Espaces vectoriels normés et métriques
Espaces vectoriels normés et métriques
chapitre 11.1
Espaces vectoriels normés et espaces métriques
Une norme sur E est une application N : E → R+ vérifiant les trois conditions suivantes.
(N1 ) ∀x ∈ E, N (x) = 0 ⇐⇒ x = 0 (séparation)
(N2 ) ∀(λ, x) ∈ K × E, N (λx) = |λ| N (x) (homogénéité)
(N3 ) ∀(x, y) ∈ E 2 , N (x + y) ≤ N (x) + N (y) (sous-additivité)
Exemples : voici quelques normes usuelles pour E = Kn . On pose pour tout x ∈ E, x = (x1 , . . . , xn ).
→ ∥x∥∞ = sup1≤k≤n |xk |
n
X
→ ∥x∥1 = |xk |
k=1
1
n 2
2
X
→ ∥x∥2 = |xk |
k=1
1
n p
p
X
→ Pour tout p ∈ N∗ , ∥x∥p = |xk |
k=1
Remarque : la sous-additivité pour la norme ∥.∥2 n’est autre que l’inégalité de Minkowski.
Exercice I.3.
Montrer que pour tout x ∈ E, ∥x∥p −→ ∥x∥∞ lorsque p tends vers l’infini.
1/14
Mathématiques en MP* d’après un cours au lycée Louis-le-Grand
II Géométrie
Définition II.1.
λx + (1 − λ)y ∈ A
Exercice II.2.
Montrer que tout sous espace affine de E (i.e. les ensembles de la forme a + F avec a ∈ E et
F sous espace vectoriel de E) est convexe.
Soit N : E → R qui vérifie (N1 ) et (N2 ). Soit A = {x ∈ E, N (x) ≤ 1}. Montrer que si A est
convexe, alors N vérifie (N3 ).
2/14
Mathématiques en MP* d’après un cours au lycée Louis-le-Grand
Exercice II.4.
Soit ∥.∥ une norme sur E. Montrer que pour tous x, y ∈ E \ {0}
1 x y
∥x − y∥ ≥ max(∥x∥ , ∥y∥) −
2 ∥x∥ ∥y∥
Exercice II.5.
Une norme ∥.∥ sur E est dite de somme stricte lorsque pour tous x, y ∈ E
∥.∥ est stricte sur E ⇐⇒ S(0, 1) ne contient pas de segment non trivial
Soit X un ensemble. On dit qu’une application d : X 2 → R+ est une distance sur X lorsqu’elle
vétifie les propriétés suivantes
(D1 ) ∀(x, y) ∈ X 2 , d(x, y) = 0 ⇔ x = y (séparation)
(D2 ) ∀(x, y) ∈ X 2 d(x, y) = d(y, x) (symétrie)
(D3 ) ∀(x, y, z) ∈ X 3 d(x, y) ≤ d(x, z) + d(z, y) (inégalité triangulaire)
Exemple 1 : soit ∥.∥ une norme sur E. On appelle distance induite par ∥.∥ sur E l’application d :
(x, y) 7→ ∥x − y∥.
La distance induite définit bien une distance. En effet, il est facile de montrer les implications suivantes :
→ (N1 ) =⇒ (D1 )
→ (N2 ) =⇒ (D2 )
→ (N3 ) =⇒ (D3 )
+∞
∞
X |xn − yn |
Exemple 2 : on considère le cas où X = l (N, K). L’application d : ((xn ), (yn )) → définit
n=0 2n
bien une distance sur X.
3/14
Mathématiques en MP* d’après un cours au lycée Louis-le-Grand
Proposition III.2.
Soit X une espace metrique et d : X 2 → R+ une distance sur X. d vérifie les propriétés
suivantes
n−1
X
∗ n
1. ∀n ∈ N \ {1}, ∀(x1 , . . . , xn ) ∈ X , d(x1 , xn ) ≤ d(xi , xi+1 )
i=1
Preuve
1. Il s’agit d’une simple récurrence. L’initialisation (n = 2) correspond à la propriété (D3 ).
Soit n ∈ N∗ \ {1}, supposons l’hypothèse de récurrence vérifiée :
n−1
∀n ∈ N∗ \ {1}, ∀(x1 , . . . , xn ) ∈ X n , d(x1 , xn ) ≤
X
d(xi , xi+1 )
i=1
Soit x1 , . . . , xn+1 ∈ X, on a
n−1
X n
X
d(x1 , xn+1 ) ≤ d(x1 , xn ) + d(xn , xn+1 ) ≤ d(xi , xi+1 ) + d(xn , xn+1 ) = d(xi , xi+1 )
i=1 i=1
Soit (a, r) ∈ X×]0, +∞[. On appelle boule ouverte de centre a et rayon r l’ensemble
Bf (a, r) = {x ∈ X, d(x, a) ≤ r}
S(a, r) = {x ∈ X, d(x, a) = r}
Exemple : En espace vectoriel normé muni d’une norme ∥.∥, lorsqu’on prend d égal à la distance induite
par la norme, ces ensembles s’écrivent :
→ B(a, r) = {x ∈ X, ∥x − a∥ < r}
→ Bf (a, r) = {x ∈ X, ∥x − a∥ ≤ r}
4/14
Mathématiques en MP* d’après un cours au lycée Louis-le-Grand
→ S(a, r) = {x ∈ X, ∥x − a∥ = r}
Définition IV.2.
Notation : En remplacant la distance d par dA dans les définitions d’une boule et d’une sphère, pour
(a, r) ∈ A × R+
Exemples :
Dessins en espace vectoriel normé : voici des dessins de la boule unité Bf (0, 1) pour quelques
exemples de X.
Proposition IV.3.
Lorsque X est un espace vectoriel normé muni d’une norme ∥.∥ et de la distance induite par
cette norme, on a les égalités suivantes pour tout (a, r) ∈ X × R∗+
1. B(a, r) = a + B(0, r) = a + rB(0, 1)
2. Bf (a, r) = a + Bf (0, r) = a + rBf (0, 1)
Preuve : nous allons montrer le point (1). La preuve du point 2 est identique : il suffit de remplacer les
inégalités strictes par des inégalités larges.
Soit (a, r) ∈ X × R∗+ , on a
x ∈ B(a, r) ⇐⇒ ∥x − a∥ < r
1
⇐⇒ (x − a) < 1
r
1
⇐⇒ (x − a) ∈ B(0, 1)
r
⇐⇒ x ∈ a + rB(0, 1)
5/14
Mathématiques en MP* d’après un cours au lycée Louis-le-Grand
V Bornitude
Proposition V.1.
Preuve
→ (1) =⇒ (2)
Soit a ∈ A. L’ensemble D = {d(x, y), (x, y) ∈ A2 } est une partie bornée de R donc admet une
borne supérieure. On pose alors r = 1 + sup D. Pour tout x ∈ A, d(x, a) ≤ sup D < r.
On en déduit donc que A ⊂ B(a, r).
→ (2) =⇒ (3)
Soit B(b, ε) une boule qui contient A. Soit a ∈ X. On pose r = ε + d(a, b).
Pour tout x ∈ A, on a d(x, b) ≤ d(x, a) + d(a, b) < ε + d(a, b) = r. Donc A ⊂ B(a, r).
→ (3) =⇒ (1)
Soit B(a, r) une boule qui contient A. Pour tout (x, y) ∈ A2 ,
Exercice V.2.
Définition V.3.
Soit A une partie de X. On dit qu’une fonction f : A → X est bornée lorsque f (A) est borné.
Soit (un )n∈N une suite à valeurs dans X. On dit que (un )n∈N est bornée lorsque l’ensemble
{un , n ∈ N} est borné.
6/14
Mathématiques en MP* d’après un cours au lycée Louis-le-Grand
Soit (un )n∈N une suite à valeurs dans X. On dit que (un ) converge lorsque
∃l ∈ X ∀ε > 0 ∃N ∈ N ∀n ≥ N d(un , l) ≤ ε
Proposition VI.2.
On suppose que X est un K−espace vectoriel normé muni d’une norme ∥.∥ et que d est la
distance induite par cette norme.
Soit (un )n∈N et (vn )n∈N deux suites à valeurs dans X.
1. Pour tout (l, l′ ) ∈ R2 , Si (un ) converge vers l et l′ , alors l = l′ .
2. pour tous a, b, l, l′ ∈ R, si un −−−−→ l et vn −−−−→ l′ alors aun + bvn −−−−→ al + bl′
n→+∞ n→+∞ n→+∞
3. Si (λn )n∈N est une suite à valeurs dans K qui converge vers λ ∈ K, et (un )n∈N converge
vers l, alors la suite (λn un )n∈N converge vers λl.
Vocabulaire :
→ Si ∗ est associative, on dit que A est une algèbre associative.
→ Si ∗ admet un élément neutre, on dit que A est une algèbre unitaire.
Définition VII.2.
Soit A une algèbre munie d’une norme ∥.∥. On dit que ∥.∥ est une norme d’algèbre lorsque
pour tous (a, b) ∈ A2
∥a ∗ b∥ ≤ ∥a∥ ∥b∥
Proposition VII.3.
Soit A une algèbre munie d’une norme d’algèbre ∥.∥. Soit (an )n∈N et (bn )n∈N deux suites à
valeurs dans A. L’implication suivante est vraie
7/14
Mathématiques en MP* d’après un cours au lycée Louis-le-Grand
Preuve : Soit (an )n∈N et (bn )n∈N deux suites vérifiant les hypothèses. On a
∥an ∗ bn − a ∗ b∥ = ∥an ∗ bn − a ∗ bn + a ∗ bn − a ∗ b∥
≤ ∥(an − a) ∗ bn ∥ + ∥a ∗ (bn − b)∥
≤ ∥an − a∥ ∥bn ∥ + ∥a∥ ∥bn − b∥ −−−−→ 0
n→+∞
Exercice VII.4.
Soit A une algèbre munie d’une norme d’algèbre ∥.∥. Soit a ∈ A \ {0} non nilpotent, montrer
1
n n
que la suite ∥a ∥ est convergente.
n∈N
Dans toute cette partie, on considère A un ensemble et E un espace vectoriel normé muni d’une norme
∥.∥.
Définition VIII.1.
Soit (fn )n∈N une suite de fonctions de A dans E. On dit que la suite (fn )n∈N est simplement
convergente lorsque pour tout x ∈ A, la suite (fn (x))n∈N est convergente.
Vocabulaire : la fonction f : x 7→ limn fn (x) est appelée limite simple de (fn )n∈N .
Exemple : On considère ici le cas où A = [0, 1], E = R et (fn ) = (x 7→ xn ). (fn )n∈N converge simplement
vers f qui est définie par
0 si x ∈ [0, 1[
f : x 7→
1 sinon
Définition VIII.2.
Soit (fn )n∈N une suite de fonctions de A dans E. On dit que (fn )n∈N est uniformément conver-
gente lorsqu’il existe une fonction f de A dans E telle que
La convergence uniforme implique évidemment la convergence simple, mais la réciproque est fausse. En
effet, il suffit de considérer la suite de fonctions (x 7→ xn )n∈N . Cette suite de fonctions converge simplement
vers la fonction f définie juste avant la définition précédente, qui vaut 0 sont [0, 1[ et 1 en 1. Mais f ne
converge pas uniformément vers f car pour tout n ∈ N, supx∈A ∥fn (x) − f (x)∥ = 1. Cette quantité ne
peut donc pas tendre vers 0.
8/14
Mathématiques en MP* d’après un cours au lycée Louis-le-Grand
Proposition VIII.3.
On considère le cas où E = C([a, b], C), avec a < b. Soit (fn )n∈N ∈ E N .
Si (fn ) converge uniformément vers f ∈ C([a, b], C), alors on a
Preuve
Pour tout n ∈ N, on a
Z b
∥fn − f ∥1 = |fn (t) − f (t)| dt ≤ (b − a) ∥fn − f ∥∞ −−−→ 0
n→∞
a
et s
Z b q √
∥fn − f ∥2 = |fn (t) − f (t)|2 dt ≤ (b − a) ∥fn − f ∥2∞ = b − a ∥fn − f ∥∞ −−−−→ 0
a n→+∞
9/14
Mathématiques en MP* d’après un cours au lycée Louis-le-Grand
|xk |p
X
∥x∥p =
k=1
1
n p p
X xk
= ∥x∥∞ r +
k=r+1 ∥x∥∞
xk xk p
Pour tout k ≥ r + 1, ∥x∥∞
∈ [0, 1[, donc ∥x∥∞
−−−−→ 0. On a alors
p→+∞
n p
X xk
r+ −−−−→ r
k=r+1 ∥x∥∞ p→+∞
Or 1
n p p
X xk h 1 i
∥x∥p = ∥x∥∞ r + ∈ ∥x∥∞ , n p ∥x∥∞
k=r+1 ∥x∥∞
et finalement, par le lemme des gendarmes
10/14
Mathématiques en MP* d’après un cours au lycée Louis-le-Grand
1 x y 1
max(∥x∥ , ∥y∥) − = ∥∥y∥ x − ∥x∥ y∥
2 ∥x∥ ∥y∥ 2 ∥y∥
1
= ∥∥y∥ x − ∥y∥ y + ∥y∥ y − ∥x∥ y∥
2 ∥y∥
1
≤ (∥∥y∥ x − ∥y∥ y∥ + ∥∥y∥ y − ∥x∥ y∥)
2 ∥y∥
1
= (∥y∥ ∥x − y∥ + ∥y∥ |∥x∥ − ∥y∥|)
2 ∥y∥
1
≤ (∥y∥ ∥x − y∥ + ∥y∥ ∥x − y∥)
2 ∥y∥
= ∥x − y∥
k=1
v
u
n u Xn n
x2 y 2
X X
⇐⇒ xk yk =
u
t k k
k=1 k=1 k=1
11/14
Mathématiques en MP* d’après un cours au lycée Louis-le-Grand
∥f + g∥∞ = 2 = ∥f ∥∞ + ∥g∥∞
f g
Donc
∥λx + (1 − λ)y∥ = ∥(1 − λ)x + λy∥ = 1
et finalement [x, y] ⊂ S(0, 1).
3. (=⇒) Supposons que ∥.∥ est stricte.
Soit x, y ∈ S(0, 1). Supposons que [x, y] ⊂ S(0, 1). On a
1 1 1 1
x+ y =1= x + y
2 2 2 2
Donc (x, y) est liée et x et y sont de même norme, pour K = R, deux cas se présentent
1
→ x = −y ce qui donne 2
x + 12 y = 0, chose qui n’est clairement pas possible.
→ x = y et donc le segment [x, y] est trivial.
12/14
Mathématiques en MP* d’après un cours au lycée Louis-le-Grand
On en déduit alors immédiatement que S(0, 1) ne contient aucun segment non trivial.
(⇐=) Nous allons procéder par contraposée. Supposons que ∥.∥ est non stricte, i.e. il existe (x, y)
libre telle que ∥x + y∥ = ∥x∥ + ∥y∥.
On suppose sans perte de généralité de que ∥x∥ ≤ ∥y∥. On a
x y x y y y
2≥ + = + − +
∥x∥ ∥y∥ ∥x∥ ∥x∥ ∥x∥ ∥y∥
1 1 1
≥ (∥x∥ + ∥y∥) − ∥y∥ ( − )
∥x∥ ∥x∥ ∥y∥
=2
x y x y
Donc ∥x∥ + ∥y∥ = 2 et ∥x∥ , ∥y∥ ∈ S(0, 1). On en déduit d’après la question précédente que
x y
[ ∥x∥ , ∥y∥ ] ⊂ S(0, 1). Ce segment est non trivial puisque (x, y) est libre.
S(0, 1) contient donc bien un segment non trivial.
x = a + ru ∈ Bf (a, r) et y = a − ru ∈ Bf (a, r)
xn = a + rn u ∈ B(a, r) et yn = a − rn u ∈ B(a, r)
On a alors ∥xn − yn ∥ = 2rn −−−−→ 2r. La suite (∥xn − yn ∥)n≥N est à valeurs dans
n→+∞
{∥x − y∥ , (x, y) ∈ E 2 } qui est majoré par 2r, donc diam(B(a, r)) = 2r.
2. L’unicité du rayon d’une boule vient tout simplement de la question précédente. En effet, en espace
vectoriel normé, on peut définir de manière unique le rayon d’une boule fermée ou ouverte comme
le diamètre de la boule. Il reste donc à montrer l’unicité du centre. Nous allons le faire pour le cas
d’une boule fermée. Le cas d’une boule ouvert peut être traité de la même manière.
Soit (a, r) ∈ E × R+ . On suppose que b ∈ E est aussi un centre de Bf (a, r) tel que b ̸= a. on a alors
a−b
pour tout x ∈ Bf (a, r), ∥x − b∥ < r et ∥x − a∥ < r. Posons v = ∥a−b∥ . On a a − rv ∈ Bf (a, r), donc
r
r ≥ ∥a − rv − b∥ = ( + 1)(a − b)
∥a − b∥
= r + ∥a − b∥
Correction de l’exercice
1
VII.4. :
1
On a pour tout n ∈ N∗ , ∥an ∥ n ≤ (∥a∥n ) n et pour tout n, m ∈ N∗ , ∥an+m ∥ ≤ ∥an ∥ ∥am ∥. Donc si on pose
pour tout n, vn = log ∥an ∥, on a pour tout m, n ∈ N∗ , vn+m ≤ vn + vm .
1
Posons également pour tout n, un = log(∥an ∥ n ). On a alors (vn )n∈N est sous additive et pour tout n,
un = vnn . Donc d’après le théorème de Fekete (hors programme, mais très classique)
un −−−−→ inf∗ uk = α
n→+∞ k∈N
13/14
Mathématiques en MP* d’après un cours au lycée Louis-le-Grand
et finalement 1
∥an ∥ n −−−−→ eα
n→+∞
* *
*
Document compilé par Omar Bennouna et révisé par Issam Tauil le 17/11/2021 pour
[Link].
Si vous repérez une erreur, ou avez des remarques, prière de me contacter via l’adresse
contact@[Link].
14/14
Mathématiques en MP* Omar Bennouna
chapitre 11.2
Ouverts et fermés
I Ouverts
Définition I.1.
∀a ∈ O, ∃r > 0, B(a, r) ⊂ O
Exemples
→ ∅ et les intervalles ouverts sont des ouverts de R.
→ R n’est pas ouvert dans C.
Proposition I.2.
Preuve
1. La proposition est évidente par définition.
[ [
2. Soit a ∈ Oi . Il existe i0 ∈ I tel que a ∈ Oi0 . Donc il existe r > 0 tel que B(a, r) ⊂ Oi0 ⊂ Oi .
i∈I i∈I
[
Oi est donc bien ouvert.
i∈I
\
3. Supposons que I soit fini. Soit a ∈ Oi . On a alors pour tout i ∈ I, il exsite ri > 0 tel que
i∈I
B(a, ri ) ⊂ Oi . I est fini, donc on peut définir r = min{ri }i∈I > 0. Par construction, on a bien
\ \
B(a, r) ⊂ Oi . Oi est donc bien ouvert.
i∈I i∈I
\
Attention : si I est infini, Oi n’est pas forcément ouvert. En effet, si on prend I = N∗ et pour tout
i∈I
\ 1 1
1 1
k ∈ I, Ok =] − , [.
k k
On a − , = {0} qui n’est pas ouvert.
k∈N∗ k k
Définition I.3.
Soit a ∈ X. Une partie U de X est appelée voisinage de a s’il existe r > 0 tel que B(a, r) ⊂ U .
1/17
Mathématiques en MP* Omar Bennouna
donc B(a, ε) ⊂ B(b, r). On en déduit donc que B(b, r) est ouvert.
Proposition I.4.
Preuve
1. Soit U voisinage de a et V un ensemble contenant U . U étant un voisinage de a, il existe r > 0 tel
que B(a, r) ⊂ U ⊂ V . Donc V est aussi un voisinage de a.
2. Soit p ∈ N∗ et V1 , . . . , Vp ∈ V(a). Pour tout i ∈ J1; pK, il existe ri > 0 tel que B(a, ri ) ⊂ Vi . On pose
p
\ p
\
r = min{r1 , . . . , rp } > 0. On a alors B(a, r) ⊂ Vi , donc Vi ∈ V(a).
i=1 i=1
3. Soit r = d(a,b)
10
. Prenons U = B(a, r) et V = B(b, r). Si x ∈ U ∩ V , alors d(x, a) < r et d(x, b) < r.
En sommant les deux inégalités, on obtient
d(a, b)
d(a, b) ≤ d(x, a) + d(x, b) < 2r =
5
ce qui est impossible. On en déduit donc que U ∩ V = ∅.
II Fermés
Définition II.1.
Exemples
→ Si a ≤ b, alors [a, b] est un fermé.
→ Pour tout (b, r) ∈ X × R+ , Bf (b, r) est fermé.
En effet, si on prend a ∈ X \ Bf (b, r), on peut considérer ε = d(a,b)−r2
> 0 (ε est non nul car
sinon on aurait a ∈ Bf (b, r)). Si x ∈ B(a, ε), alors d(x, b) ≥ d(a, b) − d(x, a) ≥ d(a,b)+r
2
> r donc
B(a, ε) ⊂ X \ Bf (b, r) et alors Bf (b, r) est fermé.
→ Une réunion finie de points est un fermé.
Proposition II.2.
Soit F une partie de X. F est fermée si et seulement si pour toute suite (xn )n∈N à valeurs dans
F , si (xn ) est convergente, alors sa limite est dans F .
2/17
Mathématiques en MP* Omar Bennouna
Preuve
(⇒) Supposons que F soit fermé. Soit (xn )n∈N une suite à valeurs dans F convergente, supposons que la
limite l de (xn ) est dans X \ F . X \ F étant ouvert, il existe ε > 0 tel que B(l, ε) ⊂ X \ F . Or par
construction, il exsite N ∈ N tel que pour tout n ≥ N , d(xn , l) ≤ 2ε et donc xn ∈ B(l, ε) ⊂ X \ F
ce qui est absurde.
(⇐) Réciproquement, supposons que toute suite à valeurs dans F convergente converge dans F . suppo-
sons de plus que F n’est pas fermé, i.e. X \ F n’est pas ouvert. Il existe donc a ∈ X \ F tel que pour
1
tout ε > 0, B(a, ε) ̸∈ X \ F i.e. B(a, ε) ∩ F ̸= ∅. Cette propriété étant vraie pour ε = et tout
n
n ∈ N, on peut définir une suite (xn )n∈N à valeurs dans F qui vérifie pour tout n ∈ N∗ , d(a, xn ) ≤ n1 .
(xn ) est à valeurs dans F et converge vers a qui n’est pas dans a, ce qui est en contradiction avec
les hypothèses.
Proposition II.3.
Preuve : pour montrer ces trois propriétés, il suffit de montrer que les complémentaires de ces ensembles
sont ouverts en utilisant les propriétés vu sur les ouverts au début du chapitre.
Exercice II.4.
Soit (un )n∈N une suite à valeurs dans X. Montrer que l’ensemble des valeurs d’adhérence de
(un ) est fermé.
Exercice II.5.
Exercice II.6.
3/17
Mathématiques en MP* Omar Bennouna
Proposition III.1.
1. Une partie O de A est ouverte pour dA si et seulement si il existe Ω ⊂ X ouvert tel que
O = A ∩ Ω.
2. Une partie F de A est fermée pour dA si et seulement si il existe G ⊂ X fermé tel que
F = A ∩ G.
Preuve
1. (⇐) Soit a ∈ A ∩ Ω. Puisque Ω est ouvert dans X, il existe r > 0 tel que B(a, r) ⊂ Ω. Donc
BdA (a, r) = B(a, r) ∩ A ⊂ Ω ∩ A. O = A ∩ Ω est donc ouvert.
(⇒) Soit a ∈ O. Il exsite ra > 0 tel que BdA (a, ra ) ⊂ O. On a donc
!
[ [ [
O= BdA (a, ra ) = (B(a, ra ) ∩ A) = B(a, r) ∩A
a∈O a∈O a∈O
| {z }
Ω
Ω est une union d’ouverts, donc est un ouvert de X, ce qui nous permet de conclure.
2. Il suffit d’utiliser le résultat précédent en passant au complémentaire.
IV Intérieur
Définition IV.1.
Soit A une partie de X. On dit que le point a ∈ A est intérieur à A lorsqu’il existe ε > 0 tel
que B(a, ε) ⊂ A (i.e. A ∈ V(a)). On note Å ou Int(A) l’ensemble des points intérieurs à A.
Exemples
→ Dans R, Q̊ = ∅ car R \ Q est dense dans R.
→ Dans C, R̊ = ∅.
Proposition IV.2.
Preuve : Si a ∈ Å, alors il exsite ε > 0 tel que B(a, ε) ⊂ A. B(a, ε) est ouvert, donc pour tout b ∈ B(a, ε),
il existe η > 0 tel que B(b, η) ⊂ B(a, ε) ⊂ A. b est donc un élément de Å et alors B(a, ε) ⊂ Å. On peut
donc conclure que Å est ouvert. Le fait que A soit le plus grand ouvert inclus dans A découle du fait que
tout point appartenant à un ouvert inclus dans A est dans Å par définition de l’intérieur de A.
4/17
Mathématiques en MP* Omar Bennouna
Exercice IV.3.
Soient A et B deux parties de X. Dans chaque cas, comparer les deux ensembles.
1. Int(A ∩ B) et Int(A) ∩ Int(B).
2. Int(A ∪ B) et Int(A) ∪ Int(B).
Exercice IV.4.
Soit E un espace vectoriel normé non réduit à {0}. Soit (a, r) ∈ E × R∗+ . Montrer que
Attention : cette propriété n’est pas toujours vraie quand on est pas dans le cadre d’expaces vectoriels
normés. Par exemple, pour X = Z et d la distance induite par la valeur absolue, on a
→ Bf (0, 1) = {−1, 0, 1}
→ B(0, 1) = {0} =
̸ Int(Bf (0, 1)) = {−1, 0, 1}
V Adhérence
Définition V.1.
∀ε > 0, B(b, ε) ∩ A ̸= ∅
Proposition V.2.
Preuve
On a
x ̸∈ A ⇐⇒ ∃ε > 0, B(x, ε) ∩ A = ∅
⇐⇒ ∃ε > 0, B(x, ε) ⊂ X \ A
⇐⇒ x ∈ Int(X \ A)
Ceci montre le point 3 et le point 1 car Int(X \ A) est ouvert. Montrons le deuxième point.
Soit B un fermé contenant A. X \ A contient X \ B qui est ouvert. Int(X \ A) étant le plus grand ouvert
inclus dans X \ A, X \ B ⊂ Int(X \ A) = X \ A et finalement A ⊂ B. A est donc bien le plus petit fermé
contenant A.
5/17
Mathématiques en MP* Omar Bennouna
Proposition V.3.
b ∈ A ⇐⇒ ∃(an ) ∈ AN , an −−−−→ b
n→+∞
Preuve
(⇐) Soit ε > 0. Il existe N ∈ N tel que pour tout n ≥ N , d(an , b) < 2ε . (an ) est à valeurs dans A donc
B(b, ε) ∩ A ̸= ∅, donc b ∈ A.
(⇒) Soit b ∈ A. On va construire la suite (an ) par récurrence. On prend a0 égal à n’importe quel élément
1
de X. Soit n ∈ N. Supposons a0 , . . . , an bien définis. b étant adhérent à A, on a B(b, n+1 ) ∩ A ̸= ∅. On
1
peut donc prendre an+1 ∈ B(b, n+1 ) ∩ A. On a alors par construction,
1
∀n ∈ N∗ , d(an , b) ≤ et (an ) ∈ AN
n
et alors an −−−−→ b.
n→+∞
Corollaire V.4.
Exercice V.5.
˚ ˚ ˚
Trouver un ensemble A ⊂ R tel que A, A, Å, Å, A, A et Å soient deux à deux distincts.
Exercice V.6.
B(a, r) = Bf (a, r)
Exercice V.7.
6/17
Mathématiques en MP* Omar Bennouna
Exercice V.8.
VI Densité
Définition VI.1.
Soient A et B deux parties de X. On dit que B est dense dans A lorsque A ⊂ B. De même,
on dit que B est partout dense dans X lorsque B = X.
Exemples
→ Q et R \ Q sont denses dans R.
→ Pour tout n ∈ N, Qn est dense dans Rn pour les normes usuelles (∥.∥1 , ∥.∥2 , ∥.∥∞ , . . . ).
Proposition VI.2.
Remarque : Ces caractérisations de la densité sont quelques fois plus commode à utiliser en exercice.
Proposition VI.3.
Exemple : si E est un espace vectoriel normé et F est un sous espace stricte de E (i.e. F ̸= E), alors
E \ F est dense dans E.
x
Montrons ce résultat. Soit x ̸∈ F et a ∈ F . Soit ε > 0. On a a + ε 2∥x∥ ∈ F \ E (car sinon, on aurait
x x
a + ε 2∥x∥ − a ∈ F , i.e. x ∈ F ). De plus a + ε 2∥x∥ ∈ B(a, ε) et alors B(a, ε) ∩ (E \ F ) ̸= ∅.
On a montré que F ⊂ F \ E. On a aussi E \ F ⊂ F \ E. On en déduit donc que E \ F = E, i.e. E \ F
est dense dans E.
Remarque : le résultat montré ci dessus peut être aussi formulé de la manière suivante :
ou encore :
Si F est un sous espace stricte d’un espace vectoriel normé E, alors F est d’intérieur vide
Cette propriété se voit facilement en dimension 3 par exemple. Un sous espace stricte de R3 est soit un
plan, soit une droite, ou alors un point qui dans tous les cas sont d’intérieur vide.
7/17
Mathématiques en MP* Omar Bennouna
Conséquence : Si H est un hyperplan de E, alors soit H est fermé soit H est dense dans E.
En effet, on a H ⊂ H ⊂ E donc soit H = H, i.e. H est fermé, soit H = E, i.e. H est dense dans E.
Exemple : l’hyperplan H = {f ∈ C([0, 1], R), f (0) = 0} n’est pas fermé pour la distance induite par ∥.∥1
car il est dense dans C([0, 1], R).
En effet, si f ∈ C([0, 1], R), on considère g ∈ H la fonction définie par
x f (ε) si x ∈ [0, ε[
g(x) = ε
f (x) si x ∈ [ε, 1]
Pour montrer que cet exemple est naturel, voici un dessin de la courbe de g à droite et celle de f à gauche
ε
f (ε)
1 1
donc quitte à remplacer ε par 4∥fε∥ , on peut dire que g ∈ B(f, ε) et donc H est dense dans C([0, 1], R)
∞
pour la distance induite par ∥.∥1 .
Exercice VI.4.
Définition VI.5.
Exercice VI.6.
Montrer que X est séparable si et seulement si il existe une famillé dénombrable d’ouverts
[
(Ωi )i∈I telle que pour tout ouvert O de X ∃J ⊂ I, O = Ωj .
j∈J
8/17
Mathématiques en MP* Omar Bennouna
Définition VI.7.
Notation : On note Aaci l’ensemble des points d’accumulation de A qui sont dans A.
Proposition VI.8.
Preuve
1. En regardant les définitions d’un point isolé et d’un point d’accumulation, on peut aisément re-
marquer que le fait qu’un point soit isolé est exactement la négation du fait qu’un point soit
d’accumulation, donc naturellement, un point a de A est soit d’accumulation, soit isolé, d’où le fait
que Aaci ∪ Ai = A.
2. (⇒) Supposons que a ∈ Aac . Supposons de plus que ∃ε > 0, B(a, ε) ∩ A est fini. On pose donc
(B(a, ε) \ {a}) ∩ A = {x1 , . . . , xp } avec p ∈ N∗ . En posant ε̃ = min{d(a, xi ), i ∈ J1; pK}, il est facile
de remarquer que (B(a, 2ε̃ ) \ {a}) ∩ A = ∅, ce qui est en contradiction avec le fait que a soit un
point d’accumulation.
(⇐) Si pour tout ε > 0 B(a, ε) ∩ A est infini, alors d’une manière évidente (B(a, ε) ∩ A) \ {a} =
(B(a, ε) \ {a}) ∩ A est non vide, donc a est un point d’accumulation.
3. (⇒) Supposons que a ∈ Aac , i.e. ∀ε > 0, B(a, ε) ∩ A est infini.
Construisons une suite (xn ) qui vérifie la propriété voulue par récurrence. On définit x0 comme un
point pris au hasard dans A différent de a.
Soit n ∈ N, supposons que xn est bien défini. On prend alors xn+1 dans B(a, 12 min( n+2 1
, d(a, xn )))∩A
(c’est possible car cet ensemble est non vide). Par construction (xn ) est injective et pour tout n ∈ N∗
1
d(xn , a) ≤ n+1 et donc xn −−−−→ a, d’où le résultat voulu.
n→+∞
(⇐) Supposons l’existence d’une telle suite qu’on note (xn ). Soit ε > 0. Supposons que B(a, ε) ∩ A
est fini. Il existe alors p ∈ N∗ tel que (B(a, ε) \ {a}) = {x1 , . . . , xp }. En posant ε̃ = min{d(a, xi ), i ∈
J1; pK}, il est facile de remarquer que (B(a, 2ε̃ ) \ {a}) ∩ A = ∅, ce qui est absurde car pour n assez
grand, xn est dans (B(a, 2ε̃ ) \ {a}) ∩ A.
Proposition VI.9.
9/17
Mathématiques en MP* Omar Bennouna
ε
2
1
−1
10/17
Mathématiques en MP* Omar Bennouna
On a alors
Z 1
∥f − g∥1 = |f (x) − g(x)| dx
0
ε
Z
4x 2
= −2
0 ε
" #ε
2x2 2
= 2x −
ε 0
ε
=
2
donc g ∈ B(f, ε) mais g ̸∈ O. On en déduit que O n’est pas ouvert pour la distance induite
par ∥.∥1 .
2. Etudions F = {f ∈ E, ∀x ∈ [0, 1], f (x) ≥ 0}.
(a) F est fermé pour la distance induite par ∥.∥∞ .
Pour montrer cela, on va montrer que E \ F = {f ∈ E, ∃x [0, 1], f (x) < 0} est ouvert.
Soit f ∈ E\F . Soit a ∈ [0, 1] tel que f (a) < 0. On pose ε = |f (a)|
2
. Montrons que B(f, ε) ⊂ E\F .
soit g ∈ B(f, ε), on a
∥g − f ∥∞ < ε
et donc
g(a) ≤ f (a) + ε < 0
on a alors g ∈ B(f, ε) et donc B(f, ε) ⊂ E \ F . On en déduit finalement que E \ F est ouvert,
i.e. F est fermé pour la distance induite par ∥.∥∞ .
(b) F est fermé pour la distance induite par ∥.∥1 .
On va procéder de la même manière qu’avant. Soit f ∈ E \ F . Soit a ∈ [0, 1] tel que f (a) < 0.
Par continuité de f , il exsite η > 0 tel que pour tout x ∈ [a − η, a + η], f (x) < f (a)
2
. Donc pour
tout g ∈ F ,
Z 1
∥f − g∥1 = |f (x) − g(x)| dx
0
Z a+η
≥ g(x) − f (x)dx
a−η
Z a+η
≥− f (x)dx
a−η
≥ −ηf (a)
En prenant donc ε = −ηf (a), on a B(f, ε) ⊂ E \ F et donc E \ F est ouvert, i.e. F est fermé
pour la distance induite par ∥.∥1 .
Pour comprendre un peu ce qui se passe, considérons le cas où f est décrite par la courbe
ci-dessous :
1
S
f (a)
La distance en norme 1 entre f et une fonction partout positive ou nulle va être au moins égale
à la surface S hachurée sur la figure. Ici, on a minoré cette surface par −ηf (a) ce qui nous a
permi de trouver une boule incluse dans E \ F de centre f .
11/17
Mathématiques en MP* Omar Bennouna
x−a
∥a − u∥ = a − x + ε
∥x − a∥
!
ε
= ∥x − a∥ 1 +
2 ∥x − a∥
ε
= ∥x − a∥ +
2
ε
=r+ >r
2
Ce qui est en contradiction avec le fait que B(x, ε) ⊂ Bf (a, r). Donc finalement on a Int(Bf (a, r)) =
B(a, r). Pour comprendre l’intuition derrière le choix de u, jetons un coup d’oeil au dessin ci-dessous.
u
x B(x, 2ε )
x−a
a
B(a, r)
On souhaite sortir de la boule B(a, r), donc à partir de x, on va se déplacer vers la direction opposée
x−a
à l’origine, d’où la présence du vecteur directeur unitaire ∥x−a∥ , mais on veut rester dans B(x, ε), on va
ε
donc multiplier ce vecteur "déplacement" par 2 .
12/17
Mathématiques en MP* Omar Bennouna
a−x
∥a − u∥ = a − x − ε
2 ∥a − x∥
!
ε
= ∥a − x∥ 1 −
2 ∥a − x∥
ε
= ∥a − x∥ −
2
ε
=r− <r
2
On suppose bien sûr ici que ε est suffisemment petit pour que r − 2ε soit positif. On a donc u ∈ B(a, r)
et de même on a ∥x − u∥ = 2ε , donc u ∈ B(x, ε) ce qui montre enfin que Bf (a, r) ⊂ B(a, r) et finalement
que Bf (a, r) = B(a, r).
Pour faire le lien avec l’exercice 5, regardons le dessin suivant.
x B(x, 2ε )
u
x−a
a
Bf (a, r)
Ici, aulieu de partir dans la direction du vecteur x − a, on a va vers la direction opposée puisqu’on veut
rester dans la boule B(a, r). Mais on veut aussi être dans la boule B(x, ε), on multiplie alors pour cela le
a−x
vecteur directeur ∥a−x∥ par 2ε .
xn −−−−→ x et yn −−−−→ y
n→+∞ n→+∞
Soit λ ∈ [0, 1], on a λxn + (1 − λ)yn −−−−→ λx + (1 − λ)y, donc λx + (1 − λ)y ∈ C et finalement
n→+∞
C est convexe.
→ Convexité de C̊
Soit x, y ∈ C̊. On dispose de ε > 0 tel que B(x, ε) ⊂ C et B(y, ε) ⊂ C (quitte à prendre le
13/17
Mathématiques en MP* Omar Bennouna
minimum des rayons des deux boules). Soit λ ∈ [0, 1], montrons que z = λx + (1 − λ)y ∈ C̊.
Pour cela, regardons d’abord le dessin suivant.
u w
x z y
Le dessin ci-dessus suggère de montrer que B(z, ε) ⊂ C. Soit w ∈ B(z, ε). Posons u = w − z,
on a alors w = z + u = λ(x + u) + (1 − λ)(y + u), et
∥x + u − x∥ = ∥w − z∥ < ε et ∥y + u − y∥ = ∥w − z∥ < ε
B(a, ε)
B(c, λε)
u w
a c b
Le rayon de la boule du milieu peut être trouvé en utilisant des théorèmes de géométrie
élémentaire (Thalès par exemple). Ce dessin suggère de montrer que B(c, λε) ⊂ C.
Soit w ∈ B(c, λε), on pose u = w − c. On a alors w = c + u = λ(a + λu ) + (1 − λ)b. Or
u w−c
a+ −a = <ε
λ λ
donc a + λu ∈ B(a, ε) ⊂ C et b ∈ C et w est combinaison convexe de a + u
λ
et b, donc par
convexité de C, w ∈ C et alors B(c, λε) ⊂ C et finalement [a, b[⊂ C̊.
14/17
Mathématiques en MP* Omar Bennouna
∥w − cn ∥ = ∥w − c + c − cn ∥
≤ ∥w − c∥ + ∥c − cn ∥ −−−−→ ∥w − c∥ < λε
n→+∞
on peut alors affirmer l’existence de N ∈ N tel que pour tout n ≥ N , ∥w − cn ∥ < λε et donc
w ∈ B(cn , λε) ⊂ C. Ceci nous permet de dire que B(c, λε) ⊂ C et que c ∈ C̊. Finalement on
conclut que [a, b[⊂ C̊.
L’intuition derrière le passage au cas où b ∈ C était de prendre n assez grand pour que la boule
B(cn , λε) ⊂ C soit quasi-confondue avec B(c, λε) pour dire que tous les points de B(c, λε) sont
dans C.
→ Pour ∥.∥∞
On pose O = {f ∈ E, ∀x ∈ E, f (x) > 0}. On a d’après l’exercice 3, O est ouvert et O ⊂ F ,
donc O ⊂ F̊ . Il reste donc à voir si (F \ O) ∩ F̊ = ∅.
Soit f ∈ F \O et soit ε > 0. Le fait que f ∈ F \O implique ∃a ∈ [0, 1], f (a) = 0. En considérant
g = f − 2ε , on peut voir immédiatement que g ̸∈ F (car g(a) = − 2ε < 0) et g ∈ B(f, ε). Donc
f ̸∈ F̊ et finalement F̊ = O.
→ Pour ∥.∥1
Soit f ∈ F . On considère la suite de fonctions (gn )n∈N définie sur [0, 1] pour tout n ∈ N par
x
2−n
(f (2−n ) + 1) − 1 si x ∈ [0, 2−n [
g(x) =
f (x) si x ∈ [2−n , 1]
Voici un dessin d’un terme de cette suite de fonctions à droite et de la courbe de f à gauche.
2−n
f (2−n )
1 1
−1 −1
Bien sûr, pour tout n ∈ N, gn est bien une fonction continue sur [0, 1]. Il s’agit de la même idée
que la question 1 de l’exercice 3 où on a montré que O n’est pas ouvert, sauf que la fonction
considérée est f aulieu d’une fonction qui est indentiquement égale à 1 à laquelle on a ajouté
une petite perturbation au voisinage de 0, qui fait sortir gn de F sans trop s’éloigner de f . On
15/17
Mathématiques en MP* Omar Bennouna
a pour tout n ∈ N, gn (0) = −1, donc (gn ) est valeurs dans E \ F . De plus, on a
Z 1
∥f − gn ∥1 = |f (x) − gn (x)| dx
0
Z 2−n
= |f (x) − gn (x)| dx
0
−n
≤ 2 (∥f ∥∞ + ∥gn ∥∞ )
= 2−n (∥f ∥∞ + max{1, f (2−n )})
≤ 2−n (∥f ∥∞ + max{1, ∥f ∥∞ }) −−−−→ 0
n→+∞
b − c = |b − a + a − c|
a
≤ |b − a| + |a − c| ≤
2
or b − c ∈ A, donc on a
a
a<b−c≤
2
ce qui est absurde, donc a ∈ G.
→ Montrons ensuite que G = aZ.
Par stabilité par addition et soustraction, on a évidemment aZ ⊂ G.
Supposons que G ̸= aZ. On dispose donc de x ∈ G \ aZ. Quitte à passer à l’opposé, on suppose
que x > 0. On a alors
x x x
0<x− a=a − <a
a a a
j k j k
x x
Donc x − a
a ∈ A et x − a
a < a ce qui est absurde. On en déduit donc que G = aZ.
4. Commencons par remarquer que par parité du cos, {cos(n), n ∈ N} = {cos(n), n ∈ Z}.
→ Montrons d’abord que G = Z + 2πZ est dense dans R.
G est un sous groupe additif de R. Supposons qu’il existe a ∈ R∗ tel que G = aZ. Il existe
alors n, m ∈ Z∗ tel que 1 = an et 2π = am, donc, 2π 1
an
= am n
, i.e. π = 2m ce qui implique que π
est rationnel, absurde. Donc d’après les questions précédentes, G est dense dans R.
16/17
Mathématiques en MP* Omar Bennouna
* *
*
Document compilé par Omar Bennouna et révisé par Issam Tauil le 22/11/2021 pour
[Link].
Si vous repérez une erreur, ou avez des remarques, prière de me contacter via l’adresse
contact@[Link].
17/17
Mathématiques en MP* d’après un cours au lycée Louis-le-Grand
chapitre 11.3
Limites et continuité
Dans tout ce chapitre, on considère X et Y deux espaces metriques respectivement munis des distances
d et δ, A une partie de X, a ∈ A et f une fonction de A dans Y .
I Limites
Définition I.1.
On dit que f admet une limite en a selon A lorsqu’il exsite l ∈ Y tel que
Remarques
→ une formulation équivalente à la définition ci-dessous est la suivante.
f admet une limite en a selon A s’il existe l ∈ Y tel que
∀V ∈ V(l), f −1 (V ) ∩ A ∈ {U ∩ A, U ∈ V(a)}
Proposition I.2.
Preuve
1. Soit l, l′ ∈ Y telles que f tends vers l et l′ en a selon [Link] que l ̸= l′ . Appliquons la définition
′)
de limite avec ε = δ(l,l
10
. Il existe η, η ′ > 0 tel que
δ(l,l′ )
→ ∀x ∈ A, d(a, x) < η =⇒ δ(f (x), l) < 10
δ(l,l′ )
→ ∀x ∈ A, d(a, x) < η ′ =⇒ δ(f (x), l′ ) < 10
On a alors pour tout x ∈ A tel que d(x, a) < min(η, η ′ )
δ(l, l′ )
δ(l, l′ ) < δ(f (x), l) + δ(f (x), l′ ) <
5
ce qui est absurde et finalement l = l′ .
2. Si a admet une limite en a selon A, alors ∀ε > 0, ∃η > 0, ∀x ∈ A, d(x, a) < η =⇒ δ(f (x), l) < ε.
Or pour tout η > 0, d(a, a) = 0 < η, donc pour tout ε > 0, d(f (a), l) < ε ce qui donne directement
que d(f (a), l) = 0 et finalement f (a) = l.
3. Il suffit d’appliquer la définition avec ε = 1. En effet, il existe η > 0 tel que pour tout x ∈ A,
d(x, a) < η =⇒ δ(f (x), l) < 1. Ceci implique que f (A ∩ B(a, η)) ⊂ B(l, 1) qui est borné. B(a, η)
est un voisinage de a, donc f est bien bornée au voisinage de a dans A.
1/18
Mathématiques en MP* d’après un cours au lycée Louis-le-Grand
Proposition I.3.
Preuve
(1) ⇒ (2) Soit (xn ) ∈ AN tel que xn −−−−→ a.
n→+∞
Soit ε > 0. Il existe η > 0 tel que ∀x ∈ B(a, η) ∩ A, δ(f (x), l) < ε.
(xn ) converge vers a, il existe donc N ∈ N tel que ∀n ≥ N , d(xn , a) < η et alors δ(f (xn ), l) < ε.
On en déduit donc que (f (xn )) converge vers l.
(2) ⇒ (1)
→ Montrons tout d’abord que toutes les suites de la forme (f (xn )) avec (xn ) une suite à valeurs dans
A convergeant vers a convergent vers une même limite l.
Soit (xn ) et (yn ) deux suites à valeurs dans A convergeant versa. A partir de ces deux suites, on
z = x
2n n
construit la suite (zn ) définie de la manière suivante : ∀n ∈ N,
z2n+1 = yn
On a alors bien évidemment zn −−−−→ a et alors par hypothèse f (zn ) converge vers une limite
n→+∞
qu’on notera l. En considèrant les deux suites extraites (f (z2n+1 )) = (f (yn )) et (f (z2n )) = (f (xn )),
on en déduit immédiatement que (f (xn )) et (f (yn )) admettent la même limite que (f (zn )).
→ Il reste à montrer maintenant que la limite de f en a selon A est bien l.
Supposons que f ne converge pas vers l, i.e.
2/18
Mathématiques en MP* d’après un cours au lycée Louis-le-Grand
∀W ∈ V(l), ∃U ∈ V(a), g ◦ f (U ∩ A) ⊂ W
→ g ◦ f (un ) −−−−→ 1.
n→+∞
→ g ◦ f (vn ) −−−−→ 0.
n→+∞
On en déduit donc que g ◦ f n’admet pas de limite en 0.
Exercice I.5.
Exercice I.6.
3/18
Mathématiques en MP* d’après un cours au lycée Louis-le-Grand
II Continuité
Dans cette partie, on considère que l’ensemble de départ de f est X et que a ∈ X. Nous nous allons
donc dire "f admet une limite l en a" aulieu de "f admet une limite l en a selon X" lorsqu’il n’y a pas
ambigüité.
1. Continuité locale
Proposition II.1.
Preuve
(1) ⇒ (2) Si f admet une limite en a selon X, alors nécessairement, d’après ce qui précéde, puisque
a ∈ X, cette limite est égale à f (a). Le point (2) est tout simplement l’application de la définition de
limite pour l = f (a).
(2) ⇒ (3) soit ε > 0. On considère le voisinage de f (a), B(f (a), ε). Par hypothèse, il existe U ∈ V(a)
tel que f (U ) ⊂ B(f (a), ε). U étant un voisinage de a, il existe η > 0 tel que B(a, η) ⊂ U . et alors on a
f (B(a, η)) ⊂ U . En résumé,
i.e.
∀ε > 0, ∃η > 0, d(x, a) < η =⇒ δ(f (x), a) < ε
(3) ⇒ (1) Il s’agit tout simplement de l’une des formulations du fait que f admet une limite f (a) en a
selon X.
Proposition II.2.
Remarques
La composition de deux fonctions continues est continue.
lorsque Y est un espace vectoriel normé muni d’une norme ∥.∥ et δ la distance induite par ∥.∥, alors les
opérations conservent la continuité :
→ Lorsque ∥.∥ est une norme d’algèbre, le produit de deux fonctions continues est cotninu.
4/18
Mathématiques en MP* d’après un cours au lycée Louis-le-Grand
Exercice II.3.
Soit a, b deux réels tels que a < b. On dit qu’une fonction f : [a, b] −→ R est réglée lorsque
f admet une limite à droite et à gauche en tout point de [a, b]. Par exemple, les fonctions
monotones sont réglées.
Supposons que f soit réglée. Montrer que l’ensemble des points de discontinuité de f est
dénombrable.
2. Continuité globale
Commencons par énoncer un résultat qui sera utile par la suite.
Lemme II.4.
Preuve
(1) ⇒ (2) Si f est continue en a, alors par définition
et donc
∀V ∈ V(f (a)), ∃U ∈ V(a), f −1 (f (U )) ⊂ f −1 (V )
or U ⊂ f −1 (f (U )) ⊂ f −1 (V ) et finalement pour tout V ∈ V(f (a)), on a f −1 (V ) ∈ V(a) car contient U
un voisinage de a.
(2) ⇒ (1) Soit V ∈ V(f (a)), posons U = f −1 (V ) ∈ V(a). On a f (U ) = f (f −1 (V )) ⊂ V , d’où la continuité
de f en a.
Proposition II.5.
Preuve
(1) ⇒ (2) Soit Ω un ouvert de Y et x ∈ f −1 (Ω). Ω est un ouvert contenant f (x), donc Ω ∈ V(f (x)), alors
par continuité de f et le lemme précédent, f −1 (Ω) ∈ V(x). Il existe alors ε > 0 tel que B(x, ε) ⊂ f −1 (Ω)
et finalement f −1 (Ω) est ouvert.
(2) ⇒ (1) Soit ε > 0 et b ∈ X. Posons Ω = B(f (b), ε). Par hypothèse, f −1 (Ω) est ouvert et donc il existe
η > 0 tel que B(b, ε) ⊂ f −1 (Ω), i.e. f (B(b, η)) ⊂ B(f (a), ε), ce qui donne directement la continuité de f
en b, donc en tout point de X.
(2) ⇒ (3) Soit F un fermé de Y . Y \ F est ouvert de Y , donc f −1 (Y \ F ) = X \ f −1 (F ) est ouvert et
finalement f −1 (F ) est fermé.
(3) ⇒ (2) Le sens réciproque peut être fait de la même manière et est laissé comme exercice au lecteur.
5/18
Mathématiques en MP* d’après un cours au lycée Louis-le-Grand
Applications
→ Si f est une fonction continue de X dans Y , alors pour tout b ∈ Y , f −1 ({b}) est fermé car {b} est
fermé.
→ Si de plus Y = R, alors {x ∈ X, f (x) < 0} est ouvert car est égal à f −1 (] − ∞, 0[) et ] − ∞, 0[ est
ouvert.
→ Si Y est un espace vectoriel normé et g une fonction continue de X dans Y , alors l’ensemble où f
coincide avec g est un fermé car il est égal à
Soit f une fonction de X dans Y . Montrer que les propositions suivantes sont équivalentes.
1. f est continue en tout point de X.
2. Pour toute partie A de X, f (A) ⊂ f (A).
Exercice II.7.
Soit f : (R, +) −→ (R, +) un morphisme de groupe. Montrer que les propriétés suivantes sont
équivalentes.
1. f est continue.
2. ∃λ ∈ R, ∀x ∈ R, f (x) = λx
3. f est continue en un point.
4. f est continue en 0.
5. f est bornée au voisinage de 0.
Exercice II.8.
Exercice II.9.
6/18
Mathématiques en MP* d’après un cours au lycée Louis-le-Grand
3. Homéomorphismes
Définition II.10.
Exemples
−→ EE
→ Soit E un K−espace vectoriel normé et (λ, a) ∈ K∗ × E. L’application hλ,a : est
7 → λx + a
x−
un homéomorphisme.
Proposition II.11.
Attention : cette propriété n’est plus vraie lorsque I et J ne sont pas des intervalles. En effet, si on
x si 0 ≤ x < 1
considère la fonction de [0, 1[∪[2, 3] dans [0, 2] f : x 7−→ , cette fonction est continue
x − 1 si 2 ≤ x ≤ 3
bijective mais sa bijection réciproque n’est pas continue.
Courbe de f Courbe de f −1
2 2
1 1
1 2 3 1 2
Proposition II.12.
7/18
Mathématiques en MP* d’après un cours au lycée Louis-le-Grand
4. Applications lipschitziennes
Définition II.13.
Soit f une application de X dans Y . On dit que f est lipschitzienne ou k−lipschitzienne s’il
existe k ∈ R+ tel que
∀(x, y) ∈ X 2 , δ(f (x), f (y)) ≤ kd(x, y)
Exemples
→ Soit E un espace vectoriel normé muni d’une norme ∥.∥. l’application x 7−→ ∥x∥ est 1−lipschitzienne.
En effet, pour tout x, y ∈ E, on a
|∥x∥ − ∥y∥| ≤ ∥x − y∥
Exercice II.14.
Soit I un intervalle de R et f ∈ C 1 (I, C). Montrer que les deux propriétés suivantes sont
équivalentes.
1. f est lipschitzienne.
2. f ′ est bornée.
Exercice II.15.
Exercice II.16.
8/18
Mathématiques en MP* d’après un cours au lycée Louis-le-Grand
Exercice II.17.
5. Uniforme continuité
Définition II.18.
Soit f une application de X dans Y . On dit que f est uniformément continue lorsque
Exemples
→ Si f ∈ C([a, b], C), alors f est uniformément continue d’après le théorème de Heine.
→ Si f est une application de X dans Y k−lipschitzienne, alors f est uniformément continue. LaPreuve
de ce résultat est laissée comme exercice au lecteur.
Attention : il n’y a pas de réciproque pour le point précédent. Une fonction uniformément continue n’est
pas nécessairement lipschitzienne. √
En effet, il suffit de considérer la fonction de [0, 1] dans [0, 1] f : x 7−→ x. C’est une fonction continue
sur un segment, donc elle est uniformément continue d’après le théorème de Heine.
Supposons que f est lipschitzienne. On dispose alors de k ≥ 0 tel que pour tout x ∈]0, 1],
f (x) − f (0)
≤k
x−0
i.e.
1
√ ≤k
x
ce qui est absurde.
Théorème (Heine) II.19.
Supposons donc cette proposition vérifiée. On dispose alors de deux suites (xn )n∈N et (yn )n∈N telles que
pour tout n ∈ N, |xn − yn | ≤ n1 (∗) et |f (xn ) − f (yn )| ≥ ε. (xn ) et (yn ) étant à valeurs dans un fermé
borné de R, le théorème de Bolzano-Weierstrass nous permet d’affirmer l’existence d’une extractice φ
telle que (xφ(n) ) converge. De même, on dispose d’une extractrice ψ telle que (yφ◦ψ(n) ) soit convergente.
L’inégalité (∗) impose que (xφ◦ψ(n) ) et (yφ◦ψ(n) ) admettent la même limite qu’on note l.
On a alors
f (xφ◦ψ(n) ) − f (yφ◦ψ(n) ) −−−−→ |f (l) − f (l)| = 0
n→+∞
9/18
Mathématiques en MP* d’après un cours au lycée Louis-le-Grand
mais pour tout n ∈ N, f (xφ◦ψ(n) − f (yφ◦ψ(n) ) ≥ ε > 0, ce qui absurde, d’où l’uniforme continuité de f
sur [a, b].
Exercice II.20.
Exercice II.21.
Attention : une application continue bornée n’est pas nécessairement uniformément continue.
En effet, considérons la fonction de ]0, 1] dans [−1, 1], f : x 7−→ cos( x1 ).
−1
Cette fonction est C ∞ sur ]0, 1], mais elle n’est pas uniformément continue. Montrons le.
Enoncons tout d’abord la négation de l’uniforme continuité.
1 1
|xn − yn | = − −−−−→ 0
2nπ (2n + 1)π n→+∞
10/18
Mathématiques en MP* d’après un cours au lycée Louis-le-Grand
−1
√
on peut prouver de la même manière la non uniforme continuité en prenant les suites (xn )n∈N = 2nπ
q n∈N
et (yn )n∈N = (2n + 1
2
)π .
Ici encore, on voit que la fonction oscille très vite au voisinage de +∞ ce
n∈N
qui empêche la fonction d’être uniformément continue.
Exercice II.23.
Soit E = {f ∈ C(R, C), f (x) −−−−→ 0}. Montrer que toute fonction de E est uniformément
x→±∞
continue.
11/18
Mathématiques en MP* d’après un cours au lycée Louis-le-Grand
f ( 2xk ) − f ( 2k+1
x
)
x −l <ε
2k
i.e.
f ( 2xk ) − f ( 2k+1
x
) l ε
− k < k
x 2 2
En sommant toutes ces inégalités pour k ∈ J0; n − 1K et utilisant l’inégalité triangulaire, on obtient que
pour tout n ∈ N et x ∈ B(0, η),
f (x) − f ( 2xn ) X 1
n−1 X f ( k+1
n−1
2
x
) − f ( 2xk ) l X 1
n−1
−l ≤ − < ε
k=0 2 2 k=0 2
x k x k k
k=0
f (x) − f (0)
− 2l ≤ 2ε
x
L − ε ≤ f (x + 1) − f (x) ≤ L + ε
Posons pour tout x, n(x) l’unique entier vérifiant A ≤ x − n(x) < A + 1. On a alors
et on a x − n(x) est toujours dans [A, A + 1] où f est bornée car continue, donc
12/18
Mathématiques en MP* d’après un cours au lycée Louis-le-Grand
f (x − n(x)) n(x)
≤ ε et L − 2ε ≤ (L + ε) ≤ L + 2ε
x x
f (x)
−−−−→ L
x x→+∞
On va montrer que pour tout p ∈ N∗ , Ap et Bp sont finis. Une fois cela fait, on peut facilement conclure car
on aura montré que A et B sont union dénombrable d’ensembles finis et donc qu’ils sont dénombrables.
Supposons par l’absurde qu’il existe p ∈ N∗ tel que Ap est infini. Ap est infini borné en dimension finie,
il possède donc un point d’accumulation qu’on note x. On dispose alors d’une suite (xn )n∈N injective à
valeurs dans A qui converge vers x. Quitte à extraire de la suite (xn ) on suppose sans perte de généralité
qu’elle est croissante.
→ Soit η1 > 0 tel que pour tout α ∈]x − η1 , x[, |f (α) − f (x− )| < 4p
1
→ Soit n ∈ N tel que xn ∈]x − η1 , x[. On suppose aussi sans perte de généralité que x ̸= a.
→ Soit η2 > 0 tel que pour tout α ∈]xn − η2 , xn [, |f (α) − f (x−
n )| < 4p
1
→ Soit η3 > 0 tel que pour tout α ∈]xn , xn + η3 [, |f (x+ n ) − f (α)| < 4p
1
yn zn
xn x
η2 η3
On a
1 1 1 1
> − − =
p 4p 4p 2p
13/18
Mathématiques en MP* d’après un cours au lycée Louis-le-Grand
et
1 1 1
|f (yn ) − f (zn )| ≤ f (yn ) − f (x− ) + f (zn ) − f (x− ) < + =
4p 4p 2p
ce qui est absurde.
On va procéder de la même manière pour les ensembles Bp . Supposons par l’absurde qu’il existe p ∈ N∗
tel que Bp est infini. Bp est infini borné en dimension finie, il admet donc un point d’accumulation qu’on
note x. On dispose alors d’une suite (xn )n∈N injective à valeurs dans Bp qu’on suppose sans perte de
généralité, quitte à extraire, croissante.
→ Soit η1 > 0 tel que pour tout α ∈]x − η1 , x[, |f (α) − f (x− )| < 1
4p
Quitte à remplacer η2 par min(|xn − x| , |xn − x + η| , η2 ), on suppose que ]xn −η2 , xn +η2 [⊂]x−η1 , x[.
→ Soit yn ∈]xn − η2 , xn + η2 [.
On a alors
1
f (xn ) − f (x− ) <
4p
et
1 1 1 1
> − − =
p 2p 4p 4p
ce qui est absurde. On a donc bien obtenu le résultat voulu.
L’intuition derrière le fait que Ap et Bp soient finis est que lorsqu’on se rapproche par exemple par la
gauche d’un point x où f admet une limite à gauche, on ne peut pas rencontrer un nombre infini de
points de discontinuité de taille p1 car sinon la fonction fera des pas trop grands pour tendre vers f (x− )
à gauche de x.
Remarque : ici, x n’est pas nécessairement dans A. On a juste eu besoin du fait que f admet une limite
à gauche de x.
14/18
Mathématiques en MP* d’après un cours au lycée Louis-le-Grand
(2) ⇒ (3) Le résultat est évident car toutes les homothéties de R sont continues.
(3) ⇒ (4) idem.
(4) ⇒ (5) Il suffit d’appliquer la définition de la continuité en 0 avec ε = 1.
(5) ⇒ (1) Soit α > 0 tel que f est bornée sur [−α, α] et posons M = sup |f (x)|. Soit ε > 0. On
x∈[−α,α]
considère n ∈ N tel que
∗ M
n
< ε. On a alors
α α 1 M M
f − , = f ([−α, α]) ⊂ − , ⊂ [−ε, ε]
n n n n n
ce qui nous donne la continuité de f en 0. La continuité de f en tout point x ∈ R vient du fait que
par continuité de f en 0.
f (x) − f (a)
k≥ −−→ |f ′ (a)|
x−a x→a
de même, on a pour tout a ∈ A, d(x, A) ≤ d(x, a) ≤ d(y, a) + d(x, y) et alors en passant à la borne
15/18
Mathématiques en MP* d’après un cours au lycée Louis-le-Grand
i.e.
|d(x, A) − d(y, A)| ≤ d(x, y)
X −→ R
3. Considèrons l’application f :
x 7−→ d(x, B) − d(x, A)
→ Si x ∈ A, on a x ̸∈ B = B, et alors f (x) = d(x, B) > 0. On alors A ⊂ {x ∈ X, f (x) > 0} =
f −1 (R∗+ ) = U
→ Si x ∈ B, on a x ̸∈ A = A, et alors f (x) = −d(x, A) < 0. On alors B ⊂ {x ∈ X, f (x) < 0} =
f −1 (R∗− ) = V
U et V sont les images réciproques des ouverts R∗+ et R∗− par une fonction continue (car lipschit-
zienne) et donc sont ouverts. De plus on a U ∩ V = ∅, on a alors bien obtenu le résultat voulu.
fi (x) − fi (a) ≤ k |x − a|
et alors
fi (x) ≤ k |x − a| + M
ce qui montre bien que f est définie.
Montrons ensuite que f est k−lipschitzienne. On a pour i ∈ I et x, y ∈ R,
i.e.
fi (y) − k |x − y| ≤ fi (x) ≤ fi (y) + k |x − y|
On peut donc passer à la borne supérieure en i de chaque côté de l’inégalité pour obtenir que
i.e.
|f (x) − f (y)| ≤ k |x − y|
donc la famille (φy (0))y∈X est majorée, et alors d’après l’exercice précédent, h = supy∈X (−φy ) est
bien définie et est k−lipschitzienne et donc de même pour g = −h.
16/18
Mathématiques en MP* d’après un cours au lycée Louis-le-Grand
(xn )n∈N étant convergente et donc de Cauchy, on peut considérer N ∈ N tel que pour tout n, m ≥ N ,
d(xn , xm ) < η.
On alors pour tout n, m > N , |f (xn ) − f (xm )| < ε. (f (xn ))n∈N est donc de Cauchy, i.e. convergente. f
admet donc bien une limite en tout point de A.
p−1 ! !
x x
|f (x)| = |f (x) − f (0)| ≤ f (k + 1)
X
−f k
k=0 p p
∥x∥
Or on a pour tout k ∈ J0; p − 1K, (k + 1) xp − k xp = p
< 1
p
< η et alors
p−1 ! !
x x
|f (x)| ≤ f (k + 1)
X
−f k ≤p
k=0 p p
Soit x, y ∈ R tel que |x − y| < η. Quitte à remplacer η par min(η, T ), on suppose que η ≤ T . On dispose
alors de n ∈ Z tel que x − nT ∈ [−T, 2T ] et y − nT ∈ [−T, 2T ]. On a alors |(x − nT ) − (y − nT )| < η et
donc
|f (x) − f (y)| = |f (x − nT ) − f (y − nT )| < ε
d’où l’uniforme continuité de f .
Remarque : on a choisi de regarder l’uniforme continuité de f dans l’intervalle [−T, 2T ] et non pas [0, T ]
pour éviter le cas pathologique où x se retrouve sur les bords de l’intervalle [0, T ] et y en dehors de cet
intervalle, ce qui nous empêcherait de conclure car on pourra pas utiliser l’uniforme continuité de f sur
[0, T ].
17/18
Mathématiques en MP* d’après un cours au lycée Louis-le-Grand
* *
*
Document compilé par Omar Bennouna et révisé par Issam Tauil le 04/12/2021 pour
[Link].
Si vous repérez une erreur, ou avez des remarques, prière de me contacter via l’adresse
contact@[Link].
18/18
Mathématiques en MP* d’après un cours au lycée Louis-le-Grand
chapitre 11.4
Comparaison de normes et espaces produits
Dans tout ce chapitre, K est un corps égal à R ou C, E est un K−espace vectoriel et n est un entier
naturel strictement positif.
I Comparaison de normes
Définition I.1.
Soient N1 et N2 deux normes sur E. On dit que N1 est plus fine que N2 (ou domine N2 ) s’il
existe C > 0 tel que pour tout x ∈ E, N2 (x) ≤ CN1 (x).
Proposition I.2.
Preuve
Supposons que N1 est plus fine que N2 . soit C > 0 tel que pour tout x ∈ E, N2 (x) ≤ CN1 (x)
1. Soit (xn ) une suite à valeurs dans E qui converge vers l pour N1 . On a alors
On dit que deux normes N1 et N2 sont équivalentes lorsque N1 est plus fine que N2 et N2 est
plus fine que N1 . Dans ce cas, on note N1 ∼ N2 .
1/14
Mathématiques en MP* d’après un cours au lycée Louis-le-Grand
Proposition I.4.
Exemple : dans le cas où E = Kn , les normes ∥.∥∞ , ∥.∥1 et ∥.∥2 sont équivalentes. En effet, on a pour
tout x ∈ E
Proposition I.5.
Lorsque E est de dimension finie, alors toutes les normes sur E sont équivalentes.
Preuve : la preuve de ce résultat sera faite dans une partie ultérieure de ce cours, car nous n’avons pas
encore exposé les outils nécessaires pour le montrer.
Exemple 1 : Dans le cas où E = C([a, b], R) avec a < b, alors ∥.∥2 est plus fine que ∥.∥1 et ∥.∥∞
est plus fine que ∥.∥2 , mais parmi ces trois normes, il n’y en a aucune qui est équivalente à une autre.
√
→ On a pour tout f ∈ C([a, b], R), ∥f ∥1 ≤ b − a ∥f ∥2 ≤ (b − a) ∥f ∥∞ .
→ Les inégalités dans le sens contraire sont toutes fausses en général. En effet, si on considère la suite
de fonctions (fn )n∈N = (x 7−→ xn )n∈N de [0, 1] dans R, alors on a fn −−−−→ 0 pour ∥.∥1 et ∥.∥2 ,
n→+∞
mais ∥fn ∥∞ = 1 pour tout n, donc (fn ) ne tend pas vers 0 pour ∥.∥∞ .
Exemple 2 : On se place dans Z 1
le cas où E = C 1 ([0, 1], R) et on considère la norme ∥.∥ telle que pour
tout f ∈ E, ∥f ∥ = |f (0)| + |f ′ (x)| dx.
0
Ce qui entraine ∥f ∥∞ ≤ ∥f ∥.
→ ∥.∥∞ n’est pas plus fine que ∥.∥.
En effet, si on considère la suite de fonctions (fn )n∈N = (x 7−→ 1
n
sin(nπx)), on trouve
• ∥fn ∥∞ = 1
−−−−→
n n→+∞
0
Z 1 Z 1
• Pour tout n, ∥fn ∥ = |sin(nπt)| dt ≥ sin(nπt)2 dt ≥ 1
2
et donc ∥fn ∥ ne tend pas vers 0.
0 0
2/14
Mathématiques en MP* d’après un cours au lycée Louis-le-Grand
Exercice I.6.
Exercice I.7.
On pose E = Rn [X]. Comparer les normes suivantes sur E, telles que pour tout P =
n
ak X k ∈ E
X
k=0
→ ∥P ∥0 = max(|a0 | , . . . , |an |)
n
→ ∥P ∥1 =
X
|ak |
k=0
→ ∥P ∥∞ = supx∈[0,1] |P (x)|
II Espaces produits
Soit p ∈ N∗ . On consdière p espaces métriques E1 , . . . , Ep munis respectivement des distances d1 , . . . , dp
et on pose E = E1 × · · · × Ep . On définit pour tout i ∈ J1; pK la i−ème projection canonique
E
1 × · · · × Ep −→ Ei
πi :
(x1 , . . . , xp ) 7−→ xi
Remarque préliminaire : pour tout i ∈ J1; pK, si Ai est une partie de Ei , alors
1. Métrique produit
On munit E de la distance d définie par
Bd (x, ε) = {(y1 , . . . , yp ) ∈ E, ∀i ∈ J1; pK, di (xi , yi ) < ε} = Bd1 (x1 , ε) × · · · × Bdp (xp , ε)
Vocabulaire : on appelle pavé ouvert tout produit de la forme ω1 × · · · × ωp avec pour tout i ∈ J1; pK,
ωi un ouvert de Ei .
Proposition II.1.
3/14
Mathématiques en MP* d’après un cours au lycée Louis-le-Grand
Preuve
1. Soit Ω = ω1 × · · · × ωp un pavé ouvert. soit x = (x1 , . . . , xp ) ∈ Ω. On a pour tout i ∈ J1; pK, il existe
εi > 0 tel que Bdi (xi , εi ) ⊂ ωi . On pose alors ε = mini∈J1;pK εi > 0.
Le choix de ε nous permet d’affirmer que B(x, ε) ⊂ Bd1 (x1 , ε1 ) × · · · × Bdp (xp , εp ) ⊂ Ω donc Ω est
ouvert.
2. Soit Ω un ouvert de E. Pour tout a ∈ O, il existe εa > 0 tel que B(a, εa ) ⊂ Ω.
On peut alors écrire Ω = B(a, εa ). Une boule ouverte de E est par définition un pavé ouvert,
[
a∈Ω
donc Ω est bien une union de pavés ouverts.
Proposition II.2.
Soit F1 , . . . , Fp des parties de E1 , . . . , Ep . Si pour tout i ∈ J1; pK, Fi est fermé dans Ei , alors
F = F1 × · · · × Fp est fermé dans E.
p
Preuve : Commecons par remarquer que F = F1 × · · · × Fp = Gi avec pour tout i ∈ J1; pK,
\
i=1
Gi = E1 × · · · × Ei−1 × Fi × Ei+1 × · · · × Ep
E \ Gi est un produit de d’ouverts, il est donc ouvert et alors Gi est fermé. Finalement, on en déduit que
F est intersection de fermés, il est donc fermé.
Attention : si F est un fermé de E, sa projection πk (F ) avec k ∈ J1; pK n’est pas forcément un fermé.
En effet, dans le cas où E = R2 , on peut considérer F = {(x, y) ∈ R2 , xy = 1} qui est fermé car l’image
réciproque du fermé {1} par l’application continue (x, y) 7−→ xy, mais π1 (F ) = R∗ n’est pas fermé.
4/14
Mathématiques en MP* d’après un cours au lycée Louis-le-Grand
Soit (xn )n∈N = (xn,1 , . . . , xn,p ) ∈ E N et x = (x1 , . . . , xp ) ∈ E. Les propositions suivantes sont
équivalentes.
1. xn −−−−→ x
n→+∞
2. ∀i ∈ J1; pK, xn,i −−−−→ xi
n→+∞
Preuve
(1) ⇒ (2) Si xn −−−−→ x, alors pour tout i ∈ J1; pK, par continuité de πi (πi est 1−lipschitzienne donc
n→+∞
continue)
xn,i = πi (xn ) −−−−→ πi (x) = xi
n→+∞
Proposition II.5.
Preuve : la preuve se fait d’une manière identique à celle pour les suites et est donc laissée comme
exercice au lecteur.
Proposition II.6.
5/14
Mathématiques en MP* d’après un cours au lycée Louis-le-Grand
Proposition II.7.
Cette application est une isométrie, elle est donc continue. Or on a pour tout i ∈ J1; pK, fa,i = f ◦ ja,i .
fa,i est composition de fonctions continues, elle est donc continue.
Définition II.8.
On considère le cas particulier où pour tout i ∈ J1; pK, Ei est un intervalle ouvert de R et Y
est un espace vectoriel normé. Pour tout i ∈ J1; pK, on appelle i−ème dérivée partielle partielle
de f lorsqu’elle existe, l’application suivante
∂f E −→ Y
: fx,i (ti )−fx,i (xi )
∂xi x 7−→ limti →xi ti −xi
Vocabulaire : une fonction de E vers Y continue, qui admet des dérivées partielles continues est dite
dans C 1 .
Les applications partielles de f en tout point de R2 sont continues sur R, mais f n’est pas continue en
(0, 0), car en considèrant la suite qui tends vers 0, (( n1 , n1 ))n∈N∗ on voit que pour tout n ∈ N∗ f ( n1 , n1 ) = 12
et ne tend donc pas vers 0, ce qui fait que f n’est pas continue en (0, 0).
Exercice II.9.
Soit f une application de R2 dans R qui admet des applications partielles continues en tout
point de R2 . Montrer que f est limite simple d’une suite de fonctions continues.
6/14
Mathématiques en MP* d’après un cours au lycée Louis-le-Grand
Avec A une partie finie de Nn . Dans toute la suite de cette partie, on fixe P ∈ K[X1 , . . . , Xn ].
Remarque : en première année, les polynômes ont étés vus comme des suites stationnaires en 0. De la
même manière, on peut voir les polynômes de K[X1 , . . . , Xn ] comme des suites à valeurs dans K indexées
par Nn et dont le nombre de termes non nuls est fini. Ici par exemple, on se limite dans la somme aux
indices (α1 , . . . , αn ) ∈ Nn tels que aα1 ,...,αn ̸= 0, mais sachant qu’il y a un nombre fini de coefficients non
nuls, on aurait pu écrire
→ Pour tout i ∈ J1; nK, le degré partiel du monôme X1α1 . . . Xnαn en Xi est αi .
→ Le degré de P est défini par deg P = maxα∈A′ (α1 + · · · + αn ) avec A′ l’ensemble des multi-indices
α tels que aα ̸= 0.
Définition II.11.
Proposition II.12.
Soit P = aα1 ,...,αn X1α1 . . . Xnαn et Q = bα1 ,...,αn X1α1 . . . Xnαn deux éléments de
X X
K[X1 , . . . , Xn ]. On pose C = A ∪ B.
1. P + Q = (aα1 ,...,αn + bα1 ,...,αn )X1α1 . . . Xnαn
X
(α,β)∈A×B
7/14
Mathématiques en MP* d’après un cours au lycée Louis-le-Grand
Proposition II.13.
Preuve
On a
PQ = aα bβ X1α1 +β1 . . . Xnαn +βn
X
(α,β)∈A×B
XP
deg
P = aα1 ,...,αn X1α1 . . . Xnαn = aα1 ,...,αn X1α1 . . . Xnαn
X X
L’unicité de cette écriture découle du fait qu’un polynôme nul est nécessairement à coefficients nuls,
on a donc bien P ∈ Hk (X1 , . . . , Xn ), d’où le résultat voulu.
L
k∈N
3. Le fait que K[X1 , . . . , Xn ] soit une algèbre commutative ne présente pas de difficulté majeure, nous
allons donc uniquement montrer que cette algèbre est intègre.
Soit P, Q ∈ K[X1 , . . . , Xn ] \ {0}. On pose
Posons aussi
PQ = cα1 ,...,αn X1α1 . . . Xnαn
X
8/14
Mathématiques en MP* d’après un cours au lycée Louis-le-Grand
Définition II.14.
Proposition II.15.
Preuve : pour tout i ∈ J1; pK, X̃i = πi , donc X̃i est continue. Pour tout P ∈ K[X1 , . . . , Xn ], la fonction
P̃ est produit et combinaison linéaire des fonctions continues X̃i avec i ∈ J1; nK, elle est donc continue.
Proposition II.16.
N
P = Qk (X1 , . . . , Xn−1 )Xnk
X
k=0
k=0
N
le polynôme R(Y ) = Qk (a1 , . . . , an−1 )Y k est nul sur An et possède donc une infinité de racines. Ce
X
k=0
polynôme est donc nul. On peut alors affirmer que pour tout k ∈ J1; N K et (a1 , . . . , an−1 ) ∈ A1 ×· · ·×An−1 ,
Qk (a1 , . . . , an−1 ) = 0. Qk s’annulle donc sur A1 × · · · × An−1 et alors par hypothèse de récurrence, pour
tout k ∈ J1; N K, Qk = 0 et finalement P = 0.
Exercice II.17.
9/14
Mathématiques en MP* d’après un cours au lycée Louis-le-Grand
Exercice II.18.
Exercice II.19.
10/14
Mathématiques en MP* d’après un cours au lycée Louis-le-Grand
Lemme II.20.
Soit f une fonction continue et g une fonction de signe constant sur [a, b] non identiquement
nulle. Il existe c ∈ [a, b] tel que
Z b Z b
f (t)g(t)dt = f (c) g(t)dt
a a
Z b
Preuve : on suppose sans perte de généralité que g est positive. On a alors g(t)dt > 0. Soit α, β ∈ [a, b]
a
telle que f (α) = inf t∈[a,b] f (t) et f (β) = supt∈[a,b] f (t). On a
Z b Z b Z b
f (α)g(t)dt ≤ f (t)g(t)dt ≤ f (β)g(t)dt
a a a
et alors Z b
f (t)g(t)dt
f (α) ≤ a
Z b ≤ f (β) (∗)
g(t)dt
a
f étant continue, le théorème des valeurs intermédiraire nous permet d’affirmer l’existence d’un réel
c ∈ [a, b] tel que
Z b
f (t)g(t)dt
a
Z b = f (c)
g(t)dt
a
d’où le résultat voulu.
Remarque : l’inégalité (∗) est en général fausse lorsque g n’est pas de signe constant.
Montrons à présent que l’intégrale de l’exercice converge vers la quantitée voulue.
Soit n ∈ N∗ , on a
n
Z 1 ⌊ 2π ⌋−1 Z (2k+1)π Z (2k+2)π Z 1
n n
f (t) |sin(nt)| dt = f (t) sin(nt)dt − f (t) sin(nt)dt + f (t) |sin(nt)| dt
X
2kπ (2k+1)π n 2π
0 k=0 n n
⌊ 2π ⌋n
En appliquant le lemme précédent sur les deux premières intégrales ci-dessus, on peut affirmer, pour tout
n
k ∈ J0; ⌊ 2π ⌋ − 1K l’existence de ck,n ∈ [ 2kπ
n
, (2k+1)π
n
] et c′k,n ∈ [ (2k+1)π
n
, (2k+2)π
n
] tels que
2
Z (2k+1)π Z (2k+1)π
n n
f (t) sin(nt)dt = f (ck,n ) sin(nt)dt = f (ck,n )
2kπ
n
2kπ
n
n
et
2
Z (2k+2)π Z (2k+2)π
n n
f (t) sin(nt) = f (c′k,n ) sin(nt) = − f (c′k,n )
(2k+1)π
n
(2k+1)π
n
n
11/14
Mathématiques en MP* d’après un cours au lycée Louis-le-Grand
n n
⌊ ⌋−1 ⌊ ⌋−1
Z 1
2 2πX 2 2πX Z 1
f (t) |sin(nt)| dt = f (ck,n ) + f (ck,n ) + n 2π f (t) |sin(nt)| dt
′
0 n k=0 n k=0 ⌊ 2π ⌋ n
n
2⌊ 2π ⌋−1
2 X π Z 1
= f (c̃k,n ) + n 2π f (t) |sin(nt)| dt
π k=0 n ⌊ 2π ⌋ n
Z 1
La somme dans la ligne ci-dessus est une somme de Riemann sur [0, 1], donc elle converge vers f (t)dt.
0
De plus t 7−→ f (t) |sin(nt)| est bornée uniformément (sa borne supérieure ne dépend pas de n) sur [0, 1]
et ⌊ 2π ⌋ n −−−−→ 1, donc
n 2π
n→+∞
Z 1
f (t) |sin(nt)| dt −−−−→ 0
n 2π
⌊ 2π ⌋n n→+∞
Correction de l’exercice 2 :
n
On a pour tout P = ak X k ∈ E,
X
k=0
1X n
1 1
∥P ∥0 = max(|a0 | , . . . , |an |) ≥ |ak | ≥ max(|a0 | , . . . , |an |) = ∥P ∥0
n k=0 n n
donc
1 1
∥P ∥0 ≥ ∥P ∥1 ≥ ∥P ∥0
n n
et alors ∥.∥0 ∼ ∥.∥1 .
On a aussi n
|ak | = ∥P ∥1
X
∥P ∥∞ ≤
k=0
donc ∥.∥1 est plus fine que ∥.∥∞ , mais ∥.∥∞ n’est pas toujours plus fine que ∥.∥1 .
n
En effet, si on consisdère la suite le polynôme Pn = (−1)k kX k−1 , on a pour tout x ∈ [0, 1],
X
k=1
′ !′
n
1 − (−x)n
P̃n (x) = k
= x
X
−x
1+x
k=0
1 − (−x) n
1 − (−x)n n(−x)n
P˜n (x) ≤ x + + ≤2+2+n=n+4
(1 + x)2 1+x 1+x
et donc ∥Pn ∥∞ ≤ n + 4.
12/14
Mathématiques en MP* d’après un cours au lycée Louis-le-Grand
n
n(n + 1)
On a aussi ∥Pn ∥1 = k= , donc s’il exsite C > 0 tel que pour tout n ∈ N,
X
k=1 2
∥Pn ∥1 ≤ C ∥Pn ∥∞ , alors on aura n(n+1)
2
≤ C(n + 4) ce qui est faux pour n assez grand, d’où le résultat
voulu.
Correction de l’exercice 3 :
On va approcher f par une suite de fonctions de première application partielle affine par morceaux.
Soit n ∈ N∗ . On subdivise R en la famille d’intervalles ([ nk , k+1
n
[)k∈Z . Pour tout n ∈ N∗ , on définit fn
de la manière suivante : pour tout (x, y) ∈ R2 et k ∈ Z, si x ∈ [ nk , k+1 n
[, on pose x = k+εnn,x avec
εn,x = nx − ⌊nx⌋ ∈ [0, 1[. On a alors
k+1
! ! !!
k k
fn (x, y) = f , y + εn,x f ,y − f ,y
n n n
Montrons que pour tout n ∈ N∗ , fn est continue. Soit n ∈ N et x ∈ R, soit k ∈ Z tel que x ∈ [ nk , k+1n
[.
→ Cas x ∈] n , n [
k k+1
] nk , k+1
n
[ étant ouvert, on peut supposer que tous les couples considérés sont dans ] nk , k+1
n
[×R. On
pose alors pour tout u ∈] n , n [, u = n avec εn,u ∈ [0, 1[. On a alors, lorsque (u, v) −→ (x, y),
k k+1 k+εn,u
k+1
! ! !!
k k
fn (u, v) = f , v + εn,u f ,v − f ,v
n n n
k+1
! ! !!
k k
−−−−−−→ f , y + εn,x f ,y − f ,y = f (x, y)
(u,v)→(x,y) n n n
k+1
! ! !! !
k k k
fn (u, v) = f , v + εn,u f ,v − f ,v −−−−−−→ f ,y
n n n (u,v)→(x,y) n
k−1 k−1
! ! !! !
k k
fn (u, v) = f , v + εn,u f ,v − f ,v −−−−−−→ f ,y
n n n (u,v)→(x,y) n
k+1
! ! !!
k k
fn (x, y) = f , y + εn,x f ,y − f ,y −−−−→ f (x, y)
n n n n→+∞
13/14
Mathématiques en MP* d’après un cours au lycée Louis-le-Grand
Correction de l’exercice 4 :
On a pour tout M = (mi,j )i,j∈J1;nK ∈ Mn (C)
n
det M =
X Y
ε(σ) mi,σ(i)
σ∈Sn i=1
L’application det est alors polynômiale et donc continue. Or GLn (C) = det−1 (R∗ ), il s’agit de l’image
réciproque d’un ouvert par une application continue, c’est donc un ouvert.
Correction de l’exercice 5 :
On a Z(P ) = P̃ −1 ({0}), il s’agit de l’image réciproque d’un fermé par une application continue (car
polnyômiale), c’est donc un fermé.
Supposons que Z(P ) n’est pas d’intérieur vide. Il existe alors ε > 0 et x = (x1 , . . . , xn ) ∈ Z(P ) tel que
B(x, ε) ⊂ Z(P ). P s’annule alors sur B(x, ε) = Bd1 (x1 , ε)×· · ·×Bdn (xn , ε). Pour tout i ∈ J1; nK, Bdi (xi , ε)
est infinie. P s’annule sur le produit d’ensembles infinis, il est donc nul ce qui est absurde. On en déduit
donc que Z(P ) est bien fermé d’intérieur vide.
Correction de l’exercice 6 :
On peut écrire P de la manière suivante
N
P (X, Y ) = Qk (Y )X k
X
k=0
avec QN ̸= 0.
→ Cas N = 0
Lorsque N = 0, alors Q0 est nécessairement non nul et admet au moins une racine qu’on note a.
On a alors pour tout x ∈ C, P̃ (x, a) = 0 ce qui implique que C × {a} ⊂ Z(P ). Z(P ) est donc infini.
→ Cas N ≥ 1
A = {a ∈ C, QN (a) ̸= 0} est infini. soit a ∈ A. x 7−→ P̃ (x, a) est une fonction polynômiale de degré
N , elle admet donc au moins une racine b et donc (a, b) ∈ Z(P ). A étant infini, on peut construire
une infinité de couples d’élèments distincts de Z(P ), Z(P ) est alors bien infini.
* *
*
Document compilé par Omar Bennouna et révisé par Issam Tauil le 22/12/2021 pour
[Link].
Si vous repérez une erreur, ou avez des remarques, prière de me contacter via l’adresse
contact@[Link].
14/14
Mathématiques en MP* d’après un cours au lycée Louis-le-Grand
chapitre 11.5
Compacité
I Valeurs d’adhérence
Proposition I.1.
Soit (xn )n∈N une suite à valeurs dans X et a ∈ X. Les propriétés suivantes sont équivalentes.
1. ∀ε > 0, ∀N ∈ N, ∃n ≥ N, xn ∈ B(a, ε)
2. Pour tout ε > 0, l’ensemble des indices n tels que d(xn , a) < ε est infini.
3. Il existe une extractrice φ tell que xφ(n) −−−−→ a.
n→+∞
Lorsque ces propriétés sont vérifiées, on dit que a est une valeur d’adhérence de (xn )n∈N .
Preuve
→ (1) ⇒ (2)
La proposition (1) implique que pour tout ε > 0, l’ensemble des indices n ∈ N telle que d(a, xn ) < ε
est non borné. Il est donc infini.
→ (2) ⇒ (3)
Construisons par récurrence une extractrice φ qui vérifie pour tout n ∈ N, d(a, xφ(n) ) < n+1 1
. Pour
n = 0, l’ensemble A0 = {n ∈ N, d(a, xn ) < 1} est infini donc non vide. On pose alors φ(0) = m
avec m ∈ A.
Soit n ∈ N, supposons que φ(0), φ(1), . . . , φ(n) sont correctement définis.
L’ensemble An = {k ∈ N, d(a, xk ) < n+2 1
} est infini. On dispose donc de r ∈ An tel que pour tout
i ∈ J1; nK, r > φ(i). On pose alors φ(n + 1) = r, ce qui donne bien d(a, xφ(n+1) ) < n+2
1
.
→ (3) ⇒ (1)
Soit ε > 0 et N ∈ N. xφ(n) −−−−→ a, donc il existe n′ ≥ N tel que xφ(n′ ) ∈ B(a, ε), il suffit alors de
n→+∞
voir que n = φ(n′ ) vérifie la propriété voulue.
Notation : pour toute suite (xn ) ∈ X N , on note Adh((xn )n∈N ) l’ensemble des valeurs d’adhérence de
(xn ). Pour simplifier, et lorsqu’il n’y a pas ambiguïté, on notera Adh((xn )n∈N ) comme Adh(xn ).
Proposition I.2.
p∈N
→ (⊃) Soit a ∈ Ap . Soit ε > 0 et N ∈ N. a ∈ AN , donc pour tout ε > 0, il existe n ≥ N tel que
\
p∈N
xn ∈ B(a, ε), i.e. a ∈ Adh(xn ).
1/16
Mathématiques en MP* d’après un cours au lycée Louis-le-Grand
L’espace metrique (X, d) est dit compact lorsque toute siute à aleurs dans X admet une valeur
d’adhérence dans A.
Une partie A de X est dite compacte si elle l’est pour la distance induite.
Exemples
→ Pour tout a, b ∈ R tel que a ≤ b, [a, b] est une partie compacte de R.
→ R n’est pas compact pour la distance induite par la valeur absolue. En effet, si on considère la suite
(un )n∈N définie par ∀n ∈ N, un = n, on peut voir que toute extractrice de un tend vers l’infini et
donc (un ) n’admet pas de valeur d’adhérence.
→ R est compact pour la distance d : (x, y) 7−→ |arctan(x) − arctan(y)| (avec arctan(+∞) = π
2
et
arctan(−∞) = − π2 ).
Proposition II.2.
Preuve
1. Soit A une partie compacte de X.
→ Montrons que A est fermé.
Soit a ∈ A. Par définition, il existe une suite (an ) ∈ AN qui converge vers A. A est compact,
il existe donc une extractrice φ telle que (aφ(n) ) converge vers b ∈ A. Par unicité de la limite,
on a a = b ∈ A et finalement A = A, i.e. A est fermé.
→ Montrons que A est borné.
Si A est non borné, alors par définition il existe une suite (an ) ∈ AN et a ∈ A tel que
d(a, an ) −−−−→ +∞. Aucune suite extraite ne peut alors converger car pour toute extractice
n→+∞
φ et x ∈ A, d(x, aφ(n) ) ≥ d(a, aφ(n) ) − d(x, a) −−−−→ +∞.
n→+∞
2. (⇒) Le sens de gauche à droite est une simple conséquence de la propriété précédente.
(⇐) Supposons que A est fermé. Soit (an ) ∈ AN . Y est compact, il existe donc une extractrice φ et
un élément x de Y tel que aφ(n) −−−−→ x. A étant fermé, on a nécessairement x ∈ A et donc
n→+∞
A est compact.
2/16
Mathématiques en MP* d’après un cours au lycée Louis-le-Grand
La suite (xφ◦ψ(n) )n∈N converge donc bien vers (a1 , . . . , ap+1 ) ∈ X1 × · · · × Xp+1 .
L’espace X1 × · · · × Xp+1 est donc bien compact.
Proposition III.2.
Soit n ∈ N∗ et A une partie de Rn munie de ∥.∥∞ . A est compact si et seulement si il est fermé
et borné.
Preuve
(⇒) Cette implication a déjà été montrée auparavant.
(⇐) Supposons que A est fermée et bornée. A étant borné, il existe M ≥ 0 tel que pour tout a ∈ A,
∥a∥∞ ≤ M . On a alors A ⊂ [−M, M ]n . [−M, M ] étant compact, [−M, M ]n est un produit de
compacts de R, c’est donc un compact. A est fermé borné et est inclus dans un compact, il est donc
compact d’après ce qui précéde.
Conséquence : par équivalence des normes en dimension finie, si on munit Rn d’une norme quelconque
∥.∥, l’équivalence ci-dessus reste vraie.
Attention : cette équivalence est fausse en dimension infinie en général. En effet, pour le voir, il suffit
de considérer l’exemple suivant.
On considère l’espace vectoriel normé E = C([0, 2π], R) muni de la norme ∥.∥2 définie par
Z 2π 21
∀f ∈ E ∥f ∥2 = f (t) dt
2
0
3/16
Mathématiques en MP* d’après un cours au lycée Louis-le-Grand
Définition III.3.
Soit (un )n∈N une suite à valeurs dans X. On dit que (un ) est de Cauchy si
Remarque : toute suite convergente est de Cauchy. Montrons ce résultat. Soit ε > 0 si (un ) ∈ X N est
convergente vers une limite u ∈ X, il suffit de prendre N ∈ N assez grand pour qu’on ait pour tout
n ≥ N , d(un , u) < 2ε . On a alors pour tout n, m ≥ N , d(un , um ) ≤ d(un , u) + d(um , u) < ε.
Attention : la réciproque est fausse. En effet, si on considère l’espace vectoriel normé R[X] muni de
∥.∥1 , et la suite (Pn ) ∈ R[X]N définie par
n
1 k
∀n ∈ N, Pn (X) =
X
X
k=0 2k
Montrons que cette suite de Cauchy. Soit ε > 0, on a pour tout m, n ∈ N, si n > m, alors
n
1 X 1
+∞
1
∥Pn − Pm ∥1 = = m
X
≤
k=m+1 2k
k=m+1 2
k 2
Il existe donc N ∈ N assez grand tel que pour tout n, m > N , 21m < ε et alors ∥Pn − Pm ∥1 < ε, donc (Pn )
est de Cauchy.
En revanche, cette suite n’est pas convergente. En effet, pour tout polynôme Q de degré m, pour tout
n > m,
n
1 1
−−−−→ m ̸= 0
X
∥Pn − Q∥ ≥
k=m+1 2 2
k n→+∞
(Pn ) ne peut donc pas converger vers Q et alors (Pn ) n’est pas convergente.
Définition III.4.
On dit que X est complet lorsque toute suite à valeurs dans X de Cauchy converge.
Preuve : supposons que X est compact. Soit (un ) ∈ X N une suite de Cauchy. Soit φ une extractrice et
u ∈ X tels que uφ(n) −−−−→ u. Soit ε > 0 et N ∈ N tel que pour tout m, n ≥ N d(un , um ) < 2ε . Soit
n→+∞
N ′ ∈ N tel pour tout n ≥ N ′ d(uφ(n) , u) < 2ε . On a alors
Remarque : la preuve ci-dessus nous dévoile un résultat utile : peu importe l’espace X, une suite
(un ) ∈ X N de Cauchy qui admet une valeur d’adhérence est convergente. Plus généralement, une suite
4/16
Mathématiques en MP* d’après un cours au lycée Louis-le-Grand
Preuve
(⇒) Cette implication ne présente pas de difficulté et est laissée comme exercice au lecteur.
(⇐) Par compacité de X, (un ) admet au moins une valeur d’adhérence, donc (un ) admet exactement
une valeur d’adhérence qu’on note u. Supposons que (un ) ne converge pas vers u. Il existe donc
ε > 0 tel que Aε = {n ∈ N, d(un , u) ≥ ε} est infini. On considère alors φ une extractrice telle que
φ(N) ⊂ Aε . Par construction, on a pour tout n ∈ N, d(uφ(n) , u) ≥ ε. Mais (uφ(n) ) est à valeurs
dans le compact X, donc il existe x ∈ X et ψ une extractrice telle que uφ◦ψ(n) −−−−→ x, mais
n→+∞
ε ≤ d(uφ◦ψ(n) , u) −−−−→ d(x, u), donc x ̸= u. On a trouvé une valeur d’adhérence de (un ) différente
n→+∞
de u ce qui est absurde.
Exercice IV.3.
Exercice IV.4.
Supposons que X est compact. Soit (un ) une suite à valeurs dans X. Montrer que
Exercice IV.5.
Supposons que X est compact. Soit f ∈ C(X, X) et (un ) une suite définie par
u
0 ∈X
∀n ∈ N, un+1 = f (un )
5/16
Mathématiques en MP* d’après un cours au lycée Louis-le-Grand
Exercice IV.6.
Γf = {(x, f (x)), x ∈ X} ⊂ X × Y
V Uniforme continuité
Théorème (Heine) V.1.
Soit Y un espace metrique muni d’une distance δ et f ∈ C(X, Y ). Si X est compact, alors f
est uniformément continue.
Il existe donc un certain ε > 0 pour lequel il existe deux suites (xn ) et (yn ) à valeurs dans X vérifiant
1
∀n ∈ N, d(xn , yn ) < et δ(f (xn ), f (yn )) ≥ ε
n+1
X étant compact, il existe une extractrice φ telle que (xφ(n) ) est convergente. De même, il existe une
extractrice ψ telle que (yφ◦ψ(n) ) soit convergente. Or, on a pour tout n ∈ N
1
d(xφ◦ψ(n) , yφ◦ψ(n) ) < −−−−→ 0
φ ◦ ψ(n) + 1 n→+∞
6/16
Mathématiques en MP* d’après un cours au lycée Louis-le-Grand
Preuve
1. Soit (yn )n∈N une suite à valeurs dans f (X). Il existe une suite (xn ) ∈ X N telle que pour tout n ∈ N,
f (xn ) = yn . Comme X est compact, il existe une extractrice φ telle que (xφ(n) ) converge vers un
élément x de X. Par continuité de f , on a
Preuve : F est un fermé dans un compact, c’est donc un compact et alors f (F ) est compact et finalement
c’est un fermé dans Y .
Exercice VI.3.
On suppose que X est compact. Soit f ∈ C(X, Y ) bijective. Montrer que f −1 est continue.
Exercice VI.4.
Soit f, g ∈ C([0, 1], [0, 1]) tels que f ◦g = g◦f . Montrer qu’il existe a ∈ [0, 1] tel que f (a) = g(a).
Exercice VI.5.
Soit E un espace vectoriel normé muni d’une norme ∥.∥. Soit A et B deux parties de E. On
pose
A + B = {a + b, (a, b) ∈ A × B}
dire lesquelles des propositions suivantes sont vraies.
1. Si A ou B est ouvert, alors A + B est ouvert.
2. Si A et B sont compacts, alors A + B est compact.
3. Si A est compact et B est fermé, alors A + B est fermé.
4. Si A et B sont fermés alors A + B est fermé.
7/16
Mathématiques en MP* d’après un cours au lycée Louis-le-Grand
Exercice VI.6.
VII Compléments
Proposition VII.1.
On suppose que X est compact. Pour tout ε > 0, il existe p ∈ N∗ et a1 , . . . , ap tels que
p
X=
[
B(ak , ε)
k=1
Soit ε > 0 vérifiant la propriété ci-dessus. Construisons la suite (an )n∈N ∈ X N de la manière suivante :
n
On prend tout d’abord a0 ∈ X au hasard. Soit n ∈ N tel que an est bien défini. An = X \ B(ak , ε) est
[
k=0
non vide, on peut donc prendre an+1 dans An . Par contruction, on a pour tout n ̸= m, d(an , am ) ≥ ε et
donc pour toute extractrice φ, pour tout n ∈ N, d(aφ(n) , aφ(n+1) ) ≥ ε. (aφ(n) ) ne peut donc pas converger
et alors X n’est pas compact ce qui est absurde.
Exercice VII.2.
et tel que toute famille de points y1 , . . . , yn vérifiant la propriété (∗) est de cardinal
inférieur à N (i.e. n ≤ N ).
2. Soit f : X −→ X une isométrie. Montrer que f est surjective.
8/16
Mathématiques en MP* d’après un cours au lycée Louis-le-Grand
2. Fermés emboités
Proposition VII.3.
On suppose que X est compact. Pour toute suite de fermés non vides décroissante pour l’in-
clusion (Fn )n∈N ∈ P(X)N , Fn ̸= ∅.
\
n∈N
Preuve : Soit (xn ) une suite à valeurs dans X telle que pour tout n ∈ N, xn ∈ Fn (cette suite existe car
tous les Fn sont non vides). La suite (Fn ) étant décroissante, on a pour tout n ∈ N et tout i ≤ n, xn ∈ Fi .
X étant compact, il existe une extractrice φ telle que (xφ(n) ) converge vers un élément x de X. On a
alors pour tout p ∈ N, la suite (xφ(n) ) est à valeurs dans Fp à partir d’un certain rang donc x est limite
d’une suite à valeurs dans Fp , i.e. x ∈ Fp = Fp . On a donc pour tout p ∈ N, x ∈ Fp et alors x ∈ Fn et
\
n∈N
finalement Fn ̸= ∅.
\
n∈N
Corollaire VII.4.
On suppose que X est compact. Soit (fn ) une suite de fonctions à valeurs dans C(X, R) et
f ∈ C(X, R). Si pour tout x ∈ X, la suite (fn (x))n∈N est croissante et converge vers f (x), alors
(fn ) converge uniformément vers f .
Preuve : Soit ε > 0. Posons pour tout n ∈ N, Fn = {x ∈ X, |fn (x) − f (x)| ≥ ε}. Remarquons tout
d’abord que pour tout n ∈ N, Fn est l’image réciproque d’un fermé par une fonction continue, c’est donc
un fermé dans X. De plus, pour tout n ∈ N, si x ∈ Fn+1 , alors |fn+1 (x) − f (x)| ≥ ε, i.e. f (x)−ε ≥ fn+1 (x)
mais fn+1 (x) ≥ fn (x), donc f (x) − ε ≥ fn (x) et finalement x ∈ Fn . La suite (Fn ) est donc décroissante.
→ S’il existe nε ∈ N tel que Fnε = ∅, alors pour tout n ≥ nε , Fn = ∅ et alors
∀n ≥ nε , ∀x ∈ X, |fn (x) − f (x)| < ε.
→ Sinon, toutes les hypothèses de la propriété précédente sont vérifiées, on peut donc affirmer que
Fn ̸= ∅. Soit x ∈ Fn . On a pour tout n ∈ N, |fn (x) − f (x)| ≥ ε, donc (fn (x)) ne converge
\ \
n∈N n∈N
pas vers f (x) ce qui est absurde.
On peut donc affirmer l’existence de nε ∈ N tel que pour tout n ≥ nε et pour tout x ∈ X,
|fn (x) − f (x)| < ε, i.e. (fn ) converge uniformément vers f .
Exercice VII.5.
+∞
|xk − yk |
Montrer que [0, 1] muni de la distance d : ((xn ), (yn )) 7−→ est compact.
X
N
k=0 2k
Exercice VII.6.
K= z ∈ C, ∃A ∈ P(N), z =
X
zn
n∈A
9/16
Mathématiques en MP* d’après un cours au lycée Louis-le-Grand
i=1
Soit N ∈ N tel que pour tout n ≥ N , n ̸∈ C et ∥un+1 − un ∥ < ε. Soit n1 ≥ N tel que un1 ∈ B(a1 , ε),
n2 ≥ n1 tel que un2 ̸∈ B(a1 , ε) et k = max {l ∈ Jn1 ; n2 K, ul ∈ B(a1 , ε)}.
On a par construction uk ∈ B(a1 , ε) et ∃i ̸= 1 uk+1 ∈ B(ai , ε). On a donc
→ f (A) ⊂ A
Soit a ∈ A. Il existe une extractrice φ telle que uφ(n) −−−−→ a. On a alors
n→+∞
uφ(n)+1 = f (uφ(n) ) −−−−→ f (a). f (a) est donc une valeur d’adhérence de (un ), i.e. f (a) ∈ A. On
n→+∞
conclut donc que f (A) ⊂ A.
→ A ⊂ f (A)
On reprend les notations du point précédent.
On considère l’extractrice φ′ : n 7−→ φ(n) − 1. Soit ψ une extractrice telle que (uφ′ ◦ψ(n) )n≥1
converge vers un certain b ∈ A. On a alors f (uφ′ ◦ψ(n) ) = f (uφ◦ψ(n)−1 ) = uφ◦ψ(n) . De plus, on
a f (uφ′ ◦ψ(n) ) −−−−→ f (b) et uφ◦ψ(n) −−−−→ a. On a donc finalement a = f (b) ∈ f (A) et alors
n→+∞ n→+∞
A ⊂ f (A).
1. Soit (wn ) = ((xn , f (xn )))n∈N une suite convergente à valeurs dans Γf . On pose (x, y) la limite de
cette suite. On a xn −−−−→ x, donc f (xn ) −−−−→ f (x). Mais on a aussi f (xn ) −−−−→ y, donc
n→+∞ n→+∞ n→+∞
(x, y) = (x, f (x)) ∈ Γf . La limite de (wn ) est dans Γf ce qui nous permet d’affirmer que Γf est
fermé.
10/16
Mathématiques en MP* d’après un cours au lycée Louis-le-Grand
g −1 ({0}) est l’image réciproque d’un fermé par une fonction continue, c’est donc un fermé. {(0, 0)}
étant aussi un fermé, on en déduit que Γf est fermé dans X × Y .
3. Soit x ∈ X. Soit (xn )n∈N une suite à valeurs dans X qui converge vers x. Considérons la suite
(wn )n∈N à valeurs dans Γf définie par (wn ) = (xn , f (xn ))n∈N . Par hypothèse, Y est compact, il
existe donc une extractrice φ tel que (f (xφ(n) )) converge dans Y et donc (wφ(n) )n∈N converge dans
Γf car c’est un fermé, i.e. il existe y ∈ X tel que wφ(n) −−−−→ (y, f (y)). On a alors xn −−−−→ y et
n→+∞ n→+∞
f (xφ(n) ) −−−−→ f (y). Or xφ(n) −−−−→ x, donc y = x et f (xφ(n) ) −−−−→ f (x). On a donc montré
n→+∞ n→+∞ n→+∞
que (f (xn )) admet une unique valeur d’adhérence f (x) et est à valeurs dans le compact Y , et par
conséquence converge vers f (x). D’où la continuité de f .
∀(x, y), (x′ , y ′ ) ∈ [0, 1]2 , ∥(x, y) − (x′ , y ′ )∥ < η =⇒ |f (x, y) − f (x′ , y ′ )| < ε
Soit x′ tel que |x − x′ | < η, on a alors pour tout y ∈ [0, 1], ∥(x, y) − (x′ , y)∥ = |x − x′ | < η et donc
i.e.
f (x′ , y) − ε < f (x, y) < f (x′ , y) + ε
En passant à la borne supérieure de chaque côté de l’inégalité, on obtient
i.e.
|φ(x) − φ(x′ )| ≤ ε
d’où la continuité de φ.
11/16
Mathématiques en MP* d’après un cours au lycée Louis-le-Grand
On a Γf −1 = i(Γf ) et i envoie les fermés su des fermés (preuve laissée en exercice), donc Γf −1 est
fermé dans Y × X. X étant compact, l’exercice IV.6. nous donne que f −1 est continue.
→ Méthode 3 : Considérons (yn ) une suite à valeurs dans Y qui converge vers b. On pose a = f −1 (b)
et (xn ) = (f −1 (yn ))n∈N . Pour montrer que f −1 est continue, il faut montrer que xn −−−−→ a.
n→+∞
(xn ) est à valeurs dans le compact X, on peut donc considérer a′ une valeur d’adhérence de (xn ). Il
existe une extractrice φ telle que xφ(a) −−−−→ a′ . On a par continuité de f , f (xφ(n) ) −−−−→ f (a′ ).
n→+∞ n→+∞
Mais on a aussi f (xφ(n) ) = yn −−−−→ b, donc f (a′ ) = b, i.e. a′ = f −1 (b) = a. On a alors montré que
n→+∞
(xn admet une unique valeur d’adhérence qui est a. (xn ) étant à valeurs dans un compact, on peut
déduire que xn −−−−→ a, d’où le résultat voulu.
n→+∞
12/16
Mathématiques en MP* d’après un cours au lycée Louis-le-Grand
√
→ B = 2Z fermé dans R.
√
→ A + B = Z + 2Z = R ̸= A + B, donc A + B n’est pas fermé dans R.
|φ(x) − φ(y)| ≤ |d(x, f (x)) − d(y, f (x))| + |d(y, f (x)) − d(y, f (y))|
≤ d(x, y) + d(f (x), f (y))
≤ 2d(x, y)
(εn ) est donc décroissante minorée par 0, elle est alors convergente. Notons α sa limite.
→ Si α = 0, alors un −−−−→ l ce qui est bien le résultat voulu.
n→+∞
→ Supposons que α > 0.
X étant compact, on peut considérer a une valeur d’adhérence de un . Soit φ une extractrice telle
que uφ(n) −−−−→ a. Par continuité de u 7−→ d(l, u), d(uφ(n) , l) −−−−→ d(a, l), donc d(a, l) = α.
n→+∞ n→+∞
Or, uφ(n)+1 = f (uφ(n) ) −−−−→ f (a), donc f (a) est aussi une valeur d’adhérence de (un ). Par
n→+∞
un raisonnement similaire à ce qui précéde, f (a) étant une valeur d’adhérence de (un ), on peut
affirmer que d(f (a), l) = α. On a alors
ce qui est absurde, donc a bien α = 0, d’où le résultat voulu. La dernière inégalité provient du
fait que a ̸= l car f (a) = f (l) entrainerait α = 0 ce qui est faux par hypothèse.
13/16
Mathématiques en MP* d’après un cours au lycée Louis-le-Grand
Soit n > p et y1 , . . . , yn ∈ X . Par principe des tiroirs, il existe (k, i, j) ∈ N , tel que i ̸= j,
n ∗3
yi ∈ B ak , 3ε et yj ∈ B ak , 3ε . On a alors
ε ε 2ε
d(yi , yj ) ≤ d(yi , ak ) + d(ak , yj ) ≤ + = <ε
3 3 3
A est donc une partie de N majorée par p, elle admet donc un maximum qu’on note N . N vérifie
bien la propriété voulue.
2. Rappel : f : X −→ X est une isométrie si ∀(x, y) ∈ X 2 , d(f (x), f (y)) = d(x, y).
On pose N = max A et on considère x1 , . . . , xN vérifiant (∗). Posons pour tout i ∈ J1; N K, f (xi ) = yi .
f étant une isométrie, on a pour tout i ̸= j, d(yi , yj ) ≥ d(xi , xj ) ≥ ε, i.e. y1 , . . . , yN vérifie (∗).
N
→ Montrons que X =
[
B(yk , ε).
k=1
N N
Supposons que X \ B(yk , ε) ̸= ∅. On dispose alors de z ∈ X \ B(yk , ε). Par contruction,
[ [
k=1 k=1
(y1 , . . . , yN , z) est une famille de cardinal N + 1 qui vérifie (∗) ce qui est absurde. On en déduit
N
donc qu’on a bien X =
[
B(yk , ε).
k=1
→ Montrons finalement que f est surjective.
N
On a {y1 , . . . , yN } ⊂ f (X) et X = B(yk , ε), donc pour tout z ∈ X,
[
k=1
Cette ingalité est valable pour tout ε, ce qui nous donne que pour tout z ∈ X, d(z, f (X)) = 0,
i.e. z ∈ f (X). X est compact et f est continue car c’est une isométrie, on a donc que f (X)
est compact, donc f (X) = f (X).
En résumé, on a que X ⊂ f (X) = f (X) ce qui nous donne que f (X) = X, i.e. f est surjective.
Montrons qu’il s’agit bien d’une extractrice. Pour cela, il faut montrer que φ est strictement croissante.
Soit l, k ∈ N tel que l < k. On a
ψ est une extractrice car c’est une composition d’extractrices, on a alors ψ(k) ≥ k > l. De plus φ0 ◦· · ·◦ φl
14/16
Mathématiques en MP* d’après un cours au lycée Louis-le-Grand
est strictement croissante car c’est une composition de fonctions strictement croissantes, on a alors :
∀n ∈ N, ∃Kn ∈ N, ∀k ≥ Kn , xφ(k),n − xn ≤ ε
∞ xφ(k),n − xn
d((xφ(k),n )n∈N , (xn )n∈N ) =
X
n=0 2n
N −1 xφ(k),n − xn ∞ xφ(k),n − xn
= +
X X
n=0 2n n=N 2n
N −1
ε ∞
2
+
X X
≤
n=0 2n n=N 2n
4
≤ 2ε + ≤ 6ε
2N
On a donc trouvé une suite extraite de ((xk,n )n∈N )k∈N qui converge vers une suite (xn )n∈N dans [0, 1]N
pour la distance d, ce qui montre bien que [0, 1]N est compact pour cette distance.
Cette application est définie correctement et est surjective (pour la surjectivité, il suffit d’utiliser les suites
de la forme (εn ) = (1A (n))n∈N ).
Si on montre que f est continue, alors f (Xc ) = K est compact car il s’agit de l’image d’un compact par
une application continue. Montrons donc que f est continue.
Soit ε > 0 et (εn )n∈N ∈ Xc . Pour tout η > 0 et (γn ) ∈ Xc , on a
15/16
Mathématiques en MP* d’après un cours au lycée Louis-le-Grand
1 ∞ ∞
d((εn ), (γn )) < =⇒ |f ((εn )) − f ((γn ))| ≤ (εk − γk )zk ≤
X X
|zk |
2N k=N +1 k=N +1
∞
En prenant N ∈ N tel que |zk | < ε, on obtient
X
k=N +1
1 ∞
d((εn ), (γn )) < N =⇒ |f ((εn )) − f ((γn ))| ≤
X
|zk | ≤ ε
2 k=N +1
* *
*
Document compilé par Omar Bennouna et révisé par Issam Tauil le 12/01/2022 pour
[Link].
Si vous repérez une erreur, ou avez des remarques, prière de me contacter via l’adresse
contact@[Link].
16/16
Mathématiques en MP* d’après un cours au lycée Louis-le-Grand
chapitre 11.7
Espaces vectoriels normés de dimension finie
Dans tout ce chapitre, K est égal à R ou C. On considère E un K−espace vectoriel normé de dimension
finie n ≥ 1 et on pose (e1 , . . . , en ) une base de cet espace.
Preuve : Soit N une norme sur Rn . En posant (ε1 , . . . , εn ) la base canonique de Rn , on a pour tout
x = x1 ε1 + · · · + xn εn ∈ Rn ,
n n
!
X X
N (x) = N (x1 ε1 + · · · + xn εn ) ≤ |xk | N (εk ) ≤ N (εk ) ∥x∥∞
k=1 k=1
n
X
Et on a en posant C = N (εk ) pour tout x, y ∈ E
k=1
et alors
α ∥x∥∞ ≤ N (x) ≤ C ∥x∥∞
On en déduit donc que tout norme N sur Rn est équivalent à ∥.∥∞ et que donc par transitivité, toutes
les normes sur Rn sont équivalentes.
Corollaire I.2.
Preuve : Soit φ : Rn −→ E un isomorphisme et soit N1 et N2 deux normes sur E. Sur Rn , les deux
normes N1 ◦ φ et N2 ◦ φ sont équivalentes. Il existe donc β, γ > 0 tels que pour tout x
Or φ étant surjective, pour tout y ∈ E, il existe x ∈ E tel que φ(x) = y, on a donc pour tout y ∈ E,
1/12
Mathématiques en MP* d’après un cours au lycée Louis-le-Grand
II Suites et composantes
Proposition II.1.
n
X
Soit (up ) ∈ E N , on pose pour tout p ∈ N, up = up,k ek et soit ∥.∥ une norme sur E. Les
k=1
propositions suivantes sont équivalentes.
1. (up ) converge pour ∥.∥.
2. ∀k ∈ J1; nK, ∃lk ∈ K, un,k −−−−→ lk .
n→+∞
n
X
Dans ce cas, on a un −−−−→ lk ek .
n→+∞
k=1
n
X
Preuve : On pose pour tout x = xk ek , N (x) = max |xk |. N est une norme sur E équivalente à ∥.∥.
k∈J1;nK
k=1
On a alors
n
X
(1) ⇐⇒ (un ) converge vers un certain l = lk ek pour ∥.∥
k=1
⇐⇒ (un ) converge vers un certain l pour N
⇐⇒ ∃l = (l1 , . . . , ln ) ∈ Kn , max |un,k − lk | −−−−→ 0
k∈J1;nK n→+∞
Application : Une suite de matrices de Mn (R) converge si et seulement les suites de ses coefficients
convergent.
Proposition II.2.
2/12
Mathématiques en MP* d’après un cours au lycée Louis-le-Grand
Soit (up ) une suite à valeurs dans E. Si (up ) est bornée pour ∥.∥, alors elle admet au moins
une valeur d’adhérence.
n
X
Preuve : Posons pour tout x = xk ek ∈ E, N (x) = max |xk |.
k∈J1;nK
k=1
N étant équivalente à ∥.∥, donc (up ) est aussi bornée pour N . Toutes les suites (up,k )p∈N sont alors bornées.
Montrons par récurrence sur r la propriété suivante :
il existe une extractrice φr telle que pour tout i ∈ J1; rK , (uφr (p),i ) est convergence vers li ∈ R
La propriété pour r = 1 est vraie car il s’agit du théorème de Bolzano Weierstraß pour les suites réelles
et complexes. Supposons maintenant que la propriété est vraie pour r ∈ J1; n − 1K. La suite (uφr (p),r+1 )
est bornée, il existe alors une extractrice φ telle que (uφr ◦φ(p),r+1 ) converge vers un certain lr+1 . On a
alors pour tout i ∈ J1; r + 1K, (uφr ◦φ(p),i ) converge vers li . La propriété est alors vraie pour r = n ce qui
n
X
implique que, pour ∥.∥∞ , (uφn (p) ) converge vers l = lk ek et donc par équivalence des normes N et ∥.∥∞ ,
k=1
(uφn (p) ) converge vers l pour N , d’où le résultat voulu.
Corollaire III.2.
Les propositions suivantes sont vraies. Une partie A de E est compacte si elle est fermée et
bornée.
Preuve : Soit (up ) ∈ AN . (up ) est bornée, le théorème précedent nous permet d’affirmer qu’il existe une
extractrice φ telle que uφ(p) −−−−→ a ∈ E. A étant fermé, on a a ∈ A, d’où la compacité de A.
p→+∞
Proposition III.3.
Preuve : Soit (up ) ∈ E N une suite de Cauchy et N ∈ N tel que pour tout m, n ≥ N ,
∥um − un ∥ ≤ 1
La suite (up ) est bornée, donc d’après le théorème III.1, elle admet une suite extraite convergente. D’après
la remarque à la fin de la page 4 du chapitre 11.5, toute suite de Cauchy admettant une valeur d’adhérence
converge, d’où le résultat voulu.
Corollaire III.4.
3/12
Mathématiques en MP* d’après un cours au lycée Louis-le-Grand
X
Preuve : Supposons que ∥up ∥ converge et soit ε > 0. Il existe N ∈ N tel que pour tout n ≥ N ,
∞
X
∥up ∥ ≤ ε
k=n
Proposition III.5.
Preuve
→ Unicité
Soit l et l′ deux éléments de A tels que f (l) = l et f (l′ ) = l′ . On alors
q ∥l − l′ ∥ ≥ ∥f (l) − f (l′ )∥ = ∥l − l′ ∥
On a alors nécessairement l = l′ .
→ Existence
Soit a ∈ A. On considère la suite (un )n∈N définie par
u
0 =a
∀n ∈ N, un+1 = f (un )
Remarque : Pour démontrer le résultat ci-dessus, on n’a pas eu besoin du fait que E est de dimension
finie. Il suffit que A soit complet.
4/12
Mathématiques en MP* d’après un cours au lycée Louis-le-Grand
Proposition III.6.
Si E est un sous espace vectoriel de dimension finie d’un K−espace vectoriel (F, ∥.∥), alors E
est fermé.
Preuve : Soit (up ) une suite à valeurs dans E qui converge vers a ∈ F . E est de dimension finie et (up )
est convergente donc bornée dans E, il existe donc une extractrice φ telle que uφ(p) −−−−→ b ∈ E, or par
p→+∞
unicité de la limite, a = b ∈ E, donc E est bien fermé.
Exemple : Rn [X] est fermé dans C([0, 1], R) muni de la norme ∥.∥∞ .
Théorème (Théorème de Riesz) III.7.
Soit (F, ∥.∥) un espace vectoriel normé. Bf (0, 1) est compacte si et seulement si F est de
dimension finie.
Preuve : La preuve sera présentée sous forme d’exercice dans la suite du chapitre.
Soit f une application de E dans K. Soit E = (ε1 , . . . , εn ) une base de F . On dit que f est
n
polynomiale dans la base E, lorsqu’il existe une suite (aα )α∈Nn ∈ KN avec un nombre fini de
termes non nuls telle que pour tout x = x1 ε1 + · · · + xn εn ∈ E,
Proposition IV.2.
Preuve
1. soit N une norme sur E définie de la manière suivante
n
X
∀x = x1 e1 + · · · + xn en ∈ E, N (x) = |xk |
k=1
Avec C = max ∥u(ek )∥F . Mais E est de dimension finie, donc N est équivalente à ∥.∥E , donc u est
k∈J1;nK
continue.
5/12
Mathématiques en MP* d’après un cours au lycée Louis-le-Grand
Pour tout k ∈ J1; nK, l’application x 7−→ xk est continue, et f est somme et produit d’applications
de cette forme qui sont toutes continues, donc f est continue.
Corollaire IV.3.
x1 = x1,1 e1 + · · · + x1,n en
x2 = x2,1 e1 + · · · + x2,n en
..
.
xp = xp,1 e1 + · · · + xp,n en
On a alors
n
X n
X n
X
f (x1 , . . . , xp ) = f x1,i1 ei1 , x2,i2 ei2 , . . . , xp,ip eip
i1 =1 i2 =1 ip =1
X
= xi1 . . . xip f (ei1 , . . . , eip )
(i1 ,...,ip )∈J1;nKp
f est donc combinaison linéaire et produit d’applications de la forme (x1 , . . . , xp ) 7−→ xk,l avec
(k, l) ∈ J1; pK × J1; nK. Toutes ces applications sont continues, donc f est continue.
V Exercices
Exercice V.1.
Soit f : R −→ R+ de classe C n telle que f et f (n) sont bornées. Montrer que pour tout
k ∈ J1; n − 1K, f (k) est bornée.
Exercice V.2.
Exercice V.3.
Soit (Pk )k∈N une suite à valeurs dans Rn [X]. On suppose que la suite (P̃k ) de fonctions po-
lynômes associée à (Pk ) converge simplement vers f ∈ C([0, 1], R) sur [0, 1]. Montrer que la
convergence est uniforme.
6/12
Mathématiques en MP* d’après un cours au lycée Louis-le-Grand
Exercice V.4.
Soit F un fermé non vide de l’espace vectoriel normé de dimension finie (E, ∥.∥) et soit a ∈ E.
Montrer qu’il existe b ∈ F tel que ∥a − b∥ = d(a, F ).
Exercice V.5.
Soit F un sous espace de dimension finie d’un espace vectoriel normé (G, ∥.∥) de dimension
quelconque. Soit a ∈ G. Montrer qu’il existe b ∈ F tel que ∥a − b∥ = d(a, F ).
Exercice V.6.
Soit K un compact non vide de l’espace euclidien Rn . Montrer qu’il existe une boule fermée
de rayon minimum contenant K et que cette boule est unique.
Exercice V.7.
Soit f une fonction continue de l’espace vectoriel normé de dimension finie (E, ∥.∥) dans R.
On suppose que f (x) −−−−−→ +∞. Montrer que f est minorée et qu’il existe a ∈ E tel que
∥x∥→+∞
f (a) = minf (x).
x∈E
Exercice V.8.
7/12
Mathématiques en MP* d’après un cours au lycée Louis-le-Grand
n
D’après les hypothèses, (x, h) 7−→ f (x + h) − f (x) − hn! f (n) (cx,h ) est bornée par un certain M > 0. On
n
alors en posant gx : h 7−→ f (x + h) − f (x) − hn! f (n) (cx,h ), on a par construction, pour tout x ∈ R+ ,
n
X
∥gx ∥∞ ≤ M , et alors ∥Px ∥∞ ≤ M . Posons pour tout P (X) = ak X k ∈ Rn [X], N (P ) = max |ak |.
k∈J0;nK
k=0
Rn [X] est de dimension finie, donc toutes les normes y sont équivalentes. En particulier, N et ∥.∥∞ sont
équivalentes, ce qui nous permet d’affirmer qu’il existe M ′ > 0 tel que pour tout x ∈ R+ , N (Px ) < M ′ .
On a donc pour tout
f (k) (x)
x ∈ R+ , ∀k ∈ J1; nK, < M′
k!
Ce qui nous permet d’affirmer que pour tout k ∈ J1; nK, f (k) est bornée.
ε
|Q(yk ) − P (yk )| <
2
i.e.
ε ε
P (yk ) − < Q(yk ) < P (yk ) +
2 2
Mais pour tout k ∈ J1; n + 1K, |P (yk )| ≥ ε, donc
ε ε
signe P (yk ) + = signe P (yk ) − = signe(P (yk ))
2 2
Donc pour tout k ∈ J1; n + 1K, Q(yk ) a le même signe que P (yk ). En appliquant le théorème des valeurs
intermédiaires sur [yk , yk+1 ] pour tout k ∈ J1; nK, on trouve que Q, étant de degré n, admet n racines
distinctes et donc est scindé à racines simples. On en déduit donc que B(P, ε) ⊂ Ω et finalement que Ω
est ouvert.
8/12
Mathématiques en MP* d’après un cours au lycée Louis-le-Grand
i.e.
. . . xn0
1 x0 ak,0 f (x0 )
1 x1 . . . xn1
a
k,1
f (x1 )
.
. .. . . . .. .. −
−−−→ .
. . . . k→+∞ ..
n
X
P̃k − P̃ ≤ |ak,i − ai | −−−−→ 0
∞ k→+∞
i=0
9/12
Mathématiques en MP* d’après un cours au lycée Louis-le-Grand
D’après les hypothèses, il existe N assez grand tel que pour tout n ≥ N on ait rn ≤ r + 1. Soit b ∈ K.
On a pour tout n ≥ N ,
∥an − b∥ ≤ rn ≤ r + 1
et alors
∥an ∥ ≤ r + 1 + ∥b∥
La suite (an ) est bornée, ce qui nous permet en utilisant le théorème III.1 d’affirmer que (an ) admet une
suite extraite convergente. Quitte à extraire de la suite (an ), on suppose qu’elle est convergente vers un
certain a ∈ Rn .
→ Pour montrer l’existence de la boule, montrons que K ⊂ Bf (a, r).
On a pour tout x ∈ K et pour tout n ∈ N, ∥an − x∥ ≤ rn . En passant à la limite, on obtient
∥a − x∥ ≤ r, i.e. x ∈ Bf (a, r). On a donc bien que K ⊂ Bf (a, r).
→ Unicité de la boule
On sait que le rayon de la boule est unique car il est défini comme la borne inférieure de SK , il
suffit donc de montrer l’unicité du centre.
Soit a′ ∈ Rn différent de a tel que K ⊂ Bf (a′ , r). Soit x ∈ Bf (a, r) ∩ Bf (a′ , r), on a
2 ′ 2 1
2r2 ≥ ∥x − a ∥ + ∥x − a ∥ = (∥u + v∥2 + ∥u − v∥2 )
| {z } | {z } 2
u v 2 2
a + a′ a − a′
=2 x−
+
2 2
| {z }
α
a+a′
En posant b = 2
, on en déduit
√
∥x − b∥ ≤ r2 − |{z}
α <r
√ >0
Donc K ⊂ Bf (b, r2 − α) ce qui est absurde par définition de r, d’où le résultat voulu.
Appliquons cette proposition à M = |f (0)| + 1. f est continue sur Bf (0, R) qui est fermé borné en dimen-
sion finie donc compact, elle y atteint donc son minimum en un certain a ∈ Bf (0, R).
10/12
Mathématiques en MP* d’après un cours au lycée Louis-le-Grand
Or pour tout y ∈ E
→ Si ∥y∥ > R, f (y) > |f (0)| + 1 > f (a).
→ Sinon, par construction, f (y) ≥ f (a)
Donc f atteint bien son minimum sur E en a.
b−a0
Posons alors a = ∥b−a0 ∥
∈ S(0, 1), on a alors pour tout x ∈ G,
a0 − b
∥x − a∥ = x −
∥a0 − b∥
1
= ∥b + x ∥a0 − b∥ − a0 ∥
d(a0 , G) | {z }
=y∈G
1
= ∥y − a0 ∥ ≥ 1
d(a0 , G)
2. Construisons la suite an par récurrence. le premier terme a0 peut être pris quelconque vérifiant
∥a0 ∥ = 1.
Soit n ∈ N. Supposons que les termes a0 , . . . , an sont bien définis. Posons Gn = V ect(a0 , . . . , an ).
D’après la questions précédente, il existe an+1 ∈ S(0, 1) tel que d(an+1 , Gn ) ≥ 1. On a alors
∀m ≤ n, ∥am − an+1 ∥ ≥ 1
Il est clair que la suite (an ) telle qu’on l’a définie vérifie
3. Reprenons le théorème III.7. L’énoncé du théorème est le suivant : Si H un espace vectoriel normé,
alors on a l’équivalence
→ (⇐) nous allons faire cette implication par contraposée. Supposons que H soit de dimension
infinie. La question précédente nous permet de considérer une suite (an ) ∈ S(0, 1)N telle que
∀m, n ∈ N, n ̸= m =⇒ ∥an − am ∥ ≥ 1
Si la boule unité était compacte, on disposerait d’une extractrice φ telle que (aφ(n) ) soit conver-
gente, et alors
1 ≤ aφ(n+1) − aφ(n) −−−−→ 0
n→+∞
* *
*
11/12
Mathématiques en MP* d’après un cours au lycée Louis-le-Grand
Document compilé par Omar Bennouna et révisé par Issam Tauil le 01/03/2022 pour
[Link].
Si vous repérez une erreur, ou avez des remarques, prière de me contacter via l’adresse
contact@[Link].
12/12
Mathématiques en MP* d’après un cours au lycée Louis-le-Grand
chapitre 11.6
Applications linéaires continues
I Quelques propriétés
Dans ce chapitre, on considère deux K−espaces vectoriels de dimension quelconque E et F munis res-
pectivement des normes ∥.∥E et ∥.∥F , où K est égal à R ou C.
Proposition I.1.
Soit u ∈ L(E, F ). On a
Preuve
(⇐) On a pour tout y ∈ E,
1
∀x ∈ Bf (0, 1), ∥u(x)∥F ≤
r
On notant C = 1r , on a pour tout x ∈ E \ {0}, u x
∥x∥E
≤ C, i.e.
F
∀x ∈ E, ∥u(x)∥F ≤ C ∥x∥E
1/8
Mathématiques en MP* d’après un cours au lycée Louis-le-Grand
Preuve
→ Les implications (1) ⇒ (2) ⇒ (3) sont évidentes.
→ (3) ⇒ (4) Si u est continue en un point a ∈ E, alors u(x + a) −−→ u(a), donc
x→0
u est donc continue en 0 et donc d’après la preuve de la proposition I.1., u est lipschitzienne.
→ (4) ⇒ (5) si u est lipschitzienne de facteur de lipschitzianité k ≥ 0, alors on a pour tout x ∈ S(0, 1),
et alors
M + ∥u(a)∥F
∥u(x)∥F ≤ := C
r
On en déduit que pour tout x ∈ E \ {0},
!
x
∥u(x)∥F = ∥x∥E u ≤ C ∥x∥E
∥x∥E
la proposition I.1. nous permet donc d’affirmer le fait que u est continue.
Proposition I.3.
2. sup ∥u(x)∥F
x∈S(0,1)
Preuve
→ (1) = (2)
• On a S(0, 1) ⊂ Bf (0, 1), donc (1) ≥ (2)
2/8
Mathématiques en MP* d’après un cours au lycée Louis-le-Grand
Or, (2) ∈ {C ≥ 0, ∀x ∈ E, ∥u(x)∥F ≤ C ∥x∥E }, donc la borne inférieure (3) est bien atteinte.
Proposition I.4.
On peut alors dire par définition de la norme d’opérateur que |||v ◦ u||| ≤ |||v||| × |||u|||.
Remarque : en pratique, pour une application linéaire u ∈ Lc (E, F ) donnée, on peut calculer |||u|||
en utilisant l’égalité suivante :
∥u(x)∥F
|||u||| = sup
x∈E\{0} ∥x∥E
Application : On peut utiliser cette nouvelle définition de la continuité d’une application linéaire pour
énoncer une nouvelle formulation des résultats de comparaison de normes.
Soit N1 et N2 deux normes sur l’espace vectoriel normé E. On a
3/8
Mathématiques en MP* d’après un cours au lycée Louis-le-Grand
II Exercices
Exercice II.1.
1. On pose E = C([0, 1], R), a ∈ [0, 1] et u ∈ L(E, R) définie par ∀f ∈ E, u(f ) = f (a).
Étudier la continuité de u pour les normes ∥.∥∞ , ∥.∥1 et ∥.∥2 .
2. On pose F = C 1 ([0, 1], R) muni de la norme ∥.∥ définie par ∀f ∈ F , ∥f ∥ = ∥f ∥∞ + ∥f ′ ∥∞ .
On considère v ∈ L(F, E) définie par ∀f ∈ F, v(f ) = f ′ . Étudier la continuité de v pour
∥.∥ et ∥.∥∞ lorsque E est muni de ∥.∥∞ .
3. Calculer |||u||| pour ∥.∥∞ .
∞
(−1)n 1
4. Soit u ∈ L(E, R) définie par ∀f ∈ E, u(f ) = f n . Montrer que u est bien
X
n=0 2 n 2
définie, linéaire et continue pour ∥.∥∞ mais que |||u||| n’est pas atteinte.
Exercice II.2.
Soit u ∈ L(E, F ). Montrer que les deux propositions suivantes sont équivalentes
1. u est continue
2. {x ∈ E, ∥u(x)∥F = 1} est fermé dans E.
Exercice II.3.
On suppose que K = R. Soit u un morphisme additif de E dans F borné sur Bf (0, 1). Montrer
que u est une application linéaire continue.
Exercice II.4.
Soit u ∈ L(E, R). Montrer que les propositions suivantes sont équivalentes.
1. u est continue.
2. Ker u est fermé.
Exercice II.5.
∀f ∈ E, f ≥ 0 =⇒ u(f ) ≥ 0
4/8
Mathématiques en MP* d’après un cours au lycée Louis-le-Grand
Pour comprendre l’intuition derrière cette construction, voici un dessin d’un terme de la suite
(fn ).
1
fn
1
a− n a 1
a+ n
h i
On a pour tout n0 ∈ N∗ assez grand pour qu’on ait a − n1 , a + 1
n
⊂ [0, 1] et soit n ≥ n0 ,
|u(f )| |f (a)|
= = n −−−−→ +∞
∥f ∥1 1/n n→+∞
E \ {0} −→ R
Donc u(f ) est non bornée, et alors u n’est pas continue pour ∥.∥1 .
f 7−→ ∥f ∥ 1
|u(f )| 1 √
=q = n −−−−→ +∞
∥f ∥2 1/n n→+∞
ce qui nous permet comme avant de conclure que u n’est pas continue pour ∥.∥2 . La non
continuité pour ∥.∥2 aurait aussi pu être démontrée en utilisant le fait que ∥.∥2 est plus fine
que ∥.∥1 .
2. Etudions la continuité de v pour les deux normes de l’énoncé.
→ Continuité pour ∥.∥
On a pour tout f ∈ C 1 ([0, 1], R), ∥v(f )∥∞ = ∥f ′ ∥∞ ≤ ∥f ∥∞ + ∥f ′ ∥∞ = ∥f ∥. On en déduit donc
que u est continue pour ∥.∥.
→ Continuité pour ∥.∥∞
On considère la suite (fn ) de fonctions à valeurs dans C([0, 1], R) définie par
5/8
Mathématiques en MP* d’après un cours au lycée Louis-le-Grand
est absolument convergente ce qui nous permet d’affirmer que u est bien définie.
On a aussi pour tout f, g ∈ E,
∞
(−1)n 1 1
u(f + g) = f n +g n
X
n=0 2 2 2
n
X (−1)
∞ n
1
X (−1)n 1
∞
= f + g n
n=0 2 2n n=0 2 2
n n
= u(f ) + u(g)
∞
(−1)n 1 N
1 ∞
(−1)n 1
|u(fN )| = = +
X X X
fN fN n
n=0 2n 2n n=0 2
n
n=N +1 2
n 2
1 ∞
(−1)n 1
= 2− N +
X
fN n
2 n=N +1 2
n 2
1 ∞
1
≥2−
X
− ∥fN ∥∞
2N
n=N +1 2
n
1
≥ 2 − N −1 −−−→ 2
2 N →∞
6/8
Mathématiques en MP* d’après un cours au lycée Louis-le-Grand
et alors ∞
1 1
1 − (−1)n f n =0
X
n=0 2 | 2 }
n
{z
≥0
∥xn ∥E 1
∥yn ∥E = = −−−−→ 0
∥u(xn )∥F ∥u(xn )∥F n→+∞
Mais 0 ̸∈ K. on a trouvé une suite à valeurs dans K qui converge vers un élément qui n’est pas
dans cet ensemble. On en déduit que K n’est pas fermé.
∀r ∈ Q, ∀x ∈ E, f (rx) = rf (x)
Soit M un majorant de f sur Bf (0, 1). Soit λ ∈ R, et (rn ) ∈ QN telle que rn −−−−→ λ. Soit x ∈ E, pour
n→+∞
tout p ∈ N∗ il existe Np ∈ N tel que pour tout n ≥ N , (rn − λ)x ∈ B 0, p1 . On a alors pour tout p ∈ N,
il existe Np ∈ N∗ tel que pour tout n ≥ Np ,
1 M
∥f ((rn − λ)x)∥ = ∥f (p(rn − λ)x)∥ ≤
p | {z } p
∈Bf (0,1)
i.e.
M
∥rn f (x) − f (λx)∥ ≤
p
On a alors
M M
∥λf (x) − f (λx)∥ ≤ + ∥(rn − λ)f (x)∥ −−−−→
p n→+∞ p
On en déduit donc que pour tout p ∈ N∗ , ∥λf (x) − f (λx)∥ ≤ Mp et que finalement f (λx) = λf (x). On
conclut que f est une application linéaire bornée sur Bf (0, 1), donc continue.
7/8
Mathématiques en MP* d’après un cours au lycée Louis-le-Grand
∀x ∈ E, u(x) = 1 ⇐⇒ u(x − a) = 0 ⇐⇒ x ∈ a + H
∀x ∈ E, u(x) = −1 ⇐⇒ u(x + a) = 0 ⇐⇒ x ∈ −a + H
Posons donc F = (a + H) ∪ (−a + H). a + H et −a + H sont fermés car ce sont les images directes
du fermé H par respectivement x 7−→ a + x et x 7−→ −a + x qui sont deux application linéaires
bijectives d’inverse continu, donc F est fermé. Or 0 ̸∈ F et F c est ouvert, donc il existe r > 0 tel
que Bf (0, r) ⊂ F c .
Montrons que pour tout x ∈ Bf (0, r), |u(x)| ≤ 1. Soit x ∈ B(0, r) non nul. On suppose par l’absurde
que |u(x)| > 1. On a alors y := |u(x)|
x
∈ B(0, r) et u(y) ∈ {1, −1}, i.e. y ∈ F ce qui est absurde étant
donné que y ∈ B(0, r) ⊂ F . On a donc trouvé une boule non réduite à un point où u est bornée,
c
− ∥f ∥∞ e ≤ f ≤ ∥f ∥∞ e
−C ∥f ∥∞ ≤ u(f ) ≤ C ∥f ∥∞
et enfin
∀f ∈ E, |u(f )| ≤ C ∥f ∥∞
Donc u est continue et |||u||| ≤ C, mais u(e) = C et e ∈ Bf (0, 1), donc |||u||| ≥ C, i.e. |||u||| = C.
√
2. Soit f ∈ E tel que f ≥ 0, on pose g = f . On a g ∈ E et
* *
*
Document compilé par Omar Bennouna et révisé par Issam Tauil le 01/03/2022 pour
[Link].
Si vous repérez une erreur, ou avez des remarques, prière de me contacter via l’adresse
contact@[Link].
8/8
Mathématiques en MP* d’après un cours au lycée Louis-le-Grand
chapitre 11.8
Connexité
I Généralités
Définition I.1.
Preuve
→ (1) ⇒ (2) Soit F1 et F2 deux fermés vérifiant F2 ∪ F2 = X et F1 ∩ F2 = ∅, et posons O1 = X \ F1
et O2 = X \ F2 . O1 et O2 sont ouverts et O1 ∪ O2 = X et O1 ∩ O2 = ∅, donc O1 = X et O2 = ∅
ou O1 = ∅ et O2 = X, i.e. F1 = X et F2 = ∅ ou F1 = ∅ et F2 = X.
→ (2) ⇒ (3) Soit A une partie fermée et ouverte de X. F1 = A et F2 = Ac vérifient les hypothèses de
(2). Donc on a A = X et Ac = ∅ ou A = ∅ et Ac = X, d’où le résultat voulu.
→ (3) ⇒ (4) Posons F1 = f −1 ({0}) et F2 = f −1 ({1}). F1 et F2 sont fermés car il s’agit d’images
réciproques de deux fermés par une fonctions continue. De plus, on a F1 ∪ F2 = X et F1 ∩ F2 = ∅.
On a alors F1 = X ou F2 = X, i.e. f −1 ({0}) = X ou f −1 ({1}) = X. f est alors toujours égale à 0
ou toujours égale à 1. On a donc bien le résultat voulu.
→ (4) ⇒ (1) Soit O1 et O2 deux ouverts vérifiant O1 ∪ O2 = X et O1 ∩ O2 = ∅. On considère
l’application de X dans {0, 1} suivante :
X −→ {0,
1}
f: 0 si x ∈ O1
x 7−→
1 si x ∈ O2
f est continue car O1 et O2 sont ouverts, elle est donc constante. On a alors O1 = f −1 ({0}) = ∅
et O2 = f −1 ({1}) = X ou O1 = f −1 ({0}) = X et O2 = f −1 ({1}) = ∅, ce qui est bien ce qu’on
cherchait.
Proposition I.2.
Soit I un ensemble et (Ωi )i∈I une partition d’ouverts d’un espace métrique connexe X. Il existe
alors au plus un indice i0 tel que Ωi0 ̸= ∅.
Preuve : Soit i0 tel que Ωi0 ̸= ∅. Posons Ω = Ωi . On a alors Ωi0 ∪ Ω = X et Ωi0 ∩ Ω = ∅. De plus
[
i∈I\{i0 }
Ωi0 et Ω sont ouverts (car c’est l’union d’ouverts), donc X étant connexe, on a nécessairement Ω = ∅,
i.e. ∀i =
̸ i0 , Ωi = ∅.
1/11
Mathématiques en MP* d’après un cours au lycée Louis-le-Grand
Proposition I.3.
Preuve : Soit f : A −→ {0, 1} une application continue. f est continue sur A par restriction et A est
connexe, donc f est constante sur A. A est dense dans A donc f étant continue, elle est aussi constante
sur A, donc A est bien connexe.
Proposition I.4.
Soit X et Y deux espaces métriques et f ∈ C(X, Y ). Si A est une partie connexe de X, alors
f (A) est aussi une partie connexe de Y .
Preuve : Soit g : f (A) −→ {0, 1} une application continue. g ◦ f est une fonction continue de A dans
{0, 1} car il s’agit de la composition de deux applications continues, elle est alors constante. On en déduit
donc directement que ∃c ∈ {0, 1}, g ◦ f (A) = {c}, i.e. g(f (A)) = {c}. g est alors constante sur f (A) ce
qui nous permet d’affirmer que f (A) est bien une partie connexe de Y .
Preuve : Soit f ∈ C([0, 1], {0, 1}). Supposons sans perte de généralité que f (0) = 0. On considère
l’ensemble
A = {x ∈ [0, 1], ∀y ∈ [0, x], f (y) = 0}
Posons a = sup A. a est limite d’une suite à valeurs dans
h A, donc
i par continuité de f , on a f (a) = 0.
Supposons que a ̸= 1. On a pour tout n ∈ N, ∃xn ∈ a, a + n , f (xn ) = 1. La suite (xn ) converge vers a
1
et donc
f (xn ) −−−−→ 1 ̸= f (a)
n→+∞
1. On appelle arc continu toute application continue d’un segment [a, b] de R dans E.
2. Une partie A de E est dite connexe par arcs si tous éléments x et y de A peuvent être
reliés par un arc continu sur A, i.e.
Remarque : Dans la définition de la connexité par arc, on aurait pu remplacer 0 par a ∈ R et 1 par
b ∈ R tel que a < b quelconques.
2/11
Mathématiques en MP* d’après un cours au lycée Louis-le-Grand
Définition II.3.
Par construction γ • δ est un arc continu reliant x à z. On dit que γ • δ est la reliure des deux
arcs γ et δ. • n’étant pas associative, pour trois arcs γ1 , γ2 , γ3 , on définit γ1 • γ2 • γ3 comme
γ1 • (γ2 • γ3 ).
Définition II.4.
Supposons que pour tout t ∈ [0, 1], (1 − t)a + tb ∈ E. Pour tout x, y ∈ E, on définit l’arc θ(x, y)
comme
[0, 1] −→ E
θ(x, y) :
t 7−→ (1 − t)x + ty
Par construction, θ(x, y) est bien un arc continu reliant x à y.
Remarque : Attention, ces deux dernières notations sont propres à ce cours en particulier et ne sont pas
communes en classes préparatoires. Si vous souhaitez les utiliser, il faut les définir avant.
Proposition II.5.
Soit F un espace métrique et f une fonction continue de E dans F . L’image d’une partie de
E connexe par arcs par f est connexe par arcs.
Preuve : Soit A une partie connexe par arcs de E. Soit a, b ∈ f (A), et x, y ∈ A tels que a = f (x) et
b = f (y). A est connexe par arcs, il existe donc un arc γ ∈ C([0, 1], A) tel que γ(0) = x et γ(1) = y. On a
alors f ◦ γ est un arc continu reliant a = f (x) et b = f (y).
Proposition II.6.
Preuve : Soit g : A −→ {0, 1} une fonction continue. Soient x et y dans A. A est connexe par arcs, il
existe donc un arc continu γ ∈ C([0, 1], A) tel que γ(0) = x et γ(1) = y.
L’application g ◦ γ : [0, 1] −→ {0, 1} est continue et [0, 1] est connexe, donc elle est constante et alors
g(x) = g(y). On en déduit donc que g est constante et que par conséquent A est connexe.
Exemple : Pour tout n ∈ N∗ , GLn (R) n’est pas connexe par arcs. En effet, l’application f = det
est continue, donc si GLn (R) était connexe par arcs, f (GLn (R)) le serait aussi. Mais f (GLn (R)) = R∗
qui n’est pas connexe par arcs.
3/11
Mathématiques en MP* d’après un cours au lycée Louis-le-Grand
Proposition II.7.
Preuve
1. → Réflexivité
Soit Soit x, y ∈ A. Si x ∼ y, alors il existe un arc γ ∈ C([0, 1], A) reliant x et y. Il suffit alors
de considérer γ̃ : a 7−→ γ(1 − a). L’arc γ̃ relie x et y et γ̃(0) = y et γ̃(1) = x et alors y ∼ x.
→ Symétrie
Soit x ∈ A. L’arc γ : t 7−→ x constant sur [0, 1] relie x à x, donc x ∼ x.
→ Transitivité
Soit x, y, z ∈ A tels que x ∼ y et y ∼ z. Soit γ, δ ∈ C([0, 1], A) deux arcs reliant respectivement
x à y et y à z. On considère l’arc suivant
[0, 1] −→ A
h i
β =γ•δ : γ(2t) si x ∈ 0, 12
x 7−→ h i
δ(2t − 1) si x ∈ 1
,1
2
Proposition II.8.
1. Une réunion de parties de E connexes par arcs ayant un point en commun est connexe
par arcs.
2. Soit n ∈ N∗ et E1 , . . . , En des espaces métriques. Si pour tout k ∈ J1; nK, Ak est une
partie connexe par arcs de Ek , alors A1 × · · · × An est une partie connexe par arcs de
l’espace métrique produit E1 × · · · × En .
Preuve
1. Soit n ∈ N∗ et (An )n∈N une famille de parties connexes par arcs tels que pour tout k ∈ J1; nK,
a ∈ Ak . Posons A = An . soit x et y deux points de A. Soit k, l ∈ N tels que x ∈ Ak et y ∈ Al .
[
n∈N
On a a et x sont deux éléments de l’ensemble connexe par arcs Ak , donc x ∼Ak a donc x ∼A a et
a et y sont deux éléments de l’ensemble connexe par arcs Al , donc a ∼Al y donc a ∼A y. On en
déduit donc par transitivité que x ∼ y et que finalement A est connexe par arcs.
4/11
Mathématiques en MP* d’après un cours au lycée Louis-le-Grand
Exercice II.9.
Ω= ]an , bn [
[
n∈N
avec pour tout n ∈ N, an < bn . Montrer que Ω n’est pas connexe par arcs.
Exercice II.10.
Exercice II.11.
Exercice II.12.
Exercice II.13.
Soit Ω un ouvert connexe de Rn . Montrer que Ω est connexe par arcs polygonaux, i.e. pour
tous points x, y de E, x et y peuvent être reliés par un arc affine par morceaux.
Preuve
→ (2) ⇒ (1) Pour tout a, b ∈ A tel que a < b, si on considère l’application continue fa,b : x 7−→
(b − a)x + a, alors fa,b est un arc continu liant a à b donc a ∼ b. A est donc connexe par arcs.
→ (1) ⇒ (2) soit x, y ∈ A et z ∈]x, y[. Soit γ un arc continu reliant x et y. Posons
Sz est fermé car il s’agit de l’image réciproque d’un fermé par la fonction continue γ et de plus,
Sz est non vide car 1 ∈ Sz , donc c = sup Sz ∈ Sz , i.e. γ(c) ≤ z et c < 1 car 1 ̸∈ Sz . On a aussi
pour tout t ∈]0, 1 − c], γ(c + t) > z. En faisant tendre t vers 0, on obtient par continuité de γ que
γ(c) ≥ z, et alors γ(c) = z. On en déduit donc que z ∈ A, donc [x, y] ⊂ A et finalement que A est
un intervalle.
Conséquence : Si I est un intervalle et f une fonction continue de I dans R, alors I est continu par
arcs donc f (I) aussi, i.e. f (I) est un intervalle.
5/11
Mathématiques en MP* d’après un cours au lycée Louis-le-Grand
Proposition III.2.
Preuve
→ (2) ⇒ (1) Supposons que f soit injective et donc dans perte de généralité strictement croissante.
Pour tout x, y ∈ I, si x ̸= y, on suppose sans perte de généralité que x > y. Par stricte monotonie
de f , on a que f (x) > f (y) et alors f (x) ̸= f (y). f est donc bien injective,.
→ (1) ⇒ (2) Posons ∆ = {(x, y) ∈ I 2 , x < y} et considérons l’application
∆ −→ R
φ:
(x, y) 7−→ f (y) − f (x)
Le fait que f soit injective est équivalent au fait que φ ne s’annule pas sur ∆, donc φ est à valeurs
dans R∗ . ∆ est convexe donc connexe par arcs. En effet, si a et b sont deux points de ∆, l’arc continu
[0, 1] −→ ∆
γ:
t 7−→ ta + (1 − t)b
lie a et b dans ∆. Or φ est continue, φ(∆) est alors une partie connexe par arcs de R∗ et donc un
intervalle. Deux cas de présentent alors
• φ(∆) ⊂]0, +∞[ donc f est strictement croissante.
• φ(∆) ⊂] − ∞, 0[ donc f est strictement décroissante.
On a donc bien le résultat voulu.
Proposition III.3.
Preuve
1. Supposons que f est monotone.
→ (a) ⇒ (b) I est connexe par arcs et f est continue, donc f (I) est aussi connexe par arcs i.e.
c’est un intervalle.
→ (b) ⇒ (a) Supposons sans perte de généralité que f soit croissante. Nous allons traiter uni-
quement le cas où f admet un point de discontinuité sur l’intérieur de I. Le lecteur pourra
essayer de faire le cas d’une discontinuité aux bords de l’intervalle. Supposons que f admettes
un point de discontinuité x0 sur l’intérieur de I. On note respectivement f (x+ 0 ) et f (x0 ) les
−
limites à droite et à gauche de x0 des f . On a alors f (x− 0 ) ≤ f (x0 ) ≤ f (x0 ) et f (x0 ) < f (x0 ).
+ − +
6/11
Mathématiques en MP* d’après un cours au lycée Louis-le-Grand
On en déduit que y0 ̸∈ f (I) et y0 est compris entre deux éléments de f (I). f (I) n’est donc pas
un intervalle.
2. Il suffit d’appliquer la question précédente et la proposition III.2. f est une fonction continue sur
l’intervalle I et injective, elle est donc strictement monotone d’après la proposition III.2. f −1 est
alors aussi strictement monotone. De plus, on a f −1 (f (I)) = I et I et f (I) sont des intervalles,
donc d’après (1), f −1 est continue.
Exercice III.4.
Soit f une fonction de [0, 1] dans [0, 1] telle qu’il existe p ∈ N∗ , f ◦ · · · ◦ f = Id. Supponsons
| {z }
p fois
que f (0) = 0 Montrer que f = Id.
Exercice III.5.
Exercice III.6.
Exercice III.7.
Posons S(0, 1) = {z ∈ C, |z| = 1}. Montrer que S(0, 1) n’est homéomorphe à aucune partie R.
Exercice III.8.
Soit f : S(0, 1) −→ S(0, 1) une fonction injective et continue. Montrer que f est un homéo-
morphisme.
7/11
Mathématiques en MP* d’après un cours au lycée Louis-le-Grand
k≥1
n’est donc pas connexe et alors pas connexe par arcs.
z3 m∈E
a b
γ
m0 ̸∈ E
z2
z1
|E| ≤ p, donc E est fini. On peut donc considérer m0 ∈ ∆ \ E car cet ensemble est non vide. Il suffit
alors de considérer l’arc
[0, 1] −→ S
h i
γ = θ(a, m0 ) • θ(m0 , b) : 2tm0 + (1 − 2t)a si t ∈ 0, 12
t 7−→ i i
(2t − 1)b + 2(1 − t)m0 si t ∈ 1
,1
2
γ est un arc continu à valeurs dans S qui lie a à b en passant par m0 , donc S est bien connexe par arcs.
8/11
Mathématiques en MP* d’après un cours au lycée Louis-le-Grand
ce qui est absurde. De même, on obtient la même contradiction lorsqu’on suppose que f (x) < x. Donc a
bien que f = Id.
ε(h) −−→ 1, donc il existe η > 0 tel que pour tout h ∈ Bf (0, η) \ {0}, |ε(h)| > 1
2
et alors
h→0
pour tout h ∈ Bf (0, η) \ {0}, f (a + h) > h
2
> 0 et alors l’égalité f × (f ′ − 1) = 0 entraîne
9/11
Mathématiques en MP* d’après un cours au lycée Louis-le-Grand
10/11
Mathématiques en MP* d’après un cours au lycée Louis-le-Grand
* *
*
Document compilé par Omar Bennouna et révisé par Issam Tauil le 07/04/2022 pour
[Link].
Si vous repérez une erreur, ou avez des remarques, prière de me contacter via l’adresse
contact@[Link].
11/11
Mathématiques en MP* d’après un cours au lycée Louis-le-Grand
chapitre 11.9
Convexité
I Enveloppe convexe
Dans ce chapitre, on considère E un R−espace vectoriel et A une partie de E.
Définition I.1.
Lemme I.2.
→ Soit p ∈ N∗ , supposons que la propriété soit vraie pour p. Soit z1 , . . . , zp+1 ∈ C et λ1 , . . . , λp+1 ∈ R+
tels que λ1 + · · · + λp+1 = 1. On a lorsque λp+1 ̸= 1,
p+1 p
X X λk
λk zk = (1 − λp+1 ) zk + λp+1 zp+1
k=1 k=1 1 − λp+1
| {z }
µk
De plus
λ1 + · · · + λp 1 − λp+1
µ1 + · · · + µp = = =1
1 − λp+1 1 − λp+1
p
X
Donc par hypothèse de récurrence, on a µk zk ∈ C, et alors en appliquant la définition de la
k=1
convexité (i.e. la propriété pour p = 2), on a
p+1 p
X X λk
λk zk = (1 − λp+1 ) zk +λp+1 zp+1 ∈ C
k=1 k=1 1 − λp+1
| {z }
| {z } ∈C
∈C
On a donc bien le résultat voulu. Il reste le cas λp+1 = 1 qui est évident.
1/8
Mathématiques en MP* d’après un cours au lycée Louis-le-Grand
Proposition I.3.
Preuve
1. Cette preuve est laissée comme exercice au lecteur.
2. Par définition de conv(A), tout convexe contenant A contient conv(A), conv(A) est alors le plus
petit contenant A.
3. Montrons l’égalité par double inclusion
→ (⊃) A ⊂ conv(A) et conv(A) est convexe, donc pour tout x1 , . . . , xp ∈ A ⊂ conv(A) et
p
X
+
λ1 , . . . , λp ∈ R tels que λ1 + · · · + λp = 1, λk xk ∈ conv(A) .
k=1
λ1 + · · · + λp = 1
p
∗ +
→ (⊂) Posons B = x ∈ E, ∃p ∈ N , ∃x1 , . . . , xp ∈ A, ∃λ1 , . . . , λp ∈ R , X .
x= λ k xk
k=1
On a A ⊂ B ⊂ conv(A), donc il suffit de montrer que B est convexe pour montrer l’égalité,
car conv(A) est le plus petit convexe au sens de l’inclusion contenant A.
p
X p
X
Soit x = λk xk ∈ B, y = µk yk ∈ B et λ ∈ [0, 1]. On a
k=1 k=1
p
X
λx + (1 − λ)y = λλk xk + (1 − λ)µk yk
k=1
Posons
(z
1 , . . . , z2p ) = (x1 , . . . , xp , y1 , . . . , yp )
(δ1 , . . . , δ2p ) = (λλ1 , . . . , λλp , (1 − λ)µ1 , . . . (1 − λ)µp )
On a (z1 , . . . , z2p ) ∈ A2p , (δ1 , . . . , δ2p ) ∈ R+2p et δ1 + · · · + δ2p = 1, donc on a
2p
X
λx + (1 − λ)y = δk zk ∈ C
k=1
Donc B est bien convexe, ce qui nous permet d’affirmer que conv(A) = B.
Exemple : On considère l’exemple suivant, où dim E = 2. Le dessin suivant montre comment obtenir
graphiquement l’enveloppe convexe des 7 points a1 , a2 , a3 , a4 , a5 , a6 , a7 ∈ E.
a4
a3
a7
a6
a5 conv({a1 , a2 , a3 , a4 , a5 , a6 , a7 })
a2
a1
2/8
Mathématiques en MP* d’après un cours au lycée Louis-le-Grand
Exercice I.4.
Supposons que E est de dimension finie égale à d. Soit p ≥ d+1 et (a0 , . . . , ap ) ∈ E p+1 . Montrer
qu’il existe (α0 , . . . , αp ) ∈ Rp+1 \ {(0, . . . , 0)} tel que
p
X
αk ak = 0 et α0 + · · · + αp = 0
k=0
Exercice I.5.
Exercice I.6.
On suppose que E est de dimension finie. Soit K une partie compacte de E. Montrer que
conv(K) est une partie compacte de E.
II Projection et séparation
Exercice II.1.
Soit C un convexe non vide fermé de l’espace euclidien E muni du produit scalaire ⟨., .⟩.
1. Montrer que pour tout a ∈ E il existe un unique b ∈ C tel que
d(a, C) = ∥a − b∥
2. Montrer que ∀x ∈ C, ⟨a − b, x − b⟩ ≤ 0.
3. On pose b = pC (a). Montrer que pC est 1−lipschitzienne.
Exercice II.2.
Soit C un convexe non vide fermé de l’espace euclidien E muni du produit scalaire ⟨., .⟩. Soit
a ̸∈ C. Montrer qu’il existe un hyperplan affine de E qui sépare strictement C de a.
3/8
Mathématiques en MP* d’après un cours au lycée Louis-le-Grand
i.e. p !
X
− β k a0 + β 1 a1 + · · · + β p ap = 0
k=1
p
X
!
En posant α0 = − βk et pour tout k ∈ J1; pK, αk = βk , on a
k=1
p
X
α0 + · · · + αp = 0 et αk ak = 0
k=0
a0
a3
b
T
a2
a1
λ0 + λ1 + λ2 + λ3 = 1 et b = λ0 a0 + λ1 a1 + λ2 a2 + λ3 a3
Mais on voit aussi que b appartient au triangle jaune T = conv({a0 , a1 , a3 }), il existe donc µ0 , µ1 , µ3 tels
que
µ0 + µ1 + µ3 = 1 et b = µ0 a0 + µ1 a1 + µ3 a3
Remarquons que le point qu’on peut enlever à la combinaison convexe n’est pas unique : on aurait pu
faire la même chose en enlevant le point a1 et en considérant le triangle T ′ = conv({a0 , a3 , a2 }).
Montrons à présent cette propriété dans le cas général.
On considére α0 , . . . , αp p + 1 réels vérifiant la propriété montrée dans l’exercice précédent, i.e.
p
X
α0 + · · · + αp = 0 et α k ak = 0
k=0
4/8
Mathématiques en MP* d’après un cours au lycée Louis-le-Grand
et p p p
X X X
νk (τ ) = λk − τ αk = 1
k=0 k=0 k=0
On souhaite choisir τ de manière à ce que tous les νk (τ ) soient positifs et que au moins un seul parmi ces
coefficients soit nul. Posons pour tout k ∈ J0; pK, Ak = {τ ∈ R, νk (τ ) ≥ 0}. Les Ak sont fermés et non
vides car ils contiennent tous 0.
On a alors pour tout k ∈ J0; pK
i i
→ Si αk > 0, alors Ak = −∞, − αλkk .
→ Si αk = 0, alors Ak = R.
h h
→ Sinon, Ak = − αλkk , +∞ .
p
\ p
X
Posons S = Ak . On sait que (α0 , . . . , αp ) ̸= (0, . . . , 0) et αk = 0, il existe donc k et l deux entiers
k=0 k=0 i i h h
dans J0; pK tels que αk < 0 et αl > 0. On peut donc affirmer que S ⊂ −∞, − αλll et S ⊂ − αλkk , +∞ . S
est donc une intersection d’intervalles majorée et minorée et contenant
h 0,h c’est
i alors uni segment borné
non vide. S est une intersection finie de segments de la forme − αk , +∞ et −∞, − αλll avec αl < 0 et
λk
Λ = {(λ0 , . . . , λd ) ∈ Rd+1
+ , λ0 + · · · + λd = 1}
et considérons l’application
d+1
K
×Λ −→ conv(K)
p
φ: X
((ak )k∈J0;dK , (λk )k∈J0;dK )
7−→ λ k ak
k=0
Le résultat énoncé à la fin de l’exercice précédent nous permet d’affirmer que tout élément de conv(K)
s’écrit comme combinaison linéaire d’au plus d+1 éléments de K, i.e. s’écrit de la forme φ((ak )k∈J0;dK , (λk )k∈J0;dK )
avec ((ak )k∈J0;dK , (λk )k∈J0;dK ) ∈ K d+1 × Λ. φ est donc surjective. De plus Λ est un fermé borné en dimension
finie, c’est donc un compact. K d+1 × Λ est un produit de compacts, donc d’après la proposition III.1 du
chapitre 11.5, c’est un compact. φ est continue car il s’agit de produit et somme de fonctions continues,
donc d’après la proposition VI.1 du chapitre 11.5, φ(K d+1 × Λ) est compact, mais φ est surjective, donc
5/8
Mathématiques en MP* d’après un cours au lycée Louis-le-Grand
φ(K d+1 × Λ) = conv(K). On en déduit donc finalement que conv(K) est compact.
→ Existence
Posons δ = inf ∥x − a∥ = d(a, C) et soit (xn ) une suite à valeurs dans C vérifiant ∥xn − a∥ −−−−→
x∈C n→+∞
δ. Pour n assez grand, ∥xn − a∥ ≤ δ + 1, i.e. xn ∈ Bf (a, δ + 1). Quitte à extraire, on suppose
que (xn ) est à valeurs dans C ∩ Bf (a, δ + 1). C ∩ Bf (a, δ + 1) est un fermé borné en dimension
finie, c’est donc un compact. il existe donc une extractrice φ telle que xφ(n) −−−−→ b ∈ C. On
n→+∞
a donc xφ(n) − a −−−−→ ∥b − a∥ et finalement ∥b − a∥ = δ = d(a, C).
n→+∞
→ Unicité
Soit b et b′ deux éléments de C tels que ∥a − b∥ = ∥a − b′ ∥ = d(a, C). Supposons par l’absurde
que b ̸= b′ . On a
!
u+v 2 u−v 2
2 ′ 2
2d(a, C)2 = ∥a − b∥ + ∥a −b∥ =2 +
| {z } | {z } 2 2
u v
2
b + b′ 1 2
=2 a− + ∥b − b′ ∥ > 2d(a, C)2
2 2
Ce qui est absurde, donc b = b′ . On a donc bien l’unicité. La dernière inégalité est vraie car
b+b′
2
∈ C.
2. Posons pour tout t ∈]0, 1] et x ∈ C, xt = tx + (1 − t)b. On a alors pour tout x ∈ C et t ∈]0, 1],
xt ∈ C, donc ∥a − xt ∥2 ≥ ∥a − b∥2 . On a de plus
⟨a − b, b′ − b⟩ ≤ 0
et
⟨a′ − b′ , b − b′ ⟩ ≤ 0 i.e. ⟨b′ − a′ , b′ − b⟩ ≤ 0
en sommant ces deux inégalité, on obtient
2
⟨b′ − a′ + a − b, b′ − b⟩ ≤ 0 i.e. ∥b′ − b∥ ≤ ⟨a′ − a, b′ − b⟩
6/8
Mathématiques en MP* d’après un cours au lycée Louis-le-Grand
On a donc finalement
2
∥b′ − b∥ ≤ ⟨a′ − a, b′ − b⟩ ≤ ∥a′ − a∥ × ∥b′ − b∥
↑
Cauchy-Schwarz
Si b = b′ , alors on a
∥pC (a) − pC (a′ )∥ = ∥b − b′ ∥ = 0 ≤ ∥a − a′ ∥
H = {z ∈ E, ⟨u, z⟩ = k}
Pour comprendre l’intuition derrière la solution de cet exercice, observons le dessin suivant en dimension
2.
H
1
2 ∥a − b∥
c
b = pC (a)
a
u
C
Nous allons construire l’hyperplan H en nous aidant du dessin ci-dessus.
Posons b = pC (a) la projection de a sur C, u = a − b et c = a+b
2
. Rappelons l’inégalité (∗) de l’exercice
précédent :
∀x ∈ C, ⟨a − x, a − b⟩ ≥ ∥a − b∥2
On souhaite trouver un hyperplan orthogonal à u = a − b séparant a et C. On a pour tout x ∈ C,
⟨a − x, a − b⟩ ≥ ∥a − b∥2 ⇐⇒ ⟨a − c + c − x, a − b⟩ ≥ ∥a − b∥2
1
⇐⇒ ⟨c − x, a − b⟩ ≥ ∥a − b∥2
2
1
⇐⇒ ⟨x, u⟩ ≤ ⟨c, u⟩ − ∥a − b∥2 < ⟨c, u⟩
2
De plus, on a * +
a−b 1
⟨a − c, a − b⟩ = , a − b = ∥a − b∥2
2 2
7/8
Mathématiques en MP* d’après un cours au lycée Louis-le-Grand
i.e.
1
⟨a, u⟩ = ⟨c, u⟩ + ∥a − b∥2 > ⟨c, u⟩
2
En prenant donc k = ⟨c, u⟩ et H = {z ∈ E, ⟨u, z⟩ = k}. On a bien
* *
*
Document compilé par Omar Bennouna et révisé par Issam Tauil le 08/04/2022 pour
[Link].
Si vous repérez une erreur, ou avez des remarques, prière de me contacter via l’adresse
contact@[Link].
8/8