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Chômage et inflation : Théories et implications

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MACROÉCONOMIE 4.

CHÔMAGE ET INFLATION

Federico Bassi
Bureau 109, Bâtiment SH2
Email : [Link]@[Link]
SÉANCE PRÉCÉDENTE

• Courbe de Phillips :
• Relation négative entre taux de chômage et taux de croissance des salaires entre 1861 et 1957

• Relation hautement non linéaire (taux de chômage et variation du taux de chômage)

• Explication théorique :
• Offre, demande et prix

• Variation de la demande d’emploi

• Indexation des salaires à l’inflation (bien importés)


SÉANCE PRÉCÉDENTE

• Des salaires à l’inflation :


𝑊
𝑃= 1+𝑚
𝐴

• Si marge de profit constante et taux de croissance stable de la productivité du travail :


𝜕𝑊 𝜕𝐴 𝜕 1 + 𝑚
𝑝≈ − + ෡ − 𝑎ത
=𝑊
𝑊 𝐴 1+𝑚

• Empiriquement, ces hypothèses sont raisonnables


SÉANCE PRÉCÉDENTE

• Deux positions : économies à haute pression Vs économies à faible pression

• Bénéfices potentiels d’une économie à haute pression :


• Taux d’emploi et d’activité ; Loi d’Okun ; Gains de productivité et qualité de l’emploi ;
Réduction des inégalités ; Mobilité sociale

• Coûts potentiels d’une économie à haute pression :


• Compétitivité ; pressions sur taux d’intérêt et taux de change ; boucle salaires/prix ; incertitude
et baisse de l’activité économique ; instabilité monétaire et financière
SÉANCE PRÉCÉDENTE

• Questions :
• Plein emploi possible ?
• Taux de chômage le plus faible et soutenable ?
• Equilibre de marché ou cible de politique économique ?
• Quelles politiques économiques ?

• Différentes réponses :
• Néoclassiques ; Néo-keynésiens ; Postkeynésiens.
DES TRENTE GLORIEUSES AUX CRISES
PÉTROLIÈRES

• Contexte international en 1950/1960 :


• Stabilité monétaire internationale (GES)
• Politiques keynésiennes
• Plein emploi

• Contexte international à partir des années 1970 :


• Instabilité monétaire internationale
• Différentes politiques économiques : stabilité monétaire Vs stabilité économique
• Chocs pétroliers et inflation
DES TRENTE GLORIEUSES AUX CRISES
PÉTROLIÈRES

• Trois phases :
• Courbe de Phillips standard : relation négative entre taux de chômage et inflation (1960 – 1968)

• Courbe de Phillips verticale : pas de relation entre chômage et inflation (1968 – 1974)

• Pays keynésiens : de 3.5% à 3.46% (c) ; de 2.83% à 15.90% (i)

• Autres pays : de 1.46% à 1.76% (c) ; de 3.53% à 11.72% (i)

• Courbe de Phillips renversée : relation positive entre taux de chômage et inflation (1974 – 1980)

• Pays keynésiens : de 3,46% à 8,30% (c) ; de 15,90% à 18,13% (i)

• Autres pays : de 1,76% à 4,48% (c) ; de 11,72% à 5,75% (i)


DES TRENTE GLORIEUSES AUX CRISES
PÉTROLIÈRES
LA THÉORIE MONÉTARISTE

• Emergence d’une nouvelle théorie dominante : la théorie monétariste (Friedman, Phelps)


• 1) Théorie quantitative de la monnaie : 𝑀𝑣 = 𝑝𝑌
• Si 𝑣 est constant et 𝑌 est constant :
𝑝 = 𝑣ҧ Τ𝑌ത 𝑀

• D’où, par approximation logarithmique :


𝜕𝑝Τ𝑝 = 𝜕𝑀Τ𝑀

• 2) pouvoir d’achat et anticipations d’inflation :


• Négociations salariales comme contrat de long terme : anticipations d’inflation centrales

• On négocie le pouvoir d’achat, pas le salaire monétaire


LA THÉORIE MONÉTARISTE

• La courbe de Phillips standard (linéarisée) :


𝑤
ෝ = 𝛼 − 𝛽𝑢

• La courbe de Phillips avec anticipations d’inflation :


ෝ − 𝑝Ƹ 𝑒 = 𝜂 − 𝛽𝑢
𝑤

• Si on maintient marge de profit constante et taux de croissance de la productivité


constant :
𝑝Ƹ − 𝑝Ƹ 𝑒 = 𝜆 − 𝛽𝑢

• Implication : les anticipations sont réalisée uniquement si le taux de chômage est égal au
taux de chômage d’équilibre :
𝑝Ƹ = 𝑝Ƹ 𝑒 → 𝑢∗ = 𝜆/𝛽
LA THÉORIE MONÉTARISTE

• La courbe de Phillips standard (linéarisée) est donc une approximation de la vraie courbe
de Phillips avec anticipations stables :
ෝ𝑡 − 𝑝Ƹ𝑡𝑒 = 𝜆 − 𝛽𝑢𝑡 →
𝑤 𝑤
ෝ𝑡 = 𝛼 − 𝛽𝑢𝑡

• Néanmoins, si l’écart entre le taux d’inflation anticipé et le taux d’inflation effectif est
suffisamment important, les anticipations d’inflation doivent s’adapter au taux effectif.

• Si anticipations adaptatives (thèse accélérationniste) :


𝑝Ƹ𝑡𝑒 = 𝑝Ƹ𝑡−1 → 𝑝Ƹ𝑡 − 𝑝Ƹ𝑡−1 ≡ 𝛥𝑝Ƹ𝑡 = 𝜆 − 𝛽𝑢𝑡
LA THÉORIE MONÉTARISTE

• On retrouve donc une relation entre chômage et variation de l’inflation au lieu d’une
relation entre chômage et inflation. Le taux de chômage d’équilibre, celui qui garantit la
réalisation des anticipations, est donc aussi le taux de chômage qui stabilise l’inflation :
𝛥𝑝Ƹ𝑡 = 0 → 𝑢𝑛 = 𝜆/𝛽

• Ce qui nous permet de réécrire la courbe de Phillips augmentée des anticipations :


𝜆
𝛥𝑝Ƹ𝑡 = 𝜆 − 𝛽𝑢𝑡 → 𝛥𝑝Ƹ𝑡 = 𝛽 − 𝑢𝑡 = 𝛽 𝑢𝑛 − 𝑢𝑡
𝛽
LE TAUX DE CHÔMAGE NATUREL

• Le taux de chômage d’équilibre 𝑢𝑛 représente le taux de chômage naturel :


• Taux d’intérêt « naturel » de Wicksell : valeur réelle Vs valeur monétaire

• Egalité de l’offre et de la demande sur le marché du travail (équilibre walrasien)

• Réalisation des anticipations et stabilité de l’inflation

• Dépend de :
• Institutions du marché du travail (allocations, protections de l’emploi, coordination de la
demande et de l’offre, etc…)

• Capital humain
LE TAUX DE CHÔMAGE NATUREL
LE TAUX DE CHÔMAGE NATUREL

• La dynamique du taux de chômage et de l’inflation :


• La théorie quantitative de la monnaie détermine le taux d’inflation effectif :
𝑝ො𝑡 = 𝑀෡𝑡 − 𝑌෠𝑡 𝑌෠𝑡 = 0 → 𝑝ො𝑡 = 𝑀෡𝑡

• Pour des anticipations d’inflation données, le taux d’inflation effectif détermine le taux de chômage :
𝜆 − (𝑝ො𝑡 − 𝑝ො𝑡𝑒 )
𝑝ො𝑡 − 𝑝ො𝑡𝑒 = 𝜆 − 𝛽𝑢𝑡 → 𝑢𝑡 =
𝛽
• L’écart entre taux d’inflation anticipé et taux d’inflation effectif entraîne un ajustement des anticipations :
𝑒
𝑝ො𝑡+1 = 𝑝ො𝑡

• Si le taux de croissance de la monnaie ne change pas, le taux d’inflation reste constant et le taux de chômage
s’ajuste au taux naturel :
𝜆 − (𝑝ො𝑡+1 − 𝑝ො𝑡 ) 𝜆
𝑢𝑡+1 = = = 𝑢𝑛
𝛽 𝛽
LE TAUX DE CHÔMAGE NATUREL

• L’histoire derrière les équations :


• La situation de départ est une situation d’équilibre : le taux de salaire réel demandé par les travailleurs
correspond au taux de salaire réel offert par les entreprises (constant : productivité marginale du travail
constante).

• La hausse de la monnaie fait baisser le chômage : les travailleurs acceptent de travailler plus pour une hausse des
salaires monétaires (désutilité marginale du travail croissante), que les entreprises accordent sous condition que
le prix augmente aussi

• Les travailleurs acceptent puisqu’ils regardent le panier de consommation, pas le prix du bien produit

• Lorsque toute les entreprises ajustent leur prix, les travailleurs réalisent qu’ils ont perçu un salaire réel inférieur
au salaire réel anticipé

• Les travailleurs reviennent sur leur offre de travail de départ compatible avec le salaire réel courant et
renégocient leur salaire monétaire en lien avec l’inflation courante. L’équilibre est rétabli sur le taux de chômage
naturel
LE TAUX DE CHÔMAGE NATUREL
LE TAUX DE CHÔMAGE NATUREL
LE TAUX DE CHÔMAGE NATUREL

• Implications :
• La courbe de Phillips de long terme est une droite verticale : même taux de chômage et inflation
variable

• Pas d’arbitrage chômage/inflation : arbitrage chômage/variation de l’inflation

• Un taux de chômage inférieur au taux naturel est possible uniquement pour une variation
constante du taux de croissance de la monnaie et de l’inflation
LE TAUX DE CHÔMAGE NATUREL À LA PREUVE
DES FAITS

• Explication de la deuxième phase de la courbe de Phillips (1968 – 1974) : chômage


constant mais inflation croissante

• Pourquoi différents taux d’inflation et de chômage ? Différents taux de chômage naturel !

• Comment expliquer la troisième phase ?


LE TAUX DE CHÔMAGE NATUREL À LA PREUVE
DES FAITS

• L’inflation est le principal signal de stabilité ou instabilité des marchés pour les agents
économiques (entreprises, travailleurs, …)

• Hausse de l’inflation implique hausse de la volatilité de l’inflation, et donc un bruit dans le signal
perçu par les agents

• Le bruit dans le signal est défavorable aux engagements de long terme et donc à l’activité
économique

• Le taux de chômage naturel se déplace ainsi vers la droite et on observe une courbe de Phillips à
pente positive pour plusieurs années
LE TAUX DE CHÔMAGE NATUREL À LA PREUVE
DES FAITS
LE TAUX DE CHÔMAGE NATUREL À LA PREUVE
DES FAITS
LES IMPLICATIONS DE POLITIQUE ÉCONOMIQUE

• Le modèle de Friedman avait été formulé avant la crise pétrolière

• Objectif : rétablir la centralité des politiques monétaires en opposition à la théorie keynésienne

• Argument subtile : la monnaie est un voile, mais la politique monétaire est essentielle, quoi qu’elle
n’est pas toute puissante : le seul objectif est d’assurer la stabilité des prix.

• Le plein emploi (taux de chômage naturel) est un objectif de compétence du marché. La politique
économique qui se pose un objectif de plein emploi incompatible avec la structure des marchés, crée du
bruit et empêche le marché de fonctionner correctement.
LES IMPLICATIONS DE POLITIQUE ÉCONOMIQUE

• Argument supplémentaire : un taux de chômage inférieur au taux naturel implique un bienêtre


inférieur, puisque l’arbitrage travail/temps libre ne peut se réaliser correctement.

• Chez Friedman, le plein emploi est donc une obsession : un taux de chômage supérieur peut
s’accompagner à une mobilité supérieure et à un bienêtre supérieur

• D’autant plus que l’arbitrage chômage/inflation n’existe pas : on ne peut maintenir le taux de
chômage en dessous du taux naturel sans créer une instabilité monétaire croissante

• La solution à un taux naturel trop élevé ce sont des interventions structurelles, et pas monétaires

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