Lieutenant BOURDET
Officier de renseignements dû Régiment
HISTORIQUE
DU
5e Régiment d'Infanterie Coloniale
pendant la Grande Guerre
(1914-1918)
D'après documents officiels et souvenirs personnels
PARIS -
LIBRAIRIE: CHAPELOT
1 9 2 O
INTRODUCTION
Officiers, sous-officiers et soldats, qui avez vaillamment
combattu dans les rangs de ce Régiment, dont toutes les
citations rappellent qu'il est une unité d'élite, vous pouvez
marcher la tête haute et la conscience satisfaite du devoir
accompli.
Vous avez toujours suivi le magnifique Drapeau du
je Régiment Colonial, et l'avez toujours trouvé sur le che-
min de l'Honneur et de la Victoire : vous avez bien mérité
de la Patrie.
,
Lisez et conservez précieusement ces pages : elles vous
rappelleront les luttes héroïques auxquelles vous avez été
mêlés et la grandeur de l'effort que vous avez déployé.
Vous serez fiers d'y trouver ou d'y placer vous-mêmes
les gestes de bravoure ou les actions d'éclat dont vous
avez été les auteurs ou les témoins.
Et vous conserverez dans votre cœur un souvenir ému à
la mémoire de vos Chefs et de vos Camarades qui sont
glorieusement tombés pour la défense de la Patrie menacée
et qu'ils ont contribué à rendre VICTORIEUSE.
f.
PRINCIPAUX COMBATS
1914
Walsheid (19 août).
1. - LORRAINE
Saint-Benoît, col de La Chipotte
Saint-Léon (20 août). (26 août au 3 septembre).
Montigny (23 août). Neufmaisons, Pexonne, Badon-
Merviller (24 août). viller, Fenneviller ( 19 au
Ménil et Anglemont (25 août). 24 septembre).
Il.- WOEVRE-HAUTS-DE-MEUSE
Apremont (27 et 28 septembre). Loupmont et Le Mont (1er, 2 et
Loupmont (29 septembre). 3 octobre).
1915
1. ARGONNE
—
La Gruerie (5 janvier). Nord de Vienne-le-Château (14
Bois de Bolante 16 février). juillet).
Bois de Bolante (9 mars). Nord de Vienne-le-Château (II
Bois de Bolante (14 mars). août).
Il. — CHAMPAGNE
Attaque au nord de Souain (25 au 30 septembre).
1916
SOMME
1.
—
Attaques au sud-ouest de Barleux (4 et 5 septembre).
1917
Chemin-des-Dames (16
-I.
avril).
AISNE
II. — VERDUN
Le Chaume, Caurières (7 et 10 octobre).
1918
I. — PICARDIE
Ferme Anchin, Bois de Bellois Mailly-Raineval (23. juillet).
(12 juillet). Passage de l'Avre 8 août).
Il. — HAUTS-DE-MEUSE
Les Eparges (12 septembre). Coup de main du bois de Man-
heulles (26 septembre). ,
H! — VERDUN (Nord)
Vilosnes, Haraumont, Bréhé- Peuvillers (9 au II novembre).
ville (5, 6, 7 et 8 novembre).
NOMS DES COLONELS
ayant commandé le se Régiment d'Infanterie Coloniale
pendant la Guerre
<=
ROULET, colonel, du 6 août 1914 au 12 septembre 1915.
DHERS, colonel, du 12 septembre 1915 au 26 septembre
1915.
LOFLER, lieutenant-colonel, du 8 octobre 1915 au 4 septem-
bre 1916; mort au champ d'honneur.
MAROIX, colonel, du 9 septembre 1916 au 19 avril 1918.
CLUZEAU, colonel, du 19 avril 1918 au 21 janvier 1919.
Le 2 août 1914, devant la grave menace que l'Allemagne
fait peser sur notre pays et sur l'Europe entière, la mobi-
lisation générale de l'armée française est décrétée.
L'instant est solennel : tous les cœurs sont serrés.
Cependant, un grand frisson de patriotisme secoue toute
la Nation. Avec un enthousiasme indescriptible, les hom-
mes de France accourent à l'appel « aux armes ».
Pendant que les régiments constituant les troupes de
couverture volent à la, frontière, le Se régiment d'infan-
terie coloniale se prépare fiévreusement à rentrer en cam-
pagne. Le moral est superbe ; les soldats crient « A Ber-
lin! » ; ils sont impatients de courir à l'ennemi et de se
battre.
Le 6 août, le régiment, se composant de trois bataillons
avec un effectif total de 73 officiers et 3.356 hommes,
quitte sa garnison de Lyon, sous les ordres du colonel
Roulet.
CHAPITRE PREMIER
OPÉRATIONS EN LORRAINE
(6 Août au 28 Septembre 1914)
Débarqué le 7 août à Dounoux, près d'Epinal, le régi-
ment effectue une marche de concentration sous la direction
du 14e corps d'armée. La brigade coloniale (5e et 66 régi-
ments) est ensuite affectée successivement au 136 corps
d'armée (comme réserve générale de la Ir6 Armée), puis,
le 18 août, au 216 corps d'armée.
Le 16 août, le lieutenant Messire, aux avant-postes du
château de Châtillon, surprend un détachement de uhlans
établi à la frontière, au poste de douane de La Frimbole.
Mais il n'y a pas d'engagement jusqu'au 18 août, date
à laquelle le régiment occupe en Lorraine annexée le front
Valérystal - Saint-Léon, surveillant les hauteurs de Wals-
heid et la vallée de la Bièvre. Nos soldats sont impatients
de se rencontrer avec l'ennemi : l'occasion leur en est
bientôt donnée.
19 Août - Combats de Walsheid-St-Léon
Le 19 août, le régiment reçoit l'ordre d'attaquer les
hauteurs boisées à l'est de Walsheid.
Cette opération doit être effectuée par deux bataillons :
à droite, le 26 bataillon (commandant Demarque); à gau-
che, le 36 bataillon (commandant Leroy) ; le 16r bataillon
(commandant Durand) est en réserve à Saint-Léon.
Dès le début de l'action, une batterie du groupe du
66 d'artillerie, qui nous est adjoint, détruit une batterie
allemande qui vient de s'installer sur la hauteur de Wals-
heid.
bataillon Demarque s'empare de la position,
A 14 h. 20, le
mais ses compagnies sont fauchées par un tir violent de
mitrailleuses jusqu'alors dissimulées. Le bataillon Durand
est envoyé sur la droite du 2e bataillon pour essayer de
tourner et de détruire cette batterie de mitrailleuses ; mais
il se heurte sous bois à de fortes tranchées occupées, devant
lesquelles nos attaques à la baïonnette, menées avec un
OPÉRATIONS DU 16 AU 21 AOUT 19T4
entrain remarquable, finissent par déloger l'ennemi qui, en
certains points, exécute lui-même des contre-attaques.
Entre le bataillon Leroy, qui occupe la gauche de la
ligne, et le bataillon Demarque, un vide s'est produit. Un
bataillon du 6e colonial reçoit l'ordre de le combler avec
deux compagnies en ligne et deux compagnies à Walsheid.
Il fait nuit ; les deux compagnies qui
se portent vers la
première ligne sont accueillies par un feu violent et déci-
mées. Leurs deux capitaines sont tués ; néanmoins, elles
conservent leurs positions.
Pendant la nuit, les unités se retranchent. A gauche, le
36 bataillon occupe une forte position face à de nombreuses
tranchées ennemies établies devant les villages de Haars-
berg et de Hommert, où tout le VI6 corps allemand, sou-
tenu par une formidable artillerie comprènant des obusiers
de tous calibres, tient le nœud de routes qui, par les pentes
des Vosges, descend sur Phalsbourg. Au centre, se trouvent
les deux compagnies du 66 colonial, fortement éprouvées la
veille ; à droite, les 2e et i"' bataillons du régiment.
Dès le matin, la fusillade recommence très vive : l'en-
nemi, qui a reçu des renforts pendant la nuit, attaque sur
tout le front. Une des premières balles atteint en plein
cœur le commandant Leroy, du 36 bataillon, où il est très ,
aimé. Un mouvement de stupeur se produit; le capitaine
Bontems prend le commandement du bataillon.
A grand'peine, au milieu des bois, en doublant les atte-
lages, on peut amener presque sur nos tranchées une sec-
tion d'artillerie qui ouvre le feu à 800 mètres sur les
ouvrages ennemis, où s'accumulent en peu de temps des
monceaux de cadavres : l'élan de l'attaque est momenta-
nément arrêté.
Pendant ce temps, un mouvement enveloppant se produit
sur notre extrême droite. Le général Simonin, commandant
la 26 brigade coloniale, fait porter les deux compagnies
du 6e, maintenues jusqu'alors en réserve à Walsheid, sur
la position de repli de Saint-Léon, occupée la veille et où
se déploient les deux autres bataillons du 6" régiment. Deux
batteries du 66 régiment d'artillerie sont placées sur les
crêtes La Volette - Saint-Léon et arrêtent un moment l'élan
ennemi. Mais la 26 brigade occupe un front de près de
quatre kilomètres : elle n'a plus aucune réserve ni soutien.
L'attaque de front ennemie reprend très violente entre
les 20 et 3e bataillons, sur les deux compagnies du 6e régi-
ment, qui ploient sous cette attaque; à 10 heures, quelques
fractions ennemies percent notre ligne et occupent la lisière
ouest des bois qui couronnent la crête. Le commandant
Démarqué, voyant le danger, lance avec deux compagnies
une contre-attaque, réoccupe la crête et repousse l'ennemi.
Mais à 11 heures, celui-ci revient en forces, les hommes
marchant par quatre, les officiers les poussant à coups de
sabre.
Une fusillade intense fauche l'ennemi qui s'approche
jusqu'à nos tranchées et les déborde. Des actes d'héroïsme
se produisent; nos hommes, s'élançant à la baïonnette,
repoussent l'attaque et meurent sans reculer d'un pas.
Mais bientôt la position est intenable : il faut se retirer
par échelons. A midi, le général Simonin indique comme
positions de repli la crête de Saint-Léon, déjà occupée par
le 66colonial.
Malgré l'attaque d'un ennemi dix fois supérieur en
nombre, nos troupes se retirent en bon ordre. Les pre-
mières fractions descendent de la crête à midi, appuyées
par notre artillerie, qui tire dans les bois ; mais les derniers
éléments ne se retirent qu'à 13 h. 45, ayant soutenu depuis
le matin un engagement violent et pendant 1 h. 45 une
lutte héroïque. Certaines unités, en quittant les bois, pren-
nent des formations régulières en petites colonnes pour
descendre la pente, conservant intact le moral des hommes.
A ce moment, les obusiers ennemis ouvrent un feu terrible
sur nos batteries et sur les fractions qui, remontant les
pentes de Saint-Léon, arrivent malgré tout à se reformer
en arrière de la crête.
Bientôt, notre artillerie est démontée et doit se retirer
en déclavetant ses pièces. Le régiment, décimé, [Link]
vèrs Lettenbach et Alberschweiler, pendant que le 66 régi-
ment, soutenu par des bataillons de chasseurs et notre
ier bataillon, repousse à la baïonnette un mouvement débor-
dant sur notre extrême droite, à Saint-Léon.
Les derniers éléments du ier bataillon, soutenus par les
mitrailleuses du lieutenant de Villeneuve de Bargemont,
s'établissent avec les bataillons Dussaulx et V éron, du
6e colonial, au col de Saint-Léon, et y passent la nuit. Une
batterie d'artillerie, appelée par nous, détruit une batterie
allemande, tenue à 1.350 mètres depuis 18 heures, sans
qu'elle puisse amener ses avant-trains, pris sous le feu des
mitrailleuses du lieutenant de Villeneuve.
Le 56 régiment d'infanterie coloniale qui, avec une bra-
voure et un héroïsme dignes des plus grands éloges, a
arrêté, sans aucun soutien, pendant sept heures, l'assaut
violent de plus d'un corps d'armée ennemi sur sa première
position et, avec le secours de bataillons de chasseurs, les
a tenus en respect pendant six heures et toute la nuit sur
une seconde position, a subi des pertes cruelles :
OFFICIERS
14 hors de combat, dont 8 tués :
IJSROY (François), commandant. RICHARVILLE (Jacques), sous-Iieut1.
DUPUY (Gilbert), capitaine. - MENEVEAU (Alphonse), sous-lieut'.
VASLETDEFONTAUBERT, t-apitaine. CREPIN (Henri), lieutenant, mrot en
LAGACHE (Ernest), lieutenant. Allemagne des suites de ses bles-
MAZERAN (François), lieutenant, sures
TROUPE
544 hommes hors de combat, dont 59 tués :
JîOUG-EY (Louis), adjudant-chef. COURTAUD (Claudius), soldat.
RICHARDOT (Joseph), adjudant. PAYAT (Marius), soldat.
PIERRE (Alphonse), adjudant. LADOY (Jean), soldat.
BERTHIER (André), sergent-major. VIAL (Jean), soldat.
POULET (Emile), sergent. COEX (Auguste), -soldat.
VERPAUD (Paul), sergent. AUnEL (Albert), soldat.
BROCHE (Jacques), sergent. MOSER (Louis), soldat.
PRINCET (Louis), sergent. ,
POISOT (Henri), soldat.
COMBE (Louis), sergent. CHEVANCE (Marius), soldat.
MORTHON (Lucien), sergent. LALIVE (Jean), soldat.
PAULIN (Albert), caporal. JOUVET (Abel), soldat.
BIZOT (Victor), caporal. DTTCHÊNE (François), soldat.
DANNET (Louis), caporal. HENRY (Raoul), soldat.
SPICKER (Georges), caporal. GRUET (Henri), soldat.
BERNARD (Henri), caporal. BERTHELOMEAU (Charles), soldat.
ARFORD (Charles), caporal. CIIEVILLARD (Louis), soldat.
CORDOLAT (Etienne), caporal. LAGRANGE (Jean), soldat.
GUILLAUME (Anatole), caporal. VAUTRIN (Louis), soldat.
VIOLY (Lucien), caporal. DECHET (Joseph), soldat.
PERRATONNE (Henri), caporal. LEVIGNE (Annet), soldat.
BRAUD (Louis), caporal. ARIBERT (Auguste), soldat.
BESSON (Gilbert), taporal. COUSTON (Auguste), soldat.
DEGOUTE (Jean-Marie, soldat. ODET (François), soldat.
PEYRE (Louis), soldat. GATTERDAM (Joseph), soldat.
FRÊMOND (Emile), soldat. BAUD (Pierre), soldat.
LEGUAY (Jules), soldat. HUMBERT (Gustave), soldat.
CLAIR (Jacques), soldat. SAVIGNAT (Michel), soldat.
LAFONTAINE (Auguste), soldat. DUFANG (Tiburce), soldat.
MICHEL (Denis), soldat. THIBAUD (Charles), soldat.
BOULON (Jacques), soldat.
Les docteurs Cordier, de Shaken, Franck et Mury sont
restés aux mains de l'ennemi à l'ambulance de Walsheid,
où ils donnent leurs soins aux nombreux blessés.
21-22 Août
Arrêté le 20 au soir par nos bataillons établis à Saint-
Léon et par un feu violent de notre artillerie placée à La
Valette, l'ennemi ne poursuit pas ses attaques.
Le 21 août, le brigade coloniale reçoit l'ordre de s'éta-
blir sur la croupe à l'ouest de Saint-Quirin, pour protéger
le mouvement de repli de la 4e division. Le régiment orga-
nise des tranchées près de la cote 376, mais aucun engage-
ment ne. se produit.
Dans la nuit du 21 au 22, il se porte à Bréménil, où il
arrive à 5 heures du matin. Le soir, toute la brigade est
aux avant-postes.
Au cours de ces deux journées, le régiment a 30 hommes
hors de combat, dont 5 tués :
MORIN (Félix), soldat. FAUVEL (Armand), soldat.
PONT (Joseph), soldat. CHÀVETIAS (Michel), soldat.
PUT (Benoit), soldat.
23 Août - Engagement de Montigny
Le 23 août, la brigade coloniale reçoit l'ordre de se
rendre de Bréménil à Baccarat par Merviller, dans l'ordre
de marche suivant : 6e régiment colonial, un groupe du
6e régiment d'artillerie et 5e régiment colonial.
A 7 heures, au moment où le 6e régiment et le groupe
d'artillerie, après avoir dépassé Montigny, se dirigent sur
Baccarat, la cavalerie signale une colonne d'infanterie
allemande venant de Domèvre et se dirigeant sur Monti-
gny. Le régiment reçoit l'ordre d'arrêter cette troupe enne-
mie pendant l'écoulement de notre colonne.
Le 2e bataillon est placé à gauche de Montigny, face au
nord, les Ier et 3e bataillons en réserve au sud du village.
Les troupes étant à peu de distance, l'action de l'infanterie
devient aussitôt, très vive. Nos batteries ouvrent le feu,
mais presque aussitôt elles sont contre-battues par l'artil-
lerie ennemie, établie en position de surveillance. Des mi-
trailleuses nous causent des pertes sensibles, pendant que
la gauche allemande cherche, par infiltration et en gagnant
les bois, à envelopper notre droite.
Il devient évident que nous sommes attaqués par une
forte colonne. Le général commandant la brigade prescrit
de ne pas s'engager à fond et de rompre le combat. Le
3e bataillon est déployé pour protéger le repli des ier et
2e bataillons qui, en moins d'une heure, ont perdu plusieurs
officiers et de nombreux sous-officiers et soldats.
Le 6e régiment est arrêté à son tour vers midi pour
recueillir le Se régiment exposé au tir d'obus explosifs
ennemis. Pendant quatre heures, le mouvement de repli
sur Merviller s'exécute en ordre, par échelons, sous un feu
violent d'infanterie et sous une grêle d'obus. L'infanterie
ennemie progressant par notre gauche, un bataillon du
6e colonial s'établit solidement sur la croupe de Criviller,
au nord de Baccarat, pour arrêter ce mouvement, ce qui
permet au régiment d'atteindre, à 20 heures, la ville de
Baccarat, où il devait stationner, d'après les ordres reçus
le matin.
Nos pertes sont sensibles :
OFFICIERS : 2 blessés.
TROUPE
:: 262 hommes hors de combat, dont 3 tués:
BREHAUT (Jules), soldat. BESSERVE (Jean-Baptiste), soldat.
JOSSERAND (Marie-Louis), soldat.
24 Août - Combat de Merviller
L'ennemi est entré à Merviller. Le régiment reçoit l'ordre
de reprendre ce village. Il est soutenu par le 6e colonial,
qui a pour mission d'établir des tranchées sur la croupe
de Criviller, où il a résisté la veille. Nous reprenons sur le
terrain le même dispositif qu'à Montigny. Le 2e bataillon
est à gauche, le 3e à droite, face au nord. Le IER bataillon,
très éprouvé, est laissé en seconde ligne et organise une
position de repli vers les bois de Boulay, au sud-est de
Merviller.
Vers 9 heures, nos troupes sont en place : on ne voit
aucune fraction d'infanterie ennemie, mais toutes les posi-
tions occupées sont battues par un feu violent d'obus explo-
sifs, qui cause quelques pertes et démoralise nos hommes.
Cependant, nos bataillons restent stoïques, jusqu'à 16 heu-
res, sous une grêle de mitraille. A ce moment, de gros
mouvements d'infanterie allemande sont signalés sur notre
gauche : notre artillerie et des troupes métropolitaines
refluent vers Baccarat.
Bientôt, le tir des obusiers ennemis s'allonge. Les rou-
tes, exactement repérées, sont violemment battues et l'in-
tensité du feu augmente encore pendant que se dessine
une attaque allemande sur tout le front. La brigade colo-
niale reste seule sur le champ de bataille, exposée sans
aucun soutien d'artillerie au feu de l'infanterie ennemie qui
se déclenche, pendant que la grêle des explosifs fait rage.
Nos bataillons de première ligne se portent en arrière,
protégés par le ier bataillon, occupant les bois de Boulay,
et par le ier bataillon du 6e régiment qui tient Criviller.
A 18 heures, au moment où la brigade coloniale, fermant
la marche du 21e corps d'armée, traverse Baccarat, les
explosifs ennemis tombent dans la ville, où l'incendie s'al-
lume. Le régiment reçoit l'ordre de se porter sur Nosson-
court, où il arrive à 20 heures. Mais une heure plus tard,
nouvel ordre prescrit de reprendre Baccarat par une
un
opération de nuit. Les hommes, qui depuis deux jours n'ont
ni mangé ni dormi et ont soutenu deux violents combats,
sont exténués. Néanmoins on se met en route vers le nord,
en passant par Bazien : Se régiment en tête, le groupe
d'artillerie qui n'a plus de munitions, puis le 6e régiment.
Mais quand la brigade coloniale arrive à la cote 371, sur
la route de Baccarat, elle reçoit un contre-ordre et le régi-
ment est envoyé à Ménil, où il se rassemble à minuit.
Pertes :
OFFICIERS
5 hors de combat, dont i tué :
MARTIN-JARRAND, capitaine.
TROUPE
263 hors de combat, dont 15 tués :
THUNS (Marius), adjudant-chef. CHIPIER (François), soldat.
BRENIER (J.-B.) , sergent-major. GRENIER (Pierre), soldat.
RIFFARD (Henri), sergent. PAYS (Charles), soldat.
CORNU (Georges), caporal. ROUBAUD (Michel), soldat.
PILLA T (Claude), caporal. BARRAUD (Louis), soldat.
VOISIN (Eugène), soldat. POISAT (Joseph), soldat.
GUEY (Jacques), soldat. REDON (Joseph), soldat.
LUCIEN (Paul), soldat.
25 Août - Combat de Ménil et Anglemont
Malgré la fatigue de tous, il faut encore combattre. La
brigade coloniale est rassemblée au sud de Sainte-Barbe :
le Se régiment à droite, le 6e à gauche. L'ordre est donné
d'abord au Se colonial seulement, puis à la brigade entière,
d'attaquer le village de Bazien, occupé par l'ennemi. Mais
bientôt, devant un mouvement enveloppant dirigé sur notre
gauche, le 68 colonial reçoit seul l'ordre d'attaquer Bazien,
pendant que deux bataillons du régiment ont pour mission
de tenir coûte que coûte la ligne Ménil - Anglemont.
Le Je bataillon est placé à Ménil et à mi-distance d'An-
g-lemont ; le 2e bataillon. à Anglemont et à mi-distance de
Ménil. Le icr bataillon, qui, de 20 officiers et 1.100 hommes
au départ, ne compte plus que 6 officiers et 350 hommes,
est laissé en réserve à Sainte-Barbe, à la disposition du
général Simonin, commandant la brigade.
Le colonel Rculet, commandant le régiment, prend la
direction de la défense du front Ménil - Ang-lemont. Il est
10 heures : l'organisation des deux villages commence
immédiatement, des tranchées sont creusées sur tout le
front; une compagnie par bataillon est maintenue en
réserve pour effectuer des contre-attaques éventuelles.
Bientôt de nombreuses fractions ennemies sortent des bois
de Glonville et, occupant Bazien, s'avancent sur Nosson-
court. Notre artillerie, quoique très nombreuse, les bom-
barde faiblement et n'arrête pas leur marche en avant. Les
obusiers ennemis ouvrent sur Ménil un feu violent : le
village est détruit, incendié, mais le 3e bataillon continue
de l'occuper.
Pendant ce temps, le 6e colonial attaque Bazien, avec
deux bataillons. Ces unités, prises de front et de flanc par
une fusillade nourrie, doivent, après une résistance achar-
née, se replier. Notre artillerie, qui subit le feu terrible
des obusiers allemands, est rapidement démontée.
Vers 14 heures, le Ier bataillon est envoyé en soutien
du 6e colonial, dans la direction de Bazien, mais déjà ce
régiment s'est replié sur Ménil. Le Ier bataillon, croyant
Sainte-Barbe occupé par nos troupes, s'appuie sur ce vil-
lage pour se porter en avant ; malheureusement, l'ennemi,
qui a pénétré dans la partie nord, le fusille à bout portant
et il doit se cramponner au sol pour se replier par échelons,
vers 16 heures, sur la forêt de Sainte-Barbe, dans la direc-
tion de Saint-Benoît. A la nuit, les débris de ce bataillon,
qui a encore perdu deux officiers, tous ses adjudants et
sergents-majors, et presque tous ses sous-officiers, se ras-
semblent dans les bois.
Le village de Ménil, criblé d'obus explosifs, devient
bientôt intenable et, vers 16 heures, le 3e bataillon doit
l'évacuer. Anglemont reste seul occupé par le 2e bataillon
et le 17e bataillon de chasseurs; l'effort de l'ennemi se
porte sur ce point, où il concentre le feu terrible de toute
son artillerie. Le village, complètement détruit, est en
flammes ; les tranchées sont bouleversées ; l'infanterie alle-
mande, qui s'est avancée, est prête à donner l'assaut.
Il est 18 heures, toutes les autres troupes ont déjà
effectué leur mouvement de repli. Le colonel Roulet, qui
est à Angl'emont, se concerte avec le commandant du
17e bataillon de chasseurs, et tous deux estiment que la
position n'est plus tenable. L'ordre est donc donné au
17e bataillon de chasseurs et au 2e bataillon de se retirer
par échelons dans les bois d'Anglemont, dans la direction
de Rambervillers. Ce mouvement s'effectue comme à la
manœuvre, pas un homme n'ayant quitté son poste avant
l'ordre de repli.
Dans cette seconde journée, comme la veille, l'infanterie
ennemie s'est infiltrée sur tout le front, utilisant supérieu-
rement le terrain. Elle est restée menaçante, tirant quel-
ques coups de fusil ajustés, mais ne prononçant pas l'atta-
que à la baïonnette, que nos troupes attendirent en vain
tout le jour dans leurs tranchées. Aucune des contre-atta-
ques préparées par nous n'a été possible. Toutes nos forces,
artillerie, troupes métropolitaines et coloniales, ont dû se
retirer presque sans échanger de coups de canon ou de
coups de feu, devant la formidable attaque méthodique,
parfaitement ajustée, des obusiers à explosifs ennemis qui
détruisent en quelques minutes nos trop faibles tranchées
d'infanterie. C'est là une nouvelle tactique, se rapprochant
:
de la guerre de siège, qui déconcerte nos hommes beau-
coup d'entre eux pleurent de rage de se voir décimés et
obligés d'abandonner leurs positions sans pouvoir obtenir
avec l'ennemi, qui toujours se cache, un véritable corps à
corps pour venger leurs camarades glorieusement tombés.
Nos pertes, presque toujours produites par les obusiers
allemands, sont encore cruelles : deux officiers sont tués,
l'héroïque lieutenant de Villeneuve de Bargemont, qui,
jusqu'au dernier moment, a tenu l'ennemi en respect avec
ses mitrailleuses, et le sous-lieutenant de réserve Aguillon
Le général Simonin, commandant la brigade, est blessé
d'un éclat d'obus à la cuisse, au moment où le village de
Ménil étant évacué, méprisant le danger, il se portait avec
une héroïque bravoure, sous une grêle d'obus explosifs,
vers le village d'Anglemont, pour y organiser une défense
désespérée.
Comme la veille, comme à Saint-Léon, comme à Wal-
sheid, la brigade coloniale a tenu l'ennemi en respect toute
la journée, elle s'est retirée la dernière et à la nuit du
champ de bataille : elle a fait tout son devoir.
Pertes :
OFFICIERS
5 hors de combat, dont 2 tués :
DE VILLENEUVE DE BARGEMONT, AGUIIXON (Alfred), sous-lieutenant.
lieutenant.
TROUPE
103 hors de combat, dont 1
tué :
NATUCCI (Jean-Baptiste), caporal.
Le soir, à l'ambulance de Rambervillers, le général
Simonin passe au colonel Roulet le commandement de la
brigade. Le lendemain, le général Legrand, commandant le
21e corps d'armée, approuve cette prise de commandement
par intérim, mais prescrit au colonel Roulet de conserver,
en outre, le commandement du Se régiment colonial.
26 Août
Depuis sept jours, les troupes se sont battues presque
sans arrêt ; elles ont peu dormi, à peine mangé. Mais il
faut se battre encore. Le village de Saint-Benoît, devant
lequel est concentrée la brigade coloniale, est occupé par
une brigade ennemie. Il faut l'en déloger : c'est le rôle qui
incombe au 6e régiment. Une cinquantaine de prisonniers
restent entre ses mains, mais ses pertes sont sensibles.
Le régiment, maintenu en deuxième ligne, reçoit l'ordre
d'occuper la cote 423 avec deux bataillons; il n'a avec
l'ennemi que des engagements d'avant-postes, au cours
desquels six hommes sont mis hors de combat.
27 au 30 Août - Combats du Col de la Chipotte
Les 27 et 28 août, le régiment occupe la position de
Larifontaine, au sud-ouest de Saint-Benoît, où il creuse des
tranchées.
Le 29 août, le colonel Roulet, commandant le Se régiment
et la brigade coloniale, reçoit l'ordre de reprendre le col
de La Chipote, occupé la veille par l'ennemi.
Laissant au repos le 6e régiment, le colonel décide, pour
s'emparer de l'objectif, d'imiter les procédés allemands.
Ceux-ci consistent à envoyer en avant, fixés au sol, quel-
ques éléments d'infanterie pour protéger l'artillerie qui exé-
cute un tir intensif et prolongé sur la position à occuper.
L'infanterie se porte alors en avant pendant que l'artillerie
allonge son tir. Ces ordres s'exécutent comme à la manœu-
vre. De 10 h. 30 à 12 h. 20, l'artillerie exécute un tir en
profondeur sur Saint-Benoît, le chemin de Raon-1'Etape et
le col de La Chipote. De 12 h. 20 à 12 h. 30, elle déclenche
un tir intensif, puis s'arrête brusquement. C'est le signal
convenu : pendant que nos pièces allongent leur tir, nos
troupes se portent en avant et nous occupons le col de La
Chipote sans avoir tiré un coup de fusil, sans avoir aucune
perte.
Immédiatement, deux canons de 75 sont portés au col ;
sur les indications du général Dumézil, commandant l'artil-
lerie du 21e corps, ils exécutent un tir violent à 5.000 et
6.000 mètres, sur Thiaville et Raon-1'Etape, où les avia-
teurs ont signalé dans la journée de forts rassemblements
de troupes. Dans la nuit, un tir lent est exécuté sur les
mêmes objectifs.
Le lendemain 30 août, l'ordre est donné de pousser en
avant vers Raon-1'Etape. Mais les Allemands, qui avaient
abandonné la position la veille pendant le tir de l'artillerie,
l'ont réoccupée dès que nos pièces se sont tues. Dans la
nuit, des tranchées ont été établies : il faut en chasser
l'ennemi. Nos troupes s'y emploient après une préparation
t par la section d'artillerie qui tire à 300 mètres sur les tran-
chées adverses, sans avoir aucun blessé. Mais la position
est très forte : nous occupons quelques tranchées alleman-
des, sans pouvoir, à cause du nombre des ennemis, les en
déloger entièrement. A la nuit, nos troupes couchent dans
leurs tranchées.
Pertes du 27 au 30 août :
OFFICIERS
4 hors de combat, dont 2 tués :
GIROD (Emile), lieutenant. OTTAVIANI (Joseph), sous-lieutenant.
TROUPE
98 hors de combat, dont 19 tués :
PERRIER (Françosi), sergent. MERISIER (Antoine), soldat.
LAMY (René), sergent. TRIMOUIL,L,E (Alexandre), soldat.
TOURNISSOU (Eloi), sergent. MAGAUD (Joseph), soldat.
RIOU (Antonin), caporal. CHENU (Alexandre), soldat.
RITTON (Paul), soldat. FARGEIX (Antoine), soldat.
BOZZI (Jacques), soldat. CHAVANNE (Jean), soldat.
BRUN (Joseph), soldat. BOEDA (Louis-Henri), soldat.
BAGUET (Charles), soldat. CHAIvMIN (Jean), soldat.
MARTINET (J.-B.), soldat. DELA URA T (Marcel), soldat,
DRIGEARD (Claude), soldat.
31 Août au 4 Septembre
Combats de St-Benoît-Larifontaine
Les 31 août et ier septembre, le régiment, relevé par le
6e colonial au col de La Chipote, est rassemblé dans les
environs de Larifontaine, où il subit, dans les tranchées,
le bombardement intensif des obusiers ennemis.
Le 3 septembre, un ordre prescrit de défendre les pentes
nord de Saint-Benoît, entre La Haye-Baneau inclus et le
col de La Chipote, où se trouve le 6e régiment. Les batail-
lons sont placés en ligne au nord de la route Bru - Saint-
Benoît : le 2e bataillon, à gauche, s'appuyant à La Haye,
3e bataillon au centre, ier bataillon à droite, se reliant à
La Chipote, au 6e régiment.
Jusqu'à 10 heures, le colonel Roulet, qui est sur la ligne,
au col, ne constate qu'une fusillade assez faible. Mais à
10 heures, l'ennemi, qui a reçu de Mulhouse trois régi-
ments de renfort, attaque en masse : les hommes arrivent
par sections et par quatre. La fusillade devient intense :
le 6e régiment, très affaibli par trois jours de lutte, com-
mence à plier. Il est soutenu par notre ier bataillon, qui
croise ses feux avec lui et cause d'énormes pertes à l'en-
nemi, qui se présente en rangs serrés à trente mètres de
nos tranchées.
Pendant ce temps, des détachements ennemis parvien-
nent à se glisser sous bois entre les 3e et 2e bataillons, et
sur la gauche du Ier bataillon, qui risque d'être coupé. La
partie est de Saint-Benoît est reprise par les Allemands. Le
drapeau du Se colonial, qui est à l'ouest du village avec
une trentaine d'hommes, se retire à grand peine au travers
des prairies marécageuses. Le colonel traverse la partie est
de Saint-Benoît au milieu de l'ennemi et se rend dans les
bois de la Carre, pour organiser une position de repli ;
une compagnie du génie est mise à sa disposition.
Le 6e régiment et le ier bataillon du 5e colonial reçoivent
l'ordre de préparer leur repli dans la direction du ruisseau
de Corbe ; le 3e bataillon doit se retirer dans le bois de la
Grande-Carre, le 2e sur la Grande-Rue et la position de
Larifontaine, qu'il faut défendre coûte que coûte.
A 14 heures, le 6e régiment est complètement débordé et
commence son mouvement de repli, par échelons. Notre
Ier bataillon, qui a pu ramener sur la ligne de feu deux
compagnies du 163e régiment d'infanterie, tient encore;
mais il est très en l'air, débordé sur sa droite et fortement
menacé sur sa g-auche. Il oppose cependant jusqu'à la nuit
une énergique résistance et se retire alors avec les débris
du bataillon Lagarde, du 163e, sans être poursuivi par
l'ennemi. A 21 heures, le 5e colonial est rassemblé au sud
de Larifontaine.
Pertes du 31 août au 4 septembre :
OFFICIERS : 4 blessés.
TROUPE
25° hors de combat, dont 23 tués :
LAMBERT (Laurent), sergent. PELISSE (Joseph), soldat.
SCHMITT (Marcel), sergent. DUMAS (Jacques), soldat.
LACROIX (Paul), caporal. DAVIET (Jean), soldat.
ANGELIER (Gabriel), caporal. ROUSSET (Albert), soldat.
RAY (Jean-Marie), caporal. GAVARD (Jean),
soldat.
RONGIER (Ernest), soldat. BOUCHARD (Louis), soldat.
CAROSIO (Joseph), soldat. REMY (René), soldat.
BOURDON (René), soldat. DOUDAIN (Charles), soldat.
SAMSON (Oscar), soldat. CHEROUSSEL (Emile), soldat.
QUINOT (Alphonse), soldat. LACOUR (Joseph), soldat.
GENOU (Henri), soldat. PIOLLET (Paul), soldat.
BILQUEZ (Charles), soldat.
4 au 25 Septembre
La Haye=Bahneau=Pexonne-Neuf maisons-Fennev iller
Le 4 septembre, devant la menace de l'ennemi, le régi-
ment reçoit à nouveau l'ordre de défendre coûte que coûte
le village de Larifontaine. De profondes tranchées sont
établies en avant de la position, mais le bombardement à
obus explosifs est tel que les unités éprouvent de grosses
pertes sans pouvoir tirer un seul coup de fusil. Le capitaine
Delamarre a la tête enlevée par un obus ; le commandant
Demarque est grièvement blessé à la cuisse et aux reins,
il meurt quelques jours après. Le 5 septembre, le capitaine
de Saqui Sannes a un pied enlevé, quatre officiers sont
encore blessés et environ trois cents hommes mis hors de
combat.
Le 8 septembre, le colonel Marchand vient prendre le
commandement de la brigade, que lui passe le colonel
Roulet ; ce dernier conserve le commandement du 5e régi-
ment d'infanterie coloniale.
Le 9 septembre, le régiment, ayant reçu l'ordre d'occu-
per le bois d'Hertemeuche pour faciliter la marche sur
Sainte-Barbe, le ier bataillon y pénètre, sans coup férir, et
s'y établit solidement. A 12 h. 20, ordre est donné au
3e bataillon de se porter à la gauche du Ier bataillon; mais,
en passant à l'est de Jeanménil, il est accueilli par une grêle
d'obus explosifs, dont deux seulement tuent treize hommes
et en blessent vingt-deux. Le bataillon, arrêté, se reforme
à 18 heures en arrière de La Haye-Baneau; le lendemain,
il se porte à la gauche du Ier bataillon dans le bois et s'y
établit en chassant quelques patrouilles allemandes.
Cependant, l'ennemi a pénétré dans La Haye-Baneau.
Le 11 septembre, à 15 heures, deux compagnies du 3e ba-
taillon sont envoyées pour s'emparer de ce village et de la
lisière des bois au nord. Bien qu'elles soient accueillies à la
nuit par un feu assez vif, ces unités, s'élançant bravement,
chassent l'ennemi à la baïonnette et enlèvent brillamment
l'objectif.
Le jour suivant, les Allemands, évacuant toutes leurs
positions au nord de Saint-Benoît, la brigade coloniale
reçoit l'ordre de se porter en avant. Le régiment arrive
sans coup férir à Thiaville et Bertrichamps, où il cantonne.
Du 13 au 18 septembre, aucun engagement ne se produit :
les unités travaillent à la construction d'une ligne de
tranchées allant de Raon-1'Etape à Thiaville, par La Neu-
veville.
Le 19 septembre, le 2e bataillon est envoyé au nord de
la Meurthe, dans la direction de Celles, vers Allarmont et
le bois du Bauc-le-Moine. La 8e compagnie effectue une
reconnaisance au nord du col de La Chapelotte. Elle se
heurte à une tranchée fortement occupée, qu'elle attaque à
la baïonnette sans pouvoir l'enlever; mais elle se main-
tient au contact de 13 heures à 17 h. 15, et se replie ensuite
sur Pexonne.
Le 20 septembre, le 3e bataillon se porte au col de La
Chipote pour y organiser une deuxième ligne de défense.
Le lendemain, le 1er bataillon est envoyé aux avant-postes
dans la direction de Badonviller, appuyé par une batterie
d'artillerie et un escadron de chasseurs d'Afrique. Violem-
ment attaqué par des forces allemandes supérieures en
nombre, il doit se replier sur Pexonne et Neufmaisons : des
renforts sont demandés.
Le 22 septembre, la brigade coloniale reçoit mission de
se porter sur Neufmaisons avec cinq batailloas,
l'enrfemi appuyés
par un groupe d'artillerie, pour repousser au nord
de Pexonne et le poursuivre dans la direction de Badonvil-
1er. Deux bataillons du régiment prennent part à l'action.
Le feu de notre artillerie est ouvert sur Fenneviller, signalé
comme occupé par l'ennemi : peu après, nos troupes
entrent dans ce village, sans avoir rencontré de résistance.
Le lendemain, le régiment reçoit l'ordre de se porter en
arrière et cantonne à Bru. Cependant, le ier bataillon, resté
à Neufmaisons, opère dans la direction de Badonviller, où
il est attaqué vers 15 heures par un détachement impor-
tant. Appuyé par de l'artillerie de. 77 et de 105, l'ennemi
s'empare de Fenneviller, qui est repris le soir même par
notre bataillon, renforcé d'une compagnie de chasseurs.
Le 24, le Ier bataillon est relevé par le 54e bataillon de
chasseurs et reste en réserve à Neufmaisons.
Pertes du 4 au 25 septembre :
OFFICIERS
8 hors de combat, dont 4 tués :
DEMARQUE (M.-E.), commandant. SAINT -LANNES (Philippe), sous-
DELAMARRE (Henri), capitaine. lieutenant, mort des suites de ses
CLOUET (Constant), capitaine, mort blessures.
des suites de ses blessures.
TROUPE
1 5°8 hors de combat, dont 69 tués :
CLARET (Isidore), adjudant. CORTIER (Etienne), soldat.
PRUNET (Jean-Pierre), sergent-maj. SERVANT (Pourçain), soldat.
BIRK (Georges), sergent-major. MILLERET (Pierre), soldat.
ESTASSY (Louis), sergent-major. MAUGER (Albert), soldat.
PICQUET (Paul), sergent fourrier. SAVIOZ-FOUILLET (Joseph), soldat.
HAVARD (Eugène), sergent. ORAND (Alfred), soldat.
MERMET (Charles), sergent. CHANNEBOUX (Claude), soldat.
JEANNOT (Alphonse), sergent. PRAT (François), soldat.
FARADON (Henri), caporal fourrier. PRADY (Guillaume), soldat.
RENOUI/T (Alphonse), caporal. FENET (Alexandre), soldat.
MOURRET (Jacques), caporal. FAURE (J ean), soldat.
PERRIÎÎRE (Joseph), caporal. CHABERT (François), soldat.
GEORGES-MOLLAND (J.), caporal. LEROUGE (Camille), soldat.
LEROUGE (Pierre), caporal. LALIGANT (Paul), soldat.
BOUDON (Louis), caporal. BLOT (Gilbert), soldat.
BEAUNE (Félix), caporal. DIEN (Pierre), soldat.
CURTENAZ (Marcel), soldat. CHARRIERE (Auguste), soldat.
BIARD (Eugène), soldat. CHERION (Pierre), soldat.
COMBARET (Jacques), soldat. ROUGIER (Marius), soldat.
PILLION (Aimé), soldat. DUMONTEL (Henri), soldat.
ASSAUD (Genon), soldat. TOURLONNIAS (Jean-Marie), soldat.
CUSSET (Maurice), soldat. LEON (Rémy-Victor), soldat.
BRUNET (Gilbert), soldat. MICHEL-VILLAZ (Emile), soldat.
ASTRE (François), soldat. DUVERGER (François), soldat.
JURY (Annet), soldat. FOREY (Henri), soldat.
CHANUDET (Henri), soldat. JAMES (Louis), soldat.
BOUYOL (Isidore), soldat. BURLURUT (Victor), soldat.
EMONET (Jules), soldat. CHAVENON (Louis), soldat.
NOUGIER (Georges), soldat. PETITJEAN (François), soldat.
HIVERT (Louis), soldat. ARNAUD (Camille), soldat.
FARAUD (Etienne), soldat. JARRIGE (Thomas), soldat.
TAUPIN (Pierre), soldat. MORAND (Fleuri), soldat.
TERRASSE (Emile), soldat. CADOT (Jean), soldat.
JÛPPET (Louis), soldat. SUCHET (Eugène), soldat.
DINAN (Dominique), soldat.
Dans cette période, après les combats de Larifontaine,
du bois d'Hertemeuche et de La Haye-Banneau, le régi-
ment a eu surtout pour mission d'organiser défensivement
la rive gauche de la Meurthe, entre Raon-1'Etape et Thia-
ville. Cependant, les bataillons placés en avant-postes ont
eu quelques engagements.
Mais du 16 août — jour où le premier coup de fusil a
été tiré à la frontière allemande — jusqu'au 12 septembre,
les hommes du Se régiment colonial ont été engagés presque
chaque jour. Ils ont participé à plusieurs combats qui ont
duré du lever à la chute du jour ; ils ont été presque jour-
nellement aux avant-postes ou dans les tranchées. Enfin,
ils ont supporté de grandes fatigues occasionnées par les
combats, le manque de sommeil, les pluies persistantes et
l'absence de repas chauds, car les feux étaient interdits
aux avant-postes. C'est avec une mâle énergie et sans
aucune plainte que ces braves soldats ont accepté toutes
ces misères. Mais ils ont montré qu'ils appartenaient à une
véritable troupe d'élite, quand leurs bataillons sont restés
stoïques des jours entiers dans les tranchées, sous le feu
formidable d'obus explosifs qui parfois ensevelissaient ou
déchiquetaient sous leurs yeux leurs camarades ; quand
tout le régiment restait, comme au col de La Chipote, des
journées et des nuits en alertes constantes, échangeant
sans cesse des coups de feu ; quand, les jours de combat,
ils n'abandonnaient le champ de bataille que les derniers ;
enfin, quand l'ennemi, ayant eu l'imprudence de se mon-
trer, ils se précipitaient sur lui, le chargeant violemment à
la baïonnette. Beaux soldats, dignes de leurs aînés, qui
n'avaient d'autre idéal que d'égaler les prouesses de Bazeil-
les, et qui viennent de les dépasser. A Bazeilles, 50 des
hommes avaient été mis hors de combat. Depuis son pre-
mier engagement, le régiment a subi les pertes suivantes :
sur 66 officiers combattants, 13 ont été tués, 4 sont morts
des suites de leurs blessures, 25 ont été blessés, 4 médecins
ont été faits prisonniers, soit 46 officiers hors de combat
ou 69 %; sur 3.182 soldats, 2.064 ont été mis hors de
combat (dont 194 tués), soit 64 Au 66 régiment colonial,
les pertes sont de 79 pour les officiers et 60 pour les
soldats.
Devant de tels chiffres, on ne peut que reconnaître que
la brigade coloniale a fait tout son devoir. Aucune de ses
pertes n'est d'ailleurs arrivée par surprise ou par suite de
mauvaises dispositions tactiques. C'est par une usure de
tous les jours, par des combats violents, par des charges
glorieuses à la baïonnette, que nos hommes sont tombés
un par un.
Il ne nous a pas été donné de participer à des victoires
qui conquièrent le terrain et en repoussent l'ennemi. Notre
rôle, au pivot de la Grande Armée, a été peut-être moins
brillant, mais nous avons dû, avec de faibles effectifs,
résister pied à pied à un ennemi bien supérieur en nombre.
Parfois nous avons dû reculer; mais parfois aussi, comme
à La Chipote, nous avons mis quinze jours pour céder
1. 500 mètres de terrain.
Tel est le résumé succinct des opérations auxquelles a
pris part le 5" colonial depuis le début de la guerre. Il n'est
pas possible de rappeler ici tous les actes de bravoure et
d'héroïsme accomplis par les officiers, sous-officiers et
soldats. Un grand nombre d'entre eux resteront toujours
inconnus, ceux qui en ont été les auteurs ou les témoins
étant restés sur le champ de bataille (1).
Hommes de troupe tués à l'ennemi
et identifiés postérieurement sur le champ de bataille :
DEFERT (Voldener), sergent. GUILLAUME (Anatole), cap. fourr.
CRETEUR (Gaston), sergent. CHAPUIS (Félix), caporal.
CHARBONNEL (Hippolyte), sergent, MARTIN (Michel), caporal.
BAYLON (Eugène), sergent. NÉAU (Gustave), caporal.
DAVIATTE (Charles), sergent. CHARITE (Alfred), caporal.
BONNET (Gustave), sergent. JANIN (Antonin), caporal.
HRETILLOT (Henri), sergent. BRET (Cyrille), soldat.
MOINE (Arthur), sergent. FOURRIER (Joseph), soldat.
BOUTEILLON (Augustin), sergent. MIOLA (Joseph), soldat.
PERRIER (Marie-Louis), sergent. MOIGNOUX (Jean), soldat.
MARCHIANDO (François), sergent. CARRON (Claude), soldat.
(i) Le nombre de militaires tués donné ci-dessus pour cette première
partie de la campagne, est bien inférieur à la réalité. Il ne comprend
pas
les soldats Qui, ayant été tués à l'ennemi, ont été identifiés postérieure-
ment sur le champ de bataille, ni ceux qui sont morts dans les hôpitaux
des suites de leurs blessures, et dont les noms suivent :
BRUNET (François), soldat. NOZIÈRE (Charles), soldat.
RISBEC (Auguste), soldat. CORRE (Roch), soldat.
DUBOTJLOZ (Cyrille), soldat. BOUQUET (Jacques), soldat.
LACHENAL (Julien), soldat. LAMBERT (François), soldat.
BOUVAREL (Claiidius), soldat. FAVRE (Claude), soldat.
DOUSSET (Jean), soldat. ARCHIER (Jean), soldat.
GALERNAT (Auguste), soldat. TERRY (Claude), soldat.
CAYET (Jean), soldat. PIERRE (Jean-Louis), soldat.
BARBE (Lucien), soldat. BOUTONNET (Gilbert), soldat.
PILLAUD (Antoine), soldat. GUINGAND (Joanny), soldat.
LACROIX (Paul), soldat. HUGUET (Pierre), soldat.
BOURDON. (René), soldat. DUC (Jean-Baptiste), soldat.
ALBERT (François), soldat. CUSIN (Joseph), soldat.
MIOCHE (Pierre)-, soldat. COMBET (Jean), soldat.
DERUELLE (Louis), soldat. COURTADON (François), soldat.
ANTOINE (Auguste), soldat. BARNON (Gilbert), soldat.
DESCOMBES (Paul), soldat. MUET (Antoine), soldat.
PATET (Aimé), soldat. SCHADD (Adrien), soldat.
DESROLLES (René), soldat. VANEL (Joseph), soldat.
RAYNAUD (Paul), sodlat. BRES (Clovis), soldat.
THIMONNIER (Jean), soldat. DUCEAU (Fernand), soldat.
ROUSSET (Jacques), soldat. BERNARD (Gilbert), soldat.
COQUET (Paul), soldat. PENET (Laurent), soldat.
LAVENAÇ (Ali), soldat. MARQUET (Louis), soldat.
BRUGIÈRE (Antoine), soldat. DUGAN (Adolphe), soldat.
DARSON (Antoine), soldat. RUMELHART (Frédéric), soldat.
BARGE (Michel), soldat. ROBERT (Auguste), soldat.
DENIZON (Philippe), soldat. DAUPHIN (Ferdinand), soldat.
MAFFI-BERTHIER. (Félix), soldat LÉPÉE (Lucien), soldat.
BONNET (Jean), soldat. PERREARD (Louis), soldat.
DEGUEURCE (Joseph), soldat. BOUCHET (Georges), soldat.
CARMIS (Eugène), soldat. PICCOT (Adolphe), soldat.
QUILLËT (Claude), soldat. FAVRE (Joannes), soldat.
CHORIER (Joseph), soldat. DÉCHET (Philippe), soldat.
DREVET (Jacques), soldat. QUARAING (François), soldat.
DERTlN (Henri), soldat. LAVADOUX (Antoine), soldat.
POUQUET (Alexandre, soldat. FASSION (Louis), soldat.
JACCOUD (Petrus) ,soldat. DAUPLAT (Gabriel), soldat.
CUZIN-GILLET (François), soldat. TURCA T (Eugène), soldat.
DARRAS (Adrien), soldat. AUROUX (Louis), soldat.
GUYOT (Gustave), soldat. CURTAT (Claude), soldat.
CHARRIER (Eugène), soldat.
Hommes de troupe morts dans les hôpitatix
des suites de leurs blessures :
BOUTE (Ernest), sergent-major. MOMIRON (Louis), soldat.
MATHIEU (Régis), sergent. SUCIIET (Piçrre), soldat.
VIGNERON (Georges), caporal. MICOUD (Gabriel), soldat.
RROISIER (Eugène), caporal. GAULTIER (Ernest), soldat.
MAINGUE (Gabriel), soldat. DR RAPATZKI (César), soldat.
LYARD (Joseph), soldat. LACHENAL (Louis), soldat.
KREMER (Alphonse), soldat. GRAND (Eugène), soldat.
TISSERAND (Armand), soldat. BORDANOVA (Joseph), soldat.
DOMINEAU (Louis), soldat. METENIER (Joseph), soldat.
SAUVAGEON (Gaston), soldat. BERTRANDON (Pierre), soldat.
GONNET (Ernest), soldat. MOINE (Didier), soldat.
POURRAT (Jules), soldat. MONIER (Victorin), soldat.
RIVEAUD (Jean-Auguste), soldat. RAILLON (Paul), soldat.
CHAMBARD (Célestin), soldat. ARNAUD (Emile), soldat.
BORNE (Emile), soldat. SICCO (Pierre), soldat.
MADAURE (Auguste), soldat. DELETRAZ (Joseph), soldat.
JACQUIN (Henri), soldat. BEAUREGARD (Jean), soldat.
PARNIÎîRE (Léon), soldat. BARTHOUX (Pierre), soldat.
COLLIARD-BIDAUD (Victor), soldat JOYON (Ernest), soldat.
REYNAUD (Charles), soldat. LAMY (Georges), soldat.
MYT (Vincent), soldat. DAMOUR (Jules), soldat.
BORDET (Léon), soldat. GAILLARD (Jean), soldat.
QUINTANT (Pierre), soldat. GAVARD (Henri), soldat.
LIÉNARD (Maxime), soldat. SIMONET (Octave), soldat.
AUDY (Eugène), soldat. THAVENOT (Henri), soldat.
GOYET (Jean-Marie), soldat. GUIBIER (Jean-Marie), soldat.
GÉRARDIN (Marcel), soldat. MICAUD (Louis), soldat.
CHEVRIER (François), soldat. FERNAGUT (Richard), soldat.
DEMERNINGE (Gustave), soldat. GRANGEON (Albert), soldat.
MAYET (Raoul), soldat. DUCROZET (Claude), soldat.
CHARTIER (Armand), soldat. DAVID (Albert-Joseph), soldat.
CORDIER (Ernest), soldat. BOMPARD (Samuel), soldat.
DUPECHAUD (Pierre), soldat. BACHELIN (Ange), soldat.
COULON (Pierre), soldat. BOURGEOIS (Jules-Félix), soldat.
SYRIEIX (Léonard), soldat. GRESSE (Emile-Prosper), soldat.
PELVILAIN (Joseph), soldat. BÉAL (Paul), soldat.
COURANJOUD (Emile), soldat. ROMANNE (Antoine), soldat.
ROBERT (Joseph), soldat. LAVANCIER (Léonard), soldat.
CROIZET (Jean), soldat. LEJEUNE (Honoré), soldat.
SIMON (Joseph), soldat. FAUCHIER (Adrien), soldat.
MARTIN (Jules), soldat. GRANGER (Joseph), soldat.
CANTIN (Georges), soldat. CHALLUS (Francisque), soldat.
GRESSE (Fernand), soldat.
Récompenses pour faits individuels de bravoure
LÉGION D'HONNEUR
GROSJEAN (Henri), capitaine commandant la 2e compa-
gnie du Se R. I. C. :
« Officier de première valeur. Le 20 août 1914, a fait preuve
d'initiative et de courage en rassemblant des isolés et en les
conduisant à une contre-attaque, au cours de laquelle il a été
grièvement blessé ».
ADAM (Félix;, capitaine commandant la i i" compagnie
du 5e R. I. C. :
« Officier d'une brillante conduite au feu. Au cours d'un
violent combat en Alsace, a pris le commandement du batail-
lon dans des circonstances difficiles et a organisé la position
avec un sang-froid remarquable, repoussant à la baïonnette les
fractions ennemies menaçantes. Quoique blessé, est resté à la
tête de ses hommes jusqu'au lendemain 21 août 1914, où une
nouvelle blessure le mit hors de combat ».
DE VILLENEUVE DE BARGEMONT (Xavier), lieutenant à la
1 re section de mitrailleuses :
« Officier animé du plus grand dévouement et d'une héroïque
bravoure, allait au feu comme en se jouant et savait commu-
niquer à ses hommes sa belle énergie et son audace. A été tué en
se portant en avant afin de reconnaître une position pour ses
mitrailleuses ».
MÉDAILLE MILITAIRE
GROSJEAN (Louis), sergent de la Se compagnie :
« Sous-officier énergique et dévoué, d'une intrépidité au-dessus
de tout éloge. Chargé, le 19 août 1914, de fouiller une maison
occupée par l'ennemi, a entraîné sa patrouille avec le plus bel
entrain, malgré un feu violent. Après la mort de son lieutenant,
a maintenu sa section dans un ordre parfait jusqu'au moment
où, blessé d'une balle au pied, il a reçu l'ordre de se rendre à
l'ambulance ».
FOURNIER (Eugène-Félix), caporal :
« Grièvement blessé le 20 août 1914, fait prisonnier et interné
après guérison, a fait preuve d'une ingéniosité, d'une énergie
et d'une volonté remarquables en préparant et menant à bien son
évasion, malgré les dangers et les difficultés rencontrées ».
MENU (Claude), soldat de la 2e compagnie :
« Blessé le 20 août 1914 en faisant bravement son devoir.
Amputé du bras droit ».
VERDIER (Henri), soldat de la compagnie
6e :
« Très bon soldat, grièvement blessé le 20 août 1914, en fai-
sant bravement son devoir. Amputé de la jambe droite ».
HÉRAULT (Adolphe), soldat de la Se compagnie :
« Brave soldat. S'est courageusement conduit au combat du
20 août 1914, au cours duquel il a été blessé très grièvement.
Amputé de l'avant-bras gauche ».
FOURCADE (Joseph), soldat de la Ire compagnie :
« Très bon soldat, plein
d'allant et d'entrain, toujours volon-
taire pour les missions périlleuses. A été grièvement blessé au
cours d'une patrouille, le 20 août 1914. Impotence fonctionnelle
du bras gauche ».
BLIN (Gustave), sergent de la 2e compagnie :
« Excellent gradé, énergique et brave.
Blessé le 20 août 1914,
a refusé de se laisser évacuer. Les officiers de sa compagnie
ayant été mis hors de combat, en a pris le commandement et a
été atteint de nouveau très grièvement le 15 septembre 1914 ».
TIXIER (Edouard-Michel), soldat de la 26 compagnie :
« Soldat dévoué et courageux. A été très grièvement
blessé
le 20 août 1914, en se portant à l'assaut des positions ennemies,
à Mont-sur-Meurthe ».
VERGNIAUD (Marcel), soldat du 5e colonial :
« Brave soldat. A été blessé grièvement en faisant son devoir
d'agent de liaison, le 21 août 1914. Amputé du bras gauche ».
MESTRAL (Maxime-Florentin), sergent :
« Soldat méritant et d'une belle tenue au feu. Blessé griève-
ment le 22 août 1914 aux avant-postes. Fracture du tibia droit ».
LE CAMPION (François-Marie), soldat :
« Brave et dévoué soldat, grièvement blessé au combat du
22 août 1914. Amputé de la jambe droite ».
PERRIN (Paul), soldat de la 66 compagnie :
'<
Excellent soldat, toujours volontaire pour les missions péril-
leuses. A été blessé grièvement le 22 août 1914, en accomplissant
ses fonctions d'agent de liaison ».
PÉRET (Louis), soldat de la ge compagnie :
« Agent de liaison d'une bravoure et d'un dévouement remar-
quables. A été grièvement blessé le 22 août 1914 au cours du
combat de Walsheid. A ensuite fait preuve dans des circons-
tances difficiles d'une énergie et d'un esprit du devoir excep-
tionnels ».
GRAND (Clément), soldat de la 12e compagnie :
« Belle conduite au feu le 23 août 1914, au cours d'une contre-
attaque ennemie. Grièvement blessé, a été amputé du poignet
droit ».
JOFFLOZ (Jules-Jean-Romain), soldat :
« Soldat intrépide, qui s'est toujours battu avec ardeur, parti-
culièrement au combat du 24 août 1914. Paralysie des deux
jambes ».
EYNAJID (Elysée-Marius), soldat de la 12e compagnie :
« Soldat très courageux, toujours volontaire pour les missions
périlleuses. Blessé grièvement en faisant bravement son devoir,
le 24 août 1914. Amputé de la jambe droite ».
TANCHON (Louis-Auguste), '0
soldat de la 5" compagnie
",:
«' Soldat plein d'entrain. A été blessé très grièvement le
[Link]ût 1914 à son poste de combat. Perte de l'œil droit ».
MAZARE (Guillaume), adjudant :
« Excellent adjudant.
Blessé le 24 août 1914 dans un poste
particulièrement dangereux, n'a consenti à aller se faire soigner
que sur l'ordre formel de son officier ».
LEDIEU (Marius), sergent de la 12e compagnie :
« Brave sous-officier. Blessé grièvement le 25 août 19141 en
entraînant vigoureusement sa demi-section à l'assaut ».
PETIT (Marcel-Albert), caporal de la 66 compagnie :
« Bon gradé, énergique et courageux. A été grièvement blessé
le 30 août 1914 en conduisant ses hommes à l'attaque d'une
tranchée, allemande ».
AUBERTIN (Victor), soldat :
« A montré entrain et courage au combat du Ier septembre
1914, où il a été grièvement blessé. Amputé du bras droit ».
JOCTEUR-MOUROSIER (Marie-Joseph-Emile), sergent :
« A fait preuve, le 3 septembre 1914, comme chef de patrouille,
du plus grand sang-froid et d'esprit de décision. A été blessé
grièvement le lendemain à son poste dans la tranchée, en fai-
sant bravement son devoir ».
MARTINEL (Victor), soldat de la 56 compagnie :
« Soldat courageux et dévoué. Grièvement blessé le 3 septem-
bre 1914, en faisant bravement son devoir. Cécité ».
ROUSSIN (Henri-Charles), sergent :
« Blessé le 4 septembre 1914 en repoussant une attaque enne-
mie; a fait preuve d'une belle conduite au feu. Amputé du bras
droit ».
CATTIN (Pierre), soldat :
« S'est signalé en toutes circonstances par son sang-froid et
son entrain. Blessé grièvement le 4 septembre 1914. A perdu
l'usage d'un .bras ».
VERDIER (Pardoux), sergent de la ge compagnie :
« Sous-officier d'un courage et d'un sang-froid remarquables.
Grièvement blessé le 9 septembre 1914, pendant un violent
bombardement; a néanmoins conservé le commandement de sa
section et n'est allé se faire panser qu'après avoir fait abriter
ses hommes. Impotence fonctionnelle de la main droite ».
PERISSOUD (Marie-Louis), soldat de la ge compagnie :
« Soldat courageux, toujours
volontaire pour les missions dan-
gereuses. Blessé grièvement aux avant-postes le 5 septembre
1914. Amputé du bras gauche ».
GAUCHER (Louis), sergent de la ne compagnie :
« Excellent gradé. A été blessé grièvement le 8
septembre
1914, en assurant, sous un violent bombardement, la liaison
entre le bataillon et sa compagnie. Mutilation de la face ».
LASSEIGNE (Antoine), caporal de la IOe compagnie :
« Bon et brave gradé. Blessé grièvement le 10 septembre 1914
en effectuant une reconnaissance périlleuse. Impotence fonction-
nelle du bras droit ».
CAMP (Emile), caporal de la 10e compagnie :
« Excellent gradé, d'un courage et d'un sang-froid remar-
quables. Le 11 septembre 1914, volontaire pour reconnaître les
positions ennemies du bois de Saint-Benoît (Vosges), a été
grièvement blessé en exécutant sa mission. Malgré ses souf-
frances, a ramené sa patrouille en bon ordre et n'a consenti à
être évacué qu'après avoir rendu compte de sa mission ».
BERRY (Claudius), sergent de la 3e compagnie :
« Sous-officier dévoué et courageux. A été très grièvement
blessé à son poste de combat, le 23 septembre 1914 ».
Roux (Pierre), caporal réserviste :
« A été cité le 5 septembre à l'ordre du régiment pour l'hé-
roïsme qu'il a montré après la chute d'un obus explosif, en
transportant sur son dos, au milieu d'un terrible bombardement,
son capitaine qui venait d'avoir le pied enlevé. Courage au-
dessus de tout éloge ».
A L'ORDRE DE L'ARMÉE
LEROY (François), chef de bataillon :
« Tué le 20 août d'une balle au cœur, en tête de son bataillon,
au moment où il donnait à tous l'exemple du courage et du
sang-froid ».
GUILLEMIN (Emmanuel-Alfred), caporal de la 5e compa-
gnie :
« Caporal énergique et animé des meilleurs sentiments du
devoir. Grièvement blessé le 20 août 1914 au combat d'Abresch-
viller (Lorraine), a été capturé par l'ennemi, ne pouvant
se
mouvoir à cause de sa blessure. A réussi, après plusieurs tenta-
tives non couronnées de succès, à s'évader, faisant ainsi
preuve
du plus grand courage ».
DEBOUILLE (Léon), soldat de la 3e compagnie :
« Très bon
soldat, ayant toujours accompli noblement son
devôir. A été grièvement blessé le 23 août 1914 à Montigny,
près de Baccarat, en se portant à l'assaut de positions enne-
mies ».
GALLAY (Marcel), soldat de la 8e compagnie :
« Bon soldat. A
été grièvement blessé le 30 août 1914 au
col de La Chipote, au cours d'une patrouille offensive pour
laquelle il était volontaire.
DEMARQUE, chef de bataillon :
« A su, par son calme, son énergie et ses belles qualités mili-
taires, électriser son bataillon et lui inspirer la foi absolue dans
le succès. Est tombé mortellement blessé par un éclat d'obus,
tandis qu'il donnait à tous un superbe exemple d'héroïsme et
d'opiniâtreté dans la lutte ».
MICOUD (François-Joseph-Henri), sergent :
cc
Brave sous-officier. A été blessé très grièvement le 9 sep-
tembre 1914 en faisant courageusement son devoir. Fracture
du fémur gauche, raccourcissement de cinq centimètres ».
DE FONTAUBERT, capitaine :
« Officier d'une héroïque bravoure. N'étant pas appelé par
ses fonctions au commandement de la troupe, n'a pas hésité à
prendre le commandement d'une compagnie désemparée par la
mise hors de combat de ses officiers et a été mortellement frappé
au moment où il tentait, sous un feu meurtrier, de contre-atta-
quer l'ennemi débordant de toutes parts ».
SOUCHARD, médecin aide-major de 26 classe :
« Au moment où un obus allemand éclatait sur une pièce
d'artillerie, tuant un capitaine, un adjudant, un pointeur et
blessant plusieurs servants, s'est porté courageusement au secours
des hommes atteints et a été blessé lui-même par les éclats d'un
second obus tombant sur la batterie. N'a consenti a être évacué
que le lendemain, lorsque sa blessure lui eut enlevé tout usage
de sa main gauche ».
1 CHAPITRE II
OPÉRATIONS
EN WOEVRE=HAUTS=DE=MEUSE
(25 Septembre au 31 Décembre 1914)
Le 25 septembre 1914, le régiment quittant le front de
Lorraine est dirigé par voie ferrée sur Toul et va canton-
ner à Gironville.
L'ennemi vient de pénétrer sur les Hauts-de-Meuse,
d'occuper Saint-Mihiel et le fort du Camp-des-Romains. Le
fort de Troyon résiste héroïquement; le fort de Liouville,
qui commande la trouée de Lérouville, est bombardé par
des pièces du plus gros calibre et ses canons sont condam-
nés au silence. Une division de cavalerie, très éprouvée, a
contenu l'ennemi sur la ligne de hauteurs orientée sud-ouest-
nord-est et allant de la forêt d'Apremont au Mont-Sec. Les
avant-postes allemands sont poussés au pied de ces hau-
teurs, jusque dans les villages d'Apremont et de Loupmont.
C'est sur ce front qu'est dirigée en hâte la 2" brigade
coloniale.
27 et 28 Septembre - Attaque d'Apremont
Le 27 septembre, le régiment prend position aux lisières
nord des bois Bas et de Saulcy, face aux hauteurs d'Apre-
mont et de Loupmont. La brigade reçoit l'ordre d'attaquer
ces deux villages : 56 colonial sur Apremont, 6e sur Loup-
mont. L'opération est délicate, car la distance à franchir
pour arriver à l'objectif est d'environ 2 kilomètres, dans
un terrain absolument découvert et marécageux.
Notre artillerie prépare l'attaque par un feu violent
sur
ces deux positions et, à 16 heures, le 36 bataillon, déployé
en tirailleurs à larges intervalles, se porte sur Apremont.
Malgré un feu nourri de l'artillerie ennemie, il s'empare de
la partie sud-est du village ; mais l'ennemi résiste énergi-
quement dans la partie nord-ouest, solidement organisée.
Cependant le courage et le dévouement de quelques groupes
d'hommes permettent de réduire encore des îlots de résis-
tance constitués par les maisons et où l'ennemi se défend
désespérément. A la nuit, le bataillon occupe la plus grande
partie de la position. Malgré la forte fusillade à laquelle il
est soumis, il travaille immédiatement à l'organisation
défensive du village et à la construction de tranchées.
Le lendemain, à la pointe du jour, l'artillerie ennemie
exécute sur Apremont un tir d'une extrême violence. En
même temps, de la formidable position du bois du Jurât
une fusillade très nourrie est dirigée sur le village. A
6 heures, une grosse colonne allemande, dont la marche
d'approche par le ravin de Varneville est facilitée par le
brouillard, débouche à l'est d'Apremont. Bientôt le village
est débordé ; attaqué de trois côtés à la fois, le 3" batail-
lon, qui a subi de grosses pertes, se trouve dans l'obliga-
tion de se replier sur le bois de Saulcy.
Pertes :
OFFICIERS
4 hors de combat, dont 2 tués :
GOLAY (Boleslas), capitaine. LE BOUCHER D'HÊROUVILLE, lieu-
tenant (mort des suites de blessur.).
TROUPE
260 hors de combat, dont 17 tués :
GABY (Félix), sergent. ÇUEGEN (Jean), soldat.
LORIOU (Léon), sergent fourrier. GENTE (Georges), soldat.
• CAILLE Alfred), sergent. DESPLAN (Romain), soldat.
BERNARD (Edouard), caporal. [Link] (Antoine), soldat.
MAS (Pierre), caporal. RAY (Joanny), soldat.
FERLA (Francis), soldat. LAVAL (Jean), soldat.
MARCHAND (Adrien), soldat. THÉBAULT (François), soldat.
JONOT. (Maxime), soldat. VELON (Gilbert), soldat.
PRESTAVOINE (Marcel), soldat.
.1 29 Septembre au 13 Octobre
Attaques sur Loupmont et le Mont
Le 29 septembre, la brigade doit s'emparer du village
de Loupmont : le régiment est à gauche du dispositif
d'attaque.
Après une préparation effectuée par notre artillerie, le
26 bataillon, partant des lisières du bois de Saulcy, se porte
sur la partie ouest de Loupmont. Malgré un bombardement
terrible qui lui cause de fortes pertes, il parvient jusqu'aux
abords du village, dont il occupe les premières maisons.
Mais à ce moment il est accueilli, ainsi que le bataillon du
6e régiment, par des feux de mousqueterie et de mitrail-
leuses : il doit se replier derrière la route Apremont-Bou-
OPÉRATIONS EN WOEVRE-HAUTS-DE-MEUSE(25 Septembre- 3I Décembre igr4)
conville. Le bataillon du 6e se reporte dans ses tranchées
établies à la cote 253.
Le ier octobre, la brigade reçoit l'ordre d'attaquer Le
Mont et Loupmont. Cette opération se produit sur le même
terrain que dans la journée du 29; les mêmes dispositions
sont prises. Après une forte préparation d'artillerie, le
3e bataillon, partant de la lisière nord-ouest du bois de
Saulcy, se porte dans la direction Le Mont, sous une vio-
lente canonnade ennemie. Il dépasse la route Apremont-
Bouconville et commence à gravir les pentes du Mont;
mais il est presque aussitôt arrêté par une vive fusillade
partant à la fois des tranchées établies sur Le Mont et à
la lisière est du bois Jurât. Le colonel Marchand, com-
mandant la brigade, est blessé au milieu des hommes qu'il
entraîne ; il passe le commandement au colonel Roulet et
attend sur le champ de bataille la fin de l'action. Le batail-
lon du 6e colonial, accueilli de front et de flanc par des feux
nourris partant de Loupmont et de la lisière ouest du bois
de Gerechamp, doit se replier sur ses tranchées de la cote
253. Cependant notre bataillon se cramponne au sol et
creuse des tranchées, qu'il occupe face au Mont.
Les 2 et 3 octobre, les attaques sur Le Mont et Loup-
mont sont reprises ; mais, en dépit des efforts héroïques
de nos soldats, elles n'obtiennent pas plus de succès. Les
troupes débouchent des tranchées établies face à Apremont
et à Loupmont, mais elles ne peuvent progresser sous le
feu violent des batteries allemandes et sous le tir de front
et de flanc de l'infanterie ; elles subissent des pertes impor-
tantes.
Le 6 octobre, la brigade coloniale a pour mission d'ap-
puyer une attaque du 8e corps d'armée sur le bois Jurât,
en s'emparant de la hauteur dite du Haricot, située au
nord d'Apremont, entre le bois Jurât et Le Mont. Les dis-
positions suivantes sont prises : deux bataillons sont char-
gés de l'opération ; à gauche, lé 2e bataillon du Se colonial,
face au Haricot ; à droite, le ier bataillon du 6e, face aux
pentes sud-ouest de Le Mont. L'attaque est préparée par
notre artillerie et, à 16 heures, nos troupes débouchent à
très larges intervalles. Presque immédiatement, une vio-
lente canonnade est dirigée sur elles. Elles progressent
malgré tout sous les obus ennemis, mais de même que
dans les attaques précédentes, elles sont arrêtées dès
qu'elles arrivent à portée du feu de front et de flanc de
l'infanterie ennemie. Toutefois, les positions conquises sont
conservées et des tranchées sont construites sur place, face
au Haricot et aux pentes sud de Le Mont.
Le lendemain, le colonel d"infanterie Vandenberg vient
prendre le commandement de la 2e brigade coloniale, que
lui passe le colonel Roulet.
Le 9 octobre, le régiment doit appuyer une nouvelle
attaque du 8e corps sur le bois Jurât. Cette attaque ne se
produisant pas, nos troupes restent sur leurs positions,
sans prononcer de mouvement en avant ; mais elles subis-
sent néanmoins le bombardement ennemi.
Le 10 octobre, l'ordre est donné à la brigade coloniale
d'appuyer une attaque que la 8ge brigade, à notre droite,
exécute sur le bois de La Haute-Charrière. Une assez forte
canonnade de l'artillerie ennemie se produit; nos troupes
n'ont pas à intervenir. Le surlendemain, la 8ge brigade doit
renouveler son attaque; mais le 11, à 21 heures, une forte
colonne allemande sort de ce bois et attaque avec succès
les tranchées situées à droite du secteur de la brigade colo-
niale. L'ennemi, s'approchant du bois de Besompois, prend
à revers les tranchées du 6e colonial et cherche à se glisser
dans la clairière à la lisière nord du bois de Saulcy ; il y
est accueilli par les feux de salves des soldats du Se colo-
nial et rejeté sur le 6e régiment qui lui tue quarante hom-
mes et fait treize prisonniers, dont un officier.
Le 12 octobre, le colonel Vandenberg est promu général
et passe le commandement de la brigade au colonel Roulet.
A partir de cette date, nos troupes reçoivent mission de
progresser par la sape ; elles construisent chaque jour, en
avant ou à la lisière même des bois, des tranchées qu'elles
protègent par des réseaux de fils de fer.
Pertes du 29 septembre au 13 octobre :
OFFICIERS
6 Ijors de combat, dont 1
tué :
BOUCIIOUX (Auguste), sous-lieutenant.
TROUPE
431 hors de combat, dont 33 tués :
PETIT (Charles), sergent. BREVET (Marie), soldat.
GALLICE (Antoine), caporal. GEOFFROY (Jules), soldat.
TAILLANDIER (Hugues), caporal. BRAIDA (Etienne), soldat.
LANEURY (Louis), soldat. IIOMETTE (Antoine), soldat.
ROUDIER (Pierre), soldat. DROUILLAT (Paul), soldat.
HERTHOIS (Lucien), soldat. MATRAS (Jean), soldat.
HEFTY (Paul), soldat. DUMAS (Pierre), soldat.
PRABEL (Marie-Joseph), soldat. GAY (Alphonse), soldat.
PICARD (Claude), soldat. ROCHE (Michel), soldat.
COURTADON (Jean), soldat. THEVENET (Jean-Marie), soldat.
BOURELLY (Maurice), soldat. METRAS (Auguste), soldat.
VEISSIERES ((Joseph), soldat. GAUDRY' (Pierre), soldat.
DAVID (Claudius), soldat. PRADEL (Jules), soldat.
ROUDILLON (Jean-Marie), soldat. MAUSSAN (Gilbert), soldat.
DELAYE (André), soldat. FRAISSE (Michel), soldat.
TRICAUT (Jean), soldat. COTTAVE (Jules), soldat.
VILLATTE (Gilbert), soldat.
Octobre au 31 Décembre
13
Pendant cette période, nos troupes, organisant le ter-
rain, occupent les tranchées avancées et celles des lisières
des bois. Dans la journée, les batteries allemandes exécu-
tent sur nos positions un bombardement méthodique, sans
grand résultat. Aucun mouvement ne se fait de jour, mais
toutes les nuits des patrouilles se portent en avant du
front pour reconnaître les positions de l'ennemi. En parti-
culier, de fortes reconnaisances sont fréquemment envoyées
sur Apremont et Le Mont. En outre, du bois Saulcy, la
brigade coloniale reçoit mission d'occuper le bois Besom-
bois et le bois Bas, et d'assurer la jonction avec le ge corps
vers Saint-Agnant. Cette extension du front peut se faire
en diminuant l'occupation des bois en profondeur et en
multipliant les défenses accessoires.
Bien que les efforts du régiment pendant cette période
n'aient pas été couronnés par le succès, il a assuré un
service pénible et s'est toujours porté bravement en avant,
sous le feu meurtrier de l'ennemi, lorsque l'ordre lui en a
été donné. Il nza pas été arrêté par le feu de l'artillerie,
malgré sa violence; mais il n'a pu progresser quand il a
dû subir à la fois le tir de l'artillerie et celui de l'infanterie
le prenant de front et de flanc. La position de Le Mont est
une véritable courtine fortement flanquée par deux bas-
tions : à droite, le bois de Haute-Charrière et Gerechamp;
à gauche le bois Jurât dominant la plaine. Mais par sa
présence et la forte occupation du bois de Saulcy, par ses
attaques réitérées, ses patrouilles et ses reconnaissances,
le régiment a forcé l'ennemi à maintenir sur ces positions
de très forts effectifs et à dépenser un approvisionnement
considérable de munitions d'artillerie.
Comme dans la première partie de la campagne, les actes
d'un courage stoïque pour progresser sans faiblir ont été
extrêmement nombreux. Aucun homme du régiment n'a
fait un pas en arrière sous le feu de l'ennemi, sans en
avoir reçu l'ordre, et beaucoup de soldats ont donné, dans
l'exécution des patrouilles et des reconnaissances, les plus
beaux exemples de bravoure et d'héroïsme.
Pertes :
OFFICIERS
4 hors de combat, dont i tué :
COLLOMB (Georges), sous-lieutenant, mort des suites de ses blessures.
TROUPE
33 hors de combat, dont 11 tués :
VELLE (Ernest), caporal. DUNAUD (Rémy), soldat.
CHAMBRON (Alexis), soldat. VIAL, (Augustin), soldat.
ROUSSET (Victor), soldat. MOURIER (Alfred), soldat.
FOURNIAT (Jean-Baptiste), soldat. VERNADAT (Alphonse), soldat.
DUBREUIL (Pierre), soldat. MERCIER (Jean), soldat..
TIRARD-COLLET (Eugène), soldat.
En outre, pendant cette période, les soldats dont les
noms suivent sont morts dans les hôpitaux des suites" de
leurs blessures :
MARTY (René), sergent-major. COURTOUT (Henri), soldat.
MARTIN (Désiré), sergent fourrier. GRATIEN (Joseph), soldat.
BAUX (Michel), caporal. PARENT (François), soldat.
ROYANNETTE (Antoine), caporal. RANDOIN (Léon), soldat.
PERRET (Noël), caporal. LIOTHIER (Antoine), soldat.
GAIME (Antoine), caporal. BARTHELEMY (Céleste), soldat.
VERT (Louis), caporal. THOMAS (Dominique), soldat.
PLANTIN (Joseph), soldat. RÊVÊRAND (François), soldat.
BRIVADY (Alexis), soldat. FERRAND (Pierre), soldat.
PETIT (Louis), soldat. LAGRANGE (Henri), soldat.
CHASSIGNOL (Jean), soldat. DEGOUTTE (Louis), soldat.
SAVIOT (Joseph), soldat. BELLEVILLE (Raymond), soldat..
COLLICHON (Emile), soldat. RIVAUD (Benoît), soldat.
OTTAVI (François), soldat. COLOMB (Henri), soldat.
MERMET (Alphonse), soldat. LÊPINEUX (Ferdinand), soldat.
BEAUGEARD (Louis), soldat. JUGUET (Jean), soldat.
DURAY (Louis), soldat. FOUANT (Henri), soldat.
GENDREAU (Raymond), soldat. SUREL (Antoine), soldat.
FAYAT (Paul), soldat. POTHIER (Philibert), soldat.
DESSUILLIIŒES (Jean), soldat. BLOT (Jean), soldat.
VALETTE (Jean-Marie), soldat. RAYMOND (Henri), soldat.
COULOUT (Léon), soldat. BERTHET (Jules), soldat.
DAILHOUX (Pierre), soldat. FÉAU (Albert), soldat.
CHARRETON (Auguste), soldat. FILLET (kégis), soldat.
DUVERGER (Louis), soldat. PIOT (Eugène), soldat.
BOUVARD (Charles), soldat. DALLEMAGNE (François), soldat.
EYNARD (Joseph), soldat. CONCHON (Joseph), soldat.
COLLANGE (Henri), soldat. TOUNISSOUX (François), soldat.
CHAUMET (Jean), soldat. LASNE (Pierre), soldat.
CHASSIN (Victor), soldat. MORIN (Claude), soldat.
VEUX (Baptiste), soldat. BLIN (Pierre), soldat.
VALLADON (Antoine), soldat.
Le 31 décembre 1914, le régiment quitte la Woëvre. Sa
belle conduite pendant toute la première partie de la cam-
pagne lui vaut les félicitations du général commandant la
768 division d'infanterie dans l'ordre du jour suivant :
« Au moment du départ de la 2e brigade coloniale, le général
commandant la 76e division d'infanterie tient à exprimer toute
la satisfaction que, pendant quatre mois, elle a su lui donner
par sa bravoure, sa ténacité et son endurance en présence de
toutes les difficultés.
((
Conservant avec soin ses traditions, son entrain du début
de la campagne, instruite par l'expérience de la guerre et péné-
trée du sentiment de la discipline, la 2e brigade coloniale saura
s'acquitter avec honneur de toutes les tâches qui lui seront
confiées et contribuer largement au succès définitif de nos armes.
> « Signé : Général DE WASSART ».
Récompenses pour faits individuels de bravoure
LÉGION D'HONNEUR
Croix d'ofifcier :
REITZ (Charles-J ean-Pierre-Auguste), chef de bataillon :
« Blessé le 26 septembre 1914 et revenu sur le front; fait
preuve dans le commandement de son bataillon de beaucoup de
dévouement et d'activité. Nombreuses annuités ».
Croix de chevalier:
BERNE (G.-L.-J.), lieutenant :
« S'est montré plein de bravoure depuis le début de la cam-
pagne. A entraîné sa section dans une charge à la baïonnette;
l'a conduite avec intelligence dans une reconnaissance offensive.
Le 27 septembre, était à l'aile droite de la colonne d'assaut se
portant à l'attaque d'un village. Grièvement blessé le 28 septem-
bre, au moment où violemment attaqué il tenait tête à l'en-
nemi ».
MIAILLE (Joseph), adjudant de la 6e compagnie :
« Sous-officier d'une valeur
exceptionnelle. Plein d'allant, a
toujours fait preuve d'endurance et a donné à ses hommes, en
toutes circonstances, l'exemple de la bravoure et de l'abnéga-
tion. Blessé au début d'une attaque le 29 septembre 1914, a
gardé le commandement de sa fraction et a été de nouveau
atteint de plusieurs blessures graves en entraînant ses tirail-
leurs en avant, sous un feu violent d'artillerie et d'infanterie.
MILITAIRE
MARTINET (Jean-Baptiste), caporal de la ge compagnie :
« Gradé d'un courage exemplaire et aussi modeste que brave.
S'est particulièrement signalé aux combats de Lorraine en août
et septembre 1914. Grièvement blessé le 27 septembre à l'affaire
d'Apremont, a donné le plus bel exemple de fermeté et de
résignation ».
MONFALCON (Jules), caporal clairon de la ge compagnie :
« Gradé d'un courage exemplaire. S'est brillamment conduit
au combat du 28 septembre 1914, au cours duquel il a été
grièvement blessé. Perte de l'usage de la jambe droite ».
ANDRUEJOL (Henri), caporal de la 12" compagnie :
« Caporal brave et dévoué. A été très grièvement blessé le
28 septembre 1914 à son poste de combat.
BUVAT (Alexis); soldat de la 12E compagnie :
« Bon soldat, dévoué et brave. Blessé grièvement le 28 sep-
tembre 1914 au cours d'une violente contre-attaque allemande.
Impotence fonctionnelle de la main droite ».
COUSTAURY (Martial), caporal :
« Cité à l'ordre pour sa brillante conduite au combat du
20 août 1914. A été grièvement blessé à l'attaque du 29 sep-
tembre 1914. Relevé par l'ennemi, a réussi à s'échapper en se
traînant et a regagné nos lignes au prix des plus gros efforts.
Raccourcissement important de la jambe gauche ».
BOUZER (Laurent-Pierre), soldat :
« Soldat méritant qui s'est bravement conduit au combat du
29 septembre 1914, où il a été grièvement blessé. Amputé du
bras droit ».
BERTHON (Jean), soldat de la 7e compagnie :
« Bon soldat. A été blessé très grièvement au cours de l'atta-
que du 29 septembre 1914 ».
DESSAINT (Jean-Pierre), soldat de la 48 compagnie :
« Soldat très courageux. A
été blessé très grièvement au cours
du combat du 29 septembre 1914 '»-
DAY (Henri), soldat de la 78 compagnie :
« Très bon soldat, plein de courage et
d'entrain. A été très
grièvement blessé le 29 septembre 1914 en se portant à l'attaque
des positions allemandes. Impotence fonctionnelle du bras gau-
che ».
FARJAS (Claude-Marie), soldat de la 68 compagnie :
le
« Soldat dévoué et courageux. A été grièvement blessé
29 septembre 1914 en s'élançant à l'attaque des positions enne-
mies. Impotence fonctionnelle du bras droit ».
MERCIER (Jean-Marie) : soldat de la 78 compagnie :
« Soldat d'une bravoure à toute épreuve. S'est fait remarquer
par son courage et son sang-froid à l'attaque du 29 septembre
1914, au cours de laquelle il a été grièvement blessé. Impotence
fonctionnelle du bras gauche ».
QUINSON (Elie-François), soldat de la 6e compagnie :
« Excellent soldat, volontaire pour toutes les missions péril-
leuses. A été grièvement blessé en accomplissant bravement ses
fonctions d'agent de liaison le 29 septembre 1914. Impotence
fonctionnelle du bras gauche ».
DUPERRAY (Eugène), sergent de la 68 compagnie :
« A été très grièvement blessé le 29 septembre 1914 à Loup-
mont (Meuse), en entraînant vaillamment sa section à l'assaut
du village ».
DOMINICI (Louis-Dominique), soldat de la compagnie :
IOe
« Soldat très courageux et très discipliné. A été très griève-
ment blessé à Apremont, le 4 octobre 1914, en se rendant à son
emplacement de combat ».
VELLUT (Louis-Antoine), soldat :
« Soldat ardent au combat et d'un courage à toute épreuve.
Grièvement blessé le 6 octobre 1914. Raccourcissement impor-
tant de la jambe gauche ».
VASSELON (F.-G.), caporal clairon :
« A contribué avec des camarades à dégager son chef de
bataillon entouré par une forte patrouille allemande. A été blessé
une première fois le 25 août sur la ligne de feu, où il est resté
malgré sa blessure. A été blessé une deuxième fois, très griève-
ment, au cours d'une mission de liaison qui lui avait été confiée
le 8 octobre et qu'il a accomplie jusqu'au bout avec une rare
énergie ».
A L'ORDRE DE L'ARMÉE
THÉVENET (Marius-Antonin), sous-lieutenant :
« Officier très brave et de la plus grande énergie. Bien que
blessé, est resté à son poste, le 28 septembre 1914, jusqu'à la
dernière minute et a reçu une seconde blessure amenant par la
suite l'impotence fonctionnelle absolue du bras droit ».
LAVADOUX (Louis-Thomas), soldat de la 78 compagnie :
« Le 29 septembre 1914, s'est élancé à l'assaut d'un village
avec sa section, qui y a pris pied malgré de lourdes pertes et
après un combat corps à corps. Le 2 octobre 1914, a été griève-
ment blessé au cours d'une patrouille, alors qu'ayant découvert
et signalé l'ennemi il protégeait le repli de ses camarades en
faisant le coup de feu. S'est toujours signalé par son mépris
complet du danger ».
FAURE (Pierre-Auguste), soldat :
« S'est toujours fait remarquer par sa bravoure, son entrain
et sa belle humeur au cours des combats, en particulier le
4 septembre 1914, en portant dans un abri son chef de bataillon
mortellement blessé, et le 2 octobre comme volontaire pour une
mission périlleuse au cours de laquelle il fut grièvement blessé
et dont il tint à rendre compte à ses chefs avant d'être évacué ».
COLLOMB, sous-lieutenant :
« D'une remarquable bravoure, a été blessé le 21 septembre
et fait prisonnier. Abandonné par l'ennemi, est revenu au front
à peine guéri et après avoir reçu une seconde blessure au cours
d'une reconnaissance audacieuse, a été mortellement blessé le
27 novembre ».
MISMER (Auguste), soldat :
« Le 27 novembre 1914, voyant un fanion aux couleurs enne-
mies fixé à un arbre en avant d'une tranchée allemande, a
quitté la tranchée à la nuit et, malgré le tir violent de l'ennemi,
a rapporté le fanion ».
DALLÈRE (Joachim), soldat :
« Le 27 novembre 1914, voyant un fanion aux couleurs enne-
mies fixé à un arbre en avant d'une tranchée allemande, a
quitté la tranchée à la nuit et, malgré le tir violent de l'ennemi,
a rapporté le fanion ».
MOUTHON (Pierre), caporal :
« Le 27 novembre 1914, voyant un fanion aux couleurs enne-
mies fixé à un arbre en avant d'une tranchée allemande, a
quitté la tranchée à la nuit et, malgré le tir violent de l'ennemi,
a rapporté le fanion ».
CHEVALLIER (Edouard), soldat :
« Le 27 novembre 1914, voyant un fanion aux couleurs enne-
mies fixé à un arbre en avant d'une tranchée allemande, a
quitté la tranchée à la nuit et, malgré le tir violent de l'ennemi,
a rapporté le fanion ».
POURTIER (Louis), soldat :
« Le 27 novembre 1914, voyant un fanion aux couleurs enne-
mies fixé à un arbre en avant d'une tranchée allemande, a
quitté la tranchée à la nuit et malgré le tir violent de l'ennemi,
a rapporté le fanion ».
LE BOUCHER D'HÉROUVILLE, lieutenant :
« A montré la plus grande bravoure en lançant sa section à
l'assautd'une barricade. Est tombé mortellement atteint, n'ayant
cessé de donner à ses hommes l'exemple des plus belles qualités
militaires ».
CHAPITRE III
OPÉRATIONS EN ARGONNE
(1er Janvier au 16 Août 1915)
Ayant quitté la région Woëvre - Hauts-de-Meuse, le
régiment est dirigé sur l'Argonne. Le 2 janvier 1915, il est
aux environs de Vienne-le-Château et doit relever des
unités très éprouvées occupant le bois de la Gruerie. Sur
ce front, les combats battent leur plein ; l'ennemi, qui a
rassemblé là ses meilleures troupes, fait des efforts déses-
pérés pour se frayer un chemin vers le sud et s'emparer des
voies conduisant à Verdun. La lutte a pris un caractère
d'une extrême violence. Dans la forêt très touffue, les
tranchées se sont rapprochées à quelques mètres les unes
des autres ; la fusillade est intense, les bombes et les gre-
nades tombent sans cesse, la guerre de mines est commen-
cée. Pour ajouter encore aux difficultés imposées aux trou-
pes, une pluie glaciale tombe sans fin. Dans les tranchées,
les hommes sont dans la boue jusqu'à mi-jambe; les bles-
sés qui tombent meurent enlisés, il est impossible de leur
porter secours.
Janvier - Bois de la Qrurie :
5
Combat de la Fontaine-aux-Charmes
C'est à ce moment que le régiment entre en ligne. Le
5 janvier 1915, le 2e bataillon, qui est arrivé la veille à La
Harazée, pour relever des unités en secteur, reçoit l'ordre
de s'engager immédiatement pour reprendre les positions
dont l'ennemi vient de s'emparer au bois de La Gruerie,
en avant de La Fontaine-aux-Charmes.
La 6e compagnie est aussitôt lancée à l'ennemi. Par une
attaque vigoureuse, elle parvient à le refouler, mais sans
pouvoir néanmoins reprendre intégralement le terrain per-
du. Soumise à un tir violent de mitrailleuses, elle subit de
lourdes pertes qui arrêtent sa progression ; elle réussit
cependant à s'accrocher au terrain.
Renforcée par un peloton de la ge compagnie, elle reprend
presque aussitôt sa marche en avant ; mais, après une
une légère progression, elle doit s'arrêter de nouveau,
décimée par le feu ennemi. La 7e compagnie reçoit alors
l'ordre de contre-attaquer sur le flanc droit de notre ligne.
Accueillie par un tir nourri de grenades ennemies, elle ne
peut progresser et ses pertes sont sévères. A son tour, la
10e compagnie prononce une contre-attaque sur le flanc
gauche de la position, mais également décimée par le feu
des mitrailleuses, elle doit s'arrêter et s'accrocher au ter-
rain. Devant l'impossibilité de pousser plus avant, les uni-
tés se retranchent sur place et organisent le terrain recon-
quis au prix de durs efforts et de pertes sensibles.
L'organisation se continue les jours suivants et le régi-
ment reste en ligne jusqu'au 15 janvier dans des conditions
extrêmement pénibles.
Pertes : OFFICIERS
6 hors de combat, dont 2 tués :
BERLIOZ (Edouard), sous-lieutenant. VERNET (Adrien), sous-lieutenant.
TROUPE
301 hors de combat, dont 52 tués :
DEBON (Abel), adjudant-chef. PICQ (Fleuri), soldat.
VINAY (Marie-Louis), adjudant. LEFÈVRE (Alexandre), soldat.
LORCET (Louis), sergent-major. AUGER (Jean-Louis), soldat.
CONJARD (Joseph), sergent. PRIOUX (Gaston), soldat.
BERTHOLON (Jean), sergent. MEUNIER (Gilbert), soldat.
PIERRE (Emile), sergent. REUSSEAU (Victor), soldat.
GUË (Henri), sergent. DROT (Pierre), soldat.
LARDIER (Léon), sergent. LAMARTINE (Mayoul), soldat.
COFFIN (Abel), caporal. ROCHELET (Antoine), soldat.
CONTY (Joseph), caporal. BOUVET (Philibert), soldat.
BROUSSE (Annet), caporal. RODET (Antoine), soldat.
DENIEL (Francisque), caporal. HAMELIN (Paul), soldat.
ROCHE (Francisque), caporal. VINTEJOUX (Jean), soldat.
DAIM (Jean-Baptiste), caporal. MONNET (Claude), soldat.
GUICHARD (François), caporal. JACQUEMET (Victor), soldat.
FERRET (Jean), caporal. MORIN (Jacques), soldat.
SALAZARD (Claudius), soldat. PELLENARD (Claude), soldat.
BALMISSE (Jean), soldat. PERRIN (Jean), soldat.
ROUSSEAU (Henri), soldat. RENON (Jean), soldat.
FOURNIER (Joseph), soldat. BANCON (Jean), soldat.
RANJARD (Joannès), soldat. JODARD (Claude), soldat.
LIMOUSIN (Fernand), soldat. MORGUE (Jean-Marie), soldat.
DELISLE (Gustave), soldat. ORGERET (Jules), soldat.
LONJEOT (Jean), soldat. GIRAUD (Alphonse), soldat.
MASPTIOT (Emile), soldat. PEYMAL (Félix), soldat.
DANGLES (Alphonse), soldat. MEILLAND-REY (Victorin), soldat.
La belle attitude du régiment et son endurance au cours
de cette période lui valent les félicitations du général com-
mandant la division :
Ordre N° 28 du Général commandant la 31 D. I.
en date du 14 Janvier 1915
« Arrivé dans le secteur de la Gruerie au moment d'une atta-
que allemande, le 5e régiment d'infanterie coloniale a vigou-
reusement contribué à la repousser. S'est maintenu énergique-
ment pendant toute une semaine sans être relevé, dans des
tranchées envahies par une eau glacée et a réduit les Allemands
à prendre une attitude passive.
« Signé : Général CORDONNIER ».
15 Janvier-15 Février 1915
Après quelques jours de repos, le régiment, le 21 janvier,
va occuper les tranchées du plateau boisé de Bolante.
Jusqu'au 16 février, il ne subit aucune attaque, mais
le service est cependant très pénible. C'est une guerre de
mines sans arrêt ; une lutte à coups de bombes, de pétards
et d'engins de tranchées de toutes sortes. A ce harcèle-
ment perpétuel, s'ajoute l'activité toujours très violente de
l'artillerie ennemie.
Sous ce déluge de fer et malgré une pluie persistante qui
rend le séjour aux tranchées des plus fatigants, de nom-
breux actes d'héroïsme ont lieu journellement, attestant le
moral élevé des soldats du 56 colonial.
Pendant toute cette période, les ier et 3e bataillons se
relèvent mutuellement à l'extrémité droite du secteur, en
liaison avec le 4e régiment d'infanterie. A partir du 20 jan-
vier, une activité anormale est remarquée dans les lignes
allemandes. L'ennemi construit en sape russe des boyaux
s'approchant de nos lignes et se dirigeant vers nos petits-
postes. Nous nous efforçons de le gêner dans son travail
en lui lançant des grenades, des pétards, des bombes Céle-
rier et quelques obus de 58. Mais ses travailleurs sont pro-
tégés par des tôles blindées très épaisses et par des bou-
cliers ; nos patrouilles en rapportent plusieurs. La nuit, les
têtes de sape sont irrégulièrement occupées par un ou
deux hommes; mais jamais nos reconnaissances ne peuvent
surprendre ces sentinelles : elles s'enfuient au moindre
bruit et donnent l'éveil à leur première ligne.
Vers le 5 février, une sape ennemie arrive si près de nos
petits-postes qu'un pionnier allemand débouche dans un
élément de tranchée non occupé, neutralisé avec du fil de
fer barbelé, entre deux de nos postes d'écoute. Le but de
l'ennemi devient manifeste : tous ces travaux sont les
préparatifs d'une attaque.
16 Février - Attaque allemande du Bois de Bolante
Le 16 février, le secteur est tenu par le i" bataillon
(capitaine Connen), dont les unités sont ainsi réparties de
la droite à la gauche :
2" compagnie, capitaine Desmiers ;
4e compagnie, capitaine Cabaret ;
3e compagnie, lieutenant Cuzin ;
ire compagnie, capitaine Bourcelot.
Le 3e bataillon (capitaine Bontemps) est en réserve à un
kilomètre environ en arrière, au ravin des Courtes-Chausses.
A la pointe du jour, les Allemands bombardent les lignes
avec des obus de tous calibres, en même temps qu'ils
exécutent des tirs fusants sur les carrefours et les con-
fluents des ravins par où peuvent être acheminées les
réserves. Le 3ebataillon est alerté, ainsi qu'un bataillon du
33e colonial.
Vers 7 h. 30, l'ennemi déclenche son attaque d'infanterie
sur le front du Ier bataillon et du bataillon du 4e régiment
d'infanterie, en liaison avec nous à notre droite. Les unités
du 4e régiment perdent leurs première et deuxième lignes,
laissant ainsi à découvert le flanc droit de la compagnie
Desmiers. Les compagnies Bourcelot et Gabaret, après
une résistance opiniâtre, ne peuvent contenir l'invasion de
l'ennemi et doivent se replier sur la deuxième ligne.
Cependant, le capitaine Desmiers, qui résiste héroïque-
mnte, déclenche une contre-attaque sur les Allemands qui
occupent les tranchées du 4e régiment d'infanterie et qui
s'efforcent de progresser vers sa compagnie. Ce brave offi-
cier est grièvement blessé, mais la contre-attaque maintient
l'ennemi.
A ce moment, le général Marchand donne l'ordre au
bataillon Fleury, du 33e colonial, qui a été alerté dès la
première heure, de contre-attaquer pour reprendre les tran-
chées perdues par le 4e régiment d'infanterie et boucher le
vide qui s'est produit entre les éléments de ce régiment qui
n'ont pas bougé à droite et la brigade coloniale. Le même
ordre prescrit au 3e bataillon du 5" colonial de s'installer
sur le plateau au nord du ravin des Courtes-Chausses, pour
arrêter, le cas échéant, la progression de l'ennemi.
Le commandant Fleury fait immédiatement la reconnais-
sance du terrain pour la contre-attaque qu'il doit exécuter;
il est tué au cours de cette opération -préliminaire. Le capi-
taine Gateau prend le commandement du bataillon et déclen-
che la contre-attaque ; mais son bataillon est accueilli par
des feux violents de mitrailleuses et ne peut progresser.
Pendant ce temps, notre 3e bataillon s'établit sur le plateau
au nord du ravin des Courtes-Chausses, où il commence
une tranchée.
Vers 13 heures, les Allemands reprennent leur attaque
avec une fureur renouvelée. La 2" compagnie, commandée
par le sous-lieutenant Janin, après l'évacuation du capitaine
Desmiers, ne peut se maintenir malgré d'héroïques efforts,
sa position étant attaquée simultanément à droite et à
gauche. Le sous-lieutenant Janin est tué ; les éléments se
replient sur la deuxième ligne, sous le commandement du
sous-lieutenant Clapot. La section de mitrailleuses du sous-
lieutenant Ersthein, occupant la deuxième ligne au point
de liaison avec le 48 régiment d'infanterie, est bientôt com-
plètement entourée. Après une résistance désespérée, qui
coûte cher à l'ennemi, elle doit, pour ne pas tomber entre
ses mains, abandonner son abri ; elle ne peut en se repliant
emporter son matériel.
C'est alors que le capitaine Bontemps (38 bataillon) reçoit
l'ordre de relever le 1er bataillon, à l'exception de la Ire
compagnie, et de rétablir la liaison avec le régiment de
droite.
Pendant que les 98 et 10e compagnies vont relever les 3e
et 4e compagnies, les 11e et 12e compagnies, sous le com-
mandement du capitaine Pelud, doivent relever la 2e com-
pagnie et rétablir la liaison avec le 48 régiment d'infanterie.
Deux sections de la 11e compagnie contre-attaquent vive-
ment et reprennent l'abri de la section de mitrailleuses.
Tout le matériel est ramené dans nos lignes. Au même
moment, un régiment d'infanterie vient relever le 48 régi-
ment ; il exécute de son côté une contre-attaque et la liai-
son s'établit aussitôt avec la 128 compagnie. Cette unité
arrive à progresser par le boyau conduisant à la première
ligne perdue, jusqu'au contact de cette ligne, occupée par
les Allemands. Mais elle ne peut continuer sa progression
par cette seule antenne et élève aussitôt un barrage.
CHARDON (Jean), sergent. BREYMAND (Constant), soldat.
REICHENBACH (Charles), sergent. FAUQUEUX (Casimir), soldat.
SAULNIER (Octave), sergent. PLANEIX (Théophile), soldat.
LAVENNE (Emmanuel), sergent. GAGNÈRE (Joseph), soldat.
DESCHAMPS (Gaston), sergent. VOISE (Désiré), soldat.
BOUVARD (Louis), caporal. BIOLAY (Georges), soldat.
GAUDIN (Albert), caporal. DOUCET (Gilbert), soldat.
CHEV ARIER (Adrien), soldat. DUTRUEL (Joseph), soldat.
BARGE (Jean-Marie), soldat. LAVERNE (Bruno), soldat.
SOCHAY (Félix), soldat. GAUTHIER (Michel), soldat.
GIGNOUX (Henri), soldat. MÈGE (Marius), soldat.
ROUARD (Urbain), soldat. LAMOUREUX (Eugène), soldat.
THIËRY (Marie-Laurent), soldat. LAFAY (Claude), soldat.
LOCKMANN (Lucien), soldat. MONNET (Rémy), soldat.
BARNACHON (Jean-Marie), soldat. MARRET (Baptiste), soldat.
BUET (Louis), soldat. "- BRIDOT (Antonin), soldat.
GENETIER (Philippe), soldat. DRUNET (Jean-Baptiste), soldat.
LACHENAL (Eugène), soldat. MARCELLET (Marie), soldat.
AYMO (Barthélémy), soldat. FONTANAY (Jean), soldat.
COUTAS (Edmond), soldat. RONDY (Jean), soldat.
SCHECH (Germain), soldat. GIRARD (Adrien), soldat.
DRIFFORT (Jean-Marie), soldat. GRAS (Georges), soldat.
GREBOT (Marius), soldat.
Du 16 février au 9 mars, la guerre de mines continue
incessante et plus violente ; en une seule journée, les Alle-
mands font exploser sept mines, qui, heureusement, ne
causent qu'à nos tranchées des dégâts insignifiants.
Attaque du 9 Mars
Le 9 mars, la 8e compagnie et un peloton de la 76 compa-
pagnie prennent part à une attaque locale exécutée par
des unités du 6e colonial. Cette opération, qui a pour but
l'enlèvement de la première ligne allemande sur un front
de 500 mètres, doit nous procurer de bons observatoires
sur les positions ennemies.
Après un violent bombardement de deux heures, le signal
de l'attaque est donné : il est 5 h. 30. Avec un entrain
admirable, les hommes sortent de leurs tranchées et se
précipitent vers la ligne ennemie, dont ils s'emparent. La
tranchée est aussitôt retournée et une contre-attaque alle-
mande n'obtient aucun succès.
OPÉRATIONS EN ARGONNE (2 Janvier au I6 Août 1915)
Mais vers 19 heures, l'ennemi revient en force et tente
à nouveau de nous déloger de la tranchée conquise. La
8e compagnie, attaquée à la fois de front et sur ses flancs,
écrasée par une pluie de pétards et de grenades, est rejetée
sur sa tranchée de départ : elle ne compte plus qu'une
trentaine d'hommes environ.
Le général Marchand donne l'ordre de la reconstituer
par prélèvements sur toutes les unités du régiment. Le
lieutenant Lambert, qui la commande, sollicite l'honneur
de recommencer l'attaque.
Le 13 mars, à 19 heures, la 8e compagnie, reconstituée,
quitte la Sapinière et va prendre position dans la parallèle
de départ.
Attaque du 14 Mars
Le 14 mars, à 6 heures, le signal de l'assaut est donné.
Malgré trois mines qui sautent sous leurs pas, causant
des pertes sensibles, les hommes atteignent d'un seul élan
la deuxième ligne allemande et s'y fortifient. Cinq contre-
attaques, précédées de violents bombardements, sont
repoussées et tout le terrain conquis est conservé au prix
de lourdes pertes.
Pendant ce temps, sur un autre point du front, la
IOe compagnie participe à cette même attaque et y montre
d'égales qualités de bravoure et d'entrain. Prêtant aux
unités du 6e colonial un précieux concours et par un combat
rapproché qui se poursuit mètre par mètre, elle force l'en-
nemi à abandonner ses tranchées.
Le 15 mars, après trente-six heures de lutte sous une
mitraille incessante, les 8e et IOe compagnies sont relevées
et laissent aux unités qui les remplacent les tranchées
conquises fortement organisées et en face d'elles un ennemi
épuisé et démoralisé par les résultats de nos attaques.
La ténacité et l'héroïsme de la 8e compagnie lui valent
la citation suivante à l'ordre du corps d'armée :
Est citée à l'ordre du corps d'armée la 8e COMPAGNIE DU
Se RÉGIMENT D'INFANTERIE COLONIALE :
« Le 9 mars 1915, a donné l'assaut à une tranchée allemande
très solidement fortifiée, s'en est emparée du premier élan et
s'y est maintenue en repoussant plusieurs contre-attaques. A
attaqué une seconde fois le 14 mars, faisant des prisonniers à
l'ennemi et lui prenant un nombreux matériel ».
15 Mars au 24 Juin
Du 15 mars au 24 juin 1915, le régiment occupe les
tranchées du secteur de Bolante. La guerre de mines conti-
nue de part et d'autre, mais sans attaque d'infanterie.
Cependant, les tirs des engins de tranchée et de l'artillerie
ennemie, d'intensité variable, mais presque continus, nous
causent des pertes sensibles.
Les attaques des 9 et 14 mars, et la période du 15 mars
au 24 juin ont coûté au régiment :
OFFICIERS
11 hors de combat, dont 4 tués :
MONDESCOURT (Homère), sous-lieu- LEGENDRE (Jean-Marie), sous-lieute-
tenant. nant.
ERSTHEIN (Eugène), sous-lieutenant. SACHET (Stanislas), sous-lieutenant.
TROUPE
853 hors de combat, dont 133 tués :
FARISSIER (J .-B.), sergent-fourrier. TABARAN (Lucien), soldat.
VALENTIN (Marins), sergent. THOMAS (Pierre), soldat.
GOVAERE (Georges), sergent. SEMIOND (Pierre), soldat.
GUILLOT (Emile), sergent. LAMBERT (Pierre), soldat.
CHAPUIS (Pierre), sergent. VOLLAND (François), soldat.
FAVEYRIAL (J ean-Pierre), sergent. CHAUMETTON (Joannès), soldat.
COMPAS (Paul), sergent. CHATARD (Simon), soldat.
PAPET 1 Pierre), sergent. DUMAS (Camille-Cyprien), soldat.
CARRA (Léon), sergent. GUÉRIN (Léon), soldat.
SANTOS-COTTIN (Honoré), caporal. FOY (Marcel), soldat.
JEGOU (Georges), caporal. BEAUVILLARD (André), soldat.
DEGAND (Jean-Baptiste), caporal. LE DREFF (Firmin), soldat.
DUPUY (Claude), caporal. DEVERNOIX (Alphonse), soldat.
BERTHIER (Adolphe), caporal. LANGLOIS (Eugène), soldat.
ALEXANDRE (Pierre), caporal. MORDIER (Pierre), soldat.
CEVOZ-MAMI (Joseph), caporal. BERGES (Louis), soldat.
DOCHE (Joseph), caporal. APERGE (Henri), soldat.
HÉBERT (Marius), caporal. FAUX (Pierre), soldat.
TARDY (Jean-Louis), caporal. LECOSSOIS (Louis), soldat.
CHICOIX (Henri), soldat. GUILLEMARD (Albert), soldat.
JACQUIER (Basile), soldat. MICHEL (Louis-Denis), soldat.
TRANCHAND (Jean-Franc1), soldat. BEAULIEU (Alexandre), soldat.
CLIER (Julien.), soldat. BRUN (Victor-Henri), soldat.
LEROUX (Albert), soldat. MOREAU (Gilbert-Henri), soldat.
DECUGIS (Charles), soldat. RAYMOND-LARMINA (J.), soldat.
CARREAU (Raymond), soldat. ROUX (Joseph-Eugène), soldat.
RE VOL (Louis), soldat. AGERON (Jules), soldat.
REGEASSE (Barthélémy), soldat. FILATRE (Eugène), soldat.
FEYEUX (Ernest), soldat. LE GALL (Marc), soldat.
BERNARD (Abel-Antonin), soldat. ROLAND (Jean-Marie), soldat.
NIVOT (Jean), soldat. OBLETTE (Claude), soldat.
DUBOIS (Ernest-Albert). BOTTON (Henri), soldat.
BICARD (Marcel), soldat. BOUZINAC (Joseph), soldat.
GOZARD (Louis), soldat. RAVEL (Jean), soldat.
AUDIBERT (Justin), soldat. MENOU (Yves-Marie), soldat.
MOLHERAT (Henri), soldat. REUILH (Auguste), soldat.
BORDAT (Jean-Marie), soldat. RION (Jean), soldat.
BONJOUR (Antoine), soldat. BURELIER (Jean), soldat.
LARTIGAUD (Félix), soldat. MONEYRON (Claudius), soldat.
DENIS (Maximin), soldat. MICHAUD (Michel), soldat.
DUPUIS (Claude-Jean), soldat. DEMAISON (Joseph), soldat.
SENOTIER (Antoine), soldat. AIMOZ (Constant), soldat.
LAURIANT (Jean-Marie), soldat. TOURNADE (Alfred), soldat.
VINCENT (Martin-Léon), soldat. RIVOIRE (Joseph), soldat.
CEBELIEU (Vincent), soldat. VIGIER (Genès), soldat.
BRIAND (Auguste), soldat. MARANDET (Auguste), soldat.
MON CI AUX (Jean), soldat. GICQUEL (Francisque), soldat.
MINOT (Léon), soldat. CHAMPEIX (Louis-Antoine), soldat.
DELAIGUES (Jean), soldat. PIGNET (Jean-Baptiste), soldat.
METENIER (François), soldat. DUC (Jean), soldat.
DANDIGNE (Yves), soldat. DECREY (Joseph), soldat.
BERTHILLOD (Marie), soldat. ARTHUR (Joseph-Marie), soldat.
CHARRIÈRE (Gustave), soldat. DUROY (Antoine), soldat.
AUBERT (Edmond-Charles), soldat. MAZELLIER (Bonnet), soldat.
BERTHOLLET (Auguste), soldat. MULLET (Francisque), soldat.
PASSINGE (Pierre), soldat. GENEVOIS (Antoine), soldat.
DUPONT (François), soldat. MONTEIL (Léon), soldat.
DELVAILLE (Gaston), soldat. GUILLIN (Jean-Marie), soldat.
GOUTTARD (Antoine), soldat. DAVID (François), soldat.
CHALUMEAU (François-M.), soldat. TROUSSEL (Jean), soldat.
BOUREL (François-Marie), soldat. DEGOUD (Yves), soldat.
CAMP (Marcel), soldat. PAULY (Baptiste), soldat.
CHARPY (Charles), soldat. BOUAZIZ (Ahmed), soldat.
LAGARDE (Louis), soldat. ASTIER (Philippe), soldat.
DEVINCENZI (Victor), soldat. CHinE (Anet), soldat.
GUERIN (Amédée), soldat. BEURRIER (Jean), soldat.
PHARABET (Simon), soldat.
Le 24 juin, le régiment, relevé, va cantonner à La Cha-
lade. Avant de quitter l'Argonne, il reçoit les félicitations
du général commandant le 5e corps d'armée :
Ordre N° 122 du 10 Août 1915, du 5' C. A.
« Au moment du départ de la 2e brigade coloniale, le général
commandant le 58 corps d'armée tient à adresser à cette belle
troupe et à son chef tous ses remerciements pour le concours
dévoué qu'ils n'ont cessé de lui prêter en toutes circonstances.
« La 2e brigade coloniale, arrivée dans la vallée de la Biesme
à un moment où le Se corps d'armée venait de subir de dures
attaques, a eu dès le début une lourde tâche. Elle a tout d'abord
réorganisé et renforcé un front où la lutte était particulièrement
chaude. Le 16 février, elle infligeait un sanglant échec à l'en-
nemi qui avait osé l'attaquer.
« Passant à l'offensive, elle enlevait une première fois le
9 mars, puis définitivemient le 14 mars, une importante position
et la conservait entièrement malgré une série de contre-attaques
furieuses. En menant sans répit le combat, en ne laissant à
l'ennemi aucun moment de repos, en travaillant sans relâche à
la construction d'organisations solides, elle a largement contri-
bué à la conservation d'un front âprement disputé et à l'usure
de l'ennemi.
« Le général commandant le 5e corps d'armée ne doute pas
que la 28 brigade coloniale ne contribue, pour une large part, à
la victoire définitive. Il est heureux de penser que les succès
passés et les services rendus au 5e corps d'armée autorisent
toutes les espérances pour l'avenir.
« Signé : Général MICHELER ».
De son côté, le général commandant la ge division d'in-
fanterie adresse l'ordre du jour suivant :
« Le général
commandant la ge D. I. éprouve un regret
profond de voir la ze brigade coloniale quitter son secteur. Les
beaux Sè et 6e régiments auront laissé beaucoup des leurs à la
défense de l'Argonne, mais l'ennemi a appris, au « Fer à Che-
val » et à « La Corniche », ce que coûtait leur offensive et
combien était puissante leur résistance. Notre belle armée colo-
niale reste digne de son passé glorieux.
« Signé : Général ARLABOSSE ».
Le 25 juin 1915, le régiment quitte La Chalade. Il gagne
par étapes l'arrière du front de Champagne et arrive le
30 juin à Bussy-le-Château, où il cantonne.
Mais bientôt des événements imprévus le rappellent en
Argonne, où l'ennemi, lançant une forte attaque, vient de
gagner du terrain. Dans la nuit du 5 au 6 juillet, il est
transporté en camions-autos à Sainte-Menehould (quartier
Valmy).
Le 7 juillet, le régiment cantonne à Moiremont et le
lendemain, occupant les abris du ravin de La Houyette
et du Rondinage, il commence des préparatifs d'attaque.
Le 13 juillet, les unités prennent leurs emplacements de
départ, les trois bataillons en ligne ayant chacun une
compagnie en réserve.
Attaque du 14 Juillet
A 9 h. 30, l'attaque se déclenche à cheval sur la route
Binarville - Vienne-le-Château. La préparation d'artillerie
ayant été insuffisante, l'ennemi est au coude à coude dans
ses tranchées, flanquées de nombreuses mitrailleuses.
Avant même le départ de nos vagues d'assaut, celles-ci
ouvrent le feu sur notre parallèle de départ.
Le signal de l'attaque est cependant donné. Mais le tir
nourri des mitrailleuses arrête net notre progression, fau-
chant par centaines nos hommes que leur courage pousse
toujours plus avant. Plusieurs officiers sont tués brave-
ment, en tête de leurs unités.
La ge compagnie parvient, malgré tout, à s'emparer
d'une partie de la deuxième ligne ennemie, où elle s'établit
et se maintient en dépit de violentes contre-attaques. Mal-
heureusement, elle est bientôt débordée à droite et à gau-
che ; elle préfère pourtant se faire décimer sur place plutôt
que d'abandonner le terrain conquis.
Le soir, toutes les unités, très éprouvées, occupent de
nouveau les tranchées de départ. L'héroïsme de la ge com-
pagnie lui vaut la citation suivante à l'ordre de l'armée :
Extrait de l'Ordre général N° 156 du 5 Août 1915,
du Général commandant la IIP Armée
Est citée à l'ordre de l'armée la ge COMPAGNIE du 5e Régi-
ment d'infanterie coloniale, sous les ordres du capitaine
Fugier et des sous-lieutenants Beck (Charles) et Leroy
(Edouard-Louis) :
« Le juillet 1915, a donné l'exemple du plus bel héroïsme
14
en traversant d'un seul bond, sous un feu intense de mitrail-
leuses et d'infanterie, un terrain couvert d'obstacles, pour s'élan-
cer à l'assaut d'un ouvrage ennemi qu'elle savait fortement
occupé. Malgré ses pertes, est parvenue à s'emparer de la pre-
mière, puis de la deuxième ligne, et s'est maintenue au centre
de l'ouvrage. S'est fait anéantir plutôt que de reculer d'un seul
pas >>.
Le 16 juillet, le régiment est relevé et va cantonner à
La Neuveville-au-Pont.
Après quelques jours de repos, il remonte dans le secteur
de Vienne-le-Château et commence une période de tran-
chées extrêmement pénible. Sous un bombardement conti-
nuel, les unités travaillent à l'organisation des positions.
La pluie, qui ne cesse de tomber, rend ces travaux diffi-
ciles. Les hommes n'ont presque pas d'abris : ils couchent
sur un sol détrempé, n'ayant pour se protéger des intem-
péries que leur toile de tente ; leur fatigue est très grande.
Attaque allemande du 11 Août
Le 11 août, à 2 heures du matin, l'ennemi exécute un
violent bombardement sur nos positions et fait sauter quel-
ques mines, dont l'une ensevelit une section entière de la
g8 compagnie et une mitrailleuse ; un deuxième pièce est
écrasée par un minen.
Vers 6 heures, l'attaque allemande se déclenche en
vagues profondes et denses. Par suite des lourdes pertes
subies et de la destruction presque complète des mitrail-
leuses, la droite du 2e bataillon se replie sur la troisième
ligne; le ier bataillon se maintient par îlots. Mais, vers
11 heures, le 2e bataillon, renforcé par une compagnie de
réserve, contre-attaque résolument par le flanc et parvient
à rejeter l'ennemi de presque, toutes les positions qu'il avait
momentanément occupées.
Les combats du* 14 juillet et du 11 août ont coûté au
régiment :
OFFICIERS
22 hors de combat, dont 10 tués :
LANUGUE (Raoul), lieutenant. ARRIGHI (Dom-Grâce), sous-lieute-
MAURIANGE (Antoine), lieutenant. nant.
CHARLOT (François), sous-lieute- CRISTIN (Benoît), sous-lieutenant.
nant. GREMILLET (Marie), sous-lieute-
DUCROISET (Pierre), sous-lieute-- nant.
nant. LEROY (Edouard), sous-lieutenant.
MARTIN (Elie), sous-lieutenant. FRANCK (Alexis), médècin aide-
major de 1" classe.-
TROUPE
738 hommes hors de combat, dont 164 tués :
ALBAREL (Achille), adjudant. POUBEAU (Edmond), soldat.
1
DAUTRY (Fernand), adjudant. SÉON (Jean-Louis), soldat.
MONESTTER (Joseph), adjudant. NUE (Jean-Baptiste), soldat.
FLORI (Antoine), sergent fourrier. POUX (François), soldat.
REY (Camille), sergent fourrier. MICHEL (Léonce-Joseph), soldat.
CHEVALLIER (Pierre), sergent. POMPIER (Antoine), soldat.
CAZALI (Louis), sergent. DOYEN (François), soldat,
BONNET (Antoine), sergent. CHAUPLANNAZ (François), soldat.
RICARD (Charles), sergent. GERLIER (Joseph), soldat.
BARDIN (Jules), sergent. BERTI (Jean), soldat.
CAVELAN (Yves), sergent. PARIS (Jean-Marie), soldat.
DUPONT (Emile), sergent. ROCHE (Pierre), soldat.
CHARMASSAN (François), sergent. FOUSSERIE (Hippolyte), soldat.
l'EURIÈRE (Claude), cap. fourrier. MARTIN (Antoine), soldat.
GIROT (Eugène), caporal. VIALLEFONT (Jules), soldat.
GUILLAUME (Célestin), caporal. MENOU (François), soldat.
EMERY (Auguste), caporal, TRIMOUILLE (Paul), soldat.
BURNIER (Arthur), caporal. DIARD (Jean), soldat.
MOREAU (Marcel), caporal. JUILLARD (Philibert), soldat.
ARBET (Jean), caporal. COMMARMOND (Jean-M.), soldat.
DELORME (Claude), caporal. BARS (Hervé-Marie), soldat.
BOCLE (Guillaume), caporal. ROUGIER (Michel), soldat.
RELAVE (François-Marius), caporal. BERNARD-BARRET (C.), soldat.
,
PLOMBY (Pierre) caporal, CARTON (Henri), soldat.
GAVAND (Louis-Victor), caporal. BRETON (Laurent), soldat.
GANDON (François), caporal. DANGOISNE (Louis), soldat.
SAUREL (Barthélémy), soldat. FARABET (Etienne), soldat.
LAGRIFFOUL (Jean), soldat. LE MEE (Pierre), soldat.
RENAUD (Henri), soldat. BOISSIftRE (Jean), soldat.
PÊROUSE (Emile), soldat. PERRIER (Basile), soldat.
DAJOUX (Pierre), soldat. PELLIER (Gustave), soldat.
GIDOUIN (Auguste), soldat. PELLOUX (Joseph), soldat.
DUFRAISSE (Maurice), soldat. BERNARD (Alexandre), soldat.
COZ (François-Marie), soldat. CHAIX (Auguste), soldat.
LOMET (Jules), soldat. COLOMBET (Louis), soldat.
RICHAUD (Numa), soldat. VIOLET (Marius), soldat.
SERRE (Joseph), soldat. RODET (Pierre), soldat.
DUMAS (Emile), soldat. PARROT (Jean), soldat.
CARRON (Claude), soldat. LÉARD (Jean), soldat.
PAFABOST (Antoine), soldat. BRESSET (Jean-Marie), soldat.
FAURE (Michel-Marius), soldat. BARRA (Joseph), soldat.
DESVIGNE (Etienne), soldat. MEYRET (Edouard), soldat.
DEVERQ (Joseph), soldat. CLAVEL (Abel), soldat.
DUBOIS (Eugène), soldat. MARCON (Antoine), soldat.
BONNET (Fouis), soldat. CHABRIER (Antoine), soldat.
TOURRET (Antoine), soldat. CONSTANT (Antoine), soldat.
LAMOINE (Gilbert), soldat. FAFAYETTE (François), soldat.
l\1)1RE (Gilbert), soldat. TISSEUR (Joanny), soldat.
fEGARD-PELLAGRU (Eug.),_ soldat. MARFAING (Edouard), soldat.
GIRAUD (Louis), soldat. ROY (Paul-Camille), soldat.
DEMANGE (Clément), soldat. DESROCHES (Jean), soldat.
SAISON (Henri), soldat. RICHARD (Léon-J.-R), soldat.
POUZIER (Gabriel), soldat. DESARMENIEN (Georges), soldat.
RUFFIN (Jean), soldat. MALOCHET (Pierre), soldat.
LAGEISTE (Louis), soldat. PEGUIN (Jacques), soldat.
CHANUSSOT (Louis), soldat. GRAIL (Jean-Marie), soldat.
DUBOIS (Louis), soldat. MOIRIAT (Pierre), soldat.
RAMBAUD (Léon), soldat. REYNAUD (Jean), soldat.
MICHEL (Léon-Adelin), soldat. CUSIN (Edmond), soldat.
SANVOISIN (Pierre), soldat. GABERT (Maurice), soldat.
DURE (Julien), soldat. LAURENT (Jean-Louis), soldat.
DELBAST (Antoine), soldat. MICHEL (Jules-Marie), soldat.
PERRAUD (Camille), soldat. SERRET (Claudien), soldat.
DECAYEUX (Charles), soldat. CHOSSEGROS (Charles), soldat.
PRARON (Claude), soldat. COTE (Joseph), soldat.
GAUDRIAULT (César), soldat. MARTIN (André), soldat.
CHERRET (Auguste), soldat. JOURDREM (Yves), soldat.
LE POGAN (François-M.), soldat. VALLET (Marius), soldat.
SCHURRER (Georges), soldat. CANTE (Joseph), soldat.
BERNARD (Joseph-Ernest), soldat. SCHMIDT (Edmond), soldat.
SERRAILLE (Marius), soldat. DEMOLIS (Joseph), soldat.
GAVIN (Emile), soldat. CHARRETIER (Claude), soldat.
MUZELLE (Etienne), soldat. PELLETIER (Louis), soldat.
TAFABARD (Louis), soldat. CHAMPONNIER (Félicien), soldat!
PONTET (Charles), soldat. MALPOTE (Jean), soldat.
CHAZALLET (Claude), soldat. GALIPOT (François), soldat.
MANRY (Joseph), soldat. CHAUCHON (Charles), soldat.
BERNARD (Guillaume), soldat. DOUBLE (Henri), soldat.
CORMARËCHE (Marie), soldat. NIVET (Pierre-Marie), soldat.
DOM (Arsène), soldat. PERRIN (Victor), soldat.
DELOR (Jean), soldat. PROVENCHÈRE (Claude), soldat.
PICHAUD (Joseph), soldat. MOREAU (Victor), soldat.
En outre, pendant cette dure période de la guerre,
176 soldats sont morts dans les hôpitaux des suites de
leurs blessures :
MATHAIS (Auguste), sergent four ROG UET (Jean-Marie), caporal.
RENAULT (Auguste), sergent. LOUIS (Alexis),. caporal.
CARTIER (Antoine), sergent. MELINON (Claude), caporal.
VIVIEN (Fouis), sergent. RIGAUD (Henri), caporal.
COUSIN (Edouard), sergent. VISIER (Pierre), caporal.
BLETTERY (Jacques), sergent. MERME (Marc), caporal.
MONNIOT (Camille), sergent. LONGET (Jean-Baptiste), caporal.
VEDRINE (Amable), sergent. MARCHAND (Antonin), caporal.
CHAFFOIN (Vital), sergent. BERTHON (Alphonse), soldat.
GABET (Alexandre), sergent. SANTE (Jean), soldat.
NEBOUX (Ferdinand), sergent. RONDET (Louis), soldat.
GERMAIN (Sébastien), caporal. RAVIER (Jean), soldat.
REYMOND (Claude), soldat. LUCIANI (Ange), soldat.
PERREARD (Auguste), soldat. BRUN (Jean-Baptiste), soldat.
DAMIENS (Antoine), soldat. BERTHELET (Claude), soldat.
JOUANNET (Ernest), soldat. GUILLERMIER (Antoine), soldat.
LAPIERRE (Rémy), soldat. HÉBRARD (Alexis), soldat.
GENDRE (Honoré), soldat. MAISONNAS (Jean), soldat.
GUÉRIN (Edouard), soldat. CHANTEGRET (Charles), soldat.
CHEZEAU (Auguste), soldat. PIERRY (Pierre), soldat.
RAYON (Henri), soldat. PERROT (Gabriel), soldat.
FONCEL (Antoine), soldat. TERRIER (François), soldat.
DELAHAYE (Armand), soldat. MORDANT (Jean), soldat.
YVRON (Marius), soldat. RAFFIN (Armand), soldat.
FAYET (Pierre), soldat. MATHIVET (Olivier), soldat.
BUVAT (Jean), soldat. GERBES (Jules), soldat.
CALLON (Albert), soldat. GOUILLOUX (Annet), soldat.
RICHEMOND (Alfred), soldat. FARGEAT (Eugène), soldat.
CARTE (Alphonse), soldat. DUCRUET (Edouard), soldat.
RAVOUX (Jean), soldat. HERROU (Jean), soldat.
PERRICARD (Jean), soldat. PEYSSON (Jean), soldat.
GALETTO (Ange), soldat. BONINO (Albert), soldat.
PETIT (Clément), soldat. CHASSANG (Adrien), soldat.
POPY (Jean), soldat. LOBIETTI (Joseph), soldat.
ROUGIER (Jean-Arthur), soldat. MICHELET (Elie-Jean), soldat.
PEYRONNET (François), soldat. LE BROUDIC (Joseph), soldat.
BRUN (Alexis), soldat. ROBIN (Jean-Marie), soldat.
DELAIRE (Jean-Marie), soldat. THOMAS (Alexandre), soldat.
JACQUIN (Clément), soldat. THUILLIER (Louis), soldat.
BIGAY (Antoine), soldat. DURAND (Claude), soldat.
DEMEUSY (Adolphe), soldat. DESNOS (René), soldat.
REVEL (Gaston), soldat. VESSELY (Georges), soldat.
DOUARRE (Joseph), soldat. SEYVE (Antoine), soldat.
LAFAVERGES (Armand), soldat. PIGOT (Jean), soldat.
MARRET (Georges), soldat. MAIRE (Georges), soldat.
MAGNÊRE (Marcel), soldat. CHION (Elie), soldat.
LAFAY (Pierre-Marie), soldat. CERUTI (Alphonse), soldat.
GIRARDON (Henri), soldat. CULOT (Emile), soldat.
PERRIN (Jacques), soldat. DEVAUD (Armand), soldat.
JUGNIER (Jean-Marie), soldat. PAPET (Jean), soldat.
MEUNIER (Emile), soldat. RELAVE (Marie-François), soldat.
BRUYÈRE (Elie), soldat. MICHEL (J.-B.-Ernest), soldat.
MAZELIER (Jacques), soldat. HEURTIER (Antonin), soldat.
LANGOURIEUX (Antoine), soldat. MOLY (Benoit), soldat.
CORDEIL (Paulin), soldat. REBEY (Pierre), soldat.
PERRIN (Michel), soldat. DUPONT (Ernest), soldat.
CHAMBERT (Jean), soldat. BERTHOUX (Albert), soldat.
LILLAZ (Irénée), soldat. JOANNIQUE (Claude), soldat.
PITTET (Jules), soldat. MOUJOL (François), soldat.
CADOUX (Louis-Marie), soldat. REVILLON (Hubert), soldat.
MARTY (Jean-Marie), soldat. CHADRIN (Roger), soldat.
BONNES (Jean), soldat. GAREL (Alexis), soldat.
DELERCE (Louis), soldat. POPOT (Jean), soldat.
GERVY (Félix), soldat. ORLHAC (Louis), soldat.
DUTEIL (Louis), soldat. JAILLY (Joseph), soldat.
RIOCRUX (Jean-Baptiste), soldat. CONDEMINE (Jean-Marie), soldat.
EYNARD (Elin), soldat. AUDRAN (Jules), soldat.
GOULU (Adolphe), soldat. LEJOUX (François), soldat.
BOULAIRE (François), soldat. FREYCHET (Maxime), soldat.
LE MORVAN (Edouard), soldat. PAPON (Georges), soldat.
LAFARGE (Pierre), soldat. BELLOT (Louis), soldat.
MATHIAS (Barthélémy), soldat. LAROBE (Jacques), soldat.
PAIN (Gilbert), soldat. DESBORDES (Jean-Bapt.), soldat.
BESACIER (Pierre), soldat. AUBERTIN (Louis), soldat.
BERTHEEARD (Jean), soldat. ROYON (Claude), soldat.
JOLL y (François), soldat. MILLES (François), soldat.
EEMAITRE (Marie), soldat. BENIEIyAN (Pierre), soldat.
BILLION (Edmond), soldat. DODEY (François), soldat.
IyHOSTE (Jean-Marie), soldat. 1 ROUGET (Eugène), soldat.
LADET (Edouard), soldat. DUTHEIL (Jean), soldat.
RONDEPIERRE (I,ouis), soldat. TRINQUET (Eugène), soldat.
BOUTIN (François), soldat. GAUTHIER (Albert), soldat.
DUFOUX (Antoine), soldat. DEMARCHE (François), soldat.
MÈDE (Joanny), soldat. DONIO (Francis-Marie), soldat.
CHARLES (Claudius), soldat. MARTIN (Mathieu), soldat.
CHIFFOT (Claude), soldat. GENTON (Marie-Eucien), soldat.
ROBEZ (Louis), soldat. TAUVERON (Francis), soldat.
CHARREE (Ernest), soldat. AIvGOUD (raul-Eucien), soldat.
Récompenses pour faits individuels de bravoure
LÉGION D'HONNEUR
Croix* de chevalier :
MAIGNAN (Gustave), capitaine :
« Au combat du 5 janvier 1915, a commandé sa compagnie
placée en première ligne avec une bravoure et une énergie au-
dessus de tout éloge; a repoussé une violente attaque allemande
et bien qu'ayant perdu la moitié de son effectif, a su maintenir
avec opiniâtreté sa compagnie sur le terrain conquis. Blessé, n'a
quitté le commandement de sa compagnie que sur l'ordre de son
chef de bataillon. Déjà.glorieusement blessé le 24 août en entraî-
nant sa compagnie à l'assaut ».
AMOUROUX (J.-A.,) sous-lieutenant:
« Brillante conduite au combat du 5 janvier, au cours duquel
il a été blessé. Déjà blessé le 2 novembre 1914 au cours d'une
reconnaissance qu'il commandait ».
PELUD (L.-E.), capitaine :
«Blessé le 23 août, revenu rapidement; toujours prêt à mar-
cher, notamment le 16 février où, par une vigoureuse contre-
attaque, il a refoulé l'ennemi qui menaçait de tourner la posi-
tion occupée ».
DESMIERS (G.-A.-M.), capitaine :
« Blessé le 30 août (poumon traversé), revenu peu après en
ligne, a reçu le 16 février deux graves blessures dans le combat
corps à corps soutenu par sa compagnie ».
PÉLISSIER DE FELIGONDE (Charles), sous-lieutenant de la
ire compagnie :
« Soldat au début de la campagne, a conquis rapidement tous
ses grades par sa brillante conduite au cours des nombreux
combats auxquels il a pris part. A toujours fait preuve de bril-
lantes qualités militaires. A été très grièvement blessé le 16 fé-
vrier 1915 dans l'accomplissement de son devoir ».
LAMBERT (E.-S.), lieutenant, commandant la 8e compa-
gnie :
« Le 9 mars, a brillamment enlevé avec sa compagnie une
tranchée ennemie, s'y est maintenu pendant neuf heures et ne
s'est replié devant une contre-attaque que lorsque sa compagnie
eut été fortement éprouvée. A demandé à reprendre cette tran-
chée le 14 mars avec sa compagnie reconstituée. A montré une
héroïque bravoure en s'élançant avec ses hommes jusqu'à la
deuxième ligne. S'y est organisé et a conservé la position. A
eu la main droite enlevée ».
PANNETIER (G.-G.), capitaine :
« Vingt ans de services, dix campagnes de guerre aux colo-
nies, a été grièvement blessé le 9 mars 1915 à la tête de sa
compagnie ».
BARNAULT (Edmond), lieutenant :
« Officier aussi modeste que brave, qui a fait preuve des plus
belles qualités au cours de l'attaque du 10 avril 1915. Donne à
tous le plus bel exemple de zèle et de dévouement. A déjà été
cité ».
JANTZEN (J acques-Victor), lieutenant :
« Officier extrêmement méritant, actif, énergique et brave,
donnant l'exemple dans toutes les circonstances. Parti au début
de la campagne comme officier de réserve, a montré de belles
qualités de bravoure au feu, le 26 août 1914, où il a été blessé
grièvement à la tête d'une balle. Revenu au front, a été blessé
légèrement à la main le 6 mai 1915 et a refusé de se laisser
évacuer ».
MÉDAILLE MILITAIRE
CHAVANNE (Jean-Louis), soldat de la 7e compagnie :
« Soldat d'un courage et d'un
sang-froid remarquables, tou-
jours volontaire pour les missions périlleuses. A été blessé griè-
vement le 5 janvier 1915, en se portant résolument à l'assaut
sous un feu intense. Perte de l'usage du bras gauche ».
MAUTE (Jean-Louis), caporal :
« Brave soldat qui s'est
toujours bien comporté au feu. Blessé
grièvement le 5 janvier 1915. Paralysie de la jambe droite ».
FAURE (Marius), sergent de la 66 compagnie :
« Excellent sous-officier qui s'est fait remarquer par son cou-
rage au cours de tous les combats auxquels il a pris part. A été
blessé très grièvement le 5 janvier 1915, en se portant à la tête
de ses hommes à l'attaque des positions ennemies ».
HÉBRARD (François), soldat territorial de la 6" compa-
gnie :
« Excellent soldat, très brave, très dévoué et animé du plus
grand sang-froid. Le 5 janvier 1915, au bois de la Gruerie, sa
compagnie ayant été attaquée et l'action ennemie ayant été
repoussée, réussit à s'emparer d'un sac de grenades et de
pétards qu'il jeta dans les lignes allemandes. Blessé au cours de
l'opération, continua à jeter ses engins jusqu'à ce qu'il reçut
une nouvelle blessure très grave, le mettant hors de combat ».
LESCURE (Jean-Marie), soldat territorial de la Ire com-
pagnie :
« Excellent soldat, dévoué et courageux. A été blessé très
grièvement le 8 janvier 1915 à La Harazée, au cours d'une
attaque ».
BROYER (Jean-Claude), caporal de la ï6 compagnie :
« Gradé d'un grand courage. A eu les pieds gelés à son poste
dans la tranchée, le 10 janvier 1915; amputé des dix orteils ».
BENEZECH (François-Joseph), adjudant de la 88 compa-
gnie :
« Excellent sous-officier, énergique. A rendu d'excellents ser-
vices au front, où il a été blessé le Il janvier 1915. Compte de
nombreuses annuités auxquelles s'ajoutent les titres qu'il s'est
acquis depuis le début des opérations ».
LABES (Simon-Adrien), soldat de la II8 compagnie:
« Bon et brave soldat, animé du meilleur esprit, a toujours
eu une très belle conduite au feu. A été gravement atteint le
12 janvier 1915, étant à son poste de combat ».
CLUZET (Gilbert), soldat de la 7e compagnie :
« Bon et brave soldat, ayant
toujours servi à l'entière satis-
faction de ses chefs. A été grièvement blessé le 12 janvier 1915
à son poste de combat. Perte de la vision de l'œil droit ».
DOYEUX (Jean-Joachim), soldat de la IIc compagnie :
« Très brave soldat. Bien qu'ayant
les pieds gelés, est resté
dans la tranchée jusqu'à ce que sa compagnie ait été relevée,
le 27 janvier 1915. Amputation partielle du pied gauche et de
deux orteils du pied droit ».
DURANTHON (Georges), soldat de la Se compagnie :
« Très bon
soldat, qui a toujours fait bravement son devoir.
A été grièvement blessé à son poste de combat le 28 janvier
1915 ».
DUVAL (Alexandre), soldat :
« Brave soldat qui a eu les pieds gelés à la suite d'un long
séjour dans les tranchées en janvier 1915. Amputation des
orteils droits et de la première phalange des orteils gauches ».
PIGOT (Marcel), soldat de la Ire compagnie :
« Soldat plein de courage et d'entrain. A eu les pieds gelés
en janvier 1915 à la suite d'un séjour particulièrement pénible
dans les tranchées. Amputation partielle du pied gauche ».
PERTHUIS (Constant-Théophane), sergent :
« Le 16 février, étant chargé d'occuper avec une demi-section
un élément de tranchée isolé pendant une violente attaque enne-
mie, a maintenu ses hommes dans un calme parfait, n'a ouvert
un feu violent qu'à quelques mètres sur l'ennemi marchant
groupé, l'a arrêté net à deux reprises et a laissé plus de cin-
quante cadavres ennemis devant sa demi-section ».
RAVIER (M.-L.), caporal :
« Revenant de transmettre un ordre, a rencontré un sergent
gravement blessé, l'a pris sur son dos et porté, sous les balles,
à cent mètres en arrière, à l'abri. En rejoignant son poste, a
surpris une patrouille de trois Allemands, en a tué deux à coups
de baïonnette, le troisième d'une balle. A lui-même eu la jambe
traversée d'un coup de fusil ».
WOUTERS (P.-A.-B.), adjudant-chef :
« Au front depuis le début, s'est toujours montré d'une bra-
voure parfois téméraire et a énergiquement entraîné sa section
dans les circonstances les plus périlleuses. Le 16 février 1915, a
montré une bravoure sans égale et a contribué, pour une large
part, à repousser l'ennemi ».
.CHAUSSINAUD (Auguste), soldat:
« Bon et brave soldat, d'une belle attitude au feu. Grièvement
blessé le 16 février 1915. Amputé de la cuisse droite ».
GARNIAUX (Jules), soldat :
« A montré les plus brillantes qualités de courage et d'énergie
au cours du combat du 16 février. A eu la main droite emportée
en lançant des grenades ».
LAFOND (Louis-Albert), soldat :
« Soldat plein d'entrain et d'énergie. Blessé grièvement le
16 février 1915 en faisant bravement son devoir. Enucléation de
l'œil gauche ».
BOMÉA (Gabriel-Louis), soldat :
preuve d'énergie et d'entrain à l'attaque du 16 février
« A fait
1915. Grièvement blessé, a été amputé de l'avant-bras droit ».
PILLARD (Pierre-Paul-Antoine), soldat :
« S'est montré très dévoué à ses devoirs et
s'est vaillamment
comporté au feu en toutes circonstances. Grièvement blessé le
16 février 1915; amputé de la cuisse gauche ».
MAGNERON (Julien), sergent-major de la 2e compagnie :
« Très bon sous-officier qui a été blessé grièvement
le 16 fé-
vrier 1915, en faisant bravement son devoir. Mutilation de la
face ».
LABRE (Gilbert), soldat de la 4e compagnie :
« Soldat d'un courage remarquable. A été blessé très griève-
ment le 16 février 1915 à son poste dans la tranchée. Perte de
l'œil gauche ».
DELAHAYE (Jean), adjudant de la 46 compagnie :
« Très bon sous-officier. Blessé au cours de l'attaque ennemie
du 16 février 1915, est revenu à son poste après un pansement
sommaire et a continué à combattre jusqu'à ce qu'il eut été
atteint d'une seconde blessure très grave. Impotence fonction-
nelle des deux jambes ».
TOURNUS (Denis-Louis), sergent de la 2e compagnie :
« Excellent sous-officier, courageux et dévoué, volontaire pour
toutes les missions dangereuses. A été grièvement blessé le
16 février 1915 dans une tranchée de première ligne soumise à
un bombardement violent. Perte de l'usage du bras droit ».
GAVARD (Lucien-Albert), soldat de la 46 compagnie :
« Bon et brave soldat. Blessé grièvement le 3 mars 1915.
Amputé du bras droit ».
FOURNIER (Joseph-Achille), adjudant :
« Excellent sous-officier, d'un courage et d'un sang-froid
remarquables. A été grièvement blessé le 9 mars 1915 à Bolante,
en entraînant, sous un violent bombardement, sa section à l'as-
saut des positions ennemies ».
RICHELET (Louis), soldat :
(c
Déjà blessé le 5 janvier, est revenu sur le front à peine
guéri; à fait preuve pendant les opérations du 9 mars 1915 de
bravoure et de courage. Blessé d'une balle à la cuisse et d'une
balle au flanc droit, n'a cessé de combattre jusqu'au moment où
une troisième balle, l'atteignant à l'épaule, le mit hors de
combat ».
THOMAS (Paul), soldat
« Blessé le 24 août d'un éclat d'obus et revenu sur
le front,
y a pris part à toutes les opérations. A l'attaque du 9 mars 1915,
s'est tout particulièrement distingué dans un combat corps à
corps dans les tranchées ennemies. Blessé une première fois, n'a
consenti à se laisser évacuer qu'après une deuxième blessure
grave ».
MILHAU (C.-J.), soldat :
« Soldat territorial qui, à l'attaque
des tranchées allemandes,
le 14 mars, a fait l'admiration de ses camarades par sa bravoure
héroïque. Assailli par une colonne ennemie à coups de fusils et
de bombes dont l'une tue un de ses camarades, reste seul à
découvert entre deux tranchées, ajuste les Allemands, en tue
deux, décharge son magasin sur le reste de la colonne ennemie
et la force à s'enfuir. A ainsi contribué à la conservation des
positions conquises ».
GAUDEAU (G.-L.), adjudant :
((
Le 14 mars 1915, a brillamment maintenu sa section dans
une tranchée conquise, malgré le feu et les grenades envoyées
par l'ennemi. Blessé par un éclat de bombe, est allé se faire
panser sous le feu et a rejoint son poste, qu'il n'a quitté que le
lendemain ».
BOUDOT (J.-J.), sergent :
« S'est précipité à la tête de sa demi-section à l'assaut d'une
tranchée ennemie, et pendant un combat corps à corps dans la
tranchée conquise, a eu les deux yeux arrachés par l'explosion
d'une grenade ». -
GAMET (E.-A.-C.), chef de fanfare :
« Depuis le début de la campagne, a rendu les plus précieux
services en organisant la relève des blessés, qu'il n'a pas hésité
à diriger lui-même sur le champ de bataille, parfois pendant des
nuits entières, sous le feu de l'ennemi ».
CROIZAT (François), soldat de la 7e compagnie :
« Blessé le 14 mars 1915 en se portant avec le plus grand
courage à l'assaut des tranchées ennemies qui ont été conquises.
Amputé du bras droit ».
FONTENILLE (Joannès), soldat de la 8e compagnie :
« Soldat courageux. A été blessé très grièvement le 14 mars
1915 en entraînant bravement ses camarades à l'assaut des
lignes allemandes. Perte de l'oeil droit ».
FINAND (Ernest-Amédée), soldat de la 8e compagnie :
« Excellent soldat. Blessé grièvement le 14 mars 1915 en se
portant bravement à l'assaut. Hémiplégie droite ».
CURIOZ (François), caporal de la Id compagnie :
« Bon gradé qui a toujours servi à l'entière satisfaction de ses
chefs. A été grièvement blessé le 14 mars 1915 en défendant
l'accès d'un boyau de communication après la prise d'une tran-
chée allemande. Impotence fonctionnelle de la jambe droite ».
JULES (Anatole), soldat de la 26 compagnie :
« Agent de liaison qui a fait preuve de sang-froid et de
bravoure dans l'accomplissement de son service spécial. Blessé
le 17 mars 1915; est atteint de cécité complète ».
TANNEUR (Georges-J.), soldat de la 68 compagnie :
« Soldat d'un courage et d'un dévouement à toute épreuve,
très crâne au feu. A été blessé grièvement le 20 mars 1915 au
bois de Bolante, en exécutant des travaux de défense sous le
feu de l'ennemi. Une blessure antérieure. Une citation ».
BARRET (Pierre-Emile), sergent de la 12" compagnie :
« Très bon sous-officier qui s'est fait remarquer en maintes
circonstances par sa bravoure et son entrain. A été blessé très
grièvement à son poste de combat le 21 mars 1915. Enucléation
de l'œil gauche ».
POUYET-POULET (Joseph), soldat de la Ir8 compagnie :
« Soldat courageux et discipliné qui a toujours donné toute
satisfaction à ses chefs. Blessé grièvement le 29 mars 1915 à
son poste de sentinelle, en avant des lignes. Perte de l'usage de
la jambe gauche ».
MILLET (Joseph-Antoine), soldat de la 3e compagnie :
<(
Très bon soldat. Grièvement blessé le 15 avril 1915, dans
l'accomplissement de ses devoirs. Perte de la vision de l'œil
droit ».
SOCQUET (Louis), sergent :
« Sous-officier modèle. A reçu deux blessures en s'avançant
seul, comme chef de patrouille, laissant ses hommes abrités,
pour recueillir lui-même un renseignement important. Blessé de
nouveau grièvement le 18 avril ».
VAUDELIN (Claudius), soldat de la 96 compagnie :
« Soldat consciencieux et dévoué. A été blessé très grièvement
à son poste de combat le 8 mai 1915. Cécité complète ».
LECLUZE (Joseph), soldat :
« Au front depuis le ier septembre 1914, a fait preuve de
courage et de sang-froid au cours des différents combats du
début de la campagne. Blessé grièvement dans l'accomplisse-
ment de ses devoirs, le 6 mai 1915. Enucléation de l'œil gau-
che ».
LEBLANC (Jean-Marie), soldat de la 3e compagnie :
« Grièvement blessé le 11
mai 1915 à son poste de guetteur. A
perdu l'œil droit et a été amputé de trois orteils. Soldat éner-
gique et brave au feu ».
MALIOT (Henri-J.-B.), soldat de la Ire compagnie :
« Très bon soldat, grièvement
blessé le 11 mai 1915, en faisant
bravement son devoir. Amputé des trois premiers doigts de la
main gauche ».
PIERREFEU (Antonin), soldat de la 2e compagnie :
« Excellent soldat, a montré beaucoup de courage et de sang-
froid dans des circonstances critiques, notamment le 11 mai
1915 en Argonne, où il a été très grièvement blessé ».
LADOUZE (J.-B.), soldat de la 56 compagnie :
« Soldat très estimé de tous, toujours volontaire pour les
missions périlleuses. A été grièvement blessé le 20 mai 1915, au
bois de Bolante, en procédant à des travaux de défense ».
GIRE (Eugène-Adrien), sergent de la Ire compagnie de
mitrailleuses :
« Excellent gradé, d'un courage et d'un sang-froid remarqua-
bles. A été grièvement blessé le 11 mai 1915, au plateau de
Bolante, à son poste de combat, au cours de la préparation
d'une attaque ennemie ».
DETROYAT (Charles), soldat de la Ire compagnie :
« Grièvement blessé le 22 mai 1915 en faisant courageusement
son devoir. A perdu l'œil gauche ».
POUGHÉON (Jean), soldat de la 4e compagnie :
« Sujet méritant, très attaché à ses devoirs. A eu les pieds
gelés à son poste dans les tranchées. Désarticulation de cinq
orteils du pied gauche et d'un orteil du pied droit ».
DREVAUX (Fernand), sergent de la 120 compagnie :
« Excellent sous-officier plein d'entrain et de courage. A été
blessé grièvement le 27 mai 1915 en faisant bravement son
devoir. Perte de l'œil droit ».
MARCELLI (Dominique), soldat :
« S'est conduit en toutes circonstances en brave et dévoué
soldat. Grièvement blessé le 2 juin 1915. Amputé de la cuisse
gauche »,
QUINCIEU (François), soldat de la 7e compagnie :
- ((
Bon et brave soldat, a été atteint de plusieurs blessures très
graves le '27 mai 1915, dans l'accomplissement de son devoir ».
SEVESTRE (Georges), soldat :
-
« A fait preuve d'entrain et de
bravoure dans tous les combats
auxquels il a pris part. Grièvement blessé le 6 juin 1915. Para-
lysie de l'avant-bras droit ».
PATRAS (Emile), soldat de la ge compagnie :
« Soldat qui
s'est bravement comporté au feu en toutes cir-
constances. Blessé le 6 juin 1915 à son poste, dans les tranchées.
Amputation de la cuisse gauche ». -.
MOUILLOT (Louis-Henri), adjudant :
« Le 14 juillet 1915, a fait preuve de la plus grande bravoure
en entraînant sa section jusqu'à la tranchée ennemie ».
FOURNEL (Jean-François), soldat de la 10e compagnie :
« Blessé le 14 juillet 1915 en se portant courageusement à
l'assaut des tranchées ennemies. A perdu l'œil gauche ».
NOEL (Urbain-Auguste), caporal de la Id compagnie :
« Soldat plein d'entrain et d'une bravoure réputée. Blessé à
l'assaut le 14 juillet 1915. Amputé du bras droit ».
MEJASSON (Marcel), caporal :
« S'est distingué à l'assaut du 14 juillet 1915 par son ardeur
et sa bravoure. Blessé grièvement; a été amputé du bras droit ».
HERMET (Maurice), soldat :
« A fait preuve au cours de l'attaque du 14 juillet 1915 d'une
rare énergie et d'un courage exceptionnels. Grièvement blessé,
continuait à passer des pétards à ses camarades. Amputé de la
cuisse droite ».
LAUZET (Gilbert), soldat :
« Brave et courageux soldat. A subi l'amputation de tous les
orteils à la suite de son séjour dans les tranchées ».
PERRIN (Jean-Baptiste), soldat :
« Brave soldat qui a toujours fait son devoir. A subi l'ampu-
tation de tous les orteils par suite de pieds gelés à son poste
dans les tranchées ».
SALOMON (Joseph), caporal de lacompagnie
6e :
« Très bon gradé qui a été blessé grièvement le 14 juillet 1915
en se portant courageusement à l'attaque. Amputé du bras
droit ».
QUAY (Guillaume), soldat de la ge compagnie :
« Très bon soldat. Très grièvement blessé le 14 juillet 1915
en faisant bravement son devoir. Amputé de la cuisse gauche ».
BUNOZ (Léon), caporal de la I2e compagnie :
« Très bon gradé, s'est courageusement
conduit à l'attaque du
14 juillet 1915, au cours de laquelle il a été blessé très griève-
ment. Amputé de la jambe droite ».
MARTELLY (Sébastien), soldat de la 6e compagnie :
«
Très bon soldat, toujours volontaire pour les missions
dangereuses. Blessé grièvement le 14 juillet 1915, au cours
d'une charge à la baïonnette. Amputé de l'avant-bras droit ».
ANDRIEU (Georges), soldat de la 12e compagnie :
« Soldat très brave, toujours volontaire pour les missions
périlleuses. A été blessé grièvement le 14 juillet 1915 en se
portant résolument à l'assaut des tranchées ennemies. Perte de
l'œil droit ».
FOULON (William), soldat de la 3e compagnie :
« Soldat d'une bravoure et d'une énergie exemplaires. S'est
particulièrement distingué au cours de l'attaque du 14 juillet
1915. Parti l'un des premiers à l'assaut et atteint de cinq bles-
sures en arrivant dans la tranchée ennemie, a continué à com-
battre vaillamment jusqu'à épuisement de ses munitions et ne
s'est retiré que sur l'ordre de son chef de section. Impotence
fonctionnelle de la main gauche ».
GADIOU (René), sergent de la Se compagnie :
« Sous-officier très courageux. Blessé le 5 novembre 1914, est
revenu volontairement au front et a été atteint d'une seconde
et grave blessure le 14 juillet 1915 en se portant bravement à
l'attaque des positions allemandes. Impotence fonctionnelle du
bras gauche ».
VEILLIT (Jules), caporal de la 6e compagnie :
« Gradé très brave. A été grièvement blessé au cours de
l'attaque du 14 juillet 1915, alors qu'il maintenait ses hommes
sous le feu des mitrailleuses ennemies. Impotence fonctionnelle
de la jambe gauche ».
GROSSIEUX (Alphonse), soldat de la 4e compagnie :
« Très boh soldat. A été grièvement blessé au cours de l'atta-
que du 14 juillet 1915. Amputé du pied droit ».
PROVENCHÈRES (Jacques), soldat de la 9" compagnie :
<(
Soldat plein d'entrain. A été blessé très grièvement le 14 juil-
let 1915 au cours d'une attaque à la baïonnette. Amputé de la
jambe gauche ».
GALLIN (Joseph), soldat de la 8e compagnie :
« Bon et brave soldat, d'une belle conduite au cours de la
campagne. A été grièvement blessé le 14 juillet 1915 à la Gruerie
en se portant à l'assaut de la tranchée ennemie ».
POU PET (Camille), sergent-major de la 12e compagnie :
« Sous-officier vigoureux et
plein d'entrain. Blessé une pre-
mière fois le 26 août 1914, est revenu au front aussitôt guéri.
Atteint à nouveau d'une grave blessure, le 14 juillet 1915, en
entraînant sa section à l'assaut d'une tranchée allemande; ne
s'est laissé évacuer qu'après avoir remis la comptabilité de la
compagnie à son capitaine ».
HERBERT (Georges-Henri), soldat de la 9" compagnie :
« Très bon et brave soldat,
toujours volontaire pour les mis-
sions périlleuses. A été blessé très grièvement en se portant à
l'assaut des tranchées ennemies le 14 juillet 1915, à Vienne-le-
Château. Amputé de là jambe droite. Une blessure antérieure ».
BONHOMME (Pierre), soldat de la 98 compagnie :
« Soldat courageux et
dévoué. Le 14 juillet 1915, a été griève-
ment blessé dans la tranchée allemande en luttant énergique-
ment pour la conservation du terrain conquis. Enucléation de
l'œil droit ».
COTTA (Vulcain-Barthélémy), soldat de la 38 compagnie :
« Brave soldat. Grièvement blessé le 14 juillet 1915 en se
portant à l'assaut de la tranchée allemande. Perte de la vision
de l'œil gauche ».
ROCHE (Joseph), soldat de la 6e compagnie :
« Brave et bon soldat. Blessé grièvement en se portant avec
entrain à l'assaut des tranchées allemandes le 14 juillet 1915.
Perte de l'usage du bras droit ».
GUÉRIN (François), soldat de la 12e compagnie :
« Soldat courageux et énergique, animé d'un haut sentiment
du devoir. Grièvement blessé le 14 juillet 1915, a refusé l'aide
des brancardiers pour gagner le poste de secours, sous prétexte
qu'il y avait d'autres blessés plus gravement atteints que lui à
transporter. Mutilation de la face ».
MARTIN (Michel-Auguste), soldat de la 9" compagnie :
« Bon et brave soldat. Blessé une première fois au début de
la campagne, est revenu au front dès guérison. A été atteint
d'une nouvelle blessure grave le 14 juillet 1915 en allant à
l'attaque des tranchées allemandes. Impotence fonctionnelle du
bras droit ».
LOURADOUR (Pierre), soldat.
DASQUE (Ferdinand), sergent-major.
GIROD (Louis-Adolphe), soldat de la Se compagnie :
« Soldat courageux, toujours volontaire pour les missions
périlleuses. A été grièvement blessé le 14 juillet 1915 en se
portant avec sa bravoure habituelle à l'assaut des positions enne-
mies énergiquement défendues ».
VIONNET (Francisque-Benoît), soldat :
Soldat courageux et discipliné. A été grièvement blessé le
«
14
juillet 1915 au bois de la Gruerie, en s'élançant à l'assaut
des positions ennemies ».
JEAMBRUN (Lucien), soldat :
« Soldat plein de
sang-froid, qui a toujours fait vaillamment
son devoir. Blessé le 15 juillet 1915. Amputé du bras gauche ».
ORGEOLLET (Emile), adjudant :
« Le 15 juillet 1915, chargé de
conduire une section à l'assaut,
l'a entraînée jusqu'à la tranchée ennemie, malgré les nom-
breuses pertes et avec un courage admirable ».
GRENOU (Pierre-Albert), soldat :
« Soldat dévoué à ses devoirs et d'une
belle tenue au feu.
Grièvement blessé le 23 juillet 1915. Amputé de la jambe droite ».
FINAZ (François), soldat de la 12e compagnie :
« Soldat dévoué et brave. Blessé une première fois le 10
décem-
bre 1914, a été atteint à nouveau d'une très grave blessure le
29 juillet 1915, à son poste en première ligne ».
CLAUDE (Lucien-Joseph), soldat de la compagnie hors
rang :
« Soldat d'une bravoure remarquable. A été très grièvement
blessé à son poste de téléphoniste en première ligne, le 30 juillet
1915. Cécité complète ».
FARIGOULE (Joseph), soldat de la 8e compagnie :
« Bon et brave soldat. A été blessé très grièvement le
août 2
1915, en défendant énergiquement son petit poste contre une
attaque ennemie. Amputé du bras gauche ».
THIBAUD (Joseph), soldat de la compagnie de mitrail-
leuses :
« Soldat plein de bravoure et d'entrain. A été blessé très
grièvement le 11 août 1915, au cours d'un violent bombarde-
ment. Amputé de la cuisse droite ».
A L'ORDRE DE L'ARMÉE
BERTHOLET (Eugène), soldat :
«Déjà blessé le 29 août 1914 et revenu au front, a donné, le
5 janvier 1915, l'exemple de la plus brillante bravoure en se
portant résolument à l'assaut des tranchées allemandes, sous
un feu violent. A été grièvement blessé ».
MARMET (Pierre), capitaine :
((
A montré une énergie et une ténacité admirables au combat
des 5 et 6 janvier; sous un feu violent et malgré les pertes
subies s'est maintenu sur le terrain conquis et a repoussé deux
attaques allemandes. Déjà blessés deux fois aux combats des 19
et 24 août 1914 ».
SINEAU, adjudant :
« A donné l'exemple du courage au
combat du 5 janvier en
se portant en avant de sa section pour repousser l'ennemi.
Quoique gravement blessé, a énergiquement maintenu ses
hommes sur leurs positions ».
GUILLEMARD, adjudant :
« A montré une bravoure et un
héroïsme au-dessus de tout
éloge en exécutant des reconnaissances jusqu'aux tranchées
allemandes, qu'il a ensuite criblées de pétards et d'explosifs
pendant toute la journée du 9 janvier. A montré un mépris du
danger qui a fait l'admiration de tous ».
DANIS, sergent :
te
Voyant un ennemi s'avancer dans une sape, est sorti de la
tranchée, l'a tué à bout portant; a lancé ensuite de nombreux
explosifs dans une tranchée allemande et n'a dû s'arrêter que
lorsqu'il a été blessé ».
JÉRÔME, caporal :
cc
Chef de pièce d'une section de mitrailleuses, a fait preuve
de bravoure et de crânerie en continuant, malgré une blessure,
à assurer le pointage et le tir de sa pièce sous un feu très violent
de plusieurs mitrailleuses ennemies ».
PENNETIER, soldat :
« A fait preuve du plus grand courage en sortant de la tran-
chée pour s'avancer vers des ennemis travaillant à une sape. En
a tué successivement quatre et en a blessé un cinquième
LAFAYE, soldat :
(( A accompli sur sa demande et dans des conditions très
périlleuses une reconnaissance très délicate au cours de laquelle
il a été blessé. A pu néanmoins rapporter les renseignements
recueillis. A déjà été blessé au début de septembre 1914 et a
rejoint le front sur sa demande, à peine guéri ».
CHAVANAT, sergent :
« Blessé le 24 janvier par un éclat de bombe au-dessus du sein
gauche, est revenu prendre sa place après un pansement som-
maire et ne s'est laissé évacuer le lendemain que sur l'ordre
formel du médecin. Avant son départ, est retourné dans la tran-
chée pour s'assurer que les soldats qui lui étaient adjoints
étaient bien au courant de leurs fonctions, et a envoyé encore
plusieurs bombes sur les tranchées ennemies ».
CONTY, caporal :
« Déjà blessé et rejoignant le poste de secours, s'est arrêté
sous le feu pour panser un sergent gravement atteint. A été tué
d'une balle au front au moment où il achevait le pansement ».
TANNEUR, soldat :
« Au moment où sa section se portait en avant sous le feu
d'une mitrailleuse ennemie, s'est toujours maintenu en avant
de ses camarades, leur donnant le plus bel exemple de courage.
A été blessé pendant l'action ».
VINAY (Marie), adjudant :
« Engagé pour la durée de la guerre, quoique délié de toute
obligation militaire, est tombé glorieusement le 11 janvier au
moment où il assurait son service dans la première ligne des
tranchées »..
PICHON, capitaine :
« A montré un bel exemple de courage en entraînant sa com-
pagnie à l'assaut des tranchées ennemies fortement défendues.
A été blessé au cours de cette attaque ».
STIQUEL, sous-lieutenant :
« Envoyé avec sa section à l'aide d'une compagnie violem-
ment attaquée et privée de son chef, a refoulé l'ennemi qui
tournait déjà la position ».
ATTANE, adjudant :
« Superbe attitude le 16 février ».
GOVAERE, sergent : -
« Le mars, a entraîné sa demi-section d'une façon superbe
9
à l'assaut d'une tranchée ennemie dans laquelle, après un long
combat corps à corps, il tomba mortellement frappé de six
blessures ».
GUILLOT (Emile), sergent :
« Au combat du 9 mars, a entraîné sa demi-section à l'assaut
d'une tranchée ennemie, et, malgré une première blessure reçue
dans un combat corps à corps, a continué à combattre jusqu'à
ce qu'une deuxième balle, lui traversant la poitrine, l'étendit
mortellement blessé ».
LEGENDRE (J.-M.), sous-lieutenant :
« Au combat du 14 mars, s'est porté brillamment en tête de
son peloton à l'assaut des tranchées allemandes. A été tué ».
MONDESCOURT (Homère), sous-lieutenant :
« Avec un courage superbe, a entraîné sa section à l'assaut
d'une tranchée ennemie dont il s'est emparé. Malgré deux bles-
sures, s'y est maintenu sous une pluie de bombes et de grenades.
A été tué ».
MONNIOT (Camille), sergent :
« Chargé du
jalonnement d'une tranchée de deuxième ligne
au milieu d'arbres abattus, a été blessé le 15 mars et tué le
lendemain en achevant son travail ».
FRANCK (Alexis-Jean-Marie), médecin aide-major de IRE
classe :
« Au front depuis le
début de la guerre, fait prisonnier, revenu
au régiment, n'a cessé de faire preuve de bravoure, de dévoue-
ment et d'endurance. Mort glorieusement dans l'exercice de ses
fonctions au poste de secours ».
BONNAFOUX (Henri), sous-lieutenant :
« Commandant le peloton de tête d'une colonne
d'attaque
battue par les feux d'infanterie et de mitrailleuses, a enlevé ses
hommes avec une vigueur admirable..Grièvement blessé, a
refusé de se laisser emporter avant d'avoir donné au comman-
dant de l'attaque les renseignements recueillis sur la position
ennemie ».
PASQUIER (Fernand), sous-lieutenant :
« Déjà antérieurement cité à l'ordre du régiment pour sa bra-
voure, puis à l'ordre de la brigade, s'est fait de nouveau remar-
quer le 14 juillet en attaquant un petit poste ennemi à coups de
grenades, malgré la perte de tous ses hommes. Blessé, a con-
servé le commandement de sa troupe et n'a été évacué que le
lendemain ».
VERRIER (Camille), sous-lieutenant :
« S'est lancé à l'assaut d'une tranchée ennemie avec un
entrain remarquable et, quoique blessé, a continué à encourager
ses hommes. Déjà blessé deux fois, est revenu au front à peine
guéri ».
FLORI (Antoine), sergent-fourrier :
« Blessé le 14 juillet en s'élançant à l'assaut, s'est relevé,
emporté par son élan, jusqu'au moment où il a été mortelle-
ment frappé ».
LÉGER (Louis-Edmond), soldat de la 9" compagnie :
« Soldat brave et plein d'entrain. Blessé une première fois le
23 août 1914 à Montigny, a été atteint de nouveau le 14 juillet
1915 au bois de la Gruerie, en se portant résolument à l'attaque
des positions ennemies ».
BONNES (Antonin-Louis), sergent :
« Sous-officier d'un grand courage, d'un mépris absolu du
danger, payant toujours de sa personne. Blessé grièvement le
22 juillet 1915, au moment où, dans un poste particulièrement
dangereux, il donnait à ses hommes, soumis à un violent bom-
bardement de minenwerfer, le réconfort de son entrain et de sa
gaîté n.
VASSAL (Pierre-Jean-François), médecin-major de Ire
classe : -
« A donné le plus bel exemple d'un courage stoïque en n'hési-
tant pas, le 2 août 1915, pendant un violent bombardement, à
sortir de son abri pour se porter au-devant des blessés et leur
donner ses soins. A été grièvement blessé ».
LAURENT (Charles-Joseph), capitaine :
« Le 11 août, son chef de bataillon ayant été blessé, a pris le
commandement du sous-secteur, et par l'énergie et l'intelligence
des dispositions prises, a arrêté et repoussé une forte attaque
allemande, regagnant sur l'ennemi plus de cent mètres de tran-
chées ».
ROLLET (Claude), serg-ent :
« Plein de bravoure et d'entrain, le 2 août a chassé à coups
de pétards un groupe ennemi qui venait d'occuper un entonnoir.
Le 11 août a vigoureusement tenu sa demi-section à un barrage
et infligé des pertes sérieuses à l'ennemi. A été grièvement blessé;
avait déjà été blessé le 20 août 1914 ».
LORGEOUX (Joseph), soldat :
« Blessé très grièvement en première ligne, au moment où il
faisait très bravement son devoir ».
CHAPITRE IV
OPÉRATIONS EN CHAMPAGNE
1
(16 Août au 30 Septembre 1915)
Le 16 août, le régiment quitte l'Argonne. Il embarque
en camions-autos, vers 18 heures, à La Neuveville-au-
Pont et arrive dans la nuit à Sarry (Marne). Il reste au
repos dans cette localité jusqu'au 21 août, puis il gagne
en deux étapes le bois « 3,5 » (4 kilomètres au nord de
Suippes), où il bivouaque jusqu'au 25 août.
Le 28 août, les 2e et 3e bataillons montent en ligne :
ils occupent le secteur au nord de Souain, à l'ouest de la
route de Somme-Py.
Alors commence la période des travaux et préparatifs
d'attaque. Le secteur, relativement calme, permet de les
effectuer sans beaucoup de pertes. Le temps est superbe.
Le séjour aux tranchées est suivi d'un repos de quelques
jours au bivouac de la ferme de Piémont (4 kilomètres de
Suippes). C'est là que, le 12 septembre, le colonel Roulet
quitte le régiment et passe le commandement au. colonel
Dhers.
Le 24 septembre au soir, toutes les unités du régiment
sont en place pour la grande offensive qui doit se déclencher
le lendemain matin.
Offensive du 25 Septembre
Dès l'aube, la préparation d'artillerie, qui dure depuis
deux ou trois jours, se fait de plus en plus intense. Des
batteries de 58 participent activement à là destruction de
la première ligne ennemie et des défenses accessoires.
A 9 h. 15, les premières vagues franchissent le parapet
et s'élancent, la baïonnette haute. Les Allemands déclen-
chent alors un bombardement d'une extrême violence sur
les tranchées et sur la Ain (rivière au nord de Souain).
OPÉRATIONS EN CHAMPAGNE (2J
au 30 Septembre IÇ/JJ)
Malgré les pertes sensibles, la progression est très rapide.
Nos soldats franchissent les tranchées sans s'y arrêter;
des fractions spéciales désignées d'avance parcourent rapi-
dement les positions conquises et y font de nombreux pri-
sonniers.
Les ouvrages de Magdebourg et du Palatinat sont enle-
vés, ainsi que la tranchée Hindenburg, avec le concours
d'éléments de la 10e division d'infanterie coloniale, qui ont
occupé sur la droite le boyau Von-Bulow. A partir de ce
moment, nos troupes ne rencontrent que peu d'obstacles.
L'ennemi, démoralisé, abandonne ses positions presque sans
combat. An heures, après avoir franchi successivement
les tranchées du Sérail et des Viennoises, le Ier bataillon
occupe, avec le 6e régiment colonial, la tranchée des Van-
dales. Le tir de l'artillerie ennemie est presque complète-
ment arrêté et la plaine à l'ouest de la route de Souain à
Somme-Py est couverte de troupes françaises progressant
à découvert.
Malheureusement, à n h. 1 5, notre artillerie, mal ren-
seignée, tire sur la tranchée des Vandales. La liaison est
impossible à établir par signaux à cause du brouillard, il
faut envoyer un coureur. Mais le tir continue et nos trou-
pes, éprouvant des pertes sérieuses, doivent se reporter en
arrière, ce qui permet aux Allemands de réoccuper en for-
ces la tranchée des Vandales.
A 17 h. 30, les premiers éléments du 6e corps d'armée
arrivent sur la ligne de feu. Notre Ier bataillon, soutenu par
un bataillon du 6e colonial et un bataillon du 54e régiment
d'infanterie, reçoit l'ordre de s'emparer de la tranchée des
Vandales, en liaison sur la route de Souain à Somme-Py
avec les éléments de gauche de la 10e division coloniale,
qui attaquent la ferme de Navarin.
Les dispositions à prendre ne permettent de commencer
l'opération qu'à la nuit tombante. Le terrain n'a pu être
reconnu suffisamment pour que les troupes puissent y ma-
nœuvrer dans l'obscurité. La préparation d'artillerie est
presque nulle. Accueillie par un feu violent de mitrailleuses
et d'infanterie, l'attaque ne réussit pas. Le régiment bivoua-
que sur place, dans le bois « 21 » et à la lisière sud du
bois « 14 » ; le 2e bataillon, qui a combattu avec la colonne
de gauche, rejoint dans la soirée et dans la nuit.
A 20 heures, le colonel Dhers prend le commandement de
la brigade, en remplacement du général Colonna d' Istria,
appelé au commandement de la 10e D. I. C., après la mise
hors de combat de son chef, le général Marchand. Le com-
mandant Rouyer prend le commandement du régiment.
Le 26 septembre, à 14 heures, le régiment reçoit l'ordre
de se replier sur les bois « 23 » et « 25 », pendant que des
unités du 6e corps attaquent les tranchées de Lubeck et
des Vandales. A 15 heures, un nouvel ordre prescrit de
porter le régiment en réserve de division ; ce mouvement,
effectué sous un bombardement particulièrement intense,
qui occasionne des pertes élevées, est terminé à 17 h. 30.
Le 29 septembre, le général commandant la 15e division
coloniale donne l'ordre au régiment de se tenir prêt à se
porter sur la tranchée des Tantes, par la cote 174, franchir
cette tranchée et marcher- résolument vers le nord-est, cou-
vrant et appuyant le mouvement de la Ire brigade. Le bom-
bardement, toujours violent, cause de fortes pertes.
A 18 heures, le régiment reprend ses emplacements dans
les tranchées, entre le bois du Crabe et le bois du Sultan.
Le commandant Rouyer est tué ; le commandant Benquey
prend le commandement du régiment.
Le 30 au matin, le 5e colonial est relevé par un régiment
de chasseurs. Il se porte sur Suippes et, le soir, reçoit
l'ordre d'aller cantonner à La Cheppe.
Pendant ces quelques jours d'offensive, le régiment a
subi des pertes énormes :
OFFICIERS
46 hors de combat, dont 19 tués :
ROUYER (Eugène), commandant. GAUTHIER (Simon), sous-lieutenant.
RAYMOND (Louis), capitaine. BLOIS (Georges), sous-lieutenant.
LAURENT (Charles), capitaine. DELYE (Fernand), sous-lieutenant.
FAVARD (Adolphe), capitaine. LE VET (Antonin), sous-lieutenant.
GABARET (Edmond), capitaine. CAMUS (Julien), sous-lieutenant.
VIDAL (Irénée), capitaine. CLAIR (René), sous-lieutenant.
EVIN (Edmond), lieutenant. DE V ALLItE (Gabriel), sous-lieuten'.
GROBEL (Bruno), lieutenant. LE PENNEC, sous-lieutenant.
FARGUES (Louis), lieutenant. SINE AU (Emile), sous-lieutenant,
NICOLET (Pierre), sous-lieutenant. mort des suites de ses blessures.
TROUPE
1.296 hommes hors de combat, dont 171 tués :
PAYERNE (Hippolyte) adjud'-chef. CLERC (Simon), sergent.
HUE (Louis), adjudant. LASFORGUE (Gaston), sergent.
BELAIN (Paul), sergent-major. GUICHERD (Alexandre), sergent.
VINCENT (Antoine), sergent fourr. VIOLAS (Paul), sergent.
GUIGNARD (Auguste), sergent. CHYSCLIN (Jean), sergent.
COURTE (Louis), sergent. PERICHON (Antoine), sergent.
BLANCHON (Adrien), sergent. PRALET (Philippe), caporal fourr.
MILHAVET (Joseph), caporal. TIRABY (Géraud), soldat.
HÉRISSON-GARIN (Victor), caporal. GOYARD (Claude), soldat.
LAMBERT (Joseph-J.-B.), caporal. MOMMESSIN (Claude), soldat.
ROUGIER (Eugène), caporal. VERNAY (Marius), soldat.
BONHOUR (Eugène), caporal. SARRY (Claude), soldat.
MAGNARD (Pierre), caporal. FAURE (Régis), soldat.
LEFRANC (François), caporal. PONCET (Auguste), soldat.
GALLAND (Jean-Marie), caporal. BONNET (Joseph-Paul), soldat.
DAMAS (Pierre), caporal. REDON (Auguste), soldat.
JACOB (Antoine), caporal. GAYON (Biaise), soldat.
DUGUE (Adolphe), caporal. AUDIBERT (Baptiste), soldat.
AUFAURE (Paul), caporal. MEIGNOTTE (Louis), soldat.
GOUT AILLER (Philippe), caporal. LE BRUN (Jean-Marie), soldat.
DANTAN (Georges), caporal. CAUSSE (Auguste), soldat.
CAIRE (Louis), caporal. CHACATON (Edouard), soldat.
DEMOLIS (François), caporal. LE GALLIOT (Pierre), soldat.
DETURMENY (Auguste), caporal. GUFROY (Léon), soldat.
ANGST (Louis), caporal. MICHEL (Léon-Marius), soldat.
PIENNE (Paul), caporal. CHAMBON (Marius), soldat.
CHANDELIER (Louis), caporal. GONTHIER (Alphonse), soldat.
DORNAND (Georges), caporal. CULOT (Auguste), soldat.
MARCHENAY (Emile), soldat. GRANGER (Jean), soldat.
AUTËRNOT (Henri), soldat. GIRAUDON (Jean-Baptiste), soldat.
GALANO (Antoine), soldat. GINDRB (Louis), soldat.
BAL (Jean-Eugène), soldat. VALLET (Gabriel), soldat.
DUPERDU (Frédéric), soldat. LANTUEJOUL (Justin), soldat.
MARINIER (Denis), soldat. DUMAS (Antoine), soldat.
THIBAUT (Joseph), soldat. VIGNON (Jean-Marie), soldat.
LABRE (Pierre), soldat. OMNES (Denis), soldat.
TISSIER (Jean), soldat. PERRET (Louis), soldat.
DESCOMBES (Léon), soldat. CHRISTOPHE (René), soldat.
PEURISRE (Claude), soldat. DURY (Eugène), soldat.
JONARD (Pierre), soldat. PËTRE (Florent), soldat.
BUET (Francis), soldat. DESBROSSES (François), soldat.
PARIS (Jean-Marie), spldat. LE BRETON (Joseph), soldat.
MESNIER (Baptiste), soldat. FRIOL (Joseph), soldat.
BLOCH-CLET (Marie), soldat. MONNET (Claude), soldat.
AMBLARD (Bonnet), soldat. GAUMET (Jacques), soldat.
KARTAT (Alfred), soldat. MARTIN (Anatole), soldat.
DUFFAUX (Marcellin), soldat. CONSTANT-PRAT (Auguste), soldat.
PAUTARD (François), soldat. MOREAU (Pétrus), soldat.
CLÉMENT (Joseph), soldat. CHEVALEYRE (Etienne), soldat.
VENET (Pierre), soldat. BRUN (Joseph-Emile), soldat.
RAYMOND (Joachim), soldat. MEYNIER (Jean), soldat.
MOUTON (Jean-Louis), soldat. BAUER (Albert), soldat.
BARBIER (Jean-Marie), soldat. ASSALE (Marcel), soldat.
LABONNE (Jean-Elie), soldat. MENGUY (Charles), soldat.
PERRÊARD (Fernand), soldat. PERRIER (Claudius), soldat.
DURAND (Pierre), soldat. GAILLARD (Constant), soldat.
MILLON (Louis), soldat. MARSOLLAT (Henri), soldat.
RAVIER (Jean-Pierre), soldat. ELDIN (Henri), soldat.
DUSSET (Alphonse), soldat. BIHEN (Basile), soldat.
OURLIAC (Eugène), soldat. COCOLOMB (François), soldat.
ROSIER (Jean), soldat. COMMUNAL (Emile), soldat.
LABONNE (Gilbert), soldat. LE QUE MENT (Charles), soldat.
GENESTE (Eugène), soldat. NONY (Jean), soldat.
PEYRARD (Joanny), soldat. NESSON (Gervais), soldat.
DAVIET (François-Louis), soldat. AUBERT (Georges-François), soldat.
ACHAUME (Léon), soldat. MONCORGER (François), soldat.
FAURIE (Louis), soldat. MAGNIN (Pierre), soldat.
PARISOT (Henri), soldat. SALLES (François), soldat.
DEROUZIER (Camille), soldat. BAUD (Jean-Auguste), soldat.
DUNAND (Hubert), soldat. DARAIGNEZ (François), soldat.
GUIGNEMENT (Baptiste), soldat. MATHIEU (Gabriel), soldat.
GIRINON (Jean-Piérre), soldat. CHATELAIN (Clobert), soldat.
POMEROL (Ernest), soldat. GILBERT (François), soldat.
WALTHER (François), soldat. QUET, (Francis), soldat.
GOUTTEFANJAT (Joseph), soldat. L'HOSTIS (Yves), soldat.
GRILLET-AUBERT (Aug.), soldat. ROUSSEL (Annet), soldat.
RIVET (Jean), soldat. DISCHAMPS (Benoît), soldat. -
SOULANDRE (Paulin), slodat. YARD (Lucien), soldat.
TIXIER (Antoine), soldat. PALAIS (Antonin), soldat.
MoNDANEL (Antoine), soldat. LABORIE (Jean), soldat.
DARLOT (Gilbert), soldat. CRIONNET (Joseph), soldat.
GERENTES (Jean-Pierre), soldat. DESAUTELS (Antoine), soldat.
NICOL (Jean-Marie), soldat. PRANAL (Gilbert), soldat.
DAMERY (Lucien), soldat. DEVILLARD (Jean), soldat.
MONTAGNE (Claude), soldat. MAYET (Antonin), soldat.
ASTIER (Jean-Baptiste), soldat.
En outre, 71 soldats du régiment sont morts dans les
hôpitaux des suites de leurs blessures.
HELIE (Emmanuel, sergent-major. ITOURNEL (Jean-Jacques), soldat.
MAILLOT (Alphonse), serg.-major. SOUYRIS (Joseph), soldat.
COLIN (Jules-Marie), serg. fourrier. MORANGE (Gilbert), soldat.
MATHIEU (Louis), sergent. BEDIN (Emile), soldat.
COPIN (Paul), sergent. THÉVENIN (Frédéric), soldat.
GAILLARD (François), sergent. CHEMINADE (Louis), soldat.
NOMBALLAIS (Gaston), sergent. REYNAUD (André), soldat.
LABONNE (Michel), sergent. BLANC (Thimothée), soldat.
ALCIBIADE (Antoine), sergent. CHAMORET (Jean), soldat.
VALADE (Léon), caporal. CHAFFOIS (Louis), soldat.
LACOMBE (Jean), caporal. GRAMBAT (Albert), soldat.-
SIMON (Julien), caporal. GREVAZ (Bernard), soldat.
MAMY (Emile), caporal. MELON (Maxime), soldat.
CARLUER (Gustave), soldat. PAULET (Edgard), soldat.
DIARD (Henri), soldat. MIARRE (Paul), soldat.
ANDRË (Jean-François), soldat. COILLARD (Valentin), soldat.
LÉVÉQUE (Georges), soldat. FOUGERAY (Alexis), soldat.
SATRE (Claude), soldat. FARRAT (Marius), soldat.
RENON (Louis), soldat. CUGNIER (Emile),, soldat.
DELORT (Pierre), soldat. DEMICHEL (Etienne), soldat.
LIEUTAUD (Achille), soldat. DORSEUIL (Maurice), soldat.
COLOMBET (Jean), soldat. DUPEYRON (Antoine), soldat.
DUFAUD (Antoine), soldat. GARDET (Alexis), soldat.
HAUTEVILLE (Eugène), soldat. KERAMBRUN (Tugdual), soldat.
SCHWEITZER (Jules), soldat. GRIS (Benoît), soldat.
GOUIN (François), soldat. MERILHOU (Noël), soldat.
DÉLÉGUÉ (Aimé), soldat. ARISTIDE (Albert), soldat.
DAVID (Charles), soldat. DAUBAT (Annet), soldat.
SIMON (Philibert), soldat. BACIIELLERIE (Léonard), soldat.
HELARY (Magloire), soldat. LORGEOUX (Joseph), soldat.
GOURBEYRE (Jean-Marie), soldat. OZIL (Urbain), soldat.
LE MEUR (Alain), soldat. DISSARD (Jean-Marie), soldat;
BONNET (Jean-Pierre), soldat. FONTEIX (Jean), soldat.
SABATON (Joannès), soldat. FALCONNET (Jean), soldat.
GIVET (Joseph); soldat. PIERRE (François), soldat.
RABOIS (Léon), soldat.
Pendant ces cinq terribles journées, de magnifiques résul-
tats ont été obtenus : des observatoires et des positions
importantes conquis, de lourdes pertes infligées à l'ennemi,
qui, pour la première fois depuis la bataille de la Marne,
fléchit sur un large front. Il est difficile de préciser la
part exacte qui, dans la victoire commune, revient au
Se régiment d'infanterie coloniale, mais le général de Cas-
telnau, commandant le groupe des Armées du Centre, en
citant le 2e corps d'armée colonial tout entier à l'ordre des
armées, donne les chiffres suivants : 4.000 prisonniers,
25 canons, 60 mitrailleuses et un butin considérable.
C'est pour ces beaux résultats que le général Gouraud,
commandant la IVe Armée, accorde au Se colonial la magni-
fique citation suivante :
Extrait de l'Ordre général date du 28 Janvier 1915,
N° 477 en
du Général Gouraud, commandant la IVe Armée
Est cité à l'ordre de l'Armée, le Se RÉGIMENT D'INFANTERIE
COLONIALE :
« Le 25 septembre 1915, s'est porté à l'assaut avec une vigueur
remarquable et dans un élan superbe a enlevé successivement
cinq lignes de tranchées, sur une profondeur de trois kilomètres.
A poursuivi, pendant quatre jours de lutte violente, ses tenta-
tives contre la position ennemie, donnant ainsi une preuve écla-
tante de l'esprit de sacrifice et des plus belles vertus militaires
qui animaient le corps des officiers et les soldats du régiment.
Signé : Général GOURAUD ».
Récompenses pour faits individuels de bravoure
LÉGION D'HONNEUR
Croix d'officier:
BENQUEY (Jean), chef de bataillon :
« Officier supérieur d'une haute valeur morale, a conduit
brillamment son bataillon à l'assaut du 25 septembre 1915 et a
fait preuve dans le commandement du régiment, pendant les
jours suivants, d'une exacte compréhension de son rôle et d'une
rare énergie qui s'est particulièrement affirmée le 29 septembre,
en élevant le moral de la troupe à la hauteur des circonstances ».
Croix de chevalier :
WURMSER (Joseph-Henri-Léon), capitaine :
« En campagne depuis le début de la guerre. Blessé le 5 sep-
tembre 1914, est revenu .sur le front à peine guéri; s'est brave-
ment conduit dans toutes les affaires auxquelles le régiment a
pris part. Le 25 septembre 1915, commandant une fraction de la
compagnie de mitrailleuses, a Contribué par son sang-froid et
ses dispositions habiles à repousser une contre-attaque ennemie
à laquelle il a fait 25 prisonniers. Dans les combats des journées
suivantes, n'a pas hésité à porter sous le feu sa compagnie,
partout où elle pouvait être utilement employée ».
KOHLER (Henri-Maurice), sous-lieutenant :
« En campagne depuis le début de la guerre.
Blessé le 25 août
1914, est revenu sur le front après guérison; s'est bravement
conduit dans tous les combats livrés par le régiment et a été cité
à l'ordre du régiment le 13 juin 1915. Le 25 septembre 1915, a
réussi, par son exemple et par son énergie, à pousser sa frac-
tion à l'assaut des tranchées dont l'ennemi a été chassé. Appelé
le 29 septembre 1915 à prendre le commandement d'un bataillon,
a maintenu sa troupe sous un bombardement des plus violents,
jusqu'au moment où elle a été relevée ».
GALLIER (Léon-Georges), médecin major de 2° classe :
« Pendant la période du 25 au 30 septembre 1915, a assuré
son service au poste de secours avec un dévouement digne
d'éloges et exploré le terrain à la recherche des blessés, sous un
violent bombardement. Avait déjà, le 11 août 1915, assuré son
service dans les conditions les plus périlleuses, ayant dû rem-
placer son chef de service grièvement blessé à ses côtés ».
CHARRIER (Victor), sous-lieutenant de la 12e compagnie :
« Très bon officier, ayant conquis tous ses grades pendant la
première partie de la campagne. Courageux et plein d'entrain,
s'est fait remarquer aux affaires de septembre 1915 par son
sang-froid et son mépris du danger. Grièvement blessé le 28
septembre 1915, alors qu'il conduisait sa section à l'attaque des
tranchées ennemies. Perte de l'œil gauche ».
MÉDAILLE MILITAIRE
BOURGEAT (L.-J.), sergent de la compagnie
3e :
« A été blessé le 2 septembre au moment où, à la tête de ses
hommes, il contre-attaquait une troupe ennemie s'avançant sur
nos tranchées. A perdu l'œil gauche ».
ANDRÉ (Jean-François), soldat :
Au front depuis le 6 août 1914. A pris part à toutes les
«
actions où sa compagnie a été engagée et, en dernier lieu, les
9 et 14 mars, 14 juillet et 11 août 1915. A constamment
fait
preuve du plus grand courage. Atteint de blessures multiples le
4 septembre 1915, dans la tranchée ».
RÉVEILLE (Jean), soldat :
« Très bon soldat
qui a toujours fait preuve d'un dévouement
absolu à ses devoirs. Brave au feu. Très grièvement blessé le
10 septembre 1915 ».
BASMAISON (Antoine), soldat de la 3e compagnie :
« Très bon soldat,
dévoué et courageux. A été grièvement
blessé le 12 septembre 1915 au cours d'un violent bombarde-
ment ».
VEAUGEOIS (Gaston), caporal :
« A toujours montré à ses hommes le plus bel exemple de
courage et de sang-froid. A été grièvement blessé le 25 septembre
1915, à l'attaque des tranchées allemandes ».
SANDRIN (Eugène), soldat de la 3e compagnie :
« Très bon soldat. Blessé une première fois le 14 juillet, a
été
atteint d'une seconde blessure très grave le 25 septembre 1915,
en se portant à l'attaque. Amputé de la cuisse gauche ».
DUBOIS (Joseph), soldat de la 3e compagnie :
« Soldat très méritant. Au front depuis le début de la cam-
pagne, a été blessé très grièvement le 25 septembre 1915, en se
portant à l'attaque des tranchées ennemies. Enucléation de l'œil
droit ».
BEFFY (Pierre), soldat de la Ire compagnie :
« Soldat brave et dévoué, qui a toujours servi d'une façon
parfaite. Blessé grièvement le 25 septembre 1915, en se portant
à l'attaque des tranchées ennemies. Perte de l'œil gauche ».
LEROY (Maurice), adjudant de la 6e compagnie :
«.Sous-officier modèle, a fait preuve des plus belles qualités
d'énergie et de bravoure en entraînant sa section à l'attaque,
le 25 septembre 1915. Grièvement blessé le 25 septembre 1915, au
cours d'un violent bombardement, a su par son calme et son
exemple conserver intact le moral de ses hommes. Impotence
fonctionnelle du bras droit ».
CLAIRET (Etienne), sergent de la 3e compagnie :
« Excellent sous-officier, très dévoué, exemple de courage pour
ses camarades. A été blessé très grièvement, le 25 septembre
1915, à Souain, en dirigeant une équipe de nettoyeurs de tran-
chées. S'est parfaitement acquitté de sa mission. Une blessure
antérieure. Une citation ».
DULAUROY (Eugène-Alcide), caporal de la Ire compagnie :
« Brave
gradé. A été grièvement blessé le 25 septembre 1915
en se portant à l'assaut des tranchées allemandes ».
DUMONT (Claude), soldat de la 66 compagnie :
« Très bon soldat,
actif et dévoué, volontaire pour toutes les
missions dangereuses. A été très grièvement blessé le 26 septem-
bre 1915, au cours d'un bombardement. Amputé de la cuisse
gauche ».
RONDEPIERRE (Sébastien), sergent de la 7e compagnie :
« Excellent sous-officier, plein
d'entrain et de courage. A été
très grièvement blessé le 27 septembre 1915. Amputé du bras
gauche ».
CHAMBON (Jean-Baptiste), soldat de la 76 compagnie :
« Soldat courageux. Grièvement
blessé à son poste de combat,
le -27 septembre 1915. Perte de l'oeil droit ».
ROUSSET (Charles-Henri), soldat de la 9" compagnie :
« Bon et brave soldat. A été grièvement blessé à Souain, le
27 septembre 1915, à l'assaut des positions ennemies ».
LECORNU (Charles), caporal :
« Gradé très brave et très dévoué, sollicitant toujours les
missions les plus dangereuses, dont il s'acquitte toujours avec
zèle et intelligence. A été blessé le 28 septembre 1915 en soi-
gnant un blessé ».
AUBERIC (François-André), caporal de la 108 compagnie :
« Bon et brave gradé. Blessé très grièvement le 28 septembre
1915, en se portant à l'assaut des tranchées allemandes. Amputé
du bras droit ».
VENDRY (Jean-Aimé), soldat de la 126 compagnie :
« Bon soldat. A été blessé très grièvement le 28 septembre
1915, au cours d'un violent bombardement. Enucléation de l'œil
gauche ».
DUMAILLE (Lucien), soldat de la ge compagnie :
« Très bon soldat. Blessé grièvement à son poste de combat le
28 septembre 1915. Perte de l'œil gauche ».
CHAPUIS (Jean), soldat de la 106 compagnie :
« Très bon soldat. Blessé très grièvement au cours de l'attaque
du 28 septembre 1915. Perte de l'œil gauche ».
BOUILLET (Louis), soldat :
« Au cours des affaires de Champagne, a fait preuve du plus
grand courage, en particulier à l'attaque du 29'septembre 1915;
a montré un dévouement au-dessus de tout éloge en transportant
sous un feu des plus meurtriers un officier grièvement blessé
dans les premières lignes ».
TREMOULEA (Victor), soldat de la 3e compagnie :
« Excellent soldat, qui a
fait bravement son devoir en toutes
circonstances. Blessé une première fois le 25 août 1914, a été
atteint d'une seconde blessure très grave le 29 septembre 1915, à
son poste de combat. Enucléation de l'œil gauche ».
BRIÈRE (Eugène), soldat de la 5e compagnie :
« Brave soldat. A été blessé très grièvement au cours de
l'attaque du 29 septembre 1915. Perte de l'œil gauche ».
CAFASSO (André-Jean), adjudant :
« Sous-officier plein de bravoure et d'entrain. Blessé une
première fois le 7 septembre 1914, a été atteint d'une seconde
blessure le 29 septembre 1915, en faisant courageusement son
devoir ».
GRISET (André), sergent de la 12e compagnie :
« Engagé volontaire pour la durée de la guerre. Après s'être
très vaillamment conduit au cours du combat du 29 septembre
1915, a fait preuve, dans des circonstances particulièrement dif-
ficiles, d'une énergie, d'un sang-froid et d'un courage au-dessus
de tout éloge ».
TRISTANY (Clément), soldat de la 4e compagnie :
« Soldat courageux. A été grièvement blessé le 29 septembre
1915, en se portant bravement à l'assaut des positions ennemies.
Amputé de la jambe gauche ».
DESLOIRES (Jean), soldat de la 11E compagnie :
(c
Brave soldat. Blessé grièvement le 29 septembre 1915, en se
portant résolument à l'assaut des positions ennemies. Raccour-
cissement important de la jambe droite ».
DUFFET (Elisée-Marie), sergent de la 12E compagnie :
« Excellent gradé, courageux et plein d'entrain, montrant le
plus grand mépris du danger. Grièvement blessé le 29 septembre
1915, en se portant à l'attaque des positions allemandes. Amputé
du bras gauche ».
SIAUX (Emile-Pierre-Vincent), soldat de la 11E compa-
gnie :
« Soldat courageux et dévoué, animé du plus bel esprit mili-
taire. Réformé avant la guerre, a obtenu, à la suite d'instances
énergiques, d'être admis dans le service actif. Grièvement blessé
de cinq balles, le 29 septembre 1915, en se portant à l'assaut
des tranchées allemandes. Raccourcissement de la jambe droite
et ankylose du genou ».
MOLHERAT (Emile), soldat de la 3e compagnie :
« Bon et brave soldat. A été grièvement blessé le 29 septembre
1915 à Souain, en se portant à l'assaut des tranchées ennemies ».
MEYDIEU (Elie-Michel), caporal de la 9Y compagnie :
Gradé dévoué, énergique, ayant montré en toutes circons-
«
tances les plus grandes qualités militaires. Grièvement blessé le
29 septembre 1915 à son poste de
combat, dans la tranchée
conquise sur l'ennemi ».
MARTIN (Jean-Baptiste-Louis), adjudant-chef :
« Sous-officier d'une
bravoure et d'une intrépidité remarqua-
bles; s'est distingué en toutes circonstances par son sang-froid,
son audace et son mépris du danger, notamment en Argonne et
en Champagne. Deux blessures, une citation ».
BERLIOZ (Jean-Louis), sergent :
« Sous-officier énergique. A
montré au cours des combats du 25
au 29 septembre 1915 inclus les plus belles qualités de sang-froid
et de courage. Jouit d'un grand ascendant sur ses hommes, qu'il
a ramenés en avant et, malgré des pertes sensibles, a réussi par
sa ténacité à déloger l'ennemi fortement retranché dans un
bois ».
ALCIBIADE, sergent :
« Sous-officier plein d'entrain et de courage. S'est toujours
fait remarquer par son ardeur et son sang-froid au cours des
combats livrés par sa compagnie. A été très grièvement blessé
le 25 septembre, en entraînant ses hommes à l'assaut des tran-
chées ennemies ».
DERIVAZ (Eugène), adjudant :
« Blessé au début de la campagne à la main gauche et aux
jambes, est revenu volontairement au front et à peine guéri.
A été de nouveau blessé le 25 septembre 1915 en entraînant sa
section à l'assaut des tranchées ennemies. Excellent sous-officier,
énergique et courageux ».
DIGNAC (François), adjudant :
« Au front depuis le début. Sous-officier excellent, brave et
énergique, s'est fait remarquer dans les différents combats par
son calme et son courage, particulièrement dans les combats du
25 au 30 septembre, où il a assuré dans des conditions très péril-
leuses la transmission des ordres ».
MAMY (Victor-Emile), caporal infirmier :
« montré en toutes circonstances de belles qualités de dévoue-
A
ment et de courage, tout particulièrement le 25 juillet 1915 et le
28 septembre suivant, où il a été grièvement blessé ».
LE CAM (Yves-Marie), soldat de la 128 compagnie :
« Soldat d'un grand courage et d'un dévouement absolu. A
été grièvement blessé le 30 septembre 1915, en Champagne, en
se portant résolument à l'assaut des tranchées ennemies.
Cécité ».
CUVELLIEZ (Albert), soldat :
« N'a cessé de faire preuve au cours de la campagne d'entrain
et d'énergie, notamment le 27 septembre 1915 à l'attaque des
tranchées ennemies. Blessé, a été amputé du pied gauche ».
A L'ORDRE DE L'ARMÉE
DUPEYRON (Antoine), clairon :
« A fait preuve de la
plus grande bravoure à l'attaque des
tranchées ennemies, le 25 septembre 1915. Blessé grièvement le
29 septembre 1915. Est décédé des suites de ses blessures n.
KERBORIOU, soldat :
« A donné
un bel exemple de courage et d'énergie, le 25 sep-
tembre 1915, en mettant sa mitrailleuse en batterie à découvert
et à moins de deux cents mètres de l'ennemi. A ensuite ouvert
le feu à bout portant après un enrayage et a arrêté l'élan des
assaillants; a été blessé de deux balles ».
LAURENT (Charles), capitaine :
« A déployé en vue de
l'attaque une activité et des qualités
militaires remarquables. A été tué le 25 septembre 1915 à la
tête de la compagnie, en repoussant brillamment une contre-
attaque ennemie. Venait d'être cité à l'ordre de l'armée pour sa
brillante conduite au combat du 11 août ».
OGET (Marius), adjudant :
« A bravement entraîné sa section à l'assaut d'une tranchée
occupée par l'ennemi et y a fait 80 prisonniers. S'était déjà dis-
tingué au cours de la campagne, en plusieurs circonstances ».
CHENAL (Alfred), sergent fourrier :
« Blessé au début de la campagne, est revenu sur le front sur
sa demande. S'est distingué particulièrement le 25 septembre
1915, en portant à l'attaque une section dont il avait pris le
commandement sous le feu ».
EYDAN, adjudant :
<(
Blessé le 5 janvier 1915, revenu au front volontairement et
à peine guéri, s'est toujours montré d'un courage au-dessus de
tout éloge et, dernièrement, à l'attaque du 25 septembre, a mené
sa section d'une façon parfaite à l'assaut des tranchées enne-
mies qu'il a enlevées et dépassées ».
FUFFAUX (Marçellin), soldat :
« Le 25 septembre 1915, pendant une contre-attaque, a donné
un bel exemple de courage et de sang-froid en mettant sa mitrail-
leuse en batterie à découvert et sous un feu violent. A été tué
sur sa pièce au moment où il arrêtait l'élan des assaillants ».
GUIGOU (Emile), soldat :
« A fait preuve de beaucoup de courage et
d'énergie le 25 sep-
tembre 1915, en remplaçant immédiatement comme tireur son
camarade tué; a continué le' tir avec beaucoup de sang-froid et
a permis l'arrêt définitif d'une contre-attaque. A été légèrement
blessé à la tête »..
FLORENTIN (Jules-Aristide), sous-lieutenant :
« Chef de section d'une bravoure et d'un
sang-froid remar-
quables, déjà titulaire de deux citations à l'ordre. Le 25 septem-
bre 1915, malgré une blessure à la jambe; a entraîné brillam-
ment sa section à l'assaut des ouvrages ennemis et ne s'est
laissé évacuer que lorsque ses forces l'ont abandonné ».
DUPRÉ (Charles-Marius), soldat :
« Bon et brave soldat, toujours volontaire pour les missions
périlleuses. A été grièvement blessé le 25 septembre 1915 au cours
d'une contre-attaque allemande. A subi l'opération du trépan ».
FARGUE (Louis), lieutenant :
« Officier de valeur et d'un beau courage. A l'attaque du 25
septembre 1915, a enlevé brillamment les tranchées ennemies,
dont il a tué plusieurs défenseurs. A été tué le 28 septembre ».
GRAMBAT (Albert), soldat :
« Belle attitude au feu. Blessé grièvement à l'attaque des tran-
chées allemandes, le 29 septembre 1915. Est décédé des suites de
ses blessures ».
"'-
CHEVALIER (Jean), soldat :
« A fait preuve d'un courage et d'un sang-froid remarquables
en remplaçant immédiatement comme tireur son camarade bles-
sé; a continué son tir à bout portant et permis l'arrêt définitif
d'une contre-attaque, faisant subir à l'ennemi de très grosses
pertes et permettant de faire les survivants prisonniers ».
LARRANDABURU (Jean), sergent-major :
« A l'attaque du 29 septembre 1915, a vaillamment enlevé sa
section à l'assaut d'une tranchée ennemie, y a pris pied et a
refoulé énergiquement l'adversaire. S'est trouvé durant quarante-
huit heures le chef de la fraction de tête dans la tranchée alle-
mande et y a arrêté une contre-attaque ennemie ».
ROUYER (Eug-ène-Charles), chef de bataillon :
« A, le 25 septembre 1915, à la tête du bataillon, contribué à
arrêter, puis à repousser énergiquement une violente contre-
attaque ennemie. Ayant pris, le 26, le commandement du régi-
ment, a été tué le 29 au moment où il donnait, sous un feu
violent d'artillerie, des ordres pour l'attaque des tranchées enne-
mies. Une citation ».
DE VALLÉE (Gabriel-Joseph), sous-lieuténant :
« Au combat du 29 septembre 1915, s'est
porté brillamment
à la tête de sa compagnie à l'assaut d'une tranchée allemande
fortement défendue. A été tué ».
DODOZ (Marie), médecin auxiliaire :
« A fait preuve d'une bravoure exceptionnelle, d'un dévoue-
ment absolu et d'un complet mépris du danger en prodiguant
ses soins aux blessés au cours des attaques du 25 au 29 septem-
bre, sous un bombardement des plus violents ».
MARCHAND (Marcel), lieutenant :
« A l'attaque du 25 septembre 1915, a conduit sa section, puis
sa compagnie à l'assaut avec une rare énergie et une bravoure
exceptionnelle. A l'attaque du 29 septembre, a continué à affir-
mer les qualités les plus .remarquables de bravoure et d'énergie
montrées précédemment ».
CHAPITRE V
OPÉRATIONS DANS L'OISE
(Ier Octobre 1915 au 16 Août 1916)
Après sa relève, le régiment est transporté dans l'Oise,
où il opère sa réorganisation et se consatre à l'instruction
jusqu'au 20 février 1916.
Le 3 octobre 1915, le lieutênant-colonel Lofler a pris le
commandement du régiment.
21Février au 30 Juillet 1916
Secteur de Canny-sur-Matz
Le 21 février 1916, le régiment relève, dans le secteur
de Canny-sur-Matz, le 139e régiment d'infanterie et occupe
les tranchées jusqu'au 29 avril, sans interruption. A partir
de cette date, et jusqu'au 30 juillet, il alterne dans le
secteur avec le 6e colonial, passant douze jours en ligne et
douze jours au repos.
Le secteur de Canny étant très calme, aucun événement
important n'est à signaler, en dehors de quelques rencon-
tres de patrouilles et d'une opération d'artillerie effectuée
sur tout le secteur, du ier au 4 juillet, pendant que se
déroule plus au nord notre offensive de la Somme. Le
2 juillet, un coup de main, exécuté sur le bois Verlot, nous
1
permet de faire un prisonnier.
Le 30 juillet, le régiment est relevé par le 8e régiment
de zouaves.
Pertes :
OFFICIERS
3 hors de combat, dont 2 tués :
GRESSARD (Emile), capitaine. DEIVANEF (Louis-Pierre), sous-lieut'.
TROUPE
98 hors de combat, dont 24 tués :
POUPY (Joseph-Edmond), adjudant. ATGER (Jean), soldat.
DACLON (Pierre), sergent. DUBOIS (Lucien), soldat.
BOUJOT (Alexandre), sergent. FAVADON (Annet), soldat.
GINOLIN (Jean-Marie), caporal. MARGUERON (Paul), soldat.
SERRE (Gilbert), caporal. POULET (Claude), soldat.
DEPOISIER (Désiré), caporal. PERONNET (Ennemond), soldat.
CARRET (Charles), soldat. ROCHARD (Jérôme), soldat.
WOLFF (Albert), soldat. BRIAND (François), soldat.
BAUD (Elie), soldat. DESGILBERT (Jean), soldat.
MOURGUES (Albert), soldat. DURAND (Charles), soldat.
GROLLET (Claude), soldat. CAMPREDON (Lucien), soldat.
KABAR (Désiré), soldat. GERAY (Marie), soldat.
En outre, 9 soldats du régiment sont morts dans les
hôpitaux des suites de leurs blessures :
POULY (Joseph), caporal. COLIN (Félix), soldat.
CIVET (Jean-Baptiste), caporal. GERPHANION (Jean), soldat.
SAUVAGEON (Louis), caporal. CHAPUIS (Louis-Charles), soldat.
MAUDET (Louis), soldat. EIGER (Jean), soldat.
RONDOT (Claude), soldat.
Récompenses pour faits individuels de bravoure
MÉDAILLE MILITAIRE
PILLET (François), sergent de la compagnie
106 :
« Excellent sous-officier, volontaire pour toutes les missions
périlleuses. A été blessé grièvement, le 11 mars 1916, au cours
d'une rencontre avec une patrouille ennemie, très supérieure en
nombre. Grâce à son énergie et à son sang-froid, est parvenu à
ramener tous ses hommes dans nos lignes ».
MARTIN (Lucien-Marius), soldat de la 3e compagnie :
« Très bon soldat, dévoué et brave. Blessé une première fois
le 2 octobre 1914, a été atteint d'une seconde blessure très grave
le 26 avril 1916, au cours d'un bombardement. Amputé de la
cuisse gauche ».
BOULY (Joseph), caporal de la ge compagnie :
« Gradé discipliné et très dévoué qui s'est courageusement
conduit en toutes circonstances. A été blessé très grièvement
dans l'accomplissement de ses devoirs. Perte des deux mains ».
JEANSON (Léon-Albert), sergent de la 12e compagnie :
«
Sous-officier courageux et énergique, ayant beaucoup d'as-
cendant sur ses hommes, volontaire pour toutes les missions
périlleuses. A été très grièvement blessé le 14 mai 1915, au cours
d'un bombardement ».
GERPHANION (Jean), soldat :
« Soldat très méritant, affecté au service
auxiliaire, est passé
sur sa demande dans le service armé; a fait preuve, depuis son
arrivée au front, d'un courage et d'un dévouement exemplaires.
Blessé très grièvement à son poste de combat le 25 mai 1916.
Perte des deux yeux ».
BLOCHER (Benjamin-Sylvain-Marcel), soldat de la 4e com-
pagnie :
((
Brave soldat qui s'est toujours fait remarquer par son éner-
gie et son mépris du danger. A été blessé grièvement le 10 juin
1916, alors qu'il se portait résolument, sous un violent bombar-
dement, à son poste de ralliement, en vue d'une sortie à la
poursuite d'une patrouille ennemie. Perte de l'œil gauche ».
A L'ORDRE DE L'ARMÉE
PAUL (Gaston), soldat de la 38 compagnie :
« Est allé seul et en plein jour arracher un drapeau turc hissé
par les Allemands à 60 mètres de leurs lignes, faisant ainsi
preuve d'une audace et d'un courage remarquables ».
SOULILOU (Roger), 'sous-lieutenant :
« A fait preuve des plus belles qualités de sang-froid, d'audace,
de décision et d'énergie dans la conduite d'un coup de main sur
le saillant d'une position ennemie; a réusi à purger le saillant de
quelques ennemis qui le gardaient et a ramené dans nos lignes
un prisonnier, malgré un violent barrage d'artillerie ennemie ».
CHAPITRE VI
OPÉRATIONS DANS LA SOMME
(16 Août au 17 Décembre 1916)
Après avoir cantonné du 31 juillet au 15 août dans
l'Oise, le régiment est embarqué en camions-autos et trans-
porté dans la Somme. Le 16 août, il s'installe au camp
de Marly, dans la région de Chuignolles et le lendemain
il se porte en réserve de division dans la région nord-ouest
de Dompierre (camp 51).
Le 22 août, il relève en ligne le 68 colonial dans le sec-
teur entre Belloy-en-Santerre et Barleux. Il y reste cinq
jours au cours desquels le bombardement ennemi, assez
violent, lui cause quelques pertes :
OFFICIERS : 3 blessés.
TROUPE
40 hors de combat, dont 9 tués :
DUHOUX (Georges), caporal. LE BERRE (Jean), soldat.
GEORGET (Jean), caporal. COI, (Auguste-Alexandre), soldat.
DEFFRADAS (Martin), soldat. DEPAUN (Claude), soldat.
PEDRON (Joseph), soldat. FERRANDO (Laurent), soldat.
CARIAT (Jean), soldat.
Relevées dans la nuit du 26 au 27 août, les unités du
régiment reviennent au camp de Marly.
Le 2 septembre, elles vont bivouaquer entre la corne
sud-ouest du bois Olympe et la route Fay-Cappy, et dans
la nuit du 3 au 4, elles prennent leur place dans le dispositif
d'attaque.
4 et 5 Septembre
Attaque des positions allemandes au S.-O. de Barleux
Le 4 septembre, à 14 heures, l'attaque se déclenche :
le ier bataillon (commandant Benquey) se porte à l'assaut
des tranchées ennemies. Il s'empare rapidement de la pre-
mière ligne, puis la dépassant aussitôt, atteint la route
Berny-Barleux.
A ce moment, l'ennemi, qui se repliait en désordre,
paraît se ressaisir. A 14 h. 18, le deuxième bond est cepen-
dant exécuté et l'objectif atteint. Pendant que des éléments
sont poussés jusqu'à la route Horgny-Barleux, le bataillon
organise la position conquise.
Mais le régiment de gauche n'ayant pu progresser, les
unités du ier bataillon se trouvent en flèche et par consé-
quent dans une position favorable aux contre-attaques enne-
OPÉRATIONS DANS LA SOMME (4 et 5 septembre 1916)
mies. Pour couvrir le flanc gauche du bataillon, le com-
mandant Benquey envoie immédiatement une section qui
se déploie face à Barleux, en liaison avec des éléments de
gauche du bataillon. De plus, le peloton de renfort et une
section de mitrailleuses sont orientés dans cette direction.
Plusieurs agents de liaison sont envoyés au lieutenant-
colonel pour lui faire connaître la situation : tous sont tués
en cours de route, avant d'avoir pu accomplir leur mis-
sion.
A 14 h. 35, l'ennemi lance ses contre-attaques, à 1;1 fois
de front et de flanc, de plus en plus fortes et menaçantes.
Le tir des mitrailleuses allemandes, qui prennent nos trou-
pes d'écharpe et de flanc, cause des pertes énormes.
A 15 h. 07, l'ordre est donné aux fractions les plus avan-
cées de se replier sur la ligne principale. Malgré un tir vio-
lent de mitrailleuses, ces éléments rejoignent en ordre. Le
chef de bataillon Benquey est mis hors de combat ; le capi-
taine Desmiers prend le commandement du bataillon et
pousse rapidement l'organisation de la tranchée. Quelques
tentatives ennemies sont à ce moment repoussées.
De nouveaux agents de liaison sont alors envoyés au
-lieutenant-colonel : un seul d'entre eux arrive et lui expose
la situation. L'ordre est aussitôt donné au 28 bataillon de
se porter en avant pour soutenir le bataillon Desmiers.
Mais le tir dé barrage ennemi, d'une intensité exception-
nelle, empêche son débouché et ne permet pas de creuser
les boyaux d'accès à la ligne conquise pour faciliter le
mouvement des réserves.
Au moment où, néanmoins, le 2" bataillon essaie de se
porter en avant, il est accueilli par un feu violent de mous-
queterie et de mitrailleuses qui, le prenant de flanc, lui
inflige de lourdes pertes et l'arrête complètement.
Le lieutenant-colonel Lofler, debout sur le parapet, tombe
mortellement frappé par une balle.
Le commandant Changeux prend le commandement du
régiment. A ce moment, les débris du ier bataillon, se
repliant en ordre, sont recueillis par le 2e bataillon, occu-
pant la parallèle de départ. La défense est réorganisée ee
la tentative de contre-attaque esquissée par l'ennemi est
complètement repoussée. Le feu d'infanterie se calme;
malgré le tir d'artillerie qui continue, l'ordre est rétabli.
Dans le courant de la nuit, le xer bataillon est relevé
par des unités du 3e bataillon. Cette opération s'effectue
en bon ordre, malgré la difficulté des communications dans
les boyaux bouleversés et encombrés. La nuit se passe à
relever les blessés, à réorganiser les positions et à mainte-
nir une surveillance rigoureuse.
Le lendemain 5 septembre, une nouvelle attaque est
ordonnée pour rétablir la liaison à droite avec le 6e régi-
ment colonial. La 1 ie compagnie et deux sections de la
Je compagnie de mitrailleuses sont désignées pour cette
opération.
A heures, ces unités s'élancent à l'assaut. Malgré la
*13
vive fusillade qui l'accueille et une vigoureuse résistance,
la 1 18 compagnie atteint et conquiert la première ligne
ennemie. Alors commence avec les grenadiers allemands
une lutte opiniâtre.
A 13 h. 40, la 118 compagnie est renforcée péniblement
par un peloton de la 68 compagnie. Un violent tir de bar*
rage paralyse l'action des renforts. Avec un entrain admi-
rable, les travailleurs s'efforcent de relier notre parallèle
de départ à la tranchée conquise : ils sont tous mis hors de
combat.
D'autre part, le tir nourri des mitrailleuses ennemies
rend le ravitaillement en grenades excessivement difficile:
A 14 h. 30, la liaison avec la droite est rompue. Après
une terrible lutte à la grenade, qui dure plus de trois
heures, la 1'18 compagnie, débordée à droite, ne pouvant
être ni renforcée, ni approvisionnée, reçoit l'ordre de se
replier. Elle effectue ce mouvement aussitôt et regagne en
ordre la parallèle de départ.
Le tir de l'artillerie ennemie continue violent jusque vers
19 heures. La nuit est mise à profit pour remettre de
l'ordre dans les unités, relever les blessés et réorganiser les
positions.
Dans la journée du 6 septembre, le régiment, relevé par
le 57° colonial, se porte au camp de Marly pour se recons-
tituer. Les journées des 4 et 5 septembre lui ont coûté :
OFFICIERS
29 hors de combat, dont 8 tués :
[Link], lieutenant-colonel,comman- CHEVAT/MER (Vincent), sous-lieute-
rtant le régiment. nant.
I/ACOME (llrancoÍI), capitaine. IOI,A (Alfred), capitaine, mort des
l'ASQUIKH (Fernand), lieutenant. suites de ses blessures.
GIMEI, (Jean), sous-lieutenant. RARDET (Jean), sous-lieutenant, mort
JAHOULET-VEKCHfîRE, sous-lieute- des suites de ses blessures.
liant.
TROUPE
895 hommes hors de combat, dont 115 tués :
HOUTKT (Ilenri), adjudant. REVIRE (Albert), sergent.
BRUMMRUKOT, (J.-H.), sergent. COULON (Jules), caporal fourrier.
DEFAIRE (Maurice), servent. DERONZIER (Antoine), caporal.
BOUCIIAKTÎI, (Joseph), sergent. RAQUIN (Jean-Marie), caporal.
COSTE (François), sergent. CHEVALIER (Louis), caporal.
nONJON (Sahin), sergent. SftVE (Marius), caporal.
IDKLoN (Riton-Adrien), sergent. PARDON (Joannès), caporal.
COTTATIE (Pierre), sergent. HOMINAL (Jules), caporal.
ROtTVIftRE (Marceau), sergent. SALEN (Marcel), caporal.
ARVISET (Marie-Louis), sergent. DUCLOS (Charles), caporal.
GURnERUIIX (Edouard), sergent. FRIARD (François), caporal.
ROLLIER (Théodore), caporal. DENIS (Yves), soldat.
DURE (Emile), caporal. LE BERRE (Jean-Marie), soldat.
LE MEUR (Pierre-Marie), soldat. ALLAIN (Joseph), soldat.
SAULNIER (Pierre), soldat. LEONARD (Constant), soldat.
MEURISSE (Xavier), soldat. CHAUSSIN (Guillaume), soldat.
COHADON (Albert), soldat. POTEL (Georges), soldat.
BELLEMONT (Louis), soldat. LE BER (Alexandre), soldat.
PHILIP (Alfred), soldat. GARO (André), soldat.
CLEMENSAC (Maurice), soldat. MONNET (Jules), soldat.
MARGALON (Paul), soldat. GARNIER (Paul), soldat.
SAUREL (Emile), soldat. CHARBON (Pierre), soldat.
ANTONINI (Pierre), soldat. MOUVAND (Paul), soldat.
DUFOUR (François), soldat. GARET (Léon), soldat.
HOURLIAC (Jean-Marie), soldat. BORNE (Léon), soldat.
MARTIAL (Léon), soldat. RAULT (Florian), soldat.
ROSSIGNEUX (Etienne), soldat. DORIER (Jean-Pierre), soldat.
PERRIER (Francisque), soldat. CHATAGNER (Arthur), soldat.
COISSARD (Léon), soldat. FOURNIER (Marius), soldat.
MAGNIEN (Antoine), soldat. MAURICE (Louis), soldat.
ESCANDE (Jean-Paul), soldat. CLASTRES (Joseph), soldat.
CHAMBE (Louis), soldat. LE JUEZ (Georges), soldat.
PAYON (Albert), soldat. LARGETEAU (Gaston), soldat.
HERBEL (Jean-Marie), soldat. BENNEGENT (Henri), soldat.
SUBRIN (Louis), soldat. THOMAS (Gilbert), soldat.
GOZARD (Paul), soldat. JURY (Marius), soldat.
PAILLARET (César), soldat. BLACHE (Elie-Victor), soldat.
CROCOMBETTE (François), soldat. PLAGNARD (François), soldat.
COUDERC (Mathieu), soldat. AUTRET (Vincent), soldat.
DUSAUTOIS (Auguste), soldat. GAUTIER (Maurice), soldat.
SALIC (Ferdinand), soldat. CHALMET (Georges), soldat.
PROPHÈTE (Laurent), soldat. JOUNIN (Antoine), soldat.
LECHEL (Antoine), soldat. RAOUL (Jean), soldat.
COUCHOUD (Georges), soldat. MON AT (Henri), soldat.
LETENDU (Jean), soldat. HUGONNET (Gustave), soldat.
DRESIN (Ernest), soldat. AUBERGER (Louis-Marc), soldat.
PLAY (Jean-Marie), soldat. BERTHO (Pierre), soldat.
FREMIOT (Léon), soldat. ARDITO (Marius), soldat.
BENAYON (Jean-Baptiste), soldat. MARCHAND (Léon-Paul), soldat.
ETOURNEAU (Hippolyte), soldat. LACROIX (Francis), soldat.
CHAMBON (Philibert), soldat. CHATRE (Claudius), soldat.
AUTISSIER (Antoine), soldat. JOURDAIN (Joseph), soldat.
SEUX (Régis), soldat. CHINAULT (Augustin), soldat.
CHALMETTE (Jean), soldat. PASCAL (Pierre-Félix), soldat.
CAMUS (Alexandre), soldat. RADTKE (Henri), soldat.
GIRAUD (Jules), soldat. HERVIO (Marcel), soldat.
ANTHELME (Lucien), soldat. LEMARIE (Louis), soldat.
MATHIEU (Léon), soldat.
Ces pertes élevées suffisent à prouver l'héroïsme avec
lequel officiers et soldats se sont acharnés à poursuivre
un succès que l'absence de moyens d'artillerie rendait diffi-
cile.
La belle conduite des troupes pendant ces attaques leur
vaut l'ordre du jour suivant du général commandant la
ISe division d'infanterie coloniale :
« Le Général commandant la division tient à adresser ses
félicitations aux troupes de la 28 brigade d'infanterie coloniale
pour leur conduite durant les journées des 4 et 5 septembre.
« Elles ont eu à surmonter de nombreuses difficultés, ont subi
de très lourdes pertes et ont fait preuve d'une ténacité digne
d'éloges dans les tentatives répétées pour atteindre les objectifs
qui leur avaient été fixés. Si les circonstances et la réaction
particulièrement violente de l'artillerie ennemie ne leur ont pas
permis de voir leurs efforts couronnés de succès, leurs fatigues
et leurs sacrifices n'auront pas été vains. Elles ont fixé l'ennemi,
l'ont obligé à une grosse consommation d'hommes et de muni-
tions, et ont ainsi facilité la progression d'autres unités. Elles
auront donc contribué au succès que l'offensive générale prise
sur notre front ne peut manquer d'obtenir.
« Signé : Général BRO ».
6 Septembre au 16 Décembre 1916
Du 6 au 19 septembre, le régiment est au bois de Marly
(camp 51) pour se réorganiser. Mais il ne reçoit que quatre
cents hommes au lieu de sept cents qui lui sont nécessaires,
et quatre officiers, dont le lieutenant-colonel Maroix, qui
prend le commandement du régiment.
Le général de brigade rend compte au général de divi-
sion que la 2e brigade d'infanterie coloniale, un peu fati-
guée par les dures pertes qu'elle vient d'éprouver, peut
être encore utilisée, mais ailleurs que sur le terrain où elle
vient de subir un échec que son héroïsme a rendu encore
plus sanglant.
Le 9 septembre, le général Bro, commandant la division,
vient demander de vive voix au nouveau chef de corps si le
5e colonial pourrait, le cas échéant, combattre à nouveau
sur la position qu'il a dû récemment quitter; le lieutenant-
colonel lui demande une dizaine de jours au cours desquels
l'instruction et l'amalgame avec les renforts sont active-
ment poussés.
Le drapeau du régiment, déjà décoré de la Croix de
guerre, est présenté aux nouveaux venus dans une prise
d'armes générale, au cours de laquelle des décorations sont
remises.
Avec un effectif et un matériel très incomplet, le régi-
ment repart bientôt pour la position où il a été si durement
éprouvé et sur laquelle le 2e colonial vient de progresser
légèrement. Malgré les circonstances défavorables dans
lesquelles il se trouve, un front plus large lui échoit et, dans
la nuit du 19 au 20 septembre, il relève les 2" et 57" régi-
ments coloniaux, entre Belloy-en-Santerre et Barleux.
La première position est à peine ébauchée, car elle est
occupée seulement depuis trente-six heures. Officiers et
soldats, qui ont la dure et pénible mission de relever et
d'inhumer les chefs et camarades tués quelques jours plus
tôt à leurs côtés, sont dans des tranchées découvertes,
exposés à un bombardement intense presque ininterrompu,
infligeant dès le premier jour des pertes sensibles aux unités
en ligne.
-
Le lieutenant-colonel vient dans la première ligne remet-
tre la Croix de guerre à des sous-officiers et soldats qui
vont jusque dans les tranchées ennemies effectuer des recon-
naissances. Tous souhaitent le combat qui ne se réalise pas.
Le moral est superbe.
Dans la nuit du 30 septembre au ier octobre, nous som-
mes relevés par le 52e colonial. Il manque encore une dizaine
d'officiers et plus de sept cents hommes. Aussi le régiment
est-il envoyé immédiatement en arrière du front, au camp
du Canard (sud de Demuin), puis à Bayonvillers (camp 62),
pour se reconstituer.
Le ier novembre, deux compagnies se portent en ligne
à Belloy, pour participer aux travaux du secteur. Le 4, le
régiment se porte en réserve à Chuignes, camp 66, Fon-
taine-les-Cappy. Le lendemain, deux autres compagnies
rejoignent celles qui ont été déjà envoyées à Belloy. Enfin,
dans la nuit du 9 au 10 novembre, le régiment tout entier
relève le 2e colonial dans le secteur de Belloy-en-Santerre.
Il y séjourne jusqu'au 22 novembre et pendant cette période
exécute des travaux et préparatifs d'attaque. La fatigue des
unités est extrême : outre les alertes constantes et les bom-
bardements intensifs journaliers, la boue gluante qui, en
certains endroits dépasse un mètre dans les tranchées et
boyaux, rend la situation très dure en première ligne. Une
parallèle est construite sous un feu meurtrier.
Le régiment est exténué lorsqu'il est relevé dans la nuit
du 22 au 23 novembre. Il est transporté au camp I02 (sud de
Wiencourt-Somme), où il séjourne au repos jusqu'au 17 dé-
cembre 1916.
Pertes du 6 septembre au I7 décembre :
OFFICIER : i blessé.
TROUPE
182 hors de combat, dont 36 tués :
CHANOT (Charles), sergent LE CHAPELAIN (Alexis), soldat
GAUTIER (Lucien), sergent. BEDEL (Elie), soldat.
VIVIER (Jean), caporal. CHARRETON (Pierre), soldat.
BASTHARD-BOGAIN (Jean), caporal. DIAGNE (Valla), soldat.
MOREL (Joseph), caporal. SECK (Momar), soldat.
BEDEL (Jean-Marie), soldat. LE LEZZEC (Pierre), soldat.
FILLE (Henri), soldat. POIZAT (Albert), soldat.
BENEY (Peirière), soldat. QUERIC (Ange), soldat.
SASSO (Emile), soldat. CHASSANG (Guillaume), soldat.
HERAUD (François), soldat. TARGE (Pierre), soldat.
CITERNE (Auguste), soldat. DIOP (Aly), soldat.
PERONNET (Jean-Marie), soldat. VACHON (Marius), soldat.
DUPUY (Alphonse), soldat. LEMAITRE (Hippolyte), soldat.
CRIMINEC (Yves), soldat. KANE (Maka), soldat.
HUGEAUD (Léon), soldat. MONTAGGIONI (Philippe), soldat.
SAUMON (Antoine),soldat. TREGUIER (Eugène), soldat.
CAMBIES (Jacques), soldat. N'DIAYE (Sidy), soldat.
HUYARD (Henri), soldat. HAMONIAU (Jean-Marie), soldat.
En outre, pendant cette période des combats de la
Somme, 49 soldats sont morts dans les hôpitaux des suites
de leurs blessures :
RATNER (Michel), médecin auxil. JANON (Fernand), soldat.
RANNOU (Jean), sergent. MEURET (Léopold), soldat.
FOUILLOUX (Louis), caporal. LOUAIL (Joseph), soldat.
MAVEL (Louis), caporal. POUZADOUX (Jean-Baptiste), soldat.
LACROSAZ (Joseph), caporal. SAURY (Pierre-Félix), soldat.
DOMON (François), caporal. CANILLOT (Claude), soldat.
PIN (Camille), soldat. GRENOUILLAT (Jean), soldat.
PERROUD (François), soldat. GROZEMARY (Antoine), soldat.
MALIGNON (Marie), soldat. BRUNIER (Pierre), soldat.
LERAY (Prosper), soldat. SECK (Alassane-Gueye), soldat.
DAUGE (Lazare), soldat. SAUTTET (Claude), soldat.
FAURE (Louis-Jean), soldat. REY (Claude-Henri), soldat.
MONTILLER (Michel), soldat. VANET (Joseph), soldat.
POUYET (Alphonse), soldat. BEYE (Babakar), soldat.
HÊBRARD (Gilbert), soldat. PERRAULT (Marius), soldat.
DUMONT (Claude-Antoine), soldat. FONGY (Jean-Marie), soldat.
DREVILLON (Louis), soldat. SECK (Mamadon), soldat.
GRISARD (Pierre), soldat. TOUZAIN (Jean-Baptiste), soldat.
CHEVALIER (Jean-Louis), soldat. SAMSON (Célestin), soldat.
DEBARBAT (Antoine), soldat. LOERSCH (Joseph), soldat.
BONNAN (Joseph), soldat. JACQUETIN (Ernest), soldat.
DUFOUR (Paul-Louis), soldat. ALBERTINI (Jean), soldat.
PERRIN (Victor-Alexandre), soldat. SPAHR (Wilhelm), soldat.
PAUTY (Louis), soldat. AGNELLET (François), soldat.
RENAUD (Vincent), soldat.
Récompenses pour faits individuels de bravoure
LÉGION D'HONNEUR
Croix d'officier :
MAROIX (Jean-Eugène-Pierre), lieutenant-colonel com-
mandant le régiment :
« Officier supérieur ayant une belle carrière coloniale, s'est
particulièrement distingué en dirigeant les opérations de con-
quête du Togo allemand, en coopération avec les troupes anglai-
ses, puis s'est affirmé, à la tête de son régiment, sur la Somme,
comme chef de corps énergique, brave et avisé, obtenant beau-
coup de son régiment ».
Croix de chevalier :
IOLA (Alfred-Eugène), capitaine :
« A fait preuve, au cours du combat du 4 septembre 1916,
d'une grande bravoure et d'un remarquable esprit de sacrifice.
Les boyaux de communication étant complètement bouleversés
et encombrés, s'est porté bravement sur le parapet de la pre-
mière ligne et s'est avancé jusqu'à la parallèle de départ, à
découvert, en enlevant sa compagnie, dont l'intervention a puis-
samment contribué à arrêter une attaque allemande. A été blessé
très grièvement ».
MARMET (Pierre-Constant), capitaine :
« Officier intrépide. Blessé le 4 septembre 1916 par le même
projectile qui mit son colonel hors de combat, est allé immédia-
tement, sous un bombardement d'une extrême violence, mettre
le général de brigade au courant de la situation; est revenu en
première ligne, après un pansement sommaire, continuer à assu-
rer son service auprès du chef de bataillon commandant le régi-
ment. Déjà deux fois blessé et cité à l'ordre de l'armée ».
FLORENTIN (Jules-Aristide), lieutenant :
« Excellent officier. A commandé sa compagnie avec une éner-
gie, un sang-froid et un courage remarquables au cours des
violents combats du 4 septembre 1916; blessé pendant l'action,
est resté à son poste. Déjà trois fois cité à l'ordre ».
GARROT (Jean—Marie), médecin-major de 26 classe :
« Excellent praticien qui a fait preuve depuis le début des
hostilités, comme médecin-chef d'un régiment, de belles qualités
de bravoure, de sang-froid et de dévouement. A déjà été cité ».
ROSSE (Louis), sous-lieutenant :
« Officier énergique et plein
d'allant. Evacué en février 1915
pour gelure des pieds et envoyé aux colonies, a pris une part
brillante à de nombreux combats. Revenu sur le front français,
continue à faire preuve des plus belles qualités de bravoure et
d'entrain ».
MÉDAILLE MILITAIRE
LE Coz (François), soldat de la compagnie hors rang- :
« Très bon soldat, brave et courageux. A
été grièvement blessé
le 4 septembre 1916 en installant une ligne téléphonique sous
un violent bombardement ».
LE STRAT (Joseph-Marie,) sergent :
« Excellent sous-officier, déjà cité à l'ordre pour sa belle
conduite en septembre 1915. Le 4 septembre 1916, a refusé de
se laisser évacuer et a continué à seconder brillamment son chef
de section pendant les deux journées suivantes ».
-
DONZEL (Lucien), caporal de la compagnie hors rang :
« A fait preuve en toutes circonstances de bravoure et de
dévouement. Très grièvement blessé le 4 septembre 1916 en répa-
rant les lignes sous un bombardement d'une extrême violence.
Désarticulation de l'épaule gauche ».
DESCHIZEAU (Emile), soldat de la 5e compagnie :
« Excellent soldat, d'une très grande bravoure et d'un sang-
froid remarquable. Très grièvement blessé le 4 septembre 1916,
au moment où il se portait en avant sous un violent bombarde-
ment. Amputation de la cuisse droite.
DUMONT (Claude-Antoine), soldat :
« Très bon soldat. A fait preuve d'un mépris absolu du dan-
ger pendant l'attaque du 4 septembre 1916, au cours de laquelle
il a été très grièvement blessé. Amputation d'une cuisse ».
PAUGAM (Jean), soldat,:
« Modèle de bravoure et de crânerie au feu. Le 4 septembre
1916, s'est porté à 50 mètres en avant de la première vague
d'assaut et a servi un fusil-mitrailleur contre une attaque enne-
mie jusqu'à ce que son arme ait été broyée par un obus. Deux
fois blessé et deux fois cité à l'ordre au cours de la campagne ».
MARMIER (Joseph), chef de fanfare :
« Longs services actifs. Venu au front sur sa demande, rend
d'excellents services dans son emploi. Blessé, le 4 septembre
1916, en assurant dans les meilleures conditions possibles l'éva-
cuation des blessés ».
VIARD (Paul), sergent fourrier :
« Excellent sous-officier, d'un courage à toute épreuve. Le
4 septembre 1916, a pris, en plein combat, le commandement de
sa section et l'a maintenue sous un bombardement d'une extrê-
me violence, jusqu'au moment où il est tombé grièvement
blessé ».
GATTIN (Louis), sous-chef de fanfare :
« Sous-officier
remarquable. Au front depuis le début de la
campagne, s'est distingué en toutes circonstances par sa bra-
voure, son sang-froid et son dévouement. A toujours su obtenir
de son personnel le rendement maximum. A déjà été cité ».
RAJEOT (Pierre), soldat :
«Agent de liaison très dévoué, qui s'est fait remarquer à
plusieurs reprises par son complet mépris du danger. A été très
grièvement blessé le 4 septembre 1916 en portant un ordre urgent
sous un bombardement intense.
LOUCHERON (Camille), sergent :
« Sous-officier courageux et zélé. Grièvement blessé aux jam-
bes au cours du combat du 4 septembre 1916, est resté dans une
tranchée ennemie; a fait preuve d'une grande énergie en reve-
nant le lendemain dans nos lignes ».
GUILTAT(Kléber-Jules), soldat :
« Excellent soldat qui a toujours donné à ses camarades
l'exemple du devoir. A été grièvement blessé le 4 septembre 1916,
en résistant bravement avec sa mitrailleuse, sous un bombarde-
ment intense, à une violente contre-attaque ennemie. Enucléa-
tion de l'œll 'gauche ».
BOUDHOL (Louis-Marius), soldat de la ire compagnie :
« Très bon soldat. Le 4 septembre 1916, à Barleux, s'est porté
avec entrain et courage à l'attaque des positions ennemies éner-
giquement défendues; a été grièvement blessé en luttant pour la
conservation du terrain conquis. Enucléation de l'œil droit ».
CLÉMENT (Jean-Baptiste), soldat de la 3e compagnie :
« Très bon soldat qui s'est toujours fait remarquer par sa
bravoure et son énergie au feu. A été grièvement blessé le 4 sep-
tmebre 1916 à Barleux, en faisant vaillamment son devoir au
cours d'une violente attaque ennemie ».
LARRANDABURU (Jean), adjudant :
« Excellent chef de section, brave et calme au feu. A été très
grièvement blessé le 4 septembre 1916 en entraînant brillamment
sa section à l'attaque des positions ennemies. Déjà blessé et cité
à l'ordre ».
DILLENSEGER (Paul-Adrien), caporal de la l le compa-
gnie:
« Bon gradé, plein d'entrain et de bravoure. A été grièvement
blessé en se portant à l'assaut d'une tranchée allemande, le
5 septembre I9I6 ».
GRENOULLAT (Jean), soldat :
« Bon soldat. A été très
grièvement blessé le 5 septembre
1916 à son poste de combat. Amputé de la cuisse gauche ».
FAURENS (Pierre), adjudant :
«Sous-officier modèle. A été très grièvement blessé le 5 sep-
tmebre 1916 à la tête de sa section ».
BOUDIÉ (Edmond), soldat de la 3e compagnie de mitrail-
leuses :
« Très bon soldat, qui s'est toujours fait remarquer par sa
bravoure. A été blessé grièvement le 5 septembre 1916 à Barleux,
à son poste de sentinelle ».
GUY (Arsène), caporal de la compagnie hors rang- :
« Gradé d'un courage et d'un dévouement à toute épreuve.
Les 4 et 5 septembre 1916, s'est constamment porté, sans atten-
dre les ordres, sur les lignes téléphoniques fréquemment coupées
par un bombardement d'une extrême violence. Grièvement blessé
au cours d'un combat. Amputé de la jambe droite ».
BANNOU (Jean), sergent :
« Sous-officier d'une énergie et d'un sang-froid remarquables.
Blessé grièvement aux deux jambes par une torpille ennemie
le 14 novembre 1916, au moment où il plaçait sa demi-section
à son poste de combat; a donné un bel exemple d'énergie et
d'abnégation ».
JAMET (Auguste), sergent :
« A fait preuve de sang-froid et de courage en restant à son
poste de guetteur sous un violent bombardement. A. été griève-
ment blessé aux deux jambes, le 17 novembre 1916, au moment
où il observait l'ennemi de la tranchée de première ligne ».
GRISON (Aimé-Octave), caporal :
ANDRÉ
gnie.
». #
« Gradé très courageux et d'un dévouement à toute épreuve.
Donne le meilleur exemple depuis le début de la guerre. Deux
blessures, a déjà été cité
(Henri-Pierre-Charles), caporal de la IOe compa-
PARET (Auguste-Adolphe), soldat de la 7e compagnie.
MITJAVILLE (François-Raymond-Victor), caporal de la
28 compagnie.
BELLOT (Gilbert), soldat de la Ire compagnie.
A L'ORDRE DE L'ARMÉE
CONSTANT (Victor-Adolphe), caporal de la 2ecompagnie :
«
Gradé dévoué et brave, animé du meilleur esprit. A été blessé
grièvement le I6 août 1916, à Barleux, en réparant une ligne
téléphonique sous un violent bombardement. Deux blessures
antérieures ».
DE KERGOS DE KERNOFFEN, médecin aide-major de 2e classe :
« Au front depuis le début des hostilités, a fait preuve en
toutes circonstances d'une activité inlassable et du dévouement
le plus absolu. S'est toujours refusé à bénéficier des dispositions
relatives à la relève des médecins de réserve du front, voulant à
tout prix servir en première ligne. A été blessé grièvement le
27 août 1916, au cours d'un bombardement, au moment où il
pansait des blessés, et n'a consenti à se laisser évacuer qu'après
le départ des autres blessés et la remise du service à son méde-
cin auxiliaire. Pendant son séjour au front, n'a cessé d'être un
vivant exemple du devoir, de la conscience professionnelle et de
la bravoure ».
LOFLER (Charles), lieutenant-colonel commandant le régi-
ment :
« Au combat du 4 septembre 1916, se tenant dans la parallèle
de départ, sous un feu violent d'artillerie et d'infanterie, n'a pas
hésité à se porter en avant pour soutenir son premier bataillon
d'attaque et repousser une forte contre-attaque dirigée par l'en-
nemi sur le flanc. Est tombé mortellement frappé par une balle,
en donnant à son régiment le magnifique exemple de son brillant
courage et de son bel esprit de décision. Beaux antécédents mili-
taires aux colonies ».
DESMIERS (Georges), capitaine :
« Déjà décoré de la Légion d'honneur pour faits de guerre
antérieurs. Blessé deux fois au cours de la campagne. A, le
4 septembre 1916, pris le commandement de son bataillon en
pleine position allemande et sous un feu d'une violence extrême.
A montré une fois de plus des qualités exceptionnelles de sang-
froid, de bravoure et d'habileté ».
SARRAT (Jean), caporal :
« Engagé volontaire au début de la guerre, n'a cessé de don-
ner l'exemple du courage et de l'entrain, et, bien que malade, a
refusé plusieurs fois de se laisser évacuer. Blessé grièvement
à la poitrine et au bras au cours de la bataille du 4 septembre
1916, a eu l'énergie de se traîner jusque dans nos lignes pour
ne pas tomber aux mains de l'ennemi ».
COULON (Jules), caporal fourrier :
« A fait preuve, en toutes circonstances,, de la plus belle bra-
voure, de la plus grande énergie et d'un dévouement absolu. A
la bataille du 4 septembre 1916, accompagnant un officier qu'il
avait demandé à suivre comme agent de liaison, a voulu, sous
un feu violent de mitrailleuses, lui faire un rempart de son corps
et atteint de deux balles est tombé glorieusement, victime de son
héroïsme. Reste, aux yeux de ses camarades et de ses chefs,
comme le plus bel exemple de la valeur militaire ».
KUBLER (Charles), soldat :
« Engagé volontaire pour la duréet de la guerre, a constam-
ment donné l'exemple du courage, de l'entrain et de l'énergie.
Volontaire pour toutes les missions périlleuses. A été blessé
grièvement au cours de la bataille du 4 septembre 1916 et a fait
preuve d'une volonté extraordinaire pour ne pas rester prisonnier
aux mains de l'ennemi et regagner nos lignes, où il est tombé
à bout de forces ».
SOCKEL (Maurice), capitaine :
« Officier d'une conscience militaire et d'une bravoure remar-
quables. A su faire de l'unité sénégalaise qu'il commandait une
troupe de premier ordre. Au cours de la bataille du 4 septembre
1916, l'a entraînée à l'assaut des lignes allemandes et est tombé
glorieusement pour la France dans la troisième ligne de tran-
chées ennemies ».
GIMEL (Jean), sous-lieutenant :
« A la bataille du 4 septembre 1916, a entraîné sa section à
l'assaut des lignes allemandes. Ayant reçu l'ordre de protéger
le flanc gauche du bataillon, a accompli sa mission avec la plus
grande bravoure et la plus belle énergie; est tombé mortellement
frappé ».
BERTOYE (Marc-Louis), sous-lieutenant) :
« Officier très méritant. A fait preuve au cours de la bataille
du 4 septembre d'un courage et d'un sang-froid remarquables.
Blessé très -grièvement au cours de ce combat, a tenu à garder
la direction de sa section jusqu'au moment où il est tombé
épuisé ».
JABOULET (Henri), sous-lieutenant :
« Tombé glorieusement pour la France, le 4 septembre 1916,
à la tête de sa section de mitrailleuses, après avoir donné à ses
hommes le plus bel exemple de courage et de sang-froid ».
LACOME (Jean), capitaine :
« Le 4 septembre 1916, a entraîné sa compagnie à l'assaut
des lignes ennemies et est tombé mortellement blessé à l'inté-
rieur de la position allemande ».
PASQUIER (Fernand), lieutenant :
« Officier merveilleux de sang-froid et de bravoure. S'est dis-
tingué dans les nombreux combats auxquels il a pris part depuis
le début des opérations. Blessé au début de l'action du 4 sep-
tembre 1916, s'est fait panser, a repris immédiatement le com-
mandement de sa compagnie. A été tué sur le parapet de la
tranchée de départ, en entraînant sa compagnie à l'attaque ».
ENGLER (Numa), soldat :
« Dégagé par son âge et par sa
situation de toute obligation
militaire, s'est engagé pour la guerre et s'est toujours conduit
de la façon la plus brillante. Ayant acquis - par son intelligence,
sa haute valeur morale, son calme et son énergie une grande
influence sur ses camarades, a été le 4 septembre 1916, au cours
d'un combat difficile, un modèle de bravoure et un auxiliaire
précieux pour son officier blessé. A été blessé lui-même très
grièvement au cours du combat ».
SART (René), sous-lieutenant :
« Depuis dix-sept mois au front, où il rend les meilleurs
services. A été, le 5 septembre 1916, légèrement blessé en allant
reconnaître la tranchée ennemie; est allé rapidement se faire
panser, puis est revenu prendre le commandement de son pelo-
ton, qu'il a entraîné jusqu'à la position ennemie. A été de nou-
veau blessé légèrement et n'a quitté la tranchée ennemie que
lorsque l'ordre lui en a été donné ».
LE THIEIS, sous-lieutenant :
« A fait preuve d'un dévouement remarquable et d'un esprit
de sacrifice au-dessus de tout éloge. Au cours de la bataille du
5 septembre 1916, conduisant son peloton avec son énergie habi-
tuelle, donnant à tous l'exemple d'un complet mépris du danger,
a pénétré dans la tranchée ennemie et s'y est maintenu pendant
trois heures, malgré la violence du bombardement. Grièvement
blessé, a néanmoins pu rejoindre nos lignes, en déployant une
force de volonté exceptionnelle pour ne pas tomber aux mains
de l'ennemi ».
GARROT (Jean-Marie), médecin-major de 26 classe :
<(
Chef de service du régiment. S'est déjà signalé au cours de
la bataille de Champagne. Les 4, 5 et 6 septembre 1916, a assuré
et dirigé son service avec un dévouement admirable et un com-
plet mépris de la mort, parcourant les lignes sous un bombarde-
ment d'une intensité exceptionnelle pour faire relever les blessés,
chaque fois qu'un répit dans son service de pansement le lui
permettait. Officier de la plus haute valeur morale ».
SAUÉE (Paul-Lucien-Emile), soldat :
« Le 5 septembre 1916, est monté bravement, sous un violent
bombardement, à l'assaut d'une tranchée ennemie fortement
organisée et a contribué au maintien de la position pendant trois
heures à coups de grenades, malgré la supériorité numérique
de l'ennemi ».
BLANC (Jean-Pierre-Vincent), soldat :
« Le 5 septembre 1916, est monté bravement, sous un violent
bombardement, à l'assaut d'une tranchée ennemie fortement
organisée et a contribué au maintien de la position pendant,trois
heures à coups de grenades, malgré la supériorité numérique de
l'ennemi ».
MARSAN (Pierre-Bertrand), médecin aide-major de 2e
classe :
« Excellent médecin. Au front
depuis le 30 décembre 1914.
Assure très consciencieusement son service de médecin de batail-
lon. A fait preuve du plus grand dévouement pendant les com-
bats du 3 au 6 septembre 1916, soignant et pansant les blessés
nuit et jour sous un bombardement des plus violents ».
MARCHAND (Paul), soldat :
« Pendant les combats du 4 au 6
septembre 1916, a fait preuve
de la plus grande bravoure et de la plus noble initiative. S'est
offert spontanément pour porter des renseignements sous un feu
violent de mitrailleuses. A réussi dans sa mission et est revenu
prendre sa place ».
DAGROD (Maurice), caporal :
« Chargé, pendant les journées des 4, 5 et 6 septembre 1916,
du service des liaisons par coureurs, a fait preuve d'un courage,
d'un sang-froid et d'un dévouement admirables en assurant ce
service sous un bombardement d'une violence exceptionnelle;
n'a pas pris un moment de repos pendant toute cette période ».
GAILLOT (Louis), soldat :
« Pendant les combats du 4 au 6 septembre 1916, s'est offert
spontanément pour assurer d'une façon constante la liaison avec
le premier bataillon d'attaque sur un terrain battu par les
banes et l'artillerie. A eu son camarade tué à ses côtés. A rap-
porté des renseignements importants ».
CHARRIER (Léon), sous-lieutenant :
« Officier qui s'est signalé par son courage et son sang-froid.
A enlevé brillamment son peloton à l'attaque d'une tranchée
ennemie et s'y est maintenu malgré un bombardement violent
et de nombreuses contre-attaques. Ne s'est replié que sur l'ordre
qui lui a été doirné et en ramenant ses hommes et son maté-
riel ».
ARNAUD (Antoine), adjudant :
« Aux combats des 4, 5 et 6 septembre 1916, sous un bombar-
dement d'une extrême violence, a donné à tous un remarquable
exemple de courage et de sang-froid, maintenant par son atti-
tude énergique l'ordre et la cohésion dans une troupe très éprou-
vée par le feu. A commandé sa section de mitrailleuses avec un
coup d'œil et un esprit de décision digne de tous éloges ».
CHAPITRE VII
OPÉRATIONS DANS L'AISNE
(17 Décembre 1916 au 9 Mai 1917)
Le 17 décembre 1916, le régiment est transporté en
camions à Bonneuil-les-Eaux, où il cantonne jusqu'au
22 décembre ; puis il gagne par étapes la région de Coche-
rel, près de Lizy-sur-Ourcq, où il arrive le I3 janvier.
Des instructions parviennent au régiment pour un long
repos dans la zone de l'arrière ; mais le lendemain, il
reçoit l'ordre de se tenir prêt à partir et, le 1 5, il est trans-
porté en camions-autos à Fismes et au camp de la route
Baslieux-les-Fismes. Le 17 janvier, il relève le 3Ie régi-
ment d'infanterie dans le sous-secteur de Paissy, au sud du
Chemin-des-Dames, entre Cerny et le Poteau-d'Ailles.
17 Janvier au 16 Avril 1917
Dans la nuit du 19 au 20 janvier, l'ennemi tente un coup
de main sur l'un de nos petits postes : il est repoussé avec
pertes.
Le sous-secteur de Paissy est calme et l'artillerie ennemie
généralement peu active. Le régiment ne subit au cours de
cette première période que de faibles pertes ; mais la tem-
pérature extrêmement rigoureuse qui sévit, rend le service
très pénible et les travaux difficiles. La neige couvre toute
la région et le froid est intense.
Relevé dans la nuit du 9 au 10 février par le 52e colonial,
le régiment se rend au camp de Dravegny, où il commence
une période d'instruction en vue du combat offensif attendu
par tous avec impatience.
Dans la nuit du 3 au 4 mars, nous reprenons les lignes
dans le sous-secteur de Paissy.
L'allure du secteur a changé : l'ennemi est devenu agres-
sif, les bombardements intenses sont fréquents. La tempé-
rature, qui s' élève parfois brusquement, amène des dégels
qui inondent les tranchées et boyaux, les transformant en
mares de boue gruante. On se résoud à ne ravitailler que la
nuit et en dehors des boyaux, malgré la proximité de l'en-
mi, sa vigilance et son allure nettement agressives.
Dans l'après-midi du 4, les Allemands bombardent "nos
positions au nord de Troyon avec une intensité croissante.
Le lendemain matin, à 5 h. 10, ils déclenchent un violent
tir d'artillerie et de minen, formant barrage dans Troyon et
sur le chemin de terre longeant la lisière nord-ouest de ce
village. Peu après, quelques obus tdtnbent sur Moulins et
un barrage d'obus de lOS s'établit sur la tranchée Basse,
augmentant d'intensité jusqu'à 5 h. 40. A ce moment, une
attaque se déclenche sur le front occupé par la Se compa-
gnie et compris entre les sapes 3 et 10, à cheval sur la
route de Cerny ; le commandant du centre de résistance,
pressentant la gravité de l'attaque, a fait déclencher le tir
de barrage dès 5 h. 1 5.
La troupe d'attaque, comprenant 2 officiers, 120 hommes
et 18 pionniers, attaque en trois groupes : l'un à gauche,
entre la sape 3 et la barricade ; le deuxième au centre, sur
la barricade; le troisième sur la sape 10.
Grâce à la vigoureuse action des sections du sous-lieute-
nant Giacomini et de l'adjudant Roux, grâce à une contre-
attaque de flanc effectuée par le caporal Potet et trois hom-
mes (Augier, Guillot et Marinier) qui se portent à la sape 3,
l'ennemi doit se replier, laissant entre nos mains trois pri-
sonniers, dont deux grièvement blessés.
Le 12 mars, vers 5 h. 20, après un violent bombardement,
l'ennemi fait une nouvelle tentative sur le front de la lIe
compagnie. Depuis plusieurs jours, nos guetteurs avaient
signalé des coupures dans le réseau ennemi et des -tirs de
minen paraissant être un réglage avaient été dirigés sur le
point d'attaque. Les 10 et 11 mars, l'activité de l'artillerie
ennemie avait été plus grande que de coutume et ses coups
semblaient nettement encager la tranchée Chanéac. Enfin,
la nuit même de l'attaque, vers 22 heures, deux patrouilles
avaient été accueillies par notre feu.
A 5 heures, l'ennemi bombarde violemment la tranchée
Chanéac avec des minen et des obus de tous calibres; un
barrage s'établit dans le ravin de Moulins, au nord de
Paissy, et des tirs sont dirigés sur la batterie du village
de Paissy et sur Moulins.
L'attaque se produit à 5 h. 20. Effectuée par un détache-
ment comprenant un officier, un feldwebel, deux sous-offi-
ciers et cinquante hommes volontaires, elle porte sur la
section de l'aspirant Mavel, entre la sape 38 et la sape 40.
Deux groupes attaquent nos lignes :
Le premier, longeant la sape 39, tente d'aborder notre
tranchée; mais en y arrivant, l'un des Allemands est blessé
et capturé, trois sont tués à coups de crosse ou de baïon-
nette après un rude corps à corps ou se distingue brillam-
ment le sergent Forey; les autres prennent la fuite en
criant, poursuivis par nos rafales de fusil-mitrailleur et nos
grenades. -,
Cependant un Allemand a réussi à pénétrer dans la tran-
chée Godfrin, en longeant probablement l'arrière de notre
première ligne. Aperçu par l'aspirant Mavel, qui lui tire un
coup de revolver presque à bout portant, il est blessé et fait
prisonnier. Un deuxième, qui s'est réfugié dans la sape 39,
se tue au moment où il va être pris.
Le deuxième groupe, arrêté par notre réseau barbelé du
voisinage de la sape 40, est décimé par le tir d'un de nos
fusils-mitrailleurs et reflue. en désordre sur ses tranchées de
départ.
Le calme se rétablit vers 5 h. 30 : quatre cadavres enne-
mis sont ramenés dans nos lignes.
A la suite de ce coup de main, les récompenses suivantes
ont été accordées : une citation au corps d'armée, quatre
citations à l'ordre de la division, dix à l'ordre du régiment.
La section Mavel a eu, en effet, un rôle particulièrement
difficile et glorieux. Isolée de tout secours par l'inondation
créée par le dégel, elle n'a même pas pu être appuyée par
les sections voisines et a victorieusement repoussé à elle
seule la forte attaque ennemie.
Relevé par le 2e colonial, dans la nuit du 31 mars au
Ier avril, le régiment se porte à nouveau au camp de Drave-
gny, où il répète les exercices d'attaque.
Le 10 avril, le lieutenant-colonel Maroix prend le com-
mandement du sous-secteur de la cote 177; le Ier bataillon
relève dans le C. R. Calais.
Les 11 et 12, les 2e et 3e bataillons se portent respective-
ment au ravin de Troyon et à la cote 177, qui sont soumis
à des bombardement ennemis d'une extrême violence.
Du 12 au 16 avril, notre artillerie bombarde violemment
l'ensemble de la position ennemie sans qu'en raison du très
mauvais temps et du vent violent nos avions puissent régler
les tirs. L'artillerie ennemie réagit par tous ses moyens.
Dans ces quatre journées, nous perdons un capitaine tué,
deux lieutenants blessés, quinze hommes tués et quarante
blessés.
Dans la nuit du 12 au 13 avril, le sous-lieutenant Dailler
exécute une reconnaissance jusqu'à la troisième ligne alle-
mande, d'où il reçoit des rafales de mitrailleuses : il cons-
tate que la deuxième ligne est à peu près intacte. Dans la
nuit du 13 au 14, le sous-lieutenant Duret exécute une
reconnaissance du même genre et ne reçoit également des
coups qu'à la troisième ligne allemande. Cet officier recom-
mence sa reconnaissance le 14 au matin, avec le plus grand
mépris du danger et un rare sang-froid ; il est accompagné
seulement d'un caporal.
Le 15 avril, toutes les unités du régiment prennent le
dispositif d'attaque; le matin du même jour, le lieutenant-
colonel transporte son poste de commandement dans le
boyau de Charleroi.
Depuis son arrivée dans le secteur de Paissy, le régiment
a subi les pertes suivantes :
OFFICIERS
4 hors de combat, dont i tué :
NONIN, capitaine.
TROUPE
179 hors de combat, dont 42 tués :
LHÊRITIER (Jean), sergent. BIDAULT (Joanny), soldat.
GENTIL Claudius), sergent. DUPEREY (Pierre), soldat.
REOCREUX (Pierre), sergent. JUBIN (Léon), soldat.
FOREY (Ernest), sergent. AGENON (François), soldat.
PETIT-MARTENON (Pierre), capor'. BIN (Jean-Joseph), soldat.
LARMET (Yves-Marie), soldat. ROUX (Patrice), soldat.
COLONA (César-Xavier), soldat. GABRIAGUES (Vincent), soldat.
GOILE (Michel), soldat. DROUARD (Marcel), soldat.
MESPLES (Gilbert), soldat. GAINCHE (Jean), soldat.
LAFAY (Jean-Claude), soldat. CERELOZ (Jean), soldat.
BOYER (Antonin), soldat. MAGAT (Michel), soldat.
LACHASSAGNE (Gilbert), soldat. SALTEL (Ferdinand), soldat.
POIPHÏLE (Pierre), soldat. MASSOL (Achille), soldat.
ROUSSEAU (Raymond), soldat. DUSAU (Pierre), soldat.
GUILLOT (Marien), soldat. GUILLEMOTONIA (Jean), soldat.
NERTERRE (Pierre), soldat. GAILLARD (Charles-Joseph), soldat.
DELORME (Alphonse), soldat. MARTELLS (Narcisse-Et.), soldat.
VAURS (Pierre), soldat. PEYCHET (Gabriel), soldat.
MICOLIER (Jean-Marie), soldat. FAGES (Louis), soldat.
FAURY (Auguste), soldat. DUVERGER (Jean), soldat.
I,ACROIX (Jean), soldat. CLAVERIE (François), soldat.
Attaque du 16 Avril 1917
En exécution de l'ordre d'engagement, le S8 régiment
colonial doit attaquer en trois lignes successives de batail-
lon, dans l'ordre suivant : 2" bataillon (commandant Char-
vet), 3e bataillon (commandant Bertin), ier bataillon (com-
mandant Braud).
Le secteur de la division comporte en avant de la paral-
lèle de départ une position intermédiaire depuis longtemps
abandonnée par les troupes françaises et se composant de
la « Tranchée Anglaise » et d'un amoncellement considé-
rable de fils de fer barbelés. Des brèches sont pratiquées
dans ces défenses accessoires pour le passage des troupes
d'assaut. Mais en raison de ces obstacles, le départ ne
peut se faire en vagues successives, la formation en petites
colonnes par un doit être adoptée.
A 6 heures du matin, le 2e bataillon, avec un allant et
un enthousiasme incomparables, s'élance à l'attaque des
positions ennemies. Malgré la difficulté du débouché, les
unités suivent le tir de barrage avec une crânerie et un
entrain admirables, jusqu'au delà de la tranchée de Brams,
s'emparent rapidement des première et deuxième lignes
allemandes. A ce moment, le centre et la droite (6e et 5e
compagnies) sont accueillis par le feu violent d'une douzaine
de mitrailleuses qui se trouvent dans la troisième ligne
ennemie presque intacte. En un instant, dix officiers, dont
le chef de bataillon et le capitaine adjudant-major, et de
nombreux soldats sont mis hors de combat. Malgré ces
pertes énormes, dans un élan irrésistible, les premières
vagues de gauche franchissent la deuxième ligne ennemie
et prennent position dans des trous d'obus, à quinze mètres
de la troisième ligne, constituée par la tranchée de Dresde.
A l'aile droite, la Se compagnie ne peut plus progresser.
Tout homme montrant sa tête est aussitôt mortellement
touché. Bravant la mort, les chefs de section de cette unité
enlèvent leurs hommes à l'assaut de la troisième ligne
allemande ; mais les rafales violentes de mitrailleuses les
obligent à se replier dans la deuxième ligpe récemment
conquise.
La 6e compagnie, qui occupe le centre de la ligne, ne peut
avancer que quelque peu sur sa gauche, en liaison avec
la 78 compagnie. Le peloton de droite de notre unité, pris
de flanc par des mitrailleuses en batterie dans un blockhaus
de la tranchée de Dresde, à gauche du boyau de la Rhur,
doit, comme la 5e compagnie, se replier dans la deuxième
ligne allemande. C'est là que trouvent glorieusement la
OIÉRATION DU CHEMIN DES DAMES (16 Avril 1917)
mort le sous-lieutenant Chauvineau et l'aspirant Dounon,
plusieurs sous-officiers ainsi que de nombreux et vaillants
soldats du 2e bataillon.
A l'extrême droite, la 30 section de la 28 compagnie de
mitrailleuses a l'ordre de couvrir la progression du batail-
lon et de se maintenir en liaison avec le 57e colonial. Hardi-
ment portée en avant par l'adjudant Stephan, elle est, pres-
que au départ, en butte à une violente contre-attaque locale.
L'adjudant chef de section et plusieurs hommes sont tués.
Le détachement du sous-lieutenant Piétri, composé d'une
section de la 2e compagnie du 638 bataillon sénégalais,
chargé d'assurer la liaison avec le 57e colonial à la ferme
Brunin, et qui s'est mis en marche pour accomplir sa mis-
sion, se jette résolument en avant pour dégager la section
de mitrailleuses. Le sous-lieutenant Piétri est blessé, la
moitié de sa section est mise hors de combat, mais les
mitrailleuses sont dégagées et l'ennemi repoussé.
A 7 h. 30 du matin, une compagnie de tirailleurs du
4e régiment mixte (38e division) arrive en formation de
combat sur la droite du bataillon, s'engage sans ordre et
essaie de progresser dans notre secteur. Une section bondit
hors des trous d'obus, elle est de suite décimée par les feux
de mitrailleuses partant de la tranchée de Dresde et laisse
de nombreux morts sur le terrain. A 8 h. 30, cette compa-
gnie reçoit l'ordre de rallier Cussy-Gény et n'intervient
plus dans le combat.
A gauche, la 7e compagnie (compagnie Marchand) se
heurte presque aussitôt engagée à des îlots de mitrailleuses
dans les tranchées de Brahms et de Dresde. Ces îlots, puis-
samment organisés, opposent une énergique résistance.
Aidé par le sous-lieutenant Henrion, commandant un déta-
chement de la 2e compagnie de mitrailleuses, le capitaine
Marchand rétablit la situation un instant critique. Le sousr
lieutenant Fouet, avec le peloton de droite, parvient à
progresser dans un boyau. Le lieutenant Dubost, quoique
blessé, progresse de son côté avec un peloton : une section
à découvert malgré le feu infernal, l'autre dans un boyau.
Les mitrailleuses du sous-lieutenant Henrion battent les
îlots de résistance et de nombreuses grenades V. -B. y
sont lancées. Sous cette pression, pris de front et de flanc,
l'ennemi évacue la tranchée de Brahms, laissant entre nos
mains une mitrailleuse et un fusil-mitrailleur, dont les ser-
vants sont tués ou blessés.
A 6 h. 50, la compagnie Marchand se trouve dans la
tranchée de Brahms. C'est à ce moment qu'un vide se pro-
duit entre cette unité et le 68 colonial (régiment de gauche).
Le lieutenant Dubost, ayant rallié quelques Sénégalais qui
remplacent les Européens mis hors de combat, continue à
progresser à gauche, tandis que le peloton de droite ren-
contre une vive résistance devant l'ouvrage du Triangle.
A ce moment, la gauche de la 6e compagnie (section
Rachelly), fléchit par suite des pertes; l'adjudant Gaumé,
de la 76 compagnie, se porte rapidement vers ce point avec
sa section et les deux unités réussissent à se maintenir.
Pendant ce temps, le lieutenant Dubost est arrivé jusqu'à
la tranchée Cornélius, appuyant sa droite au boyau de
la Strypa. Après une dernière salve d'obus V.-B., l'ou-
vrage du Triangle est abordé par le sud et le sud-est; l'en-
nemi l'abandonne, laissant une vingtaine de cadavres sur
le terrain et entre nos mains douze prisonniers et une
mitrailleuse. Les sections Gaumé et Rachelli prennent alors
pied dans la tranchée de Dresde et s'y organisent rapide-
ment, pendant que la 7e compagnie dépasse franchement
l'ouvrage. Mais cette dernière unité est de nouveau arrêtée
par des tirs de mitrailleuses à hauteur de la tranchée de
l'Iglau. Il est alors près de 9 heures; le lieutenant Dubost,
laissant la garde de la tranchée de Cornélius à une tren-
taine de Sénégalais encadrés par des Européens, rétablit
avec le reste de sa section la liaison avec le régiment de
gauche.
De ce côté, la progression s'arrête donc à hauteur de la
tranchée de l'Iglau.
Dès le début de l'attaque, les unités du bataillon Bertin,
entraînées par un bel élan, serrent sur le bataillon d'attaque
et, la deuxième ligne allemande atteinte, leurs éléments de
tête se joignent aux deux ailes de ce bataillon pour essayer
de tourner la partie de la position ennemie qui tient tou-
jours.
A gauche, avec un entrain admirable, un peloton de la
IOe compagnie, commandé par l'intrépide lieutenant Rault,
s'élance à la baïonnette et enlève un élément de tranchée;
une vingtaine d'Allemands s'enfuient, laissant quelques
prisonniers entre nos mains.
Au centre, la l le compagnie, commandée par le capitaine
Pinet, se porte par bonds jusqu'à la Tranchée Anglaise; un
feu violent de mitrailleuses lui cause des pertes sensibles :
le sous-lieutenant Charrier, blessé, conserve néanmoins le
commandement de sa section. Continuant malgré tout sa
progression, cette compagnie dépasse la première ligne
allemande et atteint bientôt la deuxième. Le capitaine
Pinet, blessé pendant ce mouvement, mais conservant
cependant le commandement de sa compagnie pour l'en-
traîner en avant, reçoit une balle en pleine poitrine au
moment où il arrive sur cet objectif. Sa blessure est mor-
telle : il passe le commandement de sa compagnie au sous-
lieutenant Charrier. La 6e compagnie étant complètement
décimée, la l le compagnie se trouve alors en première
ligne, sous le feu d'une mitrailleuse ennemie placée à une
centaine de mètres en avant. Pendant que des obus V.-B.
sont lancés sur cette mitrailleuse, deux groupes de grena-
diers manœuvrent pour faire tomber le point d'appui. Ils y
réussissent et la position est bientôt enlevée par des élé-
ments des IOe et lIe compagnies. A 15 heures, la IOe com-
pagnie restant sur place, la 11e compagnie reçoit l'ordre de
se replier sur la deuxième ligne et de travailler à son orga-
nisation. Pendant qu'elle effectue ce travail, le bombarde-
ment ennemi lui cause des pertes sérieuses.
A droite, la ge compagnie envoie une section renforcer la
5e compagnie ; elle laisse les trois autres en deuxième ligne.
Les sections de la 3e compagnie de mitrailleuses, dont tous
les officiers sont hors de combat, appuient néanmoins le
mouvement des unités voisines.
Parti des Grottes Marocaines, cote 177, à l'heure pres-
crite, le bataillon Braud franchit le ravin de Troyon sous un
léger barrage, dans un ordre parfait et comme à la ma-
nœuvre.
Pour éviter l'entassement sur la ligne d'attaque, le lieu-
tenant-colonel, qui connaît la situation et sait que les 2e,.et
3e bataillons ne peuvent plus progresser, lui donne l'ordre
de s'arrêter dans les tranchées de la première ligne fran-
çaise, où il prend position.
A 10 heures, le chef de corps est avisé que le 6e colonial,
à gauche, est arrêté devant Cerny. A droite, la liaison avec
le 57" colonial ne s'obtient que sur la tranchée de Brahms.
Le lieutenant-colonel donne l'ordre d'organiser les posi-
tions conquises, de manière à repousser toute contre-atta-
que et de continuer la progression à la grenade en débor-
dant à droite et à gauche l'îlot de résistance de la tranchée
de Dresde.
A gauche, l'avance à la grenade est alors continuée par
les 7e et 10e compagnies, qui bientôt se trouvent en flèche
aux tranchées Cornélius et de Dresde; elles doivent s'ar-
rêter.
A droite, aucune nouvelle avance ne peut être réalisée.
Dans la nuit, sous un bombardement violent et des tirs
de mitrailleuses fréquents, le Ier bataillon relève les deux
autres en ligne.
La journée du 17 est employée à l'organisation du ter-
rain conquis; le bombardement ennemi, d'une extrême vio-
lence, cause des pertes sérieuses. Une petite opération,
tentée par un détachement de grenadiers de la 3e compa-
gnie sur la tranchée de Dresde, permet de réaliser dans
cet ouvrage une avance de 120 mètres.
Dans la nuit du I8 au I9 avril, le régiment est relevé par
le 93e régiment d'infanterie.
Après relève, il se porte au bivouac de Cuissy-Gény, d'où
à partir du 20 avril il fait mouvement vers l'Aube, où il
reste au repos jusqu'au 9 mai, dans la région de Chaudrey.
Les journées du 16 au 18 avril ont coûté au régiment
des pertes élevées :
OFFICIERS
23 hors de combat, dont 9 tués :
JANSON, capitaine. FOUET (Mathieu), sous-lieutenant.
PINET (Charles), capitaine. GUILLEMIN (Joseph), sous-lieutenant.
CHAUVINEAU (Emile), sous-lieute- DI; DAVID DE BEAUREGARD, sous-
nant. lieutenant.
PINTENET (Raphaël), sous-lieute- CHARRIER, sous-lieutenant.
nant. MARON (Vincent), sous-lieutenant.
TROUPE
545 hommes hors de combat, dont 141 tués :
STEPHANT (Louis), adjudant. DEBRET (Jean-François), caporal.
TAOC (Louis), adjudant. ROUSSET (Léon-Jules), caporal.
JEANDRE (Jean), adjudant. DOUSSOT (André), caporal.
DOUNON (André), aspirant. GASANCON (Joseph), caporal.
DASSIN (Justin), sergent-fourrier. DUCERF (Joseph), caporal.
RONZIfCRE (Etienne), sergent. BRUN (Adrien), caporal.
BAULAT (Lucien), sergent. GUILLARD (Louis), caporal.
DUHAUT (Robert), sergent. FOULFOIN (Félix, soldat.
TOUT AIN (Désiré), sergent. AUMAITRE (Jean-Baptiste),- soldat.
ROSSET (Marius-René), sergent. TESNIÈRES (Georges), soldat.
LABOURE (Claude), sergent. BLOT (Auguste), soldat.
BASSO (Eugène), sergent. ROZET (Louis), soldat.
GUILLOUX (Jean), sergent. ANGLARES (Frédéric), soldat.
SAULNIER (Gilbert), sergent. LAMARQUE (Jean), soldat.
MELEARD (Jean), sergent. LAFON (Firmin), soldat.
BESSE (Paul), sergent. FAUX (Bertrand), soldat.
RIQUE (Antonin), sergent. BERNARD (Auguste), soldat.
MASSON (Paul), sergent. CAMBONNET (Francisque), soldat.
COMBES (François), sergent. DERAY (Ange-Marie), soldat.
DEBROUX (Joseph), caporal. PARDON (Michel), soldat.
MARTINEZ (Paul), caporal. MAURÊLE (Jean), soldat.
DUREAULT (Pierre), caporal. GOURRAT (Joannès), soldat.
CACHOUX (Jean-Baptiste), caporal. DERAIN (Jules), soldat.
LE STUM (Guillaume), caporal. MEVITE (Jean-Baptiste), soldat.
DETRAZ (Joseph), soldat. SERVANT (Marius), soldat.
CHOMETTE (Justin), soldat. RENARD (Claudius), soldat.
MALHIAIRE (André), soldat. LAGAYE (Laurent), soldat.
DURAND (Baptiste), soldat. HILAIRE (Marius), soldat.
BONNET (Antoine-Jules), soldat. GRATTON (Maximin), soldat.
ANDRIET (Joseph), soldat. LE VANIC (Louis), soldat.
ALISSE (Henri), soldat. MEAILLE (Barthélémy), soldat.
MASSARD (Gaston), soldat. FOURNIER (Barthélémy), soldat.
CLOATRE (Jean-Marie), soldat. BOURGANEL (Jean-Marie), soldat.
LE BOURHIS (Auguste), soldat. GENIEZ (Jules), soldat.
HEYBERGER (Emile-G.), soldat. MALIE (Louis), soldat.
CASTAING (Pierre), soldat. GIRAUDET (Louis), soldat.
BENEZET (Jacques), soldat. SAHUT (Antoine), soldat.
FOURNIER (Fernand), soldat. TALABARD (Jean), soldat.
LACOSTE (Barthélémy), soldat. SAU (Joseph), soldat.
LACOSTE (Gérard), soldat. GRIZARD (Jean), soldat.
RENOULT (Pierre), soldat. DUPUY (Joanny), soldat.
RAILLËRE (Louis), soldat. MONTAGNE (Antoine), soldat.
MARTIN (Arthur), soldat. LATARD (Alexandre), soldat.
AGUILLAUME (Pierre), soldat. MALOT (Jean-Marie), soldat.
PHALIPPON (Augustin), soldat. GAGNEUX (François), soldat.
CHOFFEL (Emile), soldat. ENCRENAZ (Joseph), soldat.
PERRIN (Joanny-Petrus), soldat. LAGOUTTE (Gaston), soldat.
FOREST (François), soldat. JAMIN (Paulin), soldat.
POSSOMPES (Jean), soldat. DELARUÈ (Paulin), soldat.
CORLET (Paul), soldat. BERTAUD (Auguste), soldat.
FAURE (Régis), soldat. SALVA (Honoré), soldat.
DURAND (Claude), soldat. CHAUMONT (Jules), soldat.
TRIGORY (Olivier), soldat. hn; ARCHAMBAUD (Stanislas), soldat.
LELOUARN (Alexis), soldat. DROUET (Jean), soldat.
DUFAITRE (Jean), soldat. MATHIEU (Louis-Auguste), soldat.
GALLAND (Emile), soldat. WEBER (Jean-Nicolas), soldat.
DUVAL (Paul), soldat. DREVET (Auguste), soldat.
CHAUFFEREAU (Louis), soldat. LHERMITTE (Fernand), soldat.
FABRE (Désiré), soldat. DOYAT (Antoine), soldat.
DELAITRE (Michel), soldat. TEYSSIER (Jean-Pierre), soldat.
BERTRAND (Eugène), soldat. BATONDOR (Jean-Marie), soldat.
ARTONNE (Pierre), soldat. BARRAIS (Auguste), soldat.
DESFORGES (Pierre), soldat. DONIOT (Joseph), soldat.
NISSOU (Jean), soldat. THIMONIER (Félix), soldat.
GARDIES (Clovis), soldat. CLERC (Pierre), soldat.
GAUTHIER (Auguste-Arthur), [Link] (Jean-Baptiste), soldat.
GINISTY (Jean), soldat. CHEVALLET (Claudius), soldat.
ANDRIEUX (André), soldat. GUILLOIS (Marie), soldat.
SESQUIFRE (Gaston), soldat. BOISSY (Auguste), soldat.
BERTHIER (Clodius), soldat. BRUN (Auguste-Louis), soldat.
RIOU (Yves), soldat.
En outre, 54 soldats sont morts dans les hôpitaux des
suites de blessures reçues dans le secteur de Paissy ou à
l'attaque du Chemin-des-Dames.
BRUNEL (Antoine), sergent. DUGUE (Georges), soldat.
LOUDES (Gaston), caporal fourrier. COSQUER (Jean), soldat.
BRUNOD (Antoine), caporal. PERONIN (Etienne), soldat.
HEAS (Louis), caporal. ROL (Jean-Marie), soldat.
PREBAT Armand), caporal. MICHEL (Pierre-Mathieu), soldat.
DUPONT (Paul), caporal. AUCOUTURIKR (Antonin), soldat.
GELIN (Georges), soldat. ROSSIGNOL (Pierre), soldat.
DAVIN (Louis), soldat. DURAND (Gétaud), soldat.
HÉRITIER (Lucien), soldat. PERTIËRE (Jean-Baptiste), soldat.
LAFARGE (Claude), soldat. MICHEL (Louis-Honoré), soldat.
BONNET (Henri), soldat. MOUREAU (Marcel), soldat.
VILCOT (Léon), soldat. NIOBEY (Pierre), soldat.
BARRE (Aimé), soldat. PICARD (Emile-Alexandre), soldat.
CHALUS (Jean-Baptiste), soldat. CASTAGNER (Léopold), soldat.
GAVALDA (Victor), soldat. FROBERT (Gilbert), soldat.
POTTIER (Léopold), soldat. GELARD (François), soldat.
SOULET (Pierre), soldat. LE DORTZ (Joachim), soldat.
RATARD (Danton), soldat. MARTIN (Jean), soldat.
RICHAUD (Victor), soldat. GAUSSE (Jean), soldat.
HARDOIN (Hubert), soldat. AUDRY (René), soldat.
LIEUS-VERON (Véran), soldat. DUBOIS (Alexandre-Marie), soldat.
SIMON (Léon-Roger), soldat. MASSÉ (Marius), soldat.
DESGUIN (Fernand), soldat. RUDE (Joseph), soldat.
CATTIN (Antoine), soldat. LAFFAYX (Alphonse), soldat.
LE GARSMEUR (Marie), soldat. PERRET (Jean-Pierre), soldat.
BARD (Gustave), soldat. PONCETY (Jules), soldat.
DESCORCIER (Pierre), soldat. BIZEBARD, caporal infirmier.
Récompenses pour faits individuels de bravoure
LÉGION D'HONNEUR
MARCHAND (Marcel-Auguste-Octave), capitaine :
« Officier d'une énergie et d'un courage remarquables. Au
cours de l'attaque du 16 avril 1917 a, sous un violent tir de
matrailleuses, entraîné sa compagnie à l'assaut d'un ouvrage
allemand fortement occupé, qu'elle a enlevé sans soup férir, y
faisant 22 prisonniers, dont 1 officier, et y prenant une mitrail-
leuse et un fusil-mitrailleur ».
RAULT (Jean-Emile), lieutenant :
« A entraîné sa compagnie à l'assaut d'une tranchée ennemie
qu'il a emportée, faisant des prisonniers. A poussé une vigou-
reuse pointe sur la tranchée suivante, dont il a occupé les élé-
ments avancés ».
NONIN (Auguste), capitaine.
PICHON (Jean-Baptiste), capitaine.
DUBOST (Anselme), lieutenant.
CHEZEL (Gaston), sous-lieutenant.
La compagnie de première ligne de droite du bataillon
Pêlud gagne directement l'objectif assigné (corne est du
bois de Bellois), qui est atteint à 8 h. 25, en longeant la
lisière sud de ce bois. Pendant qu'elle s'y organise et que
les unités de soutien garnissent la crête au sud du bois,
OPÉRATIONS DU 12 JUILLET
les deux sections de nettoyeurs redescendent vers l'Arrière-
Cour, à travers le bois de Bellois, cueillant dans ce mouve-
ment la majorité des prisonniers faits par le régiment.
La progression du bataillon Pêlud est gênée dès le débou-
ché par des feux de mitrailleuses partant de la région de
Mailly-Raineval - cote 103, feux qui balaient toute la crête
au sud du bois et qui ne cessent de toute la journée. Après
avoir atteint leurs objectifs, au prix d'héroïques efforts, les
unités de ce bataillon sont forcées de s'abriter dans les
entonnoirs, restant jusqu'à la nuit en contact étroit avec
un ennemi mordant et agressif.
La manœuvre prévue par le plan d'engagement (débor-
dement, par le sud, du bois de Bellois, qui constituait le
point d'appui le plus important du front d'attaque) a pleine-
ment réussi, grâce aux habiles dispositions prises par le
commandant Pêlud et à la vigueur avec laquelle son batail-
lon a été conduit à l'attaque.
Les bataillons Grossard et Lucas, opérant en plaine,
avaient devant eux des effectifs moins importants et des
points d'appui moins fortement organisés. Par contre, ils
étaient très exposés aux tirs de l'artillerie et des mitrail-
leuses ennemies. Leur cohésion, leur discipline et la rapi-
dité de leur marche font le plus grand honneur tant aux
troupes qu'aux cadres.
Le colonel tient à signaler la belle conduite des unités
sénégalaises du 70e bataillon (6e colonial), mises à sa dispo-
sition. Les deux sections de nettoyeurs ont pris au combat
une part égale à celle des unités du régiment. Les deux
compagnies employées au ravitaillement en munitions et en
matériel se sont acquittées de leur tâche avec un dévoue-
ment et une rapidité dignes d'éloges.
En résumé, les troupes d'attaques ont été admirables en
tous points. Elles ont combattu avec ardeur et ténacité,
sans souci des pertes assez sérieuses, et ont atteint, sensi-
blement à l'heure prévue les objectifs fixés par le comman-
dement, faisant 300 prisonniers et s'emparant de 24 mitrail-
leuses, 10 minenwerfer ou grenatenwerfer.
Dans cette journée, les actes individuels d'héroïsme ont
été nombreux et il serait trop long de les citer tous. Le
capitaine Rault, commandant la IOe compagnie, blessé d'un
éclat de grenade, refuse de se laisser évacuer et, après un
pansement sommaire, reprend le commandement de ion
unité, qu'il conserve pendant quarante-huit heures. Dans
la matinée du 13, le capitaine Auch (11e compagnie), officier
d'une intrépidité et d'une énergie sans égales, est griève-
ment blessé, à quelques mètres de l'ennemi, en assurant lui-
même la liaison avec la compagnie voisine et donnant au
passage des ordres à ses unités pour l'organisation du ter-
rain conquis. La proximité de l'adversaire et le terrain
absolument découvert, balayé par les mitrailleuses, ne
permettent pas de l'évacuer immédiatement ; plusieurs de
ses braves soldats sont mis hors de combat en se portant à
son secours : il prescrit qu'on le laisse dans le trou d'obus
où il est tombé. Il est immédiatement pansé par l'héroïque
docteur Frontgous, médecin chef du régiment, que l'on
trouve toujours aux points les plus exposés, parcourant le
champ de bataille avec le plus grand mépris du danger,
donnant sur place aux blessés les soins nécessaires et à tous
les hommes du régiment qui le connaissent et l'admirent un
puissant réconfort moral et un superbe exemple de bra-
voure. Mais la blessure du capitaine Auch est mortelle :
évacué à la nuit, il meurt le lendemain des suites de sa
blessure. Cependant avant de quitter le terrain conquis, il
a vu briller sur sa poitrine la croix de la Légion d'honneur
qui lui a été envoyée en hâte en récompense de son suprême
sacrifice, et des larmes de joie ont perlé dans ses yeux.
Belle figure de chef et de soldat, qui emporte dans une
mort glorieuse l'admiration et les regrets unanimes de tous
ses supérieurs, camarades et subordonnés.
Pertes :
OFFICIERS
8 hors de combat, dont i tué :
AUCH (Emile), capitaine.
TROUPE
439 hors de combat, dont 70 tués :
ESPAGANC (Oswald), aspirant. DUCLOUD (François), soldat.
CROZAT (Claude), sergent. DUINAT (Pierre), soldat.
TISSIER (Ulysse), sergent. GAVILLON (Paul), soldat.
COUGET (Henri), sergent. LAMAND (Pierre), soldat.
BRET (Frédéric), sergent. GRANDJON (Raymond), soldat.
PICORN (Adrien), sergent. CASTANG (Léon), soldat.
THIALIER (Sylvain), caporal fourr. RIEU (Paul), soldat.
LEMARCHAND (Marcel), caporal. CHABROL (Jean-Marie), soldat.
CALLET (Benoit), caporal. GITENAY (Paul), soldat.
BORDA-BOSSONA (Jean-Marie), cap. BUISSON (Georges), soldat.
LUBERT (Jean), caporal. GIRARD (Marie), soldat.
ACHILLE (Julien, caporal. FILLON (Antoine), soldat.
VIGNEAU (Jean), caporal. PIERROT (Louis), soldat.
CONDAMINE (Armand), caporal. HIONKERS (Jean), soldat.
CASANOVA (François), caporal. RAPHALEN (Noël), soldat.
MIALON (Gustave), caporal. BERRY (Joseph), soldat.
MARECHAL (Désiré), caporal. FLAIRE (Clément), soldat.
DEPAILLE (Jean), caporal. THOMAS (Pierre), soldat.
HEUZE (René), soldat. HERRENG (Jules), soldat.
MAYET (Jean), soldat. HONTANG (Eloi), soldat.
MOIZARD (Lucien), soldat. MORTESSAGNE (Jean), soldat.
MlLRIT (Joseph), soldat. CHARLES (Jean-Louis), soldat.
LOMBARD (Claude), soldat. HELAIS (Alphonse), soldat.
POUPOT (André), soldat. BARNOUIN (Léon), soldat.
LE LOUARN (Pierre), soldat. GERNET (Henri), soldat.
MAZET (Roger), soldat. GENOUD (Félix), soldat.
NOIROT (Maurice), soldat, MÊDART (Albert), soldat.
GODREUL (Augustin), soldat. IÎETHUYS (Louis), soldat.
LAFAYE (François), soldat. BPS (Gustave), soldat.
LE MENU (Louis), soldat. LYOUR (Louis), soldat.
LIHER (Georges), soldat. BALLION (Jean), soldat.
BOULANGER (Albertin), soldat. DUTEN (Gaston), soldat.
MILLERET (Charles), soldat. l'IETTRE (Achille), soldat.
MOUTE (Paul), soldat. BOYER (François), soldat.
13 au 23 Juillet
Les journées qui suivent l'attaque sont consacrées à
l'organisation du terrain conquis, Aucune contre-attaque
ennemie ne se produit, l'artillerie seule réagit.
Le 14 juillet, le 3e bataillon est relevé sur ses positions
par le Ier bataillon et, le 17, le 2e bataillon et le bataillon
sénégalais sont relevés par des unités du 6e colonial.
Le I8 juillet, le Ier bataillon opère un léger glissement
vers le sud et, le lendemain, le colonel Cluzeau prend le
commandement du nouveau sous-secteur (ferme Sébasto-
pol). A cette date, les unités du régiment sont réparties
comme suit : le Ier bataillon occupe le quartier Arrière-
Cour (première ligne) ; le 2e bataillon occupe le C. R.
cote 110 (deuxième position); le 3e bataillon est en réserve
de corps d'armée au village d'Oremaux; le 71e bataillon
sénégalais est en réserve de brigade au bois d'Ailly.
Dans la nuit du 20 au 21 juillet, après un violent bom-
bardement, commencé à 21 h. 50, l'ennemi prononce une
attaque locale sur le front de la 3e compagnie, commandée
par le sous-lieutenant Tezenas du Montcel, pour nous chas-
ser du bois de Bellois, conquis le 12 juillet. Notre tir de
barrage et nos feux d'infanterie, aussitôt déclenchés, ne
permettent pas à l'ennemi d'aborder nos lignes. L'action
prend fin à 22 h. 30.
De notre côté, une nouvelle attaque est en préparation
pour le 23 juillet. Dans la nuit qui précède, les unités
d'assaut prennent position dans la parallèle de départ.
Du 13 au 23 juillet, les pertes ont été les suivantes :
OFFICIERS : 3 blessés.
TROUPE
51 hors de combat, dont 14 tués :
MORILLON (Charles), sergent. LÊOCADIE (Jean), soldat.
BOTELLI (Natal), sergent. SAVALLE (André), soldat.
VIDAL (Paul), caporal. JOSSET (Jean), soldat.
FABRE (François), soldat. GRES (Théophile), soldat.
FERRAN (Victor), soldat. EUMÎÎNE (Félix), soldat.
GROS (Alexis), soldat. BRUN (Arthur), soldat.
BATAILLE (Julien), soldat. CIIATON (Raoul), soldat.
23 et 24 Juillet. - Attaque de Mailly-Raineval
En exécution de l'ordre général n° 55 du colonel com-
mandant l'I. D. 15, le régiment doit participer à l'opération
du 23 juillet : 1 0 en portant son front à environ 3 kilomètres
à l'est; 20 en assurant l'occupation et le nettoyage de
Mailly-Raineval.
A l'heure fixée (6 h. 45), la compagnie de droite de
première ligne du bataillon Bernard (compagnie Muller)
sort de la parallèle de départ constituée par la lisière est du
bois de l'Arrière-Cour et s'avance sans difficulté en lon-
geant la lisière nord de Mailly-Raineval, jusqu'à hauteur
du cimetière. Elle est suivie, en arrière et à gauche, de la
compagnie de soutien (compagnie Tezenas) et accompagnée
d'une section sénégalaise de nettoyeurs, commandée par le
sous-lieutenant Boyer.
La compagnie de première ligne (compagnie Langlet),
qui a pour parallèle de départ la tranchée des Chasseurs,
débouche aussitôt que la compagnie Muller et parvient à
sa hauteur.
A partir de 7 h. 1 5, la progression est lente et difficile,
à cause des tirs de mitrailleuses venant d'une part de la
croupe prolongeant vers le nord-est le bois de Bellois,
d'autre part des pentes de la cote 103. Ces tirs, qui nous
causent des pertes sensibles, arrêtent l'élan de nos hommes.
Le sous--lieutenant Fieschi, de la Ire compagnie, est tué en
tête de sa section ; le lieutenant Duret, de la 2e compagnie,
d'une bravoure légendaire, tombe glorieusement criblé de
balles en entraînant ses hommes à l'assaut. Un arrêt pro-
longé a lieu à 50 mètres au nord-est du cimetière et, à
midi, le bataillon Bernard occupe des emplacements légère-
ment en retrait par rapport à l'objectif fixé.
La compagnie sénégalaise Magendie, accompagnée de la
section Schilf, débouche à 6 h. 45 du saillant sud-est du
bois de l'Arrière-Cour, en direction de Mailly-Raineval. A
OPÉRATIONS DES 23 ET 24 JUILLET ET 5 AOUT 1918
7 h. 30, ce village est brillamment enlevé et après nettoyage
des abris la compagnie Magendie occupe les lisières est et
nord-est. Dans l'après-midi, elle est mise à la disposition
du bataillon Bernard, et la section Schilt, sa mission termi-
née, revient à l'arrière.
Un ordre général n° 57 du colonel commandant PI. D. 15
prescrivait de se tenir prêt à exécuter, dans la soirée et en
liaison à gauche avec la 66e division d'infanterie, une nou-
velle opération ayant pour but de porter notre front sur la
ligne générale tranchée des Bavarois - cote 103. Cet ordre
ne peut être exécuté, le bataillon Bernard n'ayant pas
atteint l'objectif assigné et toute progression nouvelle vers
l'est étant rendue impossible par les mitrailleuses signalées
ci-dessus.
Cependant un nouvel ordre arrive de la 15" D. I. C., et il
est aussitôt transmis au bataillon Bernard. Il prescrit à ce
bataillon de reprendre l'attaque à 19 heures, pour se porter
sur son objectif du matin et pousser ensuite vers l'est. Un
nouvel appui de l'artillerie est prévu; malheureusement, cet
appui est très insuffisant et ne réussit pas à neutraliser les
mitrailleuses ennemies qui, depuis midi, arrêtent la pro-
gression. Le bataillon Bernard est de nouveau arrêté dès
son débouché et forcé de regagner ses emplacements. Le
capitaine Bernard, en rendant compte de cet insuccès, pro-
pose de ne pas abandonner la partie et, même sans nouvel
appui de l'artillerie, de s'efforcer, au cours de la nuit ou
dans la matinée du lendemain, de gagner par infiltration le
deuxième objectif qui lui est assigné. L'autorisation qu'il
sollicite à cet effet de son chef de corps lui est aussitôt
accordée.
Cette opération, conduite avec habileté, prudence et téna-
cité, commence le lendemain matin 24 juillet, dès le lever
du jour. Elle réussit complètement, presque sans pertes ;
à 11 heures, le bataillon Bernard occupe tous les objectifs
qui lui ont été fixés.
En résumé, l'opération du 23 juillet, complétée dans la
matinée du 24, a obtenu un succès complet grâce à l'entrain
des troupes et à l'habileté du capitaine Bernard. Sur le
front du régiment, elle a présenté le caractère d'un gros
coup de main d'infanterie. La force de résistance des hom-
mes et des cadres a été admirable. Après avoir progressé
en combattant, le 23, de 6 h. 45 à midi, ils ont travaillé
toute la soirée à s'organiser sur le terrain, sous les tirs de
harcèlement de l'artillerie et des mitrailleuses. Le 24 au
matin, ils ont repris leur progression pied à pied, sans
artillerie, et l'ont continuée jusqu'à 11 heures, pour recom-
mencer aussitôt après leur travail d'organisation sur le
nouveau front occupé.
Cette constance dans l'effort fait d'autant plus honneur
aux troupes engagées qu'elles n'ont pas eu de repos réel
avant le jour de l'attaque. Le bataillon Bernard est en
première ligne depuis huit jours ; l'une de ses compagnies,
la 3e, commandée par le sous-lieutenant Tezenas, a passé
ce temps à la corne est du bois de Bellois, sous un bombar-
dement incessant qui lui a infligé des pertes quotidiennes,
et elle n'est redescendue à l'Arriere-Cotir que la veille de
l'attaque. La compagnie sénégalaise Magendie et la section
Bôyer ont déjà fait l'attaque du 12 juillet, gardé le terrain
conquis pendant cinq jours et pris seulement deux jours de
repos aux carrières d'Ailly.
Pertes :
OFFICIERS
3 hors de combat, dont 2 tués :
DURET (Claudhie), lieutenant. FIESCHI, bouë-Heuteaant.
TROUPE
t SS hors de combat, dont 27 tués :
BANNIER (François), adjudant-chef. REBOURG (François), soldat.
CHEVALIER (Marcel), sergent. DOMINIQUE (Eugène), soldat.
DEMARE (Guillaume), sergent. HOUÊE (Jean-Baptiste), soldat.
LACOURTOISlE (Joseph), caporal. HARISTOY (Jean-Baptiste), soldat.
CONSTANT (Louis), caporal. [Link] (Mette), soldat.
POUDOU (André), caporal. POINTEREAU (Maurice), soldat.
GONET (René), caporal. BOISSEAU (Joseph), soldat.
MAR l'y (Joseph), caporal. AMAND (Pierre), soldat.
LECONTE (Alexandre), soldat. CHATIN (Albin), soldat.
DUCHAMP (Jean-Baptiste), soldat. LACOU (Jean), soldat.
CORTET (Pierre), soldat. TlIAZÀRD (Léonce), soldat.
DUMONT (Pierre) -t. soldat. KÀMES (Germain), soldat.
RAZES (Jacques), soldat. MANENT (Henri), soldat.
GAIDE (Louis), Soldat.
25 Juillet au 8 Août
Après ces deux journées de combat, l'ennemi ne tente
pas de reprendre le terrain perdu ; il se borne à bombarder
Mailly-Raineval et nos nouvelles positions. Dans la nuit du
25 au 26 juillet, le bataillon Bernard est relevé par le batail-
lon Pêlud, qui organise le terrain conquis.
Mais le 3 août, un ordre particulier de la ISe D. I. C.
prescrit de pousser des reconnaissances en avant. A 20 h. 30,
des éléments de là ge compagnie, qui occupent
une partie
des bois du Harpon et du Requin, se portent en avant pour
enlever la lisière nord de ces bois. Les patrouilles qui les
précèdent sont bientôt arrêtées par des réseaux épais de
fil de fer et accueillies par des rafales de mitrailleuses.
L'ordre est donné à ces éléments de se replier. A gauche,
les patrouilles des sous-lieutenants Salaun et Sidler se
heurtent également à l'ennemi.
Le 5 août à 3 heures, une forte patrouille ennemie
attaque un de nos groupes de combat, commandé par le
sous-lieutenant Salaun, Ce détachement, combattant avec
vigueur, repousse l'adversaire, qui rentre immédiatement
dans ses lignes. A 3 h. 30, en exécution de l'ordre général
n° 61, la ge compagnie, sous le commandement du capi-
taine Grange, se porte à nouveau à l'attaque des bois du
Harpon et du Requin. L'opération, appuyée par l'artillerie,
réussit parfaitement et à 3 h. 45 l'objectif est atteint. Des
patrouilles, envoyées aussitôt dans la direction de l'Avre,
reconnaissent les abords de la voie ferrée et de la ferme
Saint-Ribert, qu'elles trouvent inoccupés. Mais l'ennemi
tient toujours les passages de l'Avre par des postes solide-
,
ment établis sur la rive droite. En se retirant derrière la
rivière, il a fait sauter tous les ponts et détruit toutes les
passerelles.
Cependant une grande offensive est en préparation. Nos
attaques des 12 et 23 juillet en ont été le prélude : il s'agit
maintenant de bousculer l'ennemi sur un large front. Une
mission particulièrement dure et délicate est confiée au
régiment : le franchissement de l'Avre grossie et dont les
eaux ont envahi les terrains marécageux de la vallée. Il
n'existe plus aucune passerelle sur la rivière : la tâche sera
rude.
Pertes du 23 juillet au 3 août :
OFFICIER, I tué :
CODACCIONI, lieutenant.
TROUPE
14 hors de combat, dont 2 tués :
BRINDELLE (Marie), soldat. GAY (Clément), caporal.
Attaque du 8 Août. — Passage de l'Avre
En exécution de l'ordre général n° 63 de l'I. D. 15, le
régiment a pour mission de franchir l'Avre au bois de
La Neuville, de s'emparer de la cote 95 et de pousser
jusqu'aux lisières de Plessier-Rozainvilliers, où il doit
On'[Link] ni' 8 Ainrr iS1S
rechercher le contact avec les éléments du 31e corps d'ar-
mée venant du nord-ouest. Le mouvement doit s'opérer en
liaison à gauche avec le 6e colonial, à droite avec le 2e colo-
nial.
Dans la nuit du 6 au 7, une compagnie du bataillon
sénégalais Chauvin occupe le bois de La Neuville jus-
qu'alors dans le secteur du 2e colonial, et en fait une
reconnaissance détaillée au point de vue de la praticabilité
et de la possibilité d'établir des passerelles sur l'A vre. Le
bois n'est qu'un vaste marécage entre la voie ferrée et la
rivière, il est absolument impraticable en dehors de deux
pistes étroites ; cependant, à la corne nord du bois, une
bonne et large piste aboutit à l'Avre et se prolonge à tra-
vers les marécages de la rive droite, sur 500 mètres environ,
par une piste en fascines, jusqu'à la grande route Mont-
didier-Moreuil. Mais le pont est complètement détruit et un
poste ennemi, établi sur la rive droite du cours d'eau,
garde le point de passage : tout travail de construction de
passerelle est impossible sous le feu de l'ennemi.
Le 8 au matin, toutes les unités sont en place. Confor-
mément aux ordres du commandement, un tir de ratissage
doit être effectué sur l'A vre même, de 4 h. 20 à 6 h. 20.
A 6 h. 20, les troupes doivent se saisir des points de
passage et jeter des passerelles au moyen de matériaux
assemblés pendant la nuit, de manière à pouvoir déboucher
exactement à l'heure H : 8 h. 20. En fait, ce tir de
ratissage est mal ajusté et peu efficace. L'officier du génie
chargé, avec une section de sa compagnie et les pionniers
du régiment, de l'établissement des passerelles n'en peut
jeter que deux, à la corne nord du bois de La Neuville.
A 8 h. 20, le bataillon Chauvin s'élance à l'attaque en
deux petites colonnes par I. Une des passerelles est submer-
gée dès le début; les hommes se jettent à l'eau et avec un
bel élan se portent en avant, mais ils sont obligés de suivre
la digue en fascinages le marais étant absolument imprati-
cable. Alors se déclenche un feu de mitrailleuses d'une
violence extrême ; des mitraillettes sont dans les têtards
de saules, très bien camounées ; à leur tir se joint celui
de mitrailleuses lourdes qui garnissent la route de Montdi-
dier à Moreuil, la lisière sud-ouest du bois de Genonville,
les cotes 95 et 102. Les tirailleurs essaient de manœuvrer
les mitrailleuses rapprochées, mais toute manœuvre est
impossible dans le marais où les hommes s'enlisent complè-
tement. Les pertes sont instantanément très importantes. La
compagnie Bouquenne et deux sections de mitrailleuses
tentent de s'accrocher au terrain : les hommes sont dans
la vase jusqu'au cou, une des sections est bientôt sans
servants, l'autre engage la lutte avec deux mitraillettes
ennemies qu'elle parvient à réduire au silence. La compa-
gnie Guérin ne peut déboucher du marais, son chef est tué.
La compagnie Magendie, en soutien, essuie des pertes même
avant de franchir l'Avre; elle passe néanmoins et est suivie
par la moitié environ du bataillon Charbonnier (ier). Ce
bataillon, devant l'impossibilité d'établir des passerelles à
l'intérieur du bois de La Neuville, avait décalé à gauche
et devait marcher dans les traces du bataillon Chauvin.
La compagnie de tête du bataillon Charbonnier (com-
pagnie Muller), après avoir passé l'Avre au prix d'héroï-
ques efforts, déborde à droite et parvient à gagner, avec
trois sections et à travers le marais, le cimetière de La Neu-
ville-Sire-Bernard, qui vient d'être occupé par le 2e colonial.
Avec une ténacité admirable, elle s'y cramponne et y attend
jusqu'à 14 heures le débouché du reste de son bataillon,
formant ainsi tête de pont éloignée devant le bois de
La Neuville.
Tout le reste, Européens et Sénégalais, doit refluer vers
l'Avre et repasser sur la rive gauche sous le feu des 77; un
détachement du bataillon Charbonnier, sous le commande-
ment du sous-lieutenant Dadour, de la Ire compagnie, reste
cependant sur la rive droite pour garder le passage formant
tête de pont rapprochée, en vue d'un débouché ultérieur.
A 10 h. 30, les débris du bataillon Chauvin et les deux
compagnies du bataillon Charbonnier réoccupent la tranchée
du Chemin-de-Fer, parallèle de départ.
Pendant cette première partie de l'attaque, les actes indi-
viduels d'héroïsme ont été véritablement prodigués, surtout
au passage difficile de la rivière. Une des passerelles fut
vingt-trois fois rompue; vingt-trois fois elle fut rétablie.
Avec un entrain incomparable, nos hommes, dont la plupart
appartiennent à la 2e compagnie, se jettent à l'eau spon-
tanément pour secourir leurs camarades blessés, aider les
autres à* traverser la rivière ou rétablir le passage. Le
sous-lieutenant Noellat, de la 2e compagnie, après avoir
franchi l'Avre à la nage èn tête de son unité, entraîne
hardiment un groupe de volontaires à l'assaut d'un nid de
mitrailleuses ; grièvement blessé, il ne quitte le commande-
ment de sa section qu'à bout de forces et sur l'ordre formel
de son commandant de compagnie. Le sous-lieutenant
Dagron, commandant le peloton du canon de 37 et des
mortiers d'accompagnement, conduit ses pièces de l'autre
côté de la rivière, avec une magnifique bravoure ; mais il
est grièvement blessé au moment où il va les mettre en
batterie pour essayer de réduire les mitrailleuses ennemies.
Malgré la douleur que lui cause sa blessure, il continue à
encourager ses hommes, dont la conduite est superbe,
Mis au courant de la situation, le colonel commandant
l'I. D. établit à 11 h. 30 son ordre particulier n° 56, en
vue de reprendre l'attaque dans la soirée, après une nou-
velle préparation d'artillerie de trente minutes; le bataillon
Bernard, du 6e colonial, est mis à la disposition du colonel
Cluzeau, commandant le régiment.
Mais sur ces entrefaites, on aperçoit directement du poste
de commandement du colonel la progression des éléments
du 31e corps d'armée, vers le bois de Genonville et sur les
pentes descendant vers la ferme du même nom. Les batail-
lons de première ligne signalent en même temps le repli de
quelques fractions ennemies, notamment du côté du cime-
tière de La Neuville-Sire-Bernard.
L'occasion paraissant favorable, l'ordre est donné au
bataillon Charbonnier de se porter en avant et de marcher
sur l'objectif par le vallon qui sépare les cotes 95 et 102.
Le bataillon réserve de régiment (commandant Pêlud) sui-
vra le mouvement et, en arrivant à la grande route, décalera
à gauche et abordera la cote 95, ancien objectif du bataillon
Chauvin, mis hors de cause.
Le mouvement du bataillon Charbonnier est facilité par
la compagnie Muller, qui occupe depuis le matin le cime-
tière de La Neuville-Sire-Bernard, Vers I4 h. 30, tout le
bataillon borde la grande route, au nord du cimetière; le
bataillon Pêlud s'établit à sa gauche, malgré les feux de
mitrailleuses partant de la cote 95.
Sur la nouvelle base de départ constituée par la grande
route, les unités, forcément désunies par la traversée du
marais, sont remises en ordre et prennent leur formation
d'attaque. Dans chaque bataillon, deux compagnies sont en
première ligne, formant deux vagues ; une compagnie est
en soutien.
Le bataillon Pêlud gagne rapidement la cote 95 et la
corne sud du bois de Genonville; après avoir réduit les
quelques nids de mitrailleuses qui gênaient encore sa mar-
che, il atteint l'objectif à I9 h. 30 et prend contact avec
les zouaves du 3Ie corps d'armée vers le bois de La Botte
et au nord-ouest de Plessier-Rozainvilliers.
Le bataillon Charbonnier est longtemps retardé par de
violentes rafales de mitrailleuses partant du bois Circulaire
et de la cote 102. Malgré l'appui de l'artillerie, il ne pro-
gresse que très lentement jusqu'à 17 heures. A 17 h. 15,
le bataillon Bernard, du 6e colonial, reçoit l'ordre de se
porter dans la tranchée du Chemin-de-Fer, comme réserve
de régiment, en vue de soutenir le bataillon Charbonnier qui
doit, de concert avec un bataillon du 2e colonial, réduire le
bois Circulaire après une courte et violente préparation
d'artillerie. Mais à ce moment on signale que les Boches
évacuent la cote 102, sous les feux nourris de mitrailleuses
que le bataillon Pêlud dirige sur le bois Circulaire du haut
de la cote 95 et sous la menace d'enveloppement que cons-
titue pour eux la progression de nos troupes au nord de la
cote 102. Le bataillon Charbonnier reprend aussitôt sa
marche en avant, en liaison à droite avec le 2e colonial, et
atteint son objectif à 20 h. 40; il est en contact avec le
3Ie corps d'armée devant Plessis-Rozainvilliers.
Pendant ce temps, le génie établit sur l'Avre, au point
de passage utilisé par le régiment, deux ponts, l'un de
- bateaux, l'autre de pilots. Toute la 'soirée et toute la nuit,
les troupes chargées de l'exploitation du succès défilent sur
ces ponts.
Le 9 au soir, les bataillons Pêlud et Charbonnier sont
ramenés sur la rive gauche de l'Avre; le rôle du régiment
est terminé.
Le nombre des prisonniers capturés atteint une centaine.
En outre, six pièces de 210, quatre pièces de 105, une
batterie mixte de 77 et de 88, douze mitrailleuses lourdes
et quinze mitraillettes légères sont restées entre nos mains.
En cette dure journée, plus encore si c'est possible que
le 12 et le 23 juillet, nos hommes, Européens et Sénégalais,
ont été admirables de bravoure, de ténacité et de discipline.
Les cadres, en particulier ceux du bataillon sénégalais, ont
payé un large tribut au feu et ont été comme toujours à la
hauteur de la situation. Si le régiment, épuisé par ses
efforts et par ses pertes, a dû s'arrêter sur les hauteurs de
la rive droite de l'Avre, pendant que des troupes fraîches
poursuivaient l'ennemi sur une profondeur de plus de vingt
kilomètres, il ne faut pas oublier que c'est lui qui, avec les
régiments voisins de la 15e division coloniale, a ouvert la
porte en brisant le front ennemi dans un secteur où ce
front occupait une excellente position, tandis que notre
base de départ était aussi défavorable que possible.
Pertes :
OFFICIERS : 6 blessés.
TROUPE
265 hors de combat (y compris ceux qu bataillon
sénégalais), dont 15 tués du régiment proprement dit :
GAUMÉ (Eugène), adjudant-chef. LAUGIER (Alphonse), soldat.
FLORY (Jean), adjudant. FERRACCI (Joseph), soldat.
FONTAINE (Petrus), sergent. MOULIN (Jean-Baptiste), soldat.
HERMET (Hippolyte), sergent. CHARETON (Léon), soldat.
DESVIGNES (Victor), caporal. JACQUEMET (Camille), soldat.
COLLONGE (Jean), caporal. GOURLIN (André), soldat.
DENIS (Jean-Yves), soldat. LE HO (Jean-Baptiste), soldat.
ROBERT (Louis), soldat.
Pendant cette période d'opérations en Picardie, 25 sol-
dats sont morts dans les hôpitaux des suites de leurs bles-
sures :
DUMOULIN (Joseph), caporal. FERRY (René), soldat.
MANSEAU (Paul), soldat. GANDEHARD (Jean), soldat.
CHÊNE-CARRIÈRE (Henri), soldat. I,AVANDIER (Jean), soldat.
PERNIER (Henri), soldat. AVRIL (Léon), sotdat.
TONNEAU (Henri), soldat. RODALLEC (Louis), soldat.
CABIRO (Jean), soldat.. ROUCHE (René), soldat.
COULON (Louis-Ernest), soldat. CHAGNY (Louis), soldat.
GIRARDIN (Marcel), soldat. BULOT (Athanase), soldat.
BLANC (Marie-Maurice), soldat. DOLO (Jean-Marie), soldat.
LEDIG (Maurice), soldat. GAZEL (Antoine), soldat.
ADOUE (Guillaume), soldat. GUgRIN (André), soldat.
CLÉMENT (Pierre-Kléber), soldat. I,ABITTE (Antoine), soldat.
BAUBIL (Joseph), soldat.
A partir du 10 août, le régiment, retiré de la bataille,
exécute par voie de terre plusieurs étapes qui le portent,
par Merville, Epagny et Hallivillers, dans la zone de
Granvillers, où il arrive dans la matinée du 16.
Le 18, le colonel Cluzeau reçoit notification de l'ordre
général n° 86, du général Debeney, commandant la
Ire Armée, citant à l'ordre de l'armée le
Se RÉGIMENT D'INFANTERIE COLONIALE
« Régiment d'élite, qui a continué à montrer ses brillantes
qualités offensives et défensives sur la Somme, sur l'Aisne, à
Verdun et en Picardie. Sur la Somme, en septembre 1916 et sur
l'Aisne en avril 1917, s'est porté à l'attaque des lignes ennemies
avec une ardeur magnifique. A Verdun, en octobre 1917, malgré
le terrain bouleversé et les intempéries, sous des bombardements
d'une violence continue, malgré les tirs d'obus toxiques et les
difficultés du ravitaillement, a enrayé plusieurs attaques enne-
mies. En dernier lieu, sous l'impulsion éclairée et énergique de
son chef, le colonel Cluzeau, s'est porté avec son entrain et son
ardeur traditionnels A l'attaque de fortes positions ennemies qu'il
a enlevées dans un élan superbe. A atteint tous ses objectifs,
capturant plus de 400 prisonniers, de nombreuses mitrailleuses,
des engins de tranchée et un très abondant matériel.
Signé : DEBENEY ».
Avec cette deuxième citation à l'ordre de l'armée, la
Fourragère aux couleurs de la Croix de guerre est conférée
au régiment.
oç
Récompenses pour faits individuels de bravoure
LÉGION D'HONNEUR
BÉRANGER (Joseph), sous-lieutenant :
« Officier d'une bravoure remarquable, véritable entraîneur
d'hommes. S'est récemment distingué en menant une opération
offensive avec un entrain et une énergie exceptionnels; a mis
hors de combat de sa main un Allemand et a été grièvement
blessé au cours de l'action. Trois blessures antérieures; deux
citations ».
GRANGE (Claude), capitaine, commandant la 9" compa-
gnie :
« Admirable officier qui, depuis le début de la campagne, a
donné à tous l'exemple du courage et des plus belles vertus
militaires. A su obtenir de ses hommes le plus grand dévoue-
ment, faisant de sa compagnie une unité de premier ordre.
Exécutant avec son groupe un mouvement difficile, s'est main-
tenu avec ténacité sur une position très exposée, montrant en
cette circonstance les plus belles qualités d'un chef. Trois cita-
tions ».
AUCH (Emile), capitaine, commandant la lIe compagnie :
« Officier animé des plus beaux sentiments,
véritable entraî-
neur d'hommes. Lors d'une récente attaque, commandant une
compagnie d'assaut, dans un élan magnique a enlevé sa troupe
sur la position assignée, où il a combattu toute la journée. A
été grièvement blessé en poussant une reconnaissance hardie en
vue de l'organisation de la défense du terrrain conquis. Une
citation ».
TEYSSIER (Louis-André), lieutenant, commandant la 68
compagnie :
« Officier d'une vaillante ardeur. Au cours d'un combat, a
conduit sa compagnie à l'assaut des positions ennemies énergi-
quement défendues. Par son exemple personnel, l'habileté des
dispositions prises, a enlevé son objectif d'un seul élan et a
installé sa compagnie à plusieurs centaines de mètres en avant
de la limite assignée. A été grièvement blessé, cinq jours après
l'attaque, après avoir assuré l'organisation du terrain conquis.
Une citation ».
NOELLAT (Jean), sous-lieutenant :
« Brillant officier, d'une bravoure magnifique et d'une énergie
admirable. Le 8 août IgIS, après avoir franchi une rivière à la.
nage en tête de sa compagnie, a entraîné hardiment un groupe
de volontaires à l'assaut d'un nid de mitrailleuses ennemies.
Grièvement blessé pendant l'action, n'a quitté son commande-
ment qu'à bout de forces et sur l'ordre formel de son comman-
dant de compagnie. Après avoir été évacué sur le poste de
secours, est allé à plusieurs reprises solliciter du commandement
le ravitaillement en munitions de lâ compagnie et de la section
de mitrailleuses. Une citation x.
DAGRON (Maurice), sous-lieutenant :
« Officier de premier ordre qui a obtenu le maximum de ses
hommes gtâce à son exemple, et fait l'admiration du régiment
par son courage infatigable et sa haute valeur morale. Comman-
dant le peloton du canon de 37 et des mortiers d'acçompagne-
ment, a fait preuve d'une magnifique bravoure au cours de
l'offensive du 8 août 1918, en conduisant ses pièces sur la rive
opposée d'une rivière, malgré le feu violent de mitrailleuses,
immédiatement derrière les compagnies d'assaut. A été griève-
ment blessé en traversant les marais qui bordent la rivière. Une
blessure antérieure; une citation ».
MULLER (Pierre), capitaine (Croix décernée sur le champ
de bataille).
MÉDAILLE MILITAIRE
CABIRO (Henri), soldat.
CHÊNE (Henri), soldat.
LESBARRÈRE (Alexis), soldat. 1
MANTOUX (Jean), soldat :
« Brave et excellent soldat,
toujours au poste le plus dange-
reux. Au cours d'une patrouille en avant des lignes, a été griève-
ment blessé ».
ALLIES (Vincent-François), soldat :
« Excellent soldat mitrailleur. Très calme et très brave au
feu. A été grièvement blessé dans l'accomplissement de son
devoir ».
CLÉMENT (Pierre), soldat de la 5e compagnie :
« Bon soldat, brave et dévoué. S'est porté à l'attaque des
positions ennemies avec un entrain admirable et a été griève-
ment blessé au cours de la progression ».
LACROIX (Antoine), adjudant :
« Sous-officier de haute valeur qui, depuis le début de la
campagne, a montré les plus belles qualités de courage et d'éner-
gie. Lors d'une récente attaque, a été superbe d'allant et a
entraîné sa section à l'assaut dans un mouvement irrésistible.
S'est maintenu ensuite dans une position difficile avec une
grande ténacité. Trois citations ».
FAVRIER (Marcel), soldat :
« Excellent soldat, plein de courage et d'énergie. A été griève-
ment blessé alors que, sous un violent bombardement, il assurait
son service de guetteur dans un poste avancé ».
DUVAL (Félicien), caporal :
« Très brave gradé. Toujours volontaire pour les missions
périlleuses. A été grièvement blessé en se portant à l'attaque des
positions ennemies ».
CHOPIN (Louis), soldat :
« Excellent soldat, d'une bravoure remarquable. S'est porté
courageusement à son poste de combat et a été blessé griève-
ment au cours de la progression de son unité ».
BOCQUIER (Jacques), soldat :
« Excellent soldat, très courageux. S'est élancé bravement à
l'assaut des positions ennemies et a été grièyement blessé au
cours de l'action. Une blessure antérieure ».
VILLARD (Joseph), sergent de la l le compagnie :
« Sous-officier
d'un courage exceptionnel et d'une énergie
admirable. Déjà deux fois cité à l'ordre pour sa belle conduite
au feu.. S'est fait remarquer à nouveau au cours des récentes
opérations par sa vaillance et son sang-froid. A été grièvement
blessé en donnant le plus bel exemple à ses hommes ».
GUIRAL (Charles), soldat :
« Soldat d'élite. Au cours des récentes attaques, son groupe
étant arrêté par une mitrailleuse allemande, s'est porté sponta-
nément en avant pour ajuster son tir et a mis hors de combat
plusieurs ennemis et permis ainsi à son unité de reprendre la
progression. Une citation ».
RACHELLI (Charles), adjudant-chef :
« Sous-officier qui a fait preuve, au cours de nombreux com-
bats, d'exceptionnelles qualités de bravoure, d'énergie et de
sang-froid. Dernièrement, a enlevé sa section à l'assaut avec
un entrain superbe; s'est porté au delà de ses objectifs et a
organisé les positions conquises. Deux blessures. Une citation ».
CHAMBE (Louis), soldat :
« Soldat très brave, ayant toujours fait preuve *de sang-froid
et d'esprit de sacrifice dans les engagements auxquels il a pris
part. A été grièvement blessé à son poste de combat ».
BONNOTTE (Charles), adjudant-chef :
« Excellent sous-officier et chef de section de premier ordre;
modèle de courage et d'énergie, exerçant une très grande
influence sur ses soldats. Au cours d'une attaque récente, s'est
particulièrement distingué par son héroïque exemple et son
complet mépris du danger en entraînant sa section à l'assaut
d'une position ennemie très solidement organisée. A été très
grièvement blessé. Deux citations. Une blessure antérieure ».
DUMOULIN (Joseph), caporal :
« Excellent gradé, très dévoué et très brave. A été blessé
grièvement à son poste de combat ),.
ECHALLIER (Jean-Baptiste), sergent :
« Brillant sous-officier, superbe de calme et de sang-froid. A
été blessé grièvement à son poste de combat. Une citation ».
CEDAT (Paul-Régis), adjudant :
« Sous officier héroïque, d'une bravoure légendaire. A été
blessé grièvement le 8 août 1918. Une citation ».
LABITTE (Antoine), soldat :
« Excellent soldat, très brave. A été grièvement blessé le
8 août 1918, à son poste de combat. Une blessure antérieure,
Une citation ».
GIOVAMANGELI (Etienne), soldat :
« Très bon soldat, dévoué et courageux. A été blessé griève-
ment le 8 août I9I8 ». ,
DOLO (Jean-Marie), soldat de la 98 compagnie :
« Brave soldat. A été grièvement
blessé le 8 août 1918 en se
portant à l'assaut des positions ennemies ».
MARTINET (Jean-Baptiste-Henri), caporal de la I08 com-
pagnie :
« Excellent gradé, brave et plein d'allant, s'est toujours très
bien conduit dans toutes les affaires auxquelles il a pris part.
A été grièvement blessé le 8 août 1918, en faisant son devoir.
Une citation ».
GIROT (Albert), soldat de la Ire compagnie :
« Excellent soldat, brave et calme au feu, très dévoué. A été
grièvement blessé le 8 août 1918. Une blessure antérieure ».
COREA (Jean), soldat :
« Soldat diun courage magnifique et d'une énergie farouche,
ayant le plus profond mépris du danger. Le 8 août 1918, sous
de violentes rafales de mitrailleuses et un bombardement intense
de l'artillerie ennemie, s'est jeté à la nage dans une rivière
pour lancer une passerelle afin d'assurer le passage de sa compa-
gnie. Après des efforts inouïs, a aidé des camarades à établir
la passerelle, vingt-trois fois rompue; a porté secours à des hom-
mes blessés tombés dans la rivière et emportés par le courant.
D'une abnégation absolue, s'est dévoué jusqu'au moment où,
épuisé par la fatigue, il a coulé lui-même au fond de la rivière.
Sorti de l'eau, a dû être évacué sur le poste de secours ».
BOULIC (Joseph), soldat :
« Soldat d'élite, d'une bravoure légendaire. Volontaire pour
toutes les missions périlleuses. Le 8 août 1918, sous de violentes
rafales de mitrailleuses et un bombardement intense de l'artil-
lerie ennemie, s'est jeté à la nage dans une rivière, entraînant
avec lui toute la liaison du commandant de compagnie, pour
lancer une passerelle afin de permettre à l'unité de franchir le
cours d'eau. A facilité ensuite le passage des hommes en les
soutenant et a retiré de l'eau des camarades blessés. D'une
abnégation absolue, s'est dévoué jusqu'au moment où il a été
lui-même gravement atteint. Une citation ».
A L'ORDRE DE L'ARMÉE
DE BOISSONNEAUX DE CHEVIGNY, capitaine, commandant
le Ier bataillon :
« Capitaine commandant un bataillon, a donné un bel exem-
ple de courage en se portant, sous un bombardement violent
d'obus de gros calibre, au secours d'un groupe enseveli sous un
abri effondré. Par son sang-froid, a rétabli le calme dans sa
troupe jusqu'au moment où il a été abattu par l'éclatement d'un
projectile qui l'a blessé très grièvement ».
TONNEAU (Henri,) caporal de la N8 compagnie :
« Caporal d'un moral très élevé et d'un courage au-dessus
de tout éloge, exemple de bravoure pour toute sa compagnie.
Blessé mortellement à son poste de combat le 13 juin 1918, s'est
écrié au moment où son capitaine s'approchait de lui : « Dites
à ma mère que mon regret est de ne pas avoir vengé mon
frère! ».
COCHETEAU (Albert), caporal de la 66 compagnie :
« Excellent soldat, d'un moral élevé, ayant un grand ascen-
dant sur ses camarades. S'est élancé avec un grand courage à
l'attaque des positions ennemies au combat du 12 juillet 1918,
au cours duquel il a été grièvement blessé »..
PELUD (Léon), chef de bataillon, commandant le 3e batail-
lon :
« Officier supérieur d'une haute valeur militaire et doué des
plus belles qualités morales. Entraîneur d'hommes, a fait de
son bataillon une unité de premier ordre. A conduit avec science
et bravoure son bataillon à l'attaque du 12 juillet IgIS. Chargé
d'une manœuvre délicate sur un point important, a atteint ses
objectifs d'un seul élan, malgré des pertes sensibles; s'est
accroché à la position avec une ténacité admirable et n'a rien
cédé du terrain conquis ».
MARMET (Pierre-Constant), capitaine adjudant-major :
« Officier du plus grand mérite. Au front depuis le début de
la guerre, A eu maintes fois l'occasion de faire preuve des
plus brillantes qualités militaires. Au cours de l'attaque du
12 juillet 1918, s'est tenu constamment et de sa propre initiative
aux endroits les plus exposés, pour surveiller et assurer les liai-
sons des unités et tenir le commandant du bataillon au courant
de la progression de l'attaque. S'est dépensé jusqu'au moment
où la position conquise a été solidement organisée. Trois bles-
sures; déjà cité à l'ordre de l'armée ».
RAULT (Emile), capitaine, commandant la IO. compagnie ;
« Le 12 juillet 1918,
commandant une compagnie d'assaut, a
entraîné dans un élan superbe sa troupe, qui dépassa son objec-
tif. A-combattu toute une journée contre un ennemi entrepre-
nant. Blessé d'un éclat de grenade, a conservé pendant quarante-
huit heures son commandement après avoir été pansé, ne con-
sentant à se laisser évacuer qu'après la relève normale de sa
compagnie ».
DOLLINGER (Michel), sous-lieutenant de la 69 compagnie
« A été blessé très grièvement le 12
juillet 1918, au moment où
à la tête des vagues d'assaut il donnait à tous le plus bel exem-
ple du plus grand sang-froid et du plus beau courage ».
HUBERT (Louis), sous-lieutenant de la 79 compagnie :
« Au combat du 12 juillet 1918, chargé de l'enlèvement d'un
point d'appui le plus fortement organisé et auquel le commande-
meht attachait la plus grande importance, a enlevé le groupe
de 'liaison dont il avait le commandement à l'assaut de ce
point d'appui, avec une décision et un allant qui lui ont permis
de le réduire rapidement et sans trop de pertes. Par sa manœu-
vre habile, a permis la capture de nombreux prisonniers et
mitrailleuses. Déjà cité ».
LENFANT (Léopold), sous-lieutenant de la 3e compagnie
de mitrailleuses :
« Le 12 juillet 1918, commandant une section de mitrailleuses,
est arrivé sur la position conquise avec un personnel très réduit,
a mis aussitôt ses pièces en batterie sous un violent bombarde-
ment, servant lui-même une pièce. A ouvert le feu sur des
groupes ennemis en fuite, auxquels il a infligé de lourdes pertes,
et a continué pendant deux jours à harceler l'ennemi, donnant
ainsi à la troupe un exemple moral remarquable. Officier d'une
bravoure peu commune, d'un dévouement et d'une conscience
à toute épreuve ».
DUFY (Joannès), sergent de la Se compagnie :
« Sous-officier d'une bravoure exceptionnelle. Au front depuis
le début de la campagne. Au combat du 12 juillet 1918, a
conduit un groupe de nettoyeurs avec une audace et un entrain
remarquables, et a capturé de nombreux prisonniers. S'est
ensuite, porté sur l'objectif pour coopérer à son organisation. A
poussé en avant des lignes une reconnaissance et s'est emparé
d'une mitrailleuse ennemie. Une blessure, trois citations ».
DUMONT (François), caporal de la "ge compagnie :
« Gradé d'un dévouement inlassable et d'une intrépidité excep-
tionnelle. A plusieurs reprises, et même en plein jour, a traversé
un glacis battu par les tirs de mitrailleuses pour aller, entre
les lignes et dans les trous d'obus, panser et relever les blessés,
entraînant les brancardiers par sa bravoure ».
GUILLEBASTRE (Noël), sergent de la 7e compagnie :
cc
Sous-officier d'élite. Au cours du combat du 12 juillet 19x8,
a brillamment enlevé sa section à l'assaut des positions enne-
mies et l'a conduite sur son objectif malgré de vives résistances.
A organisé rapidement le terrain conquis. A été gravement blessé
à la face le 13 juillet, alors qu'il observait l'ennemi au cours
d'un violent bombardement des lignes. Une blessure, trois cita-
tions antérieures ».
LAMABLE (Jean-Louis), caporal de la 3e compagnie de
mitrailleuses :
« A entraîné sa pièce dans un élan
superbe avec la première
vague d'assaut, qu'il a dépassée, et a mis en batterie en terrain
découvert. A beaucoup aidé la progression du bataillon en contre-
battant les mitrailleuses ennemies. N'ayant plus de cartouches,
s'est défendu à la grenade et au mousqueton sur la position
conquise. S'est emparé d'une mitrailleuse allemande qu'il a
retournée contre l'ennemi. A ramené avec peine, sous un tir de
barrage une de ses pièces détérioriée pour l'échanger contre une
autre mitrailleuse allemande et a repris position sur la nouvelle
ligne ».
VANÇON (Edouard), caporal de la 3e compagnie de mitrail-
leuses :
« Caporal mitrailleur, chef de pièce modèle, d'un courage et
d'une bravoure légendaires. Au cours de l'attaque du 12 juillet
1918, faisant partie d'une vague d'assaut, a mis lui-même sa
pièce en batterie, seul pour réduire un groupe ennemi, permet-
tant ainsi à l'infanterie de progresser. A ensuite rejoint son
unité, atteignant en même temps qu'elle l'objectif assigné. Une
blessure, une citation antérieure i).
BRUN (Arthur), soldat de la compagnie hors rang :
« Soldat radiotélégraphiste d'un courage remarquable. Au
cours du combat du 12 juillet 1918, a assuré son service d'une
manière digne d'éloges. Tombé glorieusement pour la France le
13 juillet 1918, en portant secours à des camarades blessés ».
CHANTELOUVE (Joannès), soldat de la lIe compagnie :
« Fusilier-mitrailleur d'un entrain remarquable. Au cours de
l'attaque du 12 juillet 1918, s'est porté en avant du groupe
auquel il appartenait pour réduire un îlot ennemi, dont il a mis
en fuite les occupants ».
HOUTTE (Paul), soldat de la 6e compagnie :
« Soldat d'élite, modèle de courage et de dévouement. Au
cours du combat du 12 juillet 1918, a fait l'admiration de ses
chefs et de ses camarades, les entraînant par son exemple à
l'assaut des positions ennemies. Blessé mortellement au cours de
l'action. Une citation antérieure ».
DANIEL (Robert), soldat de la IOe compagnie :
« Agent de liaison d'un dévouement absolu, souvent mis à
l'épreuve. Le 12 juillet 1918, chargé d'apporter au chef de
bataillon un renseignement important sur la situation de sa
compagnie, a été très grièvement blessé au cours de sa mission.
A deux camarades accourus pour le relever, a remis le pli dont il
était porteur, en disant : « Allez d'abord porter le papier au
commandant, c'est plus pressé! vous viendrez me chercher
après! n.
MÉDARD (Albert), soldat de la 28 compagnie de mitrail-
leuses :
« Modèle de courage. Au combat du 12 juillet 1918, a fait
l'admiration de ses chefs et de ses camarades. Armurier d'une
pièce en batterie, tirait sur l'ennemi à coups de mousqueton.
Glorieusement tombé pour la France au cours de l'action ».
BLANGIER (Robert), sous-lieutenant de la 66compagnie :
« Au cours du combat du 12 juillet 1918, a vaillamment
entraîné sa section à l'assaut des positions ennemies, sous un
feu violent de mitrailleuses. Par une lutte opiniâtre, a fait tom-
ber de nombreux nids de résistance, permettant la progression
de l'attaque, la capture de nombreux prisonniers et l'enlèvement
de trois mitrailleuses. A été gravement blessé le 17 juillet, après
avoir assuré pendant cinq jours après l'attaque le commande-
ment de sa section sur le terrain conquis et terminé l'organisa-
tion de la position. Une citation antérieure ».
BERNARD (Ambroise), capitaine, commandant le IER batail-
lon :
« Commandant un bataillon d'attaque, le 23 juillet 1918, a
montré autant d'habileté dans la préparation du mouvement que
de vigueur dans l'exécution. Un feu violent de mitrailleuses
l'ayant empêché d'atteindre l'objectif assigné le jour même de
l'attaque, a montré la plus heureuse initiative en préparant dans
la nuit la reprise du mouvement avec ses seuls moyens. A
recommencé l'attaque le lendemain à la pointe du jour, sans
artillerie, sans renforts. A atteint et dépassé l'objectif sur tout
le front d'engagement. Officier de la plus haute valeur, doué
de toutes les qualités du chef. Deux citations antérieures ».
DURET (Claudius), lieutenant de la 2e compagnie :
« Officier d'une bravoure légendaire, d'une haute valeur
morale et professionnelle. Le 23 juillet 1918, au cours d'une
attaque, a exalté le courage de ses hommes par un héroïque
exemple et son admirable mépris du danger. A été mortelle-
ment blessé en entraînant magnifiquement sa section à l'assaut
d'un nid de résistance ennemi solidement organisé et défendu
par deux mitrailleuses. Deux citations antérieures ».
TEZENAS DU MONTCEL, sous-lieutenant, commandant la
36 compagnie :
A brillamment commandé sa compagnie au cours des attaques
des 23, 24 et 25 juillet, à Mailly-Raineval. A fait preuve d'un
grand courage et d'un magnifique allant en l'entraînant vigou-
reusement à l'assaut des positions ennemies, d'intelligence ma-
nœuvrière et d'initiative heureuse en la portant au point où sa
présence était le plus nécessaire ».
TEILLAT. (René), soldat de la 2" compagnie :
« Soldat d'élite, d'une bravoure légendaire. Le 8 août 1918, sa
compagnie ayant franchi un cours d'eau sous de violentes
rafales de mitrailleuses et un feu intensif de l'ennemi, n'a pas
hésité à se jeter à la nage, entraînant avec lui toute la liaison
du commandant de compagnie, pour établir une passerelle, mal-
gré un feu meurtrier qui a mis la plupart de ses camarades hors
de combat ».
CHALUMEAU (François), adjudant de la Ire compagnie de
mitrailleuses :
«Chef de section mitrailleur de haute valeur. Le 8 août 1918,
a puissamment aidé par ses feux le passage d'une rivière. A
réussi, après de pénibles et héroïques efforts, à traverser la
rivière sur une passerelle plusieurs fois détruite et balayée par
les mitrailleuses ennemies ».
GAY (Jules), adjudant de la Ire compagnie :
« Chef de section d'une grande valeur. Le 8 août 1918, au
cours d'une reconnaissance, a capturé trois prisonniers et une
mitrailleuse. S'était déjà distingué le 23 juillet, en prenant vingt-
cinq Allemands et deux mitrailleuses ».
HERMET (Hippolyte), sergent de la ze compagnie :
« Excellent sous-officier, d'un courage héroïque. Le 8 août
1918, s'est jeté à la nage dans une rivière pour réparer une
passerelle détruite; a renouvelé cet acte plusieurs fois, a porté
secours et a sauvé des hommes tombés dans la rivière. A été
blessé, puis tué en entraînant ses hommes à l'assaut des posi-
tions ennemies ».
DANIEL (Théodore), soldat de la Ire compagnie :
« Exemple de bravoure. Le 8 août 1918, tenant une tête de
pont sur la rive Est d'une rivière, a assuré une liaison constante
avec son commandant de compagnie. A traversé plusieurs fois
la rivière sous un feu violent et meurtrier de mitrailleuses ».
GENTON (Gabriel), soldat de la 2e compagnie :
« Le 8 août 1918, sous de violentes rafales de mitrailleuses et
un bombardement intense de l'artillerie ennemie, s'est jeté à la
nage dans une rivière pour rétablir une passerelle détruite. A été
très grièvement blessé après avoir accompli sa mission ».
LURIE (Cerf), caporal fourrier de la 2" compagnie :
« Le 8 août 1918, sous de violentes
rafales de mitrailleuses et
un bombardement intensif d'artillerie, s'est jeté à la nage dans
une rivière, entraînant un groupe de volontaires pour le lance-
ment d'une passerelle. A sauvé des camarades blessés, emportés
par le courant. Très grièvement blessé au cours de l'action ».
TOSTIVINT (Joseph), soldat de la 26 compagnie :
« Soldat d'élite. Le 8 août 1918, sous de violentes rafales de
mitrailleuses et un bombardement intensif d'artillerie, s'est jeté
à la nage dans une rivière pour rétablir une passerelle disjointe.
A réussi à accomplir sa mission et à porter secours à des cama-
rades grièvement blessés, tombés dans le cours d'eau et empor-
tés par le courant ».
KEITA DUMBA, soldat de la 2e compagnie :
« Le 8 août 1918, sous de violentes rafales de mitrailleuses
et un bombardement intensif d'artillerie, s'est jeté à la nage
dans une rivière, entraînant un groupe de volontaires pour le
lancement d'une passerelle. A sauvé des camarades blessés,
emportés par le courant. Très grièvement blessé au cours de
l'action ».
CHAPITRE XII
ATTAQUE DES ÉPARGES
OPÉRATIONS sur les HAUTS=de=MEUSE
(22 Août au 19 Octobre 1918)
Le 22 août, le régiment quitte définitivement la Somme
et est transporté par voie ferrée dans la région nord de
Joinville (Haute-Marne).
Après une période de repos de quinze jours, il est enlevé
en camions-autos et il débarque le 6 septembre à Somme-
dieue (Meuse). Jusqu'au n septembre, il stationne dans les
camps de la région boisée située au nord-est du village.
Depuis quelque temps déjà, l'armée américaine, qui
occupe le secteur de la Meuse, prépare une forte action
offensive de part et d'autre de Saint-Mihiel pour s'emparer
de la ville et réduire la fameuse « hernie ».
La 15e division d'infanterie coloniale est appelée à parti-
ciper à cette action qui doit se déclencher le 12 septembre.
Placée à l'extrême gauche du front d'attaque, elle a pour
mission de s'emparer des crêtes célèbres des Eparges et de
rejeter l'ennemi dans la plaine de la Woëvre. Les hauteurs
importantes qu'elle doit arracher aux Allemands ont été le
théâtre, pendant une partie de l'année 1915, de luttes épi-
ques et d'efforts sanglants sans cesse renouvelés. Cette
terre a été arrosée du sang de milliers de braves Français
et elle a vu fleurir une moisson d'héroïsme ; le Se colonial,
comme les autres régiments de la division, est fier d'être
choisi pour conquérir ce sol sacré et venger les braves qui
sont tombés glorieusement pour sa défense.
Dans la journée du 10 septembre, les reconnaissances
préalables sont effectuées et, dans la nuit du 11 au 12, les
unités prennent leur place dans le dispositif d'attaque.
La préparation d'artillerie commence le 1 1, à 23 heures.
En l'absence du colonel Cluzeau, le régiment est mm,
mandé par le chef de bataillon Louis Braive, adjoint au
OPÉRATIONS DES 12 ET IJ SEPTEMBRE 1918
chef de corps. Rassemblé dans les bois à l'est de la tran-
chée de Calonne, il a pour mission, le 12 : j
1° De se porter par la vallée du Long-eau, en suivant le :
mouvement du 26 colonial, sur la base de départ constituée JI
par la lisière sud de Saint-Rémy, la partie sud de la tran-
chée de Brême et le boyau de la Sardine;
2° Partant de cette base de départ, d'attaquer et d'enle-
ver le bois Bouchot, Belhaiebois et s'arrêter sur les pentes
orientales des Hauts-de-Meuse.
L'heure H étant 8 h. 30, le régiment doit attaquer en
partant de sa base de départ à 11 h. 30.
Conformément au plan d'engagement, les bataillons
s'ébranlent à 9 heures dans l'ordre suivant, pour commen-
cer la marche d'approche qui doit les conduire à leur base
de départ : bataillon Grossard, bataillon Pêlud, bataillon
Chauvin (réserve de régiment).
Les bataillons gagnent, en formations diluées, le village
des Eparges, où s'arrête le bataillon Chauvin. Les deux
autres franchissent le Longeau et progressent le long des
pentes ouest de la croupe des Eparges, en angle mort par
rapport aux positions allemandes de cette croupe. Arrivés
au ravin des Chenottes, ils sont forcés de stopper, le 26 colo-
nial n'ayant pu franchir le ravin de la Gentille-Femme, à
cause des mitrailleuses allemandes placées à la naissance
de ce ravin et tirant vers le sud-ouest. L'arrêt se prolonge
jusqu'à ce que la progression des unités voisines ait permis
la reprise du mouvement en avant par le 2e R. I. C., qui
s'empare de Saint-Remy et, conversant vers l'est, attaque
les tranchées de Breslau et de Brème.
Les bataillons Grossard et Pêlud suivent le mouvement
et gravissent à leur tour les pentes de la côte Amaranthe.
A la tombée de la nuit, ils sont à leur base de départ, la
compagnie de gauche du bataillon Grossard faisant crochet
vers le nord, pour faire face au bois que le 2e colonial n'a
pu encore nettoyer et qui est tenu par l'ennemi. Après un
petit combat à la grenade à la lisière de ce bois, tout
s'apaise, la nuit interrompant le combat.
Au soir, le poste de commandement du chef de corps est
poussé à Saint-Remy. Le détachement de liaison avec la 26e
division d'infanterie américaine à notre droite, commandé
par le sous-lieutenant Sidler, est à l'ouvrage de la Pieuvre.
Le 13, à la pointe du jour, les bataillons poussent de
fortes patrouilles vers le sud-est et les compagnies s'ébran-
lent en petites colonnes par un. Le 2e colonial, en pénétrant
dans le bois à l'est du boyau de la Sardine, libère la
gauche du bataillon Grossard. Toutefois, les mitrailleuses
ennemies, placées à la lisière du bois, contrarient l'avance
de ce bataillon. L'appui de l'artillerie est demandé et
cent cinquante coups de 75 sont tirés vers l'emplacement
présumé. Les mitrailleuses disparaissent et la progression
reprend. Le bataillon Pêlud, qui a marché sans incident
pendant ce temps-là, se trouve en échelon en avant et à
droite; ces unités de droite sont elles-mêmes les plus
avancées parce qu'elles cheminent en terrain découvert, à
la lisière sud-est des bois. Enfin, le détachement Sidler est
encore plus avant, la marche rapide de la 26e D. I. U. S.
facilitant son mouvement par le fond même de la vallée, il
gagne rapidement Dommartin-la-Montagne, puis la ferme
Longeau.
A 10 h. 30, sans avoir rencontré de résistance sérieuse,
le bataillon Pêlud atteint la ligne fixée comme ligne de
résistance en fin de combat; le bataillon Grossard atteint
cette ligne à 10 h. 45. Mais entre temps arrive l'ordre de
porter la ligne de résistance au bas des côtes de Meuse, en
appuyant la gauche à Herbéville et en occupant Hannon-
ville-sous-les-Côtes.
Cet ordre est exécuté par le bataillon Grossard, qui est
accueilli à Hannonville par les cris de joie de trois cents
habitants (femmes et enfants) que l'ennemi, en évacuant le
village le matin même, n'a pas eu le temps d'emmener.
Dans l'après-midi, le poste de commandement du chef de
corps est transféré sur la crête orientale des Hauts-de-
Meuse.
Conformément aux ordres reçus du commandement, le
bataillon Grossard envoie un fort détachement en reconnais-
sance vers l'est ; ce détachement occupe sans coup férir
Doncourt-aux-Templiers, inoccupé et vide d'habitants, et
pousse des patrouilles jusqu'au bois des Hautes-Epines, où
le contact est repris avec l'ennemi. Le bataillon Pêlud
envoie également un fort détachement par Avillers jusqu'à
Woel, inoccupé, et Joinville, occupé par une compagnie
allemande, deux compagnies hongroises et des mitrailleu-
ses qui se retirent à l'approche des nôtres. Ce détachement
revient se fixer à Avillers. En outre, une reconnaissance
d'officier (sous-lieutenant Sidler) est envoyée vers Thillot
et Saint-Maurice-sous-les-Côtespour rétablir la liaison avec
la 26e D. I. U. S. ; elle établit, à Thillot-sous-les-Côtes, là
liaison, non avec cette division, mais avec des cuirassiers
à pied qui viennent d'arriver dans le village.
En résumé, l'opération menée par le régiment a consisté
surtout en une marche d'approche des plus délicates qui a
OPÉRATIONS DES 12 ET 13 SBPTFMBRE 1918
duré toute la journée du 12. Le 13, l'ennemi ayant évacué
ses positions, la manœuvre n'a été qu'une marche sous
bois, exécutée comme à l'exercice. Le 14 au matin, le
régiment était prêt, si l'ordre en avait été donné, à entamer
la poursuite dans la Woëvre. Sa formation était la sui-
vante : un bataillon en première ligne à Hannonville, avec
avant-garde à Doncourt-aux-Peupliers, deux bataillons en
deuxième ligne rassemblés sur la crête des Côtes de
Meuse, avec flanc-garde à droite d'Avillers.
Les hommes ont marché avec leur entrain habituel, mal-
gré deux nuits au bivouac et un mauvais temps persistant
pendant toute la première journée de l'opération. Celle-ci
fait le plus grand honneur aux cadres, si l'on songe que
cette marche d'approche si dangereuse, suivie d'une longue
progression sous bois, a été exécutée avec une perte de
vingt-deux blessés.
Le régiment n'a fait qu'une quinzaine de prisonniers, il
n'a pas été pris de canons lourds ou de campagne, mais
seulement un canon de 57 rn/m et quelques mitrailleuses. Par
contre, un butin important a été trouvé dans les nombreux
abris abandonnés, à Saint-Remy, Hannonville-sous-les-
Côtes et Doncourt-aux-Templiers.
15au 16 Septembre
Le 15 septembre, le régiment est relevé sur les positions
conquises par des éléments de la 26e D. I. U. S. et, à son
tour, il va remplacer dans le sous-secteur au nord le 59e
régiment américain.
A 15 heures, la relève est terminée et les unités du régi-
ment sont réparties de la façon suivante : le bataillon Ber-
nard (ier) est échelonné en profondeur sur le front Watron-
ville-Haudiomont; le bataillon Chauvin (71e B. T. S.)
occupe, dans la même formation, la partie du secteur com-
prise entre Haudiomont et le ravin au nord de Mont-sous-
les-Côtes; le bataillon Pêlud (3e), en réserve de régiment,
stationne au bivouac dans la région Bernamant bois des
-
Chanoines (tranchée de Calonne) ; le bataillon Grossard (2e),
en réserve de division, est au camp d'Hinvaux, au nord-est
de Sommedieue.
Le secteur est relativement calme. Nos premières lignes
courent au pied des Côtes de Meuse, où les villages sont
organisés en solides points d'appui. Le bataillon Chauvin
occupe avec une compagnie le village de Manheulles, où
cette unité est complètement isolée à deux kilomètres dans
la plaine de Woëvre.
L'ennemi bombarde fréquemment tous ces villages, mais
la faible densité d'occupation rend les pertes peu sensibles.
Le 21 septembre, le sous-secteur occupé par le régiment
est légèrement décalé vers le nord. Dans la nuit, une ren-
contre de patrouilles, au cours de laquelle l'attitude de nos
hommes a été admirable, nous permet de capturer un pri-
sonnier.
Pour tromper l'ennemi, le tenir en éveil sur le front de
la Woëvre, pendant qu'une grande offensive se déroulera
à l'ouest de la Meuse, et aussi pour obtenir des renseigne-
ments précis sur son ordre de bataille, le commandement
décide que, le 26 septembre, des démonstrations d'artillerie,
accompagnées de coups de main, auront lieu sur tout le
front de Verdun à Pont-à-Mousson.
Le régiment est chargé de préparer une opération de ce
genre sur le front occupé par la division.
26 Septembre
Coup de main du Bois de Manheulles
Conformément à l'ordre général n° 343 ST de l'I. D. 15,
le régiment doit exécuter, le 26 septembre, à 6 heures du
matin, un gros coup de main sur le bois de Manheulles,
avec mission de s'emparer en premier lieu de la tranchée
des Embusqués et, en second lieu, si possible, de l'ouvrage
des Clairs-Chênes et de la tranchée des Anges.
Ultérieurement, il est décidé que l'objectif éventuel
(ouvrage des Clairs-Chênes) ne sera attaqué que si la prise
du premier objectif (tranchée des Embusqués) ne procure
pas de prisonniers.
L'opération doit être appuyée par l'artillerie organique
de la division et par un groupement de quatre compagnies
de mitrailleuses. Elle doit être exécutée par deux compa-
gnies du 71e B. T. S. et une compagnie du 3e bataillon.
Les troupes d'attaque sont placées sous les odrres du
chef de bataillon Pêlud, commandant le bataillon réserve de
régiment.
D'après le plan établi par le colonel Cluzeau, comman-
dant le régiment et approuvé par l'autorité supérieure, les
deux compagnies sénégalaises, commandées par les capi-
taines Jean-Baptiste et Larre, doivent attaquer la tranchée
des Embusqués de front, en partant de la base « Voie
ferrée - tranchée du Ravin » ; la Id compagnie, comman-
dée par le capitaine Rault, doit partir de Manheulles, poste
avancé tenu par le 6e colonial, et prendre la tranchée des
Embusqués à revers. -
COUP DE MAIN DU 26 SEPTEMBRE 1918
il
Les deux nuits qui précèdent l'attaque sont consacrées
à pratiquer des brèches dans le fouillis de fils de fer qui
encombre le « no man's land », entre nos premières lignes
et la lisière ouest du bois de Manheulles.
Un ordre ayant fait connaître que la préparation d'artil-
lerie doit commencer à minuit, tout le dispositif est mis en
place avant cette heure, pour éviter les pertes qu'une contre-
préparation possible de l'ennemi pourrait nous faire subir.
En fait, un tir violent d'artillerie commence bien à minuit,
mais c'est la préparation de la grande offensive à l'ouest de
la Meuse, dans le secteur de la division, on n'entend de
minuit à 6 heures qu'un tir lent exécuté par les douze pièces
de l'A. L. C., tir qui prend les allures d'un harcèlement
plutôt que d'une préparation. Les troupes d'attaque ne
commencent à sentir l'appui de l'artillerie que vers
l'heure H, quand l'A. C. D. entre en action.
Les tirs de neutralisation et d'aveuglement s'exécutent
conformément aux prévisions, le tir du groupement de
mitrailleuses est particulièrement efficace et contribue gran-
dement à la réussite du coup de main, en formant encage-
ment autour de la tranchée attaquée.
A 5 h. 30, la compagnie Rault s'élance à l'attaque, en
partant de sa base de départ (lisière nord-ouest de Manheul-
les - tranchée de la Vase). Elle franchit environ six cents
mètres sans difficultés et sans arrêt, mais elle est alors
arrêtée par des mitrailleuses disséminées dans les boque-
teaux de la Croizille et tirant à courte distance; elle doit
interrompre sa progression pour manœuvrer ces îlots, puis
traverser à la cisaille deux réseaux de fils de fer intacts à
une centaine de mètres de la lisière du bois. Vers 8 heures,
dès qu'elle a dépassé la ligne de faîte qui longe cette lisière
un peu en dehors du bois, elle avance sans difficulté et
pénètre à temps dans le bois pour opérer le coup de filet
prévu.
A 6 heures, les deux compagnies sénégalaises se portent
en avant en utilisant les brèches pratiquées par elles-mêmes
dans les deux nuits précédentes et celles ouvertes par
l'artillerie de 75, entre le Four-à-Chaux et l'échancrure du
bois de Massenoue. Mais, une fois arrivées à la lisière du
bois, elles trouvent les fils de fer intacts et leur progression
sous bois vers la tranchée des Embusqués doit s'exécuter à
la cisaille, très lentement. Au moment où elles viennent de
s'engager dans le bois, l'artillerie allemande déclenche der-
rière elles un violent tir de barrage qui ne fait presque
aucun mal.
Les occupants de la tranchée des Embusqués résistent
énergiquement aux attaques convergentes de nos trois com-
pagnies tant que l'officier qui les commande reste debout;
dès que celui-ci est blessé, les Boches se rendent avec une
remarquable facilité. A 8 h. 30, toute la tranchée des
Embusqués est en notre pouvoir ; le butin est important et
les pertes minimes. Conformément aux ordres du comman-
dement, la marche sur l'objectif éventuel n'est pas entre-
prise et les unités s'organisent sur la position conquise
pour y passer la journée et se replier dans la soirée.
Cette stagnation de quelques heures ne laisse pas d'être
assez coûteuse. L'ennemi, sans risquer aucune contre-
attaque, réagit violemment à plusieurs reprises avec son
artillerie ; la majeure partie de nos pertes est due à ce tir.
Dans le courant de l'après-midi, les unités ayant pris part
à l'attaque se replient progressivement par petits groupes,
vers nos positions du C. R. Massenoue, après avoir détruit
le butin qu'elles ne peuvent emporter.
En résumé, le coup de main, minutieusement préparé par
le commandant Pêlud et très vigoureusement exécuté, réus-
sit au delà de toute espérance, malgré la faiblesse des
moyens d'artillerie mis en œuvre. Le nombre des prison-
niers capturés atteint 118; en outre, 15 mitrailleuses sont
ramenées dans nos lignes.
Pertes du 15 au 26 septembre :
OFFICIER : 1
blessé.
TROUPE
39 hors de combat, dont 11 tués :
HUMBERT (Paul), sergent. MATTEI (Joseph), soldat.
FORT (Jean), soldat. GENDRON (François), soldat.
MARC (Joseph), soldat. DOR (Louis), soldat.
BONNIOT (Léon), soldat. CANCE (Eugène), soldat.
MOSNIER (Louis), soldat. BOUSQUET (Louis), soldat.
BERGEY (Jules), soldat.
27 Septembre au 19 Octobre 1918
Le 27 septembre, à 2 h. 15, un de nos petits postes est
attaqué par surprise par une douzaine d'Allemands com-
mandés par un sous-officier. Le caporal Priest, de la
5e compagnie, sommé de se rendre par le sous-officier
ennemi bondit sur lui et parvient à le désarmer; mais au
cours de la lutte corps à corps, il se blesse lui-même avec
son arme et est en outre atteint de deux balles tirées à bout
portant. Ses blessures permettent à son adversaire de
s'échapper, pendant que le feu, immédiatement ouvert par
la garnison et le fusil-mitrailleur du petit poste, met en
fuite les autres assaillants.
Les journées qui suivent sont calmes ; des relèves entre
les bataillons s'effectuent sans incidents dans le sous-sec-
teur.
Le 13 octobre, à 5 h. 10, deux compagnies du 2e bataillon
exécutent sur le bois de la Chabotte un coup de main très
réussi, au cours duquel treize prisonniers et une mitrail-
leuse sont ramenés dans nos lignes. Cette opération est
effectuée sans aucune perte.
Dans la nuit du 14 au 15 octobre, le régiment est relevé
par le 138e R. I. U. S. et va cantonner dans la zone de
Sommedieue.
Pertes du 27 septembre au 15 octobre : 8 hommes de
troupe blessés.
Sont morts dans les hôpitaux des suites de leurs bles-
sures :
FONLUPT (Victor), adjudant. FRINGANT (Eugène), caporal. 1
Récompenses pour faits individuels de bravoure
LÉGION D'HONNEUF
FOURÉ (Robert-Paul), capitaine :
« Officier de grande valeur, qui a rendu des services distingués
tant sur le front français qu'à l'Armée d'Orient. Au cours du
combat du 12 septembre 1918, étant adjoint au chef de corps, a
secondé celui-ci avec un zèle, un dévouement et une initiative
remarquables, sans souci de la fatigue ni du danger, et a ainsi
contribué pour une large part à l'exercice du commandement
pendant une opération couronnée d'un plein succès. Trois bles-
sures, deux citations ».
HENRION (Henri-Louis), capitaine :
« Officier remarquable de courage et d'énergie. Au front sans
interruption depuis le mois de juin 1915. A donné la mesure de
ses brillantes qualités militaires en Champagne en 1915, sur la
Somme en 1916, sur l'Aisne et à Verdun en 1917, et, en der-
nier lieu, sur la Somme et aux Eparges (juillet, août et septem-
bre 1918). S'est vaillamment comporté au cours des derniers
engagements de son bataillon. Deux blessures, trois citations ».
MÉDAILLE MILITAIRE
NARRAN (Gaston), soldat de la 66 compagnie :
« Excellent soldat, d'une
belle attitude au feu. A été blessé
grièvement à l'attaque du 12 septembre 1918 ».
POUZAT (Antoine), sergent de la 6e compagnie :
« Brillant sous-officier. Blessé quatre
fois au cours de la
campagne, a su conserver un moral remarquable. A fait l'admi-
ration de tous par sa bravoure, par son calme au feu et son
énergie pendant l'attaque du 12 septembre 1918. Trois citations ».
Roy (Pierre), sergent :
« Sous-officier d'une bravoure exemplaire, au
front depuis le
début de la guerre. S'est particulièrement distingué par son
courage et son initiative pendant les opérations de juillet, août
et septembre 1918. Deux citations ».
PoRRi (Antoine), sergent :
« Sous-officier d'une très grande valeur, d'un courage poussé
souvent jusqu'à la témérité; véritable entraîneur d'hommes,
possédant un grand ascendant sur ses surbordonnés. A pris part
à toutes les grandes affaires de la campagne et a constamment
fait l'admiration de tous. Le 12 septembre 1918, a su maintenir
par son exemple le plus grand ordre dans sa section, soumise
à un bombardement violent. Deux blessures, quatre citations ».
RESSOT (Jean), soldat :
« Soldat d'un courage et d'un dévouement au-dessus de tout
éloge. Au front depuis le début de la campagne sans interrup-
tion, a assisté à toutes les affaires auxquelles a pris part le régi-
ment. Volontaire pour toutes les missions périlleuses et agent
de liaison d'une bravoure légendaire au bataillon. S'est particu-
lièrement fait remarquer au cours des opérations sur la Somme
en juillet et août 1918, et au combat des Eparges en septembre
1918. Deux citations ».
BLEIN (Pierre), sergent :
« Sous-officier dévoué, intelligent, plein de courage et de sang-
froid au combat. A pris part aux affaires de Lorraine en 1914,
d'Argonne en 1915, de Lorraine et de Verdun en 1917, de la
Somme en 1918. Blessé grièvement au combat du 12 juillet
1918,'a rejoint son unité à peine rétabli de sa blessure. A parti-
cipé aux affaires des Eparges, en septembre 1918, avec sa bra-
voure habituelle. Deux citations ».
FONLUPT (Victor), adjudant de la compagnie
IOe :
« Excellent sous-officier. A été blessé grièvement en tête de sa
section, le 26 septembre 1918, en marchant résolument sur un
ennemi posté à la lisière d'un bois et retranché derrière un
véritable réseau de défenses accessoires. Trois blessures anté-
rieures. Une citation ».
BERTRAND (Jean), caporal de la 10ecompagnie :
« Très bon gradé, brave au feu et plein d'entrain. A été blessé
grièvement, le 26 septembre 1918, en se portant résolument en
avant contre un ennemi fortement retranché derrière un réseau
de défenses accessoires ».
FRINGANT (Eugène), caporal de la 106 compagnie :
« Excellent gradé, brave et énergique. A été blessé grièvement,
le 26 septembre 1918, en se portant résolument en avant contre
un ennemi fortement retranché derrière un redoutable réseau de
défenses accessoires ».
GROSSARD (Jacques), chef de bataillon.
MAVEL (Pierre), sous-lieutenant.
DARSON (Jean), adjudant.
TURPIN (Jean), sergent.
GILET (Pierre), sergent de la IOe compagnie :
« Sous-officier intrépide. Le 26 septembre 1918, a entraîné
sa section à l'assaut des tranchées ennemies malgré un tir de
mitrailleuses des plus violents. Personnellement, a engagé le
combat avec un groupe qui refusait de se rendre et mis le com-
mandant de la compagnie ennemie hors de combat, le capturant
ainsi qu'une vingtaine d'hommes et deux mitrailleuses ».
CHAPITRE XIII
OPÉRATIONS sur la RIVE GAUCHE de la MEUSE
et dans le Secteur de VERDUN-NORD
(19 Octobre au Il Novembre 191,8)
Le 19 octobre, le régiment, qui a reçu l'ordre de se
porter sur la rive gauche de la Meuse pour relever une
unité américaine, se met en mouvement. Après une marche
pénible de 25 kilomètres, tous les bataillons sont groupés
aux bois Bourrus (ouest de Verdun), où ils arrivent vers
14 heures. Mais ils ne prennent que trois ou quatre heures
de repos : à 18 heures, il faut repartir pour relever, dans
la nuit même, un régiment américain au bois des Forges.
Cette nouvelle marche de 20 kilomètres est effectuée par
une nuit noire et sous une pluie battante, dans le terrain à
peine reconquis et désertique de la côte de l'Oie et du
Mort-Homme, par des chemins affreusement défoncés et
presque impraticables.
Les bataillons n'arrivent sur leurs emplacements que
le 20, vers 4 heures du matin. Dans la journée, les recon-
naissances du secteur sont effectuées et le soir même le
régiment relève, en première ligne, le 132e R. I. U. S., sur
la rive gauche de la Meuse, devant Vilosnes et Sivry.
Au cours de cette relève, qui a été l'une des plus pénibles
de toute la guerre, nos soldats ont fait preuve d'un bon
esprit et d'une endurance admirables. A l'énorme fatigue
causée par une marche de 45 kilomètres exécutée en moins
de vingt-quatre heures, s'ajoutait la souffrance morale due
à la pluie continuelle et à l'impraticabilité des chemins dans
lesquels nos hommes, enfonçant dans la boue jusqu'à mi-
jambes, pouvaient à peine marcher. Il n'y eut pas un traî-
nard.
Le secteur dans lequel se trouve le régiment est relative-
ment calme. La Meuse et le canal, qui séparent nos pre-
mières lignes des positions allemandes, constituent deux
fossés difficilement franchissables, les ponts ayant été
détruits par l'ennemi lors de sa dernière retraite.
L'artillerie adverse exécute de temps à autre des tirs de
harcèlement, dont plusieurs à obus toxiques ; dans la nuit
du 26 au 27 octobre, un de ces tirs nous met trente hom-
mes hors de combat. Depuis l'entrée en secteur, les pertes
sont de : 1 officier blessé; 38 hommes hors de combat,
dont 1 tué :
CHAPEAU (Jules), soldat.
Opérations du 1er au 11 Novembre
Passage de la Meuse
Le Ier novembre, l'armée américaine exécute immédiate-
ment à notre gauche une grande offensive entre Argonne
et Meuse, offensive combinée avec l'attaque de l'armée
Gouraud.
Le 3 novembre au soir, tout le régiment est alerté sur
l'ordre du commandement, au reçu des renseignements
tendant à faire croire que l'ennemi bat en retraite sur tout
le front. Le rôle du Se colonial est de franchir la Meuse le
plus tôt possible, de prendre Vilosnes et de rétablir le pont
détruit.
La situation est à ce moment la suivante : le bataillon
Grossard, renforcé d'une compagnie du bataillon Bernard
(3e compagnie, commandée par le capitaine Sart), occupe
la première position devant Vilosnes, avec trois compagnies
en ligne et une compagnie en soutien. Le bataillon Bernard,
en deuxième ligne, a une compagnie au bois Rond et une
compagnie au bois d'En-Delà. Le bataillon Pêlud, réserve
de division, est stationné au bois de Forges.
Le 4 novembre, des tentatives d'attaque sont exécutées
par les Américains à gauche, les 6e et 2e régiments colo-
niaux à droite : elles échouent. Le régiment, établi devant
la Meuse dont les ponts de Sivry et de Vilosnes sont
détruits, est dans l'impossibilité d'agir tant qu'on n'a pas
progressé à ses ailes.
Le 5 novembre, les Américains réussissent à passer la
Meuse devant Brieulles et jettent un pont sur la rivière et le
canal, à la lisière sud-ouest du bois de Châtillon. A droite,
l'attaque des 6e et 2e R. I. C. échoue. Le bataillon Grossard
OPÉRATIONS DU 5 AU 7 NOVEMBRE 1918
a poussé le matin une reconnaissance sur Vilosnes, qui est
fortement tenu par l'ennemi; la reconnaissance est arrêtée à
la brèche du pont par des mitrailleuses boches : elle y
passe la journée.
Le soir, vers 17 heures, la compagnie Sart, renforcée
d'une section de la 6e compagnie mise à sa disposition,
franchit la Meuse sur le pont américain de Brieulles ; elle
se rabat vers l'est à travers le bois de Châtillon et s'avance
dans la tranchée de Châtillon jusqu'à la route nationale
n° 64; là, elle est arrêtée par le feu des mitrailleuses
ennemies.
En même temps, la compagnie du bataillon Bernard qui
occupe le bois Rond est poussée à la gauche du bataillon
Grossard pour tenir la place de la compagnie Sart ; la com-
pagnie qui est au bois d'En-Delà va au bois Rond.
Dans la nuit du 5 au 6 novembre, un détachement du
génie, aidé par les pionniers du régiment, jette une passe-
relle sur la Meuse et le canal, à 700 mètres à l'ouest de
Vilosnes.
Dans la journée du 6 novembre, le capitaine Sart reprend
la progression, la section de la 6e compagnie poussée en
avant-garde. Après une marche difficile et rendue délicate
par le tir des mitrailleuses ennemies, cette section, vers
15 heures, pénètre dans Vilosnes. Elle y fait quatre-vingts
prisonniers, pendant qu'au sud du village le lieutenant
Richard, commandant la 68 compagnie, est tué glorieuse-
ment en tête de son unité, alors qu'il tente de ce côté le
franchissement de la Meuse. A la nuit, la 5e compagnie,
commandée par le sous-lieutenant Larrandaburu, va relever
dans la tranchée de Châtillon la compagnie Sart assez
éprouvée.
Le lendemain matin, la 7e compagnie, commandée par le
lieutenant Dutheil, passe à son tour la Meuse et marche
sur Haraumont, suivie des autres unités du 2e bataillon.
Vers 11 heures, elle arrive devant le village, qui est occupé
sans coup férir.
Le bataillon Bernard, qui a traversé la rivière sur la
passerelle du génie, marche dans les traces du bataillon
Grossard. Le bataillon Pêlud, remis à la disposition du
régiment, reçoit également l'ordre de se porter sur Harau-
mont, par Consenvoye et Sivry.
Arrivé à Haraumont, le bataillon Bernard prend la tête
et est poussé sur Bréhéville ; mais il est bientôt arrêté vers
OPÉRATIONS DU 5 AU II NOVEMBRE 1918
la cote 314 par des feux de mitrailleuses partant de la
cote 388 et par la présence de l'ennemi dans le Fond-de-
Reculon. Il stationne en halte gardée, le bataillon Grossard
derrière lui. Le bataillon Pêlud est à Haraumont, près du
colonel Cluzeau, commandant le régiment. Au reçu d'un
renseignement faisant connaître que le 66 colonial est arrêté
devant l'ouvrage de la ferme Solférino, une compagnie
de ce bataillon est poussée sur la route d'Ecurey, à 1.500
mètres à l'est d' Haraumont. Elle prend la liaison avec le
2e colonial, qui a des éléments avancés sur cette route.
Le 8 novembre, le bataillon Bernard est arrêté une partie
de la journée devant la voie ferrée de 0,60 ; mais une habile
manœuvre lui permet de surmonter la résistance enne-
mie. Le soir, il rentre dans Bréhéville, abandonné par les
Allemands, et il continue sa marche sur Jametz. A la tom-
bée de la nuit, il est arrêté par des mitrailleuses qui tiennent
la lisière sud-ouest du bois de Jametz et il stationne dans
la plaine, son gros vers la station du chemin de fer, ses
éléments avancés à 50 mètres de la lisière du bois. Le
bataillon Grossard, qui le suit, s'installe à Bréhéville et sur
les pentes à l'ouest et au sud du village. Enfin, le bataillon
Pêlud, qui a pris et maintenu la liaison avec le 6e colonial
(lequel remplace le 2e comme régiment de première ligne),
stationne au camp de la ferme d'Alger (corne sud-est du
bois de Sarts-le-Puits).
Dans la nuit du 8 au 9 novembre, arrive l'ordre qui fait
connaître le changement d'orientation de la division, qui
doit maintenant marcher vers l'est, au sud de la route
Haraumont-Ecurey-Peuvillers.
En exécution de cet ordre, le 9 novembre, le bataillon
Pêlud, devenant avant-garde, se porte de la ferme d'Alger
sur Peuvillers, par Ecurey. Le bataillon Grossard est mis
en route de Bréhéville sur Ecurey, par la Croix-du-Moulin-
à-Vent, et suit le bataillon Pêlud. Pendant ce temps, le
bataillon Bernard flanc-garde ce mouvement dans la direc-
tion du nord-est puis, se porte par Lissey et Ecurey au
camp allemand des Champs-Montants, où il stationne en
réserve de régiment.
Un bataillon du 6e colonial couvre notre gauche au nord
de Peuvillers ; mais le village lui-même est vide : le bataillon
Pêlud y est accueilli par un feu nourri de mitrailleuses
partant des abords de la route nationale Verdun-Montmédy
et par un violent bombardement qui dure toute la journée.
Péniblement, il réussit à gagner la crête de la rive ouest
de la Thinte. Le bataillon Grossard tient la voie ferrée entre
Ecurey et Peuvillers. A la tombée de la nuit, une compa-
gnie américaine vient occuper Peuvillers, relevant la ge com-
pagnie commandée par le capitaine de Pinsun, et le batail-
lon Pêlud s'établit en bordure de la route nationale, entre
Peuvillers et Damvillers.
Le 10 novembre, le 128e régiment attaque à notre gauche
le bois Demange, le bataillon Pêlud doit attaquer le bois
des Montruts et le bois de Damvillers, dont il doit nettoyer
la lisière sud-ouest pour faciliter la progression du batail-
lon Marmet, du 6e colonial. Accueilli par un feu violent de
mitrailleuses partant du nord, de l'est et surtout du sud, et
par un tir de barrage parfaitement réglé sur la Thinte, le
bataillon Pêlud ne peut déboucher. A notre gauche, les
Américains ne peuvent s'emparer du bois Demange. Le
soir, le 128e R. I. U. S. est établi en bordure de la route
nationale, exactement sur notre alignement; il a subi de
fortes pertes.
L'ordre pour le 11 novembre dispose qu'après l'enlève-
ment du bois Demange par les Américains, le régiment
attaquera le bois des Montruts et progressera jusqu'au
pont des Quatre-Communes. Toutes les mesures sont prises
,pour réaliser cette avance : le bataillon Pêlud, aux avant-
postes, ne doit pas bouger; le bataillon Bernard, chargé
de l'attaque, vient avant le jour prendre son dispositif au
sud de Peuvillers ; le bataillon Grossard, établi sur la voie
ferrée, soutiendra le bataillon Bernard. Pour la première
fois depuis le début de cette semaine d'opérations, un appui
sérieux d'artillerie est espéré. Tout va se déclencher, lors-
que, à 6 h. 3°, la nouvelle de la conclusion de l'armistice
et le contre-ordre pour l'attaque (sauf pour l'artillerie) par-
viennent. L'infanterie reste donc l'arme au pied pendant
que les deux artilleries entament une violente discussion
jusque vers 10 h. 30. Malheureusement, nous avons des
pertes : l'héroïque capitaine Muller, commandant la 2e
compagnie, a un bras emporté et il meurt trois jours après.
A 11 heures, tout est terminé : la Grande Guerre a pris
fin par la soumission complète de l'ennemi.
Une musique américaine, rassemblée à Ecurey devant le
poste de commandement du colonel commandant le régi-
ment, joue la « Marseillaise » et l'hymne national des
Etats-Unis. Pendant ce temps, le général commandant la
brigade américaine voisine vient trouver le colonel Cluzeau
et féliciter laT^rance, au nom de son pays, d'avoir « rem-
porté la Victoire ».
Cette dernière période de la guerre a été pour le régiment
particulièrement dure : le froid, la pluie, les marches inces-
santes dans la' boue, les difficultés et le retard dans le
ravitaillement, tout se réunissait pour abattre rapidement
la force de résistance des hommes. Aux évacuations de bles-
sés s'ajoutaient les évacuations de malades pour cause de
grippe, d'épuisement et, les derniers jours, pour gelure des
pieds. Les hommes et les cadres ont courageusement sup-
porté ces rudes épreuves, aiguillonnés par la certitude du
succès imminent et la perspective d'un armistice victorieux
imposé à' l'Allemagne.
Le régiment a fait environ quatre-vingts prisonniers ; le
butin est impossible à définir, car dans cette série de
combats-poursuite les unités marchaient constamment et ne
pouvaient pas s'occuper de récupération.
Pertes du Ier au n novembre :
OFFICIERS, 2 tués :
MULLER, capitaine. RICHARD, lieutenant.
TROUPE
183 hors de combat, dont 9 tués :
GERMAIN (Félix), adjudant. LETOURNEAU (Charles), soldat.
SAUZEDDE (Clément), caporal. NIEL (Louis), soldat.
VIVIAND (Gabriel), soldat. VANBREMERCK (Octavre), soldat.
DURET (Joannès), soldat. GAZAIX (François), soldat.
DUMAY (Jules), soldat.
De plus, cinq sont morts des suites de leurs blessures :
ANDRÉ (Aristide), sergent. MARION (Pierre), soldat.
POUZAT (Antoine), sergent. ENJALBERT (Hippolyte), soldat.
SAUZAY (Grégoire), caporal.
La belle conduite du régiment pendant cette dernière
partie de la guerre lui vaut une troisième citation à l'ordre
de l'armée, conçue dans les termes les plus élogieux.
Extrait de l'Ordre général N° 38290 du0. Q. O. du 25 Décembre 1918
Le Général commandant la IIE Armée cite à l'ordre de
l'armée le 50 RÉGIMENT D'INFANTERIE COLONIALE :
« Régiment d'élite, animé d'un allant admirable, qui a donné
déjà, en maintes circonstances, la mesure de sa valeur et vient
d'en fournir une nouvelle preuve pendant les opérations du 3 au
11 novembre 1918, dans le secteur de Verdun-Nord.
Sous l'impulsion énergique de son chef le colonel Cluzeau,
«
a exécuté dans des conditions extrêmement pénibles uneAprès ma-
nœuvre audacieuse qui a brisé la résistance de l'adversaire.
avoir, le 6 novembre 1918, franchi la Meuse sous un bombarde-
ment violent et sous un feu intense de mitrailleuses allemandes,
a poursuivi ses attaques pendant cinq jours consécutifs, a
refoulé l'ennemi sur une profondeur de 10 kilomètres et l'a
rejeté de positions fortement organisées, lui infligeant de lourdes
pertes et lui capturant des prisonniers et un important maté-
riel ».
Récompenses pour faits individuels de bravoure
LÉGION D'HONNEUR
SART (René-Edmond), capitaine, commandant la 36 com-
pagnie :
« Officier superbe d'entrain et de mordant. Au cours de la
nuit du 5 au 6 novembre 1918, a progressé dans les lignes enne-
mies, refoulant sur une profondeur de plus d'un kilomètre un
ennemi tenace qui avait reçu l'ordre de tenir coûte que coûte.
Le 5 au petit jour, a commencé l'attaque du village de Vilosnes,
âprement défendu. Par d'habiles dispositions et une opiniâtreté
dans la lutte au-dessus de tout éloge, a réussi à pénétrer dans
le village, dont il s'est emparé après un combat de rues très
rude, faisant plus de 80 prisonniers. Coutumier des actions
d'éclat, au front depuis le début de la guerre. Deux blessures,
deux citations ».
LARRANDABURU (Jean), sous—lieutenant, commandant la
5e compagnie :
« Officier d'élite, modèle de bravoure. Au cours des opérations
du 3 au 11 novembre 1918, s'est distingué au passage de la
Meuse, à Vilosnes et à Peuvillers, où, dans un élan magnifique,
il a entraîné sa compagnie à l'attaque, sous un feu violent de
canons et de mitrailleuses. Deux blessures. Médaillé militaire
pour faits de guerre. Cinq citations ».
MÉDAILLE MILITAIRE
DUFY (Joannès), sergent de la 58 compagnie :
« Sous-officier d'élite, très méritant. Chef de section énergique
et plein d'allant, aimé et admiré de ses hommes pour son
extraordinaire bravoure, légendaire au régiment. Au front depuis
le début de la campagne, a pris part à toutes les affaires dans
lesquelles a été engagé le régiment. Une blessure. Quatre cita-
tions ».
AUGY (Pierre-Ernest), sergent :
« Sous-officier d'une énergie et d'un allant au-dessus de tout
éloge. Le 6 novembre 1918, chargé d'aborder à la tête d'une
patrouille le village de Vilosnes âprement défendu par l'ennemi,
a progressé sans hésiter sous le feu intense des mitrailleuses
jusqu'à ce que plusieurs blessures l'aient empêché de continuer
sa mission. A été un superbe exemple de bravoure pour les
hommes qu'il commandait. Deux blessures antérieures. Une
citation ».
BOUDIN (Albert), sergent :
« Sous-officier d'une intrépidité, d'un courage et d'un sang-
froid admirables, volontaire pour toutes les missions périlleuses.
Au cours de l'expédition sur Vilosnes, le 6 novembre 1918, a
fait preuve d'un entrain remarquable en se portant constamment
en avant à la recherche de l'ennemi. A fait des prisonniers.
Pendant les opérations du 5 au 11 novembre, a continué à faire
preuve du même allant. Trois blessures. Une citation ».
GILET (Pierre-Denis), sergent :
« Sous-officier d'un courage et d'une énergie au-dessus de tout
éloge. Dans la poursuite de l'ennemi, du 5 au 11 novembre
1918, comme chef de section, a fait preuve des plus belles qua-
lités de commandement et de bravoure. Blessé par un obus qui
avait mis hors de combat la moitié de son groupe, surmontant
sa douleur, a rallié ses hommes, maintenu l'ordre et n'a consenti
à se faire évacuer que sur l'insistance de son capitaine. Deux
citations ».
BOUFFIER (Elie), soldat :
« Soldat d'une bravoure exemplaire. A fait la guerre avec
une intrépidité qui ne s'est jamais démentie. Dans la poursuite
de l'ennemi, du 5 au 11 novembre 1918, a continué à faire
preuve du même état d'esprit. Quoique blessé par un obus qui
a fait de nombreuses victimes, s'est rallié un des premiers au
commandement du capitaine, donnant à tous ses camarades le
plus bel exemple d'énergie, de courage et d'abnégation. Trois
blessures antérieures. Trois citations ».
SAUZAY (Grégoire), caporal de la compagnie hors rang :
« Gradé merveilleux de courage et
d'entrain. A été blessé
grièvement à son poste de combat en faisant bravement son
devoir, le 8 novembre 1918. Une citation ».
LATOURNERIE (Alexis),, soldat :
« Soldat ayant toujours eu une
belle attitude au feu. A été'
blessé grièvement à son poste de combat en première ligne, le
9 novembre 1918 ».
BOSCHAT (Jean-Baptiste), soldat :
Soldat d'une bravoure remarquable, modèle du devoir et de
«
l'esprit de sacrifice. Agent de liaison, a pris part à toutes les
attaques du régiment depuis le 2 février 1916, et y a fait preuve
du plus absolu mépris du danger. Au cours des dernières opéra-
tions, le 9 novembre 1918, à Peuvillers, a été volontaire pour
aller chercher une mitrailleuse française violemment battue par
l'artillerie allemande et dont tous les servants avaient été mis
hors de combat. A réussi à accomplir cette mission, après avoir
vu un de ses camarades frappé à mort dans la même entreprise.
Une blessure. Trois citations ».
A L'ORDRE DE L'ARMÉE
POUZAT (Antoine), sergent de la 3e compagnie :
« Gradé énergique, d'un entrain et d'un courage remarqua-
bles. Au cours de l'opération sur Vilosnes, le 6 novembre 1918,
est rentré le premier dans le village avec une patrouille qu'il a
commandée avec une initiative et un esprit de décision admira-
bles; a fait plus de 60 prisonniers. Coutumier des actions d'éclat.
Quatre blessures ».
GERMAIN (Félix) adjudant :
« Sous-officier d'élite, d'un dévouement et d'une conscience à
toute épreuve. Tué le 9 novembre 1918 à Peuvillers, au cours d'un
violent bombardement. On peut dire de lui : « Il a été tué en
voulant sauver ses hommes ».
FfeoNTGOus (Raymond), médecin major de Ire classe :
« Le 9 novembre 1918, à Peuvillers, alors que le bataillon
d'avant-garde était engagé dans des circonstances pénibles et
qu'il supportait des pertes sensibles, le médecin major Frontgous
n'a pas hésité à se porter dans le village et là, sous un bombar-
dement extrêmement violent, risquant sa vie à tout instant dans
la rue, il a fait ramasser les blessés, les a pansés et les a fait
évacuer ».
BRAIVE (Paul-Louis), ïieutenant-oolonel adjoint au chef
de corps :
« A commandé le régiment au moment des attaques des 12 et
13 septembre 1918 dans la région des Eparges. En cette occa-
sion, a affirmé une maîtrise complète dans son commandement.
Le 9 novembre, en face d'une situation difficile et mal éclaircie,
a pénétré avec le bataillon d'avant-garde dans le village de
Peuvillers, en contact immédiat avec l'ennemi; au cours du
combat qui s'est engagé et sous un bombardement pénible par
obus de gros calibre, dans une situation critique, a su, par sa
belle attitude et sa froide bravoure, imposer la confiance aux
unités qui l'entouraient ».
RAULT (Emile), capitaine, commandant la 108 compagnie :
« Officier d'une intrépidité rare qui, lors des attaques des 9
et 10 novembre 1918, a su communiquer à ses troupes un allant
digne d'éloges. Malgré un séjour prolongé sous un bombarde-
ment sévère par obus de gros calibre, a cherché, pendant toute
une journée, à manœuvrer un ennemi fortement retranché qui
arrêtait la progression ».
GERBOT (Hippolyte), soldat de la II8 compagnie :
« Le 10 novembre 1918, faisant partie d'une patrouille sous
des feux terribles de mitrailleuses, a fait preuve du plus grand
sang-froid. Enlisé dans des marais, s'est défendu jusqu'à épuise-
ment complet de ses munitions, puis, fait prisonnier, s'est
évadé ».
ANDRÉ (Aristide), sergent :
« Sous-officier d'élite, aussi calme et consciencieux que brave,
aimé de ses hommes et estimé de ses chefs. Blessé mortellement
le 11 novembre 1918, devant Peuvillers, alors qu'avec le plus
grand mépris du danger, il se portait en avant de sa section
pour reconnaître un passage possible dans le barrage d'artillerie
adverse. Au front depuis le début de la campagne ».
MULLER (Pierre), capitaine, commandant la 2" compa-
gnie :
« Officier d'une bravoure légendaire, d'une crânerie superbe,
faisant l'admiration de ses hommes et de ses chefs par sa
conduite et sa manière de servir au-dessus de tout éloge. A été
grièvement blessé le 11 novembre 1918 au moment où il portait
sa compagnie sur sa base de départ pour l'attaque prévue au
sud de Peuvillers, en liaison avec une brigade américaine.
Amputé du bras gauche. Chevalier de la Légion d'honneur pour
faits de guerre. Une citation ».
ÉPILOGUE
Marche vers-le Rhin
Le 13 novembre, le régiment quitte l'armée américaine
et, avec les autres unités du 2e corps colonial, il est affecté
à la Xe Armée, commandée par le général Mangin.
S'il ne lui est pas donné de faire dans les villes des
provinces retrouvées ou des pays rhénans des entrées triom-
phales, il accomplit consciencieusement, dans l'ombre, la
tâche parfois rude qui lui est assignée, et les efforts qu'il
fournit n'en sont que plus méritoires.
Alors que les fatigues causées par les derniers combats
sont encore vivement ressenties, le régiment, marchant
presque sans arrêt, franchit en vingt et un jours la distance
de près de soo kilomètres qui le sépare des villes de la
vallée de la Nahe : Sobernheim, Kirn et Oberstein, où il est
appelé à monter la garde.
Au cours de ces marches longues et pénibles, l'attitude
des cadres et des hommes, qui ont fait preuve d'une endu-
rance et d'une bonne volonté au-dessus de tout éloge, a été
admirable.
Le 18 décembre, une délégation est envoyée dans la jolie
petite ville de Bingen, sur les bords du Rhin, où le maréchal
Pétain remet solennellement au Drapeau du régiment la
Fourragère aux couleurs de la Croix de guerre, si vaillam-
ment méritée par les nombreux exploits accomplis sur les
champs de bataille.
Cette émouvante cérémonie est le glorieux couronnement
de l'histoire du 5" Régiment d'infanterie coloniale pendant
la Grande Guerre.
Occupation
Le 28 janvier, le régiment est poussé en entier les
sur
bords du Rhin, à Bingenet dans les villages environnants.
Le surlendemain, le colonel Querette prend le commande-
ment, en remplacement du colonel Cluzeau, mis à la dispo-
sition du Ministre de la Guerre pour recevoir
une nouvelle
affectation, et dont le départ est très regretté.
Le g mars, lérégiment quitte la xe Armée et est trans-
porté par voie ferrée sur le territoire de la VIIIe Armée,
commandée par le général Gérard. Il cantonne dans la
région de Frekenfeld-Winden, au sud-est de Landau, et
trois jours plus tard un léger déplacement le porte dans les
-
villages de Rulzheim, Hoerdt, Leimersheim et Jockgrim.
C'est là que, le 29 mars, le colonel Querette, affecté à
l'Armée d'Orient, passe le commandement du régiment au
colonel Viard.
Enfin, le 10 avril, un déplacement partiel conduit le
Se colonial plus au sud. Les unités sont échelonnées le long
du Rhin, dont elles ont la surveillance, la rive droite du
fleuve n'étant pas occupée par nos troupes; le centre se
trouve au pont de Maxau, sur la route de Landau à Karls-
ruhe, tout près de cette dernière ville.
Le 19 avril, le colonel Viard, appelé à servir dans l'Armée
polonaise, passe le commandement au lieutenant-colonel
Gremillet.
Pendant toute cette première partie de l'occupation,
les conditions de la paix à imposer à l'ennemi sont éta-
blies avec le plus grand soin par le Conseil suprême des
Alliés et communiquées à l'Allemagne, qui répond par des
contre-propositions. Mais celles-ci ne sont pas acceptées.
Quelques détails seulement sont pris en considération et
M. Clemenceau, président du Conseil suprême, envoie à
l'Allemagne le texte légèrement modifié du Traité de Paix
qu'elle doit accepter dans son intégralité avant le 23 juin,
19 heures.
Pendant ce temps, dans toute l'armée d'occupation, des
dispositions sontjprises en vue de parer à toutes les éven-
tualités et agir promptement en cas de refus possible de
l'ennemi. De nombreux mouvements de troupes sont effec-
tués, les unités sont réorganisées et les effectifs renforcés.
Le 17 mai, le régiment est relevé sur le Rhin par le
SIe régiment d'infanterie italienne et la 46e division fran-
çaise. Par étapes successives, il se porte dans la région
d'Edenkoben, où il cantonne trois jours, puis dans la zone
de Weisenheim-Amberg, entre Bad-Durckheim et Gruns-
tadt.
L'instruction est immédiatement reprise et le régiment
réorganisé en vue de la marche en avant ; deux bataillons
de marche sont constitués.
Le 18 juin, les unités sont transportées en camions-autos
sur la rive droite du Rhin, à la limite d'occupation de la
tête de pont de Mayence ; elles cantonnent à Griesheim et
Wolfskehlen, près de Darmstadt.
Les jours suivants sont consacrés à la préparation de la
reprise éventuelle de la marche en avant. Le 23 juin, à
19 heures, en cas de refus de l'ennemi, la 3e brigade colo-
niale, composée des Se et 6e régiments, doit se saisir de
Darmstadt, mouvement qui sera le prélude d'opérations
ultérieures.
Dans la journée du 23 juin, les dernières dispositions
sont prises et, à 18 h. 30, toutes les unités sont exactement
à la place qui leur est fixée par l'ordre d'opérations du
lieutenant-colonel Gremillet, commandant le régiment. Le
peloton de cavalerie et la section de tanks mis à la disposi-
tion du régiment sont également en position.
A 19 h. 1 5, lé colonel reçoit le message notifiant l'accep-
tation complète du Traité de Paix par l'Allemagne. Les
unités sont aussitôt désalertées et reçoivent l'ordre de
rejoindre leurs cantonnements. A 20 h. 15, le régiment
rentre à Griesheim, musique en tête.
Le 28 juin, au château de Versailles, les plénipotentiaires
allemands signent le Traité de Paix qui consacre la défaite
de leur pays.
Rentrée à Lyon
Le 6 juillet, le régiment va cantonner dans la région de
Goddelau et se prépare à rentrer en France, mouvement
qui doit s'effectuer incessamment, d'après les ordres reçus.
Pendant que la délégation du régiment, composée du
lieutenant-colonel Gremillet, du Drapeau et de sa garde, va
prendre part aux Fêtes de la Victoire à Paris, le 14 juillet,
et défiler sous l'Arc de Triomphe, nos bataillons et l'état-
major embarquent à Griesheim, les 9, 10, 11 et 13 juillet, et
arrivent deux jours plus tard à Lyon, garnison d'avant-
guerre du régiment.
Le 16 juillet, à 7 heures, une compagnie du 28 bataillon
est envoyée à la gare de Perrache pour recevoir la déléga-
tion du régiment à son retour de Paris. Elle arrive à
9 heures : les honneurs sont rendus au Drapeau et la com-
pagnie se met en marche vers la caserne Serin.
Pendant toute la traversée de la ville, les acclamations
ne sont pas ménagées à nos « Poilus » et au glorieux
emblème de la Patrie, qui recueille au passage les applau-
dissements nourris de la population lyonnaise.
Enfin, le 29 juillet, a lieu la réception officielle des régi-
ments récemment rentrés d'Allemagne. Elle comporte une
revue des troupes sur la place Bellecour, par le général
Marjoulet, gouverneur, et un défilé. La foule, massée sur
le passage de nos glorieux soldats, les acclame et les couvre
littéralement de fleurs, voulant montrer ainsi combien sont
grandes l'admiration et la reconnaissance de la France pour
ceux qui ont vaillamment combattu et qui ont été les meil-
leurs artisans de la Victoire.
iRÉCAPITULATION DES PERTES
subies par le Régiment pendant la guerre
Officiers : 238 hors de combat, dont 84 tués ou morts des
suites de leurs blessures.
Troupe : 10.354 hors de combat, dont 1.960 tués ou
morts des suites de leurs blessures.
En outre, 8 officiers et 777 soldats sont encore disparus
à l'heure actuelle.
RÉCAPITULATION DES RÉCOMPENSES
I. — Récompenses collectives
i Il Félicitations du Général commandant la 768 D. I.
20 Félicitations du Général commandant la 3e D. I.
30 Citations de la 8e Compagnie à l'ordre du Se C. A.
40 Félicitations du Général commandant le Se C. A.
5° Félicitations du Général commandant la ge D. I.
6° Citation de la ge Compagnie à l'ordre de la IIIe Armée.
7°
80
Citation du Régiment à l'ordre de la IVe Armée.
Citation du ier Bataillon à l'ordre du 2" C. A. C.
-
9°
10°
Citation du Régiment à l'ordre de la I1* Armée.
Citation du Régiment à l'ordre de la IIe Armée.
-.
Il. — Récompenses individuelles
3 Croix d'officier de la Légion d'honneur.
41 Croix de chevalier de la Légion d'honneur.
317 Médailles militaires.
170 Citations à l'ordre de l'Armée.
INTRODUCTION 3
Pages
Opérations en Lorraine 7
CHAPITRE
CHAPITRE
1
Il
Hauts-de-Meuse.
Opérations en Woëvre - 25
Opérations en Argonne.
CHAPITRE III
IV
34
l'Oise.
CHAPITRE
Opérations en Champagne 6o
CHAPITRE V
Somme.
Opérations dans 73
CHAPITRE VI
l'Aisne.
Opérations dans la 76
CHAPITRE VII
Opérations dans go
CHAPITRE VIII
Opérations dans le secteur de la forêt de Parroy. -
105
Opérations au nord de Verdun.
CHAPITRE IX
CHAPITRE X
107
Opérations de part et d'autre de Saint-Mihiel n 5
Opérations en Picardie.,
CHAPITRE
CHAPITRE XII
XI
118
*
la
EPILOGUE
Meuse.
Attaque des Eparges; Opérations sur les Hauts-de-Meuse.
>
CHAPITRE XIII
Opérations dans le Secteur de Verdun-Nord; Passage de
138
146
196