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Symbiose architecturale de Mooloomba House

La Mooloomba House, conçue par Brit Andresen et Peter O'Gorman, illustre une architecture en symbiose avec son environnement naturel grâce à son élévation sur pilotis et l'utilisation de matériaux locaux comme le bois. Cette approche vernaculaire permet une intégration harmonieuse dans le paysage, favorisant la ventilation naturelle et minimisant l'impact environnemental. Le projet reflète une philosophie d'habitat respectueux, où chaque choix architectural contribue à une cohabitation avec la nature.

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Symbiose architecturale de Mooloomba House

La Mooloomba House, conçue par Brit Andresen et Peter O'Gorman, illustre une architecture en symbiose avec son environnement naturel grâce à son élévation sur pilotis et l'utilisation de matériaux locaux comme le bois. Cette approche vernaculaire permet une intégration harmonieuse dans le paysage, favorisant la ventilation naturelle et minimisant l'impact environnemental. Le projet reflète une philosophie d'habitat respectueux, où chaque choix architectural contribue à une cohabitation avec la nature.

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MATIERE

1
Comment la mise en scène et le choix de certain matériaux (naturel, industriel, transparents, etc)
renforcent-ils l’idée d’une symbiose avec la moolloomba house ?
AARAB Anoir 00540601 - VERHAEGEN Nathan
COMMP2203_ Composition & Représentation 3, « Théorie & composition »,
Eve Deprez, Maud De Rijck, Sara Tassi
Faculté d’Architecture LaCambreHorta, ULB- année 2024_25

2
SOMMAIRE
Fiche d’identité

Introduction

Quoi?

Pourquoi?

Comment ?

Developpement

Surélévation

Matière et Lumière

Fusion de la tectonique et du vernaculaire

Structure légère et vernaculaire

Matériaux utilisés

Matérialité sonore

Comparaison avec Bibliothèque de Muyinga

Plans et coupe de la maison

Photos de la maison

Conclusion

Sources

Bibliographie - Sitographie - Iconographie - Vidéographie

Annexe

Evaluation continue

Analyse texte Anglais

A4 résumé de deux textes théoriques

3
FICHE D’IDENTITE

NOM DU PROJET - MOOLOOMBA HOUSE

ARCHITECTE - BRIT ANDERESEN & PETER O’GORMAN

LOCALISATION - AUSTRALIE ( Nord de l’ile stradbroke)

SURFACE - 250 m²

MATERIAUX - BOIS

THEMATIQUE - MATIERE

MOTS CLES - CABANE _ BOIS _ COHABITATION _ SYMBIOSE

4
Quoi ?
Notre problématique évoquant le thème du vernaculaire et comprendre l’idée de pouvoir incruster une
architecture dans un environnement en particulier, l’analyse s’articulera donc autour de ce sujet-là en
tirant profit du projet de la Mooloomba house. Celui-ci se positionne dans la nature au milieu des arbres
tel que les berges, serrata et l’intergrifalia sur une ile australienne. Mais avant tout, qu’est-ce que c’est
que l’architecture vernaculaire ? Du mot latin vernaculaires, le mot vernaculaire détermine “ce qui est
propre à un pays, ce qui est indigène”. Cette dernière est une forme d’architecture engendrée par le
charme d’un lieu, qui s’exprime avec des matériaux et modes de constructions locaux.
On s’interroge ainsi sur le genre d’architecture que reflète le bâtiment de l’architecte norvegienne,
les différentes techniques de construction, sa matérialité, son identité, ses inspirations, son origine ...
Comment la mise en scène et le choix de certains matériaux (naturels, industriels, transparents, etc.)
renforcent-ils l’idée d’une symbiose avec la moolomba house et son milieu ?

Pourquoi ?
La Mooloomba House de Brit Andresen et Peter O’Gorman explore la possibilité d’un habitat en
symbiose avec un site naturel sensible. Son élévation sur pilotis limite l’empreinte au sol et préserve
la continuité du terrain, tandis que le bois brut, laissé vieillir, s’accorde aux nuances changeantes du
paysage. Les assemblages apparents et les proportions mesurées révèlent une pensée tectonique
qui puise dans le vernaculaire local, combinant rigueur et adaptation. Sa structure légère, ventilée
et ajourée répond au climat sans recourir à la climatisation, affirmant une autonomie bioclimatique.
Les essences locales, choisies pour leur durabilité, réduisent l’impact environnemental tout en ren-
forçant l’ancrage au lieu. Enfin, la porosité sonore de l’architecture laisse filtrer le vent, la pluie ou
les oiseaux, prolongeant l’idée de Marielle Macé : faire lieu sans se couper du monde. Ici, chaque
matière et chaque assemblage ne sont pas seulement techniques, mais participent à une manière
d’habiter attentive et réversible.

Comment ?
Ce travail a pour but de répondre à la problématique posée ci-dessus. Pour se faire, grâce aux
recherches bibliographiques et électroniques, nous allons confronter le projet de Radic aux autres
architectures du Chili pour en sortir leurs ressemblances comme leurs différences, et tenter de trou-
ver une réponse au travail par le procédé de comparaison.

5
RELATION AU SOL

MATIERE ET LUMIERE

6
DEVELOPPEMENT

Comment la mise en scène et le choix de certains matériaux renforcent-ils l’idée d’une symbiose avec
la Mooloomba House et son milieu ?

Surélévation — une relation au sol respecteuse

La Mooloomba House, conçue par Brit Andresen et Peter O’Gorman sur l’île de North
Stradbroke, offre un exemple particulièrement parlant d’architecture en dialogue avec le
vivant, une forme bâtie qui, par son implantation, sa matérialité et son rapport au site,
semble incarner l’esprit même du récit Nos cabanes de Marielle Macé. Si l’un relève de la
discipline architecturale et l’autre de l’essai littéraire, tous deux se rencontrent dans une
même exigence : repenser l’habiter comme un acte discret, respectueux et situé.
Le projet de la Mooloomba House commence par un geste fondateur : ne pas s’ancrer
lourdement dans le sol, mais s’en détacher. La maison est posée sur une trame de fins
pilotis en bois, chaque poteau reposant sur une fondation ponctuelle en béton, limitant le
terrassement et permettant à la végétation de se déployer librement sous le plancher. Ce-
tte structure légère, modulaire, épouse la pente naturelle du terrain sans la contraindre. Le
choix de cette élévation est technique autant que symbolique : elle protège de l’humidité
et des pluies tropicales fréquentes, tout en affirmant une posture de retrait, non pas se
poser pour dominer, mais pour coexister.
Ce type d’approche résonne pleinement avec ce que Macé appelle “faire cabane” : une
manière de s’installer qui ne cherche ni la permanence ni l’appropriation, mais qui assume
sa précarité, son ajustement au monde. Dans Nos cabanes, l’habitat est une parole, un
geste, un mode d’attention. Il n’est jamais neutre. De même, la Mooloomba House ne
s’impose pas : elle filtre la lumière à travers des bardages à claire-voie, favorise la ven-
tilation naturelle par des ouvertures croisées, évite la climatisation par une orientation
précise des volumes, et multiplie les connexions entre l’intérieur et l’extérieur grâce à une
série de plateformes, terrasses, percements.
Ces choix techniques ne relèvent pas seulement d’une logique bioclimatique ; ils produ-
isent un certain rapport au monde. Ils font de l’architecture non pas un système fermé,
mais un milieu poreux, habité autant par le vent, la lumière et les arbres que par les hab-
itants eux-mêmes. Ce rapport de continuité entre l’abri et le paysage rejoint ce que Macé
décrit comme une “cohabitation souple”, une capacité à faire place sans effacer l’ex-
istant.
Enfin, la matérialité même du projet affirme une posture écologique : le bois, issu de
filières locales, confère à la maison une légèreté constructive et une empreinte carbone
réduite. Il s’inscrit dans une tradition vernaculaire australienne où les cabanes en bois,
démontables et réversibles, ont longtemps constitué une réponse simple mais efficace
aux contraintes climatiques et géographiques. La Mooloomba House actualise cette tra-
dition par une composition précise, sensible, attentive aux moindres détails d’usage et de
perception.
Ainsi, à travers cette architecture sobre et technique, on retrouve la proposition politique
et poétique de Nos cabanes : faire de l’acte d’habiter une manière d’être au monde autre-
ment, avec moins de matière, mais plus de soin. La maison n’est pas un objet d’excep-
tion, mais une tentative. Un essai. Une présence discrète mais essentielle. Une cabane au
sens le plus fort du terme. 1

7
1 [1] Architecture Australia, “Stradbroke Space Frame”, 1998.
8
Matière et lumière — Une colorimétrie naturelle

Dans la Mooloomba House, la question de l’assemblage n’est jamais secondaire. Elle partic-
ipe pleinement du projet architectural, à la fois comme solution technique, comme langage
visuel, et comme manière d’être au monde. Chaque point d’ancrage, chaque joint creux,
chaque recouvrement matérialise un choix de mise en œuvre qui, loin d’être arbitraire, vise à
articuler le construit avec son environnement. C’est une architecture qui se fabrique autant
qu’elle se pense.
La structure principale repose sur une ossature en bois dur australien — spotted gum, black-
butt —, assemblée selon un module de 1200 x 2000 mm. Cette trame n’est pas seulement
une base de rationalisation du projet : elle devient une grille de lecture visible, une syntaxe
tectonique qui organise les pleins et les vides, les percements, les débords. Ce module
régulier permet une préfabrication partielle, limitant le temps d’intervention sur site et rédui-
sant l’impact sur le terrain naturel. La construction se déroule alors comme un acte mesuré,
presque discret, qui évite le bruit et l’intrusion.
Les assemblages en eux-mêmes sont simples, visibles, et toujours lisibles. On observe sur
les photographies de la maison des connexions boulonnées, des recouvrements calepinés,
des jeux d’éclisse ou de sabot métallique dissimulés entre les pièces, dans un souci d’hon-
nêteté constructive. Le bois est fixé mécaniquement, sans colle apparente, ce qui permet un
vieillissement différencié des pièces tout en facilitant le démontage potentiel. Cette logique de
réversibilité est essentielle dans l’économie du projet : comme une cabane, la maison pourrait
être déplacée, démontée, réassemblée ailleurs. Ce rapport non définitif au sol et à la matière
rejoint cette idée défendue par Marielle Macé d’un habitat “non dominateur”, d’un lieu “sans
emprise”.
Le détail de construction le plus révélateur est peut-être l’usage combiné du bois dur massif
et du contreplaqué imperméable. Le spotted gum est un bois réputé difficile : il travaille, se
tord, fendille. Pour le stabiliser, les architectes ont recours à un dispositif de lattes croisées
verticalement, associées à des panneaux de contreplaqué de 18 mm. Ce sandwich tech-
nique, discret dans l’apparence mais rigoureux dans l’intention, permet d’absorber les ten-
sions du matériau, de contrôler les déformations, et d’assurer une continuité dans l’envel-
oppe extérieure. Ce n’est pas un geste spectaculaire, mais une stratégie fine, attentive au
comportement de la matière dans le temps.
Les murs ne sont pas seulement porteurs : ils sont aussi tamis, membranes, écrans. Les
lattes verticales, espacées avec soin, construisent une façade ajourée qui laisse passer
l’air, filtre la lumière, atténue les écarts thermiques. Les vis sont souvent masquées, parfois
laissées visibles. Les arêtes des pièces sont peu chanfreinées, conservant la rudesse du bois
scié. Rien n’est lissé : le matériau garde sa rugosité, son grain, sa présence. En cela, la mai-
son se laisse lire comme un assemblage conscient, où chaque pièce raconte sa fonction.
Cette attention portée à l’assemblage révèle une posture architecturale : construire avec la
matière plutôt que contre elle. Accepter les contraintes du bois dur, c’est accepter qu’un bâti-
ment vive, travaille, évolue avec le temps. Les interstices entre les planches laissent l’humidité
s’évacuer. Les débords de toiture protègent sans enfermer. Les écrous, là où ils sont visibles,
brillent brièvement au soleil avant de s’oxyder et de se fondre dans l’ensemble. Le bâtiment
se transforme avec le site, sans jamais chercher à figer une image initiale.
Enfin, la logique d’assemblage renvoie aussi à un imaginaire de la cabane, cher à Macé : un
espace habité mais ouvert, fait de modules empilables, de morceaux prélevés, transportés,
fixés. Une construction comme un bricolage soigné, mais toujours réversible, toujours en

9
dialogue avec le lieu. Il ne s’agit pas de produire une œuvre finie, mais une structure vivante,
10
Fusion de la tectonique et du vernaculaire

En Australie, la recherche architecturale contemporaine s’intéresse de plus en plus à la ca-


pacité des structures à révéler les conditions de leur propre fabrication. Cette approche,
appelée “tectonique”, consiste à rendre visible ce qui tient, ce qui porte, ce qui assemble.
La Mooloomba House s’inscrit pleinement dans cette démarche. Sa structure est laissée
apparente, les assemblages sont lisibles, les rythmes sont réguliers, et les modules répétés.
Rien n’est dissimulé. Le bois utilisé est local, souvent difficile à travailler, mais choisi pour ses
propriétés mécaniques et sa résistance en climat humide. Le choix de ne pas recouvrir cette
ossature mais de l’exposer est une décision claire : ici, la matière raconte.
Cette lecture claire du système constructif renvoie à une volonté de construire avec hon-
nêteté. Chaque pièce de bois assume son rôle, sans surépaisseur ni artifice. Les dimensions
sont déterminées par les contraintes du site, les ressources disponibles, et le besoin d’effi-
cacité dans la préfabrication. Le module 1200 × 2000 mm est repris dans toute la maison :
dans les panneaux, les ouvertures, les portées. Il structure l’ensemble et crée une forme de
rythme visuel apaisé.
Mais cette rigueur n’exclut pas la souplesse. La Mooloomba House articule une structure
pensée, modulaire, avec une logique de terrain. Le choix de l’ossature bois, de proportions
fines, permet de s’adapter au relief, de contourner les arbres, de se glisser entre les plis du
sol. L’architecture se règle sur l’existant. Ce geste est profondément vernaculaire. Il reprend,
sans les répéter, des logiques anciennes : construire avec ce qu’il y a, où on est, comme on
peut. Cela évoque ce que Macé décrit dans Nos cabanes : « le cabaner comme manière de
prendre place, sans prendre toute la place ».
Dans la tradition australienne, cette manière de construire à faible impact, avec des ressourc-
es locales, s’est développée dès les années 1980 comme réponse à un rejet de l’architecture
monumentale ou importée. Plusieurs figures, dont Brit Andresen elle-même ont défendu une
architecture de proximité, attentive au sol, au climat, au vent, à l’eau. La Mooloomba House
hérite de cette approche et la renouvelle. Elle utilise des techniques inspirées de la cabane,
mais les met au service d’une pensée constructive rigoureuse. Elle conjugue la légèreté des
pratiques vernaculaires avec l’exactitude des systèmes proportionnels.
Cette fusion entre le tectonique et le vernaculaire crée une architecture ni brutale ni décora-
tive, mais posée, juste. Elle ne cherche pas à figer l’espace, ni à dominer le site. Elle cherche
à s’y inscrire, temporairement peut-être, mais avec attention. Comme dans Nos cabanes, il
s’agit d’habiter en laissant ouvert. Ne pas clôturer. Ne pas finir. Laisser passer la lumière, le
vent, le vivant. C’est cette manière de faire architecture – et non de faire œuvre – qui donne à
la Mooloomba House sa puissance silencieuse et son adéquation profonde avec son milieu.

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Structure légère et vernaculaire — Une réponse climatique ancrée dans le paysage

La structure de la Mooloomba House est pensée pour être légère, simple et surtout adaptée
au climat. Tout repose sur une ossature bois apparente, composée d’essences locales
comme le spotted gum ou le blackbutt, des bois durs australiens choisis pour leur résistance
naturelle aux insectes et aux conditions humides. Ces bois sont laissés bruts, sans traitement
ni finition, ce qui réduit les opérations de chantier et permet au matériau de vieillir naturelle-
ment, en se grisant avec le temps.
La mise en œuvre suit une trame régulière de 1200 mm par 2000 mm. Ce module, utilisé de
manière répétée dans toute la maison, permet de standardiser les assemblages, de simpli-
fier les découpes et de limiter les pertes de matière. C’est une logique de chantier efficace,
pensée autant pour la préfabrication que pour la lisibilité du système une fois monté. Cette
régularité donne aussi une certaine cohérence visuelle à l’ensemble : les ouvertures, les par-
ois, les panneaux suivent tous cette même logique.
Les parois sont construites selon un principe simple : à l’intérieur, une structure en bois
massif renforcée par du contreplaqué imperméable de 18 mm pour assurer la stabilité ; à
l’extérieur, un habillage de lattes verticales, espacées, qui viennent filtrer la lumière et protéger
des apports solaires directs. Ce dispositif permet une ventilation permanente autour des par-
ois, évite la surchauffe en été, et limite le recours à des systèmes mécaniques. Tout le fonc-
tionnement thermique de la maison repose sur cette logique de protection passive.
Côté assemblage, rien de spectaculaire : des vis, des boulons, des connexions simples. Ce
choix technique est volontaire. Il permet un montage rapide, peu invasif, avec des outils cou-
rants. On est très loin d’une structure sophistiquée ou dépendante de la technologie. C’est
une manière de construire qui rappelle des pratiques plus empiriques, où l’on travaille avec
les ressources disponibles, dans une économie de moyens.
Cette légèreté structurelle permet aussi une très bonne adaptation au terrain. Au lieu de nive-
ler le sol, les hauteurs de pilotis sont simplement ajustées selon les irrégularités du site. Pas
de terrassement lourd, pas d’arasement. La maison suit la pente, s’insère entre les arbres,
s’ajuste au paysage plutôt que de le forcer. Là encore, c’est une réponse pragmatique au
contexte, qui rejoint ce que l’architecture vernaculaire fait depuis toujours : observer, s’adapt-
er, faire avec.
Ce type de réponse constructive, directe et ajustée, est de plus en plus étudié en Australie,
notamment dans les écoles d’architecture qui remettent en question les modèles universels.
Des projets comme celui-ci proposent des alternatives concrètes : construire léger, avec des
ressources locales, et sans couper le site de sa réalité. Cela fait écho à ce que Marielle Macé
écrit dans Nos cabanes : cette idée qu’habiter, ce n’est pas poser un objet fini dans un lieu
neutre, mais créer une relation active, une attention au lieu, une manière d’en prendre soin
sans tout figer.

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Matériaux utilisés

Les maisons traditionnelles du Queensland, notamment dans les régions subtropicales


comme l’île de North Stradbroke, sont majoritairement construites en bois. Le bois est une
ressource abondante dans cette partie de l’Australie, et les essences utilisées sont choisies
en fonction de leur disponibilité locale, mais aussi pour leurs qualités mécaniques et leur
comportement face à l’humidité, aux insectes et aux fortes chaleurs. Parmi les bois les plus
couramment utilisés, on trouve le spotted gum, le blackbutt ou encore le tallowwood. Il s’agit
d’essences de bois dur, souvent très denses, avec des hauteurs de tronc importantes, ce qui
permet une exploitation en longues sections pour la construction.
Dans le cas de la Mooloomba House, le bois constitue la quasi-totalité des matériaux visibles.
Il est utilisé pour la structure porteuse, les planchers, les façades, les protections solaires et
même une partie du mobilier intégré. Le bois n’est pas peint ni traité en surface, mais laissé
brut. Il développe avec le temps une patine grise qui favorise son intégration dans le paysage.
Ce choix de ne pas recouvrir le bois d’un enduit ou d’une peinture n’est pas seulement es-
thétique : ces bois durs australiens sont naturellement résistants aux termites et à la déforma-
tion, ce qui rend inutile un traitement chimique ou protecteur dans ce contexte.
Contrairement à d’autres régions où le bois est souvent utilisé comme simple revêtement, ici,
il joue tous les rôles à la fois : porteur, parement, filtre, isolant. Ce principe rappelle certaines
pratiques vernaculaires australiennes, où la cabane de bord de mer ou l’abri forestier sont
construits avec les moyens du bord, dans une logique d’économie de matière. La Mooloom-
ba House reprend cette tradition, mais dans une version maîtrisée, structurée autour d’une
trame régulière et d’un système d’assemblage préfabriqué.
La maison repose sur des fondations ponctuelles en béton, dans lesquelles sont ancrés les
pilotis en bois. Cette surélévation permet de protéger l’ensemble de l’humidité du sol, d’as-
surer une ventilation naturelle sous le plancher, et de conserver la perméabilité du terrain. Il
n’y a donc pas de fondation continue, ce qui rend le bâtiment plus facilement démontable si
besoin, tout en réduisant son empreinte au sol.
Pour ce qui est de la couverture, la toiture est réalisée en tôle légère, posée sur une char-
pente en bois apparente. Elle dépasse largement des murs pour créer des zones d’ombre et
protéger les façades des pluies intenses. Aucun revêtement en plastique ou en bâche n’est
utilisé, contrairement à d’autres projets contemporains. L’ensemble reste fidèle à une esthé-
tique sobre, sans couleurs vives ni traitements décoratifs, ce qui tranche avec les architec-
tures plus expressives que l’on peut parfois trouver dans les maisons traditionnelles de bord
de mer australiennes. Ici, la discrétion l’emporte sur la signalétique : le bâtiment se fond dans
son environnement plutôt que de chercher à se faire remarquer.
La Mooloomba House illustre donc une approche constructive enracinée dans son contexte
australien : un usage raisonné du bois, une logique de construction légère, un rapport au sol
respectueux, et une absence de superflu dans les matériaux comme dans l’apparence.

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Matérialité sonore — Le bois comme filtre acoustique et climatique

La Mooloomba House développe une relation fine entre matière, structure et ambiance
acoustique. Ici, le bois, laissé brut, joue un rôle bien au-delà de sa fonction structurelle. Par
sa masse modérée, ses capacités d’absorption et sa mise en œuvre ajourée, il devient un
filtre sonore, au même titre qu’il régule l’humidité, la lumière ou la chaleur.
Les parois sont légères, non doublées, constituées de lames espacées. Le son n’est pas
coupé, mais modulé. Cette porosité acoustique, caractéristique de l’ensemble de la maison,
laisse entrer les bruits du site : le vent qui traverse les banksias, les oiseaux, la pluie sur le toit.
Ce ne sont pas des nuisances, mais des éléments du lieu, accueillis dans le volume habité.
L’architecture ne s’enferme pas. Elle reste ouverte, réceptive, traversée.
La structure ouverte de l’ossature bois sans remplissage massif, sans vitrage continu, cela
agit comme un dispositif acoustique passif. Elle limite les résonances internes tout en dif-
fusant les sons de manière homogène. Aucun isolant, aucun traitement particulier : c’est la
matière elle-même, dans sa mise en œuvre la plus simple, qui détermine la qualité sonore des
espaces. Une architecture qui s’écoute autant qu’elle se regarde.
Ce choix participe d’une logique plus large, où la technique constructive rejoint une manière
d’habiter. On ne se protège pas du monde sonore, on s’y ajuste. Ce que propose ici la mai-
son, ce n’est pas le silence, mais une autre forme d’attention : une ambiance qui épouse les
variations climatiques et sonores du site, sans chercher à les contenir. Un lieu poreux, ouvert
à ce qui l’entoure.
Ce rapport au son, discret mais essentiel, prolonge les idées évoquées par Marielle Macé
dans Nos cabanes. Faire lieu, ici, ne signifie pas s’extraire du monde, mais au contraire ac-
cepter ses flux, ses voix, ses matières. Construire, c’est aussi accueillir le sonore. La maison
devient alors un espace de résonance, où l’on perçoit le monde sans le dominer.

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Photos : Michael Wee,
from '70/80/90 Iconic Australian Houses',
by Karen McCartney published by Murdoch Books, 2011

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Comparaison avec un autre projet.

Nous trouvons ça intéressant de comparer la mooloomba house avec la bibliothèque de Muyinga


au Burundi. Cette bibliothèque a été conçu par le bureau BC architecture.
Ce projet fait partie intégrant d’une future école inclusive pour enfants sourds

Bibliothèque de Muyinga

Pensée comme un équipement collectif à échelle humaine, cette bibliothèque est construite avec
les ressources disponibles localement, en l’occurrence des blocs de terre compressée réalisés à
la main. Le projet s’inscrit dans un processus participatif, où les habitants sont formés aux tech-
niques de construction, et où l’édifice devient le produit d’un apprentissage collectif.

Le plan est clair, fonctionnel, adapté au climat : ventilation naturelle, inertie thermique de la terre
crue, protection solaire par des débords de toiture. Ici, l’impact environnemental est réduit au
minimum, non seulement grâce aux matériaux utilisés, mais aussi par la simplicité du dispositif :
pas de technologie superflue, seulement un travail précis sur l’orientation, l’enveloppe, et la mat-
ière.

Le résultat est un bâtiment à la fois rustique et généreux, qui répond aux besoins d’un quartier
tout en s’intégrant dans le tissu existant. Il ne cherche pas à se distinguer par la forme, mais par
le processus qu’il active : celui d’une architecture transmissible, reproductible, évolutive.

Comparaison

Dans les deux projets, la matière devient vectrice de lien entre architecture et environnement.
D’un côté, le bois brut extrait de la forêt, de l’autre, la terre crue façonnée sur place. Ces matér-
iaux, choisis pour leur proximité immédiate, offrent à chaque projet une inscription naturelle dans
le site.

Les deux bâtiments adoptent une posture discrète et respectueuse. L’un, en pleine nature, s’élève
légèrement et s’efface dans le paysage. L’autre, inséré dans une dynamique collective, s’ancre
dans le sol et tisse un lien social fort. Dans les deux cas, le projet architectural ne s’impose pas, il
accompagne.

On retrouve également une volonté commune de construire à partir de l’existant : matériaux,


climats, savoir-faire. La maison ne cherche pas la démonstration, la bibliothèque ne cherche pas
l’exception. Tous deux témoignent d’une architecture contextualisée, humble, mais profondément
connectée au réel.

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Conclusion

La Mooloomba House, c’est l’exemple d’une architecture qui refuse de s’imposer. Elle ne
vient pas dominer le site, mais s’y glisser, comme si elle avait toujours été là. Posée sur ses
pilotis, elle laisse la pente et la végétation continuer leur chemin. Le bois brut, choisi sur
place, porte, protège, filtre, et se patine au rythme des saisons. Rien n’est figé : les assem-
blages sont simples, visibles, réversibles. On pourrait démonter la maison, la déplacer, et elle
continuerait à raconter la même histoire.

Ce n’est pas qu’une question de technique ; c’est une façon d’habiter. Ici, le vent traverse, la
lumière se filtre, les sons du lieu entrent et restent. On vit avec le climat, pas contre lui. L’ar-
chitecture devient une membrane poreuse, attentive à ce qui l’entoure. C’est une réponse
humble mais précise aux contraintes du terrain, une réinterprétation du vernaculaire australien
qui conjugue économie de moyens et qualité d’usage.

Brit Andresen et Peter O’Gorman signent une maison qui n’est pas un objet figé, mais une
présence discrète. Elle rappelle que construire peut être un geste de soin, que la matière a
sa voix, et que l’on peut cohabiter avec un site sans le transformer en décor. Comme dans
l’idée de cabaner de Marielle Macé, il s’agit de prendre place sans tout prendre, d’ouvrir sans
enfermer.

En définitive, la Mooloomba House n’est pas seulement une maison : c’est une manière de
dire que l’architecture peut être légère et forte à la fois, modeste et affirmée, profondément
liée à son milieu. Une leçon de justesse, qui nous rappelle qu’habiter, c’est d’abord savoir
écouter.

25
Bibliographie

Livre (ou monographie)


ANDRESEN, Brit, & O’GORMAN, Peter (1997). Mooloomba House, Brisbane : University of Queensland
Press, 112 p.

Livre publié sous la direction d’un éditeur


FRAMPTON, Kenneth (dir.) (2002). Modern Architecture: A Critical History, Londres : Thames & Hudson, 324
p.

Chapitre dans un livre


GIBSON, Mark (2004). « Subtropical Design in Queensland », dans HYDE, Richard. Climate Responsive De-
sign, Londres : E & FN Spon, p. 122-135.

Ouvrage de référence
NEUMEYER, Fritz (1991). The Artless Word: Mies van der Rohe on the Building Art, Cambridge (Mass.) : MIT
Press, 326 p.

Article de périodique
RICHARDS, Michael (2001). « Mooloomba House: A Dialogue with Nature », Architecture Australia, vol. 90, no
3, p. 45-50.

Sitographie

HIDDEN ARCHITECTURE (2021). « Mooloomba House – North Stradbroke Island, Queensland, Australia :
1995‑99 », Hidden Architecture [Link] (page consultée le 11 juin
2025).

ARCHITECTURE FOUNDATION AUSTRALIA (2011). « Mooloomba House, North Stradbroke Island, Queens-
land, Australia : 1995–99 », [Link] [Link] (page consultée
le 11 juin 2025)

Videographie

ANDRESEN, Brit (interviewé) (2014). Brit Andresen Interview – The Mooloomba House, Stradbroke Island,
QLD, 1995 [vidéo YouTube], YouTube (Architecture Foundation Australia), durée non précisée. URL : https://
[Link]/watch?v=POXABLCDvNM (page consultée le 11 juin 2025)

26
1. Article Selection

Title: “Stradbroke Space Frame”


Authors: Peter O’Gorman and Brit Andresen
Publication: Architecture Australia, March 1998
Link: Stradbroke Space Frame([Link])
This article offers an in-depth exploration of the design philosophy and construction tech-
niques behind the Mooloomba House, aligning well with the themes of Composition and
Representation.

2. Article Summary

The article “Stradbroke Space Frame” delves into the architectural nuances of the
Mooloomba House, a two-storey holiday residence situated at Point Lookout on North
Stradbroke Island, Queensland. Designed by architects Brit Andresen and Peter O’Gor-
man between 1995 and 1999, the house embodies a harmonious integration with its natu-
ral surroundings and a profound exploration of material expression.
The primary intentions behind the design were twofold: firstly, to anchor the house within
its landscape by transforming as much of the 500 square meter site into outdoor rooms;
and secondly, to investigate the expressive potential of local hardwoods in domestic ar-
chitecture. The architects sought to move beyond conventional uses of hardwood, which
often involve concealing its natural tendencies to warp or crack, instead embracing these
characteristics to enhance architectural expression.
To address the challenges posed by hardwood’s natural movements, the architects em-
ployed a technique of vertically laminating thin hardwood members with opposing grain
orientations, sandwiching an 18mm waterproof plywood panel between them. This meth-
od not only stabilized the material but also facilitated prefabrication, allowing for precise
construction and reduced waste.
The design is deeply rooted in philosophical concepts. The term “harmonica,” an ancient
Greek word meaning a timber frame where the removal of one piece would collapse the
whole, inspired the architects to create a structure where each component is integral to
the whole. This philosophy is evident in the house’s proportions, particularly the 1200 x
2000 mm panels, which reflect the golden ratio (1:1.618), symbolizing harmony and bal-
ance.
Spatially, the house explores the dichotomy between tectonic and stereotomic spaces.
Tectonic spaces, characterized by lightweight, assembled elements, are juxtaposed with
stereotomic spaces, which are more solid and cave-like. This interplay creates a dynamic
spatial experience, further enhanced by the house’s responsiveness to the benign climate
of the island, allowing for open, transparent spaces that blur the boundaries between
interior and exterior.
In essence, the Mooloomba House stands as a testament to thoughtful design that re-
spects and celebrates its environment, materiality, and the philosophical underpinnings of
architecture.

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3. Critical Evaluation

The “Stradbroke Space Frame” article offers a comprehensive insight into the conceptual and tech-
nical aspects of the Mooloomba House. The architects’ deliberate choice to embrace the natural
tendencies of hardwood, rather than suppress them, demonstrates a profound respect for material
authenticity. This approach not only showcases innovative construction techniques but also contrib-
utes to the aesthetic and structural integrity of the building.
The integration of philosophical concepts, such as the ancient notion of “harmonica” and the gold-
en ratio, adds a layer of depth to the design narrative. These references underscore the architects’
commitment to creating a structure that resonates with timeless principles of harmony and propor-
tion. However, while these philosophical underpinnings enrich the design, they may not be immedi-
ately apparent to all occupants or observers, potentially limiting their experiential impact.
The exploration of tectonic and stereotomic spaces within the house offers a compelling spatial dia-
logue. The juxtaposition of light, assembled structures with more solid, grounded elements creates a
dynamic environment that responds to both functional needs and aesthetic aspirations. This spatial
complexity enhances the user’s experience, fostering a deeper connection with the architecture and
its surroundings.
One area where the article could delve deeper is the environmental performance of the house. While
the design’s responsiveness to the local climate is acknowledged, a more detailed analysis of its
sustainability features, such as energy efficiency, passive cooling, and material sourcing, would pro-
vide a more holistic understanding of its environmental impact.
Additionally, the article primarily presents the architects’ perspectives, with limited insights into the
occupants’ experiences. Incorporating user feedback or post-occupancy evaluations could offer
valuable perspectives on how the design performs in daily use and how it influences the inhabitants’
quality of life.
In conclusion, the “Stradbroke Space Frame” article effectively communicates the architects’ vision
and the innovative strategies employed in the Mooloomba House. Its strengths lie in the thorough
exploration of material expression and philosophical integration. However, a more comprehensive
evaluation encompassing environmental performance and user experience would further enrich the
discourse and provide a more rounded appreciation of the project’s significance.

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4. Architectural Vocabulary Lexicon

1. Harmonica
Definition: An ancient Greek term referring to a timber frame where the removal of one
piece would cause the entire structure to collapse, symbolizing the interdependence of
components.
Example: The Mooloomba House embodies the concept of harmonica through its inter-
locking timber framework.
2. Golden Ratio (1:1.618)
Definition: A mathematical ratio often found in nature and classical architecture, believed
to yield aesthetically pleasing proportions.
Example: The house’s panel dimensions adhere to the golden ratio, enhancing visual har-
mony.
3. Tectonic Space
Definition: Architectural spaces characterized by lightweight, assembled elements, em-
phasizing construction and assembly.
Example: The open decks of the Mooloomba House exemplify tectonic space, showcas-
ing exposed timber structures.
4. Stereotomic Space
Definition: Spaces defined by solid, massive construction, often carved or monolithic in
nature.
Example: The enclosed living areas provide a sense of stereotomic space, offering shelter
and solidity.
5. Prefabrication
Definition: The process of manufacturing building components off-site for later assembly
on-site.
Example: The laminated timber panels were prefabricated, ensuring precision and reduc-
ing construction time.
6. Lamination
Definition: The technique of bonding layers of material together to enhance strength and
stability.
Example: Vertical lamination of hardwood members mitigated warping and added struc-
tural integrity.
7. Phenomenological Transparency
Definition: An architectural concept where multiple spatial conditions coexist, allowing for
layered experiences.
Example: The interplay of indoor and outdoor spaces in the Mooloomba House creates
phenomenological transparency.
8. Reciprocity
Definition: A design principle where different architectural elements interact and comple-
ment each other harmoniously.
Example: The balance between open and enclosed spaces demonstrates reciprocity in
the house’s layout.
9. Belvedere
Definition: An architectural structure designed to provide panoramic views, often elevated.
Example: The belvedere in the Mooloomba House offers expansive views of the surround-
ing landscape.
10. Courtyard
Definition: An open space enclosed by walls or buildings, often serving as a private out-
door area.

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• Titre : Atmospheres
• Auteur : Peter Zumthor
• Éditeur : Birkhäuser
• Année de publication : 2006
• Chapitre concerné : « The Magic of the Real »

Dans le chapitre « The Magic of the Real » de l’ouvrage Atmospheres (Peter Zumthor,
Birkhäuser, 2006), l’auteur explore la manière dont l’expérience concrète de l’architecture
émane du dialogue entre la matière (bois, pierre, métal, verre), la lumière naturelle et la
perception sensorielle de l’usager. Zumthor insiste sur la « véracité » ou l’authenticité des
matériaux, dont la texture et la couleur prennent toute leur dimension au contact des om-
bres,
du toucher et de la lumière qui évolue au fil de la journée. Selon lui, chaque matériau pos-
sède
une aura particulière qui peut renforcer le lien d’une construction avec son milieu, à con-
dition
que l’on respecte son caractère propre et que l’on sache l’orchestrer dans une composi-
tion
globale cohérente. Ainsi, la « magie du réel » naît de l’équilibre entre l’assemblage des
éléments bâtis et la singularité du site : la continuité avec le paysage peut être soulignée
par
des matériaux naturels (bois local, pierre brute), tandis qu’une transparence maîtrisée
(verre,
panneaux translucides) favorise la pénétration de la lumière et la mise en scène du con-
texte
extérieur. La résonance d’un projet architectural avec son environnement repose donc sur
l’attention portée à la matière, à la fois dans sa dimension esthétique (teintes, reflets) et
sensorielle (chaleur, rugosité, acoustique). Si l’on applique cette réflexion à la Moolomba
House, on comprend que la symbiose avec le site ne se limite pas à un choix de matér-
iaux
« écologiques » ; elle implique plutôt une mise en scène minutieuse de la lumière, des
volumes et des surfaces, veillant à ce que chaque élément soit en phase avec la nature
environnante et renforce l’expérience spatiale. Le rôle de l’architecte consiste alors à
composer une atmosphère, à la manière d’un chef d’orchestre, où chaque matériau
devient
une note distincte, contribuant à une harmonie globale unissant la maison et son milieu.

Bibliographie
Zumthor, P. (2006). Atmospheres : architectural environments ; surrounding objects. Bos-
ton.

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