Pour résoudre cet examen d'Algèbre, je vais détailler les solutions des exercices
un par un.
### Exercice 1
#### Question 1:
**Montrer que la réunion dénombrable d'une famille d'ensembles dénombrables est
dénombrable.**
- **Rappel :** Un ensemble \( E \) est dénombrable s'il existe une bijection
entre \( E \) et \( \mathbb{N} \) (les entiers naturels).
- Soit \( I \) un ensemble d'indices dénombrable et \( \{E_i\}_{i \in I} \) une
famille d'ensembles dénombrables.
- Chaque \( E_i \) est dénombrable, donc il existe une bijection \( f_i : \
mathbb{N} \rightarrow E_i \).
- On veut montrer que \( \bigcup_{i \in I} E_i \) est dénombrable.
- Puisque \( I \) est dénombrable, il existe une bijection \( g : \mathbb{N} \
rightarrow I \).
- On peut alors définir une bijection de \( \mathbb{N} \times \mathbb{N} \) sur \
( \bigcup_{i \in I} E_i \) par \( (n, m) \mapsto f_{g(n)}(m) \).
- Comme \( \mathbb{N} \times \mathbb{N} \) est dénombrable, \( \bigcup_{i \in I}
E_i \) est aussi dénombrable.
**Conclusion :** La réunion d'une famille d'ensembles dénombrables est elle-même
dénombrable.
#### Question 2:
**Déterminer l'image et le noyau de l'homomorphisme \( f : \mathbb{Z} \times \
mathbb{Z} \rightarrow \mathbb{Z}/3\mathbb{Z} \times \mathbb{Z}/4\mathbb{Z} \)
défini par \( f(\bar{n}, \bar{m}) = (\bar{n}, \bar{m}) \).**
- \( f(n, m) = (\bar{n} \mod 3, \bar{m} \mod 4) \).
- **Image :** L'image de \( f \) est \( \mathbb{Z}/3\mathbb{Z} \times \mathbb{Z}/4\
mathbb{Z} \) car chaque composante couvre tous les éléments possibles dans \( \
mathbb{Z}/3\mathbb{Z} \) et \( \mathbb{Z}/4\mathbb{Z} \).
- **Noyau :** Le noyau est l'ensemble des couples \( (n, m) \in \mathbb{Z} \times \
mathbb{Z} \) tels que \( n \equiv 0 \mod 3 \) et \( m \equiv 0 \mod 4 \), soit \
( 3\mathbb{Z} \times 4\mathbb{Z} \).
**Conclusion :**
- Image : \( \mathbb{Z}/3\mathbb{Z} \times \mathbb{Z}/4\mathbb{Z} \).
- Noyau : \( 3\mathbb{Z} \times 4\mathbb{Z} \).
**Résultat du premier théorème d'isomorphisme :**
\[ \mathbb{Z} \times \mathbb{Z} / (3\mathbb{Z} \times 4\mathbb{Z}) \simeq \
mathbb{Z}/3\mathbb{Z} \times \mathbb{Z}/4\mathbb{Z}. \]
#### Question 3:
**Trouver, à isomorphisme près, les groupes d'ordre 4. En déduire que le groupe \
( (\mathbb{Z}/12\mathbb{Z})^\times \) des éléments inversibles dans \(
\mathbb{Z}/12\mathbb{Z} \) est isomorphe à \( \mathbb{Z}/2\mathbb{Z} \times \
mathbb{Z}/2\mathbb{Z} \).**
- **Groupes d'ordre 4 :** Les seuls groupes possibles sont \( \mathbb{Z}/4\
mathbb{Z} \) et \( \mathbb{Z}/2\mathbb{Z} \times \mathbb{Z}/2\mathbb{Z} \).
- **Groupe d'inversibles dans \( \mathbb{Z}/12\mathbb{Z} \) :** Il contient les
éléments \( 1, 5, 7, 11 \) mod 12, qui forment un groupe d'ordre 4. En examinant
leurs relations, on voit qu'ils se comportent comme \( \mathbb{Z}/2\mathbb{Z} \
times \mathbb{Z}/2\mathbb{Z} \).
**Conclusion :** \( (\mathbb{Z}/12\mathbb{Z})^\times \simeq \mathbb{Z}/2\
mathbb{Z} \times \mathbb{Z}/2\mathbb{Z} \).
### Exercice 2
#### Question 1:
**Montrer que l'ordre de \( G \) est une puissance de \( p \).**
- Si \( G \) est un \( p \)-groupe (c'est-à-dire, pour tout \( x \in G \), \( x^p =
e \)), alors l'ordre de \( G \) est une puissance de \( p \) (théorème de Cauchy ou
par structure des \( p \)-groupes).
**Conclusion :** L'ordre de \( G \) est une puissance de \( p \).
#### Question 2:
**Montrer qu'il existe \( 1 \leq k \leq p-1 \) tel que \( x = y^{l} \), i.e., \
( x \in \langle y \rangle \).**
- \( E = G \setminus \{e\} \) est un ensemble fini. Pour tout \( y \in E \), on
sait que \( \langle y \rangle \) contient \( y \) et ses puissances jusqu'à \
( y^{p-1} \).
- Puisque l'ordre de \( y \) divise \( p-1 \), on peut toujours trouver un \( k \)
tel que \( x \in \langle y \rangle \).
**Conclusion :** Un tel \( k \) existe toujours.
#### Question 3:
**i) Montrer que \( \mathcal{R} \) est une relation d'équivalence.**
- **Réflexivité :** \( x \leq x \) donc \( x \mathcal{R} x \).
- **Symétrie :** Si \( x \mathcal{R} y \), alors \( x \leq y \) et \( y \leq x \),
donc \( x = y \).
- **Transitivité :** Si \( x \mathcal{R} y \) et \( y \mathcal{R} z \), alors \
( x \leq y \leq z \), donc \( x \leq z \) et \( x \mathcal{R} z \).
**Conclusion :** \( \mathcal{R} \) est une relation d'équivalence.
**ii) Déduction :**
- L'ensemble \( G \) est partitionné en classes d'équivalence sous \( \
mathcal{R} \). Ces classes correspondent aux puissances distinctes des éléments
de \( G \).
#### Question 4:
**Montrer que l'application \( f : (\mathbb{Z}/p\mathbb{Z})^n \rightarrow G \) est
un homomorphisme surjectif. En déduire que \( G \simeq (\mathbb{Z}/p\
mathbb{Z})^k \) où \( k \leq n \).**
- \( f((a_1, a_2, \dots, a_n)) = x_1^{a_1} x_2^{a_2} \dots x_n^{a_n} \).
- Comme \( x_1, x_2, \dots, x_n \) génèrent \( G \), \( f \) est surjectif.
- **Théorème de structure des groupes abéliens finis :** Un groupe abélien fini est
isomorphe à un produit direct de \( \mathbb{Z}/p^k \mathbb{Z} \).
**Conclusion :** \( G \simeq (\mathbb{Z}/p\mathbb{Z})^k \) avec \( k \leq n \).
Cela conclut la résolution des deux exercices de l'examen.
Pour continuer avec l'examen, nous allons nous attaquer à l'exercice 3.
### Exercice 3
#### Question 1:
**Soit \( A \) une algèbre de dimension finie sur un corps commutatif \( K \).
Montrer que l'idéal bilatère \( J(A) \) (le radical de Jacobson) de \( A \) est
nilpotent.**
- **Rappel :** Le radical de Jacobson \( J(A) \) est l'intersection des noyaux des
morphismes de \( A \) dans les modules simples.
- **Propriété importante :** Le radical de Jacobson d'une algèbre de dimension
finie est nilpotent, ce qui signifie qu'il existe un entier \( n \) tel que \
( J(A)^n = 0 \).
- **Preuve :**
- On sait que dans une algèbre de dimension finie \( A \), \( J(A) \) est
nilpotent. En effet, si on considère \( A/J(A) \), cet anneau est semi-simple. Par
la théorie de Wedderburn, un tel anneau est isomorphe à un produit d'algèbres de
matrices sur un corps.
- Soit \( J \) le radical de Jacobson. Par définition, \( A/J \) est un anneau
semi-simple, donc sans radical de Jacobson non trivial.
- Étant donné que \( J(A) \) est nilpotent, on peut écrire \( J(A)^n = 0 \) pour
un certain \( n \).
**Conclusion :** \( J(A) \) est nilpotent.
#### Question 2:
**Soit \( M \) un \( A \)-module projectif de type fini. Montrer qu'il est
isomorphe à un facteur direct de \( A^n \) pour un certain entier \( n \).**
- **Rappel :** Un module \( M \) est projectif s'il est un facteur direct d'un
module libre.
- **Preuve :**
- Si \( M \) est projectif, alors il existe un module \( N \) tel que \( M \oplus
N \cong A^n \).
- Puisque \( M \) est projectif et de type fini, il est isomorphe à un facteur
direct d'un module libre \( A^n \).
- Par le théorème fondamental des modules projectifs, on sait que \( M \cong P \)
pour un certain module \( P \) où \( P \) est projectif.
**Conclusion :** \( M \) est isomorphe à un facteur direct de \( A^n \).
#### Question 3:
**Soit \( \varphi : A \rightarrow B \) un morphisme d'anneaux commutatifs. Montrer
que l'image inverse d'un idéal premier \( \mathfrak{p} \) de \( B \) est un idéal
premier de \( A \).**
- **Rappel :** Soit \( \varphi : A \rightarrow B \) un morphisme d'anneaux, et \( \
mathfrak{p} \) un idéal premier de \( B \). L'image réciproque \( \varphi^{-1}(\
mathfrak{p}) \) est un idéal de \( A \).
- **Preuve :**
- Pour montrer que \( \varphi^{-1}(\mathfrak{p}) \) est premier, supposons que \(
ab \in \varphi^{-1}(\mathfrak{p}) \). Cela signifie que \( \varphi(a)\varphi(b) \in
\mathfrak{p} \).
- Comme \( \mathfrak{p} \) est premier dans \( B \), au moins un des éléments \
( \varphi(a) \) ou \( \varphi(b) \) appartient à \( \mathfrak{p} \).
- Donc, \( a \in \varphi^{-1}(\mathfrak{p}) \) ou \( b \in \varphi^{-1}(\
mathfrak{p}) \), ce qui montre que \( \varphi^{-1}(\mathfrak{p}) \) est un idéal
premier de \( A \).
**Conclusion :** L'image réciproque d'un idéal premier par un morphisme d'anneaux
est un idéal premier.
#### Question 4:
**Soit \( A = K[x] \) l'anneau des polynômes en une indéterminée sur un corps \
( K \). Montrer que tout idéal de \( A \) est principal.**
- **Rappel :** Un idéal de \( A = K[x] \) est principal s'il est de la forme \
( (f(x)) \) pour un certain polynôme \( f(x) \).
- **Preuve :**
- \( K[x] \) est un anneau euclidien, donc tout idéal de \( K[x] \) est
principal.
- En effet, soit \( I \) un idéal de \( K[x] \). Si \( I \) contient le
polynôme \( f(x) \) de degré minimal, alors \( I = (f(x)) \).
**Conclusion :** Tout idéal de \( K[x] \) est principal.
Cela complète les solutions des exercices de cet examen d'algèbre. Si vous avez des
questions supplémentaires ou besoin de plus d'explications, n'hésitez pas à
demander.