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Familles Sommables et Séries Convergentes

Le document traite des séries convergentes et des familles sommables dans un espace vectoriel normé, en établissant des relations entre les sommes de ces séries. Il aborde également des théorèmes importants tels que le théorème de Fubini et le théorème de Cantor-Bernstein, ainsi que des démonstrations liées à la sommabilité des familles. Enfin, il présente des exercices et problèmes pour approfondir la compréhension de ces concepts.

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Familles Sommables et Séries Convergentes

Le document traite des séries convergentes et des familles sommables dans un espace vectoriel normé, en établissant des relations entre les sommes de ces séries. Il aborde également des théorèmes importants tels que le théorème de Fubini et le théorème de Cantor-Bernstein, ainsi que des démonstrations liées à la sommabilité des familles. Enfin, il présente des exercices et problèmes pour approfondir la compréhension de ces concepts.

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Questions, exercices & problèmes • 5

66. Soit ∑ pk , une série convergente de terme général positif.


En posant Questions, exercices & problèmes
∀ (n, k) ∈ N , 2
u n,k = pk 1(16n6k) ,
Perfectionnement
les sommes
68. Questions pour réfléchir
+∞ +∞ 1. Définir la notion de famille sommable dans un espace
Rn = ∑ pk et Sk = ∑ un,k vectoriel normé. Quelles difficultés rencontre-t-on pour définir
k=n n =0 la somme d’une telle famille ?
2. Comparaison la propriété de la somme (pour les familles
sont bien définies pour tout n > 1 et tout k ∈ N. De plus, la sommables) et de l’intégrale (pour les fonctions intégrables).
série ∑ Rn converge si, et seulement si, la série ∑ kpk converge 3. Reformuler le premier théorème de Fubini [48] dans le
et, dans ce cas, cas où la famille n’est pas sommable. Comparer avec [2.23].
+∞ +∞
4. Quelle formule le produit de Cauchy de deux séries
∑ Rn = ∑ kpk . évoque-t-il ? Commenter le théorème [54.4] de ce point de vue.
n =1 k =0

67. On considère la famille réelle (u p,q )( p,q)∈N2 de terme gé- Approfondissement


néral 2 69. La famille ( pi,j )( i,j)∈N2 de terme général
u p,q = 2−3q− p−( p+q)
et la partition ( In )n∈N de I définie par 1
pi,j =
2i+1 j!
∀ n ∈ N, In = ( p, q ) ∈ I : p + q = n .

est sommable et [4.46.5] sa somme est égale à e.
1. Pour tout n ∈ N, la sous-famille (u p,q )( p,q)∈ In est som- 70.1 La famille (u i,j )( i,j)∈N2 de terme général
mable et
i+j
4  − n ( n +1)  u i,j =
∑ u p,q = 2 − 2−( n+1)( n+2) . i!j!
( p,q )∈ In
3
est sommable et [4.46.5] sa somme est égale à 2e2 .
2. La famille (u p,q )( p,q)∈N2 est sommable et sa somme est 70.2 La famille ( pi,j )( i,j)∈N2 de terme général
égale à 4/3.  1 i+ j
pi,j = u i,j
2
est sommable et sa somme est égale à e.
71.
1 π2
∑ 2 2
=
( p,q )∈N×N∗
( p + q )( p + q + 1) 6

72. On note A = N∗ × N∗ .
72.1 Pour tout n ∈ N∗ , on pose

In = (k, p) ∈ A : kp = n .

Si (u k,p )( k,p)∈ A est une famille sommable, alors

+∞ +∞ +∞
∑ ∑ uk,p = ∑ ∑ u k,p .
k =1 p =1 n=1 ( k,p )∈ In

72.2 Soit x ∈ ]−1, 1[.


1. La famille ( x kp )( k,p)∈ A est sommable.
2.
+∞ xk +∞
∑ k
= ∑ dn x n
k =1 1 − x n =1

où dn est le nombre des entiers naturels qui divisent n.


73. On note ici u ∗ v, le produit de Cauchy des familles som-
mables (u n )n∈N et (vn )n∈N .
73.1 L’opération ∗ est commutative et associative.
73.2 On se propose ici de démontrer le théorème [54.4] sans
faire appel à la théorie des familles sommables.
1. Pour tout N ∈ N,
N  N   N 
∑ (u ∗ v)n 6 ∑ |un | × ∑ | vn | .
n =0 n =0 n =0
5 • Familles sommables

2. Pour tout N ∈ N, 76.3 Cas d’une famille réelle


On suppose que u k ∈ R pour tout k ∈ I. Alors
2N  N  N 
∑ (u ∗ v)n − ∑ u k ∑ vℓ ∑ u+k = ∑ u+
k + ∑ u+
k et ∑ u−k = ∑ u−
k + ∑ u−k .
n =0 k =0 ℓ=0 k∈ I k ∈ I1 k ∈ I2 k∈ I k ∈ I1 k ∈ I2
N −1h 2N − k i N −1h 2N −ℓ i
= ∑ uk ∑ vℓ + ∑ vℓ ∑ uk . 76.4 Cas d’une famille complexe
k =0 ℓ= N +1 ℓ=0 k = N +1 On suppose que u k ∈ C pour tout k ∈ I. Alors
3. En déduire le théorème [54.4]. 
Re(u k ) = ∑ Re(u k ) + ∑ Re(u k ),
 k∑

74. Suite de [56] – Comment calculer ∈I k∈ I k∈ I 1 2

+∞  ∑ Im(u k ) = ∑ Im(u k ) + ∑ Im(u k ).



k∈ I k ∈ I1 k ∈ I2
∑ P (n )q n
n =0
77. Démonstration du théorème [38]
lorsque | q | < 1 et P ∈ C[ X ] ? Soient (u k )k∈ I et (vk )k∈ I , deux familles sommables de sommes
respectives Su et Sv . On sait [26.3] que la famille (u k + vk )k∈ I est
Pour aller plus loin sommable.
1. Pour toute partie finie J ∈ P0 ( I ),
75. Théorème de Cantor-Bernstein
On démontre ici le théorème de Cantor-Bernstein : S’il existe une
application injective d’un ensemble E dans un ensemble F et une
∑ (u k + vk ) = ∑ u k + ∑ vk .
k∈ J k∈ J k∈ J
application injective de F dans E, alors il existe une bijection de
E sur F. 77.1 Cas d’une famille positive
75.1 On considère une application injective u d’un ensemble On suppose que u k ∈ R+ et vk ∈ R+ pour tout k ∈ I.
E dans une partie B de E. On définit une suite de parties de E 2. Pour toute partie finie J ⊂ I,
par la relation de récurrence :

∀ n ∈ N, A n +1 = u ∗ ( A n ) ∑ (u k + vk ) 6 ∑ (u k + vk ) 6 Su + Sv .
k∈ J k∈ J

avec A0 = E ∩ Bc et on pose : 3. Soit ε > 0.


[ 3.a Il existe deux parties J1 ∈ P0 ( I ) et J2 ∈ P0 ( I ) telles que
A= An .
n∈ N ∑ uk > ∑ uk − 2
ε
et ∑ uk > ∑
ε
uk − .
k ∈ J1 k ∈ I1 k ∈ J2 k ∈ I2
2
On définit une application v sur E en posant
3.b La partie J = J1 ∪ J2 est finie et
v( x ) = u ( x ) si x ∈ A,
v( x ) = x si x ∈ Ac .
∑ (u k + vk ) > ∑ uk + ∑ vk > Su + Sv − ε.
k∈ J k ∈ J1 k ∈ J2
1. Les parties A et Ac
sont stables par v.
2. Les restrictions de v à A et à Ac sont injectives. 77.2 Cas d’une famille réelle
3. L’application v est une injection de E dans B. On suppose que u k ∈ R et vk ∈ R pour tout k ∈ I.
4. Si y ∈ A ∩ B, alors y ∈
/ A0 . 4. Les familles (| u k | + | vk |)k∈ I et (| u k + vk |)k∈ I sont som-
5. L’application v est une bijection de E sur B. mables.
75.2 On suppose qu’il existe deux applications injectives 5. Pour tout k ∈ I,
f : E→F et g : F→E 
| u k | + | vk | | u + vk |
 (u k + vk )+ + = k + u+k + vk
+


et on pose B = g∗ ( F ) ⊂ E. 2 2
6. L’application u = g ◦ f : E → B est injective.  (u k + vk )− + | u k | + | vk | = | u k + vk | + u − + v−


7. Il existe une bijection h : F → B. 2 2 k k
8. Il existe une bijection de E sur F.
donc
76. Démonstration du théorème [36]
76.1 Les familles (u k )k∈ I1 et (u k )k∈ I2 sont sommables.
76.2 Cas d’une famille positive ∑ (u k + vk )+ − ∑ (u k + vk )−
k∈ I k∈ I
On suppose que u k ∈ R+ pour tout k ∈ I.
1. Si J ⊂ I est une partie finie, alors J = ( J ∩ I1 ) ⊔ ( J ∩ I2 ) = ∑ u+k + ∑ v+k − ∑ u−k − ∑ v−k .
et k∈ I k∈ I k∈ I k∈ I

∑ uk 6 ∑ uk 6 ∑ uk + ∑ uk . 77.3 Cas d’une famille complexe


k∈ J k∈ I k ∈ I1 k ∈ I2
On suppose que u k ∈ C et vk ∈ C pour tout k ∈ I. Alors
2. Soit ε > 0. 
2.a Il existe deux parties J1 ∈ P0 ( I1 ) et J2 ∈ P0 ( I2 ) telles  k∑
 Re(u k + vk ) = ∑ Re(u k ) + ∑ Re(vk ),
que ∈I k∈ I k∈ I
ε ε
∑ uk > ∑ uk − et ∑ uk > ∑ uk − .  ∑ Im(u k + vk ) = ∑ Im(u k ) + ∑ Im(vk ).

k ∈ J1 k ∈ I1
2 k ∈ J2 k ∈ I2
2 k∈ I k∈ I k∈ I

2.b La partie J = J1 ⊔ J2 est finie et

∑ uk > ∑ uk > ∑ uk + ∑ u k − ε.
k∈ I k∈ J k ∈ I1 k ∈ I2
Questions, exercices & problèmes • 5

78. Démonstration du théorème [42] 2.b Il existe un entier N1 tel que σ(n ) > N0 pour tout n > N1
78.1 On suppose que la famille ( ak )k∈ I n’est pas sommable, et
mais que les σj sont tous finis. +∞ +∞
∑ | u σ ( n)| 6 ∑ | u n |.
Pour tout M, il existe une partie finie F0 ∈ P0 ( I ) telle que n= N1 +1 n= N0 +1

M6 ak , 2.c
∑ N1
k ∈ F0 S− ∑ u σ ( n) 6ε
F n =0
et une partie finie J0 ∈ P0 ( J ) telle que F0 = ( F0 ∩ Ij ), donc
j ∈ J0 2.d La somme de ∑ u σ ( n) est égale à la somme de ∑ u n .
M6 ∑ σj . 80.2 La série de terme général
j ∈ J0
1 1 1
vn = + −
78.2 On suppose que la famille ( ak )k∈ I est sommable. 4n − 2 4n 2n − 1
1. Pour tout j ∈ J, la somme σj est finie.
F est convergente et
2. Pour toute partie finie F ∈ P0 ( J ), l’ensemble G = Ij
est une partie de I et j ∈J
+∞
(−1)k +∞ 
−1 1  +∞
∑ = ∑ + = 2 ∑ vn
∑ σj = ∑ uk 6 ∑ uk . k =1
k n =1
2n − 1 2n n =1
j∈ F k∈G k∈ I
alors que la somme
3. Pour tout ε > 0, il existe une partie finie G ∈ P0 ( I ) telle
que +∞ 1 1 1 1 1 1 1 1 1
∑ uk > ∑ uk − ε ∑ vn = + − + + − + +
2 4 1 6 8 3 10 12 5
− +···
n =1
k∈G k∈ I

et une partie finie F ∈ P0 ( J ) telle que G ⊂ Ij de telle sorte


F
est obtenue en permutant les termes de la série harmonique al-
que j∈ F ternée.
80.3 La série de terme général
∑ σj > ∑ uk .
j∈ F k∈G
2n
 1 1
wn = ∑ −
79. Démonstration du théorème [43] k =2n − 1 +1
2k 2n +1
Pour tout j ∈ J, on pose
est grossièrement divergente alors que, ici aussi, on s’est
σj = ∑ |uk | et sj = ∑ uk . contenté de permuter l’ordre des termes de la série harmonique
k ∈ Ij k ∈ Ij alternée !

1. Pour tout j ∈ J, la somme σj est un réel positif et le


complexe s j est bien défini.
2. Si les u k sont réels, alors les familles (u + −
k ) k ∈ I et ( u k ) k ∈ I
vérifient les hypothèses du théorème [42], donc

∑ u+k = ∑ ∑ u+k et ∑ u−k = ∑ ∑ u−k .


k∈ I j∈ J k ∈ Ij k∈ I j∈ J k ∈ Ij

3. Si les u k sont complexes, alors les familles (Re(u k ))k∈ I et


(Im(u k ))k∈ I vérifient les hypothèses du théorème [43], donc

∑ Re(uk ) = ∑ ∑ Re(uk ) et ∑ Im(uk ) = ∑ ∑ Im(uk ).


k∈ I j∈ J k ∈ Ij k∈ I j∈ J k ∈ Ij

80. Permutation des termes


On étudie l’effet d’une permutation des termes sur la nature
d’une série. →[31]
80.1 Soient ∑ u n , une série absolument convergente et σ, une
permutation de N. On note S, la somme de la série ∑ u n .
1. Pour tout N ∈ N, il existe N ′ ∈ N tel que

N N′
∑ | u σ ( n)| 6 ∑ |un |
n =0 n =0

et la série ∑ u σ ( n) est absolument convergente.


2. Soit ε > 0.
2.a Il existe un entier N0 tel que
+∞
∑ | u n | 6 ε.
n= N0 +1

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