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Mooloomba House : Symbiose Architecturale

La Moolloomba House, conçue par Brit Andresen et Peter O’Gorman, est une maison en bois brut local située sur l'île de North Stradbroke en Australie, intégrée dans un environnement subtropical. Le projet met en avant une approche respectueuse de la nature, en utilisant des pilotis pour minimiser l'impact sur le sol et en favorisant une symbiose entre l'architecture et son milieu naturel à travers le choix des matériaux et la gestion de la lumière. L'analyse se concentre sur la relation au sol, l'utilisation du bois brut et la mise en scène de la lumière, soulignant l'importance d'une architecture durable et sensible au contexte.

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Mooloomba House : Symbiose Architecturale

La Moolloomba House, conçue par Brit Andresen et Peter O’Gorman, est une maison en bois brut local située sur l'île de North Stradbroke en Australie, intégrée dans un environnement subtropical. Le projet met en avant une approche respectueuse de la nature, en utilisant des pilotis pour minimiser l'impact sur le sol et en favorisant une symbiose entre l'architecture et son milieu naturel à travers le choix des matériaux et la gestion de la lumière. L'analyse se concentre sur la relation au sol, l'utilisation du bois brut et la mise en scène de la lumière, soulignant l'importance d'une architecture durable et sensible au contexte.

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Sommaire

1. 1ère de couverture .................................................. p.

2. 2e de couverture .................................................. p.

3. Sommaire .................................................. p.

4. Fiche d’identité .................................................. p.

5. Introduction ...................................................... p.

◦ Quoi ?

◦ Pourquoi ?

◦ Comment ?

6. Développement ................................................. p.
3.1. La relation au sol et la structure surélevée ............ p.
3.2. L’usage du bois brut local ................................... p.
3.3. La mise en scène de la lumière ........................... p.

7. Ouverture comparative : Mooloomba et Muyinga ...... p.

8. Conclusion ........................................................ p.

9. Bibliographie – Sitographie – Vidéographie ............... p.

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Fiche d’identité

Nom du projet: MOOLOOMBA HOUSE

Architectes : BRIT ANDERESEN & PETER O’GORMAN

Localisation : AUSTRALIE ( Nord de l’ile stradbroke)

Surface brut : 250 m²

Matériau : BOIS

Thématique : MATIERE

Mots clefs : CABANE - BOIS - COHABITATION - SYMBIOSE

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Introduction

QUOI ?

La Moolloomba House est une maison conçue par Brit Andresen et Peter O’Gorman, située sur
l’île de North Stradbroke en Australie. Elle est implantée dans un environnement subtropical
dense et forestier, au contact direct d’une végétation luxuriante. Ce projet architectural se
distingue par son recours quasi exclusif au bois brut local, utilisé dans sa forme la plus naturelle,
et par une implantation légère sur pilotis qui limite l’impact sur le sol.

Notre analyse se concentre sur le thème de la matière : nous cherchons à comprendre comment
le choix des matériaux (bois brut, éléments naturels, dispositifs de ltration de la lumière) et leur
mise en œuvre participent à la création d’une symbiose entre l’architecture et son milieu naturel.

POURQUOI ?

Nous avons choisi la Moolloomba House car elle illustre parfaitement la question du rapport entre
matière et nature. Contrairement à des projets qui s’appuient sur des matériaux industriels ou sur
une démonstration technologique, cette maison assume une approche humble et poétique : elle
cherche à disparaître dans son contexte plutôt qu’à s’imposer.

Ce choix nous intéresse pour plusieurs raisons :


• Il met en évidence le rôle du matériau comme médiateur entre l’homme et son
environnement, bien au-delà de sa fonction constructive.
• Il interroge la capacité d’une architecture contemporaine à réduire son impact écologique
par l’usage de ressources locales et peu transformées.
• Il o re un contrepoint aux logiques dominantes de l’architecture spectaculaire, en
montrant qu’une esthétique peut naître de la sobriété matérielle.

C’est donc un cas d’étude pertinent pour explorer la manière dont la matière peut incarner une
posture de cohabitation respectueuse avec le vivant.

COMMENT ?

Pour répondre à cette problématique, nous allons organiser notre analyse en trois axes principaux
:
• La relation au sol et la structure surélevée : comprendre comment la maison, grâce à son
implantation sur pilotis, limite son empreinte écologique et instaure une cohabitation douce avec
la forêt.
• L’usage du bois brut local : analyser le rôle du bois non transformé comme matériau
vivant, à la fois structurel, sensoriel et temporel, qui inscrit la maison dans le rythme du paysage.
• La mise en scène de la lumière : observer comment les interstices, panneaux et écrans
en bois créent une atmosphère de cabane, où l’intérieur prolonge l’expérience sensorielle de la
forêt.

En n, nous confronterons la Moolloomba House à un autre projet — la bibliothèque de Muyinga


(Burundi) — a n de mettre en évidence les di érentes manières dont la matière peut servir de
vecteur de symbiose avec un milieu naturel ou social.

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Développement
La relation au sol et la structure surélevée
L’un des gestes les plus signi catifs de la Moolloomba House est sa manière de s’implanter dans
la topographie et la végétation dense de North Stradbroke Island. Loin d’un ancrage lourd ou
monumental, les architectes choisissent de poser la maison sur une trame régulière de pilotis en
bois. Cette stratégie constructive, en apparence simple, ouvre en réalité une ré exion complexe
sur la relation de l’architecture avec son sol et son environnement immédiat.

Surélever l’habitat a d’abord une dimension fonctionnelle, presque vernaculaire, que l’on retrouve
dans de nombreuses architectures traditionnelles des climats humides ou tropicaux. Les maisons
sur pilotis permettent d’éviter l’humidité du sol, de protéger les habitants des insectes, et de
faciliter l’écoulement des eaux de pluie. Dans le cas de la Moolloomba House, cette dimension
pratique n’est pas absente : l’île de Stradbroke connaît des saisons marquées, alternant périodes
de fortes pluies et denses chaleurs subtropicales. Mais le choix de l’élévation dépasse largement
ce registre fonctionnel. Il s’agit avant tout de proposer une forme de coexistence douce avec la
forêt.

Les pilotis permettent de minimiser l’impact au sol. Aucun terrassement massif n’est nécessaire :
la pente est respectée, les racines des arbres sont préservées, et l’écoulement naturel de l’eau
n’est pas interrompu. La maison ne s’impose pas comme une rupture dans le paysage, mais
s’installe en suspension, comme si elle ottait légèrement parmi les troncs. L’empreinte au sol
devient minimale : au lieu d’un socle arti ciel, l’architecture s’appuie sur un système ponctuel,
laissant le sous-bois intact. Cette manière d’habiter « au-dessus » plutôt que « contre » le terrain
traduit une éthique du respect et de la réversibilité. On pourrait, en théorie, démonter la structure
sans laisser de cicatrice durable dans le paysage.

L’implantation sur pilotis a aussi une dimension écologique concrète. Dans un climat subtropical
comme celui de North Stradbroke Island, la forte pluviométrie provoque régulièrement
ruissellements et inondations. En élevant la maison, on évite non seulement l’humidité des sols,
mais on maintient l’écoulement naturel de l’eau, ce qui protège les racines profondes des
eucalyptus et des banksias caractéristiques de l’île. De même, le passage de petits animaux du
sous-bois – lézards, oiseaux terrestres, insectes – reste possible sous la maison. On ne crée donc
pas une barrière mais un espace de cohabitation où l’habitat humain s’ajoute sans exclure les
autres formes de vie.

Dans cette légèreté constructive, la maison rejoint une logique que Kenneth Frampton désigne
sous le terme de « régionalisme critique » : elle ne se contente pas d’imiter la nature, mais adopte
des stratégies de construction qui répondent aux conditions locales, tout en s’opposant aux
logiques modernistes de tabula rasa. Contrairement à des architectures qui arrachent le sol pour
y couler des fondations massives, la Moolloomba House s’installe dans un rapport d’écoute et
d’économie. Chaque pilotis devient un compromis entre stabilité et discrétion, entre l’ancrage
nécessaire et la volonté de non-perturbation.

Cette relation au sol participe aussi à la perception sensorielle de la maison. L’habitant n’a pas la
sensation d’habiter « dans » la terre, mais plutôt de otter légèrement au-dessus. Ce décollement
génère une impression de cabane perchée, presque enfantine, où le quotidien prend une
dimension ludique et contemplative. Monter quelques marches pour accéder à la maison n’est
pas anodin : ce seuil matérialise la transition entre le monde de la forêt et l’espace domestique,
mais sans rupture violente. La maison ne s’élève pas pour dominer, mais pour se mettre en
équilibre, dans une juste distance avec son sol.

En n, cette surélévation implique une redistribution des relations entre intérieur et extérieur. Le
vide laissé sous la maison n’est pas un espace perdu : il reste disponible pour la faune, l’eau, l’air.
On peut dire que la maison « prête » son sol à la forêt, plutôt que de le privatiser. Elle ne clôture
pas, elle laisse circuler. Ainsi, l’élévation n’est pas seulement une solution technique mais une
posture éthique : celle de cohabiter avec le lieu sans le transformer radicalement, d’habiter tout
en laissant habiter.
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L’usage du bois brut local
Si la structure surélevée dé nit une attitude vis-à-vis du sol, c’est bien le choix du matériau qui
incarne la relation intime de la Moolloomba House avec son environnement. Les architectes
optent pour un bois local, utilisé dans sa forme la plus brute : troncs, branches et planches
gardant leur irrégularité, parfois même leur écorce. Ce choix dépasse la simple logique
écologique ; il engage une ré exion sur la matière comme vecteur de continuité entre architecture
et paysage.

Le bois est d’abord un matériau structurel. Il constitue l’ossature des pilotis, les parois, les écrans
et les planchers. Mais à la di érence des bois standardisés et industrialisés, ici la matière
conserve sa singularité. Chaque pièce porte les marques de sa croissance : nœuds, ssures,
variations de teintes. Cette irrégularité visible produit une esthétique singulière : la maison
n’a che pas une perfection lisse, mais assume le caractère vivant et imparfait de la nature. En
cela, elle s’oppose à une logique moderniste de l’uniformité et de la maîtrise absolue des
matériaux.

Le bois brut est aussi un matériau sensoriel. Il sollicite le toucher par sa rugosité, l’odorat par ses
senteurs résineuses, l’ouïe par ses craquements sous les pas. L’architecture devient une
expérience corporelle, où l’habitant est constamment rappelé à la présence du matériau.
Contrairement au béton ou à l’acier, qui e acent leurs conditions d’origine, le bois rappelle sans
cesse son appartenance au vivant. En cela, il agit comme une « mémoire du site » : habiter la
Moolloomba House, c’est habiter un fragment de la forêt elle-même.

Le choix du bois brut local a également une dimension temporelle. À la di érence de matériaux
conçus pour résister et rester identiques dans le temps, le bois vieillit, se patine, grise, se fendille.
Cette transformation progressive inscrit la maison dans le rythme du paysage : elle change avec
lui, au l des saisons et des années. Ce vieillissement n’est pas perçu comme une dégradation,
mais comme une continuité. La maison s’e ace lentement dans son milieu, devenant moins un
objet autonome qu’une excroissance du site.

L’emploi de bois local brut réduit aussi l’empreinte carbone du projet. Au lieu d’importer des
matériaux industriels transformés, les architectes ont recours aux essences disponibles sur l’île,
adaptées au climat humide et aux termites. Le bois dur australien (ironbark, spotted gum) est
réputé pour sa résistance naturelle, ce qui évite l’usage massif de traitements chimiques. Ce
choix inscrit la maison dans une logique de durabilité : la ressource est locale, la transformation
minimale, et la matière conserve sa capacité à vieillir avec le paysage sans générer de déchets
toxiques.

Ce rapport au temps résonne fortement avec la pensée de Peter Zumthor dans Atmospheres, où
il insiste sur l’importance de l’authenticité des matériaux et de leur capacité à produire une
ambiance. Le bois brut ne se contente pas de remplir une fonction : il génère une atmosphère de
vérité et de proximité avec le lieu. Chaque planche, chaque tronc raconte une histoire, une
croissance, un climat. L’architecture ne masque pas cette histoire, elle la met en scène.

En n, utiliser du bois local brut réduit l’empreinte écologique du chantier. Moins de transport,
moins de transformation industrielle, et une ressource qui s’inscrit dans le cycle du vivant. La
maison, dans son essence, devient une tentative de « construire avec » plutôt que de « construire
contre ». Elle ne cherche pas à nier la forêt, mais à en prolonger la matière.

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La mise en scène de la lumière
Au-delà de la relation au sol et du choix de la matière, la troisième dimension fondamentale de la
Moolloomba House est la manière dont elle travaille la lumière. Ici, pas de larges baies vitrées ni
de dispositifs spectaculaires : la lumière est apprivoisée de manière discrète, ltrée par le bois,
accueillie plutôt que maîtrisée.

Les architectes jouent sur les interstices, les panneaux coulissants, les lattes espacées qui
laissent passer des faisceaux lumineux. Cette porosité génère une atmosphère proche de celle du
sous-bois : une lumière tamisée, changeante, où l’ombre a autant d’importance que la clarté.
L’intérieur n’est jamais totalement séparé de l’extérieur. Il se vit comme un prolongement de la
canopée, où la lumière devient un élément mouvant, vivant, en constante transformation.

Cette approche s’oppose à une conception technologique de la lumière comme simple facteur de
confort visuel. Ici, la lumière est traitée comme une matière à part entière, au même titre que le
bois. Elle sculpte les volumes, anime les parois, participe à l’expérience sensorielle de l’habitat. À
certains moments de la journée, les interstices projettent des motifs d’ombre mouvants qui
rappellent les feuillages au-dessus. L’habitant est plongé dans une continuité perceptive : être à
l’intérieur, c’est encore vivre la forêt, mais dans une forme abritée.

Ce dispositif lumineux répond aussi à des nécessités climatiques. Dans un contexte subtropical,
la maîtrise de la chaleur solaire est cruciale. Les panneaux coulissants en bois ltrent
l’ensoleillement direct, créant une ventilation naturelle et limitant le recours à la climatisation. Les
brises de l’océan voisin traversent la maison par ses façades poreuses, maintenant une
atmosphère tempérée. Cette gestion passive de la lumière et de l’air s’inscrit dans une logique
écologique, où la maison se sert des ressources naturelles plutôt que de les contrer.

Cette porosité lumineuse renforce l’idée de cabane. La cabane, dans l’imaginaire collectif, n’est
pas une forteresse opaque mais un abri fragile, léger, traversé par l’air et la lumière. La
Moolloomba House reprend cette logique : elle n’o re pas une isolation totale mais une médiation
subtile. Elle n’isole pas l’habitant de son milieu, elle le rapproche.

Là encore, la mise en scène lumineuse est indissociable du choix du bois brut. Ce dernier n’est
pas seulement un ltre physique : sa texture, sa couleur, son vieillissement modulent la qualité de
la lumière. Le bois patiné ré échit di éremment selon les moments de la journée, absorbant ou
di usant la clarté. La matière devient ainsi un écran vivant, qui évolue au rythme du temps et des
saisons.

Cette expérience sensorielle va au-delà du simple confort : elle construit une poétique de
l’habiter. La maison ne se contente pas de protéger, elle met en relation. L’habitant devient
spectateur et acteur d’un théâtre quotidien de la lumière et des ombres. Chaque journée, chaque
saison, renouvelle l’expérience de l’espace. Ainsi, la mise en scène de la lumière inscrit
l’architecture dans une temporalité élargie, celle du cycle naturel du jour et de l’année.

En travaillant la lumière de manière discrète mais signi ante, la Moolloomba House a rme une
posture d’humilité. Elle ne cherche pas à se faire remarquer par un geste spectaculaire, mais à
accompagner la réalité sensible du lieu. C’est cette discrétion qui fonde sa force : une
architecture qui se fait interface, membrane ne entre le dedans et le dehors, entre l’humain et la
forêt.

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Ouverture comparative : Moolloomba et Muyinga
Cette approche trouve un écho dans d’autres projets ancrés dans leur contexte. On peut penser,
par exemple, à la bibliothèque de Muyinga au Burundi (BC architects), où l’usage de la terre crue
locale et la participation collective ont permis de construire un édi ce durable et adapté au climat.
Dans ce cas, la matière, la terre, devient à la fois structurelle (murs porteurs), sensorielle (fraîcheur,
texture rugueuse) et écologique (inertie thermique, matériau disponible sur place).

La comparaison avec la Moolloomba House révèle deux stratégies parallèles : l’une, en bois sur
pilotis, se met en suspension pour respecter le sol ; l’autre, en terre crue, s’ancre profondément
pour réguler la température. Dans les deux cas, la matière ne se réduit pas à un choix technique,
mais devient vecteur d’une symbiose entre habitat, climat et paysage. Ces projets démontrent
que l’architecture peut s’éloigner des logiques globalisantes pour renouer avec un rapport direct
au site, aux ressources locales et aux ux naturels. Ils a rment qu’habiter consiste à composer
avec ce qui existe, dans une économie de moyens et une richesse d’expériences sensorielles.

Pourtant, cette mise en parallèle met aussi en lumière certaines di érences. Alors que la
bibliothèque de Muyinga s’inscrit dans une démarche collective et sociale – construction
participative, appropriation locale, durabilité pragmatique – la Moolloomba House relève
davantage d’une architecture manifeste, poétique et sensible, pensée pour un contexte et un
public restreints. Le bois brut, bien que sensoriel et respectueux du site, pose des questions de
durabilité dans un climat humide : vieillissement, entretien et vulnérabilité aux termites. À l’inverse,
la terre crue de Muyinga, massive et stable, assume un rôle à la fois technique et social,
favorisant l’autonomie locale.

Ainsi, si les deux projets partagent une même sensibilité au site et à la matière, ils incarnent deux
postures di érentes : l’une tournée vers l’expérience atmosphérique et poétique (Moolloomba),
l’autre vers la collectivité et le pragmatisme (Muyinga). Ce contraste enrichit la lecture critique de
la Moolloomba House : sa force sensorielle et contextuelle est indéniable, mais elle doit dialoguer
avec les contraintes concrètes et sociales pour être pleinement comprise et transposable.

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Conclusion

La Moolloomba House illustre avec force comment la matière, pensée dans son rapport au site,
devient le vecteur d’une véritable symbiose entre l’habitat humain et la nature. La problématique –
« Comment le choix du bois brut local et la mise en scène de la lumière permettent-ils à la
Moolloomba House de coexister avec la forêt subtropicale, tout en minimisant son impact
écologique ? » – trouve une réponse dans la combinaison de trois gestes complémentaires :
l’élévation sur pilotis, l’usage du bois brut local et la mise en scène de la lumière.

La structure surélevée adopte d’abord une attitude d’humilité face au terrain. Elle limite
l’empreinte au sol, respecte l’écosystème et permet la circulation naturelle de l’eau, de l’air et de
la faune. Habiter ici ne consiste pas à dominer le site, mais à trouver une juste distance avec lui.
L’usage du bois brut local prolonge ce rapport respectueux : matériau sensoriel et écologique, il
s’inscrit dans un cycle de transformation continue et révèle la présence vivante de la forêt. Sa
patine et ses craquements traduisent le passage du temps et la fusion de l’architecture avec le
paysage. La mise en scène de la lumière complète cette approche : ltrée par les panneaux en
bois et les interstices, elle recrée l’expérience sensible du sous-bois, transformant l’habitat en une
extension perceptive de la forêt.

Toutefois, cette poétique de l’habiter soulève aussi des questions pratiques. Le bois brut dans un
climat subtropical humide implique des risques liés aux termites, aux moisissures et à l’entretien à
long terme. La maison, séduisante comme « cabane poétique », demeure-elle pleinement adaptée
aux usages quotidiens et aux exigences de confort contemporain ? La lumière, si elle crée une
atmosphère immersive, appelle également une ré exion sur l’e cacité énergétique et la capacité
du bâtiment à résister aux conditions climatiques extrêmes. De même, l’absence de débats
critiques ou de points de vue contrastés limite la portée de l’analyse : toute architecture, même
célébrée, suscite discussions et interrogations.

En dé nitive, la Moolloomba House témoigne d’une architecture comme médiation, où la matière


devient langage de cohabitation harmonieuse avec le site. Elle illustre que l’habiter peut rimer
avec écouter, respecter et partager, tout en rappelant que la poétique doit dialoguer avec les
contraintes techniques et sociales pour o rir un regard critique complet. Les références à
Kenneth Frampton et Peter Zumthor enrichissent cette lecture, soulignant la cohérence
intellectuelle du projet et son ancrage dans une tradition contextuelle et atmosphérique. C’est
dans ce dialogue entre qualités sensibles et limites pragmatiques que se construit une véritable
compréhension critique de l’architecture.

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BIBLIOHRAPHIE

Livre (ou monographie)

- FRAMPTON, Kenneth (2002). Modern Architecture: A Critical History, Londres : Thames &
Hudson, 324 p.
- GOAD, Philip, & Julie WILLIS (2012). The Encyclopedia of Australian Architecture, Cambridge :
Cambridge University Press, 888 p.
- HYDE, Richard (dir.) (2004). Climate Responsive Design, Londres : E & FN Spon, 240 p.
- ZUMTHOR, Peter (2006). Atmospheres: Architectural Environments; Surrounding Objects, Bâle :
Birkhäuser, 128 p.

Chapitre dans un livre / Actes de conférence

- HOCKINGS, John (2003). « Within a Landscape: A House on Stradbroke Island », dans


NEWTON, Clare, Simon WOLLAN, & Sandra KAJI-O’GRADY (dir.). Proceedings of the 2nd
International Conference of the Association of Architecture Schools of Australasia, Victoria :
Association of Architecture Schools of Australasia, p. 1–15.

Article de périodique

- ANDRESEN, Brit (2003). « A. S. Hook Address », Architecture Australia, vol. 92, no 1, p. 38–45.
- O’GORMAN, Peter, & Brit ANDRESEN (1998). « Stradbroke Space Frame », Architecture
Australia, mars 1998, p. 52–59.
- RICHARDS, Michael (2001). « Mooloomba House: A Dialogue with Nature », Architecture
Australia, vol. 90, no 3, p. 45–50.

Presse spécialisée / Généraliste

- ARCHITECTURE AUSTRALIA / MHNSW (2020). « The Mooloomba House », Museum of History


New South Wales, 20 mai 2020 [Link] (page
consultée le 12 Juillet 2025).
- THE GUARDIAN (2000). « Shack of the New », The Guardian, 17 juin 2000 https://
[Link]/theguardian/2000/jun/17/weekend7.weekend3 (page consultée le 12
Juillet 2025).

Sitographie

- ARCHITECTURE FOUNDATION AUSTRALIA (2011). « Mooloomba House, North Stradbroke


Island, Queensland, Australia : 1995–99 », [Link] [Link]
mooloomba-house/ (page consultée le 12 Juillet 2025).
- HIDDEN ARCHITECTURE (2021). « Mooloomba House – North Stradbroke Island, Queensland,
Australia : 1995–99 », Hidden Architecture [Link]
(page consultée le 12 Juillet 2025).
- UNIVERSITY OF QUEENSLAND, Fryer Library (2024). « Andresen O’Gorman Architects (1980–
2001) », UQ Archives [Link] (page
consultée le 12 Juillet 2025).

Vidéographie

ANDRESEN, Brit (interviewée) (2014). Brit Andresen Interview – The Mooloomba House,
Stradbroke Island, QLD, 1995 [vidéo en ligne], Brisbane : Architecture Foundation Australia
[Link] (page consultée le 12 Juillet 2025).

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