1
*
Marketing
-‐
Où
est-‐il,
ce
Cadet-‐Petitpont
?
-‐
En
bas,
monsieur
le
Directeur,
en
bas.
On
est
parti
le
chercher.
-‐
Amenez-‐le
moi
tout
de
suite.
Je
veux
voir
la
tête
du
type
qui
a
pondu
un
projet
pareil.
Il
est
de
la
maison
?
-‐
Consultant,
monsieur
le
Directeur,
consultant.
C'est
un
spécialiste
en
communication,
un
élève
de
Jacques
Segala,
très
brillant.
-‐
Mais
avez-‐vous
vous
ce
projet
!?
Il
est
fou,
ce
type.
-‐
Ca
a
l'air
un
peu...
incongru
de
prime
abord,
j'en
conviens.
Mais
si
on
y
regarde
de
près,
ça
n'est
pas
si
bête
que
ça
en
a
l'air.
J'aimerais
d'abord
qu'on
se
calme
un
peu.
Aucune
décision
n'est
prise
et
ça
n'est
qu'un
projet.
Je
voudrais
que
chacun
fasse
l'effort
de
se
décentrer
un
peu
rapport
à
lui-‐même
et
d'examiner
l'idée
de
Petipont
sans
passion.
Les
gens
avalèrent
un
café
et
se
rassirent.
Le
chef
de
division
se
râcla
la
gorge.
-‐
Bon,
j'en
reviens
au
problème
central.
Soyons
crus
:
l'espace
n'intéresse
plus
personne.
Cette
station
spatiale
internationale
est
un
gouffre
financier
et
personne
ne
sait
quoi
faire
avec,
sauf
lui
ajouter
sans
cesse
de
nouveaux
éléments....
à
prix
d'or.
Interrogez
l'homme
l'homme
de
la
rue.
Beaucoup
ne
savent
même
pas
que
cette
station
existe
et
oncore
moins
combien
de
personnes
se
trouvent
à
bord.
Les
visages
se
tendirent
-‐
Le
seul
moment
d'intérêt
a
été
lié
à
la
présence
de
la
cosmonaute
française.
Là,
l'audience
à
bondi
de
seize
points.
-‐
Seize
points
!
-‐
La
pointe
s'est
située
au
moment
où
elle
s'est
remis
du
rouge
à
lèvre
après
l'atterrissage,
avec
son
visage
entouré
par
cette
fourrure
d'ours.
Là,
on
a
frôlé
les
dix-‐
huit
points.
-‐
Et
vous
en
concluez
?
-‐
J'en
conclus,
monsieur
le
Directeur,
que
ce
qui
intéresse
les
gens,
de
nos
jours,
ça
n'est
pas
l'espace,
c'est
le
cul.
Excuse-‐moi
d'être
grossier,
mais...
c'est
ce
que
je
pense.
-‐
Dans
les
stations,
il
y
avait
quand
même
des
manips
en
micro-‐gravité
qui
étaient
prévues,
non
?
-‐
Foutaise.
Imaginez
que
vous
être
dans
un
mes
modules
en
train
de
procéder
à
une
expérience
ultra-‐délicate
en
micro-‐gravité.
Soudain,
à
un
moment
crucial,
un
Russe
se
déplace.
-‐
Pourquoi,
un
un
Russe
?
2
-‐
J'ai
dit
un
Russe
comme
j'aurais
dit
n''importe
quoi.
En
général
ils
sont
assez
enveloppés,
non
?
Mais
ça
n'est
pas
ça
l'important.
Quand
le
Russe
se
déplace,
il
prend
appui
sur
la
station.
Il
utilise
le
principe
de
l'action
réaction.
Il
se
lance
en
avant.
-‐
Et
alors
?
-‐
Cela
provoque
un
léger
déplacement
de
la
station
et
alors,
la
micro-‐gravité
:
foutue.
Celle-‐ci
a
beau
être
de
plus
en
plus
lourde,
quand
un
astronaute,
russe
ou
pas
russe,
se
propulse
dans
un
couloir,
ça
flanque
toutes
les
expériences
en
cours
en
l'air,
les
cristallisation,
les
manips
bio,
etc.
-‐
Mais,
quand
quelqu'un
fait
une
expérience
en
microgravité...
est-‐ce
que
les
gens
ne
pourraient
pas
rester
quelque
temps...
immobiles.
On
signalerait
cela
avec
des
lampes
qui
s'allumeraient,
par
exemple,
lança
un
jeune
attaché
de
direction.
Le
chef
de
division
se
renfrogna.
-‐
Ecoutez,
mon
vieux,
vous
savez
comme
ça
s'appelle,
une
station
spatiale
où
personne
ne
bouge
?
-‐
Euh...
non.
-‐
C'est
une
station
spatiale
inhabitée.
-‐
Alors,
il
n'y
qu'à
refaire
descendre
tout
le
monde
?
-‐
Non.
Nous
sommes
embarqués
dans
un
truc
totalement
irréversible.
Mes
amis,
quand
le
vin
est
tiré,
il
faut
le
boire.
La
solution,
nous
l'avons,
mais
il
faut
accepter
de
sauter
le
pas.
Je
crois
que
les
gens
n'imaginent
à
quoi
pensent
les
gens
quand
ils
lèvent
la
tête
et
regardent
le
ciel
étoilé.
La
microgravité,
les
croissances
cristallines,
ils
s'en
foutent.
Vous
avez
vu
que
pour
les
éventuels
futurs
vols
sur
Mars,
qui
impliquent
des
durées
de
voyage
de
deux
années
on
avait
prévu
des
équipages
mixtes..
-‐
Oui,
nous
savons.
-‐
Alors,
monsieur
le
Directeur,
à
votre
avis
quelles
sont
les
questions
que
se
posent
les
membres
des
familles
Bidochon
quand
ils
imaginent
ces
longs
voyages
entre
la
Terre
et
Mars
?
Le
jeune
attaché
de
direction
pensa
trouver
là
le
moyen
de
marquer
un
point.
-‐
Ils
se
disent
"comment
font-‐ils
?"
-‐
Exactement.
Vous
ne
réalisez
pas
que
l'espace,
paradoxalement,
c'est
ce
qui
se
trouve
le
plus
près
de
la
tête
des
gens.
Ils
n'ont
qu'à
lever
le
regard,
leur
imagination
fait
le
reste.
Petitpont
a
eu
des
contacts
avec
Playboy
et
toutes
les
revues
du
même
genre.
Tous
sont
prêts
à
marcher
à
fond
dans
le
projet,
et
en
plus
sans
demander
un
sou.
Vous
avez
vu
ces
revues
?
Tout
a
été
photographié,
montré
sous
toutes
les
coutures.
Mais
l'amour
en
impesanteur
reste
un
domaine
totalement
vierge.
3
-‐
Attendez.
Si
je
vous
comprends
bien,
vous
demandez
de
suggérer
à
l'ESO
de
former
au
Cnes
des
journalistes
de
Playboy
pour
qu'ils
aillent
filmer
des
partouzes
qui
se
tiendraient
dans
la
station
spatiale
!?!
-‐
Non,
pas
du
tout.
Ce
sont
les
rédactions
des
journaux
qui
feront
tout
le
travail
en
studio
avec
leur
personnel.
Nous,
on
ne
fera
strictement
rien.
-‐
On
se
contenterait
de
suggérer
?
-‐
Même
pas.
L'imagination
des
gens
fera
tout
le
travail.
-‐
Je
ne
comprends
pas.
Vous
allez
peupler
l'ISS
de
"Bunnies",
chères
à
Heffner
?
-‐
Pas
du
tout.
Il
suffira
d'affiner
un
peu
les
critères
de
sélection
du
personnel
féminin
embarqué
à
bord
de
la
station,
de
les
habiller
avec
des
tenues
un
peu
moulantes
au
lieu
de
ces
vêtements
de
travail
éternellement
bleus,
plein
de
poches
tout
à
fait
inesthétiques.
-‐
Des
collants
-‐
Si
vous
voulez..
Par
ailleurs,
je
pense
qu'une
rapide
formation
technicienne
serait
amplement
suffisante,
du
fait,
comment
pourrait-‐on
dire,
d'un
certain
glissement
de
compétences.
En
un
sens,
cela
simplifierait
considérablement
le
problème
de
la
sélection.
Nous
avons
déjà
une
liste
de
filles
très
présentables
à
qui
un
coup
de
centrifugeuse
ne
ferait
nullement
peur.
Si
le
projet
fonctionne
comme
Petitpont
le
prévoit,
d'ici
deux
ans
la
station
spatiale
internationale
sera
pour
ainsi
dire
gravée
dans
l'inconscient
de
milliards
d'hommes.
Nous
ferions
simplement
en
sorte
que
cet
assemblage
devienne
un
support
fantasmatique
d'envergure
planétaire.
-‐
Le
lupanar
du
cosmos
?
-‐
Appelez
cela
comme
vous
voudrez.
Sinon,
qu'est-‐ce
que
vous
suggérez
?
Qu'on
mette
Hubert
Reeves
en
orbite
?