IEC 2021
INFORMATION-EDUCATION-COMMUNICATION
« IEC »
Introduction :
Nul doute que l'information, l'éducation et la communication sont des
composantes fondamentales de la politique de la santé et de population. Le
concept de l'information, l'éducation et la communication dont l'utilisation est
très récente, signifie une série d'interventions programmées et globales.
Il est constitué de trois composantes ou entités qui jouent ensemble un rôle
décisif dans la consolidation et/ou le changement d'attitudes et de
comportements d'auditoires déterminés.
Bien qu'ils soient complémentaires, chaque entité a sa propre signification en
fonction de l'objectif qu'elle vise à atteindre.
I. Définition de 'IEC :
1. Le vocable (IEC) :
« L’ensemble des interventions qui utilisent de manière planifiée et intégrée les
démarches, techniques et ressources de l'Information, de l’Education et de la
Communication pour faciliter, au niveau d'un individu, d’un groupe ou d'une
communauté donnée, l'adoption, le changement ou la consolidation des
comportements favorables au bien-être individuel et collectif ». Waisbord
Utilisation coordonnée de différentes méthodes et moyens de communication
pour diriger l'attention d'un individu ou d'un groupe d'individus vers un
problème spécifique en vue d'en trouver une solution avec ou sans sa
participation.
2. L'information :
Cette composante comprend la production et la diffusion des informations, des
faits et des questions générales et techniques, en vue de sensibiliser les
responsables, les administrateurs, les enseignants et le large public au sujet des
développements importants qui sont apparus concernant la situation de la
population et la Promotion de la santé menée dans un pays.
2.1. Diversité disciplinaire de l'information : (Relation de
l'information avec les différents domaines scientifiques)
a. Droit : Domaine juridique
L’un des premiers sens : "ouvrir une information" : commencer un travail
d'enquête...
Information = construction (d'un dossier judiciaire…), voir aussi sens juridique
du document :
« Tout écrit qui sert de preuve ou de renseignement » (Robert)
b. Presse :
Apparition au 19ème, avec l'essor de la presse
Assimilation de notion d'information à l'information de presse
c. Informatique :
Terme inventé en 1962, par Jacques Arsac : contraction de « information » et «
automatique » ; C'est une traduction française de "computer science", science
du calcul.
Information = traitement automatique de données, indépendamment du sens
(info data) Notions de codage.
d. Biologie :
Information = une série de séquences, de structures, inscrites dans l'ADN, retour
au sens premier d’informer = mettre en forme.
Exemples de l’impact de la théorie de l'information en Biologie :
- Travaux de Jacques Monod "Le hasard et la nécessité"
- Transformation de l'énergie en information par les êtres vivants.
2.2. Définitions de l'information :
André Lalande : L'information est un élément de connaissance apporté
par un message qui en est le support et dont elle constitue la signification.
UNESCO : Information = « élément de connaissance, susceptible d'être
représenté, à l'aide de conventions, pour être conserver, traiter ou
communiquer » Proximité de l'information et de la connaissance
Bougnoux : « Est information ce qui apporte une variation par rapport à
un thème (à une forme) ou une réponse sur le fond d'une alternative »
Elément de connaissance pouvant être représenté physiquement de
différentes manières qui a pour but la conservation, l'analyse ou la
communication. Le terme " données " n'est pas un synonyme
d'information.
2.3. Trois grandes catégories de l'information :
L'information est un « Caméléon conceptuel », selon H. Von Foerster : Elle
recouvre notamment trois dimensions inséparables : données, nouvelles et
connaissances.
Il est nécessaire de prendre en compte cette diversité, cette polysémie de
l'information.
Information = à la fois : Symbole, signe
Trois mots anglais = trois acceptions
- Data : données > sens informatique
- News : nouvelles > sens journalistique
- Knowledge : connaissance> sens documentaire
Distinction entre Les données (data) et l'information « sociale » (news et
knowledge) :
C'est une question de sens, Le sens évacué dans l'info-data : l'ordinateur traite
des données, des suites de bits,
Le sens au centre de l'information "sociale" : message compréhensible dont le
sens est construit par l'homme.
Distinction entre info-news et info-knowledge :
C'est une question de temps :
- Info-news :
Actualité, nouveauté, rareté.
Importance de la fraîcheur, du "scoop"
Valeur de l’information diminue avec le temps
- Info-connaissance : info-knowledge :
Actualisation, diffusion, pérennité.
Importance de l’information comme élément de connaissance.
2.4. La chaine « données-information-connaissance » :
2.5. Les fonctions de l'information :
L’information assure, ainsi trois grandes fonctions dans la communication au
sein de l'espace social :
Une fonction didactique
Une fonction culturelle
Une fonction politique
La fonction didactique : elle accroît le champ de savoir des acteurs qui
appartiennent à l'espace social.
La fonction politique : en contribuant à unifier la culture dont tous sont
porteurs, elle contribue à la structuration du lien social.
La fonction culturelle : en produisant du sens, elle rend homogène la
perception du réel que peuvent avoir les acteurs du champ social, en rendant,
ainsi, homogènes les formes et les codes constitutifs de la culture
2.6. Processus et traitement d'information :
La manipulation de l'information (sur la santé) par un individu, un groupe ou
une organisation. Différentes étapes ont été décrites pour expliquer comment
l'information donne naissance à une action.
Le psychosociologue Mc Guire (1985) a décrit un processus complexe en
plusieurs étapes au travers d'une matrice Information/Communication. Il définit
les étapes suivantes :
a. Exposition
b. Prêter attention à l'information
c. S'impliquer
d. Comprendre
e. Associer l'information à d'autres connaissances
f. Acquérir les aptitudes adéquates pour un changement
g. Accepter l'information et décider de changer d'attitude
h. Mémoriser le changement
i. Se souvenir du changement (récupérer l'information)
j. Prendre la décision
k. Agir
l. Consolider le changement en attitude
Cette théorie a une grande pertinence dans la planification et l'évaluation des
programmes d'information destinés à changer les comportements
2.7. Information sur les risques :
Explication de tous les risques et les conséquences possibles avant le début d'un
diagnostic, d'un traitement d'une recherche médical ou d'un dépistage, ou de
toute intervention de santé publique ou de promotion de la santé.
Une telle information est nécessaire si l'on veut respecter l'autonomie de
quelqu'un.
L'information est formalisée et écrite (formulaires ou feuillets d'information)
et/ou donnée lors de la discussion.
Donner des informations sous une forme que l'individu peut comprendre
nécessite un niveau important d'aptitudes en communication afin de
transmettre la « vérité ».
Les besoins particuliers de chaque individu et les circonstances de l'entrevue
doivent être pris en compte.
3. La communication :
3.1. Définitions :
(Le Robert) : « Communication : Le fait d'établir une relation avec ».
« Toute relation dynamique qui intervient dans un fonctionnement » «
Communiquer : Faire connaître, faire partager, rendre commun à, transmettre »
(Larousse) : « Communication : Action d'être en rapport avec autrui, en
général par le langage : échange verbal entre un locuteur et un
interlocuteur dont il sollicite une réponse. (..) Action de mettre en relation,
en liaison, en contact, des choses. » « Communiquer : faire passer qqch, le
transmettre à qqn d'autre. (…) Faire partager à qqn un sentiment, un état
(…). (...) Entrer en contact avec qqn, lui faire part de sa pensée, de ses
sentiments »
« Communication : Fait de manifester sa pensée ou ses sentiments, par la
parole, l'écriture, le geste, la mimique, dans le but de se faire comprendre. »
Selon E. Henriquez, 1971 :
Définition Scientifique : la communication est un processus par lequel une
source d'informations A tend à agir sur un récepteur d'informations B de
manière à provoquer chez celui-ci l'apparition d'actes ou de sentiments
permettant une régulation des activités de B ou du groupe auquel
appartiennent A et B.
R. Legendre, Dictionnaire actuel de l'éducation :
La communication est un ensemble des dimensions de notre monde réel qui
résultent du fait que des « entités » en général-avant tout, bien évidemment,
des hommes-entrent en relation les unes avec les autres et se mettent à agir les
unes sur les autres. (P. Watzlawick, 1881).
- Il existe de nombreuses définitions de la communication. La racine latine du
mot communiquer est communicare, ce qui signifie « partager ».
Le verbe « communiquer » peut avoir plusieurs sens :
- Faire savoir (quelque chose à quelqu'un).
- Faire partager.
- Transmettre.
- Etablir la communication avec.
- En parlant des médias, influencer un public en diffusant une série
d'images, d'impressions, etc.
- La communication désigne l'ensemble des activités, des procédures et des
structures par lesquelles les hommes s'échangent des mots, des signes,
des représentations.
- La communication se définit comme un processus dynamique par lequel
un individu établit une relation avec une ou plusieurs personnes pour
échanger pour transmettre des idées, des connaissances. Elle consiste à
envoyer et à recevoir des messages au moyen des symboles (langage parlé
ou écrit) et des manifestations physiques (mimiques, gestes)
3.2. Les théories de la communication :
Les premières tentatives de théoriser la communication de façon globale ; sont
récentes, et proviennent de mathématiciens.
En 1945, Claude Shannon et Warren Weaver (fondateur de la cybernétique) ont
proposé un premier modèle qui s'inspire de la transmission des messages par le
télégraphe.
Les premières théories de la communication ont été élaborées par des
ingénieurs américains qui cherchaient des solutions aux problèmes techniques
liés à la perte d'informations (notamment lors de la transmission
télégraphique).
« LE SCHÉMA DE COMMUNICATION SELON JAKOBSON »
Dans ce schéma, on peut identifier un destinateur (émetteur) qui émet un
message à un destinataire (récepteur)
Le message est transmis grâce à l'existence d'un code (la langue) partagé par les
deux participants qui, pour qu'il y ait transmission d'informations, doivent
obligatoirement entrer en contact (un contact qui suppose une connexion
physique et psychologique). L'ensemble s'inscrit dans un contexte (verbal ou
susceptible d'être verbalisé)
Ce modèle est devenu la base à partir de laquelle les théoriciens allaient bâtir la
science de la communication.
C'est volontairement ici que la « source d'information » et « destination »
remplacent le locuteur et l'interlocuteur humains.
Ultérieurement, on a créé les termes d'« émetteur» et de « récepteur ».
3.3. Le modèle classique à cinq éléments :
A partir du modèle cybernétique, on peut dégager six éléments qui constituent
les paramètres indispensables de tout acte communicatif :
- Le binôme émetteur/récepteur
- Le code commun (partiellement au moins) le message
- La rétroaction du récepteur vers l'émetteur
- L'interférence dans la transmission du message
3.4. Les caractéristiques essentielles de la communication :
a. Les éléments constitutifs de la communication :
L'émetteur
Le récepteur
Le message
Le canal
Le feed-back ou rétroaction
- L'émetteur : c'est celui qui émet le message, c'est la source
- Le récepteur : c'est celui qui reçoit le message
- Le message : le contenu de la communication. Il peut être prendre
plusieurs formes dans le processus de communication : Il peut être
gestuel, verbal, dansé, écrit, chanté. Il peut relever du paralangage tels
que : Les mimiques du visage, les regards, la posture, la tenue
vestimentaire.
- Le canal : c'est le moyen de transmission (support physique)
- Le feed-back ou rétroaction : c'est la réaction du récepteur du message
vers l'émetteur ou le retour de l'information à l'émetteur.
Dans une situation de relation entre A et B, la communication s'exprime de la
manière suivante : Emetteur et récepteur se mettent dans une position où
chacun échange avec l'autre.
3.5. Les obstacles à la communication :
Pour qu'il y ait une bonne communication, il faut éviter les obstacles suivants :
Obstacles liés à l'émetteur
Obstacles liés au récepteur
Obstacles liés au canal
Obstacles liés au message
Obstacles liés à l'émetteur :
Non maîtrise du sujet.
Mauvais accueil.
Non-respect des autres.
Mauvaise attitude.
Méconnaissance du public
Timidité.
Mauvaise diction.
Non disponibilité.
Impatience.
Obstacles liés au récepteur :
Refus de message.
Mauvaise perception du message.
Méfiance.
Absence de feed-back.
Non disponibilité : préoccupation.
Impatience, distraction.
Préjugés
Obstacles liés au canal :
Canal indirect
Canal inadapté
Obstacles liés au message :
Confus et imprécis.
Compliqué.
Inapproprié
Mal formulé.
Trop long ou trop court.
Message tabou ou délicat.
3.6. Types de communication :
a. La communication interpersonnelle :
Quel que soit le contexte (conférence de presse, réunion, colloque, séminaire,
atelier de formation, simple rencontre de couloir), que nous prenions la parole
ou non, nous communiquons malgré nous.
Comme le disent les chercheurs de l'Ecole Palo Alto, « on ne peut pas ne pas
communiquer ».
Au quotidien, qu'on ouvre la bouche ou non, on envoie et reçoit des messages,
qu'on encode et décode comme on respire, sans s'en rendre compte.
Quelques exemples :
Les signes d'estime : saluer poliment, chaleureusement ; ignorer une personne
en rentrant dans une pièce couper la parole ; etc…
L'habillement : être habille trop chic parmi des gens modestes ; porter des
vêtements sales lors d'un événement officiel ; etc…
Les rumeurs : avoir un comportement ou exprimer des idées qui pourraient
donner lieu à la circulation de rumeurs ; s'en tenir aux faits et éviter les
suppositions ; etc…
L'absentéisme/les retards : ne pas se présenter à une réunion ; arriver très en
retard à un rendez-vous ; etc…
Le langage corporel : bailler ou dormir pendant une réunion ; lever les yeux aux
ciel en signe d'exaspération ; froncer les sourcils ; etc…
Le ton : montrer de la colère ou de l'énervement par le ton ; montrer le doute
ou l'insolence par le ton etc...
b. La communication des organisations :
Les organisations sont en relation avec différents publics avec lesquels, elles
communiquent par des moyens variés et pour des raisons diverses.
Les formes de communication des organisations et de répondre aux questions
du chercheur Harold D.
Laswell: « Qui dit quoi ? Comment le dit-il ? A qui ? Par quel canal et avec quel
effet ? ».
Nous pourrions ajouter, à cette liste de questions, « Quand ? » et « Dans quel
contexte ?».
c. La communication pour le changement de comportement :
c.1. Définition :
La communication : La communication se définit comme un processus
dynamique par lequel un individu établit une relation avec une ou
plusieurs personnes pour échanger pour transmettre des idées, des
connaissances. Elle consiste à envoyer et à recevoir des messages au
moyen des symboles (langage parlé ou écrit) et des manifestations
physiques (mimiques, gestes). Elle peut donc être verbale ou non verbale.
Le comportement : C'est l'ensemble des manières de faire ou de pratiques
propres à un individu ou à un groupe d'individus (la toxicomanie, le refus
d'adopter les procédures et méthode d'hygiène générale, la violence et
l'alcoolisme...).
Le changement de comportement : C’est la modification des manières de
faire d'un individu ou d'un groupe d'individus.
Le changement de comportement passe par un long cheminement qui
S’effectue plus ou moins rapidement compte tenu des facteurs
susceptibles d'influencer l’adoption d’un nouveau comportement.
Le concept communication pour le changement de comportement : est
un processus interactif et participatif, à double voie. Elle permet
d'échanger des informations, des idées, des connaissances, des opinions et
des décisions et de favoriser des changements durables de
comportements ou l'adoption de comportements nouveaux en vue
d'améliorer une situation donnée.
c.2. Facteurs de changement de comportement :
- Les facteurs externes : Ce sont les facteurs qui relèvent de
l'environnement dans lequel vit l'individu.
- La culture : C'est l'ensemble des nomes, valeurs, convictions et habitudes
d'une société.
Toute société a sa propre culture, ses valeurs, ses croyances, ses habitudes, sa
manière de voir les choses et dont nous devons tenir compte dans la vie
courante.
- Le milieu social : Toute société met en place un système d'organisation
sociale des différentes classes sociales qui sont représentées par des
groupes homogènes dont les membres partagent le même système de
valeurs, de mode de vie, d'intérêts et de comportements (les jeunes, les
femmes, les personnes âgées...)
Dans la vie quotidienne, l'individu est influencé par de nombreux groupes
de référence auxquels il appartient (voisins, amis, collègues,
associations...). Ces groupes favorisent les relations interpersonnelles et
jouent un rôle très important dans la construction du comportement de
l'individu.
Ils exercent une pression qui tend à rendre l'individu conforme aux modes
de comportement entre autres en lui proposant des modèles de
comportement et de vie. Le comportement de l'individu est influencé
également par les membres de la famille
- Les facteurs internes : Ce sont des facteurs qui sont liés aux
caractéristiques personnelles et psychologiques de l'individu et qui
conditionnent son comportement. Ce sont Les caractéristiques des
personnes (l'âge, le sexe, le niveau d'instruction, 'occupation
professionnelle...).
- Les connaissances : Ensemble d'informations dont dispose l'individu à
propos d'un sujet quelconque. C'est un préalable à tout changement de
comportement individuel.
C’est l'étape première de la prise de conscience d'un phénomène.
- La perception : Processus par lequel un individu choisit, organise et
interprète des éléments d'informations externes pour construire une
image cohérente du monde qui l'entoure.
- Les croyances :Correspondent à un élément de connaissance descriptive
qu'un individu entretien à l'égard d'un objet.
- Les attitudes : Résument les évolutions positives ou négatives, les
réactions émotionnelles et les prédispositions à agir.
C'est une orientation que l'on se donne vis-à-vis d'un objet ou d'une idée.
c.3. Les étapes d'un processus de changement de comportement:
La modification du comportement humain suit généralement un processus
progressif dont il faut tenir compte dans toute intervention de communication
qui vise au changement de comportement.
1. Perception et prise de conscience
2. Connaissance
3. Intention
4. Action
5. Evaluation, maintien, confirmation
6. Renforcement
c.4. L'intérêt de la communication pour le changement de comportement :
Elle permet :
Une amélioration des connaissances, et stimulation de la demande
d'informations et de services,
Une stimulation du dialogue au sein des communautés,
Une promotion des changements d'attitude indispensables,
Une diminution de la stigmatisation et de la discrimination,
Une stimulation de la demande d'informations et de services,
Une sensibilisation des pouvoirs publics
Une promotion des services de prévention, de soins et d'assistance
Une amélioration des connaissances,
Une promotion des services de prévention, de soins et d'assistance.
4. Education Pour la Santé :
L'éducation pour la santé est un champ et une pratique qui trouvent leurs
origines dans plusieurs disciplines : pédagogie, médecine, épidémiologie,
psychologie clinique et sociale, communication sociale, sociologie mais ne se
rattachent à aucune en particulier.
L'éducation pour la santé (EPS) est une mission de service public intégrée au
système de santé et au système éducatif.
Elle a pour but que chaque citoyen acquiert tout au long de sa vie les
compétences et les moyens qui lui permettront de promouvoir sa santé et sa
qualité de vie ainsi que celles de la collectivité.
4.1. Définition :
- Education : en latin deux verbes définissent l'acte éducatif
- Educare : signifie élever, nourrir des plantes, des animaux, des humains.
Cela évoque un processus exogène où l'éducation repose sur des apports
extérieurs à l'individu.
- Educere : (Ex-ducere) : signifie conduire hors, faire sortir. Cela évoque un
processus endogène où l'éducation consiste à faire éclore les potentialités
inhérentes à la personne.
Définition de l'éducation pour la santé :
De manière générique, l'éducation pour la santé peut être définie comme un
ensemble d'activités intentionnelles de transfert et/ou de construction de
savoirs relatifs à la santé d'une personne, d'un groupe social ou d'une
communauté. (Deccache et Meremans, 2000).
4.2. Conceptions actuelles de l'éducation pour Ia santé :
Deux conceptions de l'éducation pour la santé prévalent aujourd'hui
Dans la première, la santé est perçue de manière spécifique : il s'agit du bon
fonctionnement de l'organisme humain, dans tous ses aspects.
Cette position est celle des sciences de la santé, qui ne trouveraient leur
légitimité dans l'éducation que par rapport à la santé ainsi définie.
L'éducation pour la santé y est centrée sur l'apprentissage des compétences et
comportements favorables à cette vision de la santé.
Dans la deuxième, l'éducation pour la santé est considérée comme un aspect de
l'éducation générale, l'éducation à la vie. Les tenants de cette conception sont
principalement les intervenants du champ des sciences de l'éducation, pour qui
la santé est l'un des volets et des thèmes de l'éducation.
C'est dans ce sens une même préoccupation éducative, la santé, les valeurs, le
civisme, la responsabilité, et l'environnement. Galichet et Manderscheid (1996).
La relation entre l'éducation pour la santé et d'autres domaines d'activité :
1. Education pour la santé et promotion de la santé :
"L'Éducation pour la santé et la promotion de la santé deviennent étroitement
reliées. La promotion de la santé repose, par définition, sur la participation
active d'un public informé au processus de changement. L'éducation pour la
santé représente un instrument capital dans ce processus. (Nutbeam, OMS,
1986)
2. Education pour la santé et éducation physique :
"En milieu scolaire, les enseignants et les administrateurs envisagent la santé en
fonction d'un développement normal. Par ailleurs, les enseignants d'éducation à
la santé et d'éducation physique songent plutôt à enseigner aux jeunes ce qui
constitue un mode de vie sain et à les encourager a adopter un tel mode de vie
"
3. Education pour la santé et éducation physique :
La compétence ciblée par le nouveau programme " d'éducation physique et à la
santé " s'énonce comme suit : La compétence ciblée par le nouveau programme
" d'éducation physique et à la santé " comme suit " Adopter un mode de vie sain
et actif "
4.3. Les axes éducatifs : Nécessaires pour répondre à cette finalité :
1) L'apport de savoirs sous forme d'acquisitions, de modifications ou de
renforcement de connaissances utiles.
2) L'acquisition de savoir-faire et de savoir-être (attitudes, représentations).
3) La capacité de pouvoir faire.
4) Enfin, l'éducation pour la santé, pour permettre à l'individu de faire des choix
responsables et autonomes, doit aider au développement de ses compétences
individuelles et sociales.
Les objectifs de l'éducation pour la santé (OMS) :
Modifier le comportement sanitaire de l'individu et de la collectivité et
renforcer les comportements favorables préexistants.
Développer chez les individus le sens des responsabilités pour ce qui est
de leur propre santé et celle de la collectivité, et leur aptitude à participer
de manière constructive à la vie de la collectivité.
Promouvoir le sens de la dignité et de la responsabilité de l'individu en
même temps que celui de la solidarité et de la responsabilité collective.
4.4. Les acteurs de l'éducation pour la santé :
Acteurs politiques
Décideurs institutionnels
Organisations
Professionnels.