, formant les contours des dents , sont des courbes engendrées par
une circonférence de cercle située dans le plan de la roue (o) , ce qui
donne pour la courbe an une épicycloïde plane et pour la courbe am
une épicycloïde sphérique , on trouvera pour la valeur moyenne du
frottement , considéré comme une force appliquée à la circonférence
primitive de la roue conduite ,

I I
2 cos y
2 QV + 2
-

RR'
XS :

met nétant les nombres de dents des deux roues , on a .


1 2 27

R mS R' ns

et l'expression précédente devient


I 1

fQVm²
πfQ + n -2cos y mn

Pour y = 180° , cos y = -1 , la résistance du frottement est la plus..


grande. C'est le cas de l'engrenage de deux roues situées extérieure-
ment dans le même plan.
Pour y= o , cosy=1 , la résistance du frottement est la plus petite.
Elle est exprimée par
π
fQ ( -

m ):
c'est le cas où les deux roues sont dans le même plan , et situées in---
térieurement l'une à l'autre.

1
124 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES

Frottement dans la vis sans fin.

(Pl. 1 , fig . 7 et 7 bis). Soient O l'axe de la vis sans fin, que nous
supposerons vertical :
C l'axe horizontal de la roue :
CAR le rayon de la circonférence primitive de la roue (lepoint
de contact du filet de la vis et de la dent pressée par ce filet, est tou-
jours situé sur un point de la tangente AT à cette circonférence, pa-
rallèle à l'axe de la vis) .
OA= r le rayon du cylindre sur lequel est enveloppée l'hélice ou
l'élément hélicoïdal, qui presse les dents de la roue : i l'inclinaison
constante de cette hélice sur le plan horizontal.
Le filet serpente sur le noyau de la vis et s'élève en tournant
dans le sens xy. Lorsque la vis entière tourne sur son axe dans
ce même sens , le filet de la vis presse successivement les dents de
la roue de haut en bas et fait tourner celle-ci dans le sensyz. La
conditionde ce mouvement est que la vitesse d'un point de la circon-
férence CA, soit à la vitesse d'un point du filet situé sur la cir-
conférence OA comme le pas de la vis est à la circonférence qui a
pour rayon OA. Ainsi en désignant par u la vitesse d'un point de
la circonférence OA tournant autour de l'axe vertical MO, u tang i sera
la vitesse d'un point de la circonférence CA , tournant autour de
l'axe C. Les vitesses angulaires de la vis et de la roue, autour de leurs
u
u tang i
axes, seront donc respectivement égales à r et R

Au mouvement de rotation de la roue autour de l'axe C , nous


pouvons substituer un mouvement de rotation autour d'un axe paral-
lèle OY passant par le point O, de même sens et avec même vitessé
angulaire, et un couple de rotations équivalent à un mouvement de
translation dans le sens vertical , qui sera ici de haut en bas , avec
une vitesse égale au produit de la distance CO par la vitesse angu-
laire u tangi utang i
R
, c'est-à-dire à (R + r) R

Si maintenant nous réduisons la vis au repos , en superposant


aux mouvements effectifs un mouvement commun de rotation au-
tour de l'axe vertical de la vis , avec une vitesse angulaire égale et
PURES ET APPLIQUÉES. 125

de sens contraire à celle que la vis possède , le mouvement de la


roue se composera :
1º. Du mouvement de translation de haut en bas , avec une vitesse
u tang i
égale à (R + r) R ;

2°. D'un mouvement de rotation autour de l'axe horizontal ΟΥ


u tang i
avec une vitesse angulaire R , et dans lequel le corps tournera
de l'axe OZ vers l'axe OX ;
3º. D'un mouvement de rotation autour de l'axe vertical OZ avec
u

une vitesse angulaire égale à , dans lequel le corps tournera en


sens contraire du mouvement effectif de la vis , c'est-à-dire de OY
vers OX .
Cela posé , soit a, dans la projection verticale , la situation actuelle
du point de contact du filet de la vis et d'une dent de la roue. Ce
point est sur la verticale AT et se projette horizontalement en A. Me-
nons la ligne a0, la ligne mn perpendiculaire à a0, contenue dans le
plan , passant par l'axe de la vis et perpendiculaire à l'axe de la roue ,
enfin la tangente AU, projection de la tangente en a à la circonférence
que décrirait le point a s'il tournait autour de l'axe MOZ. Posons
a0= z, l'angle aOA = a .
La vitesse du point a due à la rotation autour de l'axe oY est dirigée
suivant am , et égale à
u tang i u tang i 2.
X
R R

Elle a pour composante horizontale suivant ao'


utangi
R
z sina,

pour composante verticale dirigée de bas en haut , suivant aT


u tangi
Z COSa.
R

La vitesse du point a due à la rotation autour de l'axe vertical OZ est


Tome II . - AVRIL 1837. 17
126 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
u

égale à ao' == u. Sa projection horizontale est suivant la tan-


gente AU.
La vitesse verticale du point a de haut en bas due au mouvement
u tang i
de translation est (R+ r) R Ainsi , les composantes parallèles aux
trois axes ΟΧ , ΟΥ et OZ de la vitesse du point a sont :
Suivant ΟΧ ....... u
tangi zsina ,
R

Suivant ΟΥ ....... u

u
Suivant OZ ....... R
tangi (R + r- z cos a).

Cette dernière composante est dirigée de haut en bas. La vitesse du


point a , dans le mouvement relatif du filet de la vis et de la dent de
la roue, est donc
i
u 1+ tang [(R + r)* + z - 2 (R +r)zcosa].
R2

Si ds désigne l'arc infiniment petit que décrit, dans le mouvement


effectif du système , pendant un instant dt , un point de la circonfé-
rence qui a pour rayon CA , on aura ds = utang idt et
tang i
udt √1+ 2 [(R + r) + 2-2 (R + r) 2 cosa
I

tangiV
1+ tang [(R+r)* + 2-2 (R+ r)z cosa)]ds

sera l'étendue du glissement du point a de la roue sur le filet de la vis


correspondant à l'arc infiniment petit ds.
Si nous désignons par p la pression mutuelle du filet de la vis et de
la dent de la roue ,

+1 i
SFP
0tang i
tang
+ tangR
[(R + r) + 2-2 (R+ r) z cosa]ds

sera l'expression du travail résistant dû au frottement, pour l'arc S dont


tourne la circonférence CA, depuis le moment où le filet de la vis
PURES ET APPLIQUÉES . 127

vient appuyer sur une dent de la roue, jusqu'à ce qu'il cesse de la


presser , ce qui arrive , quand le point de contact mutuel est sur la
ligne CO.
Il est d'ailleurs facile de voir que l'on a
Z COSa er , +s ,

on a , pour déterminerp , l'équation


Q
QR = pcosi × R , doù p = cos i'

en désignant par Q la résistance appliquée à la roue rapportée à l'ex-


trémité du rayon CA, et négligeant, dans cette relation , l'effet du
frottement , ce qui est permis , lorsque i est un petit angle.
Effectuant ces substitutions et les réductions possibles , le travail du
frottement devient

S I sa

fcos 0 sin i + R2 ds.

On sait intégrer l'expression précédente , mais le résultat se présente


sous une forme trop compliquée , pour être de quelque usage dans la
pratique. D'ailleurs on peut remarquer que i est en général un petit
I 52
angle , et que par conséquent sin est très grand , tandis que 29 est
une petite fraction , quand la roue a un grand nombre de dents , de
$2 1

telle sorte que R est négligeable par rapport à sin .On peut même,
d'après un théorème donné par M. Poncelet , déterminer dans cha-
que cas la limite de l'erreur commise. Supposons par exemple , que
sin i soit égal à ; supposons en même temps que le nombre des
dents de la roue , soit égal à 20. On aura 20S= 27R; d'où
S 27 S I
0,34
R -= 0.34 : ainsi le rapport de R à sini sera égal à 30.11 .
20

Comme S est la plus grande valeur de l'arc variables , le rapport de


S I

R sını sera constamment inférieur à 0.11 ; or , d'après le théorème

cité de M. Poncelet , un radical de la forme VP + Q a pour ex


17 ..
128 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
pression linéaire approchée
2

1 + cos 2
.
(P cos + Qsin ),
2

désignant l'angle dont la tangente est égale à la valeur maximum


que puisse avoir le rapport . La limite de l'erreur commise, en subs-
tituant l'expression linéaire ci-dessus au radical, est exprimée par le
I - COS
2

radical multiplié par la fraction


+ cos

1 S
Posant donc P , Q = , tang = 0.11 : il vient pour la
sin

I
valeur de
sin² i + 집
I S

0,999 × sin + 0,055 ,

et cette valeur est approchée à 2 près. Substituant au radical la


10000

valeur approchée sous le signe ſ, le travail résistant du frottement


sera

Sa
fQ may oup to signs
COS I (0.999.5 + 0.055 );
i

ent , rapportée
la valeur moyenne de la force équivalente au frottement
à la circonférence primitive de la roue , sera donc
fQ aberimil el and sup
cos i (0999
sin +0,055 )
Si m désigne le nombre des dents de la roue, =
m
cette expres-
ett cetteexpres-
sion devientsingh mise 08

salg ni tas, & siura )


FO (0.999
COS( 999 +0.055 ).
Sim= 20 , on aura 0.055 m
0.0086 , tandis que 0.999
sin i
se ra
PURES ET APPLIQUÉES. 129
I

égal à 3 , en supposant que sini = 3 En négligeant donc


I

0.055 m
par rapport à sin
999, l'erreur commise sera moins de 300

On voit que , généralement , il sera permis d'adopter pour la valeur


moyenne de la force équivalente au frottement , rapportée à la cir-
conférence primitive de la roue ,
0,999 fQ fQ 2fQ
sin i cos i ou simplement sinicos i sin 22

Lorsque l'inclinaison i de l'élément hélicoïdal , qui presse la dent


Q
de la roue est considérable , la valeur p = n'est pas suffisam-
Cos z

ment approchée. Il faut alors , dans l'équation d'équilibre de la roue,


tenir compte de la force produite par le frottement du filet et de la
dent , ce qui donne

QxR = (pcos i- fp sin i) R ,


d'où
Q
P =
cos i -fsin i

Cette valeur de p substituée à , dans les calculs précédents , don-


COS 1

nera pour l'expression de la résistance moyenne du frottement rap-


portée à la circonférence de la roue dont le rayon est R ,
T
cosisini
-f (sin + m):
a et T sont des coefficients numériques que l'on déterminera par le
théorème de M. Poncelet .
$30 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES

www ww

NOTE

Sur une manière simple de calculer la pression produite


contre les parois d'un canal dans lequel se meut un
fluide incompressible ;
PAR G. CORIOLIS .

Les sections d'un canal ou filet fluide variant assez peu pour qu'on
puisse admettre le parallélisme des tranches , c'est-à-dire pour qu'on
puisse supposer que les vitesses dans une même section sont parallèles
à la tangente à la courbe qu'on prend pour axe , on peut dans cette
hypothèse exprimer très simplement la pression totale supportée dans
un certain sens par les parois qui forment le canal : il suffit pour cela
de connaître seulement les intensités et les directions des vitesses dans
les deux sections extrêmes qui terminent la masse fluide.
Si X , Y, Z sont les composantes , dans le sens des trois axes coor-
donnés , des forces accélératrices auxquelles le fluide est soumis , on
sait qu'en désignant parp le poids d'une tranche de fluide ( les forces
produites contre les parois par cette tranche étant représentées par
E , F, G, dans le sens des axes coordonnés) on aura

E = P (X -
8
),
F = (Y8
),
dz
G = (Z-
8 dt


En prenant le poids du mètre cube d'eau pour unité et désignant
para la section dans le filet faite perpendiculairement à son axe et par

1
PURES ET APPLIQUÉES . 131

ds la différentielle de la longueur de cet axe , on a


P wds.

La somme des pressions produites sur les parois dans le sens de


l'axe des x pour toute l'étendue du canal, entre les limites s. et s, de
la longueur de l'axe, étant désignée par E , on aura
SI swds dez
E
= sxads -
So g So
ads
gdi

Si l'on désigne par u la vitesse de la tranche wds et par a l'angle que


fait l'élément ds de l'axe du canal avec l'axe desx , ona , en vertu de
ce que u est une fonction de t et des ,
dx d(u cosa) d(u cos a)
di dt
+ u. ds

Ainsi
S
st
E= 80
" xuds -
g So
ads d(ucosa) -
g di
sauds ducosa)
30 8 ds
:

cos a étant indépendant det , on a


wds d(u cos 2) I du I du
dt
ds cosa.w = dx.w
g g 8 dt

En vertu de l'incompressibilité du fluide, wu est constant dans l'é-


tendue du canal ; en désignant par u, et w, les valeurs de ces va-
riables à l'origine du canal, il vient donc
wu Wowo ,
et
du du.
W = ω.
dt dt

Introduisant ces relations dans les formules ci-dessus pour intégrer


dans toute l'étendue du canal et dénotant par les indices i et o les
valeurs des variables pour les deux extrémités du canal, on aura
wds 0 du. wouo
E=Sxs so g ..(x -x.)-
dt 8 [u, cosa,-u, cosa.].
132 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
Dans les applications , la force X ne sera que la composante de la
gravité , de sorte qu'en désignant par P le poids total du fluide entre
les extrémités du filet et par a l'angle que fait l'axe des x avec la ver-
ticale , on aura
du wouo
E- P cosa -
g
(х.п.) dt + wou
8
COSao
8
u, cosa,,

Si le mouvement est permanent , c'est-à-dire si les vitesses ne varient


du。
pas avec le temps , on aura di = o , et E se réduira à :

wu 0 Wollo
E = Pcosa + Cos a. u, cos a,.
g g

Ainsi l'effort total E ne dépend nullement de la forme du filet.


Si l'on prend l'axe des x dans un sens perpendiculaire à la vitesse u,,
c'est-à-dire si l'on veut la pression sur les parois dans un sens perpen-
diculaire à la vitesse de sortie , on aura cosa, o : il en résultera
wou² wodu. 0
E = P cosa + cosa -

(х, -х.) ,
g gdt

et pour le cas de permanence


2

E P cos a+ Cosa..
g

Ces formules ont été données par Euler et reproduites par M. Navier.
On compliquait inutilement leur démonstration par l'introduction de
la force centrifuge et de la force tangentielle.
dax
On voit qu'il suffit de composer le terme dt en ses deux dérivées
partielles.
PURES ET APPLIQUÉES. 133

www wwwww

Sur la mesure de la surface convexe d'un prisme ou d'un


cylindre tronqué;

PAR M. PAUL BRETON ,


Élève ingénieur des Ponts-et-Chaussées .

La surface convexe d'un prisme ou d'un cylindre terminé par deux


plans non parallèles a pour mesure le produit de la longueur de la
section droite par la parallèle aux arètes qui passe par le centre de
gravité du contour de cette section et se termine aux deux bases.
En effet , soient B. , B. les deux bases , et concevons la surface
prolongée jusqu'à la rencontre d'un plan perpendiculaire aux arètes ,
lequel détermine la section B qui prend le nom de section droite.
La surface qui s'étend de B, à B se compose de trapèzes dont cha-
cun apour mesure le produit de celui de ses côtés qui fait partie de B
par sa distance au milieu du côté qui lui correspond sur B₁ ; cette sur-
face a donc pour expression la somme des produits des côtés de B par
les parallèles à une même direction menées des milieux de ces côtés à
un même plan B.; et l'on démontre en Statique que cette somme de
produits est égale au produit du contour de B par la parallèle à la
même direction , menée de son centre de gravité au même plan B..
On ferait voir de la même manière que la surface comprise entre B, et
B a pour mesure une expression semblable. La différence entre les
surfaces que nous venons de mesurer , et qui est la surface proposée
elle-même , est donc égale au produit du contour de la section droite
par la longueur de la parallèle aux arètes menée de son centre de gra-
vité jusqu'aux deux bases. Ce qui est le théorème énoncé.
REMARQUES .

I. Si les plans des deux bases se coupaient dans l'intérieur du prisme,


on n'obtiendrait par la proposition précédente que la différence
18
des
Tome II . -

AVRIL 1837.
134 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
aires interceptées par les angles opposés de ces plans. Il faut pour en
avoir la somme appliquer la proposition à chacune des portions sépa-
rément , en cherchant le centre de gravité de l'arc de section droite
auquel elle correspond .
II. Lorsque la section droite a un centre , toutes les autres sections
en ont un aussi , et la parallèle aux arètes menée par le centre de la
section droite passe par les centres de gravité des deux bases ; dans le
cas contraire , on ne peut plus affirmer que la parallèle aux arètes me-
née du centre de gravité du contour de la section droite aux deux
bases soit la distance des centres de gravité de leurs contours. Cela est
facile à vérifier en prenant un prisme triangulaire pour exemple.
III. La proposition qui fait le sujet de cet article est l'analogue d'une
poposition connue et qui s'énonce ordinairement ainsi :
Le volume d'un prisme ou d'un cylindre à bases planes non-paral-
lèles , a pour mesure le produit de l'aire de l'une d'elles par la distance
de celle-ci au centre de gravité de la surface de l'autre.
L'analogie dont il s'agit devient parfaite en énonçant la proposition
de la manière suivante :
Le volume d'un prisme ou d'un cylindre terminé par deux plans
non-parallèles , a pour mesure le produit de l'aire de la section droite
par la parallèle aux arètes qui passe par le centre de gravité de cette
section et se termine aux deux bases.
PURES ET APPLIQUÉES. 135

wwww wwwwwww

NOTE
I

Sur le développement de (1-2xz + z2)- ;


PAR J. LIOUVILLE .

Représentons par X. + X2 +... + X„z" + ... le développement


I

2
du radical (1 - 2x2 + z ) ordonné suivant les puissances ascen-
dantes de z : X, sera une fonction entière de x de degré n, et l'on a vu
n

dans le cahier précédent que la valeur de cette fonction est


1
da. (x²- 1 )"
(1) 1.2.3 ... n.2" dxn

A l'aide de la formule ( 1) on prouve sans peine que, si l'indice m est


n , on a

(2) S+ xXdx = 0.
1-

Quand on fait m = n , il vient au contraire


+1 2

(3) S+ Xdx = 2n+


1-
I

Mais on peut aussi établir les équations (2) , (3) sans connaître l'ex-
pression analytique de X. Pour y parvenir, Legendre considère
l'intégrale (*)
+ I
dx
P=
2XZ
1- +ra
I-
r

(*) Exercices de Calcul intégral, tome II , page 250 .


18..
136 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
Si l'on fait 1+ 1z - 2rxz ου x
1 + rz²-y
I

=y' , 2/2
, on aura,
dit-il , la transformée
I
P= -
dy
2
V - 1 + r + z² - rz

d'où résulte l'intégrale indéfinie


P = C + = log ( y + Vy - 1 + r + 2* -1°23).
Les limites de x étant x = -1 , x = + 1 , celles de y sont
y = 1 + rz , y= 1 - rz : on aura donc l'intégrale cherchée
I I

P= log (
2 ) = log (
rz 2 )
2 2
ou 2 + ...... + 2n+
P= 2+ 2 + 1
2* + .... ,

quantité indépendante de r.
Cette intégrale est celle de la différentielle

dx (1 + X,zr + X,3** + etc.)(1 +X + X + etc.),


et puisque r disparaît entièrement du résultat , il faut qu'on ait géné-
ralement , m et n étant inégaux, f+ XXdx = o. On voit en
-1
m

même temps que met n étant égaux , on aura


+1 2

1- xdx = 2n + 1 ' C. Q. F. D.

Maintenant je dis qu'en s'appuyant sur la formule (2), on obtient


aisément l'expression générale de X , d'où résulte une démonstration
nouvelle de la formule (1). Cette démonstration que je vais exposer
en peu de mots n'est pas indigne , ce me semble , de l'attention des
géomètres.
Pour fixer les idées cherchons par exemple X3. En faisant n= 3 ,
puis successivement m = o , m = 1 , m= 2 dans l'équation (2), on a
+ +

fx.x,dx = o fx,x, x , S+ Xxdx = 0 ,


= 0 1-
PURES ET APPLIQUÉES. 137
d'où l'on tire

+
(
4 ) 1- (A.X. + A ,X, + A.X.) Xdx = 0 ,

quels que soient les coefficients constants A. , A. , A.. Mais un poly-


nomey du second degré par rapport à x peut toujours être mis sous
la forme A.X. + A,X, + A,X.. En effet par une détermination con-
venable de la constante A. , rendons égaux les coefficients de x dans
y et dans A,X.: dès-lors y - A₂X, ne sera plus que du premier de-
2

:
gré par rapport à x, de même y - AX -A,X, se réduira à une
2 1

simple constante A.X, si l'on attribue au coefficient A, une valeur


convenable . Finalement on aura donc y= A.X. + AX, + A.Χ. , 2

et l'équation (4) deviendra


I

(5) S+ yXdx = 0.
En intégrant par parties trois fois de suite et se rappelant que d³y= o,
on trouve

I x x x x

I- I- 1- I- X3dx+ dx² 1- 1- 1-

Lorsqu'on fait x = 1 , le résultat de l'intégration doit se réduire à


dy dy
zéro en vertu de l'équation (5) , et comme les valeurs de y, dxd
pour x= 1 sont arbitraires , cela exige que l'on ait séparément

f_xdx=0, f dxfxdx=0, f_dxf_dxf_x,dx= 0


-1 I
1-

pour x = 1. En d'autres termes si l'on pose

f_dxf_dxfXdx= (x) ,
il faut que l'on ait à la fois
do(x) d² (x)
φ (x) = 0, dx = 0, dx²
0
pour x= 1 :

l'équation algébrique (x) = o a donc une racine triple égale à i et

1
138 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
son premier membre doit être divisible par (x - 1) . D'un autre côté
il est évident que l'on a aussi
1

do (x) d² (x)
φ (x) = 0 , dx = 0 , 0 pour x= 1 ,
dx

en sorte que (x) est divisible par (x + 1)3 . Or X, étant du troisième


degré en x , (x) est du sixième degré par rapport à cette variable :
il résulte de là que (x) ne peut être que de la forme

Φ(x) ou fdxf_dxfXdx = H₃ . (x - 1 )3 ,
ce qui donne
d³. (x² - 1)3
X3 = H3 . dx3 ,

H3 désignant une constante arbitraire.


En appliquant à la fonction ✗, un calcul semblable , on a

X
dr.(x -1)
n H.11
dxn

L'analyse précédente suppose seulement 1º que X, soit un polynome


entier de degrén , 2º. que l'équation (2) ait lieu pour toutes les va-
leurs de m < n . Il importe peu que les fonctions X. , X. , ... pro-
I

viennent du développement de ( 1 2.02 +2 ) -


2. La considération
t

de ce développement ne devient utile que quand on veut déter-


miner H.
En décomposant (x -1 )" en ses facteurs (x+1 )" . (x-1 )", il vient
par une formule connue

71 =
H [(x +1) , d ( -1) + n d.(x + 1)" d -1 (x-1)" + etc.] ,
I dx dx -1

et, en faisant x= 1 , il reste simplement ,


1.2.3 .... 2" . Ηπ .
PURES ET APPLIQUÉES.
139
I

Or, pour x = 1 , le radical (1-2xz + z ) 2 se réduisant à......


(1-2)-1, c'est-à-dire à 1 +2 + 2 +... , on a X = 1 : par con-
séquent

I
H =
1.2.3 ... n.2

La valeur définitive de X, est donc

I
dr. (x²-1)2
1.2.3 ... n.2" dxn

ce qu'il fallait démontrer .


140 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES

wwwww

NOTE

Sur un passage de la seconde partie de la Théorie des


Fonctions analytiques ;

PAR M. POISSON.

En un point donné M sur une surface aussi donnée, le contact du


second ordre avec une autre surface exige que celle-ci satisfasse à
six conditions : il faut qu'en ce point, l'ordonnée z, ses deux dérivées
z' et z, du premier ordre, ses trois dérivées du second ordre z" , z ,
2 , soient égales pour les deux surfaces; la quantité z étant considérée
comme une fonction des deux autres coordonnées x ety. Or l'équation
générale de la sphère ne contenant que quatre constantes , savoir ,
son rayon et les trois coordonnées de son centre, elles ne suffisent
pas pour satisfaire à ces six conditions; en sorte qu'il n'existe pas en
chaque point M d'une surface donnée , une sphère osculatrice , ou qui
ait avec cette surface , un contact du second ordre ; au lieu qu'il y a
toujours un cercle osculateur, pour chaque point d'une courbe , à
simple ou à double courbure. Après avoir fait cette remarque dans
le chapitre VIII , Lagrange ajoute , dans le chapitre suivant , que si
l'on trace une ligne quelconque sur la surface donnée, on pourra tou-
jours déterminer en chaque point , une sphère osculatrice de cette
ligne , ou de la surface suivant cette ligne : il entend par là une
sphère tangente en M à la surface , et pour laquelle la dérivée se-
conde de l'ordonnée z soit la même que pour cette surface, mais
seulement dans la direction de la ligne donnée. Cette ligne sera
déterminée en prenant pour y une fonction de x , dont y' et y" dé-
signeront les deux premières dérivées ; la seconde dérivée de z , qui
4
PURES ET APPLIQUÉES . 141
devra être égale pour les deux surfaces , aura alors pour expression
2" + 22', γ' + 2 " + y + z₁y" ;
et de cette égalité, jointe à la condition du plan tangent commun
aux deux surfaces qui fournit trois équations , on déduira les valeurs
du rayon et des trois coordonnées du centre de la sphère demandée.
Dans tout ce chapitre IX , il n'est question que des sphères oscula-
trices , ainsi définies, et relatives aux différentes courbes que l'on peut
tracer sur une même surface; les mots rayon de courbure et centre
de courbure , s'y rapportent à leurs rayons et à leurs centres , et non
pas aux rayons et aux centres des cercles osculateurs de ces diverses
lignes, qui se détermineraient par d'autres conditions exposées dans
le chapitre VII , où l'auteur traite du contact des courbes entre
elles .
Cela posé, Lagrange détermine en un point quelconque M d'une
surface donnée , les directions suivant lesquelles le rayon de cour-
bure ou de la sphère osculatrice , est un maximum ou un minimum;
il trouve qu'il y en a deux , qui se coupent à angle droit, et dont
l'une répond au maximum et l'autre au minimum; et de là , il conclut
que l'on peut tracer sur toute surface donnée, deux séries de lignes ,
telles que suivant les unes , la courbure de la surface, mesurée par celle
de la sphère osculatrice, soit la plus grande en chaque point, et qu'elle
soit la plus petite suivant les autres. Il cherche ensuite quelles
sont les lignes qui jouissent de cette autre propriété, que les rayons
des sphères osculatrices suivant la direction de chacune d'elles , soient
tangentes à la ligne des centres de ces sphères ; il trouve pour ces
lignes , celles-là même qu'il avait d'abord déterminées : d'où il suit ,
dit-il , que les lignes suivant lesquelles le rayon de courbure sera tan-
gent de la courbe des centres , sont les mêmes que celles de la plus
grande ou de la moindre courbure. D'après le sens que l'auteur attache
à ces expressions, et qu'on vient de rappeler, il n'y a rien dans cette con-
clusion , qui ne soit parfaitement exact : cependant M. Jacobi a pensé
qu'elle était erronée (*) ; mais la méprise de cet illustre géomètre

(*) Voyez le dernier numéro du Journal de M. Crelle .


Tome II . - AVRIL 1837. 19
142 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
vient de ce qu'il a supposé à la proposition, dont il s'agit, un sens
qu'elle n'a pas et que Lagrange n'a pas voulu lui donner.
Plus loin , Lagrange dit encore : il n'y aura , sur une surface quel-
conque , que ces lignes qui puissent avoir (et qui aient effectivement
suivant lui) , une développéeformée par les rayons de courbure ; ce
que M. Jacobi considère aussi comme une erreur. Mais il ne faut
pas perdre de vue qu'il s'agit toujours des rayons des sphères oscu-
latrices , normaux à la surface donnée, et non pas des rayons de
courbure , proprement dits , des lignes dont on parle , qui seraient
compris dans leurs plans osculateurs. Le mot développée est pris içi
dans l'acception générale que Monge lui a donnée, et que Lagrange
a indiquée à la fin du chapitre VII : dans ce sens , une développée
d'une courbe plane ou à double courbure , est le lieu des intersec-
tions successives d'un système de normales à cette courbe; chaque
ligne donnée a alors une infinité de développées , qui sont toutes
situées sur la surface développable , formée par les intersections suc-
cessives de ses plans normaux; mais ce n'est que dans le cas particu-
lier d'une courbe plane, que ces développées comprennent le lieu des
centres des cercles osculateurs , et dans tout autre cas, les rayons
de ces cercles ne sont pas tangents à la ligne de leurs centres.
Euler a déterminé le premier, les rayons de courbure des sections
normales des surfaces. Il a fait voir que pour chaque point d'une
surface proposée , les rayons de courbure de toutes les courbes résul-
tantes de ces sections , sont liés entre eux par des formules qu'il a
données, et qui montrent qu'on peut les déduire tous, soit de trois
quelconques d'entre eux , soit de deux seulement , quand on prend
pour ceux-ci , le plus grand et le plus petit rayon, appartenant à
des sections perpendiculaires l'une à l'autre , dont il a déterminé
les directions. C'est Meunier qui a montré ensuite comment les
rayons de courbure de toutes les sections obliques , faites par une
même tangente à la surface, se déduisent très simplement de celui
de la section normale. D'un autre côté, Monge aconsidéré les courbes
suivant lesquelles il faut marcher sur une surface donnée , pour que
chaque normale à cette surface soit coupée par la normale infiniment
voisine; lesquelles courbes , qu'il a nommées lignes de courbure de la
surface , sont au nombre de deux en chaque point , et se coupent à
PURES ET APPLIQUÉES . 143
angle droit. Par la considération des sphères osculatrices , Lagrange
a rapproché ces deux théories différentes, et fait voir qu'en chaque
point d'une surface, les sections normales de plus grande et de
moindre courbure , qu'Euler a déterminées , sont tangentes aux lignes
dontMonge a considéré les principales propriétés, auxquelles M. Ch .
Dupin enaajouté de nouvelles, dans ses Développements de géométrie.
Il restait à examiner plus complétement qu'on ne l'avait fait aupara-
vant, ce qui arrive aux points particuliers que Monge a nommés
des Ombilics ; et c'est ce que je me suis proposé dans un mémoire
sur la courbure des surfaces , qui fait partie du tome VIII du Journal
de M. Crelle , et du XXIº cahier du Journal de l'École Polytechnique.
Les lignes de coubures de Monge n'ont pas , en général , leur plan
osculateur en chaque point, perpendiculaire à la surface à laquelle elles
appartiennent. Pour s'en assurer , il suffit de considérer les surfaces de
révolution. Dans ce cas , les deux lignes de courbure sont planes ;
l'une est la courbe génératrice , et l'autre un cercle : le plan oscula-
teur de la première est normal à la surface ; mais évidemment , celui
du cercle ne l'est pas. C'est la ligne la plus courte d'un point à un
autre sur une surface donnée , qui jouit , comme on sait , de la pro-
priété d'avoir , en tous ses points , son plan osculateur normal à cette
surface ; et comme le dit très bien M. Jacobi , une même courbe ne
peut être, à la fois , une ligne de courbure et la ligne la plus courte
entre deux points donnés , à moins qu'elle ne soit une courbe plane.
Par inadvertance , j'ai énoncé , dans mon Traité de Mécanique (*),
cette proposition fausse, que si les deux points donnés se trouvent
sur une même ligne de courbure , cette ligne sera la plus courte ;
mais j'ai eu soin , dans mes cours , d'avertir de cette erreur qui m'est
échappée.
L'équation générale de la surface d'un ellipsoïde contient neuf
coefficients constants; si donc on donne un point M sur une surface
aussi donnée , on pourra toujours déterminer une infinité d'ellip-
soïdes qui aient en ce point , un contact du second ordre , avec cette
surface : trois des neuf coefficients resteront indéterminés ; mais ils ne

Tome II , page 300.


19..
144 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
suffiront pas pour élever ce contact au quatrième ordre , c'est-à-
dire , pour satisfaire aux quatre conditions que le quatrième ordre
exige de plus que le troisième. Au point M, le plan tangent, les plans
des sections normales de plus grande et de plus petite courbure, et
les rayons de courbure de ces deux sections , seront communs aux deux
surfaces. Si ce point est aussi donné sur l'ellipsoïde , que ce soit,
par exemple , un de ses sommets ; on pourra réduire à

++ = 1,

l'équation d'un ellipsoïde osculateur, en plaçant l'origine des coor-


données à son centre; prenant pour axe des z, la normale en Mà
la surface donnée , et les plans de ses sections de plus grande et de
moindre courbure , pour ceux des x et 2 , et des y et z; et désignant
par a , b , c , les trois demi-axes de cet ellipsoïde, dont les deux pre-
miers sont parallèles au plan tangent en M , et le troisième lui est
perpendiculaire. Ses deux rayons de courbure principaux au point
M, auront pour valeur a

C
et 62 ; en désignant par a et 6 ceux de la
surface donnée en ce même point , on aura donc
= ac , b² = 6c ;
ce qui fera connaître deux des trois demi-axes a, b, c , et laissera le
troisième indéterminé. Par conséquent , en un même point M, une
surface donnée a encore un nombre infini d'ellipsoïdes osculateurs ,
dont l'un des sommets est au point de contact; et cela aura égale-
ment lieu , lorsque la surface donnée sera elle-même un ellipsoïde ,
qui aura aussi le point M pour un de ses sommets.
Aux deux équations précédentes , on en pourra joindre une troi-
sième qui achèvera la détermination des trois quantités a , b, c . On
pourra , par exemple , supposer qu'on ait c= b; d'où il résultera
b= 6et a= √ab. L'ellipsoide osculateur sera alors une surface de
révolution dont l'axe de figure se trouvera parallèle au plan tan-
gent en M : il ne pourrait être parallèle à la normale ou perpendi-
culaire à ce plan, à moins qu'on n'eût a= 6. Si l'on fait succes-
sivement c= a et c= b , il en résultera deux ellipsoïdes'osculateurs ,
PURES ET APPLIQUÉES . 145
de révolution, mais différents l'un de l'autre; et l'un sera aplati, tandis
que l'autre sera allongé (*). On pourra aussi changer l'ellipsoïde oscu-
lateur en paraboloïde. Pour cela, si l'on transporte l'origine des coor-
données au point M , et qu'on mette , en conséquence , z - c au lieu
dez , dans l'équation de l'ellipsoïde , on aura
-

2cz + c ( + ) =0,
en y substituant aussi pour a et be leurs valeurs; en la résolvant par
rapport à z , on en déduit

z = c = c1 1-
+ );
et si l'on prend le radical avec le signe inférieur, qu'on le développe
suivant les puissances descendantes de c, et qu'on fasse ensuite c = 8 ,
il vient

z = a
+ ,

pour l'équation du paraboloïde osculateur. Mais , parmi toutes les


conditions que l'on peut ajouter à celles du conctact du second ordre,
l'équation nécessaire pour un contact du troisième ordre suivant une
direction déterminée , ne se trouve pas comprise ; car , dans tous les
sens autour du point M, la fonction tierce de z , qui répond à x = o
et y= o , est zéro pour l'ellipsoïde osculateur , et , en général, elle ne
l'est pour la surface donnée , que selon une ou trois directions déter-
minées par une équation du troisième degré , que l'on formera sans
difficulté. Cela établit une différence essentielle entre la sphère tan-

(*) Peut-être devrait-on, dans la géodésie , prendre pour l'ellipsoïde oscula-


trice en chaque point de la Terre , un ellipsoïde de révolution aplati ; ce serait
celui qui ressemblerait le plus en général , à la figure du globe , et qui la ferait
le mieux connaître , si l'on déterminait par l'observation , en un grand nombre
de lieux , les deux axes de cet ellipsoïde , et la direction de son équateur : ces
données de l'observation , jointes aux longitudes et aux latitudes , aux lon-
gueurs du pendule à seconde et aux élévations au-dessus du niveau des mers ,
formeraient les éléments complets de la Géographie mathématique.
146 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
gente et l'ellipsoïde osculateur : la sphère peut toujours être rendue
osculatrice, suivant une direction choisie à volonté; et le conctact
de l'ellipsoïde ne saurait être élevé à l'ordre supérieur , suivant
aucune direction pour laquelle il n'est pas naturellement du troi-
sième ordre .

Note du rédacteur.

La note de M. Jacobi , imprimée dans le Journal de M. Crelle , a pour


titre : Nota de erroribus quibusdam geometricis , qui in Theoridfunctionum le-
guntur. Pour la commodité de nos lecteurs , nous la transcrirons ici tout entière.
"
Demonstravi in aliâ commentatione , præter curvas planas extare nullas ,
»
quarum radii osculi curvam centrorum curvaturæ tangent, sive superficiem
»
evolubilem forment. Secùs putabat ill. Lagrange , qui in Theoriâ functionum
» (pag. , 229, etc. , Nº 35) conditionem analyticam exhibet , quæ ad hoc locum
>>haberi debeat, neque videt ter eam integratam in plani æquationem abire.
Sed vir illustris mox adeò ipsas lineas dupliciter curvas assignat, quæ illâ pro-
>> prietate gaudeant, scilicet lineas curvaturæ in datâ superficie : legimus enim ,
» (pag. 248 ) :
D'où il suit que les lignes , suivant lesquelles le rayon de courbure sera tan-
»

gent de la courbe des centres , sont les mémés que celles de la plus grande ou
»
de la moindre courbure ;
»
et mox , (pag. 245) :
» Iln'y aura sur une surface quelconque que ces lignes (les lignes de courbure)
>> qui puissent avoir une développéeformée par les rayons de courbure.
>> Scilicet nescio quo factum est, ut vir illustris normales superficiei putaverit
>> esse linearum curvaturæ radios osculi. Sanè normales ad superficiem, in punctis
lineæ curvaturæ ductæ , formant superficiem evolubilem , sed eæ non sunt lineæ
>> curvaturæ radii osculi. Novimus enim radios osculi curvæ, in superficie datâ
>> descriptæ , simul superficiei normales non nisi in lineis superficiei brevissi-
» mis esse .

>> Sequitur ex antecedentibus , in data superficie lineam curvature simul li-


"
neam brevissimam esse non posse , nisi sit curva plana. Nam normales ad su-
>> perficiem in punctis lineæ curvaturæ ductæ formant superficiem evolubilem ,
>> ideòque, cùm in lineis brevissimis normales superficiei sint curvæ radii osculi ,
»
radii osculi lineæ curvaturæ , quæ simul linea brevissima est , superficiem evo-
"
lubilem formant; undè sequitur curvain esse planam. Nam in alía commenta-
>>tione hujus diarii, t. XIV (zur Theorie der Curven) , sicuti supra adnotavi, de-
monstratum est, radios osculi formare superficiem évolubilem non nisi in curvis
>> planis. Exemplum habemus in meridianis superficierum rotundarum , quæ
>> sunt curvæ planæ, simulque et lineæ brevissimæ et lineæ curvaturæ . >>>
PURES ET APPLIQUÉES. 147

MÉMOIRE
Sur les surfaces isothermes dans les corps solides homogènes
en équilibre de température ;

PAR M. G. LAMÉ ,
Ingénieur des Mines, Professeur de Physique à l'École Polytechnique (*).

PRMIÈRE PARTIE .

$ I.

Lorsqu'un corps solide homogène est en équilibre de température,


sous l'influence de sources constantes de chaleur et de froid , contre
lesquelles sa surface est immédiatementappliquée, la température (V),
constante avec le temps , mais variable d'un point à l'autre de ce
corps , est, comme l'on sait, une fonction des coordonnées x , y, z,
qui satisfait à l'équation aux différences partielles
d2V d-V d-
V
(1) doc + d + dz
2
0.

Il existe alors dans ce corps des surfaces où la température reste


la même dans toute l'étendue de chacune d'elles. Ces surfaces d'égale
température peuvent être conçues représentées par une même équa-

(*) Ce Mémoire est extrait du tome V des Savans étrangers. Nous avons cru
devoir le réimprimer ici , parce que le recueil dans lequel il se trouve est peu
répandu et surtout parce que l'analyse ingénieuse dont l'auteur a fait usage ouvre
une route nouvelle dans le calcul des équations différentielles partielles.
(J. LIOUVILLE.)
148 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
tion , contenant un paramètre variable de l'une à l'autre, et de la
forme
F (x , y , z) = x ;
A étant ce paramètre , ou la fonction des coordonnées dont la valeur
numérique est constamment la même pour tous les points d'une sur-
face individuelle.
Toute fonction F n'est pas propre à représenter des surfaces d'égale
température pour un de tous les cas d'équilibre calorifique imagi-
nables ; elle doit satisfaire pour cela à une équation aux différences
partielles qu'il est facile de trouver.
Si cette fonction (F ou A) était connue, la température V devrait
pouvoir être représentée par une équation de la forme
V = φ (λ) ,

puisque Vet a seraient constants ensemble , variables ensemble , dans


toute l'étendue du corps proposé. On aurait d'après cela
dV dV da dV dV dV d'a
= da dox dx2 dx ( +
dx dxdx2
dV dV da
= =
dy dre (dy) + da da, alloupest
sincianos
93 bentusV dV da deV dVd dV da
dzdadz ' dzdλ (dz) + da dz 100

et par suite l'équation ( 1 ) pourrait être mise sous la forme


2
dV 2

[( ) + ( ) + ( ) ] + ( dz ++
dya ) = [Link]

11
Or, dVdVmat

et dλ ne contenant d'autre variable que x , le quotient

{ ( ++ ) : [ ( ) + ( ) + ( ) ] } ,
devrait jouir de la même propriété. Ainsi la fonction doit satisfaire
à une équation différentielle de la formen को
97750 taob seasiosna 20
2 2
doλ d
(2) de +++(3) [( ) + ( ) + ( )] = 0,
dz dx dz
dya
PURES ET APPLIQUÉES. 149
(↓ étant une fonction arbitraire de A) , pour que l'équation (x = c)
puisse représenter un système de surfaces isothermes.
I do (λ) on aura
En remplaçant (2) par (1) dλ
,

d-V do(x) dV
(λ) + αλ αλ
= 0,

d'où en intégrant deux fois


λαλ
V = A + A'.
λο φίλ)

Si le corps proposé est limité par deux surfaces représentées par


les équations λ=a , x = a' , entretenues à des températures données
Tet T' , on aura , pour déterminer les deux constantes A et A' , les
deux équations

T = AS + A' , T = AS λο + A' ,
d'où
T -T
A=
αλ α αλ'
Sada- da
λοφ λο

et
T - T
A'T-
α' αλ -
α' αλ Sada;
λο

λοφ λο 이
en sorte que l'équation
T-T a da
(3) V = T+
= + a
λοφ
-

λοφ )
S λοφ
-

donnera la température V, correspondante à une surface quelconqueλ.

§ II.

On voit que dans le cas particulier d'une enveloppe solide , dont


les parois intérieure et extérieure seraient entretenues à des tempéra-
tures constantes, mais différentes de l'une à l'autre , la loi des tempé-
ratures stationnaires serait connue , si l'on pouvait déterminer à priori
20
Tome II. - AVRIL 1837 .
150 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
l'équation générale des surfaces isothermes qui correspondent à ce
cas .

Les surfaces des parois devant être deux d'entre elles, le problème
consisterait à intégrer l'équation (2), et à déterminer les formes ou
constantes arbitraires que contiendrait la fonction a, de manière que
pour deux valeurs numériques données au paramètre c, l'équation
A = c représentat successivement les surfaces des parois. Mais la so-
lution analytique de ce problème serait généralement aussi difficile
à trouver que celle qui consisterait à intégrer directement l'équation
(1) , et à déterminer les fonctions arbitraires de l'intégrale V, de ma-
nière qu'elle devînt numériquement égale à T ou à T' pour tous les
points des parois de l'enveloppe.
Les cas simples d'une sphère creuse et d'un cylindre creux indéfini
à base circulaire , dans lesquels l'épaisseur de l'enveloppe solide serait
partout la même , sont les seuls où la détermination préalable des
surfaces isothermes n'offre aucune difficulté. Pour tout autre cas , les
parois, quoique toujours comprises parmi ces surfaces , doivent le
plus souvent s'en distinguer par quelque propriété singulière , et en
quelque sorte ombilicale , qui n'appartienne pas à toutes les autres
surfaces d'égale température de l'intérieur de l'enveloppe.
Il ne suffirait pas , pour éloigner cette circonstance qui complique
la recherche directe de l'équation générale de ces surfaces, que les
parois appartinssent à la même famille , et que leurs équations , de
même forme et du même degré , continssent le même nombre de
paramètres ; car, dans ce cas , qui paraît beaucoup plus simple au
premier abord que celui où les parois seraient dissemblables, on ne
pourrait pas conclure , en général , que les surfaces d'égale tempéra-
ture dussent être directement représentées par des équations de
même forme et du même degré que celles des surfaces qui limitent
l'enveloppe solide. Par exemple , dans un ellipsoïde creux , dont la
paroi interne serait semblable à la surface extérieure , les surfaces
isothermes ne seraient pas nécessairement des ellipsoïdes semblables
aux parois , ni même des ellipsoïdes .
PURES ET APPLIQUÉES . 151

§ III .

Les conditions nécessaires pour que la forme commune des équa-


tions des deux parois soit réellement celle qui appartient aux surfaces
d'égale température , peuvent se déduire analytiquement de la vérifi-
cation de l'équation (2) .
En prenant cette forme pour l'équation générale des surfaces cher-
chées , on regardera toutes les constantes qu'elle contient comme des
fonctions inconnues du paramètre ; on en déduira , par des diffé-
rentiations convenables , les coefficients différentiels partiels de ce
paramètre ; après les avoir substitués dans l'équation (2), on posera
les relations nécessaires pour qu'elle soit satisfaite , quelles que soient
les coordonnées ; si ces relations entre les variations des constantes
arbitraires ne sont pas incompatibles , leurs intégrations feront con-
naître comment le paramètre a doit entrer dans les constantes de la
forme proposée , pour qu'elle puisse représenter les surfaces d'égale
température; enfin , il faudra que deux valeurs numériques données
à ce paramètre puissent rendre l'équation générale successivement
identique avec les équations des deux parois.
Si cette vérification ne réussit pas, il faudra en conclure que , dans
le cas considéré , les surfaces isothermes de l'intérieur de l'enveloppe
doivent être exprimées par une équation différente , et probablement
plus compliquée que celle des parois ; et que ces dernières ne rentrent
dans l'équation générale que par la disparition de certains termes ,
essentiels pour toute autre surface individuelle.

§ IV.
J'appliquerai cette méthode au cas où l'enveloppe est limitée par
deux surfaces du second degré ayant même centre , leurs axes prin-
cipaux étant de plus situés sur les mêmes droites. Leurs équations
seront de la forme
I.
(
4 ) mx² + ny + pz'

Il s'agit de trouver comment les constantes m, n, p , doivent con


20..
152 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
tenir a , pour que l'équation (4) puisse représenter , par la variation
successive de ce paramètre , toutes les surfaces d'égale température de
l'intérieur de l'enveloppe proposée.
On regardera donc m , n , p, comme des fonctions inconnues de λ,
ce qui donnera

2mx + (m'x² + n'y² + p'z²) = 0,
:
dm dam
m
'
(m = dλ' m =
m =
αλ .... )
2

2mx + 4m'x +(m'x' + n'y² + p"z") (d ) dx


+ (m'x* + n'y* + p'z*) dx = o , etc.
et par suite
m²x² + n²y² + p²z²
( ) + (dy) + ( )
dx
=
4 (m'x²+ n'y² + p'z²)
2

'

d ďa ďa m+ n+P (m'x²+n'y²+p'z²) -2 (mm'x²+nny +pp'z')


2

dx²+ dy + dz (m'x² + n'y² + p'z*)*


-
(m²x² + n²y + p2z²) (m"x² + n"y² +p"z²)
(m'x² + n'y² + p's²)3
= et en
L'équation (2) devient alors , en faisant ↓ 음 ,
posant , pour

m + n+ p
simplifier, =L :
2

{ [(L - 2m) m'* + m'm²] + m²m'p' } x4


+ { [ (L - 2n) n'² + n'n² ] + n'n'o' }y4
+ { [ (L - 2p ) p + p"p² ] + pp'o' } z4
+{ [2 (L-m-n) m'n' + m"n²+n"m²]+ (m²n' + n*m')¢' } x²ya
+ { [2 (L - n-p) n'p' + n"p² + p"n²] + (n*p' + p*n') φ' }y*z*
+{ [2 (L-p-m)p'm' +p"m² + m'p²] + (pm' +m*p')¢' } z*x* = 0 .
Cette dernière équation devant être satisfaite quelles que soient les
PURES ET APPLIQUÉES . 153

valeurs des coordonnées , on devra avoir les six relations


[(L - 2m) m'² + m"m²] + m²m'o' = 0 ,
2

[ (L-

2n) n'² + n'n²] + nn'o' = 0 ,


[(L - 2p) p + p"p²] + pp'φ' = 0 ,
[ 2 (L - m - n) m'n' + m"n* + n'm*] + (m*n' + n^m') ¢' = 0 ,
2

[ 2 (L - n -p) n'p' + n"p² + p"n² ] + (np' + pn') φ' = 0,


[ 2 (L - p - m) p'm' +p"m² + m"p²] + (( pm' +m²p') ' = 0 .
I I

Ou bien , en posant m = , n == , p = C

2
La' * = a" + α'φ' ,
Lb'* = b" + b' ' ,
Lc' = c" + сф' ,

2La'b' + 2 (a - b) ( - ) ] =
[2La'b' (a + b ") + (a' + b') φ' ,

[2Lb'c' + 2 (b − c) ( - ) ] = (b" + c') + (b' + c') ' ,


[2Lcd +2(ca) ( - )] = (c" + a") + (c + a) φ'q'..
2Lc'a'

Les trois premières donnent, par l'élimination de φ ' les relations


a
" 6
"
=
L (a' -

b') =
a ,

b" =
e
"
L (b' -
c') = চ ,

C" a"
-

L (c' a') = 어 =
a

en outre, si l'on retranche chacune des trois dernières d'un couple


convenable des premières , o' et o se trouvent encore éliminés , et
l'on a

L (a' -

b') = 2 (α' -

6) ( - ),
L (b' -
c') =
2 (6
' -

c) ( - ),
L(c' - a') = 2(c' - a') ( - ).
154 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
Or , il est aisé de voir que les six dernières relations ne peuvent
admettre d'autre solution que celle indiquée par les équations
d= b = c' , d'où a" b
" с
".

Tout autre système de valeurs conduirait à des expressions indépen-


dantes de A pour m , n , p .
I I I

Ainsi , les constantes a , b , c , ou m' n , doivent être égales à


P

une même fonction quelconque de A, augmentée ou diminuée de


constantes différentes. On aura donc les valeurs les plus générales de
m , n , p , en posant
1 I I
m n
λ
,
λε P λ

où bet c sont deux lignes déterminées et constantes. On peut sup-


poser, sans troubler cette généralité , que la constante e soit plus
grande que b.

SV.

Mais l'équation (4) représentant des surfaces très différentes , sui-


vant que sera plus grand que b etc, plus grand que b mais plus
petit que c, ou à la fois plus petit que cet b , il convient de séparer
ces trois cas différents. Désignons par u , v , p , les valeurs de a qui
leur correspondent : on aura les équations
X2 ya za
+ e
I,
μ
X + ya z

(5) y -62
-

2 = 1,
2
x² y z
- -

2 2 2 = 1 ,
C ९

pour représenter trois systèmes de surfaces isothermes compris sous


la forme générale (4) .
Toutes les surfaces de chaque système , et même celles des trois
systèmes réunis , ont pour éléments constants de l'une à l'autre , les
PURES ET APPLIQUÉES. 155

distances focales 26 , 20, 2 Vc - b , de leurs sections principales


faites par les mêmes plans coordonnés.
Ainsi, lorsqu'on entretient à des températures constantes les parois
d'une enveloppe solide , terminée par des ellipsoïdes , dont les sec-
tions principales ont les mêmes foyers, les surfaces d'égale tempéra-
ture , dans l'intérieur de cette enveloppe , sont encore des ellipsoïdes
ayant les mêmes foyers que les précédents.
Si l'enveloppe a pour limite deux hyperboloïdes à une nappe
indéfinie , de mêmes foyers , ses surfaces isothermes seront encore
des hyperboloïdes de même espèce et assujettis à la même condition.
Enfin , si les parois indéfinies de l'enveloppe sont les moitiés de
deux hyperboloïdes à deux nappes ayant mêmes foyers , ses surfaces
d'égale température seront toutes des moitiés d'hyperboloïdes de la
même famille.
On peut vérifier , comme on le verra plus bas , que dans chacun
de ces trois cas les parties homologues des surfaces isothermes du
même système sont effectivement traversées par la même quantité de
chaleur dans le même temps. Mais avant d'entreprendre cette vérifi-
cation , il convient d'étudier de plus près le système des trois équa-
tions (5) .

S VI .

Si l'on imagine sur l'axe des x, quatre points B , B' , C, C' , dis-
tants du centre ou de l'origine O , de quantités OB = OB' = b ,
OC=OC'=c , les points B et B' seront les foyers de toutes les courbes
du second degré , traces sur le plan des xy, de toutes les surfaces
représentées par les équations (5) ; et les traces de ces mêmes surfaces
sur le plan des x z, auront toutes pour foyers les points C et C'.
J'appelle les points B , B' , C, C' , les foyers des surfaces du second
degré à axes inégaux, représentées par les équations (5). Ces foyers
étant donnés , ainsi que le paramètre u , v , ou p , de l'une de ces
surfaces , elle est entièrement connue de forme et de grandeur.
Un point quelconque de l'espace , correspondant aux coordonnées
orthogonales x , y, z , sera situé sur trois surfaces appartenant res-
pectivement aux trois systèmes (5), et ayant pour paramètres les
$56 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
valeurs de μ , ν , ρ , que l'on déduirait des équations (5) , en fonction
de x , y, z .
Il suit de là que l'on peut regarder les trois paramètres variables
μ , ν , ρ , comme composant un nouveau genre de coordonnées. Un
point de l'espace est alors donné par l'intersection d'un ellipsoïde et
de deux hyperboloïdes, l'un à une nappe , et l'autre à deux nappes ,
ayant tous trois les mêmes foyers , B , B' , C , Cʹ .
Je donnerai aux trois variables μ , ν , ρ , le nom de coordonnées
elliptiques ; et j'appellerai surfaces homofocales toutes celles qui sont
représentées par les équations (5) .
Les trois coordonnées orthogonales x , y, z , sont liées aux coor-
données elliptiques , μ , ν , ρ , par l'équation (5) , ou par les suivantes,
que l'on obtient par des éliminations convenables :
bc.x = μνρ ,
2

(6) b√c − b.y = Vu² − b² Vi* − b* √b* — p» , ν

c√c - b.z = Vu² - c² Vc²-


C-
VC - P.
Ces formules démontrent que si l'on imagine, en un point quel-
conque de l'espace, les trois surfaces homofocales qui y passent,
chacune des coordonnées orthogonales de ce point sera égale au
produit des trois demi-axes de ces surfaces qui ont la même direc-
tion qu'elle , divisé par le rectangle des deux demi-distances focales
correspondantes à toutes les sections principales de ces mêmes sur-
faces , dont les plans sont parallèles à cette coordonnée.

S VII.

Les plans tangents aux troissurfaces (5), au même point (x,y, z,)
ou ( μ , " , ρ) , ont pour équations
XX + yy zz
'
C2 = 1 ,
6+ μ acob insis
mebang shite spoeyyidah -
z
+ 2 = 1,
opinjog all
-
2
-
C
PURES ET APPLIQUÉES. 157
ces trois plans sont perpendiculaires entre eux , car les valeurs de
x, y, z , données en u , v , p , par les équations (6) conduisent aux
identités

x² z

μνα + )( - ) - ( - )( - ) = 0 ,
(μ² - b²)
x z?
-

ν
2

( b) (b 2

) + ( - )( - ) = 0 ,
x² ya z2
-

= 0,
β'μα (0-2) ( μ² -b" ) (с" - ρ" ) ( μ² - с²)

relations qui expriment que les eosinus des angles de ces plans sont
nuls .
Ainsi , une surface quelconque de l'un des systèmes (5) coupe nor-
malement toutes les surfaces des deux autres systèmes.

S VIII .

Considérons particulièrement un des ellipsoïdes au paramètre u ,


représenté par la première des équations (5). En un quelconque de
ses points passent deux hyperboloïdes , l'un à une nappe et l'autre à
deux nappes , ayant les mêmes foyers que cet ellipsoide, qui sont
perpendiculaires à sa surface , et qui se coupent conséquemment sui-
vant une courbe à double courbure normale à l'ellipsoïde proposé.
Soit M' un point de cette intersection voisin de M, et situé sur un
second ellipsoïde infiniment voisin du premier et ayant pour para-
mètre μ + δμ ; soit MM'= ds , et représentons par dx , dy , dz , les
projections de cet élément linéaire sur les trois axes. Il est évident
qu'en passant de Mà M' , vet prestent constants ; u est donc la
seule coordonnée elliptique qui varie. D'après cela les équations (6)
donneront
bcdx = νρδμ ,
2

b Vc² - b² . бу = ,

✓μ²- 62
[Link] = MVC - VC-
✓μ" -C2
-

On en conclura facilement l'expression de l'élément linéaire....


Tome II . -

MAI 1837. 21
158 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
MM' = ds = Ѵбх² + бу + dz*; on trouve ainsi, toute réduction
faite ,

ds= 2
δμ.
✓μ²-b² /μ² -

Pareillement , si l'on désigne par ds' l'élément de la courbe d'inter-


section de l'ellipsoïde et de l'hyperboloïde à deux nappes aux mêmes
foyers , qui passent en un même point , on aura
ds
'=
VbVc² - 2

Enfin, si ds" est l'élément de la courbe d'intersection de l'hyper-


boloïde à une nappe et de l'ellipsoïde homofocaux correspondants à
un même point de l'espace , on aura
2

ds" = √μ* - *
V6 - g
62
* - * δρ.
Vc² -
2

Si donc s , s' , s", représentent les longueurs finies variables des


courbes d'intersection aux éléments ds , ds' , ds" , s variant avec u
seulement , s' avec v, s" avec p, on aura pour déterminer ces trois
fonctions les trois intégrales suivantes :
2
μ
S =
2
δμ,
2 2

(7) S =
Sib ✓μ² -
V² - b²
-
-
δν, y2
2 2 - 2
-
= P μ y
S!" δρ .
S• 62 -
Vb
2

VC-

§ IX.

Toutes les courbes s' , s", suivant lesquelles un même ellipsoïde


est coupé par tous les hyperboloïdes ayant mêmes foyers que lui , ne
sont autres que les lignes de courbure de sa surface. Il s'agit ici de
vérifier ce théorème important : les équations de la normale à l'el
PURES ET APPLIQUÉES . 159
lipsoïde, au point (x , y, z) , sont
μεζ (x' - x) = (μ² - c²) x(2' -z) ,
μ°γ (x' - x) = ( μ² - b²) γ (γ
' -γ) ,
si cette droite est rencontrée en (x' , y' , z'), par la normale infini-
ment voisine , correspondante au point (x + dx , y+ dy, z + dz) ,
on devra avoir

μ² (zdx - xdz) x' + c²xdz = 0 ,


μ' (ydx- xdy) x+ b*x* dy = 0 ;
car ces dernières équations s'obtiennent en combinant les équations
de la normale , avec celles qu'on en déduit par la différentiation de
x , y, z. L'élimination de l'abscisse x' du point de concours supposé
des deux normales voisines conduit à la relation
-

: b. (zdxxdz) = c ( dxxdy),
ou

(8)... ( - ) = ( - ),
dx
C
dy dx

à laquelle doivent satisfaire les différentielles dx , dy, dz , pour que


les normales voisines soient dans le même plan. Cette relation ,
combinée avec l'équation différentielle de l'ellipsoïde , représente ,
comme on le sait, les lignes de courbure de sa surface.
Maintenant , lorsqu'on chemine sur une des courbes s' , μet pcon-
servent les mêmes valeurs, et v varie seul ; alors on a par les équa-
tions (6)
dxdv dy y dz
===
X y Z

dx dy dz
or ces valeurs de x
, rendent identique l'équation (8) ; les
Z

courbes s' forment donc un des systèmes de lignes de courbure de


l'ellipsoïde.
Pareillement lorsqu'on suit une même courbe s" , u et v restent
constants , et e varie seul; les équations (6) donnent alors
21 ..
160
JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
dx dz
dy ९ ९
X
= , y = 고은데 , 62
, Z
= ;

expressions qui rendent encore identique l'équation (8); les courbes


s" forment donc le second système de lignes de courbure de l'ellip-
soïde.

On peut énoncer ces propriétés d'une manière plus générale , en


disant que toutes les surfaces homofocales de deux quelconques des
trois systèmes (5) rencontrent normalement une surface courbe quel-
conque du troisième système , et tracent sur elle toutes ses lignes de
courbure.

Revenons maintenant à la question physique, et cherchons quelle


sera la loi des températures stationnaires d'une enveloppe solide dans
laquelle les surfaces d'égale température seront représentées par l'une
des trois équations (5) . Considérons d'abord le cas où ces surfaces
sont des ellipsoïdes. Il faut d'abord trouver la valeur de la fonction
↓ (λ) , qui rend identique l'équation (2). Si l'on pose dans l'équa-
tion (4) , et dans les relations que nous en avons déduites par la
différentiation , chastlottnerethe end cristaitaa tasviob allonpala
λ = μ, m = n
p =
μ

on trouve

2
m 39
n = p'
43, (ρμ²- 02)22
μ (μ² - c ) 200
1
I I
-

m² =

m' , n =

, p=

et par suite
‫ادم‬ (3) 2
n

icijcop (Lm) m² + m'm² = m'


-

( 上),
(L - 2n) n' + n"n² = n'
n ( +P) , 2

(L - 2p) p + p"p" = p'" ("


+P), 2
PURES ET APPLIQUÉES . 161

n+P
p
2(L - m -n)m'n' + m'n² +n'p² = 2m'n' (2+ ),
n +p
2 n' + p'n' =
-n - p) n'p' + n'p 2n'p' ("+P), 2

n+ p
2 (L - p - m)p'm' +p"m² + m"p² = 2p'm' (2+P),
d'où l'on conclut
2 2 2
I

( ) + ( ) + ( ) == ++ dz

( 2-62)2
z2

( ² - 2)2
,

d d d I I I

+ dy2 dz 2 2 ,
dx
++ =( 1 + 1 ) ( ++ μ
μ
(μ² - )
2

ce qui donne , pour ↓ (λ) ou ↓ (μ) :


" = (1 ) μ
" + μ

C2

La fonction étant connue , on en déduira la fonction en inté-


grant l'équation
I do μ μ

du
= + = μ
+ μ

ce qui donne
φ (μ) = √μ² - b* √μ² - c² .

La température V sera enfindonnée, soit par l'équation différen-


tielle

(9). du Vu² - b² Vu² - c² = A ,


soit par l'équation intégrale
21

μαμ abiano
thday LA + B.
(10). Af ipp'twel
15

On trouvera aussi que pour le second des trois systèmes de sur


162 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
faces d'égale température représentées par les équations (5) , on a
↓ (1) = 2

(v) = -b Vcv ,
(9). dv VA ,
dv
+ B.
(10), V = AS Vv²- b² V

Enfin , dans le cas où l'enveloppe solide aurait pour surfaces d'égale


température les hyperboloïdes à deux nappes représentés par la
troisième des équations (5), on aura
९ ९
+ (p) = - - c .
,

(p) = √b -pc - p ,
dV
(9)..... dę √b - √c -p = A ,

(10)....
V = ASV
VbVc- + B.
Ainsi la température stationnaire, et variable d'un point à l'autre,
dans les trois genres d'enveloppe dont les surfaces isothermes sont du
second degré et homofocales, est exprimée par une transcendante
elliptique de la première espèce; et les trois variétés de cette trans-
cendante correspondent respectivement aux trois cas que nous avons
considérés .

§ XI.

Nous pouvons maintenant vérifier que dans chacun de ces cas


toutes les surfaces isothermes sont traversées par la même quantité
de chaleur dans le même temps , lorsque la température varie de
l'une à l'autre , suivant les lois qui viennent d'être trouvées.
Considérons d'abord l'enveloppe ellipsoïdale. La quantité de cha-
leur qui traverse l'élément de volume compris entre deux ellipsoïdes
infiniment voisins , ayant pour paramètres u et μ + du , et les
courbess, correspondantes aux différents points du périmètre d'un
PURES ET APPLIQUÉES . 163

élément do , de la surface de l'ellipsoïde ( u) , aura évidemment pour


expression
K
du s dw";
K étant le coefficient de la conductibilité intérieure , de la matière
dont l'enveloppe est composée.
Il s'agit d'intégrer cette expression pour toute la surface de l'ellip-
soïde u ; or , cette intégration peut se faire de deux manières : en
exprimant l'élément da en coordonnées orthogonales , ou en coor-
données elliptiques.
En employant les coordonnées orthogonales , on remarquera d'a-
bord que os est égal à la partie de la normale à l'ellipsoide (μ)
comprise entre les deux ellipsoïdes qui limitent la couche considérée,
en sorte que si dx , dy, dz , sont les projections de ds sur les axes ,
on a

z 2
y
μα C2 x = μ² 8 , μ 62 бх = бу,
d'où

μα Z2
ds=
=
x
dx ++
(pe²-b²)2 (μ²
29
²)2
δα δμ
ou , en remarquant que comme l'indiquent les équations
=
μ
,

(6), puisque sur la courbes, vet prestent constants


x

δε = μ μ +++ δμ ,
ce qui donnera
I
δμ
=
δε z2
μ ++
+ ( 262) + (μ²²)

Quant à l'élément de surface do , sa valeur est


z

do = μ²- dxdy 2 μα
++
164 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
on peut donc poser
dV δμ dw = K dV μ² - c² dxdy
K •

du Z
αμ δε μ

Ou bien , en remarquant que l'équation de l'ellipsoïde donne


Z
-
ya
= I-

μ
μ²-629
on aura
2

K
=
K
dV Vμ²- c² dxdy
du ds du μ y2
V -

μα

L'intégration de cette expression , par rapport à y, conduit à l'in-


tégrale indéfinie
y
62
dV V²
-b² - arc sin μ
K
du
Vi μ
2
+
const.)dx,
qui doit être prise de
I-
( b2 - I-
) (
2

+ ),
ce qui donne
πΚ
dV /μ² - b² /μ²² ax,
du и

Enfin l'intégration par rapport à x , de (x=-µ) à (x=+μ),


donne définitivement , en doublant le résultat , pour la quantité de
chaleur cherchée
dV
4πΚ
du
Vu² - b² Vu²²,

ou , en vertu de l'équation (9),


ΑπΚΑ .

Cette quantité de chaleur est donc constante, quel que soit u, ou


quelle que soit la couche ellipsoidale considérée.
PURES ET APPLIQUÉES . 165

§ XII.

En employant les coordonnées elliptiques , on substituera à l'élé-


ment do , le rectangle s'ds" , et l'on aura [équations (7) ] ,
dV
K dvd 85' 8 "=Kdv (v² — д² ) буде
du ds VC- V6 VbVc-

Cette expression devra être intégrée de v = bàv = c , de p = o à


p= b , et ensuite multipliée par 8, pour avoir la quantité de chaleur
cherchée , qui sera , en vertu de l'équation (9)。 ,
(να - ρ") бубе
SKASSbVbVcv² Vb -
0 y2 V

Sous cette forme cette quantité totale de chaleur est encore indépen-
dante de u , ou de la couche ellipsoïdale considérée.
Son expression différentielle
ΚΑ (νο – ρ²) διδε
2 2

est elle-même indépendante de u. Ainsi , si l'on considère à travers


F'enveloppe proposée, un canal infiniment délié, ayant pour axe une
courbe s , et pour section normale le rectangle s'ds", dont la
grandeur varie avec u , ou d'une couche ellipsoidale à la suivante ,
ce canal laissera écouler une même quantité de chaleur dans le
même temps , par toutes ses sections normales; et ses parois , qui
appartiennent à quatre hyperboloïdes aux mêmes foyers , infiniment
voisins deux à deux , ne seront traversés par aucune molécule calo-
rifique. Sous ce point de vue, on peut appeler ce canal unfilet de
chaleur , et la différentielle qui précède donne la dépense de cefilet
pendant l'unité de temps .
§ XIII.

Soit toujours da un élément de la surface de l'ellipsoïde (μ) ;


la quantité (AQ) qui le traverse sera égale à la dépense du filet de
Tome II . -MAI 1837. 22
166 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
dw
section s'ds" , multipliée par le rapport ; elle est donc , d'après
les équations (7) , égale à
KAdw
AQ = 2

Si l'élément dw", conservant toujours la même grandeur , est suc-


cessivement placé aux extrémités des trois axes de l'ellipsoïde (μ),
l'expression précédente prendra les trois formes suivantes :
1. A une des extrémités du grand axe au, où x = 4 , y = 0 ,
z= 0 , et v = c , p= b , elle devient
KAdw
Δ'Q = ;
✓μ²² ²-

2°. A l'extrémité de l'axe moyen , où x= 0 , y= Vp²-b² , z= 0 ,


etv = c , p 0,
KAdw
Δ"Q =
μ✓μ²-
3º. Enfin à l'extrémité du petit axe, où x=0 , y=0 , z= V -c* ,
et v= b , p = 0 ,
KAda
AQ =
μ V po - 63 21938, lucy 19 14 edupo
On déduit de la

2
Δ
A'Q : "Q : AQ :: μ : √µ² - b² : V - C
c'est-à-dire que lesflux de chaleur aux extrémités des axes d'une
méme surface ellipsoidale d'égale température ont des intensités res-
pectivement proportionnelles à ces axes.
psi ob stino'l inabusc
§ XIV.

En égalant les deux expressions trouvées pour la quantité totale de


chaleur qui traverse une surface ellipsoïdale quelconque d'égale tem-
pérature , on obtient

1
PURES ET APPLIQUÉES. 167
b C
(v²-g )dvde
SS b VbVcVb - g Vc²²
2
'

ou
b
de
C v'dv

0
Vc-e b Vyb2 Vc²- y²
b C dv
ędę
2 2
0
Vc-g b 62
V²-b²²²
ou bien encore

b
dę cb
dv
2
b
0 Vy
dv
bb -e

k
+ 2
• Vc-g bVbVC-y

Ces relations peuvent se démontrer directement (voyez la note placée


à la fin de ce mémoire); toutefois la facilité avec laquelle elles se dé-
duisent de l'analyse précédente mérite d'être remarquée.
Le genre de coordonnées u, v, p, auquel on est conduit en traitant
la question physique qui nous occupe , paraît même devoir fournir
les éléments d'une sorte de trigonométrie elliptique , dont l'objet se-
rait de démontrer géométriquement , et d'une manière simple , quel-
ques formules qui lient entre elles les différentes espèces de trans-
cendantes elliptiques. Et, comme un autre exemple de ce nouveau
mode de démonstration , on remarquera que le volume d'un ellip-
soïde (μ), ou le produit μ √μ²-b² Vu²- c² de ses trois axes, mul-
tiplié par 17, doit être égal à huit fois l'intégrale triple......
sssdsds'ds", prise entre les limites extrêmes des variables indépen-
dantes u , v, p ; ce qui conduit à l'intégrale suivante , définie en v
et p , indéfinie en μ ,
b C
μ (μον²) ( *) (μ²- ") dudde
SSiste
✓μ²-b² /μ²-c² V²-b² Vc -y² Vb -g Vce
0

= μμ²-b² √μ²-c ;

laquelle peut se décomposer en une somme algébrique de triples pro-


duits de transcendantes elliptiques .
22
168 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES

§ XV.

Dans le cas de l'enveloppe dont les parois sont deux hyperboloïdes


à une nappe , ayant mêmes foyers , la quantité de chaleur qui tra-
verse , dans l'unité de temps , le parallélépipède dsds", compris entre
deux surfaces d'égale température infiniment voisines , a pour ex-
pression
K dV dv dsds" ;

ou , en substituant les valeurs de ds , ds', ds",

K
(μ²– ρ²) δμδρ
VbVo ,
Vμ²-b² /μ²- VbgVc -g

ou enfin, en ayant égard à l'équation (9) ,


KA (μ²-8") δμδε :

✓μ²-b² /μ²- c² Vb- e Vc-e


elle est donc indépendante de v , et par conséquent de la surface iso-
therme considérée .
Ainsi , dans le canal infiniment délié dont l'axe et les arètes sont
des courbes s', les sections dsds", perpendiculaires à ses parois et de
grandeur variable , sont toutes traversées par la même quantité de
chaleur dans le même temps. Ce canal forme un filet de chaleur dont
la différentielle qui précède exprime la dépense.
Enfin dans le cas de l'enveloppe terminée par deux moitiés d'hy-
perboloïdes à deux nappes aux mêmes foyers , la quantité de chaleur
qui traverse , dans l'unité de temps , le parallélépipède dsds' est
αν δε δεδ
Kde ds"
dV
=K (μ²-ν²) δμδν
dp vb -p* c*-P - V -CV - VC y
,

ou enfin, d'après l'équation (9), :.


PURES ET APPLIQUÉES . 169

(μ²-ν²) δμδν
ΚΑ 2

Cette quantité est indépendante dep , ou de ce qui particularise la


surface isotherme. Ainsi, dans le canal aux arètes s" toutes les sections
ds'ds , quoique différentes , sont cependant toutes traversées par le
même flux de chaleur. Ce canal est donc un filet de chaleur dont la dé-
pense est exprimée par la différentielle précédente.
Il résulte de ces vérifications que les équations (10). , (10),, (10),,
représentent réellement les températures stationnaires dans trois gen-
res d'enveloppes dont les parois sont des surfaces du second degré
ayant mêmes foyers, et entretenues chacune à une température cons-
tante dans toute son étendue , mais différente de l'une à l'autre de ces
parois.
§ XVI.

Si l'espace solide en équilibre de température était terminé par


deux paraboloïdes de même espèce , dont les axes seraient dirigés sur
la même droite, et dont les sections principales auraient les mêmes
foyers , il résulte évidemment des différents cas qui viennent d'ètre
traités , et des transformations connues pour passer d'une espèce de
surface du second ordre à une autre , que les surfaces d'égale tempé-
rature dans le solide proposé seraient des paraboloïdes de même es-
pèce que les parois, et assujettis aux mêmes relations de forme et de
position.
§ XVII.

Si b = c dans les équations (5) , la première représente des ellip-


soïdes de révolution autour de leur grand axe , et les ellipses méri -
diennes de tousces ellipsoïdes ont les mêmes foyers ; la troisième équa-
tion représente des hyperboloïdes de révolution à deux nappes ayant
mêmes foyers ; quant à la seconde , devant toujours être compris
entre bet c, on posera c = b + b*, * = b + A , v et Ab
étant des quantités infiniment petites , dont le rapport fini peut varier
170 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
avec Av ; la seconde des équations (5) deviendra alors
) == ( ,

et représentera deux plans méridiens quelconques des surfaces de ré-


volution des deux autres systèmes .
En posant b = c dans les équations (9), et (10)., elles deviennent
dV
αν(μ. - c ) = A ,
A μ -C

V = log μτα
C
+ B,
pour la température stationnaire des différents points d'une enveloppe
terminée par deux ellipsoïdes de révolution autour de leur grand
axe , ayant mêmes foyers , et entretenus chacun à une température
constante.

En faisant b c dans les équations (9), et (10),, elles donnent


dV
(c - p²) = A,
A c+ ę
V= log c- + B,

pour exprimer la température variable d'un point à l'autre d'une


enveloppe solide terminée par les moitiés de deux hyperboloïdes de
révolution à deux nappes , ayant mêmes foyers.

§ XVIII.

Si bo dans les équations (5) , la première représente des ellip-


soïdes de révolution autour de leur petit axe , dont les ellipses méri-
diennes ont toutes les mêmes distances focales; la seconde représente
des hyperboloïdes de révolution à une seule nappe , assujettis à la
même relation de forme et de position; quant à la troisième, p de-
vant toujours être moindre que b , on y substituera à be et på deux
PURES ET APPLIQUÉES . 171

quantités infiniment petites Ab et ap ; elle deviendra alors

( -1) x = y ,
I

et représentera deux plans méridiens quelconques des surfaces de ré-


volution des deux antres systèmes .
En posant bo dans les équations (9), et(10). , elles deviennent
dV
μνμ c = A,
du
A
V = arc (cos = ) + B.
C

Telle est la loi des températures dans une enveloppe solide terminée
par deux ellipsoïdes de révolution autour de leur petit axe , dont les
coupes méridiennes ont les mêmes foyers, lorsque chacune de ces
parois est entretenue à une température constante , mais différente de
l'une à l'autre paroi.
En faisant b = o dans les équations (9), et (10),, elles donnent
dV
2

VVC - ² = A ,
V =
A log (++ B ),
pour la loi des températures stationnaires d'une enveloppe solide
assu-
terminée par deux hyperboloïdes de révolution à une nappe ,
jettis aux mêmes relations de température et de forme que les parois
du cas précédent.
Il est remarquable que dans l'enveloppe ellipsoidale de révolution
autour du grand axe , dont la surface est évaluable en arc de cercle,"
la température soit exprimée par un logarithme; tandis qu'au con-
traire , dans l'enveloppe formée par la révolution de deux ellipses
homofocales autour de leurs petits axes , dout la surface est donnée
par logarithmes , la température est inversement exprimée par un
arc de cercle .
172 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES

§ XIX.

Si l'on considère le cône comme la limite d'un hyperboloïde à une


nappe ou à deux nappes , on peut déduire de l'analyse précédente la
loi des températures stationnaires de tous les points d'une enveloppe
dont les parois seraient deux cônes obliques du second degré , ayant
le même sommet et leurs sections principales situées sur les mêmes
plans , lorsque ces deux parois , entretenues chacune à une tempéra-
ture uniforme et constante , ont entre elles cette relation de forme ,
qu'elles sont asymptotiques à deux hyperboloïdes aux mêmes foyers.
Les surfaces d'égale température seraient alors des cônes de la même
famille , ou des cônes asymptotiques à des hyperboloïdes ayant les
mêmes foyers que ceux avec lesquels les parois coniques se confondent
infiniment loin du sommet,
Mais comme il est impossible de réaliser des circonstances physiques
semblables , à cause du flux de chaleur qui devrait avoir lieu au som-
met , sur une épaisseur nulle , et qui serait infiniment grand compara-
tivement au flux qui traverserait toute autre partie de l'enveloppe , je
me dispenserai de discuter plus longuement ce cas particulier ; je ne
l'offre ici que comme une limite offerte par l'analyse , et qui pourra
jeter quelque jour sur la manière de considérer le cône, toutes les
fois qu'on voudra étudier l'équilibre et le mouvement des agents
physiques dans son intérieur.
Pour représenter analytiquement ce cas singulier, il faut supposer
b
b et c nuls dans équations (5), sans que le rapport - le soit; la pre-
mière de ces équations représente alors des sphères concentriques ,
mais que l'on doit considérer ici comme les limites d'ellipsoïdes à axes
inégaux , dont les quatre foyers sont infiniment rapprochés , sans se
confondre cependant : la seconde et la troisième des équations (5) ,
dans lesquelles on pourra remplacer v , p , b , c , par εν,, ερ. , εδ,, εC. ,
1

& étant infiniment petit ou nul, et v. , p. , b , c., des longueurs finies,


représenteront alors des cones assymptotiques à des hyperboloïdes à
une et à deux napes , ayant les mêmes plans de sections principales
et les mêmes foyers .
PURES ET APPLIQUÉES . 173
Il suit de là que si l'on imagine les deux séries d'hyperboloïdes à
une et à deux nappes représentées par les deux dernières équations (5),
les traces de leurs cônes asymptotiques sur une même surface sphé-
rique , ayant son centre à leur sommet commun , formeront deux
systèmes de courbes à double courbure qui se couperont à angle
droit.
§ XX.
Pour traiter le cas de l'équilibre de température d'une enveloppe
cylindrique , dont les parois et les surfaces isothermes , coupées per-
pendiculairement aux arètes , donneraient des courbes du second de-
gré , il faut chercher la relation qui doit exister entre les fonctions m et
n du même paramètre variable A , pour que l'équation
mx² + ny = I
représente un système de surfaces d'égale température. On est alors
conduit aux deux systèmes suivants :
2 2

+ = 1,
μα
(5), x2 + y2
2 = 1 ,
C

qui représentent deux séries de cylindres , les uns à base elliptique ,


les autres à base hyperbolique, qui ont cela de commun que leurs traces
sur un même plan perpendiculaire à leurs arètes sont toutes des cour-
bes du second degré ayant les mêmes foyers. Les traces hyperboliques
coupent à angle droit toutes les traces elliptiques , etc.
On trouve alors pour la loi des températures de l'enveloppe cylin-
drique indéfinie à base elliptique ,
dV

Τμ νμ
-
c = A,

V = A log ( μ + √μ² - c ) + B ;
et pour le cas de la base hyperbolique
dV

dv
Vc -
A,

Tome II. - ΜΑΙ 1837.


V = Aarc( sin = ) + B. 23
174 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
Je crois inutile d'entrer dans plus de détails sur ces nouveaux
exemples ; la discussion du cas plus général que j'ai traité le premier
ne permet pas de douter de l'exactitude des lois indiquées par les
équations précédentes.

SECONDE PARTIE .

§ XXI.

Les coordonnées elliptiques , qui sont indiquées par l'analyse ma-


thématique de l'équilibre de la chaleur dans les corps quej'ai consi-
dérés, donnent le moyen de traiter le cas plus général des tempéra-
tures stationnaires d'un corps plein ou d'une enveloppe solide creuse ,
dont les parois seraient des surfaces du second degré , auxquelles se-
raient immédiatement appliquésdes foyers connus, mais variables d'un
point à l'autre de ces parois ; ainsi que le cas du refroidissement de
ce corps ou de cette enveloppe , lorsqu'elle est exposée à des circons-
tances calorifiques de même nature .
En exprimant l'équation générale au moyen des coordonnées dont
il s'agit , on parvient, comme dans les cas traitésjusqu'ici , à ramener
la solution complète de la question à l'intégration d'équations aux
différences ordinaires; en sorte que la seule difficulté qui s'oppose
encore à l'évaluation numérique des températures ne consiste plus
qu'à intégrer ces dernières équations au moyen de séries suffisam-
ment convergentes .
Ces équations aux différences ordinaires prennent leur forme la
plus simple et la plus commode , en substituant aux coordonnées el-
liptiques un autre genre de coordonnées, qui a encore un rapport
plus direct avec la question physique. Si l'on considère séparément
les trois systèmes conjugués et orthogonaux de surfaces isothermes
comprises parmi les surfaces du second degré , la température est
exprimée , dans chacun de ces systèmes , par une transcendante ellip-
tique de première espèce. Or, les nouvelles coordonnées dont il s'a
PURES ET APPLIQUÉES . 175
git sont les trois transcendantes elliptiques qui expriment les tempéra-
tures stationnaires dans les trois cas.
L'objet de cette seconde partie est de démontrer les deux proposi-
tions que je viens d'énoncer.

§ XXII.

Je considérerai d'abord le cas général de l'équilibre des températures


dans un corps solide homogène , terminé par des surfaces du second
degré homofocales.
Soientɛ , η , ξ , les intégrales qui constituent les parties variables
de la température , dans les équations (10). , (10),, (10),, de la pre-
mière partie de ce mémoire , lorsque les surfaces isothermes sont
ou des ellipsoïdes , ou des hyperboloïdes à une nappe , ou des hyper-
boloïdes à deux nappes, tous ayant les mêmes foyers. Soit de plus
μ. > c , v . > bet < c , p. < b , les limites inférieures des intégrales e,
η , ξ , ou les valeurs des variables pour lesquelles ces intégrales sont
nulles , on aura
μ du
ε = ,
μονμ- νμα 2
-

dv
(11) η
=

1οV - 6V
V
P de
ξ =S Po
2
- -

Il s'agit maintenant de prendre € , η, ξ, pour les trois variables


indépendantes de la température V, qui rapportée aux coordonnées
x, y, z , doit vérifier l'équation (1). Pour cela, il faut d'abord trans-
former cette dernière équation en coordonnées elliptiques , μ , ν , ρ.
En effectuant cette transformation , on se rappellera que les équa-
tions obtenues en égalant à des constantes les trois fonctions μ , ν ,,
représentent ( en coordonnées rectangulaires ) trois surfaces qui se
coupent orthogonalement , en sorte que l'on doit poser

23..

-
176 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES

du dv dv dv du dv
dx • +
dx+ • +dz
dydy dz = 0,

dx dx dz
dv dę dę dę
= 0.
dx •

dx + dydy + dz
+ ・ 第十 帯・ 帯 ・ dz
○=
On a, en regardant u , v , p , comme des fonctions de x , y, z ,
dV du dV dv dVde
AP
dx du dx ++
+ do dx + dę dx'
dV dV
dx = du ( + ddx )+ ( ) ১

dV d'u dV d'v dVde


+
+ du dx² + ddx + de dox
dV du dv dV du de d-
V d
+2 defor
αμαν dx dx+ 2 dude dx dx dxdx

et par suite , en omettant les termes qui se détruisent 帯 ・・ 帯 ・帯 ・


dV dV dV
dav+ dya + dz
2 2

(12)
= ( ++ )+ [( )+ ( )+ ( )*] 2
d d

+++++++
dya [( ) + (+) + (+) ]
2
dz
AP
dx
2
d

+++++
dedx
AP
[( ) + (+) + ( )] = 0.
dz

Or, les fonctions μ , ν , ρ, vérifient l'équation (2) en prenant pour


↓ (μ) , (ν) , (ρ) les expressions qui conduisent aux équations (9),
etqui sont ,
μ μ

( 3) = 엄 +
↓ (1) = b -
(6) = --

On a donc
PURES ET APPLIQUÉES. 177

+++
d + dy == + 2
) [( )+ (2) + ( )"] ,
2 2 2
d

(13) ++ = ( - 62 ) [( ) +(+) +( ) ] ,
2 2

de d de ९
dx +++
dy2 dz +( )]
[( ) + ( )+
On a de plus
du
2 ,

( )* + ( ) + ( ) = ( ++
dx dz

(μ² -
2
z

)
et en vertu des équations (6)
(με – να) ( μ² - ²)
1
++
(μ² - b²) 2
==
(μ²- (*) με (μ² –C²) (μ² - 03) '
,

d'où enfin
2
(μ² - C²) (μ² - b²)
( ) + ( ) + ( ) === ) '
2 2 2

( -b²) (c² )
(14) (*) + (+) + ( ) = (μ² - ν²) (ν² – g²) '
2
2

( ) + (+) + ( ) === *) 2
-
2

Les équations ( 13) et (14) donnent le moyen d'éliminer x , y , z ,


dans l'équation (12) , qui devient alors
dV
d
du
√μ²-c* √μ²-b du
(μεν ) (με )
dV
2
dVbVc
V dv
(15) V -b Ve dv
+
(μ²²) ( - )
-dv

Vbp Vc
dvb-ec- de


+ 0.
(μ²- ρ²) (ν²- ²)
178 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
Ou enfin , en rapportant la température V aux coordonnées €,
η, ξ,
dV dV dV
(15)bis. (1 -p ) de + (M²-p*) d + ( - ) =0.
On doit considérer dans cette équation u , v , p , comme des fonc-
tions de €, η , ξ , données par les formules (11). Il s'agit maintenant
d'intégrer cette dernière équation (15) bis.
§ XXIII.
Les formules ( 11) donnent
du
de = Vu -bu -c , dV²-b² = μμ²-c” ,
de

d V²-c
de =μ√μ²-b² ;
d = V -bVc , dvb
dn
=√ ,
2

dVc
dy
=-V -b² ;
(
C)
de - =

αξ
=
Vbpvc-p , dva
αξ - PVP , C

dVc-g = - PVbp .
αξ

D'où l'on conclut les identités qui suivent , lesquelles sont importantes
pour la question qui nous occupe :
2 3

du
2
d
( * - *)( )+ ( - ) ( )+ ( *- *) ( )
=( * *) ( με- ρ*) ( μ² - ν*) ,
2
2

( * - *)(db )+( - ) (d
de )
(16) -(( μ²* - *) (d )= ( *_ *) ( **) ( *- *) ,
2
2

( *- *)( - )-( - ) (d dn )
2

(με
2

d
=
(νρ*) (μ³ρ*) ( *- *).
PURES ET APPLIQUÉES . 179

Il résulte de là que si E , Y, X , sont des fonctions , la première


de & seulement, la seconde de n , la troisième de ໕ , satisfaisant aux
équations différentielles linéaires du second ordre suivantes :
2

d'E
++ [P (+) + Q(d ) de

+R( V )] E = 0 , de
2
2
d-Y d y -

+Q dn
(17) d 2
2

-R( V )] Y = 0 ,
2
2
dX

dξ + [P ( ) - Q( V
d ) 2
2

-R( V ) ]X
x= 0,

où P , Q, R , sont des paramètres indéterminés et constants. L'é-


quation (15) bis deviendra en y posant V= EYΧ ,
-

(ν² - ρ²) (μ² – ρ²) (μ² - ν*) (P + Q + R) = 0 ,


et sera satisfaite si l'on établit entre P, Q, R , la relation
(18) P + Q + R 0.

On pourra donc prendre pour une intégrale , la plus générale de


l'équation ( 15) bis , une série de la forme
V = ΣΑ . ΕΥΧ ,
A étant un coefficient constant , et chaque terme de cette série corres-
pondant à un système particulier de valeurs de P, Q, R , vérifiant
l'équation ( 18).
§ XXIV.

Les parois du corps solide proposé sont représentées par des équa-
tions très simples dans le système de coordonnées actuel , puisque
ces parois sont par hypothèse des surfaces sur lesquelles une des
180 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
coordonnées est constante. L'intégrale (19) de V se prêtera donc faci-
lement à l'introduction des conditions données de la surface.
Il est aisé de voir, d'après cela, que tous les cas d'équilibre de tem-
pérature des corps ou des enveloppes solides terminés par des surfaces
du second degré soumises à des sources connues de chaleur et de
froid , sont ramenés à l'intégration des équations aux différences or-
dinaires (17) , qui , en vertu de l'équation (18) , peuvent se mettre
sous la forme

dE
de + [Qb² (μ² - c²) + Rc² (μ² - b²)] E = 0 ,
dY
(17) bis dy = [Qb*( c* - v²) - Rc (v* - b*)] Y = 0 ,
daX
+ [-Qb (c -p*) -Rc*(b*- *)] X= 0 ,

en y regardant u , v , p , comme respectivement fonction de ɛ, η , ξ,


d'après les formules (11 ) ; ou en μ , ν , ρ :
dE dE

(μ²-c²)(μ²-b²)αμ² + [μ (μ²-b²) + μ(μ²-c²)]


+ [Qb* ( μ²-c²) + Rc²(μ²-b²)] E = 0 ,
dy

(17) ter
( **) ( *- *) d +[- ( -6 )+ (cv )]
+ [Qb* ( *- *) - Rc* ( * b*)] Y = 0 ,
d'X dX
(c* p*)( * p*) +[-p (b -p*) - p(c* p*)]
+ [-Qb (cp )-Rc*(b -p*)] X = 0.

§ XXV.

Le cas du refroidissement d'un corps solide homogène terminé


par des surfaces du second degré homofocales , peut pareillement se
ramener à l'intégration d'équations aux différences ordinaires
La formule générale connue
dV d-V dV
dx² +
+dy+ dz
= K di
'
devient en μ, ν , ρ
PURES ET APPLIQUÉES. 181

αν
d/μ²-c² / μ²-62du
Vu -c²-b² du
(μ-ν²) (μ²-ρ²)
dV
dVV6dv
Vc- V -b- dv
+
(μεν²) (ν²²)
dV

Vbp Vc-p
dvb -g² Vc-s de
+

E LK
I AR'Y
dv
BRdi
(μ²-ρ²) (ν²- *) RE E S
OF THE
UNIVERSITY
et en ε , η , ξ ON

CALIFORNIA
dV dV dV

(1 - p) + (μ²- p²) dy -(M²+ve) d


dV
= ( μ* ν*) ( * - ρ*) (με-ρ*) Κ di

en regardant ici μ , ν , ρ , comme respectivement fonction de € , η , ξ ,


d'après les équations ( 11) .
Or on satisfera évidemment à cette dernière équation , en posant
02
t

V = ΣΑΕ Ε΄ . ΕΥΧ .

Les fonctions E , Y, X , vérifiant les équations différentielles ( 17) ,


dans lesquelles les constantes P, Q, R , seront liées au paramètre 0 ,
par l'équation
P + Q + R + 0 0.
Il est facile , si on le trouve convenable , de rétablir dans ces
équations les coordonnées u , v , p ; elles prennent alors des formes
analogues aux équations (17) ter; les derniers termes sont seuls plus
compliqués.

Tome II. ΜΑΙ 1837 . 24


182 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES

§ XXVI.

Dans l'état actuel de l'analyse mathématique , toutes les équa-


tions différentielles (17) ne sont pas intégrables d'une manière assez
simple , ni assez commode , pour qu'il pût être intéressant de pous-
ser ici plus loin la discussion des cas généraux qui précèdent. Je me
contenterai d'avoir fait voir que l'analyse de ces questions physiques
ne dépend plus que de l'intégration d'équations aux différences or-
naires linéaires et du second ordre.

§ XXVII.

Les équations aux différences ordinaires auxquelles on est con-


duit en cherchant à traiter les cas plus particuliers de l'équilibre
et du mouvement de la chaleur dans les ellipsoïdes de révolution ,
ou dans un prisme à base elliptique , se déduisent facilement de
calculs plus simples , mais analogues aux précédents; je me dispen-
serai de les présenter ici.
Je ferai remarquer toutefois que le cas de l'équilibre des tem-
pératures de l'ellipsoïde de révolution autour de son grand axe ,
lorsque les foyers de chaleur et de froid auxquels il est exposé sont
placés symétriquement par rapport à cet axe , est exprimé par l'équa-
tion
dV dv
d (μ² -c²) d (c² - g² )
du + de
= 0,
du dę

qui peut s'intégrer assez facilement , comme M. Poisson l'a fait voir
dans un de ses mémoires sur le son .

§ XXVIII.

Le cas de l'équilibre calorifique d'un cylindre indéfini à base ellip-


tique se présente sous une forme très simple , en employant pour
coordonnées les fonctions
PURES ET APPLIQUÉES . 183

μ du dv
ε = η =
, ,
2 2

μο Vo Vc

qui expriment les lois des températures stationnaires sur les cylin-
dres elliptiques et hyperboliques , homofocaux et isothermes , que j'ai
considérés à la fin de la première partie de ce mémoire ; l'équation
que la fonction V doit vérifier se réduit alors à
dV daV
de
+ 2
0.
dn

En sorte que le cas général du cylindre à base elliptique ou hy-


perbolique, en équilibre de température , peut se traiter avec la
même facilité que celui correspondant du prisme à base rectangu-
laire , dont la solution est connue.

§ ΧΧΙΧ .

Ainsi , la connaissance des surfaces isothermes du second ordre ,


et celle des lois qui lient les températures stationnaires sur ces sur-
faces , indiquent à l'analyse le genre de coordonnées qu'il convient
d'employer pour traiter les cas plus généraux de l'équilibre etdu mou-
vement de la chaleur, dans les corps ou les enveloppes solides , ter-
minés par des surfaces du second ordre en contact avec des sources
constantes de chaleur et de froid. C'est ce que je m'étais proposé de
démontrer dans cette seconde partie.

24..

:
184 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES

ww ww

NOTE DE M. POISSON

RELATIVE AU MÉMOIRE PRÉCÉDENT.

La première équation du paragraphe XIV, savoir :


b
(x²-x*)dydx
(1) ,

c (b -x²)(c² - x²)(y² - b²)(c² - y²)


peut se changer en celle-ci ,
b
dx yedy
(2
)
S 0
(
b )(c ) (
b
xdx dy
-
π.
0 b

Pour la vérifier, je fais d'abord


x = b sin o , dx = b cos φαφ, b = ac ;

les limites relatives à o , qui répondent à x = o et x = b , seront = o et q = ;


et d'après les notations connues de Legendre , il en résultera
b dx I do
Sovina,
0 0
I-a² sin² C

xdx do
Sob
• V(b²-x )(c²-x²)
= C
0
VI-a² sin
-C
-cf** Vi-a sin* d =c(F,a-E,a).
0

Je fais ensuite

y²- b²
= cot².0 , y=c (c²-b²) sin°9,
c²-ya
(c²-b²)sin&cosodo
dy=- , c²- b² c²a² ,
Vc²-(c²-b²)sin*
PURES ET APPLIQUÉES. 185 :

les limites relatives à y, qui répondent à y = bet y = c , seront = et


0 = 0 ; en les intervertissant et changeant le signe de l'intégrale , on aura

C
dy I de I

= -Fa ,
Si by -b²)(c²-y²) 0 1- a² sin20 C

ydy == C
b 0
VI-asino de=cE,a.

Au moyen de ces transformations , l'équation (2) devient

(3) FaEa + FaEa- FaF,a = ;

et en observant que les modules a et sont complémentaires , on voit qu'elle


coïncide avec une équation trouvée par Legendre (*) .
La dernière équation du paragraphe XIV devant subsister pour toutes les va-
leurs de u , et ayant lieu évidemment pour µ = o , il suffira de vérifier sa diffé-
rentielle par rapport à u , ou , ce qui est la même chose , l'équation

b C
(μ²-Χ²) (μ²-y²) (y²-x²)dydx
SS b
= πμ - πμ²(6² + c²)+ b²c².
✓(b²-x²)(c²-x²)(x²-b²)(c²-у³)

Elle se decompose en trois autres , savoir :

(y-x²)dydx ,
SS V(b -x²) (c²-x²) (x²-b²) (c -y²)
=

(y-x4)dydx
= (b²+c²) ,
SS V(b²-x )(c -x²)(x²-b²)(c²- ²)
x²y² (x²- x²)dydx = bc².
SS 221
V(b²-x²)(c -x²)(x²-b²)(c²-у³)

La première est la même que l'équation (1) , qu'on vient de vérifier; les deux
autres peuvent s'écrire ainsi :

(*) Traité des fonctions elliptiques , tome Ier, page 60 .


186 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES

b C
dx yady
0 ( )( ) b ( )
b xdx dy
= (b²+ c²) ,
0 0
V(b -x²) (c -x²) V(x²-b²)(c -y
^*)
(4)
b
xdx C
ydy
0
V(b²x ) (c²²) b ‫وم‬
b xdx C
yody = bc²
0 b

D'après les transformations précédentes , on a

b xdx sin4@do
0 0
1-a² sin²
✓(b -x ) (c -x² )
3
y4dy C3
b
=
031-42sin26)2
0
do.

En intégrant par parties , et ayant égard aux limites , on a aussi

sinocos φάφ I

S V
0sin -a sin =
** (cos -sin )V 1-asinodo,
0

et , par conséquent ,

sinodo sinodo
V-a
1- sin Vi-a sin
S
C3 (1-2sin² ) (1-asino)do
0
V1-a sin²
3( 19 sintode
a2 0 a 0 1-
V1-a-sin
T sinodo
-2 2.
- 0 Vinasin

d'où l'on déduit


PURES ET APPLIQUÉES. 187

sinodo 2(1+a2) sinodo


0 3a2 0
1-
V1- a sin²
J do
За ‫م‬
-

0
VI-a sin²
2+a² do 2(1+a2)
=
3a
+ 0
Videsina
VI- asin 3a
+ 0
v
✓1-asin do.

En même temps , on a

T de

S+ (1- sin² ) d) = fi
0
n
VI-a2sin26 0

2
ㅠ sin20d sin40d9
- 2α
+ at ,
0
VI- a'sin' 0
V1-a sin20
T sin46d sind
2(1+a²)
S 0
1-a'sin'0 3a
2

0
VI-asin
I do

- 3a²
2

S 0 1
- sin26
;

d'où l'on conclut

2 3-2 de
f (1-asin°6)
0
d =
3 0
VI-a*sin20
+ 2α²(α²-2) sin ede
3 0
VI-a sine
2(1+a²) a αθ
3 0 VI-a
1- sin de 3 0
1-a2sin20

Cela étant , en employant les notations de Legendre , on aura

x4dx
0
V (b²-x²) (c -x²)
c³(2+a3) F₁a-2 c³(1+a²) E₁a,
3 3

C
ydy a2 c³
b
= 20³(1+
3
2)E -
Fa;
3

et comme on a trouvé précédemment


188 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
b dx 1
=
Fa,
S 0
√(b2x²) (c -x²) C

xdx
= c ( Fa-E,a) ,
So√(b
0

0
) (cx) I
dy
F ,
Sob C

0
ydy
= c Ea ,
S b 2

les équations (4) deviendront

3 (1 +a²) (FaE,a + FaEa-


-FaFa)
FaFa) = (b² +c²) ,
cła
(FaEa -- FE,a - FaF,a) = bc² ;
3

ce qui coïncide , à cause de b = ac , avec l'équation (3) citée plus haut.


PURES ET APPLIQUÉES . 189

www wwwwwwwwwwwwwww

Addition à la Note de M. POISSON, insérée dans le Numéro


précédent de ce journal (*) ; par l'Auteur.

L'article du Journal de M. Crelle , auquel cette note se rapporte, a


pour titre : Nota de erroribus quibusdam geometricis, qui in theoria
fonctionum leguntur. Parmi ces erreurs, on cite textuellement deux
passages du neuvième chapitre de la seconde partie de la Théorie des
fonctions analytiques. Or, j'ai dit dans ma note , et je maintiens , que
ces deux passages sont parfaitement exacts ; et je pense que c'est en se
méprenant sur leur véritable signification qu'on a pu les croire erro-
nés . Bien entendu , je suis loin d'attacher une grande importance
soit à cette méprise d'un illustre géomètre , soit à la remarque que
j'en ai faite.
Avant de citer, dans son article , ces deux passages du chapitre IX ,
l'auteur avait d'abord rappelé le numéro 35 du chapitre VII. Mais ce
qui est contenu dans ce numéro, exact ou non , n'a aucun rapport
avec les propositions du chapitre IX. Celles-ci sont relatives aux lieux
des centres des sphères osculatrices d'une surface , suivant la direction
et dans toute la longueur d'une ligne tracée sur cette surface; dans
les numéros 35 et 36 du chapitre VII , Lagrange considère , au con-
traire , les lieux des centres des cercles osculateurs d'une ligne plane
ou à double courbure ; et ces deux lieux géométriques sont , en
général , essentiellement distincts , et ne coïncident , pour une même
ligne donnée, que dans des cas particuliers.
Ayant seulement voulu montrer dans ma note qu'il n'y a aucune

(*) La première partie de cette Addition a été écrite à l'occasion des remarques
qu'un membre de l'Académie a faites dans la séance du 17 avril dernier, sur la note
dont il s'agit.
Tome II. - ΜΑΙ 1837. 25

1
190 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
erreur dans les deux passages cités du chapitre IX , je n'ai point eu à
m'occuper du numéro 35 du chapitre VII, etje me suis dispensé d'en
parler. Mais il est vrai de dire que l'analyse contenue dans ce numéro
et dans le suivant, présente quelque chose d'incomplet , et même
d'équivoque. Lagrange détermine la condition pour que les centres
des cercles osculateurs d'une courbe donnée forment une développée
proprement dite , c'est-à-dire une ligne dont les tangentes coupent à
angle droit la courbe proposée; puis il dit que les courbes planes
satisfont toujours à cette condition ; mais il n'ajoute pas qu'elle n'est
remplie que pour elles seules ; et cette omission pourrait faire croire
qu'il ne serait pas impossible qu'une ligne à double courbure eût pour
développée , le lieu de ses centres de courbure. Or, non-seulement on
voit , par des considérations géométriques très simples , que cette
propriété n'appartient qu'à des courbes planes; mais Lagrange pouvait
aussi le conclure de différentes manières , de sa propre analyse , et ,
par exemple , en montrant , comme M. Lacroix dans son Traité du
Calcul différentiel(*), que l'équation différentielle du troisième ordre,
qui doit être satisfaite pour que cette propriété ait lieu , revient à
celle qui exprime que trois éléments consécutifs quelconques de la
courbe proposée sont dans un même plan , ou que cette courbe est
plane. A la fin du chapitre VII , Lagrange se borne à renvoyer, pour
de plus grands détails sur ce qui concerne les développées , au Mémoire
de Monge , où leur théorie est exposée dans toute sa généralité.
En un point donné M sur une surface quelconque , le parabolo de
osculateur, qui a son sommet en ce point, est elliptique ou hyper-
bolique , selon que les deux courbures principales de la surface en ce
même point, sont tournées dans le même sens ou en sens contraires.
Les rayons de ces deux courbures étant représentés par a et 6, et en
prenant leurs plans et le plan tangent pour ceux des coordonnées x,
y, z , la normale pour axe des z, le point M pour origine; l'équa-
tion du paraboloïde sera
22
;
a

(*) Voyez la première édition publiée en 1797, ou le n° 353 de la seconde


édition.
PURES ET APPLIQUÉES . 191
le signe supérieur ayant lieu quand il est elliptique , et le signe infé-
rieur quand il sera hyperbolique. Il se changera en un cylindre , lors-
que l'une des deux sections de courbure principale sera une ligne
droite , c'est-à-dire lorsque a ou 6 sera infini , et en un plan, quand
ces deux sections seront rectilignes, ou qu'on aura a= ∞ et 68 .
L'expression de l'ordonnée z d'un point de la surface différent de
M , pourra , en général , se développer en série ordonnée suivant les
puissances et les produits de x et y. Pour les cas d'exception , je ren-
verrai à mon Mémoire cité dans la note. En désignant par A , la
différence entre cette ordonnée et celle du paraboloïde , qui répondent
aux mêmes valeurs de x et y, on aura
= gx³ + hx²y + kxy + ly³ + R ;
g, h , k, l, étant des coefficients constants qui dépendront de la
forme de la surface , et R étant une série de termes de quatre ou d'un
plus grand nombre de dimensions, par rapport à xety. Pour qu'il y
ait contact du troisième ordre, suivant une section normale , entre la
surface donnée et le paraboloïde, il faudra que la somme des quatre
premiers termes de la valeur de A , soit zéro suivant cette direction.
Si l'on appelle m la tangente de l'angle compris entre ce plan et
celui de x et z , et en faisanty= mx, on aura donc

gm³ + hm² + km + 1 = 0,

pour l'équation du troisième degré, dont il a été question à la fin de


la note. Lorsque ses trois racines seront réelles , il y aura au point M
de la surface donnée, troisdirections pour lesquelles le contact parabo-
lique du second ordre s'élèvera au troisième (*) ; il y en aura une seule,
quand l'équation n'aura qu'une racine réelle; une seule aussi , lorsque
ses trois racines seront égales, et deux dans le cas de deux racines
égaleş. Dans tous les cas , le contact du troisième ordre aura lieu éga-
lement, suivant ces directions particulières, entre la surface donnée

(*) Par erreur, on a mis troisième et quatrième ordre , en haut de la page 144
de la note , au lieu de deuxième et troisième.
25..
192 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
et un ellipsoïde osculateur , quelle que soit la grandeur de son troi-
sième axe, qui reste indéterminée.
En changeant l'origine et la direction des coordonnées , et mettant
ensuite dans l'équation précédente , à la place de chacun des coeffi-
cients g , h , k , l , sa valeur en fonction des nouvelles coordonnées ,
tirée de l'équation de la surface donnée, et pour m le rapport entre les
différentielles de deux de ces coordonnées, on obtiendra l'équation dif-
férentielle des lignes tracées sur cette surface et suivant lesquelles elle
a un contact du troisième ordre avec les ellipsoïdes osculateurs. Il
serait intéressant de connaître la figure de ces lignes à la surface de la
terre , et de savoir s'il en existe trois ou une seule dans les différentes
parties du globe. Quoique le sphéroïde terrestre diffère peu d'une
sphère , ces lignes peuvent s'écarter beaucoup des méridiens; car leur
direction en chaque point ne dépend pas des grandeurs absolues de g,
h, k, l, qui sont de très petites quantités , mais des rapports de ces
coefficients , qui peuvent être des nombres quelconques.

;
PURES ET APPLIQUÉES . 193

MÉMOIRE
SUR L'INTERPOLATION ;

PAR M. AUG. CAUCHY (*).

Dans les applications de l'analyse à la Géométrie , à la Physique ,


à l'Astronomie... deux sortes de questions se présentent à résoudre ,
et il s'agit 1º de trouver les lois générales des figures et des phéno-
mènes , c'est-à-dire la forme générale des équations qui existent entre
les diverses variables, par exemple, entre les coordonnées des courbes
et des surfaces , entre les vitesses , les temps , les espaces parcourus
par les mobiles, etc...; 2º de fixer en nombres les valeurs des para-
mètres ou constantes arbitraires qui entrent dans l'expression de ces
mêmes lois , c'est-à-dire les valeurs des coefficients inconnus que
renferment les équations trouvées. Parmi les variables on distingue
ordinairement , comme l'on sait, celles qui peuvent varier indépen-
damment les unes des autres , et que l'on nomme pour cette raison
variables indépendantes , d'avec celles qui s'en déduisent par la
résolution des diverses équations , et qui se nomment fonctions des
variables indépendantes. Considérons en particulier une de ces fonc-
tions , et supposons qu'elle se déduise des variables indépendantes par
une équation ou formule qui renferme un certain nombre de coeffi-
cients. Un pareil nombre d'observations ou d'expériences , dont
chacune fournira une valeur particulière de la fonction correspon-

(*) Ce Mémoire a été autographié en septembre 1835 et envoyé à cette époque


à l'Académie des Sciences. On l'imprime ici pour la première fois , du consente-
ment de l'auteur. (J. L. )
194 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
dante à un système particulier de valeurs des variables indépendantes,
suffira pour la détermination numérique de tous ces coefficients ; et,
cette détermination faite , on pourra obtenir sans difficulté de nou-
velles valeurs de la fonction correspondantes à de nouveaux systèmes
de valeurs des variables indépendantes , et résoudre ainsi ce qu'on
appelle le problème de l'interpolation. Par exemple , si l'ordon-
née d'une courbe se trouve exprimée en fonction de l'abscisse par
une équation qui renferme trois paramètres , il suffira de connaître
trois points de la courbe, c'est-à-dire trois valeurs particulières de
l'ordonnée correspondantes à trois valeurs particulières de l'abscisse ,
pour déterminer les trois paramètres ; et, cette détermination effec-
tuée , on pourra sans peine tracer la courbe par points en calculant
les coordonnées d'un nombre aussi grand que l'on voudra de nou-
veaux points situés sur les arcs de cette courbe compris entre les
points donnés. Ainsi , envisagé dans toute son étendue, le problème
de l'interpolation consiste à déterminer les coefficients ou constantes
arbitraires que renferme l'expression des lois générales des figures
ou des phénomènes , d'après un nombre au moins égal de points
donnés , ou d'observations , ou d'expériences. Dans une foule de
questions les constantes arbitraires entrent au premier degré seule-
ment dans les équations qui les renferment. C'est précisément ce qui
arrive lorsqu'une fonction est développable en une série convergente
ordonnée suivant les puissances ascendantes ou descendantes d'une
variable indépendante , ou bien encore suivant les sinus ou cosinus
des multiples d'un même arc. Alors il s'agit de déterminer les coeffi
cients de ceux des termes de la série que l'on ne peut négliger sans
avoir à craindre qu'il en résulte une erreur sensible dans les valeurs
de la fonction. Dans le petit nombre de formules qui ont été propo-
sées pour cet objet , on doit distinguer une formule tirée du calcul
des différences finies, mais applicable seulement au cas où les diverses

valeurs de la variable indépendante sont équidifférentes entre elles


et la formule de Lagrange applicable , quelles que soient ces valeurs ,
à des séries ordonnées suivant les puissances ascendantes de la variable
indépendante. Toutefois cette dernière formule elle-même se con-
plique de plus en plus à mesure que l'on veut conserver dans le
développement de la fonction en série un plus grand nombre de
PURES ET APPLIQUÉES . 195
termes; et ce qu'il y a de plus fâcheux , c'est que les valeurs appro-
chées des divers ordres correspondantes aux divers cas où l'on conser-
verait dans la série un scul terme, puis deux termes , puis trois
termes.... s'obtiennent par des calculs à peu près indépendants les
uns des autres , en sorte que chaque nouvelle approximation , loin
d'être rendue facile par celles qui la précèdent, demande au contraire
plus de temps et de travail. Frappé de ces inconvénients , et conduit
par mes recherches sur la dispersion de la lumière à m'occuper de
nouveau du problème de l'interpolation , j'ai eu le bonheur de
rencontrer pour la solution de ce problème une nouvelle formule
qui , sous le double rapport de la certitude des résultats et de la
facilité avec laquelle on les obtient , me paraît avoir sur les autres
formules des avantages tellement incontestables , que je ne doute
guère qu'elle ne soit bientôt d'un usage général parmi les personnes
adonnées à la culture des sciences physiques et mathématiques.
Pour donner une idée de cette formule , je suppose qu'une fonction
dex , représentée par y, soit développable en une série convergente
ordonnée suivant les puissances ascendantes ou descendantes de x,
ou bien encore suivant les sinus ou cosinus des arcs multiples de x ,
ou même plus généralement suivant d'autres fonctions de x que je
représenterai par
φ (x) = u , x ( x) = v , ↓ (x) = w, ... ,
en sorte qu'on ait
(1) y= au + bv + cw + ... ,

a , b , c ... désignant des coefficients constants. Il s'agit de savoir ,


1º combien de termes on doit conserver dans le second membre de
l'équation ( 1) pour obtenir une valeur dey suffisamment approchée ,
dont la différence avec la valeur exacte soit insensible et comparable
aux erreurs que comportent les observations; 2º de fixer en nombres
les coefficients des termes conservés , ou , ce qui revient au même ,
de trouver la valeur approchée dont nous venons de parler. Les
données du problème sont un nombre suffisamment grand de valeurs
de y représentées par
γιο γα ... γα ,
196 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
et correspondantes à un pareil nombre n de valeurs de x représentées
par x. , X. , .... x , par conséquent aussi à un pareil nombre de
valeurs de chacune des fonctions u, v , w, ... , valeurs que je repré-
senterai de même par
U, U ... U.

pour la fonction u , par


Φ. , ۷۰,۰۰۰ n

pour la fonction v, etc... Ainsi , pour résoudre le problème , on aura


entre les coefficients inconnus a , b , c , ... les n équations du pre-
mier degré
y. = au, + bv, + cw, + ... ,
1

γ. = au₂ + bv. + cw. + ... ,


(2)
:
y = au + by + cw. + ... ,
n

qui , si l'on désigne par i l'un quelconque des nombres entiers


1 , 2 , ... n ,

se trouveront toutes comprises dans la formule générale


(3) Vi au; + bv; + cw. + ....

On effectuera la première approximation en négligeant les coefficients


b, c , ... , ou , ce qui revient au même , en réduisant la série à son
premier terme. Alors la valeur générale approchée de y sera
(4
) y au ;

et , pour déterminer le coefficient a , on aura le système des équa-


tions

(
5) =
au , Y
2
au , ... yn aun.

Les diverses valeurs de a, que l'on peut déduire de ces équations (5)
considérées chacune à part, ou combinées entre elles , seraient toutes
précisément égales si les valeurs particulières dey, que nous suppo-
sons données par l'observation, étaient rigoureusement exactes. Mais il
PURES ET APPLIQUÉES. 197

n'en est pas anisi dans la pratique où les observations comportent des
erreurs renfermées entre certaines limites; et alors il importe de com-
biner entre elles les équations (5) de manière que , dans les cas les
plus défavorables , l'influence exercée sur la valeur du coefficient a
par les erreurs commises sur les valeurs de Y. , Y. , ... , y, soit la
moindre possible. Or, les diverses combinaisons que l'on peut faire des
équations (5) pour en tirer une nouvelle équation du premier degré ,
par rapport à a, fournissent toutes des valeurs de a comprises dans la
formule générale
k.y. + kaja + ... knyn
(6) a
k, u, + ka U₂ + ... knun'
Un

que l'on obtient en ajoutant membre à membre les équations (5) après
les avoir respectivement multipliées par des facteurs constants k., k....,
k.. Il y a plus ; comme la valeur de a déterminée par l'équation (6) ne
varie pas quand on fait varier simultanément les facteurs k. , k.... , k
dans le même rapport , il est clair que parmi ces facteurs , le plus
grand ( abstraction faite du signe ) peut toujours être censé réduit à
l'unité. Remarquons enfin que, si l'on nomme
६ , ६, , ٠٠٠ , E ,

les erreurs respectivement commises dans les observations sur les


valeurs de
γι , γ. , ۰۰۰ , In ,

la formule précédente (6) fournira pour a une valeur approchée , dont


la différence avec la véritable sera

Κ₁ει + Καεα + ... + knin


(7) ku, + kau₂ + ... + kaun

Il faut maintenant choisir k. , k,, ... , k. de telle sorte que , dans les
cas les plus défavorables , la valeur numérique de l'expression (7) soit
la moindre possible.
Représentons par
Su

Ja somme des diverses valeurs numériques de u , c'est-à-dire ce que


Tome II. - JUIN 1837. 26
198 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
devient le polynome
#u, u, ± ... ± u

quand on y dispose de chaque signe de manière à rendre chaque


terme positif. Représentons par Se, non la somme des valeurs numé-
riques &,, ., ... ,, mais ce que devient la somme Su , quand on
y remplace chaque valeur de u, par la valeur correspondante de 6. Si
l'on réduit à trou à - 1 chacun des coefficients k. , k. , ... , k ,
en choisissant les signes de manière que , dans le dénominateur de la
fraction
Κιει + Καθα + ... + knen
ku, kalla + ... + knun

tous les termes soient positifs, cette fraction sera réduite à


Sti
(8) Su
;

et elle offrira une valeur numérique tout au plus égale au rapport


E

Su '

si l'on désigne par E la somme des valeurs numériques de 6 , ou , ce


qui revient au même , la valeur numérique de Sé, dans le cas le plus
defavorable. D'autre part, en attribuant à k,, ka ... , kn des valeurs
inégales dont la plus grande (abstraction faite des signes) soit l'unité,
on obtiendra pour dénominateur de la fraction une quantité dont la
valeur numérique sera évidemment inférieure à Su , tandis que la
valeur numérique du numérateur pourra s'élever jusqu'à la limite E;
ce qui arrivera effectivement si les erreurs & , &,, ... , & sont toutes
nulles , à l'exception de celle qui sera multipliée par un facteur égal,
au signe près, à l'unité. Il en résulte que la plus grande erreur à
craindre sur la valeur de a déterminée par la formule
a
k.y. + kaya + ... knyn
ku, + kau₂ + ... knun

sera la moindre possible si l'on pose généralement


k₁ = 1,
PURES ET APPLIQUÉES. 199

en choisissant les signes de manière que dans le polynome


ku, + ku + ... + knun

tous les termes soient positifs. Alors cette formule donnera


a
Sy
(9) Su '

Sy, étant ce que devient la somme Su,quand on y remplace chaque


valeur de u par la valeur correspondante de yi , et l'équation y = au
deviendra
u

(10) Su Sy
Si l'on fait pour abréger

a
(11) Sui

on aura simplement
(12) y = a Sy..
Si l'on supposait généralement u = 1 , l'équation y= au, réduite à
y = a,

exprimerait que la valeur de y est constante ; et comme on aurait


alors
u I
α = ,
Sui n

la formule y = a Sy, donnerait

n
Sy

Donc alors on devrait prendre pour valeur approchée de y la


moyenne arithmétique entre les valeurs observées; et la plus grande
erreur à craindre serait plus petite pour cette valeur approchée que
pour toute autre. Cette propriété des moyennes arithmétiques, jointe
à la facilité avec laquelle on les calcule , justifie complétement
l'usage où l'on est de leur accorder la préférence dans l'évaluation des
26..
1
200 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
constantes arbitraires qui peuvent être déterminées directement par
l'observation.
Soit maintenant Ay le reste qui doit compléter la valeur appro-
chée de y fournie par l'équation
(12
) y a Syi ,
en sorte qu'on ait
(13) y = a Sy. + ΔΥ.
Posons de même

(14) aSv + Av , w = aSw + w , etc....


On tirera de la formuley₁= au + bv + cw₁ + etc.... ,
(15) Sy₁= aSubSv + cSw; + etc... ;
puis de cette dernière , multipliée par a , et soustraite de l'équa-
tion ( 1 ) ,
(16) Ay= bav + cow + etc....
Soient d'ailleurs a;, ΔΥ;, Δ ;, Awi , ... ce que deviennent les
valeurs de a , Ay, Δν , Δw , ... tirées des équations (11), (13) et (14),
quand on y remplace x par x , i étant l'un des nombres entiers
1 , 2 , ... n. Si les valeurs de
ΔΥ. , Αγ.... , ΔΥ
sont très petites , et comparables aux erreurs que comportent les
observations , il sera inutile de procéder à une seconde approxima-
tion , et l'on pourra s'en tenir à la valeur approchée de y fournie par
l'équation y = asy . Si le contraire a lieu , il suffira, pour obtenir
une approximation nouvelle , d'opérer sur la formule (16) quidonne
Ay= bAv + etc. , comme dans la première approximation l'on aopéré
sur la formule ( 1) y = au + etc.
Cela posé, désignons par
S'AV

la somme des valeurs numériques de Av;, et par


PURES ET APPLIQUÉES . 201

S'Ayi , S'Aw;, etc....


les polynomes dans lesquels se change la somme S'Av; quand on y
remplace chaque valeur de Av; par la valeur correspondante de Ay, ou
de Aw.... ; soit enfin
Δν
6
S'AVI :

si l'on peut , sans erreur sensible , négliger dans la série (1) le coeffi-
cient c du troisième terme et ceux des termes suivants , on devra
prendre pour valeur approchée de ay
(18) Ay = 6S'Ay
Soit d'y le reste du second ordre qui doit compléter cette valeur
approchée , et faisons en conséquence
(19) Ay = 6S'AJ : + Δ' .
Posons de même

(20) Aw = 6S'Aw + 'w , etc.... :


on tirera successivement, de la formule (16) ,
(21) Ay: = bAv; + cow. + etc ....

(
22) S'ay: = bS'Av; + CS'aw; + etc.... ;
puis cette dernière, multipliée par 6 et retranchée de l'équation (19),
(23) Ay = ca'w + etc ....

Soient d'ailleurs 6. , Δ' , Δ' , ..., ce que deviennent les valeurs de


6 , Δ' , Δ'w, ..., tirées des équations (17), (19) et (20), quand on y
remplace x par x₁ , i étant l'un des nombres entiers 1 , 2 , ... , n. Si
les valeurs de
Δέγ. , Δέγ. , ... , Δέγη
sont très petites et comparables aux erreurs que comportent les obser-
vations , il sera inutile de procéder à une nouvelle approximation , et
202 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
l'on pourra s'en tenir à la valeur approchée de Ay fournie par l'équa-
tion (18). Si le contraire a lieu , il suffira , pour obtenir une troisième
approximation, d'opérersur la formule(23)quidonne Ay, comme l'on
a opéré dans la première approximation sur la formule (1). En conti-
nuant de la sorte, on obtiendra la règle suivante :
L'inconnue y, fonction de lavariable x, étant supposée dévelop-
pable en une série convergente
(1) au + by + cw + ...

où u, v, w , ..., représentent des fonctions données de la méme


variable , si l'on connaît n valeurs particulières de y correspondantes
à n valeurs particulières
X₁ , X. , ... , Xn

dex , si d'ailleurs on nomme i l'un quelconque des nombres entiers


1 , 2 , ... , n , et Yi , U , V , ..., ce que deviennent y . u , ۷,۰۰۰ ,
,
quand on y remplace x par x₁ ; alors, pour obtenir la valeur générale
de y avec une approximation suffisante, on déterminera d'abord le
coefficient a à l'aide de la formule

(II) u = asu ,

dans laquelle Su; désigne la somme des valeurs numériques de u ,


et la différence du premier ordre Ay à l'aide de la formule

(III) = asy. + Aγ.

Si les valeurs particulières de Ay, représentées par Ay. , Δy. , ... Δγη ,
sont comparables aux erreurs d'observation , on pourra négliger Ay
et réduire la valeur approchée de y à
asy.
Dans le cas contraire , on déterminera 6 à l'aide des formules

(IV) αδν + Δν , Δυ

S'Av; étant la somme des valeurs numériques de Av , et la différence


PURES ET APPLIQUÉES . 205

du second ordre Ay à l'aide de la formule


(V) Ay = S'Ay + Δ'y.
Si les valeurs particulières de Ay, représentées par Ay,, Δ',, ۰۰۰ ,
Ay , sont comparables aux erreurs d'observation , l'on pourra
négliger A'r et réduire en conséquence la valeur approchée de y à
αδγ; + βαδ΄ΔΥ .
Dans le cas contraire , on déterminera y par les formules
(VI) w = aSw + Aw , Aw = 6S'Aw + A'w , A'w = SAw ,
S"A'w, étant la somme des valeurs numériques de A'w;, et la diffé-
rence du troisième ordre A³y par la formule

(VII) Δ'y = " A" ; + A³y, etc...



Ainsi , en définitive , en supposant les coefficients α , β , γ, ...
déterminés par le système de ces équations , etc. , ... , on devra
calculer les différences des divers ordres représentées par
ΔΥ, Δ°γ, Δ' , ... ,

ou plutôt leurs valeurs particulières correspondantes aux valeurs x,,


x. , ... , x, de la variable x , jusqu'à ce que l'on parvienne à une
différence dont les valeurs particulières soient comparables aux
erreurs d'observation. Alors il suffira d'égaler à zéro la valeur de
cette différence tirée du système des équations (III) , (V) , ( VII) ... ,
pour obtenir avec une approximation suffisante la valeur de y. Cette
valeur générale sera donc
y= aSy;, ou y= asy + 6S'Ay , ou etc.... ,
suivant que l'on pourra , sans erreur sensible , réduire la série à son
premier terme , ou à ses deux premiers termes .... Donc , si l'on
nomme m le nombre des termes conservés , le problème de l'inter-
polation sera résolu par la formule
y= aSy. + 6S'Ay. + S'A'yı + etc.... ,
le second membre étant prolongéjusqu'au terme qui renferme "-'
204 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
Il est bon d'observer que des formules précédentes on tire non-seule-
ment

Sa = 1 ; S60, S'6₁ = 1 ; Sy = o , S'y =o, S" ;= 1 , etc .... ;


mais encore

SA = 0 ; SAw = o , SA'w = o , S'A'w₁ = o , etc.... ,


et

Say = 0 ; SA'y =o, S'A'y=0 ; SA' ,=o, S'A' ;= o, S"A³y =0, ...
Ces dernières formules sont autant d'équations de condition aux-
quelles doivent satisfaire les valeurs particulières de α , β, γ, ...,
ainsi que celles des différences des divers ordres de u , v , w, ... , y ;
et il en résulte qu'on ne peut commettre dans le calcul de ces valeurs
particulières aucune erreur de chiffres sans en être averti par le seul
fait que les équations de condition cessent d'être vérifiées.
En résumé , les avantages des nouvelles formules d'interpolation
sont les suivants :
1º . Elles s'appliquent aux développements en séries, quelle que
soit la loi suivant laquelle les différents termes se déduisent les uns
des autres , et quelles que soient les valeurs équidifférentes ou non de
la variable indépendante.
2°. Les nouvelles formules sont d'une application très facile ,
surtout quand on emploie les logarithmes pour le calcul des rapports
α , β , γ, ... , et des produits de ces rapports par les sommes des
diverses valeurs des fonctions ou de leurs différences. Alors , en effet ,
toutes les opérations se réduisent à des additions ou à des soustrac-
tions.
3º A l'aide de nos formules les approximations successives s'exé-
cutent avec une facilité de plus en plus grande , attendu que les
différences des divers ordres vont généralement en diminuant.
4°. Nos formules permettent d'introduire à la fois dans le calcul les
nombres fournis par toutes les observations données , et d'augmenter
ainsi l'exactitude des résultats en faisant concourir à ce but un très
grand nombre d'expériences.
5°. Elles offrent encore cet avantage , qu'à chaque approximation
nouvelle , les valeurs qu'elles fournissent pour les coefficients a, b, c, ...

-
PURES ET APPLIQUÉES. 205

sont précisément celles pour lesquelles la plus grande erreur à


craindre est la moindre possible.
6°. Nos formules indiquent d'elles-mêmes le moment où le calcul
doit s'arrêter, en fournissant alors des différences comparables aux
erreurs d'observation .
7°. Enfin les quantités qu'elles déterminent satisfont à des équations
de condition qui ne permettent pas de commettre la plus légère faute
de calcul , sans que l'on s'en aperçoive presque immédiatement.
On trouvera dans les nouveaux exercices de mathématiques de
nombreuses applications de nos formules d'interpolation.

Tome II.- JUIN 1837. 27


206
JOURNAL DE MATHÉMATIQUES

ww
www

NOTE

Sur un passage de la Mécanique céleste , relatif à la


Théorie de la Figure des Planètes ;
PAR J. LIOUVILLE .

I.

On s'est beaucoup occupé de la recherche des formes permanentes


qui peuvent convenir à une masse liquide dont les molécules s'attirent
l'une l'autre en raison inverse du carré des distances et tournent au-
tour d'un axe fixe avec une vitesse angulaire constante. Ce pro-
blème, qui se rattache à la théorie de la figuredes planètes, devait na-
turellement intéresser les géomètres ; mais il n'a pas été résolu par
eux d'une manière générale. On s'est borné d'abord à démontrer
la possibilité de certaines figures d'équilibre. Quand la vitesse an-
gulaire de rotation est au - dessous d'une limite indiquée par le
calcul , on sait depuis long-temps que deux formes au moins sont
possibles , toutes deux comprises parmi les ellipsoïdes de révolution.
Laplace a observé de plus que , pour une impulsion primitive donnée,
il existe toujours un seul ellipsoïde de révolution satisfaisant aux condi-
tions d'équilibre du liquide. Mais ces mêmes conditions peuvent être
remplies aussi , dans certains cas , par un ellipsoïde à trois axes iné-
gaux. Ce dernier théorème est dû à M. Jacobi. J'en ai donné dans le
XXIII cahier du Journal de l'École polytechnique une démons-
tration très simple.
Quand on envisage le problème dont nous nous occupons ici , sous
le point de vue de ses applications à la physique céleste , la question
PURES ET APPLIQUÉES. 207

se simplifie beaucoup à cause du peu de différence qui existe entre la


figure d'une sphère et celle des planètes et des satellites. En négligeant
le carré de cette différence , on prouve en effet que la figure d'équi-
libre de la masse fluide est toujours celle d'un ellipsoïde de révolu-
tion dont le petit axe coïncide avec l'axe fixe. Pour démontrer cette
proposition importante , Laplace a employé deux méthodes distinctes
que l'on trouve exposées au livre 3º de la Mécanique céleste.
La première de ces deux méthodes repose sur la possibilité de déve-
lopper une fonction Y de deux variables ueta en une série que les
géomètres désignent ordinairement par Yo + Y. + Y. + etc. , et dont
0

les divers termes jouissent de plusieurs belles propriétés aujourd'hui


bien connues. Après l'avoir donnée, Laplace ajoute : « L'analyse pré-
>> cédente nous a conduits à la figure d'une masse fluide homogène en
» équilibre , sans employer d'autres hypothèses que celle d'une figure
>> très peu différente de la sphère. Elle fait voir que la figure elliptique
» qui , par le chapitre précédent, satisfait àcet équilibre, est la seule
› alors qui lui convienne. Mais comme la réduction du rayondusphé-
> roïde enune série de laforme a1+aYo+aY +...) peutfaire naître
>> quelques difficultés , nous allons démontrerdirectement et indépen-
>> damment de cette réductionque laforme elliptique est la seule figure
>> d'équilibre d'une masse fluide homogène, douée d'un mouvement de
>> rotation , ce qui , en confirmant les résultats de l'analyseprécédente,
» servira en même temps à dissiper les doutes que l'on pourrait élever
`>> contre la généralité de cette analyse.» Mais cette seconde solutionde
l'illustre auteur nous paraît incomplète, et c'est à en montrer l'imper-
fection que la présente note sera consacrée. Le vice de la méthode de
Laplace provient de ce qu'il n'a pas démontré à priori que la quantité
H dont il fait usage ( Mécanique céleste , tome II, page 75) est une
quantité finie : s'il existait une figure d'équilibre pour laquelle on eût
H= ∞. (ce qui arriverait par exemple si la variation du rayon du sphé-
roïde était proportionnelle au cubedu cosinus de la latitude) , cette fi-
gure échapperait nécessairement à son analyse. C'est ce que l'on verra
dans le numéro suivant oùje m'efforcerai de développer mon objection
avec la clarté désirable. Je montrerai ensuite comment on peut en
effet résoudre la question proposée sans réduire en série le rayon du
sphéroïde. Cette dernière partie de mon travail intéressera peut-être
27 ..
208 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
les géomètres , quisavent combien il est utile de traiter sous plusieurs
points de vue les questions mathématiques délicates.
II .

En cherchant à déterminer la figure permanente d'une masse liquide


homogène , dont les molécules s'attirent l'une l'autre avec une force
inversement proportionnelle au carré des distances , et qui tourne
autour d'un axe fixe passant par son centre de gravité, Laplace est
conduit (Mécanique céleste, tome II, page 75 ) à l'équation
π 2
4απ
(A) C= 4. -affdpdq' sinp- 18(1-4 ):
0

μ représente une variable comprise entre - 1 et +1 ; c'est le cosinus


de l'angle que fait avec l'axe de révolution un rayon vecteur quel-
conque : Y est une fonction inconnue de µ , et Y' une fonction sem-
blable de µ' , c'est-à-dire de cos'p- sin* p cos q' : a, g , C sont des
constantes. Pour déterminer Y, Laplace différentie trois fois par rap-
port à a l'équation (A), et, en observant que du
d' = cos'p , il
trouve
π Σπ
d³Y d³Y'
0
47 - Sofdpdq sinp cosp
0 cos . αμ'3 ' 13

ou , ce qui est la même chose ,


π 2π dY
o=s* s *dpdq'sin p cosp (3.
0
0
-

).
<< Cette équation, dit-il, doit avoir lieu quel que soit μ : or il est clair
» que parmi toutes les valeurs de u comprises depuis = -1 jus-
» qu'à µ = 1 , il en existe une que nous désignerons par het qui est
d³Y
>> telle , qu'abstraction faite du signe, aucune des valeurs de 3
du
ne
» surpassera celle qui est relative àh : en désignant donc par H cette
>> dernière valeur, on aura
π 2π 3

• =f *f * dpdq' sinp cosp ( H- )


PURES ET APPLIQUÉES. 209
d3Y'
La quantité 3H
-
)
)
est évidemment du même signe que H, et
dμ'3
>> le facteur sinpcos p est constamment positif dans toute l'étendue de
» l'intégrale : les éléments de cette intégrale sont donc tous du même
» signe que H, d'où il suit que l'intégrale entière ne peut être nulle
» à moins que H ne le soit lui-même, ce qui exige que l'on ait
d3Y
» généralement o = du³ d'où l'ontire, en intégrant, Y=1+mp+ημ",
» l, m , n étant des constantes arbitraires. >>>
Ce raisonnement est spécieux et peut séduire au premier aperçu ;
mais , en y réfléchissant davantage , on voit qu'il cesserait d'être ap-
d3Y
plicable si le maximum de la fonction duspouvait être infini, ce qui
arriverait si l'on avait par hasard
7

Y =
(1
-

με) , ου Y =
(1 - με) , etc.,

en sorte que pour l'employer avec sécurité, il faudrait avoir prouvé


d3Y
à priori que la dérivée duedevient infinie pour aucune valeur de
μ , ce que Laplace ne fait nulle part. Pour nous convaincre de l'inexac-
titude du principe sur lequel il s'appuie , considérons un exemple très
simple ; et proposons de trouver la fonction (x) qui satisfait à l'é-
quation

(B) 0
* (ax)da = (x) ,
x étant une variable indépendante. En différentiant trois fois l'équa-
tion (B) par rapport à x , il vient
I 3

Sap (ax)da =
0 10 ""(x) ,
ou , ce qui est la même chose ,
I 12
(C) Sao "(x)- '"'"(ax)]da =o..
0 10

Maintenant en appliquant à l'équation (C) et à la fonction (x) le


raisonnementde Laplace, sans y changer un seul mot, on trouvera
comme ci-dessus ""(x) = o , ce qui est absurde; car la valeur de
210 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
(x) qui satisfait à l'équation ( B) est évidemment de la forme
Ф(х) =
Ax , Adésignant une constanțe arbitraire.
En mettant l'équation
I

foo(ax)da = 2 (x)
0

sous la forme

Sda[ (ax)- 20(x)] = 0 ,


0

on en conclura de même (x) = 0 , tandis que (x) peut avoir


A
cette valeur plus générale (x) = V
Pour que la démonstration de Laplace fûtsuffisante, il faudraitdonc
d3Y
que ce grand géomètre eût montré d'abord que la dérivée du³ a

toujours une valeur finie. Et l'on ne doit pas dire que, dans son ana-
lyse, il exclut implicitement les cas où l'on aurait
H ,

car il se propose de prouver non pas que la figure ellipsoïdale satisfait


*à l'équilibre de la masse fluide supposée presque sphérique, mais bien
qu'aucune autre figure ne peut y satisfaire. Exclure d'avance certaines
formes de la fonction Y, serait évidemment aller contre le but qu'il
indique lui-même et ruiner par le fait sa propre démonstration. La
seule condition à laquelle la fonction Y soit soumise, c'est de ne de-
venir jamais infinie. Ainsi, pour trouver la valeur de Y, satisfaisant
à l'équation (A) , il faut employer une méthode très différente de
celle de Laplace. Je vais exposer cette méthode.

III .

Soient Ox , Oy, Oz trois axes rectangulaires. Imaginons autour du


point O une masse fluide homogène A qui tourne autour de l'axe Oz
avec une vitesse constante et dont les molécules s'attirent l'une l'autre
en raison inverse du carré des distances. La figure permanente de
cette masse liquide dépendra de l'intensité de la force centrifuge qui
PURES ET APPLIQUÉES . 211

s'exerce à la distance i de l'axe de rotation : nous désignerons cette in-


tensité par g et nous la supposerons assez petite pour que la figure du
liquide soit très peu différente de celle d'une sphère. Nous prendrons
en outrepour unitéla force attractive produite à l'unitéde distance entre
deux masses égales à l'unité. Cela étant, considérons un point M placé
à la surface libre du liquide : nommons l'angle MOz et u le cosinus
de 8, r le rayon vecteur OM , a l'angle compris entre la projection
der sur le plan des xy et l'axe des x : représentons par θ', μ', r', '
les quantités analogues à θ , μ, r, pour un autre point M' pris dans
l'intérieur de A. L'élément de A dont le centre est en M' sera exprimé
par r' sin ('de'dw'dr' ou par r'du'do'dr' . La distance du point M au
point M' sera
-

2rr'P ,

P étant le cosinus de l'angle compris entre les deux droites ret r', en
sorte que l'on a
P cos e cos ' + sin ( sin ' cos ( – ') ,
ou

P = μμ' + VI-με Vi- 1-


.cos ( - ').
La somme V des éléments de A divisés par leurs distances respectives
au point M sera exprimée par l'intégrale triple
rdu'dodr
V =

Vr² + r²-
r2rr217P '

les intégrations s'étendant à la masse A tout entière. Et la figure per-


manente de cette masse sera déterminée par l'équation

(1) V+ 2
(1 -

μ²) = constante ,

qu'il est aisé de démontrer par les formules connues de l'hydrostatique.


L'équation ( 1 ) doit servir , comme on voit , à déterminer r en fonc-
tion des deux variables indépendantes μ , π.
Nous supposerons désormais que l'origine O est placée au centre de
gravité du sphéroïde : nous désignerons par a la plus petite valeur de
212 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
r : la valeur générale de ce rayon vecteur sera donc de la forme
r = a( 1 + a ) ,
a étant un très petit coefficient et Y une fonction inconnue de u et a :
à cause de la petitesse de a et deg , on négligera dans le calcul les
quantités de l'ordre ag et de l'ordre a*. La valeur de V se composera
de deux parties distinctes : l'une relative à la sphère du rayon a est
exprimée par
4πα
3
(1 - aY ) :

l'autre , relative à l'excès du sphéroïde sur la sphère , a pour valeur


+1 27 Y'dμ'απ' :
a.a. 1-
0 V2-2P

Y' désigne ce quedevient Y lorsqu'ony change u en u' et wen w', !


IV.

Cette expression de V, savoir,


+ *2π γ' μ' απ'
(2) V = 4πα (1 - a ) + aaSS
3 aasta -
0 2-2P
,

n'est pas la seule dont on puisse faire usage. D'après la transformation


très ingénieuse donnée par Laplace à la page 73 (*) du tome II de la
Mécanique céleste , on a aussi

(3) V=4a (1 -a ) + aaff**Y' sinpdpdq' ,


3 0
1

les nouvelles variablesp, q', étant liées aux anciennes μ', w' par deux
relations dont l'une est

(*) A la page citée, Laplace considère spécialement un sphéroïde de révolution ;


mais son analyse est générale et s'étend sans modifications à tous les sphéroïdes
très peu différents de la sphère.
PURES ET APPLIQUÉES. 213

μ' = μ cos" p sin'p cosq',


et dont l'autre est inutile à l'objet que nous nous proposons ici.
En comparant ces deux valeurs de V, qui doivent être identique-
ment égales , on tombe sur une formule remarquable , savoir
+1 π 2π
2π Y'dμ'απ'
1-
0
Ve =sos Y sinpdpdq' .
0

Dans cette formule, la fonction Y de µ, west arbitraire : toutefois elle


nedoit jamais devenir infinie, lorsque µ varie de -ra +1 et de o
à 27. Lorsque y est une fonction F (4) indépendante de a , on a ,
d'après cela,
+1 2π π 2 .

1-
0 F( ) 'da = sasaF( cos*p - sinʻp cosq')sinpapaq' .
V2-2P 0 0
COS

En particulier si l'on pose F( μ) = μ", n étant un nombre entier posi- :


tif quelconque , il vient
+1 2 π 2π

S -10
V2-2P = Sfa ([Link]*p- sin*pcosq' )" .sinpdpdq' ,
0

et comme l'intégrale placée au second membre est toujours facile à


calculer, on voit qu'il en sera de même de l'autre intégrale
+1 2π μ'παμ'απ' :
I-
0
V2-2P

en développant en effet (ucos*p- sin-pcos q'," par la formule du bi-


nome de Newton et multiplant ensuite les divers termes de ce déve-
loppement par sinpdpdq', il est évident que l'intégrale du premier
4πμη : celle du terme suivant sera
terme µ' cos "p sinpdpdq' sera 2n+ 1
nulle ainsi que celle de chaque terme de rang pair: le résultat de
l'intégration scra donc une fonction entière de u de la forme
4πμη
2n + 1
+ C, μπ− + C₂μπ-44 ... ,
C. , C. , ... étant des constantes dont il est inutile d'écrire ici les va-
Tome II. -
JUIN 1837. 28
214 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
leurs; et l'on aura
+1 n
2π μ'πλμ'απ' 4πμη
1-
0
V2-2P
+ C + etc.
2n + 1

En changeant μ' en pet μen μ' , cequin'altère pas la valeur de P,


on obtiendra semblablement

4πμ'η
(4) stpak V2-2P
duda
1-
0
2n + 1
+ C + etc.

La formule (4) nous sera par la suite d'un grand secours.


V.

En mettant pour V sa valeur (2) dans l'équation (1) et observant


que l'on peut , à cause de la petitesse de g , poser r= a dans le second
terme , cette équation devient
+1
4πα Y'du'dw'
40 ( 1
3
-

ax) + aasta 1-
0 di da +
2-2P + 2 (1 - μ²) = const. ;

ou plus simplement
+1 25 Y'αμ''dw
απ'
'
(5) 3
- +
-S+S 1-
0
V2-2P
C+
=C + 22
( 1 - μ²) ,

C étant une constante. On pourra aussi lui donner cette autre forme
équivalente
π Σπ
π

(6) 3 Y-SS Y'sinpdpdq = C +


0 24 ( - ),
en employant la valeur (3) de V. Pour en tirer Y, le moyen le plus
simple est de développer cette inconnue en une série Y. Y, etc.
dont les géomètres ont étudié les propriétés avec beaucoup de soin .
La solution dont je parle est exposée à la page 69 du deuxième
volume de la Mécanique céleste : nous ne voulons point nous
en occuper ici. Observons seulement que , pour que cette mé-
thode soit complète et rigoureuse , il faut qu'on ait démontré à
priori la possibilité de représenter par un développement de la forme
PURES ET APPLIQUÉES. 215

Y. + Y. +.... ( entre les limites -1 , + 1 , et 0,27 de µ ct de w)


toute fonction Y qui ne devient pas infinie entre ces limites. Laplace
ne possédant pas une telle démonstration avait lieu de craindre que sa
méthode ne fût insuffisante. C'est ce qui l'a porté à chercher un autre
procédé pour déterminer, directement et indépendamment des suites
infinies , la valeur de Y qui satisfait à l'équation (5). Mais , comme je
l'ai expliqué dans l'introduction, le principe dont il a fait usage est
tout-à-fait inadmissible. Nous allons donc essayer d'atteindre par une
autre voie le butqu'il s'était proposé, savoir de trouver la valeur de
Y, sans recourir à l'emploi des séries.
Nous décomposerons , comme lui, la question en deux parties.
1º . Nous supposerons que la figure du sphéroïde en équilibre soit
de révolution : Y sera alors fonction de u seulement , et , dans cette
hypothèse , nous en déterminerons la valeur.
2°. Nous prouverons qu'en effet la figuredu sphéroïde ne peut être
que de révolution. Pour cette dernière partie du problème , nous
renverrons le lecteur au livre IIIº de la Mécanique céleste , où elle est
traitée d'un manière exacte et complète : c'est donc à la première qu'il
faut spécialement nous attacher.
VI.

D'après un théorème connu , démontré par Maclaurin , nous savons


d'avance que l'équilibre de la masse fluide peut subsister en attribuant
à cette masse la forme d'un ellipsoïde de révolution. Il est donc évi-
dent qu'on aura une solution particulière de l'équation (6), et par
suite de l'équation (5) , en posant Y=M + Νµ² et en déterminant
convenablement les constantes M , N. En substituant cette valeur
de Y, on trouve en effet qu'elle satisfera à l'équation (6) si l'on prend
3g 3C 15g
M= -
N = -

16απ 8π ' 16απ

Cela posé, la valeur générale de Y pourra être mise sous la forme


3g 3G
(7) Y
16απ
30158
8π 10μ² + 2 ,
Z étant une fonction inconnue dep qui doit satisfaire à l'équation
28 ..
216 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
nouvelle
+1
4π 2: Zdu'do'
(8) 3
.Z - 1- = °,
0
V2-2P

dans laquelle Z' désigne ce que devient Z lorsqu'on y change uen


μ'. On déduit l'équation (8) de l'équation (5) en y remplaçant Y par
sa valeur (7) : la solution particulière Y= M + Nµª que l'on a obte-
nue à l'aide de l'équation (6) sert, comme on voit, à faire disparaître
le second membre C + 22 ( 1 - μ²) de l'équation (5).
VII .

Nous allons prouver que la fonction inconnue Z est égale à zéro.


Pour cela nous ferons usage du théorème suivant qui se trouve dé-
montré dans mon Journal de Mathématiques (tome II, page 1) :
« Soit (μ) une fonction deµ , déterminée mais inconnue , qui ne
» devienne jamais infinie lorsque u croît de - 1 à + 1. Si l'on a
)
) constamment f+ μη (μ) du=0 , étant unquelconque des nom-
1- 12

» bres entiers 0 , 1 , 2 , 3 , ... , on aura aussi (μ) = o , entre les


» limites μ = −1 , μ = + 1 . »
Pour prouver que Z= o , il suffira donc de prouver que l'on a

S+ μαΖαμ
1- = 0,

n étant un nombre entier quelconque , nul ou positif.


En multipliant par du les deux membres de l'équation (8) et inté-
grant ensuite depuis = -1 jusqu'à = + 1 , on a
+1 +1 2π Z'do
'
0.
I- 1-
-I 2

L'intégrale triple contenue dans l'équation queje viens d'écrire peut


être mise sous la forme
+1 +1 dw
'
1-
1 0 2- 2P

Mais par la formule (4) il vient :


PURES ET APPLIQUÉES. 217

+ do
St dusd
1-
0 2-2P = 47
4π : :

notre intégrale triple est donc égale à


4π -1 Ζ'αμ',

ou , ce qui est la même chose , à


+
4π 1-
Ζαμ .
Par suite on a

+1 +
47 1
Ζαμ -

1- Ζαμ = 0,
-1

ce qui exige que


+1

S Ζαμ = 0.

+
Pour prouver que SpZdy = o , il faut se rappeler que l'origine
1-

O des coordonnées est en même temps le centre de gravité du sphé-


roïde. En effet le moment de l'élément rdu'do'dr par rapport au 、
plan des xy est
13.μ'αμ'do'dr' :

pour que ce plan contienne le centrede gravité, il fautdonc que l'on ait

SSSr3.p'du'dw'dr' =
0,

les intégrales s'étendant au volume entier du liquide. On effectuera


d'abord l'intégrale relative à r depuis r' o jusqu'à r =a(1 + aY'),
et en négligeant le carré et les puissances supérieures de a, on aura
+1 2π

S+S * μ .(1 + 4aX')dp'd


-1 0
0:

Y' étant indépendant de ', cette équationde condition se réduit à


+ +1
ou
1- 1-
μαμ 0,

1
218 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
d'où résulte immédiatement
++ =

Γ Ζαμ
-1
0,

puisque Y ne diffère de Z que par la fonction paire M + Νμ'.


Actuellement il suffira de prouver que si les intégrales
+1 +1 +1
[ Zdy, 1 μΖαμ , .....
-I
1-
- Zd
sont nulles pour une certaine valeur de n égale à 2 ou > 2, l'intégrale
+1
suivante est nulle aussi. Cela fait , il sera rigoureusement
-1

prouvé que l'on a Z = o.


Or en multipliant par urdu les deux membres de l'équation (8) et
intégrant par rapport à µ , on obtient
+1 +1 +1 2 Ζ'αμ'απ
do'
3 1- μ"Ζάμ- 1-
μπαμ + dp! Sadda
1-
V2-2P 0
0.

L'intégrale triple contenue dans cette équation, étant mise sous la


forme
+1 +1 2 da
'

SZdpdf
-1 0
V2-2P '
devient, en vertu de la formule (4) ,
+1

SZidu 27+ 1 + C₁ / - + etc. ) :


μ

changeant u' en u sous le signe ſet omettant les termes multipliés


par les intégrales nulles

-1
Zdy, Suzy , etc., brode
elle se réduit à
+1

2n + 1 -1

en sorte que l'on a


+1 +1
47 =
0,
3 -1
μπΖαμ -

2n+ 1
1-

et par conséquent
PURES ET APPLIQUÉES . 219
+1 =
1- μηΖλμ. 0,

puisque 2n + 1 est > 3 .


Concluons de cette analyse qu'en se bornant aux sphéroïdes de ré-
volution , les formes possibles d'équilibre très peu différentes de la
sphère sont représentées par l'équation générale
3aC 15g
(1+ 3g
212 =
r = a(1 + aY) --
8π 16 ),
laquelle se simplifie en observant que a représente (n° III) la plus pe-
tite valeur der : en effet la plus petite valeur der répond à µ³ = 1 :
on a donc

3g 3C 15g
a (1+ -

) = a,
d'où l'on tire
3g 15g
a
(1 + = (1 + 1 ) ,
et par suite ,
(9) r = a [1+ 16π (1-4 )].
L'équation (9) est celle d'un ellipsoïde qui se réduit à une sphère lors-
que go ; en sorte que la sphère est la seule figure de révolution
qui satisfasse à l'équilibre d'une masse fluide homogène immobile , du
moins lorsqu'on suppose à priori cette figure presque sphérique.
C'est en partant de ce dernier théorème que l'on prouve ensuite que
parmi toutes les figures très peu différentes de la sphère (qu'elles
soient ou non de révolution ) une seule peut satisfaire à la condition
d'équilibre du fluide tournant autour d'un axe. En sorte que la surface
de ce fluide est nécessairement celle de l'ellipsoïde déterminé par
l'équation (9). Mais sur ce point, comme nous l'avons déjà dit, nous
renverrons au livre IIIº de la Mécanique céleste (tome II , page 76. )
220
JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
wwwmmww wwwwwwwwwwwwwwwwww ۱۱۱۱۱۱۱

EXTRAIT

D'un Mémoire sur le développement des fonctions en séries


dont les différents termes sont assujettis à satisfaire à une
méme équation différentielle linéaire, contenant un para-
mètre variable ;

PAR MM. C. STURM ET J. LIOUVILLE .

Soient x une variable indépendante comprise entre deux limites don-


nées x , X ; g, k , I trois fonctions positives de x ; r un paramètre in-
déterminé ; ét V une fonction de x et de r, qui satisfasse à la fois à
l'équation indéfinie

(1)
d( )+ (gr - 1) V = 0 ,
dx

et à la condition définie
dv
(2) -hV = o pour x= x ,
dx

dans laquelle h représente un nombre donné positif. Il est aisé de trou-


1
ver une fonction V qui vérifie ces deux équations et qui ne devienne
identiquement nulle pour aucune valeur déterminée de r, lorsque x
reste indéterminée. On s'est beaucoup occupé des propriétés de la
fonction V dans différents mémoires auxquels nous renverrons le
lecteur(*) .

(*) Tome I de ce Journal , pages 106 , 253 , 269, 373, et tome II , page 16.
PURES ET APPLIQUÉES. 221

Désignons par H un coefficient positif et par (r) ce que devient la


dv
quantité d + HV lorsqu'on y fait x= X : on sait que l'équation
(r) = o a une infinité de racines toutes réelles et positives que nous
nommerons r,, ... , ... en les supposant rangées dans un ordre
de grandeurs croissantes. Nous représenterons par V, ou V,(x) ce que
devient V lorsqu'on fait r= r . Ainsi l'on aura à la fois

d( )+ (gr. - l) V. = 0 ,
(3) dx
dVn
(4) dx
-
hV. = o pour x = x,
dV
(5) , + HV = 0 pour x= Χ.
dx

Cela posé, on peut chercher à sommer la série


X
V
X
gVnf(x)dx
(6) Σ

X
gVdx

dans laquelle le signe ∑ s'applique aux valeurs successives 1, 2, 3, ....


de l'indice n , et où f(x) est une fonction arbitraire de x qui ne de-
vient jamais infinie. Soit F (x) la somme demandée. Il s'agit de prou-
ver d'une manière directe et rigoureuse que l'on a F (x) = f(x). Déjà
l'un de nous a traité cette question dans un mémoire particulier ;
mais comme la série (6) se présente dans une foule de problèmes de
physique mathématique , nous avons pensé qu'il était bon de revenir
sur ce sujet. Au surplus , la méthode dont nous allons faire usage
diffère beaucoup de celle que l'on a d'abord employée.
Combinons entre elles les équations (1) et (3); en ayant égard aux
conditions (2) , (4), nous aurons sans difficulté
k

[Link] = ( -

v. ).
En posant x= X et se rappelant que, pour cette valeur de x ,
dVn dV
+ HV, se réduit à zéro et dx + HV à w(r) , il vient donc
Tome II .- JUIN 1837. 29 .
222 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
X (1)
:
(7) [Link] = -KV (X) . r- rn

Ket V.(X) représentent les valeurs respectives de ket de V. pour


x= X. Dans le cas particulier où r= r , le second membre de la
formule (7) prend la forme : en cherchant alors sa vraie valeur par
la règle connue , on trouve
X
= -

(8) fgVdx
X
KV (X) ' (r. ).
D'un autre côté on peut démontrer que la fraction est décom-
w(r)
posable en fractions simples. Par les méthodes connues pour ce genre
de décomposition , on obtient
V
== { } ,

d'où résulte
w(r) Vn
(9) v=
V { }
A l'aide des formules (7) et (8), on peut éliminer (r) , ' (r ) : cette
élimination faite , si l'on multiplie l'équation (9) par gf(x)dx et si
l'on intègre ensuite , on obtient finalement
X X

X SxgVVdx.
X X
V.f(x)dx
fxgVf(x)dx = 2 { X
X
gVdx

Mais en multipliant par gVdx et intégrant les deux membres de l'é-


quation
X

F(x) = Σ
Vfgvf(x)dx X

X
Vdz
n

on a de même
X X

X
X
gVVdx. fxgVnf(x)dx
SgVF(x) dx = x Σ
X

fgVdx
X
PURES ET APPLIQUÉES . 223

Les deux intégrales


X

S &Vf(x)dx , SgVF (x)dx


X

sont donc égales entre elles , en sorte que l'on a

fxgV[F (x) - f(x)] dx = o.


Cette dernière équation doit avoir lieu quel que soit r, et l'on peut
aisément prouver qu'elle entraîne la suivante F (x) = f(x) ,
C. Q. F. D.
La méthode que nous venons d'employer pour sommer la série (6)
est à la fois très simple et très générale. Elle peut servir à trouver la
somme d'un grand nombre d'autres séries , comme on le verra dans
notre mémoire, où l'analyse précédente est présentée sous plusieurs
points de vue (*).

(*) L'abondance des matières nous force à différer la publication de ce Mémoire.


L'extrait qu'on vient de lire a déjà été imprimé dans le Compte rendu des séances
de l'Académie des Sciences , tome IV, page 675. (J. LIOUVILLE.)

29
..
224 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
ww

REMARQUES
Sur les Intégrales des fractions rationnelles ;
PAR M. POISSON.

Lorsqu'on passe de l'intégrale indéfinie d'une fraction rationnelle à


son intégrale définie, prise entre les limites zéro et l'infini , il arrive
souvent qu'elle se réduit à une fonction algébrique des racines de
l'équation que l'on obtient en égalant à zéro le dénominateur de la
fraction proposée, et qu'elle ne contient plus qu'une seule quantité
transcendante , savoir, le rapport de la circonférence au diamètre.
Mais cette fonction n'est pas du genre de celles que l'on peut expri-
mer sans radicaux , au moyen des coefficients de l'équation dont elle
renferme les racines; et quoiqu'elle ne doive avoir qu'une seule va-
leur, elle dépend, néanmoins, d'une équation d'undegré supérieur au
premier , dont cette valeur est une racine déterminée. C'est ce que l'on
verra , en effet , par l'exemple suivant, auquel il sera facile d'en
ajouter , si l'on veut , beaucoup d'autres.
Je désignerai par a, b, c, g , h , k , des constantes données, etj'ap-
pelleraiy l'intégrale que je prendrai pour exemple , savoir :
8
(g + hx² + kx4)dx
y =
S0 x + ax + bx + c

Soient -a , -6 , - , les trois racines, réelles ou imaginaires


de l'équation
x + ax + bx + c = 0 ,

résolue par rapport à x*, de sorte qu'on ait


a* + * + γ = α , αβ + γα² + b²² = b , *** = c. (1 )
PURES ET APPLIQUÉES . 225

Afin que le dénominateur de la fraction comprise sous le signe ſ, ne


passe pas par zéro entre les limites de l'intégration , je supposerai
qu'aucune de ces racines ne soit positive , ce qui exigera que le der-
nier terme e soit positif. Les signes de a , 6 , 7 , seront ambigus.
Pour fixer les idées , je supposerai aussi que ces trois quantités sont
positives , ou des imaginaires dont la partie réelle est positive.
Par la règle ordinaire , on aura
8
g
-

hu² + kat dx

α
-

62 0 x² + α²
8
-
ho + kC4 dx
+ 2 2
0 x² + 62
8

g
-
hy²+ kyt dx
+ 2
0 x² + y²

Je fais x= az et dx= adz dans la première intégrale , x= 6z


et dx= 6dz dans la seconde , x=yzet dx=ydz dans la troisième.
D'après l'hypothèse que l'on vient de faire sur les signes de α , β , γ ,
les limites relatives à la nouvelle variable z seront toujours zéro et
8

dz
l'infini positif; et à cause de S 0 1 + 22 = 2
7, il en résultera
2
g ha²+ kat + g - hô + kết g-hy + ky+
2 + ,
α(α² -6*) (α- γ ) 6(62 - α²) (62-γ²) γγ² – α²) (γ² -
) '
ou bien , en réduisant les trois fractions au même dénominateur ,
2
g(a + 6 + r) + haby + kaby (ab + γα + βγ) (2)
αβγα +6) ( + ) ( + )
Soit actuellement
a + 6 + γ = u.
En vertu des équations (1) , on aura d'abord
2(αβ + γα + 62) = u -

a;

on aura ensuite

4[a6² + 2a² + b²² + 2aby(α + β + γ)] = (u² -a)*,


et , par conséquent,
(u - a) - 8uVc- 4b = o , (3)
226 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
où l'on regardera Võ, valeur de aby, comme une quantité po-
sitive. Or, il est évident qu'on aurait été conduit à cette même équa-
tion (3), si l'on eût pris pour u l'une des trois quantités a- 6- у,
γα - 6 , 6 -γ-a, qui se déduisent du trinome a + 6 + 2, en
changeant les signes de deux de ses termes , ce qui n'empêche pas le
produit des trois termes, de resterpositifet égal à Vē. Il s'ensuit donc
que les quatre racines de l'équation (5) sont
a + b + y, a - 6 - y , y- a - 6 , 6 - з - а.
-α .

D'ailleurs , les trois quantités a, 6 , 2 , étant positives ou des ima-


ginaires dont la partie réelle est positive, il en résulte qu'une au
moins de ces quatre racines sera réelle et positive; et l'on voit aussi que
si l'équation (3) a plusieurs racines de cette espèce , c'est la plus grande
qui exprime la valeur de a + 6 + 2. En désignant par p la plus
grande racine positive de l'équation (3), il faudra donc prendre , dans
la formule (2) ,

a + 6 + γ = p , αβ + γα + by = ( p - a);
comme on a identiquement

(a + b) (2+ ) (6+ 2) = (a + b+ 2) (ab+ αγ+ βγ) -αβγ,


on aura , en même temps ,

(a + b) (y + a) (6 + 2 ) = = p (p* -α) - αβγ ;


et à cause de aby = Vē , la formule (2) deviendra
C

2yr =
= 2gp +p(p²-
2hvc+ k(p° - a) Vc;
a) V - 20
(
4)

en sorte qu'il suffira de calculer la valeur de la plus grande racine de


l'équation (3), pour enconclure immédiatement la valeur de r.
En remettant pour y l'intégrale que cette lettre représente , on
pourra décomposer cette formule (4) , en ces trois autres
PURES ET APPLIQUÉES. 227

dx пр
S
0

8
= p (p² - a)V - 20'
x²dx VC
X
=
(5)
0 p(p²-x) c-2c
xdx
=
*(p²- a)Vo
X
0
2p(p²-a)Vc-4c
où l'on a fait , pour abréger ,
x + ax + bx + c = X.
Si l'on a, par exemple , a = 0 , b = 0 , c = , l'équation (3)
se réduira à uº - 8u= 0 ; ses quatre racines seront u= 0 , u= 2 ,
u= 1 ± √-3 ; ce sera la seconde qu'il faudra prendre pourp ; au
moyen de quoi, les équations (5) deviendront
8 8 8
dx 11
xdx xdx

13
οι + x6 3' S 0 1 +x
6
0 1 + x
I

ce qui coïncideavec les valeurs que l'on déduirait de la formule connue


xm- dx T

S 0 I+ x
nsin
mx

Dans le cas de a= 3 , b = 3 , c= 1 , l'équation (3) a une racine


égale à 3 , et trois racines égales entre elles et à -1 . En prenant donc
p= 3 , les formules (5) donneront alors
8 8 8
dx 3π xdx π xdx 3π
=
0 (1 +x ) 3 16,5。 (1+2) 0
3
16. (1 0 ) 16

résultats faciles à vérifier , par le procédé de l'intégration par partie.


En général , si l'on élimine pet p² - a , entre les trois équations
(5) , il vient
dx xdx xdx\2 77 xdx
-

X X
0 0 0
2VC 。

équation indépendante de a et b , et qui fera connaître immédiatement


l'une des trois intégrales que nous considérons , lorsque les valeurs des
deux autres seront connues . On aura aussi cette autre équation
xdx dx
P
S 0
=S 0 ;

.
228 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
et quand les deux intégrales qu'elle renferme auront été calculées par
les quadratures , elle fera connaître la valeur approchée de la plus
grande racine positive pde l'équation (3).
La fraction rationnelle donnée ne contenant toujours que des puis.
sances paires de la variable ; si son dénominateur est du huitième de-
gré, l'équation dont sa valeur dépendra , se réduira au quatrième
degré, comme l'équation (3) , et ce sera encore la plus grande racine
positive de cette équation qu'il faudra employer dans cette valeur,
Après avoirdécomposé une fraction rationnelle en fractions simples
dont les dénominateurs soient du premier ou du second degré; si l'on 1

suppose que le nombre qui marque le degré du dénominateur de la


fraction proposée devienne infini , le nombredes fractions simples le
deviendra aussi, et elles formeront une série infinie dont la fraction
donnée exprimera la valeur. On obtient par là, sans intégration ,
les sommes des diverses séries qu'Euler et D. Bernouilli ont considé-
rées , et qui sont déterminées d'une autre manière dans mes mémoires
sur les intégrales définies (*) ; maisje n'ai pas vu que ce moyen con-
duisît à des résultats qui ne fussent pas déjà connus.

(*) Journal de l'École Polytechnique , XVIII cahier , pages 311 et suivantes,


PURES ET APPLIQUÉES. 229

٨٨٨٨٨٨٩٨ MΑΛΑΑ

MÉMOIRE

Sur le degré d'approximation qu'on obtient pour les


valeurs numériques d'une variable qui satisfait à une
équation différentielle, en employant pour calculer ces
valeurs diverses équations aux différences plus ou moins
approchées ;
PAR G. CORIOLIS .

Lorsqu'on a à résoudre l'équation


dy
d=f(x),

on le fait au moyen de l'intégrale


y= f(x)dx.
Les valeurs numériques de cette dernière peuvent se calculer par ap-
proximation au moyen de l'équation aux différences
Δγ = f(x)∆x :
c'est ce qu'on appelle la méthode des quadratures. Au lieu de cette
équation aux différences , on emploie encore la suivante :
Δα
=
2 [f(x) + f(x + x)] .
C'est pour cetteformule que le célèbre Euler a donné les termes d'une
série complémentaire, et que M. Poisson, dans un mémoire qui fait
partie du recueil de l'Académie , année 1827 , a exprimé le réste de
cette série sous une forme analogue à celui de la série de Taylor.
Tome II. - JUIN 1837. 30
230 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
M. Cauchy est, je crois, le premier qui ait fixé une limite à l'erreur
commise lorsque, pour calculer les valeurs de y tiré de l'équation dif-
férentielle dy= f(x , y) dx, où les variables x ety paraissent toutes
deux dans la fonction qui exprime la valeur de dx
dy ' on se sert de

l'équation aux différences


Δy = f(x , y ) Δx.
Nous allons d'abord exposer la marche qu'il a suivie , puis nous
donnerons des limites analogues lorsqu'on emploie diverses autres
équations aux différences plus ou moins approchées de l'équation
différentielle .
Pour faciliter les énoncés, nous concevrons x et y comme étant
deux coordonnées rectangulaires d'un point dans un plan.
Nous ferons remarquer d'abord que toutes les méthodes d'approxi-
mation pour le calcul des valeurs numériques dej ne peuvent réussir,
comme on le verra , par la recherche même des limites de l'erreur,
qu'autant qu'on sait à priori que pour tous les points compris dans un
certain rectangle sur le plan , ni la fonction f(x, y) , ni certaines de
ses dérivées ne deviennent infinies, et qu'on peut assigner des nombres
que ces fonctions ne dépassentjamais dans ce rectangle.
Soit donc A un nombre que f(x , y) ne puisse dépasser dans le
rectangle dont les points extrêmes ont pour coordonnées x. , xo + a ,
0

yo - b , y. + b.
х-х.
Supposons qu'après avoir pris Ax n
, on calcule y. au
moyen des équations successives
y.-y. = f(xo , γο) Δx ,
j. y. = f(x,, y. ) Ax ,

γ. y = f(x , y ) Δx.
Il s'agit de reconnaître quelle altération recevait cette valeur dey. ,
si , au lieu de diviser x-x. en n parties , on multipliait indéfini-
ment les éléments en sous-divisant chacun des accroissements Ax en
m éléments A'x plus petits.
PURES ET APPLIQUÉES. 231
Soienty, et y, +1 , deux quelconques desy successifs du calcul pré-
r-

cédent , de telle sorte qu'on ait


1+ 1 - y, = f(x,, γ.)∆x ,
en sous-divisant Ax en m éléments A'x et conservant à x, et àj, les
mêmes valeurs , on aura une nouvelle valeur de y+, répondant à
+1

Xr+ , ou à x, + ∆x , laquelle résultera des équations successives


r = r. + f(x,, y.) Δ'x ,
r = r + f(x,, γ ) Δ'x ,
:

J+ = + f(x ,y ) Δ' ,
ou x , x , x , etc...., désignant les valeurs de x intermédiaire
entre x , et x, et yi , yi, yš , etc..., les valeurs de y fournies par ces
équations aux différences. On peut les mettre sous cette forme
r γ. = f(x,, γ.) Δ'α ,
-

y - y. = f(x,, γ.)∆'x + f(x , y ) 'x,


:
Y + 1 -y = f(x,, j.) △'x + ... +f(x ,y m ) Δ' .
b
Tant que Ax ne dépassera pas , c'est-à-dire que A∆x < b , on sera
sûr que chacune des sommes qui forment les deuxièmes membres sera
inférieure à Adx, et qu'ainsi tous les y qui paraissent dans le calcul
seront tous compris entre les limitesy. A∆x ou yo ± 6 . Ainsi, l'on
peut poser

: Xr+ γ. + f(x, + 04x , γ, ± θΑΔх) Δх ,


0 étant un nombre fractionnaire entre zéro et l'unité.
Si donc on désigne par dy,, la différence entre la valeur deycal-
culée par l'équation
j + f(x,, γ.) Ax , 1

30 ..
232 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
et celle qui résulte des m sous-divisions de ax ; on aura
Sy +1 = [f(x, + ΘΑΔx , y, ± 0Α∆x) - f(x,, γ.)] Δα.
Si l'on désigne par Pet Q les maxima numériques des dérivées
partielles df(x,y)
dx
et df(xdy, y) dans l'étendue du rectangle dont nous
avons parlé , et qu'on développe la différence ci-dessus au moyen des
dérivées partielles , on aura toujours
бу +1
+, < (Р + AQ) Δ.x* .
Il reste à examiner maintenant quelle sera l'altération partielle pro-
duite sury. par cette variation dy,+1 , en supposant que l'on ne change
pas le mode de division entre y,+, ety. , et que cette dernière quan-
tité ne soit ainsi modifiée que par le seul changement dey
En désignant de même par dy..., бу+3 , etc., les variations cor-
respondantes des quantités + , +3 , etc., on aura évidemment
бу + = буг+ + [f( x +1 , +1 + буг+1) - f(x )] Δ.Χ.
Cette équation fournit l'inégalité suivante :
бута < буг+ (1 + QAx),
et comme on aura semblablement ,
буг+3 < бугта (1 + QAx) ,

et ainsi de suite jusqu'à


бул < бул (1 + QAx) ;
on en déduira
бул < буг + ( 1 + Qax) ,

En appliquant cette formule au premier élément ax à partir de xo,


sa sous-division produisant un changement dy, sury,, on aura pour
la variation correspondante dr. sury.
δ.γη < δγ. ( 1 + Qax) -1
Si l'on sous-divise ensuite le second élément Ax, on produira sur y.
PURES ET APPLIQUÉES . 233

un deuxième changement qui sera limité par l'inégalité


δ.γ. < δу. (1+ Qax) -1 .
n

On continuera à poser des relations semblables qui limiteront les alté-


rations partielles
δεγη, δενα, etc.
Il est clair que l'on aura le changement total sury, en faisantla somme
διγα + δογα + δ.. + etc.
En la désignant par dr. et se rappelant que toutes ces quantités dγη,
dr. , etc. , sont toutes inférieures à (P + AQ)Ax ; on aura
I

бу. < (P + AQ) [(1+ Qx)"-1] Ax.


Cette inégalité subsistant, quel que soit le nombre des nouvelles sous-
divisions de chacun des n éléments Ax en d'autres plus petits , elle
aura encore lieu à la limite quand le nouvel y deviendra la valeur
exacte ; ainsi elle donne une limite de l'erreur que l'on commet en
prenanty, au lieu de la limite.
La marche précédente, tout en donnant une limite pour l'erreur
commise , a l'avantage de démontrer quey converge vers une limite
lorsque n croît indéfiniment , et qu'il y a une fonction qui satis-
fait à l'équation différentielle : les valeurs de cette fonction peuvent
ainsi se calculer par la méthode précédente avec telle approximation
que l'on voudra.
Telle est l'analyse qu'on doit à M. Cauchy .
Nous remarquerons maintenant que si l'on admet à priori que la
fonction y existe , la limite précédente peut être réduite à moitié. En
effet , les valeurs de y répondant à x,+, peuvent être mises sous la
forme

y =y, + f(x,, y.)Ax + df(x + 4x, J. ±θΑΔ


A^x)) Δα2 2

Or, la valeur approchée de y que nous désignerons par +, est donnée


par
Vit y. + f(x , y ) Δα ;
234 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
Ainsi , la seule sous-division à l'infini des éléments entre x, et x+1
fait varier y de
df(x,+ A^x, γ, ± θΑΔΧ) Δχ²
,
dx 2

qui est inférieure à


Δχ
(P + AQ) 2

C'est la moitié de ce qu'on avait adopté par lamarche précédente ;


on peut donc poser en général
P

бу. < ( +4 ) [(1+ x)*-1] x.


2
Q

Il ne faut pas perdre de vue que ces calculs par éléments ne peuvent
réussir et conduire ainsi aux valeurs numériques de l'intégrale y qu'au-
tant qu'on peut assigner un certain rectangle dans lequel ni la fonc-
tion f(x , y) , ni les deux dérivées partielles ne deviennent infi-
nies . Les coordonnées extrêmes de ce rectangle étant x , xo + a ,
yo - bet ro + b, on n'est sûr à priori de pouvoir calculery que
b
pourune valeur de x qui ne dépasse pas x. +1 , puisque dans ce
cas seulement on sait que quel que soit l'indice r la valeur numé-
rique de y,-yo étant plus petite que A(x,-xo) sera alors infé-
rieure à b.
On peut remarquer que, si la fonction f(x, y) reste positive pour
toute la superficie du demi-rectangle compris entre yo et yo + b ;
alors on n'a pas besoin de considérer le demi-rectangle inférieur com-
pris entrey, ety. -b puisqu'on sera sûr alors que dans l'étendue du
calcul les valeurs de y vont en croissant : ce sera l'inverse si f(x, y)
reste négative.
Examinons maintenant le cas où l'on emploie d'autres équations
aux différences pour calculer les valeurs dey. On peut , par exemple ,
procéder d'une manière analogue à celle qu'on prend pour les inté-
grales définies , quand on leur substitue l'aire d'un polygone au lieu
de la somme des rectangles inscrits. On emploie alors l'équation aux
différences

Ay = [f(x, y) + f(x, y + f(x, y) ∆x)] 2 .


PURES ET APPLIQUÉES . 235

Examinons dans ce cas quelle limite on peut assigner à l'erreur com-


mise.
Lorsquey n'existe pas dans f(x ,y) et que cette fonction est réduite
à f(x) , Euler a donné une série pour exprimer le complément néces-
saire pour former la valeur dey. M. Poisson a exprimé le premier le
reste de cette série et a posé ainsi une limite à l'erreur. Il s'est fondé
sur l'analyse propre aux développements des fonctions en séries de
sinus et de cosinus. Nous exprimerons ici le reste par le seul emploi
de la série de Taylor.
Supposons d'abord qu'on ait une fonction f(x) au lieu de f(x, y)
et que l'équation aux différences soit

Ay = [f(x) + f(x + x)] .

En développant f(x + x) et s'arrêtant au troisième terme , cette


équation devient
Δχε Δε
∆xf(x) + 2
f'(x) + 4 f"(x + 04x) ,
→ étant un coefficient numérique plus petit que l'unité. Mais la valeur
exacte de Ay serait donnée par
Δχ
= ∆xf(x) + 2 -f' ( x) + of"(x + 4x).
ainsi la différence entre les deux y pourra être mise sous la forme de
Δε3
f"(x + 4x).
Si A" désigne la plus grande valeur numérique de f (x) pour toutes
les valeurs de x + Ax qui peuvent être employées , l'expression ci-
dessus sera inférieure à
3

AA".
A".
12

Revenons maintenant à l'équation différentielle où les deux variables-


x et y entrent dans la fonction , et soit
dy
dx = f(x, y).
236 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
Nous déduironsy.+, de y, par l'équation aux différences
Δα
y = {[f(x, y) + fx , y + f(x , y) Δx] } 2 ;

posons', pour abréger,


y + f(x , y) Δx = γ',
et désignons par Y la valeur exacte de y. Nous pourrons remplacer
l'équation aux différences qui fournit lesy, par la suivante

Ay = [f(x, y) + f(x , y)] 2 - [f(x , y) - f(x , y)] 2

Le premier terme du deuxième membre de cette équation peut être


considéré comme une fonction de x, ainsi par la formule qu'on vient
de donner pour ce cas, la différence entre ce terme et ce qu'il devait
être pour donner la valeur exacte Y est plus petite que

12
3A".

La quantité A" étant la plus grande valeur numérique de la dérivée de


f(x , y) prise par rapport àx, en y regardanty comme une fonc-
tion de x. En désignant par R, S , T les plus grandes valeurs numé-
riques des trois dérivées partielles du deuxième ordre de f(x, y) ;
on aura

A" < R + 2SA + TA + Q(P + AQ).


Cherchons maintenant une limite du deuxième terme de l'équation
ci-dessus , c'est-à-dire une limite de

- [f(x , Y) -

f(x, y')] .
Lorsqu'on veut passer de xà x + Ax , on a
Y=y+ f(x, y).Ax + f' (x + 4x , y ± 0A∆x) 2 ;
i

de plus , d'après la définition dej', on a


y' = y + f(x , y) Ax ,
PURES ET APPLIQUÉES. 237
Ainsi ,
Y
y + f'(x + 0∆x , γ ± 0ΑΔΧ) 2,.
Introduisant cette valeur de Y dans f(x , y) -f(x , y') , et rempla-
çant cette différence par une valeur moyenne de la dérivée partielle
qui lui correspond, c'est-à-dire, la développant par la formule de
Taylor arrêtée à la première dérivée; on aura
-

∆x³
4 df[x, y + 0f' (xdy
+ 0x , r ± 0A^x) ] f' (x + 0∆x , γ ± 0ΑΔx) .
Ayant désigné par Pet Q les plus grandes valeurs numériques des
dérivées partielles df(x , y) et df(x, y) pour toutes les valeurs de x
dx dy
et de y qui peuvent être employées dans le calcul, l'expression ci-
dessus , en faisant abstraction du signe, sera inférieure numérique.
ment à
Δε
(P + AQ) .Q.

Ainsi , dans le cas le plus défavorable , où le signe des deux par-


ties que nous venons de calculer serait le même , la limite de l'erreur
totale commise sur uny,+, quelconque , sera donnée par
бу + <
1
+1
ΓΑ" + (P + AQ)Q].
Maintenant , il reste à voir quelle influence a l'erreur dy , sur y.
quand on sous-divise les éléments Ar.
Comme on a
Δα

Ii+ = +1+ {f(x +19 Pr+1)+f[xr+19 1 +1+∆xf(x1+1, Ir+1)]} ,


2

on en déduit
Δχ
буття < бутті + 2 [Q ++ Q( 8 +1 + ∆xQdY1+1 )],
ou bien ,
2

буг+1 < буг+» (1 + QAx + Q• **) ; 2

on aura de même
QAr
буга < буття (1 + Qax + A**) ,
+
2

et ainsi de suite.
Tome II. -
JUILLET 1837. 31
238 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
En multipliant ces inégalités l'une par l'autre, on aura

δα < + (1 + Q∆x + Q• 2 )¯¯¯¯';


l'erreur totale sur y est la somme de tous les de résultant des
changements produits par les sous-divisions des Ax; et comme on
a toujours, quel que soit l'indice r,

бугт < [ + Q ( P + AQ)] ;


on aura pour l'erreur totale sur y
Δχ 1-

+ Qx + Q
бу
< [ +(P
4 8 +( P + AQ) Q
Q+ Q
Δχ

2
:

A" étant limité dans cette formule par


A' R + 2SA + TA + ( P + AQ ) Q.

Le dernier facteur qui entre dans la limite de dy prend une valeur


finie pour ax infiniment petit et n infiniment grand ; ainsi l'erreur
est de l'ordre de ax* .
Eu égard aux signes des différences qui ont introduit A" et ......

Q ( P + AQ ) , on peut remarquer que si la fonction f(x,y) et ses


dérivées du premier et du deuxième ordre étaient de même signe dans
l'étendue du rectangle dont nous avons parlé, alors on pourrait dans
l'expression ci-dessus remplacer le facteur
"

A"
+ ( P + AQ) Q par- ( P + AQ ) Q,
ou par

R + 2AS + AT - Q ( P + AQ ).

On peut donner également la limite de l'erreur commise lorsqu'on


emploie une équation aux différences formée d'un certain nombre de
termes de la série de Taylor .
Ainsi , en partant de
** PURES ET APPLIQUÉES. 239

df( x ; y) ∆x² dmf' (x , y) Δxm


y = f ( x , y ) ax + dx 2
+... drm 1.2.3 ... m '

l'erreur commise sur y+ ay, répondant à x + Ax , sera moindre


que la plus grande valeur de
dm+ f(x + 00x, γ±0ΑΔx) Δχητι

dxm+1 1.2.3 ...(m+1)

En désignant par A(m+1) la plus grande valeur de la dérivée totale


qui forme le premier facteur de cette expression , et par dy l'erreur
sur y+ ay, on aura
бу A(m+1) 1.2.3...(m+ 1)
Δxm+ 1

L'altération de y,+1, résultant seulement de celle de y,, sera don-


née par

бубу, + df(x , dy
y, ±0dy.) Sy, Ax + .. dm +1f(xdx™dy
, j; + 0dy,) δ . 42 1.2... m

Si , pour abréger, on pose en général la dérivée totale ....


dmf ( x, y) = a(m) ; on aura
dxm

da
бубу, ( 1 + 4х + ... dam . 1.2... m ),
y devant avoir une valeur entre y, et y, + dy,, dans les expres-
da da(m)
sions ....

ddy
En procédant comme dans le cas précédent, et désignant les plus
da da(m)
*grandes valeurs numériques des dérivées dydy , quel que soit
.....

y dans l'intérieur du rectangle , par


m)
Q, A. , A,, .....

on trouvera que l'erreur sur , résultant du seul changement dy,


sur y, sera limité par
ロード

буу» < бу, (1 + Qx+ A


n
2 + ... + A( ) 1.2... m) ,
31 ..
240 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
comme toutes les quantités dy, sont limitées par

бу, A(m+1 ) Axm+1


1.2.3...(m+1 ) '

et qu'en outre l'erreur totale dy, de y est donnée par


δγη= διγα + δαγη + δεγη διηγης
on aura

Δχη 1-

Aam A(m+1) (1 + Qx + ...A, (m) 1.2...m


буп
n

1.2.3... (m+1)
[ Q+A',
Δα Δε
... + A.(m) 1.2...m 7;
;

le dernier facteur du deuxième membre étant fini quand n devient


infini , la limite de l'erreur est de l'ordre de A.
Lorsque n devient très grand, et par conséquent lorsque Ax devient
très petit devant l'intervalle total x - x. , on peut poser

бул < 1.2.3+ (1+1 )(


δупn
m
);
Examinons encore ce que devient la limite de l'erreur quand on
emploie pour équation aux différences l'intégrale d'une équation diffé-
rentielle linéaire très approchée de l'équation différentielle du pro-
blème.
Suivant que ce sera la variable x ou la variable y qui , par la nature
de la question , variera le moins rapidement en développantf(x, y) à
partir de x. et y. suivant les puissances des accroissements de x ou
dey, on développeraf(x ,y) suivant les puissances de l'accroissement
de x ou de y.
Soit donc , pour fixer les idées, y la variable qu'on sait , par la na-
ture de la question , devoir varier le moins rapidement; on posera
y=y. + n , et l'on remplacera l'équation différentielle
dy
dx = f(x, y)
PURES ET APPLIQUÉES . 24

par l'équation différentielle linéaire


dy
du = f(x, y ) + df(x, yo) n .
dx

Nous poserons , pour simplifier l'écriture ,


f(x , y) = a ,
df(x , y)
= १.
dy

a et q étant ici des fonctions de x. L'intégrale de l'équation linéaire


ci -dessus sera
gdx

η ef9,dz
Én se servant de cette équation comme d'une équation aux différences,
on posera
esadz
Se--Sqdxadx
S99z .
On peut encore écrire cette équation sous la forme
Xr+ 十
x

+1
1 = r. e adx.
Xr

x+, étant ici égal à x. + Ax.


Pour avoir une limite de la différence entre cette valeur dey+1 et
celle qui est exacte , on remarquera que cette valeur exacte peut
être considérée comme fournie par l'intégrale de l'équation différen-
tielle ,
dy d² f(x , y±θΑΔx) η
dx
= a + qn +
=
dy 2
,

en sorte que la différence entre les deuxy+, sera


Xr+s Irti

1+ 1 =
-S
e
qdx de f(x, y ± 6A4x) η -

2
dx.
x+ dy
242 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
Si T désigne la valeur maximum de f(x,
dy 2) dans toute l'éten-
due du rectangle que nous avons déjà considéré ; on aura , en vertu
de ce que l'accroissement η dey est petit que Aдх,
+x
1
Xr+1

Δε
A-T e
-S qdx

бут < 2 2,
dx ;

or, quel que soit le signe de q, on a


Krte
Q( +1
-x) QA
e < e < e ,

et

Xr+
Qar

ainsi on a
S Pr
e * dx = e ΔΧ,

Δα3 Qax
ATe #19609 0 .
+ < 2

Toutes les erreurs бут , бу. , dys , etc. , provenant de la même


cause seront inférieures à cette même limite.
Il reste maintenant à examiner comment une erreur бу, influe sur
Yr , tel qu'il a été déterminé par l'équation aux différences Grand on
suntion diffe
x
guly ip pro
1
+1 =y +
+S Xr
e adx.

denie si sb stimil suo sovώνου


On tire de cette équation ,

da Irti
бубу+ Xr бу, бу, е
x
dx +
+S ade
dy Sy,dx;
les dérivées , par rapport ày, devant prendre dans cette formule des
valeurs moyennes parmi celles qui répondent aux points compris dans
le rectangle. En remarquant qu'on a
Xr+1 Xr+s
de
-
e
S x
qdx
I
dq
dy
, dy
PURES ET APPLIQUÉES . 243

et en désignant par T, comme précédemment, la plus grande va-


leur numérique de d2
d ; il viendra en conservant aux lettres A et Q
leurs significations précédentes
буті < бу, ( 1 + QcQAzax + AТех).
De toutes les inégalités semblables , on conclut
б.у. < бу, [1 + Qez(Q + AT)∆x]*-'.
En se rappelant que l'on a toujours ,

dy, < A TAQA ,


2

on trouvera pour le dy. total


QA I

dy. < **A*T [1 +


бу 2
e
eQΔ Q+A) ] }
Ainsi l'erreur, dans ce cas, est de l'ordre de ax*. On voit que dans le
cas où les fonctions A et T sont très petites, cette erreur est aussi
très petite si Qax n'est pas très grand.
Si l'on peut reconnaître que la fonction df(x
dy, y) dont le maxi-
mum numérique est Q reste positive dans l'étendue du rectangle que
nous considérons ; alors si Q, est le minimunı numérique de cette
fonction , on aura
Xr+ 1
x
-Q: (Xr+1-x)
e ,

et par suite
Irt Xr+1
1 - e-Q: Ax
e
x
qdxdx < Q
;

on peut donc poser


n
-Q : Δ
ΔΧ
AT [1 + eQx (Q+AT) &x-1 ]" e

бу 2
e Qax (Q+AT) }(
244 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
On peut remarquer que dans beaucoup de questions de mécan ique
qui se rapportent à des mouvements qui tendent vers un état stable ,
on appliquera facilement les formules précédentes parce qu'on con-
naît à priori une limite que la variable y ne peut dépasser , et
qu'ainsi on peut tracer le rectangle dans l'intérieur duquel le point
donné par les coordonnées x ety sera toujours compris.
On pourrait étendre les considérations précédentes à un système
d'équations différentielles simultanées , ainsi que M. Cauchy l'a fait
pour le cas où l'on emploie pour équations aux différences celles qui
sont fournies par le changement des den : les formules devenant très
compliquées , nous n'avons pas cru devoir les présenter ici.
PURES ET APPLIQUÉES . 245

[Link] www

Sur une Lettre de D'ALEMBERT à LAGRANGE ;

PAR J. LIOUVILLE .

On sait que pour trouver l'intégrale complète d'une équation diffé-


rentielle linéaire quelconque

(1) Py + Q dx + R dx² +...+ Ma


dxm
=
X,

il suffit de connaître m ou même (m- 1) intégrales particulières, dis-


tinctes entre elles , de l'équation plus simple
d d'
(2) Py+ Q + R +... + M dxm 0.

Plus généralement, dès qu'on possède z intégrales particulières de l'équa-


tion (2) , on peut ramener l'intégration de l'équation ( 1) à celle d'une
autre équation linéaire de l'ordre (m-n). Ces propositions fonda-
mentales se déduisent facilement du principe de la variation des cons-
tantes; mais en les donnantpour la première fois dans le mémoire in-
titulé Solution de différents problèmes de Calcul intégral , Lagrange a
fait usage d'un procédé singulier fondé sur l'intégration par parties :
ce procédé a beaucoup d'analogie avec celui dont les géomètres se ser-
vent si souvent dans le calcul des équations différentielles partielles ,
lorsqu'ils déterminent les coefficients des divers termes des séries
qui représentent, dans les problèmes physico-mathématiques, l'état ini-
tial des températures ou des vitesses de chaque molécule d'un système
matériel donné.
Tome II. - JUILLET 1837. 32
246 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
Pour intégrer l'équation ( 1 ) on peut encore employer une autre
méthode qu'il serait aiséde rattacher à celle de la variation des cons-
tantes et qui consiste à profiter de chaque intégrale particulière de
l'équation (2) pour abaisser l'ordre de l'équation (1) d'une unité. En
effet siy, désigne une de ces intégrales particulières et si l'on pose
y =[Link] , l'inconnue t dépendra d'une équation de l'ordre (m-1)
que l'onpourra semblablement abaisseràl'ordre (m- 2) si l'on connaît
une seconde intégrale particulièrey.. En continuant ainsi l'on parvient
enfin à une équation du premier ordre qui n'offre plus aucune diffi-
culté. M. Libri a présenté cette méthode comme nouvelle dans le
recueil de M. Crelle et même dans le présentjournal (tome I, page 10).
De plus , dans la 5ª édition de son excellent Traité élémentaire du
Calcul différentiel et du Calcul intégral, un auteur dont personne
ne respecte plus que moi les talents et le caractère, M. Lacroix s'exprime
ainsi : M. Libri a repris d'une manière très élégante et très féconde la
théorie des équations différentielles linéaires. Je me crois donc obligé
d'avertir que la méthode dont il est question appartient non pas à
M. Libri , mais à un géomètre français, à d'Alembert qui l'a donnée
en 1764, dans une lettre écrite à Lagrange et imprimée tome III
des Miscellanea Taurinensia , page 381. J'ignore commentcepassage
a pu échapper à M. Libri qui s'est occupé si long-temps de l'histoire
des sciences mathématiques(*).

(*) Voici la lettre de d'Alembert :


Qdy Rd'y
+
Votre problème sur l'intégration de l'équation Py + dx dx²

Mdmy
+
dxm
=X, lorsque l'on a mi valeurs de y dans l'équation Py +
Qdy Rdy+ . Mdmy = o , m'a paru en ai cherché une solution
si beau , que j'en
dx + dx dxm
:
quevoici...
» Soity = Vz , V étant une indéterminée , et zune des valeurs de y qui sa-
Qdy
tisfait à l'équation Py+ dx + eteo , et soit substituée/cette valeur
Qdy
dans l'équation Py+ dx +etc.... =X; la transformée sera composée.
Qdz Mdz
1º d'une partie V (Pz + de ... + dxm
) , oùX ne se trouvera point, laquelle
✔PURES ETTAPPLIQUÉES . 247
Qdz Mdmz
sera évidemment= o , à cause de Pz + dx
+٠٠٠
dxm
o (hyp. ) ; 2º d'une
partie oùV ne se trouvera point, et qui ne contenant que dV avec ses différences
jusqu'à dV inclusivement, pourra par conséquent être abaissée au (m - 1 ) de-
gré , en faisant dV = V'dx ; or puisqu'on a m -1 valeurs dey, que y = Vz ,
et que z est déjà une des valeurs dey, on aura donc m - 2 valeurs de V, en n'y
comprenant pas l'unité ; donc supposant que z' soit une de ces valeurs , et faisant
V' = ' SV"dx , comme on a fait y = zfV'dx , on abaissera de même l'équation
en V', et ainsi de suite , jusqu'à ce qu'on arrive à une équation qui sera de cette
forme dV"" etc. + KV"" etc. dx = X , Ket X étant des fonctions de x. Or on sait
que cette équation est intégrable.
"
Il est aisé de voir par cet exposé, 1º qu'à chaque transformation il disparaît
un des coefficients, savoir celuide y par la première , celui de dy par la se-
conde, etc. , en sorte que dans la dernière transformée il ne restera que les deux
coefficients de dmy et dm - 'y; or si on a une quantité de cette forme ....
ad- Bdmλ
dom- t dxm
et qu'on fasse da= dx , on aura dans la transformée (en
dm- n d
laissant à part les autres termes) 1º βζ à la place de ẞ et dxm- à la place dedxm
βαζ dm-an adm
2ο [ως + X(m- 1) ] dxm au lieu de
-2
Donc si on suppose que
dx dxm - 1

Ndy+Mdmy
dxm-1 dxm soient les deux dernierstermes du premier membre de lapro-

posée , et qu'on fassey= zfz'dxfz" dxfz" ... SV"[Link] , il sera aisé de trouver,
par la remarque précédente , la forme de la dernière transformée , d'où l'on tirera
aisément la valeur de V"" etc.. Je ne fais , Monsieur, qu'indiquer l'opération , qui
serait très simple et très courte; vous supplérez aisément à ce que je ne dis pas.».

32
..
248 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
ww ww

Observations sur des théorèmes de Géométrie , énoncés


page 160 de ce volume et page 222 du volume précédent ;
PAR M. BINET ,
Professeur au Collège de France.

Je viens de lire dans les livraisons d'avril et de mai un Mémoire


fort intéressant de M. Lamé, sur les surfaces isothermes, dans les corps
solides homogènes en équilibre de température. Ce mémoire fait
partie d'un volume du Recueil des Savans étrangers (*), mais je n'a-
vais pas eu occasion de le voir et d'y remarquer l'emploi que fait
M. Lamé d'un théorème de Géométrie que j'ai publié en 1811. Je
vais en reproduire l'énoncé tel qu'on le trouve dans un mémoire,
sur les axes principaux et les moments d'inertie des corps , qui fait
partie du 16º cahier du Journal de l'Ecole Polytechnique. Pour faire
comprendre cet énoncé , il convient de rappeler qu'une surface du
second degré étant donnée , si l'on détermine les foyers de ses sections
principales , une infinité de surfaces du mème ordre , de même
espèce ou d'espèces différentes , peuvent avoir les mêmes foyers pour
leurs sections principales : ce sont les surfaces auxquelles M. Lamé
donne le nom, fort convenable, de surfaces homofocales. Ces sur-
faces qui se sont présentées aux géomètres, en premier lieu , dans
la théorie de l'attraction des sphéroïdes elliptiques sur un point ex-
térieur, jouissent de belles et utiles propriétés. Voici celle dont il
s'agit : « les surfaces du second degré ayant les mêmes foyers pour
leurs sections principales doivent respectivement se couper, de ma-

(*) Ce volume n'a pas encore paru. Le mémoire de M. Lamé n'était connu
jusqu'ici des géomètres que par un petit nombre d'exemplaires particuliers ; en
le publiant dans ce journal , je crois avoir rendu à la science un véritable service.
La réclamation très fondée de M. Binet n'ôte rien au mérite du travail de
M. Lamé , qui me semble , je le répète, ouvrir une route nouvelle dans le calcul
J. LIOUVILLE.
des équations différentielles partielles .
PURES ET APPLIQUÉES. 249
nière que le système de tous les hyperboloïdes à une nappe , coupe
un quelconque des ellipsoïdes suivant les lignes de l'une de ses cour-
bures ; le système des hyperboloïdes à deux nappes coupe le même
ellipsoïde selon le second système de ses lignes de courbure , et ces
propriétés sont d'ailleurs réciproques. De là il suit que tout l'espace
sera divisé par les surfaces que nous avons considérées ( les surfaces
homofocales ) en une infinité de parallélépipèdes rectangles infini-
ment petits , dont les arètes seront les éléments des lignes de cour-
bure communes aux surfaces; et les axes principaux du corps répon-
dant au sommet de l'un de ces parallélépipèdes seront les tangentes
aux trois lignes de courbure communes des trois surfaces du second
ordre qui y passent. » (Page 59 du XVI cahier du Journal de l'École
Polytechnique. )
A cette citation , j'ajouterai celle de l'énoncé du même théorème
qui se trouve dans le rapport que MM. Laplace et Biot firent sur
le mémoire relatif aux moments d'inertie et aux axes principaux
des corps : ce rapport fut imprimé dans le Moniteur ( nº du 4 juil-
let 1811) , et là se trouve une date authentique et une publication
réelle : « Les surfaces dont nous venons de parler ( ellipsoïdes
>> hyperboloïdes à une et à deux nappes) prendront divers pé-
>> rimètres , et conserveront toutefois les mêmes excentricités pour
>> leurs sections principales. M. Binet remarque de plus qu'elles
>> se couperont à angles droits , et suivant leurs lignes de cour-
>> bure , ce qui donne une construction de ces lignes aussi simple
» qu'élégante pour les surfaces du second ordre , au moyen de cette
>> pénétration. Si l'on considère un point quelconque de leurs intersec-
>> tions , les axes principaux quiy répondent sont les tangentes à ces
>> mêmes lignes de courbure, etc. >> Ce rapport avait été lu à l'Institut
le 24 juin 1811 , en présence de Monge, à qui l'on doit les premières
recherches sur les lignes de courbure , ainsi que la détermination de
ces lignes pour les surfaces du second degré : pourMonge ce théorème
était nouveau. D'illustres géomètres , Lagrange , Laplace , Legendre ,
Poisson assistaient à cette séance.... : :

Il est juste de reconnaître que de son côté, M. Dupin, dans des


recherches curieuses sur les surfaces orthogonales, a rencontré la même
propriété des surfaces du second degré homofocales , comme appli-
cation d'un théorème plus général. Mais la date de publication des mé
250 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
moires de M. Dupin est postérieure de deux années à celle du mien ,
quoique ses recherches sur ce sujet,d'après son assertion , remontent
àune époque antérieure à 1811. Le théorème de M. Dupin semble
aussi n'être pas parvenu à la connaissance de M. Lamé , car dans son
mémoire sur les lois de l'équilibre du fluide éthéré, il eût pu partir,
comme d'un résultat connu , de ce théorème général , savoir, que
« trois systèmes de surfaces orthogonales conjuguées sont toujours
>> tels que deux quelconques d'entre eux tracent sur une surface du
>> troisième toutes ses lignes de courbure. » (Page 225 du XXIIIe ca-
hier du Journal de l'École Polytechnique.) Cette belle proposition de
Géométrie est précisément le théorème de M. Dupin.
La forme sous laquelle j'ai considéré l'équation des surfaces homo-
focales est
62
+ KB + KC 1;
K-A

a , b , c sont les coordonnées d'un point quelconque de la surface ,


A , B , C trois constantes positives telles que A > B > C , et Kune
quantité susceptible de toutes les grandeurs supérieures à C : ce qui
donne lieu aux trois espèces principales de surfaces du second degré.
De trois formules semblables à la précédente , répondant à trois
valeurs différentes de K, M. Lamé déduit les coordonnées a, b, cen
fonction des trois valeurs attribuées à K , ou à des quantités µ³, *, p
qui remplissent l'office de notre quantité K. J'ai aussi remarqué ,
il y a beaucoup d'années , et à propos du même sujet , l'expression
simple de ces coordonnées ; mais j'étendis alors mes recherches à la
détermination d'un nombre quelconque de grandeurs a , b , c , etc. ,
entre un pareil nombre d'équations de la forme précédente. Je rap-
porterai ici le résultat queje trouvai,parce qu'il peut servir en d'autres
circonstances ; j'y joindrai la démonstration qui me l'a fourni. Pour
plus de simplicité, j'écris a, b , c, etc. , à la place de a , b , c , etc.
Prenonsdoncunnombre nd'équations de la forme
b C

주시지 -
++ etc. !,
a b C

+ B + = + etc. = 1 ,
(n) a b C

+ B+ = + etc. = 1 ,
etc.
PURES ET APPLIQUÉES . 251

Nous nous proposons de former l'expression des n inconnues


a, b, c, etc. , déterminées par ces équations. L'on y parviendra
parles considérations suivantes :
Soit F(x) = (x-А) (x-B) (x-C) ..... une fonction entière du
degré n marqué par le nombre de ses facteurs x-A , x-B, etc. , et
f(x) une autre fonction entière dont le degré ne surpasse pas n-1 ;
la fraction fr
Fx sera décomposable en n fractions simples qui auront les

dénominateurs x-A , x-B, etc.; et l'on sait que si F'(x) désigne


dFx
le coefficient différentiel dx '
on a , par la formule d'Euler,

fx fA fB fC
(x-A)FA + (x-B)F'B + (x-C)F'C + etc.
=
Fx

Dans cette formule identique, écrivons successivement K, K. , K,...


à la place de x , nous composerons ainsi n équations de la forme
a b C
f(K)
KA
+ KB ++ etc. =

F(K) '
4.
a c f(K )
(N) K -A + K -B + K + etc. = F(K ) '
a + b C f(K )
K -A K -B + -C + etc. = F(K₂ ) '
etc.

et ces équations seront évidemment satisfaites en prenant pour


a, b , c, etc., les valeurs
f(A) (A)
a = =
F' (A) (A-B) (A - C) (A-D) ...
f(B) f(B)
=
F'(B) (B-A) (B-C) (B - D) ... '
etc.

Pour obtenir des équations entièrement,semblables à celles que


nous nous sommes proposé de résoudre , nous composerons une
fonction f(x) du degré n avec les facteurs inégaux
:
1
P
( K) ( x - K.) (x - K,) etc.
Si l'on prend pour le polynome du degré n - 1 , que nous avons
désigné parf(x) , la différence F(x)-f(x) des deux polynomes du
252
JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
degré n qui ont le même premier terme , alors le second membre
de la première des équations ci-dessus (K) deviendra F (K)-f(K)= 1 ,
F(K) F(K)
parce que f(K)=0 ; il en sera ainsi des autres quantités (K ) f(K ), etc.,
F(K, ) ' F(K₂) '
et les équations (N) prendront la forme proposée (n).
Les valeurs de a , b , c , etc. , qui satisfont à n équations de la
forme
a b C

KA
-A + K-B + C + etc. =
1,
(n) a b C

KA + K-B + KC + etc. = 1,
etc.

seront a =
F(A) -f ( A) = f(A) f(B)
-
b= -

F'(A) F'(A) ' F'(B) , etc. ,


puisque F(A) = 0 , F(B) = o , etc.; ainsi l'on aura

a = -
(A -K) (А -К. ) (А -К₂ ) ...
(A - B) (A- C) ...
b = ( В -К) ( В- К. ) (В -К₂ ) ....
(B-A) (B- C) ..... '
cete.

Lorsque l'on veut appliquer ces formules aux surfaces du second


degré homofocales qui se coupent, il suffit de remplacer a , b , c , par
a , b , c , et de réduire à trois le nombre des équations.
Ces remarques se rapportent à un écrit déjà bien ancien ; il a pu
rester ignoré de géomètres qui , s'occupant de sujets différents par
leur objet , ont pu rencontrer dans leurs recherches les mêmes propo-
sitions que moi. J'ajouterai que c'est dans le même mémoire que l'on a
donné, pour la première fois , l'équation du troisième degré dont les
racines sont les carrés des demi-axes d'une surface du second ordre , et
que l'on a énoncé ce théorème cité par M. Saint-Guilhem , page 222
du premier volume de cejournal, savoir, que la somme des carrés des
faces d'un parallélépipède conjugué circonscrit à unellipsoïde , est une
quantité constante pour tous les parallélépipèdes conjugués; proposi-
tion analogue à deux autres que l'on connaissait depuisquelques années,
et qui avaient été publiées par M. Livet. (13º cahier dui Journal de
‫יויי‬ :

l'École Polytechnique. )
PURES ET APPLIQUÉES. 253

wwwww w

RECHERCHES SUR LES NOMBRES ;


PAR M. LEBESGUE ,
Professeur-suppléant à la Faculté des Sciences de Grenoble.

SIer. Nombre de solutions de la congruence ax +by + ...+ku" l


(mod. p=hm + 1). Le module étant supposé premier.

Quoique M. Libri ait déjà donné une formule très remarquable qui
détermine le nombre de solutions d'une congruence quelconque , j'ai
crudevoir cependant reprendre la question en suivant une autre mar-
che, afin de ne pas supposer la résolution de l'équation x = 1 , vou-
lant au contraire la déduire des formules de ce paragraphe.
I.
7

Congruence conditionnelle à laquelle satisfait le nombre de solutions


d'une congruence algébrique et entière f(x , x, ... x.)=0(mod. p).

On suppose ici que la fonction f(x1, x2, ...x₂) qui renferme k in-
connues est une somme de termes de la forme Axix ... xi , où les
exposants sont des entiers positifs et le coefficient A un entier positif
ou négatif. De plus quand une inconnue manque dans un terme , on
l'y fait entrer avec l'exposant zéro.
Il est question seulement ici des solutions en nombres entiers posi-
tifs et moindres que le module, zéro n'étant pas excepté des valeurs
données aux inconnues. Voici comment on déterminerait les solutions
et leur nombre , si la grandeur du module ne rendait pas le calcul
impraticable. On arrangerait k àk, de toutes les manières possibles et
Tome II. -
JUILLET 1837. 33
254 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
sans exclure la répétition d'un même nombre, les p nombres ...
0, 1, 2, ...(p - 1) ; ce qui donnerait pt arrangements : les uns tels
que a,, a , ...a, donnant f(a,, a.....a₁) = o (mod. p) seraient les
solutions et les seules solutions, puisque les autres arrangements tels
que β. , β. , ... , ne donneraient pas f(β. , B. , ... β₁) = 0 (mod. p).
Le nombre de solutions ainsi déterminé peut être représenté par S. ,
l'indice rappelant le nombre des inconnues que renferme la con-
gruence.
Quelquefois il est avantageux d'exclure zéro des valeurs données
aux inconnues : dans ce cas les solutions se trouvent parmi les (p-1 )*
arrangements k àk des p- 1 nombres 1,2,3 ...(p -1). Ce nombre
de solutions peut être représenté par s₁: il est en général moindre
que Sx .
Ceci posé, voici la congruence conditionnelle à laquelle satisfait le
nombre S, de solutions d'une congruence
f(x1 , x2, ....X )=X =o(mod. p).
THÉORÈME. Soit S₁ le nombre de solutions de la congruence
f(x,, X., ...X₂) = 0 (mod. p) , si l'on fait f(x,, x , ... xx)=X, et
que l'on suppose X = Axx ...x , on aura , en représentant
k

par ΣΑ (p-1) la somme des coefficients des termes du développe-


ment de X , où les inconnues entrent toutes (c'est-à-dire en nombre k)
avec des exposants multiples de p- 1 et plus grands que zéro ,
(1) Sk (-1)*+ ΣΑ- ) (mod. p).
DEMONSTRATION. On substituera dans ✗ pour x , X. , ...x, les
nombres qui résultent de chacun des p arrangements kà k des
nombres 0 , 1 , 2 , ... (p-1).Pour chaque solution (a,, a,, ...a.) on
trouvera X = 0 (mod p) , puisque l'on aura X₁ = o (mod. p) .
Pour toute autre substitution , on aura X≡1 (mod. p) , puis-
que X, ne sera pas divisible parp. La sommedes résultats de ces subs-
titutions successives sera donc

S₁ xo + ( p* - S₁) × 1 - S, (mod. p),


D'un autre côté, si l'on pose pour abréger
PURES ET APPLIQUÉES . 255

0° + 1 + 2° + ...+ (p - 1) = fa ,
I
la somme exacte des valeurs de ✗ ou de ΣΑxx ...x sera
ΣΑ∫afb ... fg. On le voit de suite en faisant d'abord les substitutions
pour x, et sommant,ce qui donne Afax ...xi ; puis pourx, dans la
somme précédente et sommantde nouveau, ce quidonne ΣΑſaſb...x ;
et ainsi de suite jusqu'à ce qu'on trouve ΣΑſafb ... ſg après avoir fait
les substitutions pour les k inconnues, que l'on suppose toutes dans
chaque terme , ce qui introduit des sommes ſo=p , dans les termes
où des inconnues manquent. Or on a par des théorèmes bien connus
Sao (mod. p) , si a n'est pas multiple de p- 1 , et fa = p- 1≡
- 1 (mod. p), si a est multiple de p- 1 . D'après cela chaque terme
de Aſaſb ... sg sera= 0 (mod. p), ou = A (-1)* (mod.p), ce cas arri-
vant et ne pouvant arriver que quand les exposants a, b, ...g en nom-
bre k sont tous multiples de p- 1 et plus grands que zéro. Si pour
rappeler cette circonstance on représente lecoefficient A de A(-1)*
par Ac(p-1), la somme des valeurs de Xxx ...x sera
donc

ΣΑ (p -1) (-1)* (mod. p) ,


mais elle est aussi

- S. (mod. p). De là résulte -S₁ = (-1 )* ΣΑ -1) (mod. p) ,


ou encore

S =(- 1) + ΣΑ -1) (mod. p).


Comme il est dit dans l'énoncé.
Si l'on exclut les solutions renfermant une ou plusieurs inconnues
égales à zéro , on trouvera tout-à-fait de même la formule
(2) S₁ = (-1)* [1 - ΣΑ΄ (p-1)] (mod. p)
où ΣΑ' ) indique la somme des coefficients du développement de
I

X répondant à des termes dans lesquels les exposants des inconnues


sont tous multiples de p- 1 , sans ajouter cette restriction qu'ils
doivent être plus grands que zéro. C'est pour rappeler cette circons-
tance que la lettre A a été accentuée.
33..
256 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
La formule (2) est beaucoup moins commode pour les applications
que la formule (1 ) , dont nous nous servirons principalement.
Quand il n'y aura qu'une ou deux inconnues , les congruences con-
ditionnelles (1 ) et (2) détermineront complétement S, et S., ou s, et s..
Mais pour un plus grand nombre d'inconnues il faudra employer
une autre méthode. Car si les nombres S, et sa deviennent plus grands
que le module, la congruence conditionnelle donnera pour S, et s
une expression hp+ o où o sera un nombre déterminé moindre
que p, mais où h restera indéterminé. M. Libri a déjà donné des con-
gruences analogues à celles ( 1 ) et (2); mais, comme les précédentes,
elles ne sont qu'un premier pas vers la solution du problème qui fait
l'objet de ce paragraphe.
II.

Nombre de solutions de la congruence x™ a (mod. p=hm + 1) .

La congruence ax = b (mod. p = hm + 1) se ramene à .....


y™ = A (mod. p) en faisant A = ba"-' et y = ax(mod. p) , puisque
l'on a ax = ba -¹ ( mod.p) ; ou bien encore à x = A (mod. p) ,
puisque , en posant ag = 1 , bg= A , l'on a agx = bg (mod. p).
Comme d'ailleurs le nombre de solutions ne change pas , nous con-
sidérerons directement la congruence x =a (mod.p).
Ici X, = x -a , et le terme général du développementdeX, est
p- 1.p -2...p-n (-a)"xmp-1-1) MP+1.2.3...
1.2 ... n
1.2.3...n.
n " (p-1-1) ...

a*xm(p-1- ) (mod. p) .
On rendra l'exposant de x multiple de p-1, en posant mn=(p- 1)g;
et si d est le plus grand commun diviseur de met de p- 1, n prendra
les valeurs 0 , 1. , 2. , 3 . ,...(d- 1) ; de là, au
moyen de la formule (1) , où l'on fera k= 1 , on trouvera
p- 1 P-1 -1
2.
d ( パd
(3) S₁ = 1+ a +a ...+ a === (mod. p).
a d-1
PURES ET APPLIQUÉES . 257

Or, évidemment, on ne peut avoir ni S₁ = p , ni S, > p , donc


p- 1

1º. Si l'on aa d 1 (mod. p), il en résultera S₁= d.


p-1

2º. Si l'on n'a pas ad = 1 (mod. p) , il en résultera s₁ = 0.


Ce dernier cas résulte de ce que a - 1 = 0 (mod. p).
La condition de possibilité de la congruence 2" = a(mod. p) est
p- 1

donc ad = 1 (mod. p) et le nombre de ses solutions est d, ce nom-


bre représentant le plus grand commun diviseur de met dep- 1 .
La congruence x = a (mod. p) n'ayant que dracines réelles , on la
ramènera à la forme x² = a² (mod. p = gd+ 1) en posant.....
mid (mod. p - 1). D'après cela on considère principalement le cas
de la congruence xm= a (mod. p = hm+ 1) , pour lequel d=m ;
P-1

alors la condition de possibilité devient a m = 1 ( mod. p) et le


nombre de solutions est égal à m. Si l'on avait a = 0 (mod p) il n'y
aurait qu'une solution, savoir x= o. Quand la congruence ....
x = a (mod p.) est possible, on dit que a est un résidu de me puis-
sance pour le module p; et particulièrement un résidu quadratique ,
cubique, biquadratique , selon que mest égal à 2 , 3 ou 4.
Voici les énoncés de quelques propositions qui serviront plus loin.
Les résidus de me puissance pour le module p = mh + 1 sont les
P- 1

racines de la congruence x m 1 (mod. p). Ils sont en nombre


p-
m , et si l'un d'eux est représentépar a , laformule ay™ les contient
tous.

Les nombres qui ne sont pas résidus de mieme puissance pour le


module p , sont nommés non-résidus ; ils sont en nombre ....
P- 1 =

(m- 1).P : ils se subdivisent en m- 1 clas-


-
1
P
m m

ses de nombres chacune. Voici le principe de cette classification


m

importante : il est bon de le rappeler ici , à cause de l'usage continuel


que nous en ferons .
La congruence x = 1 (mod . p = hm-+ 1) , ayant pour racine un
certain nombre entier r, les nombres r, r*, r³, ... = 1 (mod. p) sa-
tisferont tous à la congruence x = 1 (mod. p). Or si l'on a .....
258 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
m = a* bcr ... où a, b , c ... sontdes nombres premiers différents,
a- 1 b- 1 C-1

on a prouvé qu'il y a m . ...... valeurs de r, telles


a

que les puissances successives r', rm, r³, ...rtm seront toutes incongrues
suivant le module p, et formeront par conséquent la suite complète
des racines de la congruence x" = 1 (mod. p = hm + 1). Les racines
r qui jouissent de cette propriété sont dites primitives (*). D'après cela
on classe les nombres 1 , 2 , 3 ...(p- 1), ainsi qu'il suit :
Soit rune racine primitive de x = 1 (mod. p) et puneracine pri-
mitive de p ou de x = 1 (mod. p).

(*) Voici les énoncés de deux propositions qui prouvent l'existence des racines
primitives et qui en déterminent le nombre.
Si l'on représentepar A. , A.....A des nombres entiers ou des polynomes de
forme a + bx+ ex² + ...fx , etc. Si de plus l'on représente par P, le produit
des quantités A , A₂ ...Ag , par P, le produit desplus grands communs diviseurs
des mémes quantités combinées 2 à 2, par P3 le produit desplus grands communs
diviseurs des mémes quantités combinées 3 à 3 , et ainsi de suite : le plus petit
nombre , ou le polynome de moindre degré divisible par A. , A,, ...
A sera
P.. Pg . P5 ....
Pa . P4 . P6 .... "

Si l'on suppose m = a * .........


(a, b, c ... étantdes nombrespremiers
m m m

différents) et que l'onfasse A = x - 1 , A = x - 1 , A3 = x -1 , etc. ,


la congruence quidonne les racines primitives de la congruence x = 1 (mod. p)
( m- 1) . P2 . P4 . P6 ... a- b- IC- I
sera =0:(
mod.p)sondegrém . ab
....

P.P3P5 ... c

marquera le nombre des racines primitives.


Nous omettrons les démonstrations qui ne présentent aucune difficulté. Nous
pourrons revenir dans un autre mémoire sur la détermination des racines primi-
tives et la construction des tables qui résolvent la congruence x = a (mod. p) ,
comme les tables de logarithmes résolvent x = a. (V. les Recherches arithmé-
tiques de M. Gauss.) Nous ajouterons seulement que la congruence précédente
s'étend aux racines primitives imaginaires de la congruence x 1 (mod. p
hm - 1 ) . (V. De Residuis cubicis commentatio numerosa, J. de M. Crelle ,
tome II.)
Pour la détermination de la congruence aux racines primitives , on peut con-
sulter les exercices mathématiques de M. Cauchy , année 1829. J'avais donné an-
térieurement lamême congruence dans le Bulletin du Nord, journal scientifique
et littéraire publié à Moscou.
PURES ET APPLIQUÉES. 259
1º. On aura r = p (mod. p = hm + 1).
P- 1

2°. Les résidus de meme puissance ou les racines de x m = 1(mod.p)


seront pº, p ™, pm, ... p(r-1)m : leurformule est ym.


3º. Les non résidus de première classe , ou les racines de ....
x" = r= p (mod.p) seront les nombres p, pm+1, pam+1, ... p(1-1)m+1 :
leurformule est py".
4°. Les non-résidus de deuxième classe, ou les racines de ....
x* = * = ** (mod. p) seront les nombres p*, pm+*, ... p(m-1)m+s: leur
formule est py
5. En général, les non-résidus de gieme classe , ou les racines
de la congruence x =r =p (mod. p) , seront les nombres.....
f8, pm+8, ... p(r-1) +8, dont laformule est pry".
On emploie fréquemment les conséquences suivantes :
P- 1

Pour le cas de mnombre pair,- 1 sera résidu de meme puissance,


pour le module p: Pour le cas de m nombre impair, ce qui ne peuť,
mieme
classe.
arriver que pour mpair, -
1 sera un non-résidu de ( )
Le produit abcd... sera résidu de m classe pour le modulep, si
la somme des numéros de classe desfacteurs non-résidus , est multiple
de m , ou deforme Km. Ceproduit sera au contraire un non-résidu de
gieme classe, si la somme des numéros de classe desfacteurs non-rési-
dus est de laforme Km + g .
Si a est un non-résidu de première classe, les nombres a' , a²,
a³, ... am , seront des non-résidus de 1º , 2º, 3º, ... (m-1)teme classe
respectivement.
Quoiqu'il y ait de l'arbitraire dans le numérotage des classes de
non-résidus qui change avecla racine primitive , cette classification
n'en est pas moins importante , ainsi que l'a prouvé M. Gauss par sa
résolution de l'équation x = 1 , où il ne reste guère à faire que des
simplifications de calcul , qui n'entraient point dans le plan de son
ouvrage.
260 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES

II.

Nombre de solutions de la congruence ax + ax ™


a3(mod.p=hm + 1 ).

Pour le cas de ao (mod. p) ; on ade suite ce théorème :


La congruence ax + ax " = o (mod. p) a une seule solution
(x, = 0 , x = 0) , si - a,a, - est non-résidu de mleme puissance , et
1

1 + m( p- 1 ) si - aa est résidu dememe puissance.


Pour le second cas les m(p-1 ) solutions autres que x =0 , x =0,
résultent de la résolution de z = -[Link]- (mod.p), en posant
zx, 2
a,x, (mod. p).
La formule générale ax + ax "=a3(mod. p) se ramènede suite
à la formule particulière x™-ay" = b (mod.p) en posant x= a,x,,
y=x , a=-aam , b = a3am (mod.p), ce qui ne change pas le
nombre de solutions, c'est donc cette dernière que nous allons consi-
dérer pour simplifier les calculs.
La congruence x = ay + b(mod. p=hm + 1) , a un nombre de
solutions multiple de m et moindre que mp.
En effet , si l'on peut avoir ay + b = o (mod. p) , cela aura lieu
pour m valeurs de y, à chacune desquelles correspondrax=0 , on
aura d'abord m solutions.
Ensuite toute valeur deyqui donne ay +b congru à un résidu de
mieme puissance , donne m valeurs correspondantes pour x, d'où résul-
tent m solutions. Il faut encore remarquer que si la valeur dey qui
rend ay + b résidu de meme puissance n'est pas zéro, il y aura m va-
leurs de y, qui donneront pour ay™+b, la même valeur résidue,
d'où m² solutions par la combinaison desm valeurs dey avec les m va-
leurs de x.
Enfin , pour toute valeur dey qui ne rend pas ay + b résidu de
mi puissance, il n'y aura aucune solution. D'après cela :
Lenombre de solutions de la congruence..
x =ay + b(mod.p=hm + 1 ) est toujours multiple de m et prend
l'une des trois formes :
PURES ET APPLIQUÉES. 201

1 °. km² si bet - bam- sont non-résidus de m'eme puissance par


rapport au module p .
2°. km²+m , si des deux nombres b , -bam- l'un est résidu et
l'autre non-résidu de mieme puissance par rapport au module p.
-bam- sont tous deux résidus de m'eme puis-
3°. km² + 2m , si bet -
sance pour le module p.
Il suit de ce qui précède que y ne prenant quep valeurs 0 , 1 ,
2... (p- 1), le nombre des solutions ne saurait surpasser mp. Pour
p-1
m

qu'il fût égal à mp, il faudrait avoir ( ay + b) = 1 (mod. p) pour


toute valeur de y: mettant donc poury les nombres 0 , 1 , 2 ... (p-1 )
P- 1
m

etsommant, il enrésulterait a (p- 1) = 0 (mod.p) en remarquant


que si l'on pose of + 18 + 28 + ... ( p - 1 ) = ſg , toutes les sommes
comprises dans le résultat seront = 0 (mod. p) à l'exceptionde ſ(p- 1)
qui sera =p- 1 (mod. p). Mais on ne peut avoir..
p- 1
m
a
(p - 1) = 0 (mod. p) sans supposer a = o (mod. p), ce qui n'est
point. Le nombre de solutions est donc toujours moindre que mp.
La congruence (1) prendra donc la forme.
mS'. = (- 1 ) ΣΑ2(p-1) (mod.p), en posant S₁=mS' ,; et comme S',
est moindre que p, elle suffira pour déterminer cette inconnue.
Voici maintenant la congruence qui donne S.; on y suppose

A. = 1.2.3 .... h ,
A. = (h+1) (h+2) .... 2h ,
As = (2h+1) ......... 3h ,
3

Am-1=[(m-2)h+ 1 ]...(m- 1 )h=(p-h-1)(p-h-2) ... =A.(-1)* ,


Am =[(m-1)h+ 1] ..... mh (p-1 ) (p-2)...p-h =A,(-1) .

La relation Ar+1 =(-1) A (mod. p) servira pour simplifier les


résultats .
THÉORÈME . La congruence qui donne le nombre S. des solutions
de la congruence x - ay = b (mod. p) est
Tome II. - JUILLET 1837. 34
262 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES

(4) - Sa (mod. p = hm + 1)
A₂
+a + ab
A3 3

+a + L
a*** + A

A4
+a +A anh +Asab
+AA
A,A,
+ A ab3

...
+a(m-1) +Am-1a(m-2)
A,
+ Am-1Am-sam-3)h6A
A,A,
+...+ Am-1
m- ahb(m-2)h.
A,

Cette formule se trouve immédiatement par le développement de


(x - c)P-1; où l'on fait c= ay™+ b.
Négligeant d'abord les termes où x n'a pas un exposant multiple de
p-1 , et le terme où x n'entre pas avec y, on aura en réduisant tous
les coefficients à l'unité, d'après l'article précédent ,

Chom(p-1-h) + cah pomp-s-ah)+ .... +c(m-1) .m

Maintenant, si l'on développe la puissance c**=(ay + b)* , en effa-


çant tous les termes sans y et ceux où l'exposant n'est pas multiple
de p- 1 , on trouvera
Ak .m(kh
[Link]+A
( -1 )
A.A
A,A
-1 ( -s) Zahym(hk-sh) +....
AkAkt Ak
A,A, aak-shyama + Aa (x-1) ym

Ontirerade là les valeurs de ca, cr , ...c(m-1) , d'où la congruence de


de l'énoncé.
Si l'on voulait avoir la congruence donnant le nombre des solutions
qui ne contiennent aucune inconnue égale à zéro , il faudraitprendre
PURES ET APPLIQUÉES. 263

(5) S abh (mod. p = hm + 1)


+a + ab + ah
A,
3

+ a + Aab+A, ab Ah + 63h

+ a(m-1) -Am-ta(m-2)hBh+
A,
mahf(m-2)
.+A,
+b(m-1)
Am
+ amh +
A
a(m-1)
,
+ ... + Amab(m-1)
A
+6mh

qui se trouve précisément de même en négligeant quelques termes de


moins dans le développement de (x - c) -1 .
Il faut remarquer que les congruences (4) et (5) ne contenant que
a* , bt et leurs puissances , restent les mêmes , si a et b venant à chan-
ger , restent résidus de meme puissance, quand ils sont résidus; et si
quand ils sont non-résidus , ils restent non-résidus de la même classe.
En un mot, les congruences (4) et (5) restent les mêmes , quand a
et b changentde valeurs numériques sans changer de classe. En général
pour toute congruence ax +by + ... +ku"= l(mod. p= hm+ 1 ), le
nombre de solutions restera le même, quand les coefficients a, b , ...k, l
resteront des mêmes classes. En effet, si le terme ax™ devient
agy = a(gy)", y se tirera de x au moyen de la congruence ...
gy = x (mod. p) .
Les formules (4) et (5) donnent les valeurs de S. et s, quel que soit
A, A3
p: il est vrai cependant que les coefficients polynomiaux A', , etc. ,
rendent le calcul d'autant plus long quep est plus grand ; mais nous
verrons, dans des cas particuliers , des théorèmes qui donneront un
moyen expéditif de calculer ces coefficients .
Nous allons montrer maintenant comment les deux cas précédents
conduisent aux valeurs de Sx et sa , quel que soit le nombre k des in-
connues .

34..
264 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES

IV.

Nombre de solutions de la congruence .


ax + ax + ...+ax = ax +, (mod. p=hm + 1).

Soient P et Q deux fonctions de la forme


ax +ax + ...+ ax , b.y + b.r" + ...+by";
représentons par Po, P, P', P", ... P(m-1) les nombres de solutions de
la congruence P=A (mod.p) , selon que A sera zéro , résidu de
mteme puissance , ou non-résidu de 1º, 2º, 3º, ...(m- 1)ieme classe.
Autrement g étant un non-résidu de première classe , soient

Po le nombre de solutions de la congruence P = o (mod. p) ,


Pou P(m) le nombre de solutions de la congruence P=go (mod. p) ,
P' le nombre de solutions de la congruence Pg (mod. p) ,
P" le nombre de solutions de la congruence P =g (mod. p) ,
:
P(m-1) le nombre de solutions de la congruence P =g -¹ (mod. p).
Donnons à Q° , Q , Q', Q" ... Q(m-1) et à no des significations ana-
logues et nous aurons la proposition suivante :
THÉORÈME. Le nombre de solutions de la congruence .........
P = Q (mod.p = hm + 1) est en posant P - Q = П.

(6) п°=P•Q° + h [PQ + P'Q' + P"Q"+ ...+P(m-1)Q(m-1)],


DÉMONSTRATION. En effet pour une solution , on doit avoir simulta-
nément PA , QA (mod. p), A étant un nombre quelconque ,
qui peut être congru à zéro pour le module p, ou encore résidu ou non
résidu de mieme puissance , par rapport au même module. Comme l'on
devra prendre chaque solution de P= A (mod. p) avec chaque solution
de Q= A (mod. p), pour en tirer les solutions de P = Q(mod. p), on
voit qu'à A = o(mod.p) , il répondra PoQº solutions de P= Q(mod. p).
Si A au lieu d'être = o (mod. p) était résidu de meme puissance pour
PURES ET APPLIQUÉES . 265

le module p, on montreraitde même qu'il y aurait PQ solutions qui


donneraient P = Q=A (mod. p) et par conséquent P =Q(mod. p).
Maintenant si la congruence P =A (mod. p) est possible , P =Af"
l'est également et a le même nombre de solutions, ces solutions s'ob-
tenant , comme il est très facile de le voir , en multipliant par f les
valeurs de x , x,, ... qui satisfont à P = A (mod. p). Ainsi à cha-
I

cune des P = h valeurs résidues de mieme puissance qu'on peut


772

prendre pour A, il répond PQ solutions, ou en tout hPQ solutions.


On trouve semblablement hP'Q' solutions de P = Q (mod. p), pour
lesquelles on a P = Q= à un non-résidu de meme puissance et de
première classe; pareillement on trouve hP"Q" solutions de la con-
gruence P =Q(mod. p), pour lesquelles on a P = Q = à un non-
résidu de meme puissance et de deuxième classe et ainsi de suite. D'où
le résultat de l'énoncé.
La formule (6) subsistera pour P +Q= Π = o (mod. p). Sih est
impair il suffira , comme il est très aisé de le voir, d'augmenter les
m

indices de Q de Cela vient de ce qu'en représentant par pune


2

hm

racine primitive de p , on a -12 (mod. p), ou en posant


m
h'm +
h= ah' + 1 , -1 = 2(mod. p), ou en d'autres termes de ce
mleme
que - 1 est un non-résidu de -
classe.
2

Pour le cas particulier de Q= gx", g étant un non-résidu de pre-


k

mière classe , et par conséquent g* un non-résidu de kieme classe , on


aura évidemment

Q = 1 , Q' =Q"=Q " ...= Q(x−1)= Q(k+1) ...= Q(m-1)=0 , Q(x)=m.


En sorte que l'équation (6) deviendra dans la supposition de ...
П= P -Q=P -g*x = 0 (mod. p).
(7) П° = Р° + ( p - 1)P(A),
d'où l'on tire

(8) P(A)
P- 1
266 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
On parviendra au mêine résultat pour I= P+g*x" = o(mod. p) ,
si hest pair, mais si hest impair, il faudra changer P(x) en
P (+ )
Les formules précédentes ramènent tous les cas à ceux de k= 1et
k= 2 , c'est-à-dire à ceux de une et deux inconnues , précédemment
traités ; car si l'on prend d'abord la congruence
ax + ax +...+ ax = (mod. p) ,
il suffira de poser k=f+ g , et les nombres de solutions pour des
congruences contenant l'une f inconnues et l'autre g inconnues
ax + ...+ax" = A , -af+ x + axx A (mod. p)
donnera le nombre de solutions d'une congruence contenant f+ g
inconnues , savoir de
ax + ax + ...+ ax o (mod. p).
Ensuite , par la formule (8) , on passera du cas de la congruence
ax + ...+ aXA +++ = 0 (mod. p) , au cas de la congruence
ax +...+ axx = a +1 (mod. p) .
Nous allons donner des exemples de ces calculs.

V.

Formules genérales pour le nombre de solutions de la congruence


ax + ax + ...+ axxi = ax + 1(mod. p = 2h + 1) .

Examinons le cas de ax + 1= o , auquel les autres se ramènent ,


comme nous venons de le voir.
La congruence a,x² + ...+ ax = o (mod. p) se réduit ainsi qu'il
suit à une forme plus simple.
1 °. Tous les termes tels que ax dont le coefficient a, est un résidu
quadratique de p , pourront être remplacés par d'autres termes , tels
que y . En effet, soit a₁ = g (mod. p) et gx =y; (mod. p), il en
résultera ax = y (mod. p).
PURES ET APPLIQUÉES. 267
2º. Tous les termes tels que ax dont le coefficient as est un non-
résidu quadratique, étant passés dans le second membre , quand - 1
sera non-résidu quadratique , ce qui arrive pour p de forme 49-1 ,
la congruence prendra la forme

r + r + ... + y} = 2; + z +...+3 (mod. p).


3°. Mais si - 1 est résidu quadratique , ce qui arrive pour ...
p = 4q + 1 , - af sera non-résidu quadratique aussi bien que af ,
dans ce cas n étant un non-résidu quadratique déterminé, on posera
- af = nz (mod. p) ou (nz) = - an (mod. p) , ce qui est possible ;
et la congruence prendra la forme
++ ۰۰۰ +y} = n(2² + 2 + ... z ) (mod. p).
Si tous les coefficients sont de même espèce résidus ou non-résidus
quadratiques , la congruence devient

++...+y² = o (mod. p)
qui est un cas particulier des précédentes.
Pour le cas de la congruence ri +r +... + y = a (mod. p),
nous représenterons le nombre de solutions par Ni , N₂ , N, selon que
k

l'on aura a = 0 (mod. p) , ou que a sera résidu quadratique, ou enfin


non-résidu quadratique. Si la congruence au lieu d'être du second de-
gré était du mieme, lenombre de solutions serait Ni pour a = o(mod. p) ;
Na pour a résidu demieme puissance; Ni pour a congru à un non-résidu
de première classe , N. pour a congru à un non-résidu de deuxième
classe, et ainsi de suite jusqu'àN(m-1) pour a non-résidu de (m- 1)leme
classe. Ici l'indice inférieur est indispensable pour marquer le nombre
des inconnues . ‫ו‬

Dans le cas de m= 2 , objet de ce numéro , quand les nombres


N , N , N, seront déterminés , le problème sera résolu , par la propo-
sition suivante dont la vérité s'aperçoit immédiatement.
Le nombre de solutions de la congruence .. ....

: + : + ... + ...+2 (mod. p = 2h+ 1 ) est égal à


NN: + h (NN + N/N ).
268 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
Celui de la congruence :+ :+ y =n(2 ...+3 ) (mod.p=2h+ 1 )
où n est un non-résidu quadratique est égal à
NN + h (NN + N/N) .
Ensuite pour le cas où l'on n'aurait pas a₂ +1 = o , soient
P. le nombre de solutions de ax²+ax² + ... +ax = o (mod.p) ,
I. le nombre de solutions de la congruence ...
ax + ... + ax -a + xo (mod . p) ,
Le nombre de solutions de ax + ... +ax =ax +, (mod. p) ,
по-ро
sera
P- 1
, comme il suit de la formule (8) .
La recherche est donc ramenée à trouver le nombre de solutions de
la congruence
x + x + x + ... + x a(mod. p).
Voici d'abord deux relations qui serviront à simplifier les calculs.
THÉORÈME. Quel que soit le module premier p=2h+1 , on a toujours
(9) N + h (N. + N )
k =p .

DÉMONSTRATION. Cela se voit de suite en substituant dans ....


P = x²+x +...+ x , au lieu de x , x , ...x , chacun des arrange-
ments kà k des p nombres 0 , 1 , 2 , ... (p -1). De ces arrangements
il y en aura Ni qui donneront P = 0 (mod. p) à un résidu quadra-
tique déterminé, a par exemple, il en aura encore N, qui donneront
P= ay', quel que soity. Ainsi comme il y a h résidus quadratiques ,
il y aura hN, arrangements qui donneront P = à un résidu quadra-
tique. De même il y aura hN', arrangements qui donneront P congru
à unnon-résidu quadratique; or il faut avoir P = 0 , à un résidu ou à
un non résidu quadratiques , d'ailleurs le nombre total des arrange-
ments kà k est égal à p*, on aura donc No +h(N + N' )=p*. Ce
qu'il fallait démontrer.
THÉORÈME . Si le module p est de forme 49 + 1 , on aura
(10) N = 1+( p - 1 )(N +N +N +N )= I1 +(p-1)ΣΝ ,
PURES ET APPLIQUÉES . 269
et si p est deforme 49-1 , on aura

( 11 ) N = 1 +( p - 1)(N ++N', N',)= 1+( p- 1)ΣΝ...


DEMONSTRATION. En effet , dans le premier cas, on a par la formule
(7) NN + ( p-1) N. Pareillement N =N _+(p- 1)N .
et ainsi de suite jusqu'à N =N + (p - 1)N₁ : ajoutant ces équations
membre à membre et remarquant que l'on a Ni= 1 , on trouve de
suite la formule ( 10).
La formule (11 ) se tire de même de l'équation
N = N + (p - 1 )N ..

Les formules (9) , (10) et (11) , pour le cas de la congruence


x + x + ... + x = a (mod. p= hm + 1).
se changent en
k

(12) N + h (N₂ + N +...+ N ) = p*,


k

(13) N = 1 + (p - 1) ΣΝ. , pourh pair ,


k-1
m

()
(14) N = 1 + (p - 1) ΣΝ , pour himpair.
La démonstration est absolument la même .
Si l'on voulait exclure les solutions renfermant des inconnues égales
à zéro, il faudrait remplacer les équations (12) , (13) et (14) par
(15) N + h(N₂ + N +...+ N )) = (p - 1 )*,
(16) N = ( p - 1 ) Na , pourh pair ,
(17) N =(p- 1)N ) pour himpair.
La démonstration est presque la même.
Venons-en aux formules générales pour le nombre de solutions de
la congruence x² +... + xi = a (mod. p).
D'abord la congruence (3) donne immédiatement ce théorème déjà
démontré par M. Libri.
THÉORÈME. Le nombre de solutions de la congruence ...……………
35
Tome II . - Аост 1837 .

L
270 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
ax + ax = as (mod. p) est p- 1 si -aa, est résidu quadratique,
et p + 1 , si - a a, est non résidu.
DEMONSTRATION. Mettons la congruence sous la forme ..........
(ax ) - (-a ) x = aa3 (mod. p) , ou y-ay = b (mod. p) : la
congruence (3) devient - S. = a (mod . p) , ou bien S. =-(- a.a.)*
(mod. p) ou S, ≡1 (mod. p) , selon que -a,a, est résidu, ou non
résidu quadratique. De plus, on a S. < 2p et pair , il faut donc poser
Sp1 . Pour le cas de a = a = 1 , -aa = −1 , il y a
donc p- 1 solutions , si p = 4q+ 1 , et p + 1 , si p= 4q- 1 ; car
dans le premier cas, - 1 est résidu, et dans le second, il est non ré-
sidu quadratique.
Dans le cas de a3=0 , ou de la congruence ax²+a.x =o(mod.p),
ilya 1 + 2 (p- 1) solutions si -aa, est résidu quadratique , et
seulement 1 , si - a a est non résidu. :

Cette proposition est un cas particulier d'une plus générale dé-


montrée au commencement de l'article III .
Voici maintenant la proposition générale :
THÉORÈME . On a pour k nombre impair ,
N =p ,
1-1

(18) N₁ = p²
p + (-1)
(11) 2 2
,
p-1 k-1 k-r
= A
-1
N -

(-1) 2

2.p
2
,

et pour k pair, on a
k k
1-

(19)
Ni = p² + (- 1 ) 2 2
.(p-1) p ',
k
k 1-

N = N = p-- (-1) -1 2
[Link]
Démonstration. De la congruence x² +x + ... +x = a (mod.p),
nous tirerons les deux suivantes :

(
20) { x + x+ ...+ xi = ax²+1 ,
x + ...... + xi₁ = axi++ -

x, } (mod. p),
qui n'en font qu'une. Nous égalerons leurs nombres de solutions; de
PURES ET APPLIQUÉES . 271

là nous tirerons N. ou N' , d'où il sera facile de déduire N , et ensuite


Nou Na . k

Premier cas. p= 49 + 1 et a résidu quadratique. La première des


congruences (20) a par la formule (7) un nombre de solutions égal à
N + (p -
1) Ν .
La deuxième des congruences (20) deviendra en posant
A
P= x²+ x +... + x , Q = axixi, P=Q(mod. p).
Si l'on représente par Po, Qº les nombres de solutions des congruences
P = 0 , Q = 0 (mod. p) ; par Pet Q les nombres de solutions des
congruences P = à un résidu et Q= à un résidu , suivant le mo-
dule p ; et enfin par P' et Q' les nombres de solutions des congruences
P = à un non-résidu , Q= à un non-résidu pour le module p, le
nombre de solutions de la congruence P= Q (mod. p), sera
P°Q° + h (PQ + P'Q') ;
mais d'après les notations convenues ,
P. = N , P = NA1 , P' N
' ,

et d'après les théorèmes qui donnent le nombre de solutions de


ах - х
b(mod. p).
Q° = 1 + 2(p - 1) , Q = p − 1, Q' = p - 1 ,
car - ax 1= a est résidu quadratique..
Le nombre de solutions de la congruence P = Q (mod. p) , devient :
donc

[ 1+ 2 ( p- 1 )] Ni + h [( p - 1 ) N
k -1
+ (p - 1 ) ],
égalant ce nombre à N + (p - 1)N, et simplifiant au moyen des
équations (9) et (10) , on aura , à cause de
:

ΣΝ, = Ν + N ++ N. + N. , 1-8

k-1
l'équation ΣΝ, = pΣΝ... + ph−1 + 1 ,
k-s

pareillement ,
ΣΝ. , = ΡΣΝ_s + p*-* + 1 ,
35..
1

1
272 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
d'où

N. = pN.. + p*-- p- ,
qui revient à
=
(21) N -p -1 p(N.. -

pk-3).
Cette équation montre que les quantités N,-1 , N.-p, No-p , etc.
forment une série récurrente dont l'échelle de relation esto , p.
Soit en général A, B l'échelle de relation d'une série récurrente: si
l'on veut que ax + by" soit le terme de rang n + 1 , il faudra
poser

ax + by = А(ах + by -1) + B(ax +b ),


qui peut s'écrire
-

ах (х - Ax + B) + by- (y -

Ay B) = 0 ,
à laquelle on satisfera en prenant pour x et y les racines de...
z -
Az - Bo . Puis il faudra déterminer a et b, de manière
que ax + by et ax + by soient respectivement égaux aux deux
premiers termes. Dans le cas présent on a
A o , B= p , z =p, d'où x = Vp , y =-Vp:
de plus ,
N, - 1 2-1-1 , N -p = p - 1 - p = -r.
Les équations qui déterminent a et b sont donc
a+ b = 1, (a - b) √p = - 1 ,
d'où l'on tire
I
a =
VP-
1 I
b = VP+
,
2VP 2VP '

et par conséquent ,
k- 1
Na- p = 2VP
(VP) + VP+ (-VP)
2VP
,
}

PURES ET APPLIQUÉES. 273


ou bien encore ,

(22) N - p -1 = (√p-1 ) (√p)*-* - (√p + 1 ) (-p)**.


k

Ce qui donne pour k nombre pair ,


k
d -

N₁ = pp ,
et pour k nombre impair,
k-I

N =p + pa .
On aurait pu obtenir ces deux équations par de simples éliminations
et sans recourir aux séries récurrentes, car la valeur de N, dépend de
celle de Na , celle-ci s'obtient au moyen de N₁-4 et ainsi de suite ,
jusqu'à ce qu'on parvienne à N. et N, dont les valeurs sont connues ;
dans ce calcul , il faut traiter séparément le cas de k pair et celui de
k impair.
Au moyen des valeurs trouvées pour N. , l'équation
N = 1 + ( p - 1 ) (N +N ++ N. + N.) ,
...

donnera pour k impair ,


N = p ',
et pour k pair ,
k 1-

k
N =p + (p - 1).pa
Deuxième cas . P = 49 + 1 et a non-résidu.
Pour k impair l'équation No - h (N₂ + N ) =p , donne
N
2(p -pk-1)
P- 1 2p*-*, d'où l'on tire N = apt--N.,
ou bien
k

N = pp . -

Pour k pair , on a
k k
I

N₂+N₁ = 2[p -p -1-( p-1)p ]:(p-1)=2(p_p ')=2N ,


I
274 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
d'où
N = N.

Troisième cas. P = 4q - 1 et a non-résidu quadratique.


Les nombres de solutions de deux congruences (20), sont ici en
vertu de Q1 , Q =Q'=p + 1 , égaux respectivement à

N +(p- 1 )N , Ni + 2
[(p + 1 ) Na + (p + 1)N -1];

égalant ces deux nombres , il vient


p+1
ΣΝ = -ΡΣΝ
- ΡΣΝ . + p- 1(p
k
- 1); σταση
pareillement
ΣΝ = -ΡΣΝ ++ ( p1),
k
pp
d'où
k- 1
N = -pN + p*¯ +
ce qui revient à
k
(23) Npp (N )
Cette équation traitée comme l'équation (21 ) donnera womeno
(24) N -p = ( √-p+ 1)(1-p)*-*+ (- V-p+ 1)(- v-p)*-* ;
car il faut remarquer qu'on a ici N, - 1 =- 1. et N, - p = 1 ,
puisque N'= o , N' =p+ 1 ; de là résulte
IA
a = ,
=

2V-P 2V-P

Pour k nombre impair l'équation (24) donne


nerd no
k-r

N
k
-

( P)

et pour k nombre pair , elle donne au contraire ,


k
PURES ET APPLIQUÉES. 275
On pouvait obtenir ces valeurs de N par de simples éliminations.
L'équation N = 1 + (p - 1 ) ΣΝ' , donnera, comme plus haut,
pour k impair ,
N = p ',
et pour k pair ,
k

N = p- -

(p -

1) pā .
Quatrième cas. p = 4q - 1eta résidu quadratique. L'équation
I

N+ 2 (N + N' ) = p* donne encore pour k impair N₂ + N', k

k-1

= 2p* , d'où N₁= p^-' + ( -p) , et pour k pair N₂+N' = 2N ,


d'où N' = N.
p- 1
2
Si l'on remarque maintenant que l'on a ( -1 ) = + 1 pour ...
p-1

p = 49 + 1et ( -1 ) 2 = - 1 pour p = 49-1 , on aura les résul-


tats de l'énoncé.
Les formules (22) et (24) se déduisent avec la plus grande facilité
d'une formule très générale et très remarquable donnée par M. Libri ,
dans son mémoire sur la Théorie des Nombres : nous reviendrons
plus loin sur cette formule.

VI .

Nombre de solutions de la congruence ...


ax + ax = as ( mod. p = 3h + r ).

1 °. Si a3 = 0 , il y aura, comme on l'a vu, 1 ou 1 +3 (p- 1 )


solutions selon que - aa sera résidu ou non résidu cubique (111).
2°. Dans le cas général , nous ramènerons la congruence précédente
à la forme y -ay = b ( mod. p = 3h + 1 ). Ici , en posant
2

2h ( 2h- 1 ) (2h - 2 ) ... ( h + 1 ) Q,


1.2 3 ..........h

la congruence (7
) donnera
८५)
276 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES

(
25) -
S a* + a** + Qa*b* ( mod . p = 3h + 1 ) .

Comme h est pair, on voit que les signes de a et b venant à changer,


S, n'en conservera pas moins la même valeur. Comme at et br , selon
les valeurs particulières de a et de b, peuvent prendre trois valeurs ,
qui sont les racines de la congruence z³ = 1 ( mod. p ), savoir ı , r ,
et rå en représentant par r une racine primitive de z³ = 1 ( mod. p ),
ou ce qui est la même chose dans le cas présent , où il y a deux
racines primitives , une des racines de z² + 2 + 1 = 0 ( mod. p) , ου
encore de ( 22 + 1) = - 3 (mod. p). On voit de suite que la con-
gruence y - ay = b ( mod . p ) peut présenter neuf cas correspon-
dants aux neuf combinaisons des trois valeurs de at et des trois
valeurs de br. Soit donc un a non-résidu cubique de première classe ,
nous aurons les neuf congruences suivantes à côté desquelles sont
inscrits les nombres de solutions , représentés par les lettres A, B, C,
différemment accentuées .

y -y =1 (mod.p) Asol.y -ay =(mod.p) A'sol. y =ayı (mod. p)A" sol.


3a B 3 3
y-ya y- aya B' y -ay -a B"
2 3 3 3 3 2
C C
' y -aya C
y-ya y-aya 2

Si l'on substitue dans la congruence (25) les valeurs de at et a ",


qui sont retr , on obtiendra, au moyen de la relation 1 + r+ r =0
(mod. p ) , les congruences
A = -2 - Q, A' = 1 - Qr , A' = 1 - Qr² ( mod. p),
B = -2 - Qr, B' = 1- Q , B = 1- Q,
C = -2 - Qr , C' = 1 - Q , C' = 1 - Qr ,

d'où l'on déduira facilement les congruences


(26) A + 3 = C' = B" = 1 - Q (mod. p = 3h + 1) ,
+ 5 = A' = C" = 1 - Qr,
C + 5 = B' = A" = 1 − Qre .
Par exemple, la congruence (25) donnant A + 3 = 1 - Q (mod. p)
et C' = 1 - Q (mod. p) , comme A et C' sont moindres que 3p et
que A + 3 et C' sont divisibles par 3 , il en résultera que la différence
PURES ET APPLIQUÉES . 277

A+ 3- C' sera divisible par 3p, d'où suit nécessairement A+ 3 = C',


et ainsi des autres congruences.
Les congruences (26) donneront immédiatement A, B, C , A', B', C',
A', B', C', quand on aura déterminé Q et r. Pourdéterminer r on a la
congruence (ar + 1) = - 3 (mod. p)
-
± √-3
ou r
2
(mod. p).

Nous donnerons plus bas la manière de calculer presque à la fois


ret Q, ou plutôt le reste de Q divisé par p.
Les congruences (26) donnent par addition
9 + A + B + C = A'B' +C' = A" + B" + C"= 3 (mod. p),
ce qui résulte encore de l'équation
9 + A + B + C = A'B' + C' = A" + B" + C = 5 (p + 1 ),
qui est une conséquence immédiate des équations
2

1 + 3 (p - 1) + h ( A + B + C ) = p² ,
1 + h (A' + B' + C' ) = p' ,
1 + h ( A + B + C" ) = p* ,
qui se prouvent précisément comme l'équation
N + h ( N + N' + N" ) = p .
On a donc entre A', B', C' la relation

(27) A' + B' + C' = 3 ( p + 1 ).


Les deux autres équations qui donneraient A +B+ C et A'+ B' + C",
résulteraient de (26) et de (27); de sorte qu'il est inutile de les écrire.
On peut trouver entre A', B', C' une autre relation qui conduira à
la valeur du reste de Q divisé par p; mais pour les cas particuliers où
p sera un petit nombre , il sera plus court de calculer le reste de Qau
moyen de la formule Q = 2h. (2h-1)... (h+ 1)
1.2 ............

Soit la congruence x- ax =y -ay ( mod. p) où a est un


Tome II. - Aουτ 1837. 36
278 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
non-résidu cubique de première classe , la formule (6) donnera pour
le nombre de ses solutions

+ h ( A'A' + B'B' + C'C' ) ,

ou d'après les équations (26) ,


1 + h ( A'B' + B'C' + A'C' ) .

Mais si l'on écrit la congruence précédente sous la forme x -y = a


(x - ay ) ( mod. p), la formule (6) donnera pour le nombre de ses
solutions

+3 ( p- 1 ) + h (AC' + BA' + CB' ) ,


nombre qui , par le moyen des équations (26), devient
1+ 3 (p- 1 ) + h ( A' * + B * + C'*) - (p- 1 ) (A' + B' + C' );
égalant ces deux valeurs du même nombre , on a
A'B' + A'C' + B'C' = A' + B' + C - 3 (A' +B' + C' ) + 9 ,

d'où , en simplifiant au moyen de l'équation (27) , on tire


A'B' + A'C' + B'C' = 3 (p² + p + 1 ) .

Si l'on pose A' - B' = gu , u sera nécessairement entier, et à cause


de A' + B' = 3 ( p + 1 ) - C' , on aura
-

A' = [3 (p + 1 ) - C' + gu ] , B' = [ 3 ( p + 1) - C' - ди] .


Substituant dans A'B' + A'C
' + B'C' , on trouvera, réduction faite,

(28) . (C-p- 1) + 27u²= 4p.


7
Soit + 27M²= 4p , où L et M sontpositifs , cette équation n'aura
PURES ET APPLIQUÉES. 279

qu'une solution (*) ; au moyen d'une table de carrés , il sera très facile
de déterminer Let M par voie d'exclusion. Ce calcul fait, on posera
C - p - 1 == Let u = M , d'où A' -

B' = 9M.
La première équation donne C' =p + 1L; et comme C' doit
être divisible par 3, le signe de L sera déterminé, il faudra poser
L = 31 + 1 = 31-2 ; en donnant à leta le signe convenable ,
il en résultera C' = 3(h + x) , ct parconséquent
(29) A + 3 = C' = B" = 3 (h + λ) ,
B + 3 = A' = C' = 3 ( +1- ^ 3M) , 2

3M
C + 3 = B' = A' = 3
( +1- 2

Si l'on compare la première de ces équations avec la première des


congruences (26) , il en résultera 1 - Q= 3(h + x) = 3h + 2 = L
(mod. p) , ou bien -Q = L (mod. p) : on a donc ce théorème qui
est dû à M. Jacobi .
2h.(2h-1) ...(h + 1 )
THEOREME . Le coefficient - I. 2 ........ h étant divisé par p

donne un reste ( < ) toujours égal à L sous la relation ....


L + 27M²
= 4p , en prenant L , positif ou négatif , de la forme
31+ 1 .
(J. de M. Crelle , tome 2. De residuis cubicis commentatio
numerosa) .
Quant au signe de M, il reste nécessairement ambigu dans les équa-

(*) Voici comment le prouve M. Gauss. Soit s'il est possible une nouvelle so-
lution L'a + 27M² = 4p , on obtiendrait
1°. (LL
' -

27 MM') + 27(LM' + L'M) = 16 p² .


2°. (LL' + 27 MM' ) + 27(LM' - L'M) = 16p² .
3°. (LM' + L'M) (LM' - L'M) = 4p (M2 - M²).
La 3ª équation montre que le nombre premier p, divise un des nombres
LM' + L'M, LM - LM' , tandis que la première et la deuxième font voir que
chacun de ces nombres est moindre que p. Donc , etc.
36..
280 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
tions (29) , parce qu'il dépend de la valeur de r, racine primitive de
23 = 1 (mod. p) , et que cette congruence a deux racines primitives
- ±V-3
2 (mod. p). L'équation A' - B'= ± 9M revient à
-(2 +1 )Q= gM (mod. p) qui se réduit à L²+27M0 (mod. p).
Cette dernière congruence , qui se tire immédiatementde l'équation
L + 27M = 4p , donnera très facilement la valeur dep , car on en
tire L = 3M√- 3 ( mod. p) , ou , si l'on veut , 9M = LV-3
(mod. p) . Cette dernière congruence revient à - (2 + 1) Q = 9M
(mod. p).
Les valeurs de A, B, C, A', B', C' , A", B", C", pourraient conduire
à des formules générales pour le cas d'un nombre quelconque d'in-
connues , et l'on obtiendrait encore , pour le cas principal , des séries
récurrentes dont l'échelle de relation aurait trois termes ; mais les
calculs seraient assez longs. Nous donnerons plus loin la formule de
M. Libri , qui ne présente point cet inconvénient, et qui deviendra
très facilement applicable au moyen des propositions précédentes.
VII .

Nombre de solutions de la congruence ........ .......

a,x + ax = a3 ( mod. p = 4h+ 1 ) .


Nous traiterons ici le cas de la congruencey4-ay = b (mod. p),
auquel les autres se ramènent. Les formules générales seront données
à la fin du paragraphe. Urob sogia lie taas
Le nombre S, des solutions de la congruence précédente est déter-
miné complétement par la congruence (3) , qui devient ici

* (mod. p).
-S =a*+(a² + b*a*)+a + a *b*+ a*b**
A

Dr, A3 = (-1 )^ A, (mod. p) , on aura donc pour h pair, et en posant


2h ( 2h - 1 ) ... (h + 1 )
= Q,
1.2 .....h
.......

(30) -S.=a + anh + a³ + Qah bh ( 1 + a² +b² ) (mod. p) ,


PURES ET APPLIQUÉES. 281

et pour h impair
(31 ) -S,=a + ath + a3h + Qah bh ( 1 - a - bh ) (mod. p).
Les valeurs de a , b , et de leurs puissances , quelles que soient les
valeurs de a et b , sont les racines de la congruence 24 = 1 (mod. p) ,
savoir , 1 , r, r , r³, en représentant par r une racine primitive de la
congruence 24 = 1 (mod. p) , ou, ce qui est la même chose dans le
cas présent, où il y a deux racines primitives, r satisfait à la con-
gruence 3 + 1 = 0 (mod. p).
Ainsi la suite 1 , r, r , r pourra être remplacée par 1 , r, -1 , -1.
Quand on connaîtra ret le reste de Q divisé par p, on pourra em-
ployer les formules (30) et (31); mais comme le calcul direct du reste
de Qest fort long , et même impraticable quand pest un grand
nombre , nous démontrerons plus loin un théorème de M. Gauss, qui
déterminera très expéditivement le reste de Q, au moyen de l'équation
L + 4M² = p , qui donnera aussi la racine primitive r.
Premier cas. h = 2h' , p = 8h' + 1 .
Si l'on représente par a un non-résidu biquadratique de première
classe , la congruenceyt- ayt≡b (mod. p) sera susceptible de seize
formes , dont nous écrirons le tableau avec les nombres correspon-
dants de solutions , représentés par les lettres A, B, C, D, différem-
ment accentuées.

yiyi , A; y -ayr , A' ; y -aʻy =1 , A" ;


y-ayı ,A " .
ya, B; yi-aya, B' ; ri-a'ya, B";
raya, В".
riya , C; y -ay=a* , C' ; ri-a'ya , C"; (mod.p=4h+1).
yaya , C.
y -ya , D; y -aya³,D'; y-aya³ , D";
ra³ra³,D".

Substituant dans la formule (30) les valeurs de a", ah, ah, on aura,
réductions faites ,
202 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
A= -3-3Q, A'=1-(2-1)Q, A"= 1 +Q, ::
A""= 1+(2n+1)Q, :.

B=-3-(2-1)Q, B'=1 +(2n+ 1 )Q, B" 1-Q,


BI-Q,
C -3+Q, C' -Q, C"=1+Q, (mod. p=4h+1).
C""= 1-Q,
D=-5+(27+ 1 )Q, D'≡1 -Q, =1+Q,
D"
D =1-(2-1 ) ,
d'où l'on tirera très facilement

(32) A + 4 = 1-5Q,
B + 4 = A' = D " = 1 - (2-1 )Q ,
C + 4 = A' = C" = 1 + Q, (mod. p = 4h + 1).
D + 4= B = A " = 1 + (2 + 1 )Q,
C'=D = B"=D" =B " = C " = 1 - Q.

On trouve encore les équations


}
16 + A + B + C + D = A' + B' + C' + D' = A" + B' + C + D'
= A"" + B""" + C " + D'""= 4 (p+ 1 ) ,
qui se prouvent tout-à-fait de même que l'équation
N; + h ( N₂ + N + N + N") = p .
2

On aura donc, au moyen des équations (32) , les nouvelles équations


(33) A + B + C + D = 4 ( p - 3 ),
B + D + 2B"= 4 (p - 1 ) ,
:
C + B" = 2 (p- 1 ) .
Les deux dernières conduisent à B + D = 2C .
Si l'on pose C- B' = 164 , B - D = 16v, il s'ensuivra que u et
seront entiers , et les équations (33) donneront
B"= p- 1-8u , B = p - 1 + 8 + 8v , A = p- 9-244,
C = p - 1 + 8u, D = p - 1 + 84 - 8v .
Or, il existe entre u et v une équation indéterminée qui les fait con-

1
PURES ET APPLIQUÉES. 283

naître sans ambiguité (saufcelle du signe), par la raison qu'elle n'a


qu'une solution; c'est l'équation
(34) p = ( x + 4u) + 40° ,
que l'on obtient de la manière suivante :
Le nombre a étant un non-résidu biquadratique de première classe ,
la congruence x - a*x = a (x - ayt) (mod. p) a, d'après la for-
mule (6) et les relations précédentes , un nombre de solutions repré-
senté par !

1+ h(A'D' + B"A' + C"B' + D'C').


La même congruence , mise sous la forme x -

= a (x- r ) , a
art=
pour nombre de solutions

1 + 16h + h (A'C + B'D + CA + D'B) ;


égalant ces deux valeurs du même nombre , on trouve
B" (B" + C- A + 8 ) = D + C (BD),
qui se réduit, par la substitution des valeurs de A, B, C, D , B" , à
l'équation (34). 1 :

On prouvera , comme dans l'article précédent , que l'équation


L* + 4M * = p n'a qu'une seule solution en nombres positifs , et en
déterminant convenablement le signe de L, on pourra faire 1 + 4u=
L. D'ailleurs on a C - B" = 164 = 2Q - 4 ( mod. p ), ou
&u = Q- 2 (mod.p). Par conséquent l'on aura Q= 2L (mod . p=
8h + 1). Comme L est moindre que p, on pourra poser
Q + L (mod. p).
De là ce théorème de M. Gauss :
« La quantité 2h.(2h-1)...( +1 )
1.2 ......... h (mod. p ) est toujours égale à
»

L (< ),en prenant p=L + 4M* et L= 1 + 4u. »


Quant au signe de il dépend der , qui se détermine par 2M=
LV-1=Lr (mod. p), congruence qui revient à B - D= 16v , ou
I

du moins qui s'en déduit. i


384 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
Les quantités A, B , C, D, etc. , étant déterminées par ce qui pré-
cède , on calculera , par le moyen de la formule (6), le nombre de
solutions pour toute autre congruence contenant plus de deux incon-
nues. Voici un seul exemple qui suffira pour que l'on puisse appliquer
dans tous les cas la formule générale qui sera donnée plus loin.
Pour trouver le nombre de solutions de la congruence
x1 + x + x + 1 = 0 (mod.p = 4h + 1) :
Si l'on représente par I et Po les nombres de solutions des
congruences I = x + x + x + x = o et P = x + x + x =
(mod. p), la formule (8) donnera pour le nombre cherché p-1
Orx + x + x = 0 (mod. p = 8h' + 1 ) , revenant à x + x =
y (mod. p) , on aura
P°= 1 . [ 1 + 4 (p - 1 )] + h.4 . A = 1 + 4 (p-1) + (p - 1)A,
Quant à la valeur de Nº, en mettant x + x + x + x = 0
(mod. p) sous la forme x + x =y + y (mod. p) , ce sera
P- 1
[1 + 4 (p - 1)] +
I I
4 ( A + B + C +D*).
Le nombre cherché est donc

4[ 1 + 4 (p - 1) ] + A +B +C
I
4
+DA=p +17p+10+56u+64u",
par la substitution des valeurs de A, B, C, D.
Les congruences (32) montrent de suite que ce nombre est indé-
pendant de la racine primitive r.
Deuxième cas. h = 2h' + 1 , p = 8h' + 5.
Dans ce cas la formule (31) donne
A=-3+Q, A'=1-Q, A'=1+Q, A1-Q,
B=-3-Q, B'= 1-(2-1 )Q, B =1+(2n+1 )Q, B =1-Q,
C=-3+Q, C'=1+(2n+ 1 )Q, C = 1-3Q, C1-(2-1 )Q, I
( mod . p)
D=-3-Q, D'≡1 -Q, D'= 1-(2-1 )Q, D"=1 +(2n+ 1)Q.
PURES ET APPLIQUÉES. 285

d'où l'on tire

A + 4 = C + 4 = A" = I1 + Q ,
(35) B + 4 = D+4=A'=D'=A "=D"=1-Q,
B' = D" = C " = 1 - (2-1 ) Q , (mod. p=8h' +5).
C' = B" = D " = 1 + (2 + 1 ) Q,
C" = 1-3Q.
On a de plus les équations
(36) A" + B" + C" + D" = 4 (p + 1 ) ,
B" + D" + 2B " = 4 (p+ 1),
A"+ B " = Q( p+ 1),
qui donnent les deux suivantes :

A" + C"= 2B " , B" + D" = 2A".


Si l'on pose A" - B " = 4u , D" - B"= 16v , on aura , comme il est
facile de le voir, u etv entiers , et de plus

B'""=p + 1-24 , B" = p + 1 + 24-8v


24-8 , C" =p + 1-6u ,
A" = p + 1 + 2u , D" = p + 1 + 24 + 8v.
Si l'on cherche , par le moyen de la formule (6) , les nombres de
solutions des congruences
x -ax =r -ay , x -y = a(x - 4) (mod. p=8h' +5) ,
qui reviennent à la même , et où le nombre a est un non-résidu
biquadratique de première classe , on trouvera , en égalant ces
nombres ,

1+h(A +B +C +D'*)=(1 + 16h) +h(AB+ BC+ CD + DA),

ou , réductions faites ,
(37) p = u + 40° .

Donc si l'on pose p = L + 4M , L et Métant positifs , il faudra faire


Tome II. -
Αουτ 1837. 37
286 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
u = ± L , en choisissant le signe de sorte que A " = p + 1 ± 2L
devienne multiple de 8. Il faut , pour cela , prendre ± L = 1 + 4u' .
On a encore ici A" - B" = 4u = 2Q ( mod. p) , et par suite Q = L
( mod. p ) , comme dans le premier cas.
Pour donner un exemple de l'application des formules (6) et (8) ,
nous chercherons le nombre de solutions de la congruence x + ..

+ x + 1 = 0 (mod. p = 8h' + 5), nombre qu'il est nécessaire d'ob-


tenir pour pouvoir employer dans tous les cas la formule générale qui
sera démontrée plus bas. Nous représenterons par I la fonction
x + x + x + x , et par P la fonction x + x + x .
Р
Le nombre cherché sera , d'après la formule (8), по-р.. p-1

Si l'on écrit la congruence П≡o (mod.p) sous la forme x -(-1 )x .. I

(-1 ) [ - (-1 ) x1] (mod. p), qui rentre dans la forme x-ax ..
a* (x - ax ) (mod. p), on aura, pour le nombre de solutions ,
Пº = 1 + h ( A"C" + B"D" + C"A" + D"B").

Quant à la congruence P = 0 , oux + x = -x (mod. p ) , elle a


pour nombre de solutions Pº = 1 + 4h C".
Le nombre de solutions cherché sera donc
A"C"+B"D"
C" p - 7p+ 10 + 56u + 64u ,
2

par la substitution des valeurs de A' , B", C", D".

Nous ferons observer , en terminant ici ces applications , que nous


pourrons reprendre dans un autre mémoire pour le cas de m=5 ,
que pour ce cas et celui de m = 6, c'est-à-dire pour p = 5h + ret
p= 6h + 1 , les formules qui donnent les nombres de solutions
des congruences ax + by .....
+kul (mod. p=5h+ 1) , .....
ax + by + ..... + ku≡1 ( mod.p= 6h + 1 ) , renfermeraient les⚫
deux coefficients binomiaux

2h. (2h - 1) ..... (h +1) ,


3h. (3h-1) ...... 2h
Ι. 2 ........... h 1. 2 ..........h ;
et comme leur détermination directe serait fort longue , et souvent
PURES ET APPLIQUÉES . 287
même impraticable, on ferait dépendre leur détermination de la ré-
solution de certaines équations indéterminées. Pareillement , pour
p=7h+ 1 , ... p=8h+ 1 , les formules contiendraient les trois coeffi-
cients binomiaux

2h(2h-1 ) .. (h+ 1) 3h. (3h-1) ... (2 + 1) 4h. (4h- 1) ... (3 + 1 )


, , 2
1. 2........h 1. 2 .... .h 1. 2........h

et ainsi de suite .
Il se présente donc ici un problème important à résoudre, et dont
voici l'énoncé :

<< Soient p = mh + 1 et A₁ = 1.2 ... h , A. =(h+1 ) (h + 2) ...


2h , A3=(2h +1) (2h+2) ..... 3h , ... Amh= (m-1 ) (h + 1) ... mh ;
A2 A3 An m
on demande les valeurs de
A, ' A, '
..... ( mod. p ) , n étant - 2

ou l'entier immédiatement supérieur; ou , s'il est possible , les valeurs


de A. , A......A. (mod. p), c'est-à-dire les restes de ces quantités
divisées par p nombre premier. »
Ce problème a été résolu dans quelques cas particuliers ; la solu-
tion générale serait fort utile pour la détermination des équations :
auxiliaires qui servent à l'abaissement de l'équation x =1 ; c'est ce
qu'on verra dans l'article suivant; et elle ne serait pas moins utile
pour l'établissement des lois de réciprocité dans la théorie des résidus
de puissances , ainsi qu'on le montrera dans un autre paragraphe.
VIII .

Nombre de solutions de la congruence A. +Ax ™ + A,x ™ + ......


+ Axo (mod.p = hm + 1).

Pour trouver le nombre de solutions d'une congruence (x, x ...


Xn) o (mod.p) déterminé ainsi qu'il a été dit dans l'article premier,
il suffit de chercher une fonction ↓ (x , x,... , x₁) qui se réduise à
l'unité pour toute solution x = a , x = a, ... , x = a,, et qui se
2

réduise à zéro pour toute substitution x, = 6,, x₂ = 6.... x = 6x , 2

qui ne satisfait pas à la congruence (x , x, ... , x ) = 0 (mod. p)


la somme des valeurs de ↓ (x , x, ... , x₁ ) formées en mettant suc-
37 ..
288 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
cessivement , au lieu de x,, x.... , xa , les pt arrangements k àk des
nombres 0 , 1 , 2 ... p- 1 , sera le nombre des solutions que nous
représenterons par S..
Pour le cas de p nombre premier, en représentant par R une
racine imaginaire quelconque de l'équation z = 1 , on sait que
P
(1 + R1 + R1 + R3 +...+ - ) devient I ou o, selon que le
nombre entier i est divisible ou non divisible par p.
On peut donc poser

=P(1+R + R +... + R -19 ).


:

Pour abréger, on a écrit 4. et p. au lieu de f (X. , X.... , X₂) ..


Φ(Х. , Х, ... , X₂ ). De là résulte

(38) =
Σ (1 + R + R* . +...R(p-1)9-),

la somme étant prise, par rapport à x,, depuis x = o inclusivement


jusqu'à x₁=p (exclusivement) ; par rapport à x , depuis x =0 jus-
qu'à x =p , et ainsi des autres .
Pour calculer plus facilement cette somme, représentons par pune
racine primitive de p ou de x - 1 = 0 (mod. p= hm + 1 ) , et
posons
pm pam
1. = Rº ° + R"" + Rº** + ..... +R4- ,

p+ pamt
y. = R + R +R +....+R ( -1) +1
m-s
γ. = R' + R *+* + R * +* +...+Rp(h-1) ,

:
pawta
r. = R + Remta + R ++...+RP(2-1)m+a
:
1 1-wed 3m- Am-1
pm- P
Ym− = R
M-1 + R +R +...+R
Ces m quantités seront nécessairement les racines d'une équation du
PURES ET APPLIQUÉES . 289
degrém , puisque si l'on remplace la racine R par une autre
racine imaginaire , telle que R", la suite yo , y.....ym , deviendra
m- 1

YasNa+ ,Na+ ..., .. , qui n'en diffère que par l'ordre des termes .
Appliquons la formule (38) à la congruence
m
A. + Ax + Ax ™ + ... + Ax k
o (mod. p = hm + 1),
ou plutôt à la congruence
m m

p² + px ™ + px + ...+ px = o (mod. p = hm + 1) ,

puisque tout nombre entier est congru à une certaine puissance de la


racine primitive p.
On voit de suite que la formule (38) donne
(p-
pS, = p² + 2 R + R +... + 2R-*) ..
Cherchons donc la valeur de 2 Rio , ou plutôt , en prenant pour le
nombre entier positif i la puissance " qui lui est congrue suivant le
module p , cherchons la valeur de R. Mettant pour . sa valeur ,
on trouve immédiatement

ΣΑ "Φ =Rpatn ΣΚ + x ™ R c++ xxm ... ΣR5+" ,

chaque somme étant prise, comme on l'a dit , depuis zéro jusqu'à p.
Or, si l'on met pour x, les nombres 1 , 2 , 3, 4 ...p-1 , ou p , p ...
km
PP-1, x, donne , à l'ordre près , les termes pm, pm ... pam , pris
chacun m fois.
Soit en effet x, = p +f (mod. p= hm + 1) , i etſ étant tous deux
moindres que m, il en résultera x = pilim+f = pf (mod. p) ; or i peut
prendre m valeurs 0, 1 , 2 ... , m- 1 ; le terme pfm se trouve donc
répété m fois, et il en est de même de p™, pm, etc.
Ayant donc égard à la valeur x, = o , on trouvera ERP "
1
+ my,, et par suite
+
ρφ . atn
ER*** = R**** (1 + my + ) (1 + my +n) ... (1+my + ) ;
290 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
faisant successivement n = 0 , 1 , 2 ...p2, et ajoutant toutes les
valeurs de ER , on trouve

(39) pS₁=p +ra (1 + mya) (1+ mys) ( 1 +my.) .... (1 + my.)


Ya +1(1+ mya+1) (1 + my +1)( 1 + my +1) ... (1 + my + 1) ,
:
Ya+m-1( 1 +mya+m-1) (1 + my +m-1) (1+ Myc+m-1)....
(1+my +m-1) ,
où il faut ôter m des indices qui surpassent ce nombre.
Examinons quelques cas particuliers.
Soit d'abord 1 + x ™ + x + ....+x = o (mod. p = hm +1),
il faudra faire a= b = c .... = g= o . Si nous représentons le nombre
de solutions par N₂ , il viendra
k

(40) pN₁=p*+ro ( 1 + my。)*+r, ( 1 + my.)*+ ...+ym-1 ( 1 + mym− 1)* ,


formule due à M. Libri , quí la démontre de même .
Considérons encore la congruence
hm
x + x + x3 +...+x = ‫م‬ -pf+ (mod. p=hm+ 1).

Comme on doit ôter m des indices qui surpassent ce nombre, pour


0=
h pair on posera af, b= c .... y= o , et la formule (39)
deviendra
:

k k

(41 ) pS₁ =p +ys(1 + my.)*+Is+1(1+ my,)*+ ………


::

"
+Yfx (1 + 1)*.
m

Mais, pour h impair, on fera af+ , b = c ... go, et la


formule (39) deviendra
k
m

(42) pS₁=p + f+ (1 + myo) + Yf+ 1 +" ( 1 + my.) + ……………………


2

m
k
I
+ Yf-1 + ( 1 + mym-1)*.
2

Ces formules nous serviront plus loin.


PURES ET APPLIQUÉES . 291

La formule (40) donnant les équations


pN, =p +y. (1 + my. ) +y, (1 + my. ) + y. (1 + my. ) +.......
+ym 1
(1+ mym-1).
pN.=p +y. ( 1 + my. )*+y. ( 1 + my,)² +y. (1 + my. )* +.......
+1m-1 (1 + mym-1)².
pN3=p³ +y. (1 + my. ) +y. ( 1 + my, )3 +y. ( 1 + my₂ ) + .......
+Ym1 (1 + mym-1) .
:::
pNm =p +y. (1 + my. ) +y, (1 + my, )" ' +y.(x + my ) ...
m-1

+ym- (1+ mym


I
,
auxquelles il faudra joindre
0
= 1 + .+ . +++

On tirera de ces m équations les valeurs des m sommes


m

yo+r.+...+ym-1, yo*+ . +. + my +y. "+ "...+ -ш


61

et par les formules connues on en déduira les valeurs des coefficients


de l'équation en y. C'est là le procédé employé par M. Libri pour le
calcul de l'équation en y; il se trouve complété ici par le calcul des
nombres N. , N. , N3 ... , Nm , qui se fait au moyen des formules de
l'article IV .
Nous ferons remarquer ici que les coefficients N. , N. , Nm , seront
uniquement fonctions de certains coefficients binomiaux, aussi bien
que les coefficients de l'équation eny , carrdoit disparaître du résultat
qui ne peut rien contenir d'indéterminé. Les exemples du paragraphe
suivant confirment cette remarque.
La formule (40) qui ne contient que les fonctions
m 2

j.+ .+...+m-1 , jo +y ++ 0
,
... 0
+ , + ... -1 ,
m- 1

qui se déterminent très facilement au moyen des coefficients de


l'équation en y, sans qu'il soit nécessaire de la résoudre , pourra
toujours être employée dès qu'on aura trouvé l'équation en y. Mais
292 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
il n'en est pas de même des formules (39) , (41 ) et (42) ; les fonctions
Y&Yo+Vs+1 ++ -- m- Yo +Vf+ 1 ++ •

, etc.
qui entrent dans la formule (41 ) , par exemple , ne sont point des
fonctions symétriques qui puissent se déterminer rationnellement par
le moyen de l'équation en y. Cependant elles ont une propriété
commune avec la somme yo +y +y + ۰۰۰ym , c'est de conserver
la même valeur quand la racine imaginaire de x = 1 , qui a servi
pour former les fonctions yo , Y.... , ym , vient à changer. Ce qui
m-1

tient à ce que ce changement augmentant tous les indices d'un même


nombre, le gleme terme , par exemple , devient le premier, le (g+1)teme
le deuxième , le (g+2)ieme le troisième , et ainsi de suite. Quand on
aura calculé ces fonctions, qu'on pourrait appeler circulantes , on
pourra faire usage des formules démontrées dans cet article , sans qu'il
soit besoin de résoudre l'équation en y, en la ramenant à une équa-
tion à deux termes , ce qui serait fort long (*).

(1) Les autres paragraphes de ce mémoire forment , pour ainsi dire , autant de
mémoires séparés que nous publierons dans ce Journal , dès que l'auteur nous
les aura fait parvenir. (J. LIOUVILLE.)
PURES ET APPLIQUÉES . 293
www

NOTE

Sur un cas particulier de la construction des tangentes aux


projections des courbes , pour lequel les méthodes géné-
rales sont en défaut ;
PAR M. CHASLES .

Dans plusieurs questions de Géométrie descriptive , particulière-


ment dans quelques épures de coupe des pierres, il arrive que, pour
certains points d'une ligne courbe provenant de l'intersection de deux
surfaces , la tangente à cette courbe est perpendiculaire à l'un des
plans de projection ; alors la projection de cette tangente, sur ce
plan, se réduit à un point , et ne fait plus connaître la tangente à la
projection de lacourbe.
La méthode générale pour construire les tangentes aux projections
des courbes situées dans l'espace, en les regardant comme les projec-
tions des tangentes à ces courbes , est donc absolument en défaut pour
ces cas particuliers , et une méthode spéciale devient nécessaire.
Cette question a occupé , il y a une vingtaine d'années, MM. Binet
et Hachette , qui , l'un et l'autre , sans la résoudre dans la généralité
où nous venons de la proposer, ont imaginé des moyens particuliers
propres à déterminer les tangentes dans quelques-uns des cas dont il
s'agit. ( Voir la Correspondance sur l'École Polytechnique , tome III ,
pages 197 à 201 , année 1815. )
La construction de M. Binet est fondée sur une belle méthode, autre
que celle de Monge suivie jusqu'alors , pour déterminer les tangentes
à la courbe d'intersection de deux surfaces. Au lieu de mener les plans
tangents aux deux surfaces en un point de cette courbe, et de prendre
leur commune intersection qui est la tangente cherchée , M. Binet
mène les normales aux deux surfaces en ce point , et une perpendicu -
laire au plandéterminé par ces deux normales : cette perpendiculaire
Tome II .- Аорт 1837. 38
294 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
est la tangente cherchée , et ses projections sont perpendiculaires aux
traces de ce plan sur les plans de projection .
Cette méthode est générale comme la première ; mais elle est aussi
en défaut dans le cas particulier qui nous occupe. Car si la tangente
en un point de la courbe est perpendiculaire à l'un des plans de projec-
tion , les normales aux deux surfaces seront parallèles à ce plan , et
conséquemment la trace du plan qu'elles déterminent sera à l'infini ,
et ne pourra point servir pour la construction de la tangente à la
projection de la courbe.
Cependant il est un cas où, par une circonstance particulière ,
M. Binet a pu faire usage de cette méthode. C'est dans l'épure de la
courbe d'intersection de deux surfaces de révolution dont les deux axes
se rencontrent. Le plan des deux axes étant pris pour l'un des plans
de projection , en chaque point de la courbe d'intersection des deux
surfaces situé dans ce plan , la tangente à cette courbe est perpendi-
culaire à ce plan; par conséquent les méthodes générales sont en
défaut. Néanmoins , par des considérations particulières , celle de
M. Binet conduit encore , dans cette question , à la construction de la
tangente. En effet , les normales aux deux surfaces , en un point
quelconque m de leur intersection, rencontrent le plan des deux axes
de révolution , pris pour plan de projection , précisément aux points
où elles rencontrent respectivement les deux axes ; il faut doncjoindre
ces deux points par une droite , et mener une perpendiculaire à cette
droite par le point qui est la projection du point m. Cette perpendi-
culaire est la tangente à la projection de la courbe d'intersection des
deux surfaces. Cette construction subsiste encore quand le point m
est situé dans le plan des deux axes , bien que les considérations géo-
métriques sur lesquelles elle repose ne soient plus applicables ; mais
on en conclut , par la loi de continuité, qu'elle doit encore donner la
tangente à la courbe.
Telle est la méthode de M. Binet , qui a été reproduite depuis dans
les traités de Géométrie descriptive, mais toujours pour la même
question de deux surfaces de révolution dont les axes se rencontrent.
Les solutions que M. Hachette a données aussi pour quelques cas
semblables consistent à remplacer les deux surfaces proposées par
deux autres dont la courbe d'intersection ait la même projection que
PURES ET APPLIQUÉES . 295
:
les deux premières sur le plan où l'on veut avoir les tangentes à cette
projection. Alors ce sont les tangentes à la courbe d'intersection de
ces deux nouvelles surfaces qui font connaître les tangentes à la pro-
jection de cette courbe. Et l'on prend les deux nouvelles surfaces de
manière que pour le point de leur courbe d'intersection , qui répond
au point de projection pour lequel la méthode des tangentes était en
défaut, les plans tangents à ces deux surfaces ne soient pas perpendicu-
laires au plan de projection. M. Hachette détermine ces surfaces par
l'analyse, dans les deux applications qu'il a faites de ce procédé. Mais ,
outre cet inconvénient qui fait que ce procédé ne convient pas à la
Géométrie descriptive , on voit qu'il ne constitue point une méthode,
puisqu'il n'y a aucun moyen certain pour trouver , même avec le
secours de l'analyse , les deux nouvelles surfaces.
Voilà , je crois , tout ce qui a été fait au sujet du cas particulier des
tangentes qui nous occupe. Il y a donc encore à trouver la méthode
générale qui lui convient , et à dire aussi la raison à priori pour la-
quelle les méthodes ordinaires devaient être en défaut dans ce cas.
La réponse à ces deux questions découlera naturellement du théo-
rème suivant :
Quand une ligne courbe tracée sur une surface cylindrique est
tangente , en un point , à l'une des arètes du cylindre , le plan tangent
au cylindre suivant cette arète est le plan osculateur à la courbe au
point qu'on considère .
Cela est évident , car la courbe a un premier élément compris sur
l'arète du cylindre , puisqu'elle lui est tangente , et l'élément suivant
aboutit à l'arète infiniment voisine de cette première ; il s'ensuit que
le plan tangent au cylindre , lequel est le plan des deux arètes , con-
tient les deux éléments de la courbe ; il est donc son plan osculateur :
ce qu'il fallait démontrer.
D'après cela , remarquons que quand une courbe située dans l'espace
a sa tangente en un point perpendiculaire au plan de projection ,
cette courbe est tangente , eu ce point, à l'arète du cylindre proje-
tant; donc le plan tangent à ce cylindre, dont la trace sur le plan de
projection sera la tangente à la projection de la courbe, est le plan
osculateur à la courbe. Donc
Quand la tangente en un point m d'une courbe située dans l'espace
38 ..
296 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
est perpendiculaire au plan de projection, la tangente à la projection
decettecourbe, aupoint correspondant au point m, est la trace , sur le
plan deprojection, du plan osculateur de la courbe au point m.
Ainsi leproblèmedes tangentes, dans ce cas , se change en celuidu
plan osculateur.
Cette solution est générale , et rentre dans une des théories que
considère laGéométrie descriptive où l'on sait mener le plan oscula-
teur en chaque point d'une courbe à double courbure.
Ce problème a été introduit dans la Géométrie descriptive par
M. Hachette , qui en a donné une belle et savante solution , qui est
celle que nous proposerons ici pour le cas de laconstruction des tan-
gentes qu'il s'agit de résoudre. Comme cette solution, quoique bien
remarquable , n'est pas celle néanmoins que l'on a adoptée dans les
traités de Géométrie descriptive , nous allons la rappeler ici .
Pour construire le plan osculateur d'une courbe à double courbure
en un point , on mène , par les différents points de cette courbe , les
normales aux deux surfaces dont elle est l'intersection. Ces deux séries
de normales forment deux surfaces gauches. Par le point pour lequel
on veut le plan osculateur, on mène le plannormal à la courbe; il
touche les deux surfaces gauches en deux points qu'on joint par une
droite; par la tangente à la courbe on mène un plan perpendiculaire
à cette droite , ce qui est possible , parce qu'elle est dans le plan
normal ; ce plan est leplan osculateur cherché; et, de plus, le point
où il rencontre la droite est le centre de courbure de la courbe que
que l'on considère (*) .

(*) M. Hachette a donné cette solution dans le Bulletin des Sciences de la


Société philomatique (année 1816, p. 88) , et dans ses Élémens de Géométrie à
trois dimensions (partie synthétique) , in-8° , 817. Dans quelques notes que j'a-
vais adressées à M. Hachette , en réponse à la communication qu'ilme faisait de
sa solution , notes que ce géomètre a eu la bonté d'insérer dans son ouvrage , j'ai
indiquéune seconde manière de construire leplan osculateur. Elle consiste àmener
les tangentes à la courbe proposée , et à chercher les points où elles percent un
plan quelconque ; ces points forment une courbe dont les tangentes sont situées
dans les plans osculateurs de la courbe proposée. On n'a donc, pour déterminer
ces plans osculateurs , qu'à mener les tangentes à cette nouvelle courbe.
C'est cette construction qu'on a reproduite depuis dans les traités de Géométrie
PURES ET APPLIQUÉES . 297

Pour déterminer le point où un plan mené par une génératrice


d'une surface gauche touche la surface , on construit la courbe suivant
laquelle ce plancoupe lasurface : cette courbe rencontre la génératrice
au point de contact cherché.
Dans le cas où la courbe proposée est l'intersection de deux surfaces
de révolution , les normales qui forment les deux surfaces gauches
s'appuient respectivement sur les deux axes de révolution ; le plan
normal en un point m de la courbe touche ces deux surfaces aux
points où les deux normales , menées par le point m , rencontrent
les deux axes. Il suffit donc, pour construire les deux surfaces gauches,
de joindre ces deux points par une droite , et de mener par lepointm
un plan perpendiculaire à cette droite : c'est le plan osculateur.

descriptive : je ne sais pourquoi; car celle de M. Hachette est infiniment préfé-


rable sous tous les rapports , notamment comme donnant le centre du cercle
osculateur, en même temps que son plan. Pour déterminer ce centre, on est
obligé de recourir à d'autres constructions. On projette la courbe proposée sur
son plan osculateur; on aune courbe plane dont on cherche le cercle osculateur
par une méthode graphique particulière donnée par M. Bergery , dans son excel-
lent ouvrage intitulé : Géométrie des courbes appliquée à l'industrie ( in-8° ,
Metz , 1826).
J'avais donné aussi une méthode pour construire le centre du eercle oscula-
teur , après avoir déterminé le plan osculateur ; la voici : Que par chaque
point de la courbe proposée on mène sa normale comprise dans son point oscula-
teur; toutes ces normales forment une surface gauche. Le plan normal à la
courbe , en un de ses points, touche la surface en un point qui est le centre de
courbure cherché. ( Voir Eléments de Géométrie à trois dimensions; par M. Ha-
chette, p. 112 ).
Enfin, pour dire ici tout ce qui a été fait au sujet du problème du plan oscula-
teur et du centre de courbure d'une courbe à double courbure , nous ajouterons
que MM. Ch. Dupin et Poncelet l'ont aussi résolu. Leurs solutions, quoique diffé-
rentes , consistent l'une et l'autre à chercher les centres de courbure des deux
courbes planes qui sont les projections de la courbe proposée , et à faire usagede
ces deux centres de courbure (et c'est en ce point qu'elles diffèrent) , pour arriver
à la connaissance du plan osculateur et du centre de courbure cherchés. (Voir
Annales de Mathématiques , t. 2, p. 18, année 1816; et t. 15, p. 245 , année
182.5).
Ces solutions ne sont pas applicables à la question actuelle , puisque, loin de
connaître le centre de courbure de la projection de la courbe proposée , on veut
déterminer la tangente de cette projection .
298 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
Cette construction a lieu quelle que soit la position des axes des
deux surfaces de révolution dans l'espace. Si on l'applique au cas parti-
culier où les axes se rencontrent , elle conduit à la construction même
de M. Binet ; elle rattache à une méthode générale cette construction
obtenue par induction , et dont la légitimité ne reposait que sur le
principe de continuité.
Les considérations précédentes font bien voir pourquoi les méthodes
générales pour la construction des tangentes aux projections des
courbes devaient être en défaut pour le cas en question ; c'est que ,
dans ce cas , la tangente à la projection de la courbe fait connaître
immédiatement le plan osculateur à la courbe , et que la considération
de ce plan implique nécessairement la considération de deux éléments
consécutifs de la courbe , ou , en analyse , des infiniment petits du
second ordre , tandis que les méthodes générales pour la construction
des tangentes ne demandent que la considération d'un seul élément de
la courbe, et, en analyse , des infiniment petits du premier ordre
seulement. Ces méthodes devaient donc être endéfaut pour le cas en
question , sans quoi elles eussent fait connaître , par la considération
des infiniment petits du premier ordre seulement, les plans osculateurs
aux différents points d'une courbe à double courbure : ce qui est
contraire à la nature des choses .
Le cas de la construction des tangentes , qui fait l'objet de cette
note , ne se présente pas seulement dans les épures de la géométrie
descriptive proprement dite. Il peut se présenter dans plusieurs ques-
tions de perspective où l'on aura à faire la perspective d'une courbe
dont une des tangentes passera par l'œil. Cette tangente ne suffira
plus pour faire connaître la tangente à la perspective de la courbe.
Pour construire celle-ci, il faudra mener le plan osculateur de la
courbe; sa trace sur le tableau sera la tangente cherchée.
Cette construction servira aussi pour déterminer les tangentes à la
perspective du contour apparent d'une surface, pour les points où le
rayon visuel est tangent à ce contour ; circonstance qui se présente, et
qui a été remarquée expressément dans plusieurs dessins , particu-
lièrement dans la perspective du piédouche , où les points en question
deviennent , en perspective , des points de rebroussement.
PURES ET APPLIQUEES. 299

ww

THÉORÈMES

Sur les contacts des lignes et des surfaces courbes ;


PAR M. CHASLES .

Des courbes planes. On dit que deux courbes ont un contact de


l'ordre m, quand elles ont m éléments consécutifs communs; et alors
elles passent par (m+ 1 ) points infiniment voisins. Cette condition
géométrique, traduite en analyse, fait voir que les deux courbes étant
exprimées par deux équations entre les coordonnées x, y , obliques
ou rectangulaires, il faut que les m premiers coefficients différentiels
dy day dimy
dx dx ... xm de la première courbe soient égaux respective-
ment à ceux de la seconde , quand ony met pour x et y les coordon-
nées du point de contact.
Ainsi deux courbes auront un contact de l'ordre m en un point ,
quand on reconnaîtra que l'une de ces deux conditions , géométrique
et algébrique , a lieu.
Si de l'équation de la première courbe on tire la valeur de la coor-
donnée x, et qu'on la mette dans l'équation de la seconde courbe , cette
équation donnera les ordonnées y des points d'intersection des deux
courbes. Ces deux courbes passant par (m + 1 ) points infiniment voi-
sins, qui , dans laréalité, se réunissent en un seul, l'équation eny aura
(m+ 1) racines égales , pour chaque point où les deux courbes ont
un contact de l'ordre m. Cette équation sera donc de la forme
(Fx) + x fr = 0 ; l'équation Fy= o correspondant aux points en
chacundesquels les courbes ont un contact de l'ordre m, et l'équation
fy = o aux autres points d'intersection des deux courbes.
300 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
D'après cela , soit (x , y) = o l'équation de la première courbe ;
celle de la seconde pourra nécessairement être mise sous la forme

Αφ (χ , γ) + B [ ↓ ( x ; y)] ++ = 0 ;
A et B pouvant être des constantes ou des fonctions de x ety. Car la
valeur de x tirée de la première équation (x , y) o, etmise dans
la seconde , réduira celle-ci à la forme

fy. (Fy) + 0;

comme nous venons de faire voir que cela doit être. Et le point de
contact , ou les points de contact des deux courbes seront détermi-
nés par les deux équations
φ (x, y) = 0 , et ↓ (x , γ) 0.

Nous pouvons donc énoncer ce théorème :


er

1CT THÉORÈME. Les deux équations


Φ 0, et Αφ + B↓ +' = m+ 1
0,

où Α , Β , φet & sont des fonctions de xety , représentent deux


courbes qui ont un contact de l'ordre m en chacun des points d'in-
tersection des deux courbes = oet =0;
Et réciproquement , deux courbes qui ont un contact de l'ordre m
en un ou plusieurs points , peuvent être représentées par deux équa
tions de cetteforme.
Nous venons d'obtenir les deux équations ci-dessus , en nous ser-
vant de la condition géométrique pour que deux courbes aient un
contact de l'ordre m; il est facile de vérifier qu'elles satisfont à la
condition algébrique, c'est-à-dire que les m coefficients différentiels
dy day dmy
dx dxdx sont égaux respectivement un à un, dans les deux
,

courbes , pour les points dont les cordonnées satisfont aux deux
équations = o , et ↓ = o .
En effet, supposons d'abord que A et B soient des quantités cons
tantes , c'est-à-dire ne contenant ni x ni y; les différentiations suc-
cessives des équations des deux courbes donneront , pour la première,
PURES ET APPLIQUÉES. 301

les m équations
do o, do o , d³ = o , ... do = o ,
d'où l'on tirera les valeurs des m premiers coefficients différentiels
de cette première courbe ; et pour la seconde , les m suivantes qui ser-
viront aussi pour calculer les m premiers coefficients différentiels de
la seconde courbe ,

Ado + B (m+ 1 ) +" . d4 = 0 ,


Ad² + B(m+ 1)m . ↓ "-1 (d↓ )*+ B(m + 1 )+" . d*↓ = ० ,
I

Ad³ +B(m+ 1 ) .m . (m- 1)fm-2(d↓)3+ ... +B(m+ 1 )+"d³4=0 ,

Adm +B(m+ 1 ).m.(m- 1) ...3.2 . ↓(d↓)"+ ...+B(m+1 )+" .d"↓=0.


Tous les termes de chacune de ces équations , excepté le premier ,
contiennent le facteur élevé à des puissances qui vont en augmen-
tant jusqu'au dernier terme où l'exposant de 4 est toujours m. On
voit donc que pour chacun des points de la seconde courbe , dont les
coordonnées satisfont à l'équation 4 = 0 , toutes les équations se ré-
duiront à celles-ci :

do = o , do = o , d³ = o , .... d" = 0.

Ce sont précisément les équations provenant de la différentiation de


l'équation = o de la première courbe. Donc les m premiers coeffi-
cients différentiels des deux courbes sont égaux un à un ; et consé-
quemment les deux courbes ont un contact de l'ordre m , en chacun
de leurs points communs dont les coordonnées satisfont à l'équation 1

+ = 0.

Les deux courbes ne peuvent avoir, en général , un contact d'un


ordre plus élevé; parce qu'une différentiation de plus de l'équation
donnerait

Adm+ 10+B(m + 1).m.(m-1)... 2.1.(d ) +' +...+B(m+ 1 )+ "dm+ ' ↓=0 ;


et la supposition de = o ne réduit plus cette équation à son pre-
mier terme seulement , mais bien à ses deux premiers termes ; et par
Tome II . - Aουτ 1837. 39
302 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
conséquent la valeur de dm
de+'y qu'on en tirerait ne sera pas égale à
celle que donnerait l'équation dm+1 = o de la première courbe.
Il nous reste à démontrer le théorème pour le cas où A et B sont
des fonctions de xety.
D'abord si nous supposons que B soit une fonction de x et dey ,
nos m équations différentielles de la seconde courbe contiendront de
nouveaux termes provenant de la différentiation de B, et qui seront
tous multipliés par des puissances de 4. Donc , quand on fera = 0,
ces termes disparaîtront et les équations se réduiront encore à leurs
premiers termes .
Enfin , quand A est aussi une fonction de x et y, au lieu des
simples termes Ado , Ado , Ado , .... auxquels se réduisent les pre-
miers membres des équations différentielles de la seconde courbe ,
nous aurons

Ado + odA = 0 ,
-Ad + [Link] + od*A = 0 ,
3
Ado+ 3dAdo + 3dod*A + od³A = o ,

Mais comme on a = 0 , la première équation se réduit à do= 0 ,


par suite la seconde se réduit à do= 0 ; puis la troisième à d'o=0 ;
et ainsi des autres. De sorte que dans le cas où A et B sont des fonc-
tions de x et y, les deux équations = o , et A +B + = o , re-
présentent encore deux courbes qui ont un contact de l'ordre m en
chacun des points d'intersection des deux courbes p= 0,4 = 0.
e

2° THEOREME . Si les courbes représentées par les deux équations


= o et ↓ = 0 , ont un contact de l'ordre de n en certains points,
les équations
0 et AQ + Bm+ 1 = 0

représenteront deux courbes qui auront un contact de l'ordre


(m+ 1 ) (n + 1 ) - 1 en chacun de ces points.
En effet , les deux courbes = oet = 0 , ayant un contact de
l'ordre n, la seconde équation ↓ = 0 , d'après le théorème que nous
venons de démontrer , pourra prendre la forme
PURES ET APPLIQUÉES. 303

Α΄φ + Β'πη+ 0,

étant une fonction de xety , et A', B' des constantes ou des fonc-
tions de x et y indifféremment.
L'équation A + B + = o , deviendra donc

Αφ + Β (Α΄φ + B' +1) +1 = 0 .


1

Dans le développement du binome (Β'π*+*+Α'φ) élevé à la puissance


(m + 1), le premier terme sera B'm+1.7 (n+1)(m+1), et tous les autres con-
tiendront en facteur la fonction élevée aux puissances 1 , 2, ...,(m+ 1 ) ;
le résultat sera donc de la forme

B'm+ (n+1 ) (m+1 ) + d'φ .

De sorte que l'équation de la seconde courbe est de la forme


Αφ + Β [αφ + B'm+ 177(n+1) (m +1)] = 0 ,
(A + Ba') + B. B'm+1 . (n+ 1)(m+1) = 0 ,
ou enfin ,
αφ + b (n+1) (m+1 ) = 0 ,

Or, d'après le premier théorème, la courbe représentée par cette


équation a un contact de l'ordre (m + 1 ) (n + 1 ) -1 , avec la courbe
= o , en chacun des points d'intersection des deux courbes = o et
π= o
0 ; mais ces points se trouvent aussi sur la courbe = o , puis-
-1

que l'on a = Α' + Β'π*+1, ce qui prouve que les coordonnées tirées
des deux équations =0 , π = o satisfont à l'équation = 0 ; nous
pouvons donc dire que le contact de l'ordre (m + 1 ) (n + 1 ) - 1 des
deux courbes proposées a lieu aux points d'intersection des deux
courbes = oet = o. Ce qu'il fallait démontrer.
Il est facile de vérifier , comme pour le premier théorème, que les
(m + 1) (n - 1 ) - 1 premiers coefficients différentiels des deux
courbes sont égaux un à un; car les équations qui donneront ceux de
la première courbe seront
1
do = 0, do = o , d³ = 0 , ... d(m+1)(n+1)-1 = 0.
39..
304 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
Quant à celles qui donneront ceux de la seconde courbe qui a pour
équation A + B + = o , si l'on observe que les deux courbes
= 0 et o ayant un contact de l'ordre n en quelques- uns de leurs
points d'intersection , on a ensemble les équations = o , do =o ,
1

d* = 0 , ... d +1 = 0 , et d = o , d*↓ = 0 , ... d +' = o pour


chacun de ces points , on reconnaît aisément qu'en vertu de ces équa-
tions , celles qui donnent les (m + 1) ( n + 1) - 1 coefficients diffé-
rentiels de la seconde courbe se réduisent précisément à do=0 ,
0=
d* = o , d³ = 0 , ... d(m+1)(n+1)-10 = 0 , comme pour la première
courbe. Ce qui prouve que les deux courbes auront leurs .....
(m+ 1 )(n + 1 ) -1 premiers coefficients différentiels égaux un à un
respectivement.
Des surfaces courbes . Deux surfaces ont un contact de l'ordre m
suivant une courbe, quand toute surface menée par un point de
cette courbe les coupe suivant deux courbes qui ont , ence point, un
contact de l'ordre m , c'est-à-dire qui ont m éléments consécutifs
communs. Les deux surfaces auront donc m zones communes, et, par
conséquent , passeront par (m + 1 ) courbes infiniment voisines entre
lesquelles , deux à deux , sont comprises ces m zones.
L'expression analytique de ces considérations géométriques , c'est
dz dz dz d'z dz
que les coefficients différentiels dx' dy' dx dya' dxdy'
..

jusques ety compris ceux de l'ordre m, de la première surface, soient


égaux respectivement à ceux de la seconde , pour chaque point de la
courbe de contact.
Cherchons quelle doit être la forme des équations des deux surfaces.
Si de l'équation de la première on tire la valeur de l'abscissex , et
qu'on la mette dans celle de la seconde , on aura une équation en y
et z qui donnera les projections des courbes d'intersection des deux
surfaces , et qui pourra se décomposer en autant de facteurs qu'il y a
de ces courbes distinctes. Or, les deux surfaces passant par (m + 1)
courbes infiniment voisines qui , dans la réalité, se confondent, il
devra y avoir (m + 1) facteurs égaux qui représenteront ces (m + 1)
courbes ; l'équation eny, z sera donc de la forme
f(y, z) . [F(y, z)] +1 0.
PURES ET APPLIQUÉES. 305

L'équation F (y , 2) = 0 représente la projection de la courbe , ou


des courbes suivant lesquelles les deux surfaces ont un contact de
l'ordre m , et l'équation f(y, z) = o correspond aux autres courbes
d'intersection des deux surfaces .
D'après cela, l'équation de la première surface étant
φ (x , y, 2) = 0 ,
celle de la seconde sera de la forme

Αφ (χ , γ, 2) + B [↓ (x , y , z)]m+ 1 = 0;
A et B pouvant être des fonctions de x , y etz , ou simplement des
constantes . Et les équations de la courbe de contact seront
φ (x , y, z) = 0 et (x , y, z) = 0.
Ainsi nous poserons ce théorème :
3º THÉORÈME . Les deux équations
=
0, et A + Bm+ ' = 0 ,
où A , B , et sont desfonctions de x , y, z , représentent deux sur-
faces qui ont un contact de l'ordre m suivant toute l'étendue de la
courbe d'intersection des deux surfaces = o et ↓ = o .
Et réciproquement , deux surfaces qui ont un contact de l'ordre m
suivant une courbe , peuvent étre représentées par ces deux équations.
Il serait facile de vérifier , comme nous l'avons fait pour les cour-
bes , que les deux équations
0
et A + Bm + 1 = 0
satisfont à la condition que les coefficients différentiels
dz dz daz daz dex dmz dmz dmz
,,,,, .... dxm , ......
dx' dy dx dxdy, dys ... dxm- dy ..... dym ,
tirés de la première , sont égaux respectivement à ceux tirés de la
seconde , pour tous les points qui satisfont aux deux équations .....
Φ = 0 et = 0.
306 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
4° THÉORÈME. Lorsque deux surfaces ont un contact de l'ordre m
suivant une courbe, toute surface qui aura avec cette courbe, en un
point , un contact de l'ordre n , coupera les deux surfaces suivant
deux courbes qui auront en ce point un contact de l'ordre ....
(m + 1 ) (n + 1 ) — 1.
-

La démonstration de ce théorème se déduit facilement de ce qui


précède.
En effet , les deux surfaces peuvent être représentées par les deux
équations
Φ 0 et A + A +' = 0 ;
0
leur contact a lieu suivant la courbe dont les équations sont
et = 0.

Soit F (x , y, z) = o l'équation de la surface coupante ; si l'on en


tire la valeur de x et qu'on la mette dans les équations des deux
surfaces proposées , on aura les équations des projections sur le plan
des yz , des courbes d'intersection de ces deux surfaces par la sur-
face coupante ; ces équations seront de la forme
Φι 0, et A,, + B I + = 0,

Φ. , 4. , A, et B, sont des fonctions de yet z.


Or les équations = o et . = 0 sont celles des projections
des sections des deux surfaces = o et ↓ = o par la sur-
face coupante; et ces projections doivent avoir entre elles un contact
de l'ordre n en un point , car les deux sections dont elles sont les pro-
jections ont elles-mêmes un contact de l'ordre n en un point de la
courbe d'intersection des deux surfaces = 0 , = 0 , puisque lasur-
face coupante a en ce point un contact de l'ordre n avec cette courbe.
Donc, d'après le deuxième théorème , les deux courbes
m
+1
0
et A.. + B I + = o

ont un contact de l'ordre (m + 1) (n + 1) - 1


Ainsi les sections que la surface coupante fait dans les deux surfaces
se projettent sur un plan quelconque suivant deux courbes qui ont un
PURES ET APPLIQUÉES. 307
contact de l'ordre (m + 1 ) (n + 1 ) - 1 ; donc ces deux sections ont
elles-mêmes un contact de l'ordre (m + 1) (n + 1) -1 . C. Q. F. D.
Ce beau théorème est dû à M. Ch. Dupin qui l'a démontré par la
théorie générale des fonctions analytiques, dans ses Développements
de Géométrie , p . 231 .
On conclut de ce théorème , que

Quand deux surfaces ont un contact de l'ordre m suivant une


courbe, toute ligne qui est tracée sur l'une d'elles et qui a avec cette
courbe un contactde l'ordre n, a un contactde l'ordre(m+1 )(n+ 1) -
avec la seconde surface.
En effet, si par cette ligne on fait passer une surface quelconque ,
elle aura un contact de l'ordre n avec la courbe de contact des deux
surfaces ; conséquemment elle coupera ces deux surfaces suivant deux
courbes qui auront un contact de l'ordre (m + 1) (n + 1) - 1. La
première de ces courbes sera la ligne tracée arbitrairement sur la sur-
face; elle aura donc un contact de l'ordre (m + 1 ) (n + 1 ) - 1 avec
laseconde surface , puisqu'elle auncontact de cet ordre avec une ligne
tracée sur cette surface .
Ainsi , quand un cône est circonscrit à une surface quelconque ,
toute courbe tracée sur cette surface , qui a un contact de l'ordre n
avec la ligne de contact de cette surface et du cône , aura un contact
de l'ordre 2n + 1 avec le cône .
Si donc , par cette courbe, on fait passer un cône qui ait le même
sommet que le cone circonscrit à la surface , ces deux cônes auront ,
suivant leur arète commune , un contact de l'ordre 2n + 1 ; et toute
surface les coupera suivant deux courbes qui auront un contact
du même ordre. C'est ce qu'on peut exprimer par le théorème sui-
vant :

Lorsqu'onfait la perspective d'une surface , si une courbe tracée sur


elle a un contact de l'ordre n avec son contour apparent, cette courbe
et ce contour auront , en perspective , un contact de l'ordre 2n+ 1:
Supposons que les deux surfaces

Φ 0 et Aq + Bm+ 1 = 0 ,
308 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
qui ont un contact de l'ordre m suivant la courbe représentée par
= oet = o , soient toutes deux du second degré; la première
équation = o sera du second degré; et il faudra , pour que la se-
conde A + B+*+' = o soit aussi du second degré , que A et B soient
des constantes , et 4 une fonction linéaire de x , y et 2 ; c'est-à-dire
que o représente un plan ; alors l'équation de la seconde sur-
face sera
+ αψ 0.

Ce qui prouve d'abord que deux surfaces du second degré ne peu-


vent avoir qu'un contact du premier ordre suivant toute l'étendue
d'une courbe , et ensuite que cette courbe est nécessairement plane.
Une troisième surface qui serait pareillement circonscrite à la pre-
mière , aurait pour équation
φ + ὀπ᾿ 0,

π = o étant l'équation du plan de la courbe de contact.


La courbe d'intersection de ces deux surfaces circonscrites à la pre-
mière , se trouve sur la surface qui a pour équation
af- b = 0.

Il peut se présenter deux cas , celui où les coefficients a et b sont


de même signe , et celui où ils sont de signes différents.
Dans le premier cas , l'équation ci-dessus prend la forme

( Va. ↓ + √6.π) ( √ā. ↓ - √Б.π) = 0 ,


et donne les deux suivantes qui ont lieu séparément ,

√ā. ↓ + √δ.π = ο ,
Vā. -
√δ.π = 0.
Ces équations représentent deux plans , sur lesquels se trouve l'inter-
section complète des deux surfaces. Ces plans passent par la droite
d'intersection dés plans des courbes de contact des deux surfaces avec
la première. Car leurs équations sont satisfaites par les deux ↓= 0 ,
PURES ET APPLIQUÉES . 309
24
o qui sont celles de ces plans des courbes de contact
Ainsi , dans ce premier cas , si les deux surfaces circonscrites à la
première se coupent, leur intersection se compose de deux courbes
planes , c'est-à-dire de deux sections coniques, dont les plans passant
par la droite d'intersection des plans de leurs courbes de contact avec la
première surface.
Nous disons si les deux surfaces se coupent , car l'existence des
deux plans que nous venons de trouver n'entraîne point nécessaire-
ment la réalité de l'intersection des deux surfaces. Ces deux plans re-
présentent seulement une surface du deuxième degré qui satisfait aux
conditions analytiques de passer par l'intersection complète des deux
surfaces , soit que cette intersection soit réelle ou imaginaire. Ainsi
les deux surfaces peuvent ne pas se couper quoique les deux plans
existent.
Il faut observer que quand elles se coupent , leur intersection peut
se réduire à une seule courbe plane ; l'autre devenant imaginaire .
Maintenant examinons le cas où les deux coefficients a , b sont de
signes différents. Alors l'équation

αψ -
br 0

ne peut être satisfaite que par les deux suivantes prises simultanément,

77 ,

Ces deux équations représentent une ligne droite qui est l'intersec-
tion des plans des deux courbes de contact. L'intersection des deux
surfaces est donc tout entière sur cette ligne droite: ce qui prouve
que cette intersection se réduit à deux points qui sont ceux où la
droite rencontre la surface à laquelle elles sont circonscrites.
Cette ligne droite représente une surface du second degré dont deux
des trois axes principaux sont nuls, et qui satisfait à la condition algé-
brique de passer par l'intersection complète des deux surfaces circons-
crites à la première .
Concevons , par exemple , une surface quelconque du second degré
Tome II.
BRARYpoints
S , et deux courbes planes tracées sur elle et se coupant Een deux
REES LI
-

Αουτ 1837.
OF THE

UNIVERSITY
OF

CALIFORNIA.
310 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
a , b. Que l'une de ces deux courbes soit une ellipse, et qu'on la
prenne pour lacourbe de contact d'un ellipsoïde A inscrit dans la sur-
face S ; et que suivant la seconde courbe on circonscrive à la même
surface S une autre surface B , ellipsoïde ou hyperboloïde. Cette sur-
face B et l'ellipsoïde A n'auront évidemment d'autres points communs
que les deux points a , b où se coupent leurs lignes de contact avec la
première surface S. Et dans ce cas les deux plans que nous avons
trouvés précédemment ne peuvent exister ; car s'ils existaient ils pas-
seraient par la droite ab , et conséquemment chacun d'eux couperait
les deux surfaces suivant deux courbes différentes , ce qui n'est pas
pas possible , puisqu'ils doivent faire la même section dans les deux
surfaces .

Ainsi , dans le cas que nous considérons , la ligne droite ab repré-


sente une des surfaces du second degré , en nombre infini , qu'on peut
faire passer par l'intersection complète des deux surfaces A , B; et au-
cune de ces surfaces ne peut plus être , comme dans le cas précédent ,
l'ensemble de deux plans .
Observons que la droite ab, qui est l'intersectiondes plans de con-
tact des deux surfaces A , B avec la surface S , peut ne pas rencon-
trer cette dernière; alors les deux points a, b , sont imaginaires ; et
l'intersection des deux surfaces A, B est entièrement imaginaire.
Des considérations précédentes , nous conclurons ce théorème :

Quand deux surfaces du second degré sont inscrites ou circons-


crites à une méme surface du méme degré , leur intersection com-
plète est l'ensemble de deux courbes planes , ou bien se réduit à deux
points ;
Dans le premier cas , une des deux courbes , ou toutes les deux ,
peuvent être imaginaires , quoique leurs plans sont tous deux réels ;
Dans le secondcas , les deux points sont tous deux réels ou tous deux
imaginaires .

La première partie de ce théorème est due à Monge qui l'a énoncée


ainsi : Lorsque deux surfaces quelconques du seconddegré sont circons-
crites à une méme troisième surface du second degré, elles se coupent
PURES ET APPLIQUÉES , 311

toujours dans le système de deux courbes planes du second degré(*).


Depuis on l'a reproduite sous le même énoncé , en remarquant seule-
ment que les deux courbes peuvent être imaginaires , bien que les
deux plans soient réels. Mais on voit par la discussion dans laquelle
nous venons d'entrer , que cette restriction ne suffit pas pour don-
ner au théorème un énoncé complet et rigoureusement exact. Il
aurait fallu ajouter encore , pour conserver l'énoncé de Monge , que
les deux plans peuvent aussi devenir imaginaires , comme les deux
courbes elles-mêmes , et n'avoir de réel que leur droite d'intersection ,
qui alors représente , à elle seule , une surface satisfaisant aux condi-
tions analytiques de passer par l'intersection complète des deux pro-
posées.

(*) Correspondance de l'École Polytechnique, t. II, p. 321, et t. III, p. 299,

40..
312 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
:

wwww
w

NOTE

Relative à un passage de la Mécanique céleste ;


PAR M. POISSON .

Dans le n° 26 du III livre , l'auteur s'est proposé de démontrer ,


sans recourir à la réduction en série, qu'un fluide homogène, tour-
nant uniformément autour d'un axe fixe , n'a qu'une seule figure d'é-
quilibre, très peu différente de la sphère. L'objection que M. Liouville
a faite contre la généralité de cette démonstration est réelle (*) ;
mais la démonstration générale qu'il a substituée à celle de la Méca-
nique céleste est fort compliquée , et l'on parvient plus simplement au
résultat par les considérations suivantes , qui different moins de celles
que Laplace avait employées .
Je conserve , sans les rappeler ici, toutes les notations du mémoire
de M. Liouville , et l'équation (A) citée au commencement de l'article
second , savoir :
π 2π
C 4πα γ Y' sin pdpdq - g ( 1 -μ²). (Α)
3 -aff 0
I

Le rayon vecteur r d'un point quelconque de la surface, est repré-


senté par
r = a ( 1 + aY) .
L'inconnue Y peut être une fonction quelconque de deux variables
désignées par ueta, pourvu qu'elle conserve toujours une valeur
finie. On ne suppose pas que la surface soit de révolution , ou que Y
(*) Voyez le cahier de ce journal du mois de juin dernier.
PURES ET APPLIQUÉES. 313

ne dépende pas de l'angle ; on ne suppose pas non plus que le


fluide ait son centre de gravité sur l'axe de rotation ; on suppose seu-
lement sa figure très peu différente d'une sphère qui aurait son centre
sur cet axe. La constante a peut différer du rayon de la sphère équi-
valente au volume du fluide, pourvu que la différence soit de l'ordre
de petitesse de la fraction a, le même que celui de la fraction g, et dont
on néglige le carré.
La condition rigoureuse de l'équilibre consiste en ce que la somme
des éléments du fluide divisés par leurs distances respectives à un
point quelconque de la surface, plus la quantité g ( 1 -µ²) qui pro-
vient de la force centrifuge de ce point , soit une constante. La partie
de cette constante relative à la sphère du rayon a et indépendante
de la force centrifuge, est égale à 4wa
3 ; la partie relative à cette force
et à la non-sphéricité du fluide, est la constante C de l'équation pré-
cédente , prise avec un signe contraire; en désignant par y sa valeur
complète , on a donc
4πα -
aC.
2 3

Or, pour chaque figure possible d'équilibre , cette constante y est évi-
demment une quantité déterminée qui ne peut pas dépendre du rayon
que l'on prend pour a, c'est-à-dire , de la différence entre ce
rayon et celui de la sphère équivalente au volume donné du fluide ;
la constante C est donc indéterminée comme cette différence; de telle
sorte que pour chaque valeur que l'on peut prendre pour a, l'équation
précédente déterminera la valeur correspondante de C, et que , réci-
proquement , si l'on prend à volonté pour C une valeur qui soit de
l'ordre de petitesse de a , cette équation déterminera le rayon a.
Cela posé, faisons
Y = Ιμ + mμ² + Χ ;
l et métant des constantes indéterminées , et X une nouvelle incon-
nue , fonction de u et w, dont toutes les valeurs sont des quantités
finies. Soit c la plus grande de ces valeurs ; en faisant
C Z,
314 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
l'inconnue Z ne pourra plus avoir que des valeurs positives , et l'ex
pression de Y deviendra
Y[ = c + lµ + ημ² - Z.

Je la substitue dans l'équation (A). Ce que devient u dans Y' étant de


signé par u' , on a
‫ةيلمخم‬

μ' = μ cosp sin* p cos q ;


d'où il résulte
2г Σπ
4π π
4
Sofu' sinpapaq = 4 ,
0 3 Su sinpdpdq = 1
0 / (M² + ) ;
5

et comme on a aussi
π 2元

ff sinpdpdq = 47 ,
0 0

le résultat de cette substitution , sera


16πα 8πα
C =( m + γ)με -

15
m
3
c 8
πα 77 27
-

4* Z + af*f** Z' sinpdpdq;


3 0 0

Z' étant ce que devient Z dans Y' . Or, les constantes m et C pouvant
être prises arbitrairement, on peut supposer qu'on ait
8πα 16πα Επα
m+ g 0, C= m
3C 8;
15 15

ce qui réduit l'équation précédente à celle-ci :


Sofa ZZ' sin pdpdq -


0 3 Z = 0, 2

que l'on peut écrire sous cette forme :


2元

SS (Z
0 0
-Z) sinpdpdq = 0.
Maintenant, j'appelle het k les valeurs de u et qui répondent à
la plus petitedes valeurs possibles deZ , etje désigne par L cette plus
petite valeur ; pour µ = het = k , la dernière équation deviendra
donc
π 2π

SS (Z -L) sinpdpdq
0
= 0;
PURES ET APPLIQUÉES . 315

mais il est évident que Z' ou Z étant, par hypothèse, une quantitépo-
sitive ou zéro , la différence Z' - Lest aussi positive ou nulle ;
tous les éléments de l'intégrale double ayant donc le même signe , 1

elle ne peut être nulle qu'autant que le facteur Z' - L sera zéro ;
condition qui ne peut être remplie qu'autant que Z' ou Z sera aussi
constamment zéro. D'ailleurs , on tire des équations précédentes
3g 3
1 m 158,
16πα'
C
16πα 8πα
C;

en substituant donc ces valeurs de met c dans l'expression de Y, sup-


primant le terme Z , et mettant ensuite cette expression dans celle
der, nous aurons

3 ( g - 2C) 15g
r =a
a[1 + 167
+ αιμ -

Ce résultat renferme la constante indéterminée al qui tient à l'ori-


gine , aussi indéterminée , des coordonnées sur l'axe de rotation. On
la fera aisément disparaître par un déplacement convenable de cette
origine sur cette droite , ou si l'on veut , on peut tout de suite la
supposer nulle , et écrire

r = a 1 + 3(g - 2C)
3(820 ) - 18με
μ.].
16 16元

On fera aussi disparaître , sans difficulté, les constantes a et C que


renferme cette valeur de r. En effet , soit
-

5g (a)
a [1 + 3(620)] = b (1 + 1) ; 16

en négligeant les carrés et le produit de get C, et faisant , pour


abréger,
15g
167
n,

il en résultera finalement

r = b [ 1 + n ( – μ²)].
Or, il est facile de s'assurer, d'après cette expression der, que b est
316 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
le rayon donné de la sphère équivalente au volume du fluide ; cette
expression ne contient donc plus rien d'inconnu ou d'indéterminé;
et l'on en conclut que le fluide n'a qu'une seule figure possible d'équi-
libre, qui s'écarte très peu de la sphère ; ce qu'il s'agissait de prouver.
Cette démonstration est plus simple que celle qui est fondée sur
la réduction de r en série d'une certaine forme, et qui suppose con-
nues les propriétés des termes de ce développement, ainsi que la gé-
néralité de cette forme de série, que l'on avait contestée , mais que j'ai
mise hors de doute dans mon mémoire sur l'attraction des sphé-
roïdes (*).
Si l'on met
22 =
a = b, aY n(3 -

μ²) ,

dans l'expression a( 1 + aY) der, ce qui l'a fait coïncider avec la


valeur finale de ce rayon vecteur; que l'on désigne par B, la valeur
de la constante C qui répond à ces valeurs de a et de ay ; et que
l'on ait égard à ce que n représente , on trouvera sans difficulté que
l'équation (A) se réduit à
B -

On aura , en même temps ,


462
2 3
+ gb ;

et comme , d'après ce qu'on a dit plus haut , cette quantité doit être
la même , quel que soit le rayon peu différent de b que l'on prenne
pour a , il faudra qu'on ait
2
4πα
4 +
3
I
6
gb = 3
-

a* C ;
résultat qui coïncide , en effet , avec l'équation (a) , en négligeant
toujours les carrés et le produit de g et de C.

(*) Additions à la Connaissance des Tems , année 1829.


PURES ET APPLIQUÉES. 317

MMA ! MMMMMMM

REMARQUES
Sur l'intégration des équations différentielles de la
Dynamique ;

PAR M. POISSON .

En combinant le principe de d'Alembert avec celui des vitesses


virtuelles , Lagrange est parvenu à une formule générale d'où il a
déduit, sous la forme la plus simple , les équations différentielles du
mouvement d'un système quelconque de points matériels. Certains
coefficients qu'il introduit dans ces équations font connaître , en
grandeur et en direction , les forces intérieures qui naissent de la
liaison mutuelle des points du système , exprimée par des équations
données entre leurs coordonnées. La considération de la surface sur
laquelle chaque mobile doit demeurer , en vertu de chacune de ces
équations , détermine seulement la direction de la force correspon-
dante à cette équation, et qui doit être normale à cette surface. Les
intensités des forces intérieures ne seraient donc pas connues d'après
cette seule considération; mais le principe de d'Alembert montre
qu'elles sont dues auxforces perdues à chaque instant , et les mêmes ,
d'ailleurs , dans l'état de mouvement que dans l'état d'équilibre ; en
sorte qu'on doit les déterminer au moyen du principe des vitesses
virtuelles , appliqué à ces dernières forces. La combinaison de ces
deux principes, dont Lagrange a fait la base de la Mécanique analy-
tique , était donc nécessaire pour la détermination complète des forces
intérieures. Quant aux forces extérieures, appliquées aux mobiles ,
elles proviennent, dans la nature , d'attractions ou de répulsions qui
émanent de points fixes ou mobiles , et sont alors données par hypo-
Tome II. -SEPTEMBRE 1837. 42
326
JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
thèse; ou bien elles résultent, comme dans les fluides et les corps
élastiques , d'actions moléculaires qui ne s'étendent qu'à des distances
insensibles ; et c'est , dans ce dernier cas , un problème appartenant à
la Mécanique physique , de déterminer leurs résultantes. Quelle que
soit l'origine des forces extérieures , si on les suppose données , le
problème de la Dynamique est aujourd'hui complétement résolu, en
ce sens qu'il est réduit à une question de pure analyse , c'est-à-dire à
l'intégration d'un système d'équations différentielles du second ordre.
Mais presque toujours on est obligé de recourir à des méthodes d'ap-
proximation très compliquées , pour effectuer cette intégration; et il
est singulier que dans les questions qui paraissent très simples ,
dans le cas, par exemple , du mouvement de trois points qui s'at-
tirent mutuellement , on ne connaisse pas d'autres intégrales exactes
de ces équations, que celles qui sont communes à tous les problèmes ,
etqui sont fournies par les principes généraux du mouvement du
centre de gravité, des aires , des forces vives. Cependant la forme re-
marquable des équations différentielles de la Dynamique , semblerait
devoir donner quelque facilité pour leur intégration. Un examen ap-
profondi de ce point d'analyse est l'objet des réflexions suivantes. Elles
m'ont été suggérées par la lecture d'un mémoire fort intéressant que
M. Hamilton , astronome royal de Dublin , a inséré dans les Tran-
sactions philosophiques de Londres (*) , et qui a pour titre : On a
general Method in Dynamics.
I.

Considérons un système de points matériels en mouvement, dont


les masses seront représentées par m, m,, m₁₁ , etc. , et qui pourront
être entièrement libres , ou liés entre eux d'une manièrequelconque.
Au bout d'un tempst, écoulédepuis que le mouvement a commencé ,
soient x , y , z , les trois coordonnées rectangulaires de m, et x', γ',
z', les composantes de sa vitesse suivant leurs directions , de sorte
qu'on ait
dx dz
x
', = y' , z'.
dt d dt

(*) Année 1834 , seconde partie.


PURES ET APPLIQUÉES . 327
Désignons aussi par les mêmes lettres avec des accents inférieurs , les
coordonnées et les vitesses des autres points m,, m , etc. Représentons
par U une fonction donnée de toutes ces coordonnées x, y, z, x , etc. ,
qui pourra, en outre , renfermer t explicitement; et supposons que
les composantes de la force motrice de m soient exprimées par les
du du du

différences
du du du
partielles de dy, da; celles de la force motrice de m,,
par de dy dz; etc. Enfin soient
dx
, ,

L = o, M = o, N = o, etc. , (a)
les équations qui expriment la liaison des points du système , s'ils ne
sont pas entièrement libres , et dans lesquelles L, M, N, etc., sont des
fonctions données de x,y, z, x,, etc. , qui contiendront le temps t
explicitement , lorsquecette liaison variera pendant la durée du mou-
vement .

Les trois équations différentielles du mouvement de m seront ,


comme on sait ,
dL dM dN
m dx = du +
dt dx + μα + dx + etc. ,
dU dL dM dN
mdiy =
+ λ + etc. , (m)
dt2 dy क+ dy + dy
d'z dU dL dM AN
-
m
dt dz + x d ++ dz
+ etc .;

celles du mouvement de m, seront de même


dx dU dL dM dN
=
+μ + + etc. ,
m, dr dx, + d
dx, dx, dx,
dy, du dL dM dN
mdr =

dy + λ dy + dy, + dy,
+ etc. , (m)
dz, dU x+ dL dM dN
m, de = λ +ν + etc .;
dz, dz, + dz dz,

et ainsi pour les autres mobiles.


Les coefficients λ, μ , ν , etc. , sont des inconnues dont le nombre
est égal à celui des équations (a) , et d'où dépendent les actions mu-
tuelles des points du système, résultantes de leur liaison exprimée
par ces équations. En les éliminant entre les équations (m) , (m,) ,
42..
320 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
(m ),etc., on réduira celles-ci à un nombre n qui sera l'excès du nombre
des coordonnées x , y, z , x , etc. , des mobiles sur celui des équa-
tions (a). En même temps , ces coordonnées s'exprimeront , au moyen
des équations (a) , en fonctions d'un pareil nombre n d'autres incon-
nues queje représenterai par4, 4, 4 , etc. Après avoir ainsi substitué ces
fonctions à la place de x , y, z , x,, etc., dans les équations qui pro-
viennent de l'élimination de λ , μ , v , etc. , il en résultera un système
de n équations différentielles du second ordre , que j'appellerai (n).
Le problème sera réduit à l'intégration de ces n équations simulta-
nées. Leursintégrales complètes feront connaître les valeurs de 4, 4, θ,
etc., en fonctions de t et de 2n constantes arbitraires que je désignerai
par a , 6, y , etc. Les coordonnées x , y, z , x₁, etc. , et par suite , les
vitesses x', γ' , z', x',, etc., seront donc aussi des fonctions de t , a , 6 ,
y, etc ; et si l'on représente par a , b , c, etc. , a', b', c', etc. , les va-
leurs initiales de ces coordonnées et de ces vitesses , ces constantes
seront des fonctions de α, β , γ , etc. , qui se déduiront de x , y, z,
x,, etc. , x',γ' , z', x,, etc. , en y faisant t = o.

II .

Je désigne actuellement par chacune des caractéristiques det A ,


la variation infiniment petite d'une fonction quelconque de t, a , 6 ,
y , etc. , prise par rapport à une partie ou à la totalité des quantités
arbitraires a , 6, y, etc. , tandis que la différentielle de cette fonction
par rapport à t , sera toujours indiquée par la caractéristique d. En
indiquant aussi, suivant l'usage, par la caractéristique ∑ , une somme
étendue à tous les mobiles m, m , m , etc. , et faisant

ΣΜ[ (Δχδχ'-Δх'δx)+(Δуδγ'-Δ ' δy)+(Azdz'-12'82)]= n: (1)


cette quantité n , infiniment petite du second ordre , sera constante
par rapport à t, ou , autrement dit , on aura dy = o , quelle que soit
d'ailleurs la liaison des points m, m , m , etc., exprimée par les équa-
tions (a). Pour la démonstration de cette propriété remarquable des
équations générales de la Dynamique , je renverrai à mon second
PURES ET APPLIQUÉES . 321

mémoire sur la variation des constantes arbitraires (*) , ou bien


au Bulletin de la Société Philomathique (**) , où je l'avais donnée
auparavant.
Maintenant , si le temps t n'est pas contenu explicitement dans la
fonction U, non plus que dans aucune des équations (a), il en sera de
même à l'égard des équations (n) , qui ne renfermeront que dt; parmi
les an constantes arbitraires a , 6, y, etc. , de leurs intégrales , il y en
aura donc une qui sera partout ajouté à la variable t, de sorte qu'en la
désignant par e , toutes les inconnues 4, 4 , 4 , etc., seront des fonc-
tions de te et des 2n - 1 autres constantes. Or, si l'on suppose
que la variation A se rapporte à cette seule quantité e, et si l'on fait
δε = dt , on devra changer A en d; en même temps , η sera le pro-
duit de dt et de la variation d'une quantité indépendante det , que je
désignerai par k; par conséquent , l'équation (1) deviendra
Σm[(dxdx'-dx'dx)+( dydy' - dydy)+(dzdz -dz'dz)]= kdt ; (2)
et je dis , de plus , que cette constante arbitraire k sera celle de l'é-
quation qui renferme le principe des forces vives , lequel a lieu ,
comme on sait , dans le cas dont il s'agit.
• En effet , les quantités L , M , N , etc, ne contenant pas le temps t
explicitement , on a
dL dL dL dL
dL = dx +
dx dy
dy + dz + dx, dx, etc.,
dM dM dM dM
dM = dx, dx, etc. ,
dz + dx
dx dx + dy dy + dz
dN dN dN dN
dN = dx + dz +
dx dy dy + dz dx dx, etc. ,
etc.;

parce que les équations (a) ont lieu pour toutes les valeurs de t, on
aaussi
dL = o , dM = 0, dN = o, etc.;

au moyen de quoi, en ajoutant les équations (m) , (m) , (m ) , etc. ,

(*) Tome Ier des Mémoires de l'Académie des Sciences .


(**) Année 1816 , page 109.
330 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
après les avoir multipliées respectivement par dx, dy, dz, dx,, etc. ,
on en déduit

Emdx + dt dy + dz) = dU,


ou bien, en intégrant et désignant par h la constante arbitraire ,
I

2
Em (x +y + z ) = U + h; (3)

ce qui est l'équation des forces vives. En la différentiant suivant la


caractéristique d, et multipliant ensuite par dt, on aura donc
Em (8x'dx + δy'dy + dz'dz) = dUdt + dhdt. (4)

Mais à cause que les valeurs de x , y, z , x,, etc. , doivent satisfaire


aux équations (a) , pour toutes les valeurs de a, 6 , y, etc. , on peut
aussi différentier ces équations suivant d; ce qui donne
SᏞ ο, δΜ = 0 , N = o , etc.

Si donc on ajoute les équations (m) , (m ) , (m ) , etc. , après les avoir


multipliées respectivement par dx, бу, бъ , δx,, etc. , et toutes
par dt , il en résultera

Em (dx'dx + dr'dy + dz'dz)= dUdt ; (5)


en retranchant ces équations (4) et (5) l'une de l'autre , il vient
Em[(dxdx - dxdx)+( dydy- dr'dy)+(dzdz'-dz'dz)]= dhdt;
et si l'on compare cette formule à l'équation (2) , on en conclut
Sk= Sh; ce qu'il s'agissait de démontrer.
En vertu de l'équation (3) , on aura d'ailleurs

h= 2
(a + b + c²) -D , (6)

en faisant t= o dans cette équation, et désignant par D, ce que U


devient pour cette valeur de t.
PURES ET APPLIQUEES . 331

III .

Faisons maintenant

[Em(x'dx+ y'dy + z'dz) = V ;

et supposons que cette intégrale relative à t , commence à t = o , de


manière que V exprime ce que l'on appelle la quantité d'action dé-
pensée par le système des mobiles m , m,, m₁₁ , etc. , pour passer de sa
position initiale à celle qu'il occupe au bout du temps t. En différen-
tiant cette intégrale suivant la caractéristique d, nous aurons , d'après
les règles connues ,
SV = f2m(x'[Link] + y'[Link] + z'd.8z + dxdx'+ dydy'+ dzdz').
Mais, en vertu de l'équation (2) et à cause de k= h, on a aussi
∫∑m (dxdx' + dydy'+ dzdz' — dx'dx — dy'dy – dz'dz) = tdh ;
en retranchant cette équation de la précédente , on aura donc
V = [Em(d.x'dx + [Link] + d.z'dz) -tsh ;
ou bien , en effectuant l'intégration ,
SV=2m (x'dx +y'dy+ zdz)-Σπ(α'δα+ b'db+ c'dc) - toh, (7)
en observant que l'intégrale doit s'évanouir , par hypothèse , avec la
variable t , et qu'on a désigné par a, b, c , a', b' , c', les valeurs de x ,
y, z , x', y', z', qui répondent à t = o .
Les coordonnées x , y, z , x,, étantdes fonctions de , 1 , 0 , etc. ,
données par les équations (a), on pourra toujours ramener cette équa-
tion (7) à la forme
SV = Pd +Q ++R80+ etc.-Ada -B86-Cdy- etc.-tsh, (8)
où l'on désigne par P, Q, R, etc. , des fonctions données de o,,
do do di
0, etc . , ,, etc.; par A, B, C, etc. , ce que ces fonctions de-
,
324 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
viennent pour t= 0 ; et par a , b, y, etc. , ce que 4 , 4 , 4 , etc. , de-
viennent également pour t= o. Si l'on désigne aussi par α' , β' , γ
' , etc. ,
do de de
les valeurs dedidi , etc. , qui répondent à t= 0 , il sera permis
,

de prendre les n quantités α, β, γ, etc. , et les n quantités α', β', γ', etc.,
pour les en constantes arbitraires des intégrales complètes des
équations (n) , que nous avions désignées jusqu'ici , d'une manière
générale , para, β , γ, etc.
Observons actuellement que V, ainsi que chacune des n quantités
φ , ψ , 0 , etc. , sera une fonction de 2n + 1 quantités indépendantes
entre elles , savoir , t , α , β , γ , etc. , α', β', γ' , etc. La quantité h sera
une fonction de a , β, γ, etc. , a', 6', γ
', etc. , résultante de la for-
mule (6). Par conséquent, si l'on conçoit qu'au moyen des valeurs
de 4 , 4 , 4 , etc. , et de celle de h , on ait éliminé de l'expression de V,
la variable t et les nconstantes a', β', γ' , etc., on pourra considérerV
1
comme une fonction de ces 2n + 1 autres quantités 4 , 4 , 4 , etc. ,
h, a , b , y, etc. , et écrire , en conséquence ,
V=f( , 4 , θ , etc. , h, α, β, γ, etc.) ,
d'où l'on conclut que si l'on parvient, par un moyen quelconque,
1

à trouver cette fonctionf, et qu'on la substitue à la place de V dans


l'équation (8) , elle devra rendre cette équation identique par rap-
port aux 2n + 1 variations δη, δφ , δ4 , δθ , etc. , δα , δε , δγ, etc.;
de sorte que l'on aura ce système de 2n + 1 équations , savoir ;
df = -

ah t,
BA
HE

df df
do
= P, ↓
= Q, = R, etc. , (9)
df
da
=
-
A, d do
= -
B, = -
C, etc. ,

do d↓ do
duquel on déduira par l'élimination des n quantités di
' di' di' etc., ,

et de l'une des 2n + 1 constantes arbitraires h, α, β, γ, etc. , α', 6' ,


Y
', etc. , un autre système de n équations entre 1, 4 , 4, 4, etc. , et
les an constantes restantes , qui exprimera les intégrales complètes des
équations (n) , ou des équations différentielles du second ordre (m) ,
PURES ET APPLIQUÉES. 333

(m ) , (m ) , etc. , réduites au nombre n au moyen des équations (a)


données entre x , y, z , x,, etc.
Ainsi , dans tous les cas où le principe des forces vives a lieu , l'in-
tégration des équations différentielles du mouvement d'un système
de corps liés entre eux comme on voudra , est ramenée à la déter-
mination de la fonction que nous désignons par f. On ne doit pas
confondre cette proposition avec le principe de la moindre action ,
qui n'est qu'une règle, inutile aujourd'hui, pour former les équations
différentielles du mouvement , tandis que la proposition dont il s'agit
maintenant, en fait connaître les intégrales , toutes les fois que l'on
est parvenu à déterminer une certaine quantité V, et à mettre sa valeur
sous la forme que nous supposons , c'est-à-dire à l'exprimer en fonc-
tion des inconnues 4,4,0 , etc. , de leurs valeurs initiales a , 6, y, etc.,
et de la constante h de l'équation des forces vives. Cette méthode
d'intégration est celle que M. Hamilton a donnée dans le mémoire
cité au commencement de celui-ci, mais pour le cas seulement des
équations (m) , (m ) , (m ) , etc. , ou d'un système de points matériels
entièrement libres. Elle s'étend , comme nous venons de le faire voir,
aux équations (n) relatives au mouvement d'un système quelconque
de corps; mais malgré cette extension, l'usage en serait encore très
borné et à peu près nul, si l'on voulait , comme l'auteur le propose ,
la faire servir à trouver toutes les intégrales premières et secondes des
équations du mouvement, et qu'il fallût déterminer à priori la fonc-
tion V, sans connaître aucune de ces intégrales. Quand on con-
naîtra un nombre convenable des intégrales premières , cette méthode
pourra servir à achever l'intégration; et nous en donnerons tout à
l'heure un exemple.
IV.

Pour expliquer la marche qu'il faudra suivre , en général , suppo


sons d'abord qu'au moyen des équations (a), on ait réduit l'intégrale
que V représente à la forme

V = f(Xdo + Yd++ Zde + etc.) ;


X , Y, Z , etc. , étant des fonctions données des n variables ø, 4,0, etc. ,
Tome II. - SEPTEMBRE 1837. 43
334 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
αφ d do
et de leurs coefficients différentiels ' d' di
' etc. , qui seront dési-
,

gnés , pour plus de simplicité, par ', ', ', etc. Soient
G= 0, G = 0, G" = o, etc. , (10)
:

les intégrales premières des équations (n) que l'on suppose connues,
qui sontdistinctes de l'équation des forces vives , et qui ne contiennent
pas non plus le temps t expliciternent, de sorte que G, G', G", etc. , re-
présentent des fonctions de 4, 4, 4, etc. , φ', ', ', etc. , et d'un
nombre de constantes arbitraires g, g', g", etc., égal à celui de ces
équations ( 10) . On pourra aussi représenter l'équation des forces vives,
qu'il faudra joindre à celles-là , par
H 0; (11)
et H sera une fonction de 4, 4 , θ , etc. , φ', ', ', etc. , et de la
constante particulière h.
Il suffirait que n fût le nombre de ces équations ( 10) et (11 ) , pour
qu'on en pût déduire les valeurs de φ', ', θ', etc., et qu'en substi-
tuant ensuite ces valeurs dans les fonctions X , Y, Z , etc. , la formule
contenue sous le signe ſ ne renfermât plus que les variables 4,
4 , 4 , etc. , dont elle contient les différentielles. Mais quoique , d'après
la formule (8), la variation de V, par rapport à ces n variables, ne
contienne plus do, 84 , 80, etc. , sous le signe ſ, il ne s'ensuit pas
que la formule Xdo + Vd↓ + Zdo + etc. , satisfera toujours aux
conditions d'intégrabilité d'une formule différentielle à n variables
indépendantes , ou qu'elle puisse s'intégrer indépendammentd'aucune
relation entre 4, 4, 4, etc.: si cette formule est intégrable, lesigneſ
disparaîtra dans la variation de son intégrale; mais l'inverse de
cette proposition n'a pas lieu nécessairement.
En effet, quelles que soient les fonctions de 4 , 4 , θ , etc. , φ', ψ' ,
0' , etc. , représentées par X, Y, Z, etc., on aura après l'élimination
de ' , ' , ' , etc. ,

:
PURES ET APPLIQUÉES. 335

SV = S(Xd. + Yd.8 + [Link] + etc.)


+++ 80 + etc.) do
XP XP XP
d)
dy dY
+ 8 + 84 +80 + etc.) d
do
++ dZ dZ dZ

δφ +248+
d↓ + fp
50 + etc.) do
+ etc.

En intégrant par partie , la première intégrale devient


:

Χδφ + Υδψ + Z50 + etc.


δφ + dY
dy d2

80 + etc.) do
do
)S- dX
+ dY
++
S- ++
80 + 48++
+ 80 + etc.) d
dY
XP
+08+ +
OP
ZP
50 + etc.) do
- etc.;
+ op )S- ts
et si l'on suppose, pour fixer les idées , que les variables 4, 4, 4, etc. ,
soient seulement au nombre de trois , l'expression de V pourra
s'écrire ainsi

SV = Χδφ + Υδψ + Ζδθ

+√[( - ) d++ ( - ) do ] δφ
XP
P
αφ
XP
OP
dX dY dY

+ [( - ) do + ( - ) do ] 84
p
ZP

dX dY
TP
+ [( - do) do + ( - 4) 24 ] 80.
d
ZP
de d

Or, les conditions d'intégrabilité connues de la formule Xdo + Yd


+ Zde , savoir :
dY dZ dZ dY
XP = XP
dod ' do do d do'

font évidemment disparaître les signesſde l'expression de V; mais


pour qu'ils disparaissent , quelles que soient les variations δφ , δ4, 88,
43.
336 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
il suffit qu'on ait
dY dX dZ dX
(do - ) d + (do - do) d = o,0,
dZ dY dy dX
( - )
d do - ( - ) do = 0,
dZ dX dY
( - ) do + ( - ) d4 = 0 ;
équations dont la troisième est une suite des deux autres , et qui
peuvent avoir lieu , en vertu de quelque relation particulière entre 4,
4, 0 , sans que les coefficients de do , d↓ , de , soient zéro , c'est-à-dire
sans que les conditions d'intégrabilité précédentes soient satisfaites. Si ,
au lieu de trois ou d'un plus grand nombre de variables , il y en a
deux seulement et , l'expression de SV se réduira à
dY
ᎴᏙ Χδφ + Υδ + -

do αι) (δφα - δαφ);


et le signe s n'y pourra disparaître , à moins qu'on n'ait
dY dX
=
do

mais si cette équation n'est point identique, c'est-à-dire si elle n'a


lieu qu'en vertu d'une relation entre et 4 , il ne s'ensuivra pas que
la formule Xdo + Yd↓ soit une différentielle à deux variables.
Cela posé , soit ni le nombre des équations (10) et (11), qui excé-
dera de i celui des quantités φ', ' , ', etc. Il faudra que isoit moindre
que n; car si l'on avait i = n , on tirerait des an équations (10)
et ( 11) , qui ne contiennent pas le temps t explicitement, des va-
leurs constantes pour les n inconnues 4, 4 , 4 , et pour leurs coeffi-
cients differentiels φ', ', θ', etc. Désignons par
E = 0 , E' = 0, E" o, etc. , (12)

les équations entre 4 , 4 , 4 , etc. , qui résulteront de l'élimination de


', ' , θ', etc. , entre ces intégrales (10) et (11), et dont le nombre sera
égal à i. Ayant aussi éliminé o', ', ', etc. , de chacune des quantités
PURES ET APPLIQUÉES . 337
X, Y, Z , etc.; si la formule Xdo + Yd++ Zd + etc., satisfait aux
conditions d'intégrabilité, en vertu des équations (12) qui réduiront à
n- i le nombre des variables indépendantes, on effectuera l'intégration
par les règles ordinaires , et il en résultera une valeur de V en fonction
de ces n- i variables et des n + i constantes arbitraires que renferment
les équations (10) et (11 ). On pourra ensuite , au moyen des équa-
tions (12) , réintroduire dans V toutes les variables 4 , 4, 0 , etc. ,
en en éliminant un nombre égal à i de constantes arbitraires , diffé-
rentes de h que nous conserverons. Si l'on observe d'ailleurs que V
doit être zéro , par hypothèse , pour t = o , on aura donc finalement
V = F (φ , ψ , θ , etc. , h, e , e' , e", etc.) - k;
e, e', e", etc. , étant les n - 1 constantes arbitraires que l'on aura con-
servées avec h, et qui seront une partie des constantes g , g ',
g", etc. , ou plus généralement, des fonctions de celles-ci; F dési-
gnant une fonction connue de 2n quantités, dont n variables et
n constantes; et enfaisant , pour abréger,
F (α , β , γ , etc. , h , e, e', e", etc.) = k.
Les n constantes h, e, e', e", etc., ne peuvent être que des fonc-
tions des valeurs initiales a , 6, γ, etc. , α', β', γ', etc. , de 4 , 4 ,
θ , etc. , φ', ', ', etc.; les n variables φ , ψ , θ , etc. , sont aussi des
fonctions de t , α , β , γ , etc. , α' , β', γ', etc.; en joignant la valeur
de k à celles de 4 , 4 , 4 , etc. , h, e, e' , e", etc. , il en résultera 2n + 1
équations, entre lesquelles on peut concevoir que l'on ait éliminét ,
α' , β', γ', etc. , pour en déduire ensuite des valeurs de α, β, γ, etc. ,
en fonction de 4, 4, 4, etc. , k, h, e, e', e , etc. De cette manière , on
pourra considérer la valeur de V, représentée plus haut par la fonc-
tionf, comme une fonction de ces 2n + 1 dernières quantités ; elle
devra alors être identique avec celleque l'on vient d'écrire; et en éga-
lant , de part et d'autre, dans les variations complètes de ces deux
expressions de V, les coefficients de chacune des variations de o ,,
0, etc. , k, h , e , e', e , etc. , on obtiendra un nombre 2n + 1 d'é-
quations pour remplacer les équations (9). Parmi ces nouvelles équa-
tions, nous aurons seulement besoin de celles qui proviennent des
538 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
variations de h, e , e', e", etc. , et qui seront , d'après la formule (8),
dF dF dF dF
= -1 + , de = 1, de = l',, =l" , etc. , (13)

en faisant, pour abréger ,


da d6
A
ah + B + C + etc. = -٤,
dz d6
A + B dh+ C 1,
dh + etc. = -

de + Bdo
Ada de + C dy + etc. = -
l
',
etc.

Quoique nous considérions a , 6 , y , etc. , dans ces différentiations ,


comme des fonctions de h, e, e', e , etc. , et de 4, 4 , 4 , etc.; ces
quantitésa , 6 , y, etc. , étant des constantes arbitraires par rapport à t,
quelles que soient les valeurs de h , e , e', e", etc. , il s'ensuit que leurs
différences partielles sont également des quantités constantes , aussi
bien que A, B, C, etc. , et par conséquent aussi, les n quantités e, l,
l', l", etc. Maintenant, les équations (12) et (13) , dont le nombre
total est n + i, seront des intégrales des équations (n), en quantités
finies , qui devront se réduire , dans chaque cas, à un nombre n d'é-
quations distinctes , contenant les variables t, o , 4 , 0 , etc. , et an
constantes arbitraires.

$ V.

Appliquons ces considérations générales au mouvement d'un point


matériel , entièrement libre et soumis à une force dirigée vers un
centre fixe .
Supposons que ce point soit celui dont x , y, z, sont les trois coor-
données; plaçons le centre fixe à leur origine; les trois composantes
de la force dirigée vers ce point seront entre elles comme ces coor-
données; on aura donc
du dU dU du du dU
x x Z 2 =
yde dy' dy dx' dy
PURES ET APPLIQUÉES . 339
et si l'on désigne par r la distance du mobile au centre fixe , de sorte
qu'on ait
r,

on ne pourra satisfaire à ces équations qu'en prenant pour U une


fonction de ce rayon vecteur r. En la désignant par R , et prenant
aussi la masse du mobile pour unité , les trois équations du mouve-
ment seront

dex dRx d'y dRy dz dR z


, =
dt di drr' di drr

On aura , pour l'équation des forces vives ,


I

2 (x + y + 2 = R + h, (α)

et, pour les trois équations que fournit le principe des aires ,
xy' -yx' = g , zx -xz'g' , yz' - zy' = g". (6)
Ces quatre intégrales complètes des équations du mouvement s'en
déduisent d'ailleurs immédiatement. Les trois dernières donnent
celle-ci

g2 + gy + g'x = o , (2)
qui est une intégrale seconde, et qui montre que la trajectoire du
mobile est comprise dans un plan passant par le centre fixe , ce qu'on
peut aussi regarder comme évident à priori. Enfin l'intégrale que V
représente , se réduit à
V = f(x'dx + y'dy + z'dz).
En joignant l'équation (a) aux deux premières équations (6) , on en
déduit

x' = g'z- gy + V(2Rr + ahr - g -g'*)x* - (g'y + gz) ,


ra

y = x²+( +82)2 + √(2Rr²+2kr -g -g'*)x* (g'y +gz)* ,


xr xr

2 -
g'x²+ (gy+gz)y
21 + V(2R + 2hr -g*-g'*)x*-(g'y+gz) ,
340 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
Or, ces valeurs de x', y', z' , déduites de trois intégrales premières des
équations du mouvement , ne rendent pas la formule x'dx + y'dy
+ z'dz une différentielle exacte à trois variables indépendantes x ,
y, z; mais , si l'on suppose ces variables liées entre elles par l'équa-
' , z', deviennent
tion (2) , les valeurs de x', y
-

x= 667+ √ar + 2hr - e*,


g"z
gx
-

y
' =6x8" + √2Rr² + 2hr* - e*,
ra

z= 87-8 + √2Rr² + 2hr -


e,

où l'on a fait, pour abréger,


g + g' + g" = e^ ;
et il en résulte d'abord

x'dx + y'dy + z'dz==√2Rr² + 2hre dr


+ [g(xdy - ydx) + g' (zdx - xdz) + g" ( ydz - zdy)].
Soit l'angle que fait lerayon vecteur r avec une ligne fixe, menée par
l'origine des coordonnées , dans le plan de la trajectoire; l'aire décrite
par ce rayon, dans un temps infiniment petit, sera redv; les coefficients
deg , g', g', exprimeront ses projections sur les trois plans des coor-
données ; et, comme d'après l'équation (2), les cosinus des inclinaisons
du plande latrajectoire sur ces trois plans , sont,,,, on en con-
clura

xdy - ydx=
xdy- ydx = grede, zdx-xdz- dv, ydz - zdy = "redv
e e e

Par conséquent , on aura

x'dx +y'dy+z'dz= V2Rr² + 2hr-edr+ edv;


formule qui se trouve ainsi réduite à une différentielle exacte à deux
PURES ET APPLIQUÉES. 333

variables ret v, et d'où l'on tire , en intégrant ,


=
V V2Rr²+ 2hr -e dr + ev - k;

k étant, comme plus haut, la constante qui rend nulle la valeur de V


relative à t = 0 .
Au lieu des coordonnées x , y, z , on peut prendre les trois varia-
bles z , r, v , pour déterminer à chaque instant lapositiondu mobile ;
et comme ce point matériel est entièrement libre , on peut aussi
prendre z , r, v , pour les inconnues que nous avons désignées gé-
néralement par 4 , 4 , 6. Abstraction faite de son dernier terme , la
valeur de V que nous trouvons sera alors la fonction F de l'article
précédent ; laquelle , dans le cas particulier dont nous nous occupons,
ne renferme que deux variables reto , et deux constantes arbitraires h
et e. Les deux premières équations ( 13) seront
rdr
-

,
rV2Rr²+ 2hr - e
- ‫ه‬ dr
-
1= ,
2hr

en mettantdans la seconde elau lieu de l, et divisant par e. La troiisème


se réduira à l'= 0 ; et il n'y aura pas lieu de considérer les suivantes.
On pourra d'ailleurs remplacer l'équation (2) par celle-ci :
2 = Gr sin(v -

α) ,
où l'on désigne par a l'angle que fait l'intersection du plan de la tra-
jectoire et du plan des x ety avec la ligne fixe d'ou l'on compte
l'angle v, et par 6 le sinus de l'inclinaison du premier plan sur le
second. De cette manière , ces trois équations seront les intégrales
complètes de celles du mouvement entre les quatre variables t, r,
v , z , et les six constantes arbitraires h , e , ε , ι , α
a , 6; ce qui coïncide
avec les formules connues .
On aurait pu simplifier le calcul en prenant le plan de la trajectoire
pour l'un des trois plans des coordonnées x , y, z; on a conservé des
directions quelconques aux axes des coordonnées , afin que cet exemple
44
334 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
présentat les principales circonstances de la méthode générale , et
pour montrer que la formule x'dx + ydy + z'dz n'est une diffé-
rentielle exacte qu'en vertu d'une relation particulière entre x , y,
2, qui se trouve remplacée par l'une de ces coordonnées égalée à
zéro, lorsqu'on fait coïncider le plan des deux autres avec celui
de la trajectoire.
§ VI .

Considérons encore le cas d'un point matériel entièrement libre ,


dont la force motrice ait toujours ses trois composantes exprimées
par les différences partielles d'une même fonction U des coordon-
nées , mais ne soit pas dirigée vers un centre fixe, comme dans
l'exemple précédent. Supposons que ce mouveinent ait lieu dans un
plan que nous prendrons pour celui des x et y; de sorte que les
équations différentielles du second ordre se réduisent à deux , savoir :
dex dU d'y =
dU
di dx' dt dy

U étant une fonction donnée de x et y. L'intégrale que V repré-


sente se réduira aussi à

V = f(x'dx + y'dy) ;
l'équation des forces vives sera
I

2
(x + y ) = U + h; (h)

et si l'on représente par


f(x , y , x' , y
') = g, (g)
une intégrale première des deux équations du mouvement, on ti-
rera de ces deux dernières équations, des valeurs de x' et y', en
fonctions des deux variables x' et y' , et des deux constantes arbi-
traires het g. Or, pourvu que la fonction donnée f ne soit pas
seulement une fonction de la quantité x + y *, et des variables x
et y, c'est-à-dire pourvu qu'en éliminant l'une des variables x' ouy',
PURES ET APPLIQUÉES. 335

entre les deux dernières équations , l'autre variable y' ou x' ne dis-
paraisse pas en même temps , les valeurs de x et j' tirées de ces
équations rendront la formule x'dx + y'dy une différentielle exacte ,
ainsi qu'on le prouvera tout à l'heure. Cela étant, on obtiendra par les
règles ordinaires, l'expression de V en fonction de x, y, h , g ; et
d'après les équations (13) , on en déduira
dy
' -

Sadax + y) = − t + €,
( dx + dg dy) = 1,
pour les intégrales, en quantités finies , des deux équations du mou-
vement; h, g , e, l, étant les quatre constantes arbitraires. La seconde
de ces intégrales sera l'équation de la trajectoire, et la première déter-
minera le temps t en fonction des coordonnées du mobile.
Ce résultatcoïncide avec celui que M. Jacobi a énoncédans une lettre
adressée l'an dernier à l'Institut (*). Il se rapporte , comme on voit ,
à la théorie de M. Hamilton; mais en faisant concourir à la détermi-
nation de la fonction V, indépendamment de l'équation des forces
vives , une autre intégrale première des équations du mouvement ,
que l'on suppose donnée à priori.
Pour faire voir que les valeurs de x' et j' tirées des équations (h) et
(g) , satisſont à la condition d'intégrabilité de la formule x'dx +y'dy,
c'est-à-dire à l'équation
dx
' dy
'
dy dx'

j'observe que ces valeurs doivent rendre identiques les équations d'où
elles sont déduites; en différentiant chacune de ces équations suc-
cessivement par rapport à cet par rapport à y, on aura donc
dy dx
' du
df + df dx
dx + dy
dfdr
'y = o , x dx +r dx = dx'
dfdf dx dfdy' dx
' dy
' dU

+de dy+ dy dy = 0, x dy +y = ;

(*) Comptes rendus des séances de l'Académie des Sciences ; 18 juillet 1836.
44..
336 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
par l'élimination de dx et dy
' entre ces quatre équations , il vient
dx dy '

df dU df df
dx x++( x - r) dx dy dx = 0,
df df dx
'

+++++(
dy - dy x) = 0,dy

et, par conséquent,


df df df dU df dU
£x++++++
dy dy ( dy - ) ( - 1)
dr dy = 0;

or , l'équation (g) étant une intégrale première des équations du


mouvement , il faut qu'en la différentiant par rapport à t, ce qui
dx dy
'
fait disparaître la constante g , et substituant ensuite pour et
dU
leurs valeurs dx
et dU données par ces équations , on ait identique-
dy
ment

df
x + đừ dx+ dfdU
df dU
*x+ dy dy dy = 0.

au moyen de quoi l'équation qu'on vient d'écrire se réduit à


df dy
' dx
'
(dy - dx )( - dx dy ) = 0,
et comme le premier facteur de celle-ci n'est pas nul, puisqu'on
a supposé que la fonction désignée par f n'est pas une fonction
de x + y' , il faut que le second facteur soit zéro; ce qu'il s'a-
gissait de démontrer.
PURES ET APPLIQUÉES. 337
w w

THÈSES

DE MÉCANIQUE ET D'ASTRONOMIE ;

PAR M. LEBESGUE ,
Professeur- suppléant à la Faculté des Sciences de Grenoble.

PREMIÈRE PARTIE .

Formules pour la transformation des fonctions homogènes du second


degré à plusieurs inconnues.

I.

Le problème dont nous allons nous occuper conduit à certaines


:
équations déterminées qui se présentent souvent dans les questions de
Mécanique , d'Astronomie et de Physique , et que M. Jacobi a récem-
ment étudiées (*). D'autres mémoires publiés antérieurement par
divers géomètres se rattachent plus ou moins à notre sujet. On con-
sultera par exemple les Exercices mathématiques de M. Cauchy
(tome IV, page 140) et surtout le Bulletin des Sciences mathématiques
de M. Férussac (tome XII page 314) où se trouve l'extrait d'un excel-
lent mémoire de M. Sturm. Nous nous bornons ici à ces citations gé-
nérales. Le lecteur jugera ce qu'il peut y avoir de neufsinon dans nos
formules , au moins dans la manière de les démontrer.
PROBLÈME. Étant donnée une fonction homogène du second degré à
plusieurs inconnues , ilfaut enfaire disparaître les rectangles de ces
inconnues , au moyen d'une substitution , qui laisse lafonction homo-
gène et du second degré entre le même nombre de nouvelles inconnues .

(*) Journal de M. Crelle, tome XII , p. 1 .


338 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
Pour simplifier la solution , on fera usage de la notation suivante :
1 °. Les inconnues seront x , Xa ... , X, au nombre de n.
2°. Tout terme renfermant le rectangle xaxs, ou le produit de
deux inconnues différentes , aura pour coefficient Aa,s , le premier
indice étant celui du premier facteur du rectangle , et le second
celui du second facteur. On supposera Aa,s = Apa , puisque l'on a
Xaxsxsxa . Le coefficient d'un carré , tel que xaxaxa , sera
par analogie A , α
D'après ces conventions , on remplacera la fonction
Ax + 2A1, XX₂ + 2A1,3X,X3 + ...+ 2A XX
r,

+ A + 2A ,3 Xx3 + ...+ 2Aan XX


(1) + A3,3 X3 +...+ 2A3, XX

+ Апп Х

Par la suivante ,
х, (Аг, х. + А1,2 x + ...+ A1, Xa).
+ xa (A2, X. + A2 . x. + ...+ Ann Xn).
(2) :

+ X (An, X. + Ana x ++ Ann Xn).


Si l'on fait

x = a , y. + ar ...

+ an In
x =a + aaya ++ аз,п Упу
(3) :
:
X = An, Y. + an, y. + ... + ann Yn.
ces valeurs , substituées dans la fonction (2) , la laisseront homogène
et du second degré , en la réduisant à la forme
y. (B , Y. + By + ...+ B , Yn).
+y. (Bay. + B2, Y. + ... + Ban Yn ).
2,1

(4) :
:

+Yn (B , Y. + Bn, y. + ...+ Bn, Уп).


PURES ET APPLIQUÉES . 339
Si l'on pose pour abréger
(5) Ci,a = Ai, 1 1,2 + Ai,2 A2,a + ...+ Ai,n An,a ,
où i et a peuvent prendre toutes les valeurs entières de 1 àn , on
trouvera , en faisant la multiplication sans transpositions de facteurs ,
pour ne pas confondre les rectangles , tels que xaxs et Xpxa ,
Ba,a = a1, C1 , + a2, C2,a-t ... +an,a n,a,
(6) Ββια= 21 , C1 , +a2, C2, +... + An, Cn,a,
{ Bα ,β= a1 , C1, + a2, C2, + ...+an,z Gn,ß ,
et l'on vérifiera très facilement que l'on a Ba, βp = Bf, x à cause de
Αα, β = Αβ ,α .
Si l'on veut que la transformée eny soit de la forme
(7) U. y + U.y + U3y +...+ Un y ,
il faudra poser
B1,1=U , B1,2=0 , B1,3=0 ..... B1 ,=0,
B2,1
= 0 , B2,2=U2, B2,3=0 ..... B2,n=0,
(8)
{ Bn, 1-0 , B , 20 , B7,30 ..... Bn,n=U .
n.n- 1 n²
+n
Ces équations , au nombre de nª , se réduisent à n + 2 2

équations distinctes , entre les n²+ n inconnues suivantes : 1º. les n


coefficients a1,1, 1,2,......an, de la substitution (3), et , 2º. , les n
coefficients U,, U.... , U de la fonction transformée (7). On doit donc
encore se donner n²+n équations entre les inconnues , afin d'oter au
2

problème son indétermination. Il est bien des manières d'obtenir ces


nouvelles relations; la plus simple paraît la suivante. On supposera
que l'équation
(9) x² + x + ...+ x = + y + ...+y
soit satisfaite pour toutes les valeurs possibles données à y,, .... ,Υπ .
Mettant dans cette équation les valeurs de x , x, ... , x, données plus
340 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
haut (3) , et rendant le résultat indépendant de Y. , Y.... , yn , on
trouvera n équations de la forme
(10) a ,a+ a + ... + ana 1,

où a prendra successivement les valeurs 1 , 2 ... , n.


n.n - 1
On trouvera en outre équations de la forme
2

(11) αι,α αι ,β + αλ, A2, + ... an,a An,ß 0,

où a et ẞ , essentiellement différents , peuvent d'ailleurs prendre


toutes les valeurs 1 , 2 ... , n.
Les n²+ n équations du problème sont donc celles qui portent les
numéros (8) , (10) et ( 11 ) .
Il est facile de les distribuer en n systèmes partiels de n + 1 équa-
tions chacun , le premier contenant uniquement les n + 1 inconnues
U,, 41,1 , A2,1 , A3,108 . , An,1 ;
le second renfermant uniquement les n + 1 inconnues
:

U , A1,2 , A2,2 , A3,2 ... , An,2 ,

et ainsi des autres jusqu'au nieme, contenant uniquement les n + 1


dernières inconnues

Un , Ai,n, dan, A3,n ... , An,n


Pour faire ce partage , il faut remarquer que les équations (3)
donnent , au moyen des équations ( 10) et (11) ,
y = a1,1 x + a2,1 x₂ + ... + An, Xn ,
I

Y. = a1,2 X₁ + a2,2 x + ...+ An, Xu ,


(12) :
:
yn = a₁,n x₁ + A2,n X. + ...+ An,n Xn ,

et que celles-ci donnent à leur tour, en vertu de l'équation (9), les


suivantes : :
PURES ET APPLIQUÉES. 341

(13) aa, 1 + aa,2 +..... +a*a, n = 1 ,


(14) Ax, 1 Aß,1 + Aa, 2 AB,2 + ... + aa, n aß,n = 0 ,
qui ne different des équations ( 10) et ( 11) que par le renversement des
indices.
Par exemple, si l'on veut obtenir le système qui donnera la valeur
des n + 1 inconnues

Ua, Ar,a , A2,a, A3, ..... An,,


on prendra les équations
B1 ,a= 0 , B2,a = o ... Ba,a = Ua ... Bn,x= 0 ,
auxquelles on joindra l'équation
I.
αία + α ,α + ... + an, α

Les n premières équations reviennent à


A1,1 1,2 + a2, G2, + .... + An,1 Cn,« = 0 ,
1,2 Сτα + A2, C2, +...+ an,2 Cn,a = 0 ,
...

:
άτια Ετ, α + α2, α Ειτ,α + ....+ απ,α Cn,x = Ux ,
:

A1 , C1,2 + A2, C2,& + .... + an,n Cn,&


α
0,
d'où l'on tire très facilement

Cι ,α= a1, Ux , Ca,& = a2, Ux .... Cn,a = an,aUx ;


α

la première C,, = a,, Ux s'obtient en multipliant les équations pré-


α

cédentes par a1,1 , 1,2 .... 1,n ( coefficients de C1,a ) respectivement ,


et en faisant la somme des résultats. Les autres s'obtiennent d'une
manière toute semblable.
Remplaçant Cr,a , Ca, .... Cn,& par leurs valeurs , on aura donc
définitivement le système
Tome II. SEPTEMBRE 1837 . 45
342 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES

(A1,1 -Ua) a1 , + A1, A2, + ... + A1,n An,2 = 0 ,


Α2,1 1,2+(A2,2 -Ux)a2,2+ ...+ A2,n An, 0,

A3,1 A1 , A3, A3, + ..... •

+ A3,n An,x = 0 ,
(15)

Απ,α ατ,α + Απ, Α2, ++ (An,n - U ) an,x = 0 ,


.......

α ,α+ a + ....... +ax = 1 ,

dont la solution n'offre d'autre difficulté que la simplification des


résultats auxquels conduit l'élimination.
Les n-1 premières équations donnent , par exemple , les rapports
a ,x αλα
απα
,
anx
. . . . .‫و‬ -
απα
qui , substitués dans la nime, conduisent à une
équation du nteme degré en Ux , ou tout simplement en u, dont les
racines , toutes réelles , sont les valeurs des n coefficients U,, U....U..
aa απελα
Ces racines déterminées , les rapports Anja , ....., sont con-
Anya Anga

nus. La dernière équation , mise sous la forme

a [(a ) + ( ) -... + ( an ) + 1] = 1,
donne alors a ,, et par suite , au moyen des rapports précédents , on
trouve a ,, a , ... an-1,2. Les valeurs de ces coefficients se présentent
sous la forme de fractions qui sont toutes susceptibles de réduction
en vertu d'une propriété de l'équation du n' degré en u. Cette
équation s'obtient très facilement encore de la manière suivante : on
résout les n premières équations ( 15) par rapport à A1,2 , A2,2 ... Anus
précisément comme si les deuxièmes membres n'étaient pas nuls ; on
égale à zéro le dénominateur commun des inconnues a₁,, a1,x ...An,
et le résultat n'est autre que l'équation en u qu'on peut noter U = o .
Le premier membre de cette équation n'est donc qu'une de ces fone-
tions nommées déterminants , fonctions qui , comme le dit M. Cau-
chy (Journal de l'École Polytechnique , tome 10, page 51), s'offrent
d'elles-mêmes dans un grand nombre de recherches analytiques. C'est
doncdans les propriétés des déterminants que l'on va chercher le moyen
de simplifier la solution qui vient d'être rapidement indiquée.
PURES ET APPLIQUÉES . 343

II.

De quelques propriétés des déterminants.


DÉFINITION. Si l'on considère le système d'équations

At + At + .....+ A1, tm ,
At + At +... + Ant = m ,
(16)
:

Antt, Anat.+ .....+Annt = mn ,

le dénominateur commun des inconnues t. , t....t. est ce que l'on


nomme le déterminant du système des nombres

Α., Α ........,,
(17) :
:
Απ, Α .....Απ,π.
Comme ce dénominateur peut changer de signe , selon le mode de
solution qu'on emploiera , on conviendra de le prendre de sorte que
le terme A1, A2, A3,3...Ann, qui en fait partie , soit positif.
On trouve dans les éléments d'algèbre une règle fort simple pour
former ce déterminant , et l'on en peut voir d'autres dans le mémoire
de M. Cauchy, cité plus haut. Voici quelques conséquences de ces
règles.
Le déterminant du système (17) est aussi celui du système suivant.
Α, Α ... Απ,ι ,
A1,8 A....... Α ,,
(18)

As, An.....An,,
qui s'obtient en remplaçant la série horizontale supérieure du système
45..
344 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
(17) par la première série verticale, puis la deuxième horizontale par
la deuxième verticale , et ainsi de suite jusqu'à la deuxième horizon-
tale qui sera remplacée par la n' ou dernière verticale
Il est un cas où les systèmes (17) et (18) restent les mêmes , malgré
ce changement ; c'est celui pour lequel on aurait Αα,β = Αβ,α . On
peut dire alors que le système est symétrique, puisque les nombres
qui le forment sont placés symétriquement par rapport aux nombres
à indices égaux A, [Link], qui forment la diagonale du système.
Une autre conséquence de la règle pour former le déterminant ,
c'est qu'il change de signe :
1 °. Quand on change le signe de tous les nombres d'une même
série horizontale ou verticale ;
2. Quand on change l'ordre de deux séries consécutives horizon-
tales ou verticales, d'où il suit que si l'on avance ou recule une série
de k rangs , le déterminant se trouve multiplié par (-1)*.
Ceci rappelé , si l'on représente par D le déterminant du système
(17) , par [g, i] le déterminant du système qui se tire du système ( 17)
par la suppression de la série horizontale de rang g et de la série
verticale de rangi, et semblablement par la notation 8, le déter-
_h,k
minant du système qui résulte de l'omission des séries horizontales de
rangs get i et des séries verticales de rangs i et k dans le système (17),
on pourra , au moyen des remarques précédentes , établir les propor-
tions suivantes :
:

I. Dans tout déterminant symétrique on a


[g, i ] = [ i,g ] .
Cela résulte de ce qu'il est permis de changer (17) en (18), sans
déplacer réellement les nombres du système.
II. Pour tout déterminant nul on a

[g,g ] [ i, i ] = [i,g ] [g,i ] ,


et par conséquent pour un déterminant à la fois nul et symétrique
[g,g] [ i, i] = [ i,g ] = [g, i ]* .
En effet, si dans le système (16) on suppose m₁ = m.... = m = 0 ,
1

PURES ET APPLIQUÉES . 345

et qu'on supprime l'équation de rang g, on trouvera


tg [g,g]
ti (-1 ) + [g, i] '

le facteur (-1 ) + provenant du déplacement de séries et du change-


ment de signe , qui résultent de l'application de la règle pour déduire
le numérateur [g,g] du dénominateur [g,i] . L'exposant de Ia -

été augmenté d'un nombre pair pour simplifier le résultat. Si, dans le
même système (16) , on supprime l'équation de rangi, on trouvera
pareillement
[ii]
ti
=
(-1) + [ i, g]

Multipliant la valeur de par celle de , on a de suite le résultat


Li tg
de l'énoncé.

III. Dans tout déterminant non symétrique on a, quels que soient


les indices du nombre A égaux ou non ,
dD

dAig = (-1 ) +' [i,g].

Le coefficient différentiel de D est pris par rapport à Ag, supposé


différent de tous les nombres A ,ẞ ; ce qui n'arrive pas pour un déter-
minant symétrique où l'on a A = Αγι
IV. Pour un déterminant symétrique on a toujours
dD dD
(19) dA
Agig
[g,g] (20) dAing
= (- 1 ) +2[ i,g] .

Ces deux propositions se déduisent de la formule

D=Ann [n,n] - Aan-1 [n,n-1 ] + Ала [n,n-2]-....


qui se tire immédiatement des équations (16) , où l'on a fait
m m..... m 0.

Différentiant la valeur de D , en observant que le coefficient Ann


n'entre que dans le premier terme , sans entrer dans [n,n] , on trouve
346 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
dD

dAnn = [n,n] , et cela est vrai pour tout déterminant symétrique ou


non symétrique. Par un déplacement de séries horizontales , et d'un
même nombre de séries verticales , on trouve sans changement de
dD
signe dAgg = [g,g] , en amenant le terme A à la dernière place de
816

la dernière horizontale.
dD
Pour un déterminant non symétrique on trouve dAnn-1-
=-[n,n-1 ] ,
dD
et plus généralement d = (- 1 )its [i,g) , au moyen de déplace-
ments de séries qui amèneraient Ag à la place qu'occupait A -11
c'est-à-dire à l'avant-dernière de la dernière horizontale.
Si le déterminant appartient à un système symétrique, comme on
a Ann-1 = Ann , en différentiant D , il faudra avoir égard au coeffi-
π, -

cient An- 1, n contenu dans les déterminants partiels [n,n- 1], [n, n- 2]etc.
Or, le même calcul , qui a fait tirer la valeur de D du système (17),
fera tirer semblablement

[n, i] = An-1, [ 1 ] + [ - ] + A3, [ 3 ] ....


du système (18).
dD
On aura donc = [ 1 ] , et par suite
dAnn-
dD dD -2

n.n , 8-377-1,n
...

dAn- n
=-[n,n- 1 ]-A -1, [ ]+ [ ] [ ]+ ...
=-[n,n-1 ]-[n,n- 1 ]=-2[n,n-1] ,
C

en remarquant que l'on a An,x = Ax,net [ a] =[ ] , puisque le sys-


d

tème est symétrique.


Plus généralement , par un déplacement de séries horizontales et
dD
de séries verticales , on trouvera dA = (-1 ) i+s[i,g] , comme il est
dit dans l'énoncé.

V. Dans tout déterminant nul , mais non symétrique , on a


1 dD dD dD dD

( ) ( ) = dAgg daini ;
PURES ET APPLIQUÉES. 347

et dans tout déterminant à la fois nul et symétrique , on trouve


dD dD dD
(21) (d)
dAi,g =
= 4
dAgg dai,i

Ces équations ne sont que la traduction de celles de la proposition II .


Les équations (19), (20) et(21) vont servir à simplifier la résolution
des équations (15).
III .

Développement de la solution des équations (15).


Calcul de l'équation en u.
L'équation en u n'est autre que le déterminant du système
A1,1-4, A , A1,3, ....Α1,
1,99 ,

A1 , A2,2-u, A2,3, .... A.,,


1,29

A1, Aan, A3,, .... Ann- U.


On la représentera donc par
(22) U = dét.[A,,-u, Au... A - u] = 0.
Ainsi , pour n = 2 , on aura
-

(23) U = (A,,, -и) (А,, - и) — А 1,2

Pour n = 3 , on aura
(24) U=(A,,,-4) (А,,,- ) (Аз,з-и)
9,2

-A3(A- )- ( - )- ( 3,5-4)+2A1, A1 , A2,3=0.


2,

Pour n = 4 , on aura
(25) U=(A ,,-и) (А...-и) (Аз,з-и) (А4,4-и)
-А (А,,,-u)(A.,,-u)+2A ,3A2,43,4/А.,,-и)
-А24(A,,,-4)(A3,3-u)+ 2A13A1,4A 3.4( A., .-U)
-A3(Au)(A44-4)+2A1, A2,40,4(А3.3-и)
-А1,4(А.-и)(А3,3-и)+2 -2A , A13A3 (A4,4-4) 0.

-A4(A 2.3-и) (А44,-и)


1,4

-А (А3,3-и) (А4,4-и)
-2A1, A3,4A1,3A2,4+A1, A2,3
-2A1, A3,4A1,4A ,3A ,3A2,4
-2A13A4A1,4 2,3 A34
348 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
A ces exemples particuliers qui suffiront pour les applications , on
peut joindre les remarques générales qui suivent.
Première remarque. Quel que soit le nombre n des inconnues de
la fonction à transformer, si les coefficients A., [Link] , et
par conséquentAn,1, Ana...,A.,.-, sont nuls, le déterminant , pour
le cas de n inconnues , se trouvera, en multipliant par Ann-u , le
déterminant trouvé pour le cas de n-1. Cela suit de la valeur de D
donnée plus haut.
Deuxième remarque. Le nombre n étant quelconque , si le déter-
minant ne renferme que des coefficients à indices égaux , ou dont un
des indices soit n , tels sont Ax,& et Ax,n , l'équation en n sera
(26) (А1,1-и) (А2,2 -u) ....(An,n-u)
2

-An (A2,2- и) ( А3,3-и) .... ( -1, -1-4)


-An
3,n (A1,4-u) (A3,3 -u) ....(An-1, -1-4).
:
2

-Ann(A1,1- и) (А2,2-и) .... (Ала,п-г-и) ,


le premier terme contenant les n facteurs A1, -1 , A2,a-u....
An,n- u , et les autres, qui sont négatifs, ne contenant que n- 2 de
ces coefficients. Ainsi, par exemple , pour le terme où entre Aa,n, les
deux facteurs à omettre sont Ax,a -u , Ann - u indiqués par les
α

indices de A.,n.

Réalité des racines de l'équation en u.

I. L'équation U= o a ses racines réelles pour n 2. En effet ,


on a dans ce cas

u
= (A1- A2,2 ) + 4A , 1,2

valeurs réelles .
II. Quel que soit n, si les nombres ou coefficients A₂, ont tous
deux indices égaux , ou dont l'un soit n , l'équation en u aura toutes
ses racines réelles .
PURES ET APPLIQUÉES . 549
En effet , dans ce cas, l'équation en n'est celle notée (26). Si l'on
suppose que A1,1 , A2,2 ..., An,n soient rangés par ordre de grandeur,
de sorte que l'on ait
8
A 1,1 > A2,2 > .... > An,n > 18 ,
et que dans cette équation (26) on fasse successivement
u= ∞ , A1 , A2,2 ....An-1, -1 , An,n,-8 .
-
+
U prendra les signes + -

++,
ou bien - -
+ + -
+,

selon que n sera pair ou impair. Ainsi , dans tous les cas , les n racines
sont réelles , puisqu'il y a n changements de signe.
Si plusieurs des nombres A1,1 , A2,2 ... , An,n étaient égaux , si l'on
avait , par exemple , A1, A2,2 , l'équation (26) prendrait le fac-
teur A1,1- u , d'où la racine u= A1,1. Ce facteur supprimé , on
trouverait une équation semblable du (n-1) degré , dont l'on prou-
verait de même que les n- 1 racines sont toutes réelles .
Si les coefficients A1,1 , A2,2 ... , An,n n'étaient pas rangés par ordre
de grandeur, il suffirait d'un déplacement de termes pour retomber
dans ce cas. Ainsi la démonstration est générale.
III. Quels que soient les coefficients Ax,s , si l'équation en ua
toutes ses racines réelles pour n = m -1 , elle les aura aussi toutes
réelles pour n= m. Ceci étant démontré , comme dans tous les cas
les racines sont réelles pour n = 2 , elles le seront encore toutes pour
n = 3 , n = 4 , et en général pour n quelconque.
En ne considérant que les m- 1 inconnues x , X ... , Xm- qui
entrent dans la fonction homogène du second degré, qui , en outre ,
contient xm , on pourra , d'après l'hypothèse , faire disparaître les rec-
tangles des m - 1 inconnues x₁ , X ... , Xm-1, c'est-à-dire avoir une
transformée où tous les coefficients seront nuls , à l'exception de ceux
qui auraient des indices égaux , ou dont l'un des indices serait m.
Or, d'après la proposition précédente , par une nouvelle transforma-
tion , celle-ci conduit à une équation en n, dont toutes les racines
sont réelles. Il reste donc à montrer que les deux transformations
pourraient être remplacées par une seule , qui conduirait par consé-
Tome II . - SEPTEMBRE 1837. 46
350 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
quent à une équation en u ayant toutes ses racines réelles. Or , si la
première substitution est exprimée par les équations
x =a,,,y + a2 + ... + anyn , x =a , Y. + etc. ,
et si la deuxième substitution est exprimée semblablement par les
équations de même forme
y=b + b2 +...+ 61, Zn , y = b ,, + ... etc. ,
l'élimination de r. , .... , y, donnera
x = CZ + C122 + ... +C1nZn , X = C2,121 + ... etc . ,
où l'on aura en général
Ci,z Ai, 1 61,2 + ai,a b2,x + ... + ai,n bn,x
Or les coefficients ainsi formés satisfont , comme on le vérifie très
facilement aux relations (10) , (11 ) , (13) et (14) , ce qui d'ailleurs est
une suite des deux équations

+x + ...+x =x +y++ , y ++yz ++ ...+
qui entraînent la suivante
x + x +. +x = ++ ... + .
Ainsi les deux substitutions sont remplacées par une seule qui fait
disparaître tous les rectangles et qui conduit à une équation du
n' degré en u , dont toutes les racines sont réelles. Cette démonstra-
tion n'est que le développement de celle que M. Poisson a donnée
dans son mémoire sur le Mouvement d'un Corps solide , pour le cas
de trois variables (*).
Racines égales.
Quand l'équation en u , U = o , a des racines égales, ou satisfaisant
dU dU
=
à l'équationu o , ces racines satisfont aussi à l'équation d -=0,
quels que soient les indices a et ẞ égaux ou non.
En raison de la forme de l'équation en u , on a

(*) Voyez aussi le mémoire de M. Jacobi , déjà cité.


PURES ET APPLIQUÉES. 351

dU dU dU dU
(27) -

du
=
+ + ..+
dA, dA2,2 dAnn

Élevant au carré les deux membres de cette équation, les doublant et


les simplifiant au moyen de l'équation (21) , on aura
dU dU 2

(28) 2( ) = 2 ( -)+ 2( )* + ......+2( __)


191 dA 212

+ (d ) +2(d ) +.....+(a ) +...


1,2 1,3

Pour le cas des racines égales , le premier membre devenant nul , il


en sera de même du second , et par conséquent de chaque terme en
particulier, puisque les racines sont toutes réelles.

Calcul des coefficients a1,1 , a1,2 ... , an,n de la substitution (3).


Pour trouver les coefficients de la substitution (3) , il suffit de
remarquer que l'on a , en employant les notations de l'article II ,
ak,x
(29) =(-1)*+* [n,n]
[n. ]
Alors, au moyen de l'équation
ai,x + a2,x + ..... + a = 1 ,
2

on trouvera , en mettant pour (n,i] sa valeur [n,n] [i,i] ,


ana =
[n,n]
(30) [1,1] + [2,2] + ...+[n,n]
:

il suffira pour cela de supprimer le facteur [n,n] commun aux deux


termes de la fonction. Par suite on aura

[kk]
(31) α

[1,1] + [2,2] + ..... +[n,n]


Enfin , au moyen des équations (19), (20) et (27), les équations (29)
et (31) deviendront
dU dU
(32) azdu
an,x
: du,
2dAkin dan
46..
352 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
dU dU
(33) akα :
dAkyk du'

où il faudra changer u en Ua.


La remarque faite sur les racines égales montre que ai, peut se
m
présenter sous la forme mais non sous la forme
0

dU
Dans la formule (33) , quand on a mis dans du, pour n sa valeur
dU
particulière U. , on peut encore remplacer par le produit
(U -U.) (U -U.) ... (U -U_1) (UxUx+1) ... (U.-U.) ,
selon que n est pair ou impair , pourvu cependant que toutes
les racines soient inégales. Cela suit de ce qu'en posant U =
(u-U.) (u-U.) ...(u-U ) , il en résulte
dU U U U
du + + ………… + - u 72

Si dans cette équation l'on fait, par exemple , u= U,, le premier


terme se réduit à (U -U.) (U, U,) ..... (U -U ) , et tous les autres
disparaissent à cause du facteur nul U -U.. On en dira autant pour
les autres substitutions u = U,, u =U3 ... u = U.... u =U . Cette
transformation pourra , dans certains cas , faciliter la discussion en
déterminant le signe du dénominateur.
Résumé de la solution .

La transformation de la fonction (1) en la fonction (7), par le


moyen de la substitution (3) , est renfermée uniquement dans les
formules (22) , (32) et (33).
L'équation (22) fait connaître les coefficients U. , U..... U de la
transformée (7) par le moyen de la résolution d'une équation du
n' degré.
L'équation (33) fait connaître la valeur absolue des n' coeffi-
cients de la substitution (3) , par l'extraction de la racine carrée du
quotient de deux coefficients différentiels du premier membre U de
l'équation (22).
PURES ET APPLIQUÉES . 353

Comme ces coefficients peuvent être pris soit avec le signe +, soit
avec le signe-, l'équation (32) donne le moyen de combiner conve-
nablement les signes en montrant que les termes de la série
A1,x , A2,x , A3, .....An,

ont les mêmes signes que ceux de la série


dU dU dU dU
,
dAon ' dAan' dA3,n

où l'on doit faire u= Ua. On pourrait encore prendre tous les signes
opposés. Cela tient au signe que l'on donne à an,x .

IV .

Autre transformation de l'équation homogène du second degré à n


inconnues .

La transformation précédente est fondée sur la relation ......


x + x +... + x =y +r +...+ r , si l'on prend une autre
équation de condition , la solution du problème aura besoin de modi-
fication. Il est une autre transformation aussi utile que la précédente,
c'est celle fondée sur la relation

x² + x + . + xx = r² +
1
+ + -
1 n

Il serait long et d'ailleurs inutile de recommencer le calcul , il suffira


d'indiquer ici les changements à faire dans une partie des équations
des articles I et III .
Les équations de (1 ) à (8) inclusivement n'éprouvent aucun chan-
gement.
Dans l'équation (9), il faut changer le signe du dernier terme de
chaque membre , changement qui entraîne tous les suivants.
Dans les n- 1 premières équations ( 10) il faudra changer le signe
du dernier terme du premier membre , et dans la n' qui répond à
a= n , il faudra changer le signe du dernier terme du premier mem-
bre et de plus le signe du second membre.
354 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
Dans toutes les équations (11) le dernier terme changera de signe.
Dans les équations (12) les derniers termes des seconds membres
changeront de signe , et il en sera de même du premier membre de
la nº .

Dans les équations (13) les signes des derniers termes des premiers
membres changeront : de plus dans la n équation il faudra changer le
signe du deuxième membre.
Dans les équations (14) , les derniers termes changeront de signe.
Dans les équations (15) il faudra changer An, n- Ux en An,n + Ux.
De plus si a = n , il faudra dans toutes changerU. en-U.. D'ailleurs
dans la dernière équation (15) il faudra toujours changer le signe du
dernier terme du premier membre , et changer celui du second mem-
bre , seulement pour a = n .
Les équations de (16) à (21) ou de l'article II ne changent point.
Dans les équations de (22) à (26), il faut seulement changer Ann- u
en Ann + u , et d'ailleurs changer le signe de la racine U..
Dans l'équation (27) il faut changer le signe du dernier terme
dU
dAn, n
Dans l'équation (28) il faudra dans le secondmembre prendre néga-
dU
tivement les termes tels que (d ) .
α,

Ce qui a été démontré pour la réalité des racines et sur leur égalité
n'a plus lieu ici même pour le cas de deux inconnues.
Dans l'équation (29) il n'y a rien à changer dans l'équation (30) , et
dans la (31) il faudra changer le signe de [n , n] au dénominateur et
aussi au numérateur pour a = n .
Dans l'équation (32) il n'y a rien à changer : dans la (33) , il faudra
pour le cas de an , changer le signe du second membre , et de plus
remplacer U, par -U ,
Enfin si l'on pose
X Xn cos θ₁ , x = x, cos θ₂ , ... X
n Xn cos θη ,
γι In COS Q. , y. = y. COS . , ... n -1 = Yn COS -12
et d'ailleurs ,
cos 0, + cos 0₂ +...+ cos θπι 1,
PURES ET APPLIQUÉES . 355
il en résultera

cos* . + cos* . +...+ cos - 1;


et l'on transformera la fonction

Arcos² +2A ,,cos , cos ₂++2A1, m1 cos , cos 0 +2A1, cost,


..
n

+ A2, cos² + ....... + 2A2,1 cos cos +2A2, Cos n

:
:

+ An-1 , -1 COS +2A1, Cos 11-1

+ An , n
en

U, cos , U, cos ₂ ++ Un-1 COS*On- 1 - Un ,


ou

(U, - Un) cos* . + (U. - U.) cos* . +... + (U - Un) cos*


au dénominateur près , par le moyen de la substitution

cos 0, = ai, cos ,+a1, 2COSO2+ ... +ai, n-1 COS On-2 +ai , n
An, COS 2+an, 2 COS₂+ + an,n-1COS -1+an , n

où il faut donner à i toutes les valeurs 1 , 2 , 3 ... n.


Il serait inutile d'entrer dans de plus longs détails sur cette seconde
transformation. L'application qui en sera faite plus loin , éclaircira ce
qui peut rester d'obscur dans les indications précédentes.
356 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES

SECONDE PARTIE .

APPLICATIONS .

I.

Exemple de la première transformation. Détermination des axes


principaux de rotation.

Les équations du mouvement d'un corps solide contiennent les neuf


intégrales définies suivantes : fxdm , Sydm , fzdm ; fxydm , fxzdm,
Syzdm ; Sxdm , fydm , fzdm étendues à toute la masse du corps
dont l'élément est dm , et qui est rapporté à trois axes de coordonnées
rectangulaires x, y, z .
Il importerait donc de simplifier les équations différentielles du
mouvement par un changement d'axes et d'origine qui fit disparaître
un certain nombre de ces intégrales , quand bien même les nouveaux
axes ne devraient pas jouir de propriétés mécaniques remarquables.
Les trois premières intégrales disparaissent quand on met l'origine
au centre de gravité du corps. Les trois suivantes peuvent aussi dispa-
raître , quelle que soit l'origine; il suffit pour celade choisir convena-
blement la direction de trois nouveaux axes rectangulaires de même
origine.
Pour démontrer cette proposition en faisant usage des formules de la
première partie , on remplacera x , y, z, par x1, x2, x3 , et l'on
supposera que pour les axes sur lesquels se comptent ces coordon-
nées , on ait trouvé

fxdm = A.,, fxdm = A2,2 , fxdm = A3, 3 ,


[Link] = A.,,, fx,x3dm = A1,3 , fx,x,dm = A,, 3 :
afin de trouver de nouveaux axes de coordonnées rectangulaires de
même origine et pour lesquels on ait
PURES ET APPLIQUÉES. 357

Sydm = U. , Sydm = U. , Sydm = U3 ,


[Link] = o , ſyy3dm = 0 , Syysdm = o ,
on posera les équations
x₁ = a₁₁₁y. + a , .. + 1,33 ,
2

x₂ = a , Y. + ay. + a , 3Y3 ,
X3 = a3,1): + A3,2Na + A3, 3.
Уз ,
qui , en supposant la relation
x + x + x =x +y +y ,
donneront les équations
y. = a,,,x. + A2, X₂ + A3, 1X3 ,
1

y = ax + A2, X + аз, 2Х3 ,


1

13 = a1,3X, + A₂,3X₂ + A3,3X3 .


Les neuf coefficients a , a , ...a3,3 représentant les cosinus des angles
que les axes des deux systèmes font entre eux. Ainsi a,,3 est le cosinus
de l'angle que l'axe des x, fait avec l'axe des y3; le premier indice se
rapportant aux x et le second auxy.
Si l'on calcule ſyidm et que l'on évite les transpositions de facteurs
et par suite les réductions , on trouvera
Sydm = U₁ = a,,,(A , a ,, + A1,249,1 + Α1,303,1)
+ a2, (A2, A1 , 1
A2,292,1 + A2,303,1)
+ 3,1(A3,191, + A3,22, + A3,303,1)
ou A,,, représente fx,x,dm , comme A,,, représente ſ[Link] : ainsi
A,,,= A1,2. Cette valeur de U, est précisément celle trouvée dans la
première partie pour B,,,. On trouvera pareillement que U, et U ,
reviennent à B₂, 2 et B3,3 .
Si l'on calcule ſ[Link] avec la même attention d'éviter les transpo-
sitions de facteurs , on obtiendra
[Link] = a,,,(A1,191,2 + A1,202,2 + A1,303,2)
I

11,2 + A2,202,2 + A2,303,2)


+ A2,1(A2,11,2
+ A3,1(A3,11,2 + A3,22,2 + A3,303,3).
Tome II.- SEPTEMBRE 1837. 47
358 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
De même encore , on aurait

[Link] = a,,2(A1,107,1 + A1,292,1 + A1,303,1)


+ A2,2(A211A1,1 + A2,292,1 + A2,303,1)
+ a3,2(A3,101,1 + A3,242,1 + A3,303,1).
Ces deux quantités ne sont autres que celles représentées par B,,, et
B,,, dans la première partie; on reconnaît facilement leur égalité. Le
problème de déterminer les axes principaux , ou des axes pour les
quels on ait

[Link] = o , ſyy3dm = o , fj₂y3 dm = 0,


dépendra donc des équations
B₁₁ = U,, B,,, = 0 , B1,3 = 0 ,
1,1

B2,1 = 0 , B2,2 = U2, B2,3 = 0 ,


B3,1 = 0 ,
I
B3,2 = 0 , B3,3 = U3 .
Ce problème est donc analytiquement le même que celui de faire dis-
paraître les rectangles de la fonction

A1, X + 2A1, XX₂ + 2A ,3X,X3


+ A2,200 + 2A ,3XX3
+ A3,3X3.
L'équation qui détermine U, =sydm , U, =fydm , U3=fy3dm
sera donc

2 2

U=(A , -u)(A2,2 -и)(А3,3 -и)-А ,3(А1, -u)-A ,3(A2,2 - 4)-А , (А3,3-14)+


1,1

2A1,2A ,3A3,2= 0 , et les neuf cosinus qui déterminent la position des


axes principaux seront donnés , tant pour la valeur absolue que pour
les signes , par les deux équations
dU dU dU dU
-
:
Ak, α
ακα
dAk,kdu ' α3, α dAk,3 dA3,3'
où il faudra faire u = U ; les nombres a et k prenant successivement
les valeurs 1 , 2 et 3 .

1
PURES ET APPLIQUÉES . 359
Si l'on effectue les différentiations indiquées et , qu'en supposant
dU

les racines inégales on remplace du par un produit de différences


des racines U., U₂, U3 , on aura

a1,1 = (A2,2-U, ) (A3,3 - U, ) - A22,3 ,


(U, U₂) ( U. - U3)
ατ = (A,,, - U, ) (A3,3 - U,) - A² ,, 3 ,
(U, U₂) (U, -

U3)
(A1,1 - U,) (U2,2 - U, ) - A21,2
‫ارا‬
a ,, =
I

(U,
-

U₂ ) (U, - U3)
,

Pour avoir les valeurs de a , a , a , il faudra au numérateur


changer U, en U, et prendre pour dénominateur le produit (U,-U₁),
(U, - U₃ ) .
3

Pour avoir les valeurs de a²,3 , a2,3 , a3,3, il faudra au numérateur


changer U, en U3 et prendre le produit (U3 - U,) (U3 - U₂) pour
dénominateur.
Quant aux signes, on prendra ceux des coefficients différentiels
dU dU du

dA1, 3 ' dA2,3 dA3,3'

où il faudra faire u= U, pour a₁, 1 , A2,1 , A3,1 ; U = U₂ pour a₁ ,2 , A2,29


2

A3,2 ; et u= U3 , pour a₁, 3 , 2,3 , A3,3.


La discussion des formules précédentes ne présente aucune diffi-
culté, elle a été trop souvent présentée pour qu'il soit nécessaire de
la mettre ici. La conséquence qu'on en tire, c'est qu'en général il n'y
a qu'un système d'axes principaux et qu'il y en a toujours un. Ce-
pendant pour le cas de deux racines égales (pour l'équation en u) , il
y a une infinité de systèmes ayant un axe commun, et enfin pour le
cas des trois racines égales , tous les systèmes d'axes rectangulaires
passant par l'origine donnée sont des axes principaux .
Il suffira d'ajouter ici que les formules précédentes ne diffèrent de
celle du § II du mémoire de M. Poisson sur le mouvement d'un
corps solide , que par un facteur supprimé aux deux termes des frac-
tions qui représentent les neufcosinus , qui fixent la position des axes
principaux .
:

47..
360 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES

II.

Exemple de la seconde transformation.


PROBLÈME. Trouver l'attraction qu'exercerait une planète sur un
point matériel, si la masse de cette planète étaitdistribuée sur les par-
ties de son orbite , en raison du temps qu'elle met à les parcourir ?
Ce problème sera traité ici fort succinctement , mais il serait très
facile de déduire de la solution les diverses formules que M. Gauss a
exposées dans le mémoire où il s'occupe de la présente question.
(Determinatio attractionis , etc ...... )
Solution. Soit a le grand axe de l'orbite, b le petit, et a²-b²=a*e*,
de sorte que e soit l'excentricité , si l'on représente par l'anomalie
2万
excentrique, par T le temps de la révolution , et par n = T lavitesse
moyenne angulaire de la planète, on aura nult = ( 1 -ecos ()do. La
masse de la planète étant prise pour unité, la partie de cette masse qui
serait distribuée sur le petit arc parcouru pendant l'instant at sera
dt ndt (1 - e cose) de
T nT 2π

Si l'on prend le grand axe de l'ellipse pour axe des x , le petit axe
pour celui des y, et la perpendiculaire menée par le centre au plan de
l'orbite pour l'axe des z, les coordonnées d'un point de l'ellipse seront
x = a cos b , y= b sin . Par conséquent, si les coordonnées du point
attiré sont A , B, C, la distance du point de l'ellipse dont les coordon-
nées sont a cos 0, b cose, o à ce point , sera donnée, en la représentant
parr , par l'équation
‫در‬
(A -

a cos ) + (B — b sin ) + C ,
ou par
= cos² + [Link] sin -
2Aa cos
+ b sin -
2Bb sin
+ A + B + C.

L'attraction de l'élément de l'orbite sur le point donné sera....


PURES ET APPLIQUÉES. 36F

(1-e cose)dd
22 et ses composantes parallèlement aux trois axes seront

X =
(A- acos 6) ( -e cose)da
,
23

Y =
(B- b cost) ( 1-e cose)de
23

Z =
C(r - ecos 6)d)
23

(1 - e cos ) de dV
Si l'on posait V = 2г
il en résulterait X -

dA
dV dV
Y Z= -
mais il vaut mieux traiter directement les
dB ' dC

quantités X , Y, Z.
Pour faciliter l'intégration il faut simplifier le radical , par consé-
quent en vertu de la valeur précédente de r*, si l'on pose
cos
cos ,, sine=cos . , A₁ =a , A1,2= 0 , A1,3=A3 =-Aa
A2,2=b , A2,3=-A3, A3,3=A +B +C
on aura à simplifier l'expression
A1, COS , + 2A1, cos0, cos 0, + 2A ,3 cos 0,
+ A2 Cos₂ + 2A2,3 cosd₂
+ A3,3 ,
par le moyen de la substitution
cos 0. a₁, COS , + a2 COS + a1,3 ,
A3, COS + A3,2 COS 2 + 43,3
cos 6, = A , COS , +a2 , 2 COS 2 +a2,3
3,1 COS + A3 , COS + 43,3

où l'on posera pour abréger ,


y = a3, COS I
+ A3, COS ₂ + A3,30
cette substitution réduira rª à la forme

[(U, - U₃) cos* . + (U. - U,) cos .] :.


Les quantités U,, U., U, étant les racines de l'équation
362 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
U=(A,,,-u)(A2,2-и)(А3,3+и)-2,3(А,,,-и)-А3(А2,2-и)
1,1 1,1

-А ,2(A3,3+u)+2A1,2A ,3A2,3=0 ,
qui revient à
2

(a² -u) (bu) (A +B +C²+u)-B*b*(a²-u)-A*a*(b -u) = U = o.


ou bien encore à

u³+(A + B +C -a²- b²)u²+ [a* b* a*(B* + C*)]u + a*b * C* = 0 ;


sous cette forme on reconnaît une équation qui se présente dans le
calcul de l'attraction d'un ellipsoïde sur un point extérieur , au moyen
du théorème de M. Ivory .
La première forme de l'équation en u, montre que les trois racines
sont réelles ; en effet si l'on pose
u a, bª, 0, 18 ,

U prendra les signes ... +, 一, +,

Il aura donc trois racines réelles et inégales, sauf certains cas , où


quelques-uns des nombres a , b , o deviendraient racines. Il pourrait
alors y avoir deux racines égales à be, ou deux racines égales à zéro.
Le premier cas se présente pour B= o et A*b* - a*e*C* = a*b*e*,
c'est-à-dire pour une suite de points formant une hyperbole dont les
sommets sont les foyers de l'ellipse et dont le second axe est égal
au petit axe de l'ellipse. Pour ce cas (U, -U3) cos 4, + (U₂-U3)
cos* q=U-U3 , l'irrationalité disparaît et l'intégration ne présente
aucune difficulté. Le second cas ne peut se présenter que quand le
point attiré est sur l'ellipse : il doit par conséquent être mis de côté.
Pour le cas général, ou des trois racines inégales , on prendra les
deux racines positives pour U, et U,, l'on supposera U. > U. , la ra-
cine négative sera représentée par U3. Au moyen des formules (32)
et (33) modifiées convenablement , on déterminera les neuf coeffi-
cients de la substitution. Cela étant fait, soit en posant
cos0, cos θ , cos θ₂ = sin 0 , coso, = coso ,
I
cos , = sin o ,
COS

2 a3,1 Cos + a3,2 sin + a3,3 ,


ycos = a,,, cos + a,,, sin + a1,3 ,
1,2

ysine = a , cos + a2, sin + a2,3


PURES ET APPLIQUÉES. 363

Différentiant les deux dernières et éliminant do il vient

vde = [cos (-a₂,, sino+a2,2cos )-sin (-a, sino+a,,, cos )]do , 2

multipliant par v et réduisant, on a


vd0=[(A2,2A1,3-a2, 3A1,2)COS +(a1, a2,3-A1,342,1) sin +(a1, a2,2-A2, A1,2)]d ;
mais ici l'on a
-

y = ax + A2,1X2
I
A3,1X3 ,
Y₂ = a1,2X1 + A2,2X
2
-

A3,23 ,
-

- 3 = 1,3X1 + A2,3X2 A3,3X3 ;

tirant de là la valeur de x3 et la comparant à


X3 ao, y +
I
3,2 r2 + A3,33 ,

on trouvera en écrivant, pour abréger ,


E=-a3,1(A2,2A1,3-A2,3A1,2)-A1,2(A1, A2,3-A2,1A1,3)+ a3,3(A1, A2,2-A2, A2,1) ,
l'équation
Ex3=(A2,2A1,3-a2,3a1,2) +(a1, a2,3-a1 ,3A1,1) N2+(A1, A2,2- A2,1A1,2) 3 ,
et par suite

Ed3,12,21,3-2,301,2), Ea3,2=(A1, A2,3-a1, a2,1), Ea3,3=(A1, A2,2- A2, A1,2) ;


par conséquent ,
vedb = E (a3,, cos + a3, sin + a3,3) dø , ου ναθ = Ελφ.
Quant à E, on vérifiera très facilement que sa valeur est + 1 ou - 1 ,
c'est-à-dire que l'on a Er en vertu des relations qui existent entre
les coefficients de la substitution .
Les quantités A- a cos , B- b sine , 1 - ecose , par la substitu-
tion des valeurs de cos et sin e se réduisent à

(Lcoso+Msino+N) : 9, (Lcosp+M'sino +N') : v(L"cosq+M"sino+N") :V;


d'où il résulte
564 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
X=E(Lcoso+Msino+N)(L"coso+M"sino+N")dp:27 [(U -U3)cos² +(U -U3)sin³ ] , 2

Y= E(L'coso+M'sino+ N')(L"cosp+M"sino+Ν")do : idem ,


Z=CE(a3cos +a3,2sino+ a3,3)(L"cos +M"sino+N")dp: idem.
Si l'on observe que les intégrales
sin odo sino cos odp
2 [(U -U3) cos² +(U -U3)sin² ]
39
Seosedo
idem , ssin cos
=

sont nulles quand on les prend depuis = o , jusqu'à 360°, се


qu'il faut faire ici; il suffira dans les numérateurs de X , Y et Z de
conserver les termes renfermant coso, sino et ceux indépendants
de . Si donc l'on pose
2元
P
cos²odo
=

S 27 [(U,-U3) cos² + (U₂ - U3) sin² ]


0

12π
3

sin² do
Q
=s 2 [(U,-U3) cos² + (U₂ - Us)sin² ]
0
32

on aura entre les mêmes limites

EX = (LL" + NN") P + (MM" + NN") Q.


EY = (L'L" + N'N") P + (M'M" + N'N") Q,
EZ = (a3,,L"+ a3,3N") CP +(a3,,M"+a3,3N")CQ.
Quant aux intégrales Pet Q, elles se ramènent , ainsi qu'il suit, aux
fonctions elliptiques.
La quantité (U -U3) cos + (U, -U3) sin peut s'écrire ....
U, U,
(U -U3)- (U -U₂) sino; si l'on pose U -U₃ =m², UU 3
c,

l'on aura
I cos²φαφ I sin² odo
Q
P= 2mm (1 -
c sin
39 = 2m³
3

(1
-

csin )
,

or l'intégration par parties donne


sina odo sin@cos + cos²odo

S Vi - c* sin²
1-

cos²odo
V1- c sin²
sin cos
(1 -

c² sin'
sin odo
1 - c² sin² = - Vt- ce sin +( - ) - csin ) )
PURES ET APPLIQUÉES . 365

Si l'on représente les premiers membres de ces équations par P, et Q. ,


on trouvera d'abord
do
P. + Q. = 1-c sin
= F (c , 4) ,
puis
c² :

Sysineode = sin
dente - do 1-c sin* =F(c,q)-E(c, 0) ;
de là résulte

sin²
P. = Sinode sin² = F (c, 4) - E(c, Ф) ,
Q.
Q = cos odo = E ( , ㅇ)) - (1 ) F (c , φ) ,
2

V -c sin

et par conséquent
cos odo c² sin cos
20*π³P = 3
=
F (c , ) -E(c, )+
(1-c² sin² ) 2 P VI-c² sin² '
3 sin odo I c² sino coso
202
2c* πm³Q= 3
=
E(c, )-F(c, )- (1-c²)
(1-c²sin² )) 1-c sin²

on aura donc entre les limites o et 360°

cπm³P = 2 [ F (c) — E (c)],


4
c* m² = 2 [ E(c)-F (c)] ,
conformément à la notation des fonctions elliptiques .

Tome II. - SEPTEMBRE 1837. 48


366 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES

Recherches sur les moyens de reconnaître si un Problème de


Géométrie peut se résoudre avec la règle et le compas ;
PAR M. L. WANTZEL ,
Élève-Ingénieur des Ponts-et-Chaussées.

I.

Supposons qu'un problème de Géométrie puisse être résolu par des


intersections de lignes droites et de circonférences de cercle : si l'on
joint les points ainsi obtenus avec les centres des cercles et avec les
points qui déterminent les droites on formera un enchaînement de
triangles rectilignes dont les éléments pourront être calculés par les
formules de la Trigonométrie ; d'ailleurs ces formules sont des équa-
tions algébriques qui ne renferment les côtés et les lignes trigonomé-
triques des angles qu'au premier et au second degré; ainsi l'inconnue
principale du problème s'obtiendra par la résolution d'une série d'é-
quations du seconddegré dont les coefficients seront fonctions ration-
nelles des données de la question et des racines des équations précé-
dentes. D'après cela, pour reconnaître si la construction d'un problème
de Géométrie peut s'effectuer avec la règle et le compas, il faut chercher
s'il est possible de faire dépendre les racines de l'équation à laquelle il
conduit de celles d'unsystème d'équations du second degré composées
comme on vient de l'indiquer. Nous traiterons seulement ici le cas où
l'équation du problème est algébrique.
II.

Considérons la suite d'équations :


n

(A) {x:+Ax +B= 0, x²+Ax +B =


x+Ax +B =0,
x +A +B,_,=0,
dans lesquelles A et B représentent des fonctions rationnelles des
quantités données p, q , r ... ; A, et B, des fonctions rationnelles de
x₁ , p, q , ... ; et, en général , Am et B des fonctions rationnelles de
Xm Xm12x , P, q ………
Toute fonction rationnelle de x telle que A ou B , prend la forme
Cm-12m
Em-1m ++ Dm-
Fm- si l'on élimine les puissances de x supérieures à la pre-
PURES ET APPLIQUÉES. 367
mière au moyende l'équation x +am-1 Xm + Bm-1 = o , en désignant
par Cm-1, Dm-1, Em-1, Fm , des fonctions rationnelles de x1, ...X. , P,
m
-19

q... ; elle se ramènera ensuite à la forme A'm_xm+ B'm , en multipliant


les deux termes de Cm-1xm + Dm-
+F par- Em- (Am-:+ Dm) + Fm- 1
Em- xm 1-ш

Multiplions l'une par l'autre les deux valeurs que prend le premier
membre de la dernière des équations (A) lorsqu'on met successivement
à la place de xa , dans Anet B₁ , les deux racines de l'équation
précédente : nous aurons un polynome du quatrième degré en x dont
les coefficients s'exprimeront en fonction rationnelle de x ....X 19

p, q , ... ; remplaçons de même successivement dans ce polynome


x , par les deux racines de l'équation correspondante, nous obtien-
drons deux résultats dont le produit sera un polynome en x de degré
2', à coefficient rationnel par rapport à x ... x , p , q ... ; et , en
continuant de la même manière , nous arriverons à un polynome en x
de degré 2" dont les coefficients seront des fonctions rationnelles de
p, q , r .... Ce polynome égalé à zéro donnera l'équation finale
f(x )= o ou f(x) = o , qui renferme toutes les solutions de la ques-
tion. On peut toujours supposer qu'avant de faire le calcul on a réduit
les équations (A) au plus petit nombre possible. Alors une quelcon-
que d'entre elles xm + 1 + Amxm+1 + B = 0 , ne peut pas être satisfaite
par une fonction rationnelle des quantités données et des racines des
équations précédentes. Car, s'il en était ainsi, le résultat de la substi-
tution serait une fonction rationnelle de xm , ... x. , p, q ... qu'on peut
mettre sous la forme A'm_xm+B'm , et l'on aurait A'm_xm+B'm-₁=0;
on tirerait de cette relation une valeur rationnelle de x qui substituée
dans l'équation du second degré en x conduirait à un résultat de la
forme A'm- x -1 + B = o. En continuant ainsi , on arriverait à
Α΄x, + Β' = o , c'est-à-dire que l'équation x²+ Ax + B = o aurait
pour racines des fonctions rationnelles de p, q...; le système des équa-
tions(A) pourrait donc être remplacé par deux systèmes de n- 1 équa-
tions du second degré, indépendants l'un de l'autre, ce qui est contre la
supposition. Sil'une des relations intermédiaires A'mm-1+B =0,
par exemple, était satisfaite identiquement, les deux racines de l'équa-
tion x + Amxm + Bm1= 0 seraient des fonctions rationnelles de
Xm -1 ... X , pour toutes les valeurs que peuvent prendre ces quantités,
en sorte qu'on pourrait supprimer l'équation en x et remplacer la
racine successivement par ses deux valeurs dans les équations sui
48..
368 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
vantes, ce qui ramènerait encore le système des équations (A) à deux
systèmes de n- 1 équations.
III.

Cela posé , l'équation du degré 2" , f(x) = 0 , qui donne toutes les
solutions d'un problème susceptible d'étre résolu au moyen de n équa-
tions du second degré , est nécessairement irréductible , c'est-à-dire
qu'elle ne peut avoir de racines communes avec une équation de
degré moindre dont les coefficients soient des fonctions rationnelles
des données p, q ....
En effet, supposons qu'une équation F (x) = o , à coefficients ra-
tionnels soitsatisfaitepar une racinedel'équation x²+A_1x +B =0,
en attribuant certaines valeurs convenables aux quantités X -1 ,

Xn .... x . La fonction rationnelle F(x ) d'une racine de cette der-


nière équation peut se ramener à la forme Ax + B , en dé-
signant toujours par A et B des fonctions rationnelles de
-1

Xn-1 ... X₁ , p , q ... ; de même A et B peuvent prendre l'un


11-1

et l'autre la forme Ax I +B , et ainsi de suite; on arrivera


ainsi à Ax + B' où A, et Bí peuvent être mis sous la forme A'x,
+ B' dans laquelle A' et B' représentent des fonctions rationnelles
des données p, q .... Puisque F (x ) = 0 pour une des valeurs de x ,
on aura Ax + B = o , et il faudra que A , et B , soient nuls
séparément, sans quoi l'équation x + Ax + B = o serait sa-
n
1-11

Β' .11-1
tisfaite pour la valeur A qui est une fonction rationnelle de ..
-

11-1

X1 , ... X. , P, q ... , ce qui est impossible; de même , A' , et B


étant nuls , A , et B le seront aussi et ainsi de suite jusqu'à A'
et B' qui seront nuls identiquement , puisqu'ils ne renferment que des
quantités données. Mais alors A, et Bí , qui prennent également la
forme A'x, + B' quand on met pour x, chacune des racines de l'équa-
tion x + Ax, + B = o , s'annuleront pour ces deux valeurs de x ;
pareillement , les coefficients A', et B', peuvent être mis sous la forme
A',x, + B', en prenant pour x, l'une ou l'autre des racines de l'équa-
tion x²+ Ax + B₁= o , correspondantes à chacune des valeurs de
x. , et par conséquent ils s'annulleront pour les quatre valeurs de x, et
pour les deux valeurs de x, qui résultent de la combinaison des deux
premières équations (A). On démontrera de même que A etB seront 3

nuls enmettant pour x3 les 23 valeurs tirées des trois premières équa-
tions (A) conjointement avec les valeurs correspondantes de x, et x ;
PURES ET APPLIQUÉES . 369
et continuant de cette manière on conclura que F(x ) s'annulera pour
les 2" valeurs de x auxquelles conduit le système de toutes les
équations (A) ou pour les 2" racines de f(x) = o . Ainsi une équation
F(x)=o à coefficients rationnels nepeutadmettre une racine def(x)=0
sans les admettre toutes; donc l'équation f(x)= o est irréductible .
IV .

Il résulte immédiatement du théorème précédent que tout problème


qui conduit à une équation irréductible dont le degré n'est pas une
puissance de 2 , ne peut être résolu avec la ligne droite et le cercle.
Ainsi la duplication du cube , qui dépend de l'équation x³ - 2a³ = 0
toujours irréductible , ne peut être obtenue par la Géométrie élémen-
taire. Le problème des deux moyennes proportionnelles , qui conduit
à l'équation x a*b= o est dans le même cas toutes les fois que le
-

rapport de b à a n'est pas un cube. La trisection de l'angle dépend de


l'équation x³ -x + a = 0 ; cette équation est irréductible si elle
n'a pas de racine qui soit une fonction rationnelle de a et c'est ce
qui arrive tant que a reste algébrique ; ainsi le problème ne peut être
résolu en général avec la règle et le compas. Il nous semble qu'il n'a-
vait pas encore été démontré rigoureusement que ces problèmes , si
célèbres chez les anciens , ne fussent pas susceptibles d'une solution
par les constructions géométriques auxquelles ils s'attachaient par-
ticulièrement.
La division de la circonférence en parties égales peut toujours se
ramener à la résolution de l'équation x™ - 1
1 = 0 , dans laquelle m
est un nombre premier ou une puissance d'un nombre premier. Lors-
X™ - I
que m est premier, l'équation X- I = o du degré m- 1 est irréduc-
tible, comme M. Gauss l'a fait voir dans ses Disquisitiones arithmeticæ,
section VII ; ainsi ladivision ne peut être effectuée par des construc-
tions géométriques que si m- 1 = 2". Quand m est de la forme a*, on
peut prouver, en modifiant légèrement la démonstration de M. Gauss
que l'équation de degré (a- 1) a*-' , obtenue en égalant à zéro le
α 2-1

quotient de x²- 1 par xa -1 , est irréductible ; il faudrait done


que (a-1) a- fût de la forme 2" en même temps que a- 1, ce qui
est impossible à moins que a = 2. Ainsi , la division de la circonfé-
rence en N parties ne peut être effectuée avec la règle et le compas
que si lesfacteurs premiers de N différents de 2 sont de laforme 2"+1
et s'ils entrent seulement à la première puissance dans ce nombre. Ce
370 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
principe est annoncé par M. Gauss à la fin de son ouvrage, mais iln'en
a pas donné la démonstration.
m
' m
"

Si l'on pose x= k + A' Va + A' Va' + etc. m', m" ... étant des
puissances de 2 , et k, A' , A' ... a', a" ... des nombres commensu-
rables , la valeur de x se construira par la ligne droite et le cercle , en
sorte que x ne peut être racine d'une équation irréductible d'un degré
m qui ne soit pas une puissance de 2. Par exemple , on ne peut avoir ,
m m

x= A Vā , si ( Va) est irrationnel pour p < m; on démontrerait


facilement que x ne peut prendre cette valeur lors même que m se-
rait une puissance de 2. Nous retrouvons ainsi plusieurs cas parti-
culiers des théorèmes sur les nombres incommensurables que nous
avons établis ailleurs (*) .
V.

Supposons qu'un problème ait conduit à une équation de degré


2" , F(x)=0 et qu'on se soit assuré que cette équation est irréductible;
il s'agit de reconnaître si la solution peut s'obtenir au moyen d'une
série d'équations du second degré.
Reprenons les équations (A) :
(A) (x² ++AxA1
-I
+ B =+ 0B2
, =
x 0+, Ax + B, =o....,
x + Ax + B = 0 .
2

Il faudra construire l'équation f(x) = o , à coefficients rationnels , qui


donne toutes les valeurs de x et l'identifier avec l'équation donnée
F(x) = o. Pour faire ce calcul on remarque que An , et B , se ra-
mènent à la forme a x + ans et bx + b1, en sorte que
12-
61-11

l'élimination de x , entre les deux dernières équations (A) se fait


immédiatement , ce qui donne une équationdu quatrième degré en x ;
ony remplacera ensuite a par ax2+a , a pra 11-2
+a ,
6- par ba + b1, b par b2+ bet A , B par
ハー 1-2
1-11
1-1

AnXn + ana , 6-2X2+ b2, puis on éliminera x , entre l'équa-


n

tion du 4º degré déjà obtenue et l'équation x2+ An3x2+B_3=0;


et ainsi de suite. Les derniers termes des séries a , an , ..... ,
bb
61-4 , etc., doivent être des fonctions rationnelles des coeffi-
cients de F(x) = 0 ; si l'on peut leur assigner des valeurs rationnelles
qui satisfassent aux équations de condition obtenues en identifiant, on
reproduira les équations (A) dont le système équivaut à l'équation
(*) Journal de l'École Polytechnique , Cahier XXVI .
PURES ET APPLIQUÉES . 371
F (x) = 0 ; si les conditions ne peuvent être vérifiées en donnant des
valeurs rationnelles aux indéterminées introduites, le problème ne
peut être ramené au second degré.
On peut simplifier ce procédé , en supposant que les racines de cha-
cune des équations (A) donnent le dernier terme de la suivante; ainsi,
l'on peut prendre B. , pour l'inconnue de l'avant-dernière équation,
Bn-1 - bn1
puisque Bbx +b d'où Xn n-1
bn-1
; de cette

manière les éliminations se font plus rapidement et l'on introduit


quatre quantités indéterminées dans l'équation du quatrième degré
qui résulte de la première élimination, huit dans l'équation du hui-
tième degré, etc. , en sorte que les conditions obtenues en identifiant,
sont en même nombre que les quantités à déterminer. Mais on écarte
aussi à l'avance le cas où l'une des quantités telle que b , serait nulle ,
et il faut étudier ce cas séparément.
Soit , par exemple , l'équation x² + px² + qx + r = 0. Prenons de
suite les équations du second degré sous la forme x² + Ax +B = 0 ,
et x²+(ax +a) x+ x = 0 ; en éliminant x, et identifiant, on aura,
2a, - Aa = 0 , a - Aaa' - A + a*B =p , 2aB -a'A = q, B= r,
d'où
29 Aq
B= r , a=
A
a=
4- A3+pA -4rA+q*-4rp=o.
Comme B , a et a' sont exprimés rationnellement au moyen de A , p,
q , r, il faut et il suffit que l'équation du troisième degré en A ait pour
racine une fonction rationnelle des données. Lacondition est toujours
satisfaite quand q=o , quels que soient petr, car A=-p satisfait
alors à la dernière équation.
En prenant x, pour dernier terme de la deuxième équation du se-
cond degré , on a exclu le cas où ce terme serait indépendant de la
racine de la première équation; mais en le traitant directement , on ne
trouve aucune solution de la question qui ne soit comprise dans les
équations ci-dessus .
Ainsi, par un calcul plus ou moins long, on pourra toujours s'as-
surer si un problème donné est susceptible d'être résolu au moyen
d'une série d'équations du second degré , pourvu qu'on sache recon-
naître si une équation peut être satisfaite par une fonction ration-
nelle des données , et si elle est irréductible. Une équation de degré n
sera irréductible lorsqu'en cherchant les diviseurs de son premier

1
372 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
n

membre de degrés 1, 2...5, on n'en trouve aucun dont les coeffi-


cients soient fonctions rationnelles des quantités données.
La question peut donc toujours être ramenée à rechercher si une
équation algébrique F(x)= o à une seule inconnue peut avoir pour
racine une fonction de ce genre. Pour cela , il y a plusieurs cas à con-
sidérer. 1 ° Si les coefficients ne dépendent que de nombres donnés
entiers ou fractionnaires , il suffira d'appliquer la méthode des racines
commensurables. 2º Il peut arriver que les données représentées par les
lettres p, q, rsoient susceptibles de prendre une infinité de valeurs, sans
que la condition cesse d'être remplie , comme quand elles désignent
plusieurs lignes prises arbitrairement; alors, après avoir ramenél'équa-
tion F(x)= o à une forme telle que ses coefficients soient des fractions
entières de p , q, r... , et que celui du premier terme soit l'unité, on
remplacera x par ampm- am-1pm-1 + ... +a , et l'on égalera à zéro
les coefficients des différentes puissances dans le résultat; les équations
obtenues en a", am -1 .... seront traitées comme l'équation en x ,
c'est-à-dire qu'on y remplacera ces quantités par des fonctions entières
de q, et ainsi de suite jusqu'à ce qu'ayant épuisé toutes les lettres on
soit arrivé à des équations numériques qui rentreront dans le premier
cas. 3º Lorsque les données sont des nombres irrationnels , ils doivent
être racines d'équations algébriques qu'on peut supposer irréductibles ;
dans ce cas , si l'on remplace x par amp™+ ... +a. dans F(x) = 0 ,
le premier membre de l'équation en p , ainsi obtenue, devra être
divisible par celui de l'équation irréductible dont le nombre pest ra-
cine ; en exprimant que cette division se fait exactement , on arrivera
à des équations en am , am- 1 ... , que l'on traitera comme l'équation
F(x)= o , jusqu'à ce que l'on parvienne à des équations numériques.
On doit remarquer que m peut toujours être pris inférieur au degré
de l'équation qui donne p.
Ces procédés sont d'une application pénible en général , mais on
peut les simplifier et obtenir des résultats plus précis dans certains cas
très étendus , que nous étudierons spécialement.
PURES ET APPLIQUÉES. 373
w
w

SOLUTION

D'un problème de Probabilité ;

PAR M. POISSON.

Ayant été chargé , cette année, du cours de Calcul des Probabilités


qui se fait à la Faculté des Sciences , j'ai donné, dans ce cours , les
solutions de plusieurs problèmes , parmi lesquelles je citerai la sui-
vante , à cause des résultats curieux , et que je ne crois pas connus ,
auxquels elle conduit .
Trois joueurs A , B, C , jouent , deux à deux , une suite de coups ;
chaque nouveau coup est joué par le joueur qui a gagné le coup pré-
cédent , avec celui qui n'y a pas joué : le sort désigne les deux joueurs
qui jouent au premier coup. La partie est finie , quand un des trois
joueurs a gagné consécutivement les deux autres , ou deux coups de
suite ; et c'est ce joueur qui a gagné la partie. On demande de
déterminer, pour les trois joueurs, les probabilités de gagner la partie,
d'après les chances qu'ils ont de gagner à chaque coup , et selon que
le sort les a désignés pour jouer ou pour ne pas jouer au premier
coup .
Lorsque A et B jouent l'un contre l'autre , je représente par y la
chance de A pour gagner le coup et , conséquemment, par 1-2 celle
de B. Lorsque ce sont Cet A qui jouent ensemble , je représente de
mème par 6 la chance de C et par 1 - 6 celle de A. Enfin , quand le
coup se joue entre B et C, je désigne par a la chance de B et par 1-2
celle de C.
Je suppose que le premier coup soit joué entre A et B , et gagné par
A. Il est facile de voir que , n étant un nombre entier quelconque , et
tant que la partie ne sera pas finie, tous les coups dont le rang est
Tome II. OCTOBRE 1837. 48*
374 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
marqué par un nombre de la forme 5n- 2 , seront joués entre A
et B , et gagnés par A ; tous ceux dont le rang est marqué par un
nombre de la forme 3n -

I , seront joués entre Cet A , et gagnés


par C; et tous ceux dont le rang est marqué par un nombre de la
forme 3n , seront joués entre B et C , et gagnés par B.
J'appelle x3 , la probabilité que la partie ne sera pas encore ter-
minée, au coup dont le rang est 3n- 2 , et x's.. la probabilité
qu'elle se terminera précisément à ce coup. Je désigne de même par
3.-, la probabilité que la partie ne se terminera pas dans les 3n- 1
premiers coups , et par y's-, la probabilité qu'elle finira au der-
nier de ces coups. Enfin, soient 23, la probabilité que la partie ne
sera pas terminée dans les 3n premiers coups , et 2'3. la probabilité
qu'elle finira seulement au coup dont le rang est 3n.
Ces diverses notations, les rangs des coups auxquels elles répondent,
les joueurs qui jouent à chacun de ces coups , et leurs chances de
gagner, seront faciles à se représenter par ce tableau :
3η -

2, 3η -
1, 3η ,
X3-2 ¥31 , Z3n ,
3- Y3-1 ,
A et B , Cet A , Bet C ,
yet 1-2. 6 et 1 -
6. a et 1 - a .

Les valeurs des quantités α , β , γ , sont données , et peuvent s'é-


tendre depuis zéro jusqu'à l'unité. Elles seront toutes trois égales à
2 , lorsque les trois joueurs seront d'égale force. Elles pourront être
1

toutes trois plus grandes que : ce cas aura lieu , quand A jouant
2

contre B sera le plus fort ; que Cjouant contre A sera aussi le plus
fort; que B jouant contre C sera encore le plus fort , ce qui n'est
point incompatible avec les deux premières suppositions. Concevons,
par exemple , que l'on ait trois urnes A', B' , C', contenant des boules
blanches et des boules noires, et dont chacune renferme plus de boules
de la première couleur que de la seconde. Supposons aussi que le jeu
entre A et B , consiste à tirer une boule de C' , et que A gagne, si cette
PURES ET APPLIQUÉES . 375
boule est blanche; qu'ensuite , le jeu entre C et A consiste à tirer une
boule de B', et que la chance favorable à C soit l'arrivée d'une boule
blanche ; et qu'enfin , le jeu entre B et C soit de tirer une boule de A' ,
qui fera gagner B , quand elle sera blanche : dans ce cas , on aura
I I 1

2 ,
6 ,
a
2 2 2

Il pourra arriver que l'unité ou zéro soit la valeur de l'une de ces


quantités α , β , y , de deux d'entre elles , ou de toutes trois : le cas
de 2 = 1 , 6 = 1 , 2 = 1 , par exemple , sera celui où A sera cer-
tain de gagner B , C de gagner A , et B de gagner C.
Cela posé, pour que la partie ne soit pas finie, au coup dont le rang
est 3n + 1 ou 3 ( n + 1 ) - 2 , joué entre A et B , il faut , et il suffit
1 ° . qu'elle ne le soit pas au coup précédent, joué entre B et C, et gagné
par B ; 2°. que le coup dont le rang est 3n + 1 soit gagné par A.
La probabilité x3n+, de la partie non terminée à ce coup, sera donc le
produit de la probabilité y qu'il sera gagné par A, et de la probabilité
23. que la partie ne sera pas finie au coup dont le rang est 3n , de
sorte que l'on aura
X3 +1 Z3

On trouvera de même

X'3 + 1 =
(1 -

γ) 23η ;
car pour que la partie finisse précisément au coup dontle rang est
3n+ 1 , il faudra et il suffira qu'elle ne soit pas terminée au coup pré-
cédent , et que le joueur B qui aura gagné celui-ci et dont 1 - y est la
chance de gagner A au coup dont le rang est 3n + 1 , gagne effective-
ment ce second coup. Par un raisonneınent semblable, appliqué succes-
sivement aux coups dont les rangs sont 3n et 3n - 1 , on obtiendra
ces deux autres couples d'équations
Z3n = αγ3-1 , 23n = ( 1 - α) 3-1 ,
=
Y3-1 = 6x3-
3m γ'
3-1 (1 6)X3-2 ,
-

qui se déduisent d'ailleurs du couple précédent, par de simples chan-


gements de lettres .
45**
376 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
On tire de ces équations
X3n+123n V3n-1 = abyz3Y3n-1X3 ;
et en faisant , pour abréger ,
αβγ = k ,
il en résulte
X3n+1 = kx3 ;

équation aux différences finies , dont l'intégrale se trouve en y met-


tant successivement 1 , 2 , 3 , ... n - 1 , à la place den , multipliant
membre à membre les n- 1 équations qui s'obtiendront de cette
manière , et réduisant; ce qui donne
= kx

Le facteur x, est la constante arbitraire ; au premier coup, ou quand


n = 1 , il est certain que la partie n'est pas terminée ; on a donc

X3.1X, = 1 ; et de là , et des équations précédentes, on conclut


ces valeurs

X3n- = k -1, 13-1 = 6k , 23 = αβκ" ,


y3n-1=( 1-6) k -1, 23 =( 1 -x) 6h -1, X3 +1= ( 1-2)
Ces résultats se vérifieront facilement dans les cas extrêmes où l'une
des quantités a , 6 , 7 , sera zéro ou l'unité. Si , par exemple , elles
sont toutes trois l'unité , les trois probabilités y3n-1, Z3 , X3n+1 ,
seront nulles , et il sera certain que la partie ne finira jamais , ce qui
est évident. Si l'une des fractions α , β , γ , est zéro , on aura aussi
k= 0; ces trois probabilités seront donc nulles , excepté pour n = 1 ;
par conséquent, la partie ne pourra finir qu'au second coup , ou autroi-
sième , ou au quatrième ; les probabilités respectives de ces trois
événements , seront

I -
6, 2'3 (1
-

α) 6 , x =
(1 --

γ) βα;
et comme leur somme est l'unité , à cause de aby= 0 , il s'ensuit
que la partie finira certainement à l'un de ces trois coups.
PURES ET APPLIQUÉES. 377
I I

Dans le cas de a= , 2 = , = , où les trois joueurs sont


2 2
1

d'égale force , on a k= ( ) . Quel que soit le nombre entier m,

la probabilité que la partie ne sera pas terminée dans les m pre-


【一個

miers coups , devient donc , d'après les trois premières équa


tions précédentes ; et la probabilité qu'elle finira précisément au mteme
m-1

coup, devient aussi (12) ,


d'après les trois dernières.
Dans le cas général , où a , 6 , y, sont des fractions quelconques , si
l'on représente parq3.1, la probabilité que la partie finira àl'un des n
coups dont les rangs répondent aux nombres 2,5,8,11 , ... 3n - 1 ;
par rs , la probabilité qu'elle se terminera à l'un des n coups dont
les rangs répondront à 3 , 6 , 9 , 12 , ... 3n ; par psm+1, la probabilité
qu'elle se terminera à l'un des n coups dont les nombres 4, 7 , 10 ,
13 , ... 3n + 1 , marquent les rangs , on aura
930-1 = r'. + y's + N's + ' ,, +... + 3-1
Γ3η =

23 +26 + z' , + z +...+ 3 ,


9 18

Ps +1 = x + x' , + x' ..+ x13 +. + X3n+1 ;

et d'après les formules précédentes, on en conclura


1
-

)
6(1 kn)
93-1 = I
-

k
,

=
(1-4) ( 1 k)
,
I - k

αβι - γ) ( 1 -

k)
P3 +1 = 1 - k

Si nous appelons s la probabilité que la partie finira dans les 3n


premiers coups , à partir du second inclusivement , nous aurons
Sn = 93n-1 + √3 + P3m+ ;
et à cause de

1-6 + 6 ( 1 - a) + αβ ( 1 - r) = 1 - y = 1 - h,
il en résultera
1
Sn ;
378 JOURNAL. DE MATHÉMATIQUES
en sorte que cette probabilité sera la même , quels que soient les deux
joueurs qui joueront le premier coup, et quel que soit aussi , le joueur
qui le gagnera. Il n'en sera pas de même à l'égard des probabilités que
la partie finira dans les 3n- 1 ou dans les 3n + 1 premiers coups, non
compris le premier de tous ; probabilités qui se déduiront de s. , en
en retranchant la valeur de x3n+1, ou en y ajoutant celle de '3n+2. Si
l'on exclut le cas où les trois quantités α, β, γ , sont l'unité , et oùl'on
ak= 1 , on voit que la probabilité que la partie ne se prolongera pas
au-delà d'un nombre de coups donnés , approchera indéfiniment de
l'unité à mesure que ce nombre deviendra plus grand , mais qu'elle ne
se changerait dans la certitude que si ce nombre devenait infini . Dans
le cas des joueurs d'égale force , endésignant par m un nombre entier
quelconque et par t la probabilité que la partie finira dans les m pre-
miers coups à partir du second inclusivement , on aura

ttm = 1 - ";

de sorte qu'il suffira, par exemple , qu'on ait m = 10 , pour que la


probabilité 1 - t de l'événement contraire , tombe au-dessous d'un
m

millième.

Maintenant soient a , b , c , les probabilités que la partie prolongée


à l'infini , s'il le faut , sera gagnée respectivement par A , B , C. Pour
que A gagne il est nécessaire et il suffit que la partie se termine à un
coup dont le rang est marqué par un nombre de la forme 3n - 1 ;
la valeur de a se déduira donc de celle de qs , en y faisant n = x ;
ce qui donne
1
-
6
a=
1 k'

en excluant le cas où l'on a k= 1 , et où la partie ne finit jamais. On


verra de même que bet csont les valeurs de Pan+1 et ran qui répon-
dent à n = ∞ ; en sorte que l'on a
6(1-4)
b = 46(1-2) , C
I k

Comme il est certain que la partie sera gagnée par un des trois
P
PURES ET APPLIQUÉES . 379
joueurs , on devra avoir
a + b + c = 1;

ce qui a lieu effectivement.


Chacune de ces fractions a , b , c , multipliée par l'enjeu, ou la
somme des trois mises , sera l'espérance mathématique de l'un des
joueurs ; lequel aura de l'avantage ou du désavantage , selon que ce
produit sera plus grand ou plus petit que sa mise. A une époque quel-
conque du jeu , où la partie n'est pas finie , et où A vient de gagner
B; si les joueurs conviennent de ne point achever , l'enjeu devra être
partagé entre A, B , C , proportionnellement aux fractions a, b , c.
Il résulte de leurs expressions , que dans le cas même des joueurs
d'égale force, la chance de gagner la partie est inégale pour les joueurs
qui jouent les premiers, et pour celui qui n'entre au jeu qu'au second
coup. En effet, en faisant
I I 1 I
a ,
6= , 2 ,
k
2 2 2

on aura

a =
4 b c =
2

7' 7 7

Après le premier coup, le joueur qui l'a gagné a donc droit à 4 7


1

de l'enjeu , celui qui l'a perdu n'a droit qu'à 5, et celui qui n'a pas
7
2

joué a
droit à ; mais avant que ce coup ne soit joué, les deux
7

joueurs que le sort a désigné pour le jouer, ont une égale chance de
le gagner ; leur probabilité de gagner la partie est donc alors
5 1
4
2 (a+b), ou c'est-à-dire qu'elle surpasse de 14 la chance 7, ou 14
du joueur qui n'entre qu'au second coup. Si la mise de chaque joueur
est représentée par u, et que l'on convienne de ne pas jouer la partie,
après que le sort a désigné les deux joueurs qui devaient la commencer,
15
chacun de ceux-ci devra prendre 14 deu , sur l'enjeu égal à 3µ, et le
12

troisième joueur I
deu seulement ; ou autrement dit, les trois joueurs
380 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES .

de
ayant retiré leurs mises , le troisième devra , en outre , donner 14
μà chacun des deux premiers .
En général , avant que le sort ait désigné les deux joueurs qui doi-
vent jouer le premier coup, les probabilités de gagner la partie seront
différentes de a, b, c ; pour les trois joueurs A, B, C, je les représen-
terai respectivement par f, g, h; chacune d'elles dépendra des trois
chances données a, 6, 2 ; et il suffira de déterminer la valeur de fen
fonction de a , 6 , 7 : les valeurs de g et h s'obtiendront de la même
manière , ou se déduiront de f par de simples permutations.
Il pourra arriver que le premier coup soitjoué par A et B , par Cet
A , par Bet C. Ces trois combinaisons étant également probables , la
I

probabilité de chacuned'elles seraégale à 5; de plus , dans la première


combinaison , la probabilité que le premier coupsera gagnépar A aura
ypour valeur, et par B, elle sera 1-2; dans la seconde , la probabi-
lité que C gagnera le premier coup sera 6 , et la probabilité qu'il sera
gagné par A aura 1-6 pour valeur ; dans la dernière, il y aura la pro-
babilité a que le premier coup sera gagné par B, et la probabilité 1-2
qu'il le sera par C : chacune de ces trois combinaisons donnant
lieu à deux cas différents , il y aura donc six cas possibles , dont les
probabilités respectives seront

I 1 I

$ 2 , $ (1-2) , 36, 3§ (1-6) , a, 3 ( 1 - a).

Or, il s'agira de déterminer successivement, dans chacun de ces six cas,


la probabilité que A gagnera la partie ; en multipliant ensuite chaque
probabilité par celle du cas à laquelle elle répond , et faisant la somme
des six produits , on aura la valeur complète de f.
Dans le premier cas, où le coup est joué par A et B, et gagné
par A , la probabilité que A gagnera la partie sera la valeur
précédente de a ; le premier terme de la valeur de f sera donc
1

374, ου
2(1-6 )
3(1- k)
PURES ET APPLIQUÉES. 381

Dans le second cas , où c'est A jouant contre B, qui perd le pre-


mier coup, la probabilité que A gagnera la partie sera la valeur pré-
cédente de b , dans laquelle on devra changer y en 1-2 , 6 en
1
on
1 - a , a en 1-6 ; en multipliant le résultat par (1-2) ,
aura donc
-
Κ'γ
3 (1 - k') '

pour le second terme de f, où l'on a fait , pour abréger,


(1-4) (1 - 6) ( 1 -

γ) = κ' .
Dans le troisième cas , où le premier coup sera joué par Cet A ,
et gagné par C, la probabilité de A pour gagner la partie sera ce que
devient l'expression de b, relative au joueur qui perd le premier
coup , lorsqu'on y change y en 6 , 6 en a , a en y; en multipliant
I

ensuite par 6 , il en résultera


k(1-6)
3 (1 -k) '

pour le troisième terme de f.


Dans le quatrième cas , où le premier coup est gagné par A jouant
contre C , la probabilité que A gagnera la partie sera l'expression de
a , dans laquelle il faudra changer y en 1-6, 6 en 1-2, a en 1-a ;
I

en multipliant le résultat par 5 (1-6) , on aura ensuite


γ (1-6)
,
3(1- k') '
pour le quatrième terme de f.
Dans le cinquième cas , où le premier coup est joué par B et C, et
gagné par B, la probabilité que A gagnera la partie sera ce que de-
vient l'expression dec , relative au joueur qui ne joue pas à ce pre-
mier coup , quand on y change y en a , 6 en y, a en 6; en multi-
1

pliant le résultant para, il vient


αγ(1-6
3(1k)

pour le cinquième terme de f.


Томе ІІ . - ОCTOBRE 1837 . 49
382 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
Enfin , dans le sixième et dernier cas , où le premier coup est gagné
par C jouant contre B, la probabilité que A gagnera la partie se dé-
duira encore de l'expression de c, mais en changeant y en 1-4, 6 en
1-6 , a en -y; ce qui, après avoir multiplié par (1 - a) ,
donne
γ ( 1-4) ( 1-6)
,
3(1 - k')

pour le dernier terme de f.


Si l'on fait actuellement la somme de ces six valeurs partielles de
f, on aura , pour sa valeur complète ,
2 ( 1-6) ( 1+ a + a6) + 2k + (1-6) + ( 1-4) (1-6
)
f 3(1-k) 3 (1 -k')

La raison des diverses permutations des lettres a, 6, y, que nous


venons d'indiquer, est facile à saisir en jetant les yeux sur le tableau
présenté plus haut. On verra de même que pour déduire de l'ex-
pression de f, celle de g , il suffira de changer yen a, 6 en y, a
en 6, dans f; et pour obtenir ensuite la valeur de h, il faudra ré-
péter encore cette permutation tournante dans la valeur de g , ou
bien changer tout de suite y en 6, 6 en a, a en y, dans la valeur
de f. De cette manière , nous aurons
α( 1 - γ) (1 + 6 + 6 ) ak' + α ( 1 - r) +
a
( 1-6) (1 – γ)
-

8 + ,
3(1-k) 3(1-k')
h = 6( 1 - α) (1 + γ + γα)
+ 6k' + 6 (1 - a) + 6 ( 1 - r) ( 1 )
3(1 - k) 3 (1 - k')

Quand les joueurs sont d'égale force, ou qu'on a a = b = y = 1 , 1

ces trois probabilités f, g, h, doivent être égales entre elles et à


ce qu'on vérifie aisément. Quelles que soient les chances a , 6, y, il
faut qu'on ait
f+ g + h 1,

puisqu'il est certain que la partie sera gagnée par l'un des trois
joueurs , en excluant , toutefois , le cas où l'on aurait k= 1 , et où
elle ne finirait pas. C'est aussi ce qu'il est aisé de vérifier , en ayant
égard à ce que ket k' représentent.
Si les deux joueurs B et C sont d'égale force, soit lorsqu'ils jouent
PURES ET APPLIQUÉES. 383

l'un contre l'autre, soit quand ils jouent contre A, il faudra faire
1

a = , 6 I
γ;
2

la quantité pourra encore être une fraction quelconque; elle ex-


primera la chance de A , de gagner chacun des coups où il jouera ; et
A sera plus fort ou plus faible que chacun des deux autres joueurs ,
I
selon qu'on aura y > 2
ou 2 2
Pour ces valeurs de a et 6 ,
on aura, comme cela doit être,
I

g h = 12 (1 - f) ;

et la valeur de f se réduira à
8γ² - 273
f =
3 (2- y + y²)

Si la mise est la même pour chacun des trois joueurs, et qu'on


la représente paru , l'enjeu sera 3µ , et l'espérance mathématique de
A aura 3uf pour valeur. Elle serait 2µy, si A jouait toujours à mise
égale, mais en un seul coup, et contre un seul des deux autres
joueurs ; dans le cas des mises égales , le joueur A de force inégale ,
doit donc préférer de jouer au jeu que nous considérons , contre les
joueurs B et C de forces égales , ou bien il doit choisir de jouer une
partie simple, contre Bou C, selon que la différence 3uf-2µy est po-
sitive ou négative. Or , d'après la valeur précédente de f, on a
2μγ(2-2)(22- 1)
3μf- 2μγ = 2- r + r²
;

quantité positive ou négative, selon que y surpasse 2 ou est moin-


dre. Il s'ensuit donc que le joueur A , s'il est le plus fort , ou
siy surpasse , augmentera encore son avantage , en choisissant la
première manière de jouer , et que s'il est le plus faible , ou si l'on a
2 < > il diminuera son désavantage, en choisissant la seconde.
Lorsque les joueurs , au lieu de mettre , une fois pour toutes , une
49..
384 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
somme au jeu , conviennent d'y mettre une somme u à chaque fois
qu'ils y entrent , de sorte que l'enjeu croisse continuellement avec le
nombre des coups , l'espérance mathématique de chacun d'eux ne
sera plus la même que précédemment , et à force égale , par exem-
ple, l'avantage qui était tout à l'heure pour les joueurs qui jouent le
premier coup , sera maintenant pour celui qui n'entre qu'au second
coup.
Afinde calculer commodément l'espérance mathématique de chaque
joueur , il faudra la diviser en deux parties : l'une positive , et prove-
nant des sommes que le joueur pourra recevoir aux différents coups
qui seront joués ; l'autre négative , et provenant des sommes qu'il
pourra payer. Pour le joueur A qui gagne le premier coup , je dé-
siguerai par a' la première partie, par a, la seconde , abstraction faite
du signe , et par l'excès de celle-là sur celle-ci. Je représenterai les
quantités analogues par b' , b,, 4 , pour le joueur B qui perd le pre-
mier coup, et par c', c,, 0 , pour le joueur C qui n'entre qu'au second
coup. De cette manière , on aura
-

Φ a,, ↓ = b' - 6,, 0 c -c .

Au mieme coup , si la partie n'est pas finie auparavant, l'enjeu sera


égal à (m + 1) μ. Or , d'après ce qu'on a vu précédemment , les pro-
babilités que la partie sera finie et gagnée alors par A, au second
,

coup , au cinquième , au huitième , au onzième , etc. , seront


(1-6) , (1-6) , (1-6)k, (1-6) k³, etc.;
les gains attachés aux arrivées de ces événements étant donc
3μ , 6μ , 9μ, 12µ, etc. ,
il suit de la règle de l'espérance mathématique , que la valeur com-
plète de a' sera la somme de ces deux séries multipliées terme à terme
et prolongées jusqu'à l'infini ; ce qui donne
1
a
' =
3μ ( 1 -

6) Σίκι ;
la somme ∑ s'étendant à toutes les valeurs du nombre entier i, de-
puisi 1 jusqu'à i= ∞ . Mais on a
k
Σκ ;
PURES ET APPLIQUÉES . 385

et en différentiant par rapport à k , il vient


1

Σίκ1-1
(I

par conséquent , on aura


d =
3μ (1 - 6)
(1 - k)

Pour A et B , il y a la certitude de jouer au premier coup, et pour


C, au second. Pour A , les probabilités de rentrer ensuite au jeu ,
au quatrième coup , au septième , au dixième , au treizième , etc. ,
ou , ce qui est la même chose, les probabilités que la partie ne sera
pas terminée au troisième coup , au sixième , au neuvième , au dou-
zième , etc. , seront , comme on l'a trouvé plus haut ,

αβ , αβκ, αβk , alk³, etc.;


la valeur complète de a, sera donc la somme de cette série infinie
de fractions , multipliée par u , et augmentée de u pour la première
mise de A ; en sorte que l'on aura
μαζ
μ + I k

La probabilité que la partie se terminera au coup dont le rang est


marqué par un nombre de la forme 3n + 1 , auquel cas elle sera
gagnée par B , étant
-1

αβ(1 - γ) ,
et l'enjeu que B recevra alors , ayant 3ημ + εμ pour valeur, on en
conclut que la valeur complète de b', sera
b' = μαβ (1 - γ) (32nk + 2Σ **) ;
les sommes ∑ s'étendant depuis n = 1 jusqu'à n = ∞ . Donc , en
ayant égard aux valeurs de ces deux sommes, nous aurons
b
' 3μαβ(1 – γ) 2μαβ ( 1 – γ)
=
+ 1- k
(1 - k)

Par un raisonnement semblable , on trouvera de même


386 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES

'
c
3μβ ( 1 – α) με (1 – α)
2
+ I k

(1 - k)

On obtiendra aussi , sans difficulté ,


με μαγ
b₁ = M + I
μ + I ki

et de ces diverses valeurs , il résultera finalement


3μ ( 1 - μαζ
μ k'
(1 - k) I

3μαβ (1 -γ) 2μας (1 –γ) με


↓ =
+ k -
-
μ
-

I k'
(1 -k) I

0 =
3μβ ( 1 - α ) με (1 - α) -
μαγ
+ 1-k
-
μ 1- k
(1 - k)

Puisque tout l'argent mis successivement au jeu pendant la durée de


la partie, est retiré par le joueur qui l'a gagnée , il s'ensuit que la
somme des espérances mathématiques des troisjoueurs doit être nulle;
et en effet , d'après ce que k représente , on a identiquement
+ +0 0.

En prenant pour chacune des fractions a, 6, 7 , et en faisant


2

k on a
8'
33μ 39μ 6μ
Φ ,
=
, 0=
49 49 49'

pour les espérances mathématiques des trois joueurs supposés d'égale


force. Cela signifie , par exemple , qu'avant qu'ils aient rien mis au jeu,
et après que le premier coup a été joué ; si l'on convenait de ne pas
continuer la partie, le joueur qui a perdu ce premier coup devrait
33 6
39 de µ , savoir , à celui qui l'a gagné , et 49 à celui qui
payer 49 49
n'a pas joué. Après que le sort a désigné les deux joueurs qui doivent
jouer le premier coup, et avant que ce coup ne soitjoué,chacun d'eux
peut également le gagner ; l'espérance mathématique de chacun de ces
I 33μ 139μ
joueurs est donc 2 49 2 49
, ou 3 , c'est-à-dire , que si l'on
49'
PURES ET APPLIQUÉES . 487
convenait de ne pas jouer la partie, chacun d'eux devrait donner
3

49 de u au troisième joueur, tandis que dans le cas que nous avons


d'abord examiné, c'était ce premier joueur qui devait , an contraire ,
I

donner 14 de u à chacun des deux premiersjoueurs. Si la partie n'est


pas terminée au meme coup , et que l'on convienne de ne pas la conti-
nuer , le joueur qui aura perdu ce coup devra , comme on vient de le
33 6
dire , payer 49de u à celui qui l'aura gagné, et49 au troisième joueur ;
et de plus, l'enjeu qui avait lieu au coup précédent , et qui s'élevait à
mu , devra être partagé entre ces trois joueurs , proportionnellement
I 2
à leurs chances 4
, ,
, d'achever de gagner la partie;, en sorte
qu'au mteme coup, si l'on représente par o' l'espérance mathématique
du joueur qui gagne ce coup, par celle du joueur qui le perd, par θ'
celle du joueur qui n'y joue pas , on aura
(28m + 33) μ --

(7m- 39) μ (14m + 6) μ


Φ' , , θ' =

49 49 49

Lorsque m surpassera cinq , la valeur de ↓ sera positive , comme o' et


' ; le joueur qui perdra le mieme coup n'aura rien à payer aux deux
autres ; seulement il aura droit à une moindre part dans l'enjeu qui
avait lieu au coup précédent: si , par exemple , on a m= 6 , l'enjeu
qui avait lieu au cinquième coup sera égal à 6μ ; sur quoi le joueur
qui gagne le sixième coup devra prendre 2014,
49 '
celui qui le perd n'aura

droit qu'à ,
et le troisième joueur à 49
90%.
388 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES

MÉMOIRE

Sur diverses manières de généraliser les propriétés des


diamètres conjugués dans les sections coniques . — Nou-
veaux théorèmes de Perspective , pour la transformation
des relations métriques des figures . - Principes de Géo-
métrie plane analogues à ceux de la Perspective. -
Manière de démontrer dans le cóne oblique les propriétés
des foyers des sections coniques ;

PAR M. CHASLES .

1. Les propriétés des sections coniques , et celles des surfaces du


second degré , relatives aux diamètres conjugués , peuvent être géné-
ralisées sous plusieurs points de vue. Pour les surfaces, cette générali-
sation repose sur quelques principes de Géométrie qu'il nous faudrait
exposer préalablement. Mais pour les coniques la question peut être
traitée , en grande partie du moins , par les seules ressources de la
Géométrie élémentaire. Nous allons donc nous occuper seulement ,
dans cet écrit, de la généralisation des propriétés des diamètres conju-
gués des coniques .
2. Premier mode de généralisation. Soient sa , sb deux demi-dia-
mètres conjugués d'une conique c , on aura
- - 2

sa + sb const .

Concevons un cercle c' concentrique à la conique , et soient sa', sb'


ses rayons dirigés suivant les demi-diamètres sa , sb ; on aura
PURES ET APPLIQUÉES . 389
-
-2

sa sb
2 + 2
= const.
sa sb

Projetons , par des droites parallèles entre elles , la conique et le


cercle , sur unmême plan; on aura deux coniques C, C' en projection.
Soient SA , SB , et SA', SB' , les demi-diamètres de ces deux courbes,
correspondants respectivement aux demi-diamètres des deux pre-
mières ; on aura
sa SA sb SB
sa SA' sb' SB' ,

et , conséquemment , l'équation
2

SA SB
+ 2
const.
SA' SB'

Or sa et sb étant conjugués par rapport à la conique c , SA et SB


sont conjugués par rapport à la conique C, parce que la tangente à la
courbe c au point a est parallèle à sb, et que, par conséquent, la tan-
gente à la courbe C, au pointA, est parallèle à SB; ce qui est la condi-
tion pour que SA et SB soient conjugués. L'équation précédente
exprime donc ce théorème :
Étant données deux coniques dans un plan , la somme des carrés de
deux demi- diamètres conjugués de la première, divisés respectivement
parles carrés des demi- diamètres de la seconde qui leur sont parallèles ,
est constante .

3. Si la première conique est un cercle , on conclut de ce théorème,


le suivant :
La somme des valeurs inverses des carrés de deux demi-diamètres
rectangulaires d'une conique est constante.
4. Second mode de généralisation. Que l'on ait une section conique
cet plusieurs systèmes de ses diamètres conjugués ; qu'on fasse la
perspective de cette figure sur un plan ; on aura une seconde section
conique C , et plusieurs systèmes de deux droites passant toutes par
un même point fixe. Tous ces systèmes de deux droites jouiront de
propriétés analogues à celles des systèmes de deux diamètres conju-
Tome II. -
OCTOBRE 1837. 50
390 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
gués; mais ces propriétés seront plus générales que celles des diamètres
conjugués, et celles-ci s'en déduiront, comme cas particuliers , si l'on
suppose que le point fixe devienne le centre de la conique C.
Soit I la droite qui correspond dans le plan de la conique C à la
droite située à l'infini dans le plan de la conique c. Cette droite I est
l'intersection du premier plan parun plan parallèle au second , mené
par le point de l'œil. Soit s le centre de la conique c, et S le point
correspondant dans la conique C, c'est-à-dire la perspective du point
s. La propriété caractéristique du point s, c'est que, étant menées deux
tangentes à la courbe c, parallèles entre elles , la droite qui joint les
points de contact passe toujours par le point s. Pareillement , la pro-
priété caractéristique du point S, c'est que, étantmenées, par un méme
point quelconque de la droite I , deux tangentes à la conique C, la
droite quijoint les deux pointsde contact passe toujours par le point S.
Ce qui prouve que le point S est le pôle de la droite I , pris par rap-
part à la conique C (*).
La propriété caractéristique de deux diamètres conjugués de la
courbe c , c'est que les tangentes à la courbe , menées aux extrémités
d'un des deux diamètres , sont parallèles à l'autre diamètre. On en
conclut que la propriété caractéristique de deux droites correspon-
dantes , dans le plan de la conique C, à deux diamètres conjugués de
la conique c , c'est que : les tangentes à la courbe C, aux points où
l'une des deux droites la rencontre , se croisent au point où l'autre
droite rencontre l'axe I. Ce point est précisément le pôle de la première
droite. On peut donc dire que les deux droites sont telles que chacune
d'elles passe par le pôle de l'autre; ce pôle étant pris par rapport à la
conique C. Ces deux droites passent par le point fixe S ; nous les appel-
lerons axes conjugués relatifs au point S.
Ainsi , aux systèmes de deux diamètres conjugués d'une conique ,
correspondent, en perspective , des systèmes de deux axes conjugués
d'une nouvelle conique , relatifs à un point fixe. Et la propriétéca-

(*) On appellepôle d'une droite , par rapport à une conique, le point par où
passent toutes les cordes de contact des angles circonscrits à la conique, qui ont
leurs sommets sur la droite.
PURES ET APPLIQUÉES. 391
ractéristique des deux axes de chaque système , c'est que le pôle de l'un,
pris par rapport à la conique , est situé sur l'autre.
Ce sont ces systèmes de deux axes conjugués relatifs à un point
dont nous allons chercher les propriétés ; elles seront la généralisation
de celles des diamètres conjugués.
5. Nous nous servirons pour cela d'un principe général de la pers-
pective, dont on n'a pas eucore fait usage , et qui sera d'un très utile
secours dans beaucoup d'autres questions. Sa démonstration ne peut
offrir de difficulté; et nous nous bornerons ici à son énoncé :
PRINCIPE DE PERSPECTIVE. Quand deux figures planes sont la pers-
pective l'une de l'autre, le rapport des distances d'un point quelconque
de la première à deux droites fixes de cettefigure, est au rapport des
distances du point homologue de la seconde figure aux deux droites
correspondantes à ces droitesfixes , dans une raison constante.
6. Une droite , dans chacune des deux figures , peut être prise à
l'infini ; de là résultent deux corollaires du principe, qui nous seront
utiles; nous allons tout de suite les énoncer, pour ne plus revenir sur
ces propositions préliminaires :
1F COROLLAIRE. Quand deux figures planes sont la perspective l'une
de l'autre , la distance d'un point quelconque de la première , à une
droitefixe prise dans le plan de cettefigure , est dans une raison cons-
tante avec le rapport des distances du point homologue de la seconde
figure à deux droites fixes , dont la première correspond à la droite
prisedans le plan de la première figure , et la seconde est l'intersection
du plan de la secondefigure par le plan menépar l'œil parallèlement
au plan de la premièrefigure.
7. 2º COROLLAIRE. Quand deuxfigures planes sont la perspective l'une
de l'autre , si l'on mène dans la première la droite correspondante à
l'infini de la seconde ( c'est-à-dire la droite qui est l'intersection du
plan de la première figure par le plan mené par l'œil parallèlement à
çelui de la seconde ), et dans le plan de la secondefigure la droite
correspondante à l'infini de la première , les distances de deux points
homologues quelconques des deuxfigures à ces deux droites respecti-
vement , auront leur produit constant.
8. Cela posé, reprenons nos deux coniques c, C , qui sont la pers
50..
392 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
pective l'une de l'autre, et considérons dans le plan de la seconde le
point S qui correspond au centre s de la première. La conique C et le
point S étant donnés, il y aura une infinité de coniques c, dans l'es-
pace, qui auront pour perspective la courbe C, et dont les centres s
correspondront au point S. Parmi cette infinité de courbes qu'on peut
concevoir , choisissons-en une qui présente cette circonstance particu-
lière, que deux diamètres quelconques de cette courbe fassent entre
eux un angle égal à celui des deux droites qui leur correspondent dans
le plan de la courbe C, lesquelles droites seront deux axes conjugués
relatifs au point S. Cette relation particulière entre la courbe cet sa
perspective C , peut s'obtenir facilement. Pourcela, que par la polaire
du point S , prise par rapportà la courbe C, on mène un premier plan
quelconque; puis un second quidivise en deux, également,l'angleque le
premier fera avec le plan de la courbe S; et que par le point S on mène
une droite perpendiculaire au second plan; elle rencontrera le premier
en un point s qui sera pris pour le lieu de l'œil; un plan quelconque
parallèle au premier , fera dans le cône qui aura le points pour som-
met et la courbe C pour base, une section qui sera la courbe c.
9. D'après cela , appliquons aux deux courbes c, C le principe ex-
primé par le premier corollaire , en regardant la courbe e comme la
première figure, et la courbe C comme la seconde.
Menons par les points s, S, dans les plans des deux courbes , respec-
tivement , deux droites correspondantes sq, SQ; soient a, A deux
points correspondants quelconques des deux courbes ; aq , AQ les
perpendiculaires abaissées de ces points sur les deux droites sq, SQ;
et AP la perpendiculaire abaissée du second sur la polaire du point S;
on aura , d'après l'énoncé du premier corollaire ,

AQ
aq = λ AP '
A étant une constante.

Or aq et AQ étant les perpendiculaires abaissées des deux points


a, A sur les droites sq , SQ , on a

aq = as . sin asq ,
AQ = AS . sin ASQ.
PURES ET APPLIQUÉES. 393
La droite ss , qui passe par le sommet du cône, étant , par hypo-
thèse , perpendiculaire au plan qui divise en deux également l'angle
des plans des deux courbes c , C, il s'ensuit que l'angle des deux droites
sa , sq est égal à l'angle des deux droites SA, SQ; de sorte que les
deux équations ci-dessus donnent
as
aq
=
AQ AS

L'équation précédente devient donc


SA
sa λ.
AP

Cette équation résout la question que nous nous proposions; car


elle sert à appliquer aux axes de la conique C , relatifs au point S ,
les propriétés des diamètres de la conique c.
Il est important de se rappeler que les angles que font entre eux ces
axes , sont égaux aux angles que font entre eux les diamètres corres-
pondants, comme nous l'avons dit ci-dessus des angles asq , ASQ.
Cela servira pour transporter diverses propriétés des diamètres d'une
conique , aux axes relatifs à un point.
Appliquons cette méthode.
10. Dans une conique , il existe un système de deux diamètres con-
jugués rectangulaires, et ces diamètres sont maximum et minimum
parmi tous les autres ; on en conclut que
Dans une conique, parmi les systèmes de deux axes conjugués SA,
SA' relatifs à un point S , il en existe un où ces axes sont à angle
SA SA
'
droit ; pour ces deux axes les rapports AP, AP sont, respectivement,
un maximum et un minimum.

11. La somme des valeurs inverses des carrés de deux demi-diamè-


tres rectangulaires est constante ; donc
Pour deux axes SA , SA " relatifs à un point , menés à angle droit,
AP A'P'
la somme des carrés des deux rapports SA, SA, est constante.
12. La somme des carrés de deux demi-diamètres conjugués est cons-
tante; donc
394 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
Pour deux axes conjugués SA , SA' relatifs à un point S , la somme
des carrés des deux rapports SA SA'
AP , AP est constante.
13. La somme des carrés des projections de deux diamètres
conjugués , sur une droite, est constante; c'est-à-dire que la somme
des carrés de deux demi-diamètres conjugués , multipliés respec-
tivement par les carrés des cosinus des angles qu'ils font avec une
droite fixe , et constante. On en conclut que, pour deux axes
SA SA'
conjugués SA, SA', les carrés des rapports AP, AP multipliés res-
pectivement par les carrés des cosinus des angles que les deux axes
SA , SA' font avec une droite fixe , ont leur somme constante. Ce
théorème peut s'exprimer ainsi ;
La somme des carrés des perpendiculaires abaissées des extrémités
de deux axes conjugués relatifs à un point , sur une droite menée par
ce point , divisés respectivement par les carrés des distances de ces
points à la polaire du pointfixe , est constante.
14. Que la droite menéepar le point fixe, soit parallèle à la polaire
de ce point , le théorème prendra cet énoncé :
La somme des carrés de deux axes conjugués relatifs à un point ,
divisés respectivement par les carrés des segments compris sur ces
axes entre leurs extrémités et la polaire du point, est constante.
15. La somme des carrés des perpendiculaires abaissées des quatre
extrémités de deux diamètres conjugués sur une droite fixe menée ar-
hitrairement , est constante ; on conclut de là, par le principe exprimé
dans le premier corollaire , que
Dans une conique , deux axes conjugués relatifs à un point ren-
contrent la courbe en quatre points qui sont tels que la somme des car-
rés de leurs distances à une droitefixe menée arbitrairement , divisés
respectivement par les carrés des distances de ces points à la polaire
du pointfixe, est constante.
16. Si la droite fixe est prise à l'infini , on fera usage du second co-
rollaire , et l'on aura ce théorème :
Dans une conique , deux axes conjugués quelconques relatifs à un
pointfixe rencontrent la courbe en quatre points qui jouissent de cette
PURES ET APPLIQUÉES. 395
propriété, que la somme des valeurs inverses des carrés de leurs dis-
tances à la polaire du pointfixe , est constante.
17. On voit par ce qui précède , comment les propriétés des diamè-
tres conjugués donnent lieu à des propriétés des systèmes de deux
axes conjugués relatifs à un point , qui sont la généralisation des
premières .

Manière de démontrer les propriétés des foyers dans les


sections coniques .

18. La position que nous avons supposée aux deux courbes c, C


dans l'espace (8) , conduit naturellement à la découverte desfoyers
des coniques , et se prête aussi à la démonstration de leurs propriétés.
Car si l'on suppose que la courbe e soit un cercle, on aura sa le
SA
rayon , et par conséquent , AP constante; ce qui est une des pro-
priétés caractéristiques desfoyers.
Ainsi l'on est conduit naturellement à la considération de ces points
qui jouent un si grand rôle dans la théorie des coniques. Les Anciens,
bien qu'ils aient formé et étudié les coniques dans le cône, ou , comme
ils disaient , dans le solide , n'ont traité des foyers que par des consi-
dérations de Géométrie plane , sans dire par quelle voie ils ont été
conduits à la découverte de ces points. Les Modernes , en voulant re-
chercher l'origine de ces points dans le cône même , n'ont pris que le
cône droit , ou de révolution; et l'on n'avait pas encore indiqué le
moyen de découvrir ces points dans le cône oblique, nid'y démontrer
leurs propriétés.
19. Les considérations précédentes se prêtent avec une grande faci-
lité à la démonstration de toutes les propriétés des foyers, en les dé-
duisant de celles du cercle. Nous donnerons ici un seul exemple de
cette méthode .
Qu'autour d'un point fixeo , pris dans le plan d'un cercle, on fasse
tourner une transversale qui rencontre la circonférence en deux points
a , a' ; soient aq, a'q', oq" les perpendiculaires abaissées des trois points
a, a', o sur la polaire du point fixe, on démontre facilement que l'on
‫ני‬

396 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES


a la relation
1 I 2
+ ;
aq aq
' oq"
c'est-à- dire que
I

aq
const.,
aq

quelle que soit la transversale menée par le point o.


On doit prendre le signe + quand ce point est dans l'intérieur du
cercle , et le signe - quand il est au dehors.
Dans la conique C, qui est la perspective du cercle, à la transversale
oaa' corespondra une transversale OAA' menée par un point fixe 0 ;
au centre du cercle correspondra le foyer de la conique; à la droite
située à l'infini dans le plan du cercle, correspondra la directrice re-
lative à ce foyer. Soient AP, A'P' les perpendiculaires abaissées des
points A, A' sur cette directrice et AQ, A'Q' les perpendiculaires
abaissées des mêmes points sur la polaire du point 0; on aura , d'après
le premier corollaire,
AQ A'Q'
aq = λ AP ' α'q' = λ A'P'
L'équation ci-dessus devient donc
AP A'P'
+ = const.
AQ A'Q'

Elle exprime cette propriété générale des coniques :


Si autour d'un point fixe , pris dans le plan d'une conique , onfait
tourner une transversale qui rencontre la courbe en deux points , la
somme ou la différence des distances de ces deux points à la directrice
de la conique , divisées respectivement par leurs distances à la polaire
du pointfixe , sera constante.
Ce sera la somme si le point fixe est pris dans l'intérieur de la courbe,
et la différence s'il est pris au dehors.
20. Maintenant , en observant que la distance d'un point de la
courbe à la directrice est proportionnelle à la distance de ce point au
foyer, on donnera au théorème cet autre énoncé :
Si autour d'un point fixe pris dans le plan d'une conique , onfait
tourner une transversale qui la rencontre en deux points; la somme ou
PURES ET APPLIQUÉES . 397
la différence des distances de ces deux points aufoyer de la courbe ,
divisées respectivement par leurs distances à la polaire du pointfixe ,
sera constante .

Ce sera la somme si le point fixe est pris dans l'intérieur de la courbe,


et la différence s'il est pris au dehors .
21. Si le point fixe est le centre de la courbe , sa polaire est à l'in-
fini , et le théorème devient la propriété connue du foyer, savoir,
que
La somme ou la différence des rayons vecteurs menés d'unfoyer
d'une conique aux extrémités d'un diamètre est constante.
C'est la somme dans l'ellipse , et la différence dans l'hyperbole .
22. Nous nous bornerons ici à ce seul exemple, qui suffit pour faire
voir comment on démontrera dans le cône oblique les propriétés des
foyers des sections coniques. On obtiendra de cette manière un assez
grand nombre de propriétés nouvelles , que j'aurai occasion de dé-
montrer ailleurs .

Principes de Géométrie plane analogues à ceux de la


perspective.

23. Les principes et les considérations de perspective dont nous nous


sommes servi peuvent se transformer aisément en considérations de
Géométrie plane, et conduire à une autre méthode , différente dans la
forme , quoique la même au fond, pour étudier les propriétés des
sections coniques.
Reprenons les deux courbes c, C dans l'espace. Puisque deux droites
quelconques sa, sb , menées par le point s, dans le plan de la pre-
mière , font entre elles un angle égal à celui des deux droites corres-
pondantes SA , SB dans le plan de la seconde courbe, on voit que si
sur celles-ci on prend des lignes SA', SB', ... égales aux lignes sa',
sb' , ... , leurs extrémités seront sur une conique C' ayant son centre
ARY co-
en S , et qui sera égale à la courbe c. Ainsi l'on aura entre cette
R
nique C' et la conique C la relation REESE LIB
OF THE
TY
SA' = λ.
SA

UNIVERSI
'AP
CALIFORNIA
Тоте II.- ОCTOBRE 1837.
1

598 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES


On conclut de là ce théorème de Géométrie plane :
Étantpris unpointfixe S dans le plan d'une conique , si de ce point
on mène une droite à chaque point A de la courbe , et que , AP étant
la distance de ce point à la polaire du pointfixe , on prenne sur SA
SA
un segment SA' proportionnel à AP, le point A' sera sur une section
‫و‬

conique C' qui aura son centre au pointfixe.


Si le point fixe est un foyer de la conique proposée , la nouvelle
courbe sera un cercle.

24. La conique C' peut être regardée comme la projection de la


courbe c sur le plan de la courbe C , cette projection étant faite par des
droites parallèles entre elles , et perpendiculaires au plan qui divise
en deux également l'angle des plans des deux courbes c , C. Et
quelle que soit la figure tracée dans le plan de la courbe c, cette pro-
jection produira une figure parfaitement égale , dans le plan de C. II
suit de là que toutes les relations descriptives et métriques entre la
courbe c et la courbe C auront lieu entre les deux courbes C' et C si-
tuées dans un même plan.
25. Les relations descriptives font voir que les deux courbes C' et C
sont homologiques , suivant l'expression de M. Poncelet, c'est-à-dire
que les points correspondants des deuxfigures concourent enun même
pointfixe (appelé centre d'homologie) qui est le point S; et les droites
correspondantes concourent en des points situés tous sur une même
droite ( appelée axe d'homologie) , qui est ici la droite d'intersection
des plans des deux courbes.
26. Mais , outre ces relations descriptives , il résulte encore de ce
qui précède diverses relations métriques entre deux figures homolo-
giques , qui n'ont point encore été données et qui doivent jouer un
rôle important dans cette théorie et dans ses nombreuses applications.
Nous nous bornerons, dans ce moment , à cette simple observation ,
parce que nous avons traité ailleurs de cette théorie avec tous les déve-
loppements dont elle nous a paru susceptible , dans un travail où elle se
présente comme cas particulier d'une méthode plus générale pour la
transformation des figures, méthode propre à la généralisation et à la
démonstration des vérités géométriques. Cette méthode s'applique aux
figures à trois dimensions, et nous servirapar conséquent à donner
aux propriétés des diamètres des surfaces du second degré la même gé-
PURES ET APPLIQUÉES. 399
néralisation que nous venons de donner aux propriétés des diamètres
des sections coniques. Nous avons voulu simplement montrer, dans le
présent article, qu'avec le seul secours de la Géométrie la plus élémen-
taire , on pouvait , sans considérations bien savantes ni théories nou-
velles , parvenir à la même généralisation, du moins pour les co-
niques.
Nous avons fait usage, pour cela, des seuls principes de la perspec-
tive, méthode facile, avec laquelle on est familiarisé , mais dont on n'a
pas encore tiré , je crois, tous les avantages qu'elle peut procurer,
parce qu'on n'y a considéré, généralement , que les relations descrip-
tives des figures , et nullement les relations métriques. Celles-ci ce-
pendant sont plus importantes , plus utiles et plus fécondes , et con-
duisent à des résultats plus complets. J'aurai occasion de développer
ailleurs cette idée , et d'en faire l'application à plusieurs résultats des
travaux de Monge et de Carnot , que je regarde comme l'origine et le
fondement des progrès que la Géométrie a faits depuis une trentaine
d'années .

27. Troisième mode de généralisation. Ce troisième genre de généra-


lisation consiste à substituer aux systèmes de deux demi-diamètres
conjugués d'une conique, des systèmes d'un plus grand nombre de
demi - diamètres , déterminés suivant des conditions communes ,
telles que les propriétés connues des systèmes de deux diamètres
conjugués appartiennent aussi à ces systèmes d'un plus grandnombre
de demi -diamètres .
En partant de cette idée de généralisation , nous sommes parvenu à
l'expression commune des systèmes d'un nombre quelconque de demi-
diamètres d'une conique, jouissant de toutes les propriétés des sys-
tèmes de deux demi-diamètres conjugués; ces propriétés mêmes pou-
vant être énoncées dans une plus grande généralité. Cette matière,
pour être exposée complétement, exigerait un article assez étendu ;
nous y reviendrons ailleurs : nous allons simplement considérer ici les
systèmes de trois demi-diamètres, parce que nous pouvons traiter ce
cas par une méthode particulière , qui n'exige aucunes considérations
préalables.
Nous supposerons que la conique soit une ellipse; et, au lieude con-
sidérer trois demi-diamètres de cette courbe, nous considérerons les
51.
400 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
trois points qui sont les extrémités de ces demi-diamètres. Cela est ab-
solument la même chose ; mais nous pourrons par là énoncer un plus
grand nombre de théorèmes. Ainsi nous allons considérer plusieurs
systèmes de trois points pris d'une certaine manière sur une ellipse.
28. Concevons une sphère , et trois de ses rayons rectangulaires :
par leurs extrémités, menons un plan qui coupera la sphère suivant
un cercle ; concevons le diamètre qui passe par le pôle de ce cercle ; si
autour de ce diamètre on fait tourner le système des trois demi-rayons
rectangulaires , il est évident que leurs extrémités se mouvront sur le
cercle , ce qui prouve qu'il y aura une infinité de systèmes de trois
rayons rectangulaires qui s'appuieront sur le cercle passant par les
extrémités des trois premiers rayons.
Maintenant supposons que la sphère étant rapportée à trois axes
coordonnés , à chacun de ses points ayant pour coordonnées x, y, z ,
corresponde dans l'espace un point qui ait pour coordonnées , suivant
les mêmes axes respectivement , ces trois premières multipliées par
trois constantes, c'est-à-dire λx, μy, vz. Ce nouveau point appartien-
dra à un ellipsoïde; et l'on reconnaît aisément que, à trois rayons
rectangulaires de la sphère correspondront trois demi-diamètres con-
jugués de l'ellipsoïde; et qu'à une section plane de la sphère corres-
pondra une section plane de l'ellipsoïde.
Il résulte de là , que
Le plan mené par les extrémités de trois demi-diamètres conjugués
d'un ellipsoïde coupe cette surface suivant une ellipse E, sur laquelle on
peut prendre une infinité d'autres systèmes de trois points qui seront
aussi les extrémités de trois demi-diamètres conjugués.
29. Ce sont là les systèmes de trois points que nous allons considé-
rer ; mais il nous faut caractériser et définir les trois points par quelque
propriété prise dans la nature seule de la courbe E , sans être obligé de
faire usage d'une surface du second degré. Pour cela, soient A , B , C
les trois points , considérés comme les extrémités de trois demi-dia-
mètres OA , OB , OC d'un ellipsoïde; concevons le plan tangent à cette
surface au point A; il sera parallèle au plan des deux demi-diamètres
OB , OC : la trace de ce plan tangent sur celui de la conique E, c'est-à-
dire la tangente à cette courbe, sera donc parallèle à la corde BC. II
PURES ET APPLIQUÉES . 401
suit de là que le diamètre de la courbe qui aboutit au point A passe par
le milieu de la corde BC. Pareillement les droites menées du centre de
la courbe aux points B , C passent , respectivement , par les milieux
des cordes AC , AB. On en conclut que le centre de la courbe est le
centre des moyennes distances des trois points A , B , C.
Réciproquement , trois points pris sur la conique , de manière que
leur centredes moyennes distances soit le centre de la courbe, sont les
extrémités de trois diamètres conjugués de l'ellipsoide. Car l'un de ces
trois points étant pris arbitrairement, les deux autres sont parfaitement
déterminés. Le point A , par exemple , étant donné , pour déterminer
les deux autres points B, C, on mènera par le centre O' de la conique
E le demi-diamètre O'A qu'on prolongera d'une quantité O'a égale à la
moitié de O'A , et par le point a on mènera une parallèle à la tangente
à la courbe au point A; les intersections de la courbe par cette paral-
lèle seront les points B, C.
Ainsi les systèmes de trois points pris sur la conique sont définis par
la condition que le centre des moyennes distances des trois points de
chaque système est le centre defigure de la courbe. Nous appellerons
ces trois points , pour abréger , points conjugués.
Passons à la démonstration des propriétés des systèmes de trois points
conjugués. Il nous suffira, le plus souvent , de rappeler une propriété
de trois diamètres conjugués de l'ellipsoïde , pour en conclure immé-
diatement la propriété correspondante du système de trois points con-
jugués.
30. Le tétraèdre formé par trois demi-diamètres conjugués est cons-
tant ; donc l'aire du triangle formé par trois points conjugués est cons-
tante .

31. Quand on a deux systèmes de demi-diamètres conjugués , le


tétraèdre construit sur un demi-diamètre du premier système et deux
demi-diamètres du second , a le même volume que le tétraèdre cons-
truit sur les trois autres demi-diamètres ; donc
Étant pris deux systèmes de trois points conjugués , l'aire du triangle
formé par un point du premier système et deux points du second, est
égale à l'aire du triangleformé par les trois autres points.
32. La somme des carrés de trois diamètres conjugués de l'ellip
402 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
soïde est constante; or ici le centre de l'ellipsoïde est indéterminé ; on
peut donc dire que :
La somme des carrés des rayons menés d'un pointfixe de l'espace
à trois points conjugués est constante.
Notre démonstration ne s'applique ici qu'à un point pris au dehors
du plan de la courbe, puisqu'un point prisdans son plan ne peut pas
êtrelecentre d'un ellipsoïde ayant pour diamètres conjugués les droites
menées de ce point aux trois points conjugués. Mais du cas général
d'un point pris dans l'espace on conclut la démonstration pour le cas
d'un point pris dans le plan de la courbe. Car soient A , B , C les trois
points conjugués , et O un point de l'espace , on aura
OA + OB + OC = constante,
Soit O' la projection du point O sur le plan de la courbe , on aura
2 2 2 2
2 2

OA = 00" +0"A", OB = 00""+ 0"B , OC00" +0"C.


Donc
2 2 2

300" + O"A + O"B + O"C = constante ;


d'où
2 2

O"A + O"B + O"C = constante.

Ainsi le théorème énoncé est général , quelle que soit la position du


point 0 .
33. La somme des carrés des perpendiculaires abaissées des extrémi-
tés de trois demi-diamètres conjugués sur un plan diamétral , est cons-
tante; qu'on prenne le plan diametral perpendiculaire au plan de la
conique , on en conclut que
La somme des carrés des perpendiculaires abaissées de trois points
conjugués d'une ellipse sur une droitefixe menée dans le plan de cette
courbe , est constante .
34. La somme des carrés des trois faces au sommet du tétraèdre
formée par trois demi-diamètres conjugués est constante ;
On conclut de là , que
Dans le tétraèdre qui a pour sommet un pointfixe de l'espace et
PURES ET APPLIQUÉES. 403
pour base le triangle formé par trois points conjugués quelconques ,
la somme des carrés des troisfaces au sommet est constante.
Et comme le triangle qui sert de base au tétraèdre a lui-même son
aire constante , on peut dire que
La somme des carrés des quatre faces du tétraèdre est cons-
tante .

35. La somme des carrés des projections des trois faces au sommet
du tétraèdre formé par trois demi-diamètres conjugués , sur un plan
fixe , est constante; on conclut de là et du théorème (30) que
Le tétraèdre qui a pour sommet un pointfixe de l'espace , et pour
base le triangle formépar trois points conjugués ,jouit de cette pro-
priété que la somme des carrésdes projections de sesfaces sur un plan
fixe est constante .
36. Si la projection est faite sur le plan de la figure , on en conclura,
en ayant égard encore au théorème (30) , que
Un point fixe pris dans le plan d'une conique étant le sommet
commun à trois triangles ayant pour bases les trois côtés du triangle
formé par trois points conjugués quelconques , la somme des carrés
des aires de ces trois triangles sera constante.
37. Les plans tangents à une surface du second degré , aux extré-
mités de trois demi-diamètres conjugués , font sur une droite diamé-
trale fixe trois segments dont la somme des valeurs inverses des carrés
est constante .

Supposons que les extrémités des trois demi-diamètres conjugués


soient toujours sur une même section plane de la surface; les trois
plans tangents passeront par un point fixe S , qui sera le sommet du
cône circonscrit à la surface suivant cette courbe; ce pointS , le centre
O' de la courbe et le centre O de la surface sont, comme on sait , en
ligne droite. Supposons que la transversale OD , menée par le centre
de la surface , soit parallèle au plan de la courbe; et par le centre O'
de cette courbe , menons dans son plan , une seconde transversale O'D'
parallèle à cette première; un plan tangent à la surface, en un des
points de la courbe , rencontrera les deux transversales OD, O'D' en
deux points T, T' qui seront en ligne droite avec le point S , puisque
ce plan tangent passe par ce point; il s'ensuit que les deux segments
OS
OT, O'T' sont entre eux dans le rapportos; c'est-à-dire que le seg-
404 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
ment O'T' est au segment OT dans une raison constante, quelque soit
le point de la courbe, par lequel on a mené le plan tangent; on conclut
donc du théorème énoncé ci-dessus , que
Les tangentes à une conique, menées par trois points conjugués quel-
conques, font sur une droitefixe menée par le centre de la courbe, trois
segments dont la somme des valeurs inverses des carrés est cons-
tante .

38. Concevons deux plans fixes menés par le centre d'une surface du
second degré , et un système quelconque de trois demi-diamètres
conjugués ; que de l'extrémité de chaque demi-diamètre on abaisse
des perpendiculaires sur les deux plans , et qu'on fasse leur produit ;
la somme des trois produits ainsi faits sera constante, quel que soit le
système des trois demi-diamètres conjugués (*).
Supposons que les deux plans fixes soient perpendiculaires au plan
de la courbe sur laquelle s'appuient les trois demi-diamètres conjugués;
on en conclura ce théorème :
Étant menées dans le plan d'une conique deux droites fixes, et
étant pris sur cette courbe trois points conjugués quelconques , si de
chacun de ces points on abaisse sur les deux droites des perpendicu-
laires , et qu'on fasse leur produit , la somme des trois produits ainsi
faits sera constante.
Si les deux droites fixes se confondent, on a le théorème (33) .
Nous n'avons pas besoin de montrer l'analogie qu'il y a entre les
diverses propriétés des systèmes de trois points conjugués d'une co-
nique, que nous venons de démontrer , et les propriétés des systèmes
de deux diamètres conjugués : ces analogies sont évidentes.
39. Les deux modes de généralisation que nous avons appliqués
précédemment aux propriétés des diamètres conjugués , par voie de
projection et de perspective , s'appliquent aussi aux propriétés des
systèmes de trois points conjugués.
Ainsi , par exemple , le théorème (32) donnera le suivant :
Étant données deux coniques dans un plan, si sur la première on

(*) J'admets ce théorème comme connu , quoiqu'il n'ait pas encore été donné ;
je le démontrerai dans un autre moment, avec quelques autres propriétés nouvelles
des diamètres conjugués .
PURES ET APPLIQUÉES . 405
prend trois points conjugués quelconques , et que du centre de la
seconde on mène des rayons à ces trois points , la somme des carrés de
ces trois rayons, divisés respectivement par les carrés des demi-dia-
mètres de la seconde conique compris sur ces rayons , sera constante .
40. Si les deux coniques sont concentriques, et que la première soit
un cercle , les trois points conjugués diviseront la circonférence en trois
parties égales , et les trois rayons diviseront l'espace angulaire autour
du centre en trois parties égales; on a donc ce théorème :
Si par le centre d'une conique on mène trois demi-diamètres divisant
l'espace angulaire en trois parties égales , la somme des valeurs in-
verses des carrés de ces trois demi-diamètres sera constante.
Nous n'insisterons pas davantage sur la généralisation dont les pro-
priétés des systèmes de trois points conjugués sont susceptibles , parce
que nous reviendrons sur cet objet en traitant d'une manière générale
des propriétés d'un système d'un nombre quelconque de points , pris
d'une certaine manière sur une conique.
41. Quatrième mode de généralisation. Plusieurs des propriétés ex-
primées pour les carrés des distances conviennent aux cubes.
Ainsi , la somme des cubes des perpendiculaires abaissées des quatre
extrémités de deux diamètres conjugués sur une droite fixe est cons-
tante.

Cette observation s'applique aussi à diverses propriétés des systèmes


de trois points conjugués que nous venons de faire connaître.
Mais je reviendrai dans un autre moment sur cet objet en traitant,
d'une manière générale, des propriétés de certains systèmes de points,
en nombre quelconque , situés sur une section conique , où l'on aura à
considérer non pas seulement les carrés et les cubes des lignes, mais
aussi des puissances plus élevées.
42. Dans un autre article , nous appliquerons aux propriétés des sec-
tions coniques , relatives à leurs foyers , les quatre modes de généra-
lisation que nous venons d'appliquer aux propriétés des diamètres
conjugués : nous obtiendrons de cette manière plusieurs théorèmes
nouveaux relatifs aux foyers des sections coniques.

Томе II. - ОсTORRE 1837. 52


406 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES

wwwwwww

NOTE

Sur la variation des constantes arbitraires dans les problèmes


de Mécanique ;

PAR M. AUG. CAUCHY (*).

1. Soient données , entre la variable t , n fonctions de t désignées


par x, y, z ... , et n autres fonctions de t désignées par u, v, w... ,
an équations différentielles du premier ordre et de la forme
dx dQ dy = dQ dz dQ
= =
dt du' di dv' dt dw....
(1) du dQ dv dQ dw dQ
=-
dt =-dy' = -... ,
dt dx dt

Q représentant une fonction de x , y, z ... , u, v , w ... , t. On


pourra supposer les inconnues x, y, z ... , u , v, w... , exprimées en
fonction det et de 2n constantes arbitraires a, b , c ...; et l'on aura,
dans cette hypothèse ,
dQ dQ dx dQdu
da = da ++
dy da
...++ ... ;

(*) Cet article fait partie d'un très long mémoire sur laMécanique céleste qui
a été présenté à l'Académie de Turin le 11 octobre 1831 et dont on peut voir
un extrait dans le Bulletin universel des Sciences de M. Férussac.
(J. LIOUVILLE .)
PURES ET APPLIQUÉES.. 407

par conséquent

dQ du dx dx du
da dt da
-

ddr
dt da ... +.... ,

(2) on trouvera de même


dQ du dx dv dy dxdu
de db -...+ dt db + .... ,
-
= -
db di db

Si de la seconde des équations (2) , différentiée par rapport à la quan-


tité a , on retranche la première différentiée par rapport à b, on
obtiendra la suivante,

(3) d [a,
di
b] = 0 ,
la valeur de [a , b] étant
dr du dxdu dydv dydv
-

(4) [a, b] =
dadb do da+ da duoda
db +....

puis, en intégrant l'équation (3) , on trouvera


(
5) [a , b] = constante.

Donc, les quantités représentées par les symboles [a, b] , [a, c], ...
[b , c] , ... seront indépendantes de t. Observons d'ailleurs qu'en
vertu de la formule (4), on aura généralement

[a, a] o, et [a , b] = [b , a].
Soient maintenant

A a, B = b , C = c, etc ....

les intégrales générales des équations (1 ) , A, B, C , ... désignant des


fonctions déterminées des seules variables x, y, z , ... u, v , w, ... t.
52..
408 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
Faisons de plus
dA dB dA dB dA dB dA dB
(7) (A, B) = dx du
-

du dx +
-
+ ... ,
dydv dv dy

on aura encore

(A , A) = o , (A , B) = - (В , А) .

D'ailleurs , si , dans l'équation qui détermine x en fonction de a , b ,


c , ... t , on substitue A , B , C , ... au lieu de a , b , c , ... , on ob-
tiendra une formule identique , qui , différentiée successivement par
rapport à x, y, z , ... u , ... donnera
dxdA dx dB dx dA dxdB
(8) 1 = ++ ....
dadx = da dy + du dy +..., o = etc... ,
et , si l'on ajoute entre elles les valeurs de (A , A) , (A , B) , (A , C), ...
dr dx dx
en
respectivement multipliées par da, b, .. .... on trouvera ,
ayant égard aux formules (8) ,
dA
((A, A) + (A, B) +( C) = ;
on trouvera de même ,
(9)
dA
(A, A) dy + (A, B)
da db + ( AC) dy ...
dc
-

etc....

Parcillement, si l'on ajoute entre elles les valeurs de (A, A), (A, B),
du du du
on
(A , C) , ... respectivement multipliées par da, do? .......
trouvera

du du du dA
..

da
((A, A) + (A, B) +(AC)
on aura de même
…= ;
(10)
{ dv
(A, A)da + (A, B)
etc....
dv
+ (A, C)
dv
+ ... =
=
dA
dy
PURES ET APPLIQUÉES. 409
D'autre part , si l'on différentie successivement la première des formu-
les (6) par rapport à chacune des quantités a, b , c, ... en considérant
x , y, z , ... u , v , w , ... comme des fonctions de a , b , c , ... t ,
on en tirera ..

dAdx dA dAdr dAdr


( 11 ) 1= datddr+...+dadu
dy
+... , ο dodo +..., =dxdet....
etc.

Cela posé, si l'on combine par voie d'addition les formules (9) et ( 10),
du
-

après avoir multiplié respectivement les formules (9) par da'


dv dr dy dz
-

da'
dw..
da et les formules ( 10) par da da da ..., on trou-
,

vera , en ayant égard à la première des équations (11) , 1

(A , A) [a, a] + (A , B) [a, b] + (A, C) [a, c] + ... = 1 ;


on aura de même ,
(12) (A , A) [b, a] + (A , B) [b , b] + (A, C) [b , c] +... = 0 ,
(A, A) [c , a] + (A , B) [c, b] + (A , C) [c , c] + ... = 0 ,
etc.

Les équations (12) suffisent pour déterminer les valeurs des quantités
(A , B) , (A , C) , etc..., quand on connaît celles des quantités cons-
tantes [a , b] , [a, c], .., [b, c]. Des équations semblables détermineront
les valeurs de (B , A) , (B , C) , ... etc... Donc les quantités (A , B),
(A , C) ,...(B, C), etc... sont elles-mêmes constantes, et ne dépendent
pas de la variable t. ::

Il est bon d'observer que , si , dans les équations (6) différentiées


dx dy du
par rapport àt , on substitue les valeurs de di' di' ...
...
tirées

des équations (1) , les formules ainsi obtenues , savoir ,


dAdQ dAdQ dA dQ dBdQ dBdQ
( 13) 0 dx du+ dydv+ ....

du dx , dx du t ... du dx
...,
410 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
auront pour seconds membres des fonctions identiquement nulles de
x , y, z , U, V , w, .... t. Car, s'il en était autrement , il existerait entre
les valeurs générales de x , y, z, ...u , v , w, ....t, et par conséquent
aussi entre les valeurs initiales de x, y, z ,....u , v , w , .... correspon-
dantes à to , des équations qui ne renfermeraient aucune constante
arbitraire; ce qui est absurde, puisque ces valeurs initiales peuvent
être choisies arbitrairement.

Supposons maintenant qu'il s'agisse d'intégrer non plus les équa-


tions ( 1) , mais les suivantes :
dx = dQ + dR dy = dQ+ dR dz = dQ + dR , etc...,
dt du du dt di dw

{
( 14) du
dil
di
dQ
dx
dR
dx
dv
di
dQ
dy
dR

dy di
dw dQ
dz
dR
da, etc... ,
on pourra supposer encore les valeurs de x , y, z , ....u, v , w, ...
déterminées parleséquations(6), pourvuquel'ony considère a, b, c, ...
comme devenant fonctions de t. Alors , si, dans la première des équa-
tions (6) , différentiée par rapport à t, on substitue les valeurs de
dx dy du
tirées des équations (14) , si d'ailleurs on a égard
à la première des formules (13), qui subsiste , quelles que soient les
valeurs de x, y, z, ... u , v , w, ...t , on trouvera
da dA dR dA dh dA dR
(15) di dx du + dy dv + ...

du dx ...,
Enfin , si , après avoir exprimé R en fonction de a, b , c , ...t, on y
substitue, au lieu de a , b , c, ... les fonctions de x, y, z, ... u, v, w, ...t
représentées par A , B , C, ... , on retrouvera identiquement la pre-
mière valeur de R; et l'on aura , par suite,
dR dR dA dR dB dR dR dA dRdB
(16) dx da dx+ db det... dy da dy+वह व +... , etc...,
dR dR dA
du da dut..... , etc.
PURES ET APPLIQUÉES. 411

Cela posé, la formule (15) donnera


da dR dR
di = (A, B) + (A , C) + ... ; on trouvera de même
db dR dR
(17)
dt = (B , A) + (B , C) + ... ,
etc ...

Telles sont les équations différentielles qui devront servir à déter-


miner a, b , c, ... en fonction de t. Les coefficients de.......
dR dR
da' db ' etc.., ..... dans ces équations , seront, d'après les remarques
précédemment faites, des fonctions des seules quantités a, b , c , ... ;
et la variable t n'y entrera pas d'une manière explicite.

Application à la Mécanique céleste.

2. Soient M la masse du Soleil , m, m


' , m" ... les masses des pla-
nètes : prenons pour origine des coordonnées le centre du Soleil , et
soient

x , y, z, x' , γ', ', ...

les coordonnées des planètes dans leurs mouvements relatifs autour


de cet astre. En choisissant convenablement l'unité de masse , dé-
signant par u , v , w les vitesses de m mesurées parallèlement aux
axes des x , y, z , et faisant pour abréger

' M = m + m,

r = (x +y + z ) , r = (x' + ' + ' ) , etc. ,


x = [(x - x') + ( -y) + (2-2 ) ,
m' (xx' +yy
' + zz') m
'
R '3 + -- ,
412 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
on trouvera pour les équations différentielles du mouvement de m ,
dx dy dz

di и, dt = 1 , di = w,
du Mx dR dv My dR dw Mz dR
3
dt dx' dt r dy' dt dz

Pour déduire ces dernières formules des équations (14) du numéro


précédent , il suffira de prendre
u² + + 12 M
=
2 r

et d'admettre que R est fonction seulement de x , y, z, x', γ', ', ...


Ainsi la théorie générale exposée ci-dessus s'applique sans difficulté
aux équations différentielles du mouvement des planètes.
PURES ET APPLIQUÉES . 413

Mw

Sur quelques Propriétés générales des Surfaces gauches ;

PAR M. CHASLES .

THÉORÈME. Tout plan mené par une génératrice d'une surface


gauche touche la surface en un point , et lui est normal en un
autre point ;
Ces deux points ont entre eux la relation suivante :
Le produit de leurs distances à un certain point fixe , situé sur la
génératrice , est constant.
Tout plan mené par une génératrice coupe la surface suivant une
courbe ; et le point où cette courbe rencontre la génératrice est le
point de contact du plan et de la surface. Pour déterminer le point
où le plan est normal à la surface , il faut mener, par la même géné-
ratrice, un second plan qui soit perpendiculaire au premier, et prendre
le point où ce second plan touchera la surface; ce sera le point où le
premier plan lui sera normal. Nous aurions donc pu énoncer le théo-
rème de cette manière :
Étant menés, par une méme génératrice d'une surface gauche, deux
plans rectangulaires , les points où ces deux plans touchent la surface
auront entre eux cette relation , que, le produit de leurs distances à
un certain pointfixe , situé sur la génératrice , sera constant.
On peut mener d'une infinité de manières un hyperboloïde à une
nappe tangent à une surface gauche suivant toute l'étendue d'une gé-
nératrice; tout plan mené par la génératrice touchera la surface et
l'hyperboloïde au même point; il suffit donc de démontrer le théo-
rème pour un hyperboloïde.
Concevons trois systèmes de deux plans rectangulaires menés par
une génératrice D d'un hyperboloïde. Soient A , A' les plans du pre-
mier système , B , B' ceux du second , et C, C' ceux du troisième,
Tome II. - NOVEMBRE 1837. 53
414 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
Ces six plans donnent lieu à la relation d'involution entre les sinus de
leurs inclinaisons mutuelles; c'est-à-dire qu'on a
sin C , A. sin C , A' sin C, B. sin C, B'
sin C, A. sin C', A' sin C', B. sin C', B'

Cette équation se vérifie aisément; car les angles qui y entrent sont
égaux, deux à deux. Ainsi, par exemple, l'angle Ć,Aest égal à l'angle
C', A', puisque les deux plans C', A' sont perpendiculaires, respective-
1
ment, aux deux plans C, A. Il s'ensuit que les facteurs des numéra-
teurs sont égaux , un à un , aux facteurs des dénominateurs , et qu'ainsi
l'équation est vérifiée.
Cette équation est une de celles qui subsistent quand on y remplace
les sinus des inclinaisons des plans par les segments que ces plans font
sur une transversale quelconque. Soit donc une transversale menée
arbitrairement dans l'espace , et soient a, a', b , b', c, c' les points où
les six plans A , A', B , B', C, C' la rencontrent; on aura entre ces
points la relation
[Link] [Link]
[Link] =
[Link] [Link]

Supposons que la transversale soit une génératrices D' de l'hyperbo-


loïde , et soient a , α', β , β', γ , γ' les points où les six plans sont
tangents à l'hyperboloïde ; alors les six droites aa , a'd' , Cb , 6'b' , ус,
y'c' seront six génératrices du second mode de génération de l'hyper-
boloïde.

Considérons le quadrilatère formé par les quatre génératrices D, D' ,


vc , y'c' , dont les sommets , pris consécutivement, sont y, c , c', γ
'.
On sait que pour une génératrice quelconque qui s'appuie en u etm
sur les deux côtés opposés γ', cc', on a la relation constante
mc
[Link]
mc
' μγ

où k est une constante (*).

(*) J'ai démontré ce théorèmedans le tome II de la Correspondance sur l'École


Polytechnique, p. 446. Depuis il a été reproduit dans plusieurs traités deGéomé-
trie descriptive.
PURES ET APPLIQUÉES. 415
Prenant successivement, pour la génératrice µm , les quatre droites
αα , α'α', 66 , 6'b' , on aura
ac
= αγ ac ay
k. , = k 2
ac ay ác ay
bc by b'c
bc
= k. =k v
b'c
'

D'après ces relations , l'équation ci-dessus devient celle-ci :


γα . γα 26. 26
=
γαγα γ . γ'σ

α , α΄, β , β΄, γ, γ' sont les points de contactdes six plans A , A', B ,
B', C , C' avec l'hyperboloïde, et par conséquent avec la surface gau-
che. Et si l'on ne considère que les trois plans A , B , C qui sont menés
arbitrairement par la génératrice D , nous dirons que a , 6 , y sont les
points où ils tonchent la surface , et α', β', γ ' les points où ils lui
sont normaux. L'équation ci-dessus exprime donc une propriété gé-
nérale de la surface , relative aux trois plans A, B, C. Cette équation
est celle qu'on appelle involution de six points ; nous pouvons donc
dire que
Si l'on mène trois plans quelconques par une génératrice d'une sur-
face gauche , les trois points où ils seront tangents à la surface , et les
trois points où ils lui seront normaux seront six points en involution.
Maintenant supposons que le plan C soit mené parallèlement à
la génératrice de la surface qui est infiniment voisine de la gé-
nératrice D; alors le point de contactdu plan C avec la surface sera
à l'infini; ou , en d'autres termes , la courbe d'intersection de la sur-
face par le plan C ne rencontrera la génératrice D qu'à l'infini ,
puisque ce plan rencontre la génératrice infiniment voisine à l'infini.
Ainsi le point y est à l'infini , et l'équation ci-dessus se réduit à
γ'α . γ'α = γ' . γ'6' .
Donc le produit des distances des deux points a, a' au point y est
égal au produit des distances des deux points 6, 6' au même point y' .
Ce qui démontre le théorème énoncé.
Observations. Le point y est , comme on voit , celui où le plan
mené par la génératrice D, parallèlement à la génératrice infiniment
53..
416 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
voisine , est normal à la surface. Appelons O ce point, au lieu de ' .
Ce point Ojouit de quelques propriétés géométriques.
Pour déterminer ce point, il faut concevoir le plan mené par la gé-
nératrice D parallèlement à la génératrice infiniment voisine D' , et
mener par la droite D un second plan perpendiculaire à ce premier ;
puis chercher le point où ce second plan touchera la surface : ce point
de contact sera le point O. Or le second plan passera par la droite qui
mesure la plus courte distance des deux génératrices D , D' . Cette
droite, qui est infiniment petite, est située sur la surface; le point où
elle s'appuie sur la génératrice D est donc le point de contact du second
plan avec la surface. C'est donc le point O.
Ainsi , le point O est le point où la droite qui mesure la plus courte
distance entre la génératrice D et la génératrice infiniment voisine ,
s'appuie sur la première.
Que par tous les points de la génératrice D on mène des plans per-
pendiculaires à cette droite, et des tangentes aux courbes d'intersec-
tion de la surface par ces plans; ces tangentes s'appuieront sur la
génératrice infiniment voisine D', et formerontun paraboloïde hyper-
bolique tangent à la surface suivant la génératrice D.
Le sommet de ce paraboloïde est le point 0.
En effet , ce qui caractérise le sommet d'un paraboloïde, c'est que
le plan tangent en ce point est perpendiculaire aux deux plans direc-
teurs du paraboloïde (*). Or le premier plan directeur du paraboloïde
est perpendiculaire à la génératrice D;le plan tangent en O lui est donc
perpendiculaire. Le second plan directeur est parallèle aux deux gé-
nératrices D, D'; et, par conséquent, perpendiculaire à la droite qui
mesure la plus courte distance de ces deux génératrices; donc le plan
tangent enO, qui passe par cette droite, est perpendiculaire àce second
plan directeur. Donc le point O est le sommet du paraboloïde.
Maintenant supposons que le paraboloïde tourne autour de lagéné-
ratrice D, et fasse unquart de conversion; ses génératrices qui étaient
perpendiculaires à la droite D lui seront restées perpendiculaires et

(*) Les plans directeurs d'un paraboloïde sont les deux plans auxquels les gé-
nératrices des deux modes de génération du paraboloïde sont respectivement
parallèles.
PURES ET APPLIQUÉES . 417
seront devenues normales à la surface , puisqu'elles étaient situées au-
paravant dans ses plans tangents. On conclut de là que
Les normales à une surface gauche, menées par les différents points
d'une de ses génératrices , forment un paraboloïde qui a son sommet
au point O déterminé ci-dessus.
De ces considérations résulte la construction suivante du point 0 :
Qu'en trois points de la génératrice D on mène les normales à la
surface ; qu'ơn cherche une droite qui s'appuie sur ces trois normales ,
et qu'on mène la droite qui mesure la plus courte distance entre cette
droite et la génératrice D ; le point où cette plus courte distance s'ap-
puiera sur la génératrice D sera le point 0.
Enfin , l'équation
[Link]' = 06.06′

donne un autre moyen pour construire le point 0; car les points a, a',
6, 6' étant connus , cette équation fait connaître le point O.
Sur chaque génératrice d'une surface gauche il existe un pareil
point O , qu'on peut définir aussi comme étant le sommet du para-
boloïde normal à la surface suivant la génératrice. Tous ces points
forment sur la surface une ligne courbe qui jouit de diverses pro-
priétés que nous examinerons dans un autre article. Nous nous bor-
nerons à dire ici que , sur un paraboloïde , cette courbe est l'ensemble
de deux paraboles qui ont pour axe commun celui du paraboloïde ,
418 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES

TROISIÈME MÉMOIRE
Sur le développement des fonctions ou parties de fonctions
en séries dont les divers termes sont assujétis à satisfaire à
une même équation différentielle du second ordre , conte-
nant un paramètre variable ;
PAR J. LIOUVILLE (*).
(Présenté à l'Académie des Sciences. -

Août 1837.)

I.

1. Dans ce troisième mémoire, comme dans les deux précédents,


je considère les fonctions V qui satisfont à l'équation différentielle
dk
dx
(1) dx + (gr - 1) V = 0 ,
et aux conditions définies
V
(2) -
hV = o pour x = x,
dx
dV
(3) + HV = 0 pour x = X :

x est une variable réelle qui peut croître depuis x jusqu'à X : h, H


sont deux coefficients positifs , et g, k , I trois fonctions positives
de x. Pour que les équations (1) , (2) , (3) aient lieu en même
temps, il faut que le paramètre r soit choisi parmi les racines (réelles
et positives) r., T., Ts , .... d'une certaine équation transcendante

(*) Voyez le tome Is de ce Journal , page 253 et le tome II , page 16.


PURES ET APPLIQUÉES . 419
(r) = o . Cela posé , on veut démontrer la convergence et trouver
la somme de la série
X
V gVf(x)dx
X
(4) Σ

X
X
Vdx -}.
dans laquelle le signe ∑ s'applique aux valeurs der dont il vient
d'être question et où f(x) représente une fonction réelle (*) de x.
Cette fonction f(x) est arbitraire : elle peut changer de forme ou
d'expression analytique dans l'étendue des valeurs de la variable;
mais nous supposerons en général que pour chaque valeur déter-
minée de x elle prend une valeur unique et déterminée , et que , de
plus , elle croît infiniment peu lorsque la variable x elle-même subit
un accroissement infiniment petit. J'ai démontré le premier la con-
vergence de la série (4), dans un mémoire imprimé à la page 16 de
ce volume ; mais l'analyse dont j'ai fait usage alors, quoique simple
et élégante , n'est pas encore assez générale. En effet, elle exige que
les dérivées premières et secondes des fonctionsg , k , f(x) ne de-
viennent jamais infinies lorsque x croît de xà X , et que , de plus,
f(x) vérifie les deux conditions suivantes :
df( x) -

dx hf(x) = 0 pour x = x ,
(5)
df(x) + Hf(x) = 0 pour x = X.

Je me propose ici de faire disparaître, autant qu'il me sera pos-


sible , ces restrictions diverses , et surtout celles relatives à la fonc-
tion f(x). Il me suffira , pour cela , de modifier un peu la méthode
dont je me suis servi précédemment , ce qui , je dois l'avouer, en al-
térera l'élégance. Mais la démonstration nouvelle qui résultera de ce
changement sera aussi rigoureuse que l'ancienne et beaucoup plus
complète. En l'exposant j'admettrai , pour plus de simplicité, que
des deux nombres h , H aucun n'est infini.

(*) Si la fonction f(x) était imaginaire et de la forme f(x) + V -if (x) ,


ondécomposait la série (4) en deux autres séries semblables , relatives aux deux
autres fonctions réelles f(x) ,f (x).
420 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
2. Il faut d'abord, comme dans mon second mémoire, changer
de variable indépendante et remplacer la fonction V par une autre
fonction U. Posons

z= [Link] , = Vgk, V = 6U, r = p* :


l'équation (1) deviendra
d-U
(6) + U = AU ,

A représentant la quantité
I d Vgk do
Vgk
-

dz dz
-

Vgk. ).
Quant aux équations (3), (4), si on leur applique les mêmes trans,
formations , elles prendront la forme
dU
(7) dz
-
h'U = 0 pour z
dU
(8) + H'U = 0 pour z = Z ,
dz

Z étant la valeur de z qui répond à x = X : h', H' désignent


deux constantes différentes de h , H , et qui ne sont pas assujétics ,
comme ces dernières , à la condition d'être positives.
On aura en même temps , par un calcul très simple ,
X Z

[Link] = ∫ •dz, 0

En faisant
f(x)√gk = f(z) ,
on aura aussi
Z

fxgVf(x)dx = f² Uf(z)dz. 0

Représentons par T le terme général de la série (4) : cette série sera

<
PURES ET APPLIQUÉES. 421
exprimée par (ΣΤ, et la valeur de T pourra se mettre sous la forme
Z

(9) T =
usuf(2)dz
0

Z ,

Udz
0

que nous lui attribuerons désormais exclusivement. Nous considére-


rons , dans les numéros qui suivent, les termes de la série ET qui ré-
pondent à des valeurs de très grandes , et nous démontrerons la
convergence de cette série , quelle que soit la fonction f(x) . Pour
l'exactitude de nos raisonnements , il suffira que la valeur absolue
✓ de la fonction
Z
soit tellement composée en z que l'intégrale
0
√.dz ait une valeur finie et puisse être regardée comme équi-
valente à la somme de ses éléments. Cette condition est remplie ,
dans certains cas , même par une fonction A qui devient infinie pour
une ou plusieurs valeurs de z comprises entre o et Z. Quand la con-
vergence de la série (4) aura été ainsi démontrée , on pourra conclure
de la méthode développée dans mon premier mémoire , que la
somme de cette série est f(x) depuis x = x jusqu'à x = X. Pour
l'exactitude de l'équation f(x) = (ΣΤ , il n'est pas du tout néces-
saire que la fonction f(x) satisfasse aux conditions (5) : ces con-
ditions , que j'ai imposées mal à propos à la fonction f '(x) dans
mes deux premiers mémoires , sont inutiles et doivent être abso-
lument mises de côté.
II .

3. Désignons , comme dans mon second mémoire , par λ' , U' ,


ce que deviennent et U lorsqu'on y remplace z par z' : nous
tirerons de l'équation (6) l'équation nouvelle
I

(10) U= cos pz + K'sing + SU'sing(z-z)dz' ,


९ 0

qui a été donnée déjà à la page 24 de ce volume. Cette valeur


de U satisfait à la fois à l'équation indéfinie (6) et à la condition dé-
finie (7) : elle suppose que l'on ait pris pour unité la valeur arbi-
traire de U relative à z = o . On peut s'en servir pour trouver une
limite supérieure de la plus grande valeur abolue que U puisse
Tome II. -
NO VEMBRE 1837 . 54
422 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
prendre lorsque z croît de o à Z. Soit en effet Q cette valeur maxima .
λ
Si la quantité v est telle que l'intégralef 0 .dz puisse être
regardée comme équivalente à la somme de ses éléments , il en
sera de même à fortiori de l'intégrale

S'U'sin (z -z')dz
0
:

la valeur de cette dernière intégrale augmentera donc en remplaçant


λ' par √x , U' par Q, sin p(z - z') par l'unité et z par Z : d'un
2

ęz
autre côté , le maximum de cos pz+ K'sine est√1 + ( ): donc

le second membre de l'équation (10) est constamment plus petit que


Z

++( ) + 0 √.dz ,
et comme, d'un autre côté , il peut devenir égal à Q, cela exige
que l'on ait

<√+ )+ √.dz.
Z
Ainsi , pour des valeurs des supérieures àf√.dz , il vient 0

Q<
√ +( ) Z
I

-[Link] 0

On peut donc trouver une limite indépendante de pau-dessous de


laquelle Qet U tomberont toujours , pour des valeurs de p de plus
en plus grandes : afin de mieux préciser cette limite , nous dirons
que l'on a par exemple U < 2 lorsque le paramètre e est suffisam-
ment grand. Ce théorème a été démontré , mais d'une manière moins
générale , dans monsecond mémoire.
III .

4. En différenciant l'équation (ro) par rapport à z, on obtient


PURES ET APPLIQUÉES. 423
dU dU
la valeur de dz
: il est aisé d'en déduire ensuite celle de dz
+ H'U

relative z = Z , et par conséquent de former, d'après la condition (8),


l'équation dont les valeurs des dépendent. En posant , comme dans
le mémoire déjà cité ,
Z
H'
P = h + H + S'U' (cos pasine )dz' ,
0
COS -

H'h
' Z
P' =
९ + S'U' (H cosez + sin pz')dz' ,
0 ς

cette équation sera


P
(11) tang Z = ९ -P

D'après la composition des fonctions Pet P', on voit que pour


de grandes valeurs de pelles ne peuvent jamais dépasser un cer-
tain maximum absolu indépendant de ce paramètre et facile à cal-
culer : en se rappelant que l'on a U < 2 , on trouve en effet
H' Z

P < √( +H') + 2√x


V ++ ( ) .s²√.dz , ९

P< ९
+2 + ९ 0
√*.ds ,
d'où résulte

P < √(k + H)² + 2√2 f√.dz, 0

P' < 1 + 2√√√.dz , 0

dès que le paramètre pa une valeur numérique supérieureà celle des


deux quantités H', H'h' : il est inutiled'avertir quedans ces inégalités
les radicaux sont tous pris positivement.
On trouvera de même une limite indépendante de p pour les
dP dP
deux dérivées
de de On peut conclure de là que pour des va
54..
424 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
leurs de p très grandes , le second membre de l'équation (11) et sa
dérivée prise par rapport à deviennent de très petits nombres.
5. Maintenant mettons l'équation (11 ) sous la forme
P
(12) tang pZ- -P = 0.

Désignons par nun nombre entier très grand et substituons au lieu


dep les deux quantités
I I

Z ( - ), (ηπ + )
dans la fonction
P
tangpZ -
- -P :

par ces substitutions , le terme tang pZ deviendra successivement


-1 , +1 : le second terme au contraire sera très petit. Donc , la
fonction dont il s'agit (fonction qui reste évidemment continue entre
les limites citées ) passera du négatif au positif, d'où l'on doit con-
clure que entre les limites
I I

( - ), (ππ + ) ,
il existe une racine de l'équation (12) ou de l'équation (11). Je dis
de plus qu'il n'y en a qu'une ; car, dans le cas contraire , il faudrait
que la dérivée prise par rapport à p de la fonction
P
tang PZ- -P

pût devenir égale à zéro entre ces limites , ce qui n'est pas , puis-
4,' la dérivée de
que lorsque pZ varie depuis nㅠ- jusqu'à no+7
P
tang Z est toujours > Z , tandis que celle de ९-P
est très petite.

Il y a de même une seule racine entre


I

[(n+ 1) -1] et [(n + 1) +1] ,


PURES ET APPLIQUÉES . 425
entre

[(n + 2) ] et [(n + 2) + ] , etc.


Mais il n'en existe aucune entre

Z ( + ) et [(n + 1 ) 一 ] ,
entre

[(n + 1) + ] et [(n +2)-7] , etc. ,


comme on peut s'en assurer en observant que , pour les valeurs
dep comprises dans chacun de ces intervalles , on a tang pZ> 1 .
6. La racine p comprise entre
I I

( - ) et (ηπ + )
s'obtient du reste sans difficulté puisque l'équation (11) résolue donne
P
= :
PZ ηπ + arc tang ९ P
P P P
en remplaçant arctang ९ par ou par , et ensuite p par
ηπ dans la fraction P, on aura une expression dep très approchée. On
Z ९

voit par là que la valeur de pest de la forme


ηπ Bn
(13) P + n
,

B. étant une fonction de n dont la valeur absolue restera toujours


inférieure à une certaine limite , indépendante den , que l'on
pourrait assigner .
7. Les racines qui viennent après celles-là par ordre de gran--
deur s'en déduiront en augmentant successivement le nombre n d'une
unité. En les élevant au carré, on obtiendra les valeurs correspon-
dantes du paramètre r : on pourrait même démontrer que la (n+ 1 ) me
426 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
des racines r., r. , etc., est précisément exprimée par
2

( + ):
c'est ce que j'ai fait voir à la page 30 de ce volume et ce sur quoi
il est inutile d'insister ici. Il suffit d'observer que la partie princi-
pale des racines p fournies par la formule
Bn
On
P= 7+ n

croît proportionnellement au nombre n.


Dans la suite de ce mémoire , nous désignerons par la caracté-
ristique (et aussi par " , ", ",...) toute fonction de n qui ne
dépasserajamais un certainmaximumabsoluN: sera par exemple une
n

de ces fonctions , d'où il est aisé de conclure que les séries ayant
* *
pour terme générale ou sont convergentes , puisqu'en rem-

plaçant par n elle se ramènent à la forme Σ

IV .
:
8. Considérons les deux intégrales

(14
) Sof(z)sinpzdz, ff(z)cos pzdz,
0

(2) désignant la fonction de z qui se trouve aunumérateurde la frac-


tion (9) ou plus généralement une fonction déterminée de z qui ne de-
viennejamais infinie. Jedisque cesdeux intégrales, considérées comme
fonctions de p, sont de laforme ९. Pour établir ce théorème très utile et,
je crois , déjà connu , il suffira de montrer que la valeur de chacune
d'elles est inférieure à

2 (p + q + 1) . f
,

f, étant le maximum absolu de f(z), p le nombre de fois où la


fonction f (z) change de signe entre les limites o , z, et q le nombre
de fois où (sans changer de signe) elle cesse d'être croissante ou
PURES ET APPLIQUÉES . 427
constante pour devenir décroissante, ou bien cesse au contraire d'être
décroissante ou constante pour devenir croissante.
Or , soient z' , z", ... , z(p+q) les valeurs pour lesquelles s'effec-
tue ainsi un changement dans l'état de la fonction, en sorte que
de l'une de ces valeurs à la suivante cette fonction ait un signe
invariable et soit toujours croissante ou toujours décroissante , ces
derniers mots n'excluant pas toutefois les cas où elle resterait cons-
tante. Chacune des intégrales (14) se partagera en (p + q + 1 ) autres
intégrales prises , la première entre les limites o , z', la seconde
entre les limites z', z", ... , la dernière entre les limites z(+9) et 2.
Désignons par a une quelconque des quantités o, z, z" ... et par b
celle qui la suit immédiatement dans l'ordre des indices. Si je prouve
que la valeur numérique de chaque intégrale partielle
M= a
f(z)sin pzdz , M
'= a
f(z) cos pzdz
est inférieure à 2f il sera prouvé àfortiori que les intégrales (14)

,

2(p + q + 1) .f conformément
sont toutes deux plus petites que ९
,

au théorème énoncé.

Soit m' le nombre entier immédiatement supérieur à T


,
et

b
( m + m' ) le nombre entier immédiatement inférieur à T De-
Μπ
puis za jusqu'à z === ९ f ( z ) sin pzdz conservera toujours
,

le même signe : pour fixer les idées , admettons que ce soit le


signe + : entre les limites z = Μ'π , 2 = (m +1) *, il est clair ,
९ ९

que la valeur de f(z) sinpzdz sera au contraire négative, puis elle


(m' + 1) π et.
(m' + 2)π
redeviendra positive depuis z = ९
jusqu'à ९
2=

ainsi de suite. Partageons l'intégrale M en un certain nombre d'autres


Μπ
intégrales prises , la première depuis z= a jusqu'à z = lase- ,

Μπ (m + 1)x
conde depuis z jusqu'à Z=
, ... , la dernière de-
९ ९

puis z = (m + m) jusqu'à z= b. Ces diverses intégrales , dont



428 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
nous désignerons par D. , D. , D. , .... , Dm , Dm+1 , D , les valeurs ab-
solues seront alternativement positives et négatives. De plus , si la
valeur absolue de f(z) est décroissante, il est aisé de voir qu'on aura
D. > D..... > Dm > Dm+1 > D ,

tandis qu'il viendra au contraire


Dm+1 Dm .... > D. > D. > D。 ,
si la valeur absolue de f(z) est croissante. Dans le premier cas , l'inté-
grale M sera comprise entre D. et D. -D, et par conséquent sa valeur
numérique sera inférieure au plus grand des deux nombres D., D , :
dans le second cas , cette valeur numérique sera inférieure au plus
grand des deux nombres D, Dm+1. Or, toutes les quantités D. , D.,...,
Dm+1, D grandissent lorsqu'on remplace f(z) par son maximum
f.: de plus D. et D peuvent grandir encore si, après ce change-
(m' - 1)π
ment , on remplace a par ९
et b par (m + ९m +1) . Or, quand
on a effectué ces diverses opérations , ces intégrales deviennent toutes
2f,
égales entre elles et à ९ : donc àfortiori la valeur numérique de M
est < 2. Une démonstration semblable s'appliquera à l'intégrale M'.

V.

9. Il est aisé de trouver à quelle forme on peut réduire l'intégrale


[Link](z)dz. Puisque l'on a
0

h
' sin ez A'U' sin P (22 -2 ') dz',
U cos pz + + J 0

ou , ce qui est la même chose ,


Z
ez
U = cospa - Cosef AU sin pzdz
COS
९ 0

ęz
+ sinez(h + SAU cos pzdz),

l'intégrale en question est composée de trois parties distinctes: lapre-


PURES ET APPLIQUÉES. 429

mière, savoirf* f(z)cospzdz, est de la forme , d'après ce qu'on


0

vient de démontrer. Je vais montrer que les autres sont de la forme



En effet l'intégrale double

fof(z) cos pzdz. U sinpzdz ,


0 0

à l'aide d'une intégration par parties et en posant


Z Y

f* f(z) cospzdz =
0
'

devient
Z
I

S
९ 0
AU sin pzdz ९S: 0
AUY sin pzdz :

par suite elle prend la forme lorsqu'on la multiplie par -


1. De

même l'intégrale

Sof(z)sin pzdz (h +Sau cos pzdz),


0 0

à l'aide d'une intégration par parties et en posant


Z

S* f(z)sinpzdz = ,
0

devient
* Z I
AU S
((h + SU cospzdz) - SU cos pzdz :
0 0

par suite elle prend la forme ९ lorsqu'on la multiplie par ९


Z

10. La propriété de l'intégraleſo f(z)Udz que nous venons de dé-


montrer subsiste encore lorsque sa limite supérieure devient égale à
Z. On en conclut que le numérateur du terme général T de la série
ΣΤ est de la forme

*+

la valeur de étant précisément


Tome II . - NOVEMBRE 1837. 55


430 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
Z

COS
pzf f(z) cos pzdz:
quant au dénominateur à
fudz , il est égal
0

Z I Z

0
cos pzdz +
९ Sacos [Link] + S Redz ,
0 0

R représentant la quantité
Z

h'sin pz +f 'U' sin p (z -z')'dz' .


0

Or,
Z Z 2ęZ
Sacos pzdz = + sin22:
0
2
4e

on voit donc qu'abstraction faite des termes divisés par e la valeur


Z Z
de
f Udz se réduit à
0 2
2
. D'après cela on peut écrire
Z

Sa Urdz = (1+ ) ,
0 2
ς

cequi donne

T= ( + )・ 2( + )
Mais cette valeur de T peut elle-même se mettre sous la forme
24
T= +
९ ९

et la série Σ 2est convergente. Donc, pour prouver la convergence


de la série 2T, il suffit d'établir celle de la série plus simple


Z
Σ
ς
ou
Ecos pzfa f(z) cos pzdz
COS
0

que nous désignerons par ΣΥ.


11. La formule
‫تال‬
пл Bn
P =
+ n
PURES ET APPLIQUÉES. 431
donne

ηπΖ zBn
cos pz COS
Z
COS -
sinnz sin B
n 2 TL

zBn + +
On a sin
n
o aux quantités près de la forme n
ou et

zB +
COS
72
I aux quantités près de la forme ९ Il est donc permis de
poser
zzu
*

cos pz COS +

et l'on pourrait écrire aussi


ΠπΖ zB
cos pz COS -

sin pz +
Z n

On a donc d'abord

ηπζ Z

Y = (cos Z + ) 0 f(z) cospzdz ,


COS ,

valeur qu'il est aisé de réduire à la forme


(

ηπΖ Z

Y = cos f f(z) cospzdz +


0 ९

Z
en se
rappelant que l'intégrale f f(z) cospzdz 0
est de la forme ९.
ηπΖ zBn
En remplaçant cos pz par cos 7
-

n
sin pz + ,
et observant
Z

que l'intégralef zf(z)sinpzdz est aussi de la forme


0
on a ensuite

zeu
της Z

Y = cos f f(z) cos


Z 0 Z dz
ψιν

Or la série est convergente , et il en est de même de la série


périodique
1172 Z Ππる
∑ cos 2 0
f(z) cos dz
55..
432 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
dont les géomètres se sont beaucoup occupés (*). Donc la conver-
gence de la série ΣΥ ( et par conséquent de la série ΣΤ ) est incontes-
table.

VI .

11. Nous avons dit que nous regardions en général la fonction


f(x) comme assujétie à prendre un accroissement infiniment petit
lorsque x croît infiniment peu : cependant la démonstration précé-
dente de la convergence de la série ET est indépendante de cette
restriction : elle ne cesserait pas d'être exacte si , pour une ou
plusieurs valeurs de x, la fonction f(x) ( qui ne devient jamais
infinie) passait tout-à-coup d'une valeur A à une autre valeur très
différente B. Mais pour prouver que la somme F(x) de la série (4)
: est égale à f(x) depuis x = x jusqu'à x = X , il faut exclure le cas
où les valeurs de f(x) peuvent varier brusquement, ou du moins , si
ce cas a lieu , il ne faut pas étendre l'équation F (x)= f(x) aux abs-
cisses x pour lesquelles l'ordonnée de la courbe représentée par l'é-
quation y= f(x) devient ainsi discontinue. Bornons-nous donc aux
fonctions f(x) jouissant des propriétés indiquées n° 1. Alors , comme
nous l'avons déjà dit, l'équation F (x) = f(x) se démontrera par la
méthode indiquée dans mon premier Mémoire et subsistera même aux
limites x = x , x= X. Toutefois cela suppose que des deux nombres
h , H , aucun ne soit infini. Si l'on a par exemple h= ∞ l'équation (2)
deviendra
V 0 pour x:

on aura donc aussi dans ce cas

F(x) = o pour x x;

et l'équation F (x) =f(x) ne pourra subsister à la limite x= x que si


la fonction f(x) vérifie la condition f(x)= o . De même si H= 8 ,
l'équation F (x) =f(x) ne pourra subsister à la limite x=X que si

(*) Pour tout ce qui regarde la convergence des séries périodiques , voyez
les ouvrages de M. Cauchy et surtout l'excellent Mémoire de M. Lejeune Dirichlet
(Journal de M. Crelle , tome IV, 2º cahier) .
PURES ET APPLIQUÉES. 433
l'on af(X) = o . Au reste ces cas d'exception sont indiqués par notre
démonstration même. En effet pour que l'intégrale
X

fx [F(x) - f(x)] Vm(x)dx ,


X

dont on fait usage à la page 263 de tome Ir de cejournal , soit égale


à zéro quel que soit l'indice m, il est nécessaire que l'on ait en général
F(x) = f(x) ; mais cette nécessité disparaît pour les valeurs de x qui
donnent V (x) = o quel que soit m , puisque , pour ces valeurs , l'élé-
ment g [F (x) -f(x)] V (x)dx est nul de lui-même indépendam-
ment du facteur F (x) - f(x) .

VII.

12. En terminant ce troisième Mémoire, je ne puis m'empêcher de


faire observer combien est directe et générale la méthode dont je me
*suis servi pour sommer la série (4) . Cette méthode s'applique non-
seulement aux fonctions V définies par une équation différentielle du
second ordre , mais encore à une foule de fonctions données par des
équations différentielles d'ordre supérieur. C'est ce que l'on peut
voir par l'exemple simple que j'ai développé dans mon mémoire sur
du d³u
=
l'intégration de l'équation ds (*).
Au reste, voici quelques théorèmes que je me contenterai d'é-
noncer et dont le lecteur trouvera aisément la démonstration. Ils ser-
viront à bien montrer la généralité de mes principes quoi qu'ils soient
fort loin d'embrasser tous les cas où ces principes sont applicables. Dans
tout ce qui va suivre , x désignera une variable réelle comprise
entre x et X : f(x) , φ(x), Φ(x), V. , V, ... , V ... , U. , U, ... , U„ ... ,
seront des fonctions de x. Pour éviter tout embarras , je supposerai
que ces fonctions ont , pour chaque valeur de x, une valeur réelle
unique et déterminée , et qu'elles croissent infiniment peu lorsque x
éprouve un accroissement infiniment petit : toutefois cette condition
de continuité ne sera pas toujours indispensable. Cela posé ,

(*) Voyez le dernier cahier du Journal de l'École Polytechnique.


434 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
1 °. Si les fonctions V. , V. , ... , U.. U., ... sont telles que , pour
deux indices met n différents , on ait toujours
X
0 =
X
VmUndx
et si la série
X
Vn
V.f * Unf(x) dx
X

={
Σ
X

X
UnVn dx

est convergente , la somme F(x) de cette série devra satisfaire à la


condition
X

[ U [F(x)-f(x)]dx = 0 ,
l'indice n étant quelconque.
2. Si donc on désigne par A,, A., ... des quantités choisies arbi-
trairement , mais indépendantes de x, et si l'on pose
P
A,U, + A,U,. + etc.
2

on aura aussi
X

fxP[F(x) - f(x)] dx = 0.
X

3º. Si par une détermination convenable des quantités A. , A. , ... ,


on peut faire en sorte que P change de signe pour des valeurs quel-
conques de x, données d'avance et ne changede signe que pour celles-
là , on aura F(x) = f(x).
4°. Toutefois si les fonctions U,, U₂, etc., s'évanouissent toutes pour
une même valeur de x telle que x=a , il pourra arriver que l'é-
quation F(x) =f(x) cesse d'avoir lieu pour x=a. Dans le cas où
l'équation F(a)=f(a) sera ainsi inexacte , la dérivée F'(a) sera né-
cessairement infinie.
5º. Si la fonction Pjouit de lapropriété énoncée (3°.) et si l'équation
X (x)Udx = o

a lieu quel que soit l'indice n, on aura nécessairement (x)=0.


PURES ET APPLIQUÉES . 435
6°. La propriété énoncée (5°.) appartient à la fonction P quand la
fonction U, est constamment égale à un polynome entier de degré
(n- 1) .
7°. Elle a lieu encore dans une foule d'autres cas , et spécialement
quand l'équation
A,U, + A,U, +...+ AU₁ = 0

a tout au plus (in - 1) racines tant égales qu'inégales, quel que soit
l'indice n et quels que soient les coefficients A. , A. , .... , A.
8°. Si la condition précédente est remplie et si l'équation
X

f (x)Undx = 0

a lieu pour toutes les valeurs de n comprises dans la série 1 , 2, ... , m,


la fonction (x) changera de signe au moins m fois entre les limites
x = x, x = X.
9° . Soit (r) = o une équation transcendante , et r. , Ta , 13 , ....
des racines de cette équation. Admettons que la fonction (x , r) ne
devienne identiquement nulle pour aucune des racines r de (r) = 6 ,
tant que x reste indéterminée. Si l'équation
X

f X (x , r) Undx = 0,

dans laquelle l'indice n est quelconque , a lieu pour la fonction par-


ticulière & toutes les fois que la racine r est différente de r,, r. , etc. ,
et si de plus la fonction P jouit de la propriété énoncée (3°.) , je dis
que la racine réelle ou imaginaire dont il s'agit n'existera pas , c'est-à-
dire que l'équation (r) = o ne pourra avoir aucune racine , réelle
ou imaginaire , différente de r. , r. , etc.
13. Il serait aisé , je le répète , de généraliser encore beaucoup ces
théorèmes. Mais nos énoncés deviendraient alors trop vagues . C'est
dans les considérations exposées ci-dessus que rentrent les résultats
obtenus dans les deux notes imprimées page i et page 107 de ce vo-
lume. Dans la première de ces notes , on se propose de prouver que
l'équation
X

[* x* (x) dx
X
0
436 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
quand elle a lieu toutes les fois que n est zéro ou un nombre entier
positif, entraîne la suivante (x)= o . Le moyen que j'ai employé
pour atteindre ce but est, à mon sens , le plus élégant dont on
puisse faire usage. Ici l'on a U.=x-' : la fonction P est égale à
A. + А₂x + А3x² + etc. et jouit évidemment de la propriété énon-
cée (3°.). On peut donc appliquer le théorème indiqué (5°) , et c'est
ce quej'ai fait. Mais il est bon d'observer que si l'on prenait A,= 1 ,
A.
2 , As , etc. , on aurait
1.2

yx +
P= 1 + + ... ey :
I 1.2

l'équation
=

SP (x)dx 0,

donnerait donc
X =

f* exp(x)dx 0,

et, à cause de l'indéterminée y, on en tirerait q(x)= o , ce qu'il


fallait démontrer. Ici se révèle unnouvel artifice qui consiste à intro-
duire dans A. , A., etc. une indéterminée y. On peut rattacher à cet
artifice la méthode dont nous avons fait usage, M. Sturm et moi ,
dans un mémoire encore inédit dont l'extrait se trouve à la page 220
de ce volume.
PURES ET APPLIQUÉES . 457

wwwwwwwminiwm

NOTE

Sur une propriété des sections coniques ;


PAR M. E. PAGÈS .

Si , par un point quelconque d'une section conique, on mène les


deux rayons vecteurs et une normale terminée à l'axe des foyers , 'la
projection de cette normale sur l'un quelconque des deux rayons vec-
teurs sera égale au paramètre. Considérons d'abord une ellipse : soient
z et z' les deux rayons vecteurs , n la normale, p sa projection sur cha-
cun des deux rayons vecteurs , het kles distances du pied de cette
normale aux deux foyers : soient de plus 2a le grand axe, 2b le petit
axe et ac la distance des foyers , de telle manière que 2+ 2 = 2a ,
h+k= 2c , a - c* =b . On aura, d'après les propriétés des triangles
obliquangles ,
h z² + n --

2pz ,
k = 2 + n - 2pz' ;

retranchant ces deux équations membre à membre , il vient


(h + k) (hk) = (2-2) (2 + 2' - 2p) ,
ou , ce qui est la même chose ,

c(hk) = (z - z ) (a -p).
De cette équation on déduit

c : a - p :: z
-

2 : h - k. (1)
La propriété qu'a la normale de partager l'angle des rayons vecteurs
Tome II . - NOVEMBRE 1837. 56
438 JOURNAL DE MATHEMATIQUES
en deux parties égales,donne la proportion
2 : 2 h : k,
on en déduit

z + z : h + k :: z z' : h - k ,
ou

a : c : 2 z : h -
k.

Cette proportion combinée avec la proportion ( 1 ) donne


c : a pac ,
d'où
ac b
P a
=
a
paramètre.

Le même mode de démonstration s'applique à l'hyperbole.


Dans le cas de la parabole, l'un des foyers se transportant à l'infini,
le rayon vecteur correspondant devient parallèle à l'axe, et la projec-
tion sur ce rayon est égale à la projection sur l'axe; ce qui explique
pourquoi dans cette courbe la sous-normale est constante.
En rapprochant le théorème que nous avons démontré de la pro-
priété qu'a le rayon de courbure d'être proportionnel au cube de la
normale , on trouve que le produit
rcos'i paramètre ,
ret i désignant le rayon de courbure et l'angle qu'il fait avec le
rayon vecteur. De cette formule , on déduit une construction géomé-
trique du rayon de courbure donnée par M. Abel Transon dans le
tome premier de ce journal .
:
PURES ET APPLIQUÉES. 439
www

SOLUTION NOUVELLE
D'un Problème d'Analyse , relatif aux phénomènes
thermo-mécaniques ;
PAR JOSEPH LIOUVILLE .

(Présentée à l'Académie des Sciences le 23 octobre 1837.)

Ce problème qui consiste à intégrer l'équation


I
du d'u du

di = dx -bexxu
dt dx , 0

de telle manière que l'on ait

u 0 pour x = 0,
du
dx
+ hu = o pour x = 1 ,

u = f(x) pour t= 0 , depuis x= 0 jusqu'à x= 1 ,


a été traité déjà de deux manières différentes par M. Duhamel , dans
son second mémoire sur les Phénomènes thermo-mécaniques (*).
L'auteur a d'abord fait usage d'une méthode assez compliquée, mais
très ingénieuse , que M. Poisson a donnée dans ses premières recher-
ches sur la théorie de la chaleur. Reprenant ensuite la question d'une
autre manière , ila , dans une seconde solution , suivi la méthode si
connue qui consiste à représenter la valeur complète de u par la
somme d'un nombre infini de termes dont chacun satisfait aux trois

(*) Voyez le Journal de l'École Polytechnique.


56..
440 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
premières équations et renferme implicitement une constante arbi-
traire , ce qui permet de satisfaire aussi à la condition u= f(x)
pour t= o . On est ainsi conduit à développer la fonction f(x) en une
série de la forme

f(x) = H.V. + H.V. +...+ H.V. + ....


H. , H. , ... H. , .... étant des constantes , et V. , V. , ... V. , .... des
fonctions connues de x. On détermine H, en multipliant les deux
membres de l'équation précédente par un facteur convenable et en in-
tégrant ensuite entre les limites x = 0 , x = 1 , de manière à faire
disparaître tous les coefficients H. , H. , ... excepté H.. M. Duhamel
semble regarder cette détermination de H. comme offrant la difficulté
principale qu'il avait à vaincre pour résoudre le problème proposé.
Mais il ne s'est occupé ni de démontrer la convergence de la série dans
laquelle f(x) se développe , ni même d'établir d'une manière incon-
testable que cette série supposée convergente a pour somme f(x) , du
moins entre les limites x = 0 , x = 1. J'ai donc cru pouvoir re-
prendre ici le problème en son entier, afin d'en donner une solution
tout-à-fait rigoureuse. Cette solution du reste n'est fondée que sur des
principes déjà développés dans d'autres mémoires que j'ai publiés seul
ou en commun avec M. Sturm : elle servira , je l'espère, à faire re-
connaître la supériorité de nos méthodes.

1. Soient b , h deux constantes , x une variable indépendante com-


prise entre zéro et l'unité, t une autre variable comprise entre o et
∞ , et f(x) une fonction de x qui ne devienne jamais infinie lorsque
x croît depuis o jusqu'à 1 : par la nature physique du problème que
nous voulons résoudre , laquantité (h + 1 ) est essentiellement posi-
tive. On propose de trouver une fonction u des deux variables x, t,
qui satisfasse à la fois à l'équation indéfinie
du d'u
(1) dt d.x
-

bxfxx du dx
dt

et aux conditions définies


(2) u 0
pour X 0,
PURES ET APPLIQUÉES. 441
du
(3) dx
+ hu = o pour х I,

(4) u = f(x) pour t 0.

La fonction u qui vérifie les quatre équations précédentes est tout-à-


fait déterminée , et il s'agit d'en trouver la valeur.
2. D'après la méthode ordinairement suivie par les géomètres pour
l'intégration des équations différentielles partielles , nous chercherons
d'abord une valeur de u qui satisfasse aux équations (1 ), (2) , (3) ,
mais non pas à l'équation (4). A cet effet nous poserons
u Ve-rt,

rétant un paramètre inconnu , et V une fonction de x que l'on ob-


tiendra en intégrant l'équation différentielle du second ordre
dV I

(5) dx ( + bxfxVdx) = o ,
0

de manière à satisfaire aux conditions particulières

(6) V = 0 pour x = 0,
dv
(7) dx + h = 0 pour x I.

L'intégrales xVdx étant une constante que l'on peut représen


I

ter par C, l'équation (5) s'écrira ainsi


dV
dx + (V + b *Cx) = 0 ,
et son intégrale complète sera
V A sin (x Vr) + B cos (x√r) - b-Cx ,
A et B désignant deux constantes arbitraires.
La constante B est nulle en vertu de l'équation (6). De plus on doit
avoir
I

S xVdx = C :
0
442 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
or si l'on développe cette condition et si l'on fait,
362 sin ( r) - Vicos
COS
( F) ,
6 +3 r

on trouve
Aa
C

Quant à la constante A qui reste arbitraire , nous la prendrons égale


I
à
✓ Ayant donc
I
B 0, A == ,
62 Vr
nous en conclurons

V
sin(x )- ax
(8) Vi
r

Il importe d'observer que cette valeur de V ne devient identiquement


nulle pour aucune valeur déterminée der, tant que x reste indéter-
minée. En effet si le paramètre r est différent de zéro, il est impos-
sible que la fonction transcendante sin(x Vr) soit égale à la fonction
sin (x ) se réduit à x,
algébrique ax , et si ce paramètre est nul Vi
b 3x
se réduit à et l'on a V = +3 quantité qui n'est pas
Vi
r
b²+ 3 '
identiquement nulle.
3. En différentiant la valeur de V il vient
dV
x = cos (x
dx ) - Vr'

de sorte que , pour x= 1 , on obtient

V = sin ( V7) ,
dV a

dx = COS
cos (V ) - Vr
PURES ET APPLIQUÉES. 443
En portant ces valeurs dans la formule (7) , on aura l'équation à la-
quelle le paramètre r doit satisfaire. Cette équation sera
- a

cos (V ) - + [Link] ( Vi
7) - 0,

ou

a (h + i)
(9) cos ( Vr) + sin(V
Vr
) V
= 0.

Nous représenterons toujours par (r) son premier membre, en sorte


que l'on aura
dV
x
+ hv pour 1.

L'équation (9) possède une infinité de racines , toutes réelles, posi-


tives et inégales entre elles. Soient , ., ... , ... ces racines ran-
gées par ordre de grandeur, r, étant la plus petite : en faisant dans la
fonction V successivement r = r , r = /',, ... = ",, .... on aura
une suite de fonctions V. , V. , ...V , ... dont chacune fournira une
intégrale particulière de l'équation (1). Avant de montrer comment ,
en réunissant ces intégrales particulières , on forme la valeur complète
de u, nous allons démontrer les propriétés des racines de l'équation
(9) dont nous venons de faire mention.
4. Je vais prouver d'abord que les racines réelles de l'équation (9)
ne peuvent jamais être négatives. A cet effetje développe (r) en série
convergente. On a par les formules connues
112

72
COS
(vi) = - -
+
2.3.4
- etc. ,
r ‫יין‬

sin ( vi) = √ (1-3 + [Link] - etc.) ,


2.3
-

et par suite

cos ( vi) + hsin(V)


Vi = (1 + h2)) (1+1)+ (1+1)-etc.;
a (h+1 ) _ 3b (h+1)/1
=
-
1 r

Vr 0+3 2.3+ [Link]- etc.).

1
444 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
Cela étant , il vient
h h

(1) = (1 + h) - (1 + 1) + (1 + ) -
2.3.4
....

3b²(h + 1 ) I 1 r I
-

b2+ 3 3
-

52.3 + [Link]-...).
Sidonc il y avait une racine réelle et négative - R de l'équation (9),
les deux séries

(2 + ) + (1 ++++
2.3.4 (1 + ) + .... ,
3yR
2 (1 + h) + 2.3 (+)+ (+) + .... ,
7

62
(dans lesquelles on a représenté par y le rapport 3 qui est < 1 )
seraient égales entre elles , et cela ne se peut puisqu'en les compa-
rant terme à terme on trouve que chacun des termes de la seconde
série est plus petit que le terme correspondant de la première , du
moins quand le coefficient h est compris (comme on le suppose) entre
-ret + 8 .

5. Pour démontrer en second lieu que les racines de l'équation (9)


sont toutes réelles et inégales , il faut s'appuyer sur une formule dont
nous aurons souvent besoin dans la suite.
Désignons par V' ce que devient la valeur (8) de V lorsqu'on y rem-
placerparune indéterminée r'. La fonction V' satisfera aux équa-
tions (5) , (6) , et l'on aura
dV' I

dx² + r ( ' + b*x * xV'dx ) = 0,0

V' = o pour x = 0 .

Mais l'équation (7) ne sera satisfaite par cette même fonction que dans
le cas particulier où l'on prendra'r'= une des racines de l'équa-
tion (9) , ce que l'on ne fera pas d'abord. Maintenantje multiplie par
les facteurs respectifs V, V' les deux équations
PURES ET APPLIQUÉES. 445
dV
r' (V' + b*x * xV'dx) = -

0 dx '

= dV

r (V + bxfxVdx) 0
-

dx '

après quoi je les retranche et j'intègre entre les limites x= 0 ,


x= 1 : en divisant par (r' -r) les deux membres de l'équation à la-
dV dV'
quelle ce calcul conduit , et nommant Q la valeur de V' dx
-
V
dx

pour x= 1 , j'obtiens
I 1

S* vv'dx + b*f*xVdxSxVdx =
0 0 0

dV
Mais r étant racine de l'équation (9) , on a, pour x = 1 , z=-hV:
dv' dV'
on a aussi dx + hV (r ) et par conséquent = (r)-hV':
la valeur de Q se réduit donc à - Va (r' ) , ce qui donne
Vw(۲ )
= - pour х I.
r r- r

Supposons actuellement que r soit racine de l'équation (9) , en sorte


que l'on ait (r') = 0 : on trouvera
=ㅎ
0
r

si les racines r, r' sont inégales , et


dw(r)
V pour I,
dr

si elles sont égales entre elles. Dans le premier cas il viendra


1 I I

(10) SVV'dx + b*f*xVdxSxVdx


0 0 0
0,

tandis que l'on aura dans le second


Tome II .- NOVEMBRE 1837. 57
446 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
I 2
V
(11) SV*dx + b° ( SxVdx) = -1)da(1),
0 0
dr

V(1) désignant la valeur de Vqui répond à x= 1 .


D'après un raisonnement connu , la formule (10) prouve que l'é-
quation (9) n'a pas de racine de la forme λ + μ V-1 : en effet si
cette racine existait, la racine conjuguée λ- μV- 1 existerait
aussi : on pourrait donc prendre r= x + √-1 , 1' =λ- μ١-٧ : I:

en posant r = x + μ√-1 , V prendra la forme M + NV-1 , M


et N désignant deux quantités réelles qui ne peuvent être à la fois
identiquement nulles (tant que x reste indéterminée ) puisque la
fonction V est en général différente de zéro : il est aisé de voir que
l'on aura de même V' = M - NV- 1 : par suite la formule (10)
nous donnera ce résultat absurde
I I
2

S'(M² + N*)dx + b²([ 'xMdx)² + b² (SxNdx) = 0.


0 0 0

Donc il est impossible d'admettre que l'équation (9) ait une racine de
la forme λ + μ✓-1 .
Les racines réelles de cette équation sont d'ailleurs inégales en vertu
de la formule (11), car si la raciner était multiple, la dérivée du(r) dr

s'évanouirait en même temps que (r) et le second membre de l'é-


quation (11) se réduirait à zéro tandis que le premier est essentielle-
ment positif.
6. Les racines de l'équation (9) sont donc réelles , positives et iné-
gales entre elles. Pour se convaincre que le nombre de ces racines est
infini , il suffit de mettre l'équation (9) sous la forme
a

cos ( vi) -

hsin(V
Vi
) + 4h+1),
Vi

puis de regarder r comme une abscisse variable entre les limites o , ∞ ,


et de construire les deux courbes ayant pour équations respectives
h sin ( r) + a (h+ 1) . :
y cos ( Vr ), y Vi Vi
PURES ET APPLIQUÉES. 447

ces deux courbes se coupent en un nombre infini de points dont les


abscisses répondent aux racines de l'équation (9).
Pour démontrer analytiquement le même théorème , faisonsr=p :
l'équation proposée deviendra
hsin e a (h + 1)
(12) Cosp +
९ ९
0;

et il suffira de considérer les valeurs positives de p. Maintenant


soit i un nombre entier et positif très grand. Si, dans le premier
membre de l'équation ( 12), nous faisons p = (2i +1) 2
puis

p = (2i+ 1) + , le terme cos prendra successivement deux


2

valeurs égales et de signes contraires dont le carré sera : les autres


termes seront très petits. Donc le premier membre de l'équation (12)
changera de signe en passant d'une de ces substitutions à l'autre , ce
qui exige que l'équation proposée ait une racine comprise entre les
deux limites (2 + 1) - , (2 + 1) + 4. Cette racine est du
reste unique ; car, dans le cas contraire, il faudrait que la dérivée
prise par rapport à e de la fonction
h sinę -
a (h+ 1)
Cosp +
९ ९

devint égale à zéro une ou plusieurs fois lorsque e croît depuis


(2i + 1) - 4 jusqu'à (2i + 1) +1; et cela ne se peut puis-
que, dans l'intervalle cité , tous les termes de cette dérivée sont très
petits à l'exception du premier - sine qui ne change pas de signe et
conserve toujours une valeur uumérique supérieure à V2. 2

En augmentant i d'une unité , on verra qu'une seconde racine est


π 76

comprise entre les limites (2i + 3) -

(ai + 3) + ; une
troisième racine existe de même entre les limites (2i+ 5) 2
-

4'
(ai +5) + , et ainsi de suite. Mais il n'en existe aucune entre
2

57 ..
448 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
77

(2i + 1) + et (2i + 3) -

entre (2 + 3) + et ...

2
(2i+ 5 ) 2 - , etc. , comme on peut s'en convaincre en observant
que, dans chacunde ces intervalles, le terme principal cose du premier
membre de l'équation (12) ne change jamais de signe et a toujours
2

une valeur absolue supérieure à 2

7. La racine e comprise entre les limites (2i + 1) -...


(2i + 1) 2 + 4 s'obtient du reste sans difficulté puisque si l'on pose
a (h+ 1 ) -- hsin p = f( p) , p = (2 + 1) + σ

l'équation (12) , savoir


f(g)
cosp = ,


devient

sin(2 +1 ) sino
£((2 +1) ++)
2

(2 + 1 ) 2 + σ

d'où l'on tire à très peu près


h
(13) σ=
Ξ,
ιπ

valeur d'autant plus approchée que i est plus grand. On pourrait pous-
ser plus loin l'approximation; mais nous nous contenterons d'observer
que , d'après nos calculs , les racines p très grandes sont de la forme
Bi
(14) ‫م‬ (21 + 1) +

idésignant un nombre entier qui croît successivement d'une unité ,


etB, une fonction de l'indice i dont la valeur absolue ne dépasse ja-
mais un certain maximum que l'on assignerait facilement. La partie
principale de ces racines croît proportionnellement au nombre i, d'où
il est aisé de conclure que toutes les séries dont le terme général est
PURES ET APPLIQUÉES . 449


ou-sont
ię convergentes , si désigne une fonction de pou de i qui
ne surpasse jamais un certain maximum absolu L, indépendant de
l'indice i.

8. Chacune des intégrales particulières


Verit, ... Ve-rat, Ve-rnt, ...

dans lesquelles V. désigne ce que devient V lorsqu'on y pose rr ,


satisfait à la fois aux équations (1) , (2) , (3). Si donc on désigne par
H. , H. , ... Η.... des constantes arbitraires et si l'on fait
u [Link] + H₂V.e-rat+ ...+ H₂Veratt ... ,

cette valeur de u vérifiera aussi les équations (1 ) , (2) , (3). Mais pour
qu'elle vérifie la condition (4) , il faudra que l'on ait

f(x) = H.V. + H.V. + ... + H.V.+ ....


Il s'agit maintenant de savoir si (la fonction f(x) étant quelconque )
on peut, par une détermination convenable des constantes H,, H., ... 2

H..... rendre identique cette dernière équation , du moins pour des


valeurs de x comprises entre o et 1 .
D'abord , si l'on admet que la fonction f(x) puisse se développer
sous la forme

(15) f(x) = H.V. + H.V. ++ H.V. + .... ,


..

il sera facile de former la valeur de H.. On se servira pour cela de la


formule (10) qui peut s'écrire ainsi

V
Sv(
0 ' + bxfxV'dx)dx = 0.
On a

I dav
V' + b*x * xVdx = - dx = sin (x ):
450 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
la formule en question devient donc
I

(16) S 0 V sin (x )dx = 0 .

Maintenant multiplions par sin (x Vr.) les deux membres de l'équa-


tion (15) et intégrons ensuite entre les limites x = 0 , x = 1 : il est
aisé de voir qu'en vertu de la formule (16) tous les coefficients H,,
H. , .... disparaîtront excepté celui qui porte l'indice n , de sorte
qu'il restera simplement
I

Sof(x) sin (x )dx = H. V. sin (x )dx,


0 0

d'où l'on tire

H = n
So'f(x)sin(x/F₂)dx
f
. V. sia(x√r.)dx
0

En adoptant cette valeur de H., on aura


Σ

(17) f(x)
=
Σ (V.f. f(x) sin(xVF.)dx)
0

SV. sin(x )dx


0

et par conséquent ,
I

Vne-int
(18) u=Σ
x So f(x)sin(x Vr.)dx
0

I [Link](x Vr.)dx
0

La formule ( 18) renferme la solution complète du problème que


nous voulions résoudre. Mais elle se déduit de la formule (17) dont
l'exactitude jusqu'ici n'est pas suffisamment démontrée. Nous allons
donc considérer en elle-même la série placée au second membre de la
formule ( 17). Nous représenterons sa valeur par F(x) et nous prouve-
rons 1º. que la série F(x) est convergente, 2°. que l'on a F(x) = f(x)
pour toutes les valeurs de x comprises entre o et 1 .
PURES ET APPLIQUÉES. 451

9. Représentons par T le terme général de la série F (x) , ou ,


autrement dit, posons

T =
(sin px -

ax)fof(x) sin pxdx


,

S'sin px(sin px-ax)dx

* étant une quelconque des racines de l'équation (9) , et contentons-


nous de considérer les valeurs dep très grandes, les seules dont nous
ayons besoin pour constater la convergence de la série ΣΤ : ces va-
leurs de p sont de la forme
Bi
P =
(2i + 1 ) + ,
comme on l'a vu nº 7 : i désigne un nombre entier qui croît successive-
ment d'une unité et B, une fonction de l'indice i qui ne dépassejamais
un certainmaximum absolu indépendantde i. Nous désignerons généra-
lement par les lettres Y, Y', ", .... les fonctions quijouissent comme B,
delapropriétédont nousvenonsde parler. Toute série dont le terme gé-
néral sera de la forme , q étant un nombre > 1 , sera convergente:
il en résulte qu'on peut au numérateur de la fraction T et à son déno-
minateur (dont la valeur très approchée est ) négliger les termes de
la forme , car ces termes ne produisent dans la série ST qu'une
partie de la forme Σ et par conséquent ne peuvent en aucune
manière nuire à sa convergence. D'après cela , on peut d'abord
faire abstraction des termes multipliés par a , car en rempla-
çant Vroup par sa valeur , on trouve que a est de la forme . De
I
I sin28 I
se réduit à
plus l'intégrales sin* pxdx étant égale à 2
-

48 2

quand, après avoir mis pour p sa valeur, on néglige les termes ré-
ductibles à la forme .Ainsi à ces termes près on a
I
I

S sin px (sin px
0
-
ax)dx= 2
452 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
La valeur simplifiée de T est donc
T 2 sin pxf'f(x) sin pxdx.
On peut mêmela simplifier encore en se rappelant que,par unthéorème
dontj'ai donné ailleurs ladémonstration(*), l'intégrales'f(x)sinpxdx
*
est de la forme ou : on peut donc négliger le produit de cette

intégrale par la partie du facteur


sin px Cégal à sin (21 + 1)πα cos Bit+ cos(a +1)** sin Bit]
2 2
πα

qui est aussi de la forme , ou , cequi revient au même , on peut,


hors du signe ſ, réduire sin px à sa partie principale sin (2 + 1)πα 2
:

de plus en négligeant sous le signe ſ des termes divisés par i , on


a le droit de remplacer
(21 + 1 )πα Bix
sin px par sin 2
+ cos px.

Nous aurons ainsi

1 )πα
T=2sin (2 +1)*2/**f(x)(sin(ai+1) x+Biar cos pax)dx.
0 2
COS

D'après cette valeur de T , la série ET se décompose en deux autres,


savoir
I

22sin (a +1)** f*f(x) sin (ai +1) *x dx,


2 0 2

Bi I

2x2 – sin (2 +1) *x * f(x) cos px dx.


2 0

La première de ces deux séries est convergente , comme les géomètres


l'ont démontré depuis long-temps , et pour constater la convergence de

(*) Voyez mon troisième mémoire sur le développement desfonctions oupar-


ties defonctions, etc. , page 418 du présent volume.

-
PURES ET APPLIQUÉES. 453
la seconde dont tous les termes sont déjà divisés par i, il suffit d'ob-
I

server que l'intégrale Sof(x) cos pxdx est de la forme ou ,


0
*

conformément à ce que j'ai fait voir dans le mémoire cité plus haut.
10. Pour prouverque l'on a F(x)= f(x) entre les limites x = 0,
х
1 , reprenons l'équation

F(x ) = x Σ (V.S.f(x)sin (x √r.)dx)


I

[Link](x Vra)dx
0

Multiplions par sin (x Vr.) dx les deux membres de cette équation,


et intégrons ensuite entre les limites x = 0 , x = 1. En vertu de la
formule (16) cette intégration fera disparaître tous les termes du se-
cond membre à l'exception d'un seul et donnera
I

S'F(x) sin (x V )dx =s. f(x)sin (xvi)dx ,


0

ou bien

S. [F(x) - f(x)] sin(x Vr.)dx = 0.


Mais si l'on désigne par z une variable indépendante et si l'on consi-
dère la fraction
sin (xz)
V (2)
, qui est fonction de z, on s'assure aisé-
ment (tant que x reste comprise entre o et I) que cette fraction est
décomposable en une infinité de fractions simples : par la théorie
connue et en représentant par (r ) la dérivée dw(r.)
drn
, on trouve

sin (xz) Σ
sin (xVF )
-

VZ (2)

Soit R le terme général de la série placée au second membre de l'équa-


tion que nous venons d'écrire. Nous aurons

: R
sin (xī)
:
(zr) ra (r)
Tome II. -
DÉCEMBRE 1837. 58
454 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
rdésignant une quelconque des racines de l'équation (9). Si l'on se
borne aux racines r très grandes , on a , par la formule du nº 7 ,
(21 + 1 ) π Bi
Vr =
2 ++;

d'où l'on conclut sans difficulté que R est de la forme et que par
conséquent la série ER est convergente. Maintenant il vient

sin(x/2) = √ (2)2 )
(z-rn) Vin ()
L'intégrale
S. [F(x-f(x)] sin (x√z) dx
est donc égale à
I I

Va (2)Σ ) ) S [F(x) - f(x)] sin (x V )dx} ,


0

et chacun des termes dont elle se compose est égal à zéro. Ainsi l'on
est conduit à l'équation générale

f. [F(x)-f(x)] sin(x √2) dx = 0 ;


0

et , à cause de l'indéterminée z, celle-ci ne peut subsister qu'autant


que l'on a
[F(x) -f(x)] sin (xVz )dx= o depuis x o jusqu'à x= 1 ,
ce qui donne généralement
(20) F(x) = f(x) depuis x o jusqu'à x = 1 :
toutefois comme le facteur sin (x Vz) est nul pour x = o , il pourra
arriver que l'on n'ait pas F (0) = f(o) : cette dernière équation dont
le premier membre est toujours nul ne sera vérifiée que si la quantité
f(o) est égale à zéro , ce que nous admettons effectivement.
PURES ET APPLIQUÉES . 455

11. Pour bien voir comment l'équation (19) entraîne l'équation(20),


il suffit de donner à Vz une valeur de la forme Z V-1 , ce qui
transforme le sinus de x Vz en exponentielles. On peut aussi rem-
xz Vz
placer sin (x √z) par la série xVa -

2.3 + etc. , et en égalant à

zéro le coefficient de chacune des puissances de l'indéterminée z dans


l'équation (19) , on a généralement

(21) [ x[F(x) - f(x)] xdx = 0 ,


q étant zéro ou un nombre entier positif. Or, si la fonction
x[F(x) -f(x)] n'est pas identiquement nulle depuis x= o jusqu'à
x = 1 , l'équation (21) ne peut pas subsister à moins que cette
fonction ne change de signe un certain nombre mde fois : sans cela
en effet les éléments de l'intégrale placée au premier membre seraient
tous de même signe et ne pourraient avoir zéro pour somme. Soient
donc x , x,, ...xm les m valeurs de x pour lesquelles F (x) - f(x)
change de signe ; et représentons par
A + Bx + Cx⁺ ++ xm

le développement du produit
(x - x ) (x - x ).... (x* - x ).
Si dans l'équation (21) on pose successivement q = o, q=1 , ... q=m,
et si l'on ajoute entre elles toutes les équations ainsi obtenues, après les
avoir multipliées par les facteurs respectifs A , B , etc. , on aura
I
-

S x[F (x) - f(x)] (x -x ) (x - x ) ... (x² - x ) dx = 0 ,


0

équation absurde , puisque la quantité placée sous le ſ ne change


jamais de signe entre les límites de l'intégrale. On est donc obligé de
reconnaître que l'équation (21) donne
x[F (x) - f(x)] = o depuis x = o jusqu'à x= 1 .
12. Il nous reste enfin à montrer que la série placée au second
58..
456 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
membre de l'équation (18) est convergente pour toute valeur positive
de t. Adoptons les notations du n° 9 : le terme général de la série dont
nous parlons sera Te-p" : de plus pour établir la convergence de la
série Te- ", on pourra , comme on l'a vu ci-dessus dans un cas
semblable, négliger les termes de la forme et prendre simplement

T = 2sin pxfof(x) sinpxdx.


La valeur numérique de T qui résulte de l'équation que'je viens d'é-
crire est plus petite que 2f. , f., étant le maximum absolu de f(x).
Par conséquent celle de Te-p't est inférieure à 2f.e-pt. Or la série
qui a pour terme général afe-p" est évidemment convergente :
donc à fortiori la série Te- est aussi convergente .
PURES ET APPLIQUÉES . 457

NOTE

Sur l'intégration d'un système d'équations différentielles du


second ordre , entre un nombre quelconque de variables,
analogues à celles du mouvement d'un point libre autour
d'un centre fixe, sollicité par une force fonction de la
distance au centre ;

PAR M. BINET ,
Professeur au Collège de France.

[ 1 ] Les équations dont on va s'occuper ici sont de la forme


d'u = dR dav dR dax dR
etc.:
di du' di dv ' dt dx'

u , v , x , ... sont les variables principales à déterminer en fonction


det ; R est une fonction de la quantité r= Vu+v²+x²+y²+ etc. ,
dR dRu dR dRv
= = etc.
en sorte que du dr dv drr'

Lorsque leur nombre ne surpasse pas trois , ces équations se rap-


portent au mouvement d'un point attiré vers un centre fixe , par une
dR
force dont l'expression est ar , et l'intégration présente peu de diffi-
cultés , ainsi qu'on peut le voir dans plusieurs traités de mécanique
et dans un mémoire récent de M. Poisson , pages 331 et 332 du second
volume de ce [Link] citerai encore, pour son élégance, la solution
donnée par M. Gabrio Piola, dans un mémoire sur la Mécanique ana-
lytique couronné en 1824 par l'Académie de Turin. Pour le cas de
trois variables , afin d'achever l'intégration , on a recours ordinaire
458 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
ment à des considérations géométriques. Je suis loin de blamer l'em-
ploi de ces considérations dans des questions de Mécanique , qui ne
sont en grande partie que des problèmes de Géométrie : les résultats
obtenus y trouvent souvent une interprétation naturelle et simple ,
et l'analyse y puise , par fois , des ressources précieuses. Mais dès que
le nombre des variables principales est au-dessus de trois, l'analyste
ne peut plus guère compter sur les secours de laGéométrie propre-
ment dite. Il convient alors qu'il se crée une marche purement algé-
brique. Celle que nous allons suivre pour intégrer les équations dont
il s'agit conduit à ce résultat remarquable que, quel que soit le nombre
des variables , leurs expressions ne dépendent que d'une seule fonction
différentielle de la variabler à intégrer, pour chaque forme assignée
à la fonction R. D'autres voies peuvent fournir le même résultat;
mais elles m'ont paru présenter une assez grande complication, lors-
que le nombre des variables est supérieur à trois.
[2]. Considérons donc les n équations différentielles du second
ordre de la forme

d'u dR u d'v dRv


(1) drr' di
=
drr'
etc. ,
di

entre les n quantités u , v, x , y, etc. et la variable t.


En les combinant deux à deux , on formera, par l'élimination de
dR
dr'
des équations telles que
vdu udv xdu-ud²x
-

dt
0, di o, etc.

n- I

d'où l'on tire les intégrales premières , en nombre n . 2


,

vu
' - uv' constante ,
xu -
их
' const. ,
αν' -
να' const.,
etc.:

selon la notation ordinaire , nous avons désigné, pour abréger,


PURES ET APPLIQUÉES . 459
dans ces formules , par u', v', x', etc. les quantités différentielles
du dv
etc.
di' dt '
La somme des carrés de ces équations donnera
(2) (νει'- τιν')² + (xu- ux') + etc. + (xv- vx')*+ etc. = A*,
A représentant une constante positive. En vertu d'un théorème d'al-
gèbre , on sait que cette somme de carrés peut être mise sous la
forme

(u +v +x*+etc.)(u'*+ *+x' +etc.)-(uu'+vv'+xx'+etc.)²= A*.


En multipliant respectivement par du, dv, dx..., les équations
du du+dvdv+ etc .
proposées et les ajoutant , le premier membre dt

² + v² + x +y² + etc.
sera la différentielle de 2
, et le second mem-
dR
bre sera aussi la différentielle dr
dr= dR ; on aura donc en inté-
grant, et prenant B pour une constante arbitraire ,
2

+ + x + y + etc. = 2 (R + B) .
Substituant dans le premier membre de l'équation (2), cette valeur ,
et pour u² + v + etc. la quantité r*, on en déduira
(uu' + vv' + xx' + etc.)* = 2 * (R + B) — А* ;
rdr
mais uu + vw' + etc. = rr' = di; R ARY
r dra
REESE LIB
OF THE
partant dt = 2 (R + B) — А ; UNIVERSITY
CALIFORNIA.
OF

d'où l'on tire


rdr
(3) dt
22
V2r² (R + B)- A

De la même équation l'on déduit encore


dr A2
dt 2R + 2B -
460 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
étant différentiée, et divisée par adr, elle devient.
dar dR A
dt
= dr +

dR
On peut à l'aide de cette formule éliminer dr de la première des
équations (1 ) ; elle donnera , après avoir été multipliée par r ,
rd'u uder + A u

= 0;
di dt r

mais

rd'u- uder = d[rdu -

d[ red (
udr] = drd )].
Cette équation pourra donc être mise sous la forme
drd u

dt [ )] + rr = ; 0

ou bien, en la multipliant par ,


rd r'd u

Adt Adt[ ]+ = ;
Elle deviendra plus simple en y employant une variable auxiliaire ,
telle que
Adt Adr
(4) do ;
r2r2 (R + B) - A

car elle se change en celle-ci ;


u
dd(ur)
do do + = = °,
u
dans laquelle r
peut être considéré comme une variable principale
à déterminer en fonction de o. On aura de la même manière
de (v:r) d² (x: r)
2 + 0, + = o , etc.
do r αφ

:
PURES ET APPLIQUÉES. 461
[3] . Ces équations s'intègrent séparément , et en désignant par
g, h, g , h , g , h , ... des constantes arbitraires en nombre an,
on aura
u

= gcos + h sin ,

(5) == g, cos
r + h, sin ø ,
x

r = gcos + hsin ,
etc.

De l'équation (3) , on tire par l'intégration


rdr f

(6) + a =fV2r2(R + B) -- A² 2

Le second membre étant une fonction de r, on aurapar cette équation


la valeur der en fonction de t + a. L'intégration de la formule (4)
donnera

Adr
(7) +6
=Srivar
r2r (R + B) -A2
,

au moyen de laquelle on obtiendra en fonction de r, et par suite en


fonction de t + a. Ayant ainsi reto en fonctions de t + a , les
équations (5) donneront les valeurs des n variables u , v , x , y, ....
en fonctions de ta , de 6 , de A , B , et des an constantes ,
,,,, ... h , h , h ...
; c'est-à-dire que dans ces expressions
il entrera 2n +4 arbitraires. On doit en conclure qu'il existe entre
ces quantités plusieurs relations , car le problème n'admetque an ar-
bitraires .

[4]. En premier lieu , on voit que la constante 6ne fera que modi-
fier les arbitraires g, h, g , h , etc. , et que par suite on peut
n'y avoir aucun égard en la traitant comme déjà comprise dans
ces arbitraires. Ainsi le nombre des constantes ne doit plus comp-
ter que pour an +3 . De l'équation r = u² + v² + x² +j + etc. ,
и²
on tire = +++ etc.; substituant les valeurs du ,

,etc. ,donnéespar les équations (5), et représentant g +g +g +etc.


Tome II .- DÉCEMBRE 1837 . 59
462 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
par Eg , gh + g,h, + etc. , par Egh , etc. , on aura
1 = cos * g* + sinh² + 2 sino cos Egh.
Cette équation devant avoir lieu pour toute valeur de 4 , elle en-
traîne les trois suivantes :

(8) I = Σg', 1 = Σh', o = ∑gh .


Ces égalités limitent les 2n +3 arbitraires qui entrent dans les
expressions de u , v , x , y ... en fonctions de la variable t, à 2n
constantes indépendantes .
Pour satisfaire à ces conditions, on pourra donner aux arbi-
traires g, g,, g , etc., h, h,, h, etc., une forme particulière que nous
allons indiquer pour le cas de quatre variables u , v , x , y : cet
exemple suffira pour faire comprendre un mode de composition qui
s'étend à un nombre quelconque de quantités g, h , etc. , etc.
Nous poserons done
g cos , g sin y cosy,, „ = siny siny, cos y,,
sinysin y, sin
quels que soient les angles y,,,, qui , sont en nombre 4-1 = 3,
on a manifestement

g + g + g + g 1.

On posera aussi
h
cos n , h, = sin n cosn,, h₁₁ = sinn sinn, cos ,
h = sin n sin n, sin η ,
et les trois nouvelles arbitraires η, η , η, donneront identiquement
aussi h = 1 ; il ne restera plus qu'à satisfaire à l'égalité Egh =0 ,
ou bien à l'équation ,
o=cosy cos n+sinysin cosy, cos 2,+sinysinn sin ,sin n,cosy,cos
+sinysinn siny, sin n, siny,sin
laquelle déterminera un des angles , par exemple y, au moyen des
cinq autres 2,ς για ηαηι η
PURES ET APPLIQUÉES . 463

Si le nombre des constantes g , g,, ... eût été cinq, on les eût com-
posées ainsi avec quatre arbitraires γ,,, ۷,۷ :
g=cosy, g, sinycosy , gsinysiny,cosy =sinysiny,siny
,cosy ‫יש‬

g =sinysiny,siny, siny 1119

et de même pour h, h₁ , etc. Cette manière de satisfaire à une équa-


tion de la forme g = 1 a quelque analogie avec la formule que
M. Poisson a donnée dans sa Théorie de la Chaleur , page 38.
Les an quantités g , g,, ... h , h,, ... seront donc exprimées au
moyen de 2n - 2 arbitraires , liées entre elles par une équation ,
qui réduit le nombre des constantes indépendantes à 2n - 5 : les
constantes a , A , B complètent le nombre an.
[5] . Nous avons fait voir que l'intégration des équations proposées
entre les variables u , v , x , ... dépend des deux intégrales
rdr
(6) tta
= SRB)
2r (R +B) -A
,

=
Adr
(7) r
27 (R +B)- A

Ces deux fonctions, qui semblent indépendantes, peuvent néanmoins


être ramenées à une origine commune. En effet , soit S une fonction
de r telle que
dr
S= √2 (R+B) —
- А* ,

il est évident que l'on aura par des différentiations partielles :


ds dS
(9) t + a = dB ' 4+ 6 dA

[6] . Les formules que nous venons d'exposer montrent que les
variables u , v , x ... fournies par des équations de la forme
d'u dR u dev dR
=
dt drr'
= , etc.,
dt

ne dépendent que de la détermination de la seule intégrale S, et de


59..
464 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
ses deux différentielles relatives à A et à B. Ces différentiations , le
plus communément , s'effectueront sans difficultés et sans introduire
de transcendantes supérieures à celles dont S sera composé: nous
disons le plus communément , car il y a des cas où cet énoncé ne sera
pas exact , et où le calcul de la différentielle d'une fonction introduira
des fonctions d'un ordre de difficulté ou de complication autre que
celui des fonctions différentiées .
Des recherches sur la théorie de la variation des arbitraires dans les
questions de Mécanique , appliquées au problème d'un point attiré
dR
vers un centre fixe par une force dr m'avaient conduit aux équa-
tions (9) pour le cas de trois variables u , v , x seulement. Mais il me
fut facile d'y reconnaître un corollaire d'une proposition générale
énoncée par M. Jacobi , et relative à l'intégration des deux équations
du mouvement d'un point qui doit demeurer dans un plan. Ce résul-
tat reçoit ici une extension de généralité notable , en ce qu'il s'ap-
plique à un nombre quelconque d'équations différentielles du second
ordre de la forme particulière dont nous nous occupons.
d'u dR
se
[7] . Nous avons trouvé ci-dessus que l'équation di dr r

r² d
transforme en Adi [ Adt
] + = o, par cela seul qu'il existe
rdr
entrerett la relation t+a= 2,
c'est-à-dire
Var² (R + B) - A
que r est une fonction de t + a déterminée par cette équation (6) ;
etqu'en employant la variable auxiliaire de la formule (7) , la même
équation devient
u
d² (ur)
do + = 0 ,

dont l'intégrale est


u = r [gcos + hsino] .
Il en résulte que cette dernière équation doit être considérée comme
d'u dR u
l'intégrale générale de l'équation dans laquelle la quantité
dR
rdr sera une fonction donnée de t + a , Aet B. Alors get h seront
11

PURES ET APPLIQUÉES . 465


les deux constantes arbitraires exigées par l'ordre de l'équation.
m

Afin de donner un exemple , nous supposerons R = et l'équation r

d'u mu

à intégrer sera =0 , r étant donnée en fonction de t par l'é-


rdr
quation t + a = Pour rentrer dans des for-
√2 +B)- A

- = m

mules usuelles , nous écrirons B = a' et A = ma (1 -

e²) ;
rdr
l'équation d'où dépend r sera alors t + a = On
m

[ae³²-(a- r) ]
posera ici , à l'ordinaire ,
1
a- r ea cos , ou r = a ( 1 - ecos ) ,

↓ étant une nouvelle quantité auxiliaire , connue des géomètres sous


le nom d'anomalie excentrique , dans la théorie du mouvement el-
liptique; de là il suit que
3
a2
m
t+ a= m
d+ (1 -ecos +), ou + -esin +=(t+a) 3
;
équation dont on devra tirer la valeur de pour la substituer dans
celles de r , et de o exprimée en r. Mais
3

do = [Link] ✓ma(1 - e²) and ( 1- e cos ) V-ed


2
I-e cos
;
Vm.a² (1-e cos 4)

il s'ensuit que tang 2


=

I e tang , en négligeant la cons-


2

tante que l'intégration aurait pu introduire. D'après cette formule ,


on aura

cos - e
COS
1 - e cos a(cos -e),
sin sin1-e asin1- e
1- e cos r :
466 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
L'intégrale de l'équation proposée étant
u
r(g cos + hsino) ,
pourra encore être écrite ainsi :

u = ag (cos - e) + ah sin +V1- e ; I

où l'on n'a plus qu'à remplacer & par sa valeur en t. Cette substitu-
tion exigerait la résolution de l'équation
m
-
e sin = (t +a) 3,

que l'on ne peut obtenir que par la voie des séries et sous de cer-
taines conditions limitatives de la grandeur de e. Néanmoins on ob-
tiendra l'intégrale ou la relation cherchée entre t et la fonction u,
de la manière suivante. Remplaçons d'abord les constantes get h
par deux nouvelles arbitraires γ , η telles que ag = COS ,
ah √1 - e = y sin n ; et par suite , nous pourrons écrire ainsi
l'équation entre et u ,
u
=
COS
(+ -

η) e cosn +γ

De celle-ci on tire
ท + arc(cos =
u

+ ecosn).
Cette valeur de 4 mise dans l'équation en ↓ et t lui donne cette
autre forme

m u

(t + a) = n + arc (cos 7 +ecos )-esine con)


-

-ecos I-
+ecos ).
De cette égalité il sera facile de faire disparaître la fonction.....

arc
(cos =
+ e cos ) en l'isolant dans un seul membre , puis en
prenant lescosinus des deux membres : ce résultat sera l'intégrale gé-
PURES ET APPLIQUÉES . 467
d'u mu
nérale de l'équation différentielle du second ordre de+ = 0 ,

r étant une fonction de t donnée par les formules


1

m
r = a (1 - e cos ) ,
I
-esin + = (t + a) -

,
dont on doit éliminer la quantité auxiliaire : les constantes y et n
seront les deux arbitraires de l'intégration.
[8]. Nous venons de trouver l'intégrale de l'équation linéaire du
d'u dR u
second ordre
di , où r représente une fonction de t dépen-
dante de la résolution de l'équation
rdr
(6) t+ a :

2ra (R + B) - A

dans cette dernière formule la quantité A semble devoir être essen-


tiellement positive pour que ne soit pas imaginaire. L'équation dif-
férentielle s'intègre néanmoins , mais avec quelques modifications
dans la forme des résultats, lorsque la formule (6) est remplacée
par la suivante où l'on supprime B qui peut être compris dans R ,
rdr
(6') t + a = •

V2r2 R + A
En effet , de celle-ci , on tire
dra A
di 2R + ;

par la différentiation, et après avoir divisé par 2dr, on aura


der dR A
-
=
di dr

dR
En éliminant de l'équation proposée , à l'aide de la précédente ,
dr
elle deviendra
d'u der A2 u
r -
u -

dt2 dt = 0,
468 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
à laquelle on donnera , comme ci-dessus (3) , la forme
d rd/u -

A2 [dt ] = 0;
Adt Adr
ou bien, en posant encore do. = ra 1
;
V2r R + A
dd(ur) -
u

l'équation se change en do I
r
= 0;

alors elle a pour intégrale


Φι -Ф
ge + he ,

get hétant deux arbitraires , e la base hyperbolique ; et la quantité


auxiliaire , étant donnée par l'égalité
= Adr

r2r2 R + A

On serait arrivé au même résultat en passant du réel à l'imaginaire


dans les formules du cas que nous avons traité en premier lieu , et où
A avait lesigne- sous leradical: il aurait fallu pour cela remplacer ,
4

dans les formules , r par 1 , R par RV-1 , par√-1 ,


et enfin changer sin ( V-1) et cos (@ V-1) en exponentielles
I

réelles .

On ne connaît qu'un petit nombre d'équations différentielles du


second ordre intégrables. J'ai cru devoir appeler l'attention des géo-
d'u dR
mètres sur l'équation linéaire di Taru, ourdépend de t selonla
rdr
formule t = , parce que cette classe est fort étendue , R
Var'R + A2
étant une fonction indéterminée de r : elle comprend l'équation li-
néaire à coefficient constant. ;
PURES ET APPLIQUÉES . 469

wwwwww

SOLUTION

D'un Problème de Probabilité, relatif au Jeu de rencontre ;

PAR E. CATALAN ,

Ancien élève de l'École Polytechnique.

1. Une urne contient m boules marquées a , b , c , d , ... , que l'on


tire toutes successivement , pour les remettre ensuite. Quelle est la
probabilité que , dans deux tirages consécutifs , n boules sortiront
dans le méme ordre ?
Supposons que l'on fasse le premier tirage , et qu'à mesure que les
boules sortent de l'urne , on écrive leurs noms sur une même ligne ;
supposons aussi que la même chose ait lieu pour le second tirage ,
et que la seconde ligne soit écrite au-dessous de la première. On ob-
tiendra de la sorte , deux suites composées chacune de m lettres , et
qui seront par exemple :
1r tirage ....... g , a , h , l , i, c , e , d , .... (1)
2º tirage ....... i , l , h , g, b, d, e , f , ..... (2)
J'appellerai correspondance la rencontre , au même rang , de deux
lettres semblables : ainsi, les lettres h , e forment deux correspon-
dances .

La question revient alors à celle-ci :


Quelle est la probabilité qu'en écrivant au hasard les suites ( 1 ) et
(2) , composées des mêmes lettres , on obtiendra n correspondances ?
Écrivons arbitrairement la première ligne; puis , pour former la
seconde , commençons par faire correspondre n lettres ; nous devrons
ensuite écrire les autresm-n lettres, de manière qu'elles ne présentent
Tome II. -
DÉCEMBRE 1837 . 60
470 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
aucune correspondance: je désigne pour un instant parXm- le nombre
m- 11

de solutions dont cette question est susceptible.


Nous aurons alors , pour n correspondances désignées , Xmn Sys-
tèmes. Et comme les n lettres , au lieu d'êtres désignées , sont quel-
conques , le nombre Xmn doit être multiplié par le nombre des com-
binaisons de m lettres , prises n à n; quantité que je désignerai par
Ст, п .
Ainsi , pour un arrangement quelconque des lettres de la première
ligne , il y en a Cm,n X Xm-n des lettres de la seconde, pour les-
quels n lettres correspondent. De plus, les lettres de la première ligne
pouvant être disposées d'autant de manières que l'indique le nombre
des permutations de m lettres , prises toutes ensemble , il s'ensuit que
le nombre des chances favorables à l'événement demandé , est
[Link], n.X 17272 (3)
Le nombre total des chances est évidemment (Pm) : donc la probabi-
lité cherchée a pour expression
Cm, [Link]- n ;
P Pm
(4)

ou bien , en mettant pour Cm, net Pm leurs valeurs connues ,


Xm-n
P (5)
.2.3 ... n.1.2.3 ... (m - n)
2. Déterminons Xmn.
En remplaçant m- n paru , la question peut être posée de cette
manière :
Les µ lettres a , b , c , d, ... h , i étant écrites sur une méme ligne,
trouver de combien de manières l'on peutformer une seconde ligne de
ces mêmes lettres , avec la condition qu'aucune d'elles n'occupe le
méme rang dans ces deux lignes .
Cette quantité sera désignée par Χμ.
Supposons cette opération déjà effectuée pour les μ - 1 lettres
a, b, c , ... h; et considérons l'un quelconque de ces systèmes :
re

1 ligne ........ a , b , c , ... h ,


2º ligne ........ g , d, a, ... c . } (6)
PURES ET APPLIQUÉES . 471
Apportons la με lettre i à la fin de chaque ligne ; puis , dans la se-
conde, changeons successivement chacune des μ - 1 lettres qui y
entrent , en i , et réciproquement.
Il est visible que nous obtiendrons de la sorte , μ- 1 systèmes ,
qui feront partie des X systèmes demandés.
Considérons encore deux lignes de - 1 lettres , parmi lesquelles il
y ait i correspondance ; par exemple :
re
! I
ligne....... a , b, c, d, ...h,
e
(7)
2º ligne ....... a , f, d, b , ...c.
Écrivons la uº lettre i à la fin de chaque ligne ; puis, dans la se-
conde, changeons i en a ; nous aurons encore un des arrangements
cherchés. Nous pourrons faire la même chose pour chacune des μ - 1
lettres a, b , c , ... h; et comme , pour une lettre qui correspond , il
en reste µ - 2 , que l'on peut intervertir d'autant de manières que
l'indique Xu-2 , il s'ensuit que
μ

Χμ = (μ — 1) (Χμ− 1 + Χμ−2). (8)

est évident que X, = o , et X = 1. On a ensuite X3 = 2.1 = 2 ,


X₁ = 3 (2 + 1 ) = 9 , X5 = 4 (9 + 2) = 44 , etc.
4

On voit donc que la suite des termes Χ. , Χ. , Χ3 , ...Χμ-2, Χμ-1 ,


Χμ , ... forme une série dans laquelle un terme quelconque est égal à
la somme des deux précédents , multipliée par le rang du terme qui
précède celui que l'on cherche.
3. On peut transformer la formule (8) en une autre plus simple :
D'abord , pour la symétrie du calcul , posons X = 1 : cette valeur
satisfait à la loi générale, car alors X. = 1 (X + X.).
Ensuite, en changeant dans la formule ci-dessus , μen μ- 2 ,
μ-4 , ... et supposant μ pair, nous aurons

Χμ = (μ – 1 )(Χμ-1 + Χμ-2) ,
Χμ-2 = (μ – 3)(Χμ−3 + Χμ−4) ,
..
.... (9)
X₁ = 3 (X + X.) ,
X, = 1 (X, + 1 ).
60 .

L
472 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
La somme de toutes ces équations est
Χμ= (μ - 1 )Χμι+( μ- 2) Χμ−2 +...+ 3X3+2X + 18 +1 . ( 10)
Changeant μ en (μ - 1 ) , nous aurons , ( μ - 1 ) étant impair,
Χμ− 1 = ( μ - 2) X -1 + .... + 3X, + 2X + 1X,;2
(11)
d'où
μ = μ.μ- 1 + 1 .
μétant impair, nous obtiendrions de même
μΧμι -
I.

La formule générale est donc


μ = μΧμ - 1 ± 1 , (12)
en prenant le signe supérieur si u est pair.
On voit donc, que , pour obtenir un terme quelconque , il suffit de
multiplier son rang par le terme précédent , et d'ajouter ou de retran-
cher l'unité.
La valeur de Xu croît très rapidement avec u : on a X₁ = 0 ,
μ

X =1 , X3= 2 , X₁=9, X5=44 , X =265, X, 1854, X=14853,


I
X= 133 496, X. ,= 1334961 , Χ,,= 14684 570 , Χ.,= 176 214841 ,
9

X3=2290 792 932, X,4=32,071 101 049, X15=481 066 515 734, etc.
4. Déterminons le terme général X seulement en fonction de μ.
En changeant dans l'équation (12) , μ en μ - 1 , μ - 2 , ... nous
obtiendrons les μ + 1 équations ,

Χμ = μΧμ- 1 = 1 ,
Χμ -1= (μ - 1 ) Χμ− 2 1,
Χμ-2= (μ - 2) Χμ−3 ± 1 ,
X3 = 3X, 1,
-
(13)
X = 2X, + 1 ,
X = X. 1,
-

X. = 1 .
PURES ET APPLIQUÉES. 473
Multipliant alors la 2º équation par u , la 3º par μ ( μ- 1) , etc.;
il vient , en ajoutant les produits :
Χμ=± ιμμ( μ - 1) +μ( μ-1)(μ-2)±...
-μ(μ-1) ... 3.2+ μ( μ -1) ... 3.2.1 . } (14)
Donc Xu est égal à la différence entre le nombre des permutations de
μ

μlettres prises en nombre pair, et celui des permutations de ces


memes lettres prises en nombre impair.
5. La valeur de Xu peut se mettre sous la forme
I I I

Χμ= 1.2.3... (μ-1)μ[1- + I - + ±1.2.3.


1.2.3 ... (4-1)
(μ-1)μ.](15)

La série entre parenthèses a une analogie remarquable avec le dé-


veloppement de la base des logarithmes népériens : on sait que ce dé-
veloppement pour valeur la limite de (1+ ) . De même , la série
a

ci-dessus a pour valeur la somme des u + 1 premiers termes du dé-


veloppement de (1-1)", après qu'onya fait n infini.
En négligeant les puissances supérieures à la première , on a
I I

I
I
n
: il s'ensuit qu'en désignant à l'ordinaire par e la base
+n

des logarithmes népériens , la série ci-dessus est le développement de


I

, limité aux μ + 1 premiers termes. C'est ce qui devient évident si


l'on prend la relation
x x² x3
ex ++ I 1.2
+ 1.2.3
+ ..... (16)

-1 .
et si l'on y pose x
Il s'ensuit aussi que la valeur limite de Xuest
[Link]... (μ-1)μ
e (17)

Comme la série ( 15) est très convergente, la valeur (17) est très ap
474 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
prochée, dès que u dépasse une certaine limite, qui n'est pas élevée .
En faisant le calcul , on trouve que , pour μ > 13 ,
I

e = 0,367 879 441 19 .... (18)

Donc aussi , pour μ > 13 ,


μ = 0,367 879 441 19 × 1.2.3 ... (μ – 1 ) μ . (19)
Enfin , si l'on met pour le produit des u premiers nombres naturels ,
sa valeur approchée , on aura , à fort peu près ,
I I

εμ+ 1 (1+ 12μ +28 + ....) (


20)

5. Revenant au problème qui fait l'objet de cette note , nous aurons,


en remplaçant X,m -n par sa valeur , dans la formule ( 5) :
I I I I

P = 1.2.3 n - + - 1.2.3 (m -1)(min) , (21)


pour l'expression exacte de la probabilité. Lorsque m-n dépasse 13 ,
la valeur très approchée est
0,
ο, 367 879 441 19
P
1.2.3 ... (n-1)n (22)

Prenons pour exemple m = 20 , n = 5 , m- n= 15 ; les for-


mules (21) ou (22) donnent également
p = 0, 003 065 662 .
6. Cherchons la probabilité que, dans les deux tirages, aucune
lettre ne sortira au même rang. Posant n= o dans la formule (21), il
vient pour la probabilité demandée ,
I I I

p' I
+
1.2 1.2.3 ... (m - 1 ) m
(23)

Et si m est infini ,
I

p' = e
(24)
PURES ET APPLIQUÉES . 475
Telle est la probabilité que , dans deux séries des mêmes événements
indépendants les uns des autres , et en nombre infini , aucun événe-
ment n'arrivera dans le même ordre .
Si de l'unité nous retranchons p', nous obtiendrons , pour la pro-
babilitéd'au moins une correspondance dans les deux tirages successifs,
e 1

e
(25)

Cette probabilité est celle du jeu de rencontre , qui consiste en


ceci :

Deux joueurs ont chacun un jeu de cartes , complet ; chacun d'eux


tire successivement une carte de son jeu , jusqu'à ce que la même carte
sorte en même temps , des deux côtés. L'un des joueurs parie qu'il y
aura rencontre, l'autre parie le contraire. En supposant le nombre
des cartes infini , il est clair que la probabilité du premier est p", et
celle du second , p' .
On a
p" = 0,632 .... p' = 0,368 ... ;

et comme ces valeurs sont fort approchées lorsque m est plus grand
que 13, il s'ensuit qu'on peut les regarder comme exactes , même pour
un jeu de 32 cartes (*).
7. Le problème (1) présente une circonstance assez remarquable :
la valeur (22) ne contient en dénominateur que la variable n. Quant
au numérateur, on vient de voir qu'aussitôt que m- n dépasse 13,
il reste, à fort peu près, constant. Donc aussi, la probabilité demandée
est, presque rigoureusement, indépendante du nombre de boules que

(*) Le problème dont je m'occupe ici , m'avait été proposé , il y a plus de deux
ans, à l'École Polytechnique. Ce n'est qu'après en avoir envoyé la solution à
M. Liouville , que j'ai appris qu'Euler s'était occupé du problème des rencontres ,
qui est , comme on le voit , un cas très particulier du mien.
On trouvera la solution d'Euler dans les Mémoires de l'Académie de Berlin ,
année 1751. On pourra consulter aussi le Calcul des Probabilités de Laplace ,
p. 217 , et le tome XII des Annales de Mathématiques. Je n'ai eu connaissance
de tout cela que depuis peu de temps.
476 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
contient l'urne : elle dépend seulement de la quantité de boules qui
doivent sortir aux mêmes rangs , dans les deux tirages.
8. Dans la formule (22) , faisons varier nde o àm , et ajoutons
tous les résultats : la somme est évidemment l'unité, qui est le sym-
bole de la certitude . Donc

I I I
+ +
---
1

1 1.2 1.2.3 ... (m - n) (26)


I Σ 0
1.2.3 ... n

Cette équation peut se mettre sous la forme


I I

1=1(1++++123m) (1+++...+ 1...(m-1))


I I

I + I I

+
+
1.2 (1 I 1.2
...

+1.2...(m-
1.2 ... (m 2)-
....

[Link]... (m-1) (1 + 1) ± 1.2.3 ...(m-1)m


Multipliant les deux membres par 1.2.3 ... (m - 1) m , elle devient
1.2.3 .. (m- 1)m=[ 1 + m+ m(m-1)+ ... +m(m -1)(m-2) ...3.2.1]
m

I
[1+(m- 1 )+(m-1 )(m- 2)+...+(m-1 ) (m-2)...3.2.1]
mm- 1
+- I 2
[1+(m-2)+(m-2)(m-3)+...+(m- 2)(m-3)...3.2.1]
• •

mm I 2
+
I 2
....

m I
[1 + 1 ] ± 1. (27)

Si l'on représente par S. la somme des nombres de permutations de


n lettres , prises oà o , xà 1 , 2 à 2 , ... nàn, cette équation peut
se mettre sous la forme

1.2.3 ... (m- 1 )m=Sm-Cm, [Link]-t+ Cm,a . Sm ュー ・ m- Cm,1.S ±1 . (28)


L'équation (27) exprime un théorème sur les nombres, l'équation (28)
un théorème sur les combinaisons .
9. Je supposerai maintenant qu'au lieu d'extraire toutes les boules
PURES ET APPLIQUÉES . 477
de l'urne, on n'en tire qu'un nombre t. Le problème I se change en
cet autre , plus général :
Quelle est la probabilité que , dans deux tirages consécutifs d'une
urne contenant m boules marquées a , b , c , ... h, i , dont il en sort
t à chaque tirage, n lettres sortiront dans le méme ordre ?
En suivant la même marche que précédemment, l'on voit que ,
après avoir fait correspondre n lettres dans un système de deux lignes,
il reste à placer dans chacune d'elles , t- n autres lettres , prises
parmi les m-n restantes; et cela , avec la condition qu'il ne se pré-
sente plus aucune correspondance. Supposons pour un instant que
cette opération a été effectuée de toutes les manières possibles , et
désignons par Ymn, 1-n le nombre des systèmes ainsi obtenus.
Actuellement , les n lettres correspondantes pouvant être quelcon-
ques, et pouvant occuper t places, il s'ensuit que le nombre ci-dessus
doit être multiplié par Cm, .. P.,.. Les chances favorablesà l'évènement
demandé sont donc en nombre Cm,n. Pin . Ymn,t-n Le nombre des
chances possibles est (Pm ) . La probabilité cherchée a donc pour
expression P

Cm,n . Pi,n. Ymn,


P
p= (
Pm,t)

(
29)

10. Déterminons Ymn,


M-1, 1-n
En remplaçant m -n par pet t-n para, la question revient à
ceci :
De combien de manières peut-on former deux lignes composées de
a lettres , prises parmi lettres données , avec la condition qu'aucune
lettre n'occupe le même rang dans les deux lignes? Ce nombre sera
représenté par Yμία·
Soient les u lettres a , b , c , d... g , h. Considérons l'un quelcon-
que des systèmes de deux lignes formées seulement de a- 1 lettres ,
système qui n'a aucune correspondance, et qui sera, pour fixer les
idées :
a , f, i , b ....
e,

g, i, a, h .... d. (30)
A la fin de chacune de ces deux lignes , apportons l'une quelconque
des μ - (a - 1) lettres qui n'y entrent pas : par exemple, g pour la
Tome II.- DÉCEMBRE 1837. 61
478 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
première, et c pour la seconde. Nous aurons alors deux lignes de a
lettres ; savoir
a, f, i, b .... e, g ,
g , i , a, h .... d, c. (31)
Il est visible que ce système sera l'un de ceux demandés , sauf le cas
où les deux lettres introduites seraient semblables : nous reviendrons
sur cette circonstance .
Enn'en tenant pas compte, nous voyons que, pour un système de
(a - 1) lettres , nous en obtenons (μ - a + 1) de a lettres. Et
comme le nombre des systèmes de a- I lettres est représenté par
Υμ, 2-1 , celui des systèmes de a lettres le sera par (μ-α+ 1) . Υμ,α-ις
α

dont il faut actuellement retrancher le nombre des systèmes composés


de lignes terminées par une même lettre..
Or, si nous avons placé une même lettre a à la fin de deux lignes
de a- i lettres , c'est parce qu'elle n'y entrait pas encore : ces deux
lignes peuvent donc être considérées comme composant l'un des
systèmes de a- lettres , prises seulement parmi les μ - 1 autres
lettres b , c, d , ... h. Donc, parmi les systèmes obtenus tout-à-l'heure,
il y en a Y - 1 , a -1 terminés par a , a, autant par b , b, etc.; en tout,
μ. Υμ - 1 , 4-1 Systèmes à rejeter. Nous avons donc
Υμια (μα +1 ) Υμ , α -ι - μι. Υμ-τ , α -1 . (32)
11. Avant d'aller plus loin , remarquons que, pour la symétrie des
calculs , on peut supposer Yu,o=Y -r , or car alors, en faisant
ar dans la formule, il vient
Υμμ ; 1 = μ² - μ = μ ( μ – 1 ) .
:
Il est évident en effet que, si chaque ligne ne contient qu'une lettre ,
le nombre des systèmes est égal au nombre des permutations de μ
lettres , prises 2 à 2 .
Maintenant , changeons a en a - 1 , a2 , .... 3 , 2 , 1 , nous
obtiendrons les a équations
PURES ET APPLIQUÉES. C 479

Υμ, α = (μα + 1 ) . Υμ, αι -

μ . Υμ -ι, α-1 ,
Υμ. , α-1 = (μα + 2) . Υμ , α-2 -

μ . Υμι, α-2,
Υμια-3 =(μα + 3) . Υμ, α-3 - μ . Χμ . 1, -3, (35)

Υμ,
μ, 2
2 (μ
= -

1) . Υμ,α -

μ . Υμι , 1 ,
Υμ, ι = μ² . Ι -

μ . 1.
:

Multiplions la seconde équation par (μ -α + 1) , la troisième par


2

(μ- α + 1 )² . (μ- α + 2)² , etc. , puis ajoutons. Il vient


Υμια = (μ.μ - 1.μ- 2 ...μ - α+ 1 )² - μ . [Υμ-1,2-1
+(μ-α+ 1 ) Ὑμ-1,4-2+( μ-α+ 1 )*(μα + 2) μμ -ι , α-3
+ ...+ (μ - α+ 1)². (μ - α + 2)*.... ( μ - 1 ) ]
I a
} (34)
Cette équation aux différences finies, est plus compliquée que l'équa.
tion (32); mais elle va nous conduire facilement à l'expression géné-
rale de Yμ,α.
Pour cela, posons successivement a= 1 , 2 , 3 , .. dans cette
équation, et dans celle que l'on endéduit en changeant u en μ - 1 ; I

nous obtiendrons :

pour a = 1 , Υμητ
μ, ι = με -μ , Υμ,ι = μ( μ – 1 )
et Y -1,1 = ( μ - 1 ) [ ( μ - 1 ) — 1 ] ,
I

α = 2 , Υμα = μ² ( μ- 1 ) -μ [( μ - 1) -(μ - 1) + (μ - 1) ]
I

=με (μ - 1 )* - μ [2 (μ - 1)* - (μ - 1 ) ]
ου. Υμ,2 =μ (μ - 1) [ μ(μ - 1) - 2 ( μ - 1 ) + 1 ] ,
Υμ-1,2 = (μ -1)(μ-2) [ (μ-1) (μ-2)-2(μ-2) + 1 ],
2

α = 3 , Υμ, 3 = μ² ( μ - 1) (μ - 2) - μ[ (μ - 1) (μ - 2)
-2(μ-1)(μ-2) +( μ-1)( μ-2)+(μ-1) ( μ-2)
– (μ - 1) (μ- 2) + (μ - 2) (μ - 1 )*]
1. = με ( μ - 1)* ( μ - 2)* - μ [3 ( μ – 1) (μ - 2)
-3 (μ-1)(μ -2) + (μ - τ) (μ- 2)
61 ..
480 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
Y=μ(μ- 1)(μ-2)[μ(μ- 1 )(μ-2)-3(μ- 1)(μ-2)
:
+3(μ-2)-1] ,
α = 4, Χμ,4 =μ( μ-1)( μ-2)(μ-3)[μ( μ-1 ) (μ-2)(μ-3)
-4(μ- 1 ) (μ-2) (μ-3)+6(μ-2)(μ-3)-4(μ-3)+1 ].
etc.

La loi est actuellement évidente , et nous sommes endroit de poser ,


sauf vérification

¥μ,α=μ. (μ -1)... (μ-α+1)[μ.(μ- 1)...(μ- α +1)


-

(μ - 1)(μ-2)...(μα+1)+ ..(μ-2)...(μ-α+1) } (35)


-
...

I (μ - α + 1) = 1].
a

En employant les mêmes relations que ci-dessus , cette formule peut


se mettre sous la forme plus simple
Yμια
Pμια[Ρμια - Ca, . Ρμ-ι, α-1 + Ca,2 . Pu-2, 2-2
-
...

+ Ca, P- + 1,11 ] . } (36)


L'intégrale de l'équation (32) ayant été obtenue par voie d'induc-
tion, il est essentiel de la vérifier. Pour cela, changeons d'abord a
en a -

1 dans (36), puis μ en μ - 1 et a en a - 1 ; nous aurons


Υμ,α-1 = Pu,«-1 [P -1- Ca-1,1 . P -1,4-2 + Ca-1,2 . P -2,2-3
一 ・・・
...
C -11 . Pu-a+2,1 ± 1 ] ,
Υμ-1,2-1=P -1,2-1 [P -1,2-1 - Ca-1,1 . Pu-2,8-2 + Ca-1,2 . P -3,4-3
-
...

+ Ca-1,1 . Ρμα+1,11].
Multiplions la première de ces deux équations par (μ- α + 1 ) ,
puis retranchons-en la seconde multipliée par u. En remarquant que
l'on a en général , Pm,n=(m - n + 1) . Pm,n- et Pm,n =m . Pm-1, -19
nous obtiendrons d'abord

(μ-α+1 ) . Υμ,α-ι-μ. Υμ.-1, -1= Pμια[Ρμ,α - (Ca-1,1 + 1 ) P -1,4-1


+(Ca- 1,2+ C2-1,1) .P -2,2-2- ( 1 +Ca−1,1)Pu-a+1,11].
PURES ET APPLIQUÉES. 431
Mais l'on sait aussi que Cm,,+ Cm,p-1= Cm+1,, : donc le second
membre devient

=Pμια[P ,x-Ca, 1. P -1,2-1+C2,20PM-2,4-2-... Ca,1 . Pµ-x + 1,1+ 1 ] :


expression identique avec celle que nous avons trouvée pour Υμ,α.
12. Si dans la formule (35), nous posons μ -a = d, le dévelop-
penient deviendra

Υμ, α=[μ(μ- 1)(μ - 2... ( +1)] [1- (1 )+ (1-2)(1 I )


-

+
...

I
1.2.3. ( -1)(1 ) (11 μ- 1 ) (1-12) (37)
... I

-1

+1.2.3 ... (a-1)a (1 )(1 ) (1 )


I .... I -
μ

Comparant cette expression avec la formule (15) , on voit que si a=μ ,


Yμημ 1.2.3 ... (μ - 1) .μ . Χμ , (38)
ce qui est d'ailleurs évident.
La série entre parenthèse est très convergente : car ses termes dé-
croissent plus rapidement que ceux du développement de e-¹ . Si a ,
uet dsont de grands nombres, on pourra remplacer ce développe-
ment par celui-ci :
I 3
-

I
I
(1 )+ ( I
- 1.2.3 1 )+ ....
. ( 38)
-

qui a pour valeure (1 ) =

εμ

Il serait peut-être assez difficile de déterminer à priori le degré d'ap-


proximation que l'on pourra obtenir, attendu que plus on avance
dans les séries (37) et (38) , et plus les termes du même ordre diffe-
rent. Dans les cas où la série (38) pourra être employée avec avan-
tage , on aura donc pour valeur approchée de Yµας
Y'μα [με (με-1) (μ -

2) ... (μ - a + 1)]
(39)
ell
482 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES
13. En mettantdans la formule (29) , les valeurs des lettres qui y
entrent , il vient
t(t- 1) (1-2) ... (t- n + 1)
d 1.2.3 ... n × m(m - 1 ) ... (m - n + 1)
I -

(1-1)
+ 1.2 ( - )(-
1-
μ
1-
) -... ] } (40)
ou bien

1t (1-2) (1-2) ... (t- n + 1)


1)
-
I 1
t
-n
{G
d 1.2.3 ... nxm(m (m - n +
...
1) Im

I t- n t- n - 1 (41)
+
1.2 m -n m - n- 1
..

))
La série entre parenthèses a a + 1 = t - n + 1 termes : le dernier a
pour expression
{
I t- nt- n - I I
1

1.2.3 ... (1-12) m-nm-n- 1m-1+ 1 (m -n)(m-n-1) ... (m-t+1 )

14. Si l'on suppose t= n , la probabilité devient

p
' 1
(42)
m(m- 1) .... (m -n + 1)

Il est évident en effet , que si toutes les lettres que l'on tire de l'urne
doivent sortir dans le même ordre aux deux tirages, la probabilité a
Pm,n
pour expression (P )
Enfin , si nous supposons n=o , la valeur dep devient
I It I I t- I
1-11•

m(m- 1 ) ... (t+1) I Im 1.2m m- 1 1.2.3..t m m- I

2 I

...

m-12m-1+ 1

C'est la probabilité du jeu de rencontre , en supposant que l'on


arrête ce jeu au tieme coup.

<
PURES ET APPLIQUÉES . 483

wwm wwwwwwww

Sur la Formule de Taylor;

PAR J. LIOUVILLE .

Soit f(x) une fonction réelle de x, dont nous représenterons par


f'(x) , f (x) , etc. les dérivées successives. La formule de Taylor
consiste, comme on sait, dans l'équation

f(x +y) = f(x) + f (x) + ...+ f (x) + R ,

dans laquelle R désigne le reste de la série. Lagrange a trouvé pour ce


reste l'expression suivante :
+1 1+

R= 2 + f += ( x + y) ,

où est un certain nombre positif, plus petit que l'unité. Et il s'en


est servi pour démontrer (en excluant le cas particulier où f (x)==0) ,
que , pour des valeurs de y suffisamment petites, la valeur numérique
n
de R devient inférieure à celle du terme 1.2 ... n f" (x) auquel on
s'arrête .

Ce théorème, très utile dans le calcul différentiel , peut subsister


encore lors même que la dérivée de l'ordre (n + 1 ) devient infinie ,
et il y a , je crois , quelque inconvénient à introduire cette dérivée
dans les calculs. Mais il est aisé d'en éviter l'emploi. En effet , au
lieu de
1-1

yn
f(x+1) =f(x) + 1
f'(x)+... + 1.2 ... (n - 1 ) f (x)+ 1.2...-fn(x+
n
y),
484 JOURNAL DE MATHÉMATIQUES PURES , ETC.
on peut évidemment poser
yn-1 yn
f(x+3) = f(x) +/-f'(x)++ 1.2
1 1.2... (n- 1)fn-1 ( x) + 1.2 ... n
f (x) +R,

pourvu que l'on prenne cette fois


yn
R = 1.2... N [f" (x + y) - f (x) ].
yn
Le rapport de Rà 1.2... η f (x) se trouvant maintenant égal à
f" (x +fby)-
(x)
f (x),
on comprend sans peine dans quels cas , pour de très petites valeurs
de y, ce rapport demeure < 1. Cela a lieu par exemple lorsque la
fonction f" (x) est continue pour la valeur actuelle de x ; et même
il est visible qu'alors on rendra le rapport dont nous parlons infini-
ment petit, en attribuant à y une valeur infiniment petite.

FIN DU TOME DEUXIÈME.


485

ERRATA.

Page 16 , ligne 12 , au lieu de l'équation , lisez à l'équation


21 , 3 , au lieu de (x -x) , lisez (x- x)2
32 , 11 , au lieu de f(x) lisez df(x)
dx
,
dx
65, 24 , au lieu de y, lisez u
70, 21 , au lieu de dp'
dp lisez dp
72, 5 , au lieu de e' , lisez ex
79 , 16 , au lieu de (u - loga, lisez (u - log )
95, 13 et 15, au lieu de (x , 0) , endénominateur, lisez (x,µ+0)
107 , 15 , au lieu de n'étantplus de degré (n- 1 ) , lisez n'étant plus
que de degré (n- 1)
121 , 8 , au lieu de devra être perpendiculaire à la, lisez devra
rencontrer la
122 , 27 , après ce mot l'autre ajoutez : la normale commune en a aux
deux dents se confond aussi sensiblement , dans le même
cas , avec am et Aa
122 , 29, au lieu de dans l'hypothèse quez, lisez dans l'hypothèse
que la normale commune
132, 5, au lieu de x -no , lisez x -xo
Ladernière lignedoitêtre écrite comme ceci :
136,
1+
f+ xXdx=0,
1-

+1
1- =0 , 1-

139, 6, au lieu de (x²- 1) , lisez (x²- 1)"


146 , 14, au lieu de haberi , lisez habere
p- 1 p- I
P
d 1-
256, I en remont . , au lieu de a ,en dénominateur lisez a
260 , 8 au lieu de -axm-1 , lisez -aam-
261 , 4en remont. au lieu de Ag+1=(- 1) Ag, lisez Ag+1=(- 1 ) Am-
262 , 5 et 6 en remont. au lieude A, lisez A,
262, 6 en remont. au lieu de ym(kh-k) , lisez ym(kh-h)
265, 15 après P+Q==o (mod. p.), ajoutez quand
h sera pair
Tome II. - DÉCEMBRE 1837. 62
486
Page 268 , ligne au lieu de N'k-1, lisez Nk_1
en remont.
272
, 12
au lieu de +B , lisez -B 4

273, " I en remont. au lieu de 2N' , lisez 2Nk


273 , 6 en remont. au lieu de -h, lisez +h
274 , 4 au lieu de de deux, lisez des deux
282 , I
au lieu de A=-3-3Q, lisez A -3-Q
282 , 7 au lieu de D' =1 +Q , lisez D"= 1 -Q
283 , 2 et 3 en rem. au lieu dev , lisez v
285, 3 au lieu de D", lisez B"
286 , 19 au lieu de 10+56u+64u² , lisez 6u+4u² (V. le
§suivant)
291 , 4en remont. au lieu de +m_1 , lisez +ym_
317. Cette page est la première du cahier de septembre. Les sept feuilles
qui composent ce cahier sont les feuilles 41,42, ...47 et non pas
42,43 , ... 48 comme on l'a imprimé mal à propos : de plus , il y a
un grand nombre de fautes dans lapagination. En indiquant les
corrections relatives au Mémoire de M. Poisson, nous citerons tou-
jours les nºs que les pages devraient porter , mais en ayant soin
d'ajouter entre parenthèses ceux qu'on leur a donnés par erreur.
Pages 323 (331 ) , 324 , 330 (338) : dans les équations (7) , (8) , (9) , (13) , le signe
de t doit étre changé.
do dy do dy
330 (338) , ligne 4, au lieu de de' de' lisez
dh' dh
do dy do dy
330 (338) , 5, au lieu de lisez
dh' dh' de' de
rdr
333, 14, au lieu de t- =- ,
lisez
r/2Rr²+2hr²²
rdr
t

1+1 =√√2 +2 dr
333 , lisez
15, au lieu dev-t=frvar #ahre,
V2Rr²+2hr -e Lisca
edr

V2Rr +2hre
335, 7, au lieu de -1+1 , lisez t
346, 17 , au lieu de dD , lisez d[n, i]
348 , 5, en remont. , au lieu de A , 1 , lisez A,,
349, 3, en remont. , au lieu de n, lisez u 2
dU dU
351 , 5, au lieu de 2( du ), lisez (du)
dA3
361 , 11 , au lieu de A2,3 -A3,2 , lisez A ,3A3,2 -B6 72

361 , 4, en remont. au lieu de y, lisez v


487
Page 362 , lignes 1,2,3 en remont. , au lieu de y, lisez v
362, 6, au coefficient de u , ajoutez -b² (A2+ C2)
363 , 12 , au lieu de -a,, 2( .... ) , lisez -a3,2 (..... )
363 , 2 , en remont. , au lieu de :v (L"cos .... ) : V , lisez
: v , (L "coso ... ) :
364, 13,14,15, au lieu de EX,EY,EZ, lisez ESX,ESY, ESZ
364, 1 , en remont. , au lieu de =- , lisez =+
364, 2 , en remont. , au lieu de sinocos , lisez-sinocosp
365, 10, effacez
P

365 , 10 et 11 , au lieu de
f, lisezof
367 1, au lieu de am-1 , lisez Am-
367, 4, au lieu de Dm lisez xm
368, 23, au lieu de A' , lisez A'πι
372 14, au lieu de - lisez+
372 16 , au lieu de am, lisez am
428, 1,4,6 , au lieu de Dm , lisez Dm-1
428 , 1,4,6,11,12 , au lieu de Dm+1 , lisez Dm
428, 16, après ces mots et à 2f1 , ajoutez donc auparavant elles

2f1
étaient <

435, 7 , au lieu de (in-1), lisez (n-1 )
437 et 438, au lieu de paramètre, lisez partout deni-paramètre
daV I

441, 12, au lieu de dx ( V+ bx + xVdx), lisez


0

dV I

dx 0
xVdx)
I

449, ligne dernière , au lieu de V' +bx 0


xV'dx , lisez
I

r'('+ bxfxVdx) 0
LIBRARY
451 , ligne 17, au lieu de , lisez
+
2
REESE
UNIVETHE
RSI TY
CALIFORNIA

FIN DU DEUXIÈME VOLUME.


1

:
Journal de Math. Avril 1837 .

Fig. 5.

T
A
m

M
Fig.6.
b
a

‫في‬

A
C

m
n
:

:
1

177713
RETURN CIRCULATION DEPARTMENT
TO 202 Main Library 642-3403
LOAN PERIOD 1 2 3

4 5 6

LIBRARY USE
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MAY 05 2005

UNIVERSITY OF CALIFORNIA, BERKELEY


FORM NO . DD6A BERKELEY, CA 94720 Ps

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