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Espaces vectoriels normés et métriques

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Mathématiques en MP* d’après un cours au lycée Louis-le-Grand

chapitre 11.1
Espaces vectoriels normés et espaces métriques

I Espaces vectoriels normés


Dans toute cette partie, on considère K un corps égal à R ou C et E un K−espace vectoriel.
Définition I.1.

Une norme sur E est une application N : E → R+ vérifiant les trois conditions suivantes.
(N1 ) ∀x ∈ E, N (x) = 0 ⇐⇒ x = 0 (séparation)
(N2 ) ∀(λ, x) ∈ K × E, N (λx) = |λ| N (x) (homogénéité)
(N3 ) ∀(x, y) ∈ E 2 , N (x + y) ≤ N (x) + N (y) (sous-additivité)

Vocabulaire : une application N : E → R+ vérifiant (2) et (3) est appelée semi-norme.


Proposition I.2.
 
x
1. Si x ̸= 0, N (x) > 0 et N N (x)
=1
2. Si K = R et x ̸= 0, alors pour tout λ ∈ K,
( )
1 1 1
N (λx) = 1 ⇐⇒ |λ| = ⇐⇒ λ ∈ − ,
N (x) N (x) N (x)

L’espace Rx contient donc deux vecteurs unitaires.


3. Pour tout x ∈ E, N (x) = 1 =⇒ ∀θ ∈ R, N (eiθ x) = 1
 
Xn n
X
4. ∀(x1 , . . . , xn ) ∈ E n , N  xi  ≤ N (xi )
i=1 i=1

Exemples : voici quelques normes usuelles pour E = Kn . On pose pour tout x ∈ E, x = (x1 , . . . , xn ).
→ ∥x∥∞ = sup1≤k≤n |xk |
n
X
→ ∥x∥1 = |xk |
k=1

 1
n 2
2
X
→ ∥x∥2 =  |xk |
k=1

 1
n p
p
X
→ Pour tout p ∈ N∗ , ∥x∥p =  |xk |
k=1

Remarque : la sous-additivité pour la norme ∥.∥2 n’est autre que l’inégalité de Minkowski.
Exercice I.3.

Montrer que pour tout x ∈ E, ∥x∥p −→ ∥x∥∞ lorsque p tends vers l’infini.

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Exemples : pour E = C([a, b], C).


→ ∥f ∥∞ = supx∈[a,b] |f (x)|
Z b
→ ∥f ∥1 = |f (x)| dx
a
Z b !1
2
2
→ ∥f ∥2 = |f (x)| dx
a
Z b !1
p
∗ p
→ Pour p ∈ N , ∥f ∥p = |f (x)| dx
a
Exemples : quelques sous espaces normés de l’espace des suites
→ E = l∞ (N, K) = {(un ) ∈ KN , un est bornée}, muni de ∥(un )∥∞ = supn∈N |un |
→ E = C0 (N) = {(un ) ∈ KN , un −→ 0} muni de ∥.∥∞
+∞
|un |p converge}
X
p
→ Pour p ≥ 1, l (N, K) = {(un ) ∈ K , N
n=0

Remarque : on a les inclusions suivantes


→ C0 (N) ⊂ l∞ (N, K)
En effet, si un −−−−→ 0, alors il existe N ∈ N pour lequel pour tout n ≥ N , |un | ≤ 1. Donc pour
n→+∞
tout n ∈ N, |un | ≤ max{1, |u0 | , |u1 | , . . . , |uN |}, donc (un )n∈N ∈ l∞ (N, K).
→ l1 (N, K) ⊂ l2 (N, K)
En effet, si on considère une suite (un )n∈N ∈ l1 (N, K) alors un −→ 0, et alors à partir d’un certain
rang, |un | ≤ 1 et alors |un |2 ≤ |un |. On trouve donc immédiatement que la convergence de la série
+∞ +∞
|un |2 , donc (un )n∈N ∈ l2 (N, K).
X X
|un | implique celle de
n=0 n=0

II Géométrie
Définition II.1.

Une partie A de E est dite convexe si pour tout x, y ∈ A et λ ∈ [0, 1]

λx + (1 − λ)y ∈ A

Exercice II.2.

Montrer que tout sous espace affine de E (i.e. les ensembles de la forme a + F avec a ∈ E et
F sous espace vectoriel de E) est convexe.

Remarque : la boule unité fermée de E, Bf (0, 1) = {x ∈ E, ∥x∥ ≤ 1} est convexe.


En effet, si x, y ∈ Bf (0, 1), alors pour tout λ ∈ [0, 1] on a

∥λx + (1 − λ)y∥ ≤ λ ∥x∥ + (1 − λ) ∥y∥ ≤ λ + 1 − λ = 1

Donc λx + (1 − λ)y ∈ Bf (0, 1).


Exercice II.3.

Soit N : E → R qui vérifie (N1 ) et (N2 ). Soit A = {x ∈ E, N (x) ≤ 1}. Montrer que si A est
convexe, alors N vérifie (N3 ).

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Exercice II.4.

Soit ∥.∥ une norme sur E. Montrer que pour tous x, y ∈ E \ {0}

1 x y
∥x − y∥ ≥ max(∥x∥ , ∥y∥) −
2 ∥x∥ ∥y∥

Exercice II.5.

Une norme ∥.∥ sur E est dite de somme stricte lorsque pour tous x, y ∈ E

∥x + y∥ = ∥x∥ + ∥y∥ =⇒ (x, y) est liée

1. Parmi les normes suivantes, lesquelles sont de somme stricte ?


(a) ∥.∥p sur Kn avec n ≥ 2 et p ∈ {1, 2, ∞}.
(b) ∥.∥p sur C([0, 1], R) avec p ∈ {1, 2, ∞}.
2. Soit ∥.∥ une norme sur E. Soit x, y ∈ E. Montrer que si ∥x∥ = ∥y∥ = 1 et ∥x + y∥ = 2,
alors [x, y] ⊂ S(0, 1) = {x ∈ E, ∥x∥ = 1}.
3. Montrer l’équivalence

∥.∥ est stricte sur E ⇐⇒ S(0, 1) ne contient pas de segment non trivial

III Espaces metriques


Définition III.1.

Soit X un ensemble. On dit qu’une application d : X 2 → R+ est une distance sur X lorsqu’elle
vétifie les propriétés suivantes
(D1 ) ∀(x, y) ∈ X 2 , d(x, y) = 0 ⇔ x = y (séparation)
(D2 ) ∀(x, y) ∈ X 2 d(x, y) = d(y, x) (symétrie)
(D3 ) ∀(x, y, z) ∈ X 3 d(x, y) ≤ d(x, z) + d(z, y) (inégalité triangulaire)

Exemple 1 : soit ∥.∥ une norme sur E. On appelle distance induite par ∥.∥ sur E l’application d :
(x, y) 7→ ∥x − y∥.
La distance induite définit bien une distance. En effet, il est facile de montrer les implications suivantes :

→ (N1 ) =⇒ (D1 )

→ (N2 ) =⇒ (D2 )

→ (N3 ) =⇒ (D3 )
+∞

X |xn − yn |
Exemple 2 : on considère le cas où X = l (N, K). L’application d : ((xn ), (yn )) → définit
n=0 2n
bien une distance sur X.

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Proposition III.2.

Soit X une espace metrique et d : X 2 → R+ une distance sur X. d vérifie les propriétés
suivantes
n−1
X
∗ n
1. ∀n ∈ N \ {1}, ∀(x1 , . . . , xn ) ∈ X , d(x1 , xn ) ≤ d(xi , xi+1 )
i=1

2. ∀(x, y, z) ∈ X 3 , |d(x, y) − d(x, z)| ≤ d(y, z)

Preuve
1. Il s’agit d’une simple récurrence. L’initialisation (n = 2) correspond à la propriété (D3 ).
Soit n ∈ N∗ \ {1}, supposons l’hypothèse de récurrence vérifiée :
n−1
∀n ∈ N∗ \ {1}, ∀(x1 , . . . , xn ) ∈ X n , d(x1 , xn ) ≤
X
d(xi , xi+1 )
i=1

Soit x1 , . . . , xn+1 ∈ X, on a
n−1
X n
X
d(x1 , xn+1 ) ≤ d(x1 , xn ) + d(xn , xn+1 ) ≤ d(xi , xi+1 ) + d(xn , xn+1 ) = d(xi , xi+1 )
i=1 i=1

On en déduit donc immédiatement le résultat voulu.


2. Soit (x, y, z) ∈ X 3 , il s’agit de montrer que
(a) d(x, y) − d(x, z) ≤ d(y, z)
(b) d(x, z) − d(x, y) ≤ d(y, z)
Le point (a) est équivalent à d(x, y) ≤ d(x, z) + d(y, z), ce qui est vrai d’après (D3 ). On peut dire
la même chose du point (b).

IV Boules ouvertes, fermés, sphères ...


Dans toute la suite X est espace metrique muni d’une distance d.
Définition IV.1.

Soit (a, r) ∈ X×]0, +∞[. On appelle boule ouverte de centre a et rayon r l’ensemble

B(a, r) = {x ∈ X, d(x, a) < r}

De même, on appelle boule fermée de centre a et de rayon r l’ensemble

Bf (a, r) = {x ∈ X, d(x, a) ≤ r}

On appelle aussi sphère de centre a et de rayon r l’ensemble

S(a, r) = {x ∈ X, d(x, a) = r}

Exemple : En espace vectoriel normé muni d’une norme ∥.∥, lorsqu’on prend d égal à la distance induite
par la norme, ces ensembles s’écrivent :
→ B(a, r) = {x ∈ X, ∥x − a∥ < r}
→ Bf (a, r) = {x ∈ X, ∥x − a∥ ≤ r}

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→ S(a, r) = {x ∈ X, ∥x − a∥ = r}

Définition IV.2.

Soit A ⊂ X. On appelle distance induite sur A la restriction de d à A2 . Cette distance est


notée dA .

Notation : En remplacant la distance d par dA dans les définitions d’une boule et d’une sphère, pour
(a, r) ∈ A × R+

→ BA (a, r) = {x ∈ A, dA (x, a) < r} = B(a, r) ∩ A

→ Bf A (a, r) = {x ∈ A, dA (x, a) ≤ r} = Bf (a, r) ∩ A

→ SA (a, r) = {x ∈ A, dA (x, a) = r} = S(a, r) ∩ A

Exemples :

→ Pour X = R, A = [0, 1] et d la distance induite par la valeur absolue, BA (1, 21 ) =] 21 , 1].

→ Pour X = C, A = S(0, 1) et d la distance induite par le module, BA (i, 1) = {eiθ , θ ∈ [ π6 , 5π


6
]}.

Dessins en espace vectoriel normé : voici des dessins de la boule unité Bf (0, 1) pour quelques
exemples de X.

X = R2 et d la distance induite par ∥.∥1 X = R2 et d la distance induite par ∥.∥∞

Proposition IV.3.

Lorsque X est un espace vectoriel normé muni d’une norme ∥.∥ et de la distance induite par
cette norme, on a les égalités suivantes pour tout (a, r) ∈ X × R∗+
1. B(a, r) = a + B(0, r) = a + rB(0, 1)
2. Bf (a, r) = a + Bf (0, r) = a + rBf (0, 1)

Preuve : nous allons montrer le point (1). La preuve du point 2 est identique : il suffit de remplacer les
inégalités strictes par des inégalités larges.
Soit (a, r) ∈ X × R∗+ , on a

x ∈ B(a, r) ⇐⇒ ∥x − a∥ < r
1
⇐⇒ (x − a) < 1
r
1
⇐⇒ (x − a) ∈ B(0, 1)
r
⇐⇒ x ∈ a + rB(0, 1)

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V Bornitude
Proposition V.1.

Soit A une partie de X. Les propriétés suivantes sont équivalentes.


1. {d(x, y), (x, y) ∈ A2 } est une partie bornée de R+ .
2. Il existe une boule ouverte de X qui contient A.
3. Pour tout a ∈ X, il existe r tel que A ⊂ B(a, r).
Si A vérifie l’une de ces trois propriété, on dit que A est borné et on note

diam(A) = sup{d(x, y), (x, y) ∈ A2 }

Preuve

→ (1) =⇒ (2)
Soit a ∈ A. L’ensemble D = {d(x, y), (x, y) ∈ A2 } est une partie bornée de R donc admet une
borne supérieure. On pose alors r = 1 + sup D. Pour tout x ∈ A, d(x, a) ≤ sup D < r.
On en déduit donc que A ⊂ B(a, r).

→ (2) =⇒ (3)
Soit B(b, ε) une boule qui contient A. Soit a ∈ X. On pose r = ε + d(a, b).
Pour tout x ∈ A, on a d(x, b) ≤ d(x, a) + d(a, b) < ε + d(a, b) = r. Donc A ⊂ B(a, r).

→ (3) =⇒ (1)
Soit B(a, r) une boule qui contient A. Pour tout (x, y) ∈ A2 ,

d(x, y) ≤ d(x, a) + d(a, y) < 2r

L’ensemble D est alors majoré par 2r.

Exercice V.2.

Soit E un espace vectoriel normé différent de {0}.


1. Montrer que pour tout (a, r) ∈ E × R+ , diam(B(a, r)) = diam(Bf (a, r))
2. Montrer que le rayon et le centre d’une boule ouverte ou fermée sont uniques.

Définition V.3.

Soit A une partie de X. On dit qu’une fonction f : A → X est bornée lorsque f (A) est borné.

Notation : On désigne par B(A, X) l’ensemble des fonctions bornées de A dans X.


Définition V.4.

Soit (un )n∈N une suite à valeurs dans X. On dit que (un )n∈N est bornée lorsque l’ensemble
{un , n ∈ N} est borné.

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VI Suites dans un espace métrique et dans un espace vectoriel


normé
Définition VI.1.

Soit (un )n∈N une suite à valeurs dans X. On dit que (un ) converge lorsque

∃l ∈ X ∀ε > 0 ∃N ∈ N ∀n ≥ N d(un , l) ≤ ε

Proposition VI.2.

On suppose que X est un K−espace vectoriel normé muni d’une norme ∥.∥ et que d est la
distance induite par cette norme.
Soit (un )n∈N et (vn )n∈N deux suites à valeurs dans X.
1. Pour tout (l, l′ ) ∈ R2 , Si (un ) converge vers l et l′ , alors l = l′ .
2. pour tous a, b, l, l′ ∈ R, si un −−−−→ l et vn −−−−→ l′ alors aun + bvn −−−−→ al + bl′
n→+∞ n→+∞ n→+∞
3. Si (λn )n∈N est une suite à valeurs dans K qui converge vers λ ∈ K, et (un )n∈N converge
vers l, alors la suite (λn un )n∈N converge vers λl.

VII Algèbres normées


Définition VII.1.

Soit A un ensemble. On dit que (A, +, ., ∗) est une K−algèbre lorsque


→ (A, +, .) est un K−espace vectoriel.
→ ∗ est une loi de composition interne.
→ ∗ est bilinéaire.

Vocabulaire :
→ Si ∗ est associative, on dit que A est une algèbre associative.
→ Si ∗ admet un élément neutre, on dit que A est une algèbre unitaire.
Définition VII.2.

Soit A une algèbre munie d’une norme ∥.∥. On dit que ∥.∥ est une norme d’algèbre lorsque
pour tous (a, b) ∈ A2
∥a ∗ b∥ ≤ ∥a∥ ∥b∥

Proposition VII.3.

Soit A une algèbre munie d’une norme d’algèbre ∥.∥. Soit (an )n∈N et (bn )n∈N deux suites à
valeurs dans A. L’implication suivante est vraie

an −−−−→ a et bn −−−−→ b =⇒ an ∗ bn −−−−→ a ∗ b


n→+∞ n→+∞ n→+∞

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Preuve : Soit (an )n∈N et (bn )n∈N deux suites vérifiant les hypothèses. On a

∥an ∗ bn − a ∗ b∥ = ∥an ∗ bn − a ∗ bn + a ∗ bn − a ∗ b∥
≤ ∥(an − a) ∗ bn ∥ + ∥a ∗ (bn − b)∥
≤ ∥an − a∥ ∥bn ∥ + ∥a∥ ∥bn − b∥ −−−−→ 0
n→+∞

Exercice VII.4.

Soit A une algèbre munie d’une norme d’algèbre ∥.∥. Soit a ∈ A \ {0} non nilpotent, montrer
 1
n n
que la suite ∥a ∥ est convergente.
n∈N

VIII Suites de fonctions

Dans toute cette partie, on considère A un ensemble et E un espace vectoriel normé muni d’une norme
∥.∥.
Définition VIII.1.

Soit (fn )n∈N une suite de fonctions de A dans E. On dit que la suite (fn )n∈N est simplement
convergente lorsque pour tout x ∈ A, la suite (fn (x))n∈N est convergente.

Vocabulaire : la fonction f : x 7→ limn fn (x) est appelée limite simple de (fn )n∈N .
Exemple : On considère ici le cas où A = [0, 1], E = R et (fn ) = (x 7→ xn ). (fn )n∈N converge simplement
vers f qui est définie par 
0 si x ∈ [0, 1[
f : x 7→
1 sinon

Définition VIII.2.

Soit (fn )n∈N une suite de fonctions de A dans E. On dit que (fn )n∈N est uniformément conver-
gente lorsqu’il existe une fonction f de A dans E telle que

sup ∥fn (x) − f (x)∥ −−−−→ 0


x∈A n→+∞

Remarque : une formulation équivalente à la définition précédente est la suivante

∀ε > 0 ∃N ∈ N ∀n ≥ N ∀x ∈ A ∥fn (x) − f (x)∥ ≤ ε

La convergence uniforme implique évidemment la convergence simple, mais la réciproque est fausse. En
effet, il suffit de considérer la suite de fonctions (x 7→ xn )n∈N . Cette suite de fonctions converge simplement
vers la fonction f définie juste avant la définition précédente, qui vaut 0 sont [0, 1[ et 1 en 1. Mais f ne
converge pas uniformément vers f car pour tout n ∈ N, supx∈A ∥fn (x) − f (x)∥ = 1. Cette quantité ne
peut donc pas tendre vers 0.

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Proposition VIII.3.

On considère le cas où E = C([a, b], C), avec a < b. Soit (fn )n∈N ∈ E N .
Si (fn ) converge uniformément vers f ∈ C([a, b], C), alors on a

∥fn − f ∥1 −−−−→ 0 et ∥fn − f ∥2 −−−−→ 0


n→+∞ n→+∞

Preuve
Pour tout n ∈ N, on a
Z b
∥fn − f ∥1 = |fn (t) − f (t)| dt ≤ (b − a) ∥fn − f ∥∞ −−−→ 0
n→∞
a

et s
Z b q √
∥fn − f ∥2 = |fn (t) − f (t)|2 dt ≤ (b − a) ∥fn − f ∥2∞ = b − a ∥fn − f ∥∞ −−−−→ 0
a n→+∞

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Correction de l’exercice I.3. :


Soit x = (x1 , . . . , xn ) ∈ E. Si ∥x∥∞ = 0, on a x = 0 et alors pour tout p ∈ N∗ , ∥x∥p = 0. La
proposition qu’on veut démontrer est donc vraie. Supposons donc à présent que ∥x∥∞ > 0. On pose
r = |{i ∈ J1; nK, xi = ∥x∥∞ }| Quitte à permuter les xi , on suppose sans perte de généralité que x1 =
x2 = · · · = xr = ∥x∥∞ et pour tout k ≥ r + 1, |xk | < ∥x∥∞ .
On a alors pour tout p ∈ N∗ ,
 1
n p

|xk |p 
X
∥x∥p = 
k=1

 1
n p p
X xk 
= ∥x∥∞ r +
k=r+1 ∥x∥∞

xk xk p
Pour tout k ≥ r + 1, ∥x∥∞
∈ [0, 1[, donc ∥x∥∞
−−−−→ 0. On a alors
p→+∞

n p
X xk
r+ −−−−→ r
k=r+1 ∥x∥∞ p→+∞

Or  1
n p p
X xk  h 1 i
∥x∥p = ∥x∥∞ r + ∈ ∥x∥∞ , n p ∥x∥∞
k=r+1 ∥x∥∞
et finalement, par le lemme des gendarmes

∥x∥p −−−−→ ∥x∥∞


p→+∞

Correction de l’exercice II.2. :


Soit F un sous espace vectoriel de E et a ∈ E. On pour F ′ = a + F . Soit x, y ∈ F ′ et λ ∈ [0, 1]. Par
définition, il existe u, v ∈ F tels que x = a + u et y = a + v. On a alors

λx + (1 − λ)y = λa + λu + (1 − λ)a + (1 − λ)u


= a + λu + (1 − λ)v ∈ F ′
| {z }
∈F

Correction de l’exercice II.3. :


x y
Supposons que A est convexe. Soit x, y ∈ E \ {0}, N (x)
et N (y)
sont deux éléments de A, donc en posant
N (x)
λ= N (x)+N (y)
∈ [0, 1] on a
!
x y
N λ + (1 − λ) ≤1
N (x) N (y)
Or
! !
x y N (x) x N (y) y
N λ + (1 − λ) =N +
N (x) N (y) N (x) + N (y) N (x) N (x) + N (y) N (y)
N (x + y)
=
N (x) + N (y)

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On en déduit donc finalement que


N (x + y) ≤ N (x) + N (y)
On a donc montré la propriété (N3 ) pour N .

Correction de l’exercice II.4. :


Quitte à permuter x et y supposons que max(∥x∥ , ∥y∥) = ∥x∥. On a alors

1 x y 1
max(∥x∥ , ∥y∥) − = ∥∥y∥ x − ∥x∥ y∥
2 ∥x∥ ∥y∥ 2 ∥y∥
1
= ∥∥y∥ x − ∥y∥ y + ∥y∥ y − ∥x∥ y∥
2 ∥y∥
1
≤ (∥∥y∥ x − ∥y∥ y∥ + ∥∥y∥ y − ∥x∥ y∥)
2 ∥y∥
1
= (∥y∥ ∥x − y∥ + ∥y∥ |∥x∥ − ∥y∥|)
2 ∥y∥
1
≤ (∥y∥ ∥x − y∥ + ∥y∥ ∥x − y∥)
2 ∥y∥
= ∥x − y∥

Correction de l’exercice II.5. :


1. Nous allons séparer les cas p = 1, p = 2 et p = ∞.
(a) Mettons nous sur Kn
→ Si p = ∞, la norme ∥.∥∞ n’est pas de somme stricte.
En effet, il suffit de considérer le cas n = 2 pour voir que ce n’est pas le cas :

∥(1, 0) + (1, 1)∥∞ = 2 = ∥(1, 0)∥∞ + ∥(1, 1)∥∞

mais ((1, 0), (1, 1)) n’est pas liée.


→ Si p = 1, la norme ∥.∥1 n’est pas de somme stricte.
En effet, il suffit de considérer le cas n = 2 pour voir que ce n’est pas le cas :

∥(1, 0) + (0, 1)∥1 = 2 = ∥(1, 0)∥1 + ∥(0, 1)∥1

mais ((1, 0), (0, 1)) n’est pas liée.


→ Si p = 2, la norme ∥.∥2 est de somme stricte.
En effet, si on considère x = (x1 , . . . , xn ), y = (y1 , . . . , yn ) ∈ Kn ,

∥x + y∥2 = ∥x∥2 + ∥y∥2 ⇐⇒ ∥x + y∥22 = (∥x∥2 + ∥y∥2 )2


n
⇐⇒ ∥x∥22 + ∥y∥22 + 2 xk yk = ∥x∥22 + ∥y∥22 + 2 ∥x∥ ∥y∥
X

k=1
v  
u
n u Xn n
x2   y 2 
X X
⇐⇒ xk yk =
u
t k k
k=1 k=1 k=1

La dernière ligne implique le cas d’égalité de l’inégalité de Cauchy-Schwarz (il suffit de


majorer la somme des xk yk par la somme des |xk yk |, qui est équivalent au fait que (x, y)
soit liée.

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(b) Mettons nous sur C([0, 1], R)


→ Si p = ∞, la norme ∥.∥∞ n’est pas de somme stricte.
En effet, il suffit de considérer les deux fonctions continues sur [0, 1] f : t 7→ t et g : t 7→ 1.

∥f + g∥∞ = 2 = ∥f ∥∞ + ∥g∥∞

alors que (f, g) n’est pas liée.


→ Si p = 1, la norme ∥.∥1 n’est pas de somme stricte.
En effet, il suffit de prendre f et g respectivement décrites par les courbes ci dessous.

f g

Il est clair que


∥f + g∥1 = ∥f ∥1 + ∥g∥1
alors que (f, g) n’est pas liée.
→ Si p = 2, la norme ∥.∥2 est de somme stricte.
En effet, si on considère f, g ∈ C([0, 1], R),

∥f + g∥2 = ∥f ∥2 + ∥g∥2 ⇐⇒ ∥f + g∥22 = (∥f ∥2 + ∥g∥2 )2


Z 1
⇐⇒ ∥f ∥22 + ∥g∥22 +2 f (t)g(t)dt = ∥f ∥22 + ∥g∥22 + 2 ∥f ∥ ∥g∥
s0Z
Z 1 1  Z 1 
⇐⇒ f (t)g(t)dt = f (t)2 dt g(t)2 dt
0 0 0

La dernière ligne implique le cas d’égalité de l’inégalité de Cauchy-Schwarz (il suffit de


majorer l’intégrale de f g par l’intégrale de |f g|), qui est équivalent au fait que (f, g) soit
liée.
2. Soit x, y ∈ E vérifiant ∥x + y∥ = 2 et ∥x∥ = ∥y∥ = 1.
Soit λ ∈ [0, 1], on a
∥λx + (1 − λ)y∥ + ∥(1 − λ)x + λy∥ ≥ ∥x + y∥ = 2
| {z } | {z }
≤1 ≤1

Donc
∥λx + (1 − λ)y∥ = ∥(1 − λ)x + λy∥ = 1
et finalement [x, y] ⊂ S(0, 1).
3. (=⇒) Supposons que ∥.∥ est stricte.
Soit x, y ∈ S(0, 1). Supposons que [x, y] ⊂ S(0, 1). On a
1 1 1 1
x+ y =1= x + y
2 2 2 2
Donc (x, y) est liée et x et y sont de même norme, pour K = R, deux cas se présentent
1
→ x = −y ce qui donne 2
x + 12 y = 0, chose qui n’est clairement pas possible.
→ x = y et donc le segment [x, y] est trivial.

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Mathématiques en MP* d’après un cours au lycée Louis-le-Grand

On en déduit alors immédiatement que S(0, 1) ne contient aucun segment non trivial.
(⇐=) Nous allons procéder par contraposée. Supposons que ∥.∥ est non stricte, i.e. il existe (x, y)
libre telle que ∥x + y∥ = ∥x∥ + ∥y∥.
On suppose sans perte de généralité de que ∥x∥ ≤ ∥y∥. On a

x y x y y y
2≥ + = + − +
∥x∥ ∥y∥ ∥x∥ ∥x∥ ∥x∥ ∥y∥
1 1 1
≥ (∥x∥ + ∥y∥) − ∥y∥ ( − )
∥x∥ ∥x∥ ∥y∥
=2

x y x y
Donc ∥x∥ + ∥y∥ = 2 et ∥x∥ , ∥y∥ ∈ S(0, 1). On en déduit d’après la question précédente que
x y
[ ∥x∥ , ∥y∥ ] ⊂ S(0, 1). Ce segment est non trivial puisque (x, y) est libre.
S(0, 1) contient donc bien un segment non trivial.

Correction de l’exercice V.2. :


1. Soit (a, r) ∈ E×R+ . On sait déjà que diam(B(a, r)) ≤ 2r et diam(Bf (a, r) ≤ 2r (il suffit d’appliquer
l’inégalité triangulaire).
Comme E ̸= {0}, on peut considérer u ∈ X tel que ∥u∥ = 1. On pose alors

x = a + ru ∈ Bf (a, r) et y = a − ru ∈ Bf (a, r)

On a donc ∥x − y∥ = 2r ce qui donne diam(Bf (a, r)) = 2r.


De même, on pose (rn )n≥N = (r − n1 )n≥N avec N assez grand pour qu’on ait r − 1
N
≥ 0 et

xn = a + rn u ∈ B(a, r) et yn = a − rn u ∈ B(a, r)

On a alors ∥xn − yn ∥ = 2rn −−−−→ 2r. La suite (∥xn − yn ∥)n≥N est à valeurs dans
n→+∞
{∥x − y∥ , (x, y) ∈ E 2 } qui est majoré par 2r, donc diam(B(a, r)) = 2r.
2. L’unicité du rayon d’une boule vient tout simplement de la question précédente. En effet, en espace
vectoriel normé, on peut définir de manière unique le rayon d’une boule fermée ou ouverte comme
le diamètre de la boule. Il reste donc à montrer l’unicité du centre. Nous allons le faire pour le cas
d’une boule fermée. Le cas d’une boule ouvert peut être traité de la même manière.
Soit (a, r) ∈ E × R+ . On suppose que b ∈ E est aussi un centre de Bf (a, r) tel que b ̸= a. on a alors
a−b
pour tout x ∈ Bf (a, r), ∥x − b∥ < r et ∥x − a∥ < r. Posons v = ∥a−b∥ . On a a − rv ∈ Bf (a, r), donc

r
r ≥ ∥a − rv − b∥ = ( + 1)(a − b)
∥a − b∥
= r + ∥a − b∥

donc ∥a − b∥ = 0 ce qui est absurde. On a donc bien l’unicité du centre.

Correction de l’exercice
1
VII.4. :
1
On a pour tout n ∈ N∗ , ∥an ∥ n ≤ (∥a∥n ) n et pour tout n, m ∈ N∗ , ∥an+m ∥ ≤ ∥an ∥ ∥am ∥. Donc si on pose
pour tout n, vn = log ∥an ∥, on a pour tout m, n ∈ N∗ , vn+m ≤ vn + vm .
1
Posons également pour tout n, un = log(∥an ∥ n ). On a alors (vn )n∈N est sous additive et pour tout n,
un = vnn . Donc d’après le théorème de Fekete (hors programme, mais très classique)

un −−−−→ inf∗ uk = α
n→+∞ k∈N

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Mathématiques en MP* d’après un cours au lycée Louis-le-Grand

et finalement 1
∥an ∥ n −−−−→ eα
n→+∞

Remarque : ici, on suppose implicitement par convention que e−∞ = 0.

* *
*

Document compilé par Omar Bennouna et révisé par Issam Tauil le 17/11/2021 pour
[Link].
Si vous repérez une erreur, ou avez des remarques, prière de me contacter via l’adresse
contact@[Link].

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chapitre 11.2
Ouverts et fermés

Dans tout le chapitre, on considère X un espace metrique muni d’une distance d.

I Ouverts
Définition I.1.

Soit O un sous ensemble de X. On dit que O est ouvert lorsque

∀a ∈ O, ∃r > 0, B(a, r) ⊂ O

Exemples
→ ∅ et les intervalles ouverts sont des ouverts de R.
→ R n’est pas ouvert dans C.
Proposition I.2.

Soit I un ensemble et (Oi )i∈I est une famille d’ouverts de X.


1. ∅ et X sont des ouverts de X.
[
2. Oi est ouvert.
i∈I
\
3. Si I est fini, alors Oi est ouvert.
i∈I

Preuve
1. La proposition est évidente par définition.
[ [
2. Soit a ∈ Oi . Il existe i0 ∈ I tel que a ∈ Oi0 . Donc il existe r > 0 tel que B(a, r) ⊂ Oi0 ⊂ Oi .
i∈I i∈I
[
Oi est donc bien ouvert.
i∈I
\
3. Supposons que I soit fini. Soit a ∈ Oi . On a alors pour tout i ∈ I, il exsite ri > 0 tel que
i∈I
B(a, ri ) ⊂ Oi . I est fini, donc on peut définir r = min{ri }i∈I > 0. Par construction, on a bien
\ \
B(a, r) ⊂ Oi . Oi est donc bien ouvert.
i∈I i∈I
\
Attention : si I est infini, Oi n’est pas forcément ouvert. En effet, si on prend I = N∗ et pour tout
i∈I
\  1 1

1 1
k ∈ I, Ok =] − , [.
k k
On a − , = {0} qui n’est pas ouvert.
k∈N∗ k k
Définition I.3.

Soit a ∈ X. Une partie U de X est appelée voisinage de a s’il existe r > 0 tel que B(a, r) ⊂ U .

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Remarque : un ouvert est voisinage de tous ses points.


Exemple : Pour tout (b, r) ∈ X × R∗+ , B(b, r) est un ouvert.
Montrons ce résultat. Soit a ∈ B(b, r). Posons ε = r − d(a, b). On a alors pour tout x ∈ B(a, ε),

d(x, b) ≤ d(x, a) + d(a, b) < ε + d(a, b) = r

donc B(a, ε) ⊂ B(b, r). On en déduit donc que B(b, r) est ouvert.
Proposition I.4.

Soit a ∈ X. On note V(a) l’ensemble des voisinages de a.


1. Si U ∈ V(a) et U ⊂ V , alors V ∈ V(a).
2. L’intersection d’une famille finie d’éléments de V(a) appartient à V(a).
3. Si a ̸= b, alors il existe (U, V ) ∈ V(a) × V(b) tel que U ∩ V = ∅.

Preuve
1. Soit U voisinage de a et V un ensemble contenant U . U étant un voisinage de a, il existe r > 0 tel
que B(a, r) ⊂ U ⊂ V . Donc V est aussi un voisinage de a.
2. Soit p ∈ N∗ et V1 , . . . , Vp ∈ V(a). Pour tout i ∈ J1; pK, il existe ri > 0 tel que B(a, ri ) ⊂ Vi . On pose
p
\ p
\
r = min{r1 , . . . , rp } > 0. On a alors B(a, r) ⊂ Vi , donc Vi ∈ V(a).
i=1 i=1

3. Soit r = d(a,b)
10
. Prenons U = B(a, r) et V = B(b, r). Si x ∈ U ∩ V , alors d(x, a) < r et d(x, b) < r.
En sommant les deux inégalités, on obtient

d(a, b)
d(a, b) ≤ d(x, a) + d(x, b) < 2r =
5
ce qui est impossible. On en déduit donc que U ∩ V = ∅.

II Fermés
Définition II.1.

Soit F une partie de X. On dit que F est fermé si X \ F est ouvert.

Exemples
→ Si a ≤ b, alors [a, b] est un fermé.
→ Pour tout (b, r) ∈ X × R+ , Bf (b, r) est fermé.
En effet, si on prend a ∈ X \ Bf (b, r), on peut considérer ε = d(a,b)−r2
> 0 (ε est non nul car
sinon on aurait a ∈ Bf (b, r)). Si x ∈ B(a, ε), alors d(x, b) ≥ d(a, b) − d(x, a) ≥ d(a,b)+r
2
> r donc
B(a, ε) ⊂ X \ Bf (b, r) et alors Bf (b, r) est fermé.
→ Une réunion finie de points est un fermé.
Proposition II.2.

Soit F une partie de X. F est fermée si et seulement si pour toute suite (xn )n∈N à valeurs dans
F , si (xn ) est convergente, alors sa limite est dans F .

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Preuve

(⇒) Supposons que F soit fermé. Soit (xn )n∈N une suite à valeurs dans F convergente, supposons que la
limite l de (xn ) est dans X \ F . X \ F étant ouvert, il existe ε > 0 tel que B(l, ε) ⊂ X \ F . Or par
construction, il exsite N ∈ N tel que pour tout n ≥ N , d(xn , l) ≤ 2ε et donc xn ∈ B(l, ε) ⊂ X \ F
ce qui est absurde.

(⇐) Réciproquement, supposons que toute suite à valeurs dans F convergente converge dans F . suppo-
sons de plus que F n’est pas fermé, i.e. X \ F n’est pas ouvert. Il existe donc a ∈ X \ F tel que pour
1
tout ε > 0, B(a, ε) ̸∈ X \ F i.e. B(a, ε) ∩ F ̸= ∅. Cette propriété étant vraie pour ε = et tout
n
n ∈ N, on peut définir une suite (xn )n∈N à valeurs dans F qui vérifie pour tout n ∈ N∗ , d(a, xn ) ≤ n1 .
(xn ) est à valeurs dans F et converge vers a qui n’est pas dans a, ce qui est en contradiction avec
les hypothèses.

Proposition II.3.

1. X et ∅ sont fermés dans X.


\
2. Soit I un ensemble. Si (Fi )i∈I est une famille de fermés de X, alors Fi est un fermé.
i∈I
[
3. Si I est fini, alors Fi est un fermé.
i∈I

Preuve : pour montrer ces trois propriétés, il suffit de montrer que les complémentaires de ces ensembles
sont ouverts en utilisant les propriétés vu sur les ouverts au début du chapitre.
Exercice II.4.

Soit (un )n∈N une suite à valeurs dans X. Montrer que l’ensemble des valeurs d’adhérence de
(un ) est fermé.

Exercice II.5.

Soit E = l1 (N, C) muni de ∥.∥1 et N ∈ N. Montrer que A = {(un ) ∈ E N , u0 ̸= 0, . . . , uN ̸= 0}


est ouvert.

Exercice II.6.

Soient E = C([0, 1], R), O = {f ∈ E, ∀x ∈ [0, 1], f (x) > 0} et F = {f ∈ E, ∀x ∈


[0, 1], f (x) ≥ 0}.
1. O est il ouvert pour la distance induite par ∥.∥∞ ? ∥.∥1 ?
2. F est il fermé pour la distance induite par ∥.∥∞ ? ∥.∥1 ?

III Topologie induite


Dans cette partie on considère A une partie de X et on considère dA la restriction de d à A2 . (A, dA ) ainsi
défini est un espace metrique, et pout tout (a, r) ∈ A × R+ , BdA (a, r) = B(a, r) ∩ A.

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Proposition III.1.

1. Une partie O de A est ouverte pour dA si et seulement si il existe Ω ⊂ X ouvert tel que
O = A ∩ Ω.
2. Une partie F de A est fermée pour dA si et seulement si il existe G ⊂ X fermé tel que
F = A ∩ G.

Preuve
1. (⇐) Soit a ∈ A ∩ Ω. Puisque Ω est ouvert dans X, il existe r > 0 tel que B(a, r) ⊂ Ω. Donc
BdA (a, r) = B(a, r) ∩ A ⊂ Ω ∩ A. O = A ∩ Ω est donc ouvert.
(⇒) Soit a ∈ O. Il exsite ra > 0 tel que BdA (a, ra ) ⊂ O. On a donc
!
[ [ [
O= BdA (a, ra ) = (B(a, ra ) ∩ A) = B(a, r) ∩A
a∈O a∈O a∈O
| {z }

Ω est une union d’ouverts, donc est un ouvert de X, ce qui nous permet de conclure.
2. Il suffit d’utiliser le résultat précédent en passant au complémentaire.

(⇐) Si F = A ∩ G, alors A \ F = A ∩ (X \ G). Ω est ouvert, donc en appliquant la propriété


| {z }

précédente, A \ F est ouvert pour dA et donc F est fermé pour dA .
(⇒) Si F est fermé pour la distance dA , alors A \ F est ouvert pour cette distance. D’après ce qui
précéde, il exsite Ω un ouvert de X tel que A\F = Ω∩A, ce qui donne F = A\(Ω∩A) = A∩(X \ Ω).
| {z }
G
G est un fermé de X, ce qui nous permet de conclure.
Conséquences
→ Tout ouvert de A est ouvert dans X si et seulement si A est ouvert dans X
→ Tout fermé de A est fermé dans X si et seulement si A est fermé dans X.

IV Intérieur
Définition IV.1.

Soit A une partie de X. On dit que le point a ∈ A est intérieur à A lorsqu’il existe ε > 0 tel
que B(a, ε) ⊂ A (i.e. A ∈ V(a)). On note Å ou Int(A) l’ensemble des points intérieurs à A.

Exemples
→ Dans R, Q̊ = ∅ car R \ Q est dense dans R.
→ Dans C, R̊ = ∅.
Proposition IV.2.

Soit A une partie de X. Å est le plus grand ouvert inclus dans A.

Preuve : Si a ∈ Å, alors il exsite ε > 0 tel que B(a, ε) ⊂ A. B(a, ε) est ouvert, donc pour tout b ∈ B(a, ε),
il existe η > 0 tel que B(b, η) ⊂ B(a, ε) ⊂ A. b est donc un élément de Å et alors B(a, ε) ⊂ Å. On peut
donc conclure que Å est ouvert. Le fait que A soit le plus grand ouvert inclus dans A découle du fait que
tout point appartenant à un ouvert inclus dans A est dans Å par définition de l’intérieur de A.

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Exercice IV.3.

Soient A et B deux parties de X. Dans chaque cas, comparer les deux ensembles.
1. Int(A ∩ B) et Int(A) ∩ Int(B).
2. Int(A ∪ B) et Int(A) ∪ Int(B).

Exercice IV.4.

Soit E un espace vectoriel normé non réduit à {0}. Soit (a, r) ∈ E × R∗+ . Montrer que

Int(Bf (a, r)) = B(a, r)

Attention : cette propriété n’est pas toujours vraie quand on est pas dans le cadre d’expaces vectoriels
normés. Par exemple, pour X = Z et d la distance induite par la valeur absolue, on a
→ Bf (0, 1) = {−1, 0, 1}
→ B(0, 1) = {0} =
̸ Int(Bf (0, 1)) = {−1, 0, 1}

V Adhérence
Définition V.1.

Soit b ∈ X. On dit que b est adhérent à A lorsque

∀ε > 0, B(b, ε) ∩ A ̸= ∅

On note A l’ensemble des points adhérents à A.

Proposition V.2.

Soit A une partie de X. Les propriétés suivantes sont vérifiées.


1. A est fermé.
2. A est le plus petit fermé contenant A.
3. X \ A = Int(X \ A)

Preuve

On a

x ̸∈ A ⇐⇒ ∃ε > 0, B(x, ε) ∩ A = ∅
⇐⇒ ∃ε > 0, B(x, ε) ⊂ X \ A
⇐⇒ x ∈ Int(X \ A)

Ceci montre le point 3 et le point 1 car Int(X \ A) est ouvert. Montrons le deuxième point.
Soit B un fermé contenant A. X \ A contient X \ B qui est ouvert. Int(X \ A) étant le plus grand ouvert
inclus dans X \ A, X \ B ⊂ Int(X \ A) = X \ A et finalement A ⊂ B. A est donc bien le plus petit fermé
contenant A.

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Proposition V.3.

Soit b ∈ X et A une partie de X. L’équivalence suivante est vraie.

b ∈ A ⇐⇒ ∃(an ) ∈ AN , an −−−−→ b
n→+∞

Preuve
(⇐) Soit ε > 0. Il existe N ∈ N tel que pour tout n ≥ N , d(an , b) < 2ε . (an ) est à valeurs dans A donc
B(b, ε) ∩ A ̸= ∅, donc b ∈ A.
(⇒) Soit b ∈ A. On va construire la suite (an ) par récurrence. On prend a0 égal à n’importe quel élément
1
de X. Soit n ∈ N. Supposons a0 , . . . , an bien définis. b étant adhérent à A, on a B(b, n+1 ) ∩ A ̸= ∅. On
1
peut donc prendre an+1 ∈ B(b, n+1 ) ∩ A. On a alors par construction,

1
∀n ∈ N∗ , d(an , b) ≤ et (an ) ∈ AN
n
et alors an −−−−→ b.
n→+∞
Corollaire V.4.

Soit A ⊂ X. L’équivalence suivante est vraie

A fermé ⇐⇒ (∀(an ) ∈ AN , an −−−−→ l =⇒ l ∈ A)


n→+∞

Preuve : d’après ce qui précéde, on a

A fermé ⇐⇒ A = A ⇐⇒ (∀(an ) ∈ AN , an −−−−→ l =⇒ l ∈ A)


n→+∞

Exercice V.5.

˚ ˚ ˚
Trouver un ensemble A ⊂ R tel que A, A, Å, Å, A, A et Å soient deux à deux distincts.

Exercice V.6.

Soit E un espace vectoriel normé et (a, r) ∈ E × R∗+ . Montrer que

B(a, r) = Bf (a, r)

Exercice V.7.

Soit C un partie convexe d’un espace vectoriel normé E.


1. Montrer que C et C̊ sont convexes.
2. Soit a ∈ C̊ et b ∈ C. Montrer que [a, b[⊂ C̊.

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Exercice V.8.

On pose E = C([0, 1], R) et F = {f ∈ E, ∀x ∈ [0, 1] f (x) ≥ 0}.


1. Montrer que F est un fermé pour ∥.∥∞ et ∥.∥1 .
2. Donner F̊ pour ∥.∥∞ et ∥.∥1 .

VI Densité
Définition VI.1.

Soient A et B deux parties de X. On dit que B est dense dans A lorsque A ⊂ B. De même,
on dit que B est partout dense dans X lorsque B = X.

Exemples
→ Q et R \ Q sont denses dans R.
→ Pour tout n ∈ N, Qn est dense dans Rn pour les normes usuelles (∥.∥1 , ∥.∥2 , ∥.∥∞ , . . . ).
Proposition VI.2.

Soient A et B deux parties de X. Les propositions suivantes sont équivalentes.


1. B est dense dans A
2. Pour tout élement a ∈ A, il existe une suite (bn ) à valeurs dans B qui converge vers a.
3. Pour tout a ∈ A et ε > 0, il existe b ∈ B tel que b ∈ B(x, ε).

Remarque : Ces caractérisations de la densité sont quelques fois plus commode à utiliser en exercice.
Proposition VI.3.

La propriété de densité est transitive, i.e. si A, B et C sont trois parties de X et si B et dense


dans A et C est dense dans B alors C est dense dans A.

Exemple : si E est un espace vectoriel normé et F est un sous espace stricte de E (i.e. F ̸= E), alors
E \ F est dense dans E.
x
Montrons ce résultat. Soit x ̸∈ F et a ∈ F . Soit ε > 0. On a a + ε 2∥x∥ ∈ F \ E (car sinon, on aurait
x x
a + ε 2∥x∥ − a ∈ F , i.e. x ∈ F ). De plus a + ε 2∥x∥ ∈ B(a, ε) et alors B(a, ε) ∩ (E \ F ) ̸= ∅.
On a montré que F ⊂ F \ E. On a aussi E \ F ⊂ F \ E. On en déduit donc que E \ F = E, i.e. E \ F
est dense dans E.

Remarque : le résultat montré ci dessus peut être aussi formulé de la manière suivante :

A est un sous espace vectoriel de E et Å ̸= ∅ ⇐⇒ A = E

ou encore :

Si F est un sous espace stricte d’un espace vectoriel normé E, alors F est d’intérieur vide

Cette propriété se voit facilement en dimension 3 par exemple. Un sous espace stricte de R3 est soit un
plan, soit une droite, ou alors un point qui dans tous les cas sont d’intérieur vide.

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Conséquence : Si H est un hyperplan de E, alors soit H est fermé soit H est dense dans E.
En effet, on a H ⊂ H ⊂ E donc soit H = H, i.e. H est fermé, soit H = E, i.e. H est dense dans E.

Exemple : l’hyperplan H = {f ∈ C([0, 1], R), f (0) = 0} n’est pas fermé pour la distance induite par ∥.∥1
car il est dense dans C([0, 1], R).
En effet, si f ∈ C([0, 1], R), on considère g ∈ H la fonction définie par

 x f (ε) si x ∈ [0, ε[
g(x) =  ε
f (x) si x ∈ [ε, 1]

Pour montrer que cet exemple est naturel, voici un dessin de la courbe de g à droite et celle de f à gauche

ε
f (ε)

1 1

Montrons que g est proche de f . On a


Z 1
∥f − g∥1 = |f (x) − g(x)| dx
Z0ε
= |f (x) − g(x)| dx ≤ 2 ∥f ∥∞ ε
0

donc quitte à remplacer ε par 4∥fε∥ , on peut dire que g ∈ B(f, ε) et donc H est dense dans C([0, 1], R)

pour la distance induite par ∥.∥1 .
Exercice VI.4.

Soit G un sous groupe additif de R. On sote A = {x ∈ G, x > 0}.


1. Montrer que si G ̸= {0}, alors A est non vide. On pose alors a = inf A.
2. Montrer que si a = 0, alors G est dense dans R.
3. Montrer que si a > 0, alors G = aZ.
4. Application 1 : en utilisant ce qui précéde, montrer que {cos n, n ∈ N} est dense dans
[−1, 1].

5. Application 2 : soit f ∈ C(R, R) admettant 1 et 2 comme périodes. Montrer que f est
constante.

Définition VI.5.

On dit que X est un espace séparable si et seulement si il existe un sous ensemble A de X


dense dans X et dénombrable.

Exercice VI.6.

Montrer que X est séparable si et seulement si il existe une famillé dénombrable d’ouverts
[
(Ωi )i∈I telle que pour tout ouvert O de X ∃J ⊂ I, O = Ωj .
j∈J

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Définition VI.7.

Soit A une partie de X. Un point a ∈ X est dit


→ isolé lorsque
∃ε > 0, B(a, ε) ∩ A = {a}
→ d’accumulation lorsque
∀ε > 0, (B(a, ε) \ {a}) ∩ A ̸= ∅
L’ensemble des points d’accumulation et isolés de A sont respectivement notés Aac et Ai .

Notation : On note Aaci l’ensemble des points d’accumulation de A qui sont dans A.
Proposition VI.8.

Soit A une partie de X.


1. Aaci ∪ Ai = A
2. a ∈ Aac ⇐⇒ ∀ε > 0, B(a, ε) ∩ A est infini
3. a ∈ Aac ⇐⇒ il existe une suite injective à valeurs dans A qui converge vers a

Preuve
1. En regardant les définitions d’un point isolé et d’un point d’accumulation, on peut aisément re-
marquer que le fait qu’un point soit isolé est exactement la négation du fait qu’un point soit
d’accumulation, donc naturellement, un point a de A est soit d’accumulation, soit isolé, d’où le fait
que Aaci ∪ Ai = A.
2. (⇒) Supposons que a ∈ Aac . Supposons de plus que ∃ε > 0, B(a, ε) ∩ A est fini. On pose donc
(B(a, ε) \ {a}) ∩ A = {x1 , . . . , xp } avec p ∈ N∗ . En posant ε̃ = min{d(a, xi ), i ∈ J1; pK}, il est facile
de remarquer que (B(a, 2ε̃ ) \ {a}) ∩ A = ∅, ce qui est en contradiction avec le fait que a soit un
point d’accumulation.
(⇐) Si pour tout ε > 0 B(a, ε) ∩ A est infini, alors d’une manière évidente (B(a, ε) ∩ A) \ {a} =
(B(a, ε) \ {a}) ∩ A est non vide, donc a est un point d’accumulation.
3. (⇒) Supposons que a ∈ Aac , i.e. ∀ε > 0, B(a, ε) ∩ A est infini.
Construisons une suite (xn ) qui vérifie la propriété voulue par récurrence. On définit x0 comme un
point pris au hasard dans A différent de a.
Soit n ∈ N, supposons que xn est bien défini. On prend alors xn+1 dans B(a, 12 min( n+2 1
, d(a, xn )))∩A
(c’est possible car cet ensemble est non vide). Par construction (xn ) est injective et pour tout n ∈ N∗
1
d(xn , a) ≤ n+1 et donc xn −−−−→ a, d’où le résultat voulu.
n→+∞
(⇐) Supposons l’existence d’une telle suite qu’on note (xn ). Soit ε > 0. Supposons que B(a, ε) ∩ A
est fini. Il existe alors p ∈ N∗ tel que (B(a, ε) \ {a}) = {x1 , . . . , xp }. En posant ε̃ = min{d(a, xi ), i ∈
J1; pK}, il est facile de remarquer que (B(a, 2ε̃ ) \ {a}) ∩ A = ∅, ce qui est absurde car pour n assez
grand, xn est dans (B(a, 2ε̃ ) \ {a}) ∩ A.
Proposition VI.9.

En dimension finie, tout ensemble borné infini admet un point d’accumulation.

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Correction de l’exercice II.4. :


Soit a ∈ X. Le fait que a ne soit pas une valeur d’adhérence de (un ) est équivalent au fait qu’il exsite
ε > 0 tel que B(a, ε) ∩ {un , n ∈ N} soit fini. Soit b ∈ B(a, ε). Posons η = ε−d(a,b)
2
. La boule B(b, η) est
incluse dans B(a, ε) et donc B(b, η) ∩ {un , n ∈ N} est fini car inclus dans B(a, ε) ∩ {un , n ∈ N}. Donc
b ∈ X \ Adh(un ), et alors B(a, ε) ⊂ X \ Adh(un ) ce qui donne finalement que X \ Adh(un ) soit ouvert
i.e. Adh(un ) est fermé.

Correction de l’exercice II.5. :


Soit (un ) ∈ A. Posons ε = min{|u0 | , . . . , |uN |}. Montrons que B((un ), 2ε ) ⊂ A. Soit (vn ) ∈ B((un ), 2ε ).
Pour tout i ∈ J0; N K, on a
+∞
X ε
|ui − vi | ≤ |uk − vk | <
k=0 2
donc
ε
0 < |ui | −
≤ |vi |
2
ce qui nous donne que pour tout i ∈ J0; N K, vi ̸= 0 et alors (vn ) ∈ A, donc B((un ), 2ε ) ⊂ A. A est donc
ouvert.

Correction de l’exercice II.6. :


On se place dans l’espace vectoriel normé E = C([0, 1], R).

1. Etudions O = {f ∈ E, ∀x ∈ [0, 1], f (x) > 0}.

(a) O est ouvert pour la distance induite par ∥.∥∞ .


En effet, si on considère f ∈ O, alors on a ε = minx∈[0,1] f (x) > 0.
Soit g ∈ B(f, 2ε ), alors
ε
∥g − f ∥∞ ≤
2
et alors
ε ε
∀x ∈ [0, 1], |g(x)| ≥ |f (x)| − ≥ > 0
2 2
ε
donc g ∈ O et alors B(f, 2 ) ⊂ O. D’où le fait que O soit ouvert pour ∥.∥∞ .

(b) O n’est pas ouvert pour la distance induite par ∥.∥1 .


Exhibons un contrexemple qui premet d’affirmer cela. Soit ε > 0. considérons la fonction f
partout égale à 1 sur [0, 1], et g une fonction de E défine de la manière suivante :

− 1 si x ∈ [0, 2ε [
 4x
ε
g(x) =
1 si x ∈ [ 2ε , 1]

Pour rendre ce choix plus parlant, voici un dessin de la fonction g :

ε
2
1

−1

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On a alors
Z 1
∥f − g∥1 = |f (x) − g(x)| dx
0
ε
Z
4x 2
= −2
0 ε
" #ε
2x2 2
= 2x −
ε 0
ε
=
2
donc g ∈ B(f, ε) mais g ̸∈ O. On en déduit que O n’est pas ouvert pour la distance induite
par ∥.∥1 .
2. Etudions F = {f ∈ E, ∀x ∈ [0, 1], f (x) ≥ 0}.
(a) F est fermé pour la distance induite par ∥.∥∞ .
Pour montrer cela, on va montrer que E \ F = {f ∈ E, ∃x [0, 1], f (x) < 0} est ouvert.
Soit f ∈ E\F . Soit a ∈ [0, 1] tel que f (a) < 0. On pose ε = |f (a)|
2
. Montrons que B(f, ε) ⊂ E\F .
soit g ∈ B(f, ε), on a
∥g − f ∥∞ < ε
et donc
g(a) ≤ f (a) + ε < 0
on a alors g ∈ B(f, ε) et donc B(f, ε) ⊂ E \ F . On en déduit finalement que E \ F est ouvert,
i.e. F est fermé pour la distance induite par ∥.∥∞ .
(b) F est fermé pour la distance induite par ∥.∥1 .
On va procéder de la même manière qu’avant. Soit f ∈ E \ F . Soit a ∈ [0, 1] tel que f (a) < 0.
Par continuité de f , il exsite η > 0 tel que pour tout x ∈ [a − η, a + η], f (x) < f (a)
2
. Donc pour
tout g ∈ F ,
Z 1
∥f − g∥1 = |f (x) − g(x)| dx
0
Z a+η
≥ g(x) − f (x)dx
a−η
Z a+η
≥− f (x)dx
a−η
≥ −ηf (a)

En prenant donc ε = −ηf (a), on a B(f, ε) ⊂ E \ F et donc E \ F est ouvert, i.e. F est fermé
pour la distance induite par ∥.∥1 .
Pour comprendre un peu ce qui se passe, considérons le cas où f est décrite par la courbe
ci-dessous :

1
S
f (a)

La distance en norme 1 entre f et une fonction partout positive ou nulle va être au moins égale
à la surface S hachurée sur la figure. Ici, on a minoré cette surface par −ηf (a) ce qui nous a
permi de trouver une boule incluse dans E \ F de centre f .

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Correction de l’exercice IV.3. :


1. On a Int(A ∩ B) = Int(A) ∩ Int(B).
Montrons ce résutat. Soit x ∈ X.
(⊂) Supposons que x ∈ Int(A ∩ B). On dispose alors de r > 0 tel que B(x, r) ⊂ A ∩ B, i.e.
B(x, r) ⊂ A et B(x, r) ⊂ B et donc x ∈ Int(A) et x ∈ Int(B). On a alors x ∈ Int(A) ∩ Int(B)
(⊃) Supposons que x ∈ Int(A)∩Int(B). On dispose alors de rA > 0 et rB > 0 tels que B(x, rA ) ⊂ A
et B(x, rB ) ⊂ B. En posant r = min{rA , rB } > 0, on a B(x, r) ⊂ A ∩ B et finalement
x ∈ Int(A ∩ B).
2. On a Int(A) ∪ Int(B) ⊂ Int(A ∪ B).
Pour montrer ce résultat, on va commencer par supposer que x ∈ Int(A) ∪ Int(B). Sans perte de
généralité, on suppose que x ∈ Int(A), on dispose alors de r > 0 tel que B(x, r) ⊂ A ⊂ A ∪ B,
donc x ∈ Int(A ∪ B).
L’inclusion réciproque est fausse. Pour le voir, il suffit de prendre A = Q et B = R \ Q. On a
Int(Q) = Int(R \ Q) = ∅ et Int((R \ Q) ∪ Q) = R ̸⊂ Int(Q) ∪ Int(R \ Q) = ∅.

Correction de l’exercice IV.4. :


On a B(a, r) ⊂ Bf (a, r) et est ouvert, donc B(a, r) ⊂ Int(Bf (a, r)) ⊂ Bf (a, r). Montrons l’inclusion
réciproque. Pour cela, nous allons montrer que Int(Bf (a, r)) \ B(a, r) = ∅. Supposons le contraire, on
dispose alors de x ∈ Int(Bf (a, r)) \ B(a, r) ⊂ Bf (a, r) \ B(a, r). On a alors nécessairement ∥x − a∥ = r.
x−a
Soit ε > 0 tel que B(x, ε) ⊂ Bf (a, r), posons u = x + ε 2∥x−a∥ . On a u ∈ B(x, ε), mais

x−a
∥a − u∥ = a − x + ε
∥x − a∥
!
ε
= ∥x − a∥ 1 +
2 ∥x − a∥
ε
= ∥x − a∥ +
2
ε
=r+ >r
2
Ce qui est en contradiction avec le fait que B(x, ε) ⊂ Bf (a, r). Donc finalement on a Int(Bf (a, r)) =
B(a, r). Pour comprendre l’intuition derrière le choix de u, jetons un coup d’oeil au dessin ci-dessous.
u
x B(x, 2ε )

x−a
a

B(a, r)

On souhaite sortir de la boule B(a, r), donc à partir de x, on va se déplacer vers la direction opposée
x−a
à l’origine, d’où la présence du vecteur directeur unitaire ∥x−a∥ , mais on veut rester dans B(x, ε), on va
ε
donc multiplier ce vecteur "déplacement" par 2 .

Correction de l’exercice V.5. :


Il suffit de prendre A = [0, 1[∪]1, 2[∪ (]3, 4[∩Q) ∪ {5}.
En effet, on a
→ Å =]0, 1[∪]1, 2[
→ Å = [0, 2]

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→ A = [0, 2] ∪ [3, 4] ∪ {5}


˚ =]0, 2[∪]3, 4[
→ A
→ ˚
A = [0, 2] ∪ [3, 4]
˚
→ Å =]0, 2[
Tous ces ensembles sont bien deux à deux distincts.

Correction de l’exercice V.6. :


On va procéder d’une manière similaire à l’exercice 5. B(a, r) étant le plus petit fermé qui contient B(a, r),
on a B(a, r) ⊂ B(a, r) ⊂ Bf (a, r). Il reste donc à montrer l’inclusion réciproque.
a−x
Soit x ∈ Bf (a, r) \ B(a, r). soit ε > 0, posons u = x + ε 2∥a−x∥ . On a

a−x
∥a − u∥ = a − x − ε
2 ∥a − x∥
!
ε
= ∥a − x∥ 1 −
2 ∥a − x∥
ε
= ∥a − x∥ −
2
ε
=r− <r
2
On suppose bien sûr ici que ε est suffisemment petit pour que r − 2ε soit positif. On a donc u ∈ B(a, r)
et de même on a ∥x − u∥ = 2ε , donc u ∈ B(x, ε) ce qui montre enfin que Bf (a, r) ⊂ B(a, r) et finalement
que Bf (a, r) = B(a, r).
Pour faire le lien avec l’exercice 5, regardons le dessin suivant.

x B(x, 2ε )
u
x−a
a

Bf (a, r)

Ici, aulieu de partir dans la direction du vecteur x − a, on a va vers la direction opposée puisqu’on veut
rester dans la boule B(a, r). Mais on veut aussi être dans la boule B(x, ε), on multiplie alors pour cela le
a−x
vecteur directeur ∥a−x∥ par 2ε .

Correction de l’exercice V.7. :


1. Montrons que C et C̊ sont convexes.
→ Convexité de C
Soit x, y ∈ C. On dispose de deux suites (xn )n∈N et (yn )n∈N à valeurs dans C telles que

xn −−−−→ x et yn −−−−→ y
n→+∞ n→+∞

Soit λ ∈ [0, 1], on a λxn + (1 − λ)yn −−−−→ λx + (1 − λ)y, donc λx + (1 − λ)y ∈ C et finalement
n→+∞
C est convexe.
→ Convexité de C̊
Soit x, y ∈ C̊. On dispose de ε > 0 tel que B(x, ε) ⊂ C et B(y, ε) ⊂ C (quitte à prendre le

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Mathématiques en MP* Omar Bennouna

minimum des rayons des deux boules). Soit λ ∈ [0, 1], montrons que z = λx + (1 − λ)y ∈ C̊.
Pour cela, regardons d’abord le dessin suivant.

B(x, ε) B(z, ε) B(y, ε)

u w
x z y

Le dessin ci-dessus suggère de montrer que B(z, ε) ⊂ C. Soit w ∈ B(z, ε). Posons u = w − z,
on a alors w = z + u = λ(x + u) + (1 − λ)(y + u), et

∥x + u − x∥ = ∥w − z∥ < ε et ∥y + u − y∥ = ∥w − z∥ < ε

on a alors y + u ∈ B(y, ε) ⊂ C et x + u ∈ B(x, ε) ⊂ C. Or w est combinaison linéaire convexe


de x + u et y + u, donc par convexité de C, w ∈ C et alors z ∈ C̊ et finalement C̊ est convexe.
2. Cette question est similaire à la question précédente. Soit λ ∈ [0, 1]. On pose c = λa + (1 − λ)b.
a ∈ C̊, donc on dispose de ε > 0 tel que B(a, ε) ⊂ C. Si λ = 0, il n’y a rien à montrer puisque la
question revient à montrer que ∅ ⊂ C, on considère dorénavant donc que λ ∈]0, 1]
→ Commencons par le cas b ∈ C. Observons le dessin suivant.

B(a, ε)
B(c, λε)
u w
a c b

Le rayon de la boule du milieu peut être trouvé en utilisant des théorèmes de géométrie
élémentaire (Thalès par exemple). Ce dessin suggère de montrer que B(c, λε) ⊂ C.
Soit w ∈ B(c, λε), on pose u = w − c. On a alors w = c + u = λ(a + λu ) + (1 − λ)b. Or

u w−c
a+ −a = <ε
λ λ
donc a + λu ∈ B(a, ε) ⊂ C et b ∈ C et w est combinaison convexe de a + u
λ
et b, donc par
convexité de C, w ∈ C et alors B(c, λε) ⊂ C et finalement [a, b[⊂ C̊.

→ Passons au cas plus général où b ∈ C.


On reprend les notations du cas où b ∈ C, et on considère une suite (bn ) à valeurs dans C qui
tends vers b. Posons pour tout n ∈ N, cn = λa + (1 − λ)bn . LaPreuve du cas b ∈ C nous permet

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Mathématiques en MP* Omar Bennouna

d’affirmer que B(cn , λε) ⊂ C. On a alors

∥w − cn ∥ = ∥w − c + c − cn ∥
≤ ∥w − c∥ + ∥c − cn ∥ −−−−→ ∥w − c∥ < λε
n→+∞

on peut alors affirmer l’existence de N ∈ N tel que pour tout n ≥ N , ∥w − cn ∥ < λε et donc
w ∈ B(cn , λε) ⊂ C. Ceci nous permet de dire que B(c, λε) ⊂ C et que c ∈ C̊. Finalement on
conclut que [a, b[⊂ C̊.
L’intuition derrière le passage au cas où b ∈ C était de prendre n assez grand pour que la boule
B(cn , λε) ⊂ C soit quasi-confondue avec B(c, λε) pour dire que tous les points de B(c, λε) sont
dans C.

Correction de l’exercice V.8. :

1. Cette question a été déjà faite dans la correction de l’exercice 3.

2. Trouvons F̊ pour ∥.∥1 et ∥.∥∞ .

→ Pour ∥.∥∞
On pose O = {f ∈ E, ∀x ∈ E, f (x) > 0}. On a d’après l’exercice 3, O est ouvert et O ⊂ F ,
donc O ⊂ F̊ . Il reste donc à voir si (F \ O) ∩ F̊ = ∅.
Soit f ∈ F \O et soit ε > 0. Le fait que f ∈ F \O implique ∃a ∈ [0, 1], f (a) = 0. En considérant
g = f − 2ε , on peut voir immédiatement que g ̸∈ F (car g(a) = − 2ε < 0) et g ∈ B(f, ε). Donc
f ̸∈ F̊ et finalement F̊ = O.

→ Pour ∥.∥1
Soit f ∈ F . On considère la suite de fonctions (gn )n∈N définie sur [0, 1] pour tout n ∈ N par

 x
2−n
(f (2−n ) + 1) − 1 si x ∈ [0, 2−n [
g(x) =
f (x) si x ∈ [2−n , 1]

Voici un dessin d’un terme de cette suite de fonctions à droite et de la courbe de f à gauche.

2−n
f (2−n )

1 1

−1 −1

Bien sûr, pour tout n ∈ N, gn est bien une fonction continue sur [0, 1]. Il s’agit de la même idée
que la question 1 de l’exercice 3 où on a montré que O n’est pas ouvert, sauf que la fonction
considérée est f aulieu d’une fonction qui est indentiquement égale à 1 à laquelle on a ajouté
une petite perturbation au voisinage de 0, qui fait sortir gn de F sans trop s’éloigner de f . On

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Mathématiques en MP* Omar Bennouna

a pour tout n ∈ N, gn (0) = −1, donc (gn ) est valeurs dans E \ F . De plus, on a
Z 1
∥f − gn ∥1 = |f (x) − gn (x)| dx
0
Z 2−n
= |f (x) − gn (x)| dx
0
−n
≤ 2 (∥f ∥∞ + ∥gn ∥∞ )
= 2−n (∥f ∥∞ + max{1, f (2−n )})
≤ 2−n (∥f ∥∞ + max{1, ∥f ∥∞ }) −−−−→ 0
n→+∞

Donc pour tout ε > 0, B(f, ε) ̸⊂ F . On conclut que F̊ = ∅.

Correction de l’exercice VI.4. :


1. Suppsons que G ̸= {0} et que A est vide. Alors nécessairement, on dispose de x ∈ G tel que x < 0.
Or −x ∈ G et −x > 0 donc −x ∈ A ce qui est absurde.
2. Supposons que a = 0. Soit x ∈ R. Etant donné que inf A = 0, A contient des éléments aussi petits
qu’on veut. Soit ε > 0, on dispose donc de θ ∈ A tel que θ < ε. Or, pour tout n ∈ Z, nθ ∈ G. On a
alors
x x x
    
x− θ = − θ≤θ<ε
θ θ θ
j k
et xθ θ ∈ G, donc on a trouvé un élément de G aussi proche qu’on veut de x, ce qui signifie que G
est dense dans R.
3. Supposons que a > 0.
→ Montrons d’abord que a ∈ G.
a
Supposons par l’absurde que a ̸∈ G. On dispose alors de b, c ∈ A tels que b > c et |b − a| ≤ 4
et |c − a| ≤ a4 . Donc on a

b − c = |b − a + a − c|
a
≤ |b − a| + |a − c| ≤
2
or b − c ∈ A, donc on a
a
a<b−c≤
2
ce qui est absurde, donc a ∈ G.
→ Montrons ensuite que G = aZ.
Par stabilité par addition et soustraction, on a évidemment aZ ⊂ G.
Supposons que G ̸= aZ. On dispose donc de x ∈ G \ aZ. Quitte à passer à l’opposé, on suppose
que x > 0. On a alors
x x x
    
0<x− a=a − <a
a a a
j k j k
x x
Donc x − a
a ∈ A et x − a
a < a ce qui est absurde. On en déduit donc que G = aZ.
4. Commencons par remarquer que par parité du cos, {cos(n), n ∈ N} = {cos(n), n ∈ Z}.
→ Montrons d’abord que G = Z + 2πZ est dense dans R.
G est un sous groupe additif de R. Supposons qu’il existe a ∈ R∗ tel que G = aZ. Il existe
alors n, m ∈ Z∗ tel que 1 = an et 2π = am, donc, 2π 1
an
= am n
, i.e. π = 2m ce qui implique que π
est rationnel, absurde. Donc d’après les questions précédentes, G est dense dans R.

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Mathématiques en MP* Omar Bennouna

→ Montrons à présent que {cos(n), n ∈ N} est dense dans R.


On a
B = {cos(n), n ∈ N} = {cos(n), n ∈ Z} = {cos(n), n ∈ G}
Soit x ∈ [−1, 1] et y un antécédant de x par cos. G étant dense dans R, on dispose d’une suite
(yn ) à valeurs dans G qui tend vers y. Donc la suite (cos(yn )) est valeurs dans B et tend vers
x par continuité du cos. On en déduit donc que {cos(n), n ∈ N} est bien dense dans [−1, 1].
√ √
5. Commencons par remarquer que f (Z + 2Z) = {f (1)} par périodicité
√ de f . 2 étant irrationnel,
on peut montrer comme on l’a fait pour Z + 2πZ que H = Z + 2Z est dense dans R. Soit x ∈ R, on
dispose d’une suite (xn ) à valeurs dans H telle que (xn ) converge vers x. On a donc par continuité
de f
f (1) = f (xn ) −−−−→ f (x)
n→+∞

On en déduit donc que f est constante égale à f (1).

Correction de l’exercice VI.6. :


(⇐) Supposons que pour tout i, Ωi ̸= ∅ et considérons pour tout i, ai un élément de Ωi .
Posons A = {ai , i ∈ I}, c’est un ensemble dénombrable. Montrons que A est dense dans X. Soit
[
x ∈ X et ε > 0. Par hypothèse, il existe J ⊂ I tel que B(x, ε) = Ωi , il suffit donc de prendre
i∈J
i ∈ J pour voir que ai est dans B(x, ε) ∩ A. D’où la densité de A dans X.
(⇒) Soit A = {ai , i ∈ N} une partie dénombrable dense de X. Considérons la famille d’ouverts
1
(Ωn,m )n,m∈N = (B(an , m+1 ))n,m∈N et montrons qu’elle vérifie la propriété voulue.
1
Soit O un ouvert de X. Considérons l’ensemble J = {(n, m) ∈ N2 , B(an , m+1 ) ⊂ O}.
[
On a Ωn,m ⊂ O. Montrons l’inclusion réciproque. Soit x ∈ O. Comme A est dense dans X, il
(n,m)∈J
1
existe an ∈ A (avec n ∈ N) et m ∈ N arbitrairement grand tel que x ∈ B(an , m+1 ). On prend alors
[
1
m assez grand pour qu’on ait B(an , m+1 ) ⊂ O, i.e. (n, m) ∈ J ce qui nous donne x ∈ Ωn,m .
(m,n)∈J
On a donc bien obtenu le résultat voulu.

* *
*

Document compilé par Omar Bennouna et révisé par Issam Tauil le 22/11/2021 pour
[Link].
Si vous repérez une erreur, ou avez des remarques, prière de me contacter via l’adresse
contact@[Link].

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Mathématiques en MP* d’après un cours au lycée Louis-le-Grand

chapitre 11.3
Limites et continuité

Dans tout ce chapitre, on considère X et Y deux espaces metriques respectivement munis des distances
d et δ, A une partie de X, a ∈ A et f une fonction de A dans Y .

I Limites
Définition I.1.

On dit que f admet une limite en a selon A lorsqu’il exsite l ∈ Y tel que

∀V ∈ V(l), ∃U ∈ V(a), f (U ∩ A) ⊂ V (∗)

Remarques
→ une formulation équivalente à la définition ci-dessous est la suivante.
f admet une limite en a selon A s’il existe l ∈ Y tel que

∀ε > 0, ∃η > 0, ∀x ∈ A, d(a, x) < η =⇒ δ(f (x), a), l) < ε

→ La propriété (∗) est équivalente à

∀V ∈ V(l), f −1 (V ) ∩ A ∈ {U ∩ A, U ∈ V(a)}

Proposition I.2.

1. Si f tends vers l et l′ , alors l = l′ .


2. Si f admet une limite l en a selon A et a ∈ A, alors nécessairement f (a) = l.
3. Si f admet une limite en a selon A, elle au bornée au voisinage de a (dans A).

Preuve
1. Soit l, l′ ∈ Y telles que f tends vers l et l′ en a selon [Link] que l ̸= l′ . Appliquons la définition
′)
de limite avec ε = δ(l,l
10
. Il existe η, η ′ > 0 tel que
δ(l,l′ )
→ ∀x ∈ A, d(a, x) < η =⇒ δ(f (x), l) < 10
δ(l,l′ )
→ ∀x ∈ A, d(a, x) < η ′ =⇒ δ(f (x), l′ ) < 10
On a alors pour tout x ∈ A tel que d(x, a) < min(η, η ′ )

δ(l, l′ )
δ(l, l′ ) < δ(f (x), l) + δ(f (x), l′ ) <
5
ce qui est absurde et finalement l = l′ .
2. Si a admet une limite en a selon A, alors ∀ε > 0, ∃η > 0, ∀x ∈ A, d(x, a) < η =⇒ δ(f (x), l) < ε.
Or pour tout η > 0, d(a, a) = 0 < η, donc pour tout ε > 0, d(f (a), l) < ε ce qui donne directement
que d(f (a), l) = 0 et finalement f (a) = l.
3. Il suffit d’appliquer la définition avec ε = 1. En effet, il existe η > 0 tel que pour tout x ∈ A,
d(x, a) < η =⇒ δ(f (x), l) < 1. Ceci implique que f (A ∩ B(a, η)) ⊂ B(l, 1) qui est borné. B(a, η)
est un voisinage de a, donc f est bien bornée au voisinage de a dans A.

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Mathématiques en MP* d’après un cours au lycée Louis-le-Grand

Proposition I.3.

Les propositions suivantes sont équivalentes


1. f possède une limite en a selon A.
2. Pour toute suite (xn ) ∈ AN qui converge vers a, la suite (f (xn )) converge.

Preuve
(1) ⇒ (2) Soit (xn ) ∈ AN tel que xn −−−−→ a.
n→+∞
Soit ε > 0. Il existe η > 0 tel que ∀x ∈ B(a, η) ∩ A, δ(f (x), l) < ε.
(xn ) converge vers a, il existe donc N ∈ N tel que ∀n ≥ N , d(xn , a) < η et alors δ(f (xn ), l) < ε.
On en déduit donc que (f (xn )) converge vers l.
(2) ⇒ (1)
→ Montrons tout d’abord que toutes les suites de la forme (f (xn )) avec (xn ) une suite à valeurs dans
A convergeant vers a convergent vers une même limite l.
Soit (xn ) et (yn ) deux suites à valeurs dans A convergeant versa. A partir de ces deux suites, on
z = x
2n n
construit la suite (zn ) définie de la manière suivante : ∀n ∈ N, 
z2n+1 = yn
On a alors bien évidemment zn −−−−→ a et alors par hypothèse f (zn ) converge vers une limite
n→+∞
qu’on notera l. En considèrant les deux suites extraites (f (z2n+1 )) = (f (yn )) et (f (z2n )) = (f (xn )),
on en déduit immédiatement que (f (xn )) et (f (yn )) admettent la même limite que (f (zn )).
→ Il reste à montrer maintenant que la limite de f en a selon A est bien l.
Supposons que f ne converge pas vers l, i.e.

∃ε > 0, ∀η > 0, ∃x ∈ B(a, η) ∩ A, δ(f (x), l) ≥ ε

cette proposition peut être reformulée de la manière suivante


1
 
∃ε > 0, ∀n ∈ N, ∃x ∈ B a, ∩ A, δ(f (x), l) ≥ ε
n+1
On peut alors construire une suite (xn ) à valeurs dans A telle que pour tout n ∈ N, d(xn , a) < 1
n+1
et δ(f (xn ), l) ≥ ε.
En résumé, on a
• (xn ) est une suite à valeurs dans A qui converge vers a.
• Pour tout n, δ(f (xn ), l) ≥ ε donc (f (xn )) ne peut pas tendre vers l.
ce qui est absurde par hypothèse.
Proposition I.4.

Soit B une partie de Y et Z un espace metrique. Si


→ a ∈ A et f est une fonction de A dans Y qui admet une limite b en a selon A.
→ b ∈ B et g est une fonction de B dans Z qui admet une limite l en b selon B
→ f (A) ⊂ B
Alors g ◦ f admet la limite l en a selon A.

Preuve : soit W ∈ V(l).


→ Il existe V ∈ V(b) tel que g(V ∩ B) ⊂ W .
→ Il existe U ∈ V(a) tel que f (U ∩ A) ⊂ V .

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On a aussi f (U ∩ A) ⊂ f (A) ⊂ B, donc f (U ∩ A) ⊂ V ∩ B et alors g ◦ f (U ∩ A) ⊂ W .


En résumé, on a montré que

∀W ∈ V(l), ∃U ∈ V(a), g ◦ f (U ∩ A) ⊂ W

Attention : la condition f (A) ⊂ B est nécessaire.


En effet, si on prend A = R∗ , B = R∗ , Y = R, Z = R tous munis de la distance induite par la valeur
absolue. On considère le cas où
 
→ f est une fonction de A dans Y , définie par ∀x ̸= 0, f (x) = x sin 1
x
.
→ g est une fonction de R dans Z, définie par ∀x ∈ R, g(x) = 1x=0 .
On a alors
→ f admet une limite 0 en 0 selon A = R∗ .
→ g admet une limite 0 en 0 selon B = R∗
→ f (A) = f (R∗ ) contient 0 donc f (A) ̸⊂ R∗ = B.
Mais g ◦ f n’admet pas de limite
 en 0 selon R∗ . En effet, si on considère les suites à valeurs dans R∗ ,
 
(un )n∈N = 2πn
1
et (vn )n∈N = 2πn+
1
π , on a
2

→ g ◦ f (un ) −−−−→ 1.
n→+∞
→ g ◦ f (vn ) −−−−→ 0.
n→+∞
On en déduit donc que g ◦ f n’admet pas de limite en 0.

Exercice I.5.

Soit f ∈ C([−1, 1], R) telle que


f (x) − f ( x2 )
−−→ l ∈ R
x x→0

Montrer que f est dérivable en 0.

Exercice I.6.

Soit f ∈ C(R, R) telle que


f (x + 1) − f (x) −−−−→ L ∈ R
x→+∞

Montrer que x 7−→ f (x)


x
admet une limite en +∞.

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II Continuité
Dans cette partie, on considère que l’ensemble de départ de f est X et que a ∈ X. Nous nous allons
donc dire "f admet une limite l en a" aulieu de "f admet une limite l en a selon X" lorsqu’il n’y a pas
ambigüité.

1. Continuité locale
Proposition II.1.

Soit f une fonction de X dans Y . Les propositions suivantes sont équivalentes


1. f admet une limite en a.
2. ∀V ∈ V(f (a)), ∃U ∈ V(a), f (U ) ⊂ V
3. ∀ε > 0, ∃η > 0, ∀x ∈ X, d(a, x) < η =⇒ δ(f (x), f (a)) < ε
Lorsque f vérifie l’une de ces propriétés, on dit que f est continue en a.

Preuve
(1) ⇒ (2) Si f admet une limite en a selon X, alors nécessairement, d’après ce qui précéde, puisque
a ∈ X, cette limite est égale à f (a). Le point (2) est tout simplement l’application de la définition de
limite pour l = f (a).
(2) ⇒ (3) soit ε > 0. On considère le voisinage de f (a), B(f (a), ε). Par hypothèse, il existe U ∈ V(a)
tel que f (U ) ⊂ B(f (a), ε). U étant un voisinage de a, il existe η > 0 tel que B(a, η) ⊂ U . et alors on a
f (B(a, η)) ⊂ U . En résumé,

∀ε > 0, ∃η > 0, f (B(a, η)) ⊂ B(f (a), ε)

i.e.
∀ε > 0, ∃η > 0, d(x, a) < η =⇒ δ(f (x), a) < ε
(3) ⇒ (1) Il s’agit tout simplement de l’une des formulations du fait que f admet une limite f (a) en a
selon X.

Proposition II.2.

Les propositions suivantes sont équivalentes


1. f est continue en a.
2. Pour tout suite (xn ) ∈ X N , xn −−−−→ a =⇒ (f (xn )) converge.
n→+∞

Remarques
La composition de deux fonctions continues est continue.
lorsque Y est un espace vectoriel normé muni d’une norme ∥.∥ et δ la distance induite par ∥.∥, alors les
opérations conservent la continuité :

→ La somme de deux fonctions continues est continue.

→ Lorsque ∥.∥ est une norme d’algèbre, le produit de deux fonctions continues est cotninu.

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Exercice II.3.

Soit a, b deux réels tels que a < b. On dit qu’une fonction f : [a, b] −→ R est réglée lorsque
f admet une limite à droite et à gauche en tout point de [a, b]. Par exemple, les fonctions
monotones sont réglées.
Supposons que f soit réglée. Montrer que l’ensemble des points de discontinuité de f est
dénombrable.

2. Continuité globale
Commencons par énoncer un résultat qui sera utile par la suite.
Lemme II.4.

Les propositions suivantes sont équivalentes


1. f est continue en a.
2. ∀V ∈ V(f (a)), f −1 (V ) ∈ V(a)

Preuve
(1) ⇒ (2) Si f est continue en a, alors par définition

∀V ∈ V(f (a)), ∃U ∈ V(a), f (U ) ⊂ V

et donc
∀V ∈ V(f (a)), ∃U ∈ V(a), f −1 (f (U )) ⊂ f −1 (V )
or U ⊂ f −1 (f (U )) ⊂ f −1 (V ) et finalement pour tout V ∈ V(f (a)), on a f −1 (V ) ∈ V(a) car contient U
un voisinage de a.
(2) ⇒ (1) Soit V ∈ V(f (a)), posons U = f −1 (V ) ∈ V(a). On a f (U ) = f (f −1 (V )) ⊂ V , d’où la continuité
de f en a.

Proposition II.5.

Les propositions suivantes sont équivalentes.


1. f est continue en tout point de X.
2. Pour tout ouvert Ω de Y , f −1 (Ω) est un ouvert de X.
3. pour tout fermé F de Y , f −1 (F ) est un fermé de X.

Preuve
(1) ⇒ (2) Soit Ω un ouvert de Y et x ∈ f −1 (Ω). Ω est un ouvert contenant f (x), donc Ω ∈ V(f (x)), alors
par continuité de f et le lemme précédent, f −1 (Ω) ∈ V(x). Il existe alors ε > 0 tel que B(x, ε) ⊂ f −1 (Ω)
et finalement f −1 (Ω) est ouvert.
(2) ⇒ (1) Soit ε > 0 et b ∈ X. Posons Ω = B(f (b), ε). Par hypothèse, f −1 (Ω) est ouvert et donc il existe
η > 0 tel que B(b, ε) ⊂ f −1 (Ω), i.e. f (B(b, η)) ⊂ B(f (a), ε), ce qui donne directement la continuité de f
en b, donc en tout point de X.
(2) ⇒ (3) Soit F un fermé de Y . Y \ F est ouvert de Y , donc f −1 (Y \ F ) = X \ f −1 (F ) est ouvert et
finalement f −1 (F ) est fermé.
(3) ⇒ (2) Le sens réciproque peut être fait de la même manière et est laissé comme exercice au lecteur.

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Applications

→ Si f est une fonction continue de X dans Y , alors pour tout b ∈ Y , f −1 ({b}) est fermé car {b} est
fermé.

→ Si de plus Y = R, alors {x ∈ X, f (x) < 0} est ouvert car est égal à f −1 (] − ∞, 0[) et ] − ∞, 0[ est
ouvert.

→ Si Y est un espace vectoriel normé et g une fonction continue de X dans Y , alors l’ensemble où f
coincide avec g est un fermé car il est égal à

{x ∈ X f (x) = g(x)} = {x ∈ X (f − g)(x) = 0} = (f − g)−1 ({0})

le fait que f − g continue et {0} est fermé permet de conclure.

Exemple (principe des prolongements des indentités)


Soit E un espace vectoriel normé et f, g ∈ C(X, E). Si f et g coincident sur une partie A dense dans X,
alors f = g.
En effet, si B est l’ensemble où f coincide avec g, alors d’après le troisième point des application de la
proposition précédente, B est fermé. On a alors A ⊂ B et donc X = A ⊂ B = B car B est fermé. On
obtient donc que B = X et que finalement f = g.
Exercice II.6.

Soit f une fonction de X dans Y . Montrer que les propositions suivantes sont équivalentes.
1. f est continue en tout point de X.
2. Pour toute partie A de X, f (A) ⊂ f (A).

Exercice II.7.

Soit f : (R, +) −→ (R, +) un morphisme de groupe. Montrer que les propriétés suivantes sont
équivalentes.
1. f est continue.
2. ∃λ ∈ R, ∀x ∈ R, f (x) = λx
3. f est continue en un point.
4. f est continue en 0.
5. f est bornée au voisinage de 0.

Exercice II.8.

Soit f : R −→ R un morphisme de corps continu. Montrer que f = Id.

Exercice II.9.

Soit f : C −→ C un morphisme de corps continu. Montrer que f = Id ou f = (z 7−→ z).

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3. Homéomorphismes
Définition II.10.

Soit f une application de X dans Y . Si


→ f est continue.
→ f est bijective.
→ f −1 est continue.
alors on dit que f est un homéomorphisme de X dans Y .

Exemples

−→ EE
→ Soit E un K−espace vectoriel normé et (λ, a) ∈ K∗ × E. L’application hλ,a :  est
7 → λx + a
x−
un homéomorphisme.

→ La fonction tangente est un homéomorphisme de ] − π2 , π2 [ dans R.

Proposition II.11.

Soit I et J deux intervalles de R. Si f : I −→ J est une bijection continue, alors f −1 est


continue.

Attention : cette propriété n’est plus vraie lorsque I et J ne sont pas des intervalles. En effet, si on
x si 0 ≤ x < 1
considère la fonction de [0, 1[∪[2, 3] dans [0, 2] f : x 7−→ , cette fonction est continue
x − 1 si 2 ≤ x ≤ 3
bijective mais sa bijection réciproque n’est pas continue.

Courbe de f Courbe de f −1

2 2

1 1

1 2 3 1 2

Proposition II.12.

Soient Ω et Ω′ deux ouverts de R. Si f : Ω −→ Ω′ est une bijection continue, alors f −1 est


continue.

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4. Applications lipschitziennes
Définition II.13.

Soit f une application de X dans Y . On dit que f est lipschitzienne ou k−lipschitzienne s’il
existe k ∈ R+ tel que
∀(x, y) ∈ X 2 , δ(f (x), f (y)) ≤ kd(x, y)

Exemples

→ Soit E un espace vectoriel normé muni d’une norme ∥.∥. l’application x 7−→ ∥x∥ est 1−lipschitzienne.
En effet, pour tout x, y ∈ E, on a
|∥x∥ − ∥y∥| ≤ ∥x − y∥

→ Soit a ∈ X. L’application x 7−→ d(a, x) est 1−lipschitzienne. En effet, pour tout x, y ∈ X

|d(a, x) − d(a, y)| ≤ d(x, y)

Exercice II.14.

Soit I un intervalle de R et f ∈ C 1 (I, C). Montrer que les deux propriétés suivantes sont
équivalentes.
1. f est lipschitzienne.
2. f ′ est bornée.

Vocabulaire : lorsque f est lipschitzienne, on appelle rapport de lipschitzianité le nombre

k = inf{α ∈ R+ , f est α−lipschitzienne}

Exercice II.15.

Soit A une partie non vide X. Posons pour tout x ∈ X

d(x, A) = inf d(x, a)


a∈A

1. Montrer que pour tout x ∈ X, d(x, A) = 0 ⇐⇒ x ∈ A.


2. Montrer que x 7−→ d(x, A) est 1−lipschitzienne.
3. Montrer que si A et B sont deux fermés disjoints non vides de X, alors il existe deux
ouverts U et V de X tels que A ⊂ U , B ⊂ V , et U ∩ V = ∅.

Exercice II.16.

Soit k ∈ R+ , I un ensemble, et (fi )i∈I une famille de fonctions k−lipschitziennes. Supposons


qu’il existe a ∈ X tel que la famille (fi (a))i∈I est majorée.
X −→ R

Montrer que f :  est correctement définie et est k−lipschitzienne.
x 7−→ supfi (x)
i∈I

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Exercice II.17.

Soit A une partie de X et f : A −→ R une application k−lipschitzienne. Posons pour tout


x∈A
g(x) = inf (f (y) + kd(x, y))
y∈A

Montrer que g est k−lipschitzienne et que g|A = f .

5. Uniforme continuité
Définition II.18.

Soit f une application de X dans Y . On dit que f est uniformément continue lorsque

∀ε > 0, ∃η > 0, ∀(x, y) ∈ X 2 , d(x, y) < η =⇒ δ(f (x), f (y)) < ε

Exemples
→ Si f ∈ C([a, b], C), alors f est uniformément continue d’après le théorème de Heine.
→ Si f est une application de X dans Y k−lipschitzienne, alors f est uniformément continue. LaPreuve
de ce résultat est laissée comme exercice au lecteur.
Attention : il n’y a pas de réciproque pour le point précédent. Une fonction uniformément continue n’est
pas nécessairement lipschitzienne. √
En effet, il suffit de considérer la fonction de [0, 1] dans [0, 1] f : x 7−→ x. C’est une fonction continue
sur un segment, donc elle est uniformément continue d’après le théorème de Heine.
Supposons que f est lipschitzienne. On dispose alors de k ≥ 0 tel que pour tout x ∈]0, 1],

f (x) − f (0)
≤k
x−0

i.e.
1
√ ≤k
x
ce qui est absurde.
Théorème (Heine) II.19.

Une fonction f continue sur un segment [a, b] est uniformément continue.

Preuve : formulons tout d’abord la négation de l’uniforme continuité

∃ε > 0, ∀η > 0, ∃x, y ∈ [a, b], |x − y| < η et |f (x) − f (y)| ≥ ε

Supposons donc cette proposition vérifiée. On dispose alors de deux suites (xn )n∈N et (yn )n∈N telles que
pour tout n ∈ N, |xn − yn | ≤ n1 (∗) et |f (xn ) − f (yn )| ≥ ε. (xn ) et (yn ) étant à valeurs dans un fermé
borné de R, le théorème de Bolzano-Weierstrass nous permet d’affirmer l’existence d’une extractice φ
telle que (xφ(n) ) converge. De même, on dispose d’une extractrice ψ telle que (yφ◦ψ(n) ) soit convergente.
L’inégalité (∗) impose que (xφ◦ψ(n) ) et (yφ◦ψ(n) ) admettent la même limite qu’on note l.
On a alors
f (xφ◦ψ(n) ) − f (yφ◦ψ(n) ) −−−−→ |f (l) − f (l)| = 0
n→+∞

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mais pour tout n ∈ N, f (xφ◦ψ(n) − f (yφ◦ψ(n) ) ≥ ε > 0, ce qui absurde, d’où l’uniforme continuité de f
sur [a, b].
Exercice II.20.

Soit A une partie de X et f : A −→ R une application uniformément continue. Montrer que f


admet une limite en tout point de A.

Exercice II.21.

Soit E un espace vectoriel normé et f : Bf (0, 1) −→ R une application uniformément continue.


Montrer que f est bornée.

Attention : une application continue bornée n’est pas nécessairement uniformément continue.
En effet, considérons la fonction de ]0, 1] dans [−1, 1], f : x 7−→ cos( x1 ).

−1

Cette fonction est C ∞ sur ]0, 1], mais elle n’est pas uniformément continue. Montrons le.
Enoncons tout d’abord la négation de l’uniforme continuité.

∃ε > 0, ∀η > 0, ∃(x, y) ∈ X 2 , d(x, y) < η et δ(f (x), f (y)) ≥ ε

i.e., en adaptant cette proposition à notre problème,

∃ε > 0, ∀η > 0, ∃(x, y) ∈]0, 1]2 , |x − y| < η et |f (x) − f (y)| ≥ ε

Considérons les suites (xn )n∈N∗ = ( 2nπ


1
)n∈N∗ et (yn )n∈N∗ = ( (2n+1)π
1
)n∈N∗ . On a

1 1
|xn − yn | = − −−−−→ 0
2nπ (2n + 1)π n→+∞

mais pour tout n ∈ N∗


|f (xn ) − f (yn )| = 1
donc en prenant ε = 21 , on a pour tout η > 0, on peut prendre n assez grand pour qu’on ait |xn − yn | < η
et |f (xn ) − f (yn )| = 1 ≥ ε ce qui montre bien la négation de l’uniforme continuité.
L’intuition derrière ce contrexemple est que f oscille très rapidement au voisinage de 0 (voir figure ci-
dessus), ce qui fait qu’on ne peut plus contrôler l’écart entre l’image de deux points assez proches.
Il existe une infinité d’autres contrexemples, on peut par exemple prendre la fonction de R dans [−1, 1]
x 7−→ sin(x2 )

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−1
√ 
on peut prouver de la même manière la non uniforme continuité en prenant les suites (xn )n∈N = 2nπ
q  n∈N
et (yn )n∈N = (2n + 1
2
)π .
Ici encore, on voit que la fonction oscille très vite au voisinage de +∞ ce
n∈N
qui empêche la fonction d’être uniformément continue.

6. Extensions du théorème de Heine


Exercice II.22.

Soit T ∈ R+ et E = CT (R, C) l’ensemble des fonctions continues T −périodiques de R dans C.


Montrer que toute fonction de E est uniformément continue.

Exercice II.23.

Soit E = {f ∈ C(R, C), f (x) −−−−→ 0}. Montrer que toute fonction de E est uniformément
x→±∞
continue.

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Correction de l’exercice I.5. :


Soit ε > 0, il existe η > 0 tel que pour tout x ∈ B(0, η)
 
f (x) − f x
2
−l <ε
x

Or pour tout k ∈ N, si x ∈ B(0, η), alors x


2k
∈ B(0, η). On a alors pour tout k ∈ N,

f ( 2xk ) − f ( 2k+1
x
)
x −l <ε
2k

i.e.
f ( 2xk ) − f ( 2k+1
x
) l ε
− k < k
x 2 2
En sommant toutes ces inégalités pour k ∈ J0; n − 1K et utilisant l’inégalité triangulaire, on obtient que
pour tout n ∈ N et x ∈ B(0, η),

f (x) − f ( 2xn ) X 1
n−1 X f ( k+1
n−1
2
x
) − f ( 2xk ) l X 1
n−1
−l ≤ − < ε
k=0 2 2 k=0 2
x k x k k
k=0

En faisant tendre n vers l’infini, par continuité de f , l’inégalité ci-dessus devient

f (x) − f (0)
− 2l ≤ 2ε
x

Ce qui montre que f est dérivable en 0 et que f ′ (0) = 2l.

Correction de l’exercice I.6. :


Soit ε > 0, A > 1 tel que pour tout x ≥ A − 1,

L − ε ≤ f (x + 1) − f (x) ≤ L + ε

Posons pour tout x, n(x) l’unique entier vérifiant A ≤ x − n(x) < A + 1. On a alors

L − ε ≤ f (x − (n(x) − 1) + 1) − f (x − (n(x) − 1)) ≤ L + ε

L − ε ≤ f (x − (n(x) − 2) + 1) − f (x − (n(x) − 2)) ≤ L + ε


..
.
L − ε ≤ f ((x − 1 + 1) − f (x − 1) ≤ L + ε
En sommant toutes les inégalités ci-dessous, on obtient

n(x)(L − ε) ≤ f (x) − f (x − n(x)) ≤ n(x)(L + ε)

et on a x − n(x) est toujours dans [A, A + 1] où f est bornée car continue, donc

n(x) f (x − n(x)) f (x) n(x) f (x − n(x))


(L − ε) + ≤ ≤ (L + ε) +
x}
| {z | x
{z } x x}
| {z | x
{z }
−−−−→1 −−−−→0 −−−−→1 −−−−→0
x→+∞ x→+∞ x→+∞ x→+∞

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On peut donc choisir B > A de sorte à ce que pour tout x > B,

f (x − n(x)) n(x)
≤ ε et L − 2ε ≤ (L + ε) ≤ L + 2ε
x x

et donc pour tout x > B


f (x)
L − 3ε ≤ ≤ L + 3ε
x
On a donc bien montré que x 7−→ f (x)
x
admet une limite en +∞ et que

f (x)
−−−−→ L
x x→+∞

Correction de l’exercice II.3. :


Posons pour tout x ∈ [a, b] f (x+ ) et f (x− ) respectivement la limite à droite et à gauche en x. Définissons
les ensembles suivants.
→ C est l’ensemble des points de discontinuité de f .
→ A = {x ∈ [a, b], |f (x+ ) − f (x− )| > 0}
n o
→ Pour tout p ∈ N∗ , Ap = x ∈ [a, b], |f (x+ ) − f (x− )| ≥ 1
p
→ B = {x ∈ [a, b], f (x− ) = f (x+ ) et f (x+ ) ̸= f (x)}
n o
→ Pour tout p ∈ N∗ Bp = x ∈ B, |f (x+ ) − f (x)| ≥ p1
On a alors
C =B∪A=
[ [
Bp ∪ Ap
p∈N∗ p∈N∗

On va montrer que pour tout p ∈ N∗ , Ap et Bp sont finis. Une fois cela fait, on peut facilement conclure car
on aura montré que A et B sont union dénombrable d’ensembles finis et donc qu’ils sont dénombrables.
Supposons par l’absurde qu’il existe p ∈ N∗ tel que Ap est infini. Ap est infini borné en dimension finie,
il possède donc un point d’accumulation qu’on note x. On dispose alors d’une suite (xn )n∈N injective à
valeurs dans A qui converge vers x. Quitte à extraire de la suite (xn ) on suppose sans perte de généralité
qu’elle est croissante.
→ Soit η1 > 0 tel que pour tout α ∈]x − η1 , x[, |f (α) − f (x− )| < 4p
1

→ Soit n ∈ N tel que xn ∈]x − η1 , x[. On suppose aussi sans perte de généralité que x ̸= a.
→ Soit η2 > 0 tel que pour tout α ∈]xn − η2 , xn [, |f (α) − f (x−
n )| < 4p
1

→ Soit η3 > 0 tel que pour tout α ∈]xn , xn + η3 [, |f (x+ n ) − f (α)| < 4p
1

Quitte à remplacer η2 par min(|xn − x| , η2 ) et η3 par min(|xn − x + η1 | , η3 ), on suppose que η2 ≤


|xn − x + η1 | et que η3 ≤ |xn − x| pour qu’on ait ]xn − η2 , xn [⊂]x − η1 , x[ et ]xn , xn + η3 [⊂]x − η1 , x[.
→ Soit yn , zn ∈ [a, b] tels que yn ∈]xn − η2 , xn [ et yn ∈]xn , xn + η3 [.
Pour que tout cela soit plus clair, observons tous les paramètres qu’on vient de définir sur le dessin
suivant :
η1

yn zn
xn x
η2 η3
On a

|f (yn ) − f (zn )| ≥ f (x−


n ) − f (xn ) − f (xn ) − f (zn ) − f (yn ) − f (xn )
+ + −

1 1 1 1
> − − =
p 4p 4p 2p

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et
1 1 1
|f (yn ) − f (zn )| ≤ f (yn ) − f (x− ) + f (zn ) − f (x− ) < + =
4p 4p 2p
ce qui est absurde.
On va procéder de la même manière pour les ensembles Bp . Supposons par l’absurde qu’il existe p ∈ N∗
tel que Bp est infini. Bp est infini borné en dimension finie, il admet donc un point d’accumulation qu’on
note x. On dispose alors d’une suite (xn )n∈N injective à valeurs dans Bp qu’on suppose sans perte de
généralité, quitte à extraire, croissante.
→ Soit η1 > 0 tel que pour tout α ∈]x − η1 , x[, |f (α) − f (x− )| < 1
4p

→ Soit n ∈ N tel que xn ∈]x − η1 , x[.


→ Soit η2 > 0 tel que pour tout α ∈]xn − η2 , xn + η2 [, |f (α) − f (x−
n )| < 2p
1

Quitte à remplacer η2 par min(|xn − x| , |xn − x + η| , η2 ), on suppose que ]xn −η2 , xn +η2 [⊂]x−η1 , x[.
→ Soit yn ∈]xn − η2 , xn + η2 [.
On a alors
1
f (xn ) − f (x− ) <
4p
et

f (xn ) − f (x− ) ≥ |f (xn ) − f (yn )| − f (yn ) − f (x− )


≥ f (xn ) − f (x−
n ) − f (xn ) − f (yn ) − f (yn ) − f (x )
− −

1 1 1 1
> − − =
p 2p 4p 4p
ce qui est absurde. On a donc bien obtenu le résultat voulu.
L’intuition derrière le fait que Ap et Bp soient finis est que lorsqu’on se rapproche par exemple par la
gauche d’un point x où f admet une limite à gauche, on ne peut pas rencontrer un nombre infini de
points de discontinuité de taille p1 car sinon la fonction fera des pas trop grands pour tendre vers f (x− )
à gauche de x.
Remarque : ici, x n’est pas nécessairement dans A. On a juste eu besoin du fait que f admet une limite
à gauche de x.

Correction de l’exercice II.6. :


(1) ⇒ (2) Supposons que f est continue. Soit x ∈ A. On dispose d’une suite (xn )n∈N à valeurs dans A
qui converge vers x. On a alors par continuité de f , la suite (f (xn ))n∈N est à valeurs dans f (A) converge
vers f (x), i.e. f (x) ∈ f (A) et on a finalement f (A) ⊂ f (A)
(2) ⇒ (1) Supposons que pour tout A ⊂ X, f (A) ⊂ f (A). Soit F un fermé de Y . Posons A = f −1 (F ) et
montrons que A est fermé. Une fois cela fait, on peut aisément conclure que f est continue d’après une
propriété du cours.
On a f (A) ⊂ f (A) = f (f −1 (F )) ⊂ F = F , et donc A ⊂ f −1 (F ) = A i.e. A est fermé.

Correction de l’exercice II.7. :


(1) ⇒ (2) On a pour tout n ∈ Z et x ∈ R, f (nx) = nf (x). Lorsque n ̸= 0, en remplacant x par nx ,
f (x) = nf ( nx ), i.e. f ( nx ) = n1 f (x).
On a alors pour tout (p, q) ∈ Z × N∗ , f ( pq x) = pq f (x), et alors pour tout α ∈ Q, f (αx) = αf (x).
Par densité de Q dans R, on dispose d’une suite (xn )n∈N à valeurs dans Q qui converge vers x. On
utilise alors cette suite pour avoir le résultat suivant : f (xn ) = xn f (1) −−−−→ xf (1) et f continue donc
n→+∞
f (xn ) −−−−→ f (x). En posant λ = f (1), on obtient que pour tout x ∈ R, f (x) = λx.
n→+∞

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Mathématiques en MP* d’après un cours au lycée Louis-le-Grand

(2) ⇒ (3) Le résultat est évident car toutes les homothéties de R sont continues.
(3) ⇒ (4) idem.
(4) ⇒ (5) Il suffit d’appliquer la définition de la continuité en 0 avec ε = 1.
(5) ⇒ (1) Soit α > 0 tel que f est bornée sur [−α, α] et posons M = sup |f (x)|. Soit ε > 0. On
x∈[−α,α]
considère n ∈ N tel que
∗ M
n
< ε. On a alors

α α 1 M M
   
f − , = f ([−α, α]) ⊂ − , ⊂ [−ε, ε]
n n n n n
ce qui nous donne la continuité de f en 0. La continuité de f en tout point x ∈ R vient du fait que

f (y) = f (y − x) +f (x) −−→ f (x)


| {z } y→x
−−→0
y→x

par continuité de f en 0.

Correction de l’exercice II.8. :


D’après l’exercice précédent, on dispose de λ ∈ R, tel que f = x 7−→ λx. Or, f étant un morphisme de
corps, on a f (1) = 1, i.e. λ = 1 et alors f = Id

Correction de l’exercice II.9. :


En utilisant une méthode analogue à celle utilisée pour les deux exercices précedents, on peut montrer que
pour tout nombre complexe a + ib, f (a + ib) = a + f (i)b. Il reste donc à déterminer la valeur de f (i) pour
déterminer f . On a f (i)2 = f (i2 ) = f (−1) = −1 et alors f (i) ∈ {i, −i}. On peut donc immédiatement
en déduire que f = Id ou f = (z 7−→ z).

Correction de l’exercice II.14. :


(1) ⇒ (2) Posons k ≥ 0 le rapport de lipschitziannité de f . on alors pour tout a ∈ I,

f (x) − f (a)
k≥ −−→ |f ′ (a)|
x−a x→a

i.e.f ′ est bornée par k.


(2) ⇒ (1) Supposons que f ′ est bornée par k. Utilisons le théorème des accroissements finis. On a pour
tout x, y ∈ I différents, il existe c ∈ I tel que

|f (x) − f (y)| = |f ′ (c)| |x − y| ≤ k |x − y|

Correction de l’exercice II.15. :


1. On a
d(x, A) = 0 ⇐⇒ ∃(an ) ∈ AN , d(x, an ) −−−−→ 0 ⇐⇒ x ∈ A
n→+∞

2. Il s’agit de l’inégalité triangulaire. Soit x, y ∈ X.


On a pour tout a ∈ A, d(y, A) ≤ d(a, y) ≤ d(x, a) + d(x, y) et alors en passant à la borne inférieure
sur a des deux côtés, on obtient

d(y, A) ≤ d(x, A) + d(x, y) (1)

de même, on a pour tout a ∈ A, d(x, A) ≤ d(x, a) ≤ d(y, a) + d(x, y) et alors en passant à la borne

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Mathématiques en MP* d’après un cours au lycée Louis-le-Grand

inférieure des deux côtés on obtient

d(x, A) ≤ d(y, A) + d(x, y) (2)

en combinant les inégalités (1) et (2), on obtient

−d(x, y) ≤ d(x, A) − d(y, A) ≤ d(x, y)

i.e.
|d(x, A) − d(y, A)| ≤ d(x, y)

X −→ R
3. Considèrons l’application f : 
x 7−→ d(x, B) − d(x, A)
→ Si x ∈ A, on a x ̸∈ B = B, et alors f (x) = d(x, B) > 0. On alors A ⊂ {x ∈ X, f (x) > 0} =
f −1 (R∗+ ) = U
→ Si x ∈ B, on a x ̸∈ A = A, et alors f (x) = −d(x, A) < 0. On alors B ⊂ {x ∈ X, f (x) < 0} =
f −1 (R∗− ) = V
U et V sont les images réciproques des ouverts R∗+ et R∗− par une fonction continue (car lipschit-
zienne) et donc sont ouverts. De plus on a U ∩ V = ∅, on a alors bien obtenu le résultat voulu.

Correction de l’exercice II.16. :


Montrons tout d’abord que f est bien définie, i.e. pour tout i ∈ I et x ∈ R, la famille (fi (x))i∈I est
majorée. Soit M un majorant de (fi (a))i∈I , on a pour tout x ∈ R et i ∈ I,

fi (x) − fi (a) ≤ k |x − a|

et alors
fi (x) ≤ k |x − a| + M
ce qui montre bien que f est définie.
Montrons ensuite que f est k−lipschitzienne. On a pour i ∈ I et x, y ∈ R,

|fi (x) − fi (y)| ≤ k |x − y|

i.e.
fi (y) − k |x − y| ≤ fi (x) ≤ fi (y) + k |x − y|
On peut donc passer à la borne supérieure en i de chaque côté de l’inégalité pour obtenir que

f (y) − k |x − y| ≤ f (x) ≤ f (y) + k |x − y|

i.e.
|f (x) − f (y)| ≤ k |x − y|

Correction de l’exercice II.17. :


→ Montrons que g est bien définie et est k−lipschitzienne.
Posons pour tout y ∈ X, φy : x 7−→ f (y)+kd(x, y). Toutes les fonctions −φy sont k−lipschitziennes
et par lipschitzianité de −φy pour tout y ∈ X,

−φy (0) = −(f (y) + kd(0, y)) ≤ −f (0)

donc la famille (φy (0))y∈X est majorée, et alors d’après l’exercice précédent, h = supy∈X (−φy ) est
bien définie et est k−lipschitzienne et donc de même pour g = −h.

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Mathématiques en MP* d’après un cours au lycée Louis-le-Grand

→ Montrons que g|A = f .


On a pour tout x, y ∈ A, f (y) + kd(x, y) ≥ f (x) (car f est k−lipschitzienne). Ce minorant est
atteint pour y = x, donc inf f (y) + kd(x, y) = f (x).
y∈X

Correction de l’exercice II.20. :


Soit a ∈ A et (xn )n∈N ∈ AN telle que xn −−−−→ a. On va montrer que la suite (f (xn )),∈N est de Cauchy.
n→+∞
Soit ε > 0. Par uniforme continuité de f , on peut considérer η > 0 tel que pour tout x, y ∈ A,

d(x, y) < η =⇒ |f (x) − f (y)| < ε

(xn )n∈N étant convergente et donc de Cauchy, on peut considérer N ∈ N tel que pour tout n, m ≥ N ,
d(xn , xm ) < η.
On alors pour tout n, m > N , |f (xn ) − f (xm )| < ε. (f (xn ))n∈N est donc de Cauchy, i.e. convergente. f
admet donc bien une limite en tout point de A.

Correction de l’exercice II.21. :


Supposons sans perte de généralité que f (0) = 0. Par uniforme continuité de f , on peut considérer η > 0
tel que pour tout x, y ∈ Bf (0, 1), ∥x − y∥ < η =⇒ |f (x) − f (y)| < 1.
Soit p ∈ N∗ tel que p1 ≤ η. On a pour tout x ∈ Bf (0, 1),

p−1 ! !
x x
|f (x)| = |f (x) − f (0)| ≤ f (k + 1)
X
−f k
k=0 p p

∥x∥
Or on a pour tout k ∈ J0; p − 1K, (k + 1) xp − k xp = p
< 1
p
< η et alors

p−1 ! !
x x
|f (x)| ≤ f (k + 1)
X
−f k ≤p
k=0 p p

donc f est bornée sur Bf (0, 1).

Correction de l’exercice II.22. :


f est une fonction continue sur le segment [−T, 2T ] et y est donc uniformément continue. Montrons
maintenant que f est uniformément continue sur R.
Soit ε > 0. Soit η > 0 tel que pour tout x, y ∈ [−T, 2T ],

|x − y| < η =⇒ |f (x) − f (y)| < ε

Soit x, y ∈ R tel que |x − y| < η. Quitte à remplacer η par min(η, T ), on suppose que η ≤ T . On dispose
alors de n ∈ Z tel que x − nT ∈ [−T, 2T ] et y − nT ∈ [−T, 2T ]. On a alors |(x − nT ) − (y − nT )| < η et
donc
|f (x) − f (y)| = |f (x − nT ) − f (y − nT )| < ε
d’où l’uniforme continuité de f .
Remarque : on a choisi de regarder l’uniforme continuité de f dans l’intervalle [−T, 2T ] et non pas [0, T ]
pour éviter le cas pathologique où x se retrouve sur les bords de l’intervalle [0, T ] et y en dehors de cet
intervalle, ce qui nous empêcherait de conclure car on pourra pas utiliser l’uniforme continuité de f sur
[0, T ].

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Correction de l’exercice II.23. :


Soit ε > 0 et A > 0 tel que pour tout x ∈ R, |x| ≥ A =⇒ |f (x)| < ε.
f est uniformément continue sur [−A, A] car continue, donc il existe η > 0 tel que η < A et pour tout
x, y ∈ [−A, A], |x − y| < η =⇒ |f (x) − f (y)| < ε.
Soit x, y ∈ R, supposons que |x − y| < η, trois cas de présentent :
→ x, y ∈ [−A, A], alors on a directement que |f (x) − f (y)| < ε.
→ x, y ∈]A, +∞[ ou x, y ∈] − ∞, A[, alors on a |f (x) − f (y)| ≤ |f (x)| + |f (y)| < 2ε
→ x ∈ [−A, A] et y ̸∈ [−A, A]. On suppose sans perte de généralité que x < A < y. On a alors
|f (x) − f (y)| ≤ |f (x) − f (A)| + |f (y) − f (A)| ≤ 3ε
d’où l’uniforme continuité de f sur R.

* *
*

Document compilé par Omar Bennouna et révisé par Issam Tauil le 04/12/2021 pour
[Link].
Si vous repérez une erreur, ou avez des remarques, prière de me contacter via l’adresse
contact@[Link].

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chapitre 11.4
Comparaison de normes et espaces produits

Dans tout ce chapitre, K est un corps égal à R ou C, E est un K−espace vectoriel et n est un entier
naturel strictement positif.

I Comparaison de normes
Définition I.1.

Soient N1 et N2 deux normes sur E. On dit que N1 est plus fine que N2 (ou domine N2 ) s’il
existe C > 0 tel que pour tout x ∈ E, N2 (x) ≤ CN1 (x).

Proposition I.2.

Si N1 est plus fine que N2 , alors


1. Pour tout (xn ) ∈ E N , xn −−−−→ l pour N1 =⇒ xn −−−−→ l pour N2 .
n→+∞ n→+∞
2. Si F est une partie fermée de E pour N2 , alors elle l’est pour N1 .
3. Si O est une partie ouverte de E pour N2 , alors elle l’est pour N1 .

Preuve
Supposons que N1 est plus fine que N2 . soit C > 0 tel que pour tout x ∈ E, N2 (x) ≤ CN1 (x)

1. Soit (xn ) une suite à valeurs dans E qui converge vers l pour N1 . On a alors

N2 (xn − l) ≤ CN1 (xn − l) −−−−→ 0


n→+∞

d’où le résultat voulu.


2. Soit F une partie fermée de E pour N2 . Soit (xn ) une suite à valeurs dans F convergente pour N1
vers x ∈ E. (xn ) converge alors pour N2 vers x. F étant fermé pour N2 , on a x ∈ F et alors F est
fermé pour N1 .
3. Si O est ouvert pour N2 , alors E \ O est fermé pour N1 donc pour N2 et finalement O est ouvert
pour N1 .
Définition I.3.

On dit que deux normes N1 et N2 sont équivalentes lorsque N1 est plus fine que N2 et N2 est
plus fine que N1 . Dans ce cas, on note N1 ∼ N2 .

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Proposition I.4.

Soit N1 et N2 deux normes équivalentes.


1. Les suites convergentes pour N1 sont exactement les suites convergentes pour N2 .
2. Les ouverts (resp. fermés) pour N1 sont exactement les ouverts (resp. fermés) pour N2 .
3. Les fonctions continues pour N1 sont exactement les fonctions continues pour N2 .
4. Les application lipschitziennes pour N1 sont exactement les applications lipschitziennes
pour N2 , mais le rapport de lipschitzianité ne reste plus le même quand on passe d’une
norme à l’autre.

Exemple : dans le cas où E = Kn , les normes ∥.∥∞ , ∥.∥1 et ∥.∥2 sont équivalentes. En effet, on a pour
tout x ∈ E

→ ∥x∥1 ≤ ∥x∥∞ ≤ ∥x∥1 , donc ∥.∥1 ∼ ∥.∥∞ .


1
n

→ ∥x∥2 ≤ ∥x∥1 ≤ n ∥x∥2 , donc ∥.∥2 ∼ ∥.∥1 .
→ Par transitivité, ces trois normes sont deux à deux équivalentes.

Proposition I.5.

Lorsque E est de dimension finie, alors toutes les normes sur E sont équivalentes.

Preuve : la preuve de ce résultat sera faite dans une partie ultérieure de ce cours, car nous n’avons pas
encore exposé les outils nécessaires pour le montrer.

Exemple 1 : Dans le cas où E = C([a, b], R) avec a < b, alors ∥.∥2 est plus fine que ∥.∥1 et ∥.∥∞
est plus fine que ∥.∥2 , mais parmi ces trois normes, il n’y en a aucune qui est équivalente à une autre.

→ On a pour tout f ∈ C([a, b], R), ∥f ∥1 ≤ b − a ∥f ∥2 ≤ (b − a) ∥f ∥∞ .
→ Les inégalités dans le sens contraire sont toutes fausses en général. En effet, si on considère la suite
de fonctions (fn )n∈N = (x 7−→ xn )n∈N de [0, 1] dans R, alors on a fn −−−−→ 0 pour ∥.∥1 et ∥.∥2 ,
n→+∞
mais ∥fn ∥∞ = 1 pour tout n, donc (fn ) ne tend pas vers 0 pour ∥.∥∞ .
Exemple 2 : On se place dans Z 1
le cas où E = C 1 ([0, 1], R) et on considère la norme ∥.∥ telle que pour
tout f ∈ E, ∥f ∥ = |f (0)| + |f ′ (x)| dx.
0

→ ∥.∥ est plus fine que ∥.∥∞ .


En effet, on a pour tout f ∈ E et x ∈ [a, b],
Z x Z x Z 1
|f (x)| = f (0) + f (t)dt ≤ |f (0)| +

|f (t)| dt ≤ |f (0)| +

|f ′ (t)| dt = ∥f ∥
0 0 0

Ce qui entraine ∥f ∥∞ ≤ ∥f ∥.
→ ∥.∥∞ n’est pas plus fine que ∥.∥.
En effet, si on considère la suite de fonctions (fn )n∈N = (x 7−→ 1
n
sin(nπx)), on trouve

• ∥fn ∥∞ = 1
−−−−→
n n→+∞
0
Z 1 Z 1
• Pour tout n, ∥fn ∥ = |sin(nπt)| dt ≥ sin(nπt)2 dt ≥ 1
2
et donc ∥fn ∥ ne tend pas vers 0.
0 0

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Exercice I.6.

On reprend les notations de l’exemple précédent. Soit f ∈ E. Montrer que


Z 1
2Z 1
f (t) |sin(nt)| dt −−−−→ f (t)dt
0 n→+∞ π 0

Exercice I.7.

On pose E = Rn [X]. Comparer les normes suivantes sur E, telles que pour tout P =
n
ak X k ∈ E
X

k=0

→ ∥P ∥0 = max(|a0 | , . . . , |an |)
n
→ ∥P ∥1 =
X
|ak |
k=0

→ ∥P ∥∞ = supx∈[0,1] |P (x)|

II Espaces produits
Soit p ∈ N∗ . On consdière p espaces métriques E1 , . . . , Ep munis respectivement des distances d1 , . . . , dp
et on pose E = E1 × · · · × Ep . On définit pour tout i ∈ J1; pK la i−ème projection canonique

E
1 × · · · × Ep −→ Ei
πi :
(x1 , . . . , xp ) 7−→ xi

Remarque préliminaire : pour tout i ∈ J1; pK, si Ai est une partie de Ei , alors

πi−1 (Ai ) = E1 × · · · × Ei−1 × Ai × Ei+1 × · · · × Ep

1. Métrique produit
On munit E de la distance d définie par

∀(x1 , . . . , xp ), (y1 , . . . , yp ) ∈ E, max di (xi , yi )


i∈J1;pK

Remarque : pour tout x = (x1 , . . . , xp ) ∈ E et ε > 0

Bd (x, ε) = {(y1 , . . . , yp ) ∈ E, ∀i ∈ J1; pK, di (xi , yi ) < ε} = Bd1 (x1 , ε) × · · · × Bdp (xp , ε)

Vocabulaire : on appelle pavé ouvert tout produit de la forme ω1 × · · · × ωp avec pour tout i ∈ J1; pK,
ωi un ouvert de Ei .

Proposition II.1.

1. Tout pavé ouvert est ouvert dans E.


2. Tout ouvert de E est réunion de pavés ouverts.

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Preuve
1. Soit Ω = ω1 × · · · × ωp un pavé ouvert. soit x = (x1 , . . . , xp ) ∈ Ω. On a pour tout i ∈ J1; pK, il existe
εi > 0 tel que Bdi (xi , εi ) ⊂ ωi . On pose alors ε = mini∈J1;pK εi > 0.
Le choix de ε nous permet d’affirmer que B(x, ε) ⊂ Bd1 (x1 , ε1 ) × · · · × Bdp (xp , εp ) ⊂ Ω donc Ω est
ouvert.
2. Soit Ω un ouvert de E. Pour tout a ∈ O, il existe εa > 0 tel que B(a, εa ) ⊂ Ω.
On peut alors écrire Ω = B(a, εa ). Une boule ouverte de E est par définition un pavé ouvert,
[

a∈Ω
donc Ω est bien une union de pavés ouverts.
Proposition II.2.

Soit F1 , . . . , Fp des parties de E1 , . . . , Ep . Si pour tout i ∈ J1; pK, Fi est fermé dans Ei , alors
F = F1 × · · · × Fp est fermé dans E.

p
Preuve : Commecons par remarquer que F = F1 × · · · × Fp = Gi avec pour tout i ∈ J1; pK,
\

i=1

Gi = E1 × · · · × Ei−1 × Fi × Ei+1 × · · · × Ep

Or on a pour tout i ∈ J1; pK,

E \ Gi = E1 × · · · × Ei−1 × (Ei \ Fi ) × Ei+1 × · · · × Ep

E \ Gi est un produit de d’ouverts, il est donc ouvert et alors Gi est fermé. Finalement, on en déduit que
F est intersection de fermés, il est donc fermé.

Exemple : placons nous dans le cas où E = Rp .


→ La distance associée à Rp est la distance induite par ∥.∥∞ .
→ Pour tout x = (x1 , . . . , xp ) ∈ Rp et ε > 0, B(x, ε) =]x1 − ε, x1 + ε[× · · · ×]xp − ε, xp + ε[.
→ Les pavés ouverts s’écrivent sous forme de ω1 × · · · × ωp avec pour tout i ∈ J1; pK, ωi un ouvert de
R.
→ Tout ouvert de Rp est réunion d’ensembles de la forme ]x1 − ε, x1 + ε[× · · · ×]xp − ε, xp + ε[.
Proposition II.3.

1. Pour tout k ∈ J1; pK, πk est 1−lipschitzienne.


2. Pour tout k ∈ J1; pK, si Ω est un ouvert de E, πk (Ω) est ouvert.

Preuve : soit k ∈ J1; pK.

1. Il suffit d’écrire la définition de la 1−lipschitzianité de πk . En effet, on a pour tous x, y ∈ E,


dk (πk (x), πk (y)) = dk (xk , yk ) ≤ d(x, y).
2. Soit Ω un ouvert de E. Soit a = (a1 , . . . , ap ) ∈ Ω et ε > 0 tel que B(a, ε) ⊂ Ω. On a alors
Bdk (ak , ε) = πk (B(a, ε)) ⊂ πk (Ω), donc πk (Ω) est ouvert.

Attention : si F est un fermé de E, sa projection πk (F ) avec k ∈ J1; pK n’est pas forcément un fermé.
En effet, dans le cas où E = R2 , on peut considérer F = {(x, y) ∈ R2 , xy = 1} qui est fermé car l’image
réciproque du fermé {1} par l’application continue (x, y) 7−→ xy, mais π1 (F ) = R∗ n’est pas fermé.

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2. Fonctions à valeurs dans un espace produit


Proposition II.4.

Soit (xn )n∈N = (xn,1 , . . . , xn,p ) ∈ E N et x = (x1 , . . . , xp ) ∈ E. Les propositions suivantes sont
équivalentes.
1. xn −−−−→ x
n→+∞
2. ∀i ∈ J1; pK, xn,i −−−−→ xi
n→+∞

Preuve
(1) ⇒ (2) Si xn −−−−→ x, alors pour tout i ∈ J1; pK, par continuité de πi (πi est 1−lipschitzienne donc
n→+∞
continue)
xn,i = πi (xn ) −−−−→ πi (x) = xi
n→+∞

(2) ⇒ (1) Il suffit d’écrire la défintition de la distance

d(xn , x) = max di (xn,i , xi ) −−−−→ 0


i∈J1;pK n→+∞

Proposition II.5.

Soit A un ensemble, f une fonction de A dans E et a ∈ A. On pose pour tout x ∈ A,


f (x) = (f1 (x), . . . , fp (x)) avec pour tout i ∈ J1; pK, fi une fonction de A dans Ei . On a alors
équivalence entre les points suivants
1. f admet une limite l = (l1 , . . . , lp ) en a.
2. Pour tout i ∈ J1; pK, fi admet la limite li en a.

Preuve : la preuve se fait d’une manière identique à celle pour les suites et est donc laissée comme
exercice au lecteur.
Proposition II.6.

On reprend les notations précédentes et on considère cette fois-ci que a ∈ A. la propriété


précédente implique l’équivalence entre les deux points suivants
1. f est continue en a.
2. Pour tout i ∈ J1; pK, fi est continue en ai .

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3. Fonctions d’un espace produit


Dans cette partie, on considère Y un ensemble et pour tout f ∈ Y E , i ∈ J1; pK et a ∈ E, on désigne par
i−ème application partielle de f en a l’application

E
i −→ Y
fa,i :
x 7−→ f (a1 , . . . , ai−1 , x, ai+1 , . . . , ap )

Proposition II.7.

Soit f : E −→ Y et a ∈ E une application. Si f est continue, alors ses toutes se sapplications


partielles en a sont continues.

Preuve : considèrons pour tout i ∈ J1; pK, l’application



E
i −→ E
ja,i : 
x 7−→ (a1 , . . . , ai−1 , x, ai+1 , . . . , ap )

Cette application est une isométrie, elle est donc continue. Or on a pour tout i ∈ J1; pK, fa,i = f ◦ ja,i .
fa,i est composition de fonctions continues, elle est donc continue.

Définition II.8.

On considère le cas particulier où pour tout i ∈ J1; pK, Ei est un intervalle ouvert de R et Y
est un espace vectoriel normé. Pour tout i ∈ J1; pK, on appelle i−ème dérivée partielle partielle
de f lorsqu’elle existe, l’application suivante

∂f E −→ Y
: fx,i (ti )−fx,i (xi )
∂xi x 7−→ limti →xi ti −xi

Cette dernière associe un réel x à la dérivée de la i−ème application partielle de f en x au


point xi .

Vocabulaire : une fonction de E vers Y continue, qui admet des dérivées partielles continues est dite
dans C 1 .

Attention : la continuité des applications partielles de f n’implique pas la continuité de f . En effet, il


suffit de considérer l’application suivante





R2 −→ R

f:  xy si (x, y) ̸= (0, 0)
(x, y)
2 +y 2
 7−→  x
0 sinon


Les applications partielles de f en tout point de R2 sont continues sur R, mais f n’est pas continue en
(0, 0), car en considèrant la suite qui tends vers 0, (( n1 , n1 ))n∈N∗ on voit que pour tout n ∈ N∗ f ( n1 , n1 ) = 12
et ne tend donc pas vers 0, ce qui fait que f n’est pas continue en (0, 0).
Exercice II.9.

Soit f une application de R2 dans R qui admet des applications partielles continues en tout
point de R2 . Montrer que f est limite simple d’une suite de fonctions continues.

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4. Polynômes à plusieurs indeterminées


Dans cette partie, pour tout α ∈ Nn , on note α1 , . . . , αn ses coordonées. On appellera tout élément α ∈ Nn
un multi-indice.
Définition II.10.

Soit K un corps. On pose K[X1 , . . . , Xn ] l’ensemble des sommes de la forme

P (X1 , . . . , Xn ) = aα1 ,...,αn X1α1 . . . Xnαn


X

(α1 ,...,αn )∈A

Avec A une partie finie de Nn . Dans toute la suite de cette partie, on fixe P ∈ K[X1 , . . . , Xn ].

Remarque : en première année, les polynômes ont étés vus comme des suites stationnaires en 0. De la
même manière, on peut voir les polynômes de K[X1 , . . . , Xn ] comme des suites à valeurs dans K indexées
par Nn et dont le nombre de termes non nuls est fini. Ici par exemple, on se limite dans la somme aux
indices (α1 , . . . , αn ) ∈ Nn tels que aα1 ,...,αn ̸= 0, mais sachant qu’il y a un nombre fini de coefficients non
nuls, on aurait pu écrire

P (X1 , . . . , Xn ) = aα1 ,...,αn X1α1 . . . Xnαn


X

(α1 ,...,αn )∈Nn

Vocabulaire : Soit (α1 , . . . , αn ) ∈ A.

→ aα1 ,...,αn est un coeffcient de P .

→ X1α1 . . . Xnαn est un monôme.

→ Le degré total du monôme X1α1 . . . Xnαn est α1 + · · · + αn .

→ Pour tout i ∈ J1; nK, le degré partiel du monôme X1α1 . . . Xnαn en Xi est αi .

→ Le degré de P est défini par deg P = maxα∈A′ (α1 + · · · + αn ) avec A′ l’ensemble des multi-indices
α tels que aα ̸= 0.

Définition II.11.

Soit d ∈ N. On dit que P est homogène de degré d si

∀(α1 , . . . , αn ) ∈ A, aα1 ,...,αn ̸= 0 =⇒ α1 + · · · + αn = d

L’ensemble des polynômes homogènes de degré d est noté Hd (X1 , . . . , Xn ).

Proposition II.12.

Soit P = aα1 ,...,αn X1α1 . . . Xnαn et Q = bα1 ,...,αn X1α1 . . . Xnαn deux éléments de
X X

(α1 ,...,αn )∈A (α1 ,...,αn )∈B

K[X1 , . . . , Xn ]. On pose C = A ∪ B.
1. P + Q = (aα1 ,...,αn + bα1 ,...,αn )X1α1 . . . Xnαn
X

(α1 ,...,αn )∈C

2. P.Q = aα bβ X1α1 +β1 . . . Xnαn +βn


X

(α,β)∈A×B

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Proposition II.13.

Soit d et d′ deux éléments de N.


1. Si P ∈ Hd (X1 , . . . , Xn ) et Q ∈ Hd′ (X1 , . . . , Xn ), alors P Q ∈ Hd+d′ (X1 , . . . , Xn ).
2. K[X1 , . . . , Xn ] = Hk (X1 , . . . , Xn )
L
k∈N
3. K[X1 , . . . , Xn ] est une K−algèbre commutative unitaire intègre.

Preuve

1. Soit P et Q deux éléments appartenant respectivement à Hd (X1 , . . . , Xn ) et Hd′ (X1 , . . . , Xn ). Soit


A (resp. B) l’ensemble des multi-indices α (resp. β) tels que aα ̸= 0 (resp. bβ ̸= 0). On a alors

P = aα1 ,...,αn X1α1 . . . Xnαn et Q = bα1 ,...,αn X1α1 . . . Xnαn


X X

(α1 ,...,αn )∈A (α1 ,...,αn )∈B

On a
PQ = aα bβ X1α1 +β1 . . . Xnαn +βn
X

(α,β)∈A×B

et pour tout (α, β) ∈ A × B, α1 + β1 + · · · + αn + βn = d + d′ , donc P Q ∈ Hd+d′ (X1 , . . . , Xn ).

2. Soit P ∈ K[X1 , . . . , Xn ]. Il suffit de diviser la somme de P selon le degré de chaque monome. En


effet, on a

XP
deg
P = aα1 ,...,αn X1α1 . . . Xnαn = aα1 ,...,αn X1α1 . . . Xnαn
X X

(α1 ,...,αn )∈A d=0 (α1 ,...,αn )∈A


α1 +···+αn =d
| {z }
∈Hd (X1 ,...,Xn )

L’unicité de cette écriture découle du fait qu’un polynôme nul est nécessairement à coefficients nuls,
on a donc bien P ∈ Hk (X1 , . . . , Xn ), d’où le résultat voulu.
L
k∈N

3. Le fait que K[X1 , . . . , Xn ] soit une algèbre commutative ne présente pas de difficulté majeure, nous
allons donc uniquement montrer que cette algèbre est intègre.
Soit P, Q ∈ K[X1 , . . . , Xn ] \ {0}. On pose

P = aα1 ,...,αn X1α1 . . . Xnαn et Q = bα1 ,...,αn X1α1 . . . Xnαn


X X

(α1 ,...,αn )∈A (α1 ,...,αn )∈B

Posons aussi
PQ = cα1 ,...,αn X1α1 . . . Xnαn
X

(α1 ,...,αn )∈C

Considèrons α, β ∈ Nn maximaux pour l’ordre lexicographique tels que aα ̸= 0 et bβ ̸= 0.


Le coefficient devant X α1 +β1 . . . X αn +βn est aα bβ = cα+β et α + β est le multi-indice maximal pour
l’ordre lexicographique vérifiant cα+β ̸= 0. P Q admet donc un coefficient non nul ce qui nous permet
de déduire qu’il est non nul, d’où l’intégrité de K[X1 , . . . , Xn ].

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Définition II.14.

Soit P = aα1 ,...,αn X1α1 . . . Xnαn un élément de K[X1 , . . . , Xn ].


X

(α1 ,...,αn )∈A

On appelle fonction polynôme associée à P la fonction



n
K
 −→ K
P̃ : (x1 , . . . , xp ) 7−→ aα1 ,...,αn xα1 1 . . . xαnn
X


(α1 ,...,αn )∈A

Proposition II.15.

Lorsque K = R ou K = C, pour tout P ∈ K[X1 , . . . , Xn ], P̃ est continue.

Preuve : pour tout i ∈ J1; pK, X̃i = πi , donc X̃i est continue. Pour tout P ∈ K[X1 , . . . , Xn ], la fonction
P̃ est produit et combinaison linéaire des fonctions continues X̃i avec i ∈ J1; nK, elle est donc continue.

Proposition II.16.

Soient A1 , . . . , An des parties infinies de K. Soit P ∈ K[X1 , . . . , Xn ]. Si P̃ s’annule sur


A1 × · · · × An , alors P est nul.

Preuve : montrons ce résultat par récurrence sur n.


Lorsque n = 1, P est un polynôme à une seule indéterminée qui s’annule en un nombre infini de points,
il est donc nul.
Soit n ≥ 2. Soit P = aα1 ,...,αn X1α1 . . . Xnαn ∈ K[X1 , . . . , Xn ]. Réécrivons P de la manière suivante
X

(α1 ,...,αn )∈A

N
P = Qk (X1 , . . . , Xn−1 )Xnk
X

k=0

avec N ∈ N et pour tout k ∈ J1; N K, Qk ∈ K[X1 , . . . , Xn−1 ].


Soit (a1 , . . . , an−1 ) ∈ A1 × · · · × An−1 . Pour tout an ∈ An ,
N
P̃ (a1 , . . . , an−1 , an ) = Qk (a1 , . . . , an−1 )akn = 0
X

k=0

N
le polynôme R(Y ) = Qk (a1 , . . . , an−1 )Y k est nul sur An et possède donc une infinité de racines. Ce
X

k=0

polynôme est donc nul. On peut alors affirmer que pour tout k ∈ J1; N K et (a1 , . . . , an−1 ) ∈ A1 ×· · ·×An−1 ,
Qk (a1 , . . . , an−1 ) = 0. Qk s’annulle donc sur A1 × · · · × An−1 et alors par hypothèse de récurrence, pour
tout k ∈ J1; N K, Qk = 0 et finalement P = 0.
Exercice II.17.

Montrer que GLn (C) = {M ∈ Mn (C), det M ̸= 0} est ouvert.

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Exercice II.18.

Soit P ∈ C[X1 , . . . , Xn ] \ {0}. Montrer que Z(P ) = {(x1 , . . . , xn ) ∈ Cn , P̃ (x1 , . . . , xn ) = 0} est


fermé d’intérieur vide.

Exercice II.19.

Soit P ∈ C[X, Y ] non consant. Montrer que Z(P ) est infini.

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Correction de l’exercice I.6 :


Commencons démontrer le lemme suivant.

Lemme II.20.

Soit f une fonction continue et g une fonction de signe constant sur [a, b] non identiquement
nulle. Il existe c ∈ [a, b] tel que
Z b Z b
f (t)g(t)dt = f (c) g(t)dt
a a

Z b
Preuve : on suppose sans perte de généralité que g est positive. On a alors g(t)dt > 0. Soit α, β ∈ [a, b]
a
telle que f (α) = inf t∈[a,b] f (t) et f (β) = supt∈[a,b] f (t). On a
Z b Z b Z b
f (α)g(t)dt ≤ f (t)g(t)dt ≤ f (β)g(t)dt
a a a

et alors Z b
f (t)g(t)dt
f (α) ≤ a
Z b ≤ f (β) (∗)
g(t)dt
a
f étant continue, le théorème des valeurs intermédiraire nous permet d’affirmer l’existence d’un réel
c ∈ [a, b] tel que
Z b
f (t)g(t)dt
a
Z b = f (c)
g(t)dt
a
d’où le résultat voulu.
Remarque : l’inégalité (∗) est en général fausse lorsque g n’est pas de signe constant.
Montrons à présent que l’intégrale de l’exercice converge vers la quantitée voulue.
Soit n ∈ N∗ , on a
n
Z 1 ⌊ 2π ⌋−1 Z (2k+1)π Z (2k+2)π Z 1
n n
f (t) |sin(nt)| dt = f (t) sin(nt)dt − f (t) sin(nt)dt + f (t) |sin(nt)| dt
X
2kπ (2k+1)π n 2π
0 k=0 n n
⌊ 2π ⌋n

En appliquant le lemme précédent sur les deux premières intégrales ci-dessus, on peut affirmer, pour tout
n
k ∈ J0; ⌊ 2π ⌋ − 1K l’existence de ck,n ∈ [ 2kπ
n
, (2k+1)π
n
] et c′k,n ∈ [ (2k+1)π
n
, (2k+2)π
n
] tels que

2
Z (2k+1)π Z (2k+1)π
n n
f (t) sin(nt)dt = f (ck,n ) sin(nt)dt = f (ck,n )
2kπ
n
2kπ
n
n

et
2
Z (2k+2)π Z (2k+2)π
n n
f (t) sin(nt) = f (c′k,n ) sin(nt) = − f (c′k,n )
(2k+1)π
n
(2k+1)π
n
n

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On a alors, en posant c̃k,n = c k ,n si k pair et c̃k,n = c′k−1 ,n sinon, on obtient


2 2

n n
⌊ ⌋−1 ⌊ ⌋−1
Z 1
2 2πX 2 2πX Z 1
f (t) |sin(nt)| dt = f (ck,n ) + f (ck,n ) + n 2π f (t) |sin(nt)| dt

0 n k=0 n k=0 ⌊ 2π ⌋ n
n
2⌊ 2π ⌋−1
 
2 X π Z 1
=  f (c̃k,n ) + n 2π f (t) |sin(nt)| dt
π k=0 n ⌊ 2π ⌋ n

Z 1
La somme dans la ligne ci-dessus est une somme de Riemann sur [0, 1], donc elle converge vers f (t)dt.
0
De plus t 7−→ f (t) |sin(nt)| est bornée uniformément (sa borne supérieure ne dépend pas de n) sur [0, 1]
et ⌊ 2π ⌋ n −−−−→ 1, donc
n 2π
n→+∞
Z 1
f (t) |sin(nt)| dt −−−−→ 0
n 2π
⌊ 2π ⌋n n→+∞

On en déduit donc directement que


Z 1
2Z 1
f (t) |sin(nt)| −−−−→ f (t)dt
0 n→+∞ π 0

Correction de l’exercice 2 :
n
On a pour tout P = ak X k ∈ E,
X

k=0

1X n
1 1
∥P ∥0 = max(|a0 | , . . . , |an |) ≥ |ak | ≥ max(|a0 | , . . . , |an |) = ∥P ∥0
n k=0 n n

donc
1 1
∥P ∥0 ≥ ∥P ∥1 ≥ ∥P ∥0
n n
et alors ∥.∥0 ∼ ∥.∥1 .
On a aussi n
|ak | = ∥P ∥1
X
∥P ∥∞ ≤
k=0

donc ∥.∥1 est plus fine que ∥.∥∞ , mais ∥.∥∞ n’est pas toujours plus fine que ∥.∥1 .
n
En effet, si on consisdère la suite le polynôme Pn = (−1)k kX k−1 , on a pour tout x ∈ [0, 1],
X

k=1

 ′ !′
n
1 − (−x)n
P̃n (x) = k
= x
X
−x 
1+x

k=0

1 − (−x)n 1 − (−x)n n(−x)n


= −x + −
(1 + x)2 1+x 1+x

on a alors pour tout x ∈ [0, 1]

1 − (−x) n
1 − (−x)n n(−x)n
P˜n (x) ≤ x + + ≤2+2+n=n+4
(1 + x)2 1+x 1+x

et donc ∥Pn ∥∞ ≤ n + 4.

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n
n(n + 1)
On a aussi ∥Pn ∥1 = k= , donc s’il exsite C > 0 tel que pour tout n ∈ N,
X

k=1 2
∥Pn ∥1 ≤ C ∥Pn ∥∞ , alors on aura n(n+1)
2
≤ C(n + 4) ce qui est faux pour n assez grand, d’où le résultat
voulu.

Correction de l’exercice 3 :
On va approcher f par une suite de fonctions de première application partielle affine par morceaux.
Soit n ∈ N∗ . On subdivise R en la famille d’intervalles ([ nk , k+1
n
[)k∈Z . Pour tout n ∈ N∗ , on définit fn
de la manière suivante : pour tout (x, y) ∈ R2 et k ∈ Z, si x ∈ [ nk , k+1 n
[, on pose x = k+εnn,x avec
εn,x = nx − ⌊nx⌋ ∈ [0, 1[. On a alors

k+1
! ! !!
k k
fn (x, y) = f , y + εn,x f ,y − f ,y
n n n

Montrons que pour tout n ∈ N∗ , fn est continue. Soit n ∈ N et x ∈ R, soit k ∈ Z tel que x ∈ [ nk , k+1n
[.
→ Cas x ∈] n , n [
k k+1

] nk , k+1
n
[ étant ouvert, on peut supposer que tous les couples considérés sont dans ] nk , k+1
n
[×R. On
pose alors pour tout u ∈] n , n [, u = n avec εn,u ∈ [0, 1[. On a alors, lorsque (u, v) −→ (x, y),
k k+1 k+εn,u

εn,u −→ εn,x et par continuité de la seconde application partielle de f

k+1
! ! !!
k k
fn (u, v) = f , v + εn,u f ,v − f ,v
n n n
k+1
! ! !!
k k
−−−−−−→ f , y + εn,x f ,y − f ,y = f (x, y)
(u,v)→(x,y) n n n

donc fn est continue en (x, y)


→ Cas x = nk
Étudions séparément la continuité à droite et à gauche.
• Continuité pour u à droite de nk    
Lorsque (u, v) ∈ [ nk , k+1
n
[×R, si (u, v) −→ ( k
n
, y), alors ε n,u −→ 0 et f k+1
n
, v − f k
n
, v reste
bornée. On a peut donc affirmer que

k+1
! ! !! !
k k k
fn (u, v) = f , v + εn,u f ,v − f ,v −−−−−−→ f ,y
n n n (u,v)→(x,y) n

d’où la continuité de fn à gauche de x.


• Continuité pour u à gauche de nk
Lorsque (u, v) ∈] k−1
n
, nk ] × R, si (u, v) −→ ( nk , y), alors εn,u −→ 1 et

k−1 k−1
! ! !! !
k k
fn (u, v) = f , v + εn,u f ,v − f ,v −−−−−−→ f ,y
n n n (u,v)→(x,y) n

d’où la continuité à gauche en nk


On en déduit donc que pour tout n, fn est continue sur R2 . Il reste maintenant à montrer que fn converge
simplement vers f .    
Soit (x, y) ∈ R2 . On a εn,x ∈ [0, 1[ et le terme f k+1
n
, y − f k
n
, y −−−−→ 0, car la première application
n→+∞
de f est continue. On a alors

k+1
! ! !!
k k
fn (x, y) = f , y + εn,x f ,y − f ,y −−−−→ f (x, y)
n n n n→+∞

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D’où la résultat voulu.

Correction de l’exercice 4 :
On a pour tout M = (mi,j )i,j∈J1;nK ∈ Mn (C)
n
det M =
X Y
ε(σ) mi,σ(i)
σ∈Sn i=1

L’application det est alors polynômiale et donc continue. Or GLn (C) = det−1 (R∗ ), il s’agit de l’image
réciproque d’un ouvert par une application continue, c’est donc un ouvert.

Correction de l’exercice 5 :
On a Z(P ) = P̃ −1 ({0}), il s’agit de l’image réciproque d’un fermé par une application continue (car
polnyômiale), c’est donc un fermé.
Supposons que Z(P ) n’est pas d’intérieur vide. Il existe alors ε > 0 et x = (x1 , . . . , xn ) ∈ Z(P ) tel que
B(x, ε) ⊂ Z(P ). P s’annule alors sur B(x, ε) = Bd1 (x1 , ε)×· · ·×Bdn (xn , ε). Pour tout i ∈ J1; nK, Bdi (xi , ε)
est infinie. P s’annule sur le produit d’ensembles infinis, il est donc nul ce qui est absurde. On en déduit
donc que Z(P ) est bien fermé d’intérieur vide.

Correction de l’exercice 6 :
On peut écrire P de la manière suivante
N
P (X, Y ) = Qk (Y )X k
X

k=0

avec QN ̸= 0.
→ Cas N = 0
Lorsque N = 0, alors Q0 est nécessairement non nul et admet au moins une racine qu’on note a.
On a alors pour tout x ∈ C, P̃ (x, a) = 0 ce qui implique que C × {a} ⊂ Z(P ). Z(P ) est donc infini.
→ Cas N ≥ 1
A = {a ∈ C, QN (a) ̸= 0} est infini. soit a ∈ A. x 7−→ P̃ (x, a) est une fonction polynômiale de degré
N , elle admet donc au moins une racine b et donc (a, b) ∈ Z(P ). A étant infini, on peut construire
une infinité de couples d’élèments distincts de Z(P ), Z(P ) est alors bien infini.

* *
*

Document compilé par Omar Bennouna et révisé par Issam Tauil le 22/12/2021 pour
[Link].
Si vous repérez une erreur, ou avez des remarques, prière de me contacter via l’adresse
contact@[Link].

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chapitre 11.5
Compacité

Dans ce chapitre, on considère X un espace metrique muni d’une distance d.

I Valeurs d’adhérence
Proposition I.1.

Soit (xn )n∈N une suite à valeurs dans X et a ∈ X. Les propriétés suivantes sont équivalentes.
1. ∀ε > 0, ∀N ∈ N, ∃n ≥ N, xn ∈ B(a, ε)
2. Pour tout ε > 0, l’ensemble des indices n tels que d(xn , a) < ε est infini.
3. Il existe une extractrice φ tell que xφ(n) −−−−→ a.
n→+∞
Lorsque ces propriétés sont vérifiées, on dit que a est une valeur d’adhérence de (xn )n∈N .

Preuve
→ (1) ⇒ (2)
La proposition (1) implique que pour tout ε > 0, l’ensemble des indices n ∈ N telle que d(a, xn ) < ε
est non borné. Il est donc infini.
→ (2) ⇒ (3)
Construisons par récurrence une extractrice φ qui vérifie pour tout n ∈ N, d(a, xφ(n) ) < n+1 1
. Pour
n = 0, l’ensemble A0 = {n ∈ N, d(a, xn ) < 1} est infini donc non vide. On pose alors φ(0) = m
avec m ∈ A.
Soit n ∈ N, supposons que φ(0), φ(1), . . . , φ(n) sont correctement définis.
L’ensemble An = {k ∈ N, d(a, xk ) < n+2 1
} est infini. On dispose donc de r ∈ An tel que pour tout
i ∈ J1; nK, r > φ(i). On pose alors φ(n + 1) = r, ce qui donne bien d(a, xφ(n+1) ) < n+2
1
.
→ (3) ⇒ (1)
Soit ε > 0 et N ∈ N. xφ(n) −−−−→ a, donc il existe n′ ≥ N tel que xφ(n′ ) ∈ B(a, ε), il suffit alors de
n→+∞
voir que n = φ(n′ ) vérifie la propriété voulue.
Notation : pour toute suite (xn ) ∈ X N , on note Adh((xn )n∈N ) l’ensemble des valeurs d’adhérence de
(xn ). Pour simplifier, et lorsqu’il n’y a pas ambiguïté, on notera Adh((xn )n∈N ) comme Adh(xn ).
Proposition I.2.

Pour toute suite (xn ) ∈ X N , on a Adh(xn ) =


\
{xn , n ≥ p}.
p∈N

Preuve Posons pour tout p ∈ N, Ap = {xn , n ≥ p}


→ (⊂) Soit a ∈ Adh(xn ). On a alors pour tout p ∈ N, pour tout ε > 0 il existe n ≥ p tel que
xn ∈ B(a, ε), i.e. Ap ∩ B(a, ε) ̸= ∅ .
On peut alors affirmer que pour tout p ∈ N, a ∈ Ap , i.e. a ∈ Ap .
\

p∈N

→ (⊃) Soit a ∈ Ap . Soit ε > 0 et N ∈ N. a ∈ AN , donc pour tout ε > 0, il existe n ≥ N tel que
\

p∈N
xn ∈ B(a, ε), i.e. a ∈ Adh(xn ).

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II Définitions et propriétés structurelles


Définition II.1.

L’espace metrique (X, d) est dit compact lorsque toute siute à aleurs dans X admet une valeur
d’adhérence dans A.
Une partie A de X est dite compacte si elle l’est pour la distance induite.

Exemples
→ Pour tout a, b ∈ R tel que a ≤ b, [a, b] est une partie compacte de R.
→ R n’est pas compact pour la distance induite par la valeur absolue. En effet, si on considère la suite
(un )n∈N définie par ∀n ∈ N, un = n, on peut voir que toute extractrice de un tend vers l’infini et
donc (un ) n’admet pas de valeur d’adhérence.
→ R est compact pour la distance d : (x, y) 7−→ |arctan(x) − arctan(y)| (avec arctan(+∞) = π
2
et
arctan(−∞) = − π2 ).
Proposition II.2.

1. Si A est une partie compacte de X, alors A est fermée et bornée.


2. Soit Y une partie de X et A une partie de Y . Si Y est compact, alors

A est compact ⇐⇒ A est fermé

Preuve
1. Soit A une partie compacte de X.
→ Montrons que A est fermé.
Soit a ∈ A. Par définition, il existe une suite (an ) ∈ AN qui converge vers A. A est compact,
il existe donc une extractrice φ telle que (aφ(n) ) converge vers b ∈ A. Par unicité de la limite,
on a a = b ∈ A et finalement A = A, i.e. A est fermé.
→ Montrons que A est borné.
Si A est non borné, alors par définition il existe une suite (an ) ∈ AN et a ∈ A tel que
d(a, an ) −−−−→ +∞. Aucune suite extraite ne peut alors converger car pour toute extractice
n→+∞
φ et x ∈ A, d(x, aφ(n) ) ≥ d(a, aφ(n) ) − d(x, a) −−−−→ +∞.
n→+∞
2. (⇒) Le sens de gauche à droite est une simple conséquence de la propriété précédente.
(⇐) Supposons que A est fermé. Soit (an ) ∈ AN . Y est compact, il existe donc une extractrice φ et
un élément x de Y tel que aφ(n) −−−−→ x. A étant fermé, on a nécessairement x ∈ A et donc
n→+∞
A est compact.

III Produit d’espaces compacts


Proposition III.1.

Soit p ∈ N∗ et X1 , . . . , Xp des compacts munis des distances d1 , . . . , dp . L’espace produit


X1 × · · · × Xp est compact.

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Preuve : Procédons par récurrence.


→ Le cas p = 1 est évident.
→ Soit p ∈ N∗ . Supposons que p vérifie la propriété voulue. Soit X1 , . . . , Xp+1 p + 1 compacts et soit
(xn )n∈N = ((x1,n , . . . , xp+1,n ))n∈N .
L’espace produit X1 × · · · × Xp étant compact par hypothèse, il existe une extractrice φ telle que
(yφ(n) ) = (x1,φ(n) , . . . , xp,φ(n) )n∈N converge vers (a1 , . . . , ap ) ∈ X1 × · · · × Xp . Xp+1 est compact, il
existe donc une extractrice ψ telle que la suite (xp+1,φ◦ψ(n) )n∈N converge vers ap+1 ∈ Xp+1 .
On a alors

d(xφ◦ψ(n) , (a1 , . . . , ap+1 )) = max di (xi,φ◦ψ(n) , ai )


i∈J1;p+1K

≤ d(yφ◦ψ(n) , (a1 , . . . , ap )) + dp+1 (xp+1,φ◦ψ(n) , ap+1 ) −−−−→ 0


n→+∞

La suite (xφ◦ψ(n) )n∈N converge donc bien vers (a1 , . . . , ap+1 ) ∈ X1 × · · · × Xp+1 .
L’espace X1 × · · · × Xp+1 est donc bien compact.
Proposition III.2.

Soit n ∈ N∗ et A une partie de Rn munie de ∥.∥∞ . A est compact si et seulement si il est fermé
et borné.

Preuve
(⇒) Cette implication a déjà été montrée auparavant.
(⇐) Supposons que A est fermée et bornée. A étant borné, il existe M ≥ 0 tel que pour tout a ∈ A,
∥a∥∞ ≤ M . On a alors A ⊂ [−M, M ]n . [−M, M ] étant compact, [−M, M ]n est un produit de
compacts de R, c’est donc un compact. A est fermé borné et est inclus dans un compact, il est donc
compact d’après ce qui précéde.
Conséquence : par équivalence des normes en dimension finie, si on munit Rn d’une norme quelconque
∥.∥, l’équivalence ci-dessus reste vraie.

Attention : cette équivalence est fausse en dimension infinie en général. En effet, pour le voir, il suffit
de considérer l’exemple suivant.
On considère l’espace vectoriel normé E = C([0, 2π], R) muni de la norme ∥.∥2 définie par
Z 2π  21
∀f ∈ E ∥f ∥2 = f (t) dt
2
0

On considère la suite à la valeurs dans E (fn )n∈N = (x 7−→ sin(nx))n∈N .


On a pour tout n ∈ N,
Z 2π Z 2π
1 − cos(2nt)
∥fn ∥22 = sin(nt)2 dt = =π
0 0 2
Donc (fn ) est une suite à valeurs dans Bf (0, π) qui est une partie fermée bornée de E. et pour tout
n, m ∈ N tels que m ̸= m,
Z 2π Z 2π
∥fn − fm ∥22 = (sin(nt) − sin(mt)) dt =
2
sin(nt)2 + sin(mt)2 − 2 sin(nt) sin(mt)dt = 2π
0 0

on en déduit que pour toute extractrice φ et tout n ∈ N, fφ(n) − fφ(n+1) = 2π et donc (fφ(n) ) ne
2
peut pas converger.
En résumé, on a trouvé une suite (fn ) à valeurs dans un fermé borné dont aucune suite extraite ne
converge, donc Bf (0, π) est fermé borné mais n’est pas compact.

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Définition III.3.

Soit (un )n∈N une suite à valeurs dans X. On dit que (un ) est de Cauchy si

∀ε > 0, ∃N ∈ N, ∀n ≥ N, ∀m ≥ N, d(un , um ) < ε

Remarque : toute suite convergente est de Cauchy. Montrons ce résultat. Soit ε > 0 si (un ) ∈ X N est
convergente vers une limite u ∈ X, il suffit de prendre N ∈ N assez grand pour qu’on ait pour tout
n ≥ N , d(un , u) < 2ε . On a alors pour tout n, m ≥ N , d(un , um ) ≤ d(un , u) + d(um , u) < ε.

Attention : la réciproque est fausse. En effet, si on considère l’espace vectoriel normé R[X] muni de
∥.∥1 , et la suite (Pn ) ∈ R[X]N définie par
n
1 k
∀n ∈ N, Pn (X) =
X
X
k=0 2k

Montrons que cette suite de Cauchy. Soit ε > 0, on a pour tout m, n ∈ N, si n > m, alors
n
1 X 1
+∞
1
∥Pn − Pm ∥1 = = m
X

k=m+1 2k
k=m+1 2
k 2

Il existe donc N ∈ N assez grand tel que pour tout n, m > N , 21m < ε et alors ∥Pn − Pm ∥1 < ε, donc (Pn )
est de Cauchy.
En revanche, cette suite n’est pas convergente. En effet, pour tout polynôme Q de degré m, pour tout
n > m,
n
1 1
−−−−→ m ̸= 0
X
∥Pn − Q∥ ≥
k=m+1 2 2
k n→+∞

(Pn ) ne peut donc pas converger vers Q et alors (Pn ) n’est pas convergente.
Définition III.4.

On dit que X est complet lorsque toute suite à valeurs dans X de Cauchy converge.

IV Suites dans un compact


Proposition IV.1.

Si X est compact, alors il est complet.

Preuve : supposons que X est compact. Soit (un ) ∈ X N une suite de Cauchy. Soit φ une extractrice et
u ∈ X tels que uφ(n) −−−−→ u. Soit ε > 0 et N ∈ N tel que pour tout m, n ≥ N d(un , um ) < 2ε . Soit
n→+∞
N ′ ∈ N tel pour tout n ≥ N ′ d(uφ(n) , u) < 2ε . On a alors

∀n ≥ max(N, N ′ ), d(un , u) ≤ d(un , uφ(n) ) + d(uφ(n) , u) < ε

(un ) est bien convergente et donc X est complet.

Remarque : la preuve ci-dessus nous dévoile un résultat utile : peu importe l’espace X, une suite
(un ) ∈ X N de Cauchy qui admet une valeur d’adhérence est convergente. Plus généralement, une suite

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de Cauchy admet au plus une seule valeur d’adhérence.


Attention : la réciproque de ce résultat est fausse. En effet, R est complet mais n’est pas compact.
Montrons ce résultat. Si (un ) ∈ RN est de Cauchy, alors il existe N ∈ N tel que pour tous m, n ≥ N ,
|un − um | < ε. En prenant ε = 1, on voit que pour tout n ≥ N , |un − uN | < 1. On en déduit donc
immédiatement que (un ) est bornée par max(|u0 | , |u1 | , . . . , |uN −1 | , |uN |) + 1. On peut donc appliquer
Bolzano-Weierstrass pour affirmer que (un ) admet une valeur d’adhérence. (un ) est une suite de Cauchy
qui admet une valeur d’adhérence, elle est donc convergente et donc R est complet.
Proposition IV.2.

On suppose que X est compact. Soit (un ) ∈ X N . On a alors

(un ) converge ⇐⇒ (un ) admet au plus une valeur d’adhérence

Preuve

(⇒) Cette implication ne présente pas de difficulté et est laissée comme exercice au lecteur.

(⇐) Par compacité de X, (un ) admet au moins une valeur d’adhérence, donc (un ) admet exactement
une valeur d’adhérence qu’on note u. Supposons que (un ) ne converge pas vers u. Il existe donc
ε > 0 tel que Aε = {n ∈ N, d(un , u) ≥ ε} est infini. On considère alors φ une extractrice telle que
φ(N) ⊂ Aε . Par construction, on a pour tout n ∈ N, d(uφ(n) , u) ≥ ε. Mais (uφ(n) ) est à valeurs
dans le compact X, donc il existe x ∈ X et ψ une extractrice telle que uφ◦ψ(n) −−−−→ x, mais
n→+∞
ε ≤ d(uφ◦ψ(n) , u) −−−−→ d(x, u), donc x ̸= u. On a trouvé une valeur d’adhérence de (un ) différente
n→+∞
de u ce qui est absurde.

Exercice IV.3.

Soit d ∈ N∗ et (un ) ∈ (Rd )N vérifiant les propriétés suivantes.


1. (un ) est bornée.
2. (un ) possède un nombre fini de valeurs d’adhérences.
3. un+1 − un −−−−→ 0
n→+∞
Montrer que (un ) est convergente.

Exercice IV.4.

Supposons que X est compact. Soit (un ) une suite à valeurs dans X. Montrer que

d(up , Adh(un )) −−−−→ 0


p→+∞

Exercice IV.5.

Supposons que X est compact. Soit f ∈ C(X, X) et (un ) une suite définie par

u
0 ∈X
∀n ∈ N, un+1 = f (un )

On pose A = Adh(un ). Montrer que f (A) = A.

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Exercice IV.6.

Soit Y un espace metrique muni d’une distance δ. On pose pour tout f ∈ Y X ,

Γf = {(x, f (x)), x ∈ X} ⊂ X × Y

1. Montrer que pour tout f ∈ C(X, Y ), Γf est fermé dans X × Y .


2. Donner un exemple de X, Y et f vérifiant f discontinue et Γf fermé.
3. On suppose que Y est compact. Montrer que si Γf est fermé, alors f est continue.

V Uniforme continuité
Théorème (Heine) V.1.

Soit Y un espace metrique muni d’une distance δ et f ∈ C(X, Y ). Si X est compact, alors f
est uniformément continue.

Preuve : commencons par écrire la définition de l’uniforme continuité de f

∀ε > 0, ∃η > 0 ∀x, y ∈ X, d(x, y) < η =⇒ δ(f (x), f (y)) < ε

Supposons que la négation de cette proposion est vraie, i.e.

∃ε > 0, ∀η > 0 ∃x, y ∈ X, d(x, y) < η et δ(f (x), f (y)) ≥ ε

Il existe donc un certain ε > 0 pour lequel il existe deux suites (xn ) et (yn ) à valeurs dans X vérifiant
1
∀n ∈ N, d(xn , yn ) < et δ(f (xn ), f (yn )) ≥ ε
n+1
X étant compact, il existe une extractrice φ telle que (xφ(n) ) est convergente. De même, il existe une
extractrice ψ telle que (yφ◦ψ(n) ) soit convergente. Or, on a pour tout n ∈ N

1
d(xφ◦ψ(n) , yφ◦ψ(n) ) < −−−−→ 0
φ ◦ ψ(n) + 1 n→+∞

(xφ◦ψ(n) ) et (yφ◦ψ(n) ) ont donc la même limite. On a alors par continuité de f

ε ≤ δ(f (xφ◦ψ(n) ), f (yφ◦ψ(n) )) −−−−→ 0


n→+∞

ce qui est absurde. On en déduit donc que f est uniformément continue.


Exercice V.2.

[0, 1]
 −→ R
Soit f ∈ C([0, 1]2 , R), montrer que φ : 7−→ sup f (x, y) est continue.
x

y∈[0,1]

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VI Optimisation sur un compact


Proposition VI.1.

Soit Y un espace metrique muni d’une distance δ et f ∈ C(X, Y ).


1. Si X est compact, alors f (X) est compact.
2. Si X ̸= ∅ et Y = R, alors f est bornée et atteint ses bornes.

Preuve
1. Soit (yn )n∈N une suite à valeurs dans f (X). Il existe une suite (xn ) ∈ X N telle que pour tout n ∈ N,
f (xn ) = yn . Comme X est compact, il existe une extractrice φ telle que (xφ(n) ) converge vers un
élément x de X. Par continuité de f , on a

yφ(n) = f (xφ(n) ) −−−−→ f (x) ∈ f (X)


n→+∞

on en déduit donc que f (X) est compact.


2. D’après le point précédent, f (X) est compact donc c’est un fermé borné, cet ensemble contient
alors sa borne supérieure et sa borne inférieure car c’est les limites de suites à valeurs dans f (X).
On en déduit qu’il exsite a, b ∈ X tel que f (a) = sup f (X) et f (b) = inf f (X). f est donc bornée
et atteint ses bornes.
Corollaire VI.2.

Si X est compact, F fermé dans X et f ∈ C(X, Y ), alors f (F ) est fermé dans Y .

Preuve : F est un fermé dans un compact, c’est donc un compact et alors f (F ) est compact et finalement
c’est un fermé dans Y .
Exercice VI.3.

On suppose que X est compact. Soit f ∈ C(X, Y ) bijective. Montrer que f −1 est continue.

Exercice VI.4.

Soit f, g ∈ C([0, 1], [0, 1]) tels que f ◦g = g◦f . Montrer qu’il existe a ∈ [0, 1] tel que f (a) = g(a).

Exercice VI.5.

Soit E un espace vectoriel normé muni d’une norme ∥.∥. Soit A et B deux parties de E. On
pose
A + B = {a + b, (a, b) ∈ A × B}
dire lesquelles des propositions suivantes sont vraies.
1. Si A ou B est ouvert, alors A + B est ouvert.
2. Si A et B sont compacts, alors A + B est compact.
3. Si A est compact et B est fermé, alors A + B est fermé.
4. Si A et B sont fermés alors A + B est fermé.

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Exercice VI.6.

On suppose que X est compact non vide. Soit f ∈ X X . telle que

∀(x, y) ∈ X 2 , x ̸= y =⇒ d(f (x), f (y)) < d(x, y)

1. Montrer que f admet un unique point fixe l.



u ∈X
0
2. Considérons la suite (un ) ∈ X N définie par .
∀n ∈ N, un+1 = f (un )
Montrer que un −−−−→ l.
n→+∞

VII Compléments

1. Recouvrement fini d’un compact

Proposition VII.1.

On suppose que X est compact. Pour tout ε > 0, il existe p ∈ N∗ et a1 , . . . , ap tels que
p
X=
[
B(ak , ε)
k=1

Preuve : Supposons que


p
∃ε > 0, ∀p ∈ N , ∀(a1 , . . . , ap ) ∈ X ,
∗ p
[
B(ak , ε) ⊊ X
k=1

Soit ε > 0 vérifiant la propriété ci-dessus. Construisons la suite (an )n∈N ∈ X N de la manière suivante :
n
On prend tout d’abord a0 ∈ X au hasard. Soit n ∈ N tel que an est bien défini. An = X \ B(ak , ε) est
[

k=0
non vide, on peut donc prendre an+1 dans An . Par contruction, on a pour tout n ̸= m, d(an , am ) ≥ ε et
donc pour toute extractrice φ, pour tout n ∈ N, d(aφ(n) , aφ(n+1) ) ≥ ε. (aφ(n) ) ne peut donc pas converger
et alors X n’est pas compact ce qui est absurde.
Exercice VII.2.

On suppose que X est compact.


1. Soit ε > 0. Montrer qu’il existe N ∈ N∗ tel que

∃(x1 , . . . , xN ) ∈ X N , ∀i ̸= j, d(xi , xj ) ≥ ε (∗)

et tel que toute famille de points y1 , . . . , yn vérifiant la propriété (∗) est de cardinal
inférieur à N (i.e. n ≤ N ).
2. Soit f : X −→ X une isométrie. Montrer que f est surjective.

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2. Fermés emboités
Proposition VII.3.

On suppose que X est compact. Pour toute suite de fermés non vides décroissante pour l’in-
clusion (Fn )n∈N ∈ P(X)N , Fn ̸= ∅.
\

n∈N

Preuve : Soit (xn ) une suite à valeurs dans X telle que pour tout n ∈ N, xn ∈ Fn (cette suite existe car
tous les Fn sont non vides). La suite (Fn ) étant décroissante, on a pour tout n ∈ N et tout i ≤ n, xn ∈ Fi .
X étant compact, il existe une extractrice φ telle que (xφ(n) ) converge vers un élément x de X. On a
alors pour tout p ∈ N, la suite (xφ(n) ) est à valeurs dans Fp à partir d’un certain rang donc x est limite
d’une suite à valeurs dans Fp , i.e. x ∈ Fp = Fp . On a donc pour tout p ∈ N, x ∈ Fp et alors x ∈ Fn et
\

n∈N

finalement Fn ̸= ∅.
\

n∈N
Corollaire VII.4.

On suppose que X est compact. Soit (fn ) une suite de fonctions à valeurs dans C(X, R) et
f ∈ C(X, R). Si pour tout x ∈ X, la suite (fn (x))n∈N est croissante et converge vers f (x), alors
(fn ) converge uniformément vers f .

Preuve : Soit ε > 0. Posons pour tout n ∈ N, Fn = {x ∈ X, |fn (x) − f (x)| ≥ ε}. Remarquons tout
d’abord que pour tout n ∈ N, Fn est l’image réciproque d’un fermé par une fonction continue, c’est donc
un fermé dans X. De plus, pour tout n ∈ N, si x ∈ Fn+1 , alors |fn+1 (x) − f (x)| ≥ ε, i.e. f (x)−ε ≥ fn+1 (x)
mais fn+1 (x) ≥ fn (x), donc f (x) − ε ≥ fn (x) et finalement x ∈ Fn . La suite (Fn ) est donc décroissante.
→ S’il existe nε ∈ N tel que Fnε = ∅, alors pour tout n ≥ nε , Fn = ∅ et alors
∀n ≥ nε , ∀x ∈ X, |fn (x) − f (x)| < ε.
→ Sinon, toutes les hypothèses de la propriété précédente sont vérifiées, on peut donc affirmer que
Fn ̸= ∅. Soit x ∈ Fn . On a pour tout n ∈ N, |fn (x) − f (x)| ≥ ε, donc (fn (x)) ne converge
\ \

n∈N n∈N
pas vers f (x) ce qui est absurde.
On peut donc affirmer l’existence de nε ∈ N tel que pour tout n ≥ nε et pour tout x ∈ X,
|fn (x) − f (x)| < ε, i.e. (fn ) converge uniformément vers f .
Exercice VII.5.
+∞
|xk − yk |
Montrer que [0, 1] muni de la distance d : ((xn ), (yn )) 7−→ est compact.
X
N
k=0 2k

Exercice VII.6.

Soit zn une série complexe absolument convergente. On note


X

 
 
K= z ∈ C, ∃A ∈ P(N), z =
X
zn
 n∈A

En utilisant l’exercice précédent, montrer que K est compact.

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Correction de l’exercice IV.3. :


Nous allons montrer que (un ) est à valeurs dans un compact et admet au plus une valeur d’adhérence.
Une fois cela fait, on peut directement appliquer la propriété précédente pour affirmer que (un ) converge.
Posons A = {a1 , . . . , ap } l’ensemble des valeurs d’adhérence de (un ) avec p ∈ N∗ (on peut dire que p ≥ 1
car (un ) est à valeurs dans un compact non vide)
Supposons que |A| > 1. Posons ε = 31 min ∥ai − aj ∥ > 0. Pour tout i ∈ J1; pK, l’ensemble
( p ) i,j∈J1;pK,i<j
C = n ∈ N, un ∈ X \ B(ai , ε) est fini et donc borné.
[

i=1
Soit N ∈ N tel que pour tout n ≥ N , n ̸∈ C et ∥un+1 − un ∥ < ε. Soit n1 ≥ N tel que un1 ∈ B(a1 , ε),
n2 ≥ n1 tel que un2 ̸∈ B(a1 , ε) et k = max {l ∈ Jn1 ; n2 K, ul ∈ B(a1 , ε)}.
On a par construction uk ∈ B(a1 , ε) et ∃i ̸= 1 uk+1 ∈ B(ai , ε). On a donc

∥uk − uk+1 ∥ = ∥uk − a1 + a1 − ai + ai − uk+1 ∥


≥ ∥a1 − ai ∥ − ∥uk − a1 ∥ − ∥uk+1 − ai ∥
≥ 3ε − ε − ε = ε

ce qui est absurde car k ≥ N , donc |A| ≤ 1.


Considérons M un majorant de (∥un ∥). (un ) est à valeurs dans Bf (0, M + 1) qui est un fermé borné dans
un R−espace vectoriel de dimension finie. C’est donc un compact, ce qui nous permet de conclure.

Correction de l’exercice IV.4. :


Posons pour tout p ∈ N, εp = d(up , Adh(un )). Supposons que (εp ) ne tend pas vers 0. Soit δ > 0 tel que
l’ensemble A = {p ∈ N, εp > δ} est infini et (un ) est à valeurs dans un compact, on peut donc considérer
une extractrice φ à valeurs dans A telle que (uφ(p) ) converge vers un certain b ∈ Adh(un ). Pour tout
p ∈ N, d(uφ(p) , Adh(un )) > δ et alors δ < d(uφ(p) , b) −−−−→ 0 ce qui est absurde.
p→+∞

Correction de l’exercice IV.5. :


Montrons successivement les inclusions dans les deux sens.

→ f (A) ⊂ A
Soit a ∈ A. Il existe une extractrice φ telle que uφ(n) −−−−→ a. On a alors
n→+∞
uφ(n)+1 = f (uφ(n) ) −−−−→ f (a). f (a) est donc une valeur d’adhérence de (un ), i.e. f (a) ∈ A. On
n→+∞
conclut donc que f (A) ⊂ A.

→ A ⊂ f (A)
On reprend les notations du point précédent.
On considère l’extractrice φ′ : n 7−→ φ(n) − 1. Soit ψ une extractrice telle que (uφ′ ◦ψ(n) )n≥1
converge vers un certain b ∈ A. On a alors f (uφ′ ◦ψ(n) ) = f (uφ◦ψ(n)−1 ) = uφ◦ψ(n) . De plus, on
a f (uφ′ ◦ψ(n) ) −−−−→ f (b) et uφ◦ψ(n) −−−−→ a. On a donc finalement a = f (b) ∈ f (A) et alors
n→+∞ n→+∞
A ⊂ f (A).

Correction de l’exercice IV.6. :

1. Soit (wn ) = ((xn , f (xn )))n∈N une suite convergente à valeurs dans Γf . On pose (x, y) la limite de
cette suite. On a xn −−−−→ x, donc f (xn ) −−−−→ f (x). Mais on a aussi f (xn ) −−−−→ y, donc
n→+∞ n→+∞ n→+∞
(x, y) = (x, f (x)) ∈ Γf . La limite de (wn ) est dans Γf ce qui nous permet d’affirmer que Γf est
fermé.

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2. Considérons la fonction f définie par







R −→ 
R
f: 1
x
si x ̸= 0
x 7−→
0 sinon


Posons g : (x, y) 7−→ xy − 1. On a alors

Γf = g −1 ({0}) ∪ {(0, 0)}

g −1 ({0}) est l’image réciproque d’un fermé par une fonction continue, c’est donc un fermé. {(0, 0)}
étant aussi un fermé, on en déduit que Γf est fermé dans X × Y .
3. Soit x ∈ X. Soit (xn )n∈N une suite à valeurs dans X qui converge vers x. Considérons la suite
(wn )n∈N à valeurs dans Γf définie par (wn ) = (xn , f (xn ))n∈N . Par hypothèse, Y est compact, il
existe donc une extractrice φ tel que (f (xφ(n) )) converge dans Y et donc (wφ(n) )n∈N converge dans
Γf car c’est un fermé, i.e. il existe y ∈ X tel que wφ(n) −−−−→ (y, f (y)). On a alors xn −−−−→ y et
n→+∞ n→+∞
f (xφ(n) ) −−−−→ f (y). Or xφ(n) −−−−→ x, donc y = x et f (xφ(n) ) −−−−→ f (x). On a donc montré
n→+∞ n→+∞ n→+∞
que (f (xn )) admet une unique valeur d’adhérence f (x) et est à valeurs dans le compact Y , et par
conséquence converge vers f (x). D’où la continuité de f .

Correction de l’exercice V.2. :


Soit x ∈ [0, 1] et ε > 0. f est continue sur le compact [0, 1]2 , donc d’après le théorème de Heine, f est
uniformément continue. On dispose donc de η > 0 tel que

∀(x, y), (x′ , y ′ ) ∈ [0, 1]2 , ∥(x, y) − (x′ , y ′ )∥ < η =⇒ |f (x, y) − f (x′ , y ′ )| < ε

Soit x′ tel que |x − x′ | < η, on a alors pour tout y ∈ [0, 1], ∥(x, y) − (x′ , y)∥ = |x − x′ | < η et donc

|f (x, y) − f (x′ , y)| < ε

i.e.
f (x′ , y) − ε < f (x, y) < f (x′ , y) + ε
En passant à la borne supérieure de chaque côté de l’inégalité, on obtient

φ(x′ ) − ε ≤ φ(x) ≤ φ(x′ ) + ε

i.e.
|φ(x) − φ(x′ )| ≤ ε
d’où la continuité de φ.

Correction de l’exercice VI.3. :


→ Méthode 1 : Soit F un fermé de X. X étant compact, on peut affirmer que F est compact. f
est continue, donc f (F ) est compact donc fermé. Or on a (f −1 )−1 (F ) = f (F ), donc (f −1 )−1 (F ) est
fermé. La caractérisation des fonctions continues par image réciproque des fermés nous permet de
conclure.
→ Méthode 2 : On va utiliser l’exercice IV.6. f est continue, donc Γf est fermé dans X × Y . On
considère l’application 
X × Y −→ Y × X
i:
(x, y) 7−→ (y, x)

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Mathématiques en MP* d’après un cours au lycée Louis-le-Grand

On a Γf −1 = i(Γf ) et i envoie les fermés su des fermés (preuve laissée en exercice), donc Γf −1 est
fermé dans Y × X. X étant compact, l’exercice IV.6. nous donne que f −1 est continue.
→ Méthode 3 : Considérons (yn ) une suite à valeurs dans Y qui converge vers b. On pose a = f −1 (b)
et (xn ) = (f −1 (yn ))n∈N . Pour montrer que f −1 est continue, il faut montrer que xn −−−−→ a.
n→+∞
(xn ) est à valeurs dans le compact X, on peut donc considérer a′ une valeur d’adhérence de (xn ). Il
existe une extractrice φ telle que xφ(a) −−−−→ a′ . On a par continuité de f , f (xφ(n) ) −−−−→ f (a′ ).
n→+∞ n→+∞
Mais on a aussi f (xφ(n) ) = yn −−−−→ b, donc f (a′ ) = b, i.e. a′ = f −1 (b) = a. On a alors montré que
n→+∞
(xn admet une unique valeur d’adhérence qui est a. (xn ) étant à valeurs dans un compact, on peut
déduire que xn −−−−→ a, d’où le résultat voulu.
n→+∞

Correction de l’exercice VI.4. :


Posons A = {x ∈ [0, 1], g(x) = x}.
→ A est non vide.
En effet, en considérant h = g − Id, on a h(0) = g(0) ≥ 0 et h(1) = g(1) − 1 ≤ 0. h étant continue,
le théorème des valeurs intermédiaires nous permet d’affirmer qu’il existe a ∈ [0, 1] tel que h(a) = 0,
i.e. g(a) = a. A est donc non vide
→ A est fermé, car il est égal à h−1 ({0}), qui est l’image réciproque d’un fermé par une fonction
continue. A est une fermé inclus dans le compact [0, 1], il est donc compact et admet alors un
minimum α = min A et un maximum β = max A tel que g(α) = α et g(β) = β. Or, f (g(α)) =
f (α) = g(f (α)). f (α) est donc un point fixe de g, i.e. f (α) ∈ A. De même, on a f (β) ∈ A.
Posons w = f − g. On a w(α) = f (α) − g(α) = f (α) − α ≥ 0 et w(β) = f (β) − g(β) = f (β) − β ≤ 0.
w étant continue, le théorème des valeurs intermédiaires nous permet donc d’affirmer qu’il existe
a ∈ [α, β] tel que w(a) = 0, i.e. f (a) = g(a).

Correction de l’exercice VI.5. :


1. Cette proposition est vraie.
Soit a ∈ A, b ∈ B, et ε > 0 tel que B(a, ε) ⊂ A ou B(b, ε) ⊂ B. Soit x ∈ B(a + b, ε). On peut écrire
x comme x = a + b + u tel que ∥u∥ ≤ ε. On a alors a + u ∈ B(a, ε) ⊂ A ou b + u ∈ B(b, ε), donc
x ∈ A + B et finalement B(a + b, ε) ⊂ A + B. On en déduit donc que A + B est ouvert.
2. Cette proposition est vraie.
Soit (wn )n∈N une suite à valeurs dans A + B. On peut écrire (wn ) = (an + bn )n∈N avec (an ) et (bn )
deux suites à valeurs respectivement dans A et B. A est compact, il existe donc une extractrice φ
et a ∈ A tel que aφ(n) −−−−→ a. De même B étant compact et (bφ(n) ) étant à valeurs dans B, il
n→+∞
existe une extractrice ψ et b ∈ B tel que bψ◦φ(n) −−−−→ b. On a alors aψ◦φ(n) + bψ◦φ(n) −−−−→ a + b,
n→+∞ n→+∞
d’où la compacité de A + B.
3. Cette proposition est vraie.
Soit (cn )n∈N = (an +bn ) une suite à valeurs dans A+B qui converge vers c. A étant compact, on peut
considérer une extractrice φ telle que aφ(n) −−−−→ a ∈ A. On a alors bφ(n) = cφ(n) −aφ(n) −−−−→ c−a.
n→+∞ n→+∞
B est fermé et bφ(n) est à valeurs dans B, ce qui nous permet de dire que c − a ∈ B. On en déduit
que c = |{z}
a + c| − a ∈ A + B, donc A + B est fermé.
{z }
∈A ∈B
4. Cette proposition est fausse. √ √
En effet, il suffit de considérer le cas A = Z et B = 2Z. A + B = Z + 2Z est un sous groupe
de R, donc d’après l’exercice VI.4. du chapitre 11.2, il est soit égal à aZ avec a ∈ R ou alors il √
est
dense dans R. Le premier√cas n’est pas possible (il est facile de montrer que cela implique que 2
est rationnel), donc Z + 2Z est dense dans R. Pour résumer, on a
→ A = Z fermé dans R.

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→ B = 2Z fermé dans R.

→ A + B = Z + 2Z = R ̸= A + B, donc A + B n’est pas fermé dans R.

Correction de l’exercice VI.6. :


1. Existence et unicité du point fixe.
→ Existence
On considère la fonction φ : x 7−→ d(x, f (x)).
• Montrons que φ est continue.
Soit x, y ∈ X. On a

|φ(x) − φ(y)| ≤ |d(x, f (x)) − d(y, f (x))| + |d(y, f (x)) − d(y, f (y))|
≤ d(x, y) + d(f (x), f (y))
≤ 2d(x, y)

φ est lipschitzienne et donc continue.


• Montrons que φ atteint 0.
X est compact donc φ y atteint son minimum, i.e. il existe a ∈ X tel que φ(l) = inf φ(x).
x∈X
Supposons que l ̸= f (l), i.e. φ(l) ̸= 0.
On a alors
φ(f (l)) = d(f (l), f (f (l))) < d(l, f (l)) = φ(l)
ce qui est absurde par construction. On en déduit donc que φ(l) = 0, i.e. f (l) = l et donc
que f admet un point fixe.
→ Unicité
Soit a et a′ deux points fixes de f qu’on suppose distincs. On a d(a, a′ ) = d(f (a), f (a′ )) <
d(a, a′ ) ce qui est absurde, d’où l’unicité du point fixe.
2. Considérons la suite (εn ) = (d(un , a))n∈N . On a pour tout n ∈ N,

εn+1 = d(un+1 , a) = d(f (un ), f (a)) ≤ d(un , a) = εn

(εn ) est donc décroissante minorée par 0, elle est alors convergente. Notons α sa limite.
→ Si α = 0, alors un −−−−→ l ce qui est bien le résultat voulu.
n→+∞
→ Supposons que α > 0.
X étant compact, on peut considérer a une valeur d’adhérence de un . Soit φ une extractrice telle
que uφ(n) −−−−→ a. Par continuité de u 7−→ d(l, u), d(uφ(n) , l) −−−−→ d(a, l), donc d(a, l) = α.
n→+∞ n→+∞
Or, uφ(n)+1 = f (uφ(n) ) −−−−→ f (a), donc f (a) est aussi une valeur d’adhérence de (un ). Par
n→+∞
un raisonnement similaire à ce qui précéde, f (a) étant une valeur d’adhérence de (un ), on peut
affirmer que d(f (a), l) = α. On a alors

α = d(f (a), l) = d(f (a), f (l)) < d(a, l) = α

ce qui est absurde, donc a bien α = 0, d’où le résultat voulu. La dernière inégalité provient du
fait que a ̸= l car f (a) = f (l) entrainerait α = 0 ce qui est faux par hypothèse.

Correction de l’exercice VII.2. :


1. Posons A = {n ∈ N, ∃(y1 , . . . , yn ) ∈ X n vérifiant (∗)}. Il est facile de voir que 1 ∈ A. En utilisant
la caractérisation d’un compact par recouvrement fini d’ouverts, on dispose de p ∈ N∗ tel que
p
ε
 
X=
[
B ak ,
k=1 3

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Soit n > p et y1 , . . . , yn ∈ X . Par principe des tiroirs, il existe (k, i, j) ∈ N , tel que i ̸= j,
n ∗3

yi ∈ B ak , 3ε et yj ∈ B ak , 3ε . On a alors

ε ε 2ε
d(yi , yj ) ≤ d(yi , ak ) + d(ak , yj ) ≤ + = <ε
3 3 3
A est donc une partie de N majorée par p, elle admet donc un maximum qu’on note N . N vérifie
bien la propriété voulue.
2. Rappel : f : X −→ X est une isométrie si ∀(x, y) ∈ X 2 , d(f (x), f (y)) = d(x, y).
On pose N = max A et on considère x1 , . . . , xN vérifiant (∗). Posons pour tout i ∈ J1; N K, f (xi ) = yi .
f étant une isométrie, on a pour tout i ̸= j, d(yi , yj ) ≥ d(xi , xj ) ≥ ε, i.e. y1 , . . . , yN vérifie (∗).
N
→ Montrons que X =
[
B(yk , ε).
k=1
N N
Supposons que X \ B(yk , ε) ̸= ∅. On dispose alors de z ∈ X \ B(yk , ε). Par contruction,
[ [

k=1 k=1
(y1 , . . . , yN , z) est une famille de cardinal N + 1 qui vérifie (∗) ce qui est absurde. On en déduit
N
donc qu’on a bien X =
[
B(yk , ε).
k=1
→ Montrons finalement que f est surjective.
N
On a {y1 , . . . , yN } ⊂ f (X) et X = B(yk , ε), donc pour tout z ∈ X,
[

k=1

d(z, f (X)) ≤ d(z, {y1 , . . . , yN }) ≤ ε

Cette ingalité est valable pour tout ε, ce qui nous donne que pour tout z ∈ X, d(z, f (X)) = 0,
i.e. z ∈ f (X). X est compact et f est continue car c’est une isométrie, on a donc que f (X)
est compact, donc f (X) = f (X).
En résumé, on a que X ⊂ f (X) = f (X) ce qui nous donne que f (X) = X, i.e. f est surjective.

Correction de l’exercice VII.5. :


Soit ((xk,n )n∈N )k∈N une suite à valeurs dans [0, 1]N .
On va définir par récurrence une suite d’extractrices (φn )n∈N et une suite (xn )n∈N de la manière suivante :
→ φ0 est une extractrice telle que xφ0 (k),0 −−−−→ x0 ∈ [0, 1]. Cette extractrice existe car la suite
k→+∞
(xk,0 )k∈N est à valeurs dans le compact [0, 1].
→ Soit n ∈ N, on suppose que φn est bien définie, on définit alors φn+1 comme une extractrice telle
que la suite xφ0 ◦···◦φn ◦φn+1 (k),n+1 −−−−→ xn+1 ∈ [0, 1]. Encore une fois, cette extractrice existe car la
n→+∞
suite (xφ0 ◦···◦φn (k),n+1 )k∈N est à valeurs dans le compact [0, 1].
Considérons à présent l’application

N −→ N
φ:
n 7−→ φ0 ◦ · · · ◦ φn (n)

Montrons qu’il s’agit bien d’une extractrice. Pour cela, il faut montrer que φ est strictement croissante.
Soit l, k ∈ N tel que l < k. On a

φ(k) = φ0 ◦ · · · ◦ φl ◦ φl+1 ◦ · · · ◦ φk (k)


| {z }
ψ

ψ est une extractrice car c’est une composition d’extractrices, on a alors ψ(k) ≥ k > l. De plus φ0 ◦· · ·◦ φl

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est strictement croissante car c’est une composition de fonctions strictement croissantes, on a alors :

φ(k) = φ0 ◦ · · · ◦ φl ◦ ψ(k) ≥ φ0 ◦ · · · ◦ φl (k) > φ0 ◦ · · · ◦ φl (l) = φ(l)

donc φ est bien une extractrice.


Montrons à présent que pour la distance d, on a (xφ(k),n )n∈N −−−−→ (xn )n∈N .
k→+∞
Soit ε > 0. On a pour tout n ∈ N, xφ(k),n −−−−→ xn , i.e.
k→+∞

∀n ∈ N, ∃Kn ∈ N, ∀k ≥ Kn , xφ(k),n − xn ≤ ε

Soit N ∈ N tel que 1


2N
≤ ε et soit K = max{K1 , . . . , KN }. On a pour tout k ≥ K

∞ xφ(k),n − xn
d((xφ(k),n )n∈N , (xn )n∈N ) =
X

n=0 2n
N −1 xφ(k),n − xn ∞ xφ(k),n − xn
= +
X X

n=0 2n n=N 2n
N −1
ε ∞
2
+
X X

n=0 2n n=N 2n
4
≤ 2ε + ≤ 6ε
2N
On a donc trouvé une suite extraite de ((xk,n )n∈N )k∈N qui converge vers une suite (xn )n∈N dans [0, 1]N
pour la distance d, ce qui montre bien que [0, 1]N est compact pour cette distance.

Correction de l’exercice VII.6. :


On pose Xc = {0, 1}N . Une preuve quasi-identique à celle de l’exercice précédent permet d’affirmer que
Xc muni de la distance d vue dans cet exercice est compact.
Pour toute partie A de N, on considère la fonction

1 si x ∈ A
1A : x 7−→
0 sinon

On considère également l’application



Xc

 −→ K

f:
(ε )
X
 n

 7−→ εn zn
n=0

Cette application est définie correctement et est surjective (pour la surjectivité, il suffit d’utiliser les suites
de la forme (εn ) = (1A (n))n∈N ).
Si on montre que f est continue, alors f (Xc ) = K est compact car il s’agit de l’image d’un compact par
une application continue. Montrons donc que f est continue.
Soit ε > 0 et (εn )n∈N ∈ Xc . Pour tout η > 0 et (γn ) ∈ Xc , on a

d((εn ), (γn )) < η =⇒ ∀n ∈ N, |εn − γn | < 2n η

donc pour tout N ∈ N, lorsque η < 1


2N
, on a pour tout n ∈ J0; N K, |εn − γn | < 2n η < 1, i.e. εn = γn .

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On a alors pour tout (γn )n∈N et N ∈ N,

1 ∞ ∞
d((εn ), (γn )) < =⇒ |f ((εn )) − f ((γn ))| ≤ (εk − γk )zk ≤
X X
|zk |
2N k=N +1 k=N +1


En prenant N ∈ N tel que |zk | < ε, on obtient
X

k=N +1

1 ∞
d((εn ), (γn )) < N =⇒ |f ((εn )) − f ((γn ))| ≤
X
|zk | ≤ ε
2 k=N +1

ce qui montre la continuité de f et par conséquent la compacité de K.

* *
*

Document compilé par Omar Bennouna et révisé par Issam Tauil le 12/01/2022 pour
[Link].
Si vous repérez une erreur, ou avez des remarques, prière de me contacter via l’adresse
contact@[Link].

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chapitre 11.7
Espaces vectoriels normés de dimension finie

Dans tout ce chapitre, K est égal à R ou C. On considère E un K−espace vectoriel normé de dimension
finie n ≥ 1 et on pose (e1 , . . . , en ) une base de cet espace.

I Équivalence des normes


Proposition I.1.

Dans Rn , toutes les normes sont équivalentes.

Preuve : Soit N une norme sur Rn . En posant (ε1 , . . . , εn ) la base canonique de Rn , on a pour tout
x = x1 ε1 + · · · + xn εn ∈ Rn ,
n n
!
X X
N (x) = N (x1 ε1 + · · · + xn εn ) ≤ |xk | N (εk ) ≤ N (εk ) ∥x∥∞
k=1 k=1

n
X
Et on a en posant C = N (εk ) pour tout x, y ∈ E
k=1

|N (x) − N (y)| ≤ N (x − y) ≤ C ∥x − y∥∞

N est donc lipschitzienne et alors continue pour ∥.∥∞ .


Posons S = {x ∈ Rn , ∥x∥∞ = 1}. S est fermé et borné dans un espace de dimension finie pour ∥.∥∞ ,
c’est donc un compact d’après la proposition III.2 du chapitre 11.5. N étant continue, elle est bornée sur
S et y atteint sa borne inférieure qu’on note α. Il existe alors y ∈ S pour lequel pour tout x ∈ E \ {0},
!
x
N ≥ N (y) = α > 0
∥x∥∞

et alors
α ∥x∥∞ ≤ N (x) ≤ C ∥x∥∞
On en déduit donc que tout norme N sur Rn est équivalent à ∥.∥∞ et que donc par transitivité, toutes
les normes sur Rn sont équivalentes.
Corollaire I.2.

E étant isomorphe à Rn , toutes les normes sur E sont équivalentes.

Preuve : Soit φ : Rn −→ E un isomorphisme et soit N1 et N2 deux normes sur E. Sur Rn , les deux
normes N1 ◦ φ et N2 ◦ φ sont équivalentes. Il existe donc β, γ > 0 tels que pour tout x

γN2 (φ(x)) ≤ N1 (φ(x)) ≤ βN2 (φ(x))

Or φ étant surjective, pour tout y ∈ E, il existe x ∈ E tel que φ(x) = y, on a donc pour tout y ∈ E,

γN2 (y) ≤ N1 (y) ≤ βN2 (y)

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N1 et N2 sont alors équivalentes.

II Suites et composantes

Proposition II.1.
n
X
Soit (up ) ∈ E N , on pose pour tout p ∈ N, up = up,k ek et soit ∥.∥ une norme sur E. Les
k=1
propositions suivantes sont équivalentes.
1. (up ) converge pour ∥.∥.
2. ∀k ∈ J1; nK, ∃lk ∈ K, un,k −−−−→ lk .
n→+∞
n
X
Dans ce cas, on a un −−−−→ lk ek .
n→+∞
k=1

n
X
Preuve : On pose pour tout x = xk ek , N (x) = max |xk |. N est une norme sur E équivalente à ∥.∥.
k∈J1;nK
k=1
On a alors
n
X
(1) ⇐⇒ (un ) converge vers un certain l = lk ek pour ∥.∥
k=1
⇐⇒ (un ) converge vers un certain l pour N
⇐⇒ ∃l = (l1 , . . . , ln ) ∈ Kn , max |un,k − lk | −−−−→ 0
k∈J1;nK n→+∞

⇐⇒ ∃l ∈ E, ∀k ∈ J1; nK, un,k −−−−→ lk ⇐⇒ (2)


n→+∞

Application : Une suite de matrices de Mn (R) converge si et seulement les suites de ses coefficients
convergent.
Proposition II.2.

Soit X un espace métrique et A une partie de X. Soit a ∈ A et l’application



A

 −→ E
n
f : X
x  7−→ fk (x)ek
k=1

Avec pour tout k, fk une application de A dans E.


Les propositions suivantes sont équivalentes.
1. f possède une limite finie en a selon A, notée l.
2. Chaque fk possède une limite finie en a, notée lk .

Preuve : La preuve est laissé comme exercice au lecteur.

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III Compacité et complétude

Théorème (Bolzano Weierstraß) III.1.

Soit (up ) une suite à valeurs dans E. Si (up ) est bornée pour ∥.∥, alors elle admet au moins
une valeur d’adhérence.

n
X
Preuve : Posons pour tout x = xk ek ∈ E, N (x) = max |xk |.
k∈J1;nK
k=1
N étant équivalente à ∥.∥, donc (up ) est aussi bornée pour N . Toutes les suites (up,k )p∈N sont alors bornées.
Montrons par récurrence sur r la propriété suivante :

il existe une extractrice φr telle que pour tout i ∈ J1; rK , (uφr (p),i ) est convergence vers li ∈ R

La propriété pour r = 1 est vraie car il s’agit du théorème de Bolzano Weierstraß pour les suites réelles
et complexes. Supposons maintenant que la propriété est vraie pour r ∈ J1; n − 1K. La suite (uφr (p),r+1 )
est bornée, il existe alors une extractrice φ telle que (uφr ◦φ(p),r+1 ) converge vers un certain lr+1 . On a
alors pour tout i ∈ J1; r + 1K, (uφr ◦φ(p),i ) converge vers li . La propriété est alors vraie pour r = n ce qui
n
X
implique que, pour ∥.∥∞ , (uφn (p) ) converge vers l = lk ek et donc par équivalence des normes N et ∥.∥∞ ,
k=1
(uφn (p) ) converge vers l pour N , d’où le résultat voulu.
Corollaire III.2.

Les propositions suivantes sont vraies. Une partie A de E est compacte si elle est fermée et
bornée.

Preuve : Soit (up ) ∈ AN . (up ) est bornée, le théorème précedent nous permet d’affirmer qu’il existe une
extractrice φ telle que uφ(p) −−−−→ a ∈ E. A étant fermé, on a a ∈ A, d’où la compacité de A.
p→+∞
Proposition III.3.

L’espace vectoriel normé de dimension finie (E, ∥.∥) est complet.

Preuve : Soit (up ) ∈ E N une suite de Cauchy et N ∈ N tel que pour tout m, n ≥ N ,

∥um − un ∥ ≤ 1

On a alors pour tout n ∈ N,

∥un ∥ ≤ max{∥u0 ∥ , . . . , ∥uN −1 ∥ , ∥uN ∥ + 1}

La suite (up ) est bornée, donc d’après le théorème III.1, elle admet une suite extraite convergente. D’après
la remarque à la fin de la page 4 du chapitre 11.5, toute suite de Cauchy admettant une valeur d’adhérence
converge, d’où le résultat voulu.
Corollaire III.4.

Soit (up ) une suite à valeurs dans E.


X X
∥up ∥ converge =⇒ up converge

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X
Preuve : Supposons que ∥up ∥ converge et soit ε > 0. Il existe N ∈ N tel que pour tout n ≥ N ,


X
∥up ∥ ≤ ε
k=n

On a alors pour tout m ≥ n ≥ N ,


m
X m
X
uk ≤ ∥uk ∥ ≤ ε
k=n k=n
n
!
X
La suite (Un ) = uk est de Cauchy et E est complet, donc elle converge, d’où la convergence de
k=0 n∈N
X
la série up .
Remarque : La propriété ci-dessus est en particulier vraie pour tout espace vectoriel normé complet.

Proposition III.5.

Soit A une partie fermée de E et f : A −→ A. Si f vérifie la propriété

∃q ∈]0, 1[, ∀x, y ∈ A, ∥f (x) − f (y)∥ ≤ q ∥x − y∥

Alors f possède un unique point fixe dans A.

Preuve

→ Unicité
Soit l et l′ deux éléments de A tels que f (l) = l et f (l′ ) = l′ . On alors

q ∥l − l′ ∥ ≥ ∥f (l) − f (l′ )∥ = ∥l − l′ ∥

On a alors nécessairement l = l′ .

→ Existence
Soit a ∈ A. On considère la suite (un )n∈N définie par

u
0 =a
∀n ∈ N, un+1 = f (un )

On a alors pour tout n > 1,

∥un+1 − un ∥ = ∥f (un ) − f (un−1 )∥ ≤ q ∥un − un−1 ∥ ≤ · · · ≤ q n ∥u1 − u0 ∥


X X
On a q ∈]0, 1[, q n est alors convergence, et par conséquent ∥un+1 − un ∥ est convergente. E
n∈N n∈N
X
étant complet, le corollaire III.4 nous permet donc d’affirmer que un+1 − un est convergente, i.e.
n∈N
(un ) est convergente vers une limite qu’on note l. A est fermé donc l ∈ A et en passant à la limite
dans la relation de récurrence f (un ) = un+1 , on obtient par continuité de f que l = f (l), d’où le
résultat voulu.

Remarque : Pour démontrer le résultat ci-dessus, on n’a pas eu besoin du fait que E est de dimension
finie. Il suffit que A soit complet.

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Proposition III.6.

Si E est un sous espace vectoriel de dimension finie d’un K−espace vectoriel (F, ∥.∥), alors E
est fermé.

Preuve : Soit (up ) une suite à valeurs dans E qui converge vers a ∈ F . E est de dimension finie et (up )
est convergente donc bornée dans E, il existe donc une extractrice φ telle que uφ(p) −−−−→ b ∈ E, or par
p→+∞
unicité de la limite, a = b ∈ E, donc E est bien fermé.
Exemple : Rn [X] est fermé dans C([0, 1], R) muni de la norme ∥.∥∞ .
Théorème (Théorème de Riesz) III.7.

Soit (F, ∥.∥) un espace vectoriel normé. Bf (0, 1) est compacte si et seulement si F est de
dimension finie.

Preuve : La preuve sera présentée sous forme d’exercice dans la suite du chapitre.

IV Fonctions polynômes sur Kn


On rappelle ici que E est un espace vectoriel normé de dimension finie muni de la norme ∥.∥E et
(e1 , . . . , en ) une base de E.
Définition IV.1.

Soit f une application de E dans K. Soit E = (ε1 , . . . , εn ) une base de F . On dit que f est
n
polynomiale dans la base E, lorsqu’il existe une suite (aα )α∈Nn ∈ KN avec un nombre fini de
termes non nuls telle que pour tout x = x1 ε1 + · · · + xn εn ∈ E,

aα1 ,...,αn xα1 1 . . . xαnn


X
f (x) =
(α1 ,...,αn )∈Nn

Proposition IV.2.

Soit F un espace vectoriel normé quelconque.


1. Toute application u linéaire de E dans F est continue.
2. Toute application f polynomiale dans une base de E à valeurs dans K est continue.

Preuve
1. soit N une norme sur E définie de la manière suivante
n
X
∀x = x1 e1 + · · · + xn en ∈ E, N (x) = |xk |
k=1

On alors pour tout x = x1 e1 + · · · + xn en ∈ E,


n
X
∥u(x)∥F = ∥x1 u(e1 ) + · · · + xn u(en )∥F ≤ |xi | ∥u(ei )∥F ≤ CN (x)
k=1

Avec C = max ∥u(ek )∥F . Mais E est de dimension finie, donc N est équivalente à ∥.∥E , donc u est
k∈J1;nK
continue.

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2. Posons pour tout x = x1 e1 + · · · + xn en ∈ E,

aα1 ,...,αn xα1 1 . . . xαnn


X
f (x) =
(α1 ,...,αn )∈Nn

Pour tout k ∈ J1; nK, l’application x 7−→ xk est continue, et f est somme et produit d’applications
de cette forme qui sont toutes continues, donc f est continue.

Corollaire IV.3.

Toute application f multilinéaire de E p dans un espace vectoriel normé F est continue.

Preuve : Considérons les p éléments de E suivants :

x1 = x1,1 e1 + · · · + x1,n en
x2 = x2,1 e1 + · · · + x2,n en
..
.
xp = xp,1 e1 + · · · + xp,n en

On a alors
 
n
X n
X n
X
f (x1 , . . . , xp ) = f  x1,i1 ei1 , x2,i2 ei2 , . . . , xp,ip eip 
i1 =1 i2 =1 ip =1
X
= xi1 . . . xip f (ei1 , . . . , eip )
(i1 ,...,ip )∈J1;nKp

f est donc combinaison linéaire et produit d’applications de la forme (x1 , . . . , xp ) 7−→ xk,l avec
(k, l) ∈ J1; pK × J1; nK. Toutes ces applications sont continues, donc f est continue.

V Exercices
Exercice V.1.

Soit f : R −→ R+ de classe C n telle que f et f (n) sont bornées. Montrer que pour tout
k ∈ J1; n − 1K, f (k) est bornée.

Exercice V.2.

Soit n ∈ N∗ . On note Ω = {P ∈ Rn [X], deg P = n et P est scindé à racines simples}. Montrer


que Ω est ouvert dans Rn [X].

Exercice V.3.

Soit (Pk )k∈N une suite à valeurs dans Rn [X]. On suppose que la suite (P̃k ) de fonctions po-
lynômes associée à (Pk ) converge simplement vers f ∈ C([0, 1], R) sur [0, 1]. Montrer que la
convergence est uniforme.

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Exercice V.4.

Soit F un fermé non vide de l’espace vectoriel normé de dimension finie (E, ∥.∥) et soit a ∈ E.
Montrer qu’il existe b ∈ F tel que ∥a − b∥ = d(a, F ).

Exercice V.5.

Soit F un sous espace de dimension finie d’un espace vectoriel normé (G, ∥.∥) de dimension
quelconque. Soit a ∈ G. Montrer qu’il existe b ∈ F tel que ∥a − b∥ = d(a, F ).

Exercice V.6.

Soit K un compact non vide de l’espace euclidien Rn . Montrer qu’il existe une boule fermée
de rayon minimum contenant K et que cette boule est unique.

Exercice V.7.

Soit f une fonction continue de l’espace vectoriel normé de dimension finie (E, ∥.∥) dans R.
On suppose que f (x) −−−−−→ +∞. Montrer que f est minorée et qu’il existe a ∈ E tel que
∥x∥→+∞
f (a) = minf (x).
x∈E

Exercice V.8.

Ceci est un exercice visant à prouver le théorème III.7 (Théorème de Riesz).


Soit (F, ∥.∥) un espace vectoriel normé de dimension infinie.
1. Soit G un sous-espace vectoriel de F de dimension finie. Montrer qu’il existe a ∈ S(0, 1)
tel que d(a, F ) ≥ 1.
2. Construire une suite (an ) ∈ S(0, 1)N telle que ∀n ̸= m, ∥an − am ∥ ≥ 1.
3. Conclure.

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Correction de l’exercice V.1. :


f est de classe C n , on peut alors appliquer l’égalité de Talor-Lagrange à l’ordre n pour f sur [0, 1]
n−1
hn (n) X f (k) (x)
∀(x, h) ∈ R+ × [0, 1], ∃cx,h ∈ [0, 1], f (x + h) − f (x) − f (cx,h ) = hk
n! k=1 k!
| {z }
Px (h)

n
D’après les hypothèses, (x, h) 7−→ f (x + h) − f (x) − hn! f (n) (cx,h ) est bornée par un certain M > 0. On
n
alors en posant gx : h 7−→ f (x + h) − f (x) − hn! f (n) (cx,h ), on a par construction, pour tout x ∈ R+ ,
n
X
∥gx ∥∞ ≤ M , et alors ∥Px ∥∞ ≤ M . Posons pour tout P (X) = ak X k ∈ Rn [X], N (P ) = max |ak |.
k∈J0;nK
k=0
Rn [X] est de dimension finie, donc toutes les normes y sont équivalentes. En particulier, N et ∥.∥∞ sont
équivalentes, ce qui nous permet d’affirmer qu’il existe M ′ > 0 tel que pour tout x ∈ R+ , N (Px ) < M ′ .
On a donc pour tout
f (k) (x)
x ∈ R+ , ∀k ∈ J1; nK, < M′
k!
Ce qui nous permet d’affirmer que pour tout k ∈ J1; nK, f (k) est bornée.

Correction de l’exercice V.2. :


Soit P ∈ Ω. P admet n racines distinctes et est scindé à racine simples, il change donc n+1 fois de signe sur
R. Soit y1 , . . . , yn+1 ∈ R tels que sans perte de généralité, pour tout k ∈ J1; n + 1K, signe(P (yk )) = (−1)k .
n+1
X
Posons pour tout Q ∈ Rn [X], N (Q) = |Q(yi )|. N est bien une norme sur Rn [X], car elle vérifie
k=1
l’inégalité triangulaire, homogène, et pour tout polynôme Q de degré au plus n, N (Q) = 0 =⇒ Q = 0.
Posons ε = min |P (yk )|. Pour tout Q ∈ Rn [X], si N (P − Q) < 2ε , alors pour tout k ∈ J1; n + 1K
k∈J1;n+1K

ε
|Q(yk ) − P (yk )| <
2
i.e.
ε ε
P (yk ) − < Q(yk ) < P (yk ) +
2 2
Mais pour tout k ∈ J1; n + 1K, |P (yk )| ≥ ε, donc
ε ε
   
signe P (yk ) + = signe P (yk ) − = signe(P (yk ))
2 2
Donc pour tout k ∈ J1; n + 1K, Q(yk ) a le même signe que P (yk ). En appliquant le théorème des valeurs
intermédiaires sur [yk , yk+1 ] pour tout k ∈ J1; nK, on trouve que Q, étant de degré n, admet n racines
distinctes et donc est scindé à racines simples. On en déduit donc que B(P, ε) ⊂ Ω et finalement que Ω
est ouvert.

Correction de l’exercice V.3. :


Soit x0 , x1 , . . . , xn des éléments deux à deux distincts de [0, 1]. Posons pour tout k ∈ N,
n
ak,i X i
X
Pk (X) =
i=0

On a alors pour tout l ∈ J0; nK,


n
ak,i xil −−−−→ f (xl )
X
k→+∞
i=1

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i.e.
. . . xn0
    
1 x0 ak,0 f (x0 )

1 x1 . . . xn1  
a
  k,1 

 f (x1 ) 
 
.
. .. . . . ..   ..  −
   −−−→  . 

. . .   .  k→+∞  .. 

1 xn . . . xnn ak,n f (xn )


En posant
. . . xn0
 
1 x0
1 x1

. . . xn1 

V = V (x0 , x1 , . . . , xn ) = 
 .. .. .. .. 
. . . . 
1 xn . . . xnn
On remarque que V est une matrice de Vandermonde, elle est donc inversible. X 7−→ V −1 X est une
application linéaire en dimension finie, elle est donc continue d’après la proposition IV.2. On a alors, en
multipliant par V −1 et en passant à la limite
   
ak,0 f (x0 )
 ak,1   f (x1 ) 
   
 .  −−−−→ V −1  .  (∗)
 .  k→+∞  . 
 .   . 
ak,n f (xn )
n
X n
X
En posant pour tout Q(X) = bi X i , N (Q) = |bi |, on voit que N est une norme dans l’espace de
i=0 i=0
dimension finie Rn [X], elle est donc équivalente à ∥.∥∞ : Q 7−→ sup Q̃(x). D’après (∗), (Pk )k∈N converge
x∈[0,1]
pour N (chaque coefficient converge) et donc par équivalence des normes, (Pk ) converge aussi pour ∥.∥∞ .
(P̃k ) converge donc uniformément vers une certaine fonction continue dans [0, 1] g. Il reste à montrer que
f = g. La convergence uniforme implique la convergence simple, donc (P̃k ) converge simplement vers f
et g, et donc par unicité de la limite, f = g.
Remarque : l’espace des fonctions polynômes de degré au plus n étant de dimension finie, il est fermé
dans l’espace des fonctions continues sur [0, 1]. Cet argument nous permet d’affirmer que (Pk ) converge
uniformément vers un polynôme de degré au plus n.
Une démonstration plus directe de ce résultat peut être faite de la manière suivante. Soit a0 , . . . , an les
n
X
limites respectives des suites de coefficients (ak,0 )k∈N , . . . , (ak,n )k∈N . En posant P (X) = ai X i , on a
i=0

n
X
P̃k − P̃ ≤ |ak,i − ai | −−−−→ 0
∞ k→+∞
i=0

Correction de l’exercice V.4. :


Soit R > d(a, F ). On a Bf (a, R) ∩ F = K ̸= ∅ K est une intersection de deux fermés incluse dans
l’ensemble bornée Bf (a, R) en dimension finie, c’est donc une partie compacte de E. On considère la
fonction 
K −→ R
g:
x 7−→ ∥a − x∥
g est continue
 sur le compact K, il y atteint donc son minimum en un élément de K qu’on note b.
Si y ̸∈ K, alors ∥y − a∥ > R ≥ ∥a − b∥
Soit y ∈ F ,
Si y ∈ K, alors ∥y − a∥ ≥ ∥a − b∥
On a donc bien ∥a − b∥ = min ∥a − x∥ = d(a, F ).
x∈F

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Correction de l’exercice V.5. :


Cet exercice se fait d’une manière identique au précédent. Soit R > d(a, F ) et K = Bf (a, R) ∩ F . K est
fermé borné inclus dans un espace de dimension finie F , c’est donc un compact. en reprenant les notations
de l’exercice précédent, g est continue et donc atteint son minimum sur le compact K en un certain b ∈ F .
Avec un raisonnement identique à l’exercice précédent, on peut affirmer que ∥a − b∥ = d(a, F ).

Correction de l’exercice V.6. :


Posons SK = {γ ≥ 0, ∃a ∈ Rn , K ⊂ Bf (a, γ)}. K est borné, il existe donc une boule fermée contenant
K. L’ensemble SK est alors non vide, minoré par 0. Il admet donc une borne inférieure r = inf SK .
Soit ((an , rn ))n∈N une suite à valeurs dans Rn × R+ vérifiant les deux propriétés suivantes

∀n ∈ N, K ⊂ B(an , rn )
rn −−−−→ r
n→+∞

D’après les hypothèses, il existe N assez grand tel que pour tout n ≥ N on ait rn ≤ r + 1. Soit b ∈ K.
On a pour tout n ≥ N ,
∥an − b∥ ≤ rn ≤ r + 1
et alors
∥an ∥ ≤ r + 1 + ∥b∥
La suite (an ) est bornée, ce qui nous permet en utilisant le théorème III.1 d’affirmer que (an ) admet une
suite extraite convergente. Quitte à extraire de la suite (an ), on suppose qu’elle est convergente vers un
certain a ∈ Rn .
→ Pour montrer l’existence de la boule, montrons que K ⊂ Bf (a, r).
On a pour tout x ∈ K et pour tout n ∈ N, ∥an − x∥ ≤ rn . En passant à la limite, on obtient
∥a − x∥ ≤ r, i.e. x ∈ Bf (a, r). On a donc bien que K ⊂ Bf (a, r).
→ Unicité de la boule
On sait que le rayon de la boule est unique car il est défini comme la borne inférieure de SK , il
suffit donc de montrer l’unicité du centre.
Soit a′ ∈ Rn différent de a tel que K ⊂ Bf (a′ , r). Soit x ∈ Bf (a, r) ∩ Bf (a′ , r), on a

2 ′ 2 1
2r2 ≥ ∥x − a ∥ + ∥x − a ∥ = (∥u + v∥2 + ∥u − v∥2 )
| {z } | {z } 2
u v 2 2

a + a′ a − a′
=2 x−
 + 
2 2
| {z }
α
a+a′
En posant b = 2
, on en déduit

∥x − b∥ ≤ r2 − |{z}
α <r
√ >0
Donc K ⊂ Bf (b, r2 − α) ce qui est absurde par définition de r, d’où le résultat voulu.

Correction de l’exercice V.7. :


Le fait que f (x) −−−−−→ +∞ se réécrit
∥x∥→+∞

∀M > 0 ∃R > 0, ∀x ∈ E, ∥x∥ > R =⇒ ∥f (x)∥ > M

Appliquons cette proposition à M = |f (0)| + 1. f est continue sur Bf (0, R) qui est fermé borné en dimen-
sion finie donc compact, elle y atteint donc son minimum en un certain a ∈ Bf (0, R).

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Mathématiques en MP* d’après un cours au lycée Louis-le-Grand

Or pour tout y ∈ E
→ Si ∥y∥ > R, f (y) > |f (0)| + 1 > f (a).
→ Sinon, par construction, f (y) ≥ f (a)
Donc f atteint bien son minimum sur E en a.

Correction de l’exercice V.8. : (Preuve du théorème de Riesz)


1. Soit a0 ∈ F \ G. L’exercice V.4 nous permet d’affirmer qu’il existe b ∈ G tel que

∥a0 − b∥ = inf ∥x − a0 ∥ = d(a0 , F )


x∈G

b−a0
Posons alors a = ∥b−a0 ∥
∈ S(0, 1), on a alors pour tout x ∈ G,

a0 − b
∥x − a∥ = x −
∥a0 − b∥
1
= ∥b + x ∥a0 − b∥ − a0 ∥
d(a0 , G) | {z }
=y∈G
1
= ∥y − a0 ∥ ≥ 1
d(a0 , G)

2. Construisons la suite an par récurrence. le premier terme a0 peut être pris quelconque vérifiant
∥a0 ∥ = 1.
Soit n ∈ N. Supposons que les termes a0 , . . . , an sont bien définis. Posons Gn = V ect(a0 , . . . , an ).
D’après la questions précédente, il existe an+1 ∈ S(0, 1) tel que d(an+1 , Gn ) ≥ 1. On a alors

∀m ≤ n, ∥am − an+1 ∥ ≥ 1

Il est clair que la suite (an ) telle qu’on l’a définie vérifie

∀m, n ∈ N, (n ̸= m =⇒ ∥an − am ∥ ≥ 1) et ∀n ∈ N, ∥an ∥ = 1

3. Reprenons le théorème III.7. L’énoncé du théorème est le suivant : Si H un espace vectoriel normé,
alors on a l’équivalence

H est de dimension finie ⇐⇒ La boule unité fermée de H est compacte

→ (⇐) nous allons faire cette implication par contraposée. Supposons que H soit de dimension
infinie. La question précédente nous permet de considérer une suite (an ) ∈ S(0, 1)N telle que

∀m, n ∈ N, n ̸= m =⇒ ∥an − am ∥ ≥ 1

Si la boule unité était compacte, on disposerait d’une extractrice φ telle que (aφ(n) ) soit conver-
gente, et alors
1 ≤ aφ(n+1) − aφ(n) −−−−→ 0
n→+∞

ce qui est absurde.


→ (⇒) Si H est de dimension finie, alors la boule unité fermée de H est fermé bornée en dimension
finie, elle est alors compacte.

* *
*

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Si vous repérez une erreur, ou avez des remarques, prière de me contacter via l’adresse
contact@[Link].

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chapitre 11.6
Applications linéaires continues

I Quelques propriétés
Dans ce chapitre, on considère deux K−espaces vectoriels de dimension quelconque E et F munis res-
pectivement des normes ∥.∥E et ∥.∥F , où K est égal à R ou C.
Proposition I.1.

Soit u ∈ L(E, F ). On a

u est continue ⇐⇒ ∃C > 0, ∀x ∈ E, ∥u(x)∥F ≤ C ∥x∥E

Preuve
(⇐) On a pour tout y ∈ E,

∥u(x) − u(y)∥ = ∥u(x − y)∥ ≤ C ∥x − y∥ −−→ 0


x→y

Donc u est bien continue.


(⇒) Pour cette implication, on va uniquement ultiliser le fait que u est continue en 0.
Montrons que u est bornée sur Bf (0, 1). u étant continue en 0, il existe r > 0 tel que

∀x ∈ Bf (0, r), ∥u(x)∥F ≤ 1

ici, on a utilisé la définition de la continuité en 0 en prenant ε = 1. Soit x ∈ Bf (0, 1), on a


rx ∈ Bf (0, r) et alors ∥u(rx)∥F ≤ 1. On en déduit donc que

1
∀x ∈ Bf (0, 1), ∥u(x)∥F ≤
r
 
On notant C = 1r , on a pour tout x ∈ E \ {0}, u x
∥x∥E
≤ C, i.e.
F

∀x ∈ E, ∥u(x)∥F ≤ C ∥x∥E

d’où le résultat voulu.


Proposition I.2.

Soit u ∈ L(E, F ). les propositions suivantes sont équivalentes


1. u est continue.
2. u est continue en 0.
3. u est continue en un point de E.
4. u est lipschitzienne.
5. u est bornée sur S(0, 1).
6. u est bornée sur Bf (0, 1).
7. u est bornée sur une boule non réduite à un point.

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Mathématiques en MP* d’après un cours au lycée Louis-le-Grand

Preuve
→ Les implications (1) ⇒ (2) ⇒ (3) sont évidentes.
→ (3) ⇒ (4) Si u est continue en un point a ∈ E, alors u(x + a) −−→ u(a), donc
x→0

u(x) = u(x + a) − u(a) −−→ 0


x→0

u est donc continue en 0 et donc d’après la preuve de la proposition I.1., u est lipschitzienne.
→ (4) ⇒ (5) si u est lipschitzienne de facteur de lipschitzianité k ≥ 0, alors on a pour tout x ∈ S(0, 1),

∥u(x)∥F = ∥u(x) − u(0)∥F ≤ k ∥x∥E = k

donc u est bornée sur S(0, 1).


→ (5) ⇒ (6) Soit M un majorant de x 7−→ ∥u(x)∥F sur S(0, 1). On a pour tout x ∈ Bf (0, 1) \ {0},
!
x
∥u(x)∥F = ∥x∥E u ≤ M ∥x∥E ≤ M
∥x∥E F

donc u est bien bornée sur Bf (0, 1).


→ (6) ⇒ (7) Cette implication est évidente.
→ (7) ⇒ (1) Soit (a, r) ∈ E × R∗+ tel que u est bornée sur Bf (a, r) et M un majorant de x 7−→ ∥u(x)∥F
sur Bf (a, r). On a pour tout x ∈ Bf (0, 1),

r ∥u(x)∥F − ∥u(a)∥F ≤ ∥u(a + rx)∥f ≤ M

et alors
M + ∥u(a)∥F
∥u(x)∥F ≤ := C
r
On en déduit que pour tout x ∈ E \ {0},
!
x
∥u(x)∥F = ∥x∥E u ≤ C ∥x∥E
∥x∥E

la proposition I.1. nous permet donc d’affirmer le fait que u est continue.
Proposition I.3.

Soit u ∈ L(E, F ) continue. Les trois nombres suivants sont égaux.


1. sup ∥u(x)∥F
x∈Bf (0,1)

2. sup ∥u(x)∥F
x∈S(0,1)

3. inf {C ≥ 0, ∀x ∈ E, ∥u(x)∥F ≤ C ∥x∥E }


De plus, lorsque E est de dimension finie, les bornes inférieusres (2) et (1) sont atteinte alors
que (3) est atteinte peu importe la dimension de E. On appelle ce nombre norme d’opérateur
de u et on le note |||u|||.

Preuve
→ (1) = (2)
• On a S(0, 1) ⊂ Bf (0, 1), donc (1) ≥ (2)

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Mathématiques en MP* d’après un cours au lycée Louis-le-Grand

• On a pour tout x ∈ Bf (0, 1) \ {0},


!
x
∥u(x)∥F = ∥x∥E u ≤ ∥x∥E sup ∥u(y)∥F ≤ sup ∥u(x)∥F
∥x∥E y∈S(0,1) x∈S(0,1)

On en déduit donc que (1) ≤ (2) et que finalement (1) = (2).


→ (2) = (3) On a

(3) = inf {C ≥ 0, ∀x ∈ E, ∥u(x)∥F ≤ C ∥x∥E }


( ! )
x
= inf C ≥ 0, ∀x ∈ E \ {0}, u ≤C
∥x∥E F
= inf {C ≥ 0, ∀x ∈ S(0, 1), ∥u(x)∥F ≤ C}
= sup ∥u(x)∥F = (2)
x∈S(0,1)

Or, (2) ∈ {C ≥ 0, ∀x ∈ E, ∥u(x)∥F ≤ C ∥x∥E }, donc la borne inférieure (3) est bien atteinte.

Notation : On note Lc (E, F ) l’ensemble des application linéaires continues de E dans F .

Proposition I.4.

||| · ||| est une norme sur Lc (E, F ).

Preuve : La preuve est laissée comme exercice au lecteur.


Proposition I.5.

Soit G un espace vectoriel normé, u ∈ Lc (E, F ) et v ∈ Lc (F, G). On a

|||v ◦ u||| ≤ |||v||| × |||u|||

Preuve : on a pour tout x ∈ E,

∥v ◦ u(x)∥G ≤ |||v||| ∥u(x)∥F ≤ |||v||| × |||u||| ∥x∥E

On peut alors dire par définition de la norme d’opérateur que |||v ◦ u||| ≤ |||v||| × |||u|||.

Remarque : en pratique, pour une application linéaire u ∈ Lc (E, F ) donnée, on peut calculer |||u|||
en utilisant l’égalité suivante :
∥u(x)∥F
|||u||| = sup
x∈E\{0} ∥x∥E

Application : On peut utiliser cette nouvelle définition de la continuité d’une application linéaire pour
énoncer une nouvelle formulation des résultats de comparaison de normes.
Soit N1 et N2 deux normes sur l’espace vectoriel normé E. On a

N1 plus fine que N2 ⇐⇒ ∃C > 0, ∀x ∈ E, N2 (x) ≤ CN1 (x)



(E, N
1) −→ (E, N2 )
⇐⇒ L’application linéaire Id : est continue.
 x 7−→ x
⇐⇒ Pour tout Ω ∈ P(E), Ω est ouvert dans (E, N2 ) =⇒ Id−1 (Ω) est ouvert
dans (E, N1 )

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II Exercices
Exercice II.1.

1. On pose E = C([0, 1], R), a ∈ [0, 1] et u ∈ L(E, R) définie par ∀f ∈ E, u(f ) = f (a).
Étudier la continuité de u pour les normes ∥.∥∞ , ∥.∥1 et ∥.∥2 .
2. On pose F = C 1 ([0, 1], R) muni de la norme ∥.∥ définie par ∀f ∈ F , ∥f ∥ = ∥f ∥∞ + ∥f ′ ∥∞ .
On considère v ∈ L(F, E) définie par ∀f ∈ F, v(f ) = f ′ . Étudier la continuité de v pour
∥.∥ et ∥.∥∞ lorsque E est muni de ∥.∥∞ .
3. Calculer |||u||| pour ∥.∥∞ .

(−1)n 1
 
4. Soit u ∈ L(E, R) définie par ∀f ∈ E, u(f ) = f n . Montrer que u est bien
X

n=0 2 n 2
définie, linéaire et continue pour ∥.∥∞ mais que |||u||| n’est pas atteinte.

Exercice II.2.

Soit u ∈ L(E, F ). Montrer que les deux propositions suivantes sont équivalentes
1. u est continue
2. {x ∈ E, ∥u(x)∥F = 1} est fermé dans E.

Exercice II.3.

On suppose que K = R. Soit u un morphisme additif de E dans F borné sur Bf (0, 1). Montrer
que u est une application linéaire continue.

Exercice II.4.

Soit u ∈ L(E, R). Montrer que les propositions suivantes sont équivalentes.
1. u est continue.
2. Ker u est fermé.

Exercice II.5.

Soit X un espace métrique compact. On considère l’espace vectoriel E = C(X, R) muni de


∥.∥∞ .
1. Soit u une forme linéaire de E dans R. On suppose que

∀f ∈ E, f ≥ 0 =⇒ u(f ) ≥ 0

Montrer que u est continue et trouver |||u|||.


2. Soit χ : E −→ R un morphisme d’anneau unitaire et linéaire, montrer que χ est continu.
3. Montrer qu’il existe x0 ∈ X tel que pour tout f ∈ E, χ(f ) = f (x0 ).

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Correction de l’exercice II.1. :


1. Étudions la continuité de u pour les 3 normes de l’énoncé.
→ Continuité pour ∥.∥∞
On a pour tout f ∈ E, |u(f )| = |f (a)| ≤ ∥f ∥∞ , donc u est continue pour ∥.∥∞ .
→ Continuité pour ∥.∥1
On considère la suite de fonctions (fn ) définie par
   h i


 n
 
x − a + 1
n 
si x ∈ a − n1 , a
h i
∀n ∈ N∗ , ∀x ∈ [0, 1], fn (x) = n −x + a + 1
n
si x ∈ a, a + 1
n

0 sinon

Pour comprendre l’intuition derrière cette construction, voici un dessin d’un terme de la suite
(fn ).

1
fn

1
a− n a 1
a+ n

h i
On a pour tout n0 ∈ N∗ assez grand pour qu’on ait a − n1 , a + 1
n
⊂ [0, 1] et soit n ≥ n0 ,

|u(f )| |f (a)|
= = n −−−−→ +∞
∥f ∥1 1/n n→+∞


E \ {0} −→ R
Donc u(f ) est non bornée, et alors u n’est pas continue pour ∥.∥1 .
f 7−→ ∥f ∥ 1

→ Continuité pour ∥.∥


√2
On pose (gn ) = ( fn )n∈N∗ . On a pour tout n ≥ n0 ,

|u(f )| 1 √
=q = n −−−−→ +∞
∥f ∥2 1/n n→+∞

ce qui nous permet comme avant de conclure que u n’est pas continue pour ∥.∥2 . La non
continuité pour ∥.∥2 aurait aussi pu être démontrée en utilisant le fait que ∥.∥2 est plus fine
que ∥.∥1 .
2. Etudions la continuité de v pour les deux normes de l’énoncé.
→ Continuité pour ∥.∥
On a pour tout f ∈ C 1 ([0, 1], R), ∥v(f )∥∞ = ∥f ′ ∥∞ ≤ ∥f ∥∞ + ∥f ′ ∥∞ = ∥f ∥. On en déduit donc
que u est continue pour ∥.∥.
→ Continuité pour ∥.∥∞
On considère la suite (fn ) de fonctions à valeurs dans C([0, 1], R) définie par

∀n ∈ N, ∀x ∈ [0, 1], fn (x) = enx

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Mathématiques en MP* d’après un cours au lycée Louis-le-Grand

On a alors pour tout n ∈ N,


∥v(fn )∥∞
= n −−−−→ +∞
∥fn ∥∞ n→+∞

Ce qui permet de dire que u n’est pas continue pour ∥.∥∞ .


3. On a pour tout f ∈ E, |u(f )| ≤ ∥f ∥∞ , donc |||u||| ≤ 1. De plus, si on considère f la fonction
constante égale à 1 sur [0, 1], on a |u(f )| = ∥f ∥∞ = 1, ce qui nous permet d’affirmer que |||u||| = 1.
4. → Montrons que u est bien définie et linéaire.
Soit f ∈ E. f est continue donc bornée sur le segment [0, 1]. Soit M un majorant de |f |. On a
pour tout n ∈ N,
(−1)n 1 M
 
f n ≤ n
2n 2 2
X (−1)n  
Le terme de gauche est le terme générale d’une série convergence, donc la série 2n
f 1
2n

est absolument convergente ce qui nous permet d’affirmer que u est bien définie.
On a aussi pour tout f, g ∈ E,


(−1)n 1 1
    
u(f + g) = f n +g n
X

n=0 2 2 2
n

X (−1)
∞ n 
1
 X (−1)n  1 

= f + g n
n=0 2 2n n=0 2 2
n n

= u(f ) + u(g)

Donc u est bien linéaire.


→ Montrons que u est continue
On a pour tout f ∈ E,

(−1)n 1 ∞
1
 
|u(f )| = ∥f ∥∞ = 2 ∥f ∥∞
X X
f ≤
n=0 2n 2n n=0 2
n

donc u est bien continue et |||u||| ≤ 2.


→ Montrons que |||u||| = 2  
Soit (fN )N ∈N une suite à valeurs dans Bf (0, 1) telle que pour tout N ∈ N, ∀n ≤ N , fN 21n =
(−1)n et ∥fN ∥∞ ≤ 1. On alors pour tout N ∈ N,


(−1)n 1 N
1 ∞
(−1)n 1
   
|u(fN )| = = +
X X X
fN fN n
n=0 2n 2n n=0 2
n
n=N +1 2
n 2
1 ∞
(−1)n 1
 
= 2− N +
X
fN n
2 n=N +1 2
n 2
1 ∞
1
≥2−
X
− ∥fN ∥∞
2N
n=N +1 2
n

1
≥ 2 − N −1 −−−→ 2
2 N →∞

Par caractérisation séquentielle de la borne supérieure, on a sup |u(f )| = 2 et alors


f ∈Bf (0,1)
|||u||| = 2.
→ Montrons finalement que |||u||| n’est pas atteinte
Supposons le contraire. On dispose alors de f ∈ E telle que ∥f ∥∞ = 1 et |u(f )| = 2.

6/8
Mathématiques en MP* d’après un cours au lycée Louis-le-Grand

En supposant sans perte de généralité que u(f ) = 2, on a que



(−1)n 1 ∞
1
 
=2=
X X
f
n=0 2n 2n n=0 2
n

et alors ∞
1 1
  
1 − (−1)n f n =0
X

n=0 2 | 2 }
n
{z
≥0

Il s’agit d’une somme de nombres positifs


  qui est nulle, donc tous les termes de la somme sont
nuls. On a alors pour tout n ∈ N, f 21n = (−1)n . f n’admet pas de limite en 0 et n’est donc
pas continue en 0, ce qui nous permet d’affirmer que f ̸∈ E, ce qui est absurde.

Correction de l’exercice II.2. :


Posons K = {x ∈ E, ∥u(x)∥F = 1}.
→ (1) ⇒ (2) L’application f : x 7−→ ∥u(x)∥F est continue, donc {x ∈ E, ∥u(x)∥F = 1} = f −1 ({1})
est fermé car c’est l’image réciproque d’un fermé par une application continue.
→ (2) ⇒ (1) Procédons par contraposée. Supposons que u n’est pas continue, u n’est donc pas bornée
sur S(0, 1). On dispose alors d’une suite (xn ) ∈ S(0, 1)N telle que ∥u(xn )∥ −−−−→ +∞. Soit n0 assez
n→+∞
grand pour qu’on ait pour tout n ≥ n0 , ∥u(xn )∥ > 0. On pose alors pour tout n ≥ n0 , yn = xn
∥u(xn )∥
.
Pour tout n ≥ n0 , on a yn ∈ {x ∈ E, ∥u(x)∥F = 1} et

∥xn ∥E 1
∥yn ∥E = = −−−−→ 0
∥u(xn )∥F ∥u(xn )∥F n→+∞

Mais 0 ̸∈ K. on a trouvé une suite à valeurs dans K qui converge vers un élément qui n’est pas
dans cet ensemble. On en déduit que K n’est pas fermé.

Correction de l’exercice II.3. :


On a tout d’abord
∀n ∈ Z, ∀x ∈ E, f (nx) = nf (x)
A partir de cette propriété, on peut facilement en déduire que

∀r ∈ Q, ∀x ∈ E, f (rx) = rf (x)

Soit M un majorant de f sur Bf (0, 1). Soit λ ∈ R, et (rn ) ∈ QN telle que rn −−−−→ λ. Soit x ∈ E, pour
  n→+∞
tout p ∈ N∗ il existe Np ∈ N tel que pour tout n ≥ N , (rn − λ)x ∈ B 0, p1 . On a alors pour tout p ∈ N,
il existe Np ∈ N∗ tel que pour tout n ≥ Np ,

1 M
∥f ((rn − λ)x)∥ = ∥f (p(rn − λ)x)∥ ≤
p | {z } p
∈Bf (0,1)
i.e.
M
∥rn f (x) − f (λx)∥ ≤
p
On a alors
M M
∥λf (x) − f (λx)∥ ≤ + ∥(rn − λ)f (x)∥ −−−−→
p n→+∞ p

On en déduit donc que pour tout p ∈ N∗ , ∥λf (x) − f (λx)∥ ≤ Mp et que finalement f (λx) = λf (x). On
conclut que f est une application linéaire bornée sur Bf (0, 1), donc continue.

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Mathématiques en MP* d’après un cours au lycée Louis-le-Grand

Correction de l’exercice II.4. :


→ (1) ⇒ (2) On a Ker u = u−1 ({0}). Il s’agit de l’image réciproque d’un fermé par une application
continue, c’est donc un fermé.
→ (2) ⇒ (1) Si u = 0, Ker u = E est fermé. Supposons donc maintenant que u ̸= 0. H = Ker u est un
hyperplan et u est surjective. Il existe donc a ∈ E tel que u(a) = 1. On a alors

∀x ∈ E, u(x) = 1 ⇐⇒ u(x − a) = 0 ⇐⇒ x ∈ a + H

de même, il est facile de voir que

∀x ∈ E, u(x) = −1 ⇐⇒ u(x + a) = 0 ⇐⇒ x ∈ −a + H

Posons donc F = (a + H) ∪ (−a + H). a + H et −a + H sont fermés car ce sont les images directes
du fermé H par respectivement x 7−→ a + x et x 7−→ −a + x qui sont deux application linéaires
bijectives d’inverse continu, donc F est fermé. Or 0 ̸∈ F et F c est ouvert, donc il existe r > 0 tel
que Bf (0, r) ⊂ F c .
Montrons que pour tout x ∈ Bf (0, r), |u(x)| ≤ 1. Soit x ∈ B(0, r) non nul. On suppose par l’absurde
que |u(x)| > 1. On a alors y := |u(x)|
x
∈ B(0, r) et u(y) ∈ {1, −1}, i.e. y ∈ F ce qui est absurde étant
donné que y ∈ B(0, r) ⊂ F . On a donc trouvé une boule non réduite à un point où u est bornée,
c

ce qui nous permet d’affirmer que u est continue.


Correction de l’exercice II.5. :
1. On a pour tout f, g ∈ E,

f ≥ g =⇒ f − g ≥ 0 =⇒ u(f − g) ≥ 0 =⇒ u(f ) ≥ u(g)

Posons e la fonction constante égale à 1 sur X. On a pour tout f ∈ E,

− ∥f ∥∞ e ≤ f ≤ ∥f ∥∞ e

en posant C = u(e) et en appliquant u de chaque côté de l’inégalité on obtient

−C ∥f ∥∞ ≤ u(f ) ≤ C ∥f ∥∞

et enfin
∀f ∈ E, |u(f )| ≤ C ∥f ∥∞
Donc u est continue et |||u||| ≤ C, mais u(e) = C et e ∈ Bf (0, 1), donc |||u||| ≥ C, i.e. |||u||| = C.

2. Soit f ∈ E tel que f ≥ 0, on pose g = f . On a g ∈ E et

χ(f ) = χ(g 2 ) = χ(g)2 ≥ 0

Il suffit alors d’appliquer la question 1.

* *
*

Document compilé par Omar Bennouna et révisé par Issam Tauil le 01/03/2022 pour
[Link].
Si vous repérez une erreur, ou avez des remarques, prière de me contacter via l’adresse
contact@[Link].

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Mathématiques en MP* d’après un cours au lycée Louis-le-Grand

chapitre 11.8
Connexité

I Généralités
Définition I.1.

Soit (X, d) un espace métrique. Les propositions suivantes sont équivalentes


1. Si O1 et O2 sont deux ouverts de X tels que X = O1 ∪ O2 et O1 ∩ O2 = ∅, alors O1 = ∅
ou O2 = ∅.
2. Si F1 et F2 sont deux fermés de X tels que X = F1 ∪ F2 et F1 ∩ F2 = ∅, alors F1 = ∅ ou
F2 = ∅.
3. Si A est une partie à la fois fermée et ouverte de X, alors A = X ou A = ∅.
4. Si f est une fonction continue de X dans {0, 1}, alors f est constante.
Lorsque l’une de ces propriétés est vérifiée, on dit que X est connexe.

Preuve
→ (1) ⇒ (2) Soit F1 et F2 deux fermés vérifiant F2 ∪ F2 = X et F1 ∩ F2 = ∅, et posons O1 = X \ F1
et O2 = X \ F2 . O1 et O2 sont ouverts et O1 ∪ O2 = X et O1 ∩ O2 = ∅, donc O1 = X et O2 = ∅
ou O1 = ∅ et O2 = X, i.e. F1 = X et F2 = ∅ ou F1 = ∅ et F2 = X.
→ (2) ⇒ (3) Soit A une partie fermée et ouverte de X. F1 = A et F2 = Ac vérifient les hypothèses de
(2). Donc on a A = X et Ac = ∅ ou A = ∅ et Ac = X, d’où le résultat voulu.
→ (3) ⇒ (4) Posons F1 = f −1 ({0}) et F2 = f −1 ({1}). F1 et F2 sont fermés car il s’agit d’images
réciproques de deux fermés par une fonctions continue. De plus, on a F1 ∪ F2 = X et F1 ∩ F2 = ∅.
On a alors F1 = X ou F2 = X, i.e. f −1 ({0}) = X ou f −1 ({1}) = X. f est alors toujours égale à 0
ou toujours égale à 1. On a donc bien le résultat voulu.
→ (4) ⇒ (1) Soit O1 et O2 deux ouverts vérifiant O1 ∪ O2 = X et O1 ∩ O2 = ∅. On considère
l’application de X dans {0, 1} suivante :





X −→ {0,

1}
f: 0 si x ∈ O1
x 7−→ 
1 si x ∈ O2


f est continue car O1 et O2 sont ouverts, elle est donc constante. On a alors O1 = f −1 ({0}) = ∅
et O2 = f −1 ({1}) = X ou O1 = f −1 ({0}) = X et O2 = f −1 ({1}) = ∅, ce qui est bien ce qu’on
cherchait.
Proposition I.2.

Soit I un ensemble et (Ωi )i∈I une partition d’ouverts d’un espace métrique connexe X. Il existe
alors au plus un indice i0 tel que Ωi0 ̸= ∅.

Preuve : Soit i0 tel que Ωi0 ̸= ∅. Posons Ω = Ωi . On a alors Ωi0 ∪ Ω = X et Ωi0 ∩ Ω = ∅. De plus
[

i∈I\{i0 }
Ωi0 et Ω sont ouverts (car c’est l’union d’ouverts), donc X étant connexe, on a nécessairement Ω = ∅,
i.e. ∀i =
̸ i0 , Ωi = ∅.

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Mathématiques en MP* d’après un cours au lycée Louis-le-Grand

Proposition I.3.

Si A est une partie connexe de l’espace métrique X alors A aussi.

Preuve : Soit f : A −→ {0, 1} une application continue. f est continue sur A par restriction et A est
connexe, donc f est constante sur A. A est dense dans A donc f étant continue, elle est aussi constante
sur A, donc A est bien connexe.

Remarque : Attention, si A est connexe, Å ne l’est pas forcément !

Proposition I.4.

Soit X et Y deux espaces métriques et f ∈ C(X, Y ). Si A est une partie connexe de X, alors
f (A) est aussi une partie connexe de Y .

Preuve : Soit g : f (A) −→ {0, 1} une application continue. g ◦ f est une fonction continue de A dans
{0, 1} car il s’agit de la composition de deux applications continues, elle est alors constante. On en déduit
donc directement que ∃c ∈ {0, 1}, g ◦ f (A) = {c}, i.e. g(f (A)) = {c}. g est alors constante sur f (A) ce
qui nous permet d’affirmer que f (A) est bien une partie connexe de Y .

II Parties connexes par arc


Dans cette partie, on considère (E, d) un espace métrique.
Proposition II.1.

[0, 1] est une partie connexe.

Preuve : Soit f ∈ C([0, 1], {0, 1}). Supposons sans perte de généralité que f (0) = 0. On considère
l’ensemble
A = {x ∈ [0, 1], ∀y ∈ [0, x], f (y) = 0}
Posons a = sup A. a est limite d’une suite à valeurs dans
h A, donc
i par continuité de f , on a f (a) = 0.
Supposons que a ̸= 1. On a pour tout n ∈ N, ∃xn ∈ a, a + n , f (xn ) = 1. La suite (xn ) converge vers a
1

et donc
f (xn ) −−−−→ 1 ̸= f (a)
n→+∞

ce qui est absurde car f est continue.


Définition II.2.

1. On appelle arc continu toute application continue d’un segment [a, b] de R dans E.
2. Une partie A de E est dite connexe par arcs si tous éléments x et y de A peuvent être
reliés par un arc continu sur A, i.e.

∀(x, y) ∈ A2 , ∃γ ∈ C([0, 1], A), γ(0) = x et γ(1) = y

Remarque : Dans la définition de la connexité par arc, on aurait pu remplacer 0 par a ∈ R et 1 par
b ∈ R tel que a < b quelconques.

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Mathématiques en MP* d’après un cours au lycée Louis-le-Grand

Définition II.3.

Soit x, y, z ∈ E, γ un arc continu reliant x et y et δ un arc continue reliant y et z. L’arc γ • δ


est défini par 




[0, 1] −→ E h i
γ•δ : γ(2t) si t ∈ 0, 12
 y 7−→  i i
δ(2t − 1) si t ∈ 12 , 1


Par construction γ • δ est un arc continu reliant x à z. On dit que γ • δ est la reliure des deux
arcs γ et δ. • n’étant pas associative, pour trois arcs γ1 , γ2 , γ3 , on définit γ1 • γ2 • γ3 comme
γ1 • (γ2 • γ3 ).

Définition II.4.

Supposons que pour tout t ∈ [0, 1], (1 − t)a + tb ∈ E. Pour tout x, y ∈ E, on définit l’arc θ(x, y)
comme 
[0, 1] −→ E
θ(x, y) :
t 7−→ (1 − t)x + ty
Par construction, θ(x, y) est bien un arc continu reliant x à y.

Remarque : Attention, ces deux dernières notations sont propres à ce cours en particulier et ne sont pas
communes en classes préparatoires. Si vous souhaitez les utiliser, il faut les définir avant.
Proposition II.5.

Soit F un espace métrique et f une fonction continue de E dans F . L’image d’une partie de
E connexe par arcs par f est connexe par arcs.

Preuve : Soit A une partie connexe par arcs de E. Soit a, b ∈ f (A), et x, y ∈ A tels que a = f (x) et
b = f (y). A est connexe par arcs, il existe donc un arc γ ∈ C([0, 1], A) tel que γ(0) = x et γ(1) = y. On a
alors f ◦ γ est un arc continu reliant a = f (x) et b = f (y).
Proposition II.6.

Une partie A de E connexe par arcs est connexe.

Preuve : Soit g : A −→ {0, 1} une fonction continue. Soient x et y dans A. A est connexe par arcs, il
existe donc un arc continu γ ∈ C([0, 1], A) tel que γ(0) = x et γ(1) = y.
L’application g ◦ γ : [0, 1] −→ {0, 1} est continue et [0, 1] est connexe, donc elle est constante et alors
g(x) = g(y). On en déduit donc que g est constante et que par conséquent A est connexe.

Exemple : Pour tout n ∈ N∗ , GLn (R) n’est pas connexe par arcs. En effet, l’application f = det
est continue, donc si GLn (R) était connexe par arcs, f (GLn (R)) le serait aussi. Mais f (GLn (R)) = R∗
qui n’est pas connexe par arcs.

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Mathématiques en MP* d’après un cours au lycée Louis-le-Grand

Proposition II.7.

Soit A une partie de E.


1. La relation sur A2 définie par

∀x, y ∈ A, x ∼A y ⇐⇒ ∃γ ∈ C([0, 1], A), γ(0) = x et γ(1) = y

est une relation d’équivalence.


2. Les classes d’équivalence pour ∼A sont connexes par arcs. On appelle ces classes compo-
santes connexes par arcs.
Lorsqu’il n’y a pas d’ambiguïté sur l’ensemble A, on note ∼ aulieu de ∼A .

Preuve

1. → Réflexivité
Soit Soit x, y ∈ A. Si x ∼ y, alors il existe un arc γ ∈ C([0, 1], A) reliant x et y. Il suffit alors
de considérer γ̃ : a 7−→ γ(1 − a). L’arc γ̃ relie x et y et γ̃(0) = y et γ̃(1) = x et alors y ∼ x.

→ Symétrie
Soit x ∈ A. L’arc γ : t 7−→ x constant sur [0, 1] relie x à x, donc x ∼ x.

→ Transitivité
Soit x, y, z ∈ A tels que x ∼ y et y ∼ z. Soit γ, δ ∈ C([0, 1], A) deux arcs reliant respectivement
x à y et y à z. On considère l’arc suivant





[0, 1] −→ A
 h i
β =γ•δ : γ(2t) si x ∈ 0, 12
x 7−→  h i
δ(2t − 1) si x ∈ 1
,1



2

β est continu et β(0) = x et β(1) = z, donc x ∼ z.

Proposition II.8.

1. Une réunion de parties de E connexes par arcs ayant un point en commun est connexe
par arcs.
2. Soit n ∈ N∗ et E1 , . . . , En des espaces métriques. Si pour tout k ∈ J1; nK, Ak est une
partie connexe par arcs de Ek , alors A1 × · · · × An est une partie connexe par arcs de
l’espace métrique produit E1 × · · · × En .

Preuve

1. Soit n ∈ N∗ et (An )n∈N une famille de parties connexes par arcs tels que pour tout k ∈ J1; nK,
a ∈ Ak . Posons A = An . soit x et y deux points de A. Soit k, l ∈ N tels que x ∈ Ak et y ∈ Al .
[

n∈N
On a a et x sont deux éléments de l’ensemble connexe par arcs Ak , donc x ∼Ak a donc x ∼A a et
a et y sont deux éléments de l’ensemble connexe par arcs Al , donc a ∼Al y donc a ∼A y. On en
déduit donc par transitivité que x ∼ y et que finalement A est connexe par arcs.

2. Soit a = (a1 , . . . , an ) et b = (b1 , . . . , bn ) deux éléments de E1 × · · · × En . Pour tout k ∈ J1; kK, il


existe un arc γk reliant ak et bk . Considérons l’arc sur E1 × · · · × En , γ : t 7−→ (γ1 (t), . . . , γn (t)).
L’arc γ est continu et relie a et b, donc A1 × · · · × An est bien connexe par arcs.

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Exercice II.9.

Soit Ω une union d’ouverts disjoints de R. On écrit

Ω= ]an , bn [
[

n∈N

avec pour tout n ∈ N, an < bn . Montrer que Ω n’est pas connexe par arcs.

Exercice II.10.

Soit p ∈ N∗ et z1 , . . . , zp ∈ C. Montrer que C \ {z1 , . . . , zp } est connexe par arcs.

Exercice II.11.

Soit n ∈ N∗ et H un hyperplan de Cn . Montrer que Cn \ H est connexe par arcs.

Exercice II.12.

Soit n ∈ N∗ et H un hyperplan de Rn . Montrer que Rn \ H n’est pas connexe par arcs.

Exercice II.13.

Soit Ω un ouvert connexe de Rn . Montrer que Ω est connexe par arcs polygonaux, i.e. pour
tous points x, y de E, x et y peuvent être reliés par un arc affine par morceaux.

III Application aux fonctions à variables réelles


Proposition III.1.

Soit A une partie de R. Les propositions suivantes sont équivalentes.


1. A est connexe par arcs.
2. A est un intervalle.

Preuve
→ (2) ⇒ (1) Pour tout a, b ∈ A tel que a < b, si on considère l’application continue fa,b : x 7−→
(b − a)x + a, alors fa,b est un arc continu liant a à b donc a ∼ b. A est donc connexe par arcs.
→ (1) ⇒ (2) soit x, y ∈ A et z ∈]x, y[. Soit γ un arc continu reliant x et y. Posons

Sz = {t ∈ [0, 1], γ(t) ≤ z} = γ −1 ([x, z])

Sz est fermé car il s’agit de l’image réciproque d’un fermé par la fonction continue γ et de plus,
Sz est non vide car 1 ∈ Sz , donc c = sup Sz ∈ Sz , i.e. γ(c) ≤ z et c < 1 car 1 ̸∈ Sz . On a aussi
pour tout t ∈]0, 1 − c], γ(c + t) > z. En faisant tendre t vers 0, on obtient par continuité de γ que
γ(c) ≥ z, et alors γ(c) = z. On en déduit donc que z ∈ A, donc [x, y] ⊂ A et finalement que A est
un intervalle.
Conséquence : Si I est un intervalle et f une fonction continue de I dans R, alors I est continu par
arcs donc f (I) aussi, i.e. f (I) est un intervalle.

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Proposition III.2.

Soit I un intervalle de R et f ∈ C(I, R). Les propositions suivantes sont équivalentes.


1. f est injective.
2. f est strictement monotone.

Preuve
→ (2) ⇒ (1) Supposons que f soit injective et donc dans perte de généralité strictement croissante.
Pour tout x, y ∈ I, si x ̸= y, on suppose sans perte de généralité que x > y. Par stricte monotonie
de f , on a que f (x) > f (y) et alors f (x) ̸= f (y). f est donc bien injective,.
→ (1) ⇒ (2) Posons ∆ = {(x, y) ∈ I 2 , x < y} et considérons l’application

∆ −→ R
φ:
(x, y) 7−→ f (y) − f (x)

Le fait que f soit injective est équivalent au fait que φ ne s’annule pas sur ∆, donc φ est à valeurs
dans R∗ . ∆ est convexe donc connexe par arcs. En effet, si a et b sont deux points de ∆, l’arc continu

[0, 1] −→ ∆
γ:
t 7−→ ta + (1 − t)b

lie a et b dans ∆. Or φ est continue, φ(∆) est alors une partie connexe par arcs de R∗ et donc un
intervalle. Deux cas de présentent alors
• φ(∆) ⊂]0, +∞[ donc f est strictement croissante.
• φ(∆) ⊂] − ∞, 0[ donc f est strictement décroissante.
On a donc bien le résultat voulu.
Proposition III.3.

Soit I un intervalle de R et f une application de I dans R.


1. Si f est monotone, alors les propositions suivantes sont équivalentes.
(a) f est continue.
(b) f (I) est un intervalle.
2. Si f est continue et injective, alors f −1 : f (I) −→ I est continue.

Preuve
1. Supposons que f est monotone.
→ (a) ⇒ (b) I est connexe par arcs et f est continue, donc f (I) est aussi connexe par arcs i.e.
c’est un intervalle.
→ (b) ⇒ (a) Supposons sans perte de généralité que f soit croissante. Nous allons traiter uni-
quement le cas où f admet un point de discontinuité sur l’intérieur de I. Le lecteur pourra
essayer de faire le cas d’une discontinuité aux bords de l’intervalle. Supposons que f admettes
un point de discontinuité x0 sur l’intérieur de I. On note respectivement f (x+ 0 ) et f (x0 ) les

limites à droite et à gauche de x0 des f . On a alors f (x− 0 ) ≤ f (x0 ) ≤ f (x0 ) et f (x0 ) < f (x0 ).
+ − +

Soit y0 ∈]f (x0 ), f (x0 )[\{f (x0 )} := A0 . On a pour tout t ∈ I,


− +

• Si t < x0 , alors f (t) ≤ f (x−


0 ) et donc f (t) ̸= y0

• Si t = x0 , alors f (t) = f (x0 ) ̸= y0

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• Si t > x0 , alors f (t) ≥ f (x+


0 ), donc f (t) ̸= y0 .

On en déduit que y0 ̸∈ f (I) et y0 est compris entre deux éléments de f (I). f (I) n’est donc pas
un intervalle.
2. Il suffit d’appliquer la question précédente et la proposition III.2. f est une fonction continue sur
l’intervalle I et injective, elle est donc strictement monotone d’après la proposition III.2. f −1 est
alors aussi strictement monotone. De plus, on a f −1 (f (I)) = I et I et f (I) sont des intervalles,
donc d’après (1), f −1 est continue.
Exercice III.4.

Soit f une fonction de [0, 1] dans [0, 1] telle qu’il existe p ∈ N∗ , f ◦ · · · ◦ f = Id. Supponsons
| {z }
p fois
que f (0) = 0 Montrer que f = Id.

Exercice III.5.

Soit f ∈ C 1 ([0, 1], R) telle que f × (1 − f ′ ) = 0. Déterminer f .

Exercice III.6.

Montrer que R et R2 ne sont pas homéomorphes.

Exercice III.7.

Posons S(0, 1) = {z ∈ C, |z| = 1}. Montrer que S(0, 1) n’est homéomorphe à aucune partie R.

Exercice III.8.

Soit f : S(0, 1) −→ S(0, 1) une fonction injective et continue. Montrer que f est un homéo-
morphisme.

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Correction de l’exercice II.9. :


Méthode 1 : Soit n, m ∈ N deux entiers naturels différents, x ∈]an , bn [ et y ∈]am , bm [. Supposons par
l’absurde que Ω soit connexe par arcs. Il existe un arc γ liant xet y. On suppose sans perte de généralité
que bn ≤ am . On a γ(0) = x < bn < y = γ(1) et γ est continue. Par le théorème des valeurs intermédiaires,
il existe c ∈]0, 1[, γ(c) = bn , mais bn ̸∈ Ω ce qui absurde car γ est à valeurs dans Ω par hypothèse.
Méthode 2 (plus simple) : En posant pour tout k ∈ N, Ak =]ak , bk [, on peut partionner Ω en deux
ouverts, par exemple O1 = A0 et O2 = Ak . On a O1 ∪ O2 = Ω, O1 ∩ O2 = ∅, O1 ̸= ∅ et O2 ̸= ∅. Ω
[

k≥1
n’est donc pas connexe et alors pas connexe par arcs.

Correction de l’exercice II.10. :


Soit a, b ∈ S = C \ {z1 , . . . , zp }. Considérons les deux ensembles suivants :
→ ∆ = {x ∈ C, |x − a| = |x − b|} la médiatrice du segment [a, b].
→ E = {m ∈ ∆, ∃k ∈ J1; pK, zk ∈ [a, m] ∪ [b, m]}.
(∆)

z3 m∈E

a b
γ
m0 ̸∈ E
z2

z1

|E| ≤ p, donc E est fini. On peut donc considérer m0 ∈ ∆ \ E car cet ensemble est non vide. Il suffit
alors de considérer l’arc





[0, 1] −→ S
 h i
γ = θ(a, m0 ) • θ(m0 , b) : 2tm0 + (1 − 2t)a si t ∈ 0, 12
t 7−→ i i
(2t − 1)b + 2(1 − t)m0 si t ∈ 1
,1



2

γ est un arc continu à valeurs dans S qui lie a à b en passant par m0 , donc S est bien connexe par arcs.

Correction de l’exercice II.11. :


Soit H un hyperplan de Cn et φ une forme linéaire non nulle telle que Ker φ = H. Posons S = Cn \ H et
montrons que S est connexe par arcs. Soit a, b ∈ S
→ Si φ(a) = φ(b), alors pour tout λ ∈ [0, 1], φ((1 − λ)a + λb) = φ(a) ̸= 0. Il suffit alors de considérer
l’arc γ = θ(a, b) : t 7−→ (1 − t)a + tb. Cet arc est bien à valeurs dans S et lie a et b.
→ Si φ(a) ̸= φ(b), alors on considère Ka,b = {λ ∈ C, φ((1 − λ)a + λb) = 0}.
φ((1 − λ)a + λb) = 0 ⇐⇒ λ = φ(b)−φ(a)
φ(a)
:= λa,b , donc on a Ka,b = {λa,b }.
D’après l’exercice précédent, on dispose d’un arc γ liant a et b dans C \ {λa,b }. Considérons Γ l’arc
défini par 
[0, 1] −→ S
Γ:
t 7−→ (1 − γ(t))a + γ(t)b
Γ est bien à valeurs dans S car pour tout t, Γ(t) ∈ H impliquerait que γ(t) = λa,b ce qui est
impossible. Γ lie a à b dans S, S est donc bien connexe par arcs.

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Correction de l’exercice II.12. :


Soit H un hyperplan de Rn et φ une forme linéaire non nulle telle que Ker φ = H. Considérons les deux
ensembles A+ = {x ∈ Rn , φ(x) > 0} et A− = {x ∈ Rn , φ(x) < 0}. On a Rn \ H = A+ ∪ A− . Soit x ∈ A+
et y ∈ A− . Supposons par l’absurde qu’il existe un arc γ liant x et y. L’application φ ◦ γ est continue
et φ ◦ γ(0) = φ(x) > 0 > φ(y) = φ ◦ γ(1), donc d’après le théorème des valeurs intermédiaires, il existe
c ∈]0, 1[, φ ◦ γ(c) = 0, i.e. γ(c) ∈ H ce qui est absurde. On en déduit donc que Rn \ H n’est pas connexe
par arcs.
Méthode 2 (plus simple) : A+ et A− sont deux ouverts disjoints non vides dont l’union fait Rn \ H,
Rn \ H n’est alors pas connexe donc pas connexe par arcs.

Correction de l’exercice II.13. :


Soit a ∈ Ω. Considérons A la composante connexe par arcs polygonaux de a dans Ω. Montrer que Ω est
connexe par arcs polygonaux revient à montrer que A = Ω. Ω étant connexe par arcs donc connexe, une
idée serait de montrer que A est ouvert et fermé dans Ω.
→ Montrons que A est ouvert.
Soit x ∈ A. Il existe un arc polygonal γ reliant a et x. Ω étant ouvert, il existe ε > 0 tel que
B(x, ε) ⊂ Ω. soit y ∈ B(x, ε). B(x, ε) est convexe, θ(x, y) est donc un arc continu polygonal (c’est
un segment) reliant x à y dans B(x, ε) donc dans Ω. On en déduit donc que γ • θ(x, y) est un arc
polygonal qui relie a à y dans Ω, donc y ∈ A et alors B(x, ε) ⊂ A. A est donc ouvert.
→ Montrons que Ω \ A est aussi ouvert.
Soit b ∈ Ω \ A et B la composante connexe par arcs de b. Par le raisonnement précédent, B est
ouvert et contient b, c’est donc un voisinage de b inclus dans Ω \ A. Ω \ A est donc ouvert. Ω est
connexe et A est ouvert et fermé dans Ω, ce qui nous permet d’affirmer finalement que A = Ω.

Correction de l’exercice III.4. :


Soit p ∈ N∗ tel que f ◦ · · · ◦ f = Id. Cette inégalité nous permet de dire que f est bijective sur un
| {z }
p fois
intervalle et alors par la proposition III.2., f est strictement monotone. f (0) = 0, donc f est strictement
croissante. Supposons par l’absurde qu’il existe x ∈ [0, 1] tel que f (x) < x, on a alors

x > f (x) > f ◦ f (x) > · · · > f ◦ · · · ◦ f (x) = x


| {z }
p fois

ce qui est absurde. De même, on obtient la même contradiction lorsqu’on suppose que f (x) < x. Donc a
bien que f = Id.

Correction de l’exercice III.5. :


Supposons que f ̸= 0 et posons A = {x ∈ [0, 1], f ′ (x) = 1}. Montrons que A est fermé et ouvert dans
[0, 1] et est donc égal à [0, 1] par connexité de [0, 1].
→ A est fermé car c’est l’image réciproque du fermé {1} par l’application continue f ′ .
→ Montrons que A est ouvert. Soit a ∈ A.
• Si f (a) ̸= 0, alors par continuité de f , il existe un voisinage U de a où f est non nulle, et alors
l’égalité f × (f ′ − 1) = 0 entraîne que f ′ = 1 sur U , i.e. U ⊂ A.
• Si f (a) = 0, alors on a
f (a + h) = f ′ (a)h + o(h) = h (1 + o(1))
| {z }
ε(h)

ε(h) −−→ 1, donc il existe η > 0 tel que pour tout h ∈ Bf (0, η) \ {0}, |ε(h)| > 1
2
et alors
h→0
pour tout h ∈ Bf (0, η) \ {0}, f (a + h) > h
2
> 0 et alors l’égalité f × (f ′ − 1) = 0 entraîne

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f ′ (a + h) = 1. On en déduit donc que [a − h, a + h] ⊂ A, donc A est bien ouvert et finalement


A = [0, 1].
Finalement on déduit de ce qui précède que les fonctions f ∈ C 1 ([0, 1], R) vérifiant f × (f ′ − 1) = 0 sont
la fonction nulle et les fonctions de la forme f : x 7−→ x + C avec C ∈ R.
Correction de l’exercice III.6. :
Supposons par l’absurde que R et R2 sont homéomorphes. Il existe alors une fonction f bijective continue
de R dans R2 d’inverse continu. R2 \ {f (0)} est connexe par arcs, f −1 est continue donc f −1 (R2 \ {f (0)})
est connexe par arcs d’après la proposition II.5 mais f −1 (R2 \ {f (0)}) = R∗ et R∗ n’est pas connexe par
arcs, ce qui est absurde.

Correction de l’exercice III.7. :


Soit A une partie de R. Supposons que A est homéomorphe à S(0, 1), i.e. il existe un homéomorphisme
f : S(0, 1) −→ A. S(0, 1) est connexe par arcs, donc A = f (S(0, 1)) est compact (c’est l’image d’un
compact par une application continue) connexe par arcs, i.e. c’est un intervalle fermé, on pose alors
A = [a, b] avec a < b. Soit c = a+b
2
et B = S(0, 1) \ {f −1 (c)}. B est connexe par arcs et f est continue,
donc f (B) est connexe par arcs. Mais f (B) = A \ {c} et A \ {c} n’est pas connexe par arcs ce qui est
absurde.

Correction de l’exercice III.8. :


→ Si f est surjective, alors elle est bijective. Montrons que c’est bien un homéomorphisme. Pour tout
fermé F de S(0, 1), (f −1 )−1 (F ) = f (F ) qui est fermé d’après le corollaire VI.2 du chapitre 11.5. On
a montré que l’image réciproque de tout fermé de S(0, 1) par f −1 est fermé, donc f −1 est continue
et finalement f est une homéomorphisme.
→ Si f n’est pas surjective, alors posons f (S(0, 1)) = S ′ ⊂ S(0, 1). Quitte à composer par une rotation,
on suppose que −1 ̸∈ f (S(0, 1)). Considérons l’application

S ′ −→] − π, π[ 
Arg : 
x + iy 7−→ 2 arctan x+1
y

Soit x + iy ∈ S ′ . Posons θ = Arg(x + iy). On a


 2  2
1 − tan θ
2
1− y
x+1
cos(θ) =  2 =  2
1 + tan θ
2
1+ y
x+1
x + 2x + 1 − y
2
2x + 2x
2 2
= =
x + 2x + 1 + y
2 2 2x + 2
2x(x + 1)
= =x
2(x + 1)

On peut montrer de la même manière que sin(θ) = y, donc pour tout z = x + iy et z ′ = x′ + iy ′


dans S(0, 1), Arg(z) = Arg(z ′ ) donne en composant par cos et sin que x = x′ et y = y ′ , i.e. z = z ′ .
Donc Arg est bien injective.
Soit g = Arg ◦ f . g est une injection continue de S(0, 1) dans R et S(0, 1) est connexe par arcs,
donc il existe a, b ∈ R tels que a < b et g(S(0, 1)) = [a, b] (c’est un intervalle fermé car il s’agit
de l’image d’un compact par une application continue, i.e. un compact). g est donc une bijection
continue de S(0, 1) dans [a, b] qui sont deux compacts, donc par un raisonnement similaire au début
de l’exercice, g est un homéomorphisme. On a montré que S(0, 1) est homéomorphe à un segment
de R ce qui est impossible d’après l’exercice précédent. On en déduit donc que f est bijective et
que finalement que f est un homéomorphisme en se ramenant au premier cas.

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* *
*

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contact@[Link].

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chapitre 11.9
Convexité

I Enveloppe convexe
Dans ce chapitre, on considère E un R−espace vectoriel et A une partie de E.
Définition I.1.

Posons PA = {C ∈ P(E), A ⊂ C et C est convexe}. L’enveloppe convexe de A est définie par


\
conv(A) = C
C∈PA

Lemme I.2.

Soit C une partie convexe de E. On a


p
∀p ∈ N∗ , ∀(z1 , . . . , zp ) ∈ C p , ∀(λ1 , . . . , λp ) ∈ R+p , λ1 + · · · + λp = 1 =⇒
X
λk zk ∈ C
k=1

Preuve : Montrons la propriété par récurrence sur p.

→ Le cas p = 1 est évident et le cas p = 2 correspond à la définition de la convexité.

→ Soit p ∈ N∗ , supposons que la propriété soit vraie pour p. Soit z1 , . . . , zp+1 ∈ C et λ1 , . . . , λp+1 ∈ R+
tels que λ1 + · · · + λp+1 = 1. On a lorsque λp+1 ̸= 1,
p+1 p
X X λk
λk zk = (1 − λp+1 ) zk + λp+1 zp+1
k=1 k=1 1 − λp+1
| {z }
µk

De plus
λ1 + · · · + λp 1 − λp+1
µ1 + · · · + µp = = =1
1 − λp+1 1 − λp+1
p
X
Donc par hypothèse de récurrence, on a µk zk ∈ C, et alors en appliquant la définition de la
k=1
convexité (i.e. la propriété pour p = 2), on a
p+1 p
X X λk
λk zk = (1 − λp+1 ) zk +λp+1 zp+1 ∈ C
k=1 k=1 1 − λp+1
| {z }
| {z } ∈C
∈C

On a donc bien le résultat voulu. Il reste le cas λp+1 = 1 qui est évident.

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Proposition I.3.

1. L’intersection de deux ensembles convexes est convexe.


2. conv(A) est le plus petit convexe contenant A.
λ1 + · · · + λp = 1 
 
 
p

3. conv(A) = x ∈ E, ∃p ∈ N∗ , ∃x1 , . . . , xp ∈ A, ∃λ1 , . . . , λp ∈ R+ , X

 x= λk xk 

k=1

Preuve
1. Cette preuve est laissée comme exercice au lecteur.
2. Par définition de conv(A), tout convexe contenant A contient conv(A), conv(A) est alors le plus
petit contenant A.
3. Montrons l’égalité par double inclusion
→ (⊃) A ⊂ conv(A) et conv(A) est convexe, donc pour tout x1 , . . . , xp ∈ A ⊂ conv(A) et
p
X
+
λ1 , . . . , λp ∈ R tels que λ1 + · · · + λp = 1, λk xk ∈ conv(A) .
k=1

λ1 + · · · + λp = 1 
 

p
 
∗ +
→ (⊂) Posons B = x ∈ E, ∃p ∈ N , ∃x1 , . . . , xp ∈ A, ∃λ1 , . . . , λp ∈ R , X .

 x= λ k xk 
k=1
On a A ⊂ B ⊂ conv(A), donc il suffit de montrer que B est convexe pour montrer l’égalité,
car conv(A) est le plus petit convexe au sens de l’inclusion contenant A.
p
X p
X
Soit x = λk xk ∈ B, y = µk yk ∈ B et λ ∈ [0, 1]. On a
k=1 k=1

p
X
λx + (1 − λ)y = λλk xk + (1 − λ)µk yk
k=1

Posons 
(z
1 , . . . , z2p ) = (x1 , . . . , xp , y1 , . . . , yp )
(δ1 , . . . , δ2p ) = (λλ1 , . . . , λλp , (1 − λ)µ1 , . . . (1 − λ)µp )
On a (z1 , . . . , z2p ) ∈ A2p , (δ1 , . . . , δ2p ) ∈ R+2p et δ1 + · · · + δ2p = 1, donc on a
2p
X
λx + (1 − λ)y = δk zk ∈ C
k=1

Donc B est bien convexe, ce qui nous permet d’affirmer que conv(A) = B.
Exemple : On considère l’exemple suivant, où dim E = 2. Le dessin suivant montre comment obtenir
graphiquement l’enveloppe convexe des 7 points a1 , a2 , a3 , a4 , a5 , a6 , a7 ∈ E.
a4
a3

a7
a6
a5 conv({a1 , a2 , a3 , a4 , a5 , a6 , a7 })

a2
a1

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Exercice I.4.

Supposons que E est de dimension finie égale à d. Soit p ≥ d+1 et (a0 , . . . , ap ) ∈ E p+1 . Montrer
qu’il existe (α0 , . . . , αp ) ∈ Rp+1 \ {(0, . . . , 0)} tel que
p
X
αk ak = 0 et α0 + · · · + αp = 0
k=0

Exercice I.5.

Le résultat de cet exercice est connu sous le nom de théorème de Carathéodory.


Supposons que E soit de dimension finie égale à d. Soit p ≥ d + 1, (a0 , . . . , ap ) ∈ E p+1 ,
p
X
+p+1
(λ0 , . . . , λp ) ∈ R tel que λ0 + · · · + λp = 1. Posons b = λk ak . Monter qu’il existe
k=0
j ∈ J0; pK tel que
p p
∃(µ0 , . . . , µj−1 , µj+1 , . . . , µp ) ∈ R+p ,
X X
µk = 1 et µ k ak = b
k=0, k̸=j k=0, k̸=j

Exercice I.6.

On suppose que E est de dimension finie. Soit K une partie compacte de E. Montrer que
conv(K) est une partie compacte de E.

II Projection et séparation
Exercice II.1.

Soit C un convexe non vide fermé de l’espace euclidien E muni du produit scalaire ⟨., .⟩.
1. Montrer que pour tout a ∈ E il existe un unique b ∈ C tel que

d(a, C) = ∥a − b∥

2. Montrer que ∀x ∈ C, ⟨a − b, x − b⟩ ≤ 0.
3. On pose b = pC (a). Montrer que pC est 1−lipschitzienne.

Exercice II.2.

Soit C un convexe non vide fermé de l’espace euclidien E muni du produit scalaire ⟨., .⟩. Soit
a ̸∈ C. Montrer qu’il existe un hyperplan affine de E qui sépare strictement C de a.

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Correction de l’exercice I.4. :


Posons pour tout k ∈ J1; pK, xk = ak − a0 . La famille (x1 , . . . , xp ) est liée car le nombre de vecteurs de
cette famille est supérieur à la dimension de E. Il existe donc (β1 , . . . , βp ) ∈ Rp \ {(0, . . . , 0)} tel que
p
X
βk x k = 0
k=1

i.e. p !
X
− β k a0 + β 1 a1 + · · · + β p ap = 0
k=1
p
X
!
En posant α0 = − βk et pour tout k ∈ J1; pK, αk = βk , on a
k=1

p
X
α0 + · · · + αp = 0 et αk ak = 0
k=0

D’où le résultat voulu.

Correction de l’exercice I.5. : (Théorème de Carathéodory)


Remarquons qu’une autre manière de formuler ce théorème est la suivante :
Soit p ≥ d + 1, b ∈ E et a0 , . . . , ap ∈ E tel que b ∈ conv({a0 , . . . , ap }). Il existe alors j ∈ J0; pK tel que
b ∈ conv({a0 , . . . , aj−1 , aj+1 , . . . , ap }).
Pour avoir une intuition du résultat, observons le dessin suivant.

a0
a3

b
T

a2
a1

Dans le dessin ci-dessus, on regarde le cas d = 2 et p = 3 ≥ d + 1. b appartient au quadrilatère a1 a2 a3 a0 ,


i.e. b ∈ conv({a0 , a1 , a2 , a3 }). Il existe donc λ0 , λ1 , λ2 , λ3 ∈ R+ tels que

λ0 + λ1 + λ2 + λ3 = 1 et b = λ0 a0 + λ1 a1 + λ2 a2 + λ3 a3

Mais on voit aussi que b appartient au triangle jaune T = conv({a0 , a1 , a3 }), il existe donc µ0 , µ1 , µ3 tels
que
µ0 + µ1 + µ3 = 1 et b = µ0 a0 + µ1 a1 + µ3 a3
Remarquons que le point qu’on peut enlever à la combinaison convexe n’est pas unique : on aurait pu
faire la même chose en enlevant le point a1 et en considérant le triangle T ′ = conv({a0 , a3 , a2 }).
Montrons à présent cette propriété dans le cas général.
On considére α0 , . . . , αp p + 1 réels vérifiant la propriété montrée dans l’exercice précédent, i.e.
p
X
α0 + · · · + αp = 0 et α k ak = 0
k=0

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Mathématiques en MP* d’après un cours au lycée Louis-le-Grand

Posons pour tout k ∈ J0; pK et τ ∈ R, νk (τ ) = λk − τ αk . On a alors pour tout τ ∈ R


p
X p
X p
X p
X
νk (τ )ak = λk ak − τ αk ak = λ k ak = b
k=0 k=0 k=0 k=0

et p p p
X X X
νk (τ ) = λk − τ αk = 1
k=0 k=0 k=0

On souhaite choisir τ de manière à ce que tous les νk (τ ) soient positifs et que au moins un seul parmi ces
coefficients soit nul. Posons pour tout k ∈ J0; pK, Ak = {τ ∈ R, νk (τ ) ≥ 0}. Les Ak sont fermés et non
vides car ils contiennent tous 0.
On a alors pour tout k ∈ J0; pK
i i
→ Si αk > 0, alors Ak = −∞, − αλkk .
→ Si αk = 0, alors Ak = R.
h h
→ Sinon, Ak = − αλkk , +∞ .
p
\ p
X
Posons S = Ak . On sait que (α0 , . . . , αp ) ̸= (0, . . . , 0) et αk = 0, il existe donc k et l deux entiers
k=0 k=0 i i h h
dans J0; pK tels que αk < 0 et αl > 0. On peut donc affirmer que S ⊂ −∞, − αλll et S ⊂ − αλkk , +∞ . S
est donc une intersection d’intervalles majorée et minorée et contenant
h 0,h c’est
i alors uni segment borné
non vide. S est une intersection finie de segments de la forme − αk , +∞ et −∞, − αλll avec αl < 0 et
λk

αk > 0, il y a donc au moins un j ∈ J0; pK tel que − αλjj ∈ S. Posons τ0 = − αλjj .


On a alors pour tout k ∈ J0; pK, νk (τ0 ) ≥ 0 et νj (τ0 ) = 0. On a donc finalement en posant pour tout
k ∈ J0; pK, µk = νk (τ0 ),
p
X p
X
µk ak = b et µk = 1
k=0, k̸=j k=0, k̸=j
|{z}
≥0

Ce qui est bien le résultat recherché.


Une conséquence de ce théorème est la suivante : Soit p ≥ d + 1, b ∈ E et a0 , . . . , ap ∈ E tel que
b ∈ conv({a0 , . . . , ap }). Il existe alors S ⊂ J0; pK tel que |S| = d + 1 vérifiant b ∈ conv({ak , k ∈ S}).
Ce résultat est facilement prouvable en enlevant de la combinaison convexe des points jusqu’à ce que la
condition p ≥ d + 1 ne soit plus vérifiée. Ceci entraîne que si A est une partie de E, alors tout élément
de conv(A) peut s’écrire comme combinaison convexe d’au plus d + 1 éléments de A.

Correction de l’exercice I.6. :


Posons d = dim E et considérons l’ensemble

Λ = {(λ0 , . . . , λd ) ∈ Rd+1
+ , λ0 + · · · + λd = 1}

et considérons l’application

d+1
K

 ×Λ −→ conv(K)
p
φ: X
((ak )k∈J0;dK , (λk )k∈J0;dK )
 7−→ λ k ak
k=0

Le résultat énoncé à la fin de l’exercice précédent nous permet d’affirmer que tout élément de conv(K)
s’écrit comme combinaison linéaire d’au plus d+1 éléments de K, i.e. s’écrit de la forme φ((ak )k∈J0;dK , (λk )k∈J0;dK )
avec ((ak )k∈J0;dK , (λk )k∈J0;dK ) ∈ K d+1 × Λ. φ est donc surjective. De plus Λ est un fermé borné en dimension
finie, c’est donc un compact. K d+1 × Λ est un produit de compacts, donc d’après la proposition III.1 du
chapitre 11.5, c’est un compact. φ est continue car il s’agit de produit et somme de fonctions continues,
donc d’après la proposition VI.1 du chapitre 11.5, φ(K d+1 × Λ) est compact, mais φ est surjective, donc

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Mathématiques en MP* d’après un cours au lycée Louis-le-Grand

φ(K d+1 × Λ) = conv(K). On en déduit donc finalement que conv(K) est compact.

Correction de l’exercice II.1. : (Projection sur un convexe fermé)


1. Soit a ∈ E.

→ Existence
Posons δ = inf ∥x − a∥ = d(a, C) et soit (xn ) une suite à valeurs dans C vérifiant ∥xn − a∥ −−−−→
x∈C n→+∞
δ. Pour n assez grand, ∥xn − a∥ ≤ δ + 1, i.e. xn ∈ Bf (a, δ + 1). Quitte à extraire, on suppose
que (xn ) est à valeurs dans C ∩ Bf (a, δ + 1). C ∩ Bf (a, δ + 1) est un fermé borné en dimension
finie, c’est donc un compact. il existe donc une extractrice φ telle que xφ(n) −−−−→ b ∈ C. On
n→+∞
a donc xφ(n) − a −−−−→ ∥b − a∥ et finalement ∥b − a∥ = δ = d(a, C).
n→+∞

→ Unicité
Soit b et b′ deux éléments de C tels que ∥a − b∥ = ∥a − b′ ∥ = d(a, C). Supposons par l’absurde
que b ̸= b′ . On a
!
u+v 2 u−v 2
2 ′ 2
2d(a, C)2 = ∥a − b∥ + ∥a −b∥ =2 +
| {z } | {z } 2 2
u v
2
b + b′ 1 2
=2 a− + ∥b − b′ ∥ > 2d(a, C)2
2 2

Ce qui est absurde, donc b = b′ . On a donc bien l’unicité. La dernière inégalité est vraie car
b+b′
2
∈ C.

2. Posons pour tout t ∈]0, 1] et x ∈ C, xt = tx + (1 − t)b. On a alors pour tout x ∈ C et t ∈]0, 1],
xt ∈ C, donc ∥a − xt ∥2 ≥ ∥a − b∥2 . On a de plus

∥a − xt ∥2 ≥ ∥a − b∥2 ⇐⇒ ∥t(a − x) + (1 − t)(a − b)∥2 ≥ ∥a − b∥2


⇐⇒ t2 ∥a − x∥2 + (t2 − 2t + 1) ∥a − b∥2 + 2t(1 − t) ⟨a − x, a − b⟩ ≥ ∥a − b∥2
⇐⇒ t2 ∥a − x∥2 + (t2 − 2t) ∥a − b∥2 + 2t(1 − t) ⟨a − x, a − b⟩ ≥ 0
⇐⇒ t ∥a − x∥2 + (t − 2) ∥a − b∥2 + 2(1 − t) ⟨a − x, a − b⟩ ≥ 0

En faisant tendre t vers 0 on obtient que pour tout x ∈ C

∥a − xt ∥2 ≥ ∥a − b∥2 =⇒ 2 ⟨a − x, a − b⟩ ≥ 2 ∥a − b∥2 (∗)


⇐⇒ 2 ⟨a − b + b − x, a − b⟩ ≥ 2 ∥a − b∥2
⇐⇒ ⟨b − x, a − b⟩ ≥ 0
⇐⇒ ⟨x − b, a − b⟩ ≤ 0

On a donc bien le résultat voulu.


3. Soient a, a′ ∈ E, b = pC (a) et b′ = pC (a′ ). D’après la question précédente on a

⟨a − b, b′ − b⟩ ≤ 0

et
⟨a′ − b′ , b − b′ ⟩ ≤ 0 i.e. ⟨b′ − a′ , b′ − b⟩ ≤ 0
en sommant ces deux inégalité, on obtient
2
⟨b′ − a′ + a − b, b′ − b⟩ ≤ 0 i.e. ∥b′ − b∥ ≤ ⟨a′ − a, b′ − b⟩

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On a donc finalement
2
∥b′ − b∥ ≤ ⟨a′ − a, b′ − b⟩ ≤ ∥a′ − a∥ × ∥b′ − b∥

Cauchy-Schwarz

Si b = b′ , alors on a
∥pC (a) − pC (a′ )∥ = ∥b − b′ ∥ = 0 ≤ ∥a − a′ ∥

Sinon, en simplifiant des deux côtés par ∥b′ − b∥ on trouve que

∥b′ − b∥ ≤ ∥a′ − a∥ i.e. ∥pC (a) − pC (a′ )∥ ≤ ∥a − a′ ∥

Ce qui est bien le résultat voulu.

Correction de l’exercice II.2. : (Séparation par un hyperplan)


Tout hyperplan affine H de E s’écrit de la manière suivante

H = {z ∈ E, ⟨u, z⟩ = k}

avec k ∈ R et u ∈ E. L’hyperplan H sépare strictement a et C s’il vérifie la condition suivante :

∀x ∈ C, ⟨u, x⟩ < k et ⟨u, a⟩ > k

Pour comprendre l’intuition derrière la solution de cet exercice, observons le dessin suivant en dimension
2.

H
1
2 ∥a − b∥
c
b = pC (a)
a
u
C
Nous allons construire l’hyperplan H en nous aidant du dessin ci-dessus.
Posons b = pC (a) la projection de a sur C, u = a − b et c = a+b
2
. Rappelons l’inégalité (∗) de l’exercice
précédent :
∀x ∈ C, ⟨a − x, a − b⟩ ≥ ∥a − b∥2
On souhaite trouver un hyperplan orthogonal à u = a − b séparant a et C. On a pour tout x ∈ C,

⟨a − x, a − b⟩ ≥ ∥a − b∥2 ⇐⇒ ⟨a − c + c − x, a − b⟩ ≥ ∥a − b∥2
1
⇐⇒ ⟨c − x, a − b⟩ ≥ ∥a − b∥2
2
1
⇐⇒ ⟨x, u⟩ ≤ ⟨c, u⟩ − ∥a − b∥2 < ⟨c, u⟩
2
De plus, on a * +
a−b 1
⟨a − c, a − b⟩ = , a − b = ∥a − b∥2
2 2

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i.e.
1
⟨a, u⟩ = ⟨c, u⟩ + ∥a − b∥2 > ⟨c, u⟩
2
En prenant donc k = ⟨c, u⟩ et H = {z ∈ E, ⟨u, z⟩ = k}. On a bien

∀x ∈ C, ⟨u, x⟩ < k et ⟨u, a⟩ > k

H sépare donc bien a de C strictement.

* *
*

Document compilé par Omar Bennouna et révisé par Issam Tauil le 08/04/2022 pour
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